L’ILIADE A L’OPÉRA : IphigĂ©nie, Hector, Cassandre, Andromaque, Achille, …

IPHIGENIE-fresque-opera-opera-critique-annonce-dossier-opera-mythe-explication-classiquenews-GLUCK-iphigenie-en-tauride-en-aulide-Diane-classiquenews-sacrifice-iphigenie-1L’ILIADE Ă  l’opĂ©ra
 L’Iliade raconte la guerre de Troie, c’est un temps fort de l’union sacrĂ©e des rois grecs, marquĂ© par le rassemblement des royautĂ©s sous la tutelle du roi de MycĂšnes, Agamemnon (maison des Atrides), commandant de la flotte grecque jusqu’à Troie ; le siĂšge de Troie qui dura 10 ans, enfin la rĂ©solution du conflit pendant la derniĂšre annĂ©e, celle oĂč Hector le troyen affronte Achille le grec, ami inconsolable prĂšs la mort de Patrocle. Tous n’ont qu’un but : rĂ©cupĂ©rer l’épouse de leur alliĂ© le roi de Sparte, MĂ©nĂ©las (qui est aussi le frĂšre d’Agamemnon) : HĂ©lĂšne qui a fui la pĂ©ninsule grecque avec PĂąris, fils du roi troyen Priam.
Heureusement racontĂ©e par HomĂšre, l’Iliade offre des ressources expressives et un terreau riche en situations intenses et dramatiques. Les auteurs y puisent quantitĂ© d’épisodes et de caractĂšres dans les genres pathĂ©tique (IphigĂ©nie, Andromaque), hĂ©roĂŻque (Achille, Hector, Ulysse), tragique et hallucinĂ© (Cassandre, Achille
)
 Les compositeurs et leurs librettistes l’ont bien compris, exploitant tel ou tel Ă©pisode. La Guerre de Troie met en scĂšne la passion amoureuse souvent dĂ©raisonnables chez les dieux; le goĂ»t de la guerre chez les hommes ; dans les deux camps, l’épopĂ©e hĂ©roĂŻque et tragique, toujours riche en sacrifices, dĂ©voile une irrĂ©pressible malĂ©diction de l’autodestruction, l’amour rendant fou ; et la barbarie des armes dĂ©truisant toute issue. 

 
troie_incendie_simon_de_vliegerDepuis OrphĂ©e, sujet premier dans l’histoire de l’opĂ©ra, la musique et le chant mettent en scĂšne le cycle Ă©ternel, inexorable de la perte, du deuil, du renoncement, de la folie et de la mort. Les passions mĂšnent chaque mortel Ă  sa perte. Le propre de l’homme est de vivre dans l’insatisfaction perpĂ©tuelle, la frustration : sa destinĂ©e s’accomplit dans l’autodestruction. Tous les mythes parlent de l’extinction programmĂ©e de la race humaine (illustration : l’incendie de Troie, DR).
La narration mĂȘle Ă©troitement le destin des mortels et celui des dieux, dans un conflit qui assimile leur propre dĂ©sir et leur destinĂ©e. Si Zeus se montre du cĂŽtĂ© des Troyens, lui l’infidĂšle compulsif, reconnaissant alors le droit du prince PĂąris Ă  ravir au grec MĂ©nĂ©las (roi de Sparte) son Ă©pouse, la belle HĂ©lĂšne, les autres dieux de l’Olympe prĂ©fĂšrent nettement soutenir les Grecs.

 

 

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L’histoire lĂ©guĂ©e par HomĂšre cĂ©lĂšbre le profil de hĂ©ros inoubliables qui montre leur valeur au combat, tel Achille ; ce sont aussi des figures fĂ©minines habituĂ©es au deuil ou Ă  la soumission : IphigĂ©nie, fille d’Agamemnon, ou Andromaque, bientĂŽt veuve d’Hector
 Chacun dĂ©fend sa place, son rang, jusqu’au sang. Illustration : Les Troyens tirent le cheval laissĂ© par les grecs, GB Tiepolo, DR).

 

  

  

 

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L’ODYSSÉE : le voyage de retour d’Ulysse Ă  Ithaque.. Une dĂ©termination que l’on retrouve ensuite dans l’OdyssĂ©e, seconde partie de la fable mythologique racontĂ©e par HomĂšre, et qui s’intĂ©resse au retour du grec Ulysse jusqu’à sa patrie, Ithaque, aprĂšs un voyage riche en dĂ©tours et Ă©preuves de toute sorte
 LĂ  encore, le mortel pourtant trĂšs astucieux et qui a assurĂ© la victoire de son camp (il a conçu le stratagĂšme du cheval gĂ©ant laissĂ© en offrande aux Troyens), ne peut rĂ©ussir son retour sans la protection de Minerve / AthĂ©na (et de Mercure) qui lui assure un soutien indĂ©fectible tout au long de son incroyable odyssĂ©e.

 

 

 

 

 

L’Iliade et l’OdyssĂ©e, Ă  l’opĂ©ra

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A travers l‘histoire de l’opĂ©ra, depuis sa crĂ©ation Ă  l’ñge baroque au XVIIĂš, d’innombrables compositeurs ont puisĂ© dans la mythologie et dans le texte d’HomĂšre. Ils y trouvent le portrait de caractĂšres ardents et passionnĂ©s, des situations tragiques et radicales propres Ă  nourrir une bonne action, selon le schĂ©ma idĂ©al : prĂ©sentation / exposition, action / dĂ©veloppement, catastrophe, transfiguration, rĂ©solution


Si l’on suit la chronologie des opĂ©ras majeurs ainsi conçus d’aprĂšs HomĂšre, on dĂ©couvre de siĂšcle en siĂšcle le goĂ»t des crĂ©ateurs pour la mythologie, et en particulier ce qu’ils trouvent pertinent dans les choix des sujets et des personnages ainsi mis Ă  l’honneur. De fait, les plus grands auteurs pour l’opĂ©ra ont choisi l’un ou l’autre personnage de la guerre de Troie, marquant par leur Ă©criture respective l’histoire du genre lyrique. L’histoire rĂ©alise la reprĂ©sentation de la condition humaine contrainte, dĂ©munie, finalement impuissante ; tous les hĂ©ros, grecs ou troyens, doivent se soumettre Ă  des forces qui les dĂ©passent (incarnĂ©es par le caprice des dieux, l’humeur du destin, de la mort
) ; chacun doit se transcender pour survivre et non pas vivre. Beaucoup y perde la vie mais gagne un prestige qui les rend immortels.

 

 

 

 

XVIIÚ / Seicento 
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Monteverdi : Le Retour d’Ulysse dans sa patrie, 1640

monteverdi claudio portraitC’est l’un des derniers ouvrages de Claudio Monteverdi Ă  Venise, datĂ© de 1640 (crĂ©Ă© au Teatro San Giovanni e Paolo), quand l’opĂ©ra, genre nouvellement inventĂ© depuis 1637 et rendu « publique », s’intĂ©resse Ă  l’AntiquitĂ© ; mais Ă  travers l’épopĂ©e douloureuse et incertaine du roi d’Ithaque, impatient de retrouver Ă©pouse (PĂ©nĂ©lope) et fils (TĂ©lĂ©maque), Monteverdi (en collaboration avec le librettiste Giacomo Badoaro), traite de la destinĂ©e humaine, si faible et dĂ©risoire (le prologue fait paraĂźtre la FragilitĂ© humaine aux cĂŽtĂ©s du Temps, de l’Amour et du Destin) ; sans coup de pouce d’une fortune imprĂ©visible, l’homme ne peut que dĂ©sespĂ©rer de trouver bonheur et accomplissement. AidĂ© par Mercure et Minerve, le hĂ©ros peut accoster sur l’üle natale et ainsi reconquĂ©rir contre les princes opportunistes qui ont profitĂ© de son absence pour se placer, pouvoir et amour.
Monteverdi observe et respecte le goĂ»t du public vĂ©nitien d’alors (1640) : moins de chƓur (contrairement Ă  l’opĂ©ra romain), plus de profils psychologiques finement caractĂ©risĂ©s (jusqu’à 20 personnages diffĂ©rents) dont certains, comiques (le goinfre Iro) ou amoureux (couple MĂ©lanthe et Erymaque) contrastent avec les hĂ©ros hĂ©roĂŻques et tragiques (PĂ©nĂ©lope, Ulysse). L’orchestre est rĂ©duit Ă  son maximum, le recitar cantando sculpte le pouvoir du verbe, mais ce spectacle hautement thĂ©Ăątral et psychologique, cĂšde aussi la place aux interventions divines et surnaturelles (constante apparition des dieux dont Mercure et Minerve) voire spectaculaire (le bal des prĂ©tendants au III, ou Neptune dĂ©truisant les navires des PhĂ©aciens
). Profondeur, comĂ©die, tragĂ©die (le rĂ©citatif de la douleur infinie de PĂ©nĂ©lope « endeuillé », solitaire), riches effets visuels
 continuent d’assurer Ă  l’ouvrage (modifiĂ© de 5 Ă  3 actes), son fort impact expressif et ulysse ulisse opera monteverdi classiquenewspoĂ©tique. Dans son dernier ouvrage, L’Incoronazione di Poppea / Le Couronnement de PoppĂ©e de 1643, Ă©galement crĂ©Ă© Ă  Venise, Monteverdi va plus loin encore aidĂ© de son librettiste Busenello : le couple d’adolescent libidineux et pervers, NĂ©ron et sa favorite PoppĂ©e incarnent l’apothĂ©ose de l’amour sensuel sur toute autre considĂ©ration : fidĂ©litĂ© et honneur (NĂ©ron rĂ©pudie Octavie), sagesse et philosophie (NĂ©ron fait assassiner son maĂźtre Ă  penser SĂ©nĂšque) ; le rĂ©alisme sanguinaire qui s’y dĂ©ploie,- sans effets de machinerie ici, marque un tournant dans l’histoire de l’opĂ©ra vĂ©nitien : cru, barbare, cynique, dĂ©sespĂ©rĂ©. L’amour qui unit NĂ©ron et PoppĂ©e, les mĂšne Ă  la folie. L’absolue modernitĂ© de l’oeuvre, en fait le premier opĂ©ra proprement dit par sa conception gĂ©nĂ©rale et le rĂ©alisme de son action.

Dallapiccola en 1968 compose lui aussi son opĂ©ra Ulisse, avec d’autant plus de lĂ©gitimitĂ© que dĂšs 1941, il adaptait une version modernisĂ© de l’Ulisse montĂ©verdien pour le Mai florentin.

Dans l’ombre du gĂ©nial Monteverdi plusieurs compositeurs italiens abordent eux aussi la figure d’Ulysse : tel Sacrati (L’Ulisse errante, 1644),

 

 

 

 

XVIIIÚ / Settecento 
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Les 2 IphigĂ©nies de GLUCK : l’opĂ©ra moderne Ă  Paris (1774, 1779)
 

GLUCKLa rĂ©forme de l’opĂ©ra seria au dĂ©but des annĂ©es 1770 se rĂ©alise Ă  Paris, grĂące au gĂ©nie puissant, nerveux, dramatique du chevalier Gluck qui aprĂšs la mort de Rameau (1764), incarne l’opĂ©ra moderne, hĂ©roĂŻque, simple, grandiose comme un bas relief antique : ses deux IphigĂ©nies, en Aulide (crĂ©Ă© en 1774, dont l’action se situe au moment du sacrifice pilotĂ© par son pĂšre Agamemnon s’il veut effectivement rĂ©unir et conduire la flotte des rois grecs vers Troie) ; puis IphigĂ©nie en Tauride (1779), seconde Ă©poque situĂ©e aprĂšs l’affaire du sacrifice, quand la jeune femme dĂ©sormais dĂ©diĂ©e au culte de Diane, retrouve son frĂšre Oreste, lequel est dĂ©vorĂ© par la culpabilitĂ© aprĂšs avoir assassinĂ© avec leur sƓur Electre, leur propre mĂšre Clytemnestre
 En 1779, IphigĂ©nie en Tauride concentre la derniĂšre maniĂšre de Gluck Ă  Paris, le sommet de son style frĂ©nĂ©tique et fantastique, d’une tension nouvelle, perceptible dĂšs la tempĂȘte d’ouverture, quand IphigĂ©nie contrainte par les Ă©lĂ©ments, doit accoster prĂšs du bois sacrĂ© de Diane
 la dĂ©esse est ici maĂźtresse des destinĂ©es.
En choisissant la figure d’une jeune princesse dĂ©vouĂ©e, loyale Ă  son devoir et donc prĂȘte effectivement Ă  se sacrifier pour la rĂ©ussite du projet paternel, Gluck fait le portrait d’une hĂ©roĂŻne touchante et exemplaire, hautement morale, toute maĂźtrise incarnĂ©e, a contrario des nombreuses sorciĂšres et enchanteresses amoureuses de l’opĂ©ra baroque qui a prĂ©cĂ©dĂ©. Cet idĂ©al classique et moral inaugure l’esthĂ©tique nĂ©oclassique, moralisateur et Ă©difiant qui mĂšne au romantisme. Mais Gluck aime la veine tendue, passionnelle, celle des figures qui dĂ©clament leur valeur morale en stances hallucinĂ©es, dramatiques voire fantastiques. Le compositeur place aux bons moments de la partition, des intermĂšdes ou ballets, frĂ©nĂ©tiques, exaltĂ©s, particuliĂšrement Ă©lectrique.
InspirĂ© surtout du texte d’Euripide, IphigĂ©nie en Aulide commence quand la flotte grecque est arrĂȘtĂ©e par Diane depuis l’üle d’Aulis. IphigĂ©nie incarne une hĂ©roĂŻne pathĂ©tique et tendre dont se souviendra Mozart pour le personnage d’Ilia dans son opera seria d’envergure, Idomeneo de 1781. L’action met en scĂšne autour de la princesse de MycĂšnes, ses parents, Agamemnon et Clytemnestre. Mais aussi Achille, le jeune guerrier accompagnĂ© par son ami Patrocle : amoureux, Achille prend la dĂ©fense d’IphigĂ©nie contre la voeu du roi Agamemnon, favorable au sacrifice de sa fille demandĂ© par Diane qui consent ainsi Ă  protĂ©ger le roi jusqu’à Troie. Ce conflit Achille / Agamemnon ira s’intensifiant, expliquant pourquoi au moment de la guerre de Troie, et sous les remparts de la citĂ© qui rĂ©siste, Achille rechigne Ă  combattre sous les ordres du souverain de MycĂšnes.

Avant Gluck, Domenico Scarlatti Ă©crit la musique d’Ifigenia in Aulide (1713) ; Desmarest s’intĂ©resse aussi Ă  la figure d’IphigĂ©nie sacrifiĂ©e (en Aulide, terminĂ©e par son Ă©lĂšve Campra et crĂ©Ă© Ă  l’AcadĂ©mie royale en 1722).

 

 

 

gretry-andre modeste gretryMiroir d’une Ă©poque trouble, l’opĂ©ra affectionne les figures passionnĂ©es et les destins tragiques. GrĂ©try plus connu pour ses opĂ©ras-comiques ou galants (L’Amant jaloux, 1778), succombe lui aussi aprĂšs Gluck aux sĂ©ductions de la lyre nĂ©o antique (comme le peintre David) et met en musique sa propre Andromaque en 1778 ; le favori de Marie-Antoinette rĂ©invente le carcan pourtant codifiĂ© de la tragĂ©die en musique et brosse le portrait de la veuve d’Hector, en promise Ă  Pyrrhus, mais la princesse troyenne meurt suicidaire (comme sa suivante Hermione) sur le corps de son fiancĂ©. RĂ©miniscence du chƓur antique, les choristes ici sont majeurs : « vĂ©ritable personnage permanent, la voix collective apporte l’ampleur de la fresque, l’espace de l’arĂšne grecque, le souffle du drame », prĂ©cise notre rĂ©dacteur Lucas Irom.
Lire notre critique du cd Andromaque de Grétry (2010) :
http://www.classiquenews.com/grtry-andromaque-1778france-musique-mardi-13-juillet-2010-20h/

 

 

 

 

 

 

XIXĂš : les Romantiques et l’AntiquitĂ©
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Berlioz, du cÎté des Troyens (1858)

Lecteur passionnĂ© de Virgile et aussi grand admirateur de Gluck, dont il aime la lyre tendue et noble, Berlioz se dĂ©die pour offrir musicalement sa propre lecture des Troyens, Ă  travers l’histoire d’EnĂ©e. Comme il s’était passionnĂ© tout autant pour le Faust de Goethe, livrant sa sublime « Damnation de Faust », chef d’oeuvre de l’opĂ©ra romantique français. Concernant Les Troyens, le gros de la partition est Ă©crit entre 1856 et 1858. C’est moins l’Iliade que l’EnĂ©ide qui inspire son grand opĂ©ra, jamais produit de son vivant (crĂ©ation partielle en 1863) mais grande partition en deux parties : Les Grecs Ă  Troie (la chute de Troie, actes I et II), puis Les Troyens Ă  Carthage (actes III Ă  V) dont l’épisode des amours d’EnĂ©e et de la reine Didon cimente l’action. La crĂ©ation complĂšte est rĂ©alisĂ© aprĂšs la mort de l’auteur Ă  Karlsruhe (1890), puis Ă  Nice en français en janvier 1891.
De cette façon, Berlioz Ă©claire le destin des Troyens aprĂšs la chute de Troie, comme HomĂšre dans l’OdyssĂ©e, prĂ©cisait le destin d’Ulysse, cĂŽtĂ© grec, aprĂšs le mĂȘme Ă©vĂ©nement.
berlioz-hector-582-portrait-par-classiquenews-concerts-festivals-operasBerlioz, concepteur ambitieux, pense espace et Ă©tagements sonores ; sa fresque antique est surtout chorale et orchestrale, aux harmonies inĂ©dites, au format inĂ©dit, trĂšs expressives et dignes de Gluck, particuliĂšrement dramatiques. Son point de vue est du cĂŽtĂ© des Troyens : EnĂ©e, fugitif et apatride, saura lui aussi trouver sa voie et son destin, sacrifiant son amour pour Didon, et fonder Rome en Italie
 Ici il est question non plus de destruction des troyens, mais bien de permanence de la splendeur troyenne, ressuscitant dans l’empire romain Ă  naĂźtre
 Berlioz repousse les limites expressives de la scĂšne lyrique ; contredisant la grosse machine souvent alambiquĂ©e d’un Meyerbeer, le Romantique français invente une langue aussi Ăąpre et mordante, fantastique et onirique, mais simple et Ă©purĂ©e que celle de Gluck, mais avec un orchestre somptueux et orageux ; affectionnant aussi le chƓur imploratif (aux cĂŽtĂ©s d’Andromaque la veuve d’Hector) et pathĂ©tique, dans « la Chute de Troie » ; quand, dans la seconde partie, « Les Troyens Ă  Carthage », le compositeur interroge les amours d’EnĂ©e et de Didon, finalement sacrifiĂ©es sur l’autel du devoir : EnĂ©e amoureux doit rĂ©pondre Ă  l’appel du destin et de l’histoire (les ombres de Priam, ChorĂšbe, Hector le pressent d’honorer leur mĂ©moire : fonder une nouvelle nation en Italie).
EnĂ©e abandonnera donc Didon pour l’Italie. La scĂšne de l’abandon se transforme alors en vaste bĂ»cher oĂč pĂ©rit la reine suicidaire (nouvelle ClĂ©opĂątre, ou prĂ©figuration de la fin du Ring, quand Brunnhilde dans le CrĂ©puscule des dieux de Wagner, se jette dans un mĂȘme feu libĂ©rateur). Berlioz conçoit le premier en une scĂšne spectaculaire, pathĂ©tique et tragique, la mort de l’hĂ©roĂŻne (Didon) : si EnĂ©e se projette dans l’empire romain Ă  venir, Didon maudit la race troyenne et invoque Hannibal, futur rival des romains
 Chacun imagine son avenir selon sa propre vision.
La tradition de la tragĂ©die en musique y est rĂ©interprĂ©tĂ©e avec une originalitĂ© parfois sauvage et radicale comme l’était Berlioz : rĂ©cits ou airs fermĂ©s, sĂ©quence des ballets obligĂ©s, mais Ă©vocation atmosphĂ©rique personnelle (tempĂȘte et chasse d’EnĂ©e
), expression d’un amour absolu et tendre malgrĂ© les Ă©vĂ©nements pressants (ChorĂšbe et Cassandre puis Didon et EnĂ©e, dans chacune des deux parties)
 LĂ  encore comme pour l’Ulysse de Monteverdi, HomĂšre et Virgile, ont inspirĂ© deux partitions particuliĂšrement dĂ©cisives dans l’histoire de l’opĂ©ra et sur le plan poĂ©tique, deux sommets d’équilibre et de puissance Ă©motionnelle.

 

 

A VENIR : Les dieux ridiculisés : délire et parodie chez Offenbach (Paris, 1858)
 

 

Approfondir
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DVD Ă©vĂ©nement… Tous les secrets de la guerre de Troie (L’Iliade), les hĂ©ros et les dieux, les relations des uns et des autres, les enjeux, dĂ©sirs, intrigues sont explicitĂ©s dans la saison 2 de la sĂ©rie « les Grands Mythes / L’Iliade » Ă©ditĂ© par ARTE Ă©ditions (conception : François Busnel) – sortie : septembre 2019, CLIC de CLASSIQUENEWS (10 Ă©pisodes).

ILIADE les-grands-mythes-i-liade-francois-busnel-dvd-annonce-critique-dvd-serie-saison-classiquenewsExtrait de notre prĂ©sentation critique du coffret DVD : Les Grands Mythes / L’Iliade (Arte Ă©ditions) : “…  Ici, sur les traces d’HomĂšre, mĂȘme approche complĂšte et claire, esthĂ©tique et trĂšs documentĂ©e : tous les hĂ©ros de l’Iliade, guerriers grecs et troyens, dieux et dĂ©esses de l’Olympe, y sont subtilement Ă©voquĂ©s, leurs exploits et leurs enjeux comme leur signification, analysĂ©s : Ajax et Ulysse, Patrocle tuĂ© par Hector, Hector tuĂ© par Achille, Priam et Agamemenon, sans omettre l’implication des dieux Aphrodite, AthĂ©na, ArĂšs, surtout HĂ©ra dont la ruse, piĂšge Zeus et organise la victoire finale des grecs
 AprĂšs le visionage de chacun des 10 Ă©pisodes, l’Iliade, c’est Ă  dire l’histoire de la Guerre de Troie, n’aura plus aucun secret pour vous. IDEAL prĂ©ambule Ă  l’opĂ©ra
 Le coffret est d’autant plus nĂ©cessaire que chacun des Ă©pisodes clarifie l’épopĂ©e des grecs contre les troyens, de quoi mieux comprendre tous les ouvrages de musique et surtout les opĂ©ras, si nombreux, qui se sont inspirĂ©s de la formidable Ă©popĂ©e homĂ©rienne et des figures fascinantes des hĂ©ros concernĂ©s : Priam, Agamemnon, IphigĂ©nie, Hector contre Achille, Cassandre, HĂ©cube
”

OPERA, LOS ANGELES : 9 femmes accusent le ténor Placido Domingo de harcÚlement sexuel

domingo_verdi_bayrton_sony_heras_casado_placido_domingoOPERA, LOS ANGELES : 9 femmes accusent le tĂ©nor Placido Domingo de harcĂšlement sexuel. Dans un tĂ©moignages recuillis par Associated Press, 8 chanteuses et 1 danseuse ont fait savoir qu’elles avaient Ă©tĂ© victime de harcĂšlement sexuel par le tĂ©nor espagnol devenu baryton, Placido Domingo (78 ans). Parmi les plaignantes, Patricia Wulf, qui a autorisĂ© que son identitĂ© soit publiĂ©e. Les faits remonteraient entre 1980 et 2005. L’actuel directeur de l’OpĂ©ra de Los Angeles, prĂ©sentĂ© comme un « prĂ©dateur » aurait profitĂ© de sa situation dominante pour obtenir les faveurs des chanteuses. « Mains sur les genoux », « contacts forcĂ©s », « baiser visqueux sur la bouche »  sont quelques uns des Ă©lĂ©ments qui Ă©gratignent sĂ©rieusement le mythe du tĂ©nor espagnol le plus cĂ©lĂšbre de la planĂšte lyrique (depuis la mort de Pavarotti).

PlĂĄcido Domingo, pour sa part a dĂ©clarĂ© : «Il est douloureux pour moi d’apprendre que j’ai pu offenser des chanteuses alors que je pensais que toutes mes intentions Ă©taient bienvenues et rĂ©ciproques.» La direction de l’OpĂ©ra de Los Angeles a dĂ©clarĂ© avoir ouvert une enquĂȘte depuis la dĂ©clarations des plaignantes. L’affaire Ă©branle le petit monde feutrĂ© du lyrique. A suivre.

LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. ARTUR SCHNABEL : musicien et pianiste (1882 – 1951 – Éditions Hermann)

schnabel-artur-musicien-et-pianiste-werner-grĂŒnzweig-livre-annonce-critique-hermann-piano-classiquenews-lecture-livres-d-ete-2019-006672343LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. ARTUR SCHNABEL : musicien et pianiste (1882 – 1951 – Éditions Hermann). En ces temps de disette humaniste, oĂč la conscience politique et les convictions ne sont pas le fort des artistes, il est opportun comme un rappel historique, de souligner l’élĂ©gance Ă©veillĂ©e de certains profils artistiques, comme celui du pianiste Artur Schnabel, phare artistique et humain dans la premiĂšre moitiĂ© du XXĂš. Les champs d’exploration comme d’analyse sont du cĂŽtĂ© de Brahms et surtout de Beethoven (il joue le premier les 32 Sonates dĂšs 1927 Ă  la VolksbĂŒhne de Berlin), terrain propice Ă  l’explicitation des phrasĂ©s, oĂč se rĂ©gale l’individu Ă©pris de jeu linguistique dont l’esprit critique et le sens des contrepĂšteries, portent la marque d’une rare sagacitĂ©.
L’engagement de l’homme le fit quitter l’Allemagne devenue nazie dĂšs 1933 (avec sa famille), donnant son ultime rĂ©cital berlinois, le 23 avril 1933, pour ne jamais plus remettre les pieds en terres allemandes ni autrichiennes (y compris aprĂšs la guerre). La rupture est dĂ©finitive pour cet homme d’honneur et de valeurs qui ne comprit jamais comment son pays avait pu ainsi sombrer dans la barbarie.

ARTUR SCHNABEL, compositeur et pianiste

NĂ© en 1882 Ă  Lipnik les Bielitz (SilĂ©sie), le jeune Ahron / Artur Schnabel se forme Ă  Vienne au piano grĂące Ă  des professeurs particuliers. Un esprit indĂ©pendant le distingue de tous ; c’est un autodidacte forcenĂ© qui cultive l’absence de toute virtuositĂ© car comme il le disait lui-mĂȘme, il n’était pas «  un prostituĂ© de l’art » (voilĂ  pourquoi son prĂ©nom Artur s’écrit sans « h ») ; de surcroit, l’artiste moins pianiste que musicien, a toujours Ă©tĂ© frustrĂ© par sa carriĂšre de pianiste : il voulait vivre comme compositeur.
De fait ses partitions loin d’ĂȘtre inintĂ©ressantes, sont connues, rĂ©pertoriĂ©es, mais restent encore Ă  ĂȘtre estimĂ©es et Ă©coutĂ©es. Un comble pour ce profil d’artiste militant, esthĂšte et politique, 
 70 ans aprĂšs sa mort (1951).

Etabli Ă  Berlin Ă  partir de 1898, le jeune homme de 16 ans affirme un tempĂ©rament bien affirmĂ©. A 19 ans, son Concerto pour piano en rĂ© mineur est crĂ©Ă© par le Philharmonique de Berlin (1901). En 1905, il Ă©pouse la contralto Therese Behr, diseuse et interprĂšte de R Strauss qui comme son Ă©poux, l’accompagne dans ses rĂ©citals de lieder. A Vienne simultanĂ©ment, Schnabel rencontre Schoenberg, se passionne pour Pierrot Lunaire (1912), s’en trouve inspirĂ© comme compositeur : il compose alors Notturno (pour voix d’alto et piano), sur un texte de Richard Dehmel, au rythme naturel, sans barre de mesure, un procĂ©dĂ© qu’il approfondira encore dans sa Sonate pour violon seul. MĂȘme s’il espĂ©rait (en vain) composer toujours plus, Schnabel fut un immense pianiste, soliste inspirĂ© chez Schubert, Brahms, Beethoven, et parmi les auteurs contemporains Schoenberg ou Krenek
.
CLIC D'OR macaron 200Le texte publiĂ© par Herman est la traduction en français de la biographie d’Artur Schnabel par Werner GrĂŒnzweig parue en 2017 ; il est prĂ©sentĂ© par une riche introduction de Philippe Olivier (auteur d’un texte prĂ©cĂ©dent sur Artur Schnabel : «  On ne fera jamais de toi un pianiste », mĂȘme Ă©diteur, 2016). Outre les Ă©lĂ©ments biographiques ici reprĂ©cisĂ©s (cours d’’étĂ© Ă  Tremezzo, exil aux USA
), l’intĂ©rĂȘt du texte est de prĂ©senter les Ɠuvres de Schnabel comme compositeur (Quatuors, Sonates,
), comme interprĂšte soucieux d’exactitude philologique concernant les partitions qu’il a jouĂ©es (comme les Variations Diabelli, commentant chaque piĂšce, prĂ©cisant les doigtĂ©s
). Texte majeur.

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LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. ARTUR SCHNABEL : musicien et pianiste (1882 – 1951 – Éditions Hermann) – CLIC de CLASSIQUENEWS – Ă©tĂ© 2019

CD critique. BRUCKNER : 9Ăš symphonie Manfred Honeck (Pittsburgh Symph Orch, 2018)

bruckner-symphony-no-9 pittsburgh symphony orchestra cd annonce critique cd review cd classiquenews critique cd opera symphonies symphonies musique classique newsCD critique. BRUCKNER : 9Ăš symphonie Manfred Honeck (Pittsburgh Symph Orch, 2018). VoilĂ  un programme Ă©loquent et clair qui dĂ©voile la direction « centrale », trĂšs Ă©quilibrĂ©e du chef autrichien nĂ© dans le Vorarlberg en Autriche en sept 1958, Manfred Honeck. Le voici dirigeant le Symphonique de Pittsburgh. La 9Ăš est la derniĂšre partition symphonique de Bruckner, laissĂ©e hĂ©las inachevĂ©e. Bruckner particuliĂšrement dĂ©couragĂ© aprĂšs la mauvaise rĂ©ception de la 8Ăš, dĂ©laisse la plume pour ne la reprendre qu’en avril 1891. La partition de l’Adagio restera orpheline du Finale qui devait lui succĂ©der, la 9Ăš reste l’InachevĂ©e. Et dans l’Adagio, Bruckner exprime cette quĂȘte au repos, Ă  la grĂące qu’en croyant sincĂšre, il espĂ©rait atteindre.
Au gouffre dantesque, terrifiant du Scherzo, le plus beau jamais « écrit par l’auteur, rĂ©pond la priĂšre et l’adieu de l’Adagio
 Atteint de PleurĂ©sie, Bruckner devait s’éteindre en octobre 1896.
Justement, il n’est que d’écouter attentivement le dernier (3Ăš) Ă©pisode / le dernier mouvement (Adagio : Sehr langsam, feierlich, de presque 30 mn) pour mesurer le sĂ©rieux et la haute façon du chef, directeur musical du Pittsburgh Symph Orch, MANFRED HONECK que ses origines viennoises, rattachent Ă  la tradition des chefs Ă©lĂ©gants et hĂ©donistes. Il est soucieux surtout Ă  la façon d’un Karajan, d’une sonoritĂ© ronde et fondue, (lisse et linĂ©aire diront les plus critiques), mais solarisĂ©e comme les plus grands brucknĂ©riens (Jochum, Boehm, Wand, Masur,
).

WAGNER sublimé  Le dĂ©but aux cordes seules dessinent dans l’éther, la citation sublimĂ©e du Parsifal de Wagner (le modĂšle absolu de Bruckner). Expression d’un absolu spirituel et d’une profonde sĂ©rĂ©nitĂ©, l’Adagio approfondit la foi inextinguible du compositeur de Linz  en un ample tableau qui dĂ©colle et se maintient suspendu au dessus de l’existence terrestre, prĂ©ludant bien des dĂ©veloppements chez Mahler : mĂ» par une ardente ferveur, Honeck construit Ă  partir de cette sidĂ©ration wagnĂ©rienne plusieurs accents d’une totalitĂ© assumĂ©e, Ă©panouie qui enfle les cuivres, nobles et majestueux ici, d’une rĂ©sonance presque secrĂšte, voire Ă©nigmatique. Manfred Honeck ne cherche pas la dĂ©clamation superfĂ©tatoire mais plutĂŽt l’aspiration vers l’autre monde. Il dĂ©graisse l’orchestration ailleurs Ă©paisse voire lourde de Bruckner.
Dans cette vision intĂ©rieure, trĂšs intimiste, le ruban des cordes exprime l’absolu certitude et l’espĂ©rance de temps futurs enfin rĂ©solus, sans entraves ni tension. Une sorte d’extase spirituelle que seule l’orchestre colossal ici peut exprimer, entre l’hommage Ă  Wagner, en sa gravitĂ© renouvelĂ©e et R Strauss (Symphonie Alpestre). Une priĂšre qui touche par sa sincĂ©ritĂ© : Honeck lui apporte la couleur et l’éloquence requises. TrĂšs convaincant.

CD critique. BRUCKNER : 9Ăš symphonie « inachevĂ©e » (Pittsburgh Symph Orch, Manfred Honeck – 2018 – 1 cd Fresh / RR)

COMPTE RENDU, critique. ARTE, le 3 août 2019. MASCAGNI : Cavalleria Rusticana, production du San Carlo de Naples dans les rues de Matera (Juraj Valcuha)

mascagni Pietro Mascagni1COMPTE RENDU, critique. ARTE, le 3 aoĂ»t 2019. MASCAGNI : Cavalleria Rusticana, production du San Carlo de Naples dans les rues de Matera. En dĂ©but de soirĂ©e, au moment de la prĂ©sentation de l’opĂ©ra par les Ă©quipes d’ARTE, soit 3 prĂ©sentateurs (pas moins) en français, italien (langue locale) et allemand, on a commencĂ© par avoir trĂšs peur : problĂšme de son, confusion des textes de chacun qui se tĂ©lescopent, mĂ©li mĂ©lo entre les traductions simultanĂ©s
 ce fut un joyeux chaos, d’autant plus dĂ©routant que les animations populaires, Ă©voquant le combat du bien contre le mal dans les rues de la citĂ© Ă©lue de Matera, – capitale europĂ©enne de la culture 2019, Ă©taient pour le moins mal filmĂ©es et tombaient comme un cheveux dans la soupe
quel rapport avec le sujet de l’opĂ©ra qui suit ? Pas facile de programmer de tels directs lyriques.

 
 

 
 

PĂąques sanglantes Ă  Matera

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‹matera-piazza-san-pietro-caveoso opera arte juillet 2019 critique opera mascagni classiquenewsEnfin la partition commence et le flux naturel du spectacle s’organise : de fait, la bonne surprise attendue se rĂ©alise et les dĂ©cors de la ville utilisĂ©s dĂ©jĂ  par Pasolini pour sa Passion du Christ font miracle, d’autant plus Ă©clairĂ©s de nuit, avec des vues aĂ©riennes que permettent les drones.
Le souffle de l’opĂ©ra vĂ©riste de Pietro Mascagni (1890), chef d’Ɠuvre absolu de la scĂšne italienne a pu se concrĂ©tiser par la force visuelle d’un spectacle d’opĂ©ra en plein air, oĂč solistes et choristes professaient parmi la foule des spectateurs massĂ©s sur une grande place de la citĂ© minĂ©rale (Piazza San Pietro caveoso).
Le vĂ©risme assumĂ© et abouti de Mascagni s’accomplit dans ce drame simple des petites gens, paysans laborieux, filles entiĂšres, charretier bourru mais droit dans ses bottes
 La passion qui anime Santuzza (ardente et tendre Veronica Simeoni, pilier de cette production) Ă©clate au grand jour vis Ă  vis de Mama Lucia ; elle aime toujours Turiddu qui revient au village le dimanche de PĂąques (trop fragile et instable Roberto Aronica, le maillon faible de cette soirĂ©e : voix engorgĂ©e, Ă©mission Ă©trange et peu naturelle, piĂštre prĂ©sence scĂ©nique).

Mais celui ci la délaisse pour une autre, Lola (sulfureuse Leyla Martinucci au soprano velouté et sensuel). Pourtant la belle est mariée
 au travailleur Alfano (impeccable George Gagnidze : solide et bestial)

D’une jalousie l’autre, passant d’une Ăąme dĂ©vastĂ©e Ă  une autre, de Santuzza Ă  Alfio, l’agent du pire se concrĂ©tise (soit l’Ɠuvre de la jalousie) : Santuzza rĂ©vĂšle la liaison de Lola et de Turiddu au mari cocufiĂ© Alfio
 lequel ne tarde pas au couteau Ă  saigner le sĂ©ducteur.

Entre temps de sublimes airs, qui fouillent et Ă©treignent l’ñme tourmentĂ©e des protagonistes (Santuzza s’adressant Ă  Mama Lucia qui est la mĂšre attĂ©rĂ©e de Turiddu / puis Turiddu Ă  sa mĂšre, dans une scĂšne d’adieu dĂ©chirante) hissent la partition au niveau du meilleur Puccini. Il faut dire que la direction du chef Juraj Valcuha ne manque ni de tension, ni de lyrisme ni d’accents expressifs, intelligemment nĂ©gociĂ©s pour cette captation en direct et en plein air : le maestro fait preuve d’une grande cohĂ©rence et d’une solide sensibilitĂ© (superbe intermĂšde orchestral au mi temps du drame). Les instrumentistes du Teatro San Carlo ont relevĂ© le dĂ©fi de la performance avec une rĂ©elle finesse, qualitĂ© moins Ă©vidente de la part du chƓur. Globalement, la ville de Matera ne pouvait trouver meilleure publicitĂ©.

 
  
  
 

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COMPTE RENDU, critique. ARTE, le 3 août 2019. MASCAGNI : Cavalleria Rusticana, production du San Carlo de Naples dans les rues de Matera.

Pietro Mascagni : Cavalleria Rusticana
Opera en un acte – livret de Giovanni Targioni-Tozzetti et Guido Menasci, d’aprĂšs la nouvelle de Giovanni Verga
Création : Roma, Teatro Costanzi, 17 mai 1890

Juraj Valčuha, direction
Orchestra e Coro del Teatro di San Carlo

Santuzza, Veronica Simeoni
Turiddu, Roberto Aronica
Mamma Lucia, Elena Zilio‹Alfio, George Gagnidze‹Lola, Leyla Martinucci 
  
  
 

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LIRE aussi notre présentation de Cavalleria Rusticana à Matera sur ARTE
http://www.classiquenews.com/arte-cavalleria-rusticana-de-mascagni-dans-les-rue-de-matera/

 
  
  
 

LE CONCERT DE L’HOSTEL DIEU, nouvelle saison 2019 – 2020, temps forts

LYON-HOSTEL-DIEU-saison-2019-2020-franck-emmanuel-comte-classiquenews-annonce-presentation-critiques-concerts-concert-hostel-dieu-saison-lyonnaise-2019-2020-couv-400x626LE CONCERT DE L’HOSTEL DIEU, nouvelle saison 2019 – 2020. Rares les collectifs spĂ©cialisĂ©s en baroque, capables de se renouveler tout en demeurant fidĂšles Ă  leurs fondamentaux dont le chant baroque, l’incandescence des timbres instrumentaux, le dĂ©frichement de nouveaux rĂ©pertoires
 AnimĂ© par une flamme remarquablement prĂ©servĂ©e, Le Concert de l’Hostel Dieu, crĂ©Ă© et pilotĂ© par Franck-Emmanuel COMTE poursuit pour la saison 2019 – 2020, ses prises de risque et ses explorations crĂ©atives, perpĂ©tuant Ă  travers se choix de rĂ©pertoires, ses rencontres, le choix des lieux investis
 l’esprit des premiers baroqueux : la quĂȘte infinie 
 certes jamais satisfaite mais porteuse d’accomplissements surprenants et souvent fĂ©conds. A Lyon et sur tout le territoire, Le Concert de l’Hostel Dieu et Franck-Emmanuel COMTE diffusent leur approche des rĂ©pertoires avec la singularitĂ© et la vivacitĂ© qui les caractĂ©risent.

 

 

 

TERRE DE LIBERTÉ : entre Raison et DĂ©raison, recherche et rĂ©alisation…
Le formidable visuel de la nouvelle saison 2019 – 2020 met en avant une figure mythique mordante, expressive : la femme au serpent / la Gorgone. De fait, voilĂ  annoncĂ© par cette allĂ©gorie fascinante / effrayante, un nouveau cycle de concerts et de programmes qui ne laisseront pas indiffĂ©rent
 Franck-Emmanuel COMTE cultive depuis des annĂ©es comme un ferment propice, l’interdisciplinaritĂ© : c’est au carrefour des formes et des imaginaires que peut naĂźtre le nouveau voire l’inouĂŻ. C’est aussi une formidable Ă©quation qui stimule toujours les instrumentistes et chanteurs partenaires du chef et claveciniste.

 
FRANCK-EMMNUEL COMTE rĂ©invente le BaroqueLe propre du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU depuis ses dĂ©buts est de rendre vivante, une premiĂšre approche (nĂ©cessaire) de recherche et de questionnement. Dans la rĂ©alisation, le geste se prĂ©cise et devient naturel, par sa libertĂ© d’interprĂšte et de concepteur, en serviteur zĂ©lĂ© et « historiquement informé » des compositeurs et pratiques anciennes, Franck-Emmanuel COMTE nous rappelle que « la crĂ©ation s’insinue partout : dans l’ornementation mĂ©lodique, dans les orchestrations oĂč l’instrumentation est souvent laissĂ©e libre par les compositeurs, dans l’harmonisation des lignes de basses continues, dans l’arrangement des piĂšces instrumentales
 Un terrain de jeu exaltant, une terre de libertĂ© qui dĂ©passent bien souvent le cadre scientifique et ancrent ces musiques patrimoniales dans le temps prĂ©sent. »
Ce goĂ»t de la libertĂ© qui devient « imprĂ©visibilité » apporte aujourd’hui au collectif du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU sa facultĂ© Ă  demeurer spontanĂ©. Vertu essentielle pour que le Baroque continue de nous parler. En tĂ©moigne les thĂ©matiques et temps forts de la nouvelle saison 2019 – 2020 :  

 

 

concert-hostel-dieu-raison-deraison-saison-2019-2020-classiquenews-franck-emmanuel-COMTE-classiquenewsBAROQUE AU FÉMININ, c’est le fil rouge de toute la saison nouvelle avec des dĂ©veloppements, des dĂ©couvertes et lĂ  encore des rencontres artistiques fortes. Premier volet et sĂ©rie de concerts : « La Donna barocca” (autour des compositrices italiennes). Muse et compositrice lĂ©gendaire au XVIIĂš, Barbara Strozzi incarne la musique baroque Ă  son Ă©poque, dans une langue sensuelle et remarquablement articulĂ©e : le Concert de l’Hostel Dieu cĂ©lĂšbre les 400 ans de sa naissance. Et avec elle, les Ă©critures non moins captivantes d’autres compositrices italiennes, telles Francesca Caccini, Isabella Leonarda et Antonia Bembo. Avec la soprano Heather Newhouse (dĂ©jĂ  Ă©coutĂ©e dans le programme Folia). Les 15 puis 16 octobre 2019, LYON, MusĂ©e des tissus et des arts dĂ©coratifs.

RESERVEZ
http://www.concert-hosteldieu.com/agenda/la-donna-barocca-4/

 
 

  

 

 

Puis, début février 2020 (merc 5 fev), Franck Emmanuel COMTE propose à la BibliothÚque Lyon Part-Dieu, une conférence en musique dédiée aux compositrices parisiennes du XVIIIe siÚcle (avec la soprano Heather Newhouse / FE Comte, clavecin).

  

 

 

folia-concert-de-l-hostel-dieu-franck-emmanuel-comte-concert-festival-opera-annonce-critique-par-classiquenews-juillet-2019En novembre et dĂ©cembre 2019, reprise Ă  PARIS du fabuleux spectacle FOLIA, inspirĂ© par les rythmes et la transe des tarentelles napolitaines, et sujet d’un excellent cd, « CLIC » de classiquenews : il s’agit d’un ballet nĂ© de la rencontre entre Franck-Emmanuel COMTE et le chorĂ©graphe Mourad Merzouki. 
 AprĂšs un prĂ©lude cosmique, la basse obligĂ©e prend la parole et organise en rythmes baroques ce qui semblait ĂȘtre jusqu’alors une colonie mĂȘlĂ©e, confuse
 de corps et de sphĂšres. Mais si le verbe agit, la musique envoĂ»te et sĂ©duit
 elle canalise le flux et bientĂŽt tout s’organise par la danse, vĂ©ritable transe souveraine
 LIRE notre critique du cd Folia :
https://www.classiquenews.com/cd-critique-folia-le-concert-de-lhostel-dieu-franck-emmanuel-comte-direction-1-cd-1001-notes-2018/

  

 

 

En FĂ©vrier 2020, second volet du BAROQUE AU FEMININ : aprĂšs les compositricesconcert-hostel-dieu-raison-deraison-saison-2019-2020-classiquenews-franck-emmanuel-COMTE-classiquenews italiennes, rencontre avec les compositrices françaises, celles encore trop peu connues, du SiĂšcle des LumiĂšres ; partitions restituĂ©es enfin d’Elisabeth Jacquet de la Guerre (tragĂ©die CĂ©phale et Procris), Mademoiselle Duval (opĂ©ra ballet Les GĂ©nies), Françoise de Saint-Nectaire, Julie Pinel, HĂ©lĂšne-Louise Demars
 autant de crĂ©atrices baroques dont les Ă©critures et les styles sont mis en dialogue avec une crĂ©ation de la compositrice contemporaine Caroline Marçot (nĂ©e en 1974 / commande du Concert de l’Hostel Dieu) : les 11 et 12 fĂ©vrier, LYON, MusĂ©es des Tissus et des Arts dĂ©coratifs.
RESERVEZ
http://www.concert-hosteldieu.com/agenda/parnasse-au-feminin/

  

 

 

LA FRANCESINA
concert-hostel-dieu-raison-deraison-saison-2019-2020-classiquenews-franck-emmanuel-COMTE-classiquenewsEn juin 2020, fin de saison lyrique dans le sillon d’une cantatrice devenue cĂ©lĂšbre au XVIIIĂš, Elisabeth Duparc dont le Concert de l’Hostel Dieu propose un fascinant portrait musical et donc opĂ©ratique, de l’opĂ©ra Ă  l’oratorio
 Avec la soprano belge Sophie Junker qui chante les Ɠuvres abordĂ©es par « la Duparc » : airs des opĂ©ras et oratorios de Handel principalement (un disque devrait prolonger ce nouveau chantier musical). Agile, douĂ©e d’un timbre de « rossignol » (ou de « fauvette » / warbling voice), Elisabeth Duparc ressuscite ainsi.
Concert événement mercredi 10 juin 2020, Salle MoliÚre à LYON
RESERVEZ
http://www.concert-hosteldieu.com/agenda/francesina/

A noter Ă©galement un nouveau projet intitulĂ© « la Chorale solidaire », et aussi une nouvelle aventure vidĂ©o, Ă  travers les premiers Ă©pisodes de la websĂ©rie rĂ©alisĂ©e en partenariat avec la Youtubeuse Mia de la chaine l’OpĂ©ra et ses Zouz


  

 

 
  

 

 

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CONCERT HOSTEL DIEU FRANCK EMMANUEL COMTE logo 2018 pour classiquenewsRETROUVEZ tous les concerts, tous les programmes et les Ă©vĂ©nements de la saison 2019 – 2020 du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU, sur le site du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU / FRANCK-EMMANUEL COMTE :

http://www.concert-hosteldieu.com

 
  

 

 

CD critique. LEKEU : Sonate pour violon, Trio pour violon / violoncelle (Monteiro, Rocha, JP Santos (1 cd Brilliants – 2018)

lekeu guillaume violon piano monteiro miguel rocha JP santos piano cd brilliants critique review classiquenewsCD critique. LEKEU : Sonate pour violon, Trio pour violon / violoncelle (Monteiro, Rocha, JP Santos (1 cd Brilliants – 2018). Lekeu comme de nombreux gĂ©nies prĂ©coces fut fauchĂ© Ă  24 ans (mort Ă  Angers le 21 janvier 1894) par la fiĂšvre typhoĂŻde, nous laissant orphelins d’un talent rare et dĂ©jĂ  passionnĂ© dont la trĂšs riche texture, le goĂ»t des chromatismes, une pensĂ©e manifestement wagnĂ©rienne (en cela fidĂšle au goĂ»t de ses mentors D’Indy et Franck) demeure la promesse Ă©ternelle d’une maturitĂ© Ă  jamais refusĂ©e. Pourtant les deux partitions abordĂ©es ici indiquent clairement l’accomplissement manifeste d’une Ă©criture aboutie, dense, intense malgrĂ© le jeune Ăąge du compositeur romantique français. Il remporta d’ailleurs le 2Ăšme Prix de Rome belge en 1891 (pour sa cantate AndromĂšde Ă  rĂ©Ă©couter d’urgence). Le sens des couleurs, le flux harmonique aux modulations et passages ininterrompus façonnent un matĂ©riau particuliĂšrement opulent et actif, jusqu’à la saturation. A leur Ă©coute, le « Rimbaud » de la musique française n’a pas usurpĂ© son surnom, ni la pertinence de ce rapprochement poĂ©tique.

220px-Guillaume_Lekeu_ca._1886Souvent prĂ©sentĂ©e telle sa piĂšce maĂźtresse, la Sonate pour piano et violon en sol majeur, composĂ©e Ă  l’étĂ© 1892, crĂ©Ă©e avec succĂšs Ă  Bruxelles en mars 1893 par le violoniste cĂ©lĂšbre EugĂšne YsaĂże (qui fut surtout le commanditaire de la Sonate). Il faut beaucoup d’énergie et d’engagement, mais aussi de la finesse pour assumer ce lyrisme permanent dont la suractivitĂ© peut obscurcir le sens et la clartĂ© de l’architecture. Car influencĂ© aussi par Beethoven, Lekeu a la passion de la forme, du dĂ©veloppement, animĂ© par une ambition musicale et un instinct perfectionniste, en tout point remarquable. Tout s’enchaĂźne parfaitement dans cette Sonates Ă  2 voix dont l’acuitĂ© expressive fait briller un lyrisme mĂ©lodique dĂ©bordant, un sens de la structure aussi mieux Ă©quilibrĂ©e
 : canalisĂ© et construit dans le premier Ă©pisode « TrĂšs modĂ©ré » plutĂŽt sĂ©duisant et lĂ©ger ; le central « trĂšs lent » fait valoir les qualitĂ©s de nuances du violon plutĂŽt introspectif ; avant le Finale (TrĂšs animĂ©), ouvertement passionnĂ© voire dĂ©bridĂ© mais toujours frais et printanier.

Plus attachant selon notre goĂ»t, le Trio avec piano a le charme d’une sincĂ©ritĂ© rayonnante quoiqu’encore indĂ©cise voire maladroite dans son Ă©criture. Il est un peu plus ancien (composĂ© en 1890) oĂč se dĂ©ploie davantage dans sa construction plus explicite, l’influence de la structure beethovĂ©nienne, quoique le premier et dernier mouvement regorgent d’idĂ©es et de rĂ©miniscences harmoniques denses et mĂȘlĂ©es qui fondent les critiques regrettant trop de dĂ©veloppements. Ambitieuse, la partition dĂ©ploie 4 mouvements particuliĂšrement « bavards » ou 
dramatiques, diront les plus bienveillants. Âme passionnĂ©e et d’une force intranquille, Lekeu sait dĂ©ployer une imagination intime sans limites comme l’atteste le premier mouvement oĂč dialoguent deux Ă©pisodes trĂšs contrastĂ©s (lent puis allegro Ă©nergique), exprimant une palette de sentiments aussi prolixe que nuancĂ©e : de la douleur premiĂšre, Ă  la sombre rĂȘverie, 
 du renoncement furtif Ă  la dĂ©pression plus diffuse : tout ici par le filtre d’une sensibilitĂ© experte et hyperactive, dĂ©nonce et Ă©prouve l’échec et la rĂ©pĂ©tition des blessures intimes. Le trĂšs lent, puis le Scherzo, hautement syncopĂ©, enfin le finale qui est un Lent lui aussi, peut-ĂȘtre trop long quoique harmoniquement passionnant, accrĂ©ditent le gĂ©nie bien trempĂ© du jeune romantique; les trois interprĂštes malgrĂ© un piano Ă  notre avis trop prĂ©sent, au risque d’un dĂ©sĂ©quilibre sonore, restitue le jaillissement des motifs en Ă©chos ou en opposition ; que raffine aussi le violon tout en intensitĂ© maĂźtrisĂ©e du Bruno Monteiro. Restent la Sonate violoncelle / piano (1888), le Quatuor avec piano (1893) pour saisir le gĂ©nie d’un Lekeu juvĂ©nile et passionnant. De prochains enregistrements ? A suivre.

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CD, critique. Guillaume Lekeu (1870-1894) : Sonate pour violon et piano en sol majeur – Trio pour piano, violon et violoncelle en do mineur. Bruno Monteiro, violon. Miguel Rocha, violoncelle. JoĂŁo Paulo Santos, piano. 1 CD Brilliant Classics. Enregistrement rĂ©alisĂ© au Portugal, Ă©tĂ© 2018. Livret : anglais-portugais. DurĂ©e : 1h17mn

CD coffret, événement. The BRIGITTE FASSBAENDER edition (11 cd DG Deutsche Grammophon)

Brigit fesbaender mezzo edition lieder operas coffret box cd set review critique cd opera concert festivals classiquenews 4836913CD coffret, Ă©vĂ©nement. The BRIGITTE FASSBAENDER edition (11 cd DG Deutsche Grammophon). Elle vient d’avoir 80 ans ce 3 juillet 2019 (nĂ©e berlinoise en 1939) : la mezzo Brigitte Fassbaender aura marquĂ© les planches surtout Ă  partir de 1970 , – premiĂšre dĂ©cennie oĂč elle se saisit de premiers rĂŽles lyriques, grĂące Ă  un tempĂ©rament dramatique qui sait articuler et aussi projeter le texte : la chanteuse lyrique est aussi une formidable diseuse, habile et convaincante dans les lieder de Schubert, Wolf, Strauss, surtout Brahms et Liszt
 ce que rappelle avec justesse le coffret de 11 cd, Ă©ditĂ© en ce mois de juillet anniversaire par DG Deutsche Grammophon. Son timbre souple et sombre mais heureusement cuivrĂ©, Ă©blouit dans les rĂŽles travestis dont tĂ©moigne la rĂ©ussite de ses prises des rĂŽles tel surtout l’amant de La MarĂ©chale, Ă  son lever au I : « Quinquin » / Octavian (Le Chevalier Ă  la rose de R Strauss), mais aussi Sextus dans La ClĂ©mence de Titus de Mozart
 La Fassbaender est de la trempe des Christa Ludwig (nĂ©e aussi Berlinoise mais en 1924) : une voix, un jeu dramatique, et une personnalitĂ© admirable, une partenaire qui savait se fondre et participer dans chaque maison d’opĂ©ra avec un rĂ©el esprit de troupe. Les 11 cd ainsi regroupĂ©s forment un portrait Ă©quilibrĂ©, emblĂ©matique des choix artistiques de la cantatrice qui fut capable de chanter l’opĂ©ra italien, Mozart, Wagner et Verdi, surtout le lied. Les 7 premiers cd sont dĂ©diĂ©s Ă  l’articulation des textes germaniques mis en musique par Schubert (Die Schöne MĂŒllerin, Schwanengesang; lieder
) ; Loewe (Lieder, Frauenliebe), Schumann (Frauenliebe und leben, lieder
) ; Wolf (Mörike lieder) ; surtout l’excellent programme rĂ©unissant les lieder de Strauss et Liszt. En bonus, les duos de Dvorak et Brahms.
CLIC D'OR macaron 200Puis, DG souligne le mĂ©tal colorĂ© de ce timbre qui s’est entendu avec l’orchestre, chez Mahler (lieder avec orchestre, extraits du Chant de la terre), Brahms (Alt-Rhapsodie), Moussorsgki (Chants et danses de la mort). Enfin les deux derniers cd (10 et 11) sont dĂ©diĂ©s aux personnages lyriques : de VERDI (Azucena / Il Trovatore) Ă  WAGNER (BrangĂ€ne dans Tristan und Isolde), sans omettre SCHOENBERG (ses fabuleux Gurre-lieder). A noter aussi ses rĂŽles mozartiens : Sextus (Titus), Dorabella (Cosi)
 Portrait discographique incontournable. Bon anniversaire Brigitte !

 

 

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CD coffret, événement. The BRIGITTE FASSBAENDER edition (11 cd DG Deutsche Grammophon)

Works by
Schubert · Loewe · Schumann
Wolf · Lizst · R. Strauss
Dvoråk · Brahms · Mahler
Mussorgsky · R. Wagner · A. Scarlatti
Mozart · Humperdinck · Pfitzner
Puccini · J. Strauss II · Verdi
Schoenberg
Brigitte Fassbaender, mezzo-soprano

Wiener Staatsopernchor
Wiener Philharmoniker
Karl Böhm

Mozarteum Orchester Salzburg
Leopold Hager

Berliner Philharmoniker
Carlo Maria Giulini

Deutsches Symphonie-Orchester Berlin
Riccardo Chailly

Symphonieorchester
des Bayerischen Rundfunks
Rafael Kubelik
Parution international le 7 Juin 2019

CD coffret, Ă©vĂ©nement. The BRIGITTE FASSBAENDER edition (11 cd DG Deutsche Grammophon – 0289 483 6913 3

DOSSIER BEETHOVEN 2020 : les 250 ans de la naissance (1770 – 2020)

beethoven 1803 apres Symphonie 1 creation symphonies romantiques classiquenews review compte rendu cd critique 800px-Beethoven_3DOSSIER BEETHOVEN 2020 : 250 ans de la naissance de Beethoven. L’anniversaire du plus grand compositeur romantique (avec Berlioz puis Wagner Ă©videmment) sera cĂ©lĂ©brĂ© tout au long de la saison 2020. Mettant en avant le gĂ©nie de la forme symphonique, le chercheur et l’expĂ©rimentateur dans le cadre du Quatuor Ă  cordes, sans omettre la puissance de son invention, dans le genre concertant : Concerto pour piano, pour violon, lieder et sonates pour piano, seul ou en dialogue avec violon, violoncelle
 Le gĂ©nie de Ludwig van Beethoven nĂ© en 1770, mort en 1827) accompagne et Ă©blouit l’essor du premier romantisme, quand Ă  Vienne se disperse l’hĂ©ritage de Haydn (qui deviendra son maĂźtre fin 1792) et de Mozart, quand Schubert aussi s’intĂ©resse mais si diffĂ©remment aux genres symphonique et chambriste. Venu tard Ă  la musique, gĂ©nie tardif donc (n’ayant rien composĂ© de trĂšs convaincant avant ses cantates Ă©crites en 1790 Ă  20 ans), Beethoven, avant Wagner, incarne le profil de l’artiste messianique, venu sur terre tel un Ă©lu sachant transmettre un message spirituel Ă  l’humanitĂ©. Le fait qu’il devienne sourd, accrĂ©dite davantage la figure du solitaire maudit, habitĂ© et rongĂ© par son imagination crĂ©ative. Pourtant l’homme sut par la puissance et la sincĂ©ritĂ© de son gĂ©nie, par l’intelligence de son caractĂšre pourtant peu facile, Ă  sĂ©duire et cultiver les amitiĂ©s. Ses rencontres se montrent souvent dĂ©cisives pour l’évolution de sa carriĂšre et de sa reconnaissance. Pour souligner combien le gĂ©nie de Beethoven est inclassable, singulier, CLASSIQUENEWS dresse le portrait de la vie de Beethoven (en 4 volets), puis distingue 4 Ă©pisodes de sa vie, particuliĂšrement dĂ©cisifs


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Volet 1 : dossier Beethoven 2020

JEUNESSE Ă  BONN : 1770 – 1792
Les 12 premiÚres années de la vie de Ludwig

 
 

Beethoven jeune 1012554_1151146791564340_4447833172979903169_nA Bonn, le pĂšre et le grand pĂšre de Beethoven se destinent Ă  servir l’archevĂšque-Ă©lecteur de Cologne, comme musiciens. Le jeune Ludwig nĂ© le 16 dĂ©cembre 1770 suivra leurs pas. AgĂ© de 12 ans, Ludwig rencontre l’étudiant en mĂ©decine Franz Gerhard Wegeler (1782) qui l’introduit au sein de la famille von Breuning : c’est dans ce milieu raffinĂ© qu’il reçoit une formation musicale digne de ses aptitudes. Goethe, Schiller
 sont ses lectures rĂ©guliĂšres, distillant dans l’esprit dĂ©jĂ  trĂšs imaginatif de l’adolescent les idĂ©es de l’AufklĂ€rung et de l’esthĂ©tique Sturm und Drang
 PassionnĂ©, transportĂ© par les LumiĂšres et l’esprit rĂ©volutionnaire, Ludwig suit avec attention l’actualitĂ© française ; il se passionnera bientĂŽt pour Bonaparte, mais ce dernier devenu NapolĂ©on, Beethoven reniera sa premiĂšre adoration.
A 13 ans, – 1783-, Beethoven est nommĂ© organiste de la cour, rĂ©pĂ©titeur pour l’orchestre et le thĂ©Ăątre. Son pĂšre alcoolique perd ses Ă©lĂšves
 que Ludwig rĂ©cupĂšre.
En 1774, le Comte Waldstein, chambellan du nouvel archevĂȘque (le frĂšre de l’Empereur Leopold, l’archiduc Maximilien Franz) remarque au sein de la cour, le jeune tempĂ©rament de Beethoven. Il l’envoie Ă  Vienne dĂšs 1787, pour y rencontrer Mozart et suivre les conseils de ce dernier. Mais Wolfgang n’est guĂšre captivĂ© par le jeune gĂ©nie mĂ©lancolique : de leur rencontre, ne sort aucune coopĂ©ration d’envergure. C’est un Ă©chec. Beethoven rentre Ă  Bonn en septembre 1787 pour le dĂ©cĂšs de sa mĂšre.
Avant Schubert, Schumann, Wolf, Wagner et Strauss, le jeune Beethoven inscrit Ă  l’UniversitĂ© de Bonn en 1789 (19 ans) s’intĂ©resse aux Ă©crivains, se passionne pour la littĂ©rature. Comme Berlioz, Ludwig lit Shakespeare, HomĂšre
 C’est un rĂȘveur qui nourrit sa prochaine inspiration de crĂ©ateur. A l’UniversitĂ©, il suit aussi les cours du libertaire Euloge Schneider, aux idĂ©es clairement rĂ©volutionnaires.

haydn joseph-crop-412x332En 1790, Ludwig, 20 ans compose une cantate funĂšbre pour la mort de Joseph II, puis une autre pour l’avĂšnement de Leopold II : bien que trempĂ©es dans l’acier d’une Ă©criture farouche et dĂ©jĂ  vĂ©hĂ©mente, les deux Ɠuvres ne sont pas jouĂ©es. L’immense et cĂ©lĂ©brisime Joseph Haydn venu de Vienne croise son chemin : il remarque Ă  peine le jeune homme qui bien qu’introspectif, a dĂ©cidĂ© du fond de son Ăąme, de trouver les Ă©lĂ©ments d’un nouveau langage musical, qui passe par l’orchestre et la musique de chambre. Le rĂȘveur se languit avec dĂ©sespoir : elle aime ElĂ©onore von Breuning, mais n’est pas aimĂ© en retour. VoilĂ  une catastrophe intime qui inaugure le roman Ă©pineux et trouble de Beethoven et les femmes. En 1792, deux ans aprĂšs leur premiĂšre rencontre, Haydn, examinant l’une des cantates de 1790, cĂ©lĂšbre sans rĂ©serve le gĂ©nie prometteur de Ludwig. GrĂące Ă  Waldstein, Beethoven payĂ© par l’Electeur de Cologne, peut rejoindre Haydn Ă  Vienne pour y suivre ses leçons. Ludwig deviendra Beethoven Ă  Vienne oĂč il reste jusqu’à sa mort.

 
 

 
 

Prochain volet (2) : Premiers accomplissement viennois (1793 – 1802)

 
 

SOUSTONS, du 14 – 24 juillet 2019. La Belle HĂ©lĂšne d’Offenbach par l’OpĂ©ra de Landes

Landes-opera-critique-opera-offenbach-belle-helene-olivier-tousis-philippe-forget-opera-critique-annonce-soustons-offenbach-2019SOUSTONS, du 14 – 24 juillet 2019. L’OpĂ©ra des Landes anniversaire Offenbach oblige prĂ©sente La Belle HĂ©lĂšne, relecture dĂ©capante de la mythologie grecque, Ă  la fois farce dĂ©lirante et comĂ©die fine et onirique. S’il aime les situations cocasses, Offenbach n’en est pas moins sensible et profond. La Belle HĂ©lĂšne avec OrphĂ©e aux enfers (1858) renouvelle l’opĂ©ra antique dont il fait une fusion trĂšs aboutie de la comĂ©die et de l’hĂ©roĂŻque, sur le mode bouffe.
Au moment oĂč NapolĂ©on III met fin aux privilĂšges des thĂ©Ăątres (1864), : n’importe qui peut dĂ©sormais ouvrir une salle et y jouer le genre qu’il souhaite, Offenbach compose une nouvelle satire parodie d’aprĂšs l’AntiquitĂ©, La Belle HĂ©lĂšne? Sur un livret de ses fidĂšles librettistes Meilhac et HalĂ©vy, et destinĂ© Ă  la scĂšne des VariĂ©tĂ©s, l’ouvrage bĂ©nĂ©ficie d’une distribution solide ; sa muse Hortense Schneider tient le rĂŽle-titre (mezzo), le tĂ©nor JosĂ© Dupuis (formĂ© Ă  l’école de son rival HervĂ©), celui de PĂąris, 
 la crĂ©ation du 17 dĂ©cembre 1864 est un triomphe. Les connaisseurs de la mythologie y retrouvent les fondamentaux d’une histoire qui croise amour et devoir. Le berger Paris arrive Ă  Sparte pour y courtiser la belle HĂ©lĂšne ; avec l’augure Calchas, Paris s’arrange pour Ă©loigner le mari d’HĂ©lĂšne, MĂ©nĂ©las (acte I). Dans un rĂȘve supposĂ© (superbe duo onirique HĂ©lĂšne / Paris), les deux amants se retrouvent ; HĂ©lĂšne sacrifiant ses derniers assauts d’épouse fidĂšle, pour les dĂ©lices d’une nouvelle sensualitĂ©. MĂ©nĂ©las les surprend : Paris doit partir (acte II).
Plus facĂ©tieux et libre que jamais, en Ă©pigone d’HermĂšs voleur, astucieux, Paris dĂ©joue les pronostics, se dĂ©guise en « Grand Augure de CythĂšre » et enlĂšve sa belle proie, Ă  la barbe des rois offusquĂ©s.
L’amour triomphe toujours : Amor vincit omnia (Amour vainc tout, selon l’adage des sensuels). Tout le luxe et l’imaginaire flamboyant du Second Empire se dĂ©ploie dans la verve et l’esprit parodique de Jacques Offenbach.

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La BELLE HELENE, 1864
Opéra bouffe de Jacques Offenbach
Durée 3 h

SOUSTONS, Espace Culturel Roger Hanin
Les 15, 16, 23, 24 juillet Ă  20h30
Le 21 juillet Ă  18h

Tarifs de 16 à 46€

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.opera-des-landes.com/labellehelenesoustons2019

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HélÚne: Frédérique Varda
PĂąris: Matthieu Justine
Calchas: Matthieu Toulouse
Ménélas: Jean Goyetche
Oreste: Maela Vergnes
Agamemnon: Marc Souchet
Parthenis: Clémence Lévy
Lehena: AnaĂŻs de Faria
Achille: Thomas Marfoglia
Ajax 1: Fabio Sitzia
Ajax 2: Fabrice Foison

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ChƓur de l‘OpĂ©ra des Landes, direction: FrĂ©dĂ©ric Herviant
Pianiste du choeur: Maurine Grais
Orchestre de l’OpĂ©ra des Landes
Philippe Forget, direction

Mise en scĂšne: Olivier Tousis
Chorégraphies: Clémence Lévy
DĂ©cor: Kristof t’Siolle

Costumes: Olivier Tousis et Kristof t’Siolle
LumiÚres: Frédéric Warmulla

LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Laure Dautriche : Ces musiciens qui ont fait l’Histoire (Editions Tallandier)

DAUTRICHE LAURE Tallandier livre evenement critique livre musique opera concert par classiquenews ete 2019  CLIC de classiquenews ces-musiciens-qui-ont-fait-lhistoire-plat-1LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Laure Dautriche : Ces musiciens qui ont fait l’Histoire (Editions Tallandier). GALERIE DE PORTRAITS
. Des hommes engagĂ©s. En couverture, le geste fracassant, autoritaire d’un Beethoven affirmatif… Il est des textes simples, argumentĂ©s, d’un ton personnel mais synthĂ©tique et lumineux qui marquent. Comme il est rappelĂ© en prĂ©ambule ici une citation de Platon : « Si on veut connaĂźtre un peuple, il faut Ă©couter sa musique ». De fait, l’auteure prĂ©sente 13 portraits courts de compositeurs parmi les plus significatifs de l’histoire musicale, en particulier, les plus engagĂ©s, audacieux, et aussi rĂ©formateurs. De sorte qu’aprĂšs eux, l’art humain et la civilisation n’ont plus Ă©tĂ© les mĂȘmes.
A l’époque du tout diluĂ©, oĂč tout se vaut et rien ne vaut rien, voici a contrario, l’Ɠuvre d’hommes courageux qui ont tout exprimĂ© et rĂ©alisĂ© par la musique
 par vocation, par idĂ©alisme, par conviction. Conviction, le mot est lĂąchĂ© : il n’existe plus aucun artiste aujourd’hui qui ose exprimer et faire. Le divertissement a dĂ©truit l’art, et aprĂšs avoir lu le parcours et l’Ɠuvre de tant de crĂ©ateurs gĂ©niaux, on se dit que nous vivons Ă  l’heure actuelle le dĂ©clin de la civilisation. Oui Ă©coute la musique actuelle
 et tu comprendras dans quelle vacuitĂ© gĂ©nĂ©rale rĂ©sonne la dĂ©cadence de la sociĂ©tĂ© humaine contemporaine.
Pour renouer avec des Ă©poques artistiquement et culturellement plus passionnantes, voici plusieurs piliers du gĂ©nie musical dont le parcours d’abord humain reste bouleversant car il s’est ouvertement confrontĂ© au pouvoir, en friction, opposition, complaisance trouble
 : Bach, auteur prolifique, inspirĂ© par la seule gloire de Dieu Ă  Leipzig ; Mozart, devenu franc-maçon Ă  Vienne et molestĂ©, humiliĂ© Ă  cause de ses valeurs et convictions humanistes
 donc suspectes ; Beethoven, le rĂ©formateur irrĂ©sistible dont la passion française pour Bonaparte se voit rapidement « trahie » par le Premier consul devenu l’Empereur tyran ; On y suit aussi Gossec, « serviteur » musicien de l’incontournable Robespierre Ă  l’époque de la Terreur ; Richard Strauss empĂȘtrĂ© dans ses fonctions pour les nazis
 ; Chostakovitch, rĂ©sistant Ă  la barbarie institutionnalisĂ©e de Staline, ou Theodorakis « affrontant le rĂ©gime des colonels »  En somme, voici plusieurs figures fortes qui avaient des convictions. Art et politique sont indissolublement mĂȘlĂ©s et le texte montre qu’il n’est pas nĂ©cessaire d’adhĂ©rer Ă  un parti identifiable pour s’engager : la musique est un combat de tout les instants pour que l’esprit vive et triomphe
 voyez Debussy qui part en guerre contre l’art allemand, ou Verdi, artisan majeur pour l’unitĂ© italienne
 Mais personne n’arrive aux chevilles du hĂ©ros Berlioz, vainqueur de la rĂ©volution musicale romantique Ă  l’époque des Trois glorieuses. Chaque chapitre pose clairement les jalons d’itinĂ©raires admirables oĂč percent toujours une personnalitĂ© singuliĂšre. Tout ce qui fait la valeur morale et la force humaine de compositeurs qu’il est juste aujourd’hui de cĂ©lĂ©brer. Excellente lecture pour l’étĂ© 2019. CLIC de CLASSIQUENEWS de juin et juillet 2019.

 

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Laure Dautriche : Ces musiciens qui ont fait l’Histoire (Editions Tallandier). Parution : mai 2019. 256 pages / EAN papier : 9791021030084. https://www.tallandier.com/livre/ces-musiciens-qui-ont-fait-lhistoire/

Carmen, Violetta, Mimi… 3 visages de l’Ă©ternel fĂ©minin au XIXĂš

puccini-giacomo-portrait-operas-classiquenews-dossier-special-HOMEPAGE-classiquenewsARTE, Dim 7 juillet 2019. CARMEN, VIOLETTA, MIMI, ROMANTIQUES ET FATALES
« Mimi, Carmen, Violetta » compose un triptyque lyrique pour un film choral consacrĂ© aux hĂ©roĂŻnes des trois opĂ©ras romantiques les plus jouĂ©s dans le monde aujourd’hui : Carmen, La Traviata et La BohĂȘme. Mais alors Mozart n’existe pas dans cette (pseudo) statistique ? Et Don Giovanni, et La FlĂ»te enchantĂ©e ? Et Elvira, Anna, Zerlina, Pamina ? Quelle omission.
Selon la prĂ©sentation de l’éditeur, voici donc « Trois grandes figures d’émancipation fĂ©minine : Carmen, cet obscur objet de dĂ©sir, qui paie de sa vie son indomptable liberté  Violetta, la courtisane adulĂ©e qui, en sacrifiant son amour, devient une sorte de sainte laĂŻque
 Et enfin la douce et pauvre Mimi, la petite brodeuse dont la jeunesse est fauchĂ©e par la tuberculose ». Mais alors que dire de Mimi, digne et misĂ©rable, fauchĂ©e avant d’avoir pu cultiver et affirmer son maour (pour Rodolfo le poĂšte). On peut rĂȘver mieux comme modĂšle d’émancipation fĂ©minine. Mimi est quand mĂȘme une victime de la BohĂšme parisienne, entre pauvretĂ©, misĂšre, indigence

Qui sont-elles ? Et d’oĂč viennent-elles ? A travers un montage d’archives baignĂ© de musique et « aussi savant que sensible », le film part en quĂȘte des personnages, qui apparaissent Ă  Paris, quasiment en mĂȘme temps, au milieu du 19Ăšme siĂšcle, sous la plume de 3 Ă©crivains (Alexandre Dumas Fils, Prosper MĂ©rimĂ©e, Henry Murger). Des Ă©crivains qui font Ă©voluer la littĂ©rature en puisant dans leur propre vie la matiĂšre de leurs histoires.
A l’origine des mythes, on dĂ©couvre avant tout 3 femmes de chair et de sang : muse, amante ou hĂ©roĂŻne de fait divers, 
 comme la matiĂšre de Madame Bovary : elles viennent de la rĂ©alitĂ©, en rien de l’histoire antique ou de la fable hĂ©roĂŻque.
Tout le mĂ©rite revient aux compositeurs d’avoir su enrichir leur psychologie jusqu’à parvenir Ă  des personnages devenus des archĂ©types, des symboles, autant de visages de l’éternel fĂ©minin


En suivant leur parcours, c’est aussi tout le 19Ăšme siĂšcle, romantique, rĂ©aliste, naturaliste, qui est suggĂ©rĂ© : ses modes, sa littĂ©rature, sa musique, l’essor bourgeois nĂ© de la rĂ©volution industrielle
 La musique baigne entiĂšrement le film qui permet de faire entendre les pages les plus cĂ©lĂšbres des 3 opĂ©ras de Giuseppe Verdi, Georges Bizet, Giacomo Puccini.

arte_logo_2013ARTE, Dim 7 juillet 2019, 18h15 CARMEN, VIOLETTA, MIMI, ROMANTIQUES ET FATALES. Auteurs : Cyril Leuthy et Rachel Kahn / RĂ©alisation : Cyril Leuthy – Coproduction : ARTE France/ ET LA SUITE PRODUCTIONS / INA avec la participation de France TĂ©lĂ©visions (2018-52mn) / illustration

LILLE, ONL : 4Ăš et 5Ăš symphonies de Mahler

MAHLER-symphonie-3-Alexandre-BLOCH-lille-critique-concert-critique-opera-classiquenews-le-chef-face-aux-violoncellesLILLE, ONL. MAHLER : 4Ăš, 5Ăš Symphonies, 8, 28 juin 2019. Poursuite de l’odyssĂ©e MahlĂ©rienne par l’ONL Orchestre National de Lille et son chef et directeur musical, Alexandre Bloch. Le auditeurs dans la vaste salle de l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle peuvent Ă  nouveau mesurer l’écriture rĂ©volutionnaire de Gustav Mahler dans le domaine orchestral : un travail spĂ©cifique sur les couleurs, l’architecture et la spatialisation, sans omettre le sens et la direction de l’édifice construit, aussi essentiel que l’Ɠuvre de son confrĂšre (admirateur) Richard Strauss, ou que celles en France, des visionnaires au dĂ©but du XXĂš, Ravel et Debussy. Mahler propose une arche symphonique rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e, singuliĂšre et dĂ©cisive. Un dĂ©fi pour les musiciens de l’ONL Orchestre national de Lille.
Les 8 (4Ăšme Symphonie) puis 28 juin (5Ăš), se concrĂ©tise Ă  nouveau l’imaginaire mahlĂ©rien Ă  l’aune d’une existence toute entiĂšre marquĂ©e par la composition, l’activitĂ© comme directeur et chef de l’OpĂ©ra de Vienne, et l’amour, incarnĂ© enfin par la belle Alma Schindzler


 

 

 

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LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle

 

 

 

SAMEDI 8 JUIN 2019, 18h30
GUSTAV MAHLER : Symphonie n°4

SOPRANO: ELIZABETH WATTS
couplée avec RACHMANINOV :
Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini
(Alexander Gavrylyuk, piano)
 

RESERVEZ VOTRE PLACE :
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/symphonie-n-4/

 

VENDREDI 28 JUIN 2019 2019, 20h
GUSTAV MAHLER : Symphonie n°5
Programme présenté aussi le 24 juin (Dunkerque, le Bateau feu),
le 25 juin Basilique Saint-Denis, 20h,
le 27 juin, CompiĂšgne (Festival des ForĂȘts)
RESERVEZ VOTRE PLACE :
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/symphonie-n-5/

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Alexandre Bloch, direction
Jonas Ehrler, chef assistant

 

 

 

Le 28 juin, à 18h45 : Rencontre mahlérienne insolite avec Marina Mahler,
petite-fille de Gustav Mahler, fondatrice de la Malher Foundation  ;
puis à l’issue du concert, bord de scùne avec Alexandre Bloch
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/symphonie-n-5/
(pour les spectateurs muni d’un billet du concert)

 
 
 

BLOCH-alexandre-portrait-2019-chef-orchestre-national-de-lille-annonce-concert-opera-classiquenews

 
Alexandre Bloch, directeur musical de l’ONL – Orchestre National de Lille (© Ugo Ponte)

 
 

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4Ăšme et 5Ăšme Symphonies de Gustav MAHLER :
Clés de compréhension

 

 

 

4Úme SYMPHONIE : la vie céleste
Suite de l'odyssĂ©e MAHLER par l'Orchestre National de LilleC’est Ă  Maiernigg, dans sa cabane retraite (le HĂ€uschen) que le compositeur contemple la sainte et miraculeuse Nature, son essence inspirante, dyonisiaque ; il peut y rĂ©aliser de longues marches dans les Dolomites, excursion Ă  valeur thĂ©rapeutiques et profondĂ©ment bienfaitrices. Mahler achĂšve la 4Ăš symphonie Ă  l’étĂ© 1900 (et l’orchestration Ă  l’hiver 1900). Il n’a pas encore rencontrĂ© Ă  Vienne, la belle Alma, qui sera la dĂ©dicataire secrĂšte de la 5Ăš Symphonie, ample poĂšme de l’amour et de ses noces inespĂ©rĂ©es avec celle que tous les artistes adorent voire plus, Zemlinsky, Klimt


La 4Ăš prolonge l’extase de la 3Ăš dont elle reprend certains motifs (alors entonnĂ©s par le choeur d’enfants et la soliste alto). Dans le climat pastoral et trĂšs apaisĂ© de la 4Ăš, Mahler Ă©carte le chƓur, et prĂ©fĂšre la soprano qui entonne le lied final, conclusion vocale de sa nouvelle symphonique.
A Vienne, la crĂ©ation de cette 4Ăš (12 janvier 1902) est un fiasco, sujet de mordantes critiques des pseudo-spĂ©cialistes : vulgaritĂ©, bavardage, confusion
 sont les reproches adressĂ©s Ă  Mahler. L’accueil du public amĂ©ricain sera tout diffĂ©rent et suscite la dĂ©fense des Ɠuvres mahlĂ©riennes trĂšs tĂŽt aux USA. Le compositeur y renouvelle encore les limites et la forme symphonique, rĂ©alisant une osmose rare entre lied et orchestre dans la quatriĂšme et dernier section pour soprano et orchestre (« la vie cĂ©leste », extrait du cor enchantĂ© de l’enfant : rĂ©vĂ©lation de la vie au Paradis, loin de l’existence terrestre) : un temps suspendu, d’extase et d’accomplissement Ă  relier avec sa rencontre inespĂ©rĂ©e avec celle qui devient sa femme Alma (leur mariage a lieu le 9 mars 1902, et leur lune de miel
 en Russie).

 

 

 

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5ùme SYMPHONIE
 tout l’amour d’Alma
MAHLER-gustav-et-alma-symphonie-classiquenews-Gustav-MahlerL’époux comblĂ© exprime son bien-ĂȘtre nouveau dans la 5Ăš : nouveau poĂšme purement instrumental cette fois (comme les 6Ăš, puis 7Ăš : les plus autobiographiques de son catalogue). Alors que Gustav Mahler est une figure reconnue comme chef et le brillant mais impĂ©tueux dircteur de l’OpĂ©ra de Vienne – ce qui n’est pas sans causĂ© de profondes tensions avec l’administration de la Hofoper, les artistes les plus audacieux menĂ© par Klimt, inaugure alors en avril 1902, la 14Ăš expos de la SĂ©cession : un hommage Ă  Beethoven et sa 9Ăš, avec statue de Klinger, fresque de Klimt qui reprĂ©sente ouvertement Mahler en chevalier Ă©perdu, Ă©pris, anguleux
 Mahler rencontre l’un des peintres engagĂ©s Alfred Roller qui deviendra Ă  partir de 1903, le dĂ©corateur et metteur en scĂšne attitrĂ© de Mahler pour ses grandes productions Ă  l’OpĂ©ra de Vienne
 Comme compositeur, il est comblĂ© car sa 3Ăš Symphonie est enfin crĂ©Ă©e triomphalement Ă  Krefeld le 9 juin 1902 : un immense Ă©vĂ©nement auquel a participĂ© entre autres Richard Strauss, lequel est clairvoyant sur le gĂ©nie de son compatriote, et aussi Alma, qui bouleversĂ©e, a le sentiment dĂ©finitif d’ĂȘtre aux cĂŽtĂ©s d’un ĂȘtre exceptionnel

La 5Ú est justement la partition du couple, de ses promesses, ses désirs, son bonheur prononcé. Eté 1902 : Mahler dans son cabanon du HÀuschen, achÚve le nouveau cycle orchestral. La partition est terminée fin août 1902, dans le climat apaisé et contemplatif des longues marches dans la nature.

PLAN.. en 5 sĂ©quences. La 5Ăš raconte d’abord l’agonie et le malheur, le traumatisme de la mort, celui qu’il a vĂ©cu en fĂ©vrier 1901, quand faillit mourir d’une hĂ©morragie intestinale (sauvĂ© in extremis par les mĂ©decins). Les deux premiers mouvements sont marquĂ©s par ce sentiment du malheur total : le premier en forme de marche funĂšbre (comme l’ouverture de la 2Ăš) ; le second « orageux, animĂ©, trĂšs vĂ©hĂ©ment »). Mahler y prolonge l’expĂ©rience des opus prĂ©cĂ©dents, inventant une langue essentielle, purement musicale, oĂč sans rĂ©fĂ©rence (sauf le leid final), le programme et le dĂ©veloppement tendent Ă  l’abstraction, Ă  partir de sa propre imagination.
De cette inspiration jaillissante, puissante, originale, s’affirme la libertĂ© inĂ©dite du Sherzo (le plus dĂ©veloppĂ© de Mahler) : sans connotation parodique ou caricaturale, l’auteur y dĂ©ploie un pur sentiment de joie lumineuse (l’amour d’Alma), et il faut toute la bĂ©atitude Ă©perdue, renoncement, adieu apaisĂ©, immense caresse sensorielle de l’Adagietto pour Ă©quilibrer la tension globale de la symphonie. La derniĂšre et cinquiĂšme sĂ©quence (Rondo-finale. Allegro) clĂąme la victoire en un choral grandiose (annoncĂ© par la clarinette dans l’introduction) oĂč percent des cuivres brucknĂ©riens
 tant critiquĂ©s par Alma d’ailleurs.

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AndrĂ© ChĂ©nier Ă  l’OpĂ©ra de Tours

GIORDANO Umberto_Giordano_by_Gaetano_Esposito_(color)TOURS, OpĂ©ra. GIORDANO : AndrĂ©a ChĂ©nier. Les 24, 26, 28 mai 2019. L’Ă©tonnante et audacieuse saison lyrique 2018 – 2019 de l’OpĂ©ra de Tours s’achĂšve en mai 2019 avec la derniĂšre (et quatriĂšme) nouvelle production maison : Andrea ChĂ©nier d’Umberto Giordano (1896), en coproduction avec l’OpĂ©ra de Nice : 3 dates de mai, les 24, 26 et 28 mai 2019. Benjamin Pionnier dirige l’Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours ; avec Gustavo Porta dans le rĂŽle-titre, BĂ©atrice Uria-Monzon (Madeleine de Coigny), AndrĂ© Heyboer (Charles GĂ©rard)
  Mise en scĂšne : Pier Francesco Maestrini.
On ne saurait insister sur l’activitĂ© de la scĂšne lyrique Tourangelle, qu’il s’agisse de dĂ©frichement (comme le rĂ©cent spectacle des 7 pĂ©chĂ©s capitaux de Kurt Weill l’a montrĂ© fin avril, dĂ©voilant le geste acide et poĂ©tique du compositeur berlinios de passage Ă  paris dans les annĂ©es 1930
), ou de productions courageuses qui nĂ©cessitent des moyens vocaux, orchestraux et visuels de premier plan. Le cas de ce ChĂ©nier le montrera encore, car s’agissant de l’ouvrage fĂ©tiche de Umberto Giordano, les dĂ©fis sont multiples et plutĂŽt Ă©levĂ©s.

chenier-poete-classiquenews-chenier-andre-umberto-giordanoD’inspiration historique, l’ouvrage revisite l’histoire française et Ă©voque le parcours Ă  la fois hĂ©roĂŻque et fatal du poĂšte AndrĂ© ChĂ©nier (1762-1794). L’opĂ©ra nĂ©cessite toutes les ressources d’une maison d’opĂ©ra (le choeur y est trĂšs prĂ©sent). Car derriĂšre le huit clos sentimental qui rapproche le poĂšte ChĂ©nier, – poĂšte martyr, victime des dĂ©rives terrifiantes de la RĂ©volution française-, Madeleine et GĂ©rard, le compositeur vĂ©riste Giordano sait surtout Ă©voquer le souffle et la terreur de la pĂ©riode rĂ©volutionnaire
 Sens de la couleur orchestrale, dramatisme vocal, efficacitĂ© scĂ©nique
 les talents de Giordano sont nombreux ; c’est assurĂ©ment le plus douĂ©s des crĂ©ateurs de la Jeune Ecole, particuliĂšrement marquĂ© par le modĂšle lĂ©guĂ© par Puccini. Giordano sait construire un opĂ©ra historique, Ă©voquer la terreur parisienne et l’échec des rĂ©volutionnaires, auxquels il oppose la sincĂ©ritĂ© des valeurs de fraternitĂ©, de paix, de libertĂ©. Giordano offre aux tĂ©nors, un rĂŽle trĂšs complet, nĂ©cessitant profondeur, expressivitĂ©, drame et subtilitĂ©. Une performance que les plus grands chanteurs ont relevĂ©, de Pavarotti, Domingo, Carreras Ă  Cura et plus rĂ©cemment, Jonas Kaufmann… L’action plonge au cƓur de la RĂ©volution française dont la face brutale et sanguinaire est exposĂ©e sans masque : Giordano aurait-il fait un opĂ©ra politique, dĂ©nonçant les dĂ©rives de ceux qui se frappent de bonnes intentions ; prĂȘts Ă  imposer un nouvel ordre de libertĂ©, pour mieux assoir leur pouvoir despotique. N’y a t il pas duperie dans tout acte politique ? L’amour, la libertĂ© et la fraternitĂ© ne sont-elles pas les clĂ©s d’une sociĂ©tĂ© libre justement ?

 

A l’acte I en 1789, acte de prĂ©sentation des caractĂšres, le poĂšte AndrĂ©a ChĂ©nier est l’invitĂ© de la Comtesse de Coigny ; il improvise sur l’intransigeance du clergĂ© et de la noblesse. Mais l’admirent la fille de la Comptesse, Madeleine, et aussi GĂ©rard, serviteur, qui est Ă©pris de cette derniĂšre.

Acte II : cinq ans ont passĂ© (1795) et Giordano Ă©voque ce Paris rĂ©volutionnaire des Incroyables et Merveilleuses, crĂ©atures hallucinantes mais figures bien historiques dont la mine et l’étoffe Ă©tudiĂ©s contrastent avec la terreur et la barbarie ordinaire : la RĂ©volution a enfantĂ© une pĂ©riode de doutes et de chaos
 ChĂ©nier, bien que suspectĂ© (alors qu’il dĂ©fend les idĂ©es d’égalitĂ© et de fraternitĂ©), retrouve la belle Madeleine (superbe duo d’amour : « Ora suave »). jaloux, GĂ©rard provoque ChĂ©nier et le blesse, puis devant la foule haineuse, l’innocente.

Acte III. GĂ©rard devenu juge au tribunal rĂ©volutionnaire signe contre son grĂ© l’accusation de ChĂ©nier : Madeleine qu’il aime, s’offre Ă  lui s’il sauve le poĂšte qu’elle adore (sublime priĂšre crĂ©pusculaire « La Mamma morta »). Mais ChĂ©nier est condamnĂ© et GĂ©rard jure de le sauver.

Acte IV. En prison, Chénier attend la mort (« Come un bel di di Maggio »). Gérard a aidé Madeleine pour approcher son aimé : les deux amoureux peuvent mourir, fortifiés par la splendeur du lien qui les unit (dernier duo « Vicino a te »).

La fresque est terrible et violente ; l’amour de ChĂ©nier et de Madeleine, tragique et irrĂ©versible. Contre la barbarie humaine, – fruit de la RĂ©volution française, Giordano dĂ©fend les valeurs de fraternitĂ© (GĂ©rard / ChĂ©nier), d’amour (ChĂ©nier et Madeleine) ; la vanitĂ© et l’échec de tout systĂšme politique s’il ne sert pas l’amour et le bonheur des ĂȘtres.

 

Nouvelle production Ă©vĂ©nement avec Les FĂ©es du Rhin de Jacques Offenbach (crĂ©ation française) en ouverture de saison 2018 – 2019.

 

 

TOURS, Opéra. Giordano : Umberto Chénier, 1896
Les 24, 26 et 28 mai 2019

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/andrea-chenier

 

 

LILLE. ONL : MOZART / R. STRAUSS : Olafsson / Casadesus

olaffson-vikingur-jean-claude-casadesus-mozart-concerto-strauss-suite-valses-concert-critique-annonce-classiquenewsLILLE, ONL. STRAUSS, MOZART, JC CASADESUS, les 25 et 27 mai 2019. VĂ­kingur Ólafsson / Jean-CLaude Casadesus 
 Le concert exploitant la prĂ©sence du pianiste islandais et de l’Orchestre National de Lille rĂ©alise un superbe programme rĂ©unissant deux Ɠuvres concertantes de Mozart et de Richard Strauss dont Burlesque est une partition aussi peu jouĂ©e que dĂ©lirante et fantasque, pur produit de l’imagination dĂ©bordante du conteur Strauss
 Improvisateur et arrangeur remarquĂ©, le pianiste VĂ­kingur Ólafsson a rĂ©cemment convaincu grĂące Ă  deux disques, dĂ©diĂ©s Ă  Philip GLASS, puis aux variations Goldberg de BACH (deux cd Ă©ditĂ©s par Deutsche Grammophon et critiquĂ©s, distinguĂ©s par CLASSIQUENEWS) ; avec la complicitĂ© du chef fondateur de l’ONL / Orchestre National de Lille, il met en regard deux Ɠuvres aux atmosphĂšres radicalement 
 opposĂ©es.

 
 
 

De l’inquiĂ©tude mozartienne
à la volupté straussienne


 
 
 

La premiĂšre prĂ©sente un visage mieux connu de Mozart, – profond, spirituel voire inquiet (mais toujours tendre et lumineux) ; le Concerto pour piano n°24 (K491) est l’une de ses musiques les plus sombres
 l’ut mineur des vents de son larghetto central, d’une fausse simplicitĂ© (qui touche au cƓur), atteint un sommet de plĂ©nitude Ă©motionnelle : Mozart se dĂ©voile sans fard, hantĂ© par la question de son existence et de la finalitĂ© d’une vie terrestre. En 1786, alors qu’il achĂšve Les Noces de Figaro, rĂ©orchestre Idomeneo, les Concertos 23 et 24 saisissent par leur profondeur et leur vĂ©ritĂ©. Le compositeur y “exprime les Ă©preuves et les combats que doit affronter l’homme pour maĂźtriser cette vie et lui donner un sens”. A bon entendeur


strauss richardLa deuxiĂšme dĂ©voile un Richard Strauss facĂ©tieux dans Burlesque (1886), Ɠuvre de jeunesse d’inspiration plus lisztĂ©enne que brahmsienne, 
 et dĂ©licieux feu d’artifice d’idĂ©es lĂ©gĂšres et brillantes, prĂ©lude aux capiteuses valses du Chevalier Ă  la rose. D’aprĂšs son opĂ©ra nĂ©obaroque et nĂ©oviennois, dans l’esprit de Mozart mais se dĂ©roulant Ă  Vienne Ă  l’époque impĂ©riale, Strauss dĂ©duit en 1934, une Suite opus 59 Ă  partir des principaux thĂšmes, de valses, qui proviennent du dernier acte. Puis 10 ans aprĂšs, le compositeur ajoute de nouveaux motifs empruntĂ©s aux actes prĂ©cĂ©dents, I et II. La suite la plus jouĂ©e, regorgent d’effluves sensuelles quasi Ă©rotiques qui recyclent ainsi les thĂšmes dĂ©rivĂ©s de l’ouverture de l’opĂ©ra, de la scĂšne du petit dĂ©jeuner (rĂ©veil de la MarĂ©chale et de son amant Quinquin) ; la fin du second acte, souvent associĂ© Ă  la figure du baron Ochs (que beaucoup Ă  torts, caricaturent pour en faire un lourdeau Ă©pais et grossier
 ce qu’il n’est pas selon le livret du poĂšte Hofmannsthal).
Enfin en 1946, une nouvelle suite fut Ă©crite recyclant partie des 3 actes, dite « grande suite », dont le finale voluptueux enivrĂ© du dernier acte (trio Sofie, La MarĂ©chale, Quinquin / Octavian)
 Pour rĂ©ussir telle partition qu’un rien peut faire basculer dans l’outrance racoleuse, il faut plutĂŽt cultiver la transparence et l’élĂ©gance, dans la finesse et la prĂ©cision.

 
 
 
 
 
 

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MOZART
CosĂŹ fan tutte, ouverture
Concerto pour piano n°24

R. STRAUSS
Burlesque pour piano et orchestre
Le Chevalier Ă  la rose, suite

DIRECTION : JEAN-CLAUDE CASADESUS
PIANO : VÍKINGUR ÓLAFSSON

 

Programme : INVITATION À LA VALSE

SAMEDI 25 MAI 2019 ‱ 18h30boutonreservation
LUNDI 27 MAI ‱ 20h
Lille – Auditorium du Nouveau Siùcle

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/invitation-a-la-valse/

 
 
 

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INVITATION TO THE WALTZ

A tireless explorer of new repertoire, Víkingur Ólafsson offers side by side two works radically contrasting in atmosphere. The first offers a little-expected face of Mozart, the Concerto No. 24 is one of Austrian composer’s most sombre compositions. The second unveils a facetious Richard Strauss in Burlesque, a series of preludes to the heady waltzes of Der Rosenkavalier.

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Programme repris en région, les 23 puis 24 à ArmentiÚres et Lens
Pas de billetterie O.N.L / billetterie extérieure

ArmentiĂšres, Le Vivat
jeudi 23 mai 20h
Infos et réservations au 03 20 77 18 77

Lens, Le Colisée
vendredi 24 mai 20h
Infos et réservations au 03 21 28 37 41

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Approfondir
Les CD du pianistes islandais Víkingur Ólafsson

 
 
 

CD PHILIP GLASS : https://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-philip-glass-pianos-works-oeuvres-pour-piano-vikingur-olafson-piano-1-cd-deutsche-grammophon/

CD JS BACH : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-js-bach-vikingur-olafsson-piano-1-cd-dg-deutsche-grammophon-2018/

 
 
 
 
 
 

CD, critique. GĂ©raldine Casey, soprano : ESPAÑA ! (1cd KLARTHE)

espana-geraldine-grisey-cd-klarthe-records-critique-cd-review-cd-classiquenews-annonce-critique-cdCD, critique. GĂ©raldine Casey, soprano : ESPAÑA ! (1cd KLARTHE). Nous avions remarquĂ© son cd Mozart : oĂč son sens expressif et sa plasticitĂ© comme coloratoure savaient relire avec vivacitĂ© et investissement les airs redoutables Ă©crits par Mozart
 Klarthe Ă©dite un tout autre programme oĂč la cantatrice française troque l’agilitĂ© et le legato mozartiens pour l’esprit de la couleur ibĂ©rique, le sens du rythme, l’intelligence et les intentions du verbe incarné  sans omettre, un Ă©panchement nuancĂ© dans la douleur, la pudeur blessĂ©e, ce tragique contenu et toujours digne, qui fait l’orgueil des hĂ©roĂŻnes hispaniques
 et aussi la profondeur souvent mal comprise de la majoritĂ© des piĂšces concernĂ©es.
Le choix de l’interprĂšte se porte sur les mĂ©lodistes espagnols des XIXĂš et XXĂš, dont le travail ressuscite dans l’écriture « savante », la force et la sincĂ©ritĂ© des idiomes traditionnels et populaires. Comme le prĂ©cise GĂ©raldine Casey dans le texte de la notice, tous les compositeurs ainsi rĂ©unis sont pianistes (d’oĂč le raffinement de l’accompagnement au clavier) ; ils sont tous marquĂ©s par l’impressionnisme des parisiens Debussy et Ravel, enrichissant encore la palette ibĂ©rique de nuances harmoniques Ă  la française. Le jaillissement des sentiments se double ainsi d’une Ă©vocation trĂšs fine des situations et des climats qui portent les Ă©motions du chant.

 

 

 

GĂ©raldine Casey : coloratoure convaincant

COULEURS ET NUANCES DES MELODIES IBERIQUES

 

 

 

La soprano sait renouveler son approche stylistique en accordant un soin particulier dans la rĂ©solution de tout ce qui fait le caractĂšre primitif, suave, populaire de ce folklore authentique ainsi collectionnĂ© et sublimĂ© par chacun (effets spĂ©cifiques tels que triolets, portamenti, forte subito, cante jondo, 
 autant de rĂ©miniscences du flamenco). La coloratoure de GĂ©raldine Casey s’inscrit avec justesse et lĂ©gitimitĂ© dans le sillon de la cantatrice catalane, elle-mĂȘme coloratoure : Maria Barrientos qui a crĂ©Ă© nombre de mĂ©lodies de De Falla, Granados, Mompou. Truculence, malice, double voire triple lecture de textes Ă©quivoques
 la diva française apporte un rĂ©el piquant Ă  des chansons qui exigent une richesse d’intentions et d’intonations poĂ©tiques et expressives
. dignes de l’opĂ©ra.

Les mĂ©lodies contrastĂ©es, pleines de caractĂšres et de vivacitĂ© (De Donde venis?) d’un Rodrigo cabotin (exigeant des aigus trĂšs hauts perchĂ©s), ou avant, la bonhommie trĂšs textuelle du sublime « Iban al pinar” (plage 10)
 du barcelonais Granados (
 de Barcelone, comme Mompou et Obradors). Justement de Mompou, soulignons la profondeur (chant d’une grande pleureuse – entre berceuse et priĂšre ?) de  « Aurena do si  » dont la couleur est Ă  la fois tragique et langoureuse – proche de Elle dans La voix Humaine de Poulenc. Une vĂ©ritable scĂšne d’opĂ©ra mais en miniature.

Avec Falla prĂ©cisĂ©ment, nous tenons la clĂ© de cette musique abusivement cataloguĂ©e lĂ©gĂšre, secondaire car d’inspiration populaire. Falla permet et rĂ©alise l’anoblissement du folklorique justement grĂące Ă  l’intelligence et la sensibilitĂ© de son Ă©criture vocale et pianistique ; pas d’illustratif ni de dĂ©coratif : mais l’expression juste du sentiment et de l’intime. C’est ce qui saisit immĂ©diatement Ă  l’écoute de ses mĂ©lodies de jeunesse / canciones de Juventud (Preludios et Dios mio, Que solos se quedan los muertos!).
MĂȘme richesse et ambivalence des registres chez Mompou encore. Ainsi, peu connus, les deux volets de « Combat del Somni » : d’un calme triste et tendre ; le premier presque le plus long du recueil (3mn25) et qui suppose une intensitĂ© doloriste sans appui forcĂ©, proche du texte. MĂȘme subtilitĂ© de ton pour le second plus court (moins de 2mn : Jo et pressenta con la mar
), Ă  l’allant plus liquide, lĂ©ger qui convient idĂ©alement au timbre du soprano lĂ©ger.
Le programme se libĂšre dans un lyrisme tout aussi Ă©motionnel : « Les folles d’amour / Las locas por amor » de Turina allient ivresse, panache et couleurs, avec un dernier aigu, charnu, clair et brillant. Une Ă©criture vive et presque dĂ©lirante Ă  laquelle rĂ©pond l’agilitĂ© trĂšs Ă©vocatrice du piano (impeccable de Philippe Barbey-Lallia).

Plus rĂȘveur, mais hypersensible,  l’élĂ©gie Ă©ternelle (« ElegĂ­a eterna ») de Granados gagne en intensitĂ© grĂące Ă  l’aigu hypercristallin et vibrĂ© de la diva, comme hallucinĂ©e par sa propre voix et ses aigus perçants. Conclusion pleine d’audace et de volontĂ© diamantine, de tendresse Ă©perdue, d’émotivitĂ© poĂ©tique pour un programme qui est un voyage, Ă©crit comme un carnet de bord personnel, d’une diversitĂ© enivrante.

 

 

 

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CD, critique. GĂ©raldine Casey, soprano : ESPAÑA ! Obradors, Nin, Rodrigo, De Falla, Turina, Mompou, Granados. Philippe Barbey-Lallia, piano (1cd KLARTHE enregistrement rĂ©alisĂ© en avril 2018 – Parution : avril 2019).

ENTRETIEN AVEC
 MARIE VERMEULIN : Ă  propos des Schumann, Clara & Robert Schumann…

CLIC D'OR macaron 200ENTRETIEN AVEC
 MARIE VERMEULIN : Ă  propos des Schumann, Clara & Robert. A l’occasion de la sortie de son nouvel album dĂ©diĂ© au couple Schumann, Clara et Robert Schumann (1 cd PARARY, CLIC de classiquenews de mars 2019), la pianiste française Marie Vermeulin nourrit sa propre rĂ©flexion sur l’écriture et le sens des oeuvres pour piano de chacun des auteurs. Deux sensibilitĂ©s, lumineuses, ardentes, spĂ©cifiques
 qui plus est, complĂ©mentaires et en affinitĂ©, qui ont formĂ© de leur vivant un seul cƓur ; et sur le plan musical, continuent de composer comme les deux faces d’une mĂȘme personnalitĂ©. A partir de leurs messages secrets, dĂ©cryptables d’eux seuls, dans leur musique, la pianiste dĂ©voile les aspects d’une conversation unique, singuliĂšre
 oĂč la musique, accomplie en « formes brĂȘves », est une mystique de l’amour, le flux naturel d’une complicitĂ© Ă  deux voix. Dans cette constellation oĂč les Ɠuvres de Robert sont mieux connues, jaillit le gemme de la Romance en la mineur de Clara, dĂ©claration et confession bouleversante
 Entretien exclusif pour CLASSIQUENEWS.

 
 
 

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CLASSIQUENEWS / CNC : Quelle image avez-vous du couple SCHUMANN, humainement et artistiquement ?

Marie Vermeulin : Les Ă©crits des deux Ă©poux sont assez Ă©loquents, et rĂ©vĂšlent un couple fort et uni quelques soient les Ă©vĂšnements tragiques qu’ils aient pu traverser. Ils Ă©prouvaient l’un pour l’autre une trĂšs grande admiration et un amour solide, qui les inspiraient et nourrissaient leurs Ă©nergies crĂ©atrices. Je pense notamment Ă  cette phrase cĂ©lĂšbre de Robert Schumann : « La postĂ©ritĂ© doit nous regarder comme un seul cƓur et une seule Ăąme. »
Depuis qu’est nĂ© ce projet de disque, j’ai du mal Ă  imaginer l’un sans l’autre. Les dissocier serait finalement les amputer d’une partie d’eux-mĂȘmes. Je crois que la musique a Ă©tĂ© pour eux le lieu d’une infinitĂ© d’échanges les plus intimes, ouvrant sur un accomplissement de leur couple, encore plus intense.

 
 
 

Clara et Robert : une conversation imaginaire


 
 
 

CLASSIQUENEWS / CNC : Comment avez-vous conçu les piÚces de ce programme ? Sur quels critÚres ? Comment avez-vous réalisé les enchaßnements ?

Marie Vermeulin : On connait les messages voilĂ©s que s’adressaient constamment Clara et Robert Schumann Ă  travers la musique, et il m’est apparu intĂ©ressant de recrĂ©er une conversation imaginaire entre ces deux immenses musiciens.
J’ai sĂ©lectionnĂ© des Ɠuvres avec lesquelles j’avais eu des affinitĂ©s particuliĂšres en concert, et qui me paraissaient correspondre au propos du projet. La forme brĂšve m’a parue idĂ©ale pour souligner l’intimitĂ© de ce dialogue entre les deux Ă©poux.
Quant au choix de l’ordre des piĂšces, j’avais pensĂ© Ă  une alternance rĂ©guliĂšre, mais j’ai prĂ©fĂ©rĂ© respecter la chronologie afin d’ĂȘtre fidĂšle Ă  leur histoire, et mieux entendre les Ă©volutions de leurs langages.
Le dialogue se joue sur deux pĂ©riodes, de jeunesse d’abord, entre les SoirĂ©es musicales de Clara, dont certains Ă©lĂ©ments thĂ©matiques seront repris par Robert plus tard, et les ScĂšnes d’enfants de Robert , rĂ©ponse des plus poĂ©tiques Ă  un message de Clara : « Tu me fais parfois l’effet d’un enfant ! »
AprĂšs les premiers Ă©changes de jeunesse, le dialogue se poursuit au sein de piĂšces plus tardives, qui mettent en Ă©vidence l’évolution de leurs styles respectifs : les ScĂšnes de la forĂȘt de Robert qui, dans la forme, constituent le plus merveilleux des Ă©chos aux ScĂšnes d’enfants, augurent dĂ©jĂ  dans le fond les heures les plus sombres du compositeur. Mais l’évolution de langage est surtout remarquable dans la Romance en la mineur, composĂ©e par Clara pour Robert, vĂ©ritable chef-d’Ɠuvre de maturitĂ© qui vient ici clĂŽturer l’échange tel un adieu.

 
 
 
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CLASSIQUENEWS / CNC : Distinguez-vous des spĂ©cificitĂ©s entre l’Ă©criture de Robert et de Clara ? Des influences, des filiations entre les deux ?

Marie Vermeulin : Malgré leur proximité intellectuelle et physique, on perçoit bien deux esthétiques trÚs différentes. Le style de Clara Wieck-Schumann est assez original, se distinguant par un grand lyrisme, souvent teinté de nostalgie. On sent aussi une grande force, une autorité et une aisance naturelles, révélées tantÎt par une virtuosité affirmée, tantÎt par des modulations audacieuses.
Le langage de Robert me semble quant Ă  lui nourri par un imaginaire poĂ©tique et littĂ©raire, animĂ© de « personnages » contrastĂ©s, qu’il met en scĂšne avec une simplicitĂ© dont lui seul a le secret.
Mais chez les deux Ă©poux, on retrouve une Ă©nergie crĂ©atrice de mĂȘme nature et de mĂȘme importance, un besoin vital d’ĂȘtre tout entier dans la musique.
Les filiations et influences sont rĂ©ciproques ; ainsi, lorsque l’on Ă©coute une Ɠuvre d’un des deux compositeurs, le second n’est jamais trĂšs loin, figurant en filigrane dans la musique, par des citations, des allusions, des messages cachĂ©s

On pense souvent au couple Schumann en se reprĂ©sentant Robert en compositeur et Clara en muse pianiste. J’ai pris le parti dans ce projet de considĂ©rer les deux musiciens comme deux compositeurs pianistes, se dĂ©finissant chacun par un univers musical spĂ©cifique, mais enrichi de la proximitĂ© et de la complicitĂ© de l’autre et de la force du couple.

 
 
 

CLASSIQUENEWS / CNC : Comment caractĂ©riser le flux musical de Robert Schumann ? Entre Florestan et EusĂ©bius ? Comment l’interprĂšte rĂ©ussit-il Ă  concilier les deux directions et caractĂšres ?

Marie Vermeulin : L’Ɠuvre de Schumann est une musique de l’instant, qui se lit comme un poùme jaillissant directement de l’imaginaire du compositeur. Souvent d’ailleurs tout est dit en quelques notes, et c’est pour cette raison que la forme brùve lui va si bien.
Mais c’est toute la difficultĂ© de l’interprĂ©tation que d’entrer immĂ©diatement dans la justesse du ton, en lui donnant le cadre propice, et de savoir changer instantanĂ©ment d’ambiance et de climat.
J’ai imaginĂ© ces petites scĂšnes en essayant d’ĂȘtre Ă  la fois l’acteur qui joue la scĂšne, en se mettant dans la peau de diffĂ©rents personnages, et le metteur en scĂšne qui leur donne un cadre. Ce dĂ©doublement de personnalitĂ© est finalement assez Schumannien !

 
 
 

CLASSIQUENEWS / CNC : On sait que Clara Ă©tait une pianiste – plus cĂ©lĂšbre encore que Robert. Comment dĂ©finiriez-vous le pianisme de Clara (technique, inspiration, dĂ©veloppement formel… ?

Marie Vermeulin : On sent indĂ©niablement en jouant l’Ɠuvre de Clara Schumann que celle-ci Ă©tait pianiste, et une pianiste extrĂȘmement douĂ©e, virtuose et passionnĂ©e. On relĂšve clairement la difficultĂ© d’exĂ©cution de certains passages, des audaces dans les dĂ©placements notamment, qu’elle rĂ©ussissait sans doute Ă  jouer. Cela laisse supposer qu’elle Ă©tait dotĂ©e de grandes mains, alliĂ©es d’une souplesse et d’une agilitĂ© hors du commun.
FormĂ©e par son pĂšre, grand pĂ©dagogue qui lui inculque toutes les ressources de l’harmonie,
Clara ose dans ses compositions des accords hardis, et des modulations inattendues.
Ses Ɠuvres pianistiques de jeunesse notamment semblent s’inspirer beaucoup de Mendelssohn, et plus encore de Chopin : avec son thĂšme « rubato » Ă  trois temps, son expressivitĂ© pudique et tragique Ă  la fois, la mazurka en sol mineur des SoirĂ©es musicales pourrait mĂȘme ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un superbe hommage Ă  FrĂ©dĂ©ric Chopin.

Propos recueillis en avril 2019.

Illustrations : © William Beuacardet

 
 
   
 
 

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SCHUMANN clara cd critique review cd annonce classiquenews Paraty_219218_Vermeulin_Schumann_HM_COUVLIRE aussi notre critique du cd CLARA et ROBERT SCHUMANN par Marie Vermeulin, piano (1 cd PARATY) – CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2019. « L’acuitĂ© du propos, l’enivrement poĂ©tique, la courbure rythmique, cette passion qui coule comme une eau trĂ©pidante et nerveuse
 s’entendent ici de l’une Ă  l’autre crĂ©ateur/trice. Marie Vermeulin exploite et explore les resources expressives du piano viennois Bösendorfer 280. Le couple incarne un idĂ©al artistique et humain, malheureusement fauchĂ© par la maladie psychique de l’époux et complice  »

https://www.classiquenews.com/cd-annonce-clara-robert-schumann-marie-vermeulin-piano-1cd-paraty-2018/

 
 
   
 
 

OPERA FUOCO : Die Stumme Serenade

David Stern et Opera Fuoco Ă  ShanghaiLEVALLOIS-P. OPERA FUOCO, le 11 mai 2019 : KORNGOLD : Die Stumme Serenade, crĂ©ation française. Opera Fuoco / David Stern confirme son geste convaincant, dĂ©fricheur dans l’exhumation de purs joyaux lyriques. Une source de dĂ©couverte pour le public, un moyen concret de professionnalisation pour la troupe de jeunes tempĂ©raments coachĂ©s par David Stern, et prĂȘts Ă  relever les dĂ©fis de nouveaux ouvrages. Chanter, jouer, surtout articuler un texte : voilĂ  les ressorts d’une rĂ©ussite musicale que CLASSIQUENEWS a peu Ă  peu suivi et distinguĂ©. La compagnie OPERA FUOCO est une Ă©quipe de chanteurs et aussi un orchestre (sur instruments anciens) : deux piliers pour une relecture prometteuse des ouvrages choisis par David Stern (VOIR notre reportage dĂ©diĂ© Ă  OpĂ©ra Fuoco, de Shanghai Ă  Paris : Mozart, Haendel )
 Ce 11 mai 2019 est donc une date incontournable pour le mĂ©lomane et l’amateur de nouvelles voix comme d’ouvrages peu connus.

Dernier joyau de l’opĂ©rette viennoise
Est-ce un opĂ©ra ? Une opĂ©rette ? Ou une comĂ©die musicale ? Rien de tel : DIE STUMME SERENADE incarne un genre qui lui est propre, derniĂšres floraisons de la grande tradition de l’opĂ©rette viennoise.
Amour brĂ»lant, sĂ©rĂ©nades nocturnes, enlĂšvements, attentats Ă  la bombe et haute couture emballĂ©s dans une grande vague de musique brillante. DIE STUMME SERENADE est un joyau oubliĂ© de la riche Ɠuvre d’Erich Wolfgang Korngold. On y voit comment le roi de la mode napolitaine Andrea CoclĂ© – entourĂ© de son harem de mannequins – sacrifie tout, pour l’amour d’une femme. Une femme qui est malheureusement mariĂ©e Ă  la personne la plus influente du pays… Des bombes sont placĂ©es sous des lits et des criminels sont exposĂ©s. Et tandis que le champagne coule Ă  flot aux sons envoĂ»tants de l’orchestre, nous assistons Ă  la façon dont l’amour coĂ»te presque la tĂȘte Ă  CoclĂ©. Sera-t-il graciĂ©, ou est-ce une mort cruelle par un peloton d’exĂ©cution qui l’attend ? Quand amour et politique se croisent, quel est le victorieux


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KORNGOLD : DIE STUMME SERENADEboutonreservation
Compagnie OPERA FUOCO
Samedi 11 Mai 2019 Ă  20h30
Levallois, Salle Ravel
33, rue Gabriel PĂ©ri
92300 Levallois-Perret

MĂ©tro : Anatole France (ligne 3)
+ d’infos : informations & rĂ©servation sur le site OPERA FUOCO / David Stern
http://operafuoco.fr


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OPERA FUOCO

Atelier lyrique:
Sylvia Lombardi – Dania El Zein
Andrea Coclù – Olivier Bergeron
Louise – Julie Goussot
Margherita – Natalie Perez
Emilie – Justine Vultaggio
Pauline – Alexia Macbeth Sam – Olivier Gourdy
Caretto – Louis Roullier Premier Ministre Lugarini – Marco Angioloni

Orchestre:
Katharina Wolff – violon
Petr Ruzicka – violon
JĂ©rĂŽme Huille – violoncelle
Jean Bregnac – flĂ»te
ClĂ©ment Caratini – clarinette/saxophone
Didier Plisson – Percussions
StĂ©phane Petitjean – piano
Charlotte Gauthier – piano/cĂ©lesta
Direction – David Stern

CIE WINTERREISE
Olivier DhĂ©nin – mise en scĂšne, dramaturgie et scĂ©nographie
Anne Terrasse – lumiùre
HĂ©lĂšne Vergnes – costumes
Nina Pavlista – chorĂ©graphie
Thibaut Lunet – rĂ©gie artistique
AndrĂ© Tallon – Assistanat Ă  la mise en scĂšne
Lou Bounnaudet – Assistanat au costume & broderie
Justine Baron, Livia Jouan, HĂ©loĂŻse Fizet – atelier dĂ©cor
LĂ©a Dernet, Mathis Dondet, Florence Metzinger – atelier costume
Sandra Basso – rĂ©pĂ©titrice thĂ©Ăątre

Livre Ă©vĂ©nement, critique. COMPOSITRICES, l’égalitĂ© en acte (Ă©ditions CDMC – MF, fĂ©vrier 2019)

compositrices-egalite-en-acte-livre-critique-classiquenews-MF-actualites-musqiue-classique-opera-festivals-concerts-infos-classiqueLivre, critique. COMPOSITRICES, l’égalitĂ© en acte (Ă©ditions CDMC – MF, fĂ©vrier 2019). Elles sont cinquante-trois compositrices rassemblĂ©es dans un ouvrage qui a pour ambition de promouvoir « L’égalitĂ© en acte » (1). ReprĂ©sentant plus de vingt nationalitĂ©s, elles ont pour point commun d’exercer leur art en France. Leurs tĂ©moignages sont prĂ©cĂ©dĂ©s d’une trentaine de contributions de musicologues, historiens et journalistes, autant d’éclairages d’une trĂšs grande richesse, Ă  la mesure de la complexitĂ© du sujet. Une douzaine de ces compositrices sont venues tĂ©moigner de leur vĂ©cu, le 12 fĂ©vrier dernier, lors de la confĂ©rence de prĂ©sentation du livre, en prĂ©lude au festival PrĂ©sences de Radio-France. La Critique livre par notre rĂ©dacteur MARCEL WEISS.

Bien prĂ©sentes, comme nombre de leurs consoeurs dans l’auditoire, venues dĂ©crire un combat pour l’égalitĂ© amorcĂ© dĂšs l’aube de l’humanitĂ© ou presque, Ă  en croire Jacques Amblard, de la mythique Sappho de Lesbos Ă  Kaija Saariaho, atteignant enfin – de son vivant – une reconnaissance planĂ©taire. Une « conquĂȘte en dents de scie », rĂ©sume-t-il, rappelant le propos ironique de Virginia Woolf en 1929 : « Monsieur, une femme qui compose est semblable Ă  un chien qui marche sur les pattes de derriĂšre. Ce qu’il fait n’est pas bien fait. Mais vous ĂȘtes surpris de le voir faire ».
Au hasard de ce parcours, l’on croise Hildegarde de Bingen, Francesca Caccini, Barbara Strozzi, Elisabeth Jacquet de La Guerre, Fanny Mendelssohn, Clara Schumann, Augusta HolmĂšs, Lily Boulanger, etc. Encore a-t-il fallu, comme le souligne Jacques Amblard, que s‘exercent des protections familiales ou sociales, pour qu’elles soient reconnues mĂ©diatiquement.

OĂč sont les compositrices ? »

Etape emblĂ©matique de cette tardive reconnaissance, le premier Prix de Rome, obtenu en 1904 par HĂ©lĂšne Fleury-Roy, au terme de dĂ©bats houleux, comme nous le rappelle Florence Launay, auteure en 2006 d’une thĂšse fondamentale sur « Les Compositrices en France au XIXe siĂšcle » (2). Un demi-siĂšcle aprĂšs l’admission en 1850 des femmes dans les classes de composition du Conservatoire de Paris, censĂ© prĂŽner la mixitĂ© depuis sa crĂ©ation en 1795. SiĂšcle d’une relative floraison de compositrices, selon Florence Launay, le XIXe siĂšcle voit accĂ©der Ă  un statut professionnel une vingtaine d’entre-elles, de Pauline Viardot aux sƓurs Boulanger. Les chefs des sociĂ©tĂ©s de concert parisiennes n’hĂ©sitent pas Ă  programmer les Ɠuvres de femmes, de CĂ©cile Chaminade Ă  Augusta HolmĂšs et Henriette ReniĂ©. Les critiques contemporains soulignent volontiers la qualitĂ© des Ɠuvres jouĂ©es, mĂȘme si de temps en temps Ă©mergent encore des apartĂ©s sexistes, comme chez cet auteur de La France musicale Ă  propos de Louise Farrenc : « Il est rare de trouver chez une femme autant de vigueur et d’intelligence dans la combinaison des effets. » Et pourtant, la qualitĂ© des Ɠuvres de ces dames pĂšsera de peu de poids dans le jugement des musicologues fin-de-siĂšcle, entiĂšrement vouĂ©s au culte des gĂ©nies romantiques, forcĂ©ment masculins. D’oĂč l’occultation dans l’histoire de la musique des compositrices, dĂ©noncĂ©e par Florence Launay.
Mais comment les appeler, ces « professionnelles de la double-croche » comme les dĂ©signait avec dĂ©dain un chroniqueur du XIXe siĂšcle ? Il faut attendre 1847, rappelle David Christoffel, pour qu’un musicologue, Adrien de La Fage, suggĂšre de remplacer l’appellation dĂ©valorisante de femme compositeur par compositrice ; un titre repris avec rĂ©ticence et le plus souvent encore placĂ© entre guillemets jusqu’à la fin du XIXe siĂšcle, et encore contestĂ© dans les annĂ©es 1970, jugĂ© mĂȘme laid, Ă  en croire MichĂšle Reverdy qui prĂ©fĂ©rait pour sa part proclamer : « Je suis compositeur ». VolontĂ© Ă©galement d’ĂȘtre
reconnues comme des compositeurs Ă  part entiĂšre et non comme des amateurs juste capables d’écrire des « Ɠuvres de femmes ».
Au-delĂ  de l’interrogation sur l’appellation idĂ©ale, la question du statut des compositrices constitue le thĂšme essentiel de l’ouvrage. « OĂč sont les femmes ? » titrait une brochure de la SACD, rassemblant de 2012 Ă  2016 les donnĂ©es sur la paritĂ© entre crĂ©ateurs et crĂ©atrices. Une Ă©galitĂ© entre hommes et femmes consacrĂ©e Grande cause nationale pour le quinquennat 2017-2022. Aujourd’hui, les compositrices ne reprĂ©sentent que 10% de la profession et leurs Ɠuvres atteignent Ă  peine 1% des programmations musicales. David Verdier dresse le constat de leur sous-reprĂ©sentation dans le secteur musical, en tant qu’interprĂštes et plus encore dans les postes de direction. Significative Ă©galement, la prĂ©sence encore trop discrĂšte, en termes de candidatures, des compositrices dans les commandes musicales d’Etat : de 11% ces vingt derniĂšres annĂ©es, le taux n’est passĂ© qu’à 16% entre 2015 et 2017, malgrĂ© un pourcentage encourageant de 45% de commandes obtenues. 

La surreprĂ©sentation fĂ©minine dans les catĂ©gories « installation sonore » et « Ă©lectroacoustique » – 13% des commandes, alors que la moyenne globale est de 6% – est le reflet de l’engouement des compositrices pour un nouveau territoire explorĂ© dans les premiers studios de musique concrĂšte, une terra incognita, selon l’expression de MichĂšle Tosi, leur permettant « de concevoir la musique dĂ©livrĂ©e du poids de la tradition et des codes culturels qui la rĂ©gissent ».

Dans le prĂ©cĂ©dent opus du CDMC – « 40 ans de crĂ©ation musicale » (3) – Betsy Jolas constatait qu’elle Ă©tait le seul compositeur Ă  ne pas voir mentionnĂ©e en 1966 dans un programme du Domaine musical sa date de naissance
 Signe des temps, c’est chose faite dans ce livre, comme pour toutes les autres. Plus que des biographies, ces cinquante-trois portraits de musiciennes s’attachent Ă  dĂ©crire leur univers artistique, singulier, et proprement inouĂŻ. Il n’y est jamais question de militantisme, et pourtant l’on perçoit dans chacun de ces parcours un combat opiniĂątre pour prendre sa place dans le monde de la musique contemporaine. Comme l’affirme Clara Iannotta, forte de sa double expĂ©rience de compositrice et de directrice de festival, « Ce n’est pas aux femmes compositrices de militer pour trouver leur place, ce sont les directeurs d’institutions qui doivent faire leur travail un peu plus sĂ©rieusement ! »
Des compositrices et des musicologues ont pourtant relevĂ© ce dĂ©fi en crĂ©ant en 2013 l’association Plurielles 34, prĂ©sidĂ©e par Sophie Lacaze, attachĂ©e Ă  veiller Ă  la promotion de la crĂ©ation fĂ©minine. Notamment dans tous les secteurs oĂč – pour reprendre l’expression de BĂ©atrice Thiriet – « les femmes sont considĂ©rĂ©es comme des invisibles », celui de la musique de film dans son cas, celui des musiques improvisĂ©es et du jazz pour JoĂ«lle LĂ©andre, et quasiment pour toutes les mondes de la composition – pour preuve, la raretĂ© des classes tenues par des femmes – et de la musique contemporaine. « J’ai appris dans mes annĂ©es de conservatoire que seuls les hommes devenaient compositeurs » se remĂ©more AgnĂšs Poisson qui, comme une vingtaine des compositrices prĂ©sentĂ©es dans ce livre, a choisi la musique concrĂšte et l’électroacoustique comme l’espace de crĂ©ation idĂ©al oĂč travailler le matĂ©riau son directement, sans intermĂ©diaire, un espace devenu la chambre Ă  soi chĂšre Ă  Virginia Woolf, oĂč l’on devient enfin « maitre de son temps », se fĂ©licite Annette Vande Gorne.
Une maitrise toute relative lorsque l’on choisit de mener de front carriĂšre professionnelle et vie familiale. Betsy Jolas se souvient de ses dĂ©buts oĂč il fallait essayer
d’ĂȘtre « tout Ă  la fois Ă©pouse, mĂšre et compositeur, et chose plus difficile encore Ă  l’époque, femme-compositeur ».

CLIC D'OR macaron 200Etre une femme et composer : dans un mĂ©moire de fin d’études, Pascale Lazarus assumait pleinement cette double identitĂ©, avec toutes ses contradictions, en dĂ©clarant que « crĂ©er, c’est tricoter son ĂȘtre ». Avec la volontĂ© d’affirmer sa personnalitĂ© et sa fĂ©minitĂ© « en passant outre la censure imposĂ©e par le stĂ©rĂ©otype », qui oblige Ă  masquer tout signe de fĂ©minitĂ© pour dĂ©fendre chaque projet : « Plus que la compositrice, ce sont les signes de la fĂ©minitĂ© qu’il faut camoufler ». Pour Diana Soh, forte de sa double identitĂ© de mĂšre et compositrice, chaque note est une victoire : « J’ai besoin d’exister, et j’existe parce qu’il y a une note sur la page ».
Une identitĂ© duelle, vĂ©cue comme une force crĂ©atrice et non comme un handicap. Ambroise Thomas, dĂ©jĂ , disait de CĂ©cile Chaminade : « Ce n’est pas une femme qui a composĂ©, mais un compositeur qui est femme. » Comme un Ă©cho, Donatoni, un siĂšcle plus tard, dĂ©clare, au vu des premiĂšres compositions de Lara Morciano : « Tu n’écris pas une musique de femme ». Des compliments pour le moins ambigus, pour peu que l’on essaye de les transposer dans un mode masculin. Le chemin vers l’égalitĂ© est encore long. Marcel WEISS.

 

 

 

 

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(1) Compositrices, l’égalitĂ© en acte. Centre de documentation de la musique contemporaine. Editions MF, collection Paroles. 2019

(2) Publiée sous le titre Les compositrices en France : XIXe-XXe siÚcles. Editions Fayard, 2006

(3) La mémoire en acte. Quarante ans de création musicale. CDMC/Editions MF. 2017

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Livre Ă©vĂ©nement, critique. COMPOSITRICES, l’égalitĂ© en acte (Ă©ditions MF, fĂ©vrier 2019). Parution le 12 fĂ©vrier 2019 – 488 pages. Ouvrage collectif / CLIC de CLASSIQUENEWS

LIRE aussi notre annonce du livre L’égalitĂ© en actes / CDMC
http://www.classiquenews.com/livre-annonce-compositrices-legalite-en-acte-editions-mf-fevrier-2019/

COMPTE RENDU, opĂ©ra. VENISE, La Fenice, nov 2013. MEYERBEER : L’Africaine, Kunde, Vuillaume

fenice-africana vuillaume pratt kunde critique opera review opera concert classiquenewsCOMPTE RENDU, opĂ©ra. VENISE, La Fenice, nov 2013. MEYERBEER : L’Africaine, Kunde, Vuillaume. VENISE, NOVEMBRE 2013. AprĂšs Les Huguenots, – tragĂ©die sur l’intolĂ©rance humaine, la barbarie des fanatiques, Scribe et Meyerbeer s’attĂšlent Ă  leur nouvel opĂ©ra en 1837, sur le thĂšme de l’étrangĂšre, Ă  partir de la figure historique et exotique de Vasco de Gama. Les auteurs ciblent en particulier la dĂ©couverte du Nouveau Monde puis son exploitation mĂ©thodique par les colons europĂ©ens. Le sujet est mordant, la mise en forme, ambitieuse
 Le compositeur n’oublie pas l’alibi de la violence dominatrice, son corolaire religieux, puisque Ă  travers l’Inquisiteur, c’est le fanatisme qui est bien Ă©pinglĂ© aussi. Meyerbeer devra patienter cependant, tentĂ© par d’autres ouvrages prĂ©alables qui passent par le genre « comique » et lĂ©ger : L’Etoile du Nord et Dinorah. Puis Scribe meurt en 1861, et lui-mĂȘme dĂ©cĂšde en 1864 quand la partition de L’Africaine est achevĂ©e et mise en rĂ©pĂ©titions. Les coupures et refondations que le compositeur savait orchestrer n’ont pas lieu : il nous lĂšgue une version plus que complĂšte, parfois indigeste, dans laquelle tous les chefs peuvent opĂ©rer des tailles salvatrices. Car la crĂ©ation en 1865 – l’annĂ©e de la crĂ©ation de Tristan de Wagner, c’est FĂ©tis qui a rĂ©agencĂ© l’Ɠuvre de Meyerbeer, sans guĂšre d’unitĂ©, quitte Ă  la rendre justement trop copieuse.
Emmanuel Villaume tout en raccourcissant, a prĂ©servĂ© le souffle vital de l’orchestre, acteur du drame : l’ouverture et les prĂ©ludes des actes III et IV en tĂ©moignent. Ailleurs, l’activitĂ© permanente du chant symphonique honore la rĂ©putation de Meyerbeer et l’on comprend que le symphoniste Wagner, ait tant admirĂ© l’allure des opĂ©ras de Giacomo (fĂ»t-il juif.
). Quand on sait l’antisĂ©mitisme du compositeur, l’adoration n’est pas neutre. Mais Wagner n’en est pas Ă  sa premiĂšre contradiction, adulant et dĂ©fendant le chef crĂ©ateur de Parsifal, lui aussi juif, Hermann LĂ©vi (1882). De fait, il faut un vrai chef capable d’éclairer les couleurs de la partition qui brille par son orchestration raffinĂ©e.

Dans cette version Ă©dulcorĂ©e, repensĂ©e par le chef, on peut aisĂ©ment mesurer le gĂ©nie de Meyerbeer, puissant crĂ©ateur dans le genre du grand opĂ©ra Ă  la française, oĂč Ă  un quatuor vocal solide, rĂ©pond la fougue murmurĂ©e, rugissante de l’orchestre, la part lĂ©onine des chƓurs omniprĂ©sents (chƓur des femmes du III)
 Ainsi l’acte III cumule les effets des plus contrastĂ©s tel un catalogue de rebondissements Ă©clectiques (priĂšre des marins, tempĂȘte, guerre maritime, enfin
 massacre).

La Fenice peut s’enorgueillir de prĂ©senter telle lecture du dernier sommet lyrique de Meyerbeer quand Paris hĂ©site Ă  le produire malgrĂ© des possibilitĂ©s 
 solides. PrĂ©fĂ©rant Verdi et Puccini aux joyaux du patrimoine romantique et français.

Le Nelusko de Angelo Veccia est trĂšs crĂ©dible, vocalement agile, dramatiquement intelligent : le geste est entier et la voix sombre. InĂšs voit son profil de victime, ciselĂ© par Jessica Pratt, au timbre charnu et aux aigus jamais contraints. Selika, elle aussi Ă©prise de Gama, trouve en Veronica Simeoni, une personnalitĂ© de poids, elle aussi, en rien, dĂ©contenancĂ©e par les milles rudesses et Ă©preuves qu’infligent sa partition : sa nature est loyale et dĂ©terminĂ©e jusqu’à son sacrifice final. Car il y faut de la souplesse expressive dans l’aigu comme dans le grave
 En Vasco de Gama, Gregory Kunde sĂ©duit par la franchise et la sincĂ©ritĂ© d’une voix Ă  prĂ©sent mĂ»re mais qui a conservĂ© son impact et son intensitĂ©, une clartĂ© qui sert l’intonation et l’articulation.

Meyerbeer a conçu un grand spectacle sans sacrifier les voix ni la crĂ©dibilitĂ© des situations (le grand septuor de l’acte II, ;le duo de Vasco et Selika au IV, empruntĂ© Ă  celui de Valentine / Raoul des Huguenots ; berceuse de SĂ©lika ; « Ô Paradis » de Vasco, 
). Cette Afrique a tout de l’Inde : dont les rives furent rejointes par l’explorateur Vasco de Gama. Las, sur scĂšne, on regrette une confusion qui gĂȘne l’éclat des profils (superbes, affrontĂ©s comme la confrontation des deux hĂ©roĂŻnes rivales Ă  l’acte V), la pertinence des thĂ©matiques dĂ©noncĂ©es par les auteurs. MalgrĂ© son titre, l’action se dĂ©roule dans une contrĂ©e aux vagues rĂ©fĂ©rences hindouistes (ces « africains » adorent Brahma). Une meilleure attention aux Ă©quilibres entre tableaux collectifs et priĂšres ou impuissances individuelles eĂ»t Ă©tĂ© profitable. NĂ©anmoins, l’expĂ©rience tentĂ©e par La Fenice rend justice Ă  un opĂ©ra parmi les plus saisissants et touchants de Meyerbeer : les interludes avec projection vidĂ©o d’images affligeante du colonialisme esclavagiste tĂ©moigne de la rĂ©alitĂ© barbare Ă  l’époque de Gama, car Meyerbeer, tout pompeux qu’il soit, n’en a pas perdu son sens militant et humaniste. Reste qu’une version rĂ©visĂ©e, Ă©quilibrĂ©e est toujours Ă  prĂ©senter. Cette production vĂ©nitienne offre une belle fondation Ă  ce travail futur. Repris Ă  Paris ? – oĂč l’Africaine n’a pas Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e depuis 1902. A voir indiscutablement.

 

 

 

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COMPTE RENDU, opĂ©ra. VENISE, La Fenice, nov 2013. MEYERBEER : L’Africaine, Kunde, Vuillaume.

Giacomo Meyerbeer : L’Africaine
OpĂ©ra en cinq actes, livret d’EugĂšne Scribe
Création posthume, à Paris, salle Le Pelletier, le 28 avril 1865
Nouvelle production de la Fondation Teatro La Fenice
Pour le 150Ăš anniversaire de la mort de Giacomo Meyerbeer

Emmanuel Villaume, direction
Mise en scĂšne : Leo Muscato

Ines : Jessica Pratt
Vasco de Gama : Gregory Kunde
Nelusko : Angelo Veccia
Selika : Veronica Simeoni
Le Grand PrĂȘtre de Brahma : Ruben Amoretti
Don Pedro : Luca Dall’Amico
Don Diego : Davide Ruberti

Orchestre et chƓur du ThĂ©Ăątre de La Fenice
Chef du chƓur : Claudio Marino Moretti
Filmé en novembre 2013.

VIDEO, TEASER CD événement. QUATUOR OPUS 333 : SUSPIROS DE ESPANA (1 cd Klarthe)

opus 333 sospiros de espana cd presentation critique classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, annonce. QUATUOR OPUS 333 : SUSPIROS DE ESPANA (1 cd Klarthe). VoilĂ  dĂ©jĂ  10 ans que les quatre instrumentistes d’OPUS 333 enrichissent toujours et encore leur rĂ©pertoire, taillĂ© sur mesure, Ă  force de transcriptions et arrangements d’une exceptionnelle expressivitĂ©. Jouer quatre instruments identiques (tubas ou saxhorns), n’est pas sans poser de sĂ©rieux dĂ©fis techniques et sonores : mais la cohĂ©rence de la dĂ©marche, l’entente complice de chacun, la personnalitĂ© aussi de chaque interprĂšte rĂ©ussissent ce nouvel album entiĂšrement dĂ©diĂ© Ă  l’Espagne, celle colorĂ©e et scintillante de Albeniz et Granados, sans omettre Falla, aux cĂŽtĂ©s du plus hispaniques des Français (qui ne mit jamais les pieds en terres ibĂ©riques) : Bizet.

Opus 333 dĂ©montre qu’il est possible de rĂ©Ă©couter des standards musicaux que l’on croyait connaĂźtre grĂące Ă  un jeu ciselĂ©, … Ă  l’écoute et aux jeux dialoguĂ©s en partage. Et le ton est donnĂ© dans le titre mĂȘme : « Sospiros de España » / CLIC D'OR macaron 200soupirs d’Espagne : d’aprĂšs Alonso, la piĂšce maĂźtresse de cette nouvelle collection d’arrangements cultive en une ambivalence captivante, la volutpĂ© oublieuse et mĂ©lancolique et le panache racĂ© le plus assumĂ©. Somptueuse audace artistique, dĂ©fendue par quatre tempĂ©raments musiciens. CD Ă©vĂ©nement. CLIC de CLASIQUENEWS de mars 2019. Grande critique Ă  venir dans la mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS.

 

 

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VISITEZ aussi le site du QUATUOR OPUS 333, 4 saxhornistes – fondĂ© en 2009
http://www.opus333.com

 

 

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VISITEZ AUSSI le site du label KLARTHE records, reconnu par CLASSIQUENEWS par sa dĂ©marche exemplaire comme tremplin des jeunes solistes audacieux, des formations françaises…
http://www.klarthe.com/index.php/fr/enregistrements/suspiros-de-españa-detail

 

 

CD, critique. BERLIOZ : Harold en Italie / Les Nuits d’étĂ© (Zimmermann, Degout, Les SiĂšcles / FX Roth – 1 cd Harmonia Mundi, 2018).

BERLIOZ nuits d ete harold en itlaie les siecles roth zimmermann cd review critique cd par classiquenews musique classique news clic de classiquenews 3149020936825CD, critique. BERLIOZ : Harold en Italie / Les Nuits d’étĂ© (Zimmermann, Degout, Les SiĂšcles / FX Roth – 1 cd Harmonia Mundi, 2018). D’emblĂ©e, s’impose Ă  nous, le souffle Ă  l’échelle du cosmique, exprimant ce grand dĂ©sir de Berlioz de faire corps et de communiquer avec une surrĂ©alitĂ© spectaculaire, Ă  la mesure de sa quĂȘte idĂ©aliste. De telle vision conduisent l’orchestre en un parcours expĂ©rimental que le collectif sur instruments anciens, Les SiĂšcles concrĂ©tise avec une rigueur instrumentale bĂ©nĂ©fique ; l’attention et la prĂ©cision continue du chef fondateur François Xavier Roth font merveille dans une partition inclassable : poĂšme symphonique et concerto pour alto, opĂ©ra pour instrument : chaque mesure soliste est ciselĂ©e, creusĂ©e, habitĂ©e ; chaque couleur harmonique intensifiĂ©e
 en un cycle de visions superlatives qui placent d’abord le geste instrumental au cƓur d’une vaste dramaturgie orchestrale.
Dans le I d’Harold (« aux montagnes : mĂ©lancolie, bonheur et joie »), le hĂ©ros / alto s’alanguit, s’enivre, affirmant Ă  l’orchestre prĂȘt Ă  le suivre, ses Ă©lans, ses dĂ©sirs, sa profonde nostalgie (l’Italie reste malgrĂ© un contexte mĂ©dicĂ©en difficile pour Hector,jeune pensionnaire de la villa Medicis Ă  Rome, la source finale d’un grand bonheur artistique). Le premier mouvement du cycle orchestral nuance cet Ă©tat d’enivrement personnel et un rien narcissique, auquel la vitlalitĂ© fruitĂ©e de l’orchestre d’instruments d’époque, apporte un soutien palpitant et mĂȘme Ă©lectrisĂ©e (bien dans la mouvance de l’euphorie rĂ©volutionnaire de la Fantastique).
Tout ce premier tableau exprime la facilitĂ© du hĂ©ros (Hector lui-mĂȘme) Ă  s’enivrer de son propre dĂ©sir et de son propre rĂȘve, de maniĂšre Ă©chevelĂ©e et Ă©perdue. La fusion sonore entre la soliste (Tabea Zimmermann, qui ne tire jamais la couverture Ă  elle) et de l’orchestre est jubilatoire ; offrant cette extase instrumentale millĂ©mĂ©trĂ©e, emblĂšme captivant du gĂ©nie berliozien, divin orchestrateur, alchimiste des couleurs.

Harold captivant, suractif


150 ans de la mort de BERLIOZLe II permet l’apaisement aprĂšs la premiĂšre dĂ©charge collective : marquĂ© par la marche des pĂšlerins dans cette mĂȘme campagne italienne, Berlioz en capte la douce et pĂ©nĂ©trante sĂ©rĂ©nitĂ© crĂ©pusculaire : la sobriĂ©tĂ©, le naturel font la saveur de cette « pause » qui berce par le chant orchestral en bĂ©atitude, sur lequel l’alto Ă©tire ses longues caresses rassĂ©rĂ©nĂ©es, comme l’écho aux accents des cors enveloppants. Roth respecte Ă  la lettre l’indication « allegretto », allant, lĂ©ger, veillant Ă  la transparence malgrĂ© le chant instrumental lĂ  encore d’une grande richesse. L’alto bercĂ©, s’hypnotise, s’enivre dans la paix murmurĂ©e : lĂ  encore louons l’intonation trĂšs juste et fonciĂšrement poĂ©tique de Tabea Zimmermann.Soliste et chef adoptent de concert et en complicitĂ© un tempo de marche noble et tranquille, Ă  l’énoncĂ© final arachnĂ©en d’une finesse irrĂ©sistible.
La voluptĂ© du dĂ©sir amoureux n’est jamais loin chez Berlioz : en tĂ©moigne l’épisode III : la SĂ©rĂ©nade d’un montagnard des Abruzzes
 lui aussi languissant, dans le dĂ©sir et donc l’attente (pas la frustration) : le caractĂšre rustique se dĂ©ploie dans le frottement des timbres d’époque, en un Ă©lan plein d’espoir (et de promesses pour l’amoureux Ă©perdu ?) : bavard, assez terne dans l’écriture, le tableau pourrait ĂȘtre le moins intĂ©ressant : c’était oubliĂ© l’hyperactivitĂ© des instruments dont on loue encore l’équilibre sonore.
Mordant, le geste de Roth Ă©claire comme jamais la langueur plus incisive et presque douloureuse de l’orgie de brigands, dont l’énoncĂ© premier sera rĂ©utilisĂ© dans le Requiem
 de plus en plus syncopĂ©, le flux se fait nerveux, idĂ©alement profilĂ©, jusqu’à la transe collective qui Ă©voque son opĂ©ra Benvenuto Cellini et tant d’évocations italiennes ; cette orgie confine au cauchemar dans ses Ă -coups trĂ©pidants, Ă©lectriques ; ses rĂ©surgences symphoniques Ă  la coupe shakespearienne. Brillant, mordant, incisif, d’une finesse permanente, l’orchestre fait mouche dans ce festival de couleurs et d’accents symphoniques.


 mais tristes Nuits

On reste moins convaincus par Les Nuits d’étĂ© dans la version pour baryton qu’en offre StĂ©phane Degout : l’émission manque de naturel, vibrĂ©e, comme maniĂ©rĂ©e (la ligne vocale manque d’équilibre et de continuitĂ©, avec des aigus Ă©trangement couverts mais nasalisĂ©s, des fins de phrases effilochĂ©es, dĂ©timbrĂ©es
), et dans une prise de son surprenante, qui semble superposer la voix SUR l’orchestre, plutĂŽt comme fusionnĂ© avec lui. Pourtant, Les SiĂšcles dĂ©voilent lĂ  encore, une suractivitĂ© instrumentale rĂ©jouissante, faisant de ses Nuits d’étĂ©, un voyage d’extase, de ravissement, de plĂ©nitude sensoriel, d’une tension inouĂŻe.
Pourtant le choix d’un chanteur masculin s’avĂšre juste dans l’énoncĂ© des poĂšmes, renforçant l’impression de prise Ă  tĂ©moins du public (« Ma belle est morte » / Lamento, « Sur les lagunes » ; »Reviens, reviens ma bien aimĂ©e », dans « Absence » ; L’üle inconnue
). Avec un autre soliste plus simple dans le style et l’articulation du français, nous tenions lĂ  une version superlative.
Nos rĂ©serves s’agissant des Nuits d’étĂ© ne retire rien Ă  l’excellente lecture d’Harold dont la texture instrumentale et la rĂ©alisation expressive produisent une lecture de rĂ©fĂ©rence : voilĂ  qui atteste l’apport indiscutable des instruments d’époque dans le rĂ©pertoire berliozien, et l’on s’étonne que toujours aujourd’hui, prĂ©domine la tenue plus brumeuse et moins caractĂ©risĂ©e des orchestres modernes pour Hector comme pour le romantisme français en gĂ©nĂ©ral.

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CLIC_macaron_20dec13CD, Ă©vĂ©nement critique. BERLIOZ : Harold (soliste : Tabea Zimmermann, alto), Nuits d’étĂ© (soliste : StĂ©phane Degout) – (Les SiĂšcles, François-Xavier Roth – 1 cd HM Harmonia Mundi). Enregistrements rĂ©alisĂ©s en aoĂ»t 2018 (Les Nuits d’étĂ©, Alfortville) et mars 2018 (Paris, Philharmonie).

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APPROFONDIR

LIRE AUSSI notre grand dossier HECTOR BERLIOZ 2019 :

BERLIOZ 2019 : dossier pour les 150 ans de la mort

berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsBERLIOZ 2019 : les 150 ans de la mort. 2019 marque les 150 ans de la mort du plus grand compositeur romantique français (avec l’écrivain Hugo et le peintre Delacroix) : Hector Berlioz. PrĂ©cisĂ©ment le 8 mars prochain (il est dĂ©cĂ©dĂ© Ă  Paris, le 8 mars 1869). Triste anniversaire qui comme ceux de 2018, pour Gounod ou Debussy, ne lĂšve pas le voile sur des incomprĂ©hensions ou des mĂ©connaissances mais les augmentent en rĂ©alitĂ© ; car les cĂ©lĂ©brations souvent autoproclamĂ©es et pompeuses, n’apportent que peu d’avancĂ©es pour une juste et meilleure connaissance des intĂ©ressĂ©s. Qu’ont prĂ©cisĂ©ment apportĂ© en 2018, les anniversaires Gounod et Debussy ? Peu de choses en vĂ©ritĂ©, sauf venant de la province, soit disant culturellement plus pauvre et moins active que Paris : voyez Le PhilĂ©mon et Baucis, joyau lyrique du jeune Gounod rĂ©vĂ©lĂ© par l’OpĂ©ra de Tours / fev 2018 ; et le PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy dĂ©sormais lĂ©gendaire du regettĂ© Jean-Claude Malgoire Ă  Tourcoing / mars 2018
 LIRE notre grand dossier Hector Berlioz 2019

 

 

CD événement, annonce. QUATUOR OPUS 333 : SUSPIROS DE ESPANA (1 cd Klarthe)

opus 333 sospiros de espana cd presentation critique classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, annonce. QUATUOR OPUS 333 : SUSPIROS DE ESPANA (1 cd Klarthe). VoilĂ  dĂ©jĂ  10 ans que les quatre instrumentistes d’OPUS 333 enrichissent toujours et encore leur rĂ©pertoire, taillĂ© sur mesure, Ă  force de transcriptions et arrangements d’une exceptionnelle expressivitĂ©. Jouer quatre instruments identiques (tubas ou saxhorns), n’est pas sans poser de sĂ©rieux dĂ©fis techniques et sonores : mais la cohĂ©rence de la dĂ©marche, l’entente complice de chacun, la personnalitĂ© aussi de chaque interprĂšte rĂ©ussissent ce nouvel album entiĂšrement dĂ©diĂ© Ă  l’Espagne, celle colorĂ©e et scintillante de Albeniz et Granados, sans omettre Falla, aux cĂŽtĂ©s du plus hispaniques des Français (qui ne mit jamais les pieds en terres ibĂ©riques) : Bizet.

Opus 333 dĂ©montre qu’il est possible de rĂ©Ă©couter des standards musicaux que l’on croyait connaĂźtre grĂące Ă  un jeu ciselĂ©, … Ă  l’écoute et aux jeux dialoguĂ©s en partage. Et le ton est donnĂ© dans le titre mĂȘme : « Sospiros de España » / CLIC D'OR macaron 200soupirs d’Espagne : d’aprĂšs Alonso, la piĂšce maĂźtresse de cette nouvelle collection d’arrangements cultive en une ambivalence captivante, la volutpĂ© oublieuse et mĂ©lancolique et le panache racĂ© le plus assumĂ©. Somptueuse audace artistique, dĂ©fendue par quatre tempĂ©raments musiciens. CD Ă©vĂ©nement. CLIC de CLASIQUENEWS de mars 2019. Grande critique Ă  venir dans la mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS.

 

 

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http://www.opus333.com

 

 

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Operavision : PONCHIELLI, La Gioconda (Bruxelles, La Monnaie, 2019)

gioconda-joconde-vinci-ponchielli-opera-annonce-critique-opera-classiquenewsINTERNET. OPERAVISION : Jusqu’au 11 aoĂ»t 2019. PONCHIELLI, La Gioconda. Intrigues en sous main, complots et rivalitĂ©s, La Gioconda (qui aurait pu donner son nom au portrait de Leonardo da Vinci) souligne le sens de l’honneur et du sacrifice d’une jeune femme harcelĂ©e et torturĂ©e qui Ɠuvre pour sauver et l’homme qu’elle aime (Enzo Grimaldo), et la femme que ce dernier affectionne (Laura Adorno. Dans la Venise baroque (du XVIIĂš), son sacrifice est double, et son humilitĂ© gĂ©nĂ©reuse, admirable. Le rĂŽle titre est Ă©crit pour un grand soprano lyrique et dramatique, angĂ©lique et aussi d’une couleur tragique, souvent hallucinĂ©e. Pilier et guide pour sa mĂšre aveugle (La Cieca, contralto), Gioconda est convoitĂ©e par l’infect Barnaba (espion de l’Inquisition, baryton). Ce dernier ne cesse de manipuler, sĂ©duire, tromper pour possĂ©der le corps de sa proie
 Mais aprĂšs bien des pĂ©ripĂ©ties, La Gioconda parviendra Ă  lui Ă©chapper (en se suicidant) tout en apprenant alors qu’elle expire, que le dit Barbnaba a fait noyer sa mĂšre aveugle
 A la grandeur morale de l’hĂ©roĂŻne, rĂ©pond la terreur et le diabolisme imaginĂ© par Ponchielli et Boito.

D’aprĂšs « Angelo, tyran de Padoue » Victor Hugo, Ponchielli (et son librettiste d’alors : Boito) suit en 1876, les traces de Verdi, lui-mĂȘme inspirĂ© d’ »Ernani » ou du « Roi S’amuse » (pour Rigoletto) ; les compositeurs italiens ont su transposer sans l’attĂ©nuer, la fibre dramatique, parfois cynique et glaçante du thĂ©Ăątre hugolien. Ainsi La Gioconda de Pochielli assure Ă  son auteur, un succĂšs planĂ©taire, jamais dĂ©menti depuis, Ă  l’époque oĂč Verdi Ă©blouit lui aussi la scĂšne romantique italienne, auteur de Aida (1871) et Otello (1887, livret du mĂȘme Boito). La version finale est crĂ©Ă©e en 1880 Ă  La Scala de Milan ; reprise dĂšs dĂ©cembre 1883 au Metropolitan Opera qui lui offre ainsi sa crĂ©ation amĂ©ricaine.

Concevant son drame lyrique pour 6 protagonistes qui sont autant de chanteurs solistes aguerris, Ponchielli renforce l’intensitĂ© du drame tragique (ici l’hĂ©roĂŻne sacrificielle paie de sa mort son sens, forcĂ©ment fatal, d’une indĂ©fectible loyautĂ©). Olivier Py met en scĂšne Ă  Bruxelles, le sommet de l’opĂ©ra dit « vĂ©riste », fort par sa dĂ©clamation proche du thĂ©Ăątre, que renforce la conception de l’action trĂšs intimiste ; mais oĂč les tableaux collectifs citent constamment l’admiration de Ponchielli pour le grand opĂ©ra français (ballet des heures de l’acte III dit « La Ca d’oro »). Histoire de mieux Ă©touffer et martyriser le profil de l’hĂ©roĂŻne confrontĂ©e Ă  un destin collectif qui la dĂ©passe totalement. Le drame se dĂ©roule Ă  Venise, fait rire les masques en grimaces quasi sataniques (selon les actes sadiques du barbares Barnaba) en un palais souterrain quasi innondé  six protagonistes sont dirigĂ©s par maestro Paolo Carignani : BĂ©atrice Uria-Monzon (La Gioconda), Ning Liang (La Cieca), Silvia Tro SantafĂš (Laura), Stefano La Colla (Enzo), Franco Vassallo (Barnaba), Jean Teitgen (Alvise).
INTERNET / Operavision : En direct, Mardi 12 février, 19h PONCHIELLI, La Gioconda. Bruxelles, La Monnaie.

 

 

 

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OPERAVISION
https://operavision.eu/fr
Visionnable jusqu’au 11 aoĂ»t 2019
https://operavision.eu/fr/bibliotheque/spectacles/operas/la-gioconda

 

 

 

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CD, critique. OFFENBACH : Concerto militaire (Edgar Moreau, 1 cd Erato, 2017)

edgar moreau violoncelle concerto OFFENBACH cd erato offenabch 2019 clic de classiquenews critique cd concerto actualite musique classique classiquenews j63fladcb5xyc_600CD, critique. OFFENBACH : Concerto militaire (Edgar Moreau, 1 cd Erato, 2017). il joue de la soie de son foulard Ă©charpe en couverture comme son chant au violoncelle est souple, fin, d’une exceptionnelle Ă©lĂ©gance. Le jeune violoncelliste Edgar Moreau Ă©blouit littĂ©ralement par son naturel et sa musicalitĂ©. Quelle belle rĂ©vĂ©lation que ce Concerto “militaire” pour violoncelle en sol majeur (composĂ© en 1847 par un Offenbach, ĂągĂ© de 28 ans), auquel le jeune concertiste soliste sait prĂ©server l’éloquence en diable et la sensibilitĂ© raffinĂ©e viennoise. Le premier mouvement est portĂ© par une Ă©nergie conquĂ©rante, celle d’une troupe en armes, fiĂšre et gavĂ©e d’un sain panache (n’est il pas militaire, comme son titre l’indique ?). La verve et le brio font toute la valeur de cette Ă©criture dĂ©monstrative et fine ; deux qualitĂ©s qui s’exaltent sous l’archet et sous les doigts magiciens d’Edgar Moreau dont l’agilitĂ© souple et trĂšs articulĂ©e fait merveille, sachant 
 et souligner le lyrisme tendre et l’appel au dĂ©lire le plus dĂ©boutonnĂ© ; ses phrasĂ©s sont prĂ©cis et nuancĂ©s, d’une flexibilitĂ© unique, douĂ©e de grande finesse dans le jeu des caractĂ©risations incessantes et contrastĂ©es. L’instrument est proche du chant le plus facile, Ă©perdu, Ă©chevelĂ© (premier Allegro maestoso). La carrure des phrases, leur sens dĂ©lurĂ© de la parodie, l’ivresse des vocalises annoncent cette joie irrĂ©pressible du gĂ©nie de la pantalonnade.
Le violoncelle n’est pas seulement hyperbavard qui semble jouer toutes les parties et toutes les voix : il exprime la frĂ©nĂ©sie de cet Offenbach hyper sensible, racĂ©, Ă©lĂ©gantissime. Le jeu crĂ©pitant et nuancĂ© du soliste suit mesure Ă  mesure, l’écriture opĂ©ratique, oĂč se succĂšde une sĂ©rie de cadences, variations, fantaisies les plus fantasques (« bouffes ») d’un esprit hantĂ© par la grĂące du dĂ©lire. Quel premier mouvement!

 

 

 

Génie foudroyant, survolté mais nuancé
d’Offenbach et du jeune Edgar Moreau

 

 

 

Bicentenaire OFFENBACH 2019DĂ©voilant toute la maestriĂ  d’un dramaturge nĂ©, capable de cette partition dĂ©lurĂ©e, dĂ©lirante, 10 ans avant OrphĂ©e aux enfers. S’y ressuscite et s’incarne idĂ©alement par son insolence magnifique, l’esprit d’Offenbach : cet oiseau moqueur si dĂ©lectable dans ses dĂ©lires et sa fantaisie souveraine. L’amuseur du Second Empire ose dĂ©jĂ  en 1847, une cascade d’idĂ©es dĂ©jantĂ©es, de verve en diable qui se joue de tous les registres : l’art est libre, et avec Offenbach, composant pour son propre instrument, non pas la voix mais le violoncelle, totalement explosif ; car, juvĂ©nile, sincĂšre, quasi instinctif, c’est d’abord un bain bouillonnant d’énergie. Le feu intact du jeune violoncelliste Moreau permet cet acte d’appropriation, naturel et foudroyant.
Dommage que l’orchestre, style grosse caisse, en fasse trop contradictoirement dans ce passage qui est une formidable entrĂ©e, un lever de rideau maestoso et pĂ©taradant. Le violoncelle solo est Ă  peu prĂšs aussi volubile et ciselĂ© que l’orchestre, Ă©pais, dĂ©monstratif, et sans guĂšre de nuances. On veut bien comprendre qu’il regroupe des individualitĂ©s (collectif de chambristes), certes, mais oĂč sont les nuances ?

Le second mouvement (Andante de presque 10 mn) sonne l’aria d’une diva de bel canto : andante chantant lui aussi mais en demi, ultra teintes, oĂč le dosage et la nuance supplĂ©ent la volontĂ© de bravade brute et de pure virtuositĂ©. Car Edgar Moreau sait aussi colorer et ciseler une sonoritĂ© qui « paraĂźt » certes, et gonfle les muscles, mais sait surtout « ĂȘtre » : intĂ©rieure et introspective. Ce jeu des arriĂšres plans est dĂ©lectable voire superlatif. On trouvera lĂ  encore la tenue de l’orchestre bien terre Ă  terre en comparaison.

VoilĂ  qui rĂ©tablit le gĂ©nie facĂ©tieux d’un Offenbach trĂšs cultivĂ© qui pense par son violoncelle tout l’opĂ©ra de son Ă©poque : Rossini, Bellini et Verdi ; les Italiens Ă©videmment dont il aime parodier toutes les facettes. Mais Offenbach aime moquer surtout l’orgueil et la vanitĂ© du militaire, comme en tĂ©moignent les nombreux Ă©clats comiques du final qui annonce La Grande Duchesse de Gerolstein (Ă©crite 20 ans aprĂšs son Concerto).  Une belle offrande discographique pour le bicentenaire de la naissance de Jacques Offenbach, de surcroĂźt dans la version complĂšte reconstituĂ©e par Jean-Christophe Keck en 2004.

D’une Ă©gale facĂ©tie parodiant les styles les plus divers (jazz et rock dans le premier mouvement), le Concerto du pianiste viennois Friedrich Gulda (dĂ©cĂ©dĂ© en 2000) surprend dans son Concerto pour violoncelle (crĂ©Ă© en 1980) lui aussi par sa facilitĂ© parodique ; si le premier mouvement sonne rock (le violoncelle empruntant rĂ©solument la voie de la guitare Ă©lectrique), les second (Idylle) et dernier mouvement, sont d’un lyrisme Ă©clectique impeccable, d’une finesse de ton qui retrouve la grĂące d’inspiration du Concerto d’ Offenbach. La Cadence contraste par sa quĂȘte Ă©perdue, froide, interrogative ; elle semble rentrer dans le mystĂšre en un dĂ©lire que certains trouveront… bavard, autocentrĂ© (avec pastiche alla Chostakovitch : aciditĂ© et vertiges d’un questionnement sans rĂ©ponse). Qu’importe, le soliste captive par la disparitĂ© de sa palette expressive, ; l’Ă©tonnante prĂ©cision de ses nuances les plus tĂ©nues.
Gulda fut ce « poil Ă  gratter de la sociĂ©tĂ© bourgeoise conservatrice, le prince du cross over » est-il indiquĂ© dans la notice du livret. Son sens de la provoc demeure bien polissĂ©, jouant sur le choc aimable des styles diffĂ©rents, un Ă©clectisme qui se moquant des frontiĂšres et de la biensĂ©ance « catĂ©gorisante », avait alors (en 1980) valeur de sĂ©dition musicale : il est vrai que Vienne concentre une pensĂ©e bien conformiste et un ordre hiĂ©rarchisĂ© qui ignore tous ceux qui n’ont pas le titre ronflant de « doktor ». Le mentor de Marta Argerich cultivait la libertĂ© lui aussi, rĂ©solument provocatrice pour remettre les cerveaux dans le bon sens.
CLIC_macaron_2014Talentueux dans l’infini nuancĂ©, comme dans la bravade empanachĂ©e la plus dĂ©bridĂ©e, Edgar Moreau cisĂšle un jeu idĂ©al : Ă  la fois introspectif et sincĂšre, comme Ă©loquent, articulĂ©, subtil, virtuose. Magistrale approche. Gulda est revivifiĂ© ; le jeune (violoncelliste) Offenbach illumine par une telle intelligence. MalgrĂ© la faiblesse peu inspirĂ©e de l’orchestre, le cd est « CLIC de CLASSIQUENEWS » de fĂ©vrier 2019.

 

 

 
 

 

 

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CD, critique. OFFENBACH : Concerto militaire – couplĂ© avec le Concerto pour violoncelle de Gulda(1980). EDGAR MOREAU, violoncelle. Les Forces Majeures / RaphaĂ«l Merlin, direction – 1 cd ERATO / Warner classics – durĂ©e 1h13mn – enregistrement rĂ©alisĂ© en aoĂ»t 2017, Limousin).

 

 

 
 

 

 

LIVRE, annonce. André Tubeuf : RUDI : la leçon Serkin (Actes Sud)

SERKIN rudi la lecon serkin actes sud critique annonce livres classiquenews critique piano par classiquenews 9782330117306LIVRE, annonce. AndrĂ© Tubeuf : RUDI : la leçon Serkin (Actes Sud). Disparu en 1991, le pianiste nĂ© en 1903 en BohĂšme, avait tout de l’artisan sans effet, touchant par sa franchise, un mĂ©tier simple et clair Ă©clairant la leçon des grands germaniques et viennois : Beethoven, Haydn, Mozart, Brahms, sans omettre Bach, Chopin, et aussi la 2Ăš Ă©cole de Vienne (il a Ă©tĂ© l’élĂšve de Schoenberg), et Reger. Son jeu rapide, lumineux a marquĂ© les esprits qui l’ont suivi Ă  travers ses concerts, ce qu’a vĂ©cu l’auteur dans un style prĂ©cis et personnel qui tĂ©moigne d’une admiration,moins d’un texte biographique. Epoque oblige, Serkin le juif quitte l’Allemagne nazie pour les USA qui cĂ©lĂšbrent son talent 
 Ă©lectrique. Auparavant dans les annĂ©es 1930, il s’est liĂ© aux frĂšres Busch, instrumentistes raffinĂ©s et
 aryens, qui eux, n’ont jamais trahi leur ami, s’interdisant toute rupture au nom de la prĂ©fĂ©rence aryenne.
Le texte Ă©ditĂ© par Actes Sud suit “RUDI”, Serkin, l’homme, l’ami, Ă©voque maintes anecdotes selon leurs rencontres, tentant de dresser Ă  travers la pluralitĂ© des chapitres et leurs thĂ©matiques hĂ©tĂ©rogĂšnes (50 Ă©pisodes ainsi narrĂ©s), le portrait d’un musicien plutĂŽt intĂšgre, entier, jamais uniquement virtuose, jamais exclusivement abstrait. Serkin, c’est la voie mĂ©diane, Ă©quilibrĂ©e d’un piano sans affĂšterie.
« AndrĂ© Tubeuf, dans ce livre au ton trĂšs intime, nous le rend tel qu’il n’a connu, entendu et aimĂ©. Voici Rudi. La leçon Serkin. » prĂ©cise l’éditeur.

 

 

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LIVRE, annonce. AndrĂ© Tubeuf : RUDI : la leçon Serkin (Actes Sud). Parution : fĂ©vrier, 2019 / 10,0 x 19,0 / 224 pages – ISBN 978-2-330-11730-6 / Prix indicatif : 18 €

PARIS, Exposition. MusĂ©e d’Orsay, DEGAS Ă  l’OpĂ©ra : 24 sept 2019-19 janv 2020

the-orchestra-at-the-operaPARIS, MusĂ©e d’Orsay, DEGAS Ă  l’OpĂ©ra : 24 sept 2019-19 janv 2020. Quand il peint les danseuses, Edgar Degas aime les plans originaux, dĂ©calĂ©s, hors scĂšne frontale, dans les coulisses et en dehors de la reprĂ©sentation elle-mĂȘme ; c’est pourquoi, ses vues dĂ©voilent ce qui n’est pas connu ni officialisĂ© : l’arriĂšre de la scĂšne, le foyer, les rĂ©pĂ©titions,
 tout un monde non convenu, jamais attendu dont la libertĂ© se lit dans les poses inĂ©dites. Il peint des corps dĂ©sarticulĂ©s, et comme mĂ©canisĂ©s, c’est Ă  dire dĂ©shumanisĂ©s, mais dont la ligne est saisissante. A l’OpĂ©ra, aux cĂŽtĂ©s des danseuses et de leur travail fastidieux au Foyer, en rĂ©pĂ©tition, Degas, le peintre solitaire qui a un Ɠil comme personne, analyse aussi l’orchestre dans la fosse du Palais Garnier : il focuse sur le bassoniste, pĂ©nĂštre dans l’orchestre par les bois et l’harmonie. Les cadrages sont toujours aussi captivants car originaux et jamais vus avant lui : l’influence de la photographie est Ă©vidente. L’oeil moderne et analyste de Degas observe avec une acuitĂ© saisissante le milieu instrumental de l’OpĂ©ra de Paris


PrĂ©sentation de l’exposition par le MusĂ©e d’Orsay :
« Sur toute sa carriĂšre, de ses dĂ©buts dans les annĂ©es 1860 jusqu’Ă  ses oeuvres ultimes au-delĂ  de 1900, Degas a fait de l’OpĂ©ra le point central de ses travaux, sa “chambre Ă  lui”. Il en explore les divers espaces – salle et scĂšne, loges, foyer, salle de danse -, s’attache Ă  ceux qui les peuplent, danseuses, chanteurs, musiciens de l’orchestre, spectateurs, abonnĂ©s en habit noir hantant les coulisses. Cet univers clos est un microcosme aux infinies possibilitĂ©s ; il permet toutes les expĂ©rimentations : multiplicitĂ© des points de vue, contraste des Ă©clairages, Ă©tude du mouvement et de la vĂ©ritĂ© du geste.

Aucune exposition jusqu’ici n’a envisagĂ© l’OpĂ©ra globalement, Ă©tudiant tout Ă  la fois le lien passionnĂ© que Degas avait avec cette maison, ses goĂ»ts musicaux, mais aussi les infinies ressources de cette merveilleuse “boĂźte Ă  outils”. À travers l’Ɠuvre/ l’Ɠil du peintre Degas, l’exposition prĂ©sentĂ© Ă  la rentrĂ©e 2019 au MusĂ©e d’Orsay, offre un superbe portrait de l’OpĂ©ra de Paris au XIXe siĂšcle.

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PARIS, exposition «  DEGAS Ă  l’OpĂ©ra », musĂ©e d’Orsay : 24 septembre 2019 – 19 janvier 2020

 

 


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Commissaire général
Henri Loyrette

Commissaires
LeĂŻla Jarbouai, conservatrice arts graphiques au musĂ©e d’Orsay, Marine Kisiel, conservatrice peintures au musĂ©e d’Orsay et Kimberly Jones, conservateur des peintures françaises du XIXe siĂšcle Ă  la National Gallery of Art de Washington

Exposition organisĂ©e par les musĂ©es d’Orsay et de l’Orangerie, Paris et la National Gallery of Art, Washington oĂč elle est programmĂ©e du 1er mars au 5 juillet 2020, et donc Ă  Paris, Ă  l’occasion du trois cent cinquantiĂšme anniversaire de l’OpĂ©ra de Paris.

https://www.musee-orsay.fr/fr/evenements/expositions/aux-musees/presentation-generale/article/degas-a-lopera-47631.html?tx_ttnews%5BbackPid%5D=254&cHash=14b265340f

 

 

 

 

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AGENDA CONCERT
Concert de l’Orchestre national de l’OpĂ©ra national de Paris sous la direction de Philippe Jordan
Paris, MusĂ©e d’Orsay / Grand Nef du musĂ©e – 9 dĂ©c. 2019 Ă  20h

 

 

 

 

LIVRE, critique. JĂ©rĂŽme Bastianelli : La vraie vie de Vinteuil (Grasset)

vinteuil-livre-georges-la-vraie-vie-de-livre-critique-par-classiquenews-clicl-de-classiquenews-BASTIANELLI-CLIVRE, critique. JĂ©rĂŽme Bastianelli : La vraie vie de Vinteuil (Grasset). A rebours de la prose poĂ©tique Ă©nigmatique voire trouble et tout du moins souvent ambivalente de Proust, voici lumineuse, prĂ©cise et trĂšs documentĂ©e, la biographie du compositeur Georges Vinteuil, soit l’un des meilleurs reprĂ©sentants de la musique française au XIXĂš, Ă  l’époque du romantisme français Ă  l’épreuve de Wagner, pendant le Second Empire et aprĂšs la dĂ©faite de 1870
 De la fiction sublime de Marcel, l’auteur dĂ©duit un texte dont le contenu atteint l’exactitude de la rĂ©alitĂ©. Il aurait donc rĂ©ellement vĂ©cu ce Vinteuil, personnage Ă  peine esquissĂ© chez son premier gĂ©niteur, Proust ? Ici, Georges Vinteuil ressuscitĂ© est surtout l’ami de CĂ©sar Franck avec lequel il partage une communautĂ© de valeurs et de goĂ»ts ; leur style est d’ailleurs si proches qu’ils en seraient quasi interchangeables (comme Picasso et Braque, dans leur pĂ©riode cubiste de 1911-1912). Ici, dans l’admiration pour l’écriture wagnĂ©rienne et en particulier l’accord de Tristan, Vinteuil compose en 1861 sa fameuse Sonate « pour piano et violon » (notez bien l’ordre des deux instruments ainsi prĂ©sentĂ©s).
C’est l’enfant miraculeux d’un prĂ©curseur gĂ©nial… Vinteuil serait ainsi le premier Ă  inaugurer une vague salvatrice pour notre musique de chambre, avant FaurĂ©, D’Indy, Franck, Dubois
 ce bien avant la crĂ©ation de la fameuse SociĂ©tĂ© nationale de musique, nĂ©e aprĂšs la dĂ©faite de 1870.
Dans le souvenir de Wagner, dans l’influence de Franck et aussi d’Alexis de Castillon dont la figure revient plusieurs fois dans le rĂ©cit biographique, Georges Vinteuil Ă©crit donc sa Sonate miraculeuse, celle qui occupe une place centrale dans A la recherche du temps perdu ; sa petite phrase (musicale) dans le premier mouvement Andante, cristallise ce phĂ©nomĂšne de remĂ©moration immĂ©diate qui Ă©lectrise vĂ©ritablement le hĂ©ros de Proust, Swann. Ainsi est enfin Ă©lucidĂ©e, l’énigme musicale la plus fascinante de la littĂ©rature française.
Si la prose permet d’en tĂ©moigner, la musique rĂ©alise le mĂ©canisme physique et organique qui permet au sujet d’éprouver ce vertige dĂ©cisif, entre rĂ©vĂ©lation et extase.
L’auteur qui prĂ©side l’association des Amis de Marcel Proust connaĂźt l’Ɠuvre et la vie de Marcel comme personne ; il peut donc croiser les chemins biographiques, intĂ©grer dans la biographie de Georges, les Ă©lĂ©ments et citations d’A la recherche du temps perdu : ainsi, quand Vinteuil et Franck assistent aux fameux concerts dirigĂ©s par Wagner, ils Ă©prouvent exactement en un effet de miroir, de la fiction Ă  la rĂ©alitĂ© du rĂ©cit biographique, ce choc que Swann ressent Ă  l’écoute de la fameuse Sonate de Vinteuil.
Si « Proust n’a pas tout su », l’auteur de ce premier roman restitue Ă  l’un de ses personnages clĂ©s, une Ă©paisseur fictionnelle aussi vraie que nature. Devenue un mythe musical et littĂ©raire, la Sonate de Vinteuil mĂ©ritait Ă©videmment cette naissance et cette identitĂ© crĂ©dibles, enfin restituĂ©es.

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LIVRE, critique. JĂ©rĂŽme Bastianelli : La vraie vie de Vinteuil (Grasset). Parution : janvier 2019. 272 pages – EAN : 9782246817291 / Editions Grasset - collection « Le courage ».
https://www.grasset.fr/la-vraie-vie-de-vinteuil-9782246817291

CD Ă©vĂ©nement,critique. SCHOECK: Das Schloss DĂŒrande / Mario Venzago (3 cd Claves)

schoeck das schloss durande mario venzago 3 cd claves critique annonce review opera classiquenews musique classique actualite s infosCD Ă©vĂ©nement, critique. SCHOECK: Das Schloss DĂŒrande (3 cd Claves). ComposĂ© de 1937 Ă  1942, soit en pleine guerre mondiale (comme l’opĂ©ra La Femme sans ombre avait Ă©tĂ© conçu pendant la premiĂšre) Das Schloß DĂŒrande, est l’une des derniĂšre grandes Ɠuvres lyriques du tonalisme post romantique, directement inspirĂ© de Richard Strauss justement, lequel avait marquĂ© lui aussi Zemlinsky, Korngold
 Le livret de Schoek est inspirĂ© de Das Schloss DĂŒrande de Joseph von Eichendorff (1788-1857) – fin janvier 2019, l’éditeur suisse CLAVES publie une nouvelle version de l’opĂ©ra de Othmar SchrƓck, en premiĂšre mondiale, vĂ©ritable Ă©vĂ©nement lyrique de l’annĂ©e 2019. 3 cd Claves

L’oeuvre laissĂ©e par Schoeck ne pouvait pas ĂȘtre produite selon sa version originale : elle mĂ©ritait d’ĂȘtre rĂ©visĂ©e pour assurer une vraisemblance. C’est le travail du chef Mario Venzago qui est demeurĂ© surtout fidĂšle Ă  l’esprit de la musique, son sens structurel et dramatique, « sa sincĂ©ritĂ© », tout en rĂ©adaptant le texte hĂ©ritĂ© du livret. De langue classique, – tonale-, la syntaxe musicale est moderne.
La version 2018 entend surtout rĂ©tablir la cohĂ©rence du projet musical, orchestral et lyrique du drame inventĂ© par Schoeck d’aprĂšs le texte d’Eichendorff. Forte de ses qualitĂ©s ainsi recouvrĂ©es, argumentĂ©es, explicitĂ©es, la partition rĂ©visĂ©e par Mario Venzago gagne une unitĂ© nouvelle qui pourrait Ɠuvrer pour son intĂ©gration au rĂ©pertoire classique et lyrique.

 

 

 

SCHOECK, le Strauss bernois

 

 

 

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Proche des nƓuds tragiques et meurtriers des drames de Schiller (que Verdi a abondamment adaptĂ© Ă  l’opĂ©ra), Eichendorff dĂ©veloppe les avatars d’un couple mal assorti (une roturiĂšre, Gabrielle / un jeune aristocrate, Armand), que pourchasse sans flĂ©chir dans sa haine vengeresse (et rĂ©volutionnaire), le propre frĂšre de Gabrielle, Renald dont on peut s’étonner de l’obstination Ă  empĂȘcher l’amour entre les deux jeunes gens. A travers, les agissements dĂ©sespĂ©rĂ©s et sanguinaires du drame, la RĂ©volution française s’accomplit ; ses fureurs, son tumulte irrĂ©sistible composent l’arriĂšre plan d’une passion maudite, sacrifiĂ©e, qui de Paris Ă  DĂŒrande, s’achĂšve et se rĂ©soud par la destruction du chĂąteau lui-mĂȘme, emblĂšme d’un monde Ă  l’agonie, impuissant, aveugle (celui du jeune et du vieux comtes, de la Morvaille aussi, icĂŽne de l’ordre monarchique) : quand DĂŒrande explose et s’écroule, ce sont tous les espoirs amoureux mais vains qui sont dĂ©truit face Ă  la folie collective. L’histoire est aussi noire et tragique que les romans et piĂšces de Schiller.
Mario Venzago restitue ce vortex symphonique continu qui rapproche Shoeck de ses ainĂ©s Strauss et de Zemilinsky de son contemporain Korngold (lui aussi extrĂȘmement douĂ© pour l’opĂ©ra) : rĂ©vĂ©lant le raffinement de cette Ă©criture intense et dramatique qui tourne autour du verbe, rendant toute la matiĂšre linguistique parfaitement audible et aussi servante de la rĂ©solution de l’action ; en un sprachgesang (parlĂ© chantĂ© continu) fluide et pilote de l’action. Une action qui est celle d’un drame noir et sanguinaire, entre sacrifice et amour digne comme on a dit de Schiller. Le chef musicologue dĂ©fend sa propre version de l’Ɠuvre avec une sincĂ©ritĂ© et une honnĂȘtetĂ© admirable. Les caracĂšres se rĂ©vĂšlent dans leur Ă©conomie expressive : lyrisme incandescent des deux amants (Gabriele et Armand) trĂšs prĂ©sent dans la denriĂšre partie (cd3), contrastant avec le cynisme du baryton de Renald, vouĂ© au diabolisme le plus cru. Nicolas s’évertue Ă  la fin Ă  rĂ©tablir la vĂ©ritĂ© et l’ignominie perpĂ©trĂ©e par l’infect Renald, comme pour mieux extraire l’injustice de cette sĂ©rĂ©nade nocturne et crĂ©pusculaire qui emporte le couple amoureux finalement impuissant. Tous les chanteurs sont parfaits, en cohĂ©rence et en expressivitĂ© : chaque tessiture personnifiant idĂ©alement les enjeux du personnage ainsi rĂ©tabli. Efficace, sobre, aux Ă©quilibres Ă©loquents, la baguette du chef rĂ©ussit dans ce dĂ©fi de l’exhumation. Une perle lyrique des annĂ©es 1940 nous est ainsi (enfin) restituĂ©e. DĂ©couverte lyrique magistrale en ce dĂ©but 2019. A classer au mĂ©rite du label Claves qui a entrepris depuis quelques mois et plusieurs cd, une juste rĂ©habilitation de l’écriture d’Othmar Schoeck.

schoeck das schloss durande mario venzago 3 cd claves critique annonce review opera classiquenews musique classique actualite s infosOTHMAR SCHOECK : Das Schloss DĂŒrande (1937–1941) - OpĂ©ra en 4 actes d’aprĂšs le roman de Eichendorff – nouvelle version 2018 de Francesco Micieli daprĂšs le livret de Hermann Burte. Adaptation musicale de Mario Venzago qui assure aussi la direction musicale de cet enregistrement.

 

Distribution :
Renald Dubois – Robin Adams
Gabriele, his sister – Sophie Gordeladze
Count Armand, son of the old Count – Uwe Stickert
Prioress – Hilke Andersen
The old Count – Andries Cloete
Nicolas, the old Count’s valet – Jordan Shanahan
Countess Morvaille – Ludovica Bello
A gamekeeper / Buffon the innkeeper – Todd Boyce
A gardener’s boy, the orator of the mob, 1st huntsman – Michael Feyfar
1st nun – Jinsook Lee
2nd nun – Vilislava Gospodinova
A lawyer, 3rd huntsman – Nazariy Sadivskyy
Commissar – Andres Del Castillo
2nd huntsman, soldier – Carl Rumstadt
A policeman – David Park
A constable – Samuel Thompson
A Parisian – Carlos Nogueira
A voice – Bareon Hong

Orchestra BERNE Symphony
Mario VENZAGO, direction

Concert master – Alexis Vincent
Chorus master – Zsolt Czetner
Chorus Chor Konzert Theater Bern
RĂ©pĂ©titeur, organisation – Hans Christoph BĂŒnger

SCHOECK : Das Schloss DĂŒrande (3 cd Claves)

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD Ă©vĂ©nement, critique. OTHMAR SCHOECK (1866-1957): Das Schloss DĂŒrande – Berner SymphonieOrchester / Mario Venzago, direction – enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Bern, Suisse, en 2018 (3 cd Claves).

 

 

 

LIRE aussi notre prĂ©sentation de l’opĂ©ra Das Schloss DĂŒrande de Othmar Schoeck
https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-schoeck-das-schloss-durande-3-cd-claves/

 

 

 

Motets de Fiocco Ă  Amilly (45)

scherzi-musicali-bertali-antonio-la-maddalena-nicolas-achten-ricercar-review-classiquenews-critiqueAMILLY (45). Scherzi Musicali, le 3 fĂ©v 2019. Concert de musique baroque avec les Motets du bruxellois FIOCCO. MĂȘme s’il n’a pas encore tout Ă  fait le mordant et cet esprit audacieux des premiers baroqueux, le goĂ»t du baryton Nicolas Achten (nĂ© en 1985), fondateur et leader du groupe, s’empare de noms mĂ©connus quand ses confrĂšres plus rĂ©servĂ©s prennent moins de risques. Ce programme Ă  Amilly oĂč le collectif s’était produit alors Ă  ses dĂ©buts il y a 10 ans en 2009, affiche un ensemble encore vert vocalement parfois dĂ©sĂ©quilibrĂ©, mais instrumentalement plus cohĂ©rent et souverain dans nuances et accents. Joseph-Hector Fiocco (1703-1741) est le fils du premier directeur – italien – de l’opĂ©ra de la Monnaie : nĂ© Ă  Bruxelles, le compositeur bruxellois termine sa courte carriĂšre comme maĂźtre de chapelle de la CathĂ©drale Saints-Michel-et-Gudule. Il excelle dans la musique sacrĂ©e, dont il fait une synthĂšse flamboyante entre les petits motets Ă  la française et le style italien. Scherzi Musicali avait consacrĂ© un premier disque Ă  ses dĂ©buts Ă  Fiocco, rare sensibilitĂ© musicale Ɠuvrant Ă  Bruxelles ; son style sert une articulation heureuse des textes, loin de l’austĂ©ritĂ© pieuse nordique. AU dĂ©but du XVIIIĂš, Fiocco prolonge l’exemple des VĂ©nitiens, sensuels et linguistiques, dont Ă©videmment Monteverdi et ses Ă©lĂšves. Nicolas Achten, pilote le programme, chantant et jouant du clavecin, du thĂ©orbe et de l’archiluth. AU programme entre autres : « Salve Regina », « Beatus Vir », « Libera me Domine », « Jubilate Deo », « Benedicam Dominum » 


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Dimanche 3 février 2019 à 18h
AMILLY (45), Ă©glise Saint-Martin
Motets de Joseph-Hector Fiocco

 

Renseignements et réservations :
A l’Espace Jean Vilar TĂ©l. : 02.38.85.81.96.
Au Service culturel de l’AME TĂ©l : 02.38.95.02.15
Plein tarif : 18 € – Tarif rĂ©duit et de groupe : 13 €
Gratuit pour les Ă©lĂšves de l’école municipale de musique d’Amilly
Abonnements 5 concerts : 75 € / 3 concerts : 48 €

Rappel : de nouveaux tarifs pour les jeunes proposĂ©s pour cette saison Pour les jeunes jusqu’à 18 ans : Tarif junior Ă  5 € Pour les jeunes de 19 Ă  25 ans : Tarif dĂ©couverte Ă  8 €

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LIRE nos critiques des CD ORFEO et BERTALI… et par Scherzi Musicali / Nicolas Achten

orfeo-pianto-scherzi-musicali-nicolas-achten-dhm-deutsche-harmonia-mundi-critique-compte-rendu-cd-classiquenewsCD. Il Pianto d’Orfeo (Scherzi Musicali, Achten 2013 – 1 cd DHM). StructurĂ© comme un drame lyrique, le programme essentiellement dĂ©diĂ© au premier baroque (XVIIĂš italien, Seicento) se compose de quatre Ă©pisodes entre un prologue (magnifique sinfonia de Luigi Rossi) et son Ă©pilogue (Lasciate Averno du mĂȘme Rossi, auteur hier rĂ©vĂ©lĂ© par William Christie et dĂ©cidĂ©ment superlatif) : souhaitant dĂ©montrer que le genre opĂ©ra est nĂ© par le mythe d’OrphĂ©e et prĂ©cisĂ©ment dans le chant plaintif du berger thrace (il pianto d’Orfeo), instrumentistes et baryton directeur de Scherzi Musicali s’engagent ici pour l’articulation de la geste orphique illustrĂ©e par les intermĂšdes et premiers ouvrages composĂ©s par les premiers baroques : de Merula Ă  Cavalieri, de Caccini Ă  Monteverdi, de Rossi Ă  Peri… EN LIRE +

CD, annonce : Antonio Bertali, La Maddalena. Scherzi Musicali. Nicolas Achten, direction (1 cd Ricercar, 2015). EnregistrĂ© en Belgique en fĂ©vrier 2015, l’enregistrement de La Maddalena d’Antonio Bertali dĂ©montre les qualitĂ©s expressives de l’ensemble Scherzi Musicali,… EN LIRE +

CD, critique. Dmitri LISS : Wagner, Tchaikovsky (Symphonie n°4) – 1 cd Fuga Libera (2017).

liss dmitri zuidnederland tchaikovsky 1 critique review cd classiquenewsCD, critique. Dmitri LISS : Wagner, Tchaikovsky (Symphonie n°4) – 1 cd Fuga Libera (2017). Le couplage Wagner / Tchaikovsky ici rĂ©alisĂ© ne manque pas de nous sĂ©duire. Chef principal et directeur artistique de l’Orchestre Philharmonique de l’Oural, Dmitri Liss retrouve dans ce programme biface, le South Netherlands Philharmonic / Philharmonie Zuidnederland, dont il est le chef principal depuis 2016. De toute Ă©vidence, sous sa direction, l’orchestre nĂ©erlandais redouble de nerf et de caractĂ©risation, en particulier dans la 4Ăš de Tchaikovski dont il rĂ©alise une version passionnante (n’écoutez que le relief et la vitalitĂ© schizophrĂ©nique du Scherzo).
Le Wagner cultive une opulence sonore, un hĂ©donisme qui nous semble propre aux orchestre nordiques, comme s’il Ă©taient dĂ©finitivement marquĂ©s chez Wagner par la suspension de la « brume » orchestrale. Peu de dĂ©tails instrumentaux (comme ce chant de la clarinette du Liebestod
 que savait articuler comme personne un Karajan subjuguĂ©). Liss, sans vouloir faire de jeu de mots, prĂ©fĂšre quant Ă  lui « lisser » la texture wagnĂ©rienne, sans cependant rien lui ĂŽter de sa brillance et de son mystĂšre. Le mystĂšre achĂšve dans un murmure suspendu le Vorspiel ; quand au Liebestod, il est tout entier aspirĂ© par l’appel des cĂźmes, par la sublimation d’une conscience autre que celle du rĂ©el. Si Wagner cible la transcendance et la mĂ©tamorphosen Tchaikovski lui dans la 1Ăšre Symphonie ne parvient pas Ă  se dĂ©faire d’une destinĂ©e contraire, comme maudite, empĂȘtrĂ©e dans un nƓud de conflits qui le laisse impuissant, dĂ©muni, solitaire.

 
 
 

Wagner lissé
Tchaikovsky schizophrénique

 
 
 
liss dmitri maestro chef annonce concert critique cdDmitri Liss se montre moins vaporeux et plus tranchant, dramatique ici ; tout pĂ©nĂ©trĂ© par la tragĂ©die intime d’un Tchaikovsky dĂ©passĂ© par sa propre condition, le chef montre une rĂ©elle appĂ©tence pour l’orchestre tchaikovskien dont il sait dĂ©tailler les milles facettes du dĂ©sespoir. Ainsi l’appel des fanfares du premier mouvement, parfaitement Ă©quilibrĂ© et rĂ©sonnant comme une symphonie de Bruckner mais avec ce sens dĂ©jĂ  du fatum, d’un thĂ©Ăątre tragique, marque le caractĂšre surtout grave et dĂ©finitif de l’ample portique de plus de 18 mn (Andante sostenuto): l’orchestre s’implique dans ce grand dessein du dĂ©sarroi avec un nerf et une belle clartĂ© des pupitres. La lisibilitĂ© polyphonique convainc. Mais Liss articule les Ă©pisodes plus chantants, eux aussi Ă©perdus, auxquels il sait apporter une pudeur investie rĂ©ellement prenante : les forces de l’esprit et de la transcendance contre la tension du Fatum. Sa direction hĂ©doniste ne manque pas de force ni de profondeur. Il y a de la grandeur, un sens rĂ©el de la sonoritĂ© ; une articulation qui donne de la sincĂ©ritĂ© Ă  la direction, une vision trĂšs Ă©laborĂ© sur le plan du continuum et de l’architecture. Un esthĂšte au cƓur de la tempĂȘte Tchaikovsky, en somme Liss sait ciseler cet Ă©clat spĂ©cifique de la dĂ©pression (la marche Ă©chevelĂ©e, ivre, entre cordes chauffĂ©es Ă  blanc et cuivres somptueusement lugubres
 qui clĂŽt le sublime Andante initial / comme la souple ondulation intĂ©rieure du mouvement sui suit, le second Andantino in modo di canzona, c’est Ă  dire Ă©noncĂ©e comme une chanson italienne mais frappĂ©e du sceau d’une langueur maudite). Les Pizz du Scherzo sonnent comme la rĂ©sonance Ă©purĂ©e de la dĂ©pression qui s’est dĂ©ployĂ©e dans les mouvements prĂ©cĂ©dents : la tension lĂ  encore est magistralement mesurĂ©e, avec une Ă©chelle de nuances serties dans l’écoute intĂ©rieure ; les respirations de l’harmonie qui suit font Ă©couter cette mĂȘme comprĂ©hension intime de la partition, 
 schizophrĂ©nique dans la succession des climats mentaux enchaĂźnĂ©s (l’une des plus autobiographiques de Piotr Illiytch ?) Liss est une baguette noble, articulĂ©e et souple douĂ©e d’une concentration profonde : intĂ©rieure, grave sans pathos. Bel Ă©quilibre. CLIC de CLASSIQUENEWS, en particulier pour le Tchaikovsky : on rĂȘve de disposer demain d’une intĂ©grale ciselĂ©e par Liss. 
 
 

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CLIC_macaron_2014CD, critique. Dmitri LISS : Wagner, Tchaikovsky (Symphonie n°4) – 1 cd Fuga Libera (2017) – Enregistrements rĂ©alisĂ©s en mars et dĂ©cembre 2017. CLIC de CLASSIQUENEWS de janvier 2019.
 
 
 

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CHEFS. Actualités de GUSTAVO DUDAMEL : SON ETOILE A HOLLYWOOD

CHEFS. ActualitĂ©s de GUSTAVO DUDAMEL : SON ETOILE A HOLLYWOOD. Ayant obtenu la nationalitĂ© espagnole -depuis mars 2018, le chef vĂ©nĂ©zuelien Gustav Dudamel, Ă©poux de l’actrice ibĂ©rique Maria Valverde, dĂ©voilera le 22 janvier 2019, son Ă©toile sur le pavement du Walk of Stars Ă  Hollywood.
dudamel gustavo maestro hollywoodIl est nĂ© Ă  Barquisimeto, au Venezuela, en 1981; enfant du Sistema, il est devenu orphelin depuis la mort du fondateur de ce programme musical et social visionnaire, JosĂ© Antonio Abreu le 24 mars 2018. RĂ©cemment, Gustavo Dudamel a dirigĂ© non sans gĂ©nie, l’Orchestre symphonique SimĂłn Bolivar (l’orchestre des jeunes du Venezuela), Orchestre philharmonique de Los Angeles dont il est le directeur musical depuis le dĂ©part de Esa-Pekka Salonen. Il a aussi dirigĂ© Ă  35 ans, le cĂ©lĂšbre Concert du Nouvel An Ă  Vienne, Ă©tant depuis le plus jeune maestro Ă  rĂ©aliser cet exercice mĂ©diatique prestigieux (1er janvier 2017). S’étant clairement manifestĂ© contre la rĂ©pression dĂ©cidĂ© par le prĂ©sident Maduro au VĂ©nĂ©zeula, Gustavo Dudamel est de venu un artiste persona non grata : ses concerts programmĂ©s avec l’Orchestre symphonique SimĂłn Bolivar, ont tous Ă©tĂ© annulĂ©s par le rĂ©gime. L’Espagne lui a offert une seconde patrie dans ce contexte politique et culturel compliquĂ©. A Hollywood, le chef vĂ©nĂ©zuelien, Ă  prĂ©sent espagnol, a exprimĂ© son Ă©motion quand il a appris qu’une plaque Ă©toilĂ©e (la 2654Ăšme de l’avenue) lui serait dĂ©diĂ©e sur les Champs-ElysĂ©es d’Hollywood, ce 22 janvier prochain. Le chef dĂ©couvrira officiellement sa plaque en prĂ©sence du compositeur John Williams. Les deux artistes s’étaient retrouvĂ© pour l’enregistrement de la musique du film : Star Wars, Ă©pisode VII : Le RĂ©veil de la Force. A suivre

Twitt de Gustavo Dudamel, janvier 2019 :
¥Me siento humildemente honrado de ser incluido entre las tantas increíbles estrellas en el Paseo de la Fama de Hollywood! // Humbled and honored to be included among the many incredible stars on the Hollywood Walk of Fame! :  https://t.co/3Iao4wseyv

Photo : Gustavo Dudamel par © Rafael Pulido

LIVRE, critique. M. OFFENBACH nous Ă©crit (Actes Sud / Pal Bru-Zane).

offenbach figaro lettres offenbachnous ecrit actes sud critique compte rendu livreLIVRE, critique. M. OFFENBACH nous Ă©crit (Actes Sud / Pal Bru-Zane). L’annĂ©e OFFENBACH 2019 commence trĂšs bien grĂące Ă  la publication par Actes Sud de cette collection de lettres Ă©crites par Offenbach, adressĂ©es au journal Le Figaro : le compositeur Ă©tait l’ami personnel du fondateur du journal Hippolyte de Villemessant (1810 – 1879, un an avant Offenbach). Les deux hommes Ă©taient voisins en Normandie, propriĂ©taire chacun d’une villa Ă  Etretat ; Ă  Paris, ils se frĂ©quentent dans les salons en vu
 Une proximitĂ© qui en rendrait jaloux plus d’un aujourd’hui et qui dans la seconde moitiĂ© du XIXĂš, permet Ă  l’auteur d’OrphĂ©e aux enfers de s’expliquer auprĂšs du public, Ă©voquer ses riches et rocambolesques soirĂ©es et fĂȘtes donnĂ©es dans son appartement de la rue Laffite oĂč figurent Bizet, DorĂ©, HalĂ©vy
 ; de provoquer le dĂ©bat, susciter le scandale
 positif, lui assurant une publicitĂ© avantageuse pour ses propres spectacles (par exemple lors de la crĂ©ation d’OrphĂ©e aux Bouffes-Parisiens en 1858). Le compositeur est une vedette, un auteur dont on parle, habituĂ© dĂ©sormais Ă  utiliser le media comme un tremplin, une tribune. D’autant que, comme le montre l’introduction et les textes ainsi regroupĂ©s, Jacques Offenbach ne manque ni de pertinence ni d’à propos ni de sens de la formule. Un gĂ©nie de la rĂ©ponse synthĂ©tique, dĂ©voilant aussi une intelligence des situations et du milieu musical et mĂ©diatique.
Le soutien se révÚlera indéfectible, surtout aprÚs la défaite de 1870 quand Offenbach est conspué, traité comme un traßtre allemand
 Villemessant veille à lui réserver une tribune utile pour sauver son honneur et défendre comme précédemment ses oeuvres.
L’apport de cette centaine de lettres et de textes sur des sujets divers, est d’autant plus prĂ©cieux et Ă©loquent que lire Offenbach dans ses mots, selon ses propres tournures, soulĂšve le voile de la pensĂ©e du crĂ©ateur ; c’est une immersion exceptionnellement proche voire intime dans la rĂ©flexion d’un musicien qui sut maĂźtriser sa communication, tout en exprimant avec clartĂ© et souvent beaucoup d’esprit, ses convictions. L’acuitĂ© de l’analyse traite avec perspicacitĂ© l’actualitĂ© de son Ă©poque. VoilĂ  qui rĂ©tablit le musicien dans son temps, le Paris des annĂ©es 1860 et 1870, pĂ©riode politiquement Ă©clectique qui s’est infiltrĂ©e dans la texture de ses ouvrages, textes et situations
 Manquent cruellement toutes rĂ©fĂ©rences Ă  La Vie Parisienne, les Brigands, Fantasio, comme Ă  sa muse et cantatrice favorite : Hortense Schneider. Lecture indispensable pour qui souhaite mieux comprendre la personnalitĂ© humaine et artistique d’un Offenbach que l’on rĂ©duit trĂšs souvent Ă  sa verve comique.

Parmi l’abondante sĂ©lection de lettres et textes ainsi adressĂ©es et publiĂ©es dans la Figaro, soulignons la valeur de certains passages qui documentent au cƓur du travail du compositeur, son caractĂšre et sa personnalitĂ© artistique, un homme plein d’esprit, maniant la facĂ©tie et les traits d’humour avec une Ă©lĂ©gance qui nous semble aujourd’hui totalement perdue. Nombre de ses contemporains et non des moindres lui ont tĂ©moignĂ© leur soutien voire leur admiration : lire ainsi la « stĂ©nographie conforme » c’est Ă  dire le procĂšs verbal, de l’assemblĂ©e extraordinaire de la SociĂ©tĂ© des auteurs et compositeurs dramatiques en fĂ©vrier 1873, pour statuer sur le cas Offenbach, c’est Ă  dire autorisation Ă  lui donner raison pour diriger selon son souhait La GaĂźté  (texte 54, en particulier la « plaidoirie » d’Alexandre Dumas fils, pleine de bienveillance amicale et de traits d’esprit
) ; de la mĂȘme façon, l’affection confraternelle qu’Offenbach exprime Ă  l’endroit du compositeur oubliĂ©, Ă©cartĂ© alors, Rodolphe Zimmer (lettre 96) auteur d’une valse dont Offenbach se souvient des 8 premiĂšres mesures qui enchantĂšrent son enfance
 ; enfin autre tĂ©moignages Ă©loquents, le texte 87, qui tĂ©moigne des rĂ©pĂ©titions de Docteur OX (d’aprĂšs la nouvelle de Jules Vernes), en janvier 1877 aux VariĂ©tĂ©s
 posant le manteau, ne s’économisant en rien, malgrĂ© les affreuses douleurs causĂ©es par la goutte, le compositeur danse et virevolte sur la scĂšne, indiquant aux solistes, aux chƓurs, la juste expression, le bon dĂ©placement
 Laissant dans toutes les mĂ©moires artistiques, son fameux « trĂšs bien, recommençons » comme un commentaire majeur, priĂšre et ordre Ă  la fois, prononcĂ© par un monstre de travail et d’exactitude
 Enfin, pour ne citer que quelques points essentiels d’un esprit remarquable, citons la lettre 99, dans laquelle Offenbach reprĂ©cise son intention au sujet de Madame Favart (janvier 1879) : il y rĂ©capitule son travail sur l’opĂ©ra comique, souhaitant le faire Ă©voluer du vaudeville vers le drame lĂ©ger Ă  la Dalyarac, et GrĂ©try, une comĂ©die qui fusionne chansons, ensembles, dialogue; oĂč le chant est aussi dĂ©veloppĂ© que le souffle orchestral
 Ce texte trĂšs court qui vaut manifeste est l’un des plus passionnants Ă  lire, dĂ©voilant par l’auteur lui-mĂȘme, son dessein esthĂ©tique et tout le travail compositionnel qui en dĂ©coule. Offenbach, « Mozart des Champs-ElysĂ©es » (le formule est de Rossini), n’a-t-il pas en effet, redorer le blason de l’opĂ©ra-Comique français dans ce qu’il avait de plus noble, poĂ©tique, expressif ?

 

 

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200LIVRE, critique.  JEAN-CLAUDE YON : M. OFFENBACH nous Ă©crit (Actes Sud / Pal Bru-Zane) – Éditions Actes Sud Beaux-Arts / Palazzetto Bru Zane – Parution : janvier, 2019 / 11,0 x 17,6 / 480 pages – ISBN 978-2-330-11727-6 – Prix indicatif : 13€

https://www.actes-sud.fr/catalogue/musique/m-offenbach-nous-ecrit

 

LIRE aussi notre annonce du livre  JEAN-CLAUDE YON : «  M. Offenbach nous Ă©crit » / Lettres du compositeur au Figaro – JACQUES OFFENBACH 2019 (Editions Actes Sud Beaux Arts)
http://www.classiquenews.com/livres-evenement-annonce-jean-claude-yon-m-offenbach-nous-ecrit-lettres-du-compositeur-au-figaro-jacques-offenbach-2019-editions-actes-sud-beaux-arts/

SALZBOURG 2019. Nouvel Idomeneo par Sellars / Currentzis

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81SALZBOURG, 27 juil – 19 aout 2019. IDOMENEO. Le Festival estival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par Richard Strauss et Hugo Von Hofmannsthal marque les esprits en annonçant entre autres productions Ă©vĂ©nements de son affiche 2019 : Idomeneo de Mozart, opĂ©ra symphonique sur le thĂšme de la barbarie divine, mise en scĂšne par Peter Sellars et surtout dirigĂ© par le bouillonnant mais passionnant Teodor Currentzis. Ce dernier vient de publier chez Sony, une captivante Symphonie n°6 de Mahler, aprĂšs une 6Ăš de Tchaikovski non moins envoĂ»tante
 LIRE ci aprĂšs nos critiques des 2 cd Mahler et Tchaikovsky par Currentzis et son orchestre sur instruments anciens AnimaAeterna, 2 «  CLICs » de CLASSIQUENEWS.
Le 27 juillet 2019, premiĂšre soirĂ©e lyrique du Festival de Salzbourg, affiche au Felsenreitschule (ManĂšge du rocher) : Idomeneo, une nouvelle production prometteuse aprĂšs la Clemence de Titus prĂ©sentĂ©e par le mĂȘme duo en 2017. Idomeneo est aussi un opera seria, conçu par un Mozart de 25 ans. Teodor Currentzis dirige pour se faire le Freiburg Baroque Orchestra et le musicAeterna Choir of Perm Opera (un chƓur qu’il connaĂźt plutĂŽt trĂšs bien, familier de ses enregistrements et productions habituelles).

Distribution annoncĂ©e : Russell Thomas (Idomeneo), Paula Murrihy (Idamante), Ying Fang (Ilia), Nicole Chevalier (Elettra), Jonathan Lemalu (Nettuno / La voce / Voix de l’Oracle) ; chorĂ©grapie de Lemi Ponifasio.

currentzis sellars salzbourg idomeneo mozart 2019 premiere announce annonce concert opera par classiquenewsSellars souligne combien avec Idomeneo, Mozart dispose alors Ă  Munich, dans le contexte de crĂ©ation d’Idomeneo, – en 1780 pour le Carnaval, d’une Ă©quipe artistique prestigieuse (Lorenz Quaglio, rĂ©alisateur des costumes et des dĂ©cors), un orchestre renommĂ© (les instrumentistes de la Cour de Mannheim, les meilleurs d’Europe), une compagnie de danseurs et des chanteurs cĂ©lĂšbres
 Ainsi s’affirme le gĂ©nie du jeune homme, alors en conflit avec son pĂšre : un conflit qui se dessine aussi dans l’opĂ©ra qui se passe en CrĂȘte, dans la relation entre Idomeneo et Idamante, le pĂšre et le fils, le premier devant aprĂšs un vƓu dĂ©raisonnable, sacrifier Ă  Neptune, le second. Les dieux ont soif et les hĂ©ros doivent se soumettre Ă  leur pouvoir. C’est Ilia, princesse troyenne (fille de Priam) qui sauvera par sa lumineuse loyautĂ©, celui qu’elle aime et qui devait ĂȘtre immolé 
Ce qui saisit dans Idomeneo, ce sont moins les pages dramatiques inspirĂ©es de la Guerre de Troie, des Grecs fiers et inflexibles (voire dĂ©lirants et jaloux : Elettra), confrontĂ©s Ă  la douceur crĂȘtoise
 que les pages oĂč il est question de l’impĂ©tuositĂ© des Ă©lĂ©ments marins : Idomeneo est un opĂ©ra symphonique et ocĂ©anique d’un souffle saisissant, oĂč percent avec une vĂ©hĂ©mence expressive jamais Ă©coutĂ©e avant lui, l’orchestre et l’ampleur des ballets. Tout ce qu’avait en son temps, dĂ©voilĂ© le chef Nikolaus Harnoncourt dans un enregistrement lĂ©gendaire qui a marquĂ© l’histoire du cd et celle de l’interprĂ©tation mozartienne
 La production est l’évĂ©nement de cet Ă©tĂ© 2019 au Festival de Salzbourg. Photo Sellars et Currentzis Ă  Salzbourg : SF/Anne Zeuner.

 

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SALZBOURG, Festivalsalzbourg vignette festival
MOZART : Idomeneo
Peter Sellars / Teodor Currentzis
7 représentations
Du 27 juillet 2019 au 19 août 2019

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.salzburgerfestspiele.at/en/p/idomeneo

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COMPTE RENDU, concert. VIENNE. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philharmoniker / CHRISTIAN THIELEMANN (1er janvier 2019)

COMPTE RENDU, concert. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2019. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philharmoniker / CHRISTIAN THIELEMANN. A 59 ans, le wagnĂ©rien et straussien (Richard), Christian Thielemann, plus habituĂ© de Dresde et de Bayreuth que de Vienne, affecte un geste un rien prussien, 
 possĂšde-t-il rĂ©ellement le sens de l’élĂ©gance viennoise, celle des Johann Strauss fils et pĂšre, Josef et Edouard aussi ? Car les valses et Ă©pisodes symphoniques de Johann fils, vedette viennoise majeure pour cet esprit lĂ©ger, et davantage, appellent un caractĂšre spĂ©cifique entre abandon et allusion, suggestion et subtilitĂ© qui doit Ă©blouir non pas dans cette « lĂ©gĂšreté » partout annoncĂ©e (qu’est ce que cette musique dite “lĂ©gĂšre” en rĂ©alitĂ© ? Le vocable comprend une infinitĂ© d’acceptations
). Ici, dans l’écrin dĂ©signĂ© du rituel Straussien, le Musikverein, il ne doit ĂȘtre question que de finesse, subtilitĂ© mĂ©lodique, orchestration raffinĂ©e, ivresse Ă©vocatoire


 

 

 

thielemann-christian-maestro-wiener-philharmoniker-concert-nouvel-an-2019-critique-review

 

 

 

AprĂšs les Welser-Möst, Dudamel, Jansons, … voici Thielemann : cravatte rayĂ©e, le directeur du festival de PĂąques de Salzbourg (les directeurs du Festival estival autrichien Ă©taient prĂ©sents dans la salle), qui est aussi le directeur musical de la Staatskapelle de Dresde, retrouve le Wiener Philharmoniker pour ce programme festif. Les connaisseurs retrouvent dans la disposition typiquement viennoise de l’orchestre, les 6 contrebasses placĂ©es en fond, face au chef sous l’orgue du Musikverein de Vienne, vĂ©ritable colonne sonore assurant une structure et une carrure emblĂ©matiques. Le chef a dĂ©jĂ  dirigĂ© les Wiener Philharmoniker : on ne peut donc pas parler de baptĂȘme orchestral. Le programme d’emblĂ©e est trĂšs classique : rien que des valses et des polkas ; pas d’étrangers, ni de chanteurs invitĂ©s (comme l’a fait Karajan Ă  son Ă©poque, Ă  la fin des annĂ©es 1980). Mis Ă  l’honneur aux cĂŽtĂ©s des frĂšres Strauss (Johann II, Josef et Edouard), une autre dynastie de compositeurs et musiciens viennois, les Hellmesberger, pĂšre et fils


Thielemann : UN GESTE UN RIEN MARTIAL ? Le programme annoncĂ© rĂ©solument austro-hongrois, commence par la Schönfeld March op. 422 de Carl Michael Ziehrer: le ton est donnĂ©, martial et un rien sec et tendu dans la scansion rythmique. Ziehrer a composĂ© opĂ©rettes et ballets (comme Johann Strauss II) : l’écriture est assez quelconque, dĂ©ployant un caractĂšre ronflant, fort en panache dĂ©monstratif, Ă  la façon d’une marche militaire, ou d’une parade appuyĂ©e, rythme et accents prussiens Ă  l’envi; baguette Ă©paisse et ronde, d’une martialitĂ© trop revendiquĂ©e, Thielemann n’est guĂšre dans le style Ă©lĂ©gantissime qui a fait les meilleurs fait qui l’ont prĂ©cĂ©dĂ© dans cet exercice. Pourtant le Musikverein est plus connu pour l’élĂ©gance de sa programmation et la finesse des auteurs programmĂ©s. On craint le pire pour la suite


strauss josef portrait classiquenewsHeureusement, le chef respecte le code et l’esprit du rituel de l’an neuf Ă  Vienne avec la trĂšs belle valse qui suit, la premiĂšre du programme : « Transactions Waltz » op. 184 de Josef Strauß: Josef est le premier cadet malheureux de Johann : mort en 1870 (Ă  43 ans) : l’ingĂ©nieur qui rejoint l’entreprise familiale et orchestral en 1850 (Ă  23 ans car son ainĂ© Johann est lui-mĂȘme Ă©puisĂ©) – mort Ă©reintĂ© en tournĂ©e en Pologne
  Or le gĂ©nie de Josef musicalement est aussi Ă©levĂ© que celui de Johann : on s’en aperçoit Ă  chaque session de ce concert du nouvel an. Josef serait mĂȘme souvent plus sombre et ambivalent, riche et profond que son ainé  De fait, Transactions Wazl s’affiche immĂ©diatement plus sombre, et grave au dĂ©but, pour mieux faire surgir le thĂšme principal, dans le raffinement des timbres des bois, Ă©noncĂ© par les cordes et des flĂ»tes aĂ©riennes : la finesse s’invite enfin, enivrĂ©e dans cette sĂ©quence, qui s’avance Ă  pas feutrĂ©e en pleine magie
 saluons l’intelligence des climats, le raffinement de l’orchestration, la caresse de la mĂ©lodie principale, dĂ©licate nostalgie grĂące Ă  un Ă©quilibre trĂšs subtil entre cordes et les bois
 avec la harpe, d’une ineffable nostalgie. Soulignons la profondeur et la sensibilitĂ© Ă©tonnante de Josef Strauss fauchĂ© trop tĂŽt, son aptitude spĂ©cifique pour le dĂ©veloppement symphonique, Ă  la fois dramatique et allusif, et aussi de façon gĂ©nĂ©ral, une rĂ©flexion sur le sens mĂȘme de la valse, entre dĂ©sir et mort. Josef nous paraĂźt plus sombre encore que Johann II. Un maĂźtre Ă  mieux connaĂźtre et plus Ă©couter assurĂ©ment.

Thielemann nous rĂ©serve ensuite une surprise qui pourrait ĂȘtre rĂ©vĂ©lation : de Josef Hellmesberger (fils): Elfin Dance. ImmĂ©diatement saisissante, la finesse Ă©tincelante grĂące aux nuances aiguĂ«s, vibrĂ©es, rondes du « xylophone »d’une partition inscrite dans les nuages. Hellmesberger fut professeur de violon au Conservatoire de Vienne et aussi fondateur avec son fils du Quatuor Hellmesberger (1849). Avouons que le compositeur ne manque pas d’inspiration ni de subtilitĂ©. ÉthĂ©rĂ© et aĂ©rien est cet elfe, un pur esprit – le style et l’écriture sont trĂšs sensuels (pizz des cordes, doublĂ©es par les flĂ»tes) – comme Mendelssohn dans Le Songe d’une nuit d’étĂ© (envol et boucle aĂ©rienne de Puck)? Thielemann est dans son Ă©lĂ©ment : ambassadeur d’une musique pleine d’élĂ©gance et de finesse, rĂ©solument et littĂ©ralement « lĂ©gĂšre ».

Enfin voici le premier morceau du compositeur vedette : Johann STRAUSS II (fils): sur un rythme effrĂ©nĂ©, l’Express, polka schnell op. 311 est bien une Polka rapide – on regrette cependant la nervositĂ© un peu sĂšche ; un rien hystĂ©rique (lĂ  encore systĂ©matique et trop appuyĂ©e) de Thielemann qui dirige comme un prussien, vif, nerveux, droit. de toute Ă©vidence, et dans ce tableau prĂ©cis, il manque de souplesse comme de retenue.

Du mĂȘme Strauss fils, « Pictures of the North Sea », waltz op. 390 / Images de la mer du nord dĂ©veloppe Ă©criture et texture orchestrales. L’épisode symphonique Ă  l’essence poĂ©tique et chorĂ©graphique dĂ©bute dans le sombre 
 dĂ©roulant un premier tapis envoĂ»tĂ©, quasi tragique, puis un souffle profond grave pour que surgisse enfin l’éblouissante mĂ©lodie (wagnĂ©rien dans sa houle et ses phrases continues : d’emblĂ©e Thielemann le wagnĂ©rien est Ă  son affaire ici) : on admire le mĂ©tier du chef, capable d’heureux Ă©quilibres sonores, la finesse des flĂ»tes, le chant ciselĂ© des clarinettes parfaitement dĂ©taillĂ©es, comme enivrĂ©es, caressantes

Pourtant Ă  l’inverse, et dans le mĂȘme temps, regrettons quelques Ă©carts de conduite dans la direction : des contrastes trop marquĂ©s, et appuyĂ©s : la frĂ©nĂ©sie du geste empoigne la valse avec une duretĂ© prussienne propre au chef berlinois : il n’a pas la finesse de son aĂźnĂ© le regrettĂ© Nikolaus Harnoncourt (nĂ© en 1929 et dĂ©cĂ©dĂ© en 2016), spĂ©cialiste et passionnĂ© de valses viennoise qui dirigea le Wiener en de nombreuses occasions les Philharmoniker et le Concert du Nouvel An, Ă  2 reprises : 2001 et 2003. Ronflant, sec, Thielemann déçoit globalement, malgrĂ© les trouvailles sonores Ă©voquĂ©es prĂ©cĂ©demment. Sa baguette manque de fluiditĂ© malgrĂ© le sujet aquatique de la valse choisie.

Autre frĂšre, pas assez connu et mis dans l’ombre de Johann, leur ainĂ© : Eduard Strauß: « Post-Haste », est une polka schnell op. 259, pour laquelle Thielemann cisĂšle la coupe et l’esprit de syncope (Ă©vocation de la course de la diligence) ; ici encore, on remarque les limites du chef car Thielemann dĂ©taille certes l’instrumentation mais manque de prĂ©cision comme d’imagination: sa direction relĂšve d’un systĂšme mĂ©trique, militaire dans cette cadence au galop, trĂ©pidant, trop mĂ©canique

STRAUSS eduard edouard classiquenews valses de viennes concert nouvel an vienne 2019 220px-EduardStrauss edouard syraussFotoUn petit mot sur Edouard, le dernier fils Strauss et l’hĂ©ritier de la dynastie. Il est mort en 1916, en pleine guerre, trouve sa voie spĂ©cifique, comparĂ©e Ă  celle de ses deux frĂšres ainĂ©s, par une Ă©criture plus frĂ©nĂ©tique, qui s’est spĂ©cialisĂ© dans les polkas rapides / ainsi cette « Polka-schnell ». RongĂ© par le ressentiment contre ses frĂšres, et pourtant hĂ©ritier enviable de la dynastie familiale (et orchestrale), il dissout cependant en 1901, l’orchestre Strauss et, surtout, pendant trois journĂ©es (honteuses) d’octobre 1907, brĂ»le nombre de papiers, manuscrits et forcĂ©ment partitions de ses frĂšres Strauss : destruction catastrophique d’un hĂ©ritier insensĂ© devenu fou. Nombre de documents et de partitions de Josef et de Johann seraient ainsi partis en fumĂ©e.  L’histoire de la famille Strauss relĂšve d’un roman feuilleton, et l’on s’étonne malgrĂ© le succĂšs populaire de leurs valses et mazurkas, qu’aucune sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e ne soit encore emparĂ© de leur saga. A suivre


AprĂšs la pause de la mi journĂ©e (le concert a commencĂ© Ă  11h), reprise avec l’évocation du Johann compositeur d’opĂ©rettes : c’est Offenbach qui pourtant son rival en France, aurait exhortĂ© le Viennois Ă  composer des opĂ©rettes. Grand bien que cette proposition confraternelle et constructive. Ainsi l’ouverture du Baron Tzigane
 la plus cĂ©lĂšbre avec celle de La Chauve Souris, 
 ainsi le motif de la valse dĂ©passe la seule occurrence Ă©pisodique, pour atteindre une Ă©vocation pleine de nostalgie 
 tzigane et purement symphonique (par le motif ourlĂ© de la clarinette) ; dans cette piĂšce de caractĂšre, Ă  l’ambition dramatique manifeste, Thielemann soigne le panache sombre et grave, avec un trĂšs bel effet de texture caressant chaque motif, en particulier au hautbois, sinueux et pastoral. LĂ  encore on peut regretter le geste un peu lourd du chef plus prussien que viennois.

Pourtant, se dĂ©tache ensuite finesse et lĂ©gĂšretĂ© dans « La Ballerine » opus 227 de Josef Strauß, polka française, et ses fin de phrases, suspendues en deux accents, dĂ©tachĂ©s, retenus
 vĂ©ritable hymne Ă  la souplesse Ă©lastique. Avec La vie d’artiste opus 316, de Johann II, le ballet de l’OpĂ©ra de Vienne s’invite au concert : comme un rĂ©veil au matin, le premier couple du corps de ballet de l’OpĂ©ra (Wiener Staatsballet) s’ébranle sur la terrasse et dans les couloirs et circulations du bĂątiment : l’élĂ©gance et la facĂ©tie (gestuelles des mains) des 5 couples en blanc et noir imposent une leçon de souplesse acrobatique, – un moment de raffinement collectif magnifiĂ© Ă©videmment pas la somptueuse musique, moins allusive que descriptive, dans la cadre des dĂ©cors et intĂ©rieurs de l’OpĂ©ra viennois. L’institution fĂȘte ses 150 ans en 2019, ayant Ă©tĂ© inaugurĂ© en 1869. Prestige revendiquĂ© et histoire cĂ©lĂ©brĂ©e au moment oĂč ce sont deux français qui dirigent la Maison, Dominique Meyer, intendant gĂ©nĂ©ral et l’ex danseur Ă©toile Ă  Paris, Manuel Legris, directeur de la danse. Johann Strauss redouble de tendresse feutrĂ©e dans cette page trĂšs raffinĂ©e qui est l’objet d’une rĂ©alisation tĂ©lĂ©visuelle audacieuse (plans inclinĂ©s de la camĂ©ra dont jouent les danseurs, trĂšs complices).

Puis, d’Eduard Strauß: « Opera SoirĂ©e » / Une soirĂ©e Ă  l’opĂ©ra est une polka française op. 162 (Ă  deux temps), polka assez lente, au rythme plus appuyĂ© que la polka mazurka qui est encore plus lente et ralentie avec des temps suspendus
  : Une soirĂ©e Ă  l’opĂ©ra semble mieux convenir Ă  la carrure prussienne de Thielemann – sans Ă©carter facĂ©tie ni dĂ©licatesse avec une palette de nuances (piccolo) trĂšs finement dĂ©taillĂ©es ; voici la sĂ©quence oĂč le chef dĂ©voile une direction plus nettement enjouĂ©e, pleine de sous entendue comme d’élĂ©gance.

De Johann STRAUSS II (fils): « Eva Waltz », la valse d’Eva extrait de l’opĂ©ra Le Chevalier Pazman se distingue en un dĂ©but magnifique (somptuositĂ© profonde et noble des cors, puis en dialogue avec les contrebasses – valse attĂ©nuĂ©e comme un rĂȘve, une rĂ©itĂ©ration onirique liĂ©e au personnage d’Eva dans l’opĂ©rette de Johann II. C’est Cendrillon rĂ©inventĂ©e, sa prĂ©sentation au bal
 puis du mĂȘme opĂ©ra, Thielemann a sĂ©lectionnĂ© une nouvelle piĂšce de caractĂšre, extrait du mĂȘme opĂ©ra : « CsĂĄrdĂĄs ». Comme celle de la sublime Chauve Souris, celle qui permet Ă  la comtesse hongroise de s’alanguir jusqu’à la pĂąmoison, et aussi Ă  la soprano requise, d’éblouir par sa virtuositĂ© profonde, voici une autre facette du gĂ©nie de Johann II, pleine de facĂ©tie heureuse, d’intelligence sauve et lumineuse, de grĂące et de finesse. Le Concert tĂ©lĂ©visĂ© Ă©tant aussi une carte postale soulignant les trĂ©sors patrimoniaux autochtones, voici les danseurs du Ballet de l’OpĂ©ra de Vienne, soit dans un chĂąteau de basse Autriche, un couple de touristes, parodique, dĂ©calĂ© qui s’ennuie puis s’éveille Ă  la pure danse, en rejoignant 3 autres couples de danseurs dans la galerie haute Renaissance. LĂ  encore reconnaissons que la rĂ©alisation comme l’alliance de Strauss et de la danse sont idĂ©alement complĂ©mentaire, dans un tableau qui s’achĂšve en extĂ©rieur, sur une collection de rythmes et de folklores bien trempĂ©s, oĂč rĂšgne la noblesse du thĂšme hongrois principal (la czardas est de style aristocratique), jouĂ© selon la tradition par les paysans pour les moissons ou les noces villageoises.

Johann fils rĂšgne en maĂźtre absolu avec la Marche Ă©gyptienne op. 335 : festival de timbres et d’effets orientalisants et rutilants, parfaitement caractĂ©risĂ©s et utilisĂ©s Ă  bon escient : d’abord grosse caisse, clarinette mystĂ©rieuse, cordes voluptueuse : c’est une sĂ©quence entonnĂ©e comme une marche militaire, mais enchantĂ©e – panache onirique des trompettes et des cors, au souffle inouĂŻ, qui Ă©gale le meilleur Saint-SaĂ«ns, celui oriental de l’orgie / bacchanale dans Samson et Dalila. Thielemann est chez lui, dirigeant sans baguette avec une dĂ©contraction affichĂ©e, assumĂ©e ; lorsque les instrumentistes viennois entonnent en « la la la », le chƓur du motif Ă©gyptien (qui rappelle aussi Verdi dans ses ballets d’Aida). Tout s’achĂšve dans le lointain en second plan, superbe effet de spatialisation : festif et interactif, le tableau suscite l’enthousiasme de la salle, et la joie des musiciens, heureux d’avoir ainsi surpris l’audience internationale.

Enfin, aprĂšs “la Valse entracte” de Joseph Hellmesberger fils: d’une dĂ©licatesse soyeuse et enivrante (les pizzicati dĂ©licats des violons), celle d’un rĂȘve Ă©veillĂ©, auquel Thielemann rĂ©serve son attention la plus nuancĂ©, ce sont deux pages parmi les plus raffinĂ©es des fils Strauss, Johann II, l’incontournable : « In Praise of Women », polka mazur op. 310 / Eloge des femmes : hymne fĂ©ministe qui tombe Ă  pic aprĂšs nos hontes contemporaines (cf les mouvements #Metoo, et #balancetonporc) oĂč rĂšgnent flĂ»tes, piccolo, clarinettes et bassons : (finesse d’élocution, irrĂ©sistible Ă©lĂ©gance et souveraine retenue
 en un Ă©quilibre impeccable cordes et cuivres)
 et le rythme trĂšs lent, le plus lent, de la polka mazurka ; puis la musique des sphĂšres opus 235 du cadet tout aussi gĂ©nial, Josef : grande valse, et la plus inspirĂ©e du compositeur, oĂč flĂ»tes / harpe se dĂ©tachent, signifiant lĂ  aussi une aube qui se lĂšve
 pourtant, le bas blesse : Ă  la dĂ©licatesse suggestive de la partition, nous regrettons l’enflure qui finit par ĂȘtre ennuyeuse, et mĂȘme agaçante du chef, 
 trop pompier, ignorant volontaire de toute lĂ©gĂšretĂ©. Quel dommage.
nouvel-an-2019-concert-vienne-new-year-s-concert-2019-vienna-philharmonia-christian-thielemann-concert-cd-critique-par-classiquenews-582-the_vienna_philharmonic_and_chri_55-1Enfin c’est le rituel de fin, pour tout concert du nouvel An qui se respecte. AprĂšs proclamer les vƓux de l’Orchestre, chef et musiciens jouent d’un seul tenant et sans interruption – quand les prĂ©dĂ©cesseurs commençaient les premiĂšres mesures, puis prononçaient les vƓurs, enfin reprenaient Ă  son dĂ©but la partition : voici l’extase fluviale promise et tant attendue, emblĂšme de l’art de vivre viennois : Le Beau Danube Bleu (Johann STRAUSS fils) : avouons que Thielemann sait Ă©carter toute Ă©paisseur et boursoufflure, instillant ce climat du rĂȘve qui fait briller les cors, recherche les effets de textures moins la transparence, d’oĂč ce sentiment d’opulence, de grain sensuel (les clarinettes) – sommet de naturel et de grĂące – la partition d’abord chorale, finit ainsi sa course d’une Ă©loquence et sublime maniĂšre, comme chant lĂ©gitimement cĂ©lĂ©brĂ© de l’élĂ©gance viennoise Ă  l’international.

Oui certains nous rĂ©torquerons : pourquoi boudez ainsi son plaisir ? Le Beau Danube Bleu suffit Ă  rĂ©pondre et militer finalement en faveur de la baguette explicitement symphonique de Thielemann. Nous ne parlons pas sciemment de La marche de Radetsky de Johann Strauss le pĂšre : bonus pour amuser un public qui souhaite participer en claquant des mains, soulignant encore et encore la frĂ©nĂ©sie rythmique d’un tube plus que cĂ©lĂ©brĂ©. Daniel Barenboim avait bien raison de bouder cette sĂ©quence car la partition fut composĂ©e pour cĂ©lĂ©brer la victoire sur des manifestants et Ă©tudiants tuĂ©s outrageusement contre leur appel Ă  libertĂ©. Qu’on se le dise.

Carrure prussienne mais sensibilitĂ© instrumentale d’un gourmand gourmet, Christian Thielemann nous ravit quand mĂȘme, dans ce concert qui sans ĂȘtre mĂ©morable – ceux de Georges PrĂȘte, Nikolaus Harnoncourt, Gustavo Dudamel, Mariss Jansons (2016) l’ont Ă©tĂ© – , nous permet de marquer dans la lĂ©gĂšretĂ© moyenne, Ă  dĂ©faut d’exquise finesse, ce 1er jour de l’annĂ©e nouvelle 2019.

Retrouvez le cd et le dvd du CONCERT DU NOUVEL AN Ă  VIENNE, 1er janvier 2019, sous la direction de Christian Thielemann, Ă  paraĂźtre mi janvier chez Sony classical.

 

 

 

 

 

 

 

 

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COMPTE RENDU, concert. VIENNE, Musikverein. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philhamroniker / CHRISTIAN THIELEMANN (1er janvier 2019) : Valses, polkas, extraits d’opĂ©ras, ouverture de Johann STRAUSS II, Josef STRAUSS, Edouard STRAUSS, Josef Hellmesberger…

 

 

 

 

 

 

 

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 Nos autres comptes rendus et critiques des CONCERTS DU NOUVEL AN à VIENNE :

 

Concert, compte rendu critique. Vienne, Concert du Nouvel An 2016. En direct sur France 2. Vendredi 1er janvier 2016. Wiener Philharmoniker, Mariss Jansons, direction. Valses de Strauss johann I, II; Josef ; Eduard. Waldtaufel


mariss-jansons_c_jpg_681x349_crop_upscale_q95Concert, compte rendu critique. Vienne, Concert du Nouvel An 2016. En direct sur France 2. Vendredi 1er janvier 2016. En direct de la Philharmonie viennoise, le Konzerthaus, le concert du nouvel An rĂ©alise un rĂȘve cathodique et solidaire : succĂšs planĂ©taire depuis des dĂ©cennies pour ce rendez vous diffusĂ© en direct par toutes les chaĂźnes nationales du monde et qui le temps des fĂȘtes, rassemblent toutes les espĂ©rances du monde, en une trĂšs large diffusion pour le plus grand nombre (les places sont vendues Ă  un prix exorbitant destinĂ© aux fortunĂ©s de la planĂšte) pour un temps meilleur riche en promesses de bonheur. Cette annĂ©e c’est le chef Mariss Jansons, maestro letton (rĂ©sident Ă  Saint-PĂ©tersbourg), autant lyrique que symphonique bien trempĂ© qui dirige les divins instrumentistes viennois, ceux du plus subtil des orchestres mondiaux et qui pour l’évĂ©nement cĂ©lĂšbre l’insouciance par la finesse et l’élĂ©gance, celle des valses des Strauss, Johann pĂšre et fils bien sĂ»r, ce dernier particuliĂšrement Ă  l’honneur, et aussi Joef et Eduard ses frĂšres (tout aussi talentueux que leur ainĂ©), Eduard dont 2016 marque le centenaire.

 

gustavo-dudamel-dirigiert vignette maestro classiquenews -erstmals-wiener-neujahrskonzertCompte-rendu critique, concert. VIENNE, Musikverein, dimanche 1er janvier 2017. Wiener Philharmoniker.  Gustavo Dudamel, direction. Depuis 1958, le concert du Nouvel An au Musikverein de Vienne est retransmis en direct par les tĂ©lĂ©visions du monde entier soit 50 millions de spectateurs ; voilĂ  assurĂ©ment Ă  un moment important de cĂ©lĂ©bration collective, le moment musical et symphonique le plus mĂ©diatisĂ© au monde. En plus des talents dĂ©jĂ  avĂ©rĂ©s des instrumentistes du Philharmonique de Vienne, c’est Ă©videmment le nouvel invitĂ©, pilote de la sĂ©quence, Gustavo Dudamel, pas encore quadra, qui est sous le feu des projecteurs (et des critiques). A presque 36 ans, ce 1er janvier 2017, le jeune maestro vĂ©nĂ©zuĂ©lien a concoctĂ© un programme pour le moins original qui en plus de sa jeunesse – c’est le plus jeune chef invitĂ© Ă  conduire l’orchestre dans son histoire mĂ©diatique, crĂ©e une rupture : moins de polkas et de valses tonitruantes, voire trĂ©pidantes, mais un choix qui place l’introspection et une certaine retenue intĂ©rieure au premier plan ; pas d’esbroufe, mais un contrĂŽle optimal des nuances expressives, et aussi, regard au delĂ  de l’orchestre, comme habitĂ© par une claire idĂ©e de la sonoritĂ© ciblĂ©e, une couleur trĂšs suggestive, mesurĂ©e, intĂ©rieure qui s’inscrit dans la rĂ©flexion et la nostalgie
? VoilĂ  qui apporte une lecture personnelle et finalement passionnante de l’exercice 2017 : Gustavo Dudamel dont on met souvent en avant la fougue et le tempĂ©rament dĂ©bridĂ©, affirme ici, en complicitĂ© explicite avec les musiciens du Philharmonique de Vienne, une direction millimĂ©trĂ©e, infiniment suggestive, d’une subtilitĂ© absolue, qui colore l’entrain et l’ivresse des valses, polkas et marches des Strauss et autres, par une nouvelle sensibilitĂ© introspective. De toute Ă©vidence, le maestro vĂ©nĂ©zuĂ©lien, enfant du Sistema, nous Ă©pate et convainc de bout en bout. Relevons quelques rĂ©ussites emblĂ©matiques de sa maestriĂ  viennoise. En lire PLUS

 

 

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Zubin Mehta / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2015
L’hommage au gĂ©nie de Josef Strauss
http://www.classiquenews.com/cd-concert-du-nouvel-an-a-vienne-2015-philharmonique-de-vienne-zubin-mehta-1-cd-sony-classical/

 

Daniel Barenboim / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2014
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-vienne-konzerthaus-le-1er-janvier-2014-concert-du-nouvel-an-oeuvres-de-johann-strauss-i-et-ii-edouard-josef-et-richard-strauss-avec-les-danseurs-de-lopera-de-vienne-wiener-phil/

 

Franz Welser-Möst / Concert du Nouvel An à VIENNE 2013
http://www.classiquenews.com/neujahrskonzert-new-years-concert-concert-du-nouvel-an-vienne-2013franz-welser-mst-1-cd-sony-classical/

 

Mariss Jansons / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2012
http://www.classiquenews.com/vienne-musikverein-le-1er-janvier-2012-concert-du-nouvel-an-wiener-philharmoniker-mariss-jansons-direction/

 

Georges PrĂȘtre / Concert du nouvel AN Ă  VIENNE 2010

 

POITIERS. Le QUATUOR VOCE joue Mozart et Schubert

VOCE quatuor annonce concert critique concert classiquenews quatuor-voce-carre-credit-sophie-pawlakPOITIERS, TAP. Quatuor VOCE, le 22 janv 2019. MOZART, SCHUBERT. C’est l’un des (nombreux) Quatuors Français qui excellent dans l’art de la complicitĂ© et du dialogue : Ă©tablir une conversation en musique n’est pas aisĂ©. Mais le trio fĂ©minin complĂ©tĂ© Ă  l’alto par Guillaume Becker, formant ainsi le QUATUOR Ă  cordes VOCE, porte bien son nom : sans paroles, les quatre instrumentistes maĂźtrisent l’éloquence et la fusion des caractĂšres pour une sonoritĂ© unitaire, cohĂ©rente et parfaitement ciselĂ©e. Les Quatre instrumentistes ont depuis toujours su marier les styles et les genres, sachant ainsi renouveler l’expĂ©rience du concert chambriste (avec la voix, celle des chanteurs Kyrie Kristmanson, Matthieu Chedid
) ; ou au service des compositeurs contemporains ((Bruno Mantovani, Alexandros Markeas)

QUATUORS N°15… Au TAP, ce 22 janvier 2019, les VOCE, reprennent le flambeau lĂ  oĂč l’avait laissĂ© le Quatuor Van Kuijk et leur vision lunaire de La Jeune Fille et la Mort de Schubert [au TAP en 2018] 
 pour le 15e et dernier quatuor Ă  cordes de Schubert.
Et comme pour mieux comprendre et mesurer le parcours de Schubert, ce solitaire mĂ©lancolique, les VOCE ont choisi aussi le Quatuor n°15 de Mozart (K. 421) dont la finesse et le profondeur, la sensibilitĂ© prĂ©romantique dĂ©jĂ ,
 prĂ©parent directement aux paysages vaporeux, enivrants du grand Franz.
InspirĂ©, vivant, incarnĂ©, et aussi gourmand / gourmet qu’à leurs dĂ©buts, les VOCE poursuivent ainsi une parcours exemplaire. Illustration : © sophie pawlak

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POITERS, TAPboutonreservation
Jeudi 22 janvier 2019, 20h30
TAP Auditorium
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/mozart-schubert/#js-accordion-1

 

 

 

W. A. Mozart : Quatuor à cordes n° 15 en ré mineur K. 421
Franz Schubert : Quatuor à cordes n° 15 en sol majeur D. 887
Quatuor VOCE
Sarah Dayan, CĂ©cile Roubin, violons
Guillaume Becker, alto
Lydia Shelley, violoncelle

 

 

 

Places numérotées
Durée : 1h30 avec entracte
Spectacle ou film accessible au public malvoyant ou aveugle.
Concert enregistré en direct par le label Alpha Classics

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VOIR notre reportage vidéo Le QUATUOR VOCE et Kyrie Kristmanson (Noirlac, Les Traversées 2013)
http://www.classiquenews.com/reportage-video-kyrie-kristmanson-et-le-quatuor-voce-noirlac-les-traversees-2013/
kyrie-Kristmanson-quatuor-voce-programme-concert-classiquenewsReportage, vidĂ©o. Kyrie Kristmanson et le Quatuor Voce (Noirlac, Les TraversĂ©es 2013)
 L ’abbaye de Noirlac est un haut lieu patrimonial dans le territoire du Berry et depuis plusieurs annĂ©es, l’écrin d’un festival estival : Les TraversĂ©es – cette annĂ©e sur 5 wek ends, du 22 juin au 20 juillet 2013. Le festival porte bien son nom en favorisant le voyage comme source de dĂ©couvertes, de continents sonores et culturels Ă  explorer, d’expĂ©rience sonores inĂ©dites souvent, dĂ©concertantes parfois, prenantes toujours. L’art des combinaisons magiciennes et des mĂ©tissages audacieux s’y rĂ©alise tout en rĂ©servant aussi, lieu d’une histoire sacrĂ©e oblige, une place privilĂ©giĂ©e aux partitions religieuses.

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Télé, programmes de Noël et du 1er janvier 2019

Que voir Ă  la tĂ©lĂ© pour les fĂȘtes ? Au temps de NoĂ«l, en particulier le 1er janvier 2019. Voici notre sĂ©lection (Arte, France TĂ©lĂ©visions, 
)

 

 

 

 

 

 

Lundi 31 décembre 2018

 

 

Ă  18h
ARTE: BERLIN : CONCERT DE LA SAINT SYLVESTRE
Daniel Barenboim dirige l’Orchestre Philharmonique de Berlin

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Barenboim-daniel-wedo-west-eastern-diwan-orchestra-582 Plus de 50 ans rapproche le chef (qui est aussi pianiste) et l’orchestre : cela s’entend et se voit dans ce programme jubilatoire : Concerto pour piano n°26 en rĂ© majeur de MOZART (K537), avant quatre piĂšces orchestrales maĂźtresses de Maurice Ravel : cĂ©lĂ©bration de la modernitĂ© française du XXĂš, sensuelle et scintillante : Rhapsodie espagnole, Alborada del Gracioso, Pavane pour une Infante dĂ©funte, BolĂ©ro. + d’infos sur le site de l’Orchestre Philharmonique de Berlin (concert programmĂ© Ă  Berlin le 31 dĂ©cembre 2018, 16h15) :
https://www.berliner-philharmoniker.de/konzerte/kalender/details/51845/

Avec le Philharmonique de Vienne, le Philharmonique de Berlin est bien le meilleur orchestre mondial ; Ă  quand un mĂȘme diagnostic pour nos orchestre français ? Dans les faits, voici l’orchestre qu’a dirigĂ© Karajan, puis Abbado, derniĂšrement Simon Rattle (un coffret d’adieu vient de sortir Ă©ditĂ© par le label de l’orchestre lui-mĂȘme : 6Ăš Symphonie de Mahler, en une nouvelle version de l’étĂ© 2018 qui vient complĂ©ter une prĂ©cĂ©dente lecture datant de 1987 : enregistrement Ă©vĂ©nement CLIC de CLASSIQUENEWS)
Daniel Barenboim a joué pour la premiÚre fois comme soliste dans le Concerto pour piano n°1 de Bartok, le 12 juin 1964, à 21 ans, avec le Philharmonique de Berlin.

 

 

 

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Arte Ă  22h20
GALA des 350 ans de l’OpĂ©ra de Paris 

opera-garnier-vestibule-escalierDanse, opĂ©ra, musique orchestrale
 proposent le meilleur pour souffler l’excellente santĂ© artistique de la maison française, – bilan « normal » si l’on songe aux subventions gĂ©nĂ©reuses que les deux maisons de Garnier et de Bastille touchent pour rĂ©aliser leur mission culturelle et publique. En 1669, Louis XIV fondait l’AcadĂ©mie royale de musique, ancĂȘtre de notre OpĂ©ra national de Paris ; en 2019, ce sont aussi les 30 ans de l’OpĂ©ra Bastille, vaisseau grandiloquent dĂ©cidĂ© par le prĂ©sident Mitterrand, inaugurĂ© en 1989, pour cĂ©lĂ©brer le bincentenaire de la RĂ©volution française. 350 ans ici, 30 ans lĂ  : 2019 est un temps essentiel de la grande boutique. La tradition hexagonale entretenue par l’OpĂ©ra parisien, assure l’art de la danse et de l’opĂ©ra au meilleur niveau possible : si le ballet continue de susciter une admiration gĂ©nĂ©rale et unanime, force est de constater que les mises en scĂšne d’opĂ©ra, depuis 20 ans, provoquent des scandales et rĂ©actions Ă©pidermiques, souvent lĂ©gitimes
 Pour ce gala des 350 ans, voici cĂŽtĂ© opĂ©ra, des extraits de Faust (Gounod), Werther et Manon (Massenet), Don Carlos (avec un « s », donc dans sa version parisienne originale, chantĂ©e en français que Verdi Ă©labora pour l’OpĂ©ra de Paris)
 cĂŽtĂ© danse, place aux chorĂ©graphies « marquantes » telles : La Dame aux camĂ©lias, Carmen, Cendrillon, Le Parc
 Spectacle (« Gala inaugural des 350 ans »), diffusĂ© en lĂ©ger diffĂ©rĂ©, prĂ©sentĂ© le 31 dĂ©cembre 2018 Ă  19h30 : Extraits de ballets et grands airs du rĂ©pertoire lyrique / Dan Ettinger, direction / avec les Etoiles, danseurs, corps de ballet de l’OpĂ©ra de Paris – Sonya Yoncheva, soprano / Ludovic TĂ©zier, baryton / les choeurs de l’OpĂ©ra national de Paris (JosĂ© Luis Basso, direction). Retransmis par Radio Classique.

PLUS d’INFOS sur le site de l’OpĂ©ra national de Paris :
https://www.operadeparis.fr/saison-18-19/opera/gala-inaugural-des-350-ans

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Mardi 1er janvier 2019

Que voir sur le petit Ă©cran (qui n’est plus si petit Ă  prĂ©sent, au regard des nouvelles dalles cathodiques
) ?

 

 

 

 

Ă  11h15
France 2 : CONCERT DU NOUVEL AN 2019 
Orchestre Philharmonique de Vienne / Christian Thielemann, direction 
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strauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888Valses de Vienne.  C’est dĂ©sormais le rituel de chaque nouveau passage au nouvel an : les valses de Johann Strauss pĂšre et fils : une dose irrĂ©sistible de raffinement et d’élĂ©gance (viennoise) pour souligner (et fĂȘter) le passage Ă  la nouvelle annĂ©e. Que nous rĂ©servera 2019 ? Augurons Ă  tout le moins, de nouvelles offres accessibles pour la transition Ă©cologique, une justice fiscale enfin rĂ©alisĂ©e, moins d’arrogance de nos politiques et de nos Ă©lus sensĂ©s nous reprĂ©senter, une façon nouvelle, collective et pacifiste de manifester
 et un pouvoir plus humain, proche, rĂ©actif. Evidemment Ă  l’époque des Strauss pĂšre et fils, dans ce tte Vienne fin de siĂšcle, les Ă©vĂ©nements historiques et les Ă©volutions sociĂ©tales avaient peu de chose en commun avec notre actualitĂ©, celle des gilets jaunes et du Jupiter Ă©lysĂ©en
 Gageons que 2019 amĂ©liore la vie de chacun. Avec toujours, l’émotion musicale en partage et en intensitĂ©.
Cette annĂ©e pour le 1er janvier 2019, le chef autrichien Christian Thielemann grand wagnĂ©rien et straussien de grande classe (autrichienne) assure le pilotage du concert philharmonique le plus mĂ©diatisĂ© de l’annĂ©e. LIRE notre prĂ©sentation de ce concert Ă©vĂ©nement

  

 

 
CONCERT DU NOUVEL AN 2019

  

 

  

 

 

Ă  18h40
Arte : Concert du Nouvel An à La Fenice de Venise 
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Chaque 1er janvier 2019, les vĂ©nitiens fĂȘtent la nouvelle annĂ©e dans une grand concert festif, plutĂŽt Ă©litiste au regard des prix pratiquĂ©s alors : le « Concerto di Capodanno » / concert du nouvel an. Au programme des extraits d’opĂ©ras (Verdi principalement dont le fameux brindisi de l’acte I de la Traviata : motif et prĂ©texte Ă  lever et boire sa coupe de champagne, sur scĂšne et dans la salle
): airs et choeurs cĂ©lĂšbres
 avec Nadine Sierra (soprano), Francesco Meli (tĂ©nor). Orch et chƓur de La Fenice / Claudio Marino Moretti, direction.

  

 

  

 

 
 à 23h30
Arte : QUATRE CHOREGRAPHES ACTUELS A L’OPERA DE PARIS
Thierrée / Shechter / Pérez / Pite 
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La Symphonie du Hanneton (couronnĂ©, plĂ©biscitĂ© en 2006) c’est lui : le chorĂ©graphe suisse touche Ă  tout JAMES THIERRÉE (nĂ© en 1974 Ă  Lausanne), « illusionniste du corps » a montrĂ© la voie au dĂ©but des annĂ©es 2000, grĂące Ă  un imaginaire hors normes, en complicitĂ© avec les membres de sa compagnie du Hanneton. En juin 2018, Frelons (nouvelle chorĂ©graphie) imaginait une horde de danseurs masquĂ©s lancĂ©s Ă  l’assaut du Palais Garnier (scĂšne et surtout espaces publics : escaliers, foyer, vestibule bas.)
 JAMES THIERRÉE est aussi un acteur reconnu et plutĂŽt sollicitĂ© : aprĂšs L’empereur de Paris de JF Richet (dans les salles le 19 dĂ©cembre), James T prĂȘte sa figure et sa posture pour Raspoutine dans Corto Maltese de Christophe Gans. Autres ballets Ă  l’affiche de cette soirĂ©e danse sur Arte :

The Art of not looking back de l’israĂ©lien Hofesh Shechter : 9 danseurs accordĂ©s, entraĂźnĂ©s dans une transe juvĂ©nile, qui est Ă  la fois psychanalyse et rituel rĂ©vĂ©lant l’enfoui


The Male dancer de l’espagnol IvĂĄn PĂ©rez : une cĂ©lĂ©bration virile (que des hommes) sur le Stabat Mater de l’estonien Arvo PĂ€rt. La figure du danseur est prĂ©sentĂ©e comme sujet de moquerie et de fantasme.

The Seasons de la canadienne Crystal Pite renouvelle l’élan organique, sensuelle, cĂ©lĂ©bratif de l’écriture vivaldienne, elle-mĂȘme revisitĂ©e, adaptĂ©e par Max Richter qui offre ici la bande musicale : The Four Seasons recomposed : 54 danseurs exaltĂ©s, ivres et inspirĂ©s, composent une chorĂ©graphie puissante et magnĂ©tique, entre brutalitĂ© primtive et beautĂ© spirituelle, portĂ©e, sublimĂ©e par l’exaltation et le gĂ©nie vivaldiens.

Programme visionnable sur Arte concert à partir du 24 décembre 2018:
https://www.arte.tv/fr/videos/083017-001-A/quatre-choregraphes-d-aujourd-hui-a-l-opera-de-paris/

SoirĂ©e filmĂ©e au Palais Garnier Ă  Paris, en juin 2018 – spectacle Ă  l’affiche du 18 mai au 8 juin 2018
https://www.operadeparis.fr/saison-17-18/ballet/thierree-pite-perez-shechter

 
 
 

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Consultez cette page rĂ©guliĂšrement actualisĂ©e et enrichie au fur de l’actualitĂ©s des programmes tĂ©lĂ©s annoncĂ©s par les chaĂźnes…

 

 

 
 

GSTAAD MENUHIN FESTIVAL 2019 : ” PARIS ” (18 juil – 6 sept 2019)

gstaad-menuhin-festival-2019-PARIS-annonce-prĂ©sentation-classiquenews-582GSTAAD MENUHIN FESTIVAL : « PARIS » , 18 juil – 6 sept 2019. A l’étĂ© 2019, le Festival Yehudi Menuhin Ă  Gstaad (Gstaad Yehudi Menuhin Festival & Academy) en Suisse (Saanenland) cĂ©lĂšbre la magie romantique et culturelle de la ville lumiĂšre, PARIS. Quel beau symbole qui souligne la prĂ©Ă©minence d’une fascination partagĂ©e sur toute la planĂšte qui se cristallise ainsi cet Ă©tĂ©, dans les villages au charme rustique et campagnard du Festival suisse. Parmi les artistes invitĂ©s Ă  Gstaad : Yuja Wang, Ute Lemper, Bertrand Chamayou, Gautier Capuçon, Hilary Hahn et Manfred Honeck


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Au lendemain d’un voyage passionnant cĂ©lĂ©brant la majestĂ© des Alpes (Festival 2018), le Gstaad Menuhin Festival met le cap sur PARIS en 2019. Capitale la plus visitĂ©e de la planĂšte, Gstaad entend Ă©voquer et fĂȘter la « citĂ© de goĂ»t et de culture, fer de lance de la musique française, Ă©voquĂ©e par les chefs-d’Ɠuvre qui ont vu le jour sur son sol Ă  travers les siĂšcles – de l’Ecole de Notre-Dame jusqu’au compositeur contemporain Tristan Murail, Ă  qui le Festival a passĂ© commande –, mais aussi par les artistes qui font aujourd’hui briller les couleurs de la France de par le monde, Ă  l’image du pianiste Bertrand Chamayou, «Artist in Residence 2019», de l’organiste de Notre-Dame Olivier Latry, invitĂ© aux claviers de l’Ă©glise de Saanen, ou de l’Orchestre philharmonique de Radio-France et de l’Orchestre National de Lyon, animateurs de deux grandes soirĂ©es sous la Tente de Gstaad. »

RĂ©citals intimistes dans les Ă©glises, grandes fresques symphoniques et lyriques sous la tente, sans compter les multiples facettes de son AcadĂ©mie, dont celle de direction d’orchestre (CONDUCTING ACADEMY), destinĂ©e aux jeunes chefs d’orchestre qui peuvent piloter la centaine d’instrumentistes du Gstaad Festival Orchestra (GFO)
 chaque Ă©tĂ©, la Suisse surprend et enchante grĂące au Festival estival le plus passionnant en Europe.

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TOUTES les infos, programmes, modalités de réservations, organisation des séjours sur place, sur le site du GSTAAD MENUHIN FESTIVAL 2019

Réservations ouvertes sur le site à partir du 20 décembre 2018.

https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/programme-and-location/edition-2019

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QUELQUES TEMPS FORTS (artistes et programmes Ă  suivre)

Parmi les temps forts de cette Ă©dition 2019: une plĂ©iade d’artistes français mais pas que
 soirĂ©es « dans les Ă©toiles » avec les pianistes Yuja Wang (Concerto pour pino n°3 de Rachmaninov avec la Staatskapelle de Dresde) et Khatia Buniatishvili, les cantatrices Nuria Rial et Cecilia Bartoli, les violonistes Vilde Frang et Hilary Hahn, les violoncellistes Sol Gabetta et Gautier Capuçon; l’opĂ©ra «Carmen» en version concertante avec l’orchestre de l’OpĂ©ra de Zurich et Marco Armiliato; le Te Deum de Charpentier avec HervĂ© Niquet et son Concert Spirituel; la rĂ©sidence du pianiste Bertrand Chamayou; des soirĂ©es symphoniques sous la Tente de Gstaad, avec l’«Empereur» de Beethoven sous les doigts du jeune pianiste corĂ©en Seong-Jin Cho ; la «PathĂ©tique» de TchaĂŻkovski dirigĂ©e par Manfred Honeck, «La Valse» de Ravel et «Petrouchka» de Stravinski avec l’Orchestre philharmonique de Rotterdam et Lahav Shani ; la Symphonie fantastique de Berlioz sous la baguette de Mikko Franck (pour fĂȘter le 150Ăšme anniversaire de la mort de Berlioz) ; des airs d’opĂ©ra de Wagner chantĂ©s par le tĂ©nor Klaus Florian Vogt et le «BolĂ©ro» de Ravel avec l’Orchestre National de Lyon et Gergely Madaras ; la QuatriĂšme de TchaĂŻkovski par la Staatskapelle de Dresde et Myung-Whun Chung; sans omettre plusieurs, hors des sentiers battus, de nouvelles expĂ©riences sonores telles les improvisations de Gabriela Montero sur le film muet «The Immigrant» de Chaplin, la rencontre de l’Ensemble Janoska et du guitariste de jazz BirĂ©li LagrĂšne sur fond d’hommage Ă  Django Reinhardt, la soirĂ©e cabaret & chansons d’Ute Lemper
 Sans oublier les concerts ouverts au public sous le label «L’Heure Bleue», point de contact privilĂ©giĂ© avec les stars de demain: www.gstaadacademy.ch

CD, Ă©vĂ©nement, critique. Mathieu : Concerto n°4 ; Rachmaninov : Rhapsodie op.43 – Jean-Philippe Sylvestre, piano (1 cd ATMA)

SYLVESTRE-JEAN-PHILIPPE-ATMA-classique-cd-annonce-critique-cd-classiquenews-mathieu-rachmaninovCD, Ă©vĂ©nement, critique. Mathieu : Concerto n°4 ; Rachmaninov : Rhapsodie op.43 – Jean-Philippe Sylvestre, piano / Orchestre MĂ©tropolitain / Alain Trudel, direction – 1 cd ATMA classiques / ACD22768 – novembre, 2018. AprĂšs la rĂ©ussite qui fut aussi rĂ©vĂ©lation du Concerto de QuĂ©bec (Concerto n°3) d’AndrĂ© Mathieu l’an dernier, le pianiste Jean-Philippe Sylvestre marque Ă  nouveau le dĂ©voilement du gĂ©nie de Mathieu, compositeur majeur au QuĂ©bec. Le couplage rĂ©alisĂ© avec la  Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini de Rachmaninov rappelle l’Ă©vidente filiation entre les deux compositeurs, Mathieu se nourrissant de la texture riche, des harmonies si sensuelles de son prĂ©dĂ©cesseur russe Ă  la fois postromantique et nĂ©o classique. Encore aujourd’hui il n’est pas de pianisme aussi Ă©voluĂ© et raffinĂ© que celui de Rachmaninov.

Mathieu / Rachmaninov : filiation flamboyante et superlative

Le programme de ce disque important  a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans le cadre du Festival Classica, Ă©vĂ©nement fĂ©dĂ©rateur et essentiel de la vie musicale quĂ©bĂ©coise au dĂ©but de la pĂ©riode des festivals estivaux, avec la complicitĂ© de l’Orchestre MĂ©tropolitain sous la direction attentive d’Alain Trudel.

ANDRÉ MATHIEU : Concerto n°4 - Au lendemain de la seconde guerre (1946), la France octroie plusieurs bourses Ă  de jeunes compositeurs canadiens pour remercier le pays d’AmĂ©rique du Nord de s’ĂȘtre engagĂ© militairement Ă  ses cĂŽtĂ©s pour vaincre les nazis. Ainsi laurĂ©at de cette manne, le jeune Mathieu retrouve Ă  Paris le cĂ©lĂšbre Arthur Honegger (1892-1955), pour des cours de perfectionnement en composition. Le Trio et le QuatriĂšme Concerto qu’il entreprend sous son influence, attestent des influences françaises nourrissant alors son Ă©criture. Mais le quĂ©bĂ©cois quitte rapidement l’Europe dĂšs l’automne 1947.
L’auteur plutĂŽt convaincu par son oeuvre, joue partout son opus l’inscrivant dans chaque rĂ©cital de MontrĂ©al Ă  Washington, ce jusqu’Ă  sa mort.
Mais le seul manuscrit valable concerne le dĂ©but du troisiĂšme mouvement, de surcroĂźt partition incomplĂšte de dix-neuf pages dans une version pour deux pianos. Il a fallu donc ressusciter l’opus dans son entier selon le plan original de l’auteur.
Heureusement l’enregistrement live du concert du 7 dĂ©cembre 1950 au Ritz-Carlton de MontrĂ©al oĂč AndrĂ© joue l’Ɠuvre du dĂ©but Ă  la fin rĂ©cupĂ©rĂ© en sept 2005, a permis de reconstruire le cycle intĂ©gral. A la demande du pianiste Alain Lefevre (prĂ©dĂ©cesseur zĂ©lĂ© de Sylvestre dans la dĂ©fense et la diffusion de l’oeuvre de Mathieu aujourd’hui), Gilles Bellemare dĂ©duit la partie pour piano seul, rĂ©orchestre toute la partition Ă  partir des nouveaux Ă©lĂ©ments. La version ainsi restaurĂ©e est crĂ©Ă©e le 8 mai 2008 Ă  Tucson en Arizona avec Alain LefĂšvre et George Hanson.
Dix ans aprĂšs sa crĂ©ation, c’est Ă  Saint-Constant que Jean-Philippe Sylvestre avec l’Orchestre MĂ©tropolitain et Alain Trudel reprennent l’Ɠuvre dans la version Gilles Bellemare, Ă  quelques pas de la maison du docteur Joseph-Arthur Gagnon, grand-pĂšre d’AndrĂ© Mathieu, oĂč son petit-fils passait ses vacances.

AprĂšs le succĂšs de son Concerto n°3 dit Concerto de QuĂ©bec dont le plan inspire le scĂ©nario du film La forteresse, Mathieu affirme alors un tout autre climat dĂšs le dĂ©but de son nouveau Concerto n°4: l’angoisse ou Ă  dĂ©faut, un sentiment nouveau d’inquiĂ©tude sourde, portĂ© par une verticalitĂ© affirmĂ©e. LiĂ© Ă  son destin personnel la musique bascule dans l’aspiration d’une tragĂ©die personnelle.
Ainsi, le troisiĂšme mouvement qui pointe, tendu, inexorable vers le vide et le nĂ©ant ; il atteint un sentiment d’incandescence quasi angoissĂ©, mĂȘme de terreur intĂ©rieure, Ă  peine maĂźtrisĂ©e. Il n’est que le deuxiĂšme mouvement pour affirmer un Ă©quilibre recouvrĂ©, serein, enfin apaisant. Le jeu entier, clair et puissant aussi de Jean-Philippe Sylvestre rend justice Ă  une oeuvre Ă  la fois foisonnante et trĂšs construite.

Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini opus 43 de Rachmaninov. Il est d’autant plus lĂ©gitime de rapprocher les deux Ă©critures Mathieu / Rachmaninov, sur le plan du style et de l’intensitĂ© mĂ©lodique, mais aussi parce que Mathieu Ă©crit lui-mĂȘme une Rhapsodie en 1958, cĂ©lĂ©brant Ă  nouveau le gĂ©nie de celui qui semble constamment l’inspirer.
De la révolution bolchévique de 1917 à sa mort en 1943, Rachmaninov ne crée que six partitions dont la Rhapsodie sur un thÚme de Paganini, créée le 7 novembre 1934 à Baltimore, avec Stokowski pilotant Philadelphia Orchestra.
Libre et inventive dans son Ă©coulement formel, la partition de Rachmaninov affiche une tranquille modernitĂ© surtout un geste fluide et sans contrainte qui repousse les limites de l’exercice rhapsodique trouvant un Ă©quilibre idĂ©al entre plan architectural qui prĂ©serve le dĂ©roulement dramaturgique, et la souple expression d’un flux musical quasi abstrait ou brillent les qualitĂ©s de timbre, couleurs, espace d’un clavier 
symphonique. Pour noyau et prĂ©texte de ce dĂ©lire poĂ©tique, le dernier des vingt-quatre Caprices pour violon seul de Paganini (1782-1840).
Le pianiste Jean-Philippe Sylvestre s’engage avec un zĂšle idĂ©al dans la dĂ©fense et le rayonnement des Ɠuvres de Mathieu ; tout coule de source et avec un naturel manifeste sous ses doigts, qu’il s’agisse des Ă©lans parfois angoissĂ©s du concerto n°4, ou de l’éblouissante confession nostalgique que constitue la Rhapsodie de Rachmaninov.
Le jeu sinueux trĂšs sensuel et brillant du clavier danse avec l’orchestre dans le l’énoncĂ© superposĂ© au motif de Paganini, du thĂšme du Dies irae (fa-mi fa-rĂ©-mi-do rĂ©-rĂ©) dans la 6Ăšme variation puis la 10Ăšme. L’Ă©nergie de feu se dĂ©ploie grĂące au pianiste qui sait articuler en maints endroits, son approche trĂšs directe et aussi ciselĂ©e, mĂȘlant avec finesse et lyrisme, dĂ©tail et puissance, le gĂ©nie mĂ©lodique de Rachma, Ă  son panache Ă©tourdissant ; telle approche emporte toute la rhapsodie dans un bain organiquement continu, chaque sĂ©quence/variation se succĂ©dant Ă  l’autre avec une Ă©vidente souplesse lĂ  encore.

CLIC D'OR macaron 200Le scintillement debussyste et ravĂ©lien de la 11Ăšme redouble d’Ă©clats millimĂ©trĂ©s, comme la frivolitĂ© ancien rĂ©gime de la 12Ăšme (menuet), avant le trait virtuose et percutant du piano rĂ©pondant aux saillies sarcastiques de l’orchestre dans la 13Ăšme, 
 façonne un jeu contrastĂ© et tout en souplesse ; De mĂȘme la parodie du Concerto de Tchaikovski (2Ăšme mouvement) dans la 15Ăšme y est subtilement Ă©noncĂ©e elle aussi. Autre filiation qui enrichit encore ce jeu des styles qui se rĂ©pondent de siĂšcle en siĂšcle. Mais rien n’Ă©gale la sĂ©duction dansante de la 18Ăšme (faite par Rachma pour plaire Ă  son impressario et lui donner le moyen de mieux « vendre » le style du compositeur pianiste qu’il dĂ©fendait alors
). Jean-Philippe Sylvestre sait dĂ©ployer une sĂ©duction manifeste tout en soignant les Ă©clats intĂ©rieurs. Le pianiste n’en oublie pas pour autant l’humeur fantasque, l’idĂ©e du caprice et de la libre fantaisie liĂ©s au genre rhapsodique
 ainsi cette conclusion imprĂ©visible qui s’efface, fugitivement, dans une ultime mesure jouĂ©e piano. La libertĂ© et la force Ă©vocatoire du jeu pianistique sont trĂšs convaincants.

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Track listing – Programme dĂ©taillĂ© du cd :

André MATHIEU (1929-1968)

Concerto no 4 en mi mineur

(arr. pour piano et orchestre par Gilles Bellemare) Concerto No. 4 in E Minor

(arr. for piano and orchestra by Gilles Bellemare)

1 ‱ I. Allegro

2 ‱ II. Andante

3 ‱ III. Allegro con fuoco

SergueĂŻ RACHMANINOV(1873-1943)

Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini, op. 43

Rhapsody on a Theme of Paganini, Op. 43

4‱ Introduction: Allegro vivace

5‱ Variation 1: (Precedente)

6‱ Theme: L’istesso tempo

7‱ Variation 2: L’istesso tempo

8‱ Variation 3: L’istesso tempo

9‱ Variation 4: PiĂč vivo

10‱ Variation 5: Tempo precedente

11‱ Variation 6: L’istesso tempo

12‱ Variation 7: Meno messo, a tempo moderato 13‱ Variation 8: Tempo I

14‱ Variation 9: L’istesso tempo

15‱ Variation 10: [Poco marcato]

16‱ Variation 11: Moderato

17‱ Variation 12: Tempo di minuetto

18‱ Variation 13: Allegro

19‱ Variation 14: L’istesso tempo

20‱ Variation 15: PiĂč vivo: Scherzando 21‱ Variation 16: Allegretto

22‱ Variation 17: [Allegretto]

23‱ Variation 18: Andante cantabile 24‱ Variation 19: L’istesso tempo

25‱ Variation 20: Un poco piĂč vivo

26‱ Variation 21: Un poco piĂč vivo

27‱ Variation 22: Un poco piĂč vivo (alla breve) [0:19] 28‱ Variation 23: L’istesso tempo

29‱ Variation 24: A tempo un poco meno messo [0:32]

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1 cd ATMA classiques / ACD22768 – novembre, 2018

Jean-Philippe Sylvestre, piano
Orchestre MĂ©tropolitain
Alain Trudel, direction

Mathieu : Concerto n°4 ; Rachmaninov : Rhapsodie op.43

https://www.atmaclassique.com/Fr/Albums/AlbumInfo.aspx?AlbumID=1614

TEASER vidéo : CHOSTAKOVITCH : intégrale de la musique de chambre pour piano et cordes (PARATY productions)

SHOSTA-CHOSTAKOVITCH-CD-PARATY-critique-cd-review-cd-critique-par-classiquenews-PARATY_718232_Shostakovich_Ensemble_COUV_HMCD Ă©vĂ©nement, SHOSTAKOVICH / CHOSTAKOVITCH : complete chamber music for piano and strings / DSCH – Shostakovich ensemble (2 cd PARATY – ANNONCE). Ce pourrait bien ĂȘtre le coffret Ă©vĂ©nement de 2018 : l’intĂ©grale des oeuvres pour musique de chambre pour piano et cordes de Dmitri Chostakovitch – Jamais une telle somme majeure pour l’expression musicale du XXĂš siĂšcle n’avait Ă©tĂ© rĂ©unie en un seul coffret : c’est chose faite grace Ă  l’initiative du pianiste Filipe Pinto-Ribeiro et son DSCH – Ensemble Chostakovitch / Shostakovich Ensemble. Âpre et intense, profonde voire lugubre, inquiĂšte et angoissĂ©e, mais d’une ineffable tendresse humaine, la musique de Dmitri Chostakovitch Ă  l’époque de la terreur stalinienne sait porter le masque de la distance, faussement indiffĂ©rente, pour mieux ciseler une absolue comprĂ©hension de la nature humaine, dans ses contradictions, ses horreurs et sa grandeur. A l’écoute de cette musique pudique et intime (sous la voile d’un cynisme distanciĂ©), relevant les dĂ©fis de l’écoute collective, et du jeu chambriste le plus raffinĂ©, les 4 solistes rĂ©unis autour de Filipe PINTO-RIBEIRO, – tous individualitĂ©s fortes capables aussi de se fondre dans une Ă©tonnante sonoritĂ© collective-, rĂ©alisent en 2 cd, pour le label PARATY, une intĂ©grale Ă©vĂ©nement, vĂ©ritable accomplissement qui s’avĂšre ĂȘtre la rĂ©fĂ©rence nouvelle.

CLIC D'OR macaron 200Un Chostakovitch / Shostakovich dĂ©poussiĂ©rĂ©, habitĂ©, rĂ©gĂ©nĂ©rĂ© : sincĂšre et vrai. Coffret Ă©vĂ©nement, CLIC de CLASSIQUENEWS 2018, Ă©lu meilleur cd de l’annĂ©e 2018 (RĂ©alisation studio CLASSIQUENEWS.TV).