CRITIQUE, opéra. Peralada, le 30 juillet 2022. VERDI : Nabucco. Petean, Pirozzi, Vinogradov…, Silvia Tro Santafé, Mario Rojas. Nicola Luisotti

peralada-festival-castel-chateau-2015-festival-review-compte-rendu-opera-CLASSIQUENEWS-2015CRITIQUE, opéra. Peralada, le 30 juillet 2022. VERDI : Nabucco. Petean, Pirozzi, Vinogradov…, Silvia Tro Santafé, Mario Rojas. Nicola Luisotti – Par notre envoyé spécial Narcisso Fiordaliso. Fidèle à ses habitudes, le Festival Castell de Peralada accueille les forces du Teatro Real de Madrid, tout d’abord pour la (presque) création européenne de Hadrian de Rufus Wainwright, puis avec un Nabucco en version de concert, comme une façon de clôturer la saison de la scène madrilène et les représentations scéniques qui viennent de s’y achever.

NABUCCO CONVAINCANT
Grande soirée à Peralada

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitProtagoniste essentiel du drame, le chœur éblouit par la précision de ses attaques, l’homogénéité de tous ses pupitres, ainsi que la variété de ses couleurs. A ce titre, le célébrissime “Va pensiero” soulève l’enthousiasme du public, véritable moment suspendu et hors du temps dont chaque inflexion est un baume pour les oreilles et le cœur.
Après Berlin et Amsterdam, George Petean retrouve le rôle-titre dont il souligne avant tout l’humanité. Le baryton roumain utilise ainsi toutes les ressources de sa voix ronde et brillante pour délivrer une véritable leçon de chant, texte à fleur de lèvres et legato phrasé, archet à la corde, délivrant un portrait du roi plus sensible et moins despotique qu’à l’accoutumée.
A ses côtés, Anna Pirozzi retrouve avec Abigaille l’un de ses chevaux de bataille et se révèle une fois encore étonnamment à l’aise dans cette écriture vocale escarpée. Aigus dardés, graves appuyés avec élégance, agilité impressionnante, diction mordante, toute la panoplie du soprano drammatico d’agilità est au rendez-vous. Fidèle à elle-même, elle rallie tous les suffrages durant sa grande scène du deuxième acte grâce à un air très émouvant et tendrement déployé, puis une flamboyante cabalette ponctuée d’inédites et électrisantes variations.
Zaccaria charismatique, Alexander Vinogradov fait admirer la somptuosité de son timbre mais pourrait chercher davantage de sobriété dans la ligne de chant, noblesse qu’on retrouve chez le Grand-Prêtre du coréen Simon Lim, dont l’autorité s’impose en quelques phrases.
Le mezzo fier et ardent de Silvia Tro Santafé est un véritable luxe en Fenena, tandis que le fougueux Ismaele de Mario Rojas ne démérite pas malgré une projection et un aigu qui pourraient encore gagner en assurance.
Comprimarii de grande qualité, Fabian Lara et Maribel Ortega parviennent à se faire remarquer dans les courts rôles d’Abdallo et Anna, le premier par sa vaillance et la seconde par l’impact de sa projection.
Rutilant de tous ses pupitres, l’Orchestre du Teatro Real se montre sous son meilleur jour, galvanisé par la direction passionnée de Nicola Luisotti qui prend un plaisir évident à faire vivre cette fresque biblique. Un concert salué par une salle en liesse qui exprime bruyamment sa joie, voilà la plus belle des récompenses pour le Festival.

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CRITIQUE, opéra. Peralada, Cour du Château, Auditorium, 30 juillet 2022. VERDI : Nabucco. Livret de Temistocle Solera. Avec Nabucco : George Petean ; Abigaille : Anna Pirozzi ; Zaccaria : Alexander Vinogradov ; Fenena : Silvia Tro Santafé ; Ismaele : Mario Rojas ; Le Grand-Prêtre de Baal : Simon Lim ; Abdallo : Fabian Lara ; Anna : Maribel Ortega. Chœur et Orchestre du Teatro Real de Madrid. Direction musicale : Nicola Luisotti – Par notre envoyé spécial Narcisso Fiordaliso

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