TOURS, Opéra. Nouveau COSI FAN TUTTE de MOZART

MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsTOURS, OpĂ©ra. MOZART : Cosi fan tutte. 4, 6, 8 octobre 2019. Nouvelle production Ă©vĂ©nement Ă  l’OpĂ©ra de Tours et pilier du rĂ©pertoire : le dernier ouvrage du mythique duo Da Ponte / Mozart, Cosi fan tutte est le sujet de cette nouvelle lecture d’un chef d’oeuvre lyrique incontestable, crĂ©Ă© Ă  Vienne en janvier 1790. Le duo contemporain Benjamin Pionnier / Gilles Bouillon interroge l’étonnante modernitĂ© de la partition, l’une des plus sensuelles et nostalgiques jamais Ă©crites par Wolfgang : Cosi fan tutte conclut le triptyque des opĂ©ras conçus par les deux gĂ©nies des LumiĂšres, aprĂšs Les Noces de Figaro et Don Giovanni. Avant Marivaux et l’échiquier amer, mordant des faux semblants amoureux, Mozart et Da Ponte abordent les intermittences du cƓur, la volatilitĂ© des serments partagĂ©s et l’étonnante inconstance des femmes (« toutes les mĂȘmes ! », s’expriment en morale, le titre de l’ouvrage).

L’école de l’amour : cynique, cruelle, douloureuse


________________________________________________________________________________________________

Plus cru voire cynique, l’opĂ©ra dĂ©peint la cruautĂ© de cƓurs inconstants mais les jeunes hommes (Ferrando tĂ©nor et Guglielmo baryton) ont fait un pari risquĂ© : parier sur la fidĂ©litĂ© de leurs fiancĂ©es respectives (Fiordiligi et Dorabella), deux jeunes beautĂ©s napolitaines, Ă©cervelĂ©es et volages qui aux premiers inconnus rencontrĂ©s (certes de beaux Ă©trangers orientaux qui sont en rĂ©alitĂ© leurs fiancĂ©s dĂ©guisĂ©s et interchangĂ©s), dĂ©faillent et s’alanguissent pour les nouveaux garçons, malgrĂ© les serments Ă©changĂ©s. En pilotes amusĂ©s et parfaitement cyniques, deux endurcis, savourent la naĂŻvetĂ© ici Ă©pinglĂ©e : la servante des deux fiancĂ©es, Despina ; Don Alfonso, vieux sĂ©ducteur philosophe qui n’en est pas Ă  son premier pari ni Ă  sa premiĂšre Ă©preuve sentimentale ; il apprend Ă  ses cadets, la douloureuse Ă©cole de l’amour
 d’ailleurs, l’opĂ©ra s’intitule aussi La Scuola degli amanti / L’école des amants
 on ne saurait ĂȘtre plus clair.
Rival de Mozart Ă  Vienne, le compositeur bientĂŽt officiel, au service des Habsbourg, Antonio Salieri compose lui aussi une Ecole des amants : rĂ©intitulĂ© prĂ©cisĂ©ment « la Scuola degli Gelosi » crĂ©Ă© en 1778 / l’école des jaloux (ce qui revient au mĂȘme) dont la verve et la virtuositĂ© dans le genre buffa napolitain, n’égalent toute fois pas le gĂ©nie ni la justesse de Mozart. La Scuola degli Gelosi affirme cependant l’intelligence rafraichissante d’un Salieri de 28 ans, douĂ© d’une libertĂ© d’invention proche de Mozart.

________________________________________________________________________________________________

 

 

Opéra de Toursboutonreservation
MOZART : Cosi fan tutte, 1790
Nouvelle production

Vendredi 4 octobre 2019 – 20h
Dimanche 6 octobre 2019 – 15h
Mardi 8 octobre 2019 – 20h

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/cosi-fan-tutte

 

 

________________________________________________________________________________________________

Opéra buffa en deux actes
Livret de Lorenzo da Ponte
Créé le 26 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne
Production de l’OpĂ©ra de Tours

Durée : environ 3h30 avec entracte

Direction musicale: Benjamin Pionnier
Mise en scĂšne: Gilles Bouillon
DĂ©cors: Nathalie Holt
Costumes: Marc Anselmi
LumiÚres: Marc DelaméziÚre

Fiordiligi : Angélique Boudeville
Dorabella : Alienor Feix
Despina : Dima Bawab
Ferrando : SĂ©bastien Droy
Guglielmo : Marc Scoffoni
Don Alfonso : Leonardo Galeazzi

Choeur de l’OpĂ©ra de Tours
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

________________________________________________________________________________________________

Samedi 28 septembre – 14h30
Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
ConfĂ©rence sur l’opĂ©ra Cosi fan tutti – EntrĂ©e gratuite

Grand Théùtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

02.47.60.20.00
Contactez-nous
Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h30 Ă  13h00 / 14h00 Ă  17h45

 

 

________________________________________________________________________________________________

Approfondir

 

 

Salieri, gĂ©nie du buffaLIRE notre critique du cd SALIERI : La Scuola de’Gelosi, Venise /1778, version viennoise de 1783 (livret de Da Ponte Ă  partir de l’original de Mazzola). ComĂ©die en deux actes – / Werner Ehrhardt (3 cd DHM – 2015) – parution fĂ©vrier 2017
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-salieri-la-scuola-degelosi-werner-ehrahardt-3-cd-dhm-2015/

 

 

 

 

Requiem de Verdi Ă  l’Arsenal de METZ

metz-cite-musicale-6-oct-2019-requeim-de-verdi-annonce-concert-critique-classiquenews-orch-national-de-metzMETZ, Arsenal. VERDI : REQUIEM, dim 6 oct 2019. Messe funĂšbre dramatique, opĂ©ra sacrĂ©, cantate de cĂ©lĂ©bration, de mĂ©moire et de compassion
Le Requiem de Giuseppe Verdi est tout cela Ă  la fois, donnĂ© ici Ă  l’Arsenal de METZ. Distribution, entiĂšrement française, pour ce Requiem de Verdi avec le ChƓur de l’Orchestre de Paris. À sa crĂ©ation, l’aspect thĂ©Ăątral et trop opĂ©ratique de l’ouvrage avait suscitĂ© incomprĂ©hension voire agacement : qu’à faire ce style lyrique dans une messe funĂšbre qui doit accompagner les jusqu’au repos Ă©ternel ? Ému par la disparition du poĂšte Manzoni, Verdi tint Ă  lui rendre hommage, en composant ainsi un sommet de la dĂ©ploration symphonique, chorale, lyrique. Toute la science dramatique du compositeur se met au service d’une ferveur directe et sincĂšre qui rĂ©ussit Ă  peindre l’effroi et les promesses du grand thĂ©Ăątre de la mort.

 

 

________________________________________________________________________________________________

METZ, ARSENALboutonreservation
cité musicale metz, saison 2019 2020
ARSENAL, Grande Salle
Dimanche 6 octobre 2019, 16h

VERDI : REQUIEM
Orchestre national de Metz
ChƓur de l’Orch de Paris

soprano : Teodora Gheorghiu
mezzo-soprano : Valentine Lemercier
ténor : Florian Laconi
basse : JĂ©rĂŽme Varnier
Scott Yoo, direction

INFOS, RESERVATIONS ici :

https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/requiem-de-verdi

 

 

________________________________________________________________________________________________

Déroulé du Requiem : 7 parties

1. Requiem
2. Dies irae
3. Offertorio
4. Sanctus
5. Agnus Dei
6. Lux aeterna
7. Libera me

 

 

________________________________________________________________________________________________

Pour les parents et familles : possibilitĂ© d’une garderie musicale à 16h
de 4 Ă  8 ans. Pendant que les parents assistent au concert, les enfants participent Ă  un atelier musical en lien avec le concert des plus grands, qu’ils rejoignent Ă  la fin du concert. À cette occasion, un musicien intervenant propose des Ă©coutes d’extraits musicaux, des comptines, des jeux d’éveil musical


Et un bon goûter !

Tarif 6 € / enfant
(offre soumise à l’achat d’une place de spectacle pour l’adulte accompagnant)

 

 

 

L’Ɠuvre : REQUIEM OPERATIQUE ET HUMANISTE

________________________________________________________________________________________________

VERDI_402_Giuseppe-Verdi-9517249-1-402A l’origine, Verdi compose son Requiem pour la mort du poĂšte italien Alessandro Manzoni (l’auteur adulĂ©, admirĂ© d’ i Promessi sposi) en 1873. La partition est plus qu’un opĂ©ra sacrĂ© : c’est l’acte d’humilitĂ© d’une humanitĂ© atteinte et saisie face Ă  l’effrayante mort ; l’idĂ©e du salut n’y est pas tant centrale que le sentiment d’épreuve Ă  la fois collective (avec le formidable chƓur de fervents / croyants), et individuelle, comme l’énonce le quatuor des solistes (priĂšre du Domine Jesu Christe). Le Sanctus semble affirmer Ă  grand fracas la certitude face Ă  la mort et Ă  l’irrĂ©pressible anĂ©antissement (fanfare et choeurs) : mais la proclamation n’écarte pas le sentiment d’angoisse face au gouffre immense.

D’abord entonnĂ© en duo (soprano et alto), l’Agnus dei tĂ©moigne du sacrifice de JĂ©sus, priĂšre Ă  deux vois que reprend comme l’équivalent profane/collectif du choral luthĂ©rien, toute la foule rassemblĂ©e, saisie par le sentiment de compassion. Enfin en un drame opĂ©ratique contrastĂ©, Verdi enchaĂźne la lumiĂšre du Lux Aeterna, et la passion d’abord tonitruante du Libera me (vagues colossales des croyants rassemblĂ©s en armĂ©e), qui s’achĂšve en un murmure pour soprano (solo jaillissant du choeur rassĂ©rĂ©nĂ© : Requiem aeternam dona eis, Domine, et lux perpetua lucaet eis / Donne-leur, Seigneur, le repos Ă©ternel, et que la lumiĂšre brille Ă  jamais sur eux) : ainsi humble et implorant, l’homme se prĂ©pare Ă  la mort, frĂšre pour les autres, Ă©gaux et mortels, Ă  la fois vaincus et victorieux de l’expĂ©rience de tous les mourants qui ont prĂ©cĂ©dĂ©s en d’identiques souffrances.

Il faut absolument Ă©couter la version de Karajan (Vienne, 1984) avec la soprano Anna Tomowa Sintow et le contralto d’AgnĂšs Baltsa pour mesurer ce rĂ©alisme individuel, – emblĂšme de l’expĂ©rience plutĂŽt que du rituel, pour comprendre la puissance et la justesse de Verdi. Acte de contrition (Tremens factus sum ego -1-) chantĂ© par la contralto d’une dĂ©chirante intensitĂ©, priĂšre en humilitĂ©, le chant ainsi conçu frappe immĂ©diatement l’esprit de tous ceux qui l’écoute ; au soprano revient le dernier chant, celui d’une exhortation qui n’écarte pas l’amertume ni la profonde peine ; entonnant avec le chƓur rassemblĂ©, concentrĂ©, Ă©mu, les derniĂšres paroles du Libera me, la soprano exprime le tĂ©moignage de la souffrance qui nous rend Ă©gaux et frĂšres ; en elle, retentit l’expĂ©rience ultime ; son air s’accompagne d’une espĂ©rance plus tendre, emblĂšme de la compassion pour les dĂ©funts, tous les dĂ©funts.
Croyant ou non, l’auditeur ne peut ĂȘtre que frappĂ© par la haute spiritualitĂ© de ce Requiem Ă©laborĂ© Ă  l’échelle du colossal et de l’intime, oĂč les gouffres et les blessures nĂ©s du deuil et de la perte expriment de furieuses plaintes contre l’injustice criante, puis s’apaise dans l’acceptation, conquise non sans un combat primitif et viscĂ©ral. Dans le format rĂ©ussi de cette fresque qui unit le collectif et l’intime, Verdi nous parle d’humanisme ; l’homme qui doute et dĂ©sespĂšre parfois, n’oublie jamais la mort, notre destin Ă  tous : cette conscience en humilitĂ© façonne les meilleurs d’entre nous.

 

 

Opéra de TOURS : Cosi fan tutte de Mozart

MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsTOURS, OpĂ©ra. MOZART : Cosi fan tutte. 4, 6, 8 octobre 2019. Nouvelle production Ă©vĂ©nement Ă  l’OpĂ©ra de Tours et pilier du rĂ©pertoire : le dernier ouvrage du mythique duo Da Ponte / Mozart, Cosi fan tutte est le sujet de cette nouvelle lecture d’un chef d’oeuvre lyrique incontestable, crĂ©Ă© Ă  Vienne en janvier 1790. Le duo contemporain Benjamin Pionnier / Gilles Bouillon interroge l’étonnante modernitĂ© de la partition, l’une des plus sensuelles et nostalgiques jamais Ă©crites par Wolfgang : Cosi fan tutte conclut le triptyque des opĂ©ras conçus par les deux gĂ©nies des LumiĂšres, aprĂšs Les Noces de Figaro et Don Giovanni. Avant Marivaux et l’échiquier amer, mordant des faux semblants amoureux, Mozart et Da Ponte abordent les intermittences du cƓur, la volatilitĂ© des serments partagĂ©s et l’étonnante inconstance des femmes (« toutes les mĂȘmes ! », s’expriment en morale, le titre de l’ouvrage).

 

 

L’école de l’amour : cynique, cruelle, douloureuse


________________________________________________________________________________________________

Plus cru voire cynique, l’opĂ©ra dĂ©peint la cruautĂ© de cƓurs inconstants mais les jeunes hommes (Ferrando tĂ©nor et Guglielmo baryton) ont fait un pari risquĂ© : parier sur la fidĂ©litĂ© de leurs fiancĂ©es respectives (Fiordiligi et Dorabella), deux jeunes beautĂ©s napolitaines, Ă©cervelĂ©es et volages qui aux premiers inconnus rencontrĂ©s (certes de beaux Ă©trangers orientaux qui sont en rĂ©alitĂ© leurs fiancĂ©s dĂ©guisĂ©s et interchangĂ©s), dĂ©faillent et s’alanguissent pour les nouveaux garçons, malgrĂ© les serments Ă©changĂ©s. En pilotes amusĂ©s et parfaitement cyniques, deux endurcis, savourent la naĂŻvetĂ© ici Ă©pinglĂ©e : la servante des deux fiancĂ©es, Despina ; Don Alfonso, vieux sĂ©ducteur philosophe qui n’en est pas Ă  son premier pari ni Ă  sa premiĂšre Ă©preuve sentimentale ; il apprend Ă  ses cadets, la douloureuse Ă©cole de l’amour
 d’ailleurs, l’opĂ©ra s’intitule aussi La Scuola degli amanti / L’école des amants
 on ne saurait ĂȘtre plus clair.
Rival de Mozart Ă  Vienne, le compositeur bientĂŽt officiel, au service des Habsbourg, Antonio Salieri compose lui aussi une Ecole des amants : rĂ©intitulĂ© prĂ©cisĂ©ment « la Scuola degli Gelosi » crĂ©Ă© en 1778 / l’école des jaloux (ce qui revient au mĂȘme) dont la verve et la virtuositĂ© dans le genre buffa napolitain, n’égalent toute fois pas le gĂ©nie ni la justesse de Mozart. La Scuola degli Gelosi affirme cependant l’intelligence rafraichissante d’un Salieri de 28 ans, douĂ© d’une libertĂ© d’invention proche de Mozart.

________________________________________________________________________________________________

 

 

Opéra de Toursboutonreservation
MOZART : Cosi fan tutte, 1790
Nouvelle production

Vendredi 4 octobre 2019 – 20h
Dimanche 6 octobre 2019 – 15h
Mardi 8 octobre 2019 – 20h

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/cosi-fan-tutte

 

 

________________________________________________________________________________________________

Opéra buffa en deux actes
Livret de Lorenzo da Ponte
Créé le 26 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne
Production de l’OpĂ©ra de Tours

Durée : environ 3h30 avec entracte

Direction musicale: Benjamin Pionnier
Mise en scĂšne: Gilles Bouillon
DĂ©cors: Nathalie Holt
Costumes: Marc Anselmi
LumiÚres: Marc DelaméziÚre

Fiordiligi : Angélique Boudeville
Dorabella : Alienor Feix
Despina : Dima Bawab
Ferrando : SĂ©bastien Droy
Guglielmo : Marc Scoffoni
Don Alfonso : Leonardo Galeazzi

Choeur de l’OpĂ©ra de Tours
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

________________________________________________________________________________________________

Samedi 28 septembre – 14h30
Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
ConfĂ©rence sur l’opĂ©ra Cosi fan tutti – EntrĂ©e gratuite

Grand Théùtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

02.47.60.20.00
Contactez-nous
Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h30 Ă  13h00 / 14h00 Ă  17h45

 

 

________________________________________________________________________________________________

Approfondir

 

 

Salieri, gĂ©nie du buffaLIRE notre critique du cd SALIERI : La Scuola de’Gelosi, Venise /1778, version viennoise de 1783 (livret de Da Ponte Ă  partir de l’original de Mazzola). ComĂ©die en deux actes – / Werner Ehrhardt (3 cd DHM – 2015) – parution fĂ©vrier 2017
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-salieri-la-scuola-degelosi-werner-ehrahardt-3-cd-dhm-2015/

 

 

 

 

Doulce MĂ©moire. Musique secrĂšte de Leonardo da Vinci

Doulce-Memoire-1-denis-raisin-dadre-30-ans-annonce-concert-opera-de-tours-critique-concert-critique-opera-classiquenewsDOULCE MÉMOIRE. Musiques de Leonardo, le 21 sept 2019. Valençay (36). Doulce MĂ©moire, c’est d’abord l’esprit de la Renaissance, cette pĂ©riode faste de dĂ©couvertes, d’inventions, de voyages et de crĂ©ativité  En 2019, l’ensemble fondĂ© par Denis Raisin Dadre fĂȘte ses dĂ©jĂ  30 ans. 30 ans de somptueuses et vivantes dĂ©couvertes d’un formidable laboratoire musicale qui a rĂ©vĂ©lĂ© aux français et au monde, les mille sĂ©ductions de la musique de la Renaissance dont la richesse profite dans chaque programme de Doulce MĂ©moire, de la sensibilitĂ© et des tempĂ©raments artistiques des interprĂštes associĂ©s. En regard du livre cd paru au printemps 2019, « la musique secrĂšte » de Leonardo da Vinci, Denis Raisin-Dadre, grand amateur de peinture entre autres, retrouve le mystĂšre et le raffinement qui ont produit les peintures de Leonardo en invoquant les musiques de son temps. Le goĂ»t de Vinci pour la musique est connu et attestĂ© par les nombreux tĂ©moignages de ses contemporains. LĂ©onard Ă©tait admirĂ© comme joueur et improvisateur sur la lira da braccio.

 

 

 

Musique secrĂšte de Leonardo da Vinci
Pour ses 500 ans, Doulce MĂ©moire
fait chanter les peintures de Leonardo


Sa passion pour la musique provient de sa jeunesse, de la frĂ©quentation de musiciens dans les ateliers de peintres. Pendant sa formation auprĂšs de Verrocchio, son premier maĂźtre Ă  Florence, Ă©tait aussi musicien comme nombre de peintres Ă  l’époque. Dans l’atelier travaillaient Botticelli, Le PĂ©rugin, Ghirlandaio, Lorenzo di Credi
 l’émulation artistique s’associe aux instruments : luth ; lyre auxquels rĂ©pondent les chants – bref, la musique est partout.

Denis Raisin-Dadre s’explique : ” PlutĂŽt que partir Ă  la recherche des musiques qu’aurait pu jouer LĂ©onard, ou de suivre comme nous l’avons dĂ©jĂ  fait Ă  Doulce MĂ©moire ses pĂ©rĂ©grinations de villes en villes, nous dĂ©sirons partir Ă  la recherche des musiques secrĂštes de ses tableaux. Une dĂ©marche Ă  la fois scientifique puisque, nous serons sur des musiques contemporaines de Vinci mais aussi Ă©minemment poĂ©tique pour rentrer dans l’univers mental de ce gĂ©nie “.
« SƓur mineure et malheureuse de la peinture, la musique s’évanouit tout de suite » Ă©crit LĂ©onard dans son traitĂ© de peinture “. Le projet cherche Ă  en fixer le cours pour que perdure la force de sa poĂ©sie. Pari rĂ©ussi, comme l’atteste son livre cd ” Musique secrĂšte de Leonardo da Vinci “, dĂ©jĂ  paru.

Leonardo_selfExtrait de notre critique du livre cd Musique secrĂšte de Leonardo da Vinci par Alban Deags : …” 15 TABLEAUX ET LEURS RESONANCES MUSICALES
 Le fondateur deDoulce MĂ©moire a sĂ©lectionnĂ© une quinzaine de tableaux, dont beaucoup sont aujourd’hui au Louvre (la France regroupe ainsi la plus grande collection de tableaux du Peintre dont les Ɠuvres, en provenance des collections royales, celles de François Ier, sont le noyau du dĂ©partement de peintures du Louvre) : Le baptĂȘme du Christ, L’Annonciation, La vierge aux rochers, Portrait d’Isabelle d’Este, La belle ferronniĂšre, Sainte Anne et la Vierge, Saint Jean-Baptiste
 Denis Raisin-Dadre n’oublie pas La Joconde – qu’il a mis en correspondance avec des musiques de Jacob Obrecht (1457-1505), de Josquin Desprez (1450-1521), des laudes consacrĂ©es Ă  l’Annonciation, des Frotolle, des chants sur des textes de PĂ©trarque, accompagnĂ©s par la lira da braccio, instrument trĂšs apprĂ©ciĂ© de LĂ©onard
”. (…) Leonardo da Vinci  fut musicien et compositeur, rĂ©alisateur des fĂȘtes et divertissements pour la cour ducale des Sforza de Milan. Pour le duc Ludovico, Leonardo invente des machines de guerre, et aussi produit des spectacles « magiques » dont les prouesses techniques, illusionnistes ont laissĂ© de nombreux tĂ©moignages. Improvisateur remarquable, Leonardo jouait excellemment de la lira da braccio,  s’accompagnant tout en dĂ©clamant des vers
 C’est un vĂ©ritable OrphĂ©e laĂŻque qui officie ainsi Ă  la Cour milanaise, se rendant bientĂŽt indispensable.”

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

Doulce MĂ©moire
Musique secrĂšte de Leonardo da Vinci
Le 21 septembre 2019 Ă  Valencay (36)
Chùteau de Valençay, 21h

LĂ©onard de Vinci, la musique secrĂšte

Distribution :
Clara Coutouly, soprano
Matthieu Le Levreur, baryton
Pascale Boquet, luth
Baptiste Romain ou Nicolas Sansarlat, lira da braccio
BĂ©rengĂšre Sardin, harpe renaissance
Denis Raisin Dadre, flûtes et direction
Ikse Maitre, scénographie

Projet présenté dans le cadre de « Viva Leonardo da Vinci ! 500 ans de Renaissance(s) en Centre-Val de Loire »

+ d’infos sur le site de DOULCE MEMOIRE :
https://www.doulcememoire.com/programmes/leonard-de-vinci-la-musique-secrete/

 

 

 

agenda

_________________________________________________________________________________________________

Le 21 septembre 2019 Ă  Valencay (36)
Chùteau de Valençay, 21h
http://www.chateau-valencay.fr/#

Le 27 septembre 2019 Ă  Turnhout (Belgique)
Festival Musica Divina

Le 13 novembre 2019 à Orélans (45)
Le Bouillon – UniversitĂ© d’OrlĂ©ans
http://www.univ-orleans.fr/fr/culture

 

 

 

_________________________________________________________________________________________________

Le 15 novembre 2019 Ă  Paris (75)
Auditorium du Louvre, 20h
https://www.louvre.fr/musiques?page=1

leonardo-da-vinci-musique-secrete-livre-cd-alpha-critique-annonce-cd-par-clasiquenews-compte-rendu-critique-cd-livre-classiquenews-musique-classiqueƒuvres de Josquin Desprez, Bartolomeo Tromboncino, Marchetto Cara, Johannes de la Fage, Firminus Caron
 Musiques tirĂ©es des Laudes et des Frottole Ă©ditĂ©es par Petrucci. A l’occasion de l’exposition du Louvre cĂ©lĂ©brant les 500 ans de la naissance de LĂ©onard de Vinci, l’ensemble Doulce MĂ©moire et son chef Denis Raisin Dadre convient Ă  un voyage merveilleux sur les pas de celui qui fut l’un des plus grands virtuoses de son temps Ă  la lira da braccio et qui nous a laissĂ© de nombreuses Ă©nigmes musicales. Avec des mĂ©lodies populaires de l’époque et que l’on retrouve retranscrites par diffĂ©rents compositeurs tels que Josquin Desprez ou Heinrich Isaac, le concert Ă©voque les musiques qu’il aurait Ă©tĂ© possible d’écouter dans un atelier de peinture ou dans un cercle aristocratique de la Renaissance. Et vous, quelles musiques pensez vous que Leonard aurait pu Ă©couter en dessinant ou en peignant la Joconde ou la Vierge aux rochers ?

 

 

 

 

Approfondir

_________________________________________________________________________________________________

LIRE notre critique du livre cd Musique secrĂšte de Leonardo da Vinci / Les 500 ans de Leonardo de Vinci en 2019 :
http://www.classiquenews.com/5-mai-2019-500-ans-de-la-mort-de-leonardo-da-vinci/

 

 

doulce-memoire-concerts-critique-annonce-concerts-classiquenews

_________________________________________________________________________________________________

TOURS, Opéra. Nouvelle production de COSI FAN TUTTE de MOZART

MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsTOURS, OpĂ©ra. MOZART : Cosi fan tutte. 4, 6, 8 octobre 2019. Nouvelle production Ă©vĂ©nement Ă  l’OpĂ©ra de Tours et pilier du rĂ©pertoire : le dernier ouvrage du mythique duo Da Ponte / Mozart, Cosi fan tutte est le sujet de cette nouvelle lecture d’un chef d’oeuvre lyrique incontestable, crĂ©Ă© Ă  Vienne en janvier 1790. Le duo contemporain Benjamin Pionnier / Gilles Bouillon interroge l’étonnante modernitĂ© de la partition, l’une des plus sensuelles et nostalgiques jamais Ă©crites par Wolfgang : Cosi fan tutte conclut le triptyque des opĂ©ras conçus par les deux gĂ©nies des LumiĂšres, aprĂšs Les Noces de Figaro et Don Giovanni. Avant Marivaux et l’échiquier amer, mordant des faux semblants amoureux, Mozart et Da Ponte abordent les intermittences du cƓur, la volatilitĂ© des serments partagĂ©s et l’étonnante inconstance des femmes (« toutes les mĂȘmes ! », s’expriment en morale, le titre de l’ouvrage).

L’école de l’amour : cynique, cruelle, douloureuse


________________________________________________________________________________________________

Plus cru voire cynique, l’opĂ©ra dĂ©peint la cruautĂ© de cƓurs inconstants mais les jeunes hommes (Ferrando tĂ©nor et Guglielmo baryton) ont fait un pari risquĂ© : parier sur la fidĂ©litĂ© de leurs fiancĂ©es respectives (Fiordiligi et Dorabella), deux jeunes beautĂ©s napolitaines, Ă©cervelĂ©es et volages qui aux premiers inconnus rencontrĂ©s (certes de beaux Ă©trangers orientaux qui sont en rĂ©alitĂ© leurs fiancĂ©s dĂ©guisĂ©s et interchangĂ©s), dĂ©faillent et s’alanguissent pour les nouveaux garçons, malgrĂ© les serments Ă©changĂ©s. En pilotes amusĂ©s et parfaitement cyniques, deux endurcis, savourent la naĂŻvetĂ© ici Ă©pinglĂ©e : la servante des deux fiancĂ©es, Despina ; Don Alfonso, vieux sĂ©ducteur philosophe qui n’en est pas Ă  son premier pari ni Ă  sa premiĂšre Ă©preuve sentimentale ; il apprend Ă  ses cadets, la douloureuse Ă©cole de l’amour
 d’ailleurs, l’opĂ©ra s’intitule aussi La Scuola degli amanti / L’école des amants
 on ne saurait ĂȘtre plus clair.
Rival de Mozart Ă  Vienne, le compositeur bientĂŽt officiel, au service des Habsbourg, Antonio Salieri compose lui aussi une Ecole des amants : rĂ©intitulĂ© prĂ©cisĂ©ment « la Scuola degli Gelosi » crĂ©Ă© en 1778 / l’école des jaloux (ce qui revient au mĂȘme) dont la verve et la virtuositĂ© dans le genre buffa napolitain, n’égalent toute fois pas le gĂ©nie ni la justesse de Mozart. La Scuola degli Gelosi affirme cependant l’intelligence rafraichissante d’un Salieri de 28 ans, douĂ© d’une libertĂ© d’invention proche de Mozart.

________________________________________________________________________________________________

 

 

Opéra de Toursboutonreservation
MOZART : Cosi fan tutte, 1790
Nouvelle production

Vendredi 4 octobre 2019 – 20h
Dimanche 6 octobre 2019 – 15h
Mardi 8 octobre 2019 – 20h

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/cosi-fan-tutte

 

 

________________________________________________________________________________________________

Opéra buffa en deux actes
Livret de Lorenzo da Ponte
Créé le 26 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne
Production de l’OpĂ©ra de Tours

Durée : environ 3h30 avec entracte

Direction musicale: Benjamin Pionnier
Mise en scĂšne: Gilles Bouillon
DĂ©cors: Nathalie Holt
Costumes: Marc Anselmi
LumiÚres: Marc DelaméziÚre

Fiordiligi : Angélique Boudeville
Dorabella : Alienor Feix
Despina : Dima Bawab
Ferrando : SĂ©bastien Droy
Guglielmo : Marc Scoffoni
Don Alfonso : Leonardo Galeazzi

Choeur de l’OpĂ©ra de Tours
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

________________________________________________________________________________________________

Samedi 28 septembre – 14h30
Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
ConfĂ©rence sur l’opĂ©ra Cosi fan tutti – EntrĂ©e gratuite

Grand Théùtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

02.47.60.20.00
Contactez-nous
Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h30 Ă  13h00 / 14h00 Ă  17h45

 

 

________________________________________________________________________________________________

Approfondir

 

 

Salieri, gĂ©nie du buffaLIRE notre critique du cd SALIERI : La Scuola de’Gelosi, Venise /1778, version viennoise de 1783 (livret de Da Ponte Ă  partir de l’original de Mazzola). ComĂ©die en deux actes – / Werner Ehrhardt (3 cd DHM – 2015) – parution fĂ©vrier 2017
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-salieri-la-scuola-degelosi-werner-ehrahardt-3-cd-dhm-2015/

 

 

 

 

Depuis Salzbourg 2019… VERDI : Requiem par Riccardo MUTI

Giuseppe VerdiFRANCE MUSIQUE, lun 26 aoĂ»t 2019, 20h. VERDI : Requiem. Messe funĂšbre dramatique, opĂ©ra sacrĂ©, cantate de cĂ©lĂ©bration, de mĂ©moire et de compassion
Le Requiem de Giuseppe Verdi est tout cela Ă  la fois, donnĂ© ici lors du Festival de Salzbourg en aoĂ»t 2019. L’orchestre (somptueusement colorĂ©, nuancĂ©, fluide) du Philharmonique de Vienne, le chef nerveux, aux contours acĂ©rĂ©s et grand spĂ©cialiste des effectifs en nombre, devraient peser dans la rĂ©ussite gĂ©nĂ©rale de ce concert. Que donneront en revanche les solistes, en gĂ©nĂ©ral authentiques personnalitĂ©s verdiennes, plus habituĂ©s des opĂ©ras du compositeur, que de son unique Requiem ? 3 sur 4 promettent de belles performances, Ă  la fois puissantes et intĂ©rieures (Krassimira Stoyanova, soprano / Anita Rachvelishvili, mezzo-soprano / Francesco Meli, tĂ©nor). Le cas de la basse « verdienne » Ildar Abdrazakov nous laisse plus rĂ©servĂ©. Son rĂ©cent rĂ©cital Verdi chez DG / Deutsche Grammophon (critiquĂ© sur Classiquenews en aoĂ»t 2019) est loin de convaincre tant la voix certes noble et colorĂ©e, plafonne et se limite souvent Ă  une palette expressive rĂ©duite
 A suivre.

http://www.classiquenews.com/cd-critique-verdi-ildar-abdrazakov-orchestre-metropolitain-de-montreal-yannick-nezet-seguin-1-cd-dg-deutsche-grammophon/

 

________________________________________________________________________________________________

FRANCE MUSIQUE, lun 26 aoĂ»t 2019, 20h. VERDI : Requiem – Concert donnĂ© le 15 aoĂ»t 2019 en la Grosses Festspielhaus Ă  Salzbourg / dans le cadre du Festival de Salzbourg 2019

Giuseppe Verdi
Messa da Requiem

1. Requiem
2. Dies irae
3. Offertorio
4. Sanctus
5. Agnus Dei
6. Lux aeterna
7. Libera me

Krassimira Stoyanova, soprano
Anita Rachvelishvili, mezzo-soprano
Francesco Meli, ténor
Ildar Abdrazakov, basse

Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor
Orchestre Philharmonique de Vienne
Riccardo Muti, direction

Approfondir

________________________________________________________________________________________________

LIRE notre critique du cd CD. Compte rendu critique. Verdi : Requiem (Lorin Maazel,fĂ©vrier 2014, 1 cd Sony classical) – testament musical et spirituel de Lorin Maazel avant sa mort au printemps 2015
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-verdi-requiem-lorin-maazelfevrier-2014-1-cd-sony-classical/

L’Ɠuvre : REQUIEM OPERATIQUE ET HUMANISTE

________________________________________________________________________________________________

VERDI_402_Giuseppe-Verdi-9517249-1-402A l’origine, Verdi compose son Requiem pour la mort du poĂšte italien Alessandro Manzoni (l’auteur adulĂ©, admirĂ© d’ i Promessi sposi) en 1873. La partition est plus qu’un opĂ©ra sacrĂ© : c’est l’acte d’humilitĂ© d’une humanitĂ© atteinte et saisie face Ă  l’effrayante mort ; l’idĂ©e du salut n’y est pas tant centrale que le sentiment d’épreuve Ă  la fois collective (avec le formidable chƓur de fervents / croyants), et individuelle, comme l’énonce le quatuor des solistes (priĂšre du Domine Jesu Christe). Le Sanctus semble affirmer Ă  grand fracas la certitude face Ă  la mort et Ă  l’irrĂ©pressible anĂ©antissement (fanfare et choeurs) : mais la proclamation n’écarte pas le sentiment d’angoisse face au gouffre immense.

D’abord entonnĂ© en duo (soprano et alto), l’Agnus dei tĂ©moigne du sacrifice de JĂ©sus, priĂšre Ă  deux vois que reprend comme l’équivalent profane/collectif du choral luthĂ©rien, toute la foule rassemblĂ©e, saisie par le sentiment de compassion. Enfin en un drame opĂ©ratique contrastĂ©, Verdi enchaĂźne la lumiĂšre du Lux Aeterna, et la passion d’abord tonitruante du Libera me (vagues colossales des croyants rassemblĂ©s en armĂ©e), qui s’achĂšve en un murmure pour soprano (solo jaillissant du choeur rassĂ©rĂ©nĂ© : Requiem aeternam dona eis, Domine, et lux perpetua lucaet eis / Donne-leur, Seigneur, le repos Ă©ternel, et que la lumiĂšre brille Ă  jamais sur eux) : ainsi humble et implorant, l’homme se prĂ©pare Ă  la mort, frĂšre pour les autres, Ă©gaux et mortels, Ă  la fois vaincus et victorieux de l’expĂ©rience de tous les mourants qui ont prĂ©cĂ©dĂ©s en d’identiques souffrances.

Il faut absolument Ă©couter la version de Karajan (Vienne, 1984) avec la soprano Anna Tomowa Sintow et le contralto d’AgnĂšs Baltsa pour mesurer ce rĂ©alisme individuel, – emblĂšme de l’expĂ©rience plutĂŽt que du rituel, pour comprendre la puissance et la justesse de Verdi. Acte de contrition (Tremens factus sum ego -1-) chantĂ© par la contralto d’une dĂ©chirante intensitĂ©, priĂšre en humilitĂ©, le chant ainsi conçu frappe immĂ©diatement l’esprit de tous ceux qui l’écoute ; au soprano revient le dernier chant, celui d’une exhortation qui n’écarte pas l’amertume ni la profonde peine ; entonnant avec le chƓur rassemblĂ©, concentrĂ©, Ă©mu, les derniĂšres paroles du Libera me, la soprano exprime le tĂ©moignage de la souffrance qui nous rend Ă©gaux et frĂšres ; en elle, retentit l’expĂ©rience ultime ; son air s’accompagne d’une espĂ©rance plus tendre, emblĂšme de la compassion pour les dĂ©funts, tous les dĂ©funts.
Croyant ou non, l’auditeur ne peut ĂȘtre que frappĂ© par la haute spiritualitĂ© de ce Requiem Ă©laborĂ© Ă  l’échelle du colossal et de l’intime, oĂč les gouffres et les blessures nĂ©s du deuil et de la perte expriment de furieuses plaintes contre l’injustice criante, puis s’apaise dans l’acceptation, conquise non sans un combat primitif et viscĂ©ral. Dans le format rĂ©ussi de cette fresque qui unit le collectif et l’intime, Verdi nous parle d’humanisme ; l’homme qui doute et dĂ©sespĂšre parfois, n’oublie jamais la mort, notre destin Ă  tous : cette conscience en humilitĂ© façonne les meilleurs d’entre nous.

CD Ă©vĂ©nement, critique. MOZART : Die Zauberflöte / La FlĂ»te EnchantĂ©e, NĂ©zet SĂ©guin, Vogt, Schweinester
 (2 cd DG Deutsche Grammophon, Ă©tĂ© 2018, Baden Baden)

MOZART FLUTE zauberflote nezet seguin villazon muhlemann selig vogt critique cd critique opera review opera classiquenews concert maestro opera festival deutsche grammophon_02894836400-CvrCD Ă©vĂ©nement, critique. MOZART : Die Zauberflöte / La FlĂ»te EnchantĂ©e, NĂ©zet SĂ©guin, Vogt, Schweinester
 (2 cd / DG Deutsche Grammophon, Ă©tĂ© 2018, Baden Baden). Le 6Ăš opus de leur cycle des opĂ©ras de Mozart Ă  Baden Baden impose dĂ©sormais une complicitĂ© convaincante : Yannick NĂ©zet-SĂ©guin et Roland Villazon ont Ă©tĂ© bien inspirĂ©s de proposer ce projet lyrique aux dĂ©cisionnaires du Festival estival de Baden Baden ; La FlĂ»te EnchantĂ©e jouĂ©e et enregistrĂ©e live en juillet 2018 confirme d’abord l’intelligence dramatique du chef qui sait ici exploiter toutes les ressources de l’orchestre mis Ă  sa disposition : sens de l’architecture, soin des dĂ©tails instrumentaux et donc articulation et couleurs ; la caractĂ©risation de chaque sĂ©quence, selon les protagonistes en piste s’avĂšre passionnante Ă  suivre, rĂ©vĂ©lant dans leur richesse poĂ©tique, tous les plans de comprĂ©hension possible, d’une Ɠuvre Ă  la fois populaire et trĂšs complexe : narratifs, sociologiques, symboliques et donc philosophiques. La fable Ă  la fois rĂ©aliste et spirituelle se dĂ©roule avec une expressivitĂ© jamais appuyĂ©e (sauf Ă  l’endroit du Papageno de Villazon devenu baryton qui en fait souvent trop, tirant le drame vers la caricature
).

 

 

Baden Baden été 2018

Charisme du chef,
plateau vocal impliqué,
chant cohĂ©rent de l’orchestre :
La Flûte convaincante de Yannick Nézet-Séguin

 

 

Zfloete__MOZART zauberflote nezet seguin villazon baden baden cd deutsche grammophon cd critique cd review classiquenews clic de classiquenews critique opera

 

 

CLIC D'OR macaron 200Les autres solistes se montrent particuliĂšrement « mozartiens », soignant leur ligne, la finesse expressive, la souplesse, l’articulation et une intonation riche en nuances : de ce point de vue, les plus mĂ©ritants sont Ă©videment les deux tĂ©nors requis, chacun dans leur registre si contrastĂ©s : l’altier et juvĂ©nile Klaus Florian Vogt, qui a troquĂ© son endurance wagnĂ©rienne (Lohengrin, Parsifal) pour l’élĂ©gance et le galbe princier ; Paul Schweinester dĂ©jĂ  apprĂ©ciĂ© dans Pedrillo de l’EnlĂšvement au sĂ©rail (du mĂȘme cycle de Baden Baden), dont le format naturel, expressif est lui aussi Ă©patant ; mĂȘme engagement total pour le Sarastro de Franz Joseph Selig (prĂ©cĂ©demment Osmin dans le dĂ©jĂ  citĂ© EnlĂšvement au sĂ©rail ; vivante et mĂȘme enivrĂ©e depuis sa dĂ©livrance par Tamino, la Pamina de Christiane Karg (prĂ©cĂ©dente Susanna des Nozze di Figaro), comme la Papagena Regula MĂŒhlemann, palpitante et trĂšs juste ; on reste moins convaincus par la Reine de la nuit d’Albina Shagimuratova, dotĂ©e certes de tout l’appareil technique et du format sonore, mais si peu subtile en vĂ©ritĂ© : dĂ©monstrative, voire routiniĂšre pour l’avoir ici et lĂ  tellement chantĂ© / usĂ© (elle rĂ©ussit mieux son 2Ăš air).
Chacun pourtant donne le meilleur de lui-mĂȘme (charisme fĂ©dĂ©rateur du chef certainement), apportant souvent outre la prĂ©sence vocale, l’approfondissement du caractĂšre.
D’autant que contrairement au live originel de juillet 2018, les rĂ©cits du narrateur ont Ă©tĂ© Ă©cartĂ©s de l’enregistrement Deutsche Grammophon : la succession musicale gagne en naturel et en relief. Ici la vie triomphe. La cohĂ©rence du plateau, l’éloquence de l’orchestre, la vivacitĂ© du chef font la diffĂ©rence. Certainement l’un des meilleurs coffrets du cycle Mozart DG en provenance de Baden Baden (initiĂ© par Don Giovanni jouĂ© Ă  l’étĂ© 2011). CLIC de CLASSIQUENEWS de l’étĂ© 2019. A suivre. Illustration : © Andrea Kremper.

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________
CD Ă©vĂ©nement, critique. MOZART : Die Zauberflöte / La FlĂ»te EnchantĂ©e, NĂ©zet SĂ©guin, Vogt, Schweinester
 (2 cd DG Deutsche Grammophon, Ă©tĂ© 2018, Baden Baden) – Parution : 2 aoĂ»t 2019.

Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791) : Die Zauberflöte (La Flûte enchantée),
opĂ©ra en deux actes- livret d’Emanuel Schikaneder.

Avec :
Klaus Florian Vogt, Tamino ;
Christiane Karg, Pamina ;
Franz-Josef Selig, Sarastro ;
Paul Schweinester, Monostatos ;
Regula MĂŒhlemann, Papagena ;
Albina Shagimuratova, la Reine de la Nuit ;
Rolando VillazĂłn, Papageno ;

Johanni van Oostrum, PremiĂšre Dame ;
Corinna Scheurle, DeuxiĂšme Dame ;
Claudia Huckle, TroisiĂšme Dame ;
Tareq Nazmi, l’Orateur ;
Luca Kuhn, Premier Garçon ;
Giuseppe Mantello, DeuxiÚme Garçon ;
Lukas Finkbeiner, TroisiÚme Garçon ;
Levy Sekgapane, Premier PrĂȘtre / Premier Homme armĂ© ;
Douglas Williams, DeuxiĂšme PrĂȘtre / DeuxiĂšme Homme armĂ© ;
André Eisermann, Récitant.

RIAS Kammerchor (chef de chƓur : Justin Doyle).
Chamber Orchestra of Europe
Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, direction musicale

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

APPROFONDIR

 

 

LIRE nos critiques complĂštes des titres prĂ©cĂ©dents CYCLE MOZART NĂ©zet-SĂ©guin / Villazon – BADEN BADEN Festival Hall (depuis 2011) – DG Deutsche Grammophon :

 

 

Don-Giovanni.cd_.01CD, critique. Mozart: Don Giovanni, NĂ©zet-SĂ©guin (2011) 3 cd Deutsche Grammophon. EntrĂ©e rĂ©ussie pour le chef canadien Yannick NĂ©zet-SĂ©guin qui emporte haut la main les suffrages pour son premier dĂ©fi chez Deutsche Grammophon: enregistrer Don Giovanni de Mozart.AprĂšs les mythiques Boehm, FurtwĂ€ngler, et tant de chefs qui en ont fait un accomplissement longuement mĂ©ditĂ©, l’opĂ©ra Don Giovanni version NĂ©zet-SĂ©guin regarderait plutĂŽt du cotĂ© de son maĂźtre, trĂšs scrupuleusement Ă©tudiĂ©, observĂ©, suivi, le dĂ©funt Carlo Maria Giulini: souffle, sincĂ©ritĂ© cosmique, vĂ©ritĂ© surtout restituant au giocoso de Mozart, sa sincĂ©ritĂ© premiĂšre, son urgence thĂ©Ăątrale, en une libertĂ© de tempi rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s, libres et souvent pertinents, qui accusent le souffle universel des situations et des tempĂ©raments mis en mouvement.ImmĂ©diatement ce qui saisit l’audition c’est la vitalitĂ© trĂšs fluide, le raffinement naturel du chant orchestral; un sens des climats et de la continuitĂ© dramatique qui impose des l’ouverture une imagination fertile
 Les chanteurs sont naturellement portĂ©s par la suretĂ© de la baguette, l’écoute fraternelle du chef, toujours en symbiose avec les voix. EN LIRE +

 

 

Cosi_Mozart-Nezet_seguin_cd_DG_villazonCD. Mozart : Cosi fan tutte (NĂ©zet-SĂ©guin, 2012) 3 cd DG   
.   le jeune chef plein d’ardeur, Yannick NĂ©zet-SĂ©guin poursuit son intĂ©grale Mozart captĂ©e Ă  Baden Baden chaque Ă©tĂ© pour Deutsche Grammophon avec un Cosi fan tutte, palpitant et engagĂ©. Voici un Cosi fan tutte (Vienne, 1790) de belle allure, surtout orchestrale, qui vaut aussi pour la performance des deux soeurs, victimes de la machination machiste ourdie par le misogyne Alfonso 
 D’abord il y a l’élĂ©gance mordante souvent trĂšs engageante de l’orchestre auquel Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, coordonnateur de cette intĂ©grale Mozart pour DG, insuffle le nerf, la palpitation de l’instant : une exaltation souvent irrĂ©sistible. le directeur musical du Philharmonique de Rotterdam n’a pas son pareil pour varier les milles intentions d’une partition qui frĂ©tille en tendresse et clins d’oeil pour ses personnages, surtout fĂ©minins. Comme Les Noces de Figaro, Mozart semble dĂ©velopper une sensibilitĂ© proche du coeur fĂ©minin : comme on le lira plus loin, ce ne sont pas Dorabella ni Fiodiligi, d’une prĂ©sence absolue ici, qui dĂ©mentiront notre analyse. En LIRE +

 

 

 

http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-mozart-lenlevement-au-serail-die-entfhurung-aus-dem-serail-schweinester-prohaska-damrau-villazon-nezet-seguin-2-cd-deutsche-grammophon/CD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail, Die EntfhĂŒrung aus dem serail. Schweinester, Prohaska, Damrau, Villazon, NĂ©zet-SĂ©guin (2 cd Deutsche Grammophon). AprĂšs Don Giovanni et Cosi fan tutte, que vaut la brillante turquerie composĂ©e par Mozart en 1782, au coeur des LumiĂšres dĂ©fendue Ă  Baden Baden par NĂ©zet-SĂ©guin et son Ă©quipe ? Évidemment avec son lĂ©ger accent mexicain le non germanophone Rolando Villazon peine Ă  convaincre dans le rĂŽle de Belmonte;  outre l’articulation contournĂ©e de l’allemand, c’est surtout un style qui reste pas assez sobre, trop maniĂ©rĂ© Ă  notre goĂ»t, autant de petites anomalies qui malgrĂ© l’intensitĂ© du chant placent le chanteur en dehors du rĂŽle. EN LIRE +

 

 

Le nozze di figaro mozart les noces de figaro deutsche grammophon 3 cd nezet-seguin_hampson_fauchecourt critique cd review classiquenews presentation annonce depeche clic de classiquenews juin 2016CD, annonce. Mozart : Les Noces de Figaro par Yannick NĂ©zet SĂ©guin. Alors que Sony classical poursuit sa trilogie sous la conduite de l’espiĂšgle et pĂ©taradant Teodor Currentzis (1), Deutsche Grammophon achĂšve la sienne sous le pilotage du MontrĂ©alais Yannick-NĂ©zet SĂ©guin rĂ©cemment nommĂ© directeur musical au Metropolitan Opera de New York. AprĂšs Don Giovanni, puis Cosi, les Nozze di Figaro sont annoncĂ©es ce 8 juillet 2016. A l’affiche de ce live en provenance comme pour chaque ouvrage enregistrĂ© de Baden Baden (festival estival 2015), des vedettes bien connues dont surtout le tĂ©nor franco mexicain Rolando Villazonavec lequel le chef a entrepris ce cycle mozartien qui devrait compter au total 7 opĂ©ras de la maturitĂ©. Villazon on l’a vu, se refait une santĂ© vocale au cours de ce voyage mozartien, rĂ©apprenant non sans convaincre le dĂ©licat et subtil legato mozartien, la douceur et l’expressivitĂ© des inflexions, l’art des nuances et des phrasĂ©s souverains
 une autre Ă©coute aussi avec l’orchestre (les instrumentistes Ă  Baden Baden sont placĂ©s derriĂšre les chanteurs
) – EN LIRE +

 

 

La-Clemenza-Di-Tito neezt seguin donato rebeka villazon cd review critique cd opera par classiquenewsCD, critique. MOZART : La Clemenza di Tito. NĂ©zet-SĂ©guin, DiDonato, Rebeka
 (2 cd DG Deutsche Grammophon). La formule est Ă  prĂ©sent cĂ©lĂšbre : implanter comme Ă  Salzbourg, un cycle rĂ©current Mozart, mais ici Ă  Baden Baden, et chaque Ă©tĂ©, c’est Ă  dire les grands opĂ©ras ; aprĂšs Don Giovanni, Cosi, L’EnlĂšvement au sĂ©rail, Les Nozze, voici le dĂ©jĂ  5Ăš ouvrage, enregistrĂ© sur le vif en version de concert, depuis le Fespielhaus de Baden Baden, en juillet 2017. Autour du tĂ©nor mĂ©diatique Rolando Villazon (pilier avec le chef quĂ©bĂ©cois de ce projet discographique d’envergure), se pressent quelques beaux gosiers, dont surtout, vrais tempĂ©raments capables de brosser et approfondir un personnage sur la scĂšne, grĂące Ă  leur vocalitĂ  ardente, ciselĂ©e : le Sesto de Joyce Di Donato, mozartienne Ă©lectrique jusqu’au bout des ongles ; dans le rĂŽle de l’amant manipulĂ© ; et, rĂ©vĂ©lation de cette bande, la soprano lettone Marina Rebeka, ampleur dramatique de louve dĂ©vorĂ©e par la haine et la conscience du pouvoir, dans le rĂŽle de l’ambitieuse prĂȘte Ă  tout.  LIRE la critique du cd La Clemenza di Tito MOZART NĂ©zet-SĂ©guin Baden Baden, complĂšte

 

 

 

 

____________________

MOZART FLUTE zauberflote nezet seguin villazon muhlemann selig vogt critique cd critique opera review opera classiquenews concert maestro opera festival deutsche grammophon_02894836400-Cvr

 

 

 

LIRE aussi notre annonce du cd MOZART : Die zauberflöte / La Flûte enchantée par Nézet-Séguin / Vogt / annonce du CLIC de CLASSIQUENEWS dÚs le 3 août 2019

 

OpĂ©ra de TOURS, saison lyrique 2019 – 2020 : 7 productions Ă©vĂ©nements

TOURS-opera-nouvelle-saison-2019-2020-annonce-presentation-critique-concerts-critique-opera-classiquenewsOPERA DE TOURS, saison 2019 2020. TOURS, scĂšne lyrique majeure en France. Ouverte voire audacieuse, majoritairement romantique, la programmation 2019 – 2020 de l’OpĂ©ra de Tours n’oublie pas pour autant de dĂ©licieusement provoquer (Powder her Face du compositeur contemporain Thomas AdĂšs : une Ɠuvre forte et chambriste qui dĂ©cortique l’ñme humaine crĂ©Ă©e il y a dĂ©jĂ  plus de 24 ans). Le chef et directeur des lieux, Benjamin Pionnier, veille au choix des productions dĂ©jĂ  crĂ©Ă©es ou dans le cas de nouvelles rĂ©alisations, au profil des hommes de thĂ©Ăątre capable de respecter la partition et de rĂ©ussir la fusion du thĂ©Ăątre et de la musique. Un Ă©quilibre entre musique et dramaturgie qui se montre exemplaire quand ailleurs l’outrance des scĂ©nographie pseudo-conceptuelles n’hĂ©site pas Ă  dĂ©naturer les ouvrages originaux et rĂ©Ă©crire mĂȘme l’action conçue par le compositeur et son librettiste

En 2019 – 2020, Benjamin Pionnier a conçu l’une de ses programmations les mieux Ă©quilibrĂ©es, portant les dĂ©fis et les promesses de pas moins de 3 nouvelles productions : Don Quichotte, Powder her face et dernier volet de la saison, l’éblouissante Giovanna d’Arco de Verdi. Les 7 productions lyriques Ă  l’affiche de cette nouvelle saison 2017 – 2019 continuent d’explorer, de questionner, et aussi de divertir, en une totalitĂ© idĂ©ale. Ne manque que le baroque (peut-ĂȘtre la saison suivante ?). Soit une vraie scĂšne lyrique, exigeante et gĂ©nĂ©reuse qui prend des risques et sait renouveler notre comprĂ©hension des ouvrages plus familiers. VoilĂ  la preuve qu’il n’y pas qu’à Paris intra muros que les productions et choix de rĂ©pertoires mĂ©ritent que l’on s’y attardent. Tours est plus que jamais une Ă©tape rĂ©guliĂšre et importante de tout amateur d’opĂ©ra en France. Voici donc, d’octobre 2019 Ă  mai 2020, les 7 Ă©vĂ©nements lyriques Ă  ne pas manquer Ă  l’OpĂ©ra de Tours.

 
 

OCTOBRE 2019

Ainsi la premiĂšre production cĂ©lĂšbre le dernier opĂ©ra de la trilogie Da Ponte / Mozart, soit Cosi fan tutte, crĂ©Ă© au Burgtheater de Vienne le 26 janvier 1790. InspirĂ© par le livret de Lorenzo Da Ponte, Mozart, aprĂšs avoir composĂ© Les noces de Figaro puis Don Giovanni surtout, aborde avec une subtilitĂ© inĂ©dite jusqu’alors, la duplicitĂ© des sentiments, les faux serments, la lĂ©gĂšretĂ© du cƓur fĂ©minin (ainsi font elles toutes / toutes les mĂȘmes
, comme nous le dit le titre mĂȘme de l’opĂ©ra « Cosi fan tutte »). Quand Wolfgang aborde le genre buffa, la finesse et l’élĂ©gance de la nostalgie qu’il sait instiller Ă  son Ă©criture, renouvellent totalement le genre buffa napolitain
 C’est un marivaudage avant l’heure : une carte du tendre semĂ© de quiproquos douloureux, de tromperie et de cynisme amers, de faux serments et de vraies passions irraisonnĂ©es. La pulsion et l’éros choatique plutĂŽt que la fidĂ©litĂ© et la constance
 (une approche rĂ©aliste dĂ©jĂ  abordĂ©e dans les Noces et Don Giovanni, selon les thĂšmes chers au poĂšte Ă©crivain Lorenzo da Ponte). C’est l’école des amants, oĂč les jeunes fiancĂ©s apprennent l’inconstance de leurs aimĂ©es respectives ; oĂč les femmes aussi s’enivrent et se perdent dans le jeu de l’amour croisé  Les 4, 6 et 8 octobre 2019. Benjamin Pionnier, direction musicale / Gilles Bouillon, mise en scĂšne.

RÉSERVEZ :
http://www.operadetours.fr/cosi-fan-tutte

 
 

 
 

DECEMBRE 2019

Toujours sur le mode comique dĂ©jantĂ©, et pour fĂȘter la fin d’annĂ©e 2019, voici une piĂšce maĂźtresse de Charles Lecocq : Le Docteur Miracle, opĂ©ra comique en un acte crĂ©Ă© aux Bouffes-Parisiens en avril 1857, les jeudi 12 dĂ©c et vend 13 dĂ©c en sĂ©ances scolaires, et pour le grand public, le sam 14 dĂ©cembre 2019. Version intimiste pour chanteurs et piano (Pierre Lebon, mise en scĂšne). La fille du podestat de Padoue, Laurette, pourra-t-elle Ă©pouser celui qu’elle aime, le capitaine Silvio ?

RÉSERVEZ :
http://www.operadetours.fr/le-docteur-miracle

 
 

Ne manquez pas non plus en ces temps de cĂ©lĂ©brations de NoĂ«l, l’opĂ©rette en 3 actes d’AndrĂ© Messager : Les P’tites Michu (crĂ©Ă© aux Bouffes-Parisiens en nov 1897). Messager se joue des contrastes sociaux quand deux filles Ă©changĂ©es Ă  leur naissance, vivent dans un milieu qui ne leur Ă©tait pas destinĂ© au dĂ©part
 haute naissance ou milieu modeste, Marie-Blanche et Blanche-Marie sont les hĂ©roĂŻnes de ce vaudeville lĂ©ger, Ă©lĂ©gant, français qui suscita un immense succĂšs jusqu’à Londres et Broadway
 4 dates pour la semaine entre NoĂ«l et le jour de l’an, les 27, 28, 29 et 31 dĂ©cembre 2019.

RÉSERVEZ :
http://www.operadetours.fr/les-p-tites-michu

 
 

 
 

 
 

JANVIER 2020

Rossini, aprĂšs avoir traitĂ© le genre seria, s’affirme rĂ©ellement dans la veine du melodramma buffo (et en deux actes) comme l’atteste la rĂ©ussite triomphale de son Barbier de SĂ©ville, d’aprĂšs Beaumarchais, crĂ©Ă© au Teatro Argentina de Rome, en fĂ©vrier 1816. Fin lui aussi, mordant et d’une facĂ©tie irrĂ©sistible par sa verve toute en subtilitĂ©, le compositeur se montre Ă  la hauteur du drame de Beaumarchais : il rĂ©ussit musicalement dans les ensembles (fin d’actes) et aussi dans le profil racĂ©, plein de caractĂšre de la jeune sĂ©questrĂ©e, Rosine : piquante, dĂ©terminĂ©e, une beautĂ© pleine de charme
 Avec le Figaro de Guillaume Andrieu, la Rosina d’Anna Bonitatibus
 Direction musicale : Benjamin Pionnier / Mise en scĂšne : Laurent Pelly. Les 29, 31 janvier puis 2 fĂ©vrier 2020.

RÉSERVEZ :
http://www.operadetours.fr/le-barbier-de-seville

 
 

 
 

MARS 2020

En mars 2020, nouvelle production Ă©vĂ©nement : Don Quichotte de Jules Massenet, comĂ©die hĂ©roĂŻque en 5 actes, crĂ©Ă© Ă  Monte Carlo le 24 fĂ©vrier 1910. L’ouvrage appartient Ă  la derniĂšre pĂ©riode de Massenet, Ă©purĂ©e, intense, franche. Le chevalier Ă  la triste figure espĂšre en vain plaire Ă  DulcinĂ©e, la sĂ©duire, mais la belle est une beautĂ© arrogante et hautaine. Heureusement, son fidĂšle compagnon Sancho adoucit la morsure d’une vie solitaire Ă©prouvĂ©e par les railleries et les humiliations. DirigĂ© par GwennolĂ© Rufet et mis en scĂšne par Louis DĂ©sirĂ©, l’opĂ©ra du dernier Massenet demeure mĂ©connu, Ă  torts. La distribution rĂ©unie Ă  l’OpĂ©ra de Tours comprend Nicolas Cavallier (Don Quichotte), Julie Robard-Gendre (DulcinĂ©e) et Pierre-Yves Pruvost (Sancho) ; leur trio devrait proposer une belle lecture, entre autres convaincante par la caractĂ©risation des personnages dĂ©fendue par les solistes
 3 reprĂ©sentations attendues, les 6, 8 et 10 mars 2020.

RÉSERVEZ :
http://www.operadetours.fr/don-quichotte

 
 

 
 

AVRIL 2020

Voici une partition abusivement cataloguĂ©e de scandaleuse, crĂ©Ă©e dĂ©jĂ  il y a plus de 20 ans, en juillet 1995 au Cheltenham Music Festival : Powder her face du compositeur contemporain Thomas AdĂšs (nĂ© en 1971) est un opĂ©ra en deux actes ; en rĂ©alitĂ© direct, juste, saisissant, dĂ©voilant avec un rĂ©alisme taillĂ© au scalpel, les tares de la sociĂ©tĂ© humaine
 dans un certain milieu, celui de la soit disant belle sociĂ©tĂ© anglaise des annĂ©es 90
 AdĂšs Ă©voquant avec une verve ironique, poĂ©tique, dĂ©lirante et dans une Ă©criture extrĂȘmement raffinĂ©e, les frasques de Margaret Campbell, duchesse d’Argyll (1912-1993). DĂ©cadence, vertiges des hauteurs, cynisme glaçant
 luxure et irresponsabilitĂ© suspendent leur cours entre vacuitĂ© et barbarie contemporaine. La Duchesse, pervertie par un orgueil dĂ©mesurĂ©, abandonnĂ©e Ă  elle-mĂȘme par facilitĂ© et par paresse, collectionne les mĂąles gigolos (dont une fameuse scĂšne avec le pompiste) avant d’affronter cette rĂ©alitĂ© qui la rattrape (oĂč il faut alors payer la facture
) incarnĂ©e par un directeur d’hĂŽtel comptable de ses actes, figure de cette Angleterre hypocrite et machiste qui finit par broyer la figure dĂ©risoire et pathĂ©tique de cette Duchesse prise au piĂšge d’un faux pouvoir nĂ©gociĂ© par sa fortune vite dilapidĂ©e. Dans les faits, son mari le duc d’Argyll, se venge d’une Ă©pouse trop volage, inconsĂ©quente voire obscĂšne ; il livre ses photos et son cahier intime Ă  la justice, en 1963, dĂ©nonçant une femme pervertie, particuliĂšrement immorale.
Dans le sillon de l’opĂ©ra de chambre rĂ©inventĂ© par Britten au XXĂš, AdĂšs ici en un plateau rĂ©duit Ă  quatre chanteurs et une quinzaine de musiciens-, prolonge la veine intimiste et satirique, rĂ©aliste et acide qui rĂ©vĂšle comme un miroir, les travers les plus sombres et lĂąches de la psychĂ©. A la fois, prĂȘtresse libertaire et victime expiatoire, la Duchesse fait partie dĂ©sormais des hĂ©roĂŻnes sublimes et tragiques de l’opĂ©ra contemporain : ses monologues se hissent aux sĂ©quences les plus mĂ©morables de la scĂšne lyrique (La voix humaine de Poulenc), rĂ©inventant un parlĂ© chantĂ© qui exprime le dĂ©sarroi, cri et souffrance incarnĂ©s, d’une Ăąme excessive et naĂŻve, trompĂ©e, humiliĂ©e. DĂ©truite malgrĂ© une arrogance de façade, la duchesse affiche une fausse prĂ©sĂ©ance. Et l’ouvrage s’achĂšve dans un tango faussement enivrĂ©, parodie caustique d’une vie qui ne fut qu’illusion. L’OpĂ©ra de Tours en offre une nouvelle production, les 3, 5 et 7 avril 2020. Avec dans le rĂŽle de la Duchesse « scandaleuse » : Isabelle Cals. Rory Macdonald, direction / Dieter Kaegi, mise en scĂšne.

RÉSERVEZ :
http://www.operadetours.fr/powder-her-face

EXTRAIT VIDEO
https://www.dailymotion.com/video/x6j8mnb / avec l’excellente Allison Cook en Duchesse dĂ©lirante, fantasque, suicidaire


 
 

 
 

 
 

Mai 2020

La fin de la saison lyrique Ă  Tours s’accomplit avec une autre nouvelle production, celle d’un ouvrage de Giuseppe Verdi, jamais reprĂ©sentĂ© jusque lĂ  Ă  Tours : Giovanna d’Arco (crĂ©ation Ă  la Scala de Milan le 15 fĂ©vrier 1845). TrĂšs inspirĂ© par Schiller et son romantisme noir, souvent dĂ©sespĂ©rĂ© (mais ĂŽ combien exaltant), Verdi met en musique la lĂ©gende spirituelle et miraculeuse de Jeanne la pucelle d’OrlĂ©ans, ici amoureuse du Roi Charles VII, et dĂ©noncĂ©e par son propre pĂšre pour sorcellerie
 Verdi comme dans Luisa Miller (autre ouvrage d’aprĂšs Schiller), Ă©crit une partition Ă©blouissante par ses airs passionnĂ©s, ses chƓurs engagĂ©s, la force et la puissance du drame Ă©pique qui finit par broyer la figure de la jeune femme
 3 reprĂ©sentations pour clore cette saison particuliĂšrement prometteuse : vend 15, dim 17 et mardi 19 mai 2020. Benjamin Pionnier, direction musicale / Yves Lenoir, mise en scĂšne. Avec dans les rĂŽles principaux : Astrik Khanamiryan, Giovanna, et Irakli Murjikneli, Carlo VII / production avec le ThĂ©Ăątre Orchestre Bienne Soleure.
RÉSERVEZ :
http://www.operadetours.fr/giovanna-d-arco

 
 

 
 

 

_____________________________________

 

VISITEZ LE SITE DE L’OPERA DE TOURS
http://www.operadetours.fr/index.php

tours-opera-saison-2019-2020-presentation-critique-concerts-critique-operas-classiquenews

 
 

 
 

Opéras en direct sur France Musique

logo_francemusiqueFRANCE MUSIQUE. OpĂ©ra, directs, les 8, 9, 10 et 11 juillet 2019. OPÉRAS EN DIRECT. Quand Juillet paraĂźt, les nuits lyriques (enchanteresses ?) s dĂ©ploient, ainsi entre autres sur France Musique, les 8, 9, 10, 11 et 12 juillet 2019. En direct d’Aix 2019, voici 5 transmissions en direct sur les ondes de France Musique. Pour ne rien manquez de ce qui fait l’actualitĂ© de l’opĂ©ra cet Ă©té  Au frais, plateau repas Ă  portĂ©e de mains, et dans votre salon, suivez chaque « temps forts » du Festival d’Aix 2019. Requiem de Mozart revisitĂ© ou dĂ©naturĂ© ? Tosca sublimĂ© par la prĂ©sence du tĂ©nor maltais Joseph Calleja ? Et que pensez du Mahagony de Kurt Weill comme de l’onirique et troublant Jakob Lenz de Wolfgang Rihm ? Aix 2019 : la magie sera-t-elle au rv ?

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

ÉtĂ© 2019 – directs de juillet 2019
sur France Musique

 

 

LUNDI 8 JUILLET | 22h
Requiem - Mozart
Sombre voire grave, parfois onirique, en tout cas toujours trĂšs visuel, tout spectacle signĂ© du metteur en scĂšne Romeo Castellucci frappe les esprits. Pourtant son dernier spectacle Ă  Garnier (l’oratorio Il Primo Omicidio de Scarlatti avait Ă©tĂ© peu convaincant)
 A l’affiche du festival aixois 2019, le Requiem de Mozart est ici chorĂ©graphiĂ© (dont des danses traditionnelles) avec la participation de la « Compagnie junior du Ballet de Marseille ». Qu’en sera-t-il cet Ă©tĂ© Ă  Aix pour cette « nouvelle production » ? les effets de danses, le visuel, la surinterprĂ©tation thĂ©Ăątrale selon la mode actuelle
 sans omettre ici et lĂ , entre les sections originelles conçues par Wolfgang, plusieurs piĂšces musicales Ă©trangĂšres selon le goĂ»t du chef 
 ne dĂ©natureront-ils pas l’élan spirituel de la partition mozartienne, laissĂ©e inachevĂ©e (Ă  partir du Lacrymosa) ? La performance annoncĂ©e est conçue « non seulement comme un rituel pour le repos des morts, mais aussi comme une cĂ©lĂ©bration des forces de vie ». Avec les instrumentistes de Pygmalion / R. Pichon.

 

 

MARDI 9 JUILLET | 21h30
Tosca - Puccini
Le joker de cette production demeure le tĂ©nor maltais Joseph Calleja dans le rĂŽle du peintre libertaire bonapartiste Mario Cavaradosi, amant de la belle et sublime cantatrice Floria Tosca (Angel Blue) : le couple d’artistes nourrit (jusqu’à la haine sanguinaire), la jalousie du prĂ©fet de Rome, l’infect et sadique baron Scarpia (Alexey Markov). Pourtant s’il meurt effectivement dans la fameuse scĂšne au Palais FarnĂšse de l’acte II, Floria et Mario ne sortent pas indemnes dans ce huit clos passionnel et glaçant
 Orch de l’OpĂ©ra de Lyon / Daniele Rustioni, direction musicale / Christophe HonorĂ©, mise en scĂšne. Nouvelle production 2019.

 

 

MERCREDI 10 JUILLET | 20h
Les mille endormis - Maor

 

 

JEUDI 11 JUILLET | 20h
Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny - Weill
Chef d’Ɠuvre mordant, dĂ©jantĂ© de Weil ĂągĂ© de 30 ans (Leipzig, 1930), Mahagony est une satire de la barbarie humaine, une parodie du cycle de la naissance et de la chute des hommes : un Las Vegas avant l’heure oĂč rĂšgne le sexe, le jeu, la drogue, les plaisirs les plus fous et surtout dispendieux qui prĂ©cipitent mieux le destin d’un peuple condamnĂ© : les hommes en sociĂ©tĂ©. Avec les Sept PĂ©chĂ©s capitaux, Grandeur et DĂ©cadence de la ville de Mahagony illustrent la clairvoyance du compositeur gĂ©nial Kurt Weill (associĂ© au non moins excetionnel Brecht), avant son exil aux USA


 

 

VENDREDI 12 JUILLET | 20h
Jakob Lenz - Rihm
A l’affiche de seulement 3 soirs Ă  Aix, Jakob Lenz de Rihm s’inspire de la nouvelle “LENZ” de Georg BĂŒchner (1839) et a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e le 8 mars 1979 Ă  Hambourg. La production proposĂ©e ici est une reprise produite Ă  Stuttgart (Staatsoper en 2014), prĂ©sentĂ©e rĂ©cemment Ă  Bruxelles. Ensemble MODERN / Ing Metzmacher, direction musicale / Andrea Breth, mise en scĂšne. Avec Gerog Nigl (Lenz), Wolfgang Bankl (Oberlin), John Daszak (Kaufmann)
 PoĂšte et dramaturge, Jakob Lenz est passionnĂ© et inspirĂ© par les passions humaines, le thĂ©Ăątre des sentiments extrĂȘmes, l’ivresse et la dĂ©mesure supĂ©rieures Ă  la raison et Ă  la sagesse. Ambassadeur du courant Sturm und Drang (tempĂȘte et passion) qui accompagne et nourrit l’avĂšnement du Romantisme en Europe, Lenz erre ici dans les Vosges en 1776
 En proie Ă  la folie, le crĂ©ateur possĂ©dĂ© (ami de Goethe) bascule dans la nuit des vertiges et inspire enfin au jeune Rihm, puis ici Ă  la metteuse en scĂšne allemande Andrea Breth, un spectacle subtil qu’il faut absolument avoir vu et Ă©coutĂ©. Le rĂŽle-titre de Lenz, est incarnĂ© par le baryton Georg Nigl, Ă©purĂ©, juste, intense
 dĂ©chirant, de bout en bout. C’est probablement la production, reprise, qui sauve l’édition Aix 2019.

VOIR le TEASER
https://www.youtube.com/watch?v=g3lqDEmTtU8

 

 

CD, coffret Ă©vĂ©nement. MOZART : les 3 derniĂšres Symphonies (39, 40, 41 “Jupiter”) / Jordi SAVALL (3 cd Alia Vox)

MOZART-testament-symphonique-symphonies-39-40-41-jordi-savall-alia-vox-cd-critique-3-cd-alia-vox-les-nations-classiquenews-cd-critique-classiquenewsCD, coffret Ă©vĂ©nement. MOZART : les 3 derniĂšres Symphonies (39, 40, 41 “Jupiter”) / Jordi SAVALL (3 cd Alia Vox). En 1788, Mozart ĂągĂ© de 32 ans est dĂ©jĂ  Ă  la fin de sa trop courte existence : il meurt 3 ans plus tard. Les 3 derniĂšres Symphonies n°39, 40 et 41 « Jupiter » sont Ă©laborĂ©es en 6 semaines, de juin Ă  aoĂ»t 1788, 3 sommets absolus, en plĂ©nitude orchestrale, justes, profonds, d’une sincĂ©ritĂ© et d’un Ă©lan intĂ©rieur, irrĂ©sistibles. Mi bĂ©mol, sol mineur, do majeur
 le parcours des tonalitĂ©s n’en finissent pas de fasciner car il y a bien unitĂ© et cohĂ©rence organique de l’une Ă  l’autre, ce que tend Ă  exprimer et argumenter Jordi Savall qui parle mĂȘme de « Testament symphonique ». La vision est d’autant plus lĂ©gitime que ce portique inouĂŻ, totalement visionnaire sur le plan de l’histoire musicale et du genre symphonique, n’obĂ©it pas Ă  une commande mais prolonge un besoin impĂ©rieux, viscĂ©ral de la part d’un crĂ©ateur mĂ©sestimĂ©, Ă©cartĂ© mĂȘme du milieu officiel et politique, qui de surcroĂźt est aux abois : la ruine financiĂšre et les dettes de Wolfgang l’obligent Ă  quĂ©mander auprĂšs de tous ses proches, dont ses « frĂšres » franc-maçons, une piĂšce ou un billet (florins ou ducats) pour survivre (cf lettre Ă  Michael Puchberg, comme lui membre de la loge Zur Wahrheit / A la vĂ©ritĂ©). Franc maçon depuis 1784 (comme Haydn), Mozart plonge Ă  Vienne de la pauvretĂ© Ă  la misĂšre fin 1787. La souffrance, la mort, la vanitĂ© de toute chose
. sont des sentiments dĂ©sormais explicites dans l’écriture. D’oĂč l’urgence qui s’en dĂ©gage ; le dĂ©sarroi et l’espĂ©rance aussi qui innervent tout le retable orchestral.
savall-jordi-nuit-des-rois-versaillesSavall rĂ©tablit la place des Ă©vĂ©nements, le contexte d’une existence humaine dĂ©primĂ©e et affligeante en vĂ©ritĂ©, alors que l’acuitĂ© artistique du compositeur, la vitalitĂ© et les trouvailles de son gĂ©nie musical, atteignent des sommets d’audaces comme d’accomplissements inĂ©dits. TrĂšs juste et pertinent, le chef catalan ajoute la fameuse marche funĂšbre – Maurerische Trauermusik K 477 de 1785, rĂ©alisĂ© pour les funĂ©railles de deux frĂšres de la loge : le lugubre bouleversant qui s’en dĂ©gage exprime au plus prĂšs, la conscience d’un Mozart touchĂ© par le sentiment de sa propre fragilitĂ© comme de sa mort. Puis deux ans aprĂšs au printemps 1787 surviendra sa sĂ©paration avec la soprano Nancy Storace (sa Suzanne des Nozze), rupture elle aussi trĂšs douloureuse. La mort inspire constamment son Ɠuvre (d’autant plus avec la mort du pĂšre, Leopold survenue en mai 1787), sublimĂ©e prĂ©sente dans son nouvel opĂ©ra Don Giovanni (crĂ©Ă© en oct 1787).
Jordi Savall rappelle le masque et la prĂ©sence de la mort comme Ă©quation permanente dans la rĂ©solution des 3 symphonies : endettĂ©, Mozart implore la gĂ©nĂ©rositĂ© de moins en moins franche de ses frĂšres dont le mĂȘme Pucheberg (qui rĂ©duit considĂ©rablement ses dons Ă  son ami) ; seul Swieten se montrera plus constant et d’un soutien indĂ©fectibe.
MalgrĂ© cette indigence injuste, le gĂ©nie mozartien, foudroyĂ©, produit ses plus grands chefs d’Ɠuvres symphoniques. Et pour mieux souligner encore leur continuitĂ© naturelle, la Symphonie en sol mineur (n°40), centrale, est prĂ©sente sur les 2 cd ; passage continue depuis la mi bĂ©mol n°39 sur le cd1 ; volet prĂ©alable nĂ©cessaire Ă  la Do majeur n°41 « Jupiter », sur le cd2 ; de facto, l’écoute en continu laisse se manifester l’absolue relation et la complĂ©mentaritĂ© des 3 cimes symphoniques, faisant ainsi sens en leur flux ininterrompu.

Savall se joue des timbres d’époque dans chaque partition, soulignant souvent la rĂ©sonance et la rĂ©verbĂ©ration pour mieux accentuer l’effet de solennitĂ© grave, d’ampleur souterraine liĂ©e au sentiment tragique. D’autant que surgissant d’une nĂ©cessitĂ© et d’un ordre intĂ©rieur et personnel impĂ©rieux, les 3 Symphonies ne furent probablement jamais crĂ©Ă©es et jouĂ©es du vivant de Wolfgang. En tout cas, pas dans leur continuitĂ© organique ainsi rĂ©tablie.

 

 

Testament symphonique de Mozart
et déjà romantique


 

 

MOZART wolfgang vienne 1780 1790 classiquenews 1138381-portrait-wolfgang-amadeus-mozartDĂšs la couleur particuliĂšre de la 39 (la clarinette placĂ©e au centre de l’échiquier instrumental y joue des contrastes et aussi de la riche texture orchestrale), Savall souligne les accents d’une partition entre ombre et lumiĂšre, panique et sĂ©rĂ©nitĂ©. De la mĂȘme façon, le chef saisit et amplifie les harmonies inquiĂštes qui occupent le cƓur de l’Andante con moto. Et Haydn est bien prĂ©sent dans le raffinement Ă©blouissant du Finale. AchevĂ©e en juillet 1788, la 40 est tout aussi lumineuse et solaire mais aussi emprunte d’un sfumato Ă©motionnel qui est liĂ© Ă  l’utilisation du sol mineur, le mode doloriste (celui de Pamina dans La FlĂ»te). L’allegro initial est de loin la crĂ©ation la plus puissante et exaltante de Mozart, un mouvement dont Savall exprime l’agitation quasi syncopĂ©e, l’exaltation des sens et une ivresse Ă©perdue, presque panique et pourtant dĂ©jĂ  romantique, totalement magicienne
 MĂȘme naturel Ă©vident dans la Sicilienne qui est le mouvement lent (Andante) ; avant le surgissement d’une angoisse indicible dans le Finale qui affirme la haute conscience de la mort. Mozart s’y livre avec une acuitĂ© irrĂ©sistible que Savall sculpte dans la masse, en une danse ivre, exaltĂ©e, Ă©perdue, comme d’un dernier souffle chorĂ©graphique, l’ultime dĂ©sir intime contre la tempĂȘte adverse : il n’est pas un mouvement orchestral de tout le XVIIIĂš qui affirme clairement son esprit dĂ©jĂ  romantique. Quel saisissant contraste avec la musique funĂšbre enchaĂźnĂ©e oĂč la rĂ©verbation noble du lieu d’enregistrement amplifie la grandeur lugubre, portĂ©e par les bois. Mozart va trĂšs loin dans cette exploration personnelle de la mort.

Mozart_1780Symphonie 41 « Jupiter » : à notre avis elle aurait mĂ©ritĂ© plutĂŽt le surnom d’Apollon ; certes il y a du militaire dans la remise en ordre du premier mouvement, superbe proclamation des forces de l’esprit sur tout ferment instable ; l’impĂ©rieuse nĂ©cessitĂ© se fait volontĂ© et autodĂ©termination, d’autant plus impĂ©riale et « pacificatrice » aprĂšs le tumulte intranquille de la 40Ăš, ocĂ©an de sensations jaillissantes, exaltĂ©es. Mozart affirme ici le calme tranquille et l’équilibre des forces maĂźtrisĂ©es en une Ă©criture d’un lumineuse finesse. Ce dĂ©but proclame une rage dĂ©terminĂ©e prĂ©beethovĂ©nienne, dans son Ă©lan, et aussi son orchestration : le sommet de l’expĂ©rience orchestrale contenue dans le triptyque. Savall grĂące Ă  une attention aux dĂ©tails fait briller les nuances de cet Ă©clat spĂ©cifique, saisi dans sa puissance comme dans ses reflets les plus infimes. On reste saisi par la hauteur du regard de l’interprĂšte, comme de la pensĂ©e mozartienne : qu’aurait Ă©crit le compositeur s’il n’était pas mort en 1791, dĂ©passant le siĂšcle et s’affirmant mĂȘme tel un Haydn, encore prodigieusement actif Ă  l’aube romantique ? Tout Mozart, le plus volontaire, le plus humain, le plus dĂ©chirant se trouve ici condensĂ© dans ce lever de rideau ouvertement positif.
La caresse du chef, pleine de renoncement et de nostalgie dans l’Andante, n’oublie pas les arĂȘtes vives, la tranche des contrastes aux cordes nettes et nerveuses, presque acĂ©rĂ©e. La forte rĂ©verbĂ©ration accuse encore l’ampleur lugubre du morceau dont la lumiĂšre chatoyante se rapproche des dĂ©plorations maçonniques

MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsLe Menuetto est rĂ©glĂ© comme une mĂ©canique pleine de rebond Ă©lastique oĂč rutilent les couleurs des bois. Savall y distille un Ă©lan rond et Ă©nergique, lĂ  encore dĂ©jĂ  beethovĂ©nien.
Mais le morceau de bravoure se dĂ©ploie Ă  la fin. Rien ne peut rĂ©sister Ă  l’affirmation olympienne, triomphante et conquĂ©rante du Finale, de fait « JupitĂ©rien », dont Savall sait distiller (cordes) une couleur trĂšs fine qui ajoute Ă  la trĂ©pidation nerveuse de l’architecture. FlĂ»tes, hautbois, bassons dansent tandis que les cordes assĂšnent leur miraculeuse volontĂ© Ă©prise d’ordre et de grandeur, d’élĂ©vation et de jubilation. Aux bois aĂ©riens, abstraits, Savall fait rĂ©pondre les cordes engagĂ©es, mordantes, presque rageuses, d’une superbe autoritĂ© ryhtmique, creusant le sillon d’une volontĂ© dĂ©sormais invincible. Aucun doute, dans cette proclamation jubilatoire s’inscrit lĂ  encore, le premier Beethoven. Transparence, clartĂ©, nervositĂ©, articulation et souffle prĂ©romantique : le voici ce Mozart visionnaire, poĂšte et moderne. Magistral.

L’élĂ©vation de l’inspiration, la poĂ©sie qui s’en dĂ©gage et qui confine Ă  l’abstraction (mais il serait erronĂ© d’en Ă©carter tout  ancrage dans l’expĂ©rience humaine) impose aujourd’hui le triptyque comme un sommet de l’écriture symphonique dont l’ampleur de la vision, l’expĂ©rience intime qui y est concentrĂ©e, impressionnent. Mozart est dĂ©jĂ  un romantique car sa musique est fondĂ© sur la vĂ©ritĂ© du cƓur. Et Berlioz se trompait en fustigeant ce dernier sommet mozartien par son « absence de but » liĂ© Ă  « trop de procĂ©dĂ©s techniques ». De toute Ă©vidence, le premier romantique français n’avait pas compris la modernitĂ© singuliĂšre de la symphonie mozartienne. Beethoven prendra la relĂšve 11 annĂ©es plus tard en 1799 dans sa Symphonie n°1 (Ă  29 ans et encore trĂšs mozartien de facture).
CLIC D'OR macaron 200Aujourd’hui, grĂące Ă  Savall, c’est a contrario la vĂ©ritĂ© et l’étonnante sincĂ©ritĂ© de Mozart qui nous touche tant, car chez lui, le procĂ©dĂ© n’est jamais dĂ©veloppĂ© pour lui-mĂȘme, s’il ne sert pas d’abord une intention Ă©motionnelle. Coffret de 3 cd Ă©vĂ©nement, Ă©videmment CLIC de CLASSIQUENEWS de l’étĂ© 2019. A consommer sur la plage et pendant vos vacances estivales, sans modĂ©ration.

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

 

CD critique, coffret événement. MOZART : les 3 derniÚres Symphonies / Jordi SAVALL (3 cd Alia Vox)

Approfondir

LIRE aussi notre dossier critique complet sur les 3 derniĂšres symphonies de MOZART, “oratorio instrumental” par Nikolaus Harnoncourt (dĂ©cembre 2012, Concentus Musicus Wien) / CLIC de CLASSIQUENEWS

harnoncourt mozart symphonies last symphonies 39, 40, 41 instrumental oratorium concentus musicus wien cd sony classicalParues le 25 aoĂ»t 2014, les 3 derniĂšres Symphonies de Mozart (n°39,40, 41) synthĂ©tisent ici, pour Nikolaus Harnoncourt et dans cet enregistrement rĂ©alisĂ© avec ses chers instrumentistes du Concentus Musicus Wien, l’expĂ©rience de toute une vie (60 annĂ©es) passĂ©e au service du grand Wolfgang : sa connaissance intime et profonde des opĂ©ras, les plus importants dirigĂ©s Ă  Salzbourg entre autres (la trilogie Da Ponte, La ClĂ©mence de Titus, La FlĂ»te enchantĂ©e
), suffit Ă  enrichir et nourrir une vision personnelle et originale sur l’écriture mozartienne ; s’appuyant sur le mordant expressif si finement colorĂ© et intensĂ©ment caractĂ©risĂ© des instruments anciens, le chef autrichien rĂ©alise un accomplissement dont l’absolue rĂ©ussite Ă©tait dĂ©jĂ  prĂ©figurĂ©e dans son cd antĂ©rieur dĂ©diĂ© au Mozart Symphoniste

LIRE aussi notre entretien avec MATHIEU HERZOG, directeur musical de l’Orchestre Appassionato, Ă  propos des 3 derniĂšres Symphonies de MOZART:

http://www.classiquenews.com/entretien-avec-mathieu-herzog-fondateur-et-directeur-musical-de-lorchestre-appassionato-les-3-dernieres-symphonies-de-mozart/

TOURS : Concert Ă©vĂ©nement des 30 ans de DOULCE MÉMOIRE

Doulce-Memoire-1-denis-raisin-dadre-30-ans-annonce-concert-opera-de-tours-critique-concert-critique-opera-classiquenewsTOURS, OpĂ©ra, le 19 juin 2019. DOULCE MĂ©moire, les 30 ans. Artiste en rĂ©sidence, l’ensemble Doulce MĂ©moire fondĂ© par Denis Raisin-Dadre fĂȘte mercredi 19 juin 2019 (20h), sur la scĂšne de l’OpĂ©ra de Tours, ses 30 ans d’activitĂ© artistique et musicale. Plateau exceptionnel avec la participation de Jean-François Zygel. Le propre de l’ensemble fondĂ© par Denis Raisin Dadre est d’approcher le trĂšs large rĂ©pertoire de la Renaissance en impliquant toutes les disciplines, la musique Ă©videmment et la pratique instrumentale propre aux XVĂš, XVIĂš siĂšcles principalement ; mais aussi, la peinture et la littĂ©rature. Le geste dĂ©fendu par Denis Raisin Dadre s’enrichit d’une culture Ă©largie qui interroge Ă  partie de la musique, tous les arts, si fĂ©conds Ă  cette pĂ©riode.
Le dernier recueil discographique est un somptueux livre cd dĂ©diĂ© Ă  Leonardo da Vinci (cĂ©lĂ©bration de son gĂ©nie comme musicien et compositeur, opportun en 2019 qui marque le 500Ăšme anniversaire de la mort du peintre et scientifique en 1519) pour lequel Denis Raisin Dadre a conçu un programme musical constituĂ© de laudes et motets, recercare, mĂ©lodies signĂ© Frater Petrus, Marchetto Cara, Josquin Desprez, Francesco Patavino, Jean L’HĂ©ritier, Jacob Obrecht, Hayne van Ghizeghem
 dont les notes et les textes mis en musique savent dialoguer avec une collection de dessins et de tableaux conçus par Leonardo. Toujours la vision rĂ©tablit le sens des piĂšces ainsi exhumĂ©es dans le contexte qui les inspire et les porte. denis Raisin Dadre rĂ©tablit les correspondances, ressuscite le contexte, approfondit toujours le sens et les enjeux multiples des Ɠuvres choisies.
Concernant Leonardo da Vinci (joueur virtuose de lira da bracio et grand concepteur des divertissements Ă  la Cour des Sforza Ă  Milan), Denis Raisin Dadre fait sonner « la musique secrĂšte », celle qui ne se voit pas, mais se devine grĂące Ă  la seule Ă©loquence silencieuse des rapports harmoniques, suscitĂ©s par la composition picturale (c’est le cas prĂ©cisĂ©ment de La Vierge aux rochers dont les anges musiciens sont dĂ©licatement « relĂ©guĂ©s » sur le cĂŽté  une mise Ă  l’écart qui cependant laisse toute sa place Ă  la musique.

A l’OpĂ©ra de Tours, Denis Raisin Dadre rĂ©unit un plateau exceptionnel avec la coopĂ©ration de Jean-François Zygel pour cĂ©lĂ©brer les 30 ans de son ensemble Doulce mĂ©moire.

Programme surprise.

doulce-memoire-30-ans-opera-de-tours-portrait-grand-format-arbres-critique-concerts-critique-opera-renaissance-classiquenews

 

Plus que jamais depuis ses dĂ©buts, Doulce mĂ©moire a fait siennes les qualitĂ©s de la Renaissance : universalitĂ© et gĂ©nĂ©rositĂ©, dĂ©couvertes, inventions, voyage, crĂ©ativité  Ce goĂ»t de l’aventure se concrĂ©tise aussi dans l’art des rencontres que l’ensemble a su favoriser et cultiver, toujours dans le souci des Ă©quilibres et du raffinement sonore. La pratique instrumentale, le goĂ»t des timbres et des couleurs en partage demeure un champs d’expĂ©rimentation jamais nĂ©gligĂ©, stimulant


 

 

________________________________________________________________________________________________

Les 30 ans de Doulce MĂ©moireDOULCE MEMOIRE 30 ANS JUIN 2019 classiquenews concert evenement visuel-anniversaire-500x500
Opéra de Tours, mercredi 19 juin 2019, 20h
RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/doulce-memoire#la-renaissance-dans-tous-ses-etats

Pour ses 30 ans Doulce MĂ©moire vous convie Ă  un Ă©vĂšnement exceptionnel sous le signe de la Renaissance et de la fĂȘte. Avec de nombreux artistes et des invitĂ©s surprenants (mais qui ont marquĂ© les grandes rĂ©alisations de Doulce MĂ©moire), notamment Jean-François Zygel en invitĂ© spĂ©cial.

 

Tarifs de 7 à 35€

Réservation au guichet du Grand Théùtre de Tours du mardi au samedi de 10h30 à 13h et de 14h à 17h45.

Ou par téléphone au 02 47 60 20 20

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

 

 

 

Approfondir

 

 

 

VOIR : reportage exclusif les 25 ans de DOULCE MEMOIRE, salle Gaveau à Paris (février 2014)
https://www.classiquenews.com/grand-clip-video-les-25-ans-de-doulce-memoire-paris-salle-gaveau-fevrier-2014/

LIRE notre critique du livre cd musique secrĂšte de Leonardo da Vinci
http://www.classiquenews.com/5-mai-2019-500-ans-de-la-mort-de-leonardo-da-vinci/

LIRE notre critique du livre cd Magnificences de François Ier
http://www.classiquenews.com/magnificences-de-francois-ier-par-doulce-memoire/

Illustrations : © Rodolphe Marics / Doulce Mémoire 2019

 

 

 

 

CD, critique. QUINTETTE AQUILON : Saisons (Piazzolla, Tomasi, Barber, McDowall
 – 1 cd Klarthe records)

aquilon cd saisons critique classiquenews piazzolla mcdowel critique cd par classiquenews CLIC de CLASSIQUENEWS de mai et juin 2019 KLA070couv_lowCD, critique. QUINTETTE AQUILON : Saisons (Piazzolla, Tomasi, Barber, McDowall
 – 1 cd Klarthe records). Mon premier cd Ă©colo est en carton, imprimĂ© sur un papier ensemencĂ© (de graines mellifĂšres) et il peut mĂȘme fleurir. Mais avant vos germinations et fleurissements Ă©cologiques, il y a au cƓur de cet engagement visionnaire, un programme dĂ©lectable qui confirme le brio du quintette de musiciennes Aquilon. Les 5 jeunes musiciennes rĂ©alisent ici un programme percutant qui met en avant la plasticitĂ© conjuguĂ©e de leurs instruments respectifs (flĂ»te, basson, clarinette, cor et hautbois) ; la conception du cd, – rĂ©duisant le plastic a minima, affirmant haut et fort la fragilitĂ© des espĂšces animales et du patrimoine vĂ©gĂ©tal, est en soi un acte mĂ©ritant dont toute l’industrie musicale devrait s’inspirer. Saluons le label Klarthe de s’associer Ă  cette vision des plus pertinentes.

 

 

LES SAISONS par AQUILON : mon premier cd Ă©colo

 

Sur le thĂšme des SAISONS, le cycle comprend l’inusable Piazzolla (qu’elles ont jouĂ© en concert), les plus rares « Printemps » de Tomasi (avec le saxo de Vincent David), Summer music de Barber (alliant sĂ©rĂ©nitĂ© et contemplation), et « cerise sur le gĂąteau », deux compositrices Ă  (re)dĂ©couvrir avec urgence : Autumn music de Jennifer Higdon et surtout Winter music de Cecilia McDowall (1951) dont l’écriture allie verve et humour.
Ottoño porteño et Invierno de Piazzolla sont intercalĂ©s Ă  Barber et Higdon, ajoutant Ă  l’unitĂ© et Ă  la cohĂ©rence du dĂ©roulement global. A la diversitĂ© des Ă©critures – fait marquant qui renouvelle l’approche sur le thĂšme pourtant usĂ© et rebattu des « saisons », rĂ©pond une attention spĂ©cifique aux nuances et accents souvent privilĂ©giĂ©s par chaque compositeur. On se dĂ©lecte des chants d’oiseaux du Tomasi, vĂ©ritable voliĂšre sonore, riche en couleurs et en vivacitĂ© ; distinguons parmi les partitions contemporaines, celle de McDowall, palpitante, heureuse, plus printaniĂšre Ă  notre sens qu’hivernale. L’acuitĂ© expressive de chaque musicienne rĂ©tablit ce jeu sonore propre Ă  un collectif vĂ©ritablement complice et agile. Habile et astucieux dans chaque partitions (certaines transcriptions), Aquilon caractĂ©rise chaque sĂ©quence avec un style et un goĂ»t sĂ»rs. Certaines instrumentistes jouent en orchestre, maĂźtrisant la pratique des instruments historiques : tout cela s’entend dans la rĂ©alisation des accents et des phrases plus chantantes et ornementĂ©es. De sorte que nous tenons lĂ , un programme enthousiasmant, serti de trouvailles souvent irrĂ©sistibles dans l’art du jeu concertant et dialoguĂ©. Convaincant.

 

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

CD, critique. QUINTETTE AQUILON : Saisons (Piazzolla, Tomasi, Barber, McDowall
 – 1 cd Klarthe records)

Astor Piazzolla (1921- 1992) – Estaciones porteñas, arrangement Ulf Guido SchĂ€fer
Henri Tomasi (1901 – 1971) – Printemps pour sextuor à vent (Saxophone, Vincent David)
Samuel Barber (1910-1981) – Summer music
Jennifer Higdon (1962*) – Autumn music
Cecilia McDowall (1951*) – Winter music

CLIC D'OR macaron 200Quintette Ă  vents Aquilon (Marion Ralincourt, flĂ»te – Claire Sirjacobs, hautbois – StĂ©phanie Corre, clarinette – Marianne Tilquin, cor – GaĂ«lle Habert, basson) – CLIC de CLASSIQUENEWS de mai et juin 2019.

 

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

VIDEO, teaser du cd SAISONS par le Quintette Aquilon / 1 cd KLARTHE records
https://www.youtube.com/watch?v=-xFt37jq5WI

 

 

 

 

CD Ă©vĂ©nement, annonce. SI J’AI AIMÉ : Sandrine Piau (1 cd Alpha)

PIAU-classiquenews-cd-critique-piau-si-j-ai-aime-concert-loge-critique-concert-critique-cd-par-classiquenews-mai-2019-critique-opera-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, annonce. SI J’AI AIMÉ : Sandrine Piau (1 cd Alpha). Poursuivant sa coopĂ©ration chez Alpha, la soprano, coloratoure et diseuse de premiĂšre valeur, Sandrine Piau signe un rĂ©cital avec orchestre oĂč brille le diamant allusif et dramatique de la mĂ©lodie française, en particulier Ă  l’époque oĂč elle passe du salon privĂ© Ă  la salle de concert. Le programme Ă©voque l’attente, le dĂ©sir, le plaisir, le souvenir, autant de facettes souvent entremĂȘlĂ©es de l’amour romantique
 Les textes des poĂštes Hugo, Gautier, Verlaine sont ainsi magnifiĂ©s par le timbre subtil et rayonnant, incandescent et instrumental de la soprano Sandrine Piau ; programme d’autant plus mĂ©ritant qu’il dĂ©voile plusieurs mĂ©connus : mĂ©lodies de Saint-SaĂ«ns (Extase, Papillons), Massenet (Le PoĂšte et le FantĂŽme, Aimons-nous
), Vierne, les non moins rares Dubois (un rien acadĂ©mique et minaudant), surtout Bordes
 le violoniste et chef Julien Chauvin et son ensemble sur instruments anciens combinent ajoutent des piĂšces d’orchestre (Symphonie gothique de Godard, Valse trĂšs lente de Massenet).
Pour l’annĂ©e Berlioz 2019, le programme comprend aussi des extraits des Nuits d’ÉtĂ© pour se conclure avec le cĂ©lĂšbre Plaisir d’amour de Martini. Prochaine critique sur classiquenews


________________________________________________________________________________________________

CD Ă©vĂ©nement, annonce. SI J’AI AIMÉ : Sandrine Piau, soprano – Le concert de la Loge – Julien Chauvin, direction (1 cd Alpha).

CD, critique. Alain LefĂšvre, piano. MY PARIS YEARS (1 cd Warner classics, nov 2016)

LEFEVRE-ALAIN-cesar-franck-Prelude-choral-fugue-critique-cd-review-cd-classiquenews-alain_lefevre_my_paris_years_cover~2205CD, critique. Alain LefĂšvre, piano. MY PARIS YEARS (1 cd Warner classics, nov 2016). NĂ© Français mais quĂ©bĂ©cois de cƓur, le pianiste Alain LefĂšvre publie un album clĂ© dans son journal intime et artistique, totalement dĂ©diĂ© Ă  PARIS et donc intitulĂ© My Paris Years
 Aux cĂŽtĂ©s de ses propres compositions (prochain album Ă  venir sous la mĂȘme Ă©tiquette Warner classics), l’interprĂšte, dĂ©fenseur depuis toujours d’AndrĂ© Mathieu (avec lequel jouait son propre pĂšre), choisit ici des Ă©critures qui font sens, selon le thĂšme parisien : Satie (GymnopĂ©dies Ă©videmment), Ravel, Debussy et l’immense CĂ©sar Franck dont on se rĂ©jouit de rĂ©Ă©couter PrĂ©lude, Choral et fugue, morceau de choix et de fulgurance de plus de 20mn : sorte de plongĂ©e introspective postwagnĂ©rienne qui n’en finit pas d’interroger de souterraines perspectives. FidĂšle Ă  une maniĂšre qui lui est propre, Alain LefĂšvre en dĂ©roule l’écriture contrapuntique avec un soin de clartĂ© murmurĂ©e, une Ă©loquence feutrĂ©e qui sait aussi en souligner les vertiges comme la puissante architecture, en superposition et rĂ©bus, peu Ă  peu dĂ©mĂȘlĂ©s.

FRANCAIS ET QUEBECOIS… un album parisien en forme de rĂ©conciliation. Paris est un asile enracinĂ© dans son identitĂ© profonde, un temps malvĂ©cu en raison de l’arrogance française, surtout parisienne Ă  l’égard de sa seconde patrie, le QuĂ©bec. Mais comme toujours chez les Français qui suspectent et minimisent ce qu’ils ne voient pas immĂ©diatement, – l’éloignement les rend aveugles et crĂ©tins (il faut bien le dire), il suffit de retourner en terres quĂ©bĂ©coises pour comprendre l’amour de la nation francophone outre Atlantique pour la culture française et la langue de Baudelaire ou de Rimbaud. C’est donc dans une fluiditĂ© toute quĂ©bĂ©coise que le pianiste dĂ©ploie ses affinitĂ©s françaises. L’artiste dĂ©voile ce qui importe dans le fait d’ĂȘtre Français et QuĂ©bĂ©cois, un pur esprit de synthĂšse et de rĂ©conciliation, une fraternitĂ© musicale.
Les Satie prolongent ce goĂ»t du pianiste pour la lenteur et la suspension Ă©nigmatique. Les couleurs y sont lĂ  encore trĂšs nuancĂ©es et idĂ©alement dessinĂ©es sans incision, dans l’épaisseur de la suggestion. EsquissĂ©es, en demi teintes (N°2, « lent et triste »). La Pavane de Ravel nous fait entendre les rĂ©sonances de l’enfance rĂ©activĂ©e par un Ravel Ă©merveillĂ© et comme langoureux. Tandis que ses Debussy coulent comme une onde emperlĂ©e, Ă  l’articulation dĂ©taillĂ©e et chantante (« Arabesque »).

VoilĂ  donc un recueil on le rĂ©pĂšte clĂ© dans la carriĂšre du pianiste et de l’homme : Paris, en forme de cĂ©lĂ©bration, et aussi allusivement une maniĂšre d’hommage Ă  la mĂ©moire de son maĂźtre parisien, Pierre Sancan. Un tĂ©moignage pour la beautĂ© fraternelle et la cristallisation d’un idĂ©al français et quĂ©bĂ©cois : belle pierre Ă  l’édifice de la culture francophone quĂ©bĂ©coise, alors que se tourne avec dĂ©bats et frictions, la question de la laĂŻcitĂ© de l’Etat, de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique.

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

CD, critique. Alain LefĂšvre, piano. MY PARIS YEARS (1 cd Warner classics, nov 2016).

LIRE aussi notre critique du CD, Ă©vĂ©nement, critique. Mathieu : Concerto n°4 ; Rachmaninov : Rhapsodie op.43 – Jean-Philippe Sylvestre, piano / Orchestre MĂ©tropolitain / Alain Trudel, direction – 1 cd ATMA classiques / ACD22768 – novembre, 2018

 

 

 

FORCE DU DESTIN. Kaufmann, Netrebko, TĂ©zier : trio gagnant chez VERDI

Vague verdienne en juin 2014FRANCE MUSIQUE, dim 2 juin 2019, 20h. VERDI : La FORCE DU DESTIN. Le Royal Opera House, pour sa nouvelle production 2019 de La Forza del destino de Verdi (avril 2019) rĂ©unit un cast proche de la perfection. Car il faut de la puissance, de la finesse et une attention mĂ©ticuleuse au profil de chaque protagoniste. Dans cet opĂ©ra oĂč brĂ»le l’amour le plus contrariĂ© et donc d’essence tragique, la mise en scĂšne de Christof Loy se montre Ă  la hauteur de ce drame noir oĂč comme toujours sur la scĂšne lyrique romantique, la grandeur morale des individus Ă©prouvĂ©s, se dĂ©voile en fin d’action
 au moment de leur mort.

Le chant vermine souffle son meilleur sur la scĂšne londonienne, grĂące aux personnalitĂ©s aussi charismatiques que Jonas Kaufmann, Anna Netrebko et Ludovic TĂ©zier : soit 3 immenses solistes, aujourd’hui recherchĂ©s par toutes les scĂšnes internationales (Trio prometteur que Bastille avait accueilli pour Don Carlo du mĂȘme Verdi). Leurs talents complĂ©mentaires Ă©clairent en rĂ©alitĂ© une action qui est loin d’ĂȘtre aussi dĂ©sastreuse et confuse que d’aucun le disent ; par manque de connaissance, et par snobisme (parisien
 comme toujours). On dit d’ailleurs la mĂȘme chose de nombreux opĂ©ras verdiens, dont Il Trovatore, Le TrouvĂšre. Rien d’opaque ni de complexe ici, d’autant que la mise en scĂšne de Loy, respecte, elle, la cohĂ©rence originelle du livret (a contrario d’un Tcherniakov qui aujourd’hui n’hĂ©site plus Ă  rĂ©Ă©crire chaque livret des opĂ©ras qu’il dĂ©nature ainsi allĂšgrement).

Jonas Kaufmann rĂ©ussit Ă  phraser comme jamais, offrant un chant ciselĂ©, intelligible et profond
. comme au thĂ©Ăątre. Il Ă©claire chez Alvaro, la lente et progressive modification psychologique, de l’ardeur effrĂ©nĂ©e voire irrĂ©flĂ©chie Ă  la noblesse dĂ©tachĂ©e, la plus sage
 belle performance dans la subtilitĂ©. La Leonora (Ă  ne pas confondre avec sa « sƓur » tragique du mĂȘme prĂ©nom dans Il Trovatore) d’Anna Netrebko confirme l’excellente verdienne, vibratile, irradiante, habitĂ©e par une urgence intĂ©rieure, un souci de la loyautĂ© jusqu’à la mort et l’abnĂ©gation la plus totale (Ă  la fois, amante coupable et mortifiĂ©e mystique en quĂȘte de salut).

En Carlo di Vargas, Ludovic TĂ©zier convainc tout autant par la beautĂ© du chant et sa soliditĂ© expressive. AffĂ»tĂ© mĂȘme dans son duo avec Alvaro / Kaufmann : « Voi che sĂŹ larghe cure » qui fusionnent les deux voix idĂ©alement caractĂ©risĂ©es.
Face au trio tragique et hĂ©roĂŻque, deux personnages comiques, plus lĂ©gers se distinguent aussi grĂące Ă  l’intelligence de leurs interprĂštes respectifs : Padre Guardiano et Melitone (qui rappelle la truculence bonhomme du sacristain au premier acte de Tosca de Puccini) : ainsi Ă  Londres, Ferrucio Furlanetto et Alessandro Corbelli ajoutent chacun Ă  la finesse thĂ©Ăątrale de la production.

A notre (humble) avis, la prestation tout aussi enlevĂ©e de Veronica Simeoni en Preciosilla manque elle de finesse, donc tombe plus bas, dans la gouaille caricaturale. Dommage pour la soprano qui aurait dĂ» ĂȘtre inspirĂ©e par l’excellence de ses partenaires prĂ©citĂ©s.

Faiblesse d’autant plus malheureuse qu’ici aucun comprimerai (seconds rĂŽles) n’est laissĂ© dans la confusion ou l’imprĂ©cision (comme souvent) ; ne citons que le Calatrava de Robert Lloyd, ou l’Alcade de Michael Mofidian


Nous ne dirons rien des dĂ©cors (inutile prĂ©cision s’agissant d’une diffusion radiophonique)

VoilĂ  une approche vocalement exceptionnelle qui souligne chez Verdi sa force Ă©motionnelle : la vengeance dont il est question, la malĂ©diction consentie et assumĂ©e des deux amants malheureux, leur course effrĂ©nĂ©e au salut (qui les mĂšne au delĂ  d’une expĂ©rience terrestre),
 tout est exprimĂ© avec une grande finesse. Superbe lecture.

______________________________

VOIR le TEASER du spectacle LA FORZA DEL DESTINO de VERDI Ă  COVENT GARDEN Royal Opera House (avril 2019)

___________________

CHRIST EST RESSUSCITÉ ! (Pñques en musique)

bach_jean_sebastien_portrait-eisenach-haussmann-1730CHRIST est ressuscitĂ© ! Jean-SĂ©bastien Bach : Oratorio de PĂąques BWV 249. Comme Ă  l’accoutumĂ©e, s’agissant de Jean-SĂ©bastien Bach, l’Oratorio de PĂąques tel que nous le connaissons actuellement, et tel qu’il est jouĂ© par les ensembles les plus informĂ©s, regroupe plusieurs partitions sur le thĂšme pascal qui remonte Ă  plusieurs Ă©poques, certains opus Ă©tant rĂ©Ă©crits, modifiĂ©s selon l’idĂ©al esthĂ©tique du compositeur, selon aussi les effectifs Ă  sa disposition au moment de la commande. La premiĂšre version remonte Ă  1725 pour les cĂ©lĂ©brations pascales, en particulier pour le Dimanche de PĂąques. Bach recycle une cantate de voeux (donc originellement profane) de fĂ©vrier 1725 dĂ©diĂ© Ă  l’anniversaire de son patron, le Duc Christian de Saxe-Weissenfels (Entfliet verschwindet, entweichet ihr Sorgen, BWV 249a). Puis il en dĂ©duit une nouvelle cĂ©lĂ©bration, d’essence sacrĂ©e: Kommt, eilet und laufet, ihr flĂŒchtigen FĂŒsse … (BWV 249), cantate cĂ©lĂ©brant la dĂ©votion de la feria I de PĂąques au 1er avril 1725.

 

 

Christ est ressuscitĂ© !Puis dans un nouveau texte de Picander, la mĂȘme cantate sert une nouvelle cĂ©lĂ©bration profane en aoĂ»t 1726 pour l’anniversaire de son autre mĂ©cĂšne le Comte Joachim Freidrich von Flemming (BWV 249b). Pour livrer une nouvelle musique pascale, Bach recycle entre 1732 et 1735, les partitions dĂ©jĂ  Ă©crites et intitule le nouveau cycle “oratorium”. Comme pour la Messe en si mineur, il s’agit grĂące au gĂ©nie synthĂ©tique dont il est capable, de combiner des Ă©lĂ©ments Ă©pars en une totalitĂ© dont la cohĂ©rence et l’architecture nous stupĂ©fient. Soucieux d’unitĂ©, le compositeur reprend encore son ouvrage aprĂšs 1740, et fixe dĂ©sormais ce que nous connaissons sous le nom d’Oratorio de PĂąques.

 

 

 

 

 

Christ est ressuscité !

 

 

 

 

 

 

Oratorio en 11 numéros

Plan en 10 numéros/épisodes

 

VĂ©ritable opĂ©ra sacrĂ©, l’Oratorio de PĂąques de JS Bach saisit par la maĂźtrise des contrastes, l’absolu gĂ©nie des rĂ©emplois et aussi, le raffinement d’une grande culture musicale qui utilise selon un plan dramaturgique Ă©blouissant, les styles italiens et français.

N°1 Ă  3. Au dĂ©but, les 3 premiers numĂ©ros (Sinfonia avec flĂ»tes et hautbois d’amour, Adagio, Chorus) composent un triptyque d’ouverture selon le schĂ©ma d’un concerto italien (vif, lent, vif), avec une mĂȘme tonalitĂ© de rĂ© majeur) pour unifier le cycle pour les volets 1 et 3. Dans ce dernier Ă©pisode, le texte convoque les fidĂšles qui pressent le pas vers la sĂ©pulture de JĂ©sus.
Le n°4 fait paraĂźtre les 4 solistes, sombres et graves, qui se retrouvent prĂšs du tombeau : Maria Jacobi (soprano), Maria Magdalena (alto), Petrus (tĂ©nor), Johannes (basse). Se dĂ©tache surtout l’aria adagio en si mineur (avec traverso) de Maria Magdalena dans laquelle la chanteuse invite Ă  renoncer aux parfums et onguents de l’embaumement pour choisir les lauriers, annonciateurs de la victoire du Christ ressuscitĂ© (n°5).
CHRIST-endormi-programmes-brava-hd-noel-2015-582-390N°6-7 : surviennent Petrus et Johannes qui dĂ©couvrent la tombe vide et la pierre dĂ©placĂ©e. Maria Magdalena prĂ©cise alors qu’un ange est venu annoncer la RĂ©surrection du Sauveur. Ainsi Petrus (tĂ©nor, en sol majeur) adopte le calme serein d’une bourrĂ©e pour exprimer avec les flĂ»tes Ă  bec, la profonde certitude de la paix intĂ©rieure, aprĂšs la proclamation du Miracle christique. N°8 Ă  10 : les airs des deux Marie basculent dans l’arioso, portĂ©s par l’impatience de revoir JĂ©sus : tendre et compatissante, Maria Magadalena se demande oĂč le Christ lui apparaĂźtra (air en la majeur, avec hautbois d’amour sur rythme de gavotte). Tandis que Johannes invite chacun Ă  se rĂ©jouir. Jean-SĂ©bastien Bach conclut par un chƓur de rĂ©jouissance (n°11) oĂč l’Ă©clat des trompettes dit la rĂ©alisation de la transfiguration finale. Le dernier Ă©pisode suit un plan en deux parties : format et esprit français et d’une Ă©lĂ©gance haendĂ©lienne tout d’abord ; puis gigue fuguĂ©e d’une ivresse collective irrĂ©sistible.

 

 

 

Tizian, Verklaerung Christi - Titian / Transfig.of Christ / c.1560 - Titien / Transfiguration du Christ

RĂ©surrection du CHRIST par Fra Angelico et Tiziano (DR)

CD, Ă©vĂ©nement. Alexandre DENÉREAZ : TOUTANKHAMON
 Volgograd Symph Orchestra / Siffert (1 cd GALLO, 2006).

denereaz alexandre tombe toutankhamon le tombeau de toutankhamon cd critique glallo critique review cd critique cd opera concert critique classiquenewsCD, Ă©vĂ©nement. Alexandre DENÉREAZ : TOUTANKHAMON
 Volgograd Symph Orchestra / Siffert (1 cd GALLO, 2006). Compositeur contemporain de Ravel, le suisse nĂ© Ă  Lausanne Alexandre DenĂ©rĂ©az (1875 – 1947) « ose » mettre en musique le choc retentissant que fut la dĂ©couverte de la tombe du souverain d’Egypte Toutankhamon, le 4 novembre 1922. Il allait crĂ©er sa nouvelle partition 4 ans aprĂšs la dĂ©couverte phĂ©nomĂ©nale
 Curieusement trop peu de compositeurs ont relayĂ© l’actualitĂ© de l’égyptologie, contrairement aux arts dĂ©coratifs ou Ă  la peinture, miroirs de cette passion française et europĂ©enne pour l’Egypte ancienne. Certes Philip Glass a bien composĂ© sur l’hĂ©rĂ©siarque mystique Akhetaton
 mais il reste un cas isolĂ©.
Le Suisse Alexandre DenĂ©rĂ©az vient opportunĂ©ment enrichir le tableau. Pas facile de trouver les Ă©quivalences musicales (timbres et rythmes), au raffinement inouĂŻ des piĂšces d’or et de gemmes prĂ©cieuses, retrouvĂ©es par Howard Carter dans la VallĂ©e des Rois. CrĂ©Ă© par Ernest Ansermet Ă  Lausanne en 1926, l’ample poĂšme symphonique de plus de 15 mn rend cependant hommage Ă  l’évĂ©nement archĂ©ologique le plus bouleversant de l’égyptologie (aprĂšs la rĂ©solution des hiĂ©roglyphes par Champollion en 1824) ; certes dans l’interprĂ©tation que nous en offre Emmanuel Siffert et l’orchestre de Volgograd (enregistrement de 2006), on regrette la duretĂ© du geste et les contrastes dynamiques trop appuyĂ©s (cors faillibles en ouverture), creusant les Ă©carts dynamiques
 pourtant le compositeur ne manque pas de vertiges allusifs comme Le RĂȘve (la piĂšce qui suit Toutankhamon) le dĂ©montre aisĂ©ment. DatĂ©e de 1908, l’intermĂšde symphonique tĂ©moigne d’une sensibilitĂ© souple et rĂȘveuse, au chant mesurĂ© pourtant d’une couleur straussienne, manifeste.

La TOMBE de TOUTANKHAMON

Connaissez-vous le poÚme symphonique du compositeur suisse Alexandre Denéréaz (1926) ?

Ce qui semble avoir marqué  DenĂ©rĂ©az, c’est moins le contenu mĂȘme de la tombe, – les nuances infinies d’or, d’une statue Ă  l’autre, de bijoux en coffrets
 que la nouvelle fracassante et son retentissement mondial, dĂšs la proclamation en novembre 1922. Soit presque 3000 objets exhumĂ©s, classĂ©s, analysĂ©s, identifiĂ©s au terme de 10 annĂ©es de soin  et de mĂ©thode scientifique
 Presque cent ans aprĂšs l’évĂ©nement, la force de la piĂšce exprime et le mystĂšre et la gloire de cette dĂ©couverte ahurissante en un orchestre rutilant parfois vĂ©hĂ©ment, au final percutant et vif. La majestĂ© et la violence aussi marquent l’évocation de la civilisation Ă©gyptienne par DenĂ©rĂ©az, visiblement touchĂ© par la signification de cette dĂ©couverte.
Soulignant la capacitĂ© narrative du compositeur, l’éditeur suisse Gallo complĂšte astucieusement l’édition de Toutankhamon par la Suite « ScĂšnes de la vie du cirque » de 1911, qu’il faut estimer comme une dĂ©monstration d’imagination nĂ©o wagnĂ©rienne, mais aussi telle une autre offrande Ă  la quĂȘte d’exotisme : l’homme-serpent, les Africains et la danse africaine (d’une belle ivresse non dĂ©nuĂ©e d’humour) avant l’épilogue soulignant la recherche des couleurs extra-europĂ©ennes que cultive le compositeur de Lausanne.
Au final, la verve imaginative de DenĂ©rĂ©az est Ă©vidente ; son langage symphonique Ă©tant prĂȘt Ă  relever tous les dĂ©fis de l’évocation moins de l’illustration littĂ©rale. C’est un tĂ©moignage prĂ©cieux de l’écho ressenti par un contemporain en 1922 : Toutankhamon n’a rien perdu de son aura, et en 2019, ce n’est pas l’exposition actuellement prĂ©sentĂ©e Ă  la Grande Halle de la Villette qui le dĂ©mentira : le visiteur y Ă©prouve chaque Ă©tape et suit le voyage de Pharaon divinisĂ©, au royaume des morts, du parcours nocturne Ă  sa rĂ©surrection finale au matin, en une scĂ©nographie plus que convaincante, s’il n’était le monde devant chaque vitrine

DenĂ©rĂ©az dĂšs 1926 semble avoir bien compris et mesurĂ© les enjeux de cette dĂ©couverte d’un apport encore pas totalement Ă©valuĂ© presque 100 ans aprĂšs sa rĂ©alisation
 Le poĂšme de DenĂ©rĂ©az ajoute Ă  la rĂ©flexion sur le pourquoi de la tombe retrouvĂ©e intacte, son apport vĂ©ritable sur le plan artistique comme spirituel


________________________________________________________________________________________________

CLIC D'OR macaron 200CD, Ă©vĂ©nement. Alexandre DENÉRÉAZ : 1. Au tombeau du Tut-Ankh-Amon – At Tutankhamen’s tomb – Am Grad vont Tu-ench-Amun. 2. Le rĂȘve -– dream – Der Traum. 3. ScĂšnes de la vie du cirque – Scenes from circus life – Szenen aus der Zirkuswelt. Orchestre symphonique de Volgograd, Emmanuel Siffert, Direction (enregistrement de 2006) — 1 cd GALLO. CLIC dĂ©couverte de CLASSIQUENEWS du mois d’avril 2019

denereaz alexandre tombe toutankhamon le tombeau de toutankhamon cd critique glallo critique review cd critique cd opera concert critique classiquenews

Faust Symphonie de Liszt (1854)

FRANCE, MUSIQUE, Dim 14 avril 2019, 16h. FAUST-SYMPHONIE, LISZT. La Tribune des critiques de disque questionne l’Ɠuvre clĂ© de Franz Liszt, composĂ©e en 1854 Ă  43 ans. Le virtuose au piano impose son gĂ©nie de la couleur et de la construction orchestrale dans cet ample poĂšme symphonique avec tĂ©nor, crĂ©Ă© Ă  Weimar en 1857, structurĂ© en 3 portraits psychologiques qui campent dĂ©sirs et agissements des 3 protagonistes du mythe crĂ©Ă© par Goethe : Faust, Marguerite, MĂ©phistophĂ©lĂšs.

 
 
 

Les 3 visages d’un mythe / Faust en triptyque
Liszt : l’orchestre psychologique

 
 
 

LIVRES. Liszt, "premier de son siĂšcle"

 
 
 

Un point de vue cinĂ©matographique d’une modernitĂ© absolue qui campe le regard de chacun sur les enjeux d’une mĂȘme situation. Liszt s’inspire du Fauts de Berlioz car ce dernier lui a rĂ©vĂ©lĂ© la force du sujet. La vision psychologique de Liszt permet Ă  l’orchestre d’exprimer ce en quoi chacun des personnages est liĂ© aux autres , avec musicalement le principe des motifs rĂ©pĂ©tĂ©s d’une partie Ă  l’autre et qui se rĂ©pondent en reliant les rĂŽles (et assumant de fait la cohĂ©sion interne de la partition tripartite). Liszt ajoute chez MĂ©phistophĂ©lĂšs un chƓur d’hommes et la voix du tĂ©nor solo qui cĂ©lĂšbre (avant Wagner et son Tristan de 1865), l’éternel fĂ©minin, comme source de rĂ©demption. Ainsi, ce labyrinthe des passions (et manipulations) terrestres s’accomplit par l’apothĂ©ose finale, un volet spirituel qui Ă©videmment cite aussi l’architecture de la Damnation de Faust de Berlioz (laquelle s’achĂšve par l’apothĂ©ose de Marguerite). Liszt dĂ©die son Faust Ă  ce dernier.
Le chant orchestral dessine ainsi le portrait de Faust (le plus long, le plus complexe, tiraillĂ© par ses dĂ©sirs et sa clairvoyance, espoir et renoncement, mais l’épreuve essentielle demeure l’amour dont la force donne finalement le sens de sa vie) ; ensuite Marguerite dont le thĂšme innocent et angĂ©lique est Ă©noncĂ© au hautbois solo : andante soave, puis – quand Marguerite succombe Ă  Faust-, soave con amore. Enfin MĂ©phistophĂ©lĂšs, qui niant tout, ne crĂ©ant rien, dĂ©forme et caricature tous les thĂšmes de sa victimes dont il se nourrit. Le volet est un vaste rire et ricanement, grimaçant et vide ; mais Ă  la fin par le choeur d’hommes et le tĂ©nor solo, c’est marguerite qui a triomphĂ© ; son amour pur a conquis l’ñme de Faust, au dĂ©triment de toutes les intrigues du diable. 
 
 
 
 
 

________________________________________________________________________________________________

logo_france_musique_DETOUREFRANCE, MUSIQUE, Dim 14 avril 2019, 16h. FAUST-SYMPHONIE, LISZT. La Tribune des critiques de disque questionne l’Ɠuvre clĂ© de Franz Liszt, composĂ©e en 1854 Ă  43 ans: un sommet de l’inspiration symphonique et romantique qui tout en s’inspirant du Faust de Berlioz, renouvelle totalement la conception architecturale de l’édifice orchestral.

 
 
 
 
 
 

CD, critique. Jean-Philippe Rameau : Les Indes galantes (Vashegyi, 2018, 2cd Glossa)

rameau-indes-galantes-gyrorgy-vashegyi-cd-glossa-critique-cd-classiquenews-opera-baroqueCD, critique. Jean-Philippe Rameau : Les Indes galantes (Vashegyi, 2018, 2cd Glossa). Certes voici une version annoncĂ©e comme d’importance, – de 1761 ; affaire de spĂ©cialistes et de chercheurs (Prologue plus ramassĂ©, inversion dans l’ordre des entrĂ©es). VĂ©tilles de musicologues. Ce qui compte avant tout et qui fait la valeur de la prĂ©sente production (crĂ©Ă© au MUPA de Budapest en fĂ©vrier 2018), c’est assurĂ©ment le geste sobre, souple, Ă©quilibrĂ© du chef requis pour piloter les solistes (plus ou moins convaincants), surtout le chƓur et l’orchestre, – Purcell Choir et Orfeo Orchestra – deux phalanges crĂ©Ă©es in loco par le maestro György Vashegyi. Osons mĂȘme Ă©crire que ce dernier incarne pour nous, le nouvel Ă©talon idĂ©al dans la direction dĂ©diĂ©e aux Ɠuvres françaises du XVIIIĂš, celles fastueuses, souvent liĂ©es au contexte monarchique, mais sous sa main, jamais droite, tendue ni maniĂ©rĂ©e ou dĂ©monstrative. La sobriĂ©tĂ© et l’équilibre sont sa marque. Un maĂźtre en la matiĂšre.

 

 

le chef hongrois György VASHEGYI confirme qu’il est un grand ramiste
Intelligence orchestrale

 

 

 

D’abord, saluons l’intelligence de la direction qui souligne avec justesse et clartĂ© combien l’opĂ©ra-ballet de Rameau est une formidable machinerie poĂ©tique et aussi dans son Prologue avec HĂ©bĂ©, une Ă©vocation tendre et presque languissante de l’amour pastoral ne serait ce que dans les couleurs de l’orchestre souverain, d’une formidable flexibilitĂ© organique grĂące au geste du chef ; Vashegyi est grand ramĂ©lien jusqu’en Hongrie : il nous rappelle tout ce qu’un McGegan poursuit en vivacitĂ© et fraĂźcheur en Californie (Lire notre critique de son rĂ©cent enregistrement du Temple de la Gloire de Rameau, version 1745, enregistrĂ© Ă  Berkeley en avril 2017).
S’agissant de György Vashegyi, sa comprĂ©hension des ressorts de l’écriture symphonique, les coups de thĂ©Ăątre dont le gĂ©nie de Rameau sait cultiver l’effet, entre Ă©lĂ©gance et superbe rondeur, fait merveille ici dĂšs l’entrĂ©e en matiĂšre de ce Prologue donc, qui est un superbe lever de rideau ; on passe de l’amour enivrĂ© Ă  l’appel des trompettes et du front de guerre
 les deux chanteurs HĂ©bĂ© et Bellone, sont dans l’intonation, juste ; fidĂšles Ă  la couleur de leur caractĂšre, MAIS pour la premiĂšre l’articulation est molle et l’on ne comprends pas 70% de son texte (Chantal Santon) ; quand pour le baryton Thomas DolliĂ©, que l’on a connu plus articulĂ© lui aussi, le timbre paraĂźt abimĂ© et usĂ© ; comme Ă©trangement ampoulĂ© et forcĂ©. MĂ©forme passagĂšre ? A suivre.
A l’inverse, le nerf et la vitalitĂ© dramatique de l’orchestre sont eux fabuleux. Il y a dans cette ouverture / Prologue, Ă  la fois majestueuse et grandiose, versaillaise,  pompeuse et d’un raffinement inouĂŻ, cette ivresse et cette revendication furieuse que dĂ©fend et cultive Rameau avec son sens du drame et de la noblesse la plus naturelle : György Vashegyi l’a tout Ă  fait compris.

Chez Les Incas du PĂ©rou (« PremiĂšre entrĂ©e »), la tenue du choeur et de l’orchestre fait toute la valeur d’une partition oĂč souffle l’esprit de la nature (airs centraux, pivots  «Brillant soleil » puis aprĂšs « l’adoration du soleil », air de Huascar et du chƓur justement : « Clair flambeau du monde » , la force des Ă©lĂ©ments (tremblement de terre qui suit)
 indique le Rameau climatique douĂ© d’une sensibilitĂ© Ă  peindre l’univers et la nature de façon saisissante. Heureusement que le chƓur reste articulĂ©, proche du texte. ce qui n’est pas le cas du Huascar de DolliĂ©, lĂ  encore peu convaincant. Et la phani « grand dessus » plutĂŽt que soprano lĂ©ger (version 1761 oblige) ne met guĂšre Ă  l’aise VĂ©ronique Gens.
Jean-François Bou, Osman d’un naturel puissant, associĂ© Ă  l’Emilie bien chantante de Katherine Watson, est le hĂ©ros du Turc gĂ©nĂ©reux (« DeuxiĂšme entrĂ©e ») ; son engagement dramatique, sans forcer, gagne une saine vivacitĂ© grĂące Ă  l’orchestre impĂ©tueux, Ă©lectrisĂ© dans chaque tableau allusif : tempĂȘte, marche pour les matelots de provence, et les esclaves africains, rigaudons et tambourins

Enfin Les Sauvages, troisiĂšme et derniĂšre entrĂ©e, doit Ă  l’orchestre son unitĂ©, sa cohĂ©rence dramatique, une verve jamais mise Ă  mal qui Ă©lectrise lĂ  encore mais avec tact et Ă©lĂ©gance la danse du grand calumet de la paix, puis la danse des Sauvages, avant la sublime Chaconne, dans laquelle Rameau revisite le genre emblĂ©matique de la pompe versaillaise.
Par la cohĂ©sion sonore et expressive de l’orchestre ainsi pilotĂ©, se dĂ©tache ce qui manquait Ă  nombre de lectures prĂ©cĂ©dentes, un lien organique entre les parties capables de rĂ©vĂ©ler comme les volet d’un vaste triptyque (avec Prologue donc) sur le thĂšme de l’amour galant, selon les latitudes terrestres. Au PĂ©rou, en Turquie et aux AmĂ©riques, coule un mĂȘme sentiment Ă©perdu, alliant convoitise, dĂ©sir, effusion finale.

 
 

 
 

vashegyi-gyorgy-indes-galates-rameau-cd-critique-582-594

 

 

 

CLIC_macaron_2014La lecture confirme l’excellente comprĂ©hension du chef hongrois, son geste sĂ»r et souple, rythmiquement juste, choralement maĂźtrisĂ©, orchestralement articulĂ© et prĂ©cis. La tenue des voix – volontairement assumĂ©es « puissantes » posent problĂšme pour certaines d’entre elles car outrĂ©es, affectĂ©es ou totalement inintelligibles. Depuis Christie, on avait compris que le baroque français tenait sa spĂ©cificitĂ© de l’articulation de la langue
 Souvent le texte est absent ici. On frĂŽle le contresens, mais cela pointe un mal contemporain : l’absence actuelle d’école française de chant baroque. Ceci est un autre problĂšme. Cette version des Indes Galantes 1761 mĂ©rite absolument d’ĂȘtre Ă©coutĂ©e, surtout pour le geste gĂ©nĂ©reux du chef. MalgrĂ© nos rĂ©serves sur le choix des voix et la conception esthĂ©tique dont elles relĂšvent, la vision globale elle mĂ©rite un CLIC de classiquenews.

 
 

  

 
 

________________________________________________________________________________________________

CD, critique. Jean-Philippe Rameau : Les Indes galantes, ballet hĂ©roĂŻque (1735) / Version de 1761 

 
Chantal Santon-Jeffery : Hébé, Zima
Katherine Watson : Emilie
Véronique Gens : Phani
Reinoud Van Mechelen : Dom Carlos, ValÚre, Damon
Jean-Sébastien Bou : Osman, Adario
Thomas Dolié, : Bellone, Huascar, Dom Alvar
Purcell Choir
Orfeo Orchestra
György Vashegyi, direction
Glossa / Référence GCD 924005 / durée 2h3mn / parution annoncée le 1err mars 2019

 

 

 

 

 

 

BD, événement, annonce. CONCERTO POUR MAIN GAUCHE de Yann Damezin (La Boßte à bulles)

concerto-pour-main-gauche-yann-damezin-boite-a-bulles-bd-livre-evenement-clic-de-classiquenewsBD, Ă©vĂ©nement, annonce. CONCERTO POUR MAIN GAUCHE de Yann Damezin (La BoĂźte Ă  bulles). ScĂ©nariste et dessinateur, Yann Damezin s’inspire de la vie du pianiste Paul Wittgenstein qui soldat pendant la grande guerre se vit amputĂ© de son bras droit (ayant reçu une balle dans le coude) ; fils d’une riche famille, le pianiste commanda Ă  Ravel son fameux (et magnifique) Concerto pour la main gauche. VoilĂ  pour les faits historiques. La narration de Yann Damezin est tout autre et Ă©voque Ă  peine le travail du pianiste comme sa relation (ici difficile) avec les compositeurs qu’il fit travailler pour lui
 Le dessinateur s’intĂ©resse davantage Ă  la pensĂ©e passablement entamĂ©e voire dĂ©truite d’un ĂȘtre blessé  qui se cherche, tente de surmonter ses traumas, et mĂȘme s’il peut choquer pour ses lĂąchetĂ©s terrifiantes et ses idĂ©es politiques (ironie et cynisme du crĂ©ateur), n’en sort pas moins grandi voire touchant ; la fin de sa vie (dans la BD) Ă©tant un retour sur le dĂ©but, sur le mystĂšre d’une existence, sur le sens profond des choses.
De ce tumulte intĂ©rieur, de ses vertiges et crises d’angoisse, dans ses trahisons et ses emportements comprĂ©hensibles, le dessinateur Ă©chafaude tout un monde graphique en noir et blanc dont l’accumulation de figures entremĂȘlĂ©es, dit l’intensitĂ© du malĂȘtre. Bestiaire digne des tympans mĂ©diĂ©vaux, mais aussi grotesques Ă  la JĂ©rĂŽme Bosch, l’imagination du crayon exprime le dĂ©sir et la volontĂ© d’un pianiste qui s’obstine toujours, mĂȘme s’il se trompe et tombe trop souvent dans les jeux de l’illusion.

CLIC D'OR macaron 200Dans ses doutes et ses questionnements, ses lĂąchetĂ©s et ses idĂ©es contradictoires, se dresse le destin d’un artiste qui repense sa relation Ă  l’instrument ; un rapport conflictuel et souvent tiraillĂ© lĂ  encore. Mais le pianiste n’a jamais perdu la foi artistique ni la volontĂ© de vaincre le clavier
 Le monde graphique de Yann Damezin immerge le lecteur dans la psychĂ© d’un ĂȘtre aussi fragile que complexe. Original, fictionnel, troublant.

________________________________________________________________________________________________

BD, Ă©vĂ©nement, annonce. CONCERTO POUR MAIN GAUCHE de Yann Damezin (La BoĂźte Ă  bulles) – Parution le 6 mars 2019. 112 pages – EAN 9782849533314 – 17 € – CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2019
https://www.la-boite-a-bulles.com/work/288

concerto-pour-main-gauche-yann-damezin-boite-a-bulles-bd-livre-evenement-clic-de-classiquenews

MENUHIN GSTAAD Festival 2019 (Suisse) : La location est ouverte.

gstaad-menuhin-festival-2019-PARIS-annonce-prĂ©sentation-classiquenews-582MENUHIN GSTAAD Festival 2019 (Suisse), LOCATION OUVERTE. Le premier festival musical estival en Suisse (Ă  Saanen et Ă  Gstaad lĂ  mĂȘme oĂč Yehudi Menuhin avait repĂ©rĂ© des lieux propices Ă  la musique et aux concerts) ouvre sa billetterie : il est enfin possible de rĂ©server ses places, ce pour tous les concerts de l’édition 2019 : une foison de programmes servis par les meilleurs artistes et interprĂštes de la scĂšne actuelle : chefs, pianistes, chanteurs, orchestres
 Le 63Ăš festival Menuhin allie comme Ă  son habitude l’excellence et aussi l’audace, sans omettre aux cĂŽtĂ©s de l’équilibre de ses propositions, la sensibilisation du classique Ă  tous les publics.

Le programme dĂ©taillĂ© de l’ensemble des concerts du 63e Gstaad Menuhin Festival est dĂ©sormais en ligne : assurez-vous les meilleurs places en rĂ©servant directement sur le site du Menuhin Gstaad Festival 2019, ou par tĂ©lĂ©phone au 033 748 81 82.
Du 18 juillet au 6 septembre 2019 : 60 CONCERTS Ă  l’affiche pendant presque 2 mois. Les concerts ont lieu dans les Ă©glises du canton (Ă©crins intimistes du Saanenland), ou sous la tente Ă  Gstaad,  ample vaisseau rĂ©servĂ© aux grandes cĂ©lĂ©brations symphoniques, opĂ©ratiques, Ă©vĂ©nementielles
 Il y a pour tous les goĂ»ts Ă  Gstaad chaque Ă©tĂ©.

 

 

 

GSTAAD suisse vaches r faux copyright annonce concert menuhin gstaad festival and academy 2018 classiquenews

 

 

GSTAAD MENUHIN Festival 2018

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

gstaad-menuhin-festival-2019-paris-gd-format-artistes-petibon-say-gabetta-annonce-location-par-classiquenewsMOISSON DE TEMPERAMENTS… Cette annĂ©e le Festival suisse fĂȘte PARIS, son thĂšme fĂ©dĂ©rateur. De nombreux artistes français sont prĂ©sents mais pas seulement :
L’Ă©glise de Saanen accueille cette annĂ©e HervĂ© Niquet et son Concert Spirituel dans le «Te Deum» de Charpentier (20.7), Sol Gabetta dans le 2e Concerto de Saint-SaĂ«ns (21.7), Patricia Petibon dans des airs de Mozart et de Gluck (27.7), l’organiste de Notre-Dame de Paris Olivier Latry (28.7), le trompettiste GĂĄbor Boldoczki (29.7), Andreas Ottensamer et Yuja Wang en duo (31.7), Fazil Say dans le «Clair de lune» de Debussy (2.8), Ute Lemper dans des chansons françaises et de cabaret (10.8), Bertrand Chamayou dans le 23e Concerto de Mozart (11.8), Cecilia Bartoli (23.8) ou encore Hilary Hahn dans les deux concertos pour violon de Bach avec la Deutsche Kammerphilharmonie Bremen (29.8). On pourra entendre sinon David Guerrier Ă  ChĂąteau-d’ƒx (22.7), Nuria Rial (5.8), Isabelle Faust (9.8), L’Arpeggiata (15.8) et Maurice Steger (4.9) Ă  Zweisimmen, l’Ensemble Janoska et BirĂ©li LagrĂšne (8.8), Christophe Rousset (20.8) et Francesco Piemontesi (26.8) Ă  Rougemont, le Quatuor Chiaroscuro (23.7) et Christian Bezuidenhout (27.8) Ă  Lauenen. Quelques-uns parmi les plus de 60 concerts proposĂ©s en 2019


 

 

gstaad-menuhin-festival-2019-jeunes-talents-concerts-annonce-festivals-musique-classique-actualites-classiquenews

 

________________________________________________________________________________________________

FOCUS GRANDES FORMATIONS :Vous prĂ©fĂ©rez les grands effectifs? RĂ©servez aussi vos soirĂ©es sous la Tente de Gstaad avec Seong-Jin Cho et Manfred Honeck dans «L’Empereur» de Beethoven et la «PathĂ©tique» de TchaĂŻkovski (17.8), «Carmen» en version de concert (24.8), Vilde Frang dans Bruch (25.8), Gautier Capuçon et Mikko Franck dans Haydn et la «Symphonie fantastique» de Berlioz (31.8), Klaus Florian Vogt dans Wagner (1.9), Yuja Wang et Myung-Whun Chung dans le 3e Concerto de Rachmaninov (6.9), qui sont en vente depuis le 20 dĂ©cembre dĂ©jĂ !

 

 

 

gstaad-menuhin-festival-2019-orchestre-tente-annonce-classiquenews-location-ouverte

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

Depuis 2 ans, le Menuhin GSTAAD Festival enrichit son offre numĂ©rique proposant Ă  la relecture et au visionnage permanent, de nombreux contenus vidĂ©os, au sein de son offre « GSTAAD DIGITAL FESTIVAL » – Actuellement, reportage sur l’un des laurĂ©ats de l’AcadĂ©mie de direction d’orchestre, organisĂ©e chaque Ă©tĂ© sous la tente / le jeune maestro Joseph Bastian, laurĂ©at du Neeme JĂ€rvi 2016 explique le fonctionnement de la «Gstaad Conducting Academy»

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

 

RESERVEZ VOS PLACES

boutonreservation

directement sur le site du 63Ăš MENUHIN GSTAAD FESTIVAL :

https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/programme-and-location/edition-2019

 

 

 

 

gstaad-menuhin-festival-2019-paris-gd-format-artistes-petibon-say-gabetta-annonce-location-par-classiquenews

 
 

 

 

CD, critique. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2019. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philharmoniker / CHRISTIAN THIELEMANN 5 1 cd SONY classical)

nouvel-an-2019-concert-vienne-new-year-s-concert-2019-vienna-philharmonia-christian-thielemann-concert-cd-critique-par-classiquenews-582-the_vienna_philharmonic_and_chri_55-1CD, critique. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2019. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philharmoniker / CHRISTIAN THIELEMANN 5 1 cd SONY classical). A 59 ans, le wagnĂ©rien et straussien (Richard), Christian Thielemann, plus habituĂ© de Dresde et de Bayreuth que de Vienne, affecte un geste un rien prussien, 
 possĂšde-t-il rĂ©ellement le sens de l’élĂ©gance viennoise, celle des Johann Strauss fils et pĂšre, Josef et Edouard aussi ? Car les valses et Ă©pisodes symphoniques de Johann fils, vedette viennoise majeure pour cet esprit lĂ©ger, et davantage, appellent un caractĂšre spĂ©cifique entre abandon et allusion, suggestion et subtilitĂ© qui doit Ă©blouir non pas dans cette « lĂ©gĂšreté » partout annoncĂ©e (qu’est ce que cette musique dite “lĂ©gĂšre” en rĂ©alitĂ© ? Le vocable comprend une infinitĂ© d’acceptations
). Ici, dans l’écrin dĂ©signĂ© du rituel Straussien, le Musikverein, il ne doit ĂȘtre question que de finesse, subtilitĂ© mĂ©lodique, orchestration raffinĂ©e, ivresse Ă©vocatoire


 

 

 

thielemann-christian-maestro-wiener-philharmoniker-concert-nouvel-an-2019-critique-review

 

 

 

AprĂšs les Welser-Möst, Dudamel, Jansons, … voici Thielemann : cravatte rayĂ©e, le directeur du festival de PĂąques de Salzbourg (les directeurs du Festival estival autrichien Ă©taient prĂ©sents dans la salle), qui est aussi le directeur musical de la Staatskapelle de Dresde, retrouve le Wiener Philharmoniker pour ce programme festif. Les connaisseurs retrouvent dans la disposition typiquement viennoise de l’orchestre, les 6 contrebasses placĂ©es en fond, face au chef sous l’orgue du Musikverein de Vienne, vĂ©ritable colonne sonore assurant une structure et une carrure emblĂ©matiques. Le chef a dĂ©jĂ  dirigĂ© les Wiener Philharmoniker : on ne peut donc pas parler de baptĂȘme orchestral. Le programme d’emblĂ©e est trĂšs classique : rien que des valses et des polkas ; pas d’étrangers, ni de chanteurs invitĂ©s (comme l’a fait Karajan Ă  son Ă©poque, Ă  la fin des annĂ©es 1980). Mis Ă  l’honneur aux cĂŽtĂ©s des frĂšres Strauss (Johann II, Josef et Edouard), une autre dynastie de compositeurs et musiciens viennois, les Hellmesberger, pĂšre et fils


Thielemann : UN GESTE UN RIEN MARTIAL ? Le programme annoncĂ© rĂ©solument austro-hongrois, commence par la Schönfeld March op. 422 de Carl Michael Ziehrer: le ton est donnĂ©, martial et un rien sec et tendu dans la scansion rythmique. Ziehrer a composĂ© opĂ©rettes et ballets (comme Johann Strauss II) : l’écriture est assez quelconque, dĂ©ployant un caractĂšre ronflant, fort en panache dĂ©monstratif, Ă  la façon d’une marche militaire, ou d’une parade appuyĂ©e, rythme et accents prussiens Ă  l’envi; baguette Ă©paisse et ronde, d’une martialitĂ© trop revendiquĂ©e, Thielemann n’est guĂšre dans le style Ă©lĂ©gantissime qui a fait les meilleurs fait qui l’ont prĂ©cĂ©dĂ© dans cet exercice. Pourtant le Musikverein est plus connu pour l’élĂ©gance de sa programmation et la finesse des auteurs programmĂ©s. On craint le pire pour la suite


strauss josef portrait classiquenewsHeureusement, le chef respecte le code et l’esprit du rituel de l’an neuf Ă  Vienne avec la trĂšs belle valse qui suit, la premiĂšre du programme : « Transactions Waltz » op. 184 de Josef Strauß: Josef est le premier cadet malheureux de Johann : mort en 1870 (Ă  43 ans) : l’ingĂ©nieur qui rejoint l’entreprise familiale et orchestral en 1850 (Ă  23 ans car son ainĂ© Johann est lui-mĂȘme Ă©puisĂ©) – mort Ă©reintĂ© en tournĂ©e en Pologne
  Or le gĂ©nie de Josef musicalement est aussi Ă©levĂ© que celui de Johann : on s’en aperçoit Ă  chaque session de ce concert du nouvel an. Josef serait mĂȘme souvent plus sombre et ambivalent, riche et profond que son ainé  De fait, Transactions Wazl s’affiche immĂ©diatement plus sombre, et grave au dĂ©but, pour mieux faire surgir le thĂšme principal, dans le raffinement des timbres des bois, Ă©noncĂ© par les cordes et des flĂ»tes aĂ©riennes : la finesse s’invite enfin, enivrĂ©e dans cette sĂ©quence, qui s’avance Ă  pas feutrĂ©e en pleine magie
 saluons l’intelligence des climats, le raffinement de l’orchestration, la caresse de la mĂ©lodie principale, dĂ©licate nostalgie grĂące Ă  un Ă©quilibre trĂšs subtil entre cordes et les bois
 avec la harpe, d’une ineffable nostalgie. Soulignons la profondeur et la sensibilitĂ© Ă©tonnante de Josef Strauss fauchĂ© trop tĂŽt, son aptitude spĂ©cifique pour le dĂ©veloppement symphonique, Ă  la fois dramatique et allusif, et aussi de façon gĂ©nĂ©ral, une rĂ©flexion sur le sens mĂȘme de la valse, entre dĂ©sir et mort. Josef nous paraĂźt plus sombre encore que Johann II. Un maĂźtre Ă  mieux connaĂźtre et plus Ă©couter assurĂ©ment.

Thielemann nous rĂ©serve ensuite une surprise qui pourrait ĂȘtre rĂ©vĂ©lation : de Josef Hellmesberger (fils): Elfin Dance. ImmĂ©diatement saisissante, la finesse Ă©tincelante grĂące aux nuances aiguĂ«s, vibrĂ©es, rondes du « xylophone »d’une partition inscrite dans les nuages. Hellmesberger fut professeur de violon au Conservatoire de Vienne et aussi fondateur avec son fils du Quatuor Hellmesberger (1849). Avouons que le compositeur ne manque pas d’inspiration ni de subtilitĂ©. ÉthĂ©rĂ© et aĂ©rien est cet elfe, un pur esprit – le style et l’écriture sont trĂšs sensuels (pizz des cordes, doublĂ©es par les flĂ»tes) – comme Mendelssohn dans Le Songe d’une nuit d’étĂ© (envol et boucle aĂ©rienne de Puck)? Thielemann est dans son Ă©lĂ©ment : ambassadeur d’une musique pleine d’élĂ©gance et de finesse, rĂ©solument et littĂ©ralement « lĂ©gĂšre ».

Enfin voici le premier morceau du compositeur vedette : Johann STRAUSS II (fils): sur un rythme effrĂ©nĂ©, l’Express, polka schnell op. 311 est bien une Polka rapide – on regrette cependant la nervositĂ© un peu sĂšche ; un rien hystĂ©rique (lĂ  encore systĂ©matique et trop appuyĂ©e) de Thielemann qui dirige comme un prussien, vif, nerveux, droit. de toute Ă©vidence, et dans ce tableau prĂ©cis, il manque de souplesse comme de retenue.

Du mĂȘme Strauss fils, « Pictures of the North Sea », waltz op. 390 / Images de la mer du nord dĂ©veloppe Ă©criture et texture orchestrales. L’épisode symphonique Ă  l’essence poĂ©tique et chorĂ©graphique dĂ©bute dans le sombre 
 dĂ©roulant un premier tapis envoĂ»tĂ©, quasi tragique, puis un souffle profond grave pour que surgisse enfin l’éblouissante mĂ©lodie (wagnĂ©rien dans sa houle et ses phrases continues : d’emblĂ©e Thielemann le wagnĂ©rien est Ă  son affaire ici) : on admire le mĂ©tier du chef, capable d’heureux Ă©quilibres sonores, la finesse des flĂ»tes, le chant ciselĂ© des clarinettes parfaitement dĂ©taillĂ©es, comme enivrĂ©es, caressantes

Pourtant Ă  l’inverse, et dans le mĂȘme temps, regrettons quelques Ă©carts de conduite dans la direction : des contrastes trop marquĂ©s, et appuyĂ©s : la frĂ©nĂ©sie du geste empoigne la valse avec une duretĂ© prussienne propre au chef berlinois : il n’a pas la finesse de son aĂźnĂ© le regrettĂ© Nikolaus Harnoncourt (nĂ© en 1929 et dĂ©cĂ©dĂ© en 2016), spĂ©cialiste et passionnĂ© de valses viennoise qui dirigea le Wiener en de nombreuses occasions les Philharmoniker et le Concert du Nouvel An, Ă  2 reprises : 2001 et 2003. Ronflant, sec, Thielemann déçoit globalement, malgrĂ© les trouvailles sonores Ă©voquĂ©es prĂ©cĂ©demment. Sa baguette manque de fluiditĂ© malgrĂ© le sujet aquatique de la valse choisie.

Autre frĂšre, pas assez connu et mis dans l’ombre de Johann, leur ainĂ© : Eduard Strauß: « Post-Haste », est une polka schnell op. 259, pour laquelle Thielemann cisĂšle la coupe et l’esprit de syncope (Ă©vocation de la course de la diligence) ; ici encore, on remarque les limites du chef car Thielemann dĂ©taille certes l’instrumentation mais manque de prĂ©cision comme d’imagination: sa direction relĂšve d’un systĂšme mĂ©trique, militaire dans cette cadence au galop, trĂ©pidant, trop mĂ©canique

STRAUSS eduard edouard classiquenews valses de viennes concert nouvel an vienne 2019 220px-EduardStrauss edouard syraussFotoUn petit mot sur Edouard, le dernier fils Strauss et l’hĂ©ritier de la dynastie. Il est mort en 1916, en pleine guerre, trouve sa voie spĂ©cifique, comparĂ©e Ă  celle de ses deux frĂšres ainĂ©s, par une Ă©criture plus frĂ©nĂ©tique, qui s’est spĂ©cialisĂ© dans les polkas rapides / ainsi cette « Polka-schnell ». RongĂ© par le ressentiment contre ses frĂšres, et pourtant hĂ©ritier enviable de la dynastie familiale (et orchestrale), il dissout cependant en 1901, l’orchestre Strauss et, surtout, pendant trois journĂ©es (honteuses) d’octobre 1907, brĂ»le nombre de papiers, manuscrits et forcĂ©ment partitions de ses frĂšres Strauss : destruction catastrophique d’un hĂ©ritier insensĂ© devenu fou. Nombre de documents et de partitions de Josef et de Johann seraient ainsi partis en fumĂ©e.  L’histoire de la famille Strauss relĂšve d’un roman feuilleton, et l’on s’étonne malgrĂ© le succĂšs populaire de leurs valses et mazurkas, qu’aucune sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e ne soit encore emparĂ© de leur saga. A suivre


AprĂšs la pause de la mi journĂ©e (le concert a commencĂ© Ă  11h), reprise avec l’évocation du Johann compositeur d’opĂ©rettes : c’est Offenbach qui pourtant son rival en France, aurait exhortĂ© le Viennois Ă  composer des opĂ©rettes. Grand bien que cette proposition confraternelle et constructive. Ainsi l’ouverture du Baron Tzigane
 la plus cĂ©lĂšbre avec celle de La Chauve Souris, 
 ainsi le motif de la valse dĂ©passe la seule occurrence Ă©pisodique, pour atteindre une Ă©vocation pleine de nostalgie 
 tzigane et purement symphonique (par le motif ourlĂ© de la clarinette) ; dans cette piĂšce de caractĂšre, Ă  l’ambition dramatique manifeste, Thielemann soigne le panache sombre et grave, avec un trĂšs bel effet de texture caressant chaque motif, en particulier au hautbois, sinueux et pastoral. LĂ  encore on peut regretter le geste un peu lourd du chef plus prussien que viennois.

Pourtant, se dĂ©tache ensuite finesse et lĂ©gĂšretĂ© dans « La Ballerine » opus 227 de Josef Strauß, polka française, et ses fin de phrases, suspendues en deux accents, dĂ©tachĂ©s, retenus
 vĂ©ritable hymne Ă  la souplesse Ă©lastique. Avec La vie d’artiste opus 316, de Johann II, le ballet de l’OpĂ©ra de Vienne s’invite au concert : comme un rĂ©veil au matin, le premier couple du corps de ballet de l’OpĂ©ra (Wiener Staatsballet) s’ébranle sur la terrasse et dans les couloirs et circulations du bĂątiment : l’élĂ©gance et la facĂ©tie (gestuelles des mains) des 5 couples en blanc et noir imposent une leçon de souplesse acrobatique, – un moment de raffinement collectif magnifiĂ© Ă©videmment pas la somptueuse musique, moins allusive que descriptive, dans la cadre des dĂ©cors et intĂ©rieurs de l’OpĂ©ra viennois. L’institution fĂȘte ses 150 ans en 2019, ayant Ă©tĂ© inaugurĂ© en 1869. Prestige revendiquĂ© et histoire cĂ©lĂ©brĂ©e au moment oĂč ce sont deux français qui dirigent la Maison, Dominique Meyer, intendant gĂ©nĂ©ral et l’ex danseur Ă©toile Ă  Paris, Manuel Legris, directeur de la danse. Johann Strauss redouble de tendresse feutrĂ©e dans cette page trĂšs raffinĂ©e qui est l’objet d’une rĂ©alisation tĂ©lĂ©visuelle audacieuse (plans inclinĂ©s de la camĂ©ra dont jouent les danseurs, trĂšs complices).

Puis, d’Eduard Strauß: « Opera SoirĂ©e » / Une soirĂ©e Ă  l’opĂ©ra est une polka française op. 162 (Ă  deux temps), polka assez lente, au rythme plus appuyĂ© que la polka mazurka qui est encore plus lente et ralentie avec des temps suspendus
  : Une soirĂ©e Ă  l’opĂ©ra semble mieux convenir Ă  la carrure prussienne de Thielemann – sans Ă©carter facĂ©tie ni dĂ©licatesse avec une palette de nuances (piccolo) trĂšs finement dĂ©taillĂ©es ; voici la sĂ©quence oĂč le chef dĂ©voile une direction plus nettement enjouĂ©e, pleine de sous entendue comme d’élĂ©gance.

De Johann STRAUSS II (fils): « Eva Waltz », la valse d’Eva extrait de l’opĂ©ra Le Chevalier Pazman se distingue en un dĂ©but magnifique (somptuositĂ© profonde et noble des cors, puis en dialogue avec les contrebasses – valse attĂ©nuĂ©e comme un rĂȘve, une rĂ©itĂ©ration onirique liĂ©e au personnage d’Eva dans l’opĂ©rette de Johann II. C’est Cendrillon rĂ©inventĂ©e, sa prĂ©sentation au bal
 puis du mĂȘme opĂ©ra, Thielemann a sĂ©lectionnĂ© une nouvelle piĂšce de caractĂšre, extrait du mĂȘme opĂ©ra : « CsĂĄrdĂĄs ». Comme celle de la sublime Chauve Souris, celle qui permet Ă  la comtesse hongroise de s’alanguir jusqu’à la pĂąmoison, et aussi Ă  la soprano requise, d’éblouir par sa virtuositĂ© profonde, voici une autre facette du gĂ©nie de Johann II, pleine de facĂ©tie heureuse, d’intelligence sauve et lumineuse, de grĂące et de finesse. Le Concert tĂ©lĂ©visĂ© Ă©tant aussi une carte postale soulignant les trĂ©sors patrimoniaux autochtones, voici les danseurs du Ballet de l’OpĂ©ra de Vienne, soit dans un chĂąteau de basse Autriche, un couple de touristes, parodique, dĂ©calĂ© qui s’ennuie puis s’éveille Ă  la pure danse, en rejoignant 3 autres couples de danseurs dans la galerie haute Renaissance. LĂ  encore reconnaissons que la rĂ©alisation comme l’alliance de Strauss et de la danse sont idĂ©alement complĂ©mentaire, dans un tableau qui s’achĂšve en extĂ©rieur, sur une collection de rythmes et de folklores bien trempĂ©s, oĂč rĂšgne la noblesse du thĂšme hongrois principal (la czardas est de style aristocratique), jouĂ© selon la tradition par les paysans pour les moissons ou les noces villageoises.

Johann fils rĂšgne en maĂźtre absolu avec la Marche Ă©gyptienne op. 335 : festival de timbres et d’effets orientalisants et rutilants, parfaitement caractĂ©risĂ©s et utilisĂ©s Ă  bon escient : d’abord grosse caisse, clarinette mystĂ©rieuse, cordes voluptueuse : c’est une sĂ©quence entonnĂ©e comme une marche militaire, mais enchantĂ©e – panache onirique des trompettes et des cors, au souffle inouĂŻ, qui Ă©gale le meilleur Saint-SaĂ«ns, celui oriental de l’orgie / bacchanale dans Samson et Dalila. Thielemann est chez lui, dirigeant sans baguette avec une dĂ©contraction affichĂ©e, assumĂ©e ; lorsque les instrumentistes viennois entonnent en « la la la », le chƓur du motif Ă©gyptien (qui rappelle aussi Verdi dans ses ballets d’Aida). Tout s’achĂšve dans le lointain en second plan, superbe effet de spatialisation : festif et interactif, le tableau suscite l’enthousiasme de la salle, et la joie des musiciens, heureux d’avoir ainsi surpris l’audience internationale.

Enfin, aprĂšs “la Valse entracte” de Joseph Hellmesberger fils: d’une dĂ©licatesse soyeuse et enivrante (les pizzicati dĂ©licats des violons), celle d’un rĂȘve Ă©veillĂ©, auquel Thielemann rĂ©serve son attention la plus nuancĂ©, ce sont deux pages parmi les plus raffinĂ©es des fils Strauss, Johann II, l’incontournable : « In Praise of Women », polka mazur op. 310 / Eloge des femmes : hymne fĂ©ministe qui tombe Ă  pic aprĂšs nos hontes contemporaines (cf les mouvements #Metoo, et #balancetonporc) oĂč rĂšgnent flĂ»tes, piccolo, clarinettes et bassons : (finesse d’élocution, irrĂ©sistible Ă©lĂ©gance et souveraine retenue
 en un Ă©quilibre impeccable cordes et cuivres)
 et le rythme trĂšs lent, le plus lent, de la polka mazurka ; puis la musique des sphĂšres opus 235 du cadet tout aussi gĂ©nial, Josef : grande valse, et la plus inspirĂ©e du compositeur, oĂč flĂ»tes / harpe se dĂ©tachent, signifiant lĂ  aussi une aube qui se lĂšve
 pourtant, le bas blesse : Ă  la dĂ©licatesse suggestive de la partition, nous regrettons l’enflure qui finit par ĂȘtre ennuyeuse, et mĂȘme agaçante du chef, 
 trop pompier, ignorant volontaire de toute lĂ©gĂšretĂ©. Quel dommage.
nouvel-an-2019-concert-vienne-new-year-s-concert-2019-vienna-philharmonia-christian-thielemann-concert-cd-critique-par-classiquenews-582-the_vienna_philharmonic_and_chri_55-1Enfin c’est le rituel de fin, pour tout concert du nouvel An qui se respecte. AprĂšs proclamer les vƓux de l’Orchestre, chef et musiciens jouent d’un seul tenant et sans interruption – quand les prĂ©dĂ©cesseurs commençaient les premiĂšres mesures, puis prononçaient les vƓurs, enfin reprenaient Ă  son dĂ©but la partition : voici l’extase fluviale promise et tant attendue, emblĂšme de l’art de vivre viennois : Le Beau Danube Bleu (Johann STRAUSS fils) : avouons que Thielemann sait Ă©carter toute Ă©paisseur et boursoufflure, instillant ce climat du rĂȘve qui fait briller les cors, recherche les effets de textures moins la transparence, d’oĂč ce sentiment d’opulence, de grain sensuel (les clarinettes) – sommet de naturel et de grĂące – la partition d’abord chorale, finit ainsi sa course d’une Ă©loquence et sublime maniĂšre, comme chant lĂ©gitimement cĂ©lĂ©brĂ© de l’élĂ©gance viennoise Ă  l’international.

Oui certains nous rĂ©torquerons : pourquoi boudez ainsi son plaisir ? Le Beau Danube Bleu suffit Ă  rĂ©pondre et militer finalement en faveur de la baguette explicitement symphonique de Thielemann. Nous ne parlons pas sciemment de La marche de Radetsky de Johann Strauss le pĂšre : bonus pour amuser un public qui souhaite participer en claquant des mains, soulignant encore et encore la frĂ©nĂ©sie rythmique d’un tube plus que cĂ©lĂ©brĂ©. Daniel Barenboim avait bien raison de bouder cette sĂ©quence car la partition fut composĂ©e pour cĂ©lĂ©brer la victoire sur des manifestants et Ă©tudiants tuĂ©s outrageusement contre leur appel Ă  libertĂ©. Qu’on se le dise.

Carrure prussienne mais sensibilitĂ© instrumentale d’un gourmand gourmet, Christian Thielemann nous ravit quand mĂȘme, dans ce concert qui sans ĂȘtre mĂ©morable – ceux de Georges PrĂȘte, Nikolaus Harnoncourt, Gustavo Dudamel, Mariss Jansons (2016) l’ont Ă©tĂ© – , nous permet de marquer dans la lĂ©gĂšretĂ© moyenne, Ă  dĂ©faut d’exquise finesse, ce 1er jour de l’annĂ©e nouvelle 2019.

Retrouvez le cd et le dvd du CONCERT DU NOUVEL AN Ă  VIENNE, 1er janvier 2019, sous la direction de Christian Thielemann, Ă  paraĂźtre mi janvier chez Sony classical.

 

 

 

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

 

COMPTE RENDU, concert. VIENNE, Musikverein. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philhamroniker / CHRISTIAN THIELEMANN (1er janvier 2019) : Valses, polkas, extraits d’opĂ©ras, ouverture de Johann STRAUSS II, Josef STRAUSS, Edouard STRAUSS, Josef Hellmesberger…

 

 

 

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

 Nos autres comptes rendus et critiques des CONCERTS DU NOUVEL AN à VIENNE :

 

Concert, compte rendu critique. Vienne, Concert du Nouvel An 2016. En direct sur France 2. Vendredi 1er janvier 2016. Wiener Philharmoniker, Mariss Jansons, direction. Valses de Strauss johann I, II; Josef ; Eduard. Waldtaufel


mariss-jansons_c_jpg_681x349_crop_upscale_q95Concert, compte rendu critique. Vienne, Concert du Nouvel An 2016. En direct sur France 2. Vendredi 1er janvier 2016. En direct de la Philharmonie viennoise, le Konzerthaus, le concert du nouvel An rĂ©alise un rĂȘve cathodique et solidaire : succĂšs planĂ©taire depuis des dĂ©cennies pour ce rendez vous diffusĂ© en direct par toutes les chaĂźnes nationales du monde et qui le temps des fĂȘtes, rassemblent toutes les espĂ©rances du monde, en une trĂšs large diffusion pour le plus grand nombre (les places sont vendues Ă  un prix exorbitant destinĂ© aux fortunĂ©s de la planĂšte) pour un temps meilleur riche en promesses de bonheur. Cette annĂ©e c’est le chef Mariss Jansons, maestro letton (rĂ©sident Ă  Saint-PĂ©tersbourg), autant lyrique que symphonique bien trempĂ© qui dirige les divins instrumentistes viennois, ceux du plus subtil des orchestres mondiaux et qui pour l’évĂ©nement cĂ©lĂšbre l’insouciance par la finesse et l’élĂ©gance, celle des valses des Strauss, Johann pĂšre et fils bien sĂ»r, ce dernier particuliĂšrement Ă  l’honneur, et aussi Joef et Eduard ses frĂšres (tout aussi talentueux que leur ainĂ©), Eduard dont 2016 marque le centenaire.

 

gustavo-dudamel-dirigiert vignette maestro classiquenews -erstmals-wiener-neujahrskonzertCompte-rendu critique, concert. VIENNE, Musikverein, dimanche 1er janvier 2017. Wiener Philharmoniker.  Gustavo Dudamel, direction. Depuis 1958, le concert du Nouvel An au Musikverein de Vienne est retransmis en direct par les tĂ©lĂ©visions du monde entier soit 50 millions de spectateurs ; voilĂ  assurĂ©ment Ă  un moment important de cĂ©lĂ©bration collective, le moment musical et symphonique le plus mĂ©diatisĂ© au monde. En plus des talents dĂ©jĂ  avĂ©rĂ©s des instrumentistes du Philharmonique de Vienne, c’est Ă©videmment le nouvel invitĂ©, pilote de la sĂ©quence, Gustavo Dudamel, pas encore quadra, qui est sous le feu des projecteurs (et des critiques). A presque 36 ans, ce 1er janvier 2017, le jeune maestro vĂ©nĂ©zuĂ©lien a concoctĂ© un programme pour le moins original qui en plus de sa jeunesse – c’est le plus jeune chef invitĂ© Ă  conduire l’orchestre dans son histoire mĂ©diatique, crĂ©e une rupture : moins de polkas et de valses tonitruantes, voire trĂ©pidantes, mais un choix qui place l’introspection et une certaine retenue intĂ©rieure au premier plan ; pas d’esbroufe, mais un contrĂŽle optimal des nuances expressives, et aussi, regard au delĂ  de l’orchestre, comme habitĂ© par une claire idĂ©e de la sonoritĂ© ciblĂ©e, une couleur trĂšs suggestive, mesurĂ©e, intĂ©rieure qui s’inscrit dans la rĂ©flexion et la nostalgie
? VoilĂ  qui apporte une lecture personnelle et finalement passionnante de l’exercice 2017 : Gustavo Dudamel dont on met souvent en avant la fougue et le tempĂ©rament dĂ©bridĂ©, affirme ici, en complicitĂ© explicite avec les musiciens du Philharmonique de Vienne, une direction millimĂ©trĂ©e, infiniment suggestive, d’une subtilitĂ© absolue, qui colore l’entrain et l’ivresse des valses, polkas et marches des Strauss et autres, par une nouvelle sensibilitĂ© introspective. De toute Ă©vidence, le maestro vĂ©nĂ©zuĂ©lien, enfant du Sistema, nous Ă©pate et convainc de bout en bout. Relevons quelques rĂ©ussites emblĂ©matiques de sa maestriĂ  viennoise. En lire PLUS

 

 

————————

Zubin Mehta / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2015
L’hommage au gĂ©nie de Josef Strauss
http://www.classiquenews.com/cd-concert-du-nouvel-an-a-vienne-2015-philharmonique-de-vienne-zubin-mehta-1-cd-sony-classical/

 

Daniel Barenboim / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2014
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-vienne-konzerthaus-le-1er-janvier-2014-concert-du-nouvel-an-oeuvres-de-johann-strauss-i-et-ii-edouard-josef-et-richard-strauss-avec-les-danseurs-de-lopera-de-vienne-wiener-phil/

 

Franz Welser-Möst / Concert du Nouvel An à VIENNE 2013
http://www.classiquenews.com/neujahrskonzert-new-years-concert-concert-du-nouvel-an-vienne-2013franz-welser-mst-1-cd-sony-classical/

 

Mariss Jansons / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2012
http://www.classiquenews.com/vienne-musikverein-le-1er-janvier-2012-concert-du-nouvel-an-wiener-philharmoniker-mariss-jansons-direction/

 

Georges PrĂȘtre / Concert du nouvel AN Ă  VIENNE 2010

 

PERLES SUR LA TOILE… Alexander MALOFEEV (FEYEV) dĂ©c 2018

malofeev malofeyev alexander piano jeune pianiste classique concerts annonce jeunes talentsSUR LA TOILE 
 Jeune pianiste Ă  suivre. Le russe Alexander Malofeev, que sa blondeur pourrait assimiler aux jeunes hĂ©ros de l’Europe du nord, saisit par sa gravitĂ© juste et pudique, malgrĂ© ses. 17 ans en dĂ©cembre 2018
 Son jeu a la puissance et la carrure des grands russes, capables spĂ©cifiquement d’un dĂ©liĂ© serein et calme, pourtant intense et investi ; d’une clartĂ© naturelle et souple qui forcent l’admiration. La technique est somptueuse, lui permettant d’affirmer une belle gymnastique imaginative ; avec des phrasĂ©s intĂ©rieurs d’une sensibilitĂ© trĂšs juste, et une souplesse dans les passages les plus contrastĂ©s. Dans le Concerto n°3 de Rachmaninov, le jeune virtuose sait trouver l’équilibre entre vĂ©locitĂ©, intĂ©rioritĂ© et lyrisme Ă©chevelĂ© (Tchaikovsky concert hall du 30 dĂ©c 2018 – presque 70 000 vues en janvier 2019). Sans aucun doute, Alexander Malofeev est aujourd’hui “Le” jeune talent russe Ă  suivre, aux cĂŽtĂ©s de ses “aĂźnĂ©s”, Daniil Trifonov (avec lequel il partage une mĂȘme passion pour les mondes fantastiques et enchantĂ©s de Rachmaninov…), Denis Matsuev… nos prĂ©fĂ©rĂ©s. Sans omettre le rĂ©cemment distinguĂ© Dmitri Masleev

Alexander MALOFEEV / FEYEV
le nouveau prodige russe du piano

Evidemment son jeune Ăąge (17 ans), l’empĂȘche encore de ciseler jusqu’aux moindres nuances de l’architecture d’une oeuvre Ă  la fois colossale et intime dont les vertiges doivent Ă©viter tout pathos et imprĂ©cisions. Il manque encore de profondeur et un rubato qui exprime le mystĂšre, mais quelle sincĂ©ritĂ©, quelle candeur enchantĂ©e dans un jeu douĂ© de qualitĂ©s de sobriĂ©tĂ©, de finesse
 A cet Ăąge cela tient d’une intelligence rare. Sa personnalitĂ© retient l’attention. InvitĂ© comme le plus jeune pianiste Ă  la Roque d’AnthĂ©ron en 2016 (14 ans), Alexander Malofeev (ou Malofeyev) a l’étoffe des plus grands car il sait cultiver une douceur ineffable, une pudeur que peut savent mĂȘme aguerris, simplement Ă©noncer. Pas de virtuositĂ© dĂ©placĂ©e mais l’expression d’une candeur marquĂ©e par une riche vie intĂ©rieure. C’est l’enseignement de ce concert Rachmaninov
 La captation rĂ©alisĂ©e en Russie dĂ©voile un authentique Jeune talent russe, Ă  suivre dĂ©sormais. Avec l’orchestre national des jeunes russe, dirigĂ© par Dimitris Botinis.

________________________________________________________________________________________________

https://www.youtube.com/watch?v=SCHg9tup9NA

JEUNE TALENT Ă  suivre : Alexander Malofeyev

________________________________________________________________________________________________

S.Rachmaninoff. Piano Concerto No.3 in D minor, Op.30. – 42 mn
Soloist : AlexandДr Malofeev (17 y.o. /17 ans).
Russian National Youth Symphony Orchestra.
Conductor, direction : Dimitris Botinis.
Tchaikovsky Concert Hall.
30/12/2018

 

ĐĄ.В.Đ Đ°Ń…ĐŒĐ°ĐœĐžĐœĐŸĐČ. ĐšĐŸĐœŃ†Đ”Ń€Ń‚ № 3 ĐŽĐ»Ń Ń„ĐŸŃ€Ń‚Đ”ĐżĐžĐ°ĐœĐŸ с ĐŸŃ€ĐșĐ”ŃŃ‚Ń€ĐŸĐŒ рД ĐŒĐžĐœĐŸŃ€, ŃĐŸŃ‡. 30.
ĐĄĐŸĐ»ĐžŃŃ‚ АлДĐșŃĐ°ĐœĐŽŃ€ ĐœĐ°Đ»ĐŸŃ„Đ”Đ”ĐČ (17 лДт).
Đ ĐŸŃŃĐžĐčсĐșĐžĐč ĐœĐ°Ń†ĐžĐŸĐœĐ°Đ»ŃŒĐœŃ‹Đč ĐŒĐŸĐ»ĐŸĐŽĐ”Đ¶ĐœŃ‹Đč ŃĐžĐŒŃ„ĐŸĐœĐžŃ‡Đ”ŃĐșĐžĐč ĐŸŃ€ĐșДстр.
ДОрОжДр Đ”ĐžĐŒĐžŃ‚Ń€ĐžŃ Đ‘ĐŸŃ‚ĐžĐœĐžŃ.
ĐšĐŸĐœŃ†Đ”Ń€Ń‚ĐœŃ‹Đč Đ·Đ°Đ» ĐžĐŒ.П.И.ЧаĐčĐșĐŸĐČсĐșĐŸĐłĐŸ.
30/12/2018

https://www.youtube.com/watch?v=SCHg9tup9NA

AUTRE VIDEO avec Alexander MALOFEEV : Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini de Rachmaninov (Myun-Whun Chung, RAI 2017)

malofeev-alexander-rhapsodie-sur-theme-de-paganini-rachmaninov-concert-annonce-critique-selection-classiquenews

Le Viol de LucrĂšce de BRITTEN

britten-titien-tiziano-lucrezia-concert-opera-critique-opera-annonce-opera-classiquenewsFrance 2, jeudi 17 janv 2019, 00h05. BRITTEN : LE VIOL DE LUCRECE. OpĂ©ra de chambre mais drame incandescent, Le Viol de LucrĂšce, The Rape of Lucrecia, selon les tableaux saisissant du dernier Titien, est certes une partition chambriste mais dĂ©ploie une intensitĂ© dĂ©cuplĂ©e. L’ouvrage crĂ©Ă© en 1946 rappelle combien Benjamin Britten a rĂ©ussi Ă  dĂ©velopper en Grande-Bretagne, un genre lyrique revitalisĂ© et efficace, alliant sobriĂ©tĂ© voire modestie du dispositif (1 chƓur rĂ©duit Ă  deux voix : le choeur fĂ©minin et masculin, quelques solistes, un orchestre rĂ©duit) et passions humaines portĂ©es Ă  leur incandescence. D’aprĂšs l’Histoire romaine, – en une vision morale (le chƓur qui commente Ă  deux voix, dĂ©fend une conception chrĂ©tienne du mariage, soulignant l’obligation Ă  la fidelitĂ©), le fils du roi de Rome Tarquinius profite de l’absence de Collatin, gĂ©nĂ©ral vertueux, pour abuser de l’hospitalitĂ© de son Ă©pouse pour la violer : car LucrĂšce Ă©tait la femme rĂ©putĂ©e la plus loyale. DĂ©truite, humiliĂ©e, LucrĂšce ne sait pas si son mariage pourra durer aprĂšs cette ignominie. Tarquinius Sextus le violeur retors provoqua ensuite la chute de la dynastie Ă©trusque Ă  cause de son esprit corrompu et dĂ©cadent. France 2 diffuse la production de l’opĂ©ra rĂ©alisĂ©e au Festival de Glyndebourne 2015.

Avant que ne soit proclamĂ©e la RĂ©publique de Rome, c’est la dynastie des Tarquins qui rĂ©gnait. Le viol de LucrĂšce par Tarquinius Sextus, fils du roi Ă©trusque de Rome, qui la conduisit Ă  se suicider provoqua un soulĂšvement qui contribua au renversement de la royautĂ©.
Dans le livret, l’action est introduite et commentĂ©e par deux observateurs contemporains, un chƓur fĂ©minin et un chƓur masculin.

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

BRITTEN : LE VIOL DE LUCRECElucrecia-lucrezia-titien-britten-opera-critique-concert-classiquenews
OpĂ©ra en deux actes‹Livret de Ronald Duncan‹D’aprĂšs la piĂšce d’AndrĂ© Obey‹CrĂ©ation : Glyndebourne, 12 juillet 1946

Direction musicale : Leo Hussain
London Philharmonic Orchestra
Mise en scĂšne : Fiona Shaw
DĂ©cors : Michael Levine
Costumes : Nicky Gillibrand
LumiĂšres : Paul Anderson
Distribution
Lucretia : Christine Rice
Male Chorus : Allan Clayton
Female Chorus : Kate Royal
Tarquinius : Duncan Rock
Collatinus : Matthew Rose
Bianca : Catherine Wyn-Rogers
Junius : Michael Sumuel
Lucia : Louise Alder
Enregistré en août 2015, au Festival de Glyndebourne.
DurĂ©e : 1h54mn – AnnĂ©e : 2015

Réalisation : François Roussillon

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

Argument

Premier acte
Le ChƓur masculin et le ChƓur fĂ©minin nous racontent comment les anciens Étrusques se sont emparĂ©s de Rome et comment ils y rĂšgnent.
Dans un camp militaire Ă  l’extĂ©rieur de la ville, les gĂ©nĂ©raux Collatin, Junius et Tarquin relatent comment, la nuit prĂ©cĂ©dente, ils sont retournĂ©s Ă  Rome avec les autres gĂ©nĂ©raux pour voir si leurs Ă©pouses Ă©taient fidĂšles, et les ont toutes trouvĂ©es infidĂšles – Ă  l’exception de LucrĂšce, l’épouse de Collatin. Junius, cocu, est jaloux de la fidĂ©litĂ© de LucrĂšce ; il se moque de Tarquin, qui est cĂ©libataire, et se querelle avec lui. Junius insiste sur le fait que toutes les femmes sont des putains par nature, mais Tarquin, qui est ivre, affirme que ce n’est pas le cas de LucrĂšce. « Je prouverai qu’elle est chaste », dit-il, et il part pour Rome.
Dans un interlude, le ChƓur masculin dĂ©crit la chevauchĂ©e de Tarquin vers Rome.
Ce soir-là, dans la maison de Lucrùce à Rome, ses servantes Bianca et Lucia sont en train de filer. En travaillant, elles parlent des hommes et de l’amour.
On frappe violemment Ă  la porte d’entrĂ©e. Tarquin entre et demande Ă  LucrĂšce de lui donner du vin et de l’hĂ©berger. Elle lui donne une chambre pour la nuit.

DeuxiĂšme acte
Le ChƓur masculin et le ChƓur fĂ©minin dĂ©crivent la domination de Rome par les Étrusques.
Tarquin se glisse dans la chambre de LucrĂšce. Il l’embrasse et elle, rĂȘvant de Collatin, l’attire plus prĂšs de lui. Mais elle s’éveille, se rend compte que l’homme Ă  ses cĂŽtĂ©s est Tarquin, et ils luttent. Tarquin fait cĂ©der LucrĂšce.
Dans un interlude, le ChƓur masculin et le ChƓur fĂ©minin interprĂštent les Ă©vĂ©nements de la nuit de leur point de vue de chrĂ©tiens pieux.
Le lendemain matin, Lucia et Bianca arrangent des fleurs. LucrĂšce entre et demande Ă  Lucia d’aller chercher Collatin, mais Bianca tente d’arrĂȘter le messager. Collatin arrive avec Junius. LucrĂšce raconte Ă  Collatin ce qui s’est passĂ©. Il soutient que les Ă©vĂ©nements ne changeront rien Ă  leur mariage, mais LucrĂšce sait que ce ne sera pas le cas.
Dans un Ă©pilogue, le ChƓur fĂ©minin se demande s’il y a une signification Ă  ces Ă©vĂ©nements tragiques. Le ChƓur masculin affirme que JĂ©sus-Christ apporte la rĂ©demption. Mais la question reste : « Est-ce tout ? »

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

BERLIOZ 2019 : actualitĂ©s et infos des Ă©vĂ©nements BERLIOZ en 2019 (cd, spectacles…)

berlioz-ODYSSEY-box-set-10-CD-critique-cd-review-cd-CLIC-de-CLASSIQUENEWS-2019-dossier-BERLIOZ-150-ans-classiquenewsBERLIOZ 2019 : coffrets cd, spectacles
L’annĂ©e BERLIOZ 2019, – cĂ©lĂ©brant le 150Ăš anniversaire de la mort du grand Hector (dĂ©cĂ©dĂ© en mars 1869 Ă  66 ans), le plus « classique » des Romantiques français, plusieurs Ă©diteurs annoncent leurs coffrets discographiques qui sont dĂ©jĂ  des Ă©vĂ©nements en soit, grĂące entre autres Ă  la qualitĂ© de l’édition et au contenu, souvent des enregistrements de grande valeur. Le premier Ă©diteur sur les rangs est le LSO LONDON SYMPHONY ORCHESTRA, pilotĂ© par Sir Colin Davis, premier berliozien en Europe, et qui laisse plusieurs pages symphoniques inoubliables, comme des lectures de Faust, RomĂ©o et Juliette ou BĂ©atrice de premiĂšre qualitĂ© (mĂȘme si les chanteurs ne sont pas français,
 mais subtilement francophiles). Le coffret LSO est paru dĂšs ce mois de novembre 2018 : LIRE ici notre critique et prĂ©sentation de cette somme incontournable (coffret LSO ” BERLIOZ Odyssey “).

CD coffret FANTASTIQUE BERLIOZ WARNER coffret Berlioz 2019 critique presentation cd par classiquenewsWarner classics annonce aussi un remarquable cycle, proposant l’intĂ©grale des Ɠuvres de Berlioz : lĂ  encore des versions de rĂ©fĂ©rence s’agissant des chefs, des orchestres, des chanteurs (entre autres, fleurons rĂ©Ă©ditĂ©s du coffret : la Fantastique et LĂ©lio par Jean Martinon (et Nicolai Gedda), Harold en Italie par Bernstein, RomĂ©o et Juliette par Muti et Jessye Norman ; Les Nuits d’étĂ© par Janet Baker et Sir J Barbirolli ; La Damnation par Nagano (Moser, Graham, van Dam), BĂ©atrice par John Nelson (Kunde, Ciofi, DiDonato
) ; le mĂȘme chef pour Les Troyens (Spyre, DiDonato,
), sans omettre toutes les cantates pour le prix de Rome et les mĂ©lodies (dont la Mort d’OphĂ©ie par Sabine Devielhe, comme des piĂšces pour orgue
 inĂ©dites, et bien sĂ»r La Messe solennelle dĂ©couverte et enregistrĂ©e par Gardiner, et les fragments de La nonne sanglante (1841/1847), lĂ  encore un joyau inconnu enfin rĂ©vĂ©lé  Parution en janvier 2019 (Coffret de 27 cd). Le must de l’annĂ©e 2019 en France. A suivre : prochaine critique complĂšte du coffret BERLIOZ 2019 ( « FANTASTIQUE BERLIOZ ! » ) chez Warner dans le mag cd dvd livres de classiquenews

AGENDA

________________________________________________________________________________________________

CÎté productions berliozienne pour les 150 ans, ne tardez pas pour réservez les spectacles suivants :

Paris, Opéra Bastille
Les Troyens, 28 janv – 12 fev 2019. Nouvelle production

Heureusement Ă  notre avis, l’OpĂ©ra Bastille choisit deux excellentes donc prometteuses interprĂštes : StĂ©phanie d’Oustrac en Cassandre ; Ekaterina Semenchuk en Didon. Chacune a son aimĂ©, ChorĂšbe, mĂąle martial habitĂ© par la grĂące et la tendresse (StĂ©phane Degout) ; Didon aime sans retour EnĂ©e (Bryan Hymel).
Cette nouvelle mise en scĂšne attendue certes, devrait dĂ©cevoir Ă  cause du metteur en scĂšne choisi Dmitri Tcherniakov dont l’imaginaire souvent torturĂ© et trĂšs confus devrait obscurcir la lisibilitĂ© du drame, cherchant souvent une grille complexe, lĂ  oĂč la psychologie et les situations sont assez claires. Son Don Giovanni dont il faisait un thriller familial assez dĂ©routant ; sa Carmen plus rĂ©cente, qui connaissait une fin rĂ©Ă©crite
 ont quand mĂȘme dĂ©concertĂ©. De sorte que l’on voit davantage les ficelles (grosses) de la mise en scĂšne, plutĂŽt que l’on Ă©coute la beautĂ© de la musique. Le contresens est envisageable. A suivre


http://www.classiquenews.com/paris-berlioz-2019-nouveaux-troyens-a-bastille/

APPROFONDIR

________________________________________________________________________________________________

LIRE aussi notre grand dossier BERLIOZ 2019 : ses voyages, ses Ă©pouses et muses, le romantisme de Berlioz, l’orchestre et les instruments de Berlioz


Dossier spécial HECTOR BERLIOZ 2019

DVD, critique. BERLIOZ : BĂ©atrice et BĂ©nĂ©dict. Pelly / Manacorda (Glyndebourne, 2016 – 1 dvd Opus Arte).

Berlioz-Beatrice-et-Benedict-Glyndebourne-DVD opus arte critique dvd dvd review doustrac sly manacorda-362x512DVD, critique. BERLIOZ : BĂ©atrice et BĂ©nĂ©dict. D’Oustrac, Appleby
 Pelly / Manacorda (Glyndebourne, 2016 – 1 dvd Opus Arte). EnregistrĂ© Ă  Glyndebourne Ă  l’étĂ© 2016, voici une nouvelle production de l’opĂ©ra le plus malaimĂ© de Berlioz, objet d’une incomprĂ©hension persistante, BĂ©atrice et BĂ©nĂ©dict, rĂ©alisĂ© par une Ă©quipe britannique dont on sait les affinitĂ©s Ă©videntes avec le Romantique Français. Le spectacle de Glyndebourne est alors produit pour le tricentenaire de la mort de Shakespeare (Ă©videmen t l’opĂ©ra s’inspire de sa comĂ©die, heureux marivaudage, « Beaucoup de bruit pour rien »). La partition, contemporaine de son travail colossal sur Les troyens, concentre les derniĂšres Ă©volutions du style ; de fait, BĂ©atrice et BĂ©nĂ©dict est son ultime opĂ©ra.
Deux Français s’imposent ici : StĂ©phanie d’Oustrac en BĂ©atrice et Laurent Pelly pour la mise en scĂšne. On Ă©vite le cĂŽtĂ© comique dĂ©lurĂ©, pour s’attacher au caractĂšre onirique et psychologique du drame berliozien ; pour se faire les dialogues ont Ă©tĂ© rĂ©Ă©crits et modernisĂ©s : en somme, une lecture shakespearienne de l’opĂ©ra, qui ailleurs manque de finesse et de profondeur. Rien de tel ici, tant les anglais se montrent d’excellents connaisseurs de la lyre d’Hector, cultivant la cohĂ©rence de l’action dans l’enchainement des scĂšnes et des situations. Ce premier DVD de Beatrice et BĂ©nĂ©dicte labellisĂ© Glyndebourne est indiscutablement une rĂ©ussite. Pelly a troquĂ© la soleil de Sicile (l’action se passe en Italie mĂ©ridionale), contre un paysage plus brumeux et opaque, celle de la guerre des annĂ©es 1940, une pĂ©riode que le metteur en scĂšne semble dĂ©cidĂ©ment affectionner. Dans une sociĂ©tĂ© permissive, qui tend Ă  Ă©tiqueter chaque individu et le mettre en boĂźte (au sens littĂ©ral du terme) pour mieux l’asservir, les deux amants qui s’ignorent, observent cette neutralitĂ© blafarde, collective jusqu’au moment oĂč ils ne peuvent plus se cacher l’un Ă  l’autre.

Un marivaudage shakespearien
servi par le trùs convaincant duo D’Oustrac / Appleby

BĂ©atrice fiĂšre et sensible, vocalement impĂ©riale, StĂ©phanie d’Oustrac fait merveille, car elle est diseuse et excellente actrice : en elle prennent vie bien des facettes d’un amour qui s’égare, se ment Ă  lui-mĂȘme puis se libĂšre enfin. Le BĂ©nĂ©dict du tĂ©nor amĂ©ricain Paul Appleby assure sa partie avec tempĂ©rament lui aussi, jusqu’à son lĂ©ger accent dans un français qui semble toujours Ă©maillĂ© de facĂ©tie. MĂ©sentente, jalousie, soupçons, puis retrouvailles et pardon, rĂ©conciliation enfin aprĂšs moult accrocs : les deux cƓurs trouvent le chemin de la juste humanitĂ©.
Autour d’eux, les seconds rĂŽles, peu Ă  leur aise, ou n’ayant pas travaillĂ© leur rĂŽle… n’atteignent pas une telle Ă©vidence, parfois surjouent ou chantent droit ; le duo HĂ©ro / Ursule si fameux et Ă  juste titre, est terne, Ă  peine Ă©clairĂ© par une once maigre de sentiment
 ; il est vrai que la direction d’Antonello Manacorda reste pauvre en nuances et en imagination. C’est que, comme chez Rossini, la comĂ©die de Berlioz, exige une finesse voire une subtilitĂ© constante. Les Choeurs sont excellents. Comme le Don Pedro de FrĂ©dĂ©ric Caton Ă  l’allure gaullienne. Encore une rĂ©fĂ©rence au paris de l’Occupation
Globalement une belle rĂ©ussite qui mĂ©rite d’ĂȘtre connue, d’autant plus recommandable pour les 150 ans de la mort de Berlioz en mars 2019, car l’ouvrage est trĂšs peu jouĂ© et encore moins enregistrĂ©.

________________________________________________________________________________________________

DVD, critique. BERLIOZ : BĂ©atrice et BĂ©nĂ©dict. Pelly / Manacorda (Glyndebourne, 2016 – 1 dvd Opus Arte).

Hector Berlioz (1803-1869) : BĂ©atrice et BĂ©nĂ©dict, opĂ©ra-comique en deux actes sur un livret du compositeur. Mise en scĂšne et costumes : Laurent Pelly. LumiĂšres : Duane Schuller. Avec : StĂ©phanie d’Oustrac, BĂ©atrice ; Paul Appleby, BĂ©nĂ©dict ; Sophie KarthĂ€user, HĂ©ro ; Philippe Sly, Claudio ; Katarina Bradić, Ursule ; FrĂ©dĂ©ric Caton, don Pedro ; Lionel Lhote, Somarone. ChƓur de Glyndebourne, London Philharmonic Orchestra / Antonello Manacorda, direction. EnregistrĂ© Ă  Glyndebourne en aoĂ»t 2016. Livret en anglais, français et allemand. DurĂ©e: 1h58 + bonus (11 min). 1 DVD Opus Arte.

CONCERT DU NOUVEL AN A VIENNE 2019

concert nouvel an vienne 1er janvier 2018 la critique du concert sur classiquenewsFRANCE 2, Mardi 1er janvier 2019, 11h. CONCERT DU NOUVEL AN. C’est dĂ©sormais le rituel de chaque nouveau passage au nouvel an : les valses de Johann Strauss pĂšre et fils : une dose irrĂ©sistible de raffinement et d’élĂ©gance (viennoise) pour souligner (et fĂȘter) le passage Ă  la nouvelle annĂ©e. Que nous rĂ©servera 2019 ? Augurons Ă  tout le moins, de nouvelles offres accessibles pour la transition Ă©cologique, une justice fiscale enfin rĂ©alisĂ©e, moins d’arrogance de nos politiques et de nos Ă©lus sensĂ©s nous reprĂ©senter, une façon nouvelle, collective et pacifiste de manifester
 et un pouvoir plus humain, proche, rĂ©actif. Evidemment Ă  l’époque des Strauss pĂšre et fils, dans ce tte Vienne fin de siĂšcle, les Ă©vĂ©nements historiques et les Ă©volutions sociĂ©tales avaient peu de chose en commun avec notre actualitĂ©, celle des gilets jaunes et du Jupiter Ă©lysĂ©en
 Gageons que 2019 amĂ©liore la vie de chacun. Avec toujours, l’émotion musicale en partage et en intensitĂ©.
strauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888Cette annĂ©e pour le 1er janvier 2019, le chef autrichien Christian Thielemann grand wagnĂ©rien et straussien de grande classe (autrichienne) assure le pilotage du concert philharmonique le plus mĂ©diatisĂ© de l’annĂ©e. LIRE aussi notre critique LIVRE la dynastie STRAUSS pĂšre & fils (Actes Sud)

 
 
 
 
 
 

________________________________________________________________________________________________

 
 
 
 
 
 

FRANCE 2, Mardi 1er janvier 2019, 11hfrance2-logo
Vienna Philharmonic / Christian Thielemann, direction
2019 New Year’s Concert
VISITER le site du Philharmonique de Vienne / Christian Thielemann
http://www.wienerphilharmoniker.at/concerts/concert-detail/event-id/%209913

Diffusion en direct sur France Musique 

________________________________________________________________________________________________

 
 
 
 
 
 

Programme annoncé :

 
 
 

Carl Michael Ziehrer: Schönfeld March op. 422*

Josef Strauß: Transactions Waltz op. 184

Josef Hellmesberger (ii): Elfin Dance

Johann Strauß the Younger: Express, polka schnell op. 311**

Pictures of the North Sea, waltz op. 390

Eduard Strauß: Post-Haste, polka schnell op. 259

 
 
 

pause

 
 
 

Johann Strauß the Younger: Overture to the operetta The Gypsy Baron

Josef Strauß: The Ballerina op. 227**

Johann Strauß the Younger: Artists’ Life, waltz op. 316

The BayadĂšre, polka schnell op. 351

Eduard Strauß: Opera SoirĂ©e, polka française op. 162**

Johann Strauß the Younger: Eva Waltz from the opera Knight Pázmán**

CsĂĄrdĂĄs from the opera Knight PĂĄzmĂĄn

Egyptian March op. 335

Joseph Hellmesberger (ii): Entr’acte Waltz**

Johann Strauß the Younger: In Praise of Women, polka mazur op. 310

Josef Strauß: Music of the Spheres, waltz op. 235

 
 
 
 
 
 

________________________________________________________________________________________________

Not previously performed at a New Year’s Concert
jamais joué dans le cadre du Concert du Nouvel An

** Not previously performed by the Vienna Philharmonic
Jamais joué par le Philharmonique de Vienne

________________________________________________________________________________________________

 
 
 
 
 
 

nouvel-an-2019-concert-vienne-new-year-s-concert-2019-vienna-philharmonia-christian-thielemann-concert-cd-critique-par-classiquenews-582-the_vienna_philharmonic_and_chri_55-1
 
 
 
 
 
 

 

Cd, critique. BOCCHERINI : 5 Sonate pour violoncelle / Bruno Cocset / Les Basses RĂ©unies (1 cd Alpha, Vannes 2017)

boccherini-basses-renuies-vol-2-bruno-cocset-clic-de-classiquenews-cd-critique-review-cdCd, critique. BOCCHERINI : 5 Sonates pour violoncelle / Bruno Cocset / Les Basses RĂ©unies (1 cd Alpha, Vannes 2017). VIOLONCELLE INTIMISTE
 Il est tout Ă  fait logique et naturel que le violoncelliste Bruno Cocset s’intĂ©resse Ă  un gĂ©nie de l’instrument, lui-mĂȘme violoncelliste virtuose et compositeur idĂ©al pour la musique de chambre et donc de son instrument : Luigi Boccherini. La volontĂ© d’expressivitĂ© comme d’intĂ©rioritĂ© et d’élĂ©gance, affirme une Ă©criture qui ne manquant jamais de caractĂšre voire d’humour et mĂȘme d’autodĂ©rision parodique, se rapproche de l’excellence d’un Joseph Haydn, – l’aĂźnĂ© de Boccherini de 11 ans. D’ailleurs les deux compositeurs qui firent tant pour la musique instrumentale (- sans cependant Ă©galer la tendresse Ă©blouissante d’un Mozart), Ă©changĂšrent une riche correspondance dans les annĂ©es 1780, Ă  redĂ©couvrir.
Le programme du cd regroupe une collection de 5 Sonates pour violoncelle, diversement accompagnĂ©es (en trio avec pianoforte / ou clavecin, et violoncelle II), ou en duo (avec un second violoncelle / ou un pianoforte)
 tout cela relĂšve d’une pĂ©riode riche et fĂ©conde, oĂč derriĂšre la virtuositĂ© Ă©vidente, dans l’écriture du violoncelle solo, s’affirme aussi la claire volontĂ© d’innover, de faire Ă©voluer le genre chambriste, comme les ressources expressives de l’instrument vedette.
L’intĂ©rĂȘt du recueil vient de ce jeu dialoguĂ©, trĂšs fouillĂ© et ciselĂ©, maĂźtre des nuances qui s’établit immĂ©diatement entre le violoncelle soliste et la partie du continuo, calibrĂ©e et articulĂ©e avec soin, en une conversation oĂč chaque partie dĂ©fend une Ă©galitĂ© d’intonation comme d’expressivitĂ©. L’expĂ©rience de Boccherini lui-mĂȘme dans le jeu collectif et filigranĂ©, quand il jouait Ă  Milan, avec les violonistes Manfredi et Nardini; l’altiste Cambini : une formation lĂ©gendaire qui en dit long sur le niveau des instrumentistes, justifie le partie du cd. De ce mĂ©tier d’oĂč dĂ©coule probablement une Ă©coute idĂ©ale, – encore renouvelĂ©e quand Boccherini joue avec le mĂȘme Manfredi Ă  Paris (1767-1768, au Concert Spirituel), se prĂ©cise une sensibilitĂ© unique pour l’association des parties, pour les timbres associĂ©s aussi dont tĂ©moigne le choix de Bruno Cocset : le violoncelliste Ă©tabli Ă  Vannes Ă  prĂ©sent, fondateur du VEMI / Vannes Early Music Institute, propose de savants et irrĂ©sistibles meslanges : appareillant son violoncelle enchanteur (restitution du « Bel canto » de Boccherini, par Charles RichĂ©, 2004), aux timbres spĂ©cifiques du pianoforte (avec marteaux en bois, percussifs, percutants / et en cuir doublé ), du clavecin ou d’un second violoncelle
 Une quĂȘte esthĂ©tique et sonore qui fait vibrer diffĂ©remment le violoncelle selon son environnement instrumental. L’option est jubilatoire en ce qu’elle invite Ă  l’imagination et Ă  la redĂ©couverte mĂȘme d’un format sonore, d’une nouvelle proximitĂ© physique avec l’instrument – dispositif et rĂ©alisation encore « magnifiĂ©s » par le choix de la prise de son. On dĂ©guste donc la vitalitĂ© contrastĂ©e de ces 5 Sonates, prolongement d’un premier cd, dĂ©jĂ  dĂ©diĂ© au compositeur nĂ© Ă  Lucca (Italie, 1743) et mort en terres ibĂ©riques (Madrid, 1805).

 
 
 

Boccherini : maĂźtre du chant instrumental

 
 
 

boccherini-luigi-portrait-classiquenews-bruno-cocset-sonate-cello-violoncelliste-classiquenews-582

 
 
 

Prenons l’exemple des deux derniers ouvrages, les plus tardifs (Sonate G 12 et G 13) : la G13 Ă©blouit par un chambrisme tĂ©nu, allusif, comme une Ă©pure ciselĂ©e ; rien de tapageur dans l’écriture de Boccherini plutĂŽt la recherche d’un chant certes dĂ©liĂ©, articulĂ©, mais Ă©tonnamment pudique et porteur dune grande vie intĂ©rieure : en un duo dĂ©pouillĂ© et pourtant trĂšs dense sur le plan sonore, l’ Allegro met en lumiĂšre cette voix souple et prĂ©cise du violoncelle si proche de la parole, en une Ă©lĂ©gance encore plus introspective que celle de Haydn Ă  Vienne. Bruno Cocset exploite toutes les qualitĂ©s de son instrument royal, Ă  la sonoritĂ© particuliĂšrement chaleureuse et aussi trĂšs fine, riche en vibrations harmoniques avec les instruments partenaires (douce langueur, divin abandon du Largo central).
Son agilité habitée pas seulement technicienne, capable de chants et contrechants, magnifiquement énoncés, sait associer éloquence et vivacité en un jeu toujours trÚs volontaire et nuancé, entre volubilité  et virtuosité.

Puis la G12, apporte une couleur sonore plus riche encore ; Ă©videmment le trio composĂ© ici, du violoncelle 2 et du piano, partenaires du violoncelle soliste, sonne plus sĂ©ducteur que le duo G13. L’Allegro moderato est aimable et virtuose, il contraste avec la sombre et noble profondeur du Grave central, moment suspendu. Le Minuetto conclusif ne manque pas de caractĂšres ni de nuances que les interprĂštes font surgir avec une belle subtilitĂ© expressive, sachant accorder Ă  chaque section, le sentiment  et l’intensitĂ© qui sont en jeu.

CLIC D'OR macaron 200De façon gĂ©nĂ©rale, on admire ici autant la prouesse technicienne du violoncelliste vedette, que l’originalitĂ© et la sensibilitĂ© de sa proposition interprĂ©tative, qui rĂ©tablit cette Ă©lĂ©gance dĂ©fricheuse et expĂ©rimentale d’un Boccherini, Ă©gal en invention et nuances Ă  Haydn et Mozart. On est dĂ©jĂ  impatient d’écouter le prochain opus que Bruno Cocset, lui aussi, curieux autant qu’orfĂšvre, voudra bien consacrer Ă  d’autres oeuvres du gĂ©nial Boccherini. Ce cycle Boccherini est dĂ©sormais le plus passionnant Ă  suivre, parmi ceux rĂ©cemment rĂ©alisĂ©s.

________________________________________________________________________________________________

BOCCHERINI. Sonate per il violoncello, Vol. 2 (G 1, 2, 5, 12 et 13) – Les Basses RĂ©unis, Bruno Cocset (1 cd Alpha / enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Vannes, 2017)

BRUNO COCSET, CELLO
EMMANUEL JACQUES, CELLO CONTINUO
MAUDE GRATTON, PIANOFORTE
BERTRAND CUILLER, CLAVECIN

 
 
 

 
 
 

DVD, critique. BERNSTEIN : Wonderful Town / opéra de Toulon, janv 2018 (1 dvd Bel Air classiques)

bernstein-wonderfull-town-opera-toulon-critiqueopera-critique-opera-classiquenews-dvd-opera-janvier-2018DVD, critique. BERNSTEIN : Wonderful Town / opĂ©ra de Toulon, janv 2018 (1 dvd Bel Air classiques)… Toulon nous la joue sur un air de Broadway, affichant avec rĂ©ussite des affinitĂ©s maĂźtrisĂ©es avec l’esprit lĂ©ger, sĂ©duisant, irrĂ©vĂ©rencieux et souvent critique de Bernstein, nouveau gĂ©nie du musical amĂ©ricain, en particlier new yorkais. Pour preuve, aprĂšs Folies et Sweeney Todd de Stephen Sondheim, cette crĂ©ation française de Wonderful Town (1953), belle offrande hexagonale Ă  l’annĂ©e du centenaire Bernstein 2018. L’opĂ©ra devance de 4 ans le sommet West Side Story, et dĂ©jĂ  dĂ©livre une superbe dĂ©claration amoureuse pour New York. La critique sociale poind en maints endroits, laissant se dĂ©ployer le regard Ă  la fois tendre mais aussi mordant du compositeur face Ă  une ville qui gĂąche bon nombre de talents sans leur rĂ©server un emploi adaptĂ©.
La grande pomme / «  Big apple », paraĂźt donc Ă  la fois idĂ©alisĂ©e et aussi trĂšs dĂ©capĂ©e, sujet d’une sĂ©rieuse parodie
 dans ce style de fausse badinerie mais de vraie dĂ©nonciation dont Bernstein, engagĂ© et poĂšte, a toujours eu le secret.
Le parti visuel de cette production toulonnaise s’inscrit davantage dans les 70’s que l’esprit incisif et glamour des annĂ©es 1950. Plus Village People que Mad Men.

 

 

 

Wonderfull Town réussit sa création française
Broadway Ă  Toulon

 

 

 

Duo Ă©patant, Ă  la fois naĂŻf et plein d’espoir, les deux soeurs Sherwood, venues chercher fortune et carriĂšre : Jasmine Roy (Ruth l’écrivaine, beautĂ© brune plus introvertie mais moins superficielle) et RafaĂ«lle Cohen (Eileen la chanteuse blonde, sirĂšne irrĂ©sistible), cette derniĂšre fragile de silhouette; flĂ»tĂ©e de voix, cĂ©dant aussi Ă  la nostalgie de leur Ohio natal.

SĂ©ducteur, trĂšs prĂ©sent et naturel, lui aussi, Maxime de Toledo (Robert Baker) a une stature dramatique indĂ©niable qui rappelle combien ici le chant n’est rien sans les talents d’acteurs et de
 danseurs. Il faut savoir bouger son corps dans toute comĂ©die de Bernstein,
 Broadway oblige. Ce que nous rappelle la majoritĂ© de la distribution rĂ©unie ici, en grande partie anglo saxonne. Et comme stimulĂ©e, excitĂ©e par la chorĂ©graphie engageante et trĂšs bien rĂ©glĂ©e des 12 danseurs aux mouvements dessinĂ©s par le talentueux Johan Nus. VoilĂ  qui rehausse le naturel des passages entres chaque sĂ©quence, intimiste, collective, du parlĂ© au chantĂ©, de la joie pure Ă  l’esprit satirique (oĂč Trump n’est pas Ă©pargnĂ©, sa casquette vissĂ©e sur le crĂąne
).

CLIC D'OR macaron 200L’Orchestre maison sait faire crĂ©piter le swing dansant des instruments, en particulier les cuivres, trĂšs exposĂ©s et souvent entraĂźnants. EnlevĂ©e, nerveuse, jamais Ă©paisse ou ronflante, la direction de Larry Banks, familier de Broadway, conforte amplement l’enthousiasme suscitĂ© par le spectacle qui a donc relevĂ© haut la main, le dĂ©fi de la crĂ©ation française de cet opĂ©ra complet, onirique, dĂ©jantĂ©, profond. Au final, 3 ans avant West Side Story, plus sombre et tragique, c’est tout Bernstein, protĂ©iforme et poĂšte qui se dĂ©voile ici. Magistral.

 

 

 

 

——————————————————————————————————————————————————

DVD, critique. BERNSTEIN : Wonderful Town / opĂ©ra de Toulon, janv 2018, 1 dvd Bel Air classiques). Leonard Bernstein (1918-1990) : Wonderful Town, comĂ©die musicale en deux actes sur un livret de Joseph Fields et Jerome Chodorov ; lyrics de Betty Comden et Adolphe Green, d’aprĂšs la piĂšce de Joseph Fields et Jerome Chodorov et des nouvelles de Ruth McKenney. Avec : Jasmine Roy, Ruth Sherwood ; RafaĂ«lle Cohen, Eileen Sherwood ; Dalia Constantin, Helen ; Lauren Van Kempen, Violet ; Alyssa Landry, Mrs Wade ; Maxime de Toledo, Robert Baker ; Franck Lopez, Lonigan ; Jacques Verzier, Appopolous/Premier Ă©diteur ; Scott Emerson/Speedy Valenti / Guide / DeuxiĂšme Ă©diteur / Shore Patrolman ; Sinan Bertrand, Franck Lippencott/Fletcher ; Julien Salvia, Chick Clark ; Jean-Yves Lange, un Client/un Policier ; Daniel Siccardi, Antoine Abello, Jean Delobel, Patrick Sabatier, quatre Policiers ; GrĂ©gory Garell, un Homme. ChƓur et Orchestre de l’OpĂ©ra de Toulon, direction : Larry Blank / Mise en scĂšne : Olivier BĂ©nĂ©zech. ChorĂ©graphie : Johan Nus.

VENISE, cité de la musique sur ARTE

arte_logo_2013ARTE. Mer 28 nov 2018, 22:30. Ce soir, pleins feux sur la Venise musicale, celle libĂ©rĂ©e, parfois lincencieuse du plein XVIIIĂš. En liaison avec le sujet de l’exposition au Grand Palais, « Venise l’insolente », c’est Ă  dire la capitale des plaisirs encensĂ©e par Casanova et depuis quelques annĂ©es, Philippe Sollers, le documentaire prĂ©sentĂ© par Arte se concentre sur les Ă©lĂ©ments et caractĂšres qui ont forgĂ© le mythe de Venise au XVIIIĂš. Carnaval, libertinage
 la sereine RĂ©publique vit au XVIIIĂš son dĂ©clin Ă©conomique (surtout commercial et mĂ©diterranĂ©en, depuis le milieu du XVIIĂš), mais connaĂźt un essor remarquable des arts. Le terreau est riche et familier car dĂ©jĂ  au XVIIĂš, Venise a inventĂ© les dĂ©lices de la musique instrumentale, et surtout l’opĂ©ra public (dĂšs 1637), offrant aux compositeurs les plus douĂ©s, un Ă©crin dĂ©signĂ© : Monteverdi puis Cavalli. Au XVIIIĂš, dans son premier tiers, officie et triomphe Vivaldi (presque 500 concertos et pas moins de 45 opĂ©ras), virtuose du violon (les Quatre Saisons), maĂźtre de choeur Ă  l’Ospedale della PietĂ , bientĂŽt dĂ©trĂŽnĂ© par les Napolitains, partout favoris dans les cours europĂ©ennes. Porpora et Hasse y fixent cet engouement des styles venus de Naples : dĂ©sormais l’opĂ©ra ne sera plus vĂ©nitien vivaldien mais napolitains.

 

 

VENISE EBLOUISSANTE : le XVIIIÚ retrouvé

 

 

piazzetta-peinture-exposition-venise-eblouissante-par-classiquenews-annonce-expo-evenement-Giovanni_Battista_Piazzetta_-_diseuse-de-bonne-aventure-caravage-venitien-The_Soothsayer_-_WGA17432

 

 

A l’époque des castrats, – fleurons des opĂ©ras du jeune Haendel, alors en formation en Italie, se dĂ©veloppe toujours l’activitĂ© des orphelines musiciennes des Ospedale de Venise, institutions charitables oĂč instrumentistes et chanteuses se produisent derriĂšre des grilles de pudeur, suscitant chez les auditeurs, dont Jean-Jacques Rousseau, des vertiges et fantasmes dĂ©lirants, objets de spasmes extatiques demeurĂ©s cĂ©lĂšbres. La passion des voix divines se focalise surtout sur le cas de Carlo Broschi dit Farinelli, sopraniste lĂ©gendaire qui enchante ensuite Ă  Madrid les nuits d’insomnies du roi Philippe V ; et sur la diva Faustina Bordoni, soprano vedette qu’a peint la portraitiste pastelliste, Rosalba Carriera. Au XVIIIĂš, Venise incarne un Ăąge d’or de la civilisation, oĂč ce sont les musiciens et compositeurs qui fascinent, moins les peintres (Ă  la diffĂ©rence du XVIIĂš). Pourtant l’intĂ©rĂȘt de l’exposition parisienne est de dĂ©voiler l’essor des peintres tels Piazzetta aux cĂŽtĂ©s des plus illustres vedutistes, Guardi et Canaletto… Documentaires Ă©vĂ©nement.

 

 

——————————————————————————————————————————————————

ARTE, Venise, la citĂ© de la musique (XVIIIĂš). Merc 28 nov 2018, 22h30. Autour de l’exposition prĂ©sentĂ©e Ă  Paris au Grand Palais : «  Venise l’insolente ». LIRE aussi notre prĂ©sentation de l’exposition VENISE L’INSOLENTE

 

 

CD critique. ABBADO REDISCOVERED. SCHUBERT : Symphonies n°5 et n°8. Wiener Philharmoniker. Vienne, 1971 (1 cd DG Deutsche Grammophon).

ABBADO claudio rediscovered schubert 5 et 8 symphonies par classiquenews cd review critique cd classiquenewsCD critique. ABBADO REDISCOVERED. SCHUBERT : Symphonies n°5 et n°8. Wiener Philharmoniker. Vienne, 1971 (1 cd DG Deutsche Grammophon). Voici un live de 1971 enregistrĂ© sur le vif par Claudio Abbado, rĂ©vĂ©lant le gĂ©nie symphonique du jeune SCHUBERT, beethovĂ©nien et surtout mozartien dans l’ñme
 Ce sont moins les deux mouvements de la Symphonie n°8 inachevĂ©e, grandiose, sombre et parfois emplombĂ©e mais avec une sĂ©duction incroyable, que la sublime symphonie n°5 Ă  laquelle Abbado en 1971 Ă  Vienne, restitue son incroyable Ă©lĂ©gance mozartienne, ce dĂšs le premier mouvement « Allegro », oĂč rayonnent la tendresse, la grĂące, une vitalitĂ© presque pastorale qui contraste Ă©videmment avec la sidĂ©ration lugubre de la 8Ăš, en son diptyque en si mineur inabouti.
VoilĂ  qui Ă©claire la participation de Franz – ailleurs relĂ©guĂ© aux seuls lieder et Ă  la musique pour piano et pour quatuor, au genre ambitieux par excellence, l’orchestre. D’aprĂšs les sources, Schubert composa ses opus symphoniques dĂšs 15 ans, l’adolescent occupant la fonction de premier violon au sein de l’orchestre universitaire du Stadtkonvikt de Vienne, livrant ses propres opus pour enrichir le rĂ©pertoire du collectif. Cette 5Ăš Ă©blouit par ses accents par le prolongement qu’il sait apporter Ă  Mozart (amour fraternel du 2Ăš mouvement Andante con moto, dans l’esprit de la FlĂ»te enchantĂ©e) et Ă  Haydn, jalon dĂ©sormais majeur de cette Ă©lĂ©gance viennoise qui mĂšne vers Schumann. C’est dire combien cette lecture abbadienne est avec le temps et le recul, vĂ©ritable rĂ©vĂ©lation, par sa justesse artistique et le focus qui rĂ©vĂšle en pleine lumiĂšre, un opus symphonique essentiel pour le romantisme germanique.
CLIC_macaron_20dec13Le chef d’oeuvre de 1816, tient du gĂ©nie mozartien (sans les clarinettes cependant), et dans un effectif caressant, Ă  la sonoritĂ© fraternelle (sans timbales ni trompettes). La transparence sonore, et la grande Ă©lasticitĂ© de la palette instrumentale, parfaitement dĂ©taillĂ©e, comme le sens de l’architecture globale attestent de la maĂźtrise incroyable de Claudio Abbado, en pleine complicitĂ© avec les musiciens des Wiener Philharmoniker.
L’élĂ©gance expressive du Menuetto, Ă  la fois vif et souple convainc tout autant. Sa parentĂ© avec la Symphonie en sol de Mozart saisit lĂ  encore : Mozart / Schubert, qui aurait cru Ă  leur filiation ? C’est pourtant ce que nous apprend un Abaddo inspirĂ©, d’un humanisme direct, franc, d’une absolue douceur profonde. Ce Schubert sonne comme un Mozart romantisĂ©. Et si la 5Ăš de Schubert Ă©tait tout bonnement la 42Ăš symphonie de Wolfgang ?
Qui depuis le chef italien a compris et mesurĂ© cette maĂźtrise et cette sincĂ©ritĂ© de la pĂąte symphonique d’un Schubert adolescent saisi, portĂ©, transfigurĂ© par la grĂące ? CD superlatif, un modĂšle et l’un des meilleurs accomplissement d’Abbado avec l’Orchestre philharmonique de Vienne. CLIC de CLASSIQUENEWS

 
 
 

________________________________________________________________________________________________

CD critique. SCHUBERT : Symphonies n°5 et n°8. Wiener Philharmoniker. Vienne, 1971 (1 cd DG Deutsche Grammophon). Parution : le 16 novembre 2018 / RĂ©f. DG 1 cd 0289 483 5620 1 – CLIC de CLASSIQUENEWS

 
 
 

POITIERS, TAP. Concert WAGNER et BRUCKNER

Philippe Herreweghe et l'Orchestre des Champs ElysĂ©es Ă  PoitiersPOITIERS, TAP. Mer 14 nov 2018. Wagner, Bruckner. SoirĂ©e symphonique, germanique et romantique au TAP de Poitiers, grĂące Ă  la force de persuasion de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es, phalange en rĂ©sidence au sein du thĂ©Ăątre poitevin, comprenant un auditorium aux qualitĂ©s acoustiques exceptionnels, Ă  notre avis pas assez reconnues. A 20h30, rĂ©cital lyrique et symphonique. Cycle de lieder avec orchestre pour soprano tout d’abord oĂč la cantatrice, experte en mĂ©lodies françaises, VĂ©ronique Gens, chante le cycle des Wesendonck-Lieder que Richard Wagner dĂ©dia Ă  sa passion pour son hĂŽtesse et protectrice en Suisse, Mathilde Wesendock (laquelle a Ă©crit aussi les poĂšmes du cycle). Idylle consommĂ©e ou non, il nous reste plusieurs chants embrasĂ©s, oĂč s’accomplissent l’enchantement et l’extase amoureuse, dont la mĂ©lodie de Tristan (celle de la nuit d’amour de l’acte II). D’une irrĂ©sistible langueur enivrĂ©e.

 

 

concert voix et orchestre au TAP de POITIERS

Romantisme lyrique et symphonique

bruckner1Puis l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es interprĂšte le massif brucknĂ©rien qui doit tant Ă  
 Wagner. Bruckner vouant une admiration sans borne pour le MaĂźtre de Bayreuth. Poitiers affiche la Symphonie n°4 de Bruckner, dite « Romantique » avec ses claires rĂ©fĂ©rences au monde chevaleresque mĂ©diĂ©val, 
( tristanesque ?)   « Ville mĂ©diĂ©vale, chevaliers se lançant au-dehors sur de fiers chevaux, Amour repoussĂ©, et mĂȘme Danse pour le repas de chasse ».
 Philippe Herreweghe aborde la symphonie avec une clartĂ© dĂ©taillĂ©e et un sens de l’analyse qui restitue le relief de l’architecture et l’acuitĂ© des timbres instrumentaux, ce dans un format et des Ă©quilibres sonores affinĂ©s, comme le permet trĂšs justement la spĂ©cificitĂ© des instruments d’époque.

Dite “Romantique”, la QuatriĂšme ouvre le cycle des Symphonies brucknĂ©riennes “en majeur”. Il existe trois versions connues, validĂ©es par l’auteur. Bruckner compose la partition originale de janvier Ă  novembre 1874 et la dĂ©die au Prince Constantin Hohenlohe, espĂ©rant une protection. La pĂ©riode est difficile pour le musicien qui n’a presque plus rien pour vivre. L’oeuvre ne sera rĂ©vĂ©lĂ©e au concert que dans sa version originelle Ă©ditĂ©e par Nowak
 en 1975! En 1878, Bruckner reprenait les deux premiers mouvements, puis en 1880, rĂ©Ă©crivait le finale. C’est cette derniĂšre version, la troisiĂšme, qui fut crĂ©Ă©e Ă  Vienne, le 20 fĂ©vrier 1881 sous la direction de Hans Richter. Le compositeur cite Parsifal de Wagner et l’instrumentation de son cher modĂšle



Gestion des cuivres (souvent colossaux), rondeur chantante des bois, mer et houle des cordes
 comment le chef saura-t-il piloter le langage brucknĂ©rien ? Il est aussi question de souffle majestueux et de grandeur, comme de mysticisme car Bruckner Ă©tait habitĂ© par l’idĂ©al chrĂ©tien, Ă©tant trĂšs croyant. RĂ©ponse ce 14 nov 2018 dans le superbe auditorium du TAP de Poitiers.

 

——————————————————————————————————————————————————

Programme

> Richard Wagner : Wesendonck-Lieder
> Anton Bruckner : Symphonie n° 4 en mi bémol majeur « Romantique »

ORCHESTRE DES CHAMPS ELYSEES
Philippe Herreweghe, direction
VĂ©ronique Gens, soprano

 

 

 

——————————————————————————————————————————————————

boutonreservationPOITIERS, TAP.
Mercredi 14 novembre 2018, 20h30
RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/bruckner-wagner/

1h40, avec entracte

 

 

CD, critique. Wagner: Lohengrin (Nelsons, Vogt, Zeppenfeld. Bayreuth 2011, 2 cd Opus Arte)

wagner lohengrin bayreuth 2011 zeppenfeld vogt dasch rasilainen lang youn andris nelssons cd reviex critique cd par classiquenews cd opus arte 1533641746133687_resize_265_265CD, critique. Wagner: Lohengrin (Nelsons, Vogt, Zeppenfeld. Bayreuth 2011, 2 cd Opus Arte)
 Retransmis sur Arte dĂšs aoĂ»t 2011, la production mise en scĂšne par Neuenfels ne brillait pas par son onirisme mais un schĂ©matisme radical Ă  grand renfort d’images objets gadgets, peu esthĂ©tiques mais trĂšs comprĂ©hensibles. Heureusement la rĂ©alisation musicale sous la baguette nerveuse d’Andris Nelsons, qui depuis a dĂ©montrĂ© sa valeur pour DG chez Bruckner et Mahler, sauve le spectacle d’un vrai naufrage visuel…
Voici la critique de notre confrÚre Lucas Irom, rédigé au moment de la transmission du direct de Bayreuth, le 14 août 2011, sur Arte :

D’abord, critique de la rĂ©alisation scĂ©nique 
 Plateau froid comme un glaçon (oĂč plutĂŽt comme un laboratoire aseptisĂ©) oĂč pullulent des rats numĂ©rotĂ©s, noirs ou blancs selon qu’ils se rangent du cĂŽtĂ© de l’un des partis opposĂ©s, 
 le constat est sans appel face une une mise en scĂšne dĂ©lirante et hors sujet, au dĂ©roulement incomprĂ©hensible : « Lohengrin dĂ©naturé  Dans Lohengrin (crĂ©Ă© Ă  Dresde en 1848), Wagner traite de la rencontre improbable mais fantasmatique: celle de l’humain faillible et vulnĂ©rable, et du divin, exceptionnellement incarnĂ©. Or qu’avons nous sur la scĂšne de Bayreuth? une foire aux gadgets, des mouvements de choeurs inexistants et sans prĂ©cisions, un jeu d’acteurs convenu, d’une frontalitĂ© statique si ennuyeuse
 Et ces rats qui envahissent la scĂšne affichant enfin leurs visages humains en prĂ©sence du hĂ©ros providentiel
que doivent-ils rĂ©ellement apporter Ă  la rĂ©vĂ©lation de l’oeuvre?, Ă©crit notre confrĂšre. LIRE ici la critique complĂšte de Lohengrin Ă  Bayreuth, avec tĂ©moignage de la mise en scĂšne (direct Arte aoĂ»t 2011) :
http://www.classiquenews.com/bayreuth-direct-arte-le-14-aot-2011-wagner-lohengrin-klaus-florian-vogt-lohengrin-georg-zeppenfeld-choeurs-et-orchestre-du-festival-de-bayreuth-andris-nelsons-direction-nbs/

LIRE aussi la critique du dvd Ă©ditĂ© par Opus Arte dans la foulĂ©e de l’enregistrement Ă  Bayreuth en aoĂ»t 2011
http://www.classiquenews.com/wagner-lohengrin-vogt-nelsons-bayreuth-20112-dvd-opus-arte/

ET SUR LE PLAN VOCAL ET ORCHESTRAL ? Si l’on se place sur le plan vocal et musical que vaut cette production si attendue et qui déçoit tant visuellement et scĂ©niquement? Evidemment il fallait fixer le souvenir de la distribution
 proche de l’idĂ©al.
Le roi Henri (Georg Zeppenfeld) et son hĂ©raut (Samuel Youn) sont trĂšs engagĂ©s vocalement, voire impeccables; passons le Telramund souvent outrĂ© et sans guĂšre de subtilitĂ© de TĂłmas TĂłmasson; la dĂ©ception vient Ă©videmment de l’Elsa d’Annette Dasch: petite voix serrĂ©e, justesse vacillante, aucune lumiĂšre ni magnĂ©tisme: on comprend hĂ©las que cette Ăąme omantique soit dĂ©passĂ©e par l’ampleur du hĂ©ros venu la sauver

Car, pendant et strict opposé de Jonas Kaufmann qui pourtant a marqué le
rĂŽle ici mĂȘme, Klaus Florian Vogt irradie par la puretĂ© angĂ©lique de son timbre: le tĂ©nor allemand est un Lohengrin fin et captivant, dans lequel le divin et l’humain fusionnent. Saluons la force dĂ©moniaque, vraie entitĂ© du mal et rivale manupulatrice d’Elsa qu’incarne avec style Petra Lang dans le rĂŽle si captivant d’Ortrud (la sorciĂšre qui est l’origine de tout le drame)
 Les choeurs sont Ă  la hauteur du festival comme l’orchestre d’ailleurs, grĂące Ă  la direction trĂšs enflammĂ©e d’Andris Nelssons.

 

 

 

 

——————————————————————————————————————————————————

Wagner: Lohengrin. Avec : Klaus Florian Vogt (Lohengrin), Georg Zeppenfeld (Henri l’Oiseleur), Annette Dasch (Elsa von Brabant), TĂłmas TĂłmasson (Friedrich von Telramund), Petra Lang (Ortrud), Samuel Youn (Le hĂ©raut d’armes du roi). Choeurs et orchestre du Festival de Bayreuth. Direction musicale : Andris Nelsons. Mise en scĂšne : Hans Neuenfels. Bayreuth aoĂ»t 2011. 2 cd OPUS ARTE.

Le Barbier de SĂ©ville aux ChorĂ©gies d’Orange 2018

logo_france_3_114142_wideFRANCE 3, 1er aoĂ»t 2018, 22h20. ROSSINI : Le Barbier de SĂ©ville. Farce italienne. Grosse dĂ©sillusion pour les spectateurs de France 3 et les festivaliers des ChorĂ©gies d’Orange 2018 : le tĂ©nor amĂ©ricain Michael Spyres, garant d’une grande finesse vocale dĂ©missionne finalement, renonçant Ă  chanter Ă  Orange cet Ă©tĂ©, le rĂŽle du comte Almaviva 
 dans Le Barbier de SĂ©ville de Rossini. Ce dernier, sĂ©ducteur de la jeune Rosine, pourtant promise Ă  son tuteur le vieux Bartolo, rĂ©ussit Ă  enlever la belle grĂące Ă  la complicitĂ© du factotum, Figaro. VoilĂ  qui fait encore davantage regretter la diffusion de cet opĂ©ra bouffe du compositeur italien, quand plus saisissant mais moins connu, le Mefistofele de Boito Ă©galement programmĂ© Ă  Orange cet Ă©tĂ© 2018 est d’une toute autre qualitĂ©. LIRE notre compte rendu critique de Mefistofele de Boito aux ChorĂ©gies d’Orange 2018 avec Erwin Schrott dans le rĂŽle de Mefistofele.
rossini_portraitUne laryngite aura eu raison du tĂ©nor amĂ©ricain, d’autant plus apprĂ©ciĂ© en France qu’il s’est depuis peu affirmĂ© dans l’opĂ©ra romantique français (cf son Faust de Berlioz Ă  Nantes sept 2017 Damnation de Faust  : LIRE notre compte rendu dĂ©veloppĂ©). PrĂ©vue les 31 juil puis 4 aoĂ»t, cette production verra donc les dĂ©buts du tĂ©nor roumain Ioan Hotea (saluĂ© par le Concours Operalia 2015). A ses cĂŽtĂ©s, le Figaro tonitruant et pas toujours subtil de Florian Sampey, dans la mise en scĂšne trĂšs dĂ©criĂ©e de Adriano Sinivia qui place l’action sĂ©villane originelle dans les dĂ©cors et dĂ©lires de CinecittĂ . ComposĂ© en 1816, l’ouvrage est devenu Ă  juste titre le joyau de l’opĂ©ra buffa italien, portĂ© par le jeune gĂ©nie de Rossini, ĂągĂ© de 24 ans. Pas sĂ»r qu’avec l’absence de Michael Spyres, cette production dĂ©jĂ  vue, ne relĂšve les dĂ©fis de la partition avec l’intelligence et l’esprit requis, attendus, espĂ©rĂ©s.
Le jeu scĂ©nique multiplie (jusqu’à les user) les ficelles d’un concept qui a montrer ses limites : l’opĂ©ra dans l’opĂ©ra (Carsen), le thĂ©Ăątre dans le thĂ©Ăątre, ou le cirque voire comme ici le cinĂ©ma Ă  l’opĂ©ra. Ainsi les dĂ©cors et les techniciens de l’usine Ă  rĂȘve (dans les annĂ©es 1940 / 1950) Ă  CinecittĂ  sont bien prĂ©sents, permettant aux chanteurs moult tours de pistes qui se veulent dĂ©sopilants et facĂ©tieux. L’action d’un rapt, est abordĂ© Ă  la façon d’une BD et ses grosses ficelles. A Lausanne par exemple, c’était l’excellent tĂ©nor amĂ©ricain John Osborne qui incarnait avec beaucoup de finesse Almaviva
 Qu’en sera-t-il Ă  Orange avec une distribution moins convaincante ?
Les chanteurs ici rĂ©unis sont moins connus pour leur sens de la nuance que leur vocalitĂ  dĂ©monstrative Ă  toute Ă©preuve. Des hauts parleurs plutĂŽt que des acteurs capables de profondeur et d’intĂ©rioritĂ©. Car rĂ©duire Rossini Ă  la farce est un contre sens de plus en plus agaçant. Or on sait combien l’humour devient magique quand il se marie Ă  la finesse. C’est cette Ă©quation qui est la clĂ© de l’opĂ©ra rossinien et que beaucoup de metteurs en scĂšne et de chanteurs oublient trop souvent.

——————————————————————————————————————————————————

+ d’infos sur le site des ChorĂ©gies d’Orange 2018 :
https://www.choregies.fr/programme–2018-07-31–il-barbiere-di-siviglia-rossini–fr.html

A Orange les 31 juil puis 4 août 2018
Sur France 3, mercredi 1er août 2018 à 22h

Sur France 3 et culturebox, mercredi 1er août 2018, 22h20 (Culturebox)
https://culturebox.francetvinfo.fr/opera-classique/opera/choregies-d-orange/le-barbier-de-seville-de-rossini-aux-choregies-d-orange-2018-276977

Diffusion France 3, mercredi 1er aoĂ»t 2018 Ă  22h20 / durĂ©e : 2h 25min – Livret de Cesare Sterbini d’aprĂšs la comĂ©die Le Barbier de SĂ©ville ou La PrĂ©caution inutile de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais

Metteur en scĂšne : Adriano Sinivia
Chef d’orchestre : Giampaolo Bisanti
Orchestre national de Lyon
Production déjà produite à Lausanne (2009), Monte Carlo et Avignon.
Distribution ‹LE COMTE ALMAVIVA : Ioan Hotea
DON BARTOLO : Bruno De Simone
ROSINA : Olga Peretyatko
FIGARO : Florian Sempey
DON BASILIO : AlexeĂŻ Tikhomirov
BERTA : Annunziata Vestri
FIORELLO : Gabriele Ribis
AMBROGIO : Enzo Iorio

LIMOUSIN : Festival 1001 Notes, jusqu’au 9 aoĂ»t 2018

1001-notes-festival-2018-vignette-homepageLIMOUSIN. FESTIVAL 1001 NOTES : c’est parti ! Le premier Festival de musique classique chaque Ă©tĂ© dans le Limousin est lancĂ© depuis le 18 juillet. « Excellence, crĂ©ation, dĂ©couverte et originalité », sont ses maĂźtres mots inspirant. 1001 notes au diapason de son titre, est un festival Ă©clectique, qui assume la diversitĂ© polymorphe de son offre musicale, qu’il s’agisse des genres et des formes (musique traditionnelle, grand rĂ©pertoire, blues
), des Ă©poques et des styles (du mĂ©diĂ©val au contemporain), des personnalitĂ©s et tempĂ©raments invitĂ©s : Barbara Hendricks, Philippe Jaroussky, Jean-François Zygel, Rosemary Standley
 Au total 11 soirĂ©es et programmes bĂątis autour de personnalitĂ©s fortes, Ă©lectrisantes, dans des crĂ©ations souvent audacieuses qui repoussent les lignes, pour que le concert soit surtout une expĂ©rience sensorielle, spirituelle, mĂ©morable. RESERVEZ dĂšs Ă  prĂ©sent vos places ici

_________________________________________________________________________________________________

 

 

 

Organisez votre séjour en Limousin
5 prochains concerts à vivre, jusqu’au 30 juillet 2018 :

 

 

_________________________________________________________________________________________________

21 juillet 2018, LIMOGES, Espace Cité / 20h
RĂ©cital de musique de chambre / Strauss, Liszt, Franck
Brieuc Vourch ‱ violon
Ingmar Lazar ‱ piano

RESERVEZ
https://festival1001notes.com/agenda/evenement/brieuc-vourch-ingmar-lazar

_________________________________________________________________________________________________

24 juillet 2018, SAINT-PRIEST TAURION , Festiv’Halle / 20h
Philippe Jaroussky
Philippe Jaroussky ‱ contre tĂ©nor
Emöke BarĂĄth ‱ soprano
Ensemble Artaserse ‱ ensemble
Quatuor Akilone en premiĂšre partie
Haendel : airs d’opĂ©ras. Sur les traces des vedettes du chant baroque Ă  l’époque de Haendel : Francesca Cuzzoni et Il Senesino, castrat rival de Farinelli (et grand favori de Haendel)


RESERVEZ
https://festival1001notes.com/agenda/evenement/philippe-jaroussky

_________________________________________________________________________________________________

26 juillet 2018, VICQ SUR BREUILH, le vieux chĂąteau / 20h

Le Vieux Chñteau ‱ Vicq-sur-Breuilh
Ensembles Hope et MĂ©liades
Ensemble Hope
Marc-Antoine Millon ‱ Cristal Basse
FrĂ©dĂ©ric Bousquet ‱ Titanium euphone
Ensemble MĂ©liades
Anaïs Vintour ‱ soprano
Marion Delcourt ‱ mezzo-soprano
Delphine Cadet ‱ soprano
Corinne Bahuaud ‱ mezzo-soprano
Labarsouque, Zavaro, Dazzi

RESERVEZ
https://festival1001notes.com/agenda/evenement/ensembles-hope-meliades

 

 

 

_________________________________________________________________________________________________

28 juillet 2018, BRIVE LA GAILLARDE, Théùtre municipal / 20h
Maria Mirante et Paul Beynet
Maria Mirante ‱ mezzo-soprano
Paul Beynet ‱ piano
Zazon Castro ‱ Ă©criture, mise en scĂšne
Edouard Aguettant ‱ rĂ©alisation vidĂ©o, mise en scĂšne
Avec la participation vidéo de Vladimir Cosma, Elie Semoun et Roselyne Bachelot
Chopin, Piazzolla, de Falla, Bizet, Rossini…

Spectacle en crĂ©ation, donc incontournable : « Le pianiste qui m’aimait », est un concert d’un nouveau genre. Un mĂ©lange parfait de musique classique, thĂ©Ăątre et de cinĂ©ma inspirĂ© par l’univers des films d’espionnage. Amateurs de James Bond et de ses girls so sexy, l’esprit du spectacle proposĂ© est pour vous !

RESERVEZ

 

 

 

_________________________________________________________________________________________________

30 juillet 2018, ST LEONARD DE NOBLAT, Collégiale / 20h
Rosemary Standley et Bruno Helstroffer’s Band
Rosemary Standley ‱ chant
Bruno Helstroffer ‱ guitare et thĂ©orbe
Elisabeth Geiger ‱ clavecin
Programme baroque : Thomson, Purcell, Lawes…

La voix magnĂ©tique du groupe Moriarty, Rosemary Standley s’offre de nouveaux parcours et de nouvelles exploraitons en s’appropriant avec brio et poĂ©sie, les mondes baroques


RESERVEZ
https://festival1001notes.com/agenda/evenement/rosemary-standley-love-i-obey

_________________________________________________________________________________________________

 

 

 

_________________________________________________________________________________________________

 

TOUTES les infos et les modalités de réservations, les lieux du festivals, le détail des programmes et les horaires sur le site du FESTIVAL 1001 NOTES

 

 

 

 

 

 

 DSC0559-815x545

 

 
 

 

 

Cd, critique. Summer night concert 2018 / Sommernachtskonzert / Netrebko, Gergiev, Wiener Philharm. (1 cd SONY classical, Vienne, mai 2018)

gergiev netrebko summer night concert schonbrunn cd review critique cd classiquenews
CD, critique. Summer night concert 2018 / Sommernachtskonzert / Netrebko, Gergiev, Wiener Philharm. (1 cd SONY classical). Chaque printemps, le chĂąteau de l’impĂ©riale Autriche, Schönbrunn sert de cadre Ă  un grand concert classique en plein air. Ainsi ce nouvel opus du 31 mai 2018, invitant Ă  diriger le Philharmonique de Vienne (argument de poids pour suivre l’évĂ©nement), le russe (TchĂ©chĂšne) Valery Gergiev, champion du Mariinksy de St-PĂ©tersbourg. Le chef a conviĂ© celle qu’il aura rĂ©vĂ©lĂ© au monde lyrique, devenue muse et Ă©toile resplendissante du chant lyrique : Anna Netrebko qui est russe et aussi autrichienne (double nationalitĂ©).

2 ambassadeurs de l’ñme russe à Vienne
En duo, Gergiev et Netrebko offre un plein air somptueux à Schönbrunn

Servante, Anna Netrebko l’est bien (Io son l’umile ancella / Je suis l’humble servante) : timbre peut semblĂ© un rien fatiguĂ© et comme voilĂ© avec une Ă©mission sombre, mais la justesse de l’intonation touche ce grand air presque tragique (d’Adriana Lecouvreur de Cilea, trop rare au disque comme au concert ou Ă  l’opĂ©ra). MĂȘme ton de plainte recueillie, de priĂšre humble, celle de Tosca oĂč le soprano de Netrebko sait se montrer rond, profond, sombre, et de plus en plus large. GĂ©rant son souffle avec une maĂźtrise absolue, la diva exprime la souffrance d’une Ăąme amoureuse qui ne comprend pas pourquoi Dieu et la Vierge qu’elle a toujours honorĂ©s, l’accablent ainsi, au delĂ  de tout (la cantatrice Floria Tosca est inquiĂ©tĂ©e et forcĂ©e par l’infect baron Scarpia qui torture alors son fiancĂ©, Mario Cavaradosi). MĂȘme sa Nedda, jeune Ăąme enivrĂ©e devant le spectacle du vol des oiseaux libres, exulte sans effets ni mauvaises oeillades, le soprano portant et projetant les derniers aigus avec une belle franchise (Paillasse, 1892). Amoureuse, presque ivre, en proie aux vertiges passionnels, la diva irradie aussi en Mimi (La BohĂšme de Puccini), avec cette mĂȘme qualitĂ© Ă©motive que celle de son ainĂ©e, Mirella Freni, qui aura marquĂ© le rĂŽle aux cotĂ© de Pavarotti : la sensibilitĂ© de l’interprĂšte, le fil tissĂ© de sa voix si chaude et sensuelle conviennent trĂšs bien Ă  la couleur et au caractĂšre de son timbre. Mais on sait qu’aujourd’hui, la diva s’oriente vers des emplois plus lourds (Lady Macbeth).

La fascinante plasticité sonore des Wiener Philharmoniker resplendit dans chaque section de ce potpourri qui prend soin de mettre en avant tous les pupitres de la séduisante phalange orchestrale.
Trompettes d’Aida (cuivres majestueux et d’un naturel dĂ©tachĂ©, d’une souveraine solennitĂ©), cordes sirupeuses et souples, ardentes et tragiques dans l’interlude de Cavaliera Rusticana (au temps de PĂąques) de Mascagni ; solitude et dĂ©nuement de Manon Lescaut au dĂ©sert
 dans l’intermezzo qui fait surgir soudainement un climat de pudeur et de douleur intime 
 autant de rĂ©alisations qui montrent la capacitĂ© expressive des instrumentistes et la trĂšs belle sonoritĂ© toujours active quel que soit le caractĂšre ; y compris dans la tension plus tendue, Ăąpre de la scĂšne extraite de RomĂ©o et Juliette du gĂ©nial Prokofiev : le portrait des amants de VĂ©rone, le cynisme destructeur s’opposant Ă  l’immensitĂ© de leur amour se dĂ©veloppent sans entraves, sous la direction trĂšs nuancĂ©e, Ă  la fois dĂ©taillĂ©e et amoureuse elle aussi, du chef russe. Parmi les bis (encores), Sang viennois de Johann Strauss II souligne combien cette musique sublimation d’un instant de jubilation dans la subtilitĂ©, coule en Ă©vidence dans les veines d’un orchestre magistral, devenu l’emblĂšme du raffinement et de la culture musicale viennoise. Quelle autre ville / citĂ© europĂ©enne peut en dire autant ?
Excellent programme, somptueux interprÚtes. Le classique en grand format et en plein air, gagne ses lettres de noblesse et de démocratisation grùce à de telles expérience.

 

 

 

 

_________________________________________________________________________________________________

2018 : Summer night concert / Sommernachtskonzert / Netrebko, Gergiev, Wiener Philharm. (1 cd SONY classical)

COMPTE-RENDU, Opéra. AIX EN PROVENCE, le 7 juillet 2018. PURCELL : Didon et Enée. V Luks / Vincent Huguet (mes)

PURCELL Henry portrait pour classiquenews Purcell_by_John_ClostermanCOMPTE-RENDU, OpĂ©ra. AIX EN PROVENCE, le 7 juillet 2018. PURCELL : Didon et EnĂ©e. V Luks / Vincent Huguet (mes)AFFLIGEANTE PRODUCTION AIXOISE. L’édition 2018 du festival continue ainsi de
 dĂ©cevoir. Au point que c’est un ratĂ© Ă  rĂ©pĂ©tition, malheureuse constatation pour les 70 ans d’une institution qui peine Ă  se renouveler et prĂ©senter des productions claires, oniriques, capables de sĂ©duire un trĂšs grand public. AU FINAL, c’est PURCELL qu’on assassine. Cette Didon revisitĂ©, augmentĂ©e d’un Prologue (prĂ©tentieux et inutile, pour ne pas dire confus) rassemble un plateau de chanteurs guĂšre convaincants
 qui dĂ©truisent ce chant pourtant suave et allusif qu’on a dit baroque. Et dire que cette production partira en tournĂ©e (en France et jusqu’à Prague), emblĂšme dĂ©clarĂ© du niveau de l’AcadĂ©mie aixoise et du Festival d’Aix tout court ? Quelle triste constatation
 dans son passĂ©, Aix a pourtant rĂ©ussi une toute autre conception de l’opĂ©ra baroque : plus subtile et fĂ©erique, mieux chantante.

De son cĂŽtĂ©, l’option scĂ©nique a choisi de rĂ©Ă©crire l’histoire, prĂ©sentant un portrait plutĂŽt antipathique de la Reine Didon qui ici n’est pas victime mais autoritĂ© ambitieuse, immorale, vraie femme de pouvoir, prĂȘte Ă  tout ; c’est du moins ce qui ressort du texte du Prologue qui a Ă©tĂ© commandĂ© pour cette lecture partiale : Ă  l’onirisme ouvert de la partition originale, on prĂ©fĂšre un enfermement pseudopoĂ©tique qui classe d’emblĂ©e Didon parmi les aguicheuses malĂ©fiques de l’histoire antique (elle aurait livrĂ© Ă  ses hommes, des femmes chypriotes pour fonder sa colonie Ă  Carthage.)
 Bref
 Ă  chacun de juger.
De sorte que dans la mise en scĂšne, signĂ©e par l’ex assistant de Patrice ChĂ©reau, ce sont les autres personnages, aux cĂŽtĂ©s du couple Didon / EnĂ©e qui doivent susciter la comprĂ©hension du public : la sorciĂšre souhaite la mort et la souffrance de Didon : tant mieux, c’est justice (d’autant que l’alto Lucile Richardot convainc totalement dans ce rĂŽle). La perspective historique est ainsi totalement inversĂ©e. Didon a bien mĂ©ritĂ© son sort ; elle n’est pus victime. Et mĂȘme EnĂ©e est un pervers sadique, n’hĂ©sitant pas Ă  violenter le sexe faible. On a le sentiment que la production a voulu coĂ»te que coĂ»te s’aligner sous le feux des projecteurs de l’actualitĂ© et par opportunisme, dĂ©noncer elle aussi la violence faite au femmes : ce qui en soi est mĂ©ritant, mais dans la rĂ©alitĂ©, produit une distorsion elle aussi ultra violente Ă  l’opĂ©ra originel de Purcell. Qu’apporte au final cette vision si radicale et rĂ©ductrice de l’action ? C’est d’autant plus dommageable que la musique dit tout l’inverse. dans la fosse, Vakalv Luks peine Ă  dĂ©fendre une vision, une direction, comme lui aussi dĂ©sarçonnĂ© par ce qui se passe sur la scĂšne.

On s’étonne que la direction ait pratiquĂ© des places dĂ©passant 700 euros
 pour un spectacle de presque 1h, certes dans la Cour mythique de l’ArchevĂȘchĂ©. Qui a dit que l’opĂ©ra Ă  Aix en Provence Ă©tait accessible et surtout pas Ă©litiste ? Pour ses 70 ans, le festival de Provence laisse perplexe. Artistiquement mĂ©diocre en tout cas indigne de son passĂ© si prestigieux comptant des rĂ©alisations autrement plus subtiles, le Festival déçoit totalement cette annĂ©e. HĂ©las la premiĂšre production que nous avons vue (Ariadne auf Naxos version Katie Mitchell) est de la mĂȘme eau : trouble, peu lumineuse, dispersĂ©e, confuse. S’il n’était le faste et la parure de l’ArchevĂȘchĂ©, on se croirait Ă  une reprĂ©sentation d’amateurs. Quelle dĂ©route.
Erstaz (ratĂ©) de la divine Jessye Norman qui fut une Didon royale et si humaine, la chanteuse sud africaine Kelebogile Pearl Besong, dans le rĂŽle-titre est emblĂ©matique de toute la production : elle souhaite atteindre (vainement) le mĂȘme niveau que celles qui ont marquĂ© le rĂŽle (nous sommes Ă  Aix quand mĂȘme : les Teresa Berganza en 1960, Janet Baker en 1978 ; et aussi Jessye Norman
 au studio) ; mais articulation, prĂ©cision, legato sont absents.Le dernier Lamento ne tire pas les larmes mais l’agacement le plus douloureux. Quel massacre. Et dire qu’en plus de la tournĂ©e qui va prolonger la douloureuse expĂ©rience, ARTE diffuse ce spectacle : chacun pourra constater, et comparer entre autre sur Youtube, et mesurer combien la baisse du niveau technique, artistique est hĂ©las criante. On veut bien rappeler ici que l’opĂ©ra de Purcell, son meilleur et le plus bouleversant, ait Ă©tĂ© crĂ©Ă© dans un pensionnat de jeunes filles en 1689, mais l’amateurisme du plateau et le niveau de ce spectacle prĂ©sentĂ© dans le festival lyrique le plus haut de gamme de Provence dĂ©concerte Ă  plus d’un titre : promesse et attente Ă©taient grandes. Le rĂ©sultat des plus scolaires. 70 ans d’histoire et de jalons devenus lĂ©gendaires pour certains, et en arriver lĂ  suscite la dĂ©solation. Il faudra beaucoup de temps pour redorer le blason d’Aix, effacer les traces de cette dĂ©route malheureuse, d’autant plus indigeste que le passĂ© ici, fut constellĂ© d’éblouissantes rĂ©alisations. En particulier baroques (voir Rameau et Purcell
 justement dĂ©fendu par une certaine Jessye Norman : Ă  vos tablettes, cf. youtube). On ne dĂ©veloppera pas davantage : le sentiment gĂ©nĂ©ral Ă©tant celui d’une immense frustration et d’une dĂ©solante tristesse pour une institution qui nous avait habituĂ© Ă  beaucoup mieux. La magie, la justesse Ă©motionnelle, les contrastes entre l’amour des deux hĂ©ros Didon / EnĂ©e, et la scĂšne de sorcellerie active et si pernicieuse
 sont Ă©dulcorĂ©s. RĂ©duits au nĂ©ant. Courage pour ceux qui souhaitent affronter le spectacle dans son entier.

 

—————————————————————————————————————————————————

COMPTE-RENDU, Opéra. AIX EN PROVENCE, le 7 juillet 2018. PURCELL : Didon et Enée. V Luks / Vincent Huguet (mes)

Diffusion le 12 juillet sur Arte et sur France Musique. LIRE notre présentation de DIDON et ENEE, le dernier opéra de Purcell

COMPTE RENDU, Opéra. Orange, Chorégies, le 5 juillet 2018. BOITO : Mefistofele. Borras, Schrott, Grinda

mefistofele mephistopheles de boitoCOMPTE RENDU, Opéra. Orange, Chorégies, le 5 juillet 2018. BOITO : Mefistofele. Borras, Schrott, Grinda. PremiÚre du Mefisto de Boito totalement réussie ce 5 juillet 2018 à Orange avec à la clé, une belle frayeur dans le déroulement scénique, prenant au piÚge les deux protagonistes installés sur une nacelle capricieuse et particuliÚrement instable

Quel dommage que l’ouvrage n’ait pas Ă©tĂ© retenu pour ĂȘtre diffusĂ© sur France 3 cette annĂ©e : frileuse devant un tel spectacle, spectaculaire, viril, fantastique, 
 parfois grandiloquent mais si intense et poĂ©tique; la direction des programmes  de la chaĂźne publique a prĂ©fĂ©rĂ© se rabattre sur Le barbier de SĂ©ville, plus connu, mieux digeste
 Dommage vraiment. Car la nouvelle production de ce chef d’oeuvre inclassable et colossal voire pharaonique d’Arigo Boito, jeune tempĂ©rament lyrique qui voulait en dĂ©montrer Ă  Verdi (et qui finit par travailler avec lui
 comme librettiste rĂ©viseur de Simon Boccanegra ; poĂšte dramaturge pour Otello et Falstaff) a magnifiquement rĂ©ussi son entrĂ©e aux ChorĂ©gies d’Orange, ce 5 juillet 2018.
Les spectateurs en auront eu pour leurs frais et mĂȘme au-delĂ , se payant mĂȘme une sacrĂ©e frayeur en cette soirĂ©e oĂč les deux protagonistes, perchĂ©s sur une nacelle de plus en plus instable et branlante ont bien failli tombĂ© : incident regrettable qui montre combien les effets de mise en scĂšne exigent des interprĂštes d’ahurissantes prises de risques. Qu’importe, les deux chanteurs ramenĂ©s sur la scĂšne, ont peu faire un tour de piste, recueillant les applaudissements nourris de spectateurs rassurĂ©s.

VOIR la vidĂ©o de la sĂ©quence malheureuse oĂč Faust / Mefistofele sont pris au piĂšge d’une nacelle au sol lumineux, mais totalement instable :

https://www.youtube.com/watch?v=ydhLIC46GZY

 
 
 

ORANGE 2018 :

Erwin Schrott fait triompher la magie fantastique
du Mefistofele de Boito

 
 
 

schrott-erwin-mefistofele-opera-orange-2018-critique-classiquenews-annonce-la-critique-opera-par-classiquenews

 
 
 

Jean-Louis Grinda, nouveau directeur à  Orange et qui met aussi en scĂšne cet inĂ©dit au ThĂ©Ăątre Antique, a rĂ©ussi son coup : car la production demeure visuellement convaincante, trouvant en Jean-François Borras (Faust) et l’ex compagnon d’Anna Netrebko, le baryton urugayen Erwin Schrott (fabuleux, noir, bestial mais fin, Mefistofele), deux chanteurs solides, exprimant chacun le relief et la profondeur de leur personnage respectif. On pourrait cependant regretter que le format vocal de Borras peine Ă  se faire entendre dans les tutti : voix frĂȘle Ă©videmment dans cette fresque aussi fulgurante que dĂ©mesurĂ©e
 mais trĂšs juste Ă  l’instant de sa mort en fin d’action.

JL Grinda gagne indiscutablement Ă  dĂ©velopper une mise en scĂšne avec dĂ©cors : intelligible, qui Ă©claire sans confusion ni idĂ©es conceptuelles fumeuses, chaque tableau : on passe de la premiĂšre scĂšne du pari Dieu / Mefistofele, au pacte pendant le carnaval chamarrĂ© du temps de PĂąques; puis des Ă©thers angĂ©liques Ă  la scĂšne d’amour avec Marguerite, sa perdition, puis au tableau antique de la belle HĂ©lĂšne, sans heurts, avec clartĂ© mĂȘme : Faust juvĂ©nilisĂ© paraĂźt de plus en plus, absent, blasĂ© et foudroyĂ© aussi par la mort de Marguerite ; Mefistofele Ă©blouit par son Ă©clat noir, manipulateur en diable et d’une facĂ©tie de chaque instant. Il est vrai que la plastique du viril et sanguin Schrott, tient de Ruggiero Raimondi : une mĂąle prĂ©sence, entier, cynique, qui fait de ses Don Giovanni et donc ici Mefistofele, des incarnations rĂ©ellement stimulantes.
UsĂ©e, au timbre sourd et voilĂ©, sans franchise et guĂšre audible, BĂ©atrice Uria-Monzon déçoit. Le vrai pilier de cette distribution demeure Erwin Schrott, Ă  l’aise, dominant un rĂŽle qu’il connaĂźt parfaitement, taillĂ© pour sa prĂ©sence expressionniste : l’acteur chanteur y est constamment convaincant comme on la dit. Et jusqu’à la fin, qui marque son Ă©chec : Boito exprime jusqu’à son terme l’épopĂ©e de Faust et de Mefisto, lĂ  oĂč Berlioz puis Gounod ont surtout illustrĂ© la premiĂšre partie du texte de Goethe, s’arrĂȘtant aux amours de Marguerite. Il est donc captivant de produite sur la scĂšne cet ouvrage qui clĂŽt dĂ©finitivement l’histoire dĂ©moniaque et les tentations humaines.

Jean-Louis Grinda avait confiĂ© la direction musicale de son TannhĂ€user Ă  Monte Carlo, Ă  la chanteuse devenue cheffe, Nathalie Stutzmann : l’équipe se retrouve donc sur ce Mefisto de Boito dans le format, les scĂšnes collectives puissantes s’adaptent idĂ©alement Ă  l’immensitĂ© du thĂ©Ăątre antique ; saluons la direction assurĂ©e et claire, comme architecturĂ©e de la musicienne qui pilote efficacement les troupes rĂ©unies pour un opĂ©ra Ă  l’échelle du colossal.

 
 
mefistofele-opera-orange-schrott-erwin-borras-compte-rendu-critique-sur-classiquenews

 
  
 
 
 

—————————————————————————————————————————————————

 

COMPTE RENDU, Opéra. Orange, Chorégies, le 5 juillet 2018. BOITO : Mefistofele. Borras, Schrott, Grinda / Illustrations : Erwin Schrott (Mefistofele), magicien démoniaque au charisme évident (DR)

 
 
 
—————————————————————————————————————————————————
 
 

APPROFONDIR

Les amateurs de l’oeuvre, consulteront avec profit le DVD Ă©ditĂ© par Athaus rĂ©cemment, enregistrĂ© Ă  Munich en 2015, avec un excellent duo Mefistofele et Faust : RenĂ© Pape / Joseph Calleja dans la mise en scĂšne de Roland Schwab :

mefistofele-boito-opera-munich-rene-pape-joseph-caleja-dvd-critique-review-cd-classiquenewsCLIC_macaron_2014DVD, compte rendu critique. BOITO : Mefistofele. Pape, Calleja, OM Wellber (1 dvd C major 739208, 2015). En 4 actes, l’ouvrage de Boito assemble les meilleurs Ă©lĂ©ments de son indiscutable gĂ©nie dramatique et lyrique. D’abord crĂ©Ă© en 1868 Ă  Milan, puis remaniĂ©, recrĂ©Ă© Ă  Bologne en 1875, enfin recrĂ©Ă© Ă  Milan en 1881, Mefistofele est l’aboutissement d’un travail pharaonique rĂ©alisĂ© par le librettiste devenu compositeur, toujours soucieux d’honorer sans la dĂ©naturer la source goethĂ©enne qu’il entend servir. Il compose mais Ă©crit aussi le texte de son ouvrage, Ɠuvre de toute une vie. HĂ©las trop peu jouĂ©e car les effectifs y sont dĂ©mesurĂ©s et les parties des solistes redoutables. Plus d’un s’y sont cassĂ©s les dents (et la voix). EN LIRE +

 

  
 
 
 
 

CD critique. VERBIER FESTIVAL 25 ans of Excellence / 25 ans d’excellence (4 cd Deutsche Grammophon : 2004 – 2015)

CD Verbier-Festival-25-Years-Of-Excellence-Coffret-Edition-limitee deutsche grammophon cd review critique cd par classiquenews-Inclus-livreCD critique. VERBIER FESTIVAL 25 ans of Excellence / 25 ans d’excellence (4 cd Deutsche Grammophon : 2004 – 2015). En Suisse il y a 2 festivals estivals d’envergure : Verbier cĂŽtĂ© Suisse francophone, 25 ans d’existence. Et de l’autre cĂŽtĂ©, au delĂ  de Lausanne vers le Saanenland, le festival en Suisse allemanique, GSTAAD, terre d’élection de Yehudi Menuhin qui y a eut un choc esthĂ©tique et de cƓur pour l’église de Saanen, Ă©crin dĂ©signĂ© pour des instants musicaux de partage oĂč le mot souverain demeure : « chambrisme ». Si GSTAAD est le plus ancien, 62Ăš Ă©dition en 2018, Verbier plus jeune de moitiĂ©, affiche chaque Ă©tĂ© une tonicitĂ© arrogante voire insolente, au regard des artistes invitĂ©s : toute l’écurie Deutsche Grammophon en particulier, dont les interprĂštes, grands solistes surtout : pianistes, violoniste, violoncelliste offrent un bain de musique et ainsi des engagements assurĂ©s pendant l’étĂ©.

L’excellence by Verbier

verbier-le-grand-final-du-30632-3Il n’y a pas ici un best of des 25 Ă©ditions respectives, mais un pot pourri de quelques sĂ©quences sensĂ©es nous convertir Ă  l’excellence et Ă  la magie «Verbier » during the summer. CĂŽtĂ© musique de chambre (CD3), car c’est quand mĂȘme dans ce registre que Verbier a marquĂ© des points, invitant de grands solistes pas forcĂ©ment habituĂ©s Ă  jouer en dialogue et conversation avec d’autres : reconnaissons que les deux pianistes requis sauvent la mise de ce qui n’aurait Ă©tĂ© qu’une arĂšne Ă  Ă©gos et tempĂ©raments en dĂ©monstration stricte : le Trio de Brahms se fait caressant et presque intĂ©rieur grĂące au piano du jeune Daniil Trifonov en juillet 2015, si humble (comparĂ© au violoncelle de Truls Mork) – mĂȘme verdict pour le Quintette pour piano de Dvorak : autour des deux violons assez tendus (confrontation oblige ?) de Vadim Repin et de Laurent Korcia, le clavier enfantin de Kissin fait merveille, surtout dans Dumka / andante (juillet 2004).
Au registre des lectures concertantes et symphoniques, entendez Concertos pour piano et orchestre, lĂ  encore l’impression varie Ă©videmment selon les tempĂ©raments solistes et leur Ăąge respectif (c’est Ă  dire leur bouteille et leur expĂ©rience): Ă  ce jeu lĂ , que vaut le jeu pĂ©taradant de la jeune chinoise Yuja Wang, aux cĂŽtĂ©s (hĂ©las pour elle) de l’ineffable et fĂ©line comme vĂ©tĂ©rante Marta Argerich ? En juillet toutes les deux, le Mendelssohn de Wang comme trop stressĂ© et impressionnĂ© par l’orchestre trop ample de Masur, sonne
 prĂ©cipitĂ© et hystĂ©rique. Une mĂ©canique bien huilĂ©e mais souvent artificielle – en revanche, la reine Argerich dans le Beethoven (n°2) donne une leçon de phrasĂ© et d’élĂ©gance rentrĂ©e, de ciselure d’une rare intelligence sensuelle, Ă  la fois vive (mozartienne), et crĂ©pitante (mais jamais en dĂ©route comme sa cadette). L’orchestre du Fetsival qui se convulse avec maniĂ©risme parfois sous la baguette Ă©trange et imprĂ©visible de TakĂ cs-Nagy, s emet au diapason de ce clavier suave et fĂ©lin.
D’une irrĂ©sistible verve, entre facĂ©tie et virtuositĂ© jazzy au swing dĂ©boutonnĂ© idĂ©al (allegro / Snowflakes), le piano tout en humour et lĂ©gĂšretĂ© de Mikhail Pletnev ressuscite l’entrain hollywoodien d’une partition pleine de dĂ©lire comique et d’exquise tendresse (Lyrical waltz / moderato). La prise est plus rĂ©cente (juillet 2013), rĂ©ussie grĂące Ă  un maĂźtre des Ă©quilibres instrumentaux et des rythmes dansants, Kent Nagano. Cet enregistrement mĂ©ritait Ă©videmment de paraĂźtre dans la sĂ©lection d’excellence de Verbier pour tĂ©moigner de ses 25 ans de ligne artistique.
Outre l’élĂ©gance du geste concertant et solistique, donc on l’ a vu mis Ă  l’épreuve de l’exercice terrible (rĂ©vĂ©lateur) de l’expĂ©rience chambriste, Verbier chaque Ă©tĂ© c’est aussi (surtout?) le grand bain symphonique : 2013 et 2015 sont-ils Ă  ce titre de grands crus, sous la houlette du vorace Gergiev ? En 2015, avec l’orchestre du festival, et dans les tableaux spirituels et mystiques, fantastiques et plutĂŽt contrastĂ©s de la derniĂšre symphonie de Tchaikovski (6Ăš dite « pathĂ©tique »), le chef ossĂšte cisĂšle la matiĂšre sonore, la sculpte en direct avec une sensualitĂ© parfois Ăąpre et toujours d’une tension supĂ©rieure en liaison avec l’urgence de visions en panique (excellent premier mouvement / fiĂšvre du second allegro bouillonnant de sĂšve printaniĂšre) ; on ne peut guĂšre en dire autant hĂ©las en 2013, avec le mĂȘme orchestre dans le dernier acte de La Walkyrie (IIIĂš acte) oĂč le geste semble Ă©pais, sonne large mais moins dĂ©taillĂ© (la sublime musique du feu finale ne s’embrase point) et l’expression du renoncement (du pĂšre Wotan Ă  sa fille chĂ©rie mais sacrifiĂ©e Brunnhilde) ne se dĂ©voile pas dans le magma orchestral ; prometteurs pourtant Bryn Terfel et IrĂšne Theorin, assĂšnent des voix fatiguĂ©e pour le premier et trop vibrĂ©e pour la seconde ; seule la Sieglinde d’Eva-Maria Westbroek polit le relief d’une voix mieux prĂ©servĂ©e. Et pour finir, la surprise de ce repas copieux mais Ă©quilibrĂ© par les genres servis : Folksongs de Berio, d’une tendresse gĂ©nĂ©reuse sous la direction de Dudamel (2005), avec la soliste Malena Ernman, voix expressive, pas toujours trĂšs propre (prots de voix et roucoulades Ă  l’envi), mais l’attention du chef et son souci instrumental se rĂ©vĂšlent intĂ©ressants. Compilation Ă©clectique, et diverse, en formes musicales comme en engagement artistique.

________________________________________________________________________________________________

 

CD, critique. VERBIER FESTIVAL : 25 Years of Excellence (4 cd DG Deutsche Grammophon 0289 483 5143 5) – parution : 6 juillet 2018. ©©©

CD 1: Tchaikovsky: Symphony No.6 in B Minor, Op. 74, TH.30 “PathĂ©tique” / Berio: Folk Songs;

CD 2: Mendelssohn: Piano Concerto No.1 In G Minor, Op.25, MWV O7 / Beethoven: Piano Concerto No. 2 in B-Flat Major, Op. 19 / Tsfasman: Suite for Piano and Orchestra;

CD 3: Brahms: Piano Trio No.1 in B Major, Op.8 / DvorĂĄk: Piano Quintet in A Major, Op.81, B. 155;

CD 4: Wagner: Die WalkĂŒre, WWV 86B / Act 3.

La notation de CLASSIQUENEWS :

© bof
©© bien
©©© trÚs bien
©©©© excellent

CLIC D'OR macaron 200

le choc, coup de cƓur de la RĂ©daction de CLASSIQUENEWS

COMPTE-RENDU, opéra. BERLIN, Staatsoper, le 21 juin 2018. VERDI : Macbeth. Domingo / Netrebko. Kupfer / Barenboim

Anna Netrebko Verdi album leonoraCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. BERLIN, Staatsoper, le 21 juin 2018. VERDI : Macbeth. Domingo / Netrebko. Kupfer / Barenboim. Berlin poursuit des rĂ©ussites Ă©videntes : au duo dĂ©jĂ  saluĂ© Barenboim / Kupfer, rĂ©pond la maestriĂ  incarnĂ©e, autant chanteurs qu’acteurs, Anna Netrebko et Placido Domingo que l’on avait dĂ©jĂ  saluĂ©s dans un prĂ©cĂ©dent Verdi : Il Trovatore. Mais Ă  l’éblouissant cristal ivre et Ă©perdue de la jeune amoureuse Leonora (pincĂ©e pour son TrouvĂšre Manrico), s’épanouit ici, le diamant noir, fĂ©lin et crĂ©pusculaire d’une tigresse malĂ©fique et si humaine, Lady Macbeth.

Les contemporains de la premiĂšre sous la direction du Maestro Verdi lui-mĂȘme, (Scala 1847), s’étaient montrĂ©s choquĂ©s par l’ñpretĂ© surexpressive des airs de la monstresse, comme l’absence concertĂ©e de tout duo d’amour. Mais c’est que Verdi connaĂźt et aime son Shakespeare jusqu’au bout des ongles : pas une seconde ni une mesure qui ne soit taillĂ©e Ă  vif dans l’écoulement d’un tragique sans dilution. La coupe, l’architecture de ce Macbeth foudroie littĂ©ralement le spectateur, et jamais aprĂšs lui, Verdi n’aura Ă  ce point mieux exprimer la laideur cynique d’un couple d’ambitieux politique, devenus dictateurs. Mais aussi fracassante est la chute que l’ascension est fulgurante. Monter pour mieux redescendre

D’emblĂ©e, ce qui fait la valeur de cette nouvelle production berlinoise, c’est le splendide couple vocal douĂ© de tout le tempĂ©rament nĂ©cessaire pour brosser le portrait du duo criminel hallucinĂ©, assoiffĂ© de pouvoir et qui se dĂ©lecte vĂ©ritablement du sang qu’il verse : Macbeth feint une fausse retenue (que sa femme tient pour lĂąchetĂ© : elle le dit Ă  plusieurs reprises au point que l’on doute s’il elle l’aime vraiment) ; Lady Macbeth, elle est Ă  chaque nouveau dĂ©fi, gorgĂ© d’arrogante haine.

ANNA NETREBKO / PLACIDO DOMINGO : le duo Ă©lectrique

Anna Netrebko, tirĂ©e Ă  quatre Ă©pingles (sauf dans la scĂšne de folie somnambulique au III, oĂč elle paraĂźt cheveux dĂ©faits, pieds nus, une bougie Ă  la main selon les didascalies et le fameux tableaux de Fussli), montre combien le rĂŽle, son aractĂšre, sa tessiture aussi, lui vont comme un gant. Elle n’a pas seulement les aigus sidĂ©rants (toujours aussi fruitĂ©s et couverts) et la largeur d’un mĂ©dium de louve furieuse, Anna Netrebko Ă©largissant sa voix dans la rondeur et le lugubre fantastique campe une Lady Macbeth tout simplement phĂ©nomĂ©nale. La tigresse joue des crimes de son Ă©poux seigneur de Caudore devenu roi d’Ecosse, comme elle jouit des cadavres et du sang versĂ© : celui de Duncan au I, puis au II du gĂ©nĂ©ral (pourtant fidĂšle Ă  Macbeth) : Banquo


Tout en citant un ordre totalitaire (sud-amĂ©ricain) dans les costumes des soldats, Harry Kupfer en un subtil paysage industriel en blanc et noir, insiste sur cette dĂ©voreuse qui assassine et la fait paraĂźtre dĂšs le dĂ©but telle l’incarnation du Diable personnifiĂ© : bĂ©bĂ© mort dans un bras, Ă©pĂ©e dans l’autre, errant dans un paysage de dĂ©solation oĂč gisent les cadavres de ses victimes.

Directeur acĂ©rĂ©, vif, trĂšs efficace, Daniel Barenboim creuse le souffle Ă©pique et fantastique de ce conte sheakespearien oĂč les Ă©poux ambitieux prĂȘts Ă  tout, sombrent peu Ă  peu dans la plus noire des dĂ©mences. La mise en scĂšne est efficace et parfaitement froide jouant sur un plateau qui s’Ă©lĂšve et entraĂźne alors un changement de tableau de fond. Changements Ă  vues qui n’interrompt jamais cette course Ă  l’abime.

AprĂšs le meurtre de Banquo (acte II), la chute s’accĂ©lĂšre et en plein banquet Macbeth aprĂšs la fabuleux brindisi entonnĂ© par La Netrebko en sublime robe verte debout sur un grand fauteuil blanc, le roi assassin chancelle et dĂ©faille, en proie Ă  ses premiĂšres visions coupables. Chef lui barrant les yeux, Placido Domingo en dictateur dĂ©jĂ  accablĂ©, exprime toutes les nuances de la folie galopante. Poids de la culpabilitĂ© et aussi cynisme pathĂ©tique, le tĂ©nor devenu baryton fait valoir comme sa partenaire un sens du thĂ©Ăątre d’une impeccable vĂ©ritĂ©. NETREBKO / DOMINGO forment le plus beau couple verdien de l’heure, d’une intensitĂ© Ă©lectrique lui en pantin dĂ©truit et elle en dĂ©mone fauve qui lui reproche sa lĂąchetĂ© crasse. Le tableau du banquet oĂč le collectif des courtisans rassemblĂ©s isole mieux (par contraste) le couple royal qui montre ses failles, est une rĂ©ussite absolue par sa justesse.

On se souvient du duo Kupfer et Barenboim dans un Ring de Wagner Ă  Bayreuth puis Ă  Berlin sur la mĂȘme scĂšne. TĂ©nĂšbres et dĂ©monisme rongent de l’intĂ©rieur le paysage et la psychĂ© du couple Macbeth. Leur naĂŻvetĂ© terrifiante et criminelle brĂ»le la scĂšne. Et le talent des deux protagonistes Netrebko et Domingo frappe directement le spectateur.

Autre moment captivants, scĂ©nographiquement trĂšs valables : le choeur des sorciĂšres et leur chaudron magique qui ouvrent le III (oĂč se dĂ©voile l’addiction Ă  l’alcool du roi assassin) : la performance du choeur de la Staatsoper de Berlin est impeccable ; Ă©videmment la scĂšne de funambulisme foudroyĂ© d’une Lady Macbeth, dĂ©sormais dĂ©construite, hantĂ©e par ses visions cauchemardesques, rongĂ©e, mourante dĂ©passĂ©e enfin par ses actes impardonnables… et aussi le trĂšs beau chƓur «  patria opressa » qui exprime la souffrance populaire, Ă©cho Ă  celle des bourreaux : nouvelle intensitĂ© si rĂ©aliste d’un Verdi proche du cƓur humain…

Enfin, terminons avec l’enchainement final qui nous a paru trĂšs juste lĂ  encore thĂ©Ăątralement; soulignant le talent dramatique de Placido domingo. D’un souffle qui paraĂźt infini, Domingo mĂȘme s’il manque parfois de prĂ©cision comme de justesse, prĂ©serve toujours la direction comme le caractĂšre de son intonation, Ă  tel point que dans les deux derniers tableaux, trĂšs courts oĂč il conclut l’opĂ©ra, son profil affirme, mĂȘme bientĂŽt poignardĂ© par le jeune Macduff (dont Macbeth avait fait supprimĂ© femme et enfants), une trempe de despote cynique ahurissant et parfaitement abject : Ă  l’annonce de la mort de son Ă©pouse, il expĂ©die cet Ă©vĂ©nement sans autre marque de compassion (que vaut la vie ? Alors elle ou une autre 
), puis mourant dans son petit fauteuil de petit tyran criminel, il exhale un dernier rĂąle non sans ĂȘtre fier d’ĂȘtre maudit, conscient probablement qu’en lui, a soufflĂ© le grand satan, car s’il est dupe des voyances infernales (finalement manipulĂ© par les prophĂ©ties des sorciĂšres), en lui s’est cristallisĂ© la marque du dĂ©mon ; il a permis que se rĂ©pandent les tĂ©nĂšbres sur les hommes
 : grandeur pathĂ©tique des criminels. Un fieffĂ© escroc, bourreau sans morale. La performance est lĂ  aussi remarquable de vĂ©ritĂ©, et de suprĂȘme cynisme. Magnifique production.

——————————————————————————————————————————————————

COMPTE-RENDU, opéra. BERLIN, Staatsoper, le 21 juin 2018. VERDI : Macbeth.

avec
MACBETH : PlĂĄcido Domingo
BANQUO : Kwangchul Youn
LADY MACBETH : Anna Netrebko
Une femme de chambre : Evelin Novak
MACDUFF : Fabio Sartori
MALCOLM : Florian Hoffmann
STAATSOPERNCHOR
STAATSKAPELLE BERLIN
Daniel Barenboim, direction
Harry Kupfer, mise en scĂšne
MACBETH de Giuseppe Verdi
Melodramma in vier Akten / en 4 actes (1847/ 1865)
PrĂ©sentĂ© Ă  Berlin, Staatsoper Unter den linden : les 17, 21, 24, 29 juin puis 2 juillet 2018 – 23, 26, 30 mai 2019.
https://www.staatsoper-berlin.de/de/veranstaltungen/macbeth.97/

LIRE AUSSI notre présentation de Macbeth de Verdi par le couple Netrebko / Domingo
http://www.classiquenews.com/anna-netrebko-chante-lady-macbeth-a-berlin/

LIRE AUSSI notre critique de l’album VERDI par Anna Netrebko, dĂ©jĂ  en 2013, la diva assoluta dĂ©clarait sa flamme aux hĂ©roĂŻnes de Verdi, pour le studio avant de les chanter sur la scĂšne. Une Ă©loquente dĂ©claration d’intention…