COMPTE-RENDU, opéra. Opéra de Nice, e-diffusion du 20 nov 2020. GLASS : Akhnaten. Di Falco, Ciofi
 Lucinda Childs / Warynski (session enregistrée in situ le 1er nov 2020).

glass-akhnaten-philip-GLASS-opera-on-line-opera-de-nice-classiquenews-annonce-critique-operaCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. OpĂ©ra de Nice, e-diffusion du 20 nov 2020. GLASS : Akhnaten. Di Falco, Ciofi
 Lucinda Childs / Warynski (session enregistrĂ©e in situ le 1er nov 2020). L’OpĂ©ra de Nice multiplie les initiatives et malgrĂ© l’Ă©pidĂ©mie de la covid 19, permet Ă  tous de dĂ©couvrir le premier opĂ©ra Ă  l’affiche de sa nouvelle saison lyrique. Une e-diffusion salutaire et exemplaire… Danses hypnotiques de Lucinda Childs, gradation harmonique par paliers, vagues extatiques et rĂ©pĂ©titives de Philip Glass, Akhnaten (1984) est un opĂ©ra saisissant, surtout dans cette rĂ©alisation validĂ©e, pilotĂ©e (mise en scĂšne et chorĂ©graphie) par Lucinda Childs, par visio confĂ©rences depuis New York. Les cordes produisant de puissants ostinatos semblent recomposer le temps lui-mĂȘme, soulignant la force d’un drame Ă  l’échelle de l’histoire. Les crĂ©ations vidĂ©o expriment ce vortex spatial et temporel dont la musique marque les paliers progressifs. Peu d’actions en vĂ©ritĂ©, mais une succession de tableaux souvent statiques qui amplifient la tension ou l’intensitĂ© poĂ©tique des situations.

La nouvelle production de l’OpĂ©ra de Nice, qui lance ainsi sa nouvelle saison 2020 2021, rĂ©pond aux attentes, plongeant dans l’éternelle fascination que convoque le rĂšgne de l’hĂ©rĂ©siarque Akhnaten / Akhenaton, pharaon de la XVIIIĂš dynastie, fils du conquĂ©rant AmĂ©nophis III, qui osa rĂ©former la religion traditionnelle, supprimer par lĂ  mĂȘme le clergĂ© d’Amon
 instaurer un nouvel ordre politico spirituel monothĂ©iste.
Le texte est Ă©maillĂ© des paroles historiques d’Akhetaton : « Il pleut des Ă©toiles, les constellations vacillent, les doubles portes de l’horizon sont ouvertes  »,  dans le Prologue, Lucinda Childs fixe le cadre. Son visage paraĂźt Ă  l’écran (incarnant Amenhotep) ; la collaboratrice de Glass dĂ©clame avec la fermetĂ© d’une sibylle – prophĂ©tesse, comme la voix d’un oracle. CĂ©lĂ©brant la figure admirable du Pharaon illuminĂ©, « Il n’appartient pas Ă  ce monde, il bat des ailes comme zeret  ».

Toujours sur des formules mĂ©lodiques et rythmiques (double batterie) rĂ©pĂ©tĂ©es Ă  l’infini, la musique de Glass convient Ă  une Ă©vocation fervente, comme un rituel qui se rĂ©alise d’une sĂ©quence Ă  l’autre. Le son de Glass a cette facultĂ© de distendre le temps, Ă©largir la conscience, le temps du dĂ©roulement musical. L’action qui en dĂ©coule relĂšve du rite ; dans l’économie des attitudes et des postures, l’ouvrage fait rĂ©fĂ©rences aux mystĂšres, Ă  l’accomplissement de raccourcis spirituels et mystiques, sans s’intĂ©reser vraiment fouiller au fil psychologique des personnages. Il en dĂ©coule une sorte d’oratorio lyrique, aux scansions dĂ©clamĂ©es par le choeur, par l’orchestre, aux tableaux puissants, Ă©ratiques et solennels : ainsi au dĂ©but, la pesĂ©e de l’ñme d’Akhnaten, oĂč se joue le salut du Pharaon, dont l’ñme est Ă©valuĂ©e selon le poids de MaĂąt, sa plume fatidique. L’opĂ©ra commence par la sentence accordĂ©e par les dieux au Pharaon hĂ©rĂ©siarque, en une scansion progressive jusqu’à la transe collective.

 

 

Entre oratorio choral et opéra extatique,
l’opĂ©ra de Glass, Akhnaten glorifie la figure du Roi hĂ©rĂ©siarque, ivre de RĂȘ


 

 

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  Fabrice Di Falco (Akhnaten) DR

 

 

Le prologue s’inscrit comme le procĂšs du souverain blasphĂ©mateur :  « Vis ta vie, tu ne mourras pas» : et l’on en dĂ©duit que Akhnaten vivra des siĂšcles et des siĂšcles. Son nom a jamais vivant. ImmortalisĂ©. La musique rĂ©tablit le charisme d’un souverain mystique. Elle exprime l’écoulement irrĂ©versible de ce temps historique que l’alliage des instruments renforce encore par des couleurs sombres et cuivrĂ©es. La texture orchestrale traduit la fermetĂ© d’une conviction religieuse chevillĂ©e au corps. La danse pour sa part, autre Ă©lĂ©ment important du dĂ©ploiement visuel, reprend ses droits en un perpetuum mobile fluide et aĂ©rien, en particulier aprĂšs le dĂ©cret de la fondation de la citĂ© d’Akhetaton.

Peu Ă  peu se prĂ©cise le Pharaon miraculĂ© aprĂšs le voyage mortel, son nom couronnĂ© Ă©ternel, unificateur, fils de RĂȘ, puissant taureau, faucon d’or, le divin de ThĂšbes 
finalement, l’opĂ©ra de Glass rĂ©habilite le fou de RĂȘ (« Seigneur de joie, forme couronnĂ©e, la double couronne est posĂ©e sur ton front ») en lui insufflant une force d’évocation qu’exprime la brillance de l’orchestration (flĂ»te, bassons
 dans le tableau des 3 prĂȘtres). Le spectacle se dĂ©roule comme une cĂ©lĂ©bration de la toute puissance de Pharaon (« Salut Ă  toi qui es en paix ! »).

PassĂ©e la premiĂšre demi-heure, Glass imagine les premiers Ă©pisodes solistes : Akhnaten idĂ©alement incarnĂ© par le contre tĂ©nor Fabrice Di Falco (timbre clair et tendu comme un trompette fragile, enivrĂ©e) dialogue avec son Ă©pouse Nefertiti (sombre chant de l’alto Julie Robard-Gendre) ; puis se joint au duo pharaonique, la Reine Tye (Patricia Ciofi, de son vĂ©ritable nom Tiyi) ; soit 3 entitĂ©s qui cĂ©lĂšbrent le souffle crĂ©ateur de RĂȘ.

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Julie Robard-Gendre (Nefertiti) et Fabrice Di Falco (Akhnaten) DR

 
 

 

L’action proprement dite est assurĂ©e par l’opposition des tableaux oĂč paraĂźt le fou d’Aton et ceux du clergĂ© d’Amon, exhortant le dieu cachĂ© Ă  leur insuffler la rĂ©sistance Ă  Akhnaten. Ce dernier paraĂźt toujours sur un immense disque d’or Ă  la fois, axe tournoyant qui donne le mouvement et miroir scintillant qui donne la lumiĂšre, support pour ses visions suprahumaines. Glass joue sur l’antagonisme entre adeptes de l’ancienne et de la nouvelle religion, produisant un opĂ©ra Ă  la tension mystique de plus en plus affirmĂ©e (quand Akhnaten affronte seul, puis est soutenu par la Reine Tye), une foule violente qui scande son refus de la nouvelle religion ; leurs onomatopĂ©es de plus en plus affirmĂ©es sont martelĂ©es jusqu’à la transe hystĂ©rique.
On est loin des reliefs amarniens qui cĂ©lĂšbrent la douceur de la vie familiale de Akhenaton entourĂ©e de son Ă©pouse Nefertiti et de sa myriade de filles (sĂ©quence cependant rĂ©alisĂ©e Ă  la fin de l’action, quand le monarque sourd aux menaces laisse son pays imploser

Tout au long de la partition, les deux Ă©poux paraissent plutĂŽt comme deux illuminĂ©s, habitĂ©s par une foi inextinguible dont l’absolu est portĂ© par un chant exacerbĂ© de notes tenues, hautes, forte. Leurs corps, suspendus, dans des poses Ă©tirĂ©es comme au ralenti.
AprĂšs l’implosion du royaume, entre autres sous la menace extĂ©rieure (Hittites), le dernier tableau fait paraĂźtre les 3 protagonistes atoniens : Pharaon et son Ă©pouse et la Reine Tye, comme pĂ©trifiĂ©s, au chant exacerbĂ© mais impuissant. Ainsi, Ă  travers les tableaux extatiques oĂč pharaon cĂŽtoie ses sujets et la foule, quand il paraĂźt seul dans un solo hallucinĂ© oĂč le roi-prĂȘtre chante la puissance miraculeuse d’Aton, c’est la question de la transmission et de la communication, de la foi et de la rĂ©vĂ©lation qui se pose ; si Akhnaten est convaincu par ses propres visions comment peut il en partager les vertiges Ă  ses semblables ? Seule Nefertiti (double du roi) semble convaincue, elle aussi traversĂ©e par l’Ă©nergie de RĂȘ.

En fosse, veillant Ă  la motricitĂ© rythmique, aux paliers harmoniques, LĂ©o Warynski soigne passages, accents, texture d’une Ă©criture souvent dense dont le chef dĂ©taille la brillance des timbres instrumentaux (bois, vents, cuivres, cordes
) auxquels les voix collectives (chƓur, trio
), apportent une incarnation puissante. Plus oratorio qu’opĂ©ra, l’ouvrage de Glass affirme ainsi une Ă©tonnante ferveur collective.

 

 

 

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  Patricia Ciofi (Tye) et Fabrice Di Falco (Akhnaten) DR

 

 

 

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COMPTE-RENDU, opéra. Opéra de Nice, e-diffusion du 20 nov 2020. GLASS : Akhnaten. Di Falco, Ciofi
 Lucinda Childs / Warynski (session enregistrée in situ le 1er nov 2020).

Philip GLASS : Akhnaten

Opéra en trois actes (avec prologue et épilogue)
Livret de Philip Glass, Shalom Goldman, Robert Israel, Richard Riddell
CrĂ©ation au WĂŒrttembergisches Staatstheater de Stuttgart le 24 mars 1984

Nouvelle production
Dans le cadre du Festival du MANCA

Distribution
Direction musicale : LĂ©o Warynski
Mise en scÚne et chorégraphie : Lucinda Childs
Scénographie et costumes : Bruno De LavenÚre
LumiĂšres : David Debrinay
VidĂ©o : Étienne Guiol

Akhnaten : Fabrice Di Falco
Nefertiti : Julie Robard-Gendre
Reine Tye : Patrizia Ciofi
Horemhab : Joan MartĂ­n-Royo
Amon : Frédéric Diquero
Aye : Vincent Le Texier
Amenhotep (rÎle parlé) : Lucinda Childs
Six filles d’Akhnaten : Karine Ohanyan, Rachel Duckett*, Mathilde Lemaire* Vassiliki Koltouki*, Annabella Ellis *, Aviva Manenti *

Avec la participation des danseurs du PÎle National Supérieur Danse Rosella Hightower
*Artistes du CALM, Centre Art Lyrique de la Méditerranée

 

 
 

 

OPERA DE NICE : GLASS, Akhnaten.

TEASER vidéo
https://www.youtube.com/watch?v=jZxSlNGd7To&list=PLMoJMIybJdBAIiRjiaqfM_U1DeAcAoBGh&index=2

 
 

 

 

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VOIR L’INTÉGRALE vidĂ©o
https://www.youtube.com/watch?v=jSAOrULT-F4

 
 

DVD Ă©vĂ©nement, critique. La CLASSE d’Alexandre Kalioujny (1 DVD BelAir classiques)

Kalioujny-alexandre-sacha-danse-opera-paris-etoiles-dvd-belair-danse-critique-danse-ballet-classiquenews-dvdDVD Ă©vĂ©nement, critique. La CLASSE d’Alexandre Kalioujny (1 DVD BelAir classiques) – Le film passe les portes de l’École de Danse du Ballet de l’OpĂ©ra de Paris pour une immersion exceptionnellement vivante dans les coulisses et le laboratoire des jeunes danseurs en apprentissage ; les fameux « petits rats », ici pilotĂ©s par leur mentors et pĂ©dagogues les danseurs Étoiles Élisabeth Platel (directrice de l’École de Danse) et Charles Jude, transmetteurs du « style Alexandre Kalioujny », gĂ©nial et lĂ©gendaire pĂ©dagogue dont la leçon a marquĂ© de façon indĂ©lĂ©bile le propre style de l’OpĂ©ra français.
Alexandre Kalioujny dit « Sacha », naĂźt Ă  Prague en 1923 de parents russes Ă©migrĂ©s. Danseur Étoile au sein du Ballet de l’OpĂ©ra national de Paris alors dirigĂ© par Serge Lifar, Kalioujny est nommĂ© professeur de danse au Conservatoire de Nice. L’OpĂ©ra de Paris le rappelle en 1970, plĂ©biscitĂ© par l’ensemble des Étoiles parisiennes pour qu’il poursuive la transmission de son art. Sa mĂ©thode de travail est d’autant plus apprĂ©ciĂ©e des danseurs qu’elle cultive trĂšs haute technique et fluiditĂ© du mouvement.
HĂ©ritier de cette maĂźtrise, Rudolf Noureev, alors Directeur de la Danse, avait le projet dĂšs 1985, d’écrire un livre sur ses cours, mais s’éteint avant de rĂ©aliser ce tĂ©moignage pourtant essentiel. Aujourd’hui, dĂ©tenteurs de cette pratique inestimable, Élisabeth Platel et Charles Jude transmettent devant la camĂ©ra les exercices Ă  maĂźtriser, le sens de la mĂ©thode, l’esprit de ce style incomparable et si identifiable aujourd’hui.

LA CAMERA RÉVELE COMMENT LA RÉPÉTITION FAIT LE TRAVAIL
 Les danseurs Étoiles Charles Jude et Elisabeth Platel prĂ©sentent Ă  la poutre devant leurs Ă©lĂšves, puis commentent Ă  l’image chaque exercice, prĂ©cisant ce qui est enjeu, ce que « Sacha » (Alexandre Kalioujny) souhaitait travailler en particulier, ce que chaque mouvement et figure permettait de rĂ©aliser dans la continuitĂ© du ballet. Le film ainsi rĂ©alisĂ© par Denis Sneguirev tout en tournant autour des apprentis, souligne ici l’importance de la transmission. Sont abordĂ©s, dĂ©cortiquĂ©s devant la camĂ©ra : les pliĂ©s, les dĂ©gagĂ©s, les ronds et les fondus, les battements, petits sauts, ballotĂ©s, exercices de pointes, Ă©quilibres
 le travail du corps prend ici tout son sens. Le spectateurs prend conscience de la prĂ©paration et du quotidien du danseur : un enchaĂźnement permanent cultivant dans la souplesse, l’équilibre, la prĂ©cision, l’assise pour assurer les sauts et l’élĂ©vation
 La diversitĂ© des figures enchaĂźnĂ©es ainsi donne le tournis ; mais c’est le quotidien des jeunes danseurs qui apprennent ce qu’ils sont dans la quĂȘte esthĂ©tique, dans l’articulation et la performance physique. L’oeil de la camĂ©ra analyse et rĂ©vĂšle tout cela. En passant de la poutre Ă  la scĂšne, les spectateurs prennent mieux conscience de ce qui est en jeu dans cette stratĂ©gie athlĂ©tique oĂč le corps dessine ; oĂč le travail des petits pas (et de la rĂ©pĂ©tition) dĂ©veloppe un dessin plus global, rĂ©vĂšle et permet l’essor chorĂ©graphique : ce qui peut jaillir dans la reprĂ©sentation, au delĂ  de la maĂźtrise technique.

 

CLIC D'OR macaron 200Les sĂ©quences constituent un tĂ©moignage captivant qui tout en complĂ©tant la connaissance du grand public sur un volet principal du Ballet parisien, prĂ©sente aux jeunes danseurs, les piliers de la technique classique. BelAir ne pouvait mieux complĂ©ter sa dĂ©jĂ  riche collection de dvd consacrĂ©e Ă  la danse, aux chorĂ©graphes et aux grands ballets qu’il s’agisse des Ă©coles françaises ou russe, de Paris Ă  Saint-PĂ©tersbourg, de Kiev Ă  Berlin, Milan ou Zurich


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DVD Ă©vĂ©nement, critique. La CLASSE d’Alexandre KALIOUJNY (1 DVD BelAir classiques) – Prix indicatif : 23,93 euros – CLIC de CLASSIQUENEWS novemre 2020

Contenu additionnel / BONUS :
Entretiens avec Élisabeth Platel (1)
Discussion entre Charles Jude & Élisabeth Platel
Entretien avec Charles Jude
Entretien avec NoĂ«lla Pontois, Danseuse Étoile
Entretien avec Attilio Labis, Danseur Étoile
Entretien avec Gil Isoart, Danseur et pédagogue
Entretien avec les Ă©lĂšves (filles)
Entretien avec les élÚves (garçons)

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TEASER VIDEO

 

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DVD, critique. La BayadÚre : Théùtre Mikhailovsky (1 dvd nov 2019 BelAir classiques)

bac182-bayadere duato  BELAIR dvd classiquenews critique dvdDVD, critique. La BayadĂšre : ThĂ©Ăątre Mikhailovsky (1 dvd nov 2019 BelAir classiques). A la suite de ces lectures des grands classiques (La Belle au bois dormant et Casse-Noisette), le chorĂ©graphe Nacho Duato, directeur artistique du Ballet du ThĂ©Ăątre Mikhailovsky aborde Ă  son tour La BayadĂšre, mythe amoureux lĂ©gendaire qui associe passion et malĂ©diction. Ainsi dans une Inde fantasmĂ©e, la prĂȘtresse et le guerrier ne peuvent rĂ©aliser leur amour ni sur cette terre ni dans l’au-delĂ . La lecture de Duato reste respectueuse de la conception originelle de Marius Petipa et Ludwig Minkus : nĂ©anmoins l’espagnol fluidifie l’action, Ă©carte les lourdeurs et poncifes antĂ©rieurs; pour une Ă©vocation Ă©lucidĂ©e, clarifiĂ©e des tableaux orientalistes (exit les pantomimes statiques) oĂč la reconstitution de la cour des Maharajas offre une nouvelle conception de la danse classique, Ă  la fois Ă©lastique et acrobatique. Un dĂ©fi rĂ©ussi pour le Ballet du ThĂ©Ăątre Mikhailovsky dont l’écalt et l’assurance s’appuient sur les Ă©toiles de la troupe : Angelina Vorontsova, Victor Lebedev, Andrea LaĆĄĆĄĂĄkovĂĄ, ce dernier trĂšs convaincant dans le rĂŽle de Gamzatti.

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CLIC D'OR macaron 200DVD, critique. La BayadĂšre : ThĂ©Ăątre Mikhailovsky (1 dvd nov 2019 BelAir classiques) – Bel Air Classiques a dĂ©jĂ  publiĂ© prĂ©cĂ©demment en dvd, du mĂȘme Duato, La Belle au bois dormant au Staatsballett Berlin, BAC131 BAC431) – Bonus: entretiens avecVladimir Kekhman (directeur du ThĂ©Ăątre Mikhailovsky) et Nacho Duato

LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Jean-NoĂ«l Crocq : FOSSE NOTES : une autre histoire de l’opĂ©ra (Editions PremiĂšres Loges)

LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Jean-NoĂ«l Crocq : FOSSE NOTES : une autre histoire de l’opĂ©ra (Editions PremiĂšres Loges). Musicien de l’Orchestre de l’OpĂ©ra de Paris, Jean-NoĂ«l Crocq s’intĂ©resse Ă  un volet inĂ©dit de la fosse d’orchestre. Que se passe-t-il pendant les rĂ©pĂ©titions et les soirs de reprĂ©sentation sous la conduite des chefs ?
fosse-notes jean noel CROCQ livre clic de classiquenewsA l’OpĂ©ra de Paris, la partition manipulĂ©e par quantitĂ© de musiciens qui se succĂšdent aux pupitres devient au fil des reprĂ©sentations (et des humeurs), support de graphies plus ou moins habiles, rĂ©vĂ©lant parfois de vrais dessinateurs au crayon acĂ©rĂ© : elle est aussi moyen de communication pour des remerciements, des voeux, des commentaires, de confrĂšres Ă  confrĂšres. Tout ce qui passe par la tĂȘte des musiciens s’y concrĂ©tise, en marge des mesures et des notes, sur la page de garde et directement sur les manuscrits d’époque : croquis et portraits d’instrumentistes jouant, portraits charges voire caricatures des compositeurs venus diriger leurs Ɠuvres : Meyerbeer, Offenbach, Rossini dont le nez crochu semble ĂȘtre l’appendice gĂ©nĂ©rique (!) ; Verdi aussi, plus classicisĂ© qui pourtant au moment des rĂ©pĂ©titions de Rigoletto, des VĂȘpres Siciliennes comme de Don Carlos (deux opĂ©ras commandes de l’OpĂ©ra) eut des difficultĂ©s avec l’orchestre français
 MĂȘme Wagner n’échappe pas au regard acide des instrumentistes : quand est crĂ©Ă© TannhĂ€user, suscitant un scandale mĂ©morable Ă  Paris (1861), le compositeur est esquissĂ© Ă  son pupitre face Ă  l’orchestre, petites lunettes et menton exorbitĂ©, – lui aussi caricaturĂ© dans sa
 baignoire (!).
Sont de mĂȘme croquĂ©s nombre d’artistes en scĂšnes, chanteurs et figurants choristes en pleine action (scĂšne de la meule de Samson et Dalila de Saint-SaĂ«ns) ; on dĂ©cĂšle un vrai talent chez ce cymbaliste qui laisse son crayon fixer plusieurs tableaux du Guillaume Tell de Rossini ; comme sont remarquablement Ă©voquĂ©es les scĂšnes tirĂ©es du Faust de Gounod (superbe profil de Mephisto par un violoncelliste) ou de la Damnation de Faust de Berlioz, comme Lohengrin (le char tirĂ© par un cygne) et plus rĂ©cemment (reprise de 1933), La Juive d’HalĂ©vy (scĂšne finale de l’échafaud, portraits de Rachel et d’ElĂ©azar). Pour rompre la routine, les instrumentistes en fosse sont encore plus prolixes ; ils expriment sans rĂ©serve leur ennui mortel (« soporifique » est ainsi jugĂ© un duo du ProphĂšte de Meyerbeer
) quand en pleine partition de L’Africaine du mĂȘme Meyerbeer, un tromboniste se motive et Ă©crit sur sa partition : « priĂšre de ne pas dormir »  VoilĂ  qui contredit les immenses succĂšs de Meyerbeer Ă  l’OpĂ©ra de Paris.
Ayant consultĂ© un opus considĂ©rable de documents, l’auteur propose un classement thĂ©matique qui dĂ©voile d’autres sources d’inspiration, les unes surprenantes quoique liĂ©es certainement aux dĂ©cors sur scĂšne (« un bestiaire » : croquis de chat, ours, cheval, lapin, singes, poissons
 ; « La vie ailleurs », riche en paysages des plus exotiques
), sans omettre les rĂ©fĂ©rences Ă  l’actualitĂ© politique et sociale du moment dont les Ă©chos et citations de l’actualitĂ© sont rĂ©unis dans le chapitre « Époques » (on y remarque entre autres, un portrait de Louis XVI sur une partition de Castor et Pollux, repris en 1791 ; la girafe du jardin des plantes, offerte en 1826 Ă  Charles X par le vice-roi d’Egypte ; mĂȘme Victor Hugo Ă  Jersey paraĂźt sur la partition de RomĂ©o et Juliette de Gounod de 1852 ; et PĂ©tain pendu au gibet 
 (en rĂ©alitĂ© sa peine sera commuĂ©e en emprisonnement Ă  vie par de Gaulle). Plus incongru mais rĂ©vĂ©lateur les prĂ©occupations des musiciens en fosse : « le sexe et la mort », (« gauloiseries » volontiers obscĂšnes avec phallus explicites), et autres « passions » rĂ©vĂ©lĂ©es par le dessin. L’éclairage est inĂ©dit, parfois dĂ©concertant. C’est tout un pan de l’histoire de l’OpĂ©ra de Paris, de ses instrumentistes qui est dĂ©voilĂ©e ; preuve est faite que le milieu musical n’est pas une bulle fermĂ©e, plutĂŽt arĂšne poreuse au contexte qui l’environne, l’immĂ©diat comme le sociĂ©tal
 CLIC de CLASSIQUENEWS d’octobre 2020. Parution annoncĂ©e le 14 oct 2020.

JEAN-NOËL CROCQ : Fosse notes, une autre histoire de l’OpĂ©ra ( Ă©ditions PremiĂšres Loges) – Version papier : 29,90 euros. Parution : 15 octobre 2020. 250 pages – ISBN : 9782843853708
+ d’infos sur le site asopera/premiùres loges : https://www.asopera.fr/fr/hors-collection/3909-fosse-notes.html

PrĂ©sentation de l’auteur par l’éditeur :
Clarinette basse Solo Ă  l’Orchestre de l’OpĂ©ra de Paris de 1974 Ă  2009, Jean-NoĂ«l Crocq a Ă©tĂ© le premier professeur Ă  enseigner cet instrument au Conservatoire national supĂ©rieur de musique et de danse de Paris. Il est l’auteur d’ouvrages pĂ©dagogiques et de mĂ©thodes pour l’apprentissage de la clarinette, ainsi que de Allez jouer ailleurs (Ă©d. MF, 2015), ouvrage dĂ©diĂ© Ă  l’action de l’association Papageno qui porte la musique en prison, dans les hĂŽpitaux ou les Ă©coles, et dont il est le prĂ©sident. Il se consacre aussi Ă  la photographie naturaliste.

LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. FAYARD : Histoire de l’opĂ©ra français, volume I (HervĂ© Lacombe)

livre-histoire-de-l-opera-herve-lacombe-fayard-critique-presentation-classiquenews-livres-clic-de-classiquenewsLIVRE Ă©vĂ©nement, critique. FAYARD : Histoire de l’opĂ©ra français, du Consulat au dĂ©but de la IIIĂš RĂ©pubique (HervĂ© Lacombe). Voici une Histoire en 3 volumes, prometteuses et particuliĂšrement enrichissante dĂšs ce premier volume (parution : 14 octobre 2020). L’opĂ©ra est en France est depuis sa structuration sous Louis XIV, une institution d’état, richement subventionnĂ©e. A Paris, ses deux scĂšnes en tĂ©moignent : palais Garnier et OpĂ©ra Bastille, voulu par le prĂ©sident Mitterand en 1989 pour le bicentenaire de la RĂ©volution française. Sous la direction d’HervĂ© Lacombe, la prĂ©sente Ă©dition rassemble un groupe impressionnant de chercheurs et spĂ©cialistes offrant un regard particuliĂšrement complet sur le genre, l’institution, et au-delĂ  sa thĂ©orisation et sa rĂ©ception aux cĂŽtĂ©s de l’étude des crĂ©ations et du rĂ©pertoire, de l’analyse des formes, des styles, de ses divers acteurs : librettistes, compositeurs, chanteurs, dĂ©corateurs, di-recteurs, mais aussi politiques, censeurs, critiques, publics, amateurs avisĂ©s (dilettanti rossinistes par exemples)
 Quel est le goĂ»t et les rĂ©pertoires qui s’imposent en France (Ă  Paris, et en province) ? Quels opĂ©ras français sont jouĂ©s Ă  l’étranger ?

Dans ce volume I – premier d’une trilogie Ă©clairante, le spectre s’interroge en 21 chapitres, sur la pĂ©riode du Consulat au dĂ©but de la IIIĂš RĂ©publique. Soit la sĂ©quence historique et chronologique qui a produit les oeuvres aujourd’hui les plus cĂ©lĂšbres  : Guillaume Tell, LakmĂ© et Les Huguenots, OrphĂ©e aux Enfers et Les Contes d’Hoffmann, Carmen et Manon


Le Prologue fixe le cadre et les conditions d’existence de l’opĂ©ra : ses champs d’action (le fameux cahier des charges, rĂšglement essentiel du thĂ©Ăątre,
), ses principaux acteurs (du directeur au compositeur, sans omettre les chanteurs et les librettistes
), sa mĂ©canique d’élaboration (composer un opĂ©ra).
La partie 1, prĂ©cise « CrĂ©ations et rĂ©pertoire », selon le rĂ©gime politique, selon les genres (« grand opĂ©ra » avec Rossini, Auber, Meyerbeer, HalĂ©vy
; et opĂ©ra comique avec Adam, HĂ©rold, 
) et les institutions (l’OpĂ©ra, l’OpĂ©ra-Comique, Le ThĂ©Ăątre Italien
) ; ce qui dans le goĂ»t « officiel » dĂ©fend le poids des traditions et les forces de renouvellement. LĂ  pĂšsent honorablement les crĂ©ations comme la dĂ©couverte des opĂ©ras Ă©trangers, italiens (Cimarosa, Mozart, surtout Rossini,
) et allemands (Du FreischĂŒtz Ă  Fidelio)
 avant que Verdi, invitĂ© Ă  Paris et la wagnĂ©risme dĂšs les annĂ©es 1860 ne marquent durablement les esprits. CĂŽtĂ© partitions nationales, sont analysĂ©s entre autres les caractĂšres des ouvrages de Berlioz, Gounod, Bizet

La partie 2, interroge et explicite « Production et diffusion », s’attachant Ă  comprendre l’aspect matĂ©riel du spectacle lyrique et son devenir. « L’opĂ©ra vit grĂące Ă  des moyens financiers, dans un espace architectural, tout Ă  la fois machine de production et lieu conçu pour un public spĂ©cifique. CrĂ©Ă© pour l’essentiel Ă  Paris, il voyage – et parfois se modifie – dans le temps et dans l’espace, en province (Lyon, Rouen, 
), dans les colonies et Ă  l’étranger (cas de Bade et de Bruxelles, comme foyer de diffusion de l’opĂ©ra français / situation de l’opĂ©ra français en Italie, en Allemagne, Russie, Scandinavie et aux USA
 ».

CLIC D'OR macaron 200La 3 Ăšme partie, « Imaginaire et rĂ©ception » sonde l’univers lyrique français Ă  travers plusieurs angles d’approche : les thĂ©matiques de ses livrets (« D’amour l’ardente flamme », « La mort Ă  l’opĂ©ra », « L’histoire sur scĂšne », le religieux sur la scĂšne, « la lĂ©gĂšretĂ© en question » ), les formes de l’altĂ©ritĂ© et de l’ailleurs (surnaturel, fantastique, exotisme, les juifs Ă  l’opĂ©ra), les mĂ©diations et interprĂ©tations dont il est l’objet (l’approche et la participation des medias, la critique musicale, le cas de Carmen : « une lecture genrĂ©e de l’opĂ©ra français » ), la place qu’il occupe au coeur de la vie musicale française (produits dĂ©rivĂ©s, l’opĂ©ra au concert
), dans les arts et la littĂ©rature (entre autres, rĂ©fĂ©rences Ă  Balzac ; le cas de Wagner, « un nouveau paradigme pour les Ă©crivains thĂ©oriciens et les artistes français ; peindre et Ă©voquer le spectacle lyrique
).
Enfin dans l’épilogue (chapitre 21), les auteurs soulignent combien les genres distincts au dĂ©but du siĂšcle : le grand opĂ©ra, l’opĂ©ra comique, l’opĂ©rette tendent brouiller leurs frontiĂšres, prĂ©sentant un dĂ©litement du systĂšme, d’autant plus exacerbĂ© avec l’industrialisation du spectacle et l’internationalisation de sa diffusion et de sa consommation. En complĂ©ment aux articles formant le corps des 21 chapitres, des encadrĂ©s rendent hommage aux grands interprĂštes, acteurs et chanteurs sans lesquels les compositeurs n’auraient pas trouvĂ© inspiration : y figurent entre autres les chanteurs lĂ©gendaires de la scĂšne lyrique romantique française : Caroline Branchu, NP Levasseur,JB Chollet, Laure Cinti-Damoreau, Adolphe Nourrit, Maria Malibran, CornĂ©lie Falcon, Rosine Stoltz, Pauline Viardot, CĂ©lestine Galli-MariĂ© ou Sibyl Sanderson
 Passionnant. On attend les deux prochains volumes avec impatience.

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LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. HISTOIRE DE L’OPERA français, Volume I : Du Consulat aux dĂ©buts de la IIIĂš RĂ©publique. Éditions FAYARD : Ouvrage collectif sous la direction de HervĂ© Lacombe. Format : 153 x 235 – Ean : 9782213709567 – Prix indicatif : 39 euros TTC (France) – CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2020. A venir VOL II (Du Roi Soleil Ă  la RĂ©volution), VOL III (De la Belle Époque au monde globalisĂ©)…

CD, critique. BONONCINI : Polifemo (Ensemble 1700, Dorothee Oberlinger, 2 cd DHM 2019)

polifemo bononcini ensemble 1700 CD, critique. BONONCINI : Polifemo (Ensemble 1700, Dorothee Oberlinger, 2 cd DHM 2019). EnregistrĂ© live Ă  Postdam (Sans Souci) en juin 2019, la recrĂ©ation tient d’une rĂ©vĂ©lation tant l’écriture y paraĂźt aussi peu convenue qu’expressive, Ă©conome, sachant exprimer avec une force poĂ©tique le dĂ©sarroi sentimental et le dĂ©sir souverain des individus (superbe air d’Acis : « Partir vorrei », dĂ©chirante plainte sublimĂ©e par le soprano clair de Bruno de SĂĄ, assurĂ©ment l’un des temps forts d’une partition sertie de nombreux diamants vocaux). Lui rĂ©pondent l’incandescence et la vitalitĂ© Ă©motionnelle des airs de GalatĂ©e et de Silla auxquelles les voix de Roberta Invernizzi et Roberta Mameli insufflent une vĂ©ritĂ© criante, en fĂ©minitĂ©, dignitĂ©, flexibilitĂ© articulĂ©e. L’opĂ©ra a Ă©tĂ© crĂ©Ă© en 1702 Ă  la Cour de LĂŒtzenburg, jouĂ© par des musiciens professionnels et les CLIC_macaron_2014commanditaires patriciens eux mĂȘmes musiciens dilettenti. L’action de Bononcini est dominĂ©e par ses trois diamants aigus : Acis, GalatĂ©e, Silla – trois faces irradiantes de l’amour inconditionnel auquel se heurte la rusticitĂ© plus Ă©paisse et ronflante de Polifemo (fugace air « Vanarella, pazarella »). Saluons le dĂ©frichement et la curiositĂ© de l’excellent Ensemble 1700, habile rĂ©vĂ©lateur, idĂ©alement fusionnĂ© aux langueurs sensuelles des chanteuses.

OPERA. WAGNER : LE RING de Philippe JORDAN Ă  Bastille puis Ă  Radio France

Affiche_(portrait)_Le_Ring_2020(2)OPERA. WAGNER : LE RING de Philippe JORDAN Ă  Bastille puis Ă  Radio France.  8 reprĂ©sentations du 23 nov au 6 dĂ©c 2020 Ă  Paris. Le nouveau Ring de l’OpĂ©ra national de Paris sera finalement donnĂ© Ă  l’OpĂ©ra Bastille les 23, 24, 26 et 28 novembre 2020, en version de concert. Puis l’Auditorium de Radio France accueillera les 30 novembre, 1er, 4 et 6 dĂ©cembre 2020 cette nouvelle TĂ©tralogie de Richard Wagner tant attendue Ă©galement en version de concert avec l’Orchestre et les ChƓurs de l’OpĂ©ra national de Paris sous la direction de Philippe Jordan. C’est d’ailleurs le 2Ăš cycle wagnĂ©rien pour le directeur musical (premier Ring Ă  Bastille en 2009) qui quittera ainsi ses fonctions Ă  Paris.

Informations et renseignements sur les sites www.maisondelaradio.fr et www.operadeparis.fr
 

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Autres RVS de l’OpĂ©ra National de Paris

A L’OPERA BASTILLE
Du 16 au 31 dĂ©cembre 2020, 6 reprĂ©sentations de l’opĂ©ra Carmen de Georges Bizet
Direction : KĂ©ri-Lynn Wilson / Mise en scĂšne : Calixto Bieito / Orchestre et ChƓurs de l’OpĂ©ra national de Paris
Du 4 dĂ©cembre au 2 janvier 2021, 16 reprĂ©sentations du ballet La BayadĂšre de Rudolf Noureev. Les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet de l’OpĂ©ra national de Paris.

À LA PHILHARMONIE DE PARIS
Les 16 et 17 octobre Ă  20h30 : VerklĂ€rte Nacht, op. 4 d’Arnold Schönberg et Eine Alpensinfonie, op. 64 de Richard StraussDirection : Philippe Jordan / Orchestre de l’OpĂ©ra national de Paris / Concert initialement prĂ©vu le 16 octobre Ă  l’OpĂ©ra Bastille

À L’AUDITORIUM DE RADIO FRANCE
30 novembre, 1er, 4 et 6 dĂ©cembre : Festival Ring de Richard Wagner en version concert / Direction : Philippe Jordan. Orchestre et ChƓurs de l’OpĂ©ra national de Paris

 

BRAHMS : Symphonies (Wiener Symphoniker / Ph. Jordan Live 2020 4 cd WS)

brahms symphonies ph jordan wiener symphoniker 4 cd WSO jordan critique review cd classiquenews WS021BRAHMS : Symphonies (Wiener Symphoniker / Ph. Jordan Live 2020) – Vienne a accueilli la crĂ©ation des Symphonies 2 et 3 de Brahms (Musikverein, sous la direction de Hans Richter) alors que le nĂ©o beethovĂ©nien faisait figure de champion contre les excĂšs dĂ©lirants et autobiographiques de Mahler ; la 1Ăšre est crĂ©Ă©e Ă  Karlsruhe en 1876 ; l’ultime n°4 Ă  Meiningen sous la baguette de l’auteur en 1885. Philippe Jordan a donc toute lĂ©gitimitĂ© pour sa derniĂšre saison musicale Ă  la tĂȘte de l’orchestre, de diriger les Wiener Symphoniker dont il est chef principal depuis 2014, dans quatre partitions s’inscrivant dans l’histoire de la musique viennoise. FidĂšle Ă  ses Wagner (remarquable intĂ©grale du Ring Ă  Bastille) comme Ă  ses Verdi, Jordan cultive l’équilibre et la clartĂ©, une articulation heureuse et hĂ©doniste qui façonne Brahms dans le classicisme, moins dans le romantisme. Le chef freine tout entrain excessif, toute emphase passionnĂ©e (sauf la 3Ăš Ă  notre avis trop radicale dans ses propositions : les tempi allongĂ©s finissent par Ă©paissir la texture orchestrale au dĂ©triment de l’élocution de l’écriture). Nonobstant voici une lecture au fini raffinĂ©, aux intentions rĂ©flĂ©chies (beaux dialogues entre cordes et bois) qui prolongent la rĂ©ussite de sa prĂ©cĂ©dente intĂ©grale des Symphonies de Beethoven (WS 2017), Ă©ditĂ©e pour les 250 ans de Ludwig en 2020 (coffret CLIC de classiquenews, intĂ©grĂ© dans notre grand dossier Beethoven 2020). La prise live ajoute Ă  la vivacitĂ© du propos. Coffret WIENER SYMPHONIKER / Philippe Jordan : BRAHMS : SYMPHONIES (4 cd WS Wiener Symphoniker / live recordings 2020).

COMPTE-RENDU FESTIVAL. LISBONNE, VERAO CLASSICO 2020 : Ă  l’Ă©cole de l’excellence musicale

verao classico lisboa lisbonne festival presentation classiquenews 2015COMPTE-RENDU FESTIVAL. LISBONNE, VERAO CLASSICO 2020. Le pianiste Filipe Pinto-Ribeiro, malgrĂ© la crise sanitaire, confirme un talent rare pour le partage et la cĂ©lĂ©bration collective. En tĂ©moigne la nouvelle Ă©dition de son festival VERAO CLASSICO Ă  Lisbonne, festival et acadĂ©mie, qui s’est tenu du 26 juil au 4 aoĂ»t 2020. A noter que Filipe Pinto-Ribeiro fera bientĂŽt paraĂźtre un nouveau disque avec son ensemble DSCH – Ensemble Chostakovitch dĂ©diĂ© aux Trios pour clarinette, violoncelle et piano de Beethoven avec le clarinettiste prodige Pascal MoraguĂšs (familier du Festival Ă  Lisbonne), le violoncelliste Adrian Brendel  (nouveautĂ© annoncĂ©e chez PARATY, Ă  l’automne 2020). Ce nouveau disque succĂšde Ă  leur prĂ©cĂ©dent, Ă©galement Ă©ditĂ© par Paraty et consacrĂ© Ă  l’intĂ©grale de la musique pour cordes et piano de Chostakovitch (une somme de rĂ©fĂ©rence qui avait convaincu la RĂ©daction de classiquenews / Coffret Ă©vĂ©nement, CLIC de CLASSIQUENEWS 2018, Ă©lu meilleur cd de l’annĂ©e 2018).

 
 
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 Le pianiste Filipe Pinto-Ribeiro, fondateur de Verao Classico (DR)

 
 

VerĂŁo Classico (« l’étĂ© Classique ») rĂ©sonne comme un baume contre le silence et l’isolement imposĂ©s par la pandĂ©mie de la covid19. GrĂące Ă  Filipe Pinto-Ribeiro, Ă©lĂšves et maitres Ă©changent, expĂ©rimentent, approfondissent pour le plus grand plaisir des festivaliers, lesquels en tĂ©moins privilĂ©giĂ©s peuvent suivre pas Ă  pas les Ă©tapes du jeu individuel, comme les dĂ©lices du partage musical car le soir les concerts mĂȘlant talents aguerris et jeunes tempĂ©raments se confrontent aux dĂ©fis du jeu collectif et chambriste. Une expĂ©rience autant passionnante pour les spectateurs que les musiciens. Cette Ă©dition revĂȘt une forme nouvelle, rayonnant Ă  Lisbonne et pas seulement au Centro Cultural de BelĂ©m qui jusque lĂ  Ă©tait son lieu ordinaire. Le ThĂ©Ăątre Thalia, dĂ©pendance du Palais du Conte de Farrobo, comme le Palais des Marquis de Fronteira (et ses remarquables azulejos du XVIIIĂš, offrent aux musiciens qui y proposent concerts et masterclasses, deux Ă©crins de prestige. En plus d’ĂȘtre une remarquable pĂ©piniĂšre de jeunes artistes, encadrĂ©s par des solistes chevronnĂ©s, VerĂŁo Classico est dĂ©sormais une nouvelle destination Ă  haute valeur patrimoniale.
Les 10 jours affichent ainsi un travail permanent, le dĂ©sir partagĂ© du dĂ©passement, la quĂȘte du plaisir, de l’excellence et de la complicitĂ©. Les professeurs invitĂ©s par Filipe Pinto-Ribeiro sont tous des solistes confirmĂ©s, pĂ©dagogues recherchĂ©s, offrant aux 200 Ă©lĂšves prĂ©sents cette annĂ©e, l’occasion unique de parfaire encore et toujours leurs aptitudes instrumentales. Tout le temps de leur sĂ©jour lisboĂšte, les musiciens proposent au public, un bain stimulant et rĂ©confortant, de musique ; une pause dans cet Ă©tĂ© de tous les dĂ©fis, vĂ©ritable issue qui se profile telle une Ă©vasion libĂ©ratrice.

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Masques portĂ©s, distanciation respectĂ©e, les sĂ©ances de travail et les concerts se succĂšdent Ă  un rythme continu. Pour comprendre le dĂ©roulement du Festival, mesurer le bĂ©nĂ©fice des masterclasses et l’enjeu des concerts en public, VOIR ici notre grand reportage vidĂ©o VERAO CLASSICO 2017 : https://www.youtube.com/watch?v=e5-wZl-dfZA

Au ThĂ©Ăątre Thalia, le concert Masterfest du 31 juillet 2020 Ă©tait Ă  la hauteur des attentes, emblĂ©matique du niveau d’excellence des professeurs. Ainsi les Ă©lĂšves et le public pouvaient Ă  loisir se dĂ©lecter de leur facilitĂ©, en complicitĂ© et sensibilitĂ©. Le piano d’Eldar Nebolsin, tendu, ivre, interrogatif (Fantasia, op. 77 de Beethoven) ; la flĂ»te enchanteresse, Ă©vanescente, jouĂ©e depuis la coulisse d’Emily Beynon (Syrinx de Debussy). Les trios se sont enchaĂźnĂ©s, tous allusifs et subtilement contrastĂ©s : Deux PiĂšces de Bruch (RamĂłn Ortega, hautbois / Kyril Zlotnikov, violoncelle / Eldar Nebolsin, piano) ; puis, Contrastes de Bartok (Pascal MoraguĂšs, clarinette / Jack Liebeck, violon / Filipe Pinto Ribeiro, piano). La voix Ă©tait prĂ©sente grĂące au duo des Ă©poux Ă  la ville : Anna Samuil, soprano et Matthias Samuil, piano, dĂ©licatement dĂ©diĂ©s au chant profond, intĂ©rieur de l’ñme russe telle qu’elle irradie Ă  travers les Trois chansons de Tchaikovski. Enfin, comme une conclusion heureuse Ă  cette fĂȘte du partage et de l’éloquente complicitĂ©, le Quatuor avec piano de Schumann opus 47 a conclu ce prodigieux programme : Jack Liebeck, violon / Miguel Da Silva, alto / Frans Helmerson, violoncelle / Filipe Pinto Ribeiro, piano. Tous expriment la lyre tendre et ardente d’un Schumann aussi passionnĂ© qu’inquiet et interrogatif : un hymne Ă  l’éblouissante Ă©nergie portĂ©e Ă  4 instrumentistes totalement fusionnĂ©s. Photos : Rita Carmo.

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PLUS D’INFOS sur le site de VERAO CLASSICO : https://www.veraoclassico.com

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Approfondir

 

REPORTAGE VIDEO 2017

VERAO-CLASSICO-gary-hofmann-masterclass-lisbonne-critique-par-classiquenews-2017Reportage vidĂ©o du Festival et AcadĂ©mie VERAO CLASSICO Ă  Lisbonne : prĂ©sentation, fonctionnement, missions Ă  l’occasion de l’édition de l’étĂ© 2017. Un festival unique en Europe, favorisant l’expĂ©rience du jeu soliste et chambriste pour tous les musiciens soucieux de perfectionner leur approche et leur comprĂ©hension des rĂ©pertoires
 Les jeunes Ă©tudiants y suivent les masterclasses des plus grands solistes actuels, partenaires familiers de concerts de musique de chambre
 Entretien avec Filipe Pinto-Ribeiro, pianiste et fondateur de l’évĂ©nement musical portugais / Prof. Filipe Pinto-Ribeiro (Portugal) Piano – Artistic and Pedagogical Director ; avec Gary Hoffman, violoncelliste, 
— rĂ©alisation : Philippe Alexandre PHAM – © studio CLASSIQUENEWS.TV 2017
https://www.youtube.com/watch?v=e5-wZl-dfZA

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LIRE aussi notre compte rendu du Festival et AcadĂ©mie VERAO CLASSICO 2017, ” fleuron des nouveaux festivals de musique de chambre ” : … “ Qu’est-ce qui fait aujourd’hui un bon festival de musique de chambre ? Evidemment la qualitĂ© des instrumentistes invitĂ©s, la diversitĂ© et le rythme de l’expĂ©rience musicale Ă  destination du public 
 et peut-ĂȘtre surtout comme ici Ă  Lisbonne, le dĂ©sir de renouveler et d’enrichir le genre. A toutes ces questions primordiales, le directeur artistique de l’évĂ©nement et pianiste Filipe Pinto-Ribeiro a trouvĂ© les rĂ©ponses, mais il va plus loin… “.

http://www.classiquenews.com/compte-rendu-festival-lisbonne-verao-classico-1er-au-10-aout-2017-festival-et-academie-au-portugal/

 

 

 

 

CD, opĂ©ra, Ă©vĂ©nement. SAINT-SAËNS: Le timbre d’argent (Roth, 2 cd P Bru Zane, 2017)

saint-saens-timbre-argent-roth-cd-critique-opera-review-opera-classiquenews-les-siecles-FX-RothCD, opĂ©ra, Ă©vĂ©nement. SAINT-SAËNS: Le timbre d’argent (Roth, 2 cd P. Bru Zane, 2017). Perle lyrique du Romantisme français : premier opĂ©ra de Camille Saint-SaĂ«ns, Ă©crit en 1864-65, Le Timbre d’argent renaĂźt ainsi par le disque et mĂ©rite la timbale d’or. Tout le mĂ©rite en revient au chef et Ă  son orchestre sur timbres d’époque : François-Xavier Roth et ses « SiĂšcles ». Venu tard Ă  l’opĂ©ra, Camille compose la mĂȘme annĂ©e, Samson et Dalila, son plus grand succĂšs encore actuel, et Le Timbre d’argent, totalement oubliĂ© depuis 1914. Entre romantisme et fantastique, l’action relĂšve de Faust et de Pygmalion Ă  l’époque du wagnĂ©risme triomphant. Pourtant Saint-SaĂ«ns rĂ©invente l’opĂ©ra romantique français avec une verve et un imaginaire inĂ©dit, qui se moque des conventions et apporte une alternative exemplaire aux contraintes du temps. Le compositeur use de collages, multiplie les clichĂ©s dĂ©calĂ©s, en orfĂšvre Ă©rudit.

Peintre sans le sou, Conrad est amoureux de la femme qu’il a peinte : une danseuse qui l’obsĂšde ; il est sauvĂ© grĂące Ă  l’entremise d’un mĂ©decin qui lui apporte une sonnette enchantĂ©e (le timbre d’argent) : celle ci lui apporte richesse et fortune, et rĂ©soud ses problĂšmes. Mais Ă  chaque tintement sollicitĂ©, un proche meurt
 Cette providence vaut-elle les morts qu’elle provoque ? Ne serait-ce pas un tour diabolique ? Conrad comme Hofmann chez Offenbach, ne serait-il pas la proie d’un enchantement malĂ©fique oĂč amour rime avec mort ?
Entre rĂȘve et cauchemar, illusion et dĂ©lire, le drame profite d’un traitement orchestral flamboyant (superbe ouverture dĂ©veloppĂ©e), imaginatif et hautement dramatique qui souligne le gĂ©nie de Saint-SaĂ«ns Ă  l’opĂ©ra. Comme toujours les pseudos puristes cibleront la mosaĂŻque mal unifiĂ©e, la disparitĂ© des assemblages qui asocient chanson Belle Epoque et pastiches nĂ©o opĂ©ratiques. Mais l’intelligence de Saint-SaĂ«ns se dĂ©voile justement dans cette audace protĂ©iforme. Un pied de nez aux usages qui ont assĂ©chĂ© le genre lyrique.
L’orchestre saisit la singularitĂ© sombre et poĂ©tique d’une partition qui s’inscrit idĂ©alement, jalon dĂ©sormais essentiel entre le Faust de Gounod (1859) et les prochains Contes d’Hoffmann d’Offenbach (1881). L’éclectisme dramatique de Saint-SaĂ«ns recycle maintes influences et produit du neuf et de l’inĂ©dit. L’engagement du chƓur, la caractĂ©risation des CLIC D'OR macaron 200chanteurs emportĂ©s par l’acuitĂ© expressive du chef, qui sait exploiter la richesse des timbres historiques de son orchestre
 font ici merveille. Voici avec Ascanio, rĂ©cemment rĂ©vĂ©lĂ© par le disque aussi (LIRE notre critique d’ASCANIO, 1890 / Cd ” CLIC de CLASSIQUENEWS “, oct 2018,  3 cd B records / Tourniaire), un pur chef d’oeuvre de l’opĂ©ra romantique français, enfin rĂ©vĂ©lĂ©. Aux cĂŽtĂ©s de Masenet, la carrure de Saint-SaĂ«ns ressurgit enfin. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2020.

SAINT-SAËNS: Le timbre d’argent / OpĂ©ra en quatre, livret de Jules Barbier et Michel CarrĂ©. ComposĂ© en 1864, crĂ©Ă© au ThĂ©Ăątre-Lyrique le 23 fĂ©vrier 1877 - version complĂšte de 1914

Conrad : Edgaras Montvidas
HĂ©lĂšne : HĂ©lĂšne Guilmette
Spiridion : Tassis Christoyannis
Bénédict : Yu Shao
Rosa : Jodie Devos

ChƓur Accentus / Les Siùcles / François-Xavier Roth, direction.

 

 

LIRE aussi notre critique CD ASCANIO de Camille Saint-SaĂ«ns, 1890 par Guillaume Tourniaire – coffret opĂ©ra CLIC de CLASSIQUENEWS d’oct 2018

CD, événement, critique. Johan Farjot : Childhood (1 cd Klarthe records)

KLA100couv_lowCD, Ă©vĂ©nement, critique. Johan Farjot : Childhood (1 cd Klarthe records). Jazzman, fĂ©ru de culture amĂ©ricaine, Johan Farjot a rĂ©uni dans ce programme plusieurs amis et partenaires instrumentistes ; entre autres des complices familiers de son propre ensemble Contraste. Pour ce premier cd monographique, le compositeur prĂ©sente 13 piĂšces plutĂŽt courtes en un plan Ă©quilibrĂ© oĂč la pensĂ©e musicale se rĂ©vĂšle Ă©conome, opĂ©rant par formes condensĂ©es et sans dilution. Farjot offre plusieurs solos aux instruments, leur rĂ©servant pour chacun de superbes fenĂȘtres expressives et lyriques, d’un essor digital non feint, qui permet une acuitĂ© assumĂ©e, heureuse
 c’est le cas du solo pour clarinette (« Skyscapers »: belle vivacitĂ© crĂ©pitante), de « Carmen d’Escale » pour violon, et surtout « Nuit d’Adieu » pour alto, mĂ©ditation qui accompagne la mort d’un ami, tout d’une plĂ©nitude assagie, suspendue (dernier Ă©pisode du programme).

RĂ©flĂ©chi et riche en climats intimes, le programme est une sorte d’introspection personnelle, un arrĂȘt sur image au mi temps d’une vie, d’oĂč le titre de la plage 7, emblĂ©matique
 : « nel mezzo del cammin » / au milieu du chemin ; d’aprĂšs les premiers vers de la Divine comĂ©die de Dante (Chant 1 de l’Enfer), c’est une exaltation Ă  deux voix, comme deux fĂ©es qui proclament, sereines mais dĂ©terminĂ©es. Les 3 haikus tĂ©moignent eux aussi d‘un goĂ»t sĂ»r pour le dĂ©veloppement mesurĂ©, la connaissance de chaque timbre et l’ambitus expressif que l’association de plusieurs, permet d’explorer. Ils sont tous constituĂ©s de 44 mesures
 rĂ©fĂ©rence discrĂšte Ă  l’ñge mĂȘme du compositeur.

Pas Ă  pas ce dernier y affirme une fascination pour ce temps et ce sentiment de l’enfance, insouciance, innocence qui inscrivent son travail dans le sillon des Français (Debussy, surtout Maurice Ravel
), d’oĂč le titre de l’album (” Chilhood ” » / enfance). Il le dit lui-mĂȘme : alors que nous vivons en permanence hyperconnectĂ©s, dans un flux divertissant continu, le temps musical renoue avec l’essence de l’ñme, un temps psychologique sans enjeux oĂč le temps suspendu, retrouvĂ©, renoue avec cet ennui primordial (du temps de l’enfance) porteur d’une quĂȘte infinie, laquelle inspire aujourd’hui le compositeur. Mais c’est une nostalgie heureuse et intime qui s’accomplit ici. Et justement « Childhood 1 » (en ouverture), avec le pianiste et compositeur Karol Beffa convoque ce temps suspendu de l’enfance vĂ©cue, Ă  nouveau espĂ©rĂ©e.
CLIC D'OR macaron 200Le Quatuor s’invite aussi, dans « Molly’s Song » pour violon, alto, violoncelle et piano, alternant des plages d’un dramatisme mordant, Ăąpre, et courtes pauses d’un oubli plus apaisĂ©. L’écriture se joue de ce rapport contrastĂ© de sĂ©quences, fort en oppositions, quand tout s’achĂšve dans un murmure Ă©nigmatique, interrogatif. Pour ensemble de saxophones (ici l’ensemble Saxo Voce sous la direction du compositeur), « New York City » dĂ©roule comme des rubans riches en Ă©chos et vagues suaves, les timbres voluptueux des cuivres en une Ă©vocation bienheureuse de la City.‹ D’un spectre plus dense encore et pour un large effectif, « Sea Shanties » permet Ă  Johan Farjot de diriger son ensemble Contrastes, explorant des zones d’ombres, de demi teintes d’oĂč Ă©merge le chant comme dĂ©calĂ© du piano, du violoncelle, de la clarinette. Et comme un formidable baisser de rideau, pour conclure en suggestion tĂ©nue, « Nuit d’adieu » superbement investi par l’alto d’Arnaud Thorette, un complice de longue date, touche en son dĂ©nuement viscĂ©ral et sincĂšre.
 

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CD événement, critique. JOHAN FARJOT : CHILDHOOD (1 cd Klarthe records)

https://www.klarthe.com/index.php/fr/enregistrements/childhood-detail

 

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programme du cd « Chilhood » :

 

 

 

Childhood 1
Karol Beffa, piano

HaĂŻku 1
Karine Deshayes, mezzo-soprano / David Bismuth, piano

Molly’s Song
Hugues Borsarello, violon / Arnaud Thorette, alto
Antoine Pierlot, violoncelle / JĂ©rĂŽme Ducros, piano

Pater Noster
Paco Garcia et Martin Candela, ténors
Igor Bouin et Olivier Gourdy, barytons

New York City
Ensemble Saxo Voce / Johan Farjot, direction /
Thibaut Canaval et KĂ©vin Le Mareuil, saxophones soprano
Mary Osborn et Zephania Lascony, saxophones alto
Anne-Cornélia Détrain et Stéfane Laporte, saxophones ténor
Christophe Boidin et Malo Lintanf, saxophones baryton

Carmen d’escale
GeneviĂšve Laurenceau, violon

Nel mezzo del cammin
Amélie Raison, soprano / Ambroisine Bré, mezzo-soprano
Mathilde Borsarello, violon 1 / Bleuenn Le Maitre, violon 2
Arnaud Thorette, alto / Antoine Pierlot, violoncelle

HaĂŻku 2
Ambroisine Bré, mezzo / Arnaud Thorette, alto

Skyscrapers
Pierre GĂ©nisson, clarinette

Childhood 2
Raphaël Imbert, saxophone / Guillaume Cornut, piano

Sea Shanties
Ensemble Contraste
Arnaud Thorette, alto / Jean-Luc Votano, clarinette / Johan Farjot, piano

HaĂŻku 3
Paco Garcia et Martin Candela, ténors / Igor Bouin et Olivier Gourdy, barytons
Johan Farjot, piano et direction

Nuit d’Adieu
Arnaud Thorette, alto

 

 

 

VIDÉO

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Johan Farjot joue Chilhood 1 (piano) :

 

 

 

 

 

 

CD Ă©vĂ©nement, critique. TALISMAN : Ɠuvres de Karol Beffa (1 cd Klarthe records)

beffa karol talisman cd klarthe records critique review cd critique classiquenews annonce CLIC classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. TALISMAN : Ɠuvres de Karol Beffa (1 cd Klarthe records) – C’est une maniĂšre d’anthologie dĂ©lectable, car ce remarquable programme dĂ©montre l’étendue des capacitĂ©s compositionnelles du Français (d’origine polonaise) Karol Beffa. On y relĂšve dans le mode tonal assumĂ© et rĂ©jouissant, les affinitĂ©s Ă©lectives qui nourrissent un parcours crĂ©atif singulier et personnel : Bartok, Ravel et son homologue en Pologne Karol Szymanowski et Lutoslawski. Mais aussi Berg, Dutilleux, Ligeti
 Chez Beffa, la matiĂšre sonore s’illumine de l’intĂ©rieur, dĂ©roulant une somptueuse opportunitĂ© pour les instruments de briller dans la profondeur, jamais dans l’artifice
 Ce ne sont pas les piĂšces rĂ©unies dans ce programme qui nous contrediront, tant la sensibilitĂ© poĂ©tique de Karol Beffa conduit l’orchestre Ă  explorer toujours plus loin le caractĂšre et l’atmosphĂšre de climats inĂ©dits. On y dĂ©cĂšle pour notre part le goĂ»t de la texture orchestrale apte Ă  suggĂ©rer et caractĂ©riser, cette mĂȘme fascination du sombre et du grave qui fait aussi l’inspiration majeure de Philippe Hersant.

FĂ©ru de littĂ©rature comme de poĂ©sie, Karol Beffa se montre inspirĂ© par la prose flamboyante et onirique de l’Argentin Borges dont les Ruines Circulaires (2002) produisent in fine la partition qui ouvre ce programme de 5 piĂšces. Le compositeur s’approprie la figure du sorcier dĂ©miurge prĂȘt Ă  crĂ©er un nouvel ĂȘtre capable des mĂȘmes pouvoirs pour l’imaginaire
 Ainsi si son “fils” naĂźt de ses propres rĂȘves, le Sorcier reçoit la rĂ©vĂ©lation de ses propres origines par le dieu du feu qui en Ă©lectrisant sa crĂ©ature, l’a rendu vivante ; mais il l’a initiĂ© au secret de ses origines : lui-mĂȘme (le Sorcier) n’est que l’image vivante d’un rĂȘve rĂ©pliquĂ© ; son immortalitĂ© montre qu’il n’a rien de mortel ni de naturel
 Beffa plonge dans la matiĂšre suspendue du fantasme ; semble exprimer jusqu’aux attentes intimes du Sorcier-dieu, Ă©tirant l’espace et le temps, en une texture suave, dense, Ă©nigmatique. On y perçoit l’hommage au Wagner de Tristan, au Debussy de PellĂ©as ; la musique y pense et suggĂšre ; rien n’y est description mais plutĂŽt passage, mĂ©tamorphose
 de l’étoffe des rĂȘves justement. D’autant plus perceptible et tactile grĂące ici Ă  la sensibilitĂ© des instrumentistes du Philharmonique de Radio France, en particulier les cordes. Mais Ă  notre avis, le chef aurait pu jouer davantage sur la transparence, en intensifiant tout autant la charge dramatique.

Bel effet de transition avec Talisman de 2018, qui associe la clarinette et un trio pour cordes et piano. La piĂšce donne le titre de l’album : le premier mouvement (“MystĂ©rieux”) prolonge l’ambiance enivrĂ©e, mystĂ©rieuse – inquiĂ©tante des Ruines circulaires. MĂȘme si Beffa qualifie la piĂšce de sombre et mĂȘme de « sinistre » (cf l’esprit des ruines), les interprĂštes savent en dĂ©duire lĂ  encore un rayonnement subtil (palpitant mĂȘme dans le dialogue d’une frĂ©missante texture du second volet intitulĂ© « Contemplatif ») ; ils dĂ©ploient une soie Ă©nigmatique dans les deux morceaux extrĂȘmes, enveloppant le volet central, plus agitĂ© et dramatique. Y dialoguent entre autres, la sombre facĂ©tie de la clarinette aux lueurs scintillantes, qui se dĂ©robent toujours -, et le violon d’une idĂ©ale acuitĂ© expressive, tandis que le piano martĂšle comme un rictus dĂ©moniaque, le tĂ©nĂ©brisme, intranquille et indĂ©fectible du morceau.

Destroy (2006) illustre idĂ©alement la poĂ©tique de Beffa dans la seule texture des cordes (ici la piĂšce est Ă©crite pour quatuor Ă  cordes et piano), animĂ©e par une pulsion rythmique inĂ©luctable qui semble avancer dans le vide et inspirer au violon, une amplification frĂ©nĂ©tique jusqu’à la transe, suivi par le piano qui laisse in fine l’auditeur comme extĂ©nuĂ©, dĂ©concertĂ©. Superbe sensation de vertige ou d’apesanteur sonore en une danse syncopĂ©e qui aurait perdu tout repĂšre. Avec le compositeur au piano, l’Ɠuvre bĂ©nĂ©ficie d’une assise et d’une motorique, impeccables.

CLIC_macaron_2014Beau contraste avec l’ñpretĂ© glaçante, elle aussi pourtant dans le sombre le plus criard de Tenebrae (aux langueurs Ă©tales Ă©nigmatiques dans la seconde partie « Douloureux »); mais tout s’enchaĂźne dans l’ambitieuse piĂšce finale, Le Bateau ivre, partition rĂ©cente de 2017, lĂ  encore inspirĂ©e par la littĂ©rature et la poĂ©sie ; et quelle poĂ©sie, en dĂ©lire et hallucinations du divin Rimbaud, faiseurs de paysages et de rĂ©vĂ©lations inouĂŻs ; Karol Beffa exprime le cheminement de la nef, en sa course de plus en plus chahutĂ©e ; ses Ă©clairs colorĂ©s, ses aspirations perdues. Tout un monde vacillant entre poĂ©sie contrĂŽlĂ©e et folie affleurante. La transition avec le second volet de Tenebrae est idĂ©ale tant le dĂ©but du Bateau semble une amplification orchestrale du climat de « Douloureux » ; la musique au delĂ  des mots ; Beffa semble y dĂ©ployer les mille et une nuances du dĂ©sespoir le plus abyssal, le plus indicible, au violon solo, dans un ciel chargĂ© de nimbes et miroitements Ă©perdus ; le colorisme s’y dĂ©verse et s’électrise avec un raffinement inouĂŻ ; bel accomplissement orchestral, en Ă©cho de la premiĂšre piĂšce de 2002, soit 15 ans plus ancienne, Les Ruines Circulaires. Le National de France s’enivre, entre voluptĂ© et inquiĂ©tude ; il semble plonger dans le coeur d’un tĂ©nĂ©brisme, traversĂ© d’éclairs et de brillances inĂ©dites, en un continuum et une course Ă©chevelĂ©e, inĂ©luctable dont le climax progressif Ă©gale la transe du bolĂ©ro ravĂ©lien : sa radicale saturation ; le dernier chant / cri d’un orchestre finalement libĂ©rĂ©. Magistral.

 

 

 

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CD Ă©vĂ©nement, critique. TALISMAN : Ɠuvres de Karol Beffa (1 cd Klarthe records)

1. Les Ruines circulaires (2002)
Orchestre philharmonique de Radio France, dir. Pascal Rophé

Talisman (2018)
Sanja Bizjak (piano), Patrick Messina (clarinette),
Lyodoh Kaneko et Young-Eun Koo (violon),
Allan Swieton (alto), MarlĂšne RiviĂšre (violoncelle)
2. Mystérieux
3. Contemplatif
4. Secco
5. Lent

6. Destroy (2006)
Quatuor Renoir et Karol Beffa (piano) – live recording

Tenebrae (2018)
Gustav Villegas (flûte), Guillaume Chilemme (violon),
LĂ©a Hennino (alto), Victor Julien-LaferriĂšre (violoncelle)
7. Sombre
8. Douloureux

9. Le Bateau ivre (2017)
Orchestre national de France, dir. Alain Altinoglu – live recording

 

 

 

ENTRETIEN AVEC KAROL BEFFA

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beffa karol talisman cd klarthe records critique review cd critique classiquenews annonce CLIC classiquenewsENTRETIEN avec Karol Beffa, compositeur. L’éditeur Klarthe records dĂ©die un nouvel album (intitulĂ© « Talisman ») aux mondes poĂ©tiques du compositeurs KAROL BEFFA, peintre et alchimiste de climats d’un rare souffle suggestif. En format orchestral ou chambriste, les 5 piĂšces rĂ©centes constituent ainsi une nouvelle anthologie majeure ; elles tĂ©moignent d’une sensibilitĂ© Ă  part. Entre “Clouds” et “Clocks”, onirisme et fureur, le compositeur dĂ©voile certains secrets de fabrication, particuliĂšrement inspirĂ© par les poĂštes et les Ă©crivains dont Borges
 Aujourd’hui, Karol Beffa rĂ©flĂ©chit Ă  ce qui pourrait ĂȘtre un prochain opĂ©ra, et il compose pour l’horizon 2021, un « Tombeau » pour chƓur et orchestre, afin de cĂ©lĂ©brer le 200 Ăšme anniversaire de la mort de NapolĂ©on. Explications, Ă©claircissements Ă  propos de l’envoĂ»tement qui naĂźt Ă  l’écoute du programme « Talisman » 
 Propos recueillis en avril 2020 / LIRE notre entretien complet avec Karol Beffa

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

APPROFONDIR

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Précédent cd de Karol Beffa critiqué sur CLASSIQUENEWS

 

CD, critique. “CREATIONS” : QUATUOR VENDOME. Bacri, Beffa, Escaich, Connesson
 (1 cd Klarthe records (2011-2016). Feux d’artifice de Karoll Beffa

http://www.classiquenews.com/can-critique-creations-quatuor-vendome-bacri-beffa-escaich-connesson-1-cd-klarthe-records-2011-2016/

 

CD, critique. Karol Beffa : Into the dark (Constraste, 1 cd ApartĂ© 2013). L’ensemble Contraste (pilotĂ© par Johan Farjot) signe un album monographique dĂ©diĂ© Ă  l’écriture crĂ©pusculaire et savamment ombrĂ©e du compositeur franco-suisse Karol Beffa (nĂ© en 1973), C’est avec Thierry Escaich et Philippe Hersant sans omettre Philippe Manoury, l’un des compositeurs les mieux inspirĂ©s d’aujourd’hui, dont l’accessibilitĂ© des Ɠuvres rend l’idĂ©e mĂȘme de musique contemporaine, fraternelle, humaine, souvent enivrante

http://www.classiquenews.com/cd-karol-beffa-into-the-dark-constraste-1-cd-aparte-2013/

 

 

Prédécent livre de Karol Beffa critiqué sur CLASSIQUENEWS

 

LIVRE événement. KAROL BEFFA : Diabolus in opera (éditions Alma nuvis).

http://www.classiquenews.com/ddd/

 

 

 

ligeti gyorgy par karol beffa editions fayard critique compte rendu annonce Classiquenews9782213701240-001-X_0Livre Ă©vĂ©nement. Compte rendu critique : György Ligeti par Karol Beffa (Editions Fayard). Le texte plus chronologique que biographique s’attache surtout Ă  rĂ©vĂ©ler la profonde unitĂ© et cohĂ©rence d’un Ɠuvre ordinairement estimĂ© comme Ă©clectique, expĂ©rimentale, souvent inabouti du fait mĂȘme de son incessante et continue quĂȘte structurelle. Toute la pensĂ©e de György Ligeti (1923-2006) reste un questionnement ontologique qui interroge la finalitĂ© mĂȘme de la musique et le sens de sa forme transitoire. Et ce n’est certainement pas les entretiens citĂ©s par fragments ou celui intĂ©grĂ© en fin d’ouvrage (Ă©ditĂ© pour partie dans la revue Commentaire en 2006) qui Ă©claire et Ă©lucide le « cas Ligeti »  bien au contraire. L’intelligence et la sensibilitĂ© suprĂȘme du compositeur l’auront prĂ©servĂ© malgrĂ© une adolescence marquĂ©e par l’exil, hors de sa Transylvanie natale, puis la guerre et ses horreurs inoubliables
 LIRE notre critique complĂšte de la bio LIGETI par Karol Beffa : http://www.classiquenews.com/livre-evenement-compte-rendu-critique-gyorgy-ligeti-par-karol-beffa-editions-fayard/

 

 

 

 

 

Compte rendu de concert :

COMPTE-RENDU, critique récital. ENGHIEN LES BAINS, le 13 av 2019. Tristan Pfaff / CD critique (Ad Vitam) / 3 études de Karol Beffa

 

http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-recital-enghien-les-bains-le-13-av-2019-tristan-pfaff-cd-critique-ad-vitam/

 

 

Opéra chez soi, ballets à la maison, concerts en direct


NOUS Y ÉTIONS...OpĂ©ra chez soi, ballets Ă  la maison, concerts en direct
 En quelques semaines (depuis la mi mars), confinement oblige, internet est devenu le seul accĂšs Ă  la culture, sous condition que les acteurs habituels, empĂȘchĂ©s Ă  prĂ©sent, diffusent sur leur site spĂ©cifique leurs propres contenus. L’offre s’est Ă©largie ; elle ne cesse de s’enrichir mĂȘme et les maisons d’opĂ©ras et de danse, les institutions d’Europe les plus diverses (orchestres, salles de concerts, festivals
) mettent en ligne leurs fonds vidĂ©o, certains en streaming et selon les acteurs, sur une durĂ©e plus ou moins limitĂ©e. Classiquenews vous propose ici sa sĂ©lection des meilleurs sites et programmes annoncĂ©s. Certains jouent la carte du live, offrant de rĂ©els instants uniques dont feu et fragilitĂ© renouvellent l’esprit du partage, comme une alternative concrĂšte Ă  l’interdiction dĂ©sormais de se regrouper dans les salles
 (voir ci aprĂšs, les concerts live du cycle « Aux notes citoyens », initiĂ© par le Festival 1001 notes).
De quoi alimenter notre curiositĂ©, stimuler l’évasion et conjurer autant qu’il se peut les mĂ©faits de l’enfermement obligĂ©. Nous ajoutons aussi les perles du net soit les programmes disponibles ordinairement accessibles sur la toile… Bon confinement, prenez soin les uns des autres et restez chez vous !

 

 

 

 

 

 

opéra

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NOTRE PALMARES. Notre TOP 5 des meilleures productions / propositions lyriques  à voir et revoir sur le NET :

 

1PARSIFAL Ă  l’OpĂ©ra de Palermo / Graham Vick, mise en scĂšne. Avec l’exceptionnelle et captivante Kundry de Catherine Hunold. Lire prĂ©sentation ci-aprĂšs.

2  -   ELEKTRA, Salzbourg 2020 : “Volcan Orchestral, lave vocale”… Si la mise en scĂšneSalzbourg 2020 : Somptueuse Elektra pour le centenaire de Wrlikowski ne sĂ©duit pas vĂ©ritablement, en revanche l’intensitĂ© des voix surtout l’Elektra hallucinĂ©e, dĂ©truite, embrasĂ©e de la soprano Ausrine Stundyte assure Ă  cette nouvelle production, un Ă©clat indiscutable. Belle rĂ©ussite pour l’Ă©dition du Festival de Salzbourg 2020 celle des 100 ans. LIRE notre critique de l’opĂ©ra ELEKTRA Salzbourg 2020

3TURANDOT Ă  la Scala de Milano / Nikolaus Lehnoff / Riccardo Chailly. Avec Nina Stemme dans le rĂŽle titre. Outre l’imaginaire flamboyant expressionniste des dĂ©cors et des costumes, la version retenue est celle achevĂ©e par Berio, une fin trĂšs rĂ©ussie. Lire prĂ©sentation ci-aprĂšs. Lire prĂ©sentation ci-aprĂšs.

4 - L’ETOILE par l’Atelier Lyrique de Tourcoing (fĂ©vrier 2020). L’opĂ©ra poĂ©tique, dĂ©jantĂ© de Chabrier, si admirĂ© de Ravel, est remarquablement dĂ©fendue dans cette production efficace et vivace qui rĂ©unit une trĂšs solide Ă©quipe de solistes (Kossenko). Lire prĂ©sentation ci-aprĂšs.

5 – GÖTTERDÄMMERUNG / Le CrĂ©puscule des Dieux de Wagner Ă  La Scala de Milano. D’emblĂ©e c’est surtout la direction passionnante, d’un tragique soyeux, souterrain, viscĂ©ral de Daniel Barenboim que nous saluons ici : son geste creuse les perspectives psychiques qui pilotent chaque personnage. Les interludes orchestraux sont bouillonnants et significatifs, d’un dramatisme  sinueux et profond (Ă©coutez, outre l’ouverture, l’introduction Ă  Brunnhilde Ă  1h22mn45 – acte I) : visionner ici Le CrĂ©puscule des Dieux de Wagner par Daniel Barenboim :
https://www.raiplay.it/video/2020/03/Gtterdmmerung-676242e5-0d3e-4010-a056-66b4d801248e.html

 

6 – HĂ©rodiade de Massenet Ă  l’OpĂ©ra de SAINT-ETIENNE (2001) – le grand opĂ©ra français avec ballets s’illustre en caractĂšres orientaux et bibliques, mais aussi sous le feu de l’amour de la jeune SalomĂ© pour le prophĂšte Jean… Production ambitieuse et rĂ©alisĂ©e avec honnĂȘtetĂ© – en replay jusqu’Ă  la reprise des spectacles Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne… PrĂ©sentation ci dessous / Voir la production ici: https://www.saint-etienne.fr/actualites/hĂ©rodiade-opĂ©ra-en-4-actes-7-tableaux

 

 

 

 

 

 

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Massenet : Hérodiade (1881) / Opéra de SAINT-ETIENNE, 2018

Herodiade-opera-saint-etienne-pichon-ossonce-critique-opera-classiquenewsInspirĂ© des 3 Contes de Flaubert, HĂ©rodiade de Massenet, entre fresque historique et biblique et huis clos psychologique, aborde le mythe oriental avec une sensualitĂ© ardente et passionnĂ©e. L’auteur de Werther ou de ThaĂŻs et Manon, offre un rĂŽle puissant pour HĂ©rodiade (mezzo-soprano), amoureuse d’HĂ©rode Philippe mais hantĂ©e par le souvenir de sa fille perdue, Salomé  l’orientalisme biblique (l’action se dĂ©roule Ă  JĂ©rusalem en JudĂ©e) est une alternative au wagnĂ©risme alors omniprĂ©sent en Europe et en France au dĂ©but des annĂ©es 1880. Massenet aborde le genre du grand opĂ©ra avec ballet (danse babylonienne, dĂ©but du II, dans le palais d’HĂ©rode, quand le roi s’enivre au dĂ©sir de possĂ©der la jeune SalomĂ© – puis danse mystique et sacrĂ©e dans le temple de Salomon au III). A noter le trĂšs bel air de Phanuel : « astres Ă©tincelants »  qui interroge la nature de Jean : « est ce un dieu ? »  Pour autant l’écriture trĂšs acadĂ©mique se rapproche souvent des effets un peu faciles de la peinture d’Histoire. Massenet certes habile mĂ©lodiste, ne possĂšde pas l’orchestration d’un Bizet (les PĂȘcheurs de perles ou surtout Carmen, d’un hispanisme des plus raffinĂ©s).

SALOMÉ, amoureuse de JEAN…  « Celui dont la parole efface toutes peines, le prophĂšte est ici
 c’est vers lui que je vais » : au dĂ©part, le portrait de SalomĂ© est celui d’une jeune femme en quĂȘte de sa propre identitĂ©, charmĂ©e par l’autoritĂ© du ProphĂšte. L’opĂ©ra malgrĂ© son titre, est surtout celui de la fille d’HĂ©rodiade, la jeune juive SalomĂ©, qui aime Jean, apprend aprĂšs le supplice de son aimĂ©, d’HĂ©rodiade qu’elle est sa fille. AprĂšs l’avoir implorĂ©, – dans une ultime scĂšne, SalomĂ© veut tuer sa mĂšre qui s’est rĂ©vĂ©lĂ©e, mais prĂ©fĂ©rant mourir avec le prophĂšte, l’hĂ©roĂŻne se suicide en retournant la lame contre elle-mĂȘme.

Alternant grandes scĂšnes collectives et solos passionnĂ©s, hĂ©roĂŻques et tragiques, Massenet sculpte le profil de ses deux personnages fĂ©minins : HĂ©rodiade qui demande Ă  son Ă©poux HĂ©rode Ă©pris de SalomĂ©, qu’il tue le prophĂšte Jean, lequel ne cesse de la diffamer par ses prophĂ©ties (Jean la traite de « Jezabel » , l’étrangĂšre vicieuse et malfaisante) ; SalomĂ©, jeune Ăąme, elle, n’aime que Jean et recherche sa mĂšre
 D’un cĂŽtĂ©, une Ă©pouse haineuse et vengeresse, matriarche aimante mais exclusive (« ne me refuse pas » s’écrit-elle en exigeant d’HĂ©rode la tĂȘte de Jean) ; de l’autre, une jeune Ăąme qui s’ouvre Ă  l’amour pour Jean
 Ici pas de scĂšne des sept voiles (qui a fait le triomphe de l’opĂ©ra de R Strauss inspirĂ© de Wilde) mais les dĂ©chirements de SalomĂ©, acquise au ProphĂšte Jean et qui se suicide face Ă  la barbarie et l’horreur d’un monde qui a tuĂ© son aimĂ© et dans lequel sa propre mĂšre la manipule et n’hĂ©site pas Ă  la sacrifier


Production de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne – 2018 – JY Ossonce, direction / JL Pichon, mise en scĂšne. Avec Elodie Hache (SalomĂ©), Emanuela Pascu (HĂ©rodiade), Florian Laconi (ProphĂšte Jean), Christian Helmer (HĂ©rode), Nicolas Cavallier (le devin et mage chaldĂ©en Phanuel, mentor et protecteur de SalomĂ© en quĂȘte de sa mĂšre) Orchestre Symphonique Saint-Etienne Loire. LIRE aussi notre compte rendu critique complet d’HĂ©rodiade de Massenet Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne

 

VOIR l’opĂ©ra sur le site de la Mairie de Saint-Etienne

https://www.saint-etienne.fr/actualites/hérodiade-opéra-en-4-actes-7-tableaux

VOIR la production d’HĂ©rodiade de Massenet Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne sur Youtube / OpĂ©ra de Saint-Etienne :

https://www.youtube.com/watch?time_continue=691&v=Yc0rTYBtxZ0&feature=emb_logo

 

 

 

 

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MOZART: nouveau Cosi fan tutti Ă  Salzbourg 2020. Descendre, Dreisig… Loy / Mallwitz

 

salzbourg vignette festivalCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. Salzbourg, 2 aoĂ»t 2020. MOZART : Cosi fan tutte : Dreisig, Crebassa
 Christof Loy. UN NOUVEAU COSI 
 en dĂ©licatesse, juvĂ©nilitĂ©. On pourrait s’enorgueillir de compter plusieurs chanteuses françaises ici, pour les rĂŽles de Fiordiligi et de sa servante Despina
 Mais l’écoute tempĂšre notre enthousiasme
 Elsa Dreisig en Fiordiligi, a un timbre frais et idĂ©alement juvĂ©nile, mais la technique dĂ©rape et la justesse instable, attĂ©nue l’enthousiasme : trop tĂŽt pour la jeune diva francodanoise ? Un bon travail de remise en place s’impose Ă  notre avis. Son grand air solo « Come scoglio  » (Ă  49’37 de la captation vidĂ©o) s’il est techniquement assurĂ© (redoutables Ă©carts de notes), reste un peu lisse. Un manque de passion et d’intensitĂ© d’autant plus regrettable car Fiodiligi recueille toutes les tempĂȘtes prĂ©cĂ©dentes incarnĂ©es par les hĂ©roĂŻnes mozartiennes, surtout Giunia (Lucio Silla). Dreisig semble ne pas mesurer totalement tous les enjeux de son texte. Mieux assurĂ©e, Marianne Crebassa fait une Dorabella, plus mĂ»re et convaincante. Dans leurs duos, les deux voix fusionnent, s’amusent, jouant sur l’intensitĂ© de leur Ă©mission fraĂźche. Deux dĂ©lurĂ©es parfaitement incarnĂ©es, prĂȘtes Ă  oublier et rompre les serments passĂ©s. Son grand air (« Songes implacables qui m’agitez  ») affirme une beau tourment tragique.

La mise en scĂšne de Loy affecte une discrĂ©tion Ă©purĂ©e, proche de la froideur nordique : silhouettes noires sur fond blanc immaculĂ©, – contrastes affirmĂ©s, contrejours expressifs
 voilĂ  qui dĂ©tache nettement et toujours le relief de la musique et des voix.

Les deux hommes sont honnĂȘtes sans plus, d’un style quelconque parfois caricaturaux. Le baryton AndrĂš Schuen assume plus crĂąnement ses airs avec un aplomb parfois trop appuyĂ© : la grĂące mozartienne ne supporte aucune faute de goĂ»t aussi il manque ce format dĂ©licat et sincĂšre propre Ă  Mozart. Le tĂ©nor d’abord acide, pauvre en nuances, s’affranchit de son trac et trouve une justesse sincĂšre qui Ă©meut, comme portĂ© par la direction trĂšs sensible de la cheffe Joana Mallwitz. Une Ă©volution saisissante Ă  suivre pendant la reprĂ©sentation. Ses duos avec Fiordiligi sont touchants. Le dĂ©sarroi surgit souvent dans ce style juste et direct. PremiĂšre pour la cheffe Joana Mallwitz Ă  Salzbourg, et par lĂ  mĂȘme, premiĂšre pour une femme cheffe dans l’arĂšne prestigieuse salzbourgeoise
 on apprĂ©cie ses ralentis, nuances, respirations : surgissent la profondeur et la dĂ©licate mĂ©lancolie d’un Mozart qui nous parle du dĂ©sordre amoureux certes, mais surtout de perte, de fragilitĂ©, d’évanescence (belle souplesse onirque du trio fameux Soave silento
). La direction reste constamment passionnante : souffle dramatique, clartĂ© et souplesse, surtout diction intĂ©rieure de l’orchestre : Mallwitz frappe les esprits et les ouĂŻes.

La Despina de Lea Desandre, soubrette dĂ©lurĂ©e, autoritaire, collectionne une sĂ©rie de sketches savoureux avec un aplomb qui contrepointe adroitement la naĂŻvetĂ© de ses deux patronnes. Y compris quand elle joue au chirurgien (avec masque, rĂ©fĂ©rence Ă  la covid 19), prĂ©sence dĂ©jantĂ©e au comique savoureux
 La jeune diva française apporte cette touche de dĂ©licatesse intĂ©rieure, cette maĂźtrise des nuances Ă©motionnelles, idĂ©ale approche de la palette sentimentale mozartienne. Sa finesse se distingue nettement et dans son jeu scĂ©nique et son articulation, riche en phrasĂ©s. Un exemple de subtilitĂ© pour ses partenaires.

VOIR Cosi fan tutte de Mozart, Salzbourg 2020

https://www.arte.tv/fr/videos/098629-001-A/cosi-fan-tutte-de-mozart/

EN replay arte.tv jusq’31 octobre 2020

 

 

 

 

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CULTUREBOX
Azucena-manrico-Lemieux-Alagna-ORANGE-2015-critique-opera-VERDI-il-trovatore-classiquenewsVERDI : Il Trovatore (Orange, 2015). Rien de confus ou alambiquĂ© dans l’opĂ©ra de Verdi : une lĂ©gende virile et fantastique qui narre la vengeance de la gitane mi sorciĂšre mi haineuse Azucena qui recueille et Ă©lĂšve son « fils » Manrico ; celui ci aime Leonora, elle-mĂȘme adorĂ©e par Luna. Manrico et Luna s’opposent, se haĂŻssent : Luna tue Manrico par jalousie, avant d’apprendre de la bouche d’Azucena qu’il Ă©tait son frĂšre ; ainsi se venge la sorciĂšre dont le vĂ©ritable enfant a Ă©tĂ© tuĂ©, brĂ»lĂ© vif par le premier comte de Luna

Verdi exploite les ressorts dramatiques d’une sombre histoire familiale oĂč les enfants perpĂ©tuent la folie sanglante de leurs parents. Transmission de l’esprit du soupçon, des manipulations et du mensonge, l’action est celle de la vengeance sourde mais inĂ©luctable
 DĂšs la premiĂšre scĂšne, l’histoire de l’enfant brĂ»lĂ© est contĂ©e par une basse chantante, hallucinĂ©e, pĂ©nĂ©trĂ©e par l’horreur qu’il professe

La production rĂ©unit une distribution globalement convaincante ; si la Leonora de la chinoise Hui He est plus mezzo dramatique (d’une belle rondeur cuivrĂ©e quoique souvent imprĂ©cise dans ses vocalises) ; ampleur qui renforce l’autoritĂ© d’un personnage large qui Ă©carte tout angĂ©lisme d’un soprano plus lĂ©ger (sa Leonora a des accents plus maternels que rĂ©ellement juvĂ©niles), le Manrico de Roberto Alagna a fiĂšre allure, ardent et enivrĂ© mĂȘme, incarnant la virilitĂ© tendre du jeune amoureux, comme l’ardeur loyal du fils, prĂ©sent Ă  sa mĂšre (air du feu, nerveux et tendu), pris dans les rets d’une haine familiale qui le dĂ©passe. Luna, sombre, jaloux, Ă  la rancƓur aigre, ĂȘtre tapis dans l’ombre de la lumiĂšre des deux amants permet ay baryton roumain Georges Petean d’épaissir son personnage, mais l’interprĂ©tation pourrait ĂȘtre plus nuancĂ©e ; heureusement Ă  mesure que l’action se dĂ©roule, ce jaloux frustrĂ© gagne une sincĂ©ritĂ© croissante. Tandis que la sorciĂšre de Lemieux atteint des Ă©clats tĂ©nĂ©bristes et graves dans le rĂ©cit de la mort de son fils croisĂ© avec le visage de sa mĂšre brĂ»lĂ©e vive
 qui lui demande de venger leur sang. Une trĂšs belle interprĂ©tation. La direction de de Billy est active, parfois lourde et brutale ; et la mise en scĂšne de Charles Roubaud, routiniĂšre mais lisible. Quoique tendant Ă  l’oratorio et Ă  la succession d’airs dans les deux derniers actes… Pourtant le formidable duo de la mĂšre et de son fils, Azucena / Manrico, grĂące Ă  l’engagement de Lemieux et Alagna atteint une lumineuse sincĂ©ritĂ© dans le tableau final, celui qui conduit les deux Ăąmes vers le bĂ»cher… joyaux dans la nuit de l’anĂ©antissement. DurĂ©e : 2h20mn.

Culturebox. En replay jusqu’au 27 dĂ©cembre 2020
https://www.france.tv/france-3/tous-a-l-opera-2018/966403-il-trovatore-de-verdi-aux-choregies-d-orange-2015.html

Roberto Alagna, Manrico
Hui He, Leonora
Marie Nicle Lemieux
George Petean, Comte de Luna
Orchestre National de France
Bertrand de Billy, direction
Charles Roubaud, mise en scĂšne

LIRE aussi notre critique complĂšte d’IL TROVATORE de VERDI aux ChorĂ©gies d’Orange, aoĂ»t 2015  

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CULTUREBOX
STRAVINSKY : OEDIPUS REX (Aix 2017, Sellars, Salonen)
EN REPLAY, jusqu’au 28 mai 2020
Durée : 2h15mn

oedipus-rex-stravinksy-salonen-aix-sellars-critique-opera-oratorio-classiquenews-jocaste-replay-opera-confinement-cultureboxComment arrĂȘtez la peste Ă  ThĂšbes ? Le peuple implore leur roi Oedipe pour les sauver 
 en notes pointĂ©es, staccatos et rythmiques tranchantes, en 1927, Stravinsky s’empare avec la fulgurance qui le caractĂ©rise, l’histoire tragique d’Oedipe, auquel est rĂ©vĂ©lĂ© la vĂ©ritĂ© la plus barbare. ChƓur de jeunes en tee shirts contemporains, solistes engagĂ©s, rĂ©citante en français (Antigone, la premiĂšre fĂ©ministe de l’histoire, fille d’Oedipe qui guidera son pĂšre devenu aveugle)
 la lecture touche Ă  son but. Saisir le spectateur, le conduire aux portes insupportables de l’inacceptable et de l’inqualifiable. Personne n’échappe Ă  la cruautĂ© du destin. L’épouse de Oedipe, Jocaste de Violetta Urmana exprime la passion douloureuse d’une femme elle aussi saisie, brĂ»lĂ©e par la mauvaise fortune (33mn32). En pythie surgit d’un monde sans espoir, elle se fait la voix de la vĂ©ritĂ©, derniĂšre Cassandre de temps intranquilles ; accablĂ©e par le spectacle d’une ville entiĂšre dĂ©vastĂ©e (« N’avez vous pas honte, rois, de clamer vos reproches personnels dans une ville malade ? 
 / Il ne faut pas croire aux oracles / Ils mentent toujours / oracula, oracula mendica sunt 
 / Laius est mort Ă  un carrefour »). Ainsi Oedipe comprend qu’il a tuĂ© son propre pĂšre

En fosse, le compositeur et chef Esa Pekka Salonen, en orfĂšvre des sons prĂ©cis, caractĂ©risĂ©s
 Ă  l’écoute des frĂ©missements tĂ©nus, des langueurs inquiĂštes
 sculpte la partition orchestrale avec une acuitĂ© dĂ©taillĂ©e, une ivresse des accents, continument affĂ»tĂ©e (percutant Philharmonia Orchestra : cf.clarinettes, bassons, flĂ»tes
). Captivant.

VISIONNER Oedipus Rex à AIX été 2017
https://www.france.tv/france-2/festival-international-d-art-lyrique-d-aix-en-provence/968377-oedipus-rex-symphonie-de-psaumes-a-aix-en-provence.html

distribution
Igor Stravinsky : ƒdipus Rex
OpĂ©ra-oratorio d’aprĂšs Sophocle (1930)
Livret de Jean Cocteau, traduit en latin par le cardinal Jean DaniĂ©lou – couplĂ© avec la Symphonie de Psaumes (1930)

Direction musicale : Esa-Pekka Salonen
Mise en scĂšne : Peter Sellars
Orchestre : Philharmonia Orchestra
ChƓurs : Orphei DrĂ€ngar, Gustaf Sjökvist Chamber Choir, Sofia Vokalensemble

ƒdipe Roi : Joseph Kaiser
Jocaste : Violeta Urmana
Créon / Tirésias / le Messager : Sir Willard White
Le Berger : Joshua Stewart
Antigone (récitante) : Pauline Cheviller
Ismene (danseuse) : Laurel Jenkins

 

 

 

 

 

 

 

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 ANVERS, OPERA ANTWERP
OPERA BALLET VLAANDEREN
https://operaballet.be/en/the-house/blog/enjoy-our-operas-and-ballets-from-your-living-room

LA JUIVE d’HalĂ©vy
(Peter Konwitschny)
HALEVY Fromental_Halevy_by_Etienne_Carjat-cropHalĂ©vy offre un premier modĂšle de grand opĂ©ra français (sujet historique, Ă  l’époque des tensions religieuses au XVĂš) Ă  l’époque des Lucia di Lammermoor et des Puritains (1835). L’opĂ©ra commence avec le Te Deum pour le Concile de Constance (hiver 1414), prĂ©sidĂ© par le Cardinal Brogni, avec orgue obligĂ© ; le choeur (un peu criĂ© et dur par le collectif aux gants bleus) entonne aussitĂŽt « Aux armes / Hosanna ! », glorification catholique pompeuse dans l’esprit de la grande machine parisienne, Ă  laquelle Eleazar le juif et l’hĂ©rĂ©tique s’oppose non sans dĂ©fiance et « insolence » et immĂ©diatement, car il a « osé » travaillĂ© un jour de fĂȘte (NoĂ«l)
 Brogni pardonne, clĂ©ment ; Eleazar, toujours plein de ressentiment et de dĂ©fiance. Le dĂ©cor cite Notre-Dame Ă  travers l’une de ses sublimes rosaces en fond de scĂšne
 miroir des interactions et enjeux religieux qui portent cette Ɠuvre ambitieuse (d’oĂč les immenses grilles qui citent l’emprisonnement des deux juifs ici persĂ©cutĂ©s). La Juive c’est la fille d’Eleazar Rachel (en gants jaunes, ainsi Ă©tiquettĂ©e) laquelle aime « Samuel » en fait Leopold, pourtant promis Ă  la princesse Eudoxie : « il va venir  ». La jeune fille est arrĂȘtĂ©e avec son pĂšre qui se venge en laissant condamnĂ©e : Eleazar rĂ©vĂšle alors au Cardinal Brogni qu’elle Ă©tait sa propre fille, perdue depuis Rome. Brogni ne cessait alors de rechercher sa fille
 Saisissant par son coup de thĂ©Ăątre final (livret de Scribe), l’ouvrage sera ensuite Ă©clipsĂ© par Les Huguenots de Meyerbeer, crĂ©Ă© l’annĂ©e suivante en 1836, nouveau jalon majeur du genre lyrique romantique français. Cette production pourtant trĂšs claire grĂące au sens de l’épure de Konwitschny, souffre d’une distribution faible, aux voix tendues et criĂ©es (bien qu’engagĂ©es comme c’est le cas des juifs : Rachel et son pĂšre, Eleazar). N’est pas Caruso ni Neil Shicoff qui veut : Eleazar et son dernier air, terrifiant et tragique, quand le pĂšre donne sa fille : « Rachel quand du Seigneur  » offre un personnage dramatiquement immense pour les tĂ©nors. Il est vrai que l’opĂ©ra de HalĂ©vy rĂ©unissait Ă  sa crĂ©ation les plus grandes voix de son Ă©poque, chacune dans les quatre tessitures mises en avant : tĂ©nor (Eleazar), soprano (Rachel), baryton (Brogni), mezzo (Eudoxie)
 Ce n’est pas la direction souvent Ă©paisse et grossiĂšre du chef qui arrange la donne. MĂȘme le chƓur baisse la note par son articulation approximative.

VISIONNEZ La Juive de Fromental Halévy : https://operaballet.be/en/the-house/blog/enjoy-our-operas-and-ballets-from-your-living-room
Durée : 2h52mn

 

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PARSIFAL
(Tatjana GĂŒrbaca – Cornelius Meister)

https://operaballet.be/en/the-house/blog/enjoy-our-operas-and-ballets-from-your-living-roomD’emblĂ©e, la direction de Cornelius Meister, terne et sans nuances, manque singuliĂšrement de transparence et de langueur mystĂ©rieuse, un manque dommageable pour l’expression de la sublime mĂ©tamorphose que l’opĂ©ra raconte dans le cƓur du pur Parsifal
 l’agent du Salut dans un monde vouĂ© Ă  la culpabilitĂ©, Ă  l’impuissance, celle du roi Amfortas, maudit. La mise en scĂšne explicite le sujet de sa condamnation : il a couchĂ© avec la pĂȘcheresse Kundry, alors crĂ©ature de l’infĂąme Klingsor. Ainsi dĂšs le dĂ©but, s’expose la dĂ©chirure et la perte de l’équilibre du monde, par l’immense coupure qui divise le fond du dĂ©cor courbe. Sans rĂ©fĂ©rence Ă  la poĂ©sie mĂ©diĂ©vale ni Ă  la geste chevaleresque, GĂŒrbaca aborde le dernier opĂ©ra de Wagner comme une action de thĂ©Ăątre, atemporel, ne s’attachant qu’aux profils des protagonistes, conçus comme les acteurs d’une piĂšce en rĂ©pĂ©tition. La relation Parsifal / Kundry est bien incarnĂ©e, mais les deux chanteurs laissent poindre les limites de leurs voix (trop droites, courtes, sans vĂ©ritables phrasĂ©s, aux aigus forcĂ©s: Erin Caves, Parsifal et Tanja Ariane Baumgartner en Kundry, pas assez fouillĂ©e et caricaturalement suicidaire). Voix Ă  la peine. Direction poussive sans l’ñme de la rĂ©demption annoncĂ©e. Mise en scĂšne d’une Ă©pure grise et lisse, proche du dernier ascĂ©tisme
 DĂ©cevant.

VISIONNEZ PARSIFAL (Meister / GĂŒrbaca) : https://operaballet.be/en/the-house/blog/enjoy-our-operas-and-ballets-from-your-living-room

 

 

 

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BRUXELLES, La Monnaie
http://www.classiquenews.com/opera-le-diffplay-classiquenews-selectionne-ici-diffusions-et-replays/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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LONDON, ROH – Royal opera House
Mozart : Cosi fan tutte (Breslik, Degout, 
Pappano / Jonathan Miller, mise en scĂšne) – jusqu’au 10 mai 2020.
sur la plateforme operavision:
https://operavision.eu/en/library/performances/operas/cosi-fan-tutte-royal-opera-house#

 

 

 

 

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PARIS, OPÉRA NATIONAL DE PARIS

Productions mises en ligne avec durée limitée : notre sélection des opéras (et des ballets) diffusés pendant le confinement ci aprÚs :
MARS, AVRIL : http://www.classiquenews.com/confinement-mars-et-avril-2020-lopera-chez-soi/

MAI : https://www.classiquenews.com/internet-lopera-et-le-ballet-chez-soi-offre-de-lopera-de-paris-mai-2020/

 

cogitore indes galantes devos vidal opera critique classiquenewsRAMEAU : Les Indes Galantes (Alarcon / ClĂ©ment Cogitore, 2019)   –   Avec la chorĂ©graphe Bintou DembĂ©lĂ©, ClĂ©ment Cogitore s’empare de la machine Ă  enchanter dans son intĂ©gralitĂ© (version la plus complĂšte des Indes Galantes) pour la rĂ©inscrire dans un espace urbain et politique dont il interroge les frontiĂšres : posture pas toujours Ă©vidente tant souvent RAMEAU dĂ©ploie un pastoralisme (musette) qui colore sa partition d’échappĂ©es plutĂŽt rustiques et naturalistes (ramages des oiseaux
 qui est sa « marque »). A trop vouloir actualiser et moderniser la partition baroque, on la dĂ©nature et la vide de sa cohĂ©rence originelle. La proposition prĂ©sentĂ©e ici n’échappe pas Ă  cette trahison qui plaque une grille de lecture de façon artificielle, ne produit aucune unitĂ© globale malgrĂ© son essence chorĂ©graphique qui au dĂ©part, Ă©tait lĂ©gitime.

Au dĂ©but Sabine Deviehle (HĂ©bĂ©), coloratoure baroque, au format petit et souvent tendu (et pas toujours trĂšs intelligible), grande dame style mĂ©cĂšne de banque, coiffure casque, interpelle et Ă©veille les danseurs : de fait, dans l’opĂ©ra ballet de Rameau, tout est danse, autant de rythmes vivifiĂ©s, sublimĂ©s par la musique sublime du compositeur versaillais. Les danseurs sont ensuite habillĂ©s devant les spectateurs comme si l’on Ă©tait dans les coulisses d’un dĂ©filĂ© de mode, armĂ©e de costumiers Ă  l’envi
 enfin chacun s’affaire Ă  sa pose pour prendre le clichĂ©. MalgrĂ© la qualitĂ© de l’orchestre, flexible, colorĂ©, cette vision chorĂ©graphique manque de cohĂ©rence et d’unitĂ© et pĂątit d’une diversitĂ© de tableaux trop variĂ©s. La gestuelle suit, trop fragmentĂ©e. Le Prologue manque vocalement de tension mais quand paraĂźt la seconde soprano (« Ranimez vos flambeaux » ), sous son voile trĂšs haute couture  Jodie Devos (qui chante ensuite ZaĂŻre), soudain le chant, intelligible, articulĂ©, clair, cristallin et puissant supplante tout ; elle dĂ©coche ses flĂšches ardentes et ferventes, subtilement incarnĂ©es grĂące Ă  un timbre d’une rare Ă©lĂ©gance et toujours sobre dans le style : enfin Rameau (et le souverain Amour) surgissent. MĂȘme engagement et articulation prĂ©cise de Mathias Vidal (ValĂšre, Taemas) ; de toutes les personnalitĂ©s vocales rĂ©unies, Devos et Vidal se tirent le mieux de cet amoncellement pseudo poĂ©tique et vaguement conceptuel. Dommage – opĂ©ra ballet filmĂ© en 2019

 

Visionner le replay Les Indes Galantes : Alarcon / Cogitore, 2019 : https://www.operadeparis.fr/magazine/les-indes-galantes-replay

 

 

Ballet Ă  partir de lundi 13 avril 2020 :

OPERA-DE-PARIS-logo-noir-2014-Logo_OnP_Noir_et_BlancSOIRÉE « HOMMAGE À JEROME ROBBINS »
Fancy Free, A Suite of Dances, Afternoon of a Faun, Glass Pieces
Du 13 avril dĂšs 19h30 au 19 avril 2020
CHORÉGRAPHIES : JĂ©rĂŽme Robbins
MUSIQUES: Leonard Bernstein, Johann Sebastian Bach, Claude Debussy, Philippe Glass
DIRECTION MUSICALE : Valery Ovsyanikov

FAUNE-DEBUSSY-ROBBINS-Marchand-etoile-danse-critique-hommage-a-robbins-classiquenewsavec, dans les rĂŽles solistes, Eleonora Abbagnato, Amandine Albisson, Alice Renavand, Sae Eun Park, StĂ©phane Bullion, Hugo Marchand, Karl Paquette, François Alu, Paul Marque. / Glass Pieces – J. Robbins © SĂ©bastien MathĂ© / OnP   -   CE QUE NOUS EN PENSONS…  Le ballet de Debussy (PrĂ©lude Ă  l’AprĂšs midi d’un Faune) est conçu comme un hymne Ă  l’art du danseur, Ă  sa voluptĂ© suspendue qui dans le cadre d’une salle de rĂ©pĂ©tition avec barres d’appui et miroirs, laisse s’exprimer la grĂące poĂ©tique des deux corps Ă©lastiques dans un style d’une Ă©lĂ©gance toute
 parisienne (Ă©coute intĂ©rieure, Ă©conomie des gestes, vocabulaire et figures classiques
). Beau contraste avec Glass Pieces (1981, 1983) destinĂ© au corps de ballet en nombre, fresques collectives d’une joie brute, scintillante qui mĂȘle 6 danseurs classiques (3 couples) au corps de ballet plus chamarrĂ© et urbain. LIRE notre prĂ©sentation et notre avis sur cette production

 

 

CONSULTEZ ici nos plannings des opéras et ballets
diffusĂ©s par l’OpĂ©ra National de PARIS pendant le confinement

MAI 2020

 JUIN et JUILLET 2020

 

 

 

 


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METROPOLITAN OPERA, New York

En direct du METRetrouvez ici les opĂ©ras accessibles et les Ă©vĂ©nements proposĂ©s depuis le site du Metropolitan Opera de New York. La maison new yorkais, fer de lance de la crĂ©ation et de la diffusion lyrique sur le territoire amĂ©ricain, offre tous les 3 jours en moyenne une nouvelle production lyrique. De quoi nous rĂ©galer. Il faut consulter rĂ©guliĂšrement la page du player vidĂ©o qui diffuse l’opĂ©ra sĂ©lectionnĂ©…

CONSULTEZ aussi notre page spéciale les opéras diffusés par le MET du New York pendant le confinement

 

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GALA LYRIQUE VIRTUEL exceptionnel du METROPOLITAN OPERA NEW YORK : 40 vedettes internationales donnent de la voix depuis leur rĂ©sidence de confinement, samedi 25 avril 2020 Ă  19h (heure de Paris) / 13h heure locale : LIRE ici notre prĂ©sentation et les explications sur la prĂ©paration de l’Ă©vĂ©nement digitale  : http://www.classiquenews.com/direct-sur-le-net-gala-du-met-sam-25-avril-2020/

 

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MONTE-CARLO, OPERA DE MONTE CARLO 

opera de monte carlo falstaff jean louis grinda serie opera classiquenews critique operaL’OpĂ©ra de Monte Carlo diffuse en 6 Ă©pisodes, l’histoire de FalstaffCLIC D'OR macaron 200 d’aprĂšs l’opĂ©ra de Verdi, prĂ©sentĂ© in loco dans la mise en scĂšne du directeur des lieux, Jean-Louis Grinda. Une approche ludique qui tente de dĂ©mocratiser la lecture du drame comique du dernier Verdi inspirĂ© par Shakespeare en adoptant les codes d’une web sĂ©rie
 Alors ici qui manipule qui ? Les Joyeuses CommĂšres dĂ©sireuses de se venger de la phallocratie gĂ©nĂ©rale, ou bien Sir John Falstaff, qui joue le benĂȘt et l’impuissant afin de mieux Ă©pingler le genre humain et son orgueil ridicule ? A vous de choisir 


https://www.youtube.com/watch?v=LWjCJfD-_MQ&list=PLFwB8jF-OrBbpHa6KeU4GYj8tcivT4403&index=6

Distribution : Falstaff Ă  l’OpĂ©ra de Monte Carlo
Direction musicale : Maurizio Benini
Mise en scĂšne: Jean-Louis Grinda
DĂ©cors Rudy Sabounghi

Sir John Falstaff : Nicola Alaimo
Ford, mari d’Alice : Jean-François Lapointe
Fenton : Enea Scala
Le Docteur Caius : Carl Ghazarossian
Bardolphe : Rodolphe Briand
Pistolet : Patrick Bolleire
Mrs Alice Ford : Rachele Stanisci
Nannette : Vannina Santoni
Mrs Quickly : Anna Maria Chiuri
Mrs Meg Page : Annunziata Vestri

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MILAN, Teatro alla Scala

La Scala met en avant son formidable catalogue lyrique, offrant un cycle de productions majeures avec des interprÚtes de premier plan. Retrouvez ici le planning spécifique des mises en lignes jour aprÚs jour pour avril 2020 :
http://www.classiquenews.com/opera-le-diffplay-classiquenews-selectionne-ici-diffusions-et-replays/

 

RAI
La RAI offre un catalogue inouĂŻ en vĂ©ritĂ© par sa richesse et les Ɠuvres prĂ©sentĂ©es en replay
 tous les opĂ©ras sont majoritairement des productions de la Scala de Milan)
https://www.raiplay.it/ricerca.html?q=opera
Dont Cavalleria Rusticana, Tosca, Don Carlo, Fidelio, Il trovatore, Falstaff, Il Minotauro, Madama Butterfly, Attila, Turandot (Nina Steme, Carlo Bosi
 mise en scĂšne : – direction : Riccardo Chailly, Carmina Burana, Giovanna d’Arco, Ecuba, La Damnation de Faust


A VOIR en urgence entre autres :

TURANDOT-lehnauff-chailly-scala-de-milano-milan-critique-classiquenews-opera-classiquenewsCLIC D'OR macaron 200Turandot (Chailly / Nikolaus Lehnauff) – production expressionniste saisissante par son imaginaire dĂ©lirant, son exotisme qui fusionne cabaret et couleurs fauves
 l’orientalisme de Puccini, ses somptueux accents orchestraux, s’en trouve revigorĂ©, de surcroĂźt convaincant grĂące Ă  une distribution trĂšs cohĂ©rent
 dans la version terminĂ©e par Luciano Berio (et son happy ending des deux amants rĂ©unis car Turandot s’est enfin humanisĂ©e, cĂ©lĂ©brant dĂ©sormais le seul AMOUR en dissonances cĂ©lestes suspendues dont Berio a trouvĂ© la clĂ©) : https://www.raiplay.it/video/2020/03/Turandot-0c6ec6ff-1b19-406e-8af3-3c3854a666d3.html

 

 

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MUNICH, Bayerishe Staatsoper

Tous les opéras mis en ligne sur le site trÚs actif : STAATSOPER.TV

 

 

 

 

SMETANA : La Fiancée vendue
Production enregistrée en janvier 2019
DurĂ©e : 2h36mn – en replay gratuit jusqu’au 16 mai 2020

smetana-compositeur-portrait-classiquenews-347-bedrich-smetanaBombe exaltĂ©e voire furieusement Ă©ruptive dĂšs son ouverture (fugato enfiĂ©vrĂ© pour les cordes), la partition de la FiancĂ©e vendue revendique haut et fort sa pĂ©tulance folklorique, un goĂ»t irrĂ©pressible pour la vitalitĂ© et la santĂ© des motifs populaires, au point de devenir l’emblĂšme de la musique tchĂšque et de l’opĂ©ra en langue tchĂšque (crĂ©Ă© en 1866). Une jeune paysanne sans le sou (Marenka) est vendu par son pĂšre contre son grĂ© Ă  un jeune parti bien dotĂ© qu’elle n’aime pas (Vasek). Survient Jenik (le frĂšre ainĂ© de Vasek)
 La production exprime l’entrain d’un opĂ©ra comique qui cĂ©lĂšbre surtout la force poĂ©tique des choeurs (des buveurs de biĂšre), des danses (polka concluant l’acte I) Ă  travers une intrigue qui inscrit le monde rural au devant le scĂšne
 Belel direction vive et prĂ©cise de TomĂĄs Hanus.

VISIONNER la fiancée vendue / Die verkaufte braut / the Bartered bride de Smetana, ici : https://operlive.de/verkaufte-braut/

 

 

 

 

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BORIS GODOUNOV (Nagano / Bieito, jusqu’au 2 mai 2020)
VISIONNER Boris Godounov Ă  Munich en 2013 :
https://operlive.de/boris-godunow/

Le catalan Calixto Bieito Ă©carte en 2013 toute image de la Russie traditionnelle (et baroque) etgodounov-nagano-bieito-munich-2013-critique-classiquenews-review-classiquenews-opera transpose l’action de Boris, le tsar du XVIIĂš parvenu sur le trĂŽne impĂ©rial non sans faire couler le sang, dans un cadre gris, minĂ©ral, asphyxiant, militarisĂ© ; une situation Ă  la Poutine : soldats contre migrants, flicaille barbare et violente, en une claire rĂ©fĂ©rence au dĂ©rĂšglement sociĂ©tal et civilisationnel actuel. L’opĂ©ra est bien le miroir de l’état du monde. Choeur imploratif ou vĂ©hĂ©ment (impeccable), orchestre souple et expressif (parfois Ă©pais sous la direction de Kent Nagano) au diapason de la partition pseudo historique de Moussorgski : Bieito n’hĂ©site pas Ă  fustiger le cynisme des gouvernants europĂ©ens (Poutine, Sarkozy, Berlusconi
). Mordante critique d’un triste monde. OĂč l’on soumet les peuples ; oĂč l’on se joue de leur vaine espĂ©rance. Il est vrai que la question Ă  l’échelle de l’histoire se pose : que restera-t-il des annĂ©es 2000 et 2010 avec le recul ? Une dĂ©bĂącle gĂ©nĂ©ral, doublĂ© des effets de l’apocalypse climatique et Ă©cologique
 dont le metteur en scĂšne ne parle pas ici. Restant uniquement sur un propos politique. Le premier tableau fonctionne toujours aussi bien : masse informelle infĂ©odĂ©e et humiliĂ©e, impuissante, dĂ©munie; Ă  laquelle s’ébranle le superbe triomphe de l’empereur couronnĂ© qui est un nouveau despote. Comme les autres. Son monologue exprime davantage les angoisses d’un prĂ©tentieux fausse victime que d’un vĂ©ritable visionnaire, proche de son peuple
 Les voix sont honnĂȘtes (et ne manquent pas de vaillance cf Grigori du tĂ©nor Sergey Skorokhodov) mais manquent pour la plupart de phrasĂ©s et de vraie attention au texte. Ce qui avec le manque d’intĂ©rioritĂ© de la direction, confine Ă  l’exercice de pure dĂ©monstration. Evidement le 3Ăš tableau de l’auberge oĂč Grigori est dĂ©masquĂ©, va mieux aux interprĂštes, excellents dans la caractĂ©risation dĂ©lurĂ©e. Au final, une lecture noire, cynique dans une ambiance postapocalyptique. Mais la lecture orchestrale reste trop terre Ă  terre et ne rend pas compte des prodiges de la partition de Moussorgski.

Distribution :
Boris Godunow : Alexander Tsymbalyuk
Fjodor : Yulia Sokolik
Xenia : Anna Virovlansky
Xenias Amme : Heike Grötzinger
FĂŒrst Schuiskij : Gerhard Siegel
Andrej Schtschelkalow : Igor Golovatenko
Pimen : Anatoli Kotscherga
Grigorij Otrepjew : Sergey Skorokhodov
Warlaam : Vladimir Matorin
Missail : Ulrich Reß
Schenkwirtin : Margarita Nekrasova
Gottesnarr : Kevin Conners
Nikititsch : Goran Juric
Leibbojar : Joshua Stewart
Mitjucha : Tareq Nazmi
Hauptmann der Streifenwache : Christian Riege

Bayerisches Staatsorchester
Chor, Extrachor und Kinderchor der Bayerischen Staatsoper /
Chorus, Extrachorus und Children’s Chorus of the Bayerische Staatsoper
Kent Nagano (direction)   -   Calixte Bieito (mise en scÚne)

RĂ©cital de la soprano Adela Zaharia, jusqu’au 19 avril 2020
http://www.classiquenews.com/opera-le-diffplay-classiquenews-selectionne-ici-diffusions-et-replays/

 

 

 

 

 

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Bayerisches staatsoper, Munich
PROKOFIEV : L’ange de feu – jusqu’au 9 mai 2020
production de décembre 2015
Mise en scĂšne : Barrie Kosky
direction musicale : Vladimir Jurowski
durée : 2h23mn

VISIONNER L’ange de feu de Prokofiev  / Der Feurige Engel / Kosky, juin 2015
https://operlive.de/der-feurige-engel/

ange-de-feu-prokofiev-munich-opera-diffusion-opera-chez-soi-classiquenews-juin-2015-koskyL’opĂ©ra de Prokofiev en 5 actes, crĂ©Ă© Ă  Paris en 1954, exprime la passion dĂ©moniaque dont seuls les hommes sont capables. Ici Renata rencontre Ruprecht qui tombe amoureux d’elle. PremiĂšre possession / obsession. Renata convainc Ruprecht de l’aider Ă  retrouver celui qu’elle pense ĂȘtre son ange gardien, Heinrich (seconde obsession dĂ©vorante). Ils retrouvent Heinrich qui repousse la jeune femme dĂ©boussolĂ©e.  Surviennent Mephisto et Faust qui cannibales, dĂ©vorent un malheureux valet trop maladroit (acte IV). Tandis qu’au V, Ruprecht assiste l’Inquisiteur pour rĂ©aliser un exorcisme sur une nonne possĂ©dĂ©e : Renata elle-mĂȘme qui comprend alors que celui qu’elle prenait pour ange gardien, Heinrich, Ă©tait le poison de sa vie, un esprit dĂ©moniaque, habile Ă  la perdre totalement. Prokofiev adapte ainsi la nouvelle fantastique et noire de Brioussov. Il en dĂ©coule un opĂ©ra composĂ© entre 1919 et 1927, d’une Ă©criture flamboyante et expressionniste oĂč au cĂŽtĂ© du chant lyrique continu (sprachgesang) se dĂ©ploie le chant tout autant articulĂ©, ciselĂ© d’un orchestre constamment palpitant. Inclassable et d’une voluptĂ© Ăąpre, hallucinĂ©e, l’opĂ©ra de Prokofiev est rarement jouĂ©. La diffusion rĂ©alisĂ©e par l’opĂ©ra de BaviĂšre Ă  Munich est incontournable pour mesurer les qualitĂ©s du Prokofiev lyrique. En 2015, Barrie Kosky s’empare du drame expressionniste pour en dĂ©duire un opĂ©ra kitsh, Ă  la fois circus et grande parade dĂ©jantĂ©e, Ă  force de tableaux collectifs, habilement chorĂ©graphiĂ©s, oĂč les fantasmes sexuels le disputent Ă  l’esprit cabaret provocant voire Ă©cƓurant (cf. la chorĂ©graphie de la saucisse
 !!).

 

ange-de-feu-prokofiev-munich-koskie-2015-opera-diffusion-opera-chez-soi-classiquenews

 

 

 

bayerische Staatsoper opera critique review classiquenewsVOIR aussi en accĂšs illimitĂ©e sur le site de l’OpĂ©ra de Munich / Bayerische Staatsoper, l’air de Lucia di Lammermoor : “Regnava bel Silenzio” / avril 2020. Voix claire, soutien, justesse et sens des nuances sans omettre l’agilitĂ© et le legato, la jeune diva a tout pour sĂ©duire et convaincre voire Ă©mouvoir. Sa Lucia est dĂ©jĂ  trĂšs construite

 https://www.youtube.com/watch?v=9xFVLp1Bhd8

 

 

 

 

Retrouvez ici la plateforme de streaming STAATSOPER.TV
https://www.staatsoper.de/tv.html?no_cache=1
Entre autres, actuellement :
REPLAYS et DIRECTS : les perles du NetDie Frau ohne Schatten de Richard Strauss (Botha, Pieczonka, Polaski, Koch, Pankratova
 Kirill Petrenko / Warlokowski, mise en scĂšne ; nov 2013), – la baguetet dĂ©taillĂ©e et allusive de l’impeccable Kirill Petrenko rĂ©affirme le chant souverain de l’orchestre, l’un des plus scintillants jamais Ă©crits par Strauss – la distribution est elle aussi passionnante. Reste la mise en scĂšne de Warlikowski : empĂȘtrĂ©e dans un fouillis de rĂ©fĂ©rences et de micro seynettes, empruntant au thĂ©Ăątre sec et Ă  la psychanalyse… Mais quel orchestre ! Magicien et splendide. Aucun doute, Die Frau Ohne Schatten / La femme sans ombre est bien une partition lyrique et orchestrale de premier plan, recueillant l’imaginaire sans limite de Strauss et les dĂ©flagrations de la premiĂšre guerre /  jusqu’au 25 avril 2020 : https://operlive.de/frau-ohne-schatten/

 

 

 

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STAATSOPER STUTTGART

BORIS GODOUNOV – jusqu’au 15 mai 2020
PremiĂšre version de 1869 – filmĂ© en fĂ©vrier 2020 (soit juste avant le confinement)boris-opera-stuttgart-paul-georg-dittrich-titus-engel-opera-critique-review-classiquenews
(Engel / Paul-Georg Dittrich)  -  Dans un dispositif assez confus, oĂč le thĂ©Ăątre n’est jamais Ă©cartĂ© ni les projections vidĂ©os souvent inutiles, Boris bĂ©nificie cependant ici du baryton basse Adam Palka, solide et puissant,  – Ă  dĂ©faut d’ĂȘtre rĂ©ellement fin, dans sa combinaison dorĂ©e plastifiĂ©e. Le chanteur incarne et la volontĂ© d’ambition politique et le dĂ©sarroi intime
 prĂ©sents dĂšs la cĂ©rĂ©monie du couronnement. S’il n’était des ajouts et Ă©pisodes dramatiques en allemand (qui apportent quoi au juste ? signĂ© Sergej Newski), l’action aurait conservĂ© un semblant de cohĂ©rence. Dans ce patchwork Ă©clectique, rĂšgne un sĂ©rieux dĂ©sordre scĂ©nique, bon an mal an fĂ©dĂ©rĂ© autour de la dĂ©nonciation du cynisme de tous les dirigeants (De Pierre Ier Ă  Poutine dont le masque est Ă©videmment prĂ©sent). Et l’unitĂ© du Boris initial de Moussorgski en souffre grandement. Car l’imaginaire de Dittrich rassemble des Ă©lĂ©ments Ă©pars comme un grand dĂ©ballage postapocalyptique. Pour autant le metteur en scĂšne nous gratifie de tableaux prenants (comme le rassemblement de la Douma pour dĂ©noncer le faux Dmitri, usurpateur portĂ© par la horde hongroise et que finit par assassiner Boris). Une rĂ©ussite en demi teintes, colorĂ©e, parfois dĂ©lirante, mais qui souffre des incursions de musique contemporaine avec texte allemand. La folie de Boris, avec choeur en coulisses (excellent) est un superbe moment grĂące au baryton basse d’Adam Palka, vraiment convaincant (et qui fini emmurĂ©, pĂ©trifiĂ© : belle trouvaille). La direction de Titus Engel est elle aussi expressive, jamais neutre et souvent dĂ©taillĂ©.

VISIONNEZ le BORIS de Moussorsgki et Sergej Newski Ă  l’OpĂ©ra de Stuttgart :  https://www.staatsoper-stuttgart.de/en/schedule/opera-despite-corona/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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PALERMO, Teatro Massimo
Parsifal de Wagner, Graham Vick / OM Wellber (janvier 2020) / en replay jusqu’au 9 juillet 2020 :http://www.classiquenews.com/parsifal-par-graham-vick-et-omer-meir-wellber-palerme-janvier-2020/

VOIR Parsifal par Graham Vick / OM Wellber Ă  Palerme : https://www.arte.tv/fr/videos/094805-000-A/richard-wagner-parsifal/

parsifal-vick-wellber-palerme-janvier-2020-critique-opera-classiquenewsNOTRE AVIS. PALERME, Teatro Massimo,CLIC D'OR macaron 200 janvier 2020. ComparĂ©e Ă  sa premiĂšre mise en scĂšne pour Bastille, il y a des lustres, Grahamn Vick Ă©carte toutes rĂ©fĂ©rences au mĂ©diĂ©val pictural (anges de Memling) et chevaliers en cuirasses
 On retrouve les rideaux blancs sur toute la largeur de la scĂšne, tirĂ©s pour exprimer le flux du temps et la prĂ©cipitation de l’action
 c’est tout. A l’époque des soldats amĂ©ricains en Irak, Titurel tente de faire rĂ©gner un semblant d’harmonie au sein d’une confrĂ©rie  au bord de la division. Le trĂšs solide Gurnemanz (John Relyea) a bel allure surtout lorsque parait le fol et pur Parsifal qui vient de tuer le cygne blanc auquel il inflige une leçon d’amour : ne voit-il pas la souffrance de l’animal qu’il vient de percer de sa flĂšche irresponsable ?
Trouble, ambivalente, marquĂ©e par un passĂ© qu’elle tente de fuir et qui l’éreinte, (« que l’on ne me rĂ©veille pas ») la Kundry de l’excellente Catherine Hunod est passionnante, tant la diseuse cisĂšle te verbe et chaque tirade qui l’habite  et la dĂ©vore : mĂšre, soeur, sĂ©ductrice puis bĂȘte rongĂ©e par le remord et le dĂ©sir d’ĂȘtre sauvé  Julian Hubbard campe un Parsifal plein de candeur vive, de juvĂ©nile ardeur qui fuit lui aussi la tragĂ©die de ses origines (Kundry ne lui apprend-elle pas que sa mort est morte ?)
kundry-catherine-hunold-parsifal-critique-vick-wellber-classiquenewsReste Amfortas : Vick en fait une incarnation prĂ©cise du Christ sanguinolent qui pleure le sang, impuissant Ă  rĂ©parer l’unitĂ© du clan – Tomas Tomasson incarne un roi dĂ©chu, maudit et damnĂ©, et son chant privilĂ©gie la puissance sur la finesse / comme sa contrepartie malĂ©fique, l’ignoble Klingsor (Thomas Gazheli), parfaitement abject, en slip et cigare, humiliant la pauvre Kundry, la forçant Ă  sĂ©duire Parsifal comme elle l’a fait avec Amfortas. Les passages en ombres chinoises s’accordent idĂ©alement au vortex musical pur (oĂč le temps se fait espace), dĂ©veloppant une rĂ©flexion sur la vanitĂ© des turpitudes humaines : la guerre, la lĂąchetĂ© crasse, l’impuissance, la violence et la barbarie sous toutes ses formes
 La direction de OM Wellber, directeur musical du Teatro Massimo (depuis la dĂ©but de la saison 2020) sans ĂȘtre subtil reste efficace.  La production soulignait alors combien Parsifal mĂ©ritait d’ĂȘtre produit dans la ville (Palerme) oĂč Wagner l’a composĂ©, une sorte de retour aux sources. Illustration : Catherine Hunold saisissante en Kundry (RD)

 

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ENGLISH BAROQUE SOLOISTS

monteverdi-ritorono-d-ulisse-patria-opera-gardiner-critique-review-classiquenewsMONTEVERDI / Monteverdi Choir, English baroque Soloists / Gardiner (2017) : Le Retour d’Ulysse dans sa patrie, Gardiner 2017, Ă  voir dĂšs le 24 avril 2020. The Monteverdi Choir, The English baroque soloists / John Eliot Gardiner proposent une sĂ©rie de captations vidĂ©os pendant le confinement en accĂšs gratuit depuis leur chaine Youtube. Dans le cycle de la trilogie des opĂ©ras de Monteverdi, l’ensemble britannique met en ligne ce jour (friday / vend 24 avril 2020 – 7 pm heure de Londres / 18h heure de Paris), la production du Ritorno d’Ulisse in patria / le Retour d’Ulysse dans sa patrie de Claudio Monteverdi captĂ©e Ă  La Fenice de Venise en 2017 (version semi scĂ©nique). En ligne jusqu’au 9 juillet 2020. Le cycle complet des opĂ©ras de Monteverdi sera accessible ainsi quand le dernier ouvrage I’Incoronazione di Poppea sera mis en ligne le 1er mai 2020. VISIONNER le cycle des opĂ©ras de MONTEVERDI / Gardiner 2017

 

 

 

 

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TOURCOING, ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING
L’Etoile de Chabrier (nouvelle production, fĂ©vrier 2020)

L’ÉTOILE de Chabrier, 7, 9, 11 fĂ©v 2020. Nouvelle production. DadaĂŻste, loufoque,Éblouissante ETOILE de Chabrier Ă  TOURCOING fantasque, en rĂ©alitĂ© de pure fantaisie, l’inspiration de Chabrier mĂȘle et Mozart et Offenbach en un dĂ©licieux thĂ©Ăątre poĂ©tique (Verlaine a participĂ© au livret). Cette nouvelle production de son opĂ©ra comique L’étoile (1877) prĂ©sentĂ©e par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, jamais en reste d’un dĂ©fi nouveau, devrait le dĂ©montrer en fĂ©vrier 2020 (3 reprĂ©sentations). 7 ans aprĂšs la dĂ©faite national, les esprits s’éloignent du « teuton » Wagner (jugĂ© suspect, au moins jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1890) et recherchent Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer le genre lyrique dans de nouveaux sujets, et de nouveaux formats. « La Ballade des gros dindons », « La Pastorale des cochons roses », sans omettre les couplets du duo de la Chartreuse verte, parodie dĂ©jantĂ©e du chant bellinien
 sont autant de titres qui soulignent la facĂ©tie souveraine d’un Chabrier, original, iconoclaste, inclassable. RĂ©formateur mais raffinĂ©. Un indĂ©crottable auvergnat soucieux de rĂ©former les codes de l’OpĂ©ra Ă  Paris.
CLIC D'OR macaron 200Dans une tyrannie orientale de pur fantasme, orchestrĂ©e par le Roi Ouf 1er, fou dĂ©lirant Ă©gocentrique, on Ă©vite toute contestation au pouvoir pour Ă©viter d’ĂȘtre condamnĂ© Ă  mourir empalĂ© ! Heureusement l’amour du jeune marchant Lazuli pour la belle Laoula vaincra tout obstacle
 – VOIR aussi notre REPORTAGE L’Étoile de Chabrier par l’Atelier lyrique de Tourcoing @studio CLASSIQUENEWS 2020 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham fĂ©vrier 2020

 

 

 

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 TOUS LES OPERAS et productions lyriques actuellement accessibles dans le monde sur le site OPERA ON VIDEO

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CONCERTS LIVE

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AUX NOTES CITOYENS : de nouveaux concerts en directL’offre du Festival 1001 NOTES : « Aux notes citoyens »
https://festival1001notes.com
https://festival1001notes.com/agenda/evenement/aux-notes-citoyens-nicolas-horvath
Prochain concert live : Nicolas Horvath, jeudi 16 avril 2020, jeudi 30 avril 2020
https://festival1001notes.com/agenda/evenement/aux-notes-citoyens-nicolas-horvath


 

 

lille-pianos-festival-2020-annonce-concerts-festival-classiquenewsLILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020 : 100% digital, les 12, 13 et 14 juin 2020 – Crise sanitaire oblige, le LILLE PIANO(S) FESTIVAL est en 2020, 100% DIGITAL. Le Festival propose tout un cycle de concerts gratuits en direct et en rediffusion sur la chaĂźne youtube et la page facebook de l’Orchestre National de Lille (ON LILLE). Au total sur 3 jours, 30 artistes invitĂ©s dans plusieurs programmes entiĂšrement numĂ©rique. Ce sont 19 concerts en direct ou en diffĂ©rĂ© qui porteront la flamme d’un festival parmi les plus importants de la capitale lilloise. Les performances sont assurĂ©es depuis l’auditorium du Nouveau SiĂšcle Ă  Lille mais aussi Brooklyn, Philadelphie, Amsterdam et Bruxelles ! Les musiciens de l’Orchestre National de Lille participent Ă©videment Ă  l’évĂ©nement. Alexandre Kantorow (laurĂ©at du dernier Concours Tchaikovski de Moscou, 2019) ouvre le bal avec un concert dĂšs le 12 juin depuis le Nouveau SiĂšcle Ă  Lille
 En en clĂŽture, le Concerto n°3 pour piano et orchestre de BEETHOVEN (250 ans oblige en 2020 !), avec l’excellent David Kadouch accompagnĂ© par l’Orchestre National de Lille sous la direction d’Alexandre Bloch (version pour orchestre Ă  cordes, car l’orchestre a tenu Ă  respecter les mesures sanitaires) : Dim 14 juin 2020, 20h – 20h40.

La programmation complĂšte et les programmes des concerts sur le site de l’Orchestre National de Lille / page dĂ©diĂ©e au Festival LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020, un festival entiĂšrement digital : https://www.onlille.com/saison_19-20/lille-pianos-festival/

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VIVRE EN DIRECT Le LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020
sur Youtube
https://www.youtube.com/watch?v=zTniJB0ZeCc&fbclid=IwAR0WJttJu82PhUC_J6Tu-PUgMeBfx3NUR6nCut-RSKqbclBMPLu0N8I6Hk0

cliquez ici pour suivre le LILLE PIANO(S) FESTIVAL : lille-pianos-festival-digital-en-direct-sur-youtube-classiquenews

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DANSE

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Retrouvez ici les ballets les plus intĂ©ressants mis en ligne, dont RomĂ©o et Juliette, La Pastorale par Malandain, Beethoven Project par Jiri Kylian, Crystal PITE (Boody and soul), Giselle…  http://www.classiquenews.com/vod-danse-pendant-le-confinement-les-perles-de-classiquenews/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SYMPHONIQUE

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Vertiges symphoniquesBeethoven, Symphonie n°7 de Beethoven par Les SiĂšcles, François-Xavier Roth (janvier 2020) – en replay jusqu’au 14 mars 2021 / L’excellence actuelle sur instruments d’Ă©poque. Une relecture lumineuse, intelligemment architecturĂ©e, instrumentalement ciselĂ©e…
http://www.classiquenews.com/beethoven-2020-symphonie-n7-par-les-siecles-fx-roth/

 

 

 Symphonies de GUSTAV MAHLER
par l’ON LILLE et Alexandre Bloch

 

 

bloch-alexandre-maestro-mahler-gustav-symphonie-n6-concert-critique-classiquenews-lille-nouveau-siecle-concertLES SYMPHONIES de GUSTAV MAHLER par L’Orchestre National de Lille. Ce fut l’évĂ©nement symphonique de l’annĂ©e 2019 : les Symphonies de Gustav Mahler interprĂ©tĂ© en un cycle continu par les instrumentistes lillois et leur directeur musical Alexandre Bloch. Classiquenews a relayĂ© et critiquĂ© la plupart des sessions de cette quasi intĂ©grale Ă©vĂ©nement dans la vie et l’histoire de l’Orchestre fondĂ© par Jean-Claude Casadesus. En voici les jalons marquants, qui permettent de suivre au sein dy cycle mahlĂ©rien, les avancĂ©es d’un collectif dĂ©sormais soudĂ© autour du charisme Ă©nergique de son chef
 LIRE notre prĂ©sentation du cycle Mahler par l’ON LILLE / Orchestre National de Lille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ă  suivre… Page rĂ©guliĂšrement actualisĂ©e selon la diversitĂ© de l’offre disponible.

 

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CD Ă©vĂ©nement, critique. CĂ©sar Franck par Mikko Franck : Symphonie en rĂ©, Ce que l’on entend sur la montagne, Philharmonique de Radio France (1 cd Alpha).

franck-cesar-cd-symphonie-re-ce-que-me-dit-la-montagne-cd-mikko-franck-critique-review-classiquenews-400CD Ă©vĂ©nement, critique. CĂ©sar Franck par Mikko Franck : Symphonie en rĂ©, Ce que l’on entend sur la montagne, Philharmonique de Radio France (1 cd Alpha). Depuis sa crĂ©ation en 1937, le Philharmonique de Radio France n’a jamais semblĂ© aussi heureux et Ă©panoui que sous la conduite du finlandais Mikko Franck. On se souvient d’une remarquable Tosca Ă  Orange oĂč le chant orchestral produisait une tension dramatique captivante (Ă©tĂ© 2010). On retrouve le mĂȘme engagement et une entente bĂ©nĂ©fique dans ce programme dĂ©diĂ© au symphonisme de CĂ©sar Franck.

UN POINT D’HISTOIRE
 L’unique symphonie de Franck est un sommet du romantisme orchestral en France. Le point d’accomplissement qui remontant Ă  Berlioz et sa fantastique, offre en 1888, le testament symphonique de l’auteur et une rĂ©ponse sans ambiguĂŻtĂ© Ă  Wagner.
PrĂ©figurĂ©e par la symphonie en sol majeur (pied de nez Ă  celle de Mozart en sol mineur n°40 ? et qui aurait vu le jour vers 1840), la Symphonie en rĂ© mineur est bien la seule, totalement aboutie qui fasse sens : dĂ©diĂ©e Ă  son Ă©lĂšve Duparc, la partition est majeure pour le genre en France ; elle est achevĂ©e Ă  l’étĂ© 1888, crĂ©Ă©e le 17 fĂ©vrier 1889 : Franck rĂ©pond Ă  celle de Saint-SaĂ«ns avec orgue de 1885 qui dĂ©jĂ  appliquait les prĂ©ceptes de Franck quant Ă  la construction selon un plan cyclique : rĂ©pĂ©tition des mĂȘmes motifs, superposition des motifs comme un assemblage Ă©loquent (ainsi andante et scherzo sont jouĂ©s simultanĂ©ment comme un pur exercice formel, dĂ©fi du compositeur qui s’en est expliquĂ©). Puis se furent, Lalo (Symphonie en sol mineur, 1886) ; d’Indy, sa Symphonie cĂ©venole (crĂ©Ă©e en 1887). Chacun tente de renouveler le genre en rĂ©interprĂ©tant la forme orchestrale (et cyclique). Une expĂ©rimentation continue qui avait Ă©tĂ© inaugurĂ©e par le visionnaire Berlioz et sa Symphonie Fantastique de 1830. Franck marque les esprits autant par la puissance de son gĂ©nie orchestrateur que l’audace formelle du plan gĂ©nĂ©ral : 3 mouvements (et non pas 4 
 comme chez les Viennois classiques), 
 soit une annonce du triptyque La Mer de Debussy.

L’écriture de l’organiste Franck n’a pas suscitĂ© de consensus immĂ©diat. Loin de lĂ . Les contemporains critiquent son manque de subtilitĂ© (!) : soit une robustesse voire une puissance tellurique mal dĂ©grossie et mal comprise par Gounod (qui parle de dĂ©monstration de l’impuissance) ou Ravel qui regrette ses erreurs « foraines » aux sommets les plus mystiques (!)


franck-mikko-direction-musicale-radio-france-maestro-review-compte-rendu-classiquenewsMIKKO FRANCK EN FRANCKISTE CONVAINCANT… Rien de tel dans la lecture de Mikko Franck ici, qui comprend les ambitions de la forme sans sacrifier la tension et l’inquiĂ©tude permanentes d’une architecture Ă  la fois menaçante et impressionnante. Dans l’optique du principe cyclique qui fond les Ă©lĂ©ments en un tout organiquement liĂ©, Mikko Franck exprime idĂ©alement en un souffle dramatique continu, l’enchaĂźnement des parties : Lento, allegro non troppo / Allegretto (andante, scherzo) / Finale (allegro non troppo).
On distingue d’emblĂ©e l’ñpretĂ© et la vibration intranquille du premier mouvement dont le chef exprime aussi l’activitĂ© souterraine, les forces sousjacentes indomptables comme la lave d’un volcan prĂȘte Ă  surgir. Son caractĂšre sombre mĂšne au premier Allegro jusqu’au lumineux rĂ© majeur. Nous voici donc en pleine ascension de la montagne ; de falaises Ă  pic, effrayantes et noires, jusqu’aux cimes solaires.

Piliers d’une marche solennelle et mystĂ©rieuse, les harpes Ă©nigmatiques du II, en pizz (Allegretto, comem la 7Ăš de Beethoven) prennent la hauteur nĂ©cessaire dans le prolongement de l’interrogation prĂ©cĂ©dente. Les respirations incisives comme celles d’une houle prenante et enveloppante se prĂ©cisent
 comme ocĂ©anes. La sonoritĂ© exulte mais garde une prĂ©cision dans son Ă©locution, un relief et une matiĂšre faits d’un scintillement intĂ©rieur. Le soin accordĂ© Ă  la transparence se dĂ©ploie dans ce mouvement oĂč bois et vents apportent leur Ă©clairage quasi pastoral (douceur enivrante de la clarinette)
Frank fait naĂźtre des frĂ©missements et des nuances Ă©poustouflantes aux cordes (faux scherzo car le tempo reste allegretto), osons dire purement français alors que « sĂ©vit » le wagnĂ©risme ambiant auquel on comprend dĂšs lors que CĂ©sar Franck apporte une alternative sĂ©rieuse. La clartĂ© qui s’affirme quand les deux thĂšmes se superposent et se combinent, expriment bien l’esprit de dĂ©fi et de rĂ©solution qui anime le compositeur.

 

Symphonie en rĂ©, Ce que l’on entend sur la montagne…

Mikko Franck, un franckiste convaincant

 

Le chef du Philharmonique de Radio France nous gratifie d’une sonoritĂ© ample qui creuse toujours davantage le mystĂšre et la profonde interrogation d’un Franck qui fut un mystique. La fin du II sonne comme une rĂ©vĂ©lation finale, dans l’ombre et la brume malgrĂ© son Ă©locution d’une rare prĂ©cision.

Le III frappe davantage par son entrain (citation des mouvements prĂ©cĂ©dents et trĂšs habile combinaison victorieuse lĂ  encore) : la rĂ©solution des Ă©nigmes antĂ©rieures et le surgissement de la cathĂ©drale sonore, façonnĂ©e avec une grandeur mesurĂ©e et lĂ  encore un sens du dĂ©tail passionnant. Au coeur du dĂ©ploiement la rĂ©solution du tout et l’aspiration mystique vers les hauteurs, Mikko Franck fait jaillir comme une Ă©tape nouvelle dans l’accomplissement spirituel, la voluptĂ© cĂ©leste des harpes qui reviennent ainsi Ă  8’09 expression d’une mĂ©tamorphose rĂ©ussie
 serait-ce enfin la concrĂ©tisation du passage ? Franck n’est-il pas un prophĂšte, un visionnaire ? Tendue, dramatique et dĂ©taillĂ©e Ă  la fois, la lecture convainc totalement et les qualitĂ©s instrumentales du Philhar sont totalement exploitĂ©es.

D’une inspiration naturaliste tout aussi rĂ©ussie, en tension, climats comme en dĂ©tails infimes, la vibration du poĂšme « Ce que l’on entend sur la montagne » serait bel et bien le premier poĂšme symphonique de l’histoire (conçu dĂšs 1833), prĂ©cĂ©dent celui du grand ami Liszt, tous deux quasi au mĂȘme moment, inspirĂ©s par Hugo (Feuilles d’Automnes). La malĂ©diction du destin humain plane chez Franck ; un sentiment d’empĂȘchement qui se traduit aussi par l’immensitĂ© mystĂ©rieuse de la nature. Grandeur impĂ©nĂ©trable du motif naturel opposĂ© au cri sans espoir de l’humanitĂ©.
La vision est romantique, sacralise en quelque sorte la montagne, les flots, l’infini du paysage (« les orbes infinis » comme Ă©manation de la puissance divine). Franck se rapproche du panthĂ©isme grandiose de Berlioz (Damnation de Faust), dialogue avec la spacialitĂ© cosmique du peintre Turner.
On est trĂšs Ă©loignĂ© de la fragilitĂ© des Ă©cosystĂšmes qu’a permis de rĂ©vĂ©ler et avec quelle actuelle acuitĂ©, la conscience Ă©cologique. L’orchestre de Franck dans ses climats Ă©nigmatiques capte la force d’un Ă©quilibre qui Ă©chappe totalement aux hommes. Ce chant des Ă©quilibres impĂ©nĂ©trables se lit aussi chez Schubert que Franck connaĂźt parfaitement et auquel il semble rendre hommage au mĂȘme titre que Bach et qu’à Beethoven (Symphonie Pastorale).

Si Liszt emprunte un chemin d’épreuves, marquĂ© par les obstacles, la fin quant Ă  elle, s’élĂšve en une lĂ©vitation mystique. Chez Franck, le mouvement est inverse : profondĂ©ment croyant, le compositeur pense et mĂ©dite la fragilitĂ© humaine, sa vaine puissance, son inĂ©luctable naufrage ; tout s’effondre dans l’ombre profonde, pesanteur si prĂ©sente dans le poĂšme d’Hugo. Et qui rend la sensibilitĂ© de Franck trĂšs proche de la lyre hugolienne.

Franck dĂ©ploie une maĂźtrise parfaite dans l’art des modulations harmoniques ; son gĂ©nie est tout autant convaincant dans la conception structurelle et l’architecture du poĂšme ; il tĂ©moigne d’un cycle de pressentiments et de tristesse ineffable (sentiment pesant/prĂ©sent dans le texte de Hugo).
La partition guĂšre enregistrĂ©e comparĂ©e Ă  celle de Liszt, fait entendre les mĂȘmes qualitĂ©s du maestro, directeur musical du Philhar depuis sept 2015 (et reconduit jusqu’en sept 2022). Le chef nous montre clairement la pertinence du compositeur face Ă  la source hugolienne.

Le poĂšme de presque 29 mn est Ă©noncĂ© comme une suite de respirations spirituelles lĂ  encore trĂšs emblĂ©matiques du mysticisme d’un Franck qui orchestre comme un peintre. Sans lourdeur ni Ă©paisseur, dans la transparence de la texture (et son activitĂ© scintillante : cf l’irisation frĂ©missante des six parties de violons au dĂ©but de la sĂ©quence), le geste de Mikko Franck respecte l’équilibre des plans, le relief des bois dans un miroitement continu des cordes.
Le chef ne se trompe pas, exprimant avec voluptĂ© le son de la grandeur croissante. Ainsi se prĂ©cise dans ses contours progressifs, la montagne magique. Ce que nous dit Franck ici c’est l’inĂ©narrable frĂ©missement du monde vivant et minĂ©ral, emprunt de mystĂšre et de secrĂštes vibrations (Ă  8’39, la flĂ»te Ă©merge sur la soie des cordes ; ou Ă 12’48, la clarinette ondulante, vaporeuse
). On gravit peu Ă  peu la montagne pour contempler enfin au dessus des cimes la clartĂ© grandiose du panorama. Et la misĂšre humaine.
Mais ce que nous dit la montagne, c’est l’ivresse de l’altitude. En maĂźtre absolu du tempo et de la sonoritĂ©, Mikko Franck nous montre qu’il sait en vrai poĂšte, ciseler la verve narrative de CĂ©sar Franck, avec cette transparence de la pĂąte sonore que ne maĂźtrisent pas les phalanges germaniques ; le maestro sait rĂ©vĂ©ler chez CĂ©sar, l’architecte et le gĂ©omĂštre de superbes paysages sonores.

 

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CLIC D'OR macaron 200CD événement, critique. César Franck par Mikko Franck : Symphonie en ré, Ce que nous dit la montagne, Philharmonique de Radio France (1 cd Alpha). CLIC de CLASSIQUENEWS avril 2020.

César Franck (1822-1890) : Symphonie en ré mineur

Lento, allegro non troppo (18’35)
Allegretto : Andante, scherzo (10’04)
/ Allegro non tropppo (10’15)

CE QU’ON ENTEND SUR LA MONTAGNE
Poùme symphonique (28’20)

Durée totale: 1h07

Orchestre Philharmonique de Radio France
Mikko Franck, direction

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CD, critique. DANZAS : CUAREIM QUARTET + NATASCHA ROGERS  (1 cd Klarthe records)

cuareim quartet natascha rogers cd concert critique review classiquenews concert PARIS vertisiteCD, critique. DANZAS : CUAREIM QUARTET + NATASCHA ROGERS  (1 cd Klarthe records) –  Il Ă©mane des artistes ici rĂ©unis une connivence riche en mĂ©tissages et saveurs inĂ©dites ; les instrumentistes renouvellent l’art du Quatuor entre autres dont ils font un passage vers un univers instrumental et poĂ©tique trĂšs singularisĂ© : le CUAREIM QUARTET incarne l’idĂ©al des mĂ©tissages enivrants. Les quatre instrumentistes se sont lancĂ©s en quatuor au Mexique en 2013. Le geste des Quatre cultive avec habiletĂ© le trouble nĂ© du croisement du jazz, des musiques du monde, populaires, traditionnelles, servies par des instruments « classiques ». Ici, ils puisent dans un rĂ©pertoire impressionnants de rythmes de danses, une sĂ©rie de morceaux inĂ©dits composĂ©s par chaque instrumentiste, qui savent aussi laisser la place Ă  l’impro. C’est un son diffĂ©rent et plus caractĂ©risĂ© encore (apport de la percu : le bombo dans « Gerundio » par exemple) qui sait aussi rester dans la tradition du quatuor Ă  cordes, jouant d’ailleurs des styles. Le choix des piĂšces renvoie Ă  leur dernier cd « Danzas » / « danses » : chaque morceau est un tableau en soi, fortement marquĂ© par des Ă©lĂ©ments expressifs spĂ©cifiques.

Chaque piĂšce est une invitation au voyage : BrĂ©sil, Cuba, Argentine, Mexique (Ă©videmment), mais aussi Bulgarie (irrĂ©sistible Tanuana, vĂ©ritable appel aux rĂȘves Ă©laborĂ© par le violoniste Federico Nathan), MacĂ©doine
 jusqu’à la RĂ©union et au PĂ©rou. L’offrande invite constamment Ă  l’imaginaire ; elle est un formidable vivier de mĂ©tissages inventifs (Ă©coutez les « Amants de BarbĂšs » par exemple, composĂ© par le violoncelliste Guillaume Latil qui Ă©voque la vitalitĂ© des musiques de l’Afrique du Nord, dans l’esprit du bal musette

D’un cycle d’instants amoureusement chaloupĂ©s, se dĂ©tache aussi la nonchalance mĂ©lancolique de « Naila », bolĂ©ro mexicain (avec maracas et congas) d’une dĂ©licieuse tendresse
 piĂšce qui est le point de dĂ©part du groupe.
L’ivresse est au rendez vous ; la volontĂ© de partage et d’échanges aussi car la musique est universelle et mĂ©tissĂ©e. VoilĂ  un programme flamboyant qui dĂ©montre avec justesse, car les visions rĂ©ductrices rĂ©sistent, -comme la volontĂ© de cloisonner les dĂ©marches-, combien l’histoire de la musique est un perpĂ©tuel et heureux mĂ©lange ; du « savant » au « populaire », les mouvements et les passages sont perpĂ©tuels ; les cultures, imbriquĂ©es, fusionnĂ©es, rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©es.

CLIC D'OR macaron 200Cuareim Quartet confirme cette complicitĂ© active qui rappelle combien la musique dite savante ne serait rien sans la vitalitĂ© des musiques populaires et traditionnelles. Le goĂ»t des assemblages rĂšgne en maĂźtre et les kalĂ©idoscopes de couleurs et de sons Ă©blouissent d’un bout Ă  l’autre de ce programme enivrant, soit 10 « épisodes » musicaux, 10 « Danzas / danses » d’ici et d’ailleurs, d’hier et d’aujourd’hui. Une prĂ©fĂ©rence ? Saluons le chant sacrĂ© cubain « La topa de elegua » 
 un traditionnel Yoruba, chantĂ© par Natascha Rogers. L’art des saveurs et des combinaisons imprĂ©vues surprend, convainc, transporte.

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CD, critique. DANZAS : CUAREIM QUARTET + NATASCHA ROGERS (1 cd Klarthe records) - CLIC de CLASSIQUENEWS / Printemps 2020

DANZAS par Cuareim Quartet
Federico Nathan, Rodrigo BauzĂĄ, violons
Olivier Samouillan, altiste
Guillaume Latil, violoncelle
Natascha Rogers, chant

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PLUS D’INFOS sur le site du label KLARTHE records
https://www.klarthe.com/index.php/fr/enregistrements/jaz-detail

 

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TEASER VIDEO  : Cuareim Quartet
https://www.klarthe.com/index.php/fr/enregistrements/jaz-detail

 

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CLIP VIDEO : « Les Amants de BarbÚs »

Les amants de BarbÚs : métissages heureux du Cuareim Quartet
Rodrigo Bauza, Federico Nathan – violins / violons
Olivier Samouillan – Viola / alto
Guillaume Latil – cello / violoncelle

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CD coffret Ă©vĂ©nement : BEETHOVEN revolution (vol1), Jordi SAVALL (Symphonies 1 Ă  5 – Le Concert des Nations, AcadĂ©mie Beethoven 250 – 3 cd Alia Vox, 2019)

beethoven revolution symphonies 1 5 savall critique cd classiquenewsCD coffret Ă©vĂ©nement : BEETHOVEN revolution (vol1), Jordi SAVALL (Symphonies 1 Ă  5 – Le Concert des Nations, AcadĂ©mie Beethoven 250 – 3 cd Alia Vox juin sept 2019). C’est un feu de joie dont l’allant percute et avance sans lourdeur ni Ă©paisseur ; Jordi Savall dĂ©voile un Beethoven dĂ©poussiĂ©rĂ©, vif argent, grĂące aux tempos enfin rĂ©tablis. L’équilibre des pupitres (cordes en boyau, bois, vents et cuivres), la puissance des unissons, la violence des tutti, fouettĂ©s et onctueux, l’intelligence des nuances, la fermetĂ© virile du geste
 indiquent une lecture d’une rare cohĂ©rence.

Les premiĂšres symphonies sont relues avec une vitalitĂ© rĂ©gĂ©nĂ©ratrice, un sens du dĂ©tail et aussi une clartĂ© structurelle de premier plan. La n°1 (1800) impose un souffle, des respirations amoureuses, une hauteur de vue, un sens irrĂ©sistible des Ă©quilibres ; l’orchestre est conçu comme une assemblĂ©e d’individualitĂ©s pourtant unifiĂ©es en une direction commune. L’emblĂšme mĂȘme de la sociĂ©tĂ© active rĂ©conciliĂ©e, fraternelle : soit l’accomplissement de l’idĂ©al beethovĂ©nien. Sur le plan musical, l’auditeur se dĂ©lecte tout autant de la ciselure, de l’énergie, de l’esprit rĂ©formateur comme de l’activitĂ© franche d’un orchestre impĂ©rial. Savall nous fait entendre le bruit du chaos primordial, la forge armĂ©e et conquĂ©rante, le relief des armes belliqueuses, les gouffres vertigineux ouverts et le pur esprit crĂ©ateur, celui qui organise la matiĂšre pour que surgisse la lumiĂšre (pulsion dyonisiaque furieuse et dansante du dernier Allegro). Les temps de suspension plus mĂ©ditative et de plĂ©nitude tendre, d’effusion fraternelle façonnent la superbe articulation du Larghetto de la Symphonie n°2 (1802) oĂč scintillent frottements harmoniques et saveur des timbres caractĂ©risĂ©s.

DĂšs le dĂ©but de la 3Ăš EroĂŻca (1804), en son Allegro con brio se dĂ©ploie le vol de l’aigle, ses hauteurs olympiennes oĂč les secousses militaires et les dĂ©flagrations semblent comme absorbĂ©es, distanciĂ©es / intĂ©grĂ©es dans un panorama Ă  l’échelle du cosmos : dĂ©jĂ  le destin frappe Ă  la porte (6 coups assĂ©nĂ©s), expression d’une dĂ©termination Ăąpre, inextinguible, Ă  laquelle trait du gĂ©nie, succĂšde la Marcia funĂšbre : Savall y Ă©largit encore le cortex beethovĂ©nien , irrĂ©pressible dĂ©ploration funĂšbre (le deuil des idĂ©es trahies par Bonaparte devenu NapolĂ©on le tyran) ; le geste est mordant, nerveux (en Ă©cho avec l’aigreur millimĂ©trĂ©e des cuivres) et la palette des nuances aussi Ă©tendue que dĂ©lectable (les bois d’une voluptueuse prĂ©sence, souple, affectueuse). La forge symphonique beethovĂ©nienne palpite Ă  chaque mesure. Dans cette fabuleuse descente infernale s’accomplissent un relief instrumental, une intensitĂ© nimbĂ©e par les couleurs sidĂ©rantes des bois. Le travail est exceptionnel et rĂ©tablit la filiation de Ludwig avec Mozart et Haydn (colonnes maçonniques et gravitas du Requiem du Premier ; vibration fantastique de La CrĂ©ation du Second). Le chef catalan avait dĂ©jĂ  abordĂ© la partition en 1994 dans une version pleine de fougue et de contrastes, prĂ©lude nĂ©cessaire semble-t-il Ă  l’accomplissement de 2019.

La 4Ăš (1806) pĂ©tille et trĂ©pigne, assĂ©nant avec une motricitĂ© rythmique exaltĂ©e, l’avĂšnement d’une Ăšre nouvelle ; introduit par l’Adagio prĂ©liminaire, l’Allegro II avance, impĂ©rial, impĂ©rieux, ivre de sa force Ă©lectrisĂ©e. MĂȘme jeu d’équilibre entre percus et cuivres tranchantes, bois onctueux et cordes trĂ©pidantes dans l’Adagio qui conduit Ă  une plĂ©nitude nouvelle : le fini instrumental (clarinette olympienne) semble y recueillir la leçon du dernier Mozart. Tout s’accorde et s’organise pour la vitalitĂ© Ă©ruptive mais organisĂ©e du dernier Allegro : danse et transe Ă  la fois, dramaturgie chorĂ©graphique, feu de joie d’une irrĂ©pressible Ă©nergie.

La 5Ăšme (1808) peut alors ciseler ses accents tranchants, vĂ©ritables appels Ă  la sidĂ©ration ultime, pour que naisse en un dĂ©nouement cathartique, l’euphorie salvatrice finale. LĂ  encore le dĂ©tail, la nervositĂ©, une certaine dramaturgie du dĂ©sespoir qui confĂšre la gravitĂ©, soutient une lecture somptueusement pensĂ©e : oĂč l’Allegro serait l’expression d’un espoir planĂ©taire et cosmique, bientĂŽt déçu et enterrĂ© manu militari dans l’Andante qui suit, selon un diptyque bien connu Ă  prĂ©sent et inaugurĂ© dans la 3Ăš « Eroica », elle aussi contrastĂ©e et bipolaire, exaltĂ©e puis mĂ©ditative jusqu’au dĂ©nuement le plus total. Savall en comprend l’échelle des registres, l’écart vertigineux des deux versants. La jubilation olympienne, exaltation et extase fraternelle, du dernier Allegro affirme ce galop Ă©tincelant (Ă©clairs et saillies des bois et des vents, clarinette, flĂ»te éperdues / « sempre piĂč allegro »).

CLIC D'OR macaron 200Dans les faits, Jordi Savall dĂ©montre une comprĂ©hension profonde du massif beethovĂ©nien ; il en rĂ©vĂšle les Ă©quilibres singuliers, d’autant mieux mesurĂ©s depuis son interprĂ©tation prĂ©cĂ©dente des 3 derniĂšres symphonies de Mozart (2017-2018). L’auditeur y dĂ©tecte une filiation avec l’harmonie des bois et des vents, particuliĂšrement ciselĂ©s et privilĂ©giĂ©s, dialoguant avec les cordes, jamais trop puissantes. La martialitĂ© de Ludwig s’en trouve allĂ©gĂ©e, plus percutante, et c’est tout le bĂ©nĂ©fice des instruments d’époque qui jaillit, renforçant les contrastes beethovĂ©niens. La sonoritĂ© est l’autre superbe offrande de Savall grĂące Ă  l’effectif : autour de 60 instrumentistes dont 32 cordes ; la fidĂ©litĂ© aux souhaits de Beethoven est Ă©loquente dans cette clarification entre les pupitres. VoilĂ  comment le chef catalan Ă©claire de l’intĂ©rieur l’expressivitĂ© beethovĂ©nienne oĂč l’orchestre n’exprime pas la pensĂ©e musicale : il est cette pensĂ©e elle-mĂȘme. Pas de masques ni d’enveloppe formelle : franc et direct, les musiciens fusionnent avec le sens : il porte l’esprit du gĂ©nie crĂ©ateur. Ce premier coffret des Symphonies 1 Ă  5 (un second est annoncĂ© comprenant les 6 Ă  9) dĂ©montre aussi la pertinence des moyens mis en Ɠuvre : Savall a organisĂ© plusieurs acadĂ©mies musicales oĂč instrumentistes aguerris de Concert des Nations encadrent et pilotent de plus jeunes ; de sorte qu’aux cĂŽtĂ©s de la pertinence artistique, la transmission et le partage s’invitent Ă  cette fĂȘte collective de la transe et de l’élĂ©gance. Lecture majeure. Vite le 2Ăš volume de cette intĂ©grale Beethoven de premier plan. Pour l’annĂ©e BEETHOVEN 2020, on ne pouvait rĂȘver geste plus saisissant. CLIC de CLASSIQUENEWS.COM

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CD coffret Ă©vĂ©nement : « BEETHOVEN rĂ©volution » Jordi SAVALL (Symphonies 1 Ă  5 – Le Concert des Nations, AcadĂ©mie Beethoven 250, chĂąteau de Cardona, Catalogne, juin / sept 2019 – 3 cd Alia Vox)

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LIRE aussi notre critique du coffret des 3 derniÚres Symphonies de MOZART par Jordi Savall / CLIC de classiquenews (été 2019) :

http://www.classiquenews.com/cd-coffret-evenement-mozart-les-3-dernieres-symphonies-39-40-41-jupiter-jordi-savall-3-cd-alia-vox/

LIRE aussi notre dossier spécial LUDWIG BEETHOVEN 2020 : dossier pour les 250 ans de la naissance de Beethoven (cd, livres, dvd, biographie, etc
):

http://www.classiquenews.com/dossier-beethoven-2020-les-250-ans-de-la-naissance-1770-2020/

CD Ă©vĂ©nement, critique. GRANADOS : Myriam Barbaux-Cohen, piano (1 cd ARS Produktion – 2019)

GRANADOS Myriam-Barbaux-Cohen-Enrique-Granados cd review cd critiqueCD Ă©vĂ©nement, critique. GRANADOS : Myriam Barbaux-Cohen, piano (1 cd ARS Produktion – 2019). Ce premier album discographique sert admirablement les humeurs poĂ©tiques d’un Granados tour Ă  tour rĂȘveur, parfois sombre et grave, surtout intime. Le choix du piano se rĂ©vĂšle excellent, valorisĂ© par une excellente prise de son qui flatte les savoureuses rĂ©sonances basses, tout en dĂ©tachant les aigus (Bechstein). Myriam Barbaux-Cohen se montre trĂšs inspirĂ©e par l’imaginaire de Granados, ses aspirations, ses visions souvent enchantĂ©es, portĂ©es par l’esprit du rĂȘve et d’une certaine langueur bienheureuse (Berceuse des Escenas poeticas, Livre 1 / plage 8).
Ce qui frappe immĂ©diatement c’est le travail de l’interprĂšte sur sa propre sonoritĂ© : ourlĂ©e, murmurĂ©e, toujours idĂ©alement allusive ; jamais sĂšche ni dĂ©monstrative, mais plutĂŽt pilotĂ©e par une pensĂ©e trĂšs architecturĂ©e qui structure la conduite et le dĂ©veloppement de chaque section.

 
 

Myriam Barbaux-Cohen enchante et convainc
SensualitĂ© et dĂ©licatesse d’un Granados, poĂšte et peintre 


 
 

PoĂšte du piano, Granados travaille quant Ă  lui par touches et nuances tĂ©nues qui composent une palette particuliĂšrement riche ; ce que la pianiste française a parfaitement compris, confĂ©rant Ă  sa lecture, une approche intime et intĂ©rieure des Ɠuvres, oĂč rĂšgne le scintillement d’une sensibilitĂ© aiguĂ«, trĂšs douĂ©e pour faire surgir des atmosphĂšres liĂ©es Ă  la rĂ©surgence d’un souvenir, tout en se dĂ©lectant d’idiomes authentiquement ibĂ©riques (Danza de la rosa).
Les Valses poeticos affirment une autre maĂźtrise, celle d’un embrasement fulgurant capable de crĂ©piter ou de chanter (enchaĂźnement du Vivace molto d’ouverture au Melodico
). Comme un cycle de variations, le dernier recueil saisit par sa finesse, son esprit joueur, sa forme libre et comme spontanĂ©e que la pianiste française, Ă©lĂšve de Josep Colom Ă  Barcelona, canalise avec une sĂ©rĂ©nitĂ© enchantĂ©e, un spleen des plus Ă©lĂ©gants, une humeur faussement dĂ©tachĂ©e, facĂ©tieuse (Allegretto)

Tout est ici Ă©noncĂ© avec une dĂ©licatesse d’intonation, une richesse dans l’approche piano qui tranche avec nombre de confrĂšres et consƓurs plus enclins Ă  la virtuositĂ© extĂ©rieure : en offrande finale l’Allegro de concierto ne manque ni de panache ni de distance parodique, d’élans sincĂšres comme d’épanchements amers : lĂ  encore le format sonore, la flexibilitĂ© maĂźtrisĂ©e recherchent et trouvent l’intimisme et la pudeur lovĂ©s dans une partition qui pourrait n’ĂȘtre sous d’autres doigts qu’une brillante page sĂ©duisante; a contrario de tout effet de manche, Myriam Barbaux-Cohen cultive l’indicible et l’ineffable, le surgissement de mondes intĂ©rieurs dont elle fouille et sonde chaque respiration (songe enivrĂ©, filigranĂ© de Recuerdo de Paises lejanos / souvenir de pays lointains). L’exil, le dĂ©racinement suscite des Ă©lans languissants, rĂȘveurs que le jeu pianistique ressuscite avec une Ă©lĂ©gance irrĂ©sistible. Le piano parle et chante (Cancion de Margerita) sa douce ivresse, avec une candeur d’une rare pudeur, un attachement aux formes Ă©vancescentes

Les emprunts au folklore des Asturies Ă  l’Andalousie sont sublimĂ©s par la grĂące d’une interprĂštes qui en comprend et en mesure les rĂ©sonances poĂ©tiques, la rĂȘverie intime d’un Granados peintre catalan des humeurs et des atmosphĂšres. On y perçoit l’influence des MaĂźtres en la matiĂšre, rencontrĂ©s Ă  Paris : Debussy, Ravel et Saint-SaĂ«ns. Sans omettre FaurĂ©, ses harmonies et mĂ©lodies attendries, elles aussi oniriques. Remarquable programme.

 
 

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CLIC D'OR macaron 200CD Ă©vĂ©nement, critique. GRANADOS : Myriam Barbaux-Cohen, piano : Libro de Horas, Cartas de amor : valses intimos, Escenas poeticas, Livre I et II, Valses poeticos, allegro de concierto, Danzas espagnolas n°2 : Oriental (1 cd ARS Produktion – enregistrement rĂ©alisĂ© en mai 2019) – durĂ©e : 1h09
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Visitez le site de la pianiste française Myriam Barbaux-Cohen :
https://www.myriambarbauxcohen.com

 
 

 
 

CD, critique. Un moment chez les Schumann : Sonates pour violoncelle et piano de Robert, Georg, Camillo SCHUMANN. Cyrielle Golin (violoncelle) / Antoine Mourlas (piano) – 1 cd KLARTHE records.

moment-musical-chez-les-schumann-golin-mourlas-cd-klarthe-records-critique-cd-review-cd-classiquenewsCD, critique. Un moment chez les Schumann : Sonates pour violoncelle et piano de Robert, Georg, Camillo SCHUMANN. Cyrielle Golin (violoncelle) / Antoine Mourlas (piano) – 1 cd KLARTHE records. Ce « moment musical chez les Schumann » façonne un salon romantique qui rĂ©unit 3 Schumann, non pas membres d’une fratrie, en rien parents de la famille de Robert, mais plutĂŽt colonie de sensibilitĂ©s au mĂȘme nom patronymique, ayant chacun ƓuvrĂ© Ă  Leipzig. Les deux instrumentistes Cyrielle Golin (violoncelle) et Antoine Mourlas (piano) font acte de complicitĂ© et d’audace ans un cycle particuliĂšrement original et dĂ©fricheur. Camillo dont la Sonate violoncelle / piano ouvre le rĂ©cital est le plus rĂ©cent nĂ© en 1872 Ă  Konigstein (comme Georg), semble prolonger l’exemple de l’illustre Schumann nĂ© en 1810. Son Ă©criture est plus lisztĂ©enne que Schumanienne et brahmsienne, en cela moins profonde et captivante que celle de Georg. Moins grave et viscĂ©rale que les autres piĂšces, la Sonate n°1 opus 59 dĂ©veloppe cependant un bel esprit chantant, fluide, habitĂ© par l’ardeur complice des deux musiciens.

Premier Romantique et modĂšle de cette trinitĂ© inĂ©dite, Robert, apparaĂźt par comparaison comme le gĂ©nie des humeurs ; au verbe ciselĂ©, caractĂ©risĂ© avec une sensibilitĂ© trĂšs affĂ»tĂ©e, particuliĂšrement vive et contrastĂ©e (« Vanitas vanitatum » qui ouvre les FĂŒnf stĂŒcke im Volkston opus 102). Ce qui touche dans cette sĂ©rie de 5 piĂšces, c’est la profondeur et la justesse du caractĂšre de chacune : Ă  l’esprit bravache, voire parodique du I, rĂ©pond immĂ©diatement la rĂȘverie pudique du II : « Langsam », traversĂ© par une gravitĂ© tout Ă  fait Ă©trangĂšre au dĂ©but. La divagation schumanienne se dĂ©ploie ensuite, maĂźtrisant ses deux orientations non pas antinomiques mais complĂ©mentaires: autodĂ©termination / doute, errance / construction. Ce que comprennent parfaitement les deux interprĂštes, jouant sur la souplesse, la rondeur d’une fusion accomplie, secrĂšte, harmoniquement voluptueuse.

 

 

Georg Schumann révélé

 

 

La rĂ©vĂ©lation reste celle de l’écriture de Georg, trĂšs proche de Robert : ardente et vive, nerveuse et presque sanguine dans l’approche, trĂšs brahmsienne des deux instrumentistes : la Sonate opus 19 n’a rien Ă  envier aux plus renommĂ©s, Robert et Johannes. NotĂ©e « con Molto espressione », la Sonate s’embrase dĂšs son premier mouvement, mais sans force ni pathos, dans une flexibilitĂ© de moyens et d’accents fondĂ©s sur l’écoute et l’entente rĂ©ciproque : ce qui fonde la valeur de ce dernier triptyque. La profondeur, l’activitĂ©, l’urgence, la vivacitĂ© intĂ©rieure convainquent sans rĂ©serve. NĂ© Ă  Konigstein en 1866, soit bien aprĂšs la mort de Schumann, Georg semble recueillir l’ardente flamme passionnelle de son prĂ©dĂ©cesseur, comprenant ses dĂ©licats Ă©quilibres, ses Ă©clairs comme ses replis des plus intimes ; Georg (1866-1952) fut un proche de Richard Strauss fondant avec lui la sociĂ©tĂ© des auteurs en Allemagne GEMA ; Georg joue le Concerto de Robert et comprend toutes les composantes de son Ă©critures qu’il fusionne avec celle de Brahms. L’opus 19 Ă©crit en 1897 en tĂ©moigne : la rĂ©fĂ©rence aux Anciens romantiques, Robert et Johannes est vivifiĂ©e ici par une rigueur constante des modulations ; une intelligence de l’harmonie aux changements parfois vertigineux. Excellent programme, enivrant, rĂ©vĂ©lateur.

 

 

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CD, critique. Un moment chez les Schumann : Sonates pour violoncelle et piano de Robert, Georg, Camillo SCHUMANN. Cyrielle Golin (violoncelle) / Antoine Mourlas (piano) – 1 cd KLARTHE records – enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Paris, Temple Saint-Marcel, janvier 2019). 

  

 

CD, critique. THOMAS ADES : Concerto pour piano / Totentanz (AdĂšs – 1 cd DG Deutsche Grammophon)

ADES totentanz concerto piano critique review cd classiquenews thomas ades cd dg4837998CD, critique. THOMAS ADES : Concerto pour piano / Totentanz (AdĂšs – 1 cd DG Deutsche Grammophon)Thomas AdĂšs sait jouer avec la forme classique, et l’expressivitĂ© du langage tonal. The Tempest (d’aprĂšs Shakespeare (2004), puis The Exterminating Angel (2016), sans omettre sa musique pour le film Colette (2018) ont confirmĂ© sa capacitĂ© Ă  caractĂ©riser et dĂ©velopper une situation dramatique. Dans cette gravure, AdĂšs s’affirme et comme compositeur et comme chef d’orchestre. Les deux piĂšces enregistrĂ©es et jouĂ©es ont scellĂ© entre autres partitions, la riche collaboration entre AdĂšs et le BSO Boston Symphony Orchestra, amorcĂ©e dĂšs la saison 2016 – 2017.

Le Concerto pour piano (2016) est la premiĂšre Ɠuvre commandĂ©e par l’Orchestre oĂč l’auteur exige du pianiste qu’il sache maĂźtriser et le grand rĂ©pertoire romantique et une esthĂ©tique plus contemporaine. En l’occurence, le soliste Kirill Gerstein y Ă©claire des filiations inĂ©dites avec Bartok : une construction efficace, parfois abrupte ; des vertiges fulgurants Ă  la Gershwin (cadences), et pour nous ce questionnement de la forme (Sonate) et du sens de la musique qui semble exposer ; puis comme un prolongement en miroir, dĂ©duire une contrepartie harmoniquement inversĂ©e. Le dĂ©veloppement et l’architecture des 3 mouvements sont condensĂ©s, presque fugaces. Le piano dĂ©roulant un chant fluide parfois bavard et qui lui aussi engage un nouveau rapport Ă  l’orchestre. Le premier mouvement avance comme Ă  reculons, rĂ©alisant comme Ă  l’envers, un concerto de Gershwin. Le climat en est une ivresse tranquille et chantante oĂč le piano trĂšs fusionnĂ© avec l’orchestre entonne une sĂ©rĂ©nade nocturne, heureuse
 volontiers bravache. Le second mouvement plus sombre et grave prĂ©pare Ă  la rĂȘverie du piano qui semble se remĂ©morer un Ă©tat de tranquillitĂ© fragile. Le troisiĂšme mouvement dĂ©lurĂ© renoue avec le dĂ©bridĂ© Ă©loquent du dĂ©but. Jamais le piano n’affronte dans un rapport d’opposition, ou de dialogue avec « dĂ©clarations alternĂ©es », l’orchestre, lequel ciselĂ©, danse avec le soliste, l’accompagne, comme une grande dame parfois extĂ©nuĂ©e, commente et souligne sa danse premiĂšre, le replace Ă  son questionnement originel. Tout passe et coule comme une onde lĂ©gĂšre, scherzando en Ă  peine 21 mn.

 

 

Le flamboyant Macabre de Thomas AdĂšs

 

 

Ades_Thomas_2013a_PC_BrianVoice_300_610_300_c1_center_center_0_-0_1Efficace voire fulgurant, la partition qui suit saisit par son Ă©quilibre et sa force expressive. Totentanz ou Danse de la mort, crĂ©Ă© en juillet 2013, convoque 2 solistes, dans l’esprit du Chant de la Terre / Das lied von der Erde de Mahler. La partition met en musique plusieurs chansons Ă  boire sur le thĂšme de l’inĂ©vitable mort (figure tutĂ©laire et rĂ©currente ici, incarnĂ©e par le baryton), soit un texte anonyme datant du XVĂš siĂšcle et retrouvĂ© Ă  LĂŒbeck (avec la fresque de la danse macabre qui lui est associĂ©e). Les vers entament une sorte de catalogue de l’humanitĂ©, pointant chaque Ă©chelon de l’ordre social ; chaque individu, du pape au bĂ©bĂ©, en passant par l’empereur, le cardinal, le roi, le chevalier, etc
 chacun incarnĂ© par la mezzo soprano. DĂ©diĂ© Ă  Witold Lutoslawski (1913-1994), la partition exprime la sidĂ©ration et l’impuissance face Ă  la faucheuse, ou la dĂ©livrance aprĂšs une existence de peine et de douleur (soit le lot des paysans). Les14 sections se dĂ©roulent comme autant de memento mori, Ă©vocation de la fugacitĂ© de la condition terrestre et triomphe absolu, parfois cynique, de la vanitĂ© humaine. Le mouvement dramatique est prĂ©servĂ© Ă  chaque sĂ©quence qui vaut situation, quand devant chacun, la mort surgit et suscite diverses rĂ©actions. Quand Pape et Empereur paraissent blasĂ©s, le Roi est paniquĂ© ; le paysan, fataliste, accepte son sort
 Pour cette mosaĂŻque humaine oĂč les passions s’entrechoquent, AdĂšs avoue avoir fusionner, surtout dans le dernier tableau avec l’Enfant, Mahler, Beethoven (celui de Fidelio), Brahms
 l’esprit de la danse emporte tout et fournit l’élan perpĂ©tuel de cette transe de la mort, macabre et enivrĂ©e. Parmi les passages les plus rĂ©ussis, distinguons entre autres la PLAGE 5 oĂč paraĂźt la mort : en une sĂ©quence Ă©lectrique (flĂ»tes et tambours) qui s’accomplit comme un rite, le somptueux baryton de Mark Stone, sur les cordes suraigues comme des scies tendues hurlantes et lancinantes, fait une figure envoĂ»tante, entre imprĂ©cations et stances hallucinantes, c’est la mort souveraine et fascinante. On relĂšve aussi la plage 13 oĂč crĂ©pitements et saturation expriment la lutte dĂ©chainĂ©e des forces en prĂ©sence (ĂąpretĂ© de la confrontation avec le marchand qui ne renonce pas ainsi facilement Ă  ses propriĂ©tĂ©s)
 Enfin, l’écoute reste sidĂ©rĂ©e par le superbe final Ă  la trĂšs riche texture orchestrale elle aussi, qui mĂȘle lugubre et transe, ivresse et expiration ultime : rĂ©vĂ©lation noble, dans une ambiance mahlĂ©rienne de dĂ©voilement et d’accomplissement (d’ailleurs Christianne Stotijn est une mahlĂ©rienne familiĂšre, participant rĂ©cemment Ă  la 2Ăš Symphonie du cycle Mahler par l’Orchestre National de Lille). Baryton et mezzo charnel, les deux voix se mĂȘlent ainsi dans une danse hypnotique et sensuelle, aux effluves lyriques, riches en exaucements des vƓux, en rĂ©solution des tensions et des inquiĂ©tudes, sur le mot « Tanzen », Ă©noncĂ© comme la clĂ© d’un passage, d’une derniĂšre traversĂ©e ou d’un enlacement Ă  jamais tournoyant sur lui-mĂȘme. L’effet est purement thĂ©Ăątral, intensĂ©ment dramatique ; d’une suprĂȘme efficacitĂ©.  L’économie formelle, sa justesse et sa fulgurance, son intensitĂ©, sa mesure, Ă©tablissent un lien direct avec la danse macabre fresque de la Marienkirche de LĂŒbeck dont la partition magistrale de Thomas AdĂšs exprime le fantastique terrifiant et grandiose. L’auteur de Powder her face est bien l’un des auteurs majeurs de ce dĂ©but du XXIĂš siĂšcle. Sublime.

 

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD événement critique. THOMAS ADES : Concerto pour piano (Kirill Gerstein), Totentanz (Mark Stone et Christianne Stotijn). BSO Boston Symphony Orchestra, sous la direction du compositeur (1 cd DG Deutsche Grammophon, enregistrement réalisé à Boston, 2016 : Totentanz / 2019 : Concerto pour piano). CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2020.

 

 

 

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https://www.bso.org

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POWDER HER FACE Ă  TOURS
Le plus rĂ©ussi des opĂ©ras contemporains, crĂ©Ă© en 1995 au Cheltenham Music festival. L’ascension et la dĂ©cadence de la sulfureuse Margaret Campbell, Duchesse d’Argyll, dont les frasques scandalisĂšrent la sociĂ©tĂ© britannique des annĂ©es 60.
L’OpĂ©ra de TOURS affiche l’opĂ©ra de Thomas AdĂšs : Powder her face, Ă©vĂ©nement lyrique du printemps, les 3, 5 et 7 avril 2020 – Avec Isabelle Cals dans le rĂŽle de la Duchesse – direction : Rory Macdonald.
http://www.operadetours.fr/powder-her-face

 

 
 

 

CD, critique. GEORGES PRETRE : The last concert at La Scala (1 cd DG Deutsche Grammophon, fev 2016)

pretre georges the last concert at la scala dg deutsche grammophon cd classiquenews cd critique opera classiquenewsCD, critique. GEORGES PRETRE : The last concert at La Scala (1 cd DG Deutsche Grammophon, fev 2016). Le chef français Georges PrĂȘtre a dirigĂ© rĂ©guliĂšrement dans la fosse scaligĂšne dĂšs 1965, au moins pendant 17 saisons ; il y dirigeait Turandot, son dernier opĂ©ra Ă  La Scala en 2001. Le programme de ce « dernier » concert Ă  La Scala rĂ©sume la carriĂšre lyrique et la passion française de PrĂȘtre : Egmont de Beethoven (fureur et intensitĂ©, avec ce sentiment d’urgence que le maestro partageait depuis ses dĂ©buts avec Karajan, Ozawa
), Verdi Ă©videmment avec l’ouverture Ăąpre et intense voire ivre et Ă©plorĂ©e de La Forza del destino (qui est quand mĂȘme l’histoire de deux amants maudits en quĂȘte de pardon): ce 22 fĂ©vrier 2016, aprĂšs une longue maladie, maestro PrĂȘtre revenait ainsi Ă  Milan. Quel plaisir de l’entendre diriger avec les instrumentistes de La Scala, la transe progressive, dĂ©lurĂ©e, fiĂšvreuse et dĂ©terminĂ©e du BolĂ©ro (assez long, Ă©tirĂ© mais tendu, et de plus en plus explosif soit 17:23, dans la version M81) ; enfin l’acrobatique fantasque et dĂ©lirante du can-can endiablĂ© mais toujours sculptĂ© comme dans une forge extrait d’OrphĂ©e aux enfers du malicieux et pĂ©tillant Offenbach.

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CD, critique. GEORGES PRETRE : The last concert at La Scala (1 cd DG Deutsche Grammophon, fev 2016)

CD, Ă©vĂ©nement, critique. SIBELIUS : Symphonie n°2. Gothenburg Symphony Orchestra, Santtu-Matias ROUVALI (1 cd Alpha – enregistrĂ© en juin 2019)

UnknownCD, Ă©vĂ©nement, critique. SIBELIUS : Symphonie n°2. Gothenburg Symphony Orchestra, Santtu-Matias ROUVALI (1 cd Alpha – enregistrĂ© en juin 2019)  -  Grave et sombre parfois, souvent inquiĂ©tante, d’une constellation de timbres libĂ©rĂ©s et vibrants comme une frondaison grouillante et chantante, cette lecture de la Symphonie n°2 (finie en 1902) Ă©ditĂ©e par Alpha, confirme l’excellente apprĂ©ciation de sa prĂ©cĂ©dente Symphonie n°1 Ă©galement jouĂ©e ici par le Gothenburg symphony et le chef Ă©lectrisant, pleinement imaginatif Santtu-Matias ROUVALI.

https://www.classiquenews.com/cd-critique-sibelius-symphonie-n1-en-saga-gothenburg-symphony-santtu-matias-rouvali-1-cd-alpha-2018/

S’y dĂ©ploient comme dans la Symphonie n°1, ce sens de l’architecture, le souffle qui transcende, une lisibilitĂ© Ă©gale des pupitres et cette vibration particuliĂšre qui assimile l’orchestre de Sibelius au chant de la nature la plus mystĂ©rieuse et la plus flamboyante. Jamais descriptif, mais expressive et Ăąpre dans ses Ă©lans et changements de rythmes et d’atmosphĂšres, « D’emblĂ©e, grĂące au chef, nous sommes dans la matrice bouillonnante des Ă©lĂ©ments. Sur le motif. » Ă©crivait Ă  propos de la Symphonie n°1, notre rĂ©dacteur Ernst Van Bek.
Au plus proche du vent, des arbres et de la mer, pourrions nous ajouter. C’est aussi sur le plan de la rĂ©alisation orchestrale, une splendide Ă©lectrisation des timbres et des couleurs, magistralement servie par la tension et la suretĂ© du geste qui construit, assĂšne, fait chanter le tissu symphonique sans jamais l’épaissir ni le lisser. Le relief de chaque instrument soliste s’en trouve investi, Ă  la fois intĂ©rieur et chantant. Evidemment ici rĂšgnent l’appel, l’ivresse, un sentiment de plĂ©nitude et d’activation frĂ©nĂ©tique mais jamais confuse (III. Vivacissimo), et d’aspiration vers les hauteurs, de cĂ©lĂ©bration pour la Nature, enfin de jubilation organisĂ©e, telle une formidable machine structurelle qui des Ă©lĂ©ments faussement Ă©pars prĂ©alables, Ă©difie une cathĂ©drale victorieuse. Qu’on y voit propre au contexte de la partition, une claire apothĂ©ose du gĂ©nie finnois, – affirmĂ© Ă  la face du voisin gĂ©ant Russe, y triomphe surtout la pensĂ©e musicale de Sibelius, laquelle en une rare cohĂ©rence organique qui semble jaillissante, s’équilibre peu Ă  peu, met en place une formidable sĂ©quence finale pleine de fougue construite et de panache ascensionnelle (dĂ©but de l’Allegro moderato, final : appel des cuivres y est irrĂ©sistible). Dans ses Ɠuvres suivantes, Sibelius dĂ©cantera peu Ă  peu la forme vers cette Ă©pure orchestrale fulgurante des derniĂšres Ɠuvres. Ce propre cheminement esthĂ©tique est des plus captivant. il fait de Sibelius le symphoniste le plus intĂ©ressant de la premiĂšre moitiĂ© du XXĂš, avec R. Strauss, Mahler, Ravel, Debussy.
CLIC D'OR macaron 200Plus narrative la Suite musicale « Roi Christian II » opus 27 (1899) apporte sur le sujet du Roi scandinave au XVIĂš, pour la piĂšce de Adolf Paul, une rĂ©elle confirmation de la sensibilitĂ© instrumentale du chef, son Ă©tonnante capacitĂ© Ă  structurer dans la mobilitĂ©, Ă  peindre et exprimer dans son activitĂ© fourmillante, une mosaĂŻque de cellules vivantes. AprĂšs l’ivresse Ă©perdue quasi Ă©chevelĂ©e mais d’une exceptionnelle intelligence du premier Ă©pisode “Nocturne” (plus lumineux et scintillant que vraiment sombre), Ă©coutez l’intĂ©rioritĂ©, et la fiĂšvre florale de l’ElĂ©gie, Ă  la fois sombre et implorante, et pourtant gorgĂ©e d’espĂ©rance. Superbe lecture, vive, affĂ»tĂ©e, clairement Ă©laborĂ©e, et la confirmation que Santtu-Matias ROUVALI est un sibĂ©lien captivant. Une intĂ©grale en cours ? A suivre. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2020.

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CD, Ă©vĂ©nement, critique. SIBELIUS : Symphonie n°2. Gothenburg Symphony Orchestra, Santtu-Matias ROUVALI (1 cd Alpha – enregistrĂ© Ă  Gothenborg, en juin 2019 – SuĂšde) – CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2020.

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Approfondir
VISITER le site du Gothenborg Symphony Orchestra
https://www.gso.se/en/gsoplay/

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VIDEO sur YOUTUBE

Sibelius // Symphony No.1 & En Saga by Gothenburg Symphony & Santtu-Matias Rouvali

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CD, critique. CHOPIN / Benjamin GROSVENOR : Concertos pour piano n°1 et n°2 (1 cd Decca – 2019)

grosvenor-piano-chopin-concertos-decca-cd-review-critique-classiquenewsCD, critique. CHOPIN / Benjamin GROSVENOR : Concertos pour piano n°1 et n°2 (1 cd Decca – 2019)  -  Benjamin Grosvenor, Ă©toile du piano britannique, soit le plus jeune laurĂ©at du Concours BBC Young Musician of the Year, catĂ©gorie piano 2004, confirme une sensibilitĂ© majeure que l’on trouve osons l’avouer, quelque peu « gĂąchĂ©e » par la tenue de l’orchestre Ă©cossais, pas vraiment Ă  la hauteur : direction confuse et peu nuancĂ©e d’Elim Chan dont la conception reste schĂ©matique sans rĂ©elle subtilitĂ© onirique. Dommage. Dommage car le pianiste adolescent avait dĂ©jĂ  ressenti une fusion totale avec les 2 concertos de Chopin : il y dĂ©ploie une superbe Ă©loquence intĂ©rieure en partie dans les deux mouvements lents, centraux, les plus intimes, en cela rĂ©vĂ©lateurs de la pensĂ©e combattive et tendre Ă  la fois du Chopin nostalgique. Le jeune apatride polonais (Ă  21 ans) en route pour Vienne dĂ©but nov 1830, emporte avec lui la partition des deux Concertos, amorcĂ©es, avancĂ©es, l’opus 21 (n°2) dĂšs 1829 ; l’opus 11 (n°1) quelques mois avant
 On rĂȘve avec Grosvenor de la beautĂ© de la soprano Konstance Gladkowska qui l’a ensorcelĂ© et dont l’image inspire tout le Larghetto, ample, suspendu du n°2, Ă©crit comme un nocturne avec un Ă©pisode mĂ©dian rĂ©voltĂ© qui montre aussi, comme chaque premier mouvement, la puissance prĂ©brahmsienne de Chopin amoureux.

Des deux Concertos, c’est surtout le n°1 qui nous Ă©poustoufle Ă  chaque audition : son premier mouvement Allegro maestoso ne manque ni de passion fiĂšvreuse, de secousses telluriques qui Ă©branle jusqu’au fond de l’ñme, et aussi une ivresse lyrique Ă©perdue, toujours admirablement articulĂ©e. Le Concerto en fa mineur s’impose par le songe lui aussi enivrĂ© du Larghetto que Chopin appelle Romance : une vĂ©ritable dĂ©claration d’amour (en mi majeur) qui ressuscite des sentiments voire une expĂ©rience personnelle proche de la sidĂ©ration sereine : « une rĂȘverie au clair de lune. » ; propre au fantasme de Chopin, il y est question de souvenir, de nuit, d’amour
 Benjamin Grosvenor inspirĂ© exprime toutes les perspectives de cette immersion intime, sommet de l’inspiration chopinienne qui annonce l’ultime accomplissement concertant de l’auteur : l’Andante spianato et Grande Polonaise brillante opus 22 (1836). L’Ɠuvre est bien ancrĂ©e dans sa terre polonaise, crĂ©Ă©e au ThĂ©Ăątre de Varsovie le 11 oct 1830. Au mĂ©rite de Benjamin Grosvenor revient cette explicitation de l’épanchement nostalgique, dĂ©jĂ  prĂ©sent dans son mouvement central : la remĂ©moration est au cƓur de la nostalgie de Chopin et le pianiste nous la rend palpable. Le Mi mineur atteste d’une maturitĂ© romantique inouĂŻe oĂč se joue dĂ©jĂ  la singularitĂ© du maĂźtre polonais : une passion qui s’épanche mais subtilement grĂące au filtre du souvenir. Rien de direct. Tout y est allusif. Comme le jeu du pianiste britannique.

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grosvenor-piano-chopin-concertos-decca-cd-review-critique-classiquenewsCD, critique. CHOPIN / Benjamin GROSVENOR : Concertos pour piano n°1 et n°2 (opus 11 en mi mineur et opus 21 en fa mineur). Royal Scottish Nat Orch. Elim Chan (1 cd Decca – enregistrĂ© Ă  Glasgow, aoĂ»t 2019)

 

 

 

 

 

Précédentes critiques de cd de Benjamin Grosvenor

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homages benjamin grosvenor cd homages decca review classiquenews clic de classiquenews septembre 2016 573757_383e801f550a4543a1523b9e4ec3a169~mv2_d_1984_1984_s_2CD Ă©vĂ©nement, compte rendu critique. HOMAGES : Benjamin Grosvenor, piano (1 cd Decca). Les Liszt et Franck sublimĂ©s du pianiste Benjamin Grosvenor. D’emblĂ©e, nous savions qu’à la seule lecture du programme et la trĂšs subtile articulation des enchaĂźnements comme des compositeurs ainsi sĂ©lectionnĂ©s, nous tenions lĂ  mieux qu’une confirmation artistique 
 : un accomplissement majeur s’agissant du pianiste britannique le plus exceptionnel qui soit actuellement et qui en est dĂ©jĂ  Ă  son 4Ăš rĂ©cital discographique pour Decca. Benjamin Grosvenor, parmi la jeune colonie de pianistes Ă©lus par Deutsche Grammophon et Decca (Daniil Trifonov, Alice Sara Ott, Yuja Wang
 sans omettre les plus fugaces ou plus rĂ©cents: Elizabeth Joy-Roe, ambassadrice de rĂȘve pour Field chez Decca, ou surtout Seong Jin Cho, dernier laurĂ©at du Concours Chopin de Varsovie
), fait figure Ă  part d’une somptueuse maturitĂ© interprĂ©tative qui illumine de l’intĂ©rieur en particulier ses Liszt et ses Franck.

grosvenor decca cd piano benjamin grosvenor nouveau cd deccaCD. Dances. Benjamin Grosvenor, piano (1 cd Decca, juillet 2013).  En Ă©voquant cette lettre adressĂ©e par Scriabine Ă  son Ă©lĂšve Egon Petri en 1909 qui lui proposait de construire son prochain rĂ©cital Ă  partir de transcriptions et de compositions originales de danses,  le jeune pianiste britannique dĂ©sormais champion de l’écurie Decca, Benjamin Grosvenor (nĂ© en 1992 : 22 ans en 2014,  a conçu le programme de ce nouveau disque – le 3 Ăšme dĂ©jĂ  chez Universal (son 2Ăšme rĂ©cital soliste). VitalitĂ©, humeurs finement caractĂ©risĂ©es et mĂȘme ductilitĂ© introspective qui soigne toujours la clartĂ© polyphonique autant que l’élĂ©gance de la ligne mĂ©lodique (volutes idĂ©alement tracĂ©es de l’ultime Gigue), Benjamin Grosvenor affirme aprĂšs ses prĂ©cĂ©dentes gravures, une trĂšs solide personnalitĂ© qui se glisse dans chacune des sĂ©quences d’esprit rĂ©solument chorĂ©graphique.  Son Bach affirme ainsi un tempĂ©rament Ă  la fois racĂ© et subtil. Les Partitas d’ouverture sont d’un galbe assurĂ©, d’une versatilitĂ© aimable, parfois facĂ©tieuse rĂ©vĂ©lant sous les exercices brillantissimes toute la grĂące aĂ©rienne des danses françaises du premier baroque (17Ăšme siĂšcle). L’aimable doit y Ă©pouser le nerf et la vĂ©locitĂ© avec le muscle et le rebond propre aux danses baroques telles que filtrĂ©es par Jean-SĂ©bastien Bach au XVIIIĂšme. Sans omettre, le climat de suspension d’une rĂȘverie ou d’une profondeur nostalgique rĂ©solument distantes de toute dĂ©monstration.

COMPTE-RENDU, concert. PARIS, Studio de l’Ermitage, le 9 fĂ©v 2020. QUINTETO RESPIRO / CUAREIM QUARTET + NATASCHA ROGERS

COMPTE-RENDU, concert. PARIS, Studio de l’Ermitage, le 9 fĂ©v 2020. QUINTETO RESPIRO / CUAREIM QUARTET + NATASCHA ROGERS  -  Le studio de l’Ermitage Ă  Paris en connivence avec l’éditeur Klarthe offre une somptueuse soirĂ©e riche en mĂ©tissages et saveurs inĂ©dites ; y paraissent deux phalanges bien chaloupĂ©es, chacune leur univers instrumental et poĂ©tique trĂšs singularisĂ© : le QUINTETO RESPIRO et le CUAREIM QUARTET qui renouvellent Ă  leur façon l’idĂ©al de mĂ©tissages rĂ©ussis, calibrĂ©s, enivrants. En fĂ©vrier 2020, les deux ensembles Ă©ditent leur nouvel album chez Klarthe Records. Deux offrandes trĂšs sĂ©duisantes. Ce concert marquait le lancement des deux programmes.

herencia-vertisite quinteto respiro tango concert cd critique review classiquenewsQUINTETO RESPIRO : Tango traditionnel et rĂ©gĂ©nĂ©ré  les 5 instrumentistes du Quinteto Respiro insuffle une approche originale et lĂ©gitime au Tango ; ce dĂšs leur crĂ©ation en 2009.  Depuis leur rencontre avec le compositeur et pianiste argentin Gustavo Beytelmann, les 5 complices cultivent leur passion du tango enrichie des conseils et enseignements des maĂźtres en la matiĂšre : J.J Mosalini, Ramiro Gallo, ou encore l’Orquesta Tipica Silencio, entre autres
 le sens du chambrisme, leur Ă©coute, la complicitĂ© qui les animent, singularisent un sens irrĂ©sistible des rythmes et une palette scintillante, Ă  la fois feutrĂ©e mais terriblement cadencĂ©e en couleurs et en accents.
Dans le Tango, ils puisent et explorent Ă  l’infini maintes formes, traditionnelles ou plus expĂ©rimentales encore. Les accents suaves d’Astor Piazzolla comme le dĂ©hanchĂ© dansant des milongas. Le collectif repousse les lignes, questionne le genre, Ă©difie de nouvelles textures
 Le titre de leur dernier album dont il joue ici plusieurs morceaux, « Herencia » / « HĂ©ritage », souligne cette exigence de la mĂ©moire et de son dĂ©passement crĂ©atif.
La trĂšs fine culture du groupe leur permet d’aborder mais avec un son renouvelĂ© des standards (propres aux tangos pour les salles de bal du dĂ©but XXĂš) : Don Juan, la Cumparsita, Contrabajeando (de Piazzolla)  et d’y croiser les piĂšces contemporaines de Gustavo Beytelmann (entre autres Al declinar el Dia de 2016, qui est la piĂšce la plus longue)


Herencia par Quinteto Respiro
Sébastien Innocenti : Bandonéon
Emilie Aridon KocioƂek : Piano
Sabrina Condello : Violon
Fabio Lo Curto : Clarinette, Clarinette Basse
Dorian Marcel : Contrebasse

 

 

cuareim quartet natascha rogers cd concert critique review classiquenews concert PARIS vertisitePour leur part, CUAREIM QUARTET rĂ©unit quatre instrumentistes qui se sont lancĂ©s en quatuor au Mexique (2013). Le geste des Quatre cultive avec habiletĂ© le trouble nĂ© du croisement du jazz, des musiques du monde, populaires, traditionnelles, servies par des instruments « classiques ». Ici, ils puisent des rythmes de danses, une sĂ©rie de morceaux inĂ©dits composĂ©s par chaque instrumentiste, qui savent aussi laisser la place Ă  l’impro. C’est un son diffĂ©rent et plus caractĂ©risĂ© encore (apport de la percu : le bombo dans « Gerundio » par exemple) qui sait aussi rester dans la tradition du quatuor Ă  cordes, jouant d’ailleurs des styles. Le choix des piĂšces renvoie Ă  leur dernier cd « Danzas » / « danses » : chaque morceau est un tableau en soi, fortement marquĂ© par des Ă©lĂ©ments expressifs spĂ©cifiques. Chaque piĂšce est une invitation au voyage : BrĂ©sil, Cuba, Argentine, Mexique (Ă©videmment), mais aussi Bulgarie (irrĂ©sistible Tanuana, vĂ©ritable appel aux rĂȘves Ă©laborĂ© par le violoniste Federico Nathan), MacĂ©doine
 jusqu’à la RĂ©union et au PĂ©rou
 une offrande Ă  l’imaginaire et un formidable vivier de mĂ©tissages inventifs (Ă©coutez les Amants de BarbĂšs par exemple, composĂ© par le violoncelliste Guillaume Latil qui Ă©voque la vitalitĂ© des musiques de l’Afrique du Nord, dans l’esprit du bal musette… Se dĂ©tache aussi la nonchalance mĂ©lancolique de « Naila », bolĂ©ro mexicain (avec maracas et congas) d’une dĂ©licieuse tendresse
 piĂšce qui est point de dĂ©part du groupe.
L’ivresse est au rendez vous ; la volontĂ© de partage et d’échanges aussi car la musique est universelle et mĂ©tissĂ©e. VoilĂ  un programme flamboyant qui dĂ©montre avec justesse, car les visions rĂ©ductrices rĂ©sistent, combien l’histoire de la musique est un perpĂ©tuel et heureux mĂ©lange ; Cuareim Quartet confirme cette complicitĂ© active qui rappelle combien la musique dite savante ne serait rien sans la vitalitĂ© des musiques populaires et traditionnelles. Le goĂ»t des assemblages rĂšgne en maĂźtre et les kalĂ©idoscopes de couleurs et de sons Ă©blouissent d’un bout Ă  l’autre de ce programme rĂ©jouissant, renvoyant directement aux 10 « épisodes » musicaux de l’album « Danzas ». Notre prĂ©fĂ©rence va au chant sacrĂ© cubain La topa de elegua qui est un traditionnel Yoruba, chantĂ© par Natascha Rogers. L’art des saveurs et combinaisons imprĂ©vus surprend, convainc, transporte.

 

 

DANZAS par Cuareim Quartet
Federico Nathan, Rodrigo BauzĂĄ, violons
Olivier Samouillan, altiste
Guillaume Latil, violoncelle
Natascha Rogers, chant

 

COMPTE-RENDU, concert. PARIS, Studio de l’Ermitage, le 9 fĂ©v 2020. QUINTETO RESPIRO / CUAREIM QUARTET + NATASCHA ROGERS

 

Programme de la soirée du 9 février 2020:

Cuareim Quartet:

- Chorinho em Paris ( Guillaume Latil)
- La topa de Elegua ( trad/ arr. Guillaume Latil )
- Tanuana    (Federico Nathan)
- Qi zai         (Rodrigo Bauza)
- Les amants de BarbĂšs ( Guillaume Latil)
- Gerundio ( Rodrigo Bauza)
- Anteo   (Olivier Samouillan)
- Naila  (Jesus « Chuy » Rasgado/Arr. Rodrigo Bauza)
- Danza de un lugar cercano ( Rodrigo Bauza)

Quinteto Respiro:

- Niebla del Riachuelo (J.C Cobian)
- El Desaparecido (G. Beytelmann)
- Travesia (G. Beytelmann)
- Al Declinar el Dia (G. Beytelmann)
- Ofrenda (G. Beytelmann)
- Contrabajeando (Piazzolla)
- Taquito Militar (M.Mores)
- Tres Minutos con la Realidad (Piazzolla)
- Triunfal (Piazzolla)
- Bailarina (Sonia Possetti)

 

2 cd édités par KLARTHE records
« Herencia », Quinteto Respiro – KRJ027 – Sortie annoncĂ©e le 7 fĂ©vrier 2020.
Danzas » du Cuareim Quartet KRJ028. Sortie annoncée le 14 février 2020

+ d’infos sur le site de KLARTHE records

 
 

COMPTE-RENDU, critique opéra. BORDEAUX, Grand Théùtre, le 31 déc 2020. Anton RUBINSTEIN: Le Démon, Cavallier / Paul Danel.

rubinstein-demon-opera-de-bordeaux-critique-opera-classiquenewsCOMPTE-RENDU, critique opĂ©ra. BORDEAUX, Grand ThĂ©Ăątre, le 31 dĂ©c 2020. Anton RUBINSTEIN: Le DĂ©mon. Dans l’opĂ©ra rare d’Anton Rubinstein, Le dĂ©mon (1875), soit donc contemporain de Carmen de Bizet, l’ange diabolique renonce Ă  l’amour en acceptant que la mortelle meurt Ă  leur premier baiser tentateur ; elle rejoindre les Ă©lus, mais lui, sera condamnĂ© aux vertiges de l’enfer destructeur. La vision manque cependant d’épaisseur pour nos cerveaux habituĂ©s aux scĂ©narios noirs des sĂ©ries vedette : ce dĂ©mon inspirĂ© de Lermontov et de Pouchkine est d’un fil et d’une Ă©toffe un rien, trop fins. Pas sur que l’intrigue et le drame soient retenu par l’industrie cinĂ©matographique actuelle.

Le livret de Pavel Viskovatov se dilue souvent, perd de son impact et de souffle ; seul le duo au III, qui reprend le texte du poĂšme originel, frappe par l’intensitĂ© fantastique des images. La production prĂ©sentĂ©e Ă  Bordeaux reprend celle crĂ©Ă©e pour l’HĂ©likon de Moscou dont le mouvement est imprimĂ© par un immense cylindre posĂ© Ă  l’horizontal et dont le fond permet de faire surgir des images fortes, dont l’Ɠil omniscient.
La direction de Paul Daniel se montre Ă  la hauteur d’une partition tendue, crĂ©pitante et sombre Ă  la fois, avec aux cĂŽtĂ©s des solistes, un chƓur luxueux (et convaincant lui aussi) associant les choristes de Bordeaux et de Limoges. Le souffle de certains tableaux ne manque pas de grandeur.
Parmi les personnages ayant relief : Paul Gaugler en Messager (prestance et intensitĂ©, comme son Dante, rĂ©vĂ©lĂ© Ă  Saint-Etienne), Luc Bertin-Hugault,- en serviteur. PĂ©nĂ©trant et poignant, le Roi d’Alexandros Stavrakakis et le recours pour l’ange Ă  la voix Ăąpre du contre tĂ©nor Ray Chenez lequel en fin d’action revĂȘt la robe du dĂ©mon. Belle prestance aussi pour le prince Sinodal d’Alexey Dolgov ; tandis que Evgenia Muraveva, redouble d’ardeur sans vraiment s’attendrir : sa Tamara ne tarde pas pour autant Ă  succomber face au DĂ©mon qui en est Ă©pris. Ce dernier il est vrai est incarnĂ© par l’excellent et impressionnant voire terrifiant Nicolas Cavallier qui Ă©claire tous les tĂ©nĂšbres du personnage axial. Il respire la force du mal mais demeure humainement seul : Ă  peine a t-il embrassĂ© la jeune georgienne qu’elle meurt, certes sauvĂ©e. Mais sacrifiĂ©e – Illustrations © Éric BouloumiĂ©

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COMPTE-RENDU, critique opéra. BORDEAUX, Grand Théùtre, le 31 déc 2020. Anton RUBINSTEIN: Le Démon.
OpĂ©ra en 3 actes d’Anton Rubinstein – livret de Pavel Viskovatov d’aprĂšs le poĂšme de Mikhail Lermontov  - crĂ©ation au ThĂ©Ăątre Mariinski de Saint-PĂ©tersbourg, le 25 janvier 1875

Le DĂ©mon : Aleksei Isaev
Tamara : Evegniya Muraveva
Le Prince Sinodal : Alexey Dolgov
L’Ange : Ray Chenez
Le Prince Goudal : Alexandros Stavrakakis
La Nourrice : Svetlana Lifar
Le Serviteur du Prince Sinodal : Luc Bertin-Hugault
Le Messager : Paul Gaugler

ChƓur de l’OpĂ©ra National de Bordeaux
ChƓur de l’OpĂ©ra de Limoges
Direction des ChƓurs: Salvatore Caputo

Orchestre National Bordeaux Aquitaine

Paul Daniel, direction
Mise en scĂšne : Dmitry Bertman

LIVRE événement, critique. GUENNADI ROJDESTVENSKY : Les Bémols de Staline par Bruno Monsaingeon. Conversations avec Guennadi Rojdestvensky (Editions Fayard, février 2020)

rojdestvensky guennadi chef maestro bio bemols de staline livre critique classiquenews monsaingeon classiquenewsLIVRE Ă©vĂ©nement, critique. GUENNADI ROJDESTVENSKY : Les BĂ©mols de Staline par Bruno Monsaingeon. Conversations avec Guennadi Rojdestvensky (Editions Fayard, fĂ©vrier 2020) – Guennadi Rojdestvensky (nĂ© en 1931) appartient Ă  la colonie des grands maestros russes, succĂ©dant par un coup du sort au lĂ©gendaire Svetlanov ; il devient une figure majeure de la direction musicale sous l’ùre Staline, et aprĂšs, lequel est d’ailleurs Ă©voquĂ© (rapidement) assistant fugitivement Ă  quelques reprĂ©sentations au BolchoĂŻ sans avoir fait savoir vraiment si le guide du peuple Ă©tait dans la salle
 A travers ses « Conversations » (dont le propos nous mĂšne jusqu’à la fin de la carriĂšre du chef et sa disparition en 2018), l’auteur dĂ©livre un portrait incisif de Rojdestvensky, lequel se raconte et tisse au fil des pages une autobiographie qui tĂ©moigne de l’organisation de la musique en URSS
 c’est un ĂȘtre musical jusqu’au bout des doigts, dans sa chair, dont la passion de la musique et le respect des partitions lui ont Ă©tĂ© transmis par son pĂšre (bon pianiste et chef) et par sa mĂšre (traductrice et chanteuse) qui dĂ©cida qu’il serait musicien. Rojdestvensky eut la chance de pouvoir jouer en Europe quand on pensait que les artistes russes devaient demeurer Ă  l’intĂ©rieur des frontiĂšres soviĂ©tiques.
Le chef est connu pour son absence de compromis sauf quand il devait diriger des ballets et faire quelques concessions avec les danseurs qui de toute façon, quel que soit le chef, jugent que soit « il joue trop lentement, trop rapidement ».
Les Ă©pisodes de la vie, les choix de rĂ©pertoires (dont surtout Prokofiev dont le dernier chapitre constitue une dĂ©claration d’amour), les personnalitĂ©s croisĂ©es tout au long d’une vie exceptionnellement riche sont Ă©voquĂ©s ici, oĂč la politique aussi rĂ©serve ses coups de thĂ©Ăątre, souvent aux confins du ridicule et du fantasque (cf sa nommination comme chef du Royal Philharmonique de SuĂšde, finalement acceptĂ©e par les autoritĂ©s soviĂ©tiques)
 dĂ©voilant les coulisses et les facettes mĂ©connues d’un maestro exceptionnellement impliquĂ©, qui comparĂ© aux Gergiev et Jansons rĂ©cents, avait cet idĂ©al de clartĂ© et de prĂ©cision, une Ă©loquence du discours musical, dĂ©pourvu de tout artifice, croisĂ© avec la conscience de l’histoire
 soit un son qui a probablement disparu aujourd’hui.

C’est surtout l’interprĂšte spĂ©cialiste des symphonies de Chostakovitch qui dĂ©voile son travail avec le compositeur russe, un ĂȘtre marquant et avenant mĂȘme par sa dĂ©licatesse aimable. Rojdestvinsky explicite ce qui faisait de Chosta un gĂ©nie dont l’ouie Ă©tait phĂ©nomĂ©nale, y compris dans les tutti, capable de distinguer les accords de la harpe ou du cor. S’il n’a pas travaillĂ© avec Prokofiev, Rojdestvinsky demeure l’interprĂšte le plus passionnant pour Chostakovitch. Ailleurs on se dĂ©lecte des souvenirs prĂ©cisĂ©ment vĂ©cus entre Chostakovitch et Stravinsky dont les propos sur l’un et l’autre sont rapportĂ©s ; comme l’Ă©vocation des Ɠuvres de Schnittke, qui se prĂȘtent spĂ©cifiquement Ă  une orchestration et Ă  l’orchestre, Rojdestvinsky rĂ©alisant plusieurs transcriptions validĂ©es par le compositeur, demeure passionnante… La valeur du tĂ©moignage direct par l’intĂ©ressĂ©, comme les propos recueillis de conversations privilĂ©giĂ©es, dĂ©passe la simple Ă©vocation biographique. Le texte permet de vivre de l’intĂ©rieur l’odyssĂ©e fantastique d’un musicien de premier plan. Lecture incontournable.

 

 

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CLIC D'OR macaron 200LIVRE événement. GUENNADI ROJDESTVENSKY : Les Bémols de Staline par Bruno Monsaingeon. Conversations avec Guennadi Rojdestvensky (Editions Fayard, février 2020). EN LIRE plus sur le site de Fayard
https://www.fayard.fr/musique/les-bemols-de-staline-9782213716817

PARUTION : 26 février 2020
348 pages – FORMAT : 135 x 215 mm – Prix indicatif : 24 €
EAN :  9782213716817 – CODE HACHETTE : 3707842
PRIX NUMÉRIQUE : 16.99 € – EAN NUMÉRIQUE : 9782213718552

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VIDEO

Pour se faire une idĂ©e de la direction du maestro russe Guennadi Rojdestvensky, ÉCOUTER / VOIR ci aprĂšs : 7Ăš Symphonie de Prokofiev (opus 131), Orch symphonique de la Radio de Moscou, 1966; un tĂ©moignage unique sur le son remarquable qu’il savait façonne et obtenir des musiciens, un son fait de tension, de crĂ©pitement, d’une incandescence supĂ©rieure


 

 

 

 

I. Moderato
II. Allegretto
III. Andante espressivo
IV. Vivace

Durée : 31 mn

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COMPTE-RENDU, critique opĂ©ra. DIJON, le 12 fĂ©v 2020. PAUSET : Les ChĂątiments d’aprĂšs Kafka. CrĂ©ation

Kafka_portraitCOMPTE-RENDU, critique opĂ©ra. DIJON, le 12 fĂ©v 2020. PAUSET : Les ChĂątiments d’aprĂšs Kafka. CrĂ©ation. En faisant un opĂ©ra d’aprĂšs les 3 textes de Kafka, «LES CHÂTIMENTS» (adaptĂ©s par Stephen Sazio), Brice Pauset qui rĂ©pond Ă  la commande de l’OpĂ©ra de Dijon, trouve la voie juste et la forme fluide entre partition orchestrale et flux thĂ©Ăątral. Les tĂ©nĂšbres bien manifestes dans le texte kafkaien font place pourtant ici Ă  une certaine Ă©motion diffuse grĂące Ă  la composition de Pauset qui Ă©claire de l’intĂ©rieur le triptyque, souhaitĂ© par Kafka lui-mĂȘme (portrait ci contre), Le Verdict (1912), La MĂ©tamorphose (1912) et Dans la Colonie pĂ©nitentiaire (1914). Des textes sombres et violents oĂč se jouent la relation du fils au pĂšre, des individus Ă  la loi, 
 non sans humour. Et mĂȘme un rire continu qui retrouve comme une libertĂ© cachĂ©e dans l’écriture kafkaienne. Une verve dĂ©sespĂ©rĂ©e et cynique mais qui est tendresse pour une humanitĂ© maudite, condamnĂ©e, corrompue par ses contradictions crasses.

 

 

 

PAUSET adapte KAFKA Ă  l’opĂ©ra
Une poétique du désenchantement


 

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La mise en scĂšne de David Lescot souligne le monde vascillant kafkaien, oĂč se rĂ©vĂšlent les pires instincts de domination, de meurtre lent et organisĂ© (la machine de Dans la colonie pĂ©nitentiaire). Se dĂ©tachent le plaisir sadique du pervers dominateur comme la culpabilitĂ© destructrice de la sa victime exploitĂ©e, travaillĂ©e, dĂ©naturĂ©e, prisonniĂšre d’un sac de noeuds qui la dĂ©passe totalement.
Ce qui a semblĂ© inspirer Pauset c’est la texture mĂ©taphorique de la prose de Kafka chantĂ©e en allemand ; chaque personnage, chaque situation vaut moins pour sa charge rĂ©aliste que son sens symbolique, rĂ©vĂ©lateur d’un labyrinthe personnel Ă©difiĂ©e comme un rempart contre la barbarie ordinaire : une dĂ©nonciation poĂ©tique de la folie humaine dont La MĂ©tamorphose est le visage le plus emblĂ©matique. DĂ©lire, fantasme, 
 et surtout dĂ©nonciation, la musique de Pauset rend claire et presque tangible, depuis les vagues sonores de la fosse, la vibration presque sourde mais continue d’un monde instable, intranquille qui peut d’une mesure Ă  l’autre, basculer dans l’horreur. Les Justes gĂšnent, menacent : ils sont donc assassinĂ©s ou torturĂ©s.

 

 

Ici, dans la vaste opĂ©ration onirique, quasi surrĂ©aliste d’un Kafka visionnaire, le monstre de La MĂ©tamorphose se change en Machine despotique (et ses aiguilles affĂ»tĂ©es) pour Dans la colonie pĂ©nitentiaire. On savoure ces rĂ©fĂ©rences au cinĂ©ma, bien sur Ă©vidente quand la production met en regard Elephant Man et le fils monstrueux (entre autres)
 Comme on salue la prĂ©paration des ensembles : parfaite synchronicitĂ© des voix unifiĂ©es comme dans l’unitĂ© d’un madrigal (La MĂ©tamorphose) car le corps social bien petit bourgeois s’unit contre le fils devenu monstre
 C’est le procĂšs de la diffĂ©rence haĂŻe : un thĂšme cher Ă  Kafka qui Ă©tait juif et homosexuel ; se sentait honteux en hypocondriaque qui pense qu’il n’a pas sa place dans la sociĂ©tĂ©.
Percus, timbres Ă©lectroniques s’associent Ă  l’orchestre sous la direction d’Emilio Pomarico font crĂ©piter la partition, vibration continue qui accompagne, en Ă©quilibres de timbres tĂ©nus, souligne, commente la parfaite inhumanitĂ© qui se dĂ©voile sur la scĂšne.
Rien à regretter de la distribution qui assure un relief vocal constant, voire percutant (le baryton Allen Boxer en Georg / Gregor / Officier). La couleur brillante et presque angélique des femmes (incarnées par Emma Posman en Frieda et Grete) perce le spectre de ce théùtre gris et étouffant, mais profond et presque poétique.

 

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A l’affiche de l’OpĂ©ra de Dijon, les 12,14 et 16 fĂ©vrier 2020 : Les ChĂątiments de Kafka (Le Verdict, La MĂ©tamorphose, Dans la Colonie pĂ©nitentiaire).  Illustrations : Gilles Abegg / OpĂ©ra de Dijon.

CD Ă©vĂ©nement, critique. PAUL PARAY : Ɠuvres pour cordes et piano : Sonate pour violon ; pour violoncelle (Lawson, Magill, Andersen – 1 cd Azur classical 2016)

paul_parayCD Ă©vĂ©nement, critique. PAUL PARAY : Ɠuvres pour cordes et piano : Sonate pour violon ; pour violoncelle (Lawson, Magill, Andersen – 1 cd Azur classical 2016). Sur le mĂ©tier d’une prochaine biographie de Claude Delvincourt (1888-1954), Damien Top, directeur du CIAR et biographe de Roussel, Ă©claire les liens avec Paul Paray (1886-1979). Condisciples au Conservatoire de Paris, Prix de Rome tous les deux (Paray en 1911 et Delvincourt en 1913), ils ont des attaches sur la CĂŽte d’AlbĂątre (Le TrĂ©port et Dieppe)
 Ce cd majeur dĂ©voile un compositeur que l’on doit absolument faire sortir de l’ombre : PAUL PARAY. Rien de glacĂ© ni d’acadĂ©mique au sens de pompier ici ; mais la vibration d’une Ă©criture sincĂšre que la premiĂšre guerre enrichira encore d’une profondeur immĂ©diate ; ce qui distingue sa premiĂšre maniĂšre subtilement Ă©lĂ©gante de la Sonate pour violon, de sa seconde inspiration : plus resserrĂ©e, plus Ăąpre aussi, telle qu’elle s’épanouit dans la Sonate pour violoncelle de 1920


PAUL PARAY, génial compositeur

Le cd dĂ©diĂ© Ă  la musique de chambre (cordes et piano) de Paul Paray dĂ©voile un chef d’oeuvre absolu, par la grĂące de son inspiration et l’élĂ©gance harmonique de l’écriture, la Sonate pour violon et piano, ici dĂ©fendue par le violoniste bruxellois Eliot Lawson : la flexibilitĂ© Ă©loquente et claire de sa ligne, son jeu tout en finesse, sa vocalitĂ© libre et naturelle (Ă©lĂ©ment si essentiel chez le compositeur) souligne chez Paray, cette subtilitĂ© supĂ©rieure acquise ainsi dĂšs 1908, qui dĂ©signe dĂ©jĂ  le Prix de Rome (obtenu en 1911 avec la cantate Yanitza, aprĂšs un second prix en 1910) et aussi sa grande culture oĂč une discrĂšte mais Ă©vidente filiation le relie Ă  FaurĂ©, Saint-SaĂ«ns, Franck, tant la sĂ©duction de son style n’écarte jamais la profondeur. Ainsi l’élĂ©gance digne d’un Massenet, traverse-t-elle le long Allegro moderato, intense, enivrĂ©, architecturalement Ă©quilibrĂ© ; auquel succĂšde l’Allegro amabile d’un caractĂšre rustique, cadencĂ©, oĂč l’élĂ©gance et l’esprit de facĂ©tie se rappellent du cake-walk de Debussy (Children’s Corner). Ce qui frappe dans ce second mouvement c’est son Ă©pisode central, d’une envoĂ»tante introspection : un appel au rĂȘve et Ă  une mystĂ©rieuse sensualitĂ© proche de Roussel
 Le dernier mouvement Molto vivo caracole telle une tarentelle progressive : s’y entrelacent science de l’écriture et Ă©lĂ©gance mĂ©lodique digne d’un FaurĂ©. La maturitĂ© et la musicalitĂ© de Paray Ă©tonnent, saisissent par leur justesse. Belle rĂ©vĂ©lation.

La Sonate pour violoncelle et piano, plus tardive (crĂ©Ă©e en janvier 1920, et dĂ©diĂ©e au peintre des falaises du TrĂ©port GĂ©rard Hekking) confirme la mĂȘme qualitĂ© d’écriture de Paray, que d’aucun, d’une Ă©coute absente et imparfaite continue de cataloguer dans un postacadĂ©misme bon teint : rien de tel car chez Paray, qui comme un Dubois, touche par sa sincĂ©ritĂ© et la justesse de sa construction harmonique.
Le violoncelliste Samuel Magill emporte toute la partition par son engagement, sachant fusionner avec le piano souverain de Diane Andersen, partenaire familiÚre des enregistrements révélateurs préparés, édités par Damien Top. La Sonate pour violoncelle est beaucoup plus courte que celle pour violon et à notre avis, moins riche harmoniquement
 mais non moins touchante par sa sincérité.
L’Andante quasi allegretto s’impose par son caractĂšre chantant, libre, qui respire et exulte – en une puissance Ă  la Brahms et une architecture trĂšs efficace – la partie du soliste est constamment volubile, proche de la parole, change de climats et de caractĂšres : fantaisiste, passionnĂ©, ardent ; d’une tendresse complice avec le piano qui accompagne moins qu’il ne chante. L’agitation partagĂ©e nourrit une sensualitĂ© heureuse qui grandit jusqu’à la plĂ©nitude finale.  L’Andante respire encore davantage, s’alanguit, en creusant un questionnement profond voire grave ; c’est une question toujours suspendus qui recherche la rĂ©sonance presque abstraite, comme celle d’un rĂȘve intime. Le dernier Allegro est bien scherzando, fluide, chantant, presque enivrĂ© et sans l’introspection prĂ©cĂ©dente, dans la franchise et la sincĂ©ritĂ© d’un Ă©noncĂ© presque insouciant, dĂ©bonnaire, purement joyeux. Il faut infiniment de finesse pour exprimer la sensibilitĂ© tĂ©nue de chaque piĂšce. Autant de qualitĂ©s que rĂ©vĂšle l’évidente complicitĂ© entre les interprĂštes. VoilĂ  qui Ă©claire tout un pan de la vie de Paul Paray comme compositeur, alors que son activitĂ© de chef d’orchestre reste dans la mĂ©moire des mĂ©lomanes. Pour un bref rĂ©sumĂ© de la vie de Paul Paray comme chef : lire ci aprĂšs « approfondir ».

Outre les deux Sonates, la ROMANCE initialement pour piano (1909) est ici adaptĂ©e pour violon et violoncelle (par le pĂšre Eduard Perrone en 2005) Ă©nonce les mĂȘmes qualitĂ©s d’une Ă©criture juste et enivrĂ©e : somptueuses envolĂ©es lyriques et mĂ©lodiques, suretĂ© et maĂźtrise de l’architecture qui soutient tout le morceau. La Romance sait fusionner les deux voix du violon / violoncelle avec toute la tendresse et la douceur nostalgique requises.

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CLIC D'OR macaron 200CD Ă©vĂ©nement, critique. PAUL PARAY : Ɠuvres pour cordes et piano : Sonate pour violon ; pour violoncelle (Lawson, Magill, Andersen – 1 cd Azur classical) – Paul Paray (1886-1979) : Sonate pour violon et piano ; SĂ©rĂ©nade op. 20 pour violon et piano ; Humoresque, pour violon et piano ; Nocturne pour violoncelle et piano ; Sonate pour violoncelle et piano ; Romance, pour violon, violoncelle et piano. Eliot Lawson, violon. Samuel Magill, violoncelle. Diane Andersen, piano. 1 CD Azur Classical. EnregistrĂ© au Studio RĂ©cital B (Tihange) en nov et dĂ©c 2016. DurĂ©e : 1h06 – CLIC de CLASSIQUENEWS

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paul parayPaul Paray
est surtout connu comme chef d’orchestre. AdoptĂ©e par la fille de Charles Lamoureux, Marguerite en 1924 (il a 38 ans). Le Prix de Rome 1911 est enrolĂ© pendant la premiĂšre guerre : fait prisonnier Ă  Darmstadt, il reste profondĂ©ment marquĂ© par ses 4 annĂ©es de captivitĂ©. PrivĂ© d’instrument, il compose par l’esprit, puis Ă©crira aprĂšs sa libĂ©ration (son fameux Quatuor publiĂ© en 1919, qui deviendra ensuite la Symphonie d’archets). Paray vient Ă  la direction d’orchestre par l’orchestre Lamoureux dont le chef d’alors, Camille Chevillard, Ă©poux de Marguerite Lamoureux, le nomme directeur adjoint dĂšs 1920. Paul Paray dirige ensuite l’Orchestre de l’OpĂ©ra de Monte-Carlo (1928-1932), le prestigieux Orchestre Colonne (jusqu’à l’Occupation)
l’Orchestre de l’OpĂ©ra de Paris (dans des oeuvres de Wagner, selon le goĂ»t de Charles Lamoureux). Connu dĂšs l’Occupation aux USA, Paray accepte de diriger le Detroit Symphony Orchestra (oct 1951-1962) rĂ©alisant un cycle d’enregistrements mythiques de 1956 Ă  1963 pour la firme Mercury (dans la technique Living presence, Ă©ditĂ© en Europe sous Ă©tiquette Philips)

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CD
paray-paul-maestro-mercury-living-presence-1960CD,coffret, compte rendu critique : Mercury Living presence 1951-1968 (53 cd). De mĂȘme l’intuition gĂ©niale du dĂ©fricheur Paul Paray dĂ©fenseur comme un certain Martinon outre atlantique (Ă  Chicago avec le Symphonique local Ă  peu prĂšs dans les mĂȘmes annĂ©es 1960) d’un certain romantisme français dĂ©fendu avec une vitalitĂ© inouĂŻe et sans instruments d’époque
 la sensibilitĂ© analytique et fiĂ©vreuse Ă©tonne encore comme sa science fluide qui sait caractĂ©riser chaque Ă©pisode, emporte l’adhĂ©sion ; le geste est sĂ»r, la tension dramatique palpable, l’articulation claire et prĂ©cise
 : Ă©coutez le cd 30 (ouverture du Roy d’Ys de Lalo, Suite du ballet Namouna exceptionnel et mĂ©sestimĂ©, Symphonie de  Chausson. 
: qui ose aujourd’hui programmer une telle succession?  Aucune salle parisienne
 Paray osait tout  Ă  Detroit en 1956 et 1957). Incroyable audace visionnaire. Comme d’ailleurs Dorati qui en 1959  enregistre le symphonisme virtuose et d’atmosphĂšre de la Giselle d’Adam, cycle achevé  par Fistoulari).
Au sein du corpus Paray, saluons tout autant, la fiĂšvreuse Symphonie n°2 de Sibelius, Ă  la fois ciselĂ©e et Ă©chevelĂ©e, d’une ivresse sensible et prĂ©cise phĂ©nomĂ©nale : Ă  l’heure oĂč tant d’audace et de rage nuancĂ©e font dĂ©faut, la direction de Paray, exaltĂ©e, vive, palpitante, dĂ©terminĂ©e comme poĂ©tique et profonde, servie par une prise de son qui en accuse chaque accent, projette chaque pulsion, fait figure de modĂšle. Quel tempĂ©rament et quelle intelligence (cd 28, Detroit Symphony Orchestra, 1959). Paray exalte la matiĂšre sonore en un crĂ©pitement de plus en plus Ă©nergique et lumineux, matiĂšre Ă  fusion ou Ă  Ă©lĂ©vation. La rĂ©ussite est totale. MĂȘme ivresse sonore et dramatisme percutant, incisif dans un formidable programme Wagner de 1956 et 1960, comprenant dans le cd 35 : musique du feu et adieux de Wotan de la Walkyrie, ouverture de Rienzi, Voyage de Siegfried sur le Rhin du CrĂ©puscule des dieux, Siegfried Idyll, prĂ©lude de l’acte III de Tristan und Isolde
 De sorte que Paray s’inscrit dans la lignĂ©e de Charles Lamoureux, wagnĂ©rien de la premiĂšre heure Ă  paris, au dĂ©but des annĂ©es 1890

LIRE l’intĂ©gralitĂ© de la prĂ©sentation critique du coffret « Mercury Living presence 1951-1968 (53 cd). :
http://www.classiquenews.com/tag/paul-paray/

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Illustration : Paul PARAY © Bob Martin / 1972

CD, critique. Influences : Bach, Chopin. Laurence OLDAK (1 cd Klarthe, 2018)

oldak influences chopin bach piano cd klarthe records critique cd classiquenewsCD, critique. Influences : Bach, Chopin. Laurence OLDAK (1 cd Klarthe, 2018). Immortel JS
 Bach demeure un modĂšle pour nombre de compositeurs aprĂšs lui. Et plus encore Ă  l’époque romantique quand naĂźt la redĂ©couverte du patrimoine musical ancien ; en tĂ©moigne Chopin qui ne se sentait mieux qu’aprĂšs avoir jouĂ© du Bach, en encore Liszt qui s’est passionnĂ© Ă  transcrire les Ɠuvres du Cantor (ici le PrĂ©lude et fugue BWV 543). Qu’on le joue comme maintenant au clavecin ou au piano, Bach respire la poĂ©sie et l’universel. La pianiste toulousaine Laurence Oldak nous le rappelle ici avec implication et de rĂ©els arguments. AprĂšs le premier opus dĂ©diĂ© Ă  Scriabine (Dialogue), son 2Ăš album chez Klarthe, intitulĂ© « Influences », remonte les eaux musicales en une gĂ©nĂ©alogie qui fait dialoguer les sensibilitĂ©s d’un siĂšcle Ă  l’autre, du XVIIIĂš au XIXĂš. Unificateur et explorateur, le jeu de la pianiste permet les confrontations, les filiations : tout un jeu en miroir ou en Ă©chos : Bach / Chopin, Bach / Busoni (qui transcrit ici « Ich ruf zu dir », confession, priĂšre Ă  la fois solitaire et assurĂ©e), Bach / Liszt dĂ©jĂ  citĂ©, et jusqu’à Carl Philip Emmanuel dont la pianiste restitue en fin de programme, le somptueux et presque grave Andante con tenerezza (Sonate Wq 65/32, de plus de 5mn).

Les Bach sont naturellement articulĂ©s, chantants mĂȘme : ils coulent comme courre l’onde d’un fleuve ocĂ©an, toujours caractĂ©risĂ© et revivifiĂ© Ă  travers ses danses enchaĂźnĂ©es (5 Ă©pisodes pour la Partita n°2 BWV 826 qui ouvre le rĂ©cital). L’élĂšve de Lucienne Marino-Bloch, elle-mĂȘme Ă©lĂšve de Michelangeli, – heureuse filiation, « ose » jouer et rĂ©ussir ici la Sonate n°3 opus 58 de Chopin, un dĂ©fi pour tout interprĂšte : Ă  travers les modulations tĂ©nues des harmoniques, aux reflets miroitants si chantants, jaillit cette lumiĂšre qui est force vitale ; la pianiste en fait vibrer le tragique sublimĂ© ; Chopin vient de perdre son pĂšre – un choc comme ce fut le cas pour Mozart, perdant le sien pendant la composition de Don Giovanni. A Nohant en 1844, prĂšs de Sand, Chopin, en lion de la nuit, exprime un indĂ©fectible goĂ»t de vivre : voilĂ  ce que nous fait Ă©couter le jeu tout en souplesse de Laurence Oldak. L’exaltation lyrique du premier mouvement, en son extension mĂ©lodique au bord de l’allongement mais d’une portĂ©e intĂ©rieure quasi schubertienne, s’exprime avec libertĂ© ; le Scherzo jubile, volubile et libre comme une rĂ©miniscence heureuse de Mendelssohn
 le Largo plonge dans les entrailles funĂšbres (marche) du musicien qui se vit comme un exilĂ©, vivant certes, mais dĂ©chirĂ© ; tandis que le dernier Ă©pisode Finale / presto non tanto, assĂšne ses explosions furieuses, tissant l’une des pages les plus puissantes, les plus Ă©perdues, et aussi les plus exaltĂ©es de Chopin. Le CPE qui suit et conclut le programme sonne comme un adieu d’une absolue sĂ©rĂ©nitĂ©, Ă  la fois simple, dĂ©pouillĂ©, d’une sobre profondeur. TrĂšs beau rĂ©cital.

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CD, critique. Influences : Bach, Chopin. Laurence OLDAK (1 cd Klarthe, 2018)

COMPTE-RENDU, critique. LILLE, Nouveau SiÚcle, le 16 janvier 2020. MAHLER : Symphonie n°9. Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch, direction.

bloch-alexandre-mahler-symphonie-8-mille-nov-2019-annonce-critique-symphonie-classiquenewsCOMPTE-RENDU, critique. LILLE, Nouveau SiĂšcle, le 16 janvier 2020. MAHLER : Symphonie n°9. Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch, direction. AprĂšs une Symphonie n°8 « des Mille » rĂ©alisĂ©e en nov 2019, jalon Ă©blouissant d’un cycle qui restera mĂ©morable, voici en ce dĂ©but d’annĂ©e 2020, la fin de l’odyssĂ©e mahlĂ©rienne par l’ONL LILLE Orchestre National de Lille et son directeur Alexandre Bloch : la 9Ăš, vĂ©ritable testament musical et spirituel. Les auditeurs l’ont remarquĂ© comme les musiciens eux-mĂȘmes : il s’est passĂ© quelque chose avec les 5Ăš et 6Ăš symphonies ; rondeur et prĂ©cision accrues, rĂ©flexes plus naturels, onctuositĂ© et profondeur, servies par un relief instrumental d’un fini impeccable
 de fait, jouer sur la durĂ©e l’intĂ©gralitĂ© des symphonies et de façon ainsi chronologique, aura porter bĂ©nĂ©fice Ă  l’écoute et Ă  la cohĂ©rence du collectif lillois. Alexandre Bloch depuis son arrivĂ©e en 2016 aura fondamentalement fait Ă©voluer et enrichit l’expĂ©rience des musiciens, n’hĂ©sitant pas Ă  Ă©largir le rĂ©pertoire (jusqu’à l’opĂ©ra, avec Les PĂȘcheurs de Perles de Bizet, juin 2017), ou « oser » des partitions monstrueuses rĂ©putĂ©es injouables (MASS de Bernstein, juin 2018). Ce cycle Mahler s’inscrit dans un mouvement Ă  la fois de renouvellement et d’accomplissement pour l’Orchestre.

Evidemment dans l’histoire de la phalange, la filiation souterraine avec le fondateur Jean-Claude Casadesus s’impose ; ce dernier avait amorcĂ© des essais Mahler, dont surtout la Symphonie n°2, vive, affĂ»tĂ©e, brĂ»lĂ©e, d’une Ă©vidente densitĂ© spirituelle dont CLASSIQUENEWS a rendu compte, nov 2015. Alexandre Bloch recueille tout cela et d’emblĂ©e pilote un approfondissement en risquant l’intĂ©grale. Pari rĂ©ussi, car avec le recul, Lille depuis les dĂ©buts de l’odyssĂ©e, est devenue capitale mahlĂ©rienne (le cd de la 7Ăš Symphonie, pour nous la plus personnelle du compositeur-chef et directeur de l’OpĂ©ra de Vienne, est annoncĂ© d’ici le printemps 2020).

Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille
jouent la 9Ăš symphonie de Mahler
Jusqu’au silence


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Pour la 9Ăš, ferveur et concentration, puissance et voluptĂ© sonores sont au rendez vous. Tout le cycle orchestral exprime l’élan de vie et en mĂȘme temps, le renoncement et l’adieu au monde
 Si les prĂ©cĂ©dentes symphonies mettent en scĂšne en un mouvement parfois furieux et impĂ©tueux, les sentiments mĂȘlĂ©s d’un homme marquĂ© par le destin (dĂ©mission de l’OpĂ©ra de Vienne, dĂ©cĂšs de sa fille, bientĂŽt diagnostic de la maladie aux poumons
), Mahler exprime un nouveau sentiment dans la 9Ăš (avant-derniĂšre) : une conscience Ă©largie de lui-mĂȘme et une sĂ©rĂ©nitĂ© intime, inexorable. L’aboutissement d’un travail intime sour la douleur.
Ce cheminement introspectif qui porte de fait le signe d’un adieu, cĂ©lĂšbre en rĂ©alitĂ© l’avĂšnement d’un nouveau Mahler, comme enrichi et renforcĂ© par les Ă©preuves vĂ©cues. C’est pourquoi dans le flux orchestral parfois cynique, exaltĂ©, fantaisiste mais aussi Ă©perdu, tendre et nostalgique se prĂ©cise une nouvelle acuitĂ© personnelle que porte comme dans la 8Ăš, un indĂ©fectible espoir.
La clairvoyance de Mahler se lit dĂšs le premier mouvement (Andante comodo) et l’adieu ou la dĂ©chirure intime qu’il exprime en filigrane est le dĂ©samour de son Ă©pouse Alma ; le rictus diabolique du second, qui singe et parodie un lĂ€ndler, frĂȘle danse dĂ©risoire liĂ©e Ă  la vaine agitation terrestre
 Le bizarre du Rondo-burlesque (3Ăš mouvement) s’il est d’essence parodique et grinçante, n’en demeure pas moins « trĂšs dĂ©cidé » : la dĂ©termination de Mahler confirme qu’il est pleinement conscient, jamais victime, larmoyante (comme on peut le lire ici et lĂ ) : Alexandre Bloch semble mesurer les enjeux poĂ©tiques, spirituels, expressifs, toutes les tensions poĂ©tiques de ce jeu Ă  double voire triple lecture : tout indique la maturitĂ© du regard mahlĂ©rien sur la vanitĂ© bouffonne de la rĂ©alitĂ© et de la condition humaine ; organisant la texture symphonique avec un naturel, un sens des Ă©quilibres, une rage Ă©loquente, ce souci du dĂ©tail instrumental
 rĂ©jouissants.
Spirituel, mesurĂ©, intĂ©rieur et mystĂ©rieux, l’Adagio final semble recueillir comme un dernier scintillement, l’opĂ©ration quasi alchimique de la 8Ăš, en particulier la sublimation du corps de Faust dans la 2Ăš partie. Mahler conclut dans un flux orchestral de plus en plus dĂ©pouillĂ© et suspendu, diaphane et Ă©vanescent, oĂč l’ñme s’élĂšve Ă  mesure qu’elle se libĂšre de sa gangue matĂ©rielle : une Ă©lĂ©vation qu’Alexandre Bloch cisĂšle, caresse dans la complicitĂ© et une Ă©coute progressive avec les instrumentistes.
De la lumiĂšre au silence, de l’exaltation vitale au murmure, puis au souvenir du murmure
 cette fin comme un immense paysage Ă  l’infini lointain imperceptible car le compositeur Ă©largit au delĂ  de l’entendement l’espace orchestral, est pure poĂ©sie, aprĂšs l’énoncĂ© ultime du gruppetto, dernier signe de vie, de souffle ; tout continue dans ce basculement vers l’ineffable. Le passage (comme dans le dernier mouvement de la 6Ăš dite « PathĂ©tique » de Tchaikovski), principalement incarnĂ© par le voile des cordes, est porteur de mĂ©tamorphose et de transcendance, l’indice d’un accomplissement. Et dans le chant du violoncelle solo, l’expression d’une tendresse enivrĂ©e, enchantĂ©e comme au temps de l’innocence, 
la promesse du pardon final, – croyance viscĂ©ralement acquise par Mahler parvenu au terme de son pĂ©riple symphonique. Autant de jalons rĂ©alisĂ©s ici par le chef et son formidable orchestre. Illustrations : © Ugo Ponte / ONL LILLE 2020.

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COMPTE-RENDU, critique. LILLE, Nouveau SiÚcle, le 16 janvier 2020. MAHLER : Symphonie n°9. Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch, direction.

Symphonie n° 9

I. Andante comodo
II. Im Tempo eines gemÀchlichen LÀndlers. Etwas tÀppisch und sehr derb
III. Rondo-Burleske. Allegro assai. Sehr trotzig
IV. Adagio. Sehr langsam und noch zurĂŒckhaltend

Orchestre National de Lille
Direction : Alexandre Bloch

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VISIONNER LES SYMPHONIES DE MAHLER par l’ONL LILLE

Il est possible de visionner toutes les symphonies de MAHLER sur la chaüne YOUTUBE de l’ONL LILLE / Orchestre National de Lille :
https://www.youtube.com/watch?v=LCbBkpH0ImU

 
 
 

VOIR NOTRE REPORTAGE VIDEO Symphonie n°8 des “Mille” / Alexandre Bloch / ONL LILLE :

 

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http://www.classiquenews.com/onl-lille-8e-symphonie-de-mahler-reportage-nov-2019/

REPORTAGE vidĂ©o 8Ăš symphonie de MAHLER... ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE, Alexandre BLOCH. La 8Ăš Symphonie des Gustav Mahler est un Everest orchestral, choral et lyrique crĂ©Ă© en 1910 dont le colossal des effectifs (jamais vu jusque lĂ , d’oĂč son sous titre « des Mille », pour 1000 musiciens sur scĂšne) Ă©gale l’exigence morale, poĂ©tique, spirituelle. PrĂ©sentation de la partition composĂ©e d’une premiĂšre partie de tradition contrapuntique traditionnelle mais revisitĂ© (Hymne « Veni Creator Spiritus »), puis d’une seconde partie qui aborde comme un opĂ©ra, la derniĂšre partie du second Faust de Goethe. Y paraissent de nombreux personnages Magna Peccatrix, Pater Ecstaticus, Pater Profundus, Doctor Marianus, Mulier Samaritana, Maria Aegyptiaca, 
 enfin Mater Gloriosa, sans omettre les choeurs des anges, le chƓur Mysticus en une fresque flamboyante qui exprime les forces vitales de l’Amour et le pouvoir de l’Eternel FĂ©minin, source de salut et de rĂ©demption pour le monde et l’humanitĂ©. Entretien avec les interprĂštes et les parties engagĂ©es dans la rĂ©alisation de ce dĂ©fi suprĂȘme pour l’Orchestre National de Lille. C’est l’un des jalons du cycle Ă©vĂ©nement dĂ©diĂ© aux Symphonies de Gustav Mahler par l’Orchestre National de Lille et Alexandre BLOCH, directeur musical. 12mn – © studio CLASSIQUENEWS  -  rĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM (nov 2019)

LIRE aussi notre critique : LILLE, le 20 nov 2019. MAHLER : Symphonie n°8 des Mille. Orch National de Lille, Alexandre Bloch, direction.

https://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-lille-le-20-nov-2019-mahler-symphonie-n8-des-mille-orch-national-de-lille-alexandre-bloch-direction/

CD, critique. MAHLER : Symphonie n°8 – Philadelphia Symphony Orchestra, NĂ©zet SĂ©guin (2016 – 1 cd DG Deutsche Grammophon).

nezet seguin symphonie 8 MAHLER cd critique concert critique classiquenews philadelphia 4837871CD, critique. MAHLER : Symphonie n°8 – Philadelphia Symphony Orchestra, NĂ©zet SĂ©guin (2016 – 1 cd DG Deutsche Grammophon)  –  PARTIE I. Percutante et nerveuse, voire d’une vĂ©hĂ©mence clairement assumĂ©e, avec des tutti et une ligne des cordes marcato, la lecture de NĂ©zet SĂ©guin ne manque ni de dramatisme ni d’intensitĂ©, ni d’élans tendres voire Ă©perdus, en particulier dans le « Veni Creator spiritus », dont il fait un appel, une aspiration au sublime et Ă  la transcendance, avec un sentiment d’urgence collectif, absolument dĂ©lectable. Les troupes trĂ©pignent mĂȘme, jusqu’au dĂ©but de 4 (Tempo 1) oĂč les instruments marquent un premier jalon dans ce cheminement qui convoque des forces colossales Ă  l’échelle du cosmos, avant que les solistes n’expriment une nouvelle phase de requĂȘte partagĂ©e (Infirma nostri corporis).

 

 

Mars 2016 : Les “Mille” Ă  Philadelphie
Yannick NĂ©zet-SĂ©guin articule et cisĂšle
l’Ă©lan spirituel de la Symphonie n°8

 

 

En vrai chef lyrique, NĂ©zet-SĂ©guin aborde les « Mille » comme une vaste cantate, ou un oratorio d’une fraternitĂ© revendiquĂ©e, vindicative, dont la supplique et les priĂšres sont amplifiĂ©es par les 6 solistes, d’autant que les choeurs (« Accende lumen sensibus ») savent non pas articuler le texte mais le projeter et le dĂ©clamer avec une acuitĂ© expressive, habitĂ©e, incarnĂ©e, superbe elle aussi. Le talent du chef bĂątisseur et architecte s’impose dans la construction et la structuration ferme de cette sĂ©quence (la plus longue : plus de 5 mn)
 abyssale et vertigineuse. La plus impressionnante de cette premiĂšre partie. L’Apocalypse et le Jugement dernier s’y trouvent fusionnĂ©s en un sentiment de fiĂšvre collective admirablement articulĂ©, !parfois cependant trop continument forte), mais quel souffle et quelle sensation d’hĂ©roĂŻsme et de fraternitĂ© combattive. PortĂ©e par une impĂ©rieuse nĂ©cessitĂ©, jusqu’à la conclusion de cet hymne de vie, vraie force jaillissante.

PARTIE II. Le dĂ©but du Faust dĂ©crit trĂšs attentivement le dĂ©nuement dans la montagne, avec force dĂ©tails et une belle acuitĂ© instrumentale lĂ  encore
 digne d’un opĂ©ra, fantastique, romantique, habitĂ© par cette conscience panthĂ©iste, proche d’un Berlioz, que fait scintiller la direction intense et dramatique de NĂ©zet SĂ©guin. Du grand art.
Les tempi sont larges et volontiers Ă©tirĂ©s pour que le grand souffle et l’alchimie du MystĂšre se rĂ©alisent. La sĂ©quence dĂ©finit le format du paysage en question, lui aussi Ă©tagĂ©, dans un espace Ă©tendu Ă  perte de vue, vacuum aux perspectives infinies
 aucun doute, NĂ©zet-SĂ©guin est un architecte hors normes. Tout le dĂ©but respire et s’exhale avec une sĂ©rĂ©nitĂ© comme hallucinĂ©e, elle aussi trĂšs habitĂ©e, comme si nous nagions dans les cercles suspendus d’un Purgatoire que dĂ©ssille bientĂŽt chacun des airs solistes, traitĂ©s comme dans un opĂ©ra : dĂšs 12, avec l’air transi, amoureux de Pater Ecstaticus (le baryton – Markus Werba, est un peu droit et court), dont la vibration est encore davantage amplifiĂ©e par l’air de Pater Profundus qui suit, et ses Ă©vocations naturalistes (basse un peu Ă©crasĂ©e et engorgĂ©e)

Le flux orchestral exprime une énergie trÚs bien canalisée qui témoigne du souci de clarté et de structuration du chef.
Fin et dĂ©taillĂ©, le maestro se montre d’une tendresse ardente et vivifiante dans la conduite du choeur « Jene Rosen », dont l’allant, le brio, la tension sont impeccables. Dans la succession des tableaux avec le double choeur et les solistes, Mahler s’engage sur des cimes lyriques avant lui cultivĂ©es par Wagner et Richard Strauss : profusion active et nerveuse du flux orchestral, scintillement dans la texture, harmonies rares qui conduisent les choeurs (adultes et d’enfants), avant et aprĂšs la vision du Doctor Marianus, face Ă  la Mater rayonnante; littĂ©ralement embrasĂ© par son Ă©vocation (plage 19), prĂ©misse de son invocation Ă  la DĂ©esse Mater (plage 31, aprĂšs l’intervention de Mater Gloriosa, plage 30).
Le comble de l’élĂ©gance tendre est atteint dans l’exposĂ© de la Mater gloriosa, dĂ©itĂ© enfin visible et audible (plage 21), aux cordes et cors, souples, Ă©tirĂ©s (harpes caressantes)
 en un flux melliflu d’une souplesse qui rayonne de lumineuse quiĂ©tude. L’élĂ©vation du corps transcendĂ© de Faust, et son accueil dans le sein du Paradis final est rĂ©alisĂ© dans la priĂšre Ă©thĂ©rĂ©e de Mater Gloriosa (soprano clair et naturel de Lisette Oropesa, de loin la meilleure soliste d’une distribution bancale), enfin dans l’air du tĂ©nor (Doctor Marianus), aux cordes ocĂ©aniques et voluptueuses.
Dans la derniĂšre sĂ©quence, celle de l’ApothĂ©ose de Faust (aprĂšs celle de Marguerite), NĂ©zet-SĂ©guin opte pour un tempo extrĂȘmement lent, qui cisĂšle chaque couleur, amplifie le geste du choeur implorant et misĂ©ricordieux.

 

 

VIDEO : 8Ăš Symphonie de Mahler par Yannick NĂ©zet-SĂ©guin / Philadelphia Orchestra (mars 2016) :

 

 

 

 

De toute Ă©vidence malgrĂ© un plateau de solistes perfectibles (baryton, basse, tĂ©nor en particulier), la puissance et l’implication de cette lecture sont indĂ©niables. RĂ©alisĂ© pour le centenaire de la crĂ©ation de la partition mahlĂ©rienne aux USA, par l’Orchestre de Philadelphie, cet enregistrement live, de mars 2016, confirme que NĂ©zet-SĂ©guin n’usurpe pas sa rĂ©putation de chef lyrique et symphonique ; il est douĂ© d’une ferveur communicative et d’un sens Ă©vident de l’architecture et du drame. Sa vision Ă©claire ce en quoi la 8Ăš symphonie de Mahler est bien cette formidable machine Ă  rĂ©demption, d’une fraternitĂ© enveloppante et irrĂ©sistible. Cet Everest en deux parties qui Ă©voque l’élĂ©vation des corps mortels, accomplissant le destin final de Faust, enfin sauvĂ©, est bien le sommet de son Ɠuvre symphonique car tout ce qui a prĂ©cĂ©dĂ©, comme le dit Mahler lui-mĂȘme, n’est qu’un prĂ©alable qui prĂ©pare Ă  ce chef d’Ɠuvre. Voici donc un opus captivant aux cĂŽtĂ©s des projets qui rĂ©unissent DG et le Philadelphia Orchestra autour de l’intĂ©grale des Symphonies et des Concertos pour piano de Rachmaninov (avec pour soliste : l’excellent Daniil Trifonov : enregistrements dĂ©jĂ  Ă©ditĂ©s et critiquĂ©s sur classiquenews : Concertos pour piano 1 et 3 – CLIC de CLASSIQUENEWS). Parution annoncĂ©e le 31 janvier 2020.

 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD, critique. MAHLER : Symphonie n°8 – Philadelphia Symphony Orchestra, NĂ©zet SĂ©guin (LIVE, mars 2016). Symphony No. 8 /«  Symphony of a Thousand » – Symphonie des Mille, n°8 – The Philadelphia Orchestra – Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, direction.
Int. Release 17 Jan. 2020 – Parution France : 31 janvier 2020.
1 cd DG Deutsche Grammophon 0289 483 7871 5

Distribution :
Solistes : Angela Meade, Erin Wall, Elizabeth Bishop, Lisette Oropesa, Mihoko Fujimura, Anthony Dean Griffey, Markus Werba, John Relyea,

The American Boychoir,
Westminster Symphonic Choir,
The Choral Arts Society of Washington,
Philadelphia Orchestra,
Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, direction

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La SYMPHONIE n°8 en VIDÉO :
VOIR notre reportage vidĂ©o exclusif : Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille jouent la Symphonie n°8 des Mille de Gustav Mahler (Munich, 1910) au Nouveau SiĂšcle de Lille (20, 21 nov 2019) :

 

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CD coffret Ă©vĂ©nement. Wilhelm FurtwĂ€ngler Decca & Deutsche Grammophon Complete recordings (34 cd – 1 dvd DG dĂ©cembre 2019)

CD coffret Ă©vĂ©nement. Wilhelm FurtwĂ€ngler Decca & Deutsche Grammophon Complete recordingsCD coffret Ă©vĂ©nement. Wilhelm FurtwĂ€ngler Decca & Deutsche Grammophon Complete recordings (34 cd – 1 dvd DG dĂ©cembre 2019). LEGENDE INTACTE
. Sublime coffret regroupant l’immense hĂ©ritage du chef lĂ©gendaire Wilhelm FurtwĂ€ngler, celui qui demeura en Allemagne sous les nazis, cultivant un rapport clairement affichĂ© contre la barbarie ; celui qui fixe la figure du maestro idĂ©al, engagĂ©, humaniste. L’aĂźnĂ© et aussi le modĂšle tutĂ©laire d’un Karajan, qu’il appela le « petit K ». Il est vrai que FurtwĂ€ngler Ă©tait plutĂŽt bĂąti comme un gĂ©ant. L’hĂ©ritage discographique du maestro est Ă  la mesure de sa stature physique : spectaculaire par son intensitĂ©, rayonnant par son ouverture, exigeant et fortement charpentĂ© comme le fut sa direction qui suscitait l’implication totale des instrumentistes, qu’il s’agisse comme ici de ceux des trois orchestres qu’il dirige : Berliner et Wiener Philharmoniker, LPO pour London Philharmonic Orchestra. Le legs totalise une activitĂ© musicale et artistique unique Ă  ce jour ; depuis les sĂ©quences Polydor 1926 Ă  Berlin Ă  1954 lors d’une session Ă  Salzbourg

Il est divisĂ© en 3 groupes : (1) the « EARLY RECORDINGS » (cd 1-3) ; (2) « WARTIME RECORDINGS » (cd 4 – 16) ; un ensemble trĂšs important et richement documentĂ© divisĂ© lui-mĂȘme en 2 parties : POST-WAR RECORDINGS : The « radio recordings I » (cd 17 – 26) and The « radio recordings II » (cd 27 – 30) ; enfin « THE DECCA RECORDINGS » (cd 31 – 33). Enfin une partie « BONUS » complĂšte le corpus ainsi reconstituĂ©, comprenant discussions et entretiens autour de la Symphonie n°5 de Beethoven, et le DVD Don Giovanni de Mozart (Siepi, GrĂŒmmer, Dermota, Della Casa, Berry, Edelmann, Festival de Salzbourg 1954)
 De l’ensemble des lectures enregistrĂ©es, s’impose la trilogie des 3 B : Beethoven, Bruckner, Brahms. Puis Mozart, Schubert, R Strauss, sans omettre Franck (2 versions de la Symphonie en rĂ©), Ravel et Tchaikovski
 Le geste de Furt fait surgir un rugissement chtonien et tellurique qui semble embraser la partition, au point qu’il semble que nous assistions Ă  la crĂ©ation de chaque mesure au moment oĂč elle est jouĂ©e. CLIC D'OR macaron 200L’urgence, le souffle, parfois la grandeur (Bruckner)
 toujours la tension visionnaire voire prophĂ©tique (Beethoven), FurtwĂ€ngler fut un chef captivant
 et aussi un compositeur (mais cela n’est pas le sujet du coffret). Must absolu (le coffret a marquĂ© en sept 2019 le 65Ăš anniversaire de la mort du chef lĂ©gendaire). CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2019.

 

 

 

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TEASER VIDEO : CD coffret événement. Wilhelm FurtwÀngler
Decca & Deutsche Grammophon Complete recordings (34 cd – 1 dvd DG dĂ©cembre 2019)

 

 

 
 

Livre Ă©vĂ©nement, critique. Elisabeth Brisson : Alban Berg au miroir de ses Ɠuvres (Ă©ditions Aedam Musicae, 2019).

berg miroir de ses oeuvres elisabeth brisson livre evenement classiquenews critique livre opera concertsLivre Ă©vĂ©nement, critique. Elisabeth Brisson : Alban Berg au miroir de ses Ɠuvres (Ă©ditions Aedam Musicae, 2019). Le texte n’est pas seulement un essai pour tenter de comprendre et mesurer les caractĂšres distinctifs de l’écriture Bergienne ; l’auteure singularise trĂšs finement ce qui se joue au cƓur de la musique de Berg – l’activitĂ© multiple de la psychĂ© ; elle prĂ©sente et commente aussi comme un guide d’écoute et de comprĂ©hension chacune des partitions majeures d’Alban Berg, ce grand amoureux Ă  la trĂšs riche vie intĂ©rieure, qui parle la langue du dĂ©sir et du ressentiment, Ă  l’écoute privilĂ©giĂ©e de sa vie sentimentale. Alban Berg (1885-1935), pĂ©tri de poĂ©sie et de musique, d’abord autodidacte, suit dĂšs 1904 l’enseignement d’Arnold Schönberg. Son catalogue trĂšs resserrĂ© (seulement treize Ɠuvres) donc aussi concentrĂ© qu’intense et rĂ©volutionnaire, marque, dĂ©termine, jalonne la crĂ©ation musicale au XXe siĂšcle: ses deux opĂ©ras, Wozzeck et Lulu, sont ainsi magnifiquement prĂ©sentĂ©s et expliquĂ©s, leur genĂšse complexe dĂ©mĂȘlĂ©e ; la Suite lyrique pour quatuor Ă  cordes, le Concerto pour violon « A la mĂ©moire d’un ange », sont ainsi analysĂ©s avec clartĂ© et prĂ©cision.

Grand voluptueux, Berg ne fait pas que ressentir et vivre le sentiment : il le pense voire le thĂ©orise pour en exprimer l’essence et le sens. Ainsi le le processus crĂ©ateur met en lumiĂšre « son dĂ©sir de nouer la sensualitĂ©, la spiritualitĂ© et la pensĂ©e (körperlich, seelisch, geistlich selon ses propres termes), dĂ©sir subsumĂ© par sa prĂ©dilection pour le Klang (la sonoritĂ©) comme pour les textures musicales contrĂŽlĂ©es dans leur moindre dĂ©tail Ă  l’instar du travail du rĂȘve qui cache le contenu latent dans une prĂ©sentation manifeste sĂ©duisante et Ă©nigmatique ».

CLIC D'OR macaron 200Davantage que le thĂ©oricien, manifestement imprĂ©gnĂ© par la thĂ©orie dodĂ©caponique transmise par Schönberg, Berg a le geste d’un peintre douĂ© pour la couleur, le mouvement, l’ambivalence. Ce que rĂ©vĂšle trĂšs pertinent l’ auteure. Seule rĂ©serve : toutes les citations (nombreuses) en allemand ne sont pas traduite en français : tout lecteur n’étant pas germanophile, peut ne pas maĂźtriser la langue de Goethe. Il eut fallu prĂ©ciser pour chaque notion, sa traduction française. Nonobstant cette infime rĂ©serve, la lecture de ce texte maĂźtrisĂ© dĂ©voile le foisonnement et la cohĂ©rence remarquable, Ă  l’Ɠuvre dans chaque piĂšce de Berg. Jusqu’au choix de la peinture en couverture : la texture vaporeuse de cet autre voluptueux par excellence dans la peinture baroque parmesane : Le CorrĂšge  ; belle correspondance. Magistral.

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Livre Ă©vĂ©nement, critique. Elisabeth Brisson : Alban Berg au miroir de ses Ɠuvres (Ă©ditions Aedam Musicae, 2019).

Titre(s) : Alban Berg au miroir de ses Ɠuvres
Auteur(s) : Élisabeth Brisson
Nombre de pages : 360 pages
Format : 14.5 x 21 cm (Ă©p. 2.8 cm) (459 gr)
Dépot légal : Novembre 2019
Cotage : AEM-223
ISBN : 978-2-919046-53-9
Disponibilité : en stock, envoi immédiat

http://www.musicae.fr/livre-Alban-Berg-au-miroir-de-ses-oeuvres-de-Elisabeth-Brisson-223-191.html

COMPTE RENDU, concert baroque. PARIS, Philh le 21 déc 19. 40 ans des ARTS FLO / W Christie / P Agnew.

COMPTE RENDU, concert baroque. PARIS, Philh le 21 dĂ©c 19. 40 ans des ARTS FLO / W Christie / P Agnew. D’une soirĂ©e inoubliable, ne retenons que l’essentiel. AprĂšs une premiĂšre partie copieuse, dĂ©diĂ©e aux baroques anglais, sorte de chauffe progressive aux jalons savoureux dont des Haendel rĂ©jouissants, certains en italien (Alcina), la seconde partie gagne un surcroĂźt d’implication comme de jeu complice, cette fois en jardin français : au programme prĂ©cisĂ©ment, Charpentier puis Rameau. D’abord, de Marc-Antoine, les interprĂštes chantent et jouent douceur et tendresse lumineuses des 
 Arts Florissants justement, oratorio qui leur a donnĂ© leur nom depuis la crĂ©ation de l’ensemble en 1979, oĂč perce le dard ciselĂ©, suave de la soprano visiblement enivrĂ©e par l’évĂ©nement anniversaire Sandrine Piau
 notre coloratoure baroque le plus fin. Appelant Ă  l’harmonie amoureuse, lui rĂ©pond le chƓur en Ă©cho, concrĂ©tisant aujourd’hui ce collectif choral, en rĂ©alitĂ© des solistes qui compose chacun le relief et l’unitĂ© des Arts Florissants ; leur charme n’a cessĂ© depuis leur dĂ©but de nous enchanter. Ils mordent dans le verbe et la langue de MoliĂšre et de Racine avec une inflexion nerveuse idĂ©ale. ChƓur prĂ©cis et percutant, ce collectif pilotĂ© par son fondateur alterne ivresse hallucinante, torpeur d’un rĂȘve et pĂ©tillante hargne, dĂ©terminĂ©e, vindicative
 Tout cela s’agrĂšge et prend sens sous la direction prĂ©cise Ă  la gestuelle extrĂȘmement claire du chef William Christie.

AprĂšs tant de splendeurs collective, un air intimiste qui restitue la langue française Ă  sa juste place : au cƓur du Baroque qui nous occupe. Marc Mauillon, soliste dans la vaste salle Pierre Boulez, rayonne lui aussi, comme enivrĂ© dans un air de sĂ©duction et d’amour, accompagnĂ© par l’archiluth : de D’Ambruis « le doux silence de nos bois » (prononcez : « boĂšsses ») : l’amour y est pastoral. Trouble des oiseaux capables de voix complices plutĂŽt que d’un chant familier ; fleurs, zĂ©phyrs, saison qui frĂ©mit
 : voici bien par ce chant articulĂ©, souverain, l’apologie la plus aimable d’une Nature rĂ©enchantĂ©e (par la musique). C’est un appel Ă  un Ă©picurisme mesurĂ© celui des tendres amours. RĂȘve, extase suspendue d’un chambrisme, introspectif : le charme opĂšre. La sĂ©quence rappelle combien William Christie inscrit l’articulation et l’intelligibilitĂ© au cƓur de son travail.

 

 

 

Pour les 40 ans des Arts Flo…

De Bill à Paul Agnew : une passation réussie

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Puis, plongĂ©e nocturne, non moins enchantĂ©e dans le songe d’Atys. Entre gravitĂ© et mĂ©lancolie voluptueuse (flĂ»tes : traverso et flĂ»te Ă  bec), le sommeil s’épaissit, se dĂ©ploie par la voix d’un trio d’hommes, les gĂ©nies du sommeil. Lully peint un endormissement comme un ravissement, exprimant l’activitĂ© d’un psychisme prĂȘt Ă  s’enivrer. « Dormons » 
 le tableau saisit par la souplesse du son, l’effet d’un abandon hallucinĂ©, surtout l’équilibre des voix, parfaitement associĂ©es.

Changement de chef ensuite, car c’est bien d’une passation dont il s’agit, entre Bill Christie et Paul Agnew, nommĂ© codirecteur des Arts Florissants. Pour les 40 ans de l’ensemble prĂ©cisĂ©ment.
D’abord l’ouverture de PlatĂ©e est dirigĂ©e superbement par Paul Agnew qui a chantĂ© le rĂŽle titre (derniĂšrement sous la direction du regrettĂ© Jean-Claude Malgoire) ; la lecture est Ăąpre et comme prĂ©cipitĂ©e qui ne manque pas de rebonds ni de superbe Ă©loquence
 le geste du chef convainc totalement confĂ©rant mĂȘme une ampleur symphonique Ă  la partition.
ImmĂ©diatement, ce lever de rideau irrĂ©sistible est enchaĂźnĂ© avec l’air de la nymphe des marais : « que ce sĂ©jour est agrĂ©able, il est aimable »: s’y illustre en dragqueen façon cage aux folles, Marcel Beekmann qui connaĂźt parfaitement le rĂŽle pour l’avoir dĂ©jĂ  chantĂ© sous la direction de Bill Christie
 languissante introspection en dialogue avec un orchestre dĂ©taillĂ©, tendre, murmurĂ©, d’une dĂ©lectable prĂ©cision discursive. Le chant est clair, droit et juste, incarnant cette gouaille trouble qui a fait la lĂ©gende de son interprĂšte crĂ©ateur JĂ©lyotte : entre candeur et libertĂ© dĂ©lurĂ©e. Le public rit beaucoup.

Le clou du spectacle demeure certainement ce qui suit : le grand air de la Folie Ă  l’Acte II, parodie de l’opĂ©ra : sous la direction de Paul Agnew, s’affirment la force et la puissance expressive de l’orchestre conçu par Rameau le plus grand symphoniste français avant Berlioz par ses couleurs et ses accents. VoilĂ  ce que l’on Ă©coute et qui se rĂ©vĂšle avec Ă©vidence.
La Folie c’est Sandrine Piau : « Formons les plus brillants concerts »  digne interprĂšte de ce personnage dĂ©lirant, au sommet de l’inspiration ramĂ©lienne, Piau, aprĂšs les divas qui l’ont prĂ©cĂ©dĂ©e (Massis, Delunsch
), mais la soprano de ce soir, affirme une musicalitĂ© rayonnante et un jeu affinĂ©, sĂ»r qui semble vouloir en dĂ©coudre avec le maestro qu’elle n’hĂ©sitera pas d’ailleurs Ă  Ă©carter pour diriger elle mĂȘme en fin de session, l’orchestre entier.

TrĂšs Ă  l’aise, Paul Agnew communique un vrai sens du drame avec une interprĂšte prĂȘte Ă  tout, mais dans l’élĂ©gance
 une walkyrie baroque dotĂ©e de moyens lyriques, dramatique et coloratoure ahurissants. L’intelligence, l’élĂ©gance, la souplesse au service du thĂ©Ăątre : cette joute entre Folie et chef restera dans les mĂ©moires mĂȘme si la diva n’a pas rĂ©alisĂ© les aigus de la fin.

BILL revient pour les Indes Galantes, prĂ©cisĂ©ment pour l’entrĂ©e des Incas du PĂ©rou. La partition exige le meilleur; elle nĂ©cessite de la finesse, une ivresse nostalgique et tendre ; c’est Ă  dire un Rameau qui se souvient de Campra (celui de l’Europe Galante quand il inventait avant tous, au dĂ©but du XVIIIĂš, le genre de l’opĂ©ra-ballet). Les couleurs, la palette des accents, la sonoritĂ© d’ensemble n’appellent que des suffrages ; on retrouve le geste des Arts Flo, Ă  leur meilleur, dans une Ɠuvre emblĂ©matique de leur histoire. Comme pour Haendel, le Rameau de Bill respire la sincĂ©ritĂ©, en une Ă©criture dont il sait exprimer et le raffinement et la voluptĂ© souterraine. On aimerait encore ĂȘtre enivrĂ© ainsi pour les 40 ans qui viennent. Bon anniversaire chers Arts Flo. Que chacun reste Ă  ce niveau d’excellence et de connivence.

Illustration : capture d’aprĂšs le live rĂ©alisĂ© le soir par la Philharmonie, que pouvait suivre en direct les internautes.

 

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REVOIR LE LIVE 40 ans des Arts Flo Ă  la Philharmonie
ici :

 

 

 

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LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. JF LATTARICO : Le chant des bĂȘtes (Classiques Garnier)

lattarico-jean-francois-essai-sur-l'animalite-a-lopera-annonce-livre-critique-opera-classiquenewsLIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Jean-François LATTARICO : Le chant des bĂȘtes (Classiques Garnier). C’est l’un de nos coups de cƓur littĂ©raires de cet hiver, tant la prose de l’auteur reste accessible et remarquablement documentĂ©e ; le texte en outre focuse sur des sujets peu abordĂ©s et pourtant passionnants : le “chant des bĂȘtes” nous parle de l’image et de la reprĂ©sentation des animaux Ă  l’opĂ©ra. Simples prĂ©textes Ă  roucoulades et autres « effets » expressifs basĂ©s sur l’imitation
 ou prĂ©sence dramatique Ă©gale aux hĂ©ros, s’intĂ©ressant dĂ©jĂ  dans l’histoire du genre lyrique,
à la conscience animale? Jean-François Lattarico, outre qu’il fait partie du staff Ă©ditorial de classiquenews, tĂ©moigne de la vitalitĂ© de la scĂšne lyrique, du baroque aux ouvrages contemporains, et ouvre ici des vastes champs de rĂ©flexion, comme il souligne la pertinence d’une pensĂ©e qui prend en compte la valeur singuliĂšre du vivant et des espĂšces animales, leur signification comme la rĂ©ception de leur reprĂ©sentation.

 

 

 

CRITIQUE. La scĂšne lyrique est certes cette machine illusoire et fĂ©erique qui transporte et favorise l’enchantement. C’est aussi un formidable miroir dĂ©voilant les mille perversitĂ©s de la nature humaine. C’est encore la reprĂ©sentation de fantasmes qui font sens dans le fonctionnement de notre sociĂ©tĂ©. Les bĂȘtes ne sont pas absentes du processus et de l’évolution du genre lyrique. On suit mĂȘme pas Ă  pas selon les Ă©poques, la prĂ©sence des animaux et le sens de leur reprĂ©sentation chez tel ou tel compositeur.
Pour mieux suivre cette galerie animale qui compose un fabuleux bestiaire, l’auteur identifie 3 catĂ©gories : « l’animal allĂ©gorique » qui met en scĂšne les mythes de l’AntiquitĂ© et aussi le texte des mĂ©tamorphoses d’Ovide oĂč le retour Ă  l’état primitif est le jeu d’un enchantement comme celui de la magicienne CircĂ© ; s’y prĂ©cisent les « oxymores baroques », « l’animal mĂ©taphorique » et les « bĂȘtes politiques ». La 2Ăš catĂ©gorie, « L’animal silencieux » cible l’enchantement des bĂȘtes sauvages », le « bestiaire comique », enfin des « Psittacismes lyriques ». Puis dans la 3Ăš et derniĂšre classification, « L’Animal HĂ©roĂŻque » – pour nous la partie la plus intĂ©ressante, sont abordĂ©s 7 sujets « La fable, l’animal, l’enfant », la « Mirabilia Ă  plumes », « mĂ©tamorphoses », « cynismes », « bestiaire hĂ©tĂ©roclite », « l’opĂ©ra entomologique », enfin « le retour du mythologique »  La grille ainsi sĂ©quencĂ©e permet d’isoler et d’analyser des « cas » emblĂ©matiques selon l’époque, de la connaissance des bĂȘtes, des symboles qui lui sont rattachĂ©s, de sa signification au sein du drame fixĂ© par le livret.
Mais au delĂ  de la fonction dramaturgique, l’animal nous renvoie Ă  une autre sphĂšre signifiante oĂč la parole articulĂ©e et le texte sont absents ; une sorte de conscience au delĂ  des mots, et sans eux, qui nous rappellerait Ă  l’harmonie d’un temps et d’un espace, premiers et fondateurs, quand l’homme et la nature, la civilisation et le vivant, culture et nature, Ă©taient rĂ©conciliĂ©s
 Si cet Ă©tat n’a peut-ĂȘtre jamais existĂ©, l’histoire de l’opĂ©ra et ses manifestations ainsi balisĂ©es, nous parlent constamment du rapport entre texte et musique ; des limites surtout de la parole et du texte que la musique met en lumiĂšre en accompagnant et favorisant l’émergence du chant des bĂȘtes.
Parmi une arche de NoĂ© aux innombrables situations et profils
 Papageno l’oiseleur perroquet de la FlĂ»te EnchantĂ©e de Mozart ; PlatĂ©e, beautĂ© batricienne en sa cour des nymphes des marais chez Rameau; le chien Barkouf ou l’ourse de Boule de neige d’un Offenbach satirique et poĂ©tique, et toutes les bĂȘtes de l’Enfant et les sortilĂšges, jusqu’aux ouvrages plus rĂ©cents (2017) de Boesmans (Pinocchio) et de Manoury (Kein licht)
 deviennent acteurs principaux, manifestes retrouvĂ©s et rĂ©habilitĂ©s d’un temps oĂč la rĂ©forme de la pensĂ©e et la conscience du vivant s’invitent dĂ©sormais comme fondamentaux incontournables Ă  mesure que nous prenons conscience du dĂ©sastre Ă©cologique que nous vivons aujourd’hui. VoilĂ  donc un texte Ă©rudit et accessible, surtout d’une exceptionnelle actualitĂ©, et mĂȘme visionnaire.

 

 
 

 

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LIRE aussi notre annonce du livre Ă©vĂ©nement : Le Chant des bĂȘtes de Jean-François LATTARICO (Classiques GARNIER).
https://www.classiquenews.com/livre-evenement-annonce-jean-francois-lattarico-le-chant-des-betes-essai-sur-lanimalite-a-lopera-classiques-garnier/

 

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CLIC_macaron_2014LIVRE Ă©vĂ©nement critique. Le Chant des bĂȘtes de Jean-François LATTARICO (Classiques GARNIER) – Collection CONFLUENCES sous la direction de Pierre Glaudes, Ă©ditions CLASSIQUES GARNIER. N° 6, 392 pages, 15 x 22 cm – BrochĂ©, ISBN 978-2-406-08541-6, 48 € / ReliĂ©, ISBN 978-2-406-08542-3, 87 € – CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2019

 

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LIRE aussi notre ENTRETIEN avec Jean-François LATTARICO : Le chant des bĂȘtes / Essai sur l’animalitĂ© Ă  l’opĂ©ra…

lattarico-jean-francois-essai-sur-l'animalite-a-lopera-annonce-livre-critique-opera-classiquenewsLIVRE Ă©vĂ©nement. ENTRETIEN avec JF LATTARICO : Le chant des bĂȘtes (Classiques Garnier). C’est l’un de nos coups de cƓur littĂ©raires de cet hiver, tant la prose de l’auteur reste accessible et remarquablement documentĂ©e ; le sens en outre focuse sur des sujets peu abordĂ©s et pourtant passionnants : le chant des bĂȘtes nous parle de l’image et de la reprĂ©sentation des animaux Ă  l’opĂ©ra. Simples prĂ©textes Ă  roucoulades et autres « effets » expressifs basĂ©s sur l’imitation
 ou prĂ©sence dramatique Ă©gale aux hĂ©ros, s’intĂ©ressant dĂ©jĂ  dans l’histoire du genre lyrique,
à la conscience animale? Jean-François Lattarico, outre qu’il fait partie du staff Ă©ditorial de classiquenews, tĂ©moigne de la vitalitĂ© de la scĂšne lyrique, baroque en particulier, ouvre ici des vastes champs …

 

 
 

 

LIVRE, jeunesse. Isabelle L Dutilloy : « J’veux « faire » Mozart, Ă©dition Anacrouse

j veux faire mozart anacrouse editions critique annonce classiquenews 007114558LIVRE, jeunesse. Isabelle L Dutilloy : « J’veux « faire » Mozart, Ă©ditions Anacrouse. Pas de portrait XVIIIĂš ni d’évocation de Salzbourg ou de Vienne Ă  l’époque de Wolgang Amadeus MOZART, mais une Ă©vocation actualisĂ©e de la vie du jeune Wolfy
 lequel inspire au jeune hĂ©ros Oscar, sa vocation dynamique pour la musique. AccompagnĂ© de son fidĂšle chien Bernard, prĂ©sence comique, et pour le jeune garçon comme un double amusĂ©, Oscar Wolfy dĂ©couvre pas Ă  pas les mystĂšres de la musique : violon, piano, solfĂšge. En brĂšves notions Ă  peine dĂ©veloppĂ©es.
Les rencontres façonnent l’envie du jeune musicien apprenti et le mĂšne en compagnie des autres jeunes musiciens (Nannerl, Babacar et son jembĂ©, le japonais Suzuki
) jusqu’à l’expĂ©rience du concert. Fugitif, ludique et juste. Pour tous.

 

 

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(Isabelle L Dutilloy : « J’veux « faire » Mozart, Ă©ditions Anacrouse, http://www.anacrouse.net – 21 euros – sept 2019 – 40 pages)

CD coffret Ă©vĂ©nement : BEETHOVEN. Wiener symphoniker / Philippe Jordan. Symphonies 1 – 9 (2017 – 6h)

CD coffret Ă©vĂ©nement : BEETHOVEN. Wiener symphoniker / Philippe Jordan. Symphonies 1 – 9 (5 cd – 2017 – 6h)  -  Pour l’annĂ©e BEETHOVEN 2020, et souligner les 250 ans de la naissance du gĂ©nie romantique germanique, entre Allemagne et Autriche, Bonn et Vienne, l’Orch Symphonique de Vienne / Wiener Symphoniker fĂȘte l’évĂ©nement, et dĂšs nov 2019, comme en prĂ©ambule d’une annĂ©e mĂ©morable en cĂ©lĂ©brations et rĂ©alisations diverses, Ă©ditait ce superbe coffret de 5 cd soit les 9 symphonies, rĂ©capitulant le geste du maestro Philippe Jordan, directeur musical depuis 2014.

BEETHOVEN JORDAN philippe symphonie symphoniker wiener cd SOny classiquenews critique review classiquenewsLa phalange viennoise n’a rien Ă  envier Ă  sa sƓur ainĂ©e, l’Orchestre Philharmonique / Wiener Philharmoniker, Ă  l’histoire glorieuse et l’actualitĂ© mĂ©diatique demeurĂ©e intacte (entre autres grĂące chaque dĂ©but d’annĂ©e nouvelle au Concert du Nouvel An retransmis Ă  l’échelle planĂ©taire). Souplesse, Ă©lĂ©gance, entrain
 les instrumentistes du Symphonique de Vienne ont pour eux la familiaritĂ© avec les rĂ©pertoires classiques et romantiques, depuis des dĂ©cennies. Il suffit de citer quelques uns des chefs les plus importants, pour mesurer la tradition musicale cultivĂ©e depuis le dĂ©but du XXĂš (sa crĂ©ation remonte Ă  1900), et Ă©valuer ce goĂ»t des rĂ©pertoires pour inscrire la phalange parmi les meilleures d’Europe : Wilhelm FurtwĂ€ngler, Herbert von Karajan, Carlo Maria Giulini, surtout Georges PrĂȘtre, chef lyrique autant que symphonique qui aura marquĂ© l’évolution de la phalange

Actuellement Philippe Jordan recueille les bĂ©nĂ©fices de ce riche passĂ©, pilotant l’intĂ©grale des symphonies de Beethoven depuis le printemps 2017, et fixant les apports de son travail avec les Viennois en 9 prises live (rĂ©alisĂ©es lors de concerts publiques au Musikverein de Vienne). Le directeur musical de l’OpĂ©ra de Paris affiche une santĂ© rayonnante, celle qui fait les trĂšs bons chefs Ă  l’opĂ©ra comme en concert symphonique. Le soin du dĂ©tail, la lisibilitĂ© du contrepoint, l’architecture et la dramaturgie ne sont pas lissĂ©s comme ailleurs, mais le relief et l’articulation apportent une dĂ©finition accrue des plans sonores. Le chant des cordes, leur souplesse, leur clartĂ© s’avĂšre engageante ; mais c’est surement l’énergie et une nervositĂ© parfaitement articulĂ©e qui sont les qualitĂ©s distinctives de cette intĂ©grale, Ă  la fois expressive et lumineuse. VoilĂ  une lecture globale de poids qui souligne combien il est lĂ©gitime de jouer Beethoven Ă  Vienne, 
 oĂč toutes les symphonies furent crĂ©Ă©es.
Nos prĂ©fĂ©rences vont vers la toniticitĂ© active des 1Ăšre, 3Ăš, 7Ăš, 8Ăš ; le sens des nuances dans la Pastorale (6Ăš) ; Ă©videmment la conclusion des 9, l’ultime 9Ăš qui outre l’implication active des pupitres, convainc grĂące Ă  la participation de solides solistes (dont la basse RenĂ© Pape) et un chƓur prĂȘt Ă  en dĂ©coudre : le rĂ©sultat fruit du muscle et de la concentration offre un paysage sonore, riche et puissant, dĂ©taillĂ© et Ă©quilibrĂ©. La 9Ăšme justement dont la tonalitĂ© en rĂ© majeur (finale) renvoie Ă  la 2 : une fin et aussi une boucle comme un recommencement. e Jordan tient Ă  exprimer le sens de chaque symphonie : formellement Ă©quilibrĂ©e et rĂ©volutionnaire mais toujours au service d’une pensĂ©e qui marche. Beethoven, un marcheur ? Un coureur de fond plutĂŽt. PrĂȘt et prĂ©parĂ© Ă  toute forme de randonnĂ©e : c’est un endurant qui aura endurĂ© tant de blessures comme d’échecs. Mais un lion qui rugit toujours avec la mĂȘme fulgurance.

Philippe J offre une lecture personnelle et contrastĂ©e de la 9Ăš : majestĂ© ample et qui respire de l’Allegro ma non troppo, un poco maestoso ; tension fervente du fugato, avant que l’espoir d’une humanitĂ© (surtout europĂ©enne, hymne oblige) rĂ©conciliĂ©e et fraternelle ne se lĂšvre, fiĂšre et dĂ©terminĂ©e dans l’énoncĂ© de lu manifeste pour un nouveau monde (ode Ă  la joie articulĂ© pour la premiĂšre fois par contrebasse puis violoncelles).

CLIC D'OR macaron 200La 9Ăš frĂ©mit des assauts d’un esprit conquĂ©rant qui impĂ©rieusement, convoque, invite, Ă©claire l’humanitĂ© encore aveugle et soumise. Cette intĂ©grale outre qu’elle souligne le haut niveau de l’orchestre, est une excellente alternative Ă  celle des Wiener Philharmoniker justement sous la direction d’Andris Nelsons, nouveau leader symphonique chez DG (chez Bruckner, Chosta, et donc Beethoven dont ils ont rĂ©alisĂ© l’intĂ©grale des symphonies beethovĂ©niennes). Les dĂ©fis ne font pas peur au chef, digne fils de son pĂšre, l’excellent et lĂ©gendaire Armin Jordan : Philippe Jordan vient d’ĂȘtre nommĂ© directeur musical Ă  la Staatsoper de Vienne, Ă  partir de septembre 2020.

 

 

 

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CD coffret Ă©vĂ©nement : BEETHOVEN. Wiener symphoniker / Philippe Jordan. Symphonies 1 – 9 (2017 – 6h) – CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2019 / NoĂ«l 2019

‱ d’infos : https://www.wienersymphoniker.at/en/media/beethoven-symphonies-nos-1-9

9 symphonies de Ludwig van Beethoven
Philippe Jordan, direction
Wiener Symphoniker

Symphonie n°9
Anja Kampe, soprano
Daniela Sindram, mezzo-soprano
René Pape, basse
Burkhard Fritz, ténor
Singverein der Gesellschaft der Musikfreunde
Johannes Prinz, chef de chƓur

vidéo : Philippe Jordan et les Wiener Symphoniker jouent les 9 symphonies de Beethoven (2017) :

Approfondir
Les Wiener Symphoniker sont nés en 1900, donnant leur premier concert inaugural au sein du Musikverein, le 30 octobre 1900 sous la direction de leur chef historique Ferdinand Löwe.

L’orchestre a comptĂ© quelques maestros lĂ©gendaires dont Herbert von Karajan (1950–1960), Wolfgang Sawallisch (1960–1970) , dans la lignĂ©e des Josef Krips, Carlo Maria Giulini ou Gennady Rozhdestvensky. Georges PrĂȘtre en fut Chief Conductor de 1986 Ă  1991. Rafael FrĂŒhbeck de Burgos puis Vladimir Fedoseyev leur ont succĂ©dĂ©. Fabio Luisi a assurĂ© la fonction de directeur artistique et chef principal dĂšs 2005-06, son successeur Ă©tant Ă  partir de la saison 2014-15 : Philippe Jordan.

Les directeurs musicaux des Wiener Symphoniker
/ Chief Conductors of the orchestra

1900–25
Ferdinand Löwe
1927–30

Wilhelm FurtwÀngler
Music Director of Gesellschaft der Musikfreunde
1934–38

Oswald Kabasta
1939–44

Hans Weisbach
1945–47

Hans Swarowsky
1948–64

Herbert von Karajan
Director of Concerts at the Gesellschaft der Musikfreunde
1960–70

Wolfgang Sawallisch
1970–73

Josef Krips
Artistic Director
1973–76

Carlo Maria Giulini
1981–83

Gennadi Roschdestwenski
1986-91

Georges PrĂȘtre
Principal Guest Conductor
1991–96

Rafael FrĂŒhbeck de Burgos
1997–2004

Vladimir Fedosejev
2005–2013

Fabio Luisi
depuis / from 2014
Philippe Jordan

Plus d’infos sur l’Histoire de l’Orchestre symphonque de Vienne / Wiener Symphoniker

https://www.wienersymphoniker.at/en/orchestra/history

CD, critique. Chic à a française : Trio Atanassov. Debussy, Hersant, Ravel (1 cd Paraty)

atanassov-trio-cd-chic-a-la-francaise-cd-critique-reviex-cd-classiquenews-schubertiade-de-sceaux-atanassovCD, critique. Chic Ă  a française : Trio Atanassov. Debussy, Hersant, Ravel (1 cd Paraty – enregistrĂ© en avril 2018). Le Chic Ă  la française se rĂ©pand dans les 3 piĂšces ici choisies, chacune trĂšs forte en sensations comme en caractĂšres. RĂ©unir les 3 relĂšve dĂ©jĂ  d’un dĂ©fi. De Debussy, le Trio en sol est une piĂšce de jeunesse vite oubliĂ©e par l’auteur et qui plus est, est restĂ©e inachevĂ©e (dans le 4Ăš mouvement). Pourtant elle tĂ©moigne de sa premiĂšre maniĂšre, encore « romantique », rappelant Saint-SaĂ«ns, Franck et Massenet ; la partition dut animer les soirĂ©es de musique de chambre organisĂ©es par la protectrice de Tchaikovski, la baronne Nadejda von Mack qui employa le jeune pianiste Debussy en 1880, dans ses dĂ©placements en Italie (Fiesole).

Les 3 musiciens du Trio Atanassov aborde chaque sĂ©quence avec Ă©loquence et tension : nonchalance heureuse et tension mesurĂ©e (Andantino) ; vivacitĂ© nerveuse et engagĂ©e comme celle d’une conversation oĂč chacun chante et affirme sa partie (Scherzo) ; puissance suave et nostalgique de l’Andante ; enfin, insouciance et lĂ©gĂšretĂ© vive du Finale.

Le cas de la piĂšce de Philippe Hersant, longue rĂ©flexion de 20 mn, se rĂ©vĂšle fascinant : c’est la partition qui rĂ©vĂšle l’étendue de la palette expressive des interprĂštes. FascinĂ© par le Baroque français du XVIIĂš et surtout ici, Marin Marais, Philippe Hersant choisit comme un emblĂšme fĂ©cond, la sonnerie de l’église Sainte-GeneviĂšve du Mont que Marais a traitĂ© dans « la gamme et autres morceaux  » de 1723. Hersant en dĂ©duit une suite de variations en trio qui sĂ©duit par la grande Ă©conomie formelle, laquelle n’empĂȘche pas une diversitĂ© d’épisodes. En une succession de « souvenirs » et de stratifications qui offre un Ă©tagement sonore de la mĂ©moire sollicitĂ©e, la piĂšce emprunte maints chemins et parcours que chaque instrument traverse diffĂ©remment.
C’est une partition souterraine et liquide, parsemĂ©e d’éclairs post romantiques et fantastiques (au piano) ; oĂč passent aussi citations et formules baroques (aux cordes)
 frĂ©missements, instabilitĂ©, intranquillitĂ© voire inquiĂ©tude ; au milieu de la piĂšce, se prĂ©cise l’effet de cloche et de carillon (la sonnerie qui apparaĂźt dans le titre mĂȘme de l’Ɠuvre), qui affirmĂ©e progressivement, crĂ©e la tension, en un balancement tragique, de plus en plus panique ; sĂ©quence crĂ©pitante, suractivitĂ© qui laisse s’accentuer des micro Ă©pisodes tendus, interrogatifs, des Ă©clairs et crĂ©pitements proches de cauchemar. Dans ce chaos sobre, le piano panique cherche un Ă©quilibre toujours reportĂ© ; il tente d’apaiser le feu des cordes qui tranchent, et citent des ornements baroques (violon), en une superposition captivante de chants simultanĂ©s (parfois en tĂ©lĂ©scopages discordants et volontaires) dont la voix, en conclusion, se perd et s’effiloche comme un carillon devenu songe qui n’a pas peut-ĂȘtre jamais existĂ©. L’acuitĂ© expressive, comme le glissement poĂ©tique sont dynamisĂ©s par le souci du dĂ©tail et des Ă©quilibres sonores. Dans un labyrinthe musical aux changements permanents, le Trio Atanassov ne perd jamais le fil.

Le Trio de Ravel confirme la complicitĂ© toute en onctuositĂ© expressive des trois instrumentistes. D’abord, ils expriment la dĂ©licatesse affleurante et ses climats d’une pudeur infinie du premier mouvement (ModĂ©rĂ©), vraie invitation au songe intime, secret. Pantoum se cabre, se rebiffe, plein de panache et de fier hispanisme. Les trois complices redoublent d’accents tranchĂ©s et vivaces. Plus recueilli et sombre sans gravitĂ© asphyxiante, la Passacaille Ă©largit la texture sonore encore en une opulence expressive que les trois instrumentistes soulignent avec intensitĂ©. Le Finale exacerbe encore davantage les contrastes jusqu’à la saturation, rappelant combien le Trio de Ravel est une Ɠuvre qui a Ă©tĂ© conçue dans des heures sombres d’aoĂ»t 1914 : la conclusion comme Ă©perdue, assĂ©nĂ©e, enivrĂ©e appelant Ă  la mobilisation totale. Riche en dĂ©fis, le programme confirme la haute musicalitĂ© du Trio Atanassov.

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CD, critique. CHIC A LA FRANCAISE : Trio Atanassov. Debussy, Hersant, Ravel (1 cd Paraty – enregistrĂ© en avril 2018). Perceval Gilles, violon / Sarah Sultan, violoncelle / Pierre-Kaloyann Atanassov, piano.

LIVRE Ă©vĂ©nement. BEETHOVEN PAR LUI-MÊME (Buchet Chastel)

Beethoven par lui mĂȘme bĂ»cher chastel classiquenews 9782283033623-aafbbLIVRE Ă©vĂ©nement. BEETHOVEN PAR LUI-MÊME (Buchet Chastel). Sur l’échelle des extrĂȘmes, Ă  coup sĂ»r, Ludwig occuperait la place la plus haute. L’éditeur avait dĂ©jĂ  publiĂ© le cycle de la correspondance suscitĂ©e par le compositeur en raison de sa surditĂ© : ses fameux « cahiers de conversation », lesquels lui permettaient par l’écrit de communiquer avec son entourage (2015) : un procĂ©dĂ© astucieux qui a le mĂ©rite de consigner ainsi, jusqu’à l’anecdotique, le quotidien d’un combattant par l’art. Ici l’auteure, Ă  l’occasion du 250Ăš anniversaire de sa naissance en 2020, s’intĂ©resse Ă  un choix de lettres et dĂ©clarations (elles mĂȘmes tirĂ©es de ses carnets intimes et des cahiers de conversation), scrupuleusement reproduites en ce qu’elles rĂ©vĂšlent tel caractĂšre ou telle prĂ©occupation artistique du gĂ©nie romantique nĂ© Ă  Bonn, rĂ©sident Ă  Vienne.
De 1782 Ă  1827, Beethoven nous est dĂ©voilĂ© ; certes passionnĂ© et parfois, souvent excessif ; mais portĂ© par le goĂ»t de l’excellence et la force sublime de son art ; c’est surtout un ĂȘtre gĂ©nĂ©reux, entier, dotĂ© d’un charisme humain et fraternel peu commun ; c’est un ĂȘtre frappĂ© par un handicap dĂ©moniaque, qui se montre difficile et exacerbĂ©, en particulier vis Ă  vis des membres de sa famille (sa belle sƓur Johanna, tour Ă  tour conspuĂ©e, humiliĂ©e puis rĂ©confortĂ©e ; vis Ă  vis de son neveu Karl dont il a dĂ©cidĂ© de prendre la garde et assurer l’éducation
) ; c’est un ami Ă  la fois possessif et distant ; c’est un artiste qui doit aussi cacher longtemps son infirmitĂ©, pourtant convaincu qu’il est nĂ© pour Ă©crire des Ɠuvres magistrales. Ce dont sont convaincus eux aussi, ses protecteurs de 1809, les princes viennois, Kinsky, Lichnowsy et l’Archiduc Rodolphe qui de concert lui allouent une rente annuelle Ă  vie de 4000 florins : reconnaissance unique dans l’histoire de la musique du gĂ©nie d’un musicien

Piliers et fondations d’une Ɠuvre unique et singuliĂšre que l’annĂ©e 2020, celle des 250 ans, permettra d’expliciter et de rĂ©explorer, ses goĂ»ts musicaux, ses admirations nuancent notre perception de l’homme et de l’artiste : fĂ©ru de littĂ©rature (Shakespeare et surtout Schiller, 
avant Verdi / quant Ă  Goethe, leur « rencontre » ne s’est jamais rĂ©ellement accomplie), et Ă©videmment de musique : si l’on ne sait rien de sa pensĂ©e Ă  l’égard de son confrĂšre Ă  Vienne, Schubert (qui l’admirait beaucoup), Beethoven on le sait ne goĂ»tait guĂšre les « flonflons » de Rossini (sans inspiration : pauvre producteur d’une « riche rĂ©colte de raisins secs » / rosinen, en un subtil jeu de mots). Ses grandes vĂ©nĂ©rations vont Ă  Mozart, Cherubini,
 d’une façon moins Ă©vidente Ă  son maĂźtre Joseph Haydn, selon une formule je t’aime moi non plus, qui lui est propre. Ce qui transpire toujours en dĂ©pit des alĂ©as de l’humeur, des vicissitudes de la vie sociale, mondaine ou amicale, voire sentimentale aussi, c’est la dĂ©termination et la volontĂ© d’un individu hors limites. RĂ©vĂ©lateur.

LIVRE Ă©vĂ©nement. BEETHOVEN PAR LUI-MÊME. Lettres rĂ©unies et prĂ©sentĂ©es par N Kraft. Buchet Chastel. Date de parution : 07/11/2019 – Format : 14 x 20,5 cm, 14,99 EUR € – ISBN 978-2-283-03362-3 – 170 pages. Plus d’info sur le site de l’éditeur Buchet Chastel

La Schubertiade de SCEAUX : récital Muza Rubackyté

SCEAUX, HDV. Samedi 16 novembre 2019. Muza RubackytĂ©, piano … « Les deux Franz ». Enfant prodige, virtuose internationale, personnalitĂ© engagĂ©e rĂ©compensĂ©e par les plus hautes distinctions dans son pays, directrice artistique du Festival de Vilnius, la pianiste lituanienne MUZA RUBACKYTÉ voue une passion manifeste, communicative au piano mystique lyrique du grand Franz Liszt : soit « Les deux Franz ». La pianiste propose Ă  Sceaux, un programme original rĂ©unissant Schubert et Liszt. Ce dernier consacra plus de la moitiĂ© de ses Ɠuvres Ă  des adaptations ou paraphrases d’autres compositeurs qu’il admirait et notamment la transcription de quelque cinquante-huit lieder du compositeur viennois : une immersion schubertienne, revisitĂ©e par l’impĂ©tuositĂ© de Liszt.

 

 

 

MURZA RUBAKYTE piano concert classiquenews sceaux schubert liszt

 

 

 

Schubert : Impromptu op.90 N°3 ;
Schubert/Liszt :
Soirées de Vienne Valse Caprice N°6, sept Lieder;
Liszt : PremiÚre année de PÚlerinage (Suisse).

 

SCEAUX, La Schubertiade de Sceaux
SAMEDI 16 NOVEMBRE 2019, 17h
HĂŽtel de Ville

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.schubertiadesceaux.fr/billetterie/

 

 

CD Ă©vĂ©nement, critique. MORALES (1500 – 1553) : Lamentabatur Iacob. La Grande Chapelle. Albert Recasens (1 cd Lauda Musica)

la-grande-chapelle-recasens-albert-MORREALES-lamentabatur-Iacob-critique-cd-review-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. MORALES (1500 – 1553) : Lamentabatur Iacob. La Grande Chapelle. Albert Recasens (1 cd Lauda Musica). Albert Recasens et son ensemble La Grande Chapelle atteignent un nouveau sommet choral dans cet album superlatif qui souligne les mille subtilitĂ©s polyphoniques du sĂ©villan Cristobal de Morales, compositeur majeur du premier SiĂšcle d’or (XVIĂš). C’est un rappel de ce que fut SĂ©ville et sa cathĂ©drale autour de 1500, quand Francisco de Peñalosa, Escobar (concepteur du plus ancien Requiem de la musique ibĂ©rique) dĂ©veloppent la riche tradition musicale locale. Le jeune Morales respecte les caractĂšres idiomatiques des musiques et traditions liturgiques propres aux localitĂ©s qu’il a servi comme compositeur officiel : SĂ©ville donc, mais aussi, surtout, Rome puisqu’il rejoint le Vatican au service du pape Paul III FarnĂšse en 1535, pendant 10 ans ; puis se fixe Ă  TolĂšde jusqu’en 1547, enfin Malaga (1551) oĂč il meurt en 1555.

 

 

 

Polyphonies de CarĂȘme
Gravités humaines de Morales

 

 

 

Albert Recasens s’intĂ©resse au contexte musical dans lequel Morales a Ă©voluĂ©, mais aussi rĂ©tablit la place des particularismes locaux – tradition et Ă©criture authentiquement sĂ©villanes, andalous ; grandeur et souffle plus « europĂ©ens » c’est Ă  dire francoflamands appris Ă  Rome (Josquin)

MORALES-la-grande-chapelle-recasens-lamentabatur-Iacob-critique-cd-review-cd-classiquenews-cristobal_de_Morales_by_James_CaldwallLa Grande Chapelle Ă©voque l’ordinaire et le rituel liturgique Ă  l’occasion d’évĂ©nements importants du calendrier religieux : 3 dimanches prĂ©cĂ©dant le CarĂȘme ; abstinence du CarĂȘme avant PĂąques ; temps de rĂ©flexion et de mĂ©ditation oĂč le croyant est invitĂ© Ă  questionner le sens de la crucifixion et de la rĂ©surrection. Entre style sĂ©vĂšre (plain chant harmonisĂ© / dĂ©veloppĂ©) et Ă©pisodes plus expressifs (motets polyphoniques), les chanteurs savent soigner une sonoritĂ© globale enveloppante et aĂ©rienne (Ă©vocation de la plĂ©nitude cĂ©leste, promise, espĂ©rĂ©e) et articuler le texte, soulignant tout ce que Morales (portrait gravĂ© ci contre) rĂ©alise comme accentuation musicale selon les mots importants du texte (« conturbat » / l’effroi face Ă  la mort, puis sur « miserere mei »  dans le rĂ©pons « Peccantem me quotidie » au syllabisme plus accentuĂ© / qu’il soit ou non de Morales comme certains en doutent aujourd’hui). Comme Victoria et Guerrero, Morales cultive une maniĂšre Ă©conome et grave, en particulier dans les Matines des morts (Circumdederunt me, sur un plain chant typiquement sĂ©villan, noble et mĂ©ditatif). PiĂšce maĂźtresse de cette collection dĂ©plorative et tendre Ă  la fois, Lamentabatur Iacob Ă©tend en plus de 9 mn, sa formidable priĂšre lacrymale (Jacob y pleure ses enfants) comme une arche flamboyante, cependant toujours mesurĂ©e, aux mille nuances de timbres et de couleurs de la peine et de l’affliction. L’effet de nuage choral contraste avec l’éloquente sculpture des lignes solistes du motet qui suit « Accepit Iesus panes » claire Ă©vocation de l’élĂ©vation du Fils.
CLIC D'OR macaron 200Le programme gagne encore en dramatisation et en gravitĂ©, dans les 4 sections finales (du Temps de la Passion / Tempus Passionis), au geste Ă  la fois extatique et pourtant trĂšs dĂ©taillĂ©. Les interprĂštes rĂ©alisent une somptueuse nature morte, vanitĂ© chorale, Ă  la fois puissante et sombre. L’essor du souffle, la maĂźtrise de l’intonation, l’équilibre souverain entre incarnation et Ă©vocation spirituelle tĂ©moignent de l’excellence des 7 chanteurs de La Grande Chapelle que l’on s’étonne de ne pas  écouter ni suivre plus rĂ©guliĂšrement en France. Le choix du visuel de couverture est judicieux : l’une des mises au tombeau du Titien pour Philippe II : la vibration de la touche et l’éclat transparent de la palette picturale entrent en correspondance avec l’approche pointilliste et unitaire de l’ensemble pilotĂ© depuis 2007 par Albert Recasens. CLIC de CLASSIQUENEWS de l’automne 2019.

 

 

 

 

 

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CD Ă©vĂ©nement, critique. MORALES (1500 – 1553) : Lamentabatur Iacob / Musiques pour le temps de CarĂȘme. La Grande Chapelle. Albert Recasens (1 cd Lauda Musica LAU019) – enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Valladolid, sept 2018.

 

 

 

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