E-CONCERT, STREAMING, critique. LILLE, Nouveau SiÚcle, le 3 avril 2021. « Enchantements », Wagner, Sibelius / I. Brimberg / Orchestre National de Lille, D. Stasevska

E-CONCERT, STREAMING, critique. LILLE, Nouveau SiĂšcle, le 3 avril 2021. « Enchantements », Wagner, Sibelius / I. Brimberg / Orchestre National de Lille, D. Stasevska, direction. AprĂšs le nerf impĂ©tueux, vif argent du chef nĂ©erlandais Jan Willem De Vriend (concert Beethoven du 13 mars dernier), voici un nouveau volet de l’offre digitale du National de Lille ; ce programme diffusĂ© sur internet du 3 avril 2021, dĂ©voile la sensibilitĂ© de la chef invitĂ©e Dalia Stasevska, tempĂ©rament intĂ©rieur en communion avec les instrumentistes lillois ; d’abord prĂ©cise aux Ă©clats intĂ©rieurs mi enivrĂ©s mi tragiques de la (lente) Valse triste de Sibelius ; c’est un prĂ©ambule tout en finesse suspendue pour le PrĂ©lude de Tristan : en kimono, la maestra ukrainienne recherche le sens derriĂšre le son ; la rĂ©sonance intime qui Ă©tire chaque accord, en sa tension irrĂ©solue ; l’incandescence du sentiment amoureux, celui des amants maudits Tristan et Yseult se consume ainsi dans la clartĂ© et la transparence ; une urgence intĂ©rieure qui creuse l’exaspĂ©ration de dĂ©sirs insatisfaits. La cheffe dĂ©ploie des sortilĂšges de langueur sensuelle, toujours trĂšs soucieuse du son comme de la balance sonore.

 

 

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A 24’50 : seconde partie du concert avec la Symphonie n°3 de Jean Sibelius (1907). Les instrumentistes plongent, cƓurs ardents et volontaires dans la suractivitĂ© de l’ample portique trĂ©pidant dĂšs le dĂ©but portĂ© par les cordes auquel rĂ©pond la danse des bois ; transe collective initiale que les cuivres portent vers une plĂ©nitude sonore elle aussi Ă  bien des Ă©gards
 enivrĂ©e. L’opus exprime ce sentiment d’appartenance cher au compositeur, appartenance au motif naturel, au moindre de ses Ă©lans, proche dans l’ñme Ă  chaque sursaut de vitalitĂ©. Tous les pupitres s’exaltent et se rĂ©pondent dans un dialogue contrastĂ©, parfois Ăąpre mais superbement fluide dans lequel Sibelius exprime la sauvagerie des forces naturelles comme saisi sur le vif ; ainsi tĂ©moigne-t-il de la de la dĂ©couverte et de la proximitĂ© immĂ©diate avec le lieu de sa nouvelle rĂ©sidence, un havre de paix bucolique, Ă  la fois sauvage et rassurant prĂšs d’un lac (TuusulanjĂ€rvi) : Ainola, en hommage au prĂ©nom de sa femme, Aino. Le cycle des variations populaire et naĂŻves (d’une franchise primitive qui rappelle tout l’esprit du premier mouvement) caractĂ©risent le Scherzo ; tandis que l’Andante dĂ©ploie son lied sobre et ciselĂ© formant intermezzo. Dans cette texture dense, souvent exacerbĂ©e et trĂ©pidante, la cheffe soigne toujours la direction du flux, l’éloquence de cette construction ambitieuse, impĂ©rieuse, incandescente (dont l’unitĂ© dĂ©coule d’une grande continuitĂ© organique). Toute la difficultĂ© de l’écriture tient Ă  la rĂ©alisation d’un souci de structure (car Sibelius n’aime pas dĂ©velopper pour rien, quitte Ă  s’économiser vers Ă©pure « classique ») tout en ciselant le raffinement de l’orchestration particuliĂšrement scintillante.
MalgrĂ© la densitĂ© sonore, la baguette sait soigner la clartĂ© et la transparence ; comme le chant sourd d’une vĂ©ritĂ© plus insaisissable et mystĂ©rieuse ; tout rugit, s’exaspĂšre et s’organise peu Ă  peu vers la noblesse sereine et lumineuse du finale : grandiose et raffinĂ©e. Noces de l’intime et du flamboiement, de la tendresse sobre et de la grandeur mystĂ©rieuse du motif naturel, le seul sujet qui inspira Sibelius. En cela Dalia Stasevska se rĂ©vĂšle Ă  la fois engagĂ©e, mieux habitĂ©e. Baguette Ă  suivre. REVOIR le concert sur la chaĂźne YOUTUBE de l’ON LILLE / Orchestre National de Lille ICI :
https://www.youtube.com/watch?v=PEZ7NpHt71E

 

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LIRE aussi notre critique du concert « L’HĂ©roĂŻque » / Orchestre National de Lille / Jan Willem De Vrirend, direction (Cherubini / Beethoven). ICI :

http://www.classiquenews.com/compte-rendu-streaming-concert-on-lille-le-13-mars-2021-orch-national-de-lille-jan-willem-de-vriend-direction-beethoven-symphonie-n3-heroique/

 

 

 

 

PĂąques 2021 : Oratorio de PĂąques et de l’Ascension par Le Banquet CĂ©leste

Christ est ressuscitĂ© !STREAMING, PĂąques 2021. JS BACH : Oratorio de PĂąques / Ascension, D Guillon et le Banquet CĂ©leste nous porte haut, trĂšs haut dans un concert filmĂ© Ă  Rennes dont l’affiche est plus que sĂ©duisante en ces temps d’incertitude : alors que la nouvelle de la rĂ©ouverture des salles de spectacles nous parvient en provenance de New York, voici un programme jouĂ© sans masques (instrumentistes) et de façon distanciĂ©e.
La veine dramatique habite et inspire Bach quoique l’on dise : outre ses Passions, son Oratorio de NoĂ«l, ceux comme ici de PĂąques et de l’Ascension, enchaĂźnĂ©s avec conviction et pertinence, soulignent le sens du verbe comme du geste : Bach sait exprimer et thĂ©Ăątraliser les textes liturgiques et sacrĂ©s, associant avec une sensibilitĂ© unique les instruments solistes et le chant.

L’Oratorio de PĂąques cĂ©lĂšbre dans la joie et l’espĂ©rance la RĂ©surrection du Christ victorieux. C’est la lumiĂšre d’un destin soulagĂ© et enfin serein qui peu Ă  peu s’affirme Ă  mesure que la partition se rĂ©alise. 4 personnages animent et donnent vie au drame sacrĂ©, aprĂšs la Passion et la Crucifxion : Simon Pierre, Jean, Marie-Madeleine et Marie de Jacques, rejoints le ChƓur (tutti collectif).
A la joie de PĂąques rĂ©pond la mystique plus Ă©nigmatique de l’oratorio de l’Ascension, voyage du Christ ressuscitĂ© vers les cieux. Atouts majeurs de cette lecture, la prĂ©sence claire, parfois irradiante des chanteurs CĂ©line Scheen (soprano), Zachary Wilder (tĂ©nor) ; le geste prĂ©cis, scrupuleux du chef (chanteur lui aussi) Damien Guillon, soucieux du texte (direction, sens, nuances de chaque mot). Incontournable pour le temps pascal 2021.

 

 

bach jean sebastian sebastien portrait vignette par classiquenews bach_js-jean-sebastianLIRE aussi notre dossier spĂ©cial Oratorio de PĂąques de Jean-SĂ©bastien Bach : CHRIST est ressuscitĂ© ! Jean-SĂ©bastien Bach : Oratorio de PĂąques BWV 249. Comme Ă  l’accoutumĂ©e, s’agissant de Jean-SĂ©bastien Bach, l’Oratorio de PĂąques tel que nous le connaissons actuellement, et tel qu’il est jouĂ© par les ensembles les plus informĂ©s, regroupe plusieurs partitions sur le thĂšme pascal qui remonte Ă  plusieurs Ă©poques, certains opus Ă©tant rĂ©Ă©crits, modifiĂ©s selon l’idĂ©al esthĂ©tique du compositeur, selon aussi les effectifs Ă  sa disposition au moment de la commande puis de la rĂ©alisation. La premiĂšre version remonte Ă  1725 pour les cĂ©lĂ©brations pascales, en particulier pour le Dimanche de PĂąques. Bach recycle une cantate de voeux (donc originellement profane) de fĂ©vrier 1725 dĂ©diĂ© Ă  l’anniversaire de son patron, le Duc Christian de Saxe-Weissenfels

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VOIR ici les oratorios de Pñques et de l’Ascension
enregistrĂ©s mardi 30 mars 2021 Ă  l’Ă©glise Saint-Germain Ă  Rennes :
https://opera-rennes.fr/fr/evenement/oratorios-paques-et-ascension-le-banquet-celeste

Le Banquet CĂ©leste,
ChƓur de chambre MĂ©lisme(s)
Damien Guillon, direction

Solistes : Céline Scheen (soprano), Paul-Antoine Bénos-Djian (alto), Zachary Wilder (ténor), Benoßt Arnould (basse).

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EN REPLAY sur culturebox jusq’ 31 mars 2022.
https://www.france.tv/spectacles-et-culture/opera-et-musique-classique/2383589-oratorios-de-paques-et-de-l-ascension-de-bach-par-le-banquet-celeste.html

 

 

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Oratorio en 10 numéros

Plan en 10 numéros/épisodes

VÉRITABLE OPÉRA SACRÉ, l’Oratorio de PĂąques de JS Bach saisit par la maĂźtrise des contrastes, l’absolu gĂ©nie des rĂ©emplois et aussi, le raffinement d’une grande culture musicale qui utilise selon un plan dramaturgique Ă©blouissant, les styles italiens et français.

N°1 Ă  3. Au dĂ©but, les 3 premiers numĂ©ros (Sinfonia avec flĂ»tes et hautbois d’amour, Adagio, Chorus) composent un triptyque d’ouverture selon le schĂ©ma d’un concerto italien (vif, lent, vif), avec une mĂȘme tonalitĂ© de rĂ© majeur) pour unifier le cycle pour les volets 1 et 3. Dans ce dernier Ă©pisode, le texte convoque les fidĂšles qui pressent le pas vers la sĂ©pulture de JĂ©sus.
Le n°4 fait paraĂźtre les 4 solistes, sombres et graves, qui se retrouvent prĂšs du tombeau : Maria Jacobi (soprano), Maria Magdalena (alto), Petrus (tĂ©nor), Johannes (basse). Se dĂ©tache surtout l’aria adagio en si mineur (avec traverso) de Maria Magdalena dans laquelle la chanteuse invite Ă  renoncer aux parfums et onguents de l’embaumement pour choisir les lauriers, annonciateurs de la victoire du Christ ressuscitĂ© (n°5).

CHRIST-endormi-programmes-brava-hd-noel-2015-582-390N°6-7 : surviennent Petrus et Johannes qui dĂ©couvrent la tombe vide et la pierre dĂ©placĂ©e. Maria Magdalena prĂ©cise alors qu’un ange est venu annoncer la RĂ©surrection du Sauveur. Ainsi Petrus (tĂ©nor, en sol majeur) adopte le calme serein d’une bourrĂ©e pour exprimer avec les flĂ»tes Ă  bec, la profonde certitude de la paix intĂ©rieure, aprĂšs la proclamation du Miracle christique. N°8 Ă  10 : les airs des deux Marie basculent dans l’arioso, portĂ©s par l’impatience de revoir JĂ©sus : tendre et compatissante, Maria Magadalena se demande oĂč le Christ lui apparaĂźtra (air en la majeur, avec hautbois d’amour sur rythme de gavotte). Tandis que Johannes invite chacun Ă  se rĂ©jouir. Jean-SĂ©bastien Bach conclut par un chƓur de rĂ©jouissance (n°11) oĂč l’éclat des trompettes dit la rĂ©alisation de la transfiguration finale. Le dernier Ă©pisode suit un plan en deux parties : format et esprit français et d’une Ă©lĂ©gance haendĂ©lienne tout d’abord ; puis gigue fuguĂ©e d’une ivresse collective irrĂ©sistible.

 

 

 

 

 

COMPTE-RENDU, streaming concert. ON LILLE, le 13 mars 2021. Orch National de Lille / Jan Willem De Vriend, direction. Beethoven : Symphonie n°3 « héroïque »

ORCHESTRE-NATIONAL-DE-LILLE-maestro-alexandre-Bloch-concert-classiquenews-critique-annonceCOMPTE-RENDU, streaming concert. ON LILLE, le 13 mars 2021. Orch National de Lille / Jan Willem De Vriend, direction. Beethoven : Symphonie n°3 « hĂ©roĂŻque ». A la fois exaltĂ©e, ivre de sa propre Ă©nergie, la direction prĂ©cise, claire du nĂ©erlandais Jan Willem De Vriend sait ĂȘtre Ă©quilibrĂ©e en ce qu’elle favorise le dĂ©tail et porte la tension. Dans l’Eroica de Beethoven pourtant surjouĂ©e ici et lĂ , en particulier depuis les cĂ©lĂ©brations Beethoven 2020 (certes avortĂ©es covid oblige),le premier mouvement, regorge de vitalitĂ© et de puissance sans jamais sacrifier la prĂ©cision des ornements ni la balance entre soliste et orchestre, pour chaque intervention caractĂ©risĂ©e. Le souffle du destin rayonne ; s’appuyant sur une vision ciselĂ©e de l’écriture instrumentale : en clair, le geste du chef flamand, habituĂ© des rĂ©pertoires prĂ©romantiques et romantiques, de surcroĂźt selon ce relief et cette intensitĂ© sculpturale propre aux instruments d’époque, nourrit ici une vision qui est fluide, caractĂ©risĂ©e, parfaitement architecturĂ©e. Comme partition du destin et conduite par une irrĂ©pressible Ă©nergie, la volontĂ© de Ludwig s’accomplit avec une dĂ©licatesse continument exaltante.

Le second mouvement plus grave et sombre ne perd pas la souplesse ni ce mordant parfois glaçant dans la caractérisation instrumentale.

Ample et lugubre, le geste du chef recherchant des sonoritĂ©s profondes et claires avait ouvert le programme avec caractĂšre et gravitas pour Cherubini dont la Marche funĂšbre saisissante par ses semonces dĂ©chirants (gong souterrain, crĂ©pusculaire ; bassons insidieux
), entre dĂ©sespoir tragique et esprit de grandeur, Ă©claire la connaissance de Gluck, celui ardent, gĂ©missant voire mystĂ©rieux d’OrphĂ©e.

Chez Beethoven, c’est encore un trĂšs beau travail opĂ©rĂ© sur les sonoritĂ©s et l’intĂ©rioritĂ© poĂ©tique des nuances de timbres. De Vriend sait exprimer la langueur Ă©lĂ©giaque du morceau que berce des cordes toujours suaves et rondes. L’hĂ©roĂŻsme qu’ouvrage le chef est d’une souveraine tragĂ©die qui ici se dĂ©ploie sans rĂ©serve, exprimant tous les sacrifices et la peine ressentis, vĂ©cus dans sa chair par un Beethoven qui d’exaltĂ© fut trahi (par Bonaparte devenu NapolĂ©on) et qui aussi ressent les premiers effets de sa surditĂ©. La lisibilitĂ© des violoncelles et des contrebasses produit une profondeur au chant inexorable, celui d’une blessure profonde mais toujours noble et digne. Une sĂ©quence qui tisse un Ă©cho pertinent Ă  la Marche funĂšbre de Cherubini qui a ouvert le programme, dans un mĂȘme souci d’intĂ©rioritĂ© recueillie. La violence dont est capable Beethoven n’écarte jamais une sourde dĂ©chirure qui en a permis l’éclosion.

 

 

JW De Vriend et le National de Lille

Un Beethoven éruptif, élégant, subtil


 

 

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Le Scherzo est pur jaillissement d’une Ă©nergie recouvrĂ©e qui s’électrise et trĂ©pigne, mais en une mise en place parfaitement dĂ©taillĂ©e, Ă  la mĂ©trique prĂ©cise et claire (rayonne en particulier le chant mordorĂ©, rauque et pourtant rond des cors parfaitement dialoguĂ©s avec les cordes).

Dans ce sens le dernier Allegro (molto) a la vivacitĂ© et mĂȘme l’élĂ©gance (Ă©quilibre et clartĂ© des pupitres) d’un souffle printanier, d’une danse de joie autour du feu de l’esprit et de l’espoir. Le hĂ©ros de cette odyssĂ©e orchestrale reste Beethoven lui-mĂȘme, nouveau hĂ©ros musicien, alchimiste de nouveaux sons, architecte d’un monde nouveau dont il a seul la conscience ; aux auditeurs d’en saisir les prĂ©monitions salvatrices, la possibilitĂ© de le rĂ©aliser Ă  partir de priĂšres fraternelles et humanistes dont Ludwig s’est fait le prophĂšte et le chantre.

De Vriend recueille ce formidable Ă©lan fraternel et solidaire en un bain orchestral (rĂ©capitulatif) dont chaque sĂ©quence magnifiquement timbrĂ©e et phrasĂ©e (cors, flĂ»te, clarinette
) est subtilement caractĂ©risĂ©e. C’est un travail d’orfĂšvre d’un rare fini et qui assoit aux cĂŽtĂ©s du Beethoven violent, Ă©ruptif voire furieux, la noblesse et le raffinement de son Ă©criture, le jaillissement primitif de son inspiration. Ivresse et subtilitĂ©. Le cocktail est irrĂ©sistible. Les instrumentistes du National de Lille rĂ©pondent au doigt et Ă  l’Ɠil du chef des plus expressifs. Ce travail de la nuance est passionnant.

 

 

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LIRE aussi notre présentation du concert ORCHESTRE NATIONLA DE LILLE / Cherubini, Beethoven / Jan Willem De Vriend, direction

http://www.classiquenews.com/live-streaming-concert-lon-lille-joue-cherubini-et-beethoven/

VOIR le concert

sur la chaine Youtube de l’ON LILLE Orchestre National de Lille ici :

https://www.youtube.com/watch?v=hW1o2yXeeRc

 

 

VOIR TOUS LES CONCERTS de l’ON LILLE ici :

https://www.youtube.com/channel/UCDXlku0a3rJm7SV9WuQtAdw

 

 
 

 

LIVE STREAMING, concert. L’ON LILLE joue Cherubini et Beethoven

ORCHESTRE-NATIONAL-DE-LILLE-maestro-alexandre-Bloch-concert-classiquenews-critique-annonceLIVE STREAMING, concert. ON LILLE, sam 13 mars 21, 20h. L’Orch National de Lille offre Ă  nouveau un superbe concert, nouveau jalon de son offre digitale Ă  suivre sur la toile (intitulĂ©e depuis dĂ©but 2021 « Audito 2.0 »). Depuis l’Auditorium du Nouveau siĂšcle Ă  Lille, chaque concert lillois confirme la poursuite de l’activitĂ© musicale des instrumentistes soucieux Ă  Lille de prolonger leur activitĂ© coĂ»te que coĂ»te, tout en diffusant les fruits de leur travail grĂące aux concerts numĂ©riques. Ce samedi 13 mars 2021 Ă  20h, l’Orchestre retrouve son premier chef invitĂ©, le nĂ©erlandais Jan Willem De Vriend dans un programme « hĂ©roĂŻque » autour des compositeurs Cherubini (qui fut directeur du Conservatoire) et Beethoven, mais aussi ceux qui les ont inspirĂ©s : Louis XVIII et NapolĂ©on (fĂȘtĂ© cette annĂ©e pour son bicentenaire). Le programme solennel et spectaculaire Ă©voque le dernier Cherubini et le tempĂ©rament de feu, Ă©ruptif et poĂ©tique du jeune Beethoven, spectateur passionnĂ© des Ă©vĂ©nements français au dĂ©but du nouveau siĂšcle

LIRE ici notre dossier spĂ©cial NapolĂ©on et l’opĂ©ra :
http://www.classiquenews.com/napoleon-1er-et-lopera-1804-1814/

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ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Samedi 13 mars 2021, 20h

Cherubini : Marche funÚbredevriend_orchestre national de lille concert annonce présentation critique par classiquenews 328px_18-19
Beethoven : Symphonie n°3 « héroïque »
Jan Willem de Vriend, direction

VOIR le concert de l’ON LILLE / J W de Vriend
https://www.youtube.com/channel/UCDXlku0a3rJm7SV9WuQtAdw

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CHERUBINI ingres alf6_ingres_001fNĂ© Ă  Florence, Cherubini s’installe Ă  Paris Ă  l’ñge de vingt-sept ans en 1787. Il fonde l’annĂ©e de la Prise de la Bastille une compagnie d’opĂ©ra parrainĂ©e par le futur Louis XVIII. Ses relations royales et l’apparition d’un nouvel opĂ©ra italien Ă  l’époque napolĂ©onienne entraĂźne sa chute. TrĂšs dĂ©primĂ©, le musicien songe mĂȘme Ă  abandonner la composition pour se consacrer Ă  la peinture et Ă  la botanique!
Mais le phĂ©nix Cherubini renoue avec l’écriture dĂšs 1809 grĂące Ă  une Ɠuvre d’église. Il dĂ©laisse l’opĂ©ra qui a fait sa gloire pour composer plus de 5 messes et de nombreux motets en latin. Le succĂšs revient et aussi la faveur des nouveaux puissants : Louis XVIII le nomme au prestigieux poste de surintendant de la musique du Roi. En 1817,Cherubini signe son plus grand succĂšs, un Requiem (admirĂ© par Brahms, Schumann et Berlioz qui reste pourtant son dĂ©tracteur jaloux). Beethoven admirait l’oeuvre au point qu’on la joua Ă  ses propres obsĂšques en 1827.
D’une puissance spectaculaire, la courte Marche FunĂšbre (composĂ©e en 1820 pour les funĂ©railles du Duc de Berry, l’hĂ©ritier du trĂŽne) annonce dĂ©jĂ  l’ampleur grave et recueillie des fresque.. berlioziennes.

Ludwig-Van-BeethovenLa Symphonie n°3 de Beethoven fixe les avancĂ©es inĂ©dites du dernier Mozart symphoniste. La durĂ©e de son premier mouvement (plus de 15 mn) indique une vigueur ambitieuse rĂ©volutionnaire (qui annonce le dĂ©veloppement du futur Hymne Ă  la Joie de la Symphonie n°9, le plus long parmi les mouvements de Beethoven). La n°3 dite “HĂ©roique” confirme le tempĂ©rament fougueux et grave d’un Beethoven visionnaire voire messianique en ce qu’il ressent et exprime les mouvements profonds de son Ă©poque. Autour de 1800, Ludwig gagnĂ© voire passionnĂ© par les idĂ©es de la RĂ©volution Française cĂ©lĂšbre alors la figure de Bonaparte comme le hĂ©ros moderne, acteur d’une Ăšre europĂ©enne nouvelle. La n°3 porte les espoirs et la vitalitĂ© Ă©lectrisĂ©e du compositeur romantique, spectateur admiratif des Ă©vĂ©nements politiques en France. Mais quand Bonaparte devient NapolĂ©on, cĂ©dant Ă  la tentation du pouvoir impĂ©rial absolu (auto proclamĂ© empereur en 1804), Beethoven trahi, colĂ©rique, rĂ©vise la dĂ©dicace de son manuscrit et inscrit « Sinfonica Eroica, composta per festeggiare il sovvenire di un grand uomo – Symphonie hĂ©roĂŻque, composĂ©e pour cĂ©lĂ©brer le souvenir d’un grand homme ». Ainsi la partition porte le destin foudroyĂ© d’un jeune politicien devenu l’emblĂšme de la tyrannie europĂ©enne : Ă  l’énergie irrĂ©pressible du premier mouvement rĂ©pond l’esprit de dĂ©faite, d’anĂ©antissement funĂšbre du second. Mais le hĂ©ros de cette odyssĂ©e orchestrale reste Beethoven lui-mĂȘme, nouveau hĂ©ros musicien, alchimiste de nouveaux sons, architecte d’un monde nouveau dont il a seul la conscience ; aux auditeurs d’en saisir les prĂ©monitions salvatrices, la possibilitĂ© de le rĂ©aliser Ă  partir de priĂšres fraternelles et humanistes dont le compositeur s’est fait le prophĂšte. Au cƓur de sa propre tragĂ©die, – sa surditĂ© croissante, inĂ©luctable comme en tĂ©moigne sa confession saisissante (le Testament d’Heiligenstadt Ă©crit en 1802), Beethoven ressent les gouffres vertigienux de la dĂ©sespĂ©rance et de l’impuissance humaine, contre lesquelles la musique est un rempart, une forme de rĂ©sistance Ă  partager


VOIR tous les concerts de l’Orchestre National de Lille sur la chaĂźne YouTube de l’Orchestre ON LILLE (plus d’1 million de vues depuis sa crĂ©ation en 2009) : https://bit.ly/3ortO8b

Notes de programme Ă  retrouver sur : www.onlille.com/saison_20-21/concert/l-heroique/

Retrouvez en streaming gratuit les concerts de l’Orchestre dans L’Audito 2.0 : https://bit.ly/2INlAIg