LIVRE Ă©vĂ©nement. BALZAC penseur (collectif, direction : Francesco Spandri) – Ă©dition CLASSIQUES GARNIER

balzac penseur francesco spandri classiques garnier classiquenewsLIVRE Ă©vĂ©nement. BALZAC penseur (collectif, direction : Francesco Spandri) – Ă©dition CLASSIQUES GARNIER. Au delĂ  de l’observateur critique fin et analytique, qui rend sa prose d’une rare acuitĂ© Ă©pistĂ©mique, Balzac en interrogeant les effets et leurs causes et vice versa restitue aussi, en connivence avec son lecteur la progression des mĂ©tamorphoses individuelles et dans le protocole de lecture, laisse Ă  son lecteur le plaisir spĂ©cifique de dĂ©celer les Ă©tapes d’une pensĂ©e en action. Dans le travail de l’écrivain, le parcours du lecteur qui dĂ©masque et analyse, le sujet de l’analyse, Balzac dĂ©voile la mĂ©canique du cerveau qui tire les ficelles des actions. Pour autant Balzac, connaisseur des motivations, peintre de la psychĂ©, nous a t il laissĂ© ses propres thĂ©ories et opinions sur le propre du « gĂ©nie » humain ? Les 3 parties de ce collectif multiplie les angles de comprĂ©hension de la diĂ©gĂšse balzacienne.
La foi, le politique, le don
 sont inspectés moins par leur principe actif propre que dans la réception de leur idée.
DĂ©sormais la pensĂ©e individuelle ne se mesure exactement que dans sa relation au corps social : un existe dans ses interactions multiples qui dĂ©coule de son propre mouvement aux autres. Les articles s’appuient tous sur une connaissance aiguĂ«, personnalisĂ©e du texte balzacien (dont entre autres La Physiologie du mariage, Le colonel Chabert, Le chef d’Ɠuvre inconnu.
). Le chapitre le plus pertinent selon nous demeure Ă  ce titre l’enseignement thĂ©orique balzacien des Deux rĂȘves (Robespierre puis Murat) exposant ce en quoi tout exercice du pouvoir implique une autoritĂ© qui agit produisant ses consĂ©quences implacables inĂ©vitables ; la cause, ses effets. La lecture de ce texte dĂ©voile en dĂ©finitive une pensĂ©e politique qui atteste de l’intelligence balzacienne, son unicitĂ© synthĂ©tique, exceptionnelle et toujours Ă©clairante aujourd’hui. Contribution majeure.

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LIVRE Ă©vĂ©nement. BALZAC penseur (collectif, direction : Francesco Spandri) – Ă©dition CLASSIQUES GARNIER.
https://classiques-garnier.com/balzac-penseur.html

427 pages – Collection « Rencontres n°414 » – 49 euros
ISBN: 978-2-406-07978-1
ISSN: 2103-5636
DOI: 10.15122/isbn.978-2-406-07980-4
Éditeur: Classiques Garnier
Date de parution: 23/10/2019

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RĂ©sumĂ© rĂ©digĂ© par l’éditeur
” Tout Ă  la fois mystique et matĂ©rialiste, Balzac reconnaĂźt Ă  la littĂ©rature et en particulier au roman sa pertinence Ă©pistĂ©mique. Cette entitĂ© fluide qu’est l’idĂ©e existe chez lui comme force sociale et actantielle : la pensĂ©e agit sur la matiĂšre et maintient une prĂ©sence multiforme au sein de la diĂ©gĂšse. “

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PREMIÈRE PARTIE
L’ƒUVRE BALZACIENNE ET LES SAVOIRS SCIENTIFIQUES

Introduction : Les ressources de l’abstraction (Francesco Spandri)
Balzac et la querelle des analogues
L’imaginaire des fluides chez Balzac
Penser le magnétisme / Science, fantastique et ironie
La démarche de la pensée ou la métaphore vive

DEUXIÈME PARTIE
LE MOUVEMENT D’UNE PENSÉE EN ACTE

Penser la foi
Balzac penseur de l’histoire ?
Le retour, Du dipositif fictionnel à l’anthropologie historique
Pensée et métaphore du corps social
Balzac : une théorie du mensonge ? HypothÚses autour du Colonel Chabert
La pensĂ©e du « don » : figures de la donation de l’art et du savoir
Balzac et la question du génie
Penser la peinture : Le Chef d’Ɠuvre inconnu
La pensée du livre
Un moment « littéraire » de la pensée : le statut de la connaissance dans la Physiologie du mariage
RĂȘves de terreur / Balzac penseur politique dans Les Deux RĂȘves
Un sang irrĂ©parablement versĂ© / Relire La Bourse Ă  la lumiĂšre de l’Essai sur le don de Marcel Mauss

TROISIÈME PARTIE
UNE FORME QUI PENSE

« Faire penser son lecteur » : A quoi reconnait-on le philosophique balzacien ?
Lire, c’est penser peut-ĂȘtre Ă  deux ? / De la fiction Ă  la rĂ©flexion
Penser l’exprit avec Balzac
Balzac penseur post-mortem
Balzac théoricien ?

ISIS de Lully

PARIS, TCE, ven 6 dĂ©c 2019, 19h30. En version de concert, l’un des opĂ©ras les moins connus de Lully et pourtant l’un des mieux Ă©crits… qui d’ailleurs ne devrait pas s’appeler ISIS mais IO, la nymphe aimĂ©e de Jupiter et qui dĂ»t Ă©prouver la haine jalouse et donc la sadisme de Junon, l’Ă©pouse officiel du Dieu des Dieux. A travers son prĂ©texte mythologique, la partition Ă©gratigne quelques protagonistes de la Cour de Louis XIV dont surtout la favorite en titre, La Montespan qui se reconnut Ă©videmment dans le rĂŽle infect de Junon et … obtint du Roi pour se venger l’exil du poĂšte librettiste Quinault. Le TCE Ă  Paris affiche une version de concert d’un ouvrage majeur de Lully qui avant Rameau au XVIIIĂš (dans son dernier opĂ©ra Les BorĂ©ades de 1764), met en scĂšne la folie amoureuse, la haine divine et la torture…

LIRE ici notre critique du cd ISIS de Lully dont la distribution est celle du spectacle parisien : ISIS de LULLY par Les Talens Lyriques

LULLY isis ROUSSET critique cd opera classiquenewsCD, critique.LULLY : ISIS / Io. Talens Lyriques, Ch Rousset (2 cd APARTE – juil 2019). AprĂšs Bill Christie et Hugo Reyne, tous d’eux ayant diffĂ©remment rĂ©ussi leur propre lecture d’Atys(respectivement en 1987 et 2009), sommet de l’éloquence et du sentiment XVIIĂš, Les Talens lyriques et leur chef Christophe Rousset poursuivent une sorte d’intĂ©grale des opĂ©ras de Lully chez ApartĂ©. Un dĂ©fi redoutable et un courage immense
 tant les plateaux sont difficiles Ă  rĂ©unir, et le rĂ©pertoire toujours Ă©cartĂ© des scĂšnes lyriques. Qui programme aujourd’hui le Florentin anobli / naturalisĂ© par Louis XIV ? On s’étonne d’une telle situation, qui d’ailleurs vaut pour le baroque en gĂ©nĂ©ral : mĂȘme Rameau, le plus grand gĂ©nie dramatique et orchestral du XVIIIĂš peine Ă  dĂ©fendre sa place Ă  chaque saison nouvelle, en particulier Ă  l’OpĂ©ra de Paris. Que l’on ne nous parle pas d’équilibre et de diversitĂ© des programmations. Le Baroque est de moins en moins jouĂ© au sein des thĂ©Ăątres d’opĂ©ras en France. Donc rĂ©jouissons nous de ce nouvel opus Lully par Ch Rousset.

Pourtant, soit qu’il soit question de la prise ou de l’économie du geste gĂ©nĂ©ral, la petitesse du son ne cesse ici d’interroger : on sait que les effectifs requis pour les crĂ©ations devant la Cour et le Roi, ne craignaient pas l’ampleur ; d’ailleurs toutes les gravures le reprĂ©sente : l’orchestre Ă©tait plĂ©thorique. Ce qui laisse imaginer un tout autre son Ă  l’époque
 Pourquoi alors ce format sonore si Ă©troit et serrĂ©, d’autant que le traitement final souhaitĂ© lisse tout relief. Pas d’aspĂ©ritĂ©, ni de timbres dĂ©finis: un juste milieu qui attĂ©nue toute disparitĂ© et tend Ă  unifier la globalitĂ© vers une uniformitĂ© dĂ©sincarnĂ©e. S’agirait-il alors d’une autre raison ? La vision propre au chef qui en phrases courtes, certes prĂ©cises mais systĂ©matiques jusqu’à la mĂ©canique, sonne sĂšche ; des tempos parfois trĂšs prĂ©cipitĂ©s soulignent une lecture nerveuse
 et finalement dĂ©vitalisĂ©e. Voici un Lully Ă©troit et mĂ©canisĂ© qui manque singuliĂšrement d’ampleur, de souffle, de respiration. Tout ce qu’ont apportĂ© et cultivĂ© autrement et par un orchestre et un continuo plus palpitant, les prĂ©cĂ©dents dĂ©jĂ  citĂ©s : Christie et Reyne. Pas sĂ»r que les dĂ©tracteurs et critiques d’un Lully trop affectĂ©, sophistiquĂ©, et finalement artificiel, ne changent d’avis aprĂšs Ă©coute de cet album. Lire la critique complĂšte d’ISIS de Lully par Les Talens Lyriques

DVD, critique. MASSENET : MANON par K MacMillan – Lamb, Muntagirov, Yates (Opus Arte, 2018)

MANON-MCMILLAN-DVD-opus-ARTE-lamb-muntagirov-review-critique-danse-dvd-opera-classiquenewsDVD, critique. MASSENET : MANON par K MacMillan – Lamb, Muntagirov, Yates (Opus Arte, 2018). Inusable poĂ©tique de McMillan
 Sir Kenneth MacMillan a marquĂ© les esprits par sa maĂźtrise du dramatisme, sachant revivifier la force Ă©motionnelle de sujets et mythes, tels Romeo et Juliette (1965 oĂč s’imposa Noureev, jeune pilier d’une Margot Fonteyn Ă  plus de 50 ans) ou la comĂ©die dramatique Mayerling (1978). Sa sensibilitĂ© narrative qui reste expressive et Ă©lĂ©gante s’est affirmĂ©e dĂšs 1973 lors de sa crĂ©ation Ă  Covent Garden (avec Anthony Dowell et Antoinette Sibley, duo mythique du Royal Ballet) dans son inusable Manon (de son titre complet « L’histoire de Manon »), d’aprĂšs Massenet (c’est Ă  dire ses opĂ©ras mais pas sa Manon contradictoirement). Comme John Cranko quand il s’empare de l’histoire d’OnĂ©guine (pas une note de l’opĂ©ra Ă©ponyme de Tchaikovski) MĂȘme si la fameuse scĂšne Ă  Saint-Sulpice oĂč la courtisane Manon parvient Ă  sĂ©duire et reconquĂ©rir DesGrieux devenu abbĂ©, a Ă©tĂ© supprimĂ©e, McMillan trouve le ton juste, rĂ©alise avec mesure et Ă©quilibre le thĂšme de l’amour contraint et finalement triomphant dans la mort; l’écriture narrative de McMillan, par sa clartĂ© et sa poĂ©sie – bel effet d’un Ă©quilibre maĂźtrisĂ©, a depuis influencĂ© dans cette mouvance dramatique, les Crnako donc, surtout John Neumeier, a contrario d’un BĂ©jart plus abstrait, et allĂ©gorique voire conceptuel. Jamais Ă©pais voire saint-sulpicien, McMillan prĂ©serve toujours une finesse psychologique admirable dont la Dame aux camĂ©lias de Neumeier est lui aussi redevable.

manon-500x333Sur les traces du roman de l’abbĂ© PrĂ©vost (1731), la place majeure est rĂ©servĂ©e Ă  la ballerina Sarah Lamb, Manon un peu sage cependant, qui devrait dĂ©ployer une caractĂ©risation riche, complexe, Ă  multiples facettes : lolita Ă©cervelĂ©e, jouisseuse manipulant ses protecteurs, adoratrice de bijoux et de diamants (II) ; surtout dans la mort, agonisante, amoureuse sincĂšre et jusqu’auboutiste, dans une plaine perdue de Louisiane (III) : peu Ă  peu ce que rĂ©vĂšle McMillan c’est l’évolution du personnage qui Ă  mesure qu’il perd son insouciance gagne en humanitĂ© et en profondeur pour se consumer totalement. Le DesGrieux de Vadim Muntagirov assoit la forte conviction de cette production de 2018 : c’est un partenaire trĂšs solide aux cĂŽtĂ©s de Sarah Lamb, liane sensuelle, fĂ©minine jusqu’aux bouts de ses chaussons. Face Ă  eux, agent du destin, qui rappelle toujours les deux cƓurs trop jeunes et crĂ©dules Ă  leur sort tragique, le Lescaut de Ryoichi Hirano s’impose par sa profondeur et la justesse du personnage.
CLIC_macaron_2014Dans la fosse, Martin Yates souligne les couleurs et les accents divers de la partition collectĂ©e par Leighton Lucas, qui reprend nombre de partitions extraites des opĂ©ras de Massenet. La version utilisĂ©e bĂ©nĂ©ficie d’une rĂ©orchestration rĂ©alisĂ©e par Yates en 2011. Plus de 40 aprĂšs sa crĂ©ation, cette Manon de McMillan d’aprĂšs Massenet n’a perdu aucun de ses charmes musicaux comme chorĂ©graphiques. Un jalon classique et essentiel pour toute collection chorĂ©graphique.

 

 

 

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Distribution :
Manon – Sarah Lamb
Des Grieux – Vadim Muntagirov
Lescaut – Ryoichi Hirano
Monsieur G.M. – Gary Avis
Lescaut’s Mistress – Itziar Mendizabal
Madame – Kirstin McNally
The Gaoler – Thomas Whitehead
Beggar Chief – James Hay
Courtesans – Fumi Kaneko, Beatriz Stix-Brunell, Olivia Cowley, Mayara Magri

Production:
Orchestration – Martin Yates (2011)
Choreography – Kenneth MacMillan
Staging – Julie Lincoln and Christopher Saunders
Designs – Nicholas Georgiadis
Lighting design – John B. Read

 

 

 

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DVD, critique. MASSENET : MANON par K MacMillan – Lamb, Muntagirov, Yates (Opus Arte, 2018) – Corps de Ballet du Royal Ballet, Orchestre de the Royal Opera House / Martin Yates, direction.

Illustration : © Alice Pennefather

 

 

 

 

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PARIS, Cortot, 2 déc 2019. Le Temps retrouvé. Li-Kung Kuo (violon) - Cédric Lorel (piano) (1 cd Cadence Brillante)

le-temps-retrouve-disque-img- li kung kuo cedric lorel violon et piano cd review annonce concert cd critique classiquenews CLIC de classiquenews 450PARIS, Cortot, 2 dĂ©c 2019. Le Temps retrouvĂ©. Li-Kung Kuo (violon) – CĂ©dric Lorel (piano) / 1 cd Cadence Brillante. A la recherche de Proust, et tout autant de la figure centrale d’EugĂšne YsaĂże, le violoniste Li-Kung KUO et le pianiste CĂ©dric LOREL mĂȘlent avec intelligence et avec un vrai goĂ»t des filiations et des correspondances quatre compositeurs français aux tempĂ©raments distincts ; tous se rejoignent sur un point : l’expression la plus juste et la plus prĂ©cise du sentiment intĂ©rieur. A la fois expressifs (et mesurĂ©s), et introspectifs (sans appuis excessifs), les deux interprĂštes ressuscitent un Ăąge d’or de la musique de chambre française Ă  l’époque d’A la recherche du temps perdu. Musique et littĂ©rature dialoguent ici naturellement. De fait, dans cette vivacitĂ© aiguĂ« qui creuse la charge Ă©motionnelle de chaque morceau, sans rien omettre de chaque enjeu poĂ©tique, le duo rend justice Ă  l’esprit Belle Epoque, sorte de romantisme tardif transcendĂ©. S’affirment surtout deux sommets du chambrisme français (avec en volet final de ce triptyque imaginaire, le Trio de Ravel, absent ici car il faudrait un 3Ăš complice) : le PoĂšme de Chausson et la Sonate n°1 de Saint-SaĂ«ns, entre gravitĂ© et ravissement.

Le premier morceau (Caprice d’aprĂšs La Valse de St-SaĂ«ns) affirme la virtuositĂ© directe enflammĂ©e dont YsaĂże Ă©tait coutumier, habile Ă  s’approprier chaque partition, avec une intensitĂ© et une articulation percutante, vive, prĂ©cise, mordante. La personnalitĂ© inspire l’ensemble du programme ; c’est lui qui crĂ©a des piĂšces aussi prestigieuses que le Quatuor de Debussy, le PoĂšme de Chausson. Avec Raoul Pugnol (piano), YsaĂże joua la Sonate de Saint-SaĂ«ns dont il dĂ©duit une Ă©tude elle aussi saisissante par son nuancier expressif, ses crĂ©pitements d’une trĂšs haute virtuositĂ©.

CHAUSSON, SAINT-SAËNS

un ñge d’or du chambrisme français

Chez Debussy, on relĂšve dĂšs « l’Allegro vivo » l’activitĂ© filigranĂ©e, inscrite dans le repli et la conservation du souvenir (chant et ligne du violon). « IntermĂšde » est exprimĂ© comme une pantomime, lĂ©gĂšre, d’une nervositĂ© arachnĂ©nenne, prĂ©cisĂ©ment expressive, pure instant de poĂ©sie Ă©vocatoire, aux imprĂ©visibles intentions, aux humeurs esquissĂ©es, changeantes.
« TrĂšs animé » laisse s’exprimer une agitation enivrĂ©e tout en dĂ©licatesse intĂ©rieure et pudique pourtant (rĂ©itĂ©ration du thĂšme de l’Allegro vivo), mais aussi presque lascive (hispanisme comme endeuillĂ© et plein de panache).

Le piano choisi (Bechstein 1898) captive par sa qualitĂ© de rebond, velours allusif en particulier dans le climat de pluie suspendue qui installe ce calme inquiet et langoureux du PoĂšme de Chausson. PrĂ©alable qui est amorce suspendue, d’une tristesse mesurĂ©e, elle aussi productrice d’un vrai climat poĂ©tique qui est propice Ă  faire jaillir le sentiment : la ligne du violon est longue, sur le souffle, d’une infinie gravitĂ©, d’une profonde tendresse, d’un rayonnement peu Ă  peu lumineux qui s’embrase littĂ©ralement. C’est sous les doigts du taiwanais Li-King Kuo, le dĂ©ploiement de cette sensibilitĂ© claire et transparente, ligne Ă©perdue, Ă©tirĂ©e jusqu’aux confins du souffle, essentiellement française.

CLIC D'OR macaron 200Puis s’accomplit le miracle du Saint-SaĂ«ns (Sonate n°1, modĂšle prĂ©sumĂ© de la fameuse Sonate de Vinteuil): trĂšs complices, et mĂȘme fusionnels, piano et violon rĂ©ussissent dans le premier mouvement « Allegro agitato », le plus long (7 mn), agitĂ© en effet et mĂȘme crĂ©pitant, d’une activitĂ© que l’on penserait rien que bavarde, jusqu’à l’émergence de la « petite phrase », motif chantant dans l’aigu, vrai jaillissement d’un souvenir de ravissement fugace, qui apaise du fait mĂȘme de son Ă©noncĂ©. La suggestion, l’allusion, l’infini mĂ©lancolie qui portent au rĂȘve et Ă  l’abandon, contrastĂ© avec les passages plus tendus voire Ăąpres, structurent une partition qui relĂšve du gĂ©nie de Saint-SaĂ«ns. MĂȘme s’il n’aimait pas le compositeur, Proust a dĂ» irrĂ©sistiblement ĂȘtre vaincu par l’infinie tendresse de la mĂ©lodie centrale, dĂ©sormais entĂȘtante et emblĂ©matique de tout son Ɠuvre littĂ©raire. Les interprĂštes laissent Ă  l’Ɠuvre de superbes plages de dialogues feutrĂ©s, comme enveloppĂ©s par la question et le sens du souvenir et de la mĂ©moire. C’est un temps rĂ©trospectif et intime, mais aussi dans la rĂ©alisation, une formidable Ă©nergie active qui rĂ©soud et libĂšre (rĂ©itĂ©ration du motif « mauve » dans le dernier « Allegro molto »).
D’un bout Ă  l’autre on goĂ»te le veloutĂ© diaphane du piano, son crĂ©pitement crĂ©pusculaire (« mauve » et lunaire, aurait dit Marcel Proust, in texto) ; comme le chant en extase d’un violon qui caresse ses souvenirs, accepte, s’émerveille. En phrases Ă©tendues, Ă©perdues (Adagio). En crĂ©pitement hallucinĂ©, roboratif (dernier Allegro molto). La qualitĂ© du chant du violon (Testore 1700, « ex Galamian ») s’épanouit sans emphase en toute complicitĂ© avec le Bechstein, le piano prĂ©fĂ©rĂ© de Debussy.
La qualitĂ© d’articulation et de chant du violon, se manifeste pleinement enfin dans l’extase mĂ©lodique du Hahn, Ă©videment un « Nocturne » pour mieux se glisser et dialoguer avec le motif crĂ©pusculaire de la petite phrase inventĂ©e par Saint-SaĂ«ns.

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CD, Ă©vĂ©nement, critique. Le Temps retrouvĂ©. Li-Kung Kuo (violon) - CĂ©dric Lorel (piano) (1 cd Cadence Brillante) – parution le 15 novembre 2019

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LIRE aussi notre prĂ©sentation du cd LE TEMPS RETROUVÉ – Li-Kung Kuo (violon) - CĂ©dric Lorel (piano)

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AGENDA

 

 

CONCERT A PARIS

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Concert de lancement
PARIS, Salle Cortot,
Lundi 2 décembre 2019, 20h30

Li-Kung Kuo (violon)
CĂ©dric Lorel (piano)

RÉSERVEZ

https://www.billetweb.fr/kuo-lorel-le-temps-retrouve

 

 

Programme :

Reynaldo Hahn (1874-1947)
Nocturne pour violon et piano

Claude Debussy (1862-1918)
Sonate pour violon et piano

Ernest Chausson (1855-1899)
PoĂšme op. 25

Camille Saint-Saëns (1835-1921)
Sonate pour violon et piano n°1 op. 75

EugĂšne YsaĂże (1858-1931)
Caprice d’aprĂšs l’Etude en forme de valse op. 52 n°6 de Saint-SaĂ«ns

 

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GRAND ENTRETIEN

CĂ©dric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvĂ©LIRE notre entretien avec le violoniste Li-Kung Kuo et le pianiste CĂ©dric Lorel. Le duo explique l’enjeu artistique de leur premier album Ă©ditĂ© par Cadence Brillante : ressusciter l’engagement d’une personnalitĂ© musicale de premier plan, en lien Ă©troit avec la composition et les auteurs de son temps
 EugĂšne YsaĂże et les compositeurs de son temps : la Belle Epoque (Hahn, Chausson, Saint-SaĂ«ns, Debussy…)

Propos recueillis en novembre 2019

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TEASER VIDEO

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CD, critique. SCHUMANN, Clara et Robert : Sonates. Margarita Höhenrieder, piano Pleyel (1 cd Solo Musica)

CD, critique. SCHUMANN, Clara et Robert : Sonates. Margarita Höhenrieder (1 cd Solo Musica). NĂ©e le 13 septembre 1819 , Clara Schumann, aurait donc eu en septembre 2019 : 200 ans. Rien de moins. VoilĂ  qui mĂ©rite un programme spĂ©cifique. Celui dĂ©fendu par la pianiste Margarita Höhenrieder suscite l’adhĂ©sion car il est risquĂ© (clavier d’époque) et rĂ©ussit la maĂźtrise de l’instrument en dĂ©pit de sa mĂ©canique trĂšs dĂ©licate et de la sonoritĂ© imprĂ©visible qui en dĂ©coule.
hohenrieder margarita schumann clara solo musica cd review cd critique classiquenews portrait de clara schumann MH-01De plus, Ă  l’heure de la paritĂ© proclamĂ©e, espĂ©rĂ©e, affirmĂ©e ; Ă  l’heure du mouvement #metoo et aussi de la fĂ©minisation tant attendue des mĂ©tiers du classique, dont Ă©videmment celui de « cheffes » d’orchestre donnant naissance dĂ©sormais au nouveau terme « maestra », il est temps de rĂ©interroger le gĂ©nie musical
 au fĂ©minin. Voici un programme Ă  point nommĂ© ; qui affirme le gĂ©nie d’une femme admirable, pianiste virtuose et plus cĂ©lĂšbre que son mari Robert ; et donc aussi compositrice : CLARA SCHUMANN (18919 – 1896).  Margarita Höhenrieder a le cran de choisir un instrument historique (Grand Pleyel datĂ© de 1850) dont le timbre et la longueur sonore (un peu courte, surtout dans les graves) redessinent l’architecture et les relief des partitions de Clara : la (seule) Sonate, piĂšce maĂźtresse (surtout par son mouvement premier), mais aussi ici ses Trois Romances opus 11, d’une trĂšs riche vie intĂ©rieure et toutes de climats et contrastes exacerbĂ©s, parfois tendus.
Ainsi, tout le tempĂ©rament Ă  la fois tendre et exaltĂ©, mais d’une ivresse digne de son compositeur de mari, s’écoule, respire, enfle ; en particulier dans l’ample premier mouvement de plus de 8 mn, qui restitue l’ardeur et la passion, la profondeur sourde et la gravitĂ© aussi (Rondo final), d’une compositrice romantique de premier plan.
Mises en dialogue avec les piĂšces de son Ă©pouse, les Ɠuvres de Robert font valoir par contraste et comparaison (inĂ©vitable), l’écriture plus serrĂ©e, parfois mieux construite que celle de Clara ; ce qui frappe immĂ©diatement c’est l’éloquence dramatique directe de Robert, trĂšs habile Ă  contraster (qu’il soit Eusebius ou Florestan), quand Clara s’enivre et rĂȘve, plus lyrique et d’une Ă©criture qui se plaĂźt Ă  la langueur voire Ă  la voluptĂ© Ă  la fois grave (lĂ  encore) et secrĂšte (quoique que la coupe syncopĂ©e, si vive de l’Andante des Trois Romances semble embrasĂ©e, exaltĂ©e au plus haut point). VoilĂ  qui anticipe clairement son favori et futur grand ami intime, son cadet Johannes Brahms (et probablement fou amoureux de la musicienne). Le jeu de la pianiste sait Ă©quilibrer les difficiles plans sonores, d’autant que la mĂ©canique du piano requis reste fragile, dĂ©livrant cette tension et cet Ă©clat parfois sec, propres aux instruments historiques. L’attention et le souci d’une certaine vie intĂ©rieure ; mais aussi le nerf et l’énergie conduisent du dĂ©but Ă  la fin l’approche de la pianiste, chez Clara comme chez Robert dont elle sait exprimer le feu qui dĂ©vore dĂšs le premier mouvement So rasch wie mögliech de la Sonate n°2, de braise et d’ardeur ciselĂ©e. Clara / Robert ont composĂ© un couple magistral. Ils affichent et dĂ©fendent tous deux, deux tempĂ©raments ardents et trempĂ©s, absolument captivants. Sans que Clara dans la confrontation des Ă©critures, n’en souffre d’aucune sorte. Bel engagement du jeu. Ce disque nous le dĂ©montre encore.

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CD, critique. SCHUMANN, Clara et Robert : Sonates. Margarita Höhenrieder (1 cd Solo Musica) – Enregistrement rĂ©alisĂ© en Suisse en janvier 2019

James GRAY met en scĂšne les Nozze de Mozart

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81PARIS, TCE. MOZART: Nozze par James GRAY, 1er nov – 8 dĂ©c 2019. Le cinĂ©aste amĂ©ricain James Gray, bien connu pour soigner en particulier le profil psychologique de ses personnages, comme le tableau final qui les abandonne Ă  leur destin, rĂ©ussira-t-il Ă  renouveler notre perception des Nozze de Figaro de Mozart et Da Ponte, eux-mĂȘme inspirĂ©s par Beaumarchais ? Dans le trop court film d’annonce, Ă©ditĂ© sur le site du TCE, James Gray explique pourquoi il a dit oui Ă  cette aventure qui l’éloigne du cinĂ©ma, son territoire naturel. Lunettes d’intellos, faux air de mal rasĂ© sorti de son lit, – en rĂ©alitĂ© trĂšs new-yorkais, mais passionnĂ© par l’opĂ©ra, le rĂ©alisateur veut rendre hommage Ă  une partition et une piĂšce lyrique qu’il trouve « presque parfaite » 

GRAY, de l’espace Ă  l’opĂ©ra
NĂ© en 1969 (il a eu donc 50 ans en avril 2019), l’amĂ©ricain (d’origine ukrainienne) nĂ© Ă  New York, James Gray met en scĂšne Les Noces de Figaro du do mythique Mozart et Da Ponte. Adolescent, il a dĂ©sertĂ© les bancs de l’école pour occuper la rangĂ©e de fauteuil au cinĂ©ma, connaissant toutes l’histoire du genre et se passionnant aussi pour la littĂ©rature russe (Dostoievski en particulier et aussi Tolstoi) : il adapte au cinĂ©ma le sens d’une narration souvent Ă©pique, mais a le souci de la psychologie intime : ce qui le place comme le plus europĂ©en des rĂ©alisateurs amĂ©ricains.

PremiĂšre au TCE, Paris

James Gray met en scĂšne MOZART

De la psychologie autant que de l’action. Le rĂ©alisateur s’est taillĂ© une trĂšs solide rĂ©putation au cinĂ©ma avec des films devenus cultes : Little Odessa conçu Ă  25 ans en 1994 et qui remporte le lion d’argent de Venise (chronique noire et familiale dans un quartier dont il a parfaitement connu l’ambiance et les dangers ; The Yards (2000, autre Ă©pisode noir qui dĂ©crit la maffia newyorkaise) ; la nuit nous appartient (2007), Two lovers (2008), surtout The Immigrant (2013 dont l’hĂ©roĂŻne incarnĂ©e par Marion Cotillard Ă©voque la lente descente aux enfers d’une jeune polonaise dĂ©barquant Ă  New York) ; puis c’est le chef d’Ɠuvre absolu, illustration d’un rĂȘve personnel et esthĂ©tique qui adapte The Lost City of Z (2016), dramaturgie progressive qui comme dans The Immigrant, converge peu Ă  peu vers l’éblouissement saisissant du dernier tableau, vĂ©ritablement composĂ© comme une peinture d’histoire. Aucun doute alors, James Grey est non seulement un grand narrateur, c’est aussi un esthĂšte. Puis en 2019, le cinĂ©aste renouvelle le genre SF depuis Alien, avec Ad Astra (vers l’étoile). Moins connu (et compris) aux USA qu’en Europe, James Gray a la passion de l’opĂ©ra. RĂ©ussira-t-il son premier coup Ă  Paris en dĂ©cembre prochain ? A t il la fibre mozartienne ?

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PARIS, TCEboutonreservation
29 nov , 1er, 3, 5, 7, 8 décembre 2019
6 représentations
Infos et réservations
https://www.theatrechampselysees.fr/la-saison/opera-mis-en-scene/les-noces-de-figaro

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DISTRIBUTION
Glysleïn Lefever: chorégraphie
Christian Lacroix: costumes
Bertrand Couderc: lumiĂšre
Anna Aglatova: Suzanne
Robert Gleadow: Figaro
Stéphane Degout: Le Comte Almaviva
Vannina Santoni: La Comtesse Almaviva
Eléonore Pancrazi: Chérubin
Carlo Lepore: Bartolo
Jennifer Larmore: Marceline
Florie Valiquette: Barberine
Mathias Vidal: Basilio
Matthieu LĂ©croart: Antonio
Rodolphe Briand: Curzio

Le Cercle de l’Harmonie
Unikanti :  Gaël Darchen, direction

Jérémie Rhorer: direction
James Gray: mise en scĂšne
Santo Loquasto: scénographie

Opéra chanté en italien, surtitré en français et en anglais
DurĂ©e de l’ouvrage 2h40 environ

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mozart wolfgangMozart suit les pas de Beaumarchais : il n’oublie rien des enjeux de chaque protagoniste, 5 entitĂ©s parfaitement caractĂ©risĂ©es ; ni le contexte français de la RĂ©volution qui couve : un climat de rĂ©bellion et de libertĂ© Ă  tout craint qui exalte les dĂ©sirs et les pulsions de chacun
 VoilĂ  pourquoi tout tend ici Ă  l’implosion, en particulier des codes d’une sociĂ©tĂ© (celle monarchiste) passablement inĂ©galitaire et injuste. Tous sans exception souffre : les valets, Suzanne et Figaro, soumis Ă  des rĂšgles Ă©culĂ©es qui les renvoient toujours Ă  leur « bassesse » sociale ; le Comtesse jouisseur invĂ©tĂ©rĂ© qui comme Don Giovanni, « tourne en rond » ; la Comtesse son Ă©pouse, aussi frustrĂ©e, abandonnĂ©e que nĂ©gligĂ©e


Outre les dĂ©fis et les attentes que suscitent le choix d’un metteur en scĂšne de cinĂ©ma dans la rĂ©alisation de cette nouvelle production, le chef requis, mozartien diversement apprĂ©ciĂ© chez Mozart, JĂ©rĂ©mie Rhorer poursuit son approche du thĂ©Ăątre mozartien au TCE (aprĂšs Idomeneo, La ClĂ©mence de Titus, Cosi fan tutte et Don Giovanni, ces nouvelles Nozze sont donc le cinquiĂšme opus dirigĂ© avenue Montaigne, avec son ensemble Le Cercle de L’Harmonie sur instruments d’époque). Mais autant « d’expĂ©rience » saurait-elle Ă©galer l’excellente et rĂ©cente maĂźtrise mozartienne d’un autre chef Mathieu Herzog et son fabuleux collectif Appassionnata (rĂ©vĂ©lĂ©s dans une fabuleuse triologie symphonique, porutant trĂšs dĂ©licate; les 38, 39 et 40Ăšmes symphonies de Mozart, cimes orchestrales pour tout chef digne de ce nom ?
Parmi les chanteurs Ă  suivre particuliĂšrement, la Comtesse de la soprano Vannina Santoni, dĂ©jĂ  remarquĂ©e Ă  l’OpĂ©ra de Tours (XX), dans un rĂ©cital Beethoven et Mozart avec le Palais royal (le temps des hĂ©ros)
 La chanteuse saura-t-elle exprimer toute le dĂ©sarroi et la solitude de Rosina, hier courtisĂ©e par Belfiore, aujourd’hui devenue Ă©pouse dĂ©laissĂ©e ? De mĂȘme, le Cherubin de la pĂ©tillante ElĂ©onore Pancrazi dans le rĂŽle de Cherubin


Vendredi 22 novembre 2019, 18h30
Rencontre avec Erik Orsenna, auteur de Beaumarchais, un aventurier de la liberté, Jérémie Rhorer, directeur musical, James Gray, cinéaste et metteur en scÚne, Frédéric Bonnaud, directeur général de la CinémathÚque française.

EntrĂ©e libre – Inscription obligatoire ICI
https://billetterie.theatrechampselysees.fr/selection/event/date?productId=101500458435

France Musique diffuse cet opéra le 28 décembre à 20h

LILLE. Symphonie n°1 de CHOSTAKOVITCH par l’ONL / JC CASADESUS

casadesus_603x380 Ugo ponte ONLLILLE. Les 6, 7 nov 2019. ONL, JC Casadesus. CHOSTAKOVITCH : symph n°1. L’Orchestre National de Lille et Jean-Claude Casadesus nous offrent dans ce programme riche en contraste deux tempĂ©raments toalement opposĂ©s : la simplicitĂ© solaire d’un Mendelssohn fauchĂ© trop tĂŽt (1845), et la sensibilitĂ© plus ambivalente du jeune Chostakovitch de 1926, inspirĂ© par une ironie de plus en plus caustique voire grinçante. Et pour dĂ©buter la frĂ©nĂ©sie sanguine et mĂ©diterranĂ©enne d’un autre jeune compositeur fougueux, Hector Berlioz Ă  l’époque de son Carnaval Romain (ouverture) : en rĂ©alitĂ©, la partition du Romantique français datĂ©e de 1844, est une ouverture alternative Ă  son opĂ©ra (maltraitĂ©) Benvenuto Cellini, comĂ©die shakespearienne d’une exceptionnelle viitalitĂ©. Berlioz y recycle en particulier le duo Cellini et Teresa (Vous que j’aime plus que ma vie), confrontĂ© au grand chƓur collectif du Carnaval proprement dit.

dmitri-chostakovitchD’une vitalitĂ© inĂ©dite dans l’Ɠuvre de Dmitri Chostakovitch, son opus symphonique n°1 a certes ce goĂ»t du sarcasme et de la terreur rentrĂ©e, mais Ă©blouit surtout par sa « joie de vivre », une ivresse sincĂšre et dĂ©sinvolte que ne connaissait pas de la part du compositeur qui manie comme personne le double langage. JC Casadesus aborde la partition crĂ©Ă©e Ă  Leningrad en mai 1926 avec l’ardeur et la prĂ©cision qui sied Ă  une exceptionnelle versatilitĂ©, servi par une orchestration habile et raffinĂ©e ; le jeune compositeur encore Ă©lĂšve du Conservatoire (19 ans) n’hĂ©site pas Ă  maintenir ses options de composition, contre l’avis d’un Glazounov pltuĂŽt rĂ©servĂ© sur la sonoritĂ© de certains passages
 DĂ©jĂ  l’humour apparent du premier mouvement (Allegro) sonne ambigu ; d’autant que le scherzo (Allegro ou 2Ăš mouvement) prĂ©cise cette ironie encore vacillante au dĂ©but
 qui soustend et porte la maturitĂ© du Finale dont le caractĂšre sombre voire amer rĂ©vĂšle la vraie personnalitĂ© de Chostakovich : plus inquiĂšte et analytique que bavarde ; sauvage et hypersensible ; consciente malgrĂ© elle, des terreurs qui menacent dans l’ombre proche.

mendelssohn elias cd felix-mendelssohn-bartholdy_jpg_240x240_crop_upscale_q95Le programme du concert comprend Ă©galement le sublime Concerto pour violon n°2 de Mendelssohn, sommet de romantisme lumineux, intense, condensĂ©, lui aussi sans effusion gratuite. Avec le violoniste albanais Tedi Papavrami. L’opus 64 est souvent le sujet d’un malentendu, permis par l’apparente simplicitĂ© brillante de son Ă©criture ; rien de tel ici tant Mendelssohn y reste comme Mozart, d’une Ă©conomie qui signifie non virtuositĂ© mais sincĂ©ritĂ© et vĂ©ritĂ©. AmorcĂ©e dĂšs 1838, achevĂ©e en 1844, le Concerto est crĂ©Ă© Ă  Leipzig en mars 1845
 quelques mois plus tard, Felix Mendelssohn s’éteignait Ă  l’ñge de 36 ans.

 

 

 

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Mercredi 6 & jeudi 7 novembre 20hboutonreservation
Lille – Auditorium du Nouveau Siùcle
Voyage romantique

Berlioz
Le Carnaval romain, ouverture
Mendelssohn
Concerto pour violon en mi mineur
Chostakovitch
Symphonie n°1

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE   –  Direction : Jean-Claude Casadesus  -  ‹Violon : Tedi Papavrami

 

 

 

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https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/voyage-romantique/

 

 

En région
Pas de billetterie O.N.L / billetterie extérieure
Soissons CitĂ© de la Musique et de la Danse – Vendredi 8 novembre 20h
Infos et réservations : 03 23 59 83 86
Anzin ThĂ©Ăątre – Samedi 9 novembre 20h
Infos et réservations : 03 27 38 01 10

 

 

PrĂ©sentation du programme par l’Orchestre National de Lille : “Immense musicien et remarquable homme de lettres, le violoniste albanais Tedi Papavrami possĂšde un parcours artistique hors du commun. Son archet virtuose, Ă  la fois pur et lyrique, sera l’instrument idĂ©al pour enchanter les emportements romantiques et la fĂ©Ă©rie bondissante du splendide Concerto pour violon n°2 de Mendelssohn. CrĂ©Ă©e en 1926, la Symphonie n°1 est l’une des Ɠuvres les plus joyeuses de Chostakovitch. Bien sĂ»r, on y retrouve le goĂ»t du sarcasme, les brusques changements d’humeur et le romantisme noir du compositeur russe. Mais la symphonie trace Ă©galement une montĂ©e en puissance, magistralement conduite par Jean-Claude Casadesus.”

 

“Romantic journey
The remarkable Tedi Papavrami enchants Mendelssohn’s splendid Violin Concerto No. 2 in E min. Premiered in 1926, Symphony No. 1 is one of Shostakovich’s most jubilant works, building to a powerful ending, all under the baton of Jean-Claude Casadesus.”

CD, critique. BEETHOVEN : Symph n°9 – Bernstein, Berlin 1989 (2 cd DG Deutsche Grammophon)

ode an die freiheit bernstein in berlin leonard bernstein 2 cd dg deutsche grammophon 1989 30 ans mur de berlin cd review critique cd classiquenews 4837441CD, critique. BEETHOVEN : Symph n°9 – Bernstein, Berlin 1989 (2 cd DG Deutsche Grammophon). Pour commĂ©morer les 30 ans de la chute du Mur de Berlin, DG rĂ©Ă©dite une trĂšs belle lecture de la 9Ăš de Beethoven, devenue hymne de l’Europe progressiste, dĂ©sormais indissociable des grandes heures et cĂ©lĂ©brations de l’histoire europĂ©enne. Evidemment contexte oblige, les interprĂštes venus cĂ©lĂ©brer la fin de l’Allemagne divisĂ©e, dĂ©sunie en chantant l’ode fraternelle conçue par Beethoven comme l’appel Ă  changer de monde, sont hautement inspirĂ©s par l’urgence et la joie collective de la Chute du mur. D’autant que la direction organique, instinctive, trĂšs investie du chef d’origine juive, Leonard Bernstein restitue toute la profondeur et l’humanitĂ© de la partition et du contexte dans lequel elle est ainsi rĂ©alisĂ©e en dĂ©cembre 1989. L’annĂ©e est celle de la mort de Karajan, le plus grand chef d’alors ; Bernstein lui aussi chez DG, Deutsche Grammophon, fait figure de dernier gĂ©ant d’un monde porteur d’un nouveau, renouvelĂ© comme plein d’espoirs.

RÉÉDITION HISTORIQUE
Plateau de grande classe dont la diva bellinienne June Anderson, orchestre bavarois auquel se sont joints divers super solistes de diffĂ©rents orchestres (Dresde, Leningrad, Londres, New York, Paris
 il faut bien dĂ©fendre l’idĂ©e d’une phalange concrĂštement europĂ©enne); choeurs multiples Ă©galement pour l’occasion (Dresde, Munich, Berlin GDR)
 ce live du 25 dĂ©cembre 1989 au Schauspielhaus de Berlin est de fait, fĂ©dĂ©rateur, historique. Donc incontournable. La fiĂšvre de l’histoire rejoint l’oeuvre fraternelle et humaniste du plus gĂ©nial des symphonistes de l’histoire europĂ©enne. Tout un symbole. L’occasion insuffle une tension unique Ă  la partition de Beethoven. La sensibilitĂ© communicative du chef choisi fait le reste.

CD, critique. BEETHOVEN : Symph n°9 – Bernstein, Berlin 1989 (2 cd DG Deutsche Grammophon).

Ode an die Freiheit – Ode to Freedom
Beethoven: Symphony No. 9
Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks
Chor des Bayerischen Rundfunks
Chor der Staatskapelle Dresden
Kirov Orchestra, St Petersburg
Orchestre de Paris
London Symphony Orchestra
New York Philharmonic
Leonard Bernstein, direction
Live from Berlin 25 December/bre 1989

Parution : 27 Sept. 2019
2 CD Deutsche Grammophon – 0289 483 7441 0

CD critique. ENCORES : Nelson FREIRE, piano (1 cd DECCA).

freire-nelson-piano-encores-decca-critique-cd-classiquenewsCD critique. ENCORES : Nelson FREIRE, piano (1 cd DECCA). DECCA souffle les 75 ans du pianiste brĂ©silien NELSON FREIRE, et aussi des dĂ©cennies de coopĂ©ration artistique, l’artiste Ă©tant avec Cecilia Bartoli l’un des derniers plus anciens interprĂštes exclusif de la marque bicolore. Les 30 titres ici composent une maniĂšre de jardin personnel, oĂč rayonnent l’éclectisme rĂȘveur et enchantĂ© des 12 piĂšces lyriques de Grieg, prĂ©servĂ©es comme un cycle unitaire. Toutes sont des piĂšces q’il a jouĂ© en fin de rĂ©cital, comme des « bis », ou « encores » selon la terminologie anglos axonne.
De la gĂ©nĂ©ration de son consƓur argentine Martha Argerich, la fĂ©line noctambule (qui n’a pas sa mĂȘme fidĂ©litĂ© au label), Freire a commencĂ© sa carriĂšre musicale en 1949. VoilĂ  donc 70 ans que le pianiste incarne une longĂ©vitĂ© admirable dont les qualitĂ©s principales sont l’écoute intĂ©rieure, un toucher souple et ferme, une expressivitĂ© qui approche la suggestivitĂ© parfois enivrĂ©. Il n’avait que 5 ans quand « Nelsinho » joue en concert publique au vieux Cine Teatro Brasil Ă  Boa Esperança. A Rio, le jeune pianiste se forme auprĂšs de Lucia Branco, ancienne Ă©lĂšve d’Arthur de Greef, lui-mĂȘme formĂ© par Liszt. Son rĂ©cital Ă  Rio d’avril 1953 (9 ans), puis son prix au Concours de piano de Rio 1957 lui permettent de rejoindre Vienne pour y Ă©tudier avec Bruno Seidlhofer. Pour nous, Freire demeure l’exceptionnel interprĂšte des deux Concertos pour piano de Brahms (GewandhausLeipzig sous la direction de Ricardo Chailly, Decca) ; on est tout aussi convaincus par ses Chopin, Schumann et Liszt. Une sensibilitĂ© Ă  part entre narration et imagination que le programme ENCORES illustre lui aussi.
On y dĂ©tecte immĂ©diatement un dĂ©tachĂ©, ce laisser faire, un abandon qui est la marque des grands interprĂštes ; un prĂ©sence supĂ©rieure dans le piano et pourtant au dessus… cela s’entend dans la construction de ses PiĂšces lyriques de Grieg, dont le choix met en lumiĂšre une nonchalance de plus en plus Ă©vanescente, Ă©purĂ©e jusqu’à la derniĂšre, faite scintillement dans l’immatĂ©riel. Tout cela se dĂ©duit d’une rare intelligence qui nĂ©gocie son rapport avec la matĂ©rialitĂ© de la mĂ©canique du piano.
Puis l’enchaĂźnement atteint une belle ivresse dans la progression des piĂšces choisies aprĂšs Grieg : « MĂ©lodie » de Rubisntein, sorte de quintessence de valse, ou de souvenir de valse Ă©perdue, enchantĂ©e ; ce Ă  quoi rĂ©pond le « PoĂšme » de Scriabine, transcendance et prolongement de la rĂȘverie de Liszt.
A notre avis, les deux Préludes de Rachmaninov sonnent trop durs en revanche, ùpres, arides et moins naturels.
Par contre quel détaché là encore, inscrit dans le songe halluciné des « 3 danses fantastiques » de Chostakovitch, au balancement fugace et miroitant, inquiet et sourdement angoissé. Belle ambivalence.
La question nostalgique de Granados, rĂ©pĂ©tant comme une danse toujours recommencĂ© sa caresse interrogative, en une Ă©lipse qui plonge elle aussi dans le mystĂšre irrĂ©solu ; beau toucher mĂ©lancolique et fier – gorgĂ© d’un rĂ©el panache du dernier AlbĂ©niz (Navarra). Bon anniversaire « Nelsinho ». On en veut encore !

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CD critique. ENCORES : Nelson FREIRE, piano (1 cd DECCA).

 

LIVRE événement. Charlotte Chastel-Rousseau : El Greco. Collection Découvertes Gallimard (Gallimard)

el greco peintre portrait dossier classiquenews annonce critique peinture classiquenews G03772LIVRE Ă©vĂ©nement. Charlotte Chastel-Rousseau : El Greco. Collection DĂ©couvertes Gallimard (Gallimard). NĂ© crĂ©tois mais virtuose de la couleur vĂ©nitienne (il est disciple du Titien, immense peintre de Venise), El Greco cultive trĂšs vite un sens de la ligne et du chromatisme trĂšs original. Les choix des illustrations indiquent clairement l’évolution du crĂ©ateur grec et son apport dans l’histoire de l’art europĂ©en, comme dernier grand peintre du XVIĂš et Ă  l’aube du Baroque, l’ampleur du geste, les formes allongĂ©s, l’audace de la couleur, l’exaltation de la foi dans des dispositions qui s’apparentent Ă  des visions mystiques annoncent directement l’ùre des grands retables picturaux des Ă©glises de la contre-rĂ©forme. A la fois archaĂŻque et baroque, El Greco cultive une Ă©criture Ă©clectique Ă  part qui ne laisse pas de dĂ©concerter le spectateur moderne.

DomĂ©nikos TheotokĂłpouIos (1541-1614), dit « El Greco », ressuscite au XXĂš, comme prĂ©curseur des surrĂ©alistes et cĂ©lĂ©brĂ© par eux
 Son mysticisme renouvelle totalement et la peinture et l’art sacrĂ© (il a commencĂ© comme peintre virtuose d’icĂŽnes). AprĂšs sa formation vĂ©nitienne, El Greco rejoint l’Espagne dans les annĂ©es 1570 y fusionnant le chromatisme de Tintoret et du Titien, la plasticitĂ© musculaire de Michel-Ange. ImplantĂ© Ă  TolĂšde, le crĂ©tois dĂ©veloppe un atelier spĂ©cialisĂ© dans les tableaux d’autels, le portrait et d’autres sujets profanes (paysages
).
Ecartant le réalisme, El Greco affirme un imaginaire, des mondes visuels qui plonge son spectateur dans un pur délire poétique.

LIVRE Ă©vĂ©nement. Charlotte Chastel-Rousseau : El Greco. Collection DĂ©couvertes Gallimard Carnet d’expo, Gallimard Parution : 03-10-2019 – Trad. du français par Lisa Davidson – Édition en langue anglaise. RĂ©Ă©dition pour l’exposition GRECO Ă  Paris, Grand Palais, du 16 octobre 2019 au 10 fĂ©vrier 2020. Prix indicatif : 9,90 euros.
http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Decouvertes-Gallimard/Decouvertes-Gallimard-Carnet-d-expo/El-Greco

el greco peintre portrait dossier classiquenews annonce critique peinture classiquenews G03772

CD, critique. PROKOFIEV : complete works / intĂ©grale de l’Ɠuvre pour VIOLON ET PIANO – Kristi Gjezi, Louis Lancien (1 cd PARATY, 2018)

cd-Prokofiev-complete-original-violin-piano-kristi-gjezi-louis-lancien-critique-classiquenews-cd-clic-de-classiquenewsCD, critique. PROKOFIEV : complete works / intĂ©grale de l’Ɠuvre pour VIOLON ET PIANO – Kristi Gjezi, Louis Lancien (1 cd PARATY, 2018). Il ne faut pas se fier au visuel de couverture : en costume de gala (nƓud blanc) et lunettes de premier Ă©lĂšve, Prokofiev dissimule un psychisme riche voire tourmentĂ© : un volcan psychique rugit mĂȘme sous cette apparence plissĂ©e…. Son nĂ©oclassicisme ne doit pas s’entendre comme une douce rĂȘverie nostalgique sucrĂ©e et douceĂątre, mais bien comme l’expression parfois Ăąpre et mordante, de dĂ©chirements introspectifs profonds, voire de blessures liĂ©s Ă  des traumatismes vĂ©cus. Comme Shostakovich dont PARATY a aussi publiĂ© une Ă©tonnante et trĂšs convaincante intĂ©grale des Ɠuvres pour cordes avec piano, Proko ne cesse d’interroger par son alliance trĂšs efficace et captivante, entre virtuositĂ© libre et versatilitĂ© permanente ; ivresse lyrique et tension terrifiĂ©e ; les contrastes et ruptures de rythmes, les changements jamais prĂ©visibles du parcours harmonique, l’éclatement mĂȘme du discours, surprennent en permanence l’auditeur car l’on sent bien ici que la forme exprime des conflits jamais totalement rĂ©solus. Comme Shostakovitch, Prokofiev a Ă©tĂ© inquiĂ©tĂ© et harcelĂ© par le rĂ©gime stalinien et l’autoritĂ© d’andrei jdanov.

En guise « d’apetizer », c’est bien de commencer piano dolce par les 5 MĂ©lodies Op.35 bis : cycle qui lui aussi sous couvert de masques mĂ©lodiques, parfois affables, et joliment sĂ©ducteurs, camoufle une vĂ©ritĂ©, une conscience aiguĂ« de la barbarie (Prokofiev dut s’exiler avant de revenir en URSS Ă  partir de 1932). Il y a toujours comme chez Shosta, ce double langage qui est fausse activitĂ© de l’équilibre. L’écoute attentive des 5 MĂ©lodies fait entendre ce chant de l’ñme, meurtrie, inquiĂšte et grave, sous l’apparente expressivitĂ©. Le violon de Kristi Gjezi sonne comme une brĂ»lure souple et lumineuse qui met en avant l’étonnante fluiditĂ© mĂ©lodique du programme entier. Evidement, plus manifeste encore dans les 5 chansons Ă©crites Ă  l’origine pour la cantatrice Nina Koshets, crĂ©atrice du rĂŽle de Fata Morgana dans L’Amour des 3 oranges, crĂ©Ă© Ă  Chicago en 1921. De l’entente entre piano et violon, surgit des trĂ©sors de nuances secrĂštes et enivrantes, trĂšs inspirĂ©es par le folklore slave : mĂ©lancolie grave et oublieuse, langueur suspendue d’une ineffable douceur inquiĂšte (1) ; sourdes ondulations coulantes du Lento ma non troppo (2) ; intensitĂ© libĂ©rĂ©e ivre et Ă©perdue (3) ; Allegretto jouĂ© idĂ©alement scherzando, d’une insouciance badine presque cabotine (4) ; enfin, merveille de l’andante non troppo (5) qui trouve ici le ton juste dans l’éternel basculement d’un questionnement nocturne sans rĂ©ponse.

 

 

Kristi Gjezi & Louis Lancien jouent Prokofiev
IntĂ©grale des Ɠuvres pour violon et piano

Terreur secrĂšte

 

 

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Les deux interprĂštes – le violoniste Kristi Gjezi et le pianiste Louis Lancien affirment ici d’évidentes affinitĂ©s avec l’Ecole russe, restituant une gĂ©nĂ©alogie d’auteurs inspirants de Rachamninov Ă  Prokofiev sans omettre Scriabine ni Medtner. Kristi pour sa part rapelle l’importance du violon russe depuis Oistrakh, lui-mĂȘme Ă©tendard et outil de la propagande soviĂ©tique, et fondateur de l’école russe de violon. ImmĂ©diatement se prĂ©cise la relation trĂšs ambiguĂ« de l’excellence artistique et de la rĂ©alitĂ© du pouvoir politique ; une situation singuliĂšre qui dĂ©termine le langage Ă  double voire triple lecture des Chostakovitch et Prokofiev dont l’Ɠuvre pour violon et piano inspire ainsi ce premier album Ă©ditĂ© par PARATY.
Les 2 Sonates expriment cette ambivalence et une activitĂ© souterraine qui mĂȘle sĂ©rĂ©nitĂ©, inquiĂ©tude, gravitĂ© voire terreur rentrĂ©e.
La premiĂšre amorcĂ©e aux USA en 1938 est achevĂ©e en 1946, alors que la 2Ăš est terminĂ©e Ă  Moscou depuis 1943 (originellement destinĂ©e Ă  la flĂ»te). Les deux se chevauchent donc, offrant des facettes aussi multiples que complĂ©mentaires d’une intranquilitĂ© viscĂ©rale.
Sur les traces de son crĂ©ateur David Oistrakh en 1946, la Sonate n°1 permet au violon Ă©lĂ©gantissime de Kristi Gjezi (1er violon du Capitole de Toulouse sous la direction de Tugan Sokhiev), d’étirer sa soie solaire et agile, rĂ©vĂ©lant tout ce qu’ont de dissemblable en rĂ©alitĂ© les deux Sonates simultanĂ©es. Le style nĂ©oclassique de Prokofiev n’empĂȘche pas des sauts et ruptures harmoniques que la souplesse de sa ligne rythmique, sa grande clartĂ© d’élocution, unifie dans chaque mouvement. L’ñpretĂ© douce amĂšre, voire hallucinĂ©e et terrifiĂ©e de la Sonate n°1 (2Ăš mvt : Allegro brusco), dont Oistrakh joua le 1er mvt (Andante assai au climat lunaire indĂ©terminĂ© lui aussi) pour les funĂ©railles de son ami Prokofiev en 1953). Avouons notre nette prĂ©fĂ©rence pour la n°1, sans concessions ni argument mĂ©lodique gratuit ; il y rĂšgne une aciditĂ© native, une absence d’emportement ou d’abandon, un relief et une morsure menaçant Ă  chaque mesure, que le jeu complice des deux interprĂštes ici rĂ©tablit idĂ©alement. La Sonate n°2 bien que tout aussi versatile et riche de nuances offre moins de contrechamps subtiles et suggestifs : elle en sort plus linĂ©aire et simple. Presque plus banalement bavarde.
L’équilibre entre les deux parties, leur finesse d’intonation en partage sont superlatifs. Dans chaque partition, se dĂ©ploie au clavier comme au violon, maĂźtrisĂ©s par deux super solistes (le violoniste Kristi Gjezi et le pianiste Louis Lancien) cette scansion parodique Ă  la Chosta, une Ă©lectricitĂ© rythmique naturelle qui dĂ©gage ses pointes mordantes, ironiques et secrĂštement amĂšres voire acides ; sans jamais rompre malgrĂ© les ruptures et syncopes, la ligne mĂ©lodique qui est souveraine. La sensibilitĂ© des interprĂštes envoĂ»te littĂ©ralement. A suivre.

 

 
 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD, critique. PROKOFIEV : complete works / intĂ©grale de l’Ɠuvre pour VIOLON ET PIANO – Kristi Gjezi (violon). Louis Lancien (piano) – 1 cd PARATY, 2018 – Paraty 149182 – Pias distribution.

http://paraty.fr/portfolio/prokofiev-complete-original-works-for-violon-piano/

 

 

 

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SHOSTA-CHOSTAKOVITCH-CD-PARATY-critique-cd-review-cd-critique-par-classiquenews-PARATY_718232_Shostakovich_Ensemble_COUV_HMLIRE aussi CD Ă©vĂ©nement, SHOSTAKOVICH / CHOSTAKOVITCH : complete chamber music for piano and strings / DSCH – Shostakovich ensemble (2 cd PARATY (parution nov 2018)

https://www.classiquenews.com/teaser-video-chostakovitch-integrale-de-la-musique-de-chambre-pour-piano-et-cordes-paraty-productions/

 

 
 

 

Falstaff de Verdi, d’aprĂšs Shakespeare

VERDI_402_Giuseppe-Verdi-9517249-1-402FRANCE MUSIQUE, sam 12 oct 2019, 20h. VERDI : Falstaff. France Musique diffuse la production londonienne du dernier Verdi, celui gĂ©nial et visionnaire qui sur les traces de Shakespeare, renouvelle le genre comique et tragique Ă  la fois, trouvant dans le personnage de Falstaff, comme un double en miroir de lui-mĂȘme : un ĂȘtre ambivalent, vieux bouffon antisocial mais gĂ©nĂ©reux et mĂȘme enfantin, sainte et miraculeuse rĂ©gression

Capitaine d’industrie sur le tard, Falstaff est une Ă©pave et un corsaire ; un joueur invĂ©tĂ©rĂ©, un fieffĂ© menteur, sacrĂ© manipulateur affublĂ© de ses deux compĂšres, toujours prĂȘts Ă  le tromper, Bardolfo et Pistola, qui pourtant devant femme aguichante a gardĂ© son Ăąme de sĂ©ducteur, parfois crĂ©dule, toujours infantile. Se faire berner malgrĂ© lui, voilĂ  la trame de l’action. Mais au final, comme beaucoup de parodie humaine et de satire sociale, le chevalier fantasque bouffon et magnifique nous tend le miroir : une leçon de vĂ©ritĂ© Ă  l’adresse de tous. Qui peut dire qu’il n’a jamais Ă©tĂ© la proie de la vindicte, du mensonge, de la mauvaise foi ?
Cette victime placardĂ©e et vilipendĂ©e pourrait tĂŽt ou tard ĂȘtre chacun de nous. Falstaff dĂ©voile l’inhumanitĂ© et nous invite Ă  cultiver l’humanitĂ©.

Les bons bourgeois de Windsor, Ă©poux jaloux et pervers des fameuses commĂšres en prennent aussi pour leur grade. Electron honnis, Falstaff, inclassable dans la grille sociale, dĂ©fait tout un systĂšme oĂč rĂšgne la perfidie, l’hypocrisie, la stupiditĂ©, la duplicitĂ© et l’intĂ©rĂȘt (l’époux d’’Alice Ford aimerait bien voir sa fille Nannetta Ă©pouser le docteur CaĂŻus, mĂȘme si ce dernier pourrait ĂȘtre son arriĂšre grand pĂšre !
).

ComĂ©die dans la comĂ©die, la pseudo fĂ©erie du chĂȘne noir (dans le parc royal de Windsor), mascarade shakespearienne (acte III) oĂč la sociĂ©tĂ© semble recouvrer une Ăąme d’enfance
 fĂ©es, lutins, reine angĂ©lique Ă  l’appui-, instaure un climat fantastique et tendre.

Dans la fosse, hĂ©ritier des facĂ©ties mordantes et piquantes signĂ©es avant lui par Rossini et Donizetti, Verdi offre Ă  l’orchestre une partition constellĂ©e de joyaux comiques Ă  sens multiples.  Un feu crĂ©pitant qui danse et dĂ©nonce ; virevolte et scintille au diapason de cette comĂ©die qui est une farce aussi tendre qu’amĂšre. Un seul remĂšde Ă  cela : l’esprit du rire, la dĂ©rision et l’autocritique.
C’est un compositeur octogĂ©naire qui enfante ce Falstaff Ă  la fois lĂ©onin et enfantin, crĂ©Ă© Ă  la Scala de Milan en 1893. Jamais Verdi ne fut plus efficace dramatiquement ni mieux inspirĂ© musicalement. Un chef d’oeuvre de finesse, de vĂ©ritĂ©, de satire enivrĂ©e.

 

 

 

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Concert donné le 19 juillet 2018  au Royal Opera House de Londres

Giuseppe Verdi : Falstaff
Opera buffa en trois actes tirĂ© des Joyeuses CommĂšres de Windsor et Henry IV (parties I et II) de Shakespeare, crĂ©Ă© Ă  la Scala de Milan le 9 fĂ©vrier 1893  -  Arrigo Boito, librettiste d’aprĂšs William Shakespeare

Bryn Terfel,baryton : Sir John Falstaff
Ana Maria Martinez, soprano : Alice Ford, Ă©pouse de Ford
Simon Keenlyside, baryton : Ford, un homme riche
Anna Prohaska, soprano : Nanetta, la fille des Ford
FrĂ©dĂ©ric Antoun, tĂ©nor : Fenton, l’un des prĂ©tendants de Nannetta
Marie-Nicole Lemieux, contralto : Mrs Quickly
Marie MacLaughlin, mezzo-soprano : Meg Page
Peter Hoare, ténor : Dr Caius
Michael Colvin, ténor : Bardolfo, serviteur de Falstaff
Craig Colclough, basse : Pistola, serviteur de Falstaff

Chorus of the Royal Opera House
Orchestra of the Royal Opera House
Nicola Luisotti, direction

CHEFS D’ORCHESTRE, actus. BRUNO PROCOPIO, directeur artistique du Festival de MAZAN (84)

bruno procopioCHEFS D’ORCHESTRE, actus. BRUNO PROCOPIO, directeur artistique du Festival de MAZAN (84)Bruno Procopio, chef d’orchestre et claveciniste, a Ă©tĂ© nommĂ© directeur artistique du Festival « Les Nuits Musicales de Mazan » dont la premiĂšre Ă©dition aura lieu du 15 au 17 novembre 2019 Ă  Mazan (84)! Occasion exceptionnelle pour dĂ©couvrir une magnifique rĂ©gion de France Ă  cette saison de l’annĂ©e au sein d’un village prĂ©servĂ© oĂč le visiteur est invitĂ© Ă  musarder entre des ruelles Ă©troites au passĂ© centenaire d’une grande richesse patrimoniale
 Les concerts du festival de MAZAN ont lieu dans la trĂšs belle salle de concert de la Boiserie, espace culturel moderne (2014, 650 places), sis au cƓur des vignes en contre-bas du Ventoux – Ă  moins de 10 km Ă  l’Est de Carpentras.
Ensuite Bruno Procopio dirigera l’Orchestre Simon Bolivar du Sistema de Caracas au Venezuela le 15 dĂ©cembre 2019 autour d’Ɠuvres d’ Anton Reicha, ami d’enfance de Beethoven.
Il prépare aussi un nouveau cd dédié à Scarlatti, Rameau, Bach
 à suivre.

 

 

 

 

 

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Programme du Festival Les Heures musicales de MAZAN 2019
La Boiserie – 150 chemin de ModĂšne 84380 Mazan

 

 

VENDREDI 15 NOVEMBRE 2019
« Oiseaux Baroques »,
COUPERIN, HAENDEL, VIVALDI
(Hugo Reyne
)

SAMEDI 16 NOVEMBRE 2019
RAMEAU : Intégrale des PiÚces de clavecin en concerts
(Paris, 1741)
Avec Bruno Procopio, Clavecin
Patrick Bismuth, Violon
Serge Saitta, Flûte allemande (traverso)
Myriam Rignol, Viole de gambe

 

 

 

 

 

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PLUS D’INFOS : Festival de MAZAN
http://www.mazan.fr/agenda/la-boiserie-festival-les-nuits-musicales-de-mazan.html

 

 

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Cd critique. LISZT : « O LIEB! », lieder. Cyrille Dubois, ténor / Tristan Raës, piano (1 cd APARTE, oct 2018)

dubois cyrille tristan raes LISZT melodies lieder O LIEB cd review cd critique classiquenews CLIC de CLASSIQUENEWS septembre 2019Cd critique. LISZT : « O LIEB! », lieder. Cyrille Dubois, tĂ©nor / Tristan RaĂ«s, piano (1 cd APARTE, oct 2018). Focus lĂ©gitime et opportun que celui qui ici dĂ©voile les lieder de Liszt, – si peu connus, composĂ©s dans le prolongement des transcriptions de ceux de Schubert ; mais Ă  la sensucht schubertienne, langueur nostalgique ineffable, Liszt reste, proche de sa propre sensibilitĂ© Ă©motionnelle, passionnĂ© voire captivĂ© par l’extase amoureuse ; un Ă©tat d’hyperconscience, de solitude, d’ivresse, de voluptĂ© absolues, oĂč l’on retrouve pour les lieder allemands, la fusion de la nature (communion magique avec le Rhin entre autres), de l’abandon, du rĂȘve. Les connaisseurs du piano de Liszt y retrouvent ce goĂ»t des harmonies rares et aventureuses, toutes infĂ©odĂ©es Ă©troitement Ă  l’itinĂ©raire des textes poĂ©tiques. La part du piano revendique d’ailleurs, un chant double, Ă©gal, qui n’accompagne pas, mais dialogue avec la voix et commente ce qu’elle dit : au piano (Steinway D 225, au chant complice, fusionnel), le jeu de Tristan RaĂ«s se montre irrĂ©sistible. Mais le sommet du lied lisztĂ©en demeure indiscutablement le lyrisme mesurĂ© et nuancĂ© de Die Loreley, qui comme l’Erlkönig de Schubert, que Liszt connaissait Ă©videmment, condense le pouvoir de l’hallucination jusqu’à la mort, l’attraction de la nymphe voluptueuse capable d’envoĂ»ter le batelier trop contemplatif et naĂŻf jusqu’au fond des eaux mouvantes.

D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, l’affinitĂ© du timbre et du style de Cyrille Dubois, que l’on n’attendait guĂšre dans la langue de Heine ou de Schiller (entre autres), s’affirme dans l’imaginaire des lied romantiques du plus spirituel et passionnĂ© des compositeurs romantiques. Son articulation, son intelligence prosodique dĂ©pouillĂ©e de tout artifice, creusent l’arĂȘte des mots.

Souveraine, la noblesse schumanienne du premier lied « Hohe liebe »), qui convoque la rĂȘverie et la plĂ©nitude extatique. Intonation et projection hallucinĂ©e, enivrĂ©e aux aigus parfois durs, mĂ©talliques, mais clairs, brillants se dĂ©ploient sans entrave, au service de la finesse poĂ©tique des textes. MĂȘme naturel et Ă©vidence, dans le second lied (« JugendglĂŒck de 1860), plus dĂ©clamatoire, expressif, pointu, qui convient au timbre trĂšs droit du tĂ©nor français dont on se dĂ©lecte aussi de l’infinie tendresse de phrasĂ©s enivrĂ©s : cf. « Schwebe“, 1Ăšre version posthume (14).

Les 4 mĂ©lodies françaises (d’aprĂšs Victor Hugo) ajoutent Ă©videmment l’impact poĂ©tique du verbe français, aux Ă©vocations naturelles et vĂ©gĂ©tales, teintĂ© d’un Ă©rotisme filigranĂ© (Ă©pisode printanier de « S’il est un charmant gazon », 1844)

La sĂ»retĂ© des hauteurs, l’élĂ©gance du style se dĂ©ploient plus encore dans les 3 mĂ©lodies suivantes de 1859 (dans leur seconde version respective). « Enfant si j’étais roi », altier, conquĂ©rant et fier ; « Oh quand je dors » se fait pure priĂšre, appel Ă  l’onirisme le plus Ă©vocateur, telle une berceuse au balancement exquis, hypnotique, d’essence surtout amoureuse car Hugo y dĂ©pose les miracles d’une Ăąme traversĂ©e par le saisissement Ă©perdu : le timbre angĂ©lique et tendre, brillant et sans fard, d’une sincĂ©ritĂ© juvĂ©nile de Cyrille Dubois convainc totalement. D’autant que le piano de Trsitan RaĂ«s Ă©blouit lui aussi par son sens des nuances.

CLIC D'OR macaron 200L’accomplissement se rĂ©alise dans le dernier « Comment, disaient-ils », mĂ©lodie en forme de rĂ©bus ; au dramatisme Ă  la fois inquiet (des hommes) et mystĂ©rieux, rĂȘveur (des femmes Ă©nigmatiques qui leur rĂ©pondent). Les passages en voix de tĂȘte sont idĂ©alement rĂ©alisĂ©s, indiquant comme il le fait chez les Baroques, (Rameau dont un Pygmalion rĂ©cent), un vrai tempĂ©rament taillĂ© pour le verbe ciselĂ©, Ă©vocateur. Un diseur douĂ© d’une intelligence qui Ă©coute les secrets du texte comme de la musique.
Dans les ultimes mĂ©lodies d’aprĂšs PĂ©trarque, le « Benedetto sia’l giorno » (22), indique dans la tenue impeccable de la ligne, l’extension souple et tendue de la phrase, la puretĂ© de l’articulation, la prĂ©cision des mĂ©lismes, la franchise solaire des aigus, des vertus
 belcantistes – c’est Ă  dire orthodoxes ici, rossiniennes et belliniennes, que le diseur aurait bĂ©nĂ©fice Ă  cultiver dans le futur. Le tĂ©nor est capable d’exprimer le ravissement et l’extase amoureuse fantasmĂ©, vĂ©cu par Liszt Ă  l’épreuve de PĂ©trarque. Quel autre tĂ©nor dans cette candeur naturelle, et cette franchise est capable d’un tel accomplissement aujourd’hui ? Formidable interprĂšte. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2019.

Cd critique. LISZT : « O LIEB! », lieder. Cyrille Dubois, ténor / Tristan Raës, piano (1 cd APARTE, oct 2018).

CD Ă©vĂ©nement, annonce. MER(S) : Elgar / Chausson / JonciĂšres par Marie-Nicole Lemieux, contralto / Orch Nat Bordeaux Aquitaine, Paul Daniel – 1 cd ERATO

lemieux-MERS-erato-cd-homepage-concerts-cd-critique-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, annonce. MER(S) : Elgar / Chausson / JonciĂšres par Marie-Nicole Lemieux, contralto / Orch Nat Bordeaux Aquitaine, Paul Daniel – 1 cd ERATO. Somptueux programme sur le thĂšme marin et ici selon l’esthĂ©tique et les fantasmes propres Ă  la fin et l’extrĂȘme fin du XIXĂš, wagnĂ©rienne et post wagnĂ©rienne. Le disque est avant tout une immersion majeure dans l’orchestre hollywoodien fin de siĂšcle / Belle-Époque, celle de Richard Strauss, de Puccini, et bientĂŽt de Ravel
 C’est d’abord sur le plan chronologique, la premiĂšre mondiale de la MER, ode – symphonie du trĂšs wagnĂ©rien Victorin JonciĂšres dont on connaĂźt bien la Symphonie romantique, rĂ©cemment rĂ©vĂ©lĂ©e : ici la partition de 1881 pour choeur, mezzo et grand orchestre dĂ©ploie des effluves vaporeuses, celle des facettes de l’ocĂ©an, tout Ă  tour, qui berce, fascine et hypnotise, emporte, foudroie et enveloppe
 mer tueuse et mer sirĂšne, l’ocĂ©an selon JonciĂšres est un animal indomptable d’une puissance poĂ©tique manifeste, qui profite ici de ses avancĂ©es aprĂšs son opĂ©ra triomphal Dimitri de 1876.

MN Lemieux chante Elgar, Chausson, JonciĂšres
Extases marines


Toute aussi wagnĂ©rienne est la lyre d’Ernest Chausson qui dans le triptyque du PoĂšme de l’amour et de la mer (1892), de la dĂ©cennie suivante, dĂ©ploie une plus grande rĂ©vĂ©rence Ă  Wagner tout en la renouvelant totalement : la dĂ©licatesse picturale de l’orchestre renforce nĂ©anmoins la profonde langueur dĂ©pressive de l’écriture qui plonge dans les trĂ©fonds de l’ñme humaine (la mort de l’amour)
 Enfin, en anglais, et sublimĂ©s par la formidable musique de Sir Edward Elgar, le plus impĂ©rial des compositeurs du british empire, les 5 poĂšmes symphoniques ou SEA PICTURES de 1899, offrent une flamboyante fresque orchestrale inspirĂ©e des Ă©lĂ©ments ocĂ©aniques dont le premier, « Berceuse de la mer » (Sea slumber song), le plus enivrĂ© et extatique, exprime un Ă©merveillement perpĂ©tuel
 La voix ample, chaude, si charnelle et maternelle de Marie-Nicole Lemieux, en guest star, apporte ce grain humain fraternel souvent irrĂ©sistible. Critique complĂšte Ă  venir le jour de la parution du cd MER(S) Elgar / Chausson / JonciĂšres par Marie-Nicole Lemieux, Orch Nat Bordeaux Aquitaine, Paul Daniel, le 13 sept 2019.

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD Ă©vĂ©nement, annonce. MER(S) : Elgar / Chausson / JonciĂšres par Marie-Nicole Lemieux, contralo / l’Orch Nat Bordeaux Aquitaine, Paul Daniel – 1 cd ERATO – CLIC de CLASSIQUENEWS de la rentrĂ©e 2019

CD, Ă©vĂ©nement, annonce. RÉVOLUTION, DAVID KADOUCH, piano (1 cd Mirare, 2018)

kadouch-david-revolution-cd-mirare-critique-cd-classiquenews-clic-de-classiquenews-cd-critique-piano-opera-critiqueCD, Ă©vĂ©nement, annonce. RÉVOLUTION, DAVID KADOUCH, piano (1 cd Mirare, 2018). NĂ© en 1985, le pianiste français DAVID KADOUCH fait partie des rares interprĂštes au toucher savoureux, capable d’une articulation nuancĂ©e, sachant murmurer ou rugir quand il le faut ; toujours au service de l’intĂ©rioritĂ© des oeuvres. A ces qualitĂ©s, il ajoute dans ce nouvel album, une qualitĂ© complĂ©mentaire, celle de l’intelligence conceptrice. Le programme, enjeu de bien des rĂ©flexions pas toujours heureuses chez certain(e)s, s’avĂšre dans son cas d’une intelligence sensible raccordant le chant du piano
 Ă  la mĂ©moire, un temps passĂ©, retrouvĂ© sous le filtre recrĂ©ateur du tĂ©moignage et de la rĂ©itĂ©ration incarnĂ©e. Qu’on aime cet enchaĂźenment de piĂšces millimĂ©trĂ©es oĂč n’ont pas leur place la performance ni l’hystĂ©rie martelĂ©e / marketĂ©e (familiĂšres chez tant de ses confrĂšres/sƓurs).

Par son titre « RÉVOLUTION », le pianiste interprĂšte a sĂ©lectionnĂ© des piĂšces tĂ©moignages aux heures les plus intenses voire tragiques et passionnĂ©es de l’histoire. Ainsi le piano tĂ©moin peut-il fixer l’éloquence et la vĂ©ritĂ© d’un instant Ă  jamais Ă©coulĂ©, unique, singulier, 
 surtout perdu, qui ne se rĂ©alise qu’une fois, le temps de son Ă©coulement
 Des bains de sang voire des visions d’horreur cristallisent sous les doigts du pianiste magicien, lequel recrĂ©e diffĂ©remment sous l’élasticitĂ© narrative et Ă©motionnelle de ses 10 doigts. Il est donc pertinent de dĂ©buter par Dussek, admirateur pudique des derniĂšres heures de Marie-Antoinette, collectionneur de sentiments intimes plutĂŽt qu’observateur rĂ©duit Ă  la seule description : la pudeur du pianiste fait mouche. Puis ce sont les Adieux de Beethoven (Sonate n°26, opus 81a), d’une puissante et tendre maĂźtrise, qui coule comme un jaillissement dĂ©terminĂ© coĂ»te que coĂ»te ; pourtant le compositeur doit renoncer Ă  l’un de ses amis et protecteur viennois, l’Archiduc Rodolphe, pressĂ© vers la sortie de Vienne, Ă  cause de l’imminence des troupes napolĂ©oniennes. Puis ce sont l’urgence et la nervositĂ© crĂ©pitantes de Chopin (Ă©galement attendri, intĂ©rieur, comme pourchassĂ© par le lugubre pressentiment qui handicape) et surtout de Liszt dont le chant spirituel toujours transfigure (Harmonies poĂ©tiques et religieuses III : « FunĂ©railles » ), de la proclamation Ă  la priĂšre pressante. Le cas de la Pologne et de la Hongrie « colonisĂ©es » dĂ©voile l’engagement du Liszt humaniste pour la libĂ©ration ultime des peuples. Son piano est de pure rĂ©sistance dont la fureur indignĂ©e s’exprime sous le feu du pianiste. David Kadouch se fait porte voix, geste d’un libĂ©rateur courageux, vĂ©hĂ©ment mais articulĂ© et nuancĂ© qui aimait les hommes. On reste saisi par la mort de l’ouvrier lors d’une manifestation dont rend compte avec un pudeur rentrĂ©e, incisive, un Janacek sobrement bouleversĂ© (Sonate 1.X.1905) ; mĂȘme ivresse des couleurs qui sont suspendues, Ă  la fois inquiĂštes, presque Ă©tranges chez le sublime Debussy, qui semble Ă©carter toujours plus loin, le cadre de l’espace : le pianiste fait de cette gratitude pour un peu de charbon offert en 1917 au compositeur transi, un temps Ă©tirĂ©, Ă©lastique, porte vers l’éternitĂ© fraternelle (bouleversant) ; enfin quelle horreur implacable surgit de la mĂ©trique sourde et obsessionnelle du dernier morceau, macabre et grave
 jusqu’aux limites de l’audible en ses notes couperets qui fauchent inexorablement comme une machine de guerre sur le front
 (Winnsboro cotton Mill blues du contemporain Frederic Ezewski).

CLIC D'OR macaron 200L’engagement du pianiste, son sens de la couleur et des atmosphĂšres, sa pudeur surtout confirment quel grand interprĂšte il est. Voici assurĂ©ment l’un des meilleurs rĂ©cital du pianiste français. CLIC de CLASSIQUENEWS de la rentrĂ©e 2019 – parution annoncĂ©e le 6 septembre 2019 – Concert du mĂȘme programme « RĂ©volution », au Silencio (Paris), le 20 octobre 2019. A ne pas manquer ensuite dans le cadre de la saison symphonique de l’OpĂ©ra de Tours : 6 – 8 dĂ©cembre, Concerto de Robert Schumann / Orch Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / M Tortelier, direction).

 

 

 

 

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CD ” RÉVOLUTION ” par David Kadouch, piano – 1 cd Mirare, enregistrĂ© en Belgique en dĂ©cembre 2018 – durĂ©e : 1h21mn.

DUSSEK
Les Souffrances de la Reine de France

BEETHOVEN
Sonate n°26 Les Adieux, opus 81a

CHOPIN
étude Révolutionnaire opus 10 n°12
Scherzo n°1 opus 20

LISZT
Harmonies poétiques et religieuses III, S.173
Funérailles

JANACEK
Sonate 1.X.1905

DEBUSSY
Les soirs illuminĂ©s par l’ardeur du charbon
PrĂ©ludes, Livre 2 – Feux d‘artifice

RZEWSKI
(né en 1938)
Winnsboro Cotton Mill Blue

 

 

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L’ILIADE A L’OPÉRA : IphigĂ©nie, Hector, Cassandre, Andromaque, Achille, …

IPHIGENIE-fresque-opera-opera-critique-annonce-dossier-opera-mythe-explication-classiquenews-GLUCK-iphigenie-en-tauride-en-aulide-Diane-classiquenews-sacrifice-iphigenie-1L’ILIADE Ă  l’opĂ©ra
 L’Iliade raconte la guerre de Troie, c’est un temps fort de l’union sacrĂ©e des rois grecs, marquĂ© par le rassemblement des royautĂ©s sous la tutelle du roi de MycĂšnes, Agamemnon (maison des Atrides), commandant de la flotte grecque jusqu’à Troie ; le siĂšge de Troie qui dura 10 ans, enfin la rĂ©solution du conflit pendant la derniĂšre annĂ©e, celle oĂč Hector le troyen affronte Achille le grec, ami inconsolable prĂšs la mort de Patrocle. Tous n’ont qu’un but : rĂ©cupĂ©rer l’épouse de leur alliĂ© le roi de Sparte, MĂ©nĂ©las (qui est aussi le frĂšre d’Agamemnon) : HĂ©lĂšne qui a fui la pĂ©ninsule grecque avec PĂąris, fils du roi troyen Priam.
Heureusement racontĂ©e par HomĂšre, l’Iliade offre des ressources expressives et un terreau riche en situations intenses et dramatiques. Les auteurs y puisent quantitĂ© d’épisodes et de caractĂšres dans les genres pathĂ©tique (IphigĂ©nie, Andromaque), hĂ©roĂŻque (Achille, Hector, Ulysse), tragique et hallucinĂ© (Cassandre, Achille
)
 Les compositeurs et leurs librettistes l’ont bien compris, exploitant tel ou tel Ă©pisode. La Guerre de Troie met en scĂšne la passion amoureuse souvent dĂ©raisonnables chez les dieux; le goĂ»t de la guerre chez les hommes ; dans les deux camps, l’épopĂ©e hĂ©roĂŻque et tragique, toujours riche en sacrifices, dĂ©voile une irrĂ©pressible malĂ©diction de l’autodestruction, l’amour rendant fou ; et la barbarie des armes dĂ©truisant toute issue.

troie_incendie_simon_de_vliegerDepuis OrphĂ©e, sujet premier dans l’histoire de l’opĂ©ra, la musique et le chant mettent en scĂšne le cycle Ă©ternel, inexorable de la perte, du deuil, du renoncement, de la folie et de la mort. Les passions mĂšnent chaque mortel Ă  sa perte. Le propre de l’homme est de vivre dans l’insatisfaction perpĂ©tuelle, la frustration : sa destinĂ©e s’accomplit dans l’autodestruction. Tous les mythes parlent de l’extinction programmĂ©e de la race humaine (illustration : l’incendie de Troie, DR).
La narration mĂȘle Ă©troitement le destin des mortels et celui des dieux, dans un conflit qui assimile leur propre dĂ©sir et leur destinĂ©e. Si Zeus se montre du cĂŽtĂ© des Troyens, lui l’infidĂšle compulsif, reconnaissant alors le droit du prince PĂąris Ă  ravir au grec MĂ©nĂ©las (roi de Sparte) son Ă©pouse, la belle HĂ©lĂšne, les autres dieux de l’Olympe prĂ©fĂšrent nettement soutenir les Grecs.

 

 

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L’histoire lĂ©guĂ©e par HomĂšre cĂ©lĂšbre le profil de hĂ©ros inoubliables qui montre leur valeur au combat, tel Achille ; ce sont aussi des figures fĂ©minines habituĂ©es au deuil ou Ă  la soumission : IphigĂ©nie, fille d’Agamemnon, ou Andromaque, bientĂŽt veuve d’Hector
 Chacun dĂ©fend sa place, son rang, jusqu’au sang. Illustration : Les Troyens tirent le cheval laissĂ© par les grecs, GB Tiepolo, DR).

 

 

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L’ODYSSÉE : le voyage de retour d’Ulysse Ă  Ithaque.. Une dĂ©termination que l’on retrouve ensuite dans l’OdyssĂ©e, seconde partie de la fable mythologique racontĂ©e par HomĂšre, et qui s’intĂ©resse au retour du grec Ulysse jusqu’à sa patrie, Ithaque, aprĂšs un voyage riche en dĂ©tours et Ă©preuves de toute sorte
 LĂ  encore, le mortel pourtant trĂšs astucieux et qui a assurĂ© la victoire de son camp (il a conçu le stratagĂšme du cheval gĂ©ant laissĂ© en offrande aux Troyens), ne peut rĂ©ussir son retour sans la protection de Minerve / AthĂ©na (et de Mercure) qui lui assure un soutien indĂ©fectible tout au long de son incroyable odyssĂ©e.

 

 

 

 

 

L’Iliade et l’OdyssĂ©e, Ă  l’opĂ©ra

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A travers l‘histoire de l’opĂ©ra, depuis sa crĂ©ation Ă  l’ñge baroque au XVIIĂš, d’innombrables compositeurs ont puisĂ© dans la mythologie et dans le texte d’HomĂšre. Ils y trouvent le portrait de caractĂšres ardents et passionnĂ©s, des situations tragiques et radicales propres Ă  nourrir une bonne action, selon le schĂ©ma idĂ©al : prĂ©sentation / exposition, action / dĂ©veloppement, catastrophe, transfiguration, rĂ©solution


Si l’on suit la chronologie des opĂ©ras majeurs ainsi conçus d’aprĂšs HomĂšre, on dĂ©couvre de siĂšcle en siĂšcle le goĂ»t des crĂ©ateurs pour la mythologie, et en particulier ce qu’ils trouvent pertinent dans les choix des sujets et des personnages ainsi mis Ă  l’honneur. De fait, les plus grands auteurs pour l’opĂ©ra ont choisi l’un ou l’autre personnage de la guerre de Troie, marquant par leur Ă©criture respective l’histoire du genre lyrique. L’histoire rĂ©alise la reprĂ©sentation de la condition humaine contrainte, dĂ©munie, finalement impuissante ; tous les hĂ©ros, grecs ou troyens, doivent se soumettre Ă  des forces qui les dĂ©passent (incarnĂ©es par le caprice des dieux, l’humeur du destin, de la mort
) ; chacun doit se transcender pour survivre et non pas vivre. Beaucoup y perde la vie mais gagne un prestige qui les rend immortels.

 

 

 

 

XVIIÚ / Seicento 
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Monteverdi : Le Retour d’Ulysse dans sa patrie, 1640

monteverdi claudio portraitC’est l’un des derniers ouvrages de Claudio Monteverdi Ă  Venise, datĂ© de 1640 (crĂ©Ă© au Teatro San Giovanni e Paolo), quand l’opĂ©ra, genre nouvellement inventĂ© depuis 1637 et rendu « publique », s’intĂ©resse Ă  l’AntiquitĂ© ; mais Ă  travers l’épopĂ©e douloureuse et incertaine du roi d’Ithaque, impatient de retrouver Ă©pouse (PĂ©nĂ©lope) et fils (TĂ©lĂ©maque), Monteverdi (en collaboration avec le librettiste Giacomo Badoaro), traite de la destinĂ©e humaine, si faible et dĂ©risoire (le prologue fait paraĂźtre la FragilitĂ© humaine aux cĂŽtĂ©s du Temps, de l’Amour et du Destin) ; sans coup de pouce d’une fortune imprĂ©visible, l’homme ne peut que dĂ©sespĂ©rer de trouver bonheur et accomplissement. AidĂ© par Mercure et Minerve, le hĂ©ros peut accoster sur l’üle natale et ainsi reconquĂ©rir contre les princes opportunistes qui ont profitĂ© de son absence pour se placer, pouvoir et amour.
Monteverdi observe et respecte le goĂ»t du public vĂ©nitien d’alors (1640) : moins de chƓur (contrairement Ă  l’opĂ©ra romain), plus de profils psychologiques finement caractĂ©risĂ©s (jusqu’à 20 personnages diffĂ©rents) dont certains, comiques (le goinfre Iro) ou amoureux (couple MĂ©lanthe et Erymaque) contrastent avec les hĂ©ros hĂ©roĂŻques et tragiques (PĂ©nĂ©lope, Ulysse). L’orchestre est rĂ©duit Ă  son maximum, le recitar cantando sculpte le pouvoir du verbe, mais ce spectacle hautement thĂ©Ăątral et psychologique, cĂšde aussi la place aux interventions divines et surnaturelles (constante apparition des dieux dont Mercure et Minerve) voire spectaculaire (le bal des prĂ©tendants au III, ou Neptune dĂ©truisant les navires des PhĂ©aciens
). Profondeur, comĂ©die, tragĂ©die (le rĂ©citatif de la douleur infinie de PĂ©nĂ©lope « endeuillé », solitaire), riches effets visuels
 continuent d’assurer Ă  l’ouvrage (modifiĂ© de 5 Ă  3 actes), son fort impact expressif et ulysse ulisse opera monteverdi classiquenewspoĂ©tique. Dans son dernier ouvrage, L’Incoronazione di Poppea / Le Couronnement de PoppĂ©e de 1643, Ă©galement crĂ©Ă© Ă  Venise, Monteverdi va plus loin encore aidĂ© de son librettiste Busenello : le couple d’adolescent libidineux et pervers, NĂ©ron et sa favorite PoppĂ©e incarnent l’apothĂ©ose de l’amour sensuel sur toute autre considĂ©ration : fidĂ©litĂ© et honneur (NĂ©ron rĂ©pudie Octavie), sagesse et philosophie (NĂ©ron fait assassiner son maĂźtre Ă  penser SĂ©nĂšque) ; le rĂ©alisme sanguinaire qui s’y dĂ©ploie,- sans effets de machinerie ici, marque un tournant dans l’histoire de l’opĂ©ra vĂ©nitien : cru, barbare, cynique, dĂ©sespĂ©rĂ©. L’amour qui unit NĂ©ron et PoppĂ©e, les mĂšne Ă  la folie. L’absolue modernitĂ© de l’oeuvre, en fait le premier opĂ©ra proprement dit par sa conception gĂ©nĂ©rale et le rĂ©alisme de son action.

Dallapiccola en 1968 compose lui aussi son opĂ©ra Ulisse, avec d’autant plus de lĂ©gitimitĂ© que dĂšs 1941, il adaptait une version modernisĂ© de l’Ulisse montĂ©verdien pour le Mai florentin.

Dans l’ombre du gĂ©nial Monteverdi plusieurs compositeurs italiens abordent eux aussi la figure d’Ulysse : tel Sacrati (L’Ulisse errante, 1644),

 

 

 

 

XVIIIÚ / Settecento 
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Les 2 IphigĂ©nies de GLUCK : l’opĂ©ra moderne Ă  Paris (1774, 1779)

GLUCKLa rĂ©forme de l’opĂ©ra seria au dĂ©but des annĂ©es 1770 se rĂ©alise Ă  Paris, grĂące au gĂ©nie puissant, nerveux, dramatique du chevalier Gluck qui aprĂšs la mort de Rameau (1764), incarne l’opĂ©ra moderne, hĂ©roĂŻque, simple, grandiose comme un bas relief antique : ses deux IphigĂ©nies, en Aulide (crĂ©Ă© en 1774, dont l’action se situe au moment du sacrifice pilotĂ© par son pĂšre Agamemnon s’il veut effectivement rĂ©unir et conduire la flotte des rois grecs vers Troie) ; puis IphigĂ©nie en Tauride (1779), seconde Ă©poque situĂ©e aprĂšs l’affaire du sacrifice, quand la jeune femme dĂ©sormais dĂ©diĂ©e au culte de Diane, retrouve son frĂšre Oreste, lequel est dĂ©vorĂ© par la culpabilitĂ© aprĂšs avoir assassinĂ© avec leur sƓur Electre, leur propre mĂšre Clytemnestre
 En 1779, IphigĂ©nie en Tauride concentre la derniĂšre maniĂšre de Gluck Ă  Paris, le sommet de son style frĂ©nĂ©tique et fantastique, d’une tension nouvelle, perceptible dĂšs la tempĂȘte d’ouverture, quand IphigĂ©nie contrainte par les Ă©lĂ©ments, doit accoster prĂšs du bois sacrĂ© de Diane
 la dĂ©esse est ici maĂźtresse des destinĂ©es.
En choisissant la figure d’une jeune princesse dĂ©vouĂ©e, loyale Ă  son devoir et donc prĂȘte effectivement Ă  se sacrifier pour la rĂ©ussite du projet paternel, Gluck fait le portrait d’une hĂ©roĂŻne touchante et exemplaire, hautement morale, toute maĂźtrise incarnĂ©e, a contrario des nombreuses sorciĂšres et enchanteresses amoureuses de l’opĂ©ra baroque qui a prĂ©cĂ©dĂ©. Cet idĂ©al classique et moral inaugure l’esthĂ©tique nĂ©oclassique, moralisateur et Ă©difiant qui mĂšne au romantisme. Mais Gluck aime la veine tendue, passionnelle, celle des figures qui dĂ©clament leur valeur morale en stances hallucinĂ©es, dramatiques voire fantastiques. Le compositeur place aux bons moments de la partition, des intermĂšdes ou ballets, frĂ©nĂ©tiques, exaltĂ©s, particuliĂšrement Ă©lectrique.
InspirĂ© surtout du texte d’Euripide, IphigĂ©nie en Aulide commence quand la flotte grecque est arrĂȘtĂ©e par Diane depuis l’üle d’Aulis. IphigĂ©nie incarne une hĂ©roĂŻne pathĂ©tique et tendre dont se souviendra Mozart pour le personnage d’Ilia dans son opera seria d’envergure, Idomeneo de 1781. L’action met en scĂšne autour de la princesse de MycĂšnes, ses parents, Agamemnon et Clytemnestre. Mais aussi Achille, le jeune guerrier accompagnĂ© par son ami Patrocle : amoureux, Achille prend la dĂ©fense d’IphigĂ©nie contre la voeu du roi Agamemnon, favorable au sacrifice de sa fille demandĂ© par Diane qui consent ainsi Ă  protĂ©ger le roi jusqu’à Troie. Ce conflit Achille / Agamemnon ira s’intensifiant, expliquant pourquoi au moment de la guerre de Troie, et sous les remparts de la citĂ© qui rĂ©siste, Achille rechigne Ă  combattre sous les ordres du souverain de MycĂšnes.

Avant Gluck, Domenico Scarlatti Ă©crit la musique d’Ifigenia in Aulide (1713) ; Desmarest s’intĂ©resse aussi Ă  la figure d’IphigĂ©nie sacrifiĂ©e (en Aulide, terminĂ©e par son Ă©lĂšve Campra et crĂ©Ă© Ă  l’AcadĂ©mie royale en 1722).

 

 

 

gretry-andre modeste gretryMiroir d’une Ă©poque trouble, l’opĂ©ra affectionne les figures passionnĂ©es et les destins tragiques. GrĂ©try plus connu pour ses opĂ©ras-comiques ou galants (L’Amant jaloux, 1778), succombe lui aussi aprĂšs Gluck aux sĂ©ductions de la lyre nĂ©o antique (comme le peintre David) et met en musique sa propre Andromaque en 1778 ; le favori de Marie-Antoinette rĂ©invente le carcan pourtant codifiĂ© de la tragĂ©die en musique et brosse le portrait de la veuve d’Hector, en promise Ă  Pyrrhus, mais la princesse troyenne meurt suicidaire (comme sa suivante Hermione) sur le corps de son fiancĂ©. RĂ©miniscence du chƓur antique, les choristes ici sont majeurs : « vĂ©ritable personnage permanent, la voix collective apporte l’ampleur de la fresque, l’espace de l’arĂšne grecque, le souffle du drame », prĂ©cise notre rĂ©dacteur Lucas Irom.
Lire notre critique du cd Andromaque de Grétry (2010) :
http://www.classiquenews.com/grtry-andromaque-1778france-musique-mardi-13-juillet-2010-20h/

 

 

 

 

 

 

XIXĂš : les Romantiques et l’AntiquitĂ©
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Berlioz, du cÎté des Troyens (1858)

Lecteur passionnĂ© de Virgile et aussi grand admirateur de Gluck, dont il aime la lyre tendue et noble, Berlioz se dĂ©die pour offrir musicalement sa propre lecture des Troyens, Ă  travers l’histoire d’EnĂ©e. Comme il s’était passionnĂ© tout autant pour le Faust de Goethe, livrant sa sublime « Damnation de Faust », chef d’oeuvre de l’opĂ©ra romantique français. Concernant Les Troyens, le gros de la partition est Ă©crit entre 1856 et 1858. C’est moins l’Iliade que l’EnĂ©ide qui inspire son grand opĂ©ra, jamais produit de son vivant (crĂ©ation partielle en 1863) mais grande partition en deux parties : Les Grecs Ă  Troie (la chute de Troie, actes I et II), puis Les Troyens Ă  Carthage (actes III Ă  V) dont l’épisode des amours d’EnĂ©e et de la reine Didon cimente l’action. La crĂ©ation complĂšte est rĂ©alisĂ© aprĂšs la mort de l’auteur Ă  Karlsruhe (1890), puis Ă  Nice en français en janvier 1891.
De cette façon, Berlioz Ă©claire le destin des Troyens aprĂšs la chute de Troie, comme HomĂšre dans l’OdyssĂ©e, prĂ©cisait le destin d’Ulysse, cĂŽtĂ© grec, aprĂšs le mĂȘme Ă©vĂ©nement.
berlioz-hector-582-portrait-par-classiquenews-concerts-festivals-operasBerlioz, concepteur ambitieux, pense espace et Ă©tagements sonores ; sa fresque antique est surtout chorale et orchestrale, aux harmonies inĂ©dites, au format inĂ©dit, trĂšs expressives et dignes de Gluck, particuliĂšrement dramatiques. Son point de vue est du cĂŽtĂ© des Troyens : EnĂ©e, fugitif et apatride, saura lui aussi trouver sa voie et son destin, sacrifiant son amour pour Didon, et fonder Rome en Italie
 Ici il est question non plus de destruction des troyens, mais bien de permanence de la splendeur troyenne, ressuscitant dans l’empire romain Ă  naĂźtre
 Berlioz repousse les limites expressives de la scĂšne lyrique ; contredisant la grosse machine souvent alambiquĂ©e d’un Meyerbeer, le Romantique français invente une langue aussi Ăąpre et mordante, fantastique et onirique, mais simple et Ă©purĂ©e que celle de Gluck, mais avec un orchestre somptueux et orageux ; affectionnant aussi le chƓur imploratif (aux cĂŽtĂ©s d’Andromaque la veuve d’Hector) et pathĂ©tique, dans « la Chute de Troie » ; quand, dans la seconde partie, « Les Troyens Ă  Carthage », le compositeur interroge les amours d’EnĂ©e et de Didon, finalement sacrifiĂ©es sur l’autel du devoir : EnĂ©e amoureux doit rĂ©pondre Ă  l’appel du destin et de l’histoire (les ombres de Priam, ChorĂšbe, Hector le pressent d’honorer leur mĂ©moire : fonder une nouvelle nation en Italie).
EnĂ©e abandonnera donc Didon pour l’Italie. La scĂšne de l’abandon se transforme alors en vaste bĂ»cher oĂč pĂ©rit la reine suicidaire (nouvelle ClĂ©opĂątre, ou prĂ©figuration de la fin du Ring, quand Brunnhilde dans le CrĂ©puscule des dieux de Wagner, se jette dans un mĂȘme feu libĂ©rateur). Berlioz conçoit le premier en une scĂšne spectaculaire, pathĂ©tique et tragique, la mort de l’hĂ©roĂŻne (Didon) : si EnĂ©e se projette dans l’empire romain Ă  venir, Didon maudit la race troyenne et invoque Hannibal, futur rival des romains
 Chacun imagine son avenir selon sa propre vision.
La tradition de la tragĂ©die en musique y est rĂ©interprĂ©tĂ©e avec une originalitĂ© parfois sauvage et radicale comme l’était Berlioz : rĂ©cits ou airs fermĂ©s, sĂ©quence des ballets obligĂ©s, mais Ă©vocation atmosphĂ©rique personnelle (tempĂȘte et chasse d’EnĂ©e
), expression d’un amour absolu et tendre malgrĂ© les Ă©vĂ©nements pressants (ChorĂšbe et Cassandre puis Didon et EnĂ©e, dans chacune des deux parties)
 LĂ  encore comme pour l’Ulysse de Monteverdi, HomĂšre et Virgile, ont inspirĂ© deux partitions particuliĂšrement dĂ©cisives dans l’histoire de l’opĂ©ra et sur le plan poĂ©tique, deux sommets d’équilibre et de puissance Ă©motionnelle.

 

 

Dieux & héros ridiculisés : délire et parodie chez Offenbach 

offenbach jacques portrait opera operette 1704981-vive-offenbachLA BELLE HELENE (Paris, 1864) / Jacques Offenbach : vaudeville sublimĂ©. Davantage encore qu’OrphĂ©e aux enfers (18580 vĂ©ritable triomphe qui assoit sa cĂ©lĂ©britĂ© et son gĂ©nie sur les boulevards parisiens, La Belle HĂ©lĂšne est plus encore symptomatique de la sociĂ©tĂ© insouciante, flamboyante, un rien dĂ©cadente du Second Empire : crĂ©Ă© au ThĂ©Ăątre des VariĂ©tĂ©s le 17 dĂ©c 1864, l’ouvrage sous couvert d’action mythologique, est une sĂ©vĂšre et dĂ©lirante critique de la sociĂ©tĂ© d’alors, celle des politiques corrompus (ici le devin Calchas vĂ©nal), des cocottes alanguies, des sbires insouciants, irresponsables et doucereux (Oreste, Agamemnon)
 l’humour voisine souvent avec le surrĂ©alisme et le fantasque, mais toujours Offenbach sait cultiver un minimum d’élĂ©gance qui fait basculer le fil dramatique dans l’onirisme et une certaine poĂ©sie de l’absurde … LIRE notre opĂ©ra focus : la Belle HĂ©lĂšne de Jacques Offenbach (Paris, 1864)

 

 

 

Approfondir
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DVD Ă©vĂ©nement… Tous les secrets de la guerre de Troie (L’Iliade), les hĂ©ros et les dieux, les relations des uns et des autres, les enjeux, dĂ©sirs, intrigues sont explicitĂ©s dans la saison 2 de la sĂ©rie « les Grands Mythes / L’Iliade » Ă©ditĂ© par ARTE Ă©ditions (conception : François Busnel) – sortie : septembre 2019, CLIC de CLASSIQUENEWS (10 Ă©pisodes).

ILIADE les-grands-mythes-i-liade-francois-busnel-dvd-annonce-critique-dvd-serie-saison-classiquenewsExtrait de notre prĂ©sentation critique du coffret DVD : Les Grands Mythes / L’Iliade (Arte Ă©ditions) : “…  Ici, sur les traces d’HomĂšre, mĂȘme approche complĂšte et claire, esthĂ©tique et trĂšs documentĂ©e : tous les hĂ©ros de l’Iliade, guerriers grecs et troyens, dieux et dĂ©esses de l’Olympe, y sont subtilement Ă©voquĂ©s, leurs exploits et leurs enjeux comme leur signification, analysĂ©s : Ajax et Ulysse, Patrocle tuĂ© par Hector, Hector tuĂ© par Achille, Priam et Agamemenon, sans omettre l’implication des dieux Aphrodite, AthĂ©na, ArĂšs, surtout HĂ©ra dont la ruse, piĂšge Zeus et organise la victoire finale des grecs
 AprĂšs le visionage de chacun des 10 Ă©pisodes, l’Iliade, c’est Ă  dire l’histoire de la Guerre de Troie, n’aura plus aucun secret pour vous. IDEAL prĂ©ambule Ă  l’opĂ©ra
 Le coffret est d’autant plus nĂ©cessaire que chacun des Ă©pisodes clarifie l’épopĂ©e des grecs contre les troyens, de quoi mieux comprendre tous les ouvrages de musique et surtout les opĂ©ras, si nombreux, qui se sont inspirĂ©s de la formidable Ă©popĂ©e homĂ©rienne et des figures fascinantes des hĂ©ros concernĂ©s : Priam, Agamemnon, IphigĂ©nie, Hector contre Achille, Cassandre, HĂ©cube
”

OPERA, LOS ANGELES : 9 femmes accusent le ténor Placido Domingo de harcÚlement sexuel

domingo_verdi_bayrton_sony_heras_casado_placido_domingoOPERA, LOS ANGELES : 9 femmes accusent le tĂ©nor Placido Domingo de harcĂšlement sexuel. Dans un tĂ©moignages recuillis par Associated Press, 8 chanteuses et 1 danseuse ont fait savoir qu’elles avaient Ă©tĂ© victime de harcĂšlement sexuel par le tĂ©nor espagnol devenu baryton, Placido Domingo (78 ans). Parmi les plaignantes, Patricia Wulf, qui a autorisĂ© que son identitĂ© soit publiĂ©e. Les faits remonteraient entre 1980 et 2005. L’actuel directeur de l’OpĂ©ra de Los Angeles, prĂ©sentĂ© comme un « prĂ©dateur » aurait profitĂ© de sa situation dominante pour obtenir les faveurs des chanteuses. « Mains sur les genoux », « contacts forcĂ©s », « baiser visqueux sur la bouche »  sont quelques uns des Ă©lĂ©ments qui Ă©gratignent sĂ©rieusement le mythe du tĂ©nor espagnol le plus cĂ©lĂšbre de la planĂšte lyrique (depuis la mort de Pavarotti).

PlĂĄcido Domingo, pour sa part a dĂ©clarĂ© : «Il est douloureux pour moi d’apprendre que j’ai pu offenser des chanteuses alors que je pensais que toutes mes intentions Ă©taient bienvenues et rĂ©ciproques.» La direction de l’OpĂ©ra de Los Angeles a dĂ©clarĂ© avoir ouvert une enquĂȘte depuis la dĂ©clarations des plaignantes. L’affaire Ă©branle le petit monde feutrĂ© du lyrique. A suivre.

LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. ARTUR SCHNABEL : musicien et pianiste (1882 – 1951 – Éditions Hermann)

schnabel-artur-musicien-et-pianiste-werner-grĂŒnzweig-livre-annonce-critique-hermann-piano-classiquenews-lecture-livres-d-ete-2019-006672343LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. ARTUR SCHNABEL : musicien et pianiste (1882 – 1951 – Éditions Hermann). En ces temps de disette humaniste, oĂč la conscience politique et les convictions ne sont pas le fort des artistes, il est opportun comme un rappel historique, de souligner l’élĂ©gance Ă©veillĂ©e de certains profils artistiques, comme celui du pianiste Artur Schnabel, phare artistique et humain dans la premiĂšre moitiĂ© du XXĂš. Les champs d’exploration comme d’analyse sont du cĂŽtĂ© de Brahms et surtout de Beethoven (il joue le premier les 32 Sonates dĂšs 1927 Ă  la VolksbĂŒhne de Berlin), terrain propice Ă  l’explicitation des phrasĂ©s, oĂč se rĂ©gale l’individu Ă©pris de jeu linguistique dont l’esprit critique et le sens des contrepĂšteries, portent la marque d’une rare sagacitĂ©.
L’engagement de l’homme le fit quitter l’Allemagne devenue nazie dĂšs 1933 (avec sa famille), donnant son ultime rĂ©cital berlinois, le 23 avril 1933, pour ne jamais plus remettre les pieds en terres allemandes ni autrichiennes (y compris aprĂšs la guerre). La rupture est dĂ©finitive pour cet homme d’honneur et de valeurs qui ne comprit jamais comment son pays avait pu ainsi sombrer dans la barbarie.

ARTUR SCHNABEL, compositeur et pianiste

NĂ© en 1882 Ă  Lipnik les Bielitz (SilĂ©sie), le jeune Ahron / Artur Schnabel se forme Ă  Vienne au piano grĂące Ă  des professeurs particuliers. Un esprit indĂ©pendant le distingue de tous ; c’est un autodidacte forcenĂ© qui cultive l’absence de toute virtuositĂ© car comme il le disait lui-mĂȘme, il n’était pas «  un prostituĂ© de l’art » (voilĂ  pourquoi son prĂ©nom Artur s’écrit sans « h ») ; de surcroit, l’artiste moins pianiste que musicien, a toujours Ă©tĂ© frustrĂ© par sa carriĂšre de pianiste : il voulait vivre comme compositeur.
De fait ses partitions loin d’ĂȘtre inintĂ©ressantes, sont connues, rĂ©pertoriĂ©es, mais restent encore Ă  ĂȘtre estimĂ©es et Ă©coutĂ©es. Un comble pour ce profil d’artiste militant, esthĂšte et politique, 
 70 ans aprĂšs sa mort (1951).

Etabli Ă  Berlin Ă  partir de 1898, le jeune homme de 16 ans affirme un tempĂ©rament bien affirmĂ©. A 19 ans, son Concerto pour piano en rĂ© mineur est crĂ©Ă© par le Philharmonique de Berlin (1901). En 1905, il Ă©pouse la contralto Therese Behr, diseuse et interprĂšte de R Strauss qui comme son Ă©poux, l’accompagne dans ses rĂ©citals de lieder. A Vienne simultanĂ©ment, Schnabel rencontre Schoenberg, se passionne pour Pierrot Lunaire (1912), s’en trouve inspirĂ© comme compositeur : il compose alors Notturno (pour voix d’alto et piano), sur un texte de Richard Dehmel, au rythme naturel, sans barre de mesure, un procĂ©dĂ© qu’il approfondira encore dans sa Sonate pour violon seul. MĂȘme s’il espĂ©rait (en vain) composer toujours plus, Schnabel fut un immense pianiste, soliste inspirĂ© chez Schubert, Brahms, Beethoven, et parmi les auteurs contemporains Schoenberg ou Krenek
.
CLIC D'OR macaron 200Le texte publiĂ© par Herman est la traduction en français de la biographie d’Artur Schnabel par Werner GrĂŒnzweig parue en 2017 ; il est prĂ©sentĂ© par une riche introduction de Philippe Olivier (auteur d’un texte prĂ©cĂ©dent sur Artur Schnabel : «  On ne fera jamais de toi un pianiste », mĂȘme Ă©diteur, 2016). Outre les Ă©lĂ©ments biographiques ici reprĂ©cisĂ©s (cours d’’étĂ© Ă  Tremezzo, exil aux USA
), l’intĂ©rĂȘt du texte est de prĂ©senter les Ɠuvres de Schnabel comme compositeur (Quatuors, Sonates,
), comme interprĂšte soucieux d’exactitude philologique concernant les partitions qu’il a jouĂ©es (comme les Variations Diabelli, commentant chaque piĂšce, prĂ©cisant les doigtĂ©s
). Texte majeur.

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LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. ARTUR SCHNABEL : musicien et pianiste (1882 – 1951 – Éditions Hermann) – CLIC de CLASSIQUENEWS – Ă©tĂ© 2019

CD critique. BRUCKNER : 9Ăš symphonie Manfred Honeck (Pittsburgh Symph Orch, 2018)

bruckner-symphony-no-9 pittsburgh symphony orchestra cd annonce critique cd review cd classiquenews critique cd opera symphonies symphonies musique classique newsCD critique. BRUCKNER : 9Ăš symphonie Manfred Honeck (Pittsburgh Symph Orch, 2018). VoilĂ  un programme Ă©loquent et clair qui dĂ©voile la direction « centrale », trĂšs Ă©quilibrĂ©e du chef autrichien nĂ© dans le Vorarlberg en Autriche en sept 1958, Manfred Honeck. Le voici dirigeant le Symphonique de Pittsburgh. La 9Ăš est la derniĂšre partition symphonique de Bruckner, laissĂ©e hĂ©las inachevĂ©e. Bruckner particuliĂšrement dĂ©couragĂ© aprĂšs la mauvaise rĂ©ception de la 8Ăš, dĂ©laisse la plume pour ne la reprendre qu’en avril 1891. La partition de l’Adagio restera orpheline du Finale qui devait lui succĂ©der, la 9Ăš reste l’InachevĂ©e. Et dans l’Adagio, Bruckner exprime cette quĂȘte au repos, Ă  la grĂące qu’en croyant sincĂšre, il espĂ©rait atteindre.
Au gouffre dantesque, terrifiant du Scherzo, le plus beau jamais « écrit par l’auteur, rĂ©pond la priĂšre et l’adieu de l’Adagio
 Atteint de PleurĂ©sie, Bruckner devait s’éteindre en octobre 1896.
Justement, il n’est que d’écouter attentivement le dernier (3Ăš) Ă©pisode / le dernier mouvement (Adagio : Sehr langsam, feierlich, de presque 30 mn) pour mesurer le sĂ©rieux et la haute façon du chef, directeur musical du Pittsburgh Symph Orch, MANFRED HONECK que ses origines viennoises, rattachent Ă  la tradition des chefs Ă©lĂ©gants et hĂ©donistes. Il est soucieux surtout Ă  la façon d’un Karajan, d’une sonoritĂ© ronde et fondue, (lisse et linĂ©aire diront les plus critiques), mais solarisĂ©e comme les plus grands brucknĂ©riens (Jochum, Boehm, Wand, Masur,
).

WAGNER sublimé  Le dĂ©but aux cordes seules dessinent dans l’éther, la citation sublimĂ©e du Parsifal de Wagner (le modĂšle absolu de Bruckner). Expression d’un absolu spirituel et d’une profonde sĂ©rĂ©nitĂ©, l’Adagio approfondit la foi inextinguible du compositeur de Linz  en un ample tableau qui dĂ©colle et se maintient suspendu au dessus de l’existence terrestre, prĂ©ludant bien des dĂ©veloppements chez Mahler : mĂ» par une ardente ferveur, Honeck construit Ă  partir de cette sidĂ©ration wagnĂ©rienne plusieurs accents d’une totalitĂ© assumĂ©e, Ă©panouie qui enfle les cuivres, nobles et majestueux ici, d’une rĂ©sonance presque secrĂšte, voire Ă©nigmatique. Manfred Honeck ne cherche pas la dĂ©clamation superfĂ©tatoire mais plutĂŽt l’aspiration vers l’autre monde. Il dĂ©graisse l’orchestration ailleurs Ă©paisse voire lourde de Bruckner.
Dans cette vision intĂ©rieure, trĂšs intimiste, le ruban des cordes exprime l’absolu certitude et l’espĂ©rance de temps futurs enfin rĂ©solus, sans entraves ni tension. Une sorte d’extase spirituelle que seule l’orchestre colossal ici peut exprimer, entre l’hommage Ă  Wagner, en sa gravitĂ© renouvelĂ©e et R Strauss (Symphonie Alpestre). Une priĂšre qui touche par sa sincĂ©ritĂ© : Honeck lui apporte la couleur et l’éloquence requises. TrĂšs convaincant.

CD critique. BRUCKNER : 9Ăš symphonie « inachevĂ©e » (Pittsburgh Symph Orch, Manfred Honeck – 2018 – 1 cd Fresh / RR)

COMPTE RENDU, critique. ARTE, le 3 août 2019. MASCAGNI : Cavalleria Rusticana, production du San Carlo de Naples dans les rues de Matera (Juraj Valcuha)

mascagni Pietro Mascagni1COMPTE RENDU, critique. ARTE, le 3 aoĂ»t 2019. MASCAGNI : Cavalleria Rusticana, production du San Carlo de Naples dans les rues de Matera. En dĂ©but de soirĂ©e, au moment de la prĂ©sentation de l’opĂ©ra par les Ă©quipes d’ARTE, soit 3 prĂ©sentateurs (pas moins) en français, italien (langue locale) et allemand, on a commencĂ© par avoir trĂšs peur : problĂšme de son, confusion des textes de chacun qui se tĂ©lescopent, mĂ©li mĂ©lo entre les traductions simultanĂ©s
 ce fut un joyeux chaos, d’autant plus dĂ©routant que les animations populaires, Ă©voquant le combat du bien contre le mal dans les rues de la citĂ© Ă©lue de Matera, – capitale europĂ©enne de la culture 2019, Ă©taient pour le moins mal filmĂ©es et tombaient comme un cheveux dans la soupe
quel rapport avec le sujet de l’opĂ©ra qui suit ? Pas facile de programmer de tels directs lyriques.

 
 

 
 

PĂąques sanglantes Ă  Matera

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‹matera-piazza-san-pietro-caveoso opera arte juillet 2019 critique opera mascagni classiquenewsEnfin la partition commence et le flux naturel du spectacle s’organise : de fait, la bonne surprise attendue se rĂ©alise et les dĂ©cors de la ville utilisĂ©s dĂ©jĂ  par Pasolini pour sa Passion du Christ font miracle, d’autant plus Ă©clairĂ©s de nuit, avec des vues aĂ©riennes que permettent les drones.
Le souffle de l’opĂ©ra vĂ©riste de Pietro Mascagni (1890), chef d’Ɠuvre absolu de la scĂšne italienne a pu se concrĂ©tiser par la force visuelle d’un spectacle d’opĂ©ra en plein air, oĂč solistes et choristes professaient parmi la foule des spectateurs massĂ©s sur une grande place de la citĂ© minĂ©rale (Piazza San Pietro caveoso).
Le vĂ©risme assumĂ© et abouti de Mascagni s’accomplit dans ce drame simple des petites gens, paysans laborieux, filles entiĂšres, charretier bourru mais droit dans ses bottes
 La passion qui anime Santuzza (ardente et tendre Veronica Simeoni, pilier de cette production) Ă©clate au grand jour vis Ă  vis de Mama Lucia ; elle aime toujours Turiddu qui revient au village le dimanche de PĂąques (trop fragile et instable Roberto Aronica, le maillon faible de cette soirĂ©e : voix engorgĂ©e, Ă©mission Ă©trange et peu naturelle, piĂštre prĂ©sence scĂ©nique).

Mais celui ci la délaisse pour une autre, Lola (sulfureuse Leyla Martinucci au soprano velouté et sensuel). Pourtant la belle est mariée
 au travailleur Alfano (impeccable George Gagnidze : solide et bestial)

D’une jalousie l’autre, passant d’une Ăąme dĂ©vastĂ©e Ă  une autre, de Santuzza Ă  Alfio, l’agent du pire se concrĂ©tise (soit l’Ɠuvre de la jalousie) : Santuzza rĂ©vĂšle la liaison de Lola et de Turiddu au mari cocufiĂ© Alfio
 lequel ne tarde pas au couteau Ă  saigner le sĂ©ducteur.

Entre temps de sublimes airs, qui fouillent et Ă©treignent l’ñme tourmentĂ©e des protagonistes (Santuzza s’adressant Ă  Mama Lucia qui est la mĂšre attĂ©rĂ©e de Turiddu / puis Turiddu Ă  sa mĂšre, dans une scĂšne d’adieu dĂ©chirante) hissent la partition au niveau du meilleur Puccini. Il faut dire que la direction du chef Juraj Valcuha ne manque ni de tension, ni de lyrisme ni d’accents expressifs, intelligemment nĂ©gociĂ©s pour cette captation en direct et en plein air : le maestro fait preuve d’une grande cohĂ©rence et d’une solide sensibilitĂ© (superbe intermĂšde orchestral au mi temps du drame). Les instrumentistes du Teatro San Carlo ont relevĂ© le dĂ©fi de la performance avec une rĂ©elle finesse, qualitĂ© moins Ă©vidente de la part du chƓur. Globalement, la ville de Matera ne pouvait trouver meilleure publicitĂ©.

 
  
  
 

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COMPTE RENDU, critique. ARTE, le 3 août 2019. MASCAGNI : Cavalleria Rusticana, production du San Carlo de Naples dans les rues de Matera.

Pietro Mascagni : Cavalleria Rusticana
Opera en un acte – livret de Giovanni Targioni-Tozzetti et Guido Menasci, d’aprĂšs la nouvelle de Giovanni Verga
Création : Roma, Teatro Costanzi, 17 mai 1890

Juraj Valčuha, direction
Orchestra e Coro del Teatro di San Carlo

Santuzza, Veronica Simeoni
Turiddu, Roberto Aronica
Mamma Lucia, Elena Zilio‹Alfio, George Gagnidze‹Lola, Leyla Martinucci 
  
  
 

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LIRE aussi notre présentation de Cavalleria Rusticana à Matera sur ARTE
http://www.classiquenews.com/arte-cavalleria-rusticana-de-mascagni-dans-les-rue-de-matera/

 
  
  
 

LE CONCERT DE L’HOSTEL DIEU, nouvelle saison 2019 – 2020, temps forts

LYON-HOSTEL-DIEU-saison-2019-2020-franck-emmanuel-comte-classiquenews-annonce-presentation-critiques-concerts-concert-hostel-dieu-saison-lyonnaise-2019-2020-couv-400x626LE CONCERT DE L’HOSTEL DIEU, nouvelle saison 2019 – 2020. Rares les collectifs spĂ©cialisĂ©s en baroque, capables de se renouveler tout en demeurant fidĂšles Ă  leurs fondamentaux dont le chant baroque, l’incandescence des timbres instrumentaux, le dĂ©frichement de nouveaux rĂ©pertoires
 AnimĂ© par une flamme remarquablement prĂ©servĂ©e, Le Concert de l’Hostel Dieu, crĂ©Ă© et pilotĂ© par Franck-Emmanuel COMTE poursuit pour la saison 2019 – 2020, ses prises de risque et ses explorations crĂ©atives, perpĂ©tuant Ă  travers se choix de rĂ©pertoires, ses rencontres, le choix des lieux investis
 l’esprit des premiers baroqueux : la quĂȘte infinie 
 certes jamais satisfaite mais porteuse d’accomplissements surprenants et souvent fĂ©conds. A Lyon et sur tout le territoire, Le Concert de l’Hostel Dieu et Franck-Emmanuel COMTE diffusent leur approche des rĂ©pertoires avec la singularitĂ© et la vivacitĂ© qui les caractĂ©risent.

 

 

 

TERRE DE LIBERTÉ : entre Raison et DĂ©raison, recherche et rĂ©alisation…
Le formidable visuel de la nouvelle saison 2019 – 2020 met en avant une figure mythique mordante, expressive : la femme au serpent / la Gorgone. De fait, voilĂ  annoncĂ© par cette allĂ©gorie fascinante / effrayante, un nouveau cycle de concerts et de programmes qui ne laisseront pas indiffĂ©rent
 Franck-Emmanuel COMTE cultive depuis des annĂ©es comme un ferment propice, l’interdisciplinaritĂ© : c’est au carrefour des formes et des imaginaires que peut naĂźtre le nouveau voire l’inouĂŻ. C’est aussi une formidable Ă©quation qui stimule toujours les instrumentistes et chanteurs partenaires du chef et claveciniste.

FRANCK-EMMNUEL COMTE rĂ©invente le BaroqueLe propre du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU depuis ses dĂ©buts est de rendre vivante, une premiĂšre approche (nĂ©cessaire) de recherche et de questionnement. Dans la rĂ©alisation, le geste se prĂ©cise et devient naturel, par sa libertĂ© d’interprĂšte et de concepteur, en serviteur zĂ©lĂ© et « historiquement informé » des compositeurs et pratiques anciennes, Franck-Emmanuel COMTE nous rappelle que « la crĂ©ation s’insinue partout : dans l’ornementation mĂ©lodique, dans les orchestrations oĂč l’instrumentation est souvent laissĂ©e libre par les compositeurs, dans l’harmonisation des lignes de basses continues, dans l’arrangement des piĂšces instrumentales
 Un terrain de jeu exaltant, une terre de libertĂ© qui dĂ©passent bien souvent le cadre scientifique et ancrent ces musiques patrimoniales dans le temps prĂ©sent. »
Ce goĂ»t de la libertĂ© qui devient « imprĂ©visibilité » apporte aujourd’hui au collectif du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU sa facultĂ© Ă  demeurer spontanĂ©. Vertu essentielle pour que le Baroque continue de nous parler. En tĂ©moigne les thĂ©matiques et temps forts de la nouvelle saison 2019 – 2020 :

 

 

 

PROGRAMMES

 

 

 

 

OCTOBRE 2019
Compositrices et interprĂštes baroques…

 

concert-hostel-dieu-raison-deraison-saison-2019-2020-classiquenews-franck-emmanuel-COMTE-classiquenewsBAROQUE AU FÉMININ, c’est le fil rouge de toute la saison nouvelle avec des dĂ©veloppements, des dĂ©couvertes et lĂ  encore des rencontres artistiques fortes. Premier volet et sĂ©rie de concerts : « La Donna barocca” (autour des compositrices italiennes : BARBARA STROZZI et ses consƓurs italiennes…). Muse et compositrice lĂ©gendaire au XVIIĂš, Barbara Strozzi incarne la musique baroque Ă  son Ă©poque, dans une langue sensuelle et remarquablement articulĂ©e : le Concert de l’Hostel Dieu cĂ©lĂšbre les 400 ans de sa naissance. Et avec elle, les Ă©critures non moins captivantes d’autres compositrices italiennes, telles Francesca Caccini, Isabella Leonarda et Antonia Bembo. Avec la soprano Heather Newhouse (dĂ©jĂ  Ă©coutĂ©e dans le programme Folia). Les 15 puis 16 octobre 2019, LYON, MusĂ©e des tissus et des arts dĂ©coratifs. VIDEO : Heather Newhouse : L’Eraclito amoroso (Barbara Strozzi)

RÉSERVEZ
http://www.concert-hosteldieu.com/agenda/la-donna-barocca-4/

 
 

 

 

 

NOVEMBRE et DÉCEMBRE 2019
La FOLIA Ă  PARIS…

 

folia-concert-de-l-hostel-dieu-franck-emmanuel-comte-concert-festival-opera-annonce-critique-par-classiquenews-juillet-2019En novembre et dĂ©cembre 2019, reprise Ă  PARIS du fabuleux spectacle FOLIA, inspirĂ© par les rythmes et la transe des tarentelles napolitaines, et sujet d’un excellent cd, « CLIC » de classiquenews : il s’agit d’un ballet nĂ© de la rencontre entre Franck-Emmanuel COMTE et le chorĂ©graphe Mourad Merzouki. 
 AprĂšs un prĂ©lude cosmique, la basse obligĂ©e prend la parole et organise en rythmes baroques ce qui semblait ĂȘtre jusqu’alors une colonie mĂȘlĂ©e, confuse
 de corps et de sphĂšres. Mais si le verbe agit, la musique envoĂ»te et sĂ©duit
 elle canalise le flux et bientĂŽt tout s’organise par la danse, vĂ©ritable transe souveraine
 LIRE notre critique du cd Folia :
https://www.classiquenews.com/cd-critique-folia-le-concert-de-lhostel-dieu-franck-emmanuel-comte-direction-1-cd-1001-notes-2018/

 

 

  

 

FÉVRIER 2020
Compositrices françaises du SiĂšcle des LumiĂšres…

 

En FĂ©vrier 2020, second volet du BAROQUE AU FEMININ : aprĂšs les compositricesconcert-hostel-dieu-raison-deraison-saison-2019-2020-classiquenews-franck-emmanuel-COMTE-classiquenews italiennes, rencontre avec les compositrices françaises, celles encore trop peu connues, du SiĂšcle des LumiĂšres ; partitions restituĂ©es enfin d’Elisabeth Jacquet de la Guerre (tragĂ©die CĂ©phale et Procris), Mademoiselle Duval (opĂ©ra ballet Les GĂ©nies), Françoise de Saint-Nectaire, Julie Pinel, HĂ©lĂšne-Louise Demars
 autant de crĂ©atrices baroques dont les Ă©critures et les styles sont mis en dialogue avec une crĂ©ation de la compositrice contemporaine Caroline Marçot (nĂ©e en 1974 / commande du Concert de l’Hostel Dieu) : les 11 et 12 fĂ©vrier, LYON, MusĂ©es des Tissus et des Arts dĂ©coratifs.
RESERVEZ
http://www.concert-hosteldieu.com/agenda/parnasse-au-feminin/

Puis, début février 2020 (merc 5 fev), Franck Emmanuel COMTE propose à la BibliothÚque Lyon Part-Dieu, une conférence en musique dédiée aux compositrices parisiennes du XVIIIe siÚcle (avec la soprano Heather Newhouse / FE Comte, clavecin).

 
  

 

JUIN 2020
La Francesina, Elisabeth Duparc, cantatrice vedette au XVIIIĂš…

 

concert-hostel-dieu-raison-deraison-saison-2019-2020-classiquenews-franck-emmanuel-COMTE-classiquenewsEn juin 2020, fin de saison lyrique dans le sillon d’une cantatrice devenue cĂ©lĂšbre au XVIIIĂš, Elisabeth Duparc dont le Concert de l’Hostel Dieu propose un fascinant portrait musical et donc opĂ©ratique, de l’opĂ©ra Ă  l’oratorio
 Avec la soprano belge Sophie Junker qui chante les Ɠuvres abordĂ©es par « la Duparc » : airs des opĂ©ras et oratorios de Handel principalement (un disque devrait prolonger ce nouveau chantier musical). Agile, douĂ©e d’un timbre de « rossignol » (ou de « fauvette » / warbling voice), Elisabeth Duparc ressuscite ainsi.
Concert événement mercredi 10 juin 2020, Salle MoliÚre à LYON
RESERVEZ
http://www.concert-hosteldieu.com/agenda/francesina/

 

  

A noter Ă©galement un nouveau projet intitulĂ© « la Chorale solidaire », et aussi une nouvelle aventure vidĂ©o, Ă  travers les premiers Ă©pisodes de la websĂ©rie rĂ©alisĂ©e en partenariat avec la Youtubeuse Mia de la chaine l’OpĂ©ra et ses Zouz


  

  
 

 

 

  

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CONCERT HOSTEL DIEU FRANCK EMMANUEL COMTE logo 2018 pour classiquenewsRETROUVEZ tous les concerts, tous les programmes et les Ă©vĂ©nements de la saison 2019 – 2020 du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU, sur le site du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU / FRANCK-EMMANUEL COMTE :

http://www.concert-hosteldieu.com

 

 
 

 

CD critique. LEKEU : Sonate pour violon, Trio pour violon / violoncelle (Monteiro, Rocha, JP Santos (1 cd Brilliants – 2018)

lekeu guillaume violon piano monteiro miguel rocha JP santos piano cd brilliants critique review classiquenewsCD critique. LEKEU : Sonate pour violon, Trio pour violon / violoncelle (Monteiro, Rocha, JP Santos (1 cd Brilliants – 2018). Lekeu comme de nombreux gĂ©nies prĂ©coces fut fauchĂ© Ă  24 ans (mort Ă  Angers le 21 janvier 1894) par la fiĂšvre typhoĂŻde, nous laissant orphelins d’un talent rare et dĂ©jĂ  passionnĂ© dont la trĂšs riche texture, le goĂ»t des chromatismes, une pensĂ©e manifestement wagnĂ©rienne (en cela fidĂšle au goĂ»t de ses mentors D’Indy et Franck) demeure la promesse Ă©ternelle d’une maturitĂ© Ă  jamais refusĂ©e. Pourtant les deux partitions abordĂ©es ici indiquent clairement l’accomplissement manifeste d’une Ă©criture aboutie, dense, intense malgrĂ© le jeune Ăąge du compositeur romantique français. Il remporta d’ailleurs le 2Ăšme Prix de Rome belge en 1891 (pour sa cantate AndromĂšde Ă  rĂ©Ă©couter d’urgence). Le sens des couleurs, le flux harmonique aux modulations et passages ininterrompus façonnent un matĂ©riau particuliĂšrement opulent et actif, jusqu’à la saturation. A leur Ă©coute, le « Rimbaud » de la musique française n’a pas usurpĂ© son surnom, ni la pertinence de ce rapprochement poĂ©tique.

220px-Guillaume_Lekeu_ca._1886Souvent prĂ©sentĂ©e telle sa piĂšce maĂźtresse, la Sonate pour piano et violon en sol majeur, composĂ©e Ă  l’étĂ© 1892, crĂ©Ă©e avec succĂšs Ă  Bruxelles en mars 1893 par le violoniste cĂ©lĂšbre EugĂšne YsaĂże (qui fut surtout le commanditaire de la Sonate). Il faut beaucoup d’énergie et d’engagement, mais aussi de la finesse pour assumer ce lyrisme permanent dont la suractivitĂ© peut obscurcir le sens et la clartĂ© de l’architecture. Car influencĂ© aussi par Beethoven, Lekeu a la passion de la forme, du dĂ©veloppement, animĂ© par une ambition musicale et un instinct perfectionniste, en tout point remarquable. Tout s’enchaĂźne parfaitement dans cette Sonates Ă  2 voix dont l’acuitĂ© expressive fait briller un lyrisme mĂ©lodique dĂ©bordant, un sens de la structure aussi mieux Ă©quilibrĂ©e
 : canalisĂ© et construit dans le premier Ă©pisode « TrĂšs modĂ©ré » plutĂŽt sĂ©duisant et lĂ©ger ; le central « trĂšs lent » fait valoir les qualitĂ©s de nuances du violon plutĂŽt introspectif ; avant le Finale (TrĂšs animĂ©), ouvertement passionnĂ© voire dĂ©bridĂ© mais toujours frais et printanier.

Plus attachant selon notre goĂ»t, le Trio avec piano a le charme d’une sincĂ©ritĂ© rayonnante quoiqu’encore indĂ©cise voire maladroite dans son Ă©criture. Il est un peu plus ancien (composĂ© en 1890) oĂč se dĂ©ploie davantage dans sa construction plus explicite, l’influence de la structure beethovĂ©nienne, quoique le premier et dernier mouvement regorgent d’idĂ©es et de rĂ©miniscences harmoniques denses et mĂȘlĂ©es qui fondent les critiques regrettant trop de dĂ©veloppements. Ambitieuse, la partition dĂ©ploie 4 mouvements particuliĂšrement « bavards » ou 
dramatiques, diront les plus bienveillants. Âme passionnĂ©e et d’une force intranquille, Lekeu sait dĂ©ployer une imagination intime sans limites comme l’atteste le premier mouvement oĂč dialoguent deux Ă©pisodes trĂšs contrastĂ©s (lent puis allegro Ă©nergique), exprimant une palette de sentiments aussi prolixe que nuancĂ©e : de la douleur premiĂšre, Ă  la sombre rĂȘverie, 
 du renoncement furtif Ă  la dĂ©pression plus diffuse : tout ici par le filtre d’une sensibilitĂ© experte et hyperactive, dĂ©nonce et Ă©prouve l’échec et la rĂ©pĂ©tition des blessures intimes. Le trĂšs lent, puis le Scherzo, hautement syncopĂ©, enfin le finale qui est un Lent lui aussi, peut-ĂȘtre trop long quoique harmoniquement passionnant, accrĂ©ditent le gĂ©nie bien trempĂ© du jeune romantique; les trois interprĂštes malgrĂ© un piano Ă  notre avis trop prĂ©sent, au risque d’un dĂ©sĂ©quilibre sonore, restitue le jaillissement des motifs en Ă©chos ou en opposition ; que raffine aussi le violon tout en intensitĂ© maĂźtrisĂ©e du Bruno Monteiro. Restent la Sonate violoncelle / piano (1888), le Quatuor avec piano (1893) pour saisir le gĂ©nie d’un Lekeu juvĂ©nile et passionnant. De prochains enregistrements ? A suivre.

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CD, critique. Guillaume Lekeu (1870-1894) : Sonate pour violon et piano en sol majeur – Trio pour piano, violon et violoncelle en do mineur. Bruno Monteiro, violon. Miguel Rocha, violoncelle. JoĂŁo Paulo Santos, piano. 1 CD Brilliant Classics. Enregistrement rĂ©alisĂ© au Portugal, Ă©tĂ© 2018. Livret : anglais-portugais. DurĂ©e : 1h17mn

CD coffret, événement. The BRIGITTE FASSBAENDER edition (11 cd DG Deutsche Grammophon)

Brigit fesbaender mezzo edition lieder operas coffret box cd set review critique cd opera concert festivals classiquenews 4836913CD coffret, Ă©vĂ©nement. The BRIGITTE FASSBAENDER edition (11 cd DG Deutsche Grammophon). Elle vient d’avoir 80 ans ce 3 juillet 2019 (nĂ©e berlinoise en 1939) : la mezzo Brigitte Fassbaender aura marquĂ© les planches surtout Ă  partir de 1970 , – premiĂšre dĂ©cennie oĂč elle se saisit de premiers rĂŽles lyriques, grĂące Ă  un tempĂ©rament dramatique qui sait articuler et aussi projeter le texte : la chanteuse lyrique est aussi une formidable diseuse, habile et convaincante dans les lieder de Schubert, Wolf, Strauss, surtout Brahms et Liszt
 ce que rappelle avec justesse le coffret de 11 cd, Ă©ditĂ© en ce mois de juillet anniversaire par DG Deutsche Grammophon. Son timbre souple et sombre mais heureusement cuivrĂ©, Ă©blouit dans les rĂŽles travestis dont tĂ©moigne la rĂ©ussite de ses prises des rĂŽles tel surtout l’amant de La MarĂ©chale, Ă  son lever au I : « Quinquin » / Octavian (Le Chevalier Ă  la rose de R Strauss), mais aussi Sextus dans La ClĂ©mence de Titus de Mozart
 La Fassbaender est de la trempe des Christa Ludwig (nĂ©e aussi Berlinoise mais en 1924) : une voix, un jeu dramatique, et une personnalitĂ© admirable, une partenaire qui savait se fondre et participer dans chaque maison d’opĂ©ra avec un rĂ©el esprit de troupe. Les 11 cd ainsi regroupĂ©s forment un portrait Ă©quilibrĂ©, emblĂ©matique des choix artistiques de la cantatrice qui fut capable de chanter l’opĂ©ra italien, Mozart, Wagner et Verdi, surtout le lied. Les 7 premiers cd sont dĂ©diĂ©s Ă  l’articulation des textes germaniques mis en musique par Schubert (Die Schöne MĂŒllerin, Schwanengesang; lieder
) ; Loewe (Lieder, Frauenliebe), Schumann (Frauenliebe und leben, lieder
) ; Wolf (Mörike lieder) ; surtout l’excellent programme rĂ©unissant les lieder de Strauss et Liszt. En bonus, les duos de Dvorak et Brahms.
CLIC D'OR macaron 200Puis, DG souligne le mĂ©tal colorĂ© de ce timbre qui s’est entendu avec l’orchestre, chez Mahler (lieder avec orchestre, extraits du Chant de la terre), Brahms (Alt-Rhapsodie), Moussorsgki (Chants et danses de la mort). Enfin les deux derniers cd (10 et 11) sont dĂ©diĂ©s aux personnages lyriques : de VERDI (Azucena / Il Trovatore) Ă  WAGNER (BrangĂ€ne dans Tristan und Isolde), sans omettre SCHOENBERG (ses fabuleux Gurre-lieder). A noter aussi ses rĂŽles mozartiens : Sextus (Titus), Dorabella (Cosi)
 Portrait discographique incontournable. Bon anniversaire Brigitte !

 

 

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CD coffret, événement. The BRIGITTE FASSBAENDER edition (11 cd DG Deutsche Grammophon)

Works by
Schubert · Loewe · Schumann
Wolf · Lizst · R. Strauss
Dvoråk · Brahms · Mahler
Mussorgsky · R. Wagner · A. Scarlatti
Mozart · Humperdinck · Pfitzner
Puccini · J. Strauss II · Verdi
Schoenberg
Brigitte Fassbaender, mezzo-soprano

Wiener Staatsopernchor
Wiener Philharmoniker
Karl Böhm

Mozarteum Orchester Salzburg
Leopold Hager

Berliner Philharmoniker
Carlo Maria Giulini

Deutsches Symphonie-Orchester Berlin
Riccardo Chailly

Symphonieorchester
des Bayerischen Rundfunks
Rafael Kubelik
Parution international le 7 Juin 2019

CD coffret, Ă©vĂ©nement. The BRIGITTE FASSBAENDER edition (11 cd DG Deutsche Grammophon – 0289 483 6913 3

DOSSIER BEETHOVEN 2020 : les 250 ans de la naissance (1770 – 2020)

beethoven 1803 apres Symphonie 1 creation symphonies romantiques classiquenews review compte rendu cd critique 800px-Beethoven_3DOSSIER BEETHOVEN 2020 : 250 ans de la naissance de Beethoven. L’anniversaire du plus grand compositeur romantique (avec Berlioz puis Wagner Ă©videmment) sera cĂ©lĂ©brĂ© tout au long de la saison 2020. Mettant en avant le gĂ©nie de la forme symphonique, le chercheur et l’expĂ©rimentateur dans le cadre du Quatuor Ă  cordes, sans omettre la puissance de son invention, dans le genre concertant : Concerto pour piano, pour violon, lieder et sonates pour piano, seul ou en dialogue avec violon, violoncelle
 Le gĂ©nie de Ludwig van Beethoven nĂ© en 1770, mort en 1827) accompagne et Ă©blouit l’essor du premier romantisme, quand Ă  Vienne se disperse l’hĂ©ritage de Haydn (qui deviendra son maĂźtre fin 1792) et de Mozart, quand Schubert aussi s’intĂ©resse mais si diffĂ©remment aux genres symphonique et chambriste. Venu tard Ă  la musique, gĂ©nie tardif donc (n’ayant rien composĂ© de trĂšs convaincant avant ses cantates Ă©crites en 1790 Ă  20 ans), Beethoven, avant Wagner, incarne le profil de l’artiste messianique, venu sur terre tel un Ă©lu sachant transmettre un message spirituel Ă  l’humanitĂ©. Le fait qu’il devienne sourd, accrĂ©dite davantage la figure du solitaire maudit, habitĂ© et rongĂ© par son imagination crĂ©ative. Pourtant l’homme sut par la puissance et la sincĂ©ritĂ© de son gĂ©nie, par l’intelligence de son caractĂšre pourtant peu facile, Ă  sĂ©duire et cultiver les amitiĂ©s. Ses rencontres se montrent souvent dĂ©cisives pour l’évolution de sa carriĂšre et de sa reconnaissance. Pour souligner combien le gĂ©nie de Beethoven est inclassable, singulier, CLASSIQUENEWS dresse le portrait de la vie de Beethoven (en 4 volets), puis distingue 4 Ă©pisodes de sa vie, particuliĂšrement dĂ©cisifs


 

 

 

 

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Volet 1 : dossier Beethoven 2020

JEUNESSE Ă  BONN : 1770 – 1792
Les 12 premiÚres années de la vie de Ludwig

 

 

Beethoven jeune 1012554_1151146791564340_4447833172979903169_nA Bonn, le pĂšre et le grand pĂšre de Beethoven se destinent Ă  servir l’archevĂšque-Ă©lecteur de Cologne, comme musiciens. Le jeune Ludwig nĂ© le 16 dĂ©cembre 1770 suivra leurs pas. AgĂ© de 12 ans, Ludwig rencontre l’étudiant en mĂ©decine Franz Gerhard Wegeler (1782) qui l’introduit au sein de la famille von Breuning : c’est dans ce milieu raffinĂ© qu’il reçoit une formation musicale digne de ses aptitudes. Goethe, Schiller
 sont ses lectures rĂ©guliĂšres, distillant dans l’esprit dĂ©jĂ  trĂšs imaginatif de l’adolescent les idĂ©es de l’AufklĂ€rung et de l’esthĂ©tique Sturm und Drang
 PassionnĂ©, transportĂ© par les LumiĂšres et l’esprit rĂ©volutionnaire, Ludwig suit avec attention l’actualitĂ© française ; il se passionnera bientĂŽt pour Bonaparte, mais ce dernier devenu NapolĂ©on, Beethoven reniera sa premiĂšre adoration.
A 13 ans, – 1783-, Beethoven est nommĂ© organiste de la cour, rĂ©pĂ©titeur pour l’orchestre et le thĂ©Ăątre. Son pĂšre alcoolique perd ses Ă©lĂšves
 que Ludwig rĂ©cupĂšre.
En 1774, le Comte Waldstein, chambellan du nouvel archevĂȘque (le frĂšre de l’Empereur Leopold, l’archiduc Maximilien Franz) remarque au sein de la cour, le jeune tempĂ©rament de Beethoven. Il l’envoie Ă  Vienne dĂšs 1787, pour y rencontrer Mozart et suivre les conseils de ce dernier. Mais Wolfgang n’est guĂšre captivĂ© par le jeune gĂ©nie mĂ©lancolique : de leur rencontre, ne sort aucune coopĂ©ration d’envergure. C’est un Ă©chec. Beethoven rentre Ă  Bonn en septembre 1787 pour le dĂ©cĂšs de sa mĂšre.
Avant Schubert, Schumann, Wolf, Wagner et Strauss, le jeune Beethoven inscrit Ă  l’UniversitĂ© de Bonn en 1789 (19 ans) s’intĂ©resse aux Ă©crivains, se passionne pour la littĂ©rature. Comme Berlioz, Ludwig lit Shakespeare, HomĂšre
 C’est un rĂȘveur qui nourrit sa prochaine inspiration de crĂ©ateur. A l’UniversitĂ©, il suit aussi les cours du libertaire Euloge Schneider, aux idĂ©es clairement rĂ©volutionnaires.

haydn joseph-crop-412x332En 1790, Ludwig, 20 ans compose une cantate funĂšbre pour la mort de Joseph II, puis une autre pour l’avĂšnement de Leopold II : bien que trempĂ©es dans l’acier d’une Ă©criture farouche et dĂ©jĂ  vĂ©hĂ©mente, les deux Ɠuvres ne sont pas jouĂ©es. L’immense et cĂ©lĂ©brisime Joseph Haydn venu de Vienne croise son chemin : il remarque Ă  peine le jeune homme qui bien qu’introspectif, a dĂ©cidĂ© du fond de son Ăąme, de trouver les Ă©lĂ©ments d’un nouveau langage musical, qui passe par l’orchestre et la musique de chambre. Le rĂȘveur se languit avec dĂ©sespoir : elle aime ElĂ©onore von Breuning, mais n’est pas aimĂ© en retour. VoilĂ  une catastrophe intime qui inaugure le roman Ă©pineux et trouble de Beethoven et les femmes. En 1792, deux ans aprĂšs leur premiĂšre rencontre, Haydn, examinant l’une des cantates de 1790, cĂ©lĂšbre sans rĂ©serve le gĂ©nie prometteur de Ludwig. GrĂące Ă  Waldstein, Beethoven payĂ© par l’Electeur de Cologne, peut rejoindre Haydn Ă  Vienne pour y suivre ses leçons. Ludwig deviendra Beethoven Ă  Vienne oĂč il reste jusqu’à sa mort.

 

 

 

 

 

 

 

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Volet 2 : dossier Beethoven 2020

Premiers accomplissement viennois (1793 – 1802)
Les méditations de Ludwig

 

 

Fidelio de BeethovenA VIENNE, L’ELEVE DEPASSE SES MAÎTRES
 Haydn reçoit Ă  Vienne le jeune Beethoven de 22 ans, intrĂ©pide et fougueux dont la soif de formation et de dĂ©passement, submerge trĂšs vite la disponibilitĂ© pĂ©dagogique de son mentor. S’il recherche aussi les conseils et leçons d’autres professeurs tels Albrechtsberger (composition), Salieri (chant)
 Ludwig perd patience et absorbe ces apports pour les dĂ©passer. Il reste un solitaire indĂ©pendant. Sans la validation de ses professeurs, le jeune compositeur affirme donc son tempĂ©rament irrĂ©ductible en publiant en 1795, ses Trois Trios, (opus 1) suivi des Trois Sonates (opus 2) pour piano. Sa virtuositĂ© comme pianiste improvisateur subjugue les Viennois, dĂšs mars 1795. GrĂące au premier protecteur, le comte Waldstein, Ludwig conquiert les cĂ©nacles aristocratiques de Vienne : les protecteurs se dĂ©clarent tels Lichnowsky, Lobkowitz, Razoumovski, Fries, Van Swieten
 dont les noms sont inscrits dans l’Histoire grĂące Ă  la dĂ©dicace que leur destine Ludwig. Pourtant, loin de se borner au confort et Ă  l’agrĂ©ment des princes, Beethoven voit large et sa conscience artistique se double d’une intelligence politique affĂ»tĂ©e : il suit la RĂ©volution française ; admire l’élan dĂ©mocratique et se rapproche des Jacobins (Jacob von Sonnenfels dĂ©jĂ  proche de Mozart), ne serait ce que dans sa mise et sa coiffure qui s’écarte de la queue de cheval et du bas de soie. Le profil du musicien rĂ©volutionnaire se prĂ©cise peu Ă  peu.

 

 

L’OMBRE DE LA SURDITÉ
 Mais en 1796, la surditĂ© se prĂ©sente, affectant dĂ©sormais la quĂȘte du compositeur. Beethoven cache Ă  tous ce terrible mal ; il en avoue la gĂȘne Ă  certains proches en 1801 ; puis confesse le handicap en 1806, Ă  l’époque du 9Ăš Quatuor. Si l’homme mondain, sentimentale, relationnel en souffre, le compositeur continuera de produire dans une qualitĂ© de concentration admirable, bĂ©nĂ©fique pour son travail. La surditĂ© a aussi affirmĂ© le gĂ©nie beethovĂ©nien. Sans l’entraver, elle l’a fortifiĂ©. ConfirmĂ© dans son unicitĂ© exceptionnelle : quoiqu’on le dise, Beethoven n’est pas plus cĂ©rĂ©bral que sensuel ; il est les deux : un architecte et un hĂ©doniste, capable de couleurs inĂ©dites alors comme de conception orchestrale d’un impĂ©rieux Ă©quilibre. Beethoven conçoit un son qui lui est propre, associĂ© Ă  une quĂȘte de plus en plus explicite du timbre, comme il redĂ©finit la syntaxe mĂȘme du langage musical.

 

 

LES MÉDITATIONS DE LUDWIG


D’autant qu’en septembre 1802, dans le fameux testament d’Heiligenstatdt, Ludwig qui a eu la tentation libĂ©ratrice du suicide, s’accroche finalement indĂ©fectiblement Ă  la vie, Ă  l’accomplissement de son Ɠuvre : les forces de l’esprit contre l’anĂ©antissement. A 31 ans – Ăąge oĂč meurt Schubert, Ludwig affirme une Ă©criture qui fait la synthĂšse de ce qui l’a prĂ©cĂ©dĂ© ; une vision et un format, une conscience et un langage qui envisagent dĂ©sormais l’avenir. Beethoven plus qu’aucun autre lance des ponts vers l’avenir.
A son crĂ©dit surtout, son Ɠuvre comme pianiste exceptionnel : les 3 premiers Concertos pour piano ; puis aux cĂŽtĂ©s des Trios Ă  cordes opus 9, des 6 Quatuors Lobkowitz opus 18, la Sonate PathĂ©tique opus 13 ; la Clair de lune opus 27, la TempĂȘte opus 31
 Haydn et Mozart restent dans l’équilibre, le jeu formel, la surprise ; pour Wolfgang, l’expression ineffable des sentiments amoureux avec – prĂ©romantisme, des visions foudroyantes de la mort ; Beethoven conduit dans le trĂ©fond d’une immersion intime comme une mĂ©ditation musicale. Son Ă©criture ne cesse de marquer les jalons de ce parcours inĂ©dit oĂč la conscience pilote l’itinĂ©raire expressif et laisse se dessiner libre, le profil de l’ĂȘtre Ă  accomplir. Pour l’encourager Ă  se dĂ©velopper et s’incarner, Beethoven utilise avec une rare intuition, le silence : il en dĂ©coule une Ă©coute intĂ©rieure, une activitĂ© souterraine neuve, et surtout un temps musical nouveau qui ne suit plus la logique conceptuelle de la forme (sonate ou autres) mais reste infĂ©odĂ© aux rythmes de cette nouvelle introspection : Beethoven fait de la musique, une expĂ©rience sensorielle essentiellement psychique. Avec lui, le romantisme qui couve avec dĂ©licatesse, effusion, suggestion, onirisme chez Mozart et Schubert, se dĂ©voile victorieux, lĂ©onin, jaillissant, expĂ©rimental
 C’est la rĂ©volution Beethoven qui ne cesse aujourd’hui de nous saisir en nous rappelant Ă  notre humanitĂ© la plus intime et la plus personnelle.

Prochain feuilleton, volet 3 :
Le BEETHOVEN ACCOMPLI : un souffle Ă©pique (1802 – 1812)

 

beethoven

 

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BEETHOVEN 2020
nos feuilletons pour l’annĂ©e BEETHOVEN 2020

 

 

 

Ludwig-Van-Beethoven

BEETHOVEN 2020, volet 3 : Ludwig Ă©pique (1802 – 1812) – HEILINGENSTATD, 1802 : une nouvelle naissance. FinancĂ© par l’aristocratie viennoise, Beethoven croit un moment qu’il peut prĂ©tendre rejoindre la classe supĂ©rieure ; nenni, musicien, il reste un ĂȘtre infĂ©rieur car il n’est pas noble. BientĂŽt en 1806, le prince Lichnowski qui le dotait d’une rente confortable lui enjoint de jouer pour ses invitĂ©s selon son plaisir : Beethoven se rebiffe ; il n’est pas un serviteur : fiĂšrement, aprĂšs qu’il ait Ă©tĂ© congĂ©diĂ© par son protecteur, le compositeur Ă©crit : « des nobles il y aura toujours ; mais il n’y aura jamais qu’un seul Beethoven ». Le voilĂ  comme Mozart quittant Salzbourg, en artiste crĂ©ateur misĂ©rable mais libre. LIRE notre feuilleton BEETHOVEN 2020, volet 3 : Ludwig Ă©pique, le testament d’HEILIGENSTATD

 

 

 

 

 

 

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discographie BEETHOVEN 2020

Retrouvez ici notre sĂ©lection des meilleurs enregistrements parus dĂšs octobre 2019 et pendant l’annĂ©e 2020, qui mĂ©ritent d’ĂȘtre Ă©coutĂ©s absolument :

 

 

 

L’intĂ©grale BEETHOVEN 2020 

 

 

beethoven-complete-edition-2020-review-presentation-file-classiquenews-critique-coffret-beethoven-2020CD, coffret Ă©vĂ©nement. The New Complete Edition BEETHOVEN 2020 (118 cd, 2 dvd, 3 bluray, DG Deutsche Grammophon). Pour les 250 ans de la naissance de Beethoven, la firme Deutsche Grammophon renoue avec l’époque des somptueuses intĂ©grales discographiques et crĂ©e l’évĂ©nement en cette fin d’annĂ©e 2019, en Ă©ditant un coffret remarquable Ă  tout point de vue : autant pour la qualitĂ© des versions choisies que la prĂ©sentation et le soin Ă©ditorial rĂ©alisĂ© pour cette Ă©dition saluĂ©e par un CLIC de CLASSIQUENEWS. Difficile de trouver sur le marchĂ© intĂ©grale mieux conçue : en partenariat avec la Beethoven Haus Bonn et la fondation officielle Beethoven 2020. En dĂ©coulent dans cette boĂźte magique 175 heures de musique en 118 cd, 2 dvd (Fidelio par Bernstein / Symphonies 4 et 7 par C Kleiber) et 3 blu-ray audios (Symphonies Karajan / Sonates pour piano par W Kempff / Quatuors par le Quatuor Amadeus). Ainsi Deutsche Grammophon prĂ©sente l’intĂ©grale la plus complĂšte et remarquablement Ă©ditĂ©e. La richesse du contenu musical a Ă©Ă© possible grĂące au travail en partenariat entre DG et 10 autres labels. LIRE notre prĂ©sentation complĂšte de l’intĂ©grale BEETHOVEN 2020 Ă©ditĂ© par Deustche Grammophon pour les 250 ans de Ludwig van Beethoven

 

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CD coffret Ă©vĂ©nement : BEETHOVEN. Wiener symphoniker / Philippe Jordan. Symphonies 1 – 9 (5 cd – 2017 – 6h)  -  Pour l’annĂ©e BEETHOVEN 2020, et souligner les 250 ans de la naissance du gĂ©nie romantique germanique, entre Allemagne et Autriche, Bonn et Vienne, l’Orch Symphonique de Vienne / Wiener Symphoniker fĂȘte l’évĂ©nement, et dĂšs nov 2019, comme en prĂ©ambule d’une annĂ©e mĂ©morable en cĂ©lĂ©brations et rĂ©alisations diverses, Ă©ditait ce superbe coffret de 5 cd soit les 9 symphonies, rĂ©capitulant le geste du maestro Philippe Jordan, directeur musical depuis 2014.

BEETHOVEN JORDAN philippe symphonie symphoniker wiener cd SOny classiquenews critique review classiquenewsLa phalange viennoise n’a rien Ă  envier Ă  sa sƓur ainĂ©e, l’Orchestre Philharmonique / Wiener Philharmoniker, Ă  l’histoire glorieuse et l’actualitĂ© mĂ©diatique demeurĂ©e intacte (entre autres grĂące chaque dĂ©but d’annĂ©e nouvelle au Concert du Nouvel An retransmis Ă  l’échelle planĂ©taire). Souplesse, Ă©lĂ©gance, entrain
 les instrumentistes du Symphonique de Vienne ont pour eux la familiaritĂ© avec les rĂ©pertoires classiques et romantiques, depuis des dĂ©cennies. Il suffit de citer quelques uns des chefs les plus importants, pour mesurer la tradition musicale cultivĂ©e depuis le dĂ©but du XXĂš (sa crĂ©ation remonte Ă  1900), et Ă©valuer ce goĂ»t des rĂ©pertoires pour inscrire la phalange parmi les meilleures d’Europe : Wilhelm FurtwĂ€ngler, Herbert von Karajan, Carlo Maria Giulini, surtout Georges PrĂȘtre, chef lyrique autant que symphonique qui aura marquĂ© l’évolution de la phalange


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BEETHOVEN andris nelsons 9 symphonies wiener philharmoniker 5 cd blu ray DG Deutsche GrammophonCD coffret, Ă©vĂ©nement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intĂ©grale des 9 symphonies : Wiener Philharm (2017 – 2019 – 5 cd + blueray-audio DG Deutsche Grammophon). Le chef Andris Nelsons se taille un part de lion au sein de l’écurie DG Deutsche Grammophon, sachant rĂ©ussir rĂ©cemment dans une intĂ©grale des symphonies de Bruckner et de Chostakovitch, saluĂ©es par classiquenews. Pour l’annĂ©e Beethoven 2020, voici en prĂ©ambule attendu, prometteur, l’intĂ©grale des 9 symphonies de Ludwig van Beethoven avec les Wiener Philharmoniker, histoire de constater lors des sessions d’enregistrements de 2017 Ă  2019, la tenue de l’orchestre le plus prestigieux au monde, et la pertinence d’une lecture observĂ©e. La finesse de la sonoritĂ© et le dĂ©tail comme l’énergie prĂ©servĂ©es par le chef devraient marquer cette nouvelle intĂ©grale par la phalange viennoise. VoilĂ  qui Ă©clairera la subtilitĂ© et la couleur mozartiennes dans la grande marmite bouillonnante du grand Ludwig. Une once de finesse couplĂ©e aux contrastes Ă©ruptifs, volcaniques d’un Beethoven Ă  jamais rĂ©volutionnaire. On attendait pas vĂ©ritablement le maestro letton chez Beethoven, alors que tant de baguettes antĂ©rieures et plus charismatiques existent dĂ©jĂ  ; mais dirigeant les Wiener Philharmoniker, l’affiche Ă©tait trop belle et les promesses, rĂ©elles… Avouons que notre avis est mi figue mi raisin…  LIRE notre critique dans le mg cd dvd livres de classiquenews. Parution annoncĂ©e : le 4 octobre 2019.

ode an die freiheit bernstein in berlin leonard bernstein 2 cd dg deutsche grammophon 1989 30 ans mur de berlin cd review critique cd classiquenews 4837441CD, critique. BEETHOVEN : Symph n°9 – Bernstein, Berlin 1989 (2 cd DG Deutsche Grammophon). REEDITION HISTORIQUE… Pour commĂ©morer les 30 ans de la chute du Mur de Berlin, DG rĂ©Ă©dite une trĂšs belle lecture de la 9Ăš de Beethoven, devenue hymne de l’Europe progressiste, dĂ©sormais indissociable des grandes heures et cĂ©lĂ©brations de l’histoire europĂ©enne. Evidemment contexte oblige, les interprĂštes venus cĂ©lĂ©brer la fin de l’Allemagne divisĂ©e, dĂ©sunie en chantant l’ode fraternelle conçue par Beethoven comme l’appel Ă  changer de monde, sont hautement inspirĂ©s par l’urgence et la joie collective de la Chute du mur. D’autant que la direction organique, instinctive, trĂšs investie du chef d’origine juive, Leonard Bernstein restitue toute la profondeur et l’humanitĂ© de la partition et du contexte dans lequel elle est ainsi rĂ©alisĂ©e en dĂ©cembre 1989.  LIRE la critique intĂ©grale du cd BEETHOVEN : Symph n°9 – Bernstein, Berlin 1989 (2 cd DG Deutsche Grammophon).

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Bibliographie BEETHOVEN 2020

Retrouvez ici notre sĂ©lection des meilleurs livres et publications parus dĂšs octobre 2019 et pendant l’annĂ©e 2020, qui mĂ©ritent d’ĂȘtre consultĂ©s absolument :

 

Beethoven par lui mĂȘme bĂ»cher chastel classiquenews 9782283033623-aafbbLIVRE Ă©vĂ©nement. BEETHOVEN PAR LUI-MÊME (Buchet Chastel). Sur l’échelle des extrĂȘmes, Ă  coup sĂ»r, Ludwig occuperait la place la plus haute. L’éditeur avait dĂ©jĂ  publiĂ© le cycle de la correspondance suscitĂ©e par le compositeur en raison de sa surditĂ© : ses fameux « cahiers de conversation », lesquels lui permettaient par l’écrit de communiquer avec son entourage (2015) : un procĂ©dĂ© astucieux qui a le mĂ©rite de consigner ainsi, jusqu’à l’anecdotique, le quotidien d’un combattant par l’art. Ici l’auteure, Ă  l’occasion du 250Ăš anniversaire de sa naissance en 2020, s’intĂ©resse Ă  un choix de lettres et dĂ©clarations (elles mĂȘmes tirĂ©es de ses carnets intimes et des cahiers de conversation), scrupuleusement reproduites … En lire +

 

 

SOUSTONS, du 14 – 24 juillet 2019. La Belle HĂ©lĂšne d’Offenbach par l’OpĂ©ra de Landes

Landes-opera-critique-opera-offenbach-belle-helene-olivier-tousis-philippe-forget-opera-critique-annonce-soustons-offenbach-2019SOUSTONS, du 14 – 24 juillet 2019. L’OpĂ©ra des Landes anniversaire Offenbach oblige prĂ©sente La Belle HĂ©lĂšne, relecture dĂ©capante de la mythologie grecque, Ă  la fois farce dĂ©lirante et comĂ©die fine et onirique. S’il aime les situations cocasses, Offenbach n’en est pas moins sensible et profond. La Belle HĂ©lĂšne avec OrphĂ©e aux enfers (1858) renouvelle l’opĂ©ra antique dont il fait une fusion trĂšs aboutie de la comĂ©die et de l’hĂ©roĂŻque, sur le mode bouffe.
Au moment oĂč NapolĂ©on III met fin aux privilĂšges des thĂ©Ăątres (1864), : n’importe qui peut dĂ©sormais ouvrir une salle et y jouer le genre qu’il souhaite, Offenbach compose une nouvelle satire parodie d’aprĂšs l’AntiquitĂ©, La Belle HĂ©lĂšne? Sur un livret de ses fidĂšles librettistes Meilhac et HalĂ©vy, et destinĂ© Ă  la scĂšne des VariĂ©tĂ©s, l’ouvrage bĂ©nĂ©ficie d’une distribution solide ; sa muse Hortense Schneider tient le rĂŽle-titre (mezzo), le tĂ©nor JosĂ© Dupuis (formĂ© Ă  l’école de son rival HervĂ©), celui de PĂąris, 
 la crĂ©ation du 17 dĂ©cembre 1864 est un triomphe. Les connaisseurs de la mythologie y retrouvent les fondamentaux d’une histoire qui croise amour et devoir. Le berger Paris arrive Ă  Sparte pour y courtiser la belle HĂ©lĂšne ; avec l’augure Calchas, Paris s’arrange pour Ă©loigner le mari d’HĂ©lĂšne, MĂ©nĂ©las (acte I). Dans un rĂȘve supposĂ© (superbe duo onirique HĂ©lĂšne / Paris), les deux amants se retrouvent ; HĂ©lĂšne sacrifiant ses derniers assauts d’épouse fidĂšle, pour les dĂ©lices d’une nouvelle sensualitĂ©. MĂ©nĂ©las les surprend : Paris doit partir (acte II).
Plus facĂ©tieux et libre que jamais, en Ă©pigone d’HermĂšs voleur, astucieux, Paris dĂ©joue les pronostics, se dĂ©guise en « Grand Augure de CythĂšre » et enlĂšve sa belle proie, Ă  la barbe des rois offusquĂ©s.
L’amour triomphe toujours : Amor vincit omnia (Amour vainc tout, selon l’adage des sensuels). Tout le luxe et l’imaginaire flamboyant du Second Empire se dĂ©ploie dans la verve et l’esprit parodique de Jacques Offenbach.

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La BELLE HELENE, 1864
Opéra bouffe de Jacques Offenbach
Durée 3 h

SOUSTONS, Espace Culturel Roger Hanin
Les 15, 16, 23, 24 juillet Ă  20h30
Le 21 juillet Ă  18h

Tarifs de 16 à 46€

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.opera-des-landes.com/labellehelenesoustons2019

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HélÚne: Frédérique Varda
PĂąris: Matthieu Justine
Calchas: Matthieu Toulouse
Ménélas: Jean Goyetche
Oreste: Maela Vergnes
Agamemnon: Marc Souchet
Parthenis: Clémence Lévy
Lehena: AnaĂŻs de Faria
Achille: Thomas Marfoglia
Ajax 1: Fabio Sitzia
Ajax 2: Fabrice Foison

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ChƓur de l‘OpĂ©ra des Landes, direction: FrĂ©dĂ©ric Herviant
Pianiste du choeur: Maurine Grais
Orchestre de l’OpĂ©ra des Landes
Philippe Forget, direction

Mise en scĂšne: Olivier Tousis
Chorégraphies: Clémence Lévy
DĂ©cor: Kristof t’Siolle

Costumes: Olivier Tousis et Kristof t’Siolle
LumiÚres: Frédéric Warmulla

LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Laure Dautriche : Ces musiciens qui ont fait l’Histoire (Editions Tallandier)

DAUTRICHE LAURE Tallandier livre evenement critique livre musique opera concert par classiquenews ete 2019  CLIC de classiquenews ces-musiciens-qui-ont-fait-lhistoire-plat-1LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Laure Dautriche : Ces musiciens qui ont fait l’Histoire (Editions Tallandier). GALERIE DE PORTRAITS
. Des hommes engagĂ©s. En couverture, le geste fracassant, autoritaire d’un Beethoven affirmatif… Il est des textes simples, argumentĂ©s, d’un ton personnel mais synthĂ©tique et lumineux qui marquent. Comme il est rappelĂ© en prĂ©ambule ici une citation de Platon : « Si on veut connaĂźtre un peuple, il faut Ă©couter sa musique ». De fait, l’auteure prĂ©sente 13 portraits courts de compositeurs parmi les plus significatifs de l’histoire musicale, en particulier, les plus engagĂ©s, audacieux, et aussi rĂ©formateurs. De sorte qu’aprĂšs eux, l’art humain et la civilisation n’ont plus Ă©tĂ© les mĂȘmes.
A l’époque du tout diluĂ©, oĂč tout se vaut et rien ne vaut rien, voici a contrario, l’Ɠuvre d’hommes courageux qui ont tout exprimĂ© et rĂ©alisĂ© par la musique
 par vocation, par idĂ©alisme, par conviction. Conviction, le mot est lĂąchĂ© : il n’existe plus aucun artiste aujourd’hui qui ose exprimer et faire. Le divertissement a dĂ©truit l’art, et aprĂšs avoir lu le parcours et l’Ɠuvre de tant de crĂ©ateurs gĂ©niaux, on se dit que nous vivons Ă  l’heure actuelle le dĂ©clin de la civilisation. Oui Ă©coute la musique actuelle
 et tu comprendras dans quelle vacuitĂ© gĂ©nĂ©rale rĂ©sonne la dĂ©cadence de la sociĂ©tĂ© humaine contemporaine.
Pour renouer avec des Ă©poques artistiquement et culturellement plus passionnantes, voici plusieurs piliers du gĂ©nie musical dont le parcours d’abord humain reste bouleversant car il s’est ouvertement confrontĂ© au pouvoir, en friction, opposition, complaisance trouble
 : Bach, auteur prolifique, inspirĂ© par la seule gloire de Dieu Ă  Leipzig ; Mozart, devenu franc-maçon Ă  Vienne et molestĂ©, humiliĂ© Ă  cause de ses valeurs et convictions humanistes
 donc suspectes ; Beethoven, le rĂ©formateur irrĂ©sistible dont la passion française pour Bonaparte se voit rapidement « trahie » par le Premier consul devenu l’Empereur tyran ; On y suit aussi Gossec, « serviteur » musicien de l’incontournable Robespierre Ă  l’époque de la Terreur ; Richard Strauss empĂȘtrĂ© dans ses fonctions pour les nazis
 ; Chostakovitch, rĂ©sistant Ă  la barbarie institutionnalisĂ©e de Staline, ou Theodorakis « affrontant le rĂ©gime des colonels »  En somme, voici plusieurs figures fortes qui avaient des convictions. Art et politique sont indissolublement mĂȘlĂ©s et le texte montre qu’il n’est pas nĂ©cessaire d’adhĂ©rer Ă  un parti identifiable pour s’engager : la musique est un combat de tout les instants pour que l’esprit vive et triomphe
 voyez Debussy qui part en guerre contre l’art allemand, ou Verdi, artisan majeur pour l’unitĂ© italienne
 Mais personne n’arrive aux chevilles du hĂ©ros Berlioz, vainqueur de la rĂ©volution musicale romantique Ă  l’époque des Trois glorieuses. Chaque chapitre pose clairement les jalons d’itinĂ©raires admirables oĂč percent toujours une personnalitĂ© singuliĂšre. Tout ce qui fait la valeur morale et la force humaine de compositeurs qu’il est juste aujourd’hui de cĂ©lĂ©brer. Excellente lecture pour l’étĂ© 2019. CLIC de CLASSIQUENEWS de juin et juillet 2019.

 

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Laure Dautriche : Ces musiciens qui ont fait l’Histoire (Editions Tallandier). Parution : mai 2019. 256 pages / EAN papier : 9791021030084. https://www.tallandier.com/livre/ces-musiciens-qui-ont-fait-lhistoire/

Carmen, Violetta, Mimi… 3 visages de l’Ă©ternel fĂ©minin au XIXĂš

puccini-giacomo-portrait-operas-classiquenews-dossier-special-HOMEPAGE-classiquenewsARTE, Dim 7 juillet 2019. CARMEN, VIOLETTA, MIMI, ROMANTIQUES ET FATALES
« Mimi, Carmen, Violetta » compose un triptyque lyrique pour un film choral consacrĂ© aux hĂ©roĂŻnes des trois opĂ©ras romantiques les plus jouĂ©s dans le monde aujourd’hui : Carmen, La Traviata et La BohĂȘme. Mais alors Mozart n’existe pas dans cette (pseudo) statistique ? Et Don Giovanni, et La FlĂ»te enchantĂ©e ? Et Elvira, Anna, Zerlina, Pamina ? Quelle omission.
Selon la prĂ©sentation de l’éditeur, voici donc « Trois grandes figures d’émancipation fĂ©minine : Carmen, cet obscur objet de dĂ©sir, qui paie de sa vie son indomptable liberté  Violetta, la courtisane adulĂ©e qui, en sacrifiant son amour, devient une sorte de sainte laĂŻque
 Et enfin la douce et pauvre Mimi, la petite brodeuse dont la jeunesse est fauchĂ©e par la tuberculose ». Mais alors que dire de Mimi, digne et misĂ©rable, fauchĂ©e avant d’avoir pu cultiver et affirmer son maour (pour Rodolfo le poĂšte). On peut rĂȘver mieux comme modĂšle d’émancipation fĂ©minine. Mimi est quand mĂȘme une victime de la BohĂšme parisienne, entre pauvretĂ©, misĂšre, indigence

Qui sont-elles ? Et d’oĂč viennent-elles ? A travers un montage d’archives baignĂ© de musique et « aussi savant que sensible », le film part en quĂȘte des personnages, qui apparaissent Ă  Paris, quasiment en mĂȘme temps, au milieu du 19Ăšme siĂšcle, sous la plume de 3 Ă©crivains (Alexandre Dumas Fils, Prosper MĂ©rimĂ©e, Henry Murger). Des Ă©crivains qui font Ă©voluer la littĂ©rature en puisant dans leur propre vie la matiĂšre de leurs histoires.
A l’origine des mythes, on dĂ©couvre avant tout 3 femmes de chair et de sang : muse, amante ou hĂ©roĂŻne de fait divers, 
 comme la matiĂšre de Madame Bovary : elles viennent de la rĂ©alitĂ©, en rien de l’histoire antique ou de la fable hĂ©roĂŻque.
Tout le mĂ©rite revient aux compositeurs d’avoir su enrichir leur psychologie jusqu’à parvenir Ă  des personnages devenus des archĂ©types, des symboles, autant de visages de l’éternel fĂ©minin


En suivant leur parcours, c’est aussi tout le 19Ăšme siĂšcle, romantique, rĂ©aliste, naturaliste, qui est suggĂ©rĂ© : ses modes, sa littĂ©rature, sa musique, l’essor bourgeois nĂ© de la rĂ©volution industrielle
 La musique baigne entiĂšrement le film qui permet de faire entendre les pages les plus cĂ©lĂšbres des 3 opĂ©ras de Giuseppe Verdi, Georges Bizet, Giacomo Puccini.

arte_logo_2013ARTE, Dim 7 juillet 2019, 18h15 CARMEN, VIOLETTA, MIMI, ROMANTIQUES ET FATALES. Auteurs : Cyril Leuthy et Rachel Kahn / RĂ©alisation : Cyril Leuthy – Coproduction : ARTE France/ ET LA SUITE PRODUCTIONS / INA avec la participation de France TĂ©lĂ©visions (2018-52mn) / illustration

LILLE, ONL : 4Ăš et 5Ăš symphonies de Mahler

MAHLER-symphonie-3-Alexandre-BLOCH-lille-critique-concert-critique-opera-classiquenews-le-chef-face-aux-violoncellesLILLE, ONL. MAHLER : 4Ăš, 5Ăš Symphonies, 8, 28 juin 2019. Poursuite de l’odyssĂ©e MahlĂ©rienne par l’ONL Orchestre National de Lille et son chef et directeur musical, Alexandre Bloch. Le auditeurs dans la vaste salle de l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle peuvent Ă  nouveau mesurer l’écriture rĂ©volutionnaire de Gustav Mahler dans le domaine orchestral : un travail spĂ©cifique sur les couleurs, l’architecture et la spatialisation, sans omettre le sens et la direction de l’édifice construit, aussi essentiel que l’Ɠuvre de son confrĂšre (admirateur) Richard Strauss, ou que celles en France, des visionnaires au dĂ©but du XXĂš, Ravel et Debussy. Mahler propose une arche symphonique rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e, singuliĂšre et dĂ©cisive. Un dĂ©fi pour les musiciens de l’ONL Orchestre national de Lille.
Les 8 (4Ăšme Symphonie) puis 28 juin (5Ăš), se concrĂ©tise Ă  nouveau l’imaginaire mahlĂ©rien Ă  l’aune d’une existence toute entiĂšre marquĂ©e par la composition, l’activitĂ© comme directeur et chef de l’OpĂ©ra de Vienne, et l’amour, incarnĂ© enfin par la belle Alma Schindzler


 

 

 

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LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle

 

 

 

SAMEDI 8 JUIN 2019, 18h30
GUSTAV MAHLER : Symphonie n°4

SOPRANO: ELIZABETH WATTS
couplée avec RACHMANINOV :
Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini
(Alexander Gavrylyuk, piano)
 

RESERVEZ VOTRE PLACE :
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/symphonie-n-4/

 

VENDREDI 28 JUIN 2019 2019, 20h
GUSTAV MAHLER : Symphonie n°5
Programme présenté aussi le 24 juin (Dunkerque, le Bateau feu),
le 25 juin Basilique Saint-Denis, 20h,
le 27 juin, CompiĂšgne (Festival des ForĂȘts)
RESERVEZ VOTRE PLACE :
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/symphonie-n-5/

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Alexandre Bloch, direction
Jonas Ehrler, chef assistant

 

 

 

Le 28 juin, à 18h45 : Rencontre mahlérienne insolite avec Marina Mahler,
petite-fille de Gustav Mahler, fondatrice de la Malher Foundation  ;
puis à l’issue du concert, bord de scùne avec Alexandre Bloch
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/symphonie-n-5/
(pour les spectateurs muni d’un billet du concert)

 
 
 

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Alexandre Bloch, directeur musical de l’ONL – Orchestre National de Lille (© Ugo Ponte)

 
 

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4Ăšme et 5Ăšme Symphonies de Gustav MAHLER :
Clés de compréhension

 

 

 

4Úme SYMPHONIE : la vie céleste
Suite de l'odyssĂ©e MAHLER par l'Orchestre National de LilleC’est Ă  Maiernigg, dans sa cabane retraite (le HĂ€uschen) que le compositeur contemple la sainte et miraculeuse Nature, son essence inspirante, dyonisiaque ; il peut y rĂ©aliser de longues marches dans les Dolomites, excursion Ă  valeur thĂ©rapeutiques et profondĂ©ment bienfaitrices. Mahler achĂšve la 4Ăš symphonie Ă  l’étĂ© 1900 (et l’orchestration Ă  l’hiver 1900). Il n’a pas encore rencontrĂ© Ă  Vienne, la belle Alma, qui sera la dĂ©dicataire secrĂšte de la 5Ăš Symphonie, ample poĂšme de l’amour et de ses noces inespĂ©rĂ©es avec celle que tous les artistes adorent voire plus, Zemlinsky, Klimt


La 4Ăš prolonge l’extase de la 3Ăš dont elle reprend certains motifs (alors entonnĂ©s par le choeur d’enfants et la soliste alto). Dans le climat pastoral et trĂšs apaisĂ© de la 4Ăš, Mahler Ă©carte le chƓur, et prĂ©fĂšre la soprano qui entonne le lied final, conclusion vocale de sa nouvelle symphonique.
A Vienne, la crĂ©ation de cette 4Ăš (12 janvier 1902) est un fiasco, sujet de mordantes critiques des pseudo-spĂ©cialistes : vulgaritĂ©, bavardage, confusion
 sont les reproches adressĂ©s Ă  Mahler. L’accueil du public amĂ©ricain sera tout diffĂ©rent et suscite la dĂ©fense des Ɠuvres mahlĂ©riennes trĂšs tĂŽt aux USA. Le compositeur y renouvelle encore les limites et la forme symphonique, rĂ©alisant une osmose rare entre lied et orchestre dans la quatriĂšme et dernier section pour soprano et orchestre (« la vie cĂ©leste », extrait du cor enchantĂ© de l’enfant : rĂ©vĂ©lation de la vie au Paradis, loin de l’existence terrestre) : un temps suspendu, d’extase et d’accomplissement Ă  relier avec sa rencontre inespĂ©rĂ©e avec celle qui devient sa femme Alma (leur mariage a lieu le 9 mars 1902, et leur lune de miel
 en Russie).

 

 

 

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5ùme SYMPHONIE
 tout l’amour d’Alma
MAHLER-gustav-et-alma-symphonie-classiquenews-Gustav-MahlerL’époux comblĂ© exprime son bien-ĂȘtre nouveau dans la 5Ăš : nouveau poĂšme purement instrumental cette fois (comme les 6Ăš, puis 7Ăš : les plus autobiographiques de son catalogue). Alors que Gustav Mahler est une figure reconnue comme chef et le brillant mais impĂ©tueux dircteur de l’OpĂ©ra de Vienne – ce qui n’est pas sans causĂ© de profondes tensions avec l’administration de la Hofoper, les artistes les plus audacieux menĂ© par Klimt, inaugure alors en avril 1902, la 14Ăš expos de la SĂ©cession : un hommage Ă  Beethoven et sa 9Ăš, avec statue de Klinger, fresque de Klimt qui reprĂ©sente ouvertement Mahler en chevalier Ă©perdu, Ă©pris, anguleux
 Mahler rencontre l’un des peintres engagĂ©s Alfred Roller qui deviendra Ă  partir de 1903, le dĂ©corateur et metteur en scĂšne attitrĂ© de Mahler pour ses grandes productions Ă  l’OpĂ©ra de Vienne
 Comme compositeur, il est comblĂ© car sa 3Ăš Symphonie est enfin crĂ©Ă©e triomphalement Ă  Krefeld le 9 juin 1902 : un immense Ă©vĂ©nement auquel a participĂ© entre autres Richard Strauss, lequel est clairvoyant sur le gĂ©nie de son compatriote, et aussi Alma, qui bouleversĂ©e, a le sentiment dĂ©finitif d’ĂȘtre aux cĂŽtĂ©s d’un ĂȘtre exceptionnel

La 5Ú est justement la partition du couple, de ses promesses, ses désirs, son bonheur prononcé. Eté 1902 : Mahler dans son cabanon du HÀuschen, achÚve le nouveau cycle orchestral. La partition est terminée fin août 1902, dans le climat apaisé et contemplatif des longues marches dans la nature.

PLAN.. en 5 sĂ©quences. La 5Ăš raconte d’abord l’agonie et le malheur, le traumatisme de la mort, celui qu’il a vĂ©cu en fĂ©vrier 1901, quand faillit mourir d’une hĂ©morragie intestinale (sauvĂ© in extremis par les mĂ©decins). Les deux premiers mouvements sont marquĂ©s par ce sentiment du malheur total : le premier en forme de marche funĂšbre (comme l’ouverture de la 2Ăš) ; le second « orageux, animĂ©, trĂšs vĂ©hĂ©ment »). Mahler y prolonge l’expĂ©rience des opus prĂ©cĂ©dents, inventant une langue essentielle, purement musicale, oĂč sans rĂ©fĂ©rence (sauf le leid final), le programme et le dĂ©veloppement tendent Ă  l’abstraction, Ă  partir de sa propre imagination.
De cette inspiration jaillissante, puissante, originale, s’affirme la libertĂ© inĂ©dite du Sherzo (le plus dĂ©veloppĂ© de Mahler) : sans connotation parodique ou caricaturale, l’auteur y dĂ©ploie un pur sentiment de joie lumineuse (l’amour d’Alma), et il faut toute la bĂ©atitude Ă©perdue, renoncement, adieu apaisĂ©, immense caresse sensorielle de l’Adagietto pour Ă©quilibrer la tension globale de la symphonie. La derniĂšre et cinquiĂšme sĂ©quence (Rondo-finale. Allegro) clĂąme la victoire en un choral grandiose (annoncĂ© par la clarinette dans l’introduction) oĂč percent des cuivres brucknĂ©riens
 tant critiquĂ©s par Alma d’ailleurs.

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AndrĂ© ChĂ©nier Ă  l’OpĂ©ra de Tours

GIORDANO Umberto_Giordano_by_Gaetano_Esposito_(color)TOURS, OpĂ©ra. GIORDANO : AndrĂ©a ChĂ©nier. Les 24, 26, 28 mai 2019. L’Ă©tonnante et audacieuse saison lyrique 2018 – 2019 de l’OpĂ©ra de Tours s’achĂšve en mai 2019 avec la derniĂšre (et quatriĂšme) nouvelle production maison : Andrea ChĂ©nier d’Umberto Giordano (1896), en coproduction avec l’OpĂ©ra de Nice : 3 dates de mai, les 24, 26 et 28 mai 2019. Benjamin Pionnier dirige l’Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours ; avec Gustavo Porta dans le rĂŽle-titre, BĂ©atrice Uria-Monzon (Madeleine de Coigny), AndrĂ© Heyboer (Charles GĂ©rard)
  Mise en scĂšne : Pier Francesco Maestrini.
On ne saurait insister sur l’activitĂ© de la scĂšne lyrique Tourangelle, qu’il s’agisse de dĂ©frichement (comme le rĂ©cent spectacle des 7 pĂ©chĂ©s capitaux de Kurt Weill l’a montrĂ© fin avril, dĂ©voilant le geste acide et poĂ©tique du compositeur berlinios de passage Ă  paris dans les annĂ©es 1930
), ou de productions courageuses qui nĂ©cessitent des moyens vocaux, orchestraux et visuels de premier plan. Le cas de ce ChĂ©nier le montrera encore, car s’agissant de l’ouvrage fĂ©tiche de Umberto Giordano, les dĂ©fis sont multiples et plutĂŽt Ă©levĂ©s.

chenier-poete-classiquenews-chenier-andre-umberto-giordanoD’inspiration historique, l’ouvrage revisite l’histoire française et Ă©voque le parcours Ă  la fois hĂ©roĂŻque et fatal du poĂšte AndrĂ© ChĂ©nier (1762-1794). L’opĂ©ra nĂ©cessite toutes les ressources d’une maison d’opĂ©ra (le choeur y est trĂšs prĂ©sent). Car derriĂšre le huit clos sentimental qui rapproche le poĂšte ChĂ©nier, – poĂšte martyr, victime des dĂ©rives terrifiantes de la RĂ©volution française-, Madeleine et GĂ©rard, le compositeur vĂ©riste Giordano sait surtout Ă©voquer le souffle et la terreur de la pĂ©riode rĂ©volutionnaire
 Sens de la couleur orchestrale, dramatisme vocal, efficacitĂ© scĂ©nique
 les talents de Giordano sont nombreux ; c’est assurĂ©ment le plus douĂ©s des crĂ©ateurs de la Jeune Ecole, particuliĂšrement marquĂ© par le modĂšle lĂ©guĂ© par Puccini. Giordano sait construire un opĂ©ra historique, Ă©voquer la terreur parisienne et l’échec des rĂ©volutionnaires, auxquels il oppose la sincĂ©ritĂ© des valeurs de fraternitĂ©, de paix, de libertĂ©. Giordano offre aux tĂ©nors, un rĂŽle trĂšs complet, nĂ©cessitant profondeur, expressivitĂ©, drame et subtilitĂ©. Une performance que les plus grands chanteurs ont relevĂ©, de Pavarotti, Domingo, Carreras Ă  Cura et plus rĂ©cemment, Jonas Kaufmann… L’action plonge au cƓur de la RĂ©volution française dont la face brutale et sanguinaire est exposĂ©e sans masque : Giordano aurait-il fait un opĂ©ra politique, dĂ©nonçant les dĂ©rives de ceux qui se frappent de bonnes intentions ; prĂȘts Ă  imposer un nouvel ordre de libertĂ©, pour mieux assoir leur pouvoir despotique. N’y a t il pas duperie dans tout acte politique ? L’amour, la libertĂ© et la fraternitĂ© ne sont-elles pas les clĂ©s d’une sociĂ©tĂ© libre justement ?

 

A l’acte I en 1789, acte de prĂ©sentation des caractĂšres, le poĂšte AndrĂ©a ChĂ©nier est l’invitĂ© de la Comtesse de Coigny ; il improvise sur l’intransigeance du clergĂ© et de la noblesse. Mais l’admirent la fille de la Comptesse, Madeleine, et aussi GĂ©rard, serviteur, qui est Ă©pris de cette derniĂšre.

Acte II : cinq ans ont passĂ© (1795) et Giordano Ă©voque ce Paris rĂ©volutionnaire des Incroyables et Merveilleuses, crĂ©atures hallucinantes mais figures bien historiques dont la mine et l’étoffe Ă©tudiĂ©s contrastent avec la terreur et la barbarie ordinaire : la RĂ©volution a enfantĂ© une pĂ©riode de doutes et de chaos
 ChĂ©nier, bien que suspectĂ© (alors qu’il dĂ©fend les idĂ©es d’égalitĂ© et de fraternitĂ©), retrouve la belle Madeleine (superbe duo d’amour : « Ora suave »). jaloux, GĂ©rard provoque ChĂ©nier et le blesse, puis devant la foule haineuse, l’innocente.

Acte III. GĂ©rard devenu juge au tribunal rĂ©volutionnaire signe contre son grĂ© l’accusation de ChĂ©nier : Madeleine qu’il aime, s’offre Ă  lui s’il sauve le poĂšte qu’elle adore (sublime priĂšre crĂ©pusculaire « La Mamma morta »). Mais ChĂ©nier est condamnĂ© et GĂ©rard jure de le sauver.

Acte IV. En prison, Chénier attend la mort (« Come un bel di di Maggio »). Gérard a aidé Madeleine pour approcher son aimé : les deux amoureux peuvent mourir, fortifiés par la splendeur du lien qui les unit (dernier duo « Vicino a te »).

La fresque est terrible et violente ; l’amour de ChĂ©nier et de Madeleine, tragique et irrĂ©versible. Contre la barbarie humaine, – fruit de la RĂ©volution française, Giordano dĂ©fend les valeurs de fraternitĂ© (GĂ©rard / ChĂ©nier), d’amour (ChĂ©nier et Madeleine) ; la vanitĂ© et l’échec de tout systĂšme politique s’il ne sert pas l’amour et le bonheur des ĂȘtres.

 

Nouvelle production Ă©vĂ©nement avec Les FĂ©es du Rhin de Jacques Offenbach (crĂ©ation française) en ouverture de saison 2018 – 2019.

 

 

TOURS, Opéra. Giordano : Umberto Chénier, 1896
Les 24, 26 et 28 mai 2019

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/andrea-chenier

 

 

LILLE. ONL : MOZART / R. STRAUSS : Olafsson / Casadesus

olaffson-vikingur-jean-claude-casadesus-mozart-concerto-strauss-suite-valses-concert-critique-annonce-classiquenewsLILLE, ONL. STRAUSS, MOZART, JC CASADESUS, les 25 et 27 mai 2019. VĂ­kingur Ólafsson / Jean-CLaude Casadesus 
 Le concert exploitant la prĂ©sence du pianiste islandais et de l’Orchestre National de Lille rĂ©alise un superbe programme rĂ©unissant deux Ɠuvres concertantes de Mozart et de Richard Strauss dont Burlesque est une partition aussi peu jouĂ©e que dĂ©lirante et fantasque, pur produit de l’imagination dĂ©bordante du conteur Strauss
 Improvisateur et arrangeur remarquĂ©, le pianiste VĂ­kingur Ólafsson a rĂ©cemment convaincu grĂące Ă  deux disques, dĂ©diĂ©s Ă  Philip GLASS, puis aux variations Goldberg de BACH (deux cd Ă©ditĂ©s par Deutsche Grammophon et critiquĂ©s, distinguĂ©s par CLASSIQUENEWS) ; avec la complicitĂ© du chef fondateur de l’ONL / Orchestre National de Lille, il met en regard deux Ɠuvres aux atmosphĂšres radicalement 
 opposĂ©es.

 
 
 

De l’inquiĂ©tude mozartienne
à la volupté straussienne


 
 
 

La premiĂšre prĂ©sente un visage mieux connu de Mozart, – profond, spirituel voire inquiet (mais toujours tendre et lumineux) ; le Concerto pour piano n°24 (K491) est l’une de ses musiques les plus sombres
 l’ut mineur des vents de son larghetto central, d’une fausse simplicitĂ© (qui touche au cƓur), atteint un sommet de plĂ©nitude Ă©motionnelle : Mozart se dĂ©voile sans fard, hantĂ© par la question de son existence et de la finalitĂ© d’une vie terrestre. En 1786, alors qu’il achĂšve Les Noces de Figaro, rĂ©orchestre Idomeneo, les Concertos 23 et 24 saisissent par leur profondeur et leur vĂ©ritĂ©. Le compositeur y “exprime les Ă©preuves et les combats que doit affronter l’homme pour maĂźtriser cette vie et lui donner un sens”. A bon entendeur


strauss richardLa deuxiĂšme dĂ©voile un Richard Strauss facĂ©tieux dans Burlesque (1886), Ɠuvre de jeunesse d’inspiration plus lisztĂ©enne que brahmsienne, 
 et dĂ©licieux feu d’artifice d’idĂ©es lĂ©gĂšres et brillantes, prĂ©lude aux capiteuses valses du Chevalier Ă  la rose. D’aprĂšs son opĂ©ra nĂ©obaroque et nĂ©oviennois, dans l’esprit de Mozart mais se dĂ©roulant Ă  Vienne Ă  l’époque impĂ©riale, Strauss dĂ©duit en 1934, une Suite opus 59 Ă  partir des principaux thĂšmes, de valses, qui proviennent du dernier acte. Puis 10 ans aprĂšs, le compositeur ajoute de nouveaux motifs empruntĂ©s aux actes prĂ©cĂ©dents, I et II. La suite la plus jouĂ©e, regorgent d’effluves sensuelles quasi Ă©rotiques qui recyclent ainsi les thĂšmes dĂ©rivĂ©s de l’ouverture de l’opĂ©ra, de la scĂšne du petit dĂ©jeuner (rĂ©veil de la MarĂ©chale et de son amant Quinquin) ; la fin du second acte, souvent associĂ© Ă  la figure du baron Ochs (que beaucoup Ă  torts, caricaturent pour en faire un lourdeau Ă©pais et grossier
 ce qu’il n’est pas selon le livret du poĂšte Hofmannsthal).
Enfin en 1946, une nouvelle suite fut Ă©crite recyclant partie des 3 actes, dite « grande suite », dont le finale voluptueux enivrĂ© du dernier acte (trio Sofie, La MarĂ©chale, Quinquin / Octavian)
 Pour rĂ©ussir telle partition qu’un rien peut faire basculer dans l’outrance racoleuse, il faut plutĂŽt cultiver la transparence et l’élĂ©gance, dans la finesse et la prĂ©cision.

 
 
 
 
 
 

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MOZART
CosĂŹ fan tutte, ouverture
Concerto pour piano n°24

R. STRAUSS
Burlesque pour piano et orchestre
Le Chevalier Ă  la rose, suite

DIRECTION : JEAN-CLAUDE CASADESUS
PIANO : VÍKINGUR ÓLAFSSON

 

Programme : INVITATION À LA VALSE

SAMEDI 25 MAI 2019 ‱ 18h30boutonreservation
LUNDI 27 MAI ‱ 20h
Lille – Auditorium du Nouveau Siùcle

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/invitation-a-la-valse/

 
 
 

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INVITATION TO THE WALTZ

A tireless explorer of new repertoire, Víkingur Ólafsson offers side by side two works radically contrasting in atmosphere. The first offers a little-expected face of Mozart, the Concerto No. 24 is one of Austrian composer’s most sombre compositions. The second unveils a facetious Richard Strauss in Burlesque, a series of preludes to the heady waltzes of Der Rosenkavalier.

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Programme repris en région, les 23 puis 24 à ArmentiÚres et Lens
Pas de billetterie O.N.L / billetterie extérieure

ArmentiĂšres, Le Vivat
jeudi 23 mai 20h
Infos et réservations au 03 20 77 18 77

Lens, Le Colisée
vendredi 24 mai 20h
Infos et réservations au 03 21 28 37 41

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Approfondir
Les CD du pianistes islandais Víkingur Ólafsson

 
 
 

CD PHILIP GLASS : https://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-philip-glass-pianos-works-oeuvres-pour-piano-vikingur-olafson-piano-1-cd-deutsche-grammophon/

CD JS BACH : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-js-bach-vikingur-olafsson-piano-1-cd-dg-deutsche-grammophon-2018/

 
 
 
 
 
 

CD, critique. GĂ©raldine Casey, soprano : ESPAÑA ! (1cd KLARTHE)

espana-geraldine-grisey-cd-klarthe-records-critique-cd-review-cd-classiquenews-annonce-critique-cdCD, critique. GĂ©raldine Casey, soprano : ESPAÑA ! (1cd KLARTHE). Nous avions remarquĂ© son cd Mozart : oĂč son sens expressif et sa plasticitĂ© comme coloratoure savaient relire avec vivacitĂ© et investissement les airs redoutables Ă©crits par Mozart
 Klarthe Ă©dite un tout autre programme oĂč la cantatrice française troque l’agilitĂ© et le legato mozartiens pour l’esprit de la couleur ibĂ©rique, le sens du rythme, l’intelligence et les intentions du verbe incarné  sans omettre, un Ă©panchement nuancĂ© dans la douleur, la pudeur blessĂ©e, ce tragique contenu et toujours digne, qui fait l’orgueil des hĂ©roĂŻnes hispaniques
 et aussi la profondeur souvent mal comprise de la majoritĂ© des piĂšces concernĂ©es.
Le choix de l’interprĂšte se porte sur les mĂ©lodistes espagnols des XIXĂš et XXĂš, dont le travail ressuscite dans l’écriture « savante », la force et la sincĂ©ritĂ© des idiomes traditionnels et populaires. Comme le prĂ©cise GĂ©raldine Casey dans le texte de la notice, tous les compositeurs ainsi rĂ©unis sont pianistes (d’oĂč le raffinement de l’accompagnement au clavier) ; ils sont tous marquĂ©s par l’impressionnisme des parisiens Debussy et Ravel, enrichissant encore la palette ibĂ©rique de nuances harmoniques Ă  la française. Le jaillissement des sentiments se double ainsi d’une Ă©vocation trĂšs fine des situations et des climats qui portent les Ă©motions du chant.

 

 

 

GĂ©raldine Casey : coloratoure convaincant

COULEURS ET NUANCES DES MELODIES IBERIQUES

 

 

 

La soprano sait renouveler son approche stylistique en accordant un soin particulier dans la rĂ©solution de tout ce qui fait le caractĂšre primitif, suave, populaire de ce folklore authentique ainsi collectionnĂ© et sublimĂ© par chacun (effets spĂ©cifiques tels que triolets, portamenti, forte subito, cante jondo, 
 autant de rĂ©miniscences du flamenco). La coloratoure de GĂ©raldine Casey s’inscrit avec justesse et lĂ©gitimitĂ© dans le sillon de la cantatrice catalane, elle-mĂȘme coloratoure : Maria Barrientos qui a crĂ©Ă© nombre de mĂ©lodies de De Falla, Granados, Mompou. Truculence, malice, double voire triple lecture de textes Ă©quivoques
 la diva française apporte un rĂ©el piquant Ă  des chansons qui exigent une richesse d’intentions et d’intonations poĂ©tiques et expressives
. dignes de l’opĂ©ra.

Les mĂ©lodies contrastĂ©es, pleines de caractĂšres et de vivacitĂ© (De Donde venis?) d’un Rodrigo cabotin (exigeant des aigus trĂšs hauts perchĂ©s), ou avant, la bonhommie trĂšs textuelle du sublime « Iban al pinar” (plage 10)
 du barcelonais Granados (
 de Barcelone, comme Mompou et Obradors). Justement de Mompou, soulignons la profondeur (chant d’une grande pleureuse – entre berceuse et priĂšre ?) de  « Aurena do si  » dont la couleur est Ă  la fois tragique et langoureuse – proche de Elle dans La voix Humaine de Poulenc. Une vĂ©ritable scĂšne d’opĂ©ra mais en miniature.

Avec Falla prĂ©cisĂ©ment, nous tenons la clĂ© de cette musique abusivement cataloguĂ©e lĂ©gĂšre, secondaire car d’inspiration populaire. Falla permet et rĂ©alise l’anoblissement du folklorique justement grĂące Ă  l’intelligence et la sensibilitĂ© de son Ă©criture vocale et pianistique ; pas d’illustratif ni de dĂ©coratif : mais l’expression juste du sentiment et de l’intime. C’est ce qui saisit immĂ©diatement Ă  l’écoute de ses mĂ©lodies de jeunesse / canciones de Juventud (Preludios et Dios mio, Que solos se quedan los muertos!).
MĂȘme richesse et ambivalence des registres chez Mompou encore. Ainsi, peu connus, les deux volets de « Combat del Somni » : d’un calme triste et tendre ; le premier presque le plus long du recueil (3mn25) et qui suppose une intensitĂ© doloriste sans appui forcĂ©, proche du texte. MĂȘme subtilitĂ© de ton pour le second plus court (moins de 2mn : Jo et pressenta con la mar
), Ă  l’allant plus liquide, lĂ©ger qui convient idĂ©alement au timbre du soprano lĂ©ger.
Le programme se libĂšre dans un lyrisme tout aussi Ă©motionnel : « Les folles d’amour / Las locas por amor » de Turina allient ivresse, panache et couleurs, avec un dernier aigu, charnu, clair et brillant. Une Ă©criture vive et presque dĂ©lirante Ă  laquelle rĂ©pond l’agilitĂ© trĂšs Ă©vocatrice du piano (impeccable de Philippe Barbey-Lallia).

Plus rĂȘveur, mais hypersensible,  l’élĂ©gie Ă©ternelle (« ElegĂ­a eterna ») de Granados gagne en intensitĂ© grĂące Ă  l’aigu hypercristallin et vibrĂ© de la diva, comme hallucinĂ©e par sa propre voix et ses aigus perçants. Conclusion pleine d’audace et de volontĂ© diamantine, de tendresse Ă©perdue, d’émotivitĂ© poĂ©tique pour un programme qui est un voyage, Ă©crit comme un carnet de bord personnel, d’une diversitĂ© enivrante.

 

 

 

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CD, critique. GĂ©raldine Casey, soprano : ESPAÑA ! Obradors, Nin, Rodrigo, De Falla, Turina, Mompou, Granados. Philippe Barbey-Lallia, piano (1cd KLARTHE enregistrement rĂ©alisĂ© en avril 2018 – Parution : avril 2019).

ENTRETIEN AVEC
 MARIE VERMEULIN : Ă  propos des Schumann, Clara & Robert Schumann…

CLIC D'OR macaron 200ENTRETIEN AVEC
 MARIE VERMEULIN : Ă  propos des Schumann, Clara & Robert. A l’occasion de la sortie de son nouvel album dĂ©diĂ© au couple Schumann, Clara et Robert Schumann (1 cd PARARY, CLIC de classiquenews de mars 2019), la pianiste française Marie Vermeulin nourrit sa propre rĂ©flexion sur l’écriture et le sens des oeuvres pour piano de chacun des auteurs. Deux sensibilitĂ©s, lumineuses, ardentes, spĂ©cifiques
 qui plus est, complĂ©mentaires et en affinitĂ©, qui ont formĂ© de leur vivant un seul cƓur ; et sur le plan musical, continuent de composer comme les deux faces d’une mĂȘme personnalitĂ©. A partir de leurs messages secrets, dĂ©cryptables d’eux seuls, dans leur musique, la pianiste dĂ©voile les aspects d’une conversation unique, singuliĂšre
 oĂč la musique, accomplie en « formes brĂȘves », est une mystique de l’amour, le flux naturel d’une complicitĂ© Ă  deux voix. Dans cette constellation oĂč les Ɠuvres de Robert sont mieux connues, jaillit le gemme de la Romance en la mineur de Clara, dĂ©claration et confession bouleversante
 Entretien exclusif pour CLASSIQUENEWS.

 
 
 

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CLASSIQUENEWS / CNC : Quelle image avez-vous du couple SCHUMANN, humainement et artistiquement ?

Marie Vermeulin : Les Ă©crits des deux Ă©poux sont assez Ă©loquents, et rĂ©vĂšlent un couple fort et uni quelques soient les Ă©vĂšnements tragiques qu’ils aient pu traverser. Ils Ă©prouvaient l’un pour l’autre une trĂšs grande admiration et un amour solide, qui les inspiraient et nourrissaient leurs Ă©nergies crĂ©atrices. Je pense notamment Ă  cette phrase cĂ©lĂšbre de Robert Schumann : « La postĂ©ritĂ© doit nous regarder comme un seul cƓur et une seule Ăąme. »
Depuis qu’est nĂ© ce projet de disque, j’ai du mal Ă  imaginer l’un sans l’autre. Les dissocier serait finalement les amputer d’une partie d’eux-mĂȘmes. Je crois que la musique a Ă©tĂ© pour eux le lieu d’une infinitĂ© d’échanges les plus intimes, ouvrant sur un accomplissement de leur couple, encore plus intense.

 
 
 

Clara et Robert : une conversation imaginaire


 
 
 

CLASSIQUENEWS / CNC : Comment avez-vous conçu les piÚces de ce programme ? Sur quels critÚres ? Comment avez-vous réalisé les enchaßnements ?

Marie Vermeulin : On connait les messages voilĂ©s que s’adressaient constamment Clara et Robert Schumann Ă  travers la musique, et il m’est apparu intĂ©ressant de recrĂ©er une conversation imaginaire entre ces deux immenses musiciens.
J’ai sĂ©lectionnĂ© des Ɠuvres avec lesquelles j’avais eu des affinitĂ©s particuliĂšres en concert, et qui me paraissaient correspondre au propos du projet. La forme brĂšve m’a parue idĂ©ale pour souligner l’intimitĂ© de ce dialogue entre les deux Ă©poux.
Quant au choix de l’ordre des piĂšces, j’avais pensĂ© Ă  une alternance rĂ©guliĂšre, mais j’ai prĂ©fĂ©rĂ© respecter la chronologie afin d’ĂȘtre fidĂšle Ă  leur histoire, et mieux entendre les Ă©volutions de leurs langages.
Le dialogue se joue sur deux pĂ©riodes, de jeunesse d’abord, entre les SoirĂ©es musicales de Clara, dont certains Ă©lĂ©ments thĂ©matiques seront repris par Robert plus tard, et les ScĂšnes d’enfants de Robert , rĂ©ponse des plus poĂ©tiques Ă  un message de Clara : « Tu me fais parfois l’effet d’un enfant ! »
AprĂšs les premiers Ă©changes de jeunesse, le dialogue se poursuit au sein de piĂšces plus tardives, qui mettent en Ă©vidence l’évolution de leurs styles respectifs : les ScĂšnes de la forĂȘt de Robert qui, dans la forme, constituent le plus merveilleux des Ă©chos aux ScĂšnes d’enfants, augurent dĂ©jĂ  dans le fond les heures les plus sombres du compositeur. Mais l’évolution de langage est surtout remarquable dans la Romance en la mineur, composĂ©e par Clara pour Robert, vĂ©ritable chef-d’Ɠuvre de maturitĂ© qui vient ici clĂŽturer l’échange tel un adieu.

 
 
 
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CLASSIQUENEWS / CNC : Distinguez-vous des spĂ©cificitĂ©s entre l’Ă©criture de Robert et de Clara ? Des influences, des filiations entre les deux ?

Marie Vermeulin : Malgré leur proximité intellectuelle et physique, on perçoit bien deux esthétiques trÚs différentes. Le style de Clara Wieck-Schumann est assez original, se distinguant par un grand lyrisme, souvent teinté de nostalgie. On sent aussi une grande force, une autorité et une aisance naturelles, révélées tantÎt par une virtuosité affirmée, tantÎt par des modulations audacieuses.
Le langage de Robert me semble quant Ă  lui nourri par un imaginaire poĂ©tique et littĂ©raire, animĂ© de « personnages » contrastĂ©s, qu’il met en scĂšne avec une simplicitĂ© dont lui seul a le secret.
Mais chez les deux Ă©poux, on retrouve une Ă©nergie crĂ©atrice de mĂȘme nature et de mĂȘme importance, un besoin vital d’ĂȘtre tout entier dans la musique.
Les filiations et influences sont rĂ©ciproques ; ainsi, lorsque l’on Ă©coute une Ɠuvre d’un des deux compositeurs, le second n’est jamais trĂšs loin, figurant en filigrane dans la musique, par des citations, des allusions, des messages cachĂ©s

On pense souvent au couple Schumann en se reprĂ©sentant Robert en compositeur et Clara en muse pianiste. J’ai pris le parti dans ce projet de considĂ©rer les deux musiciens comme deux compositeurs pianistes, se dĂ©finissant chacun par un univers musical spĂ©cifique, mais enrichi de la proximitĂ© et de la complicitĂ© de l’autre et de la force du couple.

 
 
 

CLASSIQUENEWS / CNC : Comment caractĂ©riser le flux musical de Robert Schumann ? Entre Florestan et EusĂ©bius ? Comment l’interprĂšte rĂ©ussit-il Ă  concilier les deux directions et caractĂšres ?

Marie Vermeulin : L’Ɠuvre de Schumann est une musique de l’instant, qui se lit comme un poùme jaillissant directement de l’imaginaire du compositeur. Souvent d’ailleurs tout est dit en quelques notes, et c’est pour cette raison que la forme brùve lui va si bien.
Mais c’est toute la difficultĂ© de l’interprĂ©tation que d’entrer immĂ©diatement dans la justesse du ton, en lui donnant le cadre propice, et de savoir changer instantanĂ©ment d’ambiance et de climat.
J’ai imaginĂ© ces petites scĂšnes en essayant d’ĂȘtre Ă  la fois l’acteur qui joue la scĂšne, en se mettant dans la peau de diffĂ©rents personnages, et le metteur en scĂšne qui leur donne un cadre. Ce dĂ©doublement de personnalitĂ© est finalement assez Schumannien !

 
 
 

CLASSIQUENEWS / CNC : On sait que Clara Ă©tait une pianiste – plus cĂ©lĂšbre encore que Robert. Comment dĂ©finiriez-vous le pianisme de Clara (technique, inspiration, dĂ©veloppement formel… ?

Marie Vermeulin : On sent indĂ©niablement en jouant l’Ɠuvre de Clara Schumann que celle-ci Ă©tait pianiste, et une pianiste extrĂȘmement douĂ©e, virtuose et passionnĂ©e. On relĂšve clairement la difficultĂ© d’exĂ©cution de certains passages, des audaces dans les dĂ©placements notamment, qu’elle rĂ©ussissait sans doute Ă  jouer. Cela laisse supposer qu’elle Ă©tait dotĂ©e de grandes mains, alliĂ©es d’une souplesse et d’une agilitĂ© hors du commun.
FormĂ©e par son pĂšre, grand pĂ©dagogue qui lui inculque toutes les ressources de l’harmonie,
Clara ose dans ses compositions des accords hardis, et des modulations inattendues.
Ses Ɠuvres pianistiques de jeunesse notamment semblent s’inspirer beaucoup de Mendelssohn, et plus encore de Chopin : avec son thĂšme « rubato » Ă  trois temps, son expressivitĂ© pudique et tragique Ă  la fois, la mazurka en sol mineur des SoirĂ©es musicales pourrait mĂȘme ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un superbe hommage Ă  FrĂ©dĂ©ric Chopin.

Propos recueillis en avril 2019.

Illustrations : © William Beuacardet

 
 
   
 
 

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SCHUMANN clara cd critique review cd annonce classiquenews Paraty_219218_Vermeulin_Schumann_HM_COUVLIRE aussi notre critique du cd CLARA et ROBERT SCHUMANN par Marie Vermeulin, piano (1 cd PARATY) – CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2019. « L’acuitĂ© du propos, l’enivrement poĂ©tique, la courbure rythmique, cette passion qui coule comme une eau trĂ©pidante et nerveuse
 s’entendent ici de l’une Ă  l’autre crĂ©ateur/trice. Marie Vermeulin exploite et explore les resources expressives du piano viennois Bösendorfer 280. Le couple incarne un idĂ©al artistique et humain, malheureusement fauchĂ© par la maladie psychique de l’époux et complice  »

https://www.classiquenews.com/cd-annonce-clara-robert-schumann-marie-vermeulin-piano-1cd-paraty-2018/

 
 
   
 
 

OPERA FUOCO : Die Stumme Serenade

David Stern et Opera Fuoco Ă  ShanghaiLEVALLOIS-P. OPERA FUOCO, le 11 mai 2019 : KORNGOLD : Die Stumme Serenade, crĂ©ation française. Opera Fuoco / David Stern confirme son geste convaincant, dĂ©fricheur dans l’exhumation de purs joyaux lyriques. Une source de dĂ©couverte pour le public, un moyen concret de professionnalisation pour la troupe de jeunes tempĂ©raments coachĂ©s par David Stern, et prĂȘts Ă  relever les dĂ©fis de nouveaux ouvrages. Chanter, jouer, surtout articuler un texte : voilĂ  les ressorts d’une rĂ©ussite musicale que CLASSIQUENEWS a peu Ă  peu suivi et distinguĂ©. La compagnie OPERA FUOCO est une Ă©quipe de chanteurs et aussi un orchestre (sur instruments anciens) : deux piliers pour une relecture prometteuse des ouvrages choisis par David Stern (VOIR notre reportage dĂ©diĂ© Ă  OpĂ©ra Fuoco, de Shanghai Ă  Paris : Mozart, Haendel )
 Ce 11 mai 2019 est donc une date incontournable pour le mĂ©lomane et l’amateur de nouvelles voix comme d’ouvrages peu connus.

Dernier joyau de l’opĂ©rette viennoise
Est-ce un opĂ©ra ? Une opĂ©rette ? Ou une comĂ©die musicale ? Rien de tel : DIE STUMME SERENADE incarne un genre qui lui est propre, derniĂšres floraisons de la grande tradition de l’opĂ©rette viennoise.
Amour brĂ»lant, sĂ©rĂ©nades nocturnes, enlĂšvements, attentats Ă  la bombe et haute couture emballĂ©s dans une grande vague de musique brillante. DIE STUMME SERENADE est un joyau oubliĂ© de la riche Ɠuvre d’Erich Wolfgang Korngold. On y voit comment le roi de la mode napolitaine Andrea CoclĂ© – entourĂ© de son harem de mannequins – sacrifie tout, pour l’amour d’une femme. Une femme qui est malheureusement mariĂ©e Ă  la personne la plus influente du pays… Des bombes sont placĂ©es sous des lits et des criminels sont exposĂ©s. Et tandis que le champagne coule Ă  flot aux sons envoĂ»tants de l’orchestre, nous assistons Ă  la façon dont l’amour coĂ»te presque la tĂȘte Ă  CoclĂ©. Sera-t-il graciĂ©, ou est-ce une mort cruelle par un peloton d’exĂ©cution qui l’attend ? Quand amour et politique se croisent, quel est le victorieux


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KORNGOLD : DIE STUMME SERENADEboutonreservation
Compagnie OPERA FUOCO
Samedi 11 Mai 2019 Ă  20h30
Levallois, Salle Ravel
33, rue Gabriel PĂ©ri
92300 Levallois-Perret

MĂ©tro : Anatole France (ligne 3)
+ d’infos : informations & rĂ©servation sur le site OPERA FUOCO / David Stern
http://operafuoco.fr


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OPERA FUOCO

Atelier lyrique:
Sylvia Lombardi – Dania El Zein
Andrea Coclù – Olivier Bergeron
Louise – Julie Goussot
Margherita – Natalie Perez
Emilie – Justine Vultaggio
Pauline – Alexia Macbeth Sam – Olivier Gourdy
Caretto – Louis Roullier Premier Ministre Lugarini – Marco Angioloni

Orchestre:
Katharina Wolff – violon
Petr Ruzicka – violon
JĂ©rĂŽme Huille – violoncelle
Jean Bregnac – flĂ»te
ClĂ©ment Caratini – clarinette/saxophone
Didier Plisson – Percussions
StĂ©phane Petitjean – piano
Charlotte Gauthier – piano/cĂ©lesta
Direction – David Stern

CIE WINTERREISE
Olivier DhĂ©nin – mise en scĂšne, dramaturgie et scĂ©nographie
Anne Terrasse – lumiùre
HĂ©lĂšne Vergnes – costumes
Nina Pavlista – chorĂ©graphie
Thibaut Lunet – rĂ©gie artistique
AndrĂ© Tallon – Assistanat Ă  la mise en scĂšne
Lou Bounnaudet – Assistanat au costume & broderie
Justine Baron, Livia Jouan, HĂ©loĂŻse Fizet – atelier dĂ©cor
LĂ©a Dernet, Mathis Dondet, Florence Metzinger – atelier costume
Sandra Basso – rĂ©pĂ©titrice thĂ©Ăątre

Livre Ă©vĂ©nement, critique. COMPOSITRICES, l’égalitĂ© en acte (Ă©ditions CDMC – MF, fĂ©vrier 2019)

compositrices-egalite-en-acte-livre-critique-classiquenews-MF-actualites-musqiue-classique-opera-festivals-concerts-infos-classiqueLivre, critique. COMPOSITRICES, l’égalitĂ© en acte (Ă©ditions CDMC – MF, fĂ©vrier 2019). Elles sont cinquante-trois compositrices rassemblĂ©es dans un ouvrage qui a pour ambition de promouvoir « L’égalitĂ© en acte » (1). ReprĂ©sentant plus de vingt nationalitĂ©s, elles ont pour point commun d’exercer leur art en France. Leurs tĂ©moignages sont prĂ©cĂ©dĂ©s d’une trentaine de contributions de musicologues, historiens et journalistes, autant d’éclairages d’une trĂšs grande richesse, Ă  la mesure de la complexitĂ© du sujet. Une douzaine de ces compositrices sont venues tĂ©moigner de leur vĂ©cu, le 12 fĂ©vrier dernier, lors de la confĂ©rence de prĂ©sentation du livre, en prĂ©lude au festival PrĂ©sences de Radio-France. La Critique livre par notre rĂ©dacteur MARCEL WEISS.

Bien prĂ©sentes, comme nombre de leurs consoeurs dans l’auditoire, venues dĂ©crire un combat pour l’égalitĂ© amorcĂ© dĂšs l’aube de l’humanitĂ© ou presque, Ă  en croire Jacques Amblard, de la mythique Sappho de Lesbos Ă  Kaija Saariaho, atteignant enfin – de son vivant – une reconnaissance planĂ©taire. Une « conquĂȘte en dents de scie », rĂ©sume-t-il, rappelant le propos ironique de Virginia Woolf en 1929 : « Monsieur, une femme qui compose est semblable Ă  un chien qui marche sur les pattes de derriĂšre. Ce qu’il fait n’est pas bien fait. Mais vous ĂȘtes surpris de le voir faire ».
Au hasard de ce parcours, l’on croise Hildegarde de Bingen, Francesca Caccini, Barbara Strozzi, Elisabeth Jacquet de La Guerre, Fanny Mendelssohn, Clara Schumann, Augusta HolmĂšs, Lily Boulanger, etc. Encore a-t-il fallu, comme le souligne Jacques Amblard, que s‘exercent des protections familiales ou sociales, pour qu’elles soient reconnues mĂ©diatiquement.

OĂč sont les compositrices ? »

Etape emblĂ©matique de cette tardive reconnaissance, le premier Prix de Rome, obtenu en 1904 par HĂ©lĂšne Fleury-Roy, au terme de dĂ©bats houleux, comme nous le rappelle Florence Launay, auteure en 2006 d’une thĂšse fondamentale sur « Les Compositrices en France au XIXe siĂšcle » (2). Un demi-siĂšcle aprĂšs l’admission en 1850 des femmes dans les classes de composition du Conservatoire de Paris, censĂ© prĂŽner la mixitĂ© depuis sa crĂ©ation en 1795. SiĂšcle d’une relative floraison de compositrices, selon Florence Launay, le XIXe siĂšcle voit accĂ©der Ă  un statut professionnel une vingtaine d’entre-elles, de Pauline Viardot aux sƓurs Boulanger. Les chefs des sociĂ©tĂ©s de concert parisiennes n’hĂ©sitent pas Ă  programmer les Ɠuvres de femmes, de CĂ©cile Chaminade Ă  Augusta HolmĂšs et Henriette ReniĂ©. Les critiques contemporains soulignent volontiers la qualitĂ© des Ɠuvres jouĂ©es, mĂȘme si de temps en temps Ă©mergent encore des apartĂ©s sexistes, comme chez cet auteur de La France musicale Ă  propos de Louise Farrenc : « Il est rare de trouver chez une femme autant de vigueur et d’intelligence dans la combinaison des effets. » Et pourtant, la qualitĂ© des Ɠuvres de ces dames pĂšsera de peu de poids dans le jugement des musicologues fin-de-siĂšcle, entiĂšrement vouĂ©s au culte des gĂ©nies romantiques, forcĂ©ment masculins. D’oĂč l’occultation dans l’histoire de la musique des compositrices, dĂ©noncĂ©e par Florence Launay.
Mais comment les appeler, ces « professionnelles de la double-croche » comme les dĂ©signait avec dĂ©dain un chroniqueur du XIXe siĂšcle ? Il faut attendre 1847, rappelle David Christoffel, pour qu’un musicologue, Adrien de La Fage, suggĂšre de remplacer l’appellation dĂ©valorisante de femme compositeur par compositrice ; un titre repris avec rĂ©ticence et le plus souvent encore placĂ© entre guillemets jusqu’à la fin du XIXe siĂšcle, et encore contestĂ© dans les annĂ©es 1970, jugĂ© mĂȘme laid, Ă  en croire MichĂšle Reverdy qui prĂ©fĂ©rait pour sa part proclamer : « Je suis compositeur ». VolontĂ© Ă©galement d’ĂȘtre
reconnues comme des compositeurs Ă  part entiĂšre et non comme des amateurs juste capables d’écrire des « Ɠuvres de femmes ».
Au-delĂ  de l’interrogation sur l’appellation idĂ©ale, la question du statut des compositrices constitue le thĂšme essentiel de l’ouvrage. « OĂč sont les femmes ? » titrait une brochure de la SACD, rassemblant de 2012 Ă  2016 les donnĂ©es sur la paritĂ© entre crĂ©ateurs et crĂ©atrices. Une Ă©galitĂ© entre hommes et femmes consacrĂ©e Grande cause nationale pour le quinquennat 2017-2022. Aujourd’hui, les compositrices ne reprĂ©sentent que 10% de la profession et leurs Ɠuvres atteignent Ă  peine 1% des programmations musicales. David Verdier dresse le constat de leur sous-reprĂ©sentation dans le secteur musical, en tant qu’interprĂštes et plus encore dans les postes de direction. Significative Ă©galement, la prĂ©sence encore trop discrĂšte, en termes de candidatures, des compositrices dans les commandes musicales d’Etat : de 11% ces vingt derniĂšres annĂ©es, le taux n’est passĂ© qu’à 16% entre 2015 et 2017, malgrĂ© un pourcentage encourageant de 45% de commandes obtenues. 

La surreprĂ©sentation fĂ©minine dans les catĂ©gories « installation sonore » et « Ă©lectroacoustique » – 13% des commandes, alors que la moyenne globale est de 6% – est le reflet de l’engouement des compositrices pour un nouveau territoire explorĂ© dans les premiers studios de musique concrĂšte, une terra incognita, selon l’expression de MichĂšle Tosi, leur permettant « de concevoir la musique dĂ©livrĂ©e du poids de la tradition et des codes culturels qui la rĂ©gissent ».

Dans le prĂ©cĂ©dent opus du CDMC – « 40 ans de crĂ©ation musicale » (3) – Betsy Jolas constatait qu’elle Ă©tait le seul compositeur Ă  ne pas voir mentionnĂ©e en 1966 dans un programme du Domaine musical sa date de naissance
 Signe des temps, c’est chose faite dans ce livre, comme pour toutes les autres. Plus que des biographies, ces cinquante-trois portraits de musiciennes s’attachent Ă  dĂ©crire leur univers artistique, singulier, et proprement inouĂŻ. Il n’y est jamais question de militantisme, et pourtant l’on perçoit dans chacun de ces parcours un combat opiniĂątre pour prendre sa place dans le monde de la musique contemporaine. Comme l’affirme Clara Iannotta, forte de sa double expĂ©rience de compositrice et de directrice de festival, « Ce n’est pas aux femmes compositrices de militer pour trouver leur place, ce sont les directeurs d’institutions qui doivent faire leur travail un peu plus sĂ©rieusement ! »
Des compositrices et des musicologues ont pourtant relevĂ© ce dĂ©fi en crĂ©ant en 2013 l’association Plurielles 34, prĂ©sidĂ©e par Sophie Lacaze, attachĂ©e Ă  veiller Ă  la promotion de la crĂ©ation fĂ©minine. Notamment dans tous les secteurs oĂč – pour reprendre l’expression de BĂ©atrice Thiriet – « les femmes sont considĂ©rĂ©es comme des invisibles », celui de la musique de film dans son cas, celui des musiques improvisĂ©es et du jazz pour JoĂ«lle LĂ©andre, et quasiment pour toutes les mondes de la composition – pour preuve, la raretĂ© des classes tenues par des femmes – et de la musique contemporaine. « J’ai appris dans mes annĂ©es de conservatoire que seuls les hommes devenaient compositeurs » se remĂ©more AgnĂšs Poisson qui, comme une vingtaine des compositrices prĂ©sentĂ©es dans ce livre, a choisi la musique concrĂšte et l’électroacoustique comme l’espace de crĂ©ation idĂ©al oĂč travailler le matĂ©riau son directement, sans intermĂ©diaire, un espace devenu la chambre Ă  soi chĂšre Ă  Virginia Woolf, oĂč l’on devient enfin « maitre de son temps », se fĂ©licite Annette Vande Gorne.
Une maitrise toute relative lorsque l’on choisit de mener de front carriĂšre professionnelle et vie familiale. Betsy Jolas se souvient de ses dĂ©buts oĂč il fallait essayer
d’ĂȘtre « tout Ă  la fois Ă©pouse, mĂšre et compositeur, et chose plus difficile encore Ă  l’époque, femme-compositeur ».

CLIC D'OR macaron 200Etre une femme et composer : dans un mĂ©moire de fin d’études, Pascale Lazarus assumait pleinement cette double identitĂ©, avec toutes ses contradictions, en dĂ©clarant que « crĂ©er, c’est tricoter son ĂȘtre ». Avec la volontĂ© d’affirmer sa personnalitĂ© et sa fĂ©minitĂ© « en passant outre la censure imposĂ©e par le stĂ©rĂ©otype », qui oblige Ă  masquer tout signe de fĂ©minitĂ© pour dĂ©fendre chaque projet : « Plus que la compositrice, ce sont les signes de la fĂ©minitĂ© qu’il faut camoufler ». Pour Diana Soh, forte de sa double identitĂ© de mĂšre et compositrice, chaque note est une victoire : « J’ai besoin d’exister, et j’existe parce qu’il y a une note sur la page ».
Une identitĂ© duelle, vĂ©cue comme une force crĂ©atrice et non comme un handicap. Ambroise Thomas, dĂ©jĂ , disait de CĂ©cile Chaminade : « Ce n’est pas une femme qui a composĂ©, mais un compositeur qui est femme. » Comme un Ă©cho, Donatoni, un siĂšcle plus tard, dĂ©clare, au vu des premiĂšres compositions de Lara Morciano : « Tu n’écris pas une musique de femme ». Des compliments pour le moins ambigus, pour peu que l’on essaye de les transposer dans un mode masculin. Le chemin vers l’égalitĂ© est encore long. Marcel WEISS.

 

 

 

 

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(1) Compositrices, l’égalitĂ© en acte. Centre de documentation de la musique contemporaine. Editions MF, collection Paroles. 2019

(2) Publiée sous le titre Les compositrices en France : XIXe-XXe siÚcles. Editions Fayard, 2006

(3) La mémoire en acte. Quarante ans de création musicale. CDMC/Editions MF. 2017

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Livre Ă©vĂ©nement, critique. COMPOSITRICES, l’égalitĂ© en acte (Ă©ditions MF, fĂ©vrier 2019). Parution le 12 fĂ©vrier 2019 – 488 pages. Ouvrage collectif / CLIC de CLASSIQUENEWS

LIRE aussi notre annonce du livre L’égalitĂ© en actes / CDMC
http://www.classiquenews.com/livre-annonce-compositrices-legalite-en-acte-editions-mf-fevrier-2019/

COMPTE RENDU, opĂ©ra. VENISE, La Fenice, nov 2013. MEYERBEER : L’Africaine, Kunde, Vuillaume

fenice-africana vuillaume pratt kunde critique opera review opera concert classiquenewsCOMPTE RENDU, opĂ©ra. VENISE, La Fenice, nov 2013. MEYERBEER : L’Africaine, Kunde, Vuillaume. VENISE, NOVEMBRE 2013. AprĂšs Les Huguenots, – tragĂ©die sur l’intolĂ©rance humaine, la barbarie des fanatiques, Scribe et Meyerbeer s’attĂšlent Ă  leur nouvel opĂ©ra en 1837, sur le thĂšme de l’étrangĂšre, Ă  partir de la figure historique et exotique de Vasco de Gama. Les auteurs ciblent en particulier la dĂ©couverte du Nouveau Monde puis son exploitation mĂ©thodique par les colons europĂ©ens. Le sujet est mordant, la mise en forme, ambitieuse
 Le compositeur n’oublie pas l’alibi de la violence dominatrice, son corolaire religieux, puisque Ă  travers l’Inquisiteur, c’est le fanatisme qui est bien Ă©pinglĂ© aussi. Meyerbeer devra patienter cependant, tentĂ© par d’autres ouvrages prĂ©alables qui passent par le genre « comique » et lĂ©ger : L’Etoile du Nord et Dinorah. Puis Scribe meurt en 1861, et lui-mĂȘme dĂ©cĂšde en 1864 quand la partition de L’Africaine est achevĂ©e et mise en rĂ©pĂ©titions. Les coupures et refondations que le compositeur savait orchestrer n’ont pas lieu : il nous lĂšgue une version plus que complĂšte, parfois indigeste, dans laquelle tous les chefs peuvent opĂ©rer des tailles salvatrices. Car la crĂ©ation en 1865 – l’annĂ©e de la crĂ©ation de Tristan de Wagner, c’est FĂ©tis qui a rĂ©agencĂ© l’Ɠuvre de Meyerbeer, sans guĂšre d’unitĂ©, quitte Ă  la rendre justement trop copieuse.
Emmanuel Villaume tout en raccourcissant, a prĂ©servĂ© le souffle vital de l’orchestre, acteur du drame : l’ouverture et les prĂ©ludes des actes III et IV en tĂ©moignent. Ailleurs, l’activitĂ© permanente du chant symphonique honore la rĂ©putation de Meyerbeer et l’on comprend que le symphoniste Wagner, ait tant admirĂ© l’allure des opĂ©ras de Giacomo (fĂ»t-il juif.
). Quand on sait l’antisĂ©mitisme du compositeur, l’adoration n’est pas neutre. Mais Wagner n’en est pas Ă  sa premiĂšre contradiction, adulant et dĂ©fendant le chef crĂ©ateur de Parsifal, lui aussi juif, Hermann LĂ©vi (1882). De fait, il faut un vrai chef capable d’éclairer les couleurs de la partition qui brille par son orchestration raffinĂ©e.

Dans cette version Ă©dulcorĂ©e, repensĂ©e par le chef, on peut aisĂ©ment mesurer le gĂ©nie de Meyerbeer, puissant crĂ©ateur dans le genre du grand opĂ©ra Ă  la française, oĂč Ă  un quatuor vocal solide, rĂ©pond la fougue murmurĂ©e, rugissante de l’orchestre, la part lĂ©onine des chƓurs omniprĂ©sents (chƓur des femmes du III)
 Ainsi l’acte III cumule les effets des plus contrastĂ©s tel un catalogue de rebondissements Ă©clectiques (priĂšre des marins, tempĂȘte, guerre maritime, enfin
 massacre).

La Fenice peut s’enorgueillir de prĂ©senter telle lecture du dernier sommet lyrique de Meyerbeer quand Paris hĂ©site Ă  le produire malgrĂ© des possibilitĂ©s 
 solides. PrĂ©fĂ©rant Verdi et Puccini aux joyaux du patrimoine romantique et français.

Le Nelusko de Angelo Veccia est trĂšs crĂ©dible, vocalement agile, dramatiquement intelligent : le geste est entier et la voix sombre. InĂšs voit son profil de victime, ciselĂ© par Jessica Pratt, au timbre charnu et aux aigus jamais contraints. Selika, elle aussi Ă©prise de Gama, trouve en Veronica Simeoni, une personnalitĂ© de poids, elle aussi, en rien, dĂ©contenancĂ©e par les milles rudesses et Ă©preuves qu’infligent sa partition : sa nature est loyale et dĂ©terminĂ©e jusqu’à son sacrifice final. Car il y faut de la souplesse expressive dans l’aigu comme dans le grave
 En Vasco de Gama, Gregory Kunde sĂ©duit par la franchise et la sincĂ©ritĂ© d’une voix Ă  prĂ©sent mĂ»re mais qui a conservĂ© son impact et son intensitĂ©, une clartĂ© qui sert l’intonation et l’articulation.

Meyerbeer a conçu un grand spectacle sans sacrifier les voix ni la crĂ©dibilitĂ© des situations (le grand septuor de l’acte II, ;le duo de Vasco et Selika au IV, empruntĂ© Ă  celui de Valentine / Raoul des Huguenots ; berceuse de SĂ©lika ; « Ô Paradis » de Vasco, 
). Cette Afrique a tout de l’Inde : dont les rives furent rejointes par l’explorateur Vasco de Gama. Las, sur scĂšne, on regrette une confusion qui gĂȘne l’éclat des profils (superbes, affrontĂ©s comme la confrontation des deux hĂ©roĂŻnes rivales Ă  l’acte V), la pertinence des thĂ©matiques dĂ©noncĂ©es par les auteurs. MalgrĂ© son titre, l’action se dĂ©roule dans une contrĂ©e aux vagues rĂ©fĂ©rences hindouistes (ces « africains » adorent Brahma). Une meilleure attention aux Ă©quilibres entre tableaux collectifs et priĂšres ou impuissances individuelles eĂ»t Ă©tĂ© profitable. NĂ©anmoins, l’expĂ©rience tentĂ©e par La Fenice rend justice Ă  un opĂ©ra parmi les plus saisissants et touchants de Meyerbeer : les interludes avec projection vidĂ©o d’images affligeante du colonialisme esclavagiste tĂ©moigne de la rĂ©alitĂ© barbare Ă  l’époque de Gama, car Meyerbeer, tout pompeux qu’il soit, n’en a pas perdu son sens militant et humaniste. Reste qu’une version rĂ©visĂ©e, Ă©quilibrĂ©e est toujours Ă  prĂ©senter. Cette production vĂ©nitienne offre une belle fondation Ă  ce travail futur. Repris Ă  Paris ? – oĂč l’Africaine n’a pas Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e depuis 1902. A voir indiscutablement.

 

 

 

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COMPTE RENDU, opĂ©ra. VENISE, La Fenice, nov 2013. MEYERBEER : L’Africaine, Kunde, Vuillaume.

Giacomo Meyerbeer : L’Africaine
OpĂ©ra en cinq actes, livret d’EugĂšne Scribe
Création posthume, à Paris, salle Le Pelletier, le 28 avril 1865
Nouvelle production de la Fondation Teatro La Fenice
Pour le 150Ăš anniversaire de la mort de Giacomo Meyerbeer

Emmanuel Villaume, direction
Mise en scĂšne : Leo Muscato

Ines : Jessica Pratt
Vasco de Gama : Gregory Kunde
Nelusko : Angelo Veccia
Selika : Veronica Simeoni
Le Grand PrĂȘtre de Brahma : Ruben Amoretti
Don Pedro : Luca Dall’Amico
Don Diego : Davide Ruberti

Orchestre et chƓur du ThĂ©Ăątre de La Fenice
Chef du chƓur : Claudio Marino Moretti
Filmé en novembre 2013.

VIDEO, TEASER CD événement. QUATUOR OPUS 333 : SUSPIROS DE ESPANA (1 cd Klarthe)

opus 333 sospiros de espana cd presentation critique classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, annonce. QUATUOR OPUS 333 : SUSPIROS DE ESPANA (1 cd Klarthe). VoilĂ  dĂ©jĂ  10 ans que les quatre instrumentistes d’OPUS 333 enrichissent toujours et encore leur rĂ©pertoire, taillĂ© sur mesure, Ă  force de transcriptions et arrangements d’une exceptionnelle expressivitĂ©. Jouer quatre instruments identiques (tubas ou saxhorns), n’est pas sans poser de sĂ©rieux dĂ©fis techniques et sonores : mais la cohĂ©rence de la dĂ©marche, l’entente complice de chacun, la personnalitĂ© aussi de chaque interprĂšte rĂ©ussissent ce nouvel album entiĂšrement dĂ©diĂ© Ă  l’Espagne, celle colorĂ©e et scintillante de Albeniz et Granados, sans omettre Falla, aux cĂŽtĂ©s du plus hispaniques des Français (qui ne mit jamais les pieds en terres ibĂ©riques) : Bizet.

Opus 333 dĂ©montre qu’il est possible de rĂ©Ă©couter des standards musicaux que l’on croyait connaĂźtre grĂące Ă  un jeu ciselĂ©, … Ă  l’écoute et aux jeux dialoguĂ©s en partage. Et le ton est donnĂ© dans le titre mĂȘme : « Sospiros de España » / CLIC D'OR macaron 200soupirs d’Espagne : d’aprĂšs Alonso, la piĂšce maĂźtresse de cette nouvelle collection d’arrangements cultive en une ambivalence captivante, la volutpĂ© oublieuse et mĂ©lancolique et le panache racĂ© le plus assumĂ©. Somptueuse audace artistique, dĂ©fendue par quatre tempĂ©raments musiciens. CD Ă©vĂ©nement. CLIC de CLASIQUENEWS de mars 2019. Grande critique Ă  venir dans la mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS.

 

 

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VISITEZ aussi le site du QUATUOR OPUS 333, 4 saxhornistes – fondĂ© en 2009
http://www.opus333.com

 

 

opus 333 quatuor saxhorns critique cd annonce concerts festivals classiquenews

 

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VISITEZ AUSSI le site du label KLARTHE records, reconnu par CLASSIQUENEWS par sa dĂ©marche exemplaire comme tremplin des jeunes solistes audacieux, des formations françaises…
http://www.klarthe.com/index.php/fr/enregistrements/suspiros-de-españa-detail

 

 

CD, critique. BERLIOZ : Harold en Italie / Les Nuits d’étĂ© (Zimmermann, Degout, Les SiĂšcles / FX Roth – 1 cd Harmonia Mundi, 2018).

BERLIOZ nuits d ete harold en itlaie les siecles roth zimmermann cd review critique cd par classiquenews musique classique news clic de classiquenews 3149020936825CD, critique. BERLIOZ : Harold en Italie / Les Nuits d’étĂ© (Zimmermann, Degout, Les SiĂšcles / FX Roth – 1 cd Harmonia Mundi, 2018). D’emblĂ©e, s’impose Ă  nous, le souffle Ă  l’échelle du cosmique, exprimant ce grand dĂ©sir de Berlioz de faire corps et de communiquer avec une surrĂ©alitĂ© spectaculaire, Ă  la mesure de sa quĂȘte idĂ©aliste. De telle vision conduisent l’orchestre en un parcours expĂ©rimental que le collectif sur instruments anciens, Les SiĂšcles concrĂ©tise avec une rigueur instrumentale bĂ©nĂ©fique ; l’attention et la prĂ©cision continue du chef fondateur François Xavier Roth font merveille dans une partition inclassable : poĂšme symphonique et concerto pour alto, opĂ©ra pour instrument : chaque mesure soliste est ciselĂ©e, creusĂ©e, habitĂ©e ; chaque couleur harmonique intensifiĂ©e
 en un cycle de visions superlatives qui placent d’abord le geste instrumental au cƓur d’une vaste dramaturgie orchestrale.
Dans le I d’Harold (« aux montagnes : mĂ©lancolie, bonheur et joie »), le hĂ©ros / alto s’alanguit, s’enivre, affirmant Ă  l’orchestre prĂȘt Ă  le suivre, ses Ă©lans, ses dĂ©sirs, sa profonde nostalgie (l’Italie reste malgrĂ© un contexte mĂ©dicĂ©en difficile pour Hector,jeune pensionnaire de la villa Medicis Ă  Rome, la source finale d’un grand bonheur artistique). Le premier mouvement du cycle orchestral nuance cet Ă©tat d’enivrement personnel et un rien narcissique, auquel la vitlalitĂ© fruitĂ©e de l’orchestre d’instruments d’époque, apporte un soutien palpitant et mĂȘme Ă©lectrisĂ©e (bien dans la mouvance de l’euphorie rĂ©volutionnaire de la Fantastique).
Tout ce premier tableau exprime la facilitĂ© du hĂ©ros (Hector lui-mĂȘme) Ă  s’enivrer de son propre dĂ©sir et de son propre rĂȘve, de maniĂšre Ă©chevelĂ©e et Ă©perdue. La fusion sonore entre la soliste (Tabea Zimmermann, qui ne tire jamais la couverture Ă  elle) et de l’orchestre est jubilatoire ; offrant cette extase instrumentale millĂ©mĂ©trĂ©e, emblĂšme captivant du gĂ©nie berliozien, divin orchestrateur, alchimiste des couleurs.

Harold captivant, suractif


150 ans de la mort de BERLIOZLe II permet l’apaisement aprĂšs la premiĂšre dĂ©charge collective : marquĂ© par la marche des pĂšlerins dans cette mĂȘme campagne italienne, Berlioz en capte la douce et pĂ©nĂ©trante sĂ©rĂ©nitĂ© crĂ©pusculaire : la sobriĂ©tĂ©, le naturel font la saveur de cette « pause » qui berce par le chant orchestral en bĂ©atitude, sur lequel l’alto Ă©tire ses longues caresses rassĂ©rĂ©nĂ©es, comme l’écho aux accents des cors enveloppants. Roth respecte Ă  la lettre l’indication « allegretto », allant, lĂ©ger, veillant Ă  la transparence malgrĂ© le chant instrumental lĂ  encore d’une grande richesse. L’alto bercĂ©, s’hypnotise, s’enivre dans la paix murmurĂ©e : lĂ  encore louons l’intonation trĂšs juste et fonciĂšrement poĂ©tique de Tabea Zimmermann.Soliste et chef adoptent de concert et en complicitĂ© un tempo de marche noble et tranquille, Ă  l’énoncĂ© final arachnĂ©en d’une finesse irrĂ©sistible.
La voluptĂ© du dĂ©sir amoureux n’est jamais loin chez Berlioz : en tĂ©moigne l’épisode III : la SĂ©rĂ©nade d’un montagnard des Abruzzes
 lui aussi languissant, dans le dĂ©sir et donc l’attente (pas la frustration) : le caractĂšre rustique se dĂ©ploie dans le frottement des timbres d’époque, en un Ă©lan plein d’espoir (et de promesses pour l’amoureux Ă©perdu ?) : bavard, assez terne dans l’écriture, le tableau pourrait ĂȘtre le moins intĂ©ressant : c’était oubliĂ© l’hyperactivitĂ© des instruments dont on loue encore l’équilibre sonore.
Mordant, le geste de Roth Ă©claire comme jamais la langueur plus incisive et presque douloureuse de l’orgie de brigands, dont l’énoncĂ© premier sera rĂ©utilisĂ© dans le Requiem
 de plus en plus syncopĂ©, le flux se fait nerveux, idĂ©alement profilĂ©, jusqu’à la transe collective qui Ă©voque son opĂ©ra Benvenuto Cellini et tant d’évocations italiennes ; cette orgie confine au cauchemar dans ses Ă -coups trĂ©pidants, Ă©lectriques ; ses rĂ©surgences symphoniques Ă  la coupe shakespearienne. Brillant, mordant, incisif, d’une finesse permanente, l’orchestre fait mouche dans ce festival de couleurs et d’accents symphoniques.


 mais tristes Nuits

On reste moins convaincus par Les Nuits d’étĂ© dans la version pour baryton qu’en offre StĂ©phane Degout : l’émission manque de naturel, vibrĂ©e, comme maniĂ©rĂ©e (la ligne vocale manque d’équilibre et de continuitĂ©, avec des aigus Ă©trangement couverts mais nasalisĂ©s, des fins de phrases effilochĂ©es, dĂ©timbrĂ©es
), et dans une prise de son surprenante, qui semble superposer la voix SUR l’orchestre, plutĂŽt comme fusionnĂ© avec lui. Pourtant, Les SiĂšcles dĂ©voilent lĂ  encore, une suractivitĂ© instrumentale rĂ©jouissante, faisant de ses Nuits d’étĂ©, un voyage d’extase, de ravissement, de plĂ©nitude sensoriel, d’une tension inouĂŻe.
Pourtant le choix d’un chanteur masculin s’avĂšre juste dans l’énoncĂ© des poĂšmes, renforçant l’impression de prise Ă  tĂ©moins du public (« Ma belle est morte » / Lamento, « Sur les lagunes » ; »Reviens, reviens ma bien aimĂ©e », dans « Absence » ; L’üle inconnue
). Avec un autre soliste plus simple dans le style et l’articulation du français, nous tenions lĂ  une version superlative.
Nos rĂ©serves s’agissant des Nuits d’étĂ© ne retire rien Ă  l’excellente lecture d’Harold dont la texture instrumentale et la rĂ©alisation expressive produisent une lecture de rĂ©fĂ©rence : voilĂ  qui atteste l’apport indiscutable des instruments d’époque dans le rĂ©pertoire berliozien, et l’on s’étonne que toujours aujourd’hui, prĂ©domine la tenue plus brumeuse et moins caractĂ©risĂ©e des orchestres modernes pour Hector comme pour le romantisme français en gĂ©nĂ©ral.

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CLIC_macaron_20dec13CD, Ă©vĂ©nement critique. BERLIOZ : Harold (soliste : Tabea Zimmermann, alto), Nuits d’étĂ© (soliste : StĂ©phane Degout) – (Les SiĂšcles, François-Xavier Roth – 1 cd HM Harmonia Mundi). Enregistrements rĂ©alisĂ©s en aoĂ»t 2018 (Les Nuits d’étĂ©, Alfortville) et mars 2018 (Paris, Philharmonie).

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APPROFONDIR

LIRE AUSSI notre grand dossier HECTOR BERLIOZ 2019 :

BERLIOZ 2019 : dossier pour les 150 ans de la mort

berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsBERLIOZ 2019 : les 150 ans de la mort. 2019 marque les 150 ans de la mort du plus grand compositeur romantique français (avec l’écrivain Hugo et le peintre Delacroix) : Hector Berlioz. PrĂ©cisĂ©ment le 8 mars prochain (il est dĂ©cĂ©dĂ© Ă  Paris, le 8 mars 1869). Triste anniversaire qui comme ceux de 2018, pour Gounod ou Debussy, ne lĂšve pas le voile sur des incomprĂ©hensions ou des mĂ©connaissances mais les augmentent en rĂ©alitĂ© ; car les cĂ©lĂ©brations souvent autoproclamĂ©es et pompeuses, n’apportent que peu d’avancĂ©es pour une juste et meilleure connaissance des intĂ©ressĂ©s. Qu’ont prĂ©cisĂ©ment apportĂ© en 2018, les anniversaires Gounod et Debussy ? Peu de choses en vĂ©ritĂ©, sauf venant de la province, soit disant culturellement plus pauvre et moins active que Paris : voyez Le PhilĂ©mon et Baucis, joyau lyrique du jeune Gounod rĂ©vĂ©lĂ© par l’OpĂ©ra de Tours / fev 2018 ; et le PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy dĂ©sormais lĂ©gendaire du regettĂ© Jean-Claude Malgoire Ă  Tourcoing / mars 2018
 LIRE notre grand dossier Hector Berlioz 2019

 

 

CD événement, annonce. QUATUOR OPUS 333 : SUSPIROS DE ESPANA (1 cd Klarthe)

opus 333 sospiros de espana cd presentation critique classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, annonce. QUATUOR OPUS 333 : SUSPIROS DE ESPANA (1 cd Klarthe). VoilĂ  dĂ©jĂ  10 ans que les quatre instrumentistes d’OPUS 333 enrichissent toujours et encore leur rĂ©pertoire, taillĂ© sur mesure, Ă  force de transcriptions et arrangements d’une exceptionnelle expressivitĂ©. Jouer quatre instruments identiques (tubas ou saxhorns), n’est pas sans poser de sĂ©rieux dĂ©fis techniques et sonores : mais la cohĂ©rence de la dĂ©marche, l’entente complice de chacun, la personnalitĂ© aussi de chaque interprĂšte rĂ©ussissent ce nouvel album entiĂšrement dĂ©diĂ© Ă  l’Espagne, celle colorĂ©e et scintillante de Albeniz et Granados, sans omettre Falla, aux cĂŽtĂ©s du plus hispaniques des Français (qui ne mit jamais les pieds en terres ibĂ©riques) : Bizet.

Opus 333 dĂ©montre qu’il est possible de rĂ©Ă©couter des standards musicaux que l’on croyait connaĂźtre grĂące Ă  un jeu ciselĂ©, … Ă  l’écoute et aux jeux dialoguĂ©s en partage. Et le ton est donnĂ© dans le titre mĂȘme : « Sospiros de España » / CLIC D'OR macaron 200soupirs d’Espagne : d’aprĂšs Alonso, la piĂšce maĂźtresse de cette nouvelle collection d’arrangements cultive en une ambivalence captivante, la volutpĂ© oublieuse et mĂ©lancolique et le panache racĂ© le plus assumĂ©. Somptueuse audace artistique, dĂ©fendue par quatre tempĂ©raments musiciens. CD Ă©vĂ©nement. CLIC de CLASIQUENEWS de mars 2019. Grande critique Ă  venir dans la mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS.

 

 

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VISITEZ aussi le site du QUATUOR OPUS 333, 4 saxhornistes – fondĂ© en 2009
http://www.opus333.com

 

 

opus 333 quatuor saxhorns critique cd annonce concerts festivals classiquenews

 

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VISITEZ AUSSI le site du label KLARTHE records, reconnu par CLASSIQUENEWS par sa dĂ©marche exemplaire comme tremplin des jeunes solistes audacieux, des formations françaises…
http://www.klarthe.com/index.php/fr/enregistrements/suspiros-de-españa-detail

 

 

Operavision : PONCHIELLI, La Gioconda (Bruxelles, La Monnaie, 2019)

gioconda-joconde-vinci-ponchielli-opera-annonce-critique-opera-classiquenewsINTERNET. OPERAVISION : Jusqu’au 11 aoĂ»t 2019. PONCHIELLI, La Gioconda. Intrigues en sous main, complots et rivalitĂ©s, La Gioconda (qui aurait pu donner son nom au portrait de Leonardo da Vinci) souligne le sens de l’honneur et du sacrifice d’une jeune femme harcelĂ©e et torturĂ©e qui Ɠuvre pour sauver et l’homme qu’elle aime (Enzo Grimaldo), et la femme que ce dernier affectionne (Laura Adorno. Dans la Venise baroque (du XVIIĂš), son sacrifice est double, et son humilitĂ© gĂ©nĂ©reuse, admirable. Le rĂŽle titre est Ă©crit pour un grand soprano lyrique et dramatique, angĂ©lique et aussi d’une couleur tragique, souvent hallucinĂ©e. Pilier et guide pour sa mĂšre aveugle (La Cieca, contralto), Gioconda est convoitĂ©e par l’infect Barnaba (espion de l’Inquisition, baryton). Ce dernier ne cesse de manipuler, sĂ©duire, tromper pour possĂ©der le corps de sa proie
 Mais aprĂšs bien des pĂ©ripĂ©ties, La Gioconda parviendra Ă  lui Ă©chapper (en se suicidant) tout en apprenant alors qu’elle expire, que le dit Barbnaba a fait noyer sa mĂšre aveugle
 A la grandeur morale de l’hĂ©roĂŻne, rĂ©pond la terreur et le diabolisme imaginĂ© par Ponchielli et Boito.

D’aprĂšs « Angelo, tyran de Padoue » Victor Hugo, Ponchielli (et son librettiste d’alors : Boito) suit en 1876, les traces de Verdi, lui-mĂȘme inspirĂ© d’ »Ernani » ou du « Roi S’amuse » (pour Rigoletto) ; les compositeurs italiens ont su transposer sans l’attĂ©nuer, la fibre dramatique, parfois cynique et glaçante du thĂ©Ăątre hugolien. Ainsi La Gioconda de Pochielli assure Ă  son auteur, un succĂšs planĂ©taire, jamais dĂ©menti depuis, Ă  l’époque oĂč Verdi Ă©blouit lui aussi la scĂšne romantique italienne, auteur de Aida (1871) et Otello (1887, livret du mĂȘme Boito). La version finale est crĂ©Ă©e en 1880 Ă  La Scala de Milan ; reprise dĂšs dĂ©cembre 1883 au Metropolitan Opera qui lui offre ainsi sa crĂ©ation amĂ©ricaine.

Concevant son drame lyrique pour 6 protagonistes qui sont autant de chanteurs solistes aguerris, Ponchielli renforce l’intensitĂ© du drame tragique (ici l’hĂ©roĂŻne sacrificielle paie de sa mort son sens, forcĂ©ment fatal, d’une indĂ©fectible loyautĂ©). Olivier Py met en scĂšne Ă  Bruxelles, le sommet de l’opĂ©ra dit « vĂ©riste », fort par sa dĂ©clamation proche du thĂ©Ăątre, que renforce la conception de l’action trĂšs intimiste ; mais oĂč les tableaux collectifs citent constamment l’admiration de Ponchielli pour le grand opĂ©ra français (ballet des heures de l’acte III dit « La Ca d’oro »). Histoire de mieux Ă©touffer et martyriser le profil de l’hĂ©roĂŻne confrontĂ©e Ă  un destin collectif qui la dĂ©passe totalement. Le drame se dĂ©roule Ă  Venise, fait rire les masques en grimaces quasi sataniques (selon les actes sadiques du barbares Barnaba) en un palais souterrain quasi innondé  six protagonistes sont dirigĂ©s par maestro Paolo Carignani : BĂ©atrice Uria-Monzon (La Gioconda), Ning Liang (La Cieca), Silvia Tro SantafĂš (Laura), Stefano La Colla (Enzo), Franco Vassallo (Barnaba), Jean Teitgen (Alvise).
INTERNET / Operavision : En direct, Mardi 12 février, 19h PONCHIELLI, La Gioconda. Bruxelles, La Monnaie.

 

 

 

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OPERAVISION
https://operavision.eu/fr
Visionnable jusqu’au 11 aoĂ»t 2019
https://operavision.eu/fr/bibliotheque/spectacles/operas/la-gioconda

 

 

 

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