CD événement. BEETHOVEN : Symphonie n°5 (MusicAeterna, Teodor Currentzis, 2018)

Beethoven Symphony 5 teodor currentzis music aeterna cd review clic de classiquenews cd critique beethoven 2020CD Ă©vĂ©nement. BEETHOVEN : Symphonie n°5 (MusicAeterna, Teodor Currentzis, 2018) – VoilĂ  assurĂ©ment la version que nous attendions pour l’annĂ©e Beethoven, d’autant mieux ciselĂ© grâce Ă  l’acuitĂ© nuancĂ©e des instruments d’époque. Truglion orfèvre, maĂ®tre de ses troupes, Teodor Currentzis instille dès les premiers coups du destin, conçus, polis tels des dĂ©flagrations colossales, une urgence qui place d’emblĂ©e Beethoven comme ce hĂ©ros moderne, jamais vu / Ă©coutĂ© avant lui, maĂ®tre d’une conscience dĂ©cuplĂ©e ; nervositĂ©, accents tendus, vifs, sculptĂ©s au scalpel mais d’une rondeur hĂ©roĂŻque et tragique idĂ©ale : les cordes fouettent les cuivres, Ă©lectrisent les bois comme en un Ă©veil qui rugit ; âpre autant q’un insatisfait. L’engagement des instrumentistes de MusicaAeterna est saisissante, d’une Ă©nergie impĂ©rieuse.
De quoi apprécié l’andante con moto qui suit tel une réconciliation d’une douceur apaisante dont le chef grec étire les respirations avec une onctuosité au relief jubilatoire. Là encore le geste est large, ample, profond. Qui creuse avec une intériorité contemplative chaque séquence plus tendre, en particulier le chant en second plan des violoncelles. L’apport des instruments d’époque cisèle les écarts de nuances, la couleur de chaque pupitre, affirmant encore le génie de Beethoven dans son orchestration. Le jeu des flûtes et des bois, ponctué par la fanfare des cuivres révèle ici mieux qu’ailleurs, le goût de Ludwig pour le timbre : un aspect trop négligé et qui singularise son écriture : sa sonorité, ses alliages sont uniques et Currentzis se délecte à nous en partager le nectar instrumental. Tout en ciselant aussi la ferveur dansante, chorégraphique de ce feu orchestral miroitant.

Entre la transe et la danse, le feu ardent, crépitant
de Currentzis chez Beethoven

Le second Allegro (pas encore clairement dénommé Scherzo) en ut mineur exprime la force d’une nouvelle tension, énoncée comme une fabuleuse interrogation, ici sublimée par la transe des contrebasses, racines d’une élévation croissante, véritable furie orchestrale qui transcende les tensions en un chant éperdu de plénitude sonore, né du magma primitif jusqu’à l’explosion enivrée, d’une couleur toute fraternelle. Ne serait-ce que pour ce crescendo jubilatoire de pure exaltation, le cd vaut la première place. Et montre à nouveau la valeur convaincante des instruments d’époque. Belle apport pour l’année Beethoven 2020. Dans l’esprit du final de Fidelio, le dernier Allegro ainsi enchaîné fait éclater la victoire de lumière ; chaque étincelle naît ici de l’énergie bouillonnante de l’orchestre pour asséner encore et encore l’accord de rédemption définitive, comme une CLIC D'OR macaron 200libération ultime, l’accord parfait d’ut majeur. Beethoven se montre alors le parent du Mozart de la Jupiter : conquérant, victorieux, olympien. Quel parcours ! Une lecture magistrale qui tombe à pic pour l’année Beethoven 2020. Et qui la referme pour nous de façon magistrale. CLIC de CLASSIQUENEWS de janvier 2021. LIRE aussi notre dossier BEETHOVEN 2021 : les 250 ans.

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CD Ă©vĂ©nement. BEETHOVEN : Symphonie n°5 (MusicAeterna, Teodor Currentzis, enregistrĂ© Ă  Vienne 2018) – CLIC de CLASSIQUENEWS de janvier 202.