CRITIQUE, concert. Verbier, tente du festival, le 31 juillet 2022. Alexander Malofeev, piano / Orch du Festival de Verbier, C Dutoit.    

CRITIQUE, concert. Verbier, tente du festival, le 31 juillet 2022. Alexander Malofeev, piano / Orch du Festival de Verbier, C Dutoit. Ce fut une grande déception que le retrait de Martha Argerich du concert de clôture de la 29ème édition du Festival de Verbier, d’autant qu’elle devait y interpréter le fameux 3ème Concerto pour piano de Prokofiev, dont son enregistrement paru en 1967 chez Deutsche Grammophon (aux côtés de Claudio Abbado) reste légendaire. Et c’est finalement le jeune pianiste moscovite Alexander Malofeev (20 ans !) qui a été retenu pour la remplacer, déjà présent dans la cité alpine suisse pour un récital solo donné le 18 juillet. Un jeune virtuose qui a gagné une reconnaissance internationale en remportant en 2014 le Concours international Tchaïkovski pour jeunes musiciens, à l’âge de 13 ans seulement.

 

 

 

Alexander Malofeev : vraiment ahurissant

 

 

 

Alexander-Malofeev-©DR-2500x1670

Disons-le d’emblée, la découverte de cet extraordinaire talent a tôt fait de balayer nos regrets vis-à-vis de la Lionne retournée dans son Argentine natale pour raisons personnelles.  Car le savoir-faire de Malofeev est tout simplement vraiment ahurissant, et parmi ses nombreuses et immenses qualités, citons en vrac : une sonorité magnifique, des traits d’une précision redoutable, du panache, de l’imagination, et le jeune artiste n’a pas de mal à trouver par ailleurs ses marques face à un Orchestre du Festival de Verbier visiblement heureux de jouer sous la direction de Charles Dutoit.

Attentif aux contrastes et aux nuances, le grand chef suisse obtient de ses troupes une grande lisibilité des voix intermédiaires et une superbe mise en relief des plans. Les oreilles des spectateurs ne peuvent que s’attarder sur la clarinette qui ouvre le Concerto, à laquelle succède l’entrée des autres pupitres dans un parfait fondu enchaîné. Dévalée dans un seul souffle, la conclusion est phénoménale de précision, d’impact. Les deux bis que délivrent Malofeev finissent de mettre le public dans sa poche, qui lui fait un indescriptible (autant que mérité) triomphe !

Et en seconde partie, Dutoit et sa jeune formation s’attaquent au mythique Sacre du printemps d’Igor Stravinsky. D’emblée, on sent que rien n’est laissé au hasard, dans un ouvrage qu’il a dirigé tant et tant de fois aux quatre coins de la planète, la musicalité justifiant la moindre inflexion demandée à l’orchestre.
Dès l’introduction de « L’Adoration de la terre », le léger rallentando effectué par le basson, prolongé dans une douce harmonie par un cor anglais séduisent au plus haut point, immergent l’œuvre dans une atmosphère mystérieuse. L’on savoure également la violence exigée par la « Glorification de l’élue » ; l’on reste ébloui par le soin donné aux enchaînements (celui entre le cor et la flûte dans « Les Augures printaniers – Danse des adolescentes » notamment) et à l’ambiance instaurée (introduction de la deuxième partie). Une bien belle clôture de festival !

 

 

 

______________________________
CRITIQUE, concert. Festival de Verbier, tente du festival, le 31 juillet 2022. PROKOFIEV, STRAVINSKYAlexander Malofeev (piano), Orchestre du Festival de Verbier, Charles Dutoit (direction). Photo : Alexader Malofeev, DR.

 

 

 

 

 

Comments are closed.