QUINTETTE de César Franck

FRANCE MUSIQUE. Mercredi 10 août 2022, 20h. FRANCK : QuintetteLe Quintette en fa mineur permet à Franck de revenir à la musique de chambre en 1879, après 35 ans de silence (dans ce genre). La partition est crée en janvier 1880 à la Société Nationale fondée par Saint-Saëns en 1870, ce dernier, dédicataire, jouant la partie de piano. Mais un dédicataire assez léger, puisqu’après le dernier accord, il délaissa assez dédaigneusement le manuscrit sur le piano, comme s’il n’y prêtait aucune estimation… selon les témoignages. Le Quintette cependant inaugure en 1880 toute une série de pièces maîtresses , affirmant désormais un nouvel essor de la musique de chambre française post romantique, aussi éblouissante que celle germanique, illustrée dans le sillon rafraîchi par Franck, par Chausson, Debussy (grand admirateur du Quintette), D’Indy évidemment, Fauré, Schmitt… Ravel.

PENSÉE INQUIETE, OBSESSIONNELLE…
2022 : l'année miraculeuse du Bicentenaire César Franck ?Pourtant Franck, alors sur le métiers des Béatitudes, y explore les ressources de la grande forme architecturale : exigence expressive, complexité structurelle, utilisant son fameux principe cyclique ; puissance aussi de la texture qui évoque la résonance de l’orgue et du grand orchestre… ses qualités sont multiples et se révèlent au fur et à mesure des écoutes successives. Beaucoup ne voit à torts que sa richesse épaisse quand il faudrait y déceler une nouvelle étape dans la maturation de l’auteur, vers une inquiétude intime qui tourne presque à l’obsession. Franck doute, s’interroge comme nulle part ailleurs, à travers le chant distinct, caractérisé des 5 instruments.

Le Quintette développe ainsi 3 parties selon une pensée toujours originale : l’introduction dramatique préludant à un développement rapide / le lento « con molto sentimento », conçu comme une aria, en 3 sections / enfin l’Allegro ultime, fougueux, fièvreux, intranquille voire déconcertant. Serait-ce de fait, l’oeuvre qui dévoile le mieux la passion exacerbée mais rentrée du « Pater Seraphicus », certes homme de foi mais aussi âme tourmentée… plus profonde et équivoque qu’il n’y paraît ?

 

 

 

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Concert donné le 26 juillet 2022 en l’Église de Verbier dans le cadre du Festival de Verbier.

Joseph Haydn
Quatuor à cordes n°27 en ré majeur Hob.III :34 op.20 n°4, «Soleil»

Dimitri Chostakovitch
Quatuor à cordes n°8 en ut mineur op 110

 

César Franck
Quintette pour piano en fa mineur FWV 7 

Daniil Trifonov, piano
Quatuor Ebène :
Pierre Colombet, violon
Gabriel Le Magadure, violon
Marie Chilemme, alto
Raphaël Merlin, violoncelle

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