CONCERT LIVE STREAMING, critique. LILLE, sam 17 avril 2021. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE. MOZART : Concerto pour piano n°21. Marie-Ange NGUCI, piano / David Reiland, direction

CONCERT LIVE STREAMING, critique. LILLE, sam 17 avril 2021. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE. MOZART : Concerto pour piano n°21. Marie-Ange NGUCI, piano / David Reiland, direction. Concert en live streaming au format raisonnable, un seul Concerto pour piano… mais quelle œuvre : du pur Mozart ; grave et tendre, c’est à dire bouleversant, capable de faire imploser l’esthétique galante par une intelligence versatile qui multiplie les champs de vision et les climats émotionnels les plus contrastés. Ce n°21 est certainement le moins conforme des Concertos de Wolfgang. Relevant les défis multiples d’une œuvre inclassable et complexe, déjà pleinement romantique (pourtant datée de février 1785), l’Orchestre National de Lille invite deux tempéraments accomplis, ambassadeurs inspirés de la psyché mozartienne : le chef David Reiland et la jeune soliste Marie-Ange Nguci, déjà sollicitée en juin dernier au Lille Piano(s) Festival 2020. Cette seconde présence, en dialogue avec les instrumentistes lillois sonnent comme la confirmation de la révélation éprouvée en 2020.

Entre grâce et majesté, profondeur et brio, Mozart conçoit une tragédie inscrite au cœur, tempête intérieure dans laquelle le chant ténu, cristallin, précis et intense de la pianiste tente de se reconstruire au diapason d’une résistance maintenue malgré la passion éruptive de ce mouvement panique initial. Toute la finesse de la pianiste éclaire ce mariage ineffable entre lucidité, tendresse, mélancolie et gouffre d’angoisse. Autant d’exaltation et de peine éperdue préfigure les éclairs des 3 dernières symphonies (à partir de 1788).
Entre sensibilité voire abandon, élégance et profonde voire grave tendresse, Marie-Ange Nguci masquée, éblouit par un jeu vif argent, viscéralement ancré dans la langueur, la conscience, un legato qui répare et console. La vibration intérieure se déploie ici dans les variations du premier mouvement dont la jeune pianiste fait un aria riche en crépitements et nuances, alliant passion et pudeur. Aucun doute, l’interprète éclaire ce romantisme à l’œuvre chez Mozart, d’autant que le chef David Reiland redouble de précision et de souplesse, en fin mozartien qu’il est (cf compte rendu du concert Mozart / Ravel, Arsenal de Metz, nov 2019).

 

 

 

La magie mozartienne par l’Orchestre national de Lille

Entre juvénilité et tendresse, gravité et fureur,
Marie-Ange Nguci éblouit dans le Concerto n°20 de Mozart

 

 

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Le mouvement central (noté « ROMANCE »), l’un des plus bouleversants de la littérature mozartienne (usé jusqu’à l’abus par les cinéastes de tout poil) déploie l’ivresse d’un clavier qui s’adoucit en dialogue avec les bois, mais sait mordre et rugir porté par l’accent des cordes ; sur le tapis des cordes bondissantes, murmurées, la pianiste s’accorde des instants suspendus, magiciens ; sa gravitas sobre, son sens de l’urgence (en sol mineur comme l’agitation de la symph 40 de juillet 1788), sa gestion des silences indiquent une maturité déjà entière.
Le FINALE (Rondo) irradie d’éclairs dramatiques et de fureur romantique grâce à l’acuité et la vivacité précise que sait susciter la direction du chef dont on soupçonne une attention particulière au raffinement des timbres, à leur équilibre, à la vivacité de leur subtil mélange, conçu par un Mozart, aussi gourmet que gourmand (jeu de la flûte, des hautbois, des bassons, en dialogue avec le piano enivré, extatique, comme en état de transe émerveillée et toujours attendrie)…
Le fini sonore et cette éloquence électrique rapprochent soudainement le Concerto n°21 du Mozart des planches lyriques, celui de Don Giovanni à venir (1787) comme de Cosi.
La dernière variation affirme l’absolu de la plénitude comme de la solitude d’un piano tendre et crépitant au jeu naturel et coulant, qui au contact des bois complices galope enfin dans les champs élyséens ; magie de la suprême légèreté, virtuose et précise, mesurée et souple, celle d’un enfance qui a jailli, lumineuse insouciance, sans entraves ni contraintes, après de sombres pressentiments, de terribles effondrements.

LILLE PIANOS fESTIVAL 2020 : l'événement digital en direct sur YOUTUBESuperbe récital qui confirme le talent volubile, profond, de Marie-Ange Nguci : ce 2è concert avec l’Orchestre National de Lille confirme le premier (en solo), lors du dernier LILLE PIANO(S) FESTIVAL de juin 2020) : la jeune artiste éloignée des montreurs d’agilité creuse, a pour elle, un feu intérieur qu’elle tirera bénéfice à cultiver dans cette tension et cette simplicité ; un tempérament musicien qu’il faut désormais suivre absolument.

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CONCERT LIVE STREAMING, critique. LILLE, sam 17 avril 2021. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE. MOZART : Concerto pour piano n°21. Marie-Ange NGUCI, piano / David Reiland, direction. REVOIR le concert en REPLAY sur le chaîne YOUTUBE de l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE, ICI

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