Wagner : l’acte III de Parsifal

Richard Wagner 2013logo_francemusiqueFrance Musique. Le 23 novembre 2014, 20h30. Parsifal, Acte III. La Tribune des critiques de disques. Enjeux, défis. Discographie. L’Acte III de Parsifal met en scène le retour victorieux de l’élu (Parsifal : « le chaste et fol qui ignore le péché ») qui en revenant parmi les chevaliers du Graal, avec la lance qu’il a su dérober au magicien maléfique Klingsor, rétablit l’espoir dans la communauté. Parsifal touché par la souffrance d’Amfortas le guérit comme il accompagne le dernier souffle de Kundry, la pécheresse enfin comprise, pardonnée, graciée. Au coeur d’une humanité reconquise, Parsifal comme le Christ affirme la seule loi de l’amour et du pardon. C’est pourquoi beaucoup considère l’ouvrage comme un rituel liturgique, un festival sacré où tout applaudissement est sacrilège… L’opéra s’achève dans une prière finale. Pour son ultime opéra (créé à Bayreuth en juillet 1882 sous la direction de l’excellent Hermann Levi), Wagner puise auprès de trois sources : Perceval le Gallois de Chrétien de Troyes, Parsifal de Wolfram von Eschenbach, enfin le cycle des récits arthuriens déposés dans le Mabinogion. Le compositeur fidèle à ses convictions profondes enracinées autour du pessimisme, de la culpabilité et de la malédiction du genre humain, choisit, associe, combine les éléments divers pour concevoir une scène « sacrée », où pèsent de tous leurs symboles, les éléments de la passion chrétienne : plaie ouverte et coulante du roi Amfortas épuisé, exténué, incapable de servir l’office (au cours de la longue messe qui clôt le I) ; signe de la croix de Parsifal quand il vainc les enchantements diaboliques de Klingsor au II ; figure ascensionnelle de Kundry, créature à la solde du magicien noir puis figure du pardon et de la rédemption au III… Jamais Wagner n’aura à ce point développer la riche texture de son orchestre, un orchestre souverain qui dilate et suspend le temps, réorganise la mémoire, intensifie la conscience aussi, révèle aux auditeurs spectateurs ce qui ne pouvait être dit jusque là. La force de Parsifal, surtout dans l’acte III, c’est la magie d’un spectacle total au service d’une mystique humaniste dont le message est l’amour et l’espoir.