CD, critique. ELLE : MARINA REBEKA, soprano (french opera arias, 1 cd PRIMA classic, 2019).

ELLE cd critique review cd classiquenews - rebeka-marina-riga-cd-opera-critique-cd-classiquenewsCD, critique. ELLE : MARINA REBEKA, soprano (french opera arias, 1 cd PRIMA classic, 2019). On l’avait quittĂ©e au disque depuis un prĂ©cĂ©dent rĂ©cital intitulĂ© « Spirito » (dĂ©jĂ  CLIC de CLASSIQUENEWS)
 « Elle », diva cĂ©lĂ©brĂ©e de la Baltique, chante les grands airs de l’opĂ©ra romantique français. Un dĂ©fi linguistique pour la chanteurse lettone : Marina Rebeka (“Artist of the Year” ICMA award) dont on salue ici la prise de risque assumĂ©e : chanter le français alors qu’elle est au sommet de ses possibilitĂ©s. Sa Louise est extatique mais charnelle ; son HĂ©rodiade, plus articulĂ©e encore, digne et pleine de langueur amĂšre vis Ă  vis du ProphĂšte Iokaanan (« ProphĂšte bien aimĂ©, puis-je vivre sans toi ? »), un personnage idĂ©al pour la voix de Marina Rebeka, soprano ample, dramatique, qui ne manque pas de puissance. Tout se joue ici selon sa facultĂ© Ă  nuancer, Ă  phraser et Ă  colorer chaque intonation du texte, riche en connotations liĂ©es Ă  la situation dramatique et psychologique de chaque sĂ©quence. Reconnaissons l’autoritĂ© franche avec laquelle la diva sait incarner, sachant aussi canaliser son formidable instrument.

Marina Rebeka : le tempérament romantique et français

Plus douce et tendre encore, l’admirable ChimĂšne de Massenet (Le Cid), « prĂ©parĂ©e » par le solo de clarinette, impose une hĂ©roĂŻne tout aussi meurtrie, Ă  l’ñme brisĂ©e dont le chant exprime le dĂ©sespoir lacrymal. Les couleurs de la diva sonnent justes et trĂšs affinĂ©es (  » et souffrir sans tĂ©moins. »). De toute Ă©vidence, la soprano nĂ©e Ă  Riga, cultive ici une couleur fauve et fĂ©line, sombre et caverneuse qui rappelle la tragĂ©dienne Callas (dĂ©jĂ  observĂ©e dans son dernier cd « Spirito »), offrant une vision Ă  la fois sincĂšre et exacerbĂ©e de ChimĂšne ; Massenet atteint un sommet d’extase tragique et dĂ©sespĂ©rĂ©e qui fait de son hĂ©roĂŻne cornĂ©lienne, la sƓur de Werther : une Ăąme ardente et maudite, condamnĂ©e Ă  souffrir. VoilĂ  donc un nouveau disque qui couronne la cantatrice rĂ©vĂ©lĂ©e en 2009, il y a plus de dix ans, au festival de Salzbourg sous la direction de Muti.

AprĂšs les 3 premiers airs, denses et tragiques, l’air de Marguerite de Faust offre une insouciance qui fait contraste oĂč la diva plus lĂ©gĂšre, rĂ©ussit ce tour de force entre coquetterie et insouciance. A la diffĂ©rence de nombre de ses consƓurs, « La Rebeka » concilie agilitĂ©, clartĂ© et
 puissance. Sa Carmen, plus fantasque et capricieuse encore, confirme une nette proximitĂ© avec Callas : de la chair, du texte, une puissance sans appui, et un style direct qui font ici mouche. La sirĂšne dragone, dĂ©esse de l’Amour lascif et libĂ©rĂ©e, captive.

Autre sirĂšne, mais celle conçue avant par Bizet, enivrĂ©e par la douceur de la nuit, la berceuse de Leila des PĂȘcheurs de perles, – avec cor obligĂ© : voici Carmen, assagie, en extase. La diva de Riga excelle grĂące Ă  son attention aux nasales françaises, Ă  sa ligne, au soutien (aigus souverains et derniĂšre note). Le chant berce et captive lĂ  encore par la justesse de son approche.

Parmi les autres hĂ©roĂŻnes abordĂ©es : Manon, Juliette, avouons que la chair embrasĂ©e qui indique le poids de l’expĂ©rience passĂ©e et les Ă©preuves endurĂ©es, gagne un surcroĂźt d’évidence dans le rĂŽle charnel et mystique de ThaĂŻs de Massenet dont Marina Rebeka chante deux airs centraux : « Ah je suis seule », la courtisane seule dans une vie factice et vide ; puis « O messager de Dieu », rĂ©vĂ©lation divine pour la grande pĂȘcheresse d’Alexandrie qui reçoit et accepte l’opĂ©ration spirituelle qui la terrasse (« ma chair saigne. », symptĂŽme de la fameuse MĂ©ditation, prĂ©cĂ©demment jouĂ© au violon solo)
 La tension sous-jacente et le travail de la mĂ©tamorphose qui sont Ă  l’Ɠuvre dans l’esprit Ă©prouvĂ© de la jeune femme, sont idĂ©alement incarnĂ©s par le beau chant, expressif et sobre de la soprano. Dommage cependant que sa ThaĂŻs perde l’intelligibilitĂ© du français. Ne subsiste que la justesse des couleurs.
CLIC D'OR macaron 200TrĂšs pertinente inclusion dans ce condensĂ© d’opĂ©ra romantique français oĂč rĂšgnent surtout Gounod et l’incontournable Massenet : la cantate pour le Prix de Rome, L’Enfant Prodigue du jeune Debussy: « l’annĂ©e, en vain chasse l’annĂ©e » : le tragique harmoniquement rare du jeune Debussy s’inscrit dans la droite ligne du Massenet le plus mordant et Ăąpre, Ă  laquelle la double invocation : « AzaĂ«l, AzaĂ«l
 pourquoi m’as tu quittĂ©e? », apporte sa blessure mordorĂ©e maternelle que la diva incarne idĂ©alement. Mais lĂ  encore, malgrĂ© des moyens captivants en couleurs et intonations, malgrĂ© l’intelligence de la caractĂ©risation, on regrette en cette fin de rĂ©cital globalement excellent, la perte de la prĂ©cision linguistique. Vite un coach en français pour la diva au talent phĂ©nomĂ©nal : le dernier air de Juliette de Gounod (« Verse toi-mĂȘme ce breuvage, O Romeo, je bois Ă  toi ! ») saisit par son relief expressif, une couleur elle aussi mordante et mĂȘme vĂ©riste, d’une belle conviction chez Gounod dont l’hĂ©roĂŻne tragique, Ă©perdue, revĂȘt ici une incarnation trĂšs impliquĂ©e et charnelle
 Quel chien, quel tempĂ©rament : sa Juliette n’a rien de frĂȘle ; tout respire ici la fureur d’une hĂ©roĂŻne romantique que l’amour embrase jusqu’à la mort. Ses Carmen, Marguerite, ThaĂŻs promettent ici de prochaines prises de rĂŽles, sans compter ce que l’on propose Ă  la chanteuse manifestement passionnĂ©e par le français, un prochain rĂ©cital de mĂ©lodies françaises. A suivre
 de trĂšs prĂšs. Evidemment, comme son prĂ©cĂ©dent « Spirito », le CLIC de CLASSIQUENEWS pour « ELLE ». bravissima Rebeka !

 

 

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ELLE cd critique review cd classiquenews - rebeka-marina-riga-cd-opera-critique-cd-classiquenewsCD, critique. ELLE : MARINA REBEKA, soprano (french opera arias, 1 cd PRIMA classic, 2019) – Sinfonieorchester St.Gallen – Michael Balke, direction/ EnregistrĂ© en Suisse en mai 2019 – 1 cd PRIMA classic - CLIC de CLASSIQUENEWS de mars et avril 2020.

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Approfondir
VISITEZ le site de Marina Rebeka
https://marinarebeka.com/

 

 

REBEKA marina soprano bel canto cd critique review cd par classiquenewsCLIC D'OR macaron 200CD, critique. SPIRITO. MARINA REBEKA, soprano (1 cd Prima classic, juillet 2018)
 Extase tragique et mort inĂ©luctable
 : toutes les hĂ©roĂŻnes incarnĂ©es par Marina Rebeka sont des Ăąmes sacrificielles
. vouĂ©es Ă  l’amour, Ă  la mort. Le programme est ambitieux, enchaĂźnant quelques unes des hĂ©roĂŻnes les plus exigeantes vocalement : Norma Ă©videmment la source bellinienne (lignes claires, harmonies onctueuses de la voix ciselĂ©e, enivrante et implorante, et pourtant Ăąpre et mordante) ; ImogĂšne dans Il Pirata, – d’une totale sĂ©duction par sa dignitĂ© et son intensitĂ©, sa sincĂ©ritĂ© et sa violence rentrĂ©e ; surtout les souveraines de Donizetti : Maria Stuarda (belle coloration tragique), Anna Bolena (que la diva chante Ă  Bordeaux en novembre 2018, au moment oĂč sort le prĂ©sent album). Aucun doute, le cd souligne l’émergence d’une voix solide, au caractĂšre riche qui le naisse pas indiffĂ©rent. Les aigus sont aussi clairs et tranchants, comme Ă  vif, que le medium et la couleur du timbre, large et singuliĂšre.

 

COMPTE RENDU, critique opéra. MONTE CARLO, le 8 mars 2020. Bellini : Le Pirate. Sagripanti, Pirozzi
 version de concert

Il Pirata opera monte carlo critique opera classiquenews -thumb-vignette---il-pirata---spectacles-saison-2019-2020---site-opera-de-monte-carloCOMPTE RENDU, critique opĂ©ra. MONTE CARLO, le 8 mars 2020. Bellini : Le Pirate. Sagripanti, Pirozzi
 version de concert. Prince du bel canto le plus stylĂ©, Bellini fait son entrĂ©e au rĂ©pertoire de l’OpĂ©ra monĂ©gasque mais en version concert, sous la direction de Giacomo Sagripanti. On avait encore en tĂȘte l’incarnation sublime d’ImogĂšne en sa priĂšre ardente par la soprano Anna Kassyan, lors du Concours Bellini Ă  Paris 2016 : une prise de rĂŽle qui valut Ă  la diva le Premier prix.
Depuis Ă  La Scala, Sonya Yoncheva en 2018 s’est appropriĂ©e elle aussi le rĂŽle et l’OpĂ©ra de Paris a manquĂ© son rv en dĂ©c 2019 malgrĂ© un cast prometteur (TĂ©zier, Spyres, Radvanovsky) suite aux grĂšves et mouvements sociaux d’une France en Ă©tat Ă©ruptif. Ainsi cette version concertante Ă  Monaco Ă  l’Auditorium Rainier III prend des airs de rattrapage heureux.

DirigĂ© par Giacomo Sagripanti, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dĂ©taille ce qui fait le propre du bel canto orchestral : sa finesse et des changements de tableaux prĂ©cisĂ©ment enchaĂźnĂ©s. Un flux expressif et souple campe le dĂ©cor d’une action amoureuse et passionnelle prĂȘte Ă  exploser


Le trio protagoniste relĂšve les dĂ©fis de la partition mĂȘme sans dĂ©cors. Au contraire, la musique exprime tout des enjeux de l’action et sans contraintes de jeu, les solistes peuvent s’impliquer davantage dans le chant. Ainsi l’Ernesto de Vittorio Prato qui remplace George Petean initialement programmĂ©, ne manque pas de noblesse sombre et autoritaire. Il s’oppose au Gualtiero de Celso Albelo, qui est le rĂŽle-titre : la technique peine, les aigus sont tendus mais le caractĂšre du hĂ©ros prĂȘt au sacrifice total (et final) est bien lĂ , touchant par sa sincĂ©ritĂ© sans fard, parfois Ă  la limite de ses vĂ©ritables possibilitĂ©s ; rĂ©serves compensĂ©es par une articulation rĂ©jouissante.
ImogĂšne ardente elle aussi mais plus flexible, Anna Pirozzi montre qu’elle maĂźtrise le bel canto, en virtuositĂ© et intonation. Son sens de l’équilibre et de la mesure, Ă©vitant la surenchĂšre, incarne une amoureuse dĂ©terminĂ©e, aussi angĂ©lique que sombre et presque folle Ă  la fin : un protype pour la Lucia di Lammermoor de Donizetti (1835) et la fixation de l’hĂ©roĂŻne romantique italienne par excellence. VoilĂ  une premiĂšre Ă  Monte Carlo qui reste une lecture convaincante qui montre combien Le Pirate est un opĂ©ra clĂ© de Bellini, Ă©videmment Ă  rĂ©estimer sur les scĂšnes internationales. A l’OpĂ©ra de Monaco, revient le mĂ©rite de confirmer la haute valeur du drame crĂ©Ă© Ă  Milan en 1827.

COMPTE-RENDU, critique opéra. PARIS, Bastille, le 5 mars 2020. MASSENET : MANON. Yende / Bernheim

manon massent pretty yen bernheim critique opera classique newsCOMPTE-RENDU, critique opĂ©ra. PARIS, Bastille, le 5 mars 2020. MASSENET : MANON. Yende / Bernheim. AprĂšs Bordeaux, le tĂ©nor Benjamin Bernheim reprend le rĂŽle du Chevalier Des Grieux Ă  Bastille, amoureux transi de la belle Manon ; mais trahi par elle, il devient l’abbĂ© de Saint-Sulpice, avant de retomber dans les bras de celle qui n’a jamais cessĂ© de l’aimer
 RĂ©cemment aurĂ©olĂ© d’une Victoire de la musique (fĂ©v 2020), le chanteur incarne efficacement le personnage dont l’abbĂ© PrĂ©vost, premier auteur avant Massenet, souligne la candeur, l’innocence voire une certaine naĂŻvetĂ© 
fatale. Le tĂ©nor reviendra, pour la saison prochaine 2020-2021, Ă  Bastille aussi, incarnant FAUST de Gounod.
SaluĂ©e Ă  Paris sur la mĂȘme scĂšne dans Lucia di Lammermoor (oct 2016), La Traviata en sept 2019 avec dĂ©jĂ  B.Bernheim comme partenaire, Pretty Yende incarne Manon faisant rayonner son art coloratoure enchanteur au profit d’une nouvelle prise de rĂŽle rafraĂźchissante qui manque cependant d’implication textuelle : pas assez articulĂ©e, parfois inintelligible, la jeune diva sud-africaine manque sa partie Ă  cause d’une mauvaise diction du français et un format qui paraĂźt parfois sous dimensionnĂ© pour le rĂŽle (air du Cours la Reine, et graves inaudibles). Pourtant le caractĂšre est prĂ©sent et la sincĂ©ritĂ© du chant, toujours intacte. On est quand mĂȘme loin des Beverly Sills ou Ileana Cotrubas, voire rĂ©cemment sur cette mĂȘme scĂšne, RenĂ©e Fleming. Tout cela manque et d’épaisseur et d’émotions. Parmi les seconds rĂŽles, Ludovic TĂ©zier (Lescaut) culmine par sa bravoure racĂ©e, onctueuse (un rien trop paternel pour le cousin de Des Grieux), comme Rodolphe Briand (fin Guillot de Mortfontaine, vraie incarnation de l’esprit du Paris Louis XV).

 

 

Manon en meneuse de revue

 

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yende bernheim manon massenet bastille critique opera classique newsHĂ©las, le chef Dan Ettinger aborde Massenet comme une rutilante tapisserie nĂ©obaroque, pompe et puissance pompier en prime : les voix sont couvertes, les chƓurs saturĂ©s, et la direction privilĂ©gie l’effet sur la respiration. Le ballet nĂ©o Versaillais pĂ©tille et ronfle Ă  souhait façon revue musicale. Quant Ă  la scĂšne oĂč Manon fait la reconquĂȘte de son ex amant devenu abbĂ©, la musique verse des rubans de suavitĂ© sirupeuse. La caricature n’est pas loin. Encore une direction surdimensionnĂ©e qui affecte la perception du Massenet, subtil peintre des sentiments. D’autant qu’à la subtilitĂ© d’un XVIIIĂš pourtant Ă©lĂ©gant et parisien dans la partition, le metteur en scĂšne de la nouvelle production parisienne, Vincent Huguet, ex collaborateur de Patrice ChĂ©reau, prĂ©fĂšre l’ivresse des AnnĂ©es Folles qui fait de Manon, une meneuse de revue, la vĂ©ritable reine du Paris libĂ©rĂ©. Ce parti pris aux rĂ©alisations Art DĂ©co trĂšs esthĂ©tisantes, n’empĂȘche pas confusion et mĂ©li-mĂ©los dans la scĂ©nographie et la lisibilitĂ© de certaines situations (la fin de la courtisane mourante.
). Les inserts de JosĂ©phine Baker (comme si l’on avait pas compris le parallĂšle Baker / Manon) coupe la continuitĂ© de l’Ɠuvre originelle et finissent par agacer. L’époque est au zapping, au redĂ©coupage, au saucissonage, quitte Ă  dĂ©naturer la partition d’origine. Soit. La production vaut surtout par le duo des chanteurs dans les deux rĂŽles protagonistes. Attention B. Bernheim / P. Yende ne chantent pas sur toutes les dates ; ils sont remplacĂ©s par d’autres solistes. Voir le site de l’OpĂ©ra Bastille afin d’identifier la distribution qui concerne la date requise. Illustrations : photos ONP © J Benhamou

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LIRE aussi notre présentation de MANON de MASSENET
http://www.classiquenews.com/nouvelle-manon-de-massenet-a-bastille/

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VIDEO : voir le teaser MANON de MASSENET / OpĂ©ra Bastille / Yende, Bernheim – mars 2020

https://www.youtube.com/watch?v=1bMXcG8_Nys&feature=emb_logo

 

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CD, réédition événement. BEETHOVEN : Misas Solemnis, KARAJAN, Berliner 1966 (1 cd DG Deutsche Grammophon)

CD, réédition événement. BEETHOVEN : Misas Solemnis, KARAJAN, Berliner 1966 (1 cd DG Deutsche Grammophon). Il existe déjà une version antérieure (1958) avec le Philharmonia Orchestra et déjà Christa Ludwig parmi les solistes (aux cÎtés de Gedda, Schwarzkopf, Zaccaria et les Wiener Singverein) audible ici :
https://www.youtube.com/watch?v=5bI9-DTloKU
beethoven karajan berliner 1966 classiquenews critique review Missa-Solemnis-Opus-123La version rĂ©alisĂ©e Ă  Berlin en 1966 avec les chers Berliner Philharmoniker affine encore la grande sĂ©duction formelle, les Ă©quilibres entre choeur, orchestre, solistes de cette cathĂ©drale sonore au souffle inimitable. Karajan aussi criticable soit il par son cĂŽtĂ© hĂ©doniste poli solaire reste indiscutable cependant par la ferveur impĂ©rieuse, une attĂ©nuation fraternelle de la priĂšre qu’adresse ici Beethoven Ă  tous les hommes de bonne volontĂ©. Entre appel Ă  la fraternitĂ© gĂ©nĂ©rale – thĂšme ultime et si cher Ă  Ludwig qui inerve son opĂ©ra Fidelio et surtout le final de la 9Ăš Symphonie, et la volontĂ© de construire un monde neuf, Beethoven Ă©difie une arche de rĂ©conciliation et de sublimation active, vĂ©ritable machine de rĂ©demption ; en tĂ©moigne le recueillement du Sanctus, suspendu, vrai cƓur de la priĂšre collective oĂč les solistes agissent comme intercesseurs. Le plateau des chanteurs est superlatif, et la direction d’une Ă©conomie rĂ©elle, laissant respirer le tissu orchestral et choral, sachant surtout dessiner avec clartĂ© chaque ligne tout en prĂ©cisant son enjeu, au sein du cycle entier. Le maĂźtre mot de Beethoven est la compassion fraternelle : elle se dĂ©ploie ici sans entrave avec propre au Karajan de l’aprĂšs guerre, et l’esprit de reconstruction aprĂšs la guerre qui s’y cristallise, une Ă©paisseur parfois tendre qui sous tend toute la basilique symphonique. Le geste est sĂ»r et la vision d’un recueillement profond : Ă©couter ici la sidĂ©ration pacificatrice du Benedictus, appel au dĂ©sarmement total et Ă  l’amour des autres, miraculeuse fontaine salvatrice qui console, rassure, exauce
 comme l’adagio de la 9Ăš. RemastĂ©risĂ©e 24 BIT / 192 kHz, la lecture de 1966 rĂ©alisĂ©e Ă  Berlin marque la carrure de l’immense chef salzbourgeois
 qui ne cesse alors de conquĂ©rir la planĂšte classique (Ă  58 ans). Un must absolu (avec la version de Klemperer le vĂ©ritable maĂźtre avant Karajan, lui aussi directeur musical du Philharmonia, mort en 1973). Karajan se livre dans cette archive Ă  connaĂźtre absolument : intĂ©rioritĂ©, passion, architecture.

 

 

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LIRE aussi notre dossier BEETHOVEN 2020

beethoven 1803 apres Symphonie 1 creation symphonies romantiques classiquenews review compte rendu cd critique 800px-Beethoven_3DOSSIER BEETHOVEN 2020 : 250 ans de la naissance de Beethoven. L’anniversaire du plus grand compositeur romantique (avec Berlioz puis Wagner Ă©videmment) sera cĂ©lĂ©brĂ© tout au long de la saison 2020. Mettant en avant le gĂ©nie de la forme symphonique, le chercheur et l’expĂ©rimentateur dans le cadre du Quatuor Ă  cordes, sans omettre la puissance de son invention, dans le genre concertant : Concerto pour piano, pour violon, lieder et sonates pour piano, seul ou en dialogue avec violon, violoncelle
 Le gĂ©nie de Ludwig van Beethoven nĂ© en 1770, mort en 1827) accompagne et Ă©blouit l’essor du premier romantisme, quand Ă  Vienne se disperse l’hĂ©ritage de Haydn (qui deviendra son maĂźtre fin 1792) et de Mozart, quand Schubert aussi s’intĂ©resse mais si diffĂ©remment aux genres symphonique et chambriste. Venu tard Ă  la musique, gĂ©nie tardif donc (n’ayant rien composĂ© de trĂšs convaincant avant ses cantates Ă©crites en 1790 Ă  20 ans), Beethoven, avant Wagner, incarne le profil de l’artiste messianique, venu sur terre tel un Ă©lu sachant transmettre un message spirituel Ă  l’humanitĂ©. Le fait qu’il devienne sourd, accrĂ©dite davantage la figure du solitaire maudit, habitĂ© et rongĂ© par son imagination crĂ©ative. Pourtant l’homme sut par la puissance et la sincĂ©ritĂ© de son gĂ©nie, par l’intelligence de son caractĂšre pourtant peu facile, Ă  sĂ©duire et cultiver les amitiĂ©s. Ses rencontres se montrent souvent dĂ©cisives pour l’évolution de sa carriĂšre et de sa reconnaissance. Pour souligner combien le gĂ©nie de Beethoven est inclassable, singulier, CLASSIQUENEWS dresse le portrait de la vie de Beethoven (en 4 volets), puis distingue 4 Ă©pisodes de sa vie, particuliĂšrement dĂ©cisifs


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CD Ă©vĂ©nement. CHOPIN : L’intĂ©grale des MAZURKAS. Yves Henry, piano Pleyel 1837 (3 cd Soupir)

CD Ă©vĂ©nement. CHOPIN : L’intĂ©grale des MAZURKAS. Yves Henry, piano Pleyel 1837 (3 cd Soupir)   –   De sept 2018 Ă  mai 2019, le pianiste Yves Henry enregistre Ă  Croissy et en public toutes les Mazurkas de Chopin, le plus parisien et français des Polonais. Il en rĂ©sulte cette intĂ©grale des Mazurkas parvenues (soit 58 sur les 60 Ă©crites entre 1825 et 1849) jouĂ©es sur un clavier historique Pleyel 1836 (conservĂ© dans les collections de la ville de Croissy sur Seine).

 

 

HENRY YVES MAZURKAS 1825 1849 cd critique review classiquenewsYves Henry dĂ©voile de l’intĂ©rieur la matrice compositionnelle d’un Chopin, d’abord adolescent, trĂšs influencĂ© par les danses polonaises traditionnelles qui sous le filtre de son gĂ©nie expĂ©rimental et presque fantasque, deviennent dans chaque nouvelle mazurka, une cellule autonome ; chaque partition investie dĂ©veloppe autant d’idĂ©es, mais dans un instantanĂ© intense, entre nervositĂ©, langueur, caractĂšre. L’ultime de 1849 est laissĂ©e inachevĂ©e (mais jouĂ©e dans la version du regrettĂ© Milosz Magin auquel le pianiste français rend hommage aussi). Le cycle entier a valeur de journal intime, proche des Ă©tats d’ñme et des humeurs du compositeur pianiste, enclin Ă  la rĂȘverie, secrĂšte parfois Ă©nergique et sanguine, comme Ă  la contemplation Ă  laquelle il confĂšre des couleurs personnelles dans cette recherche de la rĂ©sonance qui lui est spĂ©cifique. Le piano historique renforce cette Ă©troite connivence entre la pensĂ©e qui cherche et ajuste selon son idĂ©al, et la mĂ©canique sonore du clavier, capable de lui rĂ©pondre, avec cette finesse caractĂ©risĂ©e du timbre oĂč le bois domine.
Le jeu du pianiste s’est adaptĂ© Ă  cette mĂ©canique fragile et prĂ©cise, offrant une subtile comprĂ©hension du jeu de bascule dans chaque Mazurka:  dĂ©tente et tension, Ă©noncĂ© et rĂ©ponse, trĂšs prĂ©cisĂ©ment articulĂ© : suspens d’un motif ascendant, puis reflux descendant (le modĂšle en est la cĂ©lĂšbre Mazurka opus 7 n°1 de 1830, plage 13 du cd1). Ailleurs, la vitalitĂ© tournoyante qui semble parfois faire du surplace en une cogitation expĂ©rimentale emporte le flux qui semble improvisĂ© (c’est le cas des Mazurkas de l’opus 17, 1, 2, 3, 4, de 1830 – 1833) ; interrogatif toujours, Chopin se laisse comme envoĂ»ter par le cycle de motifs qui se rĂ©pĂštent Ă  l’infini, comme un enfermement obsessionnel, volontaire et conscient : le travail inexorable de l’exil chez cet apatride, dĂ©possĂ©dĂ© de sa terre natale ?

CLIC D'OR macaron 200Les 3 cd dĂ©voilent un travail spĂ©cifique et attentionnĂ© sur la portĂ©e et les enjeux de chacune des mazurkas ainsi rĂ©inscrite dans une totalitĂ© qui fait sens. L’immersion est totale, servie aussi par un riche accompagnement Ă©ditorial : le livret analysant chacune des 58 Mazurkas ainsi rĂ©investies (passionnant texte de l’interprĂšte). Si Chopin contredit Liszt dans ce rapport de l’intime qui Ă©carte tout effet de brio virtuose propre aux salles de concert, cet enregistrement dĂ©livre dans une austĂ©ritĂ© poĂ©tique assumĂ©e, l’étonnante diversitĂ© du genre, mais dans un registre autre, personnel, viscĂ©ralement intime oĂč chaque Mazurka revivifie un questionnement spĂ©cifique ; pas une qui ne se ressemble mais qui pourtant rappelle les autres. Le voyage est Ă©tonnant : il s’inscrit autant dans l’esprit de superbe liĂ© Ă  la danse de bal que dans l’indicible d’une sensibilitĂ© qui murmure et renonce ; il renseigne mieux ce spleen chopinien, effet de la langueur et de l’exil, mais si subtilement chantant et donc bellinien. En s’appuyant sur un regard critique et cohĂ©rent, voici un cycle majeur qui plonge au cƓur du chaudron chopinien.

 

  

 

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CD, Ă©vĂ©nement. CHOPIN : MAZURKAS, intĂ©grale (48 Mazurkas, 1825 – 1849) – Yves Henry, piano Pleyel 1836 (3 cd Soupir). EnregistrĂ© au ChĂąteau Chanorier, Croissy sur Seine, sept 2018 – avril 2019 / CLIC de classiquenews de fĂ©vrier 2020. Documentaire et exhaustive, l’édition discographique dirigĂ©e par Yves Henry offre en bonus (cd III), plusieurs documents Ă©loquents dont une « BourrĂ©e » notĂ©e par Chopin en Berry, 3 Mazurkas inĂ©dites ou mĂ©connues (opus 41, 67, 68)


 

  

 
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Chopin en 1835 (DR)
 

CD, critique. SCHUMANN : L’Hermaphrodite. Laurianne Corneille, piano (1 cd Klarthe records)

KLA094-CORNEILLE-LAURIANNE-cd-KLARTHE-robert-schumann-piano-kreisleriana-critique-cd-classiquenewsCD, critique. SCHUMANN : L’Hermaphrodite. Laurianne Corneille, piano (1 cd Klarthe records) – On ne soulignera jamais assez la fascination des mondes doubles de Robert Schumann, ses masques jaillissants, Ă  l’insolente Ă©nergie dont la volubilitĂ© versatile, changeante comme une onde insaisissable, semble tout synthĂ©tiser de la psychĂ© humaine. Parce qu’il a choisi de s’inscrire au cƓur de ses contradictions mĂȘmes, le piano de Schumann semble offrir le miroir le plus complet de l’ñme humaine
 Le prĂ©sent programme en tĂ©moigne et s’intitulant « L’Hermaphrodite », Ă  la fois masculin et fĂ©minin, il Ă©claire l’ambivalence captivante schumannienne / « doppelgĂ€nger » (sosie / double); Ă  la fois EusĂ©bius et Florestan, telles deux sensibilitĂ©s non pas contradictoires mais complĂ©mentaires. A l’interprĂšte d’en comprendre les enjeux, manifester l’activitĂ©, rĂ©aliser l’unitĂ©.

Sur les traces et dans les sillons de la pensĂ©e critique de Roland Barthes (Rasch dont elle lit aussi un extrait en bonus), la pianiste Laurianne Corneille exprime d’abord les « coups » fragiles, tĂ©nus, passionnĂ©s du fougueux et sombre Florestan, dans les Kreisleriana : « un corps qui bat » ; la lutte de Robert contre lui-mĂȘme ? , puis sait polir la courbe moins explicite d’une premiĂšre Ă©coute ; celle de la douceur d’Eusebius (sa tendresse calme et mĂȘme Ă©nigmatique), conçue comme le nĂ©gatif du tumulte premiĂšrement dĂ©celĂ©.

 

 

Les doubles réconciliés

 

 

Un cheminement qui nous conduit Ă  la clĂ©, sommet de cette libĂ©ration Ă©motionnelle qui va par Ă©tapes : le Widmung (chant de l’amour) et qui dĂ©voile le 3Ăš terme de la trinitĂ© Schumanienne : « Raro », rĂ©bus amoureux qui fusionne ClaRA et RObert Schumann, l’un des rares couples parmi les plus lĂ©gendaires de l’histoire de la musique. Ici, lumineuses et sincĂšres, leurs deux Ăąmes fusionnent. Widmung ici jouĂ© dans sa transcription pour piano seul de Liszt, ravive intacte, la magie du sentiment amoureux le plus pur, tout en se rapprochant de l’indicible nostalgie schubertienne.

Comme deux pĂŽles fascinants, la pianiste aborde d’abord Les Chants de l’aube, une toute autre confession / contemplation personnelle, frappĂ©e par l’épaisseur grave de la maturitĂ©, Ă©laborĂ©e quelques temps avant son suicide dans le Rhin.
Puis, miroir de la jeunesse de Robert, ses Ă©lans et sa dĂ©claration d’amour pour Clara : les Kreisleriana ; ce sont moins les secousses chaotiques d’une pensĂ©e confuse, au bord de la folie (comme on le joue trop souvent, comme on les prĂ©sente aussi systĂ©matiquement), que la manifestation Ă©clatante d’un tempĂ©rament divers, pluriel, Ă©tonnamment riche qui a affrontĂ© la peur et le rĂȘve ; les espoirs et la dĂ©sillusion. Les 8 Ă©pisodes caressent l’intranquille et tenace activitĂ© schumanienne, comme une sĂ©rie de crĂ©pitements ardents, semĂ©s de coups et de chocs, physiques comme cĂ©rĂ©braux. Schumann a tout vĂ©cu, tout senti, tout mesurĂ©. L’interprĂšte embrasse le flux pianistique dans sa sauvage complexitĂ© sans jamais perdre son fil.

Comme leur aboutissement logique, Les Chants de l’aube en sont la rĂ©alisation finale, l’aveu du renoncement et de la mort. 5 sections conçues comme un lent mais inexorable effondrement progressif, Ă©noncĂ© comme un chant doux et liquide (le dernier en particulier, envisagĂ© comme un ocĂ©an qui se retire : « Im Anfange ruhiges  »).
En recueillant pour elle-mĂȘme les disparitĂ©s faussement confuses du chant schumanien, Laurianne Corneille trouve ce « fil d’or » qui unifie les directions, Ă©quilibre les tensions, enrichit toujours sa propre expĂ©rience intĂ©rieure ; voilĂ  qui rend les Ɠuvres de Schumann, rĂ©vĂ©latrices d’un cheminement, en rien instinctif et prĂ©cipitĂ©, plutĂŽt rĂ©flĂ©chi et magistralement contrĂŽlĂ©, conscient et assumĂ©. L’éprouvĂ©, brisĂ©, saisi est rĂ©unifié  voire « sublimé » selon l’esthĂ©tique japonaise du kintsugi, cet art qui rĂ©pare les cĂ©ramiques cassĂ©es et leur offre une nouvelle vie (cf la notice trĂšs personnelle qui accompagne le cd). Chez Schumann, ce voyage entre deux rives, devient bĂ©nĂ©fique. A la fois, salvateur et rĂ©parateur. Lumineuse et intime rĂ©alisation.

 

 

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CD, critique. SCHUMANN : L’Hermaphrodite. Kreisleriana, Les Chants de l’aube
 Laurianne Corneille, piano (1 cd Klarthe records – enregistrement rĂ©alisĂ© en fĂ©v 2019).

https://www.klarthe.com/index.php/fr/enregistrements/lhermaphrodite-detail

Robert Schumann
GesĂ€nge der FrĂŒhe / Chants de l’aube, opus 133
“Kreisleriana” opus 16
Liebeslied aus Myrthen, opus 25  (transcription de Franz Liszt)

Laurianne Corneille, piano

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CONCERT
Soirée Klarthe records
Lundi 2 mars 2020, PARIS, salle Colonne, 20h.
SCHUMANN par Laurianne Corneille, piano
BRAHMS : Florent HĂ©au, clarinette et le Quatuor Voce.
RĂ©servez vos places directement auprĂšs de Klarthe :
https://www.billetweb.fr/schumann-brahms-klarthe

 

 

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Nina STEMME chante FIDELIO de BEETHOVEN

Nina StemmeBRUXELLES, PARIS : FIDELIO, les 25, 27 fev 2020. L’annĂ©e Beethoven a bel et bien commencé  En voici un premier temps fort, son unique opĂ©ra portĂ© ici par un plateau suĂ©dois, couronnĂ© par la soprano wagnĂ©rienne Nina Stemme (dĂ©tentrice du prix Birgit Nilson 2018). S’il a composĂ© plusieurs musiques de scĂšne, Beethoven s’est concentrĂ© sur un seul opĂ©ra. Fidelio demeure son unique ouvrage lyrique. CĂ©lĂšbre et dĂ©jĂ  estimĂ© comme le prophĂšte de la musique virile et moderne, Ludwig en Ă©crit 3 versions. La premiĂšre en 1805 comportait 3 actes, la deuxiĂšme en 1806 n’en comportait que 2. La troisiĂšme version crĂ©Ă©e le 23 mai 1814 Ă  Vienne, a Ă©tĂ© reprĂ©sentĂ©e en France, Ă  Paris Ă  l’OdĂ©on en 1825. Beethoven a mis au net ce qui ne lui semblait pas totalement achevĂ© dans les versions prĂ©cĂ©dentes. D’ailleurs, il n’était pas tout Ă  fait prĂȘt pour la premiĂšre et il a continuĂ© Ă  l’amĂ©liorer pour les dates suivantes. les diverses ouvertures Leonore fixe les avancĂ©es et modifications opĂ©rĂ©es version aprĂšs version.

BEETHOVEN CONTRE LES TYRANS
BEETHOVEN-portrait-dossier-beethoven-2020-classiquenews-concerts-festivals-2020-Ludwig-Van-Beethoven-1Le succĂšs n’a fait qu’augmenter au fur et Ă  mesure des reprĂ©sentations. RĂ©volutionnaire, Beethoven transmet dans cet opĂ©ra sa passion pour la libertĂ©, au point d’assurer aujourd’hui Ă  l’ouvrage, la valeur et le statut d’un mythe lyrique : Fidelio est devenu avec le temps, l’opĂ©ra de la libertĂ© contre toutes les formes d’oppression et de pouvoir tyrannique. Comme l’hymne Ă  la joie de Schiller, sublimĂ© dans le finale de la 9Ăš symphonie est le manifeste pour l’avĂšnement de la sociĂ©tĂ© fraternelle, un idĂ©al supĂ©rieur toujours utopique.
Epouse admirable et d’un courage immense, Leonore incarne l’amour et la force. C’est la paix armĂ©e, prĂȘte Ă  en dĂ©coudre et ici, capable de changer de sexe et d’apparence, de devenir Fidelio pour libĂ©rer de sa prison son Ă©poux incarcĂ©rĂ©, Florestan. Elle doit vaincre la barbarie des gĂ©oliers dont surtout l’infect Pizzaro, aidĂ© de Rocco

Temps forts de l’action : le monologue tragique de Forestan dans l’obscuritĂ© de sa cellule (dĂ©but du II), le duo d’amour entre Leonore / Fidelio et Florestan ensuite
 le chƓur de la libertĂ© entonnĂ© par le peuple Ă  la fin du drame.

Fin heureuse, les deux Ă©poux sĂ©parĂ©s se retrouvent et le prisonnier est libĂ©rĂ© quand paraĂźt le ministre Don Fernando, image du politique vertueux, inspirĂ© par l’esprit des lumiĂšres. Du reste tout le final est portĂ© par une irrĂ©pressible jubilation, victorieuse et lumineuse.

 

 

 

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A Bruxelles, Bozar
Mardi 25février 2020
version de concert
https://www.bozar.be/fr/activities/150959-fidelio-semi-concertante-premiere-en-belgique

Swedish Chamber Orchestra – Swedish Radio Choir – Thomas Dausgaard, direction – Nina Stemme, Leonore – Michael Weinius, Florestan – John Lundgren, Pizzaro – Malin Christensson, Marcellina – Johan Schinkler, Rocco – Karl Magnus Fredriksson, Don Fernando – Daniel Johannsen, Joaquino – Sam Brown, « mise en scĂšne » – Bengt GomĂ©r, dĂ©cors, crĂ©ation lumiĂšres

 

 

 

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A Paris, TCE
Jeudi 27 février 2020
version de concert
https://www.theatrechampselysees.fr/la-saison/opera-en-concert-et-oratorio/fidelio

Nina Stemme, Leonore
Michael Weinius, Florestan
Malin Christensson, Marzelline
John Lundgren, Don Pizarro
Karl-Magnus Fredriksson, Don Fernando
Johan Schinkler, Rocco
Daniel Johannsen, Jaquino
Thomas Dausgaard, direction
Swedish Chamber Orchestra
Swedish Radio Choir

 

 

 

OpĂ©ra chantĂ© en allemand, surtitrĂ© en français et en anglais  -  PrĂ©sentation de l’opĂ©ra Fidelio de Beethoven sur le site du TCE / Paris :
La victoire de l’amour conjugal sur la tyrannie est le thĂšme central de l’unique opĂ©ra de Beethoven, mĂȘme si l’ouvrage connut une lente maturation avec une premiĂšre version qui vit le jour sous le nom de Leonore, en l’honneur de son hĂ©roĂŻne illustrant esprit de libertĂ© et fidĂ©litĂ©. Par sa forme, Fidelio appartient au genre du singspiel allemand dont la particularitĂ© est de faire alterner dialogues parlĂ©s (et non des rĂ©citatifs) et chant. Ici tout l’art de l’écriture pour orchestre du musicien s’y dĂ©ploie avec majestĂ© dĂšs l’ouverture. Cet hymne Ă  la libertĂ© est Ă©galement une partition redoutable pour les voix et une Ɠuvre qui occupe aujourd’hui encore une place particuliĂšre par sa force et sa dimension « fĂ©ministe » et politique. Un rĂŽle-titre Ă©crasant ici incarnĂ© par l’immense Nina Stemme.
Diffusion ultérieure sur France Musique.

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CD Ă©vĂ©nement, annonce. VÍKINGUR ÓLAFSSON : Rameau / Debussy (1 cd DG Deutsche Grammophon). CLIC de CLASSIQUENEWS – mars 2020. Parution annoncĂ©e le 27 mars 2020.

olafsson-vikingur-rameau-debussy-dg-deutsche-grammophon-annonce-cd-critique-review-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, annonce. VÍKINGUR ÓLAFSSON : Rameau / Debussy (1 cd DG Deutsche Grammophon). Dans son dĂ©jĂ  3Ăš album chez DG Deutsche Grammophon, l’islandais virtuose Vikingur Olafsson souligne la parentĂ© filigranĂ©e entre Rameau et Debussy, une fraternitĂ© musicale voire un lien d’interchangeabilité  Leur « entente » magique Ă©tait avĂ©rĂ©e : Debussy Ă  la suite de Saint-SaĂ«ns ou FĂ©tis (au XIXĂš) trouvant chez le Baroque, cet esprit français intact et pur, bienvenu dans le contexte franco français et antiallemand au dĂ©but du XXĂš. Rameau et ses suaves arabesques, aussi dĂ©coratives qu’intellectuelles comblait le goĂ»t alors le si difficile Monsieur croche alias Debussy. Comme le visuel l’indique, Olafsson joue Debussy comme s’il en peignait l’art des harmonies diffuses, colorĂ©es, entrelacĂ©es. La couleur rĂšgne, suggestive, aux ouvertures et souffle atmosphĂ©rique (il n’est pas contemporain des derniĂšres explorations impressionnistes
 celle du Monet des Nympheas pour rien) : Jardin sous la pluie, Des pas sur la neige, jusqu’à Ondine (PrĂ©ludes, Livre II).

 

 

Vikingur Olafsson : 3Ăšme album chez DG

Rameau en futuriste,
Debussy néobaroque


 

 

 

« Je veux montrer Rameau comme un futuriste et souligner les racines profondes de Debussy dans le baroque français – et dans la musique de Rameau en particulier. L’idĂ©e est que l’auditeur oublie presque qui est qui, en Ă©coutant l’album », prĂ©cise le pianiste. L’interprĂšte inspirĂ© de Philip Glass et de JS Bach, renoue ici avec cette clartĂ© incisive des grilles contrapuntique dont il dĂ©duit des sĂ©quences motoriques impressionnantes, au profit d’un Rameau soudainement Ă©lectrisĂ© de l’intĂ©rieur ; d’une mĂ©canique aussi huilĂ©e qu’impeccablement millimĂ©trĂ©e, Olafsson renforce l’énergie dansante des danses chez Rameau, son gĂ©nie de la pulsion
 qui passe aussi chez le Debussy des Children’s corner (SĂ©rĂ©nade for the Doll, The snow is dancing)
 Mais tout prĂ©pare au panthĂ©on poĂ©tique, magnifiquement sculptĂ© des piĂšces du 4Ăš Concert avec L’indiscrĂšte et La Rameau (autobiographie dont Olafsson restitue l’humour et l’autodĂ©rision).

CLIC D'OR macaron 200ComplĂ©ments Ă  grande valeur onirique aussi, la piĂšce de son cru d’aprĂšs Rameau « Arts and Hours » (dont l’immatĂ©rialitĂ© Ă©vanescente saisit, un rĂȘve musical Ă©noncĂ© avec une pudeur Ă©nigmatique ; enfin, extrait des Images du Livre I, le trĂšs opportun « Hommage Ă  Rameau ». Intelligent, pertinent sur le plan des enchaĂźnements, magicien et volubile dans son jeu, Vikingur Olafsson cĂ©lĂšbre la pensĂ©e musicale de deux immenses gĂ©nies de la forme ; le pianiste islandais confirme sa digitalitĂ© experte dans ce 3Ăš cd DG trĂšs rĂ©ussi. Pleine critique Ă  venir fin mars, lors de la parution annoncĂ©e du cd Debussy / Rameau par Vikingur Olafsson, piano ( 1 cd DG Deutsche Grammphon ).

 

 

 

 

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CD Ă©vĂ©nement, annonce. VÍKINGUR ÓLAFSSON : Rameau / Debussy (1 cd DG Deutsche Grammophon). CLIC de CLASSIQUENEWS – mars 2020. Parution annoncĂ©e le 27 mars 2020.
 

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VOIR
Víkingur Ólafsson – Glass: Étude No. 5

 

 

 
JS BACH
Bach: Organ Sonata No. 4, BWV 528: II. Andante [Adagio] (Transcr. Stradal) / vidéo clip

 

 

 

 

JS BACH
Pianist VĂ­kingur Ólafsson performs J.S. BachÂŽs “Prelude & Fugue” in C minor, BWV 847 live from Harpa, ReykjavĂ­k

 

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 LIRE aussi : les critiques cd Vikingur OLAFSSON sur CLASSIQUENEWS :

 

olafsson vikingur jean sebastian bach critique cd par classiquenewsCD, Ă©vĂ©nement. JS BACH : Vikingur Olafsson, piano (1 cd DG Deutsche Grammophon, 2018). Depuis un an, l’écurie DG Deutsche Grammophon Ă©largit la palette de ses talents, en accueillant le pianiste islandais VĂ­kingur Ólafsson dont le prĂ©cĂ©dent programme, premier et convaincant, Ă©tait dĂ©diĂ© Ă  Philip Glass. L’interprĂšte poursuit un parcours sans faute dans ce nouvel album, dĂ©diĂ© Ă  JS BACH dont il sĂ©lectionne PrĂ©ludes et Fugues, originelles et transcriptions, certaines signĂ©es de sa main (air de la cantate « Widerstehe doch der SĂŒnde ».)
 Fragments trĂšs bien choisis du Clavier bien tempĂ©rĂ©, mais aussi Sinfonia (au contrepoint redoutable), 
 transcriptions historiques aussi signĂ©es Busoni, Rachmaninov, Ziloti
 chaque sĂ©quence ainsi enchaĂźnĂ©e, compose un tableau global d’une indĂ©niable cohĂ©rence ; Olafsson prĂ©cisant le gĂ©nie multiforme d’un Bach, maĂźtre du dĂ©veloppement aussi intense, expressif, caractĂ©risĂ© que court. C’est un « maĂźtre de l’histoire courte ». Ou du court mĂ©trage pourrions nous dire plus justement. Quelques exemples d’un parcours qui se fait voyage et traversĂ©e enchantĂ©s ? Lire notre critique intĂ©grale du cd JS BACH par Vikingur Olafsson

vikingur-olafsson-glass cd review classiquenewsCD, compte rendu critique. PHILIP GLASS : Pianos works, oeuvres pour piano. Vikingur Ólafson, piano (1 cd Deutsche Grammophon). Le feu dans le GLASS
 Quasiment 1h20 de bonheur musical, en un temps recomposĂ©, dans ce flux qui se joue des rythmes et des ruptures harmoniques propre Ă  crĂ©er cette temporalitĂ© hypnotique dont Glass sait nous rĂ©galer depuis prĂšs de 50 ans
 L’islandais Vikingur Olafsson a sĂ©lectionnĂ© un cycle d’Études, extraites des deux Recueils Ă©ditĂ©s et validĂ©s par le compositeur au minimaliste richement suggestif. Pour les 80 ans de Philip Glass, le pianiste Olafsson, diplĂŽmĂ© de la Juilliard School de New York, vĂ©ritable icĂŽne de la modernitĂ© en Islande, crĂ©ateur de bon nombre de nouvelles Ɠuvres, fondateur de son propre label aussi, nous rĂ©gale dans cette succession de climats aux teintes subliminales, dans un toucher prĂ©cis et clair, miraculeusement sobre, qui nuance dĂ©cisive, fait toute la part Ă  l’attĂ©nuation et la poĂ©sie sonore. C’est que le trentenaire (32 ans en 2017) a travaillĂ© avec Glass. Une sorte d’adoubement officiel a Ă©tĂ© proclamĂ©, soulignant la justesse artistique qui sans cela, s’impose d’elle mĂȘme, Ă  travers ces 13 sections, dont le dĂ©but et la fin sont repris de « Opening » extraits de Glassworks (1981) et retravaillĂ© dans ce reprise final par Christian Badzura. Lire notre critique complĂšte du rĂ©cital PHILIP GLASS par VIKINGUR OLAFSSON

CD, AMOUREUSE FLAMME : Massenet, Gounod, Berlioz, Saint-Saëns
Karine Deshayes (1 cd Klarthe)

deshayes-karine-une-amoureuse-flamme-opera-francais-critique-cd-classiquenews-orchestre-victoir-hugo-verdier-critique-opera-classiquenews-KLARTHE-recordsCD, AMOUREUSE FLAMME : Massenet, Gounod, Berlioz, Saint-SaĂ«ns
 Karine Deshayes (1 cd Klarthe)  -   “Amoureuse flamme” ces mots empruntĂ©s Ă  Marguerite vont comme un gant Ă  notre mezzo nationale Karine Deshayes dont le veloutĂ© chaud, noble et articulĂ© s’affirme ici avec l‘aplomb de diva souveraine. Et il en faut tant les hĂ©roĂŻnes convoquĂ©es sont altiĂšres et passionnĂ©es : toutes amoureuses et racĂ©es. Cendrillon, Charlotte (Werther) de Massenet ; La reine de Saba et surtout Sapho (et sa lyre immortelle) de Gounod ; sans omettre Marguerite et son « ardente flamme » (La Damnation de Faust de Berlioz) la cantatrice publie ce programme rĂ©jouissant pour ne pas dire irrĂ©sistible chez KLARTHE records. La soie sombre et cuivrĂ©e de son timbre en fait aujourd’hui par son style racĂ©e et naturel, sa prosodie parfaite, son Ă©locution, une interprĂšte taillĂ©e comme un diamant pour le beau chant romantique français. Les moyens techniques sur toute la tessiture sont idĂ©alement maĂźtrisĂ©s et la cantatrice peut interprĂ©ter et incarner toutes les facettes de passionnantes hĂ©roĂŻnes, dont les plus captivantes du grand opĂ©ra français : de Charlotte Ă  Marguerite, de Rachel Ă  la Reine de Saba
 Cette Reine de Saba qu’hier une prĂ©cĂ©dente diva mĂ©morable et diseuse hors pair, la soprano RĂ©gine Crespin, savait aussi embraser et illuminer de son intelligence.

Dans le cas de sa cadette Deshayes (qui reçut une masterclass de son aĂźnĂ©e), la transmission a Ă©tĂ© rĂ©elle et bĂ©nĂ©fique, tant Ă  tessitures diffĂ©rentes, les deux divas partagent la mĂȘme Ă©quitĂ©, la mĂȘme rayonnante clartĂ© et la finesse d’intonation. L’articulation du français, sa caractĂ©risation spĂ©cifique, le souci du texte avant la pure virtuositĂ© et la beautĂ© sonore distinguent aujourd’hui le chant de la diva française.

D’autant qu’aux airs connus, Karine Deshayes sait aussi dĂ©fricher des perles Ă©cartĂ©es, restituant Ă  la lumiĂšre
 des joyaux injustement oubliĂ©s
 comme La Juive d’HalĂ©vy (Rachel) ou particuliĂšrement l’air de blessure secrĂšte de Catherine d’Aragon de l’opĂ©ra Henri VIII de Saint-SaĂ«ns. La noblesse des grandes amoureuses aristocratiques voire royales lui va comme un gant.
Plus facĂ©tieuse encore, Karine Deshayes aborde ici Carmen, ses paroles cĂ©lĂ©brissimes : « L’amour est enfant de BohĂšme, il ne connaĂźt pas de loi », mais chantĂ©es sur un air alternatif qui souligne la fraĂźcheur et l’insolence de la jeune gitane, dans l’esprit inĂ©dit d’une chanson Ă  boire


Distinguons dans cette galerie enivrante voire vertigneuse quelques profils particuliĂšrement convaincants : D’abord sa Cendrillon (Massenet) : la tension extrĂȘme, l’effroi parfois panique dĂ©fende le texte en une narration vive et affĂ»tĂ©e ; le mezzo qui doit avoir l’agilitĂ© coloratoura d’une LakmĂ©, exprime idĂ©alement la dĂ©termination de Cendrillon, en femme forte. Belle justesse dans le chant et l’incarnation.
Puis sa Catherine d’Aragon (Henri VIII de Camille SainSaĂ«ns) pose l’épouse dĂ©laissĂ©e par son royal mari dĂ©jĂ  envoĂ»tĂ© par Anne Boleyn
 C’est un air de nostalgie pour sa terre natale (l’Espagne), air de langueur macabre, oĂč l’ñme endolorie se laisse mourir, passive, en une mĂ©lodie sombre d’une douleur infinie, couleur de la dignitĂ© blessĂ©e : la diva fait surgir des couleurs fauves, celles d’une douleur interrogative, sans rĂ©ponse.

Sa ChimĂšne (Le Cid de Massenet) Ă©claire davantage les possibilitĂ©s de la chanteuse tragique et noble, parfaite sƓur du thĂ©Ăątre tragique classique de Racine ; le timbre sonne idĂ©al pour ce dolorisme inquiet, intranquille, qui pleure son pĂšre. Semblable Ă  Crespin, comme aux grandes divas qui ont marquĂ© le chant français, Karine Deshayes subjugue par l’élĂ©gance du style, l’économie des moyens.

 

Diva romantique et tragique
Deshayes au sommet

 

 

Se dĂ©ploie enfin sa Marguerite (Damnantion de Faust de Berlioz) dans laquelle la tessiture convient parfaitement au caractĂšre du rĂŽle : celui d’une amoureuse Ă©perdue, pudique mais passionnĂ©e, saisie par une passion qui la dĂ©vore ; en rĂ©alitĂ© le double fĂ©minin de Berlioz, lui-mĂȘme Ăąme tourmentĂ©e capable de s’engager au delĂ  de toute raison

Dans une dĂ©clamation digne et noble elle aussi et sereinement tragique, Sapho (Gounod) s’éclaire de l’intĂ©rieur, avant que la houle marine ne le recouvre de son linceuil
 Gounod, spĂ©cialiste de l’amour fatal, maudit (avec RomĂ©o et Juliette) imagine la poĂ©tesse inspirĂ©e qui fait vibrer sa harpe cĂ©leste comme OrphĂ©e, sa lyre enchanteresse. Noblesse, simplicitĂ©, couleur intĂ©rieure d’un cƓur qui meurt et se rĂ©pand (au son du doux hautbois) : tout dans la voix de Karine Deshayes resplendit telle une magnifique leçon de chant et de bon goĂ»t. Son dernier aigu comme une imprĂ©cation ultime, ressuscite la malĂ©dictions des grandes sorciĂšres de l’opĂ©ra baroque.

D’une activitĂ© intĂ©rieure irrĂ©pressible, proche de Puccini, la Charlotte du Werther de Massenet fait entendre des couleurs bouleversantes ; grand rĂŽle pour grande interprĂšte. C’est peut-ĂȘtre lĂ  dans cette ligne cuivrĂ©e, souple, ondoyante, cette couleur naturellement Ă©lĂ©gante, une rĂ©surgence du style de RĂ©gine Crespin dont La Deshayes perpĂ©tue le chien comme la beautĂ© sombre, mais avec un sens du texte 
 moindre (c’est lĂ  son seul dĂ©faut, bien infime).
Deux airs de Charlotte qui montrent aussi quel fin psychologue Massenet demeure Ă  l’opĂ©ra ; plus profond et juste que dĂ©coratif et pompeux. LĂ  encore, la voix de la mezzo française subjugue totalement : sa soie souple et caressante, capable d’harmonies sombres touche au cƓur.

Pour HalĂ©vy, Rachel  est une fille loyale : son air du II souligne la tendresse indĂ©fectible de la fille obĂ©issante, capable d’accepter la sacrifice que lui impose son pĂšre ; c’est la candeur et l’angĂ©lisme le plus souriant, sacrifiĂ©s outrageusement et cyniquement par un pĂšre. macchiavĂ©lique
 Les couleurs de l’effroi, de la panique intĂ©rieure (« il va venir », exprimĂ©e par les cors lointains) sont idĂ©alement exprimĂ©es entre pudeur et sincĂ©ritĂ© par une cantatrice qui trouve les accents justes de la pure innocence.

Quel saut avec l’air angĂ©lique qui prĂ©cĂšde, mais ici c’est l’air alternatif, moins connu, lĂ©ger de Carmen, rafraĂźchissant, moins langoureux, suave et voluptueux que chanson Ă  boire : le caractĂšre et l’expressivitĂ© emporte cet air inĂ©dit.

Enfin La Reine de Saba de Gounod convoque air de sagesse amoureuse (« rĂ©signe toi mon cƓur, oublie  »), d’admiration qui mĂ©nage la tessiture dans le medium dans un esprit de noblesse enveloppante. Vraie mezzo dramatique, agile aussi, aux aigus charnus et ronds, Karine Deshayes signe ici l’un de ses meilleurs albums discographiques. La beautĂ© opulente du timbre Ă©blouit et Ă©claire de l’intĂ©rieur chaque air.

Seule rĂ©serve, d’importance, la tenue de l’orchestre. Dommage qu’aux milles nuances de la diva, le chef Jean-François Verdier ne rĂ©ponde pas avec cette mĂȘme Ă©lĂ©gance et ce sens du scintillement intĂ©rieur. La direction est linĂ©aire et confrontĂ©e Ă  tant d’intelligence vocale, sonne lisse et sans guĂšre d’implication. La seule performance et justesse de la diva suscitent Ă©videmment le CLIC de CLASSIQUENEWS.

 

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200Cd Ă©vĂ©nement, critique. Une amoureuse flamme : Karine Deshayes, mezzo-soprano (Massenet, Gounod, Berlioz, Saint-SaĂ«ns
 1 cd KLARTHE records). Parution nov 2019. PLUS d’infos sur le site de klarthe records :
https: //klarthe.com/index.php/fr/enregistrements/une-amoureuse-flamme-detail
 

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Programme du cd «  Une amoureuse flamme »
Jules Massenet: Cendrillon, Acte III, « Enfin je suis ici
 » Cendrillon
Camille Saint-SaĂ«ns: Henry VIII, Acte IV, « Ô cruel souvenir » Catherine d’Aragon
Jules Massenet: le Cid, Acte III, sc 1,;”>Hector Berlioz: La damnation de Faust, partie IV, sc 5, romance « d’Amour l’ardente flamme » Marguerite
Charles Gounod: Sapho, Acte III ” « OĂč suis je ?…Ô ma lyre immortelle “» Sapho
Jules Massenet: Werther, prélude
Jules Massenet: Werther, Acte III – Air des lettres : ” « Werther… Werther… Qui m’aurait dit la place… je vous Ă©cris de ma petite chambre »” Charlotte
Jules Massenet: Werther, Acte III, « Va, laisse couler mes larmes
 » Charlotte
Fromental HalĂ©vy: La Juive, Acte II, « Il va venir et d’effroi
 » Rachel
Georges Bizet: Carmen, ” « L’Amour est enfant de BohĂȘme” » (Air alternatif) Carmen
Charles Gounod: La Reine de Saba, Acte III “« Me voilĂ  seule enfin… Plus grand, dans son obscuritĂ© » “Balkis
Karine Deshayes, mezzo-soprano
Orchestre Victor Hugo – Jean-François Verdier, direction

Renaud Delaigue chante Kaspar Förster

delaigue traversees baroques polska metz classiquenewsMETZ, ce soir, 20h : RĂ©cital KASPAR FÖRSTER, Renaud Delaigue. La basse Renaud Delaigue revisite la virtuositĂ© grave d’un rĂ©pertoire perdu qui fit en son temps les dĂ©lices de la Pologne baroque. Les TraversĂ©es Baroques organisent un rĂ©cital fervent, ardent qui tĂ©moigne de l’exceptionnelle activitĂ© et inspiration musicale chĂšque, italienne, polonaise, germanique oĂč la question divine et la croyance s’incarnent dans la voix de basse (Merula, Monteverdi, Reina, Mielczewski, Cazzati, Tunder
). Un nom jaillit immĂ©diatement celui de Kaspar Förster, chanteur vedette (et aussi compositeur pour lui-mĂȘme) dont le grave profond et caverneux semblait au XVIIĂš ressusciter (d’aprĂšs les tĂ©moignages dont celui de Mattheson) les vertiges de la priĂšre la plus puissante et la plus sincĂšre. « Sa voix sonnait comme une douce et plaisante basse profonde dans la piĂšce, mais comme un trombone hors de la piĂšce. Il chantait depuis le la sous le do mĂ©dium jusqu’au la trois octaves en dessous ».
Dans le cadre du festival POLSKA, immersion dans la culture polonaise, l’Arsenal de Metz (salle de l’esplanade) Ă  travers ce programme conçu par les musiciens des TraversĂ©es Baroques offre un voyage inĂ©dit oĂč le chant captive et saisit.

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METZ, Arsenalboutonreservation
Vendredi 24 janvier 2020
Renaud Delaigue / Les Traversées Baroques
RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/kaspar-forster–stylus-phantasticus

 

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PrĂ©sentation du programme sur le site de l’ARSENAL DE METZ – la CitĂ© Musicale METZ :
” Devine-t-on, en entendant ces oeuvres mĂ©connues, que le polonais Kaspar Förster Ă©tait un chanteur-star de son Ă©poque ? Pour son grave pĂ©rilleux, abyssal, oĂč plonge le jeune Renaud Delaigue, admirable de limpiditĂ©. Pour les chausse-trappes de ses lignes vocales, que dĂ©jouent les trois autres solistes, phrasĂ© agile, diction claire et fine. IntĂ©grant orgue, cornet et viole de gambe, les TraversĂ©es Baroques font ainsi vivre des piĂšces injustement boudĂ©es, synthĂšse bluffante de la maniĂšre italienne et du fameux Stylus Phantasticus prisĂ© en Europe du Nord. À musicien voyageur, baroque cosmopolite.”

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VOIR le reportage vidĂ©o KASPAR FÖRSTER / Renaud Delaigue, basse

https://www.youtube.com/watch?time_continue=104&v=0WjGsokRBxs&feature=emb_logo

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COMPTE-RENDU, critique, concert. BERLIN, le 31 déc 2019. Concert du nouvel An : Bernstein, Weill. Berliner Philharmoniker. Kiril Petrenko

COMPTE-RENDU, critique, concert. BERLIN, le 31 dĂ©c 2019. Concert du nouvel An. Berliner Philharmoniker. Kiril Petrenko, direction. Pour ce 31 dĂ©c 2019, nous Ă©tions Ă  la Philharmonie de Berlin, heureux de mesurer l’excellence artistique et la sensibilitĂ© hors normes du nouveau chef en titre du premier orchestre allemand : Kiril Petrenko. Outre ses dons lyriques (attestĂ©s jusqu’à Bayreuth dans un RIng demeurĂ© Ă  juste titre, mĂ©morable), le maestro convainc dans la veine orchestrale, comme ce concert de gala l’atteste.

 

 

Direction vive, affûtée, imaginative de Petrenko,
nouvel enchanteur du Philharmonique de Berlin

 

 

petrenko-kiril-maestro-concert-nouvel-an-berliner-philharmoniker-compte-rendu-critique-classiquenewsA Broadway, sa direction Ă©blouit par sa
 finesse. Une attention particuliĂšre au relief de chaque instrument. ET une sonoritĂ© d’ensemble jamais tendue ni sĂšche. La Philharmonie de Berlin Ă©blouit d’un lustre rĂ©gĂ©nĂ©rĂ© grĂące Ă  la puissance et Ă  l’intelligence expressive de son nouveau directeur musical, Kiril Petrenko, dont la subtilitĂ© active fait feu de tout bois, car il dĂ©taille autant qu’il respire et saisit le sens et la transe rythmique des Ɠuvres abordĂ©es. Pour ce gala de nouvel An, point de valses viennoises mais plutĂŽt le mordant entre cabaret et music-hall, de Weill et Bernstein, sans omettre cette suavitĂ© d’un Gershwin ravĂ©lisĂ©, grĂące aux Ă©quilibrages instrumentaux particuliĂšrement rĂ©ussis ici, idĂ©alement ciselĂ©s par le maestro.
Avec la complicitĂ© de la soprano Diana Damrau en Maria de luxe, Kiril Petrenko sur les traces de l’enchanteur Bernstein (Danses Symphoniques de West Side Story) arrive Ă  exprimer l’activitĂ© tendre et cette gĂ©nĂ©rositĂ© amoureuse inscrite dans la partition, portĂ©e aussi par l’esprit d’une transe tragique.
Dans le Weil qui suit, le chef Ă©poustoufle davantage encore par cette finesse instrumentale, une culture qui coule en ses multiples rĂ©fĂ©rences : music hall (Broadway Ă©videmment) mais aussi l’opĂ©rette viennoise, jusqu’à la dĂ©licatesse de Gerswhin et Ravel, avec des pointes hongroises et tziganes dans le final Ă©chevelĂ©. Entre lyrisme Ă©perdu et cynisme affleurant, tant de scintillement millimĂ©trĂ© et d’un raffinement expert ne s’entendent que rarement ; Petrenko se montre amoureux, allusif, d’une infinie sensibilitĂ©.
Presque final de charme avec le retour de la diva Diana Damrau (Send in the Clowns de Sondheim), aprĂšs un solo de clarinette d’une exquise suavitĂ©, (puis Over the Rainbow, Le magicien d’Oz) ; 
 mais pas sĂ»r que ce rĂ©pertoire convienne vĂ©ritablement Ă  la coloratoure de Damrau ; son Ă©mission semblait engorgĂ©e et serrĂ©e, d’un volume Ă©troit, souvent couvert par l’orchestre.
La part du lion et la partie la plus mĂ©ritante de cette soirĂ©e berlinoise sous les Ă©toiles, reviennent Ă  l’orchestre. Ce sont des instrumentistes berlinois qui Ă©lectrisĂ©s par le chef, filent un ruban de soie symphonique d’un fini Ă©blouissant, sachant calibrer sa projection dĂ©taillĂ©e et enveloppante.
Pour finir, Un Americain Ă  Paris oĂč la fiĂšvre et la transe des Berliner s’accordent au souci de finesse d’un chef miraculeusement magicien.
Le Philharmonique de Berlin a nous en sommes convaincus d’excellents jours devant lui grñce à l’inspiration et l’imagination d’un trùs grand maestro. A suivre.

 
 

LIVRE, événement, critique. BRUNO WALTER, un monde ailleurs (Notes de nuit)

Couverture du livre Bruno Walter, Un monde ailleursLIVRE, Ă©vĂ©nement, critique. BRUNO WALTER, un monde ailleurs (Notes de nuit). AprĂšs un remarquable essai biographique sur Klemperer, l’éditeur Notes de Nuit Ă©dite en français une biographie du chef et compositeur Bruno Walter nĂ© Ă  Berlin en 1876 rĂ©digĂ©e Ă  deux mains amĂ©ricaines, celles d’Erik Ryding et Rebecca Pechsky. FormĂ© au Conservatoire Stern, Walter affirme trĂšs tĂŽt un vrai talent de pianiste et dĂ©couvre sa vocation de chef en Ă©coutant Wagner: il ne sera jamais invitĂ© Ă  Bayreuth (et pour cause la directrice Cosima Ă©tant ouvertement antisĂ©mite); mais la vocation est active et le jeune maestro n’a de cesse de diriger dĂšs lors les orchestres, en particulier Ă  Cologne, Ă  peine ĂągĂ© de 17 ans. Sa plus grande rencontre humaine reste celle de Mahler lui-mĂȘme venu Ă  Hambourg diriger sa Symphonie n°1 : le choc est total et Gustav Mahler, exigeant, jusqu’auboutiste, demandant et obtenant tout des instrumentistes, devient le modĂšle Ă  suivre

Nourri et enrichi Ă  cette source idĂ©ale, Walter Ă©volue entre Vienne et Munich, juste avant l’effondrement de l’Empire Habsbourg ; favori de Mahler Ă  Vienne (son « bras droit »), et donc fervent dĂ©fenseur des Ɠuvres de son mentor (qui est aussi directeur de l’OpĂ©ra) : Walter, en fidĂšle des fidĂšles, crĂ©e Ă  partir de 1912, Ă  Vienne les 8Ăš puis 9Ăš symphonies, sans omettre le Chant de la terre (dans une version jamais reprise, pour deux voix masculines). Mais l’envol du maestro se rĂ©alise surtout Ă  Munich dans la capitale bavaroise oĂč il programme ce qu’il souhaite, avec une intelligence et une cohĂ©rence rares, certainement hĂ©ritĂ©e de Mahler

Le texte prĂ©cise comment le chef passionnĂ© de culture allemande fut obligĂ© de quitter l’Autriche et l’Allemagne nazifiĂ©e ; rejoint les USA, la cĂŽte newyorkaise et californienne (Los Angeles, Monterey), incarnant une certaine tradition de la direction, mesurĂ©e, dĂ©taillĂ©e
 « mozartienne » : Wolfgang reste le compositeur qu’il sert le mieux (avec les oeuvres de Mahler).
Les deux auteurs dĂ©crivent par le dĂ©tail le quotidien d’une activitĂ© continue, celle du chef principalement ; nommĂ© « generaldirektor » Ă  Munich (1913-1915), oĂč il dĂ©fend Korngold et crĂ©Ă©e la premiĂšre bavaroise de la Femme sans ombre de R Stauss (1919, avec Delia Reinhardt en ImpĂ©ratrice, soprano qui compta de plus en plus alors) ; aux USA Ă  partir de 1923; puis emblĂšme de la rĂ©publique berlinoise 1925 – 1929, aux cĂŽtĂ©s de FurtwĂ€ngler ; nommĂ© Kapellmeister au Gewandhaus de Leipzig (1929-1933) ; l’exil du chef cĂ©lĂšbre nomade aux USA (1933 – 1936), un dĂ©part forcĂ© hors d’Allemagne qui passe par Salzbourg oĂč il dirige le premier Wagner dans l’histoire du festival fondĂ© par R Strauss, Tristan und Isolde Ă  l’étĂ© 1933. Entre New York et Los Angeles, de 1939 Ă  1947, Walter mĂšne de front tous ses nouveaux dĂ©fis amĂ©ricains
 L’exilĂ© rayonne par son charisme, sa force de travail, et ce sens de la finesse en tout. A partir des lettres de l’intĂ©ressĂ©, des rapports critiques de la majoritĂ© des ses concerts, le texte rend vie Ă  cet infatigable lettrĂ©, humaniste et fraternel, soucieux du sens profond des Ɠuvres
 plus humain que Toscanini, plus Ă©lĂ©gant que FurtwĂ€ngler
 en somme, la rĂ©incarnation du gĂ©nĂ©ral Coriolan qui trouva hors de Rome, 
 « un monde ailleurs ». Le sien, oĂč se croise les plus grands interprĂštes, les compositeurs du dĂ©but du XXĂš, de Korngold, R Strauss Ă  Berg, Schöenberg, Casella.
, quelques chefs aussi, tenus Ă  distance et rivaux, FurtwĂ€ngler, Toscanini dĂ©jĂ  citĂ©s, sans omettre Weingartner
 Ainsi les Ă©ditions Notes de Nuit consacrent le 5Ăšme titre de leur collection, « La beautĂ© du geste », Ă  Bruno Walter (Berlin, 1876 – Beverly Hills, 1962). Le parcours force l’admiration et suscite l’intĂ©rĂȘt du lecteur de page en page.

CLIC D'OR macaron 200LIVRE Ă©vĂ©nement, critique : Bruno Walter. Un monde ailleurs par Erik Ryding & Rebecca Pechefsky – Traduit de l’anglais (États-Unis) par Blandine Longre.
Format : 150 x 225 mm – 550 pages environ – Ă©ditions NOTES DE NUIT, collection « beautĂ© du geste » – Prix : 25 € – SBN : 979-10-93176-16-1 ISSN : 2425-4029 – Parution : 21 novembre 2019 – CLIC de CLASSIQUENEWS dĂ©cembre 2019

COMPTE-RENDU, critique, opéra. PARIS, Opéra-Comique, le 12 déc 2019. MESSAGER : FORTUNIO. Cyrille Dubois. Langrée / PodalydÚs


fortunio-opera-comique-paris-critique-opera-cyrille-dubois-bandeau-opera-comiqueCOMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. PARIS, OpĂ©ra-Comique, le 12 dĂ©c 2019. MESSAGER : FORTUNIO. Cyrille Dubois. LangrĂ©e / PodalydĂšs
 MalgrĂ© la grĂšve (et la pluie), battant le pavĂ© parisien mais Ă©quipĂ© de bonnes chaussures, l’espoir d’assister Ă  un Fortunio rĂ©ussi, nous porte. En particulier s’agissant des voix car le spectacle lui, a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© crĂ©Ă© ici mĂȘme en 2009, il a 10 ans dĂ©jĂ . Rien Ă  dire donc sur la (premiĂšre alors) mise en scĂšne Ă  l’opĂ©ra de Denis PodalydĂšs (dĂ©cors d’ Eric Ruf) : sobre, forte, jouant sur la gravitas rentrĂ©e d’un destin contrariĂ©, sur l’étouffant huis-clos d’un drame bourgeois avec uniforme. Le mouvement des personnages et la direction d’acteurs revendique les choix de PodalydĂšs, homme de thĂ©Ăątre avant tout et qui sait dĂ©placer les profils, fixer des attitudes sans que jamais le chant ne s’en trouve minimisĂ©. Le livret de Caillavet et Flers d’aprĂšs Alfred de Musset (Le Chandelier) relĂšve du drame bourgeois voire du vaudeville assez routinier (avec la chambre et son armoire) que rehaussent les costumes Belle-Époque de Christian Lacroix. La vĂ©ritĂ© des sentiments et des situations qui s’y rĂ©vĂšlent d’une justesse absolue, touchent au cƓur des pulsions et intentions de chaque protagoniste. L’analyse y est dĂ©capante et permet de distinguer ce qui relĂšve du masque artificiel comme du dĂ©sir premier, primitif, viscĂ©ral qui pilote chacun. Finalement dans un chassĂ© croisĂ© de figures superficielles, se dĂ©tache la sincĂ©ritĂ© de Fortunio dont l’amour touche au cƓur Jacqueline, l’infidĂšle, prĂ©tendue insouciante.

 

 

Superbe distribution pour la reprise de Fortunio

 

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HabitĂ© autant que diseur, et d’une articulation qui colle parfaitement aux situations, Cyrille Dubois affirme son excellence parmi les meilleurs tĂ©nors français de l’heure : ils ne sont pas nombreux Ă  un tel degrĂ© d’intelligibilitĂ©. Homme blessĂ© mais digne dans son ineffable douleur Ă  la quelle il sait proposer une incarnation Ă  la fois tendre et naturelle. Avec ses couleurs romantiques Ă©videntes, une gravitas comme filigranĂ©e qui rappelle en particulier dans les actes III et IV, le tragique noir de Werther de Massenet que le chef Messager a beaucoup dirigĂ©. D’autant que la Jacqueline de la soprano, cristalline elle aussi, Anne-Catherine Gillet, beautĂ© courtisĂ©e par tous, fait surgir peu Ă  peu et tout en subtilitĂ© cette attraction magique qui l’aimante Ă  Fortunio. La cantatrice et actrice articule, habite, incarne, colorant chaque mot avec une attention juste, exemplaire. Nous l’avions remarquĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Tours en Juliette dans RomĂ©o et Juliette de Gounod : mĂȘme intensitĂ© ardente, mĂȘme angĂ©lisme grave, un naturel qui Ă©blouit par sa sincĂ©ritĂ©. Jean-SĂ©bastien Bou, en partenaire idĂ©al, fait un impeccable capitaine Clavaroche : avisĂ©, inspirĂ©, dĂ©terminĂ© sans arrogance ni supĂ©rioritĂ©. Il connaĂźt son personnage, celui de l’amant sĂ»r de lui, un rien conquĂ©rant, d’autant mieux qu’il assurait cette partie dĂšs la crĂ©ation de 2009.
Tel un Don Pasquale maladroit, finalement attendrissant, le mari trompé, incarné par Franck Leguérinel affirme aussi une évidente crédibilité. Comme le Landry, séducteur et en verve de Philippe-Nicolas Martin. Comme ses partenaires, son profil offre un contrepoint marquant à la profondeur solitaire du personnage de Fortunio.
Aux nuances dramatiques et scĂ©niques des chanteurs, tous impeccables acteurs, rĂ©pond la finesse de l’orchestre sur instruments anciens, l’Orchestre des champs Ă©lysĂ©es fondĂ© par Philippe Herreweghe : de la lĂ©gĂšretĂ© digne de l’opĂ©rette façon Paris, et du wagnĂ©risme dans les rĂ©sonances plus ambivalentes des sentiments de Jacqueline pour Fortunio et vice versa
 De sorte qu’on ne saurait Ă©couter meilleur Messager, ainsi rĂ©vĂ©lĂ© Ă  nouveau dans ses accents intimistes, ses troubles expressifs qui fusionnent chant et thĂ©Ăątre.

 

 

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COMPTE-RENDU, critique, opéra. PARIS, Opéra-Comique, le 12 déc 2019. MESSAGER : FORTUNIO.

 

   

 

Cyrille Dubois, Fortunio
Franck Leguérinel, Maßtre André (le mari trompé)
Anne-Catherine Gillet, Jacqueline (l’épouse infidĂšle)
Jean-SĂ©bastien Bou, Clavaroche (l’amant)
Philippe-Nicolas Martin, Landry
Thomas Dear, Lieutenant de Verbois
Aliénor Feix, Madelon
Luc Bertin-Hugault, MaĂźtre Subtil
Pierre Derhet, Lieutenant d’Azincourt
Geoffroy BuffiĂšre, Guillaume
Stéphanie Daniel, LumiÚres

ChƓur Les ElĂ©ments
Orchestre des Champs-Elysées
Louis Langrée, Direction
Denis PodalydĂšs, Metteur en scĂšne

Illustrations : © Stefan BRION

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CD, critique. VINOPHONY : Julien Gernay, piano (1 cd Klarthe, 2019)

VINOHONY julien gernay cd klarthe critique review cd classiquenews critique concert piano KLA086couv_lowCD, critique. VINOPHONY : Julien Gernay, piano (1 cd Klarthe, 2019). Julien Gernay est un pianiste accompli qui aime partager sa passion pour les divins cĂ©pages
 A dĂ©faut de pouvoir dĂ©guster crus, liqueurs, Ă©thers, divins nectars, sĂ©lectionnĂ©s par l’interprĂšte, mis en dialogue avec chaque sĂ©quence musicale de ce parcours singulier et personnel, le disque Ă©ditĂ© par Klarthe en fixe les marqueurs sonores pour des points de convergence, riches en Ă©motions croisĂ©es, qu’il faudra vivre, comme des promesses d’instants Ă  venir, en compagnie d’un Ɠnologue et pourquoi pas en prĂ©sence du pianiste lui-mĂȘme, vrai connaisseur des liquides enchanteurs. Et qui prend plaisir Ă  expliquer la connivence sensorielle entre telle Ă©criture musicale et tel vin
 « Vinophony », le titre laisse envisager pour la musique, une rĂ©ceptivitĂ© autre, prĂ©parĂ©e, permise par l’apport d’un breuvage qui lui correspond.
A la croisĂ©e des deux univers, musique et vins, l’interprĂšte comme un sorcier connaisseur des vertus de la nature sublimĂ©e par la main de l’homme, nous offre cette carte intime, remarquable et nouvelle gĂ©ographie qui exalte les sens.

 

 

Piano Ɠnologique

JULIEN GERNAY : VINOPHONY
un voyage enchanteur oĂč l’ivresse est musicale


 

 

 

Sur le plan strictement musical, le pianiste a le souci de la nuance, des couleurs, du chant intĂ©rieur (superbe Schubert : Impromptu n°4 D935). Puis, c’est l’efflorescence sonore, comme une cathĂ©drale de sons et de timbres qui s’organisent Ă  mesure que se dĂ©ploient les Variations qui construisent la Chaconne de Haendel ; puis c’est le temps schumannien, suspendu, celui de la maturation du « Soir / Das abends », ivresse Ă©perdue auquel rĂ©pond l’affirmation dĂ©terminĂ©e plus articulĂ©e et caracolante d’ « épanouissement / Aufshwung », conçu en un diptyque, vrai miroir oĂč dialogue l’esprit Ă  deux voix d’un Schumann ici crĂ©pitant et exaltĂ©.

Le Brahms expire une soie qui s’alanguit dans la pudeur et l’adieu maĂźtrisĂ© (Intermezzo). Ses deux LISZT convoque le grand clavier symphonique et spirituel du virtuose abbĂ©. La narration des annĂ©es de PĂšlerinage (en Suisse), dĂ©peint la VallĂ©e d’Obermann dans un crĂ©pitement sonore graduel dans lequel le pianiste exprime les sentiments qui Ă©treignent Liszt lui-mĂȘme, observateur inspirĂ©, face au motif naturel, traversĂ© par les souvenirs de son pĂ©riple. Chez le FaurĂ© qui suit, on distingue la fine espiĂšglerie aĂ©rienne, chantante, comme ennivrĂ©e (Barcarolle n°6) ; de mĂȘme la fluiditĂ© picturale, riche en nuances et rubatos habitĂ©s, racĂ©s, mordants, caractĂ©risĂ©s (Rumores de la Caleta de Albeniz) ; et cette ivresse des Ă©motions qui submergent et envoĂ»tent l’ñme enivrĂ©e, se libĂšre enfin dans l’excellent Debussy au titre Ă©vocateur d’un artiste syncrĂ©tiste et poĂšte entre les mondes : « les sons et les parfums se rĂ©pondent dans l’air du soir », chant d’une voluptĂ© tenace qui pourtant se dĂ©robe
 Le clavier magicien exprime la matiĂšre du rĂȘve voire de l’extase.

CLIC D'OR macaron 200En bref, sans pouvoir Ă©prouver le vertige sensoriel qu’apporte en conjonction, la dĂ©gustation d’un vin choisi et qui leur correspond, les 12 sĂ©quences musicales de ce parcours, hors format habituel, enivrent les sens grĂące Ă  la sensibilitĂ© Ă©lectrisante du pianiste, guide inspirĂ© et double passeur, pour un cheminement des mieux conçus. Passionnante ivresse. CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2019

 

 

 

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CD, critique. VINOPHONY : Julien Gernay, piano (1 cd Klarthe, 2019) – Plus d’infos sur le site de KLARTHE records
https://www.klarthe.com/index.php/fr/enregistrements/vinophony-detail

 

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Tracklisting / Programme du cd VINOPHONY :

HAENDEL  : Chaconne en Sol Majeur HWV 435‹SCHUMANN  : FantasiestĂŒcke  opus 12‹SCHUBERT  : Impromptu n°4 D935‹BRAHMS  : Intermezzo en la majeur opus 118‹SCHUBERT : « SoirĂ©es de Vienne » Valse Caprice n°6 S.427/6 (arr: F.LISZT)
LISZT  : AnnĂ©es de PĂšlerinage / Suisse – « VallĂ©e d’Obermann » S.160
LISZT  : Consolation n°3 S.172
FAURÉ  : Barcarolle n°6 opus 70
ALBENIZ : Recuerdos do Viaje : « Rumores de la Caleta » opus 71
DEBUSSY,   PrĂ©ludes Livre I : « les sons et parfums tournent dans l’air du soir »
DEBUSSY,  « Beau Soir » (arr: J.HEIFETZ)

Julien Gernay, piano

LIVRE Ă©vĂ©nement. BALZAC penseur (collectif, direction : Francesco Spandri) – Ă©dition CLASSIQUES GARNIER

balzac penseur francesco spandri classiques garnier classiquenewsLIVRE Ă©vĂ©nement. BALZAC penseur (collectif, direction : Francesco Spandri) – Ă©dition CLASSIQUES GARNIER. Au delĂ  de l’observateur critique fin et analytique, qui rend sa prose d’une rare acuitĂ© Ă©pistĂ©mique, Balzac en interrogeant les effets et leurs causes et vice versa restitue aussi, en connivence avec son lecteur la progression des mĂ©tamorphoses individuelles et dans le protocole de lecture, laisse Ă  son lecteur le plaisir spĂ©cifique de dĂ©celer les Ă©tapes d’une pensĂ©e en action. Dans le travail de l’écrivain, le parcours du lecteur qui dĂ©masque et analyse, le sujet de l’analyse, Balzac dĂ©voile la mĂ©canique du cerveau qui tire les ficelles des actions. Pour autant Balzac, connaisseur des motivations, peintre de la psychĂ©, nous a t il laissĂ© ses propres thĂ©ories et opinions sur le propre du « gĂ©nie » humain ? Les 3 parties de ce collectif multiplie les angles de comprĂ©hension de la diĂ©gĂšse balzacienne.
La foi, le politique, le don
 sont inspectés moins par leur principe actif propre que dans la réception de leur idée.
DĂ©sormais la pensĂ©e individuelle ne se mesure exactement que dans sa relation au corps social : un existe dans ses interactions multiples qui dĂ©coule de son propre mouvement aux autres. Les articles s’appuient tous sur une connaissance aiguĂ«, personnalisĂ©e du texte balzacien (dont entre autres La Physiologie du mariage, Le colonel Chabert, Le chef d’Ɠuvre inconnu.
). Le chapitre le plus pertinent selon nous demeure Ă  ce titre l’enseignement thĂ©orique balzacien des Deux rĂȘves (Robespierre puis Murat) exposant ce en quoi tout exercice du pouvoir implique une autoritĂ© qui agit produisant ses consĂ©quences implacables inĂ©vitables ; la cause, ses effets. La lecture de ce texte dĂ©voile en dĂ©finitive une pensĂ©e politique qui atteste de l’intelligence balzacienne, son unicitĂ© synthĂ©tique, exceptionnelle et toujours Ă©clairante aujourd’hui. Contribution majeure.

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LIVRE Ă©vĂ©nement. BALZAC penseur (collectif, direction : Francesco Spandri) – Ă©dition CLASSIQUES GARNIER.
https://classiques-garnier.com/balzac-penseur.html

427 pages – Collection « Rencontres n°414 » – 49 euros
ISBN: 978-2-406-07978-1
ISSN: 2103-5636
DOI: 10.15122/isbn.978-2-406-07980-4
Éditeur: Classiques Garnier
Date de parution: 23/10/2019

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RĂ©sumĂ© rĂ©digĂ© par l’éditeur
” Tout Ă  la fois mystique et matĂ©rialiste, Balzac reconnaĂźt Ă  la littĂ©rature et en particulier au roman sa pertinence Ă©pistĂ©mique. Cette entitĂ© fluide qu’est l’idĂ©e existe chez lui comme force sociale et actantielle : la pensĂ©e agit sur la matiĂšre et maintient une prĂ©sence multiforme au sein de la diĂ©gĂšse. “

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PREMIÈRE PARTIE
L’ƒUVRE BALZACIENNE ET LES SAVOIRS SCIENTIFIQUES

Introduction : Les ressources de l’abstraction (Francesco Spandri)
Balzac et la querelle des analogues
L’imaginaire des fluides chez Balzac
Penser le magnétisme / Science, fantastique et ironie
La démarche de la pensée ou la métaphore vive

DEUXIÈME PARTIE
LE MOUVEMENT D’UNE PENSÉE EN ACTE

Penser la foi
Balzac penseur de l’histoire ?
Le retour, Du dipositif fictionnel à l’anthropologie historique
Pensée et métaphore du corps social
Balzac : une théorie du mensonge ? HypothÚses autour du Colonel Chabert
La pensĂ©e du « don » : figures de la donation de l’art et du savoir
Balzac et la question du génie
Penser la peinture : Le Chef d’Ɠuvre inconnu
La pensée du livre
Un moment « littéraire » de la pensée : le statut de la connaissance dans la Physiologie du mariage
RĂȘves de terreur / Balzac penseur politique dans Les Deux RĂȘves
Un sang irrĂ©parablement versĂ© / Relire La Bourse Ă  la lumiĂšre de l’Essai sur le don de Marcel Mauss

TROISIÈME PARTIE
UNE FORME QUI PENSE

« Faire penser son lecteur » : A quoi reconnait-on le philosophique balzacien ?
Lire, c’est penser peut-ĂȘtre Ă  deux ? / De la fiction Ă  la rĂ©flexion
Penser l’exprit avec Balzac
Balzac penseur post-mortem
Balzac théoricien ?

ISIS de Lully

PARIS, TCE, ven 6 dĂ©c 2019, 19h30. En version de concert, l’un des opĂ©ras les moins connus de Lully et pourtant l’un des mieux Ă©crits… qui d’ailleurs ne devrait pas s’appeler ISIS mais IO, la nymphe aimĂ©e de Jupiter et qui dĂ»t Ă©prouver la haine jalouse et donc la sadisme de Junon, l’Ă©pouse officiel du Dieu des Dieux. A travers son prĂ©texte mythologique, la partition Ă©gratigne quelques protagonistes de la Cour de Louis XIV dont surtout la favorite en titre, La Montespan qui se reconnut Ă©videmment dans le rĂŽle infect de Junon et … obtint du Roi pour se venger l’exil du poĂšte librettiste Quinault. Le TCE Ă  Paris affiche une version de concert d’un ouvrage majeur de Lully qui avant Rameau au XVIIIĂš (dans son dernier opĂ©ra Les BorĂ©ades de 1764), met en scĂšne la folie amoureuse, la haine divine et la torture…

LIRE ici notre critique du cd ISIS de Lully dont la distribution est celle du spectacle parisien : ISIS de LULLY par Les Talens Lyriques

LULLY isis ROUSSET critique cd opera classiquenewsCD, critique.LULLY : ISIS / Io. Talens Lyriques, Ch Rousset (2 cd APARTE – juil 2019). AprĂšs Bill Christie et Hugo Reyne, tous d’eux ayant diffĂ©remment rĂ©ussi leur propre lecture d’Atys(respectivement en 1987 et 2009), sommet de l’éloquence et du sentiment XVIIĂš, Les Talens lyriques et leur chef Christophe Rousset poursuivent une sorte d’intĂ©grale des opĂ©ras de Lully chez ApartĂ©. Un dĂ©fi redoutable et un courage immense
 tant les plateaux sont difficiles Ă  rĂ©unir, et le rĂ©pertoire toujours Ă©cartĂ© des scĂšnes lyriques. Qui programme aujourd’hui le Florentin anobli / naturalisĂ© par Louis XIV ? On s’étonne d’une telle situation, qui d’ailleurs vaut pour le baroque en gĂ©nĂ©ral : mĂȘme Rameau, le plus grand gĂ©nie dramatique et orchestral du XVIIIĂš peine Ă  dĂ©fendre sa place Ă  chaque saison nouvelle, en particulier Ă  l’OpĂ©ra de Paris. Que l’on ne nous parle pas d’équilibre et de diversitĂ© des programmations. Le Baroque est de moins en moins jouĂ© au sein des thĂ©Ăątres d’opĂ©ras en France. Donc rĂ©jouissons nous de ce nouvel opus Lully par Ch Rousset.

Pourtant, soit qu’il soit question de la prise ou de l’économie du geste gĂ©nĂ©ral, la petitesse du son ne cesse ici d’interroger : on sait que les effectifs requis pour les crĂ©ations devant la Cour et le Roi, ne craignaient pas l’ampleur ; d’ailleurs toutes les gravures le reprĂ©sente : l’orchestre Ă©tait plĂ©thorique. Ce qui laisse imaginer un tout autre son Ă  l’époque
 Pourquoi alors ce format sonore si Ă©troit et serrĂ©, d’autant que le traitement final souhaitĂ© lisse tout relief. Pas d’aspĂ©ritĂ©, ni de timbres dĂ©finis: un juste milieu qui attĂ©nue toute disparitĂ© et tend Ă  unifier la globalitĂ© vers une uniformitĂ© dĂ©sincarnĂ©e. S’agirait-il alors d’une autre raison ? La vision propre au chef qui en phrases courtes, certes prĂ©cises mais systĂ©matiques jusqu’à la mĂ©canique, sonne sĂšche ; des tempos parfois trĂšs prĂ©cipitĂ©s soulignent une lecture nerveuse
 et finalement dĂ©vitalisĂ©e. Voici un Lully Ă©troit et mĂ©canisĂ© qui manque singuliĂšrement d’ampleur, de souffle, de respiration. Tout ce qu’ont apportĂ© et cultivĂ© autrement et par un orchestre et un continuo plus palpitant, les prĂ©cĂ©dents dĂ©jĂ  citĂ©s : Christie et Reyne. Pas sĂ»r que les dĂ©tracteurs et critiques d’un Lully trop affectĂ©, sophistiquĂ©, et finalement artificiel, ne changent d’avis aprĂšs Ă©coute de cet album. Lire la critique complĂšte d’ISIS de Lully par Les Talens Lyriques

DVD, critique. MASSENET : MANON par K MacMillan – Lamb, Muntagirov, Yates (Opus Arte, 2018)

MANON-MCMILLAN-DVD-opus-ARTE-lamb-muntagirov-review-critique-danse-dvd-opera-classiquenewsDVD, critique. MASSENET : MANON par K MacMillan – Lamb, Muntagirov, Yates (Opus Arte, 2018). Inusable poĂ©tique de McMillan
 Sir Kenneth MacMillan a marquĂ© les esprits par sa maĂźtrise du dramatisme, sachant revivifier la force Ă©motionnelle de sujets et mythes, tels Romeo et Juliette (1965 oĂč s’imposa Noureev, jeune pilier d’une Margot Fonteyn Ă  plus de 50 ans) ou la comĂ©die dramatique Mayerling (1978). Sa sensibilitĂ© narrative qui reste expressive et Ă©lĂ©gante s’est affirmĂ©e dĂšs 1973 lors de sa crĂ©ation Ă  Covent Garden (avec Anthony Dowell et Antoinette Sibley, duo mythique du Royal Ballet) dans son inusable Manon (de son titre complet « L’histoire de Manon »), d’aprĂšs Massenet (c’est Ă  dire ses opĂ©ras mais pas sa Manon contradictoirement). Comme John Cranko quand il s’empare de l’histoire d’OnĂ©guine (pas une note de l’opĂ©ra Ă©ponyme de Tchaikovski) MĂȘme si la fameuse scĂšne Ă  Saint-Sulpice oĂč la courtisane Manon parvient Ă  sĂ©duire et reconquĂ©rir DesGrieux devenu abbĂ©, a Ă©tĂ© supprimĂ©e, McMillan trouve le ton juste, rĂ©alise avec mesure et Ă©quilibre le thĂšme de l’amour contraint et finalement triomphant dans la mort; l’écriture narrative de McMillan, par sa clartĂ© et sa poĂ©sie – bel effet d’un Ă©quilibre maĂźtrisĂ©, a depuis influencĂ© dans cette mouvance dramatique, les Crnako donc, surtout John Neumeier, a contrario d’un BĂ©jart plus abstrait, et allĂ©gorique voire conceptuel. Jamais Ă©pais voire saint-sulpicien, McMillan prĂ©serve toujours une finesse psychologique admirable dont la Dame aux camĂ©lias de Neumeier est lui aussi redevable.

manon-500x333Sur les traces du roman de l’abbĂ© PrĂ©vost (1731), la place majeure est rĂ©servĂ©e Ă  la ballerina Sarah Lamb, Manon un peu sage cependant, qui devrait dĂ©ployer une caractĂ©risation riche, complexe, Ă  multiples facettes : lolita Ă©cervelĂ©e, jouisseuse manipulant ses protecteurs, adoratrice de bijoux et de diamants (II) ; surtout dans la mort, agonisante, amoureuse sincĂšre et jusqu’auboutiste, dans une plaine perdue de Louisiane (III) : peu Ă  peu ce que rĂ©vĂšle McMillan c’est l’évolution du personnage qui Ă  mesure qu’il perd son insouciance gagne en humanitĂ© et en profondeur pour se consumer totalement. Le DesGrieux de Vadim Muntagirov assoit la forte conviction de cette production de 2018 : c’est un partenaire trĂšs solide aux cĂŽtĂ©s de Sarah Lamb, liane sensuelle, fĂ©minine jusqu’aux bouts de ses chaussons. Face Ă  eux, agent du destin, qui rappelle toujours les deux cƓurs trop jeunes et crĂ©dules Ă  leur sort tragique, le Lescaut de Ryoichi Hirano s’impose par sa profondeur et la justesse du personnage.
CLIC_macaron_2014Dans la fosse, Martin Yates souligne les couleurs et les accents divers de la partition collectĂ©e par Leighton Lucas, qui reprend nombre de partitions extraites des opĂ©ras de Massenet. La version utilisĂ©e bĂ©nĂ©ficie d’une rĂ©orchestration rĂ©alisĂ©e par Yates en 2011. Plus de 40 aprĂšs sa crĂ©ation, cette Manon de McMillan d’aprĂšs Massenet n’a perdu aucun de ses charmes musicaux comme chorĂ©graphiques. Un jalon classique et essentiel pour toute collection chorĂ©graphique.

 

 

 

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Distribution :
Manon – Sarah Lamb
Des Grieux – Vadim Muntagirov
Lescaut – Ryoichi Hirano
Monsieur G.M. – Gary Avis
Lescaut’s Mistress – Itziar Mendizabal
Madame – Kirstin McNally
The Gaoler – Thomas Whitehead
Beggar Chief – James Hay
Courtesans – Fumi Kaneko, Beatriz Stix-Brunell, Olivia Cowley, Mayara Magri

Production:
Orchestration – Martin Yates (2011)
Choreography – Kenneth MacMillan
Staging – Julie Lincoln and Christopher Saunders
Designs – Nicholas Georgiadis
Lighting design – John B. Read

 

 

 

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DVD, critique. MASSENET : MANON par K MacMillan – Lamb, Muntagirov, Yates (Opus Arte, 2018) – Corps de Ballet du Royal Ballet, Orchestre de the Royal Opera House / Martin Yates, direction.

Illustration : © Alice Pennefather

 

 

 

 

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PARIS, Cortot, 2 déc 2019. Le Temps retrouvé. Li-Kung Kuo (violon) - Cédric Lorel (piano) (1 cd Cadence Brillante)

le-temps-retrouve-disque-img- li kung kuo cedric lorel violon et piano cd review annonce concert cd critique classiquenews CLIC de classiquenews 450PARIS, Cortot, 2 dĂ©c 2019. Le Temps retrouvĂ©. Li-Kung Kuo (violon) – CĂ©dric Lorel (piano) / 1 cd Cadence Brillante. A la recherche de Proust, et tout autant de la figure centrale d’EugĂšne YsaĂże, le violoniste Li-Kung KUO et le pianiste CĂ©dric LOREL mĂȘlent avec intelligence et avec un vrai goĂ»t des filiations et des correspondances quatre compositeurs français aux tempĂ©raments distincts ; tous se rejoignent sur un point : l’expression la plus juste et la plus prĂ©cise du sentiment intĂ©rieur. A la fois expressifs (et mesurĂ©s), et introspectifs (sans appuis excessifs), les deux interprĂštes ressuscitent un Ăąge d’or de la musique de chambre française Ă  l’époque d’A la recherche du temps perdu. Musique et littĂ©rature dialoguent ici naturellement. De fait, dans cette vivacitĂ© aiguĂ« qui creuse la charge Ă©motionnelle de chaque morceau, sans rien omettre de chaque enjeu poĂ©tique, le duo rend justice Ă  l’esprit Belle Epoque, sorte de romantisme tardif transcendĂ©. S’affirment surtout deux sommets du chambrisme français (avec en volet final de ce triptyque imaginaire, le Trio de Ravel, absent ici car il faudrait un 3Ăš complice) : le PoĂšme de Chausson et la Sonate n°1 de Saint-SaĂ«ns, entre gravitĂ© et ravissement.

Le premier morceau (Caprice d’aprĂšs La Valse de St-SaĂ«ns) affirme la virtuositĂ© directe enflammĂ©e dont YsaĂże Ă©tait coutumier, habile Ă  s’approprier chaque partition, avec une intensitĂ© et une articulation percutante, vive, prĂ©cise, mordante. La personnalitĂ© inspire l’ensemble du programme ; c’est lui qui crĂ©a des piĂšces aussi prestigieuses que le Quatuor de Debussy, le PoĂšme de Chausson. Avec Raoul Pugnol (piano), YsaĂże joua la Sonate de Saint-SaĂ«ns dont il dĂ©duit une Ă©tude elle aussi saisissante par son nuancier expressif, ses crĂ©pitements d’une trĂšs haute virtuositĂ©.

CHAUSSON, SAINT-SAËNS

un ñge d’or du chambrisme français

Chez Debussy, on relĂšve dĂšs « l’Allegro vivo » l’activitĂ© filigranĂ©e, inscrite dans le repli et la conservation du souvenir (chant et ligne du violon). « IntermĂšde » est exprimĂ© comme une pantomime, lĂ©gĂšre, d’une nervositĂ© arachnĂ©nenne, prĂ©cisĂ©ment expressive, pure instant de poĂ©sie Ă©vocatoire, aux imprĂ©visibles intentions, aux humeurs esquissĂ©es, changeantes.
« TrĂšs animé » laisse s’exprimer une agitation enivrĂ©e tout en dĂ©licatesse intĂ©rieure et pudique pourtant (rĂ©itĂ©ration du thĂšme de l’Allegro vivo), mais aussi presque lascive (hispanisme comme endeuillĂ© et plein de panache).

Le piano choisi (Bechstein 1898) captive par sa qualitĂ© de rebond, velours allusif en particulier dans le climat de pluie suspendue qui installe ce calme inquiet et langoureux du PoĂšme de Chausson. PrĂ©alable qui est amorce suspendue, d’une tristesse mesurĂ©e, elle aussi productrice d’un vrai climat poĂ©tique qui est propice Ă  faire jaillir le sentiment : la ligne du violon est longue, sur le souffle, d’une infinie gravitĂ©, d’une profonde tendresse, d’un rayonnement peu Ă  peu lumineux qui s’embrase littĂ©ralement. C’est sous les doigts du taiwanais Li-King Kuo, le dĂ©ploiement de cette sensibilitĂ© claire et transparente, ligne Ă©perdue, Ă©tirĂ©e jusqu’aux confins du souffle, essentiellement française.

CLIC D'OR macaron 200Puis s’accomplit le miracle du Saint-SaĂ«ns (Sonate n°1, modĂšle prĂ©sumĂ© de la fameuse Sonate de Vinteuil): trĂšs complices, et mĂȘme fusionnels, piano et violon rĂ©ussissent dans le premier mouvement « Allegro agitato », le plus long (7 mn), agitĂ© en effet et mĂȘme crĂ©pitant, d’une activitĂ© que l’on penserait rien que bavarde, jusqu’à l’émergence de la « petite phrase », motif chantant dans l’aigu, vrai jaillissement d’un souvenir de ravissement fugace, qui apaise du fait mĂȘme de son Ă©noncĂ©. La suggestion, l’allusion, l’infini mĂ©lancolie qui portent au rĂȘve et Ă  l’abandon, contrastĂ© avec les passages plus tendus voire Ăąpres, structurent une partition qui relĂšve du gĂ©nie de Saint-SaĂ«ns. MĂȘme s’il n’aimait pas le compositeur, Proust a dĂ» irrĂ©sistiblement ĂȘtre vaincu par l’infinie tendresse de la mĂ©lodie centrale, dĂ©sormais entĂȘtante et emblĂ©matique de tout son Ɠuvre littĂ©raire. Les interprĂštes laissent Ă  l’Ɠuvre de superbes plages de dialogues feutrĂ©s, comme enveloppĂ©s par la question et le sens du souvenir et de la mĂ©moire. C’est un temps rĂ©trospectif et intime, mais aussi dans la rĂ©alisation, une formidable Ă©nergie active qui rĂ©soud et libĂšre (rĂ©itĂ©ration du motif « mauve » dans le dernier « Allegro molto »).
D’un bout Ă  l’autre on goĂ»te le veloutĂ© diaphane du piano, son crĂ©pitement crĂ©pusculaire (« mauve » et lunaire, aurait dit Marcel Proust, in texto) ; comme le chant en extase d’un violon qui caresse ses souvenirs, accepte, s’émerveille. En phrases Ă©tendues, Ă©perdues (Adagio). En crĂ©pitement hallucinĂ©, roboratif (dernier Allegro molto). La qualitĂ© du chant du violon (Testore 1700, « ex Galamian ») s’épanouit sans emphase en toute complicitĂ© avec le Bechstein, le piano prĂ©fĂ©rĂ© de Debussy.
La qualitĂ© d’articulation et de chant du violon, se manifeste pleinement enfin dans l’extase mĂ©lodique du Hahn, Ă©videment un « Nocturne » pour mieux se glisser et dialoguer avec le motif crĂ©pusculaire de la petite phrase inventĂ©e par Saint-SaĂ«ns.

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CD, Ă©vĂ©nement, critique. Le Temps retrouvĂ©. Li-Kung Kuo (violon) - CĂ©dric Lorel (piano) (1 cd Cadence Brillante) – parution le 15 novembre 2019

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LIRE aussi notre prĂ©sentation du cd LE TEMPS RETROUVÉ – Li-Kung Kuo (violon) - CĂ©dric Lorel (piano)

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AGENDA

 

 

CONCERT A PARIS

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Concert de lancement
PARIS, Salle Cortot,
Lundi 2 décembre 2019, 20h30

Li-Kung Kuo (violon)
CĂ©dric Lorel (piano)

RÉSERVEZ

https://www.billetweb.fr/kuo-lorel-le-temps-retrouve

 

 

Programme :

Reynaldo Hahn (1874-1947)
Nocturne pour violon et piano

Claude Debussy (1862-1918)
Sonate pour violon et piano

Ernest Chausson (1855-1899)
PoĂšme op. 25

Camille Saint-Saëns (1835-1921)
Sonate pour violon et piano n°1 op. 75

EugĂšne YsaĂże (1858-1931)
Caprice d’aprĂšs l’Etude en forme de valse op. 52 n°6 de Saint-SaĂ«ns

 

 le-temps-retrouve-disque-img- li kung kuo cedric lorel violon et piano cd review annonce concert cd critique classiquenews CLIC de classiquenews 450

 

 

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GRAND ENTRETIEN

CĂ©dric LOREL, Li-Kung KUO : Le temps retrouvĂ©LIRE notre entretien avec le violoniste Li-Kung Kuo et le pianiste CĂ©dric Lorel. Le duo explique l’enjeu artistique de leur premier album Ă©ditĂ© par Cadence Brillante : ressusciter l’engagement d’une personnalitĂ© musicale de premier plan, en lien Ă©troit avec la composition et les auteurs de son temps
 EugĂšne YsaĂże et les compositeurs de son temps : la Belle Epoque (Hahn, Chausson, Saint-SaĂ«ns, Debussy…)

Propos recueillis en novembre 2019

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TEASER VIDEO

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CD, critique. SCHUMANN, Clara et Robert : Sonates. Margarita Höhenrieder, piano Pleyel (1 cd Solo Musica)

CD, critique. SCHUMANN, Clara et Robert : Sonates. Margarita Höhenrieder (1 cd Solo Musica). NĂ©e le 13 septembre 1819 , Clara Schumann, aurait donc eu en septembre 2019 : 200 ans. Rien de moins. VoilĂ  qui mĂ©rite un programme spĂ©cifique. Celui dĂ©fendu par la pianiste Margarita Höhenrieder suscite l’adhĂ©sion car il est risquĂ© (clavier d’époque) et rĂ©ussit la maĂźtrise de l’instrument en dĂ©pit de sa mĂ©canique trĂšs dĂ©licate et de la sonoritĂ© imprĂ©visible qui en dĂ©coule.
hohenrieder margarita schumann clara solo musica cd review cd critique classiquenews portrait de clara schumann MH-01De plus, Ă  l’heure de la paritĂ© proclamĂ©e, espĂ©rĂ©e, affirmĂ©e ; Ă  l’heure du mouvement #metoo et aussi de la fĂ©minisation tant attendue des mĂ©tiers du classique, dont Ă©videmment celui de « cheffes » d’orchestre donnant naissance dĂ©sormais au nouveau terme « maestra », il est temps de rĂ©interroger le gĂ©nie musical
 au fĂ©minin. Voici un programme Ă  point nommĂ© ; qui affirme le gĂ©nie d’une femme admirable, pianiste virtuose et plus cĂ©lĂšbre que son mari Robert ; et donc aussi compositrice : CLARA SCHUMANN (18919 – 1896).  Margarita Höhenrieder a le cran de choisir un instrument historique (Grand Pleyel datĂ© de 1850) dont le timbre et la longueur sonore (un peu courte, surtout dans les graves) redessinent l’architecture et les relief des partitions de Clara : la (seule) Sonate, piĂšce maĂźtresse (surtout par son mouvement premier), mais aussi ici ses Trois Romances opus 11, d’une trĂšs riche vie intĂ©rieure et toutes de climats et contrastes exacerbĂ©s, parfois tendus.
Ainsi, tout le tempĂ©rament Ă  la fois tendre et exaltĂ©, mais d’une ivresse digne de son compositeur de mari, s’écoule, respire, enfle ; en particulier dans l’ample premier mouvement de plus de 8 mn, qui restitue l’ardeur et la passion, la profondeur sourde et la gravitĂ© aussi (Rondo final), d’une compositrice romantique de premier plan.
Mises en dialogue avec les piĂšces de son Ă©pouse, les Ɠuvres de Robert font valoir par contraste et comparaison (inĂ©vitable), l’écriture plus serrĂ©e, parfois mieux construite que celle de Clara ; ce qui frappe immĂ©diatement c’est l’éloquence dramatique directe de Robert, trĂšs habile Ă  contraster (qu’il soit Eusebius ou Florestan), quand Clara s’enivre et rĂȘve, plus lyrique et d’une Ă©criture qui se plaĂźt Ă  la langueur voire Ă  la voluptĂ© Ă  la fois grave (lĂ  encore) et secrĂšte (quoique que la coupe syncopĂ©e, si vive de l’Andante des Trois Romances semble embrasĂ©e, exaltĂ©e au plus haut point). VoilĂ  qui anticipe clairement son favori et futur grand ami intime, son cadet Johannes Brahms (et probablement fou amoureux de la musicienne). Le jeu de la pianiste sait Ă©quilibrer les difficiles plans sonores, d’autant que la mĂ©canique du piano requis reste fragile, dĂ©livrant cette tension et cet Ă©clat parfois sec, propres aux instruments historiques. L’attention et le souci d’une certaine vie intĂ©rieure ; mais aussi le nerf et l’énergie conduisent du dĂ©but Ă  la fin l’approche de la pianiste, chez Clara comme chez Robert dont elle sait exprimer le feu qui dĂ©vore dĂšs le premier mouvement So rasch wie mögliech de la Sonate n°2, de braise et d’ardeur ciselĂ©e. Clara / Robert ont composĂ© un couple magistral. Ils affichent et dĂ©fendent tous deux, deux tempĂ©raments ardents et trempĂ©s, absolument captivants. Sans que Clara dans la confrontation des Ă©critures, n’en souffre d’aucune sorte. Bel engagement du jeu. Ce disque nous le dĂ©montre encore.

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CD, critique. SCHUMANN, Clara et Robert : Sonates. Margarita Höhenrieder (1 cd Solo Musica) – Enregistrement rĂ©alisĂ© en Suisse en janvier 2019

James GRAY met en scĂšne les Nozze de Mozart

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81PARIS, TCE. MOZART: Nozze par James GRAY, 1er nov – 8 dĂ©c 2019. Le cinĂ©aste amĂ©ricain James Gray, bien connu pour soigner en particulier le profil psychologique de ses personnages, comme le tableau final qui les abandonne Ă  leur destin, rĂ©ussira-t-il Ă  renouveler notre perception des Nozze de Figaro de Mozart et Da Ponte, eux-mĂȘme inspirĂ©s par Beaumarchais ? Dans le trop court film d’annonce, Ă©ditĂ© sur le site du TCE, James Gray explique pourquoi il a dit oui Ă  cette aventure qui l’éloigne du cinĂ©ma, son territoire naturel. Lunettes d’intellos, faux air de mal rasĂ© sorti de son lit, – en rĂ©alitĂ© trĂšs new-yorkais, mais passionnĂ© par l’opĂ©ra, le rĂ©alisateur veut rendre hommage Ă  une partition et une piĂšce lyrique qu’il trouve « presque parfaite » 

GRAY, de l’espace Ă  l’opĂ©ra
NĂ© en 1969 (il a eu donc 50 ans en avril 2019), l’amĂ©ricain (d’origine ukrainienne) nĂ© Ă  New York, James Gray met en scĂšne Les Noces de Figaro du do mythique Mozart et Da Ponte. Adolescent, il a dĂ©sertĂ© les bancs de l’école pour occuper la rangĂ©e de fauteuil au cinĂ©ma, connaissant toutes l’histoire du genre et se passionnant aussi pour la littĂ©rature russe (Dostoievski en particulier et aussi Tolstoi) : il adapte au cinĂ©ma le sens d’une narration souvent Ă©pique, mais a le souci de la psychologie intime : ce qui le place comme le plus europĂ©en des rĂ©alisateurs amĂ©ricains.

PremiĂšre au TCE, Paris

James Gray met en scĂšne MOZART

De la psychologie autant que de l’action. Le rĂ©alisateur s’est taillĂ© une trĂšs solide rĂ©putation au cinĂ©ma avec des films devenus cultes : Little Odessa conçu Ă  25 ans en 1994 et qui remporte le lion d’argent de Venise (chronique noire et familiale dans un quartier dont il a parfaitement connu l’ambiance et les dangers ; The Yards (2000, autre Ă©pisode noir qui dĂ©crit la maffia newyorkaise) ; la nuit nous appartient (2007), Two lovers (2008), surtout The Immigrant (2013 dont l’hĂ©roĂŻne incarnĂ©e par Marion Cotillard Ă©voque la lente descente aux enfers d’une jeune polonaise dĂ©barquant Ă  New York) ; puis c’est le chef d’Ɠuvre absolu, illustration d’un rĂȘve personnel et esthĂ©tique qui adapte The Lost City of Z (2016), dramaturgie progressive qui comme dans The Immigrant, converge peu Ă  peu vers l’éblouissement saisissant du dernier tableau, vĂ©ritablement composĂ© comme une peinture d’histoire. Aucun doute alors, James Grey est non seulement un grand narrateur, c’est aussi un esthĂšte. Puis en 2019, le cinĂ©aste renouvelle le genre SF depuis Alien, avec Ad Astra (vers l’étoile). Moins connu (et compris) aux USA qu’en Europe, James Gray a la passion de l’opĂ©ra. RĂ©ussira-t-il son premier coup Ă  Paris en dĂ©cembre prochain ? A t il la fibre mozartienne ?

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PARIS, TCEboutonreservation
29 nov , 1er, 3, 5, 7, 8 décembre 2019
6 représentations
Infos et réservations
https://www.theatrechampselysees.fr/la-saison/opera-mis-en-scene/les-noces-de-figaro

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DISTRIBUTION
Glysleïn Lefever: chorégraphie
Christian Lacroix: costumes
Bertrand Couderc: lumiĂšre
Anna Aglatova: Suzanne
Robert Gleadow: Figaro
Stéphane Degout: Le Comte Almaviva
Vannina Santoni: La Comtesse Almaviva
Eléonore Pancrazi: Chérubin
Carlo Lepore: Bartolo
Jennifer Larmore: Marceline
Florie Valiquette: Barberine
Mathias Vidal: Basilio
Matthieu LĂ©croart: Antonio
Rodolphe Briand: Curzio

Le Cercle de l’Harmonie
Unikanti :  Gaël Darchen, direction

Jérémie Rhorer: direction
James Gray: mise en scĂšne
Santo Loquasto: scénographie

Opéra chanté en italien, surtitré en français et en anglais
DurĂ©e de l’ouvrage 2h40 environ

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mozart wolfgangMozart suit les pas de Beaumarchais : il n’oublie rien des enjeux de chaque protagoniste, 5 entitĂ©s parfaitement caractĂ©risĂ©es ; ni le contexte français de la RĂ©volution qui couve : un climat de rĂ©bellion et de libertĂ© Ă  tout craint qui exalte les dĂ©sirs et les pulsions de chacun
 VoilĂ  pourquoi tout tend ici Ă  l’implosion, en particulier des codes d’une sociĂ©tĂ© (celle monarchiste) passablement inĂ©galitaire et injuste. Tous sans exception souffre : les valets, Suzanne et Figaro, soumis Ă  des rĂšgles Ă©culĂ©es qui les renvoient toujours Ă  leur « bassesse » sociale ; le Comtesse jouisseur invĂ©tĂ©rĂ© qui comme Don Giovanni, « tourne en rond » ; la Comtesse son Ă©pouse, aussi frustrĂ©e, abandonnĂ©e que nĂ©gligĂ©e


Outre les dĂ©fis et les attentes que suscitent le choix d’un metteur en scĂšne de cinĂ©ma dans la rĂ©alisation de cette nouvelle production, le chef requis, mozartien diversement apprĂ©ciĂ© chez Mozart, JĂ©rĂ©mie Rhorer poursuit son approche du thĂ©Ăątre mozartien au TCE (aprĂšs Idomeneo, La ClĂ©mence de Titus, Cosi fan tutte et Don Giovanni, ces nouvelles Nozze sont donc le cinquiĂšme opus dirigĂ© avenue Montaigne, avec son ensemble Le Cercle de L’Harmonie sur instruments d’époque). Mais autant « d’expĂ©rience » saurait-elle Ă©galer l’excellente et rĂ©cente maĂźtrise mozartienne d’un autre chef Mathieu Herzog et son fabuleux collectif Appassionnata (rĂ©vĂ©lĂ©s dans une fabuleuse triologie symphonique, porutant trĂšs dĂ©licate; les 38, 39 et 40Ăšmes symphonies de Mozart, cimes orchestrales pour tout chef digne de ce nom ?
Parmi les chanteurs Ă  suivre particuliĂšrement, la Comtesse de la soprano Vannina Santoni, dĂ©jĂ  remarquĂ©e Ă  l’OpĂ©ra de Tours (XX), dans un rĂ©cital Beethoven et Mozart avec le Palais royal (le temps des hĂ©ros)
 La chanteuse saura-t-elle exprimer toute le dĂ©sarroi et la solitude de Rosina, hier courtisĂ©e par Belfiore, aujourd’hui devenue Ă©pouse dĂ©laissĂ©e ? De mĂȘme, le Cherubin de la pĂ©tillante ElĂ©onore Pancrazi dans le rĂŽle de Cherubin


Vendredi 22 novembre 2019, 18h30
Rencontre avec Erik Orsenna, auteur de Beaumarchais, un aventurier de la liberté, Jérémie Rhorer, directeur musical, James Gray, cinéaste et metteur en scÚne, Frédéric Bonnaud, directeur général de la CinémathÚque française.

EntrĂ©e libre – Inscription obligatoire ICI
https://billetterie.theatrechampselysees.fr/selection/event/date?productId=101500458435

France Musique diffuse cet opéra le 28 décembre à 20h

LILLE. Symphonie n°1 de CHOSTAKOVITCH par l’ONL / JC CASADESUS

casadesus_603x380 Ugo ponte ONLLILLE. Les 6, 7 nov 2019. ONL, JC Casadesus. CHOSTAKOVITCH : symph n°1. L’Orchestre National de Lille et Jean-Claude Casadesus nous offrent dans ce programme riche en contraste deux tempĂ©raments toalement opposĂ©s : la simplicitĂ© solaire d’un Mendelssohn fauchĂ© trop tĂŽt (1845), et la sensibilitĂ© plus ambivalente du jeune Chostakovitch de 1926, inspirĂ© par une ironie de plus en plus caustique voire grinçante. Et pour dĂ©buter la frĂ©nĂ©sie sanguine et mĂ©diterranĂ©enne d’un autre jeune compositeur fougueux, Hector Berlioz Ă  l’époque de son Carnaval Romain (ouverture) : en rĂ©alitĂ©, la partition du Romantique français datĂ©e de 1844, est une ouverture alternative Ă  son opĂ©ra (maltraitĂ©) Benvenuto Cellini, comĂ©die shakespearienne d’une exceptionnelle viitalitĂ©. Berlioz y recycle en particulier le duo Cellini et Teresa (Vous que j’aime plus que ma vie), confrontĂ© au grand chƓur collectif du Carnaval proprement dit.

dmitri-chostakovitchD’une vitalitĂ© inĂ©dite dans l’Ɠuvre de Dmitri Chostakovitch, son opus symphonique n°1 a certes ce goĂ»t du sarcasme et de la terreur rentrĂ©e, mais Ă©blouit surtout par sa « joie de vivre », une ivresse sincĂšre et dĂ©sinvolte que ne connaissait pas de la part du compositeur qui manie comme personne le double langage. JC Casadesus aborde la partition crĂ©Ă©e Ă  Leningrad en mai 1926 avec l’ardeur et la prĂ©cision qui sied Ă  une exceptionnelle versatilitĂ©, servi par une orchestration habile et raffinĂ©e ; le jeune compositeur encore Ă©lĂšve du Conservatoire (19 ans) n’hĂ©site pas Ă  maintenir ses options de composition, contre l’avis d’un Glazounov pltuĂŽt rĂ©servĂ© sur la sonoritĂ© de certains passages
 DĂ©jĂ  l’humour apparent du premier mouvement (Allegro) sonne ambigu ; d’autant que le scherzo (Allegro ou 2Ăš mouvement) prĂ©cise cette ironie encore vacillante au dĂ©but
 qui soustend et porte la maturitĂ© du Finale dont le caractĂšre sombre voire amer rĂ©vĂšle la vraie personnalitĂ© de Chostakovich : plus inquiĂšte et analytique que bavarde ; sauvage et hypersensible ; consciente malgrĂ© elle, des terreurs qui menacent dans l’ombre proche.

mendelssohn elias cd felix-mendelssohn-bartholdy_jpg_240x240_crop_upscale_q95Le programme du concert comprend Ă©galement le sublime Concerto pour violon n°2 de Mendelssohn, sommet de romantisme lumineux, intense, condensĂ©, lui aussi sans effusion gratuite. Avec le violoniste albanais Tedi Papavrami. L’opus 64 est souvent le sujet d’un malentendu, permis par l’apparente simplicitĂ© brillante de son Ă©criture ; rien de tel ici tant Mendelssohn y reste comme Mozart, d’une Ă©conomie qui signifie non virtuositĂ© mais sincĂ©ritĂ© et vĂ©ritĂ©. AmorcĂ©e dĂšs 1838, achevĂ©e en 1844, le Concerto est crĂ©Ă© Ă  Leipzig en mars 1845
 quelques mois plus tard, Felix Mendelssohn s’éteignait Ă  l’ñge de 36 ans.

 

 

 

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Mercredi 6 & jeudi 7 novembre 20hboutonreservation
Lille – Auditorium du Nouveau Siùcle
Voyage romantique

Berlioz
Le Carnaval romain, ouverture
Mendelssohn
Concerto pour violon en mi mineur
Chostakovitch
Symphonie n°1

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE   –  Direction : Jean-Claude Casadesus  -  ‹Violon : Tedi Papavrami

 

 

 

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https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/voyage-romantique/

 

 

En région
Pas de billetterie O.N.L / billetterie extérieure
Soissons CitĂ© de la Musique et de la Danse – Vendredi 8 novembre 20h
Infos et réservations : 03 23 59 83 86
Anzin ThĂ©Ăątre – Samedi 9 novembre 20h
Infos et réservations : 03 27 38 01 10

 

 

PrĂ©sentation du programme par l’Orchestre National de Lille : “Immense musicien et remarquable homme de lettres, le violoniste albanais Tedi Papavrami possĂšde un parcours artistique hors du commun. Son archet virtuose, Ă  la fois pur et lyrique, sera l’instrument idĂ©al pour enchanter les emportements romantiques et la fĂ©Ă©rie bondissante du splendide Concerto pour violon n°2 de Mendelssohn. CrĂ©Ă©e en 1926, la Symphonie n°1 est l’une des Ɠuvres les plus joyeuses de Chostakovitch. Bien sĂ»r, on y retrouve le goĂ»t du sarcasme, les brusques changements d’humeur et le romantisme noir du compositeur russe. Mais la symphonie trace Ă©galement une montĂ©e en puissance, magistralement conduite par Jean-Claude Casadesus.”

 

“Romantic journey
The remarkable Tedi Papavrami enchants Mendelssohn’s splendid Violin Concerto No. 2 in E min. Premiered in 1926, Symphony No. 1 is one of Shostakovich’s most jubilant works, building to a powerful ending, all under the baton of Jean-Claude Casadesus.”

CD, critique. BEETHOVEN : Symph n°9 – Bernstein, Berlin 1989 (2 cd DG Deutsche Grammophon)

ode an die freiheit bernstein in berlin leonard bernstein 2 cd dg deutsche grammophon 1989 30 ans mur de berlin cd review critique cd classiquenews 4837441CD, critique. BEETHOVEN : Symph n°9 – Bernstein, Berlin 1989 (2 cd DG Deutsche Grammophon). Pour commĂ©morer les 30 ans de la chute du Mur de Berlin, DG rĂ©Ă©dite une trĂšs belle lecture de la 9Ăš de Beethoven, devenue hymne de l’Europe progressiste, dĂ©sormais indissociable des grandes heures et cĂ©lĂ©brations de l’histoire europĂ©enne. Evidemment contexte oblige, les interprĂštes venus cĂ©lĂ©brer la fin de l’Allemagne divisĂ©e, dĂ©sunie en chantant l’ode fraternelle conçue par Beethoven comme l’appel Ă  changer de monde, sont hautement inspirĂ©s par l’urgence et la joie collective de la Chute du mur. D’autant que la direction organique, instinctive, trĂšs investie du chef d’origine juive, Leonard Bernstein restitue toute la profondeur et l’humanitĂ© de la partition et du contexte dans lequel elle est ainsi rĂ©alisĂ©e en dĂ©cembre 1989. L’annĂ©e est celle de la mort de Karajan, le plus grand chef d’alors ; Bernstein lui aussi chez DG, Deutsche Grammophon, fait figure de dernier gĂ©ant d’un monde porteur d’un nouveau, renouvelĂ© comme plein d’espoirs.

RÉÉDITION HISTORIQUE
Plateau de grande classe dont la diva bellinienne June Anderson, orchestre bavarois auquel se sont joints divers super solistes de diffĂ©rents orchestres (Dresde, Leningrad, Londres, New York, Paris
 il faut bien dĂ©fendre l’idĂ©e d’une phalange concrĂštement europĂ©enne); choeurs multiples Ă©galement pour l’occasion (Dresde, Munich, Berlin GDR)
 ce live du 25 dĂ©cembre 1989 au Schauspielhaus de Berlin est de fait, fĂ©dĂ©rateur, historique. Donc incontournable. La fiĂšvre de l’histoire rejoint l’oeuvre fraternelle et humaniste du plus gĂ©nial des symphonistes de l’histoire europĂ©enne. Tout un symbole. L’occasion insuffle une tension unique Ă  la partition de Beethoven. La sensibilitĂ© communicative du chef choisi fait le reste.

CD, critique. BEETHOVEN : Symph n°9 – Bernstein, Berlin 1989 (2 cd DG Deutsche Grammophon).

Ode an die Freiheit – Ode to Freedom
Beethoven: Symphony No. 9
Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks
Chor des Bayerischen Rundfunks
Chor der Staatskapelle Dresden
Kirov Orchestra, St Petersburg
Orchestre de Paris
London Symphony Orchestra
New York Philharmonic
Leonard Bernstein, direction
Live from Berlin 25 December/bre 1989

Parution : 27 Sept. 2019
2 CD Deutsche Grammophon – 0289 483 7441 0

CD critique. ENCORES : Nelson FREIRE, piano (1 cd DECCA).

freire-nelson-piano-encores-decca-critique-cd-classiquenewsCD critique. ENCORES : Nelson FREIRE, piano (1 cd DECCA). DECCA souffle les 75 ans du pianiste brĂ©silien NELSON FREIRE, et aussi des dĂ©cennies de coopĂ©ration artistique, l’artiste Ă©tant avec Cecilia Bartoli l’un des derniers plus anciens interprĂštes exclusif de la marque bicolore. Les 30 titres ici composent une maniĂšre de jardin personnel, oĂč rayonnent l’éclectisme rĂȘveur et enchantĂ© des 12 piĂšces lyriques de Grieg, prĂ©servĂ©es comme un cycle unitaire. Toutes sont des piĂšces q’il a jouĂ© en fin de rĂ©cital, comme des « bis », ou « encores » selon la terminologie anglos axonne.
De la gĂ©nĂ©ration de son consƓur argentine Martha Argerich, la fĂ©line noctambule (qui n’a pas sa mĂȘme fidĂ©litĂ© au label), Freire a commencĂ© sa carriĂšre musicale en 1949. VoilĂ  donc 70 ans que le pianiste incarne une longĂ©vitĂ© admirable dont les qualitĂ©s principales sont l’écoute intĂ©rieure, un toucher souple et ferme, une expressivitĂ© qui approche la suggestivitĂ© parfois enivrĂ©. Il n’avait que 5 ans quand « Nelsinho » joue en concert publique au vieux Cine Teatro Brasil Ă  Boa Esperança. A Rio, le jeune pianiste se forme auprĂšs de Lucia Branco, ancienne Ă©lĂšve d’Arthur de Greef, lui-mĂȘme formĂ© par Liszt. Son rĂ©cital Ă  Rio d’avril 1953 (9 ans), puis son prix au Concours de piano de Rio 1957 lui permettent de rejoindre Vienne pour y Ă©tudier avec Bruno Seidlhofer. Pour nous, Freire demeure l’exceptionnel interprĂšte des deux Concertos pour piano de Brahms (GewandhausLeipzig sous la direction de Ricardo Chailly, Decca) ; on est tout aussi convaincus par ses Chopin, Schumann et Liszt. Une sensibilitĂ© Ă  part entre narration et imagination que le programme ENCORES illustre lui aussi.
On y dĂ©tecte immĂ©diatement un dĂ©tachĂ©, ce laisser faire, un abandon qui est la marque des grands interprĂštes ; un prĂ©sence supĂ©rieure dans le piano et pourtant au dessus… cela s’entend dans la construction de ses PiĂšces lyriques de Grieg, dont le choix met en lumiĂšre une nonchalance de plus en plus Ă©vanescente, Ă©purĂ©e jusqu’à la derniĂšre, faite scintillement dans l’immatĂ©riel. Tout cela se dĂ©duit d’une rare intelligence qui nĂ©gocie son rapport avec la matĂ©rialitĂ© de la mĂ©canique du piano.
Puis l’enchaĂźnement atteint une belle ivresse dans la progression des piĂšces choisies aprĂšs Grieg : « MĂ©lodie » de Rubisntein, sorte de quintessence de valse, ou de souvenir de valse Ă©perdue, enchantĂ©e ; ce Ă  quoi rĂ©pond le « PoĂšme » de Scriabine, transcendance et prolongement de la rĂȘverie de Liszt.
A notre avis, les deux Préludes de Rachmaninov sonnent trop durs en revanche, ùpres, arides et moins naturels.
Par contre quel détaché là encore, inscrit dans le songe halluciné des « 3 danses fantastiques » de Chostakovitch, au balancement fugace et miroitant, inquiet et sourdement angoissé. Belle ambivalence.
La question nostalgique de Granados, rĂ©pĂ©tant comme une danse toujours recommencĂ© sa caresse interrogative, en une Ă©lipse qui plonge elle aussi dans le mystĂšre irrĂ©solu ; beau toucher mĂ©lancolique et fier – gorgĂ© d’un rĂ©el panache du dernier AlbĂ©niz (Navarra). Bon anniversaire « Nelsinho ». On en veut encore !

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CD critique. ENCORES : Nelson FREIRE, piano (1 cd DECCA).

 

LIVRE événement. Charlotte Chastel-Rousseau : El Greco. Collection Découvertes Gallimard (Gallimard)

el greco peintre portrait dossier classiquenews annonce critique peinture classiquenews G03772LIVRE Ă©vĂ©nement. Charlotte Chastel-Rousseau : El Greco. Collection DĂ©couvertes Gallimard (Gallimard). NĂ© crĂ©tois mais virtuose de la couleur vĂ©nitienne (il est disciple du Titien, immense peintre de Venise), El Greco cultive trĂšs vite un sens de la ligne et du chromatisme trĂšs original. Les choix des illustrations indiquent clairement l’évolution du crĂ©ateur grec et son apport dans l’histoire de l’art europĂ©en, comme dernier grand peintre du XVIĂš et Ă  l’aube du Baroque, l’ampleur du geste, les formes allongĂ©s, l’audace de la couleur, l’exaltation de la foi dans des dispositions qui s’apparentent Ă  des visions mystiques annoncent directement l’ùre des grands retables picturaux des Ă©glises de la contre-rĂ©forme. A la fois archaĂŻque et baroque, El Greco cultive une Ă©criture Ă©clectique Ă  part qui ne laisse pas de dĂ©concerter le spectateur moderne.

DomĂ©nikos TheotokĂłpouIos (1541-1614), dit « El Greco », ressuscite au XXĂš, comme prĂ©curseur des surrĂ©alistes et cĂ©lĂ©brĂ© par eux
 Son mysticisme renouvelle totalement et la peinture et l’art sacrĂ© (il a commencĂ© comme peintre virtuose d’icĂŽnes). AprĂšs sa formation vĂ©nitienne, El Greco rejoint l’Espagne dans les annĂ©es 1570 y fusionnant le chromatisme de Tintoret et du Titien, la plasticitĂ© musculaire de Michel-Ange. ImplantĂ© Ă  TolĂšde, le crĂ©tois dĂ©veloppe un atelier spĂ©cialisĂ© dans les tableaux d’autels, le portrait et d’autres sujets profanes (paysages
).
Ecartant le réalisme, El Greco affirme un imaginaire, des mondes visuels qui plonge son spectateur dans un pur délire poétique.

LIVRE Ă©vĂ©nement. Charlotte Chastel-Rousseau : El Greco. Collection DĂ©couvertes Gallimard Carnet d’expo, Gallimard Parution : 03-10-2019 – Trad. du français par Lisa Davidson – Édition en langue anglaise. RĂ©Ă©dition pour l’exposition GRECO Ă  Paris, Grand Palais, du 16 octobre 2019 au 10 fĂ©vrier 2020. Prix indicatif : 9,90 euros.
http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Decouvertes-Gallimard/Decouvertes-Gallimard-Carnet-d-expo/El-Greco

el greco peintre portrait dossier classiquenews annonce critique peinture classiquenews G03772

CD, critique. PROKOFIEV : complete works / intĂ©grale de l’Ɠuvre pour VIOLON ET PIANO – Kristi Gjezi, Louis Lancien (1 cd PARATY, 2018)

cd-Prokofiev-complete-original-violin-piano-kristi-gjezi-louis-lancien-critique-classiquenews-cd-clic-de-classiquenewsCD, critique. PROKOFIEV : complete works / intĂ©grale de l’Ɠuvre pour VIOLON ET PIANO – Kristi Gjezi, Louis Lancien (1 cd PARATY, 2018). Il ne faut pas se fier au visuel de couverture : en costume de gala (nƓud blanc) et lunettes de premier Ă©lĂšve, Prokofiev dissimule un psychisme riche voire tourmentĂ© : un volcan psychique rugit mĂȘme sous cette apparence plissĂ©e…. Son nĂ©oclassicisme ne doit pas s’entendre comme une douce rĂȘverie nostalgique sucrĂ©e et douceĂątre, mais bien comme l’expression parfois Ăąpre et mordante, de dĂ©chirements introspectifs profonds, voire de blessures liĂ©s Ă  des traumatismes vĂ©cus. Comme Shostakovich dont PARATY a aussi publiĂ© une Ă©tonnante et trĂšs convaincante intĂ©grale des Ɠuvres pour cordes avec piano, Proko ne cesse d’interroger par son alliance trĂšs efficace et captivante, entre virtuositĂ© libre et versatilitĂ© permanente ; ivresse lyrique et tension terrifiĂ©e ; les contrastes et ruptures de rythmes, les changements jamais prĂ©visibles du parcours harmonique, l’éclatement mĂȘme du discours, surprennent en permanence l’auditeur car l’on sent bien ici que la forme exprime des conflits jamais totalement rĂ©solus. Comme Shostakovitch, Prokofiev a Ă©tĂ© inquiĂ©tĂ© et harcelĂ© par le rĂ©gime stalinien et l’autoritĂ© d’andrei jdanov.

En guise « d’apetizer », c’est bien de commencer piano dolce par les 5 MĂ©lodies Op.35 bis : cycle qui lui aussi sous couvert de masques mĂ©lodiques, parfois affables, et joliment sĂ©ducteurs, camoufle une vĂ©ritĂ©, une conscience aiguĂ« de la barbarie (Prokofiev dut s’exiler avant de revenir en URSS Ă  partir de 1932). Il y a toujours comme chez Shosta, ce double langage qui est fausse activitĂ© de l’équilibre. L’écoute attentive des 5 MĂ©lodies fait entendre ce chant de l’ñme, meurtrie, inquiĂšte et grave, sous l’apparente expressivitĂ©. Le violon de Kristi Gjezi sonne comme une brĂ»lure souple et lumineuse qui met en avant l’étonnante fluiditĂ© mĂ©lodique du programme entier. Evidement, plus manifeste encore dans les 5 chansons Ă©crites Ă  l’origine pour la cantatrice Nina Koshets, crĂ©atrice du rĂŽle de Fata Morgana dans L’Amour des 3 oranges, crĂ©Ă© Ă  Chicago en 1921. De l’entente entre piano et violon, surgit des trĂ©sors de nuances secrĂštes et enivrantes, trĂšs inspirĂ©es par le folklore slave : mĂ©lancolie grave et oublieuse, langueur suspendue d’une ineffable douceur inquiĂšte (1) ; sourdes ondulations coulantes du Lento ma non troppo (2) ; intensitĂ© libĂ©rĂ©e ivre et Ă©perdue (3) ; Allegretto jouĂ© idĂ©alement scherzando, d’une insouciance badine presque cabotine (4) ; enfin, merveille de l’andante non troppo (5) qui trouve ici le ton juste dans l’éternel basculement d’un questionnement nocturne sans rĂ©ponse.

 

 

Kristi Gjezi & Louis Lancien jouent Prokofiev
IntĂ©grale des Ɠuvres pour violon et piano

Terreur secrĂšte

 

 

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Les deux interprĂštes – le violoniste Kristi Gjezi et le pianiste Louis Lancien affirment ici d’évidentes affinitĂ©s avec l’Ecole russe, restituant une gĂ©nĂ©alogie d’auteurs inspirants de Rachamninov Ă  Prokofiev sans omettre Scriabine ni Medtner. Kristi pour sa part rapelle l’importance du violon russe depuis Oistrakh, lui-mĂȘme Ă©tendard et outil de la propagande soviĂ©tique, et fondateur de l’école russe de violon. ImmĂ©diatement se prĂ©cise la relation trĂšs ambiguĂ« de l’excellence artistique et de la rĂ©alitĂ© du pouvoir politique ; une situation singuliĂšre qui dĂ©termine le langage Ă  double voire triple lecture des Chostakovitch et Prokofiev dont l’Ɠuvre pour violon et piano inspire ainsi ce premier album Ă©ditĂ© par PARATY.
Les 2 Sonates expriment cette ambivalence et une activitĂ© souterraine qui mĂȘle sĂ©rĂ©nitĂ©, inquiĂ©tude, gravitĂ© voire terreur rentrĂ©e.
La premiĂšre amorcĂ©e aux USA en 1938 est achevĂ©e en 1946, alors que la 2Ăš est terminĂ©e Ă  Moscou depuis 1943 (originellement destinĂ©e Ă  la flĂ»te). Les deux se chevauchent donc, offrant des facettes aussi multiples que complĂ©mentaires d’une intranquilitĂ© viscĂ©rale.
Sur les traces de son crĂ©ateur David Oistrakh en 1946, la Sonate n°1 permet au violon Ă©lĂ©gantissime de Kristi Gjezi (1er violon du Capitole de Toulouse sous la direction de Tugan Sokhiev), d’étirer sa soie solaire et agile, rĂ©vĂ©lant tout ce qu’ont de dissemblable en rĂ©alitĂ© les deux Sonates simultanĂ©es. Le style nĂ©oclassique de Prokofiev n’empĂȘche pas des sauts et ruptures harmoniques que la souplesse de sa ligne rythmique, sa grande clartĂ© d’élocution, unifie dans chaque mouvement. L’ñpretĂ© douce amĂšre, voire hallucinĂ©e et terrifiĂ©e de la Sonate n°1 (2Ăš mvt : Allegro brusco), dont Oistrakh joua le 1er mvt (Andante assai au climat lunaire indĂ©terminĂ© lui aussi) pour les funĂ©railles de son ami Prokofiev en 1953). Avouons notre nette prĂ©fĂ©rence pour la n°1, sans concessions ni argument mĂ©lodique gratuit ; il y rĂšgne une aciditĂ© native, une absence d’emportement ou d’abandon, un relief et une morsure menaçant Ă  chaque mesure, que le jeu complice des deux interprĂštes ici rĂ©tablit idĂ©alement. La Sonate n°2 bien que tout aussi versatile et riche de nuances offre moins de contrechamps subtiles et suggestifs : elle en sort plus linĂ©aire et simple. Presque plus banalement bavarde.
L’équilibre entre les deux parties, leur finesse d’intonation en partage sont superlatifs. Dans chaque partition, se dĂ©ploie au clavier comme au violon, maĂźtrisĂ©s par deux super solistes (le violoniste Kristi Gjezi et le pianiste Louis Lancien) cette scansion parodique Ă  la Chosta, une Ă©lectricitĂ© rythmique naturelle qui dĂ©gage ses pointes mordantes, ironiques et secrĂštement amĂšres voire acides ; sans jamais rompre malgrĂ© les ruptures et syncopes, la ligne mĂ©lodique qui est souveraine. La sensibilitĂ© des interprĂštes envoĂ»te littĂ©ralement. A suivre.

 

 
 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD, critique. PROKOFIEV : complete works / intĂ©grale de l’Ɠuvre pour VIOLON ET PIANO – Kristi Gjezi (violon). Louis Lancien (piano) – 1 cd PARATY, 2018 – Paraty 149182 – Pias distribution.

http://paraty.fr/portfolio/prokofiev-complete-original-works-for-violon-piano/

 

 

 

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SHOSTA-CHOSTAKOVITCH-CD-PARATY-critique-cd-review-cd-critique-par-classiquenews-PARATY_718232_Shostakovich_Ensemble_COUV_HMLIRE aussi CD Ă©vĂ©nement, SHOSTAKOVICH / CHOSTAKOVITCH : complete chamber music for piano and strings / DSCH – Shostakovich ensemble (2 cd PARATY (parution nov 2018)

https://www.classiquenews.com/teaser-video-chostakovitch-integrale-de-la-musique-de-chambre-pour-piano-et-cordes-paraty-productions/

 

 
 

 

Falstaff de Verdi, d’aprĂšs Shakespeare

VERDI_402_Giuseppe-Verdi-9517249-1-402FRANCE MUSIQUE, sam 12 oct 2019, 20h. VERDI : Falstaff. France Musique diffuse la production londonienne du dernier Verdi, celui gĂ©nial et visionnaire qui sur les traces de Shakespeare, renouvelle le genre comique et tragique Ă  la fois, trouvant dans le personnage de Falstaff, comme un double en miroir de lui-mĂȘme : un ĂȘtre ambivalent, vieux bouffon antisocial mais gĂ©nĂ©reux et mĂȘme enfantin, sainte et miraculeuse rĂ©gression

Capitaine d’industrie sur le tard, Falstaff est une Ă©pave et un corsaire ; un joueur invĂ©tĂ©rĂ©, un fieffĂ© menteur, sacrĂ© manipulateur affublĂ© de ses deux compĂšres, toujours prĂȘts Ă  le tromper, Bardolfo et Pistola, qui pourtant devant femme aguichante a gardĂ© son Ăąme de sĂ©ducteur, parfois crĂ©dule, toujours infantile. Se faire berner malgrĂ© lui, voilĂ  la trame de l’action. Mais au final, comme beaucoup de parodie humaine et de satire sociale, le chevalier fantasque bouffon et magnifique nous tend le miroir : une leçon de vĂ©ritĂ© Ă  l’adresse de tous. Qui peut dire qu’il n’a jamais Ă©tĂ© la proie de la vindicte, du mensonge, de la mauvaise foi ?
Cette victime placardĂ©e et vilipendĂ©e pourrait tĂŽt ou tard ĂȘtre chacun de nous. Falstaff dĂ©voile l’inhumanitĂ© et nous invite Ă  cultiver l’humanitĂ©.

Les bons bourgeois de Windsor, Ă©poux jaloux et pervers des fameuses commĂšres en prennent aussi pour leur grade. Electron honnis, Falstaff, inclassable dans la grille sociale, dĂ©fait tout un systĂšme oĂč rĂšgne la perfidie, l’hypocrisie, la stupiditĂ©, la duplicitĂ© et l’intĂ©rĂȘt (l’époux d’’Alice Ford aimerait bien voir sa fille Nannetta Ă©pouser le docteur CaĂŻus, mĂȘme si ce dernier pourrait ĂȘtre son arriĂšre grand pĂšre !
).

ComĂ©die dans la comĂ©die, la pseudo fĂ©erie du chĂȘne noir (dans le parc royal de Windsor), mascarade shakespearienne (acte III) oĂč la sociĂ©tĂ© semble recouvrer une Ăąme d’enfance
 fĂ©es, lutins, reine angĂ©lique Ă  l’appui-, instaure un climat fantastique et tendre.

Dans la fosse, hĂ©ritier des facĂ©ties mordantes et piquantes signĂ©es avant lui par Rossini et Donizetti, Verdi offre Ă  l’orchestre une partition constellĂ©e de joyaux comiques Ă  sens multiples.  Un feu crĂ©pitant qui danse et dĂ©nonce ; virevolte et scintille au diapason de cette comĂ©die qui est une farce aussi tendre qu’amĂšre. Un seul remĂšde Ă  cela : l’esprit du rire, la dĂ©rision et l’autocritique.
C’est un compositeur octogĂ©naire qui enfante ce Falstaff Ă  la fois lĂ©onin et enfantin, crĂ©Ă© Ă  la Scala de Milan en 1893. Jamais Verdi ne fut plus efficace dramatiquement ni mieux inspirĂ© musicalement. Un chef d’oeuvre de finesse, de vĂ©ritĂ©, de satire enivrĂ©e.

 

 

 

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Concert donné le 19 juillet 2018  au Royal Opera House de Londres

Giuseppe Verdi : Falstaff
Opera buffa en trois actes tirĂ© des Joyeuses CommĂšres de Windsor et Henry IV (parties I et II) de Shakespeare, crĂ©Ă© Ă  la Scala de Milan le 9 fĂ©vrier 1893  -  Arrigo Boito, librettiste d’aprĂšs William Shakespeare

Bryn Terfel,baryton : Sir John Falstaff
Ana Maria Martinez, soprano : Alice Ford, Ă©pouse de Ford
Simon Keenlyside, baryton : Ford, un homme riche
Anna Prohaska, soprano : Nanetta, la fille des Ford
FrĂ©dĂ©ric Antoun, tĂ©nor : Fenton, l’un des prĂ©tendants de Nannetta
Marie-Nicole Lemieux, contralto : Mrs Quickly
Marie MacLaughlin, mezzo-soprano : Meg Page
Peter Hoare, ténor : Dr Caius
Michael Colvin, ténor : Bardolfo, serviteur de Falstaff
Craig Colclough, basse : Pistola, serviteur de Falstaff

Chorus of the Royal Opera House
Orchestra of the Royal Opera House
Nicola Luisotti, direction

CHEFS D’ORCHESTRE, actus. BRUNO PROCOPIO, directeur artistique du Festival de MAZAN (84)

bruno procopioCHEFS D’ORCHESTRE, actus. BRUNO PROCOPIO, directeur artistique du Festival de MAZAN (84)Bruno Procopio, chef d’orchestre et claveciniste, a Ă©tĂ© nommĂ© directeur artistique du Festival « Les Nuits Musicales de Mazan » dont la premiĂšre Ă©dition aura lieu du 15 au 17 novembre 2019 Ă  Mazan (84)! Occasion exceptionnelle pour dĂ©couvrir une magnifique rĂ©gion de France Ă  cette saison de l’annĂ©e au sein d’un village prĂ©servĂ© oĂč le visiteur est invitĂ© Ă  musarder entre des ruelles Ă©troites au passĂ© centenaire d’une grande richesse patrimoniale
 Les concerts du festival de MAZAN ont lieu dans la trĂšs belle salle de concert de la Boiserie, espace culturel moderne (2014, 650 places), sis au cƓur des vignes en contre-bas du Ventoux – Ă  moins de 10 km Ă  l’Est de Carpentras.
Ensuite Bruno Procopio dirigera l’Orchestre Simon Bolivar du Sistema de Caracas au Venezuela le 15 dĂ©cembre 2019 autour d’Ɠuvres d’ Anton Reicha, ami d’enfance de Beethoven.
Il prépare aussi un nouveau cd dédié à Scarlatti, Rameau, Bach
 à suivre.

 

 

 

 

 

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Programme du Festival Les Heures musicales de MAZAN 2019
La Boiserie – 150 chemin de ModĂšne 84380 Mazan

 

 

VENDREDI 15 NOVEMBRE 2019
« Oiseaux Baroques »,
COUPERIN, HAENDEL, VIVALDI
(Hugo Reyne
)

SAMEDI 16 NOVEMBRE 2019
RAMEAU : Intégrale des PiÚces de clavecin en concerts
(Paris, 1741)
Avec Bruno Procopio, Clavecin
Patrick Bismuth, Violon
Serge Saitta, Flûte allemande (traverso)
Myriam Rignol, Viole de gambe

 

 

 

 

 

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PLUS D’INFOS : Festival de MAZAN
http://www.mazan.fr/agenda/la-boiserie-festival-les-nuits-musicales-de-mazan.html

 

 

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Cd critique. LISZT : « O LIEB! », lieder. Cyrille Dubois, ténor / Tristan Raës, piano (1 cd APARTE, oct 2018)

dubois cyrille tristan raes LISZT melodies lieder O LIEB cd review cd critique classiquenews CLIC de CLASSIQUENEWS septembre 2019Cd critique. LISZT : « O LIEB! », lieder. Cyrille Dubois, tĂ©nor / Tristan RaĂ«s, piano (1 cd APARTE, oct 2018). Focus lĂ©gitime et opportun que celui qui ici dĂ©voile les lieder de Liszt, – si peu connus, composĂ©s dans le prolongement des transcriptions de ceux de Schubert ; mais Ă  la sensucht schubertienne, langueur nostalgique ineffable, Liszt reste, proche de sa propre sensibilitĂ© Ă©motionnelle, passionnĂ© voire captivĂ© par l’extase amoureuse ; un Ă©tat d’hyperconscience, de solitude, d’ivresse, de voluptĂ© absolues, oĂč l’on retrouve pour les lieder allemands, la fusion de la nature (communion magique avec le Rhin entre autres), de l’abandon, du rĂȘve. Les connaisseurs du piano de Liszt y retrouvent ce goĂ»t des harmonies rares et aventureuses, toutes infĂ©odĂ©es Ă©troitement Ă  l’itinĂ©raire des textes poĂ©tiques. La part du piano revendique d’ailleurs, un chant double, Ă©gal, qui n’accompagne pas, mais dialogue avec la voix et commente ce qu’elle dit : au piano (Steinway D 225, au chant complice, fusionnel), le jeu de Tristan RaĂ«s se montre irrĂ©sistible. Mais le sommet du lied lisztĂ©en demeure indiscutablement le lyrisme mesurĂ© et nuancĂ© de Die Loreley, qui comme l’Erlkönig de Schubert, que Liszt connaissait Ă©videmment, condense le pouvoir de l’hallucination jusqu’à la mort, l’attraction de la nymphe voluptueuse capable d’envoĂ»ter le batelier trop contemplatif et naĂŻf jusqu’au fond des eaux mouvantes.

D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, l’affinitĂ© du timbre et du style de Cyrille Dubois, que l’on n’attendait guĂšre dans la langue de Heine ou de Schiller (entre autres), s’affirme dans l’imaginaire des lied romantiques du plus spirituel et passionnĂ© des compositeurs romantiques. Son articulation, son intelligence prosodique dĂ©pouillĂ©e de tout artifice, creusent l’arĂȘte des mots.

Souveraine, la noblesse schumanienne du premier lied « Hohe liebe »), qui convoque la rĂȘverie et la plĂ©nitude extatique. Intonation et projection hallucinĂ©e, enivrĂ©e aux aigus parfois durs, mĂ©talliques, mais clairs, brillants se dĂ©ploient sans entrave, au service de la finesse poĂ©tique des textes. MĂȘme naturel et Ă©vidence, dans le second lied (« JugendglĂŒck de 1860), plus dĂ©clamatoire, expressif, pointu, qui convient au timbre trĂšs droit du tĂ©nor français dont on se dĂ©lecte aussi de l’infinie tendresse de phrasĂ©s enivrĂ©s : cf. « Schwebe“, 1Ăšre version posthume (14).

Les 4 mĂ©lodies françaises (d’aprĂšs Victor Hugo) ajoutent Ă©videmment l’impact poĂ©tique du verbe français, aux Ă©vocations naturelles et vĂ©gĂ©tales, teintĂ© d’un Ă©rotisme filigranĂ© (Ă©pisode printanier de « S’il est un charmant gazon », 1844)

La sĂ»retĂ© des hauteurs, l’élĂ©gance du style se dĂ©ploient plus encore dans les 3 mĂ©lodies suivantes de 1859 (dans leur seconde version respective). « Enfant si j’étais roi », altier, conquĂ©rant et fier ; « Oh quand je dors » se fait pure priĂšre, appel Ă  l’onirisme le plus Ă©vocateur, telle une berceuse au balancement exquis, hypnotique, d’essence surtout amoureuse car Hugo y dĂ©pose les miracles d’une Ăąme traversĂ©e par le saisissement Ă©perdu : le timbre angĂ©lique et tendre, brillant et sans fard, d’une sincĂ©ritĂ© juvĂ©nile de Cyrille Dubois convainc totalement. D’autant que le piano de Trsitan RaĂ«s Ă©blouit lui aussi par son sens des nuances.

CLIC D'OR macaron 200L’accomplissement se rĂ©alise dans le dernier « Comment, disaient-ils », mĂ©lodie en forme de rĂ©bus ; au dramatisme Ă  la fois inquiet (des hommes) et mystĂ©rieux, rĂȘveur (des femmes Ă©nigmatiques qui leur rĂ©pondent). Les passages en voix de tĂȘte sont idĂ©alement rĂ©alisĂ©s, indiquant comme il le fait chez les Baroques, (Rameau dont un Pygmalion rĂ©cent), un vrai tempĂ©rament taillĂ© pour le verbe ciselĂ©, Ă©vocateur. Un diseur douĂ© d’une intelligence qui Ă©coute les secrets du texte comme de la musique.
Dans les ultimes mĂ©lodies d’aprĂšs PĂ©trarque, le « Benedetto sia’l giorno » (22), indique dans la tenue impeccable de la ligne, l’extension souple et tendue de la phrase, la puretĂ© de l’articulation, la prĂ©cision des mĂ©lismes, la franchise solaire des aigus, des vertus
 belcantistes – c’est Ă  dire orthodoxes ici, rossiniennes et belliniennes, que le diseur aurait bĂ©nĂ©fice Ă  cultiver dans le futur. Le tĂ©nor est capable d’exprimer le ravissement et l’extase amoureuse fantasmĂ©, vĂ©cu par Liszt Ă  l’épreuve de PĂ©trarque. Quel autre tĂ©nor dans cette candeur naturelle, et cette franchise est capable d’un tel accomplissement aujourd’hui ? Formidable interprĂšte. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2019.

Cd critique. LISZT : « O LIEB! », lieder. Cyrille Dubois, ténor / Tristan Raës, piano (1 cd APARTE, oct 2018).

CD Ă©vĂ©nement, annonce. MER(S) : Elgar / Chausson / JonciĂšres par Marie-Nicole Lemieux, contralto / Orch Nat Bordeaux Aquitaine, Paul Daniel – 1 cd ERATO

lemieux-MERS-erato-cd-homepage-concerts-cd-critique-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, annonce. MER(S) : Elgar / Chausson / JonciĂšres par Marie-Nicole Lemieux, contralto / Orch Nat Bordeaux Aquitaine, Paul Daniel – 1 cd ERATO. Somptueux programme sur le thĂšme marin et ici selon l’esthĂ©tique et les fantasmes propres Ă  la fin et l’extrĂȘme fin du XIXĂš, wagnĂ©rienne et post wagnĂ©rienne. Le disque est avant tout une immersion majeure dans l’orchestre hollywoodien fin de siĂšcle / Belle-Époque, celle de Richard Strauss, de Puccini, et bientĂŽt de Ravel
 C’est d’abord sur le plan chronologique, la premiĂšre mondiale de la MER, ode – symphonie du trĂšs wagnĂ©rien Victorin JonciĂšres dont on connaĂźt bien la Symphonie romantique, rĂ©cemment rĂ©vĂ©lĂ©e : ici la partition de 1881 pour choeur, mezzo et grand orchestre dĂ©ploie des effluves vaporeuses, celle des facettes de l’ocĂ©an, tout Ă  tour, qui berce, fascine et hypnotise, emporte, foudroie et enveloppe
 mer tueuse et mer sirĂšne, l’ocĂ©an selon JonciĂšres est un animal indomptable d’une puissance poĂ©tique manifeste, qui profite ici de ses avancĂ©es aprĂšs son opĂ©ra triomphal Dimitri de 1876.

MN Lemieux chante Elgar, Chausson, JonciĂšres
Extases marines


Toute aussi wagnĂ©rienne est la lyre d’Ernest Chausson qui dans le triptyque du PoĂšme de l’amour et de la mer (1892), de la dĂ©cennie suivante, dĂ©ploie une plus grande rĂ©vĂ©rence Ă  Wagner tout en la renouvelant totalement : la dĂ©licatesse picturale de l’orchestre renforce nĂ©anmoins la profonde langueur dĂ©pressive de l’écriture qui plonge dans les trĂ©fonds de l’ñme humaine (la mort de l’amour)
 Enfin, en anglais, et sublimĂ©s par la formidable musique de Sir Edward Elgar, le plus impĂ©rial des compositeurs du british empire, les 5 poĂšmes symphoniques ou SEA PICTURES de 1899, offrent une flamboyante fresque orchestrale inspirĂ©e des Ă©lĂ©ments ocĂ©aniques dont le premier, « Berceuse de la mer » (Sea slumber song), le plus enivrĂ© et extatique, exprime un Ă©merveillement perpĂ©tuel
 La voix ample, chaude, si charnelle et maternelle de Marie-Nicole Lemieux, en guest star, apporte ce grain humain fraternel souvent irrĂ©sistible. Critique complĂšte Ă  venir le jour de la parution du cd MER(S) Elgar / Chausson / JonciĂšres par Marie-Nicole Lemieux, Orch Nat Bordeaux Aquitaine, Paul Daniel, le 13 sept 2019.

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD Ă©vĂ©nement, annonce. MER(S) : Elgar / Chausson / JonciĂšres par Marie-Nicole Lemieux, contralo / l’Orch Nat Bordeaux Aquitaine, Paul Daniel – 1 cd ERATO – CLIC de CLASSIQUENEWS de la rentrĂ©e 2019

CD, Ă©vĂ©nement, annonce. RÉVOLUTION, DAVID KADOUCH, piano (1 cd Mirare, 2018)

kadouch-david-revolution-cd-mirare-critique-cd-classiquenews-clic-de-classiquenews-cd-critique-piano-opera-critiqueCD, Ă©vĂ©nement, annonce. RÉVOLUTION, DAVID KADOUCH, piano (1 cd Mirare, 2018). NĂ© en 1985, le pianiste français DAVID KADOUCH fait partie des rares interprĂštes au toucher savoureux, capable d’une articulation nuancĂ©e, sachant murmurer ou rugir quand il le faut ; toujours au service de l’intĂ©rioritĂ© des oeuvres. A ces qualitĂ©s, il ajoute dans ce nouvel album, une qualitĂ© complĂ©mentaire, celle de l’intelligence conceptrice. Le programme, enjeu de bien des rĂ©flexions pas toujours heureuses chez certain(e)s, s’avĂšre dans son cas d’une intelligence sensible raccordant le chant du piano
 Ă  la mĂ©moire, un temps passĂ©, retrouvĂ© sous le filtre recrĂ©ateur du tĂ©moignage et de la rĂ©itĂ©ration incarnĂ©e. Qu’on aime cet enchaĂźenment de piĂšces millimĂ©trĂ©es oĂč n’ont pas leur place la performance ni l’hystĂ©rie martelĂ©e / marketĂ©e (familiĂšres chez tant de ses confrĂšres/sƓurs).

Par son titre « RÉVOLUTION », le pianiste interprĂšte a sĂ©lectionnĂ© des piĂšces tĂ©moignages aux heures les plus intenses voire tragiques et passionnĂ©es de l’histoire. Ainsi le piano tĂ©moin peut-il fixer l’éloquence et la vĂ©ritĂ© d’un instant Ă  jamais Ă©coulĂ©, unique, singulier, 
 surtout perdu, qui ne se rĂ©alise qu’une fois, le temps de son Ă©coulement
 Des bains de sang voire des visions d’horreur cristallisent sous les doigts du pianiste magicien, lequel recrĂ©e diffĂ©remment sous l’élasticitĂ© narrative et Ă©motionnelle de ses 10 doigts. Il est donc pertinent de dĂ©buter par Dussek, admirateur pudique des derniĂšres heures de Marie-Antoinette, collectionneur de sentiments intimes plutĂŽt qu’observateur rĂ©duit Ă  la seule description : la pudeur du pianiste fait mouche. Puis ce sont les Adieux de Beethoven (Sonate n°26, opus 81a), d’une puissante et tendre maĂźtrise, qui coule comme un jaillissement dĂ©terminĂ© coĂ»te que coĂ»te ; pourtant le compositeur doit renoncer Ă  l’un de ses amis et protecteur viennois, l’Archiduc Rodolphe, pressĂ© vers la sortie de Vienne, Ă  cause de l’imminence des troupes napolĂ©oniennes. Puis ce sont l’urgence et la nervositĂ© crĂ©pitantes de Chopin (Ă©galement attendri, intĂ©rieur, comme pourchassĂ© par le lugubre pressentiment qui handicape) et surtout de Liszt dont le chant spirituel toujours transfigure (Harmonies poĂ©tiques et religieuses III : « FunĂ©railles » ), de la proclamation Ă  la priĂšre pressante. Le cas de la Pologne et de la Hongrie « colonisĂ©es » dĂ©voile l’engagement du Liszt humaniste pour la libĂ©ration ultime des peuples. Son piano est de pure rĂ©sistance dont la fureur indignĂ©e s’exprime sous le feu du pianiste. David Kadouch se fait porte voix, geste d’un libĂ©rateur courageux, vĂ©hĂ©ment mais articulĂ© et nuancĂ© qui aimait les hommes. On reste saisi par la mort de l’ouvrier lors d’une manifestation dont rend compte avec un pudeur rentrĂ©e, incisive, un Janacek sobrement bouleversĂ© (Sonate 1.X.1905) ; mĂȘme ivresse des couleurs qui sont suspendues, Ă  la fois inquiĂštes, presque Ă©tranges chez le sublime Debussy, qui semble Ă©carter toujours plus loin, le cadre de l’espace : le pianiste fait de cette gratitude pour un peu de charbon offert en 1917 au compositeur transi, un temps Ă©tirĂ©, Ă©lastique, porte vers l’éternitĂ© fraternelle (bouleversant) ; enfin quelle horreur implacable surgit de la mĂ©trique sourde et obsessionnelle du dernier morceau, macabre et grave
 jusqu’aux limites de l’audible en ses notes couperets qui fauchent inexorablement comme une machine de guerre sur le front
 (Winnsboro cotton Mill blues du contemporain Frederic Ezewski).

CLIC D'OR macaron 200L’engagement du pianiste, son sens de la couleur et des atmosphĂšres, sa pudeur surtout confirment quel grand interprĂšte il est. Voici assurĂ©ment l’un des meilleurs rĂ©cital du pianiste français. CLIC de CLASSIQUENEWS de la rentrĂ©e 2019 – parution annoncĂ©e le 6 septembre 2019 – Concert du mĂȘme programme « RĂ©volution », au Silencio (Paris), le 20 octobre 2019. A ne pas manquer ensuite dans le cadre de la saison symphonique de l’OpĂ©ra de Tours : 6 – 8 dĂ©cembre, Concerto de Robert Schumann / Orch Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / M Tortelier, direction).

 

 

 

 

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CD ” RÉVOLUTION ” par David Kadouch, piano – 1 cd Mirare, enregistrĂ© en Belgique en dĂ©cembre 2018 – durĂ©e : 1h21mn.

DUSSEK
Les Souffrances de la Reine de France

BEETHOVEN
Sonate n°26 Les Adieux, opus 81a

CHOPIN
étude Révolutionnaire opus 10 n°12
Scherzo n°1 opus 20

LISZT
Harmonies poétiques et religieuses III, S.173
Funérailles

JANACEK
Sonate 1.X.1905

DEBUSSY
Les soirs illuminĂ©s par l’ardeur du charbon
PrĂ©ludes, Livre 2 – Feux d‘artifice

RZEWSKI
(né en 1938)
Winnsboro Cotton Mill Blue

 

 

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L’ILIADE A L’OPÉRA : IphigĂ©nie, Hector, Cassandre, Andromaque, Achille, …

IPHIGENIE-fresque-opera-opera-critique-annonce-dossier-opera-mythe-explication-classiquenews-GLUCK-iphigenie-en-tauride-en-aulide-Diane-classiquenews-sacrifice-iphigenie-1L’ILIADE Ă  l’opĂ©ra
 L’Iliade raconte la guerre de Troie, c’est un temps fort de l’union sacrĂ©e des rois grecs, marquĂ© par le rassemblement des royautĂ©s sous la tutelle du roi de MycĂšnes, Agamemnon (maison des Atrides), commandant de la flotte grecque jusqu’à Troie ; le siĂšge de Troie qui dura 10 ans, enfin la rĂ©solution du conflit pendant la derniĂšre annĂ©e, celle oĂč Hector le troyen affronte Achille le grec, ami inconsolable prĂšs la mort de Patrocle. Tous n’ont qu’un but : rĂ©cupĂ©rer l’épouse de leur alliĂ© le roi de Sparte, MĂ©nĂ©las (qui est aussi le frĂšre d’Agamemnon) : HĂ©lĂšne qui a fui la pĂ©ninsule grecque avec PĂąris, fils du roi troyen Priam.
Heureusement racontĂ©e par HomĂšre, l’Iliade offre des ressources expressives et un terreau riche en situations intenses et dramatiques. Les auteurs y puisent quantitĂ© d’épisodes et de caractĂšres dans les genres pathĂ©tique (IphigĂ©nie, Andromaque), hĂ©roĂŻque (Achille, Hector, Ulysse), tragique et hallucinĂ© (Cassandre, Achille
)
 Les compositeurs et leurs librettistes l’ont bien compris, exploitant tel ou tel Ă©pisode. La Guerre de Troie met en scĂšne la passion amoureuse souvent dĂ©raisonnables chez les dieux; le goĂ»t de la guerre chez les hommes ; dans les deux camps, l’épopĂ©e hĂ©roĂŻque et tragique, toujours riche en sacrifices, dĂ©voile une irrĂ©pressible malĂ©diction de l’autodestruction, l’amour rendant fou ; et la barbarie des armes dĂ©truisant toute issue.

troie_incendie_simon_de_vliegerDepuis OrphĂ©e, sujet premier dans l’histoire de l’opĂ©ra, la musique et le chant mettent en scĂšne le cycle Ă©ternel, inexorable de la perte, du deuil, du renoncement, de la folie et de la mort. Les passions mĂšnent chaque mortel Ă  sa perte. Le propre de l’homme est de vivre dans l’insatisfaction perpĂ©tuelle, la frustration : sa destinĂ©e s’accomplit dans l’autodestruction. Tous les mythes parlent de l’extinction programmĂ©e de la race humaine (illustration : l’incendie de Troie, DR).
La narration mĂȘle Ă©troitement le destin des mortels et celui des dieux, dans un conflit qui assimile leur propre dĂ©sir et leur destinĂ©e. Si Zeus se montre du cĂŽtĂ© des Troyens, lui l’infidĂšle compulsif, reconnaissant alors le droit du prince PĂąris Ă  ravir au grec MĂ©nĂ©las (roi de Sparte) son Ă©pouse, la belle HĂ©lĂšne, les autres dieux de l’Olympe prĂ©fĂšrent nettement soutenir les Grecs.

 

 

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L’histoire lĂ©guĂ©e par HomĂšre cĂ©lĂšbre le profil de hĂ©ros inoubliables qui montre leur valeur au combat, tel Achille ; ce sont aussi des figures fĂ©minines habituĂ©es au deuil ou Ă  la soumission : IphigĂ©nie, fille d’Agamemnon, ou Andromaque, bientĂŽt veuve d’Hector
 Chacun dĂ©fend sa place, son rang, jusqu’au sang. Illustration : Les Troyens tirent le cheval laissĂ© par les grecs, GB Tiepolo, DR).

 

 

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L’ODYSSÉE : le voyage de retour d’Ulysse Ă  Ithaque.. Une dĂ©termination que l’on retrouve ensuite dans l’OdyssĂ©e, seconde partie de la fable mythologique racontĂ©e par HomĂšre, et qui s’intĂ©resse au retour du grec Ulysse jusqu’à sa patrie, Ithaque, aprĂšs un voyage riche en dĂ©tours et Ă©preuves de toute sorte
 LĂ  encore, le mortel pourtant trĂšs astucieux et qui a assurĂ© la victoire de son camp (il a conçu le stratagĂšme du cheval gĂ©ant laissĂ© en offrande aux Troyens), ne peut rĂ©ussir son retour sans la protection de Minerve / AthĂ©na (et de Mercure) qui lui assure un soutien indĂ©fectible tout au long de son incroyable odyssĂ©e.

 

 

 

 

 

L’Iliade et l’OdyssĂ©e, Ă  l’opĂ©ra

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A travers l‘histoire de l’opĂ©ra, depuis sa crĂ©ation Ă  l’ñge baroque au XVIIĂš, d’innombrables compositeurs ont puisĂ© dans la mythologie et dans le texte d’HomĂšre. Ils y trouvent le portrait de caractĂšres ardents et passionnĂ©s, des situations tragiques et radicales propres Ă  nourrir une bonne action, selon le schĂ©ma idĂ©al : prĂ©sentation / exposition, action / dĂ©veloppement, catastrophe, transfiguration, rĂ©solution


Si l’on suit la chronologie des opĂ©ras majeurs ainsi conçus d’aprĂšs HomĂšre, on dĂ©couvre de siĂšcle en siĂšcle le goĂ»t des crĂ©ateurs pour la mythologie, et en particulier ce qu’ils trouvent pertinent dans les choix des sujets et des personnages ainsi mis Ă  l’honneur. De fait, les plus grands auteurs pour l’opĂ©ra ont choisi l’un ou l’autre personnage de la guerre de Troie, marquant par leur Ă©criture respective l’histoire du genre lyrique. L’histoire rĂ©alise la reprĂ©sentation de la condition humaine contrainte, dĂ©munie, finalement impuissante ; tous les hĂ©ros, grecs ou troyens, doivent se soumettre Ă  des forces qui les dĂ©passent (incarnĂ©es par le caprice des dieux, l’humeur du destin, de la mort
) ; chacun doit se transcender pour survivre et non pas vivre. Beaucoup y perde la vie mais gagne un prestige qui les rend immortels.

 

 

 

 

XVIIÚ / Seicento 
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Monteverdi : Le Retour d’Ulysse dans sa patrie, 1640

monteverdi claudio portraitC’est l’un des derniers ouvrages de Claudio Monteverdi Ă  Venise, datĂ© de 1640 (crĂ©Ă© au Teatro San Giovanni e Paolo), quand l’opĂ©ra, genre nouvellement inventĂ© depuis 1637 et rendu « publique », s’intĂ©resse Ă  l’AntiquitĂ© ; mais Ă  travers l’épopĂ©e douloureuse et incertaine du roi d’Ithaque, impatient de retrouver Ă©pouse (PĂ©nĂ©lope) et fils (TĂ©lĂ©maque), Monteverdi (en collaboration avec le librettiste Giacomo Badoaro), traite de la destinĂ©e humaine, si faible et dĂ©risoire (le prologue fait paraĂźtre la FragilitĂ© humaine aux cĂŽtĂ©s du Temps, de l’Amour et du Destin) ; sans coup de pouce d’une fortune imprĂ©visible, l’homme ne peut que dĂ©sespĂ©rer de trouver bonheur et accomplissement. AidĂ© par Mercure et Minerve, le hĂ©ros peut accoster sur l’üle natale et ainsi reconquĂ©rir contre les princes opportunistes qui ont profitĂ© de son absence pour se placer, pouvoir et amour.
Monteverdi observe et respecte le goĂ»t du public vĂ©nitien d’alors (1640) : moins de chƓur (contrairement Ă  l’opĂ©ra romain), plus de profils psychologiques finement caractĂ©risĂ©s (jusqu’à 20 personnages diffĂ©rents) dont certains, comiques (le goinfre Iro) ou amoureux (couple MĂ©lanthe et Erymaque) contrastent avec les hĂ©ros hĂ©roĂŻques et tragiques (PĂ©nĂ©lope, Ulysse). L’orchestre est rĂ©duit Ă  son maximum, le recitar cantando sculpte le pouvoir du verbe, mais ce spectacle hautement thĂ©Ăątral et psychologique, cĂšde aussi la place aux interventions divines et surnaturelles (constante apparition des dieux dont Mercure et Minerve) voire spectaculaire (le bal des prĂ©tendants au III, ou Neptune dĂ©truisant les navires des PhĂ©aciens
). Profondeur, comĂ©die, tragĂ©die (le rĂ©citatif de la douleur infinie de PĂ©nĂ©lope « endeuillé », solitaire), riches effets visuels
 continuent d’assurer Ă  l’ouvrage (modifiĂ© de 5 Ă  3 actes), son fort impact expressif et ulysse ulisse opera monteverdi classiquenewspoĂ©tique. Dans son dernier ouvrage, L’Incoronazione di Poppea / Le Couronnement de PoppĂ©e de 1643, Ă©galement crĂ©Ă© Ă  Venise, Monteverdi va plus loin encore aidĂ© de son librettiste Busenello : le couple d’adolescent libidineux et pervers, NĂ©ron et sa favorite PoppĂ©e incarnent l’apothĂ©ose de l’amour sensuel sur toute autre considĂ©ration : fidĂ©litĂ© et honneur (NĂ©ron rĂ©pudie Octavie), sagesse et philosophie (NĂ©ron fait assassiner son maĂźtre Ă  penser SĂ©nĂšque) ; le rĂ©alisme sanguinaire qui s’y dĂ©ploie,- sans effets de machinerie ici, marque un tournant dans l’histoire de l’opĂ©ra vĂ©nitien : cru, barbare, cynique, dĂ©sespĂ©rĂ©. L’amour qui unit NĂ©ron et PoppĂ©e, les mĂšne Ă  la folie. L’absolue modernitĂ© de l’oeuvre, en fait le premier opĂ©ra proprement dit par sa conception gĂ©nĂ©rale et le rĂ©alisme de son action.

Dallapiccola en 1968 compose lui aussi son opĂ©ra Ulisse, avec d’autant plus de lĂ©gitimitĂ© que dĂšs 1941, il adaptait une version modernisĂ© de l’Ulisse montĂ©verdien pour le Mai florentin.

Dans l’ombre du gĂ©nial Monteverdi plusieurs compositeurs italiens abordent eux aussi la figure d’Ulysse : tel Sacrati (L’Ulisse errante, 1644),

 

 

 

 

XVIIIÚ / Settecento 
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Les 2 IphigĂ©nies de GLUCK : l’opĂ©ra moderne Ă  Paris (1774, 1779)

GLUCKLa rĂ©forme de l’opĂ©ra seria au dĂ©but des annĂ©es 1770 se rĂ©alise Ă  Paris, grĂące au gĂ©nie puissant, nerveux, dramatique du chevalier Gluck qui aprĂšs la mort de Rameau (1764), incarne l’opĂ©ra moderne, hĂ©roĂŻque, simple, grandiose comme un bas relief antique : ses deux IphigĂ©nies, en Aulide (crĂ©Ă© en 1774, dont l’action se situe au moment du sacrifice pilotĂ© par son pĂšre Agamemnon s’il veut effectivement rĂ©unir et conduire la flotte des rois grecs vers Troie) ; puis IphigĂ©nie en Tauride (1779), seconde Ă©poque situĂ©e aprĂšs l’affaire du sacrifice, quand la jeune femme dĂ©sormais dĂ©diĂ©e au culte de Diane, retrouve son frĂšre Oreste, lequel est dĂ©vorĂ© par la culpabilitĂ© aprĂšs avoir assassinĂ© avec leur sƓur Electre, leur propre mĂšre Clytemnestre
 En 1779, IphigĂ©nie en Tauride concentre la derniĂšre maniĂšre de Gluck Ă  Paris, le sommet de son style frĂ©nĂ©tique et fantastique, d’une tension nouvelle, perceptible dĂšs la tempĂȘte d’ouverture, quand IphigĂ©nie contrainte par les Ă©lĂ©ments, doit accoster prĂšs du bois sacrĂ© de Diane
 la dĂ©esse est ici maĂźtresse des destinĂ©es.
En choisissant la figure d’une jeune princesse dĂ©vouĂ©e, loyale Ă  son devoir et donc prĂȘte effectivement Ă  se sacrifier pour la rĂ©ussite du projet paternel, Gluck fait le portrait d’une hĂ©roĂŻne touchante et exemplaire, hautement morale, toute maĂźtrise incarnĂ©e, a contrario des nombreuses sorciĂšres et enchanteresses amoureuses de l’opĂ©ra baroque qui a prĂ©cĂ©dĂ©. Cet idĂ©al classique et moral inaugure l’esthĂ©tique nĂ©oclassique, moralisateur et Ă©difiant qui mĂšne au romantisme. Mais Gluck aime la veine tendue, passionnelle, celle des figures qui dĂ©clament leur valeur morale en stances hallucinĂ©es, dramatiques voire fantastiques. Le compositeur place aux bons moments de la partition, des intermĂšdes ou ballets, frĂ©nĂ©tiques, exaltĂ©s, particuliĂšrement Ă©lectrique.
InspirĂ© surtout du texte d’Euripide, IphigĂ©nie en Aulide commence quand la flotte grecque est arrĂȘtĂ©e par Diane depuis l’üle d’Aulis. IphigĂ©nie incarne une hĂ©roĂŻne pathĂ©tique et tendre dont se souviendra Mozart pour le personnage d’Ilia dans son opera seria d’envergure, Idomeneo de 1781. L’action met en scĂšne autour de la princesse de MycĂšnes, ses parents, Agamemnon et Clytemnestre. Mais aussi Achille, le jeune guerrier accompagnĂ© par son ami Patrocle : amoureux, Achille prend la dĂ©fense d’IphigĂ©nie contre la voeu du roi Agamemnon, favorable au sacrifice de sa fille demandĂ© par Diane qui consent ainsi Ă  protĂ©ger le roi jusqu’à Troie. Ce conflit Achille / Agamemnon ira s’intensifiant, expliquant pourquoi au moment de la guerre de Troie, et sous les remparts de la citĂ© qui rĂ©siste, Achille rechigne Ă  combattre sous les ordres du souverain de MycĂšnes.

Avant Gluck, Domenico Scarlatti Ă©crit la musique d’Ifigenia in Aulide (1713) ; Desmarest s’intĂ©resse aussi Ă  la figure d’IphigĂ©nie sacrifiĂ©e (en Aulide, terminĂ©e par son Ă©lĂšve Campra et crĂ©Ă© Ă  l’AcadĂ©mie royale en 1722).

 

 

 

gretry-andre modeste gretryMiroir d’une Ă©poque trouble, l’opĂ©ra affectionne les figures passionnĂ©es et les destins tragiques. GrĂ©try plus connu pour ses opĂ©ras-comiques ou galants (L’Amant jaloux, 1778), succombe lui aussi aprĂšs Gluck aux sĂ©ductions de la lyre nĂ©o antique (comme le peintre David) et met en musique sa propre Andromaque en 1778 ; le favori de Marie-Antoinette rĂ©invente le carcan pourtant codifiĂ© de la tragĂ©die en musique et brosse le portrait de la veuve d’Hector, en promise Ă  Pyrrhus, mais la princesse troyenne meurt suicidaire (comme sa suivante Hermione) sur le corps de son fiancĂ©. RĂ©miniscence du chƓur antique, les choristes ici sont majeurs : « vĂ©ritable personnage permanent, la voix collective apporte l’ampleur de la fresque, l’espace de l’arĂšne grecque, le souffle du drame », prĂ©cise notre rĂ©dacteur Lucas Irom.
Lire notre critique du cd Andromaque de Grétry (2010) :
http://www.classiquenews.com/grtry-andromaque-1778france-musique-mardi-13-juillet-2010-20h/

 

 

 

 

 

 

XIXĂš : les Romantiques et l’AntiquitĂ©
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Berlioz, du cÎté des Troyens (1858)

Lecteur passionnĂ© de Virgile et aussi grand admirateur de Gluck, dont il aime la lyre tendue et noble, Berlioz se dĂ©die pour offrir musicalement sa propre lecture des Troyens, Ă  travers l’histoire d’EnĂ©e. Comme il s’était passionnĂ© tout autant pour le Faust de Goethe, livrant sa sublime « Damnation de Faust », chef d’oeuvre de l’opĂ©ra romantique français. Concernant Les Troyens, le gros de la partition est Ă©crit entre 1856 et 1858. C’est moins l’Iliade que l’EnĂ©ide qui inspire son grand opĂ©ra, jamais produit de son vivant (crĂ©ation partielle en 1863) mais grande partition en deux parties : Les Grecs Ă  Troie (la chute de Troie, actes I et II), puis Les Troyens Ă  Carthage (actes III Ă  V) dont l’épisode des amours d’EnĂ©e et de la reine Didon cimente l’action. La crĂ©ation complĂšte est rĂ©alisĂ© aprĂšs la mort de l’auteur Ă  Karlsruhe (1890), puis Ă  Nice en français en janvier 1891.
De cette façon, Berlioz Ă©claire le destin des Troyens aprĂšs la chute de Troie, comme HomĂšre dans l’OdyssĂ©e, prĂ©cisait le destin d’Ulysse, cĂŽtĂ© grec, aprĂšs le mĂȘme Ă©vĂ©nement.
berlioz-hector-582-portrait-par-classiquenews-concerts-festivals-operasBerlioz, concepteur ambitieux, pense espace et Ă©tagements sonores ; sa fresque antique est surtout chorale et orchestrale, aux harmonies inĂ©dites, au format inĂ©dit, trĂšs expressives et dignes de Gluck, particuliĂšrement dramatiques. Son point de vue est du cĂŽtĂ© des Troyens : EnĂ©e, fugitif et apatride, saura lui aussi trouver sa voie et son destin, sacrifiant son amour pour Didon, et fonder Rome en Italie
 Ici il est question non plus de destruction des troyens, mais bien de permanence de la splendeur troyenne, ressuscitant dans l’empire romain Ă  naĂźtre
 Berlioz repousse les limites expressives de la scĂšne lyrique ; contredisant la grosse machine souvent alambiquĂ©e d’un Meyerbeer, le Romantique français invente une langue aussi Ăąpre et mordante, fantastique et onirique, mais simple et Ă©purĂ©e que celle de Gluck, mais avec un orchestre somptueux et orageux ; affectionnant aussi le chƓur imploratif (aux cĂŽtĂ©s d’Andromaque la veuve d’Hector) et pathĂ©tique, dans « la Chute de Troie » ; quand, dans la seconde partie, « Les Troyens Ă  Carthage », le compositeur interroge les amours d’EnĂ©e et de Didon, finalement sacrifiĂ©es sur l’autel du devoir : EnĂ©e amoureux doit rĂ©pondre Ă  l’appel du destin et de l’histoire (les ombres de Priam, ChorĂšbe, Hector le pressent d’honorer leur mĂ©moire : fonder une nouvelle nation en Italie).
EnĂ©e abandonnera donc Didon pour l’Italie. La scĂšne de l’abandon se transforme alors en vaste bĂ»cher oĂč pĂ©rit la reine suicidaire (nouvelle ClĂ©opĂątre, ou prĂ©figuration de la fin du Ring, quand Brunnhilde dans le CrĂ©puscule des dieux de Wagner, se jette dans un mĂȘme feu libĂ©rateur). Berlioz conçoit le premier en une scĂšne spectaculaire, pathĂ©tique et tragique, la mort de l’hĂ©roĂŻne (Didon) : si EnĂ©e se projette dans l’empire romain Ă  venir, Didon maudit la race troyenne et invoque Hannibal, futur rival des romains
 Chacun imagine son avenir selon sa propre vision.
La tradition de la tragĂ©die en musique y est rĂ©interprĂ©tĂ©e avec une originalitĂ© parfois sauvage et radicale comme l’était Berlioz : rĂ©cits ou airs fermĂ©s, sĂ©quence des ballets obligĂ©s, mais Ă©vocation atmosphĂ©rique personnelle (tempĂȘte et chasse d’EnĂ©e
), expression d’un amour absolu et tendre malgrĂ© les Ă©vĂ©nements pressants (ChorĂšbe et Cassandre puis Didon et EnĂ©e, dans chacune des deux parties)
 LĂ  encore comme pour l’Ulysse de Monteverdi, HomĂšre et Virgile, ont inspirĂ© deux partitions particuliĂšrement dĂ©cisives dans l’histoire de l’opĂ©ra et sur le plan poĂ©tique, deux sommets d’équilibre et de puissance Ă©motionnelle.

 

 

Dieux & héros ridiculisés : délire et parodie chez Offenbach 

offenbach jacques portrait opera operette 1704981-vive-offenbachLA BELLE HELENE (Paris, 1864) / Jacques Offenbach : vaudeville sublimĂ©. Davantage encore qu’OrphĂ©e aux enfers (18580 vĂ©ritable triomphe qui assoit sa cĂ©lĂ©britĂ© et son gĂ©nie sur les boulevards parisiens, La Belle HĂ©lĂšne est plus encore symptomatique de la sociĂ©tĂ© insouciante, flamboyante, un rien dĂ©cadente du Second Empire : crĂ©Ă© au ThĂ©Ăątre des VariĂ©tĂ©s le 17 dĂ©c 1864, l’ouvrage sous couvert d’action mythologique, est une sĂ©vĂšre et dĂ©lirante critique de la sociĂ©tĂ© d’alors, celle des politiques corrompus (ici le devin Calchas vĂ©nal), des cocottes alanguies, des sbires insouciants, irresponsables et doucereux (Oreste, Agamemnon)
 l’humour voisine souvent avec le surrĂ©alisme et le fantasque, mais toujours Offenbach sait cultiver un minimum d’élĂ©gance qui fait basculer le fil dramatique dans l’onirisme et une certaine poĂ©sie de l’absurde … LIRE notre opĂ©ra focus : la Belle HĂ©lĂšne de Jacques Offenbach (Paris, 1864)

 

 

 

Approfondir
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DVD Ă©vĂ©nement… Tous les secrets de la guerre de Troie (L’Iliade), les hĂ©ros et les dieux, les relations des uns et des autres, les enjeux, dĂ©sirs, intrigues sont explicitĂ©s dans la saison 2 de la sĂ©rie « les Grands Mythes / L’Iliade » Ă©ditĂ© par ARTE Ă©ditions (conception : François Busnel) – sortie : septembre 2019, CLIC de CLASSIQUENEWS (10 Ă©pisodes).

ILIADE les-grands-mythes-i-liade-francois-busnel-dvd-annonce-critique-dvd-serie-saison-classiquenewsExtrait de notre prĂ©sentation critique du coffret DVD : Les Grands Mythes / L’Iliade (Arte Ă©ditions) : “…  Ici, sur les traces d’HomĂšre, mĂȘme approche complĂšte et claire, esthĂ©tique et trĂšs documentĂ©e : tous les hĂ©ros de l’Iliade, guerriers grecs et troyens, dieux et dĂ©esses de l’Olympe, y sont subtilement Ă©voquĂ©s, leurs exploits et leurs enjeux comme leur signification, analysĂ©s : Ajax et Ulysse, Patrocle tuĂ© par Hector, Hector tuĂ© par Achille, Priam et Agamemenon, sans omettre l’implication des dieux Aphrodite, AthĂ©na, ArĂšs, surtout HĂ©ra dont la ruse, piĂšge Zeus et organise la victoire finale des grecs
 AprĂšs le visionage de chacun des 10 Ă©pisodes, l’Iliade, c’est Ă  dire l’histoire de la Guerre de Troie, n’aura plus aucun secret pour vous. IDEAL prĂ©ambule Ă  l’opĂ©ra
 Le coffret est d’autant plus nĂ©cessaire que chacun des Ă©pisodes clarifie l’épopĂ©e des grecs contre les troyens, de quoi mieux comprendre tous les ouvrages de musique et surtout les opĂ©ras, si nombreux, qui se sont inspirĂ©s de la formidable Ă©popĂ©e homĂ©rienne et des figures fascinantes des hĂ©ros concernĂ©s : Priam, Agamemnon, IphigĂ©nie, Hector contre Achille, Cassandre, HĂ©cube
”

OPERA, LOS ANGELES : 9 femmes accusent le ténor Placido Domingo de harcÚlement sexuel

domingo_verdi_bayrton_sony_heras_casado_placido_domingoOPERA, LOS ANGELES : 9 femmes accusent le tĂ©nor Placido Domingo de harcĂšlement sexuel. Dans un tĂ©moignages recuillis par Associated Press, 8 chanteuses et 1 danseuse ont fait savoir qu’elles avaient Ă©tĂ© victime de harcĂšlement sexuel par le tĂ©nor espagnol devenu baryton, Placido Domingo (78 ans). Parmi les plaignantes, Patricia Wulf, qui a autorisĂ© que son identitĂ© soit publiĂ©e. Les faits remonteraient entre 1980 et 2005. L’actuel directeur de l’OpĂ©ra de Los Angeles, prĂ©sentĂ© comme un « prĂ©dateur » aurait profitĂ© de sa situation dominante pour obtenir les faveurs des chanteuses. « Mains sur les genoux », « contacts forcĂ©s », « baiser visqueux sur la bouche »  sont quelques uns des Ă©lĂ©ments qui Ă©gratignent sĂ©rieusement le mythe du tĂ©nor espagnol le plus cĂ©lĂšbre de la planĂšte lyrique (depuis la mort de Pavarotti).

PlĂĄcido Domingo, pour sa part a dĂ©clarĂ© : «Il est douloureux pour moi d’apprendre que j’ai pu offenser des chanteuses alors que je pensais que toutes mes intentions Ă©taient bienvenues et rĂ©ciproques.» La direction de l’OpĂ©ra de Los Angeles a dĂ©clarĂ© avoir ouvert une enquĂȘte depuis la dĂ©clarations des plaignantes. L’affaire Ă©branle le petit monde feutrĂ© du lyrique. A suivre.

LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. ARTUR SCHNABEL : musicien et pianiste (1882 – 1951 – Éditions Hermann)

schnabel-artur-musicien-et-pianiste-werner-grĂŒnzweig-livre-annonce-critique-hermann-piano-classiquenews-lecture-livres-d-ete-2019-006672343LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. ARTUR SCHNABEL : musicien et pianiste (1882 – 1951 – Éditions Hermann). En ces temps de disette humaniste, oĂč la conscience politique et les convictions ne sont pas le fort des artistes, il est opportun comme un rappel historique, de souligner l’élĂ©gance Ă©veillĂ©e de certains profils artistiques, comme celui du pianiste Artur Schnabel, phare artistique et humain dans la premiĂšre moitiĂ© du XXĂš. Les champs d’exploration comme d’analyse sont du cĂŽtĂ© de Brahms et surtout de Beethoven (il joue le premier les 32 Sonates dĂšs 1927 Ă  la VolksbĂŒhne de Berlin), terrain propice Ă  l’explicitation des phrasĂ©s, oĂč se rĂ©gale l’individu Ă©pris de jeu linguistique dont l’esprit critique et le sens des contrepĂšteries, portent la marque d’une rare sagacitĂ©.
L’engagement de l’homme le fit quitter l’Allemagne devenue nazie dĂšs 1933 (avec sa famille), donnant son ultime rĂ©cital berlinois, le 23 avril 1933, pour ne jamais plus remettre les pieds en terres allemandes ni autrichiennes (y compris aprĂšs la guerre). La rupture est dĂ©finitive pour cet homme d’honneur et de valeurs qui ne comprit jamais comment son pays avait pu ainsi sombrer dans la barbarie.

ARTUR SCHNABEL, compositeur et pianiste

NĂ© en 1882 Ă  Lipnik les Bielitz (SilĂ©sie), le jeune Ahron / Artur Schnabel se forme Ă  Vienne au piano grĂące Ă  des professeurs particuliers. Un esprit indĂ©pendant le distingue de tous ; c’est un autodidacte forcenĂ© qui cultive l’absence de toute virtuositĂ© car comme il le disait lui-mĂȘme, il n’était pas «  un prostituĂ© de l’art » (voilĂ  pourquoi son prĂ©nom Artur s’écrit sans « h ») ; de surcroit, l’artiste moins pianiste que musicien, a toujours Ă©tĂ© frustrĂ© par sa carriĂšre de pianiste : il voulait vivre comme compositeur.
De fait ses partitions loin d’ĂȘtre inintĂ©ressantes, sont connues, rĂ©pertoriĂ©es, mais restent encore Ă  ĂȘtre estimĂ©es et Ă©coutĂ©es. Un comble pour ce profil d’artiste militant, esthĂšte et politique, 
 70 ans aprĂšs sa mort (1951).

Etabli Ă  Berlin Ă  partir de 1898, le jeune homme de 16 ans affirme un tempĂ©rament bien affirmĂ©. A 19 ans, son Concerto pour piano en rĂ© mineur est crĂ©Ă© par le Philharmonique de Berlin (1901). En 1905, il Ă©pouse la contralto Therese Behr, diseuse et interprĂšte de R Strauss qui comme son Ă©poux, l’accompagne dans ses rĂ©citals de lieder. A Vienne simultanĂ©ment, Schnabel rencontre Schoenberg, se passionne pour Pierrot Lunaire (1912), s’en trouve inspirĂ© comme compositeur : il compose alors Notturno (pour voix d’alto et piano), sur un texte de Richard Dehmel, au rythme naturel, sans barre de mesure, un procĂ©dĂ© qu’il approfondira encore dans sa Sonate pour violon seul. MĂȘme s’il espĂ©rait (en vain) composer toujours plus, Schnabel fut un immense pianiste, soliste inspirĂ© chez Schubert, Brahms, Beethoven, et parmi les auteurs contemporains Schoenberg ou Krenek
.
CLIC D'OR macaron 200Le texte publiĂ© par Herman est la traduction en français de la biographie d’Artur Schnabel par Werner GrĂŒnzweig parue en 2017 ; il est prĂ©sentĂ© par une riche introduction de Philippe Olivier (auteur d’un texte prĂ©cĂ©dent sur Artur Schnabel : «  On ne fera jamais de toi un pianiste », mĂȘme Ă©diteur, 2016). Outre les Ă©lĂ©ments biographiques ici reprĂ©cisĂ©s (cours d’’étĂ© Ă  Tremezzo, exil aux USA
), l’intĂ©rĂȘt du texte est de prĂ©senter les Ɠuvres de Schnabel comme compositeur (Quatuors, Sonates,
), comme interprĂšte soucieux d’exactitude philologique concernant les partitions qu’il a jouĂ©es (comme les Variations Diabelli, commentant chaque piĂšce, prĂ©cisant les doigtĂ©s
). Texte majeur.

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LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. ARTUR SCHNABEL : musicien et pianiste (1882 – 1951 – Éditions Hermann) – CLIC de CLASSIQUENEWS – Ă©tĂ© 2019

CD critique. BRUCKNER : 9Ăš symphonie Manfred Honeck (Pittsburgh Symph Orch, 2018)

bruckner-symphony-no-9 pittsburgh symphony orchestra cd annonce critique cd review cd classiquenews critique cd opera symphonies symphonies musique classique newsCD critique. BRUCKNER : 9Ăš symphonie Manfred Honeck (Pittsburgh Symph Orch, 2018). VoilĂ  un programme Ă©loquent et clair qui dĂ©voile la direction « centrale », trĂšs Ă©quilibrĂ©e du chef autrichien nĂ© dans le Vorarlberg en Autriche en sept 1958, Manfred Honeck. Le voici dirigeant le Symphonique de Pittsburgh. La 9Ăš est la derniĂšre partition symphonique de Bruckner, laissĂ©e hĂ©las inachevĂ©e. Bruckner particuliĂšrement dĂ©couragĂ© aprĂšs la mauvaise rĂ©ception de la 8Ăš, dĂ©laisse la plume pour ne la reprendre qu’en avril 1891. La partition de l’Adagio restera orpheline du Finale qui devait lui succĂ©der, la 9Ăš reste l’InachevĂ©e. Et dans l’Adagio, Bruckner exprime cette quĂȘte au repos, Ă  la grĂące qu’en croyant sincĂšre, il espĂ©rait atteindre.
Au gouffre dantesque, terrifiant du Scherzo, le plus beau jamais « écrit par l’auteur, rĂ©pond la priĂšre et l’adieu de l’Adagio
 Atteint de PleurĂ©sie, Bruckner devait s’éteindre en octobre 1896.
Justement, il n’est que d’écouter attentivement le dernier (3Ăš) Ă©pisode / le dernier mouvement (Adagio : Sehr langsam, feierlich, de presque 30 mn) pour mesurer le sĂ©rieux et la haute façon du chef, directeur musical du Pittsburgh Symph Orch, MANFRED HONECK que ses origines viennoises, rattachent Ă  la tradition des chefs Ă©lĂ©gants et hĂ©donistes. Il est soucieux surtout Ă  la façon d’un Karajan, d’une sonoritĂ© ronde et fondue, (lisse et linĂ©aire diront les plus critiques), mais solarisĂ©e comme les plus grands brucknĂ©riens (Jochum, Boehm, Wand, Masur,
).

WAGNER sublimé  Le dĂ©but aux cordes seules dessinent dans l’éther, la citation sublimĂ©e du Parsifal de Wagner (le modĂšle absolu de Bruckner). Expression d’un absolu spirituel et d’une profonde sĂ©rĂ©nitĂ©, l’Adagio approfondit la foi inextinguible du compositeur de Linz  en un ample tableau qui dĂ©colle et se maintient suspendu au dessus de l’existence terrestre, prĂ©ludant bien des dĂ©veloppements chez Mahler : mĂ» par une ardente ferveur, Honeck construit Ă  partir de cette sidĂ©ration wagnĂ©rienne plusieurs accents d’une totalitĂ© assumĂ©e, Ă©panouie qui enfle les cuivres, nobles et majestueux ici, d’une rĂ©sonance presque secrĂšte, voire Ă©nigmatique. Manfred Honeck ne cherche pas la dĂ©clamation superfĂ©tatoire mais plutĂŽt l’aspiration vers l’autre monde. Il dĂ©graisse l’orchestration ailleurs Ă©paisse voire lourde de Bruckner.
Dans cette vision intĂ©rieure, trĂšs intimiste, le ruban des cordes exprime l’absolu certitude et l’espĂ©rance de temps futurs enfin rĂ©solus, sans entraves ni tension. Une sorte d’extase spirituelle que seule l’orchestre colossal ici peut exprimer, entre l’hommage Ă  Wagner, en sa gravitĂ© renouvelĂ©e et R Strauss (Symphonie Alpestre). Une priĂšre qui touche par sa sincĂ©ritĂ© : Honeck lui apporte la couleur et l’éloquence requises. TrĂšs convaincant.

CD critique. BRUCKNER : 9Ăš symphonie « inachevĂ©e » (Pittsburgh Symph Orch, Manfred Honeck – 2018 – 1 cd Fresh / RR)

COMPTE RENDU, critique. ARTE, le 3 août 2019. MASCAGNI : Cavalleria Rusticana, production du San Carlo de Naples dans les rues de Matera (Juraj Valcuha)

mascagni Pietro Mascagni1COMPTE RENDU, critique. ARTE, le 3 aoĂ»t 2019. MASCAGNI : Cavalleria Rusticana, production du San Carlo de Naples dans les rues de Matera. En dĂ©but de soirĂ©e, au moment de la prĂ©sentation de l’opĂ©ra par les Ă©quipes d’ARTE, soit 3 prĂ©sentateurs (pas moins) en français, italien (langue locale) et allemand, on a commencĂ© par avoir trĂšs peur : problĂšme de son, confusion des textes de chacun qui se tĂ©lescopent, mĂ©li mĂ©lo entre les traductions simultanĂ©s
 ce fut un joyeux chaos, d’autant plus dĂ©routant que les animations populaires, Ă©voquant le combat du bien contre le mal dans les rues de la citĂ© Ă©lue de Matera, – capitale europĂ©enne de la culture 2019, Ă©taient pour le moins mal filmĂ©es et tombaient comme un cheveux dans la soupe
quel rapport avec le sujet de l’opĂ©ra qui suit ? Pas facile de programmer de tels directs lyriques.

 
 

 
 

PĂąques sanglantes Ă  Matera

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‹matera-piazza-san-pietro-caveoso opera arte juillet 2019 critique opera mascagni classiquenewsEnfin la partition commence et le flux naturel du spectacle s’organise : de fait, la bonne surprise attendue se rĂ©alise et les dĂ©cors de la ville utilisĂ©s dĂ©jĂ  par Pasolini pour sa Passion du Christ font miracle, d’autant plus Ă©clairĂ©s de nuit, avec des vues aĂ©riennes que permettent les drones.
Le souffle de l’opĂ©ra vĂ©riste de Pietro Mascagni (1890), chef d’Ɠuvre absolu de la scĂšne italienne a pu se concrĂ©tiser par la force visuelle d’un spectacle d’opĂ©ra en plein air, oĂč solistes et choristes professaient parmi la foule des spectateurs massĂ©s sur une grande place de la citĂ© minĂ©rale (Piazza San Pietro caveoso).
Le vĂ©risme assumĂ© et abouti de Mascagni s’accomplit dans ce drame simple des petites gens, paysans laborieux, filles entiĂšres, charretier bourru mais droit dans ses bottes
 La passion qui anime Santuzza (ardente et tendre Veronica Simeoni, pilier de cette production) Ă©clate au grand jour vis Ă  vis de Mama Lucia ; elle aime toujours Turiddu qui revient au village le dimanche de PĂąques (trop fragile et instable Roberto Aronica, le maillon faible de cette soirĂ©e : voix engorgĂ©e, Ă©mission Ă©trange et peu naturelle, piĂštre prĂ©sence scĂ©nique).

Mais celui ci la délaisse pour une autre, Lola (sulfureuse Leyla Martinucci au soprano velouté et sensuel). Pourtant la belle est mariée
 au travailleur Alfano (impeccable George Gagnidze : solide et bestial)

D’une jalousie l’autre, passant d’une Ăąme dĂ©vastĂ©e Ă  une autre, de Santuzza Ă  Alfio, l’agent du pire se concrĂ©tise (soit l’Ɠuvre de la jalousie) : Santuzza rĂ©vĂšle la liaison de Lola et de Turiddu au mari cocufiĂ© Alfio
 lequel ne tarde pas au couteau Ă  saigner le sĂ©ducteur.

Entre temps de sublimes airs, qui fouillent et Ă©treignent l’ñme tourmentĂ©e des protagonistes (Santuzza s’adressant Ă  Mama Lucia qui est la mĂšre attĂ©rĂ©e de Turiddu / puis Turiddu Ă  sa mĂšre, dans une scĂšne d’adieu dĂ©chirante) hissent la partition au niveau du meilleur Puccini. Il faut dire que la direction du chef Juraj Valcuha ne manque ni de tension, ni de lyrisme ni d’accents expressifs, intelligemment nĂ©gociĂ©s pour cette captation en direct et en plein air : le maestro fait preuve d’une grande cohĂ©rence et d’une solide sensibilitĂ© (superbe intermĂšde orchestral au mi temps du drame). Les instrumentistes du Teatro San Carlo ont relevĂ© le dĂ©fi de la performance avec une rĂ©elle finesse, qualitĂ© moins Ă©vidente de la part du chƓur. Globalement, la ville de Matera ne pouvait trouver meilleure publicitĂ©.

 
  
  
 

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COMPTE RENDU, critique. ARTE, le 3 août 2019. MASCAGNI : Cavalleria Rusticana, production du San Carlo de Naples dans les rues de Matera.

Pietro Mascagni : Cavalleria Rusticana
Opera en un acte – livret de Giovanni Targioni-Tozzetti et Guido Menasci, d’aprĂšs la nouvelle de Giovanni Verga
Création : Roma, Teatro Costanzi, 17 mai 1890

Juraj Valčuha, direction
Orchestra e Coro del Teatro di San Carlo

Santuzza, Veronica Simeoni
Turiddu, Roberto Aronica
Mamma Lucia, Elena Zilio‹Alfio, George Gagnidze‹Lola, Leyla Martinucci 
  
  
 

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LIRE aussi notre présentation de Cavalleria Rusticana à Matera sur ARTE
http://www.classiquenews.com/arte-cavalleria-rusticana-de-mascagni-dans-les-rue-de-matera/

 
  
  
 

LE CONCERT DE L’HOSTEL DIEU, nouvelle saison 2019 – 2020, temps forts

LYON-HOSTEL-DIEU-saison-2019-2020-franck-emmanuel-comte-classiquenews-annonce-presentation-critiques-concerts-concert-hostel-dieu-saison-lyonnaise-2019-2020-couv-400x626LE CONCERT DE L’HOSTEL DIEU, nouvelle saison 2019 – 2020. Rares les collectifs spĂ©cialisĂ©s en baroque, capables de se renouveler tout en demeurant fidĂšles Ă  leurs fondamentaux dont le chant baroque, l’incandescence des timbres instrumentaux, le dĂ©frichement de nouveaux rĂ©pertoires
 AnimĂ© par une flamme remarquablement prĂ©servĂ©e, Le Concert de l’Hostel Dieu, crĂ©Ă© et pilotĂ© par Franck-Emmanuel COMTE poursuit pour la saison 2019 – 2020, ses prises de risque et ses explorations crĂ©atives, perpĂ©tuant Ă  travers se choix de rĂ©pertoires, ses rencontres, le choix des lieux investis
 l’esprit des premiers baroqueux : la quĂȘte infinie 
 certes jamais satisfaite mais porteuse d’accomplissements surprenants et souvent fĂ©conds. A Lyon et sur tout le territoire, Le Concert de l’Hostel Dieu et Franck-Emmanuel COMTE diffusent leur approche des rĂ©pertoires avec la singularitĂ© et la vivacitĂ© qui les caractĂ©risent.

 

 

 

TERRE DE LIBERTÉ : entre Raison et DĂ©raison, recherche et rĂ©alisation…
Le formidable visuel de la nouvelle saison 2019 – 2020 met en avant une figure mythique mordante, expressive : la femme au serpent / la Gorgone. De fait, voilĂ  annoncĂ© par cette allĂ©gorie fascinante / effrayante, un nouveau cycle de concerts et de programmes qui ne laisseront pas indiffĂ©rent
 Franck-Emmanuel COMTE cultive depuis des annĂ©es comme un ferment propice, l’interdisciplinaritĂ© : c’est au carrefour des formes et des imaginaires que peut naĂźtre le nouveau voire l’inouĂŻ. C’est aussi une formidable Ă©quation qui stimule toujours les instrumentistes et chanteurs partenaires du chef et claveciniste.

FRANCK-EMMNUEL COMTE rĂ©invente le BaroqueLe propre du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU depuis ses dĂ©buts est de rendre vivante, une premiĂšre approche (nĂ©cessaire) de recherche et de questionnement. Dans la rĂ©alisation, le geste se prĂ©cise et devient naturel, par sa libertĂ© d’interprĂšte et de concepteur, en serviteur zĂ©lĂ© et « historiquement informé » des compositeurs et pratiques anciennes, Franck-Emmanuel COMTE nous rappelle que « la crĂ©ation s’insinue partout : dans l’ornementation mĂ©lodique, dans les orchestrations oĂč l’instrumentation est souvent laissĂ©e libre par les compositeurs, dans l’harmonisation des lignes de basses continues, dans l’arrangement des piĂšces instrumentales
 Un terrain de jeu exaltant, une terre de libertĂ© qui dĂ©passent bien souvent le cadre scientifique et ancrent ces musiques patrimoniales dans le temps prĂ©sent. »
Ce goĂ»t de la libertĂ© qui devient « imprĂ©visibilité » apporte aujourd’hui au collectif du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU sa facultĂ© Ă  demeurer spontanĂ©. Vertu essentielle pour que le Baroque continue de nous parler. En tĂ©moigne les thĂ©matiques et temps forts de la nouvelle saison 2019 – 2020 :

 

 

 

PROGRAMMES

 

 

 

 

 

JUIN 2020 :
LA FRANCESINA

La Francesina, Elisabeth Duparc, cantatrice vedette au XVIIIĂš…

concert-hostel-dieu-raison-deraison-saison-2019-2020-classiquenews-franck-emmanuel-COMTE-classiquenewsEn juin 2020, fin de saison lyrique dans le sillon d’une cantatrice devenue cĂ©lĂšbre au XVIIIĂš, Elisabeth Duparc dont le Concert de l’Hostel Dieu propose un fascinant portrait musical et donc opĂ©ratique, de l’opĂ©ra Ă  l’oratorio
 Avec la soprano belge Sophie Junker qui chante les Ɠuvres abordĂ©es par « la Duparc » : airs des opĂ©ras et oratorios de Handel principalement (un disque devrait prolonger ce nouveau chantier musical). Agile, douĂ©e d’un timbre de « rossignol » (ou de « fauvette » / warbling voice), Elisabeth Duparc ressuscite ainsi.

Concert événement mercredi 10 juin 2020, Salle MoliÚre à LYON

RÉSERVEZ VOS PLACES
http://www.concert-hosteldieu.com/agenda/francesina/

Réservations par téléphone : 04 78 42 27 76

 

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 Sophie Junker et Franck-Emmanuel COMTE © Julie Cherki

 

 

PrĂ©sentation du programme La Francesina par Le Concert de l’Hostel Dieu : “Le portrait musical d’une grande cantatrice du XVIIIe siĂšcle, muse de Georg Friedrich HĂ€ndel. Curieux parcours que celui d’Elisabeth Duparc, nĂ©e en France, formĂ©e en Italie et ayant trouvĂ© la gloire Ă  Londres. « La Francesina » a Ă©tĂ© une des derniĂšres muses de HĂ€ndel alors qu’il abandonnait les fastes de l’opĂ©ra italien pour l’élĂ©vation spirituelle de l’oratorio. Il compose pour elle des rĂŽles majeurs et principalement des airs « de rossignol ». La plupart de ses contemporains louaient le timbre et l’agilitĂ© de sa warbling voice (voix de fauvette). Dans ce programme allant de l’opĂ©ra Ă  l’oratorio, la soprano belge Sophie Junker rend hommage Ă  « La Francesina » et explore la collaboration qui la lia Ă  HĂ€ndel pendant une dĂ©cennie. Elle sera la Nuova Francesina qui rĂ©pondra Ă  la Duparc avec la mĂȘme Ă©nergie dans son fastueux rĂ©pertoire“. (Pedro-Octavio Diaz, conseiller artistique)

 

 

PROGRAMME
Airs et piĂšces instrumentales extraits d’opĂ©ras et d’oratorios de HĂ€ndel : Faramondo, Deidamia, Serse, Semele, Saul, Hercules


 
DISTRIBUTION
Sophie Junker, soprano
Reynier Guerrero, violon solo
Le Concert de l’Hostel Dieu
Franck-Emmanuel Comte, clavecin et direction

 vidéo La Francesina

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Programmes plus anciens / Le Concert de l’Hostel Dieu

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OCTOBRE 2019

Compositrices et interprĂštes baroques…

 

concert-hostel-dieu-raison-deraison-saison-2019-2020-classiquenews-franck-emmanuel-COMTE-classiquenewsBAROQUE AU FÉMININ, c’est le fil rouge de toute la saison nouvelle avec des dĂ©veloppements, des dĂ©couvertes et lĂ  encore des rencontres artistiques fortes. Premier volet et sĂ©rie de concerts : « La Donna barocca” (autour des compositrices italiennes : BARBARA STROZZI et ses consƓurs italiennes…). Muse et compositrice lĂ©gendaire au XVIIĂš, Barbara Strozzi incarne la musique baroque Ă  son Ă©poque, dans une langue sensuelle et remarquablement articulĂ©e : le Concert de l’Hostel Dieu cĂ©lĂšbre les 400 ans de sa naissance. Et avec elle, les Ă©critures non moins captivantes d’autres compositrices italiennes, telles Francesca Caccini, Isabella Leonarda et Antonia Bembo. Avec la soprano Heather Newhouse (dĂ©jĂ  Ă©coutĂ©e dans le programme Folia). Les 15 puis 16 octobre 2019, LYON, MusĂ©e des tissus et des arts dĂ©coratifs. VIDEO : Heather Newhouse : L’Eraclito amoroso (Barbara Strozzi)

RÉSERVEZ
http://www.concert-hosteldieu.com/agenda/la-donna-barocca-4/

 
 

 

 

 

NOVEMBRE et DÉCEMBRE 2019
La FOLIA Ă  PARIS…

 

folia-concert-de-l-hostel-dieu-franck-emmanuel-comte-concert-festival-opera-annonce-critique-par-classiquenews-juillet-2019En novembre et dĂ©cembre 2019, reprise Ă  PARIS du fabuleux spectacle FOLIA, inspirĂ© par les rythmes et la transe des tarentelles napolitaines, et sujet d’un excellent cd, « CLIC » de classiquenews : il s’agit d’un ballet nĂ© de la rencontre entre Franck-Emmanuel COMTE et le chorĂ©graphe Mourad Merzouki. 
 AprĂšs un prĂ©lude cosmique, la basse obligĂ©e prend la parole et organise en rythmes baroques ce qui semblait ĂȘtre jusqu’alors une colonie mĂȘlĂ©e, confuse
 de corps et de sphĂšres. Mais si le verbe agit, la musique envoĂ»te et sĂ©duit
 elle canalise le flux et bientĂŽt tout s’organise par la danse, vĂ©ritable transe souveraine
 LIRE notre critique du cd Folia :
https://www.classiquenews.com/cd-critique-folia-le-concert-de-lhostel-dieu-franck-emmanuel-comte-direction-1-cd-1001-notes-2018/

 

 

FÉVRIER 2020
Compositrices françaises du SiĂšcle des LumiĂšres…

 

En FĂ©vrier 2020, second volet du BAROQUE AU FEMININ : aprĂšs les compositricesconcert-hostel-dieu-raison-deraison-saison-2019-2020-classiquenews-franck-emmanuel-COMTE-classiquenews italiennes, rencontre avec les compositrices françaises, celles encore trop peu connues, du SiĂšcle des LumiĂšres ; partitions restituĂ©es enfin d’Elisabeth Jacquet de la Guerre (tragĂ©die CĂ©phale et Procris), Mademoiselle Duval (opĂ©ra ballet Les GĂ©nies), Françoise de Saint-Nectaire, Julie Pinel, HĂ©lĂšne-Louise Demars
 autant de crĂ©atrices baroques dont les Ă©critures et les styles sont mis en dialogue avec une crĂ©ation de la compositrice contemporaine Caroline Marçot (nĂ©e en 1974 / commande du Concert de l’Hostel Dieu) : les 11 et 12 fĂ©vrier, LYON, MusĂ©es des Tissus et des Arts dĂ©coratifs.
RESERVEZ
http://www.concert-hosteldieu.com/agenda/parnasse-au-feminin/

Puis, début février 2020 (merc 5 fev), Franck Emmanuel COMTE propose à la BibliothÚque Lyon Part-Dieu, une conférence en musique dédiée aux compositrices parisiennes du XVIIIe siÚcle (avec la soprano Heather Newhouse / FE Comte, clavecin).

 

 

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A noter Ă©galement un nouveau projet intitulĂ© « la Chorale solidaire », et aussi une nouvelle aventure vidĂ©o, Ă  travers les premiers Ă©pisodes de la websĂ©rie rĂ©alisĂ©e en partenariat avec la Youtubeuse Mia de la chaine l’OpĂ©ra et ses Zouz
 sur le thĂšme des compositrices, …

 

 

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CONCERT HOSTEL DIEU FRANCK EMMANUEL COMTE logo 2018 pour classiquenewsRETROUVEZ tous les concerts, tous les programmes et les Ă©vĂ©nements de la saison 2019 – 2020 du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU, sur le site du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU / FRANCK-EMMANUEL COMTE :

http://www.concert-hosteldieu.com

 

CD critique. LEKEU : Sonate pour violon, Trio pour violon / violoncelle (Monteiro, Rocha, JP Santos (1 cd Brilliants – 2018)

lekeu guillaume violon piano monteiro miguel rocha JP santos piano cd brilliants critique review classiquenewsCD critique. LEKEU : Sonate pour violon, Trio pour violon / violoncelle (Monteiro, Rocha, JP Santos (1 cd Brilliants – 2018). Lekeu comme de nombreux gĂ©nies prĂ©coces fut fauchĂ© Ă  24 ans (mort Ă  Angers le 21 janvier 1894) par la fiĂšvre typhoĂŻde, nous laissant orphelins d’un talent rare et dĂ©jĂ  passionnĂ© dont la trĂšs riche texture, le goĂ»t des chromatismes, une pensĂ©e manifestement wagnĂ©rienne (en cela fidĂšle au goĂ»t de ses mentors D’Indy et Franck) demeure la promesse Ă©ternelle d’une maturitĂ© Ă  jamais refusĂ©e. Pourtant les deux partitions abordĂ©es ici indiquent clairement l’accomplissement manifeste d’une Ă©criture aboutie, dense, intense malgrĂ© le jeune Ăąge du compositeur romantique français. Il remporta d’ailleurs le 2Ăšme Prix de Rome belge en 1891 (pour sa cantate AndromĂšde Ă  rĂ©Ă©couter d’urgence). Le sens des couleurs, le flux harmonique aux modulations et passages ininterrompus façonnent un matĂ©riau particuliĂšrement opulent et actif, jusqu’à la saturation. A leur Ă©coute, le « Rimbaud » de la musique française n’a pas usurpĂ© son surnom, ni la pertinence de ce rapprochement poĂ©tique.

220px-Guillaume_Lekeu_ca._1886Souvent prĂ©sentĂ©e telle sa piĂšce maĂźtresse, la Sonate pour piano et violon en sol majeur, composĂ©e Ă  l’étĂ© 1892, crĂ©Ă©e avec succĂšs Ă  Bruxelles en mars 1893 par le violoniste cĂ©lĂšbre EugĂšne YsaĂże (qui fut surtout le commanditaire de la Sonate). Il faut beaucoup d’énergie et d’engagement, mais aussi de la finesse pour assumer ce lyrisme permanent dont la suractivitĂ© peut obscurcir le sens et la clartĂ© de l’architecture. Car influencĂ© aussi par Beethoven, Lekeu a la passion de la forme, du dĂ©veloppement, animĂ© par une ambition musicale et un instinct perfectionniste, en tout point remarquable. Tout s’enchaĂźne parfaitement dans cette Sonates Ă  2 voix dont l’acuitĂ© expressive fait briller un lyrisme mĂ©lodique dĂ©bordant, un sens de la structure aussi mieux Ă©quilibrĂ©e
 : canalisĂ© et construit dans le premier Ă©pisode « TrĂšs modĂ©ré » plutĂŽt sĂ©duisant et lĂ©ger ; le central « trĂšs lent » fait valoir les qualitĂ©s de nuances du violon plutĂŽt introspectif ; avant le Finale (TrĂšs animĂ©), ouvertement passionnĂ© voire dĂ©bridĂ© mais toujours frais et printanier.

Plus attachant selon notre goĂ»t, le Trio avec piano a le charme d’une sincĂ©ritĂ© rayonnante quoiqu’encore indĂ©cise voire maladroite dans son Ă©criture. Il est un peu plus ancien (composĂ© en 1890) oĂč se dĂ©ploie davantage dans sa construction plus explicite, l’influence de la structure beethovĂ©nienne, quoique le premier et dernier mouvement regorgent d’idĂ©es et de rĂ©miniscences harmoniques denses et mĂȘlĂ©es qui fondent les critiques regrettant trop de dĂ©veloppements. Ambitieuse, la partition dĂ©ploie 4 mouvements particuliĂšrement « bavards » ou 
dramatiques, diront les plus bienveillants. Âme passionnĂ©e et d’une force intranquille, Lekeu sait dĂ©ployer une imagination intime sans limites comme l’atteste le premier mouvement oĂč dialoguent deux Ă©pisodes trĂšs contrastĂ©s (lent puis allegro Ă©nergique), exprimant une palette de sentiments aussi prolixe que nuancĂ©e : de la douleur premiĂšre, Ă  la sombre rĂȘverie, 
 du renoncement furtif Ă  la dĂ©pression plus diffuse : tout ici par le filtre d’une sensibilitĂ© experte et hyperactive, dĂ©nonce et Ă©prouve l’échec et la rĂ©pĂ©tition des blessures intimes. Le trĂšs lent, puis le Scherzo, hautement syncopĂ©, enfin le finale qui est un Lent lui aussi, peut-ĂȘtre trop long quoique harmoniquement passionnant, accrĂ©ditent le gĂ©nie bien trempĂ© du jeune romantique; les trois interprĂštes malgrĂ© un piano Ă  notre avis trop prĂ©sent, au risque d’un dĂ©sĂ©quilibre sonore, restitue le jaillissement des motifs en Ă©chos ou en opposition ; que raffine aussi le violon tout en intensitĂ© maĂźtrisĂ©e du Bruno Monteiro. Restent la Sonate violoncelle / piano (1888), le Quatuor avec piano (1893) pour saisir le gĂ©nie d’un Lekeu juvĂ©nile et passionnant. De prochains enregistrements ? A suivre.

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CD, critique. Guillaume Lekeu (1870-1894) : Sonate pour violon et piano en sol majeur – Trio pour piano, violon et violoncelle en do mineur. Bruno Monteiro, violon. Miguel Rocha, violoncelle. JoĂŁo Paulo Santos, piano. 1 CD Brilliant Classics. Enregistrement rĂ©alisĂ© au Portugal, Ă©tĂ© 2018. Livret : anglais-portugais. DurĂ©e : 1h17mn

CD coffret, événement. The BRIGITTE FASSBAENDER edition (11 cd DG Deutsche Grammophon)

Brigit fesbaender mezzo edition lieder operas coffret box cd set review critique cd opera concert festivals classiquenews 4836913CD coffret, Ă©vĂ©nement. The BRIGITTE FASSBAENDER edition (11 cd DG Deutsche Grammophon). Elle vient d’avoir 80 ans ce 3 juillet 2019 (nĂ©e berlinoise en 1939) : la mezzo Brigitte Fassbaender aura marquĂ© les planches surtout Ă  partir de 1970 , – premiĂšre dĂ©cennie oĂč elle se saisit de premiers rĂŽles lyriques, grĂące Ă  un tempĂ©rament dramatique qui sait articuler et aussi projeter le texte : la chanteuse lyrique est aussi une formidable diseuse, habile et convaincante dans les lieder de Schubert, Wolf, Strauss, surtout Brahms et Liszt
 ce que rappelle avec justesse le coffret de 11 cd, Ă©ditĂ© en ce mois de juillet anniversaire par DG Deutsche Grammophon. Son timbre souple et sombre mais heureusement cuivrĂ©, Ă©blouit dans les rĂŽles travestis dont tĂ©moigne la rĂ©ussite de ses prises des rĂŽles tel surtout l’amant de La MarĂ©chale, Ă  son lever au I : « Quinquin » / Octavian (Le Chevalier Ă  la rose de R Strauss), mais aussi Sextus dans La ClĂ©mence de Titus de Mozart
 La Fassbaender est de la trempe des Christa Ludwig (nĂ©e aussi Berlinoise mais en 1924) : une voix, un jeu dramatique, et une personnalitĂ© admirable, une partenaire qui savait se fondre et participer dans chaque maison d’opĂ©ra avec un rĂ©el esprit de troupe. Les 11 cd ainsi regroupĂ©s forment un portrait Ă©quilibrĂ©, emblĂ©matique des choix artistiques de la cantatrice qui fut capable de chanter l’opĂ©ra italien, Mozart, Wagner et Verdi, surtout le lied. Les 7 premiers cd sont dĂ©diĂ©s Ă  l’articulation des textes germaniques mis en musique par Schubert (Die Schöne MĂŒllerin, Schwanengesang; lieder
) ; Loewe (Lieder, Frauenliebe), Schumann (Frauenliebe und leben, lieder
) ; Wolf (Mörike lieder) ; surtout l’excellent programme rĂ©unissant les lieder de Strauss et Liszt. En bonus, les duos de Dvorak et Brahms.
CLIC D'OR macaron 200Puis, DG souligne le mĂ©tal colorĂ© de ce timbre qui s’est entendu avec l’orchestre, chez Mahler (lieder avec orchestre, extraits du Chant de la terre), Brahms (Alt-Rhapsodie), Moussorsgki (Chants et danses de la mort). Enfin les deux derniers cd (10 et 11) sont dĂ©diĂ©s aux personnages lyriques : de VERDI (Azucena / Il Trovatore) Ă  WAGNER (BrangĂ€ne dans Tristan und Isolde), sans omettre SCHOENBERG (ses fabuleux Gurre-lieder). A noter aussi ses rĂŽles mozartiens : Sextus (Titus), Dorabella (Cosi)
 Portrait discographique incontournable. Bon anniversaire Brigitte !

 

 

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CD coffret, événement. The BRIGITTE FASSBAENDER edition (11 cd DG Deutsche Grammophon)

Works by
Schubert · Loewe · Schumann
Wolf · Lizst · R. Strauss
Dvoråk · Brahms · Mahler
Mussorgsky · R. Wagner · A. Scarlatti
Mozart · Humperdinck · Pfitzner
Puccini · J. Strauss II · Verdi
Schoenberg
Brigitte Fassbaender, mezzo-soprano

Wiener Staatsopernchor
Wiener Philharmoniker
Karl Böhm

Mozarteum Orchester Salzburg
Leopold Hager

Berliner Philharmoniker
Carlo Maria Giulini

Deutsches Symphonie-Orchester Berlin
Riccardo Chailly

Symphonieorchester
des Bayerischen Rundfunks
Rafael Kubelik
Parution international le 7 Juin 2019

CD coffret, Ă©vĂ©nement. The BRIGITTE FASSBAENDER edition (11 cd DG Deutsche Grammophon – 0289 483 6913 3

DOSSIER BEETHOVEN 2020 : les 250 ans de la naissance (1770 – 2020)

beethoven 1803 apres Symphonie 1 creation symphonies romantiques classiquenews review compte rendu cd critique 800px-Beethoven_3DOSSIER BEETHOVEN 2020 : 250 ans de la naissance de Beethoven. L’anniversaire du plus grand compositeur romantique (avec Berlioz puis Wagner Ă©videmment) sera cĂ©lĂ©brĂ© tout au long de la saison 2020. Mettant en avant le gĂ©nie de la forme symphonique, le chercheur et l’expĂ©rimentateur dans le cadre du Quatuor Ă  cordes, sans omettre la puissance de son invention, dans le genre concertant : Concerto pour piano, pour violon, lieder et sonates pour piano, seul ou en dialogue avec violon, violoncelle
 Le gĂ©nie de Ludwig van Beethoven nĂ© en 1770, mort en 1827) accompagne et Ă©blouit l’essor du premier romantisme, quand Ă  Vienne se disperse l’hĂ©ritage de Haydn (qui deviendra son maĂźtre fin 1792) et de Mozart, quand Schubert aussi s’intĂ©resse mais si diffĂ©remment aux genres symphonique et chambriste. Venu tard Ă  la musique, gĂ©nie tardif donc (n’ayant rien composĂ© de trĂšs convaincant avant ses cantates Ă©crites en 1790 Ă  20 ans), Beethoven, avant Wagner, incarne le profil de l’artiste messianique, venu sur terre tel un Ă©lu sachant transmettre un message spirituel Ă  l’humanitĂ©. Le fait qu’il devienne sourd, accrĂ©dite davantage la figure du solitaire maudit, habitĂ© et rongĂ© par son imagination crĂ©ative. Pourtant l’homme sut par la puissance et la sincĂ©ritĂ© de son gĂ©nie, par l’intelligence de son caractĂšre pourtant peu facile, Ă  sĂ©duire et cultiver les amitiĂ©s. Ses rencontres se montrent souvent dĂ©cisives pour l’évolution de sa carriĂšre et de sa reconnaissance. Pour souligner combien le gĂ©nie de Beethoven est inclassable, singulier, CLASSIQUENEWS dresse le portrait de la vie de Beethoven (en 4 volets), puis distingue 4 Ă©pisodes de sa vie, particuliĂšrement dĂ©cisifs


 

 

 

 

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Volet 1 : dossier Beethoven 2020

JEUNESSE Ă  BONN : 1770 – 1792
Les 12 premiÚres années de la vie de Ludwig

 

 

Beethoven jeune 1012554_1151146791564340_4447833172979903169_nA Bonn, le pĂšre et le grand pĂšre de Beethoven se destinent Ă  servir l’archevĂšque-Ă©lecteur de Cologne, comme musiciens. Le jeune Ludwig nĂ© le 16 dĂ©cembre 1770 suivra leurs pas. AgĂ© de 12 ans, Ludwig rencontre l’étudiant en mĂ©decine Franz Gerhard Wegeler (1782) qui l’introduit au sein de la famille von Breuning : c’est dans ce milieu raffinĂ© qu’il reçoit une formation musicale digne de ses aptitudes. Goethe, Schiller
 sont ses lectures rĂ©guliĂšres, distillant dans l’esprit dĂ©jĂ  trĂšs imaginatif de l’adolescent les idĂ©es de l’AufklĂ€rung et de l’esthĂ©tique Sturm und Drang
 PassionnĂ©, transportĂ© par les LumiĂšres et l’esprit rĂ©volutionnaire, Ludwig suit avec attention l’actualitĂ© française ; il se passionnera bientĂŽt pour Bonaparte, mais ce dernier devenu NapolĂ©on, Beethoven reniera sa premiĂšre adoration.
A 13 ans, – 1783-, Beethoven est nommĂ© organiste de la cour, rĂ©pĂ©titeur pour l’orchestre et le thĂ©Ăątre. Son pĂšre alcoolique perd ses Ă©lĂšves
 que Ludwig rĂ©cupĂšre.
En 1774, le Comte Waldstein, chambellan du nouvel archevĂȘque (le frĂšre de l’Empereur Leopold, l’archiduc Maximilien Franz) remarque au sein de la cour, le jeune tempĂ©rament de Beethoven. Il l’envoie Ă  Vienne dĂšs 1787, pour y rencontrer Mozart et suivre les conseils de ce dernier. Mais Wolfgang n’est guĂšre captivĂ© par le jeune gĂ©nie mĂ©lancolique : de leur rencontre, ne sort aucune coopĂ©ration d’envergure. C’est un Ă©chec. Beethoven rentre Ă  Bonn en septembre 1787 pour le dĂ©cĂšs de sa mĂšre.
Avant Schubert, Schumann, Wolf, Wagner et Strauss, le jeune Beethoven inscrit Ă  l’UniversitĂ© de Bonn en 1789 (19 ans) s’intĂ©resse aux Ă©crivains, se passionne pour la littĂ©rature. Comme Berlioz, Ludwig lit Shakespeare, HomĂšre
 C’est un rĂȘveur qui nourrit sa prochaine inspiration de crĂ©ateur. A l’UniversitĂ©, il suit aussi les cours du libertaire Euloge Schneider, aux idĂ©es clairement rĂ©volutionnaires.

haydn joseph-crop-412x332En 1790, Ludwig, 20 ans compose une cantate funĂšbre pour la mort de Joseph II, puis une autre pour l’avĂšnement de Leopold II : bien que trempĂ©es dans l’acier d’une Ă©criture farouche et dĂ©jĂ  vĂ©hĂ©mente, les deux Ɠuvres ne sont pas jouĂ©es. L’immense et cĂ©lĂ©brisime Joseph Haydn venu de Vienne croise son chemin : il remarque Ă  peine le jeune homme qui bien qu’introspectif, a dĂ©cidĂ© du fond de son Ăąme, de trouver les Ă©lĂ©ments d’un nouveau langage musical, qui passe par l’orchestre et la musique de chambre. Le rĂȘveur se languit avec dĂ©sespoir : elle aime ElĂ©onore von Breuning, mais n’est pas aimĂ© en retour. VoilĂ  une catastrophe intime qui inaugure le roman Ă©pineux et trouble de Beethoven et les femmes. En 1792, deux ans aprĂšs leur premiĂšre rencontre, Haydn, examinant l’une des cantates de 1790, cĂ©lĂšbre sans rĂ©serve le gĂ©nie prometteur de Ludwig. GrĂące Ă  Waldstein, Beethoven payĂ© par l’Electeur de Cologne, peut rejoindre Haydn Ă  Vienne pour y suivre ses leçons. Ludwig deviendra Beethoven Ă  Vienne oĂč il reste jusqu’à sa mort.

 

 

 

 

 

 

 

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Volet 2 : dossier Beethoven 2020

Premiers accomplissement viennois (1793 – 1802)
Les méditations de Ludwig

 

 

Fidelio de BeethovenA VIENNE, L’ELEVE DEPASSE SES MAÎTRES
 Haydn reçoit Ă  Vienne le jeune Beethoven de 22 ans, intrĂ©pide et fougueux dont la soif de formation et de dĂ©passement, submerge trĂšs vite la disponibilitĂ© pĂ©dagogique de son mentor. S’il recherche aussi les conseils et leçons d’autres professeurs tels Albrechtsberger (composition), Salieri (chant)
 Ludwig perd patience et absorbe ces apports pour les dĂ©passer. Il reste un solitaire indĂ©pendant. Sans la validation de ses professeurs, le jeune compositeur affirme donc son tempĂ©rament irrĂ©ductible en publiant en 1795, ses Trois Trios, (opus 1) suivi des Trois Sonates (opus 2) pour piano. Sa virtuositĂ© comme pianiste improvisateur subjugue les Viennois, dĂšs mars 1795. GrĂące au premier protecteur, le comte Waldstein, Ludwig conquiert les cĂ©nacles aristocratiques de Vienne : les protecteurs se dĂ©clarent tels Lichnowsky, Lobkowitz, Razoumovski, Fries, Van Swieten
 dont les noms sont inscrits dans l’Histoire grĂące Ă  la dĂ©dicace que leur destine Ludwig. Pourtant, loin de se borner au confort et Ă  l’agrĂ©ment des princes, Beethoven voit large et sa conscience artistique se double d’une intelligence politique affĂ»tĂ©e : il suit la RĂ©volution française ; admire l’élan dĂ©mocratique et se rapproche des Jacobins (Jacob von Sonnenfels dĂ©jĂ  proche de Mozart), ne serait ce que dans sa mise et sa coiffure qui s’écarte de la queue de cheval et du bas de soie. Le profil du musicien rĂ©volutionnaire se prĂ©cise peu Ă  peu.

 

 

L’OMBRE DE LA SURDITÉ
 Mais en 1796, la surditĂ© se prĂ©sente, affectant dĂ©sormais la quĂȘte du compositeur. Beethoven cache Ă  tous ce terrible mal ; il en avoue la gĂȘne Ă  certains proches en 1801 ; puis confesse le handicap en 1806, Ă  l’époque du 9Ăš Quatuor. Si l’homme mondain, sentimentale, relationnel en souffre, le compositeur continuera de produire dans une qualitĂ© de concentration admirable, bĂ©nĂ©fique pour son travail. La surditĂ© a aussi affirmĂ© le gĂ©nie beethovĂ©nien. Sans l’entraver, elle l’a fortifiĂ©. ConfirmĂ© dans son unicitĂ© exceptionnelle : quoiqu’on le dise, Beethoven n’est pas plus cĂ©rĂ©bral que sensuel ; il est les deux : un architecte et un hĂ©doniste, capable de couleurs inĂ©dites alors comme de conception orchestrale d’un impĂ©rieux Ă©quilibre. Beethoven conçoit un son qui lui est propre, associĂ© Ă  une quĂȘte de plus en plus explicite du timbre, comme il redĂ©finit la syntaxe mĂȘme du langage musical.

 

 

LES MÉDITATIONS DE LUDWIG


D’autant qu’en septembre 1802, dans le fameux testament d’Heiligenstatdt, Ludwig qui a eu la tentation libĂ©ratrice du suicide, s’accroche finalement indĂ©fectiblement Ă  la vie, Ă  l’accomplissement de son Ɠuvre : les forces de l’esprit contre l’anĂ©antissement. A 31 ans – Ăąge oĂč meurt Schubert, Ludwig affirme une Ă©criture qui fait la synthĂšse de ce qui l’a prĂ©cĂ©dĂ© ; une vision et un format, une conscience et un langage qui envisagent dĂ©sormais l’avenir. Beethoven plus qu’aucun autre lance des ponts vers l’avenir.
A son crĂ©dit surtout, son Ɠuvre comme pianiste exceptionnel : les 3 premiers Concertos pour piano ; puis aux cĂŽtĂ©s des Trios Ă  cordes opus 9, des 6 Quatuors Lobkowitz opus 18, la Sonate PathĂ©tique opus 13 ; la Clair de lune opus 27, la TempĂȘte opus 31
 Haydn et Mozart restent dans l’équilibre, le jeu formel, la surprise ; pour Wolfgang, l’expression ineffable des sentiments amoureux avec – prĂ©romantisme, des visions foudroyantes de la mort ; Beethoven conduit dans le trĂ©fond d’une immersion intime comme une mĂ©ditation musicale. Son Ă©criture ne cesse de marquer les jalons de ce parcours inĂ©dit oĂč la conscience pilote l’itinĂ©raire expressif et laisse se dessiner libre, le profil de l’ĂȘtre Ă  accomplir. Pour l’encourager Ă  se dĂ©velopper et s’incarner, Beethoven utilise avec une rare intuition, le silence : il en dĂ©coule une Ă©coute intĂ©rieure, une activitĂ© souterraine neuve, et surtout un temps musical nouveau qui ne suit plus la logique conceptuelle de la forme (sonate ou autres) mais reste infĂ©odĂ© aux rythmes de cette nouvelle introspection : Beethoven fait de la musique, une expĂ©rience sensorielle essentiellement psychique. Avec lui, le romantisme qui couve avec dĂ©licatesse, effusion, suggestion, onirisme chez Mozart et Schubert, se dĂ©voile victorieux, lĂ©onin, jaillissant, expĂ©rimental
 C’est la rĂ©volution Beethoven qui ne cesse aujourd’hui de nous saisir en nous rappelant Ă  notre humanitĂ© la plus intime et la plus personnelle.

Prochain feuilleton, volet 3 :
Le BEETHOVEN ACCOMPLI : un souffle Ă©pique (1802 – 1812)

 

beethoven

 

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BEETHOVEN 2020
nos 2 derniers feuilletons pour l’annĂ©e BEETHOVEN 2020

 

 

 

Ludwig-Van-Beethoven

BEETHOVEN 2020, volet 3 : Ludwig Ă©pique (1802 – 1812) – HEILINGENSTATD, 1802 : une nouvelle naissance. FinancĂ© par l’aristocratie viennoise, Beethoven croit un moment qu’il peut prĂ©tendre rejoindre la classe supĂ©rieure ; nenni, musicien, il reste un ĂȘtre infĂ©rieur car il n’est pas noble. BientĂŽt en 1806, le prince Lichnowski qui le dotait d’une rente confortable lui enjoint de jouer pour ses invitĂ©s selon son plaisir : Beethoven se rebiffe ; il n’est pas un serviteur : fiĂšrement, aprĂšs qu’il ait Ă©tĂ© congĂ©diĂ© par son protecteur, le compositeur Ă©crit : « des nobles il y aura toujours ; mais il n’y aura jamais qu’un seul Beethoven ». Le voilĂ  comme Mozart quittant Salzbourg, en artiste crĂ©ateur misĂ©rable mais libre. LIRE notre feuilleton BEETHOVEN 2020, volet 3 : Ludwig Ă©pique, le testament d’HEILIGENSTATD

 

 

beethoven-ludwig-concertos-piano-symphonies-dossier-beethoven-2020-classiquenewsL’homme est dĂ©truit : sourd et malaimĂ©, ou sentimentalement trop exigeant. Amoureusement insatisfait. Mais la carrure de l’artiste, sa dĂ©mesure gĂ©niale et visionnaire lui redonnent goĂ»t Ă  la vie. Pendant le CongrĂšs de Vienne (sept 1814 – juin 1815), la victoire des alliĂ©s contre NapolĂ©on le consacre musicien de l’avenir et mĂȘme compositeur officiel : le politique utilise le prestige beethovĂ©nien pour assoir sa propre capacitĂ© Ă  gĂ©rer la crise europĂ©ene aprĂšs la chute de l’Empire napolĂ©onien. Beethoven Ă©crit alors la bataille de Vittoria / ou de Wellington, une faiblesse circonstancielle qu’il reniera ensuite. De plus en plus populaire, Ludwig peut prĂ©senter enfin en mai 1814, sa nouvelle version, dĂ©finitive cette fois, de son opĂ©ra Fidelio avec une ouverture affinĂ©e dite Fidelio… LIRE notre feuilleton Beethoven 2020 n°4 / AnnĂ©es de crise, PromĂ©thĂ©e : libĂ©rer les vivants… 1815 – 1827

 

 

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discographie BEETHOVEN 2020

Retrouvez ici notre sĂ©lection des meilleurs enregistrements parus dĂšs octobre 2019 et pendant l’annĂ©e 2020, qui mĂ©ritent d’ĂȘtre Ă©coutĂ©s absolument :

 

 

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L’intĂ©grale BEETHOVEN 2020 

 

 

beethoven-complete-edition-2020-review-presentation-file-classiquenews-critique-coffret-beethoven-2020CD, coffret Ă©vĂ©nement. The New Complete Edition BEETHOVEN 2020 (118 cd, 2 dvd, 3 bluray, DG Deutsche Grammophon). Pour les 250 ans de la naissance de Beethoven, la firme Deutsche Grammophon renoue avec l’époque des somptueuses intĂ©grales discographiques et crĂ©e l’évĂ©nement en cette fin d’annĂ©e 2019, en Ă©ditant un coffret remarquable Ă  tout point de vue : autant pour la qualitĂ© des versions choisies que la prĂ©sentation et le soin Ă©ditorial rĂ©alisĂ© pour cette Ă©dition saluĂ©e par un CLIC de CLASSIQUENEWS. Difficile de trouver sur le marchĂ© intĂ©grale mieux conçue : en partenariat avec la Beethoven Haus Bonn et la fondation officielle Beethoven 2020. En dĂ©coulent dans cette boĂźte magique 175 heures de musique en 118 cd, 2 dvd (Fidelio par Bernstein / Symphonies 4 et 7 par C Kleiber) et 3 blu-ray audios (Symphonies Karajan / Sonates pour piano par W Kempff / Quatuors par le Quatuor Amadeus). Ainsi Deutsche Grammophon prĂ©sente l’intĂ©grale la plus complĂšte et remarquablement Ă©ditĂ©e. La richesse du contenu musical a Ă©Ă© possible grĂące au travail en partenariat entre DG et 10 autres labels. LIRE notre prĂ©sentation complĂšte de l’intĂ©grale BEETHOVEN 2020 Ă©ditĂ© par Deustche Grammophon pour les 250 ans de Ludwig van Beethoven

 

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CD coffret Ă©vĂ©nement : BEETHOVEN. Wiener symphoniker / Philippe Jordan. Symphonies 1 – 9 (5 cd – 2017 – 6h)  -  Pour l’annĂ©e BEETHOVEN 2020, et souligner les 250 ans de la naissance du gĂ©nie romantique germanique, entre Allemagne et Autriche, Bonn et Vienne, l’Orch Symphonique de Vienne / Wiener Symphoniker fĂȘte l’évĂ©nement, et dĂšs nov 2019, comme en prĂ©ambule d’une annĂ©e mĂ©morable en cĂ©lĂ©brations et rĂ©alisations diverses, Ă©ditait ce superbe coffret de 5 cd soit les 9 symphonies, rĂ©capitulant le geste du maestro Philippe Jordan, directeur musical depuis 2014.

BEETHOVEN JORDAN philippe symphonie symphoniker wiener cd SOny classiquenews critique review classiquenewsLa phalange viennoise n’a rien Ă  envier Ă  sa sƓur ainĂ©e, l’Orchestre Philharmonique / Wiener Philharmoniker, Ă  l’histoire glorieuse et l’actualitĂ© mĂ©diatique demeurĂ©e intacte (entre autres grĂące chaque dĂ©but d’annĂ©e nouvelle au Concert du Nouvel An retransmis Ă  l’échelle planĂ©taire). Souplesse, Ă©lĂ©gance, entrain
 les instrumentistes du Symphonique de Vienne ont pour eux la familiaritĂ© avec les rĂ©pertoires classiques et romantiques, depuis des dĂ©cennies. Il suffit de citer quelques uns des chefs les plus importants, pour mesurer la tradition musicale cultivĂ©e depuis le dĂ©but du XXĂš (sa crĂ©ation remonte Ă  1900), et Ă©valuer ce goĂ»t des rĂ©pertoires pour inscrire la phalange parmi les meilleures d’Europe : Wilhelm FurtwĂ€ngler, Herbert von Karajan, Carlo Maria Giulini, surtout Georges PrĂȘtre, chef lyrique autant que symphonique qui aura marquĂ© l’évolution de la phalange


 

 

 

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BEETHOVEN andris nelsons 9 symphonies wiener philharmoniker 5 cd blu ray DG Deutsche GrammophonCD coffret, Ă©vĂ©nement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intĂ©grale des 9 symphonies : Wiener Philharm (2017 – 2019 – 5 cd + blueray-audio DG Deutsche Grammophon). Le chef Andris Nelsons se taille un part de lion au sein de l’écurie DG Deutsche Grammophon, sachant rĂ©ussir rĂ©cemment dans une intĂ©grale des symphonies de Bruckner et de Chostakovitch, saluĂ©es par classiquenews. Pour l’annĂ©e Beethoven 2020, voici en prĂ©ambule attendu, prometteur, l’intĂ©grale des 9 symphonies de Ludwig van Beethoven avec les Wiener Philharmoniker, histoire de constater lors des sessions d’enregistrements de 2017 Ă  2019, la tenue de l’orchestre le plus prestigieux au monde, et la pertinence d’une lecture observĂ©e. La finesse de la sonoritĂ© et le dĂ©tail comme l’énergie prĂ©servĂ©es par le chef devraient marquer cette nouvelle intĂ©grale par la phalange viennoise. VoilĂ  qui Ă©clairera la subtilitĂ© et la couleur mozartiennes dans la grande marmite bouillonnante du grand Ludwig. Une once de finesse couplĂ©e aux contrastes Ă©ruptifs, volcaniques d’un Beethoven Ă  jamais rĂ©volutionnaire. On attendait pas vĂ©ritablement le maestro letton chez Beethoven, alors que tant de baguettes antĂ©rieures et plus charismatiques existent dĂ©jĂ  ; mais dirigeant les Wiener Philharmoniker, l’affiche Ă©tait trop belle et les promesses, rĂ©elles… Avouons que notre avis est mi figue mi raisin…  LIRE notre critique dans le mg cd dvd livres de classiquenews. Parution annoncĂ©e : le 4 octobre 2019.

 

 

 

 

ode an die freiheit bernstein in berlin leonard bernstein 2 cd dg deutsche grammophon 1989 30 ans mur de berlin cd review critique cd classiquenews 4837441CD, critique. BEETHOVEN : Symph n°9 – Bernstein, Berlin 1989 (2 cd DG Deutsche Grammophon). REEDITION HISTORIQUE… Pour commĂ©morer les 30 ans de la chute du Mur de Berlin, DG rĂ©Ă©dite une trĂšs belle lecture de la 9Ăš de Beethoven, devenue hymne de l’Europe progressiste, dĂ©sormais indissociable des grandes heures et cĂ©lĂ©brations de l’histoire europĂ©enne. Evidemment contexte oblige, les interprĂštes venus cĂ©lĂ©brer la fin de l’Allemagne divisĂ©e, dĂ©sunie en chantant l’ode fraternelle conçue par Beethoven comme l’appel Ă  changer de monde, sont hautement inspirĂ©s par l’urgence et la joie collective de la Chute du mur. D’autant que la direction organique, instinctive, trĂšs investie du chef d’origine juive, Leonard Bernstein restitue toute la profondeur et l’humanitĂ© de la partition et du contexte dans lequel elle est ainsi rĂ©alisĂ©e en dĂ©cembre 1989.  LIRE la critique intĂ©grale du cd BEETHOVEN : Symph n°9 – Bernstein, Berlin 1989 (2 cd DG Deutsche Grammophon).

 

 

 

helmchen betthoven piano concertos 2 et 5 emperor empereur alpha piano concertos critique classiquenewsCD, critique. BEETHOVEN : Concertos pour piano n°2 et 5. MARTIN HELMCHEN, piano. AprĂšs deux projets avec la violoncelliste Marie-Elisabeth Hecker, son Ă©pouse Ă  la ville, le pianiste Martin Helmchen a dĂ©jĂ  enregistrĂ© sous label Alpha Classics pour d’excellentes Variations Diabelli de Beethoven
 Un prĂ©ambule positif Ă  ces 2 Concertos pour piano sous la direction d’Andrew Manze. L’album devrait lancer une intĂ©grale des Concertos de Beethoven, ce avec d’autant plus de pertinence, que le geste est d’une fluiditĂ© rĂ©jouissante, apportant tendresse et articulation maĂźtrisĂ©e dans un environnement orchestral sans lourdeur, …

 

 

 

 

 

katsaris beethoven piano beethoven 2020CD Ă©vĂ©nement critique. Cyprien Katsaris, piano. BEETHOVEN : a chronogical odyssey (6 cd Piano 21 – Paris, Ă©tĂ© 2018) sauf 2016 (cd4). Pianiste mĂ©connu en France, hĂ©las, Cyprien Katsaris affirme ici une comprĂ©hension prĂ©cieuse et passionnante de Beethoven, sa langue, sa dramaturgie, son architecture Ă©motionnelle qui en font l’apĂŽtre du sentiment. Romantique, oui, mais d’une pensĂ©e qui structure et organise son chant, sans dĂ©monstration ni dilution
 A travers les 6 cd, cette odyssĂ©e chronologique brosse le portrait d’un auteur qui s’exprime sans Ă©panchement avec le nerf et l’énergie qui le caractĂ©risent. Le pianisme de C Katsaris est percussif et remarquablement articulĂ© ; avec un sens des nuances et des phrasĂ©s justes, comme le souci d’établir dans leur gradation enchaĂźnĂ©e voire leur confrontation contrastĂ©e, chaque caractĂšre de chaque sĂ©quence
 Outre l’originalitĂ© de la sĂ©lection qui ressuscite des partitions mĂ©connues, oubliĂ©es, Ă  tort estimĂ©es mineures, le pianiste inspirĂ© interroge l’instinct expĂ©rimental d’un compositeur qui ne se prive d’aucune extension de sa formidable crĂ©ativitĂ©. De toute Ă©vidence, voici une odyssĂ©e chronologique dont l’acuitĂ© et la pertinence font sens.

 

 

 

beethoven karajan berliner 1966 classiquenews critique review Missa-Solemnis-Opus-123CD, rĂ©Ă©dition Ă©vĂ©nement. BEETHOVEN : Misas Solemnis, KARAJAN, Berliner 1966 (1 cd DG Deutsche Grammophon).  La version rĂ©alisĂ©e Ă  Berlin en 1966 avec les chers Berliner Philharmoniker affine encore la grande sĂ©duction formelle, les Ă©quilibres entre choeur, orchestre, solistes de cette cathĂ©drale sonore au souffle inimitable. Karajan aussi criticable soit il par son cĂŽtĂ© hĂ©doniste poli solaire reste indiscutable cependant par la ferveur impĂ©rieuse, une attĂ©nuation fraternelle de la priĂšre qu’adresse ici Beethoven Ă  tous les hommes de bonne volontĂ©. Entre appel Ă  la fraternitĂ© gĂ©nĂ©rale – thĂšme ultime et si cher Ă  Ludwig qui inerve son opĂ©ra Fidelio et surtout le final de la 9Ăš Symphonie, et la volontĂ© de construire un monde neuf, Beethoven Ă©difie une arche de rĂ©conciliation et de sublimation active, vĂ©ritable machine de rĂ©demption ; en tĂ©moigne le recueillement du Sanctus, suspendu, vrai cƓur de la priĂšre collective oĂč les solistes agissent comme intercesseurs. Le plateau des chanteurs est superlatif, et la direction d’une Ă©conomie rĂ©elle, laissant respirer le tissu orchestral et choral, sachant surtout dessiner avec clartĂ© chaque ligne …

 

 

 

 

 

BELCEA strings quartet complete string quartets beethoven cd review critique classiquenewsCD, coffret. BEETHOVEN, BELCEA QUARTET : the complete string quartets / IntĂ©grale des quatuors Ă  cordes (8 cd Alpha). Alors que le coffret Ă©vĂ©nement le seul consistant et complet cĂ©lĂ©brant l’annĂ©e Beethoven 2020, Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon, sĂ©lectionne les remarquables Emerson, TakĂĄcs, Hagen, pour les Quatuors Ă  cordes de Ludwig, Alpha rĂ©Ă©dite les non moins passionnants instrumentistes du Quatuor Belcea dont voici l’intĂ©grale en 8 cd. Depuis leurs dĂ©buts (Londres, 1994), Beethoven inspire et structure la complicitĂ© des Belcea. C’est ce qui ressort de leur premiĂšre intĂ©grale en 2011 / 2012, jouĂ©e en concert, Ă  la fois premier accomplissement et aussi rĂ©vĂ©lation d’une passion partagĂ©e par les 4 instrumentistes. La voici cette rĂ©volution du langage musical rĂ©alisĂ© par Ludwig sur 30 annĂ©es, en 16 Quatuors.

 

 

 

 

goerne-matthias-baryton-lieder-beethoven-cd-classiquenews-critique-review-cdCD, critique. BEETHOVEN : lieder & songs. Matthias Goerne, baryton (1 cd DG Deustche Grammophon). Le Beethoven intimiste, rĂ©vĂ©lant ses aspirations amoureuses, les non-dits et la passion souvent ardente d’un cƓur insatiable (si l’on dĂ©compte le nombre de ses aimĂ©es durant sa carriĂšre) se dĂ©voilent ici grĂące au chant sobre et profond du baryton Matthias Goerne. Le diseur, excellent schubertien, fĂ©ru de poĂ©sie depuis son enfance Ă  Weimar et grĂące au goĂ»t du pĂšre dramaturge, trĂšs amateur de Goethe, ravive ici, par la sincĂ©ritĂ© de sa voix, la flamme et le verbe Ă©ruptif comme allusif du Beethoven le plus proche du cƓur. En tĂ©moignent ces 23 lieder dont deux cycles majeurs : les 6 lieder opus 48 et le cycle noble et profond « An die ferne Geliebte » opus 98 (Ă©galement de 6 lieder), dĂ©sormais emblĂ©matique d’un romantique au verbe et Ă  la mĂ©lodie, ciselĂ©s.

 

 

 

 

 

 

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Bibliographie BEETHOVEN 2020

Retrouvez ici notre sĂ©lection des meilleurs livres et publications parus dĂšs octobre 2019 et pendant l’annĂ©e 2020, qui mĂ©ritent d’ĂȘtre consultĂ©s absolument :

 

 

 

Beethoven par lui mĂȘme bĂ»cher chastel classiquenews 9782283033623-aafbbLIVRE Ă©vĂ©nement. BEETHOVEN PAR LUI-MÊME (Buchet Chastel). Sur l’échelle des extrĂȘmes, Ă  coup sĂ»r, Ludwig occuperait la place la plus haute. L’éditeur avait dĂ©jĂ  publiĂ© le cycle de la correspondance suscitĂ©e par le compositeur en raison de sa surditĂ© : ses fameux « cahiers de conversation », lesquels lui permettaient par l’écrit de communiquer avec son entourage (2015) : un procĂ©dĂ© astucieux qui a le mĂ©rite de consigner ainsi, jusqu’à l’anecdotique, le quotidien d’un combattant par l’art. Ici l’auteure, Ă  l’occasion du 250Ăš anniversaire de sa naissance en 2020, s’intĂ©resse Ă  un choix de lettres et dĂ©clarations (elles mĂȘmes tirĂ©es de ses carnets intimes et des cahiers de conversation), scrupuleusement reproduites … En lire +

LIVRE

 

Beethoven, et aprĂšs livre fayard mirare folle journee beethoven 2020 annonce critique livre concert classiquenews 9782213716589-001-TLIVRE, Ă©vĂ©nement. Beethoven et aprĂšs par Élisabeth Brisson, Bernard Fournier, François-Gildas Tual (Fayard / Mirare). ImmĂ©diatement, le gĂ©nie beethovĂ©nien a Ă©tĂ© reconnu, mesurĂ©, analysĂ© Ă  sa juste valeur, crĂ©ant une onde de choc et d’influence, persistante et durable. Tous ses contemporains (exceptĂ© Goethe qui rencontre le musicien sans suite) ont cĂ©lĂ©brĂ© la grandeur de l’artiste, la dimension messianique de son Ă©criture, sa fougue rĂ©volutionnaire, en particulier dans ses Ɠuvres symphoniques. A l’époque qui suit la RĂ©volution française dont les valeurs suscitent l’adhĂ©sion du compositeur nĂ© Ă  Bonn (fraternitĂ©, Ă©galitĂ©, libertĂ©), quand Bonaparte prend le pouvoir et devient Empereur, Beethoven crĂ©e la musique de cette dĂ©flagration qui sculpte l’Europe politique. MĂȘme Ă  l’époque du CongrĂšs de Vienne (1815), Beethoven est le compositeur majeur reconnu par tous. Transcriptions, partitions conçues dans son influence directe
 Lire notre prĂ©sentation complĂšte 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TÉLE :  BEETHOVEN 2020

 

beethoven-ludwig-dossier-specila-file-annonce-concerts-opera-classiquenews-beethoven-2020arte_logo_2013ARTE fĂ©vrier 2020 : 5 programmes BEETHOVEN. Programmation spĂ©ciale BEETHOVEN, tous les dimanches de fĂ©vrier 2020. La chaĂźne franco-allemande se devait Ă©videmment de dĂ©dier partie de ses programmes de musique au gĂ©nie beethovĂ©nien : Ludwig van Beethoven est nĂ© le 16 dĂ©c 1770. RĂ©citals de piano de Kissin et Pollini ; programme chambriste et symphonique à la Folle JournĂ©e Beethoven 2020 ; documentaire dĂ©diĂ© Ă  la 9Ăš Symphoniepour quatuor de solistes et choeur sur l’hymne Ă  la joie de Schiller
 Triple concerto pour Daniel Barenboim et ses complices
 VoilĂ  le parcours Ă  ne pas manquer BEETHOVEN 2020 sur ARTE, date par date, chaque dimanche, les 2, 9, 16 et 23 fĂ©vrier 2020 : LIRE notre sĂ©lection et prĂ©sentation

 

 

 

 

 

 

 

SOUSTONS, du 14 – 24 juillet 2019. La Belle HĂ©lĂšne d’Offenbach par l’OpĂ©ra de Landes

Landes-opera-critique-opera-offenbach-belle-helene-olivier-tousis-philippe-forget-opera-critique-annonce-soustons-offenbach-2019SOUSTONS, du 14 – 24 juillet 2019. L’OpĂ©ra des Landes anniversaire Offenbach oblige prĂ©sente La Belle HĂ©lĂšne, relecture dĂ©capante de la mythologie grecque, Ă  la fois farce dĂ©lirante et comĂ©die fine et onirique. S’il aime les situations cocasses, Offenbach n’en est pas moins sensible et profond. La Belle HĂ©lĂšne avec OrphĂ©e aux enfers (1858) renouvelle l’opĂ©ra antique dont il fait une fusion trĂšs aboutie de la comĂ©die et de l’hĂ©roĂŻque, sur le mode bouffe.
Au moment oĂč NapolĂ©on III met fin aux privilĂšges des thĂ©Ăątres (1864), : n’importe qui peut dĂ©sormais ouvrir une salle et y jouer le genre qu’il souhaite, Offenbach compose une nouvelle satire parodie d’aprĂšs l’AntiquitĂ©, La Belle HĂ©lĂšne? Sur un livret de ses fidĂšles librettistes Meilhac et HalĂ©vy, et destinĂ© Ă  la scĂšne des VariĂ©tĂ©s, l’ouvrage bĂ©nĂ©ficie d’une distribution solide ; sa muse Hortense Schneider tient le rĂŽle-titre (mezzo), le tĂ©nor JosĂ© Dupuis (formĂ© Ă  l’école de son rival HervĂ©), celui de PĂąris, 
 la crĂ©ation du 17 dĂ©cembre 1864 est un triomphe. Les connaisseurs de la mythologie y retrouvent les fondamentaux d’une histoire qui croise amour et devoir. Le berger Paris arrive Ă  Sparte pour y courtiser la belle HĂ©lĂšne ; avec l’augure Calchas, Paris s’arrange pour Ă©loigner le mari d’HĂ©lĂšne, MĂ©nĂ©las (acte I). Dans un rĂȘve supposĂ© (superbe duo onirique HĂ©lĂšne / Paris), les deux amants se retrouvent ; HĂ©lĂšne sacrifiant ses derniers assauts d’épouse fidĂšle, pour les dĂ©lices d’une nouvelle sensualitĂ©. MĂ©nĂ©las les surprend : Paris doit partir (acte II).
Plus facĂ©tieux et libre que jamais, en Ă©pigone d’HermĂšs voleur, astucieux, Paris dĂ©joue les pronostics, se dĂ©guise en « Grand Augure de CythĂšre » et enlĂšve sa belle proie, Ă  la barbe des rois offusquĂ©s.
L’amour triomphe toujours : Amor vincit omnia (Amour vainc tout, selon l’adage des sensuels). Tout le luxe et l’imaginaire flamboyant du Second Empire se dĂ©ploie dans la verve et l’esprit parodique de Jacques Offenbach.

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La BELLE HELENE, 1864
Opéra bouffe de Jacques Offenbach
Durée 3 h

SOUSTONS, Espace Culturel Roger Hanin
Les 15, 16, 23, 24 juillet Ă  20h30
Le 21 juillet Ă  18h

Tarifs de 16 à 46€

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.opera-des-landes.com/labellehelenesoustons2019

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HélÚne: Frédérique Varda
PĂąris: Matthieu Justine
Calchas: Matthieu Toulouse
Ménélas: Jean Goyetche
Oreste: Maela Vergnes
Agamemnon: Marc Souchet
Parthenis: Clémence Lévy
Lehena: AnaĂŻs de Faria
Achille: Thomas Marfoglia
Ajax 1: Fabio Sitzia
Ajax 2: Fabrice Foison

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ChƓur de l‘OpĂ©ra des Landes, direction: FrĂ©dĂ©ric Herviant
Pianiste du choeur: Maurine Grais
Orchestre de l’OpĂ©ra des Landes
Philippe Forget, direction

Mise en scĂšne: Olivier Tousis
Chorégraphies: Clémence Lévy
DĂ©cor: Kristof t’Siolle

Costumes: Olivier Tousis et Kristof t’Siolle
LumiÚres: Frédéric Warmulla