ChorĂ©gies d’Orange 2020 : tout sur le NET

ORANGE-2020-operas-critique-classiquenews-annonce-juillet-2020CHORÉGIES D’ORANGE 2020. A l’heure de la covid19, la circulation internationale des artistes Ă©tant rĂ©duite (probablement jusqu’à la fin de l’annĂ©e 2020), les ChorĂ©gies d’Orange se mettent au diapason de la mĂ©moire et propose une maniĂšre de rĂ©trospective, avec focus sur quelques unes des plus belles rĂ©alisations passĂ©es. Un retour sur
 en quelque sorte. Histoire des ChorĂ©gies sur le site et la page facebook (exposition photographique jusqu’au 23 juillet 2020 / 1979 – 2009 : 40 ans de photos rĂ©alisĂ©es par Philippe Gromelle : Quarante ans de photos aux ChorĂ©gies d’Orange retracĂ©s grĂące Ă  huit courtes vidĂ©os d’environ 5 minutes. Huit Ă©pisodes, qui traiteront chacun d’un thĂšme emblĂ©matique du festival lyrique:  «Musiques en fĂȘte», «MĂ©tamorphoses d’un opĂ©ra : de la maquette au spectacle», «Les voix lĂ©gendaires», «Les chefs d’orchestre  et les metteurs en scĂšne», «Les artistes prĂ©sents en 2020», «L’opĂ©ra le plus joué», «Les plus beaux  souvenirs de Philippe Gromelle» et «Le public des ChorĂ©gies») ; retransmisions sur France TĂ©lĂ©visions et culturebox de 3 productions emblĂ©matiques :

 

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OPERAS EN REPLAY  jusqu’au 19 dĂ©cembre 2020

VERDI : Il Trovatore (2015)
PUCCINI : Madama Butterfly (dĂšs le 4 juillet, Orange 2016)
VERDI : Requiem (dĂšs le 18 juillet 2020, Orange 2016)

et sur France Musique, programmes spĂ©cial ChorĂ©gies d’Orange, les 5 juillet, 12 juillet puis 1er aoĂ»t 2020.

Ă  venir
Ce n’est plus un secret, les ChorĂ©gies d’Orange 2021 prĂ©senteront SAMSON ET DALILA  de SAINT-SAËNS avec Roberto Alagna et Marie-Nicole Lemieux, Samedi 10 juillet 2021

 
 

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NOTRE AVIS

VERDI : Il Trovatore (Orange, 2015). Rien de confus ou alambiquĂ© dans l’opĂ©ra de Verdi : une lĂ©gende virile et fantastique qui narre la vengeance de la gitane mi sorciĂšre mi haineuse Azucena, laquelle recueille et Ă©lĂšve son « fils » Manrico ; celui ci aime Leonora, elle-mĂȘme adorĂ©e par le sombre et cynique Comte Luna. Manrico et Luna s’opposent, se haĂŻssent : Luna fait condamner Manrico par jalousie, avant d’apprendre de la bouche d’Azucena qu’il Ă©tait son frĂšre ; ainsi se venge la sorciĂšre dont le vĂ©ritable enfant a Ă©tĂ© tuĂ©, brĂ»lĂ© vif par le premier comte de Luna
 Ainsi se rĂ©alisent les haines de clans, sacrifiant les enfants pour venger l’honneur des parents.
Verdi exploite les ressorts dramatiques d’une sombre histoire familiale oĂč les enfants perpĂ©tuent la barbarie des parents. Transmission de l’esprit du soupçon, des manipulations et du mensonge, l’action est celle de la vengeance sourde mais inĂ©luctable
 DĂšs la premiĂšre scĂšne, l’histoire de l’enfant brĂ»lĂ© est contĂ©e par une basse chantante, hallucinĂ©e, pĂ©nĂ©trĂ©e par l’horreur qu’il professe

Azucena-manrico-Lemieux-Alagna-ORANGE-2015-critique-opera-VERDI-il-trovatore-classiquenewsLa production d’Orange 2015 rĂ©unit une distribution convaincante ; la Leonora de la chinoise Hui He est plus mezzo dramatique (d’une belle rondeur cuivrĂ©e quoique souvent imprĂ©cise dans ses vocalises) ; son ampleur renforce l’autoritĂ© d’un personnage, Ă©carte l’angĂ©lisme du rĂŽle ; sa Leonora a des accents plus maternels que rĂ©ellement juvĂ©niles, et mĂȘme de plus en plus sombres Ă  la fin ; le Manrico de Roberto Alagna a fiĂšre allure, ardent et enivrĂ© mĂȘme, incarnant la virilitĂ© tendre du jeune amoureux, comme l’ardeur loyal du fils, prĂ©sent Ă  sa mĂšre (air du feu, nerveux et tendu), pris dans les rets d’une haine familiale qui le dĂ©passe. Luna, sombre, jaloux, Ă  la rancƓur aigre, braise inquiĂšte dans l’ombre de la lumiĂšre des deux amants permet au baryton roumain Georges Petean d’épaissir son personnage, mais l’interprĂ©tation reste parfois trop sage ; heureusement Ă  mesure que l’action se dĂ©roule, ce jaloux frustrĂ© gagne une sincĂ©ritĂ© croissante. Tandis que la sorciĂšre de Lemieux atteint des Ă©clats tĂ©nĂ©bristes et graves dans le rĂ©cit de la mort de son fils croisĂ© avec le visage de sa mĂšre brĂ»lĂ©e vive
. Une trĂšs belle interprĂ©tation. La direction de de Billy est active, mais lourde et brutale ; et la mise en scĂšne de Charles Roubaud, routiniĂšre mais lisible, jusqu’à l’épure oratorienne Ă  la fin. DurĂ©e : 2h20mn.
Culturebox. En replay jusqu’au 27 dĂ©cembre 2020
https://www.france.tv/france-3/tous-a-l-opera-2018/966403-il-trovatore-de-verdi-aux-choregies-d-orange-2015.html

Roberto Alagna, Manrico
Hui He, Leonora
Marie Nicle Lemieux
George Petean, Comte de Luna
Orchestre National de France
Bertrand de Billy, direction
Charles Roubaud, mise en scĂšne

CD, Ă©vĂ©nement, critique. CHAUSSON le littĂ©raire / Musica Nigella : Chanson perpĂ©tuelle, La TempĂȘte, Concert opus 21 (1 cd Klarthe records)

klarthe-records-CHAUSSON-la-tempete-cd-critique-classiquenews_takenori-nemoto-ensemble-musica-nigella-chausson-le-litteraire-2020CD, Ă©vĂ©nement, critique. CHAUSSON le littĂ©raire / Musica Nigella : Chanson perpĂ©tuelle, La TempĂȘte, Concert opus 21 (1 cd Klarthe records)   –   On ne soulignera jamais assez le gĂ©nie d’Ernest Chausson, Ă©toile du romantisme français, fauchĂ© trop tĂŽt (Ă  44 ans). Ses Ɠuvres, certes peu nombreuses tĂ©moignent aux cĂŽtĂ©s des germaniques Liszt, Schumann, Brahms
, d’une aisance singuliĂšre Ă  l’époque du wagnĂ©risme gĂ©nĂ©ral, d’un tempĂ©rament unique et inclassable que le programme du disque Ă©ditĂ© par Klarthe Ă©claire avec raison. Comme Schumann entre autres, Chausson est grand lecteur et amateur de poĂ©sie (d’oĂč le titre « Chausson littĂ©raire »). Il frĂ©quente auteurs et Ă©crivains, dont Maurice Bouchor qui fournit le livret des PoĂšmes de l’amour et de la mer, cycle emblĂ©matique dĂ©sormais de la mĂ©lodie française.

Au menu de ce recueil opportun, 3 partitions, non des moindres : Chanson perpĂ©tuelle opus 37, ultime piĂšce de Chausson inspirĂ© par le texte de Charles Cros ; les musiques de scĂšne pour La TempĂȘte (d’aprĂšs Shakespeare) et le Concert pour violon, piano et quatuor Ă  cordes opus 21, composĂ© simultanĂ©ment Ă  son opĂ©ra Le Roi Arthus, et dont le prĂ©texte rĂ©alise une nouvelle de Tourgueniev. En petit effectif, l’ensemble Musica Nigella perpĂ©tue un certain art du chambrisme Ă  la française : dans les Ă©quilibres des plans sonores, le relief caractĂ©risĂ© des timbres instrumentaux auxquels se joint les deux voix (dans la TempĂȘte, associĂ©es dans le duo de Junon et CĂ©rĂšs), se dĂ©finit avec franchise, la forte sensibilitĂ© d’un Chausson, wagnĂ©rien proclamĂ© qui cependant reste un tempĂ©rament hexagonal, rĂ©solument tournĂ© vers la clartĂ© et la transparence. La prise live ajoute Ă  l’excellente caractĂ©risation du geste collectif, ce dans chaque sĂ©quence.

D’emblĂ©e la riche texture des cordes imprime Ă  Chanson PerpĂ©tuelle sa densitĂ© expressive, son ampleur orchestrale (Chauson n’a pas reçu pour rien l’enseignement de Massenet puis surtout la rĂ©vĂ©lation de la spiritualitĂ© Franckiste) ; et dans le sillon wagnĂ©rien, la lyre des cordes diffuse son caractĂšre de malĂ©diction tenace, de poison Ă©vanescent, comme en Ă©cho Ă  la douleur tragique de l’hĂ©roĂŻne du poĂšme de Cros. C’est la langueur perpĂ©tuelle et infinie d’une blessure Ă  jamais ouverte, tel Amfortas alangui, figĂ© dans son extase meurtrie. Le timbre sombre et cuivrĂ© de la soliste (ElĂ©onore Pancrazi), Ă  la fois sombre et relativement intelligible Ă©claire idĂ©alement cette lumiĂšre des tĂ©nĂšbres qui rayonne d’un bout Ă  l’autre.

La TempĂȘte impose immĂ©diatement son flux dramatique et une narrativitĂ© Ă©loquente en lien avec le texte passionnĂ© et naturaliste de Shakespeare. Musica Nigella en offre la restitution de la version de chambre que Chausson avait Ă©crite lui-mĂȘme (pour voix et 6 instruments : flĂ»te, violon, alto, violoncelle, harpe, cĂ©lesta) aux cĂŽtĂ©s de la version orchestrale mieux connue. Celle ci a bĂ©nĂ©ficiĂ© de ce premier Ă©tat dont la prĂ©sente lecture accuse la prodigieuse imagination du texte poĂ©tique ; y souffle le vent sur les flots, une mer bouillonnante, celle qui isole l’üle magique fantastique de la piĂšce shakespearienne, avec en gĂ©nie insaisissable et spirituel, le facĂ©tieux Ariel, esclave (asservi Ă  Prospero) et pourtant dĂ©itĂ© aĂ©rienne


Les instrumentistes savent articuler et caractĂ©riser chaque sĂ©quence de La TempĂȘte qui gagne ainsi un relief capiteux ; Ă©videmment d’abord par la voix d’Ariel (aĂ©rienne, invocatrice, suave) qui ouvre et conclut le cycle des 6 Ă©pisodes. La restitution pour instruments dont le cĂ©lesta apporte des couleurs infiniment poĂ©tiques Ă©clairant le personnage d’un esprit contraint Ă  servir le tyran de l’üle dans sa folie ; douĂ© d’une imagination sans limites, Ariel enchante et captive, comme le pur esprit Puck, complice des enchantements Ă©quivoques dans le Songe d’une nuit d’étĂ© du mĂȘme Shakespeare.  D’une partition fidĂšle au drame, les instrumentistes expriment le caractĂšre fantastique et profondĂ©ment langoureux qui plonge dans le mystĂšre ; le portrait d’Ariel atteint une Ă©paisseur rĂ©jouissante. L’équilibre et la voluptĂ© du son tout en complicitĂ© ressuscite la verve shakespearienne de Chausson.

 

 

Dirigé par Takénori Némoto, Musica Nigella
dévoile avec passion et vivacité

Ernest Chausson, littéraire et ténébriste


 

 

chaussonDense et dramatique, le Concert pour violon, piano et quatuor Ă  cordes opus 21 Ă©claire le travail spĂ©cifique de Chausson sur la forme concertante, dans l’esprit des Baroques français. La plasticitĂ© formelle qui met en scĂšne les divers instruments, en particulier le violon (la piĂšce crĂ©Ă©e en 1892 est dĂ©diĂ©e au lĂ©gendaire violoniste belge EugĂšne YsaĂże) jouant sur les combinaisons possibles dĂ©voile tout ce qui intĂ©resse alors le compositeur wagnĂ©rien, trĂšs fidĂšle Ă  l’esthĂ©tique cyclique de Franck : opposition, confrontation, dialogue virtuose et fulgurant des voix solistes ainsi entremĂȘlĂ©es. Libre et fantaisiste, l’opus 21 en quatre parties offre une maniĂšre d’alternative spĂ©cifiquement française au plan quadripartite de forme sonate lĂ©guĂ©e par les classiques viennois.

Le premier mouvement « dĂ©cidé » ouvre large et puissant le champs expressif entre gravitĂ© et tension mĂ©lancolique et aussi une ĂąpretĂ© mordante qu’enrichit une sonoritĂ© d’une suavitĂ© profonde comme envoĂ»tĂ©e. Le chant du violon, comme portĂ© par le piano d’une souplesse enivrĂ©e, libĂšre la tension ; il chante sans entrave en un jeu dialoguĂ© Ă  deux voix d’une ivresse Ă©perdue.
La Sicilienne, brĂšve voire fugace adoucit la tension du premier mouvement en une lĂ©gĂšretĂ© 
 trop fragile pour durer. Car le mouvement qui suit a occupĂ©, semble-t-il toutes les ressources du compositeur : c’est le sommet Ă©vident de la partition. S’y dĂ©ploie, tenace, en vagues lancinantes, amĂšres, toute la langueur Ă©tirĂ©e Ă  l’extrĂȘme d’un dĂ©nuement viscĂ©ral, Ă©noncĂ© en un glas lugubre ; ainsi ce 3Ăš mouvement ou « Grave » distingue dĂ©finitivement le mode introspectif quasiment hallucinĂ©, hagard que chĂ©rit tant Chausson soit plus de 10 mn d’un climat suspendu, noir presque inquiĂ©tant 
 il faut bien cette soie des tĂ©nĂšbres, au recul vertigineux qui semble traverser le miroir pour que jaillisse comme insouciante la progression palpitante du Finale « trĂšs animé » (mais ici parfaitement articulĂ©) oĂč rayonne enfin, dans la lumiĂšre, l’admirable double chant, violon / piano.

CLIC D'OR macaron 200L’intĂ©rĂȘt du disque relĂšve de la philosophie mĂȘme du label Klarthe ; favoriser l’émergence des nouvelles gĂ©nĂ©rations d’interprĂštes français (Musica Nigella est nĂ© dans le Pas de Calais en 2010) tout en assurant l’exploration d’oeuvres encore mĂ©connues et pourtant passionnantes, comme c’est le cas des 3 partitions ainsi dĂ©voilĂ©es. On connaĂźt mieux aujourd’hui, la symphonie en si bĂ©mol opus 20 (sommet orchestral de 1891, contemporaine ici du Concert opus 21), Soir de FĂȘte opus 32, le PoĂšme pour violon et orchestre opus 25
 Musica Nigella a eu le nez fin de s’investir dans la restitution de chacune des Ɠuvres ici abordĂ©es. L’apport est majeur. La rĂ©alisation fine et engagĂ©e, d’une permanente intelligence expressive et poĂ©tique. Autant de caractĂšres d’un ensemble superbement mĂ»r, rĂ©jouissant par sa complicitĂ© active.

 

 

 

 

 

 

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CD, Ă©vĂ©nement, critique. CHAUSSON le littĂ©raire / Musica Nigella : Chanson perpĂ©tuelle, La TempĂȘte, Concert opus 27 – (1 cd Klarthe records)
Enregistrement rĂ©alisĂ© en mai 2019 (Pas de Calais) – CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2020.

https://www.klarthe.com/index.php/fr/enregistrements/chausson-le-litteraire-detail

 

 

Musica Nigella
Takénori Némoto, direction musicale & reconstitution
Eléonore Pancrazi, mezzo-soprano (Chanson perpétuelle)
Louise Pingeot, soprano
Pablo Schatzman, violon
Jean-Michel Dayez, piano

Ernest Chausson
Chanson perpétuelle Op. 37 (1898)
La TempĂȘte Op. 18* (1888)
Concert Op. 21 (1891)

 

 

 

Approfondir

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Musica Nigella sur CLASSIQUENEWS, précédent cd édité par Klarthe (mai 2019) :

 

RAVEL exotique musica nigella critique cd annonce concerts classiquenews klarthe records critique classiquenews KLA083couv_lowCD, critique. RAVEL l’exotique. MUSICA NIGELLA (1 cd Klarthe records) – Belles transcriptions (signĂ©es TakĂ©nori NĂ©moto, leader de l’ensemble) dĂ©fendues par le collectif Musica Nigella : d’abord le triptyque ShĂ©hĂ©razade (1903) affirment ses couleurs exotiques fantasmĂ©es, tissĂ©es, articulĂ©es, soutenant, enveloppant le chant suave et corsĂ© de la soprano Marie Lenormand (que l’on a quittĂ©e en mai dans la nouvelle production des 7 pĂ©chĂ©s de Weill Ă  l’OpĂ©ra de Tours). En dĂ©pit d’une prise mate, chaque timbre se dessine et se distingue dans un espace contenu, intime, rĂ©vĂ©lant la splendeur de l’orchestration ravĂ©lienne ; dĂ©sir d’Asie ; onirisme de La FlĂ»te enchantĂ©e ; sensualitĂ© frustrĂ©e de L’indiffĂ©rent. La soliste convainc par son intelligibilitĂ© et la souplesse onctueuse de son instrument. LIRE la critique complĂšte Ravel l’exotique / Musica Nigella

GLUCK : Joyce DiDonato chante Iphigénie en Tauride

GLUCKPARIS, Pal Garnier. GLUCK: IphigĂ©nie en Tauride, 17 sept – 13 oct 2020. Chez les Scythes dont elle doit affronter et nĂ©gocier la barbarie permanente Ă  travers les exigences du roi Thoas, IphigĂ©nie en Tauride marque en mai 1779 le sommet de la carriĂšre parisienne de Gluck ; 5 ans aprĂšs son premier triomphe (IphigĂ©nie en Aulide, 1774). IphigĂ©nie en aulide Ă©voque le sacrifice programmĂ© de la princesse de MycĂšnes : face Ă  l’ordre de Diane outragĂ©e, Agamemnon le pĂšre s’incline, mais IphigĂ©nie montre sa mesure morale. Dans IphigĂ©nie en Tauride, plus tardive donc, Gluck traite l’exil d’IphigĂ©nie sauvĂ©e du sacrifice, sa retraite dans le temple de Diane, surtout ses retrouvailles avec Oreste, lequel est symboliquement l’agent de sa libĂ©ration. Concernant IphigĂ©nie en Tauride, le succĂšs parisien est immĂ©diat, Ă©clipsant mĂȘme l’ascension du favori napolitain Piccinni (lequel devra attendre encore avant de crĂ©er sa propre IphigĂ©nie, mais en 1781). La reprise de cette production adaptĂ©e par Warlikowski reste l’IphigĂ©nie de l’excellente Joyce DiDonato dont l’engagement expressif devrait Ă©clairer davantage les aspĂ©ritĂ©s et tiraillement du rĂŽle titre. La mezzo vient enregistrer sa lecture d’Agrippina de Haendel (coffret cd paru dĂ©but fĂ©vrier 2020 / rĂ©alisĂ© en mai 2019).

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PARIS, Palais Garnierboutonreservation
17, 20, 26, 29 sept, 2, 8, 11, 13 oct 2020
RÉSERVEZ VOS PLACES
directement sur le site de l’OpĂ©ra de PARIS
https://www.operadeparis.fr/saison-20-21/opera/iphigenie-en-tauride
Durée : 2h20 avec 1 entracte

 

 

 

Gluck : IphigĂ©nie en Tauride, 1779 – TragĂ©die lyrique en quatre actes.
Nicolas François Guillard, librettiste

Balthasar-Neumann-Chor
Balthasar Neumann Ensemble
Direction : Thomas Hengelbrock
Mise en scÚne : Krystof Warlikowski
Iphigénie : Joyce DiDonato
Oreste : Florian Sempey
Pylade : Stanislas de Barbeyrac
Thos : Laurent Naouri
Diane : Marianne Croux
Un Scythe : Christophe Gay
Iphigénie, rÎle non chanté, actrice : Renate Jett

 

 

 

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DĂšs 2008 sur la scĂšne du Palais Garnier, Warlikowski comme Ă  son habitude tire la couverture vers lui et fait de l’opĂ©ra de Gluck un objet thĂ©Ăątral quitte Ă  forcer le temps musical : IphigĂ©nie dĂ©truite aprĂšs son sacrifice dĂ©cidĂ©e par son propre pĂšre, est exilĂ©e en Tauride oĂč elle doit sacrifier chaque visiteur Ă©tranger Ă  la dĂ©esse dont elle est prĂȘtresse (Diane). Mais le poids de cette nĂ©cessitĂ© sanglante devient insupportable quand paraĂźt celui qui lui rappelle son frĂšre Oreste
 Le passĂ© et ses Ă©motions refoulĂ©es s’opposent Ă  la rĂ©alisation de la loi Ă©dictĂ©e par Diane : dĂ©chirements et douloureuse impuissance dans le cƓur de la jeune femme tiraillĂ©e
 VoilĂ  ce que met e lumiĂšre le travail de Warlikowski qui double la chanteuse d’une comĂ©dienne pour signifier sur les planches, le dĂ©doublement qui s’opĂšre dans l’esprit d’IphigĂ©nie.  VIDEO : https://www.youtube.com/watch?v=hikxNruv8-s (En 2008, avec Susan Graham incarne IphigĂ©nie).

 

 

 

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La 2Ú Iphigénie du Chevalier Gluck à Paris
L’AntiquitĂ© inquiĂšte

Les secrets de Gluck : une langue dĂ©pouillĂ©e, au relief Ă©purĂ©, touchant Ă  un essentiel dĂ©clamatoire qui fusionne avec l’enjeu de chaque situation ; un choeur noble et hallucinĂ© ; surtout ce continuum orchestral, qui dĂšs l’ouverture, affirme inquiĂ©tude et tension qui foudroient souvent par leur intensitĂ© fantastique. Un ballet final est ajoutĂ© (orchestĂ© par Gossec et chorĂ©graphiĂ© par Noverre). IphigĂ©nie II occupe l’affiche de l’AcadĂ©mie royale de musique pendant 90 soirĂ©es : un record emblĂ©matique de cette fiĂšvre Gluck Ă  Paris (puis plus de 400 en 
 1829).

Dans ce second volet de la vie d’IphigĂ©nie, Gluck poursuit son illustration de la lĂ©gendes des Atrides. Ici IphigĂ©nie croise la route de son frĂšre Oreste, le meurtrier de leur mĂšre Clytemnestre, infidĂšle de leur pĂšre. Gluck exprime les tourments et vertiges dĂ©vorants l’esprit du Grec qui endormi, est le proie des attaques psychique des furieuses EumĂ©nides
 (formidable tableau fantastique de l’acte II). Chez lui pĂšse le poids de la culpabilitĂ©. D’abord, la sƓur ne reconnait pas son frĂšre, jusqu’au sacrifice commandĂ© Ă  l’acte IV : alors qu’il avait exhortĂ© son ami / amant Pylade Ă  sa sauver et mourir sur l’autel de Thoas, Oreste, invoquant sa sƓur qu’il croit ĂȘtre morte en Aulide, se dĂ©voile alors aux yeux d’IphigĂ©nie : comme plus tard Strauss, dans Electra (qui reconnaĂźt elle aussi son frĂšre Oreste), Gluck orchestre les fabuleuses et dĂ©chirantes retrouvailles du frĂšre et de la sƓur
 EvidĂ©mment tout se finit bien et Pylade revenu Ă  la tĂȘte de l’armĂ©e grecque, sauve Oreste du sacrifice oĂč le condamnait Thoas. ProtĂ©gĂ© par Diane, Oreste rĂšgne Ă  MycĂšnes, inflĂ©chit les scythes qui doivent rendre aux grecs le culte de la dĂ©esse.

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Approfondir
Source : dans ses deux tragĂ©dies d’IphigĂ©nie, IphigĂ©nie Ă  Aulis et IphigĂ©nie en Tauride, Euripide portraiture la fille prĂ©fĂ©rĂ©e d’Agamemnon, roi de MycĂšnes et d’Argos. Vaniteux, Agamemnonse vante d’ĂȘtre meilleur chasseur que Diane, laquelle retient la flotte grecque qui souhaitait rejoindre Troie : il s’agit de reprendre aux Troyens et Ă  Paris (fils du roi Priam), HĂ©lĂšne, femme de MĂ©nĂ©las, roi de Sparte.
Chalcas le devin prĂ©cise que s’il veut apaiser la colĂšre de Diane outragĂ©e, Agamemnon doit lui sacrifier sa fille IphigĂ©nie. Le pĂšre n’hĂ©site pas : il fait venir IphigĂ©nie et sa mĂšre Clytemnestre Ă  MycĂšnes prĂ©textant de marier sa fille Ă  Achille, roi des Myrmidons.
IphigĂ©nie, consciente du destin collectif des Grecs et mesurant son fragile destin face Ă  l’histoire des Grecs, sa sacrifie volontiers, pourvu que son peuple puisse rejoindre Troie et venger l’honneur de l’époux spatiate, MĂ©nĂ©las.
Eschyle a contrario d’Euripide souligne la rĂ©sistance d’IphigĂ©nie Ă  l’ordre de son pĂšre : elle refuse d’ĂȘtre sacrifier (ce qui est reprĂ©sentĂ©e dans la fresque de PompĂ©i, reproduite ici). Portant la future sacrifiĂ©e, Ulysse mal Ă  l’aise, yeux au ciel et son fidĂšle ami, DiomĂšde ; Ă  leur droite, le devin sacrificateur Calchas, voix de Diane, exigeant le sacrifice de la princesse. Dans le ciel au dessus d’eux (Ă  gauche, Agamemnon drapĂ©, se cachant la face), Artemis Diane paraĂźt et dĂ©jĂ  touchĂ©e par la grandeur morale d’IphigĂ©nie, entend substituer Ă  la fille du roi, non pas une biche comme il est souvent dit, mais ici un cerf
 serait-ce Endymion transformĂ© ?)
 La fresque de Pompei s’inspire directement d’un canevas trĂšs cĂ©lĂšbre au IVĂš BC, celui du peintre Timanthe de Kitnos actif au IVĂšme siĂšcle av. J-C, louĂ© pour l’expressivitĂ© de ses personnages et pour l’intensitĂ© Ă©motionnelle qui s’en dĂ©gageait.
Au moment de son sacrifice par Agamemnon, Diane change la jeune fille par une biche innocente. Iphigénie doit rejoindre le temple de Diane en Tauride, devant y sacrifier tous les mùles étrangers qui y débarquent.
Dans des versions plus tardives, IphigĂ©nie en Tauride y retrouve son frĂšre Oreste, meurtrier coupable de leur mĂšre Clytemnestre ; bravant l’ordre meurtrier de Diane, le jeune femme fuit avec son frĂšre Ă  AthĂšnes. Morte, elle rejoint ensuite l’üle des Ă©lus bienheureux oĂč elle Ă©pouse Achille ; immortalisĂ©e, elle y est assimilĂ©e Ă  HĂ©cate, le triple dĂ©esse.
Gluck a trĂšs bien compris et mesurĂ© les ressources et le potentiel dramatique comme psychologique du drame d’IphigĂ©nie : face Ă  la barbarie apparente de la dĂ©esse, son exigence sanguinaire, la mortelle dĂ©montre une dignitĂ© morale exemplaire ; une tendresse aussi pour son frĂšre Oreste. Tout Ɠuvre Ă  humaniser l’hĂ©roĂŻne et la rendre dans l’esprit du spectateur, infiniment touchante, Ă  mesure que son destin sombre dans la tragĂ©die et l’innommable.

 

 

 
 

 

 
 

 

 

CD, critique. BEETHOVEN : Symph. 5 et 6 – Orchester Wiener Akademie, Martin Haselböck (1 cd Alpha 2018 – 2019)

beethoven-symphonie-5-et-6-re-sound-beethoven-14492ce1-ed79-4467-a54d-69a23c4d3802-wiener-akademie-haselbock-cd-critique-concert-classiquenews-300-finalCD, critique. BEETHOVEN : Symph. 5 et 6 – Orchester Wiener Akademie, Martin Haselböck (1 cd Alpha 2018 – 2019) – Comme une certaine version de Tosca dont chaque acte Ă©tait rĂ©alisĂ© dans les lieux fixĂ©s par l’action, ici l’Orchestre de l’AcadĂ©mie de Vienne / Orchester Wiener Akademie poursuit Ă  travers son cycle « Resound Beethoven » l’intĂ©grale des Concertos pour piano et des Symphonies enregistrĂ©s dans les lieux de leur crĂ©ation. Les 5Ăš et 6Ăš symphonies dont il est question ici concluent cette traversĂ©e patrimonialement authentique : les deux symphonies sont donc enregistrĂ©es dans le lieu de leur crĂ©ation le palais Niederösterreich Vienne ayant Ă©tĂ© un formidable tremplin pour la carriĂšre du jeune Ludwig qui avait quittĂ© Bonn sa ville natale pour Ă©tudier avec Haydn dans la capitale Habsbourg. Les qualitĂ©s de ce dernier enregistrement symphonique sont les mĂȘmes que celles dĂ©jĂ  constatĂ©es : Ă©panouissement sonore, ampleur et souffle de la spatialisation qui rĂ©tablit dans leur Ă©crin viennois, la formidable vitalitĂ© et l’esprit d’autodĂ©termination des opus. ‹L’abstraite et rien qu’énergique 5Ăš ou symphonie du destin, puis la plus narrative mais pas que descriptive 6Ăš « pastorale » : les deux partitions rendent compte idĂ©alement du gĂ©nie orchestral beethovĂ©nien. Formidable machine rythmique et pulsionnelle de la 5Ăš (dont tout le flux prĂ©pare Ă  l’éruption jubilatoire de l’Allegro final) ; captivante agrĂ©gation cellulaire qui dans la 6Ăš, au fur et Ă  mesure de son plan dramatique et organique, organise et structure le plan climatique de la symphonie.
haselbock-martin-resound-beethoven-orchester-wiener-akademie-cd-review-critique-cd-classiquenews-beethoven-2020Le chef viennois Martin Haselböck, organiste de formation, n’hĂ©site pas Ă  faire rugir les timbres, s’appuyant Ă©videmment sur la trĂšs forte identitĂ© naturelle des instruments historiques ; Ă  forcer le trait et la caractĂ©risation de chaque pupitre, dont surtout les vents et les bois, parfois de façon outrĂ©e, au dĂ©triment des nuances. avec certains tutti nettement et curieusement Ă©pais. Mais cela ne manque ni de nervositĂ© ni de tempĂ©rament. L’intensitĂ© et la volontĂ© y sont extraverties, parfois furieusement mise en avant. C’est servir franchement l’impĂ©tuositĂ© d’un Beethoven rĂ©volutionnaire. Pour autant le poĂšte si dĂ©licat dans l’expression de la magie pastorale de la 6Ăš est-il Ă©galement dĂ©fendu et audible ici ? Saluons la prise de son, idĂ©alement spatialisĂ©e qui confĂšre au IIĂš tableau de la Pastorale par exemple (Szene am bach / scĂšne au ruisseau – andante molto moto) sa fluiditĂ© continue dans une ambiance rĂ©ellement enveloppante. Tout n’est donc pas Ă  rejeter ici, loin de lĂ .

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CD, critique. BEETHOVEN : Symph. 5 et 6 – Orchester Wiener Akademie, Martin Haselböck / «  resound Beethoven », vol. 8 (1 cd Alpha 2018 – 2019)

CD, critique. JS BACH : Passion selon Saint-Matthieu (Gli Angeli, McLeod – 1 cd CLAVES, avril 2019)

bach js matthaus passion gli angeli stephan macleod cd critique review cd classiquenews 7619931301228_frontcover_grandeCD, critique. JS BACH : Passion selon Saint-Matthieu (Gli Angeli, McLeod – 1 cd CLAVES, avril 2019). Voyons d’abord les enjeux de la partition et ce qu’en souligne les interprĂštes…  Le nouvel ensemble genevois crĂ©Ă© par le baryton Stephen MacLeod, un habituĂ© du monde des cantates et des passions de JS BACH pour les avoir chantĂ© partout dans le monde sous la direction des chefs les plus aguerris dans ce rĂ©pertoire, aborde l’Everest du Baroque sacrĂ© (avec la messe en si). DonnĂ©e dĂšs le Vendredi Saint 1727 Ă  Saint-Thomas, avec ses orgues, chƓurs, continuos doubles, dans les deux tribunes du vaisseau Ă  Leipzig, la Passion selon saint-Matthieu est bien cette formidable machine fraternelle rayonnant de tendresse et de compassion. AprĂšs la Saint-Jean (1724), moins dĂ©taillĂ©e, plus abstraite, la Saint-Matthieu en deux parties, exprime les Ă©tapes de la Passion de JĂ©sus, mais sans emprunter Ă  l’opĂ©ra, selon le cadre strict des autoritĂ©s religieuses de Leipzig. Tandis que l’EvangĂ©liste (tĂ©nor) narre directement les faits, les textes additionnels de Picander, sollicitĂ© par Bach pour les arias, ariosos, choeurs (soit 12 chorals, repĂšres pour le fervent luthĂ©rien) explore les champs de la ferveur chez ceux qui reçoivent le message Ă©vangĂ©lique : la poĂ©sie implique l’auditeur en un acte de participation et de compassion Ă  chacune des situations du drame christique. JĂ©sus humain souffre dans sa chair (Mon Dieu pourquoi m’as tu abandonnĂ©?). Pourtant le traitement musical, s’il doit s’écarter des ficelles de l’opĂ©ra, souligne les points forts de la narration : foule haineuse contre solitude impuissante et doloriste de JĂ©sus. L’abandon, la souffrance, le dĂ©sespoir y sont particuliĂšrement aiguisĂ©s
La vision est trĂšs fouillĂ©e, abordant sans complexe la riche symbolique des deux choeurs d’ouverture et de conclusion par exemple: au dĂ©but, opposition dialectique entre l’Agneau de Dieu, innocent mais sacrifiĂ© ; et l’humanitĂ© errante, coupable, aveugle, en perdition ; dans le dernier chƓur, dĂ©ploration sur la mort de JĂ©sus porteur du salut, quand est refermĂ© son tombeau (dissonance Ă  peine audible)

Tout cela se lit dans la conception collective et trĂšs humaine de MacLeod ; le chef baryton confirme connaĂźtre la partition, ses enjeux, son sens profond. Surtout sa fonction cathartique qui implique les fervents : musiciens et public. Luther ajoute la nĂ©cessitĂ© de vĂ©ritĂ© pour toucher l’audience rassemblĂ©e dans l’écoute de la Passion : chaque scĂšne christique doit ĂȘtre vĂ©cue (Ă  la façon des mystĂšres mĂ©diĂ©vaux). La fonction de la Passion de Bach est celle d’une immense et irrĂ©pressible compassion collective : l’auditeur doit souffrir et vivre chaque sentiment aux cĂŽtĂ©s / avec JĂ©sus. Son premier serviteur, Bach lui-mĂȘme, pĂȘcheur, humble et modeste.
Stephen MacLeod emporte ainsi sa fine Ă©quipe degli Angeli, il enregistre la partition, dans le prolongement d’une tournĂ©e de 5 concerts en Suisse, et privilĂ©giant surtout la continuitĂ© du drame (en des prises parfois de plus de 10 mn au studio afin de prĂ©server la tension flexible et continue d’un seul tenant). Le texte est bien mis en avant.

Alors que penser de cette version qui s’inscrit dans plĂ©thore de lectures baroqueuses dĂ©jĂ  trĂšs impliquĂ©e et convaincante ? L’ÉvangĂ©liste de Werner GĂŒra n’est pas stylistiquement le plus prĂ©cis mais le rĂ©citant narrateur ne manque ni d’engagement ni de mordant. Il invective, prend Ă  tĂ©moin, vivife le fil narratif.
Parmi les solistes de ce drame trĂšs incarnĂ© – le propre de la musique instrumentale de Bach et des textes ajoutĂ©s, rĂ©alisĂ©s par Picander Ă  la demande du compositeur : l’alto Alex Poter, droit, ardent, intense, brillant comme un mĂ©tal poli exprime les pleurs de JĂ©sus trahi par Pierre (CD2,plage 9). ; la soprano incandescente et si naturelle Dorothee Mields (plage 22) qui rayonne, elle aussi feu ardent, claire articulation, sans maniĂ©risme d’une Ăąme terrassĂ©e par l’amour de JĂ©sus, sa dĂ©termination Ă  mourir pour sauver. Poter / Mields sont les meilleurs arguments de la version genevoise. CĂŽtĂ©s voix basses, Stephan MacLeod entraĂźne son Ă©quipe dans la caractĂ©risation toujours sobre du texte ; mais on aimerait que la basse BenoĂźt Arnould (JĂ©sus) exprime plus d’émotion (plage 57) : l’air ardent, implorant mĂȘme par la douceur rĂ©confortante de la croix y dĂ©ploie une voix certes ronde, noble, moelleuse mais bien peu inscrite dans le drame et les tiraillements du texte. Comme dĂ©simpliquĂ©e, dĂ©jĂ  transcendĂ©e par la RĂ©surrection finale?).

La lecture soigne le relief des instruments solistes (flĂ»tes, hautbois, 
) et favorise la rĂ©alisation inĂ©dite de certains airs : comme celui pour alto fĂ©minin (plage 52) dont le texte dit la souffrance dont le coeur est un calice, pour la dignitĂ© des victimes. L’appui expressif des instruments, les accents renouvellent notre connaissance de l’air.

TrĂšs fouillĂ©e et offrant des Ă©quilibres instrumentaux inĂ©dits, la lecture s’avĂšre intĂ©ressante mĂȘme ; parfois trop de prĂ©cision et de dĂ©tails restituĂ©s, dans un geste droit, le drame peine Ă  insuffler les arĂȘtes majeures de l’architecture, le souffle de la passion mystique. Mais le chƓur est tendu, expressif, recueilli ou dĂ©chainĂ© selon qu’il incarne le chƓur des fidĂšles ou la foule hystĂ©rique et haineuse
 Ce juste milieu entre une lisibilitĂ© continue, une expressivitĂ© globalement partagĂ©e par tous et un continuo plein, rond, trĂšs allant, font la valeur de cette lecture. Gli Angeli ? Un nom bien choisi pour la caresse chorale finale – angĂ©lique et sereine, qui referme le formidable livre de la Passion, dans l’espĂ©rance et la mort apaisĂ©e.

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CD critique. JOHANN SEBASTIAN BACH : MATTHÄUS-PASSION BWV 244. Gli Angeli (2 cd Claves records)

Werner GĂŒra, EvangĂ©liste
Benoit Arnould, JĂ©sus
Dorothee Mields, soprano I (Ancilla I)
Aleksandra Lewandowska, soprano II (Uxor Pilati)
Sarah Van Mol (Ancilla II)
Alex Potter, alto I | Marine Fribourg, alto II (Testis I)
Thomas Hobbs, ténor I | Valerio Contaldo, ténor II (Testis II)
Stephan MacLeod, basse I (Judas, Pontifex II, Pilatus) | Matthew Brook, basse II (Petrus, Pontifex I)

GLI ANGELI / Solistes instrumentaux
Alexis Kossenko, Sarah van Cornewal et Jan Van den Borre, flûtes
Emmanuel Laporte et Katharina Andres, hautboisLeila Schayegh et Eva Saladin, violons
Romina Lischka, viole de gambe

/ Continuo
Tomasz WesoƂowski, basson
Ageet Zweistra et Dorine Lepeltier, violoncelles
Michaël Chanu et Cléna Stein, contrebasses
Francis Jacob et Maude Gratton, orgues
Bertrand Cuiller, clavecin

Maßtrise du Conservatoire Populaire de Musique, Danse et Théùtre de GenÚve, Petits Chanteurs de la Schola de Sion, Maßtrise Musique Ecole du Conservatoire de Lausanne

Stephan MacLeod, direction

https://www.claves.ch/collections/all-albums/products/bach-matthaus-passion

CD événement, annonce. OTELLO par JONAS KAUFMANN (1 cd SONY classical)

otello jonas kaufmann pappano cd dvd critique classiquenews operaCD Ă©vĂ©nement, annonce. OTELLO par JONAS KAUFMANN (1 cd SONY classical). Sony classical reporte la date de sortie du nouvel enregistrement d’OTELLO de Verdi, avec Jonas Kaufmann : date Ă  venir. AprĂšs un prĂ©cĂ©dent dvd Ă©galement dirigĂ© par Antonio Pappano. C’était Ă  l’étĂ© 2017 quand la Royal Opera House produisait une nouvelle production d’Otello dans la mise en scĂšne de Keith Warner et avec la prise de rĂŽle la plus attendue alors de la planĂšte lyrique, cette nouvelle lecture de l’opĂ©ra verdien demeure l’Ă©vĂ©nement lyrique 2020 attendu dans les bacs. Pour nous, le dvd pointait la faiblesse des partenaires du tĂ©nor devenu lĂ©gende vivante (les Desdemona et Iago insuffisants de respectivement Maria Agresta et Marco Vratogna). A contrario l’Otello fauve, crĂ©pusculaire, Ă  la raucitĂ© poĂ©tique de fĂ©lin condamnĂ© tissĂ© par l’excellent Kaufmann tire la couverture vers lui


 

 

CLIC D'OR macaron 200Pour autant, toute production lyrique est le fruit d’un collectif. Qu’en sera-t-il dans cette version pour le disque ? Le chef Antonio Pappano aura-t-il rĂ©uni autour de lui un cast plus cohĂ©rent et unifiĂ© autour de l’implication viscĂ©rale, presque animale qu’en offre l’impeccable verdien Jonas Kaufmann ? LIRE notre critique complĂšte d’OTELLO par JONAS KAUFMANN (2 cd Sony classical) / CLIC de  CLASSIQUENEWS, Ă©tĂ© 2020 :

 

 

otello jonas kaufmann pappano cd dvd critique classiquenews operaCD Ă©vĂ©nement, critique. VERDI : OTELLO. Kaufmann, Lombardi; Pappano (2 cd SONY classical, 2019). D’emblĂ©e c’est le sens du dĂ©tail et le souffle cinĂ©matographique instillĂ©s par la direction d’Antonio Pappano qui s’avĂšrent prenants d’un bout Ă  l’autre. Le chef, directeur musical de la ROH Ă  Londres et aussi des troupes romaines de Santa Cecilia, emporte toute l’équipe, dĂšs l’amorce de la tempĂȘte initiale, dĂšs les premiers dialogues viriles : Otello, Cassio, Iago, comprenant aussi l’excellent choeur dont « Fuoco di gioà » souligne le mordant dramatique, le sens du verbe, l’énergie collective. Avant Pappano, Rome avait dĂ©jĂ  accueilli une somptueuse version, Ă  juste titre lĂ©gendaire, rĂ©unissant il y a 60 ans, Jon Vickers, Leonie Rysanek, Tito Gobbi, sous la baguette Ă©ruptive, expressionniste de Tullio Serafin. La complicitĂ© des interprĂštes de 2019 explose dans cette arĂšne vive oĂč Verdi Ă©voque la folie shakespearienne dont Otello est la victime le plus effrayante et bouleversante. Celui pour lequel la culpabilitĂ© de DesdĂ©mone ne fait aucun doute…

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otello-dvd-jonas-kaufmann-verdi-critique-DVD-opera-par-classiquenews-antonio-pappano-ROyal-opera-house-londres-la-critique-opera-par-classiquenewsLIRE aussi notre critique du DVD OTELLO par Jonas Kaufmann / Pappano, juin 2017 / Jonas Kaufmann (Otello), Marco Vratogna (Iago), Maria Agresta (Desdemona), FrĂ©dĂ©ric Antoun (Cassio), Kai RĂŒĂŒtel (Emilia), Thomas Atkins (Roderigo), Simon Shibambu (Montagno), In Sung Sim (Lodovico), ChƓur et Orchestre du ROH Covent Garden, dir. Antonio Pappano, mise en scĂšne : Keith Warner (Londres, 28 juin 2017).
http://www.classiquenews.com/dvd-evenement-verdi-otello-jonas-kaufmann-londres-roh-juil-2017-1-dvd-sony-classical/

 

   

 

TOURCOING. La Cambiale di Matrimonio de ROSSINI Ă  L’Atelier Lyrique

TOURCOING, ROSSINI : La Cambiale di Matrimonio, 20 – 24 mars 2020. FidĂšle Ă  LA COMMEDIA DELL’ARTE, l’opera buffa de Rossini met en musique le fameux trio loufoque, tragicomique du barbon Ă©pais, rustre auquel sont opposĂ©s un couple de jeunes amoureux

rossini-portrait-gioachino-rossini-bigDe fait, l’histoire met en scĂšne un riche nĂ©gociant anglais qui vend par correspondance sa fille unique (amoureuse d’un pauvre) Ă  un riche propriĂ©taire canadien
 ce dernier au dĂ©but de l’opĂ©ra, dĂ©barque du nouveau monde, dans l’ancien pour prendre possession de son « bien ». D’une situation assez choquante, surgissent maints effets de thĂ©Ăątre, ceux que Rossini adore : quiproquos, menace de mort, coups de thĂ©Ăątre, duel aux pistolets, en un dĂ©lire effrĂ©nĂ© et jubilatoire. La farce mĂȘme si elle se termine bien, produit plusieurs situations tendues voire touchante, qui rĂ©vĂšlent le cƓur et l’ñme de certains personnages.
Rossini aime les renversements salvateurs : ainsi le jeune et pauvre amoureux deviendra riche et épousera la belle ; tandis que permanence des positions sociales ùprement défendues, depuis des lustres, « les vieux riches » (le négociant et le Canadien) seront certes déçus, mais toujours riches ! précise Laurent Serrano, metteur en scÚne.

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ROSSINI : La Cambiale di Matrimonio
reprise du spectacle présenté en 2016
Vendredi 20 mars 2020 / 20 h
Dimanche 22 mars 2020 / 15 h 30
Mardi 24 mars 2020 / 20 h
Tourcoing, Théùtre Municipal R. Devos

RÉSERVEZ VOS PLACESboutonreservation
directement sur le site de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/la-cambiale-di-matrimonio/

 

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Gioacchino Rossini (1792-1868)
La Cambiale di matrimonio
Le Mariage par lettre de change
Farce créée au Théùtre San MoisÚ à Venise en 1810
Livret de Gaetano Rossi
Création Atelier Lyrique de Tourcoing  2016

Direction musicale : Emmanuel Olivier
Mise en scĂšne : Laurent Serrano

Tobia Mill, un commerçant anglais : Sergio Gallardo
Fanny, fille de Mill : Clémence Tilquin
Edoardo, amant de Fanny : Jérémy Duffau
Slook, agent de Mill au Canada : Nicolas Rivenq
Norton, caissier de Mill : Ugo Guagliardo
Clarina, secrétaire : Pauline Sabatier

La Grande Écurie et la Chambre du Roy
(Fondateur Jean Claude Malgoire)

CD événement, critique. MOZART / JEAN MULLER : Sonates Vol.2 (1 cd HÀnssler)

muller-jean-piano-hanssler-sonatas-mozart-review-annonce-cd-critique-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. MOZART / JEAN MULLER : Sonates Vol.2 (1 cd HĂ€nssler – 2016) – Les 4 Sonates de ce vol 2, Ă©clairent la prodigieuse vitalitĂ© inventive de Wolfgang, alors adolescent, souvent touchĂ© par la grĂące, Ă  Munich puis Mannheim
 Ainsi se prĂ©cise l’idĂ©al des LumiĂšres, celui prĂ©classique et galant des annĂ©es 1770 qui confirme le style europĂ©en de Mozart. C’est une Ă©criture dont la perfection formelle souvent aimable et virtuose n’écarte ni profondeur ni sincĂšre tendresse. Jean Muller, pianiste remarquablement articulĂ©, d’une volubilitĂ© rĂ©jouissante, Ă  l’acrobatie Ă©lastique aux milles nuances, poursuit ce qui s’annonce comme un intĂ©grale des Sonates mozartiennes, aprĂšs un vol 1 Ă©galement Ă©ditĂ© chez HĂ€nssler.

Respectons la chronologie mozartienne. Les Sonates munichoises du cd constituent un corpus de 6, celle Ă©crites Ă  Munich oĂč Mozart sĂ©journe avant Mannheim, vers 1774-1775. A 19 ans, alors sur le mĂ©tier de La Finta Giardiniera, Wolfgang Ă©blouit par la richesse de son inspiration qui explore et expĂ©rimente autant Ă  l’opĂ©ra que dans le genre sonate.
La K 282 est l’une des plus facĂ©tieuses et enjouĂ©es, riche en surprises, et aussi en suspense (dĂ©but du Menuetto). Mozart s’y rĂ©vĂšle un frĂšre artistique proche de l’humour de Haydn son ainĂ©. Mais le dĂ©but de l’Adagio placĂ© en premier mouvement, surprend tout autant pas sa dĂ©licatesse pudique Ă  laquelle la digitalitĂ© de Jean Muller apporte une fluiditĂ© bondissante et rafraĂźchissante qui donne l’impression d’une section scherzando comme improvisĂ©e.

 

 

 

 

Finesse, humour, virtuosité  les Sonates de Mozart rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©es

Jean Muller, superbe mozartien

 

 

La K 279 trahit une conception encore baroque tardive dans l’écriture qui rappelle Ă©videmment le clavecin et ses effets d’un flux non continu mais dĂ©roulĂ© par sĂ©quences. Jean Muller rĂ©ussit Ă  Ă©quilibrer sĂ©duction digitale et subtilitĂ© expressive. Le charme et l’élĂ©gance qu’y dĂ©ploient Mozart, restent emblĂ©matique de son raffinement naturel comme de sa prodigieuse versatilitĂ© (Ă©clats de rire dans le premier Allegro ; plis et replis d’une pudeur prĂ©servĂ©e dans le chant lumineux et presque secret de l’Andante).

La K 284 couronne le cycle des 6 Sonates munichoises. C’est la plus longue et la plus redoutable techniquement. Son premier mouvement dĂ©ploie une architecture et un souffle orchestral. Le mouvement lent est un Rondeau en polonaise, subtil et intĂ©rieur (le jeu dĂ©ploie un veloutĂ© suggestif).
La volubilitĂ© et la versatilitĂ© de Mozart redoublent d’intensitĂ©, en particulier dans le mouvement final et ses 12 variations, miroir d’une inspiration virtuose et sans limites qui sur le rythme d’une gavotte faussement badine, enchaĂźne les acrobaties les plus audacieuses. L’imagination de Mozart va plus loin encore qu’auparavant ; le pianiste libĂšre toutes les facettes d’une prodigieuse inventivitĂ© (finesse Ă©thĂ©rĂ©e, voire cĂ©leste de la variation 11, Adagio cantabile). Toutes les ressources de la technique et de l’écriture visent la sincĂ©ritĂ© et atteignent Ă  une justesse de ton, jamais artificielle.

Mozart_1780Comme un concentrĂ© d’équilibre, Jean Muller place en ouverture de son programme la trĂšs aimable Sonate K 311. En 1777, Mozart apprend et assimile les caractĂšres de l’école de Mannheim : nervositĂ©, expressivitĂ©, Ă©lĂ©gance et flexibilitĂ©, surtout intense dramatisme qui explique combien l’écriture orchestrale et aussi comme ici pianistique, s’y trouve proche de 
 l’opĂ©ra. Dans sa vie personnelle, Mozart trouve Ă  Mannheim, l’amour, au contact de la famille Weber, d’abord Ă©pris de Aloysia, puis de sa sƓur Constanze, sa future Ă©pouse. Energie, exaltation, profondeur et tendresse s’entendent dans la K 311: souffle orchestral du premier mouvement ; duetto amoureux de l’Andante con espressione ; ivresse dansante du Finale. Jean Muller cisĂšle en particulier l’articulation des climats du Rondeau final (Allegro) dont il exprime avec une prĂ©cision quasi Ă©lectrique la diversitĂ© des sĂ©quences ; la palette expressive s’embrase mais toujours avec une Ă©lĂ©gance intĂ©rieure rĂ©jouissante. L’agilitĂ© mozartienne, sa volubilitĂ© virtuose se manifestent clairement de l’un Ă  l’autre mouvement. Et l’interprĂšte grĂące Ă  une articulation qui soigne les phrasĂ©s (admirable suspension millimĂ©trĂ©e des reprises et des fins de phrases), insuffle un idĂ©al d’élĂ©gance tout au long d’un jeu pourtant expressif et trĂšs contrastĂ©. PĂ©tillant et flexible.
CLIC D'OR macaron 200Ce recueil est une grande rĂ©ussite. Jean Muller se montre un orfĂšvre du style et de la nuance. GoĂ»t maĂźtrisĂ© du risque ; comme nous l’avons soulignĂ© beautĂ© des phrasĂ©s souverains ; flexibilitĂ© ronde et facĂ©tieuse, prĂ©servent ici l’urgence, la profondeur, la passion. Ce Mozart est aussi tendre, intense que mĂ»r et ambitieux. Passionnant. On attend la suite avec impatience. Parution : fĂ©vrier 2020.

 

 

 
 

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CD Ă©vĂ©nement, critique. MOZART / JEAN MULLER : Sonates Vol.2 : K 311, K 282, K 279, K 284 (1 cd HĂ€nssler – enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Luxembourg, aoĂ»t 2016) – CLIC de classiquenews de fĂ©vrier 2020.

 
 

LIRE AUSSI notre dĂ©pĂȘche annonce du cd MOZART VOL 2 par Jean MULLER (HĂ€nssler)

 

 
 

 

LIRE AUSSI notre ENTRETIEN avec JEAN MULLER

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Les noces de l’humour et de l’Ă©lĂ©gance

 

 

ENTRETIEN avec JEAN MULLER, piano. A l’occasion de son 2Ăš volume des Sonates de Mozart Ă©ditĂ© par HĂ€nssler (fĂ©vrier 2020), le pianiste luxembourgeois Jean Muller rĂ©pond aux questions de CLASSIQUENEWS. L’intĂ©grale en cours et qui comprendra Ă  l’horizon 2022 (printemps) 5 volumes, s’annonce dĂ©jĂ  comme une version de rĂ©fĂ©rence, tant par la justesse des intentions poĂ©tiques, que l’éloquence articulĂ©e que sait y dĂ©ployer l’interprĂšte. Jean Muller a raison de souligner combien le classicisme de Mozart Ă  Vienne incarne un Ăąge d’or esthĂ©tique, oĂč la forme fusionne avec le sens. Rien n’est donc purement dĂ©coratif ici. Et malgrĂ© son jeune Ăąge, Wolfgang bouleverse Ă  bien des Ă©gards. C’est bien le propre du pianiste que d’éclairer ici, sur son propre Steinway D, la sincĂ©ritĂ© et la profondeur sous le masque de l’invention et aussi de la facĂ©tie. Entretien pour classiquenews.

 

 

 
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Illustrations : portrait de JEAN MULLER © Kaupo Kikkas
 
 

 

 

Judith et Holopherne du Caravage, le tableau redĂ©couvert (L’affaire Caravage : 2016 – 2019)

judith-et-holopherne-version-toulouse-2014-analyse-decouverte-film-classiquenews-2014-Giuditta_e_Oloferne_-_TolosaARTE, Dim 23 fĂ©v 2020, 17h30. C’est la redĂ©couverte d’un Caravage la plus spectaculaire, survenue Ă  Toulouse en 2014. Les Ɠuvres du peintre italien qui marque l’histoire de la peinture par son fort rĂ©alisme, son clair obscur dramatique et la violence pourtant poĂ©tique de ses sujets demeure l’un des gĂ©nies les plus saisissants de la peinture. Caravage a inventĂ© le langage baroque.

Grande toile, « Judith dĂ©capitant Holopherne », est la plus rĂ©cente Ɠuvre redĂ©couverte, attribuĂ© au maĂźtre du baroque Michelangelo Merisi, dit le Caravage (1571-1610). Les spĂ©cialistes internationaux discutent encore de son attribution : Caravage ou pas ? Dans le docu diffusĂ© par Arte, l’expert parisien Éric Turquin affirme sn authenticitĂ©. RĂ©alisé en 1607, le tableau, fascinant par son rĂ©alisme cru et son jeu de lumiĂšre, est alors estimĂ© entre 120 et 150 millions d’euros. N’hĂ©sitant pas Ă  crĂ©er un Ă©vĂ©nement retentissant pour faire monter les enchĂšres, la stratĂ©gie de l’expert Éric Turquin vise alors Ă  organiser une vente spectaculaire.
Caravage judith comparaison toile critique analyse caravage classiquenewsPourtant l’Ɠuvre, suscite encore des interrogations et divisent les experts et collectionneurs. Certes le visage de Judith, fiĂšre, dĂ©terminĂ©e marque les esprits ; mais le cou de la vieille qui porte entre ses mains, le drap sombre prĂȘt Ă  recueillir la tĂȘte dĂ©capitĂ©e, pose problĂšme
 Le vrai sujet du film reste la force poĂ©tique des oeuvres du Caravage dont la vie tumultueuse voire scandaleuse est Ă©voquĂ©. Homme des sujets passionnĂ©s et crus (ici une dĂ©capitation reprĂ©sentĂ© avec les filets de sang), Caravage suscite des rĂ©actions exacerbĂ©es de la part des collectionneurs et spĂ©cialistes qui l’admirent. Documentaire de FrĂ©dĂ©ric Biamonti (France, 2018, 1h27mn)

 

 

 

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En un Ă©pisode romanesque imprĂ©vu,  la toile finalement ne passera pas en salle des ventes Ă  Toulouse (enchĂšres annoncĂ©es en juin 2019) mais sera vendue de la main Ă  la main au profit d’un collectionneur privĂ© qui s’est proposĂ© ensuite de la dĂ©poser dans un grand musĂ©e .. lequel et quand ? A suivre.

  

  

 

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VOIR le TEASER sur ARTE :

https://www.arte.tv/fr/videos/082229-000-A/l-affaire-caravage/

 

 

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Illustrations : Judith décapitant Holopherne (toile découverte en 2014 dans un grenier de Toulouse)

 

 

 

 

 

 

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Sur le mĂȘme thĂšme, LIRE notre prĂ©sentation de l’oratorio vĂ©nitien Judith Triomphans de VIVALDI
http://www.classiquenews.com/judith-triumphans-de-vivaldi/
Illustrée par une autre version de Judith par Caravage (Rome, Palazzo Barberini)

 

 

 

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Judith dĂ©capitant Holopherne (version originale / 1598. Rome, Galleria Nazionale d’Arte Antica, Palazzo Barberini)
 

 
Caravage authentique ou copie d’époque ?

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La Judith de Toulouse, exposĂ©e un temps Ă  Milan, a Ă©tĂ© comparĂ©e avec une version originale jusque lĂ  connue, copie d’époque, propriĂ©tĂ© de la Banque Intesa Sanpaolo Ă  Naples. Le commissaire priseur enthousiaste estime quant Ă  lui que la toile de Toulouse est un original qui provient de l’atelier de Caravage Ă  Rome ou Ă  Naples : en 2017, Ă  l’occasion d’une confĂ©rence donnĂ©e au musĂ©e des Augustins devant 225 experts judiciaires, Marc Labarbe, commissaire-priseur Ă  Toulouse prĂ©cisait : « Claudio Falcucci et Rossella Vodret ont procĂ©dĂ© Ă  un examen scientifique du tableau, leurs dĂ©couvertes font pencher les experts vers un consensus en faveur de l’authenticité ». VoilĂ  qui est clair. La technique est la mĂȘme que les toiles rĂ©alisĂ©es Ă  Naples vers 1607, diagnostic Ă©tabli par Rossella Vodret qui a auscultĂ© plus de 22 toiles du maĂźtre. D’autant que la radiographie a rĂ©vĂ©lĂ© des repeints sous jacents, du mĂȘme type que ceux de la toile de Milan.

 

 

 

 

 

VOIR LE TEASER VIDEO

 

La dĂ©couverte d’un tableau du Caravage dans un grenier Toulousain – par MaĂźtre Labarbe et Eric Turquin (avril 2016)

 

 

 

 

 

Ce Caravage est un authentique :

 

 

Eric Turquin explique la dĂ©couverte de la toile
 et pourquoi il penche vers un original car les repeints encore visibles attestent d’une peinture qui a gardĂ© les marques d’une conception originale en cours d’affinage par le peintre lui-mĂȘme


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Livre événement, critique. Le Clavecin des Romantiques par Jean-Patrice BROSSE (éditeur BLEU NUIT, déc 2019)

brosse jeanpatrice livre critique review classiquenews clic de classiquenews bleu nuit editeur 9782358840927-475x500-1Livre Ă©vĂ©nement, critique. Le Clavecin des Romantiques par Jean-Patrice BROSSE (Ă©diteur BLEU NUIT, dĂ©c 2019)  -  Dans ce dernier tome de son histoire du clavecin, l’auteur met en lumiĂšre le destin du clavier baroque dĂšs la fin du XVIIIĂš, avec l’essor des nouveaux modĂšles ou pianoforte fortement concurrentiels ; l’instrument emblĂ©matique de l’Ancien rĂ©gime sous la RĂ©volution française, certes a Ă©tĂ© dĂ©truit, dĂ©testĂ© en raison de ce qu’il reprĂ©sentait ; mais l’auteur montre combien le clavecin s’est maintenu tout au long du XIXĂš, rĂ©vĂ©lant l’action de producteurs de concerts Ă  Paris (FĂ©tis, Prince de la Moskova, AmĂ©dĂ©e MĂ©reaux
) qui continuent de programmer les oeuvres de Rameau ou Couperin, suscitant mĂȘme l’enthousiasme des grands pianistes romantiques passionnĂ©s eux aussi par l’instrument et le rĂ©pertoire baroque ; le cas le plus emblĂ©matique reste Chopin, comme on le sait, passionnĂ© par JS Bach et aussi, ce qui est moins connu, François Couperin. Cette filiation avĂ©rĂ©e, passionnante n’est toujours pas abordĂ©e au concert : on s’en Ă©tonne toujours. Certains virtuoses du clavier romantique, jouent le clavecin comme Ignaz Moscheles (sur un Shudi) chez FĂ©tis d’ailleurs.

Ailleurs, ce sont les grands virtuoses du  piano qui cultivent une saine curiositĂ© pour les Baroques, jouant leurs piĂšces conçues pour le clavecin : Louis Farrenc et son Ă©lĂšve Marie Mongin (Rameau, Couperin, Bach), 
 tout cela conforte le goĂ»t de Berlioz qui n’a jamais goĂ»tĂ© rĂ©ellement le timbre ni les dĂ©lices de la mĂ©canique du clavecin. Pour lui quand un piano sonnait mal, il sonnait comme un clavecin qui « clapote »  voilĂ  qui est dit.

En dĂ©finitive, le goĂ»t du Baroque n’a jamais faibli tout au long du XIXĂš romantique ; saluons FĂ©tis et ses concerts parisiens qui dans les annĂ©es 1830 et jusqu’au milieu des annĂ©es 1850, programme encore les compositeurs baroques et aussi de la Renaissance dont Jannequin ! Pionnier et visionnaire FĂ©tis rĂ©vĂšle une sensibilitĂ© inouĂŻe aux timbres et Ă  l’aptitude des instruments Ă  jouer « leur » rĂ©pertoire ; il n’hĂ©site pas Ă  mesurer exactement en le discrĂ©ditant la pertinence d’un Erard s’agissant des partitions du Fitzwilliam virginal Book (qui regroupe une collection d’Ɠuvres anglaises signĂ©es Byrd, Bull, Gibbons, Morley
).

 

Des Ă©lĂ©ments mĂȘlĂ©s
 A contrario d’une histoire de l’art et de la musique oĂč tout s’enchaĂźne distinctement ; oĂč de nouveaux Ă©lĂ©ments prennent la place des anciens, l’auteur montre en rĂ©alitĂ© que tout se mĂȘle, se chevauche et souvent fusionne
. ainsi le clavecin, instrument royal Ă  l’époque des LumiĂšres perdure quand les premiers pianoforte affirment leur voix spĂ©cifique : incroyable rĂ©vĂ©lation que cet instrument double Ă  la fois clavecin et pianoforte, comportant deux claviers avec sautereaux et becs de plume, et un clavier dont les cordes sont frappĂ©es avec des marteaux ; les 2 esthĂ©tiques se mĂȘlent et peuvent ĂȘtre jouĂ©es par le mĂȘme musicien ; un tel « monstre fascinant » est prĂ©sent chez les Mozart ; il est aussi louĂ© par Diderot et D’Alembert dans leur EncyclopĂ©die mĂ©thodique (1785).

 

Les sociĂ©tĂ©s de musique ancienne Ă  Paris, comme les mĂ©cĂšnes ayant favorisĂ© ce goĂ»t de l’AntiquitĂ© sont Ă©voquĂ©es avec justesse. Les concertos de Poulenc ou de Falla n’émergent pas d’un contexte nouveau ; ils participent et prolongent d’une tradition qui n’a en rĂ©alitĂ© jamais cessĂ© de se maintenir. Dans ce regard qui efface bien des classements et compartimentations rĂ©ducteurs, l’auteur souligne l’apport de certaines Ɠuvres trĂšs riches en enseignement dans ce rapport continu au XVIIIĂš : ainsi Manon l’opĂ©ra de Massenet qui en 1884 cristallise la passion de l’époque pour un certain XVIIIĂš : l’ouvrage lyrique est nourri de danses baroques et de rĂ©fĂ©rences Ă©videntes, assumĂ©es.

CLIC D'OR macaron 200Erudit mais accessible, voire souvent passionnant, l’auteur Jean-Patrice Brosse, claveciniste et organiste, tort le cou Ă  nombre de prĂ©jugĂ©s et d’idĂ©es reçues. C’est toute une perspective de la connaissance et de la recherche qui s’en trouve modifiĂ©e ; l’apport est majeur et le livre, captivant. CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2020.

 

 

 

 

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CLIC_macaron_2014Livre Ă©vĂ©nement, critique. Le Clavecin des Romantiques par Jean-Patrice BROSSE (Ă©diteur BLEU NUIT, dĂ©c 2019) – RĂ©f: 9782358840927 (176 pages) – 20 x 14 cm – collection « Horizons », 2Ăš Ă©dition – CLIC de classiquenews de fĂ©vrier 2020.

http://www.bne.fr/page77.html

CD, DVD, BLU RAY. STRAUSS, New Year concert, Concert du Nouvel AN 2020, Andris Nelsons, Vienna Philharmonic (Sony classicla)


ANDRIS NELSONS vienna philharmonic neujahrskonzert new year concert 2020 cd reviex dvd blu ray classiquenewsCD, DVD, Blu ray, critique, concert du NOUVEL AN 2020. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2020. STRAUSS
 Wiener Phil. Andris Nelsons
, direction (SONY CLASSICAL). Le concert du NOUVEL AN Ă  VIENNE, ce 1er janvier 2020 marque les dĂ©buts dans cet exercice du chef letton Andris Nelsons (41 ans), musicien dĂ©jĂ  familier des instrumentistes viennois, avec lesquels il a enregistrĂ© l’intĂ©grale des Symphonies de Beethoven pour DG Deutsche Grammophon. C’est aussi un concert de gala qui ouvre les festivitĂ©s des 150 ans de la crĂ©ation du Musikverein, salle mythique, dite la boĂźte Ă  chaussure magique, dans laquelle tous les concerts du Nouvel An se sont dĂ©roulĂ©s.

Polka rapide composĂ©e par Edouard Strauss (le dernier de la fratrie Strauss, aux cĂŽtĂ©s de Johann II et Josef ; celui qui a brĂ»lĂ© partitions et matĂ©riel d’orchestre sous un coup de folie) :

Le caractĂšre gĂ©nĂ©ral de cette annĂ©e est dĂ©voilĂ© dĂšs la premiĂšre Ɠuvre choisie par le chef pour son premier Concert du Nouvel An : de Carl Michael Ziehrer, Die Landstreicher / Les Vagabonds (Ouverture). Le chef letton affirme d’emblĂ©e sans prĂ©ambule une joie militaire, galop Ă  la Offenbach, un rien pĂ©taradant (avec coups de piccolos) ; musique un peu trop dĂ©corative et narrative pour un dĂ©but : la sonoritĂ© est un rien tendue qui manque de dĂ©tente, de souplesse. Heureusement, ce raffinement viennois qui nous manquait tant, surgit Ă  l’éclosion de la valse finale : mais Ziehrer ne maĂźtrise pas l’orchestration comme Johann II et ses frĂšres ; cela sonne un peu raide et sec.

Dans Message d’amour (LiebesgrĂŒĂŸe), valse opus 56 de Josef Strauss, la direction est dure et Ă©paisse ; le maestro a choisi surtout des piĂšces d’inspiration et de caractĂšre nettement militaire comme l’atteste la piĂšce qui suit du mĂȘme Josef S : « Liechtenstein-Marsch » op. 36, exclamation militaire Ă©noncĂ©e comme un quadrille enlevĂ© qui semble Ă©voquer la superbe des armĂ©es, en leurs parades de rangs serrĂ©s, parfaitement alignĂ©s. Le geste pourtant clairs et prĂ©cis confine Ă  la mĂ©canique.

La Blumenfest-Polka (Flower Festival Polka) op. 111 de Johann Strauss II, est enfin la premiĂšre oeuvre du programme, de vrai grand raffinement aux Ă©quilibres instrumentaux plus subtils qui forcent le chef Ă  mieux polir la cadence et colorer davantage en piani plus ciselĂ©s. Mais le geste demeure gĂ©nĂ©reux et avare en gradations infimes, en phrasĂ©s pourtant inscrits et si dĂ©lectable dans le cas de Johann II. Puis du mĂȘme Johann, seigneur et souverain de la valse viennoise, c’est « Wo die Zitronen blĂŒh’n », Waltz, op. 364 (Where the Lemon Trees Blossom) : Grande valse au pays des citronniers en fleurs. le dĂ©but a la flamboyance d’un dĂ©but wagnĂ©rien : cor et flĂ»te enchantĂ©s ; c’est un lever de rideau, comme dans un rĂȘve qui dure encore au moment du rĂ©veil. Visiblement, maestro Nelsons allĂšge le trait, change son allure militaire et carrĂ©e, pour une souplesse quasi naturelle. MĂȘme geste fluide et trĂ©pidant dans la derniĂšre piĂšces, courte et enlevĂ©e qui conclut la partie 1 du concert viennois : Knall und Fall, Polka rapide, op. 132 d’Eduard Strauss, celui qui a brĂ»lĂ© partitions et matĂ©riel d’orchestre sous un coup de folie, comme pour se venger de ses ainĂ©s trop Ă©crasants
 Enfin la pĂ©tillance du champagne emmenĂ©e en une frĂ©nĂ©sie certes un peu clinquante se livre Ă  nous par un orchestre en incandescence.

La deuxiĂšme partie dĂ©bute par une ouverture fameuse pour son rythme trĂ©pidant et ses couleurs frĂ©nĂ©tiques dont la cadence et l’orchestration rappellent 
 Rossini (celui du Guillaume Tell, Ă  l’ouverture elle aussi, trĂ©pidante et trĂšs suggestive). L’ouverture de Leichte Kavallerie de Franz von SuppĂ© confirme une Ă©criture taillĂ©e pour le drame et le thĂ©Ăątre ; les cors sont Ă  la fĂȘte, d’une effervescence exacerbĂ©e ; on y retrouve l’entrain de l’ouverture de Guillaume Tell, sa facĂ©tie, sa franchise, sa fougue martiale. La carrure du chef va bien Ă  la frĂ©nĂ©sie conquĂ©rante de la musique de SuppĂ©.

 

 

 

 

 

 

Andris Nelsons dirige les Wiener Philharmoniker
Grisant mais pas Ă©blouissant

 

 

CONCERT DU NOUVEL AN Ă  VIENNE 2020

 

 

 

Dans Cupido, Polka française op. 81 de Josef Strauss, l’orchestre retrouve son aplomb naturel en un rythme modĂ©rĂ© (pas trop rapide selon la tradition de la polka française) oĂč souveraines, les cordes sont aguicheuses, d’une suavitĂ© Ă©lĂ©gantissime. Le point d’orgue du programme qui sait jouer aussi la carte touristique avec le concours du Ballet de l’OpĂ©ra de Vienne, est la trĂšs belle valse de Johann II :
« Seid umschlungen, Millionen! » / Be Embraced, You Millions! / Embrassez-vous par millier, Waltz op. 443, oĂč l’orchestre joue la partition d’une sĂ©quence filmĂ©e (le concert est comme chaque annĂ©e retransmis en direct dans le monde entier) : dans l’enfilade des salons de la rĂ©sidence d’hiver du prince EugĂšne de Savoie, danseurs et musiciens racontent le rĂȘve Ă©veillĂ© d’une jeune femme qui revĂȘt une robe de dentelles rouges, au bras d’un prince d’un soir : le couple se forme, se cherche, s’évalue (chorĂ©graphie de Carlos Martinez), au rythme de la subtilitĂ© d’une musique entĂȘtante Ă  souhait ; la voici notre Ă©quation rĂ©ussie du kitsch Ă  la viennoise ; temps suspendu que permet la fĂ©erie de la valse de Johann II.
Sur ce rythme enlevé, les piÚces se succÚdent : Fleur de glace, mazurka de Josef Strauss (Polka mazurka op. 55, arrangement: Wolfgang Dörner) dont on retient le chien et le tempérament ;
La gavotte de Josef Hellmesberger Jr. dont les pizzicati maĂźtrisĂ©s rĂ©activent la dĂ©licatesse et la rondeur des Wiener Philharmoniker, ambassadeurs inspirĂ©s de cette danse hĂ©ritĂ©e du XVIIIĂš ; le galop du Postillon (op. 16/2, Arrangement: Wolfgang Dörner) du Strauss danois, Hans Christian Lumbye et qui permet au chef amusĂ©, de jouer du clairon car il a commencĂ© sa carriĂšre de musicien en jouant cette partie
 LĂ  encore, signature du programme dans son ensemble, c’est la verve militaire et le rythme rien que conquĂ©rant jusqu’à la transe qui marquent les esprits.

Clin d’oeil Ă  l’anniversaire Beethoven en 2020 (250Ăš anniversaire de la naissance en 1770 Ă  Bonn), l’orchestre joue quelques unes des contredanses de Ludwig van B., soit les piĂšces 1, 2, 3, 7, 10 & 8 des 12 ContretĂ€nze WoO 14. C’est un festival de courtes piĂšces d’une rare frĂ©nĂ©sie chorĂ©graphiques en effet et qui se prĂȘtent idĂ©alement Ă  leur mise en danse par trois couples du Ballet de l’OpĂ©ra de Vienne dont l’une des danseuse en look Dior, chapeau / jupe au dessin parisien. Mais les danses elles sont trĂšs mozartiennes ; dont certaine ont une mĂ©lodie qui sera repris dans le ballet « Les CrĂ©atures de PromothĂ©e » ; avec cette trĂ©pidation rythmique, si emblĂ©matique de la symphonie n°8 (entre autres) : tout le gĂ©nie de Ludwig est concentrĂ©, avec ce goĂ»t de la variation, cette nervositĂ© virile d’un Beethoven traversĂ© par une fougue primitive.
Le concert se dĂ©roule ensuite en soulignant le raffinement et l’invention mĂ©lodique des ainĂ©s de la fratrie, aussi inspirĂ©s l’un que l’autre : surtout Johann Strauss Jr. : « Freuet euch des Lebens » (Joies de la vie : valse opus 340 Ă©crite et jouĂ©e ici mĂȘme pour inaugurer le Musikverein (janvier 1870) ; puis l’inusable Tritsch-Tratsch Polka,
Polka rapide op. 214 qui reste le grand classique de la trĂ©pidation viennoise avec la caisse claire, rythmiquement nerveux et enjouĂ©, d’une sĂ©duction irrĂ©sistible.

Tout concert du Nouvel An Ă  Vienne ne peut se terminer sans ses deux volets de conclusion, signĂ©s des deux Johann, le fils et le pĂšre : Le beau Danube bleu (Johann II) dont le dĂ©but est Ă  peine esquissĂ© pour permettre au chef et aux musiciens de dire leurs voeux ; puis cette autre poncif : La Marche de Radetski (du pĂšre, Johann I), qui permet au public, conquis Ă  ce stade du concert, d’interagir avec le chef, en claquant des mains 
 le rituel est rodĂ© ; il est devenu parfaitement huilĂ©. Au risque d’une certaine routine. Dans sa continuitĂ©, ce concert du Nouvel An Ă  Vienne ne dĂ©pare pas de la perspective dĂ©jĂ  Ă©coutĂ©e. On y relĂšve cependant pas la finesse d’élocution comme la subtilitĂ© dont ont Ă©tĂ© capables en leur occasion, les maestros prĂ©cĂ©dents tels Dudamel, Jansons, Welser-Möst
 Avec Nelsons, et avant lui en 2018, Muti, comme avant Thielemann, la finesse et la grĂące ont laissĂ© la place Ă  l’intensitĂ© et la fougue. Question de style.
Grisant mais pas éblouissant. A chacun sa préférence. SONY édite le cd et le dvd du concert du Nouvel An 2020 (comme chaque année).

 

 

 

 

 

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CD, DVD, BLU RAY, critique, concert du NOUVEL AN 2020. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2020. STRAUSS
 Wiener Phil. Andris Nelsons, direction.

 

 

En savoir plus, visitez le site de SONY CLASSICAL :
mariss-jansons-vienna-wiener-philharmonic-new-year-concert-2020-critique-cd-dvd-blu-ray-critic-review-classiquenews

 

 

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LIRE nos précédents critiques et comptes rendus du CONCERT DU NOUVEL AN à VIENNE :

1er janvier 2018 : Riccardo MUTI dirige le concert du NOUVEL AN Ă  VIENNECompte rendu, critique, concert. Vienne, Musikverein, le 1er janvier 2018. CONCERT DU NOUVEL AN 2018. Wiener Philharmoniker / Riccardo Muti, direction. Pour le concert du Nouvel An Ă  Vienne ce 1er janvier 2018, revoici les instrumentistes du Philharmonique de Vienne sous la direction du chef familier pour eux, Riccardo Muti. Nous les avions quittĂ©s ici mĂȘme le 1er janvier 2017 sous la direction de Gustavo Dudamel : jeune et trĂšs prĂ©cis maestro : le plus jeune alors depuis des dĂ©cennies Ă  diriger les prestigieux instrumentistes autrichiens. Les ors et les fleurs en surabondance, selon le goĂ»t spĂ©cifique des Viennois pour l’ultra kitsch (Sissi n’est pas loin, sans omettre les fastes sirupeux de Schönbrun), soulignent l’importance musical, surtout mĂ©diatique de l’évĂ©nement.

 

 

gustavo-dudamel-dirigiert vignette maestro classiquenews -erstmals-wiener-neujahrskonzertCompte-rendu critique, concert. VIENNE, Musikverein, dimanche 1er janvier 2017. Wiener Philharmoniker. Gustavo Dudamel, direction. Depuis 1958, le concert du Nouvel An au Musikverein de Vienne est retransmis en direct par les tĂ©lĂ©visions du monde entier soit 50 millions de spectateurs ; voilĂ  assurĂ©ment Ă  un moment important de cĂ©lĂ©bration collective, le moment musical et symphonique le plus mĂ©diatisĂ© au monde. En plus des talents dĂ©jĂ  avĂ©rĂ©s des instrumentistes du Philharmonique de Vienne, c’est Ă©videmment le nouvel invitĂ©, pilote de la sĂ©quence, Gustavo Dudamel, pas encore quadra, qui est sous le feu des projecteurs (et des critiques).

 

 

et aussi :

LIRE AUSSI nos prĂ©cĂ©dents comptes rendus du Concert du NOUVEL AN Ă  VIENNE 2016, 2015, 2014, 2012, 2010… :

Mariss Jansons / Concert du nouvel AN Ă  VIENNE 2016
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-concert-du-nouvel-an-2016-a-vienne-neujahrskonzert-new-years-concert-2016-vienna-philharmonic-wiener-philharmoniker-orchestre-philharmonique-de-vienne-mariss-jansons-directio/
Zubin Mehta / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2015
L’hommage au gĂ©nie de Josef Strauss
http://www.classiquenews.com/cd-concert-du-nouvel-an-a-vienne-2015-philharmonique-de-vienne-zubin-mehta-1-cd-sony-classical/

 

Daniel Barenboim / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2014
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-vienne-konzerthaus-le-1er-janvier-2014-concert-du-nouvel-an-oeuvres-de-johann-strauss-i-et-ii-edouard-josef-et-richard-strauss-avec-les-danseurs-de-lopera-de-vienne-wiener-phil/
Franz Welser-Möst / Concert du Nouvel An à VIENNE 2013
http://www.classiquenews.com/neujahrskonzert-new-years-concert-concert-du-nouvel-an-vienne-2013franz-welser-mst-1-cd-sony-classical/
Mariss Jansons / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2012
http://www.classiquenews.com/vienne-musikverein-le-1er-janvier-2012-concert-du-nouvel-an-wiener-philharmoniker-mariss-jansons-direction/
Georges PrĂȘtre / Concert du nouvel AN Ă  VIENNE 2010

 

 

CD, Ă©vĂ©nement, critique. MODERNISME : Liatochinski, Tchesnokov, Chostakovitch. S. Nemtanu / Orchestre Symphonique National d’Ukraine / Bastien Stil (1 cd Klarthe)

modernisme bastien still nemtanu chostakovitch tchesnokov cd critique classiquenews KLA087couv2_lowCD, Ă©vĂ©nement, critique. MODERNISME : Liatochinski, Tchesnokov, Chostakovitch. S. Nemtanu / Orchestre Symphonique National d’Ukraine / Bastien Stil  (1 cd Klarthe)  -  A la pointe des projets originaux et participatifs, l’éditeur Klarthe Ă©dite un programme magistralement investi, fruit d’un appel aux dons passĂ©s sur les plateformes dĂ©diĂ©es ; la promesse est exaucĂ©e : la rĂ©alisation est indiscutable et nous plonge dans cette modernitĂ© propre aux annĂ©es 1920 quand l’URSS s’ouvre Ă  la modernitĂ© europĂ©enne (d’oĂč le titre « Modernisme »), grĂące Ă  de forts tempĂ©raments : Chostakovitch (Symphonie n°1, 1926), le moins cĂ©lĂšbre Boris Liatochinski (Ballade pour piano op. 24 en 1929); les deux partitions sont mises en perspective avec le compositeur contemporain ukrainien, Dimitri Tchesnokov dont la violoniste Sarah Nemtanu crĂ©e ici le trĂšs dense et Ă©clectique, Concerto pour violon opus 87.

Dans sa Ballade, Boris Liatochinski (1895-1968) Ă©crit une magistrale synthĂšse du post romantisme surexpressif entre Scriabine, Stravinsky, Bartok. En une boucle qui ouvre et se referme sur un mĂȘme ostinato grave voire lugubre, la piĂšce regorge d’accents (danse fiĂ©vreuse et impĂ©rieuse dans la seconde sĂ©quence), fruits d’un Ă©clectisme expĂ©rimental ; exaltĂ©e par une orchestration raffinĂ©e, elle scintille mĂȘme dans le noir, finement transcrite ici par Dimitri Tchesnokov, en une Fantaisie dĂ©moniaque aux rĂ©sonances tĂ©nĂ©breuses. L’Ɠuvre diffuse peu Ă  peu une inquiĂ©tude permanente, Ă©trangetĂ© libre, hypnotique d’un monde perdu ou condamnĂ©. VoilĂ  qui installe une rĂ©sonance Ă©vidente avec la Symphonie de Chostakovitch, jouĂ©e en derniĂšre partie.

NĂ© en 1982, l’ukrainien Dimitri Tchesnokov assume les influences occidentales de Liatochinski, Schnittke, Pekka-Salonen et John Adams ! Il a aussi travaillĂ© en France auprĂšs de Guillaume Connesson. Le Concerto, commande du chef Bastien Stil, est certainement emblĂ©matique de son Ă©clectisme pourtant puissant et personnel, trĂšs narratif ; l’oeuvre enchaĂźne 3 mouvements plutĂŽt caractĂ©risĂ©s : Largo oĂč la ligne soliste de l’alto se dĂ©tache en libertĂ©, en une cheminement libre, tendu (somptueuses lignes dans l’aigu), ivre, ponctuĂ© par des clusters orchestraux longs, Ă©tirĂ©s, au souffle dramatique ; enchaĂźnant danse lĂ©gĂšre et nerveuse, puis marche finale.
Le volet central  (Intermezzo) ressuscite les enchantements nocturnes comme la rĂȘverie d’un promeneur solitaire : s’y affirme le goĂ»t du compositeur pour une orchestration fine et raffinĂ©e (bois bavards et saillants) et aussi des changements de climats rapides car le soliste emporte bientĂŽt tout l’orchestre dans un cheminement plus fanfaronnant, enivrĂ©, exaltĂ©, interrompu, dont la verve annonce le dernier mouvement : Finale « la Ronde », le plus court des 3 mouvements, c’est un scherzo nerveux et agile conduit par l’éloquence quasi Ă©lectrisĂ©e du violon dont le discours s’intensifie, s’embrase ; vivifiĂ© par une ligne quasi rhapsodique, c’est Ă  dire libre, aux traits virtuoses acĂ©rĂ©s puis aux longues phrases Ă©tirĂ©es qui convoquent un ultime repli, pudique …qui conclut la piĂšce dans le murmure.
Il y faut toute la dĂ©mesure intĂ©rieure de Sarah Nemtanu, sa trĂšs riche palette de nuances, dans les pianos tĂ©nus, les acoups exacerbĂ©s pour en comprendre la versatilitĂ© dramatique et jamais superficielle, pour en faire jaillir le sens d’une virtuositĂ© tournĂ©e vers l’urgence intĂ©rieure.
La diversitĂ© des Ă©pisodes, le soin dans la caractĂ©risation instrumentale en particulier dans le tissu orchestral pourraient envisager une perte de l’équilibre et de la cohĂ©rence globale ; rien de tel car jaillit du dĂ©but Ă  la fin, un allant tragique, parfois menaçant et sourd qui apporte l’assise et l’architecture.

cd klarthe records modernisme chostakovitch liatochinski Tchesnokov cd campagne dons presentation annonce relais par classiquenews nouveau cd Klarthe records  ulule-page001.U8ozYYjSWN0ALe chef Bastien Stil souligne dans la Symphonie n°1 d’un Chostakovitch (1906-1975) ĂągĂ© de 
 19 ans, ce qui compose sa profonde unitĂ© et sa cohĂ©rence Ă  travers les quatre mouvements enchaĂźnĂ©s. DĂ©jĂ  l’auteur maĂźtrise son langage, l’un des plus ambivalents, Ă  la fois enivrĂ© (la valse dĂšs le premier mouvement) et sarcastique, tendre et ironique. Au rire dĂ©jĂ  trouble, interrogatif de l’Allegretto, faussement amusĂ© voire facĂ©tieux, rĂ©pond l’Allegro de forme scherzo, grinçant voire parodique. La densitĂ© et l’épaisseur se renforcent encore dans le Lento, pesant et mystĂ©rieux (hautbois puis flĂ»te tendus, lointains mais « inquiets ») oĂč se colore la ligne parfois imperceptible mais durable de la trompette : s’y dĂ©ploie l’étoffe tragique qui enveloppe toutes les partitions du compositeur. Saisi entre un calme de façade et une angoisse plus tĂ©nue. Chef et orchestre donnent la mesure de cet Ă©tat intermĂ©diaire, qui pourrait ĂȘtre inconfortable, mais qui installe un souffle puissant, Ă©quivoque et Ă©trangement grandiose. VoilĂ  le vrai et le plus authentique Chostakovitch qui s’affirme ici avec une maĂźtrise sonore, un sens de la construction, 
 remarquables.
Comme chez Ravel, l’énergie heurtĂ©e, versatile du Finale s’emporte en une ultime liesse dĂ©bridĂ©e (piano dĂ©lurĂ©, et tous les pupitres comme exaltĂ©s, ivres
), elle aussi ambivalente, qui tient de l’exaltation et de la libĂ©ration, de la violence surtout, Ă  la fois animale, instinctive, terrifiante ; la texture, l’architecture, l’épaisseur de ce Finale, d’une ahurissante maturitĂ© au regard de la jeunesse de l’auteur, sont dĂ©taillĂ©es et incarnĂ©es avec une sincĂ©ritĂ© et une comprĂ©hension, passionnantes. Le chef et les instrumentistes de l’Orchestre Symphonique National d’Ukraine en dĂ©livrent toute l’intensitĂ© jusqu’aux limites des timbres (bois et cordes), dans le tutti final, lui aussi, au sommet de l’ambivalence (apothĂ©ose et fin, ou syncope et interruption ?). Tout est lĂ  dans ce mystĂšre non Ă©lucidĂ© d’une fin en pointillĂ©s.

 
 

  
 

 

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CLIC_macaron_2014CD, Ă©vĂ©nement, critique. MODERNISME : Liatochinski, Tchesnokov, Chostakovitch. S. Nemtanu / Orchestre Symphonique National d’Ukraine / Bastien Stil – 1 CD Klarthe : K 087 (Distribution : PIAS) – DurĂ©e : 1h07min

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VOIR le TEASER VIDEO 
https://www.youtube.com/watch?v=-Fh4hy-enlc

L’album « Modernisme », sous la baguette du chef d’orchestre Bastien Stil avec la violoniste Sarah Nemtanu, plonge au cƓur de la musique soviĂ©tique entre 1917 et 1932…
The album “Modernism”, under the baton of the talented conductor Bastien Stil and featuring the brilliant violinist Sarah Nemtanu, takes you into the heart of Soviet music from 1917 to 1932 …
Listen to the emblematic 1st Symphony by Shostakovich in a remarkable performance of the National Symphony Orchestra of Ukraine. Discover Liatochinski’s “Balade” Op.24 and finally the world’s first recording of Dimitri Tchesnokov’s Violin Concerto composed in 2015 in resonance of the great masters of the past.

  

Programme :

Boris Liatochinski (1895-1968), orchestration Dimitri Tchesnokov
Ballade op. 24

Dimitri Tchesnokov (1982)
Concerto pour violon et orchestre op. 87
(création)

Dmitri Chostakovitch (1906-1975)
Symphonie n°1 op. 10

 
 
 

Achetez  :
https://smarturl.it/modernisme?IQid=www.klarthe.com

 
 
 

CD, critique. ELSA DREISIG, sop. MORGEN. STRAUSS (1 cd ERATO, 2019)

DREISIG elsa cd morgen strauss critique cd classiquenewsCD, critique. ELSA DREISIG, sop. STRAUSS (1 cd ERATO, 2019). Le cheminement de ce rĂ©cital est contrariĂ© ; il dĂ©bute pour le dire simplement, instable et timide ; puis Ă  partir du second Rachmaninov, pose plus franchement les options de l’interprĂšte, et dans les Strauss, une maĂźtrise texte et legato, plus affirmĂ©e dans le 4Ăš lied. Ainsi la voix sonne petite, serrĂ©e, aigus tendus, sans cette chair onctueuse qui doit faire les dĂ©lices des Rachmaninov ; son Duparc (L’invitation au voyage) reste Ă©triquĂ© aussi, avec une articulation parfois inintelligible ; mĂȘme constat pour PhidylĂ© bien que l’intonation et la ligne soient mieux maĂźtrisĂ©es.
Les Strauss sont les plus attendus dont les quatre (faux) derniers lieder ; ici on prĂ©fĂšre l’entente intimiste, personnelle, diaphane et filigranĂ©e chant / piano, aux Ă©quilibres tĂ©nus qui expose tout autant la voix : FrĂŒhling manque de respiration Ă©perdue, de souffle, de grandeur dans ses Ă©vocations climatiques ; voilĂ  qui nous rappelle une autre diva, Anna Netrebko qui se risquait elle aussi dans les Quatre derniers lieder sous la direction de Barenboim, rĂ©cital et cd vite oubliĂ©s qui montraient cependant une force dramatique correspondant exactement aux ressources rĂ©elles de la diva austro-russe. Concernant Elsa Dreisig, il est Ă©vident que le choix vient d’une affection personnelle pour le rĂ©pertoire, mais la tessiture de la soprano française est-elle rĂ©ellement celle pour les lieder straussiens ?

Duparc, Rachmaninov, Strauss

ELSA DREISIG, le goût du risque


Par contre saluons la tendresse allusive du piano de Jonathan Ware (PhidylĂ©). Quelque chose se produit, articulation plus percutante, plus de texte et d’accents, de prĂ©cision et d’éclat dans le second Rachmaninov, vraie petite scĂšne opĂ©ratique par ses humeurs contrastĂ©s, volubiles (Krysolov)
 on espĂšre que la soliste poursuive ainsi sur cette lancĂ©e, dans cette justesse expressive.
September et ses harmonies miroitantes doit enivrer, mais ici reste terre Ă  terre en lignes frĂȘles et fragiles presqu’incertaines. Les tempos sont adaptĂ©s, ralentis pour mieux enchĂąsser la voix dans les notes du piano. Et justement, la partie pour piano, Ă  dĂ©faut des ors orchestraux, captive elle vĂ©ritablement (confirmation dans le piano solo : « Aux Ă©toiles » oĂč le pianiste fait chanter son instrument en se souciant de tous les plans sonores, distinguant la ligne mĂ©lodique principale, des colorations sonores qui l’enveloppent).
On se demande s’il Ă©tait bien justifiĂ© de morceler ainsi les Quatre Vier lieder, au risque d’en disperser l’unitĂ© organique.

Les Rachmaninov qui exigent moins de legato et de souffle infini, jouant plus sur les couleurs et la rupture de la ligne, vont mieux à la voix, curieusement plus à son aise (trÚs textuelle Romance n°1, opus 38 : fugace, mieux réussie).
Meilleure houle maĂźtrisĂ©e (et crĂ©pusculaire) dans Chanson triste, mais les aigus sont courts et durs, Ă  peine tenus ; Extase est un pur instant poĂ©tique et mordorĂ©, fusion indiscutable entre le clavier souverain et le chant comme enseveli (mais qui perd l’acuitĂ© du texte).

On reste surpris par le tempo Ă©tirĂ©, diluĂ©, – suspendu extatique de « Beim Schlafengehen » / En s’endormant – nouveau jalon des Strauss, de loin celui qui affirme le parti de lenteur des interprĂštes : le renoncement, la volontĂ© d’anĂ©antissement et de disparition, dans la mort et aussi le rĂȘve justifient des sĂ©ries de sĂ©quences ralenties, morcelĂ©es au risque de la perte de l’unitĂ© : la palette des couleurs, et les intervalles requis par la partition forcent la diva Ă  sortir du bois et affirmer cette fois une caractĂ©risation vocale dĂ©terminĂ©e, tranchante, indiscutable. Dans la mort et l’oubli, le chant s’affine : affĂ»tĂ©, percutant, il frappe directement. Bravo Elsa.

Le rĂ©cital se referme avec le dernier des Quatre Lieder de Strauss : « Im Abdendrot » ; puis « Morgen » (qui donne aussi son titre au cd). PĂąle et lugubre, aux couleurs d’une tendresse triste, le chant rayonne dans le premier, posĂ© comme une interrogation sans rĂ©ponse et dans un tempi trĂšs Ă©tirĂ© (trop ?) ; mais les couleurs du piano sont superbes. Il est emblĂ©matique de terminer le rĂ©cital avec « Morgen » / Demain (Et demain le soleil brillera encore) : hymne Ă©perdu lui aussi au miracle d’une Nature toujours sublimĂ©e, renouvelĂ©e grĂące Ă  la caresse du soleil : chant de langueur, legato maĂźtrisĂ©, aux nuances Ă©panouies, Elsa Dreisig finit ce rĂ©cital dans l’extase suave la plus convaincante. VoilĂ  qui se termine mieux qu’au dĂ©but. Ouf. Quoiqu’il en soit, et malgrĂ© les petites rĂ©serves Ă©mises, le courage et ce goĂ»t du risque doivent ĂȘtre encouragĂ©s. A suivre.

D’une façon gĂ©nĂ©rale, son prĂ©cĂ©dent cd MIROIRS, « CLIC de Classiquenews » nous a paru mieux convenir Ă  la voix, Ă  sa tessiture (1 cd Erato, sept 2018).
https://www.classiquenews.com/cd-critique-miroirs-elsa-dreisig-soprano-1-cd-erato/

On attend et suivra la diva sur scĂšne au fur et Ă  mesure de ses prochains engagements, surtout au Staatsoper de Berlin (Musetta, janv 2020 ; DircĂ© dans MĂ©dĂ©e de Cherubini Ă  Berlin fev 2020 ; puis Fiordiligi et Pamina en avril 2020 ; avant Paris oĂč Bastille l’annonce en Gilda (juin 2020)

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CD, critique. ELSA DREISIG, sop. MORGEN : STRAUSS, DUPARC, RACHMANINOV (1 cd ERATO, 2019)  -  Enregistré en juillet 2019, Paris.

 

 

 

 

 

 

APPROFONDIR

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Découvrir la version originale pour orchestre, des Vier Letzte Lieder de Richard Strauss par Jessye Norman et Kurt Masur. La voix de Jessye Norman qui nous a quitté en septembre 2019, perce, embrase, saisit littéralement
. par sa puissance naturelle, ses couleurs, ses nuances :

https://www.youtube.com/watch?v=SDoqnjB7Um4

MORGEN de STRAUSS par Jessye Norman :
https://www.youtube.com/watch?v=z3r9ifssLZQ

SEPTEMBER de STRAUSS par Jessye Norman
https://www.youtube.com/watch?v=qtmEjXZx340
(1991, Salisbury Festival)

 

 

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AGENDA

Le programme du cd MORGEN tourne en Europe

PARIS, mardi 28 janvier 2020, 20h.
TCE, cycle Grandes Voix

BORDEAUX, Gd Théùtre, le 30 janvier 2020

LONDON, le 2 fév 2020
Wigmore Hall

COLOGNE, le 4 fév 2020
Deutschlandfunk, Kammermusiksaal

BERLIN, le 10 fév 2020
Staatsoper, Apollosaal

TOULOUSE, le 27 avril 2020
Capitole

Voir toutes les dates de la tournĂ©e sur le site d’Elsa Dreisig
https://www.elsadreisig.fr

SAUL version KOSKY au ChĂątelet

SAUL-DAVIS-oratorio-opera-handel-critique-opera-classiquenewsPARIS, ChĂątelet : 21 – 31 janv 2020. SAUL, Kosky. La mise en scĂšne du luxuriant metteur en scĂšne australien Barrie Kosky, dans cette production crĂ©Ă©e initialement pour Glyndebourne Ă  l’étĂ© 2015, fusionne non sans rĂ©ussite la musique baroque Ă  une chorĂ©graphie contemporaine, avec costumes somptueux revisitĂ©s dans l’esprit XVIIIĂš style Monty Python. Il en rĂ©sulte une maniĂšre de fĂ©erie flamboyante mais jamais outrĂ©e, dont les effets et accents collectifs (qui laisse une belle place au choeur 
 acteur primordial comme toujours chez Haendel) amplifient rythmes et saillies d’une musique certes d’oratorio, mais souvent plus expressive voire exacerbĂ©e qu’à l’opĂ©ra. La signature de Barrie Kosk, directeur de la Komische Oper de Berlin, rĂ©gĂ©nĂšre le genre et lui insuffle une vitalitĂ© inexistante avant lui.
Le livret est signĂ© Charles Jennens : il met en lumiĂšre l’esprit sombre, jaloux, Ăąpre de Saul, qui bascule bientĂŽt dans la folie.
L’oratorio style entertainment, dĂ©lurĂ©, mais poĂ©tique, comme une revue de cabaret, a ainsi voyagĂ© au Festival d’AdelaĂŻde en 2017 et Ă  Houston en 2019, aprĂšs un deuxiĂšme passage au Festival de Glyndebourne en 2018. Kosky a commencĂ© sa carriĂšre Ă  l’opĂ©ra avec l’Orfeo de Monteverdi que dirige RenĂ© Jacobs en 2003 au Festival d’Innsbruck.

 

 

 

SAUL-glynebourne-chatelet-opera-critique-barrie-kosky-classiquenews

 

 

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6 représentations au Chùtelet
21 > 31 janvier 2020, 20h
RESERVEZ directement sur le site du ChĂątelet
https://www.chatelet.com/programmation/saison-19-20/saul/

Production du Glyndebourne Festival 2015
En anglais surtitré

 

 

Laurence Cummings, direction
Barrie Kosky, mise en scĂšne

SaĂŒl / Apparition Samuel : Christopher Purves
Merab : Karna Gauvin
Michal : Anna Devin
Jonathan : Benjamin Hulett
David : Christopher Ainslie
Le Grand PrĂȘtre / Doeg / Abner / un amalĂ©cite : Stuart Jackson
La sorciùre d’Endor : John Graham-Hall

Danseurs
Robin Gladwin, Ellyn Hebron, Merry Holden, Edd Mitton, Yasset Roldan, Gareth Mole , Damian Czarnecki (Doublure danseur)

Les Talens lyriques

 

 

 

 

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VIDEO avec le contreténor britannique Iestyn DAVIES qui chantait à Glynebourne le rÎle de David

https://www.glyndebourne.com/festival/video-iestyn-davies-live-at-glyndebourne/

 

 

 

 

COMPTE-RENDU, critique, concert du NOUVEL AN 2020. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2020. STRAUSS
 Wiener Phil. Andris Nelsons, direction.


musikverein saal concert du nouvel an 2016njk14_TRY_0497COMPTE-RENDU, critique, concert du NOUVEL AN 2020. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2020. STRAUSS
 Wiener Phil. Andris Nelsons
, direction. Le concert du NOUVEL AN Ă  VIENNE, ce 1er janvier 2020 marque les dĂ©buts dans cet exercice du chef letton Andris Nelsons (41 ans), musicien dĂ©jĂ  familier des instrumentistes viennois, avec lesquels il a enregistrĂ© l’intĂ©grale des Symphonies de Beethoven pour DG Deutsche Grammophon. C’est aussi un concert de gala qui ouvre les festivitĂ©s des 150 ans de la crĂ©ation du Musikverein, salle mythique, dite la boĂźte Ă  chaussure magique, dans laquelle tous les concerts du Nouvel An se sont dĂ©roulĂ©s.

Polka rapide composĂ©e par Edouard Strauss (le dernier de la fratrie Strauss, aux cĂŽtĂ©s de Johann II et Josef ; celui qui a brĂ»lĂ© partitions et matĂ©riel d’orchestre sous un coup de folie) :

Le caractĂšre gĂ©nĂ©ral de cette annĂ©e est dĂ©voilĂ© dĂšs la premiĂšre Ɠuvre choisie par le chef pour son premier Concert du Nouvel An : de Carl Michael Ziehrer, Die Landstreicher / Les Vagabonds (Ouverture). Le chef letton affirme d’emblĂ©e sans prĂ©ambule une joie militaire, galop Ă  la Offenbach, un rien pĂ©taradant (avec coups de piccolos) ; musique un peu trop dĂ©corative et narrative pour un dĂ©but : la sonoritĂ© est un rien tendue qui manque de dĂ©tente, de souplesse. Heureusement, ce raffinement viennois qui nous manquait tant, surgit Ă  l’éclosion de la valse finale : mais Ziehrer ne maĂźtrise pas l’orchestration comme Johann II et ses frĂšres ; cela sonne un peu raide et sec.

Dans Message d’amour (LiebesgrĂŒĂŸe), valse opus 56 de Josef Strauss, la direction est dure et Ă©paisse ; le maestro a choisi surtout des piĂšces d’inspiration et de caractĂšre nettement militaire comme l’atteste la piĂšce qui suit du mĂȘme Josef S : « Liechtenstein-Marsch » op. 36, exclamation militaire Ă©noncĂ©e comme un quadrille enlevĂ© qui semble Ă©voquer la superbe des armĂ©es, en leurs parades de rangs serrĂ©s, parfaitement alignĂ©s. Le geste pourtant clairs et prĂ©cis confine Ă  la mĂ©canique.

La Blumenfest-Polka (Flower Festival Polka) op. 111 de Johann Strauss II, est enfin la premiĂšre oeuvre du programme, de vrai grand raffinement aux Ă©quilibres instrumentaux plus subtils qui forcent le chef Ă  mieux polir la cadence et colorer davantage en piani plus ciselĂ©s. Mais le geste demeure gĂ©nĂ©reux et avare en gradations infimes, en phrasĂ©s pourtant inscrits et si dĂ©lectable dans le cas de Johann II. Puis du mĂȘme Johann, seigneur et souverain de la valse viennoise, c’est « Wo die Zitronen blĂŒh’n », Waltz, op. 364 (Where the Lemon Trees Blossom) : Grande valse au pays des citronniers en fleurs. le dĂ©but a la flamboyance d’un dĂ©but wagnĂ©rien : cor et flĂ»te enchantĂ©s ; c’est un lever de rideau, comme dans un rĂȘve qui dure encore au moment du rĂ©veil. Visiblement, maestro Nelsons allĂšge le trait, change son allure militaire et carrĂ©e, pour une souplesse quasi naturelle. MĂȘme geste fluide et trĂ©pidant dans la derniĂšre piĂšces, courte et enlevĂ©e qui conclut la partie 1 du concert viennois : Knall und Fall, Polka rapide, op. 132 d’Eduard Strauss, celui qui a brĂ»lĂ© partitions et matĂ©riel d’orchestre sous un coup de folie, comme pour se venger de ses ainĂ©s trop Ă©crasants
 Enfin la pĂ©tillance du champagne emmenĂ©e en une frĂ©nĂ©sie certes un peu clinquante se livre Ă  nous par un orchestre en incandescence.

La deuxiĂšme partie dĂ©bute par une ouverture fameuse pour son rythme trĂ©pidant et ses couleurs frĂ©nĂ©tiques dont la cadence et l’orchestration rappellent 
 Rossini (celui du Guillaume Tell, Ă  l’ouverture elle aussi, trĂ©pidante et trĂšs suggestive). L’ouverture de Leichte Kavallerie de Franz von SuppĂ© confirme une Ă©criture taillĂ©e pour le drame et le thĂ©Ăątre ; les cors sont Ă  la fĂȘte, d’une effervescence exacerbĂ©e ; on y retrouve l’entrain de l’ouverture de Guillaume Tell, sa facĂ©tie, sa franchise, sa fougue martiale. La carrure du chef va bien Ă  la frĂ©nĂ©sie conquĂ©rante de la musique de SuppĂ©.

 

 

 

 

 

 

Andris Nelsons dirige les Wiener Philharmoniker
Grisant mais pas Ă©blouissant

 

 

CONCERT DU NOUVEL AN Ă  VIENNE 2020

 

 

 

Dans Cupido, Polka française op. 81 de Josef Strauss, l’orchestre retrouve son aplomb naturel en un rythme modĂ©rĂ© (pas trop rapide selon la tradition de la polka française) oĂč souveraines, les cordes sont aguicheuses, d’une suavitĂ© Ă©lĂ©gantissime. Le point d’orgue du programme qui sait jouer aussi la carte touristique avec le concours du Ballet de l’OpĂ©ra de Vienne, est la trĂšs belle valse de Johann II :
« Seid umschlungen, Millionen! » / Be Embraced, You Millions! / Embrassez-vous par millier, Waltz op. 443, oĂč l’orchestre joue la partition d’une sĂ©quence filmĂ©e (le concert est comme chaque annĂ©e retransmis en direct dans le monde entier) : dans l’enfilade des salons de la rĂ©sidence d’hiver du prince EugĂšne de Savoie, danseurs et musiciens racontent le rĂȘve Ă©veillĂ© d’une jeune femme qui revĂȘt une robe de dentelles rouges, au bras d’un prince d’un soir : le couple se forme, se cherche, s’évalue (chorĂ©graphie de Carlos Martinez), au rythme de la subtilitĂ© d’une musique entĂȘtante Ă  souhait ; la voici notre Ă©quation rĂ©ussie du kitsch Ă  la viennoise ; temps suspendu que permet la fĂ©erie de la valse de Johann II.
Sur ce rythme enlevé, les piÚces se succÚdent : Fleur de glace, mazurka de Josef Strauss (Polka mazurka op. 55, arrangement: Wolfgang Dörner) dont on retient le chien et le tempérament ;
La gavotte de Josef Hellmesberger Jr. dont les pizzicati maĂźtrisĂ©s rĂ©activent la dĂ©licatesse et la rondeur des Wiener Philharmoniker, ambassadeurs inspirĂ©s de cette danse hĂ©ritĂ©e du XVIIIĂš ; le galop du Postillon (op. 16/2, Arrangement: Wolfgang Dörner) du Strauss danois, Hans Christian Lumbye et qui permet au chef amusĂ©, de jouer du clairon car il a commencĂ© sa carriĂšre de musicien en jouant cette partie
 LĂ  encore, signature du programme dans son ensemble, c’est la verve militaire et le rythme rien que conquĂ©rant jusqu’à la transe qui marquent les esprits.

Clin d’oeil Ă  l’anniversaire Beethoven en 2020 (250Ăš anniversaire de la naissance en 1770 Ă  Bonn), l’orchestre joue quelques unes des contredanses de Ludwig van B., soit les piĂšces 1, 2, 3, 7, 10 & 8 des 12 ContretĂ€nze WoO 14. C’est un festival de courtes piĂšces d’une rare frĂ©nĂ©sie chorĂ©graphiques en effet et qui se prĂȘtent idĂ©alement Ă  leur mise en danse par trois couples du Ballet de l’OpĂ©ra de Vienne dont l’une des danseuse en look Dior, chapeau / jupe au dessin parisien. Mais les danses elles sont trĂšs mozartiennes ; dont certaine ont une mĂ©lodie qui sera repris dans le ballet « Les CrĂ©atures de PromothĂ©e » ; avec cette trĂ©pidation rythmique, si emblĂ©matique de la symphonie n°8 (entre autres) : tout le gĂ©nie de Ludwig est concentrĂ©, avec ce goĂ»t de la variation, cette nervositĂ© virile d’un Beethoven traversĂ© par une fougue primitive.
Le concert se dĂ©roule ensuite en soulignant le raffinement et l’invention mĂ©lodique des ainĂ©s de la fratrie, aussi inspirĂ©s l’un que l’autre : surtout Johann Strauss Jr. : « Freuet euch des Lebens » (Joies de la vie : valse opus 340 Ă©crite et jouĂ©e ici mĂȘme pour inaugurer le Musikverein (janvier 1870) ; puis l’inusable Tritsch-Tratsch Polka,
Polka rapide op. 214 qui reste le grand classique de la trĂ©pidation viennoise avec la caisse claire, rythmiquement nerveux et enjouĂ©, d’une sĂ©duction irrĂ©sistible.

Tout concert du Nouvel An Ă  Vienne ne peut se terminer sans ses deux volets de conclusion, signĂ©s des deux Johann, le fils et le pĂšre : Le beau Danube bleu (Johann II) dont le dĂ©but est Ă  peine esquissĂ© pour permettre au chef et aux musiciens de dire leurs voeux ; puis cette autre poncif : La Marche de Radetski (du pĂšre, Johann I), qui permet au public, conquis Ă  ce stade du concert, d’interagir avec le chef, en claquant des mains 
 le rituel est rodĂ© ; il est devenu parfaitement huilĂ©. Au risque d’une certaine routine. Dans sa continuitĂ©, ce concert du Nouvel An Ă  Vienne ne dĂ©pare pas de la perspective dĂ©jĂ  Ă©coutĂ©e. On y relĂšve cependant pas la finesse d’élocution comme la subtilitĂ© dont ont Ă©tĂ© capables en leur occasion, les maestros prĂ©cĂ©dents tels Dudamel, Jansons, Welser-Möst
 Avec Nelsons, et avant lui en 2018, Muti, comme avant Thielemann, la finesse et la grĂące ont laissĂ© la place Ă  l’intensitĂ© et la fougue. Question de style.
Grisant mais pas éblouissant. A chacun sa préférence. SONY édite le cd et le dvd du concert du Nouvel An 2020 (comme chaque année).

 

 

 

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, critique, concert du NOUVEL AN 2020. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2020. STRAUSS
 Wiener Phil. Andris Nelsons, direction.

 

 

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LIRE nos précédents critiques et comptes rendus du CONCERT DU NOUVEL AN à VIENNE :

1er janvier 2018 : Riccardo MUTI dirige le concert du NOUVEL AN Ă  VIENNECompte rendu, critique, concert. Vienne, Musikverein, le 1er janvier 2018. CONCERT DU NOUVEL AN 2018. Wiener Philharmoniker / Riccardo Muti, direction. Pour le concert du Nouvel An Ă  Vienne ce 1er janvier 2018, revoici les instrumentistes du Philharmonique de Vienne sous la direction du chef familier pour eux, Riccardo Muti. Nous les avions quittĂ©s ici mĂȘme le 1er janvier 2017 sous la direction de Gustavo Dudamel : jeune et trĂšs prĂ©cis maestro : le plus jeune alors depuis des dĂ©cennies Ă  diriger les prestigieux instrumentistes autrichiens. Les ors et les fleurs en surabondance, selon le goĂ»t spĂ©cifique des Viennois pour l’ultra kitsch (Sissi n’est pas loin, sans omettre les fastes sirupeux de Schönbrun), soulignent l’importance musical, surtout mĂ©diatique de l’évĂ©nement.

 

 

gustavo-dudamel-dirigiert vignette maestro classiquenews -erstmals-wiener-neujahrskonzertCompte-rendu critique, concert. VIENNE, Musikverein, dimanche 1er janvier 2017. Wiener Philharmoniker.  Gustavo Dudamel, direction. Depuis 1958, le concert du Nouvel An au Musikverein de Vienne est retransmis en direct par les tĂ©lĂ©visions du monde entier soit 50 millions de spectateurs ; voilĂ  assurĂ©ment Ă  un moment important de cĂ©lĂ©bration collective, le moment musical et symphonique le plus mĂ©diatisĂ© au monde. En plus des talents dĂ©jĂ  avĂ©rĂ©s des instrumentistes du Philharmonique de Vienne, c’est Ă©videmment le nouvel invitĂ©, pilote de la sĂ©quence, Gustavo Dudamel, pas encore quadra, qui est sous le feu des projecteurs (et des critiques).

 

 

et aussi :

LIRE AUSSI nos prĂ©cĂ©dents comptes rendus du Concert du NOUVEL AN Ă  VIENNE 2016, 2015, 2014, 2012, 2010… :

Mariss Jansons / Concert du nouvel AN Ă  VIENNE 2016
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-concert-du-nouvel-an-2016-a-vienne-neujahrskonzert-new-years-concert-2016-vienna-philharmonic-wiener-philharmoniker-orchestre-philharmonique-de-vienne-mariss-jansons-directio/
Zubin Mehta / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2015
L’hommage au gĂ©nie de Josef Strauss
http://www.classiquenews.com/cd-concert-du-nouvel-an-a-vienne-2015-philharmonique-de-vienne-zubin-mehta-1-cd-sony-classical/

 

Daniel Barenboim / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2014
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-vienne-konzerthaus-le-1er-janvier-2014-concert-du-nouvel-an-oeuvres-de-johann-strauss-i-et-ii-edouard-josef-et-richard-strauss-avec-les-danseurs-de-lopera-de-vienne-wiener-phil/
Franz Welser-Möst / Concert du Nouvel An à VIENNE 2013
http://www.classiquenews.com/neujahrskonzert-new-years-concert-concert-du-nouvel-an-vienne-2013franz-welser-mst-1-cd-sony-classical/
Mariss Jansons / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2012
http://www.classiquenews.com/vienne-musikverein-le-1er-janvier-2012-concert-du-nouvel-an-wiener-philharmoniker-mariss-jansons-direction/
Georges PrĂȘtre / Concert du nouvel AN Ă  VIENNE 2010

 

 

CD, critique. BEETHOVEN : Concertos pour piano n°2 et 5. MARTIN HELMCHEN, piano (1 cd ALPHA 2018 – 2019)

helmchen betthoven piano concertos 2 et 5 emperor empereur alpha piano concertos critique classiquenewsCD, critique. BEETHOVEN : Concertos pour piano n°2 et 5. MARTIN HELMCHEN, piano. AprĂšs deux projets avec la violoncelliste Marie-Elisabeth Hecker, son Ă©pouse Ă  la ville, le pianiste Martin Helmchen a dĂ©jĂ  enregistrĂ© sous label Alpha Classics pour d’excellentes Variations Diabelli de Beethoven
 Un prĂ©ambule positif Ă  ces 2 Concertos pour piano sous la direction d’Andrew Manze. L’album devrait lancer une intĂ©grale des Concertos de Beethoven, ce avec d’autant plus de pertinence, que le geste est d’une fluiditĂ© rĂ©jouissante, apportant tendresse et articulation maĂźtrisĂ©e dans un environnement orchestral sans lourdeur, duretĂ©, Ă©paisseur. Evidemment, qualitĂ©s qui soulignent la filiation mozartienne du 2Ăš Concerto (en particulier dans la pudeur chantante, enfantine de l’Adagio. Pour le 5Ăš, plus impĂ©rial et grandiloquent par comparaison, Helmchen sait marier l’éloquence, l’humanitĂ©, la grandeur avec une agilitĂ© heureuse. Une finesse de ton qui sait ĂȘtre aussi sobre. Superbe lecture. On attend la suite.

EnregistrĂ© Ă  Berlin en mai 2019 (Concerto No.5) ; en October 2018 (Concerto No.2). 1 cd Alpha classics – DurĂ©e : 1h06.

DVD, critique, événement. BERLIOZ : DAMNATION DE FAUST (Versailles, Roth, Versailles, nov 2018 1 dvd CVS Chùteau de Versailles Spectacles)

150 ans de la mort de BERLIOZDVD, critique, Ă©vĂ©nement. BERLIOZ : DAMNATION DE FAUST (Versailles, Roth, Versailles, nov 2018 1 dvd CVS ChĂąteau de Versailles Spectacles)  -  AprĂšs avoir affiner, Ă©trenner, poli son approche de l’opĂ©ra de Berlioz, Ă  Linz et Ă  Bonn, le chef François-Xavier Roth prĂ©sente sa lecture de La Damnation de Faust Ă  Versailles, sur la scĂšne de l’OpĂ©ra royal, mais dans des dĂ©cors fixes empruntĂ©s au fonds local.

VoilĂ  une version allĂ©gĂ©e, Ă©claircie, volontiers dĂ©taillĂ©e (et d’aucun diront trop lente), mais dont l’apport principal est – instruments historiques obligent- la clartĂ©.

faust-berlioz-vidal-antonacci-courjal-dvd-cvs-roth-critique-opera-annonce-annonce-classiquenews-ROTHAu format particulier des instruments d’époque (Les SiĂšcles), rĂ©pondent trois voix qui se rĂ©vĂšlent convaincantes tant en intelligibilitĂ© qu’en caractĂ©risation : Mathias Vidal en Faust, Anna Caterina Antonacci (Marguerite), Nicolas Courjal (MĂ©phistofĂ©lĂšs)
 ComplĂšte le tableau, le ChƓur Marguerite Louise (direction: GaĂ©tan Jarry) pour incarner les paysans dĂšs la premiĂšre scĂšne, puis la verve des Ă©tudiants et celle des soldats, avant la fureur endiablĂ©e des suivants de MĂ©phisto dans le tableau final, celui de la chevauchĂ©e, avant l’apothĂ©ose de Marguerite entourĂ©e d’anges thurifĂ©raires et cĂ©lestes
 Roth prend le temps de l’introspection, fouillant la rĂȘverie solitaire de Faust au dĂ©but, l’intelligence sournoise et manipulatrice de MĂ©phisto; le maestro rappelle surtout combien il s’agit d’une lĂ©gende dramatique, selon les mots de Berlioz : peinture atmosphĂ©rique et orchestrale plutĂŽt que narration descriptive. Le fantastique et les Ă©clairs surnaturels s’exprimant surtout par le raffinement de l’orchestration
 laquelle scintille littĂ©ralement dans le geste pointilliste du chef français (Ă©clatant ballet des Sylphes). En 1846, soit 16 annĂ©es aprĂšs la Symphonie Fantastique, l’écriture de Berlioz n’a jamais aussi directe, flamboyante et intĂ©rieure.

Le point fort de cette lecture sans mise en scĂšne, demeure l’articulation du français : un point crucial sur nos scĂšnes actuelles, tant la majoritĂ© des productions demeurent incomprĂ©hensibles sans le soutien des surtitres.
Bravo donc Ă  l’excellent Brander de Thibault de Damas (chanson du Rat, aussi rythmique et frĂ©nĂ©tique que prĂ©cisĂ©ment articulĂ©e : un modĂšle absolu en la matiĂšre). On le pensait trop lĂ©ger et percussif voire serrĂ© pour un rĂŽle d’ordinaire dĂ©volu aux tĂ©nors puissants hĂ©roĂŻco-dramatiques : que nenni
 Mathias Vidal relĂšve le dĂ©fi du personnage central : Faust. Certes la carrure manque d’assurance et d’ampleur parfois (nature immense, un rien Ă©troite), mais quel chant incarnĂ©, nuancĂ©, dĂ©clamĂ© ! Le chanteur est un acteur qui a concentrĂ© et densifiĂ© son rĂŽle grĂące Ă  la maĂźtrise de phrasĂ©s somptueux qui inscrit ce profil dans le verbe et la puretĂ© du texte. La comprĂ©hension de chaque situation en gagne profondeur et sincĂ©ritĂ©. La ciselure d’un français intelligible fait merveille. On se souvient de son Atys (de Piccinni) dans une restitution en version de chambre : l’ñme percutante et tragique du chanteur s’était de la mĂȘme façon dĂ©ployĂ©e avec une grĂące ardente, irrĂ©sistible.

 

 

 

Berlioz Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles
FAUST exceptionnel :  textuel et orchestral

 

 

 

Sans avoir l’ñge du personnage, ni sa candeur angĂ©lique, Anna Caterina Antonacci, aux aigus parfois tirĂ©s et tendus, « ose » une lecture essentiellement ardente et passionnĂ©e.
elle aussi diseuse, au verbe prophĂ©tique, d’une indiscutable excellence linguistique (Ballade du roi de ThulĂ©). Capable de chanter la cantate ClĂ©opĂątre avec une grandeur tragique souveraine, la diva affirme sa vraie nature qui embrase par sa vibration rayonnante, la loyautĂ© du Faust lumineux de Vidal (D’amour l’ardente flamme).
Aussi impliquĂ© et nuancĂ© que ses partenaires, Nicolas Courjal rĂ©ussit un MĂ©phisto impeccable d’élĂ©gance et de diabolisme, profĂ©rant un verbe lyrique lĂ  encore nuancĂ©, idĂ©al. C’est sĂ»r, le français est ici vainqueur, et son articulation, d’une intelligence expressive, triomphe dans chaque mesure. La maĂźtrise est totale, sachant s’accorder au scintillement instrumental de l’orchestre, dans la fausse voluptĂ© enivrĂ©e (Voici des roses), comme dans le cri sardonique final de la victoire (Je suis vainqueur ! lancĂ© Ă  la face d’un Faust Ă©reintĂ© qui s’est sacrifiĂ© car il a signĂ© le pacte infernal).
Comme plus tard dans ThaĂŻs de Massenet, Berlioz Ă©chafaude son final en un chiasme dramatique contraire et opposĂ© : Ă  mesure que Faust plonge dans les enfers (comme le moine AthanaĂ«l saisi par les affres du dĂ©sir), Marguerite gagne le ciel et son salut en une Ă©lĂ©vation miraculeuse (comme ThaĂŻs qui meurt dans la puretĂ©). VoilĂ  qui est admirablement restituĂ© par le chef et son orchestre authentiquement berliozien. Il est donc lĂ©gitime de fixer par le dvd ce spectacle hors normes qui dĂ©poussiĂšre orchestralement et vocalement une partition oĂč a rĂ©gnĂ© trop longtemps les brumes du romantisme wagnĂ©rien.

François-Xavier Roth (© Pascal le Mée Chùteau de Versailles Spectacles)

 

 

 

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BERLIOZ : La Damnation de Faust, 1846

Faust : Mathias Vidal
Marguerite : Anna Caterina Antonacci
MéphistophélÚs : Nicolas Courjal
Brander : Thibault de Damas d’Anlezy

ChƓur Marguerite Louise / Chef : GaĂ©tan Jarry
Les SiĂšcles
François-Xavier Roth, direction
Enregistré à Versailles, Opéra Royal, en novembre 2018

1 dvd ChĂąteau de Versailles Spectacles

 

 
 

 

COMPTE-RENDU, critique, opéra. GENEVE, le 15 déc 2019. RAMEAU : Les Indes Galantes. L Steier / LG Alarcon.

COMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. GENEVE, le 15 dĂ©c 2019. RAMEAU : Les Indes Galantes. L Steier / LG Alarcon. AprĂšs avoir dĂ©fendu l’Ɠuvre Ă  l’opĂ©ra Garnier de Paris (sept 2019, lecture iconoclaste et vide de sens de ClĂ©ment Cogitore), – proposition marquante par son dĂ©ficit de cohĂ©rence sur le plan scĂ©nique, riche en effets gadgets, pauvre en lecture forte, dĂ©truisant l’unitĂ© poĂ©tique de Rameau et l’insolence de sa musique, revoici l’opĂ©ra-ballet, les Indes Galantes par le chef argentin Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn, Ă  GenĂšve cette fois, et autrement plus cohĂ©rent, mĂȘme si la mise en scĂšne de Lydia Steier met Ă  mal le cadre de l’Ɠuvre baroque. Sa FlĂ»te enchantĂ©e Ă  Salzbourg (2018) n’avait guĂšre convaincu. Plus d’épisodes indĂ©pendants des uns des autres, mais une seule action dans un seul lieu (un thĂ©Ăątre ravagĂ©) oĂč une troupe apeurĂ©e, rĂ©fugiĂ©e en pleine guerre tente de divertir les combattants qui de temps Ă  autre, surgissent, plus brutaux et sordides que jamais.

 

 

Rameau es-tu lĂ  ?

 

 

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Les ballets et divertissements deviennent dĂ©rivatifs salvateurs; faire l’amour plutĂŽt que la guerre. Pour convaincre davantage et mieux servir son propos, la scĂ©nographe se fait dramaturge et recompose l’ordre de certaines scĂšnes originales : il est vrai que l’unitĂ© originelle des partitions n’a plus lieu et les metteur(e)s en scĂšne dĂ©font ce qui a Ă©tĂ© conçu avec rĂ©flexion et sensibilitĂ© avant eux. Coupant la sublime Chaconne utlime (le plus morceau de la partition), Lydia Steier rejoint ici ce que fait l’iconoclaste Tcherniakov qui rĂ©Ă©crit les relations des personnages ou change carrĂ©ment la fin des oeuvres (!). Ici la belle et aimante Zima triomphe mais timidement car son grand air (RĂ©gnez) est Ă©cartĂ©, pour une conclusion grise, bancale (danse du calumet de la paix sous la neige). LĂ  encore, il faut intellectuellement ĂȘtre honnĂȘte et afficher non pas les Indes Galantes de Rameau, mais les Indes galantes version Steier, d’aprĂšs Rameau.

Le divorce avec la fosse et la musique est d’autant plus fort que les musiciens sont trĂšs honorables. Davantage qu’à Paris, moins artificiels et contraints, malgrĂ© le diktat imposĂ© par Steier et sa vision trop subjective. Parmi les chanteurs, saluons surtout le naturel articulĂ©, nuancĂ© de ValĂšre grĂące Ă  l’excellent Cyril Auvity (rĂ©cemment remarquable Furie dans Isis de Lully).

Bel engagement aussi pour Kristina Mkhitaryan qui apporte Ă  ses rĂŽles, HĂ©bĂ© / Zima, une nouvelle profondeur Ă©motionnelle, dĂ©lectable. Sans omettre l’articulation tout aussi naturel qu’Auvity, de la basse Renato Dolcini (Osman / Adario), naturellement chantant, au français impeccable. Vous l’aurez compris : non Ă  cette mise en scĂšne irrespectueuse ; oui Ă  l’implication plus fine des musiciens.

 

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Photos : © Magali Dougados / service presse Gd Théùtre GenÚve 2019

RAMEAU : Les Indes Galantes
Opéra-ballet en un prologue et 4 entrées
Livret de Louis Fuzelier
Version de 1736
Mise en scĂšne : Lydia Steier

Hébé / Emilie / Zima : Kristina Mkhitaryan
Bellone / Osman / Adario : Renato Dolcini
Huascar / Don Alvar : François Lis
Amour / ZaĂŻre : Roberta Mameli
ValĂšre / Tacmas : Cyril Auvity
Phani : Claire de Sévigné
Don Carlos / Damon : Anicio Zorzi Giustiniani
Fatime : Amina Edris
Ali : Gianluca Buratto

Grand ThĂ©Ăątre de GenĂšve, Ballet, ChƓur
Cappella Mediterranea / Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn, direction

 

 

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COMPTE-RENDU, critique, opéra. GENEVE, le 15 déc 2019. RAMEAU : Les Indes Galantes. L Steier / LG Alarcon.

ORLÉANS. Concert COR A CORPS (FaurĂ©, R. Strauss…)

orchestre-symphonique-orleans-janvier-concerts-2020-11-12-janvier-COR-A-CORPS-STRAUSS-BEETHOVEN-classiquenews-critique-concert-et-operaORLÉANS, Concert COR A CORPS, les 11 et 12 janvier 2020. L’ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS fĂȘte l’annĂ©e 2020 par un concert Ă©vĂ©nement qui met l’accent sur le cor, instrument au timbre somptueux autant que majestĂ©, pilier du pupitre des cuivres. Pour se faire, l’Orchestre orĂ©lanais marque aussi une premiĂšre dans sa riche et longue histoire, il est dirigĂ© pour la premiĂšre fois par une cheffe d’orchestre, Claire Levacher. Marius Stieghorst, chef et directeur artistique de l’Orchestre Symphonique d’OrlĂ©ans, l’a choisie car Claire Levacher a collaborĂ© avec lui sur diffĂ©rents projets et production Ă  l’OpĂ©ra de Paris, dĂ©montrant une acuitĂ© remarquable et une sensibilitĂ© des plus efficaces. Autant de qualitĂ©s essentielles pour la rĂ©ussite d’un orchestre.
Les 11 et 12 janvier 2020, place donc au cor (et Ă  la virtuositĂ© chantante du jeune soliste FĂ©lix Dervaux) et aussi Ă  Beethoven dont 2020 marque les 250 ans de la naissance. Le programme rend Ă©galement un hommage au regrettĂ© chef de l’Orchestre Symphonique d’OrlĂ©ans, Jean-Marc Cochereau, dĂ©cĂ©dĂ© en dirigeant la Symphonie n°3 lors d’une rĂ©pĂ©tition de l’orchestre le 10 janvier 2011.

 
 

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« COR À CORPS »
ORLÉANS, ThĂ©Ăątre, Salle Touchard

Samedi 11 janvier 2020 Ă  20h30
Dimanche 12 janvier 2020 Ă  16h
ThĂ©Ăątre d’OrlĂ©ans – Salle Touchard
RÉSERVEZ VOTRE PLACE ici :
http://www.orchestre-orleans.com/concert/cor-a-corps/

ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS
Direction : Claire LEVACHER
Cor solo : FĂ©lix DERVAUX

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Présentation des oeuvres

 

 

 

Gabriel FAURÉ : Pavane, op.50
La Pavane est une Ɠuvre pour petit orchestre symphonique avec chƓur, Ă©crite en 1887 ; elle est dĂ©dicacĂ©e Ă  la Comtesse Elisabeth Greffuhle. FaurĂ© ajoute Ă  la demande de cette derniĂšre la partie chorale sur un texte de son cousin, Robert de Montesquiou-Fezensac. La Comtesse a servi de modĂšle pour le personnage d’Oriane de Guermantes dans A la recherche du temps perdu de Proust (Un amour de Swann).

 

 

Richard STRAUSS
Concerto n° 2 pour cor en mi bémol majeur, op. 132 (soliste Félix Dervaux)
Felix delvaux cor concert critique classiquenews-videoRichard Strauss compose ce Concerto pour cor en 1942 Ă  l’ñge de 78 ans. Le cor occupe une place privilĂ©giĂ© dans l’écriture et l’orchestration de Strauss : le pupitre des cors rĂšgne sans partage dans sa fabuleuse et spectaculaire Symphonie alpestre. C’est aussi une lointaine histoire familiale car son pĂšre, Franz Strauss, Ă©tait premier cor solo Ă  l’orchestre du ThĂ©Ăątre de la cour de Munich et l’un des plus brillants cornistes allemands de son temps. Reconnaissant, Strauss fils rĂ©serve au cor dans ce concerto, une place de choix, virtuose et raffinĂ©e, construisant un vĂ©ritable dialogue entre le soliste et l’orchestre. Strauss y rend hommage aussi Ă  l’esprit de Mozart. (Soliste : FĂ©lix Dervaux, DR)

 

 

Ludwig van BEETHOVEN
La Symphonie n°3, dite « Symphonie hĂ©roĂŻque » / Eroica est monumentale par sa durĂ©e (format et ampleur inĂ©dits jusqu’alors), novatrice par son style, et marque un vĂ©ritable tournant dans l’histoire de la musique. Entre 1803 et 1804, Beethoven accomplit un prodige, malgrĂ© la gravitĂ© (et le traumatisme) de sa surditĂ© croissante. Comme un dragon qui bouillonne, le lion nĂ© Ă  Bonn accouche de ses idĂ©es et rĂ©forme dĂšs lors la sonoritĂ© mĂȘme de l’orchestre symphonique. D’abord admiratif de la RĂ©volution française, et de Bonaparte, Beethoven dĂ©die au gĂ©nĂ©ral français sa nouvelle partition, vĂ©ritable manifeste pour un nouveau monde et un nouvel ordre. Mais avec l’avĂšnement de NapolĂ©on, Beethoven efface la dĂ©dicace initiale : la partition plus rĂ©volutionnaire que jamais, tout en portant la marque de cette trahison, demeure l’affirmation sans rĂ©serve de libertĂ© et de fraternitĂ© entre les peuples, un brĂ»lot visionnaire contre toute forme de tyrannie. A bon entendeur


BEETHOVEN-portrait-dossier-beethoven-2020-classiquenews-concerts-festivals-2020-Ludwig-Van-Beethoven-1ComposĂ©e dans un registre Ă©pique, la partition Ă©tonne encore par la clartĂ© de son architecture Ă  travers ses 4 mouvements, chacun idĂ©alement caractĂ©risĂ© : le premier mouvement cĂ©lĂšbre la bravoure du hĂ©ros ; le second, plus tourmentĂ©, Ă©voque la mort (deuil des idĂ©es sacrifiĂ©es, trahies par NapolĂ©on ?) – les deux derniers mouvements rĂ©activent l’espoir. A la crĂ©ation, les spectateurs restent dĂ©concertĂ©s. Beethoven la considĂšre comme sa prĂ©fĂ©rĂ©e. L’HĂ©roĂŻque inaugure la symphonie romantique par excellence. Un coup de gĂ©nie jamais plus dĂ©menti ensuite et toujours acclamĂ©.

 

 

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FĂ©lix DERVAUX, cor
LaurĂ©at de plusieurs concours internationaux de musique, tels que le Concours ARD de Munich 2016 et le Concours TchaĂŻkovski 2019, FĂ©lix DERVAUX a jouĂ© comme soliste avec des plus grands orchestres du monde : l’Orchestre symphonique de la Radiodiffusion bavaroise, l’Orchestre royal du Concertgebouw (premier cor solo), le Marinsky Orchestra.

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INFOS & RÉSERVATIONS :

Lieu : Salle Touchard – ThĂ©Ăątre d’OrlĂ©ans
Tarifs : Cat.1 : 30 € ; Cat. 2 : 27/24/19/13 €
Dates et horaires des concerts : Samedi 11 janvier Ă  20h30 – Dimanche 12 janvier Ă  16h00
RĂ©servations :
‱ ThĂ©Ăątre d’OrlĂ©ans : du mardi au samedi de 13h Ă  19h, TĂ©l. 02 38 62 75 30 Ă  partir de 14h
‱ Billetterie en ligne : www.helloasso.com/associations/orleans-concerts
Site internet : www.orchestre-orleans.com
 

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Approfondir

 

LIRE aussi nos contenus et articles sur la symphonie EROICA de Beethoven
http://www.classiquenews.com/?s=eroica&submit=rechercher

LIRE aussi notre grand dossier BEETHOVEN 2020
http://www.classiquenews.com/beethoven-2020-volet-3-ludwig-epique-1802-1812/

 

 

 

 

 

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COMPTE RENDU, critique, opéra. PARIS, TCE, le 27 nov 2019. MOZART : Les Noces de Figaro. J RHORER / J GRAY

Mozart-portrait-chevalier-clemence-de-titus-idomeneo-mozartCOMPTE RENDU, critique, opĂ©ra. PARIS, TCE, le 27 nov 2019. MOZART : Les Noces de Figaro. J RHORER / J GRAY. On l’attendait comme le loup blanc, mieux : comme le nouveau messie venu (enfin) renouveler le genre lyrique passablement Ă©reintĂ© par de faux metteurs en scĂšne. Qu’allions nous alors (re)dĂ©couvrir dans ces Nozze miraculeuses oĂč brĂ»le le dĂ©sir et se consume l’amour en une transe collective, Ă  la fois nostalgique et facĂ©tieuse ? Qu’apporte rĂ©ellement Ă  l’opĂ©ra, le cinĂ©aste James Gray, lui qui Ă  50 ans, trĂšs marquĂ© par le style intello esthĂšte de l’Actor studio, a marquĂ© le cinĂ©ma amĂ©ricain depuis une dĂ©cennie, grĂące Ă  des cadrages et une photographie qui citent souvent 
 la modernitĂ© inusable d’un Degas ? En rĂ©alité  une (trop) sage mise en mouvement d’un incomparable chef d’Ɠuvre. Et si la musique trop divine de Wolfgang rendait le dĂ©fi de la reprĂ©sentation, dĂ©finitivement stĂ©rile ? La proposition de James Gray nous paraĂźt objectivement moins pertinente qu’au cinĂ©ma. Mais cela aurait pu ĂȘtre pire et tourner au dĂ©tournement spatial de la part du rĂ©cent rĂ©alisateur d’Ad Astra. Pourtant ayant encore vu rĂ©cemment The city of Z, dont l’action inscrite de la forĂȘt amazonienne (bolivienne) fait paraĂźtre comme d’un songe, une reprĂ©sentation de Cosi fan tutte, nous espĂ©rions ĂȘtre surpris, tout au moins touchĂ©s par le spectacle annoncĂ© comme majeur par le TCE


 
 

 
 

GRAY UN PEU GRIS…

  

 

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SAINE MAIS SAGE FIDELITÉ AUX TEXTES
 Architecture mĂ©ridionale vaguement sĂ©villane au I ; costumes outrageusement espagnols (Lacroix) ; situations dramatiques respectueuses du livret assez sage de da Ponte, du moins plus bourgeoises que rĂ©volutionnaires de la source Beaumarchais. On est parfois mĂȘme dans un pastiche kitch d’un XVIIIĂš exacerbĂ©, un rien pĂ©taradant. La vogue Marie-Antoinette, vomissant ses mouches, ses rubans et ses macarons
, sĂ©vit toujours. La lecture politique du conflit entre le Comte Almaviva qui fait valoir son droit de cuissage / jambage, et son valet Figaro, fiancĂ© dĂ©fenseur de sa future Ă©pouse Suzanne, reste une affaire strictement domestique. Observateur de la rĂ©alitĂ©, voire analyste sans l’avouer, Gray prolonge du cinĂ©ma Ă  l’opĂ©ra, son perfectionnisme visuel presque maladif. Il agrĂ©mente la vĂ©ritĂ© des sĂ©quences grĂące Ă  quelques objets / accessoires qui disent tout, clairement, synthĂ©tiquement: miroir, guitare
 qui passant de mains en mains dĂ©terminent l’idĂ©e des rĂ©seaux et des conspirations (fĂ©minines) contre le despote Almaviva. MĂȘme dans les replis de cette action fermĂ©e, entre maĂźtres et serviteurs, l’amĂ©ricain apporte une lecture pointilliste et plutĂŽt classique qui s’intĂ©resse de prĂšs Ă  chaque mouvement des corps, chaque geste, toujours trĂšs signifiants. Un travail d’acteurs
 de cinĂ©ma.

PLATEAU UN PEU TIEDE
 Gorge serrĂ©e et naturel en berne, le Comte Almaviva de StĂ©phane Degout a l’intelligence d’enrichir son personnage en Ă©vitant la caricature. Le despote est moins brutal et grossier qu’ailleurs. Ouf. Profonde voix suave, la Comtesse de la soprano Vannina Santoni apporte la touche de fĂ©minitĂ© complĂ©mentaire, habitĂ©e quoique parfois trop languissante, que transforme enfin, une tenue vocale trĂšs claire et lumineuse. La voix exprime le sentiment et c’est tant mieux : en l’occurrence, l’ennui et la nostalgie d’une Ă©pouse dĂ©laissĂ©e (et trompĂ©e) quoiqu’encore jeune.
Le Figaro de Robert Gleadow occupe tous les espaces et potentialitĂ©s du personnage : comĂ©dien autant que chanteur, la technique a quand mĂȘme du mal Ă  canaliser un trop plein de puissance et de vibrato. Bref un acteur dĂ©voilĂ©, mais un chanteur trĂšs peu mozartien. MĂȘme le jeune talent attendu ici, la soprano ElĂ©onore Pancrazi fait un Cherubin peu fluide, qui se cherche encore

BientĂŽt PlatĂ©e chez Rameau, le tĂ©nor percutant comme une trompette mais nuancĂ© comme le diseur baroque qu’il est, et magnifiquement, Ă©blouit par contre en Basilio : sorte de lĂąche insolent, canaille frustrĂ©e mais persiflante Ă  souhait. Le chanteur français, lui, manifeste un plaisir Ă©vident dans le jeu thĂ©Ăątral, d’autant qu’ici moyens et intentions sont idĂ©alement justes.

 

 

mozart-james-gray-figaro-tce-opera-critique-classiquenews-santoni-degout

 

 

Chef aux mouvements carrĂ©s mais vifs, et orchestre (sur instruments d’époque) rĂ©alisent un Mozart nuancĂ© mais comme fonctionnarisĂ© ; qui manque de respiration comme de souffle ; sans guĂšre de surprise. A croire qu’une certaine ĂąpretĂ© ciselĂ©e par Harnoncourt n’a jamais existĂ© ? Classique, mĂ©ticuleusement respectueuse des didascalies et indications de da Ponte, cette production cinĂ©matographique de James Gray fonctionne de toute Ă©vidence. Elle ne marque pas non plus les esprits. C’est un peu tiĂšde et trop sage.

 

 
 
 

 
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COMPTE RENDU, critique, opĂ©ra. PARIS, TCE, le 27 nov 2019. MOZART : Les Noces de Figaro. Opera biffa en quatre actes K. 492. Livret de Lorenzo Da Ponte, d’aprĂšs La Folle journĂ©e ou Le Mariage de Figaro de Beaumarchais.

Direction musicale : Jérémie Rhorer.
Mise en scĂšne : James Gray.

Scénographie : Santo Loquasto. Costumes : Christian Lacroix. LumiÚre : Bertrand Couderc.

Avec Anna Aglatova (Suzanne),
Robert Gleadow (Figaro),
Stéphane Degout (le comte Almaviva),
Vannina Santoni (la comtesse Almaviva),
ÉlĂ©onore Pancrazi (ChĂ©rubin).

 

 

 

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Photos / illustrations © Vincent Pontet / TCE service de presse

CD événement, critique. RAVEL, ATTAHIR. ONL, Alexandre Bloch (1 cd Alpha, 2018)

CD-RAVEL-ATTAHIR-valse-rapsodie-espagnole-RAVEL-cd-ORCH-NAT-DE-LILLE-classiquenews-cd-critique-review-cd-critique-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. RAVEL, ATTAHIR. ONL, Alexandre Bloch (1 cd Alpha, 2018). AprĂšs un remarquable double coffret dĂ©voilant l’opĂ©ra de jeunesse de Bizet (Les PĂȘcheurs de perles oĂč s’affirment les affinitĂ©s lyriques de l’Orchestre National de Lille), aprĂšs un rĂ©cent album Chausson, tout autant passionnant, et orchestralement ciselĂ©,… l’orientation du nouveau programme confirme ici l’excellence symphonique de la phalange lilloise, apte Ă  relever tous les dĂ©fis donc, prĂ©cisĂ©ment ravĂ©liens, comme en terme de crĂ©ation contemporaine (Attahir)
 DĂšs le dĂ©but, La Valse tourbillonne dĂšs les premiers Ă  coups aux contrebasses auxquels rĂ©pondent la pĂ©tillance sombre des bassons puis tout l’orchestre qui scintille de mille nuances instrumentales, sur le rythme souple, en bascule de cette valse de plus en plus endiablĂ©e. La suavitĂ© rayonnante des clarinettes redoublent de voluptĂ© face Ă  l’ivresse envoĂ»tante des cordes ; mais trĂšs vite l’implosion menace l’équilibre dans la vĂ©hĂ©mence chaloupĂ©e ; la toupie se transforme en sirĂšne hurlante, faisant de la piĂšce de Ravel, un sommet de construction qui se dĂ©construit progressivement sous l’effet de l’urgence de son rythme. On pense d’un bout Ă  l’autre du pomĂše prĂ©cĂ©dent de cet autre orchestrateur miraculeux, Paul Dukas, et son Apprenti Sorcier oĂč le chant orchestral affirme une narrativitĂ© incandescente puis dit une mĂȘme explosion formelle, dans la surenchĂšre incontrĂŽlable des textures sonores.

 

 

 

L’Orchestre Nationel de Lille et Alexandre Bloch
expriment la richesse poétique de La Valse et de la Rapsodie


Magies ravéliennes

 

 

La Rapsodie espagnole (1907-1908) est le premier accomplissement orchestral de Ravel. celui qui saisit le milieu musical français (parisien) et qui allait dĂ©boucher ensuite sur l’apothĂ©ose de Daphnis et ChloĂ© (1912). Le raffinement scintillant de l’écriture, l’intelligence de la conception dramatique et architecturale, la sensibilitĂ© des couleurs et l’instinct des timbres disent le gĂ©nie de Ravel. Sous le geste Ă  la fois ample, oxygĂ©nĂ© mais prĂ©cis et ciselĂ© d’Alexandre Bloch, Ravel sonne non pas impressionniste comme on ne cesse de le dĂ©clarer, mais fauve. Une apprĂ©ciation plus juste car l’auteur de Miroirs ou de Gaspard de la nuit et bientĂŽt de Daphnis, y affirme un goĂ»t de la couleur, une vision juste et fulgurante qui le rapproche des sensuels et poĂ©tiques Vlaminck, Van Dongen, Matisse, Derain


Le PrĂ©lude Ă  la nuit et ses 4 notes descendantes enivrantes est Ă©noncĂ© comme un songe lointain, dans une morne voluptĂ© fatiguĂ©e mais toujours opalescente ; dans  Malaguena, danse codifiĂ©e de Malaga, mĂȘme suprĂȘme retenue, distanciĂ©e mais caressante et trĂšs finement Ă©lucidĂ©e, oĂč les deux amants certainement, se calculent, s’envisagent avec cette pudeur Ă©lĂ©gantissime, caractĂšres propres Ă  Ravel (tact du hautbois), que Alexandre Bloch exprime avec une souplesse jubilatoire. La plus difficile des quatre piĂšces demeure le climat nocturne lui aussi, de cette Habanera qui atteint au sublime dans le panthĂ©on poĂ©tique ravĂ©lien, : il s’agit de rĂ©activer un souvenir personnel, provenant de la mĂšre ; Ravel s’y montre plus andalou que les espagnols ; plus Ă©vanescents, fugitif et racĂ© que les plus fiers des hidalgos (mĂȘme Falla reconnut l’hispanitĂ© viscĂ©rale d’un Ravel touchĂ© par la grĂące dans son premier essai orchestral) ; fĂ©lin et sensuel en diable, Alexandre Bloch dirige comme un peintre
 par touches qui s’enlacent naturellement, dans la voluptĂ© jusqu’à l’évaporation finale.
CLIC D'OR macaron 200Enfin Feria dĂ©ploie la magie de son dĂ©filĂ© de timbres Ă  la furieuse et impĂ©rieuse exaltation, entre solennitĂ© et joie mĂ©diterranĂ©enne ; entre pudeur rentrĂ©e et poĂ©tique, et dĂ©claration lascive, le chef du National de Lille dĂ©ploie des trĂ©sors d’Ɠillades suggestives, d’une infinie et irrĂ©sistible sĂ©duction. Laquelle s’exprime dans un fracas sonore des plus exaltĂ©s, mais ĂŽ combien caractĂ©risĂ© grĂące Ă  la gĂ©nĂ©reuse prĂ©cision du chef. Alexandre Bloch dĂ©clare sa flamme au gĂ©nie ravĂ©lien dont on soupçonne qu’il stimule continument la maĂźtrise du maestro.

Aux cĂŽtĂ©s de cette rĂ©vĂ©lation ravĂ©lienne, le cd fixe la crĂ©ation par l’orchestre et le chef du Concerto pour serpent et orchestre de Benjamin Attahir, alors en janvier 2018, compositeur en rĂ©sidence au sein de l’Orchestre National de Lille. Nous renvoyons le lecteur Ă  la critique de la crĂ©ation Ă  laquelle assistait classiquenews :
« Le Concerto est en rĂ©alitĂ© la 2Ăš piĂšce d’un cycle en cours de 5 sections, rĂ©capitulant les 5 appels Ă  la priĂšre de l’ordinaire musulman. Cette 2Ăš Ă©tape correspond Ă  la priĂšre du midi. Si au cours de la passionnante rencontre prĂ©liminaire au concert oĂč le compositeur et son interprĂšte / crĂ©ateur (Patrick Wibart) dialoguent et prĂ©sentent leur travail, Benjamin Attahir s’est dit trĂšs intĂ©ressĂ© par le timbre (proche du cor et du trombone) et par la vocalitĂ© naturelle du Serpent, il s’est surtout montrĂ© soucieux de la structure et de l’architecture dramatique d’une piĂšce de plus de 20 mn qui nous aura sĂ©duit par son plan ambitieux, son souci des contrastes, des ruptures de caractĂšres, sa recherche constante de couleurs. A cela s’ajoute aussi une dĂ©marche particuliĂšre pour la spatialisation : 2 cors Ă©tant placĂ©s au niveau du balcon principal, permettant dans la derniĂšre partie de l’oeuvre – la plus convaincante, des effets d’échos et de rĂ©ponses entre le chant puissant et feutrĂ© du serpent soliste situĂ© sur la scĂšne, et les deux cuivres placĂ©s de part et d’autres de la galerie ; leurs rĂ©sonances mĂȘlĂ©es, dĂ©calĂ©es, dialoguĂ©es recrĂ©ent l’impression de vagues sonores enveloppantes quand les appels Ă  la priĂšre se multiplient dans l’espace urbain. »

LIRE l’intĂ©gralitĂ© du compte rendu critique du 26 janvier 2018 :
https://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-concert-lille-auditorium-du-nouveau-siecle-le-26-janvier-2018-haydn-attahir-beethoven-orchestre-national-de-lille-alexandre-bloch/

 
 

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LIRE notre annonce du Concerto pour serpent de B Attahir par l’Orchestre national de Lille :
https://www.classiquenews.com/a-lille-le-concerto-pour-serpent-de-benjamin-attahir/

LIRE notre compte rendu critique du concert de la création Concerto pour serpent de Benjamin Attahir, le 26 janvier 2018
https://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-concert-lille-auditorium-du-nouveau-siecle-le-26-janvier-2018-haydn-attahir-beethoven-orchestre-national-de-lille-alexandre-bloch/

 

 

 

PrĂ©cĂ©dents articles critiques dĂ©diĂ©s Ă  l’Orchestre National de Lille et Alexandre BLOCH :

 

 

 

chausson poeme amour et mer alexandre bloch gens orchestre national de lille cd annonce critique cd review cd classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. ERNEST CHAUSSON : PoĂšme de l’amour et de la Mer, Symphonie opus 20 (Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch / VĂ©ronique Gens – 1 cd Alpha 2018). Comme une houle puissante et transparente Ă  la fois, l’orchestre pilotĂ© par Alexandre Bloch sculpte dans la matiĂšre musicale ; en fait surgir la profonde langueur, parfois mortifĂšre et lugubre, toujours proche du texte (dans les 2 volets prosodiĂ©s, chantĂ©s du « PoĂšme de l’amour et de la mer » opus 19) : on y sent et le poison introspectif wagnĂ©rien et la subtile texture debussyste et mĂȘme ravĂ©lienne dans un raffinement inouĂŻ de l’orchestration. D’une couleur plus sombre, d’un medium plus large, la soprano VĂ©ronique Gens a le caractĂšre idoine, l’articulation naturelle et sĂ©pulcrale (« La mort de l’amour » : dĂ©tachĂ©e, prĂ©cise, l’articulation flotte et dessine des images bercĂ©es par une voluptĂ© brumeuse et cotonneuse, mais dont le dessin et les images demeurent toujours prĂ©sent dans l’orchestre, grĂące Ă  sa diction exemplaire : quel rĂ©gal).

cd-pentatone-les-pecheurs-de-perles-bizet-orch-national-de-lille-alexandre-bloc-fuchs-dubois-sempey-les-cris-de-paris-annonce-cd-evenement-par-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, ANNONCE. BIZET : Les PĂȘcheurs de perles / ONL, Alexandre Bloch (2 cd Pentatone). En mai 2017, l’Orchestre national de Lille dirigĂ© par Alexandre Bloch son directeur musical, choisissait de ressusciter l’opĂ©ra de jeunesse de Bizet, les PĂȘcheurs de perles (1863). Un sommet lyrique plus abouti et cohĂ©rent qu’on ne le dit, le maillon essentiel avant Carmen (crĂ©e 12 ans plus tard), pour comprendre ce goĂ»t de la caractĂ©risation individuelle, des atmosphĂšres (orientalisantes, proches de LakmĂ© de LĂ©o Delibes plus tardif, crĂ©Ă© en 1883), ce gĂ©nie du drame qui sans emphase et tout en subtilitĂ© dĂ©peint des ĂȘtres d’exception comme les deux amoureux Nadir et Leila, finalement sauvĂ© par le rival du premier, Zurga
 Pour l’orchestre, c’est un dĂ©fi dans l’expression des nombreux paysages sonores ; pour les chanteurs, – tous de la nouvelle gĂ©nĂ©ration du chant français dont surtout les indiscutables Cyrille Dubois et Julie Fuchs (Nadir et Leila), un dĂ©fi sur le plan de la diction romantique française ; pour le chef, mĂȘme travail de ciselure dĂ©taillĂ©e comme de cohĂ©rence du plateau

 

METZ, Ciné-concert. Alexandre Nevski : Prokofiev / Eisenstein

sergei-prokofievMETZ, Arsenal. PROKOFIEV Alexandre Nevski, sam 16 nov 2019. Pour insuffler au rĂ©gime soviĂ©tique, un supplĂ©ment d’ñme et de souffle qu’il n’a pas, Prokofiev puisse dans l’histoire des hĂ©ros russe et livre un superbe oratorio symphonique qui exalte les vertus des grands hommes, patriotes, libĂ©rateurs
 Le courage exemplaire, l’abnĂ©gation jusqu’à la victoire. Prokofiev met en musique le film Ă©pique d’Eisenstein.

 

 

Symphonique, ciné-concert à METZ
Grande fresque cinĂ©matographique de la pĂ©riode soviĂ©tique relatant la victoire d’un hĂ©ros russe du XIIIe siĂšcle, vainqueur des armĂ©es teutoniques, Alexandre Nevski a souvent Ă©tĂ© qualifiĂ© de « symphonie d’images et de sons ». L’oeuvre cinĂ©matographique, rĂ©alisĂ©e par Eisenstein, est insĂ©parable de la partition de Prokofiev.
Sous la direction de Jacques Mercier, choeurs grandioses, orchestre de « glace et de feu » et mezzo-soprano bouleversante – notamment dans la complainte funĂšbre de l’épisode du Champ des Morts –, sont mobilisĂ©s in vivo, intensifiant encore la formidable puissance Ă©pique, autant que l’incroyable beautĂ© plastique du film d’Eisenstein.

Le concert fait Ă©cho Ă   l’exposition « L’ƒil extatique. SergueĂŻ Eisenstein, un cinĂ©aste Ă  la croisĂ©e des arts » au Centre Pompidou-Metz (28.09.19 — 24.02.20).

 

 

 

 

PROKOFIEV : Alexandre Nevskboutonreservationi
METZ Arsenal, Grande Salle
Orchestre National de Metz
Jacques Mercier, direction
Samedi 16 nov 2019, 20h

https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/alexandre-nevski–eisenstein

 

 

 

 

 

 

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Alexandre NEVSKI
Serge Prokofiev (1891-1953)
Alexandre Nevski, 1939

DĂ©buts fulgurants
Le jeune barbare, gorgĂ© d’inspiration tonitruante voire explosive, ne tarde pas Ă  imposer son tempĂ©rament irrĂ©sistible qui en fait un phĂ©nomĂšne musical sans prĂ©cĂ©dent: Prokofiev est un compositeur reconnu aussitĂŽt pour sa trempe, son autoritĂ©, robuste et sportive. DĂšs 1918, il avait quittĂ© la Russie pour se tailler une premiĂšre notoriĂ©tĂ© aux USA oĂč son opĂ©ra, L’amour des Trois Oranges crĂ©Ă© en 1921 Ă©tait applaudi Ă  Chicago. A Paris, il ne tarde pas Ă  participer au succĂšs des Ballets Russes, travaillant avec Serge de Diaguilev pour la musique de nombreux ballets (Chout, 1921; Pas d’acier, 1928; Le Fils prodigue en 1929). Comme pianiste concertiste, il remporte le prix Rubinstein en 1924 avec son Concerto pour piano opus 1.
Evidemment une telle renommĂ©e ne manque pas d’intĂ©resser les instances soviĂ©tiques. Prokofiev rentre donc en 1932 en Russie, occupe plusieurs fonctions officielles. SergueĂŻ Eisenstein lui demande de travailler avec lui pour son film Alexandre Nevski, Ă  partir de 1938.

CANTATE A PART ENTIERE
La partition sert de bande originale, contrepoint musical au film mais devient aussi une cantate Ă  part entiĂšre. Le travail du musicien semble idĂ©alement correspondre Ă  l’esthĂ©tisme officiel puisque Prokofiev est nommĂ© en 1947, “artiste du peuple de la rĂ©publique socialiste fĂ©dĂ©rative SoviĂ©tique de Russie“. Mais ses rapports avec le pouvoir allaient sĂ©rieusement se gĂąter, au moment des purges staliniennes: il est comme Chostakovitch et Khatchaturian, dĂ©clarĂ© “ennemi du peuple” et mis Ă  l’écart, voire inquiĂ©tĂ©. Son “formalisme” bourgeois est jugĂ© sans appel. Trop d’influences venues de l’ouest.

PATRIOTISME ANTI NAZI
La cantate Alexandre Nevski, Ă©crite en 1939, Ă  48 ans, suit l’intrigue souhaitĂ©e par Eisenstein. Le cinĂ©aste est enthousiaste et leur collaboration se poursuivra avec Ivan le Terrible. En dramaturge nĂ©, Prokofiev excelle Ă  inventer des rythmes et des Ă©pisodes puissamment colorĂ©s, denses, robustes comme sa personnalitĂ©, qui sait aussi ĂȘtre tendre et lyrique. Eisenstein louait la musique d’Alexandre Nevski parce qu’elle n’était jamais “illustration” / strictement illustrative. A l’époque oĂč le nazisme menace, l’épopĂ©e menĂ©e brillamment par le prince Alexandre contre les chevaliers teutons au XIII Ăšme siĂšcle, prend valeur d’idĂ©al patriotique. A la violence des images d’Eisenstein rĂ©pond l’acier de la musique de Prokofiev, suggestive, souple, Ă©ruptive.
Le drame musical est plein de cette force virulente et colorĂ©e qui emporte l’énergie et la tension de l’action. En maĂźtre de l’orchestration, le compositeur brosse un tableau Ă©pique qui culmine dans la Bataille sur le lac gelĂ©: en plus de la voix soliste, le choeur sollicitĂ© y prĂ©figure ce que le musicien Ă©crira ensuite dans Guerre et Paix.

 

 

CD coffret, Ă©vĂ©nement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intĂ©grale des 9 symphoniess : Wiener Philharm (2017 – 2019  -  5 cd + bluray-audio DG Deutsche Grammophon)

BEETHOVEN andris nelsons 9 symphonies wiener philharmoniker 5 cd blu ray DG Deutsche GrammophonCD coffret, Ă©vĂ©nement, critique. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intĂ©grale des 9 symphonies : Wiener Philharmoniker (2017 – 2019  -  5 cd + bluray-audio DG Deutsche Grammophon). La direction trĂšs carrĂ©e du chef letton Andris Nelsons (nĂ© Ă  Riga en 1978) brillante certes chez Bruckner et Chostakovitch, efficace et expressive, finit par dessiner un Beethoven assez rĂ©ducteur, parfois caricatural (Symphonies n°7 et 8). De la vigueur, de la force, des Ă©clairs et tutti martiaux, guerriers
 mais pour autant est-ce suffisant dans ce grand laboratoire du chaudron BeethovĂ©nien qui exige aussi de la profondeur et une palette de couleurs des plus nuancĂ©es ? A notre avis, le maestro n’exploite pas assez toutes les ressources des instrumentistes viennois pourtant rĂ©putĂ©s pour leur finesse naturelle. A 40 ans, Nelsons (devenu chef permanent du Gewandhaus de Leipzig depuis 2017), dirige de façon d’emblĂ©e berlinoise ou teutonne un orchestre qui demanderait Ă  articuler, Ă  nuancer davantage. Disciple de Mariss Jansons, Andris Nelsons semble n’avoir compris que la force et la tension du premier, en minimisant le travail sur les couleurs et les nuances. Donc voici la version claironnante d’un Beethoven Ă  poigne.

Tous ceux qui savent tout l’hĂ©ritage viennois (haydnien et mozartien) chez Ludwig, et donc recherchent sous l’architecture du visionnaire prophĂ©tique, l’intelligence des timbres et la sensibilitĂ© du peintre (dans l’art du paysage par exemple, en particulier dans la Pastorale)
 passeront leur chemin.

De mĂȘme, la 1Ăšre symphonie patine sur des tempi trop ralentis, mais grĂące Ă  la vĂ©locitĂ© des cordes et leurs somptueux unissons (exceptionnellement aĂ©rĂ©s ; donc uniques au monde : tout ce qui fait l’excellence des Wiener Philharmoniker), les mouvements plus rythmiques regorgent d’une saine vitalitĂ©. Les uns regretteront que Nelsons pontifie, solennise, classicise Ă  outrance avec des gestes pompiers
 Oui mais c’est compter sans l’orchestre qui respire et contraste avec un souffle unique et singulier.

La 7Ăš est de ce point de vue emblĂ©matique : elle rĂ©vĂšle les aspĂ©ritĂ©s et les arguments d’une lecture brillante mais par moments trop charpentĂ©e. Quelle majestĂ© qui trĂ©pigne comme un dragon rugissant peu Ă  peu, nous faisant entendre le son d’un nouveau monde ; Beethoven est capable de provoquer, saturer, claquer et faire rĂ©agir en une frĂ©nĂ©sie unique et inouĂŻe avant lui (premier mouvement : Poco sostenuto puis Vivace, d’une tension quasi effrayante) ; puis Ă  l’opposĂ©, le second mouvement Allegretto exprime une immense nostalgie, pas une marche funĂšbre comme beaucoup la traite et la rigidifie, mais un chant qui pleure et qui coule, regrette et tourne la page ; musique des regrets et des soupirs vite transcendĂ©s dans l’appel des cimes. Nelsons Ă©claircit la pĂąte, prĂ©cise et clarifie le contrepoint, prĂ©cise chaque entrĂ©e des cordes pour mieux assĂ©ner l’implacable rythme du temps, la force et la violence du destin. La douceur voluptueuse de bois (si onctueuse dans la narration Ă©vocatrice de la Pastorale : hautbois, clarinettes, bassons
) adoucit les griffes de cette conscience qui tutoie l’histoire. Le Presto est un nerf Ă©lectrique qui se dĂ©roule et aimante tout sur son passage ; prĂ©alable frĂ©nĂ©tique avant l’Allegro con brio ou Finale qui sonne l’appel de toutes les forces martiales en prĂ©sence (trompettes incandescentes), en un tourbillon qui tourne sur lui-mĂȘme et appelle une nouvelle direction dans cette saturation rythmique de tutti rĂ©pĂ©titifs. Aucun doute ici, Beethoven est bien le compositeur du chaos qui hurle puis s’organise.

 

 

 

Le Beethoven d’Andris Nelsons
Chef de la vigueur et de la fermeté 

 

 

 

nelsons-andris-beethoven-wiener-phil-critique-cd-classiquenews-orchestre-symphonies-critique-classiquenews-concerts-maestro-dg-deutsche-grammophonLa 8Ăš dĂ©veloppe illico l’énergie de la forge, ce grand bain en fusion qui Ă©treint la matiĂšre, la malaxe et la compresse en Ă©clats rythmiques incandescents ; jamais la sensation du volcan orchestral et sa chambre contenant le magma n’avait autant Ă©merger dans une symphonie : brillant et vivace cet allegro rĂ©capitule toute l’énergie dont est capable le promothĂ©en Beethoven. Quel contraste lĂ  encore avec la lĂ©gĂšretĂ© caquettante, badine et facĂ©tieuse de l’Allegretto (justement annotĂ© « scherzando ») qui semble faire rĂ©vĂ©rence Ă  l’humour et la dĂ©licatesse dansante de Haydn et Mozart. Mais avouons qu’avec un tel orchestre, Nelsons manque de finesse et force le trait. Inutile surlignage.
Le Menuetto est le moins rĂ©ussi car grossiĂšrement battu, sans lĂ©gĂšretĂ©. Des acoups guĂšre sforzando assĂ©ner sans mĂ©nagement au risque de perdre le fil et la pulsion du Menuetto de base. Dommage. LĂ  se rĂ©vĂšle  Ă  notre avis les limites de la version Nelsons : trop Ă©paisse, la pĂąte des viennois qui pourtant respire et palpite naturellement, sonne brucknĂ©rienne et brahmsienne. Un Beethoven enflĂ©, grossi, qui aurait pris du poids : on est loin de l’élĂ©gance viennoise. dans les faits, Beethoven fit crĂ©er toutes ses symphonies majeures Ă  Vienne. Sur un tempo trĂšs allant, le dernier Allegro vivace manque de nuance. Mais cela trĂ©pigne et caquĂšte Ă  souhaits.

Ailleurs, cela fonctionne trĂšs bien dans la force tellurique et rythmique de la 5Ăš ; mais qu’en est-il dans ce vaste poĂšme de la Pastorale (Symphonie n°6), fresque organiquement unifiĂ©e Ă  travers ses 5 mouvements ? Hymne inouĂŻ Ă  la Nature, expression d’un sentiment de compassion dĂ©jĂ  Ă©cologique, et panthĂ©iste qui rĂ©capitule l’ambition lumineuse de Haydn (celui de la CrĂ©ation, oratorio clĂ© de 1799) ?
La sonoritĂ© comme chauffĂ©e Ă  blanc des cordes donne la clĂ© d’une lecture plus intense et contrastĂ©e que vraiment articulĂ©e. Tout est Ă©noncĂ© avec une vigueur permanente. Des contrastes tranchants, une matiĂšre en constante fusion, crĂ©pitante, d’une sauvagerie ardente et vindicative ; Ă  croire que le chef ne connaĂźt (ou plus exactement Ă©carte) toute nuance piano, tout galbe amoureux
 la voluptĂ© dans le regret n’existe plus.
Le second mouvement (Andante molto moto) manque de flexibilitĂ© caressante : tout est exĂ©cutĂ©, dĂ©taillĂ©, prĂ©cisĂ© et par sĂ©quences.  Il y manque la patine tendre, la distance poĂ©tique, ce flux qui s’écoule, organique et viscĂ©ral qui colore les meilleures versions (Karajan, Harnoncourt, Bernstein
) dans la scĂšne au ruisseau. Ici tout brille, en permanence, de façon univoque.

MĂȘme Ă©clatante voire fracassante Ă©nergie dans la 9Ăš, Ă  laquelle il ne manque ni dĂ©flagration ni dĂ©charges en tous genres ; du souffle aussi dĂšs le portique d’ouverture qui creuse une distanciation historicisante,  – sorte d’appel gĂ©nĂ©ral Ă  toutes les Ă©nergies disponibles. Et qui inscrit le massif orchestral en un souffle Ă©pique, Ă  l’échelle de l’histoire. Le chef veille en permanence Ă  faire vrombir le son collectif, creusant les contrastes avec un geste parfois sec, rĂ©sumant le dĂ©veloppement et ses variations en une sĂ©rie de blocs sonores plus puissants que clairs et transparents quoiqu’il sculpte dans l’évidence le relief des bois (Allegro ma non troppo, un poco maestoso). Roulements de timbales, appels des trompettes convoquent une urgence pĂ©taradante qui sonne dur voire Ă©paisse. Le fin contrepoint du Molto vivace qui est vite rattrapĂ©e par l’euphorie et mĂȘme la transe collective avance comme une machine de guerre, enrayĂ©e cependant sur le mode forte voire fortissimo et mĂ©gaforte (coups de timbales). Le chef pilote l’orchestre dans la trĂ©pidation, une urgence continue faisant table rase de tout, y compris de toute recherche de nuances et de dĂ©tails instrumentaux, sauf le contre chant des violoncelles, contrebasses et cors, quoique enchaĂźnĂ©s rapidement, presque prĂ©cipitĂ©s.
L’Adagio doit effacer toute tension, rĂ©parer les blessures, rĂ©conforter par son voile instrumental oĂč rĂšgnent l’unisson des cordes, la couleur flottante des cors, bassons, clarinettes, hautbois
 Nelsons extirpe de l’orchestre un appel au renoncement, l’expression d’un adieu Ă©ternel. Mais il manque cette nuance de magie, de phrasĂ©s piano dont le chef se montre avare depuis le dĂ©but de son intĂ©grale. De telle sorte que son Beethoven sonne (comme nous l’avons dit) comme du Brahms.

Evidemment la dĂ©flagration qui ouvre le Presto – fanfare puis chant des contrebasses, rĂ©sonne comme une prise Ă  tĂ©moin, et la claire volontĂ© de Beethoven d’inscrire sa symphonie dans l’Histoire.
La sĂ©quence est charniĂšre ; elle doit ĂȘtre entendue comme ultime rĂ©capitulation aussi, Ă  la fois complĂšte et dĂ©finitive comme une reprogrammation, une mise en orbite pour un monde nouveau, juste avant la prise de parole et de chant de l’humanitĂ© fraternelle rĂ©conciliĂ©e dans le dernier mouvement sur les vers de Goethe.
Plus inspirĂ©, capable de contrastes ciselĂ©s, le chef dĂ©taille alors sĂ©quence par sĂ©quence, produit de superbes climats qui rĂ©capitulent ce qui a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©. L’Allegro assai, c’est Ă  dire l’énoncĂ© initial de l’Ode Ă  la joie aux contrebasses (5) est inscrit comme un motif sinueux, pianissimo, souterrain qui innerve tout le paysage orchestral, en un large et progressif crescendo, alors dĂ©taillĂ© par les bois.. VoilĂ  une sĂ©quence parfaitement rĂ©ussie, nuancĂ©e, murmurĂ©e, riante dans la joie et l’espĂ©rance (superbe chant des clarinettes).

Dans l’esprit d’un opĂ©ra, et l’on pense Ă  la clameur finale de Fidelio et son hymne conclusif, fraternel, la basse Georg Zeppenfeld (ailleurs trĂšs bon wagnĂ©rien, comme Ă  Bayreuth) entonne avec une noblesse communicative l’ode humaniste rĂ©digĂ© par Goethe et que Beethoven sublime jusqu’à l’explosion, en mĂ©nageant plusieurs jalons par le quatuor vocal.
AprĂšs l’appel de tout le chƓur, Ă  3’33, l’armĂ©e orchestrale reprend le flambeau, Ă©lectrisĂ©e davantage par le tĂ©nor (Klaus Florian Vogt un rien tendu) et le chƓur des hommes. Chef et instrumentistes assĂšnent une montĂ©e en puissance qui ne mĂ©nage aucun effet tonitruant pour faire triomphant l’éclat de l’hymne vers la transe rituelle, vers l’ivresse contagieuse explosive
 quitte Ă  Ă©luder le mystĂšre de la sĂ©quence plus introspective (Andante maestoso, plage 8, 1’34) qui reste plat et manque curieusement de respiration
 Une intĂ©grale en demi teintes donc. Plus teutonne et berlinoise que viennoise et autrichienne. A Ă©couter Nelsons, tout l’apport rĂ©cent, depuis Harnoncourt, des instruments d’époque, est Ă©cartĂ© ici. Question d’esthĂ©tique certes. Mais Ă  force de rugir et vrombir, le moteur beethovĂ©nien sature dans la puissance et l’épaisseur du trait.

 

 

 

 

 

 

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Approfondir
 

 

 

Autres cycles symphoniques d’Andris Nelsons chez Deutsche Grammophon :

 
 

 

 

BRUCKNER
les Symphonies de Bruckner par Andris Nelsons (2016, 2017, 2018) avec le Gewandhausorchester Leipzig

Symphonie n°7 – CLIC de CLASSIQUENEWS
http://www.classiquenews.com/cd-critique-bruckner-7e-symphonie-gewandhausorchester-leipzig-andris-nelsons-2018-1-cd-dg/

Liens vers Symphonie n°3 et Symphonie n°4
http://www.classiquenews.com/cd-critique-bruckner-7e-symphonie-gewandhausorchester-leipzig-andris-nelsons-2018-1-cd-dg/

 

 

 

CHOSTAKOVITCH / SHOSTAKOVICH

Chostakovich_CD nelsons bostonCD, critique. SHOSTAKOVICH / CHOSTAKOVITCH : Symphonies n°6 et 7 (Boston Symph. Orch / Andris Nelsons) / 2 CD Deutsche Grammophon. Fin du cycle des Symphonies de guerre de Chostakovich par le Boston Symphony et le chef letton Andris Nelsons. Ce 3Ăš et dernier volume attestent des qualitĂ©s identiques observĂ©es dans les opus prĂ©cĂ©dents : puissance et richesse du son. CrĂ©Ă©e Ă  Leningrad en 1939 par le lĂ©gendaire Evgeni Mravinski, la Symphonie N° 6 op. 54, est la plus courte des symphonies ; Nelsons souligne le caractĂšre endeuillĂ© du Largo prĂ©liminaire, dĂ©taillant les solos instrumentaux pour flĂ»te piccolo, cor anglais, basson afin de dĂ©ployer la matiĂšre nocturne, Ă©touffante de cette longue sĂ©quence grave et intranquille. Les deux mouvements plutĂŽt courts qui suivent Allegro et Presto assĂšne une motricitĂ© aiguĂ« et incisive qui fait dialoguer cuivres ironiques, gorgĂ©s de moquerie acerbe, et bois vifs argents. Le final est abordĂ© comme un feu d’artifice cravachĂ©, narguant le mystĂšre du premier mouvement dont il dĂ©ment le calme profond par une sĂ©rie ultime de surenchĂšre dĂ©monstrative et vindicative, au bord de la folie
 LIRE ici la critique complĂšte

 

 

 

 

 

 

Philippe Herreweghe joue Brahms et Bruckner

herrewghe Philippe-Herreweghe-c-Michiel-HendryckxPOITIERS, TAP. Dim 10 nov 2019. BRAHMS, BRUCKNER, Herreweghe. Le chef flamand Philippe Herreweghe est familier des deux compositeurs que tout opposa en leur temps. Si Bruckner se rĂ©clame de l’orchestre et de l’esthĂ©tique wagnĂ©rienne- l’auteur du Ring Ă©tant son dieu, Brahms venu de Hambourg se fixe Ă  Vienne oĂč il prolonge la musique Ă©lĂ©gantissime, trĂšs architecturĂ©e, inspirĂ©e directement des classiques Haydn, Mozart, Beethoven (Hans von Bulow, chef d’orchestre rĂ©putĂ© ne disait-il pas de sa 1Ăšre symphonie qu’il s’agissait de la 10Ăš du grand Ludwig ?) 

Brahms johannes concertos pianos orchestre par adam laloum nelson freire critique annonce par classiquenewsLe Double Concerto est l’Ɠuvre d’un Brahms mĂ»r de plus en plus soucieux de perfection formelle (il venait de crĂ©er sa parfaite 4Ăšme symphonie). Le double Concerto fut d’abord Ă©crit pour violoncelle mais le compositeur y adjoint une partie de violon pour son ami, le cĂ©lĂšbre violoniste Joseph Joachim, dĂ©dicataire ; il s’agissait alors d’une “partition de rĂ©conciliation” comme l’a Ă©crit trĂšs justement la seule femme qui ait vraiment comptĂ© dans sa vie: la virtuose au piano et la compositrice Clara Schumann. L’oeuvre interrompt une brouille avec Joachim qui aura durĂ© 3 annĂ©es. L’écriture des 3 mouvements rĂ©capitule les Ă©pisodes de leur relation en dents de scie.

C’est en compagnie de la violoniste Isabelle Faust venue le jouer Ă  Poitiers en 2012, mais aussi du violoncelliste Christian PoltĂ©ra, que Philippe Herreweghe dirige pour la premiĂšre fois cette Ɠuvre, Ă  la tĂȘte de son Orchestre des Champs ElysĂ©es.

bruckner anton-499823De Bruckner toujours mĂ©sestimĂ© ou malcompris en France, quand il n’est pas caricaturĂ©-, Philippe Herreweghe s’est fait une quasi spĂ©cialitĂ©, rĂ©vĂ©lant a contrario de la tradition des chefs romantiques allemands sur instruments modernes, souvent Ă©pais et grandiloquents, la transparence et la sensibilitĂ© instrumentale d’un Bruckner soucieux de timbres et de couleurs comme aussi vigilant quant aux plans parfaitement architecturĂ©s. Telle nouvelle approche est permise aujourd’hui par les instruments d’Ă©poque aux timbres mieux caractĂ©risĂ©s.

La 2Ăšme symphonie, aux magnifiques proportions, Ă©tait la premiĂšre Ă  exposer la texture inimitable du compositeur autrichien et allait devenir le modĂšle de ses sept autres symphonies. C’est donc un fabuleux concert symphonique auquel nous convient le chef et ses instrumentistes, immergeant le spectateur au centre de la grande forge orchestrale oĂč se dĂ©ploient et dialoguent la soie lyrique des cordes, les couleurs des bois, les appels plus vĂ©hĂ©ments des pupitres de cuivres organisĂ©s en fabuleuses et majestueuses fanfares. C’est moins une puissante confrontation de blocs instrumentaux singularisĂ©s que la conjonction alternĂ©e de pupitres Ă©loquents, complĂ©mentaires qui se rĂ©pondent
 Ce qui prime alors chez Bruckner, c’est l’espace et le mysticisme d’un croyant sincĂšre, wagnĂ©rien de cƓur.

 

 

 

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Durée : 1h45 avec entracte

BRAHMS : Symphonie n°2
BRUCKNER : double concerto pour violon et violoncelle
avec

Isabelle Faust, violon
Christian Poltéra, violoncelle

POITIERS, TAPboutonreservation
Dimanche 10 novembre 2019, 15h

Orchestre des Champs Elysées
Philippe Herreweghe, direction

RÉSERVATIONS ici
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/brahms-bruckner/

 

 

 

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Approfondir : cd

Brahms par Philippe Herreweghe et l’Orchestre des Champs ElysĂ©es :

brahms orchestre champs elysees philippe herreweghe symphonie 4 rhapsodie pour alto anna hallenberg critique review cd classiquenews CLIC de classiquenews avril 2017CD, compte rendu critique. CLIC DE CLASSIQUENEWS d’avril 2017. JOHANNES BRAHMS : Symphonie n°4 (2015), Alt-Rhapsodie (2011) – Schcksalslied. Ann Hallenberg, Collegium Vocale Gent, Orchestre des Champs-ElysĂ©es. Philippe Herreweghe, direction. 25 ans que l’Orchestre des champs-Élysees dĂ©fend les vertus sonores, esthĂ©tiques, pĂ©dagogiques des instruments anciens: les apports en sont multiples dans la prĂ©cision et la caractĂ©risation des timbres plutĂŽt que le volume ; dans l’acuitĂ© renforcĂ©e du geste expressif aussi car bien sĂ»r il ne suffit pas de jouer sur des cordes en boyau pour sublimer une partition. Il faut Ă©videmment soigner (aussi, surtout) sa technique (jeu d’archet, etc
), ou aiguiser son style. Mais ici si l’auditeur et l’instrumentiste gagnent une intensitĂ© poĂ©tique dĂ©cuplĂ©e, l’exigence de prĂ©cision et d’articulation compensent la nettetĂ© souvent incisive du trait et de chaque accent. Autant de bĂ©nĂ©fices qui replacent le jeu et l’interprĂ©tation au cƓur de la dĂ©marche
 De ce point de vu, 25 ans aprĂšs sa crĂ©ation, l’OCE portĂ© par la direction affĂ»tĂ©e, prĂ©cise de son chef fondateur, Philippe Herreweghe, affirme une santĂ© rĂ©gĂ©nĂ©ratrice absolument captivante, dĂ©poussiĂ©rant des Ɠuvres que l’on pensait connaĂźtre.

philippe herreweghe a conversation with camille de rijck alpha livre 5 cd critique compte rendu alpha par classiquenews annonce reviewCD LIVRE, Ă©vĂ©nement. Annonce et critique. A conversation with 
Philippe Herreweghe (Livre, entretien, 5 cd / ALPHA / Phi). La pensĂ©e est libre, sans entrave, d’une prĂ©cision peu commune et surtout, avec le temps qui passe, et « qui reste », comme portĂ©e, sublimĂ©e par l’obligation viscĂ©rale de rĂ©aliser ce qui doit encore l’ĂȘtre. C’est un musicien qui a pensĂ© la musique, la façon de la vivre, d’en faire, de la servir. A ce titre, l’excellence a toujours inspirĂ© Philippe Herreweghe, tout au long de son parcours artistique, qui pour ses 70 ans en 2017, et aussi les 25 ans de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es, – « son » orchestre sur instruments anciens, se dĂ©voile ici, sans mots couverts. A la libertĂ© perfectionniste du geste quelque soit les rĂ©pertoires (et pas seulement baroque et luthĂ©rien : puisque son champs d’exploration va de JS Bach Ă  Stravinsky, en passant par Beethoven, Berlioz, Gesualdo, Dvorak, Mahler, Bruckner et Brahms / superbe et rĂ©cente Symphonie n°4 – CLIC de CLASSIQUENEWS), rĂ©pond ici la libertĂ© de la parole, parfois incisive sur la rĂ©alitĂ© humaine, sociale, artistique des musiciens en France, et en Europe, des orchestres routiniers abonnĂ©s au moindre et Ă  la paresse,
 pour entretenir le feu sacrĂ©, l’excellence donc musicale, mais aussi la cohĂ©sion dynamique du groupe, qu’il s’agisse surtout des choeurs dirigĂ©s (comme le Collegium vocale gent), ou l’OCE / Orchestre des champs-Ă©lysĂ©es), rien ne compte plus que 
 l’absolue perfection. Un but, une vocation qui ne sont jamais nĂ©gociable.

LIVRE Ă©vĂ©nement annonce. En un acte – Les actes de ballet de Jean-Philippe Rameau (Éditions Aedam Musicae).

rameau en un acte anacreon les actes de ballet 1745 1757 opera baroque francais editions aedam musicae annonce livre187LIVRE Ă©vĂ©nement annonce. En un acte – Les actes de ballet de Jean-Philippe Rameau. Ouvrage collectif sous la direction de RaphaĂ«lle Legrand, RĂ©my-Michel Trotier (Éditions Aedam Musicae). LABORATOIRE BAROQUE
 le format court stimule la crĂ©ativitĂ© du plus grand gĂ©nie baroque français au XVIIIĂš : aux cĂŽtĂ©s de ses tragĂ©die en musique, Rameau a dĂ©veloppĂ© toute sa vie, les ballets en un acte : plus qu’esquisse, Ă©crin fougueux, audacieux, condensĂ© d’invention musicales et d’idĂ©es dramatiques
 Voici donc un Ă©tat analytique de l’Ɠuvre de Rameau “en un acte”, soit 11 ouvrages ici prĂ©sentĂ©s, de 1745 Ă  1757, pĂ©riode de sa maturitĂ©, et qui dĂ©voile l’une des facettes de son diamant poĂ©tique et musical (celui dont parle Francis Ponge, in SociĂ©tĂ© du gĂ©nie, 1961). En couverture, le salon en treillis d’AnacrĂ©on (1754 ; rĂ©visĂ© en 1757 dans la Suite Les Surprises de l’Amour), pastorale hĂ©roĂŻque d’un onirisme amoureux enivrĂ©, unique et singulier Ă  son Ă©poque… oĂč le vieux sage AnacrĂ©on finit par sceller le voeu qui unit Batyle Ă  la charmante ClhoĂ©.

Dans ces 11 ouvrages remarquablement commentĂ©s, se prĂ©cise la fabrique poĂ©tique et musicale du grand Rameau. En tĂ©moignent, pourtant mĂ©connus, le ballet en un acte NĂ©lĂ©e et Mirthis, celui des FĂȘtes de Ramire ou encore la pastorale de Lisis et DĂ©lie 
 Les bijoux miniatures ne manquent pas ; mais ont passĂ© inaperçus Ă  cĂŽtĂ© des longues tragĂ©dies et des ballets composĂ©s de plusieurs entrĂ©es qui ont fait la renommĂ©e du musicien. Le travail des chercheurs a tentĂ© ici d’identifier le catalogue, rĂ©tablir la chronologie des partitions, recomposer l’histoire des versions successives
 Bien documentĂ©s au disque, Pigmalion, La Guirlande ou ZĂ©phire sont toujours absents des salles, ; quels apports l’AnacrĂ©on de 1754, sur un livret de Louis de Cahusac, contenait-il vis Ă  vis de celui Ă©crit en 1757 avec Pierre-Joseph Bernard.
Contrairement aux idĂ©es reçues (et encore abondamment diffusĂ©es), Rameau inventeur musicien de gĂ©nie, s’est souciĂ© de la cohĂ©rence et du fini poĂ©tique de ses livrets. Ce sont moins ses poĂšmes choisis pour ĂȘtre mis en musique qui sont « mĂ©diocres » (jugement improbable au regard de l’indigence de notre Ă©poque) que l’esthĂ©tique poĂ©tique du XVIIIĂš qui devrait ĂȘtre alors reconsidĂ©rĂ©e. Ainsi Voltaire qui avait le projet d’un Samson avec Rameau, mais aussi Rousseau, Marmontel ou encore CollĂ© qui coopĂšrent avec le gĂ©nie musical de leur temps, livrant Ă  la cour de Franc, les divertissements des saisons trĂšs privĂ©es du chĂąteau de Fontainebleau.
EmblĂ©matiques d’une Ă©poque glorieuse pour le divertissement de cour en France, certains illustrent ainsi la quintessence du style Louis XV, comme La Naissance d’Osiris, Les Sibarites, la subtile pastorale de Daphnis et Églé 

En prĂ©alable Ă  la premiĂšre Ă©dition critique complĂšte de leurs livrets, chaque opĂ©ra (acte de ballet) est analysĂ©, Ă  la lumiĂšre des contextes d’élaboration et des modalitĂ©s de composition. Leur ancrage dans l’esthĂ©tique du milieu du XVIIIĂš, dans l’évolution sensible de la pratique thĂ©Ăątrale Ă  l’époque de Rameau (machineries, chorĂ©graphies, dispositif des dĂ©cors, scĂšnes et lieux de reprĂ©sentation
) est scrupuleusement documentĂ©.
CLIC D'OR macaron 200Dans la partie III, celle dĂ©diĂ©e aux approches formelles, l’analyse collective tend Ă  redĂ©finir chaque acte de ballet comme autant de « miniatures » supportant une rĂ©Ă©valuation en « macrostructures », c’est Ă  dire des univers complets par eux-mĂȘmes, oĂč transpire partout « le soin extrĂȘme que Rameau mit Ă  leur composition ». On est donc loin d’une contribution anecdotique : c’est tout un pan de l’Ɠuvre de Rameau qui nous est enfin restituĂ©e. Grande critique Ă  venir d’ici le 20 octobre 2019, dans notre magazine cd dvd livres sur CLASSIQUENEWS. CLIC de CLASSIQUENEWS de la rentrĂ©e 2019.

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LIVRE Ă©vĂ©nement annonce. En un acte – Les actes de ballet de Jean-Philippe Rameau
Ouvrage collectif sous la direction de Raphaëlle Legrand, Rémy-Michel Trotier
Date de parution : Septembre 2019 – (AEM-187 – Ă©ditions AEDAM MUSICAE).
Études rĂ©unies et prĂ©sentĂ©es par RaphaĂ«lle Legrand et RĂ©my-Michel Trotier
Avec la collaboration de Laura Naudeix et Thomas Soury
Et les contributions de Philippe Cathé, Vincent Dorothée, Julien Dubruque, Matthieu Franchin, Jean-Philippe Grosperrin, Rebecca Harris-Warrick, Hubert Hazebroucq, Sarah Nancy, Benjamin Pintiaux, Bertrand Porot, Théodora Psychoyou, Graham Sadler, Ana Stefanovic.

Avec la premiĂšre Ă©dition critique complĂšte des livrets des douze actes de ballet de Rameau.

CD Ă©vĂ©nement, annonce. DANIIL TRIFONOV – Destination Rachmaninov : ARRIVAL – Concertos 1 et 3

trifonov daniil cd destination rachmaninov arrival piano concertos 1 3 nezet-seguin cd deutsche grammophon cd critique review classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, annonce. DANIIL TRIFONOV – Destination Rachmaninov : ARRIVAL – Concertos 1 et 3. Et s’il Ă©tait avec notre favori britannique, Benjamin Grosvenor, le jeune pianiste actuel le plus convaincant de l’heure ? Le lutin russe, Daniil TRIFONOV, douĂ© d’une Ă©loquence souple et intĂ©rieure capable de faire jaillir des crĂ©pitements intimes, en particulier chez Rachmaninov, achĂšve ainsi son pĂ©riple dĂ©diĂ© au grand Serge Rachmaninov, lui-mĂȘme pianiste virtuose. Rachmaninov joua lors d’une tournĂ©e amĂ©ricaine avec le Philadephia Orchestra ces deux mĂȘmes Concertos lĂ©gendaires (n°1 et n°3).
VĂ©loce et versatile, pĂ©tillant et aĂ©rien, son jeu Ă©blouit littĂ©ralement dans le volet le plus redoutable de ce double album « arrival », dans le pĂ©rilleux Concerto n°3 (ce mĂȘme sommet qui avait conclu le dernier Festival Menuhin Ă  GSTAAD, le 6 sept 2019). Pudique et puissant, surtout son jeu se montre irrĂ©sistible dans une partition dont il distingue chaque nuance, en la rĂ©tablissant dans le parcours intime du compositeur. Funambule ou galopant Ă  toute bride, poĂ©tique ou Ă©pique, Daniil Trifonov montre une maturitĂ© saisissante dans ce dernier jalon, en complicitĂ© avec le chef quĂ©bĂ©cois, Yannick NĂ©zet-SĂ©guin Ă  la tĂȘte du Philadelphia Orchestra. Le jeune homme il y a quelques annĂ©es imberbe (cd LISZT 2015), a gagnĂ© une profondeur lumineuse, une tendresse d’une rare subtilitĂ©, en tĂ©moigne cette barbe nouvelle qu’il arbore Ă  prĂ©sent. La sortie du double coffret DESTINATION RACHMANINOV : ARRIVAL est annoncĂ©e le 11 octobre 2019 chez DG Deutsche Grammophon. Probable CLIC de CLASSIQUENEWS de l’automne 2019.

 

 

 

 

LIRE aussi notre annonce dĂ©diĂ©e au premier volet DEPARTURE du pĂ©riple “DESTINATION RACHMANINOV”

 

 

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COMPTE-RENDU critique, opĂ©ra. BAYREUTH, le 21 aoĂ»t 2019. WAGNER : TANNHÄUSER. Gould, Davidsen, GERGIEV / KRATZER

COMPTE-RENDU critique, opĂ©ra. BAYREUTH, le 21 aoĂ»t 2019. WAGNER : TANNHÄUSER. Gould, Davidsen, GERGIEV / KRATZER. – C’est la nouvelle production la plus attendue de cette Ă©dition BAYREUTH 2019 : le TannhĂ€user (version de Dresde) mis en scĂšne par TOBIAS KRATZER, nouveau champion de la dramaturgie visuelle Ă  l’opĂ©ra, sous la direction artistique de Valery Gergiev qui fait ses dĂ©buts ainsi sur la colline verte. A travers la figure du poĂšte hĂ©ros, Wagner prĂ©cise sa propre vocation et son destin d’artiste, tout en soulignant les sacrifices auxquels tout crĂ©ateur digne de ce nom doit se confronter : le plaisir sensuel qui est une perte, un gouffre et un ennui : la nĂ©gation Ă©loquente de sa capacitĂ© crĂ©atrice (opposĂ© au monde passif et lascif du Venusberg par lequel s’ouvre l’action) ou Ă©lĂ©vation morale voire spirituelle Ă  laquelle le hisse l’amour d’Elisabeth, ĂȘtre de lumiĂšre et de dĂ©passement

Entre conscience morale et jouissance irresponsable, TannhĂ€user hĂ©site dans une mise en scĂšne qui bascule de l’un Ă  l’autre monde. Tout d’abord VĂ©nus conduit une camionnette citroĂ«n (trĂšs sixties) oĂč Ă  bord sont montĂ©s des effigies elles aussi trĂšs annĂ©es 60 (le Nain Oskar, le Drag-queen ou GĂąteau Chocolat ..) et donc en clown dĂ©sabusĂ© : TannhĂ€user. Pour l’acte I, Kratzer cite la colline verte et le Festspielhaus, lieu de perdition d’un personnage en quĂȘte de lui-mĂȘme.

 

 

Premier TannhÀuser de Gergiev à Bayreuth
CLOWN désenchanté

 

bayreuth gergiev 2019 voiture critique classiquenews

 

 

Pour mieux inscrire la rĂ©alitĂ© des personnages, durant l’entracte, les spectateurs retrouvent dans les jardins du ThĂ©Ăątre, les 2 acteurs, Oskar et Gateau chocolat, lesquels rĂ©alisent la parodie de TannhĂ€user
 Evidemment, Ăšre de l’image vidĂ©o oblige, l’acte II est occupĂ© pour sa moitiĂ© par un Ă©cran gĂ©ant qui est une fenĂȘtre sur les coulisses ; lĂ , le spectateur peut suivre les faits et gestes de VĂ©nus, soutien du poĂšte pour le Concours oĂč il dĂ©fend les plaisirs et la passion devant l’assemblĂ©e des petits bourgeois. TannhĂ€user c’est Wagner qui prophĂ©tise et proclame sa devise : « frei im wollen, frei im thun, frei im geniessen » (« libre de vouloir, libre d’agir, libre de jouir ». La libertĂ© du poĂšte contre l’hypocrisie gĂ©nĂ©rale de la sociĂ©tĂ©.
Pourtant au III, c’est bien l’ordre social et sa loi sinistre qui finissent par triompher : aucune place en ce monde pour la poĂ©sie du poĂšte libre
 le nain finit seul ; Elisabeth Ă©puisĂ©e d’attendre TannhĂ€user accepte les avances de Wolfram (!), puis guĂšre convaincue, 
 se tue ; TannhĂ€user, dĂ©truit par l’incomprĂ©hension et l’anathĂšme, se suicide de mĂȘme. Digne de notre Ă©poque sauvage, barbare, l’action et ses protagonistes sont expĂ©diĂ©s, jetĂ©s comme des consommables sous la pression de la grande machine humaine infernale. Il n’y a guĂšre d’espoir dans ce tableau dĂ©vastĂ©, sans enchantement.

Les huĂ©es qui accompagnent les saluts quand le chef Valery Gergiev paraĂźt nous semblent hors sujet : rien Ă  dire Ă  sa direction qui ne laisse jamais indiffĂ©rent ; engagĂ©e, intense et fiĂ©vreuse, parfois brouillonne (avec dĂ©calages) ; mais le lyrisme Ă  tous les pupitres, les cuivres rutilants, les cordes d’une motricitĂ© soyeuse, sans omettre le profil psychologique et l’ñme dĂ©sirante d’Elisabeth dessinĂ©e aux bois
 Ce vent contestataire ne serait-il pas plutĂŽt orchestrĂ© par certains jaloux qui comprennent mal comment le maestro par ailleurs trĂšs sollicitĂ©, toujours entre deux productions, entre deux avions, « ose » diriger dans ce contexte, c’est Ă  dire « bĂącler » sa premiĂšre direction dans le saint des Saints de Bayreuth ?
D’autant que cĂŽtĂ© solistes, le plateau- malgrĂ© quand mĂȘme la laideur indigente de la mise en scĂšne, qui pourtant fonctionne trĂšs bien, convainc de bout en bout : le TannhĂ€user de Stephen GOULD met du temps Ă  se chauffer et Ă  trouver la profondeur du rĂŽle ; heureusement au II, son rĂ©cit au retour de Rome (« Inbrunst im Herzen ») exprime l’ñme dĂ©truite d’un pĂȘcheur auquel le pape a refusĂ© tout salut
 DĂ©vastĂ©, profond, troublant. Quel contraste avec le Wolfram enchantĂ©, fraternel car amoureux d’Elisabeth de Markus Eiche (sa romance Ă  l’étoile : « Wie Todesahnung », hymne enchanteur pour tout baryton qui se respecte 
 est dĂ©lectable comme un rĂȘve qui passe). Provocante, sĂ©ductrice, voluptueuse, la soprano russe Elena Zhidkova fait une VĂ©nus ardente, irrĂ©sistible ;
Enfin triomphe par son intonation, sa justesse Ă©motionnelle, l’Elisabeth de la soprano norvĂ©gienne Lise Davidsen (Prix du Public operalia 2015) qu’un rĂ©cent (et premier) cd chez DECCA a rĂ©cemment mis en lumiĂšre (LIRE ici notre prĂ©sentation du CD LISE DAVIDSEN, soprano (Wagner, R. Strauss – 1 cd Decca) : son Elisabeth Ă©tire une ligne souple et charnue qui donne de la chair Ă  l’hĂ©roĂŻne souvent confinĂ©e Ă  une naĂŻve sans consistance. « Une Ă©mission franche, Ă  peine vibrĂ©e, brillante et ardente rĂ©ussit en particulier sa priĂšre : celle d’une amoureuse digne, blessĂ©e, fragile mais puissante dans la frustration amoureuse.

Crédit photographique : © E. Nawrat

 

 

 

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Richard Wagner (1813-1883)
TannhĂ€user und der SĂ€ngerkrieg auf Wartburg (1845)‹  -  Grand OpĂ©ra romantique en trois actes
VISITER le site du Festival de BAYREUTH / BAYREUTH Festspiele https://www.bayreuther-festspiele.de/en/programme/schedule/tannhaeuser/

Direction musicale: Valery Gergiev / ‹Mise en scùne: Tobias Kratzer

DĂ©cors: Rainer Sellmaier
Costumes: Rainer Sellmaier
LumiÚres: Reinhard Traub
Vidéo: Manuel Braun
Dramaturgie: Konrad Kuhn
ChƓurs et Orchestre du Festival de Bayreuth
Chef des choeurs: Eberhard Friedrich

Landgrave Hermann: Stephen Milling‹TannhĂ€user: Stephen Gould
Elisabeth, niĂšce du Landgrave: Lise Davidsen
Venus: Elena Zhidkova
Un jeune pĂątre: Katharina Konradi
Wolfram von Eschenbach: Markus Eiche
Walther von der Wogelweide: Daniel Behle
Biterolf: Kay Stiefermann
Heinrich der Schreiber: Jorge Rodriguez-Norton
Reinmar von Zweter: Wilhelm Schwinghammer

Comédiens, performeurs :
Le Gateau Chocolat: Le Gateau Chocolat
Oskar: Manni Laudenbach

 

 

VIDEO TANNHÄUSER BAYREUTH 2019 : Gergiev / Davidsen, Gould
Video disponible sur BR Klassik: https://www.br-klassik.de/concert/ausstrahlung-1816820.html
int(79)

CD – PrĂ©sentation du CD LISE DAVIDSEN, soprano (Wagner, R. Strauss – 1 cd Decca
http://www.classiquenews.com/cd-annonce-lise-davidsen-soprano-wagner-r-strauss-1-cd-decca/

DVD, Ă©vĂ©nement, critique. GHOSTS / Cina ESPEJORD (Osolo, 2017 – 1 dvd BelAirclassiques)

GHOSTS-IBSEN-norwegian-national-ballet-cina-espejord-dvd-bel-air-classiques-critique-dvd-opera-concert-danse-classiquenews-critique-par-classiquenews-DVDDVD, Ă©vĂ©nement, critique. GHOSTS / Cina ESPEJORD (Osolo, 2017 – 1 dvd BelAirclassiques). Le Ballet National NorvĂ©gien adapte les Revenants d’Henrik Ibsen (livret de la metteure en scĂšne Marit Moum Aune). Fresque familiale complexe (publiĂ© en 1881) portĂ©e par la relation centrale d’une mĂšre et de son fils, traversĂ©e de spectres bien vivants dont la figure non moins obsessionnelle du pĂšre. Ibsen Ă  la fois noir et dĂ©nonciateur y aborde sans fard les thĂšmes du viol, de l’inceste, et mĂȘme de l’euthanasie, sans omettre, mal qui ronge les relations sexuelles au XIXĂš, la syphilis. Ibsen fait voler en Ă©clat l’hypocrisie sociale et fait resurgir des vĂ©ritĂ©s que l’on tenait cachĂ©es. L’arĂšne en est la table et les diners qui offrent des confrontations plutĂŽt tendues. Les cuivres (en particulier la trompette de Nils Petter MolvĂŠr, jazzman qui a composĂ© la partition) ajoutent Ă  la stridence manifeste des rapports familiaux ; la danse empoigne les nƓuds des non dits et des mensonges Ă  peine couverts : les corps se heurtent, se convulsent, opĂ©rant une mise en lumiĂšre d’un passĂ© infect comme d’une rĂ©alitĂ© qui devient trop Ă©touffante Ă  mesure qu’elle est dĂ©masquĂ©e et rĂ©vĂ©lĂ©e. De retour chez lui, Oswald retrouve sa mĂšre, « Mme Alving » : immĂ©diatement dans le noyau familial, le fils prend conscience des crimes commis sous le masque de la dĂ©cence : la danse permet de rompre la loi du silence et des illusions ; elle libĂšre la tension psychologique qui dĂ©vore chaque ĂȘtre. La prĂ©sence de Jan Bang, figure phare du free jazz et de l’électro-acoustique, aux cĂŽtĂ©s du trompettiste et compositeur Nils Petter MolvĂŠr, enrichit un spectacle aux harmonies souterraines, riches en ombres ainsi dĂ©masquĂ©es.
A sa publication en 1881, la piĂšce avait choquer l’audience. Aujourd’hui, plus de 100 ans ont passĂ© et l’on s’étonne Ă  peine de la barbarie sauvage qui se dĂ©ploie du dĂ©but Ă  la fin. Le spectacle ici captĂ© remonte Ă  2017 lors de la reprise du ballet crĂ©Ă© en 2014 Ă  Oslo.

 

 

 

 

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IBSEN : GHOSTS [DVD & BLU-RAY]
Ballet d’aprùs Les Revenants d’Henrik Ibsen
Création et mise en scÚne: Marit Moum Aune
Chorégraphie: Cina Espejord
Compositeur: Nils Petter MolvĂŠr
Oswald / Capitaine Alving: Andreas Heise
Oswald enfant: Kristoffer Ask Haglund
Mme Alving: Camilla SpidsĂže
Mme Alving jeune: Sonia Vinograd
Pasteur Manders: Ole Willy Falkhaugen
Pastor Manders jeune: Philip Currell
Regine: Grete Sofie Borud Nybakken
Regine enfant: Erle Østraat
Engstrand: Yoshifumi Inao
Musicien: Nils Petter MolvĂŠr

Ballet national de NorvĂšge
École du Ballet national de Norvùge
DĂ©cors: Even BĂžrsum
Costumes: Ingrid Nylander
LumiĂšres: Kristin Bredal
Vidéo: Odd Reinhart Nicolaysen
Voix off: HĂ„kon Ramstad

 

 

 

 

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FICHE TECHNIQUE
Enregistrement HD : OpĂ©ra et Ballet national de NorvĂšge, Oslo (Main House) | 02/2017‹RĂ©alisation : Tommy Pascal
Date de parution : 24 mai 2019
Distribution : Outhere Distribution France

1 DVD‹RĂ©fĂ©rence : BAC166
Code-barre : 3760115301665
Durée : 74 min.
Image : Couleur, 16/9, NTSC
Son : PCM 2.0, Dolby Digital 5.1
Code région : 0

1 BLU-RAY‹RĂ©fĂ©rence : BAC566
Code-barre :3760115305663
Durée : 74 min.
Image : Couleur, 16/9, Full HD
Son : PCM 2.0, DTS HD Master audio 5.1
Code région : A, B, C

Crédits photographiques © Erik Berg ; Vidéo © Den Norske Opera & Ballett

 

 

 

 

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Approfondir :

TEASER Ghosts de Cina Espejord (Oslo, 2014, Norwegian national Ballet)

 

 

 

 

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VISITEZ le site de BelAir classiques / page GHOSTS :
https://belairclassiques.com/film/ibsen-ghosts-ballet-national-norvege-marit-moum-aune-cina-espejord-nils-petter-molvaer-dvd-blu-ray

GSTAAD / SAANEN, ven 30 août, 19h30 : LOZAKOVICH / Sonates, « Capriccioso »

LOZAKOVICH Daniel violon gstaad concert critique classiquenewsGSTAAD / SAANEN, ven 30 aoĂ»t, 19h30 : LOZAKOVICH / Sonates, « Capriccioso » ; concert du jeune violoniste suĂ©dois DANIEL LOZAKOVITCH (18 ans, Ă  peine / dans l’église mythique de Saanen) – certains l’appellent dĂ©jĂ  le « Menuhin du XXIÚ » , ce qui n’est pas anodin s’agissant du Festival qui porte haut et fort les valeurs du violoniste lĂ©gendaire : le jeune Lozakovitch a mĂȘme enregistrĂ© son premier disque chez DG Deutsche Grammophon (paru en mai 2018 – dĂ©diĂ© Ă  JS BACH dont il sait faire chanter l’éloquence spirituelle, et sans effet ni maniĂ©risme)
 certes il est douĂ© d’une grande virtuositĂ©, mais il a encore du temps devant lui pour atteindre Ă  cet humanisme et cet engagement sociĂ©tal qui caractĂ©rise la vie de Yehudi Menuhin, violoniste citoyen du monde, fondateur du Festival il y a plus de 60 ans Ă  prĂ©sent (premiers concerts Ă  l’étĂ© 1957)
 Beaucoup savent bien jouer, Ă©blouir par la performance ; peu savent toucher.. au cƓur. Qu’en sera-t-il ce 30 aoĂ»t 2019 dans l’église et sous la voĂ»te qui avait abritĂ© les premiers concerts de Menuhin dĂšs l’étĂ© 1957 ? De toute Ă©vidence, le violon a une place spĂ©cifique Ă  Gstaad. Le festival dirigĂ© par Christoph MĂŒller sait favoriser l’éclosion des grands violonistes actuels, confirmĂ©s et jeunes talents Ă  suivre : y sont prĂ©sents cette annĂ©e : Hilary Hahn (le 29 aoĂ»t, JS BACH; 19h30 Ă©glise de Saanen), Vilde Frang, Christel Lee (Ă©lue Menuhin’s heritage artists
 aux cĂŽtĂ©s du clarinettiste Andreas Ottensamer)

LIRE ici notre critique du cd JS BACH par Daniel Lozakovich :
LOZAKOVICH : le MENUHIN du XXIĂšme siĂšcle ?Extrait de la critique par Camille de Joyeuse : «  Tout dĂ©coule d’une conscience ample, et d’une comprĂ©hension parfaite de l’architecture des oeuvres. En signature exclusive pour 3 albums chez DG (contrat signĂ© en juin 2016), voici donc le premier album de la sĂ©rie : jouer JS BACH en ouverture est un pari fou Ă  son Ăąge mais totalement rĂ©ussi, si l’on en juge par les idĂ©es que le jeune interprĂšte nous transmet. La maĂźtrise et la retenue distante que le jeune inteprĂšte sait maintenir dans son jeu lui Ă©vite minauderie, dĂ©tails, maniĂ©risme et dĂ©monstration de toute sorte
. »
https://www.classiquenews.com/cd-critique-js-bach-daniel-lozakovich-violon-concertos-bwv-1042-1041-partita-n2-bwv-1004-dg-deutsche-grammophon-4799372/

 

 

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Vendredi 30 août, 19h30
SAANEN, Ă©glise
GSTAAD MENUHIN FESTIVAL 2019
Concert du jeune violoniste sudéois DANIEL LOZAKOVITCH (église de Saanen)
RESERVEZ VOTRE PLACE

 

 

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Programme « Capriccioso » :

Wolfgang Amadeus Mozart (1756–1791)
Violinsonate Nr. 32 B-Dur KV 454
Largo – Allegro – Andante – Rondo. Allegretto

Robert Schumann (1810–1856)‹Violinsonate Nr. 1 a-Moll op. 105 20’
Mit leidenschaftlichem Ausdruck – Allegretto – Lebhaft

Johannes Brahms (1833–1897)‹Violinsonate Nr. 2 A-Dur op. 110‚«Thuner Sonate» 20’
Allegro amabile – Andante tranquillo –
Vivace di qui andante – Allegretto grazioso (quasi andante)

DANIEL LOZAKOVICH, Violine / violon
SERGEI BABAYAN, Klavier / piano

 

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MEILLEURS SPECTACLES, opĂ©ra et danse 2018 – 2019

Kantorow alexandre piano classiquenews festival WURTH critique classiquenewsDISTINCTIONS. Prix du Syndicat de la critique, PalmarĂšs 2019. Le 21 juin dernier, Salle Favart / OpĂ©ra Comique de Paris, le Syndicat Professionnel de la critique de thĂ©Ăątre, musique et danse (SPCTMD, crĂ©Ă© en 1877) a dĂ©clarĂ© son palmarĂšs des meilleurs spectacles vus pendant l’annĂ©e Ă©coulĂ©e (2018 – 2019), dans les catĂ©gories thĂ©Ăątre, musique et danse. Son palmarĂšs 2019 distingue les « meilleures » productions dont Ă©videmment la danse et l’opĂ©ra qui retiennent particuliĂšrement notre attention. Certains spectacles ont-ils Ă©tĂ© au moment de leurs reprĂ©sentations remarquĂ©s par la RĂ©daction de Classiquenews, dĂ©crochant le fameux CLIC de Classiquenews ? Lire ci aprĂšs la sĂ©lection des productions primĂ©es par le Syndicat, et s’il y a lieu, le compte rendu et l’avis de Classiquenews sur le spectacle et les artistes concernĂ©s. Illustration : le jeune pianiste Alexandre Kantorow, rĂ©vĂ©lation de l’annĂ©e 2018 / 2019 (DR).

 

 

 

 

MUSIQUE / OPÉRA
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GRAND PRIX (meilleur spectacle lyrique de l’annĂ©e) :
Beatrix Cenci d’Alberto Ginastera,
création française / Opéra National du Rhin.
Prix remis en hommage Ă  Eva Kleinitz, directrice de l’institution alsacienne, dĂ©cĂ©dĂ©e le 30 mai 2019, trĂšs engagĂ©e par la rĂ©alisation de cette production.

VIDEO, teaser :
https://www.operanationaldurhin.eu/fr/spectacles/saison-2018-2019/opera/beatrix-cenci

LIRE notre critique complĂšte CLASSIQUENEWS:
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-opera-strasbourg-opera-le-17-mars-2019-ginastera-beatrix-cenci-m-letonja-m-pensotti/

 

 

PRIX CLAUDE ROSTAND (meilleur spectacle lyrique créé en province) :
Ariane et Barbe-Bleue de Paul Dukas,
nouvelle production / Théùtre du Capitole de Toulouse

VIDEO, teaser :
https://www.youtube.com/watch?v=4h8kjEfXYts

LIRE notre critique complĂšte CLASSIQUENEWS:
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-toulouse-capitole-le-7-avril-2019-dukas-ariane-et-barbe-bleue-koch-le-texier-rophe/

 

 

 

MEILLEURE COPRODUCTION LYRIQUE EUROPÉENNE
AVEC UN THÉÂTRE FRANÇAIS:
Les Boréades de Jean-Philippe Rameau
Barrie Kosky / E HaĂŻm
OpĂ©ra de Dijon en coproduction avec l’OpĂ©ra Comique de Berlin

Approfondir
http://operaback.opera-dijon.fr/spectacles/les-boreades/

LIRE notre critique complĂšte CLASSIQUENEWS:
https://www.classiquenews.com/compte-rendu-critiqueopera-dijon-le-20-mars-2019-rameau-les-boreades-vidal-haim-kosky/

 

 

 

MEILLEURE CRÉATION MUSICALE :
Trois Contes de GĂ©rard Pesson,
crĂ©ation mondiale Ă  l’OpĂ©ra de Lille
en coproduction avec les opéras de Rouen, Rennes et Angers / Nantes Opéra

Approfondir
https://www.opera-lille.fr/fr/saison-18-19/bdd/sid/99807_trois-contes

LIRE notre critique complĂšte CLASSIQUENEWS:
http://www.classiquenews.com/tag/gerard-pesson/

 

 

MEILLEUR CRÉATEUR D’ÉLÉMENTS SCÉNIQUES :
MaƂgorzata Szczęƛniak, pour les dĂ©cors de Lady Macbeth de Mzensk
de Dmitri Chostakovitch / Opéra National de Paris / Bastille

VIDEO, teaser :

DĂ©tail de la distribution et de l’équipe artistique sur le site de l’OpĂ©ra bastille / national de Paris :
https://www.operadeparis.fr/saison-18-19/opera/lady-macbeth-de-mzensk

LIRE notre critique CLASSIQUENEWS du spectacle « scandaleux » :
https://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-paris-bastille-le-7-avril-2019-chostakovitch-lady-macbeth-de-mzensk-metzmacher-warlikowski/

 

 

 

PERSONNALITÉ MUSICALE DE L’ANNÉE :
Michael Spyres, ténor

LIRE nos critiques et comptes rendus des spectacles de Michael Spyres :
https://www.classiquenews.com/?s=Michael+spyres&submit=rechercher

 

 

RÉVÉLATION MUSICALE DE L’ANNÉE :
Alexandre Kantorow, pianiste

LIRE notre critique du concert Tchaikovsky, Sibelius par Alexandre Kantorow, piano (Toulouse, février 2019) :
https://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-toulouse-le-15-fev-2019-tchaikovsky-sibelius-alexandre-kantorow-john-storgards/

 

 

 

MEILLEURE INITIATIVE POUR LE RAYONNEMENT MUSICAL :
Opéra Junior de Montpellier
JĂ©rĂŽme Pillement (direction)
au sein de l’OpĂ©ra Orchestre National de Montpellier Occitanie

 

 

 

 

 

 

MEILLEURS LIVRES SUR LA MUSIQUE : 

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CLIC_macaron_2014Essai : Maurice Ravel intégrale de la correspondance (1895/1937)
écrits, lettres, entretiens réunis par Manuel Cornejo (éditions Le Passeur)

LIRE notre article et présentation critique CLASSIQUENEWS :
https://www.classiquenews.com/livre-evenement-annonce-manuel-cornejo-maurice-ravel-lintegrale-editions-le-passeur/

 

 

 

Monographie : Alfred Cortot
par François Anselmini et Rémi Jacobs (éditions Fayard)

LIRE notre annonce et présentation critique CLASSIQUENEWS :
https://www.classiquenews.com/livre-evenement-alfred-cortot-par-francois-anselmini-et-remi-jacobs-fayard/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DANSE
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GRAND PRIX :
Venezuela, chorégraphie de Ohad Naharin (Chaillot-Théùtre National de la Danse)

VIDEO, teaser :
https://www.theatre-chaillot.fr/fr/saison-2018-2019/venezuela

 

 

 

MEILLEUR INTERPRÈTE :
Alu_francois-premier danseurFrançois Alu, Premier danseur du Ballet de l’OpĂ©ra national de Paris – Amateur de la dĂ©structure, inspirĂ© par le hip-hop et Eminem, le danseur berrichon au physique de rugby et au franc parler (Ă©lu aussi danseur le plus sexy 2018 par le magazine TĂ©tu), sait enrichir hors danse classique, sa propre offrande pyrotechnique sur la scĂšne chorĂ©graphique souvent compassĂ©e de l’OpĂ©ra national de Paris
 Un Ă©lectron libre et irrĂ©sistiblement inspirĂ© qui renouvelle l’art chorĂ©graphique made in Paris…

VIDEO / François Alu, danseur rockstar de l’OpĂ©ra de Paris
https://www.youtube.com/watch?v=Yj6FqrnSdZE

https://www.youtube.com/watch?v=5jcecy0IO4U

 

 

PERSONNALITÉ CHORÉGRAPHIQUE DE L’ANNÉE :
William Forsythe

VIDEO, teaser : Rameau / A quiet evening of Dance
Festival d’Automne 2019
https://www.youtube.com/watch?v=R2HzM9t1y1I

 

MEILLEURS FILMS SUR LA DANSE :
Maguy Marin, L’urgence d’agir, de David Mambouch, Ocean Films Distributions
http://www.ocean-films.com/film/maguy-marin-lurgence-dagir/

MEILLEURE COMPAGNIE :
São Paulo Companhia de Dança (BRESIL)
http://www.spcd.com.br

 

 

MEILLEURS LIVRES SUR LA DANSE :
Danser Pina de Rosita Boisseau et Laurent Philippe, Ed. Textuel 2018
https://www.editionstextuel.com/livre/danser-pina

 

 

 

 

THEATRE
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GRAND PRIX (meilleur spectacle thĂ©Ăątral de l’annĂ©e) : Les Idoles de Christophe HonorĂ©
(ThĂ©Ăątre Vidy-Lausanne, OdĂ©on-ThĂ©Ăątre de l’Europe)

PRIX GEORGES-LERMINIER (meilleur spectacle thĂ©Ăątral crĂ©Ă© en province) : Insoutenables longues Ă©treintes d’Iran Viripaev, mise en scĂšne de Galin Stoev (ThĂ©Ăątre de la CitĂ© de Toulouse)

MEILLEURE CRÉATION D’UNE PIÈCE EN LANGUE FRANÇAISE : Au-delĂ  des tĂ©nĂšbres de Simon Abkarian (ThĂ©Ăątre du Soleil)

MEILLEUR SPECTACLE ÉTRANGER : La Reprise (Histoire(s) du thĂ©Ăątre (1)), de Milo Rau (Festival d’Avignon, ThĂ©Ăątre Nanterre-Amandiers)

PRIX LAURENT-TERZIEFF (meilleur spectacle présenté dans un théùtre privé) : Girls and boys, de Dennis Kelly, mise en scÚne de Mélanie Leray (Théùtre du Petit-Saint-Martin)
La Ménagerie de verre, de Tennessee Williams, mise en scÚne de Charlotte Rondelez (Théùtre de Poche-Montparnasse)

MEILLEURE COMÉDIENNE : MarlĂšne Saldana, dans Les Idoles, de Christophe HonorĂ© (ThĂ©Ăątre Vidy-Lausanne, OdĂ©on-ThĂ©Ăątre de l’Europe)

MEILLEUR COMÉDIEN : Nicolas Bouchaud, dans DĂ©mons, de FĂ©dor DostoĂŻevski, mise en scĂšne de Sylvain Crezevault et dans Un Ennemi du peuple, d’Henrik Ibsen, mise en scĂšne de Jean-François Sivadier (OdĂ©on-ThĂ©Ăątre de l’Europe)

PRIX JEAN-JACQUES-LERRANT (rĂ©vĂ©lation thĂ©Ăątrale de l’annĂ©e) : Suzanne Aubert, dans L’École des femmes, de MoliĂšre, mise en scĂšne de StĂ©phane Braunschweig (OdĂ©on- ThĂ©Ăątre de L’Europe)

MEILLEURE CRÉATION D’ÉLÉMENTS SCÉNIQUES : Christian Tirole/Jean-François Sivadier (scĂ©nographie) pour Un Ennemi du peuple, d’Henrik Ibsen, mise en scĂšne de Jean-François Sivadier (OdĂ©on-ThĂ©Ăątre de l’Europe)

MEILLEUR COMPOSITEUR DE MUSIQUE DE SCÈNE : Éric Sleichim pour Electre/Oreste, d’Euripide, mis en scĂšne d’Ivo van Hove (ComĂ©die-Française)

MEILLEUR LIVRE SUR LE THÉÂTRE : Avec JoĂ«l Pommerat (tome II), l’écriture de Ça ira fin de Louis, de Marion Boudier, Éditions Actes-Sud Papiers 2018

 

 

 

 

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Pour infos
PalmarÚs 2019 pour le théùtre :
Plus d’infos sur le site du Prix de la critique

http://associationcritiquetmd.com/prix-de-la-critique-2018-2019/

LA ROCHE POSAY. Les Vacances de Monsieur HAYDN : 19 – 22 sept 2019

vent_les-vacances-de-monsieur-haydn_297_909488Les Vacances de Monsieur HAYDN : 19 – 22 sept 2019. Chaque automne Ă  la Roche Posay, la musique de chambre est Ă  l’honneur. C’est un Ă©vĂ©nement qui met l’accent sur l’accessibilitĂ© de la musique, destinĂ©e Ă  sĂ©duire le plus grand nombre d’auditeurs, de tous Ăąges, quelque soit sa culture musicale (pour certains concerts, c’est le spectateur qui fixe le prix selon ses possibilitĂ©s : concerts « COMVOULVOUL »).
Des mots mĂȘmes de JĂ©rĂŽme Pernoo, directeur artistique, la dĂ©jĂ  15Ăš Ă©dition des Vacances de Mr Haydn Ă  La Roche Posay outre le plaisir d’un moment musical « inĂ©dit, informel, convivial, inventif », sait aussi ĂȘtre trĂšs Ă©quilibrĂ©e dĂ©fendant sur un plan d’égalitĂ© partitions du rĂ©pertoire (Haydn Ă©videmment, Beethoven, Mozart, Schubert, Brahms) et Ă©critures contemporaines.

 

 

 

La musique de chambre se démocratise

OUVERTURE, CRÉATION et THRILLER à la Roche Posay

 

 

vignette-festival-2019-vacances-monsieur-haydn-jerome-pernoo-festival-2019-classiquenews-BANNER----copieLa programmation de cette annĂ©e est celle d’un « savant dosage de grands classiques et de dĂ©couvertes » qui suit aussi « un fil rouge Ă©nigmatique ». Le festival offre ainsi Ă  chaque festivalier l’occasion de rĂ©soudre sur chaque lieu de concert, une Ă©nigme policiĂšre.
DĂšs le concert d’ouverture, quand sera jouĂ© le Quatuor opus 77 n°1 de Haydn (partition d’ailleurs jouĂ©e pour le festival 2005), un meurtre sera commis. Le soir, la programmation verra plus grand, signe d’un dĂ©veloppement nouveau puisque l’orchestre du Festival, qui comprend plusieurs instrumentistes du Festival OFF, jouera le Triple Concerto de Beethoven et le double Concerto de Ducros. Au sein d’une colonie de compositeurs « trĂšs suspects » : Lucas Debargue, JĂ©rĂŽme Ducros, Jean-Baptiste Doulcet, StĂ©phane Delplace ou Tomer Kviatek, qui « aurait plus d’intĂ©rĂȘt Ă  supprimer un collĂšgue ? ». A vous de le dĂ©couvrir

En un week end de 4 jours, atypiques, surprenants, les Vacances de Mr Haydn tout en renouvelant l’expĂ©rience du concert savent stimuler l’attention des spectateurs, et toucher un public de plus en plus large
 JĂ©rĂŽme Pernoo offre aussi Ă  de jeunes musiciens de vivre les dĂ©fis des concerts publics, une opportunitĂ© qui favorise la professionalisation des jeunes musiciens

Le Festival investit toute le cƓur de ville, en particulier 3 lieux dĂ©sormais emblĂ©matiques : le gymnase, le cinĂ©ma et l’église.
SoirĂ©e de lancement, le 19 septembre 2019. Au total : 8 concerts (Festival IN), 60 concerts gratuits de 20 mn (Festival OFF), 13 musiciens professionnels renommĂ©s (dont bien sĂ»r JĂ©rĂŽme Pernoo au violoncelle, le pianiste NathanaĂ«l Gouin, la violoniste Eva Zavaro, ou les instrumentistes du Quatuor Mona
), 60 jeunes instrumentistes « professionnels, Ă©tudiants ou amateurs de haut niveau ». Sans omettre les 5 compositeurs contemporains prĂ©cĂ©demment citĂ©s dont Lucas Debargue et JĂ©rĂŽme Ducros qui interviennent aussi comme pianistes. A La Roche Posay, l’esprit de Haydn se dĂ©ploie naturellement : le Festival crĂ©Ă© par JĂ©rĂŽme Pernoo perpĂ©tue la libertĂ© inventive et le sens de l’écoute et du partage
 la musique de chambre y a trouvĂ© son foyer et sa rĂ©sidence.

L’orchestre de Mr HAYDN avec Appassionato

PremiĂšre en 2019 : la Haydn AcadĂ©mie, encadrĂ©e par l’orchestre Appasionato, sous la direction de Mathieu Herzog, donne naissance Ă  un orchestre symphonique composĂ© de 60 jeunes musiciens venus du monde entier. Cet orchestre du festival interprĂšte ainsi le vendredi 20 septembre au soir, un concert unique. Au programme : l’Ouverture de L’Incontro improviso de  Joseph Haydn, le Triple Concerto en do majeur, Opus 56 de Ludwig Van Beethoven  et le Double Concerto pour piano, violoncelle et orchestre de JĂ©rĂŽme Ducros. Plus que prĂ©cĂ©demment la musique chambriste et ici orchestrale est un plaisir qui se partage


 

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Les Vacances de Mr HAYDN 2019
15Ăšme Ă©dition : 19, 20, 21, 22 sept 2019
TEMPS FORTS des 4 jours

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JEUDI 19 SEPTEMBRE 2019

19h Place du village / kiosque
Soirée du OFF
Sur la place du “village de Monsieur HAYDN”.
Présentation des différents groupes du OFF

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VENDREDI 20 SEPTEMBRE 2019

19h Cinéma
Concert d’ouverture

Joseph Haydn (1732-1809)
Quatuor à cordes op. 77 n°1
Quatuor Mona

Tomer Kviatek (2001)
Trio avec piano
Ryo Kojima, Jean-Baptiste MaiziÚres, Nathanaël Gouin

 

 

21h Gymnase‹ : Concert avec orchestre

Joseph Haydn (1732-1809)
Ouverture de L’Incontro improviso

Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Triple concerto en do majeur op. 56
Eva Zavaro, Caroline Sypniewski, Lucas Debargue, Orchestre de la Monsieur Haydn Academy, encadrĂ© par l’Ensemble Appasionnato, direction JĂ©rĂŽme Pernoo

JĂ©rĂŽme Ducros (1974)
Double Concerto pour piano, violoncelle et orchestre
JĂ©rĂŽme Pernoo, JĂ©rĂŽme Ducros, Orchestre de la Monsieur Haydn Academy, encadrĂ© par l’Ensemble Appasionnato, direction Mathieu Herzog

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SAMEDI 21 SEPTEMBRE 2019

21h Gymnase

Johannes Haydn (1732-1809)
Fantaisie en fa mineur pour piano
Nathanaël Gouin

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Trio “Les Quilles” pour clarinette, alto et piano
François Tissot, Arianna Smith, Nathanaël Gouin

Lucas Debargue (1990)
Quatuor symphonique pour violon, alto, violoncelle et piano
Eva Zavaro, Arianna Smith, JĂ©rĂŽme Pernoo, Lucas Debargue

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DIMANCHE 22 SEPTEMBRE

14h30 Cinéma
(ComVoulVoul)

Stéphane Delplace (1953)
Sonate pour violoncelle et piano
JĂ©rĂŽme Pernoo, JĂ©rĂŽme Ducros

Johannes Brahms (1833-1897)
Trio pour violon, cor et piano
Eva Zavaro, Nathanaël Gouin

 

 

18h30 Gymnase

Domenico Scarlatti (1685-1757)
Sonate pour piano K 208 & K 24
Lucas Debargue

JĂ©rĂŽme Ducros (1974)
Trio avec piano
Ryo Kojima, JĂ©rĂŽme Pernoo, JĂ©rĂŽme Ducros

Franz Schubert (1787-1828)
Octuor D803 pour clarinette, basson, cor, deux violons, alto, violoncelle et contrebasse
François Tissot, Lomic Lamouroux, Quatuor Mona, Jean-Edouard Carlier

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INFORMATIONS & RESERVATIONS
RESERVEZ ici :
https://www.lesvacancesdemonsieurhaydn.com/programme

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Livre, événement. Isabelle Duquesnoy : La redoutable veuve Mozart par Duquesnoy (La MartiniÚre)

duquesnoy-isabelle-redoutable-veuve-mozart-la-martiniere-livre-critique-annonce-livre-musique-classique-news-critique-livre-classiquenews-livres-de-l-ete-2019-selection-livres-critique-classiquenewsLivre, Ă©vĂ©nement. Isabelle Duquesnoy : La redoutable veuve Mozart par Duquesnoy (La MartiniĂšre). Redoutable ? Rien de tel. Concernant la « veuve Mozart », le terme nous paraĂźt impropre. Constanze, qui survĂ©cut prĂšs de 50 ans aprĂšs la mort de son gĂ©nial Ă©poux (Wolfgang en 1791) est plutĂŽt tenace, inflexible
 engagĂ©e Ă  rĂ©tablir dans sa ville natale, Salzbourg, la postĂ©ritĂ© et l’honneur de Mozart. Lui l’humiliĂ©, lui le musicien dĂ©nigrĂ©, rĂ©duit en esclavage, eut le culot de dire « non » et de claquer la porte de son employeur, l’infect Coloredo (prince-archevĂšque de la ville). De son vivant, les relations entre Wolfgang et Salzbourg ont plutĂŽt Ă©tĂ© maudites.

 

 

 

Portrait de Constanze von Nissen, veuve Mozart
Forcer le conservatisme de Salzbourg et de Vienne,
réhabiliter le génie de son mari, Wolfgang


 

 

 

MOZART-redoutable-veuve-nissen-critique-isabelle-duquesnoy-classiquenews-clic-de-classiquenews-critique-livre-Constanze_Mozart-630x390L’auteure de ce texte complet et documentĂ© rĂ©tablit d’abord le profil d’une Ă©pouse illuminĂ©e par le gĂ©nie de son Ă©poux, fauchĂ© trop tĂŽt, qui n’a rien Ă  voir avec la silhouette Ă©purĂ©e, coquette superficielle telle qu’elle s’affiche dans le film pourtant inspirĂ© de Milos Forman (Amadeus). La tĂȘte sur les Ă©paules, dĂ©terminĂ©e et inflexible, c’est en rĂ©alitĂ© Constanze qui rĂ©alisa monument et statut (place Mozart), surtout centre d’étude et de recherche dĂ©diĂ© Ă  l’Ɠuvre de Wolfgang, l’actuel Mozarteum, sans omettre un festival de musique consacrĂ© au gĂ©nie de son premier mari
 N’ayant au final rien inventer au sujet de Mozart, la ville qui aujourd’hui lui doit tout (son prestige international), eut pour sa part l’idiotie de l’indiffĂ©rence et une bonne dose de stupiditĂ© Ă  l’égard de son enfant unique, bĂ©ni des dieux. C’était compter sans sa veuve, infatigable militante pour la rĂ©habilitation de Wolfgang dans sa ville. Aucune Ă©pouse n’eut plus de combativitĂ© pour inflĂ©chir et forcer l’esprit Ă©troit et conservateur des notables salzbourgeois ; comme ceux Viennois plus enclins Ă  financer Beethoven, le « casseur de pianos ». Que serait Salzbourg aujourd’hui sans la prĂ©sence et l’esprit rĂ©habilitĂ© de Mozart ? La municipalitĂ© devrait plutĂŽt aujourd’hui Ă©difier une statue Ă  Constanze pour sa redoutable opiniĂątretĂ© en effet Ă  honorer son gĂ©nie natif.

Le livre d’Isabelle Duquesnoy Ă©difie un formidable hommage Ă  l’ambition et la volontĂ© de cette femme, Ă©pouse exemplaire, premiĂšre mozartienne militante, douĂ©e d’une force de conviction apparemment irrĂ©sistible. VoilĂ  ce que raconte ce livre majeur, certes dans un style plus concret et direct que rĂ©ellement littĂ©raire, mais qui a le mĂ©rite de ressusciter la force morale d’une veuve aussi combattive que convaincue. Pour mieux transmettre le tĂ©moignage et les mĂ©moires de la veuve exemplaire, l’auteure utilise le truchement de la confession, celle d’une mĂšre qui soucieuse de vĂ©ritĂ© s’adresse Ă  son fils Carl (le paresseux) quand son autre fils, Franz Xavier dit Wowi (l’instable mĂ©lancolique), peine Ă  se faire un nom et une rĂ©putation de compositeur malgrĂ© l’entĂȘtement de sa mĂšre : pas facile de reproduire le miracle paternel.
CLIC D'OR macaron 200Le texte est truffĂ© d’anecdotes (Constanze avait un contentieux aigu avec sa belle sƓur Nannerl, sƓur ainĂ©e de Wolfgang, qui le lui rendait bien)
et de sĂ©quences souvent drĂŽles comme l’établissement passager de Constanze Mozart Ă  Copenhague, ville de son nouveau mari, Georg von Nissen, conseiller Ă  la cour, qui l’encourage dans ses dĂ©marches de rĂ©habilitation car il est lui aussi farouche admirateur de l’Ɠuvre mozartien. De concert, les deux rĂ©digeront la premiĂšre biographie « vĂ©ridique », et fiable de Wolfgang Amadeus Mozart car elle s’appuie sur le tĂ©moignage direct de son Ă©pouse
 Ce qui nous paraĂźt Ă©vident et naturel aujourdh’ui : la gloire indiscutable de Mozart et sa cĂ©lĂ©bration permamente Ă  Salzbourg, fut en rĂ©alitĂ© obtenu Ă  force de tĂ©mĂ©ritĂ© et d’obstination surhumaines, qu’incarne avec le recul sa veuve, non pas la « redoutable » mais l’exemplaire Constanze. TrĂšs profitable lecture.

 

 

 

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Livre Ă©vĂ©nement, critique : La redoutable veuve Mozart par Isabelle Duquesnoy – ISBN : 2732491659 – Editions de la MartiniĂšre (parution annoncĂ©e le 5 sept 2019) – CLIC de classiquenews de l’automne 2019.

 

 

 

PrĂ©sentation de l’éditeur La MartiniĂšre :
« 1791, Wolfgang Mozart meurt. AccablĂ©e de tristesse mais surtout de dettes, Constance Mozart ne se laisse pas abattre et dĂ©cide de travailler Ă  la postĂ©ritĂ© de l’Ɠuvre de l’artiste. Elle se rĂ©vĂšle alors une femme de poigne et, dans cette quĂȘte de reconnaissance et d’argent, rien ne semble l’arrĂȘter.
Pour rembourser les crĂ©anciers, elle commence par vendre, Ă  la hĂąte, les compositions de Mozart. Elle rĂ©quisitionne un de ses anciens Ă©lĂšves pour terminer le Requiem inachevĂ©. Elle rebaptise son plus jeune fils Wolfgang Mozart II et le force Ă  monter sur scĂšne. L’enfant n’est pas douĂ© en musique, mais qu’importe ! Il se ridiculise, vit mal l’entĂȘtement de sa mĂšre

Enfin, pour s’assurer une situation, elle se remarie avec un diplomate danois qui ne partage jamais son lit et risque la peine de mort pour ses mƓurs sexuelles

Elle vĂ©cut ainsi cinquante-et-un ans aprĂšs la mort du compositeur, pendant lesquels elle inventa le systĂšme de propriĂ©tĂ© intellectuelle, crĂ©a un festival dĂ©diĂ© Ă  Mozart, Ă©rigea des monuments et remit la musique de son dĂ©funt mari au goĂ»t du jour. Un portrait de femme romanesque, d’une grande modernitĂ©.

Wolfgang Amadeus Mozart Ă©tait un gĂ©nie. Mort ruinĂ©, enterrĂ© sans grande pompe, il aurait pourtant pu sombrer dans l’oubli… Si Constanze Mozart ne l’avait pas adorĂ© au point de sacrifier leurs propres enfants Ă  la gloire de son dĂ©funt mari. Si elle ne lui avait pas survĂ©cu pendant cinquante-et-un ans, bataillant jour et nuit pour la postĂ©ritĂ© de son Ɠuvre. Si elle n’avait pas grattĂ© la terre Ă  mains nues pour retrouver son squelette, ni rebaptisĂ© son jeune fils « Wolfgang Mozart II » pour le produire dans toutes les cours d’Europe
 Le deuil de Constanze rĂ©vĂ©la une femme d’affaires intransigeante, un caractĂšre hors norme : une veuve redoutable. Voici le destin extraordinaire et romanesque d’une femme d’une grande modernitĂ©. AprĂšs la publication du trĂšs remarquĂ© L’Embaumeur, laurĂ©at de deux prix, Isabelle Duquesnoy revient avec un nouveau roman Ă©rudit et jubilatoire. FascinĂ©e par la figure de Constanze Mozart, elle y a travaillĂ© vingt ans. »  Editions de la MartiniĂšre.

 

 

 
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GSTAAD MENUHIN FESTIVAL & ACADEMY 2019 : LIVESTREAM Ă  15h aujourd’hui : masterclass d’ANDRAS SCHIFF

GSTAAD MENUHIN FESTIVAL & ACADEMY 2019 : LIVESTREAM Ă  15h aujourd’hui : masterclass d’ANDRAS SCHIFF. LIVESTREAM ! Le GSTAAD MENUHIN FESTIVAL dĂ©veloppe ses contenus digitaux et dĂ©voile des sessions inĂ©dites en exclusivitĂ© sur la toile
 Visionnez aujourd’hui en direct la masterclass de Sir Andras Schiff depuis la plateforme Gstaad Digital Festival Ă  partir de 15h. Cette masterclass fait partie des nombreux ateliers pĂ©dagogiques que propose le GSTAAD MENUHIN FESTIVAL (7 acadĂ©mies au total dont une exceptionnel acadĂ©mie de direction d’orchestre, – session unique en Europe chaque Ă©tĂ©).

 

 

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CONNECTEZ-VOUS pour la Master class d’Andras Schiff au GSTAAD MENUHIN FESTIVAL 2019 :
https://www.gstaaddigitalfestival.ch/fr/video/masterclass-live/

 

 

 

 

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CONCERTS FILMES et DIFFUSÉS en 2019 :
Concerts filmés en 2019 et rentransmis sur le site du GSTAAD MENUHIN Festival :
Programme indicatif à confirmer sur le site du Festival d’ici là

 

21.7 : Masterclass d’Andras Schiff  puis concert crĂ©ation Parfum et musique (Sol Gabetta)

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2.8 : Clair de lune (Fazil Say)
3.8 : La Truite (Sol Gabetta & Bertrand Chamayou)
3.8 : Nocturne aux chandelles (Jean Rondeau)
10.8 : Cabaret & Chansons (Ute Lemper)

 

 

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L’édition 2019 met Paris en plein coeur du Saanenland avec plus de 75 concerts et des artistes d’exception !


UN PEU D’HISTOIRE

Yehudi Menuhin, “violon du siĂšcle”, avait eu le coup de foudre pour le Saanenland et fonde le festival en 1957. Le public rĂ©pond chaque annĂ©e plus nombreux, sĂ©duit par l’extrĂȘme variĂ©tĂ© des affiches proposĂ©es mais Ă©galement par le charme des lieux de concerts – en particulier les Ă©glises pittoresques, au charme rustique montagnard, propices Ă  un partage musical en toute intimitĂ© – et par un cadre naturel Ă  couper le souffle, entre le vert chaleureux des pĂąturages, le bleu profond des lacs de montagne et le gris majestueux des cimes alpines
 un panaroma qui aura inspirĂ© nombre de compositeurs de Brahms, Mahler Ă  Richard Strauss.

GSTAAD-MENUHIN-FESTIVAL-2019-festival-&-academy-annonce-teaser-programme-annonce-critique-par-CLASSIQUENEWS-MUSIQUE-CLASSIQUE-OPERA-CONCERTS-ETE-2019AprĂšs un voyage passionnant dans les Alpes (Ă©dition de l’annĂ©e derniĂšre), le Gstaad Menuhin Festival met le cap sur la ville LumiĂšre, la citĂ© qui est une fĂȘte permanente. Et pas n’importe quelle ville : Paris, la “Ville LumiĂšre”, capitale la plus visitĂ©e de la planĂšte. Une citĂ© de goĂ»t et de culture, fer de lance de la musique française, Ă©voquĂ©e par les chefs-d’oeuvre qui ont vu le jour sur son sol Ă  travers les siĂšcles – de l’Ecole de Notre-Dame jusqu’Ă  Tristan Murail, Ă  qui le festival a passĂ© commande -, mais aussi par les artistes qui font aujourd’hui briller les couleurs de la France de par le monde, Ă  l’image du pianiste Bertrand Chamayou, “Artiste en rĂ©sidence 2019″, de l’organiste de Notre-Dame Olivier Latry, de Patricia Petibon ou de l’Orchestre Philharmonique de Radio-France avec Mikko Franck et de l’Orchestre National de Lyon, animateurs de deux grandes soirĂ©es sous la tente de Gstaad.

 

 

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LIRE aussi notre présentation « PARIS, 63Ú GSTAAD MENUHIN FESTIVAL »

VOIR notre TEASER VIDEO « PARIS, 63Ú GSTAAD MENUHIN FESTIVAL »

GSTAAD MENUHIN FESTIVAL & ACADEMY 2019
18 juillet – 6 septembre 2019
“PARIS”

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gstaad-menuhin-festival-2019-PARIS-annonce-prĂ©sentation-classiquenews-582Entretien avec Christoph Muller, intendant et directeur artistique du GSTAAD MENUHIN FESTIVAL, premier festival de musique classique chaque Ă©tĂ© en Suisse. Le festival est devenu depuis la direction de Christoph Muller, une “grosse machine”, un Ă©vĂ©nement incontournable dans le paysage musical alpin, qui pourtant a su garder sa dimension humaine comme maintenir trĂšs haute son exigence artistique.  PARIS est Ă  l’honneur cet Ă©tĂ© Ă  GSTAAD en 2019. Avec plus de 60 concerts, des programmes prometteurs dont plusieurs inĂ©dits et des crĂ©ations, la prĂ©sence d’artistes parmi les plus passionnants de la scĂšne musicale actuelle, GSTAAD, chaque Ă©tĂ©, rĂ©alise une affiche incontournable, du 18 juillet au 6 sept 2019. Voici les points forts d’une Ă©dition dĂ©sormais trĂšs attendue et Ă  trĂšs fort potentiel, au regard de la diversitĂ© et de l’équilibre de ses choix artistiques. Christoph Muller nous prĂ©sente la nouvelle Ă©dition 2019 du GSTAAD MENUHIN festival & academy


 

 

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LIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. LASSAUZET Benjamin : L’Humour de Claude Debussy (Editions L’Harmattan, parution juillet 2019)

debussy claude humour de claude debussy benjamin lassauzet classiquenews critique livre classiquenews opera concert festival critique annnonce actualite classiquenewsLIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. LASSAUZET Benjamin : L’Humour de Claude Debussy (Editions L’Harmattan, parution juillet 2019). Le titre ne manque d’interroger tant l’écriture de Debussy ne semble pas soluble dans l’humour, la facĂ©tie, le dĂ©lire comique revendiquĂ©s comme tels
 De la Mer Ă  PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs-midi d’un faune
 c’est plutĂŽt la sensibilitĂ© atmosphĂ©rique et la sensualitĂ© mystĂ©rieuse qui marquent l’Ɠuvre entier de Claude
 et pourtant : «  Qu’on le positionne sur le terrain, impressionniste, du flou, de l’indĂ©terminĂ© et de la couleur, ou sur celui, symboliste, des correspondances, du mystĂšre et de l’imaginaire, Debussy se voit toujours irrĂ©mĂ©diablement sĂ©parĂ© de sa muse comique. Pourtant, sa production musicale humoristique est trĂšs loin d’ĂȘtre insignifiante puisqu’elle reprĂ©sente plusieurs dizaines d’Ɠuvres ayant jalonnĂ© toute les Ă©tapes de sa vie crĂ©atrice.   » ainsi l’éditeur remet-il les pendules Ă  l’heure s’agissant d’un portrait complet de Debussy.
Mais le texte de Benjamin Lassauzet Ă©largit son sujet et son spectre d’analyse car ici outre son humour, c’est aussi l’homme, l’épistolier, le critique, le dramaturge et l’interprĂšte qui se dĂ©voilent page aprĂšs page. Y-a-t-il une vis comica chez Debussy : oui, trois fois oui ! semble nous dire l’auteur. Comme Mozart ou Haydn, Debussy fut aussi capable d’autodĂ©rision et d’un imaginaire comique
 Grande critique Ă  venir dans le mag cd dvd livres de classiquenews

LIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. LASSAUZET Benjamin : L’Humour de Claude Debussy (Editions L’Harmattan, parution juillet 2019) – 17 x 24 cm, 452 pages – 8 illustrations

Le TrouvĂšre de Verdi avec Anna Netrebko Ă  VĂ©rone sur FRANCE 5

LIEGE. JĂ©rusalem de Giuseppe Verdi FRANCE 5, sam 20 juillet 2019, VERDI : LE TROUVERE, 22h20. Un couple d’amants Ă©prouvĂ©s, martyrisĂ©s ; un comte (di Luna), jaloux, haineux, sans scrupules
 Verdi n’épargne rien ni personne pour que brĂ»le le drame. Le choix du livret Cammarano d’aprĂšs le roman de GuttiĂ©rrez (El Trovador, 1836) s’avĂšre trĂšs efficace 
 au diapason de la musique : prenante, passionnĂ©e, oĂč dominent les grands airs solistes et le chƓur quasiment permanent. L’opĂ©ra est crĂ©Ă© Ă  Rome (Teatro Apollo, janvier 1953), puis reprĂ©sentĂ© Ă  Paris (ThĂ©Ăątre Italien, dĂ©cembre 1854). Dans ce fantastique Ă©pique, pas de place pour la langueur car les hĂ©ros ont Ă  peine le temps d’exprimer leur passion avant de mourir


Le point culminant de ce lyrique spectaculaire et saisissant Ă©tant portĂ© par le personnage de la sorciĂšre, Azucena – rĂŽle inouĂŻ pour contralto dramatique (elle annonce Amneris dans Aida) : voix des tĂ©nĂšbres qui fait surgir le grand frisson lugubre de la mort et de la vengeance implacable
 sans le savoir ici, les deux rivaux affrontĂ©s jusqu’à la mort, sont 
 deux frĂšres auxquels on a cachĂ© leur rĂ©elle filiation.

Les ArĂšnes de VĂ©rone sont l’équivalent des ChorĂ©gies d’Orange en France : un lieu dĂ©volu au genre lyrique qui couronne les stars lyriques.
Aucun doute que la soprano austro russe Anna Netrebko triomphe encore dans le rĂŽle angĂ©lique ardent qu’elle a chantĂ© Ă  Salzbourg, Berlin entre autres. Sa Leonora brĂ»le d’amour, se consume littĂ©ralement sur les planches.
A l’affiche de l’édition VĂ©rone 2019, et pour 5 dates, dans la mise en scĂšne de Franco Zeffirelli.
On reste moins convaincu par le Manrico (le TrouvÚre) du ténor Yusiv Eyvazov au chant beaucoup moins intense et fin de « La Netrebko » (son épouse à la ville).

 

 verone-trovatore-trouvere-netrebko-arte-france-musique-opera-critique-par-classiquenews-diffusion-juillet-2019

 

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PLUS d’infos sur la production vĂ©ronaise sur le site du Festival d’opĂ©ra de VĂ©rone
https://www.arena.it/arena/en/shows/trovatore-2019.html

Distribution
Autres chanteurs : Luca Salsi (Luna), Dolora Zajick (Asucena) 
 Arena di Verona Orchestra, Chorus, Corps de Ballet and Technical team / Pier Giorgio Morandi, direction. Mise en scùne : Franco Zeffirelli.
Durée : circa 2h40 / entracte aprÚs les acte I et II


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APPROFONDIR

LIRE aussi nos articles et dossiers ANNA NETREBKO chante Leonora dans Le TrouvÚre / Il Trovatore de Verdi : http://www.classiquenews.com/tag/leonora/

Paris, OpĂ©ra Bastille. Anna Netrebko chante LeonoraARTE. Vendredi 15 aoĂ»t 2014, 20h50. Verdi : Le TrouvĂšre. Anna Netrebko.  Salzbourg, aoĂ»t 2014 : voici assurĂ©ment l’un des Ă©vĂ©nements lyriques du festival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par le trio lĂ©gendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux cĂŽtĂ©s des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si frĂ©quents. CrĂ©Ă© Ă  Rome en 1853, d’aprĂšs El Trovador de GutiĂ©rrez, 1836), Le TrouvĂšre de Verdi saisit par sa fiĂšvre dramatique, une cohĂ©rence et une caractĂ©risation musicale indiscutable malgrĂ© la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se dĂ©roule en Espagne, dans la Saragosse du XVĂšme, oĂč le conte de Luna est Ă©conduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est Ă©perdument amoureux : la jeune femme lui prĂ©fĂšre le troubadour Manrico.  Dans le camps gitan, Azucena, la mĂšre de Manrico, est obsĂ©dĂ©e par l’image de sa mĂšre jetĂ©e dans les flammes d’un bĂ»cher, et de son jeune frĂšre, Ă©galement consommĂ© par le feu. Manrico dĂ©cide de fuir avec Leonora. Mais il revient dĂ©fier Luna car sa mĂšre est condamnĂ©e Ă  pĂ©rir sur le bĂ»cher elle aussi.  EmprisonnĂ© par Luna avec sa mĂšre, Manrico maudit Leonora qui semble s’ĂȘtre finalement donnĂ©e au Conte : elle a feint et s’est versĂ©e le poison pour faire libĂ©rer son aimĂ©. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (Ă  prĂ©sent morte), ordonne l’exĂ©cution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frĂšre : leur mĂšre avait Ă©changer les enfants sur le bĂ»cher. De sorte que l’opĂ©ra s’achĂšve sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengĂ© la mort de sa mĂšre par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment dĂ©munie a manipulĂ©e le baryton jaloux, vengeur
 aveuglĂ© par sa haine jalouse pour son cadet qui s’avĂšre ĂȘtre son propre frĂšre… EN LIRE PLUS
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KARAJAN 2019 : Les 30 ans de la mort (1989 – 2019) Symphonies de BRUCKNER et TCHAIKOVSKY / Berliner Philharmoniker (DG)

BRUCKNER symphonies 1 - 9 Berliner Philharmoniker coffret set box 9 cd DG Deutsche Grammophon review cd critique par classiquenews KARAJAN 2019 71-ssYNLWdL._SL1200_ETE 2019. Deux coffrets opportuns viennent rappeler l’hĂ©ritage d’un grand chef du XXĂš, Herbert Van Karajan (nĂ© en 1908, mort en 1989) dont les 30 ans de la disparition seront ainsi cĂ©lĂ©brĂ©s par DG Deutsche Grammophon ce 16 juillet 2019. Autant dire que le label de Hambourg, le plus prestigieux au monde, fort d’un catalogue inĂ©galĂ©, rend hommage Ă  l’un des piliers de sa gloire et de sa pertinence artistique, toujours bien vivaces aujourd’hui. Avec ses chers Philharmoniker de Berlin, le chef septuagĂ©naire Ă  la stature d’empereur, enregistre l’intĂ©grale des symphonies de Bruckner (1 Ă  9, Ă  Berlin de janvier 1975 Ă  janvier 1981), et de Tchaikovsky (6 Symphonies, entre octobre 1975 et fĂ©vrier 1979)
 le geste est carrĂ©, parfois dĂ©clamatoire mais jamais court, parfois emphatique mais habitĂ© ; jouant sur une spatialisation nouvelle du son, plus concentrĂ© que rayonnant, pourtant souvent dĂ©taillĂ© (Tchaikovski), Karajan affirme une esthĂ©tique de l’enregistrement particuliĂšrement fouillĂ©e, Ă  laquelle il a participĂ© au premier rang.

CLIC_macaron_2014Le souffle impĂ©rial de ses Bruckner auxquels il garantit aussi une introspection majestueuse en liaison avec la foi sincĂšre du compositeur de Linz ; la tendresse et cette prĂ©sence obsessionnelle du Fatum chez Piotr Illiytch fondent la valeur des 2 coffrets, remarquablement remixĂ©s pour l’occasion (cd et Blu-ray audio HD 96khz / 24 bit. Soit dans un format master des plus optimisĂ©. 2 coffrets incontournables.

 

 

 

CD, coffret événement. KARAJAN : 9 symphonies de Bruckner (Berliner Phil. Herbert von Karajan, 9 cd DG Deutsche Grammophon)

CD, coffret événement. KARAJAN : 6 Symphonies de Tchaikovski (Berliner Phil. Herbert von Karajan, 4 cd DG Deutsche Grammophon)

 

 

 

BRUCKNER symphonies 1 - 9 Berliner Philharmoniker coffret set box 9 cd DG Deutsche Grammophon review cd critique par classiquenews KARAJAN 2019 71-ssYNLWdL._SL1200_

 

 

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LIRE aussi nos articles et dossiers HERBERT VON KARAJAN, dont le bilan des coffrets édités pour les 25 ans de la mort de Karajan en 2014 :

Karajan20025 ans aprĂšs sa mort (1989), le chef autrichien Herbert von Karajanlaisse un hĂ©ritage musical et esthĂ©tique qui s’incarne par le disque : titan douĂ© d’une hypersensibilitĂ© fructueuse chez Beethoven, Schumann, Tchaikovski, Richard Strauss, Brahms entre autres 
, Karajan s’est forgĂ© aussi une notoriĂ©tĂ© lĂ©gitime grĂące Ă  son souci de la qualitĂ© des enregistrements qu’il a pilotĂ©s et rĂ©alisĂ©s pour Deutsche Grammophon. Outre la virtuositĂ© habitĂ©e, un sens innĂ© pour la ciselure comme le souffle Ă©pique de la fresque, Karajan a marquĂ© l’histoire de l’enregistrement par son exigence absolue. Une acuitĂ© inĂ©dite pour d’infimes nuances rĂ©vĂ©lant l’opulence arachnĂ©enne des timbres
 tout cela s’entend dans le geste musical comme dans la prise de son
 dans son intĂ©grale de 1961-1962 des Symphonies de Beethoven, magistralement captĂ©es dans le respect de la vie et de la palpitation
 Pour ses 25 ans, le prestigieux label jaune rĂ©Ă©dite une sĂ©rie de coffrets absolument incontournables. Voici notre sĂ©lection d’incontournables. LIRE notre sommaire articles et dossiers HERBERT VAN KARAJAN

 

CD, critique. LYMBURGIA : Le Miroir de Musique, Baptiste Romain (1 cd Ricercar)

LYMBURGIA ricercar le miroir de musique baptiste romain cd critique classiquenews la critique cd par classiquenews CLIC de classiquenews gaude-felix-paduaCD, critique. LYMBURGIA : Le Miroir de Musique, Baptiste Romain (1 cd Ricercar). Un compositeur du nord, entre pays liĂ©geois et Italie septentrionale se prĂ©cise ici, grĂące Ă  ce programme enchanteur, aussi original que dĂ©cisif. Johannes de Lymburgia, ou Giovanni di Francia cantore est actif dans la premiĂšre moitiĂ© du XVe siĂšcle Ă  LiĂšge, surtout en Italie du Nord (Vicenza) : d’oĂč la variation italianisĂ©e de son patronyme Limbourg. Principal initiateur de sa rĂ©surrection par le disque (et le concert), Baptiste Romain prenant appui sur le manuscrit Q15 de Bologne rĂ©vĂšle la puissance d’une Ă©criture personnelle et poĂ©tique qui mĂ©ritait absolument d’ĂȘtre enfin dĂ©voilĂ©e. Son ensemble « Le Miroir de Musique » convainc indiscutablement par la sĂ»retĂ© du trait, l’équilibre et la transparence sonores, la justesse des intentions, le souci de fusion et de caractĂ©risation aussi dans chaque piĂšce.
En stile ancien, traditionnel (grĂ©gorien) ou moderne (complexitĂ© rayonnante du contrepoint), Limbourg / Lymburgia : mĂȘme dans la priĂšre ou la cĂ©lĂ©bration (mariale) les plus intenses, les chanteurs du Miroir n’oublient pas la couleur quasi souriante de leur geste ; de sorte que l’on a l’impression saisissante de piĂšces miraculeusement investies, porteuses d’une foi sincĂšre, partagĂ©e, collective (Recordare frater pie), voire humaine et tendrement incarnĂ©e (Magnificat). Les solistes sont de ce point de vue remarquable, entre dĂ©votion humble et priĂšre individuelle. L’esthĂ©tique du XVĂš musical tend Ă  l’abstraction collective propre Ă  la construction polyphonique. Mais dĂ©jĂ  perce ici une couleur individuelle, un sentiment fervent qui assoit idĂ©alement chaque acte de dĂ©votion, dans l’ñme et le corps. Superbe Ă©quilibre et inoubliable restitution en faveur de Lymburgia / Limbourg.

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CD, critique. LYMBURGIA : Le Miroir de Musique, Baptiste Romain (1 cd Ricercar)

Programme :

Tota pulcra es
Gaude Felix Padua
Recordare Virgo Mater
Descendi in ortum meum
Magne Dies Leticie
Recordare Freter Pie
Virginis Paroles
Gaude Felix Padua
Kyrie qui de stirpe Regia
Kyrie
Sanctus Admirabilis Splendor
Agnus Dei
Christe Redemptor Omnium
Magnificat Octavi Toni
Salve Virgo Regia

Le Miroir de Musique
Baptiste Romain, direction

1 CD Ricercar 1h05 – RIC402

DVD événement, critique. RIHM : Jakob Lenz. Georg Nigl (1 dvd Alpha, Bruxelles 2015)

RIHM jakob lenz opĂ©ra bruxelles critique opĂ©ra comte rendu opĂ©ra classiquenews Bruxelles dvd critique opĂ©ra classiquenewsDVD Ă©vĂ©nement, critique. RIHM : Jakob Lenz. Georg Nigl (1 dvd Alpha, Bruxelles 2015). Ce pourrait ĂȘtre l’évĂ©nement du 1er festival d’Aix conçu par Pierre Audi en ce mois de juillet 2019: ce Jakob LENZ de Wolfgang Rihm est un pur chef d’oeuvre contemporain, ici filmĂ© dĂšs 2015 Ă  Bruxelles. Produit Ă  Stuttgart en 2014, l’opĂ©ra a Ă©tĂ© repris Ă  Berlin en 2017 et fait escale donc cet Ă©tĂ© Ă  Aix. La crĂ©ation Ă  Hambourg en 1979 dĂ©voilait la maĂźtrise du jeune Wolfgang Rihm, pas encore trentenaire alors, qui a le sens de la passion, de l’efficacitĂ©, de l’intimisme aussi : l’opĂ©ra dure juste un peu plus d’1 heure. 3 hommes et un petit chƓur (6 chanteurs) expriment la lente mais progressive dĂ©chĂ©ance du hĂ©ros, sa plongĂ©e irrĂ©versible dans la folie.
CLIC D'OR macaron 200Le librettiste Michael Fröhling adapte le texte originel de BĂŒchner : en 13 tableaux, chacun en pleine nature et dans des lieux diffĂ©rents, jalonne la descente aux enfers d’un homme condamnĂ©. La production referme l’horizon cependant, en un huis clos, Ă©touffant, d’oĂč jaillit des nĂ©ons incisifs, avec sur le sol un filet d’eau qui attire toujours plus prĂšs Jakob. Comme dans les toiles du Caravage, on ne sait au juste si l’on est Ă  l’intĂ©rieur ou Ă  l’extĂ©rieur, probablement sur le site d’une cellule de soins psychiatriques : s’affairent autour du corps suppliciĂ© en souffrance de Jakob Lenz, Oberlin, le pasteur devenu responsable du centre, et aussi Kaufmann, converti en mĂ©decin plutĂŽt cynique voire sadique. Le chef murmure, cisĂšle les vagues orchestrales en ondes complices et mordantes, dĂ©voilant peu Ă  peu la folie humaine, le dĂ©rĂšglement de la raison. Chaque protagoniste tient son rĂŽle, dĂ©fend sa partie dans un jeu entre ombre et lumiĂšre, mais c’est le gouffre saisissant de la fatalitĂ© qui s’abat sur Jakob dont le baryton Georg Nigl fait un hĂ©ros inoubliable tant chant et jeu dramatique sont sublimĂ©s Ă  Ă©galitĂ©. ThĂ©Ăątre total. L’intensitĂ© du sujet est servi par des maĂźtres interprĂštes. Il Ă©tait juste de fixer la trace de cette trĂšs convaincante rĂ©ussite scĂ©nique et musicale.

Mise en scĂšne : Andrea Breth
DĂ©cors : Martin Zehetgruber
Costumes : Eva Dessecker
LumiĂšres : Alexander Koppelmann
Dramaturgie : Sergio Morabito

Jakob Lenz : Georg Nigl
Oberlin : Henry Waddington
Kaufmann : John Graham-Hall

Les 6 voix du ChƓur :
Irma Mihelič, Olga HeikkilĂ€, Maria Fiselier, Stine Marie Fischer, Dominic Große, Eric Ander

Orchestre symphonique de La Monnaie
Franck Ollu, direction
Enregistré à Bruxelles en mars 2015

1 DVD Alpha 717 – 1h13’28

L’Ă©tĂ© 2019 du Concert de l’HOSTEL DIEU : Musicales, en Auxois, Saint-Dont, Cencic, Folia, Duel…

logo-chd-or-e1493796881107ETE 2019. Le CONCERT DE L’HOSTEL DIEU – Franck-Emmanuel COMTE : concerts, tournĂ©es, festivals, cd
 Reprise en tournĂ©e du spectacle baroque chorĂ©graphique FOLIA !, Festivals Les Musicales en Auxois et le Festival BACH de Saint-Donat ; nouveau programme Orlando conçu pour Max-Emanuel Cencic
 Tels sont les temps forts entre autres, de l’ensemble sur instruments anciens crĂ©Ă© par Franck-Emmanuel COMTE : le CONCERT DE L’HOSTEL DIEU. Un cycle d’évĂ©nements majeurs, Ă  suivre cet Ă©tĂ© 2019.

 

 

 

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FOLIA EN TOURNÉE

folia-concert-de-l-hostel-dieu-franck-emmanuel-comte-concert-festival-opera-annonce-critique-par-classiquenews-juillet-2019Fusionner musique baroque et danse contemporaine en tableaux oniriques
 c’est le pari rĂ©ussi de cette production particuliĂšrement convaincante que CLASSIQUENEWS avait distinguĂ© par un CLIC (meilleur spectacle 2018). Le cd qui est paru dans la foulĂ©e a confirmĂ© la force poĂ©tique et expressive de la « bande-son » d’un spectacle total, grĂące Ă  l’engagement des instrumentistes sur instruments historiques du Concert de l’Hostel Dieu, et aussi de la soprano Heather Newhouse.  Le projet fou de Mourad Merzouki et Franck-Emmanuel part en tournĂ©e pendant six mois
 CrĂ©Ă© lors du Festival des Nuits de FourviĂšre, c’est la rencontre surprenante et inattendue entre le rĂ©pertoire des folias baroques du Concert de l’Hostel Dieu et le hip hop de Merzouki. Stuttgart, Limoges, PĂ©rigueux, Caluire et Paris : au total, 57 reprĂ©sentations pour plus de 60 000 spectateurs attendus ! A ne pas manquer entre autres, le 20 juillet 2019 au ZĂ©nith de Limoges

LIRE ici critique du cd FOLIA et annonce du spectacle en tournée : http://www.classiquenews.com/cd-critique-folia-le-concert-de-lhostel-dieu-franck-emmanuel-comte-direction-1-cd-1001-notes-2018/

LIRE aussi notre critique du spectacle FOLIA présenté aux Nuits de FourviÚre et retransmis sur ARTE

 

 

 

 

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FRANCK-EMMANUEL ET SES FESTIVALS

comte-franck-emmanuel-concert-hostel-dieu-portrait-classiquenews-baguette-marco-polo-classiquenews-582Franck-Emmanuel COMTE, directeur de l’ensemble Le Concert de l’Hostel Dieu reste trĂšs attachĂ© Ă  deux festivals qu’il accompagne fidĂšlement depuis de nombreuses annĂ©es en proposant une programmation originale. Sur sa terre natale de Bourgogne, il est le crĂ©ateur et le directeur artistique des Musicales en Auxois depuis 25 ans. Les collines verdoyantes de l’Auxois accueillent ainsi un festival dense et atypique. Plus au sud, dans la DrĂŽme, c’est J.-S. Bach qui est mis Ă  l’honneur dans l’écrin patrimonial du Palais Delphinal et de la CollĂ©giale de Saint-Donat. « Bach et l’esprit fĂ©minin » est le thĂšme de la 57e Ă©dition 2019.

 

 

MUSICALES EN AUXOIS : les 25 ans

En 2019, le Festival Musicales en Auxois fĂȘte ses 25 ans !! Le terme de la Folie sera Ă  l’honneur pour ce festival anniversaire. Non pas au sens psychiatrique du terme, mais au sens de la fĂȘte, de l’énergie, de la joie.
 de la transe collective et de l’exultation libĂ©ratrice, telles qu’elles s’expriment aussi dans le spectacle baroque et chorĂ©graphique crĂ©Ă© par  Mourad Merzouki et Franck-Emmanuel en 2018 et qui est aussi Ă  l’honneur d’une tournĂ©e en 2019. Une folie crĂ©atrice, synonyme d’inventivitĂ© et d’originalitĂ© parcourt ainsi les diffĂ©rents rendez-vous musicaux proposĂ©s par le Festival.

Sans oublier la convivialitĂ©, laquelle fait partie intĂ©grante de l’ADN du festival, et ce depuis sa crĂ©ation en 1994. Les concerts seront ainsi accompagnĂ©s de moments de dĂ©couvertes et d’échanges entre artistes et publics, permettant Ă  chacun de prolonger l’expĂ©rience artistique et humaine des concerts. Au regard du thĂšme du festival, comment Ă©viter ce thĂšme si connu aux siĂšcles baroques ? D’origine portugaise, elle enflamme bientĂŽt toute l’Europe : de l’Espagne Ă  la France, en passant par l’Italie. La Follia permet de nourrir un fil rouge, tout au long de la programmation. Nous la retrouverons au cƓur de la soirĂ©e d’ouverture avec le programme « Dolce Follia » prĂ©sentĂ© par le CHD, jusqu’au concert de clĂŽture « balkanique » proposĂ©e par le quintette Bumbac !

Entre musiques anciennes et traditionnelles, classiques revisitĂ©es et musiques du monde, les Musicales en Auxois restent fidĂšles Ă  leur esprit : faire dĂ©couvrir de nouvelles musiques ou de nouvelles façons d’interprĂ©ter les musiques anciennes, le tout valorisĂ© par l’exceptionnel patrimoine architectural de l’Auxois. Vivement l’étĂ© !

MUSICALES EN AUXOIS 2019 – 25 juil – 8 aoĂ»t 2019

 

 

https://musicalesenauxois.wixsite.com/musicalesenauxois

 

Festival BACh de Saint DONAT classiquenewsLe C.M.I J.-S. Bach / Centre Musical International JS BACH anime de nouveau, depuis 2018, le Festival Bach de Saint-Donat. Le thĂšme de l’édition 2019 « Bach et l’esprit fĂ©minin » est illustrĂ© par plusieurs musiciens talentueux, familiers de Bach et de la musique baroque (Benjamin Alard, Le Concert de l’Hostel Dieu,
) et par une programmation originale et diversifiĂ©e. Solistes invitĂ©s : Magalie LĂ©ger, Giuseppina Bridelli, Myriam Arbouz, Paulin BĂŒndgen, BenoĂźt Haller
 et des ensembles musicaux se produisant Ă  Saint-Donat pour la premiĂšre fois : l’Orchestre Baroque de Montauban, La Chapelle RhĂ©nane, Consort de flĂ»tes Brouillamini, Unidos da Batida.

FESTIVAL BACH DE SAINT-DONAT 2019 – 2 – 11 aoĂ»t 2019

http://cmi-bach.fr/

 

 

 

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MAX EMANUEL CENCIC et le CHD

cencic-emanuel-porpora-arias-decca-cd-presentation-and-review-cd-critique-par-classiquenewsLe Concert de l’Hostel Dieu annonce aussi sa premiĂšre collaboration avec Max Emanuel Cencic dans un programme conçu « sur mesure » pour le contre-tĂ©nor croate : « Orlando », un portrait en trois dimensions mis en musique par Handel, Vivaldi, Porpora, soit les plus grands maĂźtres de l’opera seria italien, Ă  la fois virtuose et expressionniste. Le titre rappelle le livre Ă  la fois futuriste et fantastique de Virginia Woolf dont le hĂ©ros change de sexe Ă  travers les Ăąges
 couleur trouble qui renvoie surtout au timbre si particulier du contre-tĂ©nor qui joue souvent Ă  revĂȘtir travestissements et figures de l’ambivalence
  Concerts au festival de Froville et au trĂšs select Wigmore Hall Ă  Londres.

> Pour en savoir plus cliquez ICI

http://www.concert-hosteldieu.com/diffusion/baroque-et-18eme/orlando-recital-cencic/

7 juillet 2019

Festival de Froville (54)

11 juillet 2019

Wigmore Hall (UK)

 

 

PROGRAMME & PRÉSENTATION

Extraits d’opĂ©ra d’Antonio Vivaldi (Orlando furioso), Georg Friedrich HĂ€ndel (Orlando furioso, Rinaldo) et Nicola Porpora (Angelica e Medoro). Orlando furioso est considĂ©rĂ© comme le rĂ©sumĂ© et le joyau de toute la littĂ©rature Ă©pique. L’action de ce roman de chevalerie met en scĂšne le hĂ©ros Roland qui accomplit mille exploits. ImaginĂ© par le poĂšte de la Renaissance Ludovico Ariosto, dit l’Arioste, Orlando furioso a Ă©tĂ© Ă©crit dans le dialecte de Ferrare puis adaptĂ© en toscan. L’action a pour toile de fond la guerre que mĂšne Charlemagne contre les Sarrasins.

Deux siĂšcles plus tard, le poĂšme Ă©pique devient le point commun et une source d’inspiration majeure des trois « gĂ©ants » du style baroque : Handel, Vivaldi et Porpora. Chacun compose un opĂ©ra sur le sujet. AgencĂ© sur mesure pour les caractĂ©ristiques vocales et le charisme de Max Emanuel Cencic, le nouveau programme du Concert de l’Hostel Dieu a pour fil conducteur le personnage d’Orlando, ses actions romanesques, sa rencontre avec la guerriĂšre Bradamante et la magicienne Alcina, ses Ă©lans amoureux, mais aussi sa folie
 Un rĂ©cital brillant et expressif Ă  la hauteur du souffle Ă©pique du poĂšme de l’Arioste et du talent du contre-tĂ©nor. Ici la passion amoureuse vainc le hĂ©ros guerrier : sur l’échiquier sentimental ce dernier perd la raison


 

 

 

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DERNIR CD : « DUEL »

duel-concert-de-l-hostel-dieu-franck-emmanuel-comte-giuseppina-bridelli-opera-cd-evenement-critique-cd-cd-review-opera-musique-classique-news-classiquenewsL’enregistrement paru chez Arcana/Outhere et qui gagne son relief musical de la confrontation entre les Ă©critures lyriques de Porpora et de handel Ă  Londres dans les annĂ©es 1730, bĂ©nĂ©ficie de la complicitĂ© entre le somptueux et ardent mezzo de la jeune Giuseppina Bridelli et de Franck-Emmanuel Comte, et ses instrumentistes du Concert de L’Hostel Dieu. Le cd DUEL paru en avril 2019 a reçu le CLIC de CLASSIQUENEWS. Le programme Duel poursuit sa tournĂ©e aprĂšs un concert au HĂ€ndel-Festpiel de Halle il est aussi Ă  Saint-Donat le 11 aoĂ»t pour la clĂŽture du Festival Bach.

https://www.youtube.com/watch?v=5RWzXj5y6Nw

Duel: Porpora and Handel in London by Giuseppina Bridelli, Le Concert de l’Hostel Dieu & F-E Comte

 

 

LIRE notre critique du cd DUEL : Porpora versus Handel par Giuseppina Bridelli et Franck-Emanuel COMTE : Le Concert de l’HOSTEL DIEU

 

 

 

 
 

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TOUTES LES INFOS, LES DATES DES CONCERTS sur le site du CONCERT DE L’HOSTEL-DIEU

 

 

CONCERT DE L'HOSTEL DIEU : saison 2018 - 2019

 

   

 

ENTRETIEN avec Pascal VIGNERON, organiste et directeur artistique du Festival JS BACH de TOUL

TOUL-festival-Bach-annonce-concerts-festival-presentation-BACH-A-TOUL-2019-classiquenewsENTRETIEN avec Pascal VIGNERON, organiste et directeur artistique du Festival JS BACH de TOUL. 10Ăšme Ă©dition en 2019. Autour du grand orgue Curt Schwenkedel 1963 s’est dĂ©veloppĂ©e une large et riche programmation de concerts qui compose aujourd’hui, entre Ă©clectisme et qualitĂ©, l’un des festivals europĂ©ens les plus originaux dĂ©diĂ©s Ă  l’Ɠuvre de Jean-SĂ©bastien Bach. Tour d’horizon du Festival JS BACH de TOUL


 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : VoilĂ  10 ans d’existence pour le Festival BACH de TOUL. Qu’est ce qui rend ce festival BACH lĂ©gitime Ă  TOUL ? Les mĂ©lomanes prĂ©sents, l’orgue, le patrimoine toulois
 ?

vigneron-pascal-organiste-festival-BACH-TOULPASCAL VIGNERON : La lĂ©gitimitĂ© du festival s’est imposĂ©e petit Ă  petit, grĂące notamment Ă  la prĂ©sence du Grand Orgue Curt Schwenkedel construit en 1963. C’est un instrument nĂ©o-baroque, dĂ©diĂ© Ă  la musique ancienne, avec une ouverture contemporaine sur le troisiĂšme clavier. C’est le plus grand opus de Curt Schwenkedel, et lorsqu’il fut construit, c’Ă©tait un vĂ©ritable pari sur l’avenir. Nous l’avons entiĂšrement remis Ă  jour, grĂące au concerts de Maitre Yves Koenig, qui a compris d’emblĂ©e l’intĂ©rĂȘt d’un instrument de cette taille pour l’interprĂ©tation de l’oeuvre d’orgue de Johann Sebastian Bach. Michel Giroud, qui fut apprenti de Curt Schwenkedel apporta un concours inestimable par ses conseils. En 2009, l’inauguration de la cathĂ©drale restaurĂ©e, fut le point de dĂ©part de cette aventure. En compagnie de Marie-Christine Barrault, j’ai eu le plaisir de graver un cd sur les paraphrases de l’Apocalypse. Ensuite vint, l’enregistrement de ma premiĂšre version des Variations Goldberg. Au fil du temps, les mĂ©lomanes furent de plus en plus nombreux, et l’accessibilitĂ© des programmes a Ă©tĂ© un des chemins de travail pour la rĂ©ussite du festival. Le patrimoine Toulois est extrĂȘmement riche, et il Ă©tait Ă©vident que pour faire venir un public exigeant, il fallait Ă  la fois ouvrir la programmation afin que tous les publics puissent y trouver attrait.

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Comment avez vous conçu le fonctionnement du Festival (lieux, type de concerts, profil des artistes, offre aux publics, 
) ?

PASCAL VIGNERON : ImmĂ©diatement, le fonctionnement a Ă©tĂ© programmĂ© en deux pĂ©riodes : juin, juillet puis septembre. En effet, le bassin du Toulois ne correspond pas Ă  un lieu de villĂ©giature estival comme on peut le trouver dans le sud ou l’ouest de notre pays. Les lieux de concerts Ă  Toul sont principalement la cathĂ©drale, la collĂ©giale, le musĂ©e d’art et d’histoire, la chapelle de l’hĂŽpital, et pour le piano : CitĂ©a. Les artistes sĂ©lectionnĂ©s sont soit de grands noms de l’orgue, du piano, ou d’instruments divers, mais aussi des Ă©lĂšves sortant des grandes Ă©coles europĂ©ennes tel le Conservatoire national SupĂ©rieur de Musique de Paris, la Musikhochsucle de Stuttgart, L’Ă©cole Normale de Musique de Paris et dorĂ©navant le conservatoire SupĂ©rieur National de Lyon et d’autres grandes Ă©coles qui petit Ă  petit s’associeront au projet. Ainsi l’offre musicale pour le public est riche et complĂšte : grands Ă©lĂšves des classes d’orgue, de piano, ensembles et choeurs internationaux, grands noms de la musique comme Rhoda Scott ou cette annĂ©e Richard Galliano 
 Eclectisme et qualitĂ© sont les maĂźtres mots de notre festival.

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Sur le plan artistique, qu’est ce qui assure au festival 2019, sa cohĂ©rence ?

PASCAL VIGNERON : La cohĂ©rence d’un projet, quel qu’il soit, est dĂ©terminĂ©e par sa logique. AprĂšs toutes ces annĂ©es, un retour aux sources Ă©tait impĂ©ratif. C’est pour cela que nous pourrons entendre cette saison, l’intĂ©grale du clavier bien tempĂ©rĂ© en deux concerts avec Dimitri Vassilakis, piano solo de l’Ensemble Intercontemporain et Pieter Jan Belder, claveciniste mondialement reconnu pour son interprĂ©tation de l’Ɠuvre de Bach. Nous avions donnĂ© le Clavier bien tempĂ©rĂ© il y a 10 ans , dans les deux premiĂšres saisons. Avec les deux mĂȘme artistes,  nous entendrons Ă©galement les Variations Goldberg, que nous avions Ă©galement donnĂ©es au dĂ©but de nos programmations. Ensuite, pour qu’il y ait cohĂ©rence dans la continuitĂ© du festival, nous avons eu le 15 et 16 juin deux motets, et deux cantates avec choeur et orchestre, de grands solos des Passions de Bach. Je dois dire que le Choeur Musica Vera dirigĂ© pas Nicolas Jean-Baptiste a Ă©tĂ© tout Ă  fait remarquable. Les solistes lyriques (Matthieu Heim, Christophe Einhorn, Johanne Cassar, Christophe Gautier) ont Ă©tĂ© extrĂȘmement brillants. Tous ces choix donnent une personnalitĂ© au Festival, et d’annĂ©e en annĂ©e, j’essaye de tenir cette cohĂ©rence. Eclectisme et ouverture sont les guides de cette cohĂ©rence.

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Vous ĂȘtes organiste. Quelle vision dĂ©fendez vous de JS BACH ? Comment avez vous choisi les oeuvres ainsi prĂ©sentĂ©es, selon quels critĂšres ? Si l’on parle des oeuvres que vous jouez, il y a entre autres les Goldberg. Pouvez vous nous livrer quelques clĂ©s de comprĂ©hension pour mieux les savourer ?

PASCAL VIGNERON : Tout d’abord, j’ai menĂ© une carriĂšre de soliste en tant que trompettiste. AprĂšs les annĂ©es Maurice AndrĂ©, nous sommes passĂ©s dans un autre monde oĂč la recherche musicologique est devenue plus importante que la musique dite ” instinctive “. Mais que serait la musique si l’instinct n’existait plus ? De grands chanteurs comme Mario Del Monaco Ă©taient avant tout des musiciens d’Instinct. Etaient-ils de mauvais musiciens ? Non, bien au contraire ! Mais si la musicologie a fait faire d’incontestables progrĂšs, elle ne peut survivre qu’en Ă©tant elle-mĂȘme Ă  l’Ă©coute de la musique de son temps et de ses Ă©volutions. Je favorise une vision globale et Ă©quilibrĂ©e de l’interprĂ©tation de l’Ɠuvre de Johann Sebastian Bach. Le dogmatisme et l’intolĂ©rance ne peuvent ĂȘtre mes choix. Je suis tout autant admiratif des enregistrements de Karl Richter que ceux d’Herrewegue ou d’Harnoncourt. En musique, comme le disait Pierre Boulez, il n’y a pas de progrĂšs, il n’y a que des diffĂ©rences. C’est pourquoi, si je ne prĂ©conise pas l’interprĂ©tation sur instruments d’Ă©poque (il faudrait dĂ©jĂ  savoir de quelle Ă©poque) ou anciens (et savoir jusqu’oĂč l’historicitĂ© est objective et musicale), je suis favorable Ă  ce que la musique soit d’abord de la musique avant d’ĂȘtre une auto-satisfaction intellectuelle et puritaine. Keit Jarrett, Jacques Loussier, Glenn Gould, sont les tĂ©moins historiques de l’Ă©volution humaine dans la musique, et non le contraire. Dans la vision des Goldberg, que je viens de graver, tous ces points sont mis en balance, pour trouver Ă©quilibre, beautĂ©, rigueur, et Ă  la fin,
 logique. Bach nous parle Ă  travers un systĂšme complexe de gĂ©omĂ©trie et de musique. Il est Ă©vident que sa pensĂ©e ne peut ĂȘtre dĂ©cryptĂ©e que lorsque que l’on examine tous ces faits. La beautĂ© des timbres, la rigueur de la pulsation sont les fondements d’un Ă©quilibre musical approfondi.

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Pour le futur, que rĂȘveriez-vous de rĂ©aliser au sein du Festival BACH de TOUL ?

PASCAL VIGNERON : Ayant dĂ©jĂ  dirigĂ© la Messe en si Ă  plusieurs reprises, de nombreuses cantates, aprĂšs avoir invitĂ© les grands noms de l’orgue, du piano, avoir mis en place une politique de concerts scolaires Ă  destination des jeunes enfants, et enfin ayant conduit la restauration du Grand-Orgue de la CathĂ©drale Saint-Etienne de Toul, il est Ă©vident que le Festival BACH de Toul est au milieu du guĂ©. Les passions, les oratorios, les cantates, et d’autres grands projets en compagnie des compositeurs qui ont tant citĂ© comme exemple Bach, font partie de mes dĂ©sirs. Une ouverture vers des mondes moins connus Ă  destination du grand public, est Ă©galement une de mes prioritĂ©s. Une intĂ©grale Messiaen, que le Grand Orgue de la CathĂ©drale sert si bien, pourrait voir le jour. GrĂące Ă  une municipalitĂ© et un premier magistrat absolument persuadĂ© du bien fondĂ© d’une telle entreprise, nous avons gravi en dix ans des Ă©chelons dĂ©jĂ  Ă©normes. Il nous reste donc Ă  persuader dans le Grand-Est (y compris dans les pays voisins oĂč je pense Ă©laborer des partenariats ) des Ă©lus, des personnalitĂ©s, des artistes, et Ă©videmment le public dĂ©jĂ  trĂšs nombreux afin de rendre ce moment de partage encore plus vaste et plus intense.
Pour partager l’immense Ɠuvre de Johann Sebastian Bach, afin que tous puissent l’entendre, quelque soit sa condition, son parcours, sa source, ses racines, je ne pourrai terminer qu’avec la citation de Ciceron qui s’applique si bien au message philosophique du Cantor :  « La philosophie n’est rien d’autre que l’amour de la sagesse ».

Propos recueillis en juin 2019

 

 

 

LIRE aussi notre prĂ©sentation, temps forts de la 10Ăš Ă©dition du FESTIVAL BACH DE TOUL 2019, jusqu’au 12 octobre 2019

 

 

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