Atelier Lyrique de Tourcoing: les 30 ansSaison lyrique 2011 – 2012

Atelier Lyrique de Tourcoing
saison lyrique 2011 – 2012


Les 30 ans de l’ATL

L’Atelier Lyrique de Tourcoing fête ses 30 printemps: 30 ans de défrichement, d’expérience musicale défendue dans l’esprit d’une troupe, mieux d’une famille. Portée par l’infatigable autant qu’exigeant Jean-Claude Malgoire, l’aventure poursuit ses escales stimulantes pour sa nouvelle saison 2011-2012: parmi les temps forts de ce nouveau cycle, alliant lyrique et symphonique, musique sacrée et baroque en verve, citons comme des événements incontournables: La Somnambule de Vincenzo Bellini, en version de concert (Tourcoing, Théâtre Municipal Raymnd Devos, les 11 et 14 octobre 2011); deux événements sacrés et baroques: Le Messie de Haendel (Marcq en Baroeul, église du Sacré Coeur, les 10 et 11 décembre 2011), puis La Passion selon Saint-Jean, Tourcoing Eglise Notre-Dame des Anges, les 30 mars puis 1er avril 2012. Rareté dramatique et musicale du premier baroque en France: Monsieur de Pourceaugnac de Molière et Lully (musiques de scène): les 11 et 12 février 2012 (Tourcoing, Th. R. Devos).


Festival Rossini à Tourcoing

Pour les 30 ans de l’Atelier Lyrique de Tourcoing, l’année 2012 se fait rossinienne: Jean-Claude Malgoire conduit et implique ses troupes sur le métier rossinien, un champs de travail familier qui a produit de nombreux succès passés: c’est un théâtre stimulant et virtuose où le brio n’empêche jamais la sincérité du sentiment ni l’intensité surprenante des situations…
Ainsi ligne axiale de la nouvelle saison, le festival Rossini en 5 étapes: La Petite Messe Solennelle: production événement qui marque les 30 ans de “l’ATL” (Atelier Lyrique de Tourcoing) et dont la réalisation restitue le contexte de création à l’époque du compositeur , les 20, 22, et 24 janvier 2012, à Tourcoing, Théâtre R. Devos; Les Péchés de jeunesse et Les Péchés de vieillesse, en alternance (les 18 et 19 février 2012 Tourcoing, Auditorium); reprise de Tancrède: les 14, 16 et 18 mars 2012; enfin, Le Barbier de Séville, chef d’oeuvre buffa de 1816, les 9, 11, 13 et 15 mai 2012 (Tourcoing, Théâtre R. Devos).


Toutes les infos, les modalités de réservation, la billetterie en ligne sur le site de l’atelier Lyrique de Tourcoing

Les Concerts LandowskiHauts de Seine (92), du 23 au 25 septembre 2011

Les Hauts de Seine célèbrent Landowski
Les Concerts Landowski, du 23 au 25 septembre 2011

Du 23 au 25 septembre 2011, le Conseil général des Hauts-de-Seine organise la 5e édition des « Concerts Landowski ». L’événement du 92, en accès gratuit et sur réservation, a été créé en 2003. Il entend souligner l’activité pionnière en matière musicale et politique de Marcel Landowski. Favorisant la rencontre, le festival gratuit des Hauts de Seine propose musique classique et contemporaine, partage et transmission entre professeurs et élèves à l’adresse des publics (master classes et répétitions publiques).
Outre les têtes d’affiches de la musique classique, le festival met un point d’honneur à mettre en avant les jeunes interprètes des Conservatoires du départements, tempéraments artistiques alto-séquanais que les programmateurs entendent chaque année accompagner et encourager… des élèves de conservatoires pourront assister à la répétition du groupe Quai n°5 ou participer aux master-classes du conservatoire de Boulogne-Billancourt avec le compositeur Grégoire Lorieux et l’Ensemble Itinéraire. Un des jeunes virtuoses du conservatoire interprétera même à cette occasion une œuvre du compositeur avec les artistes de l’Ensemble Itinéraire.

Chaque concert ou événement publique permet aussi de découvrir un lieu patrimonial emblématique des Hauts de Seine : une visite guidée préalable au concert est offerte chaque jour de représentation. Temps forts de l’édition 2011, entre autres:
Quintette de musique de chambre “Quai n°5″ au Petit Manège du Haras de Jardy à Marnes-la-Coquette (Bach, Mozart, musique brésilienne et musique Yiddish… le 23 septembre à 20h30), l’Ensemble Itinéraire à la Manufacture de Sèvres (spectacle “La Belle Apostille” avec les élèves du Conservatoire de Boulogne Billancourt, le 24 à 20h30) ; enfin, Opéra 3 (Pergolèse: La Servante Maîtresse; le 25 à 16h) au parc départemental de l’Ile Saint-Germain à Issy-les-Moulineaux (Serpine, avec l’aide de Scapin déguisé en faux prétendant, pousse Pandolphe à lui avouer son amour, et à sceller leur relation par une promesse d’union et de fidélité éternelle… l’ouvrage lyrique est un pur joyau du genre buffa italien).

Festival Les Concerts Landowski, du 23 au 25 septembre 2011. Gratuit sur réservation. Renseignements & Réservations :
par e-mail à « rencontres-landowski@cg92.fr », et par téléphone au 01 41 91 29 90 (uniquement à partir du 1er septembre).

Festival Lisztomanias 2011Châteauroux, Paris, du 22 au 29 octobre 2011

Festival Lisztomanias 2011
Châteauroux
du 22 au 29 octobre 2011

Concert décentralisé à Paris, Invalides: Christus, le 22 octobre 2011

Les Lisztomanias de Châteauroux (Indre; créées en 2002) soufflent en 2011 leur 10 ans d’existence et célèbrent simultanément les 200 ans de la naissance de Franz Liszt, le 22 octobre 2011. L’édition de cette année est donc l’un des temps forts des événements culturels en Berry, terre romantique par excellence (le domaine de Nohant où Chopin retrouvait Sand, est situé à quelques kms de Châteauroux). Le compositeur romantique proche de Wagner qui défendit avec générosité les oeuvres de ses contemporains dont Berlioz, Schumann, Saint-Saëns, tenta à Weimar d’établir un pôle culturel et artistique de première importance. En définitive, Liszt est moins hongrois que véritablement européen: son oeuvre dépasse les nationalismes pour atteindre un statut universel. Visionnaire, curieux, partisan d’une modernité à bâtir sans discontinuer, Liszt est le musicien de l’avenir. L’idée d’inscrire un festival de musique à Châteauroux est redevable à Liszt lui-même qui dans une lettre adressée à Georges Sand à Nohant, exprime cet “ancien projet” destiné au temps de l’été…


J’aime Liszt

A Nohant, Liszt séjourne à 2 reprises; en 1837 avec Marie d’Agoult, il transcrit pour le piano des lieder de Schubert, les Symphonies 5 et 6 de Beethoven. Dans cet écrin préservé, le compositeur vit des heures bénies dont il évoque l’atmosphère inspiratrice dans Lettres d’un bachelier es musique; il y entretient une relation très forte avec Sand qui n’hésite pas à écrire: “j’aime Franz, c’est une portion de mon propre sang”.

Temps forts des Lisztomanias 2011: le 22 octobre à 20h, jour anniversaire, oratorio Christus en l’église des Invalides à Paris par les choeurs et l’orchestre symphonique de la Radio hongroise (concert décentralisé, diffusion en direct sur France Musique), le Requiem (Equinoxe de Châteauroux, le 23 octobre 2011 à 17h30, choeur de l’armée française, orchestre de la garde républicaine). Mais aussi 17 concerts à Châteauroux, du 22 au 29 octobre 2011 permettant d’écouter les Années de Pélerinage, les Harmonies poétiques et religieuses, les deux légendes, la Sonate en si mineur, les études d’exécution transcendantes, les Grandes études d’après Paganini, les 19 Rhapsodies hongroises, de spectaculaires paraphrases… soit les oeuvres majeures du Liszt compositeur et pianiste, réinventeur aux côtés de Chopin, du récital de piano.

Xavier Lacavalerie: MoussorgskiEditions Actes Sud

Alcoolique (accroc au cognac et surtout au champagne…), pianiste virtuose et accompagnateur improvisateur de très grand talent (sa prestation hommage au moment des funérailles de Dostoïevski en 1881), Moussorgski (1839-1881) ne cesse de frapper par son profil atypique. C’est un astre majeur de la musique qui a l’intuition géniale des accords piliers et de la structure d’un drame, … pour lequel écrire s’est servir le texte… Membre du très provisoire groupe des Cinq (avec entre autres Cui, Borodine et Rimsky Korsakov), l’auteur de Boris Godounov ou de La Khoventchina (ouvrage clé, hélas, trop peu abordé dans la biographie au demeurant), fut un immense dramaturge qui autodidacte, fut moins maître de l’écriture en matière d’orchestration et d’harmonie (dixit Rimski, intense réadaptateur des oeuvres de Moussorgski). Qu’importe, voici l’immense Modeste, qui parlait français, nous laisse plus de 60 mélodies russes parmi les plus éblouissantes jamais écrites; fut tout autant un symphoniste audacieux, inventif, visionnaire (Nuit sur le mont chauve, Tableaux d’une exposition…). A Moussorsgki les idées de génie, à ses proches -qui ont détecté ses dons superlatifs-, la réalisation musicale selon les règles de la composition. Et pourtant comme un Manet ou un Degas, Moussorgski tempête avec une justesse inouïe contre l’intelligentsia et le système bourgeois: indépendant, révolutionnaire, moderne. L’art de Modeste frappe plus que tout autre par l’esprit de rupture que sa musique franche et aussi poétique ne cesse de diffuser.
Au fil des pages se précisent les singularités d’une oeuvre unique qui laisse comme Strauss et Wagner, Berlioz et Bizet, les oeuvres les plus fortes et les plus violentes du romantisme lyrique. Voici bien l’égal d’un Tchaïkovski dont l’oeuvre se situe aux antipodes esthétiques. Le chapitre sur les nombreuses réécritures et versions des oeuvres premières du compositeur (syndrome du palimpseste), l’itinéraire du musiciens qui commença comme officier dans l’armée, ses nombreuses crises dont il sort abattu, exténué, sa place spécifique dans le paysage musical russe…, complètent le texte biographique, écrit sur un mode enthousiaste et favorable. Les arguments pour un portrait saisissant du musicien oeuvrent ici à sa pleine et entière réhabilitation.

En complément, développements habituels de la collection: bilan discographique, repères biographiques, bibliographie… En couverture, le portrait de Modeste Moussorgski fixé par le peintre des personnalités de l’époque, Ilya Repin, réalisé en 1881, lors de la dernière convalescence du compositeur: il arbore le manteau émeraude avec revers lie-de-vin. qui lui a offert Cui. Touche brillante et spontanée dont le désordre des cheveux, de la barbe, la rouge violent colorant le nez indiquent clairement la destruction interne de l’homme rongé par son éthylisme incontrôlable…

Xavier Lacavalerie: Moussorgski. Editions Actes Sud, collection Classica. ISBN: 978 2 7427 9926 8. 176 pages. 18 euros.

Ingolf Wunder joue Frédéric Chopin1 cd Deutsche Grammophon

cd événement

Ingolf Wunder: nouveau prince du piano

Voici le cas exemplaire d’une révélation telle que nous en offre assez régulièrement Deutsche Grammophon au rayon pianistes. Depuis le départ de l’infatigable et spectaculaire Lang Lang (pour la concurrence: Sony classical); avec les premiers disques d’une autre chinoise Yuja Wang ou de la non moins talentueuse Alice Sara Ott, Ingolf Wander, aux côtés du précédemment primé Rafael Blechacz, (Concours Chopin de Varsovie 2005), fait figure de challenger au sein de l’écurie Universal, se risquant pour ce premier programme discographique (où il sait qu’on l’attendra forcément au tournant), dans l’interprétation des oeuvres de l’immense Frédéric Chopin. Le choix des pièces démontre l’ambition du jeune homme et sa fine compréhension de l’univers Chopinien, tire évidemment son épingle du jeu, en cette année Liszt, où les albums dédié à l’auteur de Christus, pleuvent comme grêle en mars.

Pour autant le jeune pianiste né en 1985 à Klagenfurt (Autriche), élève à l’université de Vienne, n’est pas un inconnu: il n’a cessé de remporter nombre de prix prestigieux dont le 2ème grand prix au Concours Chopin de Varsovie 2010: une distinction qui obtenue à 25 ans, a révélé l’éclatante maturité d’une sensibilité à la fois, raffinée, délicate, pudique; élève du lauréat du Concours de Varsovie 1955 (Adam Harasiewicz), Ingolf Wunder s’affirme dans ce premier album choc grâce à l’indiscutable richesse de sa sonorité doublée par une très intense vie intérieure. Un feu à la fois juvénile, passionnant par son ardeur première et coulante, mais aussi grâce à un flamboiement dynamique d’une rare plénitude.

Saluons d’emblée dans la Sonate n°3 opus 58, les respirations justes, et la flexibilité nuancée en particulier l’énoncé bellinien idéalement filigrané, des mélodies. Le pianiste n’écarte pas, compréhension bénéfique, une force et une énergie souterraines qui affleurent et infiltrent l’épanchement plus murmuré des chants principaux. Sa vélocité saisit littéralement dans le 2è mouvement: mais là encore aux passages requérant une souplesse plus énigmatique, le pianiste se fait caressant et flottant, il séduit par un jeu moins immédiatement explicite. Tout l’art des grands diseurs se révèle entre les lignes plus nettes, certains passages où le discours disparait pour que surgisse ce chant personnel où l’intimité s’épanche; jamais en manque d’imagination ni de finesse contrastée, le pianiste autrichien exprime la houle du dernier mouvement avec un feu démonstratif qui ne manque pas d’assurance triomphale… Même subtilité de ton et aspiration constante à la douceur dans la Polonaise Fantaisie opus 61: le toucher sait être vaporeux, tissant des vagues murmurées qui indiquent le repli sur soi; d’emblée ce qui frappe chez le pianiste, c’est l’absence totale d’effets de manchette, de calculs démonstratifs. Le jeu est constamment clair, simple, d’une articulation lumineuse. Intérieur, voire enfantin et même convoquant la rêverie, Ingolf Wunder accuse plus encore cette sobriété de ton dans la Ballade opus 52: à l’introduction sans affectation et directe même, succède la lancinante nostalgie d’un rêve évanoui (37′): tristesse pudique parfaitement exprimée avec une simplicité préservée malgré la répétition de l’énoncé. Mais bouillonnant quand il faut rugir et palpiter dans la sauvagerie et la passion, le final martèle un embrasement expressif que le pianiste maîtrise totalement. Et le final, subtilité interprétative de grande classe, ne sonne pas comme une conclusion triomphante mais bien comme une interrogation jamais résolue. Quant à l’Andante spianato auquel succède la Grande Polonaise opus 22, le feu nostalgique et l’emportement très stylé et élégant de l’interprète le hissent très haut parmi les chopiniens les mieux inspirés de l’heure.

Frédéric Chopin: Sonate n°3 en si mineur opus 58; Polonaise Fantaisie en la béol majeur opus 61; Ballade n°4 en fa mineur opus 52; Andante spianato en sol majeur opus 22. Ingolf Wunder, piano. Sortie annoncée: le 12 septembre 2011.

Jean-François Zygel: la Boîte à musiqueFrance 2, jeudis 18 et 25 août 2011 à 22h40

Jean-François Zygel

La Boîte à Musique

France 2
Jeudi 18 août 2011 à 22h40


musique et fantaisie

Programme phare de France l’été, la boîte à musique du professeur volubile jamais pédant, Jean-François Zygel rempile à l’été 2011. Pour son avant dernière émission, le pianiste vulgarisateur cathodique excelle à aborder un principe qu’il met lui-même en pratique dans son jeu formel et son style oral… la fantaisie. Légèreté, originalité, jeux avec les mots et avec la voix… la Boîte à musique explore ce soir les chemins inattendus, délirants, créatifs de la fantaisie en musique !



Surprenants mélanges de genres, de formes, d’écritures, décalages, pieds-de-nez mais aussi imitations loufoques ont séduit bon nombre de compositeurs de la musique classique, en particulier les plus grands !


Bach, Mozart, Rossini, Haydn ou Beethoven se sont amusés à écrire des pièces ludiques ou drolatiques. De petites récréations au sein de leur catalogue gigantesque de production plus sérieuse « sérieuse ». Partie méconnue de leur oeuvre qui hors des contraintes des commandes officielles, dévoilent davantage la personnalité profonde des auteurs…



Quant aux musiciens d’aujourd’hui, nous verrons qu’ils trouvent aussi dans leur art, matière à étonner et à brouiller les pistes.



Invités:

- l’imitateur de chanteurs Mickaël Gregorio

- la comédienne et chanteuse Christelle Chollet 

- l’humoriste Gaspard Proust, “prince de l’humour noir”

Calendrier des diffusions La Boite à musique 2011
France 2, chaque jeudi à 22h40, 2è partie de programme

N°1 (30/06/11) : “Musique et Sentiments”

N°2 (07/07/11) : “Musique et Enfance”

N°3 (11/07/11) : “Musique et cuisine”

N°4 (28/07/11) : “Musique et Mots”

N°5 (04/08/11) : “Tous ensemble”

N°6 (11/08/11) : “Danse et Transe”

N°7 (18/08/11) : “Musique et Fantaisie”

N°8 (25/08/11): best of, les meilleurs moments

France 2. La Boîte à Musique, magazine musical présenté
et animé par Jean-François Zygel, pianiste improvisateur. Jeudi 18 août
2010 à 22h35

Musique et fantaisie (18 août 2011): l’émission de JFZ (Jean-François Zygel) passe par des chemins de traverse qui “osent” les confrontations (la mine interrogative du comique Gaspard Proust à l’écoute du chant harmonique, -planant et assez déconcertant, du chanteur David Hykes); ce sont aussi de superbes découvertes comme la chanteuse coréenne You Son Nah, à la pureté vocale et musicale inouïe, sachant revisiter un standard de la comédie musicale d’Hammersheim, La Mélodie du bonheur, “my favorite things” (1959), en s’accompagnant simplement d’un piano à pouce (Kalimba)… La minute du professeur solfège nous parle de lettres musicales: les anglos saxons et les allemands nomment les notes par une lettre de l’alphabet. A pour la, B pour si, C pour do… Bach et Chostakovitch mais aussi Haydn en ont réalisé des hymnes et des hommages construit selon leurs propres noms… Plus étonnante, selon JFZ, la présence de l’humour dans le 7è Quatuor de Beethoven… La mécanique des tubes décortique la succès de la 2è rhapsodie hongroise de Franz Liszt: un enchaînement de mélodies irrésistibles où le pianiste compositeur invente une musique nouvelle, celle du piano virtuose, du piano spectacle. Enfin, saluons l’animateur inspiré de nous faire entendre plusieurs joyaux méconnus: “vexations” de Satie, le prélude hygiénique du matin extrait de l’album des enfants dégourdis de Rossini (!); la poule de Rameau, le menuet palindrome de Haydn, …

Aix en Provence. Archevêché, le 16 juillet 2011. Verdi: La Traviata. Natalie Dessay… London Symphony Orchestra. Louis Langrée, direction. Jean-François Sivadier, mise en scène

Traviata sans vertiges

Evoquons non sans regrets l’incohérence de la production en rien subtile ni troublante quand par exemple, tout le mystère de l’amour inspire le climat du I: la rencontre puis les duos entre la courtisane et son jeune prétendant sont pourtant ciselés par un Verdi d’une rare finesse psychologique. Hélas, ici, Natalie Dessay, surexcitée et planante (ou simplement grise: on aura noter qu’elle carburait pendant les deux premiers actes à la vodka), paraît à peine troublée et touchée par la sincérité d’Alfredo… Quand au ténor requis pour le spectacle, que son chant est neutre voire désincarné: la voix manque singulièrement de spasmes, de délires, de transes… pour un jeune épris à en mourir, la tenue de l’américain Charles Castronovo reste continument lisse, voire tristement plate; et le jeu timoré voire timide traverse sans les incarner, les vertiges passionnés du jeune bourgeois. Trac ou surtension liée au direct, le ténor rate même totalement son dernier aigu au début du II. Comme d’ailleurs, Natalie Dessay esquive sa disparition de scène dans le même acte, (exigeant d’Alfredo qu’il l’aime toujours, tout en le quittant définitivement): que cette sortie de scène tombe à plat et sonne… osons le dire, carrément ridicule. On ne croit pas un seul instant au sacrifice que Violetta a décidé alors d’accepter…
La mise en scène s’enlise dès le début dans un fatras théâtral qui ne décolle jamais… dont le concept reste illisible: Jean-François Sivadier avait en son époque marqué les esprits par sa pièce “Italienne avec orchestre” (2004) où il s’agissait déjà de La Traviata mais pendant des répétitions entre musiciens, dans une vision personnelle et décalée, développée non sans humour depuis les coulisses… Avec ses toiles suspendues, son mur de briques, ses rideaux qui divisent la scène, ce jeu d’acteurs plus agités que précis, ces personnages ajoutés (et là encore rien que théâtraux: un jeune directeur d’acteur qui accompagne les chanteurs deci delà, et une femme suivante, couturière ou dame pipi?… dont on comprend en cours d’action qu’il s’agit d’Annina la servante de Traviata), en permanence sur le plateau… l’action n’atteint jamais cet état de grâce que nous avons éprouvé dans maintes productions de l’opéra verdien… seuls de pauvres lustres qui descendent et remontent évoquent un décorum somptuaire, celui du milieu luxueux qui est celui des salons bourgeois de la prostituée parisienne… et ce n’est malheureusement pas la direction si peu raffinée elle aussi du chef Louis Langrée qui élève le niveau: habile certes mais simplement exécutive, souvent étroite et sans vision architecturée précise. L’ennui menace. On veut bien comprendre que dans le mouvement des acteurs, le choix délibéré d’une absence de rideau de scène (d’emblée le spectateur est immergé sur le plateau), que dans ce choix d’un ballet de femmes aux formes généreuses… et d’ailleurs, dans tout le déroulement du III… se glisse un hommage déclaré à la grande et sublime Pina Bausch. Mais toutes ses idées ne font pas l’unité du spectacle de Sivadier. L’effet produit est celui d’une combinaisons de tableaux et d’éléments ajoutés, pas d’un spectacle étonnant, prenant par son fil conducteur.

Scène brouillonne jusqu’au… dernier tableau
Mais revenons à Natalie Dessay: sa Cleopatra à Garnier avait pointé un excès d’expressivité, un jeu forcé chez une actrice certes engagée qui hélas… trépigne trop souvent: force est de constater là encore le même travers: une voix limitée, des aigus de moins en moins tenus (E strano au I), et un style qui en fait définitivement trop (en particulier lors de sa confrontation avec Germont père, quand ce dernier lui demande, – exige, plus exactement-, son sacrifice: renoncer à cet amour indigne au nom de la morale… La chanteuse s’agite, se précipite, … telle une ado hypersensible et extravertie, lolita surexcitée… manquant de facto, la blessure vertigineuse qui accable le personnage. Hélas, la vérité de Violetta, son impuissance mise à nu, son sacrifice, si pudiquement assumé.. peinent à librement s’exprimer ….

Jusqu’au III où le chant plus juste de la femme méprisée par son amant haineux et amer, trouve enfin des accents plus “vrais”. La suite du spectacle confirme le talent plus assuré de la diva française, peu à peu plus mesurée, moins surinvestie: ce qu’elle perd en appui énergétique, s’accomplit inversement en justesse psychologique.
Dans ce spectacle d’une froideur permanente, et finalement brouillonne, même le Germont père de Ludovic Tézier malgré la profondeur émotionnelle de sa prestation, se montre étrangement absent, lointain… pressé et finalement hors de son personnage. La voix est superbe (en particulier à la fin du II lors de son injonction à son fils pour qu’il rejoigne les siens)… mais comme tout le spectacle depuis son début, irrévocablement étrangère… hors de tout trouble. Et pourtant voilà bien un pater familias dépassé par la personnalité de celle qu’il est venu accabler… D’un bout à l’autre, les chanteurs pas vraiment unis sur les planches, semblent des étrangers sur un scène qui ne les concerne pas. Autant dire que le spectacle ne fonctionne pas… jusqu’au dernier tableau où jeu scénique et chant se rencontrent enfin: Natalie Dessay dépouillée de tout artifice, seule en scène, sur un plateau nu chante enfin ce dénuement total d’une Traviata usée, au terme de ses souffrances, illuminée par une lumière intérieure (la promesse de son salut grâce au renoncement qui lui a été imposé): mi Piaf mi Bausch, corps défait et dévitalisé mais âme rayonnante (sauvée), sa lente apothéose, jusqu’au sourire final, s’impose indiscutablement. 15 minutes de magie pure sur un spectacle de plus de 2h, c’est quand même bien maigre.
Une mise en scène qui se cherche tout au long de la soirée, sauf le dernier tableau, et agace par sa froideur scénique, une direction rien que décorative, des chanteurs pas vraiment touchants sauf Dessay pour un final très juste… Aix 2011 nous offre une Traviata longue et inégale malgré le dernier tableau plus convaincant. La magie et la grâce n’étant pas de la partie ou si peu, on sort du spectacle majoritairement déçu et frustré. La notoriété du festival et surtout le prix des places permettent d’espérer mieux et plus réussi pour une prochaine fois. Il est vrai qu’à Aix, ni Verdi, ni Wagner n’y ont été vraiment compris… Seul Mozart à ce jour a trouvé sa place, dans des visions plus abouties et magiciennes que celle de ce soir.

Aix en Provence. Théâtre de l’Archevêché, le 16 juillet 2011. Verdi: La Traviata. Natalie Dessay (Violetta Valéry), Ludovic Tézier (Germont père), Castelnovo (Alfredo)… London Symphony Orchestra. Louis Langrée, direction. Sivadier, mise en scène. En direct sur Arte. A l’affiche du festival d’Aix en Provence 2011, les 20, 22 et 24 juillet 2011.

Verdi: Requiem, 1874. En direct de Londres France Musique, le 24 juillet 2011 à 20h

Verdi

Requiem
, 1874

Porté par le succès de son opéra précédent Aïda (1871) qui fait de lui, avec Wagner, le compositeur le plus important en Europe pour l’opéra, Verdi s’illustre aussi dans le genre choral et religieux: il répond à un concours initial dont l’objet était la composition d’une messe à la mémoire du génie de Rossini, décédé en 1868.
Le musicien en compose tout d’abord le Libera me. Mais il conçoit très vite un cycle plus ambitieux… il élabore une messe de Requiem, comme le couronnement de son oeuvre musicale. Très ému par la mort du poète Alessandro Manzoni en 1873, le compositeur pour marquer son admiration et le deuil amer qui l’accable, dédie sa partition d’inspiration sacrée au poète défunt. Il honore ainsi l’un des fervents partisans pour l’unité italienne (comme lui), l’humaniste et le lettré. La Messe de requiem est créée à Milan, le 2 mai 1874 (église San Marco), puis reprise triomphalement à La Scala.

La partition est bien celle du génie de l’opéra. Verdi ne ménage pas les effets avec une intelligence et un à-propos saisissant: brillant et ardent quatuor de solistes (soprano, mezzo, ténor et basse, en particulier dans le Recordare); fracas assourdissant du Tuba mirum; libération et apothéose des âmes défuntes élues, à la fin de l’oeuvre dans le fameux Libera me, chanté par la soprano et le choeur, en un pianissimo éthéré, véritable porte ouverte vers le paradis… Avec une fougue sans précédent, Verdi échafaude une fresque individuelle mais aussi collective embrasée par l’engagement du choeur des croyants.

En direct de Londres, le Reqiem diffusé par France Musique devrait saisir par l’ampleur des forces musicales convoquées (triple choeur) et aussi la fine couleur du ténor Joseph Calleja, héritier de la grande tradition des prodiges du chant au début du XXè siècle…


France Musique

Dimanche 24 juillet 2011 à 20h

Direct depuis le Royal Albert Hall de Londres

M. Poplavskaya, soprano
M. Pentcheva, mezzo soprano
Joseph Calleja, ténor
Feruccio Furlanetto, baryton
BBC symphony Chorus, London Philharmonic Choir
BBC Symphony Orchestra
Semyon Bychkov, direction

Verdi. Natalie Dessay chante La TraviataArte, le 16 juillet 2011 à 21h30, en direct d’Aix

Dessay chante Traviata
Verdi: La Traviata
Arte, le 16 juillet 2011 à 21h30
En direct d’Aix en Provence

Elle l’a chanté à Sante Fe puis à Tokyo, dans la mise en scène de Laurent Pelly: Natalie Dessay est Violetta Valéry, l’héroïne de Dumas fils, icône d’un Second Empire décadent mais si humain. La pêcheresse doit se sacrifier pour obtenir le salut: d’une vie de débauchée, La Traviata (la dévoyée) trouve, ultime issue miraculeuse et sortie inespérée, le pur amour dont la candeur et l’innocence la sauve; mais elle doit renoncer. La société impériale à l’époque de Napoléon III ne permet aucune licence ni relâchement des moeurs. Toute courtisane doit payer au nom de l’ordre bourgeois et de la morale officielle. Verdi se passionne évidemment pour le chef d’oeuvre romanesque: il en fait un opéra qui saisit par ses raccourcis et son sens dramatique. Au I, Violeta même atteinte, usée et malade malgré son jeune âge, exprime une volonté de vivre touchante; au II, elle doit renoncer, se sacrifier sous la pression du père Germont, puis subir l’humiliation de son jeune aimé Rodolphe qui se croît trahi… au III, l’âme chancelante et déjà solitaire, comme préparée à la mort, attend la dernière étreinte pour expirer.

Traviata aixoise pour Dessay

On ne présente plus Natalie Dessay: la quadra fabuleuse a souvent dit sa volonté d’arrêter, en particulier après ses deux opérations aux cordes vocales, en 2002 (quand elle chante Lucia di Lammermoor, puis en 2004 après sa Manon de Massenet). Après Mélisande à Vienne, sa première Traviata à Sante Fe, la reprise de La Sonnambula au Met en 2009, revoici l’interprète aujourd’hui de plus en plus secrète, véritable bête de scène, et qui rêve demain de chanter (dernier défi scénique?) les trois rôles féminins dans Les Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach (il est vrai qu’elle demeure pour beaucoup une Olympia légendaire!)…

La Dessay, diva française, qui lors de sa dernière prise de rôle à l’Opéra Bastille a montré quelques faiblesses (Cleopatra de Haendel en 2011), relève ici un défi vocal et théâtral de taille. A Aix, c’est Jean-François Sivadier qui assure la mise en scène… Au terme de 6 semaines de travail et de répétitions, la soprano dévoilera au public français, sa vision de la courtisane le plus applaudie de la scène lyrique. Dans La Traviata, il faut une tenue vocale permanente, en particulier sur le plan dramatique. Le vrai défi reste le fameux air (brindisi puis è strano) au I: où les vocalises en cascades disent cette soif de vivre qui embrase la courtisane encore triomphante; puis, le duo avec Germont le père nécessite un nouvel appui dans le medium: c’est là que la soprano coloratoure si légère doit se dépasser pour convaincre. Production très attendue, donc direct événement.

Carlos Kleiber: Traces to nowherePortrait par Eric Schulz. 1 dvd Arthaus Musik

Carlos Kleiber

Sur les traces d’un chef de légende


(titre original: “Traces to nowhere“)

Portrait documentaire majeur. La direction de Carlos Kleiber
reste l’une des plus captivantes du XXè siècle: au-dessus de Karajan,
Kleiber le fils, né en 1930 et mort le 1″ juillet 2004 est bien
l’hériter de son père, le légendaire (et guère tendre) Erich Kleiber.
De son père qu’il admire toute sa vie (au point de ne diriger une
partition que dans la connaissance parfaite et précise de
l’enregistrement qu’a réalisé son père de l’oeuvre concernée: c’est le
cas des Noces de Figaro, du Chevalier à la Rose, de Wozzek dont Erich
assure la création en 1935…), Carlos Kleiber défend une valeur devant
toute autre chose: l’excellence. Le garçon hypersensible (trop fragile
dit sa soeur), sait pourtant imposer dans la famille, sa vocation d’être
maestro. A 20 ans, il est dans le contexte de l’après guerre, à Zürich
où il fait ses débuts. Son premier coup d’éclat reste à Stuttgart, un
Freischütz d’anthologie dans le mise en scène de Walter Felsenstein…
Rien de moins.


Kleiber le fils, une légende musicale

Le film à l’écriture très classique qui alterne témoignages et extraits
d’archives, donne la parole à ses partenaires et amis: Michael Gielen,
Manfred Honeck, sa propre soeur Veronika, mais aussi Otto Schenck…).
Ce sont surtout les chanteurs Placido Domingo et Birgit Fassbender qui
lui doivent des prises de rôles légendaires (Otello pour le premier,
Brangaine pour la seconde), qui apportent leur regard le plus original
et le plus personnel: le ténor devenu baryton évoque comment le
mouvement de ses seuls bras portaient par leur esthétisme précis et
magicien, le chanteur, ainsi invité à chanter encore plus legato
qu’ailleurs; la mezzo confirme l’exigence radicale, le perfectionnisme
exacerbé du chef berlinois qui comme son père (et peut-être à cause de
lui) ne dirige pas s’il ne peut atteindre l’excellence; il faut donc une
bonne part de volonté et d’énergie pour travailler, approfondir,
sublimer chaque oeuvre.

Pas surprenant en conséquence que Carlos Kleiber
ait traversé par intermittences, de nombreuses crises personnelles où
il exprime (à sa soeur) son désir d’arrêter: qui peut durer en
s’investissant autant sur chaque projet musical (d’autant que la plupart
sont des opéras!): miné par un excès de scrupule, ou tout simplement
paresseux en dépit de son génie musical, Kleiber concentre son approche
interprétative sur un répertoire qui demeure restreint (quelques opéras,
quelques symphonies). Mais quel catalogue aujourd’hui (heureusement
édité par Deutsche Grammophon): que des perles. Le Freischütz de Weber,
Die Flerdermaus, Otello, Carmen, et évidemment son opéra fétiche, Der
Rosenkavalier, Le Chevalier à la rose qui lui aura permis, s’amuse à le
souligner Gielen, de gagner des millions. Mais l’enregistrement qui nous
reste montre cette élégance nostalgique viennoise, humaniste et si
prodigieusement habitée qui distingue aujourd’hui Kleiber II… en
particulier qui le démarque de son père qui ne possédait pas autant
l’éclat des sentiments et des passions: sa direction était plus raide et
droite que celle de son fils.

De son côté, Birgit Fassbender souligne la pensée philosophique du
maestro: sa quête d’absolu qui se confronte à l’idée de la mort, guère
acceptée (comme le rappelle aussi Otto Schenk). La cantatrice présente
devant la caméra un livre sans couverture, contenant des poèmes de
sagesse chinoise qui ont aidé manifestement l’homme dans sa vie…
vaincre les angoisses de l’interprète; penser la musique dans un rapport
radical et dans le même temps naturel…, s’investir puis laisser
agir… Ainsi pensait-il à tout cela dans ses heures de conduite en
voiture, entre Munich et Salzbourg vers la Slovénie où il finira son
existence dans une retraite admirable.

Le film évoque ainsi tous les thèmes d’une existence légendaire: le
rapport au père; son mariage avec la danseuse Stanka, une partenaire
dans l’ombre, tel une complice de solitude dont la mort, 6 mois avant
son décès, le plonge dans un abîme de tristesse… Son rapport à
Karajan, figure incontournable qu’il écoute, observe, étudie lors de ses
séjours très fréquents au festival de Salzbourg (où il refusera
toujours de diriger!)… se recueillant même sur sa tombe à chacun de
ses séjours.


L’autre K

Mais l’énigme Kleiber reste indéfectiblement liée à son oeuvre musicale
comme interprète: on a tort comme ici d’expliquer son héritage par sa
vie: qui le connaîtra réellement? Scrupule esthétique et direction
expansive, exigence musicale et paresse, volonté de transcendance et
défaite cyclique: combien de fois en pleine répétitions à l’Opéra de
Vienne pour une nouvelle production, Kleiber interrompt le travail et
quitte les séances… car il n’en pouvait plus!)… Voilà le mystère
Kleiber.

Ecouter les enregistrements qu’il nous laisse répond à toutes les questions: voici
un chef sublime qui a tout dit, tout exprimé dans ses interprétations.
Tout est dit dans son legs: il suffit d’écouter et de voir. Le
(re)découvrir ainsi dans la fosse du Chevalier, diriger et chanter,
danser par les bras, s’enflammer et commenter ce que dit la musique…
reste le plus magnifique témoignage d’un musicien serviteur de la
musique. A qui pensait-il au juste quand il se recueillait sur la tombe
de Karajan? A la solitude profonde qu’exige les plus grands artistes
comme les plus grands interprètes. Leur rapport à la musique se
rapprochait. Mais à la différence de Karajan, l’autre K, entendez
Kleiber II, exprime comme nul autre le vertige émotionnel des
partitions: “j’ai réfléchi à la fumée des croches dans ce passage”,
précise le chef lors d’une répétition de l’ouverture de La Chauve
Souris: “il n’y a pas assez de nicotine dans ce que vous faîtes, c’est à
dire pas assez de nicotine toxique… “. Sens de la formule,
connaissance précise et souvent fulgurante des partitions, séduction et
charisme irrésistibles forment les qualités du chef Kleiber. Sublime et
captivant.

Documentaire exhaustif sur une personnalité d’exception. Carlos Kleiber, sur les traces d’un chef de légende. Réalisation : Eric Schulz (2010, 52 mn).

Lire aussi notre dossier spécial Carlos Kleiber, les 80 ans (13 juillet 2010)

Bach Passion. Festival d’Ambronay 2011Ambronay, du 9 septembre au 2 octobre 2011

Ambronay 2011
Bach passion

Au coeur du projet artistique d’Ambronay, pôle européen dédié aux musiques anciennes et baroques, il y a surtout la musique sacrée. En 2011, le festival honore une figure essentielle de la dévotion baroque, et certainement le plus grand créateur européen au XVIIIè (avec Haendel et Rameau, ses contemporains), Jean-Sébastien Bach (1685-1750). “Bach Passion” (titre générique du Festival d’Ambronay 2011) racontera cette aventure fabuleuse d’un génie de la musique particulièrement inspiré par les textes liturgiques et sacrés (Cantates et Passions), sachant comme nul autre transformer l’exercice de la commande obligée… en accomplissement humain, musical et spirituel d’une très grande valeur artistique.


4 week ends successifs pour vivre une “Bach passion”

La proposition du Festival comme chaque année est organisée en week ends, soit 4 cycles successifs, du 9 septembre au 2 octobre 2011; une invitation naturelle à découvrir la région du Bugey (Rhône-Alpes) tout en suivant les défrichements musicaux défendus à Ambronay. Car on oublie trop souvent qu’Ambronay est un vaste lieu de résidence et de recherche, aux activités annuelles continues dont le Festival d’automnne n’est qu’un volet artistique. Le Centre Culturel de Rencontre ne cesse d’étendre ses installations afin de disposer à terme de salles et de bâtiments pour faire rayonner sa très riche proposition culturelle. En plus du Festival, et comme un prolongement ou un complément, la collection propre de disques atteste de la diversité des champs découverts.

Le programme 2011 d’Ambronay met en avant évidemment les oeuvres majeures de Bach tel La Messe en si (sujet de l’Académie européenne sous la direction très prometteuse de Sigiswald Kuijken (le 2 octobre à 17h, concert de clôture dans l’Abbatiale). Le festival s’ouvre aux travaux déjà distingués, en particulier celui très attendu des cantates profanes, ou “drammas per musica” (BWV 201, 205, 213), réinvesties par le geste si exalté et incarné de Leonardo Garcia Alarcon (“Bach Dramma”, le 10 septembre 2011 à 20h30). Sans omettre le Magnificat couplé avec l’Oratorio de Pâques par Vaklav Luks et le Collegium 1704 (en ouverture, le 9 septembre à 20h30), ou les Suites pour violoncelle par Sonia Wieder-Atherton et Jérôme Pernoo (le 24 septembre: riche confrontation/dialogue entre violoncelle moderne et violoncelle baroque); surtout la Passion selon Saint-Matthieu (Nicole Corti, le 30 septembre).

Comme chaque année, le festival “tourne” autour de son sujet principal et offre des concerts complémentaires: grâce à des programmes innovants à la croisée des pratiques et des profils artistiques: “De Bach à Bjork” puis “De Bach à Bacchus” (deux volets pour une “Nuit Bach” par les Swingle Singers entre autres, le 10 septembre… à suivre par tous les publics sous le Chapiteau) ; Bach Galliano (temps fort de ses traversées périphériques, le 22 septembre à l’église de Brou, 20h30); ou encore: “De Bach à Proust” ou “Bach=14” (interrogation/équation proposée par Sébastien d’Hérin et ses Nouveaux Caractères, le 2 octobre à 11h puis 15h)…

Parmi les autres temps forts du Festival d’Ambronay 2011, soulignons le retour de Philippe Jaroussky, contre ténor dans un récital à vocalises dédié aux opéras de Caldara, – un programme déjà enregistré au disque (le 11 septembre à 17h, accompagné par le Concerto Köln); les Vêpres Vénitiennes de Porpora par Le Parlement de musique (le 16 septembre); l’opéra Farnace de Vivaldi par Vivica Genaux, mezzo hallucinante, dans le rôle de Gilade, sous la direction de Diego Fasolis (avec Max Emanuel Cencis dans le rôle-titre: concert unique sans mise en scène, le 17 septembre); la création mondiale de La Passion selon Marie de Zad Moultaka (Concerto Soave, Maria Cristina Kiehr… le 23 septembre); Dans les jardins de Galilée (programme précédemment présenté par Concerto Soave au festival Musique et Mémoire en juillet 2011, dédié aux polyphonies du premier baroque, le 25 septembre).

Enfin réussite exemplaire de l’édition 2010, portée par le travail audacieux du jeune chef Leonardo Garcia Alarcon, l’oratorio saisissant de Falvetti : Il Diluvio Universale, chef d’oeuvre sacré de 1684 (avec Mariana Florès entre autres et une pléiade de solistes tous très convaincants) revient sous la nef de l’Abbatiale, pour une série de concerts événements dans la région, dont le 1er octobre 2011 à Ambronay (simultanément à la sortie du disque annoncé à la même date). C’est d’ailleurs une production événement à laquelle classiquenews.com avait dédié un reportage vidéo complet dès 2010 (voir le reportage vidéo Falvetti: Il DIluvio Universale par Leonardo Garcia Alarcon à Ambronay 2010).

Festival d’Ambronay 2010. Falvetti: Il Diluvio Universale par Leonardo Garcia Alarcon
(Messine, 1682). Reportage vidéo exclusif (3/3). Résurrection majeure
d’une partition oubliée, sujet d’un disque événement à paraître courant
2011 chez Ambronay éditions

Enfin, Ambronay défend depuis l’édition dernière les jeunes talents, futurs grands de demain: dans le cadre de son cycle intitulé “Carte Blanche aux jeunes ensembles“: vous pourrez y découvrir les ensembles entre autres tempéraments prometteurs, Méridien (le 17 septembre); Abbagliati (le 24 septembre); New Century Baroque (le 1er octobre 2011)…

Toutes les infos, les lieux, les programmes, les horaires sur le site du Festival d’Ambronay 2011

Ambroise Thomas: Hamlet (1868)(L’Avant Scène Opéra n°262)

2011 marque le centenaire de la naissance d’Ambroise Thomas (1811-1896), un compositeur messin méconnu aujourd’hui qui fut pourtant en France comme en Allemagne, applaudi comme… Verdi. Chabrier lui reconnaissait un statut “à part”, sans se prononcer précisément sur la valeur de son legs: mais Thomas incarne bel et bien un standard de l’Europe romantique. Mignon (1866), puis Hamlet (1868) suffisent à l’inscrire au sommet de l’opéra français. Le successeur d’Auber à la direction du Conservatoire, nommé dès 1870, compose enfin son oeuvre ultime, Francesca da Rimini (1882). Taxé de conservatisme voire de pompiérisme farouche, Thomas illustre un certain courant officiel, très inspiré d’Auber, pourtant d’une indiscutable perfection formelle, mais aussi un point esthétique dépassé par les tenants du renouveau musical : Franck, D’Indy et Fauré, sans omettre donc Chabrier, plutôt critique voire jaloux probablement du statut et de la notoriété de son aîné (on retrouve le même phénomène et la relation subjective à charge entre Cherubini et Berlioz).
Profitant des représentations d’Hamlet à l’Opéra du Rhin (Strasbourg, 5 représentations du 19 au 28 juin 2011, avec Stéphane Degout dans le rôle-titre), L’Avant-Scène Opéra dédie tout un nouveau dossier à Hamlet, oeuvre fétiche et certainement la plus applaudie (avec Mignon) du maître français au XIXème siècle.
5 chapitres dévoilent les clés d’une oeuvre somptueuse et “moderne”, qui révise et réactualise non sans violence et sauvagerie, le mythe transmis par Shakespeare. Au sommaire de l’Avant Scène Opéra n°262: guide d’écoute complet (présentant et explicitant la partition intégrale), complété par le commentaire analytique de Tchaïkvoski, présent pour la création de l’oeuvre à Moscou; évocation de la carrière fulgurante du musicien, en particulier adulé sous le Second Empire, soucieux de perfection formelle et de couleurs; focus sur le personnage central, un rôle exigeant voire redoutable taillé pour un interprète légendaire, le baryton Jean-Baptiste Faure… ; étude sur ce qu’apporte le Hamlet de Thomas au texte originel de Shakespeare; enfin, discographie complète d’une oeuvre hier pilier de la programmation de l’Opéra de Paris, et aujourd’hui toujours boudé par les deux scènes parisiennes de Garnier et Bastille. Lecture incontournable.

Thomas: Hamlet. L’Avant-Scène Opéra n°262.

Carlos Kleiber: un chef de légende. PortraitArte, lundi 20 juin 2011 à 22h20


Carlos Kleiber


Sur les traces d’un chef de légende

Lundi 20 juin 2011
à 22h20
Arte, musica

Le documentaire n’avait jamais été programmé d’où notre attente. D’autant que comme certains, nous pensons que la direction de Carlos Kleiber reste l’une des plus captivantes du XXè siècle: au-dessus de Karajan, Kleiber le fils, né en 1930 et mort le 1″ juillet 2004 est bien l’hériter de son père, le légendaire (et guère tendre) Erich Kleiber. De son père qu’il admire toute sa vie (au point de ne diriger une partition que dans la connaissance parfaite et précise de l’enregistrement qu’a réalisé son père de l’oeuvre concernée: c’est le cas des Noces de Figaro, du Chevalier à la Rose, de Wozzek dont Erich assure la création en 1935…), Carlos Kleiber défend une valeur devant toute autre chose: l’excellence. Le garçon hypersensible (trop fragile dit sa soeur), sait pourtant imposer dans la famille, sa vocation d’être maestro. A 20 ans, il est dans le contexte de l’après guerre, à Zürich où il fait ses débuts. Son premier coup d’éclat reste à Stuttgart, un Freischütz d’anthologie dans le mise en scène de Walter Felsenstein… Rien de moins.


Kleiber le fils, une légende musicale

Le film à l’écriture très classique qui alterne témoignages et extraits d’archives, donne la parole à ses partenaires et amis: Michael Gielen, Manfred Honeck, sa propre soeur Veronika, mais aussi Otto Schenck…).
Ce sont surtout les chanteurs Placido Domingo et Birgit Fassbender qui lui doivent des prises de rôles légendaires (Otello pour le premier, Brangaine pour la seconde), qui apportent leur regard le plus original et le plus personnel: le ténor devenu baryton évoque comment le mouvement de ses seuls bras portaient par leur esthétisme précis et magicien, le chanteur, ainsi invité à chanter encore plus legato qu’ailleurs; la mezzo confirme l’exigence radicale, le perfectionnisme exacerbé du chef berlinois qui comme son père (et peut-être à cause de lui) ne dirige pas s’il ne peut atteindre l’excellence; il faut donc une bonne part de volonté et d’énergie pour travailler, approfondir, sublimer chaque oeuvre.

Pas surprenant en conséquence que Carlos Kleiber ait traversé par intermittences, de nombreuses crises personnelles où il exprime (à sa soeur) son désir d’arrêter: qui peut durer en s’investissant autant sur chaque projet musical (d’autant que la plupart sont des opéras!): miné par un excès de scrupule, ou tout simplement paresseux en dépit de son génie musical, Kleiber concentre son approche interprétative sur un répertoire qui demeure restreint (quelques opéras, quelques symphonies). Mais quel catalogue aujourd’hui (heureusement édité par Deutsche Grammophon): que des perles. Le Freischütz de Weber, Die Flerdermaus, Otello, Carmen, et évidemment son opéra fétiche, Der Rosenkavalier, Le Chevalier à la rose qui lui aura permis, s’amuse à le souligner Gielen, de gagner des millions. Mais l’enregistrement qui nous reste montre cette élégance nostalgique viennoise, humaniste et si prodigieusement habitée qui distingue aujourd’hui Kleiber II… en particulier qui le démarque de son père qui ne possédait pas autant l’éclat des sentiments et des passions: sa direction était plus raide et droite que celle de son fils.

De son côté, Birgit Fassbender souligne la pensée philosophique du maestro: sa quête d’absolu qui se confronte à l’idée de la mort, guère acceptée (comme le rappelle aussi Otto Schenk). La cantatrice présente devant la caméra un livre sans couverture, contenant des poèmes de sagesse chinoise qui ont aidé manifestement l’homme dans sa vie… vaincre les angoisses de l’interprète; penser la musique dans un rapport radical et dans le même temps naturel…, s’investir puis laisser agir… Ainsi pensait-il à tout cela dans ses heures de conduite en voiture, entre Munich et Salzbourg vers la Slovénie où il finira son existence dans une retraite admirable.

Le film évoque ainsi tous les thèmes d’une existence légendaire: le rapport au père; son mariage avec la danseuse Stanka, une partenaire dans l’ombre, tel une complice de solitude dont la mort, 6 mois avant son décès, le plonge dans un abîme de tristesse… Son rapport à Karajan, figure incontournable qu’il écoute, observe, étudie lors de ses séjours très fréquents au festival de Salzbourg (où il refusera toujours de diriger!)… se recueillant même sur sa tombe à chacun de ses séjours.


L’autre K

Mais l’énigme Kleiber reste indéfectiblement liée à son oeuvre musicale comme interprète: on a tort comme ici d’expliquer son héritage par sa vie: qui le connaîtra réellement? Scrupule esthétique et direction expansive, exigence musicale et paresse, volonté de transcendance et défaite cyclique: combien de fois en pleine répétitions à l’Opéra de Vienne pour une nouvelle production, Kleiber interrompt le travail et quitte les séances… car il n’en pouvait plus!)… Voilà le mystère Kleiber.

Ecouter les enregistrements qu’il nous laisse répond à toutes les questions: voici un chef sublime qui a tout dit, tout exprimé dans ses interprétations. Tout est dit dans son legs: il suffit d’écouter et de voir. Le (re)découvrir ainsi dans la fosse du Chevalier, diriger et chanter, danser par les bras, s’enflammer et commenter ce que dit la musique… reste le plus magnifique témoignage d’un musicien serviteur de la musique. A qui pensait-il au juste quand il se recueillait sur la tombe de Karajan? A la solitude profonde qu’exige les plus grands artistes comme les plus grands interprètes. Leur rapport à la musique se rapprochait. Mais à la différence de Karajan, l’autre K, entendez Kleiber II, exprime comme nul autre le vertige émotionnel des partitions: “j’ai réfléchi à la fumée des croches dans ce passage”, précise le chef lors d’une répétition de l’ouverture de La Chauve Souris: “il n’y a pas assez de nicotine dans ce que vous faîtes, c’est à dire pas assez de nicotine toxique… “. Sens de la formule, connaissance précise et souvent fulgurante des partitions, séduction et charisme irrésistibles forment les qualités du chef Kleiber. Sublime et captivant.

Documentaire exhaustif sur une personnalité d’exception. Carlos Kleiber, sur les traces d’un chef de légende. Réalisation : Eric Schulz (2010, 52 mn). Arte, ludni 20 juin 2011 à 22h20. Voir aussi sur ARTE, le programme Maestro du dimanche 19 juin 2011 à 19h15 : Carlos Kleiber dirige la Symphonie n°4 de Brahms. Les concerts symphoniques de Kleiber sont rares: Beethoven (Coriolan), Brahms, mais aussi Schubert constituent le coeur de son geste symphonique.

Lire aussi notre dossier spécial Carlos Kleiber, les 80 ans (13 juillet 2010)

Festivals de Musiques classiques en BretagneBretagne, d’avril à octobre 2011

Bretagne 2011


Festivals de musiques


classiques en Bretagne

La Bretagne, terre privilégiée des festivals de musique classique… D’avril à octobre 2011, 33 festivals accueillent plus de 70.000 mélomanes…
 Pour vivre la Bretagne autrement, entre mer, terres sauvages, opéra, concerts et sites inoubliables.
Les 4 départements bretons (Côte-d’Armor, 22; Finistère, 29; Ille-et-Villaine, 35; Morbihan, 56) s’accordent désormais sous la tutelle de la Fédération des Festivals de musiques classiques en Bretagne (FFMCB): leurs riches partitions proposent l’une des programmations parmi les plus attractives de l’été. Serait ce parce que beaucoup de musiciens interprètes sont natifs de Bretagne (la pianiste Anne Queffelec, l’Ensemble Matheus, l’Ensemble Mélismes… entre autres)?

Musique ancienne, baroque, romantique, contemporaine, vocale, instrumentale, profane, sacrée, chambriste ou symphonique… tous les genres y sont représentés. Chaque département compte aujourd’hui près d’une dizaine de festivals.
Partez à la découverte de la Bretagne au diapason des 33 festivals de musique classique qui composent sa riche partition 2011. Festivals majeurs, d’avril à octobre 2011.

Partez à la découverte de la Bretagne au diapason des 33 festivals de musique classique qui composent sa riche partition 2011. Festivals majeurs, d’avril à octobre 2011.

Toutes les informations sur le site de la Fédération des festivals de musiques classiques en Bretagne:

avril 2011


Du 1er au 3 avril 2011

Un fol Week end avec…
Monfort-sur-Meu
Ille-et-Villaine

06 87 30 46 88 – agom.monfort@orange.fr
www.unfolweekend.fr

La musique française au temps du roi Soleil… musiques de Louis XIV en Bretagne et en Ille-et-Villaine. Trompettes et orgue, instruments anciens, spectacle musical inspiré des Fables de LaFontaine (que Louis XIV n’appréciait guère), musique de chambre, musiques et danses, concert de clôture… soit à Montfort sur Meu, au pays de Brocéliande, 6 concerts en 3 jours, les 1er, 2 et 3 avril 2011. Laissez vous ensorcelez…


Du 3 avril au 11 septembre 2011

Musiques d’été de la Ballue
Bazouges la Pérouse
02 99 97 47 86 – chateau@la-ballue.com

www.laballuejardin.com (rubrique “événements”)

A quelques kms du Mont Saint-Michel, le château de la Ballue est un pur joyau architectural du XVIIè. Dans le parc et le logis, musique et danses baroques avec la Compagnie l’Eclat des muses (le 3 avril à 15h), Opéra en duo (2 juin à 16h, Ascension): ballets et airs d’opéras à deux instruments par Laurent Verney (alto), Emmanuel Ceysson (harpe); spectacle médiéval avec la compagnie La Ménestraoudie, les 4 et 5 juin 2011 dans l’après midi; concert baroque par le trio Dunford (Captain Hume’s taverna), le 26 juin 2011 à 17h; Opéra de Gluck: L’Ivrogne corrigé ou Le mariage du diable ( opéra en 2 actes, 1759) par la troupe du BarokOpéra Amsterdam, le 13 juillet 2011 à 18h; Grand concert quatuor opéra, le 15 juillet à 18h; Opérette: “Le baron de Gondremarck chez la marquise de La Ballue par la troupe Lyric Armor, le 14 août à 18h. Trio de l’Opéra de Paris, le 11 septembre à 16h30 (violon, clarinette, piano: “musique de l’Europe de l’Est”);

Du 15 au 17 avril 2011
Printemps de Lanvellec
Côtes d’Armor
02 96 35 14 14 – festival.lanvellec@orange.fr

www.festival-lanvellec.fr

Créée à l’initiative de quelques passionnés de musique et d’instruments anciens qui souhaitaient faire vivre et entendre un instrument baroque unique au monde, l’orgue Robert Dallam de 1653, l’association des Rencontres Internationales de Musique Ancienne en Trégor, organise chaque automne depuis 1986, un ensemble de 7 à 10 concerts dans les sites du patrimoine architectural du Trégor (Côtes d’Armor et Finistère). Prochain festival d’Automne : du 7 au 23 octobre 2011. Prémices enchanteurs, les 15 et 17 avril 2011 pour le “Printemps de Lanvellec”.
Dans l’intimité des chapelles et petites églises trégoroises, au cœur du printemps et avec les jeunes et talentueux musiciens des conservatoires nationaux, voici l’heure exquise des cantates, sonates et suites, œuvres pour clavier interprétées à l’orgue historique Robert Dallam de 1653 (église de Lanvellec), ou mots distillés avec gourmandise. La Princesse de Clèves
Spectacle-dîner (Compagnie Bao Acou/Benoît Schwartz, comédien, Vendredi 15 et samedi 16 avril 20h30, Chapelle Saint-Nicolas de Plufur); Récital à l’orgue Robert Dallam de Lanvellec (1653) : Erwan Le Prado, mais aussi:

Lyrisme et virtuosité dans les danses et chansons de l’Europe baroque par l’Ensemble Organon…

Le 16 avril 2011
Les Harmonies
Billiers Muzillac
Morbihan

06 87 58 42 01 – armellehiance@yahoo.fr
www.lesharmonies.com

Le festival explore les liens féconds entre musique classique et arts visuels. Le 16 avril à 21h: Concert d’ouverture // Vieux Couvent à Muzillac: « Histoire chantée du jazz à travers ses grandes voix féminines ». Par Veronika Rodriguez Jazz quintet.
D’Ella Fitzgerald à Sarah Vaughan, de Billy Holiday à Peggy Lee, Véronika Rodriguez évoque pour nous les plus grandes voix du jazz. Scénographie réalisée à partir des travaux d’arts plastiques des élèves de CM2 de Muzillac (école élémentaire des Poulpikans) lors d’ateliers réalisés entre novembre 2010 et avril 2011. Prochains concerts les 12 juin

les 22 et 23 avril 2011
Cycle de la Chapelle de Kersaint
Finistère
06 59 26 51 67 – kersaintcyclemusical@orange.fr

www.cyclemusicalkersaint.fr

Le Cycle Musical de la Chapelle de Kersaint Landunvez est la rencontre de trois éléments clés : la belle musique, une magnifique chapelle du 15ème siècle à l’acoustique remarquable, des amateurs bénévoles et passionnés dont le but est d’offrir à un public le plus vaste possible des moments de bonheur et d’émotion inoubliables. La programmation propose entre musique et patrimoine, des styles de musique différents allant du baroque au classique, au romantique ou au moderne en passant par le jazz, en ne retenant qu’une seule exigence : la qualité des interprètes. Premier temps fort, Récital de piano les 22 et 23 avril 2011: Bruno Ferrari (20 ans), lauréat du Concours Chopin de Brest 2011. Bach, Haydn, Beethoven, Chopin, Liebermann (Château de Kergroadez). Prochain concert: les 17 et 18 juillet (Schubert: Winterreise par Simoin Zaoui, piano et David Lefort, ténor (Château de Kergroadez).

mai 2011

Du 2 au 5 mai 2011
Festival Quatuor à l’Ouest
Presqu’île de Crozon
Finistère
02 98 26 19 48 – www.quatuoralouest.org

www.quatuoralouest.org/

Ici, la puissance de la nature, la poésie de la lumière, l‘immensité des lieux incitent le voyageur à la méditation et au rêve. 
Sept concerts autour de la musique en quatuor, avec les musiciens les plus renommés, accompagnent en mai 201, ce séjour dans la Presqu’île de Crozon où les artistes, peintres, poètes, musiciens ne cessent de se ressourcer et de puiser leur inspiration depuis toujours. 
Chargés d’histoire, ces lieux magiques qui accueillent les concerts sont autant d’écrins propices à la mise en valeur de la musique de chambre en quatuor. L’acoustique remarquable, la proximité avec les musiciens, l’architecture somptueuse assurent le confort et la qualité exceptionnelle de cet événement.
La première édition du festival Quatuor à l’ouest permet au public de profiter d’un parcours « découverte » du répertoire du quatuor à cordes à travers 7 concerts variés dans des lieux remarquables: 2 concerts de chambrisme exceptionnel par jour: Christophe Coin et le Quautor Voce, le 2 juin; Quatuor Concordance, Abraham Quivooij et les Debussy, le 3 juin; Quatuor Ardeo et Lachrimae consort, le 4 juin; enfin, le 5 juin à 13h : concert des élèves-stagiaires qui ont suivi des ateliers pendant les 4 jours d’échange et de partage musical autour du répertoire de consort de violes et du quatuor à cordes…

juin 2011

Le 12 juin 2011
Les Harmonies
Billiers Muzillac
Morbihan
06 87 58 42 01 – armellehiance@yahoo.fr

www.lesharmonies.com

Le festival explore les liens féconds entre musique classique et arts visuels. Triple programme pour la journée du 12 juin 2011. A 15h, concert gratuit en plein air (Pointe de Pen Lan à Billiers). Par les élèves du Sidem (Syndicat intercommunal pour le développement de l’enseignement musical), du conservatoire municipal Jacques Ibert (Paris 19ème) et de le l’ensemble des Rencontres du Violoncelle en Morbihan, Exposition des travaux des élèves de CM2 de Muzillac. A 19h, Concert “Talents émergents”: Vieux couvent à Muzillac. Verdi, Donizetti, Chopin, de Falla: Alina Azario (piano), Yanis Benabdallah (ténor), Armelle Hiance (projection visuelle). A 21h, Récital lyrique de Laurent Naouri (baryton), Vieux couvent de Muzillac. « Voyage d’hiver » de Franz Schubert. Laurent Naouri (baryton basse), Maciej Pikulski (piano). Prochain concert: le 23 octobre: Autour de Franz Liszt (Vieux couvent à Muzillac). Hommage pour le bicentenaire Liszt 2011. Frédéric Lagarde (piano), Marie-France Castarède (récitante), textes de Jean Castarède. Scénographie, Armelle Hiance

Du 17 juin au 31 juillet 2011
Le chant des chapelles,
Plougastel et Daoulas
Finistère
02 98 36 61 98 – music.culture@laposte.net

http://festival.plougastel.free.fr/

Par un beau matin du printemps 1989, Marie-Claude Herry, en charge de la vie culturelle municipale, découvre, émue, la beauté des huit chapelles de Plougastel et de leurs sites remarquables. Ciel et fleurs, douceur de l’air de ce printemps, l’émotion, le désir de faire mieux connaître, en les éveillant, ces lieux si charmants s’impose en évidence : développer une activité artistique compatible avec la vocation originelle de ces édifices, en mettant à profit les qualités acoustiques et l’espace relativement réduit pour l’accueil du public. Le festival propose tout d’abord les pauses musiques du 17 juin au 31 juillet, chaque mercredi et dimanche, de 18h à 19h. Au programme entre autres: le 17 juin juin 2011, du flûte et guitare (chapelle saint Langui); le 22, ensemble de trombones du Conservatoire (chapelle Saint-Adrien); le 3 juillet 2011, ensemble Les Quatre Vents (Notre Dame de la Fontaine Blanche); le 6, Duo voix et piano, chants d’amour (chapelle Saint Guénolé); le 13: Musiques du Moyen Age et de la Renaissance (Chapelle Saint-Jean); la suite du programme complet sur le site du festival… Autres temps forts de l’été dans les chapelles:
Le 10 juillet à 20h30: Empreintes Quartet (chapelle Saint-Claude). Le 23 juillet à 20h30: Choeur Alexandre Nevsky de St-Pétersbourg: Vêpres orthodoxes (chapelle Saint-Gunolé). Le 30 juillet à 20h30: Lyon l’italienne, ensemble Epsilon (chapelle Sainte-Christine). Enfin le 18 décembre à 17h: Noël du monde, les Voix de Saint-Pétersbourg (église).

Du 24 au 26 juin 2011
Le Printemps de Lady Mond
Belle-Isle en Terre
Côtes d’Armor
02 96 21 11 43 – ladymond@taxila.eu

www.printemps-de-lady-mond.com

En 2011, le Printemps de la Lady Mond interroge les voies de la modernité germanique, malgré la Barbarie nazie…
Il flotte sur l’Allemagne de la première moitié du XXème siècle un parfum d’apocalypse. De Verdun en 1917 à Dresde en 1945, c’est le crépuscule des Dieux des grands cycles légendaires, si chers aux romantiques, qui tombe sur la terre, dans un fracas de fer et de feu. Faust sans beauté, progrès technique tourné vers la mort. C’est dans ce contexte torturé que s’effectue la rupture avec la tradition classique germanique, qui de Mozart à Wagner, a vu le triomphe de la tonalité. Le coup d’envoi est donné avant la première guerre mondiale par la 8éme symphonie de Mahler, dite « des mille », qui par ses chromatismes exacerbés va ouvrir la voie à l’atonalité d’Arnold Schoenberg.
Et puis la jeune Allemagne reprendra contact avec le monde, de sa famine intellectuelle et de son nouveau regard porté sur l’avant-nazisme naitra une nouvelle génération de compositeurs, tournés vers l’innovation. Ceux nés après 1945, dont W. Rihm, feront du travail de leurs ainés des années 20 une nouvelle tradition, pour s’inscrire dans le courant de la « New Music », que le Festival 2011 met en lumière. Pleins feux donc sur les oeuvres de Berg, Rhim, Henez, Webern, Hindemith, Schönberg…

juillet 2011

Du 1er au 3 juillet 2011
Opéra Goven Garden,
Goven
festival d’Art Lyrique
Ille-et-Villaine
06 81 12 03 12 -
www.arte-lirica.fr
Festival annulé: lire le communiqué rédigé par le bureau du festival

Du 2 juillet au 29 août 2011
Lundis musicaux de Camaret
Finistère
02 98 27 90 49 – info@club-leo-camaret.fr

Les Lundis musicaux de Camaret

Le Club Léo Lagrange anime le festival de musique “Les Lundi musicaux de Camaret”. Le programme défendu est éclectique et accessible propre à toucher un public large. Tous les lundis de la saison estivale, à l’adresse des camarétois et vacanciers. Renseignements au Club Léo Lagrange : 02.98.27.90.49.

2 juillet au 18 septembre 2011
Audierne Cap Sizun
(Pointe du Raz) Finistère
Arts à la pointe
02 98 70 28 72 – 06 75 22 61 26
contact@artsalapointe.com
www.artsalapointe.com

Touches de Jazz mais aussi épices classiques à la Pointe du Raz, avec entre autres temps forts: L’ivrogne corrigé, comédie déjanté de Gluck par le théâtre musical barockopera Amsterdam (le 21 juillet); Duo violoncelle et violon, Constance Mars et Jean Estournet (Ravel, Kodaly, le 18 août)…

8 au 12 juillet 2011
Guimaëc, Finistère
Musiques en Trégor
06 58 67 14 46 – contact@petitfestival.fr
www.petitfestival.fr

Pour sa troisième édition, le Petit Festival met à l’honneur les instruments à anches : hautbois de la Renaissance par la Compagnie Outre Mesure, musettes et cornemuses par François Lazarevitch, impro jazz avec les clarinettistes Fabrice Barré et Fabrice Charprenet, les voix d’Absalon dans un programme inédit consacré à la musique liturgique du 18è siècle, deux excursions italiennes, l’une sur les pas de Marc-Antoine Charpentier avec l’Ensemble vocal Actéon, l’autre au son du piffero, hautbois traditionnel de l’Appenin, et encore un florilège de concertos par la bassoniste Mélanie Flahaut et la hautboïste Tereza Pavelkova entourées de l’ensemble Ma Non Troppo, une création théâtrale et musicale d’après les Maitres Sonneurs de Georges Sand… 
Tout au long du week-end les prom’s, des concerts promenades, animent cafés, librairies, minuscules chapelles, manoirs, fontaines et jardins extraordinaires. D’un lieu à l’autre, le long d’un fleuve côtier ou au détour d’une pointe, les festivaliers rencontrent les amoureux de l’eau et partagent leur passion pour cet élément fragile du patrimoine de notre région. Le Petit Festival navigue cette année encore sur les rives des musiques anciennes dans le cadre magique du Trégor Côtier. Il aime susciter les rencontres intimistes et inattendues entre un public curieux et des artistes aussi généreux que talentueux.

9 juillet au 30 octobre 2011
Pays de Morlaix, Finistère
L’opéra sauvage & Festival sur l’eau
09 51 20 15 47 – www.moulin-opera.fr

Voici une offre atypique qui accorde l’opéra et la nature en une partition inédite… en 2011, la programmation s’étoffe en compte 4 cycles: l’Opéra sauvage, festival sur l’eau au Moulin opéra, opéras de juillet et d’octobre, Choeurs du Volcan… Temps fort de cette année: Prêtresse païenne en communication avec les éléments, Norma s’impose ici; de surcroît sous la plume du divin Bellini: tournée en Bretagne du 13 au 17 juillet 2011 (renseignements: 09 51 20 15 47).

les 11 juillet, 2 août 2011
Chapelles et Manoirs en musiques
Paimpol – Goëlo
Côtes d’Armor
02 96 20 68 89 – assocapac@orange.fr

http://apac.over-blog.net

Paimpol accueille en 2011, l’ensemble Matheus et Jean-Christophe Spinosi (le 11 juillet à 21h, église de Plounez); Récital du ténor Hervé Lamy le 4 juillet à 21h Chapelle de Perros Hamon (lieder de Schubert).

Du 12 au 19 juillet 2011
Les opéras d’été de Dinard
Ille-et-Villaine
02 99 36 19 54 – info@arma-opera.com

www.arma-opera.com

Au programme: L’Ivrogne corrigé, opéra comique de Gluck, du 11 au 21 juillet 2011. Gluck burlesque et déjanté se dévoile à Dinard… Associer Glück, le compositeur d’Orphée, Alceste ou Iphigénie, avec
l’opéra-comique des foires parisiennes est assez inattendu. Pourtant en
1759, lors de la création de L’Ivrogne Corrigé, les airs de Glück
étaient entrecoupés de scènes parlées et d’airs extraits du répertoire
populaire de l’époque. Ces « chansons » connues de tous étaient souvent
reprises par l’assistance. Le public passait ainsi sans souci de
musiques savantes et raffinées, aux musiques rythmées, à la mode de
l’époque.
Ces insertions nommées « vaudevilles » renouvellent l’écriture noble et
conventionnelle de Gluck que nous ne soupçonnions pas aussi déluré, jongleur espiègle des styles…
14 juillet au 21 août 2011
Guidel, Morbihan
7 chapelles en art
02 97 65 35 12 – joelbienvenu@neuf.fr
www.lorient-tourisme.frwww.guidel.com

La 12è édition du festival des 7 Chapelles à Guidel cultive éclectisme et découvertes: Trio Kermabon (le 27 juillet), Hommage à Claude Nougaro (le 29 juillet), Elisa Vellia, voix grecque (avec harpe celtique, le 1er août), Trio Canopée (le 8 août), Piano à 4 mains (duo Buttin,Offenstein, le 19 août)…

18 au 24 juillet 2011
Saint-Pol de Léon, Finistère
Le Chant de la Rive
06 64 44 98 69 – lechantdelarive@gmail.com
www.lechantdelarive.com

4 concerts pour une 2ème édition autour de Saint-Pol de Léon. Près du bord de mer, non loin de Roscoff, Saint-Pol offre un littoral découpé de caractère comprenant criques, grèves, plages… autant d’aspérités accueillantes pour séduire public et artistes: invités, en 2011 Laurent Wagschal (piano), David Harouthunian (violon), Armance Quéro (violoncelliste), Victor Villena (bandonéon)…

18 juillet au 22 août 2011
Presqu’île de Rhuys, Morbihan
Circuit des Chapelles
02 99 09 05 88 – academiepaulleflem@wanadoo.fr
le circuit des chapelles

Le 16è Circuit des Chapelle, ce sont chaque lundi, un concert de musique classique dans les très belles chapelles de la commune de Sarzeau. Soit 5 programmes dans les églises écrin du territoire: les 18, 25 juillet puis 1er, 8, 22 août 2011, à 21h. Renseignements à l’office de tourisme de Sarzeau: 02 97 41 82 37

21 juillet au 18 août 2011
Saint-Malo, Ille-et-Villaine
Festival de Musique sacrée de Saint-Malo
06 08 31 99 93
www.festivaldemusiquesacree-stmalo.com

Le Festival malouin a profité de la restauration de la Cathédrale Saint-Vincent (1972) pour développer un festival dédié à l’orgue et aux concerts sacrés. Thierry Escaich a été dès 2000 associé à la réussite et vitalité du Festival, en livrant une oeuvre de commande: “le dernier Evangile”, créé le 30 juin et reprise régulièrement depuis… En 2011, le festival de Saint-Malo programme deux cycles musicaux: 6 concerts de musique religieuses, 6 concerts d’orgue. Quelques temps forts: Stabat Mater de Rossini (le 3 août), Messe en ut dièse de Vierne (10 août)… Concert d’orgue de clôture par Laurent Fievet (le 21 août)…

28 juillet au 09 août 2011
Lannion, Côtes d’Armor
Festival d’art vocal de Lannion
Voce Humana”
09 72 14 83 37 – contact@vocehumana.fr
www.vocehumana.fr

Chaque été, le festival Voce Humana fait résonner pendant une dizaine de jours les vieilles pierres de la ville. C’est la capitale de voix et de l’art vocal… Après avoir fait, l’an passé, la part belle aux voix de l’est de l’Europe et laissé libre cours aux rires de l’extravagante Marie-Paule Bonnemason, de la surprenante Marthe Vassallo ou de l’increvable quatuor tout terrain, honneur en 2011, à la musique de la Renaissance française et au Baroque italien.
Deux ensembles passionnants composés de jeunes chanteurs et instrumentistes dont la démarche de recherche de couleurs musicales réinvente l’interprétation de la musique de la Renaissance : l’Ensemble Epsilon dévoile les compositeurs lyonnais et l’Ensemble l’Echelle confirme ses affinités convaincantes avec l’œuvre du grand Roland de Lassus. Splendeur baroque avec la venue à Lannion de l’Orchestre de Bretagne aux côtés de l’ensemble vocal Mélisme(s) pour Vivaldi (les Quatre Saisons et le Gloria)…

août 2011

1er au 5 août 2011
Ouessant, Finistère
Musiciennes à Ouessant
www.musiciennesaouessant.com

La 11è édition est dédiée à Rita Strohl (décédée en 1941)… dont les musiciennes à Ouessant joueront plusieurs oeuvres chambristes (soit une oeuvre chaque concert): Scherzo, Chansons de Bilitis, Trio… Conférence sur la compositrice, le 2 août; Quintette avec piano, le 4 août; la pianiste Lydia jardon, directrice artistique raconte et joue l’Oiseau de feu de Stravinsky (5 août)…

1er au 11 août 2011
Pays de Vannes, Morbihan
Musicales du Golfe
0 825 135 610 – direction@musicalesdugolfe.com
www.musicalesdugolfe.com

9 lieux, 9 dates, 9 concerts… Récitals de Piano, Duo Saxophone Piano, Formations à Cordes et Chœur d’hommes rythment l’édition 2011 des Musicales du Golfe, placée sous le signe du romantisme. Au piano, Eric Le Sage, Tristan Pfaff, Christian Chamorel, Nicolas Stavy, Guillaume Coppola jouent Franz Schubert, Frédéric Chopin, Robert Schumann, Franz Listz, et Claude Debussy. Le Duo Atyopsis (saxophone et piano) présente une autre facette de l’interprétation d’œuvres romantiques. Les classiques Mozart et Beethoven sont défendus par les Quatuors Ebene et Carducci. Enfin, le Chœur Nevsky de St Pétersbourg dévoile la générosité des voix d’hommes des monastères de Russie.

2 au 20 août 2011
Quimper, Finistère
Semaines Musicales de Quimper
02 98 95 32 43
contact@semaines-musicales-quimper.org
www.semaines-musicales-quimper.org

Programmation éclectique, mêlant sensibilités, formations et répertoires divers: en 2011, Quimper se met au diapason de la découverte et du partage… en musique. Au total, 9 concerts incontournables qui investissent des lieux patrimoniaux souvent inoubliables.
Créées en 1979, les Semaines Musicales de Quimper se déroulent chaque été, les 3 premières semaines d’août. La programmation ouverte et audacieuse veille particulièrement à l’alliance des lieux et des oeuvres choisies: serties dans des acoustiques adaptées, les partitions dévoilées gagnent en profondeur et en vérité. Envolées baroques avec Concerto Soave (Scarlatti, Haendel… le 2 août); Quatuor Voce à Kervelot (chapelle aux proportions magiques, le 4 août: Ligeti, Ravel, Beethoven); récital de la pianiste chinoise Zhu Xiao Mei (Mozart, Schubert dans l’orangerie de Lanniron, le 6 août); choeur du Monastère St Alexandre Nevsky de Saint Pétersbourg dans la Cathédrale Saint Corentin, le 8 août: Les Voix de la Neva, Vêpres orthodoxes…); Vertiges choraux avec l’Ensemble Sequenza 9.3 (le 10 août); le Parlement de Musique pour le Salve Regina de Haendel… le 16 août à Locmaria; Soirée symphonique avec l’Orchestre Symphonique du Palais de Tauride (Mikhaïl Golikov, direction) danas un programme Prokofiev (Symphonie classique), Rimsy-Korsakov (La Grande Pâque Russe), Liadov (Huit chansons populaires russes, extraits), Tchaïkovsky (Capriccio italien…), Exultate Jubilate de Mozart (Olga Pudova, soprano), le 18 août au Théâtre de Cornouailles; enfin, récital de piano pour la clôture: Edda Stern avec le violoniste S. Krylov (Bach, Ysaïe, Beethoven, De Falla, De Sarasate…), le 20 août au Théâtre de Cornouailles.
Tarifs préférentiels du 18 juin au 23 juillet 2011. Tél.: 02 98 95 32 43. Pour les séjours organisés, associant hébergement et concerts, appeler le 02 98 53 30 98.

2, 5, 8 août 2011
Lanvollon, Côtes d’Armor
Musicales de Blanchardeau
06 37 23 89 97
contact@lesmusicalesdeblanchardeau.org
www.lesmusicalesdeblanchardeau.org

Le 9è festival de Blanchardeau orchestre 3 concerts sur le thème “par les vents et par les bois”… musiques pastorales et élégiaques… C’est le chant et la flûte du faune poète qui en 2011 étend l’aile de son ombre musicale à l’orée du bois, sous les feuillages et les frondaisons de l’été. Dominique de Williencourt, violoncelle (le 2 août: Williencourt, Haydn, Weber, Villa-Lobos); Quatuor Renoir le 5 août (Haydn, Mozart, Weber); enfin Quintette Moraguès (le 9 août: programme Hugo Reinhart, Mozart, Mendelssohn…)

2 au 7 août 2011
Le Vieux Marché, Côtes d’Armor
Des cordes à la campagne
02 96 38 86 50 – cordesenaccord@gmail.com
www.cordesenaccord.com

Du mardi 2 au dimanche 7 août 2011, les murs de la chapelle des Sept Saints en Vieux Marché à Trégor, vont résonner de nouveau aux sons des cordes: Des Cordes à la Campagne ! Duo insolite (guitare et harpe), Quatuor Vida (guitares), Gary Ryan…

2 au 12 août 2011
Dinan, Côtes d’Armor
Août musical à Dinan
06 85 54 85 93 – veroniquedaverio@yahoo.fr
www.dinan-tourisme.com

En 2011, en Pays de Rance, le festival Août Musical de Dinan organise 6 concerts, du 2 au 12 août, plutôt chambriste, mais aussi baroque et populaire… Entre autres temps forts: Autour de Liszt le 2 août; duo de piano (Adam/Ivanov, le 4 août); Les Amours du poète le 6 août (lieder et mélodies par Jean-Vincent Blot, basse); Passions baroques par l’ensemble Energeia, le 9 août… Renseignements: 06 85 54 85 93

3 au 9 août 2011
Carnac, Morbihan
L’Opéra de Poche à Carnac
09 60 06 79 55 – appeldairs@hotmail.com
www.operadepoche.fr

Cette année, les sessions estivales de l’Opéra de Poche propose une master class pour une vingtaine de chanteurs chinois venus de Shanghaï. En clôture, les jeunes chanteurs apprentis interprètent Gianni Schicchi de Puccini. Une nouvelle aventure artistique et culturelle, riche et passionnante, …

Du 5 au 21 août 2011
Festival international de musique de Dinard
Ille-et-Villaine
02 99 16 30 63 – contact@festival-music-dinard.com

www.festival-music-dinard.com

Directeur artistique du festival (21è édition en 2011), le pianiste Kun Woo Paik invite ses confrères dans des programmes chambristes ou solistes (9 au total): Sonate pour 2 pianos et percussions de Bartok en ouverture (avec François-Frédéric Guy, ouverture du festival le 5 août 2011 au Parc de Port Breton); à l’auditorium Bouttet, quelques temps forts suivants: récital du pianiste Alexey Lebedev (Bach, Busoni, Gubaidulina…, le 8 août); Guillaume Masson, le 15 août; Fredrik Ullen (Liszt, Messiaen le 17 août), sans omettre le Trio Elégiaque (Bloch, Kagel, Bacri, Chausson… le 18 août). En clôture, honneur à Liszt pour le bicentenaire 2011: récital de Kun Woo Paik, le 21 août 2011.

26 au 28 août 2011
Josselin, Morbihan
Rencontres Européennes de Roncier
02 97 57 55 23 – accueil.cms@orange.fr
www.centredemusiquesacree.org

Les Rencontres européennes du Roncier sont un festival biennal de musique sacrée au Pays de Josselin fin août. Privilégiant les rencontres avec des artistes européens, ce festival est ponctué de concerts dans des chapelles et églises et de conférences. Avec Christophe Mantoux (Grand Prix d’interprétation du Concours international d’orgue de Chartres), le Trnity Hall Chapel Choir – Cambridge (direction : Andrew Arthur), l’ensemble de musique ancienne Dulcis Melodia, l’Académie de Musique de Sainte-Anne d’Auray, la Psallette de Malestroit …

septembre 2011

9 au 11 septembre 2011
Rennes, Ille-et-Villaine
Festival de musique ancienne
Les éphémères
+ 33 6 27 52 55 97 – festivallesephemeres@gmail.com

16 au 24 septembre 2011
Quessoy, Côtes d’Armor
Musique et patrimoine
Au pays de Moncontour
02 96 73 49 57 – musicpatrimoine@live.fr
www.musicpatrimoine-paysmoncontour.com

L’association propose un festival de musique dite classique en septembre avec conférences, visites, concerts dans des lieux remarquables du pays de Moncontour, châteaux, chapelles. Des artistes renommés et de jeunes talents permettent de découvrir, d’explorer le répertoire musical qui va du Moyen-Age à nos jours. Les réservations pour les concerts et les opéras sont vivement conseillées. Billetterie sur place ou sur réservation au 02 96 61 12 25. Pour le covoiturage il est possible de proposer ou de demander au 02 96 61 12 25, nous mettrons en contact. Pour l’hébergement et la restauration, renseignements : Office de Tourisme 02 96 73 49 57

21 septembre au 2 octobre 2011
Rennes, Ille-et-Villaine
Ebruitez vous !
02 99 38 97 73 – association.rhizome@gmail.com
www.rhizome.asso.fr

octobre 2011

23 septembre au 16 octobre 2011
Brest, Finistère
Festival de Musique ancienne
Comme l’eau du temps
06 42 18 48 76 – musiqueanciennebrest@yahoo.fr
www.musiqueanciennebrest.org

6 programmes hautement recommandables composent la saveur particulière de l’édition du festival brestois, Comme l’eau du temps… , l’un des fleurons musicaux en Bretagne, à la fin du mois de septembre. Bach, Rameau, Haendel, … à l’Auditorium, les interprètes choisis font palpiter les rythmes des grands compositeurs pour les instruments ou les voix. Temps forts cette année: Pièce de clavecin en concert, pour clavecin, violon baroque et viole de gambe (Françoise Langellée, Chiara Banchini, Marianne Muller, le 24 septembre); Bruno Cocset (violoncelle baroque) et Bertrand Cuiller (clavecin) dans un programme de l’Italie à Bach, le 1er octobre; enfin, Remède de Fortune de Guillaume de Machaud (Pierre Hamon, Marc et Angélique Mauillon… le 8 octobre)… festival majeur à Brest

7 au 23 octobre 2011
Lanvellec, Côtes d’Armor
25è Festival de Lanvellec et du Trégor
“Peuples du Baroque”
02 96 35 14 14 – festival.lanvellec@orange.fr
www.festival-lanvellec.fr

Le 25ème anniversaire du festival de Lanvellec et du Trégor vous invite cet automne, du 7 au 23 octobre 2011, dans les plus beaux sites du patrimoine du Trégor. Durant 3 week-ends, des royaumes des rives de la Méditerranée jusqu’au nouveau monde, en passant par la Bohême, les terres celtes et autour de l’orgue anglais Robert Dallam de 1653, partons à la rencontre des ” Peuples du baroque ” au contact des musiques populaires. Invités 2011: Suonare e Cantare, La Fenice dirigé par Jean Tubery, Arianna Savall, A Corte Musical, Les Paladins de Jérôme Correas, Léon Berben, Paul O’Dette, Jordi Savall, l’ensemble Pygmalion…

Le 23 octobre 2011
Billiers-Muzillac,Morbihan
Les Harmonies
06 87 58 42 01 – armellehiance@yahoo.fr
www.lesharmonies.com

Le festival explore les liens féconds entre musique classique et arts visuels. Concert autour de Franz Liszt (Vieux couvent à Muzillac). Œuvres de Franz Liszt, à l’occasion du 200e anniversaire de sa naissance. Frédéric Lagarde (piano), Marie-France Castarède (récitante), textes de Jean Castarède. Scénographie, Armelle Hiance

Partez à la découverte de la Bretagne au diapason des 33 festivals de musique classique qui composent sa riche partition 2011. Festivals majeurs, d’avril à octobre 2011.
Toutes les informations, tous les festivals sur le site de la Fédération des festivals de musiques classiques en Bretagne:

Centenaire Gustav Mahler (1911-2011)Arte, du 15 au 29 mai 2011

Centenaire Mahler (1911-2011)

Gustav Mahler sur Arte
Du 15 au 29 mai 2011

Mai 2011, le 18 exactement, marque le centenaire de la mort de Gustav Mahler. Arte célèbre cet événement et rend hommage à l’oeuvre du compositeur qui de son vivant ne connut pas la reconnaissance à laquelle il avait droit: ses symphonies comme le reste de son oeuvre ne furent jamais applaudies, sauf sur le tard à Vienne. La capitale autrichienne pourtant sut produire le vent de la nouveauté au début du siècle, avec les artisans du Jugenstil et de la Sécession: une période artistiquement riche d’où émerge l’oeuvre de Klimt, génie absolu de la modernité viennoise, quand Gustav Mahler à la même époque dirigeait avec un génie bien peu connu, l’Opéra de Vienne: entre 1897 et 1907, soit pendant 10 ans, le musicien, excellent chef, réalise un réforme de l’opéra avec la ccopération visionnaire de l’homme de théâtre Alfred Roller: productions nouvelles, décors originaux pour chaque ouvrage, chanteurs choisis pour leurs compétences d’acteurs comme de chanteurs…

Programmation spéciale sur Arte en mai 2011

Vienne 1900: Centenaire de la disparition de Gustav Mahler. Du 15 au 29 mai 2011. Gustav Mahler disparaît le 18 mai 1911. Pour commémorer le centième anniversaire de sa mort, ARTE propose des concerts, des portraits du compositeur et d’artistes qui ont été ses contemporains, ainsi que des documentaires sur la vie culturelle viennoise telle qu’il l’a connue.
11 rendez vous incontournables sur Arte pour l’année Gustav Mahler.

Dimanche 15 mai à 19h15
Le Cor merveilleux de l’enfant

Musique: Gustav Mahler
Direction musicale : Pierre Boulez
Avec Magdalena Kožená (mezzo-soprano), Christian Gerhaher (baryton), The Cleveland Orchestra
Réalisation: William Cosel (2010, 55 mn)
Coproduction: Clasart, The Musical Arts Association operating The Cleveland Orchestra

Le compositeur et chef d’orchestre Pierre Boulez livre une version bouleversante de Des Knaben Wunderhorn (Le Cor enchanté de l’enfant), un cycle de lieder pour voix et orchestre composés par Gustav Mahler et sans doute l’une des plus touchantes de ses compositions.
Les textes viennent du recueil Des Knaben Wunderhorn composé par Achim von Arnim et Clemens Brentano, magnifiquement servis par la mezzo-soprano tchèque Magdalena Kožená, et le baryton allemand Christian Gerhaher qui a suivi entre autres des master-classes de Dietrich Fischer-Dieskau et s’annonce comme sa talentueuse relève du XXIème siècle.

Ce concert enregistré en février 2010 au Severance Hall de Cleveland marquait également le 85ème anniversaire de Pierre Boulez et l’anniversaire de ses débuts à la tête de l’Orchestre de Cleveland, 45 ans plus tôt.

Mercredi 18 mai à partir de 20h15
Claudio Abbado dirige G. Mahler en direct de Berlin

Musique : Gustav Mahler, Le Chant de la Terre et la Symphonie n°10 en fa dièse majeur (1er mouvement adagio)
Direction : Claudio Abbado
Avec : Jonas Kaufmann, Anne Sofie von Otter, Orchestre philharmonique de Berlin
Réalisation : Michael Beyer (2011, 85mn)
Coproduction : ARTE, Accentus Music, EuroArts Music International

Sous la direction de Claudio Abbado, l’Orchestre philharmonique de Berlin célèbre Mahler en interprétant deux des dernières œuvres de ce précurseur de la musique moderne.
Claudio Abbado est parmi les plus fins connaisseurs de Gustav Mahler de notre temps, et l’un des chefs qui dirigent le mieux ses œuvres. Sa direction d’orchestre fait actuellement référence pour l’interprétation des œuvres de Mahler. Claudio Abbado découvre très tôt son amour pour la musique de ce compositeur : au début des années 1960, l’époque de la grande renaissance de la musique de ce compositeur, Claudio Abbado est assistant de Leonard Bernstein, qui justement travaille à l’intégrale des symphonies de Mahler.

En 1965, Claudio Abbado fait ses débuts sur la scène internationale en dirigeant la « Résurrection » de Mahler au Festival de Salzbourg. Plus tard, il choisit la première symphonie de Mahler pour son concert inaugural à la tête de l’Orchestre philharmonique de Berlin, et la septième pour son dernier concert à ce poste. Abbado rend également hommage à ce compositeur en fondant de nouveaux orchestres, qu’il s’agisse du Gustav Mahler Jugendorchester en 1986, du Mahler Chamber Orchestra en 1997 ou du Lucerne Festival Orchestra en 2003.

Gustav Mahler s’attelle à la composition de son « Chant de la Terre » en 1907, année où sa fille Maria décède, où il doit quitter la direction de l’Opéra de Vienne à la suite d’une campagne antisémite et où les médecins lui diagnostiquent une malformation cardiaque. Après la « Symphonie des Mille » qui brise les règles établies, le « Chant de la Terre » est marqué, surtout dans la dernière partie, par la douleur de la séparation et de la perte. Ses sons se perdent dans le néant.
De la 10e symphonie, dont la composition a débuté en 1910, Mahler n’a pu achever que le premier mouvement. Comme le « Chant de la Terre », ce morceau est fortement marqué par la thématique de la douleur et de l’appel de l’au-delà, mais il ouvre grand la voie vers la modernité : dans sa partie finale, il culmine en un accord dissonant de neuf notes, un son jusqu’alors à bien des égards inouï.

à 22h05
Mahler, autopsie d’un génie

Avec : Henry-Louis de la Grange, Anne Sofie von Otter, Thomas Hampson, Pierre Boulez, Claudio Abbado, Daniele Gatti, Daniel Harding, Jonathan Nott
Réalisateur : Andy Sommer (2011, 90 mn)
Coproduction : ARTE France, Bel Air Media

Le réalisateur Andy Sommer s’est fait connaître par ses documentaires biographiques sur les grands compositeurs, Mozart, Beethoven, Schubert et Berlioz. Il s’attaque aujourd’hui au mythe qu’est Gustav Mahler en proposant de faire l’autopsie des nombreuses facettes de ce génie musical, à la fois chef d’orchestre, directeur d’opéra et compositeur.
Voyage au cœur du monde mahlérien, ce film cherche à débusquer les légendes et les lieux communs sur Mahler en restituant le personnage au plus près de ce qu’il a été et en se tenant aux faits tels que la recherche actuelle les présente. Une enquête passionnante en compagnie d’Henry-Louis de la Grange, le biographe spécialiste mondial de Mahler.

Le film fait appel à une dramaturgie visuelle spectaculaire et grand public, inspirée à la fois par la musique de Mahler et les images des lieux où il vécut : la Bohême-Moravie de son enfance, Vienne la ville qui le rendit célèbre, Maiernigg, Toblach et les paysages alpins où il composa ses lieder et symphonies, et enfin New-York où il vécu les deux dernières années de sa vie avant de revenir s’éteindre à Vienne, sa ville tant aimée.

Le film poursuit son « autopsie » au-delà de sa mort et retrace les interprétations de sa musique par différents chefs d’orchestre jusqu’à nos jours : de Bruno Walter, Willem Mengelberg et Leonard Bernstein à Claudio Abbado, Pierre Boulez, Daniele Gatti, Daniel Harding et Jonathan Nott.

Dimanche 22 mai à 9h40
Claudio Abbado et M. Kožená interprètent Mahler au festival de Lucerne 2009

Réalisation : Michael Beyer (Allemagne, 2009, 1h20mn)
Coproduction : ZDF/ARTE, EuroArts,

ARTE poursuit depuis 2003 une riche collaboration avec le Festival de Lucerne. Une nouvelle œuvre s’ajoute cette année au cycle Mahler de Claudio Abbado et de l’Orchestre du festival : la Symphonie n° 4 en sol majeur, avec la mezzo-soprano Magdalena Kožená. Ensemble, ils interprètent également cinq lieder sur des poèmes de Friedrich Rückert.

à 19h15
Quasthoff chante Mahler : Kindertotenlieder

Réalisation : (43 mn)
Coproduction : ARTE, MDR Fernsehen, ARTHAUS Musik en collaboration avec ARTE
Enregistrement les 5 et 6 janvier 2010 au Semperoper de Dresde à l’occasion du centenaire de la
mort de Gustav Mahler

La plupart des lieder de Gustav Mahler (1860-1911) postérieurs à 1900 sont composés sur des textes de Friedrich Rückert. Ce poète allemand avait écrit, peu après la mort de deux de ses six enfants, un cycle de 428 « Kindertotengedichte ». Mahler en a choisi cinq pour les mettre en musique. Il avait lui-même onze frères et sœurs dont six étaient décédés en bas âge. Le premier de ces chants est en ré mineur, le dernier en ré majeur – comme s’il voulait clore son cycle sur une note rédemptrice. Sa femme Alma avait du mal à comprendre qu’il pût composer ses « Kindertotenlieder » pendant que ses propres enfants jouaient joyeusement dans le jardin.

Le concert donné par le baryton Thomas Quasthoff, accompagné par la Staatskapelle de Dresde sous la direction de Zubin Mehta, inaugure dignement l’année Mahler 2010. Zubin Mehta compte depuis de nombreuses années parmi les personnalités éminentes de la scène internationale. À 25 ans, il dirigeait déjà les orchestres philharmoniques de Vienne, de Berlin et d’Israël. Depuis 1994, il collabore étroitement avec la Staatskapelle de Dresde.
Quant à Thomas Quasthoff, il est un artiste d’excellence, un des musiciens les plus complets de notre époque. Pas moins de trois de ses albums ont été distingués par un Grammy – honneur que n’avait encore connu aucun autre artiste allemand.

Également au programme de ce concert, six pièces pour orchestre op. 6 d’Anton Webern (1883-1945). Ses maîtres étaient Wagner, Schönberg et surtout Mahler. Les six pièces sont très courtes mais très denses. Les musicologues parlent du principe de « composition aphoristique ». Elève d’Arnold Schönberg, Weber a repris le principe de son maître: « ma musique doit être concise », être dans l’expression plutôt que dans la construction.

Lundi 23 mai à 22h55
La 5e Symphonie de Mahler – D’un pas mesuré

Avec : Éric Frey (Gustav Mahler), Marianne Anska, (Alma Mahler), Serge Feuillard (Sigmund Freud)
Réalisation : Pierre-Henry Salfati (France, 2009, 1h)
Coproduction : ARTE France, 13 Production

Cette fiction documentaire offre un éclairage inédit sur la vie et l’œuvre de Mahler, revisitées à travers la mise en scène de son unique rencontre avec Sigmund Freud. “D’un pas mesuré” : telle est l’indication que donne Mahler au début du premier mouvement de sa Symphonie n° 5. Celle-ci s’ouvre par une marche funèbre monumentale. La fanfare de trompettes est sans doute un lointain souvenir de l’époque où Mahler, enfant, entendait les appels de la caserne d’Iglau et assistait aux défilés militaires devant la maison de ses parents. Une maison qu’il fuyait, refusant d’assister aux coups terribles que son père portait à sa mère, jusqu’à l’en faire boiter. Cet insupportable traumatisme, Mahler finira par l’évoquer avec Freud lors d’une rencontre mémorable qui bouleversa sa vie. Les deux hommes se sont promenés un jour d’août 1910. Une longue balade… d’un pas mesuré. Une promenade psychanalytique qui dura quatre heures, et que nous font revivre ici trois comédiens, parmi lesquels Éric Frey, dont la ressemblance dans le film avec le compositeur est souvent troublante.

à 00h45
Blanche Neige d’Angelin Preljocaj, musique de Gustav Mahler
Chorégraphie : Angelin Preljocaj
Avec les danseurs du ballet Preljocaj
Costumes : Jean-Paul Gaultier
Réalisation : Angelin Preljocaj (France, 2009, 1h30mn)
Coproduction : ARTE France, MK2

Blanche-Neige relooké par le chorégraphe prodige Preljocaj et l’imaginatif couturier Jean-Paul Gaultier. Un ballet déluré et romantique filmé par le chorégraphe lui-même. Des nains transformés en moines agiles, une méchante belle-mère tout de vinyle vêtue, une Blanche-Neige au décolleté ultraplongeant, des décors mouvants… Griffé par Jean-Paul Gaultier, et sous la houlette de l’inventif chorégraphe Preljocaj, le conte des frères Grimm prend des atours modernes, virtuoses, flamboyants, voire délurés… Après une tournée triomphale du ballet, dont un très beau succès à Chaillot la saison passée, Angelin Preljocaj a bien voulu jouer les prolongations pour ARTE. En transformant son théâtre en studio de montage, il est passé de la mise en scène à la réalisation, pour nous offrir une brillante version audiovisuelle de cette pièce magique.

Samedi 28 mai à 14h30
La symphonie n°2 de Mahler dirigée par Riccardo Chailly avec le Gewandhausorchester
Enregistrement les 17 et 18 mai 2011
Production MDR – 90 Min

Dimanche 29 mai à 18h15
Introduction à la Symphonie n°8 de Mahler
1ère Allemagne

à 18h25
La Symphonie des Mille dirigée par Riccardo Chailly à Leipzig
1ère Allemagne

Retrouvez sur ARTE Live Web quelques uns des concerts de l’Internationales Mahler Festival interprétés à Leipzig.

à 00h20
Valses de Vienne

Musique: Johann Straus
Wein, Weib und Gesang : Direction musicale Alban Berg
La Valse de l’Empereur opus 437, Lagunenwalzer, opus 411, Roses du Sud, opus 388 : Direction musicale Arnold Schönberg
Roses du Sud, opus 388 : direction musicale Arnold Schönberg
Valse au trésor tirée de l’opérette « Le Baron tsigane » -Direction musicale : Anton Webern
Avec The Philharmonics
Réalisation: Tilo Krause (Allemagne/Autriche 2011, 43 mn)
Production: Accentus Music

C’est au XIXe siècle que la valse viennoise conquiert les salons et les salles de bals de toute l’Europe. Sans conteste, le maître de la discipline est Johann Strauss. De sa plume sont sorties des centaines de valses, cette danse tournoyante et élégante. Un demi-siècle plus tard, trois compositeurs – des plus inattendus ! – s’emparent de ce répertoire pour l’interpréter à leur manière : Arnold Schönberg et ses élèves Alban Berg et Anton Webern.

Pourquoi ces parangons de la musique moderne ont-ils voulu revisiter la musique d’un Johann Strauss, située aux antipodes de la leur ?
Lassé par le scandale que provoquait sa musique à chacun de ses concerts et par les critiques incendiaires dont elle était l’objet, Schönberg créa en 1918 la « Société des concerts privés ». Les membres en étaient triés sur le volet, le programme musical n’était pas divulgué au préalable, les applaudissements ou sifflets n’étaient pas autorisés pendant les exécutions, tout article de presse strictement interdit. Ce modèle minimaliste n’aura valu à ladite société que des pertes financières. Devant ce fiasco, Schönberg décida d’adjoindre au programme une série de concerts publics du répertoire classique. Ainsi fut donnée, le 27 mai 1921, une « soirée de valses » avec des airs connus de Johann Strauss, adaptés pour un ensemble musical restreint et interprétées sous la baguette d’Arnold Schönberg, d’Alban Berg et d’Anton Webern.
80 ans après, The Philharmonics, formation composée de musiciens de l’Orchestre philharmonique de Vienne, interprètent dans un café viennois les splendides valses de Strauss.

Rediffusion le dimanche 5 juin à 19h15.

Julia Lezhneva chante Rossini1 cd Naïve

Récital lyrique
superlatif… Les héroïnes rossiniennes qu’a choisies avec une audace
déconcertante, au regard de son jeune âge (22 ans) Julia Lezhneva
annoncent directement les Lucia et Elvira belliniennes et
Donizettiennes… C’est dire dans quelle arène lyrique nous nous
situons: subtilité, agilité, sobriété, naturel… tout cela, la jeune
diva le maîtrise sans peine.

A star is born

Retenez bien ce nom: Julia Lezhneva. Malgré sa figure
ronde de poupée adolescente, la jeune soprano russe, née à
Loujno-Sakhalinsk en 1989, déploie dans ce premier récital
discographique, un vrai tempérament dramatique, certes, débuts oblige,
plus convaincants dans l’effusion sombre et doloriste (Elena de la Dame
du lac ou Pamira du Siège de Corinthe…) que dans la subtilité comique
(Cenerentola): le seria rossinien, tissé dans l’élégance aristocratique
la plus altière, nourri par cet idéal belcantiste d’un Rossini d’un
raffinement unique, lui va sans équivoque. Aucune réserve donc pour les
incarnations de princesse de haute lignée: solitaires et malheureuses,
blessées et sacrifiées mais toujours dignes, comme poétiquement
distanciées.

Les héroïnes rossiniennes qu’a choisies avec une audace déconcertante,
au regard de son jeune âge (22 ans) Julia Lezhneva annoncent directement
les Lucia et Elvira belliniennes et Donizettiennes… C’est dire dans
quelle arène lyrique nous nous situons: subtilité, agilité, sobriété,
naturel… tout cela, la jeune diva le maîtrise sans peine. Si l’on
souligne sa jeunesse, la beauté du timbre subjugue immédiatement:
égalité des registres, projection sûre et intense, aigus couverts,
vocalises très en place (Cenerentola), agilità de très haut vol (à peine
démonstratif, toujours idéalement placée), surtout amplitude vocale
digne des grandes interprètes. Mais à 22 ans, sa Mathilde (Guillaume
Tell) accuse un français aléatoire qui manque, intonation perfectible,
de trouble et d’inquiétude: plus poseuse qu’actrice, Julia Lezhneva a
encore du métier à accomplir.
Cette seule réserve n’ôte rien à notre enthousiasme total: le registre
seria rossinien lui va comme un gant et au sommet de ce récital, sa
Semiramide exprime toute la noble agitation de la reine babylonienne,
toute émue à l’arrivée imminente de son élu, le bel Arsace… Bel
accomplissement aussi (déjà) pour une Desdemona de l’Otello, songeuse,
ardente, et tendre, en accord avec la harpe doloriste et nostalgique
(l’instrument revient pour l’extase, éplorée mais stylée de Pamira à
Corinthe…

On scrute désormais ses prochains rôles scéniques: Rossini, Bellini,
Donizetti…? La cantatrice avait déjà donné un aperçu de son art vocal
dans l’opéra de Vivaldi, Ottone in Villa sous la direction de Giovanni Antonini.

Certes
le Sinfonia Varsovia n’est pas un orchestre réputé pour son élégance
raffinée, mais la maestro Minkowski sait en tirer de louables couleurs
(les bois profonds de la prière de Mathilde), par contre, quelle
lourdeur et quel effort (qui patine) dans une ouverture de la
Cenerentola, bien amidonnée, en manque de souffle, ne nervosité, comme
de légèreté !

Julia Lezhneva, retenez ce nom: il est promis à une
carrière exceptionnelle… si la diva conserve cet éclat vocal tout en
approfondissant la vérité de ses personnages. Mais déjà chanter Rossini,
à son âge, avec autant d’aplomb, relève d’un accomplissement admirable.
Une nouvelle étoile du chant est née.

Julia Lezhneva, soprano. Rossini (1792-1868), airs d’opéras:
La donna del Lago, Guillaume Tell, Semiramide, Otello, Cenerentola,
L’Assedio di Corinto. Sinfonia Varsovia. Marc Minkowski, direction

Radio: les événements de musique romantique française sur France Musique

Musique romantique française
sur les ondes

Concerts et opéras du romantisme français à la radio
France Musique

Chaque mois nous sélectionnons les meilleurs
programmes de musique romantique française
(récitals, opéras, cycles événements…) à
la radio (France Musique et Radio Classique pour vivre le spectacle
vivant, en particulier s’il s’agit de directs, dans votre salon!). Nous
incluons en particulier les programmes de musique qu’ils soient
interprétés par des artistes célébrés pour leur engagement en matière de répertoire français, soit
que les programmes concernés relèvent également du même “souci
d’authenticité” dans le geste artistique…
Nous entendons par romantisme français, les
tendances esthétiques et les mouvements d’idées nés après la Révolution
française et jusqu’à la fin de la première guerre mondiale… c’est à
dire la période de recherche qu’a choisi d’explorer le Palazzetto Bru Zane à Venise, Centre de musique romantique française, institution modèle en la matière.

Mardi 22 novembre 2011 à 14h05

France Musique. Debussy: Sonate violon et piano. Ravel: Trio. Julian Steckel, violoncelle. Lena Neudauer, violon. Jonathan Amer, piano. Mettlach chamber music days, juin 2011.

Vendredi 19 août 2011 à 12h05

France Musique. Duparc, Satie, Fauré, Debussy, Vines, Ravel. Mélodies par Nora Gubish, mezzo et Alain Altinoglu, piano.

Lundi 25 juillet 2011 à 20h

France Musique. Catel: Sémiramis, 1802. Maria Riccarda Wesseling, … Le Concert Spirituel. Hervé Niquet, direction. En direct de Montpellier

Lundi 25 juillet 2011 à 9h05

France Musique. Fauré: Neuf Préludes opus 103, Thèmes et Variations opus 73. Catoire: Quintette. Georges Pludermacher, piano. Quatuor Tercea

Lundi 18 juillet 2011 à 9h05

France Musique. Théodore Dubois: Le Paradis Perdu (1878).
Les Cris de Paris, solistes des Siècles. Geoffroy Jourdain, direction.
Recréation de l’oratorio clé de Théodore Dubois dans une version allégée
dans le style XIXè (en l’absence de la partition originelle pour
orchestre, hélas perdue à ce jour)

Mercredi 13 juillet 2011 à 20h05

France Musique. Ravel: La Valse. Debussy: La Mer. Orchestre de la radio bavaroise. Yannick Nézet-Séguin, direction.

Lundi 11 juillet 2011 à 20h05



France Musique. Halévy: la Magicienne. En direct de Montpellier. Orch de Montpellier. Lawrence Foster, direction. Avec Nora Amsellem…

Mardi 21 juin 2011 à 20h05






France Musique. Paul Dukas: L’Apprenti Sorcier. Orchestre National de France. Kurt Masur, direction. En direct du Musée d’Orsay à Paris

Vendredi 17 juin 2011 à 9h05






France Musique. Dupré: De Profoundis. Fauré/Hill: Requiem. BBC Singers. David Hill, direction

Samedi 11 juin 2011 à 12h35






France Musique. Debussy: l’Isle joyeuse. Dukas: Sonate en mi bémol mineur. Wonny Song, piano

Jeudi 21 avril 2011 à 9h






France Musique. Mythes, contes et légendes de la musique française...
Ravel: Ma Mère l’Oye, les entretiens de la Belle et la Bête,
laideronette… Dukas: L’apprenti sorcier. Saint-Saëns: Bacchanale de
Samson et Dalila. Delibes: Coppelia, extraits. Bizet: L’Arlésienne,
extraits. Les Siècles. François-Xavier Roth, direction
Vendredi 15 avril 2011 à 20h






France Musique. Paul Dukas: Ariane et Barbe-Bleue. Jean Deroyer, direction.
En direct de la Salle Pleyel à Paris. En complément: du 11 au 15 avril
2011 à 14h: Grands compositeurs: Paul Dukas, le fil Dukas par Marc
Dumont.
Lundi 4 avril 2011 à 9h






France Musique. Maurice Ravel: Schéhérazade, Ma Mère l’Oye… Musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Radio France
Samedi 2 avril 2011 à 12h30






France Musique. Franck: Sonate en la majeur. Veit Herternstein, alto. Lilith Grigorian, piano.

Saint-Saëns et le Prix de Rome (Niquet, 2010)Livre + 2 cd Glossa, Palazzetto Bru Zane

Saint-Saëns et le Prix de Rome

Volume 2, de la collection éditée par le Palazzetto Bru Zane, Centre de musique romantique française et les éditions Glossa, dédiée aux Prix de Rome. Après un premier recueil captivant consacré aux oeuvres académiques de Debussy (Claude Debussy et le Prix de Rome), voici l’activité de Camille Saint-Saëns, pris dans le jeu de “la fabrique à Cantates” afin de décrocher le fameux Prix romain. Mais hélas, ses tentatives furent vaines (comme s’agissant de Ravel): ni sa proposition de 1852, ni celle 12 années après, de 1864, ne suscitèrent d’enthousiasme: le compositeur quitta le banc de la compétition sans palmes ni distinction.

Superbes révélations que sont les deux cantates pour Rome: Le retour de Virginie de 1852 puis Ivanhoé (1864), dévoilant le parcours stylistique du musicien français, différemment marqué par ses influences au moment de la composition de chacune d’elle.
Virginie évoque le jeune organiste célébré, apprenant la composition chez Halévy et recyclant selon ses propres mots, les formules de Mendelssohn (ouverture Meerestille). Trop jeune, métier embryonnaire… Saint-Saëns regrette son manque de maturité, pourtant il y a dans ce monologue de Paul (très articulé Bernard Richter) attendant Virginie dont le corps sans vie lui sera rendu par les flots impétueux, une sensibilité orchestrale indiscutable, sachant sertir l’élocution du texte avec une grande maîtrise (dommage que le livret n’évite pas les mignardises fleuries: c’est le seul élément faible de la partition). La scène dramatique atteint le format de l’opéra dans le duo avec la mère Marguerite (voix ample certes mais timbre dur et métallique de Marina De Liso)…

des cantates romaines aux liturgies parisiennes

D’après Walter Scott, Ivanhoé montre une toute autre esthétique en 1864 sur un sujet exotique: Rebecca, israélite prisonnière du templier en Palestine, Bois-Guilbert, doit assumer la proposition de son geôlier qui veut l’épouser et la faire renoncer à sa foi: mais Ivanhoé la libère, tuant Bois-Guilbert, avant de mourir lui-aussi mortellement blessé… A la surprise générale, le jury présidé par Auber attribue le premier prix à … Sieg, le second à Saint-Saëns, plutôt défait. D’autant que le compositeur s’était distingué en 1853 avec sa Première Symphonie et l’écriture de musique d’église parmi la plus aboutie du Second Empire (Motets). Ivanhoé annonce déjà l’écriture dramatique de Samson (dont Saint-Saëns travaille l’acte II dès 1867!), un souffle symphonique dense et impétueux, résolument verdien (Le Trouvère n’est pas loin) qui accentue la rivalité du baryton (Guilbert) et celle du ténor (Ivanhoé) qui se disputent le coeur de la belle israélite Rebecca…
Malgré ses insuccès pour le Prix de Rome, Saint-Saëns, âgé de 25 ans en 1864, allait cependant atteindre à la gloire lyrique grâce à Samson et Dalila, son grand oeuvre dont la forme orchestrale balance entre l’opéra et l’oratorio. Plus tard élu à l’Institut en 1881, il sera de nombreuses fois membre du jury pour le Prix de Rome. En 1904, Saint-Saëns est même pressenti pour diriger la Villa Medicis, mais il déclinera cette offre pour préserver sa santé et aussi son indépendance d’interprète…

L’apport des articles éclaire les rapports de Saint-Saëns avec la filière académique et l’organisation du Concours de composition dramatique (chapitre intitulé: “Camille Saint-Saëns, témoignages sur le prix de Rome”... ): en musicien soucieux de l’apprentissage des jeunes talents français, le compositeur s’interroge sur les enjeux du Prix, son fonctionnement: il critique la solitude des pensionnaires à Rome, le manque d’accompagnement de l’Institution dans la reconnaissance et la réception critique de leurs envois… En témoigne son commentaire légitime quand aux conditions de création des oeuvres sous la coupole des Beaux-Arts: concert unique, aboutissement bancale de répétitions insuffisantes où de surcroît les partitions sont même recoupées et d’autant dénaturées !
En complément, un éclairage double met en lumière la très riche (et si méconnue) musique religieuse au XIXè, sous le Second Empire et jusqu’à la Troisième République: un monde foisonnant de ferveur contrastée et nostalgique (avec ses “néo” et ses “post”, dans le culte des grands polyphonistes tel Palestrina…): Saint-Saëns, qui a donc échoué pour le Prix de Rome se tourne très vite à l’orgue et dans l’écriture des liturgies dominicales: le 2è cd du coffret nous offre un aperçu éloquent de son inspiration: qu’il s’agisse des Motets au Saint Sacrement (superbes Ave Maria et Deus Abraham, sans omettre l’Ave Verum), des extraits de la Messe opus 4 (1857), ou de l’Ode d’après un texte de Jean-Baptiste Rousseau (1864)… Le choeur des Sylphes, extrait de Zirphile et fleur de myrte (1852) ajoute à l’exploration réussie de l’écriture chorale d’un Saint-Saëns, maître de la couleur et de la mélodie suave. Plus qu’un témoignage discographique convaincant, grâce à l’engagement des troupes réunies par Hervé Niquet, le présent coffret présente le double argument de la lecture défricheuse et de l’écoute de trésors inestimables. Superbe édition.

Camille Saint-Saëns et le Prix de Rome, Musiques du Prix de Rome, volume 2. Livre + 2 cd. Ivanhoé (1864), Le Retour de Virginie (1852). Ode, Choeur de Sylphes, Messe opus 4, Motets au Saint Sacrement. Brussels Philharmonic, the Orchestra of Flanders, Flemish Radio Chor. Julie Fuchs, Marina De Liso, Solenn’Lavanant Linke, Bernard Richter, Pierre-Yves Pruvot, Nicolas Courjal, François Saint-Yves. Hervé Niquet, direction.

YouTube Symphony Orchestra, direct de Sydney YouTube, dimanche 20 mars 2011 à partir de 20h

YouTube Symphony Orchestra
en direct de l’Opera de Sydney

sur YouTube, le 20 mars 2011 à 20h (heure locale)

Assistez au concert exceptionnel du YouTube Symphony Orchestra 2011 à l’Opéra de Sydney en direct sur YouTube

La représentation finale accompagnée de projections sur les voiles extérieures de l’Opéra de Sydney seront diffusées en direct sur YouTube dans le monde entier, dimanche 20 mars 2011 à partir de 20h

Le YouTube Symphony Orchestra 2011 est un projet monté en partenariat avec l’Orchestre Symphonique de Londres, l’Orchestre Philarmonique de Berlin, l’Orchestre Symphonique de Sydney et d’autres institutions de premier plan du monde de la musique classique.

Les 101 musiciens du YouTube Symphony Orchestra 2011 se produisent le 20 mars prochain à l’Opéra de Sydney en direct sur YouTube. L’orchestre rassemble des musiciens issus de plus de 30 pays qui ont été sélectionnés lors d’une audition mondiale en ligne sur YouTube. Ils ont participé à une semaine de répétitions et de concerts sur la scène mythique de l’Opéra de Sydney sous la direction du chef d’orchestre Michael Tilson Thomas.

Les voiles de l’Opéra de Sydney serviront de toile de fond à un show lumière créant un environnement multimédia composé d’œuvres d’art, d’effets visuels et d’une vidéo du concert diffusée en temps réel à l’extérieur et à l’intérieur de ce bâtiment mythique. Ces projections seront retransmises en simultané du concert pour le public présent au port de Sydney et les internautes du monde entier.

Le concert final constitue, pour les musiciens du YouTube Symphony Orchestra, l’aboutissement d’une aventure qui a débuté par la mise en ligne d’une audition vidéo sur YouTube. Sélectionné par un jury d’experts issus des plus grands orchestres du monde puis soumis au vote des internautes, l’orchestre est composé de musiciens amateurs et professionnels, âgés de 14 à 49 ans.

A Sydney, avant le concert final du 20 mars 2011, les musiciens se sont retrouvés dans le cadre de représentations de rue, de concerts, de cours et de répétitions.

La représentation finale débutera, ce dimanche 20 mars, à 20h, heure locale. Elle sera diffusée en direct sur la chaîne du YouTube Symphony Orchestra, http://youtube.com/symphony, et depuis la page d’accueil de YouTube dans plus d’une douzaine de pays.

Connectez vous immédiatement sur le site www.youtube.com/sydney pour découvrir l’heure exacte de la diffusion en direct depuis Sydney

Opéras en direct sur Arte, depuis Rome et VienneNabucco le 17 mars, Anna Bolena le 5 avril 2011

Verdi

Nabucco, 1842

Jeudi 17 mars 2011 à 22h15

En direct de l’Opéra de Rome

Pour célébrer les 150 ans de l’unité italienne, Ricardo Muti dirige une nouvelle production de Nabucco, emblématique opéra de Verdi, représenté à l’Opéra de Rome en mars 2011. Le prétexte de l’action antique permet d’exalter la foi patriotique de la nation italienne. Les opéras de Verdi deviennent des manifestes pour la future unité du pays.
L’ouvrage évoque l’épisode biblique de l’esclavage des juifs à Babylone symbolisé par le choeur de la troisième partie, le « Va pensiero » des hébreux auxquels s’identifiait la population milanaise alors sous occupation autrichienne. Les options scéniques et le jeu des acteurs accusent le profil des individus faisant de l’opéra historique et biblique, une fresque saisissante par la psychologie des caractères:
« J’ai fait une proposition idéaliste mais qui n’échappe pas à l’histoire. C’est le choc des personnages qui doit dominer. Pas le contexte biblique. Il n’y aura pas de décorum, le décor sera très abstrait. Je veux échapper à une version littérale de Nabucco. Ce qui est important c’est l’énergie qui est insufflée par Verdi : l’alternance rapide de petites scènes tendues et de grandes masses chorales, un désordre naturel, un opéra pris entre la forme et la vie », déclare le metteur en scène Jean-Paul Scarpitta.

Pas un spectateur qui ne connaisse le thème de « Va piensero », le grand coeur du troisième acte de Nabucco. L’opéra est davantage que ce seul choeur, mais la popularité de ce dernier, donne un formidable pouvoir d’attraction à l’opéra. Tour à tour humble et puissant, à peine murmuré et chant de combat ; c’est un objet musical comme l’art lyrique en compte peu.
Mais s’il joue pleinement son rôle efficace pour hausser encore l’attention du spectateur au milieu de l’oeuvre, « Va pensiero » n’est pas – et de loin – le seul atout de Nabucco.
L’opéra est particulièrement riche en coups de théâtre, la partition est un festival d’idées simples et efficaces, d’une audace et d’une originalité inédites, c’est une explosion d’imagination musicale.
Quant aux personnages, Verdi invente une musique conforme à leur immense envergure. Les trois principaux sont Nabucco, roi de Babylone, Zaccaria grand prêtre de Jérusalem et Abigaille, fille de Nabucco. Quant au choeur, quatrième personnage essentiel, il se manifeste dès avant le fameux « Va piensero ». Il est présent dès le début de l’opéra dans une incroyable scène de panique où l’on annonce que Nabucco assiège Jérusalem et il achève l’ouvrage d’un majestueux « Immenso Jehova ! »

Riccardo Muti grand spécialiste de la fièvre dramatique propre à Verdi apportera t il ce muscle expressif et la noblesse du style dont il est capable? En Nabucco, le toujours vaillant baryton Leo Nucci (sexagénaire) devrait s’affirmer au sommet de la distribution. Il sera entouré de la basse Dmitri Beloselskiy, l’un des solistes du Bolchoï et d’Elisabete Matos, cantatrice portugaise qui ne manque pas de moyens.

Verdi: Nabucco (Milan, 1842)
en direct du Teatro dell’Opera di Roma
Opéra en quatre actes
Musique : Giuseppe Verdi
Livret : Temistocle Solera
Direction musicale : Riccardo Muti
Avec : Leo Nucci (Nabucco), Antonio Poli (Ismaël), Dmitry Beloselskiy (Zaccaria), Elisabete Matos (Abigaille), Ezgi Kutlu (Fenena)
Orchestre et Choeur de l’Opéra de Rome
Chef de choeur : Roberto Gabbiani
Mise en scène : Jean-Paul Scarpitta
Costumes : Maurizio Millenotti
Lumières : Urs Schönebaum
Réalisation : Lorena Sardi (2011-1h50)
Coproduction : ARTE France, Cinétévé, RAI Trade. Soirée présentée par Annette Gerlach

Donizetti

Anna Bolena
, 1830

Mardi 5 avril à 20h15
En direct de l’Opéra de Vienne

En direct de l’opéra de Vienne, Anna Bolena de Gaetano Donizetti s’annonce comme un grand moment lyrique. Anna Netrebko, Elina Garança, Elisabeth Kulman et Ildebrando d’Arcangelo sont les interprètes prometteurs de ce chef d’œuvre du belcanto. La mise en scène est signée Eric Génovèse, Evelino Pidò est au pupitre.

Il n’a fallu qu’un mois à Gaetano Donizetti pour composer Anna Bolena d’après un livret de Felice Romani alors qu’il séjournait dans la villa de la célèbre chanteuse Giuditta Pasta. Pour la création de l’œuvre à Milan en 1830, Giuditta Pasta assure le rôle-titre. Un succès triomphal place d’emblée Donizetti aux côtés de Vincenzo Bellini parmi les plus importants compositeurs d’opéras italiens. L’œuvre conquiert rapidement les scènes du monde entier. A peine trois ans après sa création, Anna Bolena fait ses débuts dans l’univers germanophone à Vienne – pour autant l’œuvre n’avait encore jamais été montée au Staatsoper de Vienne. Sa richesse mélodique et une dramaturgie musicale aboutie en font, le favori des grands interprètes.
La subtilité du bel canto requis n’empêche pas l’engagement expressif de tous les chanteurs.

Anna Bolena créé en 1830 à la Scala, est le premier grand succès de Donizetti,
auteur de plusieurs ouvrages mais qui était encore resté dans l’ombre
du grand Rossini. C’est aussi le premier ouvrage lyrique de Donizetti
découvert par les parisiens au Théâtre Italien en 1831. Opéra seria,
héroïque et tragique, aristocratique et conflictuel, en deux actes, Anna
Bolena dévoile l’écriture spécifique du bel canto donizettien: chant
exacerbé mais hautement articulé, intense et pleinement incarné; son
réalisme annonce évidemment le vérisme à la fin du siècle. Donizetti
réussit ce drame musical et théâtral grâce à la première collaboration
avec le poète Felice Romani, habituel librettiste de Bellini à la même
période. Romani écrira ensuite pour Donizetti, L’Elixir d’amore et
Lucrecia Borgia. Oublié début XXè, l’oeuvre est retrouvée par Callas
dans la scénographie de… Visconti.
A la création, La Pasta incarne le chant radical et
grave de la belle Boleyn; toute les divas ont souhaité offrir sang et
fureur à un personnage passionné, amoureux, fier et digne, dont le
supplice est un aboutissement assumé. Donizetti et Felice marque cette
course à l’abîme en quelques passages clés: le fameux air de Percy (Vivi tu, te ne scongiuro: à l’origine créé par l’immense Rubini), la confrontation des deux femmes (Anna et Giovanna), enfin la dernière scène au supplice avant la décollation: Al dolce guidami, modèle de l’air noble et tragique. En lire +

La mise en scène est signée Eric Génovèse, sociétaire de la Comédie Francaise. Connu pour ses prestations d’acteur et de récitant, il est aussi metteur en scène depuis 2001, et a monté sa première pièce, Les Juives, au Théâtre du Marais. Rigoletto à l’Opéra National de Bordeaux a marqué ses débuts à l’opéra.

Le chef d’orchestre Evelino Pidò a entre autres suivi les cours de la Musikhochschule de Vienne. Lors de l’ouverture du Festival des trois mondes à Melbourne, il a dirigé Madame Butterfly…

Anna Netrebko et Elina Garança composent un duo prometteur dans le rôles des deux femmes opposées.

Réalisateur : Brian Large. Coproduction : ORF, ARTE, Unitel Classica (2011)

Giuseppe Verdi: Luisa Miller, 1849. Oren, DefloParis, Opéra Bastille. Du 7 mars au 1er avril 2011

Giuseppe Verdi 1813-1901)
Luisa Miller, 1849

Les spectateurs à l’Opéra Bastille ne devraient pas se fier à
l’apparente innocence des décors de la mise en scène conçue par Gilbert
Deflo: vertes prairies, montagnes décoratives d’un Tyrol d’épinal… Ce
que se passe sur scène est bien noir et tragique, d’une implacable
horreur: deux jeunes coeurs romantiques y sont bien sacrifiés par leurs
géniteurs, directement (Walter) et indirectement (Miller) impliqués. La
force de Verdi est de porter le mélodrame de Schiller vers l’action
sanguinaire où deux âmes trop pures sont égorgées, ni plus ni moins.
Luisa,
fille d’un soldat à la retraite qui a le sens de l’honneur, aime
Carlo qui en fait, n’est autre que Rodolfo, fils du Comte Walter, lequel
aurait bien préféré voir sa progéniture épouser la riche Duchesse
d’Ostheim. Machiavéliques, pernicieux et manipulateurs, le Comte Walter
et son secrétaire Wurm, véritable suppôt du diable, piègent la pauvre
Luisa, coeur innocent trop vulnérable pour résister à la barbarie
environnante. Mais à vouloir forcer la jeunesse, les pères trop
inflexibles, perdront celle et celui en lesquels ils avaient déposé leur
avenir.

Luisa Miller met fin à une première période créative où Verdi avait
surtout mis en avant l’hymne triomphal des choeurs patriotiques, ce qui
lui avait valu un succès immédiat auprès de la nation italienne remontée
contre les autrichiens , pour reconquérir leur indépendance. La partition plus
intimiste, plus serrée, tragique et noire, annonce les grands ouvrages
dramatiquement fulgurants que sont Rigoletto / Traviata / Trouvère (qui
composent la fameuse trilogie de la maturité).

Verdi approfondit en miroir avec la psychologie de plus en plus
nuancée de ses personnages, la part de l’orchestre, qui impose de
nouveaux climats poétiques, dévoilant entre autres, de superbe pages où
le sentiment de la nature s’épanche sans limite. Le seul rôle de Luisa
suffit à comprendre tous les registres convoqués par Verdi: ni vraiment
légère, ni trop crédule, pas encore déterminée: Luisa est un coeur
loyal, aveuglée par sa candeur et sa pureté.

Opéra en trois actes. Livret de Salvatore Cammarano d’après le drame
Kabale und Liebe de Friedrich Schiller. A l’affiche de l’opéra Bastille,
du 7 mars au 1er avril 2011
. Mise en scène, Gilbert Deflo. La reprise de la production est d’autant plus prometteuse qu’elle affiche deux tempéraments lyriques à suivre: Krassimira Stoyanova (Luisa) et Marcello Alvarez (Rodolfo)…

Illustration: Giuseppe Verdi (DR)

Richard Wagner: Siegfried. Günther KrämerParis, Opéra Bastille. Du 1er au 30 mars 2011

Richard Wagner
Siegfried

Du 1er au 30 mars 2011
Philippe Jordan
, direction
Günter Krämer, mise en scène

Krämer acte III: après L’Or du Rhin et La Walkyrie, voici le Siegfried de Günter Krämer sur les planches de Bastille. Suite attendue du premier Ring wagnérien à Bastille… L’oeuvre du scénographe et malgré les critiques ici et là soulevées, bien peu légitimes à notre avis au regard de la cohérence de la scénographie, poursuit son souffle épique et … défaitiste: pour Krämer et en cela des plus fidèles à la vision de Wagner sur le mythe du héros germanique, l’homme qui s’apprête à tuer le dragon se fourvoie; il se montre même bien indigne de sa valeur; celui qui ne connaît pas la peur et qui avait l’étoffe du nouvel homme, se montre intrépide mais irréfléchi; audacieux mais fatalement naïf. C’est la victime née pour les manipulateurs politiques: ce qui lui arrivera à la cour des redoutables Gibichungen (dont Hagen sera son assassin) , dans le dernier acte de la Tétralogie, Le Crépuscule des dieux

Pas d’issue pour le héros qui ne sait pas comprendre le pouvoir de l’amour… celui de la loyale et si touchante ex Walkyrie, Brünnhilde. Si l’opéra nous offre des sujets à méditer, Siegfried en serait l’emblème car le champion proclamé n’a rien d’exemplaire et Wagner démêle la machine qui le mène à sa perte. On s’étonne alors que les prussiens patriotes et nationalistes, Bismark en tête, en une compréhension bien peu critique, et une adoration aveugle, en ait fait son modèle !
La mise en scène poursuit donc sa lecture réaliste, d’une alchimie minutieuse; elle souligne tout ce qui sépare le début de l’opéra, marquant par sa pulsion juvénile, son déchainement “pubertaire” (dixit le metteur en scène) et son achèvement dans l’acte III (écrit 10 ans après par un Wagner totalement différent) qui tourne autour des deux amants magnifiques, Siegfried et Brünnhilde, en une étreinte fusionnelle qui peut être née d’une incompréhension fondamentale: le héros est il prêt à aimer lui qui n’a jamais renoncé comme l’a fait la Walkyrie déchue? En lui, s’accumule la tension nouvelle que provoque sa découverte de la femme, créature inconnue, étrangère… En elle, se presse la peur et le remord: sa faute rejaillit sur Siegfried: l’ex Walkyrie est devenue une simple mortelle pour avoir protéger les parents de celui qui vient à sa rencontre (après avoir vaincu le mur du feu qui la protégeait), mais Siegfried est-il vraiment cet être de feu, lumière du nouveau monde à bâtir? En d’autres termes, le jeune homme est-il à la mesure du sacrifice surmontée par la jeune guerrière reniée par son père?

Au final qu’avons nous? Un jeune dieu au potentiel énorme mais qui confronté à la vile société des hommes (synthétisée par Wotan, ce comédien perverti et corrompu devenu Wanderer qui voyage masqué, et qui ne contrôle plus rien…), connaît un destin tragique. S’il semble d’abord forgé pour ignorer la peur, Siegfried se confronte à la nature dans un rapport onirique (la forêt, le dragon et surtout l’oiseau) dont Günter Krämer souligne la portée magique, le pouvoir poétique et symboliste, voire surréaliste entre Baudelaire et Rimbaud. Sa mise en scène devrait préciser ce rapport souvent minimisé entre le jeune homme et la Nature qui détermine sa place et son identité.

En véritable scénographe, Günter Krämer trouve dans Siegfried un juste équilibre entre désillusion réaliste et tragique, et onirisme tendre. S’il suit Wagner sur les traces d’un désenchantement lucide, le dramaturge rétablit aussi la matière humaine de la tragédie: rien n’est encore explicitement résolu dans Siegfried; au contraire tous les possibles restent ouverts à partir de la rencontre entre l’homme et la femme… Mais leur union sera-t-elle aussi prometteuse que le couple antérieur, Siegmund et Sieglinde, les jumeaux incestueux qui au coeur de la tourmente et de l’enfer, incarnait le miracle de l’amour? Depuis son début, ce Ring mémorable sait trouver une voie idéale entre réalisme et historicisme: les mythes et légendes que Wagner recycle, servent un regard profondément désenchanté (en cela inspiré comme on sait de Shopenhauer); mais sans lourdeur ni déjà vu, le metteur en scène germanique réinscrit l’opéra wagnérien dans une visio historique, n’hésitant pas à expliquer pourquoi l’impérialisme prussien et l’expansion hégémonique nazie ont cru voir dans l’emprise rêvée de Wotan, une préfiguration de leurs propres aspirations à la conquête du monde… En outre, Günther Krämer ajoute ce parfum subtil qui porte malgré et contre tout, un espoir et une tendresse pour l’avenir de l’homme… un amour qui passe par la femme, en l’occurance Brünnhilde. Voilà longtemps que nous n’avions pas redécouvert et apprécié une tétralogie visuellement cohérente, de plus, bénéficiant jsusque là d’un cast vocal superlatif, dans une tenue orchestrale, chambriste et incarnée, celle que dirige avec un aplomb souvent irrésistible Philippe Jordan. Production incontournable.

Siegfried, suite de la Tétralogie à l’Opéra Bastille, mise en scène par Günter Krämer. Production événement. Jusqu’au 30 mars 2011.

Diffusion sur France Musique samedi 9 avril 2011 à 18h
Illustration: Günther Krämer (DR)

Bruno Mantovani: Akhmatova, création mondialeParis, Opéra Bastille, du 28 mars au 13 avril 2011


Bruno Mantovani


Akhmatova

création mondiale

Paris, Opéra Bastille

Du 28 mars au 13 avril 2011

Pascal Rophé, direction
Nicolas Joel, mise en scène

C’est l’événement lyrique de mars 2011 à Paris: Bastille accueille le nouvel opéra de Bruno Mantovani, inspiré par la vie de la poétesse russe Anna Akhmatova (1889-1966). Le livret est écrit par Christophe Ghristi qui retrace cet engagement particulier de l’écrivain, témoin des pires heures de la terreur stalinienne: Que peut, que doit faire un artiste soumis à la barbarie ordinaire d’un régime autocratique?

La réponse est d’autant plus intéressante que l’Opéra Bastille semble la poser une seconde fois, après l’entrée au répertoire récente de l’opéra oublié de Paul Hindemith: Mathis le peintre (1938). La partition fut une révélation (décembre 2010) et marquait en lettres d’or, l’héroïsme humaniste du créateur, prenant la défense du peuple contre les figures de la tyrannie. Même s’il renonce au monde, en un acte suprême d’engagement, finissant solitaire, Mathis c’est Hindemith lui-même s’insurgeant contre le régime fasciste hitlérien.

Silence, voix de la conscience

Avec Akhmatova, Bruno Mantovani et Christophe Ghristi abordent eux aussi le thème moteur de la conscience de l’artiste mais ici volontairement replié dans le silence. Anna Akhmatova est une figure interdite par le régime, écartée des réseaux de publication et de diffusion; sa résistance est intérieure mais aussi douloureuse car à la frustration du poète condamné à l’ombre, les auteurs mettent en lumière surtout, la peine de la mère vis à vis de son propre fils, Lev, qui fut plusieurs fois inquiété puis emprisonné (à deux reprises précisément en 1938 puis après la deuxième guerre mondiale, déporté en Sibérie jusqu’en 1956): le fils reproche à sa mère de ne pas avoir su combattre ouvertement les autorités pour l’en faire sortir. C’est donc un drame humain doublé d’une position politique, entre silence et souffrance. Akhmatova écrit Requiem, offrande à la souffrance humaine dont celle de son fils et de toutes les victimes de la terreur organisée, celle des purges staliniennes.

La poétesse est connue des parisiens car née en 1899, elle épouse l’écrivain (et poète lui aussi) Nikolaï Goumilev (photo ci contre) qui l’emmène entre autres à Paris où Modigliani la portraiture en une série de dessins restés célèbres réalisés au début des années 1910 (celui de 1911 est l’affiche de la production à l’Opéra Bastille). Son écriture rompt avec l’esthétique symboliste, revendique la simplicité de la langue (acméisme fondé avec son compagnon Goumilev), mais avec la Révolution de 1917, la poétesse est mise à l’index, rejetée par la censure officielle et taxée de pensée bourgeoise. Pendant le siège de Leningrad, son poème Courage est publié à la Une de la Pravda (1942), hymne patriotique récupéré par les bolchéviques pour renforcer l’esprit de résistance du peuple assiégé. Après la seconde guerre mondiale, Anna Akhmatova est la cible comme Chostakovitch, de l’ignoble Jdanov, qui impose un régime d’inquisition artistique. Haineux, le censeur déclare à son encontre, c’est “une nonne ou une putain, ou plutôt à la fois, une nonne et une putain qui marie l’indécence à la prière”. Elle rejoint la colonie d’artistes maudits, oubliés par le régime, à Tachkent. Ce n’est que la mort de Staline qui lui ouvre les portes d’une renaissance publique: ses oeuvres sont enfin publiées.

Opéra pour mezzo

Pour Bruno Mantovani, l’opéra Akhmatova lui offre l’opportunité d’un vrai grand rôle féminin, en particulier écrit pour la mezzo mahlérienne et wagnérienne, Janina Baechle. Le mezzo retenu ici communique de façon charnel avec le ténor de bravoura, réservée pour la voix du fils, tendue en reproches et pointes amères.

L’écriture se veut introspective, volontiers sombre et grave, dont la couleur générale serait celle de l’orgue, avec une place privilégiée pour les parties de trombones, cors, clarinettes basses et accordéon. Mantovani suit la courbe intérieure du texte, celle du retrait, de l’indicible et du mystère. Anna Akhmatova demeure une créatrice singulière, indéfinissable, qui semble étrangement absente à la réalité, comme si pour se préserver de l’insupportable, elle ne souhaitait pas prendre parti sur les événements. C’est une partition inspirée par l’atmosphère du lied schubertien, qui comprend aussi des airs et des ensembles, et qui respecte à la lettre cette esthétique de l’épure, de l’allusif, de “l’économie” que revendique les figures et l’architecture du livret.

Avec Akhmatova, Mantovani compose sa seconde partition, commande de l’Opéra national de Paris, après le ballet créé en 2010, Siddharta (chorégraphié par Angelin Preljocaj), accueilli avec tiédeur par le public et les professionnels.
Akhmatova est au final un opéra introspectif pour voix de mezzo; son apparente inaction est a contrario la figure expressive d’un combat, celui d’une poétesse et d’une mère à la conscience exacerbée.

Illustrations: Anna Akhmatova par Modigliani (1911), avec son époux Nikolaï Goumilev, de profil en 1924 (DR)

Rossini: Il Barbiere di Siviglia, 1816Liège, Palais Opéra. Du 11 au 22 mars 2011


Gioacchino Rossini


Il Barbiere di Siviglia
, 1816

Le Barbier de Séville
Du 11 au 22 mars 2011
Liège, Palais Opéra

Champion du genre seria, Rossini, dans l’Italie sous occupation
autrichienne, après s’être attaqué en réformateur et concepteur d’une
nouvelle virtuosité vocale, entend dans les années 1810, rehausser l’art
du Buffa. Après deux “turqueries” (pour s’échauffer), l’Italienne à
Alger puis Le Turc en Italie, sa verve géniale trouve un nouveau point
d’accomplissement dans Le Barbier de Séville, perle buffa créé à l’Argentina à Rome en 1816 d’après Beaumarchais (1775).
Le comte Almaviva, de retour à Séville où son ancien serviteur est
devenu Barbier, entend séduire et conquérir la belle Rosine… Or
celle-ci est séquestrée par son tuteur, le docteur Bartolo qui a
entrepris de l’épouser ni plus ni moins. Avec la complicité de Figaro,
Almaviva (déguisé en Lindor puis Alonzo) réussit son projet: après moult
péripéties et rebondissements nourrissant l’action des 2 actes, le
jeune séducteur peut épouser la jeune femme car il renonce à sa dot: et
Bartolo plus vénal que romantique se laisse amadouer dans ce jeu où
l’argent fait tout.

Paolo ARRIVABENI, direction
Stefano MAZZONIS di PRALAFERA, Mise en scène

Orchestre et Choeurs
Opéra Royal de Wallonie
Chef des Choeurs
Marcel SEMINARA

Rosina: Sumi JO
Figaro: Nicola ALAIMO
Dottore Bartolo: Bruno DE SIMONE
Il Conte Almaviva: Sergei ROMANOVSKY
Don Basilio: Carlo LEPORE
Berta: Alexise YERNA
Fiorello: Patrick DELCOUR

Le jeune compositeur frappe très fort: il se souvient de la psychologie
mozartienne (celle des Noces également inspirée de … Beaumarchais),
mais aussi des ensembles ébouriffants de Mozart; surtout Rossini égale
sinon surclasse le précédent Barbier sévillan de… Paisiello, gloire
européenne adulée de l’Empereur, et depuis sa création en 1782, (à
Saint-Pétersbourg), réputé… inégalable.

Malgré le scandale et la cabale orchestrés par les partisans de
Paisiello venus détruire le nouveau chef-d’oeuvre, le Barbier rossinien
s’impose dès la seconde et remporte un triomphe avec la troisième
représentation romaine. Rossini y démontre sa séduction mélodique, son
intelligence dramatique, la fine caractérisation des personnages, un
geste lyrique qui dépasse tous les buffas napolitains connus jusque là.
Monsieur crescendo (écoutez l’air de la calomnie réservée au
maître de musique de Rosina, Basilio; mais aussi tout le final trépidant
du I), concepteur d’une vocalità éblouissante qui développe le
tempérament des caractères (air de Rosina, une voce poco fa)…
Rossini dévoile son génie grâce au Barbier.

Verdi: Nabucco, 1842. En direct de RomeArte, jeudi 17 mars 2011 à 22h15

Verdi
Nabucco
(Milan, 1842)

Opéra en direct
en direct du Teatro dell’Opera di Roma
Arte
Jeudi 17 mars 2011 à 22h15

Pour célébrer les 150 ans de l’unité italienne, Ricardo Muti
une nouvelle production de Nabucco, emblématique opéra de Verdi,
représenté à l’Opéra de Rome en mars 2011. Le prétexte de l’action
antique permet d’exalter la foi patriotique de la nation italienne. Les
opéras de Verdi deviennent des manifestes pour la future unité du pays.
L’ouvrage
évoque l’épisode biblique de l’esclavage des juifs à Babylone symbolisé
par le choeur de la troisième partie, le « Va pensiero » des hébreux
auxquels s’identifiait la population milanaise alors sous occupation
autrichienne.
« J’ai fait une proposition idéaliste mais qui
n’échappe pas à l’histoire. C’est le choc des personnages qui doit
dominer. Pas le contexte biblique. Il n’y aura pas de décorum, le décor
sera très abstrait. Je veux échapper à une version littérale de Nabucco.
Ce qui est important c’est l’énergie qui est insufflée par Verdi :
l’alternance rapide de petites scènes tendues et de grandes masses
chorales, un désordre naturel, un opéra pris entre la forme et la vie »,
déclare le metteur en scène Jean-Paul Scarpitta.

Pas
un spectateur qui ne connaisse le thème de « Va piensero », le grand
coeur du troisième acte de Nabucco. L’opéra est davantage que ce seul
choeur, mais la popularité de ce dernier, donne un formidable pouvoir
d’attraction à l’opéra. Tour à tour humble et puissant, à peine murmure
et chant de combat ; c’est un objet musical comme l’art lyrique en
compte peu.
Mais s’il joue pleinement son rôle efficace pour hausser
encore l’attention du spectateur au milieu de l’oeuvre, « Va pensiero »
n’est pas – et de loin – le seul atout de Nabucco.
L’opéra
est particulièrement riche en coups de théâtre, la partition est un
festival d’idées simples et efficaces, d’une audace et d’une originalité
inédites, c’est une explosion d’imagination musicale.
Quant aux
personnages, Verdi invente une musique conforme à leur immense
envergure. Les trois principaux sont Nabucco, roi de Babylone, Zaccaria
grand prêtre de Jérusalem et Abigaille, fille de Nabucco. Quant au
choeur, quatrième personnage essentiel, il se manifeste avant le fameux «
Va piensero ». Il est présent dès le début de l’opéra dans une
incroyable scène de panique où l’on annonce que Nabucco assiège
Jérusalem et il achève l’ouvrage d’un majestueux « Immenso Jehova ! »

Riccardo Muti
grand spécialiste de la fièvre dramatique propre à Verdi apportera t il
ce muscle expressif et la noblesse du style dont il est capable?
En Nabucco, le toujours vaillant baryton Leo Nucci (sexagénaire) devrait s’affirmer au sommet de la distribution. Il sera entouré de la basse Dmitri Beloselskiy, l’un des solistes du Bolchoï et d’Elisabete Matos, la très renommée cantatrice portugaise.

Verdi: Nabucco, 1842
Opéra en quatre actes
Musique : Giuseppe Verdi
Livret : Temistocle Solera
Direction musicale : Riccardo Muti
Avec
: Leo Nucci (Nabucco), Antonio Poli (Ismaël), Dmitry Beloselskiy
(Zaccaria), Elisabete Matos (Abigaille), Ezgi Kutlu (Fenena)
Orchestre et Choeur de l’Opéra de Rome
Chef de choeur : Roberto Gabbiani
Mise en scène : Jean-Paul Scarpitta
Costumes : Maurizio Millenotti
Lumières : Urs Schönebaum
Réalisation : Lorena Sardi (2011-1h50)
Coproduction : ARTE France, Cinétévé, RAI Trade. Soirée présentée par Annette Gerlach
Illustration: Nabuchodonosor et Semiramis font construire Babylone (Lebrun).

Donizzetti: Don Pasquale, 1843. Ossonce, PasqualettoTours, Opéra. Les 26, 28 et 30 janvier 2011


Gaetano Donizzetti


Don Pasquale
, 1843

Opéra de Tours

Les 26, 28 et 30 janvier 2011

Jean-Yves Ossonce, direction
Sandro Pasqualetto, mise en scène

Créé au théâtre Italien à Paris, Don Pasquale souligne l’engouement des parisiens pour le pur buffa italien qui depuis le XVIIIè et la Querelle des Bouffons (1762) ne s’est jamais vraiment démenti dans la capitale française. Le succès est immédiat porté entre autres par une distribution exemplaire dont fait partie La Grisi (Norina), mezzo sombre au tempérament époustouflant dans un rôle qui est après repris par les sopranos légers. C’est qu’à la farce sociale et aux ressorts de la comédie de moeurs classique digne du théâtre des boulevards, Donizetti et son librettiste Ruffini savent aussi émouvoir en approfondissant l’humanité du protagoniste: même ridicule, le vieux célibataire Pasquale (un barbon ventru, ridicule, grotesque) qui souhaite trouver femme, n’en est pas moins terriblement émouvant. C’est le Falstaff urbain et bourgeois: entier, comique, le héros de la comédie est aussi un être sensible, humain qui souffre…
En épousant Norina, de mêche avec le docteur Malatesta, Pasquale apprend à ses dépends combien le mariage est une affaire douteuse qui vire au cauchemar. Son neveu Ernesto, incarnation typique du ténor langoureux, pourra finalement épouser celle qu’il aime…

Même bouffon, le héros souffre

Mélodies savoureuses, situations efficaces et retournement dramatique parfaitement ficelé, Don Pasquale demeure l’une des oeuvres buffa italiennes les plus jouées aujourd’hui: c’est qu’au-delà de sa savoureuse unité, la partition offre au trio désormais emblématique de l’opéra: soprano, ténor et baryton-basse, 3 personnages irrésistibles et remarquablement troussés. En fait, il faut en compter 4, avec le rôle de Malatesta (baryton). Ainsi tous se liguent contre la basse bouffe (Pasquale): Norina, Ernesto et donc Malatesta…

Jessye Norman, soprano: Roots, my life, my soulArte, vendredi 31 décembre 2010 à 22h

Jessye Norman
soprano
Jazzy Jessye
Arte, le 31 décembre 2010 à 22h

Jessye Norman fait son show sur Arte, le 31 décembre 2010 à 22h. Récital: Roots, my life, my songs (Bâle, 2010). Miss Norman fait son show: l’artiste vedette, diva
universelle immensément reconnue célébrée, la plus adulée et idôlatrée
depuis Callas, artiste phare chez l’ex label Philips (aujourd’hui
disparu), revient au disque dans ce double coffret miroir, l’un des plus
intimes jamais réalisés, “Roots: my life, my song”. C’est Sony
classical qui aujourd’hui lui permet ce retour événement, après presque
10 ans d’absence discographique. Arte diffuse le programme du disque que la soprano charismatique a présenté aussi sur la scène…
Il ne s’agit plus d’interpréter par le truchement des rôle classiques ou
contemporains les passions de l’âme humaine: dans le choix concerté des
oeuvres rassemblées, la diva nous offre un autoportrait, une
autobiographie chantés, incarnés par ce timbre sensuel et tendre qui
aime tant ciseler les mots. Des tambours d’Afrique au Nouveau Monde,
Jessye chante ses racines noires, retrouvant l’époque de son adolescence
quand elle chantait à l’église les Gospels et les chansons des anciens
esclaves (imprécation passionnée de “Lord, I couldn’t hear nobody pray”;
prière déchirante d’”Another man done gone”); “courage” et déchirure
des spirituals, ainsi transcendés sur les traces d’Ethel Waters. La voix
a conservé sa musicalité lyrique, a perdu de son diamant des années 80
et 90 qui a fait tout son éclat, mais la justesse des accents indique
encore la cantatrice sûre de ses effets qui sait calibrer l’expressivité
selon ses moyens récents. Il ne s’agit pas seulement d’un calcul vocal:
tout Jessye est ici dans l’élégance et la pudeur (“Sometimes I feel
like a motherless child”: douleur rentrée d’une infinie tendresse; chant
crépusculaire de “Pretty horses”…).


Jessye Norman, The Black Soul…

Souvent à peine accompagné d’une clarinette ou d’une contrebasse, la
diva joue avec l’intimisme, jeu de l’ombre et de la pénombre où dans les
replis du chant, se dévoile toute la grandeur de l’être. Le velours
vocal se fait hypnotique et le souffle, caresse d’une berceuse. La
tessiture a conservé toutes ses couleurs dans le medium. Puis ce sont
l’ivresse et la fluidité d’une voix authentiquement jazzy, caressante
aussi mais d’une exquise saveur extatique (“Stormy weather”): et l’on se
dit là que si elle n’avait pas été la diva de l’opéra que l’on sait,
“La Jessye” aurait été une immense chanteuse de Jazz sur les traces de
Billie Hollyday ou Sarah Vaughan: “Heaven”, badin mais si musical; son
“Somewhere” est peut-être trop appuyé et fait entendre des aigus souvent
durs…. mais “My baby just cares for me” chatouille avec ce grain
facétieux. Vraie incarnation, hallucinée et obsessionnelle de “Mack the
knife”… Et la chanteuse joue en toute conscience avec la nouvelle
étoffe usée d’une voix cassée (“God’s gonna cut you down” qui conclut le
cd1).

Le cd2 fait entendre la complicité des solistes instrumentistes qui font
aussi la réussite de ce programme (“Take the A train”) taillé pour la
diva noire américaine. Les parisiens retrouvent son charme inimitable
dans les mélodies de Francis Poulenc dont surtout Les Chemins de l’amour
pour Yvonne Printemps: plus guère chantés dans la voix lyrique, mais
chantonnés comme un standard de variétés, murmurés, sur une ligne basse,
avec des “r” roulés” comme on en fait plus. Les graves d’ébène de la
cantatrice renouvellent sa lecture d’un opus qui avait embrasé hier la
salle Pleyel: avec des moyens différents, la vérité de l’énonciation du
texte touche toujours autant. Nouvelle Joséphine Baker dont elle partage
la passion française, Jessye chante “J’ai deux amours” (Vincent Scotto)
avec une subtilité feutrée.

“April in Paris” (Vernon Duke) retrouve la diva enchanteresse, digne
muse évocatoire révélant autant de suavité mesurée que Billie Hollyday,
Ella Fitzgerald par une voix qui se fait instrument de l’âme.

Divine Habanera de Bizet, jazzifiée et gaillardement déhanchée, chantée
et non plus déclamée dans la voix parlée: la diva Norman a gardé de
nombreuses perles, faisant savourer des aigus encore intacts. Mais elle a
l’âme totalement jazz: un détachement facétieux, un filet vocal parfois
éraillé qui ne cache pas son usure (mais en joue justement,
consciemment). Dans ce jardin secret que la cantatrice nous dévoile à
demi mots, il y a de purs joyaux dans ce sens : “Solitude”, et le
dernier (déjanté) qui dévoile et fusionne le clown et la diva: “When the
Saints go marching in”, entamé par un solo de trompette vertigineux
puis porté par la transe de la diva, nouvelle prêtresse incantatoire…
Les fans (et ils sont encore nombreux en France) seront comblés.

Jessye Norman: “Roots: my life, my song”.
Enregistrement live à la Philharmonie de Berlin. A noter que la diva
propose ce programme à Paris à l’Olympia (le 19 novembre 2010).

Télé: Jessye Norman fait son show sur Arte, le 31 décembre 2010 à 22h. Récital: Roots, my life, my songs (Bâle, 2010).

Bookmark and Share

Strauss: Ariane à Naxos.Paris, Opéra Bastille, du 11 au 30 décembre 2010

Richard Strauss

Ariane à Naxos

Paris, Opéra Bastille


Laurent Pelly, mise en scène

Sur son rocher (sur l’île de Naxos), la belle mais tragique Ariane, abandonnée par Thésée (qu’elle a pourtant sauvé du labyrinthe et des griffes du Minotaure) se lamente: coeur éperdu, trahi, sans espoir.


Amour tragique, amour comique

A ses côtés, Zerbinette sa suivante qui ne partage pas cette vision sombre et grave de la vie et s’amuse des peines amoureuses, préférant cultiver les aventures, collectionne amants et rencontres d’un jour, avec cette légèreté, bouclier et masque contre l’angoisse et la dépression…
Strauss et Hoffmansthal mêlent les genres: sérieux, héroïque et comique badin. Heureusement, Ariane rencontre Bacchus qui l’invite à une ivresse salvatrice: la princesse affligée ressuscite enfin, illuminée par l’amour du jeune dieu du vin. Saine métamorphose d’une amoureuse régénérée.

Dans l’ouvrage, Strauss et son poète librettiste Hugo von Hoffmansthal imaginent la représentation dans la maison du plus riche parti de Vienne: théâtre dans l’opéra où les tréteaux sont plantés pour que, auprès des héros antiques, s’aiment et rient les acteurs italiens de la Commedia dell’arte.

Jamais opéra ne fut plus subtil, plus riche et poétique: hommage aux comédies-ballets de Molière et Lully, Ariane à Naxos (Ariadne auf Naxos) est révisée après sa création, recoupée, retravaillée: au prélude, le compositeur imagine la préparation des acteurs et chanteurs pour la représentation proprement dite (agitation, heurts entre artistes, délire et angoisse mais aussi manifeste esthétique du jeune compositeur sur la scène); puis, action mythologique à laquelle Strauss et Hoffmannsthal associent le rire réenchanteur des comédiens comiques (Arlequin, Zerbinette, Truffaldino, Scaramuccio…) autant de gentils clowns dont le chant contraste avec le lamento d’une Ariane en crise dépressive…
Le résultat est éclatant.

Solistes de Lyon, Bernard Tétu. Britten, MozartAnnecy, Lyon. Le 26 novembre, le 5 décembre 2010

Solistes de Lyon
Bernard Tétu
saison 2010-2011

Britten
Cantate Saint-Nicolas
Mozart
Les Vêpres solennelles
d’un confesseur

Annecy (74), église Ste-Bernadette
Vendredi 26 novembre 2010
à 15h (scolaires) puis 20h30

Lyon (69), Auditorium
Dimanche 5 décembre 2010
à 16h
Maîtrise du CRR de Lyon

solistes de lyon, bernard tétuAprès nous avoir régaler grâce à un programme défricheur dédié non sans raisons, aux Cantates du Prix de Rome, dévoilant entre autres les manières singulières et si contrastées de Berlioz, Debussy, D’Ollone, Charpentier et surtout Dutilleux (création d’un cycle de mélodies méconnues), Les Solistes de Lyon dirigés par Bernard Tétu proposent en novembre et décembre 2010, les 26 novembre à Annecy puis 5 décembre à Lyon (Auditorium, 16h), un nouveau programme mêlant la Cantate Saint-Nicolas de Britten et Les Vêpres solennelles d’un confesseur K339 de Mozart, avec le concours de l’Orchestre des Pays de Savoie.
Pour se faire, le public est invité à participer pour constituer au préalable un choeur de foule et surtout, le choeur lyonnais inaugure le 5 décembre son cycle anniversaire des 30 ans en collaboration avec l’Auditorium de Lyon (au total, 5 escales à l’affiche de la salle lyonnaise). Un nouveau cycle de dates événements avant le temps fort de la saison des Solistes de Lyon qui reste l’opéra méconnu et donc mésestimé (à torts) de Franz Schubert: Les Conjurés ou La Croisade des dames (avec Philippe Cassard, piano et Jean Lacornerie, mise en espace: du 12 janvier au 25 mars 2011 à Oullins, Vienne, Oyonnax, Thonon).

Les Vêpres

solistes de lyon, bernard tétuAprès la Messe du Couronnement (mars 1779), Mozart compose les Vêpres solennelles d’un Confesseur en septembre 1780. Il est rentré à Salzbourg après une série de tournées éreintantes qui comprend une escale à Paris entre autres, épisode sombre car sa mère meurt dans la capitale française.

A Salzbourg, Mozart profondément croyant, se remet au métier et reprend le fil de son écriture sacrée depuis la Messe du Couronnement qui était une glorification de la Vierge sur un mode sincère et populaire dont l’Agnus dei demeure emblématique: heureux, jubilatoire, l’air sera intégralement repris pour la Comtesse des Noces quand dans l’opéra d’après Beaumarchais, la jeune épouse se souvient des jours heureux, au moment de sa première communion: “Dove sono”.

En septembre 1780, le sentiment et la ferveur religieux de Mozart ont évolué vers plus de gravité et de profondeur. Ultime retable musical composé par Mozart pour le Dom de Salzbourg (Cathédrale), Les Vêpres mettent en avant par leur titre, la composition des textes liturgiques eux-mêmes glorifiant Saint-Jérôme, confesseur et protecteur du prince Colloredo. Responsable de la musique de la Cour épiscopale, Mozart met en musique les cinq psaumes et le cantique du Magnificat constituant l’office. Au coeur de cette doxologie colelctive où cependant se détachent en un souci d’équilibre et de variété des parties vocales, les solistes du choeur, le fameux Laudate Dominum, chanté comme l’ Agnus dei de la Messe du Couronnement, par une soprano: nouvel accomplissement qui renouvelle la réussite et la vérité déchirante de l’Agnus Dei et de l’Et incarnatus est de la Messe en ut mineur.
Toutes les infos, les dates, les programmes de la saison 2010-2011 sur le site des Choeurs et Solistes de Lyon – Bernard Tétu

Verdi: Rigoletto (Dresde, 2008)Florez, Damrau, Luisi. 1 dvd Virgin classics

A Dresde en juin 2008, le Rigoletto de Nikolaus Lehnhoff a des traits enchanteurs et fantastiques, ceux d’un bestiaire animé, Peau d’âne de Demy qui s’invite un soir à la Cour de Mantoue, mais une nuit de tempête et d’horreur, avec des masques et silhouettes souvent plus inquiétants que réellement apaisants. Une référence aux créatures de Leonor Fini et aux tableaux énigmatiques de Delvaux le surréaliste? Les personnages réels du duc, de la pauvre Gilda sacrifiée consentante, du père intriguant finalement déchiré gagnent une vérité dans cette peinture des bas fonds, cynique et barbare.
Florez dérangeant, envoûtant
On lui a reproché cette prise de rôle trop périlleuse pour le diamant de sa voix bel cantiste, donizetienne et surtout bellinienne; de facto, Florez n’est pas un verdien dans l’âme et la délicatesse de son organe, si raffiné et confondant de plénitude poétique chez Bellini, perd en puissance, en épaisseur pour le rôle du jeune duc volage et frémissant jusqu’à l’obsession. Du rôle central, le ténorissimo offre un profil plutôt qu’une présence. Quoique que cet art de l’extrême nuance en bousculant notre habitude des chanteurs tirant le personnage vers le pathos et le vérisme des boulevards, Juan Diego aurait tendance à nous faire réécouter la psychologie de ce prince qui d’un premier regard et souvent dans d’autres versions et productions, en manque cruellement. Enthousiasme quelque peu mesuré qui a contrario s’efface totalement avec la Gilda, ardente et entière, de la proie du dit jeune chasseur nocturne: Miss Damrau. Sa féminité irradiante, son angélisme généreux offre âme et chair au désir qui naît et l’emporte sans concession. Caro nome exprime la plénitude d’un amour prêt à s’embraser, emportant toute candeur première. Et le père? Le Rigoletto de Zelijko Lucic ne manque pas non plus de mordant ni d’affects mesurés aux mezza voce parfois convaincants. Et Welser Most construit assez bien le fil dramatique de l’oeuvre: soulignant tout ce qu’a de noir et de désespéré finalement chacun des personnages: la vierge éperdue aveuglée, le nain haineux tout autant audestructeur, le duc solitaire dans sa ronde donjuanesque… Un grand oui pour Damrau et aussi finalement pour la calligraphie racée de Juan Diego Florez. Décidément partout, épatant.
Verdi: Rigoletto. Juan Diego Florez (le Duc de Mantoue), Diana Damrau (Gilda), Zelijko Lucic (Rigoletto), Georg Zeppenfield (Sparafucile), Christa Mayer (Maddalena)… Sächsischer Staatsopernchor, Sächsische Staatskapelle Dresden. Fabio Luisi, direction. Nikolaus Lehnhoff, mise en scène.

Marina Tchebourkina: L’orgue de la chapelle royale de VersaillesEditions Natives. Novembre 2010.

Marina Tchebourkina

L’orgue de la chapelle royale
de Versailles

Trois siècles d’histoire… nous contemple à Versailles, en liaison avec l’histoire quelque peu chaotique de la chapelle Royale des Bourbons à Versailles. Louis XIV prenant son temps pour édifier la chapelle de la Cour française, jusqu’au chantier spectaculaire de 1710 qui fige enfin, dans le marbre et des proportions somptueuses, l’harmonie d’un édifice liturgique enfin digne du lieu. Marina Tchebourkina (né à Moscou en 1965) révèle les fluctuations historiques et artistiques de la piété versaillaise, celle qui grâce à l’influence de plus en plus puissante de Madame de Maintenon, épouse morganatique du Roi, marque la fin du règne. L’auteur qui fut organiste pendant 15 années à Versailles (depuis 1996 aux côtés de Michel Chapuis) et connaît donc parfaitement l’actuel orgue restauré par Bertrand Cattiaux, récapitule le destin de l’orgue versaillais depuis sa conception par Robert Clicquot et Julien Tribuot, à la fin du règne de Louis XIV (1710), jusqu’à nos jours.
De très nombreux documents et sources historiques (transcrits et reproduits sous forme de photographies en fac similé) contribuent à nourrir une recherche qui se lit comme une véritable enquête policière: quelle fut l’esthétique musicale et sonore du premier instrument à la Cour de Versailles? Du Roi Soleil à la Révolution, I: “à la recherche d’une composition perdue”); de la Révolution à nos jours (II: “l’art difficile de l’humilité), Marina Tchebourkina analyse en deux grandes parties, chacune des étapes qui a marqué le destin de l’orgue royal de Versailles. Quel marché ancien? Quelle réalisation précise? l’affaire Lescloque, première mise en service de l’orgue de 1710; puis la part d’Aristide Cavaillé-Coll, les restaurations diverses et successives, la “malédiction des années 1960″… jusqu’à la dernière restauration permettant de retrouver l’orgue des Clicquot (restauration de 1995 par Boisseau/Cattiaux) quand Couperin touchait le clavier pour le Roi Louis XIV… voilà autant de chapitres passionnants d’une trame historique, digne d’un roman fantastique, à redécouvrir sans tarder. Lecture capitale.

Marina Tchebourkina: L’orgue de la chapelle royale de Versailles, trois siècles d’histoire
(de 1710 à nos jours). 256 pages, dont 45 photos couleur dont 12 documents originaux en fac similé dont certains inédits. Prix de lancement: 32,50 euros. Parution: 30 octobre 2010. ISBN: 978 2 911662 09 6. Editions Natives.

OSRCT 2010-2011: Rachmaninov, Berlioz.Jean-Yves OssonceTours, les 20 et 21 novembre 2010. Blois, le 23 novembre 2010

Concert symphonique magistral pour ouvrir la nouvelle saison symphonique de l’Orchestre tourangeau dirigé par l’excellent Jean-Yves Ossonce. Le rendez vous est d’autant plus attendu que ce premier concert d’ouverture marque le lancement de la saison des 50 ans de l’orchestre, fleuron de la vie musicale à Tours. Au programme, deux oeuvres du premier et du dernier romantisme: la Fantastique de Berlioz (1830) et le Concerto pour piano n°2 de Rachmaninov (1901), sorte de retour à le vie créatrice pour le compositeur russe…
Sergueï Rachmaninov
Concerto pour piano et orchestre n°2
Soliste: Eugen Indjic, piano

Hector Berlioz
Symphonie Fantastique, 1830

Tours, Grand Théâtre
Samedi 20 novembre 2010 à 20h
Dimanche 21 novembre 2010 à 17h

Blois, Halle aux grains
Le 23 novembre 2010 à 20h

Piano romantique

Rachmaninov, né en 1873, a 28 ans au moment de la création de son Concerto pour piano n°2 en ut mineur opus 18, le 27 octobre 1901. Sous la direction de Ziloti, le compositeur excellent pianiste, joue son propre Concerto: après trois années de silence, lié à une profonde dépression suite à l’échec de sa Première Symphonie (1897), Rachmaninov revient à la scène musicale avec un tempérament intact, une inspiration jaillissante qui en font un grand et irrésistible postromantique. Soigné par le médecin hypnotiseur Niels Dahl, le compositeur signe une partition immédiatement célébrée et adoptée par les plus grands pianistes. Paris accueille la création en 1907 de l’oeuvre par son auteur, dans le cadre des Ballets Russes de Diaghilev.
La partition est en 3 mouvements. De profonds sons de cloches signifient dès le début du premier mouvement “Maestoso”, ce retour à la vie. L’auteur varie les tonalités passant d’ut mineur et mi majeur dans l’adagio sostenuto qui suit où Rachma se souvient du chant lyrique de Liszt (roulements de gammes et nombreux ornements). Préservant l’unité du Concerto, le début troisième (et dernier) mouvement cite le thème du 1er mouvement: rage, emportement romantique, vague expressive et virtuosité hallucinante pour le soliste rappellent naturellement le Concerto pour piano n°1 de Tchaïkovski, le grand modèle de Rachmaninov.
Concert inaugural de la saison 2010-2011 de l’Orchestre symphonique Région Centre Tours

Jessye Norman: “Roots: my life, my song” (Berlin, 2009) 2 cd Sony classical

Jazzy Jessye

Miss Norman fait son show: l’artiste vedette, diva universelle immensément reconnue célébrée, la plus adulée et idôlatrée depuis Callas, artiste phare chez l’ex label Philips (aujourd’hui disparu), revient au disque dans ce double coffret miroir, l’un des plus intimes jamais réalisés, “Roots: my life, my song”. C’est Sony classical qui aujourd’hui lui permet ce retour événement, après presque 10 ans d’absence discographique.
Il ne s’agit plus d’interpréter par le truchement des rôle classiques ou contemporains les passions de l’âme humaine: dans le choix concerté des oeuvres rassemblées, la diva nous offre un autoportrait, une autobiographie chantés, incarnés par ce timbre sensuel et tendre qui aime tant ciseler les mots. Des tambours d’Afrique au Nouveau Monde, Jessye chante ses racines noires, retrouvant l’époque de son adolescence quand elle chantait à l’église les Gospels et les chansons des anciens esclaves (imprécation passionnée de “Lord, I couldn’t hear nobody pray”; prière déchirante d’”Another man done gone”); “courage” et déchirure des spirituals, ainsi transcendés sur les traces d’Ethel Waters. La voix a conservé sa musicalité lyrique, a perdu de son diamant des années 80 et 90 qui a fait tout son éclat, mais la justesse des accents indique encore la cantatrice sûre de ses effets qui sait calibrer l’expressivité selon ses moyens récents. Il ne s’agit pas seulement d’un calcul vocal: tout Jessye est ici dans l’élégance et la pudeur (“Sometimes I feel like a motherless child”: douleur rentrée d’une infinie tendresse; chant crépusculaire de “Pretty horses”…).


Jessye Norman, The Black Soul…

Souvent à peine accompagné d’une clarinette ou d’une contrebasse, la diva joue avec l’intimisme, jeu de l’ombre et de la pénombre où dans les replis du chant, se dévoile toute la grandeur de l’être. Le velours vocal se fait hypnotique et le souffle, caresse d’une berceuse. La tessiture a conservé toutes ses couleurs dans le medium. Puis ce sont l’ivresse et la fluidité d’une voix authentiquement jazzy, caressante aussi mais d’une exquise saveur extatique (“Stormy weather”): et l’on se dit là que si elle n’avait pas été la diva de l’opéra que l’on sait, “La Jessye” aurait été une immense chanteuse de Jazz sur les traces de Billie Hollyday ou Sarah Vaughan: “Heaven”, badin mais si musical; son “Somewhere” est peut-être trop appuyé et fait entendre des aigus souvent durs…. mais “My baby just cares for me” chatouille avec ce grain facétieux. Vraie incarnation, hallucinée et obsessionnelle de “Mack the knife”… Et la chanteuse joue en toute conscience avec la nouvelle étoffe usée d’une voix cassée (“God’s gonna cut you down” qui conclut le cd1).

Le cd2 fait entendre la complicité des solistes instrumentistes qui font aussi la réussite de ce programme (“Take the A train”) taillé pour la diva noire américaine. Les parisiens retrouvent son charme inimitable dans les mélodies de Francis Poulenc dont surtout Les Chemins de l’amour pour Yvonne Printemps: plus guère chantés dans la voix lyrique, mais chantonnés comme un standard de variétés, murmurés, sur une ligne basse, avec des “r” roulés” comme on en fait plus. Les graves d’ébène de la cantatrice renouvellent sa lecture d’un opus qui avait embrasé hier la salle Pleyel: avec des moyens différents, la vérité de l’énonciation du texte touche toujours autant. Nouvelle Joséphine Baker dont elle partage la passion française, Jessye chante “J’ai deux amours” (Vincent Scotto) avec une subtilité feutrée.
“April in Paris” (Vernon Duke) retrouve la diva enchanteresse, digne muse évocatoire révélant autant de suavité mesurée que Billie Hollyday, Ella Fitzgerald par une voix qui se fait instrument de l’âme.
Divine Habanera de Bizet, jazzifiée et gaillardement déhanchée, chantée et non plus déclamée dans la voix parlée: la diva Norman a gardé de nombreuses perles, faisant savourer des aigus encore intacts. Mais elle a l’âme totalement jazz: un détachement facétieux, un filet vocal parfois éraillé qui ne cache pas son usure (mais en joue justement, consciemment). Dans ce jardin secret que la cantatrice nous dévoile à demi mots, il y a de purs joyaux dans ce sens : “Solitude”, et le dernier (déjanté) qui dévoile et fusionne le clown et la diva: “When the Saints go marching in”, entamé par un solo de trompette vertigineux puis porté par la transe de la diva, nouvelle prêtresse incantatoire… Les fans (et ils sont encore nombreux en France) seront comblés.

Jessye Norman: “Roots: my life, my song”. Enregistrement live à la Philharmonie de Berlin. A noter que la diva propose ce programme à Paris à l’Olympia (le 19 novembre 2010).

Télé: Jessye Norman fait son show sur Arte, le 31 décembre 2010 à 22h. Récital: Roots, my life, my songs (Bâle, 2010).

Rossini: Moïse et Pharaon (Muti, 2003)2 dvd Arthaus Musik

Au théâtre Arcimboldi, autre salle estampillée “Scala de Milan”, le maestro Muti dirige en 2003, l’opéra remanié pour Paris, Moïse et Pharaon. A l’origine, c’est un compositeur hyperactif de 23 ans qui a Naples adapte l’épopée biblique à la demande du directeur du San carlo, Domenico Barbaia. Ainsi est créé Moïse in Egitto en 1818: ampleur de l’architecture et du plan lyrique, grande fresque orchestrale, et aussi acrobaties vocales des protagonistes… un plat trop consistant pour les “mangeurs de macaronis”, dira le jeune loup réformateur du théâtre. Champion de l’opéra, Rossini, qui a triomphé dans le genre buffa avec Le barbier de Séville de 1816, montre une même virtuosité dans le genre historique, réclamant décors et foules, grandeur et passion exacerbées des protagonistes. Moïse conquiert Paris
L’opéra napolitain allait vivre une seconde carrière en France. Arrivé à Paris dès 1824, en pleine agitation romantique (quand Delacroix expose son flamboyant Sardanapale!), Rossini est prêt pour la grande machine et séduire le public parisien très amateurs de faste et de solennité vocale, chorale, symphonique. D’ailleurs, c’est Rossini qui crée l’opéra romantique français à partir de Guillaume Tell, son ultime opus lyrique.
Les années 1826 et 1827 au Théâtre Italien, voient l’essor d’un festival Rossini. Le jeune compositeur déjà célèbre, produit ses plus grands opéras pour convaincre les parisiens: Maometto secondo (1826, dans sa nouvelle version française rebaptisée Le Siège de Corinthe), puis en 1827, Moise in Egitto (chanté en italien dans sa version originelle de Naples), suivi à quelques jours à l’Opéra, de Moïse et Pharaon ou le Passage de la mer rouge, sa version réadaptée pour Paris, en 4 actes avec ballet, en français. Grâce à ses miracles et catastrophes (au I: pluie de feu; puis transformation de la pyramide en volcan; fuite des hébreux et partage des eaux par Moïse dans le final du IV, sans omettre le ballet à Isis du III), le succès fut tel que l’ouvrage, imposant, hollywoodien avant l’heure, fondant ses effets sur le choeur renforcé et la clarté des thèmes mélodiques (à la Gluck), fut repris sans discontinuité jusqu’en 1865!

A Milan, Muti choisit la version parisienne en français de 1827 sur un livret de Luigi Balocchi et Etienne de Jouy: habile défenseur de Cherubini, qui lui-même synthétise la leçon de Haydn et Gluck avec l’énergie de Beethoven, Muti s’entend à merveille à exprimer la grandeur de l’opéra qui portraiture dans sa version parisienne, la dignité du peuple élu, réduit à l’esclavage par l’Egypte, investi par un Dieu autoritaire: la mise en scène souligne les mouvements de foule, la noblesse de leur guide spirituel, Moïse (Ildar Abdrazakov, vocalement imposant mais fâché avec le français), même Barbara Frittoli (Anaï, fille de Marie, la soeur de Moïse) ne semble guère à l’aise dans la langue de Hugo, et le style idéal à l’élégance mesurée du Rossini seria, lui échappe totalement (la voix est trop épaisse). Question de style: Rossini ne souffre aucune absence de suprême et naturel raffinement. Musicalité si difficile du premier bel canto préverdien auquel appartiennent plus tard Donizetti et Bellini, que maîtrise avec plus d’évidence Sonia Ganassi qui fait une épouse de Pharaon (Sinaïde), plus subtile, mère d’Aménophis, palpitante gagnée parti des juifs (II).
Evidemment pour humaniser le tableau historique, Rossini imagine une intrigue amoureuse, émotionnellement tendue: tout n’est pas si tranché car l’amour tempère les rapports des deux peuples, il croise les destins opposés: Anaï la juive, nièce de Moïse aime Amenophis; et la propre épouse de Pharaon (Erwin Shrott un peu trop engorgé au début mais de mieux en mieux dans les II et III), Sinaïde, s’est convertie à la religion juive. Voic donc deux peuples au destin indémêlable.

Evidemment l’acte III et son ballet exotico-héroïque (danses égyptiennes devant le tempe d’Isis ici réinterprété dans une chorégraphie un peu trop gestuelle et contorsionnée), bénéficient de l’excellente prestation du ballet scaligène et de son étoile à la plastique royale, Roberto Bolle (affublé d’une jupette noir), dans le rôle de Moïse.

Muti convainc, dans les scènes de foule, dans les intermèdes musicaux qui permet l’enchaînement des tableaux, surtout dans les finales d’actes (le II particulièrement: où le quatuor accompagné du choeur doit se détacher au dessus de la fosse: pari réussi). Belle nervosité éloquente (cordes en joie, cors parfaits et harpe sirène sans omettre la clarinette pétulante entre autres dans la scène du ballet du III, véritabel joute entre Pharaon et Moïse) et vivacité dramatique du geste préservent ici la tension et évitent l’épaisseur de la monumentalité.
Dommage que le choeur pourtant engagé n’articule pas assez: comme pour tous les chanteurs (exception faîte cependant du vaillant Amenophis du ténor Giuseppe Filianoti), sans les sous-titres, il est impossible chez ses partenaires, de comprendre une phrase. Le vrai travail d’articulation se déroule à l’orchestre (très belle entrée du II: élégance et dramatisme intense de la direction: d’autant que l’acte ouvrant sur les appartements de Pharaon, fait paraître le couple égyptien frappé par une tristesse trouble et l’affliction): la force de l’opéra vient de cet équilibre psychologique dans le portrait des deux clans ennemis: Egyptiens et Hébreux sont brossés avec une égale importante par Rossini: Aménophis se taille quelques beaux airs solistes: il est vrai qu’il hésite entre l’amour à Anaï et sa revanche car la jeune femme lui préfère le sort de ses semblables: elle veut quitter l’Egypte avec Moïse et abandonner le fils de Pharaon.

Sans être vraiment inventive, la mise en scène illustrative mais claire de Ronconi relève le défi de l’opéra rossinien, équivalent musical de la peinture d’histoire. L’idée d’insérer des objets de l’époque de Rossini comme cet immense orgue Cavallé-Coll, emblème ici de l’autorité reste peu convaincante: une idée décorative ou un tic de metteur en scène qui n’apporte pas grand chose à l’action. Dans sa totalité agissante, grâce à la fougue du chef napolitain, la prestation globalement honnête des chanteurs (malgré leur français très perfectible), le spectacle ne manque pas d’intérêt et mérite évidemment son transfert en dvd.

Gioachino Rossini (1792-1868): Moïse et Pharaon ou le passage de la Mer Rouge, 1827. Ildar Abdrazakov (Moïse), Erwin Schrott (Pharaon), Giuseppe Filianoti (Aménophis), Sonia Ganassi (Sinaïde), Barbara Frittoli (Anaï)… Choeurs et orchestre de la Scala de Mil
an. Ricardo Muti, direction. Luca Ronconi, mise en scène. Ballet du III: Roberto Bolle (Pharaon), Luciana Savignano (Isis), Demsond Richardson (Pharaon).

Puccini: La Bohème, 1896. Arrivabeni, PichonLiège, ORW, jusqu’au 4 décembre 2010

Liège, ORW


Puccini
La Bohème
,1896

Du 14 au 24 octobre 2010
version réduite pour jeune public

Du 19 novembre au 4 décembre 2010

Paolo Arrivabeni, direction
Jean-Louis Pichon, mise en scène

D’après Henry Murger (La Vie de Bohème, 1849), La Bohème créée à Turin le 1er février 1896, témoigne de l’exigence dramatique et psychologique du génie puccinien.
Mimi tuberculeuse meurt sous les charpentes parisiennes… tout idéal de bonheur est vite rattrapé par la fatalité d’une époque à la fois enivrante et barbare. A presque 40 ans, Puccini est au sommet de ses possibilités compositionnelles. Il exploite le contrastes des caractères: tragique pour le couple Mimi/Rodolfo et comique à rebondissements pour celui de Musette et Marcello, afin de poser la réalité de l’amour dans le milieu des artistes du Paris romantique. C’est le geste libre et insouciant de la jeunesse qui cependant confronté au principe de réalité doit très vite porter le deuil de cette innocence sans conséquence.


L’ivresse parisienne

L’ivresse juvénile n’a qu’un temps: elle doit payer ses audaces par sa fugacité. Mimi meurt jeune.
Mais le génie de Puccini sait transcender cette fragilité condamnée à périr en développant des accents irrésistibles où ses héros dépassent leur condition si misérable soit-elle, en les reliant à la nature et au cosmos: ainsi le duo sublime de Rodolfo et Mimi, aboutissement de leur rencontre amoureuse sous les toits de Paris, est l’une des plus éblouissantes réussites de l’opéra (laissant les voix seules diffuser la magie car les deux personnages sont alors dans les coulisses, sortis de scènes…): recherche d’un clé dans le noir où deux mains se touchent au diapason d’un pur amour naissant (fin du premier tableau,I).

On aime comme Debussy cet élan lyrique qui fait de Puccini l’un des plus grands auteurs d’opéras à la croisée des XIX et XXè.
Jamais mièvre, la musique exprime aussi la dureté de la vie de Bohème (tableau de La Barrière d’enfer, l’un des octrois de la capitale: où après l’exaltation collective de la scène antérieure, “au quartier latin”, foyer de la vie estudiantine et artistique, deuxième tableau), Puccini peint avec finesse les brûlures d’une passion dévorée par la jalousie: alors, toute poésie et tout enchantement sont flétris. La magie de l’amour n’opère plus. Rodolfo est usée par la coquetterie de Mimi qui reproche à son amant l’exclusive de ses sentiments… pas facile d’aimer à Paris quand on est jeune.
La production présentée à l’Opéra Royal de Wallonie a été créée en 2002. 10 représentations incontournables à partir du 19 novembre 2010. Jusqu’au 4 décembre 2010. Et auparavant, en octobre, un cycle pour jeune public, dans une version réduite.

Bruno Procopio, clavecin. RameauFrance Musique, vendredi 15 octobre 2010 à 11h

Bruno Procopio
Clavecin

Rameau
Pièces de clavecin en concert

France Musique
Vendredi 15 octobre 2010 à 11h
Le matin des musiciens

Les pièces de clavecin en concerts de Jean-Philippe Rameau sont comme un îlot isolé dans la vaste production musicale ramiste. Sorte de flash-back nostalgique vers ses premières amours, Rameau imprègne à ses pièces chambriste, son expérience de dramaturge lyrique et toute la maturité de son style.

Chambrisme ramélien
Dans ses « Avis » aux concertants, pour le clavecin, la flûte ou le violon et la viole qui préfacent ses éditions de 1741 et 1751, Rameau s’explique clairement sur sa volonté de s’inscrire dans un courant fort goûté, faisant allusion au succès des sonates pour clavecin avec accompagnement de violon. Sa volonté manifeste le désir de développer cet idéal de dialogue chambriste qui naît dans ce XVIIIè mondain et urbain, de plus en plus préparé pour apprécier à la fin du siècle, les futurs quatuors de Haydn par exemple. Mais déjà dans les pièces concertantes de Rameau se développe un sens nouveau de l’équilibre et de la conversation instrumentale comme le développera à son tour après lui, Colin de Blamont, autre compositeur très en Cour à Versailles.

La nouveauté des pièces de Rameau consiste dans leurs opposition à la « sonate à trois » importée d’Italie qui confiait au clavecin une partie de basse chiffrée, d’essence accompagnatrice. Dans les pièces en concerts publiées en France au XVIII siècle – intitulées souvent sonates pour clavecin avec accompagnement de violon – ce concept change au profit d’une équitable importance de tous les instruments concertants.

Une grande caractéristique des Pièces de clavecin en concerts de Rameau réside dans leurs langage dramatique, rythmiquement foisonnant, mélodiquement novateur… emblématiques de l’écriture lyrique ramiste. En 1741, date de publication de la première édition, Rameau a déjà composé, outre la quasi totalité de sa littérature de clavecin, sa musique religieuse et ses cantates, trois tragédies en musique (Hippolyte et Aricie, Castor et Pollux et Darnanus) mais aussi deux grand ballets (Les Indes Galantes et les Fêtes d’Hébé), rien d’étonnant donc que les pièces de clavecin en concerts soient chargées d’intension dramatique.


Concert

Paris, Chapelle de l’Ecole Militaire : mardi 26 octobre à 20 heures. Musiciens : Bruno Procopio, clavecin. Emmanuelle Guigues, viole de gambe. François Lazarevitch, traverso.

Illustrations: Rameau (DR). Bruno Procopio (DR)

Beethoven: intégrale des quatuors. Quatuor ArtémisParis, TCE. 6 concerts du 17 octobre 2010 au 22 mai 2011

actualité concerts musique de chambre
Chambrisme beethovénien au TCE

Le Quatuor Artemis propose d’octobre 2010 à mai 2011, 6 concerts événements composant l’intégrale des Quatuors à cordes de Ludwig van Beethoven. Le cycle est incontournable car la formation demeure l’une des plus pertinentes chez le Romantique dont elle sait exprimer les chants ambivalents et donc captivants de l’intériorité et de l’expérimentation la plus audacieuse. Intensité émotionnelle irrésistible, geste ciselé propre à défendre la modernité visionnaire de Beethoven (adagio de l’opus 127, grande fugue opus 133…), fluidité à la fois mordante et tendre… tout indique chez les Artémis, une interprétation magistrale. Cycle parisien incontournable.

17 octobre 2010
Quatuors n°1 opus 18/1, n°11 opus 95, n°15 opus 132

7 novembre 2010
Quatuors n°4 opus 18/4, n°16 opus 135, n°7 opus 59/1

5 décembre 2010
Quatuors n°12 opus 127, n°9 opus 59/3

9 janvier 2011
Quatuors n°6 opus 18/6, n°3 opus 18/3, n°17 opus 133 “Grande fugue” n°13 opus 130

27 mars 2011
Quatuors opus 14/1, n°10 opus 74 “Les harpes”, n°14 opus 131

22 mai 2011
Quatuors n°5 opus 18/5, n°2 opus 18/2, n°8 opus 59/2

Quatuor Artemis (Natalia Prischepenko et Gregor Sigl, violons. Friedemann Weigle, alto. Eckart Runge, violoncelle).

Intégrale des Quatuors de Beethoven. Paris, TCE. Du 17 octobre 2010 au 22 mai 2011. 6 concerts événements. En 2010, les Artémis publient chez Virgin classics, deux nouveaux albums des Quatuors de Beethoven: Quatuors n°1 opus 18/1 et n°12 opus 127 (octobre 2010), puis Quatuors n°6 opus 18/6, n°13 opus 130, n°17 opus 133 “grande fugue” (novembre 2010)…

Il Canto delle dame: Strozzi, Caccini, Assandra, Leonarda 1 cd Editions Ambronay

Chants féminins

Avec le concours du continuo ciselé où resplendit les violons des 2 transfuges des Incogniti (Amandine Beyer et Alba Roca, ailleurs délicieuses ambassadrices de l’effusion langoureuse de Rösenmuller (Rösenmuller: Motets et Sonates, 1 cd ZigZag) et plus récemment de Bonporti au dernier festival de Sablé 2010), la soprano Maria Cristina Kiehr sait chanter la suavité intellectuelle de la première des donne ici magistralement servie: Isabella Leonarda.
L’Ave suavis dilectio s’épanche avec une sincérité qui sait éviter tout maniérisme. Très proche du texte, (c’est à dire comme depuis le début de l’album parfaitement intelligible) la soprano cisèle tout autant la grâce linguistique de Francesca Caccini dans son Lamento funèbre (simplement accompagné par la harpe de Mara Galassi): Lasciatemi qui solo.
L’accomplissement serait le dernier opus où participe tout le continuo: magnifique Hor ch’Apollo de l’excellente muse compositrice et chanteuse Barbara Strozzi. La Serenata pose d’emblée le génie dramatique de Barbara Strozzi qui décidément fait briller jusqu’à l’excellence, les artistes défendus par Ambronay et enregistrés par le label Ambronay éditions. Après l’album superlatif dédié à Barbara Strozzi par Leonardo Garcia Alarcon (Madrigaux de Barbara Strozzi par Leonardo Garcia Alarcon, 1 cd AMbronay éditions, août 2009), voici un complément inspiré, convaincant, l’une des oeuvres vocales, très développée… de près de 15 minutes: apothéose poétique de la langueur là aussi, celle blessée et impuissante d’un amoureux perdu, abandonné par la belle Phyllis, moqueuse, froide et insensible. La plainte du coeur blessé s’exprime en un chant nuancé, jamais appuyé, toujours palpitant d’une fragile suggestion. On apprécie particulièrement ce chant sacré qui prépare dans sa phase ultime au drame profane de Strozzi: Maria Cristina Kiehr se glisse avec une dextérité des plus sincères dans les registres requis: religieux ou amoureux, sacré puis profane, et toujours d’une humaine sincérité. D’un bout à l’autre, la tension cristalline de son timbre, sans aucun indice d’effet ou de système, éclaire la vitalité expressive de chaque pièce du recueil.
A l’heure où tant de nouveaux talents, et souvent déjà célébrés parmi la jeune génération de chanteurs, recherchent la reconnaissance, saluons ce travail du verbe, cette palette d’affects ou de nuances dynamiques comme de couleurs dont est capables la soprano, décidément très convaincante dans la poétique lacrymale et langoureuse, suave et évocatrice.

Dédié à quatre femmes compositrices:
Isabelle Leonarda, Francesca Caccini, Caterina Assandra et Barbara Strozzi, l’album s’inscrit comme le prolongement discographique du 30è festival d’Ambronay dont la thématique intitulée “Femmes, le génie interdit” mettait l’accent sur nombre de créatrices oubliées, victime d’une discrimination très injuste. A l’écoute des partitions ainsi réunies, le choix du Festival et cet enregistrement qui en fixe les apports, s’avèrent des plus opportuns: lumineux, d’une valeur désormais indiscutable.

Il Canto delle dame. Il Concerto da Chiesa. Concerto Suave. Maria Cristina Kiehr, soprano. Jean-Marc Aymes, clavecin, orgue et direction. Parution annoncée: le 21 octobre 2010.

Illustration: Portrait présumée de Francesca Caccini par Orazio Gentileschi (DR)

Sergeï Rachmaninov: Symphonie n°2France Musique, dimanche 10 octobre 2010 à 14h


Sergeï Rachmaninov
Symphonie n°2

en mi mineur opus 27


France Musique
Dimanche 10 octobre 2010 à 14h

Né dans la province de Novgorod en 1873, Rachmaninov est mort à Beverly Hills en 1943, loin de sa terre natale: son oeuvre témoigne dans une écriture néoclassique et post romantique de ce déracinement jamais vraiment assumé, accepté, sublimé. Le disciple d’Arensky, encouragé par Tchaïkovski, Rachmaninov, pianiste virtuose, et donc récitaliste très demandé, en particulier pour ses propres compositions, ne tarde pas à se faire un nom en Europe et aux USA où il se fixe dès 1917.

D’un tempérament introverti et instable, dont témoigne son silence de 3 années après l’échec de sa 1ère symphonie (1897), Rachmaninov éblouit comme compositeur: ses Concertos pour piano sont parmi les plus joués; c’est en outre un immense symphoniste qui révèle sa flamme passionnée et vive dans entre autres l’île des morts, inspiré par le tableau de Böklin, mais aussi sa Symphonie n°2.

L’oeuvre est composée lors d’un séjour à Dresde (1907) puis créée à saint-Pétersbourg sous la direction de l’auteur le 26 janvier 1908: à 35 ans, Rachmaninov dévoile un talent en plein essor. Auteur fécond et inspiré c’est l’année des accomplissements: l’île des morts, le Concerto pour piano n°3, et la Symphonie n°2.

D’une architecture plus ample que la première Symphonie, volontiers narrative mais plus structurée que l’opus précédent, la Symphonie n°2 rappelle par son souffle épique, l’élan de Borodine (thème volontaire du début du 2è mouvement: allegro molto) et l’inspiration de Sibelius. La facture orchestrale cite souvent Tchaïkovski (premier mouvement: largo allegro moderato, dans les sonneries de cuivres qui rappelle la Pathétique de Tchaïkovski). La tendresse nostalgique du compositeur se manifeste clairement dans la noblesse émotionnelle de la cantilène de l’adagio, ample romance pour orchestre: unitaire, habile architecte, Rachmaninov sait appliquer le principe cyclique: il reprend le premier thème d’exposition du premier mouvement. En plus de la beauté mélodique, le compositeur saisit aussi par l’intensité de la richesse contrapuntique.

Illustrations: Sergeï Rachmaninov (DR)

Mozart à Paris. Natalia Valentin, pianoforteFrance Musique, vendredi 29 octobre 2010 à 11h

Mozart et Paris
Natalia Valentin
, pianoforte

France Musique
vendredi 29 octobre 2010 à 11h

Le Matin des Musiciens avec Jean Pierre Derrien

artistes invités:
Jean Pierre Lacours, violon baroque et archet classique (violon ça marche tout simplement).
Natalia Valentin, pianoforte modèle Anton Walter 1795 fait par Michael Walker en 2006.


Le baron Grimm, témoin du Paris des Lumières

Frédéric Melchior, Baron von Grimm fut Ambassadeur des États Allemands en France. Après avoir réalisé des études de droit à l’Université de Leipzig il s’installe à Paris en 1748. Il travaille dans le milieu diplomatique, lecteur du prince de Saxe-Gotha, puis secrétaire du comte Friesen et en 1755 secrétaire de commandements du duc d’Orléans. Il rencontre Jean-Jacques Rousseau qui, pendant un certain temps, lit avec enthousiasme ses articles. Cette rencontre permet au Baron d’être accueilli dans les plus importants salons littéraires de la ville.
Le Baron von Grimm crée en 1753 « La Correspondance littéraire, philosophique et critique », une revue à travers laquelle il publie des critiques littéraires et musicales.
Il édifie ainsi un pont entre le monde culturel saxon et français. Le Baron organise la première visite de Mozart en France lorsqu’il avait sept ans, puis en 1778 lui porte secours après la mort de sa mère Anna Maria. Par ailleurs Mozart rencontre grâce à Grimm les plus importants musiciens résidents à Paris : Johann Gottfried Eckard, François-Joseph Gossec, Jean-Louis Duport et Johann Schobert entre autres.
C’est ainsi que Frédéric Melchior suscite de nombreuses rencontres musicales et culturelles. Témoin privilégié et acteur au sein du Paris musical, il annonce au reste de l’Europe les nouvelles artistiques parisiennes. Sa revue apporte un important témoignage qui forge les opinions parisiennes et européennes. Il présente à ses lecteurs le Chevalier de Saint George comme un jeune Américain « qui réunit aux moeurs les plus douces une adresse incroyable dans tous les exercices du corps et de très grands talents pour la musique »
Le duo composé par Jean Pierre Lacour et Natalia Valentin recrée l’ambiance musicale et artistique de l’époque grâce au témoignage du Baron von Grimm, témoin inestimable des moeurs et goûts de son époque.

Mozart à Paris

Mozart arrive à Paris en 1765, Léopold Mozart avait programmé plusieurs rendez-vous avec des personnalités importantes mais, mais l’accès à l’élite parisienne demeure chose difficile. C’est un exercice mondain de haute voltige où les esprits zélés et diplomates sortent vainqueurs. Grâce au Baron von Grimm les Mozart se présentent dans les plus importants salons de la bonne société. Ils jouent les pièces des compositeurs allemands établis en France comme Johann Schobert et Johann Gottfried Eckard. L’enfant de neuf ans joue et surtout écoute beaucoup de musique. Malgré les opinions favorables ou défavorables de son père à l’égard des compositeurs rencontrés, le jeune musicien sait exprimer une opinion affirmée sur la qualité musicale de ses collègues! En 1767, une fois de retour à Salzbourg, il reprend les thèmes des compositeurs parisiens qui l’ont marqué pour recomposer des petits “concertos-pastiches”.

Dans son deuxième voyage en 1778, Mozart écrit la sonate pour violon et pianoforte Kv. 305 en La Majeur, interprétée pendant l’émission.

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Sonate pour violon et pianoforte Kv 305

La Majeur
Allegro di molto
Thème et Variations: Andante grazioso

Mozart cherche la reconnaissance du public parisien, il doute sur le fait de changer son style : il hésite à s’adapter au goût français, il cherche aussi des alliances, qui l’amèneront à composer le Ballet Les Petits Riens, sur une chorégraphie de Noverre, ce ballet est interprété par Le Concert Spirituel, il est fort probable que Joseph de Boulogne, Le Chevalier St Georges ait joué le premier violon à cette occasion.
Se sont-ils rencontrés? Nous n’avons pas de témoignage précis d’une rencontre directe et personnelle. Quelques années plus tard, en 1781, Joseph de Boulogne publie trois sonates pour le pianoforte accompagné de violon obligé.

Joseph de Bologne Le Chevalier de Saint Georges (1745 – 1799): Sonate N° 2 en La Majeur.
« Sonates pour le fortepiano avec accompagnement de violon obligé » Sonate Op. 1 n°II
La Majeur, Allegro Moderato, Andantino, Allegro Minore

Illustrations: Natalia Valentin, Mozart (DR)