L’Orchestre National de LILLE joue La Belle Hélène

ONL-Orchestre-National-de-Lille-la-belle-helene-bloch-opera-lille-classiquenewsLILLE : les 7, 8 et 10 juillet 2021. OFFENBACH : La Belle-Hélène. L’Orchestre National de Lille poursuit sa passion du lyrique et offre à présent chaque été, une nouvelle production lyrique, dans le cadre de son cycle estival incontournable « Les Nuits d’été ». Après la délirante et touchante MASS de Bernstein (2018), Carmen (prise de rôle d’Aude Extrémo) en 2019, voici La Belle-Hélène, subtile parodie d’après la mythologie, ciselée en 1864 par Jacques Offenbach. Poésie, facétie, délire… tout œuvre à séduire et faire rire. La légèreté d’Offenbach égale sa tendresse et son élégance,… une équation qui fonde son génie si proche de son contemporain : Johann Strauss fils. La version que proposent le National de Lille et Alexandre Bloch concentre les meilleures pages de la partition grâce à un livret réécrit pour l’occasion par Lionel Rougerie (qui avait collaboré avec l’Orchestre à l’occasion de ses 40 ans en 2015 / 2016). Instrumentistes et chef à Lille se retrouvent ainsi dans la défense de l’opéra français (on se souvient de leur excellent travail sur Les Pêcheurs de perles de Bizet en 2017). Déjà le ténor Cyrille Dubois (Pâris) participait à la réussite des Pêcheurs : il sera Pâris, le pâtre trop séduisant par lequel le scandale arrive… Dans cette nouvelle production de La BELLE HÉLENE, paraît, protectrice d’Hélène de Troie. Vénus règne sur ce drame du désir omnipotent et drôlatique : il était donc légitime de lui offrir ainsi une incarnation inédite.

 

 

 

Un opéra bouffe inspiré par la mythologie…

 

BLOCH alexandre ON LILLE metamorphosesPour sa nouvelle partition destinée au Théâtre des Variétés, Offenbach compose La Belle Hélène, grand ouvrage en 3 actes sur le livret de Meilhac et Halévy. Le compositeur a déjà choisi ses interprètes favoris : Hortense Schneider dans le rôle-titre et le ténor José Dupuis (formé par Hervé aux Folies-Nouvelles) qui éblouit dans le rôle de Pâris. Les répétitions sont exténuantes et longues : Offenbach, monstre de travail et d’exigence, entend conduire ses équipes vers le but sonore et artistique qu’il s’est fixé : « c’est pien mes enfants, très choli ; mais c’est bas ça du tout ! ». Offenbach réécrit au fur et à mesure, selon les possibilités des artistes, selon la censure aussi : le rôle de Chalcas est « adouci » car il est d’emblée jugé trop anticlérical : blasphématoire ! La première a lieu le 17 déc 1864 : triomphe absolu. C’est que l’amuseur des boulevards sait faire rire et aussi toucher par la grâce de son inspiration…

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 BELLE HELENE OFFENBACH opera orchestre national de lille nuits d ete
 

 Pâris et Hélène (Cyrilel Dubois et Gaelle Arquez), nouveaux héros de la production événement des Nuits d’été à LILLE, les 7, 8 et 10 juillet 2021 (DR).

 
 
 

LILLE – Auditorium du Nouveau Siècleboutonreservation
LES NUITS D’ÉTÉ
Jacques OFFENBACH : LA BELLE HÉLÈNE
Le célèbre opéra-bouffe d’Offenbach
revisité par l’Orchestre National de Lille

Mercredi 7 juillet 2021 — 20h
Jeudi 8 juillet 2021 — 20h
Samedi 10 juillet 2021— 20h

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
Attention jauge limitée en raison des mesures sanitaires
https://www.onlille.com/saison_20-21/concert/les-nuits-dete-la-belle-helene/

± 2h sans entracte

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 Production à l’affiche du Théâtre des Champs Elysées à PARIS, jeudi 1er juillet 2021, 19h30.

 

 

 

 

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE / ON LILLE
Alexandre Bloch, direction
Lionel Rougerie, livret & mise en scène

Gaëlle Arquez, Hélène
Cyrille Dubois, Pâris
Éric Huchet, Ménélas
Aliénor Feix, Oreste
Marc Barrard, Agamemnon
Philippe Ermelier, Calchas
Raphaël Brémard, Achille
Sahy Ratia, Ajax I
Florent Karrer, Ajax II
Marie Lenormand, Bacchis
Camille Poul, Léæna
Pauline Texier, Parthénis
Léa Dangréaux, Vénus

Chœur de Chambre Septentrion
Orchestre National de Lille

Saïd Abitar, Illustrations et scénographie
Fabrice Ollivier, Lumières

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Languissante et sincère Hélène…

MARSEILLE : La Belle Hélène d'Offenbach version PisaniLes couleurs de l’orchestre, le génie des mélodies, celui semblable du texte souvent détourné, d’une drôlerie absolue (égrillard, facétieux, argotique) imposent la verve parodique et poétique d’Offenbach qui en détournant de façon comique voire délirante et ridicule, les héros de la mythologie grecque, critique surtout le pouvoir à son époque et les petits bourgeois de Paris, très trop conformes (Hélène précise à Pâris, qu’ici « on dîne à 7 heures »). Le compositeur égratigne aussi le genre lyrique noble, jouant sur de grands ensembles pour conclure chaque acte (parodie du grand opéra). Hélène est une sirène des plus sensuelles : une mezzo languissante (« il nous faut de l’amour » dit-elle au I… puis doute de son désir (acte II : « Dis moi Vénus, quel plaisir trouves-tu à faire ainsi cascader la vertu? ») ; Oreste, un ado argotique et déluré ; Pâris, insolent, mordant aux aigus virtuoses pétaradants (sa tyrolienne quand il évoque son fameux « jugement ») ; Calchas, expert manipulateur ; sans omettre les Rois et les prêtres, caricaturés dans le fameux trio patriotique du III (Agamemnon, Ménélas, Calchas), avec calembourgs et chorégraphie qui cite l’opérette précédente « Orphée aux enfers ». Un pur esprit bouffe, c’est à dire fantaisiste et poétique emporte l’action et le rythme de La Belle Hélène. Offenbach y atteint la verve cadencée et rythmée (avec crescendos bien calibrés) d’un Rossini. Et c’est surtout l’articulation du français qui importe le plus : il conduit le raffinement comique et toute la tension du drame…
Comme c’est souvent le cas dans l’histoire de l’opéra français : le grand genre est doublé par son écho parodique. Comment ne pas inscrire La Belle Hélène d’Offenbach comme la réponse décalée, délirante, des Troyens de Berlioz, joués l’année précédente, le 4 nov 1863 au Théâtre-Lyrique ? D’un côté la fresque épique et poétique du grand Hector inspiré par Virgile ; de l’autre, la verve délirante d’un génie de la cocasserie… Le public a montré sa préférence en applaudissant à tout rompre l’excellente comédie délirante d’Offenbach.

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Synopsis

 

ACTE I. A Sparte la reine Hélène attend le beau Pâris : selon le jugement fameux, le prince doit lui être promis par la déesse Vénus. De fait, le « berger » Pâris paraît à la cour de Sparte pour concourir aux joutes intellectuelles, parmi les rois grecs dont Agamemnon (baryton), son fils Oreste (soprano), surtout Ménélas l’époux d’Hélène. Pâris gagne : il pourra conquérir Hélène car Ménélas doit partir en Crête selon les indications de l’augure Calchas (baryton-basse).

ACTE II. Séduite, Hélène affiche la détermination d’une épouse vertueuse : elle résistera à la cour de Pâris. Celui-ci se glisse dans sa couche la nuit, car il se fait passer pour un rêve (valse nocturne fameuse). Ménélas les surprend et prend à témoins les autres rois (jouant au jeu de l’oie). Pâris doit partir.

ACTE III. Les Bains de Nauplie. Les dieux courroucés par le départ de Pâris, souffle un vent mauvais contre les hommes pour les punir. Ménélas est corrigé par Agamemnon et Calchas, mais refuse d’être cocu pour l’intérêt collectif. Soudain le « grand augure de Cythère » paraît (Pâris déguisé) : il emporte avec lui la belle Hélène toute soumise, à la barbe des rois démunis.

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DISCOGRAPHIE

La version pilotée par Michel PLASSON avec la diseuse royale Jessye Norman, Hélène désirante et ardente de grande classe, et une distribution de chanteurs français idéalement articulés (le Calchas de Jean-Philippe Lafont) s’impose évidemment (1984, Emi). Chaque séquence y déborde de vitalité théâtrale grâce au style vocal qui place l’intelligibilité au cœur de tout enjeu dramatique.

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LIRE aussi notre critique des Pêcheurs de perles de BIZET par l’Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch, mai 2017 : Formidable production, que ces Pêcheurs de perles… fruit d’une intense préparation et d’ajustements en série sur un timing serré, par toutes les équipes de l’Orchestre National de Lille, dont le résultat présenté à Lille (avant Paris), ce 10 mai dernier dans un Auditorium du Nouveau Siècle totalement plein, est riche de plusieurs enseignements…
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-opera-lille-nouveau-siecle-le-10-m
ai-2017-bizet-les-pecheurs-de-perles-1863-orchestre-national-de-lille-alexandre-bloch-direction/

LIRE aussi la critique du CD Les Pêcheurs de perles de BIZET par l’Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch, mai 2017
https://www.classiquenews.com/cd-opera-critique-bizet-les-pecheurs-de-perles-1864-nouvelle-version-complete-onl-orchestre-national-de-lille-a-bloch-2-cd-pentatone-2017/

VOIR les Pêcheurs de Perles de Bizet sur la chaîne YOUTUBE de l’ON LILLE Orchestre National de Lille
https://www.youtube.com/watch?v=xAYsFzW3TsI

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