CD, critique. La Guerre des TE DEUM : Blanchard / Blamont (Marguerite Louise, Stradivaria, 1 cd Château de Versailles, 2018)

blanchard blamont te deum chateau de versailles stradivaria choeur marguerite louise te deum guerre critique cd concert classiquenews Madin te deum daniel cuiller critique review classiquenewsCD, critique. La Guerre des TE DEUM : Blanchard / Blamont (Marguerite Louise, Stradivaria, 1 cd Château de Versailles, 2018). Live à Versailles, Chapelle royale, juin 2018 : D’emblée, saluons l’excellente caractérisation en particulier chorale de chaque section : dans le Blanchard, l’articulation du portique d’ouverture, arche majestueuse et exaltée tout autant (Te Deum Laudamus), plus collectif d’individualités électrisées que massif monolithique indifférencié, montre le travail du chœur Marguerite Louise dont la majorité des membres vient des Arts Florissants : ceci expliquant cela, leur maîtrise, le sens d’une théâtralité palpitante, le jeu des brillances individuelles au sein du chœur, ce fiévreux scintillement au service du texte… se montrent … superlatifs. L’orchestre Stradivaria sait exalter lui aussi la vitalité engageante des instruments : bois et cuivres (flamboyant, incisifs) soutenus par les timbales dans un cadre idéalement réverbérant, solennisant. Avec le Te Deum, c’est le bruit voire le vacarme des armes qui investit la Chapelle.

 

 

 

Le Chœur Marguerite Louise est exaltant,
percutant, habité : jouissif…
un comble pour un Te Deum, d’esprit martial

 

 

 

Petite réserve pour le haute contre préliminaire chez Blamont, étroit, trop frêle, aux aigus maigrelets, trop minces pour une partition d’exaltation et un sujet où l’on fête la gloire divine. Ce qui perce directement ici c’est le geste du chœur, flexible et expressif comme jamais, tirant des œuvres de commande et célébratives vers un théâtre de témoignages investis : retenez le nom du choeur excellemment préparé « Marguerite Louise » : sa vibrante implication fait la différence.
Le focus se fait ici sur une querelle musicale, un fait d’armes chez les compositeurs, si nombreux dans l’histoire royale et versaillaise (il y eut d’autres Ă©pisodes de ce type rĂ©vĂ©lant la concurrence entre Blamont et… Campra) : alors que Rameau fait crĂ©er sa PlatĂ©e mirobolante, sommet lyrique dĂ©jantĂ© propre au règne de Louis XV, le Te Deum Ă©crit pour la Victoire de Fontenoy, est composĂ© et dirigĂ© devant la Reine par Blanchard (1696 – 1770), quand l’usage eut voulu que ce soit le Surintendant de la musique de la Chambre qui accomplisse cette tâche (en l’occurrence Blamont : 1690 – 1760, en poste depuis 1719). Par l’intermĂ©diaire du Duc de Richelieu (mai 1745) et contre l’intrigue de la Reine, Blamont adressa un avertissement au favori de Marie Leczinska.

Osons dire après comparaison des deux Te Deum, notre préférence pour celui de Blanchard (même si les faits historiques optent pour la victoire de Blamont, prestige de sa position oblige) : plus tendre, plus humain, d’une vivacité qui rappelle celle de Rameau (redoutable récits de la basse taille : æterna fac puis Salvum fac).
Côté forme, Blanchard opte pour un enchaînement plus traditionnel, sollicitant le haute contre qu’après 3 sections chorales (d’ouverture) : dans Pleni sunt cæli et terra (Romain Champion qui fut chez Hugo Reyne, un vibrant Atys), quand Blamont ouvre son édifice par un solo (un peu trop fragile comme il a été dit / Sebastien Monti). Blanchard favorise les voix hautes davantage que Blamont : duo de dessus (Tu Rex gloriæ, de plus de 4mn, la plus longue section : voix aigrelettes là aussi, et tendues, en manque de souplesse et d’éclat). Leur différence de style se dévoilant surtout dans la section finale « In te Domine speravi » : mordant, théâtral ; sautillant, animé chez Blanchard ; plus déclamatoire et martial (roulement de tambour à la clé), un rien ampoulé et répétitif chez Blamont.

L’excellente prise de son détaille, tout en restituant la vibration de l’espace réverbérant.

CLIC D'OR macaron 200Après un excellent Te Deum de Madin, – applaudi par classiquenews (avril 2016, Ă©galement dĂ©fendu par Stradivaria / Daniel Cuiller), ces deux Te Deum rĂ©sonnent d’une vibration rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e, en particulier grâce Ă  l’implication caractĂ©risĂ©e du chĹ“ur, au verbe articulĂ©, exaltĂ©, d’une prodigieuse activitĂ©. Ce qui frappe ici, c’est l’importance de la partie chorale qui exige des chanteurs de premier plan : dĂ©fi totalement relevĂ© par Marguerite Louise. La collection Château de Versailles offre d’écouter les partitions versaillaises dans les lieux naturels et historiques de leur crĂ©ation : l’apport musique et patrimoine est idĂ©alement restituĂ©e ; et mĂŞme d’une pertinence irrĂ©sistible. MĂŞme si en 1745, la Chapelle royale telle que nous la connaissons n’existait pas : cette exaltation des timbres renforce au contraire le relief des instruments et du formidable choeur. MalgrĂ© les faiblesses de certains solistes, la rĂ©vĂ©lation est au rendez vous. Et avec elle, la concurrence âpre livrĂ©e entre les compositeurs officiels eux mĂŞmes Ă  l’Ă©poque de Louis XV. Passionnante exhumation.

 

 

 

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CD, critique. La Guerre des TE DEUM : Blanchard / Blamont (Marguerite Louise, Stradivaria, 1 cd Château de Versailles, 2018)

ANNONCE DVD. DEBUSSY : Pelléas et Mélisande, A Altinoglu / D Tcherniakov (1 dvd Bel Air classiques)

DEBUSSY PELLEAS mélisande tcherniakov zurich 2016 critique opera critique dvd classiquenews bac157-cover-pellasrectoANNONCE DVD. DEBUSSY : Pelléas et Mélisande, A Altinoglu / D Tcherniakov (1 dvd Bel Air classiques). Réécrire les livrets, réviser l’enjeu et la finalité des drames… le metteur en scène Dimitri Tcherniakov n’hésite pas à pousser toujours plus loin les options purement théâtrales et dramaturgiques à l’opéra, quitte à dénaturer le sens des partitions originelles. On l’a vu pour Carmen à Aix, pour les Troyens à Bastille : inceste et manipulations afin de forcer quitte à les caricaturer les situations psychologiques entre les protagonistes. Que l’on aime ou que l’on soit agacé par ses excès de la « malscène », force est de constater que chaque lecture de Tcherniakov suscite de vifs débats, relance la finalité des mises en scène à l’opéra, et fait bien sûr parler de la production concernée, en faisant le buzz…
Pour l’Opéra de Zurich en 2016, Dmitri Tcherniakov réinvente Pelléas et Mélisande de Debussy (1902) : le prince Golaud, fils d’Arken, le roi d’Allemonde devient psychanalyste ; dès la première scène, celle où il est censé se perdre dans la forêt et y découvre paniquée, inquiète la jeune Mélisande, en costume cravate, le docteur interroge la jeune princesse afin de percer le mystère de son identité… L’analysée paraît en ado apeurée, capuche et air de camée en déroute… la transposition est brutale et sans guère de poésie visuelle. Pourtant décors et mouvements soulignent la puissance sauvage de la musique.
Après leur précédente coopération également filmée par Bel Air classiques (Iolanta / Casse Noisette), le chef Alain Altinoglu et Dmitri Tcherniakov dépoussièrent le mythe de Pelléas tout en exprimant ce qui passionne justement le metteur en scène, le traumatisme enraciné, les failles de la pysché, qui occupent chaque protagoniste. On se souvient de sa première mise en scène à l’Opéra Bastille, Eugène Onéguine dont il faisait avec Tatiana, deux êtres décalés, fragiles, asociaux, au bord de la folie. Qu’en dire ? Qu’en penser ? Prochaine critique complète au moment de la parution (septembre 2019) dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

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DEBUSSY : PELLÉAS ET MÉLISANDE
[DVD & BLU-RAY] – 1 dvd BEL AIR CLASSIQUES

Opéra en cinq actes (1902)
Musique : Claude Debussy (1862-1918)
Livret : Claude Debussy d’après la pièce éponyme de Maurice Maeterlinck

Arkel, roi d’Allemonde : Brindley Sherratt
Pelléas, petit-fils d’Arkel : Jacques Imbrailo
Golaud, petit-fils d’Arkel : Kyle Ketelsen
Yniold, fils de Golaud, d’un premier mariage : Damien Göritz
Un médecin : Charles Dekeyser
MĂ©lisande : Corinne Winters
Geneviève, mère de Golaud : Yvonne Naef
Père de Pelléas : Reinhard Mayr

Philharmonia ZĂĽrich
Zusatzchor der Oper ZĂĽrich
Sopralti Der Oper ZĂĽrich

Direction musicale : Alain Altinoglu
Mise en scène : Dmitri Tcherniakov

Costumes : Elena Zaytseva
Lumières : Gleb Filshtinsky
Vidéo : Tieni Burkhalter
Chef du chœur : Jürg Hämmerli
Dramaturgie : Beate Breidenbach

FICHE TECHNIQUE
Enregistrement HD : Opéra de Zurich | 05/2016
Réalisation : Andy Sommer
Date de parution : 13 septembre 2019
Distribution : Outhere Distribution France

1 DVD
Référence : BAC157
Code-barre : 3760115301573
Durée : 165 min.
Livret : FR / ANG / ALL
Sous-titres : FR / ANG / ALL / ESP / JAP / KOR
Image : Couleur, 16/9, NTSC
Son : Dolby Digital 2.0 & 5.1
Code région : 0

1 BLU-RAY
Référence : BAC457
Code-barre : 3760115304574
Durée : 165 min.
Livret : FR / ANG / ALL
Sous-titres : FR / ANG / ALL / ESP / JAP / KOR
Image : Couleur, 16/9, Full HD
Son : PCM 2.0, DTS HD Master audio 5.1
Code région : A, B, C

DEBUSSY PELLEAS mélisande tcherniakov zurich 2016 critique opera critique dvd classiquenews bac157-cover-pellasrecto

CD, événement, critique. El SIGLO DE ORO. Jean-Charles Ablitzer, orgue espagnol de Grandvillars : Cabezon, Cabanilles… (2 cd Musique & Mémoire, oct 2018).

ablitzer-jean-charles-siglo-de-oro-cd-festival-musique-et-memoire-cd-critique-annonce-cd-orgue-par-classiquenewsCD, événement, critique. El SIGLO DE ORO. Jean-Charles Ablitzer, orgue espagnol de Grandvillars : Cabezon, Cabanilles… (2 cd Musique & Mémoire, oct 2018). En 2 cd, remarquablement édités (livret et illustrations de grande valeur, détaillant les qualités de l’instrument ibérique récemment inauguré à Grandvillars, en oct 2018), le coffret à l’initiative du festival Musique & Mémoire souligne l’œuvre de défricheur de l’organiste Jean-Charles Ablitzer (par ailleurs artiste associé du Festival des Vosges du sud) ; sa recherche sur l’organologie élargit toujours les champs de connaissances comme elle ne cesse de poser des questions sur la manière d’interpréter une très riche littérature musicale. S’agissant de l’orgue ibérique, voici un jalon indiscutable qui lève le voile sur la diversité des écritures comme l’originalité de la facture instrumentale à l’époque de Charles Quint et de ses successeurs…

L’art des contrastes, l’architecture des plans sonores sont caractéristiques de l’orgue espagnol (coupure des jeux en basse et dessus sur clavier unique / Tiento de medio registro) ; à l’époque où l’Espagne règne sur le moitié du monde connu et jusqu’aux Amériques, y exploitant et ramenant des monceaux d’or, Charles Quint incarne ce « siècle d’or » / Siglo de oro, dont témoigne sur le plan artistique et musical, le programme plutôt très riche de ce nouvel album de Jean-Charles Ablitzer.
Immédiatement frappé par l’imaginaire expressif de l’organiste, l’auditeur voyage d’écritures en pièces et formes diverses, de Cabezon à Cabanilles… ce sont tous les « peintres-compositeurs » ibériques qui dans leurs couleurs et leurs dispositions ressuscitent. Le sens des respirations, le souci constant de l’accentuation naturelle et flexible, redonnent vie aux écritures des maîtres de l’orgue dans le premier XVIè siècle espagnol.

Un court tour d’horizon s’impose pour souligner la pertinence du contenu. A la précision du jeu répond l’intérêt des pièces sélectionnées.
Ainsi le castillan Cabezon (mort en 1566) dont l’activité suit de très près l’histoire dynastique des Habsbourg de Charles Quint à Philippe II. Ses Tientos, expression libre dans l’esprit de la fantaisie ou de la toccata, pour éprouver le clavier et le faire sonner librement indique un esprit universel car le compositeur (aveugle) fut grand voyageur, explorant tous les territoires du vaste empire : Italie, Flandres; Allemagne et aussi Angleterre et France.
Se distinguent ses flamboyantes diferencias, d’esprit populaire (danses, chansons traditionnelles : « sobre la gallarda milanesa », ou « el canto llano del Caballero »), ou avec l’éclat de cette chanson française (la dama le demanda / la belle qui tient ma vie) en provenance de la Cour de François, alors prisonnier en Espagne…

Les Aragonais… Aguilera de Heredia (mort en 1627) demandeur d’un jeu de dulzaina / voix de basse séparée (tiento de basso) pour l’orgue, se révèle très original ; il affirme ainsi le style de l’école aragonaise, à la rythmique accentuée, innovante, pleine d’audaces harmoniques qui révèlent l’époque des retables baroques au souffle nouveau. Le mouvement, une nouvelle « dramaturgie » aussi se manifeste. Ximénez (mort en 1672) prolonge le geste imaginatif de son maître Heredia : sa Bataille / Batalla (de sexto tono) permettent de reconstruire l’espace et l’architecture sonore avec des effets expressifs nouveaux.

Et que dire de Pablo Bruna (mort en 1679) ici aussi révélé ? (et qui ferme le cd1). Même tempérament novateur comme Heredia, et lui aussi … aveugle (comme Cabezon). Organiste à Daroca, centre de pèlerinage très actif (Collégiale Santa maria la Mayor de los Corporales), Bruna réinvente l’espace sonore lui aussi, capable de prouesses expressives virtuoses, grâce aussi à l’excellence de l’orgue local (par Guillaume de Lupe vers 1610). Ses improvisations fameuses attirent les foules, y compris les rois : Philippe IV et Charles II qui rejoignent Daroca pour l’écouter (tiento sobre la letania de la Virgen, ultime pièce du cd 1).

 

  

 

Jean-Charles Ablitzer fait sonner et briller l’orgue de Grandvillars
L’âge d’or de l’orgue ibérique

 

SUBLIME ORGUE DE GRANDVILLARS 

 

CĂ´tĂ© Andalous et Valenciens, Jean-Charles Ablitzer dĂ©fend un mĂŞme engagement pour souligner la vitalitĂ© des sensibilitĂ©s artistiques. Le choix est lĂ  aussi large et très rĂ©vĂ©lateur, soulignant encore l’âge d’or de l’orgue dans la pĂ©riode qui nous occupe. Francisco de la Torre (mort vers 1507) illumine SĂ©ville par ses compositions sacrĂ©es et aussi narratives et flamboyantes comme la danza alta sur la basse danse « La Spagna », utilisĂ©e comme cantus firmus. La carrure, la noblesse de l’écriture indiquent que dans l’Andalousie reconquise, Charles Quint a Ă©difiĂ© l’Alhambra, – palais italien Renaissance en pleine architecture mauresque (premier opus du cd2).

Le Franciscain et théoricien Juan Bermudo (mort vers 1565), apporte lui aussi son offrande musicale, caractérisée, dans ses pièces pour l’orgue contenues dans sa Declaración de instrumentos musicales (2 pièces dont la première Cantus del modo primero.)…

La Cathédrale de Séville se dote en 1579 d’un orgue dû au facteur flamand Maese Jorge, avec la spécificité déjà explicitée : jeux de basse et de dessus sont coupés. Maîtres de cette particularité technique et sonore, la dynastie des Peraza : l’interprète distingue avec raison Francisco, mort en 1598 dont la seule pièce parvenue (tiento de medio registro alto, primer tono) montre combien le compositeur a su exploiter ressources et caractères du nouvel orgue sévillan.

Son élève, Francisco Arauxo (mort en 1654) s’affirme plus encore, grâce aux pièces contenues dans son recueil : « Faculdad Orgánica (1626), méthode miroir de son expertise (en 69 tientos) où le compositeur détaille aussi la manière de toucher et d’ornementer : une bible pour l’interprète actuel (quatre passionnants tientos dont l’avant dernier sur la bataille de Morales).

Enfin à Valence (dont il fait un nouveau phare artistique de l’instrument), Juan Cabanilles (1644-1712) ferme le programme ; chronologiquement il est déjà hors Siècle d’Or, mais son art suprême récapitule et synthétise tout ce qui a précédé, fusionnant le savant et le flamboyant, désormais point ultime de la grande histoire de l’orgue ibérique. A quelques années près, Cabanilles incarne un âge d’or qui s’efface avec sa mort, comme c’est le cas du règne et de la disparition de Louis XIV (1715) : les ors d’un feu qui a duré depuis la dernière décennie du XVè, s’y déverse avec équilibre et exubérance. D’ailleurs, Cabanilles joue avec les formes explorées précédemment par ses ainés : tientos, mais aussi toccata, pasacalle, corrente (évidemment italienne)… l’érudition est grande et le geste très libre.

Sous les doigts experts de Jean-Charles Ablitzer, l’orgue ibérique de Grandvillars, confirme ses extraordinaires qualités expressives, spatiales, sonores. La pensée de l’interprète ressuscite tout l’imaginaire des compositeurs organistes en Espagne depuis la fin du XVè : les couleurs rutilent ; fluide et précis, le jeu souligne cette esthétique des contrastes très affûtée, mordante, propice à l’évènement de l’orgue orchestral, capable d’émouvoir comme de saisir par la force de son spectre spatialisé (cf l’évocation des Batailles).

 

 

 

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CLIC_macaron_2014CD Ă©vĂ©nement, critique. SIGLO DE ORO, Jean-Charles Ablitzer, orgue espagnol de Grandvillars – JoaquĂ­n Lois Cabello – Christine Vetter (2018) – Enregistrement rĂ©alisĂ© en octobre 2018 dans l’Eglise St. Martin de Grandvillars (France, Territoire-de-Belfort)- 2 cd Musique & MĂ©moire – superbe livret richement illustrĂ©, comprenant une notice de prĂ©sentation du programme par JC Ablitzer et la fiche technique de l’orgue de Grandvillars). CLIC de Classiquenews de mars 2019

Coffret 2 CD, livret illustré 72 pages
Durée : CD1 / 1h07mn – CD 2 / 1h04mn
MM 2018-01-02 DDD
EAN : 3775000042202
Made in France
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English commentary inside
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www.musetmemoire.com
© Musique et Mémoire 2018
â„— Musique et MĂ©moire 2019

 

 

 

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LIRE aussi notre présentation du coffret 2 cd El Siglo de Oro / Jean-Charles Ablitzer (oct 2018)
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-siglo-de-oro-jean-charles-ablitzer-2-cd-festival-musique-memoire-2018/

LIRE aussi notre prĂ©sentation du prochain Festival MUSIQUE & MÉMOIRE (19 juillet – 4 aoĂ»t 2019)
http://www.classiquenews.com/vosges-du-sud-26e-festival-musique-memoire-2019/

 
 

 
 

grandvillars-orgue-concert-jean-claude-ablitzer-classiquenews-critique-cd-el-siglo-de-oro-concert-festivals-critique-classique-news

 

 

Illustrations : Orgue ibérique de Grandvillars © Michel Gantner 2019 / Festival Musique & Mémoire

  

  

 

CD, critique. HANDEL with care / Opera Minima / Laterna Magica (1 cd PARATY)

handel haendel laterna magica opera minima handel with care cd review critique cd par classiquenews oct 2018CD, critique. HANDEL with care / Opera Minima / Laterna Magica (1 cd PARATY). A l’instar de la fameuse lanterne magique dont le dispositif plutôt simpliste et réduit permettait aux particuliers de s’enchanter des derniers événements spectaculaires à la mode, dans l’intimité de leur salon, les instrumentistes de l’ensemble bien nommé Laterna Magica savent maîtriser l’exercice de la réduction (et de la transcription, grâce en majorité, à leurs compétences propres), et exprimer souvent la virtuosité élégante et poétique du Haendel lyrique… mais, c’est la singularité et le défi de ce programme, … sans les voix. Ici, le chant est celui principalement des deux flûtes à bec, auxquelles répondent le geste tout aussi libéré et inventif du violoncelle et du clavecin.
Inspirés aussi par l’activité de l’éditeur londonien John Walsh, qui a publié en 1711, nombre de recueil proposant en effectif réduit, duos et airs célèbres de l’opéra Rinaldo par exemple (déjà pour 2 flûtes et basse continue), les quatre musiciens revisitent ainsi 5 opéras mythiques de Haendel, à commencer par Agrippina (1709), tout en sensualisme le plus ardent (transcription de l’air de Poppée : « Vaghe perle… »), sans omettre Rinaldo et Radamisto, jusqu’à Giulio Cesare de 1724 qui en est l’opus le plus tardif. Evidemment le phrasé n’est pas le même, la ligne vocale originelle étant tour à tour incarnée par un ou deux instruments, dont on ne saurait trop louer la belle agilité musicienne.
Audacieux dans ses transpositions pour 2, 3 et 4 instruments concertants et solistes, libre par un geste totalement assumé, soucieux de couleurs et d’éloquence, à l’instar du superbe visuel de couverture (le cœur d’une pivoine rose mordorée), l’ensemble Laterna Magica porte bien son nom et relève les défis multiples d’un programme aussi virtuose que passionné.

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CD, critique. HANDEL with care / Opera Minima / Latrna Magica (1 cd PARATY). Parution : octobre 2018.

CD événement, critique. CALDARA : Maddalena ai piedi di Cristo (1 cd Alpha, Damien Guillon, 2017)

maddalena ai piedi di cristo caldaia damien guillon cd critique par classiquenewsCD événement, critique. CALDARA : Maddalena ai piedi di Cristo (1 cd Alpha, Damien Guillon, 2017). Damien Guillon et son Banquet Céleste revisitent avec une acuité palpitante voire mordante la brûlante ferveur de Madeleine, telle que l’a magnifiée et mise en musique, le Vénitien Antonio Caldara, né sur la lagune vers 1670. Caldara à l’égal d’un Cavalli plus tardif et montéverdien, incarne le second âge d’or de l’opéra vénitien au XVIIè. C’est le maillon manquant entre Monteverdi et ses élèves, et Vivaldi. Maître exceptionnel de l’opéra comme de l’oratorio, il offre à Barcelone le premier opéra en terre catalane, Il più bel nome (1708), commande de son futur patron Charles VI, auprès duquel il s’installera, à Vienne, en 1716. Caldara, dont la catalogue totalise environ trois mille œuvres à son actif, décède dans la capitale Habsbourg en 1736 (dans la même Kärtnerstrasse que Vivaldi…) et comme le Pretre Rosso, … dans l’oubli et la misère. La mode privilégie l’éclat spectaculaire de l’opéra napolitain. Venise est passée de mode. Johann Mattheson l’admire à le place à l’égal de Haendel et de Vivaldi.

 

 

 

CALDARA, souverain du rĂ©citatif… mystique et langoureux

 

 

 

caldara Antonio_CaldaraDans le genre créé à Rome, au moment de la Contre-Réforme, par Carissimi et Landi, Antonio Caldara éblouit l’histoire musicale dans sa Maddalena ai piedi di Cristo, oratorio « volgare », c’est-à-dire récité en italien […] soit en langue vernaculaire et non en latin. Les 6 chanteurs solistes se partagent 6 incarnations plus ou moins affinées : Marthe, Madeleine et un Pharisien ; Jésus, l’Amour Terrestre et l’Amour Céleste. En trente-trois airs et ensembles, de forme récitatif-aria, chacun témoigne de sa ferveur et de son trouble confronté au repentir, sincère ou factice de la Pénitente en pleine transe coupable… Après un enregistrement légendaire signé Jacobs, voici la nouvelle génération baroqueuse française qui relève les défis nombreux de ce sommet de la ferveur italienne baroque.

Fils d’un violoniste à San Marco, Caldara est l’un de ces compositeurs vénitiens (né vers 1670 dans la Cità) qui voyagent et traversent toute l’Europe. Elève un temps du grand Legrenzi, Caldara est un Européen, mais surtout d’une sensualité incarnée qui électrise son écriture et renforce l’expression incandescente des affetti / passions humaines. Né après l’essor montéverdien, au plein milieu du XVIIè, Caldara éblouit à la fin du XVIIè par une sensibilité extravertie et expressionniste qui annonce évidement Alessandro Scarlatti, et après eux Haendel. Il est évident que la source du Saxon en Italie est en partie originaire du style caldarien.

Etrange adjectif utilisé dans le livret pour présenter le caractère même de l’oeuvre : rien de « sévère » en rélaité, dans cette peinture édifiante de la Repentie sublime, Marie-Madeleine, dont tout l’action s’inscrit dans le renoncement, l’engagement, la volonté de suivre Christ et l’Amour céleste, au grand dam d’ailleurs d’Amour terrestre (qui pourtant tente de susciter ses armées d’esprits tentateurs) ; et surtout malgré les doutes et questionnements souvent indignes et grossiers du Pharisien qui méprisant, arrogant, condescendant, met en doute la sincérité de la Madeleine et la constance de son engagement : il ose même critiquer la bienséance d’un dieu qui accepte d’accueillir une femme aussi indécente !
N’importe, Madeleine a pour elle cette volonté chevillée au corps et au cœur : se soumettre et se fondre dans l’absolue ferveur au Christ dont elle ressent comme personne la passion miséricordieuse, l’humanisme d’un amour sans borne. Evidemment ce qui faisait l’excellence de la version Jacobs (1996) était sur un tapis instrumental aussi dépouillé (plutôt que « sévère ») qu’incandescent, l’absolue perfection de la distribution : des tempéraments vocaux d’une évidente et brûlante sincérité : Bernarda Fink, María Cristina Kiehr, Rosa Dominguez….
Ici, on apprécie évidemment le soprano plus ciselé qu’halluciné d’Emmanuelle de Negri en Madeleine ; le sublime Amor terreno de la jeune Benedetta Mazzucato, et l’Amor celeste de Damien Guillon. Tous trois mieux que leurs partenaires savent sculpter le verbe incantatoire, en un expressionnisme capable de nuances et d’accents infimes. Le récitatif et les airs si courts et condensés exigent des diseurs moins des chanteurs. En cela, le trio fonctionne à merveille.
La Première partie est de loin la plus bouleversante, soulignant la douleur implorante de Madeleine (Emmanuelle de Negri, parfois appliquée, en retrait) dont sont regroupés les airs les plus significatifs et les plus bouleversants de sa foi sublime, de cette extase en humilité et contrition qui la transpercent littéralement : du premier air (« In un bivio è il mio volere »), au fameux «  Pompe inutili, che il fasto animate ». Jusqu’au sublime lamento « Voglio piangere »…coeur tendre et fulgurant de cette fresque lacrymale et mystique.
Marta (tendre Maïlys de Villoutreys) recueille ses prières avec une tendresse de première communiante. Et le Christ de Reinoud van Mechelen chante sa partie (Christ) avec une posture aussi désimpliquée que possible, comme s’il s’agissait de n’importe quel oratorio napolitain. Dommage que la caractérisation et l’imagination ne soient pas inscrits dans un style trop lisse et passe partout. Caldara a cependant signé dans cette partition, les récitatifs parmi les plus saisissants de la littérature ; une préfiguration de ce que fera Debussy dans Pelléas. C’est à dire l’invention d’un langage musical et vocal quasi parlé d’une fluidité inédite, d’une justesse d’intonation, inouïe.
Intense, expressif mais mesuré, Amor Celeste de Damien Guillon, sorte de guide spirituel et soutien auprès de Maddalena, exprime avec douceur ou lumineuse autorité, la protection du ciel.

Le continuo du Banquet Céleste n’atteint pas cette épure fulgurante et contrastée de la fabuleuse Schola Cantorum Basiliensis réunie dans les années 1990 par René Jacobs : le chef flamand démontrait alors que l’orchestre et ses nuances infimes, ciselait le plus raffiné des tapis sonores, égal écho aux affetti suspendus, languissants de la divine Maddelena… Difficile de passer après un tel sommet discographique. Néanmoins, saluons le défi en partie relevé par Le banquet Céleste. A croire que plus de 20 ans après sa première au disque, l’oratorio de Caldara ne renouvelle pas l’exceptionnelle réalisation qui l’a fait connaître. Cependant cette nouvelle version a le mérite de confirmer que nous sommes bien confrontés à un chef d’oeuvre du genre. C’est peu dire que l’oratorio s’implante à Venise, patrie mère de l’opéra, dès le XVIIè, grâce au génie de Caldara. De Vienne, le compositeur exporte le genre particulier du Sepolcro, oratorio de méditation et de réflexion sur la Passion du Christ ou le bouleversement qui s’opère face à son sacrifice… Lacrymal, imploratif, compassionnel surtout, la Maddalena de Caldara est un sommet absolu qui mérite davantage de lectures. Gageons que l’approche de Damien Guillon, ouvre la voie d’un engouement nouveau.

 

 

 

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CD Ă©vĂ©nement, critique. CALDARA : Maddalena ai piedi di Cristo / – Le Banquet CĂ©leste, Damien Guillon, contretĂ©nor, direction (1 cd Alpha, Damien Guillon, 2017).

 

 

 

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LIRE aussi notre annonce : «  CD événement, annonce. CALDARA : Maddalena ai piedi di Cristo (1 cd Alpha, Damien Guillon, 2017) « .
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-caldara-maddalena-ai-piedi-di-cristo-1-cd-alpha-damien-guillon-2017/

 

 

 

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CD, compte rendu critique. ANITA RACHVELISHVILI (1 cd SONY classical)

RACHVELISHVILI Anita CD sony classical critique par classiquenews annonce cd review by classiquenews la critique du cd sur classiquenewsCD, compte rendu critique. ANITA RACHVELISHVILI (1 cd SONY classical). La mezzo géorgienne Anita Rachvelishvili épingle les airs d’opéras qui ont fait sa gloire (Carmen chanté à 25 ans en 2009 à la Scala de Milan, aux côtés de Kaufmann et sous la direction de Barenboim)… mais aussi surtout ici de nouveaux rôles, amples, tragiques, princiers, taillés pour son instrument noble et large : Sapho et Dalila… c’est donc en plus des poncifs verdiens (Eboli, ou Azucena, rôle fantastique et halluciné qu’elle chante en février 2018 au Metropolitan Opera de New York, puis en juin à Paris), un récital qui comme celui de Jonas Kaufmann, chez le même éditeur (CD : ” l’Opéra “), est une déclaration d’amour à l’opéra romantique français.

Sa Charlotte (Werther de Massenet) n’est pas mal non plus : les teintes miroitantes de la diva expriment et révèlent l’activité d’un psyché meurtri, maudite, qui en relisant les lettres du jeune héros de Goethe, a la prémonition de sa mort… Timbre charnel et cuivré, medium large, le chant souverain d’Anita, la nouvelle diva grave (plus grave encore que les sopranos actuellement fêtées telles Yoncheva ou Netrebko), affirme une intelligence artistique pour nous exemplaire, par ses teintes murmurées idéalement contrôlées, un mezza voce rayonnant, à la fois éblouissant et coloré, qui confirme ce goût sublime de l’interprète pour l’intériorité (et non la performance, même si elle excelle dans le rôle d’Amnéris… auquel elle apporte d’ailleurs une nouvelle profondeur). Jamais tiré, ni crié, ni tendu, son chant cisèle le creux vertigineux du mot, ce qui donne la réussite de son premier air de Dalida (en réalité peu connu) : l’amoureuse séductrice saisit par sa langueur suspendue et des couleurs fauves là encore… enivrantes. L’écoute attentive de cet air de Saint-Saëns révèle des joyaux vocaux d’une étonnante intensité, d’une justesse idéale.

ANITA, nouvelle sirène contemporaine

Les oreilles pincées auront mis à mal l’imprécision linguistique du français ainsi détérioré (en réalité peu de chose, des vétilles qui affectent à peinent la beauté et la sureté d’un chant très abouti) : quelle beauté du timbre accordé à un goût exemplaire pour le pianissimo. Voluptueuse et ciselée, diseuse contrôlant comme peu l’émission et la projection, Anita Rachvelishvili s’entend à merveille à sculpter son timbre dans la défense de SAINT-SAËNS précisément et de MASSENET : du premier sa Dalila éblouit par ce sens de la mesure (qui n’est pas pudeur lisse) ; du second, sa Charlotte trouve des couleurs félines, … splendides. Il est évident qu’avec un coach vocal plus exigeant en français, la diva mezzo dominera demain toutes les scènes lyriques mondiales. Elle a le potentiel vocal et la magnétisme inouï d’une Elina Garanca (d’autant que cette dernière ne maîtrise pas mieux son français : mais sa récente Eboli à Bastille a foudroyé pourtant l’audience, non sans raison). C’est dire.

Chez les Italiens, là encore la dextérité habitée d’Anita Rachvelishvili, et cette présence singulière envoûte. De Mascagni, sa Santuzza (de Cavalariana), le mezzo langoureux, inquiet, en vertige et panique contrôlée, régénère la perception et le compréhension de l’amoureuse blessée, trahie, perdue. Anita Rach. apporte et cisèle une jeunesse racée nouvelle qui contraste avec le medium plus large des femmes mûres plus habituellement entendues dans le rôle. La jeune diva trentenaire apporte une couleur et une lumière nouvelles. Une grâce inédite dans le personnage vériste qu’elle adoucit et enrichit ainsi considérablement.

CLIC_macaron_2014Autre séquence méconnue mais révélatrice : « la cavatine du roi Tamar », extraite de La Légende de Shota Rustaveli de Dimitri Arakishvili, compositeur compatriote de la diva divina, véritable opéra majeur de la Géorgie. L’écoute attentive de l’album « ANITA RACHVELISHVILI », mérite sans hésiter le CLIC de CLASSIQUENEWS. Aux côtés de Jonas Kaufmann, ou la jeune soprano Regula Mülhleman, le label SONY affirme sa présence comme la marque aujourd’hui incontournable des grandes voix actuelles.

La finesse, l’intelligence, la suavité filigranée de ce timbre de velours, à la fois grave et délicat, subjuguent. A suivre.

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LIRE aussi notre annonce du cd événement d’Anita RACHVELISHVILI

http://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-anita-rachvelishvili-mezzo-1-cd-sony-a-venir-le-2-mars-2018/

 

CD, compte rendu critique. ANITA RACHVELISHVILI (1 cd SONY classical) – CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2018

Dossier François COUPERIN 2018… pour les 350 ans

couperin-francois-portrait-compositeur-baroqueDOSSIER François COUPERIN 2018. François dit « Le Grand » (1668-1733) est le génie de la dynastie familiale et musicale : un auteur unique et singulier, capable de sublimer l’écriture pour le clavecin et la musique de chambre voire la forme concertante et celle orchestrale alors en germe ; François est le neveu de « Louis » (circa 1626-1661). Oncle, père (Charles) et donc fils et neveu, se succèdent comme organiste à Saint-Gervais à Paris, éloquente continuité dynastique. Et pour le dernier Couperin, accomplissement final en apothéose (car il est fils unique et dernier d’une lignée prospère), longue tradition familiale qui explique ici une passion pour le clavier, orgue et clavecin. Si Saint-Saëns se passionne pour Rameau, c’est … Brahms qui pilote la première édition des oeuvres pour clavecin de Couperin. Il fut longtemps taxé d’un excès d’italianisme : c’est mal écouter son oeuvre et mal mesurer le parcours de son style dont le but ultime et la poésie, née d’une alliance subtile entre trame italienne et chaine française. A Couperin « le Grand » revient le mérite de créer et réussir ce goût personnel, puissant, original qui réunit les deux styles emblématiques de la musique baroque. Né en 1668, François Couperin aurait eu en 2018, 350 ans. Dossier spécial pour cette anniversaire.

 

 

couperin francois-bio_0 vignette classiquenewsTRADITION FAMILIALE ET GENIE SOLITAIRE… Pas d’opĂ©ras : mais quel esprit affĂ»tĂ© et prĂ©cis en terme d’indications. Autant sa vie sociale semble lisse, calme, discrète (encore que son rival, Marchand s’enorgueillit de lui avoir ravi sa « maĂ®tresse », – difficile il est vrai d’évoquer ce souci du dĂ©tail et de la nuance, cet Ă©quilibre sensuel entre Ă©lĂ©gance, raffinement, extrĂŞmement articulation, ce goĂ»t du timbre et de la couleur sans imaginer nature amoureuse et passionnĂ©e) ; autant son style et sa recherche esthĂ©tique relèvent d’une pensĂ©e unique Ă  son Ă©poque : d’une perfection sans limite et inatteignable. Autant Couperin tout en demeurant seul et mondain Ă  la fois, une solitaire unique et singulier en son temps, annonce dĂ©jĂ  les plus compositeurs modernes du XXè – ceux qui sculptent et cisèlent notre orchestre moderne,… Debussy et Ravel. De sorte que Couperin prĂ©pare la rĂ©volution française en musique au dĂ©but du XXè.

 

 

COUPERIN 2018 600x337_couperinTOUCHER LE CLAVECIN… Alors que d’aucun reconnaisse le clavecin comme un instrument incapable de forte et de piano (ne pouvant être ni « forcé » ni « étouffé »), François Le Grand invente une manière bien à lui dans « L’art de toucher le clavecin » (1716), un guide et une conception qui dévoile alors toute une esthétique, révélant à tous, ce que chacun ignorait : le clavecin est un instrument soliste, taillé pour la nuance. Après lui, Rameau l’aura bien assimilé. Et plus encore, dans ce rapport de poète et de conteur alchimiste, dans ce nouveau rapport intime et introspectif, ce sont Chopin et Debussy, autres grands faiseurs d’onirismes au clavier qui se profilent tout autant. Couperin soucieux que ses pièces soient bien exécutées, y précise ornements, notes inégales, doigté… De même il écrit un traité Règle pour l’accompagnement, essai pertinent pour la réalisation d’une basse chiffrée et pour résoudre la dissonance…

Organiste, claveciniste, François Couperin les a tous préfiguré par sa technique comme interprète, par la conception de la musique qu’il a défendu : une musique aux coloris nouveaux, picturale. « Moi aussi je serai peintre » affirme celui qui va se passionner pour le genre à la mode, la Sonate (« Sonades » chez lui), bientôt effaçant l’engouement pour l’ancienne Suite de danses… Nouvelle sensibilité, autre équilibre formel.

En 1693, fort de la tradition héritée de ses pères, François devient organiste à la Chapelle royale de Versailles c’est à dire musicien de Cour, nommé par quartiers (les trois mois « de janvier ») par Louis XIV lui-même. C’est d’ailleurs Couperin qui inaugure le flamboyant orgue de Cliquot de la nouvelle Chapelle, dernier chantier important du Grand Siècle (inaugurée en 1710, dans un style classique français néovénitien, c’est à dire Palladien).

 

couperin-francois-portrait-dossier-couperin-2018-sur-classiquenews-les-concerts-royauxUN STYLE DEJA EUROPEEN… Si son premier recueil publié (1690) s’intéresse à l’orgue, Couperin offre la pleine mesure d’un talent accompli pour le clavecin et la musique de chambre dans Les Nations éditées en 1726 (et dans lesquelles il intègre d’anciennes Sonates/Sonades en trio diffusées alors sous couvert d’une identité italienne : à la Corelli). Tout cela pour susciter davantage la curiosité de ses contemporains. Couperin est donc aussi un farceur. C’est que le compositeur est déjà un européen, militant pour la fusion des styles, apôtre visionnaire des « Goûts Réunis ». Même itanianisme s’était vu dans ses Leçons de Ténèbres (vers 1704), qui montrent combien le Français apprécient l’Italie mélismatique et volubile, aérienne et filigranée mais expressive et dramatique de Carrissimi, transmis par Charpentier dans le genre de la cantate, elle-même avatar de l’oratorio.

CLAVECIN ROYAL… Ses 4 recueils de pièces pour clavecin paraissent tardivement après Clérambault, Dandrieu, Le Roux, Marchand et Rameau. Organisés en « Ordres » et non pas en « Suites », chacun (1713, 1716, 1722 et 1730) s’apparente à une fantaisie libre sur un sujet poétique voire abstrait, dont le titre renvoie à une idée ou un personnage (véridique ou fictionnel). Il y a déjà chez Couperin dans ce rapport ludique, inventif, libre au clavier et aussi dans la création personnelle et originale d’un monde expressif inédit, la pure magie sonore d’un …Satie. Dans son fameux portrait (coloriste et lui aussi néovénitien parfaitement emblématique du début du XVIIIè) d’André Boüys, Couperin pose ses mains sur les Idées Heureuses du IIè Ordre.

 

 

LES GOUTS REUNIS… dans les années 1720, Couperin organise son oeuvre dans le sens d’une synthèse spécifique (et remarquablement réussie) entre style italien et français. Le Recueil éditant des pièces variées déjà anciennes, Les Nations, de 1726, illustre cette ambition; précédé par les Concerts royaux de 1722 (pour un ou trois instrumentistes). Puis en 1724, l’Apothéose de Corelli, édité au sein du recueil Les Goûts réunis imbrique très subtilement styles italiens et français, permettant même en 1725, l’allégorie musicale à la mémoire immortelle de Mr de Lully : au Parnasse, accueillis par Apollon, Lully retrouve Corelli et joue avec lui une Sonade en trio de Couperin, parfaitement synthétique.

Moins fusionnĂ©s que combinĂ©s voire juxtaposĂ©s avec soin, les 4 volets des Nations (1726) mĂŞlent le goĂ»t gĂ©nĂ©ral de son Ă©poque (Suites) et ses propres recherches (Sonades). Rien n’y est gratuit : tout tient sa place Ă  sa juste mesure, nuance, intensitĂ©.

 

 

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DISCOGRAPHIE

 

couperin francois-bio_0 vignette classiquenews Notre sélection des cd, livres… dédiés à l’oeuvre et au style de François Couperin par les meilleurs interprètes passés et actuels. Force est de constater que les musiciens ne se bousculent guère pour défendre et rétablir la place que mérite François Couperin. Bien peu de responsables de salles se préoccupent de celui qui inventa avant Rameau, l’essor des couleurs, timbres et chambrisme dans la musique française. Celui qui fut admiré de Brahms, en une intuition pionnière admirable, est encore trop taxé d’intellectualisme aride, difficile, bavard… Il y a donc encore du travail à accomplir pour que se dévoile l’esprit de la synthèse et de l’élégance d’un Couperin qui sait dialoguer, colorer, nuancer sans artifice.

les timbres ensemble classiquenews.comParmi les rĂ©alisations les plus essentielles, celles qui comptent pour l’éternitĂ©, nous distinguons pour le clavecin : Blandine Verlet … sans hĂ©siter. Aucun claveciniste n’atteint une telle poĂ©sie, faite dĂ©tails, nuances et naturel, flexibilitĂ© et raffinement, intensitĂ© et Ă©lĂ©gance. Bravo Madame. Et champions absolus de sa musique concertante et chambriste, il n’est que deux ensembles aujourd’hui qui maĂ®trisent la langue flexible, poĂ©tique de Couperin : l’ainĂ© JORDI SAVALL et les nouveaux instrumentistes de la nouvelle gĂ©nĂ©ration baroque, dignes hĂ©ritiers des premiers dĂ©fricheurs critiques : Harnoncourt ou Christie Ă  leur meilleur : l’ensemble française, Les Timbres (leur disque Ă  venir dĂ©diĂ© aux CONCERTS ROYAUX / photo ci contre) pourrait bien ĂŞtre l’évĂ©nement discographique de l’annĂ©e François Couperin 2018 (Parution en avril 2018). En plus d’une virtuositĂ© intĂ©rieure, saisissante par son sens de l’urgence et de la complicitĂ© heureuse, LES TIMBRES, ensemble en rĂ©sidence au Festival Musique et MĂ©moire (haute-SaĂ´ne) qui en est comme le tremplin dĂ©cisif, rĂ©inventent aussi l’idĂ©e d’une harmonie collective transcendante : pas de leader ou de chef ici selon une vision classique et routinière, mais un fraternitĂ© de talents singuliers et complĂ©mentaires : quel exemple pour tous les musiciens de la nouvelle scène Baroque ! VOIR ici notre grand reportage LES TIMBRES en rĂ©sidence Ă  Musique et mĂ©moire / reportage vidĂ©o CLASSIQUENEWS.COM / au programme entre autres, l’opĂ©ra PROSERPINE de LULLY dans une version historique inĂ©dite.

 

COUPERIN par les timbres cd visuel cd classiquenewsVOIR NOTRE REPORTAGE VIDEO Les Timbres jouent les Concerts Royaux de François Couperin (cd à paraître le 20 avril 2018) — Le 20 avril 2018 sort le nouveau disque de l’ensemble sur instruments d’époque, Les Timbres : Concerts Royaux de François COUPERIN. L’année Couperin ne pouvait rêver meilleur hommage ni accomplissement plus pertinent. Reportage vidéo réalisé pendant l’enregistrement à Frasne le Château en juillet 2017 – Qu’apportent aujourd’hui Les Timbres ? Quels sont les défis de l’interprétation, le propre de l’écriture de François Couperin, quelle est sa conception de la musique concertante ? Musique d’un équilibre délicat où chaque partie compte, se complète, s’écoute, le monde instrumental de Couperin permet aux Timbres de dévoiler davantage ce qu’ils maîtrisent, l’art du dialogue concerté, l’harmonie collégiale dont rêve tout ensemble musical… CD récompensé par un “CLIC” de CLASSIQUENEWS

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CD

 

 

COUPERIN francois pieces clavecin livre III 13 et 18 e ordres critique cd review cd par classiquenews CLIC de fevrier 2018 cd critique ap170-OK-carre-1024x1024Cd, compte rendu critique. FRANCOIS COUPERIN (1668 – 1733) : Pièces de clavecin, IIIè Livre (13 et 18è Ordes). Blandine Verlet, clavecin (1 cd ApartĂ©). BLANDINE VERLET dĂ©voile Le CLAVECIN DE COUPERIN. Après deux prĂ©cĂ©dents (1713, puis 1716), Couperin publie son 3è Livre de pièces de clavecin en 1722, dont les fameux Concerts royaux. Très mĂ©ticuleux, l’auteur annote, indique prĂ©cisĂ©ment les enjeux esthĂ©tiques et les nuances expressives comme le dispositif essentiel qui dĂ©montrent une pensĂ©e expĂ©rimentale, laquelle n’aura Ă©tĂ© jamais aussi ludique, imaginative, et toujours très juste dans les rĂ©glages poĂ©tiques : il expose ainsi le principe des « pièces croisĂ©es » (accouplement des claviers), et un nouvel ornement, sorte de respiration articulant la ligne vocale. Couperin glisse aussi quelques rĂ©fĂ©rences Ă  l’actualitĂ© politique… LIRE notre critique complète

 

 

 

François Couperin (1668-1733) : Septième et Huitième Ordres du Deuxième Livre de 1716-1717; 25è,26è et 27è ordres du Quatrième Livre de 1730. Blandine Verlet, clavecin Hemsch 1751. 2 cd Aparté. Enregistrement réalisé en novembre 2011 en Belgique. Réf.: AP036. CD1: 1h. CD2: 56mn. LIRE notre critique cd complète

 

couperin-582-722-francois-couperin-le-grand-portrait-grand-format-classiquenews-portrait-anonymeCD, compte rendu, critique. Couperin : Les Concerts royaux (Jordi Savall, 2004 – 1 cd Alia Vox). ELOGE DU TIMBRE, DE LA COULEUR, DU SCINTILLEMENT… Avec « Messieurs Duval, Philidor, Alarius, et Dubois… », François Couperin nous précise qu’il touchait le clavecin lui-même dans l’interprétation de ses Concerts Royaux. Il laisse l’instrumentarium libre, précisant que les Concerts conviennent tout aussi bien « au violon, à la flûte, au hautbois, à la viole et au basson »… Après avoir abordé du « musicien poète »,- véritable coloriste magicien, les Pièces de viole (1728), Les Nations (1726) et Les Apothéoses (1724), Jordi Savall et ses partenaires (dont Bruno Cocset, basse de violon) jubilent en exploitant toutes les combinaisons possibles sur le plan instrumental, diversifiant chaque séquence (Premier, Second Concert, …) par l’emploi spécifique de tel ou tel instrument. Hautbois et basson dans le Premier ; cordes seules dans le Second (Basse de viole, Basse de violon et violon), flûte dans le Troisième ; tous les instruments précisés dans le Quatrième. LIRE notre critique complète COUPERIN, Concerts Royaux par Jordi Savall

 

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VIDEO : Les Timbres jouent les premiers baroques britanniques dans un programme sur les saisons, intitulĂ© “THE WAY TO PARADISE, musiques de William Shakespeare”, crĂ©ation 2016 / Festival Musique et MĂ©moire 

 

 

SĂ©lection cd, livres… enrichie au fur et Ă  mesure de l’annĂ©e François Couperin : articles, critiques, vidĂ©os et nouveaux contenus spĂ©cial COUPERIN 2018 Ă  venir …. consulter ce dossier rĂ©gulièrement…

 

 

PARIS. REOUVERTURE DE L’OPERA COMIQUE : Et In Arcadia ego sum

opera-comique-et-in-arcadia-ego-jean-philippe-rameau-concert-critique-et-presentation-sur-classiquenewsPARIS, ET IN ARCADIA EGO… 1er – 11 fĂ©vrier 2018. L’OpĂ©ra Comique ouvre sa nouvelle saison avec un spectacle inĂ©dit prĂ©sentĂ© en crĂ©ation… ce que les initiateurs de ce nouveau spectacle ne disent pas, c’est qu’avant toute chose, il y a d’abord Ă  la source du titre et des mondes poĂ©tiques qu’il convoque, le cĂ©lèbre tableau « vĂ©nitien » (par ses couleurs et sa qualitĂ© de plĂ©nitude sensuelle) du peintre baroque, Nicolas Poussin (cf. notre illustration). Le tableau conservĂ© au Louvre, a Ă©tĂ© abondamment critiquĂ© et analysĂ© par les spĂ©cialistes, Ă©crivains, poètes dont Ă©videmment Yves Bonnefoi. En Arcadie, moi aussi j’ai Ă©té… le voyageur au hasard d’une promenade accompagnĂ©e, dĂ©couvre sur la paroi d’une sĂ©pulture (qui rappelle la fragilitĂ© de la condition humaine), l’inscription d’un autre promeneur comme lui, mais il y a longtemps, tĂ©moignant lui aussi de son sĂ©jour en terre idĂ©alisĂ©e, l’Arcadie.

Poussins-Berger-ArcadieLe lieu est un mythe de la poĂ©sie baroque : un monde merveilleux oĂą l’harmonie rĂ©concilie l’homme et la nature en un pacte idyllique. C’est pourquoi la petite phrase emblĂ©matique suscite et le surgissement d’un monde visitĂ© anciennement, monde paradisiaque, devenu inaccessible (?), et aussi, produit l’éveil inquiet : l’existence terrestre connaĂ®t une fin inexorable, comme moi qui a Ă©tĂ© en Arcadie, toi aussi… tu mourras : les hommes (promeneurs ou non) passent, la nature et son mystère, perdurent. Ceci concentre au XVIIè toute la poĂ©tique picturale de Nicolas Poussin, l’un des plus grands crĂ©ateurs français de l’époque, français par son esprit de synthèse, mais romain car il vĂ©cut une bonne partie de son existence en Italie (près de ses chers antiquitĂ©s). AU XVIIIè, d’une autre façon, Rameau en transgresseur enchanteur et pur esprit des Lumières, rĂ©interroge le rapport de l’homme au monde…

 

 

Sur la scène de l’Opéra Comique, le spectacle en création enchaîne trois tableaux correspondant à l’enfance, à la maturité et à la vieillesse et à la mort d’un seul personnage, Marguerite. Si la vieille femme / vieille âme a 95 ans, elle affiche victorieusement, sa volonté éternelle, celle d’une jeune chanteuse dont la conscience / clairvoyance éclaire autrement l’expérience terrestre…
RAMEAU 2014 : sĂ©lection cdRETOUR LEGITIME DE RAMEAU Ă  l’OpĂ©ra Comique… Indirectement, et en cohĂ©rence avec l’histoire musicale, l’OpĂ©ra Comique accueille l’un de ses fils adoptifs de la première heure, quand, avant de rĂ©volutionner le genre de la tragĂ©die en musique, Rameau commençait l’écriture théâtrale dans le genre comique, aux théâtre de la Foire, Foires Saint-Germain et Saint-Laurent, oĂą le mode critique et parodique, le dĂ©lire comique sont de rigueur. Pour Alexis Piron, Rameau l’audacieux Ă©crit ainsi airs, vaudevilles, choeurs et ouvertures avec une libertĂ© et une fantaisie que l’on oublie trop souvent, mais qui pourtant font l’essence de son gĂ©nie lyrique et symphonique.

 

 

 

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ET IN ARCADIA EGO…opera-comique-et-in-arcadia-ego-jean-philippe-rameau-concert-critique-et-presentation-sur-classiquenews
D’après des extraits des opéras de Jean-Philippe Rameau, dont entre autres :
ouverture de Zaïs, déploration de Phèdre et du chœur dans Hippolyte et Aricie, Sommeil de Dardanus, danses des Boréades, chœurs de Castor et Pollux, fameux prélude des Incas des Indes galantes…

 

Mezzo-soprano : Lea Desandre

Choeur Les éléments
Les Talens Lyriques / Ch. Rousses (dir)
Mise en scène : Phia Ménard

 

6 représentationsboutonreservation
PARIS, salle Favart / Opéra Comique
Les 1er, 3, 5, 7, 9 et 11 février 2018
RESERVER VOTRE PLACE
https://www.opera-comique.com/fr/saisons/saison-2018/arcadia-ego

 

 

 

LE SPECTACLE EN CREATION A L’OPERA COMIQUE

Sur ce prétexte baroque, nostalgique, philosophique, l’Opéra-Comique propose un spectacle qui utilise les musiques du premier symphoniste français (dès le XVIIIè), Jean-Philippe Rameau, et met l’accent sur le potentiel vocal et expressif d’une jeune mezzo française Lea Desandre (déjà remarquée par classiquenews, lors d’une remarquable représentation d’ALCINA de Haendel à Shanghai / sous la direction de David Stern au sein de la compagnie Opera Fuoco / et aussi, dans un premier disque réalisé avec le même David Stern, intitulé « Berenice » (LIRE LA CRITIQUE DU CD BERENICE CHE FAI ?, VOIR LE REPORTAGE VIDEO ALCINA où Lea Desandre interprète Ruggiero).

Sur la scène de l’Opéra Comique, l’intention de la création est différente, tout en évoquant les jalons d’une vie terrestre : « Se reconnaître dans les images figées de l’enfance, appréhender le kaléidoscope social du monde adulte, questionner les vertiges de la vieillesse. Et faire ce voyage, intérieur mais aussi sensoriel, guidé par l’art sensible de Jean-Philippe Rameau. »

  

 

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Synopsis

Il s’agit d’un conte surréaliste, d’abord poétique (présentation ci après empruntée au site de l’Opéra-Comique / Et in arcadia ego…) :

Un « big-bang intérieur » naît d’une tentation faustienne : connaître des décennies avant, la date de sa mort. Et le jour approchant, être catapulté dans une série d’espaces mémoriels de sa vie, sans plus pouvoir y présider.
L’histoire de Marguerite résonne d’une voix intérieure, la sienne, et d’un récit au chemin poétique. Le Chœur y est la voix de l’espace autant que celle des matières.
Marguerite est une femme, jeune d’image, âgée dans le réel, lucide et rêveuse. Son corps est submergé par les éléments. Elle est impuissante à changer le chemin funeste dont elle nous conte le secret.

Les actes…
La musique du Rameau, coloriste et magicien du timbre, comme architecte rythmicien de premier plan, permet de concevoir le continuum musical du spectacle…
Ouverture – levée éblouissante vers un autre monde. Une infraction au centre d’une étoile, envahissant notre espace. Vrombissement, chaleur, laissant place au vide, au craquement d’un glacier…
Enfance – jardin onirique congelĂ©. Les doux souvenirs se dĂ©sagrègent comme sous l’effet du temps. De la fonte offrant la disparition, l’émerveillement par l’arrivĂ©e des fluides, symbole du passage vers l’adolescence. Ă‚ge adulte – prison mouvante. Une gangue rappelle les turpitudes des dĂ©sirs, le doute de la vĂ©racitĂ© des rapports humains. L’espace se dĂ©robe pour se refermer Ă  nouveau. Fuite vers la confrontation au vivant. Vieillesse – inĂ©luctable entonnoir. RĂ©signĂ©e Ă  la proximitĂ© de l’inconnu, Marguerite est entrainĂ©e puis semble s’échapper pour finir avalĂ©e. Elle apparaĂ®t une dernière fois, corps engluĂ©, mangĂ©e par une forme indĂ©finissable franchissant l’espace jusqu’à s’inviter loin de la scène…”

En conclusion, les musiques de Rameau le symphoniste et compositeur lyrique se prêtent-elles à un nouveau type de spectacle musical ? La réponse à partir du 1er février 2018 sur la scène de l’Opéra-Comique.

CD, compte-rendu critique. Reicha Rediscovered : Ivan ILIC, piano (1 cd Chandos, mars 2017)

REICHA rediscovered chandos review presentation by par classiquenews cd review critique cd sur classiquenews iva ilich piano CH10950CD, compte-rendu critique. Reicha Rediscovered : Ivan ILIC, piano. 1 cd Chandos, mars 2017. Le disque a cette vertu d’éclairer de nouveaux pans de la musique romantique : ce disque REICHA (compositeur praguois nĂ© en 1770), hĂ©ritier des Lumières, de la manière Ă©lĂ©gante, inventive de Haydn (frĂ©quentĂ© Ă  Vienne entre 1802 et 1808), et de Beethoven (qu’il approche Ă  Bonn), comme de Mozart, ouvre le siècle de …Berlioz, Gounod et jusqu’à Franck dont il fut le professeur Ă  Paris. Justement fixĂ© Ă  dans la capitale parisienne, le compositeur de 38 ans (1808), est alors au sommet de son invention, transmettant en France, l’excellence du classicisme germanique, apprise Ă  Bonn et Ă  Vienne. Onslow (dit le Beethoven français) saura recueillir Ă  ses cĂ´tĂ©s, les secrets du romantisme allemand le plus abouti… Nous sommes donc au cĹ“ur de la redĂ©couverte du continent romantique français, suivant les passeurs clĂ©s entre Lumières et aube romantique, ceux qui ont assurĂ© Ă  la France son statut de premier foyer Romantique europĂ©en – prĂ©Ă©minence que lui conteste toujours les Germaniques, car en France c’est bien connu, ne règnent, – y compris dans les programmes des salles de concerts et de la part des orchestres qui rĂ©duisent fatalement leur jeu Ă  leurs seules partitions : Haydn, Mozart, Beethoven…
reicha-antoine-compositeur-portrait-Or la France cultive bien depuis la mort de Rameau, via les Gossec, Méhul (auteur de symphonies très sérieuses), et depuis le Gluck parisien (propre aux années 1770), un style frénétique bien particulier que peu d’interprètes osent encore proposer. Il est donc opportun de dévoiler le cas de Reicha, assimilateur non seulement de la forme beethovénienne, mais de son esprit : défricheur, innovateur, expérimental (et aussi facétieux voire ludique, dans le sillon de Joseph Haydn). Lire notre entretien ci après avec le pianiste Ivan Ilic, artisan de ce coup de projecteur opportun.

« Rediscovered / redécouvert », Reicha l’est bien dans cet album décisif dont la diversité choisie, démontre admirablement la puissance de l’invention, la liberté du défricheur, comme l’exigence du théoricien, soucieux d’harmonie comme de contrepoint.

 

 

REICHA : le laboratoire romantique

 

 

En ouverture, les 7 sections d’« Harmonie » précisent l’ambitus expérimental du génie de Reicha : un questionnement d’abord sur la réalité des possibilités de la musique, à partir des accords du début, à partir desquels le compositeur maître du contrepoint et de l’art fugué (dans la tradition des Bach, père et fils, JS et CPE) échafaudent diverses voies expressives et poétiques, résolutions et élargissement du spectre sonore ; il en découle l’impression saisissante d’un monde en construction, comme mis en distance, qui questionne le sens de la musique, les directions possibles de son développement, parcourant styles, manières, formes… jusqu’à la magistrale exposition d’un thème parfaitement équilibré et abouti à 6mn42, sorte d’apothéose du cadre classique.
ApothĂ©ose mais pas finalitĂ©, car le propre de Reicha, – proche en cela de l’esprit BeethovĂ©nien, sait toujours dĂ©fricher et explorer. Ainsi le second mouvement de la Grande Sonate (circa 1805), dont l’ampleur du questionnement lui aussi ne cesse de nous tenir en haleine ; si Haydn sait renouveler le cadre par une facĂ©tie sans borne et d’une dĂ©licatesse extrĂŞme, … Reicha rĂ©gĂ©nère lui aussi la forme en ouvrant toutes les pistes possibles, soignant ici des contrastes en intĂ©rioritĂ© qui s’avèrent schubertiens.

Il faut toute la digitalité suggestive et onirique d’Ivan Ilic pour mesurer et exprimer la texture à la fois poétique et expérimentale de Reicha ainsi magnifiquement restitué. Le pianiste qui a longuement interrogé la notion de temps élastique, psychologique et introspectif chez Cage et Feldman, prolonge ainsi son propre questionnement de la forme et du déroulement musical. C’est une approche très aboutie sur le plan de l’architecture, révélant outre l’apparente versatilité d’une inspiration fougueuse, très imaginative, sa profonde cohésion interne, l’unité de son plan structurel malgré l’écheveau de son parcours harmonique, la prodigieuse armure de son contrepoint fugué.

Le Capriccio n°7 de 1803 semble parcourir plusieurs actions et paysages à la fois, rêveur et onirique, mais aussi nerveux et déterminés, affirmant la volonté d’une vive ardeur. La profusion pourtant idéalement articulée, expose l’imagination d’un Reicha délibérément inventeur : chercheur plus que provocateur. Un de ces maîtres dont on dit ordinairement que la vive invention fait progresser la technique pianistique et l’écriture pour clavier : alors Reicha, aussi fulgurant que CPE Bach, Beethoven, Mozart, Haydn ?

CLIC_macaron_2014La suprême révérence à Mozart, le dernier, celui de La Flûte enchantée telle qu’elle se déploie dans la Sonata sur un thème de Mozart (1803) reprend le même canevas, entre diversité d’écriture, imagination harmonique, et à travers l’approche d’Ivan Ilic gagne une nonchalance enivrée, une liberté inventive proche des Variations Diabelli de Beethoven. L’inquiétude du Menuetto, en son balancement d’une finesse haydnienne, enchante par sa justesse d’intention. Le Finale (Rondeau) qui vient d’une pièce extérieure (l’original étant perdu pour cette Sonate), est de loin la plus riche en intentions troubles (fa majeur) avec des traits d’octaves et de tierces qui indiquent directement la facture d’un pianoforte anglais… (une piste à creuser ? … bientôt explicitée dans les volumes suivants ? A suivre).

reicha piano ivan ilich reiche rediscovered piano cd critique cd review par classiquenewsComme s’imaginant à distance de son propre jeu et de sa composition, Reicha poursuit cet esprit de défrichement et d’invention sans limite dans la Fantaisie sur un seul accord, extrait du recueil essentiel pour comprendre l’essence expérimentale de sa musique : « Practische Beispiele » circa 1805, cheminement exploratoire, à la fois chevauchée et recherche radicale sur l’harmonie, la sonorité, la continuité… même trait de génie dans l’Étude qui conclut le cycle de ce volume 1 : l’opus 97 n°1 à la manière d’une élégie funèbre, une prière (déploration) de plus en plus murmurée, touche par sa mesure, son sens de l’épure, du vide et du silence. Le tact et la finesse du pianiste servent idéalement l’une des musiques les moins bavardes. Qui cherche, explore, ouvre des pistes… sait se renouveler, sans se diluer, mais en développant suffisamment. Bel équilibre. Belle révélation. A quand le volume suivant ? CLIC de CLASSIQUENEWS.COM de novembre 2017.

 

 

 

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CD, compte-rendu critique. Reicha Rediscovered : Ivan ILIC, piano. ANTOINE REICHA (1770 – 1836) : Practische Beispiele (1803), première mondiale : Harmonie n°20, Capriccio n°7, Fantaisie sur un seul accord n°4. Grande Sonate (c 1805), Sonate sur un thème de Mozart (La FlĂ»te enchantĂ©e (c 1805), Etude opus 97 n°1 (extrait de l’Étude dans le genre fuguĂ© pour le piano-forte [...] Ă  l’usage des jeunes compositeurs (c1815-17). 1 cd Chandos — enregistrĂ© en Suisse en mars 2017 – Parution : octobre 2017. CLIC de CLASSIQUENEWS de novembre 2017

 

 

 

 

ENTRETIEN avec Ivan Ilic à propos de ce premier cd Reicha …

 

CLASSIQUENEWS : Comment se situe l’originalitĂ© de REICHA par rapport Ă  HAYDN et BEETHOVEN ? D’une façon gĂ©nĂ©rale, et prĂ©cisĂ©ment Ă  travers la collection de pièces ici choisies ?

ILLIC Ivan-Ilic-2©DH-Kong-BD-400x266Les œuvres les plus expérimentales de Reicha datent – pour la plupart – de sa jeunesse, lorsqu’il gagnait sa vie en donnant des cours particuliers à Hambourg (1794-1799), à Paris (1799-1802) et à Vienne (1802-1808), avant son installation définitive en France. En cherchant à créer une nouvelle méthode d’enseignement, il a cherché de plus en plus loin à travers ses expériences musicales. Un exemple frappant est la « Fantaisie sur un seul accord », extrait de son ouvrage « Observations philosophiques et pratiques sur la musique, avec des exemples ». La Fantaisie n’utilise que trois notes pendant quatre minutes, preuve d’une démarche conceptuelle et abstraite de la musique, par ailleurs plus proche des compositeurs du vingtième siècle que du romantisme. Pour résumer de façon un peu schématique, Beethoven a présagé le dix-neuvième siècle et Reicha, le vingtième. Je suis persuadé que si Beethoven avait composé une œuvre aussi « minimaliste » et moderne avant l’heure, elle serait dans tous les livres d’histoire de la musique. Mais comme elle est restée en manuscrit à la Bibliothèque Nationale de France pendant 200 ans, sans être jouée, ni publiée, ni enregistrée, et comme elle fait partie d’un traité destiné aux jeunes compositeurs, et que son statut de « vraie » pièce est ambiguë, jusqu’à présent c’était comme si l’œuvre n’existait pas.
Pareil pour l’œuvre « Harmonie » qui ouvre le disque, et qui fait partie du même recueil. Elle comprend des variations (« fantaisies ») dont une qui utilise une mesure asymmétrique (5/8), chose extraordinaire pour l’époque. Ni Haydn ni Beethoven n’avaient fait des choses pareilles. De plus, les œuvres sont pétillantes, drôles et raffinées, pleines de charme et de vivacité.

Comment avez-vous choisi le piano, selon quels critères ? Pour quelle sonorité ? Pourquoi avoir choisi un piano et non un pianoforte ?

 

Plutôt que de choisir l’instrument et la salle, je me suis adapté au piano et à la salle qui m’ont été proposés par la Radio Suisse RTS. Le point de départ de ce projet était en réalité une série d’émissions radiophoniques sur Reicha pour la chaîne suisse Espace 2. Avec Catherine Buser, nous avons produit cinq heures d’émissions sur Reicha en janvier 2016, une expérience très enrichissante. Bien entendu, il fallait connaître le sujet parfaitement pour préparer les émissions et c’est en me plongeant dans les documents et les partitions inédites de Reicha que j’ai pu découvrir et mesurer la richesse de ce patrimoine délaissé. Le service public suisse est d’une qualité remarquable, et c’est grâce à leur ouverture et leur indépendance éditoriale que j’ai pu entamer cette série discographique sur Reicha dans des conditions fantastiques.

La Radio Suisse a mis à ma disposition leur studio Ernest Ansermet à Genève, une salle magnifique et très calme, dotée de deux Steinways de concert bien entretenus et stables. Ce qui a plus joué dans mes choix d’interprète pendant l’enregistrement était l’acoustique de la salle, très particulière, très sensible, notamment dans les harmoniques aiguës. Les tempos, les nuances, l’utilisation de la pédale, et d’autres paramètres encore ont été modifiés en fonction de l’acoustique du Studio Ansermet. Par exemple, à la fin du mouvement lent de la Grande Sonate en Ut, les arpèges qui se succèdent en cascades douces étaient sèches, alors j’ai découvert qu’en gardant la résonance de façon subtile, avec un quart de pédale, cela crée une ambiance singulière, baignée dans les harmoniques.
Dans une autre salle, je n’aurais jamais eu l’idée. Tout ce travail de recherche s’est fait en collaboration avec deux ingénieurs du son passionnés de la Radio Suisse, Renaud Millet-Lacombe et Thibaut Maillard, qui ont pris un plaisir évident à enregistrer ces oeuvres et qui ont largement contribué au son que l’on entend sur le disque.

Je n’ai jamais envisagé d’enregistrer ces œuvres sur un instrument d’époque. Il y a quelques années les spécialistes d’instruments anciens ont injecté un dynamisme incroyable dans la pratique des instruments à clavier, notamment en nourrissant leurs interprétations avec une lecture assidue des textes et des recherches musicologiques.
Mais aujourd’hui de telles recherches sont dissociées du choix de l’instrument. Nous pouvons prendre des partis pris tout aussi forts, tout en jouant un Steinway de concert. Cela dit, la suite de la série discographique Reicha comprendra les Etudes opus 97, qui sont proches des préludes et fugues de Jean-Sébastien Bach au niveau stylistique. J’en ai joué certaines sur l’orgue et cela sonne incroyablement bien. Alors on ne sait jamais…

Propos recueillis en décembre 2017.

LIVRE critique, compte-rendu. JOHANN STRAUSS, le père, le fils et l’esprit de la Valse par Alain Duault (collection Classica, Actes Sud)

Johann-Strauss actes sud livres annonce critique compte rendu livres par classiquenewsLIVRE critique, compte-rendu. JOHANN STRAUSS, le père, le fils et l’esprit de la Valse par Alain Duault (collection Classica, Actes Sud). Le père nĂ© en 1804, le dernier fils mort en 1899… la famille STRAUSS couvre ainsi tout un siècle, que l’on dit romantique et qui fut aussi marquĂ© par l’essor formidable de l’écriture orchestrale, adaptĂ©e au cadre stimulant de la Valse. Voilà un petit essai qui Ă  dĂ©faut de s’intĂ©resser Ă  la chronologie, s’intĂ©resse surtout Ă  une Ă©vocation gĂ©nĂ©rique de la Vienne fin de siècle, ce parfum impĂ©rial et fanĂ©, mais terriblement raffinĂ©, comme singulièrement sensuel – malgrĂ© un puritanisme de façade, comme en Angleterre (autre Empire), oĂą le corsetĂ© des robes et des costumes masculins se devaient de craquer, dans la danse sublimĂ©e par les Strauss, père et fils : la sulfureuse valse Ă  trois temps.
Le texte en retrace l’histoire, l’évolution sous la plume des génies dynastiques, d’où émergent les pépites du fils : Le Beau Danube bleu (1867), La valse de l’Empereur : véritable manifeste esthétique de la Vienne impériale de François-Joseph et de son épouse « Sissi ».
Si les trois temps assurent le rebond et l’élan (du dĂ©sir ainsi amorcĂ©, cultivĂ©, porté…), le quatrième qui en est dĂ©duit, se fait toujours attendre… car il ne vient pas. Cette irrĂ©solution cristallise la pulsion première, viscĂ©rale d’une danse – transe, Ă  l’érotisme Ă©vident et qui en son temps, fut taxĂ© d’abord, de perversitĂ©, d’immoralitĂ©, d’indĂ©cence.

L’auteur plonge dans les péripéties d’une dynastie riche en épisodes et rebondissements digne du livret de La Chauve Souris (écrite par Johann fils) : père violoniste fantasque, aventurier, génial et tout autant porté sur la gaudriole, au point de tromper manifestement son épouse Anna (la mère de Johann fils) avec une plébéienne, Emilie à laquelle il donne le même nombre d’enfants (3), comme Anna a accouché de Johann, Josef et Eduard, les fils légitimes, tous compositeurs. Après avoir enfanté d’un chef d’oeuvre qui évoque aussi l’esprit de toute une époque, la fameuse Marche de Radetsky (pour la fête de la réconciliation, le 22 sept 1849, pour le retour d’Italie du fameux maréchal), Johann père meurt dans les bras de son Emilie, de façon misérable et honteuse, le 25 septembre 1849 à … 45 ans. La partition conclut ajourd’hui la célèbre retransmission en mondiovision pour la 1er janvier, rituel télégénique devenu messe classique. Déjà avec Johann père, la valse symphonique, musique pure et invitation chorégraphique connaît un âge d’or.
Nouvelle Chauve Souris Ă  l'OpĂ©ra de ToursLe cas de Johann fils est tout autant promis Ă  des accomplissements miraculeux sur le plan musical : dès ses 19 ans, il est sacrĂ© nouvel empereur de la Valse grâce Ă  un premier concert tremplin, rĂ©alisĂ© au Casino Dommayer, le 15 octobre 1844 oĂą il prĂ©sente ses compositions, dirigeant lui-mĂŞme avec une fougue et un entrain irrĂ©sistible. La rivalitĂ© entre les deux est consommĂ©e car Anna la mère, se venge du père, – son Ă©poux infidèle, Ă  travers la carrière du fils lui aussi bouillonnant violoniste, qu’elle soutient, encourage, stimule. Cette mise en rivalitĂ© entraĂ®nera la chute de Johann I.
L’auteur conduit sa narration comme une valse aux élans progressifs, vénéneux, diaboliques, enivrants. Johann II se dédie bientôt à la composition pour le plus grand bien du genre, approfondissant cette valse symphonique, véritable opéra pour orchestre. Il convainc son frère Josef, pourtant ingénieur passionné, de laisser sa vocation première… et de reprendre la direction de l’orchestre Strauss : ce qui signifie tournée, concerts, et aussi composition (pas moins de 283 partitions ainsi laissées par Josef, dont le talent réel est à redécouvrir). Surmenage, tabac en nombre, et vie trépidante sans guère de sommeil… et Josef s’éteint de façon tragique, lors d’un concert à Varsovie, comme son père, à 43 ans.
ParaĂ®t le dernier frère, Eduard, très jaloux du gĂ©nie cĂ©lĂ©brĂ© de son frère ainĂ© Johann, lequel n’y voyant rien venir, le convainc de reprendre la direction de l’orchestre et des tournĂ©es, comme Josef… afin de pouvoir composer : c’est que Johann fils II, sacrĂ© empereur de la Valse Ă  Vienne, s’est mariĂ© avec « Jetty » (la cantatrice Henrietta Trefftz, fin aoĂ»t 1862) : tout en composant une sĂ©rie de chef d’oeuvres dans leur hĂ´tel particulier somptueux de Hietzing au bord du parc de Schönbrunn, – Le beau Danube Bleu, se consacre dĂ©sormais Ă  l’opĂ©rette, avec les succès que l’on sait. Henrietta qui fut cantatrice (inspirant Berlioz et Mendelssohn), l’a probablement inspirĂ©. C’est dĂ©sormais un compositeur de la nuit, qui Ă©crit ses chefs d’oeuvres, entre 22h et 6h du matin, les faisant valider par son Ă©pouse, très jalouse de leur confort intime… Ainsi naissent plusieurs sommets lyriques dans le genre lĂ©ger et qui recyclent en les sublimant les valses dĂ©sormais cĂ©lèbres, Ă  l’invitation de Maximilian Steiner, le directeur du Theater An der Wien (parmi les plus aboutis au cĂ´tĂ©s de La Chauve souris, se distinguent Le Baron Tzigane, et Le chevalier Pasman…ce dernier ouvrage est encore moins connu). VoilĂ  qui Ă©lectrise encore un gĂ©nie musical qui fut proche de Bruckner et de Brahms (plusieurs photos d’époque attestent de leur belle amitiĂ© et comprĂ©hension rĂ©ciproque); et qui fut admirĂ© de Wagner, Ravel…

Bien d’autres épisodes retentissants et romanesques émaillent le récit de ce texte captivant, court et contrasté (comme un très bon opéra) : la mort tragique de Jetty, les remariages plus ou moins heureux de Johann II, la terrible vengeance d’Eduard après la mort de son frère Johann II. La dynastie Strauss, père et fils, fut aussi une fratrie dont il faudrait démêler les passions et conflits personnels à Vienne, à l’époque où bientôt Freud formulera le fonctionnement, causes, conséquences et symptômes de la psyché et des pathologies conscientes ou non… De ce point e vue, le récit est doublement passionnant. Car sous l’esprit de la Valse, c’est ce flot impétueux de l’âme humaine qui sublime ses propres doutes et ses insondables élans… Lecture incontournable. En prime, une excellente chronologie sur le contexte politique et historique (qui complète le récit premier).

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CLIC_macaron_2014LIVRE événement, annonce. JOHANN STRAUSS, le père, le fils et l’esprit de la Valse par Alain Duault (collection Classica, Actes Sud, octobre 2017). SBN 978-2-330-08631-2 / prix indicatif : 16, 80€. LIRE AUSSI notre annonce du livre JOHANN STRAUSS père et fils

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Agenda, actualité :
LE BARON TZIGANE de J. Strauss II / Nouvelle production Ă  l’OpĂ©ra des Nations de Genève / du 15 dĂ©c. 2017 au 6 janvier 2018 / OPÉRETTE EN 3 ACTES DE JOHANN STRAUSS – Livret de Ignaz Schnitzer d’après la nouvelle Sá de MĂłr JĂłkai.
CrĂ©Ă© Ă  Vienne le 24 octobre 1885 au Theater an der Wien. CrĂ©Ă© en version française Ă  Paris le 20 octobre 1895 aux Folies dramatiques.

CONCERT DU NOUVEL AN Ă  VIENNE, le 1er janvier 2018 : diffusion en direct sur France 2 Ă  partir de 11h : cette annĂ©e, pour fĂŞter l’an neuf, 2018, le chef milanais Riccardo Muti dirige les Wiener Philharmoniker… 

CD événement, critique. ANIME AMANTI. Roberta Mameli, soprano. Luca Pianca, luth (1 cd Alpha)

Roberta mameli anime amanti cd alpha critique review cd par classiquenews clic de classiquenews de novembre 2017 3760014192913_600CD événement, critique. ANIME AMANTI. Roberta Mameli, soprano. Luca Pianca, luth (1 cd Alpha). Voici assurément un récital titre d’une cohérence stylistique aussi intense que cohérente, choisissant son sujet parmi les premiers compositeurs monodiques du début du XVIIè (en particulier florentins), et jusqu’à l’âge d’or de l’opéra vénitien avec Monteverdi (Le Couronnement de Poppée, 1642, dont l’air tragique et sublime d’Ottavia termine le cycle d’environ 1h08mn). En plus de nous révéler la beauté de textes amoureux parmi les plus intenses de la littérature musicale, le récital de janvier 2016, confirme l’exceptionnelle plasticité dramatique du soprano de Roberta Mameli. Dont le chant souple, ductile, incarné, sensuel et juste enivre jusqu’au vertige. Voici une authentique diseuse, respectueuse du poème, servante des sentiments et des affects ainsi collectés et contenus dans chaque épisode.

S’affirme au cours du programme, parfaitement agencé, la déclamation mordante, ivre, hallucinée et toujours languissante, d’une sensualité qui annonce déjà Monteverdi (Amarilli, mia Bella du Florentin Giulio Caccini, le plus poète d’entre tous alors, que la diva sait électriser avec une subtilité étonnante ; avec d’autant plus d’intense ardeur, de vocalità dramatique que la voix se suffit du seul accompagnement au luth (très fin Luca Pianca).
C’est une odyssée monodique a voce sola, vécue, investie comme une introspection au rythme croissant. Le monologue d’une âme en perdition ou accomplissement qui repousse toujours les limites du théâtre musical.
Le tact avec lequel la soprano déclame ensuite le Merula plus âpre, entonné comme une prière (Folle è ben che si crede) confirme les affinités de la diseuse de ce premier baroque italien avec les textes choisis. De textes, il en est essentiellement question, tant la poème prime sur la musique : son articulation, sa vivante déclamation.
Le chant exprime la certitude éprouvée de l’amant, la plainte de l’amoureuse languissante ou trahie. Nous voici bien aux origines du drame lyrique italien, de l’opéra tout court.

Dans cette monodie parsemée d’éclairs, de ravissements, de vertiges qui en une hypnose amoureuse confinant à l’obsession, voisine aussi avec la folie consciente, l’ivresse et la transe émotionnelle. C’est tout d’un coup cette modernité sincère, cette vérité qui saisit jusqu’à l’effroi qui surgissent dans ce chant à la fois incandescent et superbement murmuré, canalisé, ciselé, filigrané. Pareil maîtrise rejoint celle du baryton Marc Mauillon qui lui aussi avait choisi de célébrer la lyre italienne du XVIIè mais sur un thème unique et fédérateur, celui d’Orphée / orfeo. LIRE ici notre critique du cd Li Due Orfei par Marc Mauillon 5 1 cd Arcana, CLIC de Classiquenews d’avril 2016).

CLIC_macaron_2014Ce que réussit la soprano Roberta Mameli atteint le même objectif : une incarnation juste soucieuse du texte. Le dernier air, celui de l’impératrice Ottavia, l’Addio Roma, l’adieu à Rome, car elle est ici répudiée par son époux Néron (qui lui préfère alors Poppea), et mesure l’étendue de son infortune, conclut un cycle de séquences allusives, s’éreintant entre folie, ivresse, hallucination. C’est déjà la folie des Lucia et des Amina… une préfiguration de ce que sera l’âge d’or du bel canto au XIXè sous la plume des Bellini et Donizetti. Sens du phrasé, écoute intérieure des mots, legato préservé, finesse de l’intonation… Roberta Mameli nous offre une leçon de chant à la fois virtuose et remarquablement habité. L’intelligence des nuances, ce sens du repli et de l’anéantissement sont les marques d’une grande … très grande interprète. Celle qui sait dans le chant seul, exprimer toutes les nuances des sentiments les plus ténus. Et s’il existait un premier Belcanto, celui extatique des Italiens du XVIIè ? Roberta Mameli en est l’une des ambassadrices. Magistral récital.

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CD Ă©vĂ©nement, critique. ANIME AMANTI. Roberta Mameli, soprano. Luca Pianca, luth (1 cd Alpha – enregistrĂ© en janvier 2016 – CLIC de CLASSIQUENEWS de novembre 2017.

LILLE. Junichi Hirokami dirige l’Orchestre National de Lille

junichihirokamiLILLE, ONL. Le 16 novembre 2017. Brahms, Lalo. Sous le titre lumineux, « lumières du nord, … et du sud », le concert de ce 16 novembre promet un nouveau grand moment symphonique et concertant, où brillent deux tempéraments romantiques majeurs, le Français Lalo et le germanique schumannien, Johannes Brahms. Pour l’occasion, l’Orchestre National de Lille invite deux interprètes le chef japonais, actuel directeur du Kyoto Symphony Orchestra, Junichi Hirokami ; et pour le concerto de Lalo, le violoncelliste Johannes Moser. L’apparent éclectisme du programme, comprenant écritures romantiques française et allemande et partition contemporaine (Corrado) est assurée cependant par la proximité chronologique entre Brahms et Lalo : la Symphonie n°2 du premier date de 1877 ; le Concerto pour violoncelle de Lalo est créé en 1876. L’unité esthétique est aussi résolue grâce à l’engagement des interprètes invités.

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LILLE, Auditorium du Nouveau Siècle
jeudi 16 novembre 2017, 20h
Lumière du Nord,
Lumière du Sud

RESERVEZ VOTRE PLACEboutonreservation
http://www.onlille.com/saison_17-18/concert/lumiere-du-nord-lumiere-du-sud/

A 18h45, prĂ©sentation du concert et confĂ©rence « PrĂ©lude Brahms » par les Ă©lèves de l’École SupĂ©rieure Musique et Danse de Lille (entrĂ©e libre pour les spectateurs munis d’un billet de concert)

Orchestre National de Lille
Direction : Junichi Hirokami
Violoncelle : Johannes Moser

Programme

Corrado : Solo il tempo II / « Le temps effacera les blessures »…
La courte pièce orchestrale, du jeune compositeur italien Pasquale Corrado (nĂ© en 1979) se remĂ©more l’effroi et la terreur incarnĂ©s par les attentats de Capaci (Sicile, mai 1992) et de Via d’Amelio (Palerme, juillet 1992) pilotĂ©s par la mafia. Corrado qui n’était qu’adolescent alors (13 ans) entend fixer le choc traumatique que ces deux Ă©vĂ©nements apocalyptiques ont suscitĂ© chez tous les jeunes italiens, atteignant mĂŞme la conscience de toute la nation italienne. Entre ombre et lumière, l’œuvre rend hommage aux justes tuĂ©s par ces actes lâches : le juge Giovanni Falcone (tuĂ© dans l’attentat de Capaci) et le juge Paolo Borsellino (tuĂ© dans l’attentat de Via d’Amelio). C’est une prière aussi Ă  l’adresse de la Sicile, conçu comme un dramma antique, une tragĂ©die grecque (avec la rĂ©fĂ©rence au « PromĂ©thĂ©e enchaĂ®nĂ© d’Eschyle, archĂ©type de la libertĂ© de penser ; rĂ©fĂ©rence Ă  Ĺ’dipe, effrayĂ© par sa propre destinĂ©e de pĂ©chĂ© et de violence, Ă  Hercule, repoussant les limites humaines et Ă  l’impitoyable MĂ©dĂ©e, prenant en main son propre destin »). Dans son poème symphonique, le compositeur interroge le destin et la fatalitĂ©, le deuil et l’activitĂ© des hommes submergĂ©s par l’horreur ; il veut croire Ă  l’œuvre du temps qui soulage les souffrances, rassure et apaise… Que pouvons nous faire de plus ? Solo il tempo / Seul le temps (rĂ©conforte?). A l’aulne de cette question, la partition cible l’horreur insurmontable qu’il faut pourtant apprendre Ă  affronter. BrĂ»lante actualitĂ© au moment oĂą la France encore blessĂ©e, cĂ©lèbre le courage des hĂ©ros et pleure les victimes des attentats du 13 novembre 2015 – (CrĂ©ation Ă  Rome en 2007 – durĂ©e : 17 mn).

Lalo : Concerto pour violoncelle
MĂ©lodiste nĂ© et orchestrateur très raffinĂ©, Edouard Lalo compose en 1876, son Concerto pour violoncelle, entre sa Symphonie espagnole et la Rhapsodie norvĂ©gienne… : comme dans ses ballets remarquablement dramatique, d’une Ă©lĂ©gance toute française, la partition saisit par la formidable versatilitĂ© et flexibilitĂ© d’un orchestre fĂ©lin ; y brille l’éloquence Ă©clectique de Lalo, pleine de panache et de facĂ©tie contrastĂ©e (surtout sur le plan rythmique). Pour autant l’oeuvre cultive de très beaux contrastes (langueur sidĂ©rante et rĂŞveuse du second mouvement, – Intermezzo notĂ© andantino). La carrure diablement rythmique, les changements incessants d’épisodes expressifs, en particuliers des deux derniers mouvements indiquent la subtilitĂ© dont est capable Lalo. On se souvient d’un concert Ă  Venise oĂą c’était le canadien Jean-Guihen Queyras qui savait transfigurer une partition taillĂ©e pour les plus grands interprètes : ce soir, mĂŞme virtuositĂ© intĂ©rieure, formidablement inspirĂ©e. il faut une entente souple et dĂ©taillĂ©e entre l’orchestre et le soliste pour rendre toutes les facettes d’un Concerto que beaucoup rĂ©duise Ă  un simple exercice de virtuositĂ© dĂ©monstrative.

Brahms : Symphonie n°2
Brahms johannes-brahms-1327943834-view-0A l’Ă©tĂ© 1877 alors qu’il sĂ©journe dans les Alpes, au bord du magnifique lac du Wörthersee (Sud-Est de l’Autriche), Johannes Brahms se laisse inspirer, comme Gustav Mahler, par le spectacle de l’immense et impĂ©nĂ©trable Nature. DĂ©fenseur de la musique pure, sans trame narrative prĂ©cise (et rĂ©ductrice), Brahms dĂ©veloppe la notion de Dauerhafte Musik, ou “musique durable”, musique intemporelle, “non pĂ©rissable”, dĂ©connectĂ©e de tout Ă©lĂ©ment narratif. Ainsi naĂ®t en quelques mois la 2è Symphonie. Mais l’absence d’histoire et de prĂ©texte historiĂ©, ne veut pas dire que la forme n’exprime rien ; bien au contraire. Le monde sonore de Brahms s’inspire de Beethoven et de son mentor Robert Schumann, dont l’épouse, Clara, fut la grande amie (et plus) du jeune Johannes. La passion intime que sait distiller le compositeur est emblĂ©matique de son Ă©criture oĂą perce une Ă©vidente pensĂ©e musicale, ponctuĂ©e d’élĂ©ments autobiographique. Les pulsions de mort et de vie, le dĂ©sir inassouvi et l’espoir Ă  tout craint, la profonde dĂ©pression comme l’éblouissement fugace s’y succèdent, sans guère de rĂ©solution majeure et stable. Contradictoire mais riche, Brahms Ă©crit : « « voici une petite symphonie gaie, tout Ă  fait innocente” ;  ailleurs Ă  son Ă©diteur, je n’ai « encore rien Ă©crit d’aussi triste ».

Le souffle portĂ© par les cors majestueux qui traversent toute la partition, le tumulte victorieux du premier mouvement, puis la sombre mĂ©lancolie du second (Adagio non troppo) ; la tendre espĂ©rance du 3è (Allegretto grazioso quasi andantino / mouvement dansant Ă  trois temps inspirĂ© d’un Ländler ou pas Ă  trois temps), l’élan du dernier Allagro (con spirito) ne cessent aujourd’hui de nous fasciner Ă  la manière des symphonies de Beethoven dont Brahms fut toujours un ardent disciple.

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CD, compte rendu critique. MARIN MARAIS : Folies d’Espagne. Jay Bernfeld, Fuoco E Cenere (1 cd Paraty, juin 2016)

Marin Marais subliméCD, compte rendu critique. MARIN MARAIS : Folies d’Espagne. Jay Bernfeld, Fuoco E Cenere (1 cd Paraty, juin 2016). MARAIS élucidé. On ne saurait exprimer précisément la satisfaction que procure l’écoute de ce programme enchanteur dédié au compositeur et gambiste Marin Marais (1656-1728). Il résoud de loin et à très haut niveau, le mouvement et l’esprit, l’expressivité et l’intériorité. Plus de 350 ans ont passé mais le flambeau est ravivé intact dans le jeu intense, intérieur, élégant, naturel de Jay Bernfeld, fondateur de son propre ensemble, Fuoco e Cenere. Le feu, la cendre (si l’on reprend le titre du collectif), une équation qui prend corps et affirme une plénitude souveraine. Jouer les Livres III et V, respectivement de 1711 puis 1725,… remonter à la source d’une éloquence conquérante et nostalgique à la fois, permet ce bain d’ivresse et de vertiges, de regrets et de soupirs qui composent toute la langue d’un Marais équilibriste et funambule entre Sainte-Colombe et Lully. Son génie n’en est que mieux dévoilé, mesuré, exprimé.
L’album obtient donc le CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2017 ; il demeure notre meilleure surprise parmi les cd baroques récemment reçus pour cette rentrée 2017. Nul doute qu’il ne devienne le fleuron des pépites baroques du label PARATY, au même tire que le HANDEL/RAMEAU de l’ensemble Zaïs (2014) ; le JS Bach d’Alia Mens / Olivier Spilmont (2016) / La Cité Céleste…

 

CLIC D'OR macaron 200Les deux Suites retenues présentent un plan partagé de 9 et 10 séquences, où le menuet et la gigue sont interchangables, mais la fin réserve des surprises : celle en Ré majeur du Livre III (1711) s’impose indiscutablement par son Charivary final, tonitruant et fougueux; celle en sol mineur (notre préférée, extraite du Livre V de 1725) saisit par la succession des 3 derniers airs, qu’il faut absolument écouté dans leur continuité : Rondeau, Tombeau (la pièce maîtresse comme nous l’expliquons plus loin), enfin la sublime Chaconne, à l’allant irrésistible.

De la Suite en Ré majeur, distinguons surtout le subtil (7) Rondeau : exquise élocution ; chant de la viole, tout en retenue filigranée ; intensité dansante, engagée mais toujours en retrait, à son exacte place.

 

 

Folies et Suites de Marin Marais
Le geste inspiré de JAY BERNFELD

 

Puis la Plainte (8) affirme sa suave prière qui semble jouer avec l’ombre et la pénombre, … avant que, écoulement d’une irrépressible conviction, ne s’impose tout autant la Chaconne (9) dont la viole de Jay Bernfeld, artisan enchanteur, restitue chaque accent, rehaut, fine intonation, rebond d’une pensée certes alanguie mais parfois âpre et mordante. Notons le très bel équilibre dialogué entre les 4 solistes en complicité. Enfin, le Charivary (10), insolite pépite en guise de conclusion, foyer d’énergie pleine de bonne humeur et de santé tonitruante, vitalité et nerf mais aussi noblesse fluide qui caresse tout en assurant une belle intensité narrative.

Dans la Suite en Sol mineur du Livre V (1725), relevons de la Gigue La Pagode (16): meilleur exemple de l’allant chorégraphique défendue par les interprètes, qui articulent ici la rhétorique baroque avec une éloquence subtile.
Puis la souple mélancolie à l’énoncé funèbre du Tombeau (18), est tout recueillement et pudeur insondable apprise auprès de son Maître Sainte-Colombe en sa retraite perdue. d’une retenue suspendue (et développée, plus de 5mn : le bavard et volubile Marais souhait-il ainsi démontrer sa verve dans l’élégie mourante et le renoncement à tout ? Le résultat est sous les doigts du gambiste, d’une suprême poésie, maîtrise des soupirs et des silences, pour cette méditation ultime de la mort dédiée à Marais « la Cadet »).
Enfin la Chaconne finale (19) rattache à la vie, à l’espoir d’une résurrection : le passage entre ce qui précède et ce qui s’accomplit ici, demeure la transition la plus passionnante de l’album. Le balancement pudique et mesuré et pourtant saisissant de rebond organique, est d’un balancement d’une ivresse irrésistible. Le geste est bien celui d’un interprète très à la pointe de la syntaxe Marais. Un compagnonage et une connaissance familière que Jay Bernfeld est l’un des rares gambistes à pouvoir incarner aujourd’hui.

 

 

marais-marin-alcione-opera-parisFOLIES EN PERSPECTIVE… Les Fameux des Couplets Folies d’Espagne (1 à 32), plus anciens encore (1701), affirment une empreinte dans le repli, reflux des eaux, un pas de plus hors du temps banal, dans une recomposition pleine d’élégance à mesure que la réitération du motif obsédant, obstiné est chanté par la viole. Peu à peu, le regret s’inscrit, avec un sentiment intact de fragilité et d’épure tendre. Le soliste décante, allège… la nostalgie s’épaissit jusqu’au mystère. C’est comme dans la construction de l’album, une remontée chronologique, vers l’essentiel. L’éloquence du jeu, la somptuosité des accents, l’intelligence du discours poétique devenue danse puis transe, de regret (couplets 21 à 28 , plage 24), en affirmation d’une volonté souveraine tissée dans l’élégance.
L’architecture du propos, la sensibilité de l’artiste, en complicité introspective et expressive avec ses partenaires font toute la valeur de ce disque devenu capital pour notre connaissance et mieux, notre compréhension de Marin Marais : le geste du gambiste, la pensée du compositeur.

 

 

 

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CD, compte rendu, critique. MARIN MARAIS : Folies d’Espagne (1 cd PARATY / Jay Bernfeld / Fuoco E Cenere. Avec Paraty — enregistré en juin 2016) — Parution le 29 septembre 2017. CLIP VIDEO 1 : Allemande, Tombeau, Charivary (extraits)

 

Fuoco E Cenere / Jay Bernfeld

http://www.fuocoecenere.org/

 

Jay Bernfeld, viola da gamba and direction / viole de gambe et direction
Ronald Martin Alonso, viola da gamba / viole de gambe
André Henrich, théorbe / theorbo
Bertrand Cuiller, clavecin / harpsichord

 

 

Enregistrement / Recording : Juin / June 2016, Église de Lassay-sur-Croisne.

 

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Jay Bernfeld et sa viole magique (© Uit Bé Studio)

 

 

LIRE notre dépêche annonce JAY BERNFELD joue Suites et Folies de Marin Marais … parue le 14 septembre 2017

GRAND ENTRETIEN avec JAY BERNFELD… à propos de Marin Marais

Marin Marais subliméGRAND ENTRETIEN avec JAY BERNFELD… Fin septembre 2017, le gambiste Jay Bernfeld joue son cher Marin Marais, sujet d’une amitié musicale ou d’un « compagnonage artistique » et même humain qui s’est nourri continûment, de l’interprète au compositeur, depuis 40 ans. Le disque qui en découle, intitulé « FOLIES D’ESPAGNE » sort ce 29 septembre 2017. Révélé par le film Tous les matins du monde, Marin Marais avait trop été présenté comme un opportuniste mondain. La valeur du geste de Jay Bernfeld, à travers le programme qu’il a choisi, interroge différemment la musique du compositeur français : l’interprète en révèle le goût de l’éloquence intérieure. L’instrumentiste a choisi plusieurs perles issues des Livres III et V, mais aussi s’est laissé séduire par la virtuosité millimétrée et jamais artificielle des Folies d’Espagne. Témoignage d’un enregistrement qui est un retour aux sources et l’accomplissement d’un dialogue intérieur perpétuel : Jay Bernfeld exprime la pudeur et la riche vie intérieure de Marin Marais. LIRE NOTRE GRAND ENTRETIEN pour CLASSIQUENEWS.

 

CD, compte rendu critique. JONAS KAUFMANN : L’OPÉRA (1 cd SONY classical)

KAUFMANN Jonas l opera critique par classiquenews review by classiquenewsl_JK_GrandOpera_Front _Jewelcase_3000x3000_RGB_V2-142071044CD, compte rendu critique. JONAS KAUFMANN : L’OPÉRA (1 cd SONY classical). Comme un ravissement, une opĂ©ration qui sublime l’âme prĂŞte Ă  succomber, voici d’abord RomĂ©o, celui Ă©perdu du jeune cĹ“ur Ă©pris tel que Gounod l’a conçu, et d’un râle fauve Ă  travers le timbre presque barytonant du sublime Jonas Kaufmann, solarisĂ©, sublimĂ© au sens littĂ©ral, par l’amour qui le porte dans le fameux air au lever de l’astre (« Ah Lève toi, Soleil! »). Tension Ă©nivrĂ©e, articulation, intonation juste et riche, et toujours parfaitement intelligible : pas de doute l’immense tĂ©nor, le plus cĂ©lèbre est un francophile convaincant. L’OpĂ©ra de Paris et les dĂ©fenseurs du romantisme français n’auraient pas rĂŞver mieux : l’astre Kaufmann s’affirme ici en ambassadeur de choc au service de la lyre française et romantique (avec pour fond de la couverture du cd, la salle or et rouge de l’OpĂ©ra de Paris). EnchaĂ®ner RomĂ©o avec Werther, de Gounod Ă  Massenet, fait penser – avec combien de justesse, que l’opĂ©ra français rayonne d’une sensualitĂ© grave et tragique : « Pourquoi me rĂ©veiller,Ă´ souffle du printemps » fait surgir encore ce mĂŞme râle de fĂ©lin blessĂ© qui embrasĂ©, se consume littĂ©ralement dans l’incandescence d’une scène radicale, au souffle passionnel et d’une violence inouĂŻe : ourlĂ©e dans une lave rugissante qui gronde, l’animal blessĂ©, le poète dĂ©finitif qu’incarne ici Werther, reste bouleversant – comme Rolando Villazon, qui affirma lui aussi, il n’y a pas si longtemps, un remarquable engagement… (DG, 2011, Pappano) / LIRE notre critique du Werther de Rolando Villazon.
Dans la continuité du récital de Jonas Kaufmann, il faut bien l’air de Wilhem dans Mignon de Thomas : « Elle ne croyait pas, dans sa candeur naïve » pour déserrer cet étau expressif qui inscrit le début de ce récital phénoménal, dans la brûlure passionnelle, dans le rayonnement coloriste et doloriste (son premier Otello à Covent Garden en juillet dernier, était justement emprunt, définitivement de souffrance : un héros plus victime que sadique, dévoré par un feu intérieur que le ténor sait mesurer, tisser avec une finesse fascinante. Peut-être moins intelligible dans ce Mignon, languissant, presque précautionneux, le ténor munichois affirme néanmoins une intensité vocale dont la justesse expressive touche incontestablement.
De Bizet, on ne se laisse plus surprendre par son José dont il possède l’embrasement amoureux et maudit ; la bonne surprise demeure le choix des Pêcheurs de perles du Bizet de jeunesse et déjà de (très) grand talent, où Nadir bénéficie du très altier Zurga de Ludovic Tézier : … là encore, c’est bien la naissance d’un sentiment d’amour, pur, de ravissement qu’exhale le timbre éperdu, et dans un français impeccable, du ténor diseur.
Plus lĂ©ger et tendre, son Mylio du Roy d’Is de Lalo ; puis Hoffmann, des Contes du mĂŞme nom (Offenbach), – clair et d’une candeur admirable, enfin le plus rare « Pays merveilleux » de Vasco dans L’Africaine de Meyerbeer, … chaque prise de rĂ´le pour le studio ici confirme l’élocution franche, une Ă©loquence subtile, des aigus perlĂ©s et aussi des couleurs d’une voluptĂ© rayonnante. Kaufmann aime les situations d’emprise amoureuse, le sentiment de conquĂŞte exacerbĂ©e oĂą l’élan d’un sentiment naissant emporte l’esprit et l’âme. Il s’en fait l’interprète aevc beaucoup de charme et de conviction.

José, Nadir, Werther, Faust, Enée…
JONAS KAUFMANN, en ambassadeur inspiré de l’Opéra romantique français

De Manon de Massenet, Kaufmann connaît bien le relief sincère, entier du personnage de Desgrieux : d’abord sa confession intime, tendre, véritable manifeste d’une effusion intacte, pure (déclamation parfaite de son air « En fermant les yeux je vois là-bas »), puis ce sont les retrouvailles du jeune homme trahi, devenu abbé à Saint-Sulpice, qui cependant succombe aux avances de la sirène (il est vrai que le soprano de Sonya Yoncheva marque un sommet de lascivité vocale, partenaire inspirante… qui rend à Manon, coupable, sa séduction irrésistible : le grand duo de reconquête amoureuse) : « n’est ce plus ma main que cette pain presse? » permet au ténor d’affirmer une noblesse et une distinction de ton, très dramatiquement convaincantes.

Plus profonds et recueillis, économes dans la gestion de l’impact expressif et de la charge émotionnelle, les quatre derniers airs sont les plus passionnants ; ceux qui dans l’articulation du texte, permet au chanteur de colorer, phraser, dire, sussurer le texte, de construire, d’incarner un personnage. Il faut donc ciseler le français, comme au théâtre,- accents, couleurs, silences aussi pour installer une profondeur, une épaisseur, malgré le format d’un air unique. Pourtant ici, l’acteur Jonas Kaufmann renoue avec ses précédents récitals monographiques (dont The Verdi Album et son formidable Otello, chanté ainsi d’abord au studio avant de l’incarner sur la scène à Londres en juillet dernier, été 2017) : la pudeur virile du Cid (« Ô souverain, ô juge, ô père… »), entre prière et force morale ; le même sentiment sincère d’Éléazar, dans La Juive d’Halévy, père, agent d’une vengeance inique, qui pourtant supplie sa propre fille de lui pardonner (alors qu’il la sacrifie au nom de sa foi)… intense et fragile à la fois, la couleur du timbre sait exprimer ce trouble ambivalent qui finit par étouffer le héros de Meyerbeer, jamais en reste pour souligner la force du destin et la misère humaine ; le français de Kaufmann sait être clair, précis, sobre, économe, d’une sûreté d’intonation étonnante.
Au plus romantique de fermer ce magnifique rĂ©cital lyrique français, Berlioz s’affirme ainsi dans deux airs d’une ineffable activitĂ© poĂ©tique (et qui montre combien Kaufmann, comme sa consoeur Anna Netrebko, est prĂŞt Ă  relever de grands dĂ©fis…) : d’abord la quĂŞte en candeur et innocence du Faust pourtant usĂ© (Damnation de Faust) ; « Merci, doux crĂ©puscule » oĂą par la respiration du tĂ©nor, Faust peut communier avec le mystère de la Nature, et renouer avec un dĂ©sir qu’il avait oublié… L’intelligence du diseur n’a jamais Ă©tĂ© plus maĂ®trisĂ©e ici, dans cette sĂ©quence Ă  la fois, prière Ă©nivrĂ©e, confession intime, goĂ»t du renoncement… Plus tendu, d’une autoritĂ© noble et virile, voici enfin EnĂ©e – qui permet au tĂ©nor munichois de ressusciter, cette couleur fĂ©line qui nous rappelle son grand prĂ©dĂ©cesseur dans le rĂ´le, l’astre Jon Vickers. L’importance du texte, l’articulation et les couleurs du tĂ©nor allemand prĂ©cisent le profil du hĂ©ros, amoureux Ă©perdu mais guerrier fidèle Ă  son destin. Jonas Kaufmann de la seule couleur de son chant fait surgir tout ce qu’a d’humain l’étoffe du Troyen, et donc l’inhumanitĂ© de son choix, dictĂ© par les dieux : quitter son aimĂ©e Didon…
VoilĂ  donc une dernière scène d’un diseur acteur de première qualitĂ©. IrrĂ©sistible. Dommage que l’orchestre derrière lui en fait des tonnes, jouant trop fort, ignorant la moindre nuance, en un dĂ©sĂ©quilibre sonore qui Ă  notre avis dessert terriblement le chanteur. Les limites des instrumentistes et du chef se dĂ©voilent avec consternation dans la caractĂ©risation des Troyens de Berlioz justement. Un massacre en règle de l’une des partitions pourtant les plus raffinĂ©es qui soient. Mauvaise prise de son, ou direction tapageuse du chef requis…? Les deux malheureusement. Dommage que pour se rĂ©cital de très haut vol vocal, Sony n’ait pas fait appel Ă  un orchestre sur instrument d’Ă©poque : la science des nuances et l’art du diseur Kaufmann eussent mĂ©ritĂ© d’emblĂ©e une telle parure instrumentale. D’autant que l’opĂ©ra romantique français ne se borne pas Ă  des effets spectaculaires schĂ©matisĂ©s, comme nous le souligne que trop l’orchestre et le chef conviĂ©s ici.
MalgrĂ© cette rĂ©serve, la tenue du tĂ©nor ne perd rien de sa formidable constance dramatique : après ses prĂ©cĂ©dents rĂ©citals Sony, dĂ©diĂ©s Ă  Verdi, et Ă  Puccini, Jonas Kaufmann plus brillant et passionnel que jamais, convainc totalement. Avec une toute autre direction, et un orchestre plus ciselĂ© comme suggestif, ce nouveau programme eĂ»t Ă©tĂ© un bonheur absolu. Le sentiment d’un gâchis persiste cependant… Ă  l’instar de la production d’Otello Ă  Londres, oĂą le plus grand tĂ©nor actuel ne bĂ©nĂ©ficiait pas d’un Ă©crin orchestral digne de sa subtilitĂ© d’acteur-diseur.

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CD, compte rendu critique. JONAS KAUFMANN : L’OPÉRA. Bayerisches Staatsorchester. Bertrand de Billy , direction. Airs d’opĂ©ras de Lalo, Bizet, Thomas, Offenbach, Massenet, Meyerbeer, Berlioz… Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Munich en avril et mai 2017. 1 cd SONY classical – Parution annoncĂ©e le 15 septembre 2017.

FRANCE MUSIQUE, le 7 septembre 2017 : Journée Emmanuelle Krivine : 7h, 20h : concert R. Strauss, Franck…

krivine emmanuel maestro sur france musique presnetation par classiquenews septembre 2017 738_emmanuel_krivineFRANCE MUSIQUE, le 7 septembre 2017 : JournĂ©e Emmanuelle Krivine : 7h, 20h : concert R. Strauss, Franck… ADOUBEMENT. Grenoblois nĂ© il y a 70 ans (en mai 1947), le chef Emmanuel Krivine a toujours su communiquer sa diffĂ©rence pour exister dans la sphère très concurrentielle des chefs d’orchestre. France Musique souligne l’importance de sa prise de fonction comme directeur musical du National de France en ce mois de septembre 2017… Curieux paradoxe pour celui qui n’a cessĂ© de dĂ©fendre sa place, revendiquer une libertĂ© hors milieu, se dĂ©finissant mĂŞme comme un “saltimbanque”, qu’il s’agisse de ses emplois Ă  l’Orchestre National de Lyon, Ă  La Chambre Philharmonique – l’orchestre qu’il a fondĂ© selon un fonctionnement Ă©galitaire et participatif-, non sans un certain esprit de dĂ©fi voire de revanche, dans un milieu routinier… A la tĂŞte d’une phalange rĂ©putĂ©e difficile du seul fait de son fonctionnement rĂ©unissant des fonctionnaires et permanents, le chef nouvellement dĂ©signĂ© aura-t-il les affinitĂ©s nĂ©cessaires pour sĂ©duire des musiciens professionnels plutĂ´t consensuels et conservateurs ? Comment Ă©viter l’ennui de l’habitude, la paresse du confort ? Comment instiller dans une institution aussi fĂ©dĂ©rĂ©e, syndiquĂ©e, officielle que l’Orchestre national de France, ce goĂ»t du risque et de dĂ©frichement ? Pour cette première saison, … :  ” programmer le dĂ©sir “… Rien que cela. JournĂ©e spĂ©ciale Emmanuelle Krivine, un chef de 70 ans qui a conservĂ© une âme de jeune homme, volontiers provocateur et atypique. Bousculer l’écoute, refonder l’art du jeu collectif, pour une sonoritĂ© vivante, plus novatrice que jamais…

Jeudi 7 septembre de 7h Ă  23h
JOURNEE EMMANUEL KRIVINE sur FRANCE MUSIQUE
De 7h dans la matinale à 23h, rendez-vous sur France Musique en compagnie d’un « être singulier et gourmand, à la répartie toujours prête à fuser… » Où il sera question de sa discographie (En Pistes), de sa discothèque privée (Allegretto), de son parcours (Les grands entretiens), et autres anecdotes (Carrefour de Lodéon).

A 20h, en direct de l’Auditorium de la Maison de la Radio à Paris.

Programme :
Anton Webern
Passacaille pour orchestre op 1

Richard Strauss
Quatre derniers Lieder
Ann Petersen, soprano

CĂ©sar Franck
Symphonie en ré mineur (LIRE notre dossier spécial Symphonie en ré de César Franck, 1889)

Orchestre National de France
Emmanuel Krivine, direction

GSTAAD MENUHIN festival & academy: Palmarès du Prix Neeme Järvi 2017 (Neeme Järvi prize 2017)

GSTAAD festival prospekte-2017-2-465GSTAAD MENUHIN festival & academy: Palmarès du Prix Neeme Järvi 2017. Chaque Ă©tĂ© Ă  Gstaad, la grande tente accueille les sessions intenses de l’acadĂ©mie de direction d’orchestre (Conducting Academy) – poursuivant le voeu du fondateur Yehudy Menuhin, soucieux de cultiver toujours la transmission des valeurs fondamentales de la musique aux nouvelles gĂ©nĂ©rations de musiciens interprètes ; cette annĂ©e, l’acadĂ©mie (l’une des 5 acadĂ©mies se rĂ©lisant l’Ă©tĂ© Ă  Gstaad) est pilotĂ©e par un nouvel arrivant, le chef nĂ©erlandais Jaap Van Zweden (directeur musical du New York Philharmonic Ă  compter de 2018). Ce dernier a Ă©tĂ© choisi par le directeur du Festival Menuhin, Christoph MĂĽller, comme successeur de Neeme Järvi. Pendant 3 semaines 12 jeunes chefs prĂ©alablement sĂ©lectionnĂ©s ont suivi les sessions de formation pilotĂ©es par le maestro Zweeden, tempĂ©rament pointilleux autant qu’intransigeant dont l’autoritĂ© s’est pleinement manifestĂ©e sur le travail des jeunes maestros candidats au prix Neeme Järvi.

Au terme du concert du 18 août 2017, 7 jeunes chefs finalistes attendaient le résultat des délibération du jury. Le programme comprenait en particulier le Concerto pour violoncelle de Lalo (rareté romantique française alliant éclectisme, virtuosité, contrastes dans un esprit et une élégance purement parisienne), et surtout les quatre mouvements de la 5e de Tchaikovski,dirigés successivement par 5 finalistes.

 

 

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Le prix Neeme Järvi distingue les meilleurs sensibilitĂ©s artistiques, celles qui rĂ©unissant clartĂ© gestuelle, charisme communicatif et cohĂ©rence des intentions, affirment dĂ©jĂ  une maĂ®trise manifeste de la direction d’orchestre. En mettant Ă  disposition des jeunes chefs candidats, l’orchestre du festival soit une phalange de presque 100 instrumentistes, le festival Menuhin Ă  Gstaad est l’un des seuls en Europe Ă  offrir une telle expĂ©rience formatrice destinĂ©e aux chefs d’orchestre en dĂ©but de carrière. Outre la qualitĂ© et l’intensitĂ© des sessions de travail, il s’agit aussi pour les laurĂ©ats d’une visibilitĂ© accrue et d’engagements concrets : titulaire du Prix Neeme Järvi, chacun aura ensuite l’occasion de diriger les orchestres partenaires, soit les orchestres de Bâle et de Bern.

 

 

 

Les lauréats du Neeme Järvi Prize 2017 sont:

Katharina Wincor (Autriche)

Petr Popelka (République tchèque)

Le Jury de l’AcadĂ©mie de direction d’orchestre (Conducting Academy) Ă  GSTAAD ayant rendu sa dĂ©cision est composĂ© de : Jaap van Zweden, Artistic Director de la Conducting Academy / Christoph MĂĽller, intendant du Gstaad Menuhin Festival & Academy, et Johannes Schlaefli, Head of Teaching de la Conducting Academy

 

 

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Plus d’infos sur le site du Gstaad Menuhin festival & academy 2017, encore de nombreux concerts dans le Saanenland jusqu’au 2 septembre 2017.

https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr

 

 

VIDEO / DECOUVRIR le Festival estival de Gstaad : GSTAAD YEHUDI MENUHIN festival & Academy grâce à notre reportage vidéo, dédié au fonctionnement général du festival suisse dans le Saanenland (réalisation classiquenews, juillet 2016) :

 

 

VOIR NOTRE GRAND REPORTAGE VIDEO
GSTAAD MENUHIN Festival & Academy 2016

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RÉSERVATIONS et INFORMATIONS 
sur le site du Festival Yehudi Menuhin à GSTAAD, 13 juillet – 2 septembre 2017

 

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Photo des 2 lauréats du Neeme Järvi Prize 2017 à GSTAAD : © Eve Kohler 2017

FESTIVAL MUSIQUE EN BOURBONNAIS (Allier), les 13 et 15 août 2017

chateloy-basFESTIVAL MUSIQUE EN BOURBONNAIS (Allier), les 13 et 15 août 2017. Pour sa 51è édition, le festival de musique de chambre, Musique en Bourbonnais accueille pour ses 2 derniers concerts, les dimanche 13 et mardi 15 août 2017, respectivement : le Quatuor AROD qui a remporté le 1er prix au dernier Concours ARD de Munich 2016 (église de Louroux-Hodement, 17h), et la soprano Heather Newhouse accompagné par l’ Hostel Dieu (église de Châteloy, 17h). C’est à Châteloy, en son église romane perchée au cœur du bocage bourbonnais, qu’est né le festival. L’offre musicale est l’une des plus envoûtantes, nichée en milieu rural, accueillie dans des églises, véritables joyaux patrimoniaux. 2 concerts événements de l’été 2017

 

 

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+ d’infos sur le site du Festival Musique en Bourbonnais, Lire notre présentation du festival MUSIQUE EN BOURBONNAIS 2017

 

 

 

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Adeline de Preissac : la harpe scarlatienne

preissac-adeline-de-harpe-scarlatti-cd-concert-juillet-2017-par-classiquenewsCD & concert le 29 juillet 2017 : ADELINE DE PREISSAC joue Scarlatti Ă  la Harpe. Vivi felice ! / « Vivez heureux ! » : Domenico Scarlatti ne cache pas son enthousiasme communicatif, dans cette maxime inscrite Ă  la fin de ses Sonates (originellement composĂ©es pour le clavecin)… Dans son jeu, la harpiste Adeline de Preissac ose une transcription inĂ©dite dont l’audace pourtant est Ă  la mesure de l’exclamation scarlatienne. Le feu, la verve, l’exaltation sont dĂ©terminants pour une relecture revivifante. Scarlatti Ă  la harpe : il fallait l’imaginer. Le rĂ©sultat surprend et convainc. Un nuancier expressif se prĂ©cise et renforce la subtilitĂ© suractive des pièces, comme l’acuitĂ© souvent Ă©nergique de leur nature expĂ©rimentale : expressivitĂ©, prĂ©cision, phrasĂ©s, surtout jeu nouveau, inĂ©dit sur les rĂ©sonances. La sonoritĂ© du spectre s’en trouve dĂ©cuplĂ©e, plus riche, Ă  la fois fluide et caractĂ©risĂ©e. ComposĂ©es en grande majoritĂ©, pour la Reine d’Espagne, Maria Barbara de Bragance, les Sonates de Domenico Scarlatti vise essentiellement le plaisir, la dĂ©lectation et le divertissement de la Reine.

scarlatti Domenico_ScarlattiLa Souveraine avait le souci du timbre et des performances techniques des claviers : elle s’était fait construire un clavecin personnel Ă  … 5 registres. Maria Barbara possĂ©dait Ă©galement des pianofortes, mais ils n’avaient pas cette couleur orchestrale que possĂ©daient les clavecins. Scarlatti n’a sans doute pas Ă©tĂ© tentĂ© par cet instrument. La harpe, avec ses cordes pincĂ©es possède, quant Ă  elle, les qualitĂ©s requises pour qu’une instrumentiste passionnĂ©e se lance aujourd’hui dans l’interprĂ©tation de chaque Sonate, capable d’en rĂ©vĂ©ler la matière poĂ©tique comme l’urgence et la grande versatilitĂ© rythmique. Chez Domenico Scarlatti, la musique est d’abord un geste de libertĂ©, de fantaisie, d’approfondissement voire de dĂ©passement pour l’interprète, invitĂ©e Ă  en transmettre la flamboyante inventivitĂ©.

preissac-adeline-de-harpe-scarlatti-cd-concert-juillet-2017-par-classiquenewsAujourd’hui, la harpiste Adeline de Preissac publie une sĂ©lection de Sonates transposĂ©es et enregistrĂ©e dans l’écrin idĂ©al d’un prieurĂ© du XIIè, dans un disque inĂ©dit, qui paraĂ®t en juillet 2017. Le programme de ce nouveau recueil est donnĂ© en concert le 29 juillet prochain Ă  TOURS. Parution et concert incontournables. LIRE notre critique du VIVI FELICE, 11 Sonates de Domenico Scarlatti par Adeline de Preissac (1 cd La Simplesse – juin 2016)

 

 

 

AGENDA / concerts 2017 :

 

preissac-adeline-de-harpe-scarlatti-cd-concert-juillet-2017-par-classiquenews29 juillet 2017 : CloĂ®tre de la Psalette (Tours) – 14h30
« Vivi Felice » / Sonates de Domenico Scarlatti par Adeline de Preissac, harpe – Rens. : 02 47 47 05 19 - Concert pour la sortie du CD Scarlatti (rĂ©fĂ©rence : vivifel12) — LIRE aussi notre entretien avec Adeline de Preissac

 

 

 

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Les concerts d’Adeline de Preissac au mis d’aoĂ»t 2017 :

 

 

3 août : Prieuré Saint-Cosme (Tours)
17h30 : Atelier enfants
20h30 : Concert – « Un été au jardin »
Scarlatti, Mozart, Gounod, Bizet
Rens. et résa. : 02 47 37 32 70

5 aoĂ»t : CloĂ®tre de la Psalette (Tours) – 14h30
Concert jeune talent et septuor
« La couleur des sentiments »
Mozart, Debussy, Ravel

5 août : Festival La Musique au temps des Rois
Château d’Amboise – 18h30
« Brusquet, le fou du Roy François II »
Philippe Pilavoine, mime – Laurent Sofiatti, comĂ©dien – Nicolas Gaignard, cor – Adeline de Preissac, harpe.
Rens. : www.chateau-amboise.com – tarif : inclus dans billetterie château.

6 août : Festival 37° à l’Ombre
CloĂ®tre de la Psalette – 14h30
Ravel, Glincka, Massenet
Valentine Tourdias, violon – Olivier Becker, violoncelle – Adeline de Preissac – harpe
T : 02 47 47 05 19 – Tarifs : 12€ / 8€ (gratuit -15 ans)

6 août : Festival La Musique au temps des Rois
Château d’Amboise – 18h30
« La harpe de Madame Adelaïde »
V. Tourdias, C. Michelet, violons – G. Becker, alto – O-M. Becker, violoncelle – V. Cottet Dumoulin, clarinette – A-S. Nevès, flute – A. de Preissac, harpe.

12, 13 août : Festival la Musique au temps des Rois
Château d’Amboise – 18h30
« L’art équestre selon Louis XIII »
Lucie Bellement, Écuyère – Isabelle Chaffaud, danseuse – Adeline de Preissac, harpiste

17 août : Prieuré Saint-Cosme
17h30 : ateliers enfants
20H30 : concert – « Le combat d’une fine lame »
Scarlatti, Albeniz, de Falla

18 août : Festivarts (36) – 20h
Château de Villegongis
Spectacle Ă©questre et musical
Compagnie Belvega – Laurent Sofiatti, comĂ©dien – Adeline de Preissac, harpe
Rens. : 02 54 00 04 42 – Tarif : 8€ / gratuit -15 ans

20 août : Festival la musique au temps des Rois
Château d’Amboise – 18h30
« François Ier, une fine lame »
ValĂ©rie de Mortillet, escrime dansĂ©e – Laurent Sofiatti, comĂ©dien – Adeline de Preissac, harpe.

 

Adeline de Preissac joue les Sonates de D. Scarlatti

preissac-adeline-de-harpe-scarlatti-cd-concert-juillet-2017-par-classiquenewsCD, le 29 juillet 2017 : ADELINE DE PREISSAC joue Scarlatti Ă  la Harpe. Vivi felice ! / « Vivez heureux ! » : Domenico Scarlatti ne cache pas son enthousiasme communicatif, dans cette maxime inscrite Ă  la fin de ses Sonates (originellement composĂ©es pour le clavecin)… Dans son jeu, la harpiste Adeline de Preissac ose une transcription inĂ©dite dont l’audace pourtant est Ă  la mesure de l’exclamation scarlatienne. Le feu, la verve, l’exaltation sont dĂ©terminants pour une relecture revivifante. Scarlatti Ă  la harpe : il fallait l’imaginer. Le rĂ©sultat surprend et convainc. Un nuancier expressif se prĂ©cise et renforce la subtilitĂ© suractive des pièces, comme l’acuitĂ© souvent Ă©nergique de leur nature expĂ©rimentale : expressivitĂ©, prĂ©cision, phrasĂ©s, surtout jeu nouveau, inĂ©dit sur les rĂ©sonances. La sonoritĂ© du spectre s’en trouve dĂ©cuplĂ©e, plus riche, Ă  la fois fluide et caractĂ©risĂ©e. ComposĂ©es en grande majoritĂ©, pour la Reine d’Espagne, Maria Barbara de Bragance, les Sonates de Domenico Scarlatti vise essentiellement le plaisir, la dĂ©lectation et le divertissement de la Reine.

scarlatti Domenico_ScarlattiLa Souveraine avait le souci du timbre et des performances techniques des claviers : elle s’était fait construire un clavecin personnel Ă  … 5 registres. Maria Barbara possĂ©dait Ă©galement des pianofortes, mais ils n’avaient pas cette couleur orchestrale que possĂ©daient les clavecins. Scarlatti n’a sans doute pas Ă©tĂ© tentĂ© par cet instrument. La harpe, avec ses cordes pincĂ©es possède, quant Ă  elle, les qualitĂ©s requises pour qu’une instrumentiste passionnĂ©e se lance aujourd’hui dans l’interprĂ©tation de chaque Sonate, capable d’en rĂ©vĂ©ler la matière poĂ©tique comme l’urgence et la grande versatilitĂ© rythmique. Chez Domenico Scarlatti, la musique est d’abord un geste de libertĂ©, de fantaisie, d’approfondissement voire de dĂ©passement pour l’interprète, invitĂ©e Ă  en transmettre la flamboyante inventivitĂ©.

Aujourd’hui, la harpiste Adeline de Preissac publie une sélection de Sonates transposées et enregistrée dans l’écrin idéal d’un prieuré du XIIè, dans un disque inédit, qui paraît en juillet 2017. Le programme de ce nouveau recueil est donné en concert le 29 juillet prochain à TOURS. Parution et concert incontournables.

 

 

 

AGENDA / concerts 2017 :

 

preissac-adeline-de-harpe-scarlatti-cd-concert-juillet-2017-par-classiquenews29 juillet 2017 : CloĂ®tre de la Psalette (Tours) – 14h30
« Vivi Felice » / Sonates de Domenico Scarlatti par Adeline de Preissac, harpe – Rens. : 02 47 47 05 19 - Concert pour la sortie du CD Scarlatti (rĂ©fĂ©rence : vivifel12) — LIRE aussi notre entretien avec Adeline de Preissac

 

 

 

scarlatti-domenico-portrait-sonates-par-Adeline-de-preissac-critique-annonce-presentation-par-CLASSIQUENEWS

 

 

 

 

 

Les concerts d’Adeline de Preissac au mis d’aoĂ»t 2017 :

 

 

3 août : Prieuré Saint-Cosme (Tours)
17h30 : Atelier enfants
20h30 : Concert – « Un été au jardin »
Scarlatti, Mozart, Gounod, Bizet
Rens. et résa. : 02 47 37 32 70

5 aoĂ»t : CloĂ®tre de la Psalette (Tours) – 14h30
Concert jeune talent et septuor
« La couleur des sentiments »
Mozart, Debussy, Ravel

5 août : Festival La Musique au temps des Rois
Château d’Amboise – 18h30
« Brusquet, le fou du Roy François II »
Philippe Pilavoine, mime – Laurent Sofiatti, comĂ©dien – Nicolas Gaignard, cor – Adeline de Preissac, harpe.
Rens. : www.chateau-amboise.com – tarif : inclus dans billetterie château.

6 août : Festival 37° à l’Ombre
CloĂ®tre de la Psalette – 14h30
Ravel, Glincka, Massenet
Valentine Tourdias, violon – Olivier Becker, violoncelle – Adeline de Preissac – harpe
T : 02 47 47 05 19 – Tarifs : 12€ / 8€ (gratuit -15 ans)

6 août : Festival La Musique au temps des Rois
Château d’Amboise – 18h30
« La harpe de Madame Adelaïde »
V. Tourdias, C. Michelet, violons – G. Becker, alto – O-M. Becker, violoncelle – V. Cottet Dumoulin, clarinette – A-S. Nevès, flute – A. de Preissac, harpe.

12, 13 août : Festival la Musique au temps des Rois
Château d’Amboise – 18h30
« L’art équestre selon Louis XIII »
Lucie Bellement, Écuyère – Isabelle Chaffaud, danseuse – Adeline de Preissac, harpiste

17 août : Prieuré Saint-Cosme
17h30 : ateliers enfants
20H30 : concert – « Le combat d’une fine lame »
Scarlatti, Albeniz, de Falla

18 août : Festivarts (36) – 20h
Château de Villegongis
Spectacle Ă©questre et musical
Compagnie Belvega – Laurent Sofiatti, comĂ©dien – Adeline de Preissac, harpe
Rens. : 02 54 00 04 42 – Tarif : 8€ / gratuit -15 ans

20 août : Festival la musique au temps des Rois
Château d’Amboise – 18h30
« François Ier, une fine lame »
ValĂ©rie de Mortillet, escrime dansĂ©e – Laurent Sofiatti, comĂ©dien – Adeline de Preissac, harpe.

 

Livre événement. GIACOMO PUCCINI, mode d’emploi (Avant Scène Opéra).

Puccini avant scene opera puccini mode d emploi annonce critique review livre avant scene opera presentation  classiquenews 2423-1Livre événement. GIACOMO PUCCINI, mode d’emploi (Avant Scène Opéra). Peu à peu, numéro après numéro, les « Modes d’emploi » édités par Avant-Scène Opéra, sous la direction de Chantal Cazaux s’affirment telles des références pour les amateurs et connaisseurs d’opéra. Ce dernier numéro n’affaiblit pas le niveau d’ensemble d’une collection devenue … référence. Pour preuve après un Verdi très remarqué, apprécié, voici «  Giacomo Puccini, mode d’emploi », à travers 5 chapitres qui tournent autour du sujet pour mieux le dévoiler en son coeur. Le « vérisme » de Puccini, les petites femmes, héroïnes du maîtres, surtout le panorama de tous les opéras soit 10 ouvrages ou cycle d’ouvrages (Il Trittico de 1918), de 1884 (Le Villi) à l’inachevée Turandot de 1926, … sont autant de clés d’accès d’un monde sonore et lyrique, dramatique et théâtrale, symphonique aussi voire cinématographique surtout, qui aura durablement marqué l’histoire de l’opéra au début du XXè. Quelle maison d’opéra aujourd’hui dans le monde, peut-elle faire l’impasse sur La Bohème (1896), Tosca (1900), Butterfly (1904), Turandot (1926)? Sans omettre le Triptyque composé des trois drames en un acte : Il Tabarro qui se passe à Paris sur les berges de la Seine, suivi de Suor Angelica et Gianni Schicchi : véritable quintessence de l’art total sur tous les registres : tragique noir, tragique larmoyant, comique grinçant.

CLIC D'OR macaron 200Le dossier est ainsi riche et complet, avantageusement enrichi par les « 40 grandes voix pucciniennes », les « 20 chefs pucciniens » (d’Erich Leinsdorf au plus récent Andris Nelsons, sans omettre la génération bénie des Carlos Kleiber, Lorin Maazel et Zubin Mehta, tous nés dans au début des années 1930) et aussi 10 mises en scène d’opéras pucciniens qui auront compté (des metteurs en scène de Zeffirelli, Carsen, Robert Wilson, David Pountney et Christof Loy… En outre l’éditeur ajoute une discographie et une vidéographie idéales, ainsi que comme préalables essentiels, 3 points de repère pour mieux comprendre le compositeur et son œuvre : « Puccini dans l’histoire de la musique », « Puccini, une vie (1858-1924) », « Un homme en son temps »… L’approche est claire et complète. Ce guide Puccini est bien un indispensable.

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Livre événement. GIACOMO PUCCINI, mode d’emploi (Avant Scène Opéra). CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2017

CD coffret Ă©vĂ©nement. KARAJAN : Sacred & choral recordings on Deutsche Grammophon / Oeuvres sacrĂ©es et chorales enregistrĂ©es chez Deutsche Grammophon (1961 – 1985). 29 cd Deutsche Grammophon.

sacred and choral recordings by KARAJAN par classiquenews clic de classiquenews 81gTv4QU7+L._SL1500_CD coffret Ă©vĂ©nement. KARAJAN : Sacred & choral recordings on Deutsche Grammophon / Oeuvres sacrĂ©es et chorales enregistrĂ©es chez Deutsche Grammophon (1961 – 1985). 29 cd Deutsche Grammophon. CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2017. En livrĂ©e lilas fuchsia, le Karajan le plus spirituel voire mystique dilate le temps et fusionne l’espace, dĂ©livrant plusieurs joyaux sacrĂ©s qui s’apparentent ici Ă  son testament artistique en plusieurs volets (et plusieurs versions). Le gĂ©nie de la baguette du XX7 et certainement le maestro le plus mĂ©diatisĂ© et populaire du XXè siècle poursuit sa rĂ©surrection par le disque, grâce aux archives Deutsche Grammophon (le chef aux 300 enregistrements sur 50 annĂ©es d’activitĂ© en studio), toujours idĂ©alement Ă©ditĂ©es ; ici, l’approche thĂ©matique vient combler une sĂ©rie de coffrets prĂ©cĂ©dents dĂ©diĂ©s aux opĂ©ras et aux apports symphoniques illustres. La recherche d’une sonoritĂ© et d’une esthĂ©tique dĂ©passant chez Karajan le seul fait musical pour atteindre aussi une perfection technologique propre Ă  l’enregistrement (comme Gould au fond), et qui vaut Ă  ce nouveau cycle de rĂ©alisations… leur pesant d’or sonore. Songez voici en 29 cd, – reproduits avec pochette et visuel d’origine, plusieurs versions qui ont marquĂ© et la carrière du chef et la culture musicale de millions de mĂ©lomanes, toujours curieux Ă  l’idĂ©e de (re)dĂ©couvrir une partition pourtant cĂ©lèbre et dĂ©jĂ  Ă©coutĂ©e : Ă©videmment le Requiem de Mozart (versions de 1961 puis 1975, avec le Berliner, puis de 1986 avec les Wiener Philharmoniker), mais aussi Ein Deutsche Requiem de Brahms de 1964 (Berliner) puis de 1983 (Wiener) ; de mĂŞme les 3 versions de La CrĂ©ation de Haydn (Die Shöpfung), en 1965 (Wiener, LIve du Festival de Salzbourg), 1966 (Berliner), 1982 (Salzbourg). Sans omettre la Missa Solemnis de Beethoven : 1966, 1985 (Berliner). Figurent aussi parmi ses Ă©blouissantes lectures, des Bach sur instruments modernes mais avec une finesse et une justesse spirituelle irrĂ©sistible : Passion selon St-Mathieu (1971-1972, Berliner); Messe en si (1973-1974, Berliner), ce que la caractĂ©risation instrumentale perd en finesse et subtilitĂ©, la puissance poĂ©tique millimĂ©trĂ©e gagne en profondeur. Idem pour les 2 versions du Requiem de Verdi : 1972 (Berliner), 1984 (Wiener). L’acte spirituel total version Karajan rejoint l’histoire politique et religieuse aussi comme en tĂ©moigne l’évĂ©nement qui a marquĂ© sa carrière comme compositeur non pratiquant mais sincèrement et profondĂ©ment croyant : La Messe pontificale pour Jean-Paull II Ă  Saint-Pierre de Rome, Ă  l’occasion de la fĂŞte des Saints Paul et Pierre, le 29 juin 1985.

 

 

 

Haydn, Mozart, Beethoven, Verdi…
Testaments spirituels by HV Karajan

 

 

Le coffret «  Sacred & choral recordings » by Karajan chez DG Deutsche Grammophon regroupe donc l’essentiel d’une vie de chef bâtisseur et architecte, que la grande forme et les effectifs colossaux n’ont jamais alourdi ni détourner de sa vision claire, solaire d’un son impérial.
KARAJAN sacred & choral recordings DG pochette compte rendu critique par classiquenews CLIC de classiquenews dg4797060Les connaisseurs retrouvent toute une génération de stars lyriques qui ont marqué aussi l’histoire de l’enregistrement en studio (Wilma Lipp, Anton dermota, Walter Berry, Eberhard Waechter, Kim Borg, Werner Krenn… ; également du cd, compact disc alors à son apogée : Barbara Hendricks, Gundula Janowitz, Edith Mathis, Christa Ludwig, Dietrich Fischer-Dieskau, Hermann Prey, Janet Perry, Gösta Winbergh, Peter Schreier, Fritz Wunderlich, Agnès Baltsa, Anna Tomowa-Sintow, José Van Dam, Trudeliese Schmidt, Mirella Freni, Francisco Araiza, Nicolai Ghiaurov, comme Vinson Cole, et surtout l’impossible et fugace Kathleen Battle (pour la Messe pour Jean-Paul II)… Le livret accompagnant le coffret, en anglais, allemand, japonais comprend une présentation documentée et la biographie du maestro légendaire. Un must absolu.

 

 

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CLIC_macaron_2014CD coffret Ă©vĂ©nement. KARAJAN : «  Sacred & choral recordings on Deutsche Grammophon » / Oeuvres sacrĂ©es et chorales enregistrĂ©es chez Deutsche Grammophon (1961 – 1985). 29 cd Deutsche Grammophon. CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2017

 

 

 

Tracklisting du coffret KARAJAN : Sacred & choral recordings on Deutsche Grammophon  / 29 cd DG

 

BACH, JS : Mass in B minor, BWV232
Gundula Janowitz (soprano), Christa Ludwig (mezzo-soprano), Peter Schreier (tenor), Karl Ridderbusch (bass)
Berliner Philharmoniker
Magnificat in D major, BWV243
Anna Tomowa-Sintow (soprano), Agnès Baltsa (mezzo-soprano), Peter Schreier (tenor)
Berliner Philharmoniker
St Matthew Passion, BWV244
Gundula Janowitz (soprano), Christa Ludwig (mezzo-soprano), Peter Schreier (tenor), Dietrich Fischer-Dieskau (baritone)
Berliner Philharmoniker

Beethoven : Missa Solemnis in D major, Op. 123
(two performances)
Gundula Janowitz (soprano), Christa Ludwig (mezzo-soprano), Fritz Wunderlich (tenor), Walter Berry (bass-baritone)
Berliner Philharmoniker

Brahms : Ein Deutsches Requiem, Op. 45
Gundula Janowitz (soprano), Eberhard Waechter (baritone)
Berliner Philharmoniker

BRUCKNER : Te Deum in C major, WAB 45
Anna Tomowa-Sintow (soprano), Agnès Baltsa (mezzo-soprano), Peter Schreier (tenor), José Van Dam (bass)
Berliner Philharmoniker

HAYDN : The Creation
(three performances)
Gundula Janowitz (soprano), Christa Ludwig (mezzo-soprano), Fritz Wunderlich (tenor), Dietrich Fischer-Dieskau (baritone), Walter Berry(bass-baritone)
Wiener Philharmoniker

MENDELSSOHN : Symphony No. 2 in B flat major, Op. 52 ‘Lobgesang’
Edith Mathis (soprano), Liselotte Rebmann (soprano), Werner Hollweg (tenor)
Berliner Philharmoniker

MOZART : Requiem in D minor, K626
(three performances)
Wilma Lipp (soprano), Hilde Rössel-Majdan (contralto), Anton Dermota(tenor), Walter Berry (bass-baritone)
Berliner Philharmoniker

Mass in C minor, K427 ‘Great’
Barbara Hendricks (soprano), Janet Perry (mezzo-soprano), Peter Schreier(tenor), Benjamin Luxon (bass)
Berliner Philharmoniker

Mass in C major, K317 ‘Coronation Mass’
Anna Tomowa-Sintow (soprano), Agnès Baltsa (mezzo-soprano), Werner Krenn (tenor), José Van Dam (bass)
Berliner Philharmoniker

Ave verum corpus, K618
Wiener Singverein
Berliner Philharmoniker

STRAVINSKY : Symphony of Psalms
Chor der deutschen Oper Berlin
Berliner Philharmoniker

VERDI : Requiem
(two performances)
Mirella Freni (soprano), Christa Ludwig (mezzo-soprano), Carlo Cossutta(tenor), Nicolai Ghiaurov (bass)
Berliner Philharmoniker

 

 

 

Rinaldo Alessandrini joue Monteverdi Ă  Caserte

monteverdi claudio portraitARTE, lundi 22 mai 2017, 5h. Claudio Monteverdi Ă  Caserte. Dans le cadre somptueux du théâtre du palais de Caserte près de Naples, le madrigaliste et chef d’orchestre italien Rinaldo Alessandrini et son ensemble, le Concerto italiano, reprennent un rĂ©pertoire qu’ils connaissent bien pour l’avoir totalement dĂ©poussiĂ©rĂ© (en particulier depuis le geste sophistiquĂ© et parfois maniĂ©riĂ© des anglais) : l’art du madrigal montĂ©verdien, Ă  travers les 8 Livres de madrigaux de Claudio Monteverdi dont 2017 marque le 450 ème anniversaire de la naissance. Alessandrini osait alors (au dĂ©but des annĂ©es 2000) rĂ©actualiser le geste vocal, Ă  la fois Ă©purĂ©, dramatique, d’une intense sensualitĂ© proche de la respiration et du souffle premier… L’interprĂ©tation montĂ©verdienne allait en ĂŞtre profondĂ©ment bouleverser. Chef et musiciens – instrumentistes et chanteurs, revisitent dans ce programme de Caserte, les grandes pages de Monteverdi, des accents guerriers du Combat de Tancrède et Clorinde (grand madrigal dramatique proche de l’opĂ©ra alors naissant), … aux plaintes amoureuses du Lamento della ninfa. Guerre d’amour et mort amoureuse. Qu’il soit «  concitato «  / agitĂ© donc martial et guerrier, ou convulsif et sensuel, le style de Monteverdi au dĂ©but du XVIIè rĂ©volutionne la musique monteverdi-alessandrini-festa-san-marco-vespri-solenni-cd-naiveeuropĂ©enne, donnant ses lettres de noblesse Ă  l’écriture baroque : continuo, nouvelle conception monodique oĂą perce et s’affirme le chant dĂ©sormais individualisĂ©. Mais plus qu’ailleurs, prime ici le texte et son articulation intĂ©rieure. Concert organisĂ© Ă  l’occasion de l’anniversaire de ce compositeur nĂ© en 1567, qui, en 1607, avec L’Orfeo, inventait l’opĂ©ra (alors «  Favola in musica «  / Fable en musique) et dont Rinaldo Alessandrini et ses musiciens semblent ressusciter la sĂ©duction unique.

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ARTE, lundi 22 mai 2017, 5h. Claudio Monteverdi à Caserte. Nuit d’amour et de guerre. Concerto Italiano. Rinaldo Alessandrini. Durée : 43 mn.

 

CD

monteverdi-alessandrini-festa-san-marco-vespri-solenni-cd-naiveLIRE notre compte rendu critique du cd VESPRI SOLENNI à SAN MARCO par Rinaldo Alessandrini : Monteverdi à Venise. L’activité du maître de chapelle de San Marco est intense : en témoigne ses livres de musique publiés alors au sein de la Sérénissime : la Selva morale e spirituale (1640), comme son recueil posthume Missa e Psalmi de 1650. Chacun des deux cycles de partitions témoigne des avancées techniques et stylistiques accomplies par les effectifs dirigés par leur directeur, qui alors à Venise, en génie de l’opéra, livre ses plus grands chefs d’œuvre lyriques

Festival Musique et MĂ©moire 2017

musiquetmemoire-festival-2017-presentation-classiquenews-2017VOSGES DU SUD (70). 24ème Festival Musique et MĂ©moire, du 15 au 30 juillet 2017. Dans les Vosges du Sud, un festival passionnant vous attend, du 15 au 30 juillet 2017 soit la deuxième quinzaine de juillet : une offre unique en Europe pour s’immerger au cĹ“ur des Vosges saĂ´noises, bercĂ©s, Ă©tonnĂ©s, surpris, par une programmation riche et singulière, en nouvelles expĂ©riences baroques. Musique et MĂ©moire est une scène rĂ©solument baroque Ă  nulle autre pareille qui ne cesse d’explorer les esthĂ©tiques des XVIIè et XVIIIè, entre France, Italie, pays germaniques. Grâce Ă  l’intuition sĂ»re de Fabrice Creux, directeur du Festival (et aussi son crĂ©ateur), Musique et MĂ©moire sait cultiver le risque voire l’audace en commandant aux artistes en rĂ©sidence de nouveaux programmes. C’est Ă  chaque Ă©dition, une traversĂ©e unique et fĂ©conde, qui n’est pas liĂ©e Ă  un site unique comme beaucoup d’autres festivals en France, mais une offre qui rayonne sur le territoire saĂ´nois, entre Ă©tangs et Ă©glises patrimoniales, une occasion de vivre et revivre l’enchantement et la vitalitĂ© des Ă©critures baroques selon un rythme dĂ©sormais bien identifiĂ© : 3 week ends ouvragĂ©s avec intelligence et gradation, 3 ensembles en rĂ©sidence portĂ©s par l’exigence de l’expĂ©rimentation et de l’accomplissement. Du dialogue, du partage. Cet Ă©tĂ©, inaugurant le nouveau cycle de concerts et de rencontres, les festivaliers retrouvent pour les 5 premiers jours (les 15, 16 puis 19, 20 et 21 juillet), le trio emblĂ©matique Les Timbres, capables de stimuler et produire la complicitĂ© recrĂ©atrice en s’associant de nombreux complices (et aussi de nouveaux timbres comme le baryton vocal de Marc Mauillon…); Puis les 22 et 23
juillet, Musique et Mémoire accompagne le fabuleux ensemble de Lionel Meunier, Vox Luminis dans Haendel, et les cordes de La Rêveuse qui fête non sans raison le génie de Telemann, mis à l’honneur en 2017 ; c’est la poursuite également du geste d’Alia Mens dans la constellation Bach (cantates et pièces instrumentales dont les Brandebourgeois… Voici caractère et temps forts de l’édition 2017, présentée en 3 étapes successives, complémentaires, du 15 au 31 juillet 2017.

 

 

 

ACTE I
Premier week end : les 15, 16, 19, 20 et 21 juillet 2017
Les TIMBRES, Marc Mauillon…

 

 

ENSEMBLE MAGICIEN : Les Timbres, trio enchanteur

 

 

Les 3 artistes irrĂ©sistibles de l’’ensemble virtuose Les Timbres poursuivent leur rĂ©sidence de trois annĂ©es (renouvelĂ©e en 2016, de façon exceptionnelle une seconde fois, – phĂ©nomène rare pour ĂŞtre soulignĂ©) pour plusieurs programmes prometteurs sous le titre « Par monts et par vaux… ». Ainsi l’idĂ©e d’ne traversĂ©e et d’une itinĂ©rance en territoire ouvre le festival 2017, non sans cohĂ©rence puisque Les Timbres mènent depuis leurs dĂ©but en Haute-SaĂ´ne, des actions de sensibilisation dans les classes, auprès des scolaires afin de transmettre le goĂ»t de la curiositĂ© et de la musique. Une dĂ©marche encouragĂ©e par Fabrice Creux, engagĂ©e, localement active, donc particulièrement exemplaire.
La prĂ©cision du geste, la finesse et la justesse d’une sensibilitĂ© dĂ©sormais repĂ©rĂ©e, est suivie par les festivaliers depuis le dĂ©but de leur première rĂ©sidence ; en 2017, Les Timbres s’intĂ©ressent au XVIIè anglais et germaniques, comme au premier XVIIIè français… Autant de propositions qui confirme encore et toujours que la musique europĂ©enne baroque est surtout une formidable Ă©cole des mĂ©tissages. L’Europe culturelle n’a connu aucune frontière, c’est lĂ  le secret de sa formidable Ă©mulation des idĂ©es et des rĂ©alisations. Au programme : Les femmes (le 15 juillet 2017, Faucogney, 21h : Cantates et pièces de Campra et Van Blankenburg, avec Marc Mauillon, baryton – A 17h, rĂ©pĂ©tition publique); Sur les traces du Bach Ă  la rencontre de Buxtehude (Suonate en « stylus fantasticus » de Buxtehude…le 16 juillet, Servance, 17h) ; Musique Ă  dĂ©guster (Musique ElisabĂ©thaine : Gibbons, Hume, Fitzwilliam… Fougerolles, le 19 juillet Ă  19h30) ; Pien d’amoroso affetto (Evocation de l’art vocal Ă  Florence en 1600, airs de Peri et Caccini par Marc et AngĂ©lique Mauillon, le 20 juillet, Melisey Ă  21h), enfin Dialogues avec l’âme (musiques germanique du premier Baroque : Scheidt, Buxtehude, Weckmann, Hammerschmidt : Les Timbres, Jean-Charles Ablitzer, orgue, Belfort, Temple St-Jean, le 21 juillet Ă  21h).

 

 

 

 

ACTE II
Samedi 22 et dimanche 23 juillet 2017
VOX LUMINIS et LA RĂŠVEUSE

Acteurs d’une résidence qui fut pour chaque ensemble, découverte et approfondissement, Vox Luminis et La Rêveuse reviennent à Musique et Mémoire, non sans le sentiment de poursuivre une aventure musicale et artistique que les festivaliers attendent avec impatience. Lionel Meunier sait accorder l’ensemble de ses musiciens en un seul geste, un seul souffle ; La Rêveuse a ce goût du timbre et de la complicité instrumentale qui assure toujours une réalisation toute en finesse et intériorité.

POITIERS, TAP : Vox Luminis réenchante Bach et SchützSamedi 22 juillet 2017, LURE (église Saint-Martin), 21h. Vox Luminis revient au Festival Musique et Mémoire pour un programme très attendu, qui regroupe deux ouvrages de HÄNDEL / Haendel : Dixit Dominus et l’Ode for Sainte-Cecile. Le premier opus est composé par un jeune homme de 22 ans alors en apprentissage à Rome ; le second est créé à Londres en 1739 (A 17h, répétition publique).

reveuse-purcell-cd-review-critique-cd-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-octobre-novembre-2015Dimanche 23 juillet 2017, FAUCOGNEY (Chapelle Saint-Martin, 11h). TELEMANN, l’esprit européen par La Rêveuse. Trios et Quatuors avec viole. Pour le 250è anniversaire de sa mort, le Festival célèbre le génie musical du contemporain de JS Bach, Telemann, au style aussi élégant qu’inventif, véritable miroir et synthèse des influences européennes mêlées : française, italienne, « galantes » selon la mode en Allemagne, soit une première approche très réussie des Goûts réunis.
Puis à 17h (CORRAVILLERS, église Saint-Jean Baptiste, 17h), La Rêveuse propose une soirée musicale BUXTEHUDE (Abdendmusik : cantates et Sonates, avec la soprano Hasnaa Bennani).

 

 

 

 

ACTE III
2ème et dernier week end : Résidence d’Alia Mens.
Les 27, 28, 29 et 30 juillet 2017

BACH-JS-jean-sebastian-582-390-BACH-JS-4johann-sebastian-bachSous le titre « Bach, le voyage du ruisseau », l’ensemble en résidence Alia Mens se dédie à nouveau (comme l’année dernière, amorce de leur présence à Musique et Mémoire) au génie de Jean-Sébastien Bach, massif vertigineux, défi cyclopéen pour tout interprète baroque exigeant, profond, soucieux autant de la forme que du sens. Le cycle commence dès jeudi 27 juillet 2017 (église de Saint-Barthélémy, 21h) : « Pour la récréation de l’esprit » : 3 Sonates pour violon et clavecin pour divertir le prince de Köthen entre 1718 et 1722, par Stéphanie Paulet, violon / Olivier Spilmont, clavecin). Le lendemain vendredi 28 juillet à Héricourt (Eglise luthérienne, 21h) : « Musica Poetica » : Concertos pour clavecin, pour violon et cantate BWV 202 , avec son évocation du printemps, pour évoquer les après midis musicaux (chaque vendredi) du Collegium Musicum au Café Zimmermmann que Bach dirige à la suite de Telemann à partir de 1729.
Pour le week end, Alia Mens nous régale de la même façon dans deux programmes qui devraient à nouveau marquer sa résidence à Musique et Mémoire : d’abord, samedi 29 juillet à Luxeuil les Bains (Basilique Saint-Pierre, 21h) : « Soli Deo Gloria (ainsi que Bach signait ses partitions et manuscrits), Un office pour l’anniversaire de la Réforme » : c’est à dire Missa Brevis BWV 233 (extraits), cantates BWV 125 et 80 (de 1725 et 1724). Dernier chapitre JS BACH, dimanche 30 juillet, LUXEUIL LES BAINS (Basilique Saint-Pierre, 21h, au pied du superbe buffet d’orgue XVIIè): « Collegium Musicum II », pour un cycle purement instrumental comprenant les Concertos Brandebourgeois I, III (BWV 1046 et 1048), le Concerto pour 2 violons (BWV 1043), emblèmes d’une virtuosité époustouflante, celle d’un Bach inspiré, imaginatif, disposant d’instrumentistes particulièrement habiles… Cela sera certainement le cas lors de ce concert ultime de l’édition 2017 du Festival Musique et Mémoire. Haute technicité virtuose, acuité du sens. Le voyage promet de nouvelles révélations.

 

 

 

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musiquetmemoire-festival-2017-presentation-classiquenews-2017Toutes les informations pratiques, le détail des programmes et les modalités de réservation / organiser votre séjour en Haute-Saône et dans les Vosges saônoises, sur le site du Festival Musique & Mémoire 2017, festival incontournable des VOSGES DU SUD (70).
http://www.musetmemoire.com/index.php

 

 

VOSGES DU SUD (70). 24ème Festival Musique et Mémoire, du 15 au 30 juillet 2017.

musiquetmemoire-festival-2017-presentation-classiquenews-2017VOSGES DU SUD (70). 24ème Festival Musique et MĂ©moire, du 15 au 30 juillet 2017. Dans les Vosges du Sud, un festival passionnant vous attend, du 15 au 30 juillet 2017 soit la deuxième quinzaine de juillet : une offre unique en Europe pour s’immerger au cĹ“ur des Vosges saĂ´noises, bercĂ©s, Ă©tonnĂ©s, surpris, par une programmation riche et singulière, en nouvelles expĂ©riences baroques. Musique et MĂ©moire est une scène rĂ©solument baroque Ă  nulle autre pareille qui ne cesse d’explorer les esthĂ©tiques des XVIIè et XVIIIè, entre France, Italie, pays germaniques. Grâce Ă  l’intuition sĂ»re de Fabrice Creux, directeur du Festival (et aussi son crĂ©ateur), Musique et MĂ©moire sait cultiver le risque voire l’audace en commandant aux artistes en rĂ©sidence de nouveaux programmes. C’est Ă  chaque Ă©dition, une traversĂ©e unique et fĂ©conde, qui n’est pas liĂ©e Ă  un site unique comme beaucoup d’autres festivals en France, mais une offre qui rayonne sur le territoire saĂ´nois, entre Ă©tangs et Ă©glises patrimoniales, une occasion de vivre et revivre l’enchantement et la vitalitĂ© des Ă©critures baroques selon un rythme dĂ©sormais bien identifiĂ© : 3 week ends ouvragĂ©s avec intelligence et gradation, 3 ensembles en rĂ©sidence portĂ©s par l’exigence de l’expĂ©rimentation et de l’accomplissement. Du dialogue, du partage. Cet Ă©tĂ©, inaugurant le nouveau cycle de concerts et de rencontres, les festivaliers retrouvent pour les 5 premiers jours (les 15, 16 puis 19, 20 et 21 juillet), le trio emblĂ©matique Les Timbres, capables de stimuler et produire la complicitĂ© recrĂ©atrice en s’associant de nombreux complices (et aussi de nouveaux timbres comme le baryton vocal de Marc Mauillon…); Puis les 22 et 23
juillet, Musique et Mémoire accompagne le fabuleux ensemble de Lionel Meunier, Vox Luminis dans Haendel, et les cordes de La Rêveuse qui fête non sans raison le génie de Telemann, mis à l’honneur en 2017 ; c’est la poursuite également du geste d’Alia Mens dans la constellation Bach (cantates et pièces instrumentales dont les Brandebourgeois… Voici caractère et temps forts de l’édition 2017, présentée en 3 étapes successives, complémentaires, du 15 au 31 juillet 2017.

 

 

 

ACTE I
Premier week end : les 15, 16, 19, 20 et 21 juillet 2017
Les TIMBRES, Marc Mauillon…

 

 

ENSEMBLE MAGICIEN : Les Timbres, trio enchanteur

 

 

Les 3 artistes irrĂ©sistibles de l’’ensemble virtuose Les Timbres poursuivent leur rĂ©sidence de trois annĂ©es (renouvelĂ©e en 2016, de façon exceptionnelle une seconde fois, – phĂ©nomène rare pour ĂŞtre soulignĂ©) pour plusieurs programmes prometteurs sous le titre « Par monts et par vaux… ». Ainsi l’idĂ©e d’ne traversĂ©e et d’une itinĂ©rance en territoire ouvre le festival 2017, non sans cohĂ©rence puisque Les Timbres mènent depuis leurs dĂ©but en Haute-SaĂ´ne, des actions de sensibilisation dans les classes, auprès des scolaires afin de transmettre le goĂ»t de la curiositĂ© et de la musique. Une dĂ©marche encouragĂ©e par Fabrice Creux, engagĂ©e, localement active, donc particulièrement exemplaire.
La prĂ©cision du geste, la finesse et la justesse d’une sensibilitĂ© dĂ©sormais repĂ©rĂ©e, est suivie par les festivaliers depuis le dĂ©but de leur première rĂ©sidence ; en 2017, Les Timbres s’intĂ©ressent au XVIIè anglais et germaniques, comme au premier XVIIIè français… Autant de propositions qui confirme encore et toujours que la musique europĂ©enne baroque est surtout une formidable Ă©cole des mĂ©tissages. L’Europe culturelle n’a connu aucune frontière, c’est lĂ  le secret de sa formidable Ă©mulation des idĂ©es et des rĂ©alisations. Au programme : Les femmes (le 15 juillet 2017, Faucogney, 21h : Cantates et pièces de Campra et Van Blankenburg, avec Marc Mauillon, baryton – A 17h, rĂ©pĂ©tition publique); Sur les traces du Bach Ă  la rencontre de Buxtehude (Suonate en « stylus fantasticus » de Buxtehude…le 16 juillet, Servance, 17h) ; Musique Ă  dĂ©guster (Musique ElisabĂ©thaine : Gibbons, Hume, Fitzwilliam… Fougerolles, le 19 juillet Ă  19h30) ; Pien d’amoroso affetto (Evocation de l’art vocal Ă  Florence en 1600, airs de Peri et Caccini par Marc et AngĂ©lique Mauillon, le 20 juillet, Melisey Ă  21h), enfin Dialogues avec l’âme (musiques germanique du premier Baroque : Scheidt, Buxtehude, Weckmann, Hammerschmidt : Les Timbres, Jean-Charles Ablitzer, orgue, Belfort, Temple St-Jean, le 21 juillet Ă  21h).

 

 

 

 

ACTE II
Samedi 22 et dimanche 23 juillet 2017
VOX LUMINIS et LA RĂŠVEUSE

 

Acteurs d’une résidence qui fut pour chaque ensemble, découverte et approfondissement, Vox Luminis et La Rêveuse reviennent à Musique et Mémoire, non sans le sentiment de poursuivre une aventure musicale et artistique que les festivaliers attendent avec impatience. Lionel Meunier sait accorder l’ensemble de ses musiciens en un seul geste, un seul souffle ; La Rêveuse a ce goût du timbre et de la complicité instrumentale qui assure toujours une réalisation toute en finesse et intériorité.

POITIERS, TAP : Vox Luminis réenchante Bach et SchützSamedi 22 juillet 2017, LURE (église Saint-Martin), 21h. Vox Luminis revient au Festival Musique et Mémoire pour un programme très attendu, qui regroupe deux ouvrages de HÄNDEL / Haendel : Dixit Dominus et l’Ode for Sainte-Cecile. Le premier opus est composé par un jeune homme de 22 ans alors en apprentissage à Rome ; le second est créé à Londres en 1739 (A 17h, répétition publique).

reveuse-purcell-cd-review-critique-cd-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-octobre-novembre-2015Dimanche 23 juillet 2017, FAUCOGNEY (Chapelle Saint-Martin, 11h). TELEMANN, l’esprit européen par La Rêveuse. Trios et Quatuors avec viole. Pour le 250è anniversaire de sa mort, le Festival célèbre le génie musical du contemporain de JS Bach, Telemann, au style aussi élégant qu’inventif, véritable miroir et synthèse des influences européennes mêlées : française, italienne, « galantes » selon la mode en Allemagne, soit une première approche très réussie des Goûts réunis.
Puis à 17h (CORRAVILLERS, église Saint-Jean Baptiste, 17h), La Rêveuse propose une soirée musicale BUXTEHUDE (Abdendmusik : cantates et Sonates, avec la soprano Hasnaa Bennani).

 

 

 

 

ACTE III
3ème et dernier week end : Résidence d’Alia Mens.
Les 27, 28, 29 et 30 juillet 2017

 

BACH-JS-jean-sebastian-582-390-BACH-JS-4johann-sebastian-bachSous le titre « Bach, le voyage du ruisseau », l’ensemble en résidence Alia Mens se dédie à nouveau (comme l’année dernière, amorce de leur présence à Musique et Mémoire) au génie de Jean-Sébastien Bach, massif vertigineux, défi cyclopéen pour tout interprète baroque exigeant, profond, soucieux autant de la forme que du sens. Le cycle commence dès jeudi 27 juillet 2017 (église de Saint-Barthélémy, 21h) : « Pour la récréation de l’esprit » : 3 Sonates pour violon et clavecin pour divertir le prince de Köthen entre 1718 et 1722, par Stéphanie Paulet, violon / Olivier Spilmont, clavecin). Le lendemain vendredi 28 juillet à Héricourt (Eglise luthérienne, 21h) : « Musica Poetica » : Concertos pour clavecin, pour violon et cantate BWV 202 , avec son évocation du printemps, pour évoquer les après midis musicaux (chaque vendredi) du Collegium Musicum au Café Zimmermmann que Bach dirige à la suite de Telemann à partir de 1729.
Pour le week end, Alia Mens nous régale de la même façon dans deux programmes qui devraient à nouveau marquer sa résidence à Musique et Mémoire : d’abord, samedi 29 juillet à Luxeuil les Bains (Basilique Saint-Pierre, 21h) : « Soli Deo Gloria (ainsi que Bach signait ses partitions et manuscrits), Un office pour l’anniversaire de la Réforme » : c’est à dire Missa Brevis BWV 233 (extraits), cantates BWV 125 et 80 (de 1725 et 1724). Dernier chapitre JS BACH, dimanche 30 juillet, LUXEUIL LES BAINS (Basilique Saint-Pierre, 21h, au pied du superbe buffet d’orgue XVIIè): « Collegium Musicum II », pour un cycle purement instrumental comprenant les Concertos Brandebourgeois I, III (BWV 1046 et 1048), le Concerto pour 2 violons (BWV 1043), emblèmes d’une virtuosité époustouflante, celle d’un Bach inspiré, imaginatif, disposant d’instrumentistes particulièrement habiles… Cela sera certainement le cas lors de ce concert ultime de l’édition 2017 du Festival Musique et Mémoire. Haute technicité virtuose, acuité du sens. Le voyage promet de nouvelles révélations.

BACH-JS-critique-cd-review-cd-par-classiquenews-cantates-par-alia-mens-PARATY_916157_CiteCeleste_COUV_HMCD. Un rĂ©cent album discographique est paru chez PARATY, ” La CitĂ© cĂ©leste “, dans lequel Alia Mens pour son premier disque Ă©blouit par sa profondeur instrumentale et le relief des voix requises (Cantates de Weimar, BWV 12, 18 166). LIRE notre critique complète du cd ALIA MENS joue JS BACH / LIRE notre entretien spĂ©cial avec Olivier Spilmont, directeur artistique d’Alia Mens : “JS BACH rĂ©inventĂ©”

 

 

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musiquetmemoire-festival-2017-presentation-classiquenews-2017Toutes les informations pratiques, le détail des programmes et les modalités de réservation / organiser votre séjour en Haute-Saône et dans les Vosges saônoises, sur le site du Festival Musique & Mémoire 2017, festival incontournable des VOSGES DU SUD (70).
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CD, compte rendu critique. SON of ENGLAND. PURCELL, CLARKE. Le Poème Harmonique. Vincent Dumestre, direction (1 cd Alpha)

purcell clarke les cris de paris vincent dumestre alpha SON OF ENGLAND alpha critique cd classiquenews compte rendu cd review on classiquenews 58d27bf19a48fCD, compte rendu critique. SON of ENGLAND. PURCELL, CLARKE. Le Poème Harmonique. Vincent Dumestre, direction (1 cd Alpha). Le retour de la monarchie à Londres, après l’épisode républicain d’Oliver Cromwell (décédé en 1658), resplendissant avec l’avènement de Charles II couronné le 23 avril 1661, correspond aussi à l’essor du génie musical et lyrique, Henry Purcell, né en 1659 et qui offre aux souverains anglais, plusieurs oeuvres d’une absolue poésie. Aussi le 21 novembre 1695, pour sa mort, nombre d’hommages lui sont dédiés (aux frais de la Couronne) … dont ce masque -ode, inspiré de l’esprit pastoral de l’Orfeo monteverdien, « Come, come along » (Viens, viens) de Jeremiah Clarke (lui aussi décédé précocement en 1707), véritable drame lyrique où les bergers se lamentent, frappés par l’annonce de la mort du plus valeureux d’entre eux : Stréphon-Purcell. Le style flamboyant, la pompe et aussi l’activité palpitante des instruments à la fête (hautbois, bassons, continuo très souple et articulé) citent évidemment la royauté reconnaissante, y compris le style parfois ampoulé des solistes, plus chantres-vedette de la Chapelle royale que bergers égarés. C’est un théâtre des béatitudes émerveillés et enchantées qui pleure celui qui fut capable d’en chanter les délices et de transmettre ses miracles terrestres, d’où la déploration volontiers mordante et amère de la marche funèbre, (avec son glas fracassant d’ouverture), de la section 8 : « Mr Purcell’s farewell », dont la prière, ample et aussi majestueuse, aux accents lullystes, entonnée par tous les choristes forment une apothéose collective, vers laquelle a convergé tous les épisodes antérieurs. La vivacité avec laquelle les interprètes jouent le jeu de ce drame déploratif est très convaincante.

 

 

 

Affligés par Purcell et Mary, mais enivrés par Cécile,
Le Poème Harmonique et Vincent Dumestre excellent entre
Deuils et DĂ©lices

 

PURCELL Henry portrait pour classiquenews Purcell_by_John_ClostermanUn pas est franchi avec les deux ultimes oeuvres de Henry Purcell offertes en couplage. Et d’une mĂŞme veine tragique commĂ©morative, du moins pour la première : « Funeral sentences for the Death of Queen Mary II » : l’évĂ©nement survient au dĂ©but de l’annĂ©e qui verra la mort du compositeur. L’immense cortège funèbre se dĂ©ploie le 5 mars 1595, sur le glas retentissant de la marche d’exposition ; sursaut et dramatisme d’une image qui semble reconstituer les derniers spasmes du transi ; lui succèdent les 4 pièces vocales (solistes et choeur), chefs d’oeuvre de mĂ©ditation dĂ©solĂ©e, entre dĂ©sespoir et dignitĂ© lacrymale, les Sentences, ponctuĂ©es par la pĂ©nultième Canzona (fanfare, au ton Ă  la fois puissant et glaçant), font alterner la ligne dĂ©coupĂ©e, distincte du quatuor de solistes, d’une Ă©criture saisissante par son noble ton de dĂ©ploration ; dommage cependant que certains chanteurs, pas toujours aussi nuancĂ©s que les instruments et le choeur, soulignent trop le ton de regrets et de pleurs, – plus larmoyants que rĂ©ellement Ă©mus (avec des problèmes de justesse, et un vibrato hors sujet, style « grand opĂ©ra »). La mesure, l’épure, la distance font trop souvent dĂ©faut, ce malgrĂ© un effet rĂ©el de vertige et d’évanouissement sous le coup du deuil (vagues chromatiques ascendantes) : Mary Ă©tait plus aimĂ©e du peuple que son mari, le triste William III (IV). Quel dommage. En cela, le collectif, Les Cris de Paris s’en sortent mieux, plus carrĂ©s, droits, Ă©purĂ©s, sans effets expressifs d’aucune sorte : ils restent dans le ton ascĂ©tique, d’une idĂ©ale dignitĂ© requise. Purcell se rĂ©vèle comme Charpentier sur le thème de la mort et du glas endeuillĂ©, d’une puissance poĂ©tique irrĂ©sistible, d’une dĂ©chirante humanitĂ©, et d’une ivresse extatique sous le joug de la bĂ©atitude promise… (VI : « Thou knowest Lord », dernier « Amen », riche en espĂ©rance tendre et lumineuse).

D’une toute autre ambiance, – profane et d’une insouciante revendiquĂ©e, proclamĂ©e, la cĂ©lĂ©bration pour la fĂŞte de CĂ©cile, patronne des musiciens, ce 22 novembre 1683 qui voit la crĂ©ation de la « Musical Society » SociĂ©tĂ© des compositeurs britanniques ; et c’est bien des dĂ©lices, harmonies, jouissances languissantes dont il s’agit dans ce cycle portĂ© par une ivresse et la claire dĂ©termination du dĂ©sir de vivre – le contraste avec ce qui prĂ©cède est immense et impressionnant. VoilĂ  donc un programme Ă  l’architecture poĂ©tique aussi contrastĂ©e, intelligent qu’efficace. Tous ces trĂ©sors exprimĂ©s / permis par la gĂ©nĂ©reuse musique sont autant de miracles qu’ont pu connaĂ®tre les dĂ©funts fĂŞtĂ©s auparavant. Surgit la dĂ©licate prière Ă  jouir de chaque instant (contre l’expression des vanitĂ©s qui prĂ©cède) de l’ode axial et d’une rĂ©pĂ©tition hypnotique : « Here the deities approve The God of Music, end of Love… » / Ici les divinitĂ©s approuvent, le dieu de la musique et l’amour… », ici Ă©noncĂ© par le contre tĂ©nor Nicolas Tamagna, auquel succède la caresse des flĂ»tes enivrĂ©es. Le clou et l’arĂŞte vive de ce joyau musical d’une irrĂ©sistible profondeur.
Ici, les Britanniques égalent la gravité noble et poétique de Lully. Et ce Purcell, d’une grâce absolue, préfigure bien des oeuvres de Haendel à venir : carrure millimétrée des choeurs ; intelligence des sections contrastées ; génie de l’architectures des tableaux enchaînés. Le geste de Vincent Dumestre accorde son effectif au diapason d’une sensibilité réjouissante qui sait colorer et nuancer chaque reprise, qu’elle soit instrumentale, chorale, vocale. La direction est souple, naturelle, d’une subtilité constante, sachant aussi nous ravir par une générosité en timbres et en couleurs. La justesse poétique est totale. C’est une vraie réussite, sur le registre du sens comme de son expression formelle, pour le fondateur et directeur musical du Poème Harmonique. Programme éblouissant. CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2017.

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CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. SON of ENGLAND. PURCELL, CLARKE. Le Poème Harmonique. Vincent Dumestre, direction (1 cd Alpha). Jeremiah CLARKE : Ode on the Death of Henry Purcell (1695) – Henry PURCELL : Funeral Sentences for the Death of Queen Mary II (1695) / Welcome to all Pleasures Z 339 (1682). Les Cris de Paris. 1 cd Alpha 285. CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2017.

LIVRES, compte-rendu critique. Giacomo Meyerbeer par Violaine ANGER (Bleu Nuit Ă©diteur)

meyerbeer-annonce-livre-par-classiquenews-giacomo-meyerbeer-bleu-nuit-editeur-clic-de-classiquenewsLIVRES, compte-rendu critique. Giacomo Meyerbeer par Violaine ANGER (Bleu Nuit éditeur) - Né à Berlin au sein d’une riche famille Juive (comme l’autre génie romantique qui l’a précédé : Mendelsohn), Giacomo Meyerbeer (1791-1864) affirme en France un puissant génie lyrique qui livre ses éblouissants accomplissements avant le Second Empire principalement dans le genre du grand Opéra français où la couleur de l’orchestre, la richesse et l’impact visuel des décors, l’éclat du ballet et de ses danseuses principalement, la force des portraits individuels comme le mouvement crédible des fresques collectives comptent à égalité. L’opéra selon Meyerbeer est autant musical que visuel et s’il était né au XXeme siècle, le compositeur aurait été au cinéma l’équivalent d’un Orson Wells… c’est dire.

CLIC_macaron_2014Condisciple apprenti de Weber dans la classe de leur professeur l’abbĂ© Vogler, le Meyerbeer trentenaire se forge une première rĂ©putation en Italie sur le scène de La Fenice de Venise (triomphale partition et dĂ©jĂ  aboutissement d’une sĂ©rie de premiers opĂ©ras italiens très convaincants : Il Crociato in Egitto de 1824) ; puis dans les annĂ©es 1830 pĂ©riode dorĂ©e du romantisme français, le quadra suit Rossini (son contemporain ; seuls 6 mois les sĂ©parent) Ă  Paris, et rivalisant avec son « modèle », Meyerbeer s’impose par une sĂ©rie de chefs-d’œuvres d’une modernitĂ© dramatique absolue, nouvel aboutissement de l’art total dans le sillon parallèle de Wagner : Robert le diable (concluant en 1831, une manière de trilogie composĂ©e avec La Muette de Portici d’Auber de 1828 et Guillaume Tell de Rossini de 1829, – soit une trilogie confirmant Paris, telle la capitale mondiale de l’innovation lyrique) ; puis Les Huguenots (1836), surtout Ĺ“uvre clĂ© de la maturitĂ© Le Prophète (1849).

 

meyerbeer classiquenews 220px-Meyerbeer_d'après_P._Petit_b_1865Avec son librettiste familier Scribe (auquel tout un chapitre est dĂ©diĂ© : il Ă©tait temps de rĂ©Ă©valuer le poète dramaturge le plus passionnant du temps ; aussi prolixe Ă  l’opĂ©ra que Hugo, son contemporain, aussi argentĂ© grâce Ă  sa plume), Meyerbeer fixe un nouveau modèle lyrique au moment oĂą Verdi façonne son propre théâtre et avant que Wagner ne rĂ©alise son idĂ©al théâtral et musical Ă  Bayreuth, une Ă©thique artistique et un idĂ©al esthĂ©tique encore magnifiquement illustrĂ©s dans son ultime ouvrage L’Africaine (1865), lequel pose les jalons de ce que devrait ĂŞtre depuis le Guillaume Tell de Rossini de 1829, un certain art de la dĂ©clamation française depuis la tragĂ©die lyrique transmise au xviie et xviiieme par Lully et Rameau. Enfin on ne saurait complĂ©ter le tableau des oeuvres majeures de Meyerbeer sans citer Le Pardon de PloĂ«rmel dit aussi Dinora (1859) dont l’invention mĂ©lodique, les effets dramatiques, l’intelligence des possibilitĂ©s scĂ©niques renouvellent alors le genre de l’opĂ©ra comique.

 

Edité par Bleu Nuit, le texte de l’auteure a le mérite de la subjectivité et osant certaines assertions polémiques, suscite un débat qui doit inévitablement arriver : ainsi dans la « conclusion », relevons ce paragraphe au contenu assez étonnant pour ne pas dire déconcertant : « un certain discours affirme que Wagner est la seule voie historique de l’opéra, et Debussy le seul opéra français valable au XXè. Dans ce cas, on comprend trop souvent L’Orfeo de Monteverdi comme premier opéra et Meyerbeer comme une voie de garage ». Jusque là rien de surprenant. La suite est plus « problématique » : « Toute la production russe, anglaise… passe à la trappe. verdi survit comme in contre poids à Wagner (ah bon !!!???) : on ne peut pas être seul, et d’ailleurs dans ses dernières œuvres, il se rapproche de l’esthétique de Bayreuth » (donc Falstaff et Otello de Verdi sont « wagnériens » ???). Plus « intéressant » : « De Verdi et Wagner sont issus Strauss et Puccini, dont le mauvais goût reste un problème » : voilà qui mérite explication…

 

 

Génie de l’opéra romantique français

 

 

scribe-eugene-portraitNonobstant cette question, et la citation de ce paragraphe qui suscite des interrogations (il aurait fallu nous expliquer le « mauvais goĂ»t » de Strauss et Puccini), saluons la vision large qui restitue Meyerbeer dans son siècle, la rĂ©volution lyrique qu’il apporte, de complicitĂ© avec son fidèle librettiste, Eugène Scribe, lui aussi, prĂ©cisĂ©ment rĂ©habilitĂ©, et loin de l’image d’un auteur dĂ©coratif et creux (c’est lui l’inventeur des ateliers d’Ă©criture, prĂ©figuration des bureaux de rĂ©alisateurs et scĂ©naristes pour l’industrie actuelle du cinĂ©ma et des sĂ©ries en plein essor…) – Scribe gagne une stature rĂ©Ă©valuĂ©e dans un texte qui recherche Ă  souligner le gĂ©nie de l’Ă©crivain, vĂ©ritable architecte du drame moderne, capable de concilier spectaculaire et sens (n’en dĂ©plaise Ă  Wagner), temps musical et temps dramatique, situations et cohĂ©rence de l’action… ; bien au contraire, les deux hommes, poète et compositeur, Scribe et Meyerbeer prolongent les avancĂ©es d’Auber dans le genre du grand opĂ©ra ; ils prennent le temps de concevoir des drames qui prĂ©cisent la conception du fatum, l’illustration d’une impuissance certaine qui musèle l’homme, le hĂ©ros Ă  un destin contraire qui le dĂ©passe ; comme chez Verdi, Meyerbeer façonne un modèle lyrique dans le genre grand opĂ©ra qui propose une vision finalement pessimiste de l’humanitĂ©, ce avec d’autant plus d’acuitĂ© et de pertinence qu’il intègre les dernières possibilitĂ©s techniques mises Ă  disposition pour la scène lyrique et aussi usant d’un nouveau rĂ©alisme, qui de fait, n’a rien Ă  voir avec cette rĂ©putation abusive d’un opĂ©ra dĂ©coratif et pompeux. Dans le théâtre de Meyerbeer, aucun hĂ©ros ne trouve le bonheur sur cette terre ; il est mĂŞme Ă©crasĂ© par le mouvement collectif. Ainsi meurent Ă  la fin des Huguenots, les protestants massacrĂ©s, Raoul et Valentine ; ainsi meurent dans un incendie salvateur, le fils et sa mère dans Le Prophète… et dans la dernière scène de L’Africaine, l’hĂ©roĂŻne SĂ©lika pourtant amoureuse de Vasco, se sacrifie pour lui, afin qu’il puisse fuir avec celle qu’il aime depuis toujours, Inès… Dans chaque drame, la grandeur d’un personnage fait la valeur dĂ©chirante de l’action, mais aussi la violence terrifiante de la vision : que vaut l’hĂ©roĂŻsme d’un seul coeur, face au grand souffle cynique de l’histoire ? On croirait de fait assister Ă  un opĂ©ra verdien. Mais verdi comme Moussorgski ne connaissaient-ils pas chaque drame de Meyerbeer ? Il n’y a peut-ĂŞtre que Dinora de 1859 qui sur un registre apparemment plus lĂ©ger compense ce fatalisme rĂ©pĂ©titif. Mais l’auteur jamais creux y glisse et rĂ©alise avec ses librettistes CarrĂ© et Barbier, un troublant jeu sur l’illusion et les tromperies de l’image… A chaque drame, une rĂ©flexion très pertinente sur le genre concernĂ©.

L’intĂ©rĂŞt de l’auteure se concentre sur le sens et les enjeux esthĂ©tiques des 6 premiers opĂ©ras italiens (soit les origines du compositeur (de Romilda de 1817… Ă  Il Crociato in Egitto de 1824), puis l’auteure analyse chaque drame nouveau de la maturitĂ©, soulignant combien Meyerbeer a su avec gĂ©nie rĂ©aliser les vertus d’un ouvrage rĂ©ussi : souffle de l’histoire dans les scènes collectives, puissance sacrificielle des sentiments individuels. Sont remarquablement restituĂ©s dans leur intelligence spĂ©cifique : Robert le diable (« un opĂ©ra qui fait date ») ; l’opus central : « Les Huguenots, ou l’affirmation d’un genre » (en l’occurence le genre historique non fantastique) ; Le Prophète (1849, pilier de l’époque de la gloire internationale) ; …

Il était temps de dédier une biographie complète, argumentée, illustrée comme celle publiée par Bleu Nuit éditeur, au génie de l’Opéra français, un pilier dont la compréhension est préalable et nécessaire dans le champs florissant des résurrections actuelles, dédiées au romantisme français. Fort heureusement, parfois polémique, mais juste quant à la révélation du génie de Meyerbeer, le texte édité par Bleu Nuit rétablit la mesure d’un immense créateur pour l’opéra : le maillon essentiel entre Rossini et Verdi, créateur de l’opéra romantique le plus captivant. A quand une renaissance et une véritable réhabilitation de Giacomo Meyerbeer, outrageusement et honteusement oublié ? Cet essai biographique tend à souligner l’urgence d’un regain d’intérêt pour l’auteur de Dinora et de L’Africaine, nos deux ouvrages préférés du grand Giacomo. CLIC DE CLASSIQUENEWS DE MARS ET AVRIL 2017.

 

 

 

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LIVRES, compte rendu critique. GIACOMO MEYERBEER par Violaine ANGER. Bleu Nuit éditeur, collection “horizons”. Parution : le 14 avril 2017. CLIC de CLASSIQUENEWS 2017

 

 

 

Meyerbeer_d'après_P._Petit_b_1865

 

 

 

CD, compte rendu critique. MONTEVERDI : Balletti & Sonate (Clematis, — 1 cd Ricercar 2016)

monteverdi balletti e sonate zachary wilder cd ricercar cd review cd critique classiquenews 58d27e4864261CD, compte rendu critique. MONTEVERDI : Balletti & Sonate (Clematis, — 1 cd Ricercar 2016). Qui était le jeune Claudio Monteverdi, violiste talentueux venant de sa Crémone natale (né en 1570), quand il rejoint la Cour ducale de Mantoue ? Alors que règnent d’autres instrumentistes compositeurs dont le violoniste Salomone Rossi (de trois ans son cadet, né en 1570), le Crémonais âgé de 23 ans lors de son recutement à la cour ducale (1590) joue de viola « alla bastarda » ou « vioula » ; ainsi paraît-il dans un tableau de cette période (cf. illustration ci dessous d’un musicien de Crémone avec une viole de gambe). Déjà auteur des deux premiers Livres de Madrigaux (I et II, respectivement de 1587 et donc 1590 quand il arrive à Mantoue), Monteverdi s’impose alors immédiatement par une opulence et un souffle inédit qui restitue tout son relief, éloquence et sensualité à la langue mise en musique ; ainsi s’affirme dans la continuité des oeuvres préalables de Rossi, l’invocation linguistique de Tempro la cetra (VIIè Livre de madrigaux, 1619, édité alors que le compositeur mûr est maître de chapelle à San Marco de Venise), d’une puissance hallucinée inouïe alors. Là se déploie la lyre amoureuse en l’honneur de Mars ; là les mots enivrés frappent comme des armes, et les cordes finales, également incisives et d’une souplesse qui captivent, s’imposent désormais comme le chant d’Orphée à Pluton (et Proserpine). Et l’on se rend compte à tel point l’écriture de Monteverdi était moderne, mais aussi tout entière comme Mozart, dédiée à l’amour. Dans ce premier jalon montéverdien, toute l’invention et le souci de la langue ciblent l’acuité et la puissance de l’amour contre la barbare énergie de la guerre. A Mantoue, doué pour le drame et les brûlures poétiques, Monteverdi ne tarde pas à succéder au flamand Giaches de Wert, mort en 1596, comme compositeur de la chapelle ducale de Vincent de Gonzague. La Cour mantouane est alors l’une des plus florissantes (même si le patron paie mal ses serviteurs : Monteverdi qui ne cesse de s’en plaindre, finira par partir… à Venise, exportant dans la Cité sérénissime, sa conception embrasée, sensuelle du drame lyrique). En comparant l’écriture de Monteverdi avec ses confrères à Mantoue, dont le juif Salomone Rossi, l’éloquence suave voire érotique du Crémonais s’affirme comme nulle autre. Un constat qui rejoint celui manifeste à l’écoute de ses Madrigaux, dès le Premier Livre.

La lyre montéverdienne révélée
Chant de l’âme, corps en extase

Langueur, extase… certes développée et étirée par Rossi, mais avec un nerf et un sens inné des respirations de la langue, plus justes chez Monteverdi : Il ballo delle Ingrate (créé en 1608, édité dans les Madrigaux guerriers et amoureux, 1638), stridences à l’appui (accents expressifs) animent des statues inertes pour que s’affirme l’élan de la vie, cette pulsion première, vitale qui est le sujet central de toute l’écriture montéverdienne. Une claire conscience du pouvoir d’un consort de cordes seules que l’épisode Marinien qui suit « Sonate sopra Fuggi, fuggi dolente core » de 1655, semble prolonger avec une finesse poétique, allusive, subtile, évanescente. Monteverdi a transmis sa poétique amoureuse.

monteverdi claudio jeune maestro de mantoue classiquenews Portrait_of_a_Musician_by_a_Cremonese_artist_-_Ashmolean_MuseumMĂŞme dans son archaĂŻsme qui ouvre le XVIIè et reste très ancrĂ© dans la Renaissance, la sobre Ă©loquence d’Orfeo, dont les extraits concluent le programme, montre combien en 1607, point d’accomplissement alors, Monteverdi, inventeur de l’opĂ©ra, synthĂ©tise toutes les tendances mantouanes, en tisse et en dĂ©duit une somme recolorĂ©e par sa propre sensibilitĂ© : jamais les intentions du poème n’ont trouvĂ© dans les inflexions de la musique, une plus juste et exacte expression : qu’il s’agisse des claires sĂ©quences madrigalesques et pastorales (Ritornelli et arie del bosco), propres au milieu sylvestre des amours de bergers enivrĂ©s, ou – Ă©bauche d’un changement de conscience et de climats Ă©motionnels singuliers alors, dans l’articulation des airs plus sombres et amples, oĂą Ă  partir de la Sinfonia chromatica, les instruments se font miroir de la lyre tragique d’un poète chanteur foncièrement conquĂ©rant par la seule incantation de sa parole. Le passage du verbe individuel s’est pleinement rĂ©alisĂ© grâce au seul Monteverdi, vĂ©ritable rĂ©volutionnaire baroque. Dès lors, Claudio apporte une nouvelle conception du chant instrumental : une profondeur inĂ©dite qui se met Ă  l’écoute des passions de l’âme. VoilĂ  ce qu’éclaire ce programme remarquablement conçu, aux apports multiples, d’autant plus opportuns en cette annĂ©e de cĂ©lĂ©brations Monteverdi 2017. Saluons le travail rythmique et sonore de Clematis, auquel rĂ©pond l’engagement du timbre calibrĂ© du jeune tĂ©nor Zacahry Wilder, ex laurĂ©at du jardin des Voix de William Christie. Son souci de la langue rend hommage Ă  la haute qualitĂ© de la musique montĂ©verdienne, Ă  saon essence rĂ©formatrice comme sa modernitĂ© linguistique. Voici donc le premier recueil discographique rĂ©ellement convaincant parmi les nouveautĂ©s 2017n en liaison avec l’anniversaire Monteverdi de cette annĂ©e. CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2017.

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CLIC D'OR macaron 200CD, compte rendu critique. MONTEVERDI : Balletti & Sonate (Tempro la cetra / Il Ballo delle Ingrate, Orfeo (extraits). Clematis. Zacahry Wilder, tĂ©nor. Enregistrement rĂ©alisĂ© en octobre 2016 – 1 cd Ricercar RIC 377 — CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2017

STRASBOURG, MULHOUSE : Nouvelle Calisto de Cavalli

Cavalli_francescoOPERA DU RHIN. CAVALLI : La Calisto. Du 26 avril au 14 mai 2017. Venise invente dès 1637, l’opĂ©ra public : un spectacle total qui aime Ă  mĂŞler les genres tragiques, hĂ©roĂŻques, pathĂ©tiques, comique surtout, souvent dans un effectif instrumental rĂ©duit qui permet au texte d’être articulĂ©, projetĂ©, habitĂ©. VĂ©ritable théâtre en musique (dramma in musica), le genre inventĂ© Ă  Florence trente annĂ©es auparavant, a gagnĂ© en puissance dramatique, en diversitĂ© formelle, en justesse et profondeur psychologique. Dans les annĂ©es 1640, Monteverdi saisit par sa sensualitĂ© et son expressivitĂ©. Dans sa suite, Cavalli ajoute l’ivresse et la frĂ©nĂ©sie de situations riches et dĂ©lirantes qui cultivent les quiproquos et les travestissements, mĂŞlant aussi impertinence et tragĂ©die. Jamais l’opĂ©ra baroque ne fut plus riche et flamboyant : La Calisto (1651, Sant Appollinare) appartient Ă  un cycle d’opĂ©ras particulièrement rĂ©ussis oĂą la sĂ©duction formelle sert l’acuitĂ© d’un discours d’une justesse et d’une vĂ©ritĂ© profondes. La production superlative rĂ©alisĂ©e par Herbert Wernicke (1993), Ă  l’époque dirigĂ©e par RenĂ© Jacobs, (prĂ©sentĂ©e en France, – après Bruxelles, Ă  Lyon, jamais proposĂ©e Ă  Paris) avait dĂ©montrer le gĂ©nie de Cavalli en maĂ®tre du théâtre des passions humaines.

 

 

 

Venise, 1651

 

 

L’Opéra national du Rhin a donc bien raison d’afficher un drame fort et féérique qui est aussi un spectacle d’une rare sensualité. A travers la séduction qu’opère Jupiter auprès de la nymphe Calisto, Cavali et son librettiste propose un catalogue des états amoureux et du désir : amour charnel (Jupitérien), amour chaste (celui de Diane), amour heureux, amour malheureux, amour joyeux, amour languissant, amour loyal, amour perfide, conjugal (Junon), et même l’amour homosexuel, car Jupiter se déguise en femme divine, Diane, pour abuser de Calisto.

 

 

 Nouvelle Calisto à l'Opéra du Rhin

 

 

InspirĂ©e des MĂ©tamorphoses d’Ovide, l’histoire de la nymphe Calisto, transformĂ©e en ourse par Junon jalouse et haineuse, puis Ă©levĂ©e au rang de constellation par Jupiter coupable… croise le chemin de personnages moins prestigieux mais tout aussi Ă©mouvants : le berger Endymion (aux airs et lamenti parmiles plus dĂ©veloppĂ©s de l’opĂ©ra), du dieu Pan, de Mercure, de la vieille nymphe LymphĂ©e qui veut enfin connaĂ®tre un homme, du petit Satyre lubrique… La comĂ©die vĂ©nitienne telle qu’elle paraĂ®t sur la scène lyrique au XVIIè anonce dĂ©jĂ  par sa richesse et ses contrastes aussi dĂ©chirants que mordants, la ComĂ©die de Balzac. Cavalli n’a pas la lame incisive, au scalpel du Français – fin analyste des rouages pervers de notre sociĂ©tĂ©, mais Venise a le goĂ»t de la satire et de la parodie, de la tragĂ©die et du comique bouffon dont il fait une fresque irrĂ©sistible, en particulier dans Calisto.

 

 

 

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Nouvelle production
Francesco Cavalli : La Calisto
Dramma per musica en trois actes avec prologue
Livret de Giovanni Faustini
Créé au Théâtre San Apollinare de Venise, le 28 novembre 1651

Direction musicale : Christophe Rousset
Mise en scène : Mariame Clément

 

 

La Calisto: Elena Tsallagova
EternitĂ  Diana: Vivica Genaux
Giove: Giovanni Battista Parodi
Mercurio: Nikolay Borchev
Endimione: Filippo Mineccia
Destino, Giunone: Raffaella Milanesi
Linfea: Guy de Mey
Satirino: Vasily Khoroshev
Natura, Pane: Lawrence Olsworth-Peter
Silvano: Jaroslaw Kitala
2 Furies: Tatiana Zolotikova, Yasmina Favre

Les T. Lyriques

Durée totale du spectacle : 3h00 environ
Entracte après l’Acte II

 

 

 

STRASBOURG, Opéra
me 26 avril, 20h
ve 28 avril, 20h
di 30 avril, 15h
ma 2 mai, 20h
je 4 mai, 20h

MULHOUSE, La Sinne
ve 12 mai, 20 h
di 14 mai, 15 h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operanationaldurhin.eu/opera-2016-2017–la-calisto-opera-national-du-rhin.html

 

 

Nouvelle Calisto Ă  Strasbourg et Mulhouse

Cavalli_francescoOPERA DU RHIN. CAVALLI : La Calisto. Du 26 avril au 14 mai 2017. Venise invente dès 1637, l’opĂ©ra public : un spectacle total qui aime Ă  mĂŞler les genres tragiques, hĂ©roĂŻques, pathĂ©tiques, comique surtout, souvent dans un effectif instrumental rĂ©duit qui permet au texte d’être articulĂ©, projetĂ©, habitĂ©. VĂ©ritable théâtre en musique (dramma in musica), le genre inventĂ© Ă  Florence trente annĂ©es auparavant, a gagnĂ© en puissance dramatique, en diversitĂ© formelle, en justesse et profondeur psychologique. Dans les annĂ©es 1640, Monteverdi saisit par sa sensualitĂ© et son expressivitĂ©. Dans sa suite, Cavalli ajoute l’ivresse et la frĂ©nĂ©sie de situations riches et dĂ©lirantes qui cultivent les quiproquos et les travestissements, mĂŞlant aussi impertinence et tragĂ©die. Jamais l’opĂ©ra baroque ne fut plus riche et flamboyant : La Calisto (1651, Sant Appollinare) appartient Ă  un cycle d’opĂ©ras particulièrement rĂ©ussis oĂą la sĂ©duction formelle sert l’acuitĂ© d’un discours d’une justesse et d’une vĂ©ritĂ© profondes. La production superlative rĂ©alisĂ©e par Herbert Wernicke (1993), Ă  l’époque dirigĂ©e par RenĂ© Jacobs, (prĂ©sentĂ©e en France, – après Bruxelles, Ă  Lyon, jamais proposĂ©e Ă  Paris) avait dĂ©montrer le gĂ©nie de Cavalli en maĂ®tre du théâtre des passions humaines.

 

 

 

Venise, 1651

 

 

L’Opéra national du Rhin a donc bien raison d’afficher un drame fort et féérique qui est aussi un spectacle d’une rare sensualité. A travers la séduction qu’opère Jupiter auprès de la nymphe Calisto, Cavali et son librettiste propose un catalogue des états amoureux et du désir : amour charnel (Jupitérien), amour chaste (celui de Diane), amour heureux, amour malheureux, amour joyeux, amour languissant, amour loyal, amour perfide, conjugal (Junon), et même l’amour homosexuel, car Jupiter se déguise en femme divine, Diane, pour abuser de Calisto.

 

 

 Nouvelle Calisto à l'Opéra du Rhin

 

 

InspirĂ©e des MĂ©tamorphoses d’Ovide, l’histoire de la nymphe Calisto, transformĂ©e en ourse par Junon jalouse et haineuse, puis Ă©levĂ©e au rang de constellation par Jupiter coupable… croise le chemin de personnages moins prestigieux mais tout aussi Ă©mouvants : le berger Endymion (aux airs et lamenti parmiles plus dĂ©veloppĂ©s de l’opĂ©ra), du dieu Pan, de Mercure, de la vieille nymphe LymphĂ©e qui veut enfin connaĂ®tre un homme, du petit Satyre lubrique… La comĂ©die vĂ©nitienne telle qu’elle paraĂ®t sur la scène lyrique au XVIIè anonce dĂ©jĂ  par sa richesse et ses contrastes aussi dĂ©chirants que mordants, la ComĂ©die de Balzac. Cavalli n’a pas la lame incisive, au scalpel du Français – fin analyste des rouages pervers de notre sociĂ©tĂ©, mais Venise a le goĂ»t de la satire et de la parodie, de la tragĂ©die et du comique bouffon dont il fait une fresque irrĂ©sistible, en particulier dans Calisto.

 

 

 

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Nouvelle production
Francesco Cavalli : La Calisto
Dramma per musica en trois actes avec prologue
Livret de Giovanni Faustini
Créé au Théâtre San Apollinare de Venise, le 28 novembre 1651

Direction musicale : Christophe Rousset
Mise en scène : Mariame Clément

 

 

La Calisto: Elena Tsallagova
EternitĂ  Diana: Vivica Genaux
Giove: Giovanni Battista Parodi
Mercurio: Nikolay Borchev
Endimione: Filippo Mineccia
Destino, Giunone: Raffaella Milanesi
Linfea: Guy de Mey
Satirino: Vasily Khoroshev
Natura, Pane: Lawrence Olsworth-Peter
Silvano: Jaroslaw Kitala
2 Furies: Tatiana Zolotikova, Yasmina Favre

Les T. Lyriques

Durée totale du spectacle : 3h00 environ
Entracte après l’Acte II

 

 

 

STRASBOURG, Opéra
me 26 avril, 20h
ve 28 avril, 20h
di 30 avril, 15h
ma 2 mai, 20h
je 4 mai, 20h

MULHOUSE, La Sinne
ve 12 mai, 20 h
di 14 mai, 15 h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operanationaldurhin.eu/opera-2016-2017–la-calisto-opera-national-du-rhin.html

 

 

VIVALDI Ă  TOURCOING et PARIS : JC Malgoire dirige l’Orlando Furioso

malgoire_jean_claudeTOURCOING, ALT. Vivaldi : Orlando Furioso, 31 mars – 19 avril 2017. Dans le nord puis Ă  Paris, Jean-Claude Magloire ressuscite la fièvre fantastique du théâtre inspirĂ© de L’Arioste. Au chapitre Vivaldi, l’histoire musicale et critique s’intĂ©resse dĂ©sormais Ă  son oeuvre lyrique. L’auteur des Quatre Saisons savait aussi colorer et exprimer Ă  l’opĂ©ra, et son orchestre comme sa conception théâtrale affirme un tempĂ©rament unique Ă  son Ă©poque, une manière de rĂ©sistance, face au dĂ©but du XVIIIè Ă  l’essor de l’école napolitaine. Or Venise ayant crĂ©Ă© au XVIIè, l’opĂ©ra public et payant (1637), malgrĂ© l’excellence de son dĂ©ploiement avec Monteverdi, Caldara, Legrenzi, Cavalli, Cesti et au XVIIIè, Vivaldi, n’a pas su se maintenir. L’Orlando Furioso crĂ©Ă© en 1727, serait ainsi l’un des derniers ouvrages manifestement vĂ©nitien, le plus abouti, le plus emblĂ©matique.

L-ARIOSTE-portrait-larioste-titienOPERA CHEVALERESQUE ET MAGIQUE. Créé à l’automne 1727 au Théâtre Sant’Angelo à Venise, Orlando furioso cultive un bel canto expressif où règne l’esthétique des voix aigus : Orlando / Roland éprouvé sur l’île de la magicienne Alcina, est chanté par une femme, tandis que Bradamante, la fiancée de Roland, déguisé en homme, est donc chanté par un… homme. Sur le chemin de L’Arioste et de son labyrinthe amoureux, Vivaldi compose une série d’épisodes de plus en plus possédés, éruptifs, hallucinés : l’amour est une folie, et le désir, une houle acide, amère qui foudroie tous ceux qui le portent malgré eux. Avant Shakespeare, L’Arioste (magnifique portrait par Titien) dépeint les tourments et les vertiges de l’âme humaine. Ici, les fureurs de Roland sont l’emblème de ce théâtre en déraison et en délire. Certes il est bien question de chevaliers et de paladins en armure, mais leur véritable adversaire n’est pas l’ennemi sur le champs de bataille, c’est plutôt l’amour vengeur et cruel dont la barbarie épuise les forces de l’esprit.
larioste titienAinsi cet Ă©chiquier sentimental oĂą dans le territoire de la magicienne Alcina, errent les chevaliers Orlando et Medoro : le premier aime la princesse Angelica qui aime de son cĂ´tĂ© le dit Medoro. DĂ©couvrant la passion secrĂŞte unissant Medoro et Angelica, Orlando succombe Ă  la jalouse haine, en proie au dĂ©lire le plus violent. En parallèle, la magicienne Alcina envoĂ»te Ruggiero, qui oublie auprès d’elle sa bien aimĂ©e, Bradamante. Jusqu’au dĂ©nouement, l’opĂ©ra de Vivaldi brosse le portrait de personnages solitaires, dĂ©munis, en souffrance (Orlando, Ruggiero, Bradamante), ou agressĂ©s, Ă©prouvĂ©s par un sort contraire (Angelica et Medoro). MĂŞme celle qui semble tirer les ficelles, n’éblouit guère par son bonheur : Alcina est une souveraine esseulĂ©e qui obtient tout par manigances et magie. La sincĂ©ritĂ© n’habite pas ses lieux. Orlando / Roland est un mĂ©lancolique dĂ©pressif, chevalier fou, chevalier errant… Il y a quelques annĂ©es dans une distribution oĂą a brillĂ© le mezzo voire l’alto ample et noir de Marie-Nicole Lemieux, le chef Christophe Spinozi et son ensemble Matheus se sont imposĂ© sur de nombreuses scènes du monde avec l’opĂ©ra vivaldien. vivaldi antonio quatre saisons orlando furioso 1725Aujourd’hui, c’est un père fondateur du mouvement baroqueux qui reprend le flambeau, avec une Ă©nergie intacte, communicative. Dans le théâtre fantastique, merveilleux, inspirĂ© par la poĂ©sie de L’Arioste, adviennent des figures en perdition, toujours en quĂŞte d’une improbable rĂ©mission. OpĂ©ra psychologique que vraiment dramatique et spectaculaire. Production Ă©vĂ©nement. (Illustration : portrait de L’Arioste par Titien / Tiziano)

 

 

ORLANDO FURIOSO d’Antonio Vivaldiboutonreservation
Malgoire / Schiaretti
ven 31 mars 2017 Ă  19h30
dim 2 avril 2017 Ă  15h30
mar 4 avril 2017 Ă  19h30
Tourcoing, Théâtre municipal R. Devos

Puis, Ă  PARIS, TCE
Théâtre des Champs-Elysées
Mercredi 19 avril 2017, 19h30
version de concert

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/16_17/spect1617/orlando.html

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Orlando furioso
Antonio Vivaldi (1678-1741)Livret de Grazio Braccioli d’après L’Arioste
Direction musicale: Jean Claude Malgoire
Mise en scène: Christian Schiaretti

Orlando: Amaya Dominguez
Angelica: Samantha Louis-Jean
Alcina: Clémence Tilquin
Bradamante: Yann Rolland
Medoro: Victor Jimenez Diaz
Ruggiero: Jean Michel Fumas
Astolfo: Nicolas Rivenq

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Écurie et la Chambre du Roy

VOSGES DU SUD (70). 24ème Festival Musique et Mémoire, du 15 au 30 juillet 2017.

musiquetmemoire-festival-2017-presentation-classiquenews-2017VOSGES DU SUD (70). 24ème Festival Musique et MĂ©moire, du 15 au 30 juillet 2017. Dans les Vosges du Sud, un festival passionnant vous attend, du 15 au 30 juillet 2017 soit la deuxième quinzaine de juillet : une offre unique en Europe pour s’immerger au cĹ“ur des Vosges saĂ´noises, bercĂ©s, Ă©tonnĂ©s, surpris, par une programmation riche et singulière, en nouvelles expĂ©riences baroques. Musique et MĂ©moire est une scène rĂ©solument baroque Ă  nulle autre pareille qui ne cesse d’explorer les esthĂ©tiques des XVIIè et XVIIIè, entre France, Italie, pays germaniques. Grâce Ă  l’intuition sĂ»re de Fabrice Creux, directeur du Festival (et aussi son crĂ©ateur), Musique et MĂ©moire sait cultiver le risque voire l’audace en commandant aux artistes en rĂ©sidence de nouveaux programmes. C’est Ă  chaque Ă©dition, une traversĂ©e unique et fĂ©conde, qui n’est pas liĂ©e Ă  un site unique comme beaucoup d’autres festivals en France, mais une offre qui rayonne sur le territoire saĂ´nois, entre Ă©tangs et Ă©glises patrimoniales, une occasion de vivre et revivre l’enchantement et la vitalitĂ© des Ă©critures baroques selon un rythme dĂ©sormais bien identifiĂ© : 3 week ends ouvragĂ©s avec intelligence et gradation, 3 ensembles en rĂ©sidence portĂ©s par l’exigence de l’expĂ©rimentation et de l’accomplissement. Du dialogue, du partage. Cet Ă©tĂ©, inaugurant le nouveau cycle de concerts et de rencontres, les festivaliers retrouvent pour les 5 premiers jours (les 15, 16 puis 19, 20 et 21 juillet), le trio emblĂ©matique Les Timbres, capables de stimuler et produire la complicitĂ© recrĂ©atrice en s’associant de nombreux complices (et aussi de nouveaux timbres comme le baryton vocal de Marc Mauillon…); Puis les 22 et 23
juillet, Musique et Mémoire accompagne le fabuleux ensemble de Lionel Meunier, Vox Luminis dans Haendel, et les cordes de La Rêveuse qui fête non sans raison le génie de Telemann, mis à l’honneur en 2017 ; c’est la poursuite également du geste d’Alia Mens dans la constellation Bach (cantates et pièces instrumentales dont les Brandebourgeois… Voici caractère et temps forts de l’édition 2017, présentée en 3 étapes successives, complémentaires, du 15 au 31 juillet 2017.

 

 

 

ACTE I
Premier week end : les 15, 16, 19, 20 et 21 juillet 2017
Les TIMBRES, Marc Mauillon…

 

 

ENSEMBLE MAGICIEN : Les Timbres, trio enchanteur

 

 

Les 3 artistes irrĂ©sistibles de l’’ensemble virtuose Les Timbres poursuivent leur rĂ©sidence de trois annĂ©es (renouvelĂ©e en 2016, de façon exceptionnelle une seconde fois, – phĂ©nomène rare pour ĂŞtre soulignĂ©) pour plusieurs programmes prometteurs sous le titre « Par monts et par vaux… ». Ainsi l’idĂ©e d’ne traversĂ©e et d’une itinĂ©rance en territoire ouvre le festival 2017, non sans cohĂ©rence puisque Les Timbres mènent depuis leurs dĂ©but en Haute-SaĂ´ne, des actions de sensibilisation dans les classes, auprès des scolaires afin de transmettre le goĂ»t de la curiositĂ© et de la musique. Une dĂ©marche encouragĂ©e par Fabrice Creux, engagĂ©e, localement active, donc particulièrement exemplaire.
La prĂ©cision du geste, la finesse et la justesse d’une sensibilitĂ© dĂ©sormais repĂ©rĂ©e, est suivie par les festivaliers depuis le dĂ©but de leur première rĂ©sidence ; en 2017, Les Timbres s’intĂ©ressent au XVIIè anglais et germaniques, comme au premier XVIIIè français… Autant de propositions qui confirme encore et toujours que la musique europĂ©enne baroque est surtout une formidable Ă©cole des mĂ©tissages. L’Europe culturelle n’a connu aucune frontière, c’est lĂ  le secret de sa formidable Ă©mulation des idĂ©es et des rĂ©alisations. Au programme : Les femmes (le 15 juillet 2017, Faucogney, 21h : Cantates et pièces de Campra et Van Blankenburg, avec Marc Mauillon, baryton – A 17h, rĂ©pĂ©tition publique); Sur les traces du Bach Ă  la rencontre de Buxtehude (Suonate en « stylus fantasticus » de Buxtehude…le 16 juillet, Servance, 17h) ; Musique Ă  dĂ©guster (Musique ElisabĂ©thaine : Gibbons, Hume, Fitzwilliam… Fougerolles, le 19 juillet Ă  19h30) ; Pien d’amoroso affetto (Evocation de l’art vocal Ă  Florence en 1600, airs de Peri et Caccini par Marc et AngĂ©lique Mauillon, le 20 juillet, Melisey Ă  21h), enfin Dialogues avec l’âme (musiques germanique du premier Baroque : Scheidt, Buxtehude, Weckmann, Hammerschmidt : Les Timbres, Jean-Charles Ablitzer, orgue, Belfort, Temple St-Jean, le 21 juillet Ă  21h).

 

 

 

 

ACTE II
Samedi 22 et dimanche 23 juillet 2017
VOX LUMINIS et LA RĂŠVEUSE

Acteurs d’une résidence qui fut pour chaque ensemble, découverte et approfondissement, Vox Luminis et La Rêveuse reviennent à Musique et Mémoire, non sans le sentiment de poursuivre une aventure musicale et artistique que les festivaliers attendent avec impatience. Lionel Meunier sait accorder l’ensemble de ses musiciens en un seul geste, un seul souffle ; La Rêveuse a ce goût du timbre et de la complicité instrumentale qui assure toujours une réalisation toute en finesse et intériorité.

POITIERS, TAP : Vox Luminis réenchante Bach et SchützSamedi 22 juillet 2017, LURE (église Saint-Martin), 21h. Vox Luminis revient au Festival Musique et Mémoire pour un programme très attendu, qui regroupe deux ouvrages de HÄNDEL / Haendel : Dixit Dominus et l’Ode for Sainte-Cecile. Le premier opus est composé par un jeune homme de 22 ans alors en apprentissage à Rome ; le second est créé à Londres en 1739 (A 17h, répétition publique).

reveuse-purcell-cd-review-critique-cd-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-octobre-novembre-2015Dimanche 23 juillet 2017, FAUCOGNEY (Chapelle Saint-Martin, 11h). TELEMANN, l’esprit européen par La Rêveuse. Trios et Quatuors avec viole. Pour le 250è anniversaire de sa mort, le Festival célèbre le génie musical du contemporain de JS Bach, Telemann, au style aussi élégant qu’inventif, véritable miroir et synthèse des influences européennes mêlées : française, italienne, « galantes » selon la mode en Allemagne, soit une première approche très réussie des Goûts réunis.
Puis à 17h (CORRAVILLERS, église Saint-Jean Baptiste, 17h), La Rêveuse propose une soirée musicale BUXTEHUDE (Abdendmusik : cantates et Sonates, avec la soprano Hasnaa Bennani).

 

 

 

 

ACTE III
2ème et dernier week end : Résidence d’Alia Mens.
Les 27, 28, 29 et 30 juillet 2017

BACH-JS-jean-sebastian-582-390-BACH-JS-4johann-sebastian-bachSous le titre « Bach, le voyage du ruisseau », l’ensemble en résidence Alia Mens se dédie à nouveau (comme l’année dernière, amorce de leur présence à Musique et Mémoire) au génie de Jean-Sébastien Bach, massif vertigineux, défi cyclopéen pour tout interprète baroque exigeant, profond, soucieux autant de la forme que du sens. Le cycle commence dès jeudi 27 juillet 2017 (église de Saint-Barthélémy, 21h) : « Pour la récréation de l’esprit » : 3 Sonates pour violon et clavecin pour divertir le prince de Köthen entre 1718 et 1722, par Stéphanie Paulet, violon / Olivier Spilmont, clavecin). Le lendemain vendredi 28 juillet à Héricourt (Eglise luthérienne, 21h) : « Musica Poetica » : Concertos pour clavecin, pour violon et cantate BWV 202 , avec son évocation du printemps, pour évoquer les après midis musicaux (chaque vendredi) du Collegium Musicum au Café Zimmermmann que Bach dirige à la suite de Telemann à partir de 1729.
Pour le week end, Alia Mens nous régale de la même façon dans deux programmes qui devraient à nouveau marquer sa résidence à Musique et Mémoire : d’abord, samedi 29 juillet à Luxeuil les Bains (Basilique Saint-Pierre, 21h) : « Soli Deo Gloria (ainsi que Bach signait ses partitions et manuscrits), Un office pour l’anniversaire de la Réforme » : c’est à dire Missa Brevis BWV 233 (extraits), cantates BWV 125 et 80 (de 1725 et 1724). Dernier chapitre JS BACH, dimanche 30 juillet, LUXEUIL LES BAINS (Basilique Saint-Pierre, 21h, au pied du superbe buffet d’orgue XVIIè): « Collegium Musicum II », pour un cycle purement instrumental comprenant les Concertos Brandebourgeois I, III (BWV 1046 et 1048), le Concerto pour 2 violons (BWV 1043), emblèmes d’une virtuosité époustouflante, celle d’un Bach inspiré, imaginatif, disposant d’instrumentistes particulièrement habiles… Cela sera certainement le cas lors de ce concert ultime de l’édition 2017 du Festival Musique et Mémoire. Haute technicité virtuose, acuité du sens. Le voyage promet de nouvelles révélations.

 

 

 

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musiquetmemoire-festival-2017-presentation-classiquenews-2017Toutes les informations pratiques, le détail des programmes et les modalités de réservation / organiser votre séjour en Haute-Saône et dans les Vosges saônoises, sur le site du Festival Musique & Mémoire 2017, festival incontournable des VOSGES DU SUD (70).
http://www.musetmemoire.com/index.php

 

 

CD, compte-rendu critique. Give me your hand…Geminiani & The celtic Earth – Bruno Cocset, Les basses RĂ©unies — 1 cd Alpha, 2016)

cocset bruno give me your hand cd alpha critque cd cd review classiquenews clic de mars 2017CD, compte-rendu critique. Give me your hand…Geminiani & The celtic Earth – Bruno Cocset, Les Basses RĂ©unies — 1 cd Alpha, 2016. La culture et les artistes en dĂ©montrant les vertus des Ă©changes, confirment toujours la voie rayonnante des mĂ©tissages. A l’heure du Brexit et du repli identitaire, – comme si l’Angleterre devait surtout cultiver son insularitĂ© repliĂ©e sur elle-mĂŞme, Bruno Cocset et comparses indiquent a contrario, un tout autre chemin, celui de l’ouverture, des Ă©changes libres, des mĂ©tissages fĂ©conds. Voyez ces « migrants baroques » qui au XVIIIè ont fait le choix de traverser l’Atlantique et de rejoindre l’Angleterre : Lorenzo Bocchi Ă  Edimbourg dès 1720 ; Geminiani à Dublin dès 1733 (l’annĂ©e du triomphe scandaleux de Rameau sur la scène lyrique parisienne…). Le geste virtuose et l’humeur sensible, le gambiste Bruno Cocset, alchimiste orfèvre des sonoritĂ©s intenses et tendres alterne dans ce formidable recueil (enregistrĂ© dans « son fief musical » Ă  Vannes, en fĂ©vrier 2016), l’élĂ©gance vagabonde et nostalgique des natifs anglais : le barde harpiste aveugle O’Carolan (1670-1738) ou Ó Catháin (1570-1650) – dont la pièce Ă©cossaise de 1703 donne le titre du programme-, et la virtuositĂ© d’un Geminiani, Italien dĂ©fricheur et virtuose, toujours curieux d’exploration et de traversĂ©e mĂ©tissĂ©e ; un pur adepte des rencontres (si capitales pour l’essor des Ă©critures artistiques) : sa Sonata opus 1 n°3 fourmille de couleurs et nuances celtiques, – collection d’idiomes insulaires rĂ©organisĂ©s en un substrat musical d’une grande richesse sonore : les ambiances, les caractères nourrissent une superbe inspiration que le geste amoureusement mĂ©lancolique des interprètes (Les Basses RĂ©unies) s’entendent Ă  magnifier entre vague Ă  l’âme, langueur, ivresse des sens, grâce Ă  une Ă©coute collective de première qualitĂ©. Les 8 courts Ă©pisodes de la Sonate ainsi rĂ©vĂ©lĂ©e expriment toutes les humeurs des concerts picturaux de la pĂ©riode, – Ă©cho plus tardifs des Concerts peints par Valentin de Boulogne au dĂ©but du siècle prĂ©cĂ©dent, oĂą la caractĂ©risation individuelle Ă©carte la superficialitĂ©. Bruno Cocset nous montre ici combien le riche terreau de la caractĂ©risation instrumentale apporte de profondeur et de vĂ©ritĂ© au langage musical.

 

 

 

FraternitĂ©s musicales & vagues Ă  l’âme irlandais…

 

 

bruno_cocsetLa fantaisie fantasque et doucement rĂŞveuse des partitions de James Oswald (1710-1769), Ă©cossais admirĂ© par Geminiani son aĂ®nĂ©, exprime toute la nostalgie et le songe enracinĂ©s dans le paysage Ă©cossais : la sĂ©rie des 5 songs (de « The Northern lass” Ă  « The banks of Sligoe ») tisse un voyage en terres sauvages, plein de sentiments et d’hommages nĂ©s de l’homme serein, Ă©panoui, reconnaissant envers la nature. Les interprètes montrent combien entre les deux cultures, italienne et britannique, se jouent des imbrications et des rĂ©sonances fraternelles, qui dĂ©coulent d’une estime rĂ©ciproque (The banks of severn d’Oswald enchaĂ®nĂ© avec l’Andante de Geminiani). Puis c’est l’humeur Ă©trangère mais si finement troussĂ©e de l’observateur et tĂ©moin Lorenzo Bocchi qui propose sa version italianisante d’une noce d’Irlande, virtuositĂ© et arabesque mĂ©ridionale, en forme de variations enchaĂ®nĂ©es, reformatĂ©es pour le violon, au diapason d’une danse typiquement « irish ». Cet apprentissage des motifs insulaires trouve un point d’accomplissement Ă©patant dans « O Bessy bell », song de Geminiani, oĂą l’Italien très inspirĂ© par ce monde sonore fascinant, nous prend la main pour une danse d’une fraĂ®cheur attendrie pleine de candeur et de pudeur. Au sommet du voyage, entre Ecosse et Irlande, – terres d’assimilation et forte en tempĂ©raments, surgit le chant Ă  la fois rustique et poĂ©tique de l’étonnant Turlough O’Carolan : superbe danse enivrĂ©e du mĂ©lancolique « When she came she bobed » ; puis les portraits « John O’Connor » et “Colonel John Irwin »… (avec lyre gothique). L’enrichissement qu’un Geminiani trouve et insuffle Ă  son propre art, reste le sujet principal d’un somptueux recueil, Ă©loquent par son geste, et mĂŞme exemplaire dans le choix des oeuvres mises en dialogue. Des Italiens aux irlandais et aux Ecossais passent et dansent tous les tons de l’échange et de la curiositĂ©, du partage et de la fraternitĂ©. Lumineuse conception du travail collectif qui s’exprime aussi avec Ă©clat grâce Ă  la souple imagination dĂ©fendue par les instrumentistes. Au jeu des caractères et des ambiances, les musiciens nous offrent aussi un festival de timbres et de sonoritĂ©s, comme le dernier Andante (de Geminiani), « affetuoso », c’est Ă  dire enchantĂ©. RĂ©jouissant et profond. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2017. L’amateur se reportera aussi au superbe livre disque CELLO STORIES / Histoires de violoncelle, Les Basses RĂ©unies / Bruno Cocset – 5 cd Alpha, CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016. Bruno Cocset a rĂ©volutionnĂ© par la pratique et la recherche, l’histoire du violoncelle depuis ses origines baroques : ce nouvel opus confirme une formidable intuition et un goĂ»t de plus en plus sĂ»r. A suivre.

 

 

 

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CLIC_macaron_2014CD, compte-rendu critique. Give me your hand…Geminiani & le territoire celtique / The celtic Earth – Bruno Cocset, Les basses RĂ©unies — 1 cd Alpha – Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Vannes en fĂ©vrier 2016 (excellente prise, dĂ©taillĂ©e, rĂ©verbĂ©ration mesurĂ©e qui soigne le relief de chaque timbre, en superbe Ă©quilibre).

 

 

 

A LIRE aussi : coffret CELLO STORIES / Histoires de violoncelle, Les Basses Réunies / Bruno Cocset — 5cd, édité chez Alpha, septembre 2016. CLIC de CLASSIQUENEWS.

http://www.classiquenews.com/cd-livre-cd-evenement-annonce-cello-stories-histoires-de-violoncelle-livre-cd-207-pages-5cd-alpha/

 

LIRE aussi notre entretien avec BRUNO COCSET (Vannes, été 2016)

CD événement, annonce. Jonas Kaufmann chante les 6 lieder du Chant de la Terre (Der lied von der Erde) — 1 cd Sony classical (Vienne juin 2016)

mahler jonas kaufmann cd der lied von der erde cd classiquenews critique cd cd reveiw kaufmann mahler classiquenews annonceCD Ă©vĂ©nement, annonce. GUSTAV MAHLER : Jonas Kaufmann chante les 6 lieder du Chant de la Terre (Der lied von der Erde) — 1 cd Sony classical (Vienne juin 2016). Incroyable gageure pourtant prĂ©parĂ©e depuis des dĂ©cennies car il avait Ă  coeur de rĂ©aliser ce marathon lyrique et symphonique depuis son adolescence : Jonas Kaufmann chante l’intĂ©gralitĂ© des lieder du Chant de la Terre, bouleversante fresque lyrique et orchestrale de Gustav Mahler, composĂ©e en une pĂ©riode très Ă©prouvante pour la compositeur juif du dĂ©but du XXè – le plus grand symphoniste germanique alors avec Richard Strauss. En tĂ©moignent les poèmes dĂ©chirants sur l’existence et la condition humaine que Mahler met en musique avec une frĂ©nĂ©sie extatique, Ă  la fois symboliste et expressionniste ; partition majeure d’un auteur qui a perdu sa fille, apprend qu’il est virĂ© de ses fonctions comme directeur de l’OpĂ©ra de Vienne (alors qu’il y menait une rĂ©forme inouĂŻe, tant en terme de rĂ©pertoire que de conditions nouvelles pour assister aux concerts symphoniques et aux opĂ©ras…), c’est aussi l’époque oĂą Mahler, condamnĂ©, apprend qu’il est atteint d’un mal incurable aux poumons.

 

 

 

Diseur, chantre halluciné, solitaire enivré
Jonas Kaufmann chante l’espĂ©rance dans la mort

 

kaufmann_jonas tenor derlieder von der erde cd classiquenewsEndurant, audacieux, Jonas Kaufmann chante les parties de tĂ©nor Ă©videmment mais aussi de mezzo/alto : lyrique et dĂ©monstrative, voire conquĂ©rantes pour les premières, plus introspectives voire amères et douloureuses pour les secondes. Sans affectation ni maniĂ©risme, sachant surtout projeter et articuler le texte, – flux expressif qui cisèle la victoire du Destin et de la souffrance, et aussi la force qui permet de s’en libĂ©rer, les 5 poèmes associent Ă  parts Ă©gales voix et orchestre, comme une discussion, un dialogue permanent, deux Ă©nergies graves et nostalgiques qui diffusent le dĂ©sespoir le plus intense jamais exprimĂ©. Chacun (Chanson Ă  boire de la douleur de la terre, d’une ivresse conquĂ©rante / Le solitaire en automne, mĂ©lancolique et amère, pudique et tendre / De la jeunesse / De la beautĂ© / L’homme ivre au printemps), conduit inĂ©luctablement au grand souffle final de L’Adieu / Der Abschied, 6è lied, colorĂ© grave et lugubre par sa marche funèbre, oĂą en une mĂ©tamorphose souhaitable pour tous, le chemin jalonnĂ© d’épreuves et de combats, s’achève / s’allège dans l’ultime renoncement au monde, un adieu serein, apaisĂ©, d’oĂą peut jaillir comme aime Ă  l’envisager le tĂ©nor, une lueur d’espoir. La mort dans l’espĂ©rance. D’une intensitĂ© fauve, très proche du verbe incarnĂ©, cherchant et trouvant puis ciselant chaque nuance de la douleur sublimĂ©e, le tĂ©nor munichois distille son irrĂ©sistible Ă©clat cuivrĂ© et incandescent avec cette intensitĂ© mâle, entre râle et chant hallucinĂ©. C’est un diseur douĂ© d’une puissance d’intonation rĂ©elle, qui cependant ne sacrifie jamais la nuance du mot, capable comme Ă  son habitude d’exprimer et l’activitĂ© souterraine du texte, et les milles couleurs des intentions qui y sont MAHLER_GUSTAV_UNE_veranstaltungen_gustav_mahler_musikwochen_024_gustav_mahler_musikwochen_bigcontenues. Der Abschied / L’Adieu, fait valoir ainsi le chant Ă  la fois dĂ©lirant, prĂ©cis, hallucinĂ© mais mesurĂ© du maĂ®tre chanteur, comme le travail instrumental de grande prĂ©cision et belle expressivitĂ© du chef Jonathan Nott (acuitĂ© mordante des bois, en fusion totale avec la voix du tĂ©nor), vibrant et sensible copilote de cette aventure magistrale oĂą pèse aussi l’expĂ©rience saisissante des instrumentistes du Philharmonique de Vienne. Car ici le chambrisme rarement rĂ©ussi du caquetage miroitant des hanches (clarinettes…) doit murmurer, respirer avec la voix dĂ©munie, mise Ă  nu, comme embaumĂ©e dans son ascension finale, par le doux rĂŞve du cĂ©lesta et de la mandoline (apothĂ©ose ultime), quand le tĂ©nor rĂ©pète Ă  plusieurs reprise “Ewig, ewig…“/ Ă©ternellement, Ă©ternellement… Magistrale entente des interprètes dans un disque saisissant qui nous rappelle avant son probable immense Otello verdien Ă  venir bientĂ´t Ă  Londres (juin et juillet 2017 : voir les rĂ´les Ă  venir), que Jonas Kaufmann est bel et bien le plus grand tĂ©nor actuel. Grande critique Ă  venir sur classiquenews, le jour de parution du disque Mahler par Jonas Kaufmann, le 7 avril 2017.

 

 

 

 

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CLIC_macaron_2014CD Ă©vĂ©nement, annonce. GUSTAV MAHLER : Jonas Kaufmann, tĂ©nor, chante les 6 lieder du Chant de la Terre (Der lied von der Erde) / Wiener Philharmoniker, Jonathan Nott, direction— 1 cd Sony classical (Vienne juin 2016) – Parution : le 7 avril 2017. CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2017

 

 

 

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CD, compte rendu critique. Orpheus’ Noble Strings / Les cordes royales d’Orphée / Thomas Hobbs, ténor (1 cd Paraty, 2016)

orpheus-noble-strings-clic-de-classiquenews-cd-review-critique-cd-classiquenews-junuary-2017-PARATY216229_couvCD, compte rendu critique. Orpheus’ Noble Strings / Les cordes royales d’OrphĂ©e / Thomas Hobbs, tĂ©nor (1 cd Paraty, 2016). Diseur baroque suave et suggestif, le tĂ©nor britannique Thomas Hobbs sait rĂ©Ă©clairer de sa voix tendre, claire, idĂ©alement articulĂ©e dans la langue de Shakespeare, les mĂ©lodies nostalgiques du recueil qui souligne aussi sa complicitĂ© avec le luth et les cordes de Romina Lischka. Sur le thème et mythe d’OrphĂ©e/ORPHEUS, figure matricielle pour le chant barque et l’opĂ©ra tout court, le tĂ©nor anglais, chantre et conteur compose un parcours en langueur et nostalgie, cultivant l’accord tĂ©nu entre texte et musique, poĂ©sie et mĂ©lancolie instrumentale. De noble et bergère naissance, le poète Ă©voque l’énergique et cruel Hermès, apprend l’amour, le deuil, l’humaine fragilitĂ© aux cotĂ©s de la fugace et fatale Eurydice… Le chantre raconte et Ă©voque encore le destin du poète Thrace, qui tĂ©moignant de la douleur et colère d’Apollon après que son frère Hermès ait dĂ©cimĂ© son bĂ©tail, lui pardonne quand celui-ci lui offre pour pardon, une magnifique carapace de tortue, sa nouvelle lyre stimulant ses ardeurs vocales : en prenant modèle sur Apollon, son père et modèle, OrphĂ©e se dĂ©couvre ainsi une vocation, il sera lui aussi chantre, chanteur, exprimant vertiges et dĂ©sirs, langueurs et renoncements de l’humaine condition. VoilĂ  ce que raconte ce recueil captivant, jalonnĂ© de chansons anglaises du premier baroque signĂ© Francis Pilkington, John Danyel, John Dowland, sans omettre le vague Ă  l’âme de sieur Tobias Hume (What greater grief…)…tous prodigieux compositeurs poètes du XVIIè. L’acuitĂ© expressive du tĂ©nor, son sens du verbe dramatique, sans aucune affectation, sa complicitĂ© avec ses deux partenaires femmes (poĂ©sie du chant instrumental dans l’étonnante langueur flottante, mĂ©ditative et suspendue de « Mr Dowland’s Midnight » de John Dowland soi-mĂŞme), cĂ©lèbrent ce que l’on ignore trop de ce cĂ´tĂ© de l’Atlantique, – admirateurs des

 

 

Thomas Hobbs

 

 

contemporains français, GuĂ©dron ou Lambert-, : la foisonnante littĂ©rature des mĂ©lancoliques elizabĂ©thains, premiers romantiques avant l’heure. Voici donc un rĂ©cital captivant, dĂ©fendu par un interprète de grande classe, sincère et d’une Ă©lĂ©gance probe. Si le titre et le sujet annonce un dĂ©veloppement dramatique, quasi théâtral, on reste saisi par la science de l’économie, la maĂ®trise de l’épure allusive qu’affirment peu Ă  peu des maĂ®tres interprètes (Ă©vanescence progressive et quasi mystĂ©rieuse des deux derniers Ă©pisodes, d’une sombre voluptĂ©, prière au nĂ©ant de la mort, et au vide souverain et profond, joie Ă©prouvĂ©e aux abords de l’éternelle paix : « Go nightly cares », puis « Down, down, proud mind », signĂ©s Dowland, et surtout William Corkine). Et voilĂ  rĂ©activĂ©es, entre violence et suggestion, les stances les plus bouleversantes de la lyre baroque anglaise… Diseur convaincant pour rĂ©pertoire rare et subtil. A suivre.

 

 

 

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CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. Orpheus’ Noble Strings / Les cordes royales d’Orphée / Thomas Hobbs, ténor (1 cd Paraty, 2016) — Thomas Hubbs, ténor. Romin Lischka, violes de gambe. Sofie Vanden Eynde, luth. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2017.

 

 

Jean-Claude Magloire joue Orlando Furioso de Vivaldi

malgoire_jean_claudeTOURCOING, ALT. Vivaldi : Orlando Furioso, 31 mars – 19 avril 2017. Dans le nord puis Ă  Paris, Jean-Claude Magloire ressuscite la fièvre fantastique du théâtre inspirĂ© de L’Arioste. Au chapitre Vivaldi, l’histoire musicale et critique s’intĂ©resse dĂ©sormais Ă  son oeuvre lyrique. L’auteur des Quatre Saisons savait aussi colorer et exprimer Ă  l’opĂ©ra, et son orchestre comme sa conception théâtrale affirme un tempĂ©rament unique Ă  son Ă©poque, une manière de rĂ©sistance, face au dĂ©but du XVIIIè Ă  l’essor de l’école napolitaine. Or Venise ayant crĂ©Ă© au XVIIè, l’opĂ©ra public et payant (1637), malgrĂ© l’excellence de son dĂ©ploiement avec Monteverdi, Caldara, Legrenzi, Cavalli, Cesti et au XVIIIè, Vivaldi, n’a pas su se maintenir. L’Orlando Furioso crĂ©Ă© en 1727, serait ainsi l’un des derniers ouvrages manifestement vĂ©nitien, le plus abouti, le plus emblĂ©matique.

L-ARIOSTE-portrait-larioste-titienOPERA CHEVALERESQUE ET MAGIQUE. Créé à l’automne 1727 au Théâtre Sant’Angelo à Venise, Orlando furioso cultive un bel canto expressif où règne l’esthétique des voix aigus : Orlando / Roland éprouvé sur l’île de la magicienne Alcina, est chanté par une femme, tandis que Bradamante, la fiancée de Roland, déguisé en homme, est donc chanté par un… homme. Sur le chemin de L’Arioste et de son labyrinthe amoureux, Vivaldi compose une série d’épisodes de plus en plus possédés, éruptifs, hallucinés : l’amour est une folie, et le désir, une houle acide, amère qui foudroie tous ceux qui le portent malgré eux. Avant Shakespeare, L’Arioste (magnifique portrait par Titien) dépeint les tourments et les vertiges de l’âme humaine. Ici, les fureurs de Roland sont l’emblème de ce théâtre en déraison et en délire. Certes il est bien question de chevaliers et de paladins en armure, mais leur véritable adversaire n’est pas l’ennemi sur le champs de bataille, c’est plutôt l’amour vengeur et cruel dont la barbarie épuise les forces de l’esprit.
larioste titienAinsi cet Ă©chiquier sentimental oĂą dans le territoire de la magicienne Alcina, errent les chevaliers Orlando et Medoro : le premier aime la princesse Angelica qui aime de son cĂ´tĂ© le dit Medoro. DĂ©couvrant la passion secrĂŞte unissant Medoro et Angelica, Orlando succombe Ă  la jalouse haine, en proie au dĂ©lire le plus violent. En parallèle, la magicienne Alcina envoĂ»te Ruggiero, qui oublie auprès d’elle sa bien aimĂ©e, Bradamante. Jusqu’au dĂ©nouement, l’opĂ©ra de Vivaldi brosse le portrait de personnages solitaires, dĂ©munis, en souffrance (Orlando, Ruggiero, Bradamante), ou agressĂ©s, Ă©prouvĂ©s par un sort contraire (Angelica et Medoro). MĂŞme celle qui semble tirer les ficelles, n’éblouit guère par son bonheur : Alcina est une souveraine esseulĂ©e qui obtient tout par manigances et magie. La sincĂ©ritĂ© n’habite pas ses lieux. Orlando / Roland est un mĂ©lancolique dĂ©pressif, chevalier fou, chevalier errant… Il y a quelques annĂ©es dans une distribution oĂą a brillĂ© le mezzo voire l’alto ample et noir de Marie-Nicole Lemieux, le chef Christophe Spinozi et son ensemble Matheus se sont imposĂ© sur de nombreuses scènes du monde avec l’opĂ©ra vivaldien. vivaldi antonio quatre saisons orlando furioso 1725Aujourd’hui, c’est un père fondateur du mouvement baroqueux qui reprend le flambeau, avec une Ă©nergie intacte, communicative. Dans le théâtre fantastique, merveilleux, inspirĂ© par la poĂ©sie de L’Arioste, adviennent des figures en perdition, toujours en quĂŞte d’une improbable rĂ©mission. OpĂ©ra psychologique que vraiment dramatique et spectaculaire. Production Ă©vĂ©nement. (Illustration : portrait de L’Arioste par Titien / Tiziano)

 

 

ORLANDO FURIOSO d’Antonio Vivaldiboutonreservation
Malgoire / Schiaretti
ven 31 mars 2017 Ă  19h30
dim 2 avril 2017 Ă  15h30
mar 4 avril 2017 Ă  19h30
Tourcoing, Théâtre municipal R. Devos

Puis, Ă  PARIS, TCE
Théâtre des Champs-Elysées
Mercredi 19 avril 2017, 19h30
version de concert

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/16_17/spect1617/orlando.html

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Orlando furioso
Antonio Vivaldi (1678-1741)Livret de Grazio Braccioli d’après L’Arioste
Direction musicale: Jean Claude Malgoire
Mise en scène: Christian Schiaretti

Orlando: Amaya Dominguez
Angelica: Samantha Louis-Jean
Alcina: Clémence Tilquin
Bradamante: Yann Rolland
Medoro: Victor Jimenez Diaz
Ruggiero: Jean Michel Fumas
Astolfo: Nicolas Rivenq

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Écurie et la Chambre du Roy

OPERA. ROBERTO ALAGNA, un ténor en or, sur tous les fronts…

OPERA. ROBERTO ALAGNA, un tĂ©nor en or, sur tous les fronts… Il a rĂ©cemment publiĂ© un rĂ©cital discographique intitulĂ© « MalĂ©na », rĂ©fĂ©rence au prĂ©nom de sa fille nouvellement nĂ©e, source d’un bonheur qui lui avait permis de parler au moment de l’évĂ©nement, d’une … « re-naissance ». La joie de devenir une seconde fois père rĂ©alisant un jalon dans sa vie personnelle. Roberto Alagna, partisan d’un ouvrage familial, y chante entre autres 7 crĂ©ations conçues en italien, sicilien, napolitain par ses frères Frederico et David.

Alagna Roberto-Alagna-350En mars 2017, le ténor français occupe le devant de l’affiche parisienne en chantant à nouveau Don José dans Carmen (1875) de Bizet à l’Opéra Bastille, à partir du 10 mars et jusqu’au 31 mars 2017. Ensuite, le chanteur s’envolera pour New York, où au Metropolitan Opera, il incarnera un rôle qu’il adule entre tous, Cyrano de Bergerac, du 2 au 13 mai 2017. Puis Roberto Alagna sera Nemorino dans L’Elisir d’Amore à Berlin (Deutsche Oper Berlin, les 23 et 27 mai), et à Londres (Royal Opera House, du 13 au 22 juin 2017)…. avant de chanter, sur la même scène londonienne, le rôle du Prince Calaf dans Turandot de Puccini les 8, 11, 14 juillet 2017…. pour enchaîner sa dernière date dans Carmen à Paris (le 16 juillet) et aborder les chansons de son album Malèna à Carcassonne (Théâtre Jean-Deschamps, le 19 juillet), pour enfin, chanter le jeune et vaillant général égyptien Radamès dans une version de concert d’AIDA de Verdi, le 1er septembre 2017, au Yehudi Menuhin Festival & Academy à Gstaad.
alagna roberto quatre saisons avec alagna review critique compte rendu livre classiquenews CLIC de classiquenews fevrier 2017Le printemps et l’étĂ© 2017 seront donc bien chargĂ©s pour le plus grand tĂ©nor français actuel, vĂ©ritable bĂŞte de scène, auquel un rĂ©cent livre est dĂ©diĂ©, sous la forme d’un essai particulier qui suit son travail sur chacun de ses rĂ´les favoris (de Werther Ă  Othello, de Cyrano justement Ă  Don Carlo et au Cid… : « Quatre saisons avec Roberto Alagna » par Jacqueline Dauxois (Editions du Rocher). Pour Roberto Alagna (nĂ© Ă  Saint-Denis en 1963), chanteur des cabarets parisiens Ă  ses dĂ©buts, qui fut rĂ©vĂ©lĂ© par le Concours Pavarotti en 1983-1986, Cyrano est bel et bien le rĂ´le qui les rĂ©sume tous : Ă  la fois, Quichotte, D’Artagnan, Nemorino, Radamès, Otello… C’est un anti hĂ©ros qui ignore sa valeur et sa beautĂ©, et qui par goĂ»t du dĂ©fi et du dĂ©passement, parce qu’il est courageux, ambitionne d’être le meilleur d’entre tous. Et mĂŞme au bord du gouffre, avant de mourir, il conserve ce panache naturel qui le distingue toujours et l’élève jusqu’Ă  la cime des vertus humaines. Parce qu’il se donne entièrement, totalement, âme, corps et chant bien sĂ»r pour chaque rĂ´le, l’interprète semble habiter son personnage comme s’il le crĂ©ait Ă  chaque reprĂ©sentation… AssurĂ©ment un artiste Ă  suivre, d’autant qu’il est actuellement au sommet de sa carrière, douĂ© et portĂ© par un expĂ©rience scĂ©nique unique au monde. Roberto Alagna vient aussi en fĂ©vrier 2017 de changer d’Ă©diteur discographique : artiste Sony classical Ă  prĂ©sent (la mĂŞme maison que l’autre grand tĂ©nor actuel, son cadet munichois, Jonas Kaufmann), il devrait publier de prochains disques prometteurs…

 

 

 

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Ses 4 prochains grands rôles : José, Cyrano, Nemorino, Calaf
AGENDA de ROBERTO ALAGNA, de mars Ă  septembre 2017

 

 

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DON JOSÉ dans Carmen de Bizet
PARIS, Opéra Bastille, les 10, 13, 16, 19, 22, 25, 28, 31 mars 2017
puis 16 juillet 2017

 

CYRANO DE BERGERAC
NEW YORK, Metropolitan Opera
Les 2,6,10,13 mai 2017

 

NEMORINO dans L’Elisir d’amore de Donizetti

BERLIN, Deutsche Oper Berlin
Les 23 et 27 mai 2017

LONDRES, Royal Opera House
Les 13, 16, 19, 22 juin 2017

 

CALAF dans Turandot de Puccini
LONDRES, ROH (idem)
Les 8, 11, 14 juillet 2017

 

RADAMES dans AIDA de Verdi
GSTAAD Yehudi Menuhin Festival & Academy
Le 1er septembre 2017

 

 

 

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Toutes les infos sur le site officiel de Roberto Alagna


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Titus, prince des vertus politiques

Titus empereur : il incarnait "les délices du genre humain"DOSSIER. Titus de Mozart : le prince des vertus à l’époque des Lumières. Après Son premier seria (éblouissant par sa justesse émotionnelle déjà) : Mitridate (1770, élaboré à 14 ans !), puis Lucio Silla (1772), Idomeneo (1781), la Clémence de Titus est créé en 1791 l’année de la mort de Mozart, répondant à une commande pour le couronnement de Leopold II au trône de Bohème. La langue mozartienne assouplit la sécheresse systématique de l’alternance recitatifs puis airs ; tout s’articule et ondule selon le traitement psychologique et le dévoilement de la psyché, en particulier sur le profil de Vitellia, la seule qui se transforme, passant de la haine pétrifiée, à la compassion tendre et fraternelle. Face à cette femmes monstrueuse qui s’humanise, Mozart suit cependant la tradition politico poétique dans le personnage du roi : Titus, que sa charge rend sombre, solitaire, comme isolé dans une posture qui le place d’emblée au dessus de ses sujets, fussent-ils proches voire plus (Sextus).

Titus, a contrario de l’opĂ©ra vĂ©nitien du XVIIè, oĂą règnent les souverains pervers – « effeminatos », figures emblĂ©matiques du pouvoir corrompu : Nerone du Couronnement de PoppĂ©e de Monteverdi, Eliogaballo de Cavalli-, incarne un siècle plus tard toutes les vertus politiques. C’est la version MĂ©tatasienne qui valorise le pouvoir politique, prĂŞtant au prince, des vertus mĂ©sestimĂ©es.

TITUS, lumière des vertus

TITUS FLAVIEN demeure le modèle du prince vertueux ; qualité rare chez les politiques de l’Antiquité romaine, plus connue pour ses intrigues et corruptions. Or l’Empereur qui succède à Trajan, ayant été transformé par l’amour de Bérénice en Judée, incarne dans les arts, le modèle du prince honnête, loyal, responsable et juste. L’opéra n’échappe pas à cette tradition et Mozart, composant un nouvel ouvrage (son dernier seria) pour le couronnement de l’Empereur Leopold II, met en musique la légende de Titus, mais il en fait un drame amoureux et intimiste, proche de sa propre esthétique musicale, soucieuse d’introspection et de vérité psychologique…

L’Empereur flavien qui règna si peu (79-81 après JC), rĂ©ussit la conquĂŞte de JudĂ©e, profite Ă©videmment de sa relation avec BĂ©rĂ©nice, princesse juive qui lui apprend la sagesse et renforce sa lumineuse humanitĂ©. Dans l’opĂ©ra de Mozart, qui met en avant sa clĂ©mence, – un de ses nombreux traits hautement moraux, Titus est Ă  Rome, mais seul : il a du sous pression des sĂ©nateurs racistes et xĂ©nophobes, renoncer Ă  Ă©pouser BĂ©rĂ©nice car elle Ă©tait Ă©trangère.
Autour de ce modèle de vertu, s’agrègent intrigues et trahisons. Face à la manipulation de Vittelia, la seule de tout l’opéra qui se métamorphose réellement, au II (dans son fameux air avec cor de basset : « non piu di fiori », Rondo n°23), Titus reste constant dans sa figuration sur la scène : prince à la carrure inflexible qui observe, analyse, réfléchit ; et comme distancié de l’action, prend du recul, avant de prendre une décision.

Dans l’acte I, Mozart lui réserve deux airs comme pour mieux assoir son autorité et pour affirmer l’ampleur de sa stature impériale : d’abord, installé par une marche et un chœur, qui précèdent la scène à plusieurs voix (Annio, Sesto), « Del più sublime soglio » /
; puis l’air tout autant développé : « Ah, se fosse intorno al trono ».

Au II, l’empereur paraît d’une tendresse amoureuse pour son peuple (choeur : « Ah grazia si rendano… »), accord sublime au souffle d’une lumineuse grandeur et noblesse ; puis en proie au doute le plus humain, tiraillé, sujet d’une haine jalouse (récitatif accompagné : « Che orror! Che tradimento! »), Titus envisage de faire exécuter celui qui l’a apparemment trahi, son ami (amant?), Sesto. Puis c’est le grand air héroïque qui veut exprimer l’intransigeance du pouvoir (par lequel Titus justifie d’avoir signé l’acte de mort de Sesto, même s’il regrette dans le même temps, qu’un prince digne de ce nom doit d’abord gagner l’amour de son peuple et non pas règner par la terreur… aria : « Se all’impero, amici Dei ».
Jusqu’à la scène ultime (XVII), Titus bras armé de la Loi, soucieux d’éradiquer les comploteurs qui en voulaient à sa vie, allait exécuter son ami… jusqu’au moment, décisif où Vittelia terrassée par le dévoilement de la vérité, se dénonce elle-même, auteur de l’indigne attentat, manipulatrice du pauvre coeur de Sesto, totalement épris d’elle.

Mozart a donc donné du souverain, l’image de l’infaillibilité politique, sachant sacrifier ses attaches affectives au nom de la raison d’état. il était prêt à faire exécuter son ami Sextus.

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Un récent enregistrement de La Clémence de Titus est paru, dirigé par Jérémie Rhorer :

 

LIRE aussi  :

mozart die entfuhrung aus dem serail cercle de l harmonie jeremie rhorer cd outhere presentation review critique CLASSIQUENEWS mai juin 2016CD, compte rendu critique. Mozart : L’Enlèvement au sérail (Jérémie Rhorer, Jane Archibald, septembre 2015 – 2 cd Alpha). Sous le masque léger, exotique d’une turquerie créée à Vienne en 1782, se précise en vérité non pas la confrontation de l’occident versus l’orient, occidentaux prisonniers, esclaves en terres musulmanes, mais bien un projet plus ample et philosophique : la lutte des fraternités contre le despotisme et la barbarie cruelle (la leçon de clémence et de pardon dont est capable Pacha Selim en fin d’opéra reste de nos jour d’une impossible posture : quels politiques de tout bord est-il capable de nos jours et dans le contexte géopolitique qui est le nôtre, d’un tel humanisme pratique ?). Cette fraternité, ce chant du sublime fraternel s’exprime bien dans la musique de Mozart, avant celle de Beethoven. LIRE la critique complète de l’Enlèvement au Sérail de Mozart par Jérémy Rohrer

 

 

 

CD, critique. NEUKOMM : Requiem pour Louis XVI (Malgoire, 1 cd Alpha – 2016)

neukomm louis XVI cd jean claude magloire cd critique classiquenews 583c2677a3dbdCD, critique. NEUKOMM : Requiem pour Louis XVI (Malgoire, 1 cd Alpha – 2016). PersonnalitĂ© europĂ©enne et mĂŞme transatlantique (comme actuellement le chef Bruno Procopio grand dĂ©fenseur de Neukomm comme JC Malgoire), Sigismund (van) Neukomm (1778-1858) inspire au fondateur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing, la poursuite d’une exploration profitable. Après avoir ressusciter la version du Requiem de Mozart, avec l’apport de Neukomm pour la dernière section, voici du compositeur autrichien (comme Mozart), ce fameux Requiem, qu’il composa pour le Congrès de Vienne en janvier 1815, quand il s’agissait de dĂ©faire l’empire napolĂ©onien, et restaurer l’ordre ancien, monarchique et Bourbon… A cause planĂ©taire, auteur Ă  l’échelle mondiale : de fait Neukomm oeuvra Ă  Vienne, Saint-PĂ©tersbourg, sans omettre Rio de Janeiro oĂą il composa pour la cour royale du Portugal en exil au Nouveau Monde, – son style europĂ©en, nĂ©o classique, entre Mozart et Salieri, fut avant Gluck, un standard apprĂ©ciĂ© de toutes les Cours. Son cĂ´tĂ© conforme et politiquement correct, inspira Ă  Talleyrand, arbitre politique des annĂ©es post NapolĂ©onienne, le meilleur sentiment : Neukomm fut compositeur mais aussi ambassadeur, finalement naturalisĂ© français grâce Ă  la protection de son mentor Talleyrand qui lui commanda nombre de partitions lors de ses missions diplomatiques.

Requiem pour Louis XVI
Solennité et raffinement lacrymaux

Ecartant toute virtuositĂ© malsĂ©ante, – conformitĂ© au recueillement sombre imposĂ© par le sujet, Neukomm emploie donc en 1815, un chĹ“ur double, sans solistes, et a cappella : dirigeant pour la crĂ©ation l’un des chĹ“urs, Salieri dirigeant le second. S’appuyant sur le manuscrit de Neukomm conservĂ© Ă  la BNF, Jean-Claude Malgoire retient de son cĂ´tĂ© pour cette exhumation d’un grand raffinement, la version pour un choeur et quatre solistes (remplaçant ainsi le second chĹ“ur de la version de la crĂ©ation Ă  Vienne).
Avec sa marche funèbre, – glas sonore d’une indiscutable majestĂ© tragique, puis son Miserere – Ă  la foois fervent, tendu, dĂ©ploratif mais d’une charge pudique idĂ©alement maĂ®trisĂ©e, le Requiem de Neukomm dĂ©passe la masse impressionnante d’un Cherubini, pour revenir Ă  une prière subtilement incarnĂ©, – plus humaine que solennelle.
Tout le travail de JC Malgoire qui regroupe autour de lui de fidèles partenaires, souligne cette Ă©pure chorale, solennelle, en ses nuances grises, vrai travail de grisaille, dans la subtilitĂ© et l’intimitĂ© de l’intention : les plus critiques regretteront une emphase linĂ©aire sans accents ni « effets » lugubres ; les autres plus connaisseurs et après une Ă©coute attentive, apprĂ©cieront la finesse de l’articulation d’une ample prière lacrymale, qui n’écarte pas des sommations terribles (Rex tremendae) ni une angoisse syncopĂ©e, plus « dramatique » (solistes du Liber scriptus). Le Choeur de chambre de Namur atteint l’excellence dans la clartĂ© et la transparence d’un texte jamais rĂ©pĂ©tĂ©, et qui dĂ©ploie une grandeur sombre irrĂ©sistible, en particulier dans le dernier Ă©pisode, de loin le plus dĂ©chirant. La rĂ©ussite de Neukomm, compositeur pour les Grands, sait ĂŞtre majestueux sans la pompe lĂ©nifiante de beaucoup de partitions de circonstance. Saluons le chef d’affirmer ainsi une passionnante intuition dĂ©fricheuse, comme l’affinitĂ© de ses troupes – Grande Ecurie et Chambre du Roy, convoquĂ©s pour cette royale cĂ©lĂ©bration pleine de panache et de vie.
neukomm-portraitNeukomm, contemporain du dernier Mozart, ne pouvait connaître de meilleures conditions pour renaître ; d’autant que récemment, le jeune chef franco-brésilien, Bruno Procopio a ressuscité la Missa Solemnis, Messe Solennelle, avec une acuité expressive plus que conviancante au TCE à Paris, début décembre 2016, lors d’un concert croisant Paris et Rio, à la tête de l’orchestre Lamoureux, l’un des meilleurs concerts de la saison symphonique à notre avis. VOIR notre reportage vidéo : Brésil sacré, Brésil Profane / Bruno Procopio dirige l’Orchestre Lamoureux, décembre 2016 (Paris, TCE) : Milhaud, Villa-Lobos, Jobim, Messe solennelle de Neukomm.

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CD, critique. NEUKOMM : Requiem pour Louis XVI (Malgoire, 1 cd Alpha – 2016)

Jean Rondeau joue Bach et ses fils

Jean Rondeau et Nevermind Ă  SaintesPOITIERS, TAP – BACH & fils par Jean Rondeau, le 21 mars 2017, 20h30. Toujours la coiffe hirsute et le jean dĂ©contractĂ©, le claveciniste Jean Rondeau s’entoure d’une phalange de musiciens complices dans une Ă©vocation de la dynastie Bach, – programme familial et collectif, musicalement très unitaire et stylistiquement cohĂ©rent, dĂ©jĂ  sujet d’une parution discographique. Le claveciniste rĂ©alise le relief expressif de plusieurs Concertos pour clavecin et cordes, avec la connivence de certains instrumentistes dĂ©jĂ  familiers, dont le violoniste Louis Creac’h, – dĂ©jĂ  repĂ©rĂ© par classiquenews comme ex apprenti acadĂ©micien du JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye, ou participant aussi Ă  certains projets d’Amarillis (Stabat Mater de Pergolesi avec Sandra Yoncheva).
Ainsi paraissent les fils Bach (Wilhelm Friedemann, Carl Philipp Emanuel et Johann Christian) aux côtés du père Jean-Sébastien. Le claveciniste barbu (christique ?) du Baroque actuel cultive une posture décalée qui s’entend à régénérer (dynamiser ?) l’interprétation contemporaine du Baroque, ici germanique. Depuis son clavecin axial, défricheur, relecteur, porteur d’une vision désormais dépoussiérante des oeuvres choisies.
RONDEAU jean portrait concert classiquenews poitiers 390643_concert-de-jean-rondeau-clavecin-et-piano-festival-europeen-jeunes-talents_111341Classiquenews avait suivi la rĂ©sidence de Jean Rondeau, – entourĂ© d’un autre collectif (Nevermind) Ă  Saintes (Abbaye aux dames, la citĂ© musicale / VOIR notre reportage vidĂ©o Jean Rondeau et Nevermind Ă  Saintes / fĂ©vrier 2016), dans Telemann et Bach (entre autres). Ici, le style direct, franc, expressif, « rock », revisite le genre du Concerto instrumental, entendu comme un drame sans paroles, vĂ©ritable conversation Ă  plusieurs protagonistes ; il sied Ă  la vivacitĂ© des Bach fils, en particulier Wilhelm F. et CPE – illustres reprĂ©sentants du style galant Empfindsamkeit, nĂ©o classique – collectionneurs inspirĂ©s en contrastes et acuitĂ© rythmique ; mĂŞme aspĂ©ritĂ© mordante, vivaces dans les Bach père, comme juvĂ©nilisĂ©s avec une ardeur verte et très prĂ©sente : Concertos pour clavecin BWV 1052 et 1056. Du creuset paternel, antre magicien d’une invention jamais Ă©puisĂ©e, les fils, en apprentis sorciers inspirĂ©s, dignes hĂ©ritiers du modèle-mentor, osent toutes les audaces… Ils poursuivent le geste libre, inventif, neuf, moderne du modèle paternel. Dont se saisit comme un flambeau Ă©lectrisant, les jeunes interprètes de ce concert; Et si la dynastie Bach Ă©tait surtout une gĂ©nĂ©alogie de tempĂ©raments expĂ©rimentateurs ?

Le concert présenté à Poitiers fait suite au premier volet Bach, dédié précédemment aux ancêtres de Bach (décidément la dynastie Bach est une colonie impressionnante de talents dont la généalogie explique le plus grand d’entre tous, Jean-Sébastien).

 

 

 

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boutonreservationLes Concertos de Bach père et fils
TAP, POITIERS, mardi 21 mars 2017, 20h30

Johann Sebastian Bach
Concerto pour clavecin n°1 en ré mineur BWV 1052,
Concerto pour clavecin n°5 en fa mineur BWV 1056

Wilhelm Friedemann Bach
Concerto pour clavecin en fa mineur

Carl Philipp Emanuel Bach
Concerto pour clavecin en ré mineur

Jean Rondeau, clavecin
Sophie Gent, Louis Creac’h violons
Antoine Touche, violoncelle
Evolène Kiener, basson
Thomas de Pierrefeu, contrebasse

 

 

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INFOS et RESERVATIONS
sur le site du TAP Théâtre Auditorium de POitiers, page dédiée au Concert Jean RONDEAU + ensemble instrumental : Concertos de Bach et ses fils…
http://www.tap-poitiers.com/jean-rondeau-1799

 

 

 

 

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CD Ă  Ă©couter :

vertigo jean rondeau cd erato critique review classiquenews fevrier 2016CD, compte rendu critique. Vertigo. Rameau, Royer. Jean Rondeau, clavecin (1 cd Erato, mai 2015). Clavecin opĂ©ratique…. En fĂ©vrier 2016, ERATO publiait l’un des meilleurs disques rĂ©cents pour clavecin. Peut-ĂŞtre le premier indiscutable du jeune musicien français, ici particulièrement serviteur de la musique qui l’inspire. Le texte du livret notice accompagnant ce produit conçu comme une pĂ©rĂ©grination intĂ©rieure et surtout personnelle donne la clĂ© du drame qui s’y joue. Quelque part en zones d’illusions, c’est Ă  dire baroques, vers 1746… Jean Rondeau le claveciniste nous dit s’égarer dans un fond de dĂ©cors d’opĂ©ra dont son clavecin (historique du Château d’Assas) ressuscite le charme jamais terni de la danse, “acte des mĂ©tamorphoses” (comme le prĂ©cise Paul ValĂ©ry, citĂ© dans la dite notice). Entre cauchemar (surgissement spectaculaire de Royer dans Vertigo justement) et rĂŞve (l’alanguissement si sensuel de Rameau ou le dernier renoncement du dernier morceau : L’Aimable de Royer), l’instrumentiste cisèle une sĂ©rie d’évocations, au relief dramatique multiple, contrastĂ©, parfois violent, parfois murmurĂ© qui s’efface. Rondeau ressuscite dans les textures rĂ©tablies et les accents sublimes des musiques dansantes ici sĂ©lectionnĂ©es, le profil des deux gĂ©nies nĂ©s pour l’opĂ©ra : Rameau (mort en 1764) et son “challenger” Pancrace Royer (1705-1755), Ă  la carrière fulgurante, et qui au moment du Dardanus de Rameau, livre son ZaĂŻde en 1739. Deux monstres absolus de la scène dont il concentre et synthèse l’esprit du drame dans l’ambitus de leur clavier ; car ils sont aussi excellents clavecinistes. Ainsi la boucle est refermĂ©e et le prĂ©texte lĂ©gitimĂ©. Comment se comporte le clavier Ă©prouvĂ© lorsqu’il doit exprimer le souffle et l’ampleur, la profondeur et le pathĂ©tique Ă  l’opĂ©ra ? Comme il y aura grâce Ă  Liszt (tapageur), le piano orchestre, il y eut bien (mais oui), le clavecin opĂ©ra (contrastĂ© et toujours allusif). Les matelots et Tambourins de Royer valent bien Les Sauvages de Rameau, nĂ©s avant l’OpĂ©ra ballet que l’on connaĂ®t, dès les Nouvelles Suites de Pièces de Clavecin de 1728. DĂ©jĂ  Rameau lyrique perçait sous le Rameau claveciniste. Une fusion des sensibilitĂ©s que le programme exprime avec justesse. EN LIRE +

Jean Rondeau joue Bach et fils

Jean Rondeau et Nevermind Ă  SaintesPOITIERS, TAP – BACH & fils par Jean Rondeau, le 21 mars 2017, 20h30. Toujours la coiffe hirsute et le jean dĂ©contractĂ©, le claveciniste Jean Rondeau s’entoure d’une phalange de musiciens complices dans une Ă©vocation de la dynastie Bach, – programme familial et collectif, musicalement très unitaire et stylistiquement cohĂ©rent, dĂ©jĂ  sujet d’une parution discographique. Le claveciniste rĂ©alise le relief expressif de plusieurs Concertos pour clavecin et cordes, avec la connivence de certains instrumentistes dĂ©jĂ  familiers, dont le violoniste Louis Creac’h, – dĂ©jĂ  repĂ©rĂ© par classiquenews comme ex apprenti acadĂ©micien du JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye, ou participant aussi Ă  certains projets d’Amarillis (Stabat Mater de Pergolesi avec Sandra Yoncheva).
Ainsi paraissent les fils Bach (Wilhelm Friedemann, Carl Philipp Emanuel et Johann Christian) aux côtés du père Jean-Sébastien. Le claveciniste barbu (christique ?) du Baroque actuel cultive une posture décalée qui s’entend à régénérer (dynamiser ?) l’interprétation contemporaine du Baroque, ici germanique. Depuis son clavecin axial, défricheur, relecteur, porteur d’une vision désormais dépoussiérante des oeuvres choisies.
RONDEAU jean portrait concert classiquenews poitiers 390643_concert-de-jean-rondeau-clavecin-et-piano-festival-europeen-jeunes-talents_111341Classiquenews avait suivi la rĂ©sidence de Jean Rondeau, – entourĂ© d’un autre collectif (Nevermind) Ă  Saintes (Abbaye aux dames, la citĂ© musicale / VOIR notre reportage vidĂ©o Jean Rondeau et Nevermind Ă  Saintes / fĂ©vrier 2016), dans Telemann et Bach (entre autres). Ici, le style direct, franc, expressif, « rock », revisite le genre du Concerto instrumental, entendu comme un drame sans paroles, vĂ©ritable conversation Ă  plusieurs protagonistes ; il sied Ă  la vivacitĂ© des Bach fils, en particulier Wilhelm F. et CPE – illustres reprĂ©sentants du style galant Empfindsamkeit, nĂ©o classique – collectionneurs inspirĂ©s en contrastes et acuitĂ© rythmique ; mĂŞme aspĂ©ritĂ© mordante, vivaces dans les Bach père, comme juvĂ©nilisĂ©s avec une ardeur verte et très prĂ©sente : Concertos pour clavecin BWV 1052 et 1056. Du creuset paternel, antre magicien d’une invention jamais Ă©puisĂ©e, les fils, en apprentis sorciers inspirĂ©s, dignes hĂ©ritiers du modèle-mentor, osent toutes les audaces… Ils poursuivent le geste libre, inventif, neuf, moderne du modèle paternel. Dont se saisit comme un flambeau Ă©lectrisant, les jeunes interprètes de ce concert; Et si la dynastie Bach Ă©tait surtout une gĂ©nĂ©alogie de tempĂ©raments expĂ©rimentateurs ?

Le concert présenté à Poitiers fait suite au premier volet Bach, dédié précédemment aux ancêtres de Bach (décidément la dynastie Bach est une colonie impressionnante de talents dont la généalogie explique le plus grand d’entre tous, Jean-Sébastien).

 

 

 

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TAP, POITIERS, mardi 21 mars 2017, 20h30

Johann Sebastian Bach
Concerto pour clavecin n°1 en ré mineur BWV 1052,
Concerto pour clavecin n°5 en fa mineur BWV 1056

Wilhelm Friedemann Bach
Concerto pour clavecin en fa mineur

Carl Philipp Emanuel Bach
Concerto pour clavecin en ré mineur

Jean Rondeau, clavecin
Sophie Gent, Louis Creac’h violons
Antoine Touche, violoncelle
Evolène Kiener, basson
Thomas de Pierrefeu, contrebasse

 

 

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sur le site du TAP Théâtre Auditorium de POitiers, page dédiée au Concert Jean RONDEAU + ensemble instrumental : Concertos de Bach et ses fils…
http://www.tap-poitiers.com/jean-rondeau-1799

 

 

 

 

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vertigo jean rondeau cd erato critique review classiquenews fevrier 2016CD, compte rendu critique. Vertigo. Rameau, Royer. Jean Rondeau, clavecin (1 cd Erato, mai 2015). Clavecin opĂ©ratique…. En fĂ©vrier 2016, ERATO publiait l’un des meilleurs disques rĂ©cents pour clavecin. Peut-ĂŞtre le premier indiscutable du jeune musicien français, ici particulièrement serviteur de la musique qui l’inspire. Le texte du livret notice accompagnant ce produit conçu comme une pĂ©rĂ©grination intĂ©rieure et surtout personnelle donne la clĂ© du drame qui s’y joue. Quelque part en zones d’illusions, c’est Ă  dire baroques, vers 1746… Jean Rondeau le claveciniste nous dit s’égarer dans un fond de dĂ©cors d’opĂ©ra dont son clavecin (historique du Château d’Assas) ressuscite le charme jamais terni de la danse, “acte des mĂ©tamorphoses” (comme le prĂ©cise Paul ValĂ©ry, citĂ© dans la dite notice). Entre cauchemar (surgissement spectaculaire de Royer dans Vertigo justement) et rĂŞve (l’alanguissement si sensuel de Rameau ou le dernier renoncement du dernier morceau : L’Aimable de Royer), l’instrumentiste cisèle une sĂ©rie d’évocations, au relief dramatique multiple, contrastĂ©, parfois violent, parfois murmurĂ© qui s’efface. Rondeau ressuscite dans les textures rĂ©tablies et les accents sublimes des musiques dansantes ici sĂ©lectionnĂ©es, le profil des deux gĂ©nies nĂ©s pour l’opĂ©ra : Rameau (mort en 1764) et son “challenger” Pancrace Royer (1705-1755), Ă  la carrière fulgurante, et qui au moment du Dardanus de Rameau, livre son ZaĂŻde en 1739. Deux monstres absolus de la scène dont il concentre et synthèse l’esprit du drame dans l’ambitus de leur clavier ; car ils sont aussi excellents clavecinistes. Ainsi la boucle est refermĂ©e et le prĂ©texte lĂ©gitimĂ©. Comment se comporte le clavier Ă©prouvĂ© lorsqu’il doit exprimer le souffle et l’ampleur, la profondeur et le pathĂ©tique Ă  l’opĂ©ra ? Comme il y aura grâce Ă  Liszt (tapageur), le piano orchestre, il y eut bien (mais oui), le clavecin opĂ©ra (contrastĂ© et toujours allusif). Les matelots et Tambourins de Royer valent bien Les Sauvages de Rameau, nĂ©s avant l’OpĂ©ra ballet que l’on connaĂ®t, dès les Nouvelles Suites de Pièces de Clavecin de 1728. DĂ©jĂ  Rameau lyrique perçait sous le Rameau claveciniste. Une fusion des sensibilitĂ©s que le programme exprime avec justesse. EN LIRE +