CRITIQUE, concert. STRASBOURG, le 8 juin 2022. BERLIOZ : Roméo et Juliette. Di Donato, Dubois, Maltman, Orch philh de Strasbourg / J Nelson.

CRITIQUE, concert. STRASBOURG, le 8 juin 2022. BERLIOZ : Roméo et Juliette. Di Donato, Dubois, Maltman, Orch philh de Strasbourg / J Nelson.  -  C’est une histoire d’amour qui dure entre Joyce Di Donato, John Nelson, l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg… et Berlioz ! Après avoir enregistrer ensemble Les Troyens en 2017 (https://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-strasbourg-salle-erasme-du-palais-de-la-musique-et-des-congres-le-17-avril-2017-hector-berlioz-les-troyens-john-nelson-direction/), puis La Damnation de Faust en 2019 (http://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-strasbourg-palais-de-la-musique-le-25-avril-2019-hector-berlioz-la-damnation-de-faust-spyres-di-donato-courjal-duhamel-john-nelson/), c’est à la « Symphonie dramatique » Roméo et Juliette qu’ils s’attaquent cette fois, toujours Salle Erasme à Strasbourg, en vue d’un CD à paraître au printemps 2023, un concert qui était cependant diffusé en direct sur Medici.TV, et qui le sera, en différé, sur Mezzo les 12, 14 et 20 juin 2022.

 
 

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Berliozien émérite, le chef américain parvient à faire résonner superbement un OPS des grands soirs. Impeccables, le pupitre des cordes fait défiler de multiples couleurs, du bleu de la Nuit sereine jusqu’au gris funèbre du Convoi de Juliette. Infaillibilité des trombones, satiné des cors : les cuivres possèdent indéniablement cette partition. Nelson les électrise tous sans précipitation, emportant d’un seul élan les enchantements de la reine Mab, ou encore trouvant le juste ton pour rendre palpables les « dernières angoisses et la mort des deux amants ». Il ne réussit pas moins les deux grandes pages orchestrales, en y contrebalançant la passion et la rêverie, la variation et la répétition.

Réunissant les membres de deux chœurs, celui de la Fondation Gulbenkian (les Montaigus) et celui de l’Opéra national du Rhin (les Capulets), excellemment préparés respectivement par Jorge Matta et Alessandro Zuppardo, les forces chorales montrent dans leurs interventions, en différents endroits pour spatialiser le son, ce sens de la grandeur qui fait chavirer les âmes. On regrette en revanche que Joyce Di Donato et Cyrille Dubois aient été placés derrière l’orchestre lors de leur intervention dans la première partie. La première s’en tire mieux, avec son timbre mordoré brillamment projeté, et ce phrasé souverain déroulé avec une diction parfaite. Moins puissante, la voix du deuxième se perd quelque peu dans la vaste salle Erasme, ce qui n’empêche pas de goûter à son sens de la prosodie, à cette voix veloutée et souple qui est un vrai baume pour les oreilles. La basse britannique Christopher Maltman, dans la dernière partie, a plus de chance car il est lui placé devant l’orchestre avec une voix qui aurait de toute façon passé la rampe derrière ! Son Frère Laurent se distingue également par l’adéquation du style et de la diction, et l’on aura rarement entendu Frère Laurent d’une noblesse plus émouvante… Un concert mémorable pour terminer la saison !

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CRITIQUE, concert. STRASBOURG, Palais de la Musique, le 8 juin 2022. BERLIOZ : Roméo et Juliette. Joyce Di Donato (mezzo), Cyrille Dubois (ténor), Christopher Maltman (basse). Orchestre philharmonique de Strasbourg / John Nelson (direction).

 

 

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