LA DAME BLANCHE de BOIELDIEU

boieldieu-la-dame-blanche-opera-critique-annonce-opera-classiquenews-boieldieu-par-BoillyBOIELDIEU : LA DAME BLANCHE – 15 dĂ©c – 18 janv 2022. CrĂ©Ă©e en dĂ©c 2020, sans public, la production reprend du service pour 12 dates et 5 thĂ©Ăątres dont une rĂ©sidence de 5 dates Ă  l’OpĂ©ra de Renens pour NoĂ«l (28 dĂ©c 2021- 3 janv 2022). L’ouvrage est un modĂšle du genre gothique fantastique et fonde les caractĂšres de l’opĂ©ra romantique français en 1825, Ă  l’heure oĂč le pouvoir monarchique renforce la faveur de l’opĂ©ra italien avec la prĂ©sence de Rossini, compositeur officiel

LE DERNIER OPERA DE BOIELDIEU, LE PLUS SUCCES DU COMIQUE. Avant Carmen (Bizet, 1875), La Dame Blanche de Boieldieu, crĂ©Ă©e en 1825, est le succĂšs le plus retentissant de l’OpĂ©ra-Comique. Les parisiens se passionnent pour le genre fantastique et surnaturel, gage Ă  l’opĂ©ra, de tableaux vivants d’un onirisme spectaculaire, Ă  la fois terrifiant et surprenant : dĂ©cors, machineries, situations, mouvement des chanteurs rivalisent avec le grand genre noble par excellence, la peinture d’histoire, que l’amateur peut analyser au musĂ©e et au Salon ; dans le cas de La Dame Blanche, dont le titre renvoie aux apparitions fantomatiques et aux spectres Ă©vanescents, les chiffres parlent ; jusqu’en 1926, prĂšs de 1670 reprĂ©sentations de l’Ɠuvre au Comique. De fait, la place face Ă  l’entrĂ©e du thĂ©Ăątre est nommĂ©e place Boieldieu en 1851. L’Ɠuvre influence Rossini, Adam, Bizet, Offenbach, Delibes, Chabrier.
L’heure est au retour des Italiens en France avec l’hĂ©gĂ©monie de Rossini qui en 1825 triomphe avec le festival de virtuositĂ© lyrique, Le Voyage Ă  Reims. Boieldieu compte Ă©crire un opĂ©ra français, adoptant la mode troubadour, cette affection gĂ©nĂ©ralisĂ©e pour les drames gothiques ; Carl Maria von Weber dont le FreischĂŒtz (1821) puisait dĂ©jĂ  Ă  la mĂȘme poĂ©sie du merveilleux, n’hĂ©site pas Ă  dĂ©clarer: « C’est le charme, c’est l’esprit. Depuis Les Noces de Figaro de Mozart on n’a pas Ă©crit un opĂ©ra-comique de la valeur de celui-ci »

Au scĂšnes surnaturelles, François-Adrien Boieldieu (1775-1834) enchaĂźne les mĂ©lodies sĂ©duisantes : ainsi les « tubes » que sont l’air de George du premier acte : « Ah ! Quel plaisir d’ĂȘtre soldat », la ballade de Jenny, les couplets de Marguerite, l’air d’Anna au III : « Enfin, je vous revois ». Boieldieu allie le genre lĂ©ger du Comique et des accents purement romantiques. Le compositeur s’inspire en particulier de deux romans Ă  succĂšs de Walter Scott (1771-1832), Guy Mannering (1815) et Le MonastĂšre (1820).

INTROSPECTION ROMANTIQUE. Ainsi ce focus psychologique qui recherche l’intĂ©rioritĂ© et le sentiment du hĂ©ros George : il doit comprendre ce que lie le prĂ©sent de l’action et son propre passĂ© ; l’assurance du soldat (« Quel plaisir d’ĂȘtre soldat ») cache en vĂ©ritĂ© une fragilitĂ© et un questionnement qui fonde tout le drame : en recouvrant la mĂ©moire des lieux et des ĂȘtres connus, George retrace le fil de sa vie et se rĂ©vĂšle Ă  lui-mĂȘme (acte III : « D’oĂč peut naĂźtre cette folie ? D’oĂč vient ce que je ressens ? »). La Dame Blanche personnifie en rĂ©alitĂ© la rĂ©surgence du passĂ© qui fait effraie et fait peur quand elle n’est que l’instrument d’une vĂ©ritĂ©, laquelle ne demande qu’à ĂȘtre dĂ©voilĂ©e. Musicalement, Boieldieu conçoit la texture du surnaturel grĂące aux alliages d’instruments suggestifs : usage du chromatisme, de nappes de cordes immobiles oĂč rayonne le timbre voilĂ© du cor solo ou le chant hypnotique de la harpe. C’est l’instrument du glissement vers le surnaturel. L’approche des SiĂšcles et de Nicolas Simon cultive les couleurs d’origine et le format historique des instruments d’époque
 dont les instruments berlioziens particuliĂšrement utilisĂ©s alors sur la pĂ©riode (dĂ©cennie 1820).

AchevĂ© en 29 jours, La Dame Blanche indique le dernier style de Boieldieu assistĂ© par ses Ă©lĂšves, Adolphe Adam et ThĂ©odore Labarre (1805-1870) : il achĂšve l’ouverture, la veille de la gĂ©nĂ©rale. De l’action gothique Ă©cossaise, Boieldieu fait un drame romantique français. Wagner y voyait : « un modĂšle de ce que le gĂ©nie français a proprement tirĂ© de soi-mĂȘme ».

boieldieu-la-dame-blanche-nicolas-simon-orchestre-les-siecles-opera-CLIC-critique-de-CLASSIQUENEWSTRANSPOSITION ANIMALIERE. Dans cette nouvelle production, chaque profil psychologique est Ă©clairĂ© selon une grille animaliĂšre : « le jeune premier, vaillant petit soldat, est un oiseau sans nid qui perd ses plumes ; le mĂ©chant Gaveston, un scarabĂ©e plus Ă©lĂ©gant qu’il n’y paraĂźt ; la jeune Anna, un insecte capable de se mĂ©tamorphoser »  Les situations, les confrontations et leurs enjeux gagnent en clartĂ©. D’autant que les dialogues d’origine ont Ă©tĂ© rĂ©Ă©crits, actualisĂ©s. Ainsi est rĂ©vĂ©lĂ© « un conte Ăąpre, beau et inquiĂ©tant. Ce n’est pas le bonheur d’un monarque retrouvĂ© dont il est question, mais de la prison dans laquelle les peuples s’enferment eux- mĂȘmes en ayant peur de l’inconnu ».

La Dame blanche de François-Adrien BOIELDIEU
Nouvelle production présentée par la Co (opéra) tive
Création captée sans public le 11 décembre 2020
Création public le 9 nov 2021 (CompiÚgne)

Mise en scĂšne : Louise VIGNAUD
Orchestre LES SIÈCLES
Nicolas SIMON, direction

Théùtre Impérial de COMPIÈGNE
les 9 et 10 novembre 2021

Théùtre Ledoux, Besançon
mercredi 15 décembre 2021 à 19h
jeudi 16 décembre 2021 à 20h

Opéra de Rennes
mardi 28, mercredi 29 et vendredi 31 décembre 2021 à 20h,
samedi 1 janvier 2022 à 16h et le lundi 3 janvier 2022 à 14h30 (scolaire)

Théùtre de Cornouaille, Quimper
mercredi 5 et jeudi 6 janvier 2022 Ă  20h

Théùtre Raymond Devos, Tourcoing
vendredi 14 janvier 2022 Ă  20h
dimanche 16 janvier 2022 Ă  15h30

Le Bateau Feu, Dunkerque :
mardi 18 janvier 2022 Ă  20h
mercredi 19 janvier 2022 Ă  19h

A PROPOS DE LA CO(OPERA)TIVE 

La Co(opĂ©ra)tive est un collectif de 6 thĂ©Ăątres (Le Bateau Feu, ScĂšne nationale de Dunkerque / ThĂ©Ăątre de Cornouaille, ScĂšne nationale de Quimper / Les 2 scĂšnes, ScĂšne nationale de Besançon / ThĂ©Ăątre ImpĂ©rial, OpĂ©ra de CompiĂšgne, L’OpĂ©ra de Rennes et l’Atelier Lyrique de Tourcoing) ; il s’engage depuis 2014 Ă  faire rayonner l’opĂ©ra partout en France. A son actif, dĂ©jĂ  la crĂ©ation de cinq spectacles soit 80 reprĂ©sentations dans prĂšs de 30 thĂ©Ăątres en France et Ă  l’étranger, sensibilisant plus de 45.000 spectateurs.

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