CRITIQUE, concert. LILLE. Lille Piano(s) Festival 2021. Sam 19 juin 2021. Concert symphonique. Orchestre de Picardie, Arie van Beek, direction. Alexandra Dogvan, piano. Naïri Badal, Adélaïde Panaget (Duo Jatékok), piano.

CRITIQUE, concert. LILLE. Lille Piano(s) Festival 2021. Sam 19 juin 2021. Concert symphonique. Orchestre de Picardie, Arie van Beek, direction. Alexandra Dogvan, piano. Naïri Badal, Adélaïde Panaget (Duo Jatékok), piano. Concert symphonique kaléidoscopique pour la deuxième journée du fabuleux Lille Piano(s) Festival 2021. L’Orchestre de Picardie sous la direction d’Arie van Beek joue Beethoven et Poulenc aux côtés de la jeune virtuose Alexandra Dogvan et du duo de pianistes « Jatékok » (Naïri Badal et Adélaïde Panaget). Un concert pour tous les goûts !

Le piano pour tous !

 

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Le Duo Jatékok (© Ugo Ponte / ON LILLE 2021)

L’enfant prodigue Alexandra Dogvan (née en 2007) ouvre le concert avec son interprétation bien appliquée du deuxième concerto pour piano de Beethoven. Dès le premier mouvement, les vents de l’orchestre sont charmants et rayonnants, s’accordant élégamment au jeu sensible, romantique si l’on veut, de la jeune pianiste qui offre une interprétation irréprochable. Lors de l’adagio central la beauté sublime des vents est toujours en vedette, tandis que pour le rondo final tout l’ensemble ainsi que la soliste s’envolent dans une performance plus démonstrative et plus gaillarde en somme. Alexandra Dogvan offre un bis bouleversant de beauté, fiévreux, l’étude-tableaux en do majeur de l’op. 33 de Rachmaninov, où elle exprime davantage la virtuosité précoce de son talent, pour le plus grand bonheur de l’auditoire.

Après cette respiration post-romantique vient le tour du Duo Jatékok ; au programme, le Concerto pour deux pianos et orchestre en ré mineur de Francis Poulenc. Une œuvre bien particulière du répertoire pianistique du 20e siècle. Le registre en est très vif, néoclassique avec parfum jazzy. Les vents et les percussions de l’orchestre y sont en permanence sollicités et nous remarquons la direction précise du chef qui réussit une performance tonique et millimétrique ; l’orchestre assure un accompagnement idéal qui préserve les pianos en vedette. Le deuxième mouvement à la facture plus mozartienne est l’occasion pour les cordes de se montrer plus présentes, avec un beau mélange de tendresse et de gravité. Le concert se termine avec un troisième mouvement plus ravélien et éclectique où absolument tous les instrumentistes rayonnent.
Les pianistes Naïri Badal et Adélaïde Panaget offrent une prestation magistrale du début à la fin. Elles font preuve de la complicité et du jeu d’ensemble nécessaires pour cet opus particulier. Fabuleuses dès le premier mouvement créant une sorte de conversation, parfois agitée, entre les pianos, tout en passant par le dialogue sentimental terriblement beau du larghetto central ; les deux pianistes terminent le concerto avec une gaîté taquine parfois pompière, toujours spectaculaire et hautement expressive. Très émues de la réaction chaleureuse du public, elles offrent en bis une version de l’air célèbre de Carmen « L’amour est un oiseau rebelle » ainsi qu’un extrait jazzy de leur avant dernier album « The boys » : excellente équation !

CRITIQUE, concert. LILLE. Lille Piano(s) Festival 2021. Sam 19 juin 2021. Concert symphonique. Orchestre de Picardie, Arie van Beek, direction. Alexandra Dogvan, piano. Naïri Badal, Adélaïde Panaget (Duo Jatékok), piano.