CD, Ă©vĂ©nement. SAINT-SAËNS : la Princesse jaune (Leo Hussain, 1 cd Pal Bru-Zane, fĂ©v 2021)

saint saens princesse jaune cd critique clic de classiquenews opera critique melodies persanes critique operaCD, Ă©vĂ©nement. SAINT-SAËNS : la Princesse jaune (Leo Hussain, 1 cd Pal Bru-Zane, fĂ©v 2021)  -  Encore jeune compositeur, Saint-SaĂ«ns s’essaye ici en 1872, Ă  l’exotisme japonisant avec une exquise Ă©lĂ©gance : sa Princesse jaune dĂ©montre non seulement une inspiration premiĂšre des mĂ©lodies mais aussi un sens du drame et une orchestration trĂšs solides. L’opĂ©ra en un acte n’a pas les dimensions hollywoodiennes de Samson et Dalila, ni la puissance expressive ni l’ampleur des scĂšnes collectives historicisantes d’Ascanio. Chef d’Ɠuvres postĂ©rieurs, aujourd’hui justement Ă©valuĂ©s. L’orientalisme de Saint-SaĂ«ns, aprĂšs la Commune et le Second Empire s’inscrit entre les PĂȘcheurs de perles de Bizet(1864) et LakmĂ© de Delibes (1883) ; D’ailleurs Bizet a crĂ©Ă© quelques semaines avant La princesse Jaune, son drame Ă©gyptianisant Djamileh.

La sĂ©duction comme la subtilitĂ© sont ses valeurs essentielles et l’histoire mince est prĂ©texte Ă  un duo en huis clos entre deux cƓurs ardents, au dĂ©but indiffĂ©rents et Ă©loignĂ©s, Ă  la fin passionnĂ©ment Ă©treints ; une sĂ©quence dramatique amoureuse qui rappelle l’intrigue de BĂ©atrice et BĂ©nĂ©dicte de Berlioz (1862) quand ce dernier s’inspirait de Shakespeare (Beaucoup de bruit pour rien).  Les deux chanteurs rĂ©unis ici expriment la dĂ©licatesse d’une partition trĂšs inspirĂ©e ; dommage que la soprano qui incarne LĂ©na demeure de bout en bout inintelligible : son français est tout sauf prĂ©cis et naturel. Le prodige a lieu Ă  l’orchestre, grĂące Ă  la direction Ă  la fois dĂ©taillĂ©e, naturelle, aĂ©rĂ©e, claire et transparente du chef LĂ©o Hussain, exploitant Ă  volontĂ© et idĂ©alement les possibilitĂ©s Ă©tonnantes de l’Orchestre du Capitole de Toulouse. Tant de finesse doit ĂȘtre reconnue. On y dĂ©tecte une mĂȘme intelligence expressive, une mĂȘme sensibilitĂ© miraculeuse comparable Ă  celle de Guillaume Tourniaire, heureux pilote de la rĂ©surrection d’Ascanio du mĂȘme Saint-SaĂ«ns (1890) : sommet discographique paru en oct 2018 – CLIC de CLASSIQUENEWS oct 2018. LIRE notre critique d’Ascanio de Saint-SaĂ«ns :

https://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-saint-saens-ascanio-1890-tourniaire-3-cd-b-records-geneve-2017/

 

SAINT-SAENS-portrait-compositeur-bicentenaire-naissance-camille-saint-saens-classiquenews-1821-2021RÉVÉLATION DU CYCLE PERSAN
 La dĂ©licatesse et le raffinement dont est capable Saint-SaĂ«ns se retrouve dans le cycle complĂ©mentaire Ă  l’opĂ©ra ainsi rĂ©vĂ©lĂ© : les 6 mĂ©lodies persanes pour voix et orchestre dont l’activitĂ© comme la justesse expressive, le raffinement orchestral Ă©galent les Nuits d’étĂ© de Berlioz. IL est Ă©vident que ce cycle ainsi restituĂ© dans sa cohĂ©rence orchestrale devienne un pilier du rĂ©pertoire musical pour les chanteurs passionnĂ©s par la mĂ©lodie française. Les airs Ă©blouissent par leur sincĂ©ritĂ© sensible, leur exquise dĂ©licatesse lĂ  encore (mention spĂ©ciale pour la premiĂšre « La Brise » par le baryton Philippe EstĂšphe, « Au CimetiĂšre », sublimĂ© par l’excellente AnaĂŻs Constans – dont la langueur lĂ©tale, extatique rappelle Au CimetiĂšre des Nuits d’Ă©tĂ© de Berlioz, mais lui sur le texte de ThĂ©ophile Gautier-, l’enivrant « Tournoiement » par Axelle Fanyo)
 Chacun partage le souci du texte, accordĂ© Ă  un orchestre scintillant et dramatiquement prĂ©cis et dĂ©taillĂ©. Voici une gĂ©nĂ©ration d’interprĂštes francophones de premiĂšre valeur et pour certains fins diseurs, idĂ©alement ajustĂ©s aux Ă©quilibres conçus par l’orfĂšvre Saint-SaĂ«ns. Ce cycle persan est la seconde rĂ©vĂ©lation du cd, portĂ© par l’indĂ©fectible instinct artistique du Palazzetto Bru-Zane, centre de musique romantique française Ă  Venise. L’annĂ©e du Centenaire SAINT-SAËNS ne pouvait trouver meilleure rĂ©alisation commĂ©morative. LIRE aussi notre dossier CENTENAIRE SAINT-SAËNS 1921-2021.

 

 

 

CLIC D'OR macaron 200CD, Ă©vĂ©nement. SAINT-SAËNS : la Princesse jaune (Leo Hussain, 1 cd Pal Bru-Zane, fĂ©v 2021) – Livre 104 pages – enregistrĂ© Ă  Toulouse en fĂ©v 2021 – CLIC de CLASSIQUENEWS Automne 2021

 

https://bru-zane.com/en/pubblicazione/la-princesse-jaune/

 

ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE
Leo Hussain, direction

 

La Princesse jaune, 1872
Judith van Wanroij, Mathias Vidal, AnaĂŻs Constans

 

MĂ©lodies persanes

Philippe EstĂšphe, JĂ©rĂŽme Boutillier, ÉlĂ©onore Pancrazi,
Artavazd Sargsyan, AnaĂŻs Constans, Axelle Fanyo

‘French opera’ series | collection OpĂ©ra Français / Palazzetto Bru Zane

Volume 29

Sommaire du livre La Princesse jaune de Saint-Saëns

Alexandre Dratwicki, In the shadow of Samson / Dans l’ombre de Samson

Vincent Giroud, La Princesse jaune: orientalism and artificial paradises / Orientalisme et paradis artificiels

Stéphane Leteuré, The misfortunes of La Princesse jaune / infortunes de la Princesse Jaune

Ernest Reyer, The evening of the premiere / Le soir de la premiĂšre

Synopsis

Libretto

 

MONTPELLIER. AL. SCARLATTI : Il Primo Omicidio, 16 mai – 1er juin 2021

SCARLATTI-alessandro-portrait-classiquenews-scarlatti_alessandroMONTPELLIER. AL. SCARLATTI : Il Primo Omicidio, 16 mai – 1er juin 2021. Oratorio fulgurant, d’une poĂ©sie lyrique d’une ineffable sensualitĂ©, Il Primo Omicidio Ă©voque le meurtre d’Abel par CaĂŻn. Sujet de la haine fratricide, de la jalousie destructrice, ce « Premier Homicide » dĂ©voile le gĂ©nie dramatique et lyrique du pĂšre de Domenico : Alessandro Scarlatti. Sa langue d’un raffinement exceptionnel cisĂšle et embrase la violence du drame biblique, crĂ©ant aussi un dĂ©fi vocal pour les solistes. Les personnages des deux fils opposĂ©s CaĂŻn et Abel, le portrait de leurs parents Adam et Eve, l’intercession de Dieu, l’Ɠuvre de Lucifer composent un tableau saisissant par sa tendre humanitĂ©. A chaque chef et ensemble d’en caractĂ©riser selon leur sensibilitĂ©, ce joyau du Baroque Italien.
L’oratorio Ă©crit en 1707 Ă  Venise, est en deux parties ; il met en scĂšne le 4Ăšme chapitre de la GenĂšse rapportant l’histoire poignante et tragique de Cain le cultivateur et d’Abel le pasteur.
AprĂšs RenĂ© Jacobs qui l’avait rĂ©vĂ©lĂ© en crĂ©ation mondiale (1997), Philippe Jaroussky Ă  la tĂȘte de son ensemble Artaserse entend en donner sa propre conception, entourĂ© d’un plateau de chanteurs qui pourraient s’avĂ©rer particuliĂšrement convaincants sous la direction de l’ex haute contre Philippe Jaroussky, dont il s’agit du premier oratorio comme directeur musical.

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Alessandro Scarlatti : Il primo omicidio
Concert enregistrĂ© / filmĂ© Ă  l’OpĂ©ra national de Montpellier
Opéra Berlioz / Le Corum
Diffusion les 16, 27, 29 mai et 1er juin 2021
sur le site de l’OpĂ©ra de Montpellier
PLUS D’INFOS sur le site de l’OpĂ©ra de Montpellier
https://www.opera-orchestre-montpellier.fr/evenement/il-primo-omicidio

Avec Bruno de SĂĄ, Abel
Filippo Mineccia, Cain
Inga Kalna, Ève
Kresimir Spicer, Adam
Yannis François, Lucifer
Paul-Antoine Benos-Dijan, La voce di Deo

Ensemble Artaserse
Philippe Jaroussky, direction musicale

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Approfondir
LIRE aussi notre dossier CAIN et ABEL
http://www.classiquenews.com/paris-il-primo-omicidio-dales-scarlatti-1707/

Scarlatti alessandro il primo omicidio oratorio cd rene jacobs classiquenews compte rendu cd juil 2015Jaloux, Cain assassine son propre frĂšre plus jeune car ce dernier lui semblait ĂȘtre le prĂ©fĂ©rĂ© de ses parents
 Au final c’est Dieu qui tranche et mesure la violence rentrĂ©e de CaĂŻn, en prĂ©fĂ©rant l’offrande de son jeune frĂšre Abel. La jalousie de CaĂŻn produit le premier meurtre de l’histoire humaine : une faille et une malĂ©diction pour le genre humain dans sa globalitĂ© que la civilisation actuelle doit toujours assumer.
Au dĂ©but de l’Ancien Testament, le sujet du Premier Homicide originel nous renvoie Ă  la violence contemporaine des sociĂ©tĂ©s, au pĂ©ril des guerres et des meurtres gĂ©nĂ©ralisĂ©s sur la planĂšte.
Scarlatti fait de CaĂŻn un personnage trouble,- comme tous les bourreaux Ă  l’opĂ©ra : humain et mĂȘme touchant car traversĂ© et rongĂ© par la culpabilitĂ© et le sentiment d’ĂȘtre maudit. Il est bien par ce sentiment profond, primordial, le pĂšre de l’humanitĂ© : la jalousie obsessionnelle porte Ă  la folie criminelle qui mĂšne Ă  la haine et Ă  la violence, deux actes que l’humanitĂ© n’a toujours pas rĂ©solu et qui la mĂšne Ă  sa perte.

Le premier homicide est comme Don Giovanni (la pulsion du dĂ©sir qui fait Ă©clater l’ordre social) ou Orfeo (l’impossible maĂźtrise des passions), un thĂšme qui plonge aux origines de notre humanitĂ©. Le sujet s’inscrit dans la fibre de la sociĂ©tĂ© moderne, revĂȘtant une dimension actuelle contemporaine qui nĂ©vrotique, interroge depuis Alessandro Scarlatti, donc le XVIIIĂš (premier baroque) notre identitĂ© propre au XXIĂš. Il est Ă©tonnant que des gĂ©nies de l’opĂ©ra ou de l’oratorio, tels Haendel, ou Rameau en France, ne se soient pas emparĂ© de ce sujet qui illustre la violence et la haine dont l’homme est capable. Ce questionnement nous renvoie Ă  notre Ă©chec humain, aux guerres et aux scandales, aux crimes et aux malversations qui ne cessent d’alimenter l’actualitĂ©.

LE MEURTRE ORIGINEL
La GenĂšse Ă©tablit le crime et la jalousie aux dĂ©but de l’histoire humaine.
Le meurtre d’Abel par son frĂšre CaĂŻn fascina un siĂšcle (dĂ©but du XVIIIĂš) Ă©pris de questions thĂ©ologiques. Ce premier meurtre engendre l’HumanitĂ©, inscrivant la figure ambiguĂ« de CaĂŻn comme le pĂšre de la civilisation. Dieu Ă©prouve CaĂŻn, mesure sa propension Ă  la violence. Il dĂ©voile ce qui est aux origines de l’homme : le dĂ©sir de meurtre.
AprĂšs Moses und Aron, le metteur en scĂšne Romeo Castellucci revient Ă  l’OpĂ©ra de Paris dans cet oratorio dont il explore la dimension mĂ©taphysique, ciblant l’Ɠuvre du mal dans le projet divin. Contradictoirement Ă  son sujet, la musique de Scarlatti Ă©voque le fratricide avec une douceur Ă©quivoque, « comme une fleur de la maladie ». Proche des sepolcri viennois du XVIIĂš, l’oratorio de Scarlatti analyse le sujet central Ă  travers de sublimes portraits musicaux, ceux du couple originel, Adam et Eve, confrontĂ©s Ă  la violence de leur fils Cain
 Les allĂ©gories divine et infernale sont Ă©galement prĂ©sentes, pilotant l’action en une confrontation de plus en plus tendue, Ăąpre, jusqu’à son terme tragique

LIRE aussi La MORT D’ABEL, opĂ©ra sacrĂ© de Kreutzer (1810-1825)
www.classiquenews.com/rodolphe-kreuatzer-la-mort-dabel1810-1825livre-2-cd-palazzetto-bru-zane/
kreutzer la mort d abel oratorio 1810 livre cdVoici un nouveau jalon mĂ©connu de l’opĂ©ra français, tragique et pathĂ©tique, nouveau chaĂźnon manquant entre le thĂ©Ăątre de Gluck et l’éclosion de Berlioz. De sorte que la nouvelle collection discographique ainsi amorcĂ©e par le Palazzetto Bru Zane ne pouvait trouver meilleure ouvrage ayant valeur d’emblĂšme. Versaillais, Kreutzer est surtout un violoniste virtuose (Beethoven lui a dĂ©diĂ© sa Sonate pour violon n°9 opus 47), mort en pleine aube romantique en 1831. Il est professeur de violon au Conservatoire depuis sa crĂ©ation en 1795 jusqu’en 1826 ; c’est aussi un chef estimĂ© qui dirige l’ochestre de l’OpĂ©ra (vers 1817). Comme compositeur, il affirme sa parfaite connaissance des derniĂšres tendances viennoises: c’est Ă  Vienne qu’il rencontre Beethoven en 1798 comme musicien au service de l’ambassadeur de France, Jean-Baptiste Bernadotte, futur souverain de SuĂšde et de NorvĂšge. Ses affinitĂ©s germaniques sont d’autant plus naturelles que son pĂšre Ă©tait allemand et qu’il a aussi suivi les leçons de Stamitz.
Il en dĂ©coule un style d’un Ă©quilibre parfait, classique Ă  la maniĂšre de Haydn: Ă©lĂ©gance, expression, prĂ©cision et raffinement. L’ouvrage est d’ailleurs une rĂ©sonance française de l’oratorio La CrĂ©ation du Viennois, crĂ©Ă© Ă  Paris devant un parterre impĂ©rial totalement subjuguĂ©. TragĂ©die crĂ©Ă©e Ă  l’AcadĂ©mie impĂ©riale en 1810, La mort d’Abel renseigne sur les caractĂšres stylistiques en vigueur Ă  Paris dans les annĂ©es 1810.

STREAMING opéra. Hippolyte et Aricie de Rameau à Mannheim (avril 2021)

RAMEAU-jean-philippe-portrait-hippolyte-et-aricie-classiquenewsSTREAMING, opĂ©ra. RAMEAU : Hippolyte et Aricie, sam 1er mai 2021, 19h – HIPPOLYTE Ă  MANNHEIM, entre passĂ© et prĂ©sent : un Ă©clectisme convaincant ? Baroque et modernitĂ© viennent se heurter de plein fouet dans la premiĂšre production d’Hippolyte et Aricie au Nationaltheater Mannheim : un choc semblable Ă  celui du public qui, il y a prĂšs de 300 ans, dĂ©couvrait en 1733, dans son premier opĂ©ra, avec surprise et stupĂ©faction la nouveautĂ© et la richesse des harmonies rĂ©volutionnaires de l’écriture de Rameau.

Dans sa mise en scĂšne, Lorenzo Fioroni fait sauter les barriĂšres entre passĂ© et prĂ©sent. De mĂȘme, dans la fosse, le spĂ©cialiste du baroque Bernhard Forck exploite une alliance assumĂ©e d’instruments modernes et d’époque afin d’ « insuffler la vie Ă  la musique et crĂ©er la surprise, comme autrefois. »

VOIR Hippolyte et Aricie Ă  Mannheim ici
https://operavision.eu/fr/bibliotheque/spectacles/operas/hippolyte-et-aricie-nationaltheater-mannheim?utm_source=OperaVision&utm_campaign=c2386854b0-HIPPOLYTE+ARICIE+2021+FR&utm_medium=email&utm_term=0_be53dc455e-c2386854b0-100559298

EN REPLAY jusqu’au 31 juil 2021
Enregistré les 21 et 24 avril 2021 au Nationaltheater Mannheim.

Aricie : Amelia Scicolone
PhĂšdre :Sophie Rennert
Oenone / Amour : Marie-Belle Sandis
Diane : Estelle Kruger
Hippolyte : Charles Sy
ThĂ©sĂ©e : Nikola Diskić
Tisiphone : Uwe Eikötter
Jupiter / Pluton : Patrick Zielke
Christopher Diffey, Raphael Wittmer, Marcel Brunner
(1Ăšre, 2Ăšme et 3Ăšme Parques)
ChƓur et orchestre de l’opĂ©ra Nationaltheater Mannheim

Musique : Jean-Philippe Rameau
Texte : Simon-Joseph Pellegrin (d’aprĂšs Jean Racine)
Direction musicale : Bernhard Forck
Mise en scĂšne : Lorenzo Fioroni

Livre, critique. Bon baisers de Rome (A. Dratwicki) – Ă©ditions Actes Sud / Pal B Zane.

Bons-baisers-de-Rome alex dratwicki prix de rome critique livre cd classiquenews palazzetto bru zaneLivre, critique. Bon baisers de Rome (A. Dratwicki) – Ă©ditions Actes Sud / Pal B Zane. La Rome dont il s’agit ici est cette « caserne obligĂ©e » dont ont souffert les gĂ©nies romantiques et modernes, de Berlioz Ă  Debussy, sans compter au XXĂš, le scandale Ravel (1905) qui comme Chausson ou Saint-SaĂ«ns, n’eut pas a contrario de ses prĂ©dĂ©cesseurs, et malgrĂ© plusieurs tentatives (couronnĂ©es dans le cas de Berlioz), l’honneur de dĂ©crocher la timbale romaine. L’enfermement auquel sont contraints les pensionnaires, laurĂ©ats du Prix, serait-il le gage d’un conservatisme Ă©troit qui sclĂ©rose plus qu’il n’enrichit ? Cette question est au cƓur du texte qui interroge la notion d’acadĂ©misme.

Au final, depuis sa crĂ©ation en 1803, le Prix de Rome pour les compositeurs, malgrĂ© le formalisme de son fonctionnement (Ă©preuves puis sĂ©jour, enfin les envois pour Paris) s’avĂšre un tremplin Ă©prouvant qui Ă©reinte les assiduitĂ©s, distinguent les gĂ©nies des talents complaisants ; sĂ©lectionne parmi les plus opiniĂątres, ceux qui restent inspirĂ©s par la discipline, la contrainte, la commande aux thĂšmes et genres imposĂ©s. Au titre de « bizarreries », le jury et l’Institution ne cessent de casser les tempĂ©raments ; mais la critique et la remise en question des enjeux, au sein mĂȘme de l’Administration, cultive en permanence un climat d’émulation et de dĂ©passement, liĂ© Ă  la redĂ©finition constante du terme « acadĂ©misme ».
On suit pas Ă  pas le quotidien des pensionnaires en leurs soirĂ©es 
 musicales (Ă  l’époque du directeur Ingres qui fut outre le peintre acadĂ©mique cĂ©lĂ©brĂ© pour ses dĂ©formations, un mĂ©lomane sincĂšre, violoniste et amateur de piano) ; on mesure Ă  quel point pour certains ce qui importe n’est pas tant la prĂ©sence au Pincio Ă  Rome que la constitution d’un rĂ©seau et d’appuis pour rĂ©ussir ensuite en France et surtout Ă  Paris. D’ailleurs beaucoup questionnent la pertinence de cette Ă©cole de Rome oĂč les jeunes compositeurs se doivent de pondre des morceaux acadĂ©miques alors que les modĂšles inspirants et les maĂźtres sont 
 parisiens. L’Italie reste t elle une source d’inspiration pour le gĂ©nie français ? L’exemple de Palestrina y est « obligé », une source Ă©tudiĂ©e par contrainte ; en parallĂšle, la dĂ©marche de Saint-SaĂ«ns Ă  Paris, redĂ©couvreur de Charpentier et de Rameau semble plus naturelle
 C’est que contrairement aux peintres, la proximitĂ© des ruines et des statues antiques, si formatrices dans l’acquisition du dessin (copier, comprendre, crĂ©er), n’a que peu de lien direct avec le mĂ©tier de compositeur.‹ Ainsi ce Prix de Rome, vendu comme un eldorado et la promesse de cĂ©lĂ©britĂ© voire de succĂšs lyriques (c’est plutĂŽt Offenbach qui fera reprĂ©senter nombre de partitions ainsi crĂ©Ă©es par des pensionnaires romains), ne serait-il pas la source d’un profond malentendu, comme il en fut dans l’histoire française ?
Une Ă©rudition claire, documentĂ©e qui contextualise avec justesse rendent claire et mĂȘme passionnante une histoire foisonnante, riche en rebondissements et personnalitĂ©s contrastĂ©es.

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LIVRE, critique. A Dratwicki : Bons baisers de Rome / les compositeurs Ă  la Villa Medicis : 1804-1914 (Actes Sud / Palazzetto Bru Zane – mars 2021). 45 euros 634 pages.

CD événement, critique. LAURENT CABASSO : Toccatas de Jean-Sébastien BACH (1 cd PARATY records, 2019)

CABASSO laurent JS BACH Toccatas PARATY records cd reviex critique CLASSIQUENEWS teaser reviewCD Ă©vĂ©nement, critique. LAURENT CABASSO : Toccatas de Jean-SĂ©bastien BACH (1 cd PARATY records, 2019) – D’abord il y a le choix de l’instrument qui a aussi commandĂ© le choix du lieu d’enregistrement : le sublime piano (aux cordes parallĂšles) du seul et unique facteur français encore en activitĂ©, Stephen Paulello : son fameux modĂšle « Opus 102 », aussi impressionnant en taille qu’en potentialitĂ© musicale : longueur sonore, intensitĂ© durable, timbre clair et lumineux, idĂ©al pour le relief, la lisbilitĂ© voire le mordant de l’écriture polyphonique d’un Bach jeune donc conquĂ©rant et brillant. Mais non moins profond.
Ensuite le rĂ©pertoire choisi pour ce programme prolonge le travail prĂ©cĂ©dent initiĂ© par l’incontournable Glenn Gould sur la planĂšte Jean-SĂ©bastien Bach : les 7 toccatas sont des oeuvres pleines d’une juvĂ©nilitĂ© ardente et souveraine (Bach n’a pas atteint ses 25 ans) ; Laurent Cabasso, fidĂšle au texte, souligne tout ce qui est en germe ici, le fourmilelment des idĂ©es comme la cohĂ©rence architecturale qui sous tend chaque piĂšce ; ce que le jeune Bach inaugure et prĂ©figure : la construction dramatique, le chant, une narration qui allie Ă©loquence, rhĂ©torique, incarnation et abstraction, 
 tout ce qu’il dĂ©veloppera dans cantates, Passions, Partitas et Suites. Les 7 Toccatas prĂ©figurent tout cela.
Au delĂ  de son toucher nuancĂ©, de son phrasĂ© naturel, Cabasso, interprĂšte fidĂšle et Ă©vident chez Bach, restitue la force intĂ©rieure et la profonde cohĂ©rence structurelle des Toccatas. Ici rĂšgne surtout l’art de toucher le clavier, de faire corps avec lui, tout en respirant et en suggĂ©rant une Ă©criture qui tant certes Ă  l’éloquence discursive, mais aussi Ă  l’abstraction la plus poĂ©tique et le plus mystĂ©rieuse dont la virtuositĂ© et la vitalitĂ© interpellent l’auditeur et inspirent l’interprĂšte. RĂ©cital Ă©vĂ©nement.

 

 

 

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CD événement, critique. LAURENT CABASSO : Toccatas de Jean-Sébastien BACH (1 cd PARATY records, 2019)

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PLUS D’INFOS sur le site de l’éditeur PARATY records
http://paraty.fr/en/sortie-cd-bach-complete-toccatas-laurent-cabasso/

 

TEASER Laurent Cabasso joue les 7 Toccatas de JS BACH :
https://youtu.be/4788xqE62x0

 

CD, critique. DEBUSSY : Un flot antique de lumiĂšre
 Gionata Sgambaro, flĂ»te / FrĂ©dĂ©ric Vaysse–Knitter, piano (1 cd Klarthe records, 2016)

flot antique de lumiere mallarme debussy prelude un faune vaysse knitter gambaro klarthe cd critique classiquenews KLA107couv_lowCD, critique. DEBUSSY : Un flot antique de lumiĂšre
 Gionata Sgambaro, flĂ»te / FrĂ©dĂ©ric Vaysse–Knitter, piano (1 cd Klarthe records, 2016). Sous le sceau de noces inspirantes, alliant poĂ©sie et musique, deux musiciens complices fĂȘtent ainsi leur 15 ans de partage et de coopĂ©ration artistique en dĂ©diant ce nouvel album Ă©ditĂ© par Klarthe au secret poĂ©tique de Debussy : passionnĂ© d’AntiquitĂ©, chantre enivrĂ©, adepte des miracles de Pan (comme Ravel dans Daphnis et ChloĂ©), en harmonie avec la Nature, le compositeur sait suggĂ©rer, exprimer, traduire en musique l’enchantement magique que produit le poĂšme. Les 9 Ɠuvres ainsi abordĂ©es se concentrent sur les inspirations de Debussy, le texte incantatoire, le flux du verbe alchimiste qui est Ă  la source de bien des partitions. Or la rĂ©ussite du programme tient Ă  l’éloquence des deux instrumentistes dont la fusion, l’écoute, la respiration Ă  deux Ăąmes fraternelles remplacent aisĂ©ment la force de la parole et du chant, en particulier dans leur transcription des mĂ©lodies.


 Un FLOT ANTIQUE DE LUMIERE

Gionata Sgambaro et Frédéric Vaysse-Knitter
ressuscitent l’AntiquitĂ© rĂȘvĂ©e de Debussy

Mais la voix ne manque ici tant les instrumentistes font parler leur instrument. La flĂ»te, syringe moderne invoque la riche thĂ©matique de l‘univers debussyste, fantasmagorie qui mĂȘle vĂ©nĂ©ration des silhouettes antiques, culte de la vie, de son frĂ©missement dĂ©licat, Ă©vanescent, d’une fugacitĂ© presque terrifiante comme le rappelle justement la Sonate n°3, l’ultime, Ă©manation selon les mots de Claude « de ce qu’un homme malade peut Ă©crire pendant la guerre » (1917).
A travers le cycle Bilitis ou « 6 Ă©pigraphes antiques » ressuscite l’image et son frĂ©missement des reliefs antiques auxquels le souffle des musiciens apportent Ă©clairs et accents du souffle vital. La ductilitĂ© coloriste des deux musiciens s’accomplit pleinement dans la sĂ©lections de mĂ©lodies dont ils offrent une transcription ciselĂ©e, dans l’intonation, l’émission, la suggestivitĂ© : Nuits d’étoiles (1880), Beau soir (1891) ou Green
, entre autres, respectivement d’aprĂšs Banville, Bourget, Verlaine (qui aussi inspirĂ© « il pleure dans mon cƓur »  prĂ©cisent cette inspiration premiĂšre chez Debussy qui en fait un compositeur littĂ©raire, au grand bonheur de MallarmĂ©. Le titre de l’album « sous un flot antique de lumiĂšre », renvoie au Faune qui s’éveille.
CLIC D'OR macaron 200Et le voyage en correspondances et filiations orfĂ©vrĂ©es s’achĂšve par le chef d’Ɠuvre primordial qui les annonce tous, PrĂ©lude Ă  l’AprĂšs-midi d’un Faune, conçu dĂšs 1894 d’aprĂšs MallarmĂ© justement et dont la version ici apporte un Ă©clairage aussi poĂ©tique, puissant qu’original. Ainsi se dresse, fier et naĂŻf, l’Egipan, compagnon et disciple de Pan  « fatiguĂ© de poursuivre nymphes craintives et naĂŻades timides, (il) s’abandonne Ă  un sommeil voluptueux qu’anime le rĂȘve d’un dĂ©sir enfin rĂ©alisĂ© : la possession complĂšte de la nature entiĂšre ». Les deux musiciens en parfaite harmonie, expriment Ă  deux voix ce rĂȘve d’un jeune ĂȘtre immense par son dĂ©sir comme sa pudeur insatisfaite. Remarquable rĂ©cital, idĂ©alement debussysyte.

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CD, critique. DEBUSSY : Un flot antique de lumiĂšre
 Gionata Sgambaro, flĂ»te / FrĂ©dĂ©ric Vaysse–Knitter, piano (1 cd Klarthe records, enregistrement rĂ©alisĂ© en sept 2016). CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2021.

https://www.klarthe.com/index.php/fr/enregistrements/un-flot-antique-de-lumiere-detail

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Programme

CLAUDE DEBUSSY

I. SYRINX
II. BEAU SOIR
III. IL PLEURE DANS MON COEUR

IV.-IX. BILITIS (SIX ÉPIGRAPHES ANTIQUES)*

X. ROMANCE – L’Ăąme Ă©vaporĂ©
XI. GREEN
XII.-XIV. SONATE n°3
Allegro vivo / IntermÚde. Fantasque et léger / Finale. TrÚs animé

XV. NUIT D’ÉTOILES
XVI. L’OMBRE DES ARBRES

XVII. PRÉLUDE À “L’APRÈS-MIDI D’UN FAUNE”

Adaptations et arrangements par Gionata Sgambaro (Klarthe Editions)
*arrangement par Karl Lenski

CD, critique. MOZART : SONATES POUR PIANO, intĂ©grale, vol 3. JEAN MULLER, piano (HĂ€nssler classic – 2017)

mozart sonatas jean muller piano vol 3 hanssler critique review classiquenews fev 2021CD, critique. MOZART : SONATES POUR PIANO, intĂ©grale, vol 3. JEAN MULLER, piano (HĂ€nssler classic – 2017). Bel Ă©quilibre sonore, clartĂ© des plans et lisibilitĂ© de la polyphonie, douĂ© d’une agilitĂ© quasi liquide du discours mozartien, le pianiste Jean Muller s’approprie dans la finesse l’écriture trĂšs classique du programme ; pour autant qu’il se dessine Ă  chaque piĂšce comme application du plan sonate, ici en 3 mouvements, le discours musical gagne en respirations intĂ©rieures, en teintes pudiques.
On note ce jeu nuancĂ© rĂ©vĂ©lateur d’une sensibilitĂ© parfois mystĂ©rieuse, particuliĂšrement investie dans l’intĂ©rioritĂ© (Andante cantabile de la premiĂšre ici (n°10 K 330) ; que complĂšte la belle facĂ©tie trĂ©pidante du Presto, jouĂ© astucieux de la K 280.
Plus souple, Ă©noncĂ©e comme un flot irrĂ©pressible et frappĂ©e d’urgence la K 310, en son dĂ©but Ă©lectrique trĂšs Sturm und drang ; sous les doigts volubiles du pianiste, la coupe comme syncopĂ©e / affolĂ©e annonce dĂ©jĂ  la symphonie n°40 en sol mineur (K 550), sa vibration effrĂ©nĂ©e (si adorĂ©e de Brahms). L’intĂ©rioritĂ© tendre se redĂ©finissant dans l’Andante cantabile con espressione avec une profondeur retenue presque grave.
La K 545 sonne comme une libération naturelle qui saisit par sa franchise et la pureté gracieuse de sa forme ; Jean Muller sait allier éloquence et nuance, excitation et articulation.
ComparĂ©e Ă  celles qui la prĂ©cĂšde, elle frappe aussi par la briĂšvetĂ© de chacun de ses mouvements : les deux premiers ne dĂ©passant pas 3’50 quand les K330, 280, 310, totalisaient au moins 5’27 et jusqu’à 8’ (K310). Avec le temps, Mozart mĂ»rit, s’épaissit, se concentre et se densifie mais dans l’extrĂȘme lĂ©gĂšretĂ©. L’Andante, le plus dĂ©veloppĂ©, presque 4’(!), rayonne par sa pudeur chantante, sa tendresse dĂ©voilĂ©e, volubile. Un nouveau volet mozartien convaincant. A mettre en regard du prĂ©cĂ©dent volume publiĂ© chez le mĂȘme Ă©diteur, et critiquĂ© par classiquenews.com ICI (MOZART : intĂ©grale des Sonates vol II – Jean Muller, piano / HĂ€nssler / CLIC de CLASSIQUENEWS, enregistrĂ© en 2016 – paru en fĂ©vrier 2020) – IntĂ©grale Ă  suivre pas Ă  pas.
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-mozart-jean-muller-sonates-vol-2-1-cd-hanssler-2016/

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CD, critique. MOZART : SONATES POUR PIANO, intĂ©grale, vol 3. JEAN MULLER, piano (HĂ€nssler classic – 2017)

COMPTE-RENDU STREAMING, concert, critique. LILLE, le 13 février 2021. BEETHOVEN, STRAVINSKY. ON LILLE. FX Roth, direction

roth-francois-xavier-concert-maestro-concert-classiquenews-critique-concert-classiquenewsCOMPTE-RENDU STREAMING, concert, critique. LILLE, le 13 fĂ©vrier 2021. BEETHOVEN, STRAVINSKY. ON LILLE. FX Roth, direction. C’est un Beethoven (Concerto pour piano n°1, 1800) Ă©tonnamment clair et comme Ă©purĂ©, nerveux et musclĂ© que François-Xavier Roth fait jaillir, grĂące Ă  l’implication de chaque instrumentistes du National de Lille. L’ouverture sonne nette, presque tranchante, avec des tutti prĂ©cis et accentuĂ©s ; une vision trĂšs architecturĂ©e et carrĂ©e Ă  laquelle le piano de l’Andalou Javier Perianes apporte une sonoritĂ© tranchĂ©e elle aussi, souvent plus expressive et percussive voire crĂ©pitante que douce et chantante. L’équilibre sonore que prĂ©serve le chef, fait chanter chaque instrumentiste en dialogue avec le clavier ; une acuitĂ© lumineuse qui est le produit de sa vaste expĂ©rience avec son orchestre sur instruments historiques, Le SiĂšcles. Photo : FX Roth (DR)

L’Orchestre National de Lille et François-Xavir ROTH jouent STRAVINSKY

Acuité expressive des Danses Concertantes
vrai dĂ©fi pour l’orchestre

A 34’13 du live streaming, FX Roth aborde la 2Ăš Ɠuvre au programme, pour nous plus intĂ©ressante encore par sa volubilitĂ© poĂ©tique, sa diversitĂ© expressive ; le chef sculpte avec la mĂȘme acuitĂ© et ce souci portĂ© au dĂ©tail des timbres, la suite orchestrale des Danses concertantes (1941), lesquelles propre Ă  l’auteur du Sacre du printemps (que connais idĂ©alement le chef) exigent une mise en place rythmique et un sens de la caractĂ©risation instrumentale, millimĂ©trĂ©s. La fausse lĂ©gĂšretĂ© de cette suite de danses (que s’est appropriĂ© le chorĂ©graphe Balanchine lequel eut coutume d’adopter bien d’autres musiques de Stravinsky), ses coupes sĂšches (« pas d’action, con moto »), la couleur Ă©lĂ©giaque de « ThĂšme varié » (5 sĂ©quences enchaĂźnĂ©es), plus intĂ©rieure voire mĂ©lancolique ; l’ironie sous jacente voire un climat enivrĂ© d’autodĂ©rision (les deux Marches qui ouvrent et renferment le cycle), demandent des phrasĂ©s aussi nuancĂ©s qu’énergiques de la part de chaque instrumentiste, lĂ  encore considĂ©rĂ© comme l’électron vedette d’un ensemble de solistes oĂč l’écoute partagĂ©e est primordiale. Le soin apportĂ© Ă  chaque calibrage sonore, section aprĂšs section, relĂšve d’un travail d’orfĂšvre : un rĂ©gal pour tout amateur d’ébĂ©nisterie orchestrale.
Ce temps oĂč les orchestres doivent s’adapter aux mesures sanitaires, c’est Ă  dire travailler toujours mais en effectif rĂ©duit, avec distanciation obligatoire, et sans public, sauf grĂące Ă  internet, en diffusion live, permet Ă  chacun de poursuivre son propre travail musical, dans ce chant particulier et probablement trĂšs formateur des formats chambristes. Il est certain qu’au sortir de la pandĂ©mie et quand les orchestres retrouveront leur cher public, le jeu collectif aura gagnĂ© encore en Ă©coute, synchronicitĂ©, Ă©quilibre et relief sonore.
Donc restons positifs: la pĂ©riode favorise le perfectionnement orchestral. Ce qui se passe au sein du National de Lille en tĂ©moigne. Cette nouvelle diffusion, nouveau volet de son offre digitale « AUDITO 2.0 » permet de garder le lien, de suivre les avancĂ©es de l’Orchestre, de respirer malgrĂ© la crise sanitaire qui porte Ă  l’étouffement de la culture. Gageons que sous la direction du chef FX Roth, les instrumentistes du National de Lille aient atteint un nouveau degrĂ© dans la ciselure et l’entente orchestrale. La richesse des nuances, la respiration de l’ensemble, le geste prĂ©cis qui libĂšre chaque partie solistique nous offrent un Stravinsky passionnant, ni essentiellement rythmique, ni superficiellement colorĂ© ; le chef dĂ©cĂšle sous l’écriture abstraite d’une suite concertante, tous les dĂ©fis, ce jeu des contrastes et cette mosaĂŻque chatoyantes des couleurs intimes, surtout la grande tendresse de Stravinsky pour le chant orchestral. Passionnant.

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Compte rendu, concert. CONCERT BEETHOVEN & STRAVINSKY – FRANÇOIS-XAVIER ROTH, direction / JAVIER PERIANES, piano – ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE.
Live streaming du 13 fĂ©vrier 2021. EN REPLAY sur la chaĂźne YOUTUBE de l’ON LILLE / Orchestre National de Lille ICI :
https://www.youtube.com/watch?v=0kwSyswlHCA

 

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CONSULTER aussi le programme de salle, prĂ©sentant les deux partitions jouĂ©es par l’ORCHESTRE NATIONAL de LILLE et François-Xavier ROTH, direction
https://www.onlille.com/saison_20-21/wp-content/uploads/prog-salle-beethovenetstravinsky-fevrier21.pdf

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Le Carnaval des animaux de SAINT-SAËNS (France 5)

Centenaire Camille Saint-SaĂ«ns 2021FRANCE 5, ven 19 fĂ©v 2021,20h50. SAINT-SAËNS, PROKOFIEV. Superbe programme sur France 5 comprenant deux partitions d’éducation musicale autant que d’ivresse instrumentale, destinĂ© moins aux enfants qu’à toute la famille ; Prokofiev et Saint-SaĂ«ns signent lĂ  deux ouvrages qui tout en mettant en avant les timbres de chaque famille instrumentale, narrent chacun chacun une histoire Ă©difiante ; les exploits d’une jeune hĂ©ros, Pierre chez Prokofiev ; les enchantements du bestiaire extraordinaire exploitant la riche palette expressive de l’orchestre chez Saint-SaĂ«ns. Programmes incontournables dĂ©jĂ  diffusĂ©s en 2010 et 2014, mais d’autant plus opportuns pour l’annĂ©e du centenaire Saint-SaĂ«ns 2021


Le Carnaval des animaux
Camille-Saint-Saens DRComposĂ©e pour le mardi gras 1886 chez le violoncelliste Charles Lebouc, puis repris pour fĂȘter la mi-CarĂȘme chez la cantatrice cĂ©lĂ©brissime Pauline Viardot en avril 1886 (en prĂ©sence de Liszt, grand ami de Saint-SaĂ«ns), le Carnaval des animaux fut aussitĂŽt ses crĂ©ations parisiennes rĂ©alisĂ©es, interdit par l’auteur lui-mĂȘme, soucieux de faire taire les mauvaises langues qui lui reprochaient aussitĂŽt d’avoir commis une « puĂ©rilité » dommageable indigne de son art (soit disant) « si sĂ©rieux ». C’est omettre une qualitĂ© essentielle, partagĂ©e avec Haydn, au sein de l’écriture de Saint-SaĂ«ns, son raffinement certes mais aussi son humour et sa facĂ©tie joyeuse (comme Rossini d’ailleurs). Seule exception Ă©cartĂ©e de cette interdiction, le Cygne, bientĂŽt devenu par sa noblesse tendre, page d’anthologie pour tous les violoncellistes. En rĂ©alitĂ©, en dĂ©pit des incertitudes du compositeur, Le Carnaval des animaux est une fantaisie zoologique qui est trait de gĂ©nie : Saint-SaĂ«ns manie l’orchestration comme un orfĂšvre prĂ©ravĂ©lien, tout en jouant des citations multiples de ses prĂ©dĂ©cesseurs (Rameau, Offenbach, Berlioz, Rossini, Mendelssohn
), avec un goĂ»t inouĂŻ pour l’autodĂ©rision.

 

 

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Programme du Carnaval

Introduction et marche royal du lion
Poules et coq
Hémiones (les animaux véloces)
Tortues
L’élĂ©phant
Kangourous
Aquarium
Personnages Ă  longues oreilles
Le coucou au fond des bois
VoliĂšre
Fossiles (dinosaures et autres trésors)
Le Cygne
FINAL (fraternitĂ© : le loup danse avec l’agneau, le renard avec le corbeau
)

 

 

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VENDREDI 19 FEVRIER, 20h50 -
France 5 Ă  20h50
En replay ensuite sur le site CULTUREBOX
https://www.france.tv/france-5/

Par l’Orchestre National de France
et l’Orchestre Philharmonique de Radio France

 

 

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PROKOFIEV : Pierre et le loup
François Morel, narrateur / Orchestre National de France / Daniele Gatti, direction
DurĂ©e : 30 min – Gordon, Pierre-Emmanuel Lyet & Corentin Leconte, rĂ©alisation (2014)

Le Carnaval des animaux
Camille Saint-Saëns / Le Carnaval des animaux, sur un livret de Smaïn
Smaïn et Rayane Fairouze, récitants / Orchestre Philharmonique de Radio France
Myung-Whun Chung direction

DurĂ©e : 26 minutes – Emmanuelle Tchoukriel, Illustrations
Andy Sommer et Gordon, réalisation / 2010

 

 

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LIRE AUSSI notre DOSSIER spĂ©cial CENTENAIRE DE SAINT-SAËNS 2021

SAINT-SAENS-camille-portrait-centenaire-mort-de-camille-saint-saens2021 marque le centenaire de la mort de Camille Saint-SaĂ«ns : esprit libre, Ă©lectron gĂ©nial, dĂ©fenseur de la musique française (contre l’hĂ©gĂ©monie des Allemands et de Wagner). Le musicien fut pianiste et compositeur, d’une rare culture, voyageur rĂ©gulier, solitaire polĂ©miste dont l’acuitĂ© de l’esprit inspire toujours. Ayant connu Berlioz, tĂ©moin des Ɠuvres de Debussy et Ravel, Saint-SaĂ«ns traverse le XIXĂš avec Ă©clat par ses audaces formelles, son goĂ»t du thĂ©Ăątre oĂč se dĂ©ploie la passion des anciens. C’est un Baroqueux avant l’heure : passionnĂ© par Lully et Marc Antoine Charpentier, Rameau et Gluck (comme Berlioz)
 Voici quelques thĂ©matiques clĂ©s pour mieux approcher la diversitĂ© d’un gĂ©nie romantique difficile Ă  classer.

 

STREAMING, e-concert. LILLE, le 16 janvier 2021 : concert Escaich / Chausson. ON LILLE / Alexandre Bloch

STREAMING. LILLE, le 16 janvier 2021 : concert Escaich / Chausson. ON LILLE / Alexandre Bloch. Concert captivant depuis l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle de Lille et diffusĂ© sur la toile dans le cadre de l’offre digitale de l’ON LILLE / Orchestre National de Lille (Audite 2.0), Ă©laborĂ©e en rĂ©ponse au confinement des orchestres depuis la fin octobre 2019. La combinaison Escaich / Chausson, confirme que le National de Lille a Ă  cƓur de dĂ©fendre le rayonnement de notre patrimoine musical français. On notera en particulier le caractĂšre trĂšs dramatique voire cinĂ©matographique de la partition de Thierry Escaich ; ses Ă©clairs fantastiques dĂšs le dĂ©but du Concert pour orgue n°1 : Escaich est un narrateur inspirĂ© qui joue des antagonismes de couleurs, d’atmosphĂšres et de rythmes aussi ; voilĂ  qui crĂ©e dĂšs son commencement, une ambiance Ă©lectrique mais suavement articulĂ©e dĂšs le premier mouvement du Concerto (Allegro moderato). Crescendos, sĂ©quences fortissimo, le compositeur Ă  l’orgue lui-mĂȘme offre une lecture complice avec chef et instrumentistes, riche en clartĂ© et expressivitĂ©. De surcroĂźt la rĂ©alisation de ce streaming est engageante et immersive, avec effet de grue au dessus de l’organiste, au dessus de l’orchestre. La conception est d’autant plus intĂ©ressante que ce dramatisme exige de tous les pupitres, et sait dĂ©velopper de somptueuses effets de texture souterraine, infiniment suggestive (la fin du mĂȘme premier mouvement). Le dĂ©but mystĂ©rieux, inquiĂ©tant de l’Adagio (orgue en dialogue mĂȘlĂ© avec les clarinettes), plante le dĂ©cor ; c’est un lamento conçu comme un vaste crescendo, oĂč l’orgue semble s’enivrer des riches vagues texturĂ©es de l’orchestre. Le compositeur ouvrageant le mouvement central tel un appel irrĂ©sistible, en un temps irrĂ©pressible et irrĂ©versible, en un dramatisme lĂ  encore exacerbĂ©, 
d’apocalypse ou de dĂ©luge.

 

 

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L’esprit de la catastrophe emporte tout l’orchestre et le chant de l’orgue hallucinĂ©, qui se termine sur une phrase suspendue, interrogative, irrĂ©solue. Le solo de violoncelle cristallise cette mise sous tension gĂ©nĂ©rale (Ă  14’32) cĂ©dant la voie Ă  l’orgue de plus en plus crĂ©pusculaire et finalement apaisĂ©. Le dernier mouvement cite plusieurs Ă©pisodes en une course effrĂ©nĂ©e oĂč scintillent l’accent des bois, vents et cuivres (somptueuses et mystĂ©rieuses clarinettes). La vitalitĂ© du discours orchestral qui dialogue avec l’orgue en fusions et oppositions achĂšve la partition gĂ©nĂ©reuse et flamboyante mĂȘme, avec les mĂȘmes crĂ©pitements et Ă©clairs du dĂ©but. De quoi aussi souligner la grande unitĂ© du propos qui refonde Ă  sa façon, le propos cyclique d’un Franck. Ce qui frappe c’est la grande sensibilitĂ© quasi hollywoodienne d’Escaich pour la palette Ă©largie, dĂ©ployĂ©e de l’orchestre. Un bain spectaculaire de timbres et d’épisodes hautement contrastĂ©s qui respectent les Ă©quilibres de l’écriture symphonique.

Trentenaire, Chausson livre une splendide partition orchestrale lui aussi : sa Symphonie en si bĂ©mol majeur de 1891 (dĂ©but Ă  28’50), prolonge le souci symphonique de Saint-SaĂ«ns, Lalo, Franck Ă©videmment et aussi d’Indy qui dans le sillon ouvert par la crĂ©ation de la SNM – SociĂ©tĂ© nationale de musique (nĂ©e aprĂšs 1870), cultivent l’essor de l’écriture symphonique française contemporaine. L’ampleur de Chausson sonne comme une apothĂ©ose mĂȘme : dĂšs 1897, le Philharmonique de Berlin sous la direction d’Arthur Nikisch joue l’opus 20.
WagnĂ©rien de la premiĂšre heure (comme Saint-SaĂ«ns), Chausson intĂšgre le choc de Parsifal (Ă©coutĂ© Ă  sa crĂ©ation Ă  Bayreuth en 1883) : grandeur, majestĂ©, poison fatidique et fatalisme irrĂ©pressible aussi s’entendent ici. Mais avec la clartĂ©, la construction de Franck. Chausson sculpte la matiĂšre orchestrale avec une suavitĂ© intĂ©rieure qui lui est propre (bois caressants, caverneux, tendres). A l’instar de leur enregistrement discographique, chef et orchestre lillois savent amplifier la grandeur tragique de l’écriture (appel des trombones du premier mouvement) tout en se souciant des couleurs (la partition porte la dĂ©dicace au peintre Henry Lerolle, beau frĂšre d’Ernest), de la dĂ©licate texture qui cite de fait souvent le Wagner de Parsifal, mais comme rĂ©gĂ©nĂ©rĂ© / colorĂ© d’une transparence typiquement française (qui sollicite spĂ©cifiquement clarinettes, flĂ»tes, hautbois en leurs Ă©clats pastoraux annonciateurs de la fraĂźcheur impressionniste). D’ailleurs, la Symphonie opus 20 est parsemĂ©e d’une franche allĂ©gresse, bien absente ensuite des Ɠuvres tardives, plus vĂ©nĂ©neuses (PoĂšme de l’amour et de la mer).

 

 

Symphonie en si bémol majeur de 1891

Accents wagnériens et franckistes de Chausson

 

 

Le mouvement central (TrĂšs lent), dirigĂ© mains nues par le chef dĂ©veloppe ce sentiment de langueur dĂ©sespĂ©rĂ©e aux couleurs parsifaliennes ; Ă©noncĂ© en vagues longues, Ă©tirĂ©es comme le ferait Wagner. Chausson marquĂ© par Bayreuth cĂ©lĂšbre ici le gĂ©nie qui dut l’émouvoir au cƓur, balançant entre la caresse Ă©perdue de la clarinette, la tendresse Ă©thĂ©rĂ©e de la flĂ»te, le flot lĂ©tal des cordes
 que confortent plus mystĂ©rieux et souterrains, les violoncelles. Le pessimisme pictural de Chausson se dĂ©voile ici grĂące au souci de clartĂ© et Ă  la grande flexibilitĂ© recherchĂ©e, atteinte par Alexandre Bloch. Le maestro ajoute aussi des rĂ©sonances plus suggestives encore dans l’énoncĂ© du 2Ăš thĂšme, inscrit comme une lĂ©gende mĂ©diĂ©vale, aux circonvolutions amoureuses et maudites. Le sommet de la partition se rĂ©vĂšle dans l’équilibre clair des pupitres oĂč bois, cuivres et cordes s’approprient la dimension spectaculaire de la douleur et du tragique wagnĂ©rien. De sorte que nous tenons ici l’opus nĂ©o wagnĂ©rien mais français, le plus accompli. Ainsi Chausson dans le sillon de Wagner, se montre-t-il aussi pertinent et original, puissant et poĂšte que CĂ©sar Franck. De fait, les annĂ©es 1880 et 1890 marquent France l’apothĂ©ose du wagnĂ©risme.
L’ultime mouvement (notĂ© AnimĂ©) affirme davantage le tempĂ©rament hĂ©roĂŻque et tragique de Chausson. Tout en rĂ©alisant le principe cyclique franckiste, Chausson Ă©blouit par sa dimension lĂ  encore hautement dramatique, d’une coupe habile qui Ă©carte la grandiloquence et les banalitĂ©s ; l’Orchestre National de Lille cisĂšle un son large, aux crĂ©pitements prĂ©cis et saillants, installant la noble Ă©lĂ©gie du choral final dont hautbois et Eblouissant symphonisme de Chausonclarinette solos dessinent le profil tendre ; Alexandre Bloch sait vivifier la texture gĂ©nĂ©reuse et subtile tout en creusant l’ampleur grave, la tension du propos symphonique, qui entre espoirs et dĂ©sillusions, est d’une Ă©tonnante maturitĂ© Ă©motionnelle (franckiste). Et le chef apporte aussi ce dosage ineffable de grandeur pastorale (Ă  la Dvorak), de tendresse enchantĂ©e, de mĂ©lancolie discrĂšte et pleinement apaisĂ©e qui s’achĂšve ainsi dans la douceur. Superbe lecture, puissante et dĂ©taillĂ©e, fine et colorĂ©e, que l’on retrouvera dans le disque prĂ©cĂ©demment paru (et critiquĂ© sur classiquenews, distinguĂ© par notre CLIC de CLASSIQUENEWS, mars 2019).

 

 

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LIRE aussi notre critique du cd CHAUSSON : Symphonie en mi bĂ©mol majeur – opus 20, 1891 par l’ON LILLE / Alexandre Bloch / CLIC de CLASSIQUENEWS (mars 2019) :
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-ernest-chausson-poeme-de-lamour-et-de-la-mer-symphonie-opus-20-orchestre-national-de-lille-alexandre-bloch-veronique-gens-1-cd-alpha-2018/

 

 

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Programme de salle ici
https://www.onlille.com/saison_20-21/wp-content/uploads/prog-salle-Chausson-Janv2021.pdf

 

 

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audito-2.0-Orchestre-National-de-lille-concerts-annonce-critique-classiquenewsREVOIR le concert Escaich / Chausson par l’Orcehstre National de Lille / Alexandre Bloch sur le site YOUTUBE de l’ON LILLE – Orchestre National de Lille, Alexandre BLOCH : https://www.youtube.com/watch?v=FVkMKw1WSjY&feature=emb_logo

CD événement, opéra. VIVALDI : Il Giustino, 1724. Dantone (3 cd Naïve, 2018)

giustino vivaldi opera dantone opera galou vivaldi opera critique classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, opĂ©ra. VIVALDI : Il Giustino, 1724. Dantone (3 cd NaĂŻve, 2018) – Voici le 20Ăš opĂ©ra du VĂ©nitien le plus fougueux et impĂ©tueux que le scĂšne lyrique ait comptĂ© : Giustino crĂ©Ă© que par des hommes / castrats Ă  Rome en 1724, emporte l’auditeur par son rythme dramatique, sa coupe rythmique Ă©perdue, une succession ininterrompue de sĂ©quences hautement dramatique qui en fait aussi par le nombre de protagonistes et la variĂ©tĂ© des airs dĂ©fendus par chacun, l’un des ouvrages vivaldiens les plus riches : plus de 21 arias sont des emprunts Ă  des opĂ©ras antĂ©rieurs (dont surtout Tieteberga de 1717)
 le livret « picaresque » de Niccolo Beregan rĂ©invente entre rĂ©bellion, trahison, jalousie
, un Ă©chiquier amoureux et guerrier oĂč le laboureur, Ă©pris de gloire militaire, Giustino, par sa valeur et son courage combatif, rejoint la cour impĂ©riale (parce qu’il a sauvĂ© des griffes d’un ours affreux, la belle Leocasta) ; sauve l’impĂ©ratrice Arianna (d’un autre monstre encore plus terrifiant)
 devient coempereur de Byzance. N’est-il pas pressenti Ă  un destin royal, lui qui sans le savoir Ă©tait prince autant que les grands qu’il sert ? Ici la force morale et l’audace martiale sont rĂ©compensĂ©es par leur constance. Vivaldi approfondit le profil psychologique de ses hĂ©ros tout en mĂ©nageant de somptueux tableaux naturels, d’une grande poĂ©sie orchestrale.‹ Le pari d’Ottavio Dantone est de rappeler la sensibilitĂ© orchestrale (et instrumentale de fait) d’un Vivaldi soucieux d’arriĂšres plans sonores (air final du II de Giustino avec psaltĂ©rion, coloration grecque populaire trĂšs pertinente au regard de la situation et du contexte historique). Serviteur de l’édition critique de Reinhard Strohm, Dantone Ă©claire la variĂ©tĂ© des Ă©pisodes, caractĂ©risant avec fougue et nervositĂ© un continuo constamment agile et souple. Dans ce cas, le psaltĂ©rion a cette douceur suave qui contraste avec le texte dans lequel Giustino exprime son goĂ»t de l’action hĂ©roĂŻque, sa volontĂ© guerriĂšre, son obstination martiale. Le chef exploite cet Ă©cart poĂ©tique entre instruments et texte.
CLIC_macaron_2014La distribution est cohĂ©rente elle aussi mais dommage que dans le rĂŽle-titre la française Delphine Galou, certes impliquĂ©e, ne restitue pas au caractĂšre du jardinier devenu empereur, toutes les nuances Ă©motionnelles du personnage : son italien reste trop lisse, le medium Ă©troit, les couleurs systĂ©matiques, et la plasticitĂ© des recitatifs en souffre beaucoup. A contrario, naturel prĂ©servĂ© et relief accentuĂ© avec vivacitĂ©, les italiennes rayonnent chacune dans leurs rĂŽles dont elle font un festival de vivacitĂ© humaine, de sculpture vivante du texte : excellentes VerĂłnica Cangemi (Leocasta) et surtout Arianna Vendittelli (Amazio). Leur donnent la rĂ©plique tout autant engagĂ©e, palpitante et expressive, Emöke BarĂĄth, Arianna passionnĂ©e et entiĂšre ; Emiliano Gonzalez Toro, Vitaliano, fourbe et direct dont les airs repris dans Farnace forment une collection passionnante d’implication audacieuse. D’un fini juste et pertinent, dans sa conception dramatique de premier ordre, par son interprĂ©tation imaginative et volontaire, voici une version de rĂ©fĂ©rence du Giustino vivaldien, fleuron dĂ©sormais reconnu de l’intĂ©grale des opĂ©ras Ă©ditĂ©e par NaĂŻve.
 

 

 

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giustino vivaldi opera dantone opera galou vivaldi opera critique classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, opĂ©ra. VIVALDI : Il Giustino, 1724. Dantone (3 cd NaĂŻve, 2018) – Delphine Galou (Giustino), Emöke BarĂĄth (Arianna), Silke GĂ€ng (Anastasio), VerĂłnica Cangemi (Leocasta), Arianna Vendittelli (Amanzio), Emiliano Gonzalez Toro (Vitaliano), Alessandro Giangrande (Andronico, Polidarte), Rahel Maas (Fortuna), Accademia bizantina, dir. Ottavio Dantone.‹EnregistrĂ© Ă  Ravenne, Italie, avril 2018. Notice et livret en français..
 

 

 

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PrĂ©cĂ©dents coffrets opĂ©ras de l’intĂ©grale VIVALDI Ă©ditĂ©e par NaĂŻve,
critiqués sur CLASSIQUENEWS :

 

 

 

Argippo Vivaldi opĂ©ra critique cd opĂ©ra classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. VIVALDI : Argippo (Biondi, 2 cd NaĂŻve). Les plus rĂ©tifs souligneront combien la rĂ©alisation dont il est question ici, est un patchwork qui Ă©miette sa valeur par son Ă©clectisme puisqu’il s’agit en rĂ©alitĂ© d’une combinaison d’airs certes de Vivaldi mais aussi de ses contemporains : Pescetti, Galeazzi (qui Ă©crit le grand air d’Argippo Ă  la fin du II : « Da piĂč venti combattuta »), et mĂȘme les plus connus Hasse et Porpora. Ce Ă  quoi nous rĂ©torquerons qu’a contrario d’ĂȘtre « lĂ©ger » ou fragile, le document, ainsi intĂ©grĂ© dans l’intĂ©grale des opĂ©ras vivaldiens, permet de rĂ©tablir l’ écriture du VĂ©nitien dans le contexte artistique de son Ă©poque, confrontĂ©e Ă  ses rivaux dont surtout les napolitains ; car Vivaldi incarne la fureur vĂ©nitienne ; une palpitation vibratile et rythmique qui lui est propre et qui s’impose irrĂ©sistiblement i

 

 

 

 

 

 

CD Ă©vĂ©nement, critique. CECILIA BARTOLI : QUEEN OF BAROQUE (1 cd DECCA – 1991 – 2017)

baroque opera classiquenews review cd critique cd clic de classiquenews Cecilia-Bartoli-queen-of-baroque-critique-opera-decca-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. CECILIA BARTOLI : QUEEN OF BAROQUE (1 cd DECCA – 1991 – 2017) – L’impĂ©ratrice de la vocalitĂ  baroque s’expose en couverture, telle une vraie souveraine, Ă  Versailles ou Ă  Vienne, fardĂ©e, maquillĂ©e, perruquĂ©e : la diva des divas baroques confirme par cette collections de mĂ©lodies qu’elle est bien indĂ©trĂŽnable en matiĂšre de perles lyriques. Sur les terres des auteurs d’opĂ©ra du XVIIIĂš (moins du XVIIĂš), la signora Bartoli rayonne toujours. Le programme royal comprend 17 airs, tous investis, traversĂ©s par d’étonnants vertiges et contrastes Ă©motionnels. Soit une compilation d’arias dĂ©jĂ  connus et enregistrĂ©s, mais il a aussi le luxe de l’inĂ©dit : les 2 premiers extraits, jamais Ă©ditĂ©s sont ici rĂ©alisĂ©s en « premiĂšre mondiale » : (Trionfi del fato d’Agostino Steffani, puis Alessandro nell’ India de Leonardo Vinci).

 

 

 

Ardeur et gravité, véhémence et agilité

L’Alchimie BARTOLI Ă  son zĂ©nith

 

 

CLIC_macaron_2014Le chant ardent, vibratile, trĂšs incarnĂ© et volubile (agilitĂ  du Steffani d’ouverture de 2012) s’affirme nettement par sa plasticitĂ©, sa vĂ©hĂ©mence, son agilitĂ©. De fait tout rĂ©cital qui se respecte comporte un « sommet d’agilità » rĂ©vĂ©lant et dĂ©ployant la coloratoura et l’intensitĂ© dramatique de la prima donna : ainsi les deux arias les plus longs (enregistrĂ©s en 2009) soulignent la place de deux Napolitains dans cette arĂšne d’excellence : Carlo Broschi (Artaserse : festival de pyrotechnie vocale, roulades et mĂ©lismes coulant Ă  flot) et Niccolo Porpora : air dĂ©chirant d’Arminio « Parto, ti lascio, o cara » du Germanico, ample lamento d’expression tragique dont la couleur sombre sied particuliĂšrement bien au mezzo veloutĂ© et tendu Ă  la fois de « La Bartoli » : ses qualitĂ©s introspectives comme de dĂ©lire virtuose s’y accomplissent sans contraintes. Car le miracle opĂšre toujours, fusionnant deux qualitĂ©s ailleurs irrĂ©conciliables : le dĂ©lire virtuose et la gravitĂ© tragique. Le cas Bartoli est condensĂ© dans ses deux airs
 avec certainement l’accomplissement des Haendel et du dĂ©sormais Ă©gal, Steffani dont la cantatrice avait fait son compositeur fĂ©tiche dans un album demeurĂ© cĂ©lĂšbre (pour sa couverture aussi oĂč elle paraissait en homme chauve, pistolet en main !). Le clou de cette alchimie volubile reste Ă  notre avis, l’air de l’ange aux portes des enfers (« Disserratevi, o porte d’Averno », temps fort de l’oratorio la resurrezzione de Haendel) air de triomphe et d’imprĂ©cation spectaculaire d’une agilitĂ© sans pareille et d’une vĂ©hĂ©mence lĂ  encore
 hallucinĂ©e : aucun doute, Bartoli est Ă  son aise dans le thĂ©Ăątre des passions baroques. CD Ă©vĂ©nement, CLIC de CLASSIQUENEWS NoĂ«l 2020. DurĂ©e : 1h18mn.

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CD Ă©vĂ©nement, critique. CECILIA BARTOLI : QUEEN OF BAROQUE (1 cd DECCA – 1991 – 2017)

COMPTE RENDU, e-concert. PARIS, le 15 nov 2020. Concert hommage aux victimes des attentats du 15 nov 2015. Orch de ch de Paris. Pierre Bleuse, direction.

BLEUSE-PIERRE-maestro-chef-concert-critique-classiquenews-attentats-concert-15-nov-critique-concert-classiquenewsCOMPTE RENDU, e-concert. PARIS, le 15 nov 2020. Concert hommage aux victimes des attentats du 15 nov 2015. Orch de ch de Paris. Pierre Bleuse, direction. Au commencement, la lumiĂšre et la joie rayonnante de la Symphonie « Paris » de Mozart, pleine de certitude triomphante, qui assoit dans l’affirmation des instruments, sa carrure et son assise ; l’articulation heureuse habite et porte chaque pupitre ; le chef Pierre Bleuse dĂ©veloppe le sourire et l’éloquence claire et dĂ©tachĂ©e jusque dans sa baguette toute Ă©lĂ©gance et prĂ©cision, inspirant aux violons entre autres, des phrases facĂ©tieuses qui soutiennent tout l’édifice Ă  l’équilibre viennois, avec en prime l’irrĂ©vĂ©rence et l’humour aussi
 trĂšs parisiens. Le chef soigne la suggestion de certains phrasĂ©s, d’une dĂ©licatesse pudique.
Cinq ans aprĂšs les attentats terroristes de nov 2015, l’on ne pouvait rĂȘver baume plus bouleversant ni rĂ©jouissant. Ce Mozart pacifie, adoucit, rĂ©conforte. La 31Ăš de Mozart devient caresse heureuse, appel Ă  l’insouciance primordiale : un idĂ©al pour toutes les victimes qui peinent Ă  se reconstruire encore.

Contrepoint assurant un vrai contraste, en crĂ©ation et en changement de caractĂšre, la piĂšce de circonstance « il fait novembre en mon Ăąme » du compositeur Bechara El-Khoury (Ă  21’05). Pierre Bleuse assure ainsi la crĂ©ation d’une Ɠuvre commandĂ©e par les parents de StĂ©phane, victime du massacre du Bataclan. D’une douleur mortelle et individuelle, la partition tend vers l’allĂ©gorie universelle. Exprimant la couleur du deuil en phrases syncopĂ©es d’abord ; scintillement inquiet, tendu auquel rĂ©pond la libre mĂ©lodie du cor, vite Ă©courtĂ©e ; l’écriture est dramatique, et mĂȘme cinĂ©matographique par ses nombreux changements de tableaux, oscillant toujours entre activitĂ© et mystĂšre. Le second mouvement (Ă  30’16) plonge dans la nuit, le murmure, le retrait serein, un temps suspendu (hautbois solo) qui questionne l’impensable et le gouffre du deuil. La 3Ăš partie associe le cor somptueusement suggestif, comme un dĂ©roulĂ© d’une onctuositĂ© rassurante, Ă  la voix humaine : le chant clair et chaud d’Isabelle Druet Ă©tire sa plainte sans paroles, comme si elle recueillait et aspirait toutes les peines. Toutes les douleurs affleurantes. Les bois envisagent une aurore inespĂ©rĂ©e dans un tableau qui s’affirme manifestement sombre. Bel effet contrastĂ©, tout en souplesse et recueillement, sans rĂ©elle gravitĂ©, qui conclut dans le silence, le mystĂšre et aussi la pleine lumiĂšre. Soit un retour au bonheur mozartien qui a prĂ©cĂ©dĂ©. Superbe boucle pour un programme trĂšs cohĂ©rent.

 

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COMPTE RENDU, concert. PARIS, le 15 nov 2020. Concert hommage aux victimes des attentats du 15 nov 2015. Orch de ch de Paris. Pierre Bleuse, direction. Enregistré le 10 nov, diffusé à partir du 15 nov 2020.
A vivre et revoir sur ARTEconcert, jusqu’au 12 mai 2021 :
https://www.arte.tv/fr/videos/100721-000-A/concert-hommage-aux-victimes-des-attentats-de-novembre-2015/

QUEBEC, Festival Classica : De Beethoven à Bowie en rappel, 12-20 déc 2020.

beethoven-32-sonates-boutique750-c1bef66090505b09QUEBEC, Festival Classica : De Beethoven Ă  Bowie en rappel, 12-20 dĂ©c 2020. Le Festival CLASSICA ayant annulĂ© son Ă©dition de printemps 2020 Ă  cause de l’épidĂ©mie de la covid 19, propose un nouveau cycle de concerts « De Beethoven Ă  Bowie », du 12 au 20 dĂ©cembre 2020. 15 concerts en salle, certains cĂ©lĂ©brant le 250e de Beethoven et plusieurs premiĂšres canadiennes, seront prĂ©sentĂ©s dans le cadre de cette Ă©dition en rappel. Artistes invitĂ©s : Marianne Lambert, Lila Dufy, Florence Bourget, Nadia Labrie, Élise Poulin, Corine ChartrĂ©-Lefebvre, Laurence Neill-Poirier, GabriĂšle Dostie-Poirier, Krystina Marcoux, Juan Sebastian Delgado, Hugo Laporte, Emmanuel Hasler, François Zeitouni, Julien LeBlanc, Lysandre MĂ©nard, StĂ©phane TĂ©treault, Mathieu Lussier, Jean-Philippe Sylvestre, Jonathan Crow, Elvira Misbakhova, HĂ©lĂšne Brunet, Russel Braun, Julia Wedman, MĂ©lisande Corriveau, Eric Milnes, Serhiy Salov, Marika Bournaki, Élisabeth Pion et la cheffe d’orchestre VĂ©ronique Lussier.

Le Festival Classica programme aussi une version digitale de cette Ă©dition en diffusant les concerts sur la nouvelle plateforme, leconcertbleu.com.

PROGRAMME COMPLET ici
https://www.festivalclassica.com/programme

 

 

 

 

CONCERTS VIVANTS ET CONCERTS NUMÉRIQUES

Marc-BOUCHER baryton festival classica-200x300MARC BOUCHER, directeur gĂ©nĂ©ral et artistique du Festival CLASSICA, prĂ©cise les enjeux de ce cycle Ă©vĂ©nement au QuĂ©bec : « Depuis ses dĂ©buts en 2011, le Festival Classica a connu une progression soutenue. En seulement 9 annĂ©es, il s’est taillĂ© une place de choix dans les Ă©vĂ©nements majeurs en musique classique. C’est avec beaucoup d’optimisme que le Festival Classica entame un nouveau chapitre avec la prĂ©sentation de cette Ă©dition hors-sĂ©rie qui comportera un volet virtuel. En effet, le concert numĂ©rique accompagnera et complĂštera dĂ©sormais le concert vivant, non seulement en temps de pandĂ©mie mais aussi en temps normal ».

 

 

 

 

JARDIN MUSICAL les 28 et 29 novembre 2020
Saint Andrew’s Presbyterian Church – Saint-Lambert

Quelques jours avant l’édition en rappel, dans le cadre du concert Jardin musical, les festivaliers pourront Ă©couter quatre siĂšcles de musique avec Telemann, Mozart, Chopin et Maute

Sam 28 nov 2020, 19h30 – Saint Andrew’s Presbyterian Church – Saint-Lambert – 1h
Ensemble Caprice, Julie Triquet (violon), Matthias Maute (flûte à bec) et Jean-Philippe Sylvestre (piano).
https://www.festivalclassica.com/jardin-musical

Dimanche 29 novembre 2020, 19h30 : Manuscrits inĂ©dits de la musique de chambre d’AndrĂ© Mathieu ; concert « À la conquĂȘte d’AndrĂ© Mathieu » : Caroline ChĂ©hadĂ© (violon), ChloĂ© Dominguez (violoncelle), Elvira Misbakhova (alto), Jean-Philippe Sylvestre (piano) et Marc Djokic (violon). 1h.
https://www.festivalclassica.com/a-la-conquete-d-andre-mathieu

 

 

 

 

À propos du Festival CLASSICA

classica-festival-canada-logo-vignette-classiquenews-annonce-concerts-festivals-operaFondĂ© en 2011, le Festival Classica souhaite promouvoir un espace public qui provoque la rencontre entre la musique classique au sens large, les artistes, la relĂšve musicale et la population, tout en favorisant l’embauche prĂ©pondĂ©rante d’artistes quĂ©bĂ©cois et canadiens. Sa vision est de dĂ©ployer un Ă©vĂ©nement international, reconnu et incontournable, qui procure une expĂ©rience unique en musique classique par le biais du concert vivant et numĂ©rique. L’ouverture, la mixitĂ© des rĂ©pertoires, le mĂ©tissages des genres font de CLASSICA chaque printemps, une cĂ©lĂ©bration populaire qui rĂ©concilie le classique avec le plus large public. Festival labellisĂ© « CLIC de CLASSIQUENEWS » / Coup de coeur de la RĂ©daction de CLASSIQUENEWS depuis 2018.

 

Billets en vente, programme complet au
www.festivalclassica.com ou au 450 912-0868.
https://www.festivalclassica.com/

 

 

 

 

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 VOIR notre reportage vidĂ©o exclusif dĂ©diĂ© au FESTIVAL CLASSICA, premier festival de musique classique au QuĂ©bec – Ă©dition 2019

classica-festival-quebec-2019-annonce-critique-presentation-sur-classiquenews-festival-CLASSICA-2019QUÉBEC, Festival CLASSICA 2018 – 25 mai au 16 juin 2018. De Schubert aux Rolling Stones / Le premier festival quĂ©bĂ©cois, CLASSICA sait sĂ©duire, attirant une foule d’amateurs, de connaisseurs, de nĂ©ophytes
 au cƓur du centre ville de Saint-Lambert (au sud de MontrĂ©al). L’épicentre du Festival en MontĂ©rĂ©gie est devenu comme pour les Ă©ditions prĂ©cĂ©dentes, un village musical Ă  multiples facettes. Un lieu, une multitude d’offres
 telle a Ă©tĂ© l’équation gagnante des derniers Ă©vĂ©nements CLASSICA. Jusqu’au 16 juin prochain, le Festival CLASSICA poursuit son cours, affirmant une superbe offre artistique Ă  Saint-Lambert et dans plusieurs autres villes de la MontĂ©rĂ©gie avec toujours Ă  l’honneur, entre autres le relĂšve avec les nouveaux talents, les grands solistes et les ensembles confirmĂ©s. CLASSICA, c’est l’esprit du partage pour tous (grandes soirĂ©es symphoniques sous les Ă©toiles, concerts en salles fermĂ©es, tremplins sur de larges scĂšnes ouvertes sur la rue
 la seconde Ă©dition 2018 rĂ©alise et rĂ©ussit tous ces dĂ©fis). TEXTE et VIDEO © studio CLASSIQUENEWS 2018 – RĂ©alisation : Philippe Alexandre PHAM

 

 

 

LIRE aussi notre présentation de la nouvelle offre digitale du Festival CLASSICA au Québec, LE CONCERT BLEU

 

classica-le-concert-bleu-quebec-annonce-festival-classica-classiquenews-annonce-critique-concert-operaQUÉBEC : Le Concert Bleu, la rĂ©ponse numĂ©rique exemplaire du Festival CLASSICA Ă  la crise sanitaire. leconcertbleu.com est une nouvelle plateforme numĂ©rique immersive destinĂ©e au milieu de la musique classique du QuĂ©bec, pour maintenir le lien entre les musiciens et leurs public. C’est une rĂ©ponse Ă  la crise sanitaire et aux contraintes du confinement gĂ©nĂ©ral imposĂ© qui a mis sous cloche tous les programmes artistiques destinĂ©s au public. Visionnaires et rĂ©actifs, les artistes quĂ©bĂ©cois Ă  travers l’initiative du Festival CLASSICA, premier festival de musique classique au QuĂ©bec (direction : Marc Boucher) peuvent dĂ©sormais poursuivent leur travail, et le public, suivre leurs musiciens prĂ©fĂ©rĂ©s. C’est ainsi une rĂ©ponse concrĂšte Ă  la situation asphyxiante qui s’est dĂ©veloppĂ©e depuis la mi mars 2020 en Europe puis en avril au Canada
 Ayant annulĂ© son Ă©dition 2020 (initialement annoncĂ©e du 29 mai au 21 juin 2020), le Festival CLASSICA propose sa plateforme comme une « expĂ©rience immersive et multisensorielle, en haute dĂ©finition, aux amateurs de musique classique : lieux rĂ©els, concerts virtuels  ; c’est une vĂ©ritable « vitrine de la musique classique » , dĂ©veloppĂ©e avec la firme quĂ©bĂ©coise de transformation numĂ©rique ellicom/LCI-LX.

MONETISATION et ACCES. Son accĂšs est Ă  des coĂ»ts raisonnables, voire nuls pour le simple dĂ©pĂŽt des contenus, aux artistes et aux organismes quĂ©bĂ©cois. C’est un outil de monĂ©tisation Ă©quitable pour gĂ©nĂ©rer de nouvelles sources de revenus pour les musiciens et les organismes de musique classique du QuĂ©bec, non seulement en temps de pandĂ©mie mais aussi en temps normal.

A l’initiative du Festival CLASSICA,

Le Concert Bleu,
la nouvelle vitrine culturelle et musicale du Québec

 

 

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BICENTENAIRE FLAUBERT 1821 – 2021 : Flaubert Ă  l’opĂ©ra

BICENTENAIRE FLAUBERT : 1821 – 2021. Le 12 dĂ©cembre 2021 marquera le bicentenaire de la naissance de Gustave Flaubert. Une annĂ©e souhaitons le riche en initiatives, Ă©vĂ©nements et cĂ©lĂ©brations. CLASSIQUENEWS s’interroge sur les Ɠuvres de l’écrivain portĂ©es sur la scĂšne lyrique.

FLAUBERT 2021 : l'opĂ©ra, le goĂ»t musical de GustaveLe solitaire de Croisset, Gustave Flaubert (1821 – 1880), dans sa Normandie prĂ©servĂ©e sut se retirer au vert pour ne s’adonner qu’à sa seule passion terrestre : l’écriture. Pour lui seul importe la vĂ©ritĂ© servie par une forme esthĂ©tique qui se rĂ©vĂšle dans la beautĂ© du style. La haine de la platitude, il la doit Ă  son admiration pour Chateaubriand dont il admire les Ă©lans de l’extravagance et les vertiges lyriques de la pensĂ©e critique. Bien que de contexture fragile – il n’a que 22 ans, en octobre 1843, lorsque la maladie nerveuse le terrasse, Gustave sait nĂ©anmoins se conserver et mĂȘme voyager. Au retour d’un sĂ©jour en Egypte, il se consacre corps et Ăąme pendant 53 mois, Ă  la conception d’un roman rĂ©aliste, Madame Bovary, inspirĂ© d’un fait rĂ©el – comme Berg et son Wozzek ; le texte publiĂ© en 1857, aprĂšs un procĂšs retentissant dont il sort vainqueur, le rend brusquement cĂ©lĂšbre. Le bal chez le marquis de la Vaubyessard concentre alors tous les Ă©garements fantasques d’une petite provinciale, Ă©levĂ©e Ă  la ferme, qui se rĂȘve princesse et vit comme une Ă©lue mĂ©connue qui attend son chevalier servant
 Le bovarysme est nĂ© : dĂ©nonçant les ravages des illusions inconscientes dans l’esprit des ĂȘtres trop fantasques.

EMMA Ă  l’opĂ©ra… Flaubert aime l’opĂ©ra, du moins en a t-il mesurĂ© tous les enjeux sociaux et littĂ©raires, puisant dans ce spectacle humain, salle et scĂšne, – comme avant lui Balzac, les ressources utiles pour Ă©voquer ce thĂ©Ăątre des passions rĂ©aliste qui l’intĂ©resse. Ainsi, pour approfondir encore le portrait de son hĂ©roĂŻne romantique et fantasque, Flaubert dĂ©crit Emma Bovary Ă  l’OpĂ©ra de Rouen pour une reprĂ©sentation de Lucia di Lammermoor. Deux figures fĂ©minines romantiques et tragiques
 qui finissent par mourir : le parallĂšle est Ă©videmment Ă©loquent et la frontiĂšre illusion thĂ©Ăątrale et vie rĂ©elle, tĂ©nue.

Puis le voyage en Tunisie (1858) prĂ©pare Ă  la composition de SalammbĂŽ, fresque colorĂ©e voire saturĂ©e, au rĂ©alisme archĂ©ologique; dĂ©diĂ©e Ă  un Ă©pisode guerrier et mystique de l’AntiquitĂ© carthaginoise. Dans les jardins d’Hamilcar Barca, les mercenaires qui attendent leur solde, voit, sidĂ©rĂ©s, la belle prĂȘtresse SalammbĂŽ, corps Ă©rotique pourtant dĂ©volue au culte de Tanit / AstartĂ©, l’Aphrodite orientale
 C’est l’un d’entre eux qui sĂ©duira la belle vierge dont l’esprit ainsi rĂ©vĂ©lĂ© ne se remettra pas aprĂšs l’éxĂ©cution de son aimĂ© : elle meurt Ă©vanouie Ă  la fin du drame. Le roman Ă©ditĂ© en 1862 n’a pas le succĂšs escomptĂ©, certes somptueusement Ă©crit, fouillĂ© dans ses Ă©vocations antiques mais trop lourd et statique.
A l’inverse, un autre sommet de la littĂ©rature française Trois contes (1877) dont fait partie Un cƓur simple et surtout Herodias, nouvelle Ă©vocation d’un Orient saturĂ©e de couleurs Ă©rotiques, marque les esprits et la critique pour la beautĂ© et le travail du style. Dans la lignĂ©e d’un Balzac, analyste de la nature humaine, avant Zola et les naturalistes qui le considĂšrent comme un modĂšle, Flaubert a cette obsession de l’exactitude documentaire, scintillement de dĂ©tails saisissants d’acuitĂ© poĂ©tique, qui Ă©maillent son rĂ©cit et lui apportent le relief et le mordant de la vie elle-mĂȘme. Mais nature sceptique voire fataliste sur la nature humaine et sa vanitĂ© essentielle, Flaubert aime Ă  dĂ©crire les illusions et fantasmes de ses hĂ©ros pour mieux les railler. Tel est le pessimisme fondamental de l’ermite de Croisset. Pour autant, son Ă©criture a ouvert les portes d’un imaginaire littĂ©raire inĂ©dit dont la puissance Ă©vocatrice, jusqu’à la musicalitĂ© propre, suscite l’admiration.

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Les textes de Flaubert mis en musique Ă  l’opĂ©ra. Deux figures orientales traitĂ©es par l’écrivain (HĂ©rodias, SalammbĂŽ) ont inspirĂ© les compositeurs Ă  l’opĂ©ra : Massenet, Reyer, Strauss


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HERODIAS

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salome_titien_tiziano_salome_5-Salome-1512-Tiziano-TitianHĂ©rodias : devenue HĂ©rodiade chez Jules Massenet (1881). Le compositeur brosse le portrait d’HĂ©rodiade, Ă©pouse ambitieuse du TĂ©trarque HĂ©rode qu’elle manipule en sacrifiant sa propre fille SalomĂ© ; la danse Ă©rotique de la jeune fille envoĂ»te le pervers qui consent Ă  exĂ©cuter celui que SalomĂ© a dĂ©noncĂ© : le prophĂšte Jokanaan. Ainsi se venge la mĂšre HĂ©rodiade, furieuse que ce mĂȘme Jokanaan l’ait critiquĂ© ouvertement, invectivant ses turpitudes et son esprit malĂ©fique
 (Jean la traite de « Jezabel » , l’étrangĂšre vicieuse et malfaisante). Contrairement Ă  la SalomĂ© de Strauss / Wilde qui s’intĂ©ressent surtout au profil sensuel de la jeune femme, Ă  son corps provoquant, l’ouvrage de Massenet prĂ©fĂšre le profil plus mĂ»r et rĂ©flĂ©chi d’une amoureuse, Ă©prise de Jean / Jokanaan : pour le prophĂšte, elle donne sa vie, implore sa mĂšre de gracier son aimĂ© ; puis dĂ©jouant les manipulations d’HĂ©rodiade, SalomĂ© est prĂȘte Ă  tuer sa propre mĂšre. En rĂ©alitĂ© elle se suicide en fin d’ouvrage, pour rejoindre Jokanaan.

Du mĂȘme texte de Flaubert, Oscar Wilde fait une piĂšce de thĂ©Ăątre (1891), intitulĂ©e SalomĂ© que Richard Strauss en 1905 adapte pour la scĂšne lyrique avec l’immense rĂ©ussite que l’on sait. La danse des 7 voiles, point d’orgue symphonique du drame (oĂč se concentre le dĂ©sir du tĂ©trarque et la lascivitĂ© innocente du corps pubĂšre et dansant), de mĂȘme que la scĂšne finale oĂč SalomĂ© baise la bouche de Jokanaan dĂ©capitĂ© avant d’ĂȘtre elle-mĂȘme Ă©touffĂ©e par les boucliers des soldats horrifiĂ©s
 restent deux Ă©pisodes parmi les plus marquants de toute expĂ©rience lyrique.

Production de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne, 2018 : Pichon / Ossonce
https://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-saint-etienne-le-18-nov-2018-massenet-herodiade-elodie-hache-ossonce-pichon/

Production de l’OpĂ©ra de Marseille, mars 2018 : Pichon / Vanoosten
https://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-marseille-opera-le-23-mars-2018-massenet-herodiade-1881-v-vanoosten-j-l-pichon/

LIRE aussi HĂ©rodiade de Massenet
https://www.classiquenews.com/confinement-opera-chez-soi-ballets-a-la-maison-concerts-en-direct/

 

 

 

 

 

SALAMMBÔ

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rosa-caron-salambo-bonnat-1896-dossier-opera-classiquenews-opera-concert-classiquenewsErnest Reyer (marseillais nĂ© en 1823) adapte en 1890, SalammbĂŽ de Flaubert. L’opĂ©ra est un ouvrage riche et spectaculaire, proche de sa Sigurd (1885), autre Ă©vocation lĂ©gendaire, elle nĂ©owagnĂ©rienne, mais inspirĂ©e des lĂ©gendes scandinaves que vĂ©nĂ©rera dĂšs sa crĂ©ation le peintre Degas, familier du Palais Garnier Ă  Paris. C’est Camille du Locle, librettiste chevronnĂ© de Don carlos puis d’Aida de Verdi, qui adapte Flaubert pour Reyer. SalammbĂŽ est ainsi crĂ©Ă© Ă  Bruxelles en 1890. Le musicien formĂ© entre autres par sa tante, -l’excellente pianiste et compositrice, Louise Farrenc-, s’illustre d’abord en mettant en musique plusieurs textes de ThĂ©ophile Gautier (dont la Symphonie Le SĂ©lam ou le ballet SacountalĂą de 1858
). Avec SalammbĂŽ, Reyer retrouve et rĂ©alise ses aspirations musicales pour le rĂȘve et l’exotisme: un orientalisme de plus en plus prononcĂ© (Sacountala est d’inspiration hindoue, et son premier succĂšs lyrique, La statue de 1861, prend prĂ©texte des Mille et une nuits) qui porte son inspiration la plus rĂ©ussie. Illustration : Rose Caron dans le rĂŽle de SalammbĂŽ de Reyer, portrait de Bonnat, 1896 (DR).

Le chantier
Du reste, tous les commentaires louent la science des mĂ©lodies originales, un refus de toute complaisance et lieux communs, des harmonies “fraĂźches”, l’orchestration Ă  la fois savante et personnelle. A l’origine de SalammbĂŽ, auquel Reyer pense dĂšs 1864, Flaubert accepte une mise en musique, mais il songe d’abord Ă  Verdi, dans une adaptation de ThĂ©ophile Gautier
 Ce dernier meurt en 1872,
 sans avoir rien Ă©crit. Flaubert se tourne alors vers Catulle MendĂšs. Heureusement, Reyer reprend la main et suggĂšre Ă  Flaubert, Camille du Locle : l’auteur de SalammbĂŽ accepte. Le chantier peut donc commencer. Il sera encore interrompu quand meurt Flaubert en 1880, laissant un temps, Reyer, comme dĂ©muni. Mais les Ă©lĂ©ments du drame lyrique se prĂ©cisent. Ils modifient par exemple la mort de SalammbĂŽ, laquelle se poignarde (alors que dans l’ouvrage originel, la jeune femme meurt Ă©vanouie, Ă  la vue du coeur arrachĂ© de son amant, MathĂŽ).
Au final la partition laisse toute la place Ă  l’hĂ©roĂŻne, offrant Ă  la crĂ©atrice du rĂŽle, Ă  Bruxelles, Rose Caron, une incarnation spectaculaire, mĂȘme si Reyer fusionne solos et rĂ©citatifs en un flux continu: pas d’airs isolĂ©s, ni de scĂšne fermĂ©es. Grand admirateur de Berlioz et aussi de Gluck, Reyer soigne la lisibilitĂ© du chant dĂ©clamĂ© auquel il associe un orchestre somptueux, d’un dramatisme efficace. C’est un tissu Ă  la couleur permanente qui produit ce que les critiques de l’époque n’ont pas manquĂ© de relever: mysticisme, rĂȘverie, climat d’extase et de ravissement
 Au centre de la partition, point culminant de l’orientalisme rĂȘvĂ© par Reyer, les rituels lunaires de l’acte II, oĂč la prĂȘtresse plus langoureuse que jamais, cĂ©lĂšbre Tanit, oĂč paraĂźt MathĂŽ (venu dĂ©robĂ© le ZaĂŻmph, voile sacrĂ© de la dĂ©esse) que SalammbĂŽ, saisie, comme envoĂ»tĂ©e, prend pour un dieu soudainement rĂ©vĂ©lé  En lire plus : dossier SalammbĂŽ de Reyer
https://www.classiquenews.com/ernest-reyer-1823-1909-salammb-1890marseille-opra-du-27-septembre-au-5-octobre-2008/

LIRE aussi notre compte rendu de SalammbĂŽ de Reyer Ă  l’OpĂ©ra de Marseille, octobre 2008 :
https://www.classiquenews.com/marseille-opra-le-5-octobre-2008-ernest-reyer-salammb/

PARIS : récital de Sumi JO

JO-SUMI-recital-concert-critique-classiquenewsPARIS, TCE. Sumi JO, le 8 dĂ©c 2020. Sumi Jo est l’ancienne Ă©lĂšve en Italie de Carlo Bergonzi (au dĂ©but des annĂ©es 1980), le tĂ©nor lĂ©gendaire qui chanta avec le style et l’élĂ©gance que l’on sait le poĂšte Rodolfo de La BohĂšme de Puccini. AprĂšs avoir chantĂ© Gilda de Rigoletto de Verdi (1986), Karajan, touchĂ© par la fragilitĂ© ineffable de son timbre Ă©lĂ©giaque, ne tarde pas Ă  inviter la soprano dĂšs 1988 pour Mozart et aussi Oscar dans Un Bal MasquĂ© de Verdi. LancĂ©e sur la scĂšne lyrique, la soprano coloratoure incarne Lucia, Zerbinette, Fiorilla, Amina, Elvira
 reine du bel canto de Bellini Ă  Verdi, de Strauss Ă  Mozart. De ce dernier, Sumi Jo a chantĂ© la reine de la nuit dans tous les thĂ©Ăątres du monde. Pour nous Sumi Jo aura marquĂ© le personnage d’Olympia sur la scĂšne de l’OpĂ©ra Bastille, ce chant Ă©perdu, ivre de la poupĂ©e mĂ©canique au timbre de diamant…

Le concert au TCE Ă  Paris organisĂ©e par l’association Echos de la CorĂ©e (fondĂ©e en 2003) souhaite souligner et encourager les relations culturelles entre CorĂ©e et France. C’est le 13Ăš concert favorisant ainsi l’amitiĂ© franco-corĂ©enne. Perles de ce rĂ©cital lyrique, Sumi Jo chante plusieurs joyaux de l’opĂ©ra français romantique (de Juliette de Gounod Ă  Thais de Massenet) et profite de la prĂ©sence du bayrton rossinien Florian Sempey (qui s’est imposĂ© sur la scĂšne lyrique dans le rĂŽle de Figaro) ; les deux solistes chantent ensemble entre autres, dans le duo ciselĂ© par Offenbach : « Belle nuit, o nuit d’amour »  du miel pour les amateurs d’opĂ©ra et tous les mĂ©lomanes


 

 

 

 

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PARIS, TCE
RĂ©cital Sumi Jo, soprano
Avec Florian Sempey, baryton
Jeff Cohen, piano
Mardi 8 décembre 2020, 20h
RESERVEZ VOTRE PLACE

RĂ©servation: theatrechampselysees.fr
Par téléphone: 01 49 52 50 50
Tarif : de 75€ à 5€
Contactez aussi : echosdelacoree2018@gmail.com
TĂ©l : 0679975845 (Mia LEE DERVOUT)

 

 

 

 

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Programme

 

 

1Ăšre partie
Sumi Jo + Sempey / Rossini / Pronta Io son ( Il barbiere di Siviglia)
Sempey / Rossini / Largo al factotum ( Il barbiere di Siviglia)
Sumi Jo / Dell’Acqua / Villanelle
Sumi Jo / Gounod / Je veux vivre (Romeo et Juliette)
Sempey / Gounod / Mab, la reine des mensonges (Romeo et Juliette)
Cohen / Massenet Saint-Saëns / La mort de Thais
Sumi Jo + Sempey / Massenet / C’est toi mon pĂšre ( Thais)

 

 

 

2 Ăšme partie

Donizetti / Ah, mes amis ( La Fille du régiment)
Sumi Jo / Donizetti / Il faut partir (La Fille du Regiment )
Sumi Jo + Lee / Korean folksong / Arirang
Sempey / Donizetti / Bella siccome un angelo (Don Pasquale)
Sumi Jo + Sempey / Offenbach / Belle Nuit o Nuit d’amour (Les Contes d’Hoffmann)
Sumi Jo / Lecocq / O Paris, gai séjour de plaisir ( Le cent vierges)
Lehar / Heure exquise (La Veuve Joyeuse)

 

 

 

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SUMI-JO-concert-annonce-critique-classiquenews

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CD événement, critique. VICTORIA : Officium defunctorum (La Grande Chapelle, Albert Recasens, 2 cd Lauda)

VICTORIA requiem defunctorum la grande chapelle alber recasens critique cd review classiquenews CLIC de classiquenews hiver 2020CD Ă©vĂ©nement, critique. VICTORIA : Officium defunctorum (La Grande Chapelle, Albert Recasens, 2 cd Lauda). L’Officium defunctorum de TomĂĄs Luis de Victoria est le chant du cygne d’un auteur profondĂ©ment original qui Ă  l’opposĂ© d’un Palestrina et ses perfections classiques romaines, atteint par son Ă©criture ascensionnelle et imprĂ©visible, Ă  ce premier romantisme, sublimĂ© alors Ă  la fin de la Renaissance et en ce dĂ©but du XVIIĂš oĂč se construisent les compositions baroque d’un Rubens, aprĂšs le rĂ©alisme mystique du Caravage (d’ailleurs le visuel de couverture de ce double coffret est d’un peintre caravagesque : fine et opportune rĂ©fĂ©rence). ApĂŽtre de visions mystiques inclassables en rĂ©alitĂ©, TomĂĄs Luis de Victoria (1548 – 1611), tĂ©moin mĂ»r de l’humanisme caravagesque, interroge les limites de la foi confrontĂ©e aux vanitĂ©s du monde qu’incarne la matiĂšre pĂ©rissable des souverains espagnols. Ce regard Ă  la fois lucide et poĂ©tique sur la fragilitĂ© de la condition terrestre concentre la question d’une Ă©poque traversĂ©e d’épreuves et de menaces (les turcs aux portes de l’Europe provoquent la ChrĂ©tientĂ© occidentale). Outre la justesse du geste interprĂ©tatif, la rĂ©alisation est Ă©ditorialement exemplaire et apporte une nouvel Ă©clairage sur ce decorum funĂšbre, Ă  la fois spectaculaire et introspectif propre au dĂ©but du XVIIĂš en Espagne.

 

 

LumiĂšre funĂšbre

La Grande Chapelle dévoile la ferveur inclassable de Victoria

 

 

victoria tomas luis polyphonie 1603 Officium defunctorum critique dossier concert classiquenewsEntre Rome et Madrid, le compositeur d’Avila signe une partition particuliĂšrement prenante qui est liĂ©e Ă  la dynastie des Habsbourg d’Espagne, flamboyants et misĂ©rables, expressifs et austĂšres, Philippe II et Philippe III, successeurs de Charles Quint qui pourtant maĂźtre de l’Univers, sut renoncer Ă  toutes les gloires terrestres. Grandeur et dĂ©cadence, arrogance et vanité  PubliĂ©e en 1605, la partition est composĂ©e Ă  Madrid en 1603 et dĂ©diĂ©e aux rites funĂ©raires honorant la dĂ©pouille de l’épouse de Maximilien II et sƓur de Philippe II, Marie d’Autriche. FidĂšle Ă  son travail de restauration philologique, les chanteurs de La Grande Chapelle et leur directeur musical Albert Recasens rĂ©tablissent les justes proportions d’une Ɠuvre Ă  l’image de la dĂ©votion madrilĂšne impĂ©riale : fastueuse, solennelle, fervente, dĂ©chirante
 La mise en contexte liturgique et le respect des effectifs originaux bĂ©nĂ©ficient  du concours additionnel de Schola Antiqua / Juan Carlos Asensio.  Le portique choral est ainsi inscrit dans le dĂ©roulement des deux journĂ©es de dĂ©ploration ritualisĂ©e : la veillĂ©e de la dĂ©funte (Vigiliae defunctorum, en premiĂšre mondiale), puis la messe proprement dite qui conclut la sĂ©quence avec le rite de l’absolution. Le chant lacrymal du Requiem s’accompagne du plain chant rĂ©tabli dans le style d’époque et des responsories et psaumes Ă©crits par Victoria lui-mĂȘme.
Nous avions en 2019 au Festival Musique et MĂ©moire put mesurer la qualitĂ© de l’écriture victorienne grĂące au chant tout en nuances et clartĂ© de Vox Luminis, interprĂštes tout aussi calibrĂ© pour exprimer les Ă©lans et les vertiges du Requiem de Victoria : LIRE notre compte rendu du Requiem de Victoria par Vox Luminis, Festival Musique et MĂ©moire, Vosges du Sud, juillet 2019.
«   Mais c’est davantage qu’une reprĂ©sentation abstraite et plus qu’une opĂ©ration de lĂ©vitation, car Vox Luminis par la rondeur de la sonoritĂ© collective, la maĂźtrise des nuances, expriment aussi la tendresse d’un Ă©tat de bien-ĂȘtre inouĂŻ. L’ensemble Ă  l’articulation enveloppante et pourtant aussi dĂ©taillĂ©e, plus intelligible que certains anglais, rĂ©vĂšlent la force poĂ©tique des textes, entre imploration et tendresse, comme l’impressionnante architecture de la partition, de l’ombre et son mystĂšre, Ă  la lumiĂšre des hauteurs rĂ©vĂ©lĂ©es  » Ă©crivait alors Alexandre Pham.

http://www.classiquenews.com/critique-concert-grandvillars-eglise-saint-martin-le-20-juillet-2019-tomas-luis-de-victoria-1548-1611-requiem-officium-defunctorum-vox-luminis/

CLIC_macaron_2014MĂȘme sublime expĂ©rience avec les chanteurs de La Grande Chapelle. La mort est un passage, une Ă©lĂ©vation puis comme en lĂ©vitation, l’enveloppe qui porte l’ñme, s’absout dans l’éternitĂ© d’un Ă©ther idĂ©al que tisse la musique elle mĂȘme. Tout cela s’entend dans la piĂ©tĂ© recueillie et les aspĂ©ritĂ©s expressives de la musique victorienne. GrĂące Ă  l’inspiration des musiciens, la mort accomplit la mĂ©tamorphose ultime ; la musique opĂšre cette sublimation immatĂ©rielle qui laisse entrevoir la lumiĂšre du paradis. Telle est l’offrande de Victoria sur cette terre : nous permettre d’écouter et de visionner cet audelĂ  tissĂ© de mystĂšre, d’inconnu, et d’accomplissement. Gravure majeure. CLIC de CLASSIQUENEWS hiver 2020.

 

 

 

 

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CD Ă©vĂ©nement, critique. VICTORIA : Officium defunctorum (La Grande Chapelle, Albert Recasens, 2 cd Lauda) – CLIC de CLASSIQUENEWS NoĂ«l 2020.

 

 

 

 

 

 

 

 

LIVRE événement, critique. François Porcile : BRITTEN (Bleu Nuit éditeur)

BRITTEN Benjamin Francois PORCILE Bleu nuit Ă©diteur critique livre classiquenewsLIVRE Ă©vĂ©nement, critique. François Porcile : BRITTEN (Bleu Nuit Ă©diteur). La biographie de François Porcile rĂ©capitule les Ă©vĂ©nements marquants de la vie du compositeur britannique Benjamin Britten (1913 – 1976), nĂ© devant la mer du Nord, soit « la mer d’Allemagne », un milieu qui s’avĂšre fĂ©cond pour lui, comme en tĂ©moignent les opĂ©ras marins, Peter Grimes qui le rĂ©vĂ©la, ou Billy Budd, d’abord boudĂ© par un public refroidi mais depuis quelques annĂ©es, rĂ©estimĂ©, Ă  juste titre. Le collĂ©gien se montre particuliĂšrement inspirĂ© (dĂ©jĂ  une centaine d’oeuvres Ă  14 ans !) ; puis l’apprentissage chez Frank bridge (1928-1930) ; 
 tout indique trĂšs vite une pensĂ©e musicale qui s’interroge sur le sens de la forme, l’efficacitĂ© et la synthĂšse, loin des effluves « boursouflĂ©es et soporifiques » du victorien Elgar
 Britten apprend ce souci du dĂ©veloppement musical Ă  l’école du cinĂ©ma et du documentaire, quand il travaille pour le GPO Film Unit de 1935 Ă  1939, Ă©pisode souvent nĂ©gligĂ©.
En couple avec le tĂ©nor Peter Pears, rencontrĂ© en 1937 et dont le timbre lui rappelait Ă©trangement celui de sa mĂšre, Britten collectionne les Ă©preuves et les expĂ©riences dont l’exil aux USA de 1939 Ă  1942 ; Ă  son retour en Grande-Bretagne, le compositeur n’est plus le mĂȘme : il se consacre presque exclusivement Ă  l’opĂ©ra.

 

 

« Great Britten »
Benjamin Britten : le plus important compositeur britannique depuis Purcell

 

 

benjamin_britten_vieuxA partir de Peter Grimes (crĂ©Ă© en juin 1945 au Sadler’s Wells), triomphe unanime et rĂ©vĂ©lation de son gĂ©nie lyrique, il enchaĂźne les ouvrages dramatiques avec plus ou moins de succĂšs : The Rape of Lucretia / Le viol de LucrĂšce qui exprime un essai rĂ©ussi dans une forme renouvelĂ©e et chambriste ; ce questionnement profond, viscĂ©ral sur la forme lyrique est Ă©troitement liĂ© Ă  la crĂ©ation de l’EOG English Opera Group (automne 1946), source d’expĂ©rimentation et de rĂ©alisation dirigĂ©e par Britten et ses « fidĂšles », Eric Crozier (dont l’épouse, Nancy Evans chanta Lucretia) et John Piper. En dĂ©coule, l’opĂ©ra toujours mĂ©sestimĂ© Albert Herring, puis Billy Budd (four retentissant) auquel succĂšde l’opĂ©ra commande officiel pour le couronnement d’Elisabeth II, Gloriana (1953) , froidement accueilli; enfin s’accomplit un nouveau miracle : Le Tour d’écrou (La Fenice, 1954) d’aprĂšs Henry James (adaptation du roman en 16 scĂšnes par Myfanwy Piper), nouveau triomphe absolu, un ouvrage de « rĂ©paration » (auquel le chapitre XI est dĂ©diĂ©) ; les derniĂšres annĂ©es occupent le compositeur Ă  son testament musical, sorte d’autobiographie : Mort Ă  Venise d’aprĂšs Thomas Mann, « l’opĂ©ra malĂ©fique » selon le mot de Peter Pears, de fait, une partition qui est marquĂ©e par l’affaiblissement singulier de l’auteur, hospitalisĂ© pendant la composition (dĂ©but 1973). Le texte dresse un portrait Ă©difiant et plutĂŽt lumineux de Britten, compositeur pour le moins aussi essentiel que Purcell dont il a arrangĂ© avec un gĂ©nie rare CLIC_macaron_2014Didon et EnĂ©e. Ouvert sur son Ă©poque, gĂ©nĂ©reux vis Ă  vis des musiciens populaires Ă  son Ă©poque (de Menuhin Ă  Rostropovitch
), de ses confrĂšres aussi dont certains le lui rendirent si peu, par jalousie, Britten est bien cette Ă©toile incontournable de l’histoire britannique, estimĂ© de son vivant (« Great Britten ») qui sut aussi au sein de son festival maritime d’Aldeburgh, encourager les opĂ©ras d’autres auteurs (Benett, Walton, Birtwistle
). Pianiste, chef d’orchestre, le compositeur mĂ©ritait assurĂ©ment ce texte biographique dĂ©sormais capital.

 

 

 

 

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LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. François Porcile : Benjamin Britten (Bleu Nuit Ă©diteur) – Collection horizons n°76 – 176 pages ; 20 x 14 cm ; brochĂ© – ISBN 978-2-35884-097-2. Parution : octobre 2020  -  CLIC de CLASSIQUENEWS hiver 2020.

 

 

 

 

CD, critique. MONTECLAIR : JephtĂ© (Orfeo Orchestra, György Vashegyi – Budapest, mars 2019 – 2 cd Glossa)

jephte-monteclair-vashegyi-cd-glossa-clic-de-classiquenews-cd-critique-baroque-classiquenewsCD, critique. MONTECLAIR : JephtĂ© (Orfeo Orchestra, György Vashegyi – Budapest, mars 2019 – 2 cd Glossa). AprĂšs la gravure visionnaire de Christie, voici une nouvelle approche globalement trĂšs convaincante en provenance de Hongrie. La caractĂ©risation que sait rĂ©aliser l’excellent baryton Tassis Christoynnis dans le rĂŽle titre de JephtĂ© accrĂ©dite la haute valeur de cette lecture dont la direction du chef Gyorgy Vashegyi assure la grande rĂ©ussite orchestrale : architecturĂ©e mais aussi subtilement colorĂ©e, aux accents idĂ©alement maĂźtrisĂ©s. La riche parure instrumentale, les danses, les intermĂšdes, la puissance martiale et l’onirisme pastoral sont remarquablement restituĂ©s : structurĂ©s, d’une solide articulation (le chƓur n’est pas en reste, Ă  la fois dĂ©terminĂ© et prĂ©cis), mais aussi dĂ©taillĂ©s dans le sens d’une langueur nouvelle nostalgique.

 

 

 

György Vashegyi ressuscite le souffle et la majesté
d’un MontĂ©clair symphonique, prĂ©curseur de Rameau


 

 

 

Le chef d’Ɠuvre de MontĂ©clair, contemporain de Campra, et prĂ©curseur de Rameau, s’accomplit ici avec une aisance et une sĂ»retĂ© dĂ©lectable. CrĂ©Ă© en 1732, soit un avant le gĂ©nial et scandaleux Hippolyte de Rameau, JephtĂ© semble synthĂ©tiser toutes les possibilitĂ©s poĂ©tiques et expressives du genre tragĂ©die lyrique. JephtĂ© est un superbe emploi pour baryton, comme ce que Rameau Ă©crira pour le rĂŽle pilier de ThĂ©sĂ©e dans Hippolyte.
En rĂ©alitĂ© le manuscrit remonte aux annĂ©es 1720 et la valeur de cette lecture s’appuie sur la version de 1737, l’une des rĂ©centes reprises Ă  l’AcadĂ©mie, car comme les tragĂ©dies de Rameau, JephtĂ© ne cessa d’ĂȘtre jouĂ© tout au long du XVIIIĂš : il y a autant de majestĂ© solennelle propre au souffle versaillais de Louis XIV, de la dĂ©termination guerriĂšre, que de la suavitĂ© d’esprit pastoral, annonçant les heureux bocages ramĂ©liens (heureuse musette accompagnant Iphise au IV)
 L’écriture de MontĂ©clair est d’un grand Ă©quilibre, rĂ©pondant Ă  chaque accent et registre du genre. Ici Iphise, la fille sacrifiĂ©e de JephtĂ© est incarnĂ©e par la soprano Chantal Santon, certes la voix est assurĂ©e, le caractĂšre angĂ©lique et tendre, prĂ©sent. Mais la voix est trop vibrĂ©e et l’intelligibilitĂ©, absente. Idem pour l’Almasie de Judith V Wanroij, ailleurs princesse altiĂšre et hautaine, ici elle aussi inintelligible, au timbre acide, Ă  l’intonation lisse, sans guĂšre de nuances, dont le style ampoulĂ© et artificiel finit par agacer
 Thomas DoliĂ© reste engorgĂ©, serrĂ©, vibrĂ©, terne en PhinĂ©e : autre dĂ©ception d’une distribution globalement dĂ©sĂ©quilibrĂ©e.
Saluons en revanche l’excellent Zachary Wilder (Ammon) et la frĂȘle et sensible Katia Velletaz dont le timbre dĂ©licat exprime la tendresse irrĂ©sistible des bocages. Par son relief orchestral, pour le rĂŽle de JephtĂ© magnifiquement incarnĂ© dont T Christoyannis fait un ĂȘtre qui souffre, l’enregistrement de 2019 retient notre attention et mĂ©rite le meilleur accueil.

 

 

 

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CD, critique. MONTECLAIR : JephtĂ© (Orfeo Orchestra, György Vashegyi – EnregistrĂ© Ă  Budapest (Mupa, mars 2019 – Hongrie) – 2 cd Glossa.

 

 
 

 

CD critique. GUERRE et PAIX : WAR AND PEACE : 1614 – 1714 (2 cd Alia Vox)

war peace guerre et paix jordi savall alia vox 2015 cd critique classiquenewsCD critique. GUERRE et PAIX : WAR AND PEACE : 1614 – 1714 (2 cd Alia Vox) – Dans ce coffret de 2 cd enregistrĂ© en 2014 (pour le plus rĂ©centes sessions), Jordi Savall pointait du doigt un flĂ©au malheureusement et honteusement emblĂ©matique de l’histoire humaine : l’essor des guerres produisant atrocitĂ©s, barbaries, traumatismes chez les peuples qui en sont les victimes, des deux cĂŽtĂ©s, vainqueurs et vaincus. La Guerre de Trente Ans, jusqu’en 1648, marque la premiĂšre moitiĂ© du XVIIĂš, siĂšcle des guerres de religions (catholiques / protestants) auxquelles politiques en opportunistes cyniques apportent leur soutien selon leur intĂ©rĂȘt et leur volontĂ© de puissance. Les musiques de ce siĂšcle martyrisĂ©, et du suivant (XVIIIĂš) illustrent Ă  la fois la majestĂ© dĂ©risoire des grandes nations belliqueuses (dont la France Ă©videmment, puis les Habsbourg autrichiens comme espagnols) mais aussi la vanitĂ© et les misĂšres terrestres. Y rayonnent solennitĂ© et puissance de Biber (Missa Bruxellensis, Requiem) et Lully, musiques autant fastueuses que ferventes, auxquelles Marc Antoine Charpentier offre sa profondeur non moins Ă©clatante. Pourtant serviteur de la solennitĂ© française, Lully compose un remarquable Motet (concerto) pour la Paix ; une espĂ©rance prolongĂ©e par le Te Deum de Charpentier) et le Jubilate Deo de Handel ; ils sont les formes usuelles pour cĂ©lĂ©brer la fin d’une guerre en une action de grĂące collective et ouverte.
L’époque est celle des instruments, comme en tĂ©moigne le passage de la viole de gambe Ă  la famille des violons (Jenkins) ; la sĂ©lection des partitions ainsi opĂ©rĂ©e met en avant l’essor de la suite de danses, cycle purement musical oĂč les instruments ne suivent pas les accents et images d’un texte, uniquement les ressorts du rythme produisant architecture (superbe Chaconne de Muffat). Ainsi les nombreuses batailles signĂ©es Schiedt, Biber, surtout Kerll) : hymnes percutants en contrastes et surprises. Le col legno de Biber revĂȘt une coloration expressive inĂ©dite (Die Schlacht) qui saisit par son usage mesurĂ© et gĂ©nialement expressif.
Jordi Savall rappelle combien Louis XIII, digne pĂšre de son fils le Roi-Soleil et protecteur des artistes, sut dĂ©jĂ  en 1626, en instituant les fameux 24 violons du Roi (comme il fixera tout autant les 12 grands hautbois du Roi), impose un nouveau standard orchestral d’une densitĂ© inouĂŻe jusque lĂ  (Ă  4 et 5 parties).
Lully reprend le flambeau et rĂ©alise le passage du ballet de cour vers la tragĂ©die en musique : emblĂšme d’une France omnipotente, aussi martiale que raffinĂ©e, supplantant dĂ©sormais les prodiges de l’Italie. Le stile concertato est la rĂ©ponse italienne Ă  cette recherche permanente du contraste, adulĂ© par les luthĂ©riens heureux d’articuler ainsi avec accents la ferveur protestante (Siehe an die Werke Gottes de RosenmĂŒller).
CLIC D'OR macaron 200Racines et origines obligent, Jordi Savall Ă©voque le temps « bĂ©ni » oĂč Barcelone confirmait dĂ©jĂ  sa primautĂ© comme capitale artistique de la Catalogne, alors rĂ©sidence de la cour de l’Archiduc Charles (dĂšs 1705) et dont la crĂ©ation de l’opĂ©ra de Caldara « Il piu bel nome » tĂ©moigne en 1708, en pleine guerre de Succession d’Espagne
 l’ouvrage est d’autant plus significatif qu’il est premier opĂ©ra italien, de style napolitain, produit en Espagne. Du reste, l’éloquente et patriote fiertĂ© catalane s’exprime aussi dans plusieurs chansons restituĂ©es ici : El Cant dels Aucells, mĂ©lodie ancestrale adaptĂ©e alors pour l’arrivĂ©e de Charles justement en 1705 ; puis Catalunya, et Catalunya en altre temps ella sola es governava au titre sans ambiguĂŻtĂ© qui tĂ©moigne aussi d’un sentiment indĂ©pendantiste fort et nostalgique. Qu’il s’agisse de mĂ©lodies populaires ou de formes savantes, l’idĂ©al martial s’exprime entre noblesse, raffinement, dĂ©termination. L’engagement de Jordi Savall et ses musiciens est indiscutable. La grandeur comme le dĂ©nuement se cĂŽtoient et proche de l’ñme catalane ibĂ©rique, une certaine gravitĂ© fraternelle se prĂ©cise encore quand Savall exprime les tourments et aspirations de sa terre natale. Livre disque incontournable.

CD critique. GUERRE et PAIX : WAR AND PEACE : 1614 – 1714 (2 cd Alia Vox AVSA9908)
Jordi Savall, la Capella Reial de Catalunya, Le Concert des Nations, HespĂšrion XXI
https://www.alia-vox.com/fr/catalogue/guerre-paix-1614-1714/

CD événement, critique. Karine Deshayes, Delphine Haidan. Deux mezzos sinon rien (1 cd Klarthe records)

deux-mezzos-sinon-rien-cd-concert-critique-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-compte-rendu-annonce-KLARTHE-recordsCLIC D'OR macaron 200CD Ă©vĂ©nement, critique. Karine Deshayes, Delphine Haidan. Deux mezzos sinon rien (1 cd Klarthe records) – Il revient ainsi Ă  Klarthe de fixer l’entente et la douce complicitĂ© de deux mezzos françaises particuliĂšrement bien associĂ©es. Le programme est Ă  la hauteur de la promesse : habilement Ă©quilibrĂ©, lieder de Brahms et de Mendelssohn auxquels rĂ©pondent plusieurs mĂ©lodies Ă©galement en duo, de Gounod, Saint-SaĂ«ns, FaurĂ©, Massenet
 parmi les moins connues et les plus Ă©vocatrices. Le jeu du compositeur et chef Johan Farjot apporte un tapis pianistique des plus articulĂ©s, opĂ©rant dans le registre que les deux voix dĂ©ploient sans peine : l’écoute complice, la complĂ©mentaritĂ© poĂ©tique.
En ouverture, les Quatre mĂ©lodies de Brahms sont abordĂ©es avec lĂ©gĂšretĂ©, un allant sans affectation dĂšs la premiĂšre (« Die Schwestern » / les sƓurs, titre bien choisi) une attention partagĂ©e dans l’écoute Ă  l’autre ; les deux voix de mezzos, proches et pourtant caractĂ©risĂ©es, interchangeables et distinctes, semblent exprimer la double face d’une mĂȘme intention : insouciance, introspection plus secrĂšte et intime pour le second lied – achevĂ© comme une interrogation (KlosterfrĂ€ulein) ; souple et presque sensuelle, « Phenomen » s’énonce comme une douce priĂšre, celle adressĂ©e Ă  un cƓur chenu qui peut encore aimer

Les amateurs de mĂ©lodies françaises seront ravis Ă  l’écoute des perles et joyaux qui suivent. Karine Deshayes dĂ©ploie sa soie flexible d’abord dans la premiĂšre sĂ©quence « D’un cƓur qui t’aime », timbre clair, aigus naturels et rayonnants auquel rĂ©pond le chant plus sombre de sa consƓur Delphine Haidan. Les deux fils vocaux tissant ensuite une tresse souple et Ă©quilibrĂ©e oĂč les deux timbres se rĂ©pondent et dialoguent sur le texte de Racine.
Les 3 oiseaux de Delibes se distingue par sa coupe prĂ©cise et sobre, son intensitĂ© tragique progressive, jusqu’à la derniĂšre strophe qui fixe une situation 
 perdue.
RĂ©vĂ©lateur d’un gĂ©nie opĂ©ratique et d’un raffinement supĂ©rieur, le cycle des deux mĂ©lodies de Saint-SaĂ«ns captivent tout autant : sur un rythme mi habanera / bolĂ©ro pour la premiĂšre (El Desdichado, – texte du librettiste Jules Barbier) et sur le sujet d’un cƓur pris dans les rĂȘts de l’amour cruel ; plus insouciante et presque fleurie, La Pastorale d’aprĂšs le texte de Destouches est d’un dĂ©licieux parfum nĂ©o baroque.
La premiĂšre des 3 mĂ©lodies de Massenet  « RĂȘvons c’est l’heure » (d’aprĂšs Paul Verlaine) charme comme un nocturne enivrĂ© et suspendu; la tendresse rayonne dans « Marine » cultivant un climat Ă©thĂ©rĂ©, murmurĂ©; enfin « Joie » s’électrise grĂące aux deux voix admirablement accordĂ©es.
L’une des plus longues mĂ©lodies : « Bienheureux le cƓur sincĂšre » de Gounod,  est une priĂšre ardente qui cĂ©lĂšbre Ă  la façon d’un cantique la justice divine et la bonheur des Justes
 Chausson diffuse son romantisme subtil et sombre d’une enivrante intĂ©rioritĂ© (sublime « La nuit ») ; quand FaurĂ© (« Puisqu’ici bas  ») sait exploiter toutes les nuances suaves des deux lignes vocales comme enlacĂ©es / torsadĂ©es. Le poids des mots, la nuance et l’équilibre des timbres, la caresse du piano font toute la valeur de ce programme dĂ©doublĂ© mais unitaire, original et cohĂ©rent. Un album qui est aussi dĂ©claration musicale car le duo « Deux mezzos sinon rien » entend Ă  prĂ©sent conquĂ©rir Ă  deux voix, scĂšnes et thĂ©Ăątres. On s’en rĂ©jouit. Prochain concert le 28 octobre au Bal Blomet (Paris)


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CD Ă©vĂ©nement, critique. Karine Deshayes, Delphine Haidan. Deux mezzos sinon rien (1 cd Klarthe records)  enregistrement rĂ©alisĂ© en mai 2019  —  CLIC de classiquenews, automne 2020.

Johannes BRAHMS | 4 duos, opus 61
Charles GOUNOD | D’un coeur qui t’aime
LĂ©o DELIBES | Les 3 oiseaux
Camille SAINT-SAËNS | El Desdichado
Camille SAINT-SAËNS | Pastorale
Jules MASSENET | RĂȘvons, c’est l’heure
FĂ©lix MENDELSSOHN | 4 duos, opus 63
Jules MASSENET | 2 Duos, op 2
Charles GOUNOD | Bienheureux le coeur sincĂšre
Ernest CHAUSSON | La nuit – op 11, n°1
Gabriel FAURÉ | Pleurs d’or – op 72
Gabriel FAURÉ | Puisqu’ici bas toute Ăąme – op 10
Johannes BRAHMS | Die Meere – op 20, n°3

Karine Deshayes | Delphine Haidan
Johan Farjot, piano

VOIR toutes les infos sur le site du label KLARTHE records
https://www.klarthe.com/index.php/fr/enregistrements/deux-mezzos-sinon-rien-detail

 

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CONCERT
Karine Deshayes | Delphine Haidan
Quatuor Ardeo
le 28 octobre 2020 – 20h30
au Bal Blomet Ă  Paris

RĂ©servations
http://www.balblomet.fr/events/ardeo/

CD, critique. MOZART : Betulia LIberata (Talens Lyriques, 2 cd Aparte 2019)

Betulia-Liberata-mozart-talens-lyriquesCD, critique. MOZART : Betulia LIberata (Talens Lyriques, 2 cd Aparte 2019). Betulia liberata, K. 118 (1771), azione sacra ou drame sacrĂ©, est l’oeuvre d’un compositeur de 
 15 ans. Etonnante prĂ©cocitĂ© et maturitĂ© de Wolfgang, qui y approfondit dĂ©jĂ  une hypersensibilitĂ© Ă©motionnelle ; la langue est traversĂ© d’éclairs sturm und drang et de formules europĂ©ennes apprises dans l’esprit de Mannheim (arias fermĂ©s da capo empruntĂ©s Ă  l’opĂ©ra seria). La Betulia est Ă©crite pour le Prince d’Aragon Ă  Padoue, mais n’y fut probablement jamais donnĂ©e. Vivaldi avait dĂ©jĂ  traitĂ© le sujet de la juive Judith, dĂ©capitant le gĂ©nĂ©ral assyrien Holopherne afin de libĂ©rer BĂ©thulie. Les Talens Lyriques sculptent la matiĂšre dramatique de l’oratorio avec toute l’expressivitĂ© requise, et les solistes savent caractĂ©riser chaque profil du Livre de Judith (Ancien Testament) : le gouverneur Ozias, la noble Amital, et la voluptueuse Judith (convaincante Teresa Iervolino), visage exaltĂ©, passionnĂ© et bras armĂ©, victorieux des IsraĂ©lites contre l’Assyrien. Les instrumentistes Ă©clairent cette Ă©volution majeure dans l’écriture mozartienne qui propre aux annĂ©es 1770 « prĂ©classiques », rĂ©alisent les premiers opĂ©ras ciselĂ©s, menant d’ Ascanio in Alba (Milan, oct 1771) au dĂ©jĂ  romantique et trĂšs goĂ©thĂ©en Lucio Silla (mars 1774, contemporain des Souffrances du jeune Werther). A travers les types bibliques, Wolfgang devient Mozart, peintre unique du cƓur humain, vertiges et passions, mais ici fortement individualisĂ©s selon la capacitĂ© spĂ©cifique de chaque chanteur avec lequel il travaille et sait s’accorder. Lecture prenante qui s’appuie sur une distribution trĂšs homogĂšne et crĂ©dible. + d’infos sur le site des Talens Lyriques : https://www.lestalenslyriques.com/discographie/betulia-liberata/ – parution : 25 sept 2020.

Compte rendu, critique, opéra. SALZBOURG, le 1er août 2020. Strauss : Elektra. Welser- Möst / Warlikowski

Compte rendu, critique, opĂ©ra. SALZBOURG, le 1er aoĂ»t 2020. Strauss : Elektra. Welser- Möst / Warlikowski. Toute l’action se dĂ©roule au bord d’une piscine ; d’un saunatorium, Ă  l’écart du palais des Atrides. L’eau glacĂ©e de la vengeance : Pour Warlikowski, Elektra demeure la proie dĂ©passĂ©e, dĂ©bordĂ©e d’un trop plein de haine vengeresse : comment laver la souillure propagĂ©e par l’assassinat de son pĂšre Agamemnon ; crime commis par sa mĂšre Clytemnestre, aidĂ©e de son amant Egiste. Quand Elektra plonge sa main dans l’eau du bassin royal, le dĂ©sir de puretĂ© doit s’accomplir. QuĂȘte radicale, irrĂ©pressible, 


 
 

 
 

Volcan orchestral et lave vocale

Pour son centenaire, Salzbourg rĂ©ussit sa nouvelle production d’Elektra

 

 

Salzbourg 2020 : Somptueuse Elektra pour le centenaire

 

 

Eau pure contre sang versĂ©. L’idĂ©e est juste, mais pourquoi encore et toujours nous infliger un monologue parlĂ©, rĂ©citĂ© de Clytemnestre avant l’action lyrique ? Le metteur en scĂšne polonais dĂ©livre sans pudeur ses propres tourments obsessionnels quitte Ă  rompre le fil musical et tuer l’impact du chant lyrique. Strauss et Hofmannsthal (2 cofondateurs du Festival de Salzbourg en 1922) n’auraient certes pas apprĂ©ciĂ© cette incursion du thĂ©Ăątre parlĂ© (et surtout hurlĂ©) dans l’opĂ©ra, genre total qui se suffit Ă  lui-mĂȘme. D’autant que le thĂ©Ăątreux ajoute encore et toujours ses images vidĂ©os, censĂ©es expliciter les relations (incestueuses ou sadomaso) entre les personnages. Mais la vraie folle ici est bien la mĂšre (Clytemnestre) plutĂŽt que la fille
 De mĂȘme, Ă  la quasi fin de l’action, Warlikowski rĂ©pĂšte encore, insiste toujours, assĂšne jusqu’à l’écƓurement visuel (l’immense giclĂ©e de sang quand sont tuĂ©s Clytemnestre et Egiste puis la nuĂ©e de mouches volantes). Il est comme cela : trivial ; et volontiers redondant plagiant la musique qui elle est un volcan d’une force inouĂŻe.

Dans le premier quart d’heure, Elektra est raillĂ©e et diabolisĂ©e par les suivantes de la cour mycĂ©nienne. Sa haine affichĂ©e suscite l’ironie cynique des unes, la dĂ©testation d’une mĂšre aigre, quand seule sa soeur ChrysotĂ©mis admire sa loyautĂ© au pĂšre
 Puis seule Elektra exprime sa profonde solitude impuissante, l’impossibilitĂ© pourtant de laisser le meurtre de son pĂšre Agamemnon, impuni. « Agamemnon, pĂšre oĂč es-tu? ». La vision du sang versĂ© l’obsĂšde jusqu’à la folie : Ausrine Stundyte habite le personnage avec une clartĂ© qui foudroie, un chant hallucinĂ©, Ăąpre et tendu qui prend appui sur les vertiges et crispations d’un orchestre complice qui danse et trĂ©pigne, quand la fille enfin victorieuse s’imagine aprĂšs avoir tuĂ© la mĂšre vicieuse et sanguinaire, danser sur la tombe de son pĂšre vengĂ© (somptueuse plasticitĂ© des Wierner Philharmoniker et direction contrastĂ©e, dĂ©taillĂ©e, ardente de Franz Welser-Möst, lequel confirme ses affinitĂ©s straussiennes). Plus lĂ©gĂšre, ChrysotĂ©mis (parfaite Asmik Grigorian, plus insouciante, plus lĂ©gĂšre) parvient Ă  peine Ă  contenir la rage furieuse de sa soeur Electre : elle n’a pas sa force morale ni son courage. Car leur frĂšre Oreste, exilĂ©, se fait attendre
 Celui ci trouve dans le baryton Derek Welton, un chant aussi profond et pĂ©nĂ©trant, actif et vengeur que sa sƓur. C’est lui l’étranger (et pourtant de la maison) qui vengera le crime


La Clytemnestre, maladive insomniaque, supersitieuse mĂ©dicalisĂ©e, qui cauchemarde (Warlikowski montre tout cela avec un cynisme minutieux) affecte d’ĂȘtre victime
 de sa propre fille dont elle fait cette « ortie »rebutante, ingrate et barbare (honnĂȘte Tanja A. Baumgartner Ă  la vocalitĂ© fauve de louve qui se tortille). La mĂšre, adepte aux rites et aux magies sanglantes, est une charogne qui sait trop la force divine qui habite la juste Electre.
Tissu psychĂ©dĂ©lique, en tensions et convulsions psychologiques, l’Orchestre fait jaillir la sauvagerie des pulsions de chaque protagoniste, toutes les Ă©nergies qui les submergent ; il exprime les obsessions de la fille (le regard du pĂšre assassinĂ©) ; son dessein surtout : tuer sa mĂšre ; puis les obsessions de la mĂšre (son rĂȘve / cauchemar en charogne dont la moelle s’épuise : « je ne veux plus rĂȘver »)
 son besoin de faire saigner une nouvelle victime pour retrouver le sommeil. Ainsi dans cette version s’affirme comme un roc la claire dĂ©termination d’Elektra : elle rĂ©fute ce qu’on lui dit (quand ChysotĂ©mis annonce la mort d’Oreste, « Ă©crasĂ© par ses propres chevaux ») ; face Ă  sa mĂšre dont elle ne souhaite qu’une chose : sa mort. Et celle de son amant Egiste. Plus radicale face Ă  ChrysotĂ©mis qui lui rĂ©siste : Elektra n’accepte pas que sa sƓur refuse de tuer avec elle, les assassins de leur pĂšre : elle maudit ChrysotĂ©mis. A travers l’orchestre, l’écriture de Strauss offre l’étendard sonore et sanguinaire de la tragĂ©die grec antique. A coups d’archets nets et prĂ©cis, d’éclats mordants, le corps instrumental sculpte la matiĂšre incandescente

Quand paraĂźt Oreste
 surgit la sĂ©quence la plus bouleversante : le frĂšre et la soeur se reconnaissent ; deux dĂ©calĂ©s, solitaires qui s’ignorent d’abord puis comprennent que leur sort est lié  pour venger leur pĂšre. L’Orchestre dit alors toute la souffrance qui les submerge et les aimante ( Ă  1h20) : « Oreste, Oreste, Oreste ! Tout est calme »  fugace accalmie dans un torrent de barbarie familiale. Elektra exprime ce renoncement Ă  sa libertĂ© de femme car le destin de la vengeance doit consumer son ĂȘtre. TrĂšs juste et naturel, Derek Welton parfait, dans le texte, submergĂ© par son destin et la tragĂ©die qui le frappe comme sa sƓur.

Il y a dĂ©jĂ  dans les convulsions voluptueuses de l’Orchestre d’Elektra toute la charge vĂ©nĂ©neuse et chaotique de la danse de SalomĂ© Ă  venir. La fin pour Electre est sans ambiguĂŻtĂ© : elle est danse de mort et Oreste porte lui aussi le poids de son crime : apeurĂ© et fuyant Ă  la fin du drame, il erre comme un lion solitaire dans la nuit de la salle salzbourgeoise. Vocalement et orchestralement, la production est superbe. Le trio de la fratrie : Elektra, ChrysothĂ©mis, Oreste, trĂšs convaincant. VoilĂ  qui marque le centenaire du Festival autrichien, sa tĂ©nacitĂ© estivale malgrĂ© la crise sanitaire.

 

  

 
 

 
Photo © SF / Bernd Uhlig / Salzburg Festspiele 2020

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OPERA INTEGRAL EN REPLAY  jusqu’au 30 octobre 2020 sur Arte tv :
https://www.arte.tv/fr/videos/098928-000-A/elektra-de-richard-strauss/

TEASER ELEKTRA Salzbourg 2020
https://www.salzburgerfestspiele.at/en/p/elektra#&gid=1&pid=1

 

  

 
 

 

Livre événement, critique. ALEXANDRE BORODINE par André Lischke (Bleu Nuit éditeur)

BORODINE-andre-lischke-bio-bleu-nuit-editeur-critique-analyse-classiquenewsLivre Ă©vĂ©nement : BORODINE par AndrĂ© Lischke (Bleu Nuit Ă©diteur). Excellente bio dĂ©diĂ©e Ă  l’un des plus importants membres du « Groupe des Cinq », fondateur (avec ses pairs) de la musique symphonique russe, sans omettre la musique de chambre : Alexandre Borodine (1833 – 1887) a su mĂȘler en un Ă©quilibre puissant et solaire les trois influences majeures en Russie : l’identitĂ© slave, l’orientalisme, la musique occidentale, celle des germaniques Schumann et surtout dans son cas, Mendelssohn (comme l’atteste sa PremiĂšre Symphonie). Mort jeune, auteur lent et finalement rare, Borodine fut surtout un
 chimiste, reconnu dont l’activitĂ© comme compositeur devait s’accommoder d’une vie scientifique dĂ©jĂ  bien remplie et plutĂŽt prenante. Une partition symbolisme ce travail rĂ©alisĂ© par sĂ©quences : l’opĂ©ra Prince Igor dont une juste « reconstitution » attend toujours d’ĂȘtre produite sur scĂšne : allĂ©gĂ©e au plus juste dans les orchestrations de Rimsky et de Glazounov ; complĂ©tĂ©e aussi en rĂ©alisant enfin les volontĂ©s et les idĂ©es de l’auteur, mort en laissant un ouvrage inachevĂ© et qui souvent est reprĂ©sentĂ© sans respecter l’ordre originel des actes, tel que le souhaitait Borodine; l’homme est portraiturĂ© avec dĂ©tails : gĂ©nĂ©reux, attentif aux autres, pondĂ©rĂ©s ; mais un faux colosse en vĂ©ritĂ©, Ă  la santĂ© fragile dont cependant l’écriture cinĂ©matographique et structurellement bien charpentĂ©e (comme Sibelius) laisse un catalogue rĂ©duit mais dĂ©cisif. L’auteur comble bien des lacunes : la relation de Borodine et de Liszt (alors maĂźtre Ă  Weimar et particuliĂšrement admiratif de sa maniĂšre originale), sa conception de l’opĂ©ra et de l’écriture lyrique (des tableaux et des numĂ©ros plutĂŽt que le flux continu wagnĂ©rien), la protection de la comtesse Mercy-CLIC D'OR macaron 200Argenteau, la jalousie de son Ă©pouse Ekaterina (pianiste tuberculeuse Ă  la santĂ© tout aussi fragile), la place premiĂšre de son mentor Balakirev, l’appui du riche industriel Beliaev qui fonde le groupe Beliaev (dĂ©but des annĂ©es 1880), prolongeant d’une certaine façon la riche Ă©mulation du groupe des 5 en son temps
 Dans l’attente de la traduction en français du texte biographique majeur Ă©ditĂ© par Serge Dianin (mais en russe et traduit en anglais, 1963), la bio complĂšte Ă©ditĂ©e par Bleu Nuit Ă©diteur est un incontournable.

Livre Ă©vĂ©nement, critique. ALEXANDRE BORODINE par AndrĂ© Lischke (Bleu Nuit Ă©diteur, collection Horizons, Ă©dition rĂ©visĂ©e) – ISBN : 978 2 35884 095 8. Parution : mai 2020.

 

CD, critique. VERDI : LUISA MILLER (Rebeka, Petean / I Repusic (2 cd BR klassik, Munich sept 2017)

MILLER-luisa-marina-rebeka-opera-review-critique-classiquenews-luisa-millerCD, critique. VERDI : LUISA MILLER (Rebeka, Petean / I Repusic (2 cd BR klassik, Munich sept 2017) – Luisa Miller, opĂ©ra noir, opĂ©ra nocturne emporte les Ăąmes les plus pures dans la soie de la mort dont le tragique les sublime, tels RomĂ©o et Juliette. Pourtant l’ouvrage crĂ©Ă© Ă  Naples en dĂ©c 1849, n’a pas Ă©tĂ© inspirĂ© par Shakespeare mais par le tĂ©nĂ©breux Schiller (et son drame Ă  l’encre noir « Kabale und Liebe », de 1784) : Salvatore Cammarano dĂ©jĂ  employĂ© pour Alzira et La Bataille de Legnano, adapte pour Verdi, la tragĂ©die de Schiller. Rodolfo et Luisa incarnent deux ĂȘtres de lumiĂšre dans la fosse noire des manipulations et calculs les plus ineptes, ceux des 3 voix viriles : Miller, Walter, Wurm). DĂ©jĂ  dans le caractĂšre pur, angĂ©lique mais ardent presque incandescent de Luisa, brillent ce que seront aprĂšs elle les Leonora du TrouvĂšre, Gilda de Rigoletto et surtout Violetta de La Traviata : le superbe duo pĂšre / fille, Miller / Luisa de l’acte III (« Pallida, mesta sei! ») annonce ce que seront bientĂŽt les sublimes confrontations / effusions du pĂšre pour sa fille


MalgrĂ© des tempi par toujours trĂšs heureux, souvent trop ralentis, le chef caractĂ©rise la partition orchestrale des couleurs, bois et vents, d’une ivresse suave rĂ©jouissante (le MĂŒnchner Rundfunkorchester est un bon orchestre en fosse). Dans le cast, brille le tempĂ©rament Ă©perdu, lumineux de la Luisa de Marina Rebeka, gemme rayonnant, Ă  la fois intense et d’une finesse d’intonation trĂšs touchante : son medium corsĂ© donne une chair vĂ©ritablement tragique au personnage que ses consoeurs fragilisent sans nuances : on comprend bien que cette apparente « dureté » de la voix agaceront les plus pointilleux ; mais cette Luisa ne manque ni de fiĂšvre ni de passion. Ses partenaires n’ont guĂšre de dĂ©fauts, Ă  commencer par le pĂšre George Petean (baryton verdien proche de l’idĂ©al : tendre, sobre, phrasĂ©), et dans une moindre mesure l’amant fidĂšle Ivan MagrĂ­ (Rodolfo, Ă  la ligne souvent instable et parfois forcĂ©e), tandis que Ante Jerkunica trouve la couleur diabolique de l’infect Wurm. Voici qui confirme la justesse dramatique de la diva Marina Rebeka, voix puissante et ciselĂ©e, vrai tempĂ©rament expressif et tragique, d’une idĂ©ale vibration dans les opĂ©ras verdiens.

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CD, critique. VERDI : LUISA MILLER (Rebeka, Petean / I Repusic (2 cd BR klassik, Munich sept 2017)   –   Marina Rebeka (Luisa), Georg Petean (Miller), Corinna Scheurle (Laura), Judit Kutasi (Federica), Ivan Magri (Rodolfo), Bernhardt Schneider (Un paysan), Marko Mimica (Walter), Ante Jerkunica (Wurm), MĂŒnchner Rundfunkorchester, ChƓur de la Radio bavaroise / Ivan Repusic, direction (live, 2017).CD BR Klassic 900323.

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RADIO. SĂ©lection de la rentrĂ©e 2020 – sĂ©lection jusqu’au 10 janvier 2021

CONFINEMENT : quels spectacles et concerts ne pas manquer ?RADIO. Sélection de la rentrée 2020
 Classiquenews sélectionne ici les programmes à ne pas manquer sur les ondes. Opéras, concerts symphoniques, plateaux éclectiques, retrouvez ci dessous les programmes incontournables à écouter dÚs la rentrée 2020 et bien aprÚs
 Y figurent plusieurs concerts enregistrés en huis clos, dans un dispositif adapté au nouveau confinement imposé depuis le 29 octobre 2020.

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décembre 2020

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Dimanche 6 décembre 2020 / RADIO CLASSIQUE
21h : Orchestre national en rĂ©gion Hauts-de-France – Arie van Beek, direction.
Melody Louledjian, soprano
MAHLER, Symphonie n°4 en sol majeur

 

 

Samedi 5 décembre 2020 / RADIO CLASSIQUE
21h : Orchestre National Montpellier Occitanie
Karen Kamenseh, dir
Elza van den Heever, soprano
PEPIN Camille, Laniakea
WAGNER R, Wesendonck Lieder
STRAUSS R, Intermezzo-4 interludes symphoniques
WAGNER R, Tristan et Isolde -Prélude et Liebestod pour orchestre

 

 

 

novembre 2020

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Dimanche 29 novembre 2020 / RADIO CLASSIQUE
21h : Concert OphĂ©lie Gaillard, violoncelle / Un violoncelle Ă  l’opĂ©ra

 

p style=”text-align: right;”> Samedi 28 novembre 2020 / RADIO CLASSIQUE
21h : Concert de l’Orchestre de Paris
Enregistrement en huis clos. STRAUSS : Quatre derniers lieder / Vier Lietzer lieder
BRAHMS : Symphonie n°4
Orchestre de Paris / Simone Young, direction

 

p style=”text-align: right;”> Dimanche 22 novembre 2020 / RADIO CLASSIQUE
21h : BRUCKNER, Symphonie n°4 “Romantique” – Philharmonique de Munich, Valery Gergiev, direction.
Arhives de l’Orchestre Philharmonique de Munich,dir. Z.Mehta, S.Celibidache (Concerto piano n° 2 de Brahms avec D.Barenboim), J.Levine, E.Jochum (Lied de Reger, avec C.Ludwig)

 

p style=”text-align: right;”> Samedi 21 novembre 2020 / RADIO CLASSIQUE
21h : W.A. Mozart, Sonate K 304 – R. Strauss Sonate op. 18
WE Korngold : garden scene de la suite “much do about nothing”

 

 

 

 

septembre 2020

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 Dim 27 sept 2020, 16h – FRANCE MUSIQUE
Tribune des critiques de disques : STABAT MATER de POULENC
Quelle est la meilleure version enregistrĂ©e ? Ecoute comparative…

 

Ven 11 sept 2020, 21h.
Musiques en FĂȘte ! en direct d’Orange sur France Musique et France 3

MalgrĂ© le contexte sanitaire, voici une soirĂ©e musicale inĂ©dite avec des artistes en live destinĂ©e au plus grand nombre. PrĂ©sentĂ©e par Cyril FĂ©raud (entre autres), cette 10e Ă©dition de « Musiques en fĂȘte » rĂ©unit un plateau de chanteurs pour un mixte de genres mĂȘlĂ©s : airs d’opĂ©ra, d’opĂ©rette, de comĂ©dies musicales, ainsi que des musiques traditionnelles et des chansons françaises

Les mĂ©lodies de Verdi, Donizetti, Bellini s’associent aux airs cultes : “Oh happy day !”, “Calling you”, “La MĂ©lodie du bonheur”, interprĂ©tĂ©s en direct sur France 3 et sur France Musique, depuis la scĂšne du thĂ©Ăątre antique d’Orange.
Se succĂ©dent ainsi sur scĂšne Florian Sempey, Thomas Bettinger, Claudio Capeo, Sara Blanch Freixes, JĂ©rĂŽme Boutillier, Alexandre Duhamel, Julien Dran, Julie Fuchs, Thomas Bettinger, MĂ©lodie Louledjian, Patrizia Ciofi, Fabienne Conrad, Marina Viotti, Florian Laconi, AmĂ©lie Robins, BĂ©atrice Uria-Monzon, Marc Laho, Jeanne GĂ©rard, Anandha Seethaneen, Jean Teitgen. Avec l’Orchestre national de Montpellier Occitanie. Le ChƓur de l’OpĂ©ra de Monte Carlo, Chef de chƓur : Stefano Visconti. La MaĂźtrise des Bouches-du-RhĂŽne. Les Ă©lĂšves des classes CHAM du collĂšge de Vaison la Romaine. ChorĂ©graphies de StĂ©phane Jarny.
Puis les jeunes talents de Pop the Opera, rĂ©unissant une centaine de collĂ©giens et de lycĂ©ens issus d’établissements scolaires de la rĂ©gion Provence-Alpes-CĂŽte d’Azur, interprĂštent plusieurs chansons cultes.

 

 

PROGRAMME

Georges Bizet : Carmen
Giacomo Puccini : Nessun dorma, ext. de Turandot (Act.III)

Charles Trenet
Paul Misraki
Je chante

Charles Gounod
Je veux vivre – Ariette, ext. de RomĂ©o et Juliette

Giuseppe Verdi
Di geloso amor sprezzato, ext. de Le TrouvĂšre (Act.I, Sc.15)

Michel Polnareff
On ira tous au paradis
Hommage Ă  Jean-Loup Dabadie, auteur

Gaetano Donizetti
Io son ricco e tu sei bella (Barcaruola), ext. de L’ Elisir d’amore (Act.II, Sc.3)
Una furtiva lagrima, ext. de L’ Elisir d’amore (Act.II, Sc.12)

Jules Massenet
Profitons bien de la jeunesse, ext. de Manon (Act.III, Sc.10)

Abba : Björn Ulvaeus, Benny Andersson, Stig Anderson Dancing Queen

Bella ciao (Hymne des Partisans italiens)

Anonyme
Paul Misraki

Qu’est-ce qu’on attend pour ĂȘtre heureux ?
ext. de la BO du film Feux de joie de Jacques Houssin

Pop the Opera : collĂ©giens et lycĂ©ens de la rĂ©gion acadĂ©mique Provence-Alpes-CĂŽte-d’azur

Giacomo Puccini
E lucevan le stelle, romance – ext. de Tosca (Act.III, Sc.3)

Giuseppe Verdi
Carlo vive ? , ext. de I masnadieri (“Les Brigands”)
MĂ©lody Louledjian, soprano, Amalia

Di provenza il mar il suol, ext. de La Traviata (Act.II, Sc.13)
JĂ©rĂŽme Boutillier, baryton

Lucio Battisti
E penso a te
Claudio Capeo, chant

Giuseppe Verdi
O Carlo ascolta, ext. de Don Carlo (Act.III, Sc.9)
Pace pace mio Dio, ext. de La forza del destino (“La force du Destin”) – Act.IV Sc.5

Richard Rodgers
Do-Re-Mi (Do le do), ext. de La MĂ©lodie du bonheur
ElĂšves des classes CHAM du collĂšge de Vaison la Romaine

Traditionnel Tsigane de Russie
Medley “Les trois tĂ©nors” : Les Yeux noirs (“Otchi tchornye”), Cielito lindo, O sole mio (“mon soleil »)

Gaetano Donizetti
Deh! tu di un umile preghiera, ext. de Maria Stuarda (Act.III, Sc.14)
Cruda funesta smania, ext. de Lucia di Lammermoor (Act.I, Sc.4)

John Kander
Cabaret
Isabelle Georges, chant

Gioacchino Rossini
La calunnia e un venticello, ext de Le barbier de SĂ©ville (” Il Barbiere di Siviglia”) – Act.I Sc.16 Non piu mesta, ext. de La Cenerentola
Marina Viotti, mezzo-soprano, Angelina dite La Cenerentola

The Edwin Hawkins Singers
Oh Happy Day
Choeur de Gospel

Pablo SorozĂĄbal
No puede se, ext. de la zarzuela “La tabernera del puerto »

Vincenzo Bellini
La tremenda ultrice spada, ext. de
Les Capulets et les Montaigus (“I Capuleti e i Montecchi”) – Act.I
HĂ©loĂŻse Mas, mezzo-soprano

Gaetano Donizetti
O luce di quest’anima, ext. de Linda di Chamounix (Act.I, Sc.10)

Louis Ganne
C’est l’amour, ext. de Les Saltimbanques
Julie Fuchs, soprano, Suzanne
Florian Sempey, baryton, Grand-Pingouin

Bob Telson
Calling You
Ext. de la BO du film américano-allemand réalisé par Percy Adlon
Anandha Seethaneen, chant, membre du gospel “Oh happy day »

Vincenzo Bellini
Ah! non giunge uman pensiero, ext. de La Sonnambula (Act.II, Sc.14)
Amélie Robins, soprano, Amina

Deh! non volerli vittime, ext. de Norma (Act.II, Sc.18)
Fabienne Conrad, soprano, Norma
Marc Laho, ténor, Pollione

Franz Schubert
Ave Maria (Ellens Gesang III, Hymne an die Jungfrau D 839 op. 52 n°6)
Sara Blanch Freixes, soprano

MaĂźtrise des Bouches-du-Rhone
Ivan Petrovitch Larionov
Kalinka (“Petite baie”)
Florian Laconi, ténor
Direction : Didier Benetti

Giuseppe Verdi
Schiudi inferno inghiotti, ext. de Macbeth (Act.I, Sc.11)
Alexandre Duhamel, baryton
BĂ©atrice Uria-Monzon, mezzo-soprano
Jean Teitgen, baryton
Thomas Bettinger, ténor
Jeanne GĂ©rard, soprano

Libiamo nĂš lieti calici, ext. de La Traviata (Act.I, Sc.3)
Patrizia Ciofi, soprano, Violetta
Julien Dran, ténor, Alfredo Germont

Choeur de l’OpĂ©ra de Monte-Carlo dirigĂ© par Stefano Visconti
Orchestre National de Montpellier Occitanie
Direction : Luciano Acocella

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Mardi 8 sept 2020, 20h. HAENDEL : Le Messie.
Concert donnĂ© le 10 juin 2019 en l’Abbaye de Melk dans le cadre du Festival International de JournĂ©es de musique baroque de Melk
Georg Friedrich Haendel
Le Messie HWV 56
Oratorio pour solistes, choeur et orchestre en trois parties sur un livret de Charles Jennens d’aprĂšs des textes bibliques
Charles Jennens, librettiste
Giulia Semenzato, soprano
Terry Wey, contre-ténor
Michael Schade, ténor
Christopher Maltman, basse
Wiener Singakademie
Concentus Musicus de Vienne
Direction : Daniel Harding

 

 

 

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Dim 6 sept 2020, 16h. PUCCINI : TURANDOT.
Tribune des critiques de disques.Quelle meilleure version au disque de l’ultime opĂ©ra de Giacomo Puccini ? Quelle chanteuse a le mieux incarnĂ© la princesse frigide aux 3 Ă©nigmes ?…

 

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Sam 5 sept 2020, 20h. HAENDEL : Agrippina
20h – 23h Samedi Ă  l’opĂ©ra / opĂ©ra donnĂ© le 11 octobre 2019 au Royal Opera House de Londres.

Georg Friedrich Haendel
Agrippina HWV 6
Opera seria en trois actes sur un livret de Vincenzo Grimani, crée le 26 décembre 1709 au Teatro San Giovanni Grisostomo de Venise.
Vincenzo Grimani, librettiste
Joyce Di Donato, mezzo-soprano, Agrippina
Franco Fagioli, contre-tĂ©nor, NĂ©ron, fils d’Agrippina
Lucy Crowe,soprano, Poppea
Iestyn Davies, contre-ténor, Ottone
Gianluca Buratto, basse, Claudio, Empereur romain
Andrea Mastroni, basse, Pallante
Eric Jurenas, contre-ténor, Narciso
José Coca Loza, basse, Lesbo
Orchestre du SiĂšcle des LumiĂšres
Direction : Maxim Emelyanychev
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opera-garnier-apollon-lyreLe 14 juillet 2020, 19h30 en direct : gala spĂ©cial. DUKAS, FAURE, SAINT-SAENS, R STRAUSS, MOZART. En hommage au dĂ©vouement et au courage du personnel soignant et de tous ceux qui ont ƓuvrĂ© en faveur de la collectivitĂ© au cours des derniers mois, l’OpĂ©ra national de Paris organise deux concerts exceptionnels au Palais Garnier, les 13 et 14 juillet 2020. France Musique diffuse en direct le programme du 14 juillet, fĂȘte nationale. Fanfares prĂ©liminaires, sĂ©quence chorale, enfin scĂšne d’opĂ©ra (Mozart), puis conclusion symphonique (la Jupiter et sa rayonnante vitalitĂ©)
 En direct les 13 et 14 juillet sur la page facebook et Youtube de l’OpĂ©ra national de Paris. 1h30 sans entracte

Paul Dukas : Fanfare
pour prĂ©cĂ©der “La PĂ©ri »

Richard Strauss : Feierlicher Einzug
(Einzug der Ritter des Jo-hanniterordens), TrV 224

Gabriel Fauré : Madrigal op. 35
Camille Saint-Saëns: Calme des nuits op. 68 n° 1

MOZART : Le Nozze di Figaro
Ouverture
Hai già vinta la causa »
“”Deh vieni non tardar »
Crudel ! Perché finora farmi languir cosÏ ?
Symphonie n° 41, “Jupiter” en ut majeur (K 551)

Avec Julie Fuchs, StĂ©phane Degout, aux cĂŽtĂ©s de l’Orchestre de l’OpĂ©ra national de Paris sous la direction de Philippe Jordan et des ChƓurs de l’OpĂ©ra national de Paris sous la direction de JosĂ© Luis Basso. Le 14 juillet en direct du Palais Garnier Ă  PARIS.

CHAINE YOUTUBE de l’OpĂ©ra national de Paris
https://www.youtube.com/user/operanationaldeparis
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Cd, critique.. MOSZOWSKI / Etsuko Hirose, piano (1 cd dana cord, 2019)

hirose-etsuko-piano-moszkowski-piano-cd-review-critique-classiquenews-280-finalCd, critique.. MOSZOWSKI / Etsuko Hirose, piano (1 cd dana cord, 2019) – Martha Argerich ne s’est pas trompĂ©e en lui remettant le premier prix de sa compĂ©tition en 1999 : Ă©lĂ©gance, style, musicalitĂ©, et surtout, qualitĂ© rare, mesure et nuances : la japonaise nĂ©e Ă  Nagoya, Etsuko Hirose rĂ©alise dans ce rĂ©cital Moszkowski un somptueux parcours romantique et post romantique oĂč ensorcĂšlent sa science allusive, son toucher de velours, sa technique magistrale, une intelligence expressive superlative 
capables de faire surgir de l’ombre, l’essence enivrĂ©e, extatique des piĂšces choisies (vertigineux « Caprice espagnol » ; Isoldens Tod / Mort d’Isolde, publiĂ©e en 1924, dĂ©dicace Ă  Busoni, ici idĂ©alement exprimĂ©e, vraie esquisse de l’ombre dans l’ombre).

 

 

Sur les pas du magicien Moszkowski
Etsuko HIROSE captive et ensorcùle


 

 

Soucieuse du dĂ©tail, des infimes nuances, Hirose suit les pas de son prĂ©dĂ©cesseur polonais Moritz Moszkowski (1854 – 1925), pianiste virtuose dĂšs ses 19 ans Ă  Berlin, cĂ©lĂ©brĂ© pour sa pudeur et son esprit suggestif Ă  la Chopin, mais aussi violoniste et chef d’orchestre. A Paris, il Ă©pouse la sƓur de CĂ©cile Cheminade, Henriette (1884) : l’union ne durera pas plus de 8 ans, soldĂ©e par un divorce en 1892.

moszkowski-moritz-piano-etsuko-irose-cd-review-cd-critique-classiquenews-clic-de-classiquenews-cd-critique-pianoComme compositeur, le plus parisien des Polonais (comme Chopin), Moszkowski dĂ©ploie une sensibilitĂ© qui revivifie la grande leçon de Liszt (avec lequel il joua et qui l’admirait) mais avec un surcroĂźt d’ñme et d’intĂ©rioritĂ© (Valse opus 34 d’ouverture ; la somptueuse Etude opus 72-13
). En acrobate et poĂ©tesse, Ă  l’imagination ciselĂ©e, Etsuko Hirose sait faire scintiller chaque accent, l’inscrivant dans une architecture mĂ©lodique et harmonique idĂ©alement structurĂ©e ; aucun effet dĂ©monstratif ici, mais l’éclosion et l’essor d’une virtuositĂ© naturelle qui chante et parle (Ă©coutez enchaĂźnĂ©s : les caprices de « Guitare » opus 45-2 ; la cadence frĂ©nĂ©tique et souple du dĂ©jĂ  citĂ© « Caprice espagnol » opus 37), sertie de couleurs intimes Ă©noncĂ©es prĂ©cisĂ©ment et sans heurts (flexibilitĂ© jaillissante et ocĂ©ane de « En automne »), sachant caractĂ©riser sans Ă©paisseur (marche noble de la Polonaise opus 17-1).
CLIC D'OR macaron 200La pianiste a bien raison d’inscrire les Ɠuvres du Polonais mort Ă  Paris, qu’il s’agisse de transcriptions ou d’oeuvres originelles : elle en cristallise la passion romantique et aussi dans un jeu articulĂ© et sobre, l’éloquence intĂ©rieure. Serguei Rachmaninoff ou Vladimir Horowitz choisissaient eux aussi Moszkowski pour complĂ©ter leur rĂ©cital ; de sorte qu’à travers ses choix et filiations, Etsuko Hirose s’inscrit elle-mĂȘme dans une tradition prestigieuse du clavier, une certaine conception sonore et esthĂ©tique qui est celle des plus grands pianistes poĂštes (transcription de Carmen de Bizet, riche d’arriĂšres plans et contre chants superbement agencĂ©s dans un sentiment d’urgence et de finesse). Magistral, donc CLIC de classiquenews du printemps 2020.

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Cd, critique.. MOSZOWSKI / Etsuko Hirose, piano (1 cd dana cord, – enregistrĂ© Ă  PARIS, oct et nov 2019 – piano grand concert Bechstein) – CLIC de CLASSIQUENEWS – prise de son dĂ©taillĂ©e avec relief et profondeur.

 

 

CORONAVIRUS : le secteur du spectacle classique trÚs durement frappé

virus-covid-coronavirus-2020CORONAVIRUS : annulations, reports… le secteur des spectacles classiques durement touchĂ©. Dans son communiquĂ© datĂ© du 11 mars, le collectif Forces musicales (syndicat professionnel des thĂ©Ăątres d’opĂ©ras et des orchestres) exprime ses grandes inquiĂ©tudes aprĂšs les mesures de restriction visant la jauge des salles, dĂ©plorant dĂ©jĂ  100 000 billets Ă  rembourser ; et l’OpĂ©ra National de Paris annonce l’annulation de ses productions lyriques et chorĂ©graphiques de mars et avril
 Des informations bien peu rassurantes au moment oĂč le PrĂ©sident de la RĂ©publique s’adresse ce soir Ă  la Nation


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Communiqué de Forces Musicales :

« Les maisons d’opĂ©ra et orchestres permanents subissent trĂšs directement l’interdiction annoncĂ©e en dĂ©but de semaine des rassemblements de plus de 1000 personnes

Impliquant de nombreuses annulations ou des rĂ©ductions de jauge drastiques, les mesures prises gĂ©nĂšrent des pertes considĂ©rables Ă  un moment stratĂ©gique de notre activitĂ© (cƓur de saison et annonce de la prochaine), sans compter les pertes de rĂ©servations pour les spectacles Ă  venir.
À ce jour, alors que les premiĂšres mesures sont prises pour se conformer Ă  ces restrictions, nous pouvons dĂ©jĂ  constater que plus de 100 000 billets sont Ă  rembourser !

La continuité de notre activité est également menacée par les restrictions touchant à la mobilité internationale des artistes, essentielle aux activités lyrique et symphonique.
De nombreuses annulations risquent de s’imposer Ă  nos maisons avec des consĂ©quences pouvant conduire trĂšs rapidement vers des situations d’activitĂ© partielle et de chĂŽmage technique.

Déjà en forte tension du fait de la stagnation des financements publics et des crises antérieures, nos budgets ne sont pas en mesure de supporter les pertes immédiates, ni les manques à gagner à venir.

Au moment de mobiliser des moyens exceptionnels, nous appelons le gouvernement Ă  prendre en considĂ©ration notre secteur. Il en va de la pĂ©rennitĂ© de nos activitĂ©s et de l’emploi des artistes et des personnels qui travaillent dans nos structures ».

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CommuniquĂ© de l’OpĂ©ra de Paris :

Pour faire suite Ă  l’arrĂȘtĂ© du 9 mars 2020 portant diverses mesures relatives Ă  la lutte contre la propagation du virus Covid-19, dont l’interdiction jusqu’au 15 avril des rassemblements publics de plus de 1 000 personnes, l’OpĂ©ra National de Paris adresse ce communiquĂ© de presse datĂ© du 11 mars :

« En application de l’arrĂȘtĂ© du 9 mars 2020 portant diverses mesures relatives Ă  la lutte contre la propagation du virus Covid-19, dont l’interdiction jusqu’au 15 avril des rassemblements publics de plus de 1 000 personnes, l’OpĂ©ra national de Paris a pris la dĂ©cision d’annuler toutes les reprĂ©sentations des productions suivantes :

Manon, du 13 mars au 10 avril Ă  l’OpĂ©ra Bastille
George Balanchine, du 12 mars au 1er avril Ă  l’OpĂ©ra Bastille
Le spectacle de l’Ecole de Danse, du 25 au 30 mars au Palais Garnier
Don Giovanni, du 21 mars au 24 avril au Palais Garnier

Les spectateurs ayant des places pour ces spectacles seront remboursés.

Les reprĂ©sentations prĂ©vues Ă  l’AmphithĂ©Ăątre (500 places) et au Studio (230 places) de l’OpĂ©ra Bastille sont maintenues, de mĂȘme que les visites des espaces publics du Palais Garnier.

L’OpĂ©ra national de Paris espĂšre avoir la possibilitĂ© de prĂ©senter au public les nouvelles productions, actuellement en rĂ©pĂ©tition, de L’Or du Rhin, de La Walkyrie et des spectacles de ballet d’Alan Lucien Oyen et de Mayerling.
La direction de l’OpĂ©ra national de Paris communiquera Ă  ce sujet au vu de l’évolution de la situation. »

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Toutes les infos sur le CORONAVIRUS : https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus

 

A SAANEN, Hilary HAHN joue les Concertos de JS BACH

hahn-hilary-violon-concert-classiquenews-GSTAAD-saanen-2019-classiquenews-critique-concert-review-concertARTE. Dim 15 mars 2020, 19h. Hilary HAHN joue JS BACH. En complicitĂ© avec la Deutsche Kammerphilharmonie de BrĂȘme, la violoniste amĂ©ricaine Hilary Hahn joue les Concertos pour violon en la mineur et en mi majeur de J-S Bach. Les deux partitions accompagnent la violoniste depuis ses dĂ©buts. La soliste relĂšve le dĂ©fi sous la voĂ»te de l’église rustique de Saanen : un haut lieu de musique et de partage depuis qu’en 1957, l’illustre et lĂ©gendaire Yehudi Menuhin y offrait les premiers concerts qui allaient devenir le noyau du GSTAAD MENUHIN Festival, Ă  prĂ©sent 1er festival de musique classique en Suisse. La voĂ»te en bois offre une acoustique exceptionnelle qui se prĂȘte aux concerts de musique de chambre comme de musique concertante
 Au programme : «Concerto pour violon», en la mineur, BWV 1041, de Bach ; «Concerto pour violon», en mi majeur, BWV 1042, de Bach. DurĂ©e : 45 mn.

 

Programme

Johann Sebastian Bach (1685-1750)
Choral «Kyrie, Gott Vater in Ewigkeit» / «Nun lob, mein Seel, den Herren» (sung by the orchestra).
Violin Concerto in A Minor, BWV 1041.
Choral «Es ist genug» / «Verleih uns Frieden gnÀdiglich» / «Christ lag in Todesbanden».
Violin Concerto in E Major, BWV 1042 (15â€Č).

Hilary Hahn, violon
Die Deutsche Kammerphilharmonie Bremen
Omer Meir Wellber, Harpsichord & direction

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VIDÉO
sur le site du GSTAAD MENUHIN FESTIVAL oĂč a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© ce programme rĂ©jouissant (Ă©tĂ© 2019), visionner l’entretien Ă  deux de Hilary Hahn et Omer Meir Ă  propos de BACH
https://www.gstaaddigitalfestival.ch/video/hilary-hahn-and-omer-meir-wellber-talk-about-bach/

CD, événement, critique. SCHUBERT : Symphonies 4 et 6 D 417, D 589. Kammerorchester Basel, Heinz Holliger (1 cd SONY classical, 2018)

SCHUBERT HOLLIGER 4 et 6 D417 et D589 SONY classical critique cd review classiquenewsCD, Ă©vĂ©nement, critique. SCHUBERT : Symphonies 4 et 6 D 417, D 589. Kammerorchester Basel, Heinz Holliger (1 cd SONY classical, 2018)  -  Quand Schubert (20 ans) tente de percer sur la scĂšne viennoise, Rossini (30 ans) rĂšgne sans partage : les Viennois ayant toujours, depuis le XVIIĂš marquĂ© leur prĂ©fĂ©rence pour les Italiens : ils applaudissent Tancredi (1816-1818). Le Viennois emprunte ainsi Ă  son ainĂ©, une sĂ©duction mĂ©lodique, des accents rythmiques, un entrain qui façonne l’Ouverture, dans le style italien, D 590. Heinz Holliger, musicien Ă©mĂ©rite, instrumentiste ciselĂ© tĂ©moigne ici d’un rĂ©el sens instrumental, confĂ©rant Ă  l’Ouverture rossinienne et aussi Ă  la Symphonie n°6 (Ă©crite Ă  21 ans en 1818), leur allant jovial, brillant et vivace, exprimant aussi cette dĂ©termination beethovĂ©nienne, mais toujours dans un sens dansant. La D 589 est dite Grande Symphonie, et annonce directement la somptueuse D 944, aux dimensions prĂ©brucknĂ©riennes. La 6Ăš exprime un bouillonnement d’idĂ©es, Ă  peine dĂ©veloppĂ©es, oĂč rayonne le tapis scintillant des cordes, et surtout le caquetage virtuose, vif argent des bois, d’une exceptionnelle pĂ©tulance.

La Symphonie n°4 dite « tragique », D417, restituĂ©e ici dans son urgence et sa vitalitĂ© premiĂšre, est plus intĂ©ressante encore car son premier mouvement intĂšgre un nouvel Ă©lĂ©ment, plus vif et nerveux, voire frĂ©nĂ©tique avec des Ă©clairs rythmiques mordants qui indiquent clairement une intranquillitĂ© angoissĂ©e (Allegro vivace), et une trĂ©pidation rythmique (tutti secs scandĂ©s au dĂ©but du 3Ăš mouvement Menuetto) dans l’esprit de la 5Ăš de Beethoven. Cette fougue nouvelle qui semble unir le comique et le tragique, comme la danse d’un Arlequin insatisfait, marque la spĂ©cificitĂ© d’un Schubert remarquablement juste. La permanence du changement et de la mĂ©tamorphose est au centre de cette esthĂ©tique, probable influence des Ă©crits de MatthĂ€us von Collin, proche de Schubert. L’ultime Allegro exprime au plus haut point cette Ă©nergie devenue incandescence, sur un tempo des plus enlevĂ© et oxygĂ©nĂ©.

CLIC_macaron_2014Les instrumentistes du Kammerorchester Basel savent dĂ©tailler les timbres, assurer une tension permanente, avec un sens dramatique digne d’un opĂ©ra, sans omettre la pulsion Ă©nergique souveraine. L’équilibre du chef entre prĂ©cision, clartĂ©, tension expressive assure Ă  cette lecture une incontestable rĂ©ussite. D’autant que la sonoritĂ© et le format sonore Ă©cartent toute Ă©paisseur. VoilĂ  qui Ă©claire dans la suite d’un Claudio Abaddo (remarquable lecture des symphonies ultimes, 8 et 9 chez DG), la singularitĂ© profonde de Schubert sur la scĂšne orchestrale, pourtant ainsi Ă©crasĂ© entre Rossini et Beethoven. D’ailleurs, lui-mĂȘme ne put jamais Ă©couter ses Ɠuvres symphoniques car le premier concert jouant ses Ɠuvres remonte Ă  dĂ©c 1828 (Redoutensaal), soit un mois aprĂšs sa mort
 Est ce une intĂ©grale du Schubert symphoniste ? On le souhaite vivement. Holliger s’y affirme des plus affĂ»tĂ©s et inspirĂ©s. A suivre.

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CD, Ă©vĂ©nement, critique. SCHUBERT : Symphonies 4 et 6 D 417, D 589. Kammerorchester Basel, Heinz Holliger (1 cd SONY classical – enregistrement rĂ©alisĂ© en oct 2018). CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2020.

CD, coffret Ă©vĂ©nement. KARAJAN: The complete DECCA recordings (33 cd, DECCA / 1957 – 1978)

karajan-the-complete-decca-recordings-wiener-philh-review-cd-critique-opera-concert-classiquenewsCD, coffret Ă©vĂ©nement. KARAJAN: The complete DECCA recordings (33 cd, DECCA / 1957 – 1978) – Voici un coffret miraculeux qui tĂ©moigne du travail de Herbert Von Karajan (HVK) de la fin des annĂ©es 1950 (1959 quand il devient directeur de l’OpĂ©ra de Vienne) jusqu’à 1978 (enregistrement des Nozze di Figaro en mai 1978 avec un plateau rĂ©jouissant : Krause, Cotrubas, Van Dam, Von Stade
 on reste plus rĂ©servĂ© sur la Comtesse de Tomowa-Sintov). Ainsi est rĂ©capitulĂ©e deux dĂ©cennies de direction artistique oĂč Karajan peaufine la sonoritĂ© orchestrale idĂ©ale, entre tension et dĂ©tail, architecture et Ă©loquence expressive. Toutes les rĂ©alisations orchestrales concernent ici les Wiener Philharmoniker, idoines, si naturels chez Strauss (Richard et Johann dont la version de Die Fledermaus de 1960, est avec celle de Kleiber, anthologique, jubilatoire, vrai joyau comique et thĂ©Ăątral, avec cerise sur le gĂąteau, le fameux gala oĂč vĂ©ritable rĂ©cital lyrique dans l’opĂ©ra, les invitĂ©s du prince Orlowsky / Resnik, en son salon, se succĂšdent, offrant une synthĂšse des belles voix des sixties : Tebaldi, un rien fatiguĂ©e ; Corena en français ; Nilsson ; del Monaco ; Berganza, Sutherland, Björling, Price, Simionato
 excusez du peu, autant de solistes que l’on retrouve par ailleurs dans les productions lyriques intĂ©grales qui composent aussi le coffrer). Il est vrai que Karajan autour de la cinquantaine, est le chef Ă©mergeant, surtout avec le dĂ©cĂšs des maestros Klemperer, Böhm, Fricsay
 en trĂšs peu de temps, le chef salzbourgeois impose sa pĂąte Ă  la fois hĂ©doniste quand aux Ă©quilibres sonores, et toujours en quĂȘte de profondeur, ce supplĂ©ment d’ñme dont a parlĂ© Pavarotti (dans La BohĂšme avec la Mimi lĂ©gendaire de Mirella Freni, seul enregistrement du coffret rĂ©alisĂ© avec les « autres » instrumentistes choisis par HVK : les Berliner Philharmoniker, en 1972).

CLIC D'OR macaron 200Il est vrai que l’époque est celle des enregistrements mythiques de Decca en studio, spatialisĂ©, avec un nombre suffisant de micros pour crĂ©er l’illusion des dĂ©placements et des situations (une conception poussĂ©e encore plus loin, pour les enregistrements simultanĂ©s de Solti en particulier chez Wagner : premier Ring stĂ©rĂ©o, rĂ©alisĂ© aussi Ă  Vienne dĂšs 1958 et jusqu’en 1964)
 Pour se faire Karajan a trouvĂ© son producteur / ingĂ©nieur idĂ©al en la personne de John Culshaw, partenaire d’une sensibilitĂ© musicale au moins Ă©gale Ă  celle du chef : le duo produira des chefs d’oeuvres studio aussi bien lyriques que symphoniques
 dont tĂ©moignent le prĂ©sent coffret : Aida de 1959 avec Tebaldi, Bergonzi, Simoniato
 Les PlanĂštes de Holst, Peer Gynt de Grieg (1961, cd7) ; remarquable KARAJAN-1960Bundesarchiv_Bild_183-S47421,_Herbert_von_Karajan-classiquenews-critique-cd-concerts-opera-classiquenewsd’articulation et de vitalitĂ© aĂ©rĂ©e, Giselle d’Adam (sept 1961, 10) ; Otello de Verdi (Tebadlo, Del Monaco
 mai 1961) ; Tosca (Price, Di Stefano, Taddei (sept 1962) ; enfin Carmen (Price, Corelli, Freni, Merrill
, nov 1963) ; les derniĂšres productions Ă  partir des annĂ©es 1970 ne concernent plus Culshaw (Boris, 1970 ; La BohĂšme dĂ©jĂ  citĂ©e de 1972 ; Butterfly avec Freni, Pavarotti, Ludwig Kerns, 1974 ; enfin les Nozze de 1978). L’apport est majeur, et dĂ©jĂ  connu car il a Ă©tĂ© intĂ©grĂ© dans de prĂ©cĂ©dentes intĂ©grales Karajan (Ă©ditĂ©es par DG). La quintessence du son Karajan se dĂ©voile ici dans son sens du dĂ©tail, de l’intĂ©rioritĂ© ; dans la caractĂ©risation psychologique de sa conception des rĂŽles Ă  l’opĂ©ra ; dans la plĂ©nitude sonore, ronde et ciselĂ©e que seul les Wiener Philharmoniker ont su lui proposer. Coffret Ă©vĂ©nement. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2020.

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LIRE aussi le RING de WAGNER par Solti et John Culshaw (1958-1964)
https://www.classiquenews.com/cd-coffret-evenement-wagner-der-ring-des-nibelungen-georg-solti-1958-1964-cd-decca/

POITIERS. GRISEY, MICHAUD, LEDOUX au TAP

tap-poitiers-classiquenews-grisey-michaud-ledoux-la-voie-ars-nova-niente-critique-annoncePOITIERS, TAP. Jeudi 26 mars 2020. SPECTRE(S) : Grisey, Michaud, Ledoux. Immersions modernes, contemporaines pilotĂ©es par le collectif en rĂ©sidence au TAP de Poitiers : Ars Nova. GĂ©rard Grisey (1946-1998), compositeur majeur du 20Ăšme siĂšcle interroge le spectre du son, le grain du timbre
 longueur, hauteur, profondeur, horizon spectrale inĂ©dit. L’approche fut inĂ©dite et vraie porte au pur onirisme. PĂ©riodes (1974) et Partiels (1975) sont deux chefs-d’Ɠuvre du rĂ©pertoire contemporain instrumental. En leur donnant un nouveau dĂ©but, 
niente
 de Pierre Michaud, et une nouvelle suite, Le vide parfait de Gabriel Ledoux, deux commandes de l’Ensemble Ars Nova, Jean-MichaĂ«l Lavoie et les musiciens de l’ensemble français rĂ©tablissent un lien organique entre 3 partitions distinctes mais fraternelles. Exemple parfait de la mutation permanente des choses, la soie sonore s’étire, hors du temps, Ă  travers les 3 Ɠuvres jouĂ©es / reçues comme un triptyque ininterrompu. L’impression sonore est celle d’un vortex planant d’oĂč Ă©mergent et scintillent des vibrations caractĂ©risĂ©es permises par le jeu des archets, comme des rĂąles rauques, viscĂ©raux, qui Ă©vaporent la matiĂšre et dissolvent le temps. L’auditeur spectateur flotte entre deux silences, deux murmures, hors temps, comme il est dit dans la prĂ©sentation de la piĂšce 
 Niente
 de Pierre Michaud (crĂ©Ă©e en oct 2018 au TAP par Ars Nova dĂ©jĂ ), « construction et destruction
 la nuit et le jour 
le changement des saisons
 inspiration et expiration ». La vie s’écoule jamais la mĂȘme et pourtant cyclique. Fascinant.

 

 

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POITIERS, TAPboutonreservation
Jeudi 26 mars 2020,
Jean-Michaël Lavoie direction
Ensemble Ars Nova 18 musiciens

> Pierre Michaud : 
niente
 pour quatuor à cordes et dispositif audiovisuel (2018)
> Gérard Grisey : Périodes pour ensemble, Partiels pour ensemble
> Gabriel Ledoux : Le vide parfait (création)

RÉSERVEZ DIRECTEMENT VOS PLACES sur le site du TAP POITIERS
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/spectres/
Durée : 1h20

Rencontre avec Jean-MichaĂ«l Lavoie, directeur artistique d’Ars Nova,
Ă  l’issue de la reprĂ©sentation le 26 mars 2020

 

 

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VIDÉO

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=IhNmCTWqemY&feature=emb_logo

 

 

CD événement, critique. GERVAIS : Hypermestre, 1717 (Vashegyi, 2 cd Glossa, 2018)

gervais-hypermestre-opera-1717-cd-review-critique-cd-classiquenews-vashgyi-critique-opera-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. GERVAIS : Hypermestre, 1717 (Vashegyi, 2 cd Glossa, 2018). Avant l’immense Rameau qui clĂŽt de façon spectaculaire et visionnaire, le XVIIIĂš, figure en bonne place des faiseurs d’opĂ©ras aux cĂŽtĂ©s de Campra, Destouches
Charles-Hubert Gervais (1671-1744), ami du rĂ©gent Philippe d’OrlĂ©ans, devint dĂšs 1723, sous-maĂźtre de la chapelle de Louis XV. Son ouvrage Hypermnestre (1716), marquant la fin du grand rĂšgne (Louis XIV, mort en 1714) reste le plus fameux de ses 4 opĂ©ras. Il est mĂȘme jouĂ© aprĂšs la mort de Rameau jusqu’en 1766, preuve qu’il s’agissait alors d’une valeur sĂ»re du rĂ©pertoire (le Prologue revĂȘt des accents puissants qui annoncent Rameau). Le chef hongrois, Gyorgy VASHEGYI, dĂ©fenseur du Baroque français, restitue ici la version rĂ©visĂ©e de 1717, mais avec en bonus, la fin originelle (de 1716) ; Ă  chacun de choisir sa prĂ©fĂ©rĂ©e. L’histoire est d’une noirceur tragique mettant en scĂšne un assassinat collectif, celui des 49 fiancĂ©s des 49 sƓurs d’Hypermestre, loyales au pĂšre qui appelle Ă  la vengeance de leur clan. Salieri mettra bientĂŽt en musique le sujet (Les DanaĂŻdes, 1784), mais avec ce caractĂšre de grandeur ampoulĂ©e pas toujours vraisemblable. Gervais garde une dimension humaine et expressive plus naturelle. TroublĂ©e, Hypermestre hĂ©site entre devoir et amour : obĂ©ir au pĂšre DanaĂŒs, aimer son fiancĂ© LyncĂ©e. En plus d’ĂȘtre sanglant et terrifique, l’opĂ©ra de Gervais, est aussi fantastique et surnaturel : au I, il imagine le fantĂŽme d’Argos, dĂ©tronĂ© par DanaĂŒs en un tableau spectral assez rĂ©ussi. Le compositeur demeure fidĂšle Ă  l’esprit et au style de Lully, introduisant plusieurs danses, dont l’une serait de la main du RĂ©gent, et comme Rameau, indique un goĂ»t manifeste pour l’Italie.

Le maestro Vashegyi confirme son appĂ©tence et sa comprĂ©hension de la musique française avec cette implication gĂ©nĂ©reuse, ce sens du drame et de l’articulation, dĂ©lectables. Offrant de somptueux Ă©pisodes orchestraux (Ouverture, intermĂšdes et danses du IV).

LyncĂ©e de luxe, Mathias Vidal Ă©tincelle vocalement, douĂ© d’un relief dramatique qui ne laisse pas neutre ; face Ă  lui, l’Hypermestre de la soprano Katherine Watson, par laquelle vient le « miracle de l’amour », semble Ă©trangĂšre aux enjeux qu’elle est sensĂ©e provoquer et mesurer ; manque de souffle, manque de passion. Thomas DoliĂ© reste lui aussi rĂ©servĂ© et incarne un DanaĂŒ pas assez terrible et noir. La rĂ©vĂ©lation est totale et justifie totalement cette gravure souhaitons le salutaire pour la partition.

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CLIC D'OR macaron 200CD Ă©vĂ©nement, critique. GERVAIS : Hypermestre, 1717 (Vashegyi, 2 cd Glossa, 2018) – Katherine Watson (Hypermnestre), Mathias Vidal (LyncĂ©e), Thomas DoliĂ© (DanaĂŒs), Chantal Santon-Jeffery (une Égyptienne), Manuel Nuñez Camelino (un Égyptien), Juliette Mars (Isis), Philippe-Nicolas Martin (le Nil, l’Ombre de GĂ©lanor), Purcell Choir, Orfeo Orchestra, dir. György Vashegyi (sept 2018). 2h25.

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LIRE aussi notre annonce de la recrĂ©ation d’Hypermestre de Gervais par Gyorgy VASHEGYI, direct live depuis le MUPA de Budapest le 18 sept 2018.
http://www.classiquenews.com/hypermnestre-de-gervais-1716-recreation-baroque-a-budapest/

Fille du roi Danaos, Hypermnestre (l’aĂźnĂ©e de toutes) est la seule parmi ses sƓurs sanguinaires (50 au total), a Ă©pargnĂ© son Ă©poux, LyncĂ©e (car le soir de leurs noces, il a su Ă©pargner sa virginitĂ©). LyncĂ©e vengea le meurtre de ses frĂšres en assassinant toutes les DanaĂŻdes qui en furent les criminelles, ainsi que l’ordonnateur du massacre, le roi Danaos (qui Ă©tait pourtant le protĂ©gĂ© d’AthĂ©na). LyncĂ©e devint roi d’Argos

QUATUOR MANFRED : BERLIN Paradise

manfred-quatuor-concert-critique-classiquenews-berlin-paradise-low-defPARIS, Mer 26 fĂ©v 2020 : QUATUOR MANFRED, “Berlin Paradise”. PortĂ© par les membres du Quatuor MANFRED, jamais en reste d’un risque nouveau, « Berlin Paradise » est un voyage musical Ă  Berlin pendant les annĂ©es folles, convoquant le tourbillon artistique et utopique dont l’issue irrĂ©pressible sera l’auto destruction et la folie hitlĂ©rienne. Des espoirs portĂ©s par une insouciance collective y sont avortĂ©s et accouchent de la fin de la civilisation. C’est ainsi que le meilleur de l’humanitĂ© peut si l’on n’y prend pas garde, prĂ©luder au pire
 ImaginĂ© par le Quatuor Manfred et la chanteuse Marion Rampal, avec le saxophoniste Thomas Savy, le programme interroge le rĂ©pertoire berlinois des annĂ©es 20 aux annĂ©es 40, de Kurt Weill Ă  Hollaender ; y paraissent des lĂ©gendes iconiques dĂ©sormais, allĂ©gorie d’un art de vivre aussi impertinent que fragile, Marlene Dietrich et Lotte Lenya.

Tout commence dans le Berlin mythique de la rĂ©publique de Weimar qui aura durĂ© 15 ans (1918 – 1933). La jeunesse s’émancipe contre l’ordre moral bourgeois : « les jeunes filles coupent leurs cheveux Ă  la garçonne, l’androgynie devient un critĂšre de mode, l’homosexualitĂ© est reconnue et dĂ©fendue, les utopies politiques s’affirment. Les artistes survoltĂ©s s’empressent de casser les codes, quittent le chemin tracĂ© du classicisme, investissent les cabarets, partent Ă  la dĂ©couverte du jazz, se jettent avec frĂ©nĂ©sie sur le cinĂ©ma, exaltent la liberté de pensĂ©e
. ».

Mais ce nouveau monde, telle une chimĂšre s’écroule sous le coup de la crise financiĂšre (krach de 1929) et de la grande dĂ©pression de 1930 qui s’en suit ; Berlin, trop frĂȘle rempart artistique et culturel contre l’inexorable montĂ©e du nazisme, n’est-il qu’un leurre ?
 « Comment rĂ©sister ? Pourquoi devoir cesser de croire Ă  la possibilitĂ© du bonheur ? » / NouveautĂ© discographique du Quatuor MANFRED : Bye Bye Berlin! Marion Rampal &Quatuor Manfred (Harmonia Mundi)

QUATUOR MANFRED
PARIS, Bal Blomet
26 février 2020, 20h30
RÉSERVEZ
Jazz & Music Hall
http://www.balblomet.fr/events/berlinparadise/

Marion RAMPAL (chant)
Thomas SAVY (saxophone)

Roméo et Juliette de Tchaikovsky

tchaikovski Pyotr+Ilyich+Tchaikovsky-1France Musique, dim 23 fĂ©v 2020, 16h. RomĂ©o et Juliette de Tchaikovski. La tribune des critiques de disques. Quelle est la meilleure version enregistrĂ©e de la partition du compositeur russe romantique ? Ce n’est qu’en 1886, que Tchaikovski valide la version dĂ©finitive de son ouverture, d’aprĂšs Shakespeare, RomĂ©o et Juliette, les amants maudits mais sublimes de VĂ©rone. Ayant prĂ©sentĂ© la premiĂšre version dĂšs 1870 (crĂ©Ă©e cette annĂ©e lĂ  en mars Ă  Moscou), Piotr Illiytch rĂ©pond Ă  la demande pressante du fondateur du Groupe des Cinq, Balakirev ; lui-mĂȘme avait composĂ© un remarquable Roi Lear. Tchaikovski lui emboĂźte le pas et exprime sa passion shakespearienne.
logo_france_musique_DETOURELa partition rĂ©alise alors le dessein du groupe des Cinq : Ă©lever l’écriture musicale russe Ă  l’égal de la musique occidentale symphonique. Pari rĂ©ussi par Piotr Illiytch qui fusionne les deux tendances, dĂšs le dĂ©but avec l’exposition prĂ©alable du thĂšme de frĂšre Laurent, complice et marieur des amants, qui s’inspire d’un choral russe.

CD, critique. BEETHOVEN : Complete Fortepiano Concertos. Arthur Schoonderwoerd, Cristofori ( 3 cd Alpha « Black Box »)

cd alpha beethoven complete fortepiano concertos arthur schoonderwoaerd cristofori cd classiquenews dossier beethoven 2020 review critique cd classiquenewsCD, critique. BEETHOVEN : Complete Fortepiano Concertos. Arthur Schoonderwoerd, Cristofori ( 3 cd Alpha « Black Box »). L’option est rĂ©vĂ©latrice et rĂ©pond aux promesses exprimĂ©es : qu’avons nous Ă  gagner des instruments historiques si l’on perd la puissance et la suavitĂ© du son ? 
 « Tout ! » 
semblent nous rappeler les interprĂštes de cette version dĂ©poussiĂ©rante
 Sur un pianoforte d’aprĂšs Walter (vers 1800), Arthur Schoonderwoerd restitue un Beethoven rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e dans le sens du relief incisif, en couleurs intensifiĂ©es mais moins puissantes certes, mais d’autant plus caractĂ©risĂ©es grĂące au timbre de chaque instrument, un par partie. L’articulation s’en ressent et avec elle, la prĂ©cision de l’éloquence, la fluiditĂ© du discours musical, et aussi la complicitĂ© versatile entre les instrumentistes. Le rĂ©sultat est chambriste moins symphonique, et le contrepoint gagne en acuitĂ© ce que le souffle perd en puissance. Parfaitement dessinĂ©, troublant par les magie des timbres mĂȘlĂ©s et rehaussĂ©s, ce Beethoven prend tout son sens au XXIĂš, au moment de son 250Ăš anniversaire ; l’apport des instruments anciens ne pouvait ĂȘtre mieux explicitĂ©, ni plus convaincant. Dans cette arĂšne picturale oĂč chaque note compte par sa singularitĂ© propre, Beethoven devient gĂ©nie de l’éloquence autant cĂ©rĂ©bral que viscĂ©ral. Un son nouveau, revivifiant. Un vrai coup de nettoyage. Tout ce que l’on espĂ©rait vivre grĂące aux instruments anciens et aux gestes inspirĂ©s qui les animent.

COMPTE-RENDU, opéra. NEW YORK, Met, le 1er fév 2020. GERSHWIN : Porgy and Bess.David Robertson / James Robinson


COMPTE-RENDU, opéra. NEW YORK, Met, le 1er fév 2020. GERSHWIN : Porgy and Bess.David Robertson / James Robinson
. Avec Wozzeck, dirigĂ© par Yannck NĂ©zet-SĂ©guin, voici l’autre production Ă©vĂ©nement qui atteste de l’excellente santĂ© artistique du Met
 Porgy and Bess (1935) fait un retour remarquĂ© et rĂ©ussi sur la scĂšne du Met aprĂšs plus de 30 annĂ©es d’absence, avec retransmission en direct en bonus, – trĂšs apprĂ©ciĂ©. L’opĂ©ra black que Georg Gershwin Ă©crit avec son frĂšre Ira (pour le livret) doit ĂȘtre chantĂ© par une distribution uniquement black : clause respectĂ©e ici Ă  la lettre
 La mise en scĂšne de James Robinson ressuscite ainsi le village de Catfish Row et ses habitants si attachants. Pour dĂ©cor unique, une vaste rĂ©sidence d’un Ă©tat du sud amĂ©ricain, oĂč l’action prend place dans chaque piĂšce ; sa mobilitĂ© puisque le dispositif tourne sur lui-mĂȘme dynamise tous les ensembles, en particulier les danses et les chƓurs dont le souffle collectif si essentiel au sujet est assurĂ© par le chƓur du Met trĂšs bien chauffĂ© (trĂšs rĂ©ussi, solide et prenant, choeur « Gone, gone, gone »). La ferveur en Dieu relĂšve toujours cette humanitĂ© tant de fois mise Ă  terre


 

 

image

 

 

Dans la fosse, le chef David Robertson rend grĂące Ă  une partition qui Ă©lĂšve le jazz au genre opĂ©ra, soulignant l’éclat de l’orchestration qui fait la part belle aux cuivres. C’est carrĂ©, solide, percutant, incisif car certains protagonistes ne font rien dans la dentelle
 s’ils ne tirent un profit concret et immĂ©diat. Rien Ă  dire Ă  l’ensemble des chanteurs dont l’égal investissement renforce les dĂ©tails de cette fresque humaine trĂšs prenante.

Voir le plateau général :

https://www.youtube.com/watch?v=NghjBMn6ZJM&feature=emb_logo

 

 

Le couple Jake / Clara (Donovan Singletary et Golda Schultz) offrent des profils puissants et sensuels de leur personnage (convaincant Summertime du dĂ©but par Golda Schultz). Belle Ă©nergie aussi pour Denyce Grave aux graves sirupeux et assurĂ©s (Maria), capables de faire face aux manipulations du dealer sans scrupules et venimeux Sportin’life (trĂšs juste et mĂȘme mordant comme un serpent, Frederik Ballentine, au trĂšs sensuel lui aussi It ain’t necessarily so). Troublante et touchante, saluons la Serena trĂšs humaine de Latonia Moore dans son air de femme trahie, abandonnĂ©e (My man’s gone now) ; comme le presque mystĂ©rieux et fin Crown de Alfred Walker (acte II surtout) : on comprend que Bess un temps se soit entichĂ©e de lui, pour revenir vers Porgy. D’autant que le Porgy de Eric Owens s’inscrit lui aussi dans une humanitĂ© sobre et caractĂ©risĂ©e, voire naĂŻve et candide, dont la vĂ©ritĂ© fait relief (beau duo avec la Bess d’Angel Blue).

 
porgy-and-bess-metropolitan-opera-new-york-critique-annonce-opera-classiquenews

 

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VIDEO, extrait, duo Porgy / Bess :

Eric Owens et Angel Blue dans le duo de Porgy and Bess’s (Acte I) – avec citation du motif de Summertime
 FilmĂ© lors de la gĂ©nĂ©rale – Production: James Robinson. Conductor: David Robertson. 2019–20 season.

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=dQb3FxyKw-c&feature=emb_logo

 

 

 

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A l’affiche du METROPOLITAN OPERA NEW YORK : Porgy and Bess
Direction : David Robertson. Mise en scĂšne : James Robinson. Angel Blue (Bess), Eric Owens (Porgy), Golda Schultz (Clara), Latonia Moore (Serena), Denyce Graves (Maria), Frederick Ballentine (Sportin’ Life), Alfred Walker (Crown), Donovan Singletary (Jake)
 Le 1er fĂ©vrier 2020. Reprise : 28 mars, 30 mars, 1er et 5 avril 2020. Illustration : © K Howard / Metropolitan Opera NY

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CD, critique. STRAUSS : lieder / DIANA DAMRAU / MARISS JANSONS (1 cd ERATO, janv 2019)

diana-damrau-strauss-lieder-cd-critique-opera-critique-classiquenews-richard-strauss-vier-letzte-liederCD, critique. STRAUSS : lieder / DIANA DAMRAU / MARISS JANSONS (1 cd ERATO, janv 2019). D’abord, analysons la lecture des lieder avec orchestre : Diana Damrau, soprano allemande, mozartienne et verdienne, au sommet de son chant charnel et clair, parfois angĂ©lique, se saisit du testament spirituel et musical du Strauss octogĂ©naire, le plus inspirĂ©, qui aspire alors Ă  cette fusion heureuse, poĂ©tique, du verbe et de la musique en un parlĂ© chantĂ©, « sprechgesang » d’une absolue plasticitĂ©. Une lecture extrĂȘmement tendre Ă  laquelle le chef Mariss Jansons (l’une de ses derniĂšres gravures rĂ©alisĂ©es en janvier 2019 avant sa disparition survenue en nov 2019) sait apporter des couleurs fines et dĂ©taillĂ©es ; une profondeur toute en pudeur.

NĂ©e en BaviĂšre comme Strauss, Diana Damrau rĂ©alise et concrĂ©tise une sorte de rĂȘve, d’évidence mĂȘme en chantant le poĂšte compositeur de sa propre terre. Strauss Ă©tait mariĂ© Ă  une soprano, Ă©crivant pour elle, ses meilleures partitions. Celle qui a chantĂ© Zerbinette, figure fĂ©minine aussi insouciante que sage, Sophie, autre visage d’un angĂ©lisme loyal, Aithra du moins connu de ses ouvrages HĂ©lĂšne d’Egypte / Die Ägyptische Helena, se donne totalement Ă  une sorte d’enivrement vocal qui bouleverse par sa sincĂ©ritĂ© et son intensitĂ© tendre comme on a dit.

Des Quatre derniers lieders / Ver Letzte Lieder, examinons premiĂšrement « FrĂŒhling » : Ă©perdu, rayonnant voire incandescent grĂące Ă  l’intensitĂ© ardente et pourtant trĂšs claire des aigus, portĂ©s par un souffle ivre. Cependant, la ligne manque parfois d’assise, comme si la chanteuse manquait justement de soutien. Puis, « September » s’enivre dans un autre extase, celle d’une tendresse infinie dont le caractĂšre contemplatif se fond avec son sujet, un crĂ©puscule chaud, celui enveloppant d’une fin d’étĂ© ; la caresse symphonique y atteint, en ses vagues ocĂ©anes gorgĂ©es de voluptĂ©, des sommets de chatoyance melliflue, – cor rayonnant obligĂ©, pour conclure, oĂč chez la chanteuse s’affirme cette fois, la beautĂ© du timbre au legato souverain.

« Beim Schlafengehen » d’aprĂšs Hermann Hesse, plonge dans le lugubre profond d’une immense lassitude, celle du poĂšte Ă©prouvĂ© par le choc de la premiĂšre guerre et le dĂ©clin de son Ă©pouse : impuissance et douleur ; la sincĂ©ritĂ© et cet angĂ©lisme engagĂ© qu’exprime sans affect la diva, bouleversent totalement. En particulier dans sa rĂ©ponse au solo de violon qui est l’appel Ă  l’insouciance dans la candeur magique de la nuit. Cette implication totale rappelle l’investissement que nous avons pu constater dans certains de ses rĂŽles Ă  l’opĂ©ra : sa Gilda, sa Traviata
 consumĂ©es, ardentes, brĂ»lantes. Presque wagnĂ©rienne, mais prĂ©cise et mesurĂ©e, la soprano au timbre ample et charnel reste, -intelligence suprĂȘme, trĂšs proche du texte, faisant de cette fin, un dĂ©chirement troublant.

« Im Abendrot » : malgrĂ© l’émission premiĂšre de l’orchestre, trop brutale, Ă©paisse et dure, le soprano de Damru sait s’élever au dessus de la cime des cors et des cordes. La qualitĂ© majeure de Diana Damrau reste la couleur spĂ©cifique, mozartienne que son timbre apporte Ă  l’articulation et l’harmonisation des Lieder orchestraux : irradiĂ©, embrasĂ©, et pourtant sincĂšre et tendre, transcendĂ© et humain, le chant de Diana Damrau convainc totalement : il s’inscrit parmi les lectures les plus personnelles et abouties du cycle lyrique et symphonique.

La flexibilitĂ© des registres aigus, l’accroche directe des aigus, la prĂ©sence du texte, rendent justice Ă  l’écriture de Richard Strauss qui signe ici son testament musical et spirituel, un accomplissement musical autant qu’un adieu Ă  toute vie.
Le reste du programme enchaĂźne les lieder avec la complicitĂ© toute en fluiditĂ© et dĂ©licatesse du pianiste Helmut Deutsch, Ă  partir de Malven
 qui serait donc le 5Ăš dernier lieder d’un Strauss saisi par l’inspiration et d’un sublime remontant Ă  nov 1948, « derniĂšre rose » pour sa chĂšre diva Maria Jeritza
 laquelle, comme soucieuse et trop personnelle, rĂ©vĂ©la l’air en 1982 ! Le soprano de Damrau articule, vivifie les 4 MĂ€dchenblumen dont la coupe et le verbe malicieux, enjouĂ© rappelle constamment le caractĂšre de Zerbinette. Ce caractĂšre de tendresse voluptueuse quasi extatique appelant Ă  un monde pacifiĂ©, idyllique qui n’existera jamais, semble dans le pĂ©nultiĂšme Befreit, chef d’oeuvre Ă  l’énoncĂ© schubertien, traversĂ© par la mort et la perte, le deuil d’une ineffable souffrance bientĂŽt changĂ©e en bonheur final, que la diva incarne embrasĂ©e dans le moelleux d’aigus irrisĂ©s et calibrĂ©s, son timbre Ă©prouvĂ©, attendri.

CLIC D'OR macaron 200Morgen l’ultime lied orchestrĂ©, d’aprĂšs le poĂšme de Mackay, se cristalise en une ivresse Ă©perdue qui aspire au renoncement immatĂ©riel, Ă  l’évanouissement, Ă  la perte de toute chose : legato, flexibilitĂ©, beautĂ© du timbre, associĂ© Ă  l’élĂ©gie du violon solo font un miracle musical pour ce programme d’une Ă©vidente musicalitĂ©. Splendide rĂ©cital, Ă©lĂ©gant, tendre, musical. Bravo Diana.

 

 

 

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CD, critique. STRAUSS : lieder / DIANA DAMRAU / MARISS JANSONS (1 cd ERATO, janv 2019). Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks / Mariss Jansons. L’heure n’est pas aux comparaisons dĂ©raisonnables tant leurs timbres et moyens respectifs sont trĂšs diffĂ©rents mais le hasard des parutions fait que ERATO publie en janvier le mĂȘme programme des Quatre derniers lieder, par Diana Damrau donc (orchestre) et par la franco-danoise Elsa Dreisig (piano), cette derniĂšre interprĂšte hĂ©las moins convaincante et naturelle que sa consƓur allemande
 d’autant que la chanteuse française intercale diverses mĂ©lodies françaises et russes entre chaque lied de Strauss, au risque d’opĂ©rer une cĂ©sure dommageable


 

 

 

VIDEO : Diama DAMRAU chante September de Richard Strauss

 

 

 

 LIRE aussi notre dĂ©pĂȘche MORT DU CHEF MARISS JANSONS, nov 2019

DVD, critique. JANACEK : De la maison des morts / From the house of the dead. Young, Castorf (1 dvd Bel Air classiques, 2018)

JANACEK de maison des morts critique classiquenews critique dvd opera bac173-cover-fromthehouseofthedead-recto-siteok-500x712DVD, critique. JANACEK : De la maison des morts / From the house of the dead. Young, Castorf (1 dvd Bel Air classiques, 2018). Avant de mourir Janacek (en 1928) nous laisse son opĂ©ra inspirĂ© de Dostoievski : De La Maison des morts, crĂ©Ă© Ă  Brno, Ă  titre posthume en 1930. L’OpĂ©ra de BaviĂšre Ă  Munich a prĂ©sentĂ© en 2018 la mise en scĂšne de Frank Castorf dont le goĂ»t pour les symboles gĂ©ants et en plastic avait dĂ©routĂ© les bayreutiens, dans sa vision plutĂŽt laide du Ring. Pour illustrer plutĂŽt qu’exprimer la dĂ©faite de notre sociĂ©tĂ© de consommation, il imagine un lieu perdu, aux marques publicitaires Ă©culĂ©es et bien lisibles (ont-elles versĂ© leur financement ?) formant un fatras prĂ©fabriquĂ© qui tient du mirador et de l’abri de ZAD
 ChĂ©reau avait marquĂ© la mise en scĂšne de l’ouvrage Ă  Aix en 2007, mai dans une tout autre rĂ©flexion sur l’ensevelissement progressif des humanitĂ©s. Castorf semble rĂ©pĂ©ter les tics visuels du Ring de Bayreuth pour les imposer chez Janacek. MĂȘme dĂ©ception pour la fosse dont le son toujours tendu, certes opulent et prĂ©sent d’un bout Ă  l’autre, est comme poussĂ© ; il semble indiquer dans la direction de Simone Young, l’absence de vision intĂ©rieure plus tĂ©nue, la perte des nuances. Evidemment, cette pĂąte orchestrale qui dĂ©ferle, finit par couvrir les voix, Ă©cartant lĂ  aussi tout travail filigranĂ© sur le texte. Or la langue est primordiale chez Janacek, lui qui a tant rĂ©formĂ© le langage musical Ă  partir de ses propres recherches sur la notion de musique parlĂ©e, n’hĂ©sitant pas Ă  intĂ©grer dans son Ă©critures les motifs et formules dĂ©couvertes tout au long d’un vrai travail de collecte ethnomusicologique. Cette notion de prĂ©cision linguistique et d’intelligibilitĂ© musicale produit ce rĂ©alisme poĂ©tique si particulier chez le compositeur morave. D’autant qu’aprĂšs Jenufa, Katia Kabanova, La Petite Renarde rusĂ©e, L’Affaire Makropoulos
 De la Maison des morts s’affirme bien comme le prolongement et l’aboutissement de cette esthĂ©tique personnelle et puissante. De ce point de vue, la direction de Simone Young, linĂ©aire, illustrative, en rien trouble ni ambivalente, tombe Ă  plat.

janacekLa poĂ©sie philosophique de Janacek rappelle combien l’homme est reliĂ© et dĂ©pendant d’un cycle qui le dĂ©passe et dont il doit respecter l’équilibre des Ă©nergies s’il veut survivre. Cette immersion (autobiographique dans le cas de Dostoievski) dans les profondeurs des bagnes dĂ©veloppe tout une perspective noire et lugubre, oĂč l’homme perd pied, et se laisse dĂ©truire dans la folie, la violence, la haine, une brutalitĂ© spĂ©cifiquement humaine.
L’Aljeja d’Evgeniya Sotnikova, comme le Morozov d’Ales Briscein sont parfois inaudibles. Mais plus puissants naturellement que leurs partenaires, Bo Skovhus (Siskov) et Charles Workman (Skuratov) tirent leur voix de ce jeu sonore et diluĂ©, car ils sont leurs personnages ; Ăąmes de souffrance, figures d’une humanitĂ© au bout du bout. Le premier a dĂ©jĂ  passĂ© le guĂ© et est enseveli ; le second, est comme enivrĂ© et anesthĂ©siĂ© par le dĂ©nuement et la misĂšre : pour toute rĂ©ponse, Workman tisse une vocalitĂ© intĂ©rieure, pourtant lumineuse dans ce monde des tĂ©nĂšbres. Le chanteur touche juste du dĂ©but Ă  la fin, dans un numĂ©ro d’équilibriste et de funambule heureux, lunaire et finalement dans l’espĂ©rance. Rien que pour cette incarnation, le spectacle mĂ©rite absolument d’ĂȘtre vu et connu.

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DVD, critique. LeoĆĄ JANACEK (1854-1928) : De la maison des morts. MUNICH, OpĂ©ra de BaviĂšre, / Nationaltheater. OpĂ©ra en 3 actes, livret du compositeur, d’aprĂšs DostoĂŻevski. Mise en scĂšne : Frank Castorf. Peter Rose (Alexander Petrovitch Goriantschikov) ; Bo Skovhus (Chichkow) ; Evgeniya Sotnikova (Alieia) ; AleĆĄ Briscein (Filka Morozov) ; Christian Rieger (Le commandant) ; Charles Workman (Skuratov). BAYERISCHES STAATS Orchester / Chorus / ChƓur de l’OpĂ©ra national de BaviĂšre ; Orchestre National de BaviĂšre ; direction : Simone Young. EnregistrĂ© Ă  Munich, printemps 2018. 1 dvd Bel Air classiques. CrĂ©dits photographiques : © Wilfried Hösl – Parution : 14 fĂ©vrier 2020. PLUS D’INFOS sur le site de l’éditeur BelAir classiques

TEASER VIDEO
https://www.youtube.com/watch?v=r7Bt9k_NPwU&feature=emb_logo

LIVRE, Ă©vĂ©nement. Beethoven et aprĂšs par Élisabeth Brisson, Bernard Fournier, François-Gildas Tual (Fayard / Mirare)

Beethoven, et aprĂšs livre fayard mirare folle journee beethoven 2020 annonce critique livre concert classiquenews 9782213716589-001-TLIVRE, Ă©vĂ©nement. Beethoven et aprĂšs par Élisabeth Brisson, Bernard Fournier, François-Gildas Tual (Fayard / Mirare). ImmĂ©diatement, le gĂ©nie beethovĂ©nien a Ă©tĂ© reconnu, mesurĂ©, analysĂ© Ă  sa juste valeur, crĂ©ant une onde de choc et d’influence, persistante et durable. Tous ses contemporains (exceptĂ© Goethe qui rencontre le musicien sans suite) ont cĂ©lĂ©brĂ© la grandeur de l’artiste, la dimension messianique de son Ă©criture, sa fougue rĂ©volutionnaire, en particulier dans ses Ɠuvres symphoniques. A l’époque qui suit la RĂ©volution française dont les valeurs suscitent l’adhĂ©sion du compositeur nĂ© Ă  Bonn (fraternitĂ©, Ă©galitĂ©, libertĂ©), quand Bonaparte prend le pouvoir et devient Empereur, Beethoven crĂ©e la musique de cette dĂ©flagration qui sculpte l’Europe politique. MĂȘme Ă  l’époque du CongrĂšs de Vienne (1815), Beethoven est le compositeur majeur reconnu par tous. Transcriptions, partitions conçues dans son influence directe
 attestent de cette aura saisissante qui occupent des gĂ©nĂ©rations d’auteurs aprĂšs lui.
Le livre est un complément idéal à la Folle Journée de Nantes 2020, qui célÚbre à juste titre les 250 ans de Beethoven.
Les 3 auteurs dont certains sont spĂ©cialistes de l’Ɠuvre de Ludwig, interroge la fortune critique de Beethoven, dĂšs son vivant. A la lueur des Ă©vĂ©nements de sa vie, beaucoup de biographes ont tentĂ© de rĂ©cupĂ©rer l’image de Beethoven Ă  des fins autres que celles strictement musicales : beaucoup d’auteurs n’ont pas hĂ©sitĂ© Ă  rĂ©Ă©crire le mythe Beethoven (tout en l’enrichissant ainsi) selon des motivations « affectives, esthĂ©tiques, nationalistes, idĂ©ologiques » (Élisabeth Brisson, auteure du Guide de la musique de Beethoven) ; le propre du gĂ©nie BeethovĂ©nien reste son audace expĂ©rimentale qui repousse toujours plus loin les possibilitĂ©s des formes musicales alors fixĂ©es par Haydn et Mozart, ses prĂ©dĂ©cesseurs Ă  Vienne : ainsi sonate, symphonie, quatuor sont de fond en comble rĂ©gĂ©nĂ©rer et porter « à un apogĂ©e » (Bernard Fournier, auteur de l’Histoire du quatuor Ă  cordes dont le tome 1 accorde une large place aux quatuors de Beethoven). Enfin l’hommage immĂ©diat Ă  Beethoven se mesure Ă  l’aulne des transcriptions de ses Ɠuvres, permettant « une diffusion large ». Les auteurs soucieux de cĂ©lĂ©brer la force et la puissance du gĂ©nie beethovĂ©nien sont innombrables : leurs partitions en Ă©cho constituent aujourd’hui comme un monument musical qui prolonge le monument de Beethoven Ă  Bonn (François-Gildas Tual). Lecture indispensable.

IVRE, Ă©vĂ©nement. BEETHOVEN et aprĂšs
 Ă©ditions FAYARD / Mirare - parution : 22 janv 2020. Prix TTC indicatif : 15 € – EAN : 9782213716589 – Code hachette : 2822525 – Prix NumĂ©rique : 10.99 € – EAN numĂ©rique : 9782213718576 – 240 pages – format : 12 x 18, 6 cm.