CRITIQUE, opéra. TOURS, le 30 sept 2022. MASSENET : Werther. Mas, Timoshenko, Lys. Laurent Campellone, direction / Vincent Boussard, mise en scène.

CRITIQUE, opéra. TOURS, le 30 sept 2022. MASSENET : Werther. Mas, Timoshenko, Lys. Laurent Campellone, direction / Vincent Boussard, mise en scène.   -   Cohérent et concentré, Vincent Boussard fait un Werther froid et subtil, un songe hivernal déroulé comme un cauchemar embué, épuré, surréaliste.
L’ouvrage qui a fait le succès des tĂ©nors fameux Roberto Alagna chez DG (Pappano, 2011), Jonas Kaufmann Ă  Paris, est Ă  Tours mais dans la version [que nous prĂ©fĂ©rons], celle pour baryton. A Lausanne (mai 2022) le tĂ©nor Jean-François Borras avait convaincu dans cette mise en scène ainsi crĂ©Ă©e en Suisse.
Après Hamlet de Thomas, Boussard convainc par son Ă©pure théâtrale, la lisibilitĂ© des sĂ©quences qui, sans le fatras des gadgets habituels, laisse Ă  l’inverse respirer ici le langage des corps dans un espace Ă©thĂ©rĂ©. En l’occurrence des boĂ®tes ou lieux fermĂ©s qui disent tous l’enfermement et l’asphyxie bourgeoise qui fait suffoquer les 2 cĹ“urs Ă©pris, Charlotte et Werther. Vincent Boussard dĂ©voile l’onirisme tragique du mythe goethĂ©en.
« Ange du devoir », l’hĂ©roĂŻne adorĂ©e par Werther, a la droiture d’une colombe blessĂ©e au riche tourment intĂ©rieur ; tout conspire chez elle vers une frustration croissante qui submerge, vers le basculement final. C’est assurĂ©ment l’un des emplois de mezzo parmi les plus troublants qui aborde avec un rĂ©alisme voluptueux les contours d’une psychĂ© complexe particulièrement active sur scène (moins dans la gestuelle que dans regards et attitudes).
MĂŞme intensitĂ© intĂ©rieure chez Werther mais alors que l’on attendait Ă  Tours, ambivalence et phrasĂ©s suggestifs, force hĂ©las est de dĂ©couvrir un hĂ©ros, mal dĂ©grossi, brut, trop vertement contrastĂ© dès le dĂ©but, de surcroĂ®t aux pianos trop rares et au vibrato envahissant. Dommage. La subtilitĂ© si proche du théâtre et sa prosodie, sĹ“ur de la mĂ©lodie, conçues par Massenet, sont absentes.
Pourtant chanter Werther en baryton joue sur la proximitĂ© avec la couleur vocale d’Albert, Ă©poux solide, placide de la belle Charlotte, ainsi pĂ©trifiĂ©e avant d’avoir vĂ©cu. Le huis clos scellant le destin de la mezzo, tiraillĂ©e entre les deux barytons, promettait un grand moment. De ce point de vue, avouons notre dĂ©ception.

 

 

 

Massenet à l’Opéra de Tours

Epuré, surréaliste
Le Werther envoûtant poétique de Vincent Boussard

 

 

 

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 Héloïse Mas / Mikhail Timoshenko, Charlotte et Albert : DR

 

 

D’autant que les autres rĂ´les sont loin de dĂ©mĂ©riter. Sophie (Marie Lys), en jeune double dĂ©vergondĂ©e de son aĂ®nĂ©e Charlotte (Ă  l’inverse bien sage), chante avec une sincĂ©ritĂ© touchante son air agile et fleuri, vrai prière au bonheur  (II : « Du gai soleil, plein de flamme… »), s’entĂŞtant Ă  dĂ©clarer joyeuse et lĂ©gère une soirĂ©e qui est son exact contraire quand Werther exprimant ses premiers Ă©lans suicidaires, dit sa souffrance, son impuissante solitude, sa frustration immense, insupportable.

Albert rentre idĂ©alement dans la vision cauchemardesque de Boussard ; pantin lunaire d’une froideur de serpent, ses baisers Ă  Charlotte sont comme les signes d’une emprise qui ronge et dĂ©vore sa proie raidie par le devoir. MikhaĂŻl Timoshenko a pu après Lausanne, polir et unifier son personnage ; la rondeur impavide du chant, assumĂ©e, maĂ®trisĂ©e jusqu’à la fin, incarne parfaitement cette figure marmorĂ©enne, d’une inflexible rectitude, Ă  la fois protectrice et Ă©touffante pour Charlotte. Et aussi clairvoyante car il sait (et il le dit) que Werther aime sa femme… Il sait mais  n’agit pas en consĂ©quence ni de façon explicite : voilĂ  qui est parfaitement incarnĂ© et rend le personnage ambivalent, dĂ©routant, fascinant.

Somptueuse et juste de bout en bout, la Charlotte d’Héloïse Mas aux robes signées Christian Lacroix, incarne idéalement la figure de l’Aimée, à la fois vibrante et inaccessible pour Werther ; prisonnière silencieuse, attachée, démunie désormais à son époux. Le timbre est profond, riche, articulé : qui sait faire jaillir quand on ne l’attend pas, la force d’un drame aussi intense qu’il est tu ; d’autant que l’intelligibilité permet de saisir toutes les situations qui s’imposent à elle. C’est de loin la meilleure Charlotte que nous ayons écoutée depuis longtemps.

Trop imprécis parfois, dur souvent, on a dit notre déception pour le Werther de Régis Mengus, pas aussi nuancé et trouble que sa partenaire.

L’Orchestre est le 3ème personnage du drame [après Werther et Charlotte] ; aux couleurs et accents de la psychĂ© si convulsive et tragique dans le cas prĂ©sent, riche en prĂ©ludes et pauses Ă©vocatrices, le collectif dirigĂ© par Laurent Campellone, directeur musical des lieux, force lui aussi les contrastes d’une partition qui perd Ă  sonner parfois trop dur ou trop âpre. Le chant souterrain des sentiments s’efface dans une vision d’opposition et d’exacerbation oĂą la rĂ©elle fusion instruments et voix se fait attendre, mĂŞme si Ă  mesure que l’action avance, le chef se montre de plus en plus attentif aux dĂ©tails, nuances, couleurs… Parvenant Ă  peine Ă  exprimer la morsure d’un amour malheureux, au poison tragique : opĂ©rant une machination implacable et cliniquement exposĂ©e, Massenet bien souvent se souvient de Wagner comme de Tchaikovsky [Ce Werther ne serait-il pas un « Eugène OnĂ©guine » Ă  la française ?].  Massenet observe et analyse ici les causes du mal-ĂŞtre amoureux, comme le diagnostic d’un mĂ©decin attendri mais affĂ»tĂ©.

Malgré nos réserves, la production est scéniquement et esthétiquement cohérente, à voir absolument. A l’affiche de l’Opéra de Tours, les dim 2 puis mardi 4 octobre 2022
: https://billetterie.operadetours.fr/seances/61%20https://operadetours.fr/fr/programmation/werther-jules-massenet-1842-1912

 

 

 

 

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CRITIQUE, opĂ©ra. TOURS, le 30 sept 2022. MASSENET : Werther. Mas, Timoshenko, Lys. Orc Symph RĂ©gion centre-Val de Loire / Tours – Laurent Campellone, direction / Vincent Boussard, mise en scène.

Jules MASSENET : WERTHER  –  Drame lyrique en 4 actes et 5 tableaux

Livret de Edouard Blau, Paul Milliet et Georges Hartmann
D’après le roman éponyme de Johann Wolfgang von Goethe (1774)
Créé en allemand à l’Opéra de Vienne le 16 février 1892
Créé en français à l’Opéra-Comique le 16 janvier 1893
Nouvelle production, version baryton
DurĂ©e : 2h45  – Photo HĂ©loĂŻse Mas / Mikhail Timoshenko, Charlotte et Albert : DR OpĂ©ra de Tours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Approfondir

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VOIR ici un portrait de Mikhail Timoshenko (jeune acadĂ©micien Ă  l’OpĂ©ra de paris, 2017) : https://www.youtube.com/watch?v=1ZZODf0zxM0

 

 

VOIR ici Mikhail Timoshenko / Mahler : Chant d’un compagnon errant… Holst, Wolf… Concours Wigmore Hall, octobre 2019 : https://www.youtube.com/watch?v=E-Lpq9ze_B8

 

 

 

 

 

 

 

TOURS, OpĂ©ra. MASSENET : WERTHER, version baryton. 30 sept – 4 oct 2022

Massenet jules cherubin Jules_Massenet_portraitTOURS, OpĂ©ra. MASSENET : WERTHER. 30 sept – 4 oct 2022. Sous la direction de Laurent Campellone (Vincent Boussard, mise en scène), l’OpĂ©ra de Tours affiche Werther de Massenet dans la version pour baryton (et non pas pour tĂ©nor). Avec RĂ©gis Mengus dans le rĂ´le-titre et HĂ©loĂŻse Mas (Charlotte), Mikhail Timoshenko (Albert)…

Fleuron du romantisme tragique allemand conçu par Goethe, Werther inspire Massenet qui en fait un drame lyrique d’une efficacitĂ© immĂ©diate. PassionnĂ©, entier, le jeune Werther, idĂ©aliste suicidaire, aime Charlotte, promise Ă  un autre. Après l’étĂ© de la rencontre, s’inscrit l’automne du doute amer, de la frustration dĂ©pressive : Werther s’abĂ®me dans le « mal du siècle », spleen mĂ©lancolique et tragique. Le librettiste Edouard Blau, souligne combien la quĂŞte radicale de Werther s’oppose aux convenances bour­geoises de Charlotte dans leurs duos d’une irrĂ©sistible sĂ©duction. Sur la scène tourangelle, HĂ©loĂŻse Mas et RĂ©gis Mengus interprĂ©teront le couple romantique, maudit, insatisfait : 2 âmes foudroyĂ©e par la machine sociale, celle des convenances, la mĂŞme qui sacrifie chez Tchaikovski, OnĂ©guine et Tatiana…

 

 

 

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Opéra de TOURS : WERTHERboutonreservation
Les 30 sept, 2, 4 oct 2022
RĂ©servez votre place
https://billetterie.operadetours.fr/seances/61
https://operadetours.fr/fr/programmation/werther-jules-massenet-1842-1912

WERTHER – Drame lyrique en 4 actes et 5 tableaux de Jules Massenet
Livret de Edouard Blau, Paul Milliet et Georges Hartmann
D’après le roman Ă©ponyme de Johann Wolfgang von Goethe (1774)
CrĂ©Ă© en allemand Ă  l’OpĂ©ra de Vienne le 16 fĂ©vrier 1892
CrĂ©Ă© en français Ă  l’OpĂ©ra-Comique le 16 janvier 1893
Nouvelle production, version baryton
Durée : 2h45

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A noter : conférence préliminaire
Samedi 17 septembre – 14h30 | Salle Jean Vilar

 

 

 

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LIRE notre critique complète de WERTHER de Massent Ă  l’OpĂ©ra de Tours : Boussard / Campellone. HĂ©loĂŻse Mas, Mikhail Timoshenko, Marie Lys…

CohĂ©rent et concentrĂ©, Vincent Boussard fait un Werther froid et subtil,Werther-opera-tours-heloise-mas-mikhael-timoschenko-charlotte-albert-critique-opera-classiquenews-opera-de-tours-vincent-boussard un songe hivernal dĂ©roulĂ© comme un cauchemar embuĂ©, Ă©purĂ©,  surrĂ©aliste. Le metteur en scène convainc par son Ă©pure théâtrale, la lisibilitĂ© des sĂ©quences qui, sans le fatras des gadgets habituels, laisse Ă  l’inverse respirer ici le langage des corps dans un espace Ă©thĂ©rĂ©. En l’occurrence des boĂ®tes ou lieux fermĂ©s qui disent tous l’enfermement et l’asphyxie bourgeoise qui fait suffoquer les 2 cĹ“urs Ă©pris, Charlotte et Werther. Vincent Boussard dĂ©voile l’onirisme tragique du mythe goethĂ©en. « Ange du devoir », l’hĂ©roĂŻne adorĂ©e par Werther, a la droiture d’une colombe blessĂ©e au riche tourment intĂ©rieur ; tout conspire chez elle vers une frustration croissante …

 

 

 

CD. Massenet: Werther. Rolando Villazon (Pappano, 2011)2 cd Deutsche Grammophon. Rolando Villazon au sommet!

Centenaire Massenet 2012
cd événement
Rolando Villazon “est” Werther !

Londres, Covent Garden, juin 2011. La rage parfois Ă©ruptive du maestro Antonio Pappano restitue les Ă©carts expressifs de la partition de Massenet dont le gĂ©nie climatique Ă©blouit par ses pointes si justes et vraies, vĂ©ritable alternative esthĂ©tique Ă  l’heure du wagnĂ©risme et du vĂ©risme envahissant: ouverture prenante aux vertiges brĂ»lants et contrastes saisissants (comme le prĂ©lude du dernier acte oĂą l’on entend le suicide par pistolet du hĂ©ros goethĂ©en)… c’est un Massenet puccinien, vertigineux et intĂ©rieur que la baguette suit sans la dĂ©naturer: l’orchestre est magnifique, et la direction, d’un engagement exceptionnel.

Retour d’un Villazon au sommet

 

Le vrai pilier de la distribution reste dans un rĂ´le familier (il le
chante depuis 2006) et qu’il met en scène Ă©galement, le tĂ©nor
franco-mexicain, Rolando Villazon: superbe surprise en
vĂ©ritĂ©, de la part d’un artiste dont les excès rĂ©cents avaient imposĂ© la retraite vocale. Les moyens sont presque intacts et dĂ©jĂ  dĂ©lectables: interprète magistral de bout en bout, Rolando maĂ®trise la voix sur l’Ă©tendue de la tessiture, avec des aigus rayonnants et colorĂ©s… Bravissimo Rolando!
Massenet: Werther. Rolando Villazon. Royal Opera House orchestra. Antonio Pappano. 2cd Deutsche Grammophon. Enregistrement réalisé à Londres en juin 2011. ref 00289 477 9340. Parution annoncée: lundi 5 mars 2012

Massenet: Werther. Rolando Villazon (Pappano, 2011)2 cd Deutsche Grammophon. Rolando Villazon au sommet!

Londres, Covent Garden, juin 2011: voici au disque la production de Werther mis en scène par le cinĂ©aste Français Benoit Jacquot, dĂ©jĂ  superbement enregistrĂ© en DVD chez Decca avec un autre tĂ©nor hyperclassieux et magnifiquement convaincant vocalement et scĂ©niquement: l’immense Jonas Kaufmann (cette production avait Ă©tĂ© crĂ©e dès 2004 sur la scène londonienne avant d’ĂŞtre repris en janvier 2010 sur la scène de l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris).


Pappano engagé mais décevante Koch

A Londres, la rage parfois Ă©ruptive du maestro Antonio Pappano restitue les Ă©carts expressifs de la partition de Massenet dont le gĂ©nie climatique Ă©blouit par ses pointes si justes et vraies, vĂ©ritable alternative esthĂ©tique Ă  l’heure du wagnĂ©risme et du vĂ©risme envahissant: ouverture prenante aux vertiges brĂ»lants et contrastes saisissants (comme le prĂ©lude du dernier acte oĂą l’on entend le suicide par pistolet du hĂ©ros goethĂ©en); si l’on regrette parfois une surenchère stylistique confinant au pathos, ce que rĂ©ussit Pappano quand il resserre ses effets dans des climats qui fouillent les replis les plus intimes des hĂ©ros, est rĂ©ellement magistral (nous sommes ici aux antipodes du geste plus caressant, plus onctueux aussi d’un Plasson, directeur musical du dvd prĂ©cĂ©demment citĂ©); concernant Pappano, prenez le dĂ©but du cd2, tout le prĂ©lude et l’air des lettres de Charlotte (dĂ©but du III) respire, palpite, tressaille au diapason d’une âme amoureuse possĂ©dĂ©e par une passion muette et tue; c’est un Massenet puccinien vertigineux et intĂ©rieur : l’orchestre est magnifique, et la direction, d’un engagement exceptionnel.

Dommage que l’on ne peut Ă©crire un mĂŞme enthousiasme concernant la Charlotte de Sophie Koch: la mezzo, certes toujours stupĂ©fiante vocalement sur les planches (sa Waltraute dans la TĂ©tralogie wagnĂ©rienne Ă  Bastille) devoile ici, de très dommageables limites et dĂ©fauts dans sa langue: pas une seule note en mezzavoce tenue et colorĂ©e, aucune articulation juste et mesurĂ©e, la chanteuse dĂ©verse une soupe linguistique continument incomprĂ©hensible: un comble pour celle qui parvient Ă  toucher chez Strauss (le Komponist d’Ariadne auf Naxos) et donc Wagner. Mais l’art de dire et de chanter le texte français semble dĂ©finitivement hors de portĂ©e. C’est toute la subtile prose, et les nuances psychologiques du personnage si finement reliĂ©es Ă  la musique qui lui Ă©chappent; trop lointaine du texte, la mezzo s’autorise mĂŞme des ports de voix incontrĂ´lĂ©s, un style surjouĂ© et théâtral, des tics mĂ©caniques outrĂ©s et maniĂ©rĂ©s… qui malheureusement desservent Massenet: très vite, sa conception du rĂ´le tourne en rond et devient insupportable tant elle en fait des tonnes… assenant aussi des notes criĂ©es quand elle ne peut les couvrir.


Retour d’un Villazon au sommet

Le vrai pilier de la distribution reste dans un rĂ´le familier (il le chante depuis 2006) et qu’il met en scène Ă©galement, le tĂ©nor franco-mexicain, Rolando Villazon: superbe surprise en vĂ©ritĂ©, de la part d’un artiste dont les excès rĂ©cents avaient imposĂ© la retraite vocale. Les moyens sont presque intacts et dĂ©jĂ  dĂ©lectables: interprète magistral de bout en bout, Rolando maĂ®trise la voix sur l’Ă©tendue de la tessiture, avec des aigus rayonnants et colorĂ©s, un style Ă  l’opposĂ© de sa partenaire, vĂ©ritable modèle de chant puissant et intelligent: proche du texte, flexible, naturel, nuancĂ©; capable de mezza-voce soutenue, sur le souffle, et ce qu’il partage aujourd’hui avec Roberto Alagna, cet investissement radical sur le plan Ă©motionnel et psychologique, ciselĂ© avec une subtilitĂ© … sans pathos: “Pourquoi me rĂ©veiller… ” est en ce sens littĂ©ralement bouleversant : c’est le chant d’un condamnĂ© qui a dĂ©jĂ  choisi de mourir … Le hĂ©ros romantique pur et rayonnant par son sacrifice tel qu’imaginĂ© par Goethe, trouve une incarnation anthologique… sa seule prestation, malgrĂ© les dĂ©fauts de sa partenaire, justifie l’acquisition urgente de ce coffret indispensable. Ainsi le tenorissimo rĂ©ussit son retour lyrique et dĂ©jĂ  Deutsche Grammophon annonce d’ici la fin de l’annĂ©e un nouvel album dĂ©diĂ© aux hĂ©ros verdiens… Bravissimo Rolando!

Massenet: Werther. Rolando Villazon. Royal Opera House orchestra. Antonio Pappano. 2cd Deutsche Grammophon. Enregistrement réalisé à Londres en juin 2011. ref 00289 477 9340. Parution annoncée: lundi 5 mars 2012