CD coffret Ă©vĂ©nement : BEETHOVEN. Wiener symphoniker / Philippe Jordan. Symphonies 1 – 9 (2017 – 6h)

CD coffret Ă©vĂ©nement : BEETHOVEN. Wiener symphoniker / Philippe Jordan. Symphonies 1 – 9 (5 cd – 2017 – 6h)  -  Pour l’annĂ©e BEETHOVEN 2020, et souligner les 250 ans de la naissance du gĂ©nie romantique germanique, entre Allemagne et Autriche, Bonn et Vienne, l’Orch Symphonique de Vienne / Wiener Symphoniker fĂȘte l’évĂ©nement, et dĂšs nov 2019, comme en prĂ©ambule d’une annĂ©e mĂ©morable en cĂ©lĂ©brations et rĂ©alisations diverses, Ă©ditait ce superbe coffret de 5 cd soit les 9 symphonies, rĂ©capitulant le geste du maestro Philippe Jordan, directeur musical depuis 2014.

BEETHOVEN JORDAN philippe symphonie symphoniker wiener cd SOny classiquenews critique review classiquenewsLa phalange viennoise n’a rien Ă  envier Ă  sa sƓur ainĂ©e, l’Orchestre Philharmonique / Wiener Philharmoniker, Ă  l’histoire glorieuse et l’actualitĂ© mĂ©diatique demeurĂ©e intacte (entre autres grĂące chaque dĂ©but d’annĂ©e nouvelle au Concert du Nouvel An retransmis Ă  l’échelle planĂ©taire). Souplesse, Ă©lĂ©gance, entrain
 les instrumentistes du Symphonique de Vienne ont pour eux la familiaritĂ© avec les rĂ©pertoires classiques et romantiques, depuis des dĂ©cennies. Il suffit de citer quelques uns des chefs les plus importants, pour mesurer la tradition musicale cultivĂ©e depuis le dĂ©but du XXĂš (sa crĂ©ation remonte Ă  1900), et Ă©valuer ce goĂ»t des rĂ©pertoires pour inscrire la phalange parmi les meilleures d’Europe : Wilhelm FurtwĂ€ngler, Herbert von Karajan, Carlo Maria Giulini, surtout Georges PrĂȘtre, chef lyrique autant que symphonique qui aura marquĂ© l’évolution de la phalange

Actuellement Philippe Jordan recueille les bĂ©nĂ©fices de ce riche passĂ©, pilotant l’intĂ©grale des symphonies de Beethoven depuis le printemps 2017, et fixant les apports de son travail avec les Viennois en 9 prises live (rĂ©alisĂ©es lors de concerts publiques au Musikverein de Vienne). Le directeur musical de l’OpĂ©ra de Paris affiche une santĂ© rayonnante, celle qui fait les trĂšs bons chefs Ă  l’opĂ©ra comme en concert symphonique. Le soin du dĂ©tail, la lisibilitĂ© du contrepoint, l’architecture et la dramaturgie ne sont pas lissĂ©s comme ailleurs, mais le relief et l’articulation apportent une dĂ©finition accrue des plans sonores. Le chant des cordes, leur souplesse, leur clartĂ© s’avĂšre engageante ; mais c’est surement l’énergie et une nervositĂ© parfaitement articulĂ©e qui sont les qualitĂ©s distinctives de cette intĂ©grale, Ă  la fois expressive et lumineuse. VoilĂ  une lecture globale de poids qui souligne combien il est lĂ©gitime de jouer Beethoven Ă  Vienne, 
 oĂč toutes les symphonies furent crĂ©Ă©es.
Nos prĂ©fĂ©rences vont vers la toniticitĂ© active des 1Ăšre, 3Ăš, 7Ăš, 8Ăš ; le sens des nuances dans la Pastorale (6Ăš) ; Ă©videmment la conclusion des 9, l’ultime 9Ăš qui outre l’implication active des pupitres, convainc grĂące Ă  la participation de solides solistes (dont la basse RenĂ© Pape) et un chƓur prĂȘt Ă  en dĂ©coudre : le rĂ©sultat fruit du muscle et de la concentration offre un paysage sonore, riche et puissant, dĂ©taillĂ© et Ă©quilibrĂ©. La 9Ăšme justement dont la tonalitĂ© en rĂ© majeur (finale) renvoie Ă  la 2 : une fin et aussi une boucle comme un recommencement. e Jordan tient Ă  exprimer le sens de chaque symphonie : formellement Ă©quilibrĂ©e et rĂ©volutionnaire mais toujours au service d’une pensĂ©e qui marche. Beethoven, un marcheur ? Un coureur de fond plutĂŽt. PrĂȘt et prĂ©parĂ© Ă  toute forme de randonnĂ©e : c’est un endurant qui aura endurĂ© tant de blessures comme d’échecs. Mais un lion qui rugit toujours avec la mĂȘme fulgurance.

Philippe J offre une lecture personnelle et contrastĂ©e de la 9Ăš : majestĂ© ample et qui respire de l’Allegro ma non troppo, un poco maestoso ; tension fervente du fugato, avant que l’espoir d’une humanitĂ© (surtout europĂ©enne, hymne oblige) rĂ©conciliĂ©e et fraternelle ne se lĂšvre, fiĂšre et dĂ©terminĂ©e dans l’énoncĂ© de lu manifeste pour un nouveau monde (ode Ă  la joie articulĂ© pour la premiĂšre fois par contrebasse puis violoncelles).

CLIC D'OR macaron 200La 9Ăš frĂ©mit des assauts d’un esprit conquĂ©rant qui impĂ©rieusement, convoque, invite, Ă©claire l’humanitĂ© encore aveugle et soumise. Cette intĂ©grale outre qu’elle souligne le haut niveau de l’orchestre, est une excellente alternative Ă  celle des Wiener Philharmoniker justement sous la direction d’Andris Nelsons, nouveau leader symphonique chez DG (chez Bruckner, Chosta, et donc Beethoven dont ils ont rĂ©alisĂ© l’intĂ©grale des symphonies beethovĂ©niennes). Les dĂ©fis ne font pas peur au chef, digne fils de son pĂšre, l’excellent et lĂ©gendaire Armin Jordan : Philippe Jordan vient d’ĂȘtre nommĂ© directeur musical Ă  la Staatsoper de Vienne, Ă  partir de septembre 2020.

 

 

 

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CD coffret Ă©vĂ©nement : BEETHOVEN. Wiener symphoniker / Philippe Jordan. Symphonies 1 – 9 (2017 – 6h) – CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2019 / NoĂ«l 2019

‱ d’infos : https://www.wienersymphoniker.at/en/media/beethoven-symphonies-nos-1-9

9 symphonies de Ludwig van Beethoven
Philippe Jordan, direction
Wiener Symphoniker

Symphonie n°9
Anja Kampe, soprano
Daniela Sindram, mezzo-soprano
René Pape, basse
Burkhard Fritz, ténor
Singverein der Gesellschaft der Musikfreunde
Johannes Prinz, chef de chƓur

vidéo : Philippe Jordan et les Wiener Symphoniker jouent les 9 symphonies de Beethoven (2017) :

Approfondir
Les Wiener Symphoniker sont nés en 1900, donnant leur premier concert inaugural au sein du Musikverein, le 30 octobre 1900 sous la direction de leur chef historique Ferdinand Löwe.

L’orchestre a comptĂ© quelques maestros lĂ©gendaires dont Herbert von Karajan (1950–1960), Wolfgang Sawallisch (1960–1970) , dans la lignĂ©e des Josef Krips, Carlo Maria Giulini ou Gennady Rozhdestvensky. Georges PrĂȘtre en fut Chief Conductor de 1986 Ă  1991. Rafael FrĂŒhbeck de Burgos puis Vladimir Fedoseyev leur ont succĂ©dĂ©. Fabio Luisi a assurĂ© la fonction de directeur artistique et chef principal dĂšs 2005-06, son successeur Ă©tant Ă  partir de la saison 2014-15 : Philippe Jordan.

Les directeurs musicaux des Wiener Symphoniker
/ Chief Conductors of the orchestra

1900–25
Ferdinand Löwe
1927–30

Wilhelm FurtwÀngler
Music Director of Gesellschaft der Musikfreunde
1934–38

Oswald Kabasta
1939–44

Hans Weisbach
1945–47

Hans Swarowsky
1948–64

Herbert von Karajan
Director of Concerts at the Gesellschaft der Musikfreunde
1960–70

Wolfgang Sawallisch
1970–73

Josef Krips
Artistic Director
1973–76

Carlo Maria Giulini
1981–83

Gennadi Roschdestwenski
1986-91

Georges PrĂȘtre
Principal Guest Conductor
1991–96

Rafael FrĂŒhbeck de Burgos
1997–2004

Vladimir Fedosejev
2005–2013

Fabio Luisi
depuis / from 2014
Philippe Jordan

Plus d’infos sur l’Histoire de l’Orchestre symphonque de Vienne / Wiener Symphoniker

https://www.wienersymphoniker.at/en/orchestra/history

CD, critique. Chic à a française : Trio Atanassov. Debussy, Hersant, Ravel (1 cd Paraty)

atanassov-trio-cd-chic-a-la-francaise-cd-critique-reviex-cd-classiquenews-schubertiade-de-sceaux-atanassovCD, critique. Chic Ă  a française : Trio Atanassov. Debussy, Hersant, Ravel (1 cd Paraty – enregistrĂ© en avril 2018). Le Chic Ă  la française se rĂ©pand dans les 3 piĂšces ici choisies, chacune trĂšs forte en sensations comme en caractĂšres. RĂ©unir les 3 relĂšve dĂ©jĂ  d’un dĂ©fi. De Debussy, le Trio en sol est une piĂšce de jeunesse vite oubliĂ©e par l’auteur et qui plus est, est restĂ©e inachevĂ©e (dans le 4Ăš mouvement). Pourtant elle tĂ©moigne de sa premiĂšre maniĂšre, encore « romantique », rappelant Saint-SaĂ«ns, Franck et Massenet ; la partition dut animer les soirĂ©es de musique de chambre organisĂ©es par la protectrice de Tchaikovski, la baronne Nadejda von Mack qui employa le jeune pianiste Debussy en 1880, dans ses dĂ©placements en Italie (Fiesole).

Les 3 musiciens du Trio Atanassov aborde chaque sĂ©quence avec Ă©loquence et tension : nonchalance heureuse et tension mesurĂ©e (Andantino) ; vivacitĂ© nerveuse et engagĂ©e comme celle d’une conversation oĂč chacun chante et affirme sa partie (Scherzo) ; puissance suave et nostalgique de l’Andante ; enfin, insouciance et lĂ©gĂšretĂ© vive du Finale.

Le cas de la piĂšce de Philippe Hersant, longue rĂ©flexion de 20 mn, se rĂ©vĂšle fascinant : c’est la partition qui rĂ©vĂšle l’étendue de la palette expressive des interprĂštes. FascinĂ© par le Baroque français du XVIIĂš et surtout ici, Marin Marais, Philippe Hersant choisit comme un emblĂšme fĂ©cond, la sonnerie de l’église Sainte-GeneviĂšve du Mont que Marais a traitĂ© dans « la gamme et autres morceaux  » de 1723. Hersant en dĂ©duit une suite de variations en trio qui sĂ©duit par la grande Ă©conomie formelle, laquelle n’empĂȘche pas une diversitĂ© d’épisodes. En une succession de « souvenirs » et de stratifications qui offre un Ă©tagement sonore de la mĂ©moire sollicitĂ©e, la piĂšce emprunte maints chemins et parcours que chaque instrument traverse diffĂ©remment.
C’est une partition souterraine et liquide, parsemĂ©e d’éclairs post romantiques et fantastiques (au piano) ; oĂč passent aussi citations et formules baroques (aux cordes)
 frĂ©missements, instabilitĂ©, intranquillitĂ© voire inquiĂ©tude ; au milieu de la piĂšce, se prĂ©cise l’effet de cloche et de carillon (la sonnerie qui apparaĂźt dans le titre mĂȘme de l’Ɠuvre), qui affirmĂ©e progressivement, crĂ©e la tension, en un balancement tragique, de plus en plus panique ; sĂ©quence crĂ©pitante, suractivitĂ© qui laisse s’accentuer des micro Ă©pisodes tendus, interrogatifs, des Ă©clairs et crĂ©pitements proches de cauchemar. Dans ce chaos sobre, le piano panique cherche un Ă©quilibre toujours reportĂ© ; il tente d’apaiser le feu des cordes qui tranchent, et citent des ornements baroques (violon), en une superposition captivante de chants simultanĂ©s (parfois en tĂ©lĂ©scopages discordants et volontaires) dont la voix, en conclusion, se perd et s’effiloche comme un carillon devenu songe qui n’a pas peut-ĂȘtre jamais existĂ©. L’acuitĂ© expressive, comme le glissement poĂ©tique sont dynamisĂ©s par le souci du dĂ©tail et des Ă©quilibres sonores. Dans un labyrinthe musical aux changements permanents, le Trio Atanassov ne perd jamais le fil.

Le Trio de Ravel confirme la complicitĂ© toute en onctuositĂ© expressive des trois instrumentistes. D’abord, ils expriment la dĂ©licatesse affleurante et ses climats d’une pudeur infinie du premier mouvement (ModĂ©rĂ©), vraie invitation au songe intime, secret. Pantoum se cabre, se rebiffe, plein de panache et de fier hispanisme. Les trois complices redoublent d’accents tranchĂ©s et vivaces. Plus recueilli et sombre sans gravitĂ© asphyxiante, la Passacaille Ă©largit la texture sonore encore en une opulence expressive que les trois instrumentistes soulignent avec intensitĂ©. Le Finale exacerbe encore davantage les contrastes jusqu’à la saturation, rappelant combien le Trio de Ravel est une Ɠuvre qui a Ă©tĂ© conçue dans des heures sombres d’aoĂ»t 1914 : la conclusion comme Ă©perdue, assĂ©nĂ©e, enivrĂ©e appelant Ă  la mobilisation totale. Riche en dĂ©fis, le programme confirme la haute musicalitĂ© du Trio Atanassov.

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CD, critique. CHIC A LA FRANCAISE : Trio Atanassov. Debussy, Hersant, Ravel (1 cd Paraty – enregistrĂ© en avril 2018). Perceval Gilles, violon / Sarah Sultan, violoncelle / Pierre-Kaloyann Atanassov, piano.

LIVRE Ă©vĂ©nement. BEETHOVEN PAR LUI-MÊME (Buchet Chastel)

Beethoven par lui mĂȘme bĂ»cher chastel classiquenews 9782283033623-aafbbLIVRE Ă©vĂ©nement. BEETHOVEN PAR LUI-MÊME (Buchet Chastel). Sur l’échelle des extrĂȘmes, Ă  coup sĂ»r, Ludwig occuperait la place la plus haute. L’éditeur avait dĂ©jĂ  publiĂ© le cycle de la correspondance suscitĂ©e par le compositeur en raison de sa surditĂ© : ses fameux « cahiers de conversation », lesquels lui permettaient par l’écrit de communiquer avec son entourage (2015) : un procĂ©dĂ© astucieux qui a le mĂ©rite de consigner ainsi, jusqu’à l’anecdotique, le quotidien d’un combattant par l’art. Ici l’auteure, Ă  l’occasion du 250Ăš anniversaire de sa naissance en 2020, s’intĂ©resse Ă  un choix de lettres et dĂ©clarations (elles mĂȘmes tirĂ©es de ses carnets intimes et des cahiers de conversation), scrupuleusement reproduites en ce qu’elles rĂ©vĂšlent tel caractĂšre ou telle prĂ©occupation artistique du gĂ©nie romantique nĂ© Ă  Bonn, rĂ©sident Ă  Vienne.
De 1782 Ă  1827, Beethoven nous est dĂ©voilĂ© ; certes passionnĂ© et parfois, souvent excessif ; mais portĂ© par le goĂ»t de l’excellence et la force sublime de son art ; c’est surtout un ĂȘtre gĂ©nĂ©reux, entier, dotĂ© d’un charisme humain et fraternel peu commun ; c’est un ĂȘtre frappĂ© par un handicap dĂ©moniaque, qui se montre difficile et exacerbĂ©, en particulier vis Ă  vis des membres de sa famille (sa belle sƓur Johanna, tour Ă  tour conspuĂ©e, humiliĂ©e puis rĂ©confortĂ©e ; vis Ă  vis de son neveu Karl dont il a dĂ©cidĂ© de prendre la garde et assurer l’éducation
) ; c’est un ami Ă  la fois possessif et distant ; c’est un artiste qui doit aussi cacher longtemps son infirmitĂ©, pourtant convaincu qu’il est nĂ© pour Ă©crire des Ɠuvres magistrales. Ce dont sont convaincus eux aussi, ses protecteurs de 1809, les princes viennois, Kinsky, Lichnowsy et l’Archiduc Rodolphe qui de concert lui allouent une rente annuelle Ă  vie de 4000 florins : reconnaissance unique dans l’histoire de la musique du gĂ©nie d’un musicien

Piliers et fondations d’une Ɠuvre unique et singuliĂšre que l’annĂ©e 2020, celle des 250 ans, permettra d’expliciter et de rĂ©explorer, ses goĂ»ts musicaux, ses admirations nuancent notre perception de l’homme et de l’artiste : fĂ©ru de littĂ©rature (Shakespeare et surtout Schiller, 
avant Verdi / quant Ă  Goethe, leur « rencontre » ne s’est jamais rĂ©ellement accomplie), et Ă©videmment de musique : si l’on ne sait rien de sa pensĂ©e Ă  l’égard de son confrĂšre Ă  Vienne, Schubert (qui l’admirait beaucoup), Beethoven on le sait ne goĂ»tait guĂšre les « flonflons » de Rossini (sans inspiration : pauvre producteur d’une « riche rĂ©colte de raisins secs » / rosinen, en un subtil jeu de mots). Ses grandes vĂ©nĂ©rations vont Ă  Mozart, Cherubini,
 d’une façon moins Ă©vidente Ă  son maĂźtre Joseph Haydn, selon une formule je t’aime moi non plus, qui lui est propre. Ce qui transpire toujours en dĂ©pit des alĂ©as de l’humeur, des vicissitudes de la vie sociale, mondaine ou amicale, voire sentimentale aussi, c’est la dĂ©termination et la volontĂ© d’un individu hors limites. RĂ©vĂ©lateur.

LIVRE Ă©vĂ©nement. BEETHOVEN PAR LUI-MÊME. Lettres rĂ©unies et prĂ©sentĂ©es par N Kraft. Buchet Chastel. Date de parution : 07/11/2019 – Format : 14 x 20,5 cm, 14,99 EUR € – ISBN 978-2-283-03362-3 – 170 pages. Plus d’info sur le site de l’éditeur Buchet Chastel

La Schubertiade de SCEAUX : récital Muza Rubackyté

SCEAUX, HDV. Samedi 16 novembre 2019. Muza RubackytĂ©, piano … « Les deux Franz ». Enfant prodige, virtuose internationale, personnalitĂ© engagĂ©e rĂ©compensĂ©e par les plus hautes distinctions dans son pays, directrice artistique du Festival de Vilnius, la pianiste lituanienne MUZA RUBACKYTÉ voue une passion manifeste, communicative au piano mystique lyrique du grand Franz Liszt : soit « Les deux Franz ». La pianiste propose Ă  Sceaux, un programme original rĂ©unissant Schubert et Liszt. Ce dernier consacra plus de la moitiĂ© de ses Ɠuvres Ă  des adaptations ou paraphrases d’autres compositeurs qu’il admirait et notamment la transcription de quelque cinquante-huit lieder du compositeur viennois : une immersion schubertienne, revisitĂ©e par l’impĂ©tuositĂ© de Liszt.

 

 

 

MURZA RUBAKYTE piano concert classiquenews sceaux schubert liszt

 

 

 

Schubert : Impromptu op.90 N°3 ;
Schubert/Liszt :
Soirées de Vienne Valse Caprice N°6, sept Lieder;
Liszt : PremiÚre année de PÚlerinage (Suisse).

 

SCEAUX, La Schubertiade de Sceaux
SAMEDI 16 NOVEMBRE 2019, 17h
HĂŽtel de Ville

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.schubertiadesceaux.fr/billetterie/

 

 

CD Ă©vĂ©nement, critique. MORALES (1500 – 1553) : Lamentabatur Iacob. La Grande Chapelle. Albert Recasens (1 cd Lauda Musica)

la-grande-chapelle-recasens-albert-MORREALES-lamentabatur-Iacob-critique-cd-review-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. MORALES (1500 – 1553) : Lamentabatur Iacob. La Grande Chapelle. Albert Recasens (1 cd Lauda Musica). Albert Recasens et son ensemble La Grande Chapelle atteignent un nouveau sommet choral dans cet album superlatif qui souligne les mille subtilitĂ©s polyphoniques du sĂ©villan Cristobal de Morales, compositeur majeur du premier SiĂšcle d’or (XVIĂš). C’est un rappel de ce que fut SĂ©ville et sa cathĂ©drale autour de 1500, quand Francisco de Peñalosa, Escobar (concepteur du plus ancien Requiem de la musique ibĂ©rique) dĂ©veloppent la riche tradition musicale locale. Le jeune Morales respecte les caractĂšres idiomatiques des musiques et traditions liturgiques propres aux localitĂ©s qu’il a servi comme compositeur officiel : SĂ©ville donc, mais aussi, surtout, Rome puisqu’il rejoint le Vatican au service du pape Paul III FarnĂšse en 1535, pendant 10 ans ; puis se fixe Ă  TolĂšde jusqu’en 1547, enfin Malaga (1551) oĂč il meurt en 1555.

 

 

 

Polyphonies de CarĂȘme
Gravités humaines de Morales

 

 

 

Albert Recasens s’intĂ©resse au contexte musical dans lequel Morales a Ă©voluĂ©, mais aussi rĂ©tablit la place des particularismes locaux – tradition et Ă©criture authentiquement sĂ©villanes, andalous ; grandeur et souffle plus « europĂ©ens » c’est Ă  dire francoflamands appris Ă  Rome (Josquin)

MORALES-la-grande-chapelle-recasens-lamentabatur-Iacob-critique-cd-review-cd-classiquenews-cristobal_de_Morales_by_James_CaldwallLa Grande Chapelle Ă©voque l’ordinaire et le rituel liturgique Ă  l’occasion d’évĂ©nements importants du calendrier religieux : 3 dimanches prĂ©cĂ©dant le CarĂȘme ; abstinence du CarĂȘme avant PĂąques ; temps de rĂ©flexion et de mĂ©ditation oĂč le croyant est invitĂ© Ă  questionner le sens de la crucifixion et de la rĂ©surrection. Entre style sĂ©vĂšre (plain chant harmonisĂ© / dĂ©veloppĂ©) et Ă©pisodes plus expressifs (motets polyphoniques), les chanteurs savent soigner une sonoritĂ© globale enveloppante et aĂ©rienne (Ă©vocation de la plĂ©nitude cĂ©leste, promise, espĂ©rĂ©e) et articuler le texte, soulignant tout ce que Morales (portrait gravĂ© ci contre) rĂ©alise comme accentuation musicale selon les mots importants du texte (« conturbat » / l’effroi face Ă  la mort, puis sur « miserere mei »  dans le rĂ©pons « Peccantem me quotidie » au syllabisme plus accentuĂ© / qu’il soit ou non de Morales comme certains en doutent aujourd’hui). Comme Victoria et Guerrero, Morales cultive une maniĂšre Ă©conome et grave, en particulier dans les Matines des morts (Circumdederunt me, sur un plain chant typiquement sĂ©villan, noble et mĂ©ditatif). PiĂšce maĂźtresse de cette collection dĂ©plorative et tendre Ă  la fois, Lamentabatur Iacob Ă©tend en plus de 9 mn, sa formidable priĂšre lacrymale (Jacob y pleure ses enfants) comme une arche flamboyante, cependant toujours mesurĂ©e, aux mille nuances de timbres et de couleurs de la peine et de l’affliction. L’effet de nuage choral contraste avec l’éloquente sculpture des lignes solistes du motet qui suit « Accepit Iesus panes » claire Ă©vocation de l’élĂ©vation du Fils.
CLIC D'OR macaron 200Le programme gagne encore en dramatisation et en gravitĂ©, dans les 4 sections finales (du Temps de la Passion / Tempus Passionis), au geste Ă  la fois extatique et pourtant trĂšs dĂ©taillĂ©. Les interprĂštes rĂ©alisent une somptueuse nature morte, vanitĂ© chorale, Ă  la fois puissante et sombre. L’essor du souffle, la maĂźtrise de l’intonation, l’équilibre souverain entre incarnation et Ă©vocation spirituelle tĂ©moignent de l’excellence des 7 chanteurs de La Grande Chapelle que l’on s’étonne de ne pas  écouter ni suivre plus rĂ©guliĂšrement en France. Le choix du visuel de couverture est judicieux : l’une des mises au tombeau du Titien pour Philippe II : la vibration de la touche et l’éclat transparent de la palette picturale entrent en correspondance avec l’approche pointilliste et unitaire de l’ensemble pilotĂ© depuis 2007 par Albert Recasens. CLIC de CLASSIQUENEWS de l’automne 2019.

 

 

 

 

 

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CD Ă©vĂ©nement, critique. MORALES (1500 – 1553) : Lamentabatur Iacob / Musiques pour le temps de CarĂȘme. La Grande Chapelle. Albert Recasens (1 cd Lauda Musica LAU019) – enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Valladolid, sept 2018.

 

 

 

VISITEZ le site de la Grande Chapelle / Albert Recasens
http://www.laudamusica.com/index.php

 
  

 

LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Le grand opĂ©ra 1828-1867 – Le spectacle de l’histoire – Catalogue d’exposition (Ă©ditions RMN).

grand-opera-francais-exposition-1828-1867-spectacle-de-l-histoire-catalogue-livre-evenement-critique-opera-livre-classiquenews-CLIC-de-CLASSIQUENEWSLIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Le grand opĂ©ra 1828-1867 – Le spectacle de l’histoire – Catalogue d’exposition (Ă©ditions RMN). Pour le 350Ăšme anniversaire de l’OpĂ©ra de Paris, le Palais Garnier (BibilothĂšque-MusĂ©e) affiche une exposition consacrĂ©e au grand opĂ©ra français, genre intimement liĂ© Ă  un siĂšcle, le XIXe, et Ă  une ville, Paris. Le catalogue se propose de retrace l’Ă©volution du genre musical, de ses origines (sous l’Empire) Ă  son essor quand les grands compositeurs Ă©trangers Wagner et Verdi viennent dans la Capitale pour se tailler une rĂ©putation et faire reprĂ©senter leurs opĂ©ras sur le premiĂšre scĂšne d’Europe : c’est le cas du dernier ouvrage traitĂ© ici, DON CARLOS en français de Giuseppe Verdi (1867). MĂ©dĂ©e de Cherubini et La Vestale de Spontini font figure d’Ɠuvres pionniĂšres. En 1828, Auber, avec La Muette de Portici, porte vĂ©ritablement le grand opĂ©ra français sur les fonts baptismaux. Rossini s’y essaie lui aussi, avec Guillaume Tell (1829). C’est toutefois Meyerbeer (autre Ă©tranger) qui ouvre l’ñge d’or du grand opĂ©ra dans les annĂ©es 1830, et qui donne au grand opĂ©ra ses lettres de noblesse : Robert le Diable, Les Huguenots et Le ProphĂšte sont autant de triomphes. PrivilĂ©giant les sujets historiques, le grand opĂ©ra est alors l’expression des passions du temps : la France de Louis- Philippe, sous l’impulsion de personnalitĂ©s telles que MĂ©rimĂ©e, Guizot ou Viollet-le-Duc, part Ă  la dĂ©couverte de son passĂ© et de son patrimoine.‹Le parcours regroupe sur la thĂ©matique une centaine d’Ɠuvres (manuscrits, esquisses, peintures, maquettes de dĂ©cor
). Autant de facettes d’un genre spectaculaire par les effectifs et les moyens requis dont le prĂ©sent catalogue est le miroir fidĂšle : une mise en page originale et Ă©lĂ©gante, de trĂšs nombreuses illustrations dont la majoritĂ© des documents exposĂ©s, explique l’histoire de l’opĂ©ra français au XIXĂš. Un Ăąge d’or oĂč l’opĂ©ra s’est comparĂ© Ă  la peinture d’histoire : musique et danse en complĂ©ment. Passionnante rĂ©trospective sur un sujet que l’on croit connaĂźtre, que l’on critique toujours pour son emphase et la lourdeur de son dĂ©corum ; dont les sommets restent toujours Ă©cartĂ©s des scĂšnes lyriques y compris de l’OpĂ©ra de Paris. Ainsi Auber et Meyerbeer Ă  Paris refont surface par la galerie musĂ©e du Palais Garnier plutĂŽt que sur sa scĂšne lyrique : la situation ne manque pas de cynisme. A quand La Muette ou Gustave III / Robert le diable ou Le ProphĂšte Ă  l’affiche de la « grande boutique » (comme disait Verdi en parlant de l’OpĂ©ra parisien, Ă  l’époque la Salle Le Peletier) ? Pour nous consoler, la lecture de ce catalogue s’avĂšre passionnante, en prĂ©paration Ă  la visite de l’exposition Ă©vĂ©nement, jusqu’au 2 fĂ©vrier 2020.
 

 

 

Sommaire

1 – Aux sources du grand opĂ©ra
Auber, Meyerbeer, Halévy
De la scÚne aux barricades : La Muette de Portici, opéra révolutionnaire
Portrait de Giacomo Meyerbeer, « un homme de son siÚcle »

2 – La Fabrique du grand opĂ©ra
Au commencement le verbe : celui du librettiste EugĂšne Scribe
Les voix du grand opéra
L’art de l’effet, l’effet de l’art : une architecture pour la scùne
Ballet de l’OpĂ©ra / dans l’opĂ©ra
La scĂšne des Nonnes de Robert Le Diable, premier ballet romantique blanc ?
Economie du grand opéra : la stratégie du directeur Véron

3 – le grand opĂ©ra, tĂ©moin de l’Histoire / fĂ©dĂ©rateur des arts
Miroir du pouvoir
les écrivains et le grand opéra
Arts de la scùne au prisme de l’Histoire
De la peinture historique aux fresques du grand opéra
Perpectives théùtrales contemporaine pour le grand opéra

4- Splendeurs et misÚres du grand opéra
Les Italiens Ă  Paris
Wagner dans l’étau du genre
le cas de Berlioz
Charles Gounod
Rayonnement du grand opĂ©ra dans l’Europe romantique
Postérité du grand opéra

 

 

 

CLIC_macaron_2014‹LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Le grand opĂ©ra 1828-1867 – Le spectacle de l’histoire / Catalogue de l’Exposition Ă  la BibliothĂšque- musĂ©e de l’OpĂ©ra – Palais Garnier du 24 octobre 2019 au 2 fĂ©vrier 2020 – Français – 192 pages / 100 illustrations – Éditions Rmn-Grand Palais – 39 €

https://www.boutiquesdemusees.fr/fr/catalogues-d-exposition/le-grand-opera-1828-1867-le-spectacle-de-l-histoire-catalogue-d-exposition/17599.html

 

 

 

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LIVRE, Ă©vĂ©nement, annonce.”LE FANTÔME DE L’OPÉRA », LĂ©gendes et mystĂšres au Palais Garnier par GĂ©rard FONTAINE (LES ÉDITIONS DU PATRIMOINE).

LIVRE, Ă©vĂ©nement, annonce.”LE FANTÔME DE L’OPÉRA », LĂ©gendes et mystĂšres au Palais Garnier par GĂ©rard FONTAINE (LES ÉDITIONS DU PATRIMOINE). GĂ©rard FONTAINE publie un texte richement illustrĂ© qui rĂ©capitule le mythe du fantĂŽme de l’opĂ©ra : depuis le roman originel de l’écrivain et enquĂȘteur Gaston Leroux (1910) qui cumule les rĂ©fĂ©rences propres Ă  la littĂ©rature fantastique
 jusqu’à la comĂ©die musicale toujours jouĂ©e Ă  Londres et Ă  Broadway, musique de Andrew Loyd Weber (1986).

fantome-de-l-opera-fontaine-gerard-legendes-et-mysteres-palais-garnier-livre-annonce-critique-classiquenewsDu roman fameux, Ă  la comĂ©die musicale des annĂ©es 1980, l’auteur mĂšne sa propre enquĂȘte ; confronte les extraits forts du texte de Leroux Ă  la rĂ©alitĂ© du Palais construit par Charles Garnier. De la fiction romanesque Ă  la rĂ©alitĂ© de l’architecture, le texte fouille ce qui fonde le mythe : description du fantĂŽme, bestiaire et rĂ©serve dĂ©corative de l’opĂ©ra inaugurĂ© en 1875
 On y dĂ©couvre combien l’OpĂ©ra Garnier est un monde Ă  part, propice au dĂ©lire poĂ©tique et Ă  l’imaginaire. Dans la vision de Leroux puis les extrapolations qui ont suivi, le fantĂŽme de l’OpĂ©ra fusionne avec le masque de la mort rouge fixĂ© par Poe, et rĂ©alisĂ© par Leroux dans la fameuse scĂšne du bal masquĂ© Ă  l’opĂ©ra
 Peu Ă  peu grĂące aux premiers illustrateurs pour le roman de Leroux, grĂące aux films et photos du palais Garnier, les personnages du roman prennent vie. Oy dĂ©tecte comment de filtres en fantasmes, le fantĂŽme originel prend une tout autre face et allure que celle conçue par Leroux (qu’est devenu son masque de soie noire ?) ; on y comprend mieux le rĂŽle des directeurs de l’opĂ©ra, de Christine, de Raoul
 des danseuses et des musiciens, des dĂ©corateurs et des machinistes qui composent le premier plan et l’arriĂšre scĂšne, le contexte social et humain du roman de Leroux ; chaque Ă©lĂ©ment du roman est confrontĂ© Ă  la rĂ©alitĂ© du Palais Garnier tel que nous le connaissons. Mais plutĂŽt que de mesurer de quelle façon Leroux a respectĂ© la configuration rĂ©elle de l’OpĂ©ra de Charles Garnier, Georges Fontaine interroge le mythe, ses avatars, et aussi la formidable architecture de Garnier, laboratoire Ă  produire du merveilleux et de l’illusion, technologiquement avancĂ© ; autant de performances qui inspirent en rĂ©alitĂ© le texte de Leroux.

Ainsi sont dĂ©voilĂ©es entre autres les techniques rĂ©volutionnaires de Garnier, dĂ©tournĂ©es par Gaston Leroux : cuve Ă  double coque, colonnes creuses, fondations Ă  l’Ă©preuve des marĂ©cages… Et quand est-il du lac souterrain ? OĂč vivait rĂ©ellement le FantĂŽme ? Grande critique Ă  venir le jour de la parution du livre, le 31 octobre 2019.

 

 

 

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PrĂ©sentation du FantĂŽme de l’OpĂ©ra par GĂ©rard Fontaine
par les Ă©ditions du Patrimoine :

« Le fantĂŽme de l’OpĂ©ra est une lĂ©gende qui hante l’imaginaire collectif depuis plus d’un siĂšcle et a Ă©tĂ© le sujet de nombreux films, sans compter les ballets ou les comĂ©dies musicales dont la principale tient l’affiche Ă  Londres ou Ă  Broadway depuis 1986. Mais sait-on qui se cache derriĂšre cette histoire ?
Journaliste et romancier gĂ©nial, Gaston Leroux est aussi l’auteur du MystĂšre de la chambre jaune ou du Parfum de la dame en noir. FascinĂ© par l’extraordinaire bĂątiment inventĂ© par Charles Garnier quelques dĂ©cennies plus tĂŽt, il y trouve l’inĂ©puisable source qui a donnĂ© naissance Ă  son FantĂŽme de l’OpĂ©ra. L’édifice regorge d’innovations techniques, relevant presque, pour l’époque, de la magie. La beautĂ© du lieu, son atmosphĂšre et les oeuvres qu’il abrite sont autant de points d’ancrage pour sa crĂ©ation.

fantome-de-l-opera-georges-fontaine-opera-palais-garnier-charles-garnier-critique-editions-du-patrimoine-classiquenewsAprĂšs une parution en feuilleton dans le journal Le Gaulois, Leroux publie son roman en 1910. Auteur de nombreux ouvrages sur le Palais Garnier, GĂ©rard Fontaine utilise ce prĂ©texte pour nous entraĂźner Ă  la dĂ©couverte du mythe du fantĂŽme et des personnages de Leroux, Ă  travers les couloirs, avec les mystĂšres de l’OpĂ©ra en filigrane, nous donnant les clĂ©s des trucs et astuces de Leroux. Il dĂ©mĂȘle pour nous le vrai du faux et instaure un dialogue Ă  trois entre l’architecte talentueux, l’écrivain prolixe et le narrateur. Au fil d’une visite du bĂątiment — qui parcourt notamment le bureau des directeurs, la salle, la fameuse loge n°5 du fantĂŽme, la loge de Christine, les dessous de l’édifice, jusqu’à la demeure du lac oĂč se tapit le fantĂŽme pour Ă©crire son « OpĂ©ra des opĂ©ras » –, l’auteur nous invite Ă  plonger au coeur d’une Ă©poque et du Palais Garnier.
Une mise en page brillante ressuscite l’art lyrique, la danse et tous les arts pour nous faire vibrer, avec le Paris 1900 en arriĂšre-plan. »

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200LIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. Le FantĂŽme de l’OpĂ©ra : LĂ©gendes et mystĂšres au Palais Garnier par GĂ©rard Fontaine Parution : 31 octobre 2018 / Editions du Patrimoine – Prix : 35 € – 25 . 32 cm – 192 pages – 180 illustrations / ReliĂ© – EAN 9782757706831 – En vente en librairie

 

 

 

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Sommaire

LA VÉRITÉ DES APPARENCES,
MASQUES ET VISAGE DU FANTÔME
Les « Rats », rĂȘves et rĂ©alitĂ©s — Petits secrets du cabinet directorial — La Sorelli

LE DON JUAN TRIOMPHANT
La Loge truquée de Christine

LE SECRET DE LA PREMIÈRE LOGE N° 5
La vraie-vraie loge du directeur de l’OpĂ©ra en 1881

LA CHUTE DU LUSTRE DU PALAIS GARNIER COMME VOUS AURIEZ PU Y ÊTRE
Comment peut-on ĂȘtre Persan?

LA DEMEURE ET SON LAC
Ponts et merveilles

LE BAL MASQUÉ DE L’OPÉRA
Masques et mascarades — Travestissements et travestis

SIGNÉ LEROUX
Épilogue
Filmographie

 

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L’auteur
Docteur en philosophie, administrateur culturel, GĂ©rard Fontaine est un spĂ©cialiste rĂ©putĂ© de l’opĂ©ra auquel il a rendu maintes fois hommage, notamment avec DĂ©cor d’opĂ©ra : un rĂȘve Ă©veillĂ© (Flammarion, 1996), Palais Garnier, le fantasme de l’opĂ©ra (AgnĂšs ViĂ©not Éditions, 1999). Il a publiĂ© aux Éditions du patrimoine, en partenariat avec l’OpĂ©ra national de Paris : L’OpĂ©ra de Charles Garnier, architecture et dĂ©cor extĂ©rieur (2000) ; Palais Garnier, OpĂ©ra national de Paris, collection « ItinĂ©raires » (2001) ; Visages de marbres et d’airain, la collection des bustes du Palais Garnier, collection «ThĂ©matiques» (2003), L’OpĂ©ra de Charles Garnier, architecture et dĂ©cor intĂ©rieur (2004), L’OpĂ©ra de Charles Garnier, collection « Monographies d’édifices » (2018).

LIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. Jean-François Lattarico. Le Chant des bĂȘtes, Essai sur l’animalitĂ© Ă  l’opĂ©ra (CLASSIQUES GARNIER).

lattarico-jean-francois-essai-sur-l'animalite-a-lopera-annonce-livre-critique-opera-classiquenewsLIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. Jean-François Lattarico. Le Chant des bĂȘtes, Essai sur l’animalitĂ© Ă  l’opĂ©ra (CLASSIQUES GARNIER). Dans un nouvel essai qui interroge la place et le sens de l’animal Ă  l’opĂ©ra, notre collaborateur chez classiquenews, correspondant permanent Ă  Lyon et en Italie entre autres, Jean-François Lattarico interroge la notion d’animalitĂ© appliquĂ©e Ă  l’histoire de la scĂšne lyrique
 Depuis OrphĂ©e charmant les bĂȘtes jusqu’au cancrelat de LĂ©vinas, l’histoire de l’opĂ©ra est remplie d’animaux allĂ©goriques, simples ïŹgurants ou vrais hĂ©ros de l’intrigue. Cet ouvrage retrace l’aventure de l’un des bestiaires les plus fascinants, avec celui de la sculpture mĂ©diĂ©vale puis romantique : voici le grand imaginaire lyrique dans lequel le chant de l’animal se mĂȘle Ă  celui de l’homme, et parfois le remplace. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.

 

 

 

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PrĂ©sentation de l’éditeur en anglais
From Orpheus charming the animals to LĂ©vinas’ cockroach, the history of opera is ïŹlled with allegorical animals, featuring as mere minor characters or as the real protagonists of the plot. This book traces the adventure of this lyrical bestiary in which the song of the animal mixes with that of man, and sometimes replaces it.

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200LIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. Jean-François Lattarico. Le Chant des bĂȘtes, Essai sur l’animalitĂ© Ă  l’opĂ©ra (CLASSIQUES GARNIER) – Collection CONFLUENCES sous la direction de Pierre Glaudes, Ă©ditions CLASSIQUES GARNIER. N° 6, 392 pages, 15 x 22 cm – BrochĂ©, ISBN 978-2-406-08541-6, 48 € / ReliĂ©, ISBN 978-2-406-08542-3, 87 €

CD, critique. JS BACH : Cantates, Magnificat. La Chapelle Harmonique. Valentin Tournet (1 cd Chùteau de Versailles, déc 2018)

tournet-valentin-chapelle-harmonique-js-bach-magnificat-cd-critique-concert-critique-review-par-classiquenews-chateau-versailles-spectacles-critique-concert-festival-classiquenewsCD, critique. JS BACH : Cantates, Magnificat. La Chapelle Harmonique. Valentin Tournet (1 cd ChĂąteau de Versailles, dĂ©c 2018). Toutes les Ɠuvres ici choisies ont Ă©tĂ© dirigĂ©es par Bach pour son premier concert de NoĂ«l Ă  Leipzig, en 1723. Exaltation prĂ©cise et fine, veillant aux Ă©quilibres instruments / chƓur / solistes, le jeune chef est Ă  la barre, cƓur vaillant, prĂ©cision et vivacitĂ© prĂ©servĂ©es. De sa direction, se dĂ©ploie claire et vivante, l’activitĂ© du contrepoint exaltĂ©, incarnĂ©, contrastĂ©, ce, dĂšs la jubilatoire cantate BWV 63. Chef et musiciens en expriment idĂ©alement la tension exclamative, dans une sonoritĂ© ronde, pleine, brillante, trĂšs allante et qui projette surtout la vitalitĂ© du texte, l’esprit de fĂȘte et de joie collective. L’air soliste pour sop et basse (et hautbois obligĂ©) tempĂšre cette ivresse par le jaillissement du doute ; Tout l’édifice de Bach est lĂ , dans ce basculement alternĂ© des Ă©lĂ©vations exultantes et des vertiges inquiets. La profondeur et la gravitĂ© surgissent quand texte et musique expriment crainte et inquiĂ©tude du fervent qui craint d’ĂȘtre abandonnĂ© : le relief des deux voix sculpte alors avec grande sincĂ©ritĂ© la charge affective du texte.

Soulignons dans les mĂȘmes termes, la superbe vĂ©locitĂ© expressive, Ă  la brillance roborative du dernier choeur « Höchster, schau in Gnaden an », rondeur Ă©lastique suspendue et nerf des plus ciselĂ©s. En Ă©coute en aveugle, sans minorer les qualitĂ©s de timbre des jeunes chanteuses, leur projection du texte manque de nuances comme de prĂ©cisions. Visiblement moins impliquĂ©es que leurs partenaires dans l’articulation du verbe, seul semble compter la beautĂ© du chant. C’est oublier que Bach a Ă©crit des cantates oĂč les vers liturgiques pĂšsent de tout leur poids et que le sens des paroles ici compte plus tout. VoilĂ  qui creuse la diffĂ©rence entre un texte liturgique et un morceau de concert. Ceci vaut Ă©videmment pour le Magnificat, piĂšce ambitieuse et de trĂšs belle facture qui permet Ă  Bach, nouvellement arrivĂ© Ă  Leipzig de dĂ©montrer sa verve et sa maĂźtrise du contrepoint. Les chƓurs se succĂšdent nerveux et exclamatif, louant surtout la Vierge de misĂ©ricorde. S’il n’était la basse Stephan Macleod, on serait Ă  nouveau rĂ©servĂ© sur la tenue gĂ©nĂ©rale des airs des solistes. L’enthousiasme que la jeunesse prometteuse fait naĂźtre ne doit pas minimiser ici la part du doute, le relief du texte, le trouble de certaines lignes pour instrument solo : tout ce qui nourrit l’éloquente et grave ferveur de Bach
 et qui sont souvent absents ici. Ce concert live, trĂšs honorable, souligne l’aplomb sĂ©duisant d’un jeune chef (22 ans), mais le manque de relief comme de prĂ©cision dans l’articulation de certains chanteurs tempĂšre l’évaluation gĂ©nĂ©rale. On attend un nouvel album pour confirmer ou infirmer ces premiĂšres impressions.

CD, critique. JS BACH : Cantates, Magnificat. La Chapelle Harmonique. Valentin Tournet (1 cd Chùteau de Versailles, déc 2018)

Marie Perbost, Soprano I
Hana BlaĆŸĂ­kovĂĄ, Soprano II
Eva Zaïcik, Alto
Thomas Hobbs, Ténor
Stephan MacLeod, Basse
La Chapelle Harmonique (ChƓur et orchestre)
Valentin Tournet, direction

VIDEO, opéra. DEGAS ET MOI, de Arnaud des PalliÚres

VIDEO, opĂ©ra. DEGAS ET MOI… L’OpĂ©ra National de Paris diffuse sa nouvelle fiction DEGAS ET MOI, rĂ©alisĂ©e par Arnaud des PalliĂšres dont le contenu dĂ©voile plusieurs pans dĂ©licats de la personnalitĂ© du peintre
 Degas despote antisĂ©mite. PrĂ©sentation et critique du film, diffusĂ© sur le site de la 3Ăšme ScĂšne, Ă  partir du 30 octobre 2019. Le film fait Ă©cho Ă  l’exposition actuellement prĂ©sentĂ©e au MusĂ©e d’Orsay Ă  Paris : Degas Ă  l’OpĂ©ra (jusqu’en janvier 2020).

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le nouveau film de la 3Ăš ScĂšne

DEGAS ET MOI

dĂšs le 30 octobre 2019

 

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Degas et moi. Le rĂ©alisateur Arnaud des PalliĂšres ne s’intĂ©resse pas Ă  l’Ɠuvre du peintre ni Ă  sa maniĂšre de peindre les jeunes danseuses ; il n’interroge pas non plus sa relation (pourtant fascinante) Ă  l’OpĂ©ra de Paris (Salle Le Peletier d’abord, puis OpĂ©ra Garnier ensuite).
Il questionne plutĂŽt plutĂŽt l’homme, vieux : rattrapĂ© par l’ñge et par l’effondrement physique (fatiguĂ©, quasi aveugle et d’autant plus solitaire) ; Ă  sa personnalitĂ©, soulignant ses engagements « douteux », c’est Ă  dire son antisĂ©mitisme radical au moment de l’affaire Dreyfus. Il en dĂ©coulera sa rupture avec la famille HalĂ©vy, second foyer, et dont les entrĂ©es Ă  l’OpĂ©ra, lui avaient permis d’approcher les coulisses (c’est Ă  dire les sĂ©ances de rĂ©pĂ©titions du corps de ballet) et le cercle fermĂ© des abonnĂ©s.

 

 

 

 

Portrait d’Edgar Degas

DEGAS vieux, despotique, antisémite

 

 

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Ainsi, chez lui, vieux, amaigri, DEGAS paraĂźt ici en vagabond, vieillard, voĂ»tĂ©, seul, diminuĂ© (trĂšs plausible Michael Lonsdale). C’est d’abord une silhouette qui ne parle pas ; se souvient des sĂ©ances sur le motif quand il dessinait au crayon, les jeunes danseuses, adolescentes aux corps souples et rĂ©guliers ; ainsi Degas (jeune) dessine.
Pourtant l’ambiance gĂ©nĂ©rale est funĂšbre : « C’est fini la vie » dĂ©clare le peintre ; alors que se dĂ©roule la musique au piano de Schubert (adaptation de la Sonate D 939). C’est une lente marche vers la mort, sans paroles jusqu’à 4’30, oĂč Michael Lonsdale parle (enfin) comme s’il se filmait lui-mĂȘme et s’adressait Ă  son dernier visiteur.

Il se rappelle les sĂ©ances de rĂ©pĂ©titions, celles des jeunes danseuses, en robes blanches et rubans de couleurs ; figures disciplinĂ©es Ă  la barre, obĂ©issant au maĂźtre de ballet
 « Il faut remettre au dessin et au pastel 100 fois le mĂȘme sujet : les danseuses, de bas en haut ; commencer par les pieds, remonter la forme plutĂŽt que la descendre  » Et jusque dans la musique du piano, dans ce balancement presque hypnotique, s’impose, presque gĂȘnante, la rĂ©pĂ©tition des gestes : les pieds balaient le sol ; la main trace sur le papier.

Dans le cas de la petite danseuse en cire, « je m’acharne Ă  la ressemblance et Ă  quelque chose de plus
 c’est l’Ɠuvre d’un aveugle qui veut faire croire qu’il voit  »

De fait le peintre devient aveugle ; le film souligne le cynisme de ce dĂ©sarroi intime ; comme Beethoven est sourd. Le pastel, gras, pourtant trace. Il y a donc de l’éphĂ©mĂšre et du fragile dans ce constat des choses. Ce qui rend le travail du peintre, observateur et poĂšte, d’autant plus singulier.

DEGAS DEMANDE PARDON

Puis Degas fait acte de confession et d’humilitĂ©. En particulier vis Ă  vis de son jeune modĂšle, Marie van Goethem (qui a posĂ© pour sa statue de la petite danseuse de 14 ans).

« Tout vieillit en moi Ă  part le cƓur.
Je suis fatiguĂ© d’ĂȘtre seul.  CĂ©libataire et vieux.
J’ai acceptĂ© un entraĂźnement Ă  la brutalitĂ© qui venait de mes doutes »
Contrit, Degas demande pardon. A 88 ans. Ainsi ce qui pourrait ĂȘtre la clĂ© du film, est finalement dĂ©voilĂ©e Ă  14’15, en privilĂ©giant non plus le parti du peintre, mais la vision du modĂšle ; cette jeune danseuse Ă©prouvĂ©e, Ă©reintĂ©e voire humiliĂ©e aprĂšs la sĂ©ance de pose


LE CAS DE LA JEUNE MODELE, MARIE
 A l’atelier de Mr Degas n’a que faire du corps Ă©puisĂ© ; de la souffrance qu’impose la tenue de la pose ; de sa nuditĂ© surtout, impudeur Ă©prouvante
 malgrĂ© son air charmant, Degas creuse la ligne et la pose de la jeune fille, « à coups de poings dans le dos ».

Le portrait devient Ă  charge : Degas marche dans la rue
comme un vieillard qui se nĂ©glige mais farouchement antidreyfusard comme pas un Ă  Paris. Degas contre les juifs moleste son jeune modĂšle
 Il dĂ©nonce la place qu’occupent les juifs partout. « Jamais je ne vais dans un magasin tenu par un juif  ». Le portrait est sans appel et suscite la consternation.

DĂ©sespĂ©rĂ©e d’avoir Ă©tĂ© congĂ©diĂ© par Degas qui la prit pour une juive, et donc a Ă©tĂ© chassĂ©e sans ĂȘtre payĂ©e. « Que vais je dire Ă  Maman ? ».

Pas sĂ»r que les admirateurs du peintre apprĂ©cient ce portrait subjectif, plutĂŽt sombre et nĂ©gatif du gĂ©nie de la peinture française. Mais la 3Ăš ScĂšne confirme sa place Ă  part, celle d’un lieu de crĂ©ation artistique, libre et original. A n’en pas douter, ce film partial donc discutable, suscite le dĂ©bat sur la personnalitĂ© du peintre et sculpteur
 A chacun de se faire son opinion. A la fin de la fiction, on ne cesse de s’interroger. A voir incontestablement.

Degas et moi  -  Film rĂ©alisĂ© par Arnaud des PalliĂšres, interprĂ©tĂ© par Michael Lonsdale et Bastien VivĂšs. Visible gratuitement dĂšs le 30 octobre sur la 3e ScĂšne. D’aprĂšs la correspondance de Degas, lettre imaginaire Ă  son ami abonnĂ© de l’OpĂ©ra, Daniel HalĂ©vy.

 

 

 

 

VISITEZ, DECOUVREZ le site de la 3Ú scÚne / Opéra National de PARIS
https://www.operadeparis.fr/3e-scene

 

 

 

degas-et-moi-3eme-scene-opera-de-paris-film-fiction-critique-annnonce-classiquenews

 

 

 

 

 

 

Quelques rappels sur la 3e ScĂšne…

> Un espace de création numérique
CrĂ©Ă©e en 2015 par l’OpĂ©ra national de Paris, la 3e ScĂšne invite des artistes de tous horizons Ă  s’exprimer dans des genres diffĂ©rents : fiction, documentaire, animation, performance. Ces Ɠuvres, disponibles gratuitement sur la plateforme 3e ScĂšne et la chaĂźne Youtube, ont dĂ©jĂ  enregistrĂ© plus de 4 millions de vues.

> D’Apichatpong Weerasethakul à Bret Easton Ellis ou Fanny Ardant
La 3e ScĂšne offre la possibilitĂ© Ă  des cinĂ©astes, artistes contemporains, chorĂ©graphes ou Ă©crivains, de rĂ©aliser une Ɠuvre en lien avec l’univers de la danse, de la musique ou de l’opĂ©ra. Parmi ces artistes : Abd Al Malik, Mathieu Amalric, Fanny Ardant, Bertrand Bonello, Hiroshi Sugimoto, Jean-StĂ©phane Bron, ClĂ©ment Cogitore, Bret Easton Ellis, William Forsythe, SĂ©bastien Laudenbach, Claude LevĂȘque, Benjamin Millepied, ClĂ©mence PoĂ©sy, Eric Reinhardt, Xavier Veilhan, Jhon Rachid, Ramzi Ben Sliman, Apichatpong Weerasethakul….

 

 

> Chiffres-clés
‱ 54 crĂ©ations originales
‱ 4 prix reçus par la plateforme 3e Scùne à son lancement
‱ 49,7% de vues des films sur smartphones et tablettes
‱ 4,4 millions de vues depuis le lancement
‱ 49% de visiteurs ĂągĂ©s entre 15 et 34 ans
‱ 44% d’audience Ă©trangĂšre
‱ Plus de 20 projections « hors les murs » dont le ChĂąteau de Versailles, la GaĂźtĂ© Lyrique, les Rencontres d’Arles et le Centre Pompidou-Metz…
‱ Plus de 70 sĂ©lections officielles dans des festivals de cinĂ©ma en France et Ă  l’étranger
> Retrouvez trÚs prochainement les créations originales de Michel Ocelot, Marie Amachoukeli, Hugo Arcier, Blaise Harrison, Sergei Loznitsa et Jafar Panahi.

 

 

BEETHOVEN 2020, volet 3 : Ludwig Ă©pique (1802 – 1812)

beethovenBEETHOVEN 2020, volet 3 : Ludwig Ă©pique (1802 – 1812)HEILINGENSTATD, 1802 : une nouvelle naissance. FinancĂ© par l’aristocratie viennoise, Beethoven croit un moment qu’il peut prĂ©tendre rejoindre la classe supĂ©rieure ; nenni, musicien, il reste un ĂȘtre infĂ©rieur car il n’est pas noble. BientĂŽt en 1806, le prince Lichnowski qui le dotait d’une rente confortable lui enjoint de jouer pour ses invitĂ©s selon son plaisir : Beethoven se rebiffe ; il n’est pas un serviteur : fiĂšrement, aprĂšs qu’il ait Ă©tĂ© congĂ©diĂ© par son protecteur, le compositeur Ă©crit : « des nobles il y aura toujours ; mais il n’y aura jamais qu’un seul Beethoven ». Le voilĂ  comme Mozart quittant Salzbourg, en artiste crĂ©ateur misĂ©rable mais libre.

 

 

 

 

volet 3 : dossier Beethoven 2020

Le BEETHOVEN ACCOMPLI : un souffle Ă©pique (1802 – 1812)

L’aprùs Heiligenstatd

 

 

Ludwig-Van-BeethovenLe sourd qui doute profondĂ©ment du sens de son Ɠuvre, part Ă  Heiligenstatd au printemps 1802 ; il n’entend plus : pour lui, concerts et carriĂšre de concertiste comme de pĂ©dagogue sont arrĂȘtĂ©s nets, impossibles. Suicidaire, il songe Ă  rompre le fil de sa vie (septembre). Acte de confession et examen de conscience sĂ©rieux, l’épisode lui permet d’analyser sa situation et de redĂ©finir dĂ©sormais ce Ă  quoi il doit prĂ©tendre : affirmer sa voix singuliĂšre, visionnaire, prophĂ©tique, mais vivre en banni ; isolĂ©, solitaire du fait de sa surditĂ© ; accepter d’aimer, et souvent de n’ĂȘtre pas aimĂ© en retour. Le coeur ardent revendique sa tendresse de fond, sa gĂ©nĂ©rositĂ© ; Beethoven demeure incompris, souvent rĂ©duit Ă  des sauts d’humeur
 pourtant dans l’affaire oĂč il tend Ă  prendre la tutelle de son neveu, le compositeur se montre soucieux de l’autre, protecteur, et d’une loyautĂ© constante. Dans cette perspective existentielle noire, l’art le sauve ; elle lui impose une Ă©thique personnelle, un idĂ©al hors normes. La composition devient une mission morale qui doit Ă©clairer la sociĂ©tĂ© pour rĂ©ussir Ă  rendre l’humanitĂ© plus Ă©voluĂ©e. Le musicien est ce guide messianique et prophĂ©tique qui Ɠuvre Ă  la sublimation du genre humain. Plus tard, Wagner prolonge cette vision de l’artiste-prophĂšte. Pour l’heure, Beethoven Ă  peine trentenaire, couche sur le papier les piliers moraux de sa prise de conscience.

RenforcĂ©, raffermi dans sa vocation reformulĂ©e, le Beethoven bien que sourd et isolĂ©, est Ă  32 ans, une nouvel ĂȘtre ; plus fougueux et radical que jamais : la Symphonie n°3 Heroica / HĂ©roĂŻque (opus 55) suit directement la rĂ©daction du Testament d’Heiligenstatd. L’ampleur du projet qu’il s’est fixĂ©, se lit dĂ©sormais dans l’architecture mĂȘme de chaque symphonie ; une construction inĂ©dite dans laquelle Beethoven Ă©difie son projet pour l’humanitĂ©. Beethoven Ă©difie, construit ; mais il produit aussi un son nouveau, inspirĂ© certes de Mozart et de Haydn, mais surtout des compositeurs français de la RĂ©volution (MĂ©hul). Les vents, les cuivres gagnent un relief particulier : signe que Ludwig connaissait Ă©troitement l’écriture des symphonistes français, grĂące entre autres Ă  Kreutzer, prĂ©sent Ă  Vienne. Au caractĂšre militaire de son inspiration, Beethoven affirme aussi un souffle nouveau Ă  la fois Ă©pique et poĂ©tique.

Alors inspirĂ© par l’idĂŽle Bonaparte, ce libĂ©rateur attendu par toute l’Europe, Beethoven achĂšve mi 1804, sa symphonie Bonaparte (HĂ©roĂŻque), hymne au monde nouveau Ă  construire, vĂ©ritable manifeste d’une humanitĂ© libĂ©rĂ©e, sublimĂ©e, accomplie. A partir de l’Eroica, Beethoven affirme sa propre voix, celle du chantre de la modernitĂ©, le prophĂšte qui offre Ă  entendre la musique du futur. Son but est d’emporter avec lui, le peuple des hommes vers ce monde meilleur, harmonique qui n’existe pas encore. Leonore ou Fidelio, aprĂšs 3 ouvertures diffĂ©rentes et deux versions est son seul opĂ©ra, achevĂ©e en 1805 / 1806, dĂ©montre l’avenir radieux d’une humanitĂ© conduite par l’amour, la fidĂ©litĂ© et la libertĂ© contre toutes les tyrannies ; surtout sa 5Ăš symphonie (et des 4 premiers coups du destin), et son double simultanĂ©, la 6Ăš « Pastorale » indique les vertus de l’homme qui combat pour son Ă©mancipation et qui sait se fondre dans l’unitĂ© prĂ©servĂ© de la Nature. Amour, libertĂ©, Nature : voilĂ  la trilogie beethovĂ©nienne, qu’il ne cesse de commenter, analyser, expliciter Ă  travers tout son Ɠuvre. Et jusqu’à sa mort le 26 mars 1827 Ă  56 ans.

De cette premiĂšre pĂ©riode de grande luciditĂ© et maturitĂ© hĂ©roĂŻque donc, datent les Ɠuvres maĂźtresses telles les Sonates Waldstein, Appassionnata ; les 3 Quatuors Razoumowski, le Quatuor n°10
 sans omettre la Fantaisie pour piano, choeur et orchestre de 1808 ni le Concerto Empereur de 1809. Son travail est encouragĂ© par le soutien des princes viennois : l’Archiduc Rodolphe (son Ă©lĂšve), Lobkowitz et Kinsky qui payent une rente annuelle (mars 1809) sans rien lui demander sauf qu’il reste Ă  Vienne (Beethoven avait fait savoir qu’il deviendrait le kapelmeister de JĂ©rĂŽme Bonaparte, souverain de Westphalie).
Au travail du bĂątisseur de cathĂ©drales symphoniques et concertantes rĂ©pond aussi une vie personnelle aussi passionnĂ©e que frustrante : Beethoven par son origine modeste n’étant jamais aimĂ© comme il le souhaite en retour. Avait-il raison de rechercher coĂ»te que coĂ»te sa bien aimĂ©e parmi les jeunes femmes de l’aristocratie viennoise ? DĂ©raisonnable ambition qui se paye au prix fort, entre dĂ©sillusions Ă  rĂ©pĂ©tition et amertume croissante.

Mai 1809, les soldats de NapolĂ©on occupent Vienne ; Beethoven perd des protecteurs qui ont tous fui la capitale impĂ©riale. Les bombardements le font atrocement souffrir. AprĂšs la victoire française de Wagram, Kinsky meurt ; Lobkowitz est ruinĂ© ; seul l’Archiduc Rodolphe survit mais aura du mal Ă  payer rĂ©guliĂšrement le reste d’une rente atrophiĂ©e.

brunvik brunswik josephine beethoven la fiancee de beethoven immortelle bien aimee classiquenews dossier Beethoven 2020Les Immortelles bien-aimĂ©es
 Parmi les aimĂ©es de Ludwig, JosĂ©phine von Brunswick (portrait ci contre Ă  gauche), jeune veuve de 24 ans Ă  peine
 qui l’aime mais renonce finalement au compositeur certes douĂ© mais qui n’est que 
roturier. L’intĂ©rĂȘt et le confort, avant l’amour et l’attraction des cƓurs. Puis paraĂźt Bettina Brentano (portrait ci dessous) Ă  partir de mai 1810 : malgrĂ© un visage marquĂ© par la petite vĂ©role, « laid » en vĂ©rité », Bettina trouve la face de Ludwig admirable et noble grĂące Ă  son front sculptural ; sa naĂŻvetĂ© d’enfant ; sa grĂące de seigneur. Intimement Ă©pris, Beethoven lui adresse des confessions profondes : « je suis le Bacchus qui vendange le vin dont s’enivre l’humanité ». Sous l’aile de cette rencontre qui semble bĂ©nie des dieux, le compositeur enivrĂ© compose la Sonate Lebewohl (Adieu), le Quatuor n°11 (dit « Quartetto serioso » par l’auteur lui-mĂȘme), le Trio L’Archiduc de 1811 (dĂ©diĂ© Ă  Rodolphe, son protecteur le plus fidĂšle et le plus fiable). Bettina connaĂźt Goethe avant Beethoven : elle fait se rencontrer les deux esprits en juillet 1812 ; Ludwig admire l’écrivain dont il a composĂ© la musique d’Egmont. Mais les deux tempĂ©raments ne se comprennent pas vĂ©ritablement ; Goethe trouve Beethoven, Ă©nergique, concentrĂ© mais radical, « dĂ©chainé » et impossible voire insupportable ; et Beethoven qui aurait rĂȘvĂ© de mettre en musique son Faust, trouve l’homme de lettres, trop obsĂ©quieux et courtisan. Un « vendu » nous rions nous aujourd’hui. Radical, extrĂȘmiste, Beethoven ? C’est que sa fureur dans sa grandeur est au diapason de son amour fraternel et de sa bontĂ©. VoilĂ  qui a Ă©chappĂ© Ă  Goethe qui malgrĂ© les envois multiples de Ludwig, restera totalement hermĂ©tique et 
 sourd.

brentano bettina aimee de beethoven portrait dossier beethoven 2020 classiquenewsEn juillet 1812, la correspondance de Beethoven laisse entendre qu’il a enfin rencontrĂ© celle qu’il attendait ; qu’il aime et qui l’aime en retour : « l’immortelle bien aimĂ©e » Ă©crit-il. Peut-ĂȘtre s’agit-il encore de JosĂ©phine von Brusnwick dont la fille Minona serait de Ludwig
 Dans l’exaltation de ce transport phĂ©nomĂ©nal, le compositeur Ă©crit les Symphonies 7 et 8, envisage mĂȘme, dĂ©jĂ , une 9Ăš, qui fermerait le triptyque. Mais en dĂ©cembre 1812, tout s’écroule, et ses rĂȘves d’une liaison installĂ©e s’écroulent dĂ©finitivement. Pour lui, la solitude d’un hĂ©ros incompris. Il faudra dĂ©sormais 6 annĂ©es pour se reconstruire et rĂ©aliser ce sommet de l’entendement humain, cime fraternelle surtout, la 9Ăš et son ode Ă  la joie, de Schiller et non de Goethe.

 

 

 

 

volet 4 : dossier Beethoven 2020
L’homme qui aimait les hommes qui le dĂ©testait
la crise (1813 – 1815)

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LIRE notre grand dossier BEETHOVEN 2020 : Ă©lĂ©ments biographiques clĂ©s, piĂšces et partitions maĂźtresses au cours de la carriĂšre Ă  Vienne…

beethoven 1803 apres Symphonie 1 creation symphonies romantiques classiquenews review compte rendu cd critique 800px-Beethoven_3DOSSIER BEETHOVEN 2020 : 250 ans de la naissance de Beethoven. L’anniversaire du plus grand compositeur romantique (avec Berlioz puis Wagner Ă©videmment) sera cĂ©lĂ©brĂ© tout au long de la saison 2020. Mettant en avant le gĂ©nie de la forme symphonique, le chercheur et l’expĂ©rimentateur dans le cadre du Quatuor Ă  cordes, sans omettre la puissance de son invention, dans le genre concertant : Concerto pour piano, pour violon, lieder et sonates pour piano, seul ou en dialogue avec violon, violoncelle
 Le gĂ©nie de Ludwig van Beethoven nĂ© en 1770, mort en 1827) accompagne et Ă©blouit l’essor du premier romantisme, quand Ă  Vienne se disperse l’hĂ©ritage de Haydn (qui deviendra son maĂźtre fin 1792) et de Mozart, quand Schubert aussi s’intĂ©resse mais si diffĂ©remment aux genres symphonique et chambriste. Venu tard Ă  la musique, gĂ©nie tardif donc (n’ayant rien composĂ© de trĂšs convaincant avant ses cantates Ă©crites en 1790 Ă  20 ans), Beethoven, avant Wagner, incarne le profil de l’artiste messianique, venu sur terre tel un Ă©lu sachant transmettre un message spirituel Ă  l’humanitĂ©.  CLASSIQUENEWS dresse le portrait de la vie de Beethoven (en 4 volets), puis distingue 4 Ă©pisodes de sa vie, particuliĂšrement dĂ©cisifs
 LIRE ici notre grand dossier BEETHOVEN  2020, biographie, partitions clĂ©s, discographie (les enregistrements majeurs, parus l’automne 2019 et pendant toute l’annĂ©e 2020)

 

 

SCEAUX. Muza Rubackyté, piano à la Schubertiade

SCEAUX, HDV. Samedi 16 novembre 2019. Muza RubackytĂ©, piano … « Les deux Franz ». Enfant prodige, virtuose internationale, personnalitĂ© engagĂ©e rĂ©compensĂ©e par les plus hautes distinctions dans son pays, directrice artistique du Festival de Vilnius, la pianiste lituanienne MUZA RUBACKYTÉ voue une passion manifeste, communicative au piano mystique lyrique du grand Franz Liszt : soit « Les deux Franz ». La pianiste propose Ă  Sceaux, un programme original rĂ©unissant Schubert et Liszt. Ce dernier consacra plus de la moitiĂ© de ses Ɠuvres Ă  des adaptations ou paraphrases d’autres compositeurs qu’il admirait et notamment la transcription de quelque cinquante-huit lieder du compositeur viennois : une immersion schubertienne, revisitĂ©e par l’impĂ©tuositĂ© de Liszt.

 

 

 

MURZA RUBAKYTE piano concert classiquenews sceaux schubert liszt

 

 

 

Schubert : Impromptu op.90 N°3 ;
Schubert/Liszt :
Soirées de Vienne Valse Caprice N°6, sept Lieder;
Liszt : PremiÚre année de PÚlerinage (Suisse).

 

SCEAUX, La Schubertiade de Sceaux
SAMEDI 16 NOVEMBRE 2019, 17h
HĂŽtel de Ville

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.schubertiadesceaux.fr/billetterie/

 

 

CD, événement, premiÚres impressions. FARINELLI : CECILIA BARTOLI (1 cd DECCA)

farinelli cecilia bartoli fall septembre 2019 annonce cd review critique classiquenews DECCA cd critiqueCD, Ă©vĂ©nement, premiĂšres impressions. FARINELLI : CECILIA BARTOLI (1 cd DECCA). AnnoncĂ© dĂ©but novembre 2019, c’est le cd de tous les dĂ©fis pour la mezzo italienne qui s’affiche en double de Conchita Wurst, ou du Christ barbu 
 accusant le travestissement que suppose son emploi comme ses nouveaux « exploits » : retrouver la couleur vocale des castrats du XVIIIĂš, ces chanteurs castrĂ©s Ă  Naples dont les effets de gorges ont Ă©bloui les opĂ©ras baroques signĂ©s Porpora, Broschi, Haendel et autres
 Sur les traces du castrat Carlo Broschi dit Farinelli (1705 – 1782), la diva Bartoli met l’accent sur la virtuositĂ©, le timbre spĂ©cifique – ambivalent et droit-, la facultĂ© Ă  incarner un personnage
 Ici, avec des moyens plus rĂ©duits, une Ă©mission moins brillante (et des aigus plus tendus), la diva romaine, Cecilia Bartoli rĂ©ussit nĂ©anmoins Ă  convaincre grĂące Ă  la justesse de l’intonation, la profondeur convaincante de ses incarnations, une fragilitĂ© dans la tenue du timbre. Son chant intense et sombre brille en particulier dans les emplois tragiques (ClĂ©opĂątre
). Un air nous semble se distinguer par sa force dramatique et la coloration tragique infinie que l’interprĂšte est capable d’y dĂ©ployer (« Lontan
 Lusingato dalla speme », extrait du Poliphemo de Porpora : sorte de lamento de 8mn au coeur du programme) : la coloratoura se pare de mille nuances expressives qui colorent avec finesse, une incarnation qui soupire et sombre dans la mort et le renoncement. Un absolu irrĂ©sistible et l’un des joyaux de ce nouveau rĂ©cital lyrique Ă©ditĂ© par DECCA.

 

 

premiĂšres impressions

divine CECILIA BARTOLI 

sur les traces de l’ange Farinelli

 

 

 

 

Bartolomeo Nazarie - Portrait of Farinelli 1734 - Royal College of Music LondonAinsi ressuscite le chant de Farinelli, ce maĂźtre chanteur qui jusqu’à la fin de sa vie sut envoĂ»ter les grands de son Ă©poque dont les souverains espagnols Ă  Madrid alors que Domenico Scarlatti Ă©tait le maĂźtre de clavecin atitrĂ©. Un Ăąge d’or du beau chant permis aussi par l’inspiration d’un compositeur napolitain de premiĂšre valeur, Nicola Porpora, -nĂ© en 1686, vrai rival de Handel Ă  Londres dans les annĂ©es 1730, et qui dans ce rĂ©cital trĂšs attendu a la part belle : pas moins de 5 airs ici sur les 11, dont 3 sont extraits de Poliphemo ; n’est-il pas avec le frĂšre du chanteur vedette – Riccardo Broschi, le compositeur prĂ©fĂ©rĂ© de Farinelli ? De toute Ă©vidence fidĂšle Ă  son travail de dĂ©frichement, Ceilia Bartoli pousruit l’exhumation de signatures virtuoses pour l’opĂ©ra ; hier, il s’agissait de Steffani. Aujourd’hui, jaillit le diamant expressif et dramatique de Porpora, professeur de chant Ă  Naples des castrats Farinelli, Senesino, Porporino
, adulĂ© Ă  Londres, maĂźtre de Haydn, mort oubliĂ© en 1768 (Ă  81 ans). La diva romaine sait rendre hommage Ă  travers ce portrait vocal de Farinelli Ă  Porpora, gĂ©nie napolitain dans le genre seria.

Voici nos premiĂšres impressions avant la grande critique du cd FARINELLI Ă  paraĂźtre le 8 novembre 2019.

1 – Porpora / Polifemo : air d’exaltation et de jubilation comme d’espĂ©rance amoureuse (Ă©clairĂ© par les trompettes victorieuses) oĂč s’affirme l’agilitĂ© acrobatique de la voix coloratoure.

2 – Porpora / La Festa d’Imeneo : plus intĂ©rieur, comme enivrĂ© par un rĂȘve amoureux, l’air rappelle la maĂźtrise du souffle et la lisibilitĂ© comme la tenue de la ligne vocale, aux couleurs d’une tendresse extatique / expression d’un ravissement (« Vaghi amori, grazie amate »), dĂ©jĂ  entendue dans le film Farinelli.

3 – Hasse : Marc’Antonio e Cleopatra. La mezzo exprime les vertiges d’une amoureuse trahie, en fureur, prĂȘte Ă  mourir sur le trĂŽne. Le portrait d’une ClĂ©opĂątre qui assĂšne par vocalises et coloratoure ascensionnels, l’intensitĂ© de sa colĂšre et l’ampleur de sa dĂ©termination,Ă  la fois hĂ©roĂŻque et dĂ©jĂ  fatale. Dans cet emploi de femme forte, passionnelle, exacerbĂ©e, radicale, « La Bartoli » captive par son chien et son abattage dramatique. La justesse de sa couleur et du caractĂšre vocal s’imposent naturellement.

FARINELLI-cecilia-bartoli-classiquenews-cd-critique-review-farinelli-cecilia-bartoli-fall-septembre-2019-annonce-cd-review-critique-classiquenews-DECCA-cd-critique4 – Porpora / Polifemo : « Lontan
 lusingato dalla speme ». VoilĂ  assurĂ©ment comme on l’a dit prĂ©cĂ©demment, le joyau du programme (et qui nuance l’image d’un Porpora uniquement virtuose et acrobatique). Contraste oblige, Ă  la fureur de ClĂ©opĂątre (de Hasse qui prĂ©cĂšde) rĂ©pond la tendresse de cet air plus intĂ©rieur, dont la couleur est celle d’une Ăąme touchĂ©e au cƓur
 tel un rossignol qui soupire. Ce positionnement vocal dans le medium grave et sombre s’amplifie encore dans l’air, long lui aussi plus de 8 mn de Giacomelli : « Mancare o Dio mi sento » (Adriano in Siria, plage 7).


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Notons parmi les autres perles de ce rĂ©cital Ă©vĂ©nement : La morte d’Abel de Caldara : « Questi al cor finora ignoti » / Ces cƓurs inconnus jusqu’à prĂ©sent
 priĂšre Ă©purĂ©e comme une extase dans la mort et d’une couleur elle aussi sombre qui fait surgir le relief du texte.

HASSE : Marc Antonio e Cleopatra : « A Dio trono, impero a Dio » (plage 10). Le relief du recitatif et l’ampleur dramatique, la couleur tragique de l’air qui suit, exprime cette Ă©chelle des passions d’une irrĂ©pressible intensitĂ© qui va crescendo et qui s’accomplit, entre imprĂ©cation et combat, rage et ardeur hallucinĂ©e, dans l’architecture des vocalises, portĂ©es par la coloratoure de la mezzo romaine. Un parlĂ© chantĂ© : « Addio trono  » qui tĂ©moigne de la rĂ©sistance de la reine Ă  renoncer. Bartoli ne chante pas, elle incarne et exprime avec une intelligence du texte (ce que ne font pas la majoritĂ© de ses consƓurs)

et la fin : Porpora : Polifemo : « Alto Giove », rendu cĂ©lĂšbre par le mĂȘme film Farinelli. Parce qu’il y faut maĂźtriser l’intensitĂ© et la longueur du souffle, une spĂ©cialitĂ© de Farinelli, outre sa couleur Ă©tonnamment sombre pour un castrat soprano). Sans omettre l’ambitus de la tessiture (jusqu’à 3 octaves et demi) et qui dans la bande originale du film citĂ©, exigeait deux chanteurs (soprano et contre tĂ©nor). Cecilia Bartoli personnifie l’épaisseur du personnage ; creuse l’interrogation en suspension de la souveraine atteinte.

Un nouveau programme qui s’annonce d’autant plus rĂ©ussi que support idĂ©al aux lignes tragiques de la diva diseuse, si proche du texte, les instrumentistes d’Il Giardino Armonico, sous la direction de leur fondateur et directeur musical Giovanni Antonini, suivent les pas de la tragĂ©dienne qui articule, nuance en mille demi teintes graves, hallucinĂ©es, la charge Ă©motionnelle de chaque texte. Un continuo essentiellement composĂ© de cordes, oĂč les cuivres et les bois sont rares. A suivre. Grande critique le jour de la parution du cd FARINELLI par CECILIA BARTOLI, annoncĂ© le 8 nov 2019.

 

 

 

farinelli cecilia bartoli fall septembre 2019 annonce cd review critique classiquenews DECCA cd critique

 

 

 

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LIRE aussi notre annonce du cd FARINELLI par CECILIA BARTOLI

 

farinelli-1735-cecilia-bartoli-portrait-dossier-special-farinelli-classiquenews

 

 Farinelli jeune (DR)

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COMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. VERSAILLES, OpĂ©ra royal, jeudi 10 octobre, 20h. GRETRY : Richard, cƓur de lion. Pynkoski / Lajeunesse Zingg / Niquet

gretry-richard-coeur-de-lion-critique-compte-rendu-classiquenewsCOMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. VERSAILLES, OpĂ©ra royal, jeudi 10 octobre, 20h. GRETRY : Richard, cƓur de lion. Pynkoski / Lajeunesse Zingg / Niquet. Qu’allait donner le duo canadien Pynkoski / Lajeunesse Zingg, reprĂ©sentant Ă  prĂ©sent familier de prestations assez dĂ©suĂštes (cĂŽtĂ© costumes), prĂ©sentĂ©es Ă  Versailles, en provenance de l’Opera Atelier Toronto ? Ouf, la production bĂ©nĂ©ficie de l’apport du dĂ©corateur Antoine Fontaine, spĂ©cialiste des toiles peintes baroques : on lui doit la conception d’opĂ©ras prĂ©cĂ©demment ressuscitĂ©s tels Amadis de Gaule, 
 ; son concours rĂ©tablit suffisamment de « couleur historique » pour rendre le spectacle visuellement cohĂ©rent (trĂšs beau tableau de la prison mĂ©diĂ©vale)
 Pourtant, Ă©cartant l’époque du roi Richard, Marshall Pynkoski Ă©carte tout mĂ©diĂ©valisme et opte rĂ©solument pour l’époque des LumiĂšres, celle de Gretry. Car en 1784, annĂ©e de la crĂ©ation de l’Ɠuvre, alors que le peintre David invente le nĂ©oclassicisme (Serment des Horaces), le metteur en scĂšne fait clairement rĂ©fĂ©rence au Bourbon incarcĂ©rĂ© bientĂŽt Ă  la Conciergerie, Louis XVI soi-mĂȘme.

CohĂ©rente visuellement, la production l’est aussi sur le plan dramatique ; les dialogues parlĂ©s (livret de Sedaine) coulent et avancent car la plupart des chanteurs acteurs articulent et donc restent intelligibles ; les ballets rĂ©glĂ©s par Jeannette Lajeunesse Zingg rĂ©activent l’action sans la plomber : belle rĂ©ussite.

Efficace sans vraiment ĂȘtre subtile,- une qualitĂ© qui manque souvent Ă  sa direction trop impulsive et volontiers surexpressive, le chef HervĂ© Niquet sait toujours Ă©lectriser son orchestre Le Concert Spirituel, souligner davantage l’effet, les contrastes, que la finesse nostalgique que Tchaikovski a compris et su recycler, entre autres dans son opĂ©ra La dame de Pique, oĂč la vieille aristocrate, trĂšs vieille France, Ancien RĂ©gime, chante clin d’Ɠil Ă  la Gaule monarchqiue et Versaillaise, l’air ancien aussi dĂ©suet que sensible : « « Je crains de lui parler la nuit » (ici chantĂ© par Melody Louledjian en Laurette simplette et sensible).

RĂ©vĂ©lant un tempĂ©rament d’acteur, intĂ©rieur et finalement plus profond que ne le laissent supposer ses autres (rares) airs, le tĂ©nor flamand Reinoud van Mechelen, campe un Richard, habitĂ© par la conscience politique, parfois sombre ; en particulier dans le tableau de son emprisonnement : ardeur, couleur tragique, concentration ; voilĂ  qui fait de GrĂ©try, assurĂ©ment un prĂ©romantique. On attend son Nadir des PĂȘcheur de Perles Ă  l’OpĂ©ra de Toulon


Hier confiĂ© Ă  un baryton (plus passe partout) s’impose en rĂ©alitĂ© le personnage de l’autre tĂ©nor ici, Blondel, troubadour de son Ă©tat, campĂ© par RĂ©my Mathieu dont la seule juvĂ©nilitĂ© parfois trop sonore et un rien linĂ©aire, pourraient ĂȘtre handicapants. Leur trĂšs beau duo « Une fiĂšvre brĂ»lante » au dĂ©but du IIĂš acte, montre la rĂ©ussite qui surgit quand les deux tĂ©nors de la distribution sont parfaitement distincts, de couleur comme de caractĂšre.

 

 

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Pour le reste aucun des autres rĂŽles ne dĂ©mĂ©ritent sans pour autant saisir l’audience par une sorte d’évidence expressive comme il est rarement il est vrai offert aux spectateur (qui payent pourtant fort cher leur place Ă  l’opĂ©ra royal de Versailles). Comtesse Ă  peine esquissĂ©e par GrĂ©try, Marie Perbost s’affirme davantage dans le rĂŽle travesti d’Antonio.
VoilĂ  qui atteste derechef du talent dramatique de GrĂ©try, compositeur pour la monarchie bientĂŽt dĂ©capitĂ©e. Dans l’écrin acoustique idĂ©al de l’OpĂ©ra Gabriel, l’opĂ©ra de 1784 ressuscite avec charme et mĂȘme mordant. De quoi ravir, comme nous, l’audience, composĂ©e pour beaucoup de visiteurs Ă©trangers. Une nouvelle rĂ©surrection Ă  mettre au mĂ©rite des producteurs de la sociĂ©tĂ© qui anime dĂ©sormais les soirĂ©es au ChĂąteau : ChĂąteau de Versailles Spectacles. 10 ans aprĂšs la mĂ©morable production de l’Amant jaloux (mise en scĂšne de Pierre-Emmanuel Rousseau), in loco, Versailles affiche lĂ©gitimement et avec pertinence, une Ă©tonnante et convaincante implication Ă  l’endroit du toujours mĂ©sestimĂ© GrĂ©try.

 

 

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COMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. VERSAILLES, OpĂ©ra royal, jeudi 10 octobre, 20h. GRETRY : Richard, cƓur de lion. Pynkoski / Lajeunesse Zingg / Niquet

 

 

GrĂ©try : Richard cƓur de lion
Opéra-comique en trois actes, livret de Sedaine
Création : Comédie Italienne, Paris, le 21 octobre 1784

Mise en scĂšne : Marshall Pynkoski
Chorégraphie : Jeannette Lajeunesse Zingg
DĂ©cors : Antoine Fontaine
Costumes : Camille Assaf

Richard : Reinoud Van Mechelen
Laurette : Melody Louledjian
Blondel : RĂ©my Mathieu
Antonio / La Comtesse : Marie Perbost
Sir Williams : Geoffroy BuffiĂšre
Urbain / Florestan / Mathurin : Jean-Gabriel Saint-Martin
Guillot / Charles : François Pardailhé
Madame Mathurin : CĂ©cile Achille
Sénéchal : Charles Barbier
Colette : Agathe Boudet
BĂ©atrix : Virginie LefĂšvre

l
Ballet de l’OpĂ©ra royal, ChƓur et orchestre du Concert Spirituel
Hervé Niquet, direction

Illustrations : © Agathe Poupeney

 

 

 

 

 

CD, critique. HAYDN : Symphonie n°86. Airs d’opĂ©ras
 Sacchini, GLuck, Lemoyne, Louis-charles Ragué  Sophie KarthĂ€user, soprano. Le Concert de la Loge. Julien Chauvin, direction (1 cd APARTÉ – 2018)

HAYDN Symphonie-n-87-l-impatienteCD, critique. HAYDN : Symphonie n°86. Airs d’opĂ©ras
 Sacchini, GLuck, Lemoyne, Louis-charles Ragué  Sophie KarthĂ€user, soprano. Le Concert de la Loge. Julien Chauvin, direction (1 cd APARTÉ – 2018). Peu Ă  peu, Le Concert de La Loge Ă©difie une intĂ©grale des 6 symphonies parisiennes de Haydn, sommet de l’éloquence et de l’élĂ©gance orchestrale viennoise et pour le collectif français fondĂ© par le violoniste Julien Chauvin, une nouvelle preuve de l’apport inestimable des instruments anciens dans notre connaissance (rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e) de la symphonie classique au XVIIIĂš. ComposĂ©e avant les 12 Londoniennes (1791 – 1795), les Parisiennes forment une programmation clĂ© du fameux Concert de la Loge Olympique, orchestre et entreprise de concerts Ă  Paris, florissant dans les annĂ©es 1780 et qui permet au public et au amateurs de bonne musique, d’écouter les tendances de l’époque. Sous la direction du Chevalier de Saint-Georges, les parisiens peuvent donc dĂ©couvrir l’écriture hyperĂ©lĂ©gante et si subtilement contrastĂ©e de Mr Haydn.
DĂ©jĂ  Ă©ditĂ©es les symphonies contemporaines, La Reine, La Poule, L’Ours
 Le Concert de la Loge poursuit son exploration de l’écriture viennoise alors que Haydn invente la symphonie : la Symphonie n° 87 en la majeur dite « L’Impatiente » offre un nouveau condensĂ© d’équilibre, de facĂ©tie, de surprise, de sensibilitĂ© aux timbres et aux Ă©quilibres de l’orchestre classique prĂ©romantique propre aux annĂ©es 1785 – 1787.
Haydn est une cĂ©lĂ©britĂ© europĂ©enne, la plus importante Ă  son Ă©poque (et non ce n’est pas Mozart) ; mais plutĂŽt que de diffuser une forme standard, « europĂ©enne », le Viennois sait se renouveler, Ă©vitant la rĂ©pĂ©tition et le systĂšme.
Le chef soigne l’élĂ©ment phare de l’opus : sa vigueur ; comme ses surprises (le second motif Ă  la place du premier, dans la rĂ©exposition du Vivace initial). Les instrumentistes font valoir leur grande homogĂ©nĂ©itĂ© sonore et expressive, en particulier dans l’Adagio (rĂ© mineur) au parcours rhapsodique d’une irrĂ©sistible profondeur. Tandis que le nerf et une caractĂ©risation roborative animent le Menuet et le Vivace final.

Pour contextualiser son approche, Julien Chauvin ajoute aussi plusieurs airs d’opĂ©ras peu connus d’Antonio Sacchini, de GrĂ©try, ou de Jean-Baptiste Lemoyne : le choix est « historique » ; bon nombre de concerts parisiens savaient alors mĂȘler les genres et offrir de copieux programmes avec orchestre et chanteurs d’opĂ©ras. Ici, l’invitĂ©e, la soprano Sophie KarthĂ€user incarne les hĂ©roĂŻnes tragiques et amoureuses avec un nerf articulĂ©, qui suit en complicitĂ© cette caractĂ©risation inestimable propre aux instruments d’époque.

On note parmi les contemporains de Haydn, l’écriture de Louis-Charles RAGUÉ, symphoniste et harpiste : sa Symphonie en rĂ© mineur op. 10 n° 1 montre combien le modĂšle Haydnien est assimilĂ© et compris, entre vitalitĂ© des contrastes, effet de surprises et virtuositĂ© aimable voire trĂšs Ă©loquente et racĂ©e (duo flĂ»te et harpe de son Andante, tout Ă  fait dans le style viennois). Avec Mozart, Haydn donc et bientĂŽt Beethoven, la musique du futur vient d’Autriche. Et Paris se met alors Ă  la page.
Julien Chauvin et Le Concert de la Loge
 sur les traces du Chevalier de Saint-Georges jouent le ven 8 nov 2019 Ă  l’Arsenal de Metz, dans le cadre du Festival Ă©vĂ©nement in loco « OSEZ HAYDN! » (METZ, citĂ© Musicale du 6 au 9 nov 2019), la symphonie parisienne n°86 (rĂ© majeur), mise en dialogue avec la Symphonie n°45 « Les Adieux » (par l’Orchestre national de Metz, sur instruments modernes). A suivre.

 

 

 

 

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HAYDN Symphonie-n-87-l-impatienteCD, critique. HAYDN : Symphonie n°86. Airs d’opĂ©ras
 Sacchini, GLuck, Lemoyne, Louis-charles Ragué  Sophie KarthĂ€user, soprano. Le Concert de la Loge. Julien Chauvin, direction (1 cd APARTÉ – 2018)

 

 

 

 

Joseph Haydn (1732-1809) :
Symphonie n°87 en la majeur « l’Impatiente », Hob.I :87.

Airs d’opĂ©ras :
Antonio Sacchini (1730-1786) : « C’est votre bontĂ© que j’implore » (ChimĂšne ou Le Cid). Christophe Willibald Gluck (1714-1787) : « Fortune ennemie »(OrphĂ©e et Eurydice). Jean-Baptiste Lemoyne (1751-1796) : « Il va venir »(PhĂšdre). Johann Christoph Vogel (1756-1788) : « Age d’or, ĂŽ bel Ăąge »(DĂ©mophon). AndrĂ© Ernest Modeste GrĂ©try (1741-1813) : « O sort ! par tes noires fureurs »(Les Mariages samnites).

Louis-Charles Ragué (1744-aprÚs 1793) :
Symphonie en ré mineur op. 10 n°1.

Sophie KarthÀuser, soprano. Le Concert de la Loge / Julien Chauvin, direction. 1 CD Aparté. Enregistré à PARIS, Louvre en octobre 2018. Durée : 1h

 

 

CD, critique. SHOSTAKOVICH / CHOSTAKOVITCH : Symphonies n°6 et 7 (Boston Symph. Orch / Andris Nelsons) / 2 CD Deutsche Grammophon

Chostakovich_CD nelsons bostonCD, critique. SHOSTAKOVICH / CHOSTAKOVITCH : Symphonies n°6 et 7 (Boston Symph. Orch / Andris Nelsons) / 2 CD Deutsche Grammophon. Fin du cycle des Symphonies de guerre de Chostakovich par le Boston Symphony et le chef letton Andris Nelsons. Ce 3Ăš et dernier volume attestent des qualitĂ©s identiques observĂ©es dans les opus prĂ©cĂ©dents : puissance et richesse du son. CrĂ©Ă©e Ă  Leningrad en 1939 par le lĂ©gendaire Evgeni Mravinski, la Symphonie N° 6 op. 54, est la plus courte des symphonies ; Nelsons souligne le caractĂšre endeuillĂ© du Largo prĂ©liminaire, dĂ©taillant les solos instrumentaux pour flĂ»te piccolo, cor anglais, basson afin de dĂ©ployer la matiĂšre nocturne, Ă©touffante de cette longue sĂ©quence grave et intranquille. Les deux mouvements plutĂŽt courts qui suivent Allegro et Presto assĂšne une motricitĂ© aiguĂ« et incisive qui fait dialoguer cuivres ironiques, gorgĂ©s de moquerie acerbe, et bois vifs argents. Le final est abordĂ© comme un feu d’artifice cravachĂ©, narguant le mystĂšre du premier mouvement dont il dĂ©ment le calme profond par une sĂ©rie ultime de surenchĂšre dĂ©monstrative et vindicative, au bord de la folie


Nelsons complĂšte la 6Ăš par la Suite de la musique de scĂšne pour le Roi Lear, op. 58a, Ă©crite pour le BolchoĂŻ de LĂ©ningrad en 1941. Cycle de pleine tension lĂ  encore qui commence avec la figure de Cordelia (solo de clarinette), joue du col legno pour dramatiser davantage la charge caustique et fantastique du sujet shakespearien (partie des 2 bassons). Ironique et audacieux, Chostakovitch imagine son Ouverture de fĂȘte op. 96, de 1947(publiĂ©e en 1954, soit un an aprĂšs la mort de Staline) semble marquer la fin de la terreur par son emportement libre, ses respirations nouvelles et l’orchestration colorĂ©e et ambitieuse ( fanfare Ă©tonnante des 6 trompettes, 6 trombones et 8 cors !) : les instrumentistes bostoniens redoublent de prĂ©cision jubilatoire (pizz des cordes).

La 7Ăš Symphonie dite « Leningrad » aborde des airs patriotiques, amorcĂ©e avant le siĂšge de la citĂ©, dĂšs l’étĂ© 1941, puis achevĂ© aprĂšs l’occupation, en dĂ©cembre suivant, pour ĂȘtre crĂ©Ă©e triomphalement en mars 1942. Aucune ambiguitĂ© dans le propos du compositeur car il s’agit bien d’une partition de circonstances, desprit victorieux, cĂ©lĂ©brant le sang versĂ© des rĂ©sistants et des dĂ©fenseurs de Leningrad, Ă©pinglant la barbarie des nazis impĂ©rialistes. Pourtant alors qu’elle s’inscrit dans le fracas des armes et des tireurs embusquĂ©s, la 7Ăš est l’une des moins politisĂ©e, celle qui s’écarte ouvertement du double langage cultivĂ© Ă  l’égard du tyran Staline. Nelsons aborde objectivement la partition, se confrontant Ă  son architecture impressionnante (pas moins de 30 mn pour l’Allegretto) dans lequel il sculpte avec clartĂ© le motif de l’invasion fasciste, rĂ©pĂ©tĂ©, martelĂ© comme un leit motiv obsessionnel (bois puis cordes). Le crĂ©pusculaire et le glaçant n’étant jamais bien loin chez Dmitri, le chef tire Ă  profit la couleur sombre et cynique du basson, finement dĂ©taillĂ© comme agent d’un destin inquiĂ©tant. Chaque sĂ©quence est inscrite dans sa portĂ©e historique : Leningrad d’avant le siĂšge (choral initial de l’Adagio), puis champs de guerre, champs de ruines oĂč perce le chant des cuivres Ă  la fois stridents, enivrĂ©s. On repĂšre sans mĂ©nagement aucun, la sourde mĂ©lodie des cordes hallucinĂ©es, Ă©reintĂ©es qui rappelle le motif inquiĂ©tant de l’opĂ©ra Lady Macbeth de Mzensk, autre Ă©vocation des tĂ©nĂšbres. HabitĂ© par cette musique des convulsions et des contrastes, Nelsons en exprime la matiĂšre vivante, les cris et les Ă©lans extrĂȘmes. Le chef rĂ©ussit dans l’ampleur et la violence, Ă  restituer tout ce qui fait de la 7Ăš, une partition martiale, dĂ©fiant l’Histoire, relevant plus de l’épique que du tragique. Voici assurĂ©ment l’un des tĂ©moignages les plus immĂ©diatement prenants, communicatifs du cycle Chostakovitch saisi live en 2017 Ă  Boston. L’expressivitĂ© instinctive de Nelsons, son emprise architecturĂ©e sur l’orchestre amĂ©ricain sont indiscutables.

 
 

 
 

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CD , critique. SHOSTAKOVICH / CHOSTAKOVITCH : Dmitri Chostakovitch : ”Under Stalin’s shadow’’ / Dans l’ombre de Staline.., Symphonie n° 6 op. 54. Symphonie n° 7 ”Leningrad ”, op. 60 – Suite de la musique de scĂšne pour ”Le roi Lear”, op. 58a. Ouverture de fĂȘte, op. 96 / Boston Symphony Orchestra. Andris Nelsons, direction / 2 cd Deutsche Grammophon : 483 6728.

 
 

 
 

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LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. CLAIRE FRÈCHES-THORY, JOSÉ FRÈCHES : Toulouse-Lautrec. Les lumiĂšres de la nuit (Gallimard DĂ©couvertes)

DG132_Toul_Lautr_Couv.inddLIVRE Ă©vĂ©nement, critique. CLAIRE FRÈCHES-THORY, JOSÉ FRÈCHES : Toulouse-Lautrec. Les lumiĂšres de la nuit (Gallimard DĂ©couvertes). Lorsque Toulouse-Lautrec dĂ©couvrit Montmartre (fin des annĂ©es 1880), Aristide Bruant chantait au Mirliton ; le Moulin Rouge, aprĂšs le Moulin de la Galette, ouvrait ses portes aux danseurs, la Goulue et Valentin le DĂ©sossĂ© y tenaient la vedette : ce sont les « annĂ©es LumiĂšre », 1900. Spectateur passionnĂ©, Lautrec devint l’ami des vedettes du Paris du spectacle et, par ses affiches, l’artisan de leur gloire. Le texte met l’accent sur le peintre, observateur et « photographe » du milieu parisien qu’il a cotoyĂ© et connu rĂ©guliĂšrement : demi monde, et dĂ©jĂ  industrie du divertissement et des plaisirs que la morale des bons bourgeois rĂ©prouve mais tolĂšre pour s’y encanailler.
Comme Degas qui interroge le cas des jeunes danseuses Ă  l’OpĂ©ra Ă  la fois sous le filtre sociologique (elles ne sont que des esclaves aux corps Ă©reintĂ©s, proies des abonnĂ©s
qui peuvent les approcher avec le consentement de leurs mĂšres maquerelles) et sous l’angle artistique (dans la danseuse, Degas voit clairement des lignes et l’essence du mouvement), Lautrec s’intĂ©resse aux « cas sociaux », marginaux, dĂ©calĂ©s, les mĂ©prisĂ©s, ceux qui sont d’emblĂ©e Ă©tiquetĂ©s et humiliĂ©s.
Le crĂ©ateur qui souffre depuis la naissance d’une difformitĂ© visible qui le rend particulier, partage cette condition qu’il reprĂ©sente directement ou indirectement dans son oeuvre. Ainsi ce portrait ou cette allĂ©gorie de la trivialitĂ© Ă©pinglĂ©e, Messaline de 1900 qui est le visuel de cette remarquable publication. FardĂ©e, obscĂšne, la figure annonce les expressionniste et les fauves (de Derain Ă  Van Dongen).

Claire et JosĂ© FrĂšches suivent en enquĂȘteurs zĂ©lĂ©s, les pas de ce jeune aristocrate d’Albi que la maladie avait rendu diffĂ©rent. « À la nature et au paysage du Sud-Ouest, aux subtiles nuances des ciels, il prĂ©fĂ©ra vite Paris et les cabarets, les feux de la rampe et les lumiĂšres de la nuit qui font les femmes plus belles. »
Pourtant sous le masque, le maquillage et les bijoux, Lautrec sonde le dĂ©sarroi et la solitude ; les dĂ©pressifs et les mĂ©lancoliques : la chair est triste. Ses prostituĂ©es sont Ă  l’image de la sociĂ©tĂ© : divertie mais terrassĂ©e. Lautrec meurt Ă  37 ans, en 1901.

LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. CLAIRE FRÈCHES-THORY, JOSÉ FRÈCHES : Toulouse-Lautrec. Les lumiĂšres de la nuit (Gallimard DĂ©couvertes). Collection DĂ©couvertes Gallimard (n° 132), SĂ©rie Arts, Gallimard – PremiĂšre parution en 1991- Nouvelle Ă©dition en sept 2019 – 176 pages, ill., sous couverture illustrĂ©e, 125 x 178 mm – ISBN : 9782072866166 – Gencode : 9782072866166 – Code distributeur : G03510 – rĂ©Ă©dition Ă  l’occasion de l’exposition « HENRI DE TOULOUSE-LAUTREC, rĂ©solument moderne », PARIS, Grand-Palais, du 9 octobre 2019 au 27 janvier 2020.

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Decouvertes-Gallimard/Decouvertes-Gallimard/Arts/Toulouse-Lautrec2

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CD Ă©vĂ©nement, critique. DANIIL TRIFONOV, piano – Destination Rachmaninov : ARRIVAL – Concertos 1 et 3. PHILADELPHIA orchestra, Yannick SĂ©guet-NĂ©zin, direction (2 cd DG Deutsche Grammophon)

trifonov daniil cd destination rachmaninov arrival piano concertos 1 3 nezet-seguin cd deutsche grammophon cd critique review classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. DANIIL TRIFONOV, piano – Destination Rachmaninov : ARRIVAL – Concertos 1 et 3. PHILADELPHIA orchestra, Yannick SĂ©guet-NĂ©zin, direction (2 cd DG Deutsche Grammophon). Voici donc un excellent double cd qui tĂ©moigne de la maturitĂ© et de l’étonnante musicalitĂ© du jeune pianiste russe Daniil Trifonov. En achevant son pĂ©riple Rachmaninov, relayĂ© par un abondant dispositif vidĂ©o, quasi cinĂ©matographique (DESTINATION RACHMANINOV), le pianiste captive littĂ©ralement par une digitalitĂ© facĂ©tieuse et virtuose, pour nous supĂ©rieure Ă  la mĂ©canique Ă©lectrique des asiatiques (Wang ou Lang Lang) : le Russe est douĂ© surtout d’une profondeur intĂ©rieure, – absent chez ses confrĂšres/soeurs, ce chant nostalgique qui fonde la valeur actuelle de ses Liszt (publiĂ©s aussi chez DG).

CD1 – Le Concerto n°1 (Moscou, 1892) nous fait plonger dans l’intensitĂ© du drame ; un fracas lyrique immĂ©diatement actif et rugissant, bientĂŽt rassĂ©rĂ©nĂ© dans une texture lyrique et langoureuse dont seul Rachmaninov a le secret ; qui peut effacer de sa mĂ©moire le motif central (cantilĂšne Ă  la fois grave mais douce) de ce premier mouvement Vivace, qui a fait les belles heures de l’émission Apostrophes de Bernard Pivot ? D’autant que le jeu perlĂ© de Daniil Trifonov fait merveille entre sagacitĂ©, activitĂ©, intĂ©rioritĂ© ; entre allant et tendre nostalgie ; il tisse des vagues d’ivresse Ă©perdue comme au diapason d’un orchestre nerveux voire brutal (excellente prĂ©cision de NĂ©zet-SĂ©guin pour restituer la dĂ©flagration sonore d’une orchestration qui peut sonner monstrueuse), sĂ©ries de rĂ©ponses Ă©lectriques et tout autant percutantes et vives, au bord de la folie (grĂące Ă  une digitalitĂ© fabuleusement libre, frĂ©nĂ©tique ou en panique). Ce jeu Ă©lastique entre Ă  coups et secousses, puis Ă©largissement de la conscience, trouve un Ă©quilibre parfait entre le piano et l’orchestre.
L’Andante caresse, respire, plonge dans des eaux plus ambivalentes encore oĂč rĂšgne comme une soie nocturne, l’onde sonore onctueuse de l’orchestre plus bienveillant. Daniil Trifonov chante toute la nostalgie en osmose avec les pupitres de l’orchestre aux couleurs complices.
A travers une forme de monologue enchantĂ©, sourd l’inquiĂ©tude d’une gravitĂ© jamais Ă©loignĂ©e. La lecture approche davantage une veille attendrie plutĂŽt qu’une libĂ©ration insouciante. LĂ  encore on goĂ»te la subtilitĂ© des nuances et des couleurs.
La partie la plus passionnante reste l’ultime Ă©pisode Allegro vivace dont le chef fait crĂ©piter les rythmes (dĂ©jĂ ) amĂ©ricains, le swing qui semble quasi improvisĂ©, d’autant que le cheminement du jeune pianiste se joue des rythmes, de l’enchaĂźnement des sĂ©quences avec une prĂ©cision frĂ©nĂ©tique, une acuitĂ© vive et engagĂ©e d’une indiscutable Ă©nergie ; un tel dĂ©hanchement heureux regarde directement vers le bonheur comme la libertĂ© du Concerto n°3, lui crĂ©Ă© Ă  New York par l’auteur le 28 nov 1909.
Brillant autant que crĂ©atif, Trifonov nous livre son propre arrangement du premier volet des Cloches, soit un morceau de 6mn (allegro ma non tanto) qui montre toute la sensibilitĂ© active et l’imagination en couleurs et timbres qui l’inspirent.

 

 

 

Périple réussi pour Daniil Trifonov
Rachmaninov intérieur et virtuose

 

 

 

TRIFONOV-DANIIL-rachmaninov-arrival-critique-classiquenews-trifonov-daniil-cd-destination-rachmaninov-arrival-piano-concertos-1-3-nezet-seguin-cd-deutsche-grammophon-cd-critique-review-classiquenews---copieCD2 – Cerise sur le gĂąteau et approfondissement de cette utlime escale en terres Rachmaninoviennes, le Concerto pour piano n°3 affirme une Ă©gale musicalitĂ© : immersion naturelle et progressive sans heurts, en un flot Ă  la fois ductile et crĂ©pitant oĂč l’orchestre sait s’adoucir, rechercher une sonoritĂ© mĂ©diane qui flatte surtout le relief scintillant du piano. Le jeu de Trifonov est d’une prĂ©cision caressante, onctueuse et frappante par sa souplesse, comme une vision architecturĂ©e globale trĂšs claire et puissante. L’écoulement du dĂ©but est presque hors respiration, d’une tenue de ligne parfaite, Ă  la fois irrĂ©sistible, allante, de plus en plus souterraine, recherchant le repli et l’intĂ©riorisation ; ce que cherche Ă  compenser l’orchestre de plus en plus dĂ©claratif, mĂ©nageant de superbe vagues lyriques comme pour mettre Ă  l’aise le soliste ; aucun effet artificiel, mais l’accomplissement d’une lecture d’abord polie dans l’esprit ; D’une imagination construite foisonnante, Trifonov soigne l’articulation au service de sa sonoritĂ©, Ă©coute l’intĂ©rioritĂ© de la partition et cisĂšle son chant pudique avec une tendresse magicienne. Chaque point d’extase et de plĂ©nitude sonore rebondit avec un galbe superbement articulĂ© ; peu Ă  peu le pianiste fait surgir une sincĂ©ritĂ© de plus en plus lumineuse que l’orchestre fait danser dans un crĂ©pitement de timbres bienheureux. La rĂ©exposition Ă©claire davantage la sensibilitĂ© intĂ©rieure du pianiste qui ralentit, Ă©coute, cisĂšle, distille avec finesse l’élan lyrique, souvent Ă©perdu de son texte.  Jusqu’à l’ivresse presque en panique Ă  8’ du premier mouvement, avant que ne cisaillent les trompettes cinglantes plus amĂšres, rĂ©vĂ©lant alors des cordes plus nostalgiques ; mais c’est Ă  nouveau le piano somptueusement enchantĂ© qui recouvre l’équilibre dans ce mitemps.
La seconde partie dans ses vertiges ascensionnels est hallucinĂ©e et crĂ©pitante ; le pianiste semble tout comprendre des mondes poĂ©tiques de Rachmaninov : ses Ă©clairs fantastiques, ses doutes abyssaux, ses Ă©lans Ă©perdus
 Trifonov sachant Ă  contrario de bien de ses confrĂšres et consƓurs, Ă©viter toute dĂ©monstration, dans l’affirmation d’un chant irrĂ©pressible, viscĂ©ral, jamais trop appuyĂ©, triomphe dans une sonoritĂ© toujours souple et fluide, solaire et tendre (cf la qualitĂ© de ses Liszt prĂ©cĂ©dents dĂ©jĂ  citĂ©s). Le soliste sait prĂ©server l’ampleur d’une vision intĂ©rieure, imaginative, poĂ©tique, suspendue, d’une incroyable respiration profonde, en particulier avant la 2Ăš rĂ©exposition du thĂšme central (15’40 Ă  15’53). Tout l’orchestre le suit dans ce chant de l’ñme et qui s’achĂšve dans une glissade fugace, subtilement ciselĂ©e dans l’ombre.

L’intermezzo est en forme d’Adagio qui affirme la mĂȘme voluptĂ© lointaine, une distanciation poĂ©tique Ă©cartant tout acoups, mais invite Ă  l’expression la plus intime d’un cƓur attendri, extatique.  Cette Ă©loquence intĂ©rieure est partagĂ©e par l’orchestre et le pianiste qui colore et croise de nouvelles visions au bord de l’évanouissement, sait s’appuyer davantage sur l’orchestre : les champs intĂ©rieurs y sont remarquablement sculptĂ©s, vĂ©ritables ivresses qui portent au songe et Ă  la rĂȘverie, Ă  l’oubli et au renoncement
 en un crĂ©pitement qui soigne toujours la clartĂ© et la prĂ©cision d’un jeu nuancĂ©, dĂ©taillĂ©, et d’une grande invention comme d’une grande intelligence sonore.

CLIC_macaron_2014Le dernier mouvement, « Finale. Alla breve », semble rĂ©unir toutes les forces vitales en prĂ©sence et rĂ©capituler les songes passĂ©s, en un chant revivifiĂ© qui Ă©nonce les principes d’une reconstruction dĂ©sormais partagĂ©e par instrumentistes et piano solo ; le chant s’enfle, grandit, ose une carrure nouvelle, galopante ; Trifonov rĂ©ussit l’expression de cette chevauchĂ©e toute de souplesse et de nuances chantantes. Le jeu du pianiste est tout simplement irrĂ©sistible comme happĂ©, aspirĂ© par une dimension qui dĂ©passe l’orchestre
 facĂ©tieux, mystĂ©rieux, le clavier vole dĂ©sormais de sa propre Ă©nergie, aĂ©rienne : le lutin Trifonov (3’57) cisĂšle ce chant cosmique, dans les Ă©toiles, comme un jaillissement naturel. D’une caresse infinie qu’il inscrit, suspend au delĂ  de la voĂ»te familiĂšre dans la texture mĂȘme du songe. Un songe Ă©veillĂ©, en chevauchĂ©, dans un galop qui mĂšne trĂšs trĂšs loin et trĂšs haut, rĂ©vĂ©lĂ© en partage. Hallucinant et cosmique. Du trĂšs grand art.

 

 
 

 

LIRE notre annonce du cd événement Departure / Destination Rachmaninov (octobre 2018)
https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-daniil-trifonov-destination-rachmaninov-departure-1-cd-dg/

LIRE aussi notre annonce du cd événement : ARRIVAL / Destination Rachmaninov (octobre 2019)

 

 
 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD Ă©vĂ©nement, critique. DANIIL TRIFONOV, piano – Destination Rachmaninov : ARRIVAL – Concertos 1 et 3. PHILADELPHIA orchestra, Yannick SĂ©guet-NĂ©zin, direction 52 cd DG Deutsche Grammophon) – CLIC de CLASSIQUENEWS d’octobre 2019. Parution le 11 octobre 2019.

PRIX LITTERAIRE DES MUSICIENS 2019, sélection officielle des 12 titres

prix-litteraire-des-musiciens-jeunesse-livre-selection-critique-livres-classiquenews-2019PRIX LITTERAIRE DES MUSICIENS 2019, sĂ©lection officielle des 12 titres. Pour sa 2e Ă©dition, le Prix LittĂ©raire des Musiciens Ă©toffe son regard sur l’actualitĂ© littĂ©raire dont les sujets ont un rapport avec la musique.  La sĂ©lection qui comprenait jusque lĂ  deux catĂ©gories ROMANS et ESSAIS, est augmentĂ©e cette annĂ©e d’une catĂ©gorie JEUNESSE.

La 1Ăšre Ă©dition du Prix (2018) avait couronnĂ© deux ouvrages finalistes : « Le voyage d’hiver de Schubert » de Ian Bostridge (Essai), et “ Les parapluies d’Erik Satie ” de StĂ©phanie Kalfon (Roman), deux ouvrages qui avait prĂ©cĂ©demment Ă©tĂ© distinguĂ©s par la RĂ©daction de CLASSIQUENEWS par le fameux «  CLIC » de CLASSIQUENEWS.

La remise du prix 2019, ouverte au public, aura lieu dans le cadre d’”Orchestres en fĂȘte! » le samedi 30 novembre 2019 Ă  16h30 Ă  la Philharmonie de Paris. Voici les 12 titres sĂ©lectionnĂ©es pour le grand prix 2019 :

 

ROMANS

prix-litteraire-des-musiciens-categorie-romans-prix-2019-classiquenews-selection-livres-critiques

 

 

 

 

ESSAIS

 

prix-litteraire-des-musiciens-2019-ESSAIS-4-livres-selectionnes-classiquenews-annonce-livres-critiques

 

 

 

JEUNESSE 

 

prix-litteraire-des-musiciens-jeunesse-livre-selection-critique-livres-classiquenews-2019

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Récapitulatif des 11 titres sélectionnés en 2019

certains ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© critiquĂ©s ou ont reçu le “CLIC” de CLASSIQUENEWS au moment de leur parution :

 

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ROMANS

 

 

JĂ©rĂŽme BASTIANELLI

La vraie vie de Vinteuil

(Grasset)

 

 

Vincent BOREL

La vigne Ă©carlate

(Sabine Wespieser)

 

 

William BOYD

L’amour est aveugle

(Seuil)

 

 

Marie CHARVET

L’Ăąme du violon

(Grasset)

 

 
 

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ESSAIS

 

 

Karol BEFFA et Jacques PERRY-SALKOW

Anagrammes Ă  quatre mains

(Actes Sud)

 

 

Bruno MESSINA

Berlioz

(Actes Sud)

 

 

Richard NEWMAN et Karen KIRTLEY

Alma Rosé. De Vienne à Auschwitz

(Notes de Nuit)

 

 

Laurent VILAREM

Les silencieux

(Aedam Musicae)

 
 

 
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JEUNESSE

 

 

Sylvaine JAOUI

Docteur Hope

(Albin Michel Jeunesse)

 

 

Susie MORGENSTERN

Be Happy!

Mes plus belles comédies musicales

(Didier Jeunesse)

 

 

Tristan PICHARD

Mozart vu par une ado

(Poulpe Fictions)

 

 

AnaĂŻs VAUGELADE, Robert SCHUMANN

Des malheurs de Sophie

Avec Elsa Lepoivre et Claire-Marie Le Guay

(Didier Jeunesse)

 

 
 

 

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Toutes les infos sur le site :

http://www.prixlitterairedesmusiciens.fr

 

 

litteraire-des-musiciens-prix-2019-prix-classiquenews

 

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CD, critique. LE TEMPS DES HEROS. BEETHOVEN / MOZART. Orchestre Le Palais royal. Jean-Philippe Sarcos, direction (1 cd 2015).

temps-des-heros-beethoven-mozart-palais-royal-orchestre-jean-philippe-sarcos-cd-annonce-critique-classiquenewsCD, critique. LE TEMPS DES HEROS. BEETHOVEN / MOZART. Orchestre Le Palais royal. Jean-Philippe Sarcos, direction (1 cd 2015). Le « Temps des hĂ©ros » : c’est Ă  dire Mozart et Beethoven. Le premier fait vibrer les cƓurs et exprime comme nul autre avant lui, la passion et les sentiments humains, avec cette tendresse particuliĂšre pour les femmes ; le second crĂ©e l’orchestre du futur ; les deux dĂ©finissent le romantisme et la modernitĂ© en musique ; ils sont d’ailleurs les premiers aussi Ă  se penser « crĂ©ateurs », et non plus serviteurs. Jean-Philippe Sarcos a donc bien raison de souligner leur Ă©toffe de « hĂ©ros » dans ce programme qui souligne la valeur de chacun.

Les deux airs mozartiens rappellent combien le riche terreau lyrique et les couleurs de l’orchestre de Mozart ont Ă©tĂ© fondateurs dans l’affirmation du gĂ©nie BeethovĂ©nien, son intense dramatisme transmis Ă  tout l’orchestre ; car s’il est fougueux et impĂ©tueux, maniant dĂšs avant Bruckner puis Mahler, l’orchestre par blocs et par pupitres, Beethoven est aussi capable d’une subtilitĂ© instrumentale inouĂŻe – ce qu’oublient le plus souvent les chefs, y compris les plus rĂ©putĂ©s. Le choix de la soprano française Vannina Santoni s’avĂšre judicieux : longueur du souffle et de la ligne, tendresse claire du timbre – on aurait souhaitĂ© davantage de texte assurĂ©ment mais la justesse de l’intonation et l’équilibre de la tessiture dans l’émission confirment la sensibilitĂ© dĂ©jĂ  romantique de Wolfgang. L’air de concert K 490 prĂ©parant idĂ©alement Ă  la concision et Ă  la profondeur du sublime « Dove sono » de la Comtesse des Nozze : air de langueur nostalgique et aussi d’exquise dignitĂ©, certes blessĂ©e voire amĂšre, mais d’un absolu et constant angĂ©lisme.

Le morceau de bravoure du programme est assurĂ©ment la Symphonie hĂ©roĂŻque de Beethoven, en mi bĂ©mol majeur de 1804, d’une ambition comme d’une ampleur
 promĂ©thĂ©ennes. Dans cette Ă©criture autant rythmique que mĂ©lodique, dans cette Ă©nergie lumineuse et guerriĂšre mĂȘme, se dessine comme une matiĂšre en constante fusion, la certitude messianique de Ludwig, pour lequel le crĂ©ateur peut enseigner (et faire entendre) aux hommes de bonne volontĂ©, les valeurs et les sons d’une sociĂ©tĂ© rĂ©novĂ©e.
Assurément les fondations que pose le compositeur dans cette Héroïque concentrent tous les espoirs et la clameur des révolutions qui ont accompagné le passage du XVIIIÚ au XIXÚ.
A la fois visionnaire et guide spirituel (et fraternel), Beethoven est bien ce hĂ©ros sans lequel l’histoire de la culture europĂ©enne n’aurait Ă©tĂ© qu’intĂ©ressante. Avec lui, elle est dĂ©terminante et prophĂ©tique. La 3Ăš cĂ©lĂšbre le gĂ©nie de la civilisation capable de dĂ©passer son destin et d’affirmer sa grandeur morale ; la dĂ©dicace en fut on le sait d’abord Ă  Bonaparte, hĂ©ros libĂ©rateur, hĂ©ritier des LumiĂšres, mais quand le gĂ©nĂ©ral devint empereur, Beethoven effaça son premier hommage, trahi et blessĂ© de s’ĂȘtre trompĂ© (d’oĂč, emblĂšme de la dĂ©ception, la marche funĂšbre en guise de second mouvement). De fait, l’esprit de conquĂȘte qui submerge l’auditeur tout du long, en dit assez sur l’admiration premiĂšre que porta Beethoven au hĂ©ros français.

DĂšs le premier Allegro (con brio), Jean-Philippe Sarcos domine l’orchestre, tenu Ă  la bride ; d’une furieuse impĂ©tuositĂ© qu’il canalise avec prĂ©cision et rebond. En particulier dans l’exposition et le dĂ©veloppement remarquable du 2Ăš motif (en si bĂ©mol majeur, d’abord staccato), d’une durĂ©e singuliĂšre dans le cycle symphonique de Ludwig. Le live, bĂ©nĂ©fice inestimable de cette gravure, souligne la qualitĂ© des timbres produits par les instruments d’époque : cors frĂ©missants, bois et vents d’une rondeur presque verte mais si expressive, comparĂ© Ă  la sonoritĂ© lisse des orchestres modernes. Contrastes, aspĂ©ritĂ©s, et parfois intensitĂ© ou hauteur en dĂ©faut
 mais la vivacitĂ© du concert sert l’énergie beethovĂ©nienne. Elle en transmet la pulsion et la tension.

Quelle sĂ©rieuse rupture (et assumĂ©e nette par Ludwig), avec la « Marcia funebre » oĂč perce et saisit le sentiment de deuil.
Le Scherzo exprime cette incandescence de la matiĂšre musicale, faite sĂ©rie Ă©lectrique d’étincelles oĂč brille, prodigieux apport des instruments anciens lĂ  encore, la rondeur cuivrĂ©e, plus pastorale que martiale des cors, finement caractĂ©risĂ©s.
Enfin, jubilation et Ă©tat de transe rythmique s’invitent dans le Finale, auquel Beethoven apporte une lĂ©gĂšretĂ© quasi chorĂ©graphique dans le dĂ©veloppement dialoguĂ© des pupitres : cordes chauffĂ©es Ă  blanc, bois caressants : bassons, clarinettes, hautbois
 en particulier dans l’élucidation du dernier motif, de « dĂ©livrance » et qui appelle une Ăšre nouvelle fraternelle et lumineuse en une sĂ©quence « mozartienne ».

En digne hĂ©ritier de Georges PrĂȘtre et de William Christie, Jean-Philippe Sarcos dĂ©taille ce grand festin des timbres d’époque qui articule et cisĂšle autrement le gĂ©nie beethovĂ©nien.
Surgit irrĂ©pressible le sentiment qu’un monde nouveau est conçu lĂ  sous nos yeux, dans ce magma instrumental que le maestro parisien nous fait entendre ; dans ce bain premier, primitif, chocs et frottements, Ă©tincelles du futur. VoilĂ  qui augure opportunĂ©ment de la prochaine annĂ©e Beethoven 2020, et apporte une nouvelle dĂ©monstration de l’apport indispensable d’un orchestre sur instruments d’époque dans la connaissance de la symphonie romantique europĂ©enne. La 3Ăš symphonie fut la premiĂšre des symphonies de Ludwig Ă  ĂȘtre crĂ©Ă©e Ă  Paris, par la sociĂ©tĂ© des concerts du Conservatoire en mars 1828. L’orchestre Le Palais royal nous fait revivre ici la sensation d’assister Ă  cet Ă©vĂ©nement historique.

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200L’enregistrement live est rĂ©alisĂ© dans la salle de concert du Premier Conservatoire de Paris, 2 bis rue du Conservatoire (75009), Ă©crin historique liĂ© Ă  l’histoire symphonique dans la Capitale, c’est lĂ  que la Symphonie de Beethoven a Ă©tĂ© jouĂ©e en 1828 ; c’est lĂ  encore que Berlioz a crĂ©Ă© sa sublime Fantastique. Saluons Jean-Philippe Sarcos de rĂ©tablir la riche tradition symphonique dans le lieu qui reste emblĂ©matique de tant d’évĂ©nements pour l’essor de l’écriture orchestrale en France.

CD, critique. LE TEMPS DES HEROS. BEETHOVEN : Eroica, Symph n°3 / MOZART : airs lyriques (K.490 / « Dove sono »). Vannina Santoni, soprano. Orchestre Le Palais royal. Jean-Philippe Sarcos, direction (1 cd 2015).

 

 

 

 

 

ENTRETIEN avec Jean-Philippe SARCOS, à propos du cd Le Temps des Héros : BEETHOVEN / MOZART  -  propos recueillis en octobre 2019

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CNC / CLASSIQUENEWS : Pourquoi avoir choisi cette symphonie de Beethoven ? En quoi la partition permet-elle de prolonger et d’approfondir votre travail avec les instrumentistes ?

JEAN-PHILIPPE SARCOS : La 3Ăš symphonie « HĂ©roĂŻque » s’inscrit dans l’intĂ©grale des symphonies de Beethoven que Le Palais royal a rĂ©alisĂ©e de 2013 Ă  2016. Les symphonies de Beethoven, comme Le Clavier bien tempĂ©rĂ© pour les pianistes, reprĂ©sentent un irremplaçable trĂ©sor…. LIRE notre entretien complet

 

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CD, critique. LOCAL BRASS Quintet : STAY TUNED (1 cd Klarthe Records / juil 2018)

LOCAL BRASS quintette critique cd classiquenews KLA065couv_lowCD, critique. LOCAL BRASS Quintet : STAY TUNED (1 cd Klarthe Records / juil 2018). LaurĂ©ats du prestigieux Osaka International Chamber Music Competition (Japon), les 5 cuivres du quintette Local Brass (formation parisienne nĂ©e en 2015) fixe envies, inspirations, rĂ©pertoires, rencontres 
 vĂ©cues pendant leurs trois premiĂšres annĂ©es de partage et de travail en musique de chambre. Les capacitĂ©s des jeunes instrumentistes semblent infinies au diapason d’une hyperactivitĂ© qui en dit long sur leur engagement et promet de futures belles rĂ©alisations : ne prenez que le cas de l’un d’entre eux, TancrĂšde Cymermann, professeur de tuba et d’euphonium au conservatoire de Cambrai
 dont le goĂ»t de la transmission s’électrise d’une rare disposition pour le jeu collectif (et l’écoute qui va avec
).
L’éventail des oeuvres de ce premier rĂ©cital discographique tĂ©moigne d’un Ă©largissement du rĂ©pertoire pour le quintette marquĂ© par la jeunesse et l’audace, le goĂ»t de l’exploration de nouveaux mondes sonores, comme en tĂ©moignent les deux crĂ©ations Ă  l’affiche de cette premiĂšre : « Souffle du ciel sur l’acier » de Jean-Claude Gengembre (timbalier solo du Philhar de Radio France), et « A game for six » de Thomas Enhco oĂč le piano dialogue avec les 5 cuivres en une Ă©popĂ©e instrumentale qui manie habilement impro jazzy et gĂ©nĂ©rositĂ© de timbres.
Pour se chauffer les 5 jouent les transcriptions des Valses PoĂ©tiques de Granados (arrangement Gabriel Philippot). Du piano au 5 cuivres, mĂ©lodies et rythmes gagnent un galbe nouveau, chaud et rond, oĂč la fusion des couleurs et des demi teintes cuivrĂ©es, en tuilage savamment calibrĂ©s, composent une mosaĂŻque sonore qui ressuscite le panache et la truculence ibĂ©riques. Granados permet de jouer sur la brillance caractĂ©risĂ©e et souvent opulente (pleine de saine ardeur mĂ©diterranĂ©nenne) des timbres : beaux contrastes de caractĂšres entre la valse lente et l’allegro humoristique, sans omettre l’abandon scherzando de « l’Allegretto » (au phrasĂ© Ă©lĂ©gantissime). Outre le dĂ©tail des lignes mĂ©lodiques, frappe aussi l’équilibre des plans sonores, une spatialisation naturelle instaurĂ©e par le volume propre Ă  chaque type d’instrument.

Saluons la Sonate de Derek Bourgeois (1980) en 3 mouvements: l’obligation de la prĂ©cision et de la synchronicitĂ©, le geste virtuose et libre y ont nĂ©cessairement scellĂ© ici une sonoritĂ© en partage que Local Brass dĂ©ploie remarquablement.
Comme un riche vitrail musical, colorĂ©, plein d’accents, la Sonate – triptyque joue sur l’ampleur et la rondeur de la sonoritĂ© globale et les profils individualisĂ©s que peuvent creuser chacun des instruments, surtout les 2 trompettes et le trombone. « L’Andante Piangevole » berce par sa calme mĂ©lopĂ©e, d’une sensualitĂ© inquiĂ©tante et grave
 tandis que fascine l’éloquence des seconds plans que sait ciseler chaque instrumentiste. Le finale brillant a le panache triomphant, clair et dĂ©monstratif.

CLIC D'OR macaron 200Et comme un feu d’artifice qui souligne encore l’éloquence de ce collectif Ă  la fois racĂ© et percutant, le mĂȘme Gabriel Philippot transcrit pour l’effectif enjouĂ©, la DanzĂłn n°2 d’Arturo MĂĄrquez : jubilation libre mais fine et prĂ©cise oĂč derechef le piano et les percus se joignent au Quintette inspirĂ©. Les 5 rendent hommage au fondateur du Sistema du Venezuela, JosĂ© Antonio Abreu, disparu en mars 2018, en une danse Ă  la fois mĂ©lancolique mais aux rythmes endiablĂ©s, irrĂ©sistibles auxquels les prodigieux cuivres, surtout trombone et tuba apportent un surcroĂźt de ronde bonhommie, de gĂ©nĂ©reuse ivresse, dĂ©licieusement chaloupĂ©e. Le rĂ©sultat transporte et surprend dans un morceau qui fut le plus jouĂ© de l’orchestre des Jeunes crĂ©Ă© par Abreu. RĂ©jouissante premiĂšre, et dans un effectif original.

 

 

 

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CD, critique. LOCAL BRASS Quintet : STAY TUNED (1 cd Klarthe Records / enregistrement réalisé en juil 2018)

Granados : Valses Politicos
Gengembre : Souffle du ciel sur l’acier
Enhco : A game for six*
Bourgeois : Sonata
Marquez : Danzon n°2**

Local Brass Quintet
François PETITPREZ / Trompette – ‹Javier ROSSETTO / Trompette – ‹Benoit COLLET / Cor‹ – Romain DURAND / Trombone – ‹TancrĂšde CYMERMAN / Tuba.
InvitĂ©s :‹ Thomas ENHCO / Piano‹* – Mathilde NGUYEN / Piano‹** – Cyrille GABET / Percussions**.

https://www.klarthe.com/index.php/fr/enregistrements/musique-de-chambre/stay-tuned-detail

Label : Klarthe Records
Référence : 8314288120825
EAN : 5051083142885

CD, critique. VIVALDI : Judith Triumphans, 1716 – Savall (2 sacd Alia Vox, oct 2018)

vivaldi-judith-triumphans-jordi-savall-alia-vox-cd-review-cd-critique-classiquenews-opera-review-critique-opera-9200000118447280CD, critique. VIVALDI : Judith Triumphans, 1716 – Savall (2 sacd Alia Vox, oct 2018) – Depuis 1714, en MĂ©diterranĂ©e : voilĂ  7 fois que Venise mĂšne une campagne contre les musulmans. Une catastrophe pour les europĂ©ens catholiques jusqu’à ce que les Habsbourg participent Ă  l’effort de guerre ; le 5 aoĂ»t, le Prince EugĂšne de Savoie mate les musulmans Ă  Petrovaradin. Puis ce fut l’éclatante victoire vĂ©nitienne sur Corfou. Vivaldi tĂ©moin vĂ©nitien de ce « prodige » inespĂ©rĂ©, compose pour l’Ospedale della PietĂ  dont il a Ă©tĂ© en mai 1716 confirmĂ© dans son poste de maestro de’ concerti, compose un oratorio spectaclaire, d’un luxe instrumental inouĂŻ alors, crĂ©Ă© in loco en novembre 1716 : Judith Triumphans. Le livret de Cassetti renforce l’angĂ©lisme fĂ©minin des hĂ©roĂŻnes (Judith / Abra) et Ă©voque avec grande poĂ©sie l’exploit de la juive, prĂȘte Ă  tout pour libĂ©rer son peuple des barbares Assyriens menĂ©s par le gĂ©nĂ©ral Holopherne. ÂgĂ© de 38 ans, le Pretre Rosso livre alors l’une de ses partitions les plus inspirĂ©es qui doit ĂȘtre mise en relation avec sa carriĂšre Ă  l’opĂ©ra. Les troupes rĂ©unies ans ce live d’octobre 2018 par Jordi Savall Ă  Paris, relĂšvent les multiples dĂ©fis d’un ouvrage ambitieux, trĂšs demandeur pour les chanteuses, tout autant redoutable pour les instrumentistes qui caractĂ©risent chaque sĂ©quence et chaque portrait dramatique, les vĂ©nitiennes comme les Assyriens. Tout en annonçant Haendel par sa verve et son imagination pastorale, Vivaldi inaugure alors une collection d’oratorios sur le thĂšme de la ville de BĂ©thulie libĂ©rĂ©e dont Jommelli (napolitain citĂ© par Balzac dans sa nouvelle musicale Sarrasine) puis Mozart seront les interprĂštes particuliĂšrement inspirĂ©s eux aussi (La Betulia Liberata sur un texte de MĂ©tastase).

Distinguons d’abord l’une des deux cantatrices d’exception qui illuminent le live parisien de 2018. Pour le rĂŽle de Vaghaus, le serviteur d’Holopherne, se dĂ©ploie le chant souple et angĂ©lique, ductile et inspirĂ© sans affĂšterie, et d’une trĂšs belle couleur dramatique, de la soprano Ă©cossaise Rachel Redmond. Sa conception du rĂŽle qui est celui d’un tĂ©moin face au bras armĂ©, vengeur de Judith, demeure plus que convaincante ; quand elle constate la mort de son maĂźtre au II, le serviteur bascule dans un air terrifiĂ© (lire ci dessous la partie II) : le timbre, le style, l’aisance et la brillance de la voix expriment au plus juste ce cƓur ardent et si tendre, complice de l’hĂ©roĂŻne («  Umbrae carae », oĂč elle dessine le destin guerrier certes mais surtout humain de la « Judith triomphante »).

HĂ©las, moins sĂ»r et moins affirmĂ©, d’une caractĂ©risation instable Ă  notre avis, l’Holopherne de Marina de Liso, d’autant que l’aplomb dramatique et expressif, plus Ă©vident en seconde partie, nuisent Ă  l’intelligibilitĂ© et l’articulation du texte.
Et la Judith de Marianne B. Kielland ? Le dĂ©but est bas, et trĂšs peu juste, plus mezzo serrĂ© que militante illuminĂ©e par son exploit Ă  venir. MĂȘme en cours de reprĂ©sentation, la chanteuse reste en deçà du rĂŽle : elle n’a ni le rayonnement moral, ni la dĂ©termination combattive ; et manque trop d’implication. D’une façon gĂ©nĂ©rale, le chant est lointain, distanciĂ© et trĂšs serrĂ©, avec des graves Ă©crasĂ©s. Dommage.
Heureusement Abra (le soprano fin et mordant de Lucia Martin-CartĂłn), dans sa couleur androgyne de petit garçon,  affirme une tout autre tempĂ©rament, plus naturel et bien articulĂ©, d’autant plus que son premier air l’expose particuliĂšrement, – avec seulement le continuo rĂ©duit Ă  la basse de viole
 Engagement plus subtil confirmĂ© par son air suivant avec choeur. Voici avec Vaghaus, l’emploi le plus mĂ©ritant de la soirĂ©e.

 
 

Judith triomphante
Tendresse guerriùre des femmes


 
 

Dans la rĂ©alisation orchestrale, malgrĂ© le manque de prĂ©cision comme de fiĂšvre de la mezzo dans le rĂŽle-titre, Jordi Savall soigne les dĂ©tails, couleurs, timbres, accents d’une partition qui touche souvent pas sa tendresse fĂ©minine ; comme si les personnages en cours d’action Ă©taient les premiers Ă  se surprendre par leur courage insoupçonnĂ©. On relĂšve de beaux moments comme ce monologue de Judith, Ă  la fois fĂ©minine (elle s’adresse Ă  sa suivante Abra) et pourtant femme forte, trĂšs dĂ©terminĂ©e pour sauver son peuple : du Vivaldi Ă  son meilleur ; ainsi le chalumeau / clarinette, aux couleurs dĂ©jĂ  romantique, pastorale et hautement inspirĂ©e (qui exprime la hauteur morale de l’hĂ©roĂŻne  : « Veni veni ma sequere fida”, plage 25). LĂ  encore, on regrette le manque de relief linguistique ; l’absence de mordant expressif de la part de la mezzo qui chante, dĂ©simpliquĂ© et plutĂŽt lisse.

judith-triumphans-oratorio-vivaldi-oratorio-critique-cd-alia-vox-opera-critique-review-classiquenews-jordi-savallLa seconde partie, dĂ©voilant la situation du camp des « barbares » assyriens en Thrace (Holopherne / Ozias) est plus dramatique, nerveuse, Ă©volution trĂšs palpable dans la tenue affinĂ©e de l’orchestre dans certains airs, Ă  la couleur sombre et virile (air d’Holopherne : « Nox obscura tenebrosa », dont la partie plus grave convient mieux Ă  Marina de Liso). Face Ă  l’ardent dĂ©sir qui brĂ»le le cƓur d’Holopherne, Judith exprime un autre feu, celui moral et spirituel exigĂ© par son Ăąme, prĂȘte Ă  verser le sang de l’infĂąme (air sur continuo de cordes en piz et mandoline : « Transit aetas, volant anni » : oĂč  MB Kielland fait surgir une sincĂ©ritĂ© jusque lĂ  absente qui relĂšve du gĂ©nie dramatique et poĂ©tique de Vivaldi. D’ailleurs sur ce mĂȘme registre de la sensibilitĂ© vivaldienne, il est tout autant pertinent de mettre en valeur comment Vivaldi nous transmet l’humanitĂ© du gĂ©nĂ©ral Holopherne, virilitĂ© capable de s’adoucir et de ciseler son dĂ©sir / amour pour la belle juive (superbe air pour hautbois et orgue obligĂ©s, en duos concertant : « Noli, o cara, te adorantis » : chanson amoureuse des plus tendres et suaves). Un chant de plĂ©nitude et d’extase amoureuse auquel rĂ©pond l’appel Ă  la paix pour une BĂ©thulie pacifiĂ©e, sans guerre, entonnĂ©e par une Judith transfigurĂ©e par cet humanisme pacifique et fraternel (« Vivat in pace »)
 Le compositeur sait se renouveler, subimant une partition qui n’aurait pu n’ĂȘtre qu’Ɠuvre de complaisance et strictement circonstantielle. Rien de tel.
EmblĂšmes d’une action musicale ciselĂ©e dramatiquement par Vivaldi, on sera passĂ© par des moments trĂšs raffinĂ©s eux aussi, comme celui du choeur de la soldatesque ivre (« Plena nectare »), d’une Ă©lĂ©gante et souple caractĂ©risation par Savall. Et quand la main droite assĂšne son coup tranchant, de dĂ©livrance (contre Holopherne, « l’impie, l’indigne tyran »), les instruments cisĂšlent le plus poĂ©tique des continuos, dans cet accomplissement Ă  la fois tragique et espĂ©rĂ© (air de Judith, plage 19 du cd2 : «  In somno profundo »), oĂč le violon solo indique clairement la peur de Judith et aussi sa volontĂ© de la dĂ©passer face Ă  l’horreur de son acte, et l’urgence Ă  accomplir son destin pour le bien de son peuple.

 
 

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MalgrĂ© les limites de la chanteuse dans le rĂŽle titre (petite voix, graves Ă©crasĂ©s), l’architecture dramatique et le traitement musical de l’exploit de Judith relĂšvent du gĂ©nie musical et poĂ©tique de Vivaldi. Dans la continuitĂ© de la sĂ©quence centrale, les deux airs qui suivent, celui d’Abra, incandescent, de libĂ©ration (« Si fulgida per te » par LucĂ­a Martin-CartĂłn, exaltĂ©e, articulĂ©e, troublante), puis le vertigineux et trĂšs mĂ©lismatique « Armatae face, et anguibus a cae » (Rachel Redmond, aux vocalises fouettĂ©es, prĂ©cises, en panique
 car son maĂźtre a Ă©tĂ© outrageusement dĂ©capitĂ© pendant son sommeil) ferment ce noyau tragique, dramatique, essentiel dans le dĂ©roulement de l’action. Les deux chanteuses -dĂ©jĂ  distinguĂ©es, hissent haut le niveau de l’incarnation vocale ; faisant de ses deux instants, de vraies fulgurances opĂ©ratiques. Les perles de l’oeuvre et de la distribution.
La suite est plus convenue, et strictement de complaisance, par la voix d’Ozias, qui rĂ©vĂšle alors la clĂ© sĂ©mantique de cet oratorio que d’aucun aurait trouvĂ© Ă©loignĂ© de la geste hĂ©roĂŻque vĂ©nitienne : en rĂ©alitĂ©, Cassetti a Ă©crit un txte cĂ©lĂ©brant la gloire des VĂ©nitiens victorieux ; comme est invincible BĂ©thulie, libĂ©rĂ©e par Judith, Venise la sĂ©rĂ©nissime est elle aussi imprenable : l’oratorio de 1716 cĂ©lĂšbre la victoire de Venise contre les turcs, grĂące au triomphe du MarĂ©chal  Matthias von Schulenburg Ă  Corfou en juillet 1716.

La distribution reste inĂ©gale voire dĂ©sĂ©quilibrĂ©e, le maillon faible Ă©tant la Judith, serrĂ©e, poitrinĂ©e et peu articulĂ©e de MB Kielland. GalvanisĂ©es par la finesse Ă©lĂ©gante des instrumentistes dirigĂ©s par Jordi Savall, les deux sopranos, Rachel Redmond et LucĂ­a Martin-CartĂłn, nous rĂ©galent toutes deux de chacun de leurs airs, dont ceux si difficile de la seconde partie (« pars altera »). La vision de Savall apporte un Ă©clairage vivifiant sur le texte et la parure vivaldiens. Les couleurs et le rythme tragique de cet oratorio de pleine maturitĂ© rĂ©sonnent ici comme ceux d’un opĂ©ra sacrĂ©. La tendresse qui rayonne par et autour du personnage de Judith, la gloire instrumentale qui lui est promise, acquise face Ă  sa force morale et l’accomplissement de l’acte, les couleurs tendres et humaines de l’action sont clairement dĂ©ployĂ©s sous une direction dĂ©taillĂ©e et aĂ©rĂ©e ; clairement, ce Vivaldi de 1716 annonce directement par la caractĂ©risation poĂ©tique des situations et le portrait vocal des protagonistes
 les meilleurs oratorios de Haendel. En dĂ©pit de nos rĂ©serves, la lecture est exaltante et dramatiquement idĂ©alement caractĂ©risĂ©e.

 
 

 
 

 
 

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CD, critique. Antonio Vivaldi : Judith Triumphans / Judith triomphante (2 sacd ALIA VOX, live oct 2018)
Le Concert des Nations
La Capella Reial de Catalunya
Jordi Savall, direction

distribution :
Marianne Beate Kielland, mezzo-soprano (Judith)
Rachel Redmond, soprano (Vagaus)
Marina De Liso, mezzo-soprano (Holopherne)
LucĂ­a MartĂ­n-CartĂłn, soprano (Abra)
Kristin Mulders, mezzo-soprano (Ozias)
Lluís Vilamajó, chef de chƓur
Manfredo Kraemer, concertino

Illustrations :
Judith (August Riedel, 1840, illustration ci-contre) ·
Judith tient la tĂȘte d’Holopherne par Cristoforo Allori – le visuel du cd Alia Vox ne reprĂ©sente pas la meilleure version de l’oeuvre qui est conservĂ©e aux Palazzo Pitti Ă  Florence (DR).

 
 

 
 

Livre événement, annonce & critique. Domenico Scarlatti, par MARTIN MIRABEL (Actes Sud, 2019)

domenico-scarlatti-portrait-classiquenews-portrait-concert-festival-critique-classiquenewsLivre Ă©vĂ©nement, annonce & critique. Domenico Scarlatti, par MARTIN MIRABEL (Actes Sud, 2019). L’oeuvre dĂ©voile et prĂ©cise le profil d’un auteur qui se dĂ©robe
 La question est donc posĂ©e : Mais qu’est-ce qu’une sonate de Scarlatti ? « Un monde miniature. L’infiniment grand dans l’infiniment petit. Un tĂ©lescope dans lequel on voit se mouvoir les planĂštes dans un univers en expansion. De la vie condensĂ©e et de la fantaisie cadenassĂ©e par les mathĂ©matiques.Des “comprimĂ©s de bonheur” comme Ă©crivait Giono
 Et beaucoup d’autres choses que l’on va dĂ©couvrir dans cet ouvrage
. « . ComplĂ©tons la prĂ©sentation de l’éditeur, en particulier l’expression de l’amour secret inavouĂ© du maĂźtre professeur pour son Ă©lĂšve si douĂ©e, Maria Barbara, jeune princesse de Lisbonne, bientĂŽt Reine d’Espagne.
Chacune des 555 Sonates de Domenico Scarlatti le fils (1685 – 1757) ne serait-elle pas le fruit d’un pacte secret, entre la souveraine et le compositeur qui fut son professeur de clavecin depuis sa premiĂšre adolescence ? En explicitant la genĂšse de ces Ɠuvres inclassables, pochades dont la rapiditĂ© fulgurante le dispute Ă  la volubilitĂ© expressive, l’auteur, dans un style remarquablement fluide – comme l’art de Domenico, touche au plus juste : ce qui fonde ici l’amitiĂ© et l’estime entre le serviteur et la reine ; le mentor et la bien nĂ©e inacessible, et pourtant si complice.
La figure de Carlo Broschi, c’est Ă  dire Farinelli lui mĂȘme, le plus grand sopraniste et castrat napolitain du XVIIIĂš croise le chemin et la destinĂ©e romanesque de ce couple impossible. Dans une relation intime avec le couple royal, Maria Barbara et son Ă©poux Ferdinand VI en poste Ă  Madrid dĂšs 1746, Domenico livre toute la musique personnelle, de connivence avec le responsable des divertissements royaux, Farinelli. On se prĂȘte alors Ă  fantasmer aux duos savoureux entre Farinelli et la Reine accompagnĂ©s par Scarlatti II au clavier.
scarlatti domenico biographie portait livre martin mirabel actes sud critique review livre classiquenewsPersonnalitĂ© lunaire, presque saturnienne mĂȘme, c’est Ă  dire rĂȘveuse, secrĂšte et pudique, Scarlatti se dĂ©voile Ă  pas comptĂ©s dans un texte qui ressuscite le cercle de ses proches, les acteurs de sa vie musicale : sa rencontre avec son futur disciple Ă  Madrid, Padre Soler qui sous la dictĂ©e du MaĂźtre, copie chaque Sonate pour les archives de la Reine (aujourd’hui 15 volumes conservĂ©s Ă  Venise, et qui furent ainsi vendus aprĂšs la mort de Farinelli en 1782, rĂ©cupĂ©rĂ©s par la SĂ©rĂ©nissime pour la Marciana). Mais si Scarlatti l’homme a gardĂ© ses secrets (dure relation avec le pĂšre ; trop discrĂšte vie sentimentale, ses goĂ»ts musicaux, etc
), l’impact de son art, la fascination qu’exercent toujours ses exercices improvisĂ©s, heureusement notĂ©s pour partie dans les partitions qui nous sont parvenues (Essercizi) produisent un effet immĂ©diat dĂšs aprĂšs sa mort : comprenant qu’ils ont affaire Ă  un gĂ©nie du clavier, avec Bach, Clementi, Liszt, - Chopin mĂȘme, le jouent, le comprennent, l’estiment. Plus tard, Schumann admiratif, en transmet le culte au jeune Brahms, qui aimera consulter et jouer les presque 250 essercizi de sa collection personnelle. Mais au delĂ  de la virtuositĂ© technique que Scarlatti pose d’emblĂ©e Ă  tout interprĂšte dĂ©fricheur, comme condition sinequanon, Wanda Landowska, la pionniĂšre pour sa rĂ©habilitation au dĂ©but du XXĂš rĂ©tablit le lien vital qui unit la musique dansante de Scarlatti avec la rue grouillante et populeuse. La vie plutĂŽt que la sophistication musĂ©ale. La pulsion du dĂ©sir plutĂŽt que la technicitĂ© mĂ©tronomique
 Le secret de Scarlatti est lĂ  : exprimer le flux du sang, la vitalitĂ© suractive des artĂšres, la saine palpitation de la rue bariolĂ©e. Texte captivant et limpide. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2019.

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CLIC D'OR macaron 200Livre Ă©vĂ©nement, annonce & critique. Domenico Scarlatti, par MARTIN MIRABEL (Actes Sud, 2019) – 10,0 x 19,0 / 176 pages – ISBN 978-2-330-12225-6 – Prix indicatif : 17 € – CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2019

DAMIEN TOP chante les mĂ©lodies d’ALBERT ROUSSEL

damien_top_tenor1_285_285rPARIS, Salle Cortot. ROUSSEL : MĂ©lodies. Ven 20 sept 2019. Le tĂ©nor Damien TOP, grand-spĂ©cialiste de l’oeuvre d’Albert Roussel et biographe inspirĂ©, propose une soirĂ©e exceptionnelle dĂ©diĂ©e au mĂ©lodies de Roussel, un Ă©vĂ©nement dans l’agenda parisien et qui vient opportunĂ©ment cĂ©lĂ©brĂ© l’anniversaire ROUSSEL 2019 (150Ăš anniversaire de la naissance). Plusieurs inĂ©dits (La chanson de l’archer, Tristesse au jardin
) seront recrĂ©Ă©s salle Cortot, cristallisant ce qui dĂ©termine l’inspiration du compositeur douĂ© pour le raffinement et l’allusion, classicisme et exotisme (en liaison avec son premier mĂ©tier d’officier de la Marine).
Paris n’a pas accueilli de rĂ©citals de mĂ©lodies de Roussel depuis trĂšs longtemps ; assez pour faire du rĂ©cital de Damien Top un Ă©vĂ©nement remarquable dans l’annĂ©e Roussel en France. Le tĂ©nor avait prĂ©cĂ©demment rĂ©alisĂ© un programme en 1987 Ă  Tourcoing, la ville natale de Roussel, pour le 50Ăš anniversaire de sa mort. A peu prĂšs la moitiĂ© de ses mĂ©lodies seront ainsi ressuscitĂ©es, vrais dĂ©fis pour les interprĂštes car Roussel, connu pour son perfectionnisme, ne laisse rien au hasard.
En ouverture, un essai de jeunesse, d’amateur, destinĂ©e peut-ĂȘtre aux salons, (ou Ă  une soirĂ©e entre marins
), La Chanson de l’archer datĂ©e de 1885/90 est tirĂ©e du Conte de l’Archer, de 1883 d’Armand Silvestre, dans lequel Roussel puisa en ces jeunes annĂ©es Ă  diverses reprises. Comme l’ai fait aussi Massenet.
Sous Louis XI, l’archer Tristan « sorte de poĂšte, aimant Ă  rĂȘver aux Ă©toiles par les belles nuits d’étĂ© » revient vers Isabeau sa bien-aimĂ©e. Roussel pour son dernier projet “Le TĂ©mĂ©raire” en 1937 semble renouer avec sa premiĂšre oeuvre ; il y est question Ă©galement de Louis XI, contre lequel se rĂ©voltent le Duc de Bourgogne et le peuple flamand.
La Chanson Ă©voque le terreau d’oĂč est parti le compositeur. Un auteur douĂ© pour la mĂ©lodie comme l’attestent les piĂšces qui suivent : sa premiĂšre mĂ©lodie publiĂ©e, l’op.3 : Le DĂ©part, partition de perfection qui est suivie d’un chef-d’oeuvre : Le Jardin mouillĂ©.

Le reste du programme souligne la variĂ©tĂ© d’inspiration du musicien, son extrĂȘme habiletĂ©, sa subtilitĂ© suggestive. AprĂšs une longue pĂ©riode oĂč le compositeur puise dans les vers d’Henri de RĂ©gnier, – pĂ©riode de ses Ă©tudes Ă  la Schola Cantorum, Roussel se tourne vers l’exotisme des adaptations d’Henri Pierre RochĂ© avec les poĂšmes chinois dont il s’inspire Ă  trois reprises. Si les modes pentatoniques innervent les premiers, l’opus 47 nous mĂšne au bout de ses recherches d’Ă©criture, allant au delĂ  de la tonalitĂ© en perdant tout repĂšre. A l’aprĂšs-guerre, Roussel interroge l’AntiquitĂ© grecque (comme l’attestent ses Ɠuvres symphoniques : La Naissance de la lyre, Bacchus et Ariane, etc.). Dans le genre de la mĂ©lodie, il s’agit des Odes AnacrĂ©ontiques, textes de Leconte de Lisle qui mĂȘlent bravoure guerriĂšre, amour ivresse.

 

 

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PARIS, Salle Cortotboutonreservation
Récital de Damien TOP, ténor
MĂ©lodies d’Albert ROUSSEL
Vendredi 20 septembre 2019, 20h30

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
http://www.sallecortot.com/concert/albert_roussel__luvre_melodique.htm?idr=28239

 

 

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Programme :

 

La Chanson de l’archer, inĂ©dit
Tristesse au jardin, inédit
Quatre PoĂšmes op. 3 (1903) : Le DĂ©part, VƓu, Le Jardin mouillĂ©, Madrigal lyrique
Flammes op. 10 (1908)
Deux PoÚmes chinois op. 12 (1907-1908) : Ode à un jeune gentilhomme, Amoureux séparés
Deux mélodies op. 20 (1919) : Le Bachelier de Salamanque, Sarabande
Odes anacrĂ©ontiques op. 31 (1926) : Sur lui-mĂȘme, Qu’il faut boire, Sur une jeune fille
Odes anacrĂ©ontiques op. 32 (1926) : Sur lui-mĂȘme, Sur une jeune fille, Sur un songe
Jazz dans la nuit op. 38 (1928)
A Flower given to my daughter op. 44 (1931)
Deux poÚmes chinois op. 47 (1932) : Favorite abandonnée, Vois de belles filles
Deux mĂ©lodies op. 50 (1933-1934) : L’Heure du retour, CƓur en pĂ©ril

 

 

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ROUSSEL MÉLODISTE


gorge-du-petit-aillyD’autres poĂštes souvent secondaires dont il choisit les meilleurs textes (Jean-Aubry, Chalupt, Ville, Oliphant…) constituent un autre corpus remarquable . Roussel revient Ă  plusieurs reprises Ă  RenĂ© Chalupt (un goĂ»t que partage Delvincourt : “Onchets“,1929) pour nous livrer notamment l’absolue rĂ©ussite de l’opus 20 : Sarabande et Le Bachelier de Salamanque. Comme Ravel, grand amateur des rythmes outre-Atlantique, la connaissance du jazz dans l’écriture de Roussel se retrouve synthĂ©tisĂ©e  et distanciĂ©e dans Jazz dans la Nuit, Ă©tonnante crĂ©ation.
Le concert s’achĂšve avec sa derniĂšre mĂ©lodie publiĂ©e, une sorte de testament Ă  destination de son Ă©pouse bienaimĂ©e : ” Si quelquefois tu pleures, cherche-moi prĂšs de toi, j’y serai.” Le contrepoint y devient Ă©pure, digne rĂ©fĂ©rence Ă  
 Bach.
« Chaque mélodie constitue un univers ayant son style propre et cette faculté de renouvellement constant est admirable chez Roussel. Aucune oeuvre ne se ressemble et pourtant dÚs les premiÚres mesures, un style inimitable se dégage », précise Damien TOP.

 

 

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LIRE aussi prĂ©sntation de l’Ɠuvre d’ALBERT ROUSSEL
par le CIAR Centre International Albert ROUSSEL
http://ciar.e-monsite.com
Présentation du 23Ú Festival International ALBERT ROUSSEL

LIRE aussi notre critique du livre de Damien TOP : ALBERT ROUSSEL
http://www.classiquenews.com/livres-compte-rendu-critique-albert-roussel-par-damien-top-bleu-nuit-editeur-collection-horizons/
CLIC de CLASSIQUENEWS de novembre 2016

 

 

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CD, critique. BERLIOZ : Requiem (Philharmonia, Nelson, 1 cd, 1 dvd Erato, Londres, mars 2019)

berlioz-requiem-nelson-hon-londres-saint-paul-philharmonia-orchestra-michael-spyres-requiem-critique-cd-review-cd-classiquenewsCD, critique. BERLIOZ : Requiem (Philharmonia, Nelson, 1 cd, 1 dvd Erato, Londres, mars 2019). Oeuvre fĂ©tiche pour Berlioz, le Requiem explore mieux qu’aucune autre de ses Ɠuvres la puissance de la spatialisation adaptĂ©e pour un trĂšs grand effectif voix / instruments. Ici dans la dĂ©mesure du chƓur et dans l’orchestre monstrueux, se dresse le peuple des hommes dĂ©semparĂ©s par l’inĂ©luctable mort. RĂ©alisĂ© pour les funĂ©railles du gĂ©nĂ©ral DamrĂ©mont, mort au combat pendant la prise de Constantine, Ă©pisode majeur de la conqĂȘte de l’AlgĂ©rie par la France, la partition monumentale est crĂ©Ă©e aux Invalides le 5 dĂ©c 1837, sous la direction du chef beethovĂ©nien et berliozien, François-Antoine Habeneck, avec le tĂ©nor Gilbert Duprez (qui crĂ©era ensuite le rĂŽle de Benvenuti Cellini).
EnregistrĂ© Ă  la CathĂ©drale Saint-Paul de Londres le 8 mars 2019 par plus de 300 musiciens et choristes et le tĂ©nor Michael Spyres, la fresque berliozienne si elle tutoie le colossale, comme le Jugement Dernier Ă  saint-Pierre par Michel Ange, n’écarte pas surtout la dĂ©chirante plainte humaine. John Nelson signe ici une lecture nimbĂ©e de spiritualitĂ© dans une sonoritĂ© ample et pourtant claire, qui fouille jusqu’aux limites, la sensation spatiale Ă  laquelle tenait tant le bouillonnant auteur de la Fantastique.

L’excellente prise de son restitue l’ampleur sous la voĂ»te londonienne, avec des effets de rĂ©verbĂ©rations qui obligent les interprĂštes et le chef Ă  nĂ©gocier avec le retour et le son tournoyant, afin de rĂ©gler la prĂ©cision des attaques et des tutti (ce qui n’écarte pas certains dĂ©calages). De ce point de vue, le spectre sonore ajoute Ă©videmment Ă  la noblesse grave, cette langueur d’abandon qui marque le premier mouvement (IntroĂŻt), dans lequel on regrette cependant la dilution des voix chorales (les femmes et les tĂ©nors principalement). MalgrĂ© ces infimes rĂ©serves, le grand Ɠuvre berliozien s’extirpe ici de sa gangue obscure pour atteindre dans des tutti sidĂ©rants, la lumiĂšre d’une priĂšre sincĂšre. D’un coup s’élĂšve et se dresse l’humanitĂ© atteinte, dĂ©sireuse de dĂ©passer sa condition mortelle grĂące Ă  la seule misĂ©ricorde. Le relief de l’orchestre, la prĂ©sence des instruments par pupitres, l’accord des timbres composent un mĂ©lange harmonique, des couleurs irrĂ©elles, oĂč la spiritualitĂ© le dispute au pur fantastique, selon l’esthĂ©tique du grand Hector.

 

 

 

Ampleur et solennité,
drame et fantastique,
John Nelson inscrit le Requiem de Berlioz
dans un nimbe spirituel

 

 

 

HumanitĂ© et fraternitĂ©, Ă©lan imploratif et Ă©clairs surrĂ©els voire surnaturels, inscrits dans les vastes lignes instrumentales, forment peu Ă  peu dans ce fabuleux concert londonien, la grande mystique de Berlioz. On passe d’une sĂ©quence Ă  l’autre, saisis par l’audace des couleurs, les vertiges nĂ©s de cette spatialisation – l’expression et les visions cosmiques, d’un Berlioz visionnaire et prophĂšte. Il n’y a pas dans toute la littĂ©rature musicale au XIXĂš, de Requiem plus Ă©thĂ©rĂ©, plus suspendu, aĂ©rien, prophĂ©tisant la promesse de Paradis que dans celui de Berlioz. John Nelson l’a bien compris qui dessine et brosse la pĂąte de Berlioz avec des accents justes en souplesse et profondeur.

Jusqu’à l’Offertoire  (chƓur des Ăąmes au Purgatoire), tout s’énonce comme un appel, une priĂšre, une requĂȘte (depuis le Kyrie) ; soit la grande question de la mort, interrogeant le pourquoi et le sens de la faucheuse (marche douloureuse du Dies Irae, jusqu’à l’effroi saisissant du Tuba mirum et du Rex Tremendae
). Toujours la question du salut s’impose (« Qui sum », 3 : adressĂ© directement au « doux JĂ©sus / Pie Jesu » ).
Le chƓur murmurĂ© au dĂ©but, se lĂšve, puis martial, exhorte, bataille ; mĂšne un front certes dĂ©risoire, mais oĂč toute les forces mortelles sont engagĂ©es.
Une humanitĂ© bientĂŽt submergĂ©e par la vision du TrĂŽne au moment du jugement dernier : cuivres majestueuses aux effets spectaculaires (« le trompette au son prodigieux  ») : tout l’imaginaire spectral et cosmique de Berlioz prend forme dans cette sĂ©quence Ă  couper le souffle, idĂ©alement amplifiĂ©e et dramatisĂ©e par le lieu qui rassemble les interprĂštes, et qui dans le vacarme et la souple dĂ©flagration exprime le miracle (espĂ©rĂ©, attendu) de la RĂ©surrection. L’intelligence du chef, architecte de cette dĂ©mesure dont il assure la clartĂ© et l’équilibre en gardien, s’affirme dans cet Ă©chelle du colossal et du fantastique.

IMMENSITÉ ET CHAMPS SONORES
 Le Domine Jesu (VII) en serait le sommet oĂč perce la plainte collective d’une humanitĂ© en transit, au salut suspendu, qui espĂšre et est perdue Ă  la fois. Nelson joue sur l’immensitĂ© sonore, l’ample rĂ©verbĂ©ration lĂ  encore de la cathĂ©drale Saint-Paul ; ciselant les ondes d’un vortex proche et lointain, inscrit dans une mĂ©moire ancestrale ; il en sculpte les vagues distanciĂ©es, Ă©loignĂ©es, Ă©tagĂ©es, dans un infini spatial dont Berlioz a le secret (et le gĂ©nie : sur les mots « et sanctus Michael signifer »  ).
Cristallisation de l’imploration, et accomplissement d’un spectaculaire sonore qui signifie le dĂ©sincarnĂ© ultime de la mort.
On reste saisi par le rĂ©alisme sĂ©pulcral de l’Hostias (morsure presque grimaçante des cuivres), chƓur d’hommes implorants lĂ  encore, d’une sincĂ©ritĂ© bouleversante, auquel rĂ©pond l’ironie cynique des trombones et des tubas.

Puis c’est l’élĂ©vation du Sanctus, pour tĂ©nor solo dont la tendresse du timbre exprime un instant de grĂące et l’humilitĂ© du pĂȘcheur, en son sort dĂ©sespĂ©rĂ© ; vaillant, presque hĂ©roĂŻque mais sans orgueil aucun, et d’une humanitĂ© fraternel qui appelle la 9Ăš de Beethoven, le trĂšs berliozien Michael Spyres rĂ©tablit cette Ă©chelle individuelle dans la fresque qui le dĂ©passe.

 

 

   

 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD, critique. BERLIOZ : Requiem (Philharmonia, John Nelson, 1 cd, 1 dvd Erato, Londres, mars 2019). La version deluxe (double coffret) comprend en bonus, 1 dvd proposant l’intĂ©gralitĂ© du concert filmĂ© en la cathĂ©drale Saint-Paul de Londres.

 

 

 

Michael Spyres, ténor
Philharmonia Orchestra
Philharmonia Chorus
London Philharmonic Choir
John Nelson, direction

Grande Messe des morts, Op. 5, H. 75 / 1837 :

I. Requiem – Kyrie (IntroĂŻt) (Live)
II. Dies irae – Tuba mirum
III. Quid sum miser
IV. Rex tremendae
V. Quaerens me
VI. Lacrymosa

VII. Offertoire – Domine
VIII. Offertoire – Hostias

IX. Sanctus
X. Agnus Dei

ARTE : DEGAS Ă  l’OpĂ©ra

autoportrait degas Degas_Edgar_21_autoportrait_maxARTE, dim 6 oct 2019. DEGAS Ă  l’OpĂ©ra
 Au thĂ©Ăątre lyrique, le peintre Edgar Degas (1834 – 1917) qui dĂ©testait Wagner, c’est peut-ĂȘtre lĂ  son seul dĂ©faut, anlayse, observe, scrute les corps en mouvement. Non pas ceux des chanteurs acteurs, moins les instrumentistes en fosse (quoiqu’il joue des formes des instruments : crosses, archets, etc
), surtout ce qui passionne le peintre , quand mĂȘme un peu voyeur, ce sont les danseuses. En 1868, il immortalise la danseuse EugĂ©nie Fiocre interprĂšte du ballet la Source, rĂ©cemment remis Ă  l’honneur de l’OpĂ©ra Garnier. Degas frĂ©quente assidument l’OpĂ©ra de Paris, alors rue Le Peletier
 Puis il croque au pastel, attitudes, contorsions bridant les corps, mouvements en groupe
, port de tĂȘte, arabesques des bras, des jambes, dĂ©tail des mains. Aucun portrait sauf Fiovre au dĂ©part : que des attitudes
 et des ĂȘtres qui souffrent, dans des compositions audacieuses, des cadrages photographiques. Il en dĂ©coulera la statue en cire perdue, scandaleuse tant elle est rĂ©aliste, de La Petite danseuse de 14 ans
 GrĂące Ă  son ami le librettiste et compositeur Ludovic HalĂ©vy, Degas peut atteindre les coulisses et assister aux cours et rĂ©pĂ©titions ses spectacles. Aucun doute, mĂȘme si aprĂšs l’incendie de l’OpĂ©ra Le Peletier et au moment de l’édification du futur opĂ©ra Garnier, Degas dĂ©sormais rĂ©invente ce qu’il a vu et observĂ©, dans son atelier, le temple lyrique et chorĂ©graphique demeure son laboratoire : une source essentielle pour sa crĂ©ativitĂ© d’une exceptionnelle modernitĂ©. Mais au gĂ©nie des formes nouvelles et des dispositions novatrices, Degas, mĂȘme s’il se refuse Ă  ĂȘtre dĂ©nonciateur, peint aussi la rĂ©alitĂ© sociale du mĂ©tier de danseuse : l’exposition au dĂ©sir et Ă  la convoitise des abonnĂ©s mĂąles, qui, dans la coulisse, contrastant avec le raffinement et la magie de la scĂšne, cherchent Ă  sĂ©duire et payer les jeunes crĂ©atures pour quelques heures de plaisir. De l’art Ă  la prostitution, il n’y a que quelques pas de danse, menus, menus.  Documentaire inĂ©dit, 2019. RĂ©alisation : Blandine Armand, Vincent Trisolini – 52 mn.

 

 

 

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arte_logo_2013ARTE, dim 6 oct 2019. DEGAS Ă  l’OpĂ©ra
 17h35. Documentaire en liaison avec l’exposition Ă©vĂ©nement rĂ©prĂ©sentĂ©e par le MusĂ©e d’Orsay jusqu’au 19 janvier 2020 : http://www.classiquenews.com/paris-exposition-musee-dorsay-degas-a-lopera-24-sept-2019-19-janv-2020/

 

 

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LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Pauline Ritaine : Paul Dukas, Écrits sur la musique (Ă©ditions Musicae)

DUKAS-paul-Pauline-Ritaine-ecrits-critique-musical-DUKAS-opera-analyse-critique-livre-critique-classiquenews-aedam-musicae-sep-2019LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Pauline Ritaine : Paul Dukas, Écrits sur la musique (Ă©ditions Musicae). Avec Camille Saint-SaĂ«ns ou Claude Debussy, le Prix de Rome (1889) Paul Dukas (1865-1935) a suivi le sillage d’Hector Berlioz comme critique musical. Lorsqu’un compositeur dĂ©crypte le travail d’autres confrĂšres, la vision est toujours solidement argumentĂ©, rĂ©vĂ©lant autant sur les Ɠuvres concernĂ©es que sur son Ă©criture et son esthĂ©tique propres. Érudit et d’un goĂ»t trĂšs fin, l’auteur du seul opĂ©ra Ă  la fois wagnĂ©rien et debussyste : Ariane et Barbe-Bleue (1907), de L’Apprenti sorcier (1897) ou de La PĂ©ri (1911) – emblĂšme de l’ñge d’or du symphonisme et de l’opĂ©ra français fin de siĂšcle / Belle Époque, rĂ©dige entre 1892 et 1932 presque quatre-cents articles oĂč la finesse le dispute Ă  un sens de la synthĂšse et de la contextualisation selon les idĂ©es et les courants de pensĂ©e Ă  son Ă©poque. Ainsi ni la polĂ©mique, ni l’ironie ne sont exclues. Dukas commente, analyse, dĂ©tecte les dĂ©fauts ou les longueurs (Dans la Walkyrie, le long duo Wotan / Fricka), identifie ce qui dĂ©termine les Ă©lĂ©ments esthĂ©tiques contemporains : symbolistes, impressionnistes, vĂ©ristes, wagnĂ©rien Ă©videmment, et spĂ©cifiquement français. Autant de convictions d’une pensĂ©e construite et trĂšs affinĂ©e qui sait dĂ©tecter les bouleversements esthĂ©tiques et institutionnels dont les rĂ©formes de l’OpĂ©ra et du Conservatoire de Paris (oĂč il enseigne tardivement la composition).
Comme Saint-Saëns, Dukas se passionne pour la redécouverte du patrimoine musical ancien (Renaissance, Baroque
) : folklores régionaux et aussi musiques extra-européennes.
Mais tout cela lui pĂšse car son temps d’écriture et d’analyse dĂ©vore celui dĂ©diĂ© Ă  la composition : il s’en ouvre clairement Ă  Vincent d’Indy qui lui, a toujours su refusĂ© toute demande de rĂ©daction critique (ce qui n’empĂȘcha pas d’affirmer haut et fort ses propres certitudes).
Dans ce volume 1, dĂ©diĂ© au « thĂ©Ăątre lyrique », l’auteure organise le corpus autographe non pas chronologiquement mais thĂ©matiquement, identifiant les grands sujets qui ont inspirĂ© le Dukas critique musical : « art & sociĂ©té » ; critiques (Hippolyte et Aricie, Castor, Les Indes Galantes
 de Rameau, mars 1894 ; La FlĂ»te enchantĂ©e, Don Juan de Mozart ; Armide et OrphĂ©e de Gluck ; Fidelio de Beethoven
, surtout la TĂ©tralogie, 1892 et Tristan, 1899, de Wagner car Dukas cĂšde aux miroitements orchestraux de Wagner ; puis le « thĂ©Ăątre lyrique contemporain » : entre autres, Samson de Saint-SaĂ«ns (1892), Werther de Massenet (1893), Falstaff de Verdi (1894), Ferval de D’Indy (1897), Louise de Charpentier (1900), les Barbares de St-SaĂ«ns (1901), Le Roi Arthus de Chausson (1903), PadmĂąvatĂź de Roussel ou Les Noces de Stravinsky (1923). Captivant regard d’un critique lui-mĂȘme compositeur pour l’opĂ©ra. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2019.

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CLIC D'OR macaron 200LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Pauline Ritaine : Paul Dukas, Écrits sur la musique (Ă©ditions Musicae / Coll. Musiques-XIX-XXe siĂšcles – 344 pages – Format : 17.5 x 24 cm (Ă©p. 2.5 cm) (625 gr) – DĂ©pot lĂ©gal : Juillet 2019 – Cotage : AEM-189 – ISBN : 978-2-919046-42-3 – CLIC de classiquenews septembre 2019.

Plus d’infos sur le site musicae.fr :
http://www.musicae.fr/livre-Paul-Dukas—Ecrits-sur-la-musique-Edite-par-Pauline-Ritaine-189-150.html

LIVRE Ă©vĂ©nement : Écrits de Vincent d’Indy, volume 1, 1877-1903 (Actes Sud)

dindy-vincent-ecrits-vol-1-1877-1903-actes-sud-livre-critique-review-clic-de-classiquenews-actes-sud-palazzettoLIVRE Ă©vĂ©nement : Écrits de Vincent d’Indy, volume 1, 1877-1903 (Actes Sud). Voici le premier volume d’une correspondance Ă  suivre absolument, rĂ©digĂ©e par un pilier du romantisme français postwagnĂ©rien : admirateur de Wagner mais aussi fervent critique quant Ă  l’Ɠuvre du compositeur nĂ© Ă  Leipzig ; comme son maĂźtre CĂ©sar Franck dont il prolonge l’idĂ©al artistique et humaniste, Vincent d’Indy (1851-1931) veille Ă  redĂ©finir les ferments et caractĂšres de la musique romantique spĂ©cifiquement française (d’oĂč sa curiositĂ© qui plonge dans les rĂ©pertoires anciens, Renaissance et Baroque au premier chef). C’est aussi une personnalitĂ© charismatique et officielle, en marge des institutions (Prix de Rome particuliĂšrement et lĂ©gitimement dĂ©prĂ©ciĂ© ; Conservatoire de Paris mis Ă  distance
) qui sait Ă©crire pour dĂ©fendre ses convictions, tout en ayant fait le vƓu de ne critiquer aucun de ses confrĂšres (contrairement au Berlioz passionnĂ©, Ă©ruptif
 ouvertement impliquĂ© et sans scrupules quand il faut juger, mettre en piĂšce ou tresser un dythirambe
).

GrĂące Ă  ce premier corpus de lettres et correspondances, surgit une figure Ă©minente de la scĂšne musicale française. ÉlĂšve de CĂ©sar Franck, fervent wagnĂ©rien, membre de la SociĂ©tĂ© nationale de musique, cofondateur puis directeur de la Schola Cantorum, D’Indy a la passion de la transmission, de la pĂ©dagogie, au service de la seule musique française. De lettres en lettres, se prĂ©cise le compositeur, chef d’orchestre, pĂ©dagogue, organisateur de concerts, confĂ©rencier… Il est temps de nuancer le profil d’un militant « nationaliste » rĂ©duit Ă  l’excĂšs Ă  un caractĂšre « dogmatique, rĂ©actionnaire, voire antisĂ©mite »  lire dans le texte D’Indy, permet de requalifier ses prises de positions, de mesurer l’immense apport qu’il a su dĂ©ployer au profit du romantisme français Ă  l’époque du wagnĂ©risme triomphant.

 

 

 

D’Indy dans le texte

Nationaliste et pédagogue

 

EditĂ©s et commentĂ©s pour la premiĂšre fois, « écrits publics du musicien – articles, confĂ©rences, discours, rĂ©ponses Ă  enquĂȘte, entretiens », Ă©clairent l’évolution de la pensĂ©e, ses affirmations, son souci, ses « idĂ©es esthĂ©tiques, politiques et pĂ©dagogiques » dans le contexte d’une pĂ©riode au fort accent patriotique, propre aux annĂ©es 1870 – 1900. D’Indy incarne comme CĂ©sar Franck son guide esthĂ©tique et spirituel, une Ă©thique oĂč la musique a une dimension spirituelle et une trĂšs forte qualitĂ© Ă©ducative.

A travers ce premier corpus de textes autographes (1877-1903), Vincent d’Indy inspirĂ© et mordant, Ă©voque et analyse le milieu musical et artistique de son temps : « wagnĂ©risme, thĂ©Ăątre lyrique, musique religieuse, chanson populaire, musique ancienne et modernitĂ©, enseignement, mais aussi Ă©ducation populaire et dĂ©centralisation, rapports entre l’art et l’État  »
D INDY vincent dossier ecrits classiquenews Vincent_d'Indy_1914S’y dĂ©tache outre le souci de la pĂ©dagogie, une curiositĂ© universelle, qui profite autant aux crĂ©ateurs contemporains, qu’aux riche patrimoine du passĂ©. D’Indy s’intĂ©resse Ă  la musique chorale ancienne, du Gothique, de la Renaissance, du Baroque, en un vaste regard analytique qui interroge l’histoire des formes. L’amplitude de la pensĂ©e est exceptionnelle, rĂ©vĂ©lant l’unicitĂ© d’un auteur cultivĂ© et humaniste; qui s’intĂ©resse Ă  toutes les manifestations de l’art, musique et autres disciplines
 de Palestrina, de Monteverdi aux tragĂ©dies lyriques de Rameau et de Gluck, de Beethoven et de Schumann, au PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy. Passionnant.

 
 

 

 

 
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CLIC_macaron_2014LIVRE Ă©vĂ©nement : Écrits de Vincent d’Indy, volume 1, 1877-1903 (Actes Sud). 648 pages CoĂ©dition Palazzetto Bru Zane – ISBN 978-2-330-12368-0 – Prix indicatif : 45 €

https://www.actes-sud.fr/catalogue/musique/ecrits-de-vincent-dindy-volume-1

 

 

 
 

CD, critique. GOUNOD : FAUST (1859). Foster-Williams, Bernheim, Gens / Talens Lyriques (3 cd Palazzetto Bru Zane, juin 2018)

gounod faust rousset gens palazzetto critique cd classiquenews review critique opera classiquenews bernheim gens bou rousset talens lyriques critique classiquenewsCD, critique. GOUNOD : FAUST (1859). Foster-Williams, Bernheim, Gens / Talens Lyriques (3 cd Palazzetto Bru Zane, juin 2018). Et voici un nouvel opus de la collection « opĂ©ra français » ( / French opera) Ă©ditĂ© par le Palazzetto vĂ©nitien Bru-Zane, aux initiatives exploratrices de rĂ©fĂ©rence. Faust complĂšte notre meilleure connaissance du Gounod lyrique, aprĂšs les prĂ©cĂ©dents livres disques Cinq-Mars (Ă©clairant ode dernier Gounod) et Le Tribut de Zamora (de 1881). Le pilier de l’opĂ©ra français, aprĂšs Thomas, avant et Bizet et Massenet, mĂ©ritait bien ce focus. Surtout s’agissant d’un ouvrage emblĂ©matique de l’opĂ©ra romantique français tel qu’il est toujours reprĂ©sentĂ© Ă  l’OpĂ©ra Garnier. La production est d’autant plus opportune qu’elle s’intĂ©resse Ă  la version  « originelle » – de 1859, – alors prĂ©parĂ©e, jouĂ©e et donc enregistrĂ©e en juin 2018.

gounod charles portrait jeune par classiquenews gounod centenaire 2018 par classiquenews portr19Contrairement Ă  la version actuellement jouĂ©e Ă  l’OpĂ©ra de Paris, soit celle de 1869, celle de 1859 privilĂ©gie des dialogues inĂ©dits, proches du thĂ©Ăątre, qui Ă©clairent le relief de rĂŽles depuis minorĂ©s ou Ă©cartĂ©s (Wagner, Dame Marthe). Ces derniers restituent Ă  l’ouvrage que l’on pesait trĂšs sĂ©rieux, une lĂ©gĂšretĂ© proche du genre opĂ©ra-comique de demicaractĂšre dont le Gounod pas encore rĂ©ellement cĂ©lĂ©brĂ©, avait la clĂ©. Avec la prĂ©sence des dialogues, le drame gagne en clartĂ© et prĂ©cision. Quand la version actuelle de 1869 fait se succĂ©der des tableaux et des situations pas toujours trĂšs progressifs. On y perd certes l’air du Veau d’or de Mephisto pour celui plus ancien et presque rafraĂźchissant de « MaĂźtre ScarabĂ©e ».

Le Choeur de la radio flamande convainc quelle que soit la figure concernée : jeunes filles candides ou soldats juvéniles.
L’orchestre (Les Talens Lyriques) s’applique, dĂ©taille, reste efficace, mais parfois sonne Ă©trangement pompier dans les tutti, couvre la voix (ThulĂ©), 
 sans jamais donner le vertige fantastique et romantique que l’on attend. La direction est sĂšche, tendue, nerveuse certes mais sans chair. Strictement narrative. Ombres, vertiges romantiques d’un Gounod wagnĂ©rien, sont Ă©vacuĂ©s
 Ici importent la clartĂ©, le souci du dĂ©tail, la perfection de la mis en place : une « objectivité » parfois droite et dĂ©sincarnĂ©e. Germanisme subtil, entre Wagner et Mendelssohn, brillant et Ă©lĂ©gant (oĂč les valses soulignent les temps forts de l’action dramatique et psychologique), Gounod mĂ©rite plus de nuances, d’élans roboratifs, de fluiditĂ© incarnĂ©e.
L’impression gĂ©nĂ©rale reste celle d’une lecture appliquĂ©e, parfois maniĂ©rĂ©e, scrupuleuse, qui manque de souffle, de rĂ©els vertiges, de sincĂ©ritĂ©. Trop d’artifice, de gestes mĂ©ticuleux au dĂ©triment de la vĂ©ritĂ© plus immĂ©diate du drame.

CĂŽtĂ© plateau vocal, dĂ©tachons le timbre mĂ©tallique et nasillard, pincĂ© et sans tendresse du Faust de Benjamin Bernheim, mais avec une intelligibilitĂ© intĂ©ressante. Qu’il est plaisant de comprendre le texte, c’est Ă  dire de ne rien perdre des nuances poĂ©tiques du livret, donc des accents spĂ©cifiques du chant orchestral qui l’enveloppe.
Truculent, lĂ©ger, savoureux et comme amusĂ© entre facĂ©tie et sĂ©duction, l’excellent baryton Andrew Foster-Williams s’impose : son jeu naturel contraste avec le timbre tendu, dĂ©vorĂ© du Faust de B Berheim. De ce point de vue la caractĂ©risation des caractĂšres est parfaite.
Valentin dĂ©pourvu de son superbe air (« Avant de quitter ces lieux » dont le superbe motif s’entend dĂšs l’ouverture), Jean-SĂ©bastien Bou s’impose par sa prĂ©sence dramatique.
Juliette Mars en Siebel maĂźtrise moins l’intelligibillitĂ© de son texte, avec des aigus tirĂ©s, tendus, vibrĂ©s (air « FaĂźtes lui mes aveux », dĂ©but acte II). La Marguerite de VĂ©ronique Gens dĂ©fend un souci du texte plus maĂźtrisĂ© (Air du roi de ThulĂ©), entre noblesse et naturel, un sens des nuances Ă©vident que contredit en arriĂšre plan, un orchestre surexposĂ© et hypernerveux aux accents appuyĂ©s
 dommage. Mais que de distinction efface la pure jeune fille pour une conception plus mĂ»re du personnage, trĂšs « princesse incognito » dans une piĂšce de thĂ©Ăątre.

Justement, dialogues et rĂ©cits sont restituĂ©s dans un style thĂ©Ăątral, mais avec une rĂ©verbĂ©ration Ă©trange voire hors sujet pour la scĂšne lyrique. Tous les caractĂšres et leurs situations semblent se dĂ©rouler dans le mĂȘme lieu : Ă©glise ou vaste caverne, au volume rĂ©sonnant, Ă©cartant l’intimisme des scĂšnes pourtant plus psychologiques.

Notre rĂ©serve concerne le choix artistique des sĂ©quences prĂ©sentĂ©es : s’il s’agit non pas d’un « premier Faust » mais d’un « autre Faust », il eut Ă©tĂ© moins frustrant d’écouter aux cĂŽtĂ©s des « premiers airs » conçus par le Gounod de 1859, ceux plus tardifs de 1869 mais si beaux et si populaires ; pertinente sur le plan documentaire (pour les spĂ©cialistes), une telle production pour le disque, prĂ©sentant et les airs originels, et ceux plus tardifs, eut Ă©tĂ© « idĂ©ale ». Car ne pas entendre les airs du Veau d’or ou de Valentin crĂ©e un manque absolu. D’oĂč l’impression globale de cette « autre » version : originelle certes, juvĂ©nile, thĂ©Ăątralement plus riche
 mais moins aboutie.

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gounod faust rousset gens palazzetto critique cd classiquenews review critique opera classiquenews bernheim gens bou rousset talens lyriques critique classiquenewsCD, critique. GOUNOD : FAUST (1859). Foster-Williams, Bernheim, Gens / Talens Lyriques (3 cd Palazzetto Bru Zane, juin 2018). OpĂ©ra-comique en 4 actes – livret de Jules Barbier et Michel CarrĂ©, d’aprĂšs Goethe – Version premiĂšre ou « originelle » crĂ©Ă© au ThĂ©Ăątre-Lyrique le 19 mars 1859.

Faust : Benjamin Bernheim
Marguerite : VĂ©ronique Gens
MéphistophélÚs : Andrew Foster-Williams
Valentin : Jean-SĂ©bastien Bou
Siébel : Juliette Mars
Dame Marthe : Ingrid Perruche
Wagner : Jean-SĂ©bastien Bou

Choeur de la Radio flamande
Direction : Martin Robidoux
Les Talens Lyriques / dir : Ch Rousset

Enregistrement réalisé en juin 2018.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Autres livre cd  GOUNOD / Collection “OpĂ©ra français, Palazzetto Bru Zane, prĂ©sentĂ©s / critiquĂ©s sur CLASSIQUENEWS.COM :

 

 

gounod cinq mars cd opera critique review account of classiquenews ulf schirmer mathias videl veronique gens cd 1507-1Livre cd, compte rendu critique. GOUNOD : Cinq-Mars, 1877. Vidal, Gens, Christoyannis, 
 (2 cd 2015). DĂšs l’ouverture, les couleurs vĂ©nĂ©neuses, viscĂ©ralement tragiques, introduites par la couleur tĂ©nue de la clarinette dans le premier motif, avant l’implosion trĂšs wĂ©bĂ©rienne du second motif, s’imposent Ă  l’écoute et attestent d’une lecture orchestralement trĂšs aboutie. Du reste l’orchestre munichois, affirme un bel Ă©noncĂ© du mystĂšre Ă©voquĂ©, Ă©clairĂ© par une clartĂ© transparente continue, qui quand il ne sature pas dans les tutti trop appuyĂ©s, se montre d’une onctuositĂ© dĂ©lectable. Tant de joyaux dans l’écriture Ă©clairent la place aujourd’hui oubliĂ©e de Charles Gounod dans l’éclosion et l’évolution du romantisme français. Et en 1877, Ă  l’époque du wagnĂ©risme envahissant, (le dernier) Gounod, dans Cinq-Mars d’aprĂšs Vigny, impose inĂ©luctablement un classicisme Ă  la française qui s’expose dans le style et l’élĂ©gance de l’orchestre (premiĂšre scĂšne : Cinq-Mars et le chƓur masculin). D’emblĂ©e c’est le style trĂšs racĂ© de la direction (nuancĂ© et souple Ulf Schirmer), des choristes (excellentissimes dans l’articulation d’un français Ă  la fois dĂ©licat et parfaitement intelligible) qui Ă©claire constamment l’écriture lumineuse d’un compositeur jamais Ă©pais, orchestrateur raffinĂ© (flĂ»te, harpe, clarinette, hautbois toujours sollicitĂ©s quand le compositeur dĂ©veloppe l’ivresse enivrĂ©e de ses protagonistes).

 

 

tribut de zamora gounod cd critique par classiquenews concert munich compte rendu de classiquenewsCD, critique. GOUNOD : Le Tribut de Zamora 1881. Livre, 2 cd, BRU ZANE, collection « OpĂ©ra français » / French opera / H. Niquet. 2018, annĂ©e musicale riche. De Debussy Ă  Gounod, le gĂ©nie français romantique et moderne sort du bois et est plus ou moins honorablement servi par les institutions et initiatives privĂ©es. Ainsi cet enregistrement de l’opĂ©ra de Gounod, oubliĂ©, Ă©cartĂ© depuis sa crĂ©ation, Le tribut de Zamora qui renaĂźt par le disque aprĂšs avoir occupĂ© l’affiche munichoise (janvier 2018). Idem pour un Cinq Mars lui aussi mĂ©connu, oubliĂ©, ressuscitĂ© Ă  Munich
en 2015.
A Paris, on se souvient des rĂ©cents Faust (Bastille), Nonne Sanglante (OpĂ©ra-Comique)
 alors que RomĂ©o et Juliette tarde Ă  revenir Ă  Paris, – quand l’OpĂ©ra de Tours en avait offert une sublime production, voici donc ce Zamora, espagnolade et peinture d’histoire, Ă  l’efficacitĂ© dramatique indĂ©niable, et aux joyaux mĂ©lodiques et orchestraux, irrĂ©sistibles. Dans cette Espagne du XĂš, marquĂ© par la prĂ©sence arabe, le compositeur joue avec finesse de l’orientalisme colorĂ©, sensuel dont use et abuse avec un gĂ©nie de l’harmonie, son contemporain et peintre (d’Histoire), GĂ©rĂŽme.

CD, critique. RAMEAU : Pigmalion / BENDA : Pygmalion (1 cd RamĂ©e – nov 2018)

pigmalion rameau cd ramee korneel bernolet apotheosis critique concert cd clic de classiquenews cd critique classiquenewsCD, critique. RAMEAU : Pigmalion / BENDA : Pygmalion (1 cd RamĂ©e – nov 2018). DĂšs l’ouverture, on demeure saisi par l’élĂ©gance naturelle, la ligne superbe du chant orchestral qui inscrit la partition dans la sensualitĂ© souveraine, gracieuse, – en rien maniĂ©riĂ©e, propre au rĂšgne de Louis XV
 La tenue du ciseau du sculpteur bientĂŽt Ă©prouvĂ© y est magnifiquement Ă©voquĂ©e par les instruments de l’orchestre. Quand il faut ici rĂ©ussir la prĂ©cision et l’onctuositĂ©, le dĂ©tail et l’allant gĂ©nĂ©ral – notions au centre de l’activitĂ© du sculpteur comme du compositeur, Korneel Bernolet enthousiasme par son sens des respirations, une pulsation saisissante de naturel qui aux cĂŽtĂ©s d’un soin mĂ©ticuleux des nuances, produit de facto, le miracle d’une musique aussi frĂ©missante que la vie elle-mĂȘme. Nous voici au cƓur du sujet de Pygmalion : il est bien question d’un art aussi vivant que la vie elle-mĂȘme. Beau parallĂšle qui aurait charmer Rameau pour lequel rien ne compte plus que le chant et la langue de l’orchestre.

 

 

RAMEAU revivifié : le geste nuancé, palpitant de KORNEEL BERNOLET

 

 

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Les instruments savent en particulier exprimer la nature miraculeuse de l’épreuve qui foudroie littĂ©ralement le sculpteur Pigmalion, dans son atelier : coeur touchĂ©, saisi par la grĂące qui se dĂ©tache de sa propre crĂ©ation (tendre Pigmalion, parfois trop droit et lisse de Philippe GagnĂ© ; ses aigus tendus accusent une voix limitĂ©e qui maniĂ©rĂ©e et monotone, est le maillon faible du plateau : dommage qu’il ne partage pas les nuances et accents accomplis par les instruments) ; notons a contrario relief et nuances d’un autre coeur outragĂ©, car Ă©cartĂ© : la CĂ©phise de Lieselot De Wilde, autrement plus vivante. Surgit alors la statue rendue Ă  la vie (Morgane Heyse : claire et palpitante, infiniment plus vivante et engagĂ©e que son partenaire) ; saluons de mĂȘme Caroline Weynants qui fait un Amour ardent et lumineux, Ă  la fois fragile et sensuel (« Venez aimable GrĂąces / Volez, empressez vous d’embellir ce sĂ©jour »), d’une suavitĂ© embrasĂ©e, saisie elle aussi par le miracle de la statue ressuscitĂ©e (qui est son Ɠuvre, avec la complicitĂ© de sa mĂšre VĂ©nus).

 
 

 
 

les 2 Pygmalions de Rameau et Benda rĂ©vĂšlent
 la somptueuse Ă©lĂ©gance de l’Apotheosis Orchestra

 

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Restent l’orchestre et le direction du chef et claveciniste, Korneel Bernolet, Ă  la tĂȘte de son ensemble sur instruments d’époque (fondĂ© en 2013): Apotheosis Orchestra, articulĂ©, fin, nuancĂ©, douĂ© d’une Ă©lĂ©gance filigranĂ©e trĂšs intĂ©ressante
 l’ex assistant de Sigiswald Kuijken, qui a travaillĂ© aussi avec les Talens lyriques et Joos van Immerseel, n’a guĂšre de qualitĂ©s françaises dans ce rĂ©pertoire,- plutĂŽt une candeur rafraĂźchissante qui change totalement de la tension mĂ©canique que les chefs plus connus assĂšnent ordinairement dans l’Hexagone : ici ni arrogance, ni dĂ©monstration, mais une simplicitĂ© et osons dire un naturel qui respire la musique du divin Rameau ; une comprĂ©hension Ă©vidente qui mĂȘme la fait « parler ». La tenue de l’orchestre Apotheosis est superlative, dans ces dĂ©tails instrumentaux, dans ses choix de tempi, ses silences Ă©loquents. Cependant dans sa pulsion articulĂ©e, vivace, profondĂ©ment nerveuse, de l’intĂ©rieur, jouant sur la fragmentation (cependant jamais diluĂ©e), le chef construit un Rameau somptueusement organique et architecturĂ© (Sarabande et Tambourins) ; sensualitĂ© ductile et superbement caractĂ©risĂ©e dans les 2 pantomimes (niaise puis trĂšs vive, dont la motricitĂ© et l’élan roboratif se rapprochent du sommet antĂ©rieur : PlatĂ©e de 1745 ; d’ailleurs le soliste de Rameau pour Pigmalion et PlatĂ©e fut le mĂȘme : le lĂ©gendaire haute-contre Pierre de JĂ©lyotte)
 Le chef maĂźtrise la pĂąte orchestrale ramĂ©lienne, trouve une sonoritĂ© onctueuse sans jamais sacrifier l’éloquence du discours musical : Ă  travers les danses, le gĂ©nie de Rameau, poĂšte Ă  la verve inouĂŻe s’exprime avec un brio jamais clinquant. Dommage que dans le superbe air « RĂšgne Amour », le chanteur dĂ©jĂ  critiquĂ© manque singuliĂšrement d’éclat et de vĂ©locitĂ©. On comprend que l’acte de ballet composĂ© par Rameau en moins d’une semaine ait tenu l’affiche en 200 reprĂ©sentation jusqu’en 1781. Preuve d’un indiscutable succĂšs.

AprĂšs la franchise expressive, la puissance poĂ©tique de Rameau, Pygmalion de Benda, de 34 ans postĂ©rieur (crĂ©ation Ă  Gotha en sept 1779) semble plus anecdotique, malgrĂ© une rĂ©elle sensibilitĂ© instrumentale, plutĂŽt sĂ©duisante et sombre (hautbois / bassons et cors dans l’ouverture) ; Ă  l’opposĂ© de l’Ɠuvre unitaire entre drame, chant et musique de Rameau, Benda conçoit une partition qui cherche toujours son juste Ă©quilibre entre texte parlĂ© et musique, soit un monodrame, une sorte de monologue, thĂ©Ăątral, oĂč le crĂ©ateur se parle Ă  lui-mĂȘme, soulignant l’impasse dans laquelle il est parvenu
 mais sur le plan de l’écriture, cela tourne Ă  vide, dans des formules Ă©lĂ©gantes qui soulignent la sensibilitĂ© Sturm und drang propre Ă  la pĂ©riode (autour de 1780). Le livret et le monologue de Pygmalion dĂšs le dĂ©but interroge la vacuitĂ© de son inspiration qui elle aussi est Ă  vide ! Le sculpteur se demande ce qu’il est devenu, en un gouffre introspectif absent chez le lumineux Rameau ; Pygmalion se parle Ă  lui-mĂȘme, en proie Ă  la crise artistique ; un effet de miroir dont le chef sait aussi ciseler le relief entre Ă©lĂ©gance et acuitĂ© mordante, (trĂšs Empfindsamkeit : coupe nette et tranchĂ©e, d’une articulation orchestrale lĂ  aussi comme Ă©clairĂ©e de l’intĂ©rieur). Le drame tourne sur lui-mĂȘme : pas d’air, mais un rĂ©citatif entrecoupĂ© de phrases orchestrales, subtilement Ă©noncĂ©es. Jusqu’au solo de violon qui semble enfin dĂ©velopper une idĂ©e musicale (aprĂšs plus de 20 mn de pseudo action), voire exprime l’apaisement recouvrĂ© dans le cƓur et l’esprit du sculpteur un rien agitĂ©. MĂȘme GalatĂ©e, enfin vivante, de marbre Ă  chair dĂ©sirable, qui parle en fin de partition, n’offre aucun air dĂ©veloppĂ© ; pas mĂȘme un duo pour couronner l’opus
 L’action souffre de ne pas fusionner chant et orchestre : cela devient frustrant et marque les limites du genre, embryon inabouti entre thĂ©Ăątre parlĂ© et intermĂšdes de musique orchestrale. CLIC D'OR macaron 200Difficile pour des non-germanophones d’écouter la totalitĂ© du texte, sans le soutien d’airs qui aimantent chant et orchestre. Au moins, le gĂ©nie de Rameau si l’on ne comprend pas le français, regorge d’effets dramatiques et de sĂ©quences instrumentales dĂ©veloppĂ©es, flamboyantes, superlatives. VoilĂ  qui rend peu compte de l’activitĂ© de Benda, kappelldirector Ă  Gotha Ă  partir de 1770 (et jusqu’en mars 1778). Son Ă©criture fait une synthĂšse trĂšs raffinĂ©e entre les Italiens (Hasse, Piccinni, Galuppi
) Gluck et l’élĂ©gance du style Mannheim : tout cela s’entend dans la tenue exemplaire de l’orchestre Apotheosis : lĂ  aussi nuancĂ©, expressif, suggestif.

Pour l’articulation et le relief expressif de l’Orchestre, chez Rameau principalement, le prĂ©sent cd remporte le CLIC de CLASSIQUENEWS de la rentrĂ©e 2019. De toute Ă©vidence, Korneel Bernolet est notre nouveau champion chez Rameau : talent dĂ©sormais Ă  suivre. Le jeune chef et claveciniste a une imagination saisissante servie par une somptueuse Ă©lĂ©gance du geste : nous n’avions pas remarquĂ© telles qualitĂ©s ni finesse depuis l’intelligence des Kuijken, Bruggen, Christie
 C’est dire. Un opĂ©ra intĂ©gral bientĂŽt ? le jeune maestro assure le continuo des prochains ARIODANTE de Haendel (Vienne Staatsoper : 8 – 15 nov) et ISIS de Lully par les Talens lyriques au TCE, Paris (6 – 10 dĂ©c 2019).

 

 

 

 
 

 

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CD, critique. RAMEAU : Pigmalion / BENDA : Pygmalion (1 cd RamĂ©e – nov 2018) – En couverture, la GalatĂ©e de Falconet de 1761.

 

 

Approfondir Mieux connaßtre le chef ramélien KORNEEL BERNOLET http://www.bernolet.com

 

 

 

 

GSTAAD MENUHIN FESTIVAL, 2 concerts événement : VOGT, WANG

gstaad-menuhin-festival-2019-PARIS-annonce-prĂ©sentation-classiquenews-582GSTAAD MENUHIN Festival 2019, les 1er et 6 sept 2019. Le GSTAAD Menuhin Festival EN SEPTEMBRE 2019, jusqu’au 6 sept 2019. La derniĂšre moisson de concerts et Ă©vĂ©nements dans le Saanenland propose 2 temps forts, sous la tente majestueuse de GSTAAD, Ă©crin dĂ©sormais emblĂ©matique des grandes soirĂ©es du Festival suisse (Ă  la fois symphonique, concertante et lyrique)
 le 1er sept avec le rĂ©cital lyrique du tĂ©nor wagnĂ©rien Klaus Florian Vogt (et la crĂ©ation d’une nouvelle oeuvre commandĂ©e par le Festival au compositeur français Tristan Murail) ; enfin le concert de clĂŽture (6 sept 2019) avec la pianiste trĂ©pidante Ă©lectrique, Yuja Wang dans le Concerto n°3 de Rachmaninov
 deux Ă©vĂ©nements majeurs qui placent le MENUHIN Festival parmi les plus importants des cycles de musique estivaux en Europe
 Une opportunitĂ© idĂ©ale pour organiser un sĂ©jour culturel et vert en Suisse au mois d’aoĂ»t


 

 

 

Dim 1er sept 2019
KLAUS FLORIAN VOGT chante WAGNER

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vogt-klaus-florian-opera-critique-concert-classiquenews-opera-festival-crtiique-annonce-classiquenews-gstaad-menuhin-festival-classiquenews

 
 

Dimanche 1er septembre 2019, rĂ©cital lyrique avec le tĂ©nor Klaus Florian Vogt (Wagner). Familier de Bayreuth (oĂč il chante Lohengrin ou Parsifal, quand Jonas Kaufmann ne peut pas), KF Vogt tient la vedette dans le dernier cd DG Deutsche Grammophon dĂ©diĂ© au cycle des opĂ©ras de Mozart par Yannick NĂ©zet-SĂ©guin : KF Vogt y chante avec un style et une candeur expressive, le rĂŽle clĂ© de Tamino dans La FlĂ»te enchantĂ©e).
Lohengrin au Met en 2006, Parsifal au Liceu en 2011, 
 le tĂ©nor allemand Klaus Florian Vogt est l’autre grand chanteur, – aprĂšs Jonas Kaufmann, capable d’exprimer au plus juste le chant wagnĂ©rien, plus intĂ©rieur que dĂ©monstratif. Ce sens des nuances et un timbre clair (aussi brillant que Kaufmann est sombre et rauque) assure Ă  KF Vogt sa stature actuelle de heldentenor. Mais le chanteur sait aussi chanter comme peu (tel Juan Diego Florez, mozartien rĂ©cent et superlatif), Mozart auquel il restitue une candeur hĂ©roĂŻque captivante (son rĂ©cent Tamino Ă  Baden Baden sous la direction de Y NĂ©zet-SĂ©guin en 2018, dont le cd est publiĂ© cet Ă©tĂ© 2019). Et justement Vogt, aprĂšs le rĂ©cital Wagner par Jonas Kaufmann sous la tente de Gstaad l’étĂ© dernier, prĂ©sente sa propre lecture des grands rĂŽles wagnĂ©riens pour tĂ©nor. Au service du symphonisme brĂ»lant, embrasĂ© de Wagner, dont l’écriture instrumentale creuse les vertiges psychologiques des protagonistes, KF VOGT offre la puretĂ© d’une voix souple et articulĂ©e, miroir de la psychĂ©, qu’il s’agisse de Lohengrin, l’élu descendu sur terre pour sauver une humanitĂ© qui reste sourde et aveugle Ă  sa hauteur morale ; ou Siegmund, premier hĂ©ros embrasĂ© du Ring (La Walkyrie), pĂšre de Siegfried le hĂ©ros Ă  venir et qui partage avec sa sƓur Sieglinde, une passion incestueuse dont la sincĂ©ritĂ© bouleverse

La tendresse du timbre de KF Vogt s’inscrit tel un gemme prĂ©cieux dans le Gesamtkunstwerk (art total) oĂč l’opĂ©ra devient chez Wagner, forge orchestrale, chant passionnĂ©, drame thĂ©Ăątral. Une totalitĂ© qui rĂ©volutionne l’art lyrique depuis les annĂ©es 1840, et se rĂ©alise Ă  Bayreuth, dans le thĂ©Ăątre des reprĂ©sentations financĂ© par Louis II de BaviĂšre, conceptualisĂ©e par Wagner dans sa maison de Winifred.

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GSTAAD, tente
Dim 1er sept 2019

KLAUS FLORIAN VOGT, ténor
ORCHESTRE NATIONAL DE LYON
GERGELY MADARAS, direction

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/programme-and-location/concerts-2019/concert-symphonique-01-09-19
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Programme :

Richard Wagner (1813–1883)‹ : OuvertĂŒre zur Oper «TannhĂ€user» 15’

«Amfortas! Die Wunde»,
Arie aus der Oper «Parsifal» 10’

«WinterstĂŒrme wichen dem Wonnemond»,
Arie aus der Oper «Die WalkĂŒre» 4’

Tristan Murail (1947)‹ : «Les Neiges d’antan» fĂŒr grosses Orchester 10’ (UrauffĂŒhrung – Kompositionsauftrag‹Gstaad Menuhin Festival, finanziert durch die Ernst von Siemens Musikstiftung)

Richard Wagner (1813–1883)
«Höchstes Vertraun»,
Arie aus der Oper «Lohengrin» 3’

GralsrezĂ€hlung («In fernem Land …»),
Arie aus der Oper «Lohengrin» 6’

George Gershwin (1898–1937)‹ : «An American in Paris» fĂŒr Orchester 20’

Maurice Ravel (1875–1937)‹ : «BolĂ©ro», Ballettmusik C-Dur

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PrĂ©sentation des Ɠuvres symphoniques

Le concert du 1er sept sous la tente de Gstaad rĂ©alise aussi la crĂ©ation de la nouvelle partition de Tristan Murail « Les Neiges d’antan », commande du Gstaad Menuhin Festival 2019. Disciple de Messiaen, Murail a la rĂ©vĂ©lation de son Ă©criture spĂ©cifique depuis sa rencontre avec Giacinto Scelsi – qui le sensibilise sur le timbre. Fondateur de l’esthĂ©tique SPECTRALE, Murail fonde en 1973 avec Roger Tessier l’Ensemble ItinĂ©raire, laboratoire musical qui utilise pour la premiĂšre fois l’électronique et l’informatique musicale.
C’est donc la crĂ©ation du quatriĂšme volet de son cycle symphonique Reflections / Reflets, initiĂ© en 2013. La source en est la vision des massifs alpins enneigĂ©s, lors d’un vol Paris-Nice (Ă  8000 mn d’altitude) : s’inscrit dans l’imaginaire du compositeur, la ligne fine et rĂ©guliĂšre de l’avion et la crĂȘte dĂ©chiquetĂ©e des montagnes Ă©blouissantes ; en dĂ©coule le cycle intitulĂ© « Altitude 8000 », amorcĂ© au temps de l’étudiant encore perfectible. En 2019, Murail revient sur cette musique Ă  la fois grandiose et infime dont la vibration Ă©voque les glaciers et les neiges « éternelles ». TrĂšs soucieux des Ă©vĂ©nements climatiques, Mureail constate la fonte spectaculaire de certains dont celui de Meije qu’a connu et aimĂ© Messiaen. Exaltation et dĂ©sarroi se lisent dans cette piĂšce, qui concentre selon les mots du compositeur « grands espaces, brillance des altitudes, mais, en contraste, dĂ©gels et effondrement…»

Le concert du 1er sept comprend aussi deux Ɠuvres clĂ©s du rĂ©pertoire du XXĂš, Un AmĂ©ricain Ă  Paris de George Gershwin (Carnegie Hall, 1928 – adaptĂ© au cinĂ©ma par Vincente Minelli en 1951, avec Gene Kelly oscarisĂ©), hymne lyrique aux lumiĂšres de la ville, PARIS, fĂȘtĂ©e cette annĂ©e Ă  GSTAAD. MĂȘme annĂ©e pour la crĂ©ation du BolĂ©ro de Maurice Ravel (OpĂ©ra de Paris, le 22 nov 1928) : la partition est depuis lors la plus jouĂ©e au monde, captivante jusqu’à la transe, soit un crescendo orchestral, affirmant les profondes racines ibĂ©riques (basques) de l’auteur, sa fascination pour les timbres et la couleur, douĂ© aussi d’un gĂ©nie mĂ©lodique hors normes
 Au dĂ©part, c’est la danseuse Ida Rubinstein, qui commande Ă  Ravel la parure musicale de son prochain ballet, Ă  partir d’un choix de piĂšces d’AlbĂ©niz. Ravel dĂ©cide cependant d’écrire une Ɠuvre nouvelle: ainsi naĂźt sa propre version du bolĂ©ro, codifiĂ© fin XVIIIĂšme siĂšcle. De l’art de sublimer et transcender des formes anciennes dans le style moderne
 Un pur joyau symphonique Ă©tait nĂ©.

 

 

 

 

 

 

Vendredi 6 septembre 2019
YUJA WANG joue le Concerto n°3 de Rachmaninov

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paris-yuja-wang-concert-annonce-critique-classiquenews

 

 

Enfin, ultime Ă©vĂ©nement le 6 septembre 2019, Ă©galement sous la tente de GSTAAD, le concert de la pianiste chinoise, Lang Lang en version fĂ©minine, Yuja WANG, interprĂšte Ă©lectrique de Rachmaninov (19h30 sous la tente de GSTAAD). Le plus adulĂ© mais redoutable des Concertos pour piano est le 3Ăš de Rachmaninov, intitulĂ© « RACH3 » tel la cime d’une montagne inatteignable et respectĂ©e. Dans la rĂ©sidence d’étĂ© de la famille Rachmaninov (Ivankova), la partition est achevĂ©e en sept 1909, puis crĂ©Ă©e lors de la premiĂšre tournĂ©e aux USA (New York, 20 nov 1909) : c’est un immense succĂšs, repris in loco par le chef Gustav Mahler. Grand mĂ©lodiste, Rachmaninov dĂ©ploie le somptueux thĂšme initial tel un chant populaire ou religieux en provenance des trĂ©fonds de l’ñme russe
 pourtant enfant de sa seule imagination. Ce dĂ©but envoĂ»tant sort de l’ombre, semblant surgir d’une mĂ©moire ancestrale
 enveloppant et carressant le thĂšme revient Ă  plusieurs au cours du Concerto (aux clarinettes, de façon subliminale mais prĂ©sente dans l’Intermezzo ou mouvement II). Quel contrastes avec le Finale, festival rythmique et trĂ©pidant qui sollicite continĂ»ment le soliste. Rachmaninov fut lui-mĂȘme un pianiste virtuose, qui cependant pour cette oeuvre bĂ©nĂ©ficie d’un interprĂšte de premier plan, le jeune Vladimir Horowitz, rencontrĂ© et admirĂ© dĂšs leur rencontre Ă  New York en janvier 1928. Les deux artistes se lient d’amitiĂ© et Horowitz recueillant les commentaires et indication de Rachma lui-mĂȘme, en particulier dans la genĂšse et la crĂ©ation de la Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini, s’avĂšre ĂȘtre le meilleur connaisseur et interprĂšte de son maĂźtre Rachmaninov. En 1996 le film Shine de Scott Hicks, inspirĂ© de la vie du pianiste David Helfgott met Ă  l’honneur la partition adulĂ©e.

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GSTAAD, tente
Ven 6 sept 2019, 19:30

YUJA WANG, Klavier / clavier  /  ‹STAATSKAPELLE DRESDEN
MYUNG-WHUN CHUNG, Leitung / direction

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/programme-and-location/concerts-2019/concert-symphonique-06-09-19
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Programme

Sergei Rachmaninow (1873–1943)
Klavierkonzert Nr. 3 d-Moll op. 30
Allegro ma non troppo, Intermezzo. Adagio Finale. Alla breve : 45’

Johannes Brahms (1833–1897)‹Sinfonie Nr. 2 D-Dur op. : 73 45’
Allegro non troppo‹Adagio non troppo‹Allegretto grazioso (quasi andantino) Allegro con spirito

SYMPH N°3 de BRAHMS
BRAHMS HD pour GSTAAD reportage2018Alors qu’il avait accouchĂ© de sa PremiĂšre symphonie au terme de 20 annĂ©es, Brahms compose sa Symphonie n°2 en
 4 mois, Ă  l’étĂ© 1877, Ă  Pörtschach, au bord du Wörthersee, en Carinthie. Le compositeur, schumanien militant, affirme une virtuositĂ© nĂ©oclassique : en rĂ© majeur (comme le Concerto pour violon contemporain), la n°2 Ă©tonne les critiques par ses emprunts directs, forme et structure, Ă  Mozart et Schubert. Le contrepoint dans l’esprit de JS Bach n’empĂȘche ni un lumineux enthousiasme cependant rentrĂ© et pudique (comme toujours chez Johannes) ni une mĂ©lancolie irrĂ©sistible que d’ailleurs Brahms lui-mĂȘme, a fortement mise en lumiĂšre dans ses commentaires (Ă  l’éditeur Simrock). L’art de Brahms est d’une Ă©toffe raffinĂ©e et classique, et d’une trame intensĂ©ment nostalgique. Qu’importe, le critique conservateur Hanslick, qui dĂ©testait Mahler, applaudit au miracle, heureux de saluer Ă  Vienne, son nouveau champion, lors de la crĂ©ation le 30 dĂ©c 1877.

 

 

 

 

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Les plus à GSTAAD durant votre séjour :

 

 

Exposition des 80 ans de BARTOK Ă  SAANEN
bartokbela bartok USA classiquenewsParce que BĂ©la BartĂłk a sĂ©journĂ© Ă  Saanen en aoĂ»t 1939 et y a composĂ© en un temps trĂšs court son Divertimento pour orchestre Ă  cordes, – 3Ăšme commande de Paul Sacher, le GSTAAD MENUHIN Festival dĂ©die une exposition sur cet Ă©pisode majeur de la vie de Bartok Ă  Saanen : l’église fut dĂšs 1957 repĂ©rĂ©e par Yehudi Menuhin pour y implanter un nouveau festival de musique classique.
 avec le succĂšs que l’on sait dĂ©soramis. Paul Sacher, chef et mĂ©cĂšne bĂąlois, met Ă  sa disposition le Chalet Aellen, oĂč le compositeur compose en 2 semaines seulement, le Divertimento. Bartok fut ensuite obligĂ© de quitter l’Oberland bernois comme un fugitif. L’exposition retrace ce sĂ©jour Ă  Saanen et l’amitiĂ© entre BartĂłk et Sacher au travers de documents issus des collections de la Fondation Paul Sacher.

EXPOSITION SOUS LA TENTE DU FESTIVAL‹DE GSTAAD‹ / Jusqu’au 6 septembre 2019‹  -  DĂšs le 16 aoĂ»t, l’exposition accessible sous la tente du Festival de Gstaad : elle est visible les soirs de concert.
Toutes les infos sur le site du GSTAAD MENUHIN Festival 2019
https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/concerts-precedents/concerts-2019/gala-concert-orchestral-11-08-19?highlight=exposition
 

 

 

GSTAAD, lundi 31 aoĂ»t, Ă  19h30, BERLIOZ, SAINT-SAËNS 


gstaad-menuhin-festival-2019-PARIS-annonce-prĂ©sentation-classiquenews-582GSTAAD, lundi 31 aoĂ»t, Ă  19h30, BERLIOZ
 sous la tente de Gstaad Ă  nouveau, grand concert symphonique avec le Philharmonique de Radio France et son chef Mikko Franck : Symphonie fantastique de Berlioz et Concerto de Saint-SaĂ«ns (avec comme soliste le violoncelliste Gautier Capuçon). Le chef français transmet clartĂ©, transparence et fiĂšvre dramatique : sa direction est aujourd’hui l’une des plus passionnantes Ă  suivre… En 2019, le GSTAAD MENUHIN Festival cĂ©lĂšbre la musique française et Paris ! Sommet de la symphonique romantique française (1830), la Fantastique cristallise tous les songes et dĂ©mons intĂ©rieurs d’un Berlioz alors couronnĂ© par le Prix de Rome
 Vedette de ce festival MENUHIN 2019, Camille Saint-SaĂ«ns, qui n’eut jamais le Prix de Rome, rayonne aujourd’hui par son gĂ©nie musical dont le raffinement et l’élĂ©gance offre une alternative au wagnĂ©risme contemporain


vidéo PARIS !

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VOIR le TEASER PARIS ! / GSTAAD MENUHIN Festival 2019
http://www.classiquenews.com/teaser-video-gstaad-menuhin-festival-academy-2019-18-juil-6-sept-2019-a-paris-celebrationpas-de-classification/

réservez
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GSTAAD, Tente du festival
Samedi 31 août 2019, 19h30
Concert symphonique
Symphonie fantastique
Mikko Franck & Gautier Capuçon
Gautier Capuçon, violoncelle
Orchestre philharmonique de Radio-France (Paris)
Mikko Franck, direction

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/programme-and-location/concerts-2019/concert-symphonique-31-08-19

BERLIOZ et SAINT-SAËNS : le romantisme français à GSTAAD
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Pour Harriet, muse et bientĂŽt Ă©pouse… 10 ans aprĂšs un premier essai pour violoncelle (Suite, sur le modĂšle de JS BACH), Saint-SaĂ«ns compose son 1er Concerto pour violoncelle en la mineur en 1872. L’époque est au nĂ©oclassicisme et le raffinement du compositeur, auteur de Samson et Dalila maĂźtrise idĂ©alement les notions d’éclectisme et de recyclage. Saint-SaĂ«ns innove : plutĂŽt que trois tradtionnels mouvements, un seul mouvement, en trois parties enchaĂźnĂ©es selon une idĂ©e de Franz Liszt dont la forme cyclique est emblĂ©matique d’une nouvelle audace
 partagĂ©e d’ailleurs par Berlioz. La partition est dĂ©diĂ©e au violoncelliste belge Auguste Tolbecque,

PARIS, 1830: Ă  27 ans, Berlioz se passionne corps et Ăąme pour l’actrice irlandaise, interprĂšte de Shakespeare (OphĂ©lie) qu’il vient applaudir Ă  l’OdĂ©on : Harriet Smithson. La fĂšvre amoureuse emporte le gĂ©nie berliozien, qui cependant, mĂȘme s’il finira par Ă©pouser le sujet de sa passion, doit affronter rĂ©sistance, refus, valse-hĂ©sitation
 toujours l’esprit du compositeur romantique est brimĂ© par la frustration, le sentiment de solitude, la trahison, la perte
 autobiographique, relatant les Ă©tats psychologiques (pour le moins tourmentĂ©s) du hĂ©ros, la Fantastique a dĂ©jĂ  une ambition spatiale malhĂ©rienne, dĂ©passe les Ă©pisodes de sa trame narrative (les fameux 5 parties prĂ©cisĂ©ment dĂ©crits dans le programme rĂ©digĂ©s par l’auteur), Ă©voque, exprime, plus qu’elle ne dĂ©crit. 10 jours avant la date prĂ©vue pour la crĂ©ation, Berlioz achĂšve le manuscrit (mai 1830). Finalement, l’Ɠuvre rĂ©volutionnaire est crĂ©Ă©e le 5 dĂ©cembre (grande salle du Conservatoire de Paris), c’est un triomphe : les enfants du romantisme Ă  Paris, ont trouvĂ© leur idĂŽle. Par la suite, Berlioz imagine une suite Ă  la Fantastique, premier volet prolongĂ© par un mĂ©lologue (il aime innover toujours) : intitulĂ© «Lelio ou le retour Ă  la vie». De fait, la Fantastique met Ă  rude Ă©preuve, instrumentistes, chef et public : les vertiges et les passions, entre raison et dĂ©raison, dĂ©sir et haine, visions dĂ©moniaques et tentation du suicide, entre exacerbation et implosion, finissent de renouveler totalement l’écriture orchestrale en 1830. Il faut bien « un retour Ă  la vie » pour redescendre de tant de sommets Ă©motionnels.

BĂ©atrice et BĂ©nĂ©dict dont le Philharmonique de Radio France joue l’ouverture, est le seul opĂ©ra italien de Berlioz, conçu comme une comĂ©die enjouĂ©e, inspirĂ©e de la piĂšce « Beaucoup de bruit pour rien » / « Much Ado About Nothing » de Shakespeare. Comme pour beaucoup de ses Ɠuvres nouvelles, trop audacieuses, l’opĂ©ra est d’abord crĂ©Ă© hors de France, en Allemagne : un premier acte est composĂ© en 1833, puis crĂ©Ă© au Festival de Bade en 1860, grĂące Ă  la commande de son directeur Edouard BĂ©nazet. Puis deux actes sont produits en 9 aoĂ»t 1862 Ă  Baden-Baden. L’écriture virtuose, nerveuse, exprime dans la Sicile du XVIe siĂšcle (Renaissance), les exaltations contradictoires du cƓur qui agitent les deux jeunes amants, d’abord rĂ©ticents voire antagonistes jusqu’à leur union finale
 incertitudes et vellĂ©itĂ©s du sentiment sont au cƓur de l’opĂ©ra Berliozien.

Programe : Berlioz / Saint-Saëns
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Hector Berlioz (1803–1869)‹OuvertĂŒre zur Oper «BĂ©atrice et BĂ©nĂ©dicte» 10’

Camille Saint-SaĂ«ns (1835–1921)‹Cellokonzert Nr. 1 a-Moll op. 33 25’
Allegro non troppo, Allegro con moto, Molto allegro

Hector Berlioz (1803–1869)‚«Symphonie fantastique» 60’
Premier mouvement: RĂȘveries – Passions
Deuxiùme partie: Un bal‹Troisiùme partie: Scùne aux champs
QuatriĂšme partie: Marche au supplice
Cinquiùme partie: Songe d’une nuit du sabbat

GAUTIER CAPUÇON, Violoncelle
ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE RADIO FRANCE (PARIS)
MIKKO FRANCK, direction

Livre événement, annonce. Maurice Ravel par Bénédicte Palaux Simonnet (Bleu Nuit éditeur)

ravel-maurice-portrait-compositeur-dossier-ravel-classiquenewsLivre Ă©vĂ©nement, annonce. Maurice Ravel (Bleu Nuit Ă©diteur). Chaque mĂ©lomane qui apprĂ©cie tant l’écriture ravĂ©lienne sait que le gĂ©nie de Maurice Ravel (1875–1937) est Ă  peu de choses prĂšs aussi immense et dĂ©concertant que sa biographie demeure mystĂ©rieuse, et l’homme d’une silencieuse mais tenace discrĂ©tion. A Montfort l’Amaury oĂč sa maison est toujours prĂ©servĂ©e intacte, depuis sa mort en 1937, le compositeur solitaire vivait entourĂ© des ses chats siamois et de sa collection importante d’automates. Pour son 20Ăš anniversaire, – pile correspondant avec ce 71Ăš titre-, l’éditeur BLEU NUIT vient combler de lumiĂšre une part d’ombre, la vie et l’Ɠuvre du plus grand gĂ©nie musical français avec Rameau, Berlioz, et son contemporain au dĂ©but du XXĂš, Claude Debussy.

CLIC D'OR macaron 200Voici une parution biographique bienvenue, dĂ©diĂ© au pĂšre encore vĂ©nĂ©rĂ© voire adulĂ© Ă  l’échelle planĂ©taire du BolĂ©ro, « autant exercice – certes gĂ©nial – d’écriture musicale et d’orchestration que d’invention musicale pure ». Evidemment la piĂšce la plus jouĂ© au monde encore aujourd’hui est analysĂ©e et contextualisĂ©e ; comme ses autres partitions majeures, contributions dĂ©cisives pour l’art de la couleur et de la texture Ă  la française : le ballet Daphnis et ChloĂ©, ses deux opĂ©ras (L’Heure espagnole et L’Enfant et les sortilĂšges), les deux concertos pour piano 
 portes ouvertes sur des univers scintillants, d’un raffinement inouĂŻ, digne de Rimsky-Korsakov, des peintres impressionnistes (parentĂ© niĂ©e par Ravel) auxquels s’invitent des citations chaloupĂ©es et imprĂ©visibles du jazz (Ravel a effectuĂ© plusieurs tournĂ©es aux USA).
L’esprit libre, puissamment onirique, Ravel est curieux des nouveaux styles de son temps 
 C’est un agitateur qui gĂȘne le systĂšme : jamais le compositeur ne recevra le Prix de Rome, aprĂšs 5 tentatives : un exemple Ă©loquent de conservatisme aigu qui discrĂ©dite totalement l’institution officielle.

bleu-nuit-editeur-livre-evenement-clic-de-classiquenews-maurice-Ravel-critique-annonce-livre-musique-classiqueRavel, le plus grand gĂ©nie musical du XXĂš meurt foudroyĂ©, aprĂšs plusieurs annĂ©es de silence obligĂ©, victime d’une maladie cĂ©rĂ©brale Ă  62 ans. Sa fin de vie fut un calvaire.
Y a-t-il une Ă©nigme Ravel ? Dans ce texte inĂ©dit, BĂ©nĂ©dicte Palaux Simonnet pose la question, d’autant plus lĂ©gitime « s’appuyant sur des faits vĂ©rifiĂ©s et vĂ©rifiables, tout en reconnaissant que rien ne peut ĂȘtre dĂ©finitif sur Ravel, si secret, moqueur et libre, se plaisant Ă  ouvrir Ă  deux battants les portes de ce qu’il nommait paradoxalement “la conscience ».

Ravel fascinant, Ravel moderne et dĂ©fricheur, Ravel Ă©nigmatique
 « la profondeur du mystĂšre augmente au fur et Ă  mesure que l’on s’en approche ». VoilĂ  qui est dit et mĂ©rite Ă©videmment de s’y pencher. Livre Ă©vĂ©nement, CLIC de CLASSIQUENEWS rentrĂ©e 2019. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

 

 

 

Livre Ă©vĂ©nement, annonce. Maurice Ravel (Bleu Nuit Ă©diteur) - Parution : 11 septembre 2019 – Format 14×20 cm – 176 pages – 20 euros. Plus d’infos sur le site de BLEU NUIT Ă©ditions :
http://www.bne.fr/

 

 

 

Thomas Hengelbrock joue Iphigénie en Tauride

IPHIGENIE-fresque-opera-opera-critique-annonce-dossier-opera-mythe-explication-classiquenews-GLUCK-iphigenie-en-tauride-en-aulide-Diane-classiquenews-sacrifice-iphigenie-1France Musique, sam 31 aoĂ»t 2019. Gluck : IphigĂ©nie en Tauride. Chez les Scythes dont elle doit affronter et nĂ©gocier la barbarie permanente Ă  travers les exigences du roi Thoas, IphigĂ©nie en Tauride marque en mai 1779 le sommet de la carriĂšre parisienne de Gluck ; 5 ans aprĂšs son premier triomphe (IphigĂ©nie en Aulide, 1774). IphigĂ©nie en aulide Ă©voque le sacrifice programmĂ© de la princesse de MycĂšnes : face Ă  l’ordre de Diane outragĂ©e, Agamemnon le pĂšre s’incline, mais IphigĂ©nie montre sa mesure morale. Dans IphigĂ©nie en Tauride, plus tardive donc, Gluck traite l’exil d’IphigĂ©nie sauvĂ©e du sacrifice, sa retraite dans le temple de Diane, surtout ses retrouvailles avec Oreste, lequel est symboliquement l’agent de sa libĂ©ration.
Concernant IphigĂ©nie en Tauride, le succĂšs parisien est immĂ©diat, Ă©clipsant mĂȘme l’ascension du favori Piccinni (lequel devra attendre encore avant de crĂ©er sa propre IphigĂ©nie, mais en 1781).

 

 

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La 2Ú Iphigénie du Chevalier Gluck à Paris
L’AntiquitĂ© inquiĂšte

Les secrets de Gluck : une langue dĂ©pouillĂ©e, au relief Ă©purĂ©, touchant Ă  un essentiel dĂ©clamatoire qui fusionne avec l’enjeu de chaque situation ; un choeur noble et hallucinĂ© ; surtout ce continuum orchestral, qui dĂšs l’ouverture, affirme inquiĂ©tude et tension qui foudroient souvent par leur intensitĂ© fantastique. Un ballet final est ajoutĂ© (orchestĂ© par Gossec et chorĂ©graphiĂ© par Noverre). IphigĂ©nie II occupe l’affiche de l’AcadĂ©mie royale de musique pendant 90 soirĂ©es : un record emblĂ©matique de cette fiĂšvre Gluck Ă  Paris (puis plus de 400 en 
 1829).
GLUCKDans ce second volet de la vie d’IphigĂ©nie, Gluck poursuit son illustration de la lĂ©gendes des Atrides. Ici IphigĂ©nie croise la route de son frĂšre Oreste, le meurtrier de leur mĂšre Clytemnestre, infidĂšle de leur pĂšre. Gluck exprime les tourments et vertiges dĂ©vorants l’esprit du Grec qui endormi, est le proie des attaques psychique des furieuses EumĂ©nides
 (formidable tableau fantastique de l’acte II). Chez lui pĂšse le poids de la culpabilitĂ©. D’abord, la sƓur ne reconnait pas son frĂšre, jusqu’au sacrifice commandĂ© Ă  l’acte IV : alors qu’il avait exhortĂ© son ami / amant Pylade Ă  sa sauver et mourir sur l’autel de Thoas, Oreste, invoquant sa sƓur qu’il croit ĂȘtre morte en Aulide, se dĂ©voile alors aux yeux d’IphigĂ©nie : comme plus tard Strauss, dans Electra (qui reconnaĂźt elle aussi son frĂšre Oreste), Gluck orchestre les fabuleuses et dĂ©chirantes retrouvailles du frĂšre et de la sƓur
 EvidĂ©mment tout se finit bien et Pylade revenu Ă  la tĂȘte de l’armĂ©e grecque, sauve Oreste du sacrifice oĂč le condamnait Thoas. ProtĂ©gĂ© par Diane, Oreste rĂšgne Ă  MycĂšnes, inflĂ©chit les scythes qui doivent rendre aux grecs le culte de la dĂ©esse.

 

 

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Gluck : IphigĂ©nie en Tauride, 1779 – TragĂ©die lyrique en quatre actes.
Nicolas François Guillard, librettiste

Gaëlle Arquez, soprano, Iphigénie
Stéphane Degout, baryton, Oreste
Paolo Fanale, ténor, Pylade
Alexandre Duhamel, baryton, Thoas
Catherine Trottmann, mezzo-soprano, Diane, Seconde prĂȘtresse
Francesco Salvadori, baryton, Un Scythe
Charlotte Despaux, soprano, PremiĂšre PrĂȘtresse, Femme grecque
Victor Sicard, baryton, un Ministre du Sanctuaire

Balthasar-Neumann-Chor
Balthasar Neumann Ensemble
Direction : Thomas Hengelbrock

logo_france_musique_DETOUREFrance Musique, sam 31 aoĂ»t 2019, 20h. Christoph Willibald von Gluck : IphigĂ©nie en Tauride – « Concert donnĂ© le 22 juin 2019 Ă  19h30 au ThĂ©Ăątre des Champs-ElysĂ©es Ă  Paris »

 

 

 

 

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Approfondir
Source : dans ses deux tragĂ©dies d’IphigĂ©nie, IphigĂ©nie Ă  Aulis et IphigĂ©nie en Tauride, Euripide portraiture la fille prĂ©fĂ©rĂ©e d’Agamemnon, roi de MycĂšnes et d’Argos. Vaniteux, Agamemnonse vante d’ĂȘtre meilleur chasseur que Diane, laquelle retient la flotte grecque qui souhaitait rejoindre Troie : il s’agit de reprendre aux Troyens et Ă  Paris (fils du roi Priam), HĂ©lĂšne, femme de MĂ©nĂ©las, roi de Sparte.
Chalcas le devin prĂ©cise que s’il veut apaiser la colĂšre de Diane outragĂ©e, Agamemnon doit lui sacrifier sa fille IphigĂ©nie. Le pĂšre n’hĂ©site pas : il fait venir IphigĂ©nie et sa mĂšre Clytemnestre Ă  MycĂšnes prĂ©textant de marier sa fille Ă  Achille, roi des Myrmidons.
IphigĂ©nie, consciente du destin collectif des Grecs et mesurant son fragile destin face Ă  l’histoire des Grecs, sa sacrifie volontiers, pourvu que son peuple puisse rejoindre Troie et venger l’honneur de l’époux spatiate, MĂ©nĂ©las.
Eschyle a contrario d’Euripide souligne la rĂ©sistance d’IphigĂ©nie Ă  l’ordre de son pĂšre : elle refuse d’ĂȘtre sacrifier (ce qui est reprĂ©sentĂ©e dans la fresque de PompĂ©i, reproduite ici). Portant la future sacrifiĂ©e, Ulysse mal Ă  l’aise, yeux au ciel et son fidĂšle ami, DiomĂšde ; Ă  leur droite, le devin sacrificateur Calchas, voix de Diane, exigeant le sacrifice de la princesse. Dans le ciel au dessus d’eux (Ă  gauche, Agamemnon drapĂ©, se cachant la face), Artemis Diane paraĂźt et dĂ©jĂ  touchĂ©e par la grandeur morale d’IphigĂ©nie, entend substituer Ă  la fille du roi, non pas une biche comme il est souvent dit, mais ici un cerf
 serait-ce Endymion transformĂ© ?)
 La fresque de Pompei s’inspire directement d’un canevas trĂšs cĂ©lĂšbre au IVĂš BC, celui du peintre Timanthe de Kitnos actif au IVĂšme siĂšcle av. J-C, louĂ© pour l’expressivitĂ© de ses personnages et pour l’intensitĂ© Ă©motionnelle qui s’en dĂ©gageait.

Au moment de son sacrifice par Agamemnon, Diane change la jeune fille par une biche innocente. Iphigénie doit rejoindre le temple de Diane en Tauride, devant y sacrifier tous les mùles étrangers qui y débarquent.
Dans des versions plus tardives, IphigĂ©nie en Tauride y retrouve son frĂšre Oreste, meurtrier coupable de leur mĂšre Clytemnestre ; bravant l’ordre meurtrier de Diane, le jeune femme fuit avec son frĂšre Ă  AthĂšnes. Morte, elle rejoint ensuite l’üle des Ă©lus bienheureux oĂč elle Ă©pouse Achille ; immortalisĂ©e, elle y est assimilĂ©e Ă  HĂ©cate, le triple dĂ©esse.
Gluck a trĂšs bien compris et mesurĂ© les ressources et le potentiel dramatique comme psychologique du drame d’IphigĂ©nie : face Ă  la barbarie apparente de la dĂ©esse, son exigence sanguinaire, la mortelle dĂ©montre une dignitĂ© morale exemplaire ; une tendresse aussi pour son frĂšre Oreste. Tout Ɠuvre Ă  humaniser l’hĂ©roĂŻne et la rendre dans l’esprit du spectateur, infiniment touchante, Ă  mesure que son destin sombre dans la tragĂ©die et l’innommable.

 

 

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Illustration / Iphigénie :
fresque de la Maison du PoĂšte Tragique (PompĂ©i) – dĂ©posĂ©e au MusĂ©e ArchĂ©ologique de Naples

GSTAAD Menuhin Festival. BIZET : Carmen, le 24 août 2019 (Gaëlle Arquez)

gstaad-menuhin-festival-2019-PARIS-annonce-prĂ©sentation-classiquenews-582GSTAAD Menuhin Festival. BIZET : Carmen, le 24 aoĂ»t 2019. Le samedi 24 aoĂ»t Ă  19h30, Carmen de Bizet en version de concert (Tente de Gstaad) avec dans le rĂŽle titre, la mezzo hexagonale GaĂ«lle Arquez
 L’esprit et le raffinement des couleurs parisiennes Ă  GSTAAD. Le MENUHIN Festival a toujours su proposer de grands Ă©vĂ©nements lyriques sous la tente. Cette Carmen devrait marquer l’édition 2019, sollicitant un plateau prometteur et les musiciens de l’opĂ©ra de ZĂŒrich. L’amour, la tendresse, le drame, le pittoresque, les couleurs
 le sang espagnol ; la passion criminelle et la jalousie qui rend fou 
 il ya tou chez Bizet. Dans son ultime opĂ©ra, crĂ©Ă© en 1875, et malheureux Ă©chec qui devait prĂ©cipiter sa mort (foudroyĂ© Ă  36 ans par un arrĂȘt du cƓur), Georges Bizet se montre grand connaisseur de l’ñme humaine et en particulier de l’amour jaloux et exclusif.

 

 

CARMEN française à GSTAAD
La partition enchaĂźne les tubes : de la Habanera «L’amour est un oiseau rebelle» Ă  la SĂ©guedille «PrĂšs des remparts de SĂ©ville», chantĂ© par la cigariĂšre de SĂ©ville, sans omettre le langoureux et tendre «La fleur que tu m’avais jetĂ©e», Everest de tout les tĂ©nors qui ose incarner Don JosĂ©, brigadier devenu contrebandier pour l’amour de Carmen.

Le plus de cette production lyrique en version de concert Ă  GSTAAD : GaĂ«lle Arquez en Carmen, Marcelo Alvarez en Don JosĂ© (avec de somptueux costumes selon la prĂ©sentation d’annonce du Festival
).

Bizet, Prix de Rome, s’ennuie ferme dans les annĂ©es 1860. Il peine Ă  se faire un nom sur la scĂšne lyrique parisienne. AprĂšs le Second-Empire, et la Commune (1870), malgrĂ© le wagnĂ©risme ambiant, le jeune compositeur s’affirme en 1872 Ă  l’OpĂ©ra-Comique avec Djamileh, un ouvrage en un acte, au parfum oriental
 Fort de ce premier jalon applaudi, le compositeur reçoit une commande plus ambitieuse, avec pour librettistes Henri Meilhac et Ludovic HalĂ©vy, dĂ©jĂ  sollicitĂ©s et eux aussi remarquĂ©s par Offenbach.

Bizet choisit lui-mĂȘme la nouvelle Carmen de Prosper MĂ©rimĂ©e, roman hispanisant Ă©crit dans les annĂ©es 1830 ; le compositeur s’inspire aussi du poĂšme Les Gitans de Pouchkine (1824). La premiĂšre de Carmen a lieu le 3 mars 1875. L’accueil est froid car le meurtre reprĂ©sentĂ© sur scĂšne, la sauvagerie du portrait de l’hĂ©roĂŻne, le rĂ©alisme de l’action, souvent brutale et exacerbĂ©e, ne manque pas de surprendre voire de choquer. MĂȘme Jacques Offenbach prĂ©sent Ă  la premiĂšre, crie que Bizet lui a volĂ© l’air de MicaĂ«la du troisiĂšme acte!
Tout cela crĂ©e un parfum de scandale. Puccini s’en souviendra, la cruditĂ© naturaliste de Bizet en moins. Pourtant comme il est trĂšs bien expliquĂ© dans le livret programme Ă©ditĂ© par le GSTAAD MENHIN Festival, « Bizet ne fait autre chose que de renvoyer Ă  la bourgeoisie l’image de sa propre hypocrisie dĂ©cadente! ». Un effet de miroir qui frappe encore aujourd’hui par sa justesse.

Son ami Ernest Guiraud remplace les dialogues parlĂ©s (propre au style de l’opĂ©ra comique et un rien maniĂ©ristes) par des rĂ©citatifs qui s’inscrivent mieux entre chaque sĂ©quence dramatique dont le sens du coloris et le dramatisme intense, ne cessent de captiver, de la premiĂšre apparition de Carmen, Ă  sa mort, prĂšs des arĂšnes de SĂ©ville


 
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Infos pratiques :
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Georges Bizet (1838–1875) «Carmen»,
Oper in 4 Akten / OpĂ©ra en 4 actes – halbszenische AuffĂŒhrung

GAËLLE ARQUEZ, Mezzosopran (Carmen)
MARCELO ALVAREZ, Tenor (Don José)
JULIE FUCHS, Sopran (MicaĂ«la)‹LUCA PISARONI, Bariton (Escamillo)
ULIANA ALEXYUK, Sopran (Frasquita)
SINÉAD O’KELLY, Mezzosopran (MercĂ©dĂšs)
MANUEL WALSER, Tenor (Le DancaĂŻre)
OMER KOBILJAK, Tenor (Le Remendado)
ALEXANDER KIECHLE, Bass (Zuniga)‹DEAN MURPHY, Bariton (Moralùs)
KINDERCHOR DES OPERNHAUS ZÜRICH
PHILHARMONISCHER CHOR BRNO / PETR FIALA, Einstudierung
ORCHESTER DER OPER ZÜRICH – PHILHARMONIA ZÜRICH
MARCO ARMILIATO, direction
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boutonreservationGSTAAD Menuhin Festival. BIZET : Carmen, le 24 aoĂ»t 2019. A 19h30, en version de concert (sous la tente de Gstaad) – RESERVEZ VOTRE PLACE

 

 

 

 

COMPTE-RENDU, opéra. SALZBOURG / Salzburg Festspiel 2019. OFFENBACH : Orphée aux enfers. Beekman, Desandre, Max Hopp
 Barrie Kosky.

salzbourg vignette festivalCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. SALZBOURG / Salzburg Festspiel 2019, le 17 aoĂ»t 2019. OFFENBACH : OrphĂ©e aux enfers. Beekman, Desandre, Max Hopp
 Barrie Kosky. Avec cette nouvelle production savoureuse, Salzbourg 2019 fĂȘte Ă  son tour le bicentenaire Offenbach 2019, lĂ©gitime offrande accrĂ©ditĂ©e par la validation prĂ©alable du spĂ©cialiste JC Keck, auteur de l’édition critique des opĂ©ras du divin Jacques. OrphĂ©e apporte dans l’histoire de l’opĂ©ra, sa verve impertinent et bouffe, au dĂ©lire dĂ©jantĂ©, drĂŽlatique, dont l’australien Barrie Kosky, par ailleurs directeur du Komische Oper Berlin (l’OpĂ©ra comique berlinois), fait un spectacle en tableaux bien caractĂ©risĂ©s, dignes d’une revue musicale. TrĂšs inspirĂ© par le rire dĂ©lirant d’Offenbach, sa facĂ©tie volontiers lubrique et dĂ©braillĂ©e, Kosky prend la partition Ă  la lettre et « ose » montrer ce que la partition exprime au plus profond : le goĂ»t de la luxure, l’érotisme paillard, la dĂ©cadence orgiaque Ă  tous les Ă©tages (de l’Olympe aux enfers) ; mais de cette traversĂ©e sauvage et libertaire, l’hĂ©roĂŻne Eurydice apprentie au plaisir, apprend son Ă©mancipation ; d’objet sexuel Ă©changĂ©, entre Pluton qui l’enlĂšve Ă  Jupiter qui la butine au sens strict (dĂ©guisĂ© en mouche abeille Ă  l’acte II), la compagne ressuscitĂ©e d’OrphĂ©e se fait par sa seule volontĂ©, bacchante et maĂźtresse de son plaisir. Quant Ă  la morale incarnĂ©e, cette « opinion publique » soucieuse de sociabilitĂ© et de convenance (ici incarnĂ©e par la mezzo ASV Otter), personne n’est dupe de sa fausse sincĂ©ritĂ© : s’il faut sauver les apparences coĂ»te que coĂ»te (mĂȘme s’il n’aime plus Eurydice et se fĂ©licite d’en ĂȘtre dĂ©barrassĂ©, OrphĂ©e doit reconquĂ©rir celle qui lui a Ă©tĂ© ravi), personne ne se trompe dans ce jeu de dupes.
Dieux comme mortels sont obsĂ©dĂ©s par la gaudriole : le sexe mĂšne la danse, mais, -rĂ©fĂ©rence Ă  notre Ă©poque oblige-, seule compte la libertĂ© dans le dĂ©sir ; aucune place Ă  la contrainte. Au dĂ©part, dĂ©sirante ennuyĂ©e dĂ©semparĂ©e (par son mari violoneux insipide), Eurydice aprĂšs moult ballets et sĂ©quences de domination / sĂ©duction, conquiert son propre dĂ©sir: au terme de cette Ă©popĂ©e parodique oĂč elle est la poupĂ©e consentante de Pluton / AristĂ©e puis de Jupiter / Jupin (Zeus libidineux), la bergĂšre affirme enfin sa volontĂ© libre et entiĂšre de femme maĂźtresse de son corps et de ses dĂ©sirs, en Bacchante (dernier cancan ou galop infernal qui est aussi une hymne dĂ©lirant Ă  l’ivresse Ă©mancipatrice de Bacchus).

 

 

 

 

Lubrique déjanté mais Eurydice libérée

 

 

 

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Si au sein du public trĂšs convenable justement de la Maison pour Mozart de Salzbourg (Haus fĂŒr Mozart), certains petits bourgeois ont huĂ© la mise en scĂšne de Kosky, « choquĂ©s » de voir petites bites et vulves dessinĂ©s ou cousues, explicites, – y compris entre les jambes des danseuses du cancan, force est de louer la justesse de la lecture ; derriĂšre la fantaisie divertissante de la comĂ©die d’Offenbach, s’affirme une directe parodie de la sociĂ©tĂ© humaine (celle du Second Empire Ă  l’époque du compositeur, comme la nĂŽtre tout autant inondĂ©e de sollicitations Ă©rotiques et martelĂ©e par les scandales sexuels
 cf les affaires et scandales venus des USA : du producteur violeur Harvey Weinstein au milliardaire pĂ©dophile Jeffrey Epstein
 ) ; lĂ  oĂč le sexe est omniprĂ©sent, il n’est pas de plaisir sans libertĂ© ; Offenbach nous montre et l’hypocrisie bourgeoise vis Ă  vis du sexe, et surtout comme la morale de l’histoire, l’émancipation d’une jeune femme, enfin libĂ©rĂ©e, c’est Ă  dire capable contre tous, hommes et dieux, d’affirmer sa libertĂ© souveraine. On s’y dĂ©lecte des mĂȘmes tableaux grivois et paillards, dĂ©lirants et oniriques que dans un spectacle reprĂ©sentĂ© Ă  Salzbourg prĂ©cĂ©demment, La Calisto de Cavalli mise en scĂšne par Herbert Wernicke, lui aussi parfait ambassadeur de la libertĂ© grivoise mais pertinente ainsi mise en lumiĂšre Ă  l’opĂ©ra.

TRIOMPHE HISTORIQUE
 Les français du Second Empire avaient-ils saisi la brĂ»lant et fine allusion critique, dans cette parodie ubuesque de la mythologie ? En 1858, OrphĂ©e allait casser la baraque et brĂ»ler les planches : triomphe colossal qui devait propulser Offenbach de l’ombre Ă  la lumiĂšre de la scĂšne lyrique. AprĂšs la 228Ăš reprĂ©sentation, le compositeur dĂ»t mĂȘme interrompre la carriĂšre de l’Ɠuvre sur les planches pour ne pas, lui comme sa troupe, succomber Ă  l’épuisement. On veut bien le comprendre car ce que permet de mesurer la production de Barrie Kosky Ă  l’étĂ© 2019, c’est ce mariage constant de thĂ©Ăątre, de chant, de danse qui sollicitent sans trĂȘve tous les acteurs. Il faut une belle dose d’énergie et de rythmes pour ne pas succomber dans la caricature et la vulgaritĂ©. Rien de cela dans ce spectacle Ă©patant qui lĂ©ger, mordant, dĂ©nonce tout en faisant rire.
Seule rĂ©serve, le français bien mal articulĂ© par la majoritĂ© des chanteurs, exception faite de deux solistes qui sont aussi parmi les plus convaincants : LĂ©a Desandre (VĂ©nus), Marcel Beekman (AristĂ©e / Pluton, qui fut aussi une PlatĂ©e chez Rameau absolument dĂ©sopilante) ; mĂȘme l’Opinion de Ann Sofie van Otter manque de consonnes y compris dans la mĂ©lodie inĂ©dite d’Offenbach qui met en musique le mĂȘme texte de Gaultier, prĂ©cĂ©demment traitĂ© par Berlioz pour la derniĂšre sĂ©quence des Nuits d’étĂ© : l’idĂ©e est excellente car l’Opinion dĂ©laisse sa blouse stricte et noire (fin du I) pour y chanter cette rive inconnue oĂč l’amour est fidĂšle
 un idĂ©al dĂ©menti par l’opĂ©ra d’Offenbach dans lequel l’air est enchassĂ© ; on regrette aussi la direction trĂšs efficace mais sans nuance ni subtilitĂ© du chef Mazzola, pourtant Ă  la tĂȘte du meilleur orchestre au monde, les Wiener Philharmoniker (luxe frĂ©quent au Festival de Salzbourg chaque Ă©tĂ©). La verve autrement plus subtile d’Offenbach est constamment absente, question d’équilibre comme de dynamique sonores.
Pourtant rien n’affecte le formidable rythme du spectacle dont la succession des tableaux se rĂ©alise sans heurts (de la chambre bien terrestre d’Eurydice oĂč elle meurt mais bientĂŽt enlevĂ©e par AristĂ©e / Pluton), Ă  l’Olympe (ou s’ennuient ferme tous les dieux), jusqu’aux enfers (acte II) dont les mouvements sont de plus en plus frĂ©nĂ©tiques et vont crescendo sous l’influence d’un diable colossal, monocycliste pĂ©taradant. LĂ  le thĂšme du cancan ou galop infernal peut se dĂ©ployer en libertĂ© avec une verve pĂ©tillante qui appelle l’ivresse collective. De ce point de vue, la direction d’acteurs orchestrĂ©e par Barrie Kosky est indiscutable. L’australien ne laisse rien au hasard et surtout pas Ă  l’improvisation.
La rĂ©ussite tient Ă  la performance du comĂ©dien allemand Max Hopp qui incarne l’assistant de Pluton, John Styx : excellente idĂ©e que de lui avoir confiĂ© tous les rĂ©cits et dialogues ; d’une verve gargantuesque, riche en onomatopĂ©es et effets sonores linguaux et bucaux, d’une truculence organique aussi, l’acteur double toutes les voix parlĂ©es, crĂ©ant des contrastes ente sa voix mĂąle et mĂ»re quand il double les femmes (Eurydice, Junon ici campĂ©e en alcoolique implosĂ©e, 
) ; voix dĂ©timbrĂ©e de tĂȘte quand il double Mercure par exemple
 le rĂ©sultat synchronisĂ© parfaitement, produit un thĂ©Ăątre Ă  gags, qui souligne toujours l’autodĂ©rision et le dĂ©lire dĂ©jantĂ©, parfois surrĂ©aliste, souvent drĂŽlatique, Ă  la façon des films muets style Chaplin ou fantasques allumĂ©s, Ă  la Tati. De ce fait, tous les dialogues sont infiniment plus percutants que s’ils avaient Ă©tĂ© dits par les chanteurs : Ă  la parole dĂ©lurĂ©e, savoureuse, le comĂ©dien joint le geste, en particulier au II, acte des enfers, oĂč il se prĂȘte au jeu sadique de l’interrogatoire adressĂ© Ă  Jupiter et Pluton rĂ©unis dans le mĂȘme salon ; ce qui nous vaut une passe d’armes hallucinĂ©e des plus cocasses sur le mot « formali-thé » ; Styx cisĂšle ici son personnage de domestique frustrĂ©, languissant qui en pince dur pour celle que Pluton lui a confiĂ© : Eurydice (« Quand j’étais prince d’Arcadie »)


 

 

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Parmi les Ă©pisodes les plus rĂ©ussies, distinguons l’entrĂ©e d’AristĂ©e en apiculteur, avec son galop d’abeilles butineuses, subitement grimĂ© en Pluton lubrique excitĂ©, avec sa fourrure rousse (impeccable Marcel Beekman) ; idem pour la lubricitĂ© rĂ©glĂ©e du duo Jupin / Eurydice oĂč Jupiter, mĂ©tamorphosĂ©e en 
 mouche sĂ©duit et chevauche sans ambages la belle bergĂšre ; saluons aussi sur la continuitĂ© du drame, le soprano voluptueux de l’amĂ©ricaine Kathryn Lewek, tempĂ©rament ardent, dont les acrobaties coloratoure dans le 2Ăš acte sont bien affirmĂ©s et nĂ©gociĂ©s, le français en moins. La chanteuse joue Ă  fond son look latino (elle se schoote Ă  la pastĂšque entre autres) avec son partenaire de mari, d’un chant malheureusement en deçà s’agissant du trop frĂȘle et peu nuancĂ© Joel Prieto (OrphĂ©e).

 

 

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EXCITATION ET COHÉRENCE… Qu’importe, nous tenons lĂ  une production qui touche par son audace grivoise, son Ă©nergie continue, sa verve libertaire, son excitation qui affleure, collectivement dĂ©fendue. Les danseurs libidineux et lascifs Ă  souhaits (diables aguicheurs accompagnant Diane Ă©moustillĂ©e par la belle Eurydice), le chƓur percutant, incisif, le style de l’orchestre (Ă  notre goĂ»t par totalement exploitĂ©), enfin la grande cohĂ©rence du plateau de solistes (mĂȘme au français fumeux) ajoutent Ă  la grande rĂ©ussite de cette lecture rĂ©glĂ©e par Barrie Kosky. Les huĂ©es lors des saluts montrent encore que parmi les salzbourgeois, il reste des poches conservatrices pour lesquelles l’opĂ©ra bouffe et Offenbach doivent moins choquer que divertir. Barrie Kosky nous montre que les deux sont possibles. TrĂšs grande rĂ©ussite et belle offrande depuis l’Autriche au bicentenaire Offenbach 2019.

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, opĂ©ra. SALZBOURG / Salzburg Festspiel 2019, le 17 aoĂ»t 2019. OFFENBACH : OrphĂ©e aux enfers. Beekman, Desandre, Max Hopp
 Wiener Philharmoniker, Barrie Kosky à l’affiche du Festival de Salzbourg jusqu’au 30 aoĂ»t 2019 - Illustrations / photos Salzbourg 2019 © Monika Rittershaus

Distribution :

Orphée aux Enfers, version 1858 / 1874.
Version JC Keck
Jacques Offenbach

Barrie Kosky, metteur en scĂšne

Anne Sofie von Otter : L’Opinion publique
Max Hopp : John Styx
Kathryn Lewek, Eurydice
Joel Prieto, Orphée
Marcel Beekman, Aristée / Pluton
Nadine Weissmann, Cupidon
Lea Desandre, Vénus
Martin Winkler, Jupiter
Frances Pappas, Junon
RafaƂ Pawnuk, Mars
Vasilisa Berzhanskaya, Diane
Peter Renz, Mercure
Alessandra Bizzarri, Martina Borroni, Kai Braithwaite, Damian Czarnecki, Shane Dickson, Michael Fernandez, Claudia Greco, Merry Holden, Daniel Ojeda, Marcell Prét, Tara Randell, Lorenzo Soragni -Danseurs
Silvano Marraffa -Capitaine de Danse

Vocalconsort Berlin
David Cavelius, Chef de ChƓur
Orchestre Philharmonique de Vienne
Enrique Mazzola : direction, chef d’Orchestre
Coproduction avec le Komische Oper Berlin & Deutsche Oper am Rhein

 

 

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Marcel Beekman (Pluton) – Eurydice (Kathryn Lewek)

DVD Ă©vĂ©nement critique. Les Grand mythes : L’Iliade (2 DVD Arte Ă©ditions sep 2019

les-grands-mythes-i-liade-francois-busnel-dvd-annonce-critique-dvd-serie-saison-classiquenewsDVD Ă©vĂ©nement critique. Les Grand mythes : L’Iliade (2 DVD Arte Ă©ditions sep 2019). En septembre 2019, ARTE Ă©ditions crĂ©e l’évĂ©nement en publiant sa nouvelle collection d’épisodes explicitant avec une rare intelligence et une infographie d’un rare esthĂ©tisme, les exploits des hĂ©ros de l’Iliade
 C’est une collection documentaire conçue par François Busnel. La premiĂšre « saison » inspirĂ©e des mythes grecs et intitulĂ©e «  Les grands MYTHES » avait remportĂ© un succĂšs lĂ©gitime : François Busnel y dĂ©cortiquait avec humour, intelligence et impertinence pertinente (remarquables commentaires explicatifs entre autres) les mythes des dieux et hĂ©ros de la Mythologie grecque, abordant pour chaque figure spectaculaire, tous les symboles et les thĂ©matiques qu’elle incarnait. Ici, sur les traces d’HomĂšre, mĂȘme approche complĂšte et claire, esthĂ©tique et trĂšs documentĂ©e : tous les hĂ©ros de l’Iliade, guerriers grecs et troyens, dieux et dĂ©esses de l’Olympe, y sont subtilement Ă©voquĂ©s, leurs exploits et leurs enjeux comme leur signification, analysĂ©s : Ajax et Ulysse, Patrocle tuĂ© par Hector, Hector tuĂ© par Achille, Priam et Agamemenon, sans omettre l’implication des dieux Aphrodite, AthĂ©na, ArĂšs, surtout HĂ©ra dont la ruse, piĂšge Zeus et organise la victoire finale des grecs
 AprĂšs le visionage de chacun des 10 Ă©pisodes, l’Iliade, c’est Ă  dire l’histoire de la Guerre de Troie, n’aura plus aucun secret pour vous.

IDEAL prĂ©ambule Ă  l’opĂ©ra… Le coffret est d’autant plus nĂ©cessaire que chacun des Ă©pisodes clarifie l’Ă©popĂ©e des grecs contre les troyens, de quoi mieux comprendre tous les ouvrages de musique et surtout les opĂ©ras, si nombreux, qui se sont inspirĂ©s de la formidable Ă©popĂ©e homĂ©rienne et des figures fascinantes des hĂ©ros concernĂ©s : Priam, Agamemnon, IphigĂ©nie, Hector contre Achille, Cassandre, HĂ©cube…

 

 

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CLIC D'OR macaron 200DVD Ă©vĂ©nement / sĂ©rie remarquable : Les Grands MYTHES – L’ILIADE,  10 Ă©pisodes – coffret de 2 DVD – ARTE Ă©ditions – parution annoncĂ©e le 4 septembre 2019, dans tous les magasins et sur arteboutique.com -diffusion sur ARTE fin septembre – dĂ©but octobre 2019.

 

 

 

 

APPROFONDIR
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RÉSUMÉS des 10 Ă©pisodes de la saison L’ILIADE

Les Grecs AchĂ©ens (provenant de la GrĂšce continentale) partent organiser le siĂšge de Troie afin de rĂ©cupĂ©rer la belle HĂ©lĂšne, enlevĂ©e par Paris Ă  son mari le roi de Sparte, MĂ©nĂ©las. AprĂšs un siĂšge de dix ans sous les murs de la citĂ© troyenne, la guerre tourne Ă  l’avantage des AchĂ©ens grĂące au cĂ©lĂšbre Achille.

 

 

1. LA POMME DE LA DISCORDE
Une pomme d’or destinĂ©e « Ă  la plus belle » a Ă©tĂ© envoyĂ©e sur l’Olympe par Éris, la dĂ©esse de la discorde. Zeus laisse Ă  un mortel la possibilitĂ© de dĂ©terminer la plus dĂ©sirable des trois dĂ©esses : Aphrodite, HĂ©ra ou AthĂ©na. PĂąris, le jeune fils de Priam, roi de Troie offre ainsi la pomme Ă  Aphrodite, qui lui promet, en retour, l’amour de la plus femme mortelle. Chez MĂ©nĂ©las, le roi de Sparte, PĂąris tombe amoureux d’HĂ©lĂšne, sa femme. Tous deux s’enfuient, ensorcelĂ©s par la dĂ©esse de l’amour, et rejoignent Troie. MĂ©nĂ©las, fou de colĂšre, court chez son frĂšre, le plus puissant des rois grecs, Agamemnon. HĂ©ra et AthĂ©na n’ont pas acceptĂ© le choix de PĂąris. Elles manipulent Agamemnon qui dĂ©cide la guerre contre Troie, et dirige l’armĂ©e de tous les rois grecs.

 

 

2. L’HEURES DE SACRIFICES
Parmi les rois grces qui int refusĂ© de participer Ă  la guerre contre les Troyens, deux s’obstinent. Ulysse, qui feint d’ĂȘtre fou mais est bien vite dĂ©masquĂ©. Achille, le plus grand combattant grec : il est restĂ© opposĂ© Ă  Agamemnon. Pourtant sa mĂšre, la nymphe ThĂ©tis, inflĂ©chit sa dĂ©termination : elle flatte son orgueil de jeune combattant ; la guerre contre les troyens lui permettra d’ĂȘtre le plus grand des guerriers grecs. Certes il mourra jeune mais cĂ©lĂ©brĂ©. Achille n’hĂ©site pas : il rejoint l’armĂ©e d’Agamemnon. Celle ci est bloquĂ©e par Artemis / Diane, outragĂ©e par le roi de MycĂšnes Agamemnon : le devin Calchas indique alors que si Agamemnon sacrifie sa propre fille IphigĂ©nie, ArtĂ©mis saura redevenir clĂ©mente et la flotte grecque pourra enfin partir


 

 

3. LA COLERE D’ACHILLE
Dix ans ont passĂ© depuis que l’armĂ©e grecque a dĂ©barquĂ© sur les rivages de Troie. La citĂ© aux hautes murailles rĂ©siste. Hector, le fils ainĂ© du roi Priam reproche Ă  son frĂšre PĂąris d’ĂȘtre responsable de cette guerre qui n’en finit pas. Mais PĂąris aime HĂ©lĂšne. Chez les grecs, une mystĂ©rieuse maladie fait rage depuis quelques jours. Calchas le devin rĂ©vĂšle aux rois rassemblĂ©s qu’il s’agit d’une vengeance d’Apollon. Agamemnon (encore lui) retient la belle ChrysĂ©is, la fille d’un prĂȘtre qui s’est plaint au dieu. Achille exige qu’Agamemnon rende la jeune fille Ă  son pĂšre. Agamemnon finit par accepter, mais oblige Achille Ă  lui donner en Ă©change sa protĂ©gĂ©e, BrisĂ©is. Achille, de rage, proclame alors qu’il ne combattra plus, et s’isole. Sa mĂšre, ThĂ©tis, se rend alors chez Zeus afin qu’il soutienne Achille. En souvenir de celle qu’il a aimĂ©, Zeus dĂ©cide de prendre le parti des Troyens: il envoie un songe Ă  Agamemnon pour le piĂ©gĂ©.

 

 

4. LE SANG DE LA DEESSE
Agamemnon l’a vu en rĂȘve : Troie sera prise le jour mĂȘme. Toute l’armĂ©e grecque se jette dans la bataille, sous les murailles de Troie. MĂ©nĂ©las, mari humiliĂ©, reconnait celui qui lui a dĂ©robĂ© sa femme, PĂąris. Les deux hommes s’affrontent dans un duel. Mais au moment oĂč MĂ©nĂ©las achĂšve PĂąris, Aphrodite enlĂšve son protĂ©gĂ© du champ de bataille. MalgrĂ© l’interdiction de Zeus, les dieux de l’Olympe prennent parti pour et l’autre camp. GrĂące Ă  AthĂ©na, le jeune roi DiomĂšde devient furieux, et peut voir les dieux. Il repĂšre alors la dĂ©esse Aphrodite venue dĂ©fendre son fils EnĂ©e, et la blesse Ă  la main. Puis affronte ArĂšs, le dieu de la guerre, venu dĂ©fendre l’honneur d’Aphrodite. IndiffĂ©rent aux combats, Achille joue de la lyre sous sa tente.

 

 

5. LE GLAIVE ET LA BALANCE
Le chaos qui rĂšgne entre Grecs et Troyens s’étend dĂ©sormais Ă  l’Olympe. Zeus, favorable aux troyens, dĂ©cide de foudroyer le prochain dieu qui s’impliquera dans la bataille. Sur le front, les Troyens ont repoussĂ© les Grecs qui, pour protĂ©ger campement et bateaux, ont Ă©rigĂ© un mur. Hector, le fils ainĂ© du roi de Troie, est confiant. Sa sƓur, Cassandre, beaucoup moins. Elle sait que PĂąris sera la cause du malheur des Troyens ; elle force sa mĂšre HĂ©cube Ă  le reconnaitre.
PosĂ©idon rentre dans la bataille. Les Grecs prennent conscience que sans Achille, le grand hĂ©ros grec, il ne vaincront pas. Agamemnon l’invite Ă  revenir au combat. Mais Achille qui lui est opposĂ©, acceptera-t-il ?

6. LA RUSE D’HERA
Ulysse et Ajax tentent de convaincre Achille de revenir au combat, mais ce dernier refuse. Sur le champ de bataille, Agamemnon, DiomĂšde, Ulysse sont blessĂ©s. La muraille Ă©rigĂ©e par les Grecs menace de s’effondrer. RusĂ©e, HĂ©ra, Ă©pouse de Zeus, tente un stratagĂšme : fĂąchĂ©e de ne pouvoir intervenir, elle sĂ©duit Zeus, grĂące Ă  la ceinture magique d’Aphrodite. Lorsqu’il s’endort, elle prĂ©vient PosĂ©idon, lui aussi agacĂ© par le pouvoir abusif de Zeus. Il excite le camp grec qui reprend le des- sus. Ajax attaque Hector, et le blesse mortellement


7. PATROCLE ET LES MYRMIDONS
SauvĂ© par Apollon, Hector repart au combat : il mĂšne les Troyens jusqu’aux nefs des Grecs dont la flotte va s’embraser. Patrocle, l’ami d’Achille, court le prier de revenir dans la bataille. Achille refuse mais accepte que Patrocle portant son armure, conduise Ă  sa place l’armĂ©e des Myrmidons pour sauver les Grecs. Croyant voir Achille, les Troyens battent en retraite. AprĂšs avoir tuĂ© SarpĂ©don, fils de Zeus, Patrocle, confiant, marche sur Troie. D’abord repoussĂ© par Apol- lon, il est tuĂ© par Hector, le fils ainĂ© du roi Priam. Lorsqu’il l’apprend, Achille s’effondre puis jure de venger son ami. Sa mĂšre ThĂ©tis lui promet alors qu’elle lui remettra de nouvelles armes le lendemain, au lever du soleil.

 

 

8. LA VENGEANCE D’ACHILLE
ThĂ©tis a demandĂ© Ă  HĂ©phaĂŻstos, dieu des forgerons, qu’il fabrique de nouvelles armes pour son fils Achille. A l’aube, elle lui remet les armes qui tout en le rendant lĂ©gendaire, l’enverront Ă  la mort. MĂȘme Andromaque, veuve d’Hector, tremble Ă  la vue d’Achille hors de lui, hallucinĂ© depuis la mort de son ami Patrocle. Sous le glaive d’Achille, les eaux du fleuve Scamandre deviennent rouge du sans des troyens trucidĂ©s. ChoquĂ©, le fleuve se rebelle contre Achille et l’entraĂźne dans ses flots impĂ©tueux. HĂ©ra demande Ă  Hephaistos de sauver Achille.

 

9. VAINCRE ET MOURIR
EpargnĂ© par les boules de feu lancĂ©es par le dieu HĂ©phaĂŻstos qui enflamme les berges du fleuve Scamandre, Achille rejoint le combat. AnimĂ© par l’esprit de vengeance, il choque dieux et mortels par sa colĂšre inhumaine. Hector, meurtrier de son ami Patrocle, prend peur lorsqu’il voit Achille. Avec le soutien de la dĂ©esse AthĂ©na, Achille tue Hector, attache son corps Ă  son char, et le traine sous les murailles de Troie. A la nuit tombĂ©e, le vieux roi Priam supplie Achille de lui rendre le corps de son fils. Achille, Ă©mu, accepte. Alors Ulysse trouve l’idĂ©e qui donnera la victoire aux Grecs.

10. LE CHEVAL DE TROIE
Les Troyens sont surpris : les Grecs ont prĂ©cipitamment quittĂ© le rivage, laissant sur le sable un colossal cheval de bois, aussi imposant que mystĂ©rieux. On jette une lance dans ses flancs. A l’intĂ©rieur, les guerriers grecs, dont Ulysse, qui a inventĂ© cette ruse, ne bougent pas. Les Troyens comprennent que ce cheval est une offrande Ă  AthĂ©na, Priam le fait rentrer dans la citĂ©. La nuit tombĂ©e, les Grecs sortent du cheval, ouvrent les portes de la citĂ© au reste de leur armĂ©e : le massacre des Troyens commence. MĂ©nĂ©las retrouve HĂ©lĂšne. PĂąris bmesse mortellement Achille au talon, lequel s’effondre. Zeus, impuissant (car il soutenait les Troyens), comprend que les hommes ne pourront plus croire en eux aprĂšs le massacre. Alors que la citĂ© brĂ»le encore, Ulysse reprend la mer avec ses compagnons, sans triomphalisme. A prĂšs dix ans de guerre, qui se souviendra de la guerre de Troie ?

 

 

Infos pratiques :
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les-grands-mythes-i-liade-francois-busnel-dvd-annonce-critique-dvd-serie-saison-classiquenewsLes GRANDS MYTHES / L’ILIADE
2 DVD – ‹DurĂ©e totale 260 min / 2h40 – ‹DurĂ©e des films 10 x 26 mn‹Versions française, allemande‹ – Sous-titres : Français pour sourds et malentendants Couleur – ‹Format image 16/9‹ – Son Dolby digital stĂ©rĂ©o / ‹PAL – Toutes zones – EN COMPLÉMENT : livret de 12 pages – 20€

 

 

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coffret-dvd-arte-les-grands-mythes-4-dvd-review-dvd-critique-classiquenews-compte-rendu-dvd-arte-les-grands-mythes-classiquenewsPrécédente parution DVD Arte éditions (déjà annoncée, présentée, critiquée sur classiquenews) :

Les Grands MYTHES, 20 Ă©pisodes – 4 DVD

 

Les 20 Ă©pisodes:

Zeus, la conquĂȘte du pouvoir
Les amours de Zeus
PromĂ©thĂ©e le rĂ©voltĂ© de l’Olympe
HadÚs, le roi malgré lui
Athéna, la sagesse armée
Apollon, l’ombre et la lumiùre
Aphrodite, sous la loi du désir
Dionysos, l’étranger dans la ville
HermÚs, le messager indéchiffrable
Tartare, les damnés de la terre
PsychĂ©, la belle et la bĂȘte
Persée, la mort dans les yeux
OrphĂ©e, l’amour impossible
MĂ©dĂ©e, l’amour assassin
BĂ©llĂ©rophon, l’homme qui voulait ĂȘtre dieu
ThĂ©sĂ©e, ou les ravages de l’oubli
DĂ©dale et Icare,
le rĂȘve Ă©clatĂ© HĂ©raclĂšs, l’homme qui devint dieu
Oedipe, le dĂ©chiffreur d’énigmes
Antigone, celle qui a dit non (et donc la premiĂšre fĂ©ministe de l’Histoire)

LIRE notre critique du DVD les grands MYTHES – sĂ©rie Ă©vĂ©nement Ă©ditĂ©e en 2016 / CLIC de classiquenews 2016 :

https://www.classiquenews.com/dvd-compte-rendu-critique-coffret-les-grands-mythes-4-dvd-arte-editions/

 

 

 

CD, coffret, événement, critique. BERLIOZ rediscovered / JE Gardiner (8 cd, 1 dvd Decca)

BERLIOZ-rediscovered-john-eliot-gardiner-8-cd-1-dvd-DECCA-review-critique-cd-classiquenews-dossier-BERLIOZ-2019-hector-berlioz-2019-dossier-berlioz-2019-classique-news-classiquenewsCD, coffret, Ă©vĂ©nement, critique. BERLIOZ rediscovered (8 cd, 1 dvd Decca). Pour les 150 ans du grand Berlioz, Decca exhume les enregistrements historiques rĂ©alisĂ©s par Gardiner pour Philips. Le chef a dirigĂ© Les Troyens au ChĂątelet, fait marquant de l’histoire du ThĂ©Ăątre parisien : Gardiner comme ses compatriotes et prĂ©dĂ©cesseurs Thomas Beecham ou Colin Davis, perpĂ©tue la flamme berliozienne depuis l’Angleterre. La noblesse nerveuse nĂ©oantique, nĂ©ogluckiste ici, d’Hector continue de fasciner nos voisins abonnĂ©s au Brexit. Leur culte de Berlioz (nĂ© le 11 dĂ©cembre 1803 Ă  la CĂŽte-Saint-AndrĂ© en IsĂšre ; et mort Ă  Paris le 8 mars 1869) prend une consistance particuliĂšre grĂące Ă  ce coffret Ă©vĂ©nement, regroupant 8 cd et 1 dvd. Berlioz redĂ©couvert dĂ©signe l’apport des instruments historiques, ceux de l’Orchestre RĂ©volutionnaire et Romantique sous la baguette fiĂšvreuse du Britannique John Eliot Gardiner. Depuis l’OpĂ©ra de Lyon aussi, oĂč avec l’orchestre maison, il enregistre la Damnation de Faust, en un geste aussi concis, affĂ»tĂ© qu’intense.
Les couleurs sont contrastĂ©es, vives, fouettĂ©es, mais mieux Ă©quilibrĂ©es qu’au concert, belle dynamique optimisĂ©e que permet l’enregistrement studio. Fougueux, Gardiner « ose » Berlioz davantage comme un rĂ©volutionnaire que comme un Romantique. Le compositeur qui se disait surtout « classique », dans l’adoration de Gluck, n’aurait peut-ĂȘtre pas adhĂ©rer Ă  tant de violents accents et de trĂ©pidante sensibilitĂ© musicale : n’empĂȘche, voici l’éloquente Messe Solennelle, premiĂšre partition d’envergure d’un compositeur de 22 ans (crĂ©Ă©e en 1825), restituĂ©e dans ses Ă©quilibres spatialisĂ©s d’origine, avec ce tranchant vif et ses couleurs fauves. Voici la Fantastique (la transe volcanique et bacchique de ses Ă©pisodes finaux : la Marche au supplice et du Songe d’une nuit de sabbat), Harold en Italie et Tristia, la sublime fresque shakespearienne de RomĂ©o et Juliette, enfin La Damnation de Faust, sommet de son inspiration lyrique et dramatique. Ici Berlioz Ă©ructe et colore, intensifie et enrichit le paysage sonore et orchestral : il rĂ©invente l’orchestre comme Turner rĂ©invente la peinture. En Berlioz, Gardiner voit Goya et Tintoret ; il fusionne dans le corps et l’ñme du Français, le fantastique chromatique du premier, l’élan, la construction du colossal du second. Avec Gardiner, Berlioz rime avec tempĂȘte et ouragan. Chez tous les pupitres.

MĂȘme si l’on trouve d’un certain cĂŽtĂ©, l’approche de un rien trop Ă©chevelĂ©e, moins Ă©quilibrĂ©e et raffinĂ©e qu’un Davis, sa comprĂ©hension du berlioz rĂ©formateur, affĂ»tĂ©, vindicatif grĂące au relief et au timbre des instruments d’époque, demeure indiscutablement passionnant. Gardiner reste donc la valeur sĂ»re pour cette annĂ©e 2019, cĂŽtĂ© instruments anciens. Bonus complĂ©mentaire et Ă©loquent sur la direction minutieuse et engagĂ©e de Gardiner, le DVD qui agrĂ©mente les 8 cd de ce cycle Berlioz sur instruments d’époque : Ă  l’image, sont rĂ©tablies ainsi la Fantastique et la fameuse Messe Solennelle du « gamin » gĂ©nial de 22 ans, dont certains thĂšmes mĂ©lodiques seront ensuite recyclĂ©s dans les Ɠuvres dramatiques et symphonique de la maturitĂ©.

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CD coffret, Ă©vĂ©nement, critique. BERLIOZ rediscovered – John Eliot Gardiner joue Berlioz – 8 cd, 1 dvd (DECCA)

Symphony fantastique op. 14
Symphony “Harold en Italie”
Tristia op. 18
Romeo et Juliette op. 17
La Damnation de Faust
Irlande op. 2
Le Trebuchet op. 13 No. 3
La Mort d’OphĂ©lie
8 Scenes de Faust
Messe solennelle
DVD “Berlioz Rediscovered”

GĂ©rard CaussĂ©, Catherine Robbin, Jean-Paul Fouchecourt, Gilles Cachemaille, Anne Sofie von Otter, Jean-Philippe Lafont, Fiona Wright, Robert Tear, Helen Watts, Viola Tunnard, Monteverdi Choir, Edinburgh Festival Chorus, Orchestre RĂ©volutionnaire et Romantique, Orchestre de l’OpĂ©ra National de Lyon, John Eliot Gardiner.

COMPTE-RENDU, critique, REQUIEM. Festival d’Aix en Provence le 3 juillet 2019. Requiem (d’aprùs Mozart). Pichon / Castellucci

MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsCOMPTE-RENDU, critique, REQUIEM. Festival d’Aix en Provence le 3 juillet 2019. Requiem (d’aprĂšs Mozart). Pichon / Castellucci. C’est Mozart qu’on dĂ©nature
 AprĂšs rĂ©Ă©crire le livret des opĂ©ras, quitte Ă  en modifier le sens et l’esthĂ©tique originels, voici venu le temps des Ɠuvres sacrĂ©es, modifiĂ©es, intercalĂ©es d’élĂ©ments Ă©trangers qui en modifient tout autant l’unitĂ©, le flux, la tension et la cohĂ©rence initiales. On a connu cette annĂ©e deux marqueurs importants dans notre Ă©poque des fakenews et des contrevĂ©ritĂ©s qui rongent un peu plus la frontiĂšre entre rĂ©alitĂ© / vĂ©ritĂ© et fiction / mensonge. MĂȘme porositĂ© entre rĂ©alitĂ© des partitions autographes et nouvelles versions Ă©dictĂ©es en opus convenables. Disons Ă  prĂ©sent que les metteurs en scĂšne n’hĂ©sitent plus Ă  changer ce qui les inspire quitte Ă  ne plus respecter les Ɠuvres prĂ©sentĂ©es ; que le directeurs sont prĂȘts Ă  les suivre pour crĂ©er le buzz
Voyez cette nouvelle production du “Requiem de Mozart”. En rĂ©alitĂ© il s’agit du Requiem de Romeo Castellucci, inspirĂ© du Requiem de Mozart. Car le spectacle final n’a plus rien Ă  voir avec la Messe des morts conçues en 1791 par Mozart Ă  Vienne.

Aix 2019 : tristes artifices du duo Pichon / Castellucci
MOZART DÉNATURÉ

Sur les planches aixoises, le metteur en scĂšne dĂ©poĂ©tise tout Ă©lan spirituel, Ă©carte toute ivresse onirique pour un spectacle indigent et statique, oĂč le thĂ©Ăątre devient oratorio d’images et de tableaux d’une banalitĂ© agaçante ; oĂč les chanteurs qui sont aussi danseurs (leur chant dĂ©cousu souffre des mouvements permanents), tout en blanc comme des prĂȘtres nĂ©o futuristes, s’ébrouent en gestes pseudo inspirĂ©s, en un vaste cirque folklorique venu des Balkans, qui finit pas dĂ©naturer le sens de la derniĂšre partition laissĂ©e inachevĂ©e par Mozart en 1791. Castellucci insiste sur la fin et la disparition, la grande extinction humaine annoncĂ©e, qui donne le sens de nos vies : chaque cĂ©lĂ©bration collective des Morts, chaque messe de Requiem, pour le repos des dĂ©funts, cĂ©lĂšbre en dĂ©finitive la vie et nous appelle Ă  un Ă©veil spirituel.
Alors que la musique mozartienne, comme celle des 3 derniĂšres symphonies (rĂ©cemment sublimĂ©es par Savall), n’est qu’élĂ©vation, substance poĂ©tique et abstraction spirituelle, Castellucci nous assĂšne une reprĂ©sentation lourde et simpliste, d’une laideur incongrue. Il ne s’agit pas d’énoncer de pseudo concepts (trĂšs discutables en outre), il faut encore en dĂ©duire un thĂ©Ăątre qui serve aussi le sens et la direction de la musique qui est sa source et son point de dĂ©part. Tout sonne faux ici ; rien ne fonctionne ; la danse des corps qui se projettent, sautent, s’écrasent, contredit l’élan mĂȘme de la musique du Requiem.
Castellucci multiplie aussi les sources visuelles quitte Ă  brouiller la vue d’ensemble. Les images projetĂ©es en fond de scĂšne Ă©numĂšrent tout ce qui a dĂ©jĂ  disparu : espĂšces animales, sites et constructions, artistes et leurs Ɠuvres
 si l’idĂ©e pouvait ĂȘtre intĂ©ressante, sa rĂ©alisation est indigeste dans la rĂ©pĂ©tition. Qu’en penser alors ? Devons nous indigner de ces disparitions inĂ©luctables et irrĂ©versibles ? Ou bien, dans le grand mouvement actuel de dĂ©ni collectif et de fatalisme passif, nous en rendre les tĂ©moins impuissants, comme conditionnĂ©s ? Le monde, nos sociĂ©tĂ©s humaines sont condamnĂ©es dans un terme proche : et alors ? Tout est vouĂ© Ă  la disparition n’est ce pas ? Tout doit donc disparaĂźtre. Le propos de Castellucci laisse interloquĂ© et aussi irritĂ©. tant d’imprĂ©cisions, oĂč manque la poĂ©sie, tombe Ă  plat.

Sur la musique de Mozart, ces gesticulations, ces tableaux pontifiants imposent un parfait décalage
 une équation impossible qui trahit la direction et le progression des séquences musicales.
Dans ce magma visuel d’une naĂŻvetĂ© affligeante, les instrumentistes tentent de sauver le spectacle musicalement en dĂ©fendant une unitĂ© et une continuitĂ© fragile. Le chef (RaphaĂ«l Pichon) quant Ă  lui a dĂ©cidĂ© d’entrecouper le fil mozartien de partitions Ă©trangĂšres (chant grĂ©gorien) ou de Mozart lui-mĂȘme. La proportion initiale du Requiem mozartien se dilue en un polyptique confus, rĂ©pĂ©titif, – retable aux accents lissĂ©s qui d’une sĂ©quence Ă  l’autre, se ressemble, sans contrastes vĂ©ritables, d’autant que le geste du chef comme la tenue des choristes danseurs manquent singuliĂšrement de finesse, de profondeur, de trouble, de nuance, de phrasĂ©s. Sauf les derniĂšres mesures oĂč le chƓur statique (et dĂ©nudĂ© Ă  la façon d’un Jugement dernier et ses damnĂ©s nus comme les vers) retrouve des respirations plus naturelles. Pourtant la lecture globale agace par sa lourdeur, son arche dĂ©plorative trop dilatĂ©e… jusqu’au vertige. Mais oĂč sont donc passĂ©s le nerf, l’audace, les options vaillamment dĂ©fendus par les premiers baroqueux ?

Las, tout se rĂ©vĂšle artificiel dans une mosaĂŻque dĂ©pareillĂ©e, invitation agaçante pour un paradis toujours absent. Ce Requiem est Ă  oublier mais c’est sĂ»r, il gagnera un soupçon de buzz dĂ» Ă  sa tentative anecdotique et manquĂ©e. C’est Mozart que l’on met en biĂšre ici, et de bien laide façon, entre hystĂ©rie, trahison, rupture et syncope. De toute Ă©vidence, Aix 2019 déçoit. Rendez-vous est pris pour Tosca et surtout Jacob Lenz (certes reprise mais premiĂšre en France cet Ă©tĂ©). A suivre.

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COMPTE-RENDU, critique, REQUIEM. Festival d’Aix en Provence le 3 juillet 2019. Requiem de Romeo Castellucci d’aprĂšs le Requiem de Wolfgang Amadeus Mozart. Ens Pygmalion / RaphaĂ«l Pichon. Romeo Castellucci, mise en scĂšne. A l’affiche du festival d’Aix-en-Provence (thĂ©Ăątre de l’ArchevĂȘchĂ©), jusqu’au 19 juillet 2019.

DVD, critique. WAGNER : Lohengrin – 1 dvd DEUTSCHE GRAMMOPHON (Thielemann, Beczala, Meier
 Bayreuth juillet 2018)

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 Bayreuth juillet 2018). Le petit milieu lyrique avait fait des gorges chaudes pour cette production de Bayreuth, inaugurant une nouvelle mise en scĂšne de Lohengrin, le chevalier cĂ©leste descendu des cintres pour sauver l’humanitĂ© indigne
 Ce devait ĂȘtre aussi une prise de rĂŽle en juillet 2018 pour Alagna. Patatras le Français abandonna et ce fut Piotr Beczala qui reprit le dĂ©fi, quasi in extremis. Dans une rĂ©alisation tout Ă  fait convenable, mĂȘme
 globalement convaincante.
D’autant que le parti est assez audacieux et contrevient Ă  l’idĂ©alisation fantasmatique qui est le propre du hĂ©ros messianique : Yuval Sharon dĂ©truit le mythe du chevalier ici, sans cygne, mais anti hĂ©ros, indĂ©cis, instable. Pire, d’un glaciale indiffĂ©rence aux dĂ©sirs de la princesse de Brabant, Elsa dont l’autoritĂ© est menacĂ©e par le couple noir Telramund / Ortrud. Il y a mĂȘme du sadisme chez celui qui de Chevalier libĂ©rateur et protecteur, devient un demi bourreau, souhaitant faire payer Ă  la naĂŻve Elsa, celle qui pose la question interdite (dĂ©voilant du mĂȘme coup osons le dire, sa stupiditĂ© et son manque de confiance) : au III, Lohengrin n’a rien d’un Ă©poux aimant et comprĂ©hensif pour la jeune oie imbĂ©cile.
certes, l’heure mĂ©diatique et l’actualitĂ© Ă©taient au mouvement pour la protection des femmes et contre le harcĂšlement professionnel (#balancetonporc)
 d’oĂč des scĂšnes de supplices infligĂ©s aux femmes en second plan ; trop opportuniste, la mise en scĂšne a pĂȘchĂ© en voulant Ă  tous prix faire coĂŻncider la trame du livret avec cette honte internationale. L’équation actualitĂ© et opĂ©ra aurait pu ĂȘtre mieux rĂ©ussi, en finesse comme en rĂ©fĂ©rences maĂźtrisĂ©es : n’est pas directeur d’acteurs-chanteurs ni metteur en scĂšne, qui veut (prĂ©sence de la centrale Ă©lectrique, pour le moins incongrue ; de mĂȘme, quel sens donner Ă  la prĂ©sence des petites ailes aux dos des personnages, que gagne Lohengrin Ă  l’issue de son combat vainqueur, contre Telramund ?
 ).

BECSALA, HARTEROS, MEIER, ZAPPENFELD

Quatuor gagnant pour le nouveau LOHENGRIN de Bayreuth

Sous la baguette, toujours active et caractĂ©risĂ©e de Christian Thielemann (dont le teutonisme sied bien au relief nĂ©ogothique du Romantique Wagner), saluons la langue contrastĂ©e, bondissante de l’orchestre, selon les tableaux) ;
Venu sauver ce qui pouvait l’ĂȘtre, le tĂ©nor polonais Piotr Beczala assume cette quasi prise de rĂŽle Ă  Bayreuth (il avait chantĂ© le rĂŽle Ă  Dresde dĂ©jĂ ) : en dĂ©pit d’aigus parfois mal couverts, tendus, imprĂ©cis, le chanteur sĂ©duit en Lohengrin, se hisse jusqu’aux traces du champion actuels (Ă  Bayreuth) : Klaus Florian Vogt, d’autant que le nouveau n’a pas la maĂźtrise naturelle de l’allemand. Face Ă  son angĂ©lisme vocal (malgrĂ© le sadisme souhaitĂ© par le metteur en scĂšne), l’Elsa de Anja Harteros sonne presque trop sombre, rĂ©vĂ©lant dans la puissance de rĂ©elles aptitudes Ă  nuancer son personnage (pourtant de godiche manipulĂ©e par Ortrud).
La production de ce Lohengrin 2018 gagne aussi de la prĂ©sence du mezzo noble et grave, trouble et fulgurant de l’immense Waltraud Meier (laquelle aura chanter tous les grands rĂŽles fĂ©minins de Wagner, d’Ortrud Ă  Isolde). Son retour Ă  Bayreuth oĂč elle a chantĂ© dĂšs 1983 (Parsifal, Kundry anthologique), affirme son charisme vocal, une prĂ©sence dramatique surtout qui souligne l’art de l’actrice et de la tragĂ©dienne, fauve analytique, jaugeant chaque partenaire avec un appĂ©tit et une tension, ultimes. Les ressources sont rĂ©duites car sa carriĂšre est derriĂšre elle, mais quelle intonation, quelle intelligence dramatique, quelle diseuse capable de faire scintiller le thĂ©Ăątre wagnĂ©rien. MĂȘme autoritĂ© et Ă©vidence musicales pour le Roi Heinrich de Georg Zeppenfeld, devenu depuis quelques annĂ©es, un familier de Bayreuth.
Saluons enfin le chƓur prĂ©parĂ© par Eberhard Friedrich qui fait mouche par sa plasticitĂ© et son engagement : un modĂšle dans le genre et la confirmation qu’ils sont pour chaque spectacle local, un pilier garant de rĂ©ussite scĂ©nique.

Malgré les incohérences de la mise en scÚne, la solidité du cast vocal sauve cette nouvelle production de Lohengrin : le quatuor principal demeure quasi exemplaire.

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DVD, critique. WAGNER : Lohengrin – 1 dvd DEUTSCHE GRAMMOPHON – Ref. N°0735621 – Bayreuth juillet 2018 / Parution le 5 juillet 2019.
OpĂ©ra romantique en trois actes – Livret du compositeur
Créé à Weimar le 28 août 1850
BAYREUTH, juillet 2018
Direction musicale : Christian Thielemann
Mise en scĂšne : Yuval Sharon
DĂ©cors et costumes : NĂ©o Rauch et Rosa Loy
LumiĂšres : Rainhard Traub

Lohengrin : Piotr Beczala
Elsa : Anja Harteros
Ortrud : Waltraud Meier
Telramund : Tomasz Konieczny
Le Roi Henri : Georg Zeppenfeld
Le HĂ©raut du Roi : Egils Silins
Les quatre nobles : Michael Gniffke, Eric Laporte, Kay Stiefermann, Timo Riihonen

Choeurs et Orchestre du Festival de Bayreuth
Chef des choeurs : Eberhard Friedrich

 

 

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