vendredi 1 mars 2024

CRITIQUE, concert. GSTAAD, Tente du festival, le 19 août 2023. MAHLER : Symphonie N°2 dite “Résurrection”. Gstaad Festival Orchestra / Zürcher Singakademie / Kateryna Kasper / Catriona Morison / Jaap van Zweden.

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Emmanuel Andrieu
Emmanuel Andrieu
Après des études d’histoire de l’art et d’archéologie à l’université de Montpellier, Emmanuel Andrieu a notamment dirigé la boutique Harmonia Mundi dans cette même ville. Aujourd’hui, il collabore avec différents sites internet consacrés à la musique classique et à l’opéra - et notamment avec ClassiqueNews.com dont il est le rédacteur en chef.

Conçue comme d’habitude par son directeur général et artistique Christoph Müller, la 67e édition du Gstaad Menuhin Festival & Academy est placée cette année sous le signe de l”HUMILITÉ”. 2023 marque ainsi la première étape d’un cycle de trois ans consacré au “CHANGEMENT” (2023-2025), avec comme finalité de repenser l’ensemble de son organisation dans une perspective de durabilité, et en particulier d’atteindre la neutralité carbone au plus vite…

 

Jaap van Zweden dirige une grandiose Deuxième Symphonie de Mahler au Gstaad Menuhin Festival & Academy

 

Commencée depuis le 14 juillet, la manifestation suisse continue d’offrir néanmoins à ses festivaliers les plus grands noms de la musique classique (Gil Shaham, Khatia Buniatishvili, Maria-Joao Pires, Yuja Wang, Sonya Yoncheva…), et c’est à la monumentale Symphonie n°2 de Gustav Mahler interprété par le Gstaad Festival Orchestra placés sous la direction de son directeur musical, le chef néerlandais Jaap van Zweden, que nous avons eu la chance d’assister…. car c’est un intense frisson qui a parcouru près d’une heure et demie durant le public de la très chic station alpine suisse.
D’entrée, le Totenfeier donne le ton – avec un pupitre de violoncelles incisif -, et c’est bien une vision spectaculaire et sombre de cette œuvre que s’attachera à dessiner la baguette du directeur musical du New York Philharmonic Orchestra. On apprécie également dans l’Allegro Maestoso initial l’admirable pizzicato qui absorbe l’écoute. Dans l’Andante moderato, c’est la finesse des cordes, toutes en volupté, qui capte aussitôt l’attention. Van Zweden fait ensuite ressortir dans le Scherzo tout le grinçant contenu dans ce mouvement, et dont se souviendra plus tard Chostakovitch…
Dans l’Urlicht, nous découvrons la superbe mezzo écossaise Catriona Morison qui apporte à cette partie une humanité confondante, tranchant radicalement avec les trois premiers mouvements. Elle délivre un chant très pudique d’une voix intense et blessée. Le chef s’engage alors dans un final étiré et néanmoins terrifiant. La lente montée vers le Wild herausfahrendest, impeccablement traitée, fait courir le frisson derrière l’échine, avant que la soprano ukrainienne Kateryna Kasper (en remplacement de Pretty Yende, initialement annoncée) ne prenne le relais dans le long finale où le Chœur de la Zürcher Singakademie murmure (comme il se doit…) le Mit flügeln. Il délivre ensuite “con tutta la forza” un Bereite dich zu leben (“Prépare-toi à vivre” !) vibrant d’émotion – qui emporte tout sur son passage, et notamment l’adhésion enthousiaste du public !

 

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CRITIQUE, concert. GSTAAD, Tente du festival, le 19 août 2023. MAHLER : Symphonie N°2 dite “Résurrection”. Gstaad Festival Orchestra / Zürcher Singakademie / Kateryna Kasper / Catriona Morison / Jaap van Zweden. Photos (c) Raphaël Faux.

 

VIDEO : Claudio Abbado dirige la Symphonie N°2 de Mahler au Festival de Lucerne

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