MADRID, Teatro Real. L’Ange de feu de Prokofiev (Bieito)

prokofiev serguei l ange de feu opera concert classiquenewsARTE, mardi 5 avril 2022, 19h30. PROKOFIEV : L’Ange de feu. A l’affiche depuis le 22 mars, L’ange de feu est diffusĂ©e lors de sa derniĂšre reprĂ©sentation en direct de Madrid (Teatro Real). Avant la barbarie nazie, la RĂ©publique de Weimar a favorisĂ© Ă  Berlin l’émergence d’Ɠuvres, qui sans le sentiment de libertĂ© ambiant, auraient paru scandaleuses : l’irrĂ©vencieuse Sancta Susanna de Paul Hindemith, l’atonal et antimilitariste Wozzeck de Alban Berg, le jazzy et multiculturel Jonny spielt auf de Ernst Krenek
 et donc L’Ange de feu de Prokofiev, leqel par sa charge paroxystique est lui, refusĂ© partout, trop puissant, trop sĂ©ditieux,
 la partition reprise, corrigĂ©e jusqu’en 1927, – inspirĂ©e du roman de Valeri Brioussov (1907) ne sera crĂ©Ă©e qu’à Paris et Venise, un an aprĂšs sa mort, en 1954.
La nouvelle production madrilĂšne invite la vision du catalan Calixto Bieito, – qui ne put prĂ©senter Ă  Paris en 2020 son Ring Ă  l’OpĂ©ra de Paris. L’action de l’Ange de feu s’inscrit ici dans les annĂ©es 1950, Ăąpre dĂ©nonciation du dĂ©monisme Ă  l’Ɠuvre dans nos sociĂ©tĂ©s modernes et contemporaines : hypocrisie bourgeoise, maltraitance infantile, dĂ©lire et folie masquĂ©e et bien active
 Cet ange de feu est un ange exterminateur, le rĂ©vĂ©lateur du dĂ©monisme qui ronge l’ñme humaine

Le trĂšs polissĂ©, Ă©lĂ©gant Prokofiev exploite un drame de sorcellerie pour aborder aux rives de l’hystĂ©rie et de la possession humaine. Jeune fille, Renata voit un ange aux cheveux d’or (Madiel) ; au dĂ©but de l’opĂ©ra, le chevalier Ruprecht est tĂ©moin de la possession de l’illuminĂ©e mystique (quand elle crie « grĂące, grĂące! ») : la dĂ©lirante invoque Heinrich qui avait les traits de l’Ange, mais qui aprĂšs une annĂ©e de vie partagĂ©e bienheureuse, l’a abandonnĂ©e. Est-elle sincĂšre ou folle ? Ruprecht tente d’aider Renata dans sa quĂȘte de l’Ange et de cet Heinrich qui a disparu
 Il est maltraitĂ© par la possĂ©dĂ©e ingrate ou insatisfaite – bien qu’aimĂ©e d’elle, assiste Ă  quantitĂ© d’épisodes fantastiques et sataniques censĂ©s convoquer les absents et les dĂ©sirĂ©s
Le chevalier sincĂšre est emportĂ© malgrĂ© lui dans les frasques dĂ©lirantes et sataniques de la possĂ©dĂ©e. Paraissent quantitĂ© de personnages ou figures Ă©tranges aux confins du surrĂ©alisme et de l’horreur, Ă  la façon de JĂ©rĂŽme Bosch. Enfin Renata rejoint un couvent oĂč elle ne tarde pas Ă  semer le chaos, envoĂ»tant jusqu’aux nonnes excitĂ©es, dĂ©lurĂ©es que le Grand Inquisiteur, aidĂ© par Ruprecht, venu pour exorciser la dĂ©mone, tente de calmer vainement
 Renata finira brĂ»lĂ©e vive sur le bĂ»cher. L’opĂ©ra est un chef d’Ɠuvre de transe dĂ©moniaque. Ereintant pour les interprĂštes et pour le public. Mais fresque hallucinĂ©e et spectaculaire. Inclassable.

 

 

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PLUS D’INFOS, RÉSERVEZ VOS PLACES
directement sur le site du Teatro Real Madrid :
https://www.teatroreal.es/es/espectaculo/angel-fuego

 

 

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PROKOFIEV : L’Ange de feu
arte_logo_2013En direct sur ARTE, mardi 5 avril 2022, 19h30
En REPLAY sur ARTEconcert jusqu’au 4 avril 2023.
https://www.arte.tv/fr/arte-concert/

Ópera en cinco actos
MĂșsica y libreto de SergĂ©i ProkĂłfiev (1891-1953)
Libreto basado en la novela homĂłnima (1907), de Valery Bryusov
Estrenada en el Teatro La Fenice de Venecia el 25 de noviembre de 1954
Estreno en el Teatro Real – Nueva ProducciĂłn del Teatro Real, en colaboraciĂłn con la Opernhaus de ZĂșrich

Gustavo Gimeno, direction
Calixto Bieito, mise en scĂšne
Coro Intermezzo / Orquesta Sinfónica de Madrid

Distribution
Renata :  Ausrine Stundyte
Ruprecht : Leigh Melrose
Agrippa von Nettesheim / MefistĂłfeles : Dmitry Golovnin …

 

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