CRITIQUE CD événement. ENCORES : Daniel Barenboim, piano. Schubert, Schumann, Liszt, chopin, Debussy… (1 cd Deutsche Grammophon – Berlin, 2017, 2020)

encores daneil barenboim piano critique cd review clic de classiquenews deutsche grammophonCRITIQUE CD événement. ENCORES : Daniel Barenboim, piano. Schubert, Schumann, Liszt, chopin, Debussy… (1 cd Deutsche Grammophon – Berlin, 2017, 2020) – Somptueuse collection de bis / « encores » en anglais : Daniel Barenboim, chef lyrique de premier plan (son Tristan à Berlin de 2018), comme maestro symphonique aussi défricheur que convaincant (voyez chez Decca les Symphonies méconnues, ou l’oratorio The Dream of Gerontius d’Elgar) est aussi un pianiste de grande valeur et haute sensibilité ; à part Clair de Lune de Debussy de 2017, les 16 autres bis / encores ont été captés à Berlin en avril 2020 en plein confinement, covid oblige ; voyage intérieur et jaillissement intime d’une finesse de ton… miraculeuse (ses premiers Schubert sont saisissants de naturel et de pudeur enchantée : Impromptu D899/3 ; candeur insouciante de Moment musical D780) ; puis de Schumann, le pianiste à l’écoute de ses propres rêveries, fait surgir le songe de Träumerei des Scènes d’enfant, prélude extatique, suspendu aux 4 séquences des Fantasiestücke opus 12 : où le questionnement du rêve énoncé, infini semble se dérouler avec la même simple subtilité des premiers Schubert, sans écarter pour autant l’âpreté de questions plus agitées (Aufschwung).

« Encores » de Daniel Barenboim
Récital imaginaire et crépusculaire
d’une irrésistible rêverie…

Dans chacune des miniatures, Barenboim, contrasté sans excès, juste et nimbé d’un mystère impénétrable semble exprimer la vérité secrète de l’âme humaine. Fruit d’une expérience et d’une carrière unique aujourd’hui ayant soufflé ses 80 ans en déc 2021… C’est aussi l’offrande du récitaliste qui au terme de son concert, offre quelques pièces surprise dont il a seul la clé, resserrant encore les liens partagés avec ses auditeurs. Au centre de cet acte généreux qui dévoile des sentiments imprévus, Barenboim ajoute une sélection de 6 pièces de Chopin à partir de ses Etudes opus 10 et 25, celles là même qui selon Gide, paraissaient comme « improvisées » et qui formaient le cœur des bis d’un Arthur Rubinstein, au point de dépasser souvent en nombre, le programme proprement dit du concert précédent. Spontanéité et précision font merveille dans une série de pièces à la fois puissantes et volubiles (dont l’activité et l’hypersensibilité sont annoncées par Schumann, dans « Traumes Wirren » à la coupe échevelée). L’activité naturelle, l’éloquence poétique de Daniel Barenboim fait chanter chaque pièce de ce récital imaginaire, aux intonations globalement introspectives et crépusculaires (« Consolation » de Liszt, ultime résurgence du rêve schubertien et schumannien, à l’égal du Noctune de Chopin, secret et magicien), où se révèle aussi la sonorité précise et scintillante du piano choisi par le pianiste, un Bechstein grand piano », conçu pour Liszt en 1860 (repéré à Sienne en 2011) qui possède aussi la résonance des Steinway, grâce à une combinaison techno, réalisée spécialement pour l’interprète.

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CLIC_macaron_20dec13CRITIQUE CD événement. ENCORES : Daniel Barenboim, piano. Schubert, Schumann, Liszt, chopin, Debussy… (1 cd Deutsche Grammophon – Berlin, 2017, 2020) – PLUS D’INFOS sur le site de Deutsche Grammophon :
https://www.deutschegrammophon.com/en/catalogue/products/encores-daniel-barenboim-12601

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