SYMPHONIE n°1 CLASSIQUE de Prokofiev

FRANCE MUSIQUE, dim 26 sept, 16h. PROKOFIEV : Symphonie n°1 – La Tribune des critiques de disques. Quelle est la meilleure version enregistrée de la symphonie classique de Prokofiev, joyau dansant, véritable pastiche néo mozartien ?

prokofiev-romeo-et-juliette-symphonie-classique-concert-opera-classiquenewsLa Symphonie n°1 en ré majeur, op. 25 de Prokofiev dite Symphonie classique témoigne de la maîtrise voire du génie de Prokofiev dans l’art de recycler les formes anciennes, en particulier l’élégance humoristique de Haydn, lui-même l’inventeur de la symphonie dite classique (celle du XVIIIè à Vienne dont l’instrumentarium comporte bois, cors et trompettes par deux, timbales et cordes). Nerveux, précis, Prokofiev cultive la précision rythmique, d’où sa faveur pour la forme gavotte, d’une étonnante tension rythmique.
Quatre mouvements disent une déférence sincère voire amusée aux modèles classiques :

1 – Allegro, de forme sonate classique (exposition, développement, réexposition…)
2 – Larghetto : de forme ABA, rythme tripartite dans l’esprit d’un menuet.

3 – Gavotta : Non troppo allegro – épisode dansant à 4 temps développé ensuite dans son ballet Roméo et Juliette.
4 – Finale : Molto vivace : conclusion majestueuse, mêlant les formes rondo et sonate.

La composition remonte aux années 1916-1917 ; Prokofiev assure la création le 21 avril 1918 à Pétrograd. La partition est aussi courte que joliment troussée, d’un équilibre… classique. A 25 ans, Prokofiev travaille son premier opus symphonique à saint-Petersbourg alors que l’Europe compte ses morts. N’ayant aucun orchestre à sa disposition, le jeune compositeur écrit ayant la mémoire des instruments et de leurs timbres respectifs. Tout s’emboîte dans sa tête avec une précision d’horloger : il en résulte une oeuvre d’une délicatesse inouïe, badine mais raffinée, brillante mais sincère. Aucune rigueur, mais l’équilibre et la joie du ré majeur. Soit un modèle de classicisme assumé, maîtrisé.

VIDEO
La symphonie opus 25 de Prokofiev par Leonard Bernstein, d’une intensité détaillée jubilatoire / Orpheus Chamber Orchestra, rec. enregistrement 1988 :

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