Compte-rendu, concert. Paris, Philharmonie. Le 19 octobre 2015. Mahler : Symphonie N°3. The Cleveland Orchestra. Jennifer Johnston (mezzo). Franz Welser-Möst (direction).

Foule des grands soirs Ă  la Philharmonie de Paris (Philharmonie 2) pour la venue de l’un des « Big Five » Ă©tatsuniens – le Cleveland Orchestra – dirigĂ© par son directeur musical, le cĂ©lèbre chef autrichien Franz Welser-Möst. Dès le grand fracas inaugural des huit cors, on reste impressionnĂ© par l’homogĂ©nĂ©itĂ© et la puissance de l’articulation.

 
 

Cleveland-Welser-Most

 
 
 

DĂ©bute alors un Ă©tat de grâce pour l’orchestre – comme pour les spectateurs – que l’on ne quittera pas de toute la soirĂ©e (1h40 sans entracte). Chaque pupitre se hisse Ă  son summum : Ă©lĂ©gance des cordes, sonoritĂ© expressive des instruments Ă  vents et infaillibilitĂ© des cuivres. Les trompettes et les trombones se couvrent notamment de gloire, Ă  commencer par le trombone solo de Massimo La Rosa, au timbre veloutĂ© et doux, Ă  lui seul porteur d’émotion, et la trompette de Michael Sachs, d’une virtuositĂ© Ă  toute Ă©preuve dans les soli du « Kräftig » initial ou ceux du « Comodo scherzando », dont la dernière note semble ne jamais finir…

Si l’on se doit de citer Ă©galement les percussions, saisissants par leur exactitude rythmique et stylistique, c’est bien la qualitĂ© collective de l’orchestre – et son extraordinaire Ă©quilibre de timbres – qui suscite ce soir notre admiration et soulève notre enthousiasme. Cependant, le moment le plus magique et bouleversant de la soirĂ©e, on le doit bien Ă  la mezzo britannique Jennifer Johnston qui offre au public le plus beau « O Mensch ! » que l’on ait pu entendre : la tenue de la voix, la couleur du timbre, l’intelligence du phrasĂ©, la puretĂ© du grave, et surtout l’ineffable Ă©motion qu’elle parvient Ă  distiller par son chant, le public prĂ©sent s’en souviendra longtemps comme un pur moment d’éternitĂ©…

 
 

Compte-rendu, concert. Paris, Philharmonie. Le 19 octobre 2015. Mahler : Symphonie N°3. The Cleveland Orchestra. Jennifer Johnston (mezzo). Franz Welser-Möst (direction).