FRANCE 3. FAUTEUIL d’ORCHESTRE : la nouvelle gĂ©nĂ©ration de musiciens

sinclair-anne-france-3-fauteuil-d-orchestre-annonce-programme-concerts-selection-tele-classiquenews-critique-television-France-3FRANCE 3. FAUTEUIL D’ORCHESTRE, le 15 nov 2019, 21h. Nouveau numĂ©ro de Fauteuils d’Orchestre sur France 3. En animatrice Ă  prĂ©sent familiĂšre, Anne Sinclair favorise la diffusion du classique au plus grand nombre ; elle met l’accent sur une nouvelle gĂ©nĂ©ration de chanteurs et de musiciens classiques, depuis le ThĂ©Ăątre des Champs-ÉlysĂ©es Ă  Paris. EntourĂ©s d’artistes venus de tous les horizons (y compris hors classiques), les jeunes interprĂštes partagent goĂ»ts et passions ; avec un focus particulier en cette fin d’annĂ©e 2019, sur les 350 ans de l’OpĂ©ra de Paris.

Parmi les invitĂ©s : les chanteurs : Vannina Santoni, Julien Behr, Karine Deshayes / les instrumentistes : Edgar Moreau (violoncelle), Emmanuel Ceysson (harpe), Karl Paquette (ex danseur Ă©toile)
 et aussi 
 Jean-François Marras, Sara Blanch Freixes, Ilyes Boufadden-Adloff, Mikhail Timoshenko, NeĂŻma Naouri, EloĂŻse Bella Kohn, Marie-Astrid Hulot, Anna Göckel, Manuel Vioque Judde, Caroline Sypniewski, Yvan Cassar.

Deux surprises dans l’Ă©mission : le chanteur Mika et la comĂ©dienne humoriste Muriel Robin, deux passionnĂ©s de musique classique et d’opĂ©ra.

Entre autres, extraits musicaux :
— La Danza de Rossini
— La Wally de Catalani
— La Calunnia – Le Barbier de SĂ©ville de Rossini
— A piece of Sky de Michel Legrand
— Air de Lucia di Lammermoor de Donizetti
— Extrait du Concerto n° 2 de Rachmaninov

Avec l’Orchestre de Chambre de Paris, sous la direction de Laurent Campellone.

FRANCE 3. FAUTEUIL D’ORCHESTRE, ven 15 nov 2019, 21h.

MORVAN. Festival FORMAT PAYSAGES : 12 et 13 oct 2019

tetiere-format_paysage 2019 annonce concerts programmes critique classiquenews octobre 2019 bandeauFORMAT PAYSAGES 2019. Sam 12, dim 13 oct 2019. Lac de Chaumeçon – Plage de Polquemignon – Brassy, dans le parc du Morvan, le festival Format Paysages propose une expĂ©rience musicale et artistique en pleine nature. Marchez, respirez, savourez
 Pour la seconde fois, l’association Cumulus (crĂ©Ă©e en 1983) propose la crĂ©ation d’un Ă©vĂ©nement artistique et culturel, itinĂ©rant, original dans ses contenus, prenant place chaque annĂ©e au mois d’octobre (cette annĂ©e, 2Ăš week end d’octobre 2019) autour du Lac de Chaumeçon et sur le territoire de la CommunautĂ© de Communes Morvan Sommets et Grands Lacs. C’est un parcours et une Ă©chappĂ©e qui allient musique, performances artistiques et parcours en pleine nature. L’automne sur le motif inspire les artistes : leurs interventions qui mĂȘlent toutes les disciplines jalonnent la pĂ©rĂ©grination des visiteurs dans l’esprit d’une randonnĂ©e qui excitent tous les sens. Le Festival format paysages de façon visionnaire, et mĂȘme prophĂ©tique, accorde les vibrations de la nature Ă  celles des interprĂštes qui savent en dĂ©crypter la miraculeuse Ă©nergie. Format Paysages serait-il un festival Ă©cologique d’un nouveau type ?

 

MORVAN, les 12 et 13 octobre 2019. FORMAT PAYSAGES rĂ©invente dans le Parc du MORVAN, l’idĂ©e d’une promenade artistique et musicale.

NATURE et ART dialoguent et interpellent


 

 

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Selon le vƓu des deux concepteurs de l’Ă©vĂ©nement, Jean-Michel Lejeune, et VĂ©ronique Verstaete, il s’agit : “ d’inviter les habitants de la rĂ©gion Ă  se retrouver autour d’évĂ©nements artistiques reposant sur des propositions innovantes et s’inscrivant fortement dans le territoire, valorisant les paysages, le patrimoine et les savoir-faire ; de dĂ©velopper l’attractivitĂ© de ce territoire de lacs et de forĂȘts Ă  une pĂ©riode de l’annĂ©e – le dĂ©but de l’automne – Ă  laquelle cette rĂ©gion mĂ©rite, notamment par la beautĂ© de ses couleurs, d’ĂȘtre bien davantage connue et frĂ©quentĂ©e ; de renforcer le lien entre les villes et villages en favorisant des circulations et des collaborations, en proposant aux habitants des actions participatives leur permettant de travailler avec des artistes repĂ©rĂ©s. ». C’est ainsi qu’un territoire au riche patrimoine naturel et vĂ©gĂ©tal est valorisĂ© grĂące aux Ă©vĂ©nements artistiques qui en permet la redĂ©couverte cyclique.

https://format-raisins.fr/format-paysages/

 

 

MARCHE MUSICALE et ARTISTIQUE‹ DANS LE PARC DU MORVAN
CONCERTS EN SALLE

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FORMAT PAYSAGES invite les artistes Ă  penser la nature comme enjeu de leur travail. Pour cette deuxiĂšme Ă©dition, les festivaliers marcheurs Ă©prouvent le terrain et dĂ©couvrent en pleine nature le travail des artistes rĂ©sidents du Morvan ou Ă©trangers, soit les crĂ©ations, la danse ou la musique de Isabelle DUTHOIT (soprano et clarinettiste), Jacques DI DONATO (clarinettiste, saxophoniste, batteur), Jacques REBOTIER (compositeur, poĂšte performeur), Erwan KERAVEC (sonneur de cornemuse), du danseur : Louis MACQUERON
 sans omettre le Quatuor Aesthesis. Temps forts les sam 12 et dim 13 octobre 2019 dans la Commune de Brassy pour un week-end de dĂ©couvertes artistiques. D’abord une promenade artistique en pleine air, puis un concert Ă©clectique en soirĂ©e

A dĂ©couvrir tout au long des 2 parcours promenades de samedi 12 (16h) puis dimanche 13 octobre 2019 (10h30) : sculptures d’artistes contemporains : JEZY KNEZ (crĂ©ation, commande de Format Paysages), Jean-Christophe NOURISSON. Philippe HOELTZEL vous fera partager ses connaissances du terrain parcouru. Puis les randonneurs enchantĂ©s dĂ©couvrent en salle les musiciens invitĂ©s cet automne 2019
 A noter deux spectacles musicaux inoubliables  samedi soir Ă  20h (Trio musical, voir dĂ©tail programme ci aprĂšs) ; puis dimanche Ă  15h, Quatuor vocal AESTHESIS (crĂ©ation, commande Ă  Jacques Rebotier).

Pour vous rendre Ă  Polquemignon, une carte est Ă  votre disposition sur notre site, puis un flĂ©chage sur la route vous guidera jusqu’à destination.

FORMAT PAYSAGES redĂ©finit aujourd’hui l’expĂ©rience et l’offre d’un festival en associant plein air et sensations sonores
 et la marche devient une aventure sensorielle (c’est pourquoi il faut venir bien chaussĂ©). Musique, art contemporain, danse
 les volets qui jalonnent la promenade dans le Parc du Morvan s’annonce pour sa 2Ăš Ă©dition en octobre 2019, passionnante. PrĂ©voir de bonnes chaussures. ExpĂ©rience gratuite.

 

 

 

 

Programme des deux journées des

sam 12 et dim 13 octobre 2019

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SAMEDI 12 OCTOBRE 2019

16h
promenade artistique : départ du chemin des Clous, route menant à Plainefas depuis le Hameau de Polquemignon (Brassy)

18h30
apéritif et jus de fruits à la fin de la promenade

20h
concert : trio musical Isabelle Duthoit, voix et clarinette,
Jacques Di Donato, clarinette, percussions et Jacques Rebotier, compositeur, poĂšte
BRASSY, Salle des FĂȘtes (durĂ©e : 40mn)

20h40
soupes préparées par Les Amis de Polquemignon

 

 

DIMANCHE 13 OCTOBRE 2019

10h30
promenade artistique : départ du chemin des Clous, Hameau de Polquemignon (Brassy)

12h30
pique-nique sorti du sac (apportez ce que vous aimez!)

15h
concert : quatuor vocal Aesthesis : Camille Chopin, CĂ©leste Lejeune,
Abel Zamora, Jonas Mordzinski.
Programme classique (Brahms, Mendelssohn, Saint-Saëns
),
contemporain (Cage, Leroux, Aperghis
)
et création de Jacques Rebotier
(commande Format Paysages),
BRASSY, Salle des Sports-Espace Robert Foliau
(durée 50mn)

 

Programmation à télécharger ici :
https://docs.wixstatic.com/ugd/b3369a_a174e049e6874591882cfbea1b91f1ce.pdf

TARIFS : Manifestations gratuites
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Biographies et renseignements :
www.format-paysages ou au 06 08 43 39 71

 

 

 

 

ENTRETIEN

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ENTRETIEN. Octobre 2019, dans le Parc Naturel RĂ©gional du Morvan, le festival atypique « FORMAT PAYSAGES » propose gratuitement une expĂ©rience unique qui renouvelle l’approche de la musique et des arts vivants, en associant marche artistique, concerts en salle, patrimoine vĂ©gĂ©tal et culturel, plein air et proximitĂ© avec les artistes. La surprise succĂšde Ă  l’insolite ; la dĂ©couverte Ă  la rĂ©vĂ©lation
 Les artistes sont inspirĂ©s par la Nature ; les spectateurs cultivent leur imaginaire. C’est Ă  BRASSY les 12 et 13 octobre 2019. Entretien avec les crĂ©ateurs de ce week end pas comme les autres, Jean-Michel Lejeune et VĂ©ronique Verstraete.

 

 

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CNC : Jean-Michel Lejeune et VĂ©ronique Verstraete, pouvez-vous nous prĂ©ciser quels sont les objectifs de cet Ă©vĂ©nement, crĂ©Ă© l’an passĂ© ?

 

En deux mots, nous proposons des promenades en pleine nature, qui permettent de croiser des Ɠuvres d’art contemporain et d’assister Ă  des concerts et des spectacles d’une douzaine de minutes. Nous invitons des artistes pour lesquels la relation Ă  la nature ou au paysage constitue, de façon constante ou plus ponctuellement, l’un des enjeux du travail. Naissent ainsi des crĂ©ations singuliĂšres : cette annĂ©e la crĂ©ation de Guillaume JĂ©zy et JĂ©rĂ©my Knez Ă  la Cascade du Paradis, la danse de Louis Macqueron mise en musique par Jacques Di Donato, dans le filet d’eau du ruisseau, les invraisemblables cris d’Isabelle Duthoit
 Accessibles Ă  tous les publics, ces moments insolites font naĂźtre de nouvelles perceptions du paysage. La nature n’est plus seulement l’idĂ©al Ă  vĂ©nĂ©rer. Elle nourrit la pensĂ©e du crĂ©ateur, l’imaginaire du spectateur, suggĂ©rant des performances et des Ɠuvres d’un nouveau type.

 

 

 

 

CNC : Que vit le public au cours de ce week-end Format Paysages ?

 

Au-delĂ  de ces promenades en plein Parc Naturel du Morvan, d’une durĂ©e comprise en une heure trente et deux heures, le public assiste Ă  deux concerts. Le samedi, dans la charmante petite ville de Brassy, il s’agira d’un concert en trio d’une quarantaine de minutes proposant des piĂšces, Ă©crites ou improvisĂ©es, d’Isabelle Duthoit (voix, clarinette), de Jacques Di Donato (clarinette, percussions) et de Jacques Rebotier (textes, compositions, comĂ©dien). Ce concert sera suivi d’un moment d’intense convivialitĂ© avec une gĂ©niale association locale, Les Amis de Polquemignon, qui nous prĂ©parent ses spĂ©cialitĂ©s.

Le dimanche, c’est le quatuor vocal Aesthesis (Camille Chopin, CĂ©leste Lejeune, Abel Zamora et Jonas Mordzinski) qui rĂ©alise un programme classique et contemporain (Mendelsshon, Brahms, FaurĂ©, Poulenc, Cage, Leroux
) et qui crĂ©era une piĂšce commandĂ©e par Format Paysages Ă  Jacques Rebotier, Ă©crivain, compositeur, metteur en scĂšne, blagueur
 sur lequel ce week-end porte l’accent.

Le public vit des rencontres insolites avec des artistes pertinents, le plasticien Jean-Christophe Nourisson dont le travail porte pour une grande part sur la question de l’espace public ; le sonneur de cornemuse Erwan KĂ©ravec, acteur de la crĂ©ation musicale qui rĂ©invente ici totalement un instrument qui n’est connu que dans le champ des musiques traditionnelles.

 

 

 

Propos recueillis en septembre 2019

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Les 12 et 13 octobre 2019. FORMAT PAYSAGES Ă  Brassy (Morvan).
Jean-Michel Lejeune / VĂ©ronique Verstraete, direction artistique

Format Paysages : www.format-paysages.com
Une production de Cumulus

Informations / réservations : 06 08 43 43 27

 

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Remerciements 

 

 

 
L’ Europe – Programme LEADER, via le Parc Naturel RĂ©gional du Morvan
La Commune de Brassy
La Fondation Coupleux-Lassalle, sous l’égide de la Fondation de France
La SACEM
Le MinistÚre de la Culture et de la Communication, Direction Régionale des Affaires Culturelles Bourgogne Franche-Comté
Le Conseil Régional de Bourgogne Franche-Comté
Le Conseil DĂ©partemental de la NiĂšvre
Le Fonds Charlois pour l’art et la forĂȘt
Le Parc Naturel RĂ©gional du Morvan
 
Classique News, RCF NiĂšvre, Le Journal du Centre, Radio Morvan
 

 

 

 

 

 

 

Cd critique. ANAMORFOSI : Allegri, Marazzoli, Monteverdi (Le PoĂšme Harmonique, juin 2018 – 1 cd ALPHA)

POEME-HARMONIQUE-ANAMORFOSI-allegri-monteverdi-marazzolli-mazzochi-cd-review-critique-cd-classiquenews-vincent-dumestreCd critique. ANAMORFOSI : Allegri, Marazzoli, Monteverdi (Le PoĂšme Harmonique, juin 2018 – 1 cd ALPHA) – Au carrefour du profane et du sacrĂ©, se dĂ©veloppe une mĂȘme musique, constante et touchante par ses aspĂ©ritĂ©s passionnelles. En hymnes sacrĂ©s ou en vers madrigalesques, l’écriture musicale ne varie pas, mais elle modifie son sens selon les paroles associĂ©es : il n’y a donc pas de « mĂ©tamorphoses » comme nous l’explique le PoĂšme Harmonique qui du reste nous parle aussi d’anamorphoses (le titre du cd : intitulĂ© plus adaptĂ© Ă  ce dont il est question : une mĂȘme chose dont l’aspect varie selon le point de vue) ; tout du moins, il s’agit ici d’un changement de paroles, donc superficiel ; un changement d’enveloppe (linguistique) ; les vertiges de la musique eux sont toujours invariables, constants. « Vers 1630 en Italie, un voyageur franchit le seuil d’une Ă©glise. Double vertige ! Tandis que l’Ɠil se perd dans la profusion baroque, l’oreille croit rĂȘver. Quels sont ces bruits de bataille, ces plaintes amoureuses, ces disputes thĂ©Ăątrales qui ont remplacĂ© les cantiques ? » Ainsi est rĂ©sumĂ© le prĂ©texte de ce nouveau programme que l’ensemble de Vincent Dumestre a dĂ©jĂ  Ă©prouvĂ© en concert. A quelques pertes de tension prĂšs et de faiblesses (bien anecdotique) dans le parcours musical, nous tenons lĂ  un cycle de perles baroques captivant, oĂč brillent surtout les jeunes voix actuelles, la soprano DĂ©borah Cachet en tĂȘte, voix aux fulgurances naturelles et sincĂšres, irrĂ©sistible. Dramatiques et introspectives, articulĂ©es et flexibles.

Tout commence par une version assez dĂ©concertante du Misere d’Allegri, en plusieurs sĂ©quences chorales, homorythmiques, d’un piĂ©tisme et dolorisme retenue, parfois tendu, d’un expressionnisme bien contorsionnĂ© (dissonances harmoniques manifestes au point crucial du texte). Retour aux sources soit, mais rĂ©fĂ©rence Ă  une pratique (d’époque?) quand mĂȘme, surornementĂ©e, Ă  la limite de l’indigestion ; avec des variations trĂšs Ă©loignĂ©es de ce que nous connaissons. LĂ  est bien la mĂ©tamorphose par contre, qui modifie considĂ©rablement le parcours mĂȘme du texte, empruntant selon l’improvisation des chanteurs compositeurs improvisateurs, des circonvolutions qui demeurent caprices d’interprĂštes. A chacun de juger. Pas sĂ»r qu’Allegri eĂ»t apprĂ©ciĂ© telle relecture de son texte originel. Serait-ce pour mieux troubler l’humble auditeur, frappĂ© par la recueillement des chanteurs ? Les mĂ©lismes dans l’aigu expriment un mal ĂȘtre, une douleur infinie, jamais apaisĂ©e et tendue.
Des passions (trop) contenues, que libĂšre autrement le choix des piĂšces qui suivent. Anamorfosi : le titre souligne combien une mĂȘme musique dans le cas de Monteverdi par exemple ou Luigi Rossi peut sonner diffĂ©remment, si l’on change uniquement les paroles. Du profane au sacrĂ©, la mĂȘme intensitĂ© passionnelle s’y dĂ©ploie, avec une sincĂ©ritĂ© Ă©gale.

Dans le Rossi («  Un allato messagier »), la mezzo Eva Zaïcik déroule une belle voix mais au relief linguistique trop lisse sur la durée. Pas assez de contrastes, de verbe mordant. Là encore une langueur douloureuse et insatisfaite. Le tempérament guerrier qui rappelle le Combattimento de Monteverdi, met du temps à chauffer (pour exprimer la douleur de Madeleine).

Justement dans « Si Dolce ù’l martire » (de l’inestimable Monteverdi) :  DĂ©borah Cachet Ă©claire l’angĂ©lisme et la tendresse de l’air MontĂ©verdien ; l’incandescence et l’effusion d’une priĂšre qui pleure JĂ©sus (« mio GesĂč » rĂ©pĂ©tĂ© en scansion) ; tĂ©moignage d’une fervente saisie, touchĂ©e, brĂ»lĂ©e par le Fils ; l’ardeur et l’expressivitĂ© mordante, qui fusionne flexibilitĂ© et brĂ»lures du texte, commentĂ©es ensuite par le violon solo : l’acte de compassion, ce don d’une Ăąme mystique Ă  JĂ©sus, incarnĂ©, dĂ©fendu de façon aussi presque guerriĂšre – transe amoureuse et langueur dĂ©vorante, par le soprano dĂ©licat mais puissant de DĂ©borah Cachet, est assurĂ©ment l’acmĂ© de ce programme. Entre voluptĂ© et mysticisme, la soprano rĂ©ussit une remarquable incarnation de la foi baroque.

Profane ou sacrée, la lyre du premier Baroque Italien
s’embrase grĂące au soprano de DĂ©borah Cachet


On se dĂ©lecte tout autant des dĂ©nuement et langueur des pĂ©nitents dĂ©munis dans les somptueuses priĂšres de Domenico Mazzochi (sur la vie brĂšve) puis de Marco Marazzoli, qui semblent fondre l’esprit mordant de la commedia, et la priĂšre dolente des pĂȘcheurs saisis, soit l’équation surprenante, inouĂŻe de
 la verve dĂ©bridĂ©e et de la grĂące la plus nuancĂ©e : aucun doute la leçon de la voluptĂ© montĂ©verdienne est ici totalement assimilĂ©e, sublimĂ©e par deux Ă©critures proches du sublimes.
La voici, ardente, fulgurante, la ferveur romaine du premier baroque. Marco Marazzoli, gĂ©nie opĂ©ratique, succĂšde 3 duos d’un fini linguistique et poĂ©tique savoureux auquel rĂ©pond l’écrin musical, languissant, contrastĂ©, fervent, essentiellement amoureux, des instrumentistes et chanteurs. Les couples, surtout DĂ©borah Cachet et le tĂ©nor Nicholas Scott, expriment avec une rare finesse et articulation, les multiples nuances du texte (« Chi fĂ  che ritorni » : cĂ©lĂ©bration du temps de l’innocence, perdu, si fragile, fugace
) aux instants de la jeunesse prĂ©servĂ©e oĂč la vie dans sa candeur premiĂšre, dĂ©couvre l’élan du dĂ©sir, morsure et vertige du plaisir
 Preuve est encore faite de l’absolu gĂ©nie de Marazzoli.

CLIC D'OR macaron 200Puis, le programme des afflictions sacrĂ©es, se poursuit avec les larmes de Marie au sĂ©pulcre (Monteverdi : « Maria quid ploras »), belle Ă©loquence linguistique oĂč chaque voix pĂšse, articule, nuance l’élan collectif. MĂȘme expressivitĂ© caractĂ©risĂ©e et dans une ampleur suave et flexible dans le dernier Ă©pisode collectif, « Pascha concelebranda », priĂšre Ă  plusieurs qui captive par la diversitĂ© des effets et des nuances expressives du chant, entre drame profane, cantate sacrĂ©e, dramma opĂ©ratique
 tout en louant JĂ©sus et le miracle final de sa RĂ©surrection, les voix rĂ©alisent une crĂšche vivante et naturelle ; un thĂ©Ăątre sincĂšre immĂ©diatement Ă©mouvant. L’élĂ©gance du geste, la fine sensualitĂ© qui cisĂšle chaque arĂȘte du verbe, et qui fonde ici l’idĂ©e d’une conversation continue, accrĂ©ditent davantage la complicitĂ© des solistes ici rĂ©unis, serviteurs du gĂ©nie montĂ©verdien. Le verbe se fait action et geste. Chant et musique, caresses tendres et dĂ©licieuses priĂšres. On se croirait revenu au temps des pionniers baroques, Ă  l’époque oĂč Christie et Harnoncourt dĂ©couvraient les mondes du premier baroque italien. Exaltant. Superbe programme. Donc CLIC de CLASSIQUENEWS

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Cd critique. ANAMORFOSI : Allegri, Marazzoli, Monteverdi (Le PoĂšme Harmonique, juin 2018 – 1 cd ALPHA)

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Video
https://www.youtube.com/watch?v=q5RlIa6hSFg
ALLEGRI & MONTEVERDI: ANAMORFOSI, Le PoĂšme Harmonique & Vincent Dumestre

Release date → September 2019  -  Stream//Download//Buy → https://lnk.to/AnamorfosiID

Allegri’s Miserere, its heartbreaking harmonies, its verses alternately cha…

ALLEGRI & MONTEVERDI: ANAMORFOSI par Le PoĂšme Harmonique & Vincent Dumestre (EPK)

FESTIVAL BACH de TOUL

TOUL-festival-Bach-annonce-concerts-festival-presentation-BACH-A-TOUL-2019-classiquenewsTOUL, Festival BACH : 1er, 7, 8, 15, 22 sept 2019. Reprise dynamique du Festival BACH de TOUL, avec 4 nouveaux programmes (les dimanches) particuliĂšrement fĂ©dĂ©rateur et festif, qui pĂ©rennisent toujours l’actualitĂ© de la musique de Jean-SĂ©bastien. GrĂące Ă  l’initiative de l’organiste Pascal Vigneron (auteur d’une rĂ©cente intĂ©grale des Variations Goldberg), dĂ©but le dim 1er sept en la cathĂ©drale Saint-Etienne (Ɠuvre pour orgue avec la classe d’Orgue de la Musikhochschule de Stuttgart), puis le sam 7 et dim 8 sept : intĂ©grale du clavier bien tempĂ©rĂ© au clavecin, au piano, Ă  l’orgue (avec Pieter-Jan Belder, Clavecin – Dimitri Vassilakis, Piano – Pascal Vigneron, Orgue) ; le 15 sept concert exceptionnel avec Richard Gallianno, accordĂ©on, puis le 22 sept : Bach et HĂŠndel – Concertos pour orgue – Transcriptions de Marcel DuprĂ© – Jean Paul Imbert, orgue. Et bien d’autres concerts, Ă©vĂ©nements et actions pĂ©dagogiques Ă  suivre en octobre 2019

 

 

 

 

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VOIR le dĂ©tail des programmes et notre prĂ©sentation du Festival BACH de TOUL qui a lieu toute l’annĂ©e, jusqu’au 12 octobre 2019 (13 concerts Ă©vĂ©nements)

http://www.classiquenews.com/toul-festival-bach-classe-dorgue-du-cnsmd-lyon-14-juil-15h/

 

 

 

 

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LIRE aussi notre entretien avec PASCAL VIGNERON, organiste, directeur artistique du Festival BACH de TOUL 

vigneron-pascal-organiste-festival-BACH-TOULPASCAL VIGNERON : “La lĂ©gitimitĂ© du festival s’est imposĂ©e petit Ă  petit, grĂące notamment Ă  la prĂ©sence du Grand Orgue Curt Schwenkedel construit en 1963. C’est un instrument nĂ©o-baroque, dĂ©diĂ© Ă  la musique ancienne, avec une ouverture contemporaine sur le troisiĂšme clavier. C’est le plus grand opus de Curt Schwenkedel, et lorsqu’il fut construit, c’était un vĂ©ritable pari sur l’avenir. Nous l’avons entiĂšrement remis Ă  jour, grĂące au concerts de Maitre Yves Koenig, qui a compris d’emblĂ©e l’intĂ©rĂȘt d’un instrument de cette taille pour l’interprĂ©tation de l’oeuvre d’orgue de Johann Sebastian Bach. Michel Giroud, qui fut apprenti de Curt Schwenkedel apporta un concours inestimable par ses conseils.” (extrait)

 

 

 

 

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TOUTES LES INFOS et les modalités pratiques pour se rendre aux concerts, événements, exposition du 10Ú Festival JS BACH de TOUL sur le site du Festival Bach de TOUL

 

https://www.toul.fr/?festival-bach-2019-10-ans

 

BACH festival TOUL festival BACH de toul annonce presentation programme par classiquenews

 

 

 

 

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Téléchargez la brochure du 10Ú Festival BACH de TOUL

 

https://www.toul.fr/IMG/pdf/livret_bach_2019-web.pdf

TOUL-festival-Bach-annonce-concerts-festival-presentation-BACH-A-TOUL-2019-classiquenews

 
 

METZ, cité musical : David REILAND joue BERLIOZ

reiland-david-chef-maaestro-orchestre-national-de-metz-critique-concert-critique-opera-classiquenewsMETZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metzMETZ, Arsenal. Le 13 sept 19 : Mozart, Berlioz. D. Reiland. Concert symphonique d’ouverture de la nouvelle saison 2019 2020. L’orchestre maison ouvre le grand bal musical de sa nouvelle saison 2019 2020 : sous la direction du chef David Reiland, nouveau directeur musical in loco, le programme promet d’ĂȘtre Ă  la fois gĂ©nĂ©reux et orchestralement passionnant. En septembre 2019, Metz est ainsi Ă  la fĂȘte, grĂące au premier concert symphonique de septembre. Au programme, grand bain orchestral avec le dernier MOZART, virtuose de l’écriture orchestrale et d’une furieuse invention dans un triptyque ultime que les plus grands chefs ont pris soin d’aborder avec la profondeur et l’énergie requise et dont David Reiland nous propose le volet final, la Symphonie n°41 dite « Jupiter » : vĂ©ritable manifeste de l’éloquence et de la souverainetĂ© orchestrale, traversĂ© dĂšs son premier mouvement par un feu romantique irrĂ©sistible. A cette source, s’abreuve Beethoven, l’inventeur de l’orchestre romantique avec MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsBerlioz. ApothĂ©ose conclusive, le dernier morceau fuguĂ©, lumineux et victorieux, semble synthĂ©tiser tout ce que vĂ©hicule l’esprit des LumiĂšres. Mais le directeur musical du National de METZ cĂ©lĂšbre aussi, aux cĂŽtĂ©s de Mozart, l’annĂ©e BERLIOZ 2019 : il nous rĂ©serve une nouvelle lecture de sa Symphonie avec alto, « Harold en Italie » de 1834. Berlioz , jamais en reste d’une nouvelle forme, y rĂ©invente le plan symphonique avec instrument obligĂ©. Dans Harold, il prolonge de nombreuses innovations inaugurĂ©es dans la Symphonie Fantastique de 1830, mais s’intĂ©resse surtout Ă  redĂ©finir la relation entre l’instrument soliste et la masse de l’orchestre : pas vraiment dialogue, ni confrontation ; en rĂ©alitĂ©, c’est une approche « picturale », l’alto apportant sa couleur spĂ©cifique dans la riche texture orchestrale, fusionnant avec elle, ou se superposant Ă  elle
 Comme toujours chez Berlioz, l’écriture symphonique sert un projet vaste et poĂ©tique, oĂč l’écriture repousse toujours plus loin les limites et les ressources de l’orchestre monde. Concert Ă©vĂ©nement.

 

 

A Metz, pour ouvrir la saison 2019 2020 de la Cité Musicale, David Reiland dirige le National de Metz dans un programme ambitieux, réjouissant : MOZART / BERLIOZ

 

METZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metz

 

 

 

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METZ Arsenal, grande salleboutonreservation
vendredi 13 septembre 2019, 20h
Concert symphonique d’ouverture
nouvelle saison 2019 2020
1h15 + entracte

Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie n°41 (Jupiter)
Hector Berlioz : Harold en Italie

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/concert-ouverture-de-saison_1

 
 

 

 

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HAROLD en ITALIE (1834)
berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsRien dans la vie de Berlioz n’égale le dĂ©ferlement de flux passionnel Ă  l’évocation de son sĂ©jour italien, liĂ© Ă  l’obtention du Prix de Rome en 1830. En marque l’accomplissement rĂ©volutionnaire, la Symphonie Fantastique, manifeste Ă©loquent de la rĂ©forme entreprise par Hector au sein de son orchestre laboratoire. Tout autant exaltĂ©es, les annĂ©es qui suivent ses fiançailles avec la belle aimĂ©e, l’actrice Harriet Smithson (octobre 1833). MĂȘme si la comĂ©dienne adulĂ©e dans Shakespeare lui apporte son lot de dettes, le couple connaĂźt de premiĂšres annĂ©es bĂ©nies, comme l’affirme la naissance de leur seul fils, Louis. Le jeune pĂšre compose alors une partition dĂ©lirante, voire autobiographique (comme pouvait l’ĂȘtre l’argument de la Fantastique) mais ici avec un instrument obligĂ©, l’alto. PressĂ© par Paganini, Berlioz Ă©crit une symphonie avec alto, quand il lui Ă©tait demandĂ© au prĂ©alable un concerto pour alto. Ainsi s’impose le gĂ©nie expĂ©rimental de Berlioz : toujours repousser les limites du champs instrumental dans une forme orchestrale toujours mouvante. Hector s’inspire du hĂ©ros de Byron, Childe Harold, ĂȘtre fantasque, rĂȘveur, mĂ©lancolique, toujours insatisfait
 le double de Berlioz ? DĂ©couvrant la partition inclassable, Paganini s’étonne et déçu, dĂ©clare : je n’y joue pas assez. Finalement c’est le virtuose ChrĂ©tien Uhran qui crĂ©e l’oeuvre nouvelle le 23 nov 1834 au Conservatoire de Paris. En 4 parties, le programme rĂ©pond Ă  l’imaginaire berliozien qui inscrit toujours le hĂ©ros messianique, seul, fier, face au destin ou Ă  la force des Ă©lĂ©ments ou des paysages


1 – Harold aux montagnes, scĂšne de mĂ©lancolie, de bonheur et de joie (adagio – allegro) – souvenirs de Berlioz de ses promenades dans les Abruzzes Ă  l’époque de son sĂ©jour romain : traitement insolite, la partie d el’alto qui surgit ou se glisse dans la masse orchestral, s’y superpose ou fusionne, mais ne dialogue jamais selon le principe du concerto. Berlioz agit comme un peintre
2 – Marche des pĂšlerins chantant la priĂšre du soir (allegretto) / souvenir des pĂšlerins italiens aperçus Ă  Subiaco. Berlioz y exprime la souffrance des pĂ©nitents marcheurs, forcenĂ©s (rĂ©pĂ©tition de segments monotaunes de 8 mesures)
3 – SĂ©rĂ©nade d’un montagnard des Abruzzes Ă  sa maĂźtresse / Allegro assai – allegretto : le cor anglais s’empare de la mĂ©lodie simple et amoureuse
4 – orgie de brigands, souvenirs / aucun dĂ©veloppement symphonique chez Berlioz ne peut s’achever sans un dĂ©lire sensuel dĂ©braillĂ©, Ă  la fois autoritaire et ivre (comme plus tard Ravel) / Allegro frenetico : la force rythmique trĂ©pigne, entraĂźnant l’alto qui est saisi d’un haut le cƓur face Ă  la sauvagerie libĂ©rĂ©e (Berlioz prĂ©cise ici « l’on rit, boit, frappe, brise, tue et viole »). Rien de moins.
La crĂ©ation suscite un vif succĂšs. Mais Berlioz Ă©ternel frustrĂ©, dĂ©sespĂšre de n’attirer plus de foule. Mais compensation, il devient critique musical responsable de la chronique musicale dans le Journal des DĂ©bats, Ă  la demande du directeur, Louis-François Bertin (portraiturĂ© par Ingres). S’il n’est Ă©coutĂ© par le plus grand nombre, il sera lu par un lectorat mĂ©lomane, choisi et curieux.

 

 

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reiland david face vignette maestro classiquenewsDAVID REILAND, directeur musical de l’Orchestre National de Metz
 Chef belge (nĂ© Ă  Bastogne), David Reiland fait partie des baguettes passionnantes Ă  suivre tant son travail avec les musiciens d’orchestre renouvellent souvent l’approche du rĂ©pertoire. Chaque session en concert apporte son lot d’ivresse, de dĂ©passement, de rĂ©lĂ©vations aussi pour le public. Dans son cas, l’idĂ©al et le perfectionnisme constants portent une activitĂ© jamais neutre, une intention sensible qui fait parler la musique et chanter les textes
 Metz a le bĂ©nĂ©fice de ce tempĂ©rament enthousiasmant dont la nouvelle saison 2019 – 2020 devrait davantage dĂ©voiler la valeur de son travail avec l’Orchestre National de Metz dont il est directeur musical depuis 2018.
Il aime exprimer l’ñme, le souffle de la musique en un geste habitĂ©, qui se fait l’expression d’un contact physique avec la matiĂšre sonore qu’il rend franche ou soyeuse, Ăąpre ou onctueuse, toujours passionnĂ©ment expressive Ă  l’adresse du public.

reiland david-reiland-2-412x332FormĂ© Ă  Bruxelles, Paris, puis au Mozarteum de Salzbourg, en poste au Luxembourg et maintenant Ă  Metz, David Reiland a su affirmer une belle Ă©nergie qui prend en compte le formidable outil qu’est la salle de concert de l’Arsenal de Metz ; son acoustique cultive la transparence qui convient idĂ©alement Ă  son agencement architecturale intĂ©rieure : dans cet Ă©crin Ă  l’élĂ©gance nĂ©oclassique, Le chef Ă  Metz entend dĂ©fendre le rĂ©pertoire du XVIIIĂš musique (Mozart et Haydn), mais aussi la musique romantique française, afin de sĂ©duire et fidĂ©liser tous les publics (surtout ceux toujours frileux Ă  l’idĂ©e de pousser les portes de l’institution pour y ressentir l’expĂ©rience orchestrale).
David Reiland dirigeait dĂ©jĂ  l’Orchestre messin dans la Symphonie n°40 de Mozart en 2015


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GSTAAD MENUHIN FESTIVAL : Ute Lemper chante Weill, Piaf, Brel… sam 10 aoĂ»t 2019

gstaad-menuhin-festival-2019-PARIS-annonce-prĂ©sentation-classiquenews-582GSTAAD DIGITAL FESTIVAL : rĂ©cital Ute Lemper, sam 10 aoĂ»t 2019. A 19h30, dans l’église de Saanen, lieu emblĂ©matique du Festival, la chanteuse sĂ©ductrice, suave, provocante, Ute Lemper interprĂšte « Cabaret & chansons » avec son orchestre (violon, basse, piano et bandonĂ©on). Le programme revisite la poĂ©sie parfois glaçante du duo Weill / Brecht, mais aussi les classiques de la chanson française et l’esprit de Paris, avec une sĂ©lection de chansons de la mĂȘme Piaf et de Jacques Brel

LIRE la présentation sur le site du GSTAAD MENUHIN FESTIVAL
https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/programme-and-location/concerts-2019/gala-today-s-music-10-08-19

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InterprĂšte inspirĂ©e des chansons cabaret mordantes et sensuelles, conçu dans la premiĂšre moitiĂ© du XXĂš par le tandem Brecht-Weill, la chanteuse Ute Lemper ressuscite avec subtilitĂ© la figure lĂ©gendaire de leur crĂ©atrice, Lotte Lenya. Devenue icĂŽne Ă  son tour, grĂące Ă  ses succĂšs scĂ©niques et cinĂ©matographiques, Ute Lemper ajoute Ă  Saanen, et dans la programmation du Festival de Gstaad, une couleur et une saveur spĂ©cifiques. Paris Ă©tant Ă  l’honneur cet Ă©tĂ©, Ute Lemper chante Weill mais aussi Piaf, Brel, FerrĂ© et Gainsbourg, quelques-uns des plus grands noms de la chanson française. Chansons d’Edith Piaf («Elle frĂ©quentait la rue Pigalle», «L’AccordĂ©oniste», «Milord»), Jacques Brel («Amsterdam», «Ne me quitte pas»), LĂ©o FerrĂ©, Serge Gainsbourg et Kurt Weill.

RECITAL Ă  suivre en direct sur le site du GSTAAD MENUHIN FESTIVAL :
https://www.gstaaddigitalfestival.ch

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PrĂ©sentation du rĂ©cital d’Ute Lemper au GSTAAD MENUHIN FESTIVAL 2019 :

WEILL
. Issu d’une famille juive de vieille souche rurale allemande, Kurt Weill cultive le goĂ»t du thĂ©Ăątre lyrique grĂące Ă  son professeur Ferruccio Busoni ; dans le Berlin cosmopolite, avant-gardiste des annĂ©es 1920, il rĂ©invente la forme thĂ©Ăątrale et musicale avec l’homme de thĂ©Ăątre Bertolt Brecht. La scĂšne tend le miroir d’une sociĂ©tĂ© sauvage et corrompue ; parodique, cynique, ironique (de style cabaret grinçant) et souvent onirique, Ă  la fois dĂ©sespĂ©rĂ©e et tendre aussi, l’opĂ©ra selon Kurt Weill renouvelle le genre en rĂ©tablissant l’étroite relation entre opĂ©ra et sociĂ©tĂ©. Weill et Brecht sont des pacifistes sont des pacifistes convaincus ; ils tentent de dĂ©noncer l’horreur Ă  venir de la barbarie nazie, en vain. Mi cabaret, mi sĂ©rieux: le genre thĂ©Ăątral qui Ă©coule de leur riche coopĂ©ration est appelĂ© « Zeitoper ». Grandeur et dĂ©cadence de la ville de Mahagony en 1927, suivi en 1928, de l’OpĂ©ra de quat’sous, sont les plus grands succĂšs thĂ©Ăątraux de l’éphĂ©mĂšre RĂ©publique de Weimar. Les mĂ©lodies de Weill ont ce parfum fascinant d’un monde maudit qui croit encore Ă  sa rĂ©demption.

PIAF
. Edith Giovanna Gassion, enfant pauvre des quartiers populaires de Paris est dĂ©couverte Ă  l’automne 1935 par Louis LeplĂ©e, gĂ©rant d’un cabaret des Champs-ElysĂ©es ; face Ă  sa silhouette fragile mais sa voix d’airain, il ne tarde pas Ă  lui trouver un nom de scĂšne : «la mĂŽme piaf». CĂ©lĂšbre, Piaf lancera Charles Aznavour ou Georges Moustaki. Parmi ses tubes inusables demeurent : « Mon amant de Saint-Jean, La vie en rose, Hymne Ă  l’amour, Padam, Rien de rien, La foule, Milord, Non, je ne regrette rien  », autant d’airs devenus Ă©ternels, souvent repris, mais jamais Ă©galĂ©s depuis leur crĂ©ation par Piaf.

BREL
.Autre icĂŽne de la chanson française, le Belge Jacques Brel qui fut un formidable auteur-compositeur, acteur-interprĂšte de ses propres chansons, rapidement entrĂ©es dans la lĂ©gende, et qui inspirent d’autres crĂ©ateurs tels David Bowie, Mort Shuman, Leonard Cohen, mais aussi les chanteurs Ray Charles, Frank Sinatra, Nina Simone  « Quand on n’a que l’amour, Ne me quitte pas, Amsterdam, Les Vieux  » sont devenus cultes et lĂ©gendaires.

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Prochain Live streaming du GSTAAD MENHIN FESTIVAL 2019 :

26 août 2019 : SCHUBERT IN BAD GASTEIN : Le pianiste Francesco Piemontesi brille avec la 17e Sonate.  https://www.gstaaddigitalfestival.ch

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A VOIR aussi au GSTAAD MENUHIN FESTIVAL. Il se passe toujours un Ă©vĂ©nement Ă  Gstaad l’étĂ©. EXPOSITION «80 ANS DE  BARTÓK À SAANEN» 
 AU KLEINES LANDHAUS À SAANEN ET SOUS LA TENTE DU FESTIVAL .
BĂ©la BartĂłk a sĂ©journĂ© Ă  Saanen en aoĂ»t 1939 et y a composĂ© en un temps trĂšs court son Divertimento pour orchestre Ă  cordes, sa troisiĂšme commande de Paul Sacher. Le chef et mĂ©cĂšne bĂąlois a mis Ă  sa disposition le Chalet Aellen, et le compositeur s’est exĂ©cutĂ© en deux semaines seulement; la politique d’émigration alors en vigueur l’a ensuite obligĂ© Ă  quitter l’Oberland bernois comme un fugitif. L’exposition prĂ©sentĂ©e par le GSTAAD MENUHIN FESTIVAL 2019 retrace ce sĂ©jour Ă  Saanen et l’amitiĂ© entre BartĂłk et Sacher au travers de documents issus des collections de la Fondation Paul Sacher.

AGENDA
 Dimanche 11 aoĂ»t 2019 : 16 h30 Vernissage de l’exposition au Kleines Landhaus Ă  Saanen avec introduction par Dr. Felix Meyer, directeur de la Fondation Paul Sacher de BĂąle, suivi d’un apĂ©ritif.
12–15 aoĂ»t 2019 : L’exposition au Kleines Landhaus Ă  Saanen est ouverte tous les jours de 16 h Ă  19 h, entrĂ©e libre.
16 aoĂ»t – 6 septembre 2019 : DĂšs le 16 aoĂ»t, l’exposition se dĂ©place sous la tente du Festival de Gstaad et est visible les soirs de concert.

CD, Ă©vĂ©nement, annonce. MOZART : Die Zauberflöte (NĂ©zet-SĂ©guin, 2018 – Deutsche Grammophon)

MOZART FLUTE zauberflote nezet seguin villazon muhlemann selig vogt critique cd critique opera review opera classiquenews concert maestro opera festival deutsche grammophon_02894836400-CvrCD, Ă©vĂ©nement, annonce. MOZART : Die Zauberflöte (NĂ©zet-SĂ©guin, 2018 – Deutsche Grammophon). Poursuite du cycle Mozart par le chef quĂ©bĂ©cois Yannick NĂ©zet-SĂ©guin chaque Ă©tĂ© en version de concert Ă  Baden-Baden
 aprĂšs Les Nozze di Figaro, Cosi fan tutte, Don Giovanni, L’EnlĂšvement au sĂ©rail
 voici l’ultime opĂ©ra de Mozart, son chef d’oeuvre inspirĂ© par l’idĂ©al maçonnique et l’esprit des LumiĂšres, la FlĂ»te enchantĂ©e, composĂ©e et crĂ©e l’annĂ©e de sa mort : 1791, Ă  la fois conte initiatique et formidable lĂ©gende populaire. Mozart y rĂ©invente aussi l’opĂ©ra en allemand (et non plus en italien).
Le nouveau coffret Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon prĂ©sente la production jouĂ©e en version de concert Ă  l’étĂ© 2018 Ă  Baden Baden. DĂ©jĂ  prĂ©sents dans les prĂ©cĂ©dents coffrets de ce cycle Mozart : Franz-Josef Selig (Osmin de l’EnlĂšvement au sĂ©rail), Paul Schweinester (Pedrillo de l’EnlĂšvement au sĂ©rail)
 Rolando Villazon est prĂ©sent dans chaque production depuis le dĂ©but du cycle

CLIC_macaron_2014Avec le tĂ©nor Klaus Florian Vogt (Tamino) ; Christiane Karg (Pamina) ; Albina Shagimuratova (La Reine de la nuit) ; Franz-Josef Selig (Sarastro) ; Paul Schweinester, Monostatos ; Regula MĂŒhlemann (Papagena) et Rolando Villazon (Papageno)
 RIAS Kammerchor / Chamber Orchestra of Europe / Yannik NĂ©zet-SĂ©guin. Grande critique Ă  venir dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com : probable CLIC de CLASSIQUENEWS de l’étĂ© 2019. Sortie annoncĂ©e : 2 aoĂ»t 2019.

VOSGES DU SUD : 26Ăš Festival MUSIQUE & MÉMOIRE (19 juillet – 4 aoĂ»t) : WEEK END 1 (19, 20 et 21 juillet 2019)

musique-et-memoire-festival-2019-annonce-programmation-concert-opera-festival-concerts-annonce-critiques-classiquenewsVosges du Sud, 26Ăš FESTIVAL MUSIQUE ET MEMOIRE : 19 juillet – 4 aoĂ»t 2019. C’est le festival estival le plus original et le plus passionnant au nord de la Loire (ils ne sont pas nombreux et d’autant plus mĂ©ritants) et dans le grand Est, en Franche-ComtĂ© ou dans les VOSGES DU SUD plus prĂ©cisĂ©ment. Inscrit dans le territoires des 1000 Ă©tangs, un paradis mĂ©connu accordant forĂȘts Ă©ternelles et musique classique, en une Ă©quation inoubliable. Depuis ses dĂ©buts, le Festival Musique et MĂ©moire sait dĂ©velopper l’audace et la fidĂ©litĂ©, rĂ©servant aux ensembles les plus engagĂ©s, une rĂ©sidence de 3 annĂ©es pour approfondir un geste musical, affiner l’interprĂ©tation d’un rĂ©pertoire ou d’un compositeur, ciseler le travail chambriste, l’écoute et l’expĂ©rimentation entre musiciens, et surtout le partage Ă  l’adresse du public, heureux de suivre l’élaboration des programmes (rĂ©pĂ©titions ouvertes au public), stimulĂ© Ă  repĂ©rer ainsi la maturation des sensibilitĂ©s. L’édition 2019 de Musique et MĂ©moire rĂ©pond  avec dĂ©lices et souvent de maniĂšre surprenante aux attentes du public. Car l’esprit de dĂ©couverte et la curiositĂ© sont toujours lĂ , intactes et prĂ©servĂ©es aprĂšs plus de 25 annĂ©es de programmation.

 

 

Musique et Mémoire 2019 se déroule ainsi autour de 3 WEEK ENDS : 20-21 puis 27-28 juillet, enfin 3-4 août 2019 : une occasion idéale pour organiser votre séjour en Franche-Comté.

 

 

 

 

 

WEEK END 1 : 19, 20 et 21 juillet 2019

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1 – VENDREDI 19 JUILLET 2019

 

Concert d’ouverture de la Fenice avec un programme haut en couleursmonteverdi claudio portrait
COURONNEMENTS A VENISE / Incoronazione a Venezia
Messe de couronnement dans la Venise des Doges (Ven 19 juillet, Eglise St-martin de Lure, 21h). Ensemble La Fenice, Jean Tubéry.
Musiques des Gabrieli et de Monteverdi à Venise en 1615

A 17h, répétition ouverte au public

  

 
2 – SAMEDI 20 JUILLET 2019

SUBLIME ORGUE DE GRANDVILLARSCollaboration Jean-Charles Ablitzer (orgue) / Vox Luminis pour une valorisation du merveilleux orgue espagnol de Grandvillars / SOL Y SOMBRA (soleil et ombre) : un programme en clair obscur, aux contrastes caravagesques, l’orgue de Jean-Charles Ablitzer et les voix Ă©thĂ©rĂ©es, allusives, magiciennes de l’ensemble Vox Luminis (Lionel Meunier, direction), dĂ©jĂ  invitĂ© au Festival l’an dernier (Eglise St-Martin de Grandvillars, sam 20 juillet, 18h et 21h). Musiques de Victoria et Arauxo.

  

 
3 – DIMANCHE 21 JUILLET 2019

3 programmes vous donnent rv en ce dimanche estival : 11h et 14h30, Les Oiseaux et nous par l’ensemble Artifices Ă  l’Ă©comusĂ©e du Pays de la Cerise Ă  Fougerolles. Puis ans l’Ă©glise Saint-Jean Baptiste de CORRAVILLERS, Ă  17h30, les mĂȘmes Artifices jouent couleurs et accents, postures et caractĂšres du “Carnaval des oiseaux“…

 

  

 

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Toutes les infos, les modalités de réservations
sur le site du festival MUSIQUE & MEMOIRE 2019 :

https://musetmemoire.com

musique et memoire festival 2019 programmation annonce critique coup de coeur temps forts festivals musique classique classiquenews

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PROCHAINS CONCERTS : WEEK END 2 ET 3

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3 – VENDREDI 26 et SAMEDI 27 JUILLET 2019

spilmont-olivier-by-nicolas-maget-classiquenews-festival-musique-et-memoire-juillet-2017-JS-BACHPoursuite du parcours Jean-SĂ©bastien Bach par Alia Mens
Vendredi 26 et samedi 27 juillet 2019 (3Ú année de résidence).
RĂ©cital d’Olivier Spilmont, clavecin (Suites Françaises, le 26 juil, Gd Salon de l’HĂŽtel de Ville de Lure, 21h)
Labyrinthe : Cantates de Leipzig en un labyrinthe de 3 cantates, un chanteur par partie, oĂč rĂšgne, Ă©nigmatique et mystĂ©rieuse la plus doloriste et inquiĂ©tante « Meine Seufzer, meine TrĂ€nen » (Sam 27 juil, Basilique St-Pierre de Luxeuil-les-Bains, 21h)

 

 

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4 – WEEK END LES TIMBRES : 2,3,4, 5 AOÛT 2019

 

Enfin, le meilleur pour la fin, la derniĂšre annĂ©e de rĂ©sidence (2 dans l’histoire dules-timbres-portrait-noi-et-blanc-classiquenews festival, pour un campagnonage unique) du jeune ensemble envoĂ»tant LES TIMBRES, ven 2, sam 3, dim 4 aoĂ»t 2019. C’est un miracle musical de pĂ©osie chambriste et d’entente collective comme il en existe peu ailleurs. Ainsi le joyeux trio enchanteur : Yoko Kawakubo, Myriam Rignol, Julien Wolfs (violon, viole de gambe, clavecin) propose What is life (William Byrd, le ven 2 aoĂ»t, Eglise luthĂ©rienne d’HĂ©ricourt, 21h) ; Inventions Ă  2 violons (avec Maite Larburu, 2Ăš violon), et Inventions avec 2 violes de gambe (avec Pau Marcos Vicens, 2Ăš viole de gambe), Inventions Ă  4 mains (avec Marie-Anne Dachy, clavecin), puis L’art de la fugue qui rĂ©unit les 6 instrumentistes solistes, sam 3 aoĂ»t, Chapelle Saint-Martin de Faucogney, 15h.
Le dimanche 5 aoĂ»t, place aux individualitĂ©s : Suites par Myriam Rignol (11h, chƓur roman de Melisey), Sonate et Partita par Yoko Kawakubo (15h, Eglise ND de l’Assomption de ChĂąteau-Lambert), enfin Variations Goldberg pr Julien Wolfs – enfin, rĂ©union des 3 solistes des Timbres dans Sonates en trio (17h30, Eglise ND de l’Assomption de Servance).

 

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VOSGES DU SUD : le Festival Musique & MĂ©moire diffuse l'excellence au Pays des 1000 Ă©tangs

 

 


VIDEO TEASER
Ă©vasion dans les VOSGES DU SUD

https://www.youtube.com/watch?v=vW50y5VJwiY 

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MUSIQUE ET MÉMOIRE EN VIDÉO :

 

 

 

REPORTAGE VIDEO Festival Musique & Mémoire 2018 : Pour les 25 ans du Festival, Vox Luminis réalise la Messe en si de Jean-Sébastien Bach

 

REPORTAGE. JS BACH : Messe en si par VOX LUMINIS / Festival Musique et MĂ©moire 2018 from classiquenews.com on Vimeo.

 

 

 

 

 

Les éditions précédentes :

 

 

 

Festival 2013

 

Festival Musique et MĂ©moire 2013 : Les 20 ans from classiquenews.com on Vimeo.

 

 

 

 

 

Festival 2015 : Les Timbres, l’opĂ©ra dans tous ses Ă©tats

 

GRAND REPORTAGE : Festival Musique et MĂ©moire 2015 / Les Timbres from classiquenews.com on Vimeo.

 

 

 

 

Festival 2016 : Les 400 ans de FROBERGER

 

REPORTAGE. Le Festival MUSIQUE & MÉMOIRE 2016 : les 400 ans de Froberger from classiquenews.com on Vimeo.

 

 

 

 

Festival 2017 : ALIA MENS interprĂšte Cantates et Concertos de JS BACH

 

REPORTAGE, vidĂ©o. Festival MUSIQUE & MÉMOIRE : ALIA MENS joue JS BACH (juil 2017). from classiquenews.com on Vimeo.

 

 

 

 

QUEBEC, ce soir : CLASSICA 2019, DEMI-FINALE du Récital-Concours international de mélodies françaises (19h)

classica-festival-canada-logo-vignette-classiquenews-annonce-concerts-festivals-operaQUÉBEC. CLASSICA 2019, ce soir vendredi 14 juin 2019, 19h : DEMI-FINALE du RĂ©cital-Concours international de mĂ©lodies françaises Ă  Saint-Lambert (Paroisse Catholique).  Ce soir dĂ©bute le dernier volet de programmes et Ă©vĂ©nements du festival CLASSICA 2019, dont son dĂ©sormais fameux RĂ©cital-Concours international de MĂ©lodies françaises. La compĂ©tition se dĂ©roule comme un rĂ©cital en public (le vote du public est d’ailleurs partie prenante dans le calcul du palmarĂšs final). Marc Boucher, directeur gĂ©nĂ©ral et artistique de CLASSICA, étant lui-mĂȘme chanteur (baryton), a le souci (exemplaire) de la dĂ©fense du chant en français. Une initiative qui est d’autant plus justifiĂ©e que l’excellence des chanteurs français quĂ©bĂ©cois ne cesse de s’affirmer sur toutes les scĂšnes internationales, que le français fait partie de l’identitĂ© du QuĂ©bec. La nouvelle Ă©dition du RECITAL CONCOURS international de mĂ©lodies françaises (3Ăš Ă©dition en 2019 – 40 000 dollars canadiens distribuĂ©s lors de cette compĂ©tition unique) fait partie des 5 derniers Ă©vĂ©nements de CLASSICA 2019, qui ont lieu Ă  Saint-Lambert, charmante bourgade de la rive sud du Saint-Laurent qui est l’épicentre du Festival quĂ©bĂ©cois
 Cette annĂ©e, les 10 chanteurs/euses sĂ©lectionnĂ©(e)s viennent de 3 pays : Allemagne, Canada, France.

 

 

 

 

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VENDREDI 14 JUIN 2019

SAINT-LAMBERT, Paroisse catholique
41, avenue Lorne, Saint-Lambert
RECITAL-CONCOURS de Mélodies Françaises
19h : DEMI FINALE

recital concours mélodies françaises quebec saint lambert festival classicaLes 10 chanteurs et chanteuses sélectionnées présentent chacun(e), 5 mélodies française dont 1 canadienne. Dans la salle les 5 juges évaluent et distinguent les plus convaincants. Le public est invité à voter (son vote global compte pour 50% dans le palmarÚs). Au terme de cette premiÚre épreuve, 5 finalistes seront choisis pour concourir pour la FINALE, dimanche 16 juin 2019, 16h.

 

 

Les dix demi-finalistes 2019
sont par ordre alphabétique :

‱ Florence Bourget (Canada)
‱ ClĂ©mentine Decouture (France)
‱ Lila Duffy (France)
‱ Axelle Fanyo (France)
‱ Caroline GĂ©linas (Canada)
‱ Leah Gordon (Allemagne)
‱ Geoffroy Salvas (Canada)
‱ Suzanne Taffot (Canada)
‱ Ellen Weiser (Canada)
‱ Jacqueline Woodley (Canada)

 

 

 

 

 

A VENIR, 2Úme session du Récital-Concours international de mélodies françaises
présenté par le festival CLASSICA 2019 :

 

Dimanche 16 juin 2019
SAINT-LAMBERT, Paroisse catholique
41, avenue Lorne, Saint-Lambert

RECITAL-CONCOURS de Mélodies Françaises

16h : FINALE

Les 5 chanteurs et chanteuses finalistes interprĂštent un cycle de mĂ©lodies, complet. Dans la salle les 5 juges Ă©valuent et distinguent les plus convaincants. Le public est invitĂ© Ă  voter (son vote global compte pour 50% dans le palmarĂšs). Au terme de cette seconde et derniĂšre Ă©preuve seront remis l’ensemble des PRIX (valeur totale 40 000 dollars canadiens) :

Grand prix : 10 000 $ CA
2e prix : 7 500 $ CA
3e prix : 5 500 $ CA

4e prix : 3 000 $ CA
5e prix : 3 000 $ CA

6e prix : 1 000 $ CA
7e prix : 1 000 $ CA
8e prix : 1 000 $ CA
9e prix : 1 000 $ CA
10e prix : 1 000 $ CA

Prix spécial Meilleur(e) pianiste : 3 000 $ CA
Prix Meilleure mélodie canadienne : 2 000 $ CA
Prix Artiste Ă©mergent : 1 000 $ CA

 

 classica 2019 festival saint lambert canada annonce critique classiquenews

 

LIRE AUSSI notre présentation générale du Festival CLASSICA 2019
http://www.classiquenews.com/quebec-festival-classica-du-24-mai-au-16-juin-2019/

 

QUÉBEC. CLASSICA 2019, dernier WEEK END: les 14, 15 et 16 juin 2019.

classica-festival-canada-logo-vignette-classiquenews-annonce-concerts-festivals-operaQUÉBEC. CLASSICA 2019, dernier WEEK END: les 14, 15 et 16 juin 2019. Dernier volet Ă  la fois spectaculaire et riche en promesses, pour le FESTIVAL CLASSICA 2019. Le prochain week end, vendredi 15, samedi 15 et dimanche 16 juin 2019 s’annonce comme un nouveau cycle d’incontournables. Marc Boucher, directeur gĂ©nĂ©ral et artistique de CLASSICA propose un ultime « marathon » musical, qui reprend les fondamentaux de sa programmation : concert intimiste et grand bain symphonique sous les Ă©toiles (concert intitulĂ© « Francophonique »), sans omettre, Ă©tant lui-mĂȘme chanteur (baryton), dĂ©fense du chant français, Ă  travers la nouvelle Ă©dition du RECITAL CONCOURS international de mĂ©lodies françaises (3Ăš Ă©dition en 2019 – 40 000 dollars canadiens distribuĂ©s lors de cette compĂ©tition unique). Les 5 Ă©vĂ©nements ont lieu Ă  Saint-Lambert, charmante bourgade de la rive sud du Saint-Laurent qui est l’épicentre du Festival quĂ©bĂ©cois


 

 

 

 

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Les 5 RVS du dernier week end de CLASSICA 2019

Concours demi-finale, pique-nique symphonique, récital claviers en folies, Francofonique, concours finale.

 

 

 

VENDREDI 14 JUIN 2019

SAINT-LAMBERT, Paroisse catholique
41, avenue Lorne, Saint-Lambert
RECITAL-CONCOURS de Mélodies Françaises
19h : DEMI FINALE

recital concours mélodies françaises quebec saint lambert festival classicaLes 10 chanteurs et chanteuses sélectionnées présentent chacun(e), 5 mélodies française dont 1 canadienne. Dans la salle les 5 juges évaluent et distinguent les plus convaincants. Le public est invité à voter (son vote global compte pour 50% dans le palmarÚs). Au terme de cette premiÚre épreuve, 5 finalistes seront choisis pour concourir pour la FINALE, dimanche 16 juin 2019, 16h.

 

 

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SAMEDI 15 JUIN 2019

 

 

Ă  16h
SAINT-LAMBERT, Parc de La Voie Maritime
PIQUE NIQUE symphonique
Gratuit, apportez votre chaise

 

 

Ă  19h
SAINT-LAMBERT, Paroisse catholique
RĂ©cital : CLAVIERS en FOLIE !
Jean-Philippe Sylvestre, piano et Luc Beauséjour, clavecin

 

 

Ă  21h
SAINT-LAMBERT, Parc de La Voie Maritime
ScĂšne Desjardins
FRANCOPHONIQUE
Grand concert symphonique sous les étoiles (présenté par Quebecor)
hommage Ă  Charles Aznavour, Michel Legrand et Gilles Vigneault, avec les plus belles pages symphoniques de l’opĂ©ra français romantique, de Gounod Ă  Massenet. Artistes : l’Orchestre symphonique de Longueuil (OSDL) sous la direction de Marc David / et Alexandre Da Costa, Bruno Pelletier, Florence Bourget, Gino Quilico, La Bronze, Marie-Élaine Thibert, Marie-JosĂ©e Lord, Martine St-Clair, Pascale Bourbeau, Pierre Flynn et Annie Villeneuve.

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DIMANCHE 16 JUIN 2019

 

 

SAINT-LAMBERT, Paroisse catholique
RECITAL-CONCOURS de Mélodies Françaises
16h : FINALE
recital concours mĂ©lodies françaises quebec saint lambert festival classicaLes 5 chanteurs et chanteuses finalistes interprĂštent un cycle de mĂ©lodies, complet. Dans la salle les 5 juges Ă©valuent et distinguent les plus convaincants. Le public est invitĂ© Ă  voter (son vote global compte pour 50% dans le palmarĂšs). Au terme de cette seconde et derniĂšre Ă©preuve seront remis l’ensemble des PRIX (valeur totale 40 000 dollars canadiens).

TOUTES LES INFOS, LES RESERVATIONS
sur le site du FESTIVAL CLASSICA 2019

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DETAILS DES 5 PROGRAMMES EVENEMENTS

vendredi 14 juin 2019
SAINT-LAMBERT, Paroisse catholique
41, avenue Lorne, Saint-Lambert
RECITAL-CONCOURS de Mélodies Françaises
19h : DEMI FINALE
Les 10 chanteurs et chanteuses sélectionnées présentent chacun(e), 5 mélodies française dont 1 canadienne. Dans la salle les 5 juges évaluent et distinguent les plus convaincants. Le public est invité à voter (son vote global compte pour 50% dans le palmarÚs). Au terme de cette premiÚre épreuve, 5 finalistes seront choisis pour concourir pour la FINALE, dimanche 16 juin 2019, 16h.

Les dix demi-finalistes 2019
sont par ordre alphabétique :

‱ Florence Bourget (Canada)
‱ ClĂ©mentine Decouture (France)
‱ Lila Duffy (France)
‱ Axelle Fanyo (France)
‱ Caroline GĂ©linas (Canada)
‱ Leah Gordon (Allemagne)
‱ Geoffroy Salvas (Canada)
‱ Suzanne Taffot (Canada)
‱ Ellen Weiser (Canada)
‱ Jacqueline Woodley (Canada)

 

 

 

 

 

samedi 15 juin 2019 Ă  19h
SAINT-LAMBERT, Paroisse catholique
Claviers en folie : piano / clavecins

En primeur Ă  Classica, Luc BeausĂ©jour (claveciniste) et Jean-Philippe Sylvestre (pianiste) unissent leur talent pour offrir un programme exceptionnel. Disposant de deux magnifiques clavecins et d’un piano Érard datant du milieu du 19e siĂšcle, les deux musiciens complices dialoguent et se rĂ©pondent en duo et en solo


 

 

samedi 15 juin 2019 dĂšs 16h, concert Ă  21h
SAINT-LAMBERT, Parc de la Voie Maritime
FRANCOPHONIQUE

Grande nouveauté cette année, concert symphonique sous les étoiles (présenté par Quebecor, sur la scÚne Desjardins): « Francophonique » . Précédé par un pique-nique symphonique (à partir de 16h)

A 21h, FRANCOPHONIE : fusion symphonique des plus belles voix populaires et lyriques du QuĂ©bec en hommage Ă  Charles Aznavour, Michel Legrand et Gilles Vigneault, ponctuĂ© des plus belles pages symphoniques de l’opĂ©ra français romantique, de Gounod Ă  Massenet.
Le concert Francophonique rassemble des artistes de renom, accompagnĂ©s par l’Orchestre symphonique de Longueuil (OSDL) sous la direction de Marc David. Avec Alexandre Da Costa, Bruno Pelletier, Florence Bourget, Gino Quilico, La Bronze, Marie-Élaine Thibert, Marie-JosĂ©e Lord, Martine St-Clair, Pascale Bourbeau, Pierre Flynn et Annie Villeneuve.

Pique-nique symphonique dĂšs 16h

DĂšs 16 h, les festivaliers pourront se mettre dans l’ambiance et se laisser charmer par la vitalitĂ© et la passion des jeunes musiciens et chefs des orchestres Junior et Symphonique de l’AOJM. Au programme : de Symphonie n° 5 de TchaĂŻkovski Ă  La La land!

Concerts extérieurs GRATUITS : Apportez votre chaise!

Les concerts auront lieu mĂȘme s’il pleut. S’ils devaient ĂȘtre annulĂ©s en cas de mĂ©tĂ©o extrĂȘme, l’information sera publiĂ©e sur la page d’accueil du site Internet (www.festivalclassica.com) ainsi que sur la page Facebook du Festival Ă  partir de 15 h le samedi 15 juin.

Les festivaliers pourront encourager le Festival Classica en se procurant sur place pour 5$ le macaron CLASSICA. Ils auront ainsi un accÚs privilégié au concert Francophonique.

Transport gratuit offert par le RTL, transporteur officiel du Festival Classica

Montez Ă  bord des lignes 1, 6, 13 et 15 gratuitement le samedi 15 juin de 18 h jusqu’à la fin du service. Une navette assurera aussi le transport entre le terminus Longueuil et le site du Festival Ă  Saint-Lambert de 19 h 30 Ă  23 h 30. Pour imprimer votre coupon de gratuitĂ©, allez sur le site du RTL – RĂ©seau de transport de Longueuil : www.rtl-longueuil.qc.ca/classica

 

 

 

 

 

Dimanche 16 juin 2019
SAINT-LAMBERT, Paroisse catholique
41, avenue Lorne, Saint-Lambert

RECITAL-CONCOURS de Mélodies Françaises

16h : FINALE

Les 5 chanteurs et chanteuses finalistes interprĂštent un cycle de mĂ©lodies, complet. Dans la salle les 5 juges Ă©valuent et distinguent les plus convaincants. Le public est invitĂ© Ă  voter (son vote global compte pour 50% dans le palmarĂšs). Au terme de cette seconde et derniĂšre Ă©preuve seront remis l’ensemble des PRIX (valeur totale 40 000 dollars canadiens) :

Grand prix : 10 000 $ CA
2e prix : 7 500 $ CA
3e prix : 5 500 $ CA

4e prix : 3 000 $ CA
5e prix : 3 000 $ CA

6e prix : 1 000 $ CA
7e prix : 1 000 $ CA
8e prix : 1 000 $ CA
9e prix : 1 000 $ CA
10e prix : 1 000 $ CA

Prix spécial Meilleur(e) pianiste : 3 000 $ CA
Prix Meilleure mélodie canadienne : 2 000 $ CA
Prix Artiste Ă©mergent : 1 000 $ CA

 

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LIRE AUSSI notre présentation générale du Festival CLASSICA 2019
http://www.classiquenews.com/quebec-festival-classica-du-24-mai-au-16-juin-2019/

 

FESTIVAL FORMAT RAISINS 2019 (10 – 21 juillet 2019)

format raisins 2019 festival evenement par classiquenewsFESTIVAL FORMAT RAISINS : 10 – 21 juillet 2019. Actif sur 3 registres fĂ©dĂ©rateurs : Musique, Danse, Territoire, le nouveau festival FORMATS RAISINS se dĂ©roule Ă  Cosne-Cours sur Loire, Sancerre, GuĂ©rigny, Pouilly-sur-Loire, La CharitĂ© sur Loire, dĂ©roulant un programme des plus passionnants pour sa 7Ăš Ă©dition. FidĂšle à son projet, FORMATS RAISINS prend en compte les spĂ©cificitĂ©s multiples du territoire investi de chaque cĂŽtĂ© de la Loire, entre NiĂšvre et Cher… ; il Ă©difie des passerelles, cultive les connexions d’un lieu Ă  l’autre, d’un monument Ă  l’autre, d’une population Ă  l’autre, pour unir toujours et galvaniser les Ă©nergies crĂ©atrices en pays ligĂ©rien.

Cette annĂ©e une place privilĂ©giĂ©e est rĂ©servĂ©e Ă  la crĂ©ation chorĂ©graphique, parmi une multitude de tempĂ©raments artistiques particuliĂšrement aboutis, chacun porteur d’un programme fort, dense, qui pointent leur regard et leur geste vers l’avenir
 InvitĂ©s de la 7Ăš Ă©dition de FORMATS RAISINS 2019 : entre autres, l’ensemble 2E2M, les pianistes Françoise Tillard et Nicolas Stavy, l’altiste Adrien Boisseau, le percussionniste Sylvain LemĂȘtre, la soprano Regina Werner Dietrich, 
 aux cĂŽtĂ©s de 50 jeunes musiciens, issus des lieux d’apprentissages parmi les plus difficiles en Europe : Conservatoires nationaux de Paris et de Lyon, Hautes Ă©coles de musique de GenĂšve et de Lausanne, AcadĂ©mie Philippe Jaroussky, AcadĂ©mie de musique française pour piano, Conservatoire royal de Bruxelles, Hochschule de DĂŒsseldorf, Conservatoire de Toulouse, DĂ©partement supĂ©rieur pour Jeunes chanteurs de Paris, AcadĂ©mie Paderewski de Poznan, Hochschule de Witten

C’est un tour d’horizon humain et musical de l’excellence parmi la jeune gĂ©nĂ©ration d’interprĂštes. Une myriade de sensibilitĂ©s prĂȘtes aussi Ă  redĂ©finir le cadre du concert, sa forme dĂ©sormais au carrefour des disciplines et des cultures.

chĂąteau des grangesJean-Michel LEJEUNE, directeur du Festival poursuit son souci de la crĂ©ation : 3 nouvelles oeuvres sont commandĂ©es par le festival:(Re)transmission pour ensemble instrumental, voix et Ă©lectronique, de Jean-Luc HervĂ© ; Gabbeh, pour alto et santĂ»r, de Farnaz Modarresifar; StutterShunt pour quatuor Ă  cordes, de Tom Bierton, ainsi qu’une crĂ©ation de Fabrice Kastel, ProjectX, pour ensemble Ă  vent et percussion, commandĂ©e par la FĂ©dĂ©ration française des Batteries-fanfares. Chacune des formations exprime l’univers propre des quatre crĂ©ateurs ainsi sollicitĂ©s. DiversitĂ© des approches, engagement de tous, enracinement dans un territoire oubliĂ© et pourtant d’une richesse singuliĂšre, le 7Ăš Festival FORMATS RAISINS poursuit son voyage dans l’exigence et promet bien des dĂ©couvertes. Toutes les infos et modalitĂ©s de rĂ©servation sur le site FORMATS RAISINS 2019, du 10 au 21 juillet 2019.

 

 

LIRE aussi notre grand entretien avec JEAN-MICHEL DEJEUNE à propos du 7Ú festival FORMAT RAISIN, du 10 au 21 juillet 2019 

 

 

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FORMATS RAISONS 2019 – 7Ăš Ă©dition

8 programmes événements
Ă  ne pas manquer

 

A l’étĂ© 2019, le Festival FORMATS RAISINS sait surprendre et captiver en associant tempĂ©raments ardents, programmes pluridisciplinaires, lieux patrimoniaux d’exception. Terre de culture et de partage, la Loire, l’étĂ©, enivre et transporte
 voyez nos 8 programmes coups de cƓur au Format Raisins :

 

 

 

2 - Philippe Jaroussky(1)LACRIMOSA BELTÀ ! / ACADÉMIE JAROUSSKY
jeudi 11 juillet à 20h30 | La Charité-sur-Loire, Prieuré
Cycle d’airs d’opĂ©ras baroques parmi les plus bouleversants : Purcell, Monteverdi, Cavalli, Couperin. Une palette de sentiments, une galerie de personnages


 

 

 

5 - LIEUX 2e2m -© Pierre GondardLIEUX, 2E2M
samedi 13 juillet à 17h | Saint-Loup-des-Bois, Musée de la Machine Agricole.
Un ensemble instrumental qui fait le tour du monde ! Concert avec vidĂ©o qui place le spectateur face Ă  l’actualitĂ© de la crĂ©ation musicale. Deux Ɠuvres de 2018, particuliĂšrement prenantes et fortes. Un cadre insolite pour un concert phĂ©nomĂšne qui rassemble 25 supers solistes ! Photo :© P Gondard.

 

 

 

6 - Quatuor Wassily - copyright Claude VanryssenQUATUOR WASSILY
samedi 13 juillet à 20h30 | Sancerre, Église Notre-Dame
Le jeune quatuor Ă  cordes WASSILY commence sa carriĂšre en flĂšche ! Pour Formats Raisins 2019, il interprĂšte Mozart, Beethoven et une crĂ©ation de Tom Berton (les festivaliers avaient pu mesurer l’expressivitĂ© de sa piĂšce pour quintette Ă  vent en 2017). La formation musicale fĂ©tiche de la musique de chambre, qui interprĂšte ici deux chefs-d’Ɠuvre parmi les plus audacieux de l’histoire de la musique (et pourquoi pas… un troisiĂšme ?) / photo © C Vanryssen.

 

 

 

11 -Libera Me - copyright Baptiste VignasseUN QUATUOR À PARIS / LIBERA ME
mardi 16 juillet Ă  19h | Saint-Satur, Abbaye Saint-Guinefort
Telemann, Boismortier, Michel sont interprĂ©tĂ©s par cet ensemble d’une immense qualitĂ©, dont les instrumentistes rĂ©inventent le concert en y glissant un peu de thĂ©ĂątralitĂ© ! Dans un cadre lĂ  aussi
 somptueux. Photo : © Baptiste Vignasse

 

 

 

14 - El Como Quieres - copyright Alain IrlandesEL COMO QUIERES / ROSER MONTLLO GUBERNA ET BRIGITTE SETH
jeudi 18 juillet Ă  18h | Cosne-Cours-sur-Loire, Palais de la Loire
Danse, humour, tendresse, bavardage, claquette, poĂ©sie, dispute … Le spectacle Ă©tonne et enivre… AprĂšs son succĂšs Ă  La Briqueterie, Ă  La Cartoucherie et bien d’autres lieux
 l’esprit de la dĂ©couverte et de l’étonnement s’impose. Photo : © Alain Irlandes.

 

 

 

Nicolas Stavy - Projet disque BISRÉCITAL NICOLAS STAVY, AYAKA UENOMACHI
jeudi 18 juillet Ă  20h30 | Saint-Andelain, Église Saint-LĂ©ger
Ne disons rien, ce sera l’un des grands moments du festival ! le pianiste Nicolas Stavy surprend et enchante à chaque fois. Photo : Gilles Molinier.

 

 

 

17 - Adrien BoisseauRÉCITAL ADRIEN BOISSEAU
vendredi 19 juillet Ă  20h30 | GuĂ©rigny, Église Saint-Pierre
Bach, Reger et une crĂ©ation de la compositrice Farnaz Modarresifar pour alto et santĂ»r. Pour ceux qui doutent encore des charmes poĂ©tiques de l’alto… tous ceux-lĂ  doivent venir Ă©couter Adrien Boisseau, l’un des musiciens les plus brillants et les plus convaincants de la nouvelle gĂ©nĂ©ration !

 

 

 

21 - Thibault Gomez Quintet - copyright Florence DucommunTHIBAULT GOMEZ QUINTET
dimanche 21 juillet Ă  17h | Boulleret, ChĂąteau de Buranlure
Si vous aimez le jazz, la poĂ©sie, le talent, l’imagination, les drĂŽles d’histoire, l’inventivitĂ©, la beautĂ© du son, le dialogue des instruments, l’audace, l’intelligence, le jeu… et si vous souhaitez avec nous finir en beautĂ© cette 7Ăšme Ă©dition du festival Format Raisins ! Dans le pĂ©rimĂštre de l’un des plus beaux monuments de la rĂ©gion
 Photo : © Florence Ducommun

 

 

 

 

 

RESERVEZ VOS PLACES SUR LE SITE DU FESTIVAL FORMAT RAISINS 2019 :

format raisins festival evenement 2019 annonce presentation classiquenews 2019

 

 

 

 

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LIRE aussi notre présentation du Festival FORMAT RAISINS 2018

CD, critique. SALIERI : TARARE (Talens lyriques, 2018, 3cd Aparté)

SALIERI-tarare-opera-critique-cd-rousset-talens-lyriques-dubois-bou-martin-critique-cd-cd-review-classiquenews-opera-baroque-annonce-classiquenews-opera-concerts-festivalsCD, critique. SALIERI : TARARE (Talens Lyriques, 3cd ApartĂ© / 2018). Hier, Les DanaĂŻdes (1784), Les Horaces (1786), l’ensemble français sur instruments d’époque, Les talens lyriques abordent en novembre 2018 (le triple coffret prolonge les soirĂ©es en version de concert), Tarare (1787), une partition qui n’est pas une premiĂšre mondiale, puisque dĂšs 1988 (Festival de Schwetzingen), le chef visionnaire Jean-Claude Malgoire retrouvait et comprenait les enjeux esthĂ©tiques d’un opĂ©ra manifeste.
Tarare sur un livret de Beaumarchais porte les idĂ©aux des LumiĂšres : le hĂ©ros positif et humaniste est jalousĂ© par un roi envieux et retors ; mais grĂące Ă  l’intervention d’un travesti, le castrat Calpigi, Tarare retrouve son aimĂ©e qu’avait fait enlever le suzerain indigne
 L’opĂ©ra est mĂȘme l’aboutissement des travaux et rĂ©flexions de Beaumarchais sur le genre lyrique et sur la place de la musique aux cĂŽtĂ©s du texte. AInsi, l’ouvrage connaĂźt un succĂšs immĂ©diat, Ă©tant jouĂ© et repris rĂ©guliĂšrement 15 ans aprĂšs sa crĂ©ation. L’écrivain libertaire et polĂ©miste, admirateur comme Rousseau, de Gluck, outrepasse encore les idĂ©es de son Barbier de SĂ©ville, conçu Ă  l’origine comme un opĂ©ra-comique. C’est finalement Salieri, – rencontrĂ© Ă  la crĂ©ation des DanaĂŻdes (crĂ©Ă© 3 ans auparavant), qui met en musique son livret Tarare. Il y Ă©pingle en rĂšgle l’église et la monarchie. Atar est un sultan aigri et corrompu jusqu’à l’os ; quand ArthĂ©nĂ©e est le grand-prĂȘtre maffieux, irrespectueux et manipulateur Ă  l’endroit des croyants.
Tout en ciselant un texte mordant, Ă  idĂ©es, Beaumarchais sait mĂ©nager des temps narratifs, hors drame, pour que s’épanouisse aussi la pure musique (cf ici le ballet confrontant bergĂšres courtisanes – claire rĂ©fĂ©rence Ă  Marie-Antoinette, et rustauds rustiques). Il installe donc son action en Orient (Ormuz) Ă  des fins de merveilleux et de poĂ©sie, Ă©crin Ă  un drame trĂšs contrastĂ©, aux dĂ©ductions philosophiques.

TARARE : l’ambition de Beaumarchais Ă  l’opĂ©ra

musique mécanique de Salieri

InspirĂ© par un dieu asiatique (Brama), le tĂ©nor Cyrille Dubois incarne le gĂ©nĂ©ral Tarare non sans relief, soulignant les vertus et l’éclat d’un ĂȘtre de lumiĂšre qui aime et est aimĂ© en retour (tout l’inverse de son souverain Atar) ; en comparaison, l’odieux tyran cynique (Jean-SĂ©bastien Bou) se relĂšve tout autant impeccable dans la hargne dĂ©vorante; la jalousie rongĂ©e, vis Ă  vis de son soldat plutĂŽt populaire et qu’aime sa femme trop loyale. Justement la belle Astasie (Karine Deshayes), au profil gluckiste (moral et lumineux) impose une dignitĂ© amoureuse (pour Tarare) admirable. En deça, moins dĂ©lirant et un peu lisse (barcarolle), Enguerrand de Hys fait un Calpigi, suffisamment variĂ© cependant pour se distinguer. Cependant que Tassis Christoyannis impose son tempĂ©rament jupitĂ©rien en ArthĂ©nĂ©e. Les seconds rĂŽles sont bien servis grĂące Ă  l’éloquence vocale des chanteurs JĂ©rĂŽme Boutillier (Urson) et Philippe Nicolas-Martin (Altamort, entitĂ© fourbe, menaçant la vie de Tarare).

Comme Ă  son habitude, l’ensemble Les talens lyriques ne manque pas de mordant ni de relief, il est articulĂ© et flexible mais la tension et la raideur qu’imprime le chef, assĂšchent une partition dĂ©sĂ©quilibrĂ©e musicalement, qui manque de poĂ©sie (ramĂ©llienne) comme de rondeur dramatique (Gluck). Salieri reste un bon faiseur mais dans le registre tragique, accuse une affection pour la duretĂ©, le tranchant que vivifie la nervositĂ© raide de la direction (laquelle s’interdit toute Ă©chappĂ©e lyrique voire voluptueuse. d’une partition qui cĂšde parfois cependant Ă  la tentation de la couleur)
 MĂȘme si l’on remarque et distingue la vitalitĂ© d’une Ă©criture vivante, oĂč le rĂ©citatif continu accompagnĂ© par l’orchestre semble dĂ©trĂŽner la coupe air / rĂ©citatif, on reste bien peu impliquĂ© par l’ouvrage ; on prĂ©fĂšre globalement le Salieri volage et badin dans l’opĂ©ra buffa, immersion mĂ©connue jusque lĂ , et dĂ©finitivement plus convaincante (La Scuola degli Gelosi, perle de 1778, rĂ©vĂ©lĂ©e par L’arte del mondo / ‹Werner Ehrhardt / CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2017) . MĂȘme le Prologue qui Ă©voque aprĂšs un chaos universel, l’avĂšnement des hommes parfaits parce qu’indiffĂ©rents aux privilĂšges et Ă  la gloire (tout l’inverse des manants du XVIIIĂš Ă©pinglĂ©s par l’auteur), l’orchestre comme les chanteurs ont peine Ă  dĂ©fendre un texte et un tableau trop dĂ©clamatoire : de fait, le prologue propre Ă  la tragĂ©die en musique spĂ©cifiquement française, souffre d’une ariditĂ© mĂ©canique. Peu de compositeurs (comme Rameau) ont su renouveler le genre en la matiĂšre.

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CD, critique. SALIERI : TARARE (Talens lyriques, 2018, 3cd ApartĂ©) - livret de Beaumarchais. Cyrille Dubois (Tarare), Karine Deshayes (Astasie), Jean-SĂ©bastien Bou (Atar), Judith Van Wanroij (la Nature, Spinette), Enguerrand de Hys (Calpigi), Tassis Christoyannis (ArthĂ©nĂ©e, le GĂ©nie du feu), JĂ©rĂŽme Boutillier (Urson, un Esclave, un PrĂȘtre), Philippe Nicolas-Martin (Altamort, un Paysan, un Eunuque) ; les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles ; les Talens lyriques, dir. Christophe Rousset. 3 cd – enregistrement live nov 2018.

LIRE aussi notre présentation de TARARE de SALIERI en 2018

COMPTE-RENDU, opéra. TOURS, Opéra, samedi 26 mai 2019. GIORDANO : Andrea Chénier. B. Pionnier, PF Maestrini.

andrea-chenier-gerard-madeleine-de-coigny-uria-monzon-opera-de-tours-critique-opera-classiquenews-duo-gearrd-madeleineCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. TOURS, OpĂ©ra, le 26 mai 2019. GIORDANO : Andrea ChĂ©nier. B. Pionnier, PF Maestrini. Avant Puccini, Giordano fixe un modĂšle de drame lyrique, qui sous l’intitulĂ© « vĂ©riste », trouve un point idĂ©al d’équilibre entre action et chant, temps dramatique et temps musical, rĂ©activant mĂȘme ce qui a fait auparavant l’efficacitĂ© du drame verdien (ou gluckiste) : la fusion du verbe et du geste. En prose (et non en vers comme dans Tosca, quelques annĂ©es plus tard), Umberto Giordano (et son librettiste Illica, le mĂȘme auteur pour Tosca, crĂ©Ă© Ă  Rome en 1900), fusionne texte et musique, en un thĂ©Ăątre qui frappe et saisit par son allant irrĂ©pressible ; les chanteurs ici ont Ă  peine le temps de se chauffer : ils doivent immĂ©diatement Ă©pouser et embraser la scĂšne, en exprimant directement tous les enjeux de chaque situation.
L’orchestre et le chƓur trĂšs sollicitĂ©s apportent leur contribution spĂ©cifique dans ce drame musical total oĂč chaque phrase pĂšse et imprime Ă  l’action continue, son accent propre Ă  enchaĂźner ce qui suit tout en soulignant la pertinence de ce qui a prĂ©cĂ©dĂ©.
Ainsi Giordano avec ce ChĂ©nier (crĂ©Ă© Ă  la Scala de Milan en mars 1896), marque la scĂšne lyrique et inspire Ă  l’OpĂ©ra de Tours, l’un de ses meilleurs spectacles. La nouvelle production portĂ©e par son directeur gĂ©nĂ©ral Benjamin Pionnier qui assure aussi la direction musicale, souligne cet accomplissement visionnaire de Giordano, avant Puccini.

 

 

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A Tours, on se dĂ©lecte aussi cĂŽtĂ© chanteurs de la prise de rĂŽle de la soprano, fĂ©line, presque torturĂ©e de BĂ©atrice Uria-Monzon qui Ă©claire le personnage de Madeleine de Coigny, d’une couleur fauve et passionnelle (de fait son air, sublime La Mamma morta au III est viscĂ©ral et Ăąpre
 comme le fut sa Gioconda Ă  Bruxelles en dĂ©but d’annĂ©e) ; Ă  ses cĂŽtĂ©s, dans le rĂŽle-titre, Renzo Zulian a la vaillance bien accrochĂ©e pour exprimer l’idĂ©alisme moral du poĂšte dont l’éclat foudroie l’une des pĂ©riodes les plus barbares et sombres de la RĂ©volution française : chacun de ses airs, un pour chacun des 4 actes, veut coĂ»te que coĂ»te soutenir une espĂ©rance fraternelle et amoureuse malgrĂ© la terreur environnante et sourde; parmi les comprimari, se dĂ©tache le chant habile de l’excellent tĂ©nor RaphaĂ«l Jardin qui incarne un « Incroyable » aussi lĂ©ger, funambule qu’intriguant et sournois. C’est lui qui mine de rien, inspire Ă  GĂ©rard devenu membre du Tribunal rĂ©volutionnaire, l’acte qui signe l’arrĂȘt de mort de ChĂ©nier
 Justement dans le rĂŽle de GĂ©rard, notons aussi le poids et la cohĂ©rence du chant du baryton Marco Caria dans le rĂŽle du serviteur devenu juge et malgrĂ© son amour pour Coigny, dĂ©cide cependant d’aider (mais vainement) les deux amants maudits.

 

 

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Sur les traces du peintre SuvĂ©e (portrait au musĂ©e de Tours), le metteur en scĂšne (dont c’est la 3Ăš coopĂ©ration Ă  Tours), Pier Francesco Maestrini Ă©voque ChĂ©nier dans la prison de Saint-Lazare (avec Roucher) ; Robespierre paraĂźt aussi 
 en idĂŽle prĂ©cieuse autant que vivante. La vision est fidĂšle Ă  l’esprit de la RĂ©volution, dans ses excĂšs, ses vices, ses espoirs
 déçus. Illica invente l’idylle entre la jeune aristocrate Madeleine (de Coigny) et le poĂšte libertaire et sĂ©ditieux AndrĂ© : c’est que la petite histoire (amoureuse) rĂ©Ă©claire les milles bassesses de la grande. Mais le chƓur (brillamment prĂ©parĂ© par sa nouvelle cheffe, Sandrine Abello) et l’orchestre lui aussi crĂ©pitant et trĂšs prĂ©sent, assurent le souffle et la puissance, la tension continue d’un opĂ©ra qui comme bientĂŽt dans Tosca, possĂšde un arriĂšre plan historique particuliĂšrement fouillĂ©. Le spectateur est selon la coupe originelle de Giordano, comme happĂ© et entraĂźnĂ© dans une course Ă  l’abime : la machine rĂ©volutionnaire hache menu ses enfants trop idĂ©alistes : fussent-ils aussi sublimes que Madeleine et AndrĂ©, deux martyrs de la guillotine.

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La fresque historique est prĂ©sente, son souffle et ses espĂ©rances de fraternitĂ© aussi ; les profils des amants, Madeleine et AndrĂ©, bien dessinĂ©s, auxquels rĂ©pond la prĂ©sence plus trouble et modulable de GĂ©rard, jaloux qui compatit. Belle production, cohĂ©rente et « cinĂ©matographique », prenante et claire Ă  l’affiche ce mardi 28 mai 2019 Ă  l’OpĂ©ra de Tours, puis bientĂŽt en second souffle Ă  l’OpĂ©ra de Nice. Incontournable. / Illustrations : © Sandra Daveau / OpĂ©ra de Tours 2019

 

 

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COMPTE-RENDU, opéra. TOURS, Opéra, samedi 26 mai 2019. GIORDANO : Andrea Chénier. B. Pionnier, PF Maestrini.

Direction musicale : Benjamin Pionnier
Mise en scĂšne : Pier Francesco Maestrini
DĂ©cors : Nicola Boni
Costumes : Luca dall’Alpi
LumiĂšres : Bruno Ciulli

André Chénier : Renzo Zulian
Madeleine de Coigny: BĂ©atrice Uria Monzon
Charles GĂ©rard : Marco Caria
Bersi : Ahlima Mhamdi
Madelon: Christine Tocci
Roucher : Marc Scoffoni
Mathieu : Pierre Doyen
L’incroyable : RaphaĂ«l Jardin
Fléville / Fouquier Tinville : Virgile Frannais
L’abbĂ© : MickaĂ«l Chapeau

Choeur de l’OpĂ©ra de Tours
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

Chorégraphie : Elodie Vella

 

 

 

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LIRE aussi notre annonce d’Andrea ChĂ©nier Ă  l’OpĂ©ra de TOURS

VOIR aussi notre reportage vidĂ©o Andrea ChĂ©nier Ă  l’OpĂ©ra de TOURS

La Fantastique de BERLIOZ Ă  l’OpĂ©ra de TOURS

150 ans de la mort de BERLIOZTOURS, OpĂ©ra. Les 4, 5 mai 2019. BERLIOZ : Symphonie Fantastique. Samuel Jean dirige les musiciens de l’Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours, cĂ©lĂ©brant l’anniversaire Berlioz en 2019, son gĂ©nie orchestral, sa stature d’architecte capable par les seuls instruments, de composer ainsi un drame passionnel, amour tragique et maudit (le hĂ©ros songe Ă  la belle inaccessible, qu’elle s’appelle dans la vraie vie d’Hector, Estelle, OphĂ©lie, Harriet
), et visions surnaturelles et orgiaques dont les grimaces et les soubresauts emportent toute la partition dans son dĂ©nouement spectaculaire et littĂ©ralement fantastique.

C’est le manifeste de tout un courant d’idĂ©es, un premier aboutissement de la rĂ©volution romantique en France: la Symphonie fantastique, composĂ©e et crĂ©e en 1830, rĂ©tablit sur le genre orchestral, la prĂ©Ă©minence de la France dans l’écriture musicale, majoritairement dominĂ©e par les compositeurs germaniques, dans le sillon des Viennois, Mozart, Haydn, Beethoven, Schubert. Et si la Fantastique Ă©tait outre cet ovni symphonique inclassable dans l’histoire de la musique europĂ©enne, la preuve qu’il existe bien une tradition symphonique en France jamais Ă©teinte depuis
 Rameau?

Symphonie visionnaire

berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsA 27 ans, Berlioz (nĂ© en 1803) s’impose par sa tĂ©nacitĂ© crĂ©ative (son pĂšre le voyait plutĂŽt mĂ©decin comme lui), un sens nouveau du rythme, des mĂ©lodies puissantes oĂč tout est chant (comme chez Chopin). Surtout, le compositeur porte trĂšs loin le relief caractĂ©risĂ© des instruments, la place du timbre, et les ressources des alliances entre pupitres. C’est un orchestrateur qui aprĂšs Rameau, incarne cette exigence française de l’écriture et des combinaisons d’instruments, variant jusqu’à l’infini le chromatisme du paysage sonore. CrĂ©ateur de l’orchestre moderne, Berlioz s’intĂ©resse aussi, en expĂ©rimentateur audacieux, Ă  la forme: il nous laisse 4 cycles symphoniques d’envergure, aussi libres et inventifs que les meilleurs symphonistes ultra-rhĂ©nans:
la Fantastique, Harold en Italie, Roméo et Juliette, la Symphonie funÚbre et triomphale, sans omettre Lelio ou le retour à la vie

Il faudra d’ailleurs restituer le contexte de l’écriture française pour orchestre dont Berlioz porte trĂšs haut la tradition qui ne s’est jamais Ă©teinte en rĂ©alitĂ©. Prenez par exemple l’oeuvre de George Onslow rĂ©cemment rĂ©habilitĂ© par le Centre de musique romantique française (Quatuors Ă©ditĂ© par NaĂŻve par les Diotima), Symphonies redĂ©couvertes lors du premier festival du Palazzetto Bru Zane Ă  Venise, “aux origines du romantisme français”… en octobre 2009, restituant l’écriture de Jadin, Onslow, HĂ©rold).

Episode symphonique
Berlioz en 1830 bouscule les habitudes. Le moins intĂ©grĂ© des compositeurs parisiens interroge, surprend, dĂ©range. Fortement autobiographique, la Fantastique devait Ă  l’origine s’inscrire dans un ensemble en diptyque plus vaste, constituant avec Lelio ou le retour Ă  la vie
 , Episode de la vie d’un artiste (crĂ©Ă© en 1832).
La Fantastique ne peut se comprendre sans la violente action dramatique que sous-tend son dĂ©veloppement. Le fantastique dont il s’agit est le fruit des visions, dĂ©lires, vertiges d’un homme amoureux malheureux, Ă©conduit, suicidaire, sous l’action des drogues hallucinogĂšnes. Si la Fantastique stigmatise l’asservissement de toute force psychique aux pulsions souterraines et noires, le second Ă©pisode (avec Lelio) s’élĂšve vers la lumiĂšre, un retour Ă  la vie oĂč l’ñme Ă©puisĂ©e
mais quasi intacte du jeune homme peut à nouveau espérer 


Le 5 dĂ©cembre 1830, la mĂȘme annĂ©e que la rĂ©volution thĂ©Ăątrale d’Hernani, le public parisien dĂ©couvre la Fantastique, saisi par la violence, la sauvagerie voire l’impudeur du propos; ‘audience parisienne s’insurge et crie au scandale.

PLAN de la Symphonie Fantastique
1. RĂȘveries et passions. EnivrĂ© par l’opium, le poĂšte-musicien rĂȘve de la femme idĂ©ale. A chaque Ă©vocation de l’élue, le hĂ©ros s’abandonne Ă  une vision extatique: c’est l’idĂ©e fixe, aussi irrĂ©sistible qu’obsessionnelle.

2. Au bal, la figure aimĂ©e, prĂ©sente mais inaccessible prend davantage d’importance.

3. ScĂšne aux champs: probablement inspirĂ© par la dĂ©couverte rĂ©cente de la Symphonie n°6 “Pastorale” de Beethoven, Berlioz dĂ©veloppe pour son mouvement lent, une Ă©vocation pastorale (chant et duo du cor anglais et du hautbois), pause bucolique dont le plein air colorĂ© et palpitant voire menaçant (grondements de l’orage sur les pas de la 6Ăš de Beethoven) coupe avec l’introspection des scĂšnes prĂ©alables;

4. Marche au supplice: le lugubre surgit dans une vision sanguinaire et fantastique oĂč le poĂšte pense avoir tuĂ© sa bien-aimĂ©e, comme proie angoissĂ©e et trop soumise aux drogues dont il
est la victime. L’évocation devient aigre et hideuse, objet d’un traitement orchestral d’une exceptionnelle orchestration (en syncopes, soubresauts, dĂ©flagrations.)
 DĂšs sa crĂ©ation, ce morceau fut bissĂ© par l’auditoire, effrayĂ© par tant de justes secousses.

5. Songe d’une nuit de Sabbat
Le poĂšte assiste Ă  ses propres funĂ©railles. L’idĂ©e fixe refait surface mais dĂ©naturĂ©e sous le
prisme d’une sensibilitĂ© grimaçante, tel un air trivial dĂ©sormais dissout dans une orgie satirique.

Atypique, porteuse d’avenir, la Symphonie Fantastique ouvre la musique vers son futur, dans l’audace et l’expĂ©rimentation: ce qu’a immĂ©diatement reconnu Robert Schumann. Tous les grands romantiques, de Wagner Ă  Liszt et jusqu’à Ricahrd Strauss ont une dette envers la
modernité sans égale de Berlioz.

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TOURS, Opéra.
BERLIOZ : Symphonie Fantastique
Samedi 4 mai 2019 – 20h
Dimanche 5 mai 2019 – 17h

Direction musicale : Samuel Jean
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/fantastique-4-5-mai

Olivier PENARD
Concerto pour Violoncelle et orchestre
Sonia Wieder-Atherton, violoncelle

Co-commande Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours Orchestre Régional Avignon-Provence, Orchestre régional de Cannes PACA

Hector BERLIOZ
Symphonie fantastique Op. 14,
Épisode de la vie d’un artiste

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Conférences
Samedi 4 mai – 19h00
Dimanche 5 mai – 16h00
Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h30 Ă  13h00 / 14h00 Ă  17h45

02.47.60.20.20
theatre-billetterie@ville-tours.fr

VIVALDI : NISI DOMINUS Ă  La Sainte-Chapelle de Paris

TIM-MEAD-sainte-chapelle-vivaldi-nisi-dominus-concert-critique-annonce-classiquenews-cd-critiqueARTE, lun 13 mai 2019, 5h. VIVALDI : Nisi Dominus. Tim Mead chante le Vivaldi sacrĂ© dans l’écrin gothique de la Sainte-Chapelle Ă  Paris, vĂ©ritable vaisseau de lumiĂšre et de vitraux colorĂ©s, unique en Europe (janvier 2017). On peut rĂȘver meilleure interprĂ©tation vocale, – moins maniĂ©rĂ©e, moins minaudante
 car le britannique Tim Mead manque singuliĂšrement de simplicitĂ© dans son chant riche en effets et ports de voix
 mais la ligne est portĂ©e, tendue, flexible
 hĂ©las toujours Ă©gale, certes bien tissĂ©e et d’un hĂ©donisme Ă©gotique qui semble nous dire « voyez comme je chante bien » ; le texte reste 
 absent. Aucun mystĂšre, mais de l’expressivitĂ© Ă  revendre (Ă  19:34 : Nisi Dominus, la sĂ©quence la plus planante et la plus Ă©nigmatique du cycle : « Quid deverit », Ă©tirĂ©e ici jusqu’à la dilution extatique)
 Chacun jugera selon sa conception de la musique vivaldienne : introspective ou dĂ©corative ? On l’aura compris, cette voix blanche, dĂ©sincarnĂ©e n’est pas aussi convaincante que celle d’Andreas Scholl, plus proche du texte, plus simple, 
 La captation vaut surtout pour le lieu hautement patrimonial, et les arĂȘtes vives, du volume architectural de la Sainte-Chapelle.

Au programme : Antonio Vivaldi, “Nisi Dominus” et “Stabat Mater”.
Tim Mead, nĂ© en 1981, a fait ses dĂ©buts Ă  l’OpĂ©ra de Paris en janvier 2018 dans “Jephtha” de Haendel. En juillet 2017, accompagnĂ© de l’ensemble Les Accents, et sous la direction de Thibault Noally, le contre-tĂ©nor britannique chante deux Ɠuvres sacrĂ©es de Vivaldi (durĂ©e : 44 mn).

DiffusĂ© Ă  l’antenne aussi le Dim 28 avril 2019 18h30.

En visionage accessible sur ArteConcert aussi (jusqu’au 27 mai 2019)
https://www.arte.tv/fr/videos/078168-000-A/tim-mead-chante-vivaldi-a-la-sainte-chapelle/

TEASER video. GSTAAD MENUHIN Festival & Academy 2019 – 18 juil – 6 sept 2019 : a PARIS celebration

gstaad-menuhin-festival-2019-PARIS-annonce-prĂ©sentation-classiquenews-582GSTAAD MENUHIN FESTIVAL : « PARIS » , 18 juil – 6 sept 2019. A l’étĂ© 2019, le Festival Yehudi Menuhin Ă  Gstaad (Gstaad Yehudi Menuhin Festival & Academy) en Suisse (Saanenland) cĂ©lĂšbre la magie romantique et culturelle de la ville lumiĂšre, PARIS. Quel beau symbole qui souligne la prĂ©Ă©minence d’une fascination partagĂ©e sur toute la planĂšte qui se cristallise ainsi cet Ă©tĂ©, dans les villages au charme rustique et campagnard du Festival suisse. Parmi les artistes invitĂ©s Ă  Gstaad : Yuja Wang, Ute Lemper, Bertrand Chamayou, Gautier Capuçon, Hilary Hahn et Manfred Honeck

GSTAAD MENUHIN FESTIVAL : « PARIS » , 18 juil – 6 sept 2019 – TEASER VIDEO © studio CLASSIQUENEWS.Tv 2019

Marta Argerich joue le Concerto en sol de Ravel

argerich_alix_Laveau_emi_pianoARTE, Dimanche 7 avril 2019, 18h15. MILAN, concert devant le DĂŽme
 Concert hors les murs de la Scala, sur la place du DĂŽme de Milan / Piazza del Duomo. La pianiste argentine, derniĂšre lĂ©gende vivante du clavier, dĂ©tentrice d’un toucher et de phrasĂ©s irrĂ©sistibles, joue Ravel (Concerto pour piano en sol majeur). Le concert exploite la grandeur et la beautĂ© du cadre patrimonial : la cathĂ©drale (il Duomo) de Milan, vĂ©ritable montagne de dentelle minĂ©rale est le plus important Ă©difice gothique d’Italie. La Scala, proche, dĂ©place son orchestre Ă  quelques mĂštres et offre ce grand concert populaire pour tout un chacun (soit devant cinquante mille spectateurs), offrande marquant le retour de la belle saison. Concert du 12 juin 2016, avec l’Orchestre de la Scala sous la baguette de Riccardo Chailly
 Programme symphonique français car aux cĂŽtĂ©s de Ravel en ses rythmes amĂ©ricains d’une verve ciselĂ©e, l’orchestre seul interprĂšte L’apprenti sorcier de Paul Dukas, suivi du BolĂ©ro de Maurice Ravel. Relecture d’un rythme de fandango, mais sublimĂ© par le sens de la texture et des couleurs de Ravel, gĂ©nie et poĂšte orchestrateur.

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ARTE, Dimanche 7 avril 2019, 18h15. MILAN, concert devant le Dîme
juin 2016.
RĂ©alisation : Patrizia Carmine (France / Italie, 2016, 59mn) – Direction musicale : Riccardo Chailly – Avec : Martha Argerich et l’Orchestre de la Scala

COMPTE-RENDU CRITIQUE, comĂ©die musicale. MARSEILLE, le 23 janv 2019. NEVROTIK HÔTEL. Michel Fau

COMPTE-RENDU CRITIQUE, comĂ©die musicale. MARSEILLE, le 23 janv 2019. NEVROTIK HÔTEL. Michel Fau / Antoine Kahan 
 Chambre, oui, d’hĂŽtel et rose comme un bonbon ou un smashmallow qui, s’il ne dĂ©gouline pas des murs, c’est qu’ils ont la rigiditĂ© du carton-pĂąte rigidement dĂ©coupĂ© et peint tels les dĂ©cors de Picasso pour les Ballets russes ou de Cocteau sous l’Occupation. Pompeuse entrĂ©e de rideaux de vrai ou faux thĂ©Ăątre, de guingois, mur de traviole pour un lit et appliques murales en simili style Louis XV stylisĂ©, fĂ©tiche Ă©pate-bourgeois, ou plutĂŽt Louis Caisse LĂ©vitan pour la sous-catĂ©gorie populaire d’un peuple qui, pour avoir guillotinĂ© un roi, ne s’en remit jamais, bĂ©atement admiratif et nostalgique des fastes de la royautĂ©. Le tout abondamment, hyperboliquement fleurdelysĂ© au pochoir pour que nul n’en ignore. Un angelot baroque dorĂ© sur la table de nuit et, de l’autre cĂŽtĂ©, un tĂ©lĂ©phone rose hollywoodien. Deux chaises aux pieds de biche de mĂȘme faux style viennent complĂ©ter la chambre.

 

 

 

LA VIE EN ROSE (BONBON)
NĂ©vrotik HĂŽtel

 

 

 

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Fait irruption, Ă©ruptive, une dindonnante dondon, plantureuse plante plus Ă  craquer qu’à croquer dans sa robe vĂ©gĂ©tarienne, MarylinisĂ©e comme on dirait caramĂ©lisĂ©e, blond plus filasse que mousseux, escarpins dorĂ©s, embagouzĂ©e et emperlouzĂ©e : tous les voyants attributs multipliĂ©s de la vieille star trop tard durĂ©e, de la diva dĂ©chue de sa divinitĂ©, aussi branlante malgrĂ© son armature apparente que ces lignes dĂ©clinantes du dĂ©cor. Gestes et prolifiques formes impĂ©riales et voix impĂ©rieuse, restes d’une majestĂ© et autoritĂ© perdues, capricieuses et tyranniques exigences exercĂ©es dĂ©sormais sur les sans grade, l’invisible standardiste de la rĂ©ception ou le groom grimĂ©, mince moustachu, cintrĂ© dans son uniforme rose de petit soldat de plomb, dont elle va faire, Ă  son corps dĂ©fendant, ou dĂ©fendu, sinon un souffre-douleur, un mercenaire acteur de jeux de rĂŽle de ses fantasmes apparemment jusque-lĂ  inassouvis, peut-ĂȘtre, faute encore d’atouts, comme un va-tout de la derniĂšre chance,vaisseaux brĂ»lĂ©s d’un dernier voyage sans retour.

Gestes et gĂ©nĂ©rositĂ© thĂ©Ăątralement larges, elle offre pourboires et contrat comme elle jouerait les restes de sa fortune Ă  la roulette, sĂ»rement russe dans on ne sait quel dĂ©sespoir qui perce sous les discours emphatiques, dĂ©clamatoires, d’abord sur la laĂŻcitĂ©, contre le communautarisme, avec une revendication zinzin de zen bouddhique Ă  la mode et, plus tard, une belle tirade sur le prĂ©avis avant licenciement ou dĂ©mission. Pleine d’effets, la voix fait dĂ©filer des registres, de tĂȘte, de poitrine, dans une rhĂ©torique stylisĂ©e du mĂ©lange des genres sexuels, mais sans caricature, adhĂ©rant au personnage et non visant une personne.

Puis Lady Margaret, puisqu’il faut l’appeler par son nom, Lady Margarine pour le groom, son « boy » facĂ©tieux, se lance dans une chanson sur la mer visible de la fenĂȘtre de cet hĂŽtel normand Ă  la Proust, loin de celle de TrĂ©net mais qu’on ne peut manquer d’avoir pour horizon mĂ©moriel. Le texte est intĂ©ressant par ses trouvailles mais difficile Ă  suivre dans ses jeux verbaux, et Ă  mĂ©moriser par une musique qui, en revendiquant ce rĂ©pertoire n’en a pas pour autant la simplicitĂ© musicale qui accroche et reste.Les deux personnages, tour Ă  tour, seront solistes ou duettistes dans des airs dont les vers, difficiles Ă  retenir, sont pleins de fantaisie, avec des rives, des dĂ©rives phoniques parfois oulipiennes et Ɠdipiennes telles les dĂ©clinaisons de « mer » en « mĂšre », allusion au rapport maternel, inconsciemment incestueux, entre les deux personnages, oĂč le son vague, divague, extravague, ou bien la logique des rimes fatalement en —ex du Printemps au Sussex(clin d’Ɠil sexuel grivois ?), ou encore le Syndrome de Stockholm.

C’est intelligent, subtil, peut-ĂȘtre trop pour ĂȘtre bien perçu, comme les clins d’Ɠil ou allusions dont est semĂ© le texte, Barrage contre le Pacifique de Duras ou son Amantasiatique, qui rĂ©vĂšle soudain, aprĂšs l’hystĂ©rie du tableau du Mont Blanc, la faille du personnage d’amour blessĂ© par un amant indien mythifiĂ© dans l’Himalaya de sa perte. Ce qui explique peut-ĂȘtre le nom de Lady Marguerite, autre Marguerite Duras, dont le couple final avec le jeune Yann AndrĂ©s modĂšle implicitement celui sadomasochiste et presque incestueux avec le groom.

vie-en-rose-bobon-nevrotik-hotel-critique-opera-critique-spectacle-sur-classiquenewsLes deux acteurs sont remarquables, Michel Fau laissant entrevoir le vrai sous le faux, la fragilitĂ© dĂ©sespĂ©rĂ©e sous le masque de la matrone autoritaire et, sous l’apparente fragile raideur du groom, Antoine Kahan s’avĂšre un athlĂšte tout muscle qui peut, appuyĂ© sur deux avant-bras, jouer l’angelot cambrĂ© des rĂȘves de la finalement touchante Lady Margaret, sans doute une grande Ăąme trahie par la vie. Plus que chanter Ă  proprement parler si en termes lyriques sĂ©rieux on parle, tous deux jouent Ă  chanter, et bien, variant intentions, intonations et couleurs. À jardin, les trois musiciens, piano, violoncelle qui tapisse les airs, accordĂ©on aux envolĂ©es parfois symphoniques, s’amusent parfois Ă  meubler les scĂšnes d’effets dramatiques dignes d’accompagnements de films muets expressionnistes. Les musiques des chansons, il faudrait les rĂ©Ă©couter pour formuler un jugement plus fondĂ©, toujours belles dira-t-on globalement, mais on n’a rien retenu pour accrocher, du premier coup, l’oreille. Par ailleurs, comme les divers rĂŽles du jeu contraint, hĂ©gĂ©lien de la maĂźtresse et de l’esclave, avec son inĂ©vitablement renversement dialectique, on n’en perçoit pas la logique dramatique et la continuitĂ©, scĂšnes dĂ©cousues, juxtaposĂ©es, de mĂȘme les chansons, enfilĂ©es comme des perles auxquelles, paradoxalement, manquerait le fil.

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LA VIE EN ROSE (BONBON)
NĂ©vrotik HĂŽtel
Comédie musicale de chambre
Marseille, la Criée, le 23 janvier 2019
Présenté du 23 au 26 janvier 2019

Avec Michel Fau, Antoine Kahan

Piano : Mathieu El Fassi.
Accordéon : Laurent Derache.
Violoncelle : Lionel Allemand

Mise en scĂšne : Michel Fau

Trame et dialogues : Christian Siméon. Chansons : Michel Rivgauche, Julie Daroy, Pascal Bonafoux, Jean-François Deniau, Christian Siméon, HélÚne Vacaresco, Claude Delecluse et Michelle Senlis Musiques Jean-Pierre Stora DécorEmmanuel Charles Costumes David Belugou LumiÚres Joël Fabing.Maquillages Pascale Fau. Perruque : Laure Talazac. Assistant à la mise en scÚne : Damien LefÚvre. Collaboration artistique :Sophie Tellier

Production ScenOgraph, ScĂšne conventionnĂ©e thĂ©Ăątre et thĂ©Ăątre musical – Figeac, Saint-CĂ©rĂ© – Festival de Figeac / Production dĂ©lĂ©guĂ©e C.I.C.T. – ThĂ©Ăątre des Bouffes du Nord

Photos : © Marcel Hartmann

 

 

 

Faun de Cherkaoui (Debussy)

cherkaoui sidi danse portrait faun garnier concert annonce par classiquenews bac064-cherkaoui-koen-broos-2PARIS. Danse, Garnier : CHERKAOUI / GOECKE / LIDBER – 5 fĂ©vrier > 2 mars 2019. Arabe et homosexuel, 
 Sidi Larbi Cherkaoui, quadra dĂ©complexĂ©, est un chorĂ©graphe belge, plutĂŽt Ă  l’aise dans ses baskets qui n’a pas sa langue dans sa poche. Avec Icon (et de l’argile pour dĂ©cor et accessoire, signe de l’entrave et de la fragilitĂ©), il dĂ©nonçait les dĂ©rives d’un monde artificiel plus matĂ©rialiste que spirituel. Son Ă©criture gestuelle cultive avec grĂące et puissance un legato sensuel, souvent onirique. Une rĂ©flexion sur le sens rĂ©enchanteur du mouvement coprorel qui s’est nourri Ă  travers ses crĂ©ations rĂ©centes depuis Sutra (avec les moines chinois de Shaolin, 2008), Genesis (2014), Fractus V (alliance du cirque et du hip-hop
). Il a plus l’habitude de travailler avec les danseurs de sa propre compagnie Eastman que le corps de ballet de l’OpĂ©ra de Paris. Faun devrait permettre de retrouver une sorte d’idĂ©al abstrait, moins ancrĂ© dans la rĂ©alitĂ© dont il dĂ©nonce les travers, mais davantage miroir d’une rĂ©flexion sur le sens de la forme pure.

Sur la scÚne du Palais Garnier, en février et mars 2019, trois visions singuliÚres de la danse forment un nouveau spectacle en « poésie et virtuosité ». Soit un triptyque chorégraphique plutÎt prometteur.
Etreinte mĂ©lancolique en hommage Ă  Vaslav Nijinski, crĂ©ateur du Faune dans AprĂšs midi d’un faune de Debussy (1894), le duo Faun de Sidi Larbi Cherkaoui inaugure ce programme, accompagnĂ© de deux crĂ©ations. Jamais venu Ă  Garnier, l’Allemand Marco Goecke, inscrit son Ă©criture chorĂ©graphique entre avant-gardisme et inventivitĂ©, ciselant son travail comme « un rĂȘve Ă©veillĂ© ». Le chorĂ©graphe et cinĂ©aste suĂ©dois Pontus Lidberg, – auteur du film The Rain-, s’interroge sur le sens du mariage Ă  partir de la partition « Noces » de Stravinsky. Nouvelle production.

 

 

 

FAUNE de Debussy / FAUN de ... CHERKAOUI
 

 
 

 

 

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FAUN de CHERKAOUI… nouveau regard, nouvelle pensĂ©e en grĂące d’aprĂšs Debussy – illustrations : © ANN RAY / ONP OpĂ©ra National de PARIS 2019

 

 

  

 

 

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CHERKAOUI / GOECKE / LIDBER
Palais Garnier – 5 fĂ©vrier > 2 mars 2019
Durée : 1h45
Nouvelle production

DĂ©roulement :

« Faun » de Sidi Larbi Cherkaoui / d’aprĂšs Debussy / N Sawhney : 15 mn
Création de Marco Goecke : 30 mn
Entracte : 30 mn
« Noces » de Pontus Lidberg / Stravinsky / Ens Aedes : 30 mn

Les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet
Orchestre de l’OpĂ©ra national de Paris / Vello PĂ€hn, direction

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RESERVER VOTRE PLACE
https://www.operadeparis.fr/saison-18-19/ballet/goecke-lidberg-cherkaoui

 

 

 
 

 

  

 

DVD, coffret. PYOTR ILYITCH TCHAIKOVSKY : The Ballets (Royal opera House, 3 DVD Opus Arte)

CLIC D'OR macaron 200DVD, coffret. PYOTR ILYITCH TCHAIKOVSKY : The Ballets (Royal opera House, 3 DVD Opus Arte). Coffret Ă©vĂ©nement qui complĂšte l’offre Ă©galement en dvd rĂ©capitulatif Ă©ditĂ© ce NoĂ«l par BelAirclassiques et dĂ©diĂ© Ă  l’école russe du Bolshoï
 Quoiqu’on en dise, Tchaikovski aura permi aux chorĂ©graphes et danseurs internationaux de perfectionner leur art, qu’il s’agisse de l’acrobatie virtuose et un rien froide, ou de l’élĂ©gance racĂ©e sublimement incarnĂ©e
 Voici 3 ballets qui restent 
 inaltĂ©rables.

ROYAL BALLET tchaikovsky the ballets 3 dvd set sleeping beauty ntucracker swan lake annonce critique dvd review classiquenews decembre cadeau de NOEL 2018Parlons d’abord du LAC DES CYGNES / Swan Lake version Osipova / Golding / Gruzin. EnregistrĂ© en mars 2015 au Royal Opera House, Covent Garden, et retransmise dans les cinĂ©mas du monde entier, le ballet fĂ©erique de Piotr Illiytch rĂ©unit deux tĂȘtes d’affiche du Royal Ballet, l’étoile russe Natalia Osipova (originaire du Bolshoi) et le canadien, Matthew Golding, nouveau duo pour ce lac attendu. La conception d’Anthony Dowell, qui date de 1987, s’inspire de l’originale de 1895 (Petipa / Ivanov), souhaite aussi rĂ©actualiser le propos en incluant des inserts venus de diffĂ©rents chorĂ©graphes plus contemporains, emblĂ©matiques Ă  Londres : en particulier Frederick Ashton. Sans omettre des citations de l’époque de Tchaikovski. Il en rĂ©sulte un mĂ©lange parfois confus, qui affecte le trĂšs haut niveau du Corps de Ballet londonien, pourtant au meilleur de sa forme, autant dans la rĂ©alisation synchronisĂ©e des ensembles, que dans le soutien au solos virtuoses (superbe Rothbart de Gary Avis). Technicienne, Natalia Osipova n’est pas une actrice affĂ»tĂ©e, ce qui altĂšre son double emploi : Odette, le cygne blanc, et Odile, le cygne noir. Expressive en Odette, elle manque de relief et de profondeur, mais aussi de prĂ©cision dans la noirceur d’Odile. RacĂ© certes mais uniforme dans sa posture disciplinaire, Matthew Golding fait finalement un prince Siegfried plus hautain qu’humain, ce qui nuit Ă  la finesse Ă©motionnelle de ses duos avec Odile / Odette. Evidemment, l’ampleur de ses portĂ©s est magistrale. LĂ  encore, une approche mĂ©canique, virtuose
 mais froide et distanciĂ©e qui ignore totalement l’empathie et la connexion avec sa partenaire. Dans la fosse, Boris Gruzin fait feu de tout bois, rĂ©alisant de la matiĂšre et soie tchaikovskienne, un scintillement orchestral continu. Trop technique et glaçante, la lecture ne dĂ©trĂŽne pas l’excellent duo Svetlana Zakharova / Roberto Bolle Ă  Milan en 2004
 Oui on nous dira nostalgie, nosltalgie, et « goood old times »  mais quand mĂȘme.

LA BELLE AU BOIS DORMANT version Nuñez, Muntagirov. Tout autre est la conception, elle aussi éclectique mais mieux assemblée et conçue de Monica Mason et Christopher Newton : à partir de la chorégraphie de Marius Petipa, ils conservent les ajouts signés Ashton, Wheeldon, Dowell, tout en redessinant la volupté onirique du conte originel français (Perrault)
grĂące aux costumes et dĂ©cors signĂ©s par Olivier Messel. Il en rĂ©sulte une lecture Ă  la fois majestueuse et trĂšs fine sur le plan de la caractĂ©risation psychologique des personnages. On prĂ©fĂšre souvent grossir et Ă©paissir le ballet de Tchaikovski en faisant ronfler les rĂ©fĂ©rences Ă  la solennitĂ© Grand SiĂšcle, au risque d’écarter tout ce qui relĂšve du drame : rien de tel ici. Car rayonne en un trio irrĂ©sistible trois danseurs-acteurs prodigieux littĂ©ralement : Marianela Nunez (Princesse Aurora, Ă  la fois proche et Ă©nigmatique), Kristen McNally (sidĂ©rante Carabosse par laquelle surgit la catastrophe et l’emprise des tĂ©nĂšbres, mais avec quelle Ă©conomie gestuelle : sa pantomime est du trĂšs grand art), enfin le Prince de Vladimir Muntagirov trouve le ton juste et la balance parfaite entre puissance athlĂ©tique et prĂ©sence affĂ»tĂ©e, sans omettre une excellente interaction avec ses partenaires, dans toutes les situations. VoilĂ  qui nous change du « rien que technique et virtuositĂ© solistique » du Lac des cygnes prĂ©cĂ©demment prĂ©sentĂ©. Le geste souple et habitĂ© de Koen Kessels rend service Ă  une partition colorĂ©e et raffinĂ©e dont il sait retirer toute boursouflure. Magistral.

casse-noisette_royal-ballet_4CASSE NOISETTE, 2016 : les 90 ans de Peter Wright. Le Royal Ballet fĂȘte ainsi les 90 ans du metteur en scĂšne et producteur Peter Wright, dans l’une de ses rĂ©alisations les plus emblĂ©matiques (et applaudies). CrĂ©Ă©e en 1984, la conception enchante en respectant l’empire du rĂȘve qui montre comment le magicien Drosselmeyer emmĂšne la jeune Clara jusqu’au monde enneigĂ© de la FĂ©e DragĂ©e, et au royaume des bonbons. Les aventures qui s’en suivent saisissent par leurs pĂ©ripĂ©ties contrastĂ©es voire martiales : le casse-noisette Hans-Peter se transforme en prince
 Mais Wright offre Ă  partir de la nouvelle onirique d’Hoffmann (Casse noisette et le roi des souris, 1816), une rĂ©flexion trĂšs fine de la magie de NoĂ«l, sachant et questionner le sens de la fĂ©erie et l’expĂ©rience morale qu’en tirent les jeunes protagonistes. Saluons l’excellent Gary AVIS, magicien dĂ©miurge, d’une prĂ©sence convaincante, entre autoritĂ© et mystĂšre. Il accompagne Clara dans son rite qui est aussi l’issue heureuse d’un envoĂ»tement diabolique, car son neveu Hans-Peter a Ă©tĂ© transformĂ© par le roi des souris, en casse-noisette, or seul l’amour d’une jeune fille pourra l’en libĂ©rer.
casse-noisette_royal-ballet_3Au premier acte, confrontĂ©e Ă  un immense sapin (qui ne cesse de grandir Ă  mesure que le songe devient rĂ©el), Clara rayonne par son angĂ©lisme jamais miĂšvre (trĂšs juste Francesca Hayward). Le Casse-noisette devient prince (seyant et habile Federico Bonelli)
 Au pays de la FĂ©e DragĂ©e, les danses de caractĂšres se succĂšdent avec variĂ©tĂ© et virtuositĂ©. Jusqu’au suprĂȘme pas de deux de la FĂ©e DragĂ©e, auquel l’étoile Lauren Cuthbertson rĂ©serve son Ă©lĂ©gance mĂ»re d’une sublime souplesse : face Ă  la Clara attendrie et naĂŻve de Hayward, Cuthbertson Ă©blouit par sa grĂące adulte. Le charme de la production, dĂ©fendu par des solistes de premier plan, semble atemporel. IrrĂ©sistible.

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DVD, coffret. PYOTR ILYITCH TCHAIKOVSKY : The Ballets (Royal opera House, 3 DVD Opus Arte).

CD événement, critique. ZAHIR (1 cd Klarthe records)

QUATUOR ZAHIR : 4 saxos magiciens !CD Ă©vĂ©nement, critique. ZAHIR (1 cd Klarthe records). ZAHIR signifie en arabe, ce qui est “visible”, ce qui occupe en permanence la vision et l’esprit… Ce quatuor de saxos (nĂ© en 2015) Ă©cartent tous ses concurrents par son audace, la libertĂ© du geste, une virtuositĂ© naturelle et souple, sa ligne artistique, ses lumineux engagements. Velours mordant et caractĂ©risĂ© : le son du Quatuor ZAHIR enchante littĂ©ralement et berce dans l’excellente transcription du Quatuor de Borodine (rĂ©alisĂ©e par le sxo soprano Guillaume Berceau) ; un Borodine revivifiĂ©, transcript, sublimĂ© dont le charme d’esprit populaire dĂšs son premier Allegro caressant sĂ©duit immĂ©diatement par l’équilibre des quatre instruments (quatuor vocal plutĂŽt que quatuor Ă  cordes : c’est Ă  dire saxophones soprano, alto, tĂ©nor, baryton). Le souci de la caractĂ©risation, le sens du dialogue entre les parties, la trĂšs fine conception du format sonore, d’une subtilitĂ© rĂ©jouissante, la fluiditĂ© de l’écriture qui fait passer d’un instrument Ă  l’autre, de surcroĂźt dans une prise de son « tournante », ni trop proche ni trop Ă©loignĂ©e, mais ronde et presque dansante, souligne l’extrĂȘme ductilitĂ© lumineuse des Zahir (pulsion dansĂ©e, organiquement trĂšs soignĂ©e du Scherzo). La tendresse simple du Notturno seduit tout autant, jusqu’au trĂšs beau mystĂšre grave du dĂ©but du Finale avant la sĂ©quence plus vive, trĂšs animĂ©e, idĂ©alement caractĂ©risĂ©e elle aussi dans l’enchaĂźnement des sĂ©quences successives. Jaillit une expressivitĂ© assumĂ©e, jamais tendue ni outrĂ©e grĂące Ă  la recherche constante et exaucuĂ©e d’un sublime Ă©quilibre sonore.
L’audace de ce premier cd fait miroir avec une curiositĂ© tout azimut, qui fait de ZAHIR, outre un idĂ©al esthĂ©tique, un laboratoire musicale. D’oĂč une implication totale dans la dĂ©fense des partitions contemporaines.

 
 

 
 

Sublimes saxos : ZAHIR

 
 

klarthe records ZAHIR quatuor de saxos critique CLIC de classiquenewsAinsi The dark side de Jean-Denis Michat est trĂšs proche du jazz et de l’impro : s’y affirme ce jeu constant d’acuitĂ© expressive et de pulsion collective d’oĂč Ă©merge une Ă©tonnante sensibilitĂ© du collectif lĂ  encore Ă  soigner la sonoritĂ© d’ensemble – respirations, sons suraigus comme des cris dĂ©chirĂ©s mais toujours Ă©tonnamment couverts, ronds qui Ă©voquent pour nous le duduk oriental (ligne improvisĂ©e du soprano), comme une transe qui explore des limites extrĂȘmes des tessitures tout en accordant rĂ©guliĂšrement le groupe, sa puissance, son intensitĂ©, sa rĂ©sonance, ses expirations, son imaginaire, et lĂ  encore au service d’une couleur Ă  quatre voix d’une complicitĂ© artistique Ă©tonnante
 C’est peu dire ici que les Ă©lĂšves du compositeur (Michat a enseignĂ© Ă  3 instrumentistes sur les 4 de Zahir) ont compris ses nuances infimes, tĂ©nues ; tout ce qui relĂšve des silences, d’entre les lignes et d’entre les notes, faisant surgir en Ă©clairs oniriques, de superbes vagues allusives, Ă  la fois nostalgiques, caressantes, crĂ©pusculaires : divagations d’une libertĂ© totale oĂč l’entente et la connivence de tous permettent le surgissement d’une fulgurance de l’instant qui s’achĂšve dans l’ombre le plus Ă©nigmatique. De ce point de vue l’imaginaire des ZAHIR semble infinie. Une verve dĂ©voilĂ©e, d’une constante richesse sonore se prĂ©cise et captive. La sĂ©quence est superbe.

 
 

Commande des ZAHIR, Voices of Black earth d’Alexandros Markeas se dĂ©veloppe plutĂŽt sur des sons ciselĂ©s, non classiques, Ă  peine audibles, feutrĂ©s, capables de rĂ©sonances tĂ©nues, aux accents vifs d’une « gutturalité » joyeuse, enivrĂ©e. Le chant comme voilĂ©, rauque, des quatre saxos Ă©voquent les spectres joyeux, facĂ©tieux, esprits de la nature qui nous entourent et qui inspirent ici Markeas dans une piĂšce inspirĂ©e directement de l’univers poĂ©tique d’Archibald Lampman, poĂšte canadien du XIXĂšme et dont le sujet explore la vocalitĂ© des instruments; cris, syncopes, frĂ©missements, chuchotements, hululements
 inscrivent un climat parfois entĂȘtant, dĂ©concertant (comme des sirĂšnes expirantes
). La prise de son excelle dans cette collection vivifiante de sons incarnĂ©s d’une dĂ©concertante Ă©mission, jamais prĂ©visible, dont les phĂ©nomĂšnes de spatialisation saisissent aussi l’auditeur, crĂ©ant des vortex, des espaces sonores, Ă  la fois inquiĂ©tants et fascinants par leur sincĂ©ritĂ© expressive.

 
 

Plus sourde et sombre, la Rhapsodie du pĂšre de Joakim, Alexis Ciesla, berce par sa douceur inquiĂšte : oĂč l’alto de Sandro Compagnon rĂ©ussit une trĂšs belle ligne improvisĂ©e, en musicalitĂ© et libertĂ©. L’élĂ©gance du jeu, et lĂ  encore l’opulence feutrĂ©e de la couleur collective enchantent par ses nuances contrĂŽlĂ©es, et pourtant manifestent aussi une libertĂ© de geste rĂ©ellement engageante. Au delĂ  des citations et influences klezmer de la culture yiddish, et au-delĂ  de l’énoncĂ© « musique vagabonde », le parcours Ă©motionnel du Quatuor de saxos captive par l’intĂ©rioritĂ© qu’il fait surgir dans chaque mesure : comme si le chant des instruments dĂ©coulait d’une expĂ©rience et d’une mĂ©moire prĂ©servĂ©es, Ă  la fois douloureuse mais assumĂ©e et apaisĂ©e. Un telle maturitĂ©, dans la finesse de son articulation, indique un quatuor de trĂšs grands musiciens. Leur association n’est pas seulement musicale : elle touche au cƓur par leur justesse et leur sincĂ©ritĂ©. La couleur et la sonoritĂ© ronde et envoĂ»tante subjuguent. Superbe complicitĂ© sonore du dĂ©but Ă  la fin. A suivre. Disque Ă©lu CLIC de CLASSIQUENEWS de la rentrĂ©e 2018.

 
 

‹QUATUOR DE SAXOPHONES ZAHIR

Guillaume BERCEAU > saxophone soprano
Sandro COMPAGNON > saxophone alto
Florent LOUMAN > saxophone ténor
Joakim CIESLA > saxophone baryton

 
 

 
 

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CLIC D'OR macaron 200CD Ă©vĂ©nement, critique. ZAHIR (1 cd Klarthe records). BORODINE (Quautor Ă  cordes n°2 en rĂ© majeur – Jean-Denis Michat : The Dark side – Alexandros Markeas : Voices of Black Earth – Alexis Ciesla : Rhapsodie. Enregistrement rĂ©alisĂ© en nov 2017 (Villefavard). 1 cd Klarthe records K063. CLIC de CLASSIQUENEWS de la rentrĂ©e 2018.

 
 
 

 

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A LIRE aussi notre entretien exclusif avec les saxophonistes du QUATUOR ZAHIR

 

 

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ZAHIR-1er-cd-klarthe-video-clip-par-classiquenws-octobre-2018-teaser-4-saxos-zahir-par-classiquenewsVOIR aussi le teaser du premier cd du Quatuor ZAHIR / Zahir signifie ” ce qui est visible” et occupe toutes vos pensĂ©es… extraits musicaux et approche esthĂ©tique du Quatuor Zahir… (teaser rĂ©alisĂ© par le studio CLASSIQUENEWS.TV / Philippe-Alexandre Pham 2018)

https://www.youtube.com/watch?v=IhiZ8OQNikA

VOIR aussi  le Quatuor ZAHIR interpréter dans son intégralité The Dark side de Jean-Denis Michat : avec le compositeur (impro)

 
 

COMPTE RENDU, Festival. Lisbonne, août 2018. Festival et Académie Verão Clåssico 2018

COMPTE RENDU, Festival. Lisbonne, aoĂ»t 2018. Festival et AcadĂ©mie VerĂŁo ClĂĄssico 2018. La grande fĂȘte de la Musique de Lisbonne. Du 29 juillet au 7 aout 2018, Centre Culturel de BelĂ©m. Talent, enthousiasme, rigueur, dĂ©passement de soit, partage, 
 telles sont les devises d’un haut lieu culturel du Portugal devenu depuis quelques annĂ©es grĂące Ă  l’initiative du pianiste Filipe Pinto Ribeiro, le cƓur de la vie musicale chambriste. Plus qu’un cycle de concerts, l’évĂ©nement estival assure aussi l’expĂ©rience essentielle de la transmission car ici, les musiciens professionnels invitĂ©s, – concertistes de renom, enseignent leur mĂ©tier, partagent leur expĂ©rience aux Ă©lĂšves venus du monde entier pianistes, violoncellistes, altistes, contrebassistes, clarinettistes, cornistes, ou hautboistes.
 Le Festival et AcadĂ©mie VerĂŁo ClĂĄssico se dĂ©ploie au sein du prestigieux Centre Culturel de BelĂ©m, au cƓur de Lisbonne.

 

 

Festival Académie VERAO CLASSICO à Lisbonne,
Voyage au centre du chambrisme le plus intense

 

 

Tout au long de cette semaine intense en apprentissage comme en concerts, dirigée par le pianiste Filipe Pinto-Ribeiro, plusieurs master-classes de piano, cordes, vents et musique sont données par les professeurs les plus prestigieux du monde de la musique.

 

 

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Chambrisme éloquent, ciselé à Lisbonne, par Pascal Moragues (clarinette), Gary Hoffmann (violoncelle), et Filipe PINTO-RIBEIRO (VERAO CLASSICO 2018 / DR)

  

 

Les cours sont assurĂ©s par de grandes personnalitĂ©s du monde musical ; des pointures certes, surtout des solistes qui possĂšdent l’art du dialogue collectif car ils aiment aussi jouer en complicitĂ©, dans le cadre de la musique de chambre ; c’est aussi cela que le sjeuens apprentis viennent maĂźtriser : le jeu technique Ă©videment, mais aussi l’apprentissage de l’écoute ; tous ont participĂ© Ă  cette 4Ăšme Ă©dition du Festival ; chacun parmi les professeurs ont Ă  coeur de transmettre et encourager les vocations, Ă  commencer par son mentor Filipe Pinto-Ribeiro, directeur artistique et pĂ©dagogique.

Nous avons pu Ă©couter en grande premiĂšre au Festival le corniste Radek BaborĂĄk ainsi que le violoncelliste Adrian Brendel, les pianistes Imogen Cooper et Aleksander MadĆŸar, le contrebassiste Janne Saksala, contre-basse solo de l’Orchestre Philharmonique de Berlin, et la flĂ»tiste Adriana Ferreira, rĂ©cemment nommĂ©es premiĂšre flĂ»te solo de l’Orchestre de l’AcadĂ©mie de Santa Cecilia Ă  Rome. Ceux qui ont l’habitude des concerts et masterclasses du Festival Ă  Lisbonne, ont retrouver la prĂ©sence charismatique de vrais tempĂ©raments tels le violoniste Corey Cerovsek et Jack Liebeck, l’altiste Isabel Charisius, le clarinettiste Pascal MoraguĂšs, entre autres.

Pour cette 4Ăšme Ă©dition du Festival et de l’Academia VerĂŁo ClĂĄssico, 170 jeunes musiciens ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s, 107 portugais et 63 venant d’autres 27 pays. VoilĂ  qui atteste de l’ampleur internationale d’un Ă©vĂ©nement devenu incontournable dans l’agenda musical europĂ©en et estival : pour goĂ»ter et comprendre la musique de chambre, rien n’égale l’expĂ©rience vĂ©cue au Centre culturel BĂ©lem Ă  Liobsnne, le temps de l’AcadĂ©mie et du festival Verao Classico
 Les prochaines dates sont dĂ©jĂ  annoncĂ©es, Ă  Lisbonne du 28 juillet au 6 aout 2019.

 

 

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VERAO-CLASSICO-gary-hofmann-masterclass-lisbonne-critique-par-classiquenews-2017VOIR notre reportage vidéo exclusif réalisé lors du Festival Académie VERAO CLASSICO, en août 2017. Présentation, fonctionnement, enjeux des masterclasses et des concerts (des professeurs et des élÚves) par Filipe Pinto-Ribeiro, avec Gary Hoffmann, Pascal Moragues, 
 VOIR le film

 
 

 
 

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SHOSTA-CHOSTAKOVITCH-CD-PARATY-critique-cd-review-cd-critique-par-classiquenews-PARATY_718232_Shostakovich_Ensemble_COUV_HMACTUALITES. Filipe Pinto-Ribeiro, Corey Cerovsek, Isabel Charisius, Adrian Brendel entre autres, publient Ă  l’automne 2018, l’intĂ©grale de la musique de chambre pour cordes et piano de CHOSTAKOVITCH / SHOSTAKOVISH, coffret Ă©vĂ©nement Ă©ditĂ© par PARATY. Corpus Ă©blouissant dans une interprĂ©tation ciselĂ©e, nerveuse, collectivement trĂšs affĂ»tĂ©e
 Prochaine grande critique Ă  venir sur CLASSIQUENEWS, dans la mg cd dvd livres
 LIRE notre dĂ©pĂȘche annonce du coffret SHOSTAKOVICH / VOIR notre teaser vidĂ©o IntĂ©grale de la musique de chambre pour cordes et piano (Paraty)

 

 

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Compte-rendu, concert. Salon de Provence, l’EmpĂ©ri, le 5 aoĂ»t 2018. Monteverdi. Piazolla /AlarcĂłn.  

Compte-rendu, concert. 26Ăšme Festival de Musique de Chambre de Salon de Provence. Salon de Provence, ChĂąteau de l’EmpĂ©ri, le 5 aoĂ»t 2018. Monteverdi. Piazolla. Beytelmann. Flores. Meyer. BohĂłrquez. Sabatier. GarcĂ­a AlarcĂłn. Soir particulier au Festival de Salon un peu iconoclaste pour les puristes mais qui a permis de prendre la mesure de la dimension utopique de la musique. Car si la soirĂ©e portait comme titre : « Une utopie Argentine » les mots trĂšs sincĂšres de Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn pour prĂ©senter le concert dĂ©passent la seule Argentine.

La musique, une Utopie partagée ?

emperi5aout2Le voyage au delĂ  des mers dans un sens pour apprendre la maniĂšre et les codes des musiques anciennes pour le chef argentin et dans l’autre sens la recherche du vrai tango pour le français William Sabatier amoureux du bandonĂ©on Ă©voque bien d’autres voyages musicaux. La rencontre de la musique dite sĂ©rieuse de Monteverdi venant rencontrer le tango argentin d’origine populaire retravaillĂ© par Piazolla est intrigante. William Sabatier et Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn portent donc ce concert ; ils entraĂźnent avec eux compagnons et amis. Le rĂ©sultat d’abord surprenant est un rĂ©gal. Point de clavecin ni de luth mais piano Ă  queue et guitare Ă©lectrique, point de cornet Ă  bouquin mais une clarinette et point de flĂ»te Ă  bec mais la flĂ»te Boehm. Que les Sixtus Beckmesser en crĂšvent : le rĂ©sultat avec de tels musiciens est trĂšs admirable ! Au piano Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn est d’une souplesse et d’une dĂ©licatesse de toucher incroyable et nous savons, pour notre part depuis les Pink Floyd, combien une guitare Ă©lectrique peut avoir de mystĂšre et de puissance expressive lyrique. Paul Meyer Ă  la clarinette sait crĂ©er des sons impalpables ou grandioses, et la flĂ»te d’Emmanuel Pahud est la musique mĂȘme. Alors point de cordes de boyaux non plus mais des cordes virevoltantes et subtiles.

Et il y a la voix et la prĂ©sence incroyable de la soprano Mariana Flores. En « vamp » du tango elle impose d’abord un peu abruptement une prĂ©sence aguichante dĂ©passant son naturel, puis petit Ă  petit trouve la place exacte entre Ă©lĂ©gance et presque vulgaritĂ©. La sensualitĂ© extravertie est magnifique dans les tangos et la passion dĂ©bordante dans Monteverdi lui fait oser dĂ©structurer le rythme pour l’adapter Ă  son phrasĂ© haletant, Ă  ses susurrements. C’est une Ninfa bien plus vivante et au caractĂšre plus trempĂ© qu’à son habitude et le duo final et si sensuel entre NĂ©ron et PoppĂ©e entre la soprano et Paul Meyer est un moment de pure grĂące Ă  la sensualitĂ© musicale inouĂŻe des deux interprĂštes. Au bandonĂ©on, l’énergie et la virtuositĂ© de William Sabatier, sa prĂ©sence amicale, font dĂ©lice. Ses moments d’improvisations sont un pur bonheur et que dire du mĂ©lange de timbre avec les cordes, la flĂ»te ou la clarinette dont les musiciens ont Ă©tĂ© capables ! De fins musiciens se sont amusĂ©s avec beaucoup d’esprit Ă  crĂ©er pour le public une rencontre utopique entre Monteverdi et Piazolla. Chapeau bas et grand merci !

La deuxiĂšme partie du concert est plus « argentine », plus moderne mais tout aussi pleine de belles surprises. Le Tango Ă  quatre mains avec le couple infernal Lucille Chung & Alessio Bax est un moment fulgurant et spectaculaire dans lequel la fusion des mains est vertigineuse. Le spectacle est autant visuel que sonore. Rien ne semble leur faire peur. Le tango est aussi sur le clavier. L’effet est enthousiasmant pour le public qui exulte. Puis le compositeur et interprĂšte argentin Gustavo Beytelmann monte au clavier et avec le gĂ©nĂ©reux son de Claudio BohĂłrquez au violoncelle ; les deux nous offrent une trĂšs Ă©mouvante piĂšce de sa composition, Balada y tango, avec l’alternance de sensualitĂ© mĂ©lancolique et de panache exaltant. Les deux autres piĂšces de Piazolla nous permettent de dĂ©guster le jeu au violon d’Oscar BohĂłrquez. Serein ou mĂ©lancolique, brillant ou tendre son jeu est multiple avec toujours une dĂ©licate musicalitĂ©. Puis les deux BohĂłrquez et l’incroyable pianiste argentin nous envoĂ»tent avec une interprĂ©tation anthologique et unique, semblant leur venir Ă  l’instant, de Las cuarto estaciones portenas, suite envoĂ»tante de musiques plus belles les unes que les autres. Une Argentine, aussi utopique que rĂ©elle, est venue Ă  Salon. Personne n’en a doutĂ© en sortant de la cours du ChĂąteau de l’EmpĂ©ri ce soir. Quels beaux voyages ! Vive l’Utopie ! Illustration ci dessus.

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Compte-rendu, concert. 26Ăšme Festival de Musique de Chambre de Salon de Provence. Salon de Provence, ChĂąteau de l’EmpĂ©ri, le 5 aoĂ»t 2018. Claudio Monteverdi (1567-1643) ; PremiĂšre partie Ɠuvres de Monteverdi et Piazolla en tissage serré ;  Astor Piazolla (1921-1992) : Tango Ă  4 mains ; Grand Tango ; Las cuarto estaciones portenas ; Gustavo Beytelmann (nĂ© en 1945) : Balada y tango ; Avec : Mariana Flores, soprano ; Oscar BohĂłrquez, violon ; Emmanuel Pahud, flĂ»te ; Paul Meyer, clarinette ; Claudio BohĂłrquez, violoncelle ; Fernando Millet, guitare Ă©lectrique ; Romain Lecuyer, contrebasse ; William Sabatier, bandonĂ©on ; Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn, Gustavo Beytelmann, Lucille Chung & Alessio Bax, piano.

COMPTE RENDU, Opéra. SALZBOURG, le 4 août 2018. MOZART : La Flûte Enchantée / Die Zauberflöte. Carydis / Steier

zauberflote-flute-enchantee-trois-garcons-3-sons-critique-opera-review-opera-by-classiquenews-salzburg-2018COMPTE RENDU, OpĂ©ra. SALZBOURG, le 4 aoĂ»t 2018. MOZART : La FlĂ»te EnchantĂ©e / Die Zauberflöte. Carydis / Steier. Au delĂ  des apparences, percer le mensonge des illusions et accĂ©der en toute conscience au royaume Ă©blouissant de la vertu
 L’idĂ©al que dĂ©fend l’opĂ©ra de Mozart se lit ici avec une clartĂ© exemplaire et un souci onirique trĂšs stimulant. L’ultime opĂ©ra de Wolfgang, composĂ© 2 ans aprĂšs la RĂ©volution française, recueille les idĂ©es des LumiĂšres et affirme in fine le triomphe des valeurs morales contre l’obscurantisme gĂ©nĂ©ral. Une vision rĂ©confortante Ă  notre Ă©poque oĂč la montĂ©e des extrĂȘmismes, le jeu Ă©lectoraliste dangereux des politiques qui soufflent sur les braises des communautarismes radicaux pour instaurer l’ordre du chaos (cynisme effarant), ne cessent de ronger la soliditĂ© du socle rĂ©publicain et dĂ©mocratique.

MĂȘme s’il est d’abord un magnifique conte fĂ©erique, l’ouvrage crĂ©Ă© Ă  Vienne en 1791, est aussi un rituel philosophique, voire maçonnique, surtout un manifeste politique. Ici s’oppose la manipulation mensongĂšre (La Reine de la nuit) face Ă  la sincĂ©ritĂ© vertueuse et respectueuse (Sarastro) ; la haine contre le temple (de sagesse). FermetĂ©, discrĂ©tion, loyauté  Ainsi le prince Tamino apprend les bĂ©nĂ©fices d’une vie juste et responsable, entraĂźnant sur ce chemin formateur et initiatique, l’oiseleur Papageno, qui de rustre naif et roublard, devient homme, loyal et aimant.
La vision de Lydia Steier est remarquable car elle concilie de superbes tableaux enchanteurs, inscrivant l’action dans le domaine du cirque ; tout en soulignant la force morale du parcours que suit le protagoniste Tamino, d’abord instrumentalisĂ© par le Reine de la nuit, puis initiĂ© par le sage Sarastro. Sur sa route, il dĂ©couvre l’amour en la personne de Pamina, ĂȘtre dĂ©truit, martyrisĂ© par une mĂšre trop tyrannique et cruelle. L’opĂ©ra dĂ©bute dans un intĂ©rieur viennois bourgeois vers 1913 : une famille rĂ©unissant les parents et leurs trois enfants (les 3 garçons du conte Ă  travers les yeux desquels se dĂ©roule en dĂ©finitive toute l’action scĂ©nique), et aussi le grand pĂšre (le futur rĂ©citant incarnĂ© par l’excellent acteur Klaus Maria Brandauer) se retrouve attablĂ©e, servie par 3 servantes en tablier (les futures 3 dames de la lĂ©gende). Sous les apparences tranquilles de famille versaillaise bien comme il faut, le chaos ne tarde pas Ă  surgir : aprĂšs que le pĂšre quitte brutalement le clan, la mĂšre devient hystĂ©rique et folle Ă  peine calmĂ©e par les servantes ; les 3 garçons regagnent leur chambrĂ©e
 et le conte peut alors ĂȘtre racontĂ© Ă  travers les rĂ©cits du grand pĂšre qui introduit chacun des tableaux des deux actes. Sous l’enchantement des scĂšnes qui se succĂšdent, oĂč percent au fur et Ă  mesure de l’action, le vrai visage des protagonistes, se prĂ©cise peu Ă  peu la puissance de cette leçon de sagesse : les enfants qui sont les spectateurs et les acteurs privilĂ©giĂ©s de l’histoire, sont invitĂ©s Ă  mĂ©diter ce qui leur est dĂ©voilĂ© : la vĂ©ritĂ© doit ĂȘtre recherchĂ©e derriĂšre le voile des apparences. Ainsi la Reine de la nuit est-elle vraiment sincĂšre ? Et Sarastro doit-il ĂȘtre haĂŻ comme Tamino est enclin Ă  le penser ? RĂ©flĂ©chis par toi-mĂȘme. Telle est le sens de toute l’action qui des TĂ©nĂšbres bascule peu Ă  peu dans la pleine lumiĂšre (choeur final).

 

 

Réalisée par la metteure en scÚne Lydia Steier
Une sublime Flûte enchantée, à la fois onirique et grave

 

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Auparavant, la musique de Mozart distille sa force onirique, son intelligence magicienne d’autant que l’Orchestre Philharmonique de Vienne atteint des sommets d’élĂ©gance affĂ»tĂ©e et vive qui Ă©lectrise vĂ©ritablement le dramatisme du livret de Shikaneder. Constantinos Carydis dĂ©ploie une vitalitĂ© mordante et sĂ©ductrice, Ă©cartant toute miĂšvrerie ou lourdeur ; recherchant lui aussi l’acuitĂ© du manifeste humaniste sous l’apparence douceĂątre du faux opĂ©ra pour enfants. On reste Ă©bloui par la subtilitĂ© des tableaux visuels, la prĂ©sence de la poĂ©sie qui apparente le conte Ă  un songe, selon l’imaginaire des 3 garçons.

 

 

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Reste que la distribution Ă  quelques exceptions prĂšs est Ă  la hauteur de cette rĂ©ussite scĂ©nographique. Oublions d’emblĂ©e la soprano requise pour remplacer au pied levĂ© la diva programmĂ©e Ă  l’origine : imprĂ©cisions des trilles, notes fausses, malgrĂ© une Ă©mission franche, la Reine de la nuit ne distille aucun trouble. Dommage.
PhrasĂ©s naturels, projection mesurĂ©e, justesse de la caractĂ©risation, et chant intense autant que raffinĂ©, le tĂ©nor Mauro Peter et la soprano Christiane Karg font du couple d’initiĂ©s Tamino / Pamina l’un des plus attachants et subtils de l’heure. Assisterions nous ainsi Ă  un renouveau du chant mozartien ? Ces deux chanteurs lĂ  nous le laisse espĂ©rer. La noblesse des sentiments pour Tamino, l’ñme dĂ©truite, dĂ©sespĂ©rĂ©e de Pamina (son air tragique au II est bouleversant de sincĂ©ritĂ© et de puissance Ă©motionnelle) laissent une forte impression.
Attendu, Matthias Goerne, plus habituĂ© aux nuances schubertiennes, celle du wanderer en rĂ©cital chant / piano, incarne un Sarastro Ă©conome en gestuelle mais saisissant d’humanitĂ© souple et presque caressante : le timbre est somptueux, mais il manque parfois de la rĂ©sonance caverneuse dans les graves que les grandes basses lĂ©gendaires (Matti Salminen) ont su imprimer au personnage

Il y a de la gravitĂ© aussi dans cette production comme au moment des Ă©preuves dĂ©cisives traversĂ©es par le couple Tamino / Pamina, quand sont projetĂ©es des images des combattants de la premiĂšre guerre, la plus destructrice et la plus criminelle, dĂ©figurant et infligeant d’horribles blessures aux soldats ainsi traumatisĂ©s. L’appel humaniste Ă  la paix fraternelle y gagne une vĂ©ritĂ© dĂ©sarmante.

VoilĂ  donc le spectacle Ă©vĂ©nement de cette Ă©dition du Festival de Salzbourg 2018 (avec la SalomĂ© de Castellucci, nouvelle production elle aussi jusqu’au 27 aoĂ»t)
https://www.salzburgerfestspiele.at/oper/salome-2018

: une vision Ă  la fois trĂšs poĂ©tique, rafraĂźchissante mĂȘme de l’opĂ©ra le plus jouĂ© de Mozart avec Don Giovanni et dĂ©fendu par un chef et de jeunes chanteurs qui sont convaincants par leur juste engagement. Au moins Salzbourg modĂšle des festivals d’opĂ©ras l’étĂ©, a su Ă©carter le fiasco pathĂ©tique de l’édition 2018 du festival français d’Aix en Provence, coulĂ© par une triste mise en scĂšne d’Ariadne auf Naxos de Strauss

Saluons par ailleurs la chaĂźne Arte de diffuser le spectacle Die Zauberflöte Ă  une heure de grande Ă©coute ce 4 aoĂ»t justement. On reste toujours agacĂ© par la prĂ©sentatrice dont le style « grande dame » continue d’étiqueter l’opĂ©ra comme un loisir pour « riches » et vieux fortunĂ©s. Le temps est Ă  un nouveau style et il faudrait ainsi dĂ©mocratiser totalement et dĂ©finitivement la musique classique comme l’opĂ©ra en Ă©vitant de tels clichĂ©s, fatalement nĂ©fastes pour l’image du genre. Oui le lyrique est facile d’accĂšs, et pour toutun chacun quelle que puisse ĂȘtre sa position sociale
 D’autant que l’opĂ©ra de Mozart est par essence et selon le voeu du compositeur, un opĂ©ra surtout « populaire » au sens le plus noble et le plus atemporel du terme
 pour tous et pour chacun. Non pas pour l’élite.

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COMPTE RENDU, OpĂ©ra. SALZBOURG, Palais des Festivals. Le 4 aoĂ»t 2018. MOZART : La FlĂ»te EnchantĂ©e / Die Zauberflöte. Carydis / Steier. A l’ffiche jusqu’au 30 aoĂ»t 2018.
VOIR le site du Festival de Salzbourg 2018
https://www.salzburgerfestspiele.at/oper/zauberfloete-2018

 

 

Constantinos Carydis, Musikalische Leitung / Direction musicale
Lydia Steier, Regie / Mise en scĂšne

Matthias Goerne, Sarastro
Mauro Peter, Tamino
Albina Shagimuratova, Die Königin der Nacht (remplacée le 4 août)
Christiane Karg, Pamina
Ilse Eerens, Erste Dame
Paula Murrihy, Zweite Dame
GeneviĂšve King, Dritte Dame
Adam Plachetka, Papageno
Maria Nazarova, Papagena
Michael Porter, Monostatos
Tareq Nazmi, Sprecher
Simon Bode, Zweiter Priester / Erster geharnischter Mann
Birgit Linauer, Alte Papagena
Klaus Maria Brandauer, Großvater / Grand pùre
Wiener SÀngerknaben, Drei Knaben / 3 garçons

Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor
Ernst Raffelsberger, Choreinstudierung
Wiener Philharmoniker

 

 

VIDEO
Lydia Steier parle de sa vision de la Flûte Enchantée / Die zauberflöte
(en anglais / sous titré en allemand)

https://www.salzburgerfestspiele.at/videos/playlistid/PLvbbwyDYw0UWd7h3Um3K5jzC9NMaBCdeb

GIUSTINO de VIVALDI (1724)

vivaldi classiquenews concert dossier special contents classiquenewsFrance Musique, le 27 juillet 2018,21h. VIVALDI: Giustino. En direct. POURSUITE DU CYCLE LYRIQUE VIVALDI Ă  Beaune. Une tempĂȘte en mer, plusieurs batailles, un couronnement spectaculaire
, Giustino de Vivaldi affirme la maturitĂ© accomplie du compositeur vĂ©nitien, inspirĂ© par l’histoire de Byzance. La partition crĂ©Ă©e Ă  Rome en 1724, n’en met pas moins en scĂšne des situations psychologiques d’une rare intensitĂ©, permettant Ă  Vivaldi d’exprimer vertiges, Ă©garements, dĂ©sir des passions humaines. D’acte en acte, doute, suspicion, jalousie font leur oeuvre dans un cycle d’arias particuliĂšrement ciselĂ©s dont l’écriture exige autant de virtuositĂ© que de souffle dramatique, et de justesse Ă©motionnelle. Stravinsky claironnant que Vivaldi se rĂ©pĂ©tait, Ă©crivant toujours le mĂȘme Concerto (avait-il rĂ©ellement bien mesurĂ© le gĂ©nie des Quatre Saisons ?) aura durablement empĂȘchĂ© la juste estimation de l’oeuvre du Pretre Rosso. C’est aussi vrai de son catalogue opĂ©ratique dont malgrĂ© une Ă©bauche de rĂ©surrection (par le disque), le grand public a semblĂ© apprĂ©cier la valeur
 Aujourd’hui qui affiche les opĂ©ras du VĂ©nitien, tout en jugeant objectivement de leur apport et de leur intĂ©rĂȘt ? La mode a produit ses effets. Bien rares, les nouvelles productions d’un opĂ©ra de Vivaldi. Heureusement France Musique met l’accent sur Giustino grĂące Ă  cette soirĂ©e en direct de Beaune, rĂ©surrection attendue sous la baguette fine et musclĂ©e d’Ottavio Dantone.
Le plateau de solistes devrait incarner et caractĂ©riser chacun des personnages et leurs parties. C’est vrai des airs “VedrĂČ con mio diletto“ (acte 1) et “Sento in seno“ (acte 2) chantĂ©s par Anastasio ; “Ho nel petto“ avec psaltĂ©rion solo chantĂ© par Giustino (acte 2), ou encore “Or che cinto ho il crin d’alloro“ chantĂ© par Amanzio, “Sventurata navicella“ et “Senti l’aura“ par Leocasta, sans oublier l’invraisemblable “Per noi soave e bella“, constellĂ© de mĂ©lismes et vocalises en diable, par Arianna
 l’agilitĂ© et le sens du drame sont au coeur d’une partition musicalement prenante, aussi intense et exigeante qu’un drame haendĂ©lien. Le grand dĂ©fi de l’opĂ©ra vivaldien est de s’affirmer malgrĂ© la concurrence de plus en plus sĂ©vĂšre de l’opĂ©ra napolitain. Il met son sens du drame au service d’une conception Ă  la fois efficace et poĂ©tique de l’action.

 

 

 

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vivaldi opera giustinoANTONIO VIVALDI 1678- 1741
(1678 – 1741)
Giustino

DRAMMA PER MUSICA EN 3 ACTES, CRÉÉ DURANT LE CARNAVAL DE 1724 AU TEATRO CAPRANICA DE ROME.
LIVRET DE PARIATI D’APRÈS NICOLÒ BEREGAN

ACCADEMIA  BIZANTINA
Direction musicale : OTTAVIO  DANTONE

Anastasio : Silke GÀng, mezzo-soprano
Arianna : Emöke Barath, soprano
Leocasta : Ana Maria Labin, soprano
Amantio : Ariana Vendittelli, soprano
Giustino : Delphine Galou, mezzo-soprano
Vitaliano : Emiliano Gonzalez Toro, ténor
Andronico, Polidarte : Alessandro Giangrande, ténor

Diffusion en direct

 

 

 

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ORCHESTRE NATIONLA DE LILLE : MASS de BERNSTEIN

bernstein-un-air-de-gravitĂ©-fraternelle-portrait-leonard-bernstein-par-classiquenews-opera-concerts-festivals-musique-classiqueLILLE, ONL. les 29 et 30 juin. BERNSTEIN: MASS. Sommet dĂ©jantĂ© mais manifeste pacifiste et humaniste en pleine guerre froide (1971), MASS est une oeuvre plĂ©thorique que son Ă©clectisme rend inclassable. C’est pourtant une partition propre au gĂ©nie protĂ©iforme de Bernstein que l’Orchestre National de Lille et Alexandre Bloch abordent, en un programme majeur qui est le temps fort des cĂ©lĂ©brations Bernstein en France, pour le centenaire Bernstein 2018.

vendredi 29 juin 20hboutonreservation
samedi 30 juin 18h30
Lille – Auditorium du Nouveau Siùcle

 

BILLETTERIE EN LIGNE

MASS BERNSTEIN
Direction : Alexandre Bloch
Récitant  : Brett Polegato
Orchestre National de Lille

Street People Ensemble Color
Grand ChƓur Ensemble vocal Adventi, Choeur de l’Avesnois, ChƓur du Conservatoire de Cambrai, InChorus, Ă©tudiants du Conservatoire de Lille et choristes amateurs
ChƓur d’enfants ChƓur Maütrisien du Conservatoire de Wasquehal
Chef de chƓur Pascal Adoumbou

Plus de 200 interprĂštes sur scĂšne

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Présentation
bloch-alexandre-maestro-orchestre-national-de-lille-582-presentation-classiquenews-saison-2017-2018C’est une partition Ă©clectique, expĂ©rimentale, dĂ©jantĂ©e, fonciĂšrement populaire d’un Bernstein plus inclassable que jamais. MASS est une partition unique, dĂ©lirante, provocatrice voire dĂ©jantĂ©e dont la forme pluridisciplinaire associant choeur, solistes, danseurs, orchestre classique et guitare Ă©lectrique, renseigne Ă©videmment sur le gĂ©nie gĂ©nĂ©reux, gourmand et gourmet d’un Bernstein qui fusionne populaire et savant. Les textes sont empruntĂ©s Ă  l’ordinaire de la messe en latin, et par Bernstein et l’auteur pour Broadway Stephen Schwartz. La commande en revient Ă  Jacqueline Kennedy, le 8 septembre 1971 pour l’inauguration Ă  Washington du John F. Kennedy Center for the Performing Arts.

Folie, grandeur, hystérie des hommes

bernstein-vignette-centenaire-bernstein-classiquenews-bernstein-complete-works-on-deutsche-grammophon-critique-presentation-annonce-review-par-classiquenews-opera-concerts-festival-musique-classiqueConspuĂ©e, dĂ©nigrĂ©e par les critiques amĂ©ricains, l’oeuvre attend toujours une juste Ă©valuation quand le public l’a toujours apprĂ©ciĂ©, sensible Ă  son accessibilitĂ© polymorphe, son entrain, ses ruptures et ses rythmes contrastĂ©s. Le noble, le populaire : Bernstein gomme les rites, repousse les frontiĂšres, rĂ©invente l’idĂ©e mĂȘme d’une messe, moins cĂ©lĂ©bration costumĂ©e et amidonnĂ©e que transe collective. Une priĂšre pour le vivre ensemble, pour toutes les Ă©poques, dans tous les styles vocaux aussi (le choeur et les solistes y tiennent une place essentielle : porteurs d’ivresse, d’hystĂ©rie, mais surtout de priĂšre intime et fraternelle d’une immense sĂ©duction ; le solo « simple song » est ici un standard Ă©ternel qui place la voix sans le soutien et l’habillage de l’orchestre, une voix Ă  nu, sobre, essentielle, direct, vraie, comme le dernier air dĂ©pouillĂ© de la Messe en si de Bach : un hymne fraternel et la clĂ© d’une partition qui cĂ©lĂšbre l’humain pour son sentiment d’amour et de compassion.

L’architecture de l’oeuvre, ample fresque sociale et collective rĂ©sonne des heurts et dysfonctionnements des sociĂ©tĂ©s humaines : les dissonances, les tensions et les cris, les confrontations sur scĂšne entre les divers groupes en prĂ©sence illustrent ce chaos qui menace en permanence l’ordre du monde


Ainsi Bernstein organise sa Messe atypique autour d’un Celebrant, d’un choeur adulte et d’un choeur d’enfants, de chanteurs populaires (Street singers), vĂ©ritables acteurs qui interpellent, animent, rythment le dĂ©roulement de ce rituel collectif, quand il est mise en scĂšne (ce que souhaitait aussi Bernstein).
Yannick Nézet Séguin a la verve et la tension nécessaires pour réussir une lecture unitaire malgré la menace de dispersion. Tout converge aprÚs des épisodes chaotiques vers cette fin de réconciliation fraternelle (ultime «  Sing God a Secret Song ») en dépit des oppositions et conflits exposés précédemment.
Vivant, palpitant, naviguant entre oratorio sĂ©rieux, transe populaire collective, panache et dĂ©lire du Music Hall et de la variĂ©tĂ©, le chef laisse toute sa place au fond critique de l’oeuvre. Mass interroge le sens de la messe, la place de Dieu, la destinĂ©e et le sens de l’humanitĂ©.
La vision suit l’inĂ©luctable fin qu’a conçue le compositeur, celle d’une paix salvatrice : «The Mass is ended; go in peace » . La Messe est finie, allez en paix.
Chanteurs engagĂ©s, orchestre versatile, expressif, le chef saisit la singularitĂ© d’une piĂšce orchestrale et dramatique, spectaculaire, et pourtant intime. VoilĂ  un bien bel hommage Ă  Leonard Bernstein qui aurait eu cent ans : le 25 aoĂ»t 2018. CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2018.

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APPROFONDIR

LIRE notre dossier sur MASS de Bernstein :
http://www.classiquenews.com/paris-la-philharmonie-affiche-mass-loratorio-dejante-de-bernstein/

LIRE aussi notre bilan discographique de l’annĂ©e Bernstein 2018, dont MASS par Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, rĂ©cemment paru (mars 2018)

FAUST de GOUNOD, une quĂȘte du salut

ary-scheffer-faust-at-the-sabbathBICENTENAIRE GOUNOD 2018. FOCUS sur FAUST
 Faust de Gounod est e second succĂšs du compositeur, et en 1959, une maniĂšre de retour en grĂące auprĂšs du public qui depuis Le MĂ©decin malgrĂ© lui d’aprĂšs MoliĂšre l’avait quelque peu boudĂ©. Fait marquant pour ce Prix de Rome 1839, il s’agissait de reconquĂ©rir la place lyrique, lui qui se destinant aux ordres, avait finalement suivi le conseil de Pauline Viardot, cantatrice magnĂ©tique et tutĂ©laire pour laquelle il avait dĂ©butĂ© une fulgurante carriĂšre avec Sapho, sublime, immortelle par sa lyre chantante (l’équivalent fĂ©minin d’OrphĂ©e, remarquable ouvrage au gĂ©nie mĂ©lodique crĂ©Ă© en 1851). Avant que n’arrive RomĂ©o et Juliette de 1867, ensorcelante ivresse amoureuse par ses 3 duos extatiques (vraie alternative Ă  Wagner), Faust est l’opĂ©ra le plus jouĂ© en France et dans le monde. L’ouvrage est en 5 actes et est conçu de 1839 Ă  1859 : 20 annĂ©es d’une crĂ©ation difficile car Gounod sait l’ampleur de la tĂąche qui doit ĂȘtre digne de la source poĂ©tique allemande : Goethe. Schumann vient de terminer sa version en 1853, mi oratorio mi opĂ©ra. Mais la version premiĂšre comporte des dialogues parlĂ©s qu’il remodĂšle en rĂ©citatif ajoutant le ballet du dĂ©but du VĂš acte (la fameuse Nuit de Walpurgis) pour la reprise de 1869 Ă  l’OpĂ©ra de Paris. HĂ©ritier de Meyerbeer et de HalĂ©vy dans le genre du grand opĂ©ra Ă  effets (spectaculaires et 
 fantastique, sujet oblige), Faust est le plus grand succĂšs français (2358 reprĂ©sentations cumulĂ©es Ă  Paris en 1975).
A travers le mythe de Faust, se prĂ©cise le dĂ©fi de toute une vie : la vanitĂ© du savoir face Ă  l’inexorable dĂ©chĂ©ance physique : que sert de comprendre le monde, s’il n’offre que frustrations et souffrance ? Le docteur Faust ĂągĂ© dĂ©sespĂšre du monde et de la vie, mais rencontre MĂ©phistophĂ©lĂšs qui en Ă©change de son Ăąme, lui promet dĂ©lices et merveilles. Or l’illusion et la dĂ©pression ronge le cƓur de Faust qui se lasse des plaisirs suscitĂ©s par le Malin : il reprend cependant espoir par l’amour que lui apporte la pure et croyante Marguerite. Pourtant favorisĂ© et protĂ©gĂ© par MĂ©phistophĂ©lĂšs, Faust provoque la mort de la mĂšre et du frĂšre (Valentin) de la jeune femme. Celle ci noie l’enfant nĂ© de leur union maudite


 

 

 

Faust Ă  l’épreuve des plaisirs
Opéra du salut, entre amour et repentir

 

 

A la diffĂ©rence de Goethe qui dans le 2Ăš volet de son Faust, s’intĂ©resse au salut de l’ñme du docteur que sa quĂȘte indicible du bonheur a conduit au bord du gouffre infernal, Gounod exploite la veine dramatique du sujet, et se concentre surtout sur le thĂšme amoureux qui unit et dĂ©truit aussi le couple illĂ©gitime. La culpabilitĂ© et le tragique s’emparent de l’action jusqu’à son terme fatal. Le plus beau tableau reste le IIIĂš, celui de la rencontre avec Marguerite (aprĂšs son air cĂ©lĂšbre, air des bijoux parodiĂ© par HergĂ© dans Tintin, dans le personnage caricatural de la Castafiore : Ah je ris de me voir si belle en ce miroir
). Le IVĂš acte scelle le destin de Marguerite qui devenu mĂšre est accablĂ©e par la culpabilitĂ© tandis que son frĂšre Valentin, souhaitant venger l’honneur de sa sƓur, meurt en duel contre Faust. Le dĂ©but du dernier acte synthĂ©tise toutes les ivresses orgiaques auxquelles pourrait prĂ©tendre Faust (la Nuit de Walpurgis : sorte de rĂ©ponse française au ballet orgiaque lui aussi qui ouvre l’opĂ©ra TannhaĂŒser de Wagner) : d’ailleurs tout en lascive sĂ©duction, le ballet de Walpurgis emprunte Ă  la valse alors dominante Ă  Vienne, le rythme entĂȘtant des 3 temps, en particulier dans la danse des Nubiennes
 mais Faust sĂ©duit d’abord par le Malin, mesure l’étendue de la vanitĂ© des plaisirs. Croyant, Gounod imagine Ă  la fin du VĂš, une Marguerite repentante (aprĂšs avoir tuĂ© son enfant) et face Ă  ce terrible crime, un Faust lui aussi pĂ©tri de remords. SĂ©duisant et raffinĂ©e, l’écriture de Gounod dĂšs 1859 remodĂšle le format et la forme du grand opĂ©ra français, en assouplissant les angles tragico spectaculaires, issus de Meyerbeer, par une tendresse nouvelle, une langueur qui porte Ă  l’amour.

Illustration : Faust au Sabbath, 1842 / Ary Scheffer

 
 
 
 
 

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FAUST, actualités
the gounod edition set box 15 cd WARNER, critique cd, cd review presentation annonce CLASSIQUENEWSL’éditeur WARNER pour le bicentenaire GOUNOD 2018 rĂ©Ă©dite la version complĂšte en 5 actes enregistrĂ©e par Michel Plasson et l’orchestre du Capitole avec une somptueuse distribution : Freni, Domingo
 LIRE notre prĂ©sentation de ce coffret majeur : THE GOUNOD EDITION, qui remporte le CLIC de CLASSIQUENEWS de juin 2018

 

 
 

CURIOSITÉ… Paris affiche en juin 2018 une production de la version « originale » en 4 actes de 1859, l’originelle, avec dialogues parlĂ©s, et sans le joyau symphonique ajoutĂ© en 1869, le fameux ballet qui ouvre le 5Ăš acte, la nuit de Walpurgis
 En revenant au premier Ă©tat, ce Faust 1 prĂ©sente plusieurs airs tronquĂ©s, des tableaux dĂ©placĂ©s, offrant un enchaĂźnement Ă©pars et dĂ©construit, dĂ©pouillĂ© de l’éclat fantastique qu’apporte le 5Ăš acte. A suivre. PARIS, TCE, 14 juin, 19h30

 
 
 

CD, critique. PEDRO RUIMONTE EN BRUSELAS (2 cd Lauda Musica / La Grande Chapelle / Albert Recasens 2017)

ruimonte-pedro-bruselas-la-grande-chapelle-albert-Recasens-cd-programme-cd-review-la-critique-cd-par-classiquenewsCD, critique. PEDRO RUIMONTE EN BRUSELAS (2 cd Lauda Musica / La Grande Chapelle / Albert Recasens 2017). Voici un double cd qui souligne combien l’avĂšnement de nouveaux souverains (Habsbourg espagnols) Ă  la tĂȘte des provinces nĂ©erlandaises : l’infante Isabelle Claire EugĂšnie et son futur Ă©poux, l’archiduc Albert VII d’Autriche en 1599, – Ă  l’initiative de Felipe II d’Espagne (pĂšre de l’Infante), modifia la vie de cour, en particulier, favorisa enfin l’essor d’une intense activitĂ© musicale (inĂ©dite in loco). Le couple venu pacifier les Ă©tats nĂ©erlandais en guerre ouverte contre leurs suzerains ibĂ©riques, sut affirmer un prestige politique auquel le maestro de musica, Pedro Ruimonte associa une somptueuse parure musicale, – spĂ©cifiquement espagnole, comme en tĂ©moigne le faste artistique dĂ©veloppĂ© pour l’entrĂ©e solennelle du couple Ă  Bruxelles. La politique de l’Infante porta ses fruits et en signant la trĂȘve de Douze ans (1609-1621), la paix put se renforcer pendant plus d’une dĂ©cade, permettant Ă  l’art de reprendre des couleurs. Les Flandres purent en particulier dĂ©velopper une nouvelle industrie du luxe. Mais la reconquĂȘte s’appuie surtout sur l’exaltation de la foi de souverains Ă©trangers, ultra-catholiques.
En place au sein de la chapelle archiducale jusqu’en 1614, Ruimonte (aux cĂŽtĂ©s de Peter Philips, John Bull avec le maĂźtre de chapelle GĂ©ry de Ghersem) livre l’ordinaire liturgique et la parure des Ă©vĂ©nements spectaculaires destinĂ©s Ă  assoir l’éclat du dĂ©corum de la contre-rĂ©forme. Bruxelles peut donc se targuer de connaĂźtre sous les Habsbourg, un Ăąge d’or auquel en accord avec la musique, la peinture permit aussi un regain de splendeur, grĂące Ă  Rubens, maĂźtre souverain de la sĂ©quence (avec Otto Venius, Frans Francken, Brueghel l’Ancien, sans omettre le portraitiste Pourbus, qui passera ensuite en France
). La pĂ©riode dorĂ©e prit fin avec le dĂ©cĂšs d’Isabelle en 1633. Le premier tiers du XVIIĂš marque donc Ă  Bruxelles, un dĂ©veloppement exceptionnel des arts. Albert Recasens, directeur artistique de La Grande Chapelle, nous livre ici un Ă©clairage inĂ©dit sur une pĂ©riode pourtant passionnante de l’histoire bruxelloise, Ă  l’époque du premier baroque europĂ©en.

ESSOR DU VILLANCICO Ă  BRUXELLES

Isabella_Clara_Eugenia_of_Spain_-_Frans_Pourbus_II cd review critique cd par classiquenews CLIC de classiquenews de mai 2018Bruxelles Ă  l’heure d’Isabelle entretient un style Ă©clectique et international comme en tĂ©moigne la Fantaisie du Bruxellois Pieter Cornet qui outre sa virtuositĂ© toute italienne, affirme une parfaite assimilation de l’art des virginalistes anglais, dont celui de John Bull, prĂ©sent Ă  Bruxelles justement autour de 1613 (cd 1, plage 5). Le programme conçu par Albert Recasens poursuit une approche extrĂȘmement pertinente et documentĂ©e sur la pĂ©riode : l’intĂ©rĂȘt de ce nouveau disque est d’éclairer le style de Pedro Ruimonte en l’inscrivant dans le contexte artistique de son temps : y figurent ainsi les piĂšces contemporaines de Philips (oeuvres sacrĂ©es), du dĂ©jĂ  citĂ© Cornet (piĂšces pour clavecin) ; mais aussi Romero, Dering (anglais devenu catholique, auteur pour la consort music), jusqu’à Frescobaldi (Canzon, plage 6)
 dans le cd 2 : l’Italien publie son Livre I de madrigaux Ă  Anvers avant de rejoindre Rome oĂč il sera maestro de capella (Capella Giulia).

Dans ce creuset europĂ©en, Ruimonte accompagne l’évolution du choix gĂ©nĂ©ral de textes français pour l’italien (essor du madrigal), mais affirme de son cĂŽtĂ©, l’espagnol comme langue poĂ©tique mise en musique : ainsi son Parnasso espanol (1614, dĂ©diĂ© au Duc de Lerma) dont sont extraits les Villancicos abordĂ©s ici ; cependant il ne sera pas suivi par ses confrĂšres. Ainsi et c’est le sujet principal de ce programme, Ruimonte dĂ©fend le madrigal espagnol (et aussi le villancico) pour 4, 5 et 6 voix ; La Grande Chapelle dĂ©veloppe un soin particulier pour chaque piĂšce, afin de favoriser l’articulation donc l’intelligibilitĂ© de chaque texte dont on peut raisonnablement penser qu’ils firent la dĂ©lectation particuliĂšre des nobles d’Espagne, sans omettre les Souverains Habsbourg eux-mĂȘme en terres flamandes et Bruxelloises.
Ainsi dans chacun des 5 Villancicos retenus (en premiĂšre mondiale, tous dĂ©diĂ©s soit Ă  la Vierge soit Ă  la Passion), La Grande Chapelle insuffle la souplesse nĂ©cessaire pour bien distinguer dans la tenue des effectifs requis, l’enchaĂźnement de ses 3 composantes (estrebillo pour 1, 2 ou 3 voix) ; responsion, dĂ©veloppement de la premiĂšre strophe du 1, par le groupe vocal complet ; enfin, copla finale (mĂȘme effectif que le 1).
Distinguons aussi un travail exemplaire portĂ© par les deux groupes de chanteurs, dans le rare motet (en latin) : Sancta Maria (8 voix), oĂč l’expressivitĂ© chorale proche du texte enflamme cette priĂšre descendante (pleine d’humilitĂ© recueillie) et pourtant aussi trĂšs incarnĂ©e, palpitante.

Le geste respecte l’énoncĂ© surtout syllabique (moins madrigalesque) d’oeuvres qui frappent par leur caractĂšre suspendu, intĂ©rieur, comme distancié  emblĂšmes parfois Ă©nigmatiques d’un pouvoir qui s’est rĂȘvĂ©, universel et omnipotent aux Pays-Bas Espagnols. Ce qu’il fut concrĂštement jusqu’en 1633. La qualitĂ© des textes et des maniĂšres ainsi rĂ©vĂ©lĂ©s mĂ©ritait bien ce double tĂ©moignage absolument nĂ©cessaire. FidĂšle Ă  sa rĂ©putation, Albert Recasens sait nuancer et habiter chaque sĂ©quence avec un feu mesurĂ© et trĂšs homogĂšne. On ne peut guĂšre attendre dans un tel rĂ©pertoire, Ă  la fois solennel et recueilli, meilleure comprĂ©hension des piĂšces choisies.

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CLIC_macaron_2014CD, critique. PEDRO RUIMONTE EN BRUSELAS, musica en la corte de los archiduques Alberto e Isabel Clara Eugenia (2 cd Lauda Musica LAU 017 / La Grande Chapelle / Albert Recasens, direction – enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Anvers en janvier 2017). Saluons la notice extrĂȘmement bien documentĂ©e, illustrĂ©e avec discernement, qui souligne le travail scientifique d’envergure dont le coffret de 2 cd est le prolongement Ă©loquent. Rare aujourd’hui, crise du cd oblige et frilositĂ© des directeurs de salles et de festivals, les programmes d’une telle ampleur, ambition, valeur. Bravo Ă  Albert Recasens et ses Ă©quipes. Pour un tĂ©moignage vidĂ©o et plus d’informations : visiter le site du label LAUDA MUSICA

http://www.laudamusica.com/index.php

et

http://www.atlas-news.com/agencia-internet/cultura/Ruimonte_en_Bruselas-pedro_Ruimonte-Siglo_de_Oro-Albert_Recasens-La_Grande_Chapelle-Fundacion_BBVA_3_1116518346.html

VAL D’EUROPE : Serris (77), rĂ©cital flĂ»te et guitare

musicales-du-val-d-europe-concert-mars-flute-et-guitare-ameriques-concert-presentation-par-classiquenews-concert-mars-2018-emotionheader5806474027Val d’Europe. SERRIS : le 17 mars. Concert AMERIQUES : flĂ»te, guitare. Au pluriel, les AmĂ©riques dont il est question sont Ă©picĂ©es, chaloupĂ©es, souvent enivrĂ©es et parfois nostalgiques. Toujours passionnĂ©ment dansantes. Raquelle MAGALHAES et Etienne CANDELA composent un duo flĂ»te / guitare Ă©patant ; surtout, comme dans ce concert oĂč ils abordent le rĂ©pertoire d’AmĂ©rique latine. Musiques de Cuba, d’Argentine et du BrĂ©sil, entre autres
 les deux interprĂštes font vivre une expĂ©rience unique au grĂ© des rythmes et des mĂ©lodies de Villa-Lobos, Piazzolla, Brouwer, Pujol et Sergio Assad. Leur approche vivante et leur forte complicitĂ© dĂ©voilent combien les compositeurs dits classiques se sont inspirĂ©s des mĂ©lodies et airs du folklore et de la tradition populaire. Musique savante, musique de la rue, dansent et fusionnent avec un sens du rythme souvent irrĂ©sistible.

Raquelle MAGALHAES affirme une flûte libre qui joue des répertoires, des styles, capable de jouer les partitions du réeprtoire comme improviser avec une dextérité engageante
 Etienne CANDELA est un guitariste qui soigne sa sonorité, passionné aussi par le luth baroque, instrument particuliÚrement délicat et fragile. Leur complicité devrait offrir un concert onirique.

Samedi 17 mars 2018, Ă  18h30 : avant concert, rencontre avec les artistes sur le thĂšme du programme jouĂ© – Ă  21h, concert. Ferme des Communes, 8 Boulevard Robert Thiboust, 77700 Serris

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INFOS & RESERVATIONS
Sur le site Musicales du Val d’Europe, saison 2017 – 2018
https://www.excellart.org/les-musicales/

 

 

 

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DECOUVRIR les 4 concerts du printemps 2018, prĂ©sentĂ©s par Les Musicales du Val d’Europe, jusqu’au 10 juin 2018

 

 

 

 

 

 

 

ENTRETIEN AVEC 


 

 

excellart-musicales-val-europe-concert-nouvelle-saison-2017-2018-presentation-ruxandra-concerts-programmes-par-classiquenews-saison-concerts-2017-2018GRAND ENTRETIEN avec Ruxandra Sirli, directrice artistique des Musicales du Val d’Europe. Pour la seconde saison musicale 2017 – 2018, Les Musicales du Val d’Europe poursuivent l’enracinement d’une offre de concerts Ă©quilibrĂ©e, ouverte, exigeante surtout accessible Ă  l’Est de Paris, autour de Marne-la-VallĂ©e. ImmĂ©diatement, la saison musicale incarne une programmation trĂšs cohĂ©rente, qui a le souci de l’ouverture et de la proximitĂ© avec les publics. C’est tout le dĂ©fi (rĂ©ussi et plutĂŽt prometteur) de dĂ©velopper dans des lieux et un territoire sans tradition musicale, un cycle de dĂ©couvertes et de rencontres autour des instruments et des artistes invitĂ©s. Car l’objectif dĂ©passe le seul divertissement proche et intime : il s’agit aussi de cultiver le plaisir d’écouter la musique, voire de la pratiquer
 ENTRETIEN avec sa directrice artistique, la violoniste roumaine Ruxandra Sirli.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment s’inscrit votre saison musicale dans l’offre culturelle du Val d’Europe ? De quelle façon concrĂšte, les concerts que vous proposez, complĂštent-ils cette offre Ă  l’Ă©chelle du territoire ?


ruxandra-sirli-festival-saison-musicales-du-val-d-europe-presentation-annonce-par-classiquenews-concerts-programmes-festivals-musique-classique-chessy-marne-la-valleeRUXANDRA SIRLI :
Val d’Europe est un territoire en pleine expansion Ă  40 km Ă  l’Est de Paris, oĂč la musique classique n’avait pas encore de saison dĂ©diĂ©e. ExcellArt est une association formĂ©e autour de projets d’artistes professionnels, installĂ©e dans l’agglomĂ©ration valeuropĂ©enne depuis 2016. Il nous a semblĂ© Ă©vident de partager le rĂ©pertoire classique, que nous aimons et dĂ©fendons, avec nos voisins, concitoyens et amis, et de fil en aiguille un public grandissant ! Pour complĂ©ter l’offre culturelle locale, nous avons choisi, d’une part, de montrer la diversitĂ© du rĂ©pertoire classique : les programmes s’Ă©tendent du XVIe siĂšcle Ă  nos jours, c’est un riche pan d’histoire sonore Ă  faire dĂ©couvrir et le talent des artistes invitĂ©s – tous professionnels reconnus – est un puissant vecteur de transmission. D’autre part, nous avons souhaitĂ© instaurer un dialogue : avec le public de diffĂ©rentes gĂ©nĂ©rations par les prĂ©sentations avant-concert, et avec les diffĂ©rentes structures du territoire (Ă©coles de musique, mĂ©diathĂšques, salles de musiques actuelles) par le biais de partenariats et rencontres.
Nous croyons fermement que la musique classique n’est pas seulement destinĂ©e Ă  des initiĂ©s, dans une ambiance compassĂ©e. Nos avant-concerts permettent prĂ©cisĂ©ment d’initier petits et grands et les concerts se dĂ©roulent dans une atmosphĂšre de “salon de musique”, d’autant que nos lieux de reprĂ©sentation sont restreints et permettent de crĂ©er un lien privilĂ©giĂ© avec le public.

 

 

 

CNC : Qu’apportez vous de nouveau par rapport aux autres formules / institutions existantes ?

RS : Les Musicales du Val d’Europe proposent chaque mois de septembre Ă  juin, un concert classique professionnel au cƓur d’une agglomĂ©ration de plus de 35.000 habitants. C’est nouveau et diffĂ©rent pour un territoire qui Ă©tait rural il y a 30 ans seulement. Notre agglomĂ©ration Ă©tant devenue pĂ©riurbaine, elle ne peut pas bĂ©nĂ©ficier du rĂ©seau de concerts et spectacles qui irrigue les parties rurales du dĂ©partement. Les salles ou thĂ©Ăątres proposant des concerts classiques similaires sont assez Ă©loignĂ©s (Nota : Meaux, 15 km; Noisiel, 19 km; Coulommiers, 25 km; Paris, 40 km) et de ce fait moins accessibles pour les familles, a fortiori avec des enfants.
Nos villes bĂ©nĂ©ficiaient dĂ©jĂ  d’une belle programmation de musiques actuelles et de thĂ©Ăątre, et nous sommes dĂ©sormais partenaires de plusieurs communes pour complĂ©ter l’offre culturelle par la musique classique. Ainsi, les Musicales du Val d’Europe s’installent chaque mois dans un lieu diffĂ©rent de l’agglomĂ©ration, qu’il s’agisse de salles municipales, de salles de spectacles ou d’Ă©glises. Nous sommes trĂšs fiers de compter des auditeurs de tous Ăąges, en particulier des familles avec enfants, et de faire naĂźtre le plaisir de la musique comme le dĂ©sir de la pratiquer.

 

 

 

CNC : Quel est l’attrait de chacun des 4 concerts Ă  venir, de mars Ă  juin 2018 ?  De quelle façon incarnent-ils la cohĂ©sion et l’unitĂ© de votre ligne artistique ?

RS : La programmation des Musicales du Val d’Europe est thĂ©matique et conçue pour raconter : une Ă©poque, un compositeur, un lieu… Elle met Ă  l’honneur diffĂ©rents rĂ©pertoires et formations instrumentales, en mĂȘlant Ɠuvres cĂ©lĂšbres et rares dans un format de concert sans entracte.
Le 17 mars nous partons vers le continent sud-amĂ©ricain avec “AmĂ©riques” et le duo flĂ»te et guitare MagalhĂŁes-Candela ; le 7 avril, l’accordĂ©oniste Anne Niepold et le Quatuor Alfama proposeront “Lalala…”, un programme original et poĂ©tique autour des plus belles mĂ©lodies d’hier et d’aujourd’hui ; le 19 mai, six siĂšcles de rĂ©pertoire pour harpe rĂ©sonneront sous les doigts de la concertiste Suzanna Klintcharova. Enfin, la saison se terminera le 10 juin par un goĂ»ter-concert avec le Quatuor Talea, qui interprĂšte plusieurs chefs-d’oeuvre de la musique de chambre, de Dvoƙák et Borodine notamment, dans “Impressions slaves”. Beaucoup de diversitĂ©, donc! Surtout des moments d’Ă©motion, de surprise et de convivialité 

 

 

 

CNC : Comment choisissez vous les programmes musicaux et les artistes ? Selon quels critĂšres ?

RS : Le premier critĂšre est l’excellence! Tous les artistes invitĂ©s sont des professionnels reconnus. Ensuite, le parti-pris est de proposer des concerts dans chaque ville de notre agglomĂ©ration, lorsque cela est possible, et donc de changer de lieu chaque mois. Nos lieux de concert sont souvent intimistes, ce qui impose le second critĂšre : opter pour des formations instrumentales rĂ©duites. Le troisiĂšme critĂšre est l’Ă©clectisme voulu dans la programmation : l’univers sonore de chaque concert est diffĂ©rent, la thĂ©matique Ă©galement, avec la volontĂ© de faire dĂ©couvrir Ă  chaque fois des Ɠuvres ou des instruments qui sortent de l’ordinaire. Cette prĂ©sentation privilĂ©giĂ©e des instruments – dont certains sont insolites, comme l’orgue de cristal – permet de crĂ©er un lien particulier entre artistes et auditeurs ; cette proximitĂ© permet aussi de susciter la curiositĂ© – et parfois des vocations!

Propos recueillis en février 2018.

 

 

 

 

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Liens :
VAL D’EUROPE :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Val_d%27Europe

MUSICALES VAL D’EUROPE – teaser vidĂ©o saison 17-18
 https://www.youtube.com/watch?v=6DjDyNgKyTI 

 

 

 

 

 

Compte rendu, critique, concert. Vienne, Musikverein, le 1er janvier 2018. CONCERT DU NOUVEL AN 2018. Wiener Philharmoniker / Riccardo Muti

1er janvier 2018 : Riccardo MUTI dirige le concert du NOUVEL AN Ă  VIENNECompte rendu, critique, concert. Vienne, Musikverein, le 1er janvier 2018. CONCERT DU NOUVEL AN 2018. Wiener Philharmoniker / Riccardo Muti, direction. Pour le concert du Nouvel An Ă  Vienne ce 1er janvier 2018, revoici les instrumentistes du Philharmonique de Vienne sous la direction du chef familier pour eux, Riccardo Muti. Nous les avions quittĂ©s ici mĂȘme le 1er janvier 2017 sous la direction de Gustavo Dudamel : jeune et trĂšs prĂ©cis maestro : le plus jeune alors depuis des dĂ©cennies Ă  diriger les prestigieux instrumentistes autrichiens. Les ors et les fleurs en surabondance, selon le goĂ»t spĂ©cifique des Viennois pour l’ultra kitsch (Sissi n’est pas loin, sans omettre les fastes sirupeux de Schönbrun), soulignent l’importance musical, surtout mĂ©diatique de l’évĂ©nement.
Souvent un rien raide mais d’une tension supĂ©rieure, maestro Muti sait aussi quand il est bien « luné », exprimer une rĂ©elle prĂ©cision nerveuse, Ă  la fois musclĂ©e et 
 mĂȘme Ă©lĂ©gante. Qu’en est-il au cours des 16 sections choisies par le chef (en dehors des sempiternelles morceaux de rigueur tels le Beau Danube Bleu du Fils Strauss, et aussi pour la claque du public, en un expĂ©rience interactive finale, La Marche de Radetski de Johann pĂšre) ?
Muti dirige ainsi pour la 5Ăš fois l’Orchestre viennois (sa derniĂšre performance remonte Ă  2004). Aux Strauss de rigueur, Muti, – chef lĂ©gendaire de la Scala (qu’il a quittĂ© avec fracas), ajoute aussi deux Ă©critures flamboyantes (et premiĂšres Ă  ĂȘtre jouĂ©es dans ce cadre), dans le genre de symphonisme lĂ©ger : SuppĂ© et le plus rare (premiĂšre mĂȘme au Musikverein donc) le slave Alphons Czibulka, dont la « StĂ©phanie-Gavotte » est ici rĂ©vĂ©lĂ©e (dans la seconde partie).

 

 

 

PremiĂšre partie

 

Johann Strauss, Marche du Baron Tzigane. DĂšs le dĂ©but du concert, les trompettes d’ouverture affirment un panache martial : nous sommes dans le goĂ»t de la parade militaire accordĂ©e Ă  l’exaltation de la danse (valse Ă  l’allure tzigane). DĂ©jĂ  cette tension, un peu raide s’invite dans la direction du maestro italien. On regrette un manque d’abandon dans les cordes, aux pourtant somptueuses vagues mĂ©lodiques ; comme les tutti « bombardĂ©s ». La dĂ©monstration est le fort d’un Muti qui ne s’intĂ©resse moins Ă  la poĂ©sie et Ă  l’intĂ©rioritĂ© des partitions straussiennes, qu’à leur fonction dĂ©monstratives et rutilantes.

Josef Strauss, Fresques de Vienne, valse, op. 249*
Plus mĂ©ditatives et contemplatives dans ses Ă©vocations urbaines (de Vienne : solo pour violoncelle, ardent, enflammĂ© mais mesurĂ©), Fresques de Vienne rappelle le tempĂ©rament plus poĂ©tique du frĂšre cadet souvent mĂ©sestimĂ© (Ă  torts) : Josef, qui en reprenant la direction de l’orchestre des Strauss – vĂ©ritable entreprise plus que rentable (pour permettre Ă  son aĂźnĂ©, Johann II, de composer), s’attela Ă  une tĂąche harassante qui le condamna trĂšs vite ; bien que passionnĂ© par l’ingĂ©nierie, il de dĂ©die Ă  la musique, vocation forcĂ©e et familiale
 et meurt de surmenage, – Ă  seulement 43 ans, extĂ©nuĂ©, usĂ© par le rythme des tournĂ©es et rĂ©pĂ©titions
 De fait, Josef avait un talent aussi passionnant que celui de son frĂšre, sans certainement possĂ©der son gĂ©nie de la mĂ©lodie ; mais la puissance de son orchestration trĂšs ciselĂ©e frappe immĂ©diatement dans ses Fresque viennoises, ainsi dĂ©voilĂ©es, sous la baguette plus agile, contrastĂ©e, mais parfois brutale de Muti. L’élĂ©gance de Josef s’affirme nĂ©anmoins nettement dans la conclusion tout en retenue et attĂ©nuation, sans fracas superfĂ©tatoire.

Johann Strauss, Parade nuptiale, polka française, op. 417*
Le fouettĂ© (Ă©clatant grĂące aux flĂ»tes et piccolo) se marie avec un esprit d’espiĂšglerie conquĂ©rante : toute la magie allusive du magicien Johann II s’exprime ici
 dans les deux Polkas enchaĂźnĂ©es (la française est de tradition plus lente que celle « normale » ou rapide). Avouons que cela tourne Ă  la mĂ©canique bien rĂ©glĂ©e mais systĂ©matique et rĂ©pĂ©titive (comme le jeu des grues tĂ©lĂ©visuelles dont les effets finissent par lasser : zoom avant, zoom arriĂšre dans des vues gĂ©nĂ©rales du Musikverein qui font danser les lustres 
 on vous sait gavĂ©s, mais 
vous reprendrez bien de la tarte Ă  la crĂšme ?). Muti n’a pas la finesse ni l’articulation dĂ©taillĂ©e d’un Abbado, rĂ©cemment
 PrĂȘtre ou derniĂšrement en 2017 (pour le Concert du Nouvel An 2017), le vĂ©nĂ©zuelien Gustavo Dudamel qui a surpris par son Ă©lĂ©gance. Ainsi, dans le Sang lĂ©ger, polka rapide, op. 319, cela tourne en rond avec un final dĂ©monstratif pour plaire Ă  l’assemblĂ©e.

Johann Strauss pĂšre, Valses de Marie, op. 212*
Voici l’un des fleurons imprĂ©vus de ce programme que l’on jugeait dĂ©jĂ  efficace et rien que routinier. Le fondateur de la dynastie, qui mourut Ă  moins de 50 ans, et fut un pĂšre plutĂŽt inconsistant, – au point de susciter la haine de son fils Johann, dĂ©ploie un vrai talent opĂ©ratique dans cette valse dont il fait un dĂ©veloppement symphonique d’une Ă©lĂ©gance et d’une grĂące infinie, dont son fils saura s’inspirer. TrĂšs proche de la Valse du Printemps (jouĂ© par Karajan et chantĂ© par Kathleen Battle dans les annĂ©es 1980), la Valse de Marie affirme un charme souverain, grĂące Ă  une orchestration raffinĂ©e (harpe) et une sĂ©duction mĂ©lodique (aux cordes seules) qui envoĂ»tent littĂ©ralement (doublĂ© par le piccolo). C’est le morceau de bravoure de cette premiĂšre partie
 Teintes miroitantes, accents distillĂ©s et scintillants, retenue, abandon, vertiges et rebonds de grande classe
 l’écriture du pĂšre resplendit ici par sa richesse, son Ă©lĂ©gance suprĂȘme – fĂ©minine-, que la seule audition de la Marche de Radetsky tendait Ă  mĂ©connaĂźtre. Muti trĂšs inspirĂ© dans cette rĂ©vĂ©lation, a eu du nez. Le choix est parfait. Et la surprise vainc toute rĂ©serve. Chapeau maestro.

Johann Strauss pĂšre, Guillaume Tell, Galop, op. 29b*
Nerveux, racĂ©, martial
 Muti est Ă  son avantage dans ce galop serrĂ©, tendu, ardent, de fiĂšre allure. Sa direction incisive excelle dans cet exercice de haute Ă©cole (inspirĂ© de la mĂ©lodie de Rossini sur le mĂȘme thĂšme) oĂč tous les musiciens, soldats bien agencĂ©s au millimĂštre prĂšs) redoublent d’intensitĂ© mordante, ultracontrastĂ©e, avec un crescendo progressif, toujours expansif qui est destinĂ© Ă  dĂ©clencher les applaudissements du public. Tout cela est indiscutablement efficace.

 

 

 

DeuxiĂšme partie

 

 

Franz von SuppĂ©, Ouverture de l’opĂ©rette Boccaccio*
Dramatisme proche de l’opĂ©ra Ă©videmment, d’une Ă©nergie dramatique, mais souvent sans la classe ni l’élĂ©gance des Strauss. Le cĂŽtĂ© grosse caisse dont se satisfait Muti Ă©tonne mais il n’exploite pas assez la vĂ©locitĂ© diaphane des cordes viennoises rĂ©putĂ©es cependant pour leur finesse d’intonation. L’écriture de SuppĂ© reste, comparĂ©e aux Strauss pĂšre et fils, plutĂŽt hollywoodienne et mĂȘme 
wagnĂ©rienne. Eclectisme qui cite aussi Le Beau Danube de Joahnn fils (au dĂ©but). Mais le final pĂ©taradant, menĂ© comme une cavalerie victorieuse, toujours martiale, emporte l’enthousiasme d’un public toujours curieux de performances et de surenchĂšre.

Johann Strauss : Fleurs de Myrte, valse, op. 395* : musique de mariage de l’Archiduc Rodolphe, celui qui pĂ©rira Ă  Mayerling. Murmures et Ă©clats mordorĂ©s (cors, clarinettes
) d’une forĂȘt mystĂ©rieuse et majestueuse, forment un tapis somptueux pour la mĂ©lodie principale, valse emblĂ©matique, Ă  la fois furieusement sensuelle
ivresse, enivrement, Ă©lĂ©gance Ă©perdue : la marque de Vienne classique et romantique, depuis Haydn.

Alphons Czibulka, Stéphanie-Gavotte, op. 312*
Voici l’autre dĂ©couverte annoncĂ©e dans le programme. La partition dĂ©veloppĂ©e, vraie poĂšme symphonique cultive les climats suspendus, oĂč brille le dialogue des cordes et des bois, avec un caractĂšre d’éveil 
 printanier. Saluons les qualitĂ©s intĂ©rieures de la direction qui porte le flux dans un sentiment amoureux.

Johann Strauss, Balles magiques, polka rapide, op. 32
TrĂ©pidation, frĂ©nĂ©sie (celle ci électrique, menĂ©e tambour battant par le piccolo, farceur, saillant, pointu) emporte tout sur son passage, avec un dĂ©sir d’ivresse, authentiquement straussien. Le nerf qu’instille Muti se rĂ©vĂšle lĂ  encore trĂšs efficace. InspirĂ©, le chef fait saluer debout tout l’orchestre. Comme il aime les fracas et poncifs sonores


 

 

 

Johann Strauss, Contes / LĂ©gendes de la forĂȘt viennoise, valse, op. 325

 

 

concert nouvel an vienne 1er janvier 2018 la critique du concert sur classiquenews

 

 

Avec Valses de Marie, voici le fils le plus Ă©lĂ©gant et nostalgique, vĂ©ritable poĂšte Ă  l’écoute de la nature
 Valse de concert de 1868, avec son lever de rideau (et cithare) qui exprime les enchantements de la forĂȘt viennoise : tout le gĂ©nie de Johann fils se dĂ©ploie dans ce morceau de bravoure oĂč les cors nobles, les cordes impĂ©riales distillent ce miel majestueux et d’un raffinement extrĂȘme, emblĂšme d’une insouciance aimable et rĂȘveuse d’une richesse Ă©blouissante en terme de nuances et de climats inspirĂ©s par la Sainte et Miraculeuse Nature : quel hommage aux arbres et Ă  l’esprit des frondaisons que l’homme du XXIĂš s’ingĂ©nie Ă  polluer et Ă  dĂ©truire cyniquement. Johann Strauss ne s’est jamais tant surpassĂ© que dans cette sublimation de son art grĂące Ă  l’inspiration puisĂ©e dans la contemplation de notre mĂšre planĂšte. La dĂ©licatesse de la joueuse de cithare tire les larmes par la fragilitĂ© mĂȘme de ses cordes pincĂ©es, dont le thĂšme est repris par l’orchestre Ă  l’écoute, amplificateur mais ciselĂ©, somptueusement amoureux. La magie Johann fils opĂšre. Et nous voici confrontĂ©s, frappĂ©s, saisis par la grĂące de son gĂ©nie, comme les Viennois de l’époque, 
 quand ils ont dĂ©couvert l’enchantement de son Ă©criture lors de son premier concert public au Casino Dommayer le 15 octobre 1844. A 19 ans, le fils dĂ©trĂŽnait le pĂšre en devenant le nouveau roi de la valse. La poĂ©sie et ce sentiment d’ivresse absolue sont bien lĂ , prĂ©sents, 
 ingrĂ©dients indiscutables qui font la rĂ©ussite de chaque Concert du Nouvel An. C’est comme le surgissement (harpe Ă  l’envi) d’un rĂȘve pur et miraculeux, souvenir chĂ©ri qui se cristallise dans le flot musical. Le Muti grande classe est lui aussi bien prĂ©sent 
 dans la direction nerveuse, « virile », droite, parfois anguleuse de ce sommet d’élĂ©gance straussienne.

Johann Strauss, Marche de fĂȘte, op. 452
AprĂšs le rĂȘve, la rĂ©alitĂ© 
 celle de Strauss Ă  son Ă©poque, marquĂ©e par les guerres et l’antagonisme maladif, franco-germanique. Le compositeur sait aussi rugir et affirmer un beau panache collectif, ainsi qu’en tĂ©moigne l’éclat rutilant d’une parade militaire, bien dans l’esprit chauvin de la fin du XIXĂš.

Johann Strauss, Ville et campagne, polka mazurka, op. 322
Claire Ă©vocation de son amour pour le cadre intime de la nature, la polka sĂ©duit davantage. De facture trĂšs classique avec une Ă©tonnante saillie des clarinettes, aux couleurs suspendues, mystĂ©rieuses, elle traduit sans artifice cet amour du motif naturel et des atmosphĂšres manifestement oniriques qui s’y dĂ©ploient.

Johann Strauss, Un bal masqué, quadrille, op. 272
D’aprĂšs les airs Ă  la mode, dont les opĂ©ras
 de Verdi, Johann Strauss sublime la fiĂšvre dramatique de Verdi, en l’adaptant Ă  son propre sens de la trĂ©pidation et de la frĂ©nĂ©sie. Le cadre fragmentaire du quadrille, composĂ© de plusieurs piĂ©cettes et sĂ©quences qui doivent ĂȘtre enjouĂ©es et rapides, exacerbe l’élan recherchĂ©, l’esprit de pochade de cet pot-pourri d’aprĂšs l’opĂ©ra applaudi de Giuseppe Verdi. Le chef Muti s’engage visiblement avec joie et mĂȘme une prĂ©cision enivrĂ©e dans ce jeu de citations et de transcriptions de Verdi Ă  Strauss. Le roi de l’opĂ©ra, le roi de la valse fusionnent avec Ă©clat.

AprĂšs Les Roses du midi, valse, op. 388 (du mĂȘme Johann II), – RĂȘve sensuel libĂ©rĂ© d’une grande douceur nostalgique
 Voici la Polka rapide, Ă©clairs et tonnerre : autre standard de la dynastie Strauss et vrai tube dont la frĂ©nĂ©sie et la malice rappellent l’ivresse chorĂ©graphique d’un autre roi des boulevards, Offenbach. Muti s’ingĂ©nie Ă  allumer le feu et faire retentir le rugissement des Ă©lĂ©ments dans un galop littĂ©ralement infernal.

 

 

MUTI riccardo Muti_120128_041_crop_Todd_Rosenberg-e1365787405319Puis le chef amorce les premiĂšres mesures du Beau Danube Bleu, piĂšce maĂźtresse prĂ©ludant aux adieux Ă  la fin du Concert du Nouvel An viennois : respectant le rituel, le maestro interrompt l’orchestre, puis se retourne face Ă  l’assemblĂ©e amusĂ©e : il souhaite une bonne nouvelle annĂ©e (tout en dirigeant baguette en main, le choeur des instrumentistes qui s’adressent collectivement au public). La lecture du Danube est efficace, nerveuse, – un rien prĂ©cipitĂ©e, sans l’alanguissement suspendu que certains de ses confrĂšres rĂ©ussissent beaucoup mieux. La virilitĂ© du maestro Muti a encore frappĂ©.
Mais la vĂ©ritable interaction avec le public – si select et VIP, (dont le prĂ©sident de la RĂ©publique d’Autriche) prĂ©sent sous les ors du Musikverein de Vienne, se rĂ©alise ensuite dans La Marche de Radetski, de Johann pĂšre, qui permet au public de frapper dans ses mains, simultanĂ©ment aux reprises de l’orchestre. C’est encore l’esprit moins festif que martial qui achĂšve ainsi le rituel tĂ©lĂ©gĂ©nique le plus diffusĂ© au monde. Parade orchestrale pour un temps (furtif) de paix. A mĂ©diter.

 

 

 

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CD nouvel an vienna Philharmonic Riccardo muti presentation critique annonce review sur classiquenews Couv Concert du Nouvel An 2018Comme chaque année, cd, et dvd du Concert du Nouvel An 2018 sous la direction de Riccardo Muti sont annoncés chez Sony. Prochaine présentation et critique dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS.

 

 

 

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Programme

 

 

 

PremiĂšre partie
Johann Strauss, Marche du Baron Tzigane
Josef Strauss, Fresques de Vienne, valse, op. 249*
Johann Strauss, Parade nuptiale, polka française, op. 417*
Johann Strauss, Sang léger, polka rapide, op. 319
Johann Strauss pĂšre, Valses de Marie, op. 212*
Johann Strauss pĂšre, Guillaume Tell, Galop, op. 29b*

 

DeuxiĂšme partie
Franz von SuppĂ©, Ouverture de l’opĂ©rette Boccaccio*
Johann Strauss Fleurs de Myrte, valse, op. 395*
Alphons Czibulka, Stéphanie-Gavotte, op. 312*
Johann Strauss, Balles magiques, polka rapide, op. 32
Johann Strauss, Contes de la forĂȘt viennoise, valse, op. 325
Johann Strauss, Marche de fĂȘte, op. 452.
Johann Strauss, Ville et campagne, polka mazurka, op. 322
Johann Strauss, Un bal masqué, quadrille, op. 272
Johann Strauss, Les Roses du midi, valse, op. 388
Josef Strauss, Lettres Ă  un Ă©diteur, polka rapide, op. 240
* PremiĂšre audition Ă  un Concert du Nouvel An

 

 

 

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Les astérix (*) indique les oeuvres créées pour la premiÚre fois dans le cadre du Concert du Nouvel An à Vienne.

 

 

 

LIRE aussi  :

Compte-rendu critique, concert. VIENNE, Musikverein, dimanche 1er janvier 2017. Wiener Philharmoniker.  Gustavo Dudamel, direction

 

 

ANNA NETREBKO chante Andrea Chénier à Milan

netrebko-anna-naturel-portrait-diva-classiquenews-review-cd-critique-cdARTE, Anna Netrebko. ANDREA CHENIER, jeudi 7 dĂ©cembre 2017. La chĂąne dĂ©place ses prgrammes lyriques en fin de soirĂ©e : ici Ă  partir de 22h55, depuis La Scala de Milan, voici l’opĂ©ra vĂ©riste d’Umberto Giordano : Andrea ChĂ©nier (crĂ©Ă© in loco en 1896). PrĂ©nom italien, mais nom français inspirĂ© de la vie du poĂšte rĂ©volutionnaire AndrĂ© ChĂ©nier (1762-1794). C’est un peu la suite de Tosca de Puccini : ici, nouvel Ă©pisode d’un libertaire dont la lyre poĂ©tique exprime l’idĂ©al humaniste et sociĂ©tal. Pour son premier opĂ©ra de sa nouvelle saison 2017 – 2018, La Scala programme l’ouvrage en hommage au chef Vittorio de Sabata, longtemps son chef principal et grand dĂ©fenseur de l’ouvrage. Les plus grands interprĂštes se sont engagĂ©s pour cette action lyrique Ă  la fois intense et trĂšs efficace, la fusion du drame verdien et de l’orchestre puccinien. C’est qu’aprĂšs une sĂ©rie d’échecs, Giordano n’avait plus le choix que d’écrire pour son Ă©diteur Sonzogno, un chef d’oeuvre.

giordano umberto andrea chenier opera portrait par classiquenewsDepuis Maria Callas (qui a rĂ©ussi une interprĂ©tation phĂ©nomĂ©nale de l’air du III : « La mamma morta » / air repris ensuite dans le film Philadelphia de 1993 non sans acuitĂ© et justesse) Ă  Renata Scotto, Mirella Freni, ou Renata Tebaldi, toutes les sopranos se sont frottĂ©es au dramatisme ardent du personnage de Maddalena (Madeleine de Coigny, inspirĂ©e par le personnage rĂ©el d’AimĂ©e de Coigny qui inspire au vrai ChĂ©nier, les vers de « La Jeune Captive ») qui aime le poĂšte Andrea ChĂ©nier, alors Ă  l’époque de la Terreur Ă  Paris. De fait, Ă  la fois dĂ©fenseur et victime de la RĂ©volution, le poĂšte idĂ©aliste meurt guillotinĂ© Ă  31 ans. La partition nĂ©cessite un trio vocal exceptionnel, Ă  la fois acteur et chanteur : la soprano qui aime le tĂ©nor, mais est aimĂ©e aussi par le baryton (ici GĂ©rard). Tout l’opĂ©ra se met aux cĂŽtĂ©s de l’ancien domestique de la comtesse de Coigny et qui donc aime passionnĂ©ment sa fille, l’Aristocrate Madeleine. Jaloux quand il dĂ©couvre que la jeune femme aime le poĂšte ChĂ©nier, GĂ©rard d’abord haineux, tente d’aider son rival qui a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© et condamnĂ© Ă  mort. Par amour, Madeleine se laisse emprisonner avec lui et monte dans la charrette qui les mĂšnera Ă  la guillotine. L’opĂ©ra se dĂ©roule de 1789 (I), Ă  1794 Ă  Paris sous chenier-poete-classiquenews-chenier-andre-umberto-giordanola Terreur (Ă  partir du II). JugĂ© trop critique par les Français, parce que Giordano souligne la violence et la haine qui anime les Incroyables dans l’opĂ©ra (ceux qui observent et jugent ChĂ©nier et ses amours coupables avec une aristocrate), l’opĂ©ra ne connaĂźt pas le succĂšs en France : or outre le drame amoureux trĂšs finement dessinĂ©, le compositeur sait portraiturer aussi la fresque sociale oĂč se presse toute une sĂ©rie de personnages qui animent le tableau rĂ©volutionnaire. L’air le plus cĂ©lĂšbre reste celui de Maddalena (« La Mamma morta » quand au III, alors que son amant est arrĂȘtĂ© et condamnĂ©, Madeleine implore GĂ©rard de sauver Andrea, Ă©voquant dans quelle misĂšre elle se trouve depuis la mort de sa mĂšre la comtesse
). Giordano a aussi Ă©crit dans le personnage du poĂšte, l’un des rĂŽles pour tĂ©nor les plus dĂ©chirants (au IV, scĂšne du poĂšte dans sa prison de Saint-Lazare, oĂč il exprime son adieu Ă  la vie). GĂ©rard a Ă©chouĂ© Ă  sauver celle qu’il aime et son amant, malgrĂ© une ultime requĂȘte adressĂ©e Ă  Robespierre. RĂ©cemment Jonas Kaufmann a marquĂ© l’interprĂ©tation du rĂŽle de ChĂ©nier.

arte_logo_2013En dĂ©cembre 2017, c’est la soprano de plus en plus dramatique ANNA NETREBKO, au timbre charnel et voluptueux qui incarne l’amoureuse Madeleine, aux cĂŽtĂ©s du tĂ©nor Yusif Eyvazov, son Ă©poux Ă  la ville. Pas sĂ»r que le style ardent, palpitant, expressif et dĂ©chirant de la soprano trouve en son mari, un talent Ă  son niveau (on l’a vu rĂ©cemment dans Manon Lescaut de Puccini : les deux ne partagent pas la mĂȘme inspiration). Qu’importe, aprĂšs ses Verdi retentissants (Leonora, Lady Macbeth, Aida
), aprĂšs un remaquable album oĂč elle a mĂȘme « osé » chantĂ© Turandot de Puccini (le rĂŽle impossible pour soprano), la Netrebko devrait Ă  nouveau saisir et Ă©mouvoir dans le rĂŽle Ă©crit par Giordano en 1896. ARTE, Jeudi 7 dĂ©cembre 2017, 22h55

Le 230 Úme anniversaire de la création de Don Giovanni depuis Prague

PRAGUE theatre don giovanni mozart placido domingo par classiquenews The-Estates-Theatre-smallARTE concert, DON GIOVANNI, 230Ăš anniversaire, le 29 octobre 2017. Alors que la saison 2017/2018 vient de s’ouvrir, ARTE souffle les 130 ans de la premiĂšre de Don Giovanni de Mozart, l’opĂ©ra des opĂ©ras oĂč souffle la force d’Eros, incarnĂ©e par le sĂ©ducteur avant tous, Don Giovanni dont le mythe s’inscrit durablement dans l’imaginaire collectif et demeure comme Orfeo, ou PoppĂ©e (chez Monteverdi), le jalon important de l’histoire du genre lyrique. C’est que d’abord, l’ouvrage est le fruit d’une collaboration idĂ©ale entre le compositeur Mozart et le poĂšte et librettiste, Da Ponte. Ici, le verbe porte la musique, et vice versa. Sur le plan poĂ©tique, Mozart rĂ©invente un siĂšcle d’opĂ©ra « seria », soucieux de dĂ©placer la vie elle-mĂȘme sur la scĂšne lyrique. Ainsi Don Giovanni est un dramma giocoso, comĂ©die dramatique, qui n’écarte ni le comique dĂ©lirant (Leporello, le valet du sĂ©ducteur qui est son double, son complice, son confesseur critique aussi), ni le tragique fantastique (la derniĂšre scĂšne oĂč les flammes de l’enfer dĂ©vorent le prince dĂ©cadent, aprĂšs que la statue du commandeur qu’il a assassinĂ© se soit animĂ©e et l’ait empoignĂ© en le piĂ©geant, exigeant son repentir 
). Le sentimental dĂ©ploratif (Elvira), la plainte permamente et la dignitĂ© blessĂ©e (Anna), l’amoureux transi et impuissant (Ottavio), le couple plĂ©bĂ©ien (Zerlina et Masetto)
 chacun figure les Ă©lĂ©ments d’une sociĂ©tĂ© dont l’unitĂ© se dĂ©lite car tous croise la route du SĂ©ducteur et ne s’en remette pas. Eros destructeur et sĂ©ditieux ? DĂ©jĂ  dans son dernier opĂ©ra, Le Couronnement de PoppĂ©e / L’incoronazione di Poppea de 1642, Monteverdi avait exprimĂ© d’une façon sensuelle inĂ©dite alors, la puissance cataclysmique de l’amour. Et du dĂ©sir qu’il fait naĂźtre. Ou dans le cas des victimes de Don Giovanni, du dĂ©sespoir qu’il provoque
 Mozart, Monteverdi sont bien les maĂźtres de l’opĂ©ra et otus deux ont lĂ©guĂ© un regard poĂ©tique et fascinant, terrifiant et irrĂ©sistible sur la force du sentiment.
MOZART wolfgang vienne 1780 1790 classiquenews 1138381-portrait-wolfgang-amadeus-mozartPour les 230 ans de la crĂ©ation de Don Giovanni, au thĂ©Ăątre des Etats Ă  Prague, Arte diffuse la reprĂ©sentation anniversaire que dirige le baryton Placido Domingo, maestro pour l’occasion, et qui porte les jeunes voix couronnĂ©es par son prix lyrique Operalia. Prague avant Vienne qui bouda le chef d’oeuvre, accueillit en triomphe la premiĂšre de Don Giovanni (1787).

DIMANCHE 29 OCTOBRE 2017, 19h
EN LIVE SUR ARTE CONCERT
Don Giovanni de Mozart‹au ThĂ©Ăątre des Etats de Prague

Josef Svoboda, mise en scĂšne

Simone Alberghini , Don Giovanni
Adrian Sampetrean , Leporello
Irina Lungu , Donna Anna
Dmitry Korchak , Don Ottavio
Kateƙina KnÄ›ĆŸĂ­kovĂĄ, Donna Elvira

Ensuite l’opĂ©ra DON GIOVANNI DE MOZART est Ă  l’affiche de l’OpĂ©ra de Prague, Ă  partir du 7 novembre 2017
http://www.narodni-divadlo.cz/en/show/12175?t=2017-10-29-19-00

SANXAY 2017 : La Flûte enchantée au Théùtre Gallo Romain. ENTRETIEN avec Christophe Blugeon, directeur artistique

sanxau-la-flute-enchantee-opera-en-plien-air-aout-2017affiche-SANXAY-la-flute-enchantee-2017-par-classiquenews-SLS-212x300SANXAY 2017 : La FlĂ»te enchantĂ©e au ThĂ©Ăątre Gallo Romain. ENTRETIEN avec Christophe Blugeon, directeur artistique… Entre Poitiers et Saintes, SANXAY (86) pourrait bien ĂȘtre cette scĂšne lyrique trop mĂ©connue de l’étĂ©, aussi spectaculaire qu’Orange, aussi exigeante artistiquement qu’Aix. C’est depuis plus de 15 ans, une scĂšne en plein air qui exploite avec intelligence la configuration du lieu qui est aussi un site patrimonial, thĂ©Ăątre gallo romain, unique dans l’Hexagone. Tour d’horizon d’un thĂ©Ăątre lyrique qui tout en disposant d’une acoustique favorable, est aussi lieu de crĂ©ation, soucieux de renouveler chaque Ă©tĂ©, une nouvelle production en impliquant hors des grands centres urbains toute une communautĂ© d’artistes (formant l’orchestre, le choeur
 aux cĂŽtĂ©s des solistes) et de techniciens (lumiĂšres et scĂ©nographie y sont particuliĂšrement soignĂ©es) prĂȘts Ă  tout pour produire le grand frisson lyrique. Cette annĂ©e, en aoĂ»t 2017, Mozart avec La FlĂ»te enchantĂ©e, spectacle Ă  la fois onirique, tragique et philosophique, fait un grand retour sur la scĂšne de Sanxay. Entretien / explication avec Christophe Blugeon, directeur artistique et fondateur des SoirĂ©es Lyriques de Sanxay.

Comment se dĂ©roule le festival  (lieux investis, intĂ©rĂȘt patrimonial et musique, accessibilitĂ©) ?

Depuis sa premiĂšre Ă©dition en aoĂ»t 2000, les SoirĂ©es Lyriques de Sanxay (86) proposent chaque Ă©tĂ© un titre du rĂ©pertoire lyrique ainsi que des rĂ©citals dans le cadre prestigieux et magique du thĂ©Ăątre antique de Sanxay. Ce thĂ©Ăątre, situĂ© entre Poitiers (86) et Saintes (17),  a plus de 2000 ans et fait partie d’un complexe archĂ©ologique considĂ©rĂ© comme l’un des mieux conservĂ©s et des plus intĂ©ressants du monde gallo-romain. Il est Ă©vident que la rĂ©ussite du festival repose sur l’adĂ©quation entre ce lieu magique (Ă  l’acoustique exceptionnelle) et le type de spectacle qu’est l’opĂ©ra. L’idĂ©e crĂ©atrice Ă©tait de proposer au public picto-charentais un type de spectacle qui n’Ă©tait pas programmĂ© jusqu’alors dans la rĂ©gion. Je rappelle que l’ex rĂ©gion Poitou-Charentes Ă©tait la seule de la France mĂ©tropolitaine dĂ©pourvue de salle pouvant accueillir un opĂ©ra.

Quels sont les critÚres artistiques qui assurent à la programmation sa cohérence et sa singularité ?

Chaque annĂ©e, les casting proposĂ©s rassemblent des pointures internationales du monde lyrique. Pour ne citer que quelques noms: Anna Pirozzi, Maria-Jose Siri, Lianna Haroutounian, DĂ©sirĂ©e Rancatore, Kate Aldrich, Stefan Pop, Rudy Park, Fabio Capitanucci, Carlos Almaguer ont dĂ©jĂ  participĂ© Ă  l’une ou plusieurs de nos productions. De mĂȘme la mise en scĂšne, la scĂ©nographie et la crĂ©ation lumiĂšres sont confiĂ©s Ă  des artistes dont la renommĂ©e n’est plus Ă  faire. L’orchestre constituĂ© pour le festival rĂ©unit (suivant le titre) entre 60 et 85 musiciens professionnels issus de structures ou thĂ©Ăątres nationaux (OpĂ©ra de Paris, OpĂ©ra de Limoges, Capitole de Toulouse, Orchestre Poitou-Charentes). Depuis 10 annĂ©es, les choeurs professionnels, issus de diffĂ©rents opĂ©ras français, sont placĂ©s sous la direction de Stefano Visconti, chef de choeur permanent de l’OpĂ©ra de Monte-Carlo et depuis cette annĂ©e des ChorĂ©gies d’Orange.

Quels sont les profils artistiques engagĂ©s pour la rĂ©ussite de l’édition 2017 ?

Bien qu’extrĂȘmement populaire, La FlĂ»te enchantĂ©e n’en est pas moins un ouvrage extrĂȘmement dĂ©licat et difficile Ă  monter! Un tel titre me paraissait impossible sans un casting de solistes de premier ordre. Mon premier choix s’est portĂ© sur Paolo Fanale pour interprĂ©ter le rĂŽle de Tamino. Ce jeune tĂ©nor sicilien, qui, depuis plusieurs annĂ©es, est l’invitĂ© des plus grandes scĂšnes internationales, possĂšde Ă  mon sens, toutes les qualitĂ©s vocales et musicales pour les rĂŽles mozartiens. Il me faut citer Ă©galement la jeune soprano grecque Christina Poulitsi qui depuis quelques annĂ©es promĂšne sa Reine de la nuit sur toutes les scĂšnes lyriques du monde…Elle reprendra d’ailleurs le rĂŽle au Covent Garden de Londres juste aprĂšs Sanxay ! Enfin, un mot sur le metteur en scĂšne Stefano Vizioli qui fait ses dĂ©buts dans notre festival et qui a pensĂ© spĂ©cialement cette nouvelle production en utilisant le plus possible la magie du lieu et en tenant compte des difficultĂ©s du plein air.

Quelle est l’expĂ©rience que vit le festivalier Ă  chaque Ă©dition ?

D’aprĂšs les enquĂȘtes faites auprĂšs de notre public (prĂšs de 2500 spectateurs par soir avec trois ou quatre reprĂ©sentations), plus de 70% des spectateurs ont dĂ©couvert l’opĂ©ra grĂące Ă  notre festival  et une majoritĂ© d’entre eux reviennent chaque annĂ©e. Le public de Sanxay n’est donc pas Ă  proprement parler un “public  lyrique”mais plutĂŽt un public nĂ©ophyte curieux de dĂ©couvrir un spectacle d’opĂ©ra dans un cadre enchanteur. Il s’agit Ă  80% d’un public rĂ©gional mĂȘme si certains connaisseurs (de plus en plus nombreux) n’hĂ©sitent pas Ă  traverser la France pour venir entendre un soliste en particulier. Toutes les reprĂ©sentations dĂ©butent Ă  21h30 mais la plupart des spectateurs arrivent dĂšs 19h et il n’est pas rare d’en voir avec un panier Ă  la main et une bonne bouteille! A ce propos, certains spectateurs britanniques nous font remarquer les nombreuses similitudes entre Sanxay et Glyndebourne.

Quels seraient les 3 arguments importants de cette  nouvelle production de La FlĂ»te qui en fait l’intĂ©rĂȘt cette annĂ©e ?

Outre la qualitĂ© du casting des solistes (y compris les seconds rĂŽles), Stefano Vizioli a souhaitĂ© souligner dans cette nouvelle production les liens qui existent dans La FlĂ»te enchantĂ©e entre Orient et Occident. La prestigieuse troupe de danseurs cambodgiens Amrita Performing Arts enrichira le spectacle avec des danses, des costumes, des masques traditionnels
 Beaucoup de poĂ©sie en perspective. Un autre argument fort est que le titre de la FlĂ»te enchantĂ©e est assez idĂ©al pour conquĂ©rir un public novice et participe ainsi fortement Ă  notre objectif de sensibilisation Ă  l’Art lyrique en milieu rural.

Propos recueillis en juillet 2017

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LIRE notre prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale de la nouvelle production de La FlĂ»te enchantĂ©e, nouveau spectacle lyrique Ă  l’affiche des soirĂ©es lyriques de Sanxay, les 10, 12 et 14 aoĂ»t 2017

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sanxay-la-flute-enchantee-opera-en-plein-air-nouvelle-production-par-classiquenews

 

 

SANXAY, soirées lyriques, les 10,12 et 14 août. MOZART : La Flûte Enchantéeboutonreservation
Nouvelle production
Jeudi 10 août 2017
Samedi 12 août 2017
Lundi 14 août 2017, à 21h30

 

Information, réservations

Tarifs
- Chaise orchestre centrale : 73€ en placement libre, 66€ en tarif rĂ©duit et 37€ en tarif jeune (moins de 25 ans). Rajouter 12€ pour une place numĂ©rotĂ©e.‹- Chaise orchestre latĂ©rale : 58€ en placement libre, 53€ en tarif rĂ©duit et 29€ en tarif jeune (moins de 25 ans). Rajouter 12€ pour une place numĂ©rotĂ©e.
Les gradins : 54€ en placement libre, 49€ en tarif rĂ©duit et 27€ en tarif jeune (moins de 25 ans). Rajouter 12€ pour une place numĂ©rotĂ©e.‹- « Promenoir » gazon (gradins naturels sur herbe en haut du thĂ©Ăątre) : tarif unique Ă  19 €.

Points de vente
- Site internet operasanxay.fr,
- RĂ©seau Fnac et Ticketmaster,
- Bureau des réservations : 05 49 44 95 38
- billetterie@operasanxay.fr

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Distribution complÚte de La Flûte enchantée / Sanjay 2017 :

 

Metteur en scĂšne : Stefano Vizioli
Scénographe : Keiko Shiraishi
Création lumiÚres : Nevio Cavina
Création costumes : Sébastien Maria-Clergerie

Tamino : Paolo Fanale
Pamina : Tatiana Lisnic
Papageno : Giorgio Caoduro
La Reine de la Nuit : Christina Poulitsi
Sarastro : Ievgen Orlov
1Ăšre Dame : Andreea Soare
2Ăšme Dame : Aline Martin
3Ăšme Dame : Svetlana Lifar
Monostatos : Rodolphe Briand
L’Orateur : Balint Szabo
Papagena : MĂ©lanie Boisvert
Premier prĂȘtre : Balint Szabo
DeuxiĂšme prĂȘtre : Yu Shao
Premier homme en armure : Yu Shao
DeuxiĂšme homme en armure : Balint Szabo
3 Garçons : Solistes Knabenchores der Chorakademie Dortmund

Danseurs : AMRITA Performing arts

Orchestre et choeur des Soirées Lyriques de Sanxay
Direction musicale : Eric Hull
Chef de choeur : Stefano Visconti

Danseurs : AMRITA Performing arts

Orchestre et choeur des Soirées Lyriques de Sanxay

Direction musicale : Eric Hull

Chef de choeur : Stefano Visconti

sanxay-soirees-lyriques-de-sanxay-opera-nature-plein-air-presentation-edition-2017-par-classiquenews

 

 

Nos 6 festivals de l’étĂ© 2017 : la sĂ©lection de classiquenews

Cd, dvd et livres d'Ă©tĂ© 2016 : et vous que choisirez vous ?NOS 6 FESTIVALS DE L’ÉTÉ 2017 : la sĂ©lection de classiquenews. Avec le soleil qui s’installe, la route des festivals se prĂ©cise et les jalons d’un parcours enchantĂ© se concrĂ©tisent telles les balises d’une sublime et nouvelle exploration. Voici nos 6 coups de coeur de cet Ă©tĂ©, en France et en Suisse, cycles de concerts divers et singuliers, pertinents ou inĂ©dits, qu’il s’agisse d’interprĂštes que l’on suit depuis plusieurs annĂ©es au sein de classiquenews, comme lieux dĂ©paysant et destinations enchanteresses. Suivez le guide : pour chacun des festivals et cycles de concerts ainsi identifiĂ©s et distinguĂ©s, classiquenews prĂ©cise aussi la nature des lieux investis et la valeur des paysages environnants. Parce que la route des Festivals est aussi une formidable promesse touristique.

 

 

 

 

ACADEMIE DE MUSIQUE ANCIENNE DE VANNES
Du 4 au 12 juillet 2017

 

VEMI-festival-vannes-2017-classiquenews7Ăš Ă©dition Ă  VANNES du 4 au 12 juillet 2017. La Bretagne a toujours su explorer de nouveaux territoires, patrie des corsaires et des marins explorateurs d’envergure, le territoire sait aussi cultiver le dĂ©frichement et l’innovation musicale. Ainsi l’AcadĂ©mie estivale que propose le VEMI (Vannes Early Music Institute) Ă  Vannes, porte-t-il logiquement le titre gĂ©nĂ©rique de « Festival des Musiciens Voyageurs »  L’Institut a su se distinguer depuis sa crĂ©ation parce que son projet artistique tout en impliquant comme nul par ailleurs la population et les visiteurs Ă  Vannes, sait aussi, simultanĂ©ment cultiver la transmission et l’approfondissement du travail musical. A la fois, festival (pour les spectateurs) et AcadĂ©mie (pour les jeunes instrumentistes sur instruments anciens et les jeunes chanteurs), chaque nouveau cycle estival organisĂ© par le Vannes Early Music Institute est un Ă©vĂ©nement en soi : la promesse de dĂ©couvertes musicales et artistiques envoĂ»tantes. Depuis sa crĂ©ation par le violoncelliste Bruno Cocset en 2011, le Vannes Early Music Institute ne cesse de diffuser dans la citĂ© et sur le territoire, une offre particuliĂšrement riche en matiĂšre de musique ancienne : dĂ©frichement de rĂ©pertoires, pratiques instrumentales
 fruit de son expĂ©rience au long cours, prolongement d’une activitĂ© incessante tout au long de l’annĂ©e, la semaine oĂč a lieu l’AcadĂ©mie, offre plusieurs concerts et confĂ©rences dans le somptueux Ă©crin patrimonial qui les abrite Ă  Vannes, l’HĂŽtel baroque de LIMUR, un lieu qui a conservĂ© tout le charme de son architecture XVIIù
 mais aussi dans plusieurs lieux emblĂ©matique de la richesse patrimoniale de la citĂ© bretonne (Auditorium des Carmes, Basilique ND de Joie, Parc de Branfere, CathĂ©drale Saint-Pierre, 
) / entrĂ©e gratuite dans la limite des places disponibles (rĂ©servations prĂ©alables conseillĂ©es / libre participation pour les concerts. EN LIRE + :

http://www.classiquenews.com/academie-de-musique-ancienne-de-vannes-2017/

 

 

 

 

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YEHUDI MENUHIN Festival & Academy
Du 13 juillet au 2 septembre 2017

 

gstaad-eglise-festival-yehudi-menuhin-presentation-classiquenewsAu regard de la programmation festive, Ă©clectique, plĂ©thorique du prochain festival de GSTAAD, la rĂ©daction de CLASSIQUENEWS met en avant certains programmes et cycles musicaux, dĂ©voilant par Ă©pisodes, la richesse d’un festival prometteur, particuliĂšrement complet
 Aux cĂŽtĂ©s de son souci de pĂ©dagogie et de transmission, – qualitĂ© qui est l’ñme du festival suisse depuis le travail pionnier de son fondateur le violoniste Yehudi Menuhin, l’évĂ©nement musical qui a lieu pendant tout l’étĂ© 2017 (70 concerts du 13 juillet au 2 septembre 2017), sait aussi cultiver l’inĂ©dit, la crĂ©ation comme des exploration de rĂ©pertoires mĂ©connus. Suivez le programme ; voici 3 volets « coups de cour de CLASSIQUENEWS » :

EN LIRE + :
http://www.classiquenews.com/festival-de-gstaad-2017-13-juillet-2-septembre-2017-temps-forts-i/

VOIR notre reportage vidéo découverte / GSTAAD Yehudi Menuhin Festival & Academy 2016 :
http://www.classiquenews.com/reportage-gstaad-menuhin-festival-academy-presentation/

 

 

 

 

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FESTIVAL DE SAINTES
Du 14 au 22 juillet 2017

saintes festival 2017 festival estival de Saintes presentation selction temps forts par CLASSIQUENEWS mars 2017 Visuel-festival-2017-BDSAINTES, 46Ăšme Festival estival : 14-22 juillet 2017. Fleuron des festivals estivaux en France, ici en Poitou-Charentes, le 46Ăš festival de Saintes Ă©tend sa voile du 14 au 22 juillet 2017, investissant tous les lieux dĂ©sormais emblĂ©matiques de l’Abbaye aux dames. RebaptisĂ©e CitĂ© musicale, l’ensemble patrimonial accueille plusieurs gĂ©nĂ©rations d’interprĂštes en une palette Ă©largie de rĂ©pertoires ; aujourd’hui le lieu est fort d’une saison musicale annuelle, qui avant et aprĂšs le festival estival prĂ©pare et poursuit l’aventure musicale. Cette activitĂ© permanente in loco a enracinĂ© la musique comme une respiration naturelle (d’autant que le bĂątiment abrite aussi le Conservatoire de musique de la ville : des passerelles n’ont pas manquĂ© de se dĂ©velopper entre prĂ©sences des artistes pro, du public et des jeunes Ă©lĂšves
). Le Festival estival profite Ă©videmment de cette culture Ă©vidente, manifeste qui appartient dĂ©sormais totalement Ă  la vie des Saintais.
Au cours de lla saison annuelle comme pour l’étĂ©, jeunes tempĂ©raments en devenir (actuellement Nevermind et Jean Rondeau), ensembles envoĂ»tants et pour certains partenaires familiers (Vox Luminis, Orchestre des Champs-ElysĂ©es et Philippe Herreweghe, 
) poursuivent leur travail de dĂ©frichement comme d’approfondissement. Le seul exemple de l’orchestre de jeunes instrumentistes sur instruments d’époque, le JOA, Jeune Orchestre de l’Abbaye, illustre cette activitĂ© exemplaire qui se soucie de former et perfectionner les jeunes musiciens. En plus de rĂ©aliser plusieurs sessions pendant l’annĂ©e Ă  Saintes, le JOA participe aussi Ă  la programmation du festival estival (Tchaikovski : Suite de Casse Noisette et Symphonie n°2 « Petite Russie », sous la direction de Philippe Herreweghe, le 15 juillet Ă  16h30, un Ă©vĂ©nement Ă  suivre particuliĂšrement).

EN LIRE +
http://www.classiquenews.com/festival-de-saintes-2017-presentation-et-temps-forts/

VOIR la présentation vidéo du Festival de Saintes 2017 par son directeur artistique Stephan Maciejewski
http://www.classiquenews.com/festival-de-saintes-2017-presentation-des-temps-forts/

 

 

 

 

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FESTIVAL MUSIQUE & MEMOIRE
Du 15 au 30 juillet 2017

musiquetmemoire-festival-2017-presentation-classiquenews-2017Dans les Vosges du Sud, un festival passionnant vous attend, du 15 au 30 juillet 2017 soit la deuxiĂšme quinzaine de juillet : une offre unique en Europe pour s’immerger au cƓur des Vosges saĂŽnoises (en particulier dans la territoire des Vosges du Sud), bercĂ©s, Ă©tonnĂ©s, surpris, par une programmation riche et singuliĂšre, en nouvelles expĂ©riences baroques. Musique et MĂ©moire est une scĂšne rĂ©solument baroque Ă  nulle autre pareille qui ne cesse d’explorer les esthĂ©tiques des XVIIĂš et XVIIIĂš, entre France, Italie, pays germaniques. GrĂące Ă  l’intuition sĂ»re de Fabrice Creux, directeur du Festival (et aussi son crĂ©ateur), Musique et MĂ©moire sait cultiver le risque voire l’audace en commandant aux artistes en rĂ©sidence de nouveaux programmes. C’est Ă  chaque Ă©dition, une traversĂ©e unique et fĂ©conde, qui n’est pas liĂ©e Ă  un site unique comme beaucoup d’autres festivals en France, mais une offre qui rayonne sur le territoire saĂŽnois, entre Ă©tangs et Ă©glises patrimoniales, une occasion de vivre et revivre l’enchantement et la vitalitĂ© des Ă©critures baroques selon un rythme dĂ©sormais bien identifiĂ© : 3 week ends ouvragĂ©s avec intelligence et gradation, 3 ensembles en rĂ©sidence portĂ©s par l’exigence de l’expĂ©rimentation et de l’accomplissement. Du dialogue, du partage. Cet Ă©tĂ©, inaugurant le nouveau cycle de concerts et de rencontres, les festivaliers retrouvent pour les 5 premiers jours (les 15, 16 puis 19, 20 et 21 juillet), le trio emblĂ©matique Les Timbres, capables de stimuler et produire la complicitĂ© recrĂ©atrice en s’associant de nombreux complices (et aussi de nouveaux timbres comme le baryton vocal de Marc Mauillon
); Puis les 22 et 23 juillet, Musique et MĂ©moire accompagne le fabuleux ensemble de Lionel Meunier, Vox Luminis dans Haendel, et les cordes de La RĂȘveuse qui fĂȘte non sans raison le gĂ©nie de Telemann, mis Ă  l’honneur en 2017 ; c’est la poursuite Ă©galement du geste d’Alia Mens dans la constellation Bach (cantates et piĂšces instrumentales dont les Brandebourgeois
 Festival itinĂ©rant sur le territoire vosgeois, Musique & MĂ©moire a su aussi s’enraciner dans communes et sites uniques ; lĂ  encore, c’est la promesse d’écouter les meilleurs interprĂštes sĂ©lectionnĂ©s par Fabrice Creux, de suivre leurs avancĂ©es, jalons d’une longue et passionnante maturation locale, dans plusieurs Ă©glises et lieux surprenants
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http://www.classiquenews.com/vosges-du-sud-70-24eme-festival-musique-et-memoire-du-15-au-30-juillet-2017/

VOIR la vidéo 2016 du Festival Musique & Mémoire : les 400 ans de Johann Jacob Froberger

 

 

 

 

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MUSIQUE EN BOURBONNAIS
Du 16 juillet au 15 août 2017

 

Bourbonnais-festival-juillet-aout-2017-51eme-festival-par-classiquenewsDans l’ALLIER, voilĂ  51 ans, que le festival Musique en Bourbonnais offrait son premier cycle musical dans les Ă©glises les plus remarquables du Bourbonnais dans le dĂ©partement de l’ALLIER. Les 5 concerts proposĂ©s cette annĂ©e, poursuivent une exploration concertĂ©e entre grands interprĂštes de musique de chambre et sites Ă  haute valeur patrimoniale : souvent des Ă©glises mĂ©diĂ©vales dont celle de ChĂątelay Ă  HĂ©risson) et ses fresques des XIIIĂš et XIVĂš sur la vie de l’ermite Saint Principin, est la plus emblĂ©matique. C’est d’ailleurs autour de la restauration de l’église de ChĂątelay, bĂątiment remarquable perchĂ© dans un site prĂ©servĂ©, que le premier festival s’est constituĂ©. Aujourd’hui, le festival rayonne pendant l’étĂ© sur le territoire offrant aux habitants, l’occasion d’entendre les musiciens les plus chevronnĂ©s de leur gĂ©nĂ©ration, confirmĂ©s ou jeunes tempĂ©raments prometteurs. Chaque concert est programmĂ© le dimanche le plus souvent, en fin d’aprĂšs midi Ă  16h ou 17h, jalon enchanteur qui rythme une journĂ©e de dĂ©couverte ou d’exploration dans le bocage Bourbonnais.

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http://www.classiquenews.com/allier-musique-en-bourbonnais-16-juillet-15-aout-2017/

 

 

 

 

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FESTIVAL MESSIAEN AU PAYS DE LA MEIJE
Du 22 au 30 juillet 2017

 

MESSIAEN festival messiaen au pays de la meije par classiquenews presentation temps forts pourquoi y aller absolument Affiche-finale22122016Dans les Hautes-Alpes (Briançonnais), le 20Ăš festival Messiaen au Pays de la Meije offre un somptueux « voyage Ă  travers le son », Olivier Messiaen qui avait Ă©lu rĂ©sidence sur le territoire, ayant depuis toujours cultiver un regard critique sur le son. GrĂące au directeur artistique, GaĂ«tan Puaud, fier gardien des lieux et de l’évĂ©nement depuis les dĂ©buts du Festival dans le Briançonnais, les spectateurs au Pays de la Meije, de La Grave Ă  Briançon, ont toujours pu mesurer l’esprit dĂ©fricheur et le perfectionnisme sonore du compositeur : c’est aussi l’occasion, chaque Ă©tĂ© de considĂ©rer l’autre composante majeure de son Ă©criture : sa spiritualitĂ©. Non pas l’expression d’une bondieuserie rĂ©ductrice, mais l’affirmation d’un idĂ©al transcendant qui porte toujours plus haut chacune de ses partitions. En juillet 2017, les auditeurs pourront Ă©couter “Des Canyons aux Ă©toiles”, le “Quatuor pour la fin du Temps”, “Harawi”, les “Visions de l’Amen”, “Saint François d’Assise” (version Loriod pour chant et piano), les “Cinq Rechants »  Soit un cocktail de joyaux incontournables d’autant plus opportuns en 2017 qu’il s’agit aussi de commĂ©morer les 25 ans de la disparition d’Olivier Messiaen, en 1992. Temps forts, randonnĂ©es, concerts Ă©vĂ©nements de la 20Ăš Ă©dition du Festival Messiaen au Pays de la Meije :

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http://www.classiquenews.com/brianconnais-festival-messiaen-au-pays-de-la-meije-2017-les-20-ans/

 

 

 

 

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PARIS. Recréation de la PhÚdre de LEMOYNE, 1786 aux BOUFFES du NORD

marie antoinette versailles France royaute marie-antoinettePARIS. Lemoyne : PhĂšdre, 1786. Les 9, 10 et 11 juin 2017, aux Bouffes du Nord. FORTUNE DE LA TRAGEDIE LYRIQUE française
 AprĂšs Andromaque, CĂ©phale et Procris et La Caravane du Caire de GrĂ©try (1784), Amadis de Gaule de J.C. Bach (1779), Les BayadĂšres (1810) et SĂ©miramis de Catel, Les DanaĂŻdes de Salieri, Renaud de Sacchini et Atys de Piccinni (1780), ou encore ThĂ©sĂ©e de Gossec (1778 / 1782), le Palazzetto Bru Zane ou Centre de musique romantique française Ă©tabli Ă  Venise, explore davantage encore les sources du romantisme avec cette PhĂšdre, tragĂ©die lyrique de Lemoyne crĂ©Ă©e Ă  Fontainebleau en octobre 1786. Il s’agit d’une recrĂ©ation qui interroge le courant nĂ©oclassique, propre aux annĂ©es 1780 en France, quand simultanĂ©ment, est aussi recrĂ©Ă© la ChimĂšne du napolitain Sacchini (1783). NEOCLASSICISME MUSICAL et OPERA ROYAL… La pĂ©riode investie sujet d’une vĂ©ritable enquĂȘte scientifique est celle oĂč le dernier goĂ»t de la cour de France avant la chute de l’ordre monarchique Ă  la fin de la dĂ©cennie soit en 1789, cultive une scĂšne lyrique qui brille par son Ă©clectisme, un raffinement orchestral et vocal inĂ©dits, des rĂ©alisations scĂ©niques qui recherchent le spectaculaire et le frĂ©nĂ©tique fantastique, grĂące Ă  des moyens en consĂ©quence. Aucun doute Marie-Antoinette et Louis XVI favorisent comme jamais l’OpĂ©ra Ă  Versailles et dans les chĂąteaux royaux, comme s’il s’agissait de toujours perpĂ©tuer le renouvellement des formes et des genres aprĂšs la rĂ©volution opĂ©rĂ©e par Gluck au dĂ©but des annĂ©es 1770 (Gluck Ă  Paris : 1774-1779). Et en tentant de ne pas trahir l’apport du Chevalier Ă  Paris.

RecrĂ©ations lyriques lyriques : ChimĂšne et PhĂšdreDes 70′s aux 80′s… Dix annĂ©es ont passĂ© et les jeunes souverains affirment ce goĂ»t nĂ©o classique qui succĂ©dant au Baroque de l’Ă©poque des LumiĂšres prĂ©pare dĂ©jĂ  l’essor du romantisme : sĂ©quence exceptionnellement fĂ©conde que l’on rĂ©sume par l’expression
  La musique et le thĂ©Ăątre lyrique passe des passions de l’Ăąme baroque Ă  l’Ă©mergence du sentiment romantique
  A bon entendeur. (Illustration ci dessus : portrait de Marie-Antoinette par Madame VigĂ©e Lebrun _ ci contre : Comtesse Sacy par David, 1790). En cultivant cette Ă©loquence nouvelle de la sentimentalitĂ©, les amateurs aiment surtout se dĂ©lecter des passions les plus exacerbĂ©es qui voient les Alcina et Clorinde baroques, remplacĂ©es par les femmes dĂ©voreuses, pourtant amoureuses et impuissantes, d’un nouveau profil, tragique et fantastique, MĂ©dĂ©e (Cherubini) et Armide (ThĂ©sĂ©e de Gossec, Renaud de Sacchini), que la posture nĂ©o grecque conduit vers l’Ă©pure frĂ©nĂ©tique et spectaculaire des MĂ©hul et Spontini Ă  venir. L’Ă©poque est Ă  la relecture des classiques du XVIIĂš : quand Lully, Racine ou Corneille fournissent les sources de nouveaux modĂšles esthĂ©tiques et sonores…

 

 

La tragédie lyrique française à son crépuscule
PhĂšdre 1786

 

Ainsi l’exploration conduite Ă©claire ce bouillonnement artistique exceptionnel propre aux annĂ©es 1780 dont classiquenews a rendu compte pas Ă  pas distinguant par comptes rendus et documentaires vidĂ©os dĂ©veloppĂ©s, les apports et la rĂ©elle pertinence (consulter les liens ci avant).

 

 

LA PHEDRE DE JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
 Qu’en sera-t-il au juste pour cette PhĂšdre d’un Lemoyne mĂ©connu, mĂ©sestimĂ© peut-ĂȘtre, carrĂ©ment oubliĂ© certainement ? Pour chaque rĂ©crĂ©ation prometteuse annoncĂ©e, l’idĂ©e de re-dĂ©couvrir un chef d’Ɠuvre s’impose Ă  nous malgrĂ© les rĂ©serves prĂ©citĂ©es. En PhĂšdre, surgit l’interdit du dĂ©sir incestueux. Sur les traces des tragĂ©diens grecs anciens, Euripide et SĂ©nĂšque, puis Racine
 la musique de Lemoyne affirme une autre PhĂšdre, visage spĂ©cifique de la fille de Minos et de PasiphaĂ«, soit un monstre sentimental, Ăąme dĂ©sirante, tiraillĂ©e, impuissante dominĂ©e par sa passion trop coupable. Avant Lemoyne, Rameau avait su Ă©blouir en proposant sa propre vision (baroque) du mythe de la cougar dĂ©voreuse avant l’heure
  soit une figure souveraine digne et blessĂ©e d’une dignitĂ© impĂ©riale qui dans une langue dĂ©clamĂ©e inouĂŻe entend, dĂšs 1733, soit en plein esthĂ©tique rocaille, Ă©galer voire dĂ©passer le thĂ©Ăątre de Racine. Et de Corneille. Pas moins. De fait, Rameau impose une langue nouvelle, directe et sensuelle, expressive et violente d’une modernitĂ© absolue


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Portrait de Madame Verninac par Jacques Louis David (vers 1799)

 

 

InspirĂ©s par la musique de Lemoyne, “sa force et sa modernitĂ©â€, les producteurs de cette PhĂšdre 2017 placent l’orchestre sur la scĂšne comme une actuelle rĂ©crĂ©ation d’un autre drame de la mĂȘme pĂ©riode ChimĂšne de Sacchini (d’aprĂšs Corneille), oĂč dĂ©jĂ  les musiciens du Concert de La Loge Ă©taient placĂ©s de mĂȘme, le chef au centre du dispositif scĂ©nique et les instruments tout Ă  fait visibles pendant l’action (une indication de l’importance sonore de l’orchestre ? Certainement). L’époque et bien Ă  la relecture des mythes lĂ©guĂ©s par le thĂ©Ăątre classique du siĂšcle prĂ©cĂ©dent : les compositeurs invitĂ©s, protĂ©gĂ©s par Marie-Antoinette rĂ©adaptent Racine comme Lully, dans une syntaxe plus nerveuse, voire frĂ©nĂ©tique.

Sur la scĂšne le temple de VĂ©nus, oĂč se situe l’action de la tragĂ©die,  devient alors un « temple de la musique », les instrumentistes paraissent ainsi tels les prĂȘtres du culte, aux cĂŽtĂ©s des choristes, qui entourent et accompagnent les protagonistes.
Efficace, bref, parfois violent, Lemoyne soigne l’urgence des contrastes : une esthĂ©tique bien baroque, mais totalement rĂ©habillĂ©e. Il se concentre sur le quatuor tragique d’oĂč est exclue Aricie, la fiancĂ© du jeune Hippolyte qu’aime sans issue l’ignoble PhĂšdre. En Ă©cartant Aricie qui s’est vouĂ©e Ă  Diane, exit toute coloration pastorale (si Ă©blouissante chez Rameau). L’heure est Ă  la coupe sanglante nĂ©oclassique : sacrifice, possession, hurlement. Chaque Ă©pisode de Lemoyne est une issue vers la mort.
PhĂšdre, OEnone, Hippolyte et ThĂ©sĂ©e, « dans leurs costumes dorĂ©s, cramoisis, arrivent dĂ©jĂ  consumĂ©s, prĂȘts Ă  devenir poussiĂšre, Ă  s’évaporer dans les tombes qui jalonnent la scĂšne
 Cette opposition entre le gris du sol et l’or des tombes et des costumes permet de crĂ©er un espace imaginaire, entre la vie et la mort, sous les lumiĂšres savantes de Dominique BruguiĂšre », comme le prĂ©cise le metteur en scĂšne.

 

 

 

PhĂšdre de Jean-Baptiste Lemoyne, 1786
Recréation

boutonreservation PARIS, Bouffes du nord, les 9, 10 et 11 juin 2017
REIMS, Opéra, mardi 10 octobre 2017

 

 

 

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Tragédie lyrique en 3 actes
Livret de François-Benoßt Hoffmann
Création le 26 octobre 1786 au Chùteau de Fontainebleau
Nouvelle version / transcription / arrangement pour 4 chanteurs et 10 instruments

LE CONCERT DE LA LOGE
PhĂšdre: Judith Van Wanroij
OEnone: Diana Axentii
Hippolyte: Enguerrand de Hys
Thésée: Thomas Dolié

Direction musicale et violon: Julien Chauvin
Mise en scĂšne : Marc Paquien

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Jacques Louis DAVID : Portrait d’une femme, 1798. Comme Lemoyne ou Sacchini dans la France des annĂ©es 1780, David, l’inventeur en peinture du nĂ©oclassicisme (Le Serment des Horaces, salon de 1784), se met au goĂ»t du jour et adopte dans ses portraits aristocratiques, la mode nĂ©o grecque ou nĂ©o Ă©trusque (voir aussi le portrait de Madame RĂ©camier), explicitement nĂ©o classique… qui fait paraĂźtre les dames en PhĂšdres, certes assagies…

 

 

 

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LA CHIMENE de SACCHINI, 1783

RecrĂ©ations lyriques lyriques : ChimĂšne et PhĂšdreParallĂšlement Ă  PHEDRE de Lemoyne, se prĂ©cise le profil de la ChimĂšne de Sacchini, rĂ©cemment et actuellement recrĂ©e (mars 2017). InspirĂ© de Corneille (Le Cid), Sacchini remet au goĂ»t du jour en 1783 pour la Cour de France, le mythe chevaleresque oĂč l’amoureuse bafouĂ©e qui porte la loi du pĂšre, est tiraillĂ©e car elle aime celui qui l’a tuĂ© : Rodrigue. Amour ou devoir, le pĂšre ou l’amant… VOIR LE PROCES DE CHIMENE, nouvelle recrĂ©ation lyrique de l’Ă©poque des LumiĂšres, au temps du nĂ©oclassicisme

 

 

 

Recréations lyriques lyriques : ChimÚne et PhÚdre

 

JACQUE-LOUIS DAVID : portrait de la comtesse de Sacy, 1790. Mise sobre, presque Ă©pure nĂ©ogrecque, l’aristocrate fait pĂąle figure en robe simple et d’un raffinement “rustique”. Ni bijoux, ni parures sophistiquĂ©e, perruque au naturel… tout souligne ici ce goĂ»t de la simplicitĂ© propre Ă  l’esthĂ©tique nĂ©o classique.

Compte-rendu, concert. Toulouse. Halle-aux-Grains. Le 7 avril 2017. Mozart. Bruckner. Laloum, piano. Orchestre du Capitole de Toulouse. Swensen, direction.

Compte-rendu, concert. Toulouse. Halle-aux-Grains. Le 7 avril 2017. Mozart. Bruckner. Laloum, piano. Orchestre du Capitole de Toulouse. Swensen, direction. Quel beau concert dont on sort l’ñme heureuse, apaisĂ©e ; capable d’affronter la vie dans sa complexitĂ©. Les deux artistes invitĂ©s par l’Orchestre du Capitole sont des fidĂšles. Le chef charismatique Joseph Swensen aprĂšs une quasi intĂ©grale Mahler sur plusieurs annĂ©es, semble prĂ©parer une intĂ©grale Bruckner. Le pianiste toulousain Adam Laloum est chĂ©ri du public en raison d’une personnalitĂ© artistique attachante et d’une musicalitĂ© des plus dĂ©licates.

En un siÚcle, quelle évolution en Autriche !

PIANO ENCHANTEUR : Adam Laloum Ă  ToursDĂšs les premiĂšres mesures du sublime Concerto Jeunehomme, nous avons su que l’alchimie des grands moments Ă©tait prĂ©sente. Le Concerto unique dans ce temps de la musique galante de Mozart est dĂ©jĂ  une Ɠuvre de la maturitĂ©. ComposĂ© pour une virtuose de grand talent, Melle Jeunehomme, venue Ă  Salzbourg, Mozart bouscule les codes. Il fait intervenir le piano pour de courtes phrases dĂšs le dĂ©but. Cet Ă©lĂ©ment enjouĂ©, facĂ©tieux et gourmand, a Ă©tĂ© saisi Ă  la perfection par nos artistes ce soir. Laloum avec un toucher Ă©lĂ©gant et dynamique rĂ©pond et stimule l’orchestre dans ces deux courtes incises. Il Ă©coute ensuite avec dĂ©lectation l‘introduction de l’orchestre que Swensen maintient entre dĂ©licatesse et humour. Ensuite tout passe comme un rĂȘve entre des musiciens au sommet. L’enthousiasme du jeu de Laloum Ă©voque un Mozart heureux de ses fabuleux moyens de musiciens, mis au service de la virtuositĂ© de la pianiste française qui l’a particuliĂšrement inspirĂ©. Le deuxiĂšme mouvement en do mineur est un des passages les plus vocalement sublimes au piano. Le jeu au lĂ©gato de chanteur d’Adam Laloum est une merveille. Swensen et lui, avec les admirables musiciens du Capitole, chantent Ă  perdre l’ñme. Le Sturm und Drang est dĂ©jĂ  au niveau d’une perfection formelle incroyable chez un compositeur de 21 ans avec une Ă©motion Ă©perdue. Le balancement des cordes, le chant des bois, les volutes du piano, tout est enchantement. Le toucher admirable d’élĂ©gance et de dĂ©licatesse d’Adam Laloum fait merveille. Le final tout de finesse et de joie, balaye la mĂ©lancolie de l’andantino, mais les modulations en gardent un quelque chose de tout Ă  fait magique. Et la partie centrale, en pizzicato de l’orchestre et traits du piano, ouvre Ă  nouveau une profondeur tout Ă  fait inhabituelle dans un finale. Adam Laloum nuance Ă  l’infini ces traits avec beaucoup d’expressivitĂ©. Les derniers instants du Concerto nous entrainent dans un vertige virtuose des plus agrĂ©ables. Le public exulte et obtient un bis admirable d‘Adam Laloum qui ose un Brahms (premier Intermezzo de l’opus 117), dĂ©pouillĂ©, sans emphase, Ă  l’intĂ©rioritĂ© dĂ©licatement retenue, qui apporte les larmes au bord des yeux.

 

 

 

SWENSEN-joseph-portrait-classiquenews-Joseph-Swensen-2014-CREDIT-Ugo-Ponte-1

 

 

 

La deuxiĂšme partie du concert Ă©toffe considĂ©rablement l’orchestre, nous passons de 1777 Ă  1881 mais nous restons en Autriche. Le couplage Mozart-Bruckner semble une habitude et une nouvelle fois, a fonctionnĂ© Ă  merveille. Joseph Swensen empoigne la vaste Symphonie n°6 pour nous offrir un voyage d’une incroyable variĂ©tĂ© de couleurs et de nuances qui fait mentir ceux qui voient en Bruckner beaucoup de bruit et de rĂ©pĂ©titions. Avec un chef de cette trempe la symphonie d’une heure avance vers un final enthousiasmant sans lourdeur. Et pourtant il nous a semblĂ© que les tempi Ă©taient particuliĂšrement larges. Peut ĂȘtre est-ce sa capacitĂ© Ă  faire respirer l’orchestre et Ă  habiter les silences, qui donne cette impression d’avancĂ©e sans freins

Cette partition est extrĂȘmement exigeante pour l’orchestre mais tout particuliĂšrement pour les cors trĂšs souvent Ă  dĂ©couvert : ils ont assumĂ© crĂąnement ces difficultĂ©s redoutables avec parfois des faiblesses Ă©mouvantes. Nous garderons en mĂ©moire de ce fabuleux voyage, des violons trĂšs vaillants capables de grande dĂ©licatesse, des contrebasses admirables de prĂ©sence incarnĂ©e. La couleur chaude des altos et des violoncelles est Ă©galement pleine de chaire. Les bois sont tous trĂšs colorĂ©s et apportent beaucoup de fraicheur et d’air dans cette masse sonore imposante. La puissance des gros cuivres est un peu massive mais Swensen s’en sert admirablement pour amplifier les contrastes. L’engagement total de Joseph Swensen ne faibli jamais, il assure une construction d’ensemble passionnante, tout en caractĂ©risant chaque mouvement. D’entrĂ©e, le Maestoso nous fait pĂ©nĂ©trer dans un monde grandiose, l’Adagio plane avec ampleur et gĂ©nĂ©rositĂ©, le Scherzo caracole avec un appui terrien bien solide, le final est une construction vers un absolu de beautĂ© et de puissance. Jusqu’aux deniers instants, Joseph Swensen garde l’immense orchestre sous sa battue. Le crescendo final est Ă©lectrisant de maĂźtrise, avec un effet indescriptible sur le public qui tonne en applaudissements frĂ©nĂ©tiques ! Bruckner est aimĂ© Ă  Toulouse ! Il faut dire qu’avec un chef de cette puissance expressive, il faudrait ĂȘtre de marbre ou sourd. L’orchestre a la maturitĂ© pour s’imposer dans ce vaste rĂ©pertoire et le public dans sa majoritĂ©, semble prĂȘt Ă  l’apprĂ©cier.

 

 

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Compte-rendu critique, concert. Toulouse. Halle-aux-Grains. Le 7 avril 2017. Wolfgang Amadeus Mozart (1756 1791): Concerto pour piano et orchestre n°9, “Jeunehomme”, K.271 en mi bĂ©mol majeur. Anton  Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°6 en la majeur. Adam Laloum, piano. Orchestre National du Capitole de Toulouse. Joseph Swensen, direction. Illusrations : Adam Laloum et Joseph Swensen (DR)

 

 

CD, compte-rendu critique. ALESSANDRO SCARLATTI: PASSIO SECUNDUM JOHANNEM. (AlarcĂłn,1 cd Ricercar, 2016)

sacaralatti-alessandro-passio-secundum-johannem-cd-ricercar-1-cd-alarcon-ricercar-cd-review-critique-cd-classiquenewsCD, compte-rendu critique. ALESSANDRO SCARLATTI: PASSIO SECUNDUM JOHANNEM. (AlarcĂłn,1 cd Ricercar, 2016). La « Passio selon Saint-Jean » d’Alessandro Scarlati Ă©claire enfin l’écriture sacrĂ©e italienne de la fin du XVIIĂš, Ă  Naples et Ă  Rome, dans le sillon palermitain tracĂ© par le modĂšle entre tous, Vincenzo Amato, oncle paternelle de notre Alessandro et auteur de deux Passions particuliĂšrement convaincantes, propres aux annĂ©es 1660. Aujourd’hui les derniĂšres recherches tentent Ă  dater le manuscrit de Scarlatti de 1685, alors ĂągĂ© de 25 ans ; le jeune auteur y reste stylistiquement influencĂ© par la Passion selon Saint-Jean contemporaine de Veneziano, successeur de Scarlatti Ă  la fonction de directeur de la Capella Real de Naples en 1704. Les Lamentazioni pour la Semaine Sainte de Scarlatti et les Lezioni de Veneziano offrent une parentĂ© d’écriture, encore plus manifeste entre les deux compositeurs, preuve Ă©loquente de leur interaction contemporaine.

La Passio de Scarlatti malgrĂ© une prĂ©occupation Ă©vidente de caractĂ©risation des personnages Ă©vangĂ©liques, n’atteint pas la force voire l’exubĂ©rance du drame de Veneziano. Le Scarlatti qui nous intĂ©resse ici, est celui flamboyant et victorieux Ă  Naples, dĂ©crochant devant l’illustre et pourtant incontournable Provenzale, le fonction suprĂȘme de maĂźtre de Chapelle le 17 fĂ©vrier 1784 Ă  Naples. ProtĂ©gĂ© par le vice-roi lui-mĂȘme, Alessandro Scarlatti s’imposait ainsi, Ă  l’opĂ©ra comme dans le registre sacrĂ©. S’il excelle dans le traitement dramatique Ă  l’opĂ©ra, il sait aussi se contenir, avec intelligence, comme l’indique de façon naturelle sa Passion selon Saint-Jean.

SCARLATTI-alessandro-portrait-classiquenews-scarlatti_alessandroContrairement Ă  la tentation de ses « rivaux » contemporains, Scarlatti demeure trĂšs sobre, soucieux d’une tension continue, surtout incarnĂ©e et portĂ©e par l’ample contralto du Testo (EvangĂ©liste), par lequel se rĂ©alise l’action, conçue en une succession de courts Ă©pisodes, chacun idĂ©alement caractĂ©risĂ©. Dans ce traitement Ă  la fois violent et tempĂ©rĂ© du drame de la Passion, la figure du Christ / Christus est incarnĂ©e par une basse noble, imperturbable, d’une inflexible « douceur » (gravitas) quelles que soient les Ă©preuves et les attaques (en particulier de la foule souvent hystĂ©risĂ©e : Ă©criture homorythmique agressive). L’acmĂ© en serait Ă©videmment l’ultime phrase de Christus dans l’épisode de la Flagellation : mĂ©lisme descendant (« Consumtum est »). La force et la violence de la scĂšne sont d’autant plus impressionnantes et expressives qu’elles sont servies par un Scarlatti d’une Ă©tonnante sobriĂ©tĂ© lĂ  encore.
Face Ă  lui, l’orchestre façonne comme le chant d’une vaste lyre uniquement constituĂ©e de cordes (Millenium orchestra dont le premier violon est l’excellent Manfredo Kraemer), dont la vibration continue inscrit le drame dans l’épopĂ©e mesurĂ©e certes mais hautement tragique et Ă©motionnellement forte. Le consort de cordes sait respirer, s’alanguir, souligner l’accomplissement du dĂ©sespoir le plus dĂ©chirant (quand le Christ expire sur la Croix, sa tĂȘte s’inclinant avec l’expiration du dernier souffle). Les cordes marquent un silence riche en Ă©motion
 rĂ©pondant d’ailleurs aux annotations de Scarlatii lui-mĂȘme.
Comme pour souligner l’intensitĂ© primitive du drame sacrĂ©, tout en accusant sa grande intensitĂ© poĂ©tique comme l’enseignement mystique que l’auditeur est invitĂ© Ă  rechercher par lui-mĂȘme, Alarcon ajoute ici plusieurs Responsori (mĂ©ditations), extraits du recueil scarlattien de 1705 (conservĂ© Ă  Bologne; et qui regroupe plusieurs pages de Scarlatti de pĂ©riodes diffĂ©rentes). Belle Ă©loquence collective (excellents choristes du Choeur de chambre de Namur), relief canalisĂ© des solistes choisis, continuo ardent, vif, et pourtant d’un trĂšs bon Ă©quilibre sonore, Ă  la fois expressif et dĂ©taillé  voilĂ  autant d’arguments pour une lecture Ă  la fois mĂ©ditative et haletante de la Passion. La cohĂ©rence, l’unitĂ©, la justesse poĂ©tique des troupes rĂ©unies autour de leur chef, savent ressusciter avec passion, le drame sacrĂ© d’Alessandro Scarlatti, Ă  la fin du XVIIĂš. VoilĂ  qui nuance l’idĂ©e d’une Ă©cole napolitaine, Ă©trangĂšre Ă  toute introspection recueillie, unique Ă©cole de la virtuositĂ© sĂ©ductrice.

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CD, compte rendu critique. ALESSANDRO SCARLATTI (1660-1725) : PASSIO SECUNDUM JOHANNEM. Giuseppina Bridelli (Testo), Salvo Vitale (Christus), 
, Millenium Orchestra, Choeur de Chambre de Namur. ,Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn, direction. 1 cd Ricercar — enregistrement rĂ©alisĂ© en mars 2016 (Sint-Truiden, Belgique). https://www.outhere-music.com/fr/albums/passio-secundum-johannem-ric-378

LILLE. L’ONL affiche Max Richter

richter-max-compositeur-classiquenews-Richter-Mike-TerryLILLE, Nouveau SiĂšcle. Max Richter, les 22,23,25 mars 2017. Quatre saisons, de Vivaldi Ă  Richter. L’Orchestre national de Lille joue les Quatre Saisons d’aprĂšs Vivaldi, puis From Sleep par l’auteur de la musique du film « Valse avec Bachir » (2008) ou de Shutter Island (2010, de Martin Scorsese). RĂ©interprĂ©tation rĂ©crĂ©ative, les Quatre Saisons revivent une nouvelle vie en Ă©tant enrichi d’un nouvel ADN celui « 2.0 » du XXIĂšme siĂšcle tel que l’a conçu le compositeur contemporain Max Richter. Le pianiste et compositeur post-minimaliste Richter recompose Les Quatre Saisons de Vivaldi. Il puise son inspiration Ă  partir de ses annĂ©es de formation auprĂšs de Luciano Berio, reste marquĂ© par l’Ɠuvre saisissante et expĂ©rimentale de Iannis Xenakis. Max Richter est bien connu du milieu musical depuis les annĂ©es 1990, il fut (et reste depuis) l’un des dĂ©fenseurs zĂ©lĂ©s d’Arvo PĂ€rt, compositeur estonien, mystique, partisan de l’épure et de la rĂ©pĂ©tition rĂ©sonante. Mais en plus de PĂ€rt, Richter s’est distinguĂ© tout autant en se rĂ©clamant aussi de Phil Glass, Steve Reich et Brian Eno.

 

 

L’Orchestre national de Lille invite Max Richter
Vivaldi, version 2.0

 

Antonio_Vivaldi grand portrait classiquenews_1ImmergĂ© dans la marmite baroque des Quatre Saisons vivaldiennes, sublime poĂšme instrumental pour violon solo et orchestre de cordes, Richter remixe, rĂ©Ă©crit, se joue des sons, de leur Ă©cho, de la rĂ©sonance Ă©galement. Richter en rĂ©organise l’agencement, restructure selon la source vivaldienne dans laquelle il injecte ses propres motifs, soit une parure personnelle riche en nuances vaporeuses, en brumes sonores parfois Ă©nigmatiques, qui offre un Ă©crin critique, interrogatif aux sonoritĂ©s originelles de la matrice vivaldienne. Pour le label Deutsche Grammophon et le violoniste Daniel Hope, Max Richter reconstruit l’arche vivaldienne pour en dĂ©duire ses propres Saisons. Il en a dĂ©coulĂ© un enregistrement paru en 2012 (chez DG / Konzerthaus Kammerorchester de Berlin – AndrĂ© de Ridder, direction). En s’intĂ©ressant Ă  Vivladi, en le questionnant selon une syntaxe propre, Max Richter ne fait pas que relire le chef d’oeuvre de la musique instrumentale baroque au dĂ©but du XVIIIĂš : il en rĂ©vĂšle l’inatteignable perfection. Un must actuel qui permet de rĂ©Ă©couter Vivaldi d’un regard rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©, nerf, plus incisif.

 

RICHTER par l’ONL
 Pour l’arrivĂ©e du Printemps, l’ONL – Orchestre national de Lille propose une programmation autour de l’artiste Max Richter, rĂ©inventeur des Quatre saisons de Vivaldi
 il en rĂ©sulte ainsi 3 jours de concerts et 2 nocturnes pour plonger dans l’univers musical de l’un des auteurs « les plus prolifiques de sa gĂ©nĂ©ration et qui dĂ©fie les Ă©tiquettes » .

L’ONL & Max Richter au Nouveau Siùcle
Du 22 au 25 mars 2017 – Lille
Concert flash 12h30, concerts symphoniques, after Ă©lectro, dĂ©ambulation nocturne en collaboration avec le Palais des Beaux-Arts de Lille. L’ONL Ă  Lille offre un cycle Richter en plusieurs sessions et multiples formes


 
 

Max Richter Ă  l'affiche de l'Orchestre national de Lille

 

 
 

Mercredi 22 mars 2017boutonreservation
Auditorium du Nouveau SiĂšcle
Concert flash à 12h30 – The Blue Notebooks

The Blue Notebooks est le deuxiĂšme album solo (2004) de Max Richter, un projet singulier et aventureux, magnifiquement produit et se voulant rĂ©solument cinĂ©matographique : le titre « On the Nature of Daylight » marque le caractĂšre sonore du film « Shutter Island » de Martin Scorsese, mais aussi « Premier contact » de Denis Villeneuve (2016), tandis que « Shadow Journal » et « Organum » figurent dans la bande son de « Valse avec Bachir » (2008). Les compositions nĂ©o-classiques de l’album sont entrecoupĂ©es de textes extraits des Cahiers in-octavo de Franz Kafka, de L’hymne Ă  la perle et Terre inĂ©puisable de CzesƂaw MiƂosz, lus pour l’enregistrement discographique par l’actrice britannique Tilda Swinton. Le programme navigue entre les cordes dĂ©chirant l’ñme de « On the Nature of Daylight » et
des compositions pour piano au caractĂšre plus lyrique. Richter utilise Ă©galement des instruments Ă©lectroniques et occasionnellement des enregistrements captĂ©s Ă  l’extĂ©rieur du studio.
AVEC : Violons Natalia BONNER et Louisa FULLER / Alto Nick BARR / Violoncelles Ian BURDGE et Chris WORSEY / Piano Andrew SKEET / RĂ©citante Sarah SUTCLIFFE / Son Chris EKERS

 

 

 

Jeudi 23 et Samedi 25 mars 2017 Ă  20hboutonreservation
Auditorium du Nouveau SiĂšcle
Concerts symphoniques
Les Quatre Saisons VIVALDI / Max Richter

En premiĂšre partie, les musiciens interprĂštent le disque de Max Richter, Infra (2010), inspirĂ© par le poĂšme The Waste Land (« La Terre vaine ») de T. S. Eliot, rĂ©unit un piano, des sons Ă©lectroniques et un quatuor Ă  cordes. Il prolonge une partition composĂ©e pour un spectacle conçu en commun avec le danseur Wayne McGregor et l’artiste visuel Julian Opie sur une commande du Royal Ballet de Covent Garden.
Sa « recomposition » des Quatre Saisons de Vivaldi a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e Ă  l’invitation du label Deutsche Grammophon, en 2012. Cet album plĂ©biscitĂ© a Ă©tĂ© rĂ©Ă©ditĂ© avec de nouveaux remixes et des ajouts « ambient » – que Max Richter appelle « ombres » – et un DVD de concert. Max Richter a choisi ses moments prĂ©fĂ©rĂ©s de la partition et les a remodelĂ©s pour en faire de « nouveaux objets », superposant des fragments familiers ou les juxtaposant en boucle pour revigorer une oeuvre usĂ©e par l’emploi abusif dans les ascenseurs, les publicitĂ©s tĂ©lĂ©visĂ©es, comme indicatif ou gĂ©nĂ©rique d’attente. « Je n’ai gardĂ© que vingt-cinq pour cent des notes, mais il y a de l’ADN Vivaldi dans chaque mesure,
explique Max Richter. J’ai conservĂ© les gestes et les formes, les textures et les nuances. Certains bouts sont de Vivaldi, d’autres sont mes fantasmes, mes pensĂ©es Ă  haute voix sur les Quatre Saisons.» Pour Richter, rien de plus naturel que de rĂ©visiter l’oeuvre mythique d’un PrĂȘtre cĂ©lĂšbre, sachant faire jouer ses Ɠuvres par un orchestre de musiciennes, au risque de faire s’évanouir les Ăąmes fĂ©minines pendant ses concerts Ă  la PietĂ  de Venise.

 

AU PROGRAMME :
RICHTER : Infra
Jonathon HEYWARD direction

RICHTER Recomposed – VIVALDI Les Quatre Saisons
Mari SAMUELSEN, violon solo et direction
Chris EKERS, son
Orchestre National de Lille

 

 

 

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RESERVEZ VOTRE PLACE

Concert flash 12h30 – Auditorium du Nouveau SiĂšcle – Lille /// Mercredi 22 mars 12h30 – Tarifs : 5/10€

· Concerts symphoniques – Auditorium du Nouveau SiĂšcle – Lille /// — Jeudi 23 mars 20h et samedi 25 mars 18h30. Quelques places de derniĂšres minutes disponibles au tarif unique de 10€ / 15 minutes avant les concerts symphoniques

·  After – espace Valladolid du Nouveau SiĂšcle – Lille ///
entrées gratuites à retirer dÚs 21h dans le hall du Nouveau SiÚcle

Renseignements et réservations :
Billetterie ONL dans le hall du Nouveau SiĂšcle
03 20 12 82 40
www.onlille.com

 

·  Nocturne au MusĂ©e – Palais des Beaux-Arts de Lille –
Place de la RĂ©publique /// Tarifs de 4 Ă  7€
- SLEEP – Sleep a Ă©tĂ© pensĂ© comme un paysage sonore doux et enveloppant, destinĂ© Ă  faire venir le sommeil. L’oeuvre sera diffusĂ©e sous forme d’extraits (la piĂšce intĂ©grale dure huit heures), en simultanĂ© dans plusieurs espaces du musĂ©e, oĂč vous pourrez l’apprĂ©cier,
confortablement installĂ© et entourĂ© des oeuvres d’art. Il n’y a plus qu’à vous laisser bercer

Billetterie du Palais des Beaux-Arts de Lille : 03 20 06 78 00 et www.pba-lille.fr

 

 

 

Paul Agnew dirige l’ORFEO de Monteverdi

Les Arts Florissants Les Arts Florissants Integrale des madrigaux Septieme livrePARIS,Philharmonie. Monteverdi: Orfeo par Paul Agnew. Le 20 mars 2017. Prolongeant son cycle Ă©blouissant dĂ©diĂ© aux madrigaux de Monteverdi, rĂ©alisĂ© sur 5 saisons, Paul Agnew et Les Arts Florissants accomplissent le grand Ɠuvre de Monteverdi, son premier opĂ©ra : Orfeo, crĂ©Ă© au palais ducal de Mantoue en 1607, dans une langue que le compositeur a pu façonner, ciseler grĂące Ă  l’écriture contemporaine de ses madrigaux
 Voici la critique du spectacle crĂ©Ă© Ă  Caen le 28 fĂ©vrier dernier 
 une production en tous points convaincant et d’une grande justesse poĂ©tique. Car en orfĂšvre du verbe incarnĂ©, Paul Agnew sait prĂ©server dans la rĂ©alisation du drame en musique, le relief et l’intelligibilitĂ© du texte, noyau moteur de l’opĂ©ra naissant. FAÇON STONEHENGE intimiste, cet Orfeo dĂ©pouillĂ© avec son arĂšne dĂ©limitĂ© par un aligner Ă©lectronique de pierres, ou la lumiĂšre seule indique la traversĂ©e du temps de l’ombre nocturne Ă  la lumiĂšre diurne, du monde des vivants Ă  celui des morts, Paul Agnew et ses chanteurs abordent le premier OpĂ©ra moderne de l’histoire (crĂ©Ă© Ă  Mantoue en 1607), avec Ă©conomie et intensitĂ©. L’attention au mot le souci d’intelligibilitĂ© gestuelle le jeu dramatique prĂ©servĂ© rappellent Ă©videmment l’odyssĂ©e antĂ©rieure rĂ©alisĂ©e par le chef adjoint des arts florissants : cycle intĂ©grale des madrigaux de plus en plus dramatiques dont la science et l’expĂ©rience poĂ©tique ont Ă©tĂ© laboratoire pour l’OpĂ©ra en germe.
Paul Agnew choisit dans sa version d’orfeo la fin heureuse et plus convenable ou le poĂšte Ă©ternellement veuf n’est pas dĂ©chiquetĂ© par les mĂ©nades mais bel et bien sanctifiĂ© en rejoignant son pĂšre spirituel le lumineux et musicien comme lui, Apollon
 Ă  la lyre magnifique.
Chanteurs du verbe lyrique naissant (en style parlar cantando) autant qu’acteurs, les solistes se distinguent par leur caractĂ©risation fine et convaincante, un parti prĂ©servant la fluiditĂ© sans jamais sacrifier le fondamental de ce thĂ©Ăątre des origines: l’articulation du texte.

 

 

 

L’Orfeo montĂ©verdien, un accomplissement pour Paul Agnew

 

 

Orfeo 2017©PhilippeDelval 0182[3]Cyril Auvity et Hannah Morrison, OrphĂ©e et Eurydice, comme Antonio Abete et Miriam Allan en Pluton et Proserpine sĂ©duisent voire captive. Palmes speciales a la sombre et pourtant rayonnante messaggieria messagĂšre :la jeune et hallucinĂ©e et si juste jeune mezzo française si prometteuse. LÉA DESANDRE celle qui apprend aux bergers et au poĂšte thrace la mort de son aimĂ©e : immersion fascinante de la mort dans un monde d’insouciance (madrigalesque). La jeune cantatrice sillonne sa voix propre sur les traces de son professeur l’immense qui fut Ă  son Ă©poque et pour savall entre autres une captivante Messaggieria.

 

orfeo monteverdi paul agnew arts florissants opera caen philharmonie striggio

 

 

L’orchestre ciselĂ©, orfĂ©vrĂ©, chambriste compose le meilleur Ă©crin et soutien instrumental Ă  ce plateau humaine et sensible. Aucun doute cet Orfeo Ă©quilibrĂ©, idĂ©alement incarnĂ© reste proche du verbe :l’expĂ©rience madrigalesque qui a prĂ©cĂ©dĂ© confĂšre Ă  ce spectacle ce qu’il devait ĂȘtre dans cette compĂ©tition t’invite du geste dĂ©fendu depuis 4 ans par Paul Agnew au concert et pour partie au disque aussi, un prolongement naturel qui vaut accomplissement. VOIR NOS REPORTAGES VIDÉOS : Paul Agnew chante et pilote l’intĂ©grale des livres de madrigaux de Monteverdi. Et l’on comprend ainsi grĂące Ă  la cohĂ©rence de son geste sur la durĂ©e comment l’expĂ©rience madrigalesque prĂ©pare et mĂšne directement Ă  l’opĂ©ra italien baroque. Lumineuse et juste approche. Superbe production des Arts Florissants d’autant plus opportune en cette annĂ©e 2017 ou l’on fĂȘte le mythe d’OrphĂ©e et aussi surtout les 450 ans de Claudio Monteverdi. (Compte rendu critique de l’Orfeo de Monteverdi, Caen, le 28 fĂ©vrier 2017).

 

 

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PARIS, Philharmonie : lundi 20 mars 2017, 20h30. Orfeo de Monteverdi par Les Arts Florisants / Paul Agnew, direction. A 18h30, les enjeux d’Orfeo : salle de confĂ©rence… prĂ©sentation, explications avant la reprĂ©sentation…

 

Claudio Monteverdi
L’Orfeo, favola in musica

SV 318, créé à Mantoue, Palais Ducal, le 24 février 1607
(Orphée, fable en musique / Favola in musica)
Livret du poĂšte Alessandro Striggio.

Cyril Auvity, haute-contre, Orphée
Hannah Morrison, soprano, La Musique, Eurydice
Miriam Allan, soprano, Proserpine
LĂ©a Desandre, mezzo-soprano, MessagĂšre
Antonio Abete, basse, Pluton, Un esprit, Un berger
Cyril Costanzo, basse, Charon, Un esprit
Carlo Vistoli, contre-ténor, Un esprit, Un berger
Sean Clayton, ténor, Un berger
Zachary Wilder, ténor, Un esprit, Un berger
Les Arts Florissants
Paul Agnew, direction

 

 

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LIRE aussi notre prĂ©sentation de l’opĂ©ra ORFEO de Monteverdi :

http://www.classiquenews.com/paul-agnew-aborde-orfeo-de-monteverdi/

 

 

VOIR aussi nos reportages VIDEO Paul Agnew et les Arts FLorissants chantent les madrigaux de Claudio Monteverdi / CREMONA, Livres I, II, III de madrigaux

http://www.classiquenews.com/video-cremona-livres-i-ii-iii-de-madrigaux-de-monteverdi-par-les-arts-forissants-et-paul-agnew/

 

 

LIRE aussi notre dossier spĂ©cial le mythe d’OrphĂ©e, sa fortune musicale

 

 

 

Bach & fils par Jean Rondeau Ă  POITIERS

Jean Rondeau et Nevermind Ă  SaintesPOITIERS, TAP – BACH & fils par Jean Rondeau, le 21 mars 2017, 20h30. Toujours la coiffe hirsute et le jean dĂ©contractĂ©, le claveciniste Jean Rondeau s’entoure d’une phalange de musiciens complices dans une Ă©vocation de la dynastie Bach, – programme familial et collectif, musicalement trĂšs unitaire et stylistiquement cohĂ©rent, dĂ©jĂ  sujet d’une parution discographique. Le claveciniste rĂ©alise le relief expressif de plusieurs Concertos pour clavecin et cordes, avec la connivence de certains instrumentistes dĂ©jĂ  familiers, dont le violoniste Louis Creac’h, – dĂ©jĂ  repĂ©rĂ© par classiquenews comme ex apprenti acadĂ©micien du JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye, ou participant aussi Ă  certains projets d’Amarillis (Stabat Mater de Pergolesi avec Sandra Yoncheva).
Ainsi paraissent les fils Bach (Wilhelm Friedemann, Carl Philipp Emanuel et Johann Christian) aux cĂŽtĂ©s du pĂšre Jean-SĂ©bastien. Le claveciniste barbu (christique ?) du Baroque actuel cultive une posture dĂ©calĂ©e qui s’entend Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer (dynamiser ?) l’interprĂ©tation contemporaine du Baroque, ici germanique. Depuis son clavecin axial, dĂ©fricheur, relecteur, porteur d’une vision dĂ©sormais dĂ©poussiĂ©rante des oeuvres choisies.
RONDEAU jean portrait concert classiquenews poitiers 390643_concert-de-jean-rondeau-clavecin-et-piano-festival-europeen-jeunes-talents_111341Classiquenews avait suivi la rĂ©sidence de Jean Rondeau, – entourĂ© d’un autre collectif (Nevermind) Ă  Saintes (Abbaye aux dames, la citĂ© musicale / VOIR notre reportage vidĂ©o Jean Rondeau et Nevermind Ă  Saintes / fĂ©vrier 2016), dans Telemann et Bach (entre autres). Ici, le style direct, franc, expressif, « rock », revisite le genre du Concerto instrumental, entendu comme un drame sans paroles, vĂ©ritable conversation Ă  plusieurs protagonistes ; il sied Ă  la vivacitĂ© des Bach fils, en particulier Wilhelm F. et CPE – illustres reprĂ©sentants du style galant Empfindsamkeit, nĂ©o classique – collectionneurs inspirĂ©s en contrastes et acuitĂ© rythmique ; mĂȘme aspĂ©ritĂ© mordante, vivaces dans les Bach pĂšre, comme juvĂ©nilisĂ©s avec une ardeur verte et trĂšs prĂ©sente : Concertos pour clavecin BWV 1052 et 1056. Du creuset paternel, antre magicien d’une invention jamais Ă©puisĂ©e, les fils, en apprentis sorciers inspirĂ©s, dignes hĂ©ritiers du modĂšle-mentor, osent toutes les audaces
 Ils poursuivent le geste libre, inventif, neuf, moderne du modĂšle paternel. Dont se saisit comme un flambeau Ă©lectrisant, les jeunes interprĂštes de ce concert; Et si la dynastie Bach Ă©tait surtout une gĂ©nĂ©alogie de tempĂ©raments expĂ©rimentateurs ?

Le concert prĂ©sentĂ© Ă  Poitiers fait suite au premier volet Bach, dĂ©diĂ© prĂ©cĂ©demment aux ancĂȘtres de Bach (dĂ©cidĂ©ment la dynastie Bach est une colonie impressionnante de talents dont la gĂ©nĂ©alogie explique le plus grand d’entre tous, Jean-SĂ©bastien).

 

 

 

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boutonreservationLes Concertos de Bach pĂšre et fils
TAP, POITIERS, mardi 21 mars 2017, 20h30

Johann Sebastian Bach
Concerto pour clavecin n°1 en ré mineur BWV 1052,
Concerto pour clavecin n°5 en fa mineur BWV 1056

Wilhelm Friedemann Bach
Concerto pour clavecin en fa mineur

Carl Philipp Emanuel Bach
Concerto pour clavecin en ré mineur

Jean Rondeau, clavecin
Sophie Gent, Louis Creac’h violons
Antoine Touche, violoncelle
EvolĂšne Kiener, basson
Thomas de Pierrefeu, contrebasse

 

 

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INFOS et RESERVATIONS
sur le site du TAP Théùtre Auditorium de Poitiers, page dédiée au Concert Jean RONDEAU + ensemble instrumental : Concertos de Bach et ses fils

http://www.tap-poitiers.com/jean-rondeau-1799

 

 

 

 

 

 

 

 

UN PERE ET SES 3 FILS… Comme un gĂ©nĂ©alogiste, le claveciniste vedette Jean Rondeau reĂ©active les liens et filiations fĂ©condes qui aimantent la succession du pĂšre et des ses fils : Jean-SĂ©bastien a su transmettre Ă  sa descendance cet amour de l’excellence, ce goĂ»t de l’expĂ©rimentation.

Carl Philipp Emanuel BachAu firmament de cette constellation heureuse et fructueuse, se situe le second fils de son premier mariage avec Maria Barbara, Carl Philipp Emmanuel (1714-1788) qui eut pour parrain l’illustre Telemann de Hambourg. Le pĂšre voulait qu’il fasse son droit, or Carl Philipp prĂ©fĂ©ra comme son mentor, Ă©blouir par la musique. Ce qu’il fit. HĂ©las son gĂ©nie ne fut guĂšre reconnu : Ă  la Cour de FrĂ©dĂ©ric de Prusse, bien que zĂ©lé  et inspirĂ©, CPE vĂ©gĂšte comme simple claveiniste, prĂ©fĂ©rĂ© au bien conforme Quantz. Sa Symphonie en Do majeur pour cordes et continuo (composĂ©e Ă  Hambourg en 1773),  cultive cette langue nerveuse, souple, intensĂ©ment dramatique qui porte l’empreinte du courant prĂ©romantique « Sturm und Drang » (TempĂȘte et passion). A cette source, s’abreuvent directement les grands symphonistes de la gĂ©nĂ©ration suivante : Haydn et Mozart qui le tenaient en trĂšs grande estime.

 

 

Benjamin des 11 fils qu’il eut avec sa seconde femme, Anna Magdalena : Johann Christian (1735-1782), est formĂ© par Carl Philip Ă  la mort de leur pĂšre en 1750. JC gagne l’Italie avant de servir la Cour britannique de George III. Claveciniste Ăšs mĂ©rite, autant que son frĂšre ainĂ©, CPE, Johann Christian compose son Concerto n°6 en fa mineur, vers 1750 alors qu’il suit les leçons de son frĂšre Ă  Berlin. TrĂšs influencĂ© par ce dernier, JC Ă©crit alors dans le style Sturm und Drang, avec ce goĂ»t immodĂ©rĂ© mais maĂźtrisĂ© pour les syncopes, ruptures harmoniques qui produisent le dramatisme fiĂšvreux de la partition.

Singulier et opiniĂątre autant que ses frĂšres cadets, le premier fils de Jean-SĂ©bastian, Wilhelm Friedemann (1710-1784) sait improviser comme son pĂšre. Et comme lui, WF montre dans l’Allegro e forte en rĂ© mineur, fugue complexe et animĂ©e, un gĂ©nie contrapuntique exceptionnel.

 

bach-jean-sebastien-pastel-582-portrait-2015-messe-en-si-classiquenews-william-christie-582-Pastell_Terry_kleinPour conclure la gĂ©nĂ©alogie musicale dont il se fait le passeur, Jean Rondeau rend hommage au fondateur de la dynastie au XVIIIĂš : Jean-SĂ©bastien (1685-1750). ComposĂ© Ă  Leipzig en 1738, le Concerto en rĂ© mineur impose un gĂ©nie premier, libre, inventif, narrateur nĂ©, soucieux de renouvellement et d’expressivitĂ© permanente. La verve dont est capable alors JS Bach, Ă©gale le foisonnement tout aussi audacieux et expĂ©rimental, de l’autre cĂŽtĂ© du Rhin, celui du Français Rameau dont l’invention rayonnante trouve un Ă©cho fraternel dans l’oeuvre « divine » de Bach le pĂšre.

 

 

 

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CD Ă  Ă©couter :

vertigo jean rondeau cd erato critique review classiquenews fevrier 2016CD, compte rendu critique. Vertigo. Rameau, Royer. Jean Rondeau, clavecin (1 cd Erato, mai 2015). Clavecin opĂ©ratique…. En fĂ©vrier 2016, ERATO publiait l’un des meilleurs disques rĂ©cents pour clavecin. Peut-ĂȘtre le premier indiscutable du jeune musicien français, ici particuliĂšrement serviteur de la musique qui l’inspire. Le texte du livret notice accompagnant ce produit conçu comme une pĂ©rĂ©grination intĂ©rieure et surtout personnelle donne la clĂ© du drame qui s’y joue. Quelque part en zones d’illusions, c’est Ă  dire baroques, vers 1746
 Jean Rondeau le claveciniste nous dit s’égarer dans un fond de dĂ©cors d’opĂ©ra dont son clavecin (historique du ChĂąteau d’Assas) ressuscite le charme jamais terni de la danse, “acte des mĂ©tamorphoses” (comme le prĂ©cise Paul ValĂ©ry, citĂ© dans la dite notice). Entre cauchemar (surgissement spectaculaire de Royer dans Vertigo justement) et rĂȘve (l’alanguissement si sensuel de Rameau ou le dernier renoncement du dernier morceau : L’Aimable de Royer), l’instrumentiste cisĂšle une sĂ©rie d’évocations, au relief dramatique multiple, contrastĂ©, parfois violent, parfois murmurĂ© qui s’efface. Rondeau ressuscite dans les textures rĂ©tablies et les accents sublimes des musiques dansantes ici sĂ©lectionnĂ©es, le profil des deux gĂ©nies nĂ©s pour l’opĂ©ra : Rameau (mort en 1764) et son “challenger” Pancrace Royer (1705-1755), Ă  la carriĂšre fulgurante, et qui au moment du Dardanus de Rameau, livre son ZaĂŻde en 1739. Deux monstres absolus de la scĂšne dont il concentre et synthĂšse l’esprit du drame dans l’ambitus de leur clavier ; car ils sont aussi excellents clavecinistes. Ainsi la boucle est refermĂ©e et le prĂ©texte lĂ©gitimĂ©. Comment se comporte le clavier Ă©prouvĂ© lorsqu’il doit exprimer le souffle et l’ampleur, la profondeur et le pathĂ©tique Ă  l’opĂ©ra ? Comme il y aura grĂące Ă  Liszt (tapageur), le piano orchestre, il y eut bien (mais oui), le clavecin opĂ©ra (contrastĂ© et toujours allusif). Les matelots et Tambourins de Royer valent bien Les Sauvages de Rameau, nĂ©s avant l’OpĂ©ra ballet que l’on connaĂźt, dĂšs les Nouvelles Suites de PiĂšces de Clavecin de 1728. DĂ©jĂ  Rameau lyrique perçait sous le Rameau claveciniste. Une fusion des sensibilitĂ©s que le programme exprime avec justesse. EN LIRE +