CRITIQUE, CD. MONDONVILLE : Grands Motets : Dominus regnavit (1734), Coeli enarrant gloriam Dei (1749), In exitu Israël (1753) – Marguerite Louise, Gaétan Jarry (1 cd Château de Versailles spectacles, nov 2020).

MONDONVILLE jarry marguerite louise classiquenews critique cd versailles spectacles Grands-MotetsCRITIQUE, CD. MONDONVILLE : Grands Motets : Dominus regnavit (1734), Coeli enarrant gloriam Dei (1749), In exitu Israël (1753) – Marguerite Louise, Gaétan Jarry (1 cd Château de Versailles spectacles, nov 2020)   -   Sur les terres de Christie, somptueux ambassadeur du dramatisme solaire du languedocien Mondonville (il y a plus de 20 ans à présent), voici un tenant de la nouvelle génération, parmi les fiers baroqueux, inspirés par les maîtres découverts il y a presque 3 décennies… Voici donc 3 grands motets de Mondonville (mort en 1772) par Gaétan Jarry et son ensemble Marguerite Louise. L’élan fiévreux, opératique qui enflamme les esprits par la contribution parfois spectaculaire de l’orchestre et des effets, riches, généreux du chœur, s’épanouit ici, non pas tant par l’expressivité mordante des voix que la tendresse des intentions et le choix de tempi mesurés, comme retenus.

On connaît bien les deux premiers opus, datés respectivement de 1753 (un modèle du genre) et de 1734 : « In exitu Israël » puis « Domine regnavit »: les Arts Florissants en avaient transmis la splendeur royale, haendélienne, la plasticité éruptive du chœur d’une articulation superlative, sans omettre la caractérisation de chaque intervention soliste.
Gaétan Jarry séduit d’emblée par la grande cohérence du choeur, moins par l’âpreté instrumentale et l’allant de l’orchestre, moins ciselé et contrasté que chez Christie, mais quel aplomb, quelle justesse dans l’énoncé de certains soliste (l’humanité jamais forcée de Mathias Vidal dans le premier motet, « Montes exultaverunt ») – belle découverte, le 3è « Coeli enarrant Gloriam Dei » de 1749 qui montre combien le contemporain de Rameau (et son cadet), regorge de vitalité comme de tempérament dramatique, dans le sens d’une arche souriante et ascensionnelle à la fois grandiose et intimiste, vertigineuse et implorante (« in sole » pour basse-taille et choeur : impeccable David Witczak).

CLIC D'OR macaron 200De quoi ressusciter dans l’idéal cette surenchère élégantissime (du sublime, de la grâce, du sensible) qui devait régaler le parterre du Concert Spirituel, haut lieu du concert et de la création à Paris au XVIIIè… l’impétuosité incarnée d’un Mondonville très opératique s’illustre ainsi sous ses meilleurs atours. Capté à la Chapelle royale de Versailles en nov 2020, ce « spectacle » accrédite le geste et la conception artistique de Marguerite Louise ; une sensibilité au sens des séquences, à leur architecture qui témoigne d’une maturité à suivre, égal engagement d’un Stéphane Fuget et ses Épopées, (également familiers de Versailles), et d’une classe intelligible inédite, c’est à dire superlative dans les Motets de Lully au siècle précédent. Décidément, Versailles renoue avec l’âge d’or de son activité musicale au Grand Siècle : tremplin et laboratoire, la saison musicale au Château concentre plusieurs nouveaux tempéraments d’exception à suivre absolument.
____________________________

CRITIQUE, CD. MONDONVILLE : Grands Motets : Dominus regnavit (1734), Coeli enarrant gloriam Dei (1749), In exitu Israël (1753) – Marguerite Louise, Gaétan Jarry (1 cd Château de Versailles spectacles, nov 2020).

Comments are closed.