Chorégies d’Orange 2020 : tout sur le NET

ORANGE-2020-operas-critique-classiquenews-annonce-juillet-2020CHORÉGIES D’ORANGE 2020. A l’heure de la covid19, la circulation internationale des artistes étant réduite (probablement jusqu’à la fin de l’année 2020), les Chorégies d’Orange se mettent au diapason de la mémoire et propose une manière de rétrospective, avec focus sur quelques unes des plus belles réalisations passées. Un retour sur… en quelque sorte. Histoire des Chorégies sur le site et la page facebook (exposition photographique jusqu’au 23 juillet 2020 / 1979 – 2009 : 40 ans de photos réalisées par Philippe Gromelle : Quarante ans de photos aux Chorégies d’Orange retracés grâce à huit courtes vidéos d’environ 5 minutes. Huit épisodes, qui traiteront chacun d’un thème emblématique du festival lyrique:  «Musiques en fête», «Métamorphoses d’un opéra : de la maquette au spectacle», «Les voix légendaires», «Les chefs d’orchestre  et les metteurs en scène», «Les artistes présents en 2020», «L’opéra le plus joué», «Les plus beaux  souvenirs de Philippe Gromelle» et «Le public des Chorégies») ; retransmisions sur France Télévisions et culturebox de 3 productions emblématiques :

 

________________________________________________________________________________________________

OPERAS EN REPLAY  jusqu’au 19 décembre 2020

VERDI : Il Trovatore (2015)
PUCCINI : Madama Butterfly (dès le 4 juillet, Orange 2016)
VERDI : Requiem (dès le 18 juillet 2020, Orange 2016)

et sur France Musique, programmes spécial Chorégies d’Orange, les 5 juillet, 12 juillet puis 1er août 2020.

à venir
Ce n’est plus un secret, les Chorégies d’Orange 2021 présenteront SAMSON ET DALILA  de SAINT-SAËNS avec Roberto Alagna et Marie-Nicole Lemieux, Samedi 10 juillet 2021

 
 

________________________________________________________________________________________________

 

NOTRE AVIS

VERDI : Il Trovatore (Orange, 2015). Rien de confus ou alambiqué dans l’opéra de Verdi : une légende virile et fantastique qui narre la vengeance de la gitane mi sorcière mi haineuse Azucena, laquelle recueille et élève son « fils » Manrico ; celui ci aime Leonora, elle-même adorée par le sombre et cynique Comte Luna. Manrico et Luna s’opposent, se haïssent : Luna fait condamner Manrico par jalousie, avant d’apprendre de la bouche d’Azucena qu’il était son frère ; ainsi se venge la sorcière dont le véritable enfant a été tué, brûlé vif par le premier comte de Luna… Ainsi se réalisent les haines de clans, sacrifiant les enfants pour venger l’honneur des parents.
Verdi exploite les ressorts dramatiques d’une sombre histoire familiale où les enfants perpétuent la barbarie des parents. Transmission de l’esprit du soupçon, des manipulations et du mensonge, l’action est celle de la vengeance sourde mais inéluctable… Dès la première scène, l’histoire de l’enfant brûlé est contée par une basse chantante, hallucinée, pénétrée par l’horreur qu’il professe…
Azucena-manrico-Lemieux-Alagna-ORANGE-2015-critique-opera-VERDI-il-trovatore-classiquenewsLa production d’Orange 2015 réunit une distribution convaincante ; la Leonora de la chinoise Hui He est plus mezzo dramatique (d’une belle rondeur cuivrée quoique souvent imprécise dans ses vocalises) ; son ampleur renforce l’autorité d’un personnage, écarte l’angélisme du rôle ; sa Leonora a des accents plus maternels que réellement juvéniles, et même de plus en plus sombres à la fin ; le Manrico de Roberto Alagna a fière allure, ardent et enivré même, incarnant la virilité tendre du jeune amoureux, comme l’ardeur loyal du fils, présent à sa mère (air du feu, nerveux et tendu), pris dans les rets d’une haine familiale qui le dépasse. Luna, sombre, jaloux, à la rancœur aigre, braise inquiète dans l’ombre de la lumière des deux amants permet au baryton roumain Georges Petean d’épaissir son personnage, mais l’interprétation reste parfois trop sage ; heureusement à mesure que l’action se déroule, ce jaloux frustré gagne une sincérité croissante. Tandis que la sorcière de Lemieux atteint des éclats ténébristes et graves dans le récit de la mort de son fils croisé avec le visage de sa mère brûlée vive…. Une très belle interprétation. La direction de de Billy est active, mais lourde et brutale ; et la mise en scène de Charles Roubaud, routinière mais lisible, jusqu’à l’épure oratorienne à la fin. Durée : 2h20mn.
Culturebox. En replay jusqu’au 27 décembre 2020
https://www.france.tv/france-3/tous-a-l-opera-2018/966403-il-trovatore-de-verdi-aux-choregies-d-orange-2015.html

Roberto Alagna, Manrico
Hui He, Leonora
Marie Nicle Lemieux
George Petean, Comte de Luna
Orchestre National de France
Bertrand de Billy, direction
Charles Roubaud, mise en scène

Comments are closed.