COMPTE-RENDU, critique concert. TOULOUSE. le 6 mars 2020. WAGNER, BRUCH : J. SPACEK. Orch. Nat. CAPITOLE /C. MEISTER

COMPTE-RENDU, critique concert. TOULOUSE. le 6 mars 2020. WAGNER, BRUCH : J. SPACEK. Orch. Nat. CAPITOLE /C. MEISTER. Cette annĂ©e anniversaire (250 ans de sa naissance) nous permettra d’entendre symphonies et concertos de Ludwig Van Beethoven encore plus souvent qu’à l’accoutumĂ©e. A Toulouse une sĂ©rie de concerts nommĂ©e « Ludwig » ouvre le bal ce soir. Notre Ă©coute sera donc teintĂ©e de cette conscience : l’interprĂ©tation se cale au sein de cet hommage gĂ©nĂ©ral. La question est donc de savoir ce que le chef va apporter de particulier Ă  notre orchestre qui, nous le savons,  excelle dans Beethoven au fil des annĂ©es sans dĂ©mĂ©riter jamais et notamment sous la baguette inspirĂ©e de Tugan Sokhiev.

Splendeur et efficacité teutonique à Toulouse
lourdeur de Cornelius Meister,
virtuosité séduisante de Josef Spacek

Cornelius Meister, jeune chef allemand, nĂ© dans une famille de musiciens, est un boulimique trĂšs douĂ©. Pianiste soliste et chef d’orchestre, il dirige des opĂ©ras, des concerts symphoniques ; le soliste et le chambriste est sur tous les fronts. Ce soir, allure fringante, trĂšs souriant, il empoigne sa baguette pour diriger les premiĂšres mesures de l’extraordinaire ouverture de TannhĂ€user de Wagner. Recherche de beau son, efficacitĂ© et plĂ©nitude sonore se dĂ©gagent de cette interprĂ©tation. Grandeur et puissance plus mises en avant que recueillement et drame. Le thĂ©Ăątre ne s’invite pas, la version est avant tout symphonique. Les dĂ©tails ne sont pas trĂšs finement mis en exergue et la tension fluctue. Une certaine lourdeur se fait sentir dans des Ă -coups clouĂ©s au sol. Mais l’efficacitĂ© de la superposition des thĂšmes wagnĂ©riens fait son effet et l’enthousiasme naĂźt avec des applaudissements nourris. Il est difficile de rĂ©sister Ă  cette fin si puissante


josef spacek violonist copyright radovan subin concert classiquenewsEnsuite le soliste du concerto pour violon de Max Bruch entre en scĂšne avec beaucoup de naturel. Jouant par coeur comme le chef dirige d’ailleurs, il se lance dans une interprĂ©tation romantique et flamboyante de cette oeuvre si aimĂ©e des violonistes comme du public. Le jeu de Josef Ć paček est noble et Ă©lĂ©gant. La sonoritĂ© est soignĂ©e, nuancĂ©e ; et l’émotion est distillĂ©e avec art. Un sorte de facilitĂ© olympienne habite ce jeu. La lourdeur de la direction de CornĂ©lius Meister se confirme. Accords Ă©crasants, nuances forte abruptes. Le public fait fĂȘte au jeune prodige tchĂšque. En bis il se lance dans une  danse rustique extraite de la sonate n° 5 d’ EugĂšne YsaĂże  oĂč la virtuositĂ© diabolique rencontre la musicalitĂ© la plus dĂ©licate. Avec un art consommĂ© des nuances et des phrasĂ©s, Josef Ć paček envoĂ»te le public comme les musiciens de l’orchestre tous visiblement sous le charme d’un jeu Ă  la facilitĂ© dĂ©concertante.

‹En derniĂšre partie de concert nous arrivons Ă  l’hommage Ă  Beethoven. Une certaine idĂ©e de la musique du maĂźtre de Bonn est dĂ©fendue par la direction de CornĂ©lius Meister. Un Beethoven de poids, se profile dans cette Symphonie n°7 Ă  l’énergie rythmique dĂ©bordante. L’efficacitĂ© teutonique du jeune chef est consĂ©quente et la symphonie se dĂ©ploie avec puissance. Toutefois sans grandes nuances, sans phrasĂ©s ciselĂ©s mais avec une implacable dĂ©termination. De la musique pure sans recherche de sens ni de sentiments. C’est terriblement efficace. Cette tradition hĂ©ritĂ©e du XXĂšme siĂšcle a ses adeptes. Il est possible de rĂȘver autrement cette symphonie en intĂ©grant les apports des versions « informĂ©es » avec des cordes moins Ă©toffĂ©es, des bois plus dĂ©licats  et des cuivres plus nuancĂ©s, des phrasĂ©s plus travaillĂ©s et des nuances plus creusĂ©es.

Nous aurons l’occasion de reparler de ces choix  avec d’autres symphonies et concertos de Beethoven tout au long de cette annĂ©e en forme d’hommage au gĂ©ant Beethoven. L’efficacitĂ© toute teutonique de CornĂ©lius Meister ne nous a pas vraiment convaincus ; la virtuositĂ© toute de musicalitĂ© de Josef Ć paček totalement !
 

 

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Compte-rendu concert. Toulouse. Halle-aux-Grains, le 6 mars 2020. Richard Wagner (1813-1883) : Ouverture de TannhĂ€user ; Max Bruch (1838-1920) : Concerto pour violon n°1 en sol mineur Op.26 ; Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n° 7  en la majeur op.92 ; Josef Ć paček, violon ; Orchestre national du Capitole de Toulouse ; CornĂ©lius Meister, direction. Photo : © Radovan-Subin

COMPTE-RENDU, critique opĂ©ra. TOULOUSE, le 4 mars 2020. DONIZETTI : L’Elixir d’amore. Amiel, Quatrini


COMPTE-RENDU, critique opĂ©ra. TOULOUSE, le 4 mars 2020. DONIZETTI : L’Elixir d’amore. Amiel, Quatrini
 Nous avons dĂ©jĂ  dit tout le bien que nous pensons de cette admirable production de 2001 vue et revue avec un immense plaisir. Tout y est suprĂȘme Ă©lĂ©gance, respectant didascalies et toujours musicalement juste. La mise en abĂźme de la scĂšne comme un immense appareil photo est captivante, la beautĂ© des camaĂŻeux de couleurs, des dĂ©cors et des costumes, est subtile.

 

 

 

 

Reprise Ă  Toulouse de l’Elixir de 2001…

Le Sacre de Kevin Amiel

 

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L’humour est de bon ton et la scĂšne vit. Nous avons choisi de venir entendre la seconde distribution car elle comporte un tĂ©nor marquant dĂ©couvert il y a peu : Kevin Amiel, ĂągĂ© de 31 ans. Il joue aussi bien qu’il chante et nous offre un Nemorino tout de fragilitĂ©, de grĂące simple et d’humour dĂ©licat. La voix est belle, sonore et conduite d’une maniĂšre exquise. L’émotion est vraie et l’émotion partagĂ©e avec la salle met la larme Ă  l’Ɠil de plus d’un (e) 
.
Et ce, pas seulement parce qu’il est toulousain ; ce nom est Ă  retenir il va gravir les plus hautes marches des maisons d’opĂ©ras dans le monde. Dans la Traviata, il avait Ă©tĂ© un Alfredo admirable ; un rĂŽle comme Nemorino met en valeur ses qualitĂ©s d’acteurs, son jeu comique discret et de bon goĂ»t.
Le reste de la distribution ne dĂ©mĂ©rite pas. Son Adina, Gabrielle Philiponet, est bien chantante, aimable garce qui gagne en profondeur quand elle accepte le piĂšge de l’amour. Le Belcore de Ilya Silchukov est bien campĂ© avec toute la suffisance nĂ©cessaire et une voix sonore. La faconde dont fait preuve Julien VeronĂšse en Dulcamara est hilarante. Ce grand bonhomme suffisant, hĂąbleur et prĂ©tentieux qui va se transformer en un clown Auguste devient presque attachant. Le personnage est bien prĂ©sent Ă  la fois menteur et organisateur du bonheur d’autrui. La large voix, qui avait fait merveille dans Titurel il y a peu (Parsifal en fĂ©vrier 2020),  se plie aux exigences de la vocalitĂ© dĂ©licate de Donizetti avec art. Un vrai potentiel comique est lĂ  pour bien des rĂŽle italiens.

Les choeurs comme toujours sont trĂšs bien prĂ©parĂ©s par Alfonso Caiani, avec une vraie aisance scĂ©nique, qui ont Ă©tĂ© parfaits.  L’Orchestre du Capitole est merveilleux, avec des solos de toute beautĂ©. La direction de Sesto Quatrini est efficace ; elle Ă©quilibre parfaitement le comique et le presque drame. Cela avance avec naturel, les Ă©quilibres sont favorables aux chanteurs, tout est agrĂ©ablement mis en valeur. Car cette partition contient de vrais grands moments d’opĂ©ra tout en mĂ©nageant un comique dĂ©licat. Cette belle production mĂ©ritait une reprise et le succĂšs a Ă©tĂ© au rendez vous. Kevin Amiel qui irradie en Nemorino va conquĂ©rir la planĂšte de l’OpĂ©ra : prĂ©parez vous Ă  le suivre. A moins d’un mois de  l’ HENAURME   PARSIFAL  dans cette salle, ce petit bijoux a lui avec Ă©clat. Excellente idĂ©e de Christophe Gristi : du pur bonheur. Illustration : © P Nin

 

 

 

 

 

 

 

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Compte-rendu OpĂ©ra. Toulouse. ThĂ©Ăątre du Capitole le 4 mars 2020. Gaetano Donizetti (1797-1848) : L’ Elixir d’ Amour ; OpĂ©ra comique  en deux actes ; Livret  de Felice Romani; CrĂ©ation  le 12 mai 1832 au Teatro della Canobbiana de Milan.
Production ThĂ©Ăątre du Capitole (2001) ; Arnaud Bernard  : mise en scĂšne ; William Orlandi  : dĂ©cors et costumes ; Patrick MĂ©eĂŒs : lumiĂšres ; Distribution : KĂ©vin Amiel,   Nemorino ; Gabrielle Philiponet, Adina ; Ilya Silchukov, Belcore ; Julien VĂ©ronĂšse, Dulcamara ; CĂ©line Laborie,  Giannetta ; Orchestre national du Capitole ; ChƓur du Capitole – Alfonso Caiani, direction ;  Sesto Quatrini,  direction musicale.

 

 

 

 

COMPTE-RENDU, Concert. PARIS, TCE, le 5 fĂ©v. 2020. RĂ©cital SCHUBERT. A LALOUM, piano. ‹

laloum adam pinao concertos brahms cd sony review cd cd critique par classiquenewsCOMPTE-RENDU, Concert. PARIS, TCE, le 5 fĂ©v. 2020. RĂ©cital SCHUBERT. A LALOUM, piano. Adam Laloum, longue silhouette fragile avec son allure de statue de Giacometti, se glisse vers le piano sur la large scĂšne du ThĂ©Ăątre des Champs ÉlysĂ©es dans une lumiĂšre tamisĂ©e avec derriĂšre lui l’or chaud du rideau de scĂšne. Il ne faut pas se fier Ă  la vue car la puissance du pianiste n’est pas un vain mot quand on pense au programme titanesque qui attend le jeune musicien trentenaire. En effet les trois derniĂšres sonates de Schubert dans un programme de plus de deux heures mettent Ă  nue l’interprĂšte. D’autres pianistes s’y sont risquĂ©s, techniquement impeccables mais malhabiles à tenir sur toute la longueur, la richesse des images de Schubert, son besoin d’émotions perpĂ©tuellement changeantes et une capacitĂ© Ă  tenir en haleine le public sur un temps si long.

Adam Laloum : immense schubertien

Adam Laloum ce soir a gravi plusieurs marches, non seulement celle de la qualitĂ© pianistique d’un jeu rĂ©sistant mais surtout celle d’un interprĂšte d’une poĂ©sie rare et d’une profondeur insondable. La sonate D. 958, je l’avais dĂ©jĂ  entendue sous ses doigts Ă  La Roque d’ AnthĂ©ron en 2017. L’évolution de son interprĂ©tation dans ce vaste cycle va vers davantage de contrastes et des nuances plus subtiles encore. Les grands emportements sont maĂźtrisĂ©s et la fantasmagorie par moment inquiĂ©tante n’est pas tragique ; l’humour pointe son nez dans le scherzo et surtout dans le final qui malgrĂ© sa longueur passe trop vite dans un Ă©tourdissement dĂ©licieux. Ainsi la sonate en do mineur ouvre dĂ©jĂ  un pan entier de romantisme, passant de la violence Ă  la tendresse la plus Ă©mue.
Mais c’est dans la D.959 que le musicien avance encore vers davantage d’émotions. Cette extraordinaire capacitĂ© Ă  habiter les silences, Ă©meut ; il ose varier des tempi mouvants comme la vie. À Piano aux Jacobins 2019, le pianiste avait dĂ©jĂ  jouĂ© cette sonate avec des qualitĂ©s rares, l’évolution est pourtant lĂ  et il se rapproche encore davantage de Schubert. Un Schubert qui, Ă  deux mois de sa mort ose une partition de prĂšs d’une heure, y dit tout son amour de la vie comme ses angoisses face Ă  la faucheuse. Mais d’une maniĂšre que seule Mozart savait, avec une Ă©lĂ©gance et une politesse d’ñme d’enfant. La lĂ©gĂšretĂ© des doigts de la main droite d’Adam Laloum Ă©voque des papillons pour la grĂące et un colibri pour la prĂ©cision. Les contrastes sont saisissants et les phrasĂ©s, amples, plein de profondeur. Le voyage musical est amical, gĂ©nĂ©reux, enthousiasmant. Le deuxiĂšme mouvement si extraordinaire devient une ode Ă  la joie de vivre consciente de sa fragilitĂ© et menacĂ©e par la sauvagerie du moment central. La reprise en est encore plus Ă©mouvante dans des nuances toujours plus subtiles. J’avais Ă©voquĂ© le chant pianissimo ineffable de la regrettĂ©e Montserrat CaballĂ© avec son extraordinaire plĂ©nitude de timbre et c’est Ă  nouveau ce qui m’a ravi. Un chant Ă©plorĂ© mais toujours Ă©lĂ©gant dans une concentration de timbre rare.
Par rapport au CloĂźtre des Jacobins, il ose dans l’acoustique plus vaste du ThĂ©Ăątre des Champs ElysĂ©es, des nuances piano encore plus tĂ©nues, provoquant chez le public une Ă©coute totale, un silence rare et probablement beaucoup de souffles retenus. L’avancĂ©e Ă  travers les paysages de Schubert semble d’une ouverture constante vers des horizons nouveaux et une variĂ©tĂ© d’états d’ñme infinis. On retrouve les qualitĂ©s des plus grands interprĂštes de Schubert.

RemĂ©moration consciente du temps de l’enfance


La troisiĂšme sonate, la D.960 encore plus longue, demande un renouvellement du propos qu’Adam Laloum organise avec une grande intelligence. Le voyage ouvre d’autres espaces, les couleurs sont plus riches ; l’harmonie va vers les contrĂ©es du futur. La puissance du jeu d’Adam Laloum est de tenir ainsi la public en haleine, de lui rĂ©vĂ©ler Schubert avec un sentiment de proximitĂ© rarissime. La puissance pianistique n’étant qu’un moyen, pas un but. Cette Ă©motion au bord des larmes, cet amour de la vie et cette remĂ©moration consciente du temps  de l’enfance si caractĂ©ristique des grands poĂštes sont de la pure magie. Le pari fou de jouer ainsi les trois derniĂšres sonates de Schubert est gagnĂ© haut la main par Adam Laloum, Primus inter pares au firmament des interprĂštes de Schubert. Un Grand concert dans un cadre prestigieux a rĂ©vĂ©lĂ© de maniĂšre incontestable la maturitĂ© artistique d’Adam Laloum.  Son dernier CD est dĂ©diĂ© Ă  Schubert. Il est de toute beautĂ© avec la D.894 et la D. 958. Toutes ses qualitĂ©s sont lĂ  mais l’émotion du concert, cette capacitĂ© Ă  capter l’attention du public, rajoute Ă  la beautĂ© de l’interprĂ©tation. EspĂ©rons qu’il enregistrera les deux derniĂšres sonates de Schubert avec son nouveau Label car vraiment, il s’agit d’un immense interprĂšte de Schubert que le monde entier doit saluer.

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‹COMPTE-RENDU, critique concert. Paris ThĂ©Ăątre des Champs ElysĂ©es, le 5 fĂ©vrier 2020. RĂ©cital Frantz Schubert (1797-1828) : Sonates pour piano n° 21 en ut mineur D.958, n° 22 en la majeur D.959, n° 23 en si bĂ©mol majeur D. 960. Adam Laloum, piano.

COMPTE-RENDU, opéra. TOULOUSE, Capitole, le 2 fév 2020. WAGNER : Parsifal. BORY, BEERMANN, KOCH, SCHUKOFF.

COMPTE-RENDU, opĂ©ra. TOULOUSE, Capitole, le 2 fĂ©v 2020. WAGNER : Parsifal. BORY / BEERMANN, KOCH, SCHUKOFF. Peut-on rĂȘver plus extraordinaire production de l’oeuvre si «hors normes» de Richard Wagner ? Les comparaisons avec Strasbourg qui monte sa production au mĂȘme moment seront certainement intĂ©ressantes tant tout semble les diffĂ©rencier. Je dois pourtant reconnaitre que je resterai Ă  Toulouse afin d’assister Ă  plusieurs reprĂ©sentations de ce Parsifal si rĂ©ussi. Il sera difficile de dĂ©velopper tout ce que j’ai Ă  dire sur ce spectacle total tant il est riche. Je serai moins long sur les voix car ailleurs elles ont Ă©tĂ© bien analysĂ©es. C’est tout simplement le quatuor vocal le plus abouti actuel qui puisse se s’écouter aujourd’hui, pour une version parfaitement cohĂ©rente. Voix sublimes de jeunesse, de puissance, de timbres rares et de phrasĂ©s somptueux. Chanteurs-acteurs beaux et convaincants. La prise de rĂŽle de Sophie Koch en Kundry est magistrale, de voix, de timbre, de jeux et de style. Tout y est : de la quasi animalitĂ© Ă  la plus Ă©lĂ©gante sĂ©duction , en particulier la souffrance contenue dans ce rĂŽle complexe. Sophie Koch est une Kundry qui va conquĂ©rir le monde tant elle est dĂ©jĂ  accomplie.

 

 

 

PARSIFAL EN MAJESTÉ

 

 

9c - Parsifal - Nikolai Schukoff (Parsifal) - crÇdit Cosimo Mirco Magliocca

 

 

 

La rĂ©ussite est totale d’autant que son Parsifal, Nikolai Schukoff, est un des plus grands spĂ©cialistes actuels du rĂŽle. Je l’avais vu et entendu Ă  Lyon en 2011 dĂ©jĂ  magnifique dans ce rĂŽle et nous le connaissons bien Ă  Toulouse dans divers opĂ©ras. A prĂ©sent pour lui, il n’est plus seulement question de rĂŽle, de voix parfaite ou de chant souverain : Nikolai Schukoff EST Parsifal. Il assume la jeunesse du rĂŽle et met en lumiĂšre son charisme naissant sous nos yeux dans un jeu fin et Ă©mouvant. Et quelle parfaite voix de helden-tĂ©nor est la sienne ! IdĂ©alement assortie Ă  celle de Sophie Koch ; ainsi leur duo est vocalement parfaitement Ă©quilibrĂ©. L’Amfortas de Matthias Goerne est mondialement cĂ©lĂšbre ; dans l’extraordinaire mise en scĂšne d’AurĂ©lien Bory, il atteint des sommets de spiritualitĂ© toujours avec une voix somptueuse. Peter Rose en Gurnemanz est puits d’humanitĂ© dans une voix de toute beautĂ©. Il est peut ĂȘtre possible actuellement de trouver d’autres chanteurs de ce rang pour ces quatre rĂŽles, mais pas un quatuor plus assorti. Tous les autres artiste sont d’un extraordinaire niveau.
L’ Ă©lĂ©gant Klingsor de Pierre-Yves Pruvot donne beaucoup d’ampleur au rĂŽle. Le Titurel de Julien VĂ©ronĂšse est trĂšs impressionnant. Les filles fleurs sont dĂ©licieuses et les Ă©cuyers bien prĂ©sents. Les chƓurs associĂ©s entre Toulouse et Montpellier font honneur Ă  la partition si extraordinaire de Wagner. La spacialisation des chƓurs si fondamentale est totalement rĂ©ussie. Un beau travail d’harmonisation des voix a Ă©tĂ© fait ; cela sonne puissant avec de belles couleurs et de formidables nuances. Nous savons combien l’Orchestre du Capitole excelle dans la vaste rĂ©pertoire symphonique comme dans la fosse de l’opĂ©ra ; ce soir il est symphonique dans la fosse et absolument incroyable de beautĂ©. MĂȘme au disque, il est exceptionnel d’entendre de si belles choses. Il faut reconnaitre que l’alchimie avec le chef Franck Beermann est totale. La perfection instrumentale est mise au service du drame. Franck Beermann tend des arcs musicaux envoĂ»tants. Le tempo semble naturel tout du long, ni rapide ni lent, juste exact. Cela devient le personnage central. Un torrent de beautĂ© et d’intelligence dramatique.

Il est certain que la diffusion sur France Musique le 29 fĂ©vrier 2020 permettra d’approfondir la somptuositĂ© musicale et vocale de ce Parsifal. Mais ce qui est le plus extraordinaire dans cette production est la mise en scĂšne d’ AurĂ©lien Bory qui magnifie la dimension symbolique et dramatique du Festival ScĂ©nique SacrĂ© wagnĂ©rien. Car ce n’est pas un opĂ©ra comme les autres, le sens philosophique est partout prĂ©sent et les personnages sont presque des problĂ©matiques humaines incarnĂ©es. AurĂ©lien Bory travaille sur l’espace depuis longtemps ; il comprend la dimension fondamentale dans cet ouvrage comme personne. Et il lie cela au temps d’une maniĂšre si magistrale que les cinq heures de l’ouvrage passent bien trop vite. L’intelligence du spectateur est rĂ©veillĂ©e autant que son sens esthĂ©tique. La beautĂ© offerte aux yeux, la richesse des symboles et la somptuosiĂ© de ce que les oreilles recueillent s’associent dans un tout mĂ©taphysique.

Je devine que le travail entre le chef et le metteur en scĂšne a Ă©tĂ© fait en profondeur. DĂšs le prĂ©lude, les Ă©critures lumineuses sont en phase avec la musique comme un ballet parfaitement rĂ©glĂ©.Tout sera ensuite dans ce respect mutuel permettant Ă  la mise en scĂšne d’épouser la partition et inversement. Quand tant de metteurs en scĂšne rajoutent en lui nuisant, des « idĂ©es » Ă  la partition, AurĂ©lien Bory Ă©pouse les idĂ©es wagnĂ©riennes en utilisant son propre vocabulaire. La rigueur des dĂ©placements des Ă©lĂ©ments de dĂ©cors est fantastique. La subtilitĂ© des ombres tient du gĂ©nie. La mise en scĂšne dĂ©veloppe Ă  l’infini la notion de dichotomie qui construit le monde et l’homme. Les couples d’opposĂ©s fonctionnent Ă  merveille, blanc/noir, ombre/lumiĂšre, nature/culture, orient/occident, horizontal/vertical, lignes droites/lignes courbes, etc
. Cette mise en scĂšne parfaitement huilĂ©e faisant un tout avec les dĂ©cors et les lumiĂšres, ainsi que de trĂšs beaux costumes, offre des images de grande beautĂ© et riches de sens qui resteront dans les mĂ©moires.

 

 

 

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Ainsi les branches de feuillages enveloppant les hommes, les protĂ©geant ou les gĂȘnant reprĂ©sente notre ambivalence par rapport Ă  la nature. L’image d’ Amfortas infirme qui doit mettre toute l’intensitĂ© dans sa plainte rend son chant dĂ©chirant. Le quadrillage qui de ligne va se projeter en courbes reprĂ©sente Ă  la fois l’enfermement et la libĂ©ration. Le triangle noir qui interdit Ă  Kundry et Pasifal de se toucher renforce l’érotisme de leur chant puis lorsque la lumiĂšre portĂ©e par Kundry envoĂ»te Parsifal la rĂ©vĂ©lation maturante rĂ©sulte d’un choc terrible entre les corps par le baiser. Toute la retenue du duo, toute la sĂ©duction centrĂ©e dans le chant, toute cette tension explosent avec une puissance magistrale lors de la pĂ©nĂ©tration dans le triangle interdit. Au dernier acte le retour Ă  Montsalvat  de Parsifal en costume japonais et la lenteur de ses gestes tient de la magie pure. Les lumiĂšres en forme de sabre sont tellement intelligentes et belles qu’elle renouvellent l’effet des tubes nĂ©ons ! Et le Graal dĂ©voilĂ© sous forme de volutes de lumiĂšres et d’ombres qui s’épousent est tellement musical en fin de premier acte !
AurĂ©lien Bory a fait un travail d’orfĂšvre sur scĂšne comme Franck Beermann dans la fosse. Tous les artistes sont engagĂ©s totalement dans ce spectacle parfait. Le rĂ©sultat est tout saisissant et cette production aussi somptueuse musicalement que scĂ©niquement deviendra inoubliable, tant le respect et l’intelligence s’y rencontrent.

 

 

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Compte-rendu opĂ©ra. Toulouse. ThĂ©Ăątre du Capitole, le 2 fĂ©vrier 2020. Richard Wagner (1813-1883) : Parsifal ; Festival scĂ©nique sacrĂ©  en trois actes ; Livret  de Richard Wagner ; CrĂ©ation  le 26 juillet 1882 au Festival de Bayreuth; Nouvelle production ;   AurĂ©lien Bory :  mise en scĂšne ; AurĂ©lien Bory, Pierre Dequivre : scĂ©nographie ; Manuela Agnesini :  costumes ; Arno Veyrat  : lumiĂšres ; Nikolai Schukoff  : Parsifal ; Sophie Koch :  Kundry ; Peter Rose  : Gurnemanz ; Matthias Goerne :  Amfortas ; Pierre-Yves Pruvot  : Klingsor ; Julien VĂ©ronĂšse :  Titurel ; Andreea Soare  : PremiĂšre Fille-Fleur; Marion Tassou  : DeuxiĂšme Fille-Fleur / Premier Écuyer; AdĂšle Charvet  : TroisiĂšme Fille-Fleur; Elena Poesina  : QuatriĂšme Fille-Fleur; CĂ©line Laborie  : CinquiĂšme Fille-Fleur ; Juliette Mars : SixiĂšme Fille-Fleur / DeuxiĂšme Écuyer / Voix d’en Haut ; Kristofer Lundin  : Premier Chevalier du Graal; Yuri Kissin  : DeuxiĂšme Chevalier du Graal; Enguerrand de Hys  : TroisiĂšme Écuyer; François Almuzara  : QuatriĂšme Écuyer;  Choeur et MaĂźtrise du Capitole ; Choeur de l’OpĂ©ra national de Montpellier-Occitanie ; Alfonso Caiani : chef de choeur ; Orchestre national du Capitole ; Direction musicale : Franck Beermann. Photos :  © Cosimo Mirco Magliocca – Retransmission sur France Musique le 29 fĂ©v 2020, 19h.

 

 

 

 

COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, le 16 dĂ©c. 2019. MOZART et l’OPERA ! LIBERTA. Pygmalion. R. Pichon.

Mozart-portrait-chevalier-clemence-de-titus-idomeneo-mozartCOMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, le 16 dĂ©c. 2019. MOZART et l’OPERA ! LIBERTA. Pygmalion. R. Pichon. RaphaĂ«l Pichon poursuit son exploration des coulisses des grands compositeurs comme il aime Ă  le raconter. AprĂšs Bach et Rameau le voici habitĂ© par la fougue mozartienne. Nous avions admirĂ© son extraordinaire interprĂ©tation du Requiem de Mozart au sein d’un spectacle complet associant d’autres partitions vocales ou instrumentales en un spectacle porteur d’une immense Ă©motion.  Lire notre chronique : Compte-rendu. Concert. Toulouse, le 14 mars 2018. MOZART:Requiem. Pygmalion / Pichon. Ce soir l’intelligence de la construction du programme subjugue. L’énergie musicale partagĂ©e est rare ; l’allĂ©gresse qui gagne le public, un diamant. DĂ©butant le concert sans cĂ©rĂ©monie mais en faisant passer les artistes du statut pose lors d’une rĂ©pĂ©tition Ă  celui du cĂ©rĂ©monial du concert petit Ă  petit. Le canon dĂ©butĂ© par une soprano, puis l’autre puis par la mezzo prĂ©pare l’oreille Ă  la plus grande beautĂ©. Car ce qui est frappant est la qualitĂ© musicale, instrumentale comme vocale de chaque piĂšce du programme. RaphaĂ«l Pichon donne une impulsion dramatique d’une terrible efficacitĂ©.

 

 

 

Viva MOZART ! Viva Pichon !

 

 

 

L’orchestre est le personnage principal du thĂ©Ăątre mozartien et quel orchestre ! L’ensemble Pygmalion sur instruments anciens a des couleurs d’une grande beautĂ© ; il est capable de nuances trĂšs dĂ©licates et surtout sous la direction inspirĂ©e de RaphaĂ«l Pichon, il a des phrasĂ©s toujours d’une absolue Ă©lĂ©gance. Les chanteurs ont tous des voix saines, jeunes,  bien projetĂ©es et un style Ă©lĂ©gant qui convient bien Ă  Mozart. Car le divin Mozart adorait les voix, nous le savons et dans cette pĂ©riode qui prĂ©cĂšde la trilogie Da Ponte, il Ă©crit pour les voix qu’il admire et qu’il aime des airs d’une beautĂ© totale. Peut ĂȘtre bien ses plus beaux airs de concerts.
Les extraits d’opĂ©ras peu connus sont merveilleux, les Canons enrichis par les bassons et les clarinettes sont des moments de grĂące totale. Le public est saisi par le charme de cette organisation musicale. Quelques rĂ©citatifs des oeuvres tardives font lien dans une dramaturgie qu’il est tout Ă  fait facile de suivre.

D’abord il est question des Noces de Figaro, puis de Cosi et enfin de Don Juan. Il est ainsi flagrant de constater combien Mozart portait en lui sa propre idĂ©e des Ă©motions humaines mises en musique depuis longtemps avant de trouver dans les trois livrets de Da Ponte,

le miracle qu’il attendait avec des personnages de chair et de sang qu’il a habillĂ©s de la plus belle musique. Il serait ingrat de dĂ©tailler les chanteurs tous admirables, capables de nuances d’une infinie douceur, et tous acteurs trĂšs engagĂ©s. L’émotion est bien souvent prĂ©sente, la joie, la peine, la nostalgie ou 
 la reconnaissance. Tous beaux, douĂ©s et heureux, les chanteurs diffusent un sentiment de plĂ©nitude, de dĂ©licatesse et d’efficacitĂ© dramatique tout Ă  fait rare mĂȘme sur une scĂšne d’opĂ©ra. Nous sommes trĂšs  intĂ©ressĂ©s par le projet de RaphaĂ«l Pichon qui entend interprĂ©ter les opĂ©ras de la trilogie Da Ponte. Il peaufine ses distributions, dans un vivier  de voix jeunes qui ne peut que faire merveille le temps venu.  Ce programme LIBERTA a Ă©tĂ© enregistrĂ© en deux CD et la distribution est presque Ă  l’identique. Le programme a un peu bougĂ© mais reste trĂšs proche.
RaphaĂ«l Pichon est un immense musicien qui sait s’entourer de grands talents. Il me fait penser Ă  un certain John Eliot Gardiner qui dĂšs ses dĂ©buts, a fait une carriĂšre magnifique et qui n’a jamais dĂ©mĂ©ritĂ© dans quelque rĂ©pertoire que ce soit. Ce concert a Ă©tĂ© un grand moment de musique tout Ă  fait digne des Grands InterprĂštes. La valeur n’attend point le nombre des annĂ©es, nous le savons depuis longtemps
. Le public fait fĂȘte Ă  une telle Ă©quipe soudĂ©e, le succĂšs a Ă©tĂ© retentissant.

 

 

  

 

 

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Compte rendu concert. Toulouse. Halle-aux-Grains, le 16 dĂ©cembre 2019. Wofgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Extraits d’opĂ©ra, airs de concerts, Canons. Mari Eriksmoen, Siobhan Stagg :Sopranos ; AdĂšle Charte : mezzo-soprano ; Linard Vrielink : tĂ©nor ; John Chest : baryton ; Nahuel Di Pierro : Basse ; Pygmalion, choeur et orchestre ; RaphaĂ«l Pichon:  direction. 

 

 
 

 

 

COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, le 13 déc 2019. J.WILLIAMS. J.HORNER H.ZIMMER. L.SCHIRFIN. ONCT. T.SOKHIEV.

‹SOKHIEV-582-594-Tugan-Sokhiev---credit-Marc-BrennerCOMPTE-RENDU, critique, concert. TOULOUSE, le 13 dĂ©c 2019. WILLIAMS, ZIMMER, SCHIRFIN. ONCT. Tugan SOKHIEV. Lors de ces deux concerts salle comble, dĂ©clarĂ©s complets depuis des lustres, un complexe est tombĂ©. Il est permis d’aimer la musique symphonique la plus complexe et de trouver le mĂȘme plaisir musical dans la dĂ©contraction et le bonheur de l’enfance en plus avec la musique hollywoodienne. Contrairement Ă  l’an dernier oĂč les deux concerts Ă©taient thĂ©matiques avec uniquement la musique de Star Wars associant des tubes et des pages plus rares, cette fois Tugan Sokhiev a choisi le plaisir pur de faire entendre les musiques des films les plus connus. Le concert n’a pas Ă©tĂ© trĂšs long mais quel voyage il nous a fait faire et quelle richesse ! Avec la mĂȘme science de la construction du programme, avec des humeurs variĂ©es et une sorte d’apothĂ©ose pour le final, s’est construite un festival d’émotions. Ainsi enchaĂźnĂ©s : Jurassik Park, Mission Impossible, Titanic, Star Wars Les Sept mercenaires, Retour vers le futur, Hook, E.T. et Indian Jones pour finir en apothĂ©ose le dĂ©part pour le voyage en haute mer de Pirates des CaraĂŻbes. Photo Tugan Sokhiev (service de presse Capitole Toulouse DR)  

 

   

 

 

Le PĂšre NoĂ«l Ă  Toulouse :‹
quand Tugan Sokhiev fait son cinéma

 

 

 

Avec le mĂȘme soin du dĂ©tails, comme de la dramaturgie de la partition, c’est comme si ces musiques tant aimĂ©es et bien connues sortaient d’une sorte de brouillard, d’une boite un peu oxydĂ©e, pour vivre Ă  l’air libre leurs splendeurs sonores, en irradiant de bonheur. FidĂšles Ă  eux-mĂȘmes, les musiciens de l’orchestre ont brillĂ©. Ils ont Ă©tĂ© enthousiastes, soignant chaque instant et sachant devenir dans les moments solistes, et ils sont nombreux, de vĂ©ritables 
divas. Les cuivres ont caracolĂ© sans complexes ; les cors ont soufflĂ© la grandeur ou exprimĂ© des sentiments intimes ; les trompettes ont fouettĂ© le sang et les violons ont ouvert le ciel de plages laiteuses, de volutes sublimes ou de thĂšmes piquants. Les violoncelles ont su faire pleurer de beautĂ©, comme les bois, tous magiques. Les percussions ont Ă©tĂ© mises a rude Ă©preuve et le brio a Ă©tĂ© permanent. Le piano, la batterie et la guitare Ă©lectrique (Mission Impossible) ont tenu le public en haleine avec un swing incroyable.

Tugan Sokhiev a fait l’enfant, heureux d’avoir Ă  sa main un super orchestre sachant tout jouer de la plus belle maniĂšre. Ils semblait s’émerveiller lui-mĂȘme du pouvoir d’évocation de la musique sous ses doigts, qui suggĂ©rait histoires et images. Ces compositeurs de musiques de films amĂ©ricains, avec en maĂźtre tutĂ©laire John Williams, ont tous un vĂ©ritable don. La richesse des partitions n’est pas en comparaison du rĂ©pertoire « dit symphonique classique ». Il se dĂ©gage de tels concerts un bonheur et une Ă©nergie incroyable. Et le rajeunissent du public est Ă©galement un Ă©lĂ©ment important. Sentir le plaisir de ses voisins quand arrive son thĂšme prĂ©fĂ©rĂ©, procure le frisson Ă  la salle entiĂšre. Pour ma part je reste un inconditionnel de Star Wars de John Williams mais cette annĂ©e Pirates des CaraĂŻbes de Hans Zimmer et Mission Impossible de Lalo Schifrin l’ont rejoint au Walhalla. ‹Vivement au autre cinĂ©ma de Tugan Sokhiev l’an prochain !  Pour nous, il a carte blanche. Car cela ferait croire au pĂšre NoĂ«l !  

 

   

 

 

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COMPTE-RENDU, critique, concert. Toulouse. Halle-aux-Grains, les 12 et 13 décembre 2019. John Williams : Jurassik Park, Star Wars, Hook, E.T. , Indiana Jones ; Lalo Schifrin : Mission Impossible ; James Horner : Titanic ; Elmer Bernstein : Les Sept Mercenaires ;  Alan Silvestri : Retour vers le futur ; Hans Zimmer : Pirates des Caraïbes. Orchestre National du Capitole de Toulouse. Tugan Sokhiev direction.

 

 

   

 

 

COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, le 7 déc 2019. F. LISZT. D. CHOSTAKOVITCH. L. DEBARGUE, ONCT. T. SOKHIEV.

DEBARGUE-_-Lucas_Debargue-582-594COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, le 7 dĂ©c 2019. F. LISZT. D. CHOSTAKOVITCH. L. DEBARGUE, ONCT. T. SOKHIEV. Le concert a permis de constater combien le jeune pianiste Lucas Debargue a tenu les promesses que son jeu virtuose avait fait deviner. En effet nous l’avions entendu en 2016 Ă  Piano aux Jacobins puis en 2018 Ă  La Roque d’AnthĂ©ron. Nous disions notre admiration et l’attente de la maturitĂ© pour gagner en musicalitĂ©. Nous y sommes et pouvons affirmer que Lucas Debargue a atteint un bel Ă©quilibre aujourd’hui. Ce premier concerto de Liszt, compositeur-virtuose cĂ©lĂšbrissime est reprĂ©sentatif de ses excĂšs de virtuositĂ© comme de son gĂ©nie rhapsodique. Les moyens pianistiques et la musicalitĂ© au sommet sont nĂ©cessaires pour soutenir l’intĂ©rĂȘt tout du long. En effet souvent la virtuositĂ© seule sert le propos et la musique s’évanouit. Il faut Ă©galement tenir compte de la personnalitĂ© de Tugan Sokhiev Ă  la tĂȘte de son orchestre. Le chef OssĂšte est un fin musicien et un grand admirateur des solistes invitĂ©s, lui qui toujours est attentif Ă  les mettre en valeur. Il a admirablement dirigĂ© ce concerto. Lucas Debargue souriant, a dominĂ© avec naturel l’écriture si complexe de sa partie de piano, tandis que le chef Ă©quilibrait Ă  la perfection les plans de l’orchestre, tenant dans une main de velours des tempi mĂ©dians mais capables d’un rubato Ă©lĂ©gant. Les moments chambristes nombreux ont Ă©tĂ© magnifiquement interprĂ©tĂ©s par un soliste attentif et des musiciens survoltĂ©s. Ce concerto proteĂŻforme a gagnĂ© en cohĂ©rence et en musicalitĂ© dans la belle interprĂ©tation de ce soir. La dĂ©licatesse du toucher et les fines nuances de Lucas Debargue ont Ă©tĂ© une merveille. Son jeu de la main gauche a semblĂ© particuliĂšrement puissant dans les passages trĂšs exposĂ©s. L’aisance digitale de Lucas Debargue, la beautĂ© de ses mains, sont un spectacle fascinant. Il a Ă©tĂ© ovationnĂ© par le public, a tenu Ă  saluer avec le chef comme pour dire combien leur entente Ă©tait rĂ©ussie et il a offert deux bis : un peu de Scarlatti et, nous a-t-il semblĂ©, une partition de son cru car ce jeune homme fort douĂ© est Ă©galement compositeur.

chostakovitch-compositeur-dmitri-classiquenews-dossier-portrait-1960_schostakowitsch_dresdenLa deuxiĂšme partie du concert a Ă©tĂ© trĂšs Ă©prouvante, car la tension douloureuse dĂ©ployĂ©e par Tugan Sokhiev dans son interprĂ©tation de la 8 Ăšme symphonie de Chostakovitch a Ă©tĂ© vertigineuse. Le long lamento des cordes, dans un Ă -plat froid et dĂ©solĂ© tient du cinĂ©matographique. Le dĂ©sert de glace autour des goulags Ă©tait prĂ©sent. Le train fou qui avance dans la neige vers la mort un peu plus tard. Le ricanement de militaires fantomatiques aussi. Les moments de fureur n’ont Ă©tĂ© que des moments permettant d’extĂ©rioriser le mĂȘme dĂ©sespoir et la dĂ©rision des musiques militaires, une autre variation de la dĂ©sespĂ©rance humaine. Le largo en forme de marche Ă  la mort sur une allure de passacaille tient du gĂ©nie noir, le plus noir. Comme une marche dont personne ne reviendra plus. Le final cherche Ă  se rĂ©volter mais finit dans une dĂ©solation particuliĂšrement insupportable que Tugan Sokhiev lie au silence qui suit avec une autoritĂ© sidĂ©rante. Les solistes de l’orchestre ont Ă©tĂ© trĂšs exposĂ©s, chaque famille dans un ou plusieurs soli, parmi les plus exigeants. Distinguons la trompette solo Ă  la prĂ©sence inoubliable de RenĂ©-Gilles Rousselot et le cor anglais si mĂ©lancolique de Gabrielle Zaneboni ; pourtant chaque instrumentiste a Ă©tĂ© merveilleux : le cor, la flĂ»te, le piccolo, la clarinette, le hautbois, le violon, l’alto ou le violoncelle. Et les sept percussionnistes ont Ă©tĂ© trĂšs prĂ©sents. Sans oublier les contrebasses si expressives . Sous cette splendeur sonore de chaque instant, vraiment s’est dissimulĂ© le dĂ©sespoir le plus tragique. Ce n’est vraiment pas la symphonie la plus facile de Chostakovitch, c’est un long rĂ©quisitoire, le plus terrifiant peut ĂȘtre, contre les abjections du rĂ©gime communiste, en raison du peu de moments de rĂ©volte, comparĂ©s Ă  l’ampleur de la dĂ©solation contenue dans ces pages.
Un Grand moment que les micros, nous a t-on-dit, vont immortaliser pour Warner.
Ces symphonies de Chostakovitch Ă  Toulouse sont chaque fois un moment trĂšs apprĂ©ciĂ©, c’est une bonne idĂ©e de les enregistrer sur le vif au fur et Ă  mesure.

Compte-rendu concert. Toulouse.Halle-aux-grains, le 7 décembre 2019. Frantz Liszt (1811-1886) : Concerto pour piano et orchestre n°1 en mi bémol majeur S.124 ; Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n°8 en ut mineur op.65 ; Lucas Debargue, piano ; Orchestre National du Capitole. Tugan Sokhiev, direction.

LIRE aussi notre critique compte rendu du concert de Lucas Debargue aux Jacobins :
www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-a-edition-de-piano-aux-jacobins-toulouse-cloitre-des-jacobins-le-13-septembre-2016-mozart-ravel-chopin-liszt-lucas-debargue-piano/

COMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. TOULOUSE, le 5 dĂ©c 2019. MONTEVERDI : Orfeo. Gonzales Toro, I Gemelli.‹‹‹

COMPTE-RENDU. OPERA. TOULOUSE. Le 5 dĂ©c 2019 C. MONTEVERDI : ORFEO. E. GONZALES TORRO. I . GEMELLI. T. DUNFORD. Pour seulement deux soirĂ©es, Emiliano Gonzales Torro et ses amis ont vĂ©ritablement enchantĂ© le ThĂ©Ăątre du Capitole. En une incarnation totale, le tĂ©nor a su faire revivre la magie de cet opĂ©ra des origines. Oui il est commode de dire que l’opĂ©ra est nĂ© en 1607 avec cet Orfeo mĂȘme si l’Eurydice de Caccini en un joli hors d’Ɠuvre prĂ©pare en 1600 la naissance de ce genre si prolixe. Nous avons donc pu dĂ©guster une reprĂ©sentation absolument idĂ©ale de beautĂ© et d’émotion mĂȘlĂ©es du premier chef d’Ɠuvre lyrique. Un voyage dans le temps, l’espace et la profondeur des sentiments humains. La scĂ©nographie toute de grĂące et d’élĂ©gance permet aux Ă©motions musicales de se dĂ©velopper en une continuitĂ© bouleversante. L’orchestre, socle de vie comme d’intelligence, est disposĂ© de part et d’autre de la scĂšne dans les angles comme cela Ă©tait le cas lors de la crĂ©ation. L’effet visuel est admirable mais surtout les musiciens se regardent Ă  travers la scĂšne et peuvent en mĂȘme temps suivre les chanteurs et leurs collĂšgues musiciens en un seul coup d’Ɠil. L’effet est sidĂ©rant d’évidence et de naturel ; certes on devine bien que le luthiste Thomas Dunford est un moteur puissant mais en fait c’est tout le continuo qui dans un tactus parfait fait avancer le drame. Ce tactus souple et dĂ©terminĂ© donne Ă  l’enchaĂźnement de tous les Ă©lĂ©ments : madrigaux, airs, rĂ©citatifs, parlar-cantando, leur naturelle force de vie, s’appuyant sur une rhĂ©torique toujours renouvelĂ©e.

 

 

 

A Toulouse, un thĂ©Ăątre du naturel
 oĂč rĂšgne
l’idĂ©al ORFEO d’Emiliano Gonzales Torro

 

 

 

 orfeo monteverdi toulouse critique opera dunford

 

 

 

VoilĂ  donc un « orchestre » organique, rĂ©actif et d’une superbe beautĂ© de pĂąte sonore qui rĂ©gale l’auditeur comme rarement. Musicalement cela rĂ©alise une sorte de synthĂšse des versions connues au disque allant vers toutes les subtilitĂ©s relevĂ©es par le regrettĂ© Philippe Beaussant dans son superbe essai : « Le chant d’OrphĂ©e selon Monteverdi ». Le naturel qui se dĂ©gage de ce spectacle est bien l’idĂ©al qui a prĂ©sidĂ© Ă  la naissance de l’OpĂ©ra, art total. Les chanteurs Ă©voluent avec le mĂȘme naturel, la mĂȘme Ă©lĂ©gance devant nous. Ils portent des costumes dans lesquelles ils se meuvent avec facilitĂ©. Le blanc, le noir et l’or sont les couleurs principales et la superbe robe verte de l’espĂ©rance qui Ă©claire un moment les tĂ©nĂšbres des enfers est une idĂ©e gĂ©niale. La mise en espace est plus aboutie que bien des prĂ©tendues mises en scĂšne d’opĂ©ra. Les personnages vivent, s’expriment et nous paraissent proches. Les Ă©clairages sont Ă  la fois sobres et suggĂšrent le fabuleux voyage d’OrphĂ©e, entre lumiĂšre et ombre.

Onze chanteurs se partagent les rĂŽles, les madrigaux et les chƓurs. LĂ  aussi le choix est idĂ©al, tous artistes aussi habiles acteurs que chanteurs Ă©panouis. Les voix sont toutes fraĂźches et belles, sonores et bien timbrĂ©es ; les voix de sopranos sont chaudes et lumineuses sans aciditĂ©, les basses abyssales et terribles, les tĂ©nors Ă©lĂ©gants et sensibles. Impossible de dĂ©tailler : chacun et chacune mĂ©rite une tresse de lauriers. Emiliano Gonzales Torro a la voix d’OrphĂ©e, l’aisance scĂ©nique et le port noble du demi-dieu. Dans ce dispositif si intelligent le drame se dĂ©ploie et les Ă©motions sont portĂ©es Ă  leur sommet. Ne serait-ce que la douloureuse sympathie du premier berger qui arrache des larmes aprĂšs la terrible annonce de la mort d’Eurydice.
Premier nƓud du drame, la messagĂšre trĂšs impliquĂ©e d’Anthea Pichanick, la sidĂ©ration d’Emiliano Gonzales Torro en Orfeo et ce dĂ©sespoir amical de Zachary Wilder. DeuxiĂšme nƓud, la priĂšre si expressive de Mathilde Etienne en Proserpine aprĂšs la scĂšne si impressionnante avec le Caronte de JĂ©rĂŽme Varnier. Et pour finir ce terrible renoncement d’OrphĂ©e Ă  tout bonheur humain avant son dĂ©part vers le sĂ©jour de fĂ©licitĂ© des dieux. Tout s’enchaĂźne avec une Ă©vidence prĂ©cieuse. La beautĂ© est partout, les yeux, les oreilles et l’ñme elle-mĂȘme s’en trouvent transportĂ©s hors du monde. Un vĂ©ritable moment fĂ©Ă©rique.

Certainement la version la plus complĂšte d’Orfeo Ă  ce jour rĂ©alisĂ©e.  La tournĂ©e de cette production le confirmera par son succĂšs et l’enregistrement annoncĂ© en 2020 sera certainement une rĂ©fĂ©rence incontournable. Bravo Ă  une Ă©quipe si soudĂ©e et au gĂ©nie d’Emiliano Gonzalez Toro qui semble ĂȘtre une incarnation orphique inĂ©galĂ©e.

 

 

 
 

 

 

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Compte-rendu OpĂ©ra. Toulouse. ThĂ©Ăątre du Capitole, le 5 XII 2019 ; Claudio Monteverdi (1567-1643) : L’ Orfeo, OpĂ©ra (Fable en musique) en cinq actes avec prologue ;  Livret d’Alessandro Striggio ; CrĂ©ation le 24 fĂ©vrier 1607 au Palais ducal de Mantoue ; OpĂ©ra mis en espace ; Mathilde Étienne :  mise en espace ;  SĂ©bastien Blondin et Karine Godier , costumes ; Boris Bourdet, mise en lumiĂšres ; Avec : Emiliano Gonzalez Toro , Orfeo ; Emöke BarĂĄth, Euridice et La Musica ; JĂ©rĂŽme Varnier, Caronte ; Anthea Pichanick,  Messaggiera ; Alix Le Saux,  Speranza ; Fulvio Bettini , Apollo ; Zachary Wilder, Pastore ; Baltazar Zuniga, Pastore ; Mathilde Étienne, Proserpina ; Nicolas Brooymans, Plutone ; Maud Gnidzaz, Ninfa ; Ensemble I Gemelli ; Thomas Dunford luth et direction ; Violaine Cochard assistante direction musicale ; Emiliano Gonzalez Toro : direction musicale. Photo : © P NIN

 

 

 
 

 

 

COMPTE-RENDU, opéra. TOULOUSE, le 26 nov 2019. POULENC : Dialogues des Carmélites. O Py / JF Verdier.

COMPTE-RENDU, opĂ©ra. TOULOUSE. CAPITOLE. Le 26 Novembre 2019. F. POULENC. DIALOGUES DES CARMELITES. O. PY. A. CONSTANS. A. MOREL. J DEVOS. J.F. LAPOINTE. J.F. VERDIER. Cette belle production d’Olivier Py avait dĂ©jĂ  eu bien du succĂšs au ThĂ©Ăątre des Champs ÉlysĂ©es Ă  Paris, et au ThĂ©Ăątre de la Monnaie Ă  Bruxelles en 2013. La grande Ă©lĂ©gance stylisĂ©e des dĂ©cors et des costumes y est pour beaucoup. La force Ă©galement qui se dĂ©gage des Ă©clairages et des mouvements puissants des dĂ©cors Ă  vue marquent durablement les esprits. Le jeu des chanteurs-acteurs est toujours sobre. Il y a comme une certaine distanciation en permanence qui Ă©vite toute Ă©motion trop forte. L’intelligence,  les symboles sont lisibles et le contexte historique de la RĂ©volution Française est prĂ©sent.

 

 

Au Capitole, de beaux Dialogues

mais un peu froids

 
 
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Mais il y une distanciation trĂšs contemporaine avec le tragique des faits historiques qui nuit Ă  l’émotion forte de certaines scĂšnes. Les faits historiques sont exposĂ©s et compris mais non vĂ©cus. Il faut dire que la prĂ©sence du ChƓur dans les loges de part et d’autre de la scĂšne ou dans le cĂŽtĂ© du thĂ©Ăątre avec une prĂ©sence trĂšs forte en habits contemporains, a minorĂ© l’impact Ă©motionnel de la sublime scĂšne finale. En effet le bourdon trop prĂ©sent a couvert le dĂ©nuement qui gagne le chant des moniales au fur et Ă  mesure que la guillotine s’active. MĂȘme la scĂšne de la mort de la prieure dans un habile dispositif, a gardĂ© comme une distance avec l’ Ă©motion.

Pourtant l’engagement des chanteurs a Ă©tĂ© notable. En particulier la jeune AnaĂŻs Constans qui est une Blanche de la Force impressionnante de prĂ©sence tant vocale que scĂ©nique. En MĂšre, Marie, AnaĂŻk Morel a su trouver la duretĂ© du personnage avec une voix comme minĂ©rale. Janina Baechle est une premiĂšre prieure plus humaine que certaines avec une mort presque trop polie. Catherine Hunold en nouvelle prieure sait de sa voix homogĂšne mettre le moelleux nĂ©cessaire Ă  la dimension maternelle du rĂŽle. Jodie Devos incarne tant vocalement que scĂ©niquement la force de vie du rĂŽle de Constance avec beaucoup de naturel et de charme. C’est elle qui dĂ©livre le chant le plus porteur d’émotion, surtout durant le final.
Les hommes n’ont pas dĂ©mĂ©ritĂ© sans s‘imposer particuliĂšrement. Les petits rĂŽles sortis du ChƓur ont tous Ă©tĂ© excellents, tout particuliĂšrement Catherine Alcoverro trĂšs Ă©mouvante en Jeanne.
L’orchestre du Capitole a Ă©tĂ© parfait.  Les nuances ont Ă©tĂ© parfois un peu trop prĂ©sentes sans mettre en danger les chanteurs. Jean-François Verdier dĂ©veloppe la dimension symphonique de la partition. Lui aussi en accord avec la mise en scĂšne appuie la clartĂ© du discours, la perfection formelle des Ă©quilibres sonores. Mais cette Ă©lĂ©gance, comme celle de la mise en scĂšne nous a semblĂ© manquer d’émotion.
Ces dialogues ont donc Ă©tĂ© bien accueillis par le public, mais sans beaucoup d’yeux humides


 
  
 

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COMPTE-RENDU, opĂ©ra. Toulouse. ThĂ©Ăątre du Capitole , le 26 Novembre 2019. Françis Poulenc (1899-1963) : Dialogue des CarmĂ©lites. OpĂ©ra en trois actes et douze tableaux ; Texte de la piĂšce de Georges Bernanos, adaptĂ© avec l’autorisation d’Emmet Lavery ; D’aprĂšs une nouvelle de Gertrud von Le Fort (La DerniĂšre Ă  l’échafaud) et un scĂ©nario du RĂ©v. Raymond Leopold Bruckberger et de Philippe Agostini ; ÉditĂ© par CASA RICORDI MILANO ; CrĂ©ation le 26 janvier 1957 au Teatro alla Scala de Milan. Coproduction ThĂ©Ăątre des Champs ElysĂ©es et du  ThĂ©Ăątre Royal de la Monnaie de Bruxelles. Olivier Py : mise en scĂšne ; Pierre-AndrĂ© Weitz : dĂ©cors et costumes ; Bertrand Killy : lumiĂšres Avec : AnaĂŻs Constans, Blanche de la Force ; AnaĂŻk Morel, MĂšre Marie de l’Incarnation ; Janina Baechle, Madame de Croissy, premiĂšre Prieure ; Catherine Hunold, Madame Lidoine, nouvelle Prieure ; Jodie Devos,  Constance de Saint-Denis ; Jean-François Lapointe, Le Marquis de la Force ; Thomas Bettinger, Le Chevalier de la Force ; Vincent Ordonneau, L’AumĂŽnier ; JĂ©rĂŽme Boutillier, Le GeĂŽlier / Thierry / Monsieur Javelinot ; ChƓur du Capitole, Alfonso Caiani direction ;  Orchestre national du Capitole ; Jean-François Verdier direction. Photo © Patrice Nin

 
 
 

COMPTE-RENDU, critique, concert. Toulouse, le 22 nov 2019. CLYNE, CHOSTAKOVITCH, ELGAR. S. GABETTA. Orch Nat du Capitole. B. GERNON.

ben-gernon-maestro-chef-dorchestre-maestro-critique-review-concert-classiquenews-opera-critique-classiquenewsCOMPTE-RENDU, critique, concert. Toulouse. Halle-aux-grains, le 22 Novembre 2019. A. CLYNE. D. CHOSTAKOVITCH. E. ELGAR. S. GABETTA. ORCH. NAT. CAPITOLE / B. GERNON. En dĂ©but de concert le jeune chef britannique Ben Gernon a choisi une composition de la jeune et talentueuse compositrice britannique Anna Clyne. La beautĂ© de cette partition est un hommage passionnĂ© au poĂšme de Baudelaire “Harmonie du soir”. BeautĂ© sulfureuse au charme prenant, l’Orchestre du Capitole au grand complet participe Ă  cet envoĂ»tement paisible. Une trĂšs belle partition abordĂ©e avec clartĂ© et prĂ©cision par le jeune chef. Elle mĂ©rite vraiment d’entrer au rĂ©pertoire des orchestres symphoniques car une telle plĂ©nitude, un tel charme qui est bien trop rare dans les premiĂšres piĂšces des programmes, permet d’entrer avec voluptĂ© dans toutes les beautĂ©s du monde sonore de la musique symphonique.

 

 

Le pur plaisir de la musique partagée

 

   

 

‹Puis, la violoncelliste Sol Gabetta dĂšs ses premiers pas sur scĂšne, irradie d’une prĂ©sence lumineuse et chaleureuse. Le Concerto de Chostakovitch est une partition complexe dĂ©diĂ©e Ă  Mtislav Rostropovitch, grand ami du compositeur. ComposĂ© dans un environnement dangereux et en proie Ă  une hostilitĂ© politique pouvant ĂȘtre fatale, cette composition en demi teinte suggĂšre plus qu’elle n’affirme. Ainsi le thĂšme introduit d’emblĂ©e par le violoncelle est sous les doigts lĂ©gers de Sol Gabetta, plus goguenard que vĂ©ritablement moqueur. Toute l’interprĂ©tation sera donc placĂ©e dans cette dĂ©licatesse et cette prĂ©cision de phrasĂ©. A la pointe de l’archet, pour ne pas dire Ă  la pointe de l’épĂ©e, afin de faire mouche Ă  chaque coup. On sort comme hypnotisĂ© du Concerto. La dĂ©licate violoncelliste, avec un art consommĂ© des couleurs et des nuances trĂšs affirmĂ©es, ne cherche jamais l’affrontement ou la provocation, elle nous ensorcĂšle. En ce sens une toute autre interprĂ©tation que celle de Rostropovitch plus directe et sensible aux dangers imminents. Comme Ă  distance, l’intelligence du jeux de Sol Gabetta trouve une autre voie et elle trouve dans le jeune chef Ben Gernon un partenaire attentif, prĂ©cis et lui aussi, inventif. L’Orchestre avec une immĂ©diatetĂ© gĂ©nĂ©reuse suit dans cette recrĂ©ation du chef d’oeuvre avec d’autres propositions. La magie du final avec le cĂ©lesta est pure magie irrĂ©elle. Ces grands musiciens nous offrent un trĂšs grand moment de fine musicalitĂ© partagĂ©e. En bis, comme pour rendre Ă©vidente cette osmose musicale peu commune, la soliste trĂšs applaudie revient avec le chef. Ils interprĂštent un arrangement particuliĂšrement Ă©mouvant du sublime air mĂ©lancolique de Lenski, avant son duel avec OnĂ©guine dans l’opĂ©ra EugĂšne OnĂ©guine de TchaĂŻkovski. Il est habituel de dire que le violoncelle est l’instrument le plus proche de la voix humaine. Ce soir Sol Gabetta est encore plus Ă©mouvante que le tĂ©nor le plus douĂ©. Il a Ă©tĂ© difficile de ne pas pleurer Ă  l’écoute de cette osmose totale entre le chef, l’orchestre et la soliste qui chante Ă  perdre l’ñme. ‹La deuxiĂšme partie du concert est dĂ©diĂ©e aux Variations Enigma du compositeur anglais Edward Elgar. Cette riche et belle partition permet Ă  l’orchestre de briller ; de nombreux moments solistes sont tout Ă  fait dĂ©lectables. L’écriture trĂšs nuancĂ©e avec de longues phrases sublimes permet au chef de proposer une vision personnelle car il faut doser entre romantisme, hĂ©donisme, et musique de film. Ben Gernon avec des gestes sans baguette et d’une grande Ă©lĂ©gance obtient de l’orchestre un son moelleux et une pĂąte qu’il malaxe avec gĂ©nie. Le rubato est assumĂ©, les nuances trĂšs affirmĂ©es, le caractĂšre trĂšs diffĂ©rent de chaque variation est indĂ©niable, pourtant il se dĂ©gage de la direction du chef, tout du long, une clartĂ© des plans, une beautĂ© des phrasĂ©s, une libertĂ© de jeu qui sont la marque d’un grand chef. Les musiciens jouent avec plaisir et les solo sont magiques : cor, alto, bois en particulier. Un trĂšs agrĂ©able concert dans lequel le plaisir de la musique partagĂ©e a Ă©tĂ© total. Le public a su applaudir avec vivacitĂ© ces trĂšs beaux moments.
 
 

 

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Ben Gernon (DR) 

 

   

 

 

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COMPTE-RENDU, critique, concert. Toulouse. Halle-aux-Grains, le 22 novembre 2019. Anna Clyne (née en 1980) : this midnight hour ; Dimitri Chostakovitch ( 1906-1075) : Concerto pour violoncelle n° 1 en mi bémol majeur Op. 107 ; Edward Elgar (1857-1934) : Variations Enigma Op. 36 ; Sol Gabetta, violoncelle ; Orchestre National du Capitole ; Ben Gernon, direction.

 
   

 

COMPTE-RENDU, concert. Toulouse, le 19 nov 2019. MOZART, BRAHMS. G. SOKOLOV, piano.

sokolov grigory recital salzburg piano 2008 deutsche grammophon clic de classiquenews fevrier mars 2015COMPTE-RENDU. Concert. Toulouse. Halle-aux-grains, le 19 Novembre 2019. W.A. MOZART. J.BRAHMS. G. SOKOLOV. Chaque concert de Gregory Sokolov est Ă  la fois inouĂŻ et 
 prĂ©visible. Allure d’automate lorsqu’il marche, jeu pĂ©nĂ©trant et d’une subtilitĂ© rare lorsqu’il se met au clavier, troisiĂšme partie offerte en bis aussi longue que les deux prĂ©cĂ©dentes. Et avant tout cette vĂ©ritable originalitĂ© de jeu dans un monde du piano classique
 aux goĂ»ts souvent trop implicites. Sokolov va lĂ  oĂč sa sensibilitĂ© le porte et cela ne peut laisser indiffĂ©rent. Il m’est arrivĂ© de ne pas aimer : une fois pour son concert Bach. Ce soir la majoritĂ© du public a Ă©tĂ© comblĂ©e surtout par la deuxiĂšme partie rĂ©servĂ©e Ă  Brahms.

 

 

 

RĂ©cital Mozart et Brahms

Sokolov : tout simplement magnifique

 

 

 

Il faut reconnaĂźtre qu’un Brahms aussi lumineux est prĂ©cieux. Sokolov dans ces deux piĂšces Op. 118 et 119, souvent dĂ©crites comme crĂ©pusculaires, y dĂ©ploie une prĂ©cision rare et une Ă©nergie intemporelle. Les plans sont tous clairement jouĂ©s, les nuances sont poussĂ©es au bout, la palette de couleur et la variĂ©tĂ© des phrasĂ©s lui permettent de brosser un tableau d’une grande richesse. Les harmonies si particuliĂšres du « vieux Brahms » sont portĂ©es Ă  leur grande modernitĂ© avec simplicitĂ© et Ă©vidence. Le voyage proposĂ© par Gregory Sokolov semble Ă©ternel et nous aimerions l’écouter en boucle afin de se rĂ©galer de cette richesse d’interprĂ©tation habillĂ©e en forme d’évidence mais qui recĂšle un art du piano absolument souverain.
Son Mozart est lui aussi en tous points remarquable et encore plus personnel. Il a choisi des oeuvres trĂšs variĂ©es qu’il aborde avec des doigts souples et vifs, comme caressants le clavier. Le prĂ©lude et la Fugue en ut majeur semblent Ă  la fois d’une grande modernitĂ© et un vĂ©ritable hommage Ă  Bach. Le clavier devient un moyen de convaincre avec une Ă©loquence noble et ayant la simplicitĂ© de l’évidence. Quand Ă  la sonate n° 11, elle coule librement, dans un guĂ© bien entretenu. MĂȘme la conclusion « alla turca » a de la tenue. Sous les doigts de Sokolov Mozart est un grand musicien, un grand claviĂ©riste ; le pianiste russe nous convainc qu’avec ce jeu prĂ©cis et simple, sans affĂ©teries, sans charme aimable, la musique se dĂ©ploie avec un naturel d’une grande libertĂ©. C’est cela, oui : le piano de Sokolov est totalement libre.

La troisiĂšme partie contiendra six piĂšces que le pianiste joue chaque fois aprĂšs un salut rituel sans Ă©motion sur son visage. Une telle gĂ©nĂ©rositĂ© aussi simplement concĂ©dĂ©e au public est la marque du gĂ©nie de Sokolov. Ainsi Schubert, Chopin et Rachmaninov ont apportĂ© leurs saveurs belcantistes Ă  la nuit. Un concert qu’une partie du public aurait pu Ă©couter sans fin. Tant de musique avec cette libertĂ© du don reste inoubliable. Merci aux Grands InterprĂštes qui avec fidĂ©litĂ© ont invitĂ© l’un des plus grands musiciens du clavier.

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Compte-rendu ,concert.Toulouse. Halle-aux-grains, le 19 novembre 2019. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : PrĂ©lude (Fantaisie) et Fugue en ut majeur, K.394 ; Sonate n°11 en la majeur, K.331 op.6 n°2 ; Rondo n°3 en la mineur K. 511 ; Johannes Brahms (1833-1897) : KlavierstĂŒcke Op.118 et Op.119. Grigory Sokolov, piano.

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PrĂ©cĂ©dent compte rendu critique d’un concert rĂ©cital de Grigory Sokolov :
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-recital-de-piano-toulouse-halle-aux-grains-le-26-mai-2014-recital-frederic-chopin-grigory-sokolov-piano/

COMPTE-RENDU, critique CONCERT. PARIS. Eglise St-Sulpice, le 13 nov 2019. VERDI: REQUIEM. Euromusic Symph Orch. H. Reiner

Vague verdienne en juin 2014COMPTE-RENDU, CONCERT. PARIS. Eglise Saint Sulpice, le 13 Novembre 2019. G.VERDI. REQUIEM. Euromusic Symphonic Orchestra. Choeur International Hugues Reiner. H.REINER. Il est moments musicaux qui sont inclassables et ce Requiem de Verdi, donnĂ© Ă  Saint-Sulpice le 13 novembre 2019, est l’un de ceux qui resteront dans les mĂ©moires. Ainsi le trĂšs long silence qui a terminĂ© le Requiem reprĂ©sente le plus bel hommage et les plus belles minutes de silence possibles. Et le public incrĂ©dule d’abord, puis silencieux, a finalement applaudi gĂ©nĂ©reusement un tel moment de grĂące. Car comment parler d’un concert si porteur d’émotions sans le dĂ©naturer ? Hugues Reiner a portĂ© ce projet avec toute sa gĂ©nĂ©rositĂ©, invitant l’association Live for Paris Ă  l’évĂ©nement commĂ©moratif des tueries du 13 novembre 2015. Il y a eu beaucoup d’émotions dans la vaste Ă©glise malgrĂ© le froid et l’acoustique difficile. Il faut dire que dĂšs le concerto de trompette de Marcello qui ouvrait le concert, Guy Touvron aprĂšs son vibrant hommage Ă  son collĂšgue et ami avait donnĂ© le ton : la musique vivante console de la mort comme rien d’autre. Le vaste Requiem de Verdi est composĂ© Ă  l’envers.

Un Requiem pour ne pas oublier
et pour que vive la liberté !

Car la fin : le Libera Me de la soprano, est la piĂšce composĂ©e en premier pour un Requiem d’hommage Ă  Rossini qui n’a jamais vu le jour. Verdi chantre de l’opĂ©ra ne pouvait dĂ©cevoir et a composĂ© avec ce Requiem une grande fresque opĂ©ratique donnant un relief particulier Ă  la Doxa chrĂ©tienne ; car s’il suit le texte latin il est peu de dire qu’il lui donne une vigueur incroyable avec des accents terribles ou touchants et de vastes phrases en gestes vocaux quasi surnaturels.
Le quatuor de solistes est utilisĂ© comme dans un opĂ©ra. C’est la soprano qui est la plus exposĂ©e mais personne n’est secondaire. La soprano Blerta Zhegu est remarquable de suretĂ© d’émission et de beautĂ© de ligne vocale. L’homogĂ©nĂ©itĂ© de la voix lui donne de l’autoritĂ© comme une grande tendresse. Elle a remplacĂ© au pied levĂ© Isabelle Ange malade et a appris sa partie en moins de six jours ! Guillemette Laurens faisait lĂ  une prise de rĂŽle attendue. En effet la diva sombre du baroque pour fĂȘter ses 47 ans de carriĂšre osait une entrĂ©e dans le rĂ©pertoire romantique qu’elle affectionne tant. Son timbre prenant, sa diction faite drame et ses phrases ciselĂ©es, avec de grands contrastes, ont fait merveille. Dans toute sa partie, que se soit en solo, en duo, trio ou quatuor, elle apporte une diction vivifiante et un sens de la fusion des timbres dignes de l’extraordinaire madrigaliste qu’elle est. Le tĂ©nor Joachim Bresson avec un engagement trĂšs Ă©mouvant a chantĂ© sa partie avec une grande musicalitĂ© ; quand d’aucuns ne sont que voix large, lui nuance et phrase dĂ©licatement sa partie. La voix au grain noble permet de porter loin une Ă©motion non feinte. Il est bien rare de voir un artiste vivre si intensĂ©ment ce qu’il chante. La basse Robert Jezierski apporte beaucoup de force et de stabilitĂ© avec un art du chant verdien bien maĂźtrisĂ©. L’accord entre les voix des quatre chanteurs a Ă©tĂ© remarquable avec la constante recherche d’un bel Ă©quilibre. Il faut dire que le travail sur les parties solistes avec Hugues Reiner, semble particuliĂšrement abouti.
Bien souvent des choses trĂšs fines ont Ă©tĂ© perceptibles qui sont souvent noyĂ©es dans les dĂ©cibels et qui ce soir ont livrĂ© la quintessence de l’art vocal de Giuseppe Verdi. L’orchestre et le chƓur, tous trĂšs engagĂ©s, ont parfaitement Ă©tĂ© Ă  la hauteur de l’évĂ©nement. Et la direction souple et digne d’Hugues Reiner a magistralement fait avancer le drame sans jamais rien lĂącher. Tempi Ă©lĂ©gants, articulations fines des choeurs, belles couleurs orchestrales, excellent dosage des nuances entre tous, son Requiem de Verdi est un grand opĂ©ra construit dans une dramaturgie assumĂ©e. Le dĂ©but pianissimo fantomatique, les fresques chorales, les trompettes spacialisĂ©es de la terreur du Dies Irae, comme le tendresse du duo de l’Agnus Dei ont emportĂ© le public dans les Ă©motions contrastĂ©es attendues.
Et ces minutes finales de silence, en hommages au morts de novembre 2015 resteront comme un moment de magie de la vie. Voila un magnifique Requiem porté par des musiciens, engagés totalement dans la dramaturgie sublime de Verdi. Cela méritait bien le voyage à Paris !

Compte-rendu Concert. Paris. Eglise Saint-Sulpice, le 13 Novembre 2019. Benedetto Giacomo Marcello ( 1686-1739) : concerto pour trompette en ré mineur ; Giuseppe Verdi (1813-1901) : Requiem. Blerta Zhegu, soprano ; Guillemette Laurens, mezzo-soprano ; Joachim Bresson, ténor ; Robert Jezierski, basse ; Guy Touvron, trompette ; Euromusic Symphonic Orchestra. Choeur International Hugues Reiner. Hugues Reiner, direction.

COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, le 8 nov 2019. DUTILLEUX, HOLST.. Orch National Capitole, JULIEN-LAFFERIERE / SOKHIEV

COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 8 novembre 2019. H DUTILLEUX. G. HOLST. V. JULIEN-LAFFERIERE. Orfeon Donostaria. Orchestre National du Capitole. T.SOKHIEV, Direction.

LAFERRIERE violoncelleVictor Julien-Laferriere © Lyodoh KanekoVictor Julien-LafferiĂšre est un jeune musicien d’exception dont la carriĂšre a pris un Ă©lan incroyable depuis son prix du concours Reine Elisabeth de Belgique en 2017. Une grande tournĂ©e de concerts avec Valery Gergiev a Ă©tĂ© triomphale. Il est un soliste recherchĂ© et un chambriste accompli aurĂ©olĂ© de succĂšs publics et critiques en compagnie d’Adam Laloum et dans son trio « Des Esprits ». Ce soir dirigĂ© par Tugan Sokhiev, chef attentif et partenaire protecteur, le jeune soliste a Ă©tĂ© d’une extraordinaire dĂ©licatesse dans le Concerto pour violoncelle de Dutilleux. Cette oeuvre dĂ©diĂ©e Ă  Mtislav Rostropovich est inspirĂ©e d’un poĂšme de Baudelaire. TrĂšs intellectuelle, la partition reste distante de l’émotion et de toute forme de passion, recherchant une allure française basĂ©e sur l’originalitĂ© des sonoritĂ© (Ă  la Debussy), tout en rĂ©servant une grande place aux percussions. Le violoncelliste doit tenir sa sonoritĂ© dans les limites d’une parfaite maitrise de chaque instant. Victor Julien-LafferiĂšre a toutes les qualitĂ© pour offrir une interprĂ©tation magistrale de ce concerto. La finesse du jeu, rencontre la beautĂ© de la sonoritĂ© et la fluiditĂ© des lignes. L’Orchestre du Capitole offre une puretĂ© de sonoritĂ© et une prĂ©cision rythmique parfaite. La direction de Tugan Sokhiev est admirable de prĂ©cision et de finesse. Les grandes difficultĂ©s de la partition sont maitrisĂ©es par tous afin de proposer une interprĂ©tation toute en apparente facilitĂ©. Tout va vers le rĂȘve et l’ailleurs comme le suggĂšre le poĂšme de Baudelaire. L’écoute de l’oeuvre en est facilitĂ©e et le public fait un triomphe au jeune violoncelliste. Il revient saluer plusieurs fois et propose en bis une dĂ©licate allemande d’une suite pour violoncelle de Bach (la troisiĂšme). SonoritĂ© soyeuse et legato subtil sont comme un enchantement prolongeant le voyage onirique prĂ©cĂ©dent.

En deuxiĂšme partie de concert, Tugan Sokhiev retrouve son orchestre Ă©largi pour un voyage interplanĂ©taire grĂące aux PlanĂštes de Holst. Cette oeuvre du compositeur anglais reste le parangon de toute oeuvre symphonique hollywoodienne. Les effets trĂšs efficaces de l’orchestration de Gustave Holst font toujours recette chez bien des compositeurs de musiques de films. Tugan Sokhiev prend les rennes avec Ă©lĂ©gance et ne lĂąche plus ses musiciens jusqu’à la derniĂšre note. L’orchestre est rutilant ; chaque soliste est prodigieux de splendeur sonore. Ainsi des cuivres bien ordonnĂ©s sur deux rangs au fond juste devant les nombreuses percussions sauront-ils nuancer habilement toutes leurs interventions. Le chef les laisse jouer sans vulgaritĂ© dans les moments pompiers. Les forte Ă©clatent de santĂ© et de gĂ©nĂ©rositĂ©. Nous soulignerons tout particuliĂšrement la beautĂ© du son mais surtout l’élĂ©gance du phrasĂ© et la longueur de souffle de Jacques Deleplancques au cor. Mais comment de pas citer le splendide solo du violoncelle de Sarah Iancu ou la flĂ»te de François Laurent, le hautbois de Louis Seguin et la clarinette de David Minetti ?; qui sont les chambristes et solistes accomplis de cette superbe saga galactique.

Tugan Sokhiev joue Ă  plein les diffĂ©rences de chaque partition dĂ©diĂ©e Ă  une planĂšte mais garde une unitĂ© stylistique magnifique Ă  cet ensemble. Le long silence par lequel il clĂŽt son interprĂ©tation a pu paraitre un peu emphatique pour certains spectateurs mais qu’il est bon qu’ un vĂ©ritable chef charismatique arrive a retarder les applaudissements afin de respecter le silence qui suit la musique et en fait partie quoi qu’en pensent les spectateurs trop zĂ©lĂ©s a frapper des mains et des pieds parfois en mĂȘme temps que la derniĂšre note du concert. Ce soir le concert a Ă©tĂ© placĂ© sous le signe de la plĂ©nitude et de la dĂ©licatesse. Il n’y a a pas eu besoin d’un bis aprĂšs tant de splendeur musicale. LĂ  aussi le chef a su rĂ©sister Ă  cette habitude du « jamais assez » que le public insatiable voudrait prendre.

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COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 8 novembre 2019. Henri Dutilleux (1916-3013) : Tout un monde lointain, concerto pour violoncelle ; Gustav Holst (1874- 1934) : Les PlanÚtes ;   Victor Julien-LaffariÚre, violoncelle. Orfeon Donostaria, chef de choeur : José Antonio Sainz-Alfaro ; Orchestre National du Capitole de Toulouse. Tugan Sokhiev, Direction. Illustration : Julien-Lafferiere (DR)

COMPTE-RENDU, concert. Toulouse, le 18 oct  2019. SIBELIUS. CHOI. Orch. Capitole / J. SWENSEN.

sibelius-jeune-portrait-classiquenewsCOMPTE-RENDU, concert. Toulouse. Halle-aux-grains, le 18 octobre  2019. J. SIBELIUS. Y.E. CHOI. Orch.Nat.TOULOUSE. J. SWENSEN. Il est des idĂ©es convenues qui peuvent se dissiper en un concert. Tous ceux qui Ă©taient ce soir prĂ©sents, sont capables de se faire une idĂ©e personnelle de la valeur des partitions de Sibelius. Il fait bon genre de mĂ©priser le compositeur finlandais, gloire nationale reconnue prĂ©cocement. Certes il a bĂ©nĂ©ficiĂ© dĂšs ses 37 ans d’une pension Ă  vie de son pays mais ce n’est pas une raison pour brocarder son oeuvre. Le Concerto de violon est rĂ©guliĂšrement jouĂ© mais ne bĂ©nĂ©ficie pas du succĂšs de ceux de Beethoven, Mendelssohn, Brahms, Tchaikovski ou Bruch.

Enfin un concert tout Sibelius Ă  Toulouse !

Il s’agit pourtant d’une partition originale et puissamment expressive. Ce soir dĂšs les premiĂšres mesures dans un son mystĂ©rieux, pianissimo et lointain, le chef et la soliste ont trouvĂ© un parfait accord qui s’est amplifiĂ© tout au long de leur majestueuse interprĂ©tation. Joseph Swensen connait bien les qualitĂ©s de l’orchestre du Capitole, l’acoustique de la Halle-aux-grains et il est violoniste. Il avait tous les ingrĂ©dients pour oser une interprĂ©tation qui restera dans les mĂ©moires. Il fait tonner l’orchestre, obtient Ă©galement des nuances d’une grande subtilitĂ©, laisse les solistes instrumentaux s’exprimer et toujours met en valeur le jeu de la violoniste corĂ©enne. La modernitĂ© de ce concerto et la puissance qu’il recĂšle ont Ă©tĂ© admirablement mis en valeur par Joseph Swensen. La soliste (Y.E. CHOI) avec une grande dĂ©licatesse participe Ă  cette fĂȘte. Sa sonoritĂ© personnelle est pleine, pure et dĂ©licatement nuancĂ©e, les phrasĂ©s sont amples et la virtuositĂ© crĂąnement maĂźtrisĂ©e. Les pianissimo planent haut comme dans le plus pur belcanto, mais les accents peuvent se vivifier et monter en puissance comme par exemple dans certaines doubles cordes.
Le premier mouvement tempĂ©tueux et grandiose offre des moments puissants, la cantilĂšne du second mouvement est pleine de paix et de beautĂ©. Mais c’est le dansant troisiĂšme mouvement qui gagne en expressivitĂ© et en originalitĂ© sous la baguette audacieuse de Joseph Swensen. Il est rare d’entrer un telle modernitĂ© dans ce final et un tel accord entre la soliste, le chef et les musiciens. La dĂ©licate violoniste va revenir plusieurs fois saluer en rĂ©ponse aux acclamations du public et offre un dĂ©licat bis de Bach abordĂ© avec une grande puretĂ©, un peu dĂ©sincarnĂ©e. AprĂšs sa volcanique interprĂ©tation du concerto, ce retour vers plus de sĂ©rĂ©nitĂ© Ă©tait bienvenu.

Pour la deuxiĂšme partie du concert la premiĂšre symphonie de Sibelius semble avoir Ă©tĂ© composĂ©e pour cet orchestre tant les musiciens ont pu mettre en lumiĂšre leurs belles qualitĂ©s. DĂšs les premiĂšres notes du clarinettiste David Minetti, une magie mĂ©lancolique bouleversante a Ă©mu le public. Tant de beautĂ© dans ce solo : ce phrasĂ© ample et si finement nuancĂ© est d’une magie rare. La suite n’a Ă©tĂ© que splendeur orchestrale de chaque instant avec un Joseph Swensen trĂšs inspirĂ© qui ira jusqu’à chanter certains thĂšmes. L’orchestre en osmose donne Ă  cette partition toute sa modernitĂ© et ses audaces, sa puissance tellurique, maritime et cĂ©leste. Les couleurs fusent, les nuances explosent, les phrasĂ©s sont creusĂ©s profondĂ©ment ; l’ampleur du geste embrasse la grandeur de la partition. Un grand moment symphonique que le public a semblĂ© beaucoup apprĂ©cier.
Lorsque le chef est ainsi inspirĂ© et inspire les musiciens du Capitole, le public applaudit et dit son dĂ©sir d’apprendre Ă  aimer d’autres symphonies de Sibelius avec de tels interprĂštes. Une intĂ©grale des symphonies de Sibelius par Swensen Ă  Toulouse, Ă  la maniĂšre de ce qu’il a fait dans Mahler, serait une riche idĂ©e. Le public semble prĂȘt. A suivre.

Compte rendu concert. Toulouse. Halle-aux-grains, le  18 Octobre 2019. Jean Sibelius (1865-1857) : Concerto pour violon et orchestre en ré mineur,Op.47; Symphonie n°1 en mi mineur,Op.39 ; Ye-Eun Choi, violon ; Orchestre National du Capitole de Toulouse. Joseph Swensen, direction.

COMPTE-RENDU, opéra. TOULOUSE, les 29 sept * et 8 oct 2019. BELLINI : NORMA. REBEKA, KOLONITS, DEHAYES, BISANTI.

7 - Norma - Airam Hernandez (Pollione), Klara Kolonits (Norma) - crÇdit Cosimo Mirco MaglioccaCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. TOULOUSE. CAPITOLE. Le 29 septembre * et le 8 octobre. V. BELLINI. NORMA. A. DELBE. M. REBEKA. K. KOLONITS. K. DEHAYES. A. HERNADEZ. G. BISANTI. Ouvrir la saison nouvelle 2019 2020 du Capitole avec Norma relĂšve du gĂ©nie. Salles combles, public subjuguĂ©, succĂšs total. Une sainte trilogie que tout directeur de salle rĂȘve un jour de vivre. Christophe Gristi a rĂ©ussi son pari. Car il en faut du courage pour monter Norma et trouver deux cantatrices capables de faire honneur au rĂŽle. Nous avons eu la chance d‘avoir pu admirer les deux distributions. En dĂ©butant par Klara Kolonits, nous avons pu dĂ©guster la douceur du timbre, la dĂ©licatesse des phrasĂ©s, la longueur de souffle de sa Norma. Sa blondeur donne beaucoup de lumiĂšre dans le duo final lorsque la bontĂ© et le sacrifice de Norma trouvent des accents sublimes. Norma, la dĂ©esse cĂ©leste, trouve dans l’incarnation de Kolonits, une beautĂ© douce et lumineuse d’une grande Ă©motion. Mais c’est sa consƓur, Marina Rebeka qui est une vĂ©ritable incarnation de Norma, dans toutes ses dimensions de cruautĂ©, de violence, de grande noblesse et de puretĂ© recherchĂ©e dans le sacrifice. (Photo ci dessus : Klara Kolonits et Airam Hernandez).

Au Capitole deux sensationnelles Norma et une sublime Adalgise :
c’est Bellini qui ressuscite.

9.1 - Norma - Marina Rebeka (Norma) - crÇdit Cosimo Mirco Magliocca

 

 

La voix est d’une puissance colossale. La noirceur dont elle sait colorer un timbre trĂšs particulier rappelle d’une certaine maniĂšre La Callas dans son rĂŽle mythique. La voix large et sonore sur toute la tessiture sait trouver des couleurs de camĂ©lĂ©ons, ose des nuances affolantes ; les phrasĂ©s sont absolument divins. L’art scĂ©nique est tout Ă  fait convainquant et sa Norma sait inspirer la terreur, l’amour ou la pitiĂ©. Marina Rebeka est une Norma historique semblant rĂ©vĂ©ler absolument toutes les facettes vocales et scĂ©niques de ce personnage inoubliable.

En face de ces deux Norma, la blonde et la brune, la douceur et l’engagement amical de l’Adalgise de Karine Deshayes, sa constance sont un vĂ©ritable miracle. La voix est d’une beautĂ© Ă  couper le souffle sur toute la tessiture. Les phrasĂ©s belcantistes sont d’une infinie dĂ©licatesse. Les nuances, les couleurs sont en constante Ă©volution. Le chant de Karine Deshayes est d’une perfection totale. Le jeu d’une vĂ©ritĂ© trĂšs Ă©mouvante. Les duos avec Norma ont Ă©tĂ© les vĂ©ritables moments de grĂące attendus. Le « mira o Norma » arracherait des larmes Ă  des rocs.

 

 

9 - Norma - Karine Deshayes (Adalgisa), Marina Rebeka (Norma) - crÇdit Cosimo Mirco Magliocca

 

 

En Pollione , Airam HernĂĄndez s’affiche avec superbe. La voix puissante est celle du hĂ©ros attendu et le jeu de l’acteur assez habile dans le final donne de l’épaisseur au Consul ; ce qui le rend Ă©mouvant. Le timbre est splendide. MĂȘme si le chant parait plus robuste que subtil, l’effet est rĂ©ussi. En Oroveso, BĂĄlint SzabĂł remporte la palme du charisme, vĂ©ritable druide autoritaire dont le retournement final fait grand effet. L’autre titulaire du rĂŽle, Julien VĂ©ronĂšse ne dĂ©mĂ©rite pas mais est plus modeste de voix comme de prĂ©sence, plus jĂ©suite que druide. La Clotilde d’Andrea Soare a un jeu remarquable et une voix claire et sonore qui tient face aux deux Norma si puissantes vocalement. L’orchestre du Capitole mĂ©rite des Ă©loges tant pour la beautĂ© des solos que pour son engagement total tout au long du drame.

Il faut dire que la direction de Giampaolo Bisanti est absolument remarquable. Il vit cette partition totalement et la dirige avec amour. Il en rĂ©vĂšle le drame poignant dans des gestes d’une beautĂ© rare. Il a une prĂ©cision d’orfĂšvre et une finesse dans le rubato tout Ă  fait fĂ©line. Il ose des forte terribles et des pianissimi lunaires.

Dans les duos des dames, il atteint au gĂ©nie sachant magnifier le chant sublime des deux divas. Le rĂȘve romantique a repris vie ce soir et Bellini a Ă©tĂ© magnifiĂ© par l’harmonie entre les musiciens, le chef et les solistes. Les chƓurs ont Ă©tĂ© trĂšs prĂ©sents dans un chant gĂ©nĂ©reux et engagĂ©.

TRISTE MISE EN SCENE… La tristesse de la mise en scĂšne n’est pas arrivĂ©e Ă  cacher le plaisir des spectateurs. Pourtant quelle pauvretĂ©, quelle ineptie de faire dire un texte oiseux en français sur la musique avec la voix du pĂšre Fouras
 Pas la moindre poĂ©sie dans les dĂ©cors, du mĂ©tal froid, des pendrillons fragiles, des costumes d’une banalitĂ© regrettable. Qu’importe la ratage de l’entrĂ©e de Norma trop prĂ©coce, le final sans grandeur, ces chƓurs et ces personnages visibles sans raisons, la musique a tout rattrapĂ©.  Cela aurait pu me donner envie de prendre un permis de chasse pour certaine bĂȘte cornue ridicule et peut ĂȘtre pour le possesseur du tĂ©lĂ©phone coupable de sonner et pourquoi pas pour celles qui ne savent pas laisser Ă  la maison, semainiers et autres bracelets. Ce n’est jamais trĂšs agrĂ©able ces sons mĂ©talliques mais dans cette Norma musicalement si subtile, ce fĂ»t un vĂ©ritable crime.
Qu’importe ces vilains vĂ©niels, le succĂšs de cette ouverture de saison capitoline va rester dans les mĂ©moires !

 

 

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Compte-rendu OpĂ©ra. Toulouse. ThĂ©Ăątre du Capitole, le 29 septembre* et le 8 octobre 2019. Vincenzo Bellini (1801-1835) ; Norma ;  OpĂ©ra  en deux actes ; Livret  de Felice Romani ; CrĂ©ation  le 26 dĂ©cembre 1831 au Teatro alla Scala de Milan ; Nouvelle production ; Anne DelbĂ©e,  mise en scĂšne ; Émilie DelbĂ©e,  collaboratrice artistique ; Abel Orain  dĂ©cors ; Mine Vergez,  costumes ; Vinicio Cheli, lumiĂšres ; Avec : Marina Rebeka / KlĂĄra Kolonits*,  Norma ; Karine Deshayes,  Adalgisa ; Airam HernĂĄndez,  Pollione ; BĂĄlint SzabĂł / Julien VĂ©ronĂšse*,  Oroveso ; Andreea Soare,  Clotilde ; François Almuzara,  Flavio ; ChƓur du Capitole – Alfonso Caiani  direction ; Orchestre national du Capitole ; Giampaolo Bisanti, direction musicale / Photos : © Cosimo Mirco Magliocca / ThĂ©Ăątre du Capitole de Toulouse 2019

COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Jacobins, le 25 sept 2019. RĂ©cital E. LEONSKAJA, piano. Beethoven.

leonkaja-elisabeth-piano-jacobins-recital-concert-classiquenews-critique-pianoCOMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Festival Piano aux Jacobins. CloĂźtre, le 25 septembre 2019. BEETHOVEN. E. LEONSKAJA. Nous avons eu la chance cette annĂ©e de pouvoir Ă©couter plusieurs grands pianistes capables de se lancer dans une intĂ©grale des sonates de Beethoven au concert, en plus d’admirables versions isolĂ©es bien entendu. Mais ce soir ce qui vient Ă  l’esprit de plus d’un, est de savoir comment la grande Elisabeth Leonskaja va s’y prendre pour jouer en un concert les trois derniĂšres sonates de Beethoven. Les banalitĂ©s fusent dans le milieu du piano classique comme celle de dire qu’à cet Himalaya du piano est dĂ» un respect admiratif qui frise la dĂ©votion. Disons le tout de go : la Leonskaja se transforme en Lionne-Sakja et ne fait qu’une bouchĂ©e de cet Himalaya. Daniel Barenboim a une tout autre attitude lui qui, Ă  la Philharmonie de Paris, nous a rĂ©galĂ©s dans d’autres sonates par un patient travail sur le style, les couleurs, le toucher exact entre classicisme et romantisme. François FrĂ©dĂ©ric Guy Ă  La Roque d’AnthĂ©ron est tout entier au service du message beethovĂ©nien, si humain et Ă©mouvant par la lutte qu’il a menĂ© pour vivre en sa dignitĂ© de gĂ©nie mutilĂ©. Elisabeth Leonskaja arrive en majestĂ© sur la scĂšne du cloĂźtre des Jacobins.

LA LIONNE-SKAJA FACE À BEETHOVEN EN SON HIMALAYA

Elle demandera au public une concentration extrĂȘme en jouant d’affilĂ©e les trois derniĂšres sonates sans entracte. Le choc a Ă©tĂ© atomique. En Lionne affamĂ©e, elle se jette sur les sonates et avec voracitĂ©, ose les malmener pour en extraire une musique cosmique. Comme une lionne qui le soir aprĂšs la chasse, aprĂšs s’ĂȘtre repue et s’ĂȘtre dĂ©saltĂ©rĂ©e au fleuve, regarde le ciel et tutoie les Ă©toiles dans un geste de dĂ©fi inouĂŻ. La grandeur de la vie avec sa finitude qui exulte face Ă  l’immanence ! De ce combat, il n’est pas possible de dire grand chose comme d’habitude ; dĂ©crire des mouvements, des thĂšmes, des dĂ©tails d’interprĂ©tation en terme de nuances, couleurs, touchĂ©s, phrasĂ©s.
 Si une intĂ©grale en disques se fait dans cette condition d’urgence, il sera possible d’analyser Ă  loisir. Pour moi ce soir est un dĂ©fit lancĂ© par la Grande Musicienne au public et Ă  la critique : osez seulement dire quelque chose aprĂšs ça ! Oui Madame j’ose dire que votre grande carriĂšre est couronnĂ©e par cette audace interprĂ©tative. Nous avons beaucoup aimĂ© vos concertos de Beethoven avec Tugan Sokhiev les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes ; nous attendons l’intĂ©grale promise en CD.
Nous savons que vous enregistrez beaucoup et en mĂȘme temps pas assez pour vos nombreux admirateurs. Nous avions eu la chance de nous entretenir avec vous et vous nous aviez dit que pour vous la plus grande qualitĂ© de l’interprĂšte est de savoir donner sans compter tout au long de sa carriĂšre. Ce soir, vous avez donnĂ© sans retenue, sans prudence, sans le garde-fou de la recherche d’exactitude stylistique.

Ce concert a Ă©tĂ© hors normes. Vous avez prouvĂ© une nouvelle fois que Sviatoslav Richter, qui vous a admirĂ©e dĂšs vos dĂ©buts, avait vu juste. Il savait que vous aviez cette indomptabilitĂ© totale tout comme lui. Le tempo, les nuances, la pĂąte sonore, la texture harmonique ; vous avez tout bousculĂ©, tout agrandi, tout magnifiĂ© et Beethoven en sort titanesque et non plus simplement humain. Une musique des sphĂšres, d’au-delĂ  de notre systĂšme d’entendement et pourtant jouĂ©e par deux mains de femme et composĂ©e par les deux mains d’un simple mortel. Ce fĂ»t un choc pour le public, un choc salvateur pour sortir d’une Ă©coute Ă©lĂ©gante, polie et qui endort les angoisses de l’ñme. Ce soir, de cette salvatrice bousculade Ă©motionnelle vous pouvez ĂȘtre fiĂšre. Vous avez tutoyĂ© le cosmos et nous avons essayĂ© de vous suivre. Bravo ; SacrĂ©e LIONNE-SKAJA.

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Compte-rendu concert. Toulouse. 40 Ăšme Festival Piano aux Jacobins. CloĂźtre des Jacobins, le 25 septembre 2019. Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour piano n° 30 en mi majeur, Op.109 ; Sonate pour piano n° 31 en la bĂ©mol majeur, Op.110 ; Sonate pour piano n° 32 en ut mineur Op.111 ; Elisabeth Leonskaja, piano. Photo d’ Elisabeth-Leonskaja-©Marco-Borggreve

COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Jacobins, le 24 sept 2019. RĂ©cital P. BIANCONI, piano. BRAHMS. DEBUSSY


COMPTE-RENDU, concert. Festival Piano aux Jacobins. CloĂźtre, le 24 septembre 2019. BRAHMS. DEBUSSY. SCHUMANN. P. BIANCONI. Le pianiste français Philippe Bianconi a une extraordinaire carriĂšre internationale mais reste fidĂšle Ă  son public toulousain. Il ne cesse de dĂ©velopper son jeu et assume avec une grande musicalitĂ© bien des pans du rĂ©pertoire. Ses derniers enregistrements chez Dolce Volta de Debussy et Schumann sont absolument magnifiques. Ce soir Ă  ces deux compositeurs d’élection, il a ajoutĂ© les Fantaisies du vieux Brahms. Avec des moyens considĂ©rables Philippe Bianconi a offert toute la dimension symphonique et intimiste que les pages brahmsiennes peuvent contenir. La texture noble et les harmonies complexes ont Ă©tĂ© magnifiĂ©es par ce jeu souverain.

Philippe Bianconi, la délicate musicalité du poÚte

BIANCONI concert piano critique classiquenews Philippe-Bianconi-©William-BeaucardetEnsuite les Etudes de Debussy reprĂ©sentent Ă  la fois un hommage Ă  Chopin et une recherche d’expression puissante qui rappelle que ces pages ont Ă©tĂ© Ă©crites durant la premiĂšre guerre mondiale par un Debussy abattu par la tournure des Ă©vĂ©nements. La clartĂ© du toucher de Philippe Bianconi est bien connue. Son jeu permet de percevoir tous les plans, toutes les couleurs et toutes les nuances avec une prĂ©cision de chaque instant. Les difficultĂ©s techniques parfois redoutables sont assumĂ©es avec une impression de grande facilitĂ©. La modernitĂ© de la partition en est magnifiĂ©e. AprĂšs l’entracte Philippe Bianconi va sur les terres oĂč il excelle : celles de Schumann. Les cinq variations posthumes sont des pages injustement retranchĂ©es par Schumann Ă  ces variations symphoniques tant leur beautĂ© est grande. IsolĂ©es ainsi, elles sont trĂšs dĂ©monstratives de la variĂ©tĂ© de styles de Robert Schumann. Philippe Bianconi en rĂ©vĂšle toute la poĂ©sie et tout particuliĂšrement lorsqu’il fait chanter son piano de la plus belle maniĂšre, dans des nuances d’une grande subtilitĂ©. C’est lĂ  que la dimension poĂ©tique rare de son jeu exulte. Les deux derniĂšres variations sont Ă  ce titre les plus extraordinaires en leur simplicitĂ© belcantiste pleine de poĂ©sie. Puis la Fantaisie en ces trois mouvements nous entraĂźne plus avant dans la beautĂ© totale du jeu de Philippe Bianconi. Les respirations qu’il y met en jouant nous donnent l’impression d’une grande libertĂ© et d’une belle facilitĂ©.
Le souffle romantique qui habite la partition trouve dans l’interprĂ©tation de ce soir toute la flamme que Schumann essayait de contraindre lorsque le pĂšre de Clara interdisait aux amoureux toute forme de contact. Cette fantaisie est l’exemple le plus rĂ©ussi de la tentative d’union de tous les penchants opposĂ©s de l’ñme de Schumann entre contemplation et action, rĂ©volte et abattement, amour fou et dĂ©sespoir total, amour-fusion et sentiment d’abandon.
La grande beautĂ© de ce monde si complexe trouve Ă  s’épanouir dans une souplesse et une Ă©lĂ©gance de chaque instant. Philippe Bianconi livre la dimension poĂ©tique de cette partition Ă  travers le filtre de son Ăąme de poĂšte. Le public enthousiasmĂ© par ce jeu si Ă©vident fait une triomphe Ă  Philippe Bianconi qui gĂ©nĂ©reusement offre deux bis sublimes ; d’abord une Ile joyeuse de Debussy d’une totale libertĂ© et dans une clartĂ© radieuse ; et un peu de Chopin pour nous rappeler quel extraordinaire interprĂšte il est Ă©galement du compositeur polonais. Un concert marquĂ© par une poĂ©sie particuliĂšre surtout celle de Schumann mais Ă©galement la force et la rĂ©volte de Debussy en pleine guerre. Une autre  forme d’excellence ce soir Ă  Piano aux Jacobins avec Philippe Bianconi en poĂšte inspirĂ©.

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‹Compte-rendu concert. Toulouse. 40 Ăšme Festival Piano aux Jacobins. CloĂźtre des Jacobins, le 24 septembre 2019.  Johannes Brahms (1833-1897) : Fantaisies Op. 116 ; Claude Debussy (1862-1918) : Etudes-Livre II ; Robert Schumann (1810-1856) : Cinq variations posthumes Op.13 ; Fantaisie en ut majeur Op.17/ Philippe Bianconi, piano. Photo : Philippe-Bianconi © William-Beaucardet

COMPTE-RENDU,concert.Festival Piano aux Jacobins. CloĂźtre, le 19 septembre 2019. BEETHOVEN. SCHUMANN. SCHUBERT. A.LALOUM.

COMPTE-RENDU,concert.Festival Piano aux Jacobins. CloĂźtre, le 19 septembre 2019. BEETHOVEN. SCHUMANN. SCHUBERT. A.LALOUM. Pour ce 40Ăšme festival de Piano aux Jacobins les grands pianistes se succĂšdent Ă  un rythme soutenu et mĂȘme en choisissant avec soin, la splendeur continuellement renouvelĂ©e, ( cf. nos quatre compte rendus JACOBINS 2019 prĂ©cĂ©dents), semble un miracle de stabilitĂ© dans notre monde en folie : une diffĂ©rente sorte d’excellence chaque soir !  De telles soirĂ©es aident Ă  supporter les journĂ©es 
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Adam Laloum aux Jacobins

poÚte sensible habité par la musique.

laloum piano harald hoffmann concert critique classiquenewsAdam Laloum est peut-ĂȘtre parmi ces immenses pianistes celui qui se tient Ă  une place Ă  part, celle du coeur. Du moins pour moi ce concert l’aura Ă©tĂ©. Je connais bien la musicalitĂ© fine de ce pianiste depuis bientĂŽt dix ans et je sais comment chaque fois j’en suis Ă©merveillĂ©. Que ce soit en soliste, en chambriste, en concertiste. Le rĂ©cent festival de Lagrasse le montre en dĂ©licat chambriste, son rĂ©cent concert de concertos de Mozart Ă  la Roque d’AnthĂ©ron en a Ă©bloui plus d’un par sa musicalitĂ© mozartienne Ă©panouie, (concert Ă  la rĂ©Ă©coute sur France Musique). Ce soir dans l’auguste CloĂźtre des Jacobins aprĂšs tant de somptueux artistes, Adam Laloum a offert un concert parfaitement construit, dans un rĂ©pertoire qui lui convient Ă  la perfection. Ce concert est frĂšre de celui de Silvacane en 2017, (voir notre compte rendu) entre Beethoven et Schubert.
La Sonate n° 28 de Beethoven est une grande sonate, une Ɠuvre de la maturitĂ© de toute beautĂ©. Le grand final en forme de fugue est une vĂ©ritable apothĂ©ose. Adam Laloum en domine parfaitement toutes les fulgurances en rajoutant une qualitĂ© de nuances et de couleurs d’une infinie variĂ©tĂ©. Le Beethoven de Laloum a toujours la primautĂ© du sens sans rien lĂącher sur la forme. Il cisĂšle chaque phrase et l’enchĂąsse dans le mouvement puis dans la sonate entiĂšre. Cette conscience de la structure sur tous ces niveaux, la lisibilitĂ© qu’il apporte au public, sont des qualitĂ©s bien rares. À prĂ©sent la pĂąte sonore d’Adam  Laloum a gagnĂ© en richesse. La beautĂ© des sons surtout l’ambitus sont proprement incroyables. La rondeur des graves, leur puissance sans aucune violence font penser Ă  l’orgue.

AprĂšs cet hommage au vĂ©ritable pĂšre de la Sonate pour piano, la Grande Humoresque de Schumann ouvre un pan entier au romantisme le plus sublime. Le dĂ©but dans une nuance piano aĂ©rienne nous fait entrer dans la magnifique vie imaginaire de Schumann. Le bonheur, la paix puis la fougue, la passion malheureuse. PiĂšce rarement jouĂ©e en concert, elle met en valeur les extraordinaires qualitĂ©s d’Adam Laloum. Il en avait dĂ©jĂ  offert une belle version au disque mais ce soir l’évolution de l’interprĂ©tation est majeure. Capable de nous livrer et la structure quadripartite de l’oeuvre et sa fantaisie dĂ©bridĂ©e nĂ©cessitant beaucoup d’invention dans le jeu pianistique. Les partis pris du jeune musicien tombent chaque fois Ă  propos avec une beautĂ© Ă  couper le souffle. Un vrai engagement d’interprĂšte et une virtuositĂ© totalement maitrisĂ©e rendent l’instant sublime.

Mais ce qui va vĂ©ritablement faire chavirer le public est son interprĂ©tation unique de l’avant derniĂšre sonate de Schubert. La D.959 est jouĂ©e avec une fougue et une tendresse incroyables. Schubert, qui dans le deuxiĂšme mouvement chante le bonheur Ă  portĂ©e de main mais qui s’enfuit, trouve dans le jeu d’Adam Laloum 
 une deuxiĂšme vie. Les nuances sont subtilement dosĂ©es et le cantabile se dĂ©ploie comme le faisait Montserrat Caballe avec ses phrases de pianissimi sublimes dans Bellini et Donizetti. Car les pianissimi sont d’une couleur suave certes mais surtout d’une plĂ©nitude incroyable. Jamais de duretĂ© ni d’aciditĂ©. Toujours une onctuositĂ© belcantiste. Ce deuxiĂšme mouvement Andantino, l’un des plus beaux de Schubert, avec sa terrible tempĂȘte centrale, est un pur moment de magie sous les mains si expertes d’Adam Laloum. Le Scherzo nous entraĂźne dans quelques danses qui deviennent vĂ©ritablement fougueuses et heureuses Ă  force de tournoyer sur elles mĂȘme dans des variations que l’on aimerait perpĂ©tuelles tant elles sont belles. Le long rondo final n’est que tourbillon de gaietĂ© et d’envie de vivre. Tout coule, avance ; les nuances pleinement assumĂ©es, les phrasĂ©s variĂ©s Ă  l’envie en font une vraie musique du bonheur que quelques modulations assombrissent un court instant. Le bonheur de Schubert est aussi vaste que sa mĂ©lancolie. Aujourd’hui, Adam Laloum est probablement le plus Ă©mouvant interprĂšte de Schubert. Un vrai compagnon d’ñme du Frantz Schubert que ses amis aimaient tant lors des schubertiades. Dans les rappels du public qui se terminent en standing ovation il revient Ă  Schubert. Un vrai bonheur partagĂ© !

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Compte-rendu concert. Toulouse. 40Úme Festival Piano aux Jacobins. Cloßtre des Jacobins, le 19 septembre 2019. Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : Sonate n°28 en la bémol majeur,Op.101 ; Robert Schumann (1810-1856) : Grande Humoresque en si bémol majeur ; Frantz Schubert (1797-1828) : Sonate n°22 en la majeur, D.959 ; Adam Laloum, piano. Photo : © Harald-Hoffmann

LIRE aussi

Compte rendu concert. 37 iĂšme Festival de la Roque d’AnthĂ©ron. Abbaye de Silvacane. Le 14 aoĂ»t 2017. Beethoven. Schubert. Adam Laloum

https://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-37eme-festival-de-la-roque-dantheron-abbaye-de-silvacanele-14-aout-2017-beethoven-schubert-adam-laloum/

COMPTE-RENDU, Concert. Festival Piano aux Jacobins. Toulouse. CloĂźtre des Jacobins, le 19 septembre 2019. W.A.MOZART. F.SCHUBERT, D.FRAY.

COMPTE-RENDU, Concert. Festival Piano aux Jacobins. Toulouse. CloĂźtre des Jacobins, le 19 septembre 2019. W.A. MOZART. F. SCHUBERT, D.FRAY. Quelle diffĂ©rence de prĂ©sentation du jeune pianiste Ă  son public toulousain entre son dernier concert Ă  la Halle aux Grains en novembre 2018, dans les concertos de Bach pour plusieurs claviers et ce soir 
 dans ce rĂ©cital solo aux Jacobins. Si la joie et l’enthousiasme dominaient sa derniĂšre apparition, ce soir dans le CloĂźtre des Jacobins, c’est un homme sombre et tendu qui se met au clavier. Le choix du programme a dĂ» avoir son importance car les trois partitions de Mozart qui ouvrent le programme sont trĂšs particuliĂšres. Toutes trois font partie des derniĂšres piĂšces Ă©crites par Mozart pour son cher piano et si il est acquis que Mozart n’est pas vu comme un compositeur rĂ©volutionnaire, ce rondo en la mineur et surtout cette fantaisie en do mineur dans leur isolement sont des oeuvres Ă©minemment personnelles dĂ©jĂ  par leurs tonalitĂ©s mineures mais aussi dans leur forme.

Piano romantique aux Jacobins


David Fray chantre du  Sturm und Drang

David-Fray-©Paolo-RoversiEt la Sonate n°14 contemporaine de la Fantaisie n’est pas si classique tant elle est traversĂ©e par une mĂ©lancolie profonde. David Fray en musicien sensible semble gagnĂ© par une inquiĂ©tude que son jeu magnifie. La Fantaisie est plus ombreuse que lumineuse et la Sonate se garde bien de paraĂźtre aimable. Le tragique est tapis dans l’ombre mĂȘme lorsque la lumiĂšre luit. Les graves sont nobles et profonds et le chant se fait trĂšs sensible et douloureux par moments. Un peu de duretĂ© se perçoit dans certains accords surtout dans le final de la sonate, tant le tragique domine cette interprĂ©tation. En DeuxiĂšme partie de programme le Rondo de Mozart est Ă©galement rempli de drame mais devient plus aimable. Le Mozart de David Fray, celui de ces Ɠuvres lĂ , est donc grave, inquiet et trĂšs mĂ©lancolique. Comme si le Sturm und Drang avait pris une place centrale. Bien que ce mouvement littĂ©raire n’ai pas durĂ© bien longtemps, la musique si profonde de Mozart en est l’exemple musical le plus probant. D’autres diraient que cette musique est prĂ©-beethovĂ©nienne…  Je trouve cela trop rĂ©ducteur pour chacun des deux gĂ©nies.  La Sonate n°16 de Schubert est plus Ă©quilibrĂ©e entre joie et peines. Elle permet davantage de surprises au dĂ©tours des changements de tonalitĂ©s. David Fray qui aime tant Schubert, sait le jouer avec cette libertĂ© du promeneur qui se laisse sĂ©duire par le paysage, oubliant sa solitude humaine fondamentale. Voici donc un dĂ©but de concert trĂšs sombre qui Ă©volue vers davantage de lumiĂšre. Le public trĂšs aimant lui fait un vrai triomphe et dans les 3 bis David Fray se (et nous) rĂ©conforte avec du Bach qui semble lui apporter paix et joie. Trois Ɠuvres sublimes apportant la sĂ©rĂ©nitĂ© et rendant le sourire au pianiste.

Compte-rendu concert. Toulouse. 40Úme Festival Piano aux Jacobins. Cloßtre des Jacobins, le 19 septembre 2019. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Fantaisie en do mineur KV.475 ; Sonate pour piano n°14 en do mineur KV.457 ; Rondo en la mineur K.511 ; Frantz Schubert (1797-1828) : Sonate pour piano n°16 en la mineur D.845. David Fray, piano. Photo : David Fray © Paolo-Roversi

COMPTE-RENDU, concert. Toulouse, Jacobins, le 17 sept 2019. Récital N. ANGELICH, piano. PROKOFIEV. BRAHMS. 

ANGELICH-Nicolas-concert-critique-concert-piano-par-classiquenews-angelich-nicolas-recital-chopin-concert-antheron-la-roque-critique-concert-classiquenewsCOMPTE-RENDU, Concert. Festival Piano aux Jacobins. Toulouse. CloĂźtre des Jacobins, le 17 septembre 2019.S. PROKOFIEV. J. BRAHMS. N. ANGELICH. Nicholas Angelich est un grand homme. Taille haute certes mais surtout piano portĂ© vers les plus hauts sommets de l’art. Le rĂ©cital de Nicholas Angelich ce soir est marquĂ© par une puissance expressive peu commune. Le colosse Ă  l’Ăąme sensible nous a livrĂ© dans un programme audacieux, une leçon d’interprĂ©tation de la musique de Prokofiev peu commune. Les Visions Fugitives qui ouvrent son programme sont un vĂ©ritable kalĂ©idoscope de sonoritĂ©s variĂ©es, de nuances extrĂȘmes, de virtuositĂ© mise au service d’une expressivitĂ© totale. Les visions se dĂ©roulent dans une fluiditĂ© constante. Cela parle de l’enfance, des pulsions qui s’expriment et de la recherche de quelque chose qui Ă©chappe. La richesse de l’Ă©criture pour piano de Prokofiev exulte sous ses doigts qui peuvent tout.

Angelich le magnifique !

Puis le sommet de la musicalitĂ© dont Angelich peut nous rĂ©galer se rĂ©vĂšle dans la transcription du ballet RomĂ©o et Juliette que Prokofiev a composĂ©. L’art du piano semble sublimĂ© par la beautĂ© des thĂšmes et la richesse de ce ballet vĂ©ritablement gĂ©nial. Ces dix piĂšces ne reprennent pas exactement les suites pour orchestre que Prokofiev a tirĂ© si habilement de son Ballet. Rien qu’en raison de ces trois suites d’orchestre et de cette transcription pour piano la richesse de ce ballet est exceptionnelle.
Samedi l’orchestre du Capitole et Tugan Sokhiev nous subjuguaient dans les piĂšces pour orchestre des suites 1 et 2 : lire notre compte-rendu. Nicholas Angelich, avec ces dix piĂšces Ă©crites d’une maniĂšre sublime pour la piano, nous accompagne  dans ce drame si bouleversant avec Ă©motion. L’art du pianiste est Ă  son sommet. Tout coule sous ses doigts avec une facilitĂ© dĂ©concertante. Les nuances, les couleurs, les phrasĂ©s parfaitement ciselĂ©s et une vivacitĂ© rythmique de chaque instant, magnifient la superbe partition. C’est Ă  la fois du grand piano, de la grande musique inventive et riche et 
 du drame poignant. Une sorte de magie se dĂ©gage de la fin de la transcription sur le thĂšme si subtile du poison qui au piano sonne particuliĂšrement bien. Le public applaudit Ă  tout rompre ce gĂ©ant si sensible.

En deuxiĂšme partie de programme, Angelich nous offre une interprĂ©tation brillante et puissante des variations de Brahms sur le thĂšme fleuri de HaĂ«ndel. L’art de la variation dans ses possibilitĂ©s le plus riches rencontre un interprĂšte inspirĂ© et aux moyens phĂ©nomĂ©naux pliĂ©s Ă  la plus fine musicalitĂ©. Quelle extraordinaire discipline mentale qui jamais ne cherche Ă  briller personnellement mais qui met tout son art au service de la beautĂ© de la partition. Nicholas Angelich est un artiste intĂšgre qui ce soir nous offre un programme somptueux, peut-ĂȘtre un peu difficile, mais qui Ă©lĂšve le public sur des sommets peu frĂ©quentĂ©s. Un grand merci monsieur Angelich pour tout cela.

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Compte-rendu, concert. 40 Úme Festival Piano aux Jacobins. Toulouse. Cloßtre des Jacobins, le 17 septembre 2019. Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Visions Fugitives Op.22 ; Roméo et Juliette, dix piÚces pour piano Op.75 ; Johannes Brahms (1833-1897) : Variations sur un thÚme de Haëndel, Op.24 ; Nicholas Angelich, piano. Illustration : DR

COMPTE-RENDU, concert. Toulouse. Halle-aux-grains, le 14 septembre 2019. S. RACHMANINOV. S. PROKOFIEV. B. ABDURAIMOV. Orch.Nat.TOULOUSE. T. SOKHIEV.  

RACHMANINOV-operas-elako-le-chevalier-ladre-classiquenews-dvd-rachmaninov-troika-rachmaninov-at-the-piano-1900s-1378460638-article-0COMPTE-RENDU, concert. Toulouse. Halle-aux-grains, le 14 septembre 2019. S. RACHMANINOV. S. PROKOFIEV. B. ABDURAIMOV. Orch.Nat.TOULOUSE. T. SOKHIEV. La rentrĂ©e de l’Orchestre du Capitole de Toulouse est toujours un Ă©vĂ©nement attendu. Cette annĂ©e il a semblĂ© un instant que le public venu si nombreux n’allait pas pouvoir entrer dans la vaste Halle-aux-Grains. Mais tout c’est bien passĂ© ; l’orchestre a pu s’installer au centre d’un public serrĂ©, attentif et heureux. Il n’est plus trĂšs bien vu de dire les qualitĂ©s de cette salle de concert depuis qu’un projet de nouvel auditorium a pris vie. Mais l’un n’empĂȘche pas l’autre et certes cette salle a ses limites mais elle a aussi de vraies qualitĂ©s. Ce soir la tempĂ©rature idĂ©ale a permis de sortir de la torpeur de la ville et de se prĂ©parer au concert. Cette prĂ©sence du public de toutes parts permet Ă  l’Orchestre de bien sentir sa prĂ©sence.

Capitole de Toulouse

Somptueuse ouverture de saison

Et tous les points du vues sur l’orchestre ont leur intĂ©rĂȘt. Y compris dos Ă  l’orchestre oĂč le chef est vu de face. AprĂšs un Ă©tĂ© passĂ© Ă  beaucoup Ă©couter de concerts en plein air (pĂ©riode des festivals de l’étĂ©), il est rĂ©confortant de bĂ©nĂ©ficier de l’acoustique de la Halle-au-Grains. Acoustique sĂšche et qui permet une Ă©coute analytique de dĂ©tails; qui demande Ă  l’orchestre beaucoup d’efforts mais qui met en valeur ses grandes qualitĂ©s. De mĂȘme le pianiste peut oser des nuances subtiles car tout s’entend. Nous avons donc eu une interprĂ©tation absolument merveilleuse du deuxiĂšme concerto de Rachmaninov. Le jeune pianiste Behzod Abduraimov, est connu des toulousains et apprĂ©ciĂ©. Son jeu est flamboyant, nuancĂ©, colorĂ© et trĂšs prĂ©cis. Il dĂ©marre le concerto en dosant parfaitement les premiers accords dans un crescendo gĂ©nĂ©reux ; la rĂ©ponse de l’orchestre est d‘emblĂ©e parfaitement Ă©quilibrĂ©e, permettant de ne pas perdre une note du pianiste. Quelle diffĂ©rence avec ce mĂȘme concerto entendu Ă  La Roque d’AnthĂ©ron cet Ă©tĂ©, voir notre compte rendu critique : Concerto pour piano n°2 de Rachmaninov par Lukas Geniusas, le 8 aout 2019.
L’Orchestre du Capitole est en pleine forme, concentrĂ© et d’allure dĂ©tendue. La musique coule avec une Ă©nergie maitrisĂ©e mais gĂ©nĂ©reuse. Tugan Sokhiev est aux petits soins pour le pianiste, il regarde constamment le jeune homme afin de suivre son jeu. Il rĂ©gule chaque instrumentiste demandant Ă  plusieurs reprises aux violons de jouer moins fort. Le rĂ©sultat est trĂšs, trĂšs beau. Et cette rare alchimie rĂ©unissant la musicalitĂ© du pianiste, du chef et de l’orchestre se produit miraculeusement ce soir. Le piano est souverain, le geste du chef est minimaliste mais il semble s’adresser Ă  chacun ; les musiciens de l’orchestre sont capables de moments solo d’une rare perfection et rĂ©agissent Ă  chaque inflexion de Tugan Sokhiev qui dirige de tout son corps semblant danser. Le concerto de Rachmaninov si galvaudĂ© par le cinĂ©ma retrouve sa place de chef d’Ɠuvre absolu du genre concerto symphonique. Un rĂ©gal de chaque instant que le public dĂ©guste en sachant le prix fabuleux que reprĂ©sente le fait d’ĂȘtre lĂ  ce soir.

sergei-prokofievLa deuxiĂšme partie du concert me permet de vivre un grand moment trĂšs attendu. Je me souviens d’un concert de 2003 dans lequel Tugan Sokhiev avait Ă©bloui en dirigeant les deux suites de RomĂ©o et Juliette de Prokofiev. Ce soir le bonheur est complet car le choix du chef est de jouer intĂ©gralement la deuxiĂšme suite et de poursuivre avec deux moments de la premiĂšre suite qui lui permettent de terminer sur l’extraordinaire mort de Tybalt. L’ñpretĂ© du dĂ©but fixe chacun Ă  son siĂšge. La violence, la puissance de destruction des Capulet et des Montaigu est aveuglante. La puretĂ© de Juliette, la douleur de RomĂ©o au tombeau sont des moments de thĂ©ĂątralitĂ© inoubliables. Cette partition est magnifique, chaque mesure trouve sa fonction dans cette dramaturgie implacable sous la direction trĂšs inspirĂ©e d’un Tugan Sokhiev en Ă©tat de grĂące. Et l’orchestre lui aussi semble hallucinĂ© et pris dans une musique d’une profondeur abyssale. La modernitĂ© de la partition a Ă©tĂ© reprochĂ©e Ă  Prokofiev par les Soviets, c’est Ă  juste titre car la musique fait prendre conscience de la puissance des totalitarismes, ici familiaux. Impossible sans en dĂ©naturer le souvenir d’en dire davantage tant chaque seconde a Ă©tĂ© un enchantement.
Les gestes de Tugan Sokhiev sont d’une beautĂ© envoĂ»tante. Il devient beaucoup plus minimaliste mais si prĂ©cis, si charismatique que le rĂ©sultat musicale est sidĂ©rant d’évidence. Les instrumentistes se surpassent : le cor, les bois, le saxophone, les harpes, le cĂ©lesta, les percussions, mais Ă©galement les cuivres graves ont des moments de beautĂ© absolue. Les cordes sont sublimes et de prĂ©cision et d’ampleur de phrasĂ©s. Et la virtuositĂ© diabolique des violons en a laissĂ© sans voix plus d’un dans le public. Une apothĂ©ose d’union parfaite entre Tugan Sokhiev et son orchestre. Le dĂ©part du chef dans quelques annĂ©es n’est plus refoulĂ©. Sa biographie dans le programme permet Ă  prĂ©sent de lire tous les orchestres que ce gĂ©nie de la baguette a dirigĂ© et je crois bien qu’aucun continent ne l’a pas invitĂ©. Donc le monde entier le demande, et il est toulousain, quelle chance d’ĂȘtre lĂ  ce soir !!!

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COMPTE-RENDU, concert. Toulouse. Halle-aux-grains, le 14 septembre 2019. SergueĂŻ Rachmaninov (1873-1943) : Concerto pour piano n°2 en ut mineur Op.18 ; SergueĂŻ Prokofiev (1891-1953) : RomĂ©o et Juliette suites d’orchestre n° 2 et n° 1 Op. 68 Ter et bis ; Orchestre National du Capitole de Toulouse. Behzod Abduraimov, piano ; Tugan Sokhiev, direction.

COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Jacobins, le 12 sept 2019. Pavel KOLNENIKOV, piano. BEETHOVEN. DEBUSSY


COMPTE-RENDU, Concert. Festival Piano aux Jacobins. Toulouse. CloĂźtre des Jacobins, le 12 septembre 2019. F. CHOPIN. L.V. BEETHOVEN. C. DEBUSSY. P. KOLESNIKOV. Il ne fait rien comme les autres, Pavel Kolesnikov,  et Ă  30 ans, ce phĂ©nomĂ©nal pianiste russe est arrivĂ© Ă  rĂ©veiller le public de Piano aux Jacobins, le sortir du rituel bien Ă©tabli des douces soirĂ©es d’étĂ©. Kolesnikov casse en effet tous les codes. Mais de cet ouragan pianistique naĂźt une vĂ©ritable nouvelle Ă©coute des Ɠuvres aimĂ©es et que le public croyait connaĂźtre.

 

 

 

Sans recherche de style, comme en transe


Kolnesnikov le pianiste russe qui sidĂšre le public

 

 

PIANO PAVEL KOLESNIKOV copyright EVA VERMANDE portait classiquenews critique concert review classiquenewsQue neni, tout semblera neuf ! Personne ne se permet de jouer d’une traite, sans respirer, cinq morceaux de Chopin puis la sonate au clair de Lune de Beethoven. Comme en Ă©tat d’apesanteur le public, particuliĂšrement silencieux jusque dans un long silence aprĂšs la musique, exulte aprĂšs le dernier accord de la sonate. Ce qui se passe dans un tel concert est l’abolition de toute possibilitĂ© de critique, voir d’analyse. Tout est immersion sonore, piano expĂ©rimental, moderne et inclassable. Sans recherche de style, de toucher diffĂ©rent, de couleurs informĂ©es, Pavel Kolesnikov est comme en transe. Il joue avec une facilitĂ© dĂ©concertante, choisi gĂ©nĂ©ralement des tempi Ă  la limite de la rupture. Tant dans la rapiditĂ© dĂ©moniaque que la lenteur en apesanteur. Le dĂ©but de la sonate au Clair de Lune est hypnotique, le final  presto agitato furioso. Son Chopin est chaloupĂ©, dansant et Ă©tonnamment moderne dans des rythmes et des harmonies comme mise en lumiĂšre par un laser. Rien de joli ou d’agrĂ©able mais une sorte d’urgence et de fiĂšvre, une beautĂ© absolue du piano. AprĂšs l’entracte qui permet au public de retrouver ses habitudes mondaines, le retour du pianiste va le changer en public bien peu distinguĂ©, si, si 
.

Les trois piĂšces de Debussy passent comme un ouragan de modernitĂ© et d’expĂ©rimentation pianistique. SonoritĂ©s dĂ©timbrĂ©es, nuances extraverties entre murmure et tonnerre, harmonie comme diffractĂ©e. Rien de la recherche d’un son ou un style français, mais une musique moderne et complĂštement nouvelle.

Sans marquer de pose l’enchainement avec les premiĂšres mesures de la sonate Waldstein ne marquent aucune rupture ni de sonoritĂ© ni de style. Comme Beethoven sonne moderne et original ainsi ! La fin du premier mouvement est si furieusement emportĂ©e que le public applaudi Ă  tout rompre complĂ©ment sidĂ©rĂ©. A-t-on jamais applaudi dans cet auguste cloĂźtre si Ă©trangement mal Ă  propos pour les usages mondains ? Rien ne se passe comme prĂ©vu, le public s’oublie
 Le dĂ©but du deuxiĂšme mouvement de la Waldstein dans un murmure dĂ©chirant devient fantomatique et comme exsangue. Le final sera prestissimo Ă  la limite des possibilitĂ©s de discrimination de l’oreille humaine. L’opposition des nuances est presque violente ; les couleurs s’entrechoquent entre le thĂšme aigu et le grondement du piano dans le grave. Dans l’aisance digitale surnaturelle du jeune prodige, les thĂšmes se superposent, se rencontrent s’opposent avec fureur. En pantalon noir et chemise blanche, avec une allure d’adolescent tout en finesse, la force qui se dĂ©gage de son jeu semble ne pas venir de son corps mais ĂȘtre complĂštement surnaturelle.
Trois bis passent comme un songe. J’y reconnais Chopin, mais cela me semble sans importance
 La stupeur petit Ă  petit s’estompe et l’analyse de ce qui a Ă©tĂ© si intensĂ©ment vĂ©cu peut se faire. VoilĂ  un concert inoubliable en raison de la puissance pianistique incroyable engagĂ©e par Pavel Kolesnikov ce soir. Un pianiste Ă  suivre comme une mĂ©tĂ©orite flamboyante et presque effrayante pour un jeune musicien.

 

 

 

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Compte-rendu concert. 40 Ăšme Festival Piano aux Jacobins. Toulouse. CloĂźtre des Jacobins, le 12 septembre 2019. FrĂ©dĂ©ric Chopin (1810-1849) : Polonaise n°1 en do diĂšse mineur, Op.26 ; Valse n°1 en la bĂ©mol majeur Op.69 ; Impromptu n°1 en la bĂ©mol majeur Op.29 ; Fantaisie impromptu en do diĂšse mineur Op.66 ; PrĂ©lude n°15 en rĂ© bĂ©mol majeur op.28 ; Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : Sonate N°14 en do diĂšse mineur Op.27 « Clair de lune » ; Sonate n°21 en do majeur Op.53 « Waldstein». Claude Debussy (1862-1918) : La neige danse, ext. de  Children’s corner ; Feu d’artifice, ext. de PrĂ©ludes livre 1 ; Mouvement, ext. d’ Images livre 1 ; Pavel Kolesnikov, piano. Illustration : © Eva Vermande

 
 

COMPTE-RENDU, Concert. TOULOUSE, Piano aux Jacobins, le 11 sept 2019. RĂ©cital N. GOERNER, piano.

Nelson GoernerCOMPTE-RENDU, Concert. TOULOUSE, Piano aux Jacobins, le  11 sept 2019. RĂ©cital N. GOERNER, piano. F. CHOPIN. G. FAURE. I.J. PADEREWSKI. Le pianiste Argentin Nelson Goerner est un musicien que j’apprĂ©cie beaucoup et dont j’ai rĂ©guliĂšrement la chance de rendre compte. Ce soir le changement de programme bien comprĂ©hensible, les choses sont annoncĂ©es presque un an Ă  l’avance, a eu plus d’importance que prĂ©vu. Enlever toute Ɠuvre de LISZT est dĂ©cevant pour ceux qui voulaient entendre des piĂšces de ce compositeur. Mais il fallait laisser une chance au compositeur remplaçant. Il faut, et ce n’est pas lui faire injure, reconnaitre que Paderewski n’a tout simplement pas l’envergure de Liszt. Excellent pianiste, Paderewski a Ă©tĂ© un grand interprĂšte de Chopin dĂ©prit le monde et nous lui devons l’organisation de son catalogue, mais la musique de Paderewski, du moins dans cette composition, apparait bien conventionnelle et sans charme.

Un peu déconcertant : Nelson Goerner
Paderewski agaçant mais Chopin charmeur


Ces variations  sont une pĂątisserie boursoufflĂ©e, grasse et lourde. Et la fugue est bien poussive. L’art de Nelson Goerner n’y a rien pu; l’ennui a donnĂ© la main Ă  l’agacement. Quand FunĂ©railles, jeux d’eau Ă  la villa d’Est et Rhapsodie espagnole Ă©taient prĂ©vues
. Cela met cruellement en lumiĂšre qu’un changement de programme annoncĂ© dans la salle de concert peut ĂȘtre une vraie dĂ©ception justifiĂ©e pour le public.

Quoi qu’il en soit les deux nocturnes de Chopin qui ont ouverts le rĂ©cital ont Ă©tĂ© Ă©lĂ©gants et bien phrasĂ©s mais sans aura particuliĂšre. Les bien trop longues variations de Paderewski ont plombĂ© l’ambiance. AprĂšs l’entracte ou les commentaires sont allĂ© bon train sur ce que d’aucun ont appelĂ© un manque de respect du public, nous avons retrouvĂ© le Nelson Goerner que nous aimons. A Nouveau des variations mais trĂšs inspirĂ©es de FaurĂ© ; elles ont Ă©tĂ© une merveille de couleurs, nuances et phrasĂ©s. Et en sommet du concert la derniĂšre Ɠuvre, Ă  la fois Ă©mouvante puis brillante a conquis le public. Un Chopin ample et nuancĂ©, charpentĂ© et dĂ©licatement colorĂ©. Avec ce charme si singulier que le jeu inspirĂ© de Goerner dĂ©veloppe. L’Andante spianato a Ă©tĂ© chantĂ© Ă  l’envie et la Grande Polonaise a brillĂ© de mille feux. Les bis ont rĂ©compensĂ© le public reconquis.  Dont un inĂ©narrable Beau Danube bleu arrangĂ© en variations. Mais il reste Ă  poser la question : A quand le Liszt de Goerner ?  Il nous le doit Ă  Toulouse 
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Compte-rendu concert. 40 Úme Festival Piano aux Jacobins. Toulouse. Cloßtre des Jacobins, le 12 septembre 2019. Frédéric Chopin (1810-1849) : Nocturne en do mineur Op.48 n°1 ; Nocturne en fa diÚse mineur OP.48 n°2 Barcarolle en fa diÚse majeur Op.60 ; Andante spianato et Grande Polonaise brillante en mi bémol majeur Op.22 ;  Ignaz Jan Paderewski (1860-1941) : 20 variations et fugue en mi bémol mineur Op. 23 ; Gabriel Faure (1845-1924) : ThÚme en variations en do diÚse mineur Op.73 ; Nelson Goerner, piano. Nelson Goerner (DR)

COMPTE-RENDU, concert. LAGRASSE, le 8 sept 2019. BEETHOVEN. ARENSKI
 R. SEVERE. A. LALOUM


COMPTE-RENDU,Concert. LAGRASSE, Festival Les Pages musicales, Eglise Saint Michel, le 8 septembre 2019. L.V. BEETHOVEN. A. S. ARENSKI. R. SCHUMANN. I. STRAVINSKI. R. SEVERE. A. LALOUM. C. JUILLARD. L.HENNINO. F. MACGOWN. A. et G. BELLOM. A. CHAPELOT. Il en faut du cran Ă  de si jeunes interprĂštes pour s’autoriser un programme aussi dense. Cela commence agrĂ©ablement et presque sagement avec une magnifique sonate pour violoncelle et piano de Beethoven. Ce qui est terrible, c’est que chacun a dans l’oreille des versions d’ interprĂštes grandioses tant elles sont jouĂ©es et enregistrĂ©es. Pourtant les deux frĂšres ont su imposer leur style simple et franc et leur belle musicalitĂ© dans la sonate n°2. Tout avance bien, les tempi sont Ă©vidents et l’entente mutuelle est belle Ă  voir.

 

 
 

A LAGRASSE

Un concert encore plus Ă©mouvant que la veille

 

 

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Le jeu impeccable de Guillaume et les belles nuances d’Adrien ont conduit l’écoute du public vers une forme de sĂ©rĂ©nitĂ©. Le quatuor d’Arenski est une vraie merveille. Équilibrant le son vers le grave en utilisant deux violoncelles, le compositeur russe obtient des effets d’une trĂšs grande originalitĂ©. La partition est riche en beautĂ©s romantiques et d’un lyrisme slave Ă©mouvant. MenĂ©e par Charlotte Juillard pleine de passion, les instruments graves sont animĂ©s du mĂȘme enthousiasme. Les regards, les sourires, les gestes complices tout cela est aussi beau Ă  voir qu’à entendre. LĂ©a Hennino offre un son chaud et rond avec son alto. Les deux violoncellistes ont des parties trĂšs importantes et sont d’égale importance. Yan Levionnois et Adrien Bellom sont impliquĂ©s de la mĂȘme maniĂšre. Les couleurs sombres sont ondoyantes et le violon plane souvent sur cette mer sombre avec un bel Ă©clat. La partition Ă©crite en hommage Ă  Tchaikovski est parĂ©e de mĂ©lancolie slave de toute part avec une partie centrale trĂšs Ă©mouvante. Le final virtuose et flamboyant suscite l’ovation du public.
Le cycle Op. 39 de Schumann est d’une trĂšs grande beautĂ© et s’ordonne un peu Ă  la maniĂšre d’une quĂȘte amoureuse qui se termine avec une union aprĂšs des Ă©tats d’ñmes romanesques remplis de craintes. Nous avions dĂ©jĂ  entendu Adam Laloum dans ce cycle avec Martin Berner Ă  Salon de Provence l’an dernier. Nous avions Ă©tĂ© totalement convaincus par son jeu trĂšs habitĂ©. Avec la mezzo-soprano Fiona McGown, la libertĂ© prend son envol avec une connivence exceptionnelle entre la cantatrice et le pianiste. Ce cycle est ce soir thĂ©ĂątralisĂ© avec un art particulier. La cantatrice semble dĂ©guster chaque mot et nous faire profiter de chaque scĂ©nette, trouvant le poids exact dans la narration gĂ©nĂ©rale. Le numĂ©ro 7 « Auf einer Burg » devient une scĂšne cinĂ©matographique dans laquelle le temps suspendu est perceptible avec le tempo Ă©tirĂ© choisi par les interprĂštes. La diction prĂ©cise et dramatisĂ©e de la chanteuse trouvant dans le piano si sensible de Laloum, le dĂ©cor sublime attendu. Le temps s’arrĂȘte avec une grĂące infinie avant que reparte la narration vers le bonheur des amants rĂ©unis. La voix ronde et les phrasĂ©s amples de Fiona McGrown sont magnifiques. Les couleurs partagĂ©es entre le piano et la voix, les subtiles nuances qui se rĂ©pondent tiennent d’une magie musicale oĂč les mĂąnes de Schumann en quĂȘte de l’ñme soeur se retrouveraient sans peine. Le grand succĂšs en retour prouve combien le public sait reconnaĂźtre les moments de poĂ©sie rares quand ils sont prĂ©sents.

Le final trĂšs impressionnant mĂ©rite une analyse. Car L’Histoire du Soldat de Stravinski est hallucinante de modernitĂ©. Les quatre artistes qui nous ont interprĂ©tĂ© cette partition si particuliĂšre ont fait preuve d’un esprit d’équipe inouĂŻ. Car un violon, une clarinette, un piano et un rĂ©citant doivent nous emporter dans ce conte philosophique et satirique sans que nous puissions nous y opposer par la raison froide qui n’y verrait qu’une histoire pour enfants. Ce soldat cĂšde Ă  l’appĂąt du gain, perd son temps, sa vie, son amour et son humanitĂ© face Ă  un diable cynique : c’est un peu nous chaque jour dans la course Ă  la consommation. Son ultime action de dĂ©possession de l’argent dont il voit enfin l’inutilitĂ©, lui permet de gagner l’amour de la princesse
 Le grotesque de la partition n’a d’égal que sa terrible virtuositĂ©. Le texte a des significations de niveaux diffĂ©rents et demande un interprĂšte douĂ© pour crĂ©er plusieurs personnages et les rendre prĂ©sents. Au violon, Charlotte Juillard dĂ©gage une Ă©nergie totalement incroyable. Raphael SĂ©vĂšre joue de deux clarinettes, il est capable de dĂ©gager un esprit moqueur comme de crĂ©er des moments de grande tendresse. Guillaume Bellom au piano tient impeccablement le tempo et sert de rĂ©fĂ©rence stable Ă  toute cette agitation, tour Ă  tour joyeuse ou grotesque. Antoine Chapelot arrive Ă  incarner jusque dans le moindre de ses gestes ce soldat qui aspire Ă  un peu de repos ; homme simple et bon qui se laisse pourtant sĂ©duire par le diable.  Il arrive Ă  le vaincre de justesse en se dĂ©pouillant du superflu. La voix du diable sans ĂȘtre grossie a quelque chose de trĂšs effrayant dans sa simplicitĂ© apparente. L’acteur est trĂšs touchant Ă©galement et la pantomime finale est pleine de grĂące.
Durant les moments de pur thĂ©Ăątre, il n’est pas rare que les instrumentistes restent bouche bĂ©e devant cette histoire si incroyable.
Il en faut du talent et une équipe soudée pour rendre accessible au public une partition si originale, complexe et si rarement donnée. Le succÚs a été au rendez vous avec un public absolument conquis, reconnaissant et enthousiaste.
Voilà donc un bien beau premier week-end pour ce cinquiùme Festival des pages Musicales de Lagrasse. Il reste encore cinq concerts jusqu’ au 15 septembre 2019. A suivre.

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. 5Ăšme festival des Pages Musicales de  Lagrasse. Lagrasse. Eglise Saint-Michel, le 8 septembre 2019. Ludwig Van Beethoven (1770- 1827) : Sonate pour violoncelle et piano Op.5 N°2 ; Anton Stepanovitch Areski ( 1861-1906) : Quatuor Ă  cordes n°2 Op.35 ; Robert Schumann ( 1010-1856) : Liederkreis op.39 ; Igor Stravinski (1882-1971) : L’histoire du Soldat ;  Raphael SĂ©vĂšre, clarinette ; Natacha Kudritskaya, piano ; Charlotte Juillard, violon ; LĂ©a Hennino, alto;  Adrien Bellom et Yan Levionnois, violoncelle ; Fiona McGown, soprano ; Adam Laloum et Guillaume Bellom, piano. Antoine Chapelot, rĂ©citant. Photos : © Hubert Stoecklin

 

 

COMPTE-RENDU, concert. LAGRASSE, Festival Les Pages musicales, le 7 sept 2019. BRAHMS
 R. SEVERE. N. KUDRITSKAYA


COMPTE-RENDU, concert. Festival Les Pages musicales de Lagrasse . Lagrasse. Eglise Saint Michel, le 7 septembre 2019. J. BRAHMS. S. RACHMANINOV. S. PROKOFIEV D. CHOSTAKOVITCH. R. SEVERE. N. KUDRITSKAYA. C. JULLIARD. C.PERON. P. CHARDON. A.BELLOM. Ouverture russe
 Cela fait dĂ©jĂ  5 annĂ©es que le pianiste Adam Laloum invite ses amis musiciens dans le calme village de Lagrasse, nichĂ© au bord de l’Orbieu pour un festival trĂšs original. En effet comme en une sorte de rĂ©sidence d’artistes, les musiciens choisissent les Ɠuvres et avec qui les interprĂ©ter ; il se dĂ©gage de cette organisation qui permet de longues rĂ©pĂ©titions, un sentiment de plaisir partagĂ© qui submerge les auditeurs comme les artistes. Avec parfois de petits changements de programme de derniĂšre minute… De plus, Ă  l’entracte tout le monde se rejoint sous la Halle pour un verre ou un casse croĂ»te dĂ©licieux.

 

 

Festival de Lagrasse 2019 :
toujours le mĂȘme enthousiasme communicatif !

 

 

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Cette simplicitĂ© est admirable et rare ; cette proximitĂ©, Ă©mouvante. La qualitĂ© musicale est inouĂŻe. RaphaĂ«l SĂ©vĂšre est le clarinettiste le plus jeune et le plus brillant du moment. C’est un grand musicien. Son engagement total dans ses interprĂ©tations subjugue chaque fois le public. Je ne sais pas si beaucoup de musiciens osent comme lui des pianissimi au bord du silence et des envolĂ©es lyriques aussi gĂ©nĂ©reuses dans les sonates pour clarinette de Brahms. La premiĂšre de l’opus 120 a ce soir emportĂ© le public dans un paysage romantique tour Ă  tour grandiose et intimiste. Au piano, Natacha Kudritskaja est une partenaire tout aussi capable d’emportements romantiques grandioses que de murmures d’une infinie dĂ©licatesse. L’osmose entre les deux musiciens est si parfaite que le discours musical brahmsien coule sans que le temps puisse peser. Chaque instant de cette ivresse musicale parfois mĂ©lancolique semble pouvoir durer toujours. Cette magnifique interprĂ©tation dans une splendeur sonore de chaque instant a ravi le public.
Puis trois artistes ont rejoint la pianiste pour proposer une oeuvre rare dont l’ombre des crĂ©ateurs gĂ©niaux semble intimider bien des musiciens. Il faut juste rappeler que les Sept mĂ©lodies de Chostakovitch sur des poĂšme d’ Alexandre Blok ont Ă©tĂ© crĂ©es Ă  Moscou par sa dĂ©dicataire, l’immense Galina Vischnevskaya, son Ă©poux Mtislav Rostropovitch au violoncelle, David Oistrach au violon et Moisei Vainberg (remplaçant Chostakovitch souffrant) au piano. De cette crĂ©ation de 1967, il existe en CD l’enregistrement historique chez BMG. Que de si jeunes artistes osent s’attaquer Ă  ce chef d’Ɠuvre intimidant est admirable. En choisissant quatre mĂ©lodies ils dĂ©ploient les somptueuses alliances de timbres. Voix-violoncelle, Voix-violon, Voix-piano-violoncelle puis voix-violon-violoncelle-piano que le gĂ©nie de Chostakovitch a inventĂ© pour ses amis. Le timbre chaud de Claire Perron,  le violon  ardent de Philippe Chardon et le violoncelle Ă©mouvant d’ Adrien Bellom, surtout le piano dĂ©licat de Natacha Kudritskaja, permettent de dĂ©guster ce chef-d’Ɠuvre bien trop rare.

AprĂšs l’entracte, Charlotte Julliard avec son Ă©nergie bien reconnaissable se saisit de la Sonate pour violon de Prokofiev. Mais cette Ɠuvre contient une certaine sĂ©vĂ©ritĂ© que la violoniste obtient en bridant son tempĂ©rament passionnĂ©. Guillaume Bellom au piano est un partenaire appliquĂ© et mesurĂ©.

Pour finir ce concert, le trio de Rachmaninov fait souffler sur le public un vent de romantisme absolument irrĂ©sistible. La torche de passion que peut mettre dans son piano la jeune Natacha Kudritskaja est sidĂ©rante. Le violon de Philippe Chardon devient lyrique au possible ; le violoncelle d’ Adrien Bellom semble devenu voix humaine. Le public exulte et fait un triomphe au trois jeunes interprĂštes. Quel beau concert de musique russe. Les musiciens dĂ©veloppent leur bel enthousiasme et leur musicalitĂ© rare en une amitiĂ© musicale de chaque instant ! Voila une trĂšs belle Ă©dition du festival des pages Musicales de Lagrasse qui s’ouvre.

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. 5 Ăšme festival des Pages Musicales de  Lagrasse. Lagrasse. Eglise Saint-Michel, le 7 septembre 2019. Johannes Brahms ( 1833-1897) : Sonate pour clarinette et piano Op.120 n°1. Serge Rachmaninov ( 1873-1943) : Trio Ă©lĂ©giaque n°1 pour piano et cordes ; Serge Prokofiev (1891-1953) Sonate pour violon et piano en rĂ© majeur Op.94 bis ; Dimitri Chostakovitch ( 1906-1975) : Sept romances sur des poĂšmes d’Alexandre Bloch n° 1,3,4,7. RaphaĂ«l SĂ©vĂšre, clarinette ; Natacha Kudritskaya, piano ; Charlotte Julliard, Philippe Chardon, violons ; Adrien Bellom, violoncelle ; Claire Peron, mezzo-soprano ; Guillaume Bellom, piano. Photos © Hubert Stoecklin

 

 

COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Jacobins, le 5 septembre 2019. RĂ©cital Christian ZACHARIAS.

piano aux jacobins festival piano critique annonce concerts festivals 2019 classiquenews agenda opera festivalCOMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Jacobins, le 5 septembre 2019. RĂ©cital Christian ZACHARIAS. L’organisation d’un festival international dans la pleine force de l’ñge n’est pas une mince affaire. Donner un lustre particulier tant Ă  tout le festival qu’au premier concert, est un art dĂ©licat. Un dĂ©but trop brillant Ă©blouit le public pour la suite. Mettre ainsi tout le 40 Ăšme  Festival Piano aux Jacobins sous le signe de l’art rare de Christian Zacharias est une admirable idĂ©e. Car ce qui motive le duo des crĂ©ateurs du Festival : Catherine d’Argoubet et Paul-Arnaud PĂ©jouan, n’est pas  la recherche de l’esbroufe, du vedettariat ou du glamour pianistique mais bien d’avantage : l’exigence d’une musicalitĂ© totale qui passe par le piano avec un vrai engagement personnel de l’artiste.

 

 

 

Ouverture de la 40Ăšme Ă©dition de Piano aux Jacobins :

 toute en délicate musicalité.

 

 

 

Christian-Zacharias-piano-christian-zacharias-©-Constance-Zacharias-1Il y a Ă©galement ce tact incroyable avec lequel ils invitent de jeunes talents choisis avec bonheur et une fidĂ©litĂ© absolue, rĂ©ciproque entre les grands pianistes et les organisateurs du festival. C’est ainsi que Christian Zacharias est venu en ami du festival de longue date pour ouvrir cette quarantiĂšme Ă©dition. Il a choisi Haydn et Bach pour son programme : les pĂšres fondateurs. Bach le clavieriste qui ne connaissait pas le piano mais qui a Ă©crit une musique si riche pour orgue ou clavecin, pleine et inventive qui Ă©coutĂ©e au piano est chaque fois un vĂ©ritable rĂ©gal. Le Bach de Christian Zacharias est Ă©lĂ©gant, noble et lumineux. La structure si belle est mise en valeur comme une architecture aussi solide qu’inventive. Les plans sonores sont particuliĂšrement bien organisĂ©s. L’esprit de la danse affleure et son interprĂ©tation est pleine de vie. Comme une cathĂ©drale sonore dans laquelle la lumiĂšre pĂ©nĂštre par des vitraux clairs et multicolores.
Dans les trois sonates de Haydn, la prĂ©cision du jeu, le respect de la belle organisation et des tempi semblant idĂ©aux, permettent de dĂ©guster l’art de Haydn. Dans les deux sonates de relative jeunesse (n° 31 et 32), l’humour pointe son nez mais j’ai toujours un peu de mal avec cette Ă©criture si sage et polie, comme trop consciente de sa valeur. Ces deux sonates sont en tous cas trĂšs diffĂ©renciĂ©es sous les doigts experts de Christian Zacharias. En fin de concert l’interprĂšte  met beaucoup de grĂące et d’énergie dans la sonate n° 62 de Haydn. L’évolution du compositeur est Ă©vidente. Cette sonate entre-ouvre la porte au jeune Beethoven, y compris par une certaine vĂ©hĂ©mence dans le final. Mouvement  complexe dĂ©butant en toute simplicitĂ© par des notes rĂ©pĂ©tĂ©es et qui Ă©volue vers une plĂ©nitude sonore Ă  l’harmonie riche et Ă  laquelle Zacharias donne une belle puissance.

Ce rĂ©pertoire classique ne permet pas Ă  l’interprĂšte de donner libre court Ă  la si belle sensibilitĂ© qu’il fait jaillir dans la musique romantique ; mais c’est une sorte d’éthique qui anime Christian Zacharias. Il ne tire pas la couverture Ă  lui et ouvre le festival a la plus dĂ©licate musicalitĂ©, 
à la suprĂȘme Ă©lĂ©gance. A chacun ensuite de garder, s’il le peut et le veut, cette haute vision tout en ouvrant vers un rĂ©pertoire plus expressif et plus audacieux. Cette ouverture en toute beautĂ© et grande musicalitĂ© annonce une bien belle quarantiĂšme annĂ©e au plus ancien Festival de piano de France, sinon du monde. A suivre.

 

 

 

 

 

 

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piano aux jacobins festival piano critique annonce concerts festivals 2019 classiquenews agenda opera festivalCOMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, 40Úme Festival Piano aux Jacobins. Cloßtre des Jacobins, le 5 septembre 2019. Joseph Haydn ( 1732-1809) : Sonate n° 32 en sol mineur Hob XVI 44 ; Sonate n°31 en la bémol majeur Hob XVI 46 ; Sonate n° 62 en mi bémol majeur Hob XVI 52 ; Jean Sebastien Bach ( 1685-1750 ) : Suite française N°5 en sol majeur BWV 816 ; Partita n°3 en la bémol BWV 827 ; Christian Zacharias, piano / photo : © Constance-Zacharias

 

 

 

COMPTE-RENDU,Concert. La Roque d’AnthĂ©ron 2019, le 17 AoĂ»t 2019. RĂ©cital FF Guy, piano. L.V. BEETHOVEN (Hammerklavier)

COMPTE-RENDU,Concert. Festival de La Roque d’AnthĂ©ron 2019. La Roque d’AnthĂ©ron. Parc du ChĂąteau de Florans, le 17 AoĂ»t 2019. L.V. BEETHOVEN. F.F. GUY. La grande connaissance de la musique de Beethoven par François-FrĂ©dĂ©ric Guy est bien connue au concert. Il a Ă©galement enregistrĂ© probablement toute la musique de Beethoven pour piano, sonates, pour piano seul et Ă  deux, musique de chambre et concertos. Son allure calme, sa concentration sereine donnent immĂ©diatement un sentiment de sĂ©curitĂ©. Il dĂ©bute son concert avec la 16 Ăšme des 32 Sonates de Beethoven. Elle possĂšde donc une position centrale dans cette production prodigieuse. Alors qu’elle est contemporaine du dĂ©chirant texte du Testament d’Heiligenstadt ; elle paraĂźt joyeuse et pleine d’humour. Comme si le grand homme voulait bien rendre compte de son plaisir Ă  vivre en sociĂ©tĂ© que la surditĂ© le condamnait Ă  Ă©viter. Le jeu de François FrĂ©dĂ©ric Guy est justement capable de rendre cette lĂ©gĂšretĂ© et cet humour. MĂȘme si le mouvement lent se rembrunit. La beautĂ© de la sonoritĂ© nous ravit et la dĂ©licatesse des phrasĂ©s est Ă©galement admirable.

 

 

32 Sonates, Hammerklavier… 

François-Frédéric Guy excelle dans Beethoven

 

concert piano critique classiquenews Guy_© Christophe GREMIOT_17082019-6

 

 

 

L’élĂ©gance de l’écriture et celle de l’interprĂ©tation se rencontrent avec art sous les doigts de François-FrĂ©dĂ©ric Guy. Puis la Sonate n° 26 plus connue comme celle des adieux, est en fait celle « des adieux, de l’absence et du retour de l’ami ». Il ne s’agit pas d’une histoire amoureuse mais d’amitiĂ©. Beethoven voyait le frĂšre de l’Empereur, son Ă©lĂšve, ami et mĂ©cĂšne quitter Vienne sous la menace NapolĂ©onienne. PrĂ©cĂ©dant de peu le cinquiĂšme concerto, l’écriture pianistique est virtuose et brillante. François-FrĂ©dĂ©ric Guy avec une belle autoritĂ© dramatique va nous faire vivre ses trois Ă©tats avec une grande clartĂ© de jeu. Nuances trĂšs dĂ©veloppĂ©es, virtuositĂ© maĂźtrisĂ©e et tristesse dans le mouvement lent non surjouĂ©e, mais exprimĂ©e avec noblesse. Le final est un moment de vĂ©ritable allĂ©gresse.

AprĂšs l’entracte c’est la grandiose Sonate « Hammerklavier ». Peu de pianistes peuvent en rendre la vĂ©ritable grandeur qui dĂ©passe le seul jeu pianistique. RĂ©cemment Ă  Salon-de-Provence le tout jeune ThĂ©o Fouchenneret nous avait Ă©blouis par sa comprĂ©hension du message de Beethoven dans des qualitĂ©s pianistiques rares. Il est certain que la maturitĂ© de François-FrĂ©dĂ©ric Guy lui permet d’aller plus loin. Il dĂ©passe les traits pianistiques, se met complĂštement Ă  nu dans une interprĂ©tation totalement bouleversante. Comment Beethoven a-t-il pu aller si loin ? Comment cet artiste fait-il pour rendre perceptible au public la confession de l’ñme du compositeur ? Il y a presque quelque chose d’indĂ©cent Ă  livrer au public une telle confession. Public dont une partie joue avec son tĂ©lĂ©phone portable, tousse, bouge ou somnole pendant qu’un artiste intĂšgre livre en totale impudeur tout son amour pour cette partition incroyable. Le long mouvement lent (20 minutes) est l’expression, la confidence d’une Ăąme au bord du dĂ©sespoir mais qui garde faiblement la foi dans l’humanitĂ©.
C’est lĂ  que le Testament d’Heiligestadt prend tout son sens. Beethoven avait en lui cette page, et bien d’autres : il devait les offrir Ă  ses frĂšres humains. Voici l’extrait du testament auquel je fais allusion : « De tels incidents me portaient presque au dĂ©sespoir et il s’en fallut de peu que je ne misse fin Ă  ma vie, mais seul, lui, l’art m’en retint. Oh ! Il me semblait impossible de quitter ce monde avant d’avoir accompli ce Ă  quoi je me sentais disposĂ© et, ainsi je prolongeai cette vie misĂ©rable, vraiment misĂ©rable, cette nature si fragile qu’un assez rapide changement me fit passer du meilleur Ă©tat dans le pire. »

Il me semble que l’organisation d’un concert, mĂȘme dans un lieu magique comme celui-ci, touche Ă  sa limite lorsque que l’artiste-interprĂšte offre une si parfaite comprĂ©hension du message bouleversant du compositeur. François-FrĂ©dĂ©ric Guy domine non seulement techniquement cette Sonate, mais en comprend parfaitement et nous en fait comprendre, toute la grandeur.

 

 

piano concert critique festival classiquenews Guy_© Christophe GREMIOT_17082019-11

 

 

Ce grand moment de musique est Ă  marquer d’une pierre blanche. François-FrĂ©dĂ©ric Guy est un artiste Ă  la maturitĂ© magnifique. Il est en train de diffuser en CD son intĂ©grale des Sonates de Beethoven. Elle est certainement admirable, mais assister Ă  un concert de cette qualitĂ© n’a pas de prix. Car voir la charge Ă©motionnelle maĂźtrisĂ©e de l’artiste, rend humble et reconnaissant. Le public a applaudi bruyamment et presque vulgairement aprĂšs cette musique Ă©thique si profonde. François-FrĂ©dĂ©ric Guy avec un bel humour a jouĂ© en premier bis la lettre Ă  Elise. Son petit sourire semblait suggĂ©rer que savoir jouer la Hammerklavier est peut ĂȘtre un prĂ©alable Ă  bien jouer cette petite et si belle lettre
. Que massacrent tant d’amateurs

Puis dans la belle nuit provençale un nocturne de Chopin au legato de velours, a fermĂ© la soirĂ©e avec beaucoup d’élĂ©gance. Plus qu’un pianiste François-FrĂ©dĂ©ric Guy est un grand musicien et il excelle dans la capacitĂ© Ă  faire comprendre le gĂ©nie de Beethoven.

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Compte- rendu, Concert. Festival de La Roque d’AnthĂ©ron 2019. La Roque d’AnthĂ©ron. Parc du ChĂąteau de Florans, le 17  aoĂ»t 2019. Ludwig Van Beethoven ( 1770-1827) : Sonate N°16 en sol majeur op.31 n°1 ; Sonate n°26 en mi bĂ©mol majeur Op.81a «  Les adieux » ; Sonate n°29 en si bĂ©mol majeur Op.106 «  Hammerklavier » ; François-FrĂ©dĂ©ric Guy, piano. Photos : © Christophe Grimiot

 

 

 

 

COMPTE-RENDU, Concert. Lourmarin, Le Temple, le 9 août 2019. Dana Ciocarlie, piano. Schumann.

COMPTE-RENDU, Concert. Festival de La Roque d’AnthĂ©ron 2019. Lourmarin. Le Temple, le 9 aoĂ»t 2019. R. SCHUMANN. D. CIOCARLIE. Le Festival de La Roque d’AnthĂ©ron ne se limite pas au Parc du ChĂąteau de Florans Ă  la Roque. Nous avions Ă©tĂ© ravis de dĂ©couvrir le cloĂźtre de l’Abbaye de Sylvacane, il y a deux ans et le parvis de l’église de Lambesc, cette annĂ©e. Le temple de Lourmarin nous a dĂ©sagrĂ©ablement surpris. En effet une acoustique lourde, tournoyante et trop rĂ©verbĂ©rĂ©e ne nous a pas permis d’écouter sereinement le beau piano de Schumann.

 

 

Ciocarlie_© Christophe GREMIOT_09082019-5

 

 

Le programme paraissait extrĂȘmement bien construit. Trois Ɠuvres de Schumann, de son dĂ©but d’écriture pianistique qui sont autant de coups d’essais, encouragĂ©s par ses pairs que de gĂ©niales partitions. Le jeu de la pianiste roumaine Dana Ciocarlie ne semble pas en cause. Son intĂ©grale Schumann a confirmĂ© ses qualitĂ©s d’interprĂšte schumanienne. Mais Le Carnaval de Vienne plein de brio et souvenirs de fĂȘte a Ă©tĂ© noyĂ© dans un son trop fort et flou donnant l’impression de bien trop d’utilisation de la pĂ©dale. En se dĂ©plaçant au fond du temple et avec la dĂ©licatesse des ScĂšnes d’enfants, la beautĂ© du piano de Dana Cioarlie nous a permis de dĂ©guster ces pages sublimes, plus sereinement. De belles nuances et des phrasĂ©s intĂ©ressants avec une belle caractĂ©risation de chaque piĂšce sont les marques de cette interprĂ©tation.
Pour Kreisleriana, la reprise de nuances trop fortes a brouillĂ© l’écoute d’un jeu assurĂ©ment virtuose, 
 probablement inspirĂ©. Les bis de Ravel et Mozart en particulier avec une texture plus fluide, plus claire et un toucher plus perlĂ© nous ont vraiment permis d’apprĂ©cier la dĂ©licatesse du jeu de la pianiste. C‘est tout particuliĂšrement le rondo mozartien empli de fraĂźcheur qui a  étĂ© savoureux.

Tenir compte de l’acoustique du lieu pour choisir sa maniĂšre de jouer est important pour l’artiste. Programmer un rĂ©pertoire convenant Ă  une acoustique donnĂ©e et savoir conseiller afin d’éviter la saturation du son d’un rĂ©pertoire inadaptĂ©, tout cela revient aux organisateurs. A prendre en compte Ă©galement : la question de l’horaire de 17h, dans un temple oĂč le soleil touchait les spectateurs tour Ă  tour malchanceux essayant de changer de places.

 

 
 

 

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COMPTE-RENDU, concert. 39Ăšme festival international de La Roque d’AnthĂ©ron. Lourmarin. Le Temple, le 9 aoĂ»t 2019. Robert Schumann (1816 – 1856 ) : Carnaval de Vienne Op.26 ; ScĂšnes d ‘enfants Op.15 ; Kreisleriana, Op.16 ; Dana Ciocarlie, piano. Illustration / photo : © Christophe Gremiot

 

 

 

 

COMPTE-RENDU, concert. La Roque d’AnthĂ©ron 2019, le 13 aoĂ»t 2019.. rĂ©cital Benjamin GROSVENOR, piano. SCHUMANN. CHOPIN. JANACEK

COMPTE-RENDU, concert. La Roque d’AnthĂ©ron, Parc du chĂąteau de Florans, le 13 AoĂ»t 2019. R. SCHUMANN. F. CHOPIN. L. JANACEK.  S. PROKOFIEV. V. BELLINI/F. LISZT. B. GROSVENOR. Le monde du piano classique ne cesse de pouvoir compter sur cette nouvelle gĂ©nĂ©ration trĂšs prometteuse de pianistes hyper douĂ©s techniquement, venant de tous pays. C’est ainsi que la programmation des plus grands festivals est toujours renouvelĂ©e. La Roque d’AnthĂ©ron l’an dernier nous avait prĂ©sentĂ© l’immense Daniil Trifonov (lire notre chronique d’alors : Ă©tĂ© 2018), l’incroyable Alexandre Kantorov cette annĂ©e 
 sans omettre, la dĂ©couverte du prodigieux Benjamin Grosvenor. Prodige qui Ă  11 ans jouait dĂ©jĂ  avec les plus grands orchestres et a signĂ© depuis chez Decca 4 disques remarquables d’intelligence.

 

 

 

piano-concert-critique-classiquenews-grosvenor-Grosvenor_©-Christophe-GREMIOT_13082019-6

 

 

L’anglais Grosvenor impressionne parce qu’il a dĂ©jĂ  fait Ă  tout juste 26 ans. Mais ce n’est pas un prestidigitateur digital, une mĂ©canique bien huilĂ©e que rien n’arrĂȘte jamais. Rien d’histrionique dans son jeu, pas de gestes dĂ©placĂ©s, un maintien digne, une aisance princiĂšre et un sang froid tout British. Il joue d’abord BlumenstĂŒck comme le plus beau bouquet offert Ă  sa bien-aimĂ©e. Une sorte d’innocence, de puretĂ© due Ă  un jeu d’une totale Ă©vidence, sans pĂ©dale, juste comme ça. Le son est naturellement beau, tout est souple, nuancĂ© et colorĂ© avec art. Une sorte de don simple et sans complication.
Il aborde  ensuite les Kreisleriana (R. Schumann)en musicien suprĂȘme mettant en valeur le gĂ©nie de Schumann comme renouvelĂ©. En l’écoutant je me suis souvent dit que jamais je n’avais entendu cela ainsi, c’est vraiment trĂšs beau. Un Schumann rempli d’élĂ©gance et de dĂ©licates images musicales diffusant sans violence, sans peine, sans efforts sa riche imagination. La premiĂšre partie du rĂ©cital s’achĂšve avec le sentiment d’un pianiste simplement musicien, osant un Schumann d’une grande bontĂ© dans ses emportements romantiques. Le pianiste anglais a une sorte d’élĂ©gance aristocratique que rien ne peut perturber.

Pour la deuxiĂšme partie du programme, Benjamin Grosvenor nous propose sa somptueuse version de la barcarolle de Chopin. Dans son « CD Hohomages benjamin grosvenor cd homages decca review classiquenews clic de classiquenews septembre 2016 573757_383e801f550a4543a1523b9e4ec3a169~mv2_d_1984_1984_s_2mages », nous l’avons pour l’éternitĂ©. Souplesse totale dans des nuances subtiles ; cela balance doucement, mais surtout c’est le chant qui se dĂ©veloppe avec un sentiment d’infini. Un piano enchanteur comme il en est peu, sur un rythme envoĂ»tant, constamment entretenu. Cette piĂšce dans la nuit de Provence prend une dimension poĂ©tique nocturne apaisante.

 

 

Benjamin Grosvenor Ă  La Roque
PIANO MAGICIEN D’UNE SUPREME MUSICALITÉ


 

 

Les deux mouvements de la premiĂšre sonate de Janacek ont une histoire particuliĂšre. TouchĂ© par la mort d’un ouvrier lors d’une manifestation de soutien de l’ UniversitĂ© de Brno, Janacek avait composĂ© une sonate en trois mouvements. Il la dĂ©truisit insatisfait aprĂšs une unique audition. La crĂ©atrice, Ludmila Toutchkova, avait rĂ©ussi Ă  copier les deux premiers mouvements. Cette musique sauvĂ©e et en quelque sorte non autorisĂ©e, est fort belle. Benjamin Grosvenor aborde en toute simplicitĂ© la partition, ce qui met en lumiĂšre la beautĂ© des thĂšmes comme leurs dĂ©rivations. Les nuances gĂ©nĂ©ralement piano, la beautĂ© du son plein et la rigueur du jeu emportent l’adhĂ©sion du public.

PIANO grosvenor benjamin critique concert piano classiquenews la roque anthéron août 2019 Grosvenor_© Christophe GREMIOT_13082019-9

 

Dans les visions fugitives de Prokofiev, le jeune homme arrive Ă  en rĂ©ordonner 12 pour proposer une grande cohĂ©rence dans l’écoute. Certes la modernitĂ© de Prokofiev est prĂ©sente mais surtout une sorte d’harmonie naĂźt de ce jeu si parfait. Les vers qui inspirĂšrent le compositeur sont en toute simplicitĂ© et mĂȘme Ă©vidence, rendus par la musique sous les doigts magiques du pianiste britannique. «  Dans chaque vision fugitive , je vois des mondes. Plein de jeux changeants et irisĂ©s » : le poĂšme est de Constantin Balmont. L’interprĂšte avec un grand sĂ©rieux et un calme olympien, organise les piĂšces pour crĂ©er ces mondes variĂ©s ; les couleurs, les nuances, tout participe Ă  cette crĂ©ation. Voici de la poĂ©sie par la musique en forme d’idĂ©al.
Il nous restait pour dĂ©couvrir le talent de virtuose de l’absolu sans rien lĂącher de la suprĂȘme musicalitĂ© qui l’habite Ă  vivre l’expĂ©rience de ces rĂ©miniscences de Norma (LISZT). De l’ouverture aux derniĂšres notes du final, l’opĂ©ra de Bellini se dĂ©roule. Avec un sens du drame, un Ă©quilibre du son orchestral, Benjamin Grosvenor n’a plus seulement deux mains. D’ailleurs, il ne sera pas possible de voir clairement le mouvement de tous les doigts tant la rapiditĂ© d’exĂ©cution est fantastique. Les abellimenti, les enluminures, les notes perlĂ©es, saccadĂ©es ou encore les accords dĂ©veloppĂ©s, tout cet art Litzien inimitable sert la beautĂ© de la partition de Bellini.

 

 

DANS LISZT,
Le piano de Grosvenor arrive
Ă  chanter comme une diva romantique

 

 

Le piano de Grosvenor arrive Ă  chanter comme une diva romantique. Il est sidĂ©rant d’assister Ă  un moment si incroyablement musical alors que tant de pianistes virtuoses ne font que belles notes rapides dans ce genre d’Ɠuvres de Liszt. Ce soir le sublime a Ă©tĂ© entrevu dans ces RĂ©miniscences de Norma. Benjamin Grosvenor a eu un succĂšs considĂ©rable pour ce final mais aussi pour cette rare qualitĂ© de composition d’un programme d’une grande intelligence. Le premier bis relance s’il se peut la virtuositĂ© diabolique avec une « Danza del gaucho matrero » de Ginestera Ă  faire danser les montagnes. LĂ  aussi impossible de croire que deux mains peuvent faire tout cela. Et pour refermer la nuit sur plus de paix et une pointe de sensualitĂ©, « le poĂšme Ă©rotique »  de Grieg extrait de ses piĂšces lyriques nous a ravi.

grosvenor benjamin piano decca danses photoBenjamin Grosvenor est un grand artiste qui semble gĂ©rer sa carriĂšre avec la prudence des sages. Il semble suivre le chemin de Grigory Sokolov; il joue le mĂȘme concert en une tournĂ©e mondiale. Cela apporte une vraie connaissance intime des oeuvres et une perfection de jeu inoubliable qui marque le public. Il ne se prĂ©cipite pas non plus Ă  enregistrer trop et trop vite. Cette gĂ©nĂ©ration des moins de trente ans est fabuleuse de promesses : Ce sont Benjamin Grosvenor, Daniil Trifonov et Alexandre Kantorov dans mon triumvirat personnel de musiciens complets, qui jouent du piano.

 

 

 
 

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Compte- rendu, Concert. Festival de La Roque d’AnthĂ©ron 2019. La Roque d’AnthĂ©ron. Parc du ChĂąteau de Florans, le 8 AoĂ»t 2019. Robert Schumann ( 1810-1856) : BlumenstĂŒck Op.19 ; Kreisleriana Op.16 ; FrĂ©dĂ©ric Chopin  (1810-1849) : barcarolle en fa diĂšse majeur Op.60  ; Les Janacek (Sonate pour piano n°1, octobre 1905 « From the street » ; Sergei Prokofiev (1891-1953) : Visions fugitives Op.22 ( ext.) Vincezo Bellini (1801-1835)/ Frantz Liszt (1811-1886) RĂ©miniscences de Norma. Benjamin Grosvenor, piano. Illustration / Photo : © Christophe Gremiot

 

 

 

 

COMPTE-RENDU, concert. La Roque d’AnthĂ©ron, le 8 aoĂ»t 2019. RACHMANINOV. L. Geniusas. Varvara. Orch Tatarstan. A. Sladkosky.

RACHMANINOV-operas-elako-le-chevalier-ladre-classiquenews-dvd-rachmaninov-troika-rachmaninov-at-the-piano-1900s-1378460638-article-0COMPTE-RENDU,Concert. Festival de La Roque d’AnthĂ©ron 2019. La Roque d’AnthĂ©ron. Parc du chĂąteau de Florans, le 8 AoĂ»t 2019. S. RACHMANINOV. L. GENIUSAS. VARVARA. ORH DU TATARSTAN. A. SLADKOSKY. Les nuits du piano Ă  La Roque sont toujours un Ă©vĂ©nement car deux concerts se suivent. Dans un but de jouer « tout russe », en l’honneur de Rachmaninov, la soirĂ©e a Ă©tĂ© organisĂ©e avec un orchestre, un chef et deux pianistes russes. L’ Orchestre national symphonique du Tatarstan et son chef titulaire ont animĂ© toute la soirĂ©e avec beaucoup d’énergie comme de puissance. DĂ©butant le concert par le concerto le plus cĂ©lĂšbre, le n°2,  le jeune Lukas Geniusas, 29 ans, a d’emblĂ©e mis la barre trĂšs haut avec une introduction richement timbrĂ©e et un crescendo savamment organisĂ©. Las, le chef avait dĂ©cidĂ© de lĂącher toute la puissance de son orchestre, comme pour faire ses preuves. L’effet a Ă©tĂ© de noyer le soliste, sans pour autant mettre en valeur son orchestre. Il a fallu attendre le deuxiĂšme mouvement pour que le soliste et l’orchestre, sans trop d’interventions du chef, organisent un beau dialogue musical. Dommage car les sonoritĂ©s de l’orchestre sont naturellement belles, il n’est pas besoin de forcer les choses.

 

 

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Chef exacerbé, pianistes plus mesurés

Nuit Rachmaninov solidement russe

 

Geniusas lukas concert critique classiquenews critique piano _© Christophe GREMIOT_08082019-3

 

 

 

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Ce sont les forte trop appuyĂ©s qui dĂ©naturent le son trop cuivrĂ©, et mettent en difficultĂ© le soliste. Le final grĂące Ă  l’intelligence de jeu de Lukas Geniusas a gardĂ© l’équilibre presque intact, trouvĂ© dans le deuxiĂšme mouvement plus chambriste. Mais comment Alexander Sladkosky peut-il se laisser aller Ă  hurler les phrases qu’il veut mieux entendre ? S’oublier en tapant du pied ? J’aime mieux les chefs qui savent obtenir autrement ce qu’ils souhaitent
  Le jeu de Lukas Geniusas a dĂ» ĂȘtre athlĂ©tique et les moyens pianistiques Ă©normes. Mais sa musicalitĂ© se dĂ©ploie bien d’avantage dans les Ă©changes chambristes subtils, les phrasĂ©s amplement dĂ©veloppĂ©s, les nuances finement amenĂ©es. Cela a pu ĂȘtre prĂ©sent dans un deuxiĂšme mouvement qui restera un merveilleux souvenir sous le ciel en train de s’étoiler et dans le bis, un prĂ©lude en sol de Desyatnikov, dans lequel sa fine musicalitĂ© a pu rayonner.

Le poĂšme symphonique « L’ Ăźle des morts » d’aprĂšs le tableau de Böcklin permet Ă  l’orchestre de briller par des qualitĂ©s de timbres et d’interventions subtiles. L’orchestre a Ă©tĂ© vraiment superbe mais dans sa maniĂšre de s’adresser Ă  l’orchestre Alexander Sladkosky a surtout adoptĂ© de la terreur et du grandiloquent. Toute une part de mystĂšre et de rĂȘverie a Ă©tĂ© noyĂ©e dans les forte et les phrasĂ©s appuyĂ©s. Ainsi prĂ©side  une vision noire et terriblement Ă©crasante de la mort.  Ce soir cette Ăźle des morts a Ă©tĂ© Ăźle de terreur !

En deuxiĂšme partie de nuit la pianiste russe, Varvara, toute de grĂące et de dĂ©licatesse entre en scĂšne. AprĂšs la furie orchestrale de la premiĂšre partie bien des spectateurs ont pĂąli pour elle. Mais la frĂȘle apparence est bien trompeuse et la pianiste a imposĂ© son jeu d’emblĂ©e, obtenant bien plus de musicalitĂ© de la part d’ Alexander Sladkosky. Le concerto n°4 a Ă©tĂ© totalement rĂ©ussi avec une prĂ©cision des attaques orchestrales bien venue et un jeu pianistique d’une rare subtilitĂ©. Ce concerto Ă  la virtuositĂ© magnifiquement rendue avec une grande musicalitĂ© par le jeu subtil de Varvara a Ă©tĂ© un beau moment.

 

 

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piano concert critique varvara piano critique classiquenews critique concert festival La Roque antheron 2019 Varvara_© Christophe GREMIOT_08082019-3

 

 

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C’est dans la Rhapsodie sur le thĂšme de Paganini que l’entente entre l’orchestre et la soliste a Ă©tĂ© musicalement parfaite. Impossible d’établir un rapport de force entre l’orchestre et la soliste dans cette subtile musique de Rachmaninov. Les variations sont rythmiquement et harmoniquement inventives et Varvara a pu dĂ©velopper un jeu subtil, nuancĂ©, plein de couleurs. Les instrumentistes ont pu dialoguer librement avec elle car Alexander Sladkosky n’a pas eu d’interventions trop envahissantes. Le succĂšs de Varvara  a Ă©tĂ© magnifique et le public a obtenu deux trĂšs beaux bis de Medtner ; ils nous ont rĂ©galĂ©s du jeu subtil de cette musicienne virtuose rare.

Il semble bien plus difficile de trouver un chef, qu’un bon orchestre ou d’extraordinaires pianistes Ă  La Roque d’Antheron 
 En tout cas l’ñme russe a soufflĂ© ce soir, un peu contre les cigales, pour mettre en valeur le gĂ©nie de Rachmaninov; certes il est russe d’origine mais a vĂ©cu aux États Unis et su trĂšs habilement mĂȘler son tempĂ©rament Ă  la musique amĂ©ricaine, en particulier au jazz.  La Russie Ă©tait Ă  l’honneur cette annĂ©e Ă  la Roque d’ AnthĂ©ron.

 

 

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Compte-rendu concert. La Roque d’AnthĂ©ron. Parc du Chateau de Florans, le 8 AoĂ»t 2019. Serge Rachmaninov ( 1873-1943) : Concerto pour piano et orchestre n° 2 en ut mineur Op.18 ; L’ile des morts Op.29 ; Concerto pour piano et orchestre n° 4 en sol mineur  Op.40 ; Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini Op.43 ;  Lukas Geniusas et Varvara, pianos ; Orchestre national du Tatarstan – Alexander Sladoksky, direction – Photos : © Christophe GREMIOT

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. La Roque d’AnthĂ©ron 2019. Lambesc, le 7 aoĂ»t 2019. SCHUMANN. Trio Wanderer.

COMPTE-RENDU,Concert. Festival de La Roque d’ AnthĂ©ron 2019. Lambesc. Parvis de l’église, le 7 AoĂ»t 2019. R. SCHUMANN. TRIO WANDERER. Cette nuit Schumann devant le parvis de l’église de Lambesc a rassemblĂ© un vaste public. Le premier concert de notre sĂ©jour Ă  La Roque 2019 Ă©tait donnĂ© par le Trio Wanderer seul. Robert Schumann a Ă©crit trois Trio avec piano. Ils ont Ă©tĂ© jouĂ©s ce soir dans un ordre non chronologique. Le deuxiĂšme puis le troisiĂšme et enfin le premier. Ce qui frappe dans cet ordre et les choix de cette interprĂ©tation est avant tout la complexitĂ© d’écriture du deuxiĂšme et du troisiĂšme Trio comme la sĂ©duction plus immĂ©diate du premier. Avec une certaine austĂ©ritĂ© et beaucoup de concentration, les Wanderer ont mis en valeur toute la modernitĂ© contenue dans le Trio en fa majeur.

 

 

 

 

Jubilation chambriste
Les Wanderer et leurs amis magnifient SCHUMANN

  

 

Trio Wanderer-Arthur Decaris-Christophe Gaugué © Samuel CortÚs_07082019-16

  

 

Les rythmes complexes, les accords quasi tristaniens et la multiplicitĂ© des formules sont d’une extraordinaire richesse. Les mĂ©lodies moins mises en valeur ne se dĂ©ploient pas longuement, sauf dans les mouvements lents qui du coup en deviennent absolument 
 sublimes. Dans les autres mouvements, les multiples idĂ©es musicales se suivent, parfois s’entrechoquent ; l’écoute ne peut ĂȘtre vĂ©ritablement sereine devant cette complexitĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e. Le troisiĂšme Trio en sol mineur est marquĂ© par une grande douleur et l’idĂ©al recherchĂ© par Schumann d’indĂ©pendance des trois instruments est portĂ©e Ă  son comble. La rigueur des Wanderer est impressionnante et un peu intimidante par le peu de contacts visuels affichĂ© entre eux ; toute cette recherche d’équilibre, de nuances et de couleurs dans des phrasĂ©s trĂšs prĂ©cis se faisant comme par enchantement.
A nouveau, c’est la modernitĂ© et la complexitĂ© qui dominent lors de l’écoute du Trio.  Plus lyrique, le premier Trio en rĂ© mineur a presque un cotĂ© sĂ©duisant et cela rend l’écoute plus facile. Tout cela est assez Ă©loignĂ© de la version beaucoup plus lisse et pourtant trĂšs aimĂ©e du Beaux Arts Trio. Les Wanderer eux ont pris le parti de la modernitĂ©, de la complexitĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e dans une importante concentration demandĂ©e au public.

La deuxiĂšme partie de soirĂ©e a eu une toute autre allure. La venue de l’altiste Christophe GauguĂ© a apportĂ© beaucoup de vie et une prĂ©sence chaleureuse. Le Quatuor avec piano op.47 est une Ɠuvre du bonheur. Robert et Clara Schumann sont enfin mariĂ©s et le piano de Clara jubile tout au long de ces deux Ɠuvres. La complicitĂ© des Wanderer seuls se passe presque de regards et cela est trĂšs impressionnant. Avec Christophe GauguĂ©, partenaire habituel du Trio, les choses sont tout Ă  l’opposĂ©. Il appuie son jeu sur le regard Ă  ses partenaires et il ne cache pas son plaisir aux Ă©changes rĂ©ussis, il se tourne alternativement vers le partenaire avec lequel il cherche la fusion ou la complĂ©mentaritĂ©. Le Quatuor passe comme un rĂȘve de bonheur partagĂ©.

 

 

Trio Wanderer-Arthur Decaris-Christophe Gaugué © Samuel CortÚs_07082019-11

 

 

Le Quintette permet d’agrandir le cercle amical au violoniste Arthur Decaris. L’entente est tout aussi vive. Dans une construction parfaitement maĂźtrisĂ©e, la partition court vers le final fuguĂ©.  Les musiciens en vĂ©ritable osmose semblent tout pouvoir avec leurs instruments. La musique sur une base collective si passionnĂ©e est Ă  voir autant qu’à Ă©couter. Les Ă©changes visuels, les rĂ©ponses en phrases qui se suivent (violoncelle et alto), les accords subtilement Ă©quilibrĂ©s, tout a Ă©tĂ© un vĂ©ritable rĂ©gal. Et cette maniĂšre de se dĂ©chaĂźner dans le final tout en maĂźtrisant parfaitement des sonoritĂ©s apolliniennes, relĂšve du grand art. C’est le violoncelliste RaphaĂ«l Pidoux qui sera le plus dĂ©monstratif et le plus enthousiaste. Quel bonheur d’avoir pu participer Ă  cette beautĂ© totale et Ă  cette jubilation en une belle soirĂ©e d’étĂ©, sur le Parvis de cette magnifique Ă©glise en pierre de Rognes !

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Compte-rendu concert. Lambesc. Parvis de l’église Notre Dame de l’ascension, le 7 AoĂ»t 2019. Robert Schumann (1810-1856) : Trio avec  piano n° 2 en fa majeur Op.80 ; Trio avec  piano n° 3 en sol mineur Op.110 ; Trio avec  piano n° 1 en rĂ© mineur Op.63 ; Quatuor en mi bĂ©mol majeur Op.47 ; Qunitette pour piano et cordes en mi bĂ©mol majeur Op.44 ; Christophe GaugĂ©, alto ; Arthur Decaris, violon ; Trio Wanderer : Jean-Marc Phillips-VarjabĂ©dian, violon ;  RaphaĂ«l Pidoux, violoncelle ; Vincent Coq, piano – Photos : © Samuel CortĂšs.

 

 
 

 

COMPTE-RENDU, opéra. ORANGE, Chorégies, le 6 août 2019. MOZART : Don Giovanni. SCHROTT, D. LIVERMORE / F. CHASLIN.

don giovanni orange chorĂ©gies 2019 schwrott critique opera classiquenews dg-_femmes-c-gromelle (1)COMPTE-RENDU, opĂ©ra. ORANGE, ChorĂ©gies, le 6 aoĂ»t 2019. MOZART : Don Giovanni. D. LIVERMORE. E. SCHROTT. M. SICILIA. K. DEHAYES. S. DE BARBEYRAC. Orch. LYON. F. CHASLIN. Il ne va pas de soi de donner un opĂ©ra mozartien dans le vaste thĂ©Ăątre antique d’Orange. Aujourd’ hui un retour Ă  l’orchestre sur instruments d’époque et la recherche d’un format vocal plus naturel, proche de ce que Mozart a connu, apporte des solutions intĂ©ressantes. Le risque Ă©tait grand d’une dĂ©mesure fatale Ă  l’esprit et Ă  la lettre de ce bijoux du duo Da Ponte – Mozart. De mĂȘme les attentes du public, ou d’une partie, visant Ă  cantonner l’Ɠuvre dans son XVIIIĂšme poudrĂ©, n’était pas compatible avec la vaste scĂšne. Tout de go je dirai que je n‘ai pas Ă©tĂ© déçu et que j’ai passĂ© une excellente soirĂ©e en compagnie du Don Juan de Mozart et Da Ponte. Car l’esprit Ă©tait lĂ . Un Don Juan noir, cruel, adepte de l’amour vache, voir un tantinet serial killer. Erwin Schrott est le Don Juan de notre Ă©poque et toutes les meilleurs scĂšnes du monde se l’arrachent. Voix sombre et ronde, capable de toutes les nuances.

 

 

 

 

Erwin Schrott, Don Giovanni, serial killer, carnassier

Don Juan aux Chorégies : 
 oui, pari réussi !

 
 

 

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Chanteur parfait, diseur subtil. Acteur carnassier, volubile, trĂšs mobile. Certain de son charme, bien rĂ©el, il en use avec art. Il ira Ă  la mort Ă  vive allure sans trembler. Habits noirs intemporels, en chemise, c’est le corps qui s’offre ainsi sans aucun besoin de costume, et quel acteur ce Schrott !
C’est le contraire pour les autres personnages qui dĂ©butent l’opĂ©ra en costumes anciens. Dames en robes Ă  panier, Ottavio en habit de la cour madrilĂšne, villageois endimanchĂ©s façon ethnique. Certes les Ă©poques se tĂ©lescopent et les voitures, le taxi de Leporello et le 4/4 noir du commandeur, surprennent le public. Et oui le visage de l’aristocratie mondiale a changĂ©, aujourd’hui 100% financiĂšre, autrefois de droit divin, mais rien n’a changĂ© : les puissants abusent de tout et de tous sans scrupules. Les personnages sont donc tous bien campĂ©s.
Par ordre d’entrĂ©e en scĂšne, Leporello est le chauffeur de taxi, en blouson, bonnet vissĂ© sur la tĂȘte, pleutre et veule Ă  souhait. Le commandeur, le faiseur d’affaire, ou banquier,  a la joie des solutions expĂ©ditives et la gĂąchette facile. Le couple Donna Anna et Don Ottavio est d’abord «grande maniĂšre de la cour d’Espagne » Ă  la Velasquez pour Ă©voluer vers une modernitĂ© trĂšs intĂ©ressante. Don Ottavio a une Ă©volution trĂšs rarement accordĂ©e Ă  ce personnage qui ce soir prend une vĂ©ritable dimension virile ; et le couple est un vrai couple. Elvire est une grande dame dominĂ©e par son cƓur et son corps, mais qui lutte pour sa dignitĂ© et le salut de son amour. C’est un trĂšs beau personnage qui Ă©volue aussi finement. Zerline et Masetto, de paysans ethniques, vont vers la simplicitĂ© des gens qui demandent peu Ă  la vie et que la proximitĂ© des puissants a failli briser totalement.

Avec tout cela, certains oseront se plaindre de la mise en scĂšne ! Personnellement j’ai vu les vrais personnages de Da Ponte et Mozart. Le dĂ©cor est habilement fait sur le mur par des projections, non seulement trĂšs belles, mais Ă  forte charge symbolique. Le sang sur le mur, les vagues d’une plage dans la recherche de puretĂ©, les fenĂȘtres, balcons, tombeaux sont suggĂ©rĂ©s habilement.  L’un des effets les plus puissants est la dĂ©sagrĂ©gation des murs lorsque l’esprit vacille. L’épisode des masques en calĂšche avec un cheval qui reste tranquille de justesse est trĂšs beau (bravo aux dresseurs prĂ©sents sur scĂšne qui calment l’animal). Les costumes rutilants pour le chƓur durant la fĂȘte habillent agrĂ©ablement la vaste scĂšne. Les voitures qui font crisser les pneus, outre le sacrĂ© entraĂźnement qu’il a fallu, auraient certainement amusĂ© le Mozart farceur que l’on connait. Le travail de mise en scĂšne de Davide Livermore est trĂšs intĂ©ressant, habile et fidĂšle Ă  l’esprit d’un Don Juan noir qui cherche Ă  se distraire Ă  tout prix. Les lumiĂšres complexes d’Antonio Castro sont intimement liĂ©es aux projections de D-Work.  Les costumes  se voient de loin dans de belles couleurs.Pour rĂ©ussir un Don Juan, il faut un bon orchestre et surtout un chef avec une vison. L’orchestre de l’OpĂ©ra national de Lyon a Ă©tĂ© magnifique. Parfaitement Ă©quilibrĂ© pour sonner, sans couvrir les voix jamais. PrĂ©cis, rĂ©actif, avec de beaux timbres, – les trĂšs belles couleurs des bois -, chaque instrumentiste a Ă©tĂ© parfait. Les timbales incarnant le drame mĂȘme. La direction de FrĂ©dĂ©ric Chaslin est admirable de tenue dramatique. Tout avance, Ă  vive allure. Les airs dans des tempi retenus sont comme une diffraction Ă©motionnelle, certains en deviennent magiques.
FrĂ©dĂ©ric Chaslin dirige par coeur, il a des yeux partout. Il met en valeur chaque dĂ©tail tout en maintenant un drame continuellement renouvelĂ©. Chaque final a eu la prĂ©cision horlogĂšre attendue. Le drame est partout dans cette direction. L’ouverture et le final avec le Commandeur sont de grands moments.  Pour animer les personnages, il faut des images vocales prĂ©cises. Les voix sont toutes de stature semblable et emplissent bien la vastitude du thĂ©Ăątre antique, ce n’est pas rien.

Erwin Schrott domine de son charisme tant scĂ©nique que vocal tout le team. Son Leporello, Adrian SĂąmpetrean, est son double, juste un cran en dessous. Ce dernier a eu un peu de mal avec le tempo Ă  certains moments. La Donna Anna de Mariangela Sicilia a de la vaillance et conduit admirablement sa voix. De mĂȘme Zerlina, Annalisa Stroppa et Masetto, Igor Bakan ne dĂ©mĂ©ritent pas. Le Commandeur d’AlexeĂŻ Tikhomirov manque de puissance et est trop fort lorsque sa voix est amplifiĂ©e. C’est le personnage le plus falot, mais c’est crĂ©dible scĂ©niquement dans cette mise en scĂšne.
Il reste Ă  dĂ©crire les deux chanteurs qui se hissent sans peine Ă  la hauteur de perfection du Don Juan de Erwin Schrott et ce n’est pas peu dire. L’ Ottavio de Stanislas de Barbeyrac est inoubliable. Voix splendide, timbre viril, conduite du souffle parfaite, nuances incroyables pour des reprise pianissimo extatiques. Bel acteur, le jeux de scĂšne permet de rendre au personnage sa vraie noblesse, celui qui croit en la justice des hommes, la convoque et qui aime profondĂ©ment sa fiancĂ©e ; son « crudel» au dernier acte est l’air d’un amoureux vraiment blessĂ©. Il a peaufinĂ© son personnage Ă  Paris, New-York et Munich ! Et il connaĂźt l’acoustique du thĂ©Ăątre antique. Il a donc osĂ© des pianisssimi tendres et Ă©mouvants Ă  la fois et une reprise sur le souffle de grande Ă©cole. Le public lui a fait un succĂšs personnel retentissant, bien mĂ©ritĂ©. Il est probablement le Don Ottavio de sa gĂ©nĂ©ration.

 

 

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Le pari de distribuer Karine Deshayes dans Elvire n’allait pas de soi. Il est d’usage de distribuer plutĂŽt une soprano qu’une mezzo-soprano en Elvira. C’est une vĂ©ritable rĂ©vĂ©lation. Elle aussi pourrait ĂȘtre l’Elvira de sa gĂ©nĂ©ration. Timbre somptueux, Ă©galitĂ© sur toute la tessiture, souffle long, passion contenue qui explose, personnage qui Ă©volue et qui devient une amoureuse magnifique dans sa douleur et sa peur pour l’aimĂ©. Elle aussi a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’applaudissements nourris aprĂšs son « Mi tradi  ». Ces deux chanteurs français rejoignent le Don Juan de l’époque, un Erwin Schrott diablement sĂ©duisant. Schrott inoubliable l’an dernier en MĂ©phistophĂ©lĂšs et ce soir en Don Juan.

Le chƓur n’a pas un grand rĂŽle mais apporte beaucoup de vie dans le  drame trĂšs sombre ce soir. Il a Ă©tĂ© parfait en proportion et en qualitĂ© vocale comme scĂ©nique. Les costumes clinquants et lumineux Ă©taient trĂšs bien venus. Il a donc Ă©tĂ© possible de donner un Don Juan excellent dans le vaste thĂ©Ăątre, chef, orchestre,  solistes, chƓurs, mise en scĂšne, aspects visuels, tout a fonctionnĂ© de concert pour tendre au public un miroir sur la question cruciale du moment comme jamais : chercher la libertĂ©, mais pour quoi faire ? Courir Ă  l’abĂźme en connaissance de cause ?? / illustration : © P Gromelle 2019 / ChorĂ©gies d’Orange 2019

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. ChorĂ©gies d’Orange 2019. ThĂ©Ăątre Antique. Le 6 aoĂ»t 2019.  Wolfgand Amadeus Mozart ( 1756-1791) : Don Juan, Drama Giocoso en 2 actes, livret de Lorenzo da Ponte, d’aprĂšs Giovanni Bertati ; CrĂ©ation : Prague, au GrĂ€flich Nostitzsches Nationaltheater, le 29 octobre 1787. Coproduction avec le Festival de Macerata ; Mise en scĂšne, Davide Livermore ; DĂ©cors : Davide Livermore ; Costumes, StĂ©phanie Putegnat ; Eclairages, Antonio Castro ; VidĂšos,  D-Wok ; Avec :  Don Giovanni, Erwin Schrott ; Leporello, Adrian SĂąmpetrean ; Donna Anna, Mariangela Sicilia ; Donna Elvira, Karine Deshayes ; Don Ottavio,  Stanislas de Barbeyrac ; Zerlina, Annalisa Stroppa ; Masetto, Igor Bakan ; Le Commandeur, AlexeĂŻ Tikhomirov ; ChƓurs des OpĂ©ras d’Avignon et de Monte-Carlo , coordination chorale : Stefano Visconti ; Continuo, Mathieu Pordoy ; Orchestre de l’OpĂ©ra de Lyon ; Direction musicale, FrĂ©dĂ©ric Chaslin. Illustrations : © P Gromelle 2019.

 

 

 

 

COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, l’EmpĂ©ri, le 4 aoĂ»t 2019. BEETHOVEN, SCHUMANN,
, QUATUOR MONA, S. IM, T. FOUCHENNERET. 

COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, ChĂąteau de l’EmpĂ©ri, le 4 aoĂ»t 2019. BEETHOVEN, SCHUMANN, SCHUBERT, QUATUOR MONA, S. IM, T. FOUCHENNERET. Nous ne le cacherons pas : ce qui fait le prix de ce concert c’est, comme chaque fois que l’oeuvre figure au programme, le Quintette « La truite »  de Schubert. Je ne connais pas de partition de musique de chambre qui permette autant aux musiciens qu’au public de communier dans la joie. Ce soir le public a Ă©tĂ© aux anges, et les musiciens enthousiastes ont tous Ă©tĂ© admirables. L’équilibre entre eux a Ă©tĂ© parfait et la somptueuse acoustique de la cours Renaissance du ChĂąteau de l’EmpĂ©ri a jouĂ© sa partie Ă  merveille. Il a Ă©tĂ© possible comme nous rĂȘvons de le faire (les salles trop rĂ©verbĂ©rĂ©es ne nous le permettent pas) de porter notre attention sur chaque musicien Ă  tour de rĂŽle ou ensemble. J’ai Ă©tĂ© trĂšs sensible au rĂŽle prĂ©pondĂ©rant en terme de gardien du tempo et relance du rythme, de la contrebasse d’Olivier Thiery.

 
 

L’ñme de la Musique ? 

La Truite de Schubert bien sûr !

 

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Ce jeune musicien nous avait dĂ©jĂ  beaucoup Ă©mu et ce soir sa joie, sa maniĂšre d’entraĂźner vers plus de libertĂ© et d’humour le violoncelliste AurĂ©lien Pascal, tout en gardant une connexion intime avec le piano, nous ont complĂštement sĂ©duit. Le piano de ThĂ©o Fouchenneret a lui aussi Ă©tĂ© une merveille de prĂ©sence exacte tout du long. Cette partie est difficile Ă  Ă©quilibrer car souvent prĂ©pondĂ©rante mais le pianiste a Ă©tĂ© un modĂšle dechambrisme, sachant dĂ©tacher sa partie ou la nuancer avec un art subtil dans une Ă©coute complĂšte de chaque instant. La sonoritĂ© liquide de son piano a Ă©tĂ© un vrai bonheur. Le violoncelle d’AurĂ©lien Pascal a brillĂ© dans ces moments trĂšs beaux et il est agrĂ©able de voir comment cet artiste plutĂŽt timide musicalement jusqu’à prĂ©sent a su s’engager davantage dans cette « Truite ». L’altiste Joachin Riquelme Garcia a une prĂ©sence bonhomme et il a trouvĂ© des couleurs superbes tout du long, partenaire attentif et bienveillant. Quand Ă  la violoniste Karen Gomyo, elle est magnifique de prĂ©sence ondoyante ; elle sait conduire admirablement sa partie dans de trĂšs belles nuances. C’est certainement les contrastes et l’ampleur des nuances qui marquent cette interprĂ©tation et cette fusion parfaitement Ă©quilibrĂ©e des timbres. Ce n’était que du bonheur et dans une acoustique absolument parfaite qui a permis de ne pas perdre une miette de musique !

Avant cette apothĂ©ose  de «  la Truite », le Trio «  Des Esprits » a Ă©tĂ© trĂšs bien interprĂ©tĂ©, tout en Ă©quilibre, Ă©lĂ©gance et mystĂšre. Le Largo qui donne son nom au Trio, sous le soleil dĂ©clinant, entre chien et loup, dans un air si bon, a pris un cotĂ© mystĂ©rieux absolument dĂ©licieux. Claudio Bohorquez au violoncelle, a Ă©tĂ© particuliĂšrement subtil et en osmose avec le violon lumineux de Karen Gomyo comme avec le piano Ă©lĂ©gant d’Eric Le Sage. Ce violoncelliste a une prĂ©sence heureuse et trĂšs chaleureuse. Le trio de Beeethoven a Ă©tĂ© un trĂšs beau moment musical d’ouverture.

Ensuite, le charme fĂ©minin a pris place sur scĂšne. Le jeune Quatuor Mona a Ă©tĂ© tout de tendresse Ă©mue dans cette adaptation pour Quatuor Ă  Cordes de 6 lieder de Schumann. La soprano Sunhae Im semble prendre beaucoup de plaisir Ă  mĂȘler sa voix aux cordes. Son expression en allemand est trĂšs convaincante, tout Ă  fait  remarquable pour une voix si aiguĂ«. Au delĂ  du charme rĂ©el de cette version, je crois que l’esprit de Schumann qui fait du dialogue piano / chant, son crĂ©do, n’était pas vraiment prĂ©sent. Un quatuor Ă  cordes n’offre pas le mĂȘme soutien, ni la mĂȘme intensitĂ©  que le piano de Schumann. Une forme d’hĂ©donisme a Ă©tĂ© plus prĂ©sente que le romantisme triste, contenu dans ce cycle de l’amour non partagĂ©.

La partie classique du concert s’est donc terminĂ©e aprĂšs cette « Truite » mĂ©morable. AprĂšs l’entracte, un autre type de concert, avec un autre cĂ©rĂ©monial, d’autre prioritĂ©s et d’autres Ă©motions nous a Ă©tĂ© proposĂ© mais avec la mĂȘme excellence musicale en invitant deux artistes prestigieux. Eric Le Lann est l’un des papes du Jazz français et son duo avec le jeune pianiste Paul Lay, rapproche les gĂ©nĂ©rations. Leur hommage Ă  Louis Armstrong est basĂ© sur l’invention, l’improvisation, le charme. Chacun jouant un personnage, qui le trompettiste bougon, qui le pianiste dĂ©sarticulĂ© et Ă  la position avachie
 Ils ont fait se succĂ©der des moments d’improvisation, seuls, en Ă©cho ou ensemble. Du grand art : des audaces pianistiques fulgurantes et un jeu de trompette de vieux crooneur Ă  la voix rocailleuse. Dans le ciel Ă©toilĂ© de Provence, d’autres concerts de jazz de cette qualitĂ© auraient Ă  nouveau tout Ă  fait leur place, avis aux organisateurs. Pourtant en quittant le ChĂąteau, ce sont bien les airs entĂȘtants de la Truite qui m’accompagnaient
.

 
 

 
 

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COMPTE-RENDU, concert. Salon de Provence, ChĂąteau de l’EmpĂ©ri , 4 Aout 2019 ; Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : Trio n°5 en rĂ© majeur « Trio des esprits » Op.70 N°1 ; Robert Schumann (1810-1856) : 6 Lieder Op.107, arrangĂ©s pour quatuor Ă  cordes par Aribert Reinmann ; Frantz Schubert (1797-1828) : Quintette pour piano et cordes Op.114, D.667 «  La Truite » ; Sunhae Im, soprano ; Karen Gomyo, violon ; Joachin Riquelme Garcia, Alto ; Claudio Bohorquez, AurĂ©lien Pascal, violoncelles ; Olivier Thiery, contrebasse ; Quatuor Mona : Verena Chen , Roxana Rastegar, violons ; Ariana Smith, alto ; Caroline Sypniewski, violoncelle ;  Eric Le Sage, ThĂ©o Fouchenneret, Piano. Thanks a million : Hommage Ă  Louis Amstrong ; Eric Le Lann, trompette ; Paul Lay, piano. Illustration : © Hubert Stocklin

 
 

 
 

COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, l’EmpĂ©ri , le 3 aoĂ»t 2019. BEETHOVEN. QUATUOR MONA. E. Pahud, E. Lesage, T. Fouchenneret

COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, ChĂąteau de l’ EmpĂ©ri , le 3 AoĂ»t 2019. L.V. BEETHOVEN. QUATUOR MONA. E. PAHUD. P. MEYER. E. LE SAGE. T. FOUCHENNERET. Beethoven, le grand dĂ©miurge est en fait un compositeur plus complexe que ne le laisse penser l’hagiographie post romantique toujours vivace. Beethoven a Ă©tĂ© un musicien brillant, lĂ©ger, surtout capable d’humour avant de sombrer dans la misanthropie et la surditĂ©. Il n’est pas moins gĂ©nial, Ă  mon avis,  dans la musique moins mĂ»re et plus joyeuse. Le dĂ©but du concert a prĂ©sentĂ© le Beethoven compositeur incontournable de quatuor Ă  cordes.

Multifaces du génie beethovénien

emperi salon de provence quatuor mona concert critique classiquenews festivals ete 2019 critiques concert classiquenewsLe Quatuor n°2 « Razoumovski » a du cran et nous sommes dĂ©jĂ  dans une oeuvre de grand format, avec une Ă©nergie encore jamais vue dans le genre du quatuor Ă  cordes.  DĂšs le dĂ©but, l’énergie des quatre jeunes musiciennes est considĂ©rable, mais surtout leur maniĂšre de remplir de musique les silences,interpelle. C’est lĂ  que je devine la qualitĂ© musicale de ce tout jeune quatuor au fĂ©minin. Car cela ne fait qu‘une petite annĂ©e que le Quatuor Mona se produit. Et dĂ©jĂ  il est possible de leur prĂ©dire une belle carriĂšre. Car outre les qualitĂ©s instrumentales de chacune, que je ne voudrais pas manquer de souligner, c’est cette communication si vivante et si belle Ă  voir dans leur jeux qui fait beaucoup pour donner Ă  l’auditeur accĂšs aux splendeurs des partitions interprĂ©tĂ©es. Certainement  il reste « gonflé » de s’attaquer si jeune Ă  ce deuxiĂšme Razoumovski mais le rĂ©sultat est
 conquĂ©rant. La maturitĂ© artistique est dĂ©jĂ  lĂ  ; la vie va avancer et leur donner cette profondeur si angoissante de l’ñme beethovĂ©nienne pour les quatuors suivants. Pour l’instant c’est une version lumineuse, en recherche de sĂ©rĂ©nitĂ© et pleine de vie qui nous est offerte, avec tout spĂ©cialement ce final caracolant dans une Ă©nergie inĂ©puisable. Bravo mesdames du Quatuor Mona, nous aurons plaisir Ă  vous suivre.

Le Quintette pour piano et vents en mi bĂ©mol majeur est le cousin de celui de Mozart. MĂȘme si la rencontre entre Mozart et Beethoven n’a pas donnĂ© de suite prĂ©cise, il est touchant de comprendre comment Beethoven avec cette piĂšce si singuliĂšre, rend un amical salut au maĂźtre Mozart. De maniĂšre trĂšs personnelle Beethoven suit le modĂšle sans s’y soumettre. C’est avec une belle Ă©nergie que nos interprĂštes, tous fins musiciens, se sont jetĂ©s dans ce quintette du bonheur. Le chant du hautbois de François Meyer, avec cette sonoritĂ© si souple, belle et ronde a Ă©tĂ© une merveille. Et la virtuositĂ© goguenarde du basson de Gilbert Audin, la superbe tenue du cor de BenoĂźt de Barsony dans des solos merveilleux, la clarinette facĂ©tieuse de Paul Meyer, trĂšs prima donna, se sont rĂ©pondus avec art. De mĂȘme Eric Le Sage a su se rĂ©galer et nous rĂ©galer dans une partie trĂšs exposĂ©e par Beethoven. Ainsi nous ont-ils prouvĂ© que le gĂ©ant de Bonn a Ă©tĂ© un temps un musicien heureux.

Mais la deuxiĂšme partie du concert nous a rĂ©servĂ© la surprise de dĂ©couvrir l’humour et la bonhommie dans l’oeuvre de Beethoven ; certes les thĂšmes et variations d’aprĂšs « La ci darem la mano » est tout Ă  la gloire ce soir de la flĂ»te d’Emmanuel Pahud. Pourtant la maniĂšre dont le thĂšme est dĂ©tournĂ©, inversĂ©, sublimĂ©, moquĂ©, par Beethoven permet aux instruments Ă  vent, de s’amuser ensemble. Quel brio dans les moments de virtuositĂ© du basson de Gilbert Audin ! La flĂ»te qui remplaçait le hautbois a Ă©tĂ© souveraine sous les doigts agiles d’Emmanuel Pahud, avec cette maniĂšre dansante si enthousiaste qui caractĂ©rise ce musicien d’exception. Humour et bonne humeur au rendez-vous de cette soirĂ©e tout Beethoven, voilĂ  qui a du ĂȘtre une sacrĂ©e surprise pour d’aucun.

emperi salon de provence concert piano beethoven thierry fouchenneret concert critique festival ete 2019 classiquenewsPour finir le concert et rendre hommage au gĂ©nie pianistique de Beethoven, quelle sonate peut le mieux en dire la grandeur que la gigantesque Hammerklavier (plus de 50 minutes) ? Le jeune pianiste français ThĂ©o Fouchenneret (24 ans), s’y engouffre avec panache. Il met un peu de temps Ă  gommer une certaine duretĂ© dans le premier mouvement. Comme si l’interprĂšte cherchait Ă  garantir la clartĂ© de l’articulation, la fermetĂ© rythmique et la puissance des forte. Tout ceci rentre rapidement dans l’ordre et ce qui sĂ©duit l’auditeur, c’est l’engagement du musicien dans cette partition fleuve. Il est Ă©vident que ce jeune artiste a quelque chose Ă  dire.
Tout du long les choix sont intĂ©ressants, seul un petit manque de legato dans le troisiĂšme mouvement attĂ©nue notre plein enthousiasme ; ce legato prĂ©-chopinien, que seuls les plus grands musiciens savent prserver, peut ĂȘtre relever. Car peu de pianistes savent rendre toutes les facettes de cette sonate avec le mĂȘme bonheur.  En tout cas la puissance digitale est sidĂ©rante, les couleurs sont multiples et les phrasĂ©s trĂšs intĂ©ressants : ils nous emmĂšnent loin, trĂšs loin. Seul un musicien avec une vue claire et gĂ©nĂ©reuse peut ainsi guider l’auditeur dans les merveilles incroyables d’une partition absolument magistrale. Le piano roi de Beethoven portĂ© par ThĂ©o Fouchenneret a terminĂ© en apothĂ©ose ce trĂšs bon concert donnant une juste vision du GĂ©nie BeethovĂ©nien, en ses facettes multiples.

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COMPTE-RENDU, concert. Salon de Provence, ChĂąteau de l’EmpĂ©ri , le 3 Aout  2019.; Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : Quatuor Ă  cordes n°8 en mi mineur Op.59, n°2 « Razoumovski » ; Quintettte Op.16 en mi bĂ©mol majeur ; Variations en si bĂ©mol majeur sur « Laci darem la mano » Op.2 ; Sonate Op.106en si bĂ©mol majeur « Hammerklavier » ; Quatuor Mona : Verena Chen , Roxana Rastegar, violons ; Ariana Smith, alto ; Caroline Sypniewski, violoncelle ;  Emmanuel Pahud, flĂ»te;  François Meyer, hautbois ; Paul Meyer, clarinette ; Gilbert Audin, basson ; BenoĂźt de Barsony, cor ; Eric Le Sage, ThĂ©o Fouchenneret, Piano.  Illustrations : © Hubert Stoecklin 2019

COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, l’EmpĂ©ri, le 1er aoĂ»t 2019. FAURE, MOZART, FARENC
 TISHCHENKO, P.MEYER, LESAGE


COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, ChĂąteau de l’ EmpĂ©ri, le premier aoĂ»t 2019. G. FAURE W.A. MOZART. L.FARENC. C. GOUNOD. D.TISHCHENKO. P.MEYER. A.PASCAL. F. NOACK. E. LE SAGE. Ce concert a dĂ©butĂ© plus Ă©nergiquement que les prĂ©cĂ©dents, sans prĂ©paration progressive. Le Quatuor avec piano n° 2 de FaurĂ© est une Ɠuvre, au dĂ©but Ă©nergique quasi brahmsien, avec les cordes jouant le thĂšme de concert et avec feu, sur une base pianistique trĂšs animĂ©e. VĂ©ritablement galvanisĂ©s par le jeu et la personnalitĂ© flamboyante de la violoniste Diana Tishchenko, ses collĂšgues ont vite Ă©tĂ© au diapason. Le jeu d‘Eric Le Sage a retrouvĂ© le souffle pianistique nĂ©cessaire. Il a pris les choses Ă  bras le corps et a vraiment Ă©tĂ© moteur dans le quatuor. Mais ce sont les deux cordes graves qui se sont surtout rĂ©vĂ©lĂ©es. Joaquin Riquelme Garcia Ă  l’alto a su s’exprimer avec gĂ©nĂ©rositĂ© dans des sonoritĂ©s chaudes et des phrasĂ©s Ă©tirĂ©s trĂšs expressifs. Il faut dire que FaurĂ© a rĂ©servĂ© Ă  l’alto un rĂŽle trĂšs important car il Ă©nonce souvent le thĂšme. Au violoncelle AurĂ©lien Pascal a su se mettre au niveau et a rĂ©vĂ©lĂ© sa capacitĂ© Ă  chanter avec passion et Ă  interagir finement avec ses collĂšgues; il est nĂ©cessaire Ă  prĂ©sent que ce jeune artiste croit en lui et expĂ©rimente son pouvoir de sĂ©duction musical, qu’il ose s’exprimer davantage s’éloignant de sa trop grande recherche de maĂźtrise polie.

 

 

Quasi una sinfonia romantica

 

 

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Comme dans un grand souffle post romantique ce quatuor a voguĂ© avec noblesse, Ă©nergie et passion. Cette trĂšs belle Ɠuvre de la maturitĂ© de FaurĂ© a trouvĂ© Ă  Salon de Provence des interprĂštes Ă  la hauteur des enjeux. Le public a applaudi trĂšs vivement, pris par cette passion flamboyante. AprĂšs un tel sommet de qualitĂ© musicale, le choix de la sĂ©rĂ©nade en do mineur de Mozart en octuor Ă  vents s‘est rĂ©vĂ©lĂ©e particuliĂšrement judicieuse. La partition dĂ©passe de plus anciennes par une qualitĂ© d’écriture soignĂ©e et revendiquĂ©e par Mozart lui-mĂȘme.
Le soin dans la composition, le choix de la tonalitĂ© de do mineur, la complexe Ă©criture contrapuntique et en canon du final, font de cette piĂšce un moment d’anthologie, de rĂ©crĂ©ation pour fins musiciens. Nos acolytes si soudĂ©s ont offert une interprĂ©tation idĂ©ale de ce chef d’Ɠuvre. Ils ont semblĂ© dĂ©guster Ă  chaque instant cette extraordinaire qualitĂ© d’écriture du Mozart de la maturitĂ©.

AprĂšs l’entracte, la dĂ©couverte des qualitĂ©s du Trio de Louise Farenc a Ă©tĂ© un enchantement. A nouveau, c’est la surprise de dĂ©couvrir un compositeur de grande valeur qui est une femme et qui pour cette raison n’est pas passĂ©e Ă  la postĂ©ritĂ© alors que de son vivant, elle a tout offert Ă  la musique. Le Trio est plein de mĂ©lodies qui coulent avec ravissement dans un respect des canons d’écriture de l’époque, entre Mendelssohn et Gounod,  sachant richement utiliser l’harmonie. Et l’association clarinette, violoncelle et piano est trĂšs rĂ©ussie. Seul Paul Meyer a su s’autoriser du brillant alors qu’AurĂ©lien Pascal a repris un jeu trop prudent, tout comme Florian Noack au piano, n’osant pas s’exprimer, alors que la partition entre opĂ©ra, virtuositĂ© instrumentale et romance le rĂ©clamait.

Tout change dans la petite Symphonie de Gounod dans laquelle nous retrouvons l’octuor de vents et Emmanuel Pahud Ă  la flĂ»te. TrĂšs sĂ©ducteur, le flĂ»tiste sans utiliser sa sonoritĂ© la plus maĂźtrisĂ©e et soignĂ©e, mais toujours trĂšs prĂ©sent, a su avec aplomb faire apprĂ©cier toutes les interventions de la flĂ»te, qui apportaient lumiĂšre et fraĂźcheur dans l’écriture assez compacte de Gounod. Sans l’esprit ludique d’Emmanuel Pahud, le sĂ©rieux aurait trop pris le dessus. Car cette symphonie de vents a de grandes qualitĂ©s d’écriture et sonne magnifiquement, rĂ©servant Ă  la flĂ»te la lumiĂšre et l’air planant. Pour terminer ce grand concert, en terme de niveau d’inspiration, la forte prĂ©sence des 9 musiciens a Ă©tĂ© vivement rĂ©compensĂ©e par un public enthousiaste qui a failli obtenir un bis avec ses applaudissements si nourris.

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. Salon de Provence, ChĂąteau de l’EmpĂ©ri , le 31 Juillet 2019. Gabriel FaurĂ© (1845-1924) : Quatuor n°2 en sol mineur Op.45 ; Wolfgang Amadeus Mozart ( 1756-1791) : SĂ©rĂ©nade pour octuor Ă  vents n°12 en do mineur KV. 388 ; Louise Farenc (1804-1875) : Trio pour piano n°1 Op.33 ; Charles Gounod (1818-1893) : Petite symphonie. Diana Tishchenko, violon ; Joaquin Riquelme Garcia, alto ; Aurelien Pascal, violoncelle ; Eric Le Sage, piano ; Emmanuel Pahud, flĂ»te ; François Meyer, Gabriel Pidoux, hautbois ; Paul Meyer, Carlos Ferreira, clarinettes ; Gilbert Audin, Marie Boicharde, bassons ; David Guerrier, Benoit de Barsony, cors ; Florian Noack, piano. Illustration : © Hubert Stoecklin

 

 

COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, l’ EmpĂ©ri, le 31 juil 2019. MOZART, BOTTESINI, CHAMINADE / E.PAHUD. P.MEYER


COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, ChĂąteau de l’ EmpĂ©ri , le 31 Juillet 2019. W.A. MOZART. G. BOTTESINI. L.V. BEETHOVEN. C.CHAMINADE. C. REINECKE.  E.PAHUD. P.MEYER. F. MEYER. A.PASCAL. F. NOACK. Le Quatuor pour flĂ»te en rĂ© majeur de Mozart a une forme de perfection oscillant entre style « Sturm und Drang” et Ă©lĂ©gance. Le bouillonnant premier mouvement, le dĂ©licat Adagio qui dĂ©ploie sa mĂ©lancolie sur un tapis de pizzicati, puis le final virevoltant sont la musique du bonheur et de la libertĂ© gagnĂ©e par le jeune Mozart. Emmanuel Pahud dans un son concentrĂ©, un souffle immense et des couleurs chaudes a phrasĂ© sa partie avec le grand art que nous lui connaissons. D’humeur mutine, le grand flĂ»tiste n’a pas cachĂ© son immense joie. Ses compĂšres un peu moins libres, trĂšs concentrĂ©s ont Ă©tĂ© aux petits soins, n’atteignant pas cependant la facilitĂ© dĂ©concertante et si charmante du flĂ»tiste inspirĂ©.

 

 

La flûte de Pahud irradie dans le soir

 

 

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Plus tard dans la soirĂ©e avec le jeune pianiste Florian Noack, Emmanuel Pahud a offert une interprĂ©tation parfaite du concertino de CĂ©cile Chaminade. La question de l’effroyable virtuositĂ© de cette oeuvre ne semble mĂȘme pas se poser : tout est musique, charme ravageur avec Emmanuel Pahud et la longueur du souffle permet des phrasĂ©s semblant infinis. VoilĂ  le grand art de la flĂ»te française Ă  son sommet, dans une composition trĂšs aboutie de CĂ©cile Chaminade. Dans le rĂ©duction au piano de la partie d’orchestre, le jeune pianiste Florian Noack a semblĂ© respectueux de son ainĂ© et prudent, ne jouant pas Ă  faire sonner l’orchestre assez fermement. Pourtant les moyens pianistiques sont lĂ  ; un peu plus d’audace aurait mieux Ă©quilibrĂ© musicalement le duo qui lĂ  Ă©tait plus un accompagnement de super soliste.
C’est dans le final du concert, l’Octuor de Carl Reinecke, que l’équilibre a Ă©tĂ© atteint avec un Emmanuel Pahud Ă  Ă©galitĂ© avec ses compagnons des vents. Le dialogue avec le hautbois de Gabriel Pidoux a Ă©tĂ© savoureux ; la prĂ©sence des bassons, incroyablement vive ; les cors nobles ou taquins, magnifiques et les clarinettes, trĂšs en verve. L’Octuor de Reinecke s’apparente Ă  celui plus connu de Mozart ou encore Beethoven, mais ne leur cĂšde en rien sur le plan du charme comme de l’invention. Ainsi l’association des timbres est plus riche avec une flĂ»te au lieu de deux hautbois.
Le sextuor de Beethoven, aprĂšs celui de Mozart la veille, retrouvait la complicitĂ©, la fusion et l’humour des six musiciens, avec le plaisir de voir le jeune clarinettiste Carlos Ferreira prendre ses marques et sembler trouver sa place dans ce beau monde, sous les yeux bienveillants de ses ainĂ©s.

Olivier-Thiery contrebasse concert critique classiquenews 09_rec-800x966LA CONTREBASSE CHEZ BOTTESINI
 Mais je ne voudrais pas oublier le moment de surprise incroyable de la soirĂ©e avec le contrebassiste de charme tout Ă  fait inoubliable : Olivier Thiery. Ce musicien est extraordinairement touchant, capable de faire chanter avec son court archet sa contrebasse comme on ne le croyait pas possible. Le duo concertant avec la clarinette de Giovanni Bottesini le met en valeur car ce que fait la clarinette, malgrĂ© la virtuositĂ© de Paul Meyer, semble trop facile ! Le soutient de Florian Noack est prĂ©cis et lĂ  encore
 trop modeste. C’est vraiment la contrebasse qui sera inoubliable grĂące Ă  l’art tout Ă  fait subtil d’Olivier Thiery que nous nous rĂ©jouissons de retrouver dans la Truite de Schubert bientĂŽt.
La musique de Giovanni Bottesini est trĂšs belle, admirablement Ă©quilibrĂ©e entre virtuositĂ© et Ă©motion. Et quelle habiletĂ© Ă  mettre en valeur la contrebasse ! La courte rĂȘverie a Ă©tĂ© un moment quasi surnaturel tant le chant de la contrebasse Ă©tait beau et Ă©mouvant en profondeur. Plus que le concerto de CĂ©cile Chaminade, qui a une belle notoriĂ©tĂ© chez les flĂ»tistes, c’est la dĂ©couverte de la musique de Giovanni Bottesini et son amour pour la contrebasse qui nous a Ă©tonnĂ© ce soir. Un grand merci aux directeurs artistiques, Emmanuel Pahud, Paul Meyer et Eric Le Sage, pour ce programme trĂšs original offrant une beautĂ© constamment renouvelĂ©e.

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, ChĂąteau de l’EmpĂ©ri , le 31 Juillet 2019.; Wolfgang Amadeus Mozart ( 1756-1791) : Quatuor pour flĂ»te en rĂ© majeurK.285 ; Giovanni Bottesini (1821-1889) : RĂȘverie ; Grand duo concertant. Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : Sextuor pour vents en mi bĂ©mol majeur Op.71. CĂ©cile Chaminade (1857-1944) : Concertino en rĂ© majeur Op.107. Carl Reinecke (1824-1910) : Octuor pour vents Op.216. Emmanuel Pahud, flĂ»te ; Maja Avramovic, violon ; Joaquin Riquelme Garcia, alto ; Aurelien Pascal, violoncelle ; Olivier Thiery, contrebasse; Gabriel Pidoux, hautbois ; Paul Meyer, Carlos Ferreira, clarinettes ; Gilbert Audin, Marie Boicharde, bassons ; David Guerrier, Benoit de Barsony, cors ; Florian Noack, piano. Illustrations : Octuor de Reinecken © Hubert Stoecklon 2019. Olivier Thiery, contrebasse (DR)

 

 

 

 

COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, L’EmpĂ©ri, le 30 juil 2019. ROTA, MOZART, RAVEL
PAHUD, MEYER
TRIO KARENINE

COMPTE-RENDU, concert. SALON DE PROVENCE, ChĂąteau de l’EmpĂ©ri , le 30 Juillet 2019. N. ROTA. R. CLARKE. W.A. MOZART. M. RAVEL. E.PAHUD. P.MEYER. F. MEYER. E. LE SAGE. TRIO KARENINE.  AprĂšs la sublime dĂ©ferlante de la veille aux ChorĂ©gies d’Orange, (lire notre compte rendu du 29 juillet 2019) retrouver le rituel d’accueil serein de la nuit Ă  Salon a Ă©tĂ© un baume pour les oreilles, un doux rĂ©gal pour les yeux. La 27 Ăšme Ă©dition du Festival International de Musique de Chambre de Salon de Provence a dĂ©butĂ© Ă  Aix en Provence ce 28 juillet. Le 29 juillet a Ă©tĂ© la grande soirĂ©e d’ouverture dans la magnifique cours du ChĂąteau de l’ EmpĂ©ri. D’autres concerts ont lieu Ă  midi et dans l’aprĂšs midi dans le cadre plus intimiste de l’Abbaye de Sainte Croix. La richesse de cette programmation nous amĂšne donc ce soir Ă  assister au 5Ăšme concert du festival depuis trois jours !

 

 

Salon de Provence : musique de chambre Ă  l‘EmpĂ©ri

Les Jolies Notes offertes Ă  la nuit

 

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Le charme des concerts du soir est unique. Lors des premiĂšres notes, il fait encore jour, le soleil n’est pas couchĂ©. À la fin du concert, la nuit est complĂšte. Ce passage est un vĂ©ritable dĂ©lice en si agrĂ©able compagnie. La variĂ©tĂ© de la programmation, elle semble encore plus grande cette annĂ©e ; elle mĂ©nage des surprises aux mĂ©lomanes les plus aguerris. Ainsi qui connait la musique savante de Nino Rota, musicien si indissociable de la musique de films dont tous ceux de Fellini ?  Son Trio pour clarinette, violoncelle et piano a une fraicheur d’inspiration, une veine mĂ©lodique et une saveur harmonique tout Ă  fait dĂ©lectables. Sa Piccola offerta mucicale pleine d’esprit est un dĂ©lice d’humour et d’invention en hommage dĂ©calĂ© Ă  Bach. Et lorsque trĂšs malicieusement la flĂ»te d’Emmanuel Pahud relance le tempo par un thĂšme primesautier le sourire intĂ©rieur s’épanouit en chacun de nous et vient aux lĂšvres. Et cette superbe association de musiciens tous talentueux et complices est un rĂ©gal constant!

Les frĂšres Meyer, Paul Ă  la clarinette et François au hautbois sont de vĂ©ritables enchanteurs. Gilbert Audin au basson est craquant de musicalitĂ© et de virtuositĂ©. CotĂ© humour, Benoit de Barsony au cor n’est pas en reste. Les femmes compositeurs sont Ă  l’honneur tout particuliĂšrement cette annĂ©e. Ainsi Rebecca Clarke et sa Sonate pour alto et clarinette. DĂ©jĂ  le choix de ces deux instruments est musicalement trĂšs subtil. Le PrĂ©lude, allegro et pastorale est une trĂšs beau moment d’échange et de partage, dans une sorte de gĂ©mellitĂ© d’ñme entre ces deux instruments, si proches en couleurs nostalgiques. Les qualitĂ©s de son de Paul Meyer sont bien connues ; la beautĂ© de timbre et la subtilitĂ© des phrasĂ©s de Joaquin Riquelme Garcia Ă  l’alto sont sur le mĂȘme plan. Quelle Ɠuvre intĂ©ressante et Ă©mouvante ! Quand on sait que ces qualitĂ©s de compositeur de Rebecca Clarke ont tellement Ă©tĂ© niĂ©es au point d’avoir Ă©crit dans un journal que Rebecca Clarke n’existait tout simplement pas, on reste sans voix devant les effets de la jalousie et de la mĂ©chancetĂ© des hommes en ces temps ! Bravo madame et Grand Merci pour cette superbe dĂ©couverte !
Si Don Juan de Mozart n’a pas besoin de prĂ©sentation, l’arrangement qu’en a fait un certain Joseph Triebensee, pour plusieurs extraits trĂšs bien choisis, est une vraie dĂ©couverte. L’intelligence des arrangements,  la perspicacitĂ© des choix, la place chantante centrale donnĂ©e au premier hautbois nous mettent sur la voie. Il s’agit d’un ami de Mozart celui qui Ă©tait son hautboĂŻste pour son ultime opĂ©ra La FlĂ»te enchantĂ©e
 Il n’y a pas de mystĂšre, l’esprit du divin Mozart, Ă  l’humour si particulier est dans ces pages plus giocoso que dramatiques, mĂȘme si l’ouverture de Don Juan fait grand effet. C’est donc la jubilation qui termine la premiĂšre parte du concert avec une impression de facilitĂ© et de simplicitĂ©.

 

 

En deuxiĂšme partie, le Sextuor de Mozart en forme de sĂ©rĂ©nade pour 2 clarinettes, 2 bassons et 2 cors nous ramĂšne en paysages connus. La parfaite Ă©coute et l’intelligence du mariage des timbres fonctionne Ă  merveille et l’équilibre entre tous est d’ une parfaite musicalitĂ©. Nous dĂ©couvrons la forte prĂ©sence des bassons de Gilbert Audin et Marie Boichard comme la grande dĂ©licatesse des deux cors grĂące Ă  David Guerrier et Benoit de Barsony. Tandis que les deux clarinettes se complĂštent : Paul Meyer souverain enchanteur, secondĂ© par le jeune Carlos Fereirra dont le potentiel se devine. Pour terminer le concert c’est le jeune et talentueux Trio KarĂ©nine qui prend place sur l’estrade. L’enregistrement qu’ils ont rĂ©alisĂ© du trio de Ravel Ă©tait dĂ©jĂ  de trĂšs bon augure, mais il faut ĂȘtre devant eux pour percevoir toute cette Ă©coute, cette attention intime Ă  l’autre, cette sensibilitĂ© subtile qui les unit. L’émotion dĂ©licate qui parcourt le jeu du violoncelliste est au bord de la rupture ; la sonoritĂ© est pleine et belle mais peut aller vers une nuance infinitĂ©simale. Le violon est pur, dans des zones cĂ©lestes. Et le piano socle inĂ©branlable, puissance rythmique tellurique. Des qualitĂ©s complĂ©mentaires qui permettent une interprĂ©tation remarquable et inoubliable du Trio de Ravel. Tout particuliĂšrement la maniĂšre de construire et dĂ©graisser la Passacaille nous permet de juger de la puissance expressive de chaque musicien lorsqu’il prend possession du thĂšme, puis l’amplitude sidĂ©rante qui naĂźt de leur union avant de retrouver la puretĂ© noire du piano dans ses sonoritĂ©s graves pour finir ce mouvement lent. C’est le final qui revient Ă  la force de vie Ă©lĂ©mentaire. Vent, eau, feu, terre sont Ă©voquĂ©s par la richesse des sonoritĂ©s mĂȘlĂ©es avec une variĂ©tĂ© incroyable. Ravel a inventĂ© une sonoritĂ© Ă  trois, mouvante comme la vie. Le Trio KarĂ©nine parvient Ă  cette alchimie rare. Il a bien de l’hĂ©roĂŻne Ă©ponyme cette puissance expressive et la vie mĂȘme chevillĂ©e au corps.
Une trĂšs belle soirĂ©e qui nous conduit avec art et dĂ©licatesse vers l’un des sommets de la musique de chambre dans une interprĂ©tation de haut vol.

 

   

 

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COMPTE-RENDU, concert. Salon de Provence, ChĂąteau de l’ EmpĂ©ri , le 30 Juillet 2019. Nino Rota (1911-1979) : Trio pour clarinette, violoncelle et piano ; Piccola offerta musicale ; Rebecca Clarke (1886-1979) : PrĂ©lude, Allegro et pastorale pour alto et clarinette ; Wolfgang Amadeus Mozart ( 1756-1791) :  Don Juan , ouverture et airs arrangement de Joseph Tribensee ; Sextuor Ă  vents SĂ©rĂ©nade n° 11 K 375 ; Maurice Ravel ( 1875-1937) : Trio en la mineur M.67. Emmanuel Pahud, flĂ»te ; François Meyer, hautbois ; Paul Meyer, Carlos Ferreira, clarinettes ; Gilbert Audin, Marie Boicharde, bassons ; David Guerrier, Benoit de Barsony, cors ; Eric Le Sage, piano ; Aurelien Pascal, violoncelle ; Joaquin Riquelme Garcia, alto ; Trio Karenine : Fanny Robilliard, violon ; Louis Rodde, violoncelle ; Paloma Kouider, piano. Illustration : © Hubert Stoecklin.

 

   

 

COMPTE-RENDU, concert. ORANGE, Chorégies, le 29 juillet 2019. MAHLER : Symphonie n° 8. Orch National de France ; Orchestre philharmonique de Radio France / J.P. SARASTE

orange-choregies-2019-concert-mahler-symphonie-n-8-annonce-critique-concert-par-classiquenews-582COMPTE-RENDU, concert. ORANGE, ChorĂ©gies, le 29 juillet 2019. MAHLER : Symphonie n° 8. Orch National de France ; Orchestre philharmonique de Radio France / J.P. SARASTE. Les ChorĂ©gies d’Orange fĂȘtent leurs 150 ans. Ainsi le plus vieux festival de France (et du monde?) tel PhĂ©nix a retrouvĂ© toute sa vitalitĂ© une fois les difficultĂ©s financiĂšres dĂ©passĂ©es. Il faut dire que le public est toujours au rendez-vous et que les diffusions radiophoniques et tĂ©lĂ©visuelles ouvrent toujours plus largement la beautĂ© sublime Ă  un public Ă©largi. EmblĂšme de cette sublime beautĂ© offerte au grand nombre, ce concert en l’honneur des 150 ans des ChorĂ©gies, est Ă  marquer d’une pierre blanche. La Symphonie n° 8 de Mahler choisie est une Ɠuvre rare, exigeante, difficile Ă  monter. Loin des mille exĂ©cutants de la crĂ©ation, le plateau Ă©tendu devant le mur d’Auguste avait nĂ©anmoins ce soir fiĂšre allure. L’orchestre afin d’ĂȘtre conforme Ă  celui de la crĂ©ation Ă  Munich en 1910 dirigĂ© par Mahler, rĂ©unit les musiciens des deux orchestres de Radio France : le National de France dont la crĂ©ation remonte Ă  1934 et le Philharmonique de Radio France nĂ© en 1937. Souvent appariĂ©s, les musiciens en une alchimie de fraternitĂ© perceptible ont fait preuve d’un engagement permanent dans une splendeur instrumentale parfaite.

 

 

La 8 ùme symphonie de MAHLER à Orange

un idĂ©al du partage de la musique dans la paix et l’amour

 

 

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La puretĂ© des timbres, la subtilitĂ© des nuances et la profondeur des phrasĂ©s ont Ă©tĂ© un vĂ©ritable enchantement. Il faut dire que la direction Ă  la fois claire et enthousiasmante de Jukka-Pekka Saraste aurait fait mouvoir les antiques pierres du thĂ©Ăątre. Ce chef admirable, au geste noble, Ă  la maĂźtrise souveraine de toutes les subtilitĂ©s de la partition, est l’homme de la situation. FĂ©dĂ©rant l’orchestre avec une allure envoutante, il a su Ă©galement obtenir des chƓurs une beautĂ© Ă  couper le souffle, dans des nuances incroyables, dosant admirablement malgrĂ© le nombre des effectifs, les couleurs.
Les deux chƓurs professionnels, le Choeur de Radio France et le ChƓur Philharmonique de Munich (celui-lĂ  mĂȘme qui a participĂ© Ă  la crĂ©ation en 1910)  ont Ă©tĂ© parfaitement Ă©quilibrĂ©s avec une extraordinaire clartĂ© permettant de dĂ©guster la subtile spatialisation Ă©crite, par Mahler. Le ChƓur d’enfants, la MaĂźtrise de Radio France, placĂ© au centre, a su dĂšs sa premiĂšre intervention dĂ©velopper une magnifique puretĂ© vocale planant dans le ciel Ă©toilĂ© d’Orange. Proches du mur du fond de scĂšne, les voix des choeurs Ă©taient parfaitement projetĂ©es et l’orchestre pouvait ainsi moduler chaque nuance grĂące Ă  la subtile direction de Jukka-Pekka Saraste. Les solistes placĂ©s au devant du chef pouvaient projeter leurs voix sur l’écrin choral et orchestral.

Chaque soliste possĂ©dait une voix chevronnĂ©e, de format wagnĂ©rien ou straussien. La palme de la vaillance et de l’élĂ©gance revient Ă  Nikolai Schukoff, heldentĂ©nor qui connaĂźt parfaitement la partie de cette symphonie. Il semblait d’ailleurs dĂ©guster les parties chorales, musicales et celles des autres solistes, affichant son plaisir d’ĂȘtre lĂ . Mais bien des musiciens semblaient aussi dans un Ă©tat assez particulier ; ainsi l’organiste qui chantait les parties de chƓur et Ă©galement un timbalier.
Il est certain que l’idĂ©al d’un partage musical total a semblĂ© exister ce soir comme rarement. Ainsi la premiĂšre partie a aboli le temps; la gageure de renouveler en permanence la naĂŻvetĂ© de la joie contenue dans le texte latin millĂ©naire du Veni creator (partie I) a Ă©tĂ© gagnĂ©e haut la main. Jukka-Pekka Saraste en dirigeant relançait rĂ©guliĂšrement l’énergie du demi-millier d’interprĂštes : beautĂ©, puissance, Ă©nergie se donnant la main. Le Gloria final a galvanisĂ© le public qui exulte en applaudissements fervents.

C’est la deuxiĂšme partie qui a Ă©tĂ© le sommet de la soirĂ©e. En une construction thĂ©Ăątrale subtilement dosĂ©e, la montĂ©e progressive de l’émotion a Ă©tĂ© menĂ©e de mains de maĂźtre par Jukka-Pekka Saraste. D’abord la splendeur orchestrale permettant de dĂ©guster la richesse d’orchestrateur de Mahler avec des nuances subtiles et ses associations de timbres si Ă©mouvantes par leur originalitĂ©. Puis le tableau merveilleux du final de Faust, avec des mouvements discrets des solistes rentrant et sortant Ă©lĂ©gamment de scĂšne, ont permis de participer Ă  ce rituel sublime du sacrement de l’amour comme force de vie absolue.
ForĂȘts, ravins, montagnes, saintetĂ© des lieux Ă©levant l’homme, tout cet univers romantique a Ă©tĂ© suggĂ©rĂ© avec beaucoup de puissance d’évocation par l’orchestre idĂ©alement engagĂ©. Un exemple hallucinant est le frĂŽlement des cymbales, donnant presque Ă  percevoir un aspect de lumiĂšre cĂ©leste. De mĂȘme quelle splendeur des flĂ»tes, des cuivres subtiles et des cordes dans des pizzicati Ă©lastiques ! Et dans une variĂ©tĂ© de nuances incroyable !

AprĂšs ce superbe mouvement symphonique, l’entrĂ©e du chƓur en Ă©cho est porteur d’une Ă©motion troublante. C’est Ă  ce moment que l’évidence du lieux du concert est aveuglante : offert par plus de 400 musiciens en plein air, sous le ciel pur Ă©toilĂ© de Provence, devant un mur Ă  l’acoustique parfaite pour 9000 spectateurs ! L’entrĂ©e de Pater Ecstaticus permet d’écouter avec ravissement l’art de diseur du baryton Boaz Daniel avec une voix conduite Ă  la perfection. En Pater profondus, Albert Dohmen, a su rapporter les drames de ceux qui sont au bord du gouffre et appellent la lumiĂšre, avec une sombre voix de basse aux modulations admirables. La longue partie chorale dĂ©diĂ©e aux anges avec la participation si lumineuse de la MaĂźtrise a Ă©tĂ© visionnaire, permettant de rĂȘver Ă  toute cette Ă©vocation d’ailes sacrĂ©es. Nicolai Shukoff a Ă©tĂ© un Doctor Marianus trĂšs Ă©mouvant, alternant puissance et tendresse extatique dans une plĂ©nitude vocale Ă©clatante.

Quand le thĂšme de l’amour se dĂ©ploie aprĂšs les arpĂšges du piano sur un tapis de violon soutenu par les harpes, c’est comme si la lumiĂšre descendait sur nous tous. Le violon solo sublime, les chƓurs pianissimo, tout concourt Ă  la rencontre du sublime. Meagan Miler en Magna peccatrix, Claudia Mahnke en Mulier Samaritana et Gerhild Romberger en Maria Aegyptica, tour Ă  tour puis Ă  trois, font revivre les trois pĂ©cheresses avec Ă©motions et introduire la supplique qui accueille l’ñme de Marguerite, que Ricarda Merbeth incarne Ă  merveille avec sa voix riche et noble. La construction du final en une trĂšs belle progression dramatique, conduit Ă  l’apothĂ©ose mystique, vĂ©ritable exultation universelle.

Voila un CONCERT ÉVÉNEMENT qui restera dans bien des mĂ©moires : 9000 personnes sur place et les retransmissions radio et tĂ©lĂ©visuelles innombrables en plus. Nous nous rappellerons y avoir Ă©tĂ© pour participer Ă  ce dernier idĂ©al encore debout, celui du partage de la musique dans la paix et l’amour. IdĂ©al portĂ© par Mahler jusqu’à l’absolu lui qui est mort juste un an aprĂšs le concert triomphal de son chef d’ Ɠuvre ce qui lui a Ă©vitĂ© de dĂ©couvrir la destruction de la culture humaniste europĂ©enne en 1914 
 que toutes ses autres symphonies pressentaient. TransportĂ©, le public a exultĂ© aprĂšs un tel moment ! Ce fut une vĂ©ritable standing ovation bien mĂ©ritĂ©e !!!

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. ORANGE, ChorĂ©gies 2019. ThĂ©Ăątre Antique, le 29 juillet 2019. Gustave MAHLER ( 1860-1911) : Symphonie n°8 en mi bĂ©mol majeur dite « des mille ». Meagan Miler, soprano 1 : Magna peccatrix ; Ricarda Merbeth, soprano 2 : Una poenitentium ; Eleonore Marguerr soprano 3 : Mater gloriosa ; Claudia Mahnke, mezzo soprano : Mulier Samaritana ; Gerhild Romberger, alto : Maria Aegyptica ; Nikolai Schukoff, tĂ©nor: Doctor Marianus ; Boaz Daniel, baryton: Pater ecstaticus ; Albert Dohmen, basse : Pater profundus ; Orchestre philharmonique de Radio France. ChƓur de  Radio France, direction : Martina Batic ; Maitrise de Radio France, direction : Soji Jennin ; ChƓur philharmonique de Munich, direction : Andreas Herman ; Jukka- Pekka Saraste, direction. Illustration : ©  Ph. Grommelle

 

 

 

 

COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, le 7 Juillet 2019. Voix d’enfance, voix d’exil. MORETTI / LLINARES.

COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Chapelle des CarmĂ©lites, le 7 Juillet  2019. Voix d’enfance, voix d’exil. MORETTI. SEBASTIAN. LLINARES. En trio nos artistes,  chacun musicien rempli de talents et de dĂ©licatesse, ont su tenir le public en haleine en ce chaud aprĂšs midi de dimanche. Dans une somptueuse robe rouge, de sa voix lumineuse et son sourire irradiant,  Orianne Moretti a su dire et chanter avec une infinie poĂ©sie des textes dans de trĂšs nombreuses langues. L’enfance et l’exil sont de tous les peuples de la planĂšte !
Savoir ainsi varier et incarner si fortement toutes ces berceuses tient du grand art, car le thĂšme ne se renouvelle pas tant. Aucune lassitude jamais, au contraire un intĂ©rĂȘt constamment renouvelĂ©. L’art de dire le texte comme de dĂ©velopper un chant souple et suave, est admirable.

 

 

 

 

Berceuses et chants du Monde

 
 

 

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Aux cotĂ© de la cantatrice-actrice, deux instrumentistes ont Ă©tĂ© de vrais partenaires en Ă©motion et en musicalitĂ© rayonnante. Le guitariste SĂ©bastien Llinares est un artiste majeur. Je garde comme un trĂ©sor de musicalitĂ© sa version Ă  deux guitares des variations Goldberg de Bach ou son CD d’adaptations inoubliables d’Eric Satie. Le retrouver si engagĂ© aux cotĂ©s d‘ Orianne Moretti est un vrai bonheur. Leur musicalitĂ© est enivrante. Je ne connaissais pas l’art de la violoncelliste Maitane Sebastian et j’ai dĂ©couvert la mĂȘme sensibilitĂ© de poĂ©sie en musique. Le legato somptueux du violoncelle de Maitane SĂ©bastian soutenant Ă  la perfection la voix si claire d’Oriannne Moretti. La guitare de SĂ©bastien Llinares est Ă  la fois chant Ă©perdu et harmoniques profondes.
Nous avons pu entendre la voix a Capella, le violoncelle solo dans une suite de Bach et la guitare virtuose dans une fantaisie de Mudarra et un caprice de Tarrega. Mais c’est la berceuse corse finale les rĂ©unissant tous trois qui restera le message le plus beau et plus Ă©mouvant. C’est peut ĂȘtre bien la berceuse chantĂ©e par la voix maternelle qui est la source de tout exil. L’exil nĂ©cessaire et indispensable de notre propre enfance qui seule nous permet de vivre pleinement notre vie d’Homme acceptant ce dĂ©part dĂ©finitif des contrĂ©es de la toute petite enfance. Ce qui compte c’est de s’en souvenir mĂȘme vaguement, autant que de l’abandonner au passĂ©.
Remercions les trois admirables musiciens pour ce moment enchanteur, comme Catherine Kauffmann-Saint-Martin et son Ă©quipe pour l’organisation patiente de ces rencontres entre poĂ©sie et musique qui ont toute leur place dans cette extraordinaire Chapelle des CarmĂ©lites au plafond de bois peint si envoĂ»tant.
Le seul léger regret vient de la sonorisation du concert que la parfaite acoustique de la Chapelle ne réclamait pas.

 

 

COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Chapelle des CarmĂ©lites, le 7 Juillet  2019. Voix d’enfance, voix d’exil. MORETTI. SEBASTIAN. LLINARES critique concert opera festival classiquenews

 

 

 

 

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Compte rendu concert. Toulouse. Chapelle des CarmĂ©lites, le 7 juillet 2019. Musique en dialogue aux CarmĂ©lites : Voix d’enfance, voix d’exil. Orianne Moretti soprano ; Mainate Sebastian, violoncelle ;  SĂ©bastien Llinares, guitare.
Illustrations : © J.J. ADER

 

 
 

 

COMPTE-RENDU, OpĂ©ra. TOULOUSE, Capitole, le 20 juin 2019. MASSENET. Werther. Borras, Deshayes. JOEL / VERDIER.‹

GetAttachmentThumbnailCOMPTE-RENDU, OpĂ©ra. TOULOUSE, ThĂ©Ăątre du Capitole, le 20 juin 2019. J. MASSENET. Werther. N. Joel. J.F. Borras. K. Deshayes. A. Heyboer. F. Valiquette . Orchestre et Choeur du ThĂ©Ăątre du Capitole. J.F. VERDIER, direction. Revoir cette belle production de Werther mĂȘle attentes et nostalgie. Je garde en effet un souvenir Ă©mu et Ă©bloui du printemps 1997 quand je dĂ©couvrais Roberto Alagna dans ce rĂŽle. Rappelons que la production Ă©tait montĂ©e pour lui et que le monde entier nous enviait cette prise de rĂŽle. Tout avait Ă©tĂ© magique avec une distribution de rĂȘve et la dĂ©couverte d’une scĂ©nographie parfaite, de dĂ©cors simples et beaux, et de costumes sublimes. Tout cet aspect scĂ©nique se retrouve et la mise en scĂšne de Nicolas Joel n’a pas pris une ride, la beautĂ© plastique reste idĂ©ale. L’ action est situĂ©e fin XVIIIĂš, tout Ă©tant de bon goĂ»t, personne ne se lasse de la retrouver. Les lumiĂšres Ă©tant peut ĂȘtre encore plus rĂ©ussies.
La distribution est exemplaire et tout Ă  fait enviable, digne des scĂšnes internationales.

 

 

Bon goût, dictions idiomatiques


WERTHER DE GRAND STYLE AU CAPITOLE

 

 

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Si les voix sont superbes, nous y reviendrons, c’est le texte qui avec des dictions si idiomatiques, explose de vie et d’efficacitĂ© dramatique. Jean-Francois Borras qui a dĂ©jĂ  chantĂ© le rĂŽle sur scĂšne est trĂšs Ă  l’aise vocalement. Il distille un chant policĂ© et toujours Ă©lĂ©gant. Le timbre claire et lumineux rend Ă  Werther sa jeunesse quand des voix barytonantes exagĂšrent trop souvent le drame. Son Werther est jeune, capable de sourires et la noirceur est amenĂ©e par petites touches. La technique de la voix mixte lui permet de phraser et nuancer Ă  l’envie un rĂŽle qu’il fait sien sans efforts. L’émotion vient tard certes, mais la mort en devient absolument bouleversante. C’est probablement le jeu de l’acteur qui est encore trop maladroit. Mais qu’importe

Pour Charlotte, Karine Deshayes a elle aussi un timbre magnifique. La longueur de la voix lui permet de maĂźtriser tous les aspects vocaux du rĂŽle. La richesse des harmoniques est un vĂ©ritable enchantement, les couleurs sont infinies et de fines nuances dans des phrasĂ©s subtiles nous rappellent quelle belcantiste elle est ! Elle aussi dans le duo final atteint des sommets d’émotion. La Sophie de Florie Valiquette est toute de charme et de gaitĂ© comme il convient. AndrĂ© Heyboer est un Albert dĂ©jĂ  trĂšs embourgeoisĂ©. La voix a une nasalisation qui surprend mais de laquelle on ne fait rapidement plus cas.
Les autres rĂŽles sont au diapason, tous exacts de texte et bien en voix. Il est rare d’entendre Ă  ce niveau idiomatique un opĂ©ra français. La relĂšve est lĂ . Bravo !

 

 

L’Orchestre du Capitole est somptueux, juste un peu trop uniformĂ©ment sonore. La direction de Jean-François Verdier se souvient trop de l’admiration de Massenet pour Wagner. Orchestralement, nous aimons un Werther plus subtilement nuancĂ©. Mais quelle splendeur sonore et qui heureusement ne met pas les voix en danger. En tout cas le drame avance inexorablement avec l’orchestre ainsi dirigĂ© ! Voici une trĂšs belle production de Nicolas Joel qui devient un classique et que Christophe Ghristi a eu bien raison de nous proposer car il a su rĂ©unir une distribution francophone proche de la perfection vocale. Le fin de saison capitoline est enthousiasmante. Quelle magnifique saison elle couronne ! Et Ă  la rentrĂ©e 
 quelle nouvelle saison nous attend !

 

   

 

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Compte-rendu OpĂ©ra. Toulouse. ThĂ©Ăątre du Capitole. Le 20 Juin 2019. Jules Massenet (1842-1912) : Werther Drame lyrique en quatre actes d’aprĂšs Les Souffrances du jeune Werther de Goethe. Production de 1997. Nicolas Joel : Mise en scĂšne reprise par FrĂ©dĂ©rique Lombart ; Hubert Monloup : DĂ©cors et costumes ; Vinicio Cheli et Bertrand Killy : LumiĂšres ; Jean-François Borras : Werther ; Karine Deshayes : Charlotte ; AndrĂ© Heyboer, : Albert ; Florie Valiquette : Sophie ; Christian TrĂ©guier : Le Bailli ; Luca Lombardo : Schmidt ; Francis Dudziack : Johann ; CĂ©line Laborie : KĂ€tchen ; Matthieu Toulouse : BrĂŒhlman ; Maitrise du Capitole, Direction Alfonso Caiani ; Orchestre National du Capitole de Toulouse ; Jean-François Verdier : direction musicale. Photos © P. NIN

 
 

 
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Jean-François chante Werther ( © P NIN / Capitole de Toulouse 2019)