OPÉRA : mort de Mady MesplĂ©, ce dimanche 30 mai 2020 Ă  89 ans

mesple-mady-lakme-zerbinette-lucia-gilda-mort-mady-mesple-classiquenewsOPÉRA : mort de Mady MesplĂ©, ce dimanche 30 mai 2020 Ă  89 ans. AprĂšs le baryton Gabriel Bacquier (13 mai 2020), c’est une autre Ă©toile du beau chant français qui s’éteint Ă  jamais : Madeleine MesplĂ©, dite Mady MesplĂ©, nĂ©e toulousaine le 7 mars 1931; sa voix demeure elle Ă©ternelle au plus haut du firmament. PassionnĂ©e par le thĂ©Ăątre de Wagner et de Richard Strauss, Mady MesplĂ© dĂ»t faire avec sa voix sublime, de soprano coloratoure : elle incarna donc plutĂŽt les hĂ©roĂŻnes Ă  vocalises de l’opĂ©ra romantique français soit Olympia (1975), LakmĂ© (chantĂ©e dĂšs 1953) et aussi du cĂŽtĂ© des italiens romantiques, Gilda, Lucia (Edimbourg, 1962), Rosina. Agile sur trois octaves, du sol grave au contre-sol, la diva pouvait en studio (mais jamais sur les planches) atteindre le contre-la bĂ©mol, voire le contre-si bĂ©mol ». La carriĂšre dĂ©bute quand elle remplace Joan Sutherland dans Lucia Ă  Edimbourg en 1962 : une nouvelle Ă©toile est ainsi dĂ©voilĂ©e.
Straussienne de cƓur et d’ñme, elle voit son rĂȘve se rĂ©aliser grĂące Ă  Zerbinette, l’égale d’Ariane mais plus dĂ©lurĂ©e et lĂ©gĂšre, qu’elle chante Ă  Aix en 1966. LĂ  encore un triomphe qui relĂšve de la sidĂ©ration pour les spectateurs. L’interprĂšte sait encore Ă©largir son rĂ©pertoire en se dĂ©diant aux Ɠuvres de son temps, rĂ©vĂ©lant une authentique sensibilitĂ© pour la crĂ©ation : ElĂ©gie pour de jeunes amants de Henze (1965) inaugure tout un travail avec les compositeurs contemporains tels Charles Chaynes, Paul MĂ©fano
 La plus grande coloratoure française du XXĂš chante aussi l’opĂ©rette, genre alors mineur et minimisĂ© qu’elle rehausse de son lustre singulier. RĂ©vĂ©lant son combat contre la maladie de Parkinson (active dĂšs 1996), la diva avouait un repli sur elle-mĂȘme inĂ©luctable, imposĂ© par la maladie et la fin de sa carriĂšre (adieux Ă  la scĂšne en 2001, Ă  70 ans).

 
 

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VIDEO : Mady Mesplé chante Zerbinette (1966)
intensitĂ© diamantine d’un timbre vibrĂ©, contrĂŽlĂ© aux aigus sidĂ©rants

Rossignol français, Mady MesplĂ© chante l’air des clochettes (LakmĂ© de Delibes, 1966) – Incroyable coloratoure au français impeccable d’un bout Ă  l’autre intelligible :

 

CONCOURS CHOREGRAPHIQUE DEPUIS CHEZ VOUS 2020 (Malandain Biarritz Ballet)

malandain-ballet-biarritz-concours-jeunes-choregraphes-2020-classiquenewsCONCOURS CHOREGRAPHIQUE CHEZ SOI 2020. Covid19 oblige, la forme de la finale de la 3Ăšme Ă©dition du Concours de jeunes chorĂ©graphes qui devait avoir lieu Ă  Biarritz a changĂ© et intĂ©grant la diffusion salvatrice sur internet est devenu cette annĂ©e le « 1er Concours chorĂ©graphique depuis chez vous » : une initiative visionnaire qui dĂ©fiant le contexte contraignant, offre un coup de projecteur sur les chorĂ©graphes participatifs. OrganisĂ© par le Malandain Ballet Biarritz avec l’OpĂ©ra National de Bordeaux et le CCN/Ballet de l’OpĂ©ra National du Rhin, dont Martin Harriague, chorĂ©graphe associĂ© au Malandain Ballet Biarritz fut l’un des laurĂ©ats en 2016, la compĂ©tition a rendu son palmarĂšs ce 20 mai dernier. Avec le recul, les propositions entendent conjurer l’obligation de l’enfermement et la nĂ©cessitĂ© du confinement
 un pied de nez crĂ©atif Ă  la crĂ©ation chorĂ©graphique mise Ă  l’arrĂȘt depuis la mi mars 2020. Chaque candidat confinĂ© chez lui dĂ©tourne l’horreur d’une situation imposĂ©e et privilĂšge de l’artiste, rĂ©invente la rĂ©alitĂ©. Faisant de l’incongruitĂ© imposĂ©e voire Ă©touffante, plusieurs instant de libertĂ© impertinente et absolue. Le danseur devient vidĂ©aste et rĂ©alisateur (aidĂ© de quelques complices Ă©videmment)
 Bravo Ă  cette initiative.

Au total 205 clips vidéo ont été reçus; 7 sont sélectionnés (au lieu des 5 prévus par le rÚglement) par le Jury composé de Martin Harriague, de Richard Coudray, maßtre ballet au Malandain Ballet Biarritz et Thierry Malandain, directeur fondateur de la compagnie.

 

 

 

Lauréats « Concours chorégraphique depuis chez vous »

 

 

Premier prix : sĂ©jour tous frais payĂ©s pendant le festival le Temps d’aimer et une journĂ©e de travail crĂ©ative avec les 22 danseurs du Malandain Ballet Biarritz
Emporté par Nicolas Rombaut

Les 6 autres lauréats :

2Úme : Isolation par Graham Kotowich
3Úme : Dessine-moi un arbre par Maylis Arrabit
4Ăšme : Ô maĂźtre carrĂ© ! par Iban Garat
5Úme : Remotely Equal par Carlos Kerr Jr et Valeria Marangelli
6Úme : Window Diaries par Laura Engholm
7Úme : Une histoire de masques par Ari Soto

VOIR les 7 chorégraphies primées

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LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020

lille-pianos-festival-2020-annonce-concerts-festival-classiquenewsLILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020 : 100% digital, les 12, 13 et 14 juin 2020 – Crise sanitaire oblige, le LILLE PIANO(S) FESTIVAL est en 2020, 100% DIGITAL. Le Festival propose tout un cycle de concerts gratuits en direct et en rediffusion sur la chaĂźne youtube et la page facebook de l’Orchestre National de Lille (ON LILLE). Au total sur 3 jours, 30 artistes invitĂ©s dans plusieurs programmes entiĂšrement numĂ©rique. Ce sont 19 concerts en direct ou en diffĂ©rĂ© qui porteront la flamme d’un festival parmi les plus importants de la capitale lilloise. Les performances sont assurĂ©es depuis l’auditorium du Nouveau SiĂšcle Ă  Lille mais aussi Brooklyn, Philadelphie, Amsterdam et Bruxelles ! Les musiciens de l’Orchestre National de Lille participent Ă©videment Ă  l’évĂ©nement. Alexandre Kantorow (laurĂ©at du dernier Concours Tchaikovski de Moscou, 2019) ouvre le bal avec un concert dĂšs le 12 juin depuis le Nouveau SiĂšcle Ă  Lille…

La programmation complĂšte et les programmes des concerts sur le site de l’Orchestre National de Lille / page dĂ©diĂ©e au Festival LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020, un festival entiĂšrement digital : https://www.onlille.com/saison_19-20/lille-pianos-festival/

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OPERA, en direct. Mar 26 mai 2020, dĂ©voilement de la SAISON 2020 2021 de l’ORW LiĂšge, OpĂ©ra Royal de Wallonie

mazzonis-di-pralafera-stefano-opera-royal-wallonie-liege-entretien-annonce-critique-opera-classiquenewsOPÉRA, en direct. Mar 26 mai 2020, SAISON 2020 2021 de l’ORW LiĂšge, OpĂ©ra Royal de Wallonie / Stefano Mazzonis di Pralafera, DG et artistique, Ă  19h30, dĂ©voile les opĂ©ras Ă  l’affiche Ă  LiĂšge pour la nouvelle saison lyrique 20 21 qui marque le bicentenaire de la premiĂšre maison lyrique en Belgique. Diffusion de la prĂ©sentation saison sur son site et ses rĂ©seaux sociaux facebook, et sur RTC tĂ©lĂ© LiĂšge, en direct.

 

 

 

Rendez vous
MARDI 26 mai 2020, 19h30

NOUVELLE SAISON LYRIQUE 2020 – 2021
OPÉRA ROYAL DE WALLONIE, LIEGE

 

 

ORW_liege_logo_tete_201_fond_violetLien vers la page facebook de l’OpĂ©ra royal de Wallonie-LiĂšge :
https://www.facebook.com/operaliege?delight_email=philalexph%40hotmail.com&delight_email_action_id=9a286e8c-b0fd-4841-97a9-de1ab4085f99

Lien vers RTC télé LiÚge :
https://www.rtc.be/live

 

 

 

DVD, Blu ray. TURANDOT : Wilson / Luisotti (BelAir classiques)

TURANDOT-wilson-madrid-theorin-kunde-opera-critique-cd-blu-ray-vod-classiquenews-critique-operaDVD, Blu ray, critique. TURANDOT : Wilson / Luisotti (BelAir classiques). Gestuelle statique et frontale, pas mesurĂ©s et saccadĂ©s, lumiĂšre diffuse (lunaire pour le premier acte) : l’imaginaire visuel et cette apologie de mouvements Ă©purĂ©s Ă  l’économie, dĂ©fendus depuis des lustres (souvent de façon systĂ©matique) par Bob Wilson fonctionnent indiscutablement ici : l’univers d’une Chine terrorisĂ©e par la princesse sanguinaire, oĂč la foule malmenĂ©e par les guerriers impĂ©riaux s’ébranle au diapason de la meule qui aiguise la lame du bourreau
 tout est magnifiquement dit dĂšs le premier tableau : les ĂȘtres sont rĂ©duits Ă  des mouvements d’automates, prĂ©cisĂ©ment muselĂ©s par un rĂ©gime tyrannique.
Dans ce tableau lĂ©tal et glaçant, morbide totalement dĂ©shumanisĂ©, les 3 ministres des rites agissent comme des bouffons qui dĂ©tendent singuliĂšrement la tension ambiante : les 3 masques rĂ©alisent l’incursion de la commedia dell’arte dans cette barbarie collective oĂč flotte comme une ombre la figure tutĂ©laire de Turandot princesse hallucinante qui peut n’avoir jamais existĂ© ! Ils tentent de dĂ©chirer la possession qui s’est saisie du cƓur du prince Calaf aprĂšs avoir vu la princesse inaccessible. Ainsi l’univers du conte de Goldoni, est il visuellement bien restituĂ©, subtile Ă©quation entre exotisme, cruautĂ©, onirisme.

CĂŽtĂ© voix, qu’avons-nous ? Le prince Calaf, un rien sage mais de plus en plus crĂ©dible au fur et Ă  mesure de l’action (Gregory Kunde) ; Liu, son amoureuse Ă©conduite, vocalement assurĂ©e (beaux aigus filĂ©s finaux de Yolanda Auyanet) ; le tableau qui ouvre le II, assure idĂ©alement les lamentations nostalgiques des 3 ministres usĂ©s (Ping, Pang, Pong) fatiguĂ©s par l’application des rites imposĂ©s par l’impossible princesse vengeresse. Les 3 chanteurs composent un trio passionnant, belle et unique incursion de l’humain (avant le duo amoureux final) dans une fresque mĂ©canique animĂ©e par des figurines statiques. Irene Theorin a longtemps chantĂ© le rĂŽle-titre, hĂ©las ici dans une forme rĂ©duite ; souvent sans graves et aux lignes et phrases courtes. Le chant est tendu, sans guĂšre de vertiges : pourtant Puccini a su exprimĂ© la solitude d’une jeune femme qui venge sincĂšrement le viol de son ancĂȘtre Lo U Ling et qui s’en pĂ©trifiĂ©e en une asexualitĂ© monstrueuse. Puis, la mĂȘme Ăąme frigide s’ouvre enfin Ă  l’amour, incarnĂ© par Calaf, le prince messianique qui dĂ©livre tous et toutes du poids des contraintes.

On regrette souvent la direction dure et parfois grandiloquente du chef Luisotti qui n’Ă©claire pas suffisamment ce colorisme gĂ©nial d’un Puccini souvent ivre de timbres impressionnistes. Globalement malgrĂ© les quelques rĂ©serves Ă©mises, cette production reste un trĂšs bon spectacle.

 
 

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+ d’infos sur le site de l’éditeur BelAir classiques:
https://belairclassiques.com/
Page TURANDOT / Wilson / Luisotti – Teatro Real Madrid, 2018
https://belairclassiques.com/film/puccini-turandot-bob-wilson-nicola-luisotti-gregory-kunde-irene-theorin-teatro-real-madrid-dvd-blu-ray

 

 

 

Extrait vidéo :

OPERA CHEZ SOI, MYTHIQUE. Jessye Norman chante ARIANE AUF NAXOS (MET, 1988)

OPERA EN REPLAY, MYTHIQUE. Jessye NORMAN chante ARIADNE AUF NAXOS (1988), actuellement sur le site du MET New YORK :
https://metoperafree.brightcove.services/?videoId=6154153185001

ariane-auf-naxos-jessye-norman-opera-critique-classiquenewsProduction mythique sous la direction de James Levine, avec la diva articulĂ©e, ciselĂ©e, au timbre de velours, au verbe habitĂ© : Jessye Norman. La diva exprime d’abord la prima donna, capricieuse, volubile (Prologue) ; puis, dans l’opĂ©ra proprement dit (Ă  00h45mn10), Ariane, Ăąme dĂ©truite, trahie, abandonnĂ©e (par ThĂ©sĂ©e qu’elle a pourtant sauvĂ© du labyrinthe Ă  Cnosos) qui rĂ©alise les aspirations morales que le Componist (Tatyana Troyanos) incarne dans le Prologue : Ariane tragique se lamente, s’alanguit devant la grotte ; la contredit alors la lĂ©gĂšretĂ© vertigineuse de Zerbinette (Kathleen Battle) associĂ©e aux comĂ©diens italiens, d’essence comique. Puis, c’est la rencontre avec Dyonisos / Bacchus, dieu salvateur qui la sauve et permet sa mĂ©tamorphose finale
 Somptueux accomplissement lyrique. A voir en urgence (avant que le MET ne retire ce replay). On vous aura prĂ©venu.

 ARIADNE-AUF-NAXOS-STRAUSS-JESSYE-NORMAN-opera-critique-review-CLASSIQUENEWS

 

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VISIONNER ARIANE A NAXOS / ARIADNE AUF NAXOS de STRAUSS / HOFMANNSTHAL par Jessye Norman :
https://metoperafree.brightcove.services/?videoId=6154153185001

 

 

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 LIRE aussi notre dossier ARIANE AUF NAXOS / ARIANE A NAXOS : le portrait d’Ariane


jessye-norman-ariane-auf-naxos-diva-opera-classiquenews-critiqueFigure de la continuitĂ©, Ariane est pour Jessye Norman qui aura marquĂ© le rĂŽle par la finesse enivrĂ©e de son interprĂ©tation (Metropolitan opera 1984, James Levine), une amoureuse fidĂšle pour laquelle la mort (incarnĂ© Ă  la fin de l’opĂ©ra, par Bacchus) n’est ni une fin ni une rupture mais un passage dans la continuitĂ©, d’une vie (celle avec ThĂ©sĂ©e) Ă  l’autre (celle avec l’inouĂŻ de sa rencontre avec le beau et l’enivrant Bacchus). Jessye Norman a parlĂ© de leur duo qui est un quiproquo inĂ©dit pour un couple d’amoureux : un terrible « malentendu » Ariane …

 

 

 

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Hommage Ă  Jessye Norman … La soprano Jessye Norman s’est Ă©teinte hier, lundi 30 septembre 2019 Ă  l’ñge de 74 ans Ă  la suite d’une septicĂ©mie. La longueur du souffle, la recherche d’un son idĂ©al, le sens du texte qui la rendu mĂ©morable dans l’interprĂ©tation des hĂ©roĂŻnes françaises, en particulier baroque (sublime PhĂšdre dans Hippolyte et Aricie de Rameau, Ă  Aix et Ă  Paris)

 

 

 

 

 

ON LILLE : Alexandre BLOCH explique et présente la 7Úme de MAHLER

BLOCH-alexandre-portrait-2019-chef-orchestre-national-de-lille-annonce-concert-opera-classiquenewsMAESTRO, VIDEO inĂ©dite. ON LILLE / Alexandre BLOCH : que se passe-t-il dans la tĂȘte du chef ? Directeur musical de l’ON LILLE / Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch profite du confinement pour s’interroger sur sa fonction et sa finalitĂ©, sur les enjeux et les moyens du chef d’orchestre au moment du concert. Un tĂ©moignage inĂ©dit et passionnant sur le travail du chef confrontĂ© aux partitions puis aux instrumentistes de l’orchestre pour les jouer

Dans le cadre du cycle des symphonies de Gustav Mahler, dirigĂ©es pendant l’annĂ©e 2019, Alexandre Bloch a rĂ©alisĂ© Ă  partir des images des captations des concerts, en particulier pendant la prĂ©paration et la rĂ©alisation de la Symphonie n°7, l’une des plus profondes, intimes et autobiographiques du compositeur, son propre montage ; comme un journal de bord oĂč le maestro sur l’estrade et en temps rĂ©el, tĂ©moigne de son Ă©tat d’esprit, de ses Ă©motions, de son rythme cardiaque en cours de reprĂ©sentation (avec bonus, le spectre de ses Ă©motions successives)
 C’est un document passionnant qui immerge dans l’esprit du chef, avec en voix off, ses impressions personnelles, tout ce que se passe dans sa tĂȘte mesure aprĂšs mesure
 pour chaque entrĂ©e des pupitres : horntĂ©nor, bois, cordes (violon 2, violon 1), trompettes
 les harpes (13 mn le dĂ©but de la symphonie! ).

 

 
 

 

Alexandre Bloch : Que se passe-t-il dans la tĂȘte d’un chef?

Le chef est aux commandes…

 

 

bloch-alexandre-orchestre-national-de-lille-reportage-video-dans-la-tete-du-chef-symphonie-7-gustav-mahler-critique-presentation-classiquenewsC’est un conducteur idĂ©al pour mieux mesurer l’implication, la concentration, les moyens qu’a le chef pour communiquer avec chaque instrumentiste pour obtenir ce qui a Ă©tĂ© rĂ©pĂ©tĂ© (dont les effets de texture sonore liĂ©s Ă  l’accomplissement des dissonances, des nuances de danse dont le tango, des citations dont « Intermarché » (mais oui !!!),« Ah vous dirai-je maman » ou God save the queen, des changements de tempos
 autant de dĂ©tails / nuances indiquĂ©s sur la partition, laquelle apparaĂźt Ă  l’écran). Le concert fut un triomphe dans le vaste Auditorium Nouveau SiĂšcle Ă  Lille. Revivre ainsi certains extraits de la symphonie (dĂ©but et fin du Premier mouvement), avec les remarques personnelles du chef est un grand moment de dĂ©lectation symphonique
 Ainsi grĂące aux remarques du chef, l’auditeur peut mieux comprendre toutes les interactions en cours, la formidable horlogerie collective qui se produit dans la fabuleuse partition de Mahler
 On prend conscience de ce que souhaite le chef, comparĂ© Ă  ce que produisent simultanĂ©ment les musiciens de l’Orchestre lillois. La promesse des vertiges voire de l’ivresse orchestrale (manifeste grĂące Ă  l’euphorie Ă©nergisante des cordes et des cloches) se rĂ©alisent enfin grĂące Ă  la passion d’un chef qui malgrĂ© son extĂ©nuation dĂ©clarĂ©e
 aime partager, vibrer, expliquer. Lumineux, gĂ©nĂ©reux, indispensable.

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Visionner le tĂ©moignage vidĂ©o « ”Que se passe-t-il dans la tĂȘte d’un chef?” Alexandre Bloch et la 7Ăšme symphonie de Mahler »

Lien vers la vidéo Youtube :
https://www.youtube.com/watch?v=Nt_z6TlYQ8U

Durée : 11mn
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VOIR la vidĂ©o ”Que se passe-t-il dans la tĂȘte d’un chef?” Alexandre Bloch et la 7Ăšme symphonie de Mahler » :

 


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CD Ă  venir
L’enregistrement de la 7Ăšme Symphonie par de l’ON LILLE / Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch est annoncĂ©e en septembre 2020 (1 cd Alpha). Sortie trĂšs attendue. Prochaine critique cd dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

 

 

 

 

 

 

 

Le Falstaff déjanté de BIEITO sur ARTE (2020)

Giuseppe VerdiARTE – Dim 31 mai 2020, 01h. FALSTAFF. Arte ne fait rien dĂ©cidĂ©ment pour favoriser le spectacle vivant et l’opĂ©ra en particulier aux heures de grandes Ă©coutes. En une dĂ©cennie, exit tous les spectacles lyriques dans l’aprĂšs midi ou en prime time (sauf Ă  l’occasion des festivals d’étĂ© comme Salzbourg
 mais cet Ă©tĂ© qu’en sera-t-il rĂ©ellement depuis l’annulation et la mise Ă  l’arrĂȘt de tous les festivals et les salles de spectacles?). Il vous faudra donc tarder chez qu’au petit matin (1h) de lundi 1 juin, pour visionner ce Falstaff mis en scĂšne du catalan dĂ©lirant et parfois dĂ©jantĂ© Calixte Bieito, au dĂ©but 2020.

Depuis Un jour de rĂšgne (1840), pas vraiment bien accueilli par le public, Verdi laissa de cĂŽtĂ© le genre strictement comique, prĂ©fĂ©rant dĂšs lors intĂ©grer dans ses opĂ©ras dramatiques voire cynico-tragiques (Rigoletto) des airs ou des scĂšnes fugacement mais intensĂ©ment facĂ©tieuses ou lĂ©gĂšres jusqu’à l’insouciance
 coupable (l’air « La donna Ăš mobile » du Duc dans le mĂȘme Rigoletto). Ainsi, avant Falstaff de 1893, Ɠuvre ultime de l’auteur de La Traviata, il existe nombre de scĂšnes comiques dans ses ouvrages majoritairement hĂ©roĂŻques et sombres : le 2Ăš finale d’Un Bal masquĂ© ; surtout le personnage du frĂšre Melitone, figure idĂ©alement drĂŽlatique et sincĂšre, jaillissant dans le massif noir de la Force du Destin de 1862
 (scĂšne II de l’acte II, au monastĂšre degli angeli oĂč la coupable mais pure Leonora vient chercher asile
) – le personnage annonce celui du Sacristain dans La Tosca de Puccini (1900, acte I Ă  San’Andrea della Valle Ă  Rome) : bigot pieux mais obtus, bourrĂ© de tics de vieux cĂ©libataire endurci.
Falstaff crĂ©Ă© Ă  la Scala de Milan le 9 fĂ©v 1893 combine Les Joyeuses CommĂšres de Windsor et Henry V de Shakespeare, lĂ©gende royale anglaise, vainqueur Ă  Azincourt (1415) grĂące au preux des preux, John Falstaff : il faut voir le film rĂ©cent (2019) de David MichĂŽd (Le Roi avec l’excellent jeune acteur franco britannique TimothĂ©e Chalamet) pour comprendre et mesurer la stature du guerrier Falstaff.
Dans la lĂ©gende, Falstaff est le compagnon des frasques et beuveries voire orgies du jeune Hal (futur Henry V) dans les ruelles d’Eastcheap Ă  Londres. Cette vie populaire Ă  l’écart de la cour de son pĂšre Henry IV l’usurpateur lui vaut par la suite une image plĂ©bĂ©ienne et Ă©trangĂšre au milieu des intrigues politiciennes.

Génie rossinien du Verdi octogénaire

Dans l’opĂ©ra de Verdi, rien de tel et c’est mĂȘme tout l’inverse car Sir John Falstaff reste un rĂŽle comique, truculent voire ridicule
 mais sincĂšre (ce qui le rend trĂšs sympathique) ; il y est minutieusement parodiĂ© et tournĂ© en ridicule, son orgueil et sa superbe Ă©tant proportionnels Ă  sa misĂšre crasse ; le vieux magnifique qui se croĂźt encore sĂ©duisant, qui est ce glouton Ă©cƓurant, accroc Ă  la viande et au beurre comme Ă  l’alcool, est en vĂ©ritĂ© le dindon d’une farce Ă  laquelle tout un village se prĂȘte bien volontĂ© ; l’homme est ici prompt Ă  ridiculiser, humilier, Ă©pingler sans compassion. Ce qui arrive Ă  Falstaff (dĂ©chu, trempĂ© dans la riviĂšre Ă  la fin du II) pourrait bien arriver Ă  tous et la comĂ©die de Verdi (et de Boito son librettiste), prend valeur de miroir universel ; il veut mieux rire de tout ce qui rend l’homme infect et barbare. Il faut croire aussi dans la poĂ©sie qui transcende la rĂ©alitĂ© du monde (l’illusion de la fĂ©erie nocturne dans le parc de Windsor qui est en rĂ©alitĂ© une parodie par Shakespeare de sa propre comĂ©die du Songe d’une nuit d’étĂ© : un labyrinthe vĂ©gĂ©tal enchantĂ©, ses elfes et ses fĂ©es, destinĂ©s Ă  tromper tous les hommes qui s’y perdent
). A la fin, Falstaff Ă©lucide la clĂ© de la reprĂ©sentation et s’adresse directement Ă  l’audience : « tout ici bas n’est que farce » ; le sĂ©rieux c’est d’en rire. Pour sublimer cette leçon de vie, Verdi, octogĂ©naire, portĂ© par la malice de BoĂŻto, rĂ©invente la langue de l’opĂ©ra, en un parlĂ©-chantĂ© d’une virtuositĂ© habile, dĂ©lectable, vĂ©ritable polyphonie linguistique ou madrigal contrapuntique. Il y excelle rejoignant dans des ensembles Ă©poustouflant, la verve de Rossini.

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ARTE – Dim 31 mai 2020, 01h. FALSTAFF, opĂ©ra de Giuseppe Verdi (Allemagne, 2020, 2h10mn) – Direction musicale : Axel Kober – Mise en scĂšne : Calixto Bieito – Avec : Ambrogio Maestri (Falstaff), JĂŒrgen Sacher (Le docteur CaĂŻus), Maija Kovalevska (Alice Ford), Markus BrĂŒck (Ford), Oleksiy Palchykov (Fenton), Daniel Kluge (Bardolfo) – DĂ©cors et costumes : Susanne Gschwender et Anja Rabes – Production : Euroarts

Connu pour ses interprĂ©tations flamboyantes – voire provocantes – , le catalan Calixto Bieito rĂ©pond Ă  l’invitation de l’OpĂ©ra de Hambourg. Pour cette production de Falstaff de Verdi, le metteur en scĂšne entend provoquer les rires mais aussi cĂ©lĂ©brer l’humanitĂ© en  un vĂ©ritable hymne Ă  la vie.

OPÉRA, mort du baryton français Gabriel Bacquier

bacquier-gabriel-bacquier-opera-critique-classiquenews-mort-de-gabriel-bacquierOPÉRA, mort de Gabriel Bacquier, au matin du 13 mai Ă  l’ñge de 96 ans. Le baryton français a incarnĂ© un Ăąge d’or du chant français, douĂ© autant comme acteur que comme chanteur. Avant JosĂ© van Dam, Gabriel Bacquier fut le symbole de l’excellence du chant lyrique dans sa tessiture, marquant ses prises de rĂŽles chez Mozart (Don Giovanni), Rossini (Almaviva), Bizet (le Toreador dans Carmen), Verdi (Rigoletto), Puccini (Scarpia), Donizetti, Offenbach… Son charisme scĂ©nique, son aisance dans l’articulation et l’incarnation du verbe dramatique, son talent de diseur l’a hissĂ© au firmament des grands interprĂštes, chantant au Metropolitan Opera de New York, atteignant un statut de star internationale, vedette populaire apprĂ©ciĂ©e pour sa franchise et la couleur mĂ©ridionale de ses interviews.

NĂ© le 17 mai 1924 Ă  BĂ©ziers, Gabriel Bacquier a reprĂ©sentĂ© une maniĂšre de jouer les rĂ©pertoires au sein des troupes, Ă©lĂ©ment d’un collectif oĂč l’art lyrique est portĂ© par une famille de solistes complices et soudĂ©s ; il rejoint la troupe de la Monnaie de Bruxelles en 1953, chante Faust, Werther, Les PĂȘcheurs de perles, ; puis la Salle Favart (OpĂ©ra-Comique) fin 1956. Ses talents vocaux et dramatiques lui permettent de chanter autant Ă  l’OpĂ©ra Comique qu’à l’OpĂ©ra Garnier, au sein de la « RTLN » (RĂ©union des thĂ©Ăątres lyriques nationaux) ; il marque les esprits en 1960, chantant Scarpia avec la Tosca de Renata Tebaldi (Puccini), Don Giovanni au Festival d’Aix-en-Provence, diffusĂ© en Eurovision : le soiste devient alors une gloire nationale et mondiale. A Aix, il chante Golaud , esprit noir et soupçonneux (PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy). C’était autant de prĂ©paration pour traverser l’Atlantique et rejoindre les planches du Met en 1964, scĂšne familiĂšre jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1980. Sous l’ùre Liebermann Ă  Garnier (1973), Bacquier s’impose toujours dans Almaviva (production des Nozze di Figaro de Mozart signĂ©e Strehler), Iago (Otello de Verdi sous la direction de Solti)
 Dans les annĂ©es 1980, celles de son dĂ©clin, Bacquier chante les rĂŽles truculents et comiques (tel le Baron de Gondremarck dans La Vie parisienne de Jacques Offenbach).

 

VIDÉO

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VOIR Gabriel Bacquier chanter
 (salle PLEYEL, 1966)

Ici dans ce document de 21 mn : plusieurs airs d’opĂ©ras française (dont Hamlet de Thomas) et les mĂ©lodies de Ravel (Don Quichotte Ă  DulcinĂ©e). Gabriel Bacquier est alors au sommet de son art (timbre corsĂ© et puissant, diseur fin, capable d’aigus faciles et de couleurs sombres, en un style sobre) :

PIERROT ET COLOMBINE, la vidéo du confinement

pierrot et colombine alexandre blochLA VIDEO du CONFINEMENT : Pierrot et Colombine   –   Le conte musical Pierrot et Colombine est ici recrĂ©Ă© par une fine Ă©quipe rĂ©unie en plein dĂ©confinement, depuis avril 2020, dont le chef et directeur musical de l’ON LILLE, Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch ; le rĂ©cit, superbement illustrĂ© s’adresse autant aux enfants qu’à leurs parents. Alors que toutes les salles d’opĂ©ras et de concerts sont encore silencieuses et mises Ă  l’arrĂȘt, voilĂ  un projet trĂšs plaisant qui nous fait patienter. Il associe Ă©troitement l’écriture du texte (celui du rĂ©citant et des personnages du conte), la complicitĂ© des instrumentistes qui rĂ©tablissent la place de la musique dans l’expression des sentiments et le sens des situations
 Mais comment Pierrot qui n’ose dĂ©clarer sa flamme, parviendra-t-il Ă  retrouver l’oiseliĂšre Colombine, pĂ©tillante aventuriĂšre Ă  la chevelure rousse ? La tendresse des personnages, l’univers poĂ©tique du conte, le monde des trĂ©teaux et du thĂ©Ăątre sont rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s. PIERROT ET COLOMBINE, un conte musical en 6 Ă©pisodes Ă  dĂ©couvrir chaque mercredi – durĂ©e : autour de 7 mn chaque vidĂ©o.

 

 

 

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Pierrot et Colombine
Alexandre Bloch, directeur musical de l’ONL, direction artistique
Julien Joubert, musique
Eric Herbette, texte.
Antoine Veron et Audrey Andrianarivo, dessins
Les musiciens qui jouent la partition de chaque épisode, sont des solistes de différents orchestres français et solistes internationaux ayant chacun enregistré depuis leur lieu de confinement.

Le premier épisode a été publié sur la page Facebook de Pierrot et Colombine le mercredi 29 avril et depuis un épisode est publié chaque mercredi à 17h30 et se retrouve sur la page Youtube du projet.

 

 

 

 

 

 

https://www.facebook.com/PierrotetCo
https://twitter.com/PierrotetC

 

 

Et sur notre chaĂźne Youtube:
https://www.youtube.com/channel/UCxBvBHfSgzkegyFQ4l21y7w?fbclid=IwAR0gwrSl1CbOmoRTlIWA4O_eAKx57jW3P77fILhpghKcbJUP4RaLGi1AhGI

 
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VIDEOS

 

 

 

 

EPISODE 1
https://www.youtube.com/watch?v=G9cvhrTCfu0

Pierrot qui est tendre comme la mie est boulanger, fabrique les pains, pétrit la pùte
 ; Colombine élÚve les oiseaux les plus variés et les plus heureux ; elle chante comme un oiseau
 Colombine voudrait inviter Pierrot au spectacle car des comédiens sont annoncés


 

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EPISODE 2

https://www.facebook.com/PierrotetCo/videos/685657988644586/

Au spectacle, Arlequin le bergamasque masquĂ© sĂ©duit Colombine. Il lui prĂ©sente les acteurs de la troupe
 Pantalone (grand et maigre, le directeur de la troupe), le Capitaine et son Ă©pĂ©e, 
 Polichinelle (brigand ventru et glouton tout Ă  fait indĂ©cent)
 En l’absence de son cher Pierrot, Colombine va-t-elle accepter l’invitation des comĂ©diens ?
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EPISODE 3

https://www.facebook.com/PierrotetCo/videos/847589608983503/

Les comĂ©diens partis, Colombine s’ennuie
 la place du village est vide et triste. La jeune femme pense aux acteurs qu’Arlequin lui a prĂ©sentĂ© : et si Colombine voulait finalement voyager et jouer sur les planches ? Que va faire Pierrot ? Le hautbois / cor anglais exprime la frustration et le dĂ©sir du boulanger, soudainement Ă©loignĂ© de sa chĂšre Colombine.

 

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EPISODE 4
https://www.facebook.com/PierrotetCo/videos/645489899340033/

Comment Colombine l’oiseliĂšre a quittĂ© Pierrot le boulanger. L’acteur Arlequin aimerait Ă©pouser Colombine qui a rejoint la troupe des comĂ©diens. Ils jouent Ă  Dijon, s’échangent des mots doux
 et leur premier baiser. Colombine peut-elle avoir quittĂ© pour toujours ses oiseaux et Pierrot ?

 

 

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Opéra chez vous : Mefistofele de BOITO, depuis le San Francisco Opera

faust-elena-ramon-racette-mefistophele-mefistofele-opera-san-francisco-classiquenews-opera-critiqueOpĂ©ra chez vous : Mefistofele de BOITO, depuis le San Francisco Opera   -   BOITO : MEPHISTEPHELES / MEFISTOFELE – (1868, rĂ©vision de 1875) – EN REPLAY jusqu’à aujourd’hui minuit (10 mai 2020) – compter 5h de plus avec le dĂ©calage horaire entre Paris et san Francisco   -  Symphonisme dĂ©mesurĂ©, au diapason de son sujet qui traite TOUS les aspects du mythe de Faust (quand Berlioz ou Gounod n’abordent qu’une partie
); le MEPHISTOPHELES d’Arigo Boito a le souci de l’exhaustivitĂ© : Ă  travers les Ă©preuves d’un Faust naĂŻf et manipulable, l’opĂ©ra souligne l’échec des forces dĂ©moniaques ; l’ouvrage ne laisse pas indiffĂ©rent, loin de lĂ . Ses dimensions surprennent tout en tĂ©moignant d’un gĂ©nie du drame lyrique et de l’action thĂ©Ăątrale dĂ©sireux de servir le genre
 soit 4 actes complĂ©tĂ©s par un Prologue et un Ă©pilogue. L’ouverture apporte le grand souffle cosmique qui pose avec vĂ©hĂ©mence et ambition, la dĂ©mesure du mythe traité 
Production cohĂ©rente et trĂšs engagĂ©e voire vive, dĂ©fendue par un chef Ă  la tĂąche et prĂȘt Ă  relever les dĂ©fis de l’intimisme amoureux (Nicolas Luisotti)
 AprĂšs s’ĂȘtre lassĂ© de Marguerite, la dĂ©vote douloureuse et tragique, Faust s’enivre de l’amour de la plus belle femme au monde, HĂ©lĂšne
 Boito conclut son ouvrage par la mort de Faust, l’homme qui a tout connu des hommes, du monde
 pourtant saisi par ses souvenirs et une mĂ©lancolie qui nourrit ses frustrations permanentes. Le dernier tableau relĂšve et de Tchaikovski le plus sombre et du rĂ©alisme verdien d’Otello, Ăąpre et sinistre (ouvrage dont Boito est le librettiste). Pourtant le docteur poĂšte cĂ©lĂšbre les vertiges poĂ©tiques que son expĂ©rience lui a faire vivre. EnivrĂ© par ses propres rĂȘves, Faust Evangile en mains, triomphe dans la jouissance mortelle, une derniĂšre extase artistique portĂ© par les anges cĂ©lestes et les saints mystiques qui ont renoncĂ©. MĂ©phistophĂ©lĂšs a Ă©chouĂ©. Saluons l’opĂ©ra de San Francisco d’avoir « osé » monter cet Everest lyrique que Paris refuse toujours de produire : trop ambitieux Boito ?

Avec Ildar Abdrazakov (Mephistofele), RamĂłn Vargas (Faust), Patricia Racette (Marguerite, Elena)
 Choeur, corps de ballet, orchestre de l’OpĂ©ra de San Francisco / prĂ©sentĂ© par Matthew Shivock, directeur gĂ©nĂ©ral du San Francisco Opera – production de 2013.

SAN FRANCISCO, Opera
opéras en streaming
VISIONNEZ MEFISTOFELE de BOITO depuis l’OpĂ©ra de San Francisco : https://sfopera.com/opera-is-on/streaming/

CONCERT live, lundi 11 mai 2020, 21h. « Aux notes citoyens ! » : Thibaut Reznicek, violoncelle, and friends

thibaut-reznicek-violoncelle-concert-live-1001-NOTES-classiquenews-programme-critique-annonce-426CONCERT live, lundi 11 mai 2020, 21h. « Aux notes citoyens ! » : Thibaut Reznicek, violoncelle, and friends. Lundi 11 mai 2020, 21h, live sur la page youtube du festival 1001 NOTES – Insatiable baroudeur, frustrĂ© de ne pas pouvoir exercer son mĂ©tier depuis deux mois, Thibaut Reznicek propose un concert atypique Ă  l’occasion du lundi 11 mai. Il programme une Ă©vasion en 5 volets, cinq lieux emblĂ©matiques qui marqueront cinq piĂšces musicales originales, chacune motivĂ©e par un choix prĂ©cis, parfois Ă  la limite du spirituel : au sommet d’une montagne du Massif Central, dans un atelier unique de confection artisanale de feutre, en relation avec le Nouveau Monde pour un duo en tandem depuis Boston, au cƓur d’une vallĂ©e sauvage, et pour finir
. dans son salon oĂč il se remĂ©morera les solitudes de son confinement.

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1001-NOTES-concert-live-thibaut-reznicek-concert-annonce-critique-classiquenews

 

VISIONNEZ LE CONCERT EN DIRECT

Pour accĂ©der au concert, c’est trĂšs simple, rendez-vous sur la page Youtube ou la page Facebook de 1001 Notes, lundi 11 mai Ă  21h.

 

 

Page Youtube de 1001 NOTES
https://www.youtube.com/watch?v=hqj_EblS0Uc&feature=youtu.be

Page Facebook de 1001 NOTES
https://www.facebook.com/festival1001notes/live/

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Programme du récital en direct de
Thibaut Reznicek

Mstislav Rostropovitch :
Moderato pour violoncelle seul
Filmé aux ateliers de la BruyÚre, confection de feutre (Saugues)

Jean Louis Duport :
exercice n°7 en sol mineur pour violoncelle seul
Filmé au Mont Chauvet

Johann Sebastian Bach :
Aria extrait de la suite n°3 BWV 1068 (arrangement pour violoncelle et piano) suivi d’une improvisation au piano – FilmĂ© aux ateliers de la BruyĂšre, confection de feutre (Saugues)

Johann Sebastian Bach :
Sarabande de la 3e suite pour violoncelle seul BWV 1009 – FilmĂ© le long d’une riviĂšre

Joseph Dall’Abaco :
Caprice pour violoncelle seul en do majeur
Filmé dans une sapiniÚre

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INFORMATIONS ici :
https://festival1001notes.com/agenda/evenement/aux-notes-citoyens-thibaut-reznicek-et-amis?delight_email=pap%40classiquenews.com&delight_email_action_id=d11fabbf-bcca-475f-873d-89919786f67e

ENTRETIEN avec KAROL BEFFA, Ă  propos du cd “Talisman”

beffa karol talisman cd klarthe records critique review cd critique classiquenews annonce CLIC classiquenewsENTRETIEN avec Karol Beffa, compositeur. L’éditeur Klarthe records dĂ©die un nouvel album (intitulĂ© « Talisman ») aux mondes poĂ©tiques du compositeurs KAROL BEFFA, peintre et alchimiste de climats d’un rare souffle suggestif. En format orchestral ou chambriste, les 5 piĂšces rĂ©centes constituent ainsi une nouvelle anthologie majeure ; elles tĂ©moignent d’une sensibilitĂ© Ă  part. Entre “Clouds” et “Clocks”, onirisme et fureur, le compositeur dĂ©voile certains secrets de fabrication, particuliĂšrement inspirĂ© par les poĂštes et les Ă©crivains dont Borges
 Aujourd’hui, Karol Beffa rĂ©flĂ©chit Ă  ce qui pourrait ĂȘtre un prochain opĂ©ra, et il compose pour l’horizon 2021, un « Tombeau » pour chƓur et orchestre, afin de cĂ©lĂ©brer le 200 Ăšme anniversaire de la mort de NapolĂ©on. Explications, Ă©claircissements Ă  propos de l’envoĂ»tement qui naĂźt Ă  l’écoute du programme « Talisman » 


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Comment choisissez vous les textes que vous mettez en musique ? Dans le cas par exemple des Ruines circulaires ou du Bateau ivre ? Qu’est-ce qui vous inspire particuliùrement dans ces deux textes ? Leur forme, leur sujet ?

Il arrive que je n’aie pas le choix et que le texte soit imposĂ© pour des raisons liĂ©es Ă  la commande. Ainsi des quatre contes musicaux dont j’ai Ă©crit la musique : L’ƒil du Loup (texte de Daniel Pennac), L’Esprit de l’érable rouge (texte de Minh Tran Huy), Le Roi qui n’aimait pas la musique (texte de Mathieu Laine), Le Roman d’Ernest et CĂ©lestine (texte de Daniel Pennac). Dans le cas du Roman d’Ernest et CĂ©lestine, France Culture dĂ©sirait produire une fiction radiophonique qui serait tirĂ©e d’une Ɠuvre de Pennac, et j’ai suggĂ©rĂ© Ă  la productrice Blandine Masson Le Roman d’Ernest et CĂ©lestine, un long texte que Daniel a Ă©crit Ă  partir de la sĂ©rie d’albums Ernest et CĂ©lestine de Gabrielle Vincent. Autre exemple : il y a quelques annĂ©es, j’ai Ă©tĂ© contactĂ© par une dame qui voulait me commander un cycle de mĂ©lodies sur des poĂšmes d’une poĂ©tesse chinoise du XIIe siĂšcle, dans leur traduction anglaise. Elle voulait que le cycle soit crĂ©Ă© par un contre-tĂ©nor de sa connaissance, un Chinois vivant Ă  Londres. Pour Fragments of China, j’ai donc retenu quatre poĂšmes de Li Qingzhao qui racontent tout un cycle amoureux, Ă  l’image des quatre saisons : rencontre, premiers Ă©mois, amour rĂ©ciproque, dĂ©samour et abandon. D’autres fois, les contraintes liĂ©es Ă  la commande sont moins rigoureuses mais existent tout de mĂȘme : « Je n’ai plus que les os  », pour chƓur mixte (ou pour quatre voix solistes) sur un Sonnet de Ronsard, m’a Ă©tĂ© commandĂ© en 2015 par Eric Rouchaud qui voulait que l’Ɠuvre soit donnĂ©e dans le cadre d’un concert mettant en valeur la France des siĂšcles passĂ©s.
Dans les cas que je viens de citer, il est question de mettre en musique un texte, qu’il s’agisse de vers (par exemple dans le cas d’une mĂ©lodie ou d’une piĂšce chorale) ou de prose (par exemple dans le cas de contes musicaux). En d’autres circonstances, j’ai pu ĂȘtre stimulĂ© par le pouvoir Ă©vocateur de certaines de mes lectures, ou plus simplement j’ai Ă©tĂ© attirĂ© par un titre, qui agit alors comme un dĂ©clencheur. Lorsque Akiko Suwanai m’a commandĂ© mon deuxiĂšme concerto pour violon, en 2014, le fait que sa crĂ©ation devait avoir lieu Ă  Yokohama m’a incitĂ© Ă  aller fouiller dans ma mĂ©moire du cĂŽtĂ© du Japon. Le roman de Kazuo Ishuguro, An Artist of the Floating World, m’avait beaucoup marquĂ© lorsque je l’avais lu quand j’avais 16 ans. Je m’en suis inspirĂ©, de  loin en loin, pour l’écriture de ce concerto que j’ai intitulĂ© A Floating World
 Je ne doutais pas Ă  ce moment-lĂ  que, deux ans plus tard, Kazuo Ishuguro obtiendrait le Prix Nobel de littĂ©rature


Pour ce qui est des Ruines circulaires, pour orchestre bois par deux, il faut savoir que je suis un fan absolu du poĂšte et Ă©crivain argentin Jorge Luis Borges, qui est par ailleurs un passionnĂ© de mathĂ©matiques, un maĂźtre du nonsense et de l’illusion. Comme ce gĂ©ant, je ressens une attirance forte pour le rĂȘve, l’absurde, la spĂ©culation intellectuelle et la logique. PlongĂ© trĂšs jeune dans son Ɠuvre foisonnante, j’ai Ă©tĂ© tout particuliĂšrement sensible Ă  la nouvelle Les Ruines circulaires. Superbement Ă©crite, c’est un condensĂ© des obsessions de Borges : le labyrinthe, le double, les mises en abyme, le vertige de l’infini. Il se peut que Borges m’influence aussi sur un plan esthĂ©tique, en ce sens que j’essaie de trouver un analogue musical Ă  son style prĂ©cis, incisif, tranchant comme un scalpel. Et sa fascination pour les illusions m’a certainement encouragĂ© Ă  en rechercher des Ă©quivalents dans le domaine des sons. Pour Les Ruines circulaires, j’ai imaginĂ© des tuilages d’objets musicaux en transformation permanente. Ailleurs, je cherche un substitut sonore aux spirales, ou encore je m’efforce de suggĂ©rer la sensation d’un vertige par des montĂ©es infinies vers l’aigu ou des descentes infinies vers le grave.
Quant au Bateau ivre, c’est un poĂšme que j’ai dĂ©couvert dans ma prime adolescence et qui m’a fascinĂ©, sans que je sois rebutĂ© par l’hermĂ©tisme de certains de ses vers. Notez que Les Ruines circulaires comme Le Bateau ivre sont des titres somptueux et puissamment Ă©vocateurs. Dans notre Anagramme Ă  quatre mains. Une histoire vagabonde des musiciens et de leurs Ɠuvres, mon ami Jacques Perry-Salkow, un gĂ©nie de la langue et des contraintes, a d’ailleurs trouvĂ© plusieurs trĂšs belles anagrammes pour Le Bateau ivre, dont celle-ci : « BeautĂ© virale ».

 
 

 

Y a-t-il des piĂšces dont vous aimeriez encore faire Ă©voluer la forme (orchestration, dĂ©veloppement, durĂ©e
) ?

C’est plutĂŽt rare. Et comme vous pouvez vous en doutez, mĂȘme si un compositeur le voulait, son Ă©diteur aurait sans doute tendance Ă  l’en dissuader pour des raisons pratiques. Si l’Ɠuvre lui a Ă©tĂ© commandĂ©e comme imposĂ© d’un concours, la partition, une fois imprimĂ©e, est achetĂ©e par les candidats et il est difficile de lui faire subir quelque modification que ce soit. Quand il s’agit de musique pour orchestre, je livre Ă  l’éditeur une partition que j’estime fin prĂȘte, et qu’il envoie telle quelle Ă  l’imprimeur. Lors des rĂ©pĂ©titions puis de la premiĂšre, les musiciens jouent ce qui est Ă©crit sur cette partition. Pendant ces rĂ©pĂ©titions, il m’arrive de demander quelques modifications. Elles sont notĂ©es par les musiciens sur leur partition et ils en tiendront compte lors de l’exĂ©cution de l’Ɠuvre. J’incorpore ces changements dans le fichier numĂ©rique de ma partition et je l’envoie Ă  l’éditeur pour qu’il en fasse tirer une seconde impression, dĂ©finitive, qui inclura les modifications. Entre l’édition de la partition pour les rĂ©pĂ©titions et l’édition dĂ©finitive, les variations ne portent que sur des dĂ©tails de nuance ou d’indication de tempo. De toute façon, j’essaie d’avoir des partitions avec notations de nuance, de tempo ou de caractĂšre les plus prĂ©cises possible pour que les musiciens ne soient pas dans l’incertitude pendant la rĂ©pĂ©tition.
Ce qui peut se produire, en revanche, c’est qu’une fois conçue, couchĂ©e sur le papier et crĂ©Ă©e, je m’aperçoive que je prĂ©fĂ©rerais qu’une piĂšce soit publiĂ©e avec d’autres au sein d’un recueil. En 2004, j’ai Ă©crit pour piano Voyelles (encore Rimbaud !). En 2010 une Toccata, et en 2011 un PrĂ©lude, les deux Ă©galement pour piano. Comme ces trois piĂšces pouvaient Ă  bon droit ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme des Etudes (Ă  chaque fois, je me suis posĂ© un problĂšme compositionnel que j’ai essayĂ© de traiter sous ses diffĂ©rentes facettes), j’ai ultĂ©rieurement dĂ©cidĂ© d’intĂ©grer ces trois piĂšces dans mon deuxiĂšme cahier d’Etudes, Six Nouvelles Etudes. Elles sont finalement devenues les Etudes 11, 12 et 9, respectivement.

 
 

 

On a l’impression que les cinq piĂšces composant votre CD Talisman se succĂ©daient les unes en un enchaĂźnement quasi parfait
 Est-ce volontaire ? 

Je crois que c’est pure coĂŻncidence ! Nous nous sommes d’abord entendus, mon ami clarinettiste Julien Chabod (du label Klarthe) et moi, pour imaginer un programme de CD qui inclut seulement des piĂšces enregistrĂ©es par Radio France, que celles-ci elles relĂšvent de la musique de chambre ou de l’orchestre. Une fois la sĂ©lection effectuĂ©e, il nous a semblĂ© judicieux de dĂ©buter et de clore le CD par une piĂšce symphonique. Les Ruines circulaires figurent donc en premiĂšre position, Le Bateau ivre en derniĂšre. J’ai par ailleurs estimĂ© bienvenu d’avoir une piĂšce motorique en position centrale : Destroy, qui s’inspire des musiques actuelles (funk, pop, techno
). Ne restaient plus que les deux autres piĂšces de musique de chambre : Talisman et Tenebrae. Et Talisman Ă©tant construite en quatre mouvements, il m’a semblĂ© prĂ©fĂ©rable de la faire figurer en deuxiĂšme position.

 
 

 

Une fascination pour le sombre, l’anxiĂ©tĂ©, l’inquiĂ©tude souterraine est perceptible dans les climats que vous dĂ©veloppez. Est-ce l’une des clĂ©s de votre Ă©criture ?

A mes dĂ©buts de compositeur, je pratiquais volontiers les atmosphĂšres Ă  la sensualitĂ© alanguie, l’onirisme, les mystĂšres et les brumes
 Sans pour autant renier mes premiĂšres amours, m’est venue, vers 2005, l’envie de me lancer dans l’exploration d’un univers plus accidentĂ©, plus tumultueux, « de bruit et de fureur». Bref, sans renoncer Ă  mes tendances apolliniennes, de tenter l’aventure du dionysiaque. Dans les deux cas, qu’il s’agisse de clouds (une musique faite de couleurs, d’harmonies, de textures, qui privilĂ©gie le contemplatif) ou de clocks (une musique faite de pulsation, de rythme, de dynamisme, qui privilĂ©gie l’énergie), les climats sont effectivement assez sombres.
Les titres de mes piĂšces s’en ressentent d’ailleurs : Les Ombres qui passent, pour violon, alto ou violoncelle et piano ; CortĂšge des ombres, pour clarinette, alto (ou violon, ou violoncelle) et piano ; Les Ombres errantes, pour clarinette, cor et piano (que Julien Chabod, Pierre RĂ©mondiĂšre et Julien Gernay viennent d’enregistrer pour Klarthe). Mais aussi Éloge de l’ombre, pour harpe, ou Paysages d’ombres, pour flĂ»te, alto et harpe. A tel point que mon Ă©diteur m’a demandĂ©, Ă  moitiĂ© sĂ©rieusement, si je pourrais dĂ©sormais Ă©viter de mettre « ombres » dans mes intitulĂ©s
 Mais d’autres titres vont dans le mĂȘme sens : Tenebrae, pour flĂ»te, violon, alto et violoncelle ; Dark, concertino pour piano et orchestre Ă  cordes ; Paradise Lost, pour violoncelle et orchestre
 Cette prĂ©dilection pour le crĂ©pusculaire, les demi-teintes, les atmosphĂšres de tombĂ©e du jour viennent certainement du fait que je suis d’un naturel angoissĂ©. Et notamment que je suis hantĂ© par l’idĂ©e de la mort, la mienne ou celle de mes proches.

 
 

 

Y a-t-il d’autres Ɠuvres pour orchestre sur lesquelles vous travaillez actuellement ?

Je viens de terminer la musique du Roman d’Ernest et CĂ©lestine, pour « orchestre Mozart » et rĂ©citant (ou rĂ©citants), cette fiction radiophonique de France Culture qu’a commandĂ©e Radio France. Comme toujours chez Pennac, le texte est subtil et se prĂȘte Ă  plusieurs niveaux de lecture, selon les Ăąges des auditeurs. En raison de la pandĂ©mie due au Covid-19, Radio France ne sait pas encore si l’Ɠuvre pourra ĂȘtre enregistrĂ©e, comme prĂ©vu, en juin prochain, avec l’Orchestre philharmonique de Radio France. Plusieurs orchestres (dont l’Orchestre de Cannes et son directeur musical Benjamin LĂ©vy) semblent eux aussi ĂȘtre intĂ©ressĂ©s par l’Ɠuvre, ce qui me rĂ©jouit.
Dans le cadre de ma future rĂ©sidence auprĂšs du MusĂ©e de l’ArmĂ©e, en avril-juin 2021, je dois Ă©crire, pour le 200e anniversaire de la mort de NapolĂ©on, un Tombeau pour chƓur et orchestre. Il sera donnĂ© par l’Orchestre de la Garde rĂ©publicaine et le ChƓur de Paris Sciences et Lettres en mai 2021. Et enfin, pour sa 20e Ă©dition programmĂ©e en fĂ©vrier 2021, le concours Piano Campus m’a commandĂ© l’Ɠuvre imposĂ©e pour les finalistes : un bref concerto pour piano qu’ils joueront avec le Concerto en sol de Ravel : un voisinage forcĂ©ment intimidant, d’autant que Ravel est l’un des compositeurs que j’admire le plus.
J’ai par ailleurs un projet d’opĂ©ra, dont j’espĂšre vivement qu’il pourra se rĂ©aliser. Il faut pour cela que l’Ɠuvre puisse bĂ©nĂ©ficier d’une commande, et il faut aussi rĂ©unir les conditions d’une captation et d’une reprise. Plusieurs maisons d’opĂ©ra sont intĂ©ressĂ©es, mais il est encore un peu tĂŽt pour en parler. TragĂ©die ou opĂ©ra-bouffe, drame ou opĂ©rette, opĂ©ra de chambre ou trĂšs grande forme
 ce ne sont certainement pas les idĂ©es de livrets qui manquent.

 
 

 

Propos recueillis en avril 2020

 
 
 
 

 
 
CD

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LIRE aussi notre critique complĂšte du cd KAROL BEFFA Talisman, paru dĂ©but mai 2020 chez l’Ă©diteur KLARTHE records :
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-talisman-oeuvres-de-karol-beffa-1-cd-klarthe-records/

beffa karol talisman cd klarthe records critique review cd critique classiquenews annonce CLIC classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. TALISMAN : Ɠuvres de Karol Beffa (1 cd Klarthe records) – C’est une maniĂšre d’anthologie dĂ©lectable, car ce remarquable programme dĂ©montre l’étendue des capacitĂ©s compositionnelles du Français (d’origine polonaise) Karol Beffa. On y relĂšve dans le mode tonal assumĂ© et rĂ©jouissant, les affinitĂ©s Ă©lectives qui nourrissent un parcours crĂ©atif singulier et personnel : Bartok, Ravel et son homologue en Pologne Karol Szymanowski et Lutoslawski. Mais aussi Berg, Dutilleux, Ligeti
 Chez Beffa, la matiĂšre sonore s’illumine de l’intĂ©rieur, dĂ©roulant une somptueuse opportunitĂ© pour les instruments de briller dans la profondeur, jamais dans l’artifice
 Ce ne sont pas les piĂšces rĂ©unies dans ce programme qui nous contrediront, tant la sensibilitĂ© poĂ©tique de Karol Beffa conduit l’orchestre Ă  explorer toujours plus loin le caractĂšre et l’atmosphĂšre de climats inĂ©dits. On y dĂ©cĂšle pour notre part le goĂ»t de la texture orchestrale apte Ă  suggĂ©rer et caractĂ©riser, cette mĂȘme fascination du sombre et du grave qui fait aussi l’inspiration majeure de Philippe Hersant. CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2020
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-talisman-oeuvres-de-karol-beffa-1-cd-klarthe-records/

 
 

 
 
 

 

COVID19. Quel plan pour la culture ?

macron-emmanuel-discours-plan-pour-la-culture-covid19-6mai2020EDITO. Quelle culture pour le monde d’aprĂšs ? Au Palais de l’ElysĂ©e, devant une sĂ©lection d’artistes, et sans la prĂ©sence d’instances reprĂ©sentatives, Emmanuel Macron a prĂ©sentĂ© ce 6 mai 2020, les grandes orientations de son plan Marshall pour la culture en France. Les organismes professionnels rĂ©clament des garanties.
MuselĂ©e, empĂȘchĂ©e, la culture en France est Ă  l’arrĂȘt. Une situation asphyxiante jamais Ă©prouvĂ©e auparavant. Salles d’opĂ©ras, de thĂ©Ăątre, de concert, festivals, studios d’enregistrement, espaces de travail
 la France d’ordinaire si active en matiĂšre de crĂ©ations et de partages et de diffusion artistique, est condamnĂ©e au silence. Ce ne sont pas seulement les publics qui sont frustrĂ©s ; ce sont aussi les artistes qui ne peuvent plus rĂ©pĂ©ter ni jouer. De toute Ă©vidence, dĂ©confinement ou pas, la vie normale, la vie d’avant, ne reviendront pas tout de suite, et nombre d’établissements comme d’ensembles et de formations, qu’ils soient orchestres ou collectifs chambristes, Ă©quipes lyriques, troupes pluridisciplinaires, … ne voient pas le retour Ă  l’activitĂ© avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. VoilĂ  qui laissait espĂ©rer beaucoup de l’allocution du PrĂ©sident Macron, lequel se disait sensibilisĂ© Ă  la situation catastrophique de la vie culturelle et du spectacle vivant en France. Cet apocalypse n’est pas seulement Ă©conomique ; il pose la question de la vitalitĂ© dĂ©mocratique : comment accepter sur le long terme que la voix des artistes, que le geste et la libertĂ© des auteurs et des interprĂštes soient ainsi mis sous cloche ?

Le Président Macron a surtout énoncé de grands principes comme celui de « refonder une ambition culturelle pour le pays ».

ConcrĂštement, des dĂ©cisions ont Ă©tĂ© annoncĂ©es, Ă  destination de la filiĂšre musicale. Le Centre national de la musique, encore rĂ©cent et donc fragile, va recevoir une dotation exceptionnelle de 50 millions d’euros (sans prĂ©cision de leur destination et utilisation finales). De mĂȘme, un « fonds festival en collaboration avec les collectivitĂ©s locales », un « grand programme de commandes publiques », favorisant les « jeunes crĂ©ateurs de moins de 30 ans qui sortent du Conservatoire, de l’Ă©cole » ont Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©s.

CĂŽtĂ© dĂ©confinement, le PrĂ©sident s’est montrĂ© favorable au retour au fonctionnement des Ă©tablissements culturels (musĂ©es, thĂ©Ăątres, galeries d’art
) dans le respect de la distanciation, en particulier pour les sĂ©ances de rĂ©pĂ©tition ; une Ă©tape d’évaluation sera rĂ©alisĂ©e fin mai, dĂ©but juin ; puis un retour du public serait envisagĂ© en favorisant la distance et en Ă©cartant le brassage. Un pari difficile Ă  relever (les musiciens d’un orchestre peuvents il jouer chacun Ă  1m voire plus de distance des autres ?
) et qui pose d’emblĂ©e de sĂ©rieux problĂšme de rentabilitĂ© des spectacles et des salles (ce qui sera aussi le cas des salles de cinĂ©ma et des parcs de loisirs, comme des zoos). D’emblĂ©e le monde de demain sera plus digital Ă  dĂ©faut de pouvoir concrĂštement toucher les spectateurs : c’est dĂ©sormais une autre relation avec « le public, avec lequel il va sans doute falloir inventer un autre rapport : public moins nombreux, des captations, des interactions diffĂ©rentes » a lancĂ© le PrĂ©sident.
Si les Festivals brassant plus de 5000 personnes ont Ă©tĂ© interdits cet Ă©tĂ©, qu’en est-il des plus petits festivals dont la majoritĂ© ne souhaitent pas annuler leur Ă©dition 2020 ? MĂȘme pour la rentrĂ©e de septembre, quelles directives ? Pour quel type de thĂ©Ăątre ? Dans quelles conditions ?

 

Captations, distance…
il faut rĂ©inventer l’accĂšs Ă  l’art et Ă  la culture


 

« Moi, je ne sais pas dire oĂč sera cette Ă©pidĂ©mie pour la saison prochaine » : par ses mots, le PrĂ©sident Macron laisse planer un mĂȘme doute sur le lancement et la tenue des saisons musicales et lyriques en France. Beaucoup d’établissements ne savent otujours pas si le dĂ©but de la saison 2020 – 2021 (septembre, octobre, novembre) pourra se tenir malgrĂ© la pandĂ©mie (et sa 2Ăš vague annoncĂ©e). Rien de prĂ©cis donc.

Si l’emploi vient Ă  manquer, le PrĂ©sident ouvre de nouvelles perspectives, proposant un rapprochement de la culture et de l’éducation ; concrĂštement, appelant les artistes Ă  transmettre l’art Ă  l’école, par petits groupes, dans des conditions trĂšs encadrĂ©es sanitairement lĂ  encore. De mĂȘme sur le plan des revenus Ă  travers le rĂ©gime des intermittents, le PrĂ©sident n’a pas manquĂ© d’ĂȘtre clair voire rassurant : confirmant une prolongation des droits jusqu’Ă  fin aoĂ»t 2021, l’ « annĂ©e blanche » demandĂ©e par nombre de professionnels, est donc accordĂ©e : « Je veux qu’on s’engage Ă  ce que les artistes et les techniciens intermittents soit prolongĂ©s d’une annĂ©e au-delĂ  des six mois oĂč leur activitĂ© aura Ă©tĂ© impossible ou trĂšs dĂ©gradĂ©e, c’est-Ă -dire jusqu’Ă  fin aoĂ»t 2021 «  a prĂ©cisĂ© Emmanuel Macron, souhaitant cependant que chaque intermittent trouve sur la pĂ©riode Ă  venir les engagements nĂ©cessaires pour rĂ©aliser ses heures. Le PrĂ©sident a donc lancĂ© des perspectives de travail et invitĂ© directement les acteurs de la filiĂšre culturelle Ă  rĂ©inventer l’accĂšs pour tous Ă  la culture et au spectacle vivant. A suivre.

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VIDÉO : voir un extrait du discours d’Emmanuel Macron au sujet de son plan Marshall pour la culture en France
https://www.youtube.com/watch?v=FiY_n4UfjGA

 

DVD, critique. ROMEO and JULIET : Prokofiev / Samodurov (Oural Opera Ballet, 2018, BELAIR classiques)

Romeo-et-Juliette-DVD SAMODUROV OURAL OPERA BALLET critique opera critique ballet danseDVD, critique. ROMEO and JULIET : Prokofiev / Samodurov (Oural Opera Ballet, 2018, BELAIR classiques) – Pour le ballet de l’OpĂ©ra de l’Oural (Ekaterinbourg) dont il est directeur depuis 2011, le chorĂ©graphe estonien Vyacheslav Samodurov adapte RomĂ©o et Juliette de Prokofiev. L’Europe de l’Ouest a dĂ©sormais ses favoris : Paris affiche toujours la lecture de Noureev (1984) ; le Royal Ballet celle de Kenneth MacMillan (1965). Autant de « classiques » de venus cultes, avec les versions non moins puissantes signĂ©e Cranko (1962), John Neumeier (1971), Jean-Christophe Maillot (1996)
 Ă  chacun de se faire une idĂ©e d’aprĂšs ce riche panthĂ©on. CrĂ©Ă©e en 2016 Ă  Ekaterinbourg (SibĂ©rie), la version Samodurov est filmĂ©e ici en juin 2018 ; elle mĂȘle rĂ©fĂ©rences historiques (langage Ă©quilibrĂ© appris à l’école classique de danse de Saint-PĂ©tersbourg dont il est l’hĂ©ritier) et gestuelles contemporaines en un Ă©quilibre dramatiquement efficace. S’y affirment, bien caractĂ©risĂ©s, chaque personnage gravitant autour de RomĂ©o et Juliette : les provocateurs Mercutio et Tybalt, PĂąris, le sĂ©ducteur insistant. Les deux amants sont incarnĂ©s avec justesse : la juvĂ©nilitĂ© naturelle de leur style (scĂšne du balcon), sans effets dĂ©monstratifs ni poses outrĂ©es, expriment les tiraillements et les riches Ă©motions qui les portent jusqu’à la mort.

Ekaterina Sapogova (Juliette) et Alexandr Merkushev (RomĂ©o) soulignent la force de l’amour, la tendresse passionnĂ©e de leur dĂ©sir, malgrĂ© les conflits familiaux et les provocations en sĂ©rie (Tybalt) : leur technique sert la sincĂ©ritĂ© de leur Ă©lans (nombreux sauts et portĂ©s Ă  l’image de leurs sentiments. Samodurov insiste (parfois trop ?) sur la dimension lyrique et la jeunesse des hĂ©ros qui passent du jeu insouciant Ă  l’accomplissement du drame et de la tragĂ©die.
La volontĂ© d’actualisation du mythe Shakespeare n’est pas poussĂ©e assez loin ; Samodurov demeure dans un entre deux, classicisme et contemporain, certes dĂ©liĂ© voire virtuose, mais timide dans sa vision. La technique impeccable des ensembles, des duos montre l’excellence de la compagnie de l’Oural, un collectif visiblement inspirĂ© et amenĂ© Ă  se dĂ©passer par la fable shakespearienne. Globalement convaincant mĂȘme si nous n’avons pas lĂ , une chorĂ©graphie rĂ©ellement neuve, rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e, innovante recueillant la violence de Noureev ou la poĂ©sie nĂ©oclassique de MacMillan
 A connaĂźtre indiscutablement.

 

 

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DVD, critique. RomĂ©o et Juliette [1 DVD & Blu-ray Ă©ditĂ© par BelAir Classiques]. Ballet en trois actes. Livret : Leonid Lavrovsky, Adrian Piotrovsky, Sergei Radlov. D’aprĂšs William Shakespeare. Musique : Sergei Prokofiev. ChorĂ©graphie : Vyacheslav Samodurov. Avec Juliette : Ekaterina Sapogova ; RomĂ©o : Alexandr Merkushev ; Mercutio : Igor Bulytsyn ; Benvolio : Gleb Sageev ; Tybalt : Vadim Eremin ; les danseurs du Ballet de l’OpĂ©ra de l’Oural / Ural Opera Ballet (Ekaterinbourg). Orchestre de l’OpĂ©ra de l’Oural (Ekaterinbourg) / Pavel Klinichev, direction. FilmĂ© Ă  OpĂ©ra de l’Oural, juin 2018. RĂ©alisation : Denis CaĂŻozzi. DurĂ©e : 1h57 min.

 

 

 

 

L’Enfant et les sortilĂšges

ravel-maurice-portrait-concert-critique-opera-critique-classiquenewsREPLAY… L’ENFANT ET LES SORTILEGES (RAVEL / Colette)... UN ENFANT PAS SAGE APPREND LA COMPASSION
 Dans une ancienne maison normande, un enfant, enfermĂ© dans sa chambre ne parvient pas Ă  se concentrer sur ses devoirs. Sa mĂšre survient, le gronde et le punit ; il devra rester seul dans la piĂšce jusqu’au dĂźner. ExaspĂ©rĂ©, l’enfant se rue sur les objets et les animaux domestiques du jardin voisin; il s’énerve et tente de les dĂ©truire tous. Lorsque sonne l’heure des sortilĂšges, les objets se rebellent et dĂ©cident de le persĂ©cuter en paiement de sa violence. Le petit garçon trouve alors refuge auprĂšs de sa mĂšre
 A-t-il compris la leçon ? Rien de sert d’agresser des innocents pour se libĂ©rer de sa violence. Surtout des animaux innocents qui sont prĂȘts Ă  l’aider
 et panser la plaie.

REPLAY… L’ENFANT ET LES SORTILEGES (RAVEL / Colette)
Opéra de Lyon, 2019 (Egel / Bonas)
En Replay jusqu’au 17 octobre 2020   -   VOIR l’Enfant et les Sortilùges
https://www.france.tv/france-5/passage-des-arts/1385465-l-enfant-et-les-sortileges.html
En replay jusqu’au 17 octobre 2020
Durée : 45 mn

DĂšs le dĂ©but, les hautbois disent dans l’aigu l’ambivalence d’un enfant faussement innocent, en rĂ©alitĂ© trĂšs cruel et trĂšs paresseux
 « j’ai envie de manger tous les gĂąteaux, j’ai envie de couper la queue du chat et celle de l’écureuil
 J’ai envie de mettre Maman en pĂ©nitence »). Par la magie de la musique et la complicitĂ© des animaux du jardin, l’Enfant murit, il apprend la pitiĂ© ; il devient humain grĂące Ă  l’écureuil qui lui offre de soigner sa blessure
Regrettons dans cette production lyonnaise que les chanteurs ne savent guĂšre articuler ni nuancer le texte de Colette ; peu rĂ©pondent Ă  la fĂ©erie inscrite dans la musique de Ravel, dĂšs 28’30 : immersion dans le jardin enchantĂ©, celui des Ă©preuves et des mĂ©tamorphoses
 vĂ©ritable nocturne enivrant. L’habillage vidĂ©o compense par son onirisme, la rusticitĂ© du chant gĂ©nĂ©ral (mĂȘme le choeur chante trop fort, ajoutant souvent un expressionnisme trop appuyĂ© en particulier ans l’évocation de la blessure de l’arbre
). L’élĂ©gance et l’allusion Ă©tant le propre de Ravel, les amateurs et connaisseurs de Ravel resteront de marbre. Circonspects face Ă  une production peu gĂ©nĂ©reuse en suavitĂ© vocale. Dommage.

L’Enfant, ClĂ©mence Poussin
Chouette, Beth Moxon
Rossignol, Margot Genet
Chauve Souris, Erika Baikoff
Chat, Christoph Engel
Maman, Libellule, Claire Gascoin
Ecurueil, Eira Huse
Arbre, Matthew Buswell
Orchestre et chƓurs de l’OpĂ©ra de Lyon
Titus ENGEL, direction
James Bonas, mise en scĂšne

FilmĂ© Ă  L’opĂ©ra de Lyon, 2019

LIRE aussi notre dossier L’Enfant et les Sortilùges de Ravel

https://www.classiquenews.com/tag/lenfant-et-les-sortileges/

Extrait du dossier / prĂ©sentation, enjeux, genĂšse de l’Enfant et les sortilĂšges (1926) :
« Le Music-hall et l’esprit de la comĂ©die amĂ©ricaine dĂ©poussiĂšrent le vieux genre opĂ©ra. Colette enthousiaste, encourage le musicien qui orfĂšvre sa partition jusqu’au printemps 1920. Puis viennent des semaines et des mois de dĂ©pressive inactivitĂ©. Mais sous la pression du directeur de l’OpĂ©ra de Monte-Carlo, Raoul Gunsbourg qui souhaite faire crĂ©er l’ouvrage dans sa salle, Ravel doit poursuivre. Finalement, l’oeuvre tant attendue est crĂ©Ă©e le 21 mars 1925: pas moins de cinq ans pour achever une oeuvre qui dans son projet initial n’avait rien de stimulant. Au moment de sa crĂ©ation parisienne Ă  l’OpĂ©ra-Comique, le 1er fĂ©vrier 1926, le parterre resta de marbre. Arthur Honegger prit la dĂ©fense de la partition. AndrĂ© Messager de son cĂŽtĂ©, fustigea ce que Lalo avait exĂ©crĂ© de la mĂȘme façon dans L’heure espagnole: son insensibilitĂ©. Et tous les critiques s’entendirent pour ne trouver aucune entente entre le texte de Colette et la musique de Ravel.
L’intĂ©rĂȘt et la nouveautĂ© de l’oeuvre viennent principalement du relief des voix. Pas moins de 31 rĂŽles aux couleurs et aux intonations spĂ©cifiques, qui composent une brillante mosaĂŻque de tonalitĂ©s, en particulier animales (huit rĂŽles d’animaux au total!). Mais la force de la partition ne rĂ©side pas uniquement dans sa capacitĂ© d’invention et de timbres. Le sujet suit une gradation Ă©motionnelle extrĂȘmement subtile lĂ  encore. Effets lyriques, action contrastĂ©e dans la premiĂšre partie, puis, hymne Ă  la compassion, Ă  l’humanitĂ© quand l’enfant cruel et barbare, sadique et capricieux rĂ©vĂšle enfin son essence innocente, pure, compatissante. En dĂ©finitive, l’accord, texte/musique se dĂ©voile dans cette ultime partie dont la tendresse et l’appel au pardon atteignent des sommets d’émotions tissĂ©s sur le mode miniaturiste et pointilliste  »

APPEL pour la culture : la pétition de Jonas Kaufmann et Ludovic Tézier

kaufmann-tezier-appel-petition-change-org-texte-review-classiquenews-opera-en-dangerAPPEL de Jonas Kaufmann et Ludovic TĂ©zier. Pour l’art et la culture en EUROPE. Jonas Kaufmann & Ludovic TĂ©zier, opera singers for culture in Europe / Un appel pour l’opĂ©ra et la culture en Europe. Deux chanteurs d’opĂ©ras parmi les plus convaincants, s’engagent aujourd’hui pour la sauvegarde de l’art et de la culture, trĂšs directement menacĂ©s par la crise sanitaire imposĂ©e par la diffusion du covid19. Depuis que les rassemblements ont Ă©tĂ© jugĂ©s dangereux pour la santĂ© publique, festivals, concerts, opĂ©ras sont annulĂ©s partout dans le monde. Une situation d’empĂȘchement qui a foudroyĂ© le filiĂšre artistique, celle des artistes dont les engagements sur scĂšne, assurent la santĂ© Ă©conomique. Deux chanteurs de premier plan sensibilisent aujourd’hui l’opinion sur l’imminence d’une catastrophe dĂ©sormais annoncĂ©e. Classiquenews publie ici l’intĂ©gralitĂ© de l’appel lancĂ© par le tĂ©nor germanique Jonas Kaufmann et le baryton français Ludovic TĂ©zier :

 
 

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Communiqué publié sur le site www.change.org :

«  A L’Europe

Il y a prĂšs de quatre-vingts ans, aux abysses de la guerre la plus meurtriĂšre de l’Histoire et sous le Blitz, dans un Londres devenu le dernier bastion d’espoir des hommes libres, le grand Winston Churchill, Ă  la question « Doit-on couper dans le budget des arts pour l’effort de guerre? », rĂ©pondait avec un panache inĂ©galable : « Alors, pour quelle raison nous battons-nous? ».

Nous artistes, invitons humblement ceux pour qui cette rĂ©ponse est une vĂ©ritĂ© immarcescible, Ă  signer cette pĂ©tition, afin d’exprimer leur adhĂ©sion Ă  l’idĂ©e d’une sociĂ©tĂ© oĂč le beau et la culture ne doivent pas disparaitre et d’une Europe qui a le devoir de pĂ©renniser le plus beau legs de sa propre civilisation: l’Art.

A l’heure du confinement, les diffusions offertes Ă  titre gracieux par les thĂ©Ăątres majeurs, mais aussi par les artistes y participant- ne l’oublions pas- ne sont qu’un expĂ©dient face Ă  l’ampleur de la catastrophe que reprĂ©sente l’annulation en sĂ©rie, sans compensation, de tous les contrats artistiques. Et le succĂšs qu’elles rencontrent atteste paradoxalement de l’attachement du public Ă  « l’art vivant ». Ce public passionnĂ© le sait, nous le vivons: l’art lyrique est consubstantiel Ă  ces « planches » que deux millĂ©naires n’ont pas usĂ©es, et la digitalisation actuelle, pour rĂ©confortante qu’elle soit, n’est, malgrĂ© cela, qu’un succĂ©danĂ© magnifique Ă  une Ă©motion fragile. Nous, artistes, sommes fragiles, l’opĂ©ra est fragile.

Chers amis de toute l’Europe et du Monde, qui partagez notre fraternitĂ© musicale et apprĂ©ciez la valeur de ce que nous apportons chaque jour Ă  la sociĂ©tĂ©, sachez que votre signature sera un appui fondamental au prĂ©sent et Ă  l’avenir du monde lyrique, et, au-delĂ , Ă  toutes les professions du spectacle vivant, gravement menacĂ©es, dont l’activitĂ© imprĂšgne si naturellement le quotidien, que chacun en a mĂȘme perdu la conscience. Soutenez les artistes, soutenez une idĂ©e de la Vie qui aide la Vie.

Jonas Kaufmann & Ludovic Tézier. »

 
 

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SIGNEZ, DIFFUSEZ la pétition sur le site www.change.org

https://www.change.org/p/to-eu-and-european-goverments-jonas-kaufmann-ludovic-t%C3%A9zier-opera-singers-for-culture-in-europe?signed=true

DĂ©but mai 2020, plus de 18 000 signataires

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Communiqué en anglais / english

«  To Europe

Almost eighty years ago, in the abyss of the deadliest war in history and under the « Blitz », in a London that had become the last bastion of hope for free mankind, the great Winston Churchill, when asked to cut funding for the Arts to support the war effort, responded with an incomparable panache « Then what would we be fighting for? ».

We, artists, humbly invite those for whom this answer is an immeasurable and intangible truth, to sign this petition, in order to express their support for the idea of a society where beauty and culture must not disappear and of a Europe which is in duty to preserve the most beautiful legacy of its own civilization: Art.

At the time of confinement, the broadcasts, offered graciously by major theaters, but also by the participating artists -let us not forget it- are only an expedient versus the magnitude of the catastrophe represented by a serial cancellation, mostly without any compensation, for all artistic contracts. Obviously, the success that these broadcasts are meeting paradoxically attests to the public’s attachment to « living art ». This passionate public knows it, we live it: the lyric art is consubstantial with the « boards », our stages, that two millennia still have not worn, and the current digitalization, as it appears, is only a magnificent substitute for a fragile emotion. We artist are fragile, hence the world of Opera too.

Dear friends from all over Europe and the World, who share our musical brotherhood and appreciate the true value of what we bring every day to our society, know that your signature will be a fundamental support for the present and the future of the lyric world, but, beyond, to all the performing arts professions, now seriously threatened, whose activity so naturally permeates life, that everyone has even lost any consciousness of it. Support the artists, support an idea of Life that helps Life.

Jonas Kaufmann & Ludovic Tézier. »

 
 

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ANNULATION du GSTAAD MENUHIN Festival 2020

GSTAAD-MENUHIN-FESTIVAL-bandeau-festival-2020-classiquenews-annonce-critique-compte-renduANNULATION du GSTAAD MENUHIN Festival 2020 : dans un communiquĂ© Ă©ditĂ© ce vendredi 1er mai 2020, la direction du premier festival estival en Suisse a confirmĂ© l’annulation de la 64Ăš Ă©dition du Gstaad Menuhin Festival dont le thĂšme gĂ©nĂ©rique devait ĂȘtre WIEN / VIENNE (aprĂšs PARIS Ă  l’étĂ© 2019).

 

 

 

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Communiqué du Gstaad Menuhin Festival :
Gstaad, le 1er mai 2020

 

 

 

« Pour la premiĂšre fois en 64 ans d’existence, nous sommes contraints d’annuler l’ensemble des concerts, acadĂ©mies et autres Ă©vĂ©nements du Gstaad Menuhin Festival & Academy prĂ©vus l’Ă©tĂ© prochain.

Le 29 avril, le Conseil fĂ©dĂ©ral a interdit la tenue de grandes manifestations de plus de 1000 visiteurs jusqu’Ă  fin aoĂ»t 2020. Si cette mesure rend impossible l’organisation de concerts sous la Tente du Festival de Gstaad, la pandĂ©mie impacte Ă©galement les autres concerts prĂ©vus dans les magnifiques Ă©glises du Saanenland et du Pays-d’Enhaut. Nous nous attendons Ă  ce que les limitations dues aux mesures d’hygiĂšne et les restrictions dans les dĂ©placements se poursuivent, et ne saurions tolĂ©rer en aucune maniĂšre un risque de contagion.

Du point de vue du Conseil d’administration comme de la Direction du Festival, il n’est dĂšs lors plus possible de garantir la tenue cet Ă©tĂ© de concerts dans des conditions optimales. Toute l’Ă©quipe du Festival n’a eu de cesse jusque-lĂ  d’espĂ©rer de pouvoir tout de mĂȘme partager avec son public ces moments magiques qui ont fait la rĂ©putation de la manifestation. Mais nous devons aujourd’hui prendre acte de cette dĂ©cision irrĂ©vocable du Conseil fĂ©dĂ©ral, que nous comprenons et regrettons Ă  la fois.

Un grand nombre de visiteurs, amis, Ă©tudiants des acadĂ©mies et sponsors se sont rĂ©jouis des concerts et des cours prĂ©vus durant l’Ă©tĂ© 2020 sous le signe de «VIENNE». Comme nous sommes persuadĂ©s d’avoir fait naĂźtre beaucoup d’attentes avec cette affiche, nous allons nous efforcer de reprogrammer Ă  l’Ă©tĂ© 2022 autant de concerts que possible de cette cuvĂ©e prometteuse. Les discussions sont d’ores et dĂ©jĂ  engagĂ©es avec les solistes, orchestres, chƓurs et chefs pour nous permettre de vous convier Ă  nouveau Ă  un voyage Ă  Vienne dans le cadre du Festival 2022. Nous avons bon espoir que cela se concrĂ©tise.

Le Conseil de fondation et la Direction du Festival se trouvent maintenant face à un grand défi: celui de limiter autant que possible les dommages financiers qui menacent le Gstaad Menuhin Festival & Academy en 2020, afin de pouvoir offrir à nouveau la stabilité à nos hÎtes et partenaires en 2021. Ils comptent pour cela sur la solide tradition du Festival et sur le capital sympathie dont bénéficie de longue date ce dernier auprÚs de ses visiteurs, amis et partenaires.

Active depuis juin 2017, notre plateforme Gstaad Digital Festival continue – et continuera ces prochains mois – à vous proposer, sans frais, de nouveaux contenus en lien avec le Festival.

Dans l’intervalle, la Direction du Festival va analyser les possibilitĂ©s d’Ă©changes musicaux dans l’espace analogique et digital pour l’Ă©tĂ© prochain et se mobiliser pour mettre en Ɠuvre les idĂ©es retenues. Gstaad Menuhin Festival & Academy continuera Ă  communiquer via les canaux usuels. »

 

 

 

 

Le Festival s’engage Ă  rembourser les billets achetĂ©s. Plus d’information sur le site du GSTAAD MENUHIN FESTIVAL

www.gstaadmenuhinfestival.ch

 

 

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GSTAAD MENUHIN FESTIVAL & ACADEMY AG
Dorfstrasse 60
Postfach
CH-3792 Saanen
TĂ©l +41 33 748 83 38
info@gstaadmenuhinfestival.ch

www.gstaadmenuhinfestival.ch
www.gstaadfestivalorchestra.ch
www.gstaadacademy.ch
www.gstaaddigitalfestival.ch

Contre le covid19. POUR LES SOIGNANTS. MELODY GARDOT : From Paris With Love

melody gardel appel classiquenews deccaContre le covid19. POUR LES SOIGNANTS. MELODY GARDOT : From Paris With Love – Global Orchestra  /  Sur les rĂ©seaux sociaux, Melody Gardot invite tous les musiciens Ă  la rejoindre, via un casting digital mondial, pour enregistrer un single exceptionnel « From Paris with Love » au profit des soignants. ConfinĂ©e Ă  Paris la chanteuse de jazz amĂ©ricaine Melody Gardot a lancĂ© hier son appel, aprĂšs avoir du mettre entre parenthĂšses l’enregistrement de son nouvel album entre Los Angeles et Londres. La chanteuse propose ainsi un « live casting » digital mondial via les rĂ©seaux sociaux pour rassembler un orchestre international de cordes et instruments Ă  vent et enregistrer un des titres phare de son futur album – From Paris with Love-.

Continuer de produire malgré le confinement
« Il y a tant d’artistes, de musiciens, magnifiques dans le monde qui ne peuvent plus vivre leur art, exercer leur mĂ©tier, se retrouver au studio. Moi je suis Ă  Paris, chez moi et je me suis dit que l’on ne pouvait pas juste subir, que l’on pouvait essayer de faire quelque chose de beau tous ensemble et sortir « virtuellement » de nos confinements pour continuer Ă  produire… j’espĂšre que ce projet va donner de l’amour et de l’espoir…» explique la chanteuse dont les albums se sont vendus Ă  des millions d’exemplaires dans le monde et qui reversera les droits de ce titre Ă  une association d’aide aux personnels soignants.

Chaque candidat recevra ainsi une partition et les instructions pour envoyer une vidĂ©o d’interprĂ©tation instrumentale via e-mail ou sur le site internet www.melodygardot.com

melody gardot from paris with love contre le covid19 classiquenews deccaMelody et son Ă©quipe studio, Larry Klein, son producteur (multi-laurĂ©at des Grammies ; il a collaborĂ© avec Herbie Hancock, Joni Mitchell…), Vince Mendoza, son arrangeur et compositeur (Bjork, Robbie Williams, Elvis Costello) et bien sĂ»r Al Schmitt, star des studios Capitol, choisiront, en fonction des images et des performances, les musiciens qui seront contractualisĂ©s par sa maison de disque DECCA – filiale d’Universal Music- pour cette collaboration exceptionnelle. Les droits eux seront ainsi reversĂ©s Ă  l’association «Aide ton Soignant» pour soutenir les personnels des hĂŽpitaux.

Ce single sera accompagnĂ© d’un clip, offert sur les rĂ©seaux sociaux. Il intĂšgrera en images, outre les musiciens, un kaleidoscope des fans que la chanteuse a appelĂ©s hier Ă  lui envoyer des images d’eux arborant un message de l’endroit du monde oĂč ils sont confinĂ©s, sur le thĂšme de « FROM (Paris) WITH LOVE »…
A SUIVRE


VOIR la vidĂ©o l’appel de MĂ©lody GARDOT sur Facebook watch / vidĂ©o :
https://www.facebook.com/watch/?v=841585879686327

+ d’infos : https://melodygardot.co.uk/

ENTRETIEN avec la pianiste Laurianne Corneille, Ă  propos de son album Schumann.

KLA094-CORNEILLE-LAURIANNE-cd-KLARTHE-robert-schumann-piano-kreisleriana-critique-cd-classiquenewsENTRETIEN avec Laurianne Corneille, Ă  propos de son album Schumann : “L’Hermaphrodite” (1 cd Klarthe records). « Doubles rĂ©conciliĂ©s », c’est ainsi que notre rĂ©dacteur Hugo Papbst rĂ©sumait la rĂ©ussite du dernier album de la pianiste Laurianne Corneille, interprĂšte des personnalitĂ©s mĂȘlĂ©es, complĂ©mentaires de Robert Schumann. A l’appui de sa critique dĂ©veloppĂ©e, voici l’entretien que nous a rĂ©servĂ© la pianiste pour laquelle l’écriture Schumanienne revĂȘt des significations singuliĂšres et personnelles. Un engagement intime qui scelle la valeur de son regard sur Robert Schumann
 Explications.

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On parle souvent de la double personnalitĂ© de l’ñme schumannienne (Florestan / Eusebius). Que manifeste pour vous son Ă©criture pianistique ? Un Ă©cartĂšlement de directions inconciliables ou un certain Ă©quilibre auquel chacun devrait aspirer ?

La difficultĂ© intrinsĂšque de l’écriture de Schumann tient au fait que cet Ă©cartĂšlement ressenti par l’auditeur et qui se manifeste souvent par un inconfort, est en fait son propre Ă©quilibre. Schumann est comme un enfant qui chanterait Ă  tue-tĂȘte sans se soucier de la beautĂ©. Un enfant se soucie seulement de sa sincĂ©ritĂ© et c’est en cela, prĂ©cisĂ©ment, qu’il est beau. Schumann vit avec les Ă©motions, avec tout ce qui le traverse, il ne cherche pas Ă  les faire taire. C’est pour cela qu’il a le grand courage : celui de garder les yeux ouverts sur tout ce qu’il l’entoure. Je crois que son cĂŽtĂ© Ă©pique, chevaleresque, qui n’appartient qu’à lui, dĂ©coule de ce courage de l’enfance. Il chante donc avec toutes ses voix, et elles se coupent la parole en permanence : c’est ce qui s’entend dans son Ă©criture pour le piano. Il ose ĂȘtre plusieurs personnes, exactement comme un enfant qui raconte une histoire.
Peu de gens savent se laisser traverser ainsi, alors d’aucuns le ressentiront comme un Ă©cartĂšlement… « Le regard neuf de l’enfant sauve mĂȘme les trottoirs de l’usure » disait Romain Gary. Je crois que, dans ce fragile Ă©quilibre qui est le sien, Schumann nous sauve d’un romantisme qui pourrait devenir routinier si nous n’avions ce type de regard, qui est comme une vigilance.

 

 

La prĂ©sence du corps, le souvenir de la blessure innervent implicitement votre approche artistique (8 piĂšces des Kreisleriana). De quelle façon cette singularitĂ© a-t-elle enrichi votre propre approche de l’écriture schumannienne ?

Par l’accident que j’ai vĂ©cu, j’ai ressenti cet Ă©cartĂšlement (dont il a Ă©tĂ© question plus haut) physiquement : c’est mon corps qui s’est fissurĂ© Ă  travers cette clavicule brisĂ©e. J’ai une propension naturelle Ă  l’écartĂšlement de la psychĂ©, mais ressentir le dĂ©chirement du corps, puis m’obliger Ă  chanter Ă  tue-tĂȘte par-dessus la blessure fĂ»t une expĂ©rience singuliĂšre. J’ai donc fait ce cheminement, trĂšs proche Ă  mon sens de l’écriture de Schumann.
Par ailleurs, je suis quelqu’un qui comprend par le corps ou, pour le dire autrement, qui fait toujours en sorte de rĂ©flĂ©chir et dĂ©passer l’expĂ©rience corporelle afin de la transcender. L’évĂ©nement importe finalement assez peu. C’est ce que l’on en fait qui peut tout changer.
Je pense souvent Ă  cette phrase de Lorette NobĂ©court, immense autrice, qui m’accompagne : «Aujourd’hui, je pense que la souffrance est une occasion inespĂ©rĂ©e de comprendre. Il faut saisir cette voie d’accĂšs avant que tout se referme. »
Je crois que c’est ce que j’ai fait, mais j’ai sans doute gardĂ© un pied dans la porte, c’est-Ă -dire que je garde le souvenir de cette souffrance-lĂ .

 

 

Parlez-nous de ce « fil d’or » Ă  la fois tĂ©nu et rĂ©parateur qui rĂ©concilie. Dans quelles piĂšces prĂ©cisĂ©ment ?

Ce fil d’or -qui est mon fil rouge-  est une autre maniĂšre de parler de la laque d’or, l’urushi, que l’on utilise lorsqu’on rĂ©pare des cĂ©ramiques ou des faĂŻences brisĂ©es. Cet art japonais du Kintsugi Ă©tait ma mĂ©taphore personnelle pour parler du chant. C’est pour cette raison qu’il est le thĂšme principal du film rĂ©alisĂ© par Gaultier Durhin pour parler de ce disque. Il s’agit du chant salvateur avec lequel on vient panser les blessures. La laque d’or est partout, dans des proportions plus ou moins importantes selon les piĂšces. La musique de Schumann est une topographie de la souffrance, et j’ai voulu combler, avec plus ou moins d’or, les sillons, les fissures, les Ă©cartĂšlements. C’était ma maniĂšre d’entendre cette musique et de la «dire ». Mais aussi d’exprimer : « ne dĂ©tournez pas le regard, parce que ces blessures sont belles. »

 

 

Que reprĂ©sente pour vous l’Hermaphrodite ? En quoi cette figure mythologique est-elle emblĂ©matique de votre approche de Schumann ?

L’Hermaphrodite est mon cheval de Troie. Il s’établit par cette figure mythologique ambivalente diffĂ©rents niveaux de lecture : le double schumannien, la complĂ©mentaritĂ© fĂ©minin/masculin, le personnage de Clara Schumann, la scission, la fusion. C’est tout Ă  la fois un monstre et une figure de l’amour. Il est une crainte et une fascination. C’est une alchimie qui me permet aussi de m’exprimer en tant qu’Homme lorsque c’est la Femme qui joue et inversement.

Propos recueillis en avril 2020.

 

 
 

 

KLA094-CORNEILLE-LAURIANNE-cd-KLARTHE-robert-schumann-piano-kreisleriana-critique-cd-classiquenewsLIRE aussi notre critique complĂšte du cd SCHUMANN : L’Hermaphrodite. Kreisleriana, Les Chants de l’aube
 Laurianne Corneille, piano  – 1 cd KLARTHE records… Extrait de la critique : “ Un cheminement qui nous conduit Ă  la clĂ©, sommet de cette libĂ©ration Ă©motionnelle qui va par Ă©tapes : le Widmung (chant de l’amour) et qui dĂ©voile le 3Ăš terme de la trinitĂ© Schumanienne : « Raro », rĂ©bus amoureux qui fusionne ClaRA et RObert Schumann, l’un des rares couples parmi les plus lĂ©gendaires de l’histoire de la musique. Ici, lumineuses et sincĂšres, leurs deux Ăąmes fusionnent. Widmung ici jouĂ© dans sa transcription pour piano seul de Liszt, ravive intacte, la magie du sentiment amoureux le plus pur, tout en se rapprochant de l’indicible nostalgie schubertienne.”
http://www.classiquenews.com/cd-critique-schumann-lhermaphrodite-laurianne-corneille-piano-1-cd-klarthe-records/

 

 
 

 

INTERNET. L’opĂ©ra et le ballet chez soi. Offre de l’OpĂ©ra de PARIS (mai 2020)

opera-national-de-paris-saison-lyriue-temps-forts-2016-2017-eliogabalo-owen-windgrave-tosca-sancta-susanna-lohengrin-jonas-kaufmann-highlights-opera-paris-classiquenews-582INTERNET. L’opĂ©ra et le ballet chez soi, mai 2020. L’OpĂ©ra national de Paris poursuit son offre d’opĂ©ras et de ballets accessibles chez soi, gratuitement ; il s’agit de ses productions emblĂ©matiques dĂ©jĂ  prĂ©sentĂ©es. Chaque lundi Ă  19h30, un opĂ©ra ou un ballet est mis en ligne dans son intĂ©gralitĂ© sur operadeparis.fr et sur france.tvculturebox. En mai 2020, ne manquez pas Carmen, Don Pasquale, Boris Godounov, cĂŽtĂ© opĂ©ra ; et cĂŽtĂ© ballets : Le songe d’une nuit d’étĂ©, Body and soul (Crystal Pite)
 Identifiez bien la date limite de visionnage car chaque production est accessible pour un temps limitĂ©.

VISIONNEZ l’opĂ©ra / le ballet ici
https://www.operadeparis.fr
Page spéciale « REVOIR » : https://www.operadeparis.fr/magazine/a-revoir

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   MAI 2020

 

 

 

OPÉRA

CARMEN de Georges Bizet
Jusqu’au 3 mai 2020
DIRECTION MUSICALE : Mark Elder
MISE EN SCÈNE : Calixto Bieito
avec notamment Roberto Alagna, ElÄ«na Garanča, Maria Agresta, Ildar Abdrazakov – Production captĂ©e Ă  l’OpĂ©ra Bastille en juillet 2017 RĂ©alisĂ© par François-RenĂ© Martin – Carmen 16/17 – Roberto Alagna et ElÄ«na Garanča © Vincent Pontet / OnP

 

 

 

BALLET

LE SONGE D’UNE NUIT D’ÉTÉ
Du 4 mai Ă  19h30 au 10 mai 2020
CHORÉGRAPHIE : George Balanchine
MUSIQUE : Felix Mendelssohn-Bartholdy
DIRECTION MUSICALE : Simon Hewett
avec, dans les rĂŽles de solistes, Eleonora Abbagnato, Laetitia Pujol, Alice Renavand, Sae Eun Park, Muriel Zusperreguy, Fanny Gorse, StĂ©phane Bullion, Hugo Marchand, Karl Paquette, Audric Bezard, Alessio Carbone, Florian Magnenet, Emmanuel Thibault et Francesco Vantaggio – Production captĂ©e Ă  l’OpĂ©ra Bastille en mars 2017 RĂ©alisĂ© par Vincent Bataillon – Le Songe d’une nuit d’étĂ© – Ballet de l’OpĂ©ra national de Paris © Agathe Poupeney / OnP

NOTRE AVIS : Le Songe d’une nuit d’étĂ©. Dans cette version trĂšs limpide et efficace du Corps de Ballet de l’OpĂ©ra de Paris, rayonne l’élĂ©gance native des danseurs. Ainsi Ă©blouit la grĂące du couple royal d’abord en froid de Tatiana et d’ObĂ©ron dont le fidĂšle serviteur Puck s’amuse Ă  croiser les 2 couples perdus dans le labyrinthe de la forĂȘt magique
 MĂȘme Tatiana s’éprend, sous le charme d’une fleur enchanteresse de l’ñne Bottom
 Balanchine dĂ©ploie une Ă©criture chorĂ©graphique prĂ©cise, graphique, ouvertement nĂ©oclassique, trĂšs en phase avec la tendresse elle aussi lumineuse de la partition de Mendelssohn. Un classique du Corps de ballet de l’OpĂ©ra de Paris. Au diapason du compositeur, l’ouvrage convainc par juvĂ©nile candeur Ă  laquelle Balanchine apporte une rĂ©vĂ©rence stylĂ©e purement nĂ©oclassique (dont le sommet serait ici le tableau final nuptial et ses trompettes victorieuses en ouverture / dĂ©but Ă  1h10’52 / ouverture symĂ©trique Ă  laquelle rĂ©pondent les Ă©pisodes collectifs qui suivent, tous, parfaitement rĂ©glĂ©s, entre mesure et innocence / superbe duo avec Karl Paquette)
 A voir indiscutablement, surtout pour ceux qui souhaitent se familiariser avec le style nĂ©o classique de Balanchine (qui ici regarde aussi du cĂŽtĂ© des grands ballets de Tchaikovski).

VISIONNER le spectacle ici : https://www.operadeparis.fr/en/magazine/le-songe-dune-nuit-dete

 

 

 

 

 

 

 

 

OPÉRA
DON PASQUALE de Gaetano Donizetti
Du 11 mai Ă  19h30 au 17 mai 2020
DIRECTION MUSICALE : Evelino PidĂČ
MISE EN SCÈNE : Damiano Michieletto
avec notamment Nadine Sierra, Florian Sempey, Michele Pertusi, Lawrence Brownlee – Production captĂ©e au Palais Garnier en juin 2018 RĂ©alisĂ© par Vincent Massip – Don Pasquale 17/18 – Nadine Sierra et Michele Pertusi © Vincent Pontet / OnP

 

 

 

DOCUMENTAIRE
L’OPÉRA de Jean-StĂ©phane Bron
Du 18 mai Ă  19h30 au 24 mai 2020
Une saison dans les coulisses de L’OpĂ©ra de Paris. Passant de la danse Ă  la musique, tour Ă  tour ironique, lĂ©ger et cruel, l’OpĂ©ra met en scĂšne des passions humaines, et raconte des tranches de vie, au cƓur d’une des plus prestigieuses institutions lyriques du monde.
RĂ©alisĂ© par Jean-StĂ©phane Bron – Sortie en salle le 5 avril 2017

 

 

 

 

OPERA
BORIS GODOUNOV de Modeste Petrovitch Moussorgski
Du 25 mai Ă  19h30 au 31 mai 2020
DIRECTION MUSICALE : Vladimir Jurowski
MISE EN SCÈNE : Ivo van Hove
avec notamment Ildar Abdrazakov, Ain Anger, Evgeny Nikitin Production captĂ©e Ă  l’OpĂ©ra Bastille en juin 2018 – RĂ©alisĂ© par Don Kent

 

 

 

BALLET
BODY AND SOUL
Jusqu’au 24 octobre 2020
CHORÉGRAPHIE : Crystal Pite
MUSIQUE ORIGINALE : Owen BeltonPYTE-cristal-body-and-soul-danse-opera-de-paris-classiquenews
MUSIQUE ADDITIONNELLE : Frédéric Chopin 24 Préludes, Teddy Geiger Body and Soul
avec, dans les rĂŽles de solistes, LĂ©onore Baulac, Ludmila Pagliero et Hugo Marchand – Production captĂ©e au Palais Garnier en novembre 2019 – RĂ©alisĂ© par Tommy Pascal – Body and Soul (Crystal Pite), Ballet de l’OpĂ©ra national de Paris © Julien Benhamou / OnP – LIRE ici notre prĂ©sentation de Body and soul de Crystal PITE

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Et toujours en accĂšs gratuit :

BALLET
GISELLE
Jusqu’au 5 aoĂ»t 2020 – uniquement en France
sur operadeparis.fr et france.tv
CHORÉGRAPHIE : Jean Coralli, Jules Perrot
MUSIQUE : Adolphe Adam
DIRECTION MUSICALE : Koen Kessels
avec, dans les rĂŽles de solistes, DorothĂ©e Gilbert, Valentine Colasante et Mathieu Ganio – Production captĂ©e au Palais Garnier en fĂ©vrier 2020 RĂ©alisĂ© par François Roussillon

 

 

 

 

OPERA
LA TRAVIATA de Giuseppe Verdi
Jusqu’au 8 novembre 2020 – uniquement en France
sur operadeparis.fr et france.tv
DIRECTION MUSICALE : Michele Mariotti
MISE EN SCÈNE : Simon Stone
avec notamment Pretty Yende, Benjamin Bernheim, Jean-François Lapointe – Production captĂ©e au Palais Garnier en septembre 2019 RĂ©alisĂ© par François Roussillon
BALLET
CENDRILLON
Jusqu’au 21 mai 2020 – partout dans le monde sur operadeparis.fr et arte.tv – CHORÉGRAPHIE : Rudolf Noureev
MUSIQUE : SergeĂŻ Prokofiev
DIRECTION MUSICALE : Vello PĂ€hn
avec, dans les rÎles de solistes, Valentine Colasante, Emilie Cozette, Dorothée Gilbert, Ludmila Pagliero, Karl Paquette et Alessio Carbone
Production captĂ©e Ă  l’OpĂ©ra Bastille en dĂ©cembre 2018 RĂ©alisĂ© par Isabelle Julien

 

LES INDES GALANTES de Jean-Philippe Rameau
Les Indes galantes 19/20 – Sabine Devieilhe © Little Shao / OnP
Jusqu’au 9 octobre 2020
DIRECTION MUSICALE : Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn
MISE EN SCÈNE : Clément Cogitore
avec notamment Sabine Devieilhe, Julie Fuchs, Florian Sempey, Jodie Devos, Alexandre Duhamel, Stanislas de Barbeyrac, Edwin Crossley- Mercer, Mathias Vidal – Production captĂ©e Ă  l’OpĂ©ra Bastille en octobre 2019 RĂ©alisĂ© par François-RenĂ© Martin

 

cogitore indes galantes devos vidal opera critique classiquenewsRAMEAU : Les Indes Galantes (Alarcon / ClĂ©ment Cogitore, 2019)   –   Avec la chorĂ©graphe Bintou DembĂ©lĂ©, ClĂ©ment Cogitore s’empare de la machine Ă  enchanter dans son intĂ©gralitĂ© (version la plus complĂšte des Indes Galantes) pour la rĂ©inscrire dans un espace urbain et politique dont il interroge les frontiĂšres : posture pas toujours Ă©vidente tant souvent RAMEAU dĂ©ploie un pastoralisme (musette) qui colore sa partition d’échappĂ©es plutĂŽt rustiques et naturalistes (ramages des oiseaux
 qui est sa « marque »). A trop vouloir actualiser et moderniser la partition baroque, on la dĂ©nature et la vide de sa cohĂ©rence originelle. La proposition prĂ©sentĂ©e ici n’échappe pas Ă  cette trahison qui plaque une grille de lecture de façon artificielle, ne produit aucune unitĂ© globale malgrĂ© son essence chorĂ©graphique qui au dĂ©part, Ă©tait lĂ©gitime.

Au dĂ©but Sabine Deviehle (HĂ©bĂ©), coloratoure baroque, au format petit et souvent tendu (et pas toujours trĂšs intelligible), grande dame style mĂ©cĂšne de banque, coiffure casque, interpelle et Ă©veille les danseurs : de fait, dans l’opĂ©ra ballet de Rameau, tout est danse, autant de rythmes vivifiĂ©s, sublimĂ©s par la musique sublime du compositeur versaillais. Les danseurs sont ensuite habillĂ©s devant les spectateurs comme si l’on Ă©tait dans les coulisses d’un dĂ©filĂ© de mode, armĂ©e de costumiers Ă  l’envi
 enfin chacun s’affaire Ă  sa pose pour prendre le clichĂ©. MalgrĂ© la qualitĂ© de l’orchestre, flexible, colorĂ©, cette vision chorĂ©graphique manque de cohĂ©rence et d’unitĂ© et pĂątit d’une diversitĂ© de tableaux trop variĂ©s. La gestuelle suit, trop fragmentĂ©e. Le Prologue manque vocalement de tension mais quand paraĂźt la seconde soprano (« Ranimez vos flambeaux » ), sous son voile trĂšs haute couture  Jodie Devos (qui chante ensuite ZaĂŻre), soudain le chant, intelligible, articulĂ©, clair, cristallin et puissant supplante tout ; elle dĂ©coche ses flĂšches ardentes et ferventes, subtilement incarnĂ©es grĂące Ă  un timbre d’une rare Ă©lĂ©gance et toujours sobre dans le style : enfin Rameau (et le souverain Amour) surgissent. MĂȘme engagement et articulation prĂ©cise de Mathias Vidal (ValĂšre, Taemas) ; de toutes les personnalitĂ©s vocales rĂ©unies, Devos et Vidal se tirent le mieux de cet amoncellement pseudo poĂ©tique et vaguement conceptuel. Dommage – opĂ©ra ballet filmĂ© en 2019

 

Visionner le replay Les Indes Galantes : Alarcon / Cogitore, 2019 : https://www.operadeparis.fr/magazine/les-indes-galantes-replay

 

 

 

 

Opéra jeune public
BASTIEN ET BASTIENNE de Wolfgang Amadeus Mozart
Bastien et Bastienne 2017 – Pauline Texier © Agathe Poupeney / OnP
Jusqu’au 19 juillet 2020 – partout dans le monde uniquement sur operadeparis.fr
DIRECTION MUSICALE : Iñaki Encina Oyón
MISE EN SCÈNE : Mirabelle Ordinaire
avec Pauline Texier et Juan de Dios Mateos Segura Chanteurs et musiciens en rĂ©sidence Ă  l’AcadĂ©mie
Production de l’AcadĂ©mie de l’OpĂ©ra national de Paris RĂ©alisĂ© par Antoine Goetghebeur

 

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LIRE ici notre dossier spĂ©cial L’OpĂ©ra et le ballet chez soi pendant le confinement
Page spéciale « REVOIR » : https://www.operadeparis.fr/magazine/a-revoir

 

 

 

 

 

Orchestre National de Lille : Alexandre BLOCH, bienvenue Maestro !

bloch-alexandre-maestro-mahler-gustav-symphonie-n6-concert-critique-classiquenews-lille-nouveau-siecle-concertFRANCE 3, lun 4 mai 2020, 23h. ON LILLE : Orchestre National de Lille. Dans les coulisses de l’Orchestre National de Lille : « bienvenue maestro ! «  au programme de ce docu remarquable, la prise de fonction du nouveau directeur musical du National de Lille, Alexandre Bloch, baguette Ă©nergique et d’une rare ouverture artistique Ă  l’heure du numĂ©rique, une sorte de « Bernstein 2.0 ». Le documentaire diffusĂ© par France 3 hauts de France met l’accent sur l’accueil par les instrumentistes de l’Orchestre National de leur nouveau chef : successeur du lĂ©gendaire Jean-Claude Casadesus, fondateur, Alexandre Bloch est aujourd’hui l’atout majeur de l’Orchestre par son entrain, son Ă©nergie et une curiositĂ© tout horizon qui permet aujourd’hui Ă  l’ON LILLE de se distinguer au sein du TOP 5 des meilleurs orchestres français.

L’intelligence des choix artistiques singularise actuellement la phalange lilloise : chaque programmation chaque nouvelle saison permet de mesurer ce en quoi un orchestre peut ĂȘtre nĂ©cessaire Ă  la vie de la citĂ©. Mieux, Alexandre Bloch sait choisir des Ɠuvres ambitieuses qui inscrivent l’orchestre au cƓur d’un dispositif musical qui offre aux instrumentistes des possibilitĂ©s d’expression et de dĂ©passement unique dans l’Hexagone. L’opĂ©ra et les Ɠuvres hors normes, grĂące Ă  l’implication d’autres phalanges et formations du territoire des Hauts de France, ont Ă©tĂ© ainsi rĂ©alisĂ©s, attestant d’un niveau musical particuliĂšrement convaincant. On l’a vu d’abord avec l’enregistrement des PĂȘcheurs de Perles de Bizet dont Alexandre Bloch a su exprimer la juvĂ©nilitĂ© palpitante (grĂące aussi Ă  une distribution de jeune chanteurs français dont Julie Fuchs, Cyrille Dubois
) ; puis avec l’oratorio symphonique et rock de Bernstein, MASS, dĂ©lirant, inclassable et viscĂ©ralement fraternel ; enfin avec la 8Ăšme symphonie dite des « Mille » de Gustav Mahler, point d’orgue de l’intĂ©grale des symphonies mahlĂ©riennes qui a marquĂ© l’annĂ©e 2019. Jusqu’au nouveau festival d’opĂ©ra, chaque Ă©tĂ©, inaugurĂ© depuis 2019, avec Carmen et en 2020, Turandot


bloch alexandre docu film bienvenue maestro presentation annonce critique sur classiquenewsLe film « Bienvenue Maestro » est le fruit d’un compagnonage sur mesure : pendant un an, Georges Tillard a suivi Alexandre Bloch au plus prĂšs de sa relation avec les musiciens, le rĂ©pertoire et les publics nordistes. Le docu identifie ce qui au cƓur du mĂ©tier de chef d’orchestre : la rigueur, la sincĂ©ritĂ©, le travail qu’il faut accumuler pour faire naĂźtre le frisson du public ; surtout une certaine maniĂšre de communiquer aux musiciens pour les galvaniser et les impliquer sur une partition particuliĂšre.

En filigrane, le sujet chercher Ă  saisir ces instants de grĂące nĂ©s de l’entente voire de la complicitĂ© admirative entre le chef et les musiciens : « capter la musique en train de naĂźtre », tel « un pur moment d’alchimie crĂ©atrice qui donne envie Ă  un orchestre de suivre son chef, et au public de se laisser enchanter, en toute confiance ». De quoi nous rĂ©galer en ces temps de frustration et de confinement oĂč l’idĂ©e mĂȘme de nous rĂ©unir pour partager un concert symphonique est dĂ©sormais irrĂ©alisable et si lointaine. Incontournable.

france3 logo 2019 2019FRANCE 3, lun 4 mai 2020, 23h. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE / « Bienvenue Maestro » Documentaire / sur France 3 Hauts-de-France
A revoir sur FRANCE 3 HAUTS DE FRANCE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/emissions/les-documentaires-de-france-3-nord-pas-de-calais/documentaire-inedit-bienvenue-maestro-1407691.html

Paris. Le TCE affiche Le Messie version Mozart (1788)

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81PARIS TCE : 16,19 sept 2020. Le Messie, version Mozart, 1788. Der Messias : l’original de Haendel Ă©tait en anglais : destinĂ©Ă  l’origine pour le public britannique. Mais Wolfgang se passionne pour les oratorios du Saxon et dĂ©cide sur une demande particuliĂšre d’adapter le livret en allemand et de rĂ©Ă©crire Ă  sa façon certaines parties de la partition originelle. CrĂ©Ă©e pour la Semaine Mozart (Mozart Woche) Ă  Salzbourg en 2019, la production mise en scĂšne par Bob Wilson recyle les vieilles ficelles de son Ă©criture visuelle, figĂ©e entre Ă©pure nĂ©ofuturiste et rĂ©fĂ©rence au Kabuki nippon. Ses tableaux visuels fusionnent ils Ă  propos avec la musique de Haendel et le sens du livret ? Autant dire qu’ici malgrĂ© le panthĂ©isme et le naturalisme Ă©vident de Haendel dont la rĂ©flexion mystique du Messie, cĂ©lĂšbre aussi le miracle de la Nature et la relation clĂ© de l’homme et de la Terre, Wilson affecte toujours un imaginaire exclusivement artificiel qui pĂ©trifie les personnages dans des boĂźtes lumineuses Ă  l’épure sophistiquĂ©e
 Le cĂ©lĂšbre oratorio de Haendel rĂ©orchestrĂ© par Mozart, dans la mise en scĂšne de Robert Wilson pour la Mozartwoche de Salzbourg, sous la direction de Marc Minkowski.

 

 

 

 

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PARIS, TCE
Mercredi 16 septembre 2020
Vendredi 18 septembre 2020
Samedi 19 septembre 2020
Ă  19h30

 

RÉSERVEZ VOTRE PLACEboutonreservation
directement sur le site du TCE PARIS Théùtre des Champs Elysées
https://2021.theatrechampselysees.fr/saison/opera-mis-en-scene/der-messias

https://www.youtube.com/watch?v=fIDj9bk-KYY&feature=emb_logo

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messias-mozart-haendel-messie-oratorio-annonce-critique-classiquenews-TCE-paris-theatre-champs-elysees-sept-2020Robert Wilson | mise en scÚne, scénographie, lumiÚres
Nicola Panzer | co-metteur en scĂšne
Stephanie Engeln | co-scénographe
Carlos Soto | costumes
Tomasz Jeziorski | vidéo
Konrad Kuhn | dramaturgie

Elena Tsallagova | soprano
Helena Rasker | contralto
Richard Croft | ténor
José Coca Loza | basse
Alexis Fousekis | danseur

Les Musiciens du Louvre
Philharmonia Chor Wien | direction Walter Zeh
Marc Minkowski | direction musicale

Oratorio chanté en allemand, surtitré en français et en anglais

 

Le baron Gottfried Van Swieten commande Ă  Mozart l’adaptation de l’oratorio Le Messie de Haendel, en allemand. C’est Swieten qui fait connaĂźtre Ă  Wolfgang l’écriture de Bach et de Haendel : les baroques renouvellent l’inspiration de Mozart comme en tĂ©moigne cette nouvelle version du Messie, rĂ©Ă©crit en 1788, qui devient sous son titre germanique Der Messias. Mozart rĂ©orchestre, ajoute des parties de vents. A Paris, le TCE accueille aprĂšs Salzbourg, cette production inĂ©dite dans l’Hexagone, selon l’imaginaire de Bob Wilson pour lequel la partition est surtout un voyage spirituel. Les tableaux visuels, la scĂ©nographie ainsi Ă©laborĂ©e pour Le Messie n’ont d’autre vocation que de mieux comprendre le sens de la musique. A bon entendeur


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CONFINEMENT. EXPOS et MUSÉES virtuels à visiter

CONFINEMENT. EXPOS et musées virtuels à visiter.
MUSEES et EXPOS VIRTUELSEt si le confinement Ă©tait tout simplement le temps des musĂ©es et des expos ? Comme pour l’opĂ©ra, les ballets et les concerts en ligne dĂ©sormais, l’offre culturelle musĂ©ale comme les expositions enrichissent considĂ©rablement leurs contenus. Les parcours et programmes virtuels sont en plein essor. CLASSIQUENEWS vous propose sa sĂ©lection des sites les plus captivants. Le monde de demain a dĂ©jĂ  commencĂ© : ce ne sont pas les programmes culturels ci aprĂšs sĂ©lectionnĂ©s qui infirmeront cette Ă©volution sociĂ©tale et culturelle. Il faut Ă  prĂ©sent envisager de nouvelles maniĂšres d’accĂ©der aux Ɠuvres, de vivre l’art. Un nouvel accĂšs Ă  la culture se prĂ©cise, ce qui Ă©videmment quand le confinement sera levĂ©, n’empĂȘche pas de retrouver le contact direct avec les Ɠuvres et les salles d’exposition comme les musĂ©es. En somme, une alternative heureuse et sereine pour nous faire mieux patienter
 et pour prĂ©parer sereinement nos prochaines visites rĂ©elles dans les musĂ©es et galeries d’art.

 

 

 

 

 

EXPOS virtuelles

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Exposition VOIX ENSEVELIES (Opéra de Paris / BNF)

voix ensevelies opera urnes opera de paris expositon classiquenews caruso melba pattiDes urnes de l’OpĂ©ra surgissent du passĂ©, dĂ©voilant dans leur intensitĂ© prĂ©servĂ©e, les voix et l’art du chant du siĂšcle passĂ©. En 1989, on dĂ©couvrait, dans les sous-sols de l’OpĂ©ra de Paris, quatre urnes de mĂ©tal, enfouies en 1907 et 1912. ConfiĂ©es Ă  la BnF, elles furent ouvertes en 2008 : elles contenaient un gramophone et des disques de musique du rĂ©pertoire classique, surtout lyrique, enregistrĂ©s Ă  l’OpĂ©ra. Le donateur, Alfred Clark, prĂ©sident de la compagnie française du Gramophone, avait souhaitĂ© que les hommes du XXIe siĂšcle dĂ©couvrent : ” quel Ă©tait alors l’état des machines parlantes, encore aujourd’hui presque Ă  leurs dĂ©buts, quels progrĂšs surtout auront amĂ©liorĂ© cette prĂ©cieuse invention au cours d’un siĂšcle ” et ” quelle Ă©tait alors la voix des principaux chanteurs de notre temps (…) “

L’exposition raconte l’aventure de ces « urnes de l’OpĂ©ra », montre les photos de leur enfouissement, le film de leur ouverture ; elle fait entendre les grandes voix lyriques venues du passĂ©, comme celles de Patti (Ă  6 » ans), Journet, Melba, Plançon ou de Caruso, sans omettre Tamagno (crĂ©ateur de l’Otello de Verdi Ă  Paris en 1887 ; Paul Franz, Daniel Vigneau …

VOIR l’exposition Voix ensevelies : http://expositions.bnf.fr/voix/index.htm

 

 

 

 

 

 

FRIDA KAHLO
Faces of Frida, l’exposition virtuelle autour de Frida Kahlo
https://artsandculture.google.com/project/frida-kahlo

 

 

 

LE GRAND OPERA ROMANTIQUE à la française
DECORS-gustave-III-bal-masque-VERDI-grand-opera-ballet-annonce-critique-classiquenewsScribe, Meyerbeer et avant eux, Adam et Rossini : les compositeurs romantiques inventent le grand opĂ©ra parisien, un spectacle total, d’une ambition de moyens (dĂ©cors, machineries, choeurs et solistes…) jamais vue auparavant. Dans les annĂ©es 1830, Ă  l’Ă©poque oĂč Louis Philippe cultive le goĂ»t de l’histoire et une adoration nouvelle pour la Renaissance, l’opĂ©ra français se rĂ©invente et produit ce spectacle divertissant complet, comprenant 5 actes, un ballet, des dĂ©cors superbes et des voix en or… destinĂ©s Ă  la bourgeoisie victorieuse… L’exposition virtuelle passionnante qui prolonge ainsi par voie numĂ©rique l’exposition qui avait eu lieu jusqu’en fĂ©vrier 2020 au Palais Garnier. VISITEZ : https://www.operadeparis.fr/visites/expositions/le-grand-opera-1828-1867-le-spectacle-de-lhistoire

 

 

 

    

SOPHIE TAEUBER-ARP
Sophie Taeuber-Arp, l’expo virtuelle du MoMA (anglais)
https://artsandculture.google.com/exhibit/sophie-taeuber-arp/swKioHNhYqZoLw

 

 

 

LES CHATS
Les chats dans l’Histoire de l’art
https://legacy-uma.org/exhibition/cats_in_art_history/
Passionnante exposition prĂ©sentĂ©e par l’UMA Universal Museum of Art
qui dĂ©voile passion des peintres pour les fĂ©lins. Entre autres, plusieurs inĂ©dits : le garçon au chat de Renoir (nu masculin de 1868) / toiles de GĂ©ricault, Bachelier (le chant angora), Garneray (autoportrait au chat), Fragonard
 sans omettre Ă©videmment l’inĂ©vitable Olympia de Manet et son petit chat noir (1863), Balthus (ThĂ©rĂšse rĂąvant, 1938), ou le sublime morceau de rĂ©ception Ă  l’AcadĂ©mie de (La Raie, dynamisĂ© par un jeune chat saisi ou surpris par les derniers soupirs des poissons posĂ©s sur la table, vers 1725)

 

 

 

 

RAPHAËL à Chantilly
500 Úme anniversaire de la mort du peintre Raphaël
Visite virtuelle de l’exposition ayant commencĂ© dĂ©but mars 2020
https://www.youtube.com/watch?v=dZFKkZqO9ik

 

 

 

NOTRE-DAME DE PARIS
Exposition virtuelle ‘Notre-Dame de Paris en plus de 100 oeuvres’
Accessible en ligne, l’exposition virtuelle « Notre-Dame de Paris en plus de 100 oeuvres » Ă©voque l’histoire de la cathĂ©drale martyre ; le parcours identifie les grands Ă©vĂšnements dont elle a Ă©tĂ© le tĂ©moin
 plus de 100 reproductions d’Ɠuvres, de toutes les Ă©poques tĂ©moignent d’une Ă©popĂ©e unique au monde, laquelle fait de Notre-Dame, la reine des cathĂ©drales en Europe. PrĂ©sentĂ©e par Paris MusĂ©es.
http://parismuseescollections.paris.fr/fr/expositions-virtuelles/notre-dame-de-paris-en-plus-de-100-oeuvres

 

 

 

LA TOUR EIFFEL en 1900, pour l’exposition universelle
https://artsandculture.google.com/exhibit/la-tour-eiffel-en-1900/AQIjquQC

 

 

 

POMPEI
ExposĂ©es au Grand Palais, plusieurs piĂšces maĂźtresses en provenance de PompĂ©i sont prĂ©sentĂ©es en version numĂ©rique. Nouvelles fouilles (dĂ©couvertes rĂ©centes dans la maison d’Orion), campagnes de restauration (mosaĂŻques), reconstitution (Maison au jardin)

VISITEZ
https://www.grandpalais.fr/fr/evenement/pompei

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SITES CULTURELS

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MUSEE DU LOUVRE
FermĂ© le musĂ©e vous ouvre ses portes afin de rĂ©viser l’histoire des Ɠuvres que vous pourrez voir in situ aprĂšs le confinement. Visite virtuelle de l’exposition « Figures d’artistes », en tĂȘte Ă  tĂȘte avec la Joconde, sĂ©lection de chefs d’oeuvre
(restauration de la Victoire de Samothrace), des confĂ©rences en ligne (24h avec Michel-Ange), sans omettre plusieurs concerts de l’Auditorium du Louvre en accĂšs gratuit

https://www.louvre.fr/fr/

 

 

MUSÉE NATIONAL DE LA RENAISANCE à ÉCOUEN
https://musee-renaissance.fr
La Renaissance française a son musĂ©e : l’écrin d’Ecouen dont la façade principale de sa cour intĂ©rieure, fut conçue pour recevoir en un portique nĂ©o romain les esclaves de Michel Ange (aujourd’hui au Louvre). Actuellement sur le site : visite virtuelle du MusĂ©e, architecture du chĂąteau d’Écouen, parcours RaphaĂ«l, documentaire La France de la Renaissace (architecture et dĂ©cor au XVIĂš : les modĂšles des palais français de la Renaissance : Chateaudun, Azay, Chambord, Louvre, Anet, Phare de Cordouan et sa chapelle
) », 
 durĂ©e 14 mn (lien direct : https://www.youtube.com/watch?v=5iBNihoPuro&feature=emb_logo )

 

 

CHÂTEAU DE VERSAILLES
http://www.chateauversailles.fr/decouvrir/ressources/expositions-virtuelles

Entre autres :
Louis XIV / Nicolas Fouquet : une histoire du goĂ»t / l’architecture, la construction du palais
 dĂ©coration intĂ©rieure

Louis XIV : construction d’une image politique
La mode Ă  Versailles : elle; lui
A la table des rois
Les sciences Ă  Versailles, …

 

 

ECOLE DU LOUVRE
http://www.ecoledulouvre.fr/documentation/phototheque/expositions-virtuelles

Préhistoire
Antiquité égyptienne, Moyen Age, Renaissance, temps modernes (baroques : XVIIÚ-XVIIIÚ)


 

 

Le COLLEGE DE FRANCE
VOIR aussi le site du CollĂšge de France, institution du savoir particuliĂšrement sĂ©rieuse et diversifiĂ©e dans le choix de ses cours. Tous les sujets sont abordĂ©s en accĂšs gratuit, le temps du confinement. Son « campus numĂ©rique » permet ainsi d’explorer plus de 10 000 documents audiovisuels qui sont des cours et des colloques des professeurs dans toutes les disciplines. A vous donner le vertige

https://www.college-de-france.fr/site/college/index.htm

 

 

MUSEE JACQUEMART ANDRÉ
Site trÚs attrayant car riche en images. Actuellement, « S comme Saint Sébastien et son martyre par Donatello, génie de la Renaissance italienne », mais aussi rubrique « nos incontournables » : tableaux majeurs des collections dont ceux de Fragonard
https://www.musee-jacquemart-andre.com/fr/home

 

 

 

 

 

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LIRE aussi notre dossier spécial opéras, ballets et concerts accessibles en ligne : la sélection de classiquenews

opera-critiques-comptes-rendusOpĂ©ra chez soi, ballets Ă  la maison, concerts en direct
 En quelques semaines (depuis la mi mars), confinement oblige, internet est devenu le seul accĂšs Ă  la culture, sous condition que les acteurs habituels, empĂȘchĂ©s Ă  prĂ©sent, diffusent sur leur site spĂ©cifique leurs propres contenus. L’offre s’est Ă©largie ; elle ne cesse de s’enrichir mĂȘme et les maisons d’opĂ©ras et de danse, les institutions d’Europe les plus diverses (orchestres, salles de concerts, festivals
) mettent en ligne leurs fonds vidĂ©o, certains en streaming et selon les acteurs, sur une durĂ©e plus ou moins limitĂ©e. Classiquenews vous propose ici sa sĂ©lection des meilleurs sites et programmes annoncĂ©s. Certains jouent la carte du live, offrant de rĂ©els instants uniques dont feu et fragilitĂ© renouvellent l’esprit du partage, comme une alternative concrĂšte Ă  l’interdiction dĂ©sormais de se regrouper dans les salles
 (voir ci aprĂšs, les concerts live du cycle « Aux notes citoyens », initiĂ© par le Festival 1001 notes).
De quoi alimenter notre curiositĂ©, stimuler l’évasion et conjurer autant qu’il se peut les mĂ©faits de l’enfermement obligĂ©. Nous ajoutons aussi les perles du net soit les programmes disponibles ordinairement accessibles sur la toile
 Bon confinement, prenez soin les uns des autres et restez chez vous !

 

8Ú Festival la Clé des portes : 25-29 juillet 2020

cle-des-portes-festival-8eme-edition-annonce-critique-valentin-berlinsky-classiquenews-festival-2020CENTRE VAL DE LOIRE. Festival La ClĂ© des Portes, du 25 au 29 juillet 2020 (8Ăš Ă©dition) – En rĂ©gion Centre Val de Loire, sous la direction artistique de Ludmila BerlinskaĂŻa et Arthur Ancelle, le 8Ăš festival au titre enchanteur, « la clĂ© des portes » maintient son Ă©dition 2020, proposant plusieurs fleurons de la musique de chambre et un hommage au fondateur du Quatuor Borodine, le violoncelliste Valentin Berlinski ; « bien que la situation soit exceptionnellement incertaine, nous avons dĂ©cidĂ© de maintenir le festival », prĂ©cisent les producteurs.
IntitulĂ© ” De d’Artagnan Ă  Don Quichotte – Hommage Ă  Valentin Berlinsky “, la 8Ăš Ă©dition propose une programmation qui vaut portrait de celui qui fut le violoncelliste et l’Ăąme du Quatuor Borodine pendant plus de 60 ans – et le pĂšre de Ludmila BerlinskaĂŻa. Des concerts et une exposition marquent la singularitĂ© de cette 8Ăš Ă©dition 2020 (exposition « histoire d’une vie », espace de la CorbilliĂšre Ă  Mer, jusqu’au 16 aoĂ»t 2020).

Le Quatuor Borodine s’est maintenu de 1945 Ă  aujourd’hui grĂące Ă  la personnalitĂ© hors normes de Valentin Berlinsky (1925-2008), artiste engagĂ© et exigeant, proche d’Alexandre Soljenitsyne, Maya Plisetskaya, AndreĂŻ Sakharov, Garry Kasparov
 Le Quatuor Borodine fut le premier ensemble soviĂ©tique Ă  voyager hors d’URSS, rĂ©alisant pas moins de 600 tournĂ©es dans 54 pays
 En 2020, si le contexte le permet, le 8Ăš festival propose aussi un nouveau voyage musical dont chaque journĂ©e de concerts porte le nom d’une ville qui a marquĂ© la vie de Valentin Berlinsky : Irkousk, Moscou, Paris, Alderburgh, Saint-Petersbourg


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Au programme : JS BACH, CHOSTAKOVITCH, SCHUBERT, TCHAIKOVSKI, RACHMANINOFF, MOZART, BARTOK, DVORAK, BEETHOVEN, TISCHTCHENKO – artistes : Dmitri Berlinski, violoncelle / Quatuor Berlinsky / Ludmilla BerlinskaĂŻa et Arthur Ancelle, piano / Quatuor Van Kuijk / Quatuor Danel / Trio OrphĂ©e

INFOS et RESERVATIONS : www.lacledesportes-festival.com
Ă  MER, espace de la CorbilliĂšre (41500 MER), au Clos du Tilleul – 41370 ROCHES TALCY
https://www.lacledesportes-festival.com/programme/

CONFINEMENT, vidéos créatives. Les Perles du NET

copyright georges berenfeld photo le palais royal maestroCONFINEMENT, vidĂ©os crĂ©atives. Les chanteurs du Palais Royal cĂ©lĂšbrent les vertus du bain. MĂȘme confinĂ©s chez eux, les instrumentistes du National de Metz entendent cĂ©lĂ©brer le gĂ©nie et la fureur de l’indomptable Beethoven pour ses 250 ans en 2020 : ils jouent ensemble mais sĂ©parĂ©ment, le finale de la 5Ăš symphonie de Beethoven… Retrouvez ici, les meilleures initiatives musicales pour contrer l’isolement et l’impossibilitĂ© du partage, qu’impose depuis le 17 mars dernier, les modalitĂ©s du confinement. Restez chez vous mais… en musique !

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L’ORCHESTRE NATIONAL DE METZ JOUE LA 5Ăšme DE BEETHOVEN

ConfinĂ©s, chacun chez soi, les instrumentistes de l’Orchestre Symphonique de Metz jouent le finale de l’énergique voire impĂ©rieuse 5Ăš Symphonie de Beethoven, cĂ©lĂ©brant ainsi Ă  leur façon le 250Ăš anniversaire de Beethoven.
 

VISIONNER le finale de la 5ù Symphonie de Beethoven par l’Orchestre National de Metz, ici : https://www.youtube.com/watch?v=NbFsULttOWY&feature=youtu.be 

 

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LES CHANTEURS DU PALAIS ROYAL CHANTENT ROSSINI

Les chanteurs du Palais Royal cĂ©lĂšbrent les vertus du bain. Chacun sous la douche chante les plaisirs insoupçonnĂ©s du bain
 Les Chanteurs du Palais Royal (direction : Jean Philippe Sarcos) conjurent les effets du confinement forcĂ© en poussant la chansonnette, dans le style rossinien le plus dĂ©luré  Soit 19 chanteurs, tous dans leur salle de bain, accompagnĂ©s au piano pour un dĂ©lire de presque 3mn

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VOIR la vidéo « BAIN DE MINUIT » par les chanteurs du Palais Royal
https://www.youtube.com/watch?v=mQqa0xYDxMo&feature=youtu.be

 

 

La chaĂźne Youtube du Palais Royal / Jean-Philippe Sarcos :
https://www.youtube.com/channel/UCWeA99shNd9IBFE79N-DkJw

 

 

 

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RedĂ©couvrez Rossini comme vous ne l’avez jamais vu et entendu, dans une version inĂ©dite pour chanteurs, piano, pommeaux de douche et peignoirs !

Choeur “Io del credito” extrait de l’opĂ©ra La Pietra del paragone de Rossini.

Le Palais royal, direction Jean-Philippe Sarcos
Orlando Bass, piano

Solistes (par ordre d’apparition) :
Olivier Gourdy, baryton
Alexandre Martin-Varroy, baryton
Lucas Bacro, baryton
Lancelot Lamotte, ténor
Marina Ruiz, soprano
Pauline Feracci, soprano

Choeur :
Lou Benzoni Grosset
Anne d’Autume
Ann-Lenaig Hamon
Anne-Sophie Honoré
Meryem Khazzan
Rose et PhilomĂšne Renard
Faustine Rousselet
Marine Chagnon
Laëtitia du Roy
Charlotte Sarcos
Claire-Elie Tenet
Frédéric Bayle
Carlos Builes
Brice Laurent

OPÉRA CHEZ SOI. MONTEVERDI : Le Retour d’Ulysse dans sa patrie (Gardiner, 2017)

monteverdi-ritorono-d-ulisse-patria-opera-gardiner-critique-review-classiquenewsOPÉRA CHEZ SOI. MONTEVERDI : Le Retour d’Ulysse dans sa patrie, Gardiner 2017, Ă  voir dĂšs aujourd’hui. The Monteverdi Choir, The English baroque soloists / John Eliot Gardiner proposent une sĂ©rie de captations vidĂ©os pendant le confinement en accĂšs gratuit depuis leur chaine Youtube. Dans le cycle de la trilogie des opĂ©ras de Monteverdi, l’ensemble britannique met en ligne ce jour (friday / vend 24 avril 2020 – 7 pm heure de Londres / 18h heure de Paris), la production du Ritorno d’Ulisse in patria / le Retour d’Ulysse dans sa patrie de Claudio Monteverdi captĂ©e Ă  La Fenice de Venise en 2017 (version semi scĂ©nique). En ligne jusqu’au 9 juillet 2020.

VISIONNER ici
la production du Ritorno d’Ulisse in patria / le Retour d’Ulysse dans sa patrie de Claudio Monteverdi captĂ©e Ă  La Fenice de Venise en 2017
https://www.youtube.com/channel/UCBYbc4_3QJ9YEhXJtCTVO0A

La vidéo ne présente pas de sous titres ; télécharger le livret / libretto, et les traductions des dialogues et airs depuis le site du Monteverdi Choir, ici :
https://issuu.com/monteverdi9/docs/sdg730-ulisse-booklet

OpĂ©ras et autres Ɠuvres de Monteverdi dĂ©jĂ  en ligne :
Vespro della Beata Vergine
L’Orfeo
Friday 24 April 2020: Monteverdi Il ritorno d’Ulisse in patria
Friday 1 May 2020 / à venir le 1er mai 2020 : Monteverdi L’incoronazione di Poppea

En ligne jusqu’au 9 juillet 2020.

DĂ©tail distribution L’Orfeo (La Fenice, 2017)   –   Monteverdi – L’Orfeo (1607)

Monteverdi Choir
English Baroque Soloists
John Eliot Gardiner – conductor / direction

Orfeo: Krystian Adam
La Musica/Euridice: Hana BlaĆŸĂ­kovĂĄ
Messaggera: Lucile Richardot
Proserpina: Francesca Boncompagni
Caronte/Plutone: Gianluca Buratto
Speranza: Kangmin Justin Kim
Ninfa: Anna Dennis
Apollo: Furio Zanasi
Pastore I: Francisco FernĂĄndez-Rueda
Pastore II/Spirito II/Eco: Gareth Treseder
Pastore IV/Spirito III: John Taylor Ward
Pastore III: MichaƂ Czerniawski
Spirito I: Zachary Wilder

This concert was filmed at Teatro La Fenice, Venice on 16 June 2017

VISITER le site du Monteverdi Choir / Gardiner / https://monteverdi.co.uk

CD Ă©vĂ©nement, critique. ” SILAS “, Silas BASSA, piano (1 cd Klarthe records)

PIANO-KLARTHE-CD-critique-classiquenews-concert-cd-piano-critique-review-silas-bassa-piano-concert-cd-critique-classiquenews-KLA099couv_lowCD Ă©vĂ©nement, critique.  ” SILAS “, Silas BASSA, piano (1 cd Klarthe records)   –   Il avait dĂ©jĂ  fait paraĂźtre chez Paraty, deux albums singuliers, affirmant une personnalitĂ©s artistique dense et affirmĂ©e (DualitĂ , Oscillations : lire ici notre prĂ©sentation critique du cd DualitĂ  )  -  En un « piano qui pense le monde » (dixit notre rĂ©dacteur Lucas Irom Ă  propos du recueil et des concerts « DualitĂ  »), le pianiste et compositeur argentin Silas Bassa rĂ©cidive un parcours semĂ© d’éclats poĂ©tiques dont le goĂ»t des contrastes enchanteurs et des ambiances Ă©clectiques confirment une nette disposition pour l’imaginaire.

Dans ce nouveau programme intitulĂ© « SILAS », Ă©ditĂ© par Klarthe records, l’interprĂšte de ses propres Ɠuvres rĂ©alise au piano comme un AUTOPORTRAIT MUSICAL. En 5 lettres majuscules, comme autant de facettes, uniques, complĂ©mentaires : « SILAS » ; composantes d’un ĂȘtre multiple. Qui cependant ne sacrifie en rien son unitĂ© sensible. Dans DualitĂ , le pianiste rĂ©ussissait un superbe collage d’oeuvres connues signĂ©es Messiaen, Glass, Debussy
complĂ©tĂ©es par ses partitions, soit une ode aux voix du XXĂš, que le compositeur prolonge ici par un nouveau kalĂ©idoscope serti de piĂšces de son cru : que des compositions personnelles et originales. Il en rĂ©sulte 10 piĂšces personnelles, 10 Ă©tapes d’un voyage intime menant de la pampa argentine aux pavĂ©s parisiens. La palette des Ă©motions est large, aux enchaĂźnements imprĂ©vus et rĂ©vĂ©lateurs. Ce sont des cartes postales, des souvenirs tĂ©nues, rĂ©itĂ©rĂ©s (« amor de madre »), des hommages directs (« Katia the runaway », « Rosa Bonheur » ), des instants privilĂ©giĂ©s captĂ©s dans l’intimitĂ© domestique (« le chat et le poisson rouge »), des clins d’oeil introspectifs (« letter to myself »); et comme souvent, une complicitĂ© partagĂ©e (« trust » avec la violoncelliste Maitane Sebastian)
. 

 

Identifions quelques jalons dans ce parcours hors normes, subtilement autobiographique. « Wonder » (1) puis « Going with the flow » (2) sont des Ă©vocations fugitives, des interrogations suspendues qui semblent Ă©grener les heures et questionner le flux du temps : le pianiste compositeur exploite les riches basses de l’instrument, un Steinway D (2) en alternant des sĂ©quences rĂ©pĂ©titives citant Satie et Glass, avec une puissance de jeu toujours trĂšs contrĂŽlĂ©e. Katia la fugueuse / « Katia the runaway » (3) est le premier portrait de ce programme trĂšs personnel, Ă©vocation plus tourmentĂ©e et versatile ; de quoi contraster avec le rythme plus passionnĂ© et dansant comme un tango assagi d’ »Amor de madre » (4) / amour maternel. « The call » (5) expose un dramatisme presque Ăąpre puis le rĂ©sout dans le balancement d’une contine intĂ©rieure aux accents plus inquiets et dissonants
 Comme une confession adressĂ©e Ă  soi, « Letter to myself » est plus aĂ©rien, d’une insouciance qui rĂ©gĂ©nĂšre (6).

« Magma » porte bien son nom et exprime l’imminence d’une catastrophe Ă  venir, un trop plein prĂȘt Ă  exploser (7) que compense une sĂ©quence plus grave et presque murmurĂ©e : le chant du volcan avant son Ă©ruption ?

« Trust » saisit par contraste lĂ  encore par son questionnement hypnotique (8) et l’expression d’une plĂ©nitude recouvrĂ©e, en complicitĂ© avec le violoncelle ; d’une narration nerveuse, l’épisode (vĂ©cu?) « Le chat et le poisson rouge » en français dans le texte indique un souvenir intime, l’immersion du quotidien dans un programme Ă  la couleur en effet autobiographique.

CLIC D'OR macaron 200Ambiances et atmosphĂšres riches en sensations et rĂ©itĂ©rations multiples, le programme parcourt des tranches de vie, des expĂ©riences aux rĂ©sonances intimes qui mĂȘme si leur sens profond nous Ă©chappent, invitent Ă  une bienheureuse rĂȘverie, une mĂ©lancolie heureuse, Ă©panouie qui vivifie l’espoir et cĂ©lĂšbre la vie.

 

 

 

 

 

 

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CD événement, critique : SILAS / Silas Bassa, piano, 1 cd Klarthe records, Parution annoncée le 15 mai 2020 (sortie digitale) ; le 6 novembre 2020 : sortie physique. CLIC de CLASSIQUENEWS

 

 

 

 

 
 

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approfondir

LIRE aussi nos autres articles SILAS BASSA sur CLASSIQUENEWS
Entretien avec Silas Bassa à propos de son album Dualità
 « un chemin de libertĂ© et d’équilibre. Ecrire, c’est remercier la vie ».
http://www.classiquenews.com/entretien-avec-silas-bassa-pianiste-hors-normes-a-propos-de-son-cd-dualita-paraty/

 

CD, annonce. ” SILAS “, Silas BASSA, piano (1 cd Klarthe records)

PIANO-KLARTHE-CD-critique-classiquenews-concert-cd-piano-critique-review-silas-bassa-piano-concert-cd-critique-classiquenews-KLA099couv_lowCD, annonce.  ” SILAS “, Silas BASSA, piano (1 cd Klarthe records)   –   Il avait dĂ©jĂ  fait paraĂźtre chez Paraty, deux albums singuliers, affirmant une personnalitĂ©s artistique dense et affirmĂ©e (DualitĂ , Oscillations : lire ici notre prĂ©sentation critique du cd Dualità )  -  En un « piano qui pense le monde » (dixit notre rĂ©dacteur Lucas Irom Ă  propos du recueil et des concerts « Dualità »), le pianiste et compositeur argentin Silas Bassa rĂ©cidive un parcours semĂ© d’éclats poĂ©tiques dont le goĂ»t des contrastes enchanteurs et des ambiances Ă©clectiques confirment une nette disposition pour l’imaginaire. Dans ce nouveau programme intitulĂ© « SILAS », Ă©ditĂ© par Klarthe records, l’interprĂšte de ses propres Ɠuvres rĂ©alise au piano comme un AUTOPORTRAIT MUSICAL. En 5 lettres majuscules, comme autant de facettes, uniques, complĂ©mentaires ; composantes d’un ĂȘtre multiple. Qui cependant ne sacrifie en rien son unitĂ© sensible. Dans DualitĂ , le pianiste rĂ©ussissait un superbe collage d’oeuvres connues signĂ©es Messiaen, Glass, Debussy
complĂ©tĂ©es par ses partitions, soit une ode aux voix du XXĂš, que le compositeur prolonge ici par un nouveau kalĂ©idoscope serti de piĂšces de son cru : que des compositions personnelles et originales. Il en rĂ©sulte 10 piĂšces personnelles, 10 Ă©tapes d’un voyage intime menant de la pampa argentine aux pavĂ©s parisiens. La palette des Ă©motions est large, aux enchaĂźnements imprĂ©vus et rĂ©vĂ©lateurs. Ce sont des cartes postales, des souvenirs tĂ©nues, rĂ©itĂ©rĂ©s (« amor de madre »), des hommages directs (« Katia the runaway », « Rosa Bonheur » ), des instants privilĂ©giĂ©s captĂ©s dans l’intimitĂ© domestique (« le chat et le poisson rouge »), des clins d’oeil introspectifs (« letter to myself »); et comme souvent, une complicitĂ© partagĂ©e (« trust » avec la violoncelliste Maitane Sebastian)
. Prochaine critique du cd SILAS / Silas Bassa, piano, 1 cd Klarthe records, dans le mag cd dvd livres de classiquenews. Parution annoncĂ©e le 15 mai 2020 (sortie digitale) ; le 6 novembre 2020 : sortie physique.

 

 

 

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approfondir

LIRE aussi nos autres articles SILAS BASSA sur CLASSIQUENEWS
Entretien avec Silas Bassa Ă  propos de son album Dualità
 « un chemin de libertĂ© et d’équilibre. Ecrire, c’est remercier la vie ».
http://www.classiquenews.com/entretien-avec-silas-bassa-pianiste-hors-normes-a-propos-de-son-cd-dualita-paraty/

 
 

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L’OpĂ©ra chez soi, depuis le METROPOLITAN OPERA New York

Les Contes d'Hoffmann d'Offenbach au MetMETROPOLITAN OPERA : l’opĂ©ra chez soi. RETROUVEZ ici les opĂ©ras accessibles depuis le site du METROPOLITAN OPERA pendant la pĂ©riode du confinement. Attention, visitez rĂ©guliĂšrement le site du MET car les mises en ligne sont rapidement renouvelĂ©es et il n’existe pas de planning pour organiser les sĂ©ances de visionnage…

 

 

 

 

 

 

 

 

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MASSENET : MANON / Anna Netrebko

https://metoperafree.brightcove.services/?videoId=6155287478001

VoilĂ  une trĂšs convaincante production de 2012 (malgrĂ© la mise en scĂšne des plus dĂ©pouillĂ©e et finalement terne de Laurent Pelly) : preuve nĂ©anmoins que l’opĂ©ra romantique français est solidement dĂ©fendu outre Atlantique. En sublime robe blanche et chapeau Ă  larges bords, la diva austro russe chante la priĂšre hĂ©doniste du Cours la Reine, vraie priĂšre Ă  profitez bien de la jeunesse (nous n’aurons pas toujours 20 ans) : si elle n’est pas coloratoure, Anna Netrebko (« ravissante Manon ») Ă©blouit par la suretĂ© du timbre, la tendresse diamantine de sa voix, certes peu agile mais d’une sincĂ©ritĂ© troublante. La diva dĂ©ploie sa fabuleuse plastique, idĂ©ale beautĂ© qui ressuscite la figure de la tentatrice devenue pĂȘcheresse inventĂ©e par son concepteur moralisateur au XVIIIĂš, l’AbbĂ© PrĂ©vost (1731). Le chef Fabio Luisi n’a pas non plus cette Ă©lĂ©gance dĂ©tachĂ©e – parisienne (Ă  la mode viennoise) d’un Massenet qui regarde vers le XVIIIĂš, mais la direction ne manque pas de caractĂšre ni de souci d’équilibre, veillant par exemple Ă  ne pas couvrir les voix pour les nombreuses scĂšnes de thĂ©Ăątre accompagnĂ©. Depuis que l’ex marraine du Met Beverly Sills, coloratoure mĂ©morable a marquĂ© le rĂŽle-titre, – avant la no moins divine RenĂ©e Fleming qui l’a chantĂ© Ă  Bestille, l’Ɠuvre a sa tradition Ă  New York et continue d’ĂȘtre un dĂ©fi de taille pour toute soprano dĂ©sireuse de vivre son adoubement mĂ©tropolitain. C’est assurĂ©ment le cas pour Anna Netrebko, d’autant que le DesGrieux de Piotr Beczala ne manque ni de finesse ni de profondeur, ayant cet allant juvĂ©nile (et l’articulation du français), rĂ©ellement crĂ©dible (« Ah fuyez douces images  », air radical et amoureux qui vaut bien celui de Don JosĂ© dans Carmen de Bizet : « La fleur que tu m’avais jeté » )

Leur duo Ă  Saint-Sulpice, Ă©pisode clĂ© oĂč la courtisane parisienne reconquiert son ex amant, 
 devenu pourtant abbĂ©, fait mouche (« écoute moi, rappelle toi ; n’est ce plus ma main que cette main presse  »)  : grande scĂšne de thĂ©Ăątre lyrique oĂč les deux chanteurs protagonistes doivent ĂȘtre aussi / autant acteurs : angĂ©lisme terrassĂ© de la sirĂšne, vaine rĂ©sistance du faux ecclĂ©siastique.

MĂȘme les rĂ©cits en français sont majoritairement intelligibles. La proposition est aussi intĂ©ressante car elle est intĂšgre le fameux opĂ©ra qui comporte son ballet, emblĂšme du grand opĂ©ra Ă  la française, surenchĂšre nĂ©obaroque traitĂ© comme il se doit par un Massenet fĂ©ru d’exotisme historique dans le style de Couperin
 prĂ©texte pour, sur scĂšne, dĂ©voiler les regards avides des hauts de forme noirs Ă  l’encontre des jeunes danseuses en tutus longs blancs
 un clin d’Ɠil Ă  ce que dĂ©nonça Degas dans son Ɠuvre opĂ©ratique. Une superbe galanterie destinĂ©e Ă  divertir Manon, laquelle ne songe dĂ©jĂ  qu’à l’abbĂ© de Saint-Sulpice. La captation est remarquablement rĂ©alisĂ©e, dĂ©voilant justement avant l’épisode de reconquĂȘte, les coulisses et la prĂ©paration du dĂ©cor saint-sulpicien, ses chaises, ses pilastres colossaux
 et ses bigotes affairĂ©es, concentrĂ©es n’ayant d’intĂ©rĂȘt que pour le bel abbĂ© de Saint-Sulpice. A voir indiscutablement. Y compris les entretiens en coulisse, dont celui avec Anna, aprĂšs la scĂšne sulpicienne, oĂč Anna dĂ©taille toutes les robes qu’elle porte, avec la complicitĂ© de Deborah Voigt
 et la responsable des costumes du Met. En n’omettant pas de prĂ©ciser ce qu’elle apprĂ©cie dans le personnage de Manon. Avec Mortefontaine (Christophe Montagne), DesGrieux pĂšre (David Pittsinger) / Fabio  Luisi, direction / Laurent Pelly (mise en scĂšne).

 

 

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PUCCINI : TURANDOTTurandot-christine-Goerke-zeffirelli-nezet-seguin-opera-critique-classiquenews
NĂ©zet-SĂ©guin / Zeffirelli / Christine Goerke, TurandotJusqu’au 22 mai, 6.30 pm (heure locale New York / donc + 6h en France, Minuit trente)  -  Volet de la saison 2019, voici un grand spectacle hollywoodien (avec mouvements de camĂ©ras cinĂ©matographiques, – captation dans les salles obscures oblige ; figurants costumĂ©s, acrobates, danseurs
) ; la vision de Zeffirelli certes un rien kitsh est propre Ă  Ă©voquer la Chine impĂ©riale, cruelle et flamboyante, celle de la terreur et des dĂ©capitations en sĂ©rie. La direction de Yannick NĂ©zet-SĂ©guin trouve des accents dĂ©taillĂ©s, pittoresques, parfois trĂšs finement ciselĂ©s et justes ; la distribution est hĂ©las inĂ©gale : seuls les 3 ministres des rites (excellent dĂ©but du II, surtout orchestralement), un Empereur Altoum crĂ©dible (Carlo Bosi), une princesse pure mais inflexible et dĂ©terminĂ©e Ă  venger son aĂźnĂ©e Lo u ling, au chant solide et bien timbrĂ© (Christine Goerke). Finale en apothĂ©ose, oĂč Puccini a des accents straussiens
oĂč enfin la princesse frigide s’éveille miraculĂ©e Ă  l’amour. DurĂ©e 2h40.
VISIONNER Turandot de Puccini au Mettropolitan Opera de New York
https://metoperafree.brightcove.services/?videoId=6155286348001
Production mise en scĂšne par Franco Zeffirelli, auquel elle est dĂ©diĂ©e, en raison de son dĂ©cĂšs en 2019 – prĂ©sentĂ©e en backstage par Angel Blue. Entretien avec le chef en fin de partie…
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R. STRAUSS / HOFFMANNSTHAL : ARIADNE AUF NAXOS (1988, Levine)
https://metoperafree.brightcove.services/?videoId=6154153185001
ARIADNE-AUF-NAXOS-STRAUSS-JESSYE-NORMAN-opera-critique-review-CLASSIQUENEWSProduction mythique sous la direction de James Levine, avec la diva articulĂ©e, ciselĂ©e, au timbre de velours, au verbe habitĂ© : Jessye Norman. La diva exprime d’abord la prima donna, capricieuse, volubile (Prologue) ; puis, dans l’opĂ©ra proprement dit (Ă  00h45mn10), Ariane, Ăąme dĂ©truite, trahie, abandonnĂ©e (par ThĂ©sĂ©e qu’elle a pourtant sauvĂ© du labyrinthe Ă  Cnosos) qui rĂ©alise les aspirations morales que le Componist (Tatyana Troyanos) incarne dans le Prologue : Ariane tragique se lamente, s’alanguit devant la grotte ; la contredit alors la lĂ©gĂšretĂ© vertigineuse de Zerbinette (Kathleen Battle) associĂ©e aux comĂ©diens italiens, d’essence comique. Puis, c’est la rencontre avec Dyonisos / Bacchus, dieu salvateur qui la sauve et permet sa mĂ©tamorphose finale
 Somptueux accomplissement lyrique. A voir en urgence (avant que le MET ne retire ce replay). On vous aura prĂ©venu.

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THOMAS : HAMLET (1868)
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Production filmée en 2010
diffusion de mai 2020

hamlet-thomas-metropolitan-keenlyside-ophelie-review-critique-opera-classiquenewsPrĂ©sentĂ©e par RenĂ©e Fleming toujours d’une rare Ă©lĂ©gance, la production d’Hamlet prĂ©sentĂ©e par le Metropolitan Opera de New York bĂ©nĂ©ficie de la prestance bien articulĂ©e et intelligible du nuancĂ© Simon Keenlyside; de surcroĂźt intelligemment mis en scĂšne par le duo dĂ©sormais lĂ©gendaire Patrice Caurier et Mosche Leiser. Ici la scĂ©nographie suit le drame musical avec une clartĂ© efficace manifeste. L’opĂ©ra de Thomas, raffinĂ© par son orchestration (le solo du saxo pour la pantomime cynique d’Hamlet devant le roi), troublant dans le portrait dĂ©veloppĂ© d’Hamlet et d’OphĂ©lie (Marlis Petersen palpitante et sobre elle aussi dans sa scĂšne de folie suicidaire), dĂ©ploie sa texture sombre et tragique, noire et tĂ©nĂ©breuse. Voici un chef d’oeuvre de l’opĂ©ra français romantique, mĂ©sestimĂ©, et souvent minorĂ© face Ă  l’ouvrage prĂ©cĂ©dent de Thomas, mieux accueilli et certes d’une Ă©gale ferveur poĂ©tique, Mignon de 1866. IdĂ©alement dĂ©fendu par un baryton fin et au chant souple et naturel, trĂšs bien complĂ©tĂ© par le LaĂ«rte lui aussi trĂšs intelligible et fin de l’excellent Toby Spence. Ainsi en Hamlet voici un rĂŽle trĂšs bien incarnĂ©, qui avant Verdi, met en avant le baryton tel un chanteur acteur accompli. Keenlyside relĂšve ce dĂ©fi. Incontournable.
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MOZART : LE NOZZE DI FIGARO
Fleming, Bartoli, Terfel,… (Metropolitan Opera NY, 1998)

Nozze-di-figaro-fleming-bartoli-terfel-opera-classiquenews-review

 

Energie collective sous la direction trĂšs articulĂ©e, vivace de James Levine, alors grand ordonnateur du Met, voici une affiche qui ne se refuse pas et incarne un Ăąge d’or des distributions, propre aux annĂ©es 1990 (ici en 1998) : RenĂ©e Fleming (Comtessa), Cecilia Bartoli (Suzanna), Bryn Terfel (Figaro), 
 actuellement en mai 2020

VISIONNER Les Noces de Figaro (Levine, 1998) : ici, https://metoperafree.brightcove.services/?videoId=6152411274001

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Metropolitan Opera
DONIZETTI : Roberto Devereux
(production de juin 2016)

Somptueuse production, Ă  la rĂ©alisation cinĂ©matographique servie par des tempĂ©ramentsroberto-devereux-donizetti-metropolitan-opera-opera-critique-classiquenews-sandra-Sandra-Radvanovsky-opera-chez-soi-confienment-classiquenews fĂ©minins de premier plan, au chant belcantiste manifeste. Presque vĂ©riste le traitement de chaque profil offre un portrait sans concession des personnalitĂ©s politiques, dĂ©chirĂ©es, rongĂ©es par leur dĂ©sir mais qu’Ă©touffe la nĂ©cessitĂ© du devoir politique. En 1837, Donizetti marquĂ© par le deuil aprĂšs la mort de ses proches dĂ©veloppe un drame noir et tragique : Robert, Comte d’Essex, favori adulĂ© de la reine Elizabeth, est aussi aimĂ© de la Duchesse de Nottingham : il mourra dĂ©capitĂ©. Le compositeur dĂ©ploie un rĂ©alisme nouveau dans le portrait des Ăąmes affrontĂ©es, dĂ©chirĂ©es, annonçant au delĂ  de Verdi, le vĂ©risme de Puccini.
Si le tĂ©nor Matthew Polenzani n’offre pas la palette des nuances requises pour Ă©clairer son personnage (Roberto), l’Elizabeth de Sandra Radvanovsky en revanche sait doubler sa stature politique par la fragilitĂ© de la femme qui aime et donc souffre. Elizabeth rongĂ©e par la jalouse impuissante est manipulĂ©e par le duc de Nottingham qui ne pardonne pas Ă  sa femme et Ă  Roberto leur liaison. McVicar privilĂ©gie les affrontements dans l’esprit d’un huis clos thĂ©Ăątral qui resserre ses flets sur la souffrance muette des protagonistes. Superbe incarnation.

Sandra Radvanovsky, Queen Elizabeth
Matthew Polenzani, Robert Devereux
Elina Garanca, Sarah, duchesse de Nottingham
Mariusz Kwiecien, duc de Nottingham

Maurizio Benini, direction
David McVicar, mise en scĂšne
Présenté par Deborah Voigt

VISIONNER Roberto Devereux,
sur le site du Metropolitan Opera
https://metoperafree.brightcove.services/?videoId=6150535015001

actuellement (avril et mai 2020)

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EN DIRECT DU MET, Sam 25 avril 2020, 19h : 40 artistes lyriques internationaux font leur GALA virtuel   -   Le MET diffuse en direct sur son site : www.metopera.org samedi 25 avril 2020 Ă  19h (heure de Paris) un concert de gala virtuel qui rĂ©unit plus de 40 artistes lyriques du monde entier, chacun participant depuis sa rĂ©sidence de confinement
 annoncĂ©s : Roberto Alagna et Aleksandra Kurzak, Piotr Beczala, Angel Blue, Joseph Calleja, Javier Camarena, Nicole Car et Etienne Dupuis, Diana Damrau, RenĂ©e Fleming, Elina Garanca, Jonas Kaufmann, Peter Mattei, Anna Netebko et Yusif Eyvazov, RenĂ© Pape, Anita Rachvelishvili, Bryn Terfel, Pretty Yende, Sonya Yoncheva.
 soit autant de solistes qui ont rĂ©cemment marquĂ© par leurs incarnations les derniĂšres productions new yorkaises
 PrĂ©sentĂ© par Peter Gelb, directeur gĂ©nĂ©ral du Met, et Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, directeur musical, le concert virtuel sera ensuite disponible 24h en ligne.

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Visitez le site du Metropolitan Opera New York
https://www.metopera.org

Plateforme digitale du MET
articles, reportages, contenus videos exclusifs
https://www.metopera.org/user-information/nightly-met-opera-streams/week-6/

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Communiqué édité par le MET, éclairant la préparation de cet événement digital :

 

New York (13 avril 2020) – Le Metropolitan Opera (Met) annonce la diffusion d’un concert en live en ligne samedi 25 avril Ă  19h – heure de Paris, avec la participation de nombreux artistes de stature internationale. Ils se produiront en direct du monde entier depuis leurs lieux de quarantaine. Ce gala virtuel diffusĂ© gratuitement sur le site du Met sera prĂ©sentĂ© par Peter Gelb, directeur gĂ©nĂ©ral du Metropolitan Opera depuis New York et par Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, directeur musical depuis MontrĂ©al.

« Le Met est connu avant tout pour ses retransmissions au cinĂ©ma en haute-dĂ©finition, il s’agit aujourd’hui d’une opĂ©ration Ă  haute valeur artistique Ă  dĂ©faut de faire appel Ă  une technologie de pointe, » a dĂ©clarĂ© M. Gelb, en prĂ©cisant que chaque artiste participera en temps rĂ©el depuis leurs ordinateurs, via Skype, transformant ainsi ce concert en un exercice compliquĂ© en terme de logistique et de prise en compte des fuseaux horaires. « Nous espĂ©rons donner un rĂ©confort lyrique Ă  la fois Ă  nos publics, mais aussi Ă  nos chanteurs, qui sont impatients de retrouver leurs fans. »

Tandis que M. Gelb sera en direct depuis son appartement du Upper West Side de Manhattan, M. NĂ©zet-SĂ©guin co-animera ce live depuis MontrĂ©al. Il participera lui-mĂȘme au gala en temps que pianiste.

« Je ne peux vous dire Ă  quel point je suis heureux que tous ces artistes merveilleux soient capables de se rĂ©unir et de se produire de cette maniĂšre-lĂ  en ces temps de crise, » a dit M. NĂ©zet-SĂ©guin, directeur musical du Met’s Lerman-Neubauer. « Alors que nous avons vraiment hĂąte de pouvoir remonter sur la scĂšne du Met, c’est pour l’instant la meilleur chose qui puisse nous arriver. »

Le gala dĂ©marrera Ă  13h – heure de New York (soit 19h – heure de Paris), l’horaire habituel des matinĂ©es du samedi au Met. Il sera disponible sur le site du Met : metopera.org. AprĂšs la session live, ce programme restera disponible gratuitement jusqu’au lendemain dimanche 26 avril Ă  18h30 – heure de New-York). Le programme dĂ©taillĂ© du concert sera dĂ©voilĂ© prochainement.

Ce concert de gala “chez soi” prend la suite du succĂšs des « Nightly Met Opera Streams », une sĂ©rie de reprĂ©sentations en direct et en HD rendues disponibles chaque jour gratuitement sur le site du

Met, dans l’idĂ©e d’un rappel du spectacle jouĂ© le soir-mĂȘme. Depuis ces diffusions nocturnes lancĂ©es le 16 mars dernier, plus de 4 millions de spectateurs du monde entier y ont assistĂ© pour plus de 200 millions de minutes de visionnage.

Enfin, ce concert fait partie du programme d’urgence et de la campagne de levĂ©e de fonds « The Voice must be heard » / « La voix doit ĂȘtre entendue » pour venir en soutien aux artistes du Met. “

 

CONCERT LIVE, ce soir 21h : RĂ©cital du pianiste Nicolas Horvath

HORVATH-piano-concert-critique-classiquenews-1001-notes-live-direct-concert-Nicolas-Horvath-c-Marine-Pierrot-Detry-815x545CE SOIR, en direct, 21h : rĂ©cital du pianiste1001 NOTES festival concerts 2019 logo vignette Nicolas Horvath. C’est la suite du cycle de concert en direct sur le Net proposĂ© par le Festival 1001 Notes, cycle Ă©vĂ©nement sur la toile, intitulĂ© « Aux Notes Citoyens ». Ce soir rĂ©cital du pianiste NICOLAS HORVATH, 21h dans un programme conçu Ă  partir du vote des internautes sur les rĂ©seaux sociaux. VOTEZ pour participez, puis regardez / Ă©coutez le concert de Nicolas Horvath (30 mn) – illustration : © M P Detry / 1001 Notes
Pour accĂ©der au concert, connectez-vous ici sur la page Facebook ou la ChaĂźne Youtube de 1001 Notes Ă  l’heure du concert (ce soir 21h)!

 

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ChaĂźne YOUTUBE 1001 NOTES
https://www.youtube.com/channel/UCNYere3nbM0sttIouoZ71kg/

ChaĂźne FACEBOOK 1001 NOTES
https://www.facebook.com/festival1001notes/

 

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LIRE aussi notre prĂ©sentation des prĂ©cĂ©dents concerts en direct sur le Net – Cycle de concerts live ” AUX NOTES CITOYENS ” prĂ©sentĂ© par le Festival 1001 NOTES : ici

 

 

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https://www.youtube.com/channel/UCNYere3nbM0sttIouoZ71kg

 

 

 

 

 

 

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VOSGES DU SUD, annulation du Festival Musique et MĂ©moire 2020

covid19-annulation-Musique-et-Memoire-annule-annonce-classiquenews-festival-VOSGES DU SUD, annulation du Festival Musique et MĂ©moire 2020. AprĂšs l’annonce du PrĂ©sident de la RĂ©publique et la date du 15 juillet comme date butoir pour la tenue des festivals d’étĂ©, Fabrice Creux, fondateur et directeur artistique du Festival Musique et MĂ©moire a pris la dĂ©cision d’annuler la 27Ăš Ă©dition qui devait se tenir du 17 juil et 2 aoĂ»t 2020. Dans un communiquĂ© datĂ© du 14 avril 2020, le directeur fondateur de Musique et MĂ©moire s’explique longuement. Nous publions ci aprĂšs le communiquĂ© dans son intĂ©gralitĂ© :

 

 

 

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Communiqué du Festival Musique et Mémoire 2020

 

 

« Annulation du festival Musique et Mémoire 2020

Suite Ă  l’intervention tĂ©lĂ©visĂ©e du PrĂ©sident de la RĂ©publique du lundi 13 avril, au cours de laquelle il a prĂ©cisĂ© que les festivals ne pourraient pas ĂȘtre organisĂ©s avant la mi-juillet, le festival Musique et MĂ©moire, programmĂ© du 17 juillet au 2 aoĂ»t 2020, se trouve dans une posture particuliĂšrement compliquĂ©e et inconfortable.

Depuis plusieurs semaines, nous sommes engagĂ©s dans une course contre le temps extrĂȘmement difficile, avec l’impossibilitĂ© de communiquer, d’organiser les voyages des artistes venant de diffĂ©rents pays europĂ©ens.

Aussi, dans ce moment inĂ©dit et face Ă  une crise d’une telle gravitĂ©, et compte-tenu des nombreuses incertitudes auxquelles nous ne pouvons rĂ©pondre, nous venons de prendre la dĂ©cision d’annuler la 27e édition du festival Musique et MĂ©moire.

MĂȘme si cette dĂ©cision est particuliĂšrement douloureuse, nous devons avant tout veiller Ă  prĂ©server la santĂ© du public, des artistes, des techniciens et des nombreux bĂ©nĂ©voles qui se mobilisent chaque Ă©tĂ© avec ardeur pour assurer le bon dĂ©roulement du festival.

Un report Ă  une pĂ©riode ultĂ©rieure, envisagĂ© dans un premier temps, paraĂźt difficile et pose de nombreuses questions sans rĂ©ponse pour le moment. Quel sera l’état sanitaire du pays aprĂšs le 15 juillet ? Quelles seront les possibilitĂ©s rĂ©elles d’organiser des Ă©vĂ©nements aprĂšs le 15 juillet ? Le public aura-t-il l’envie de se rĂ©unir, aprĂšs le confinement, ou encore la crainte de se rassembler ? Comment appliquer les mesures de distanciation sociale dans certains lieux patrimoniaux ? A quel moment, les restaurants et hĂŽtels, indispensables Ă  l’accueil des artistes et du public, pourront-ils reprendre leurs activitĂ©s ?

Par ailleurs, dans ce contexte anxiogĂšne, le risque d’une baisse des recettes de billetterie, serait alors prĂ©judiciable Ă  l’équilibre budgĂ©taire de notre projet et en consĂ©quence Ă  sa pĂ©rennitĂ©.

Face Ă  cette accumulation de problĂšmes, de risques Ă  courir, l’annulation, cette annĂ©e, est le choix de la raison pour sauvegarder ce bel Ă©vĂ©nement de la scĂšne baroque.

Comme nombre d’évĂ©nements culturels, l’économie du festival Musique et MĂ©moire repose sur l’emploi d’artistes, de techniciens du spectacle, mais Ă©galement sur la mobilisation de nombreuses ressources locales (imprimeurs, hĂŽteliers, restaurateurs, 
).

Nous sommes évidemment conscients du préjudice porté à ces différents acteurs. Aussi, nous nous engageons en 2021 à inviter, en priorité et dans la mesure du possible, les ensembles et artistes programmés lors de cette 27e édition et à mobiliser toutes les ressources locales comme nous le faisons chaque été depuis la création du festival en 1994.

Pour l’heure, afin de prĂ©server l’emploi culturel durement touchĂ©, nous recherchons avec l’Etat et les collectivitĂ©s territoriales, la possibilitĂ© d’honorer Ă  minima nos engagements financiers tels qu’ils Ă©taient dĂ©finis avec les diffĂ©rents producteurs.

Nous tenons Ă©galement Ă  remercier chaleureusement notre public fidĂšle pour ses messages solidaires, ainsi que l’ensemble des partenaires publics et privĂ©s pour leur indĂ©fectible soutien dans ce moment difficile.

Nous donnons rendez-vous aux artistes et mĂ©lomanes du 16 juillet au 1er aoĂ»t 2021, pour une magnifique 27e édition au cƓur des Vosges du Sud ! »

 
 

Visitez le site du Festival de Musique et MĂ©moire
https://musetmemoire.com

 

Festival Musique & MĂ©moire 2020 : musique irlandaise par Anna Besson


VOSGES DU SUD : 27Ăš festival Musique & MĂ©moireFestival Musique & MĂ©moire (Vosges du sud). L’édition 2020 est toujours en pointillĂ©s et attend l’évolution des mesures de confinement pour confirmer la tenue de sa prochaine Ă©dition (27Ăš Ă©dition, annoncĂ©e pour le moment du 17 juillet au 2 aoĂ»t 2020). Pour patienter et conjurer l’ennui et l’isolement, Musique & MĂ©moire propose de dĂ©couvrir en 5 Ă©pisodes le programme de musique irlandaise dĂ©fendu par la flĂ»tiste Anna Besson : « musique irlandaise du XVIIIe siĂšcle : The Dubhlinn Gardens » qui devait dans le cadre des actions pĂ©dagogiques du festival se tenir en avril 2020. En voici, formes et enjeux :

 Anna-Besson-festival-Musique-et-memoire-musique-irlandaise-classiquenews

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5 épisodes à découvrir ici :
musique irlandaise du XVIIIe siĂšcle :
« The Dubhlinn Gardens »

Lundi 6 avril, Ă©pisode 1
Mardi 7 avril, Ă©pisode 2
Mercredi 8 avril, Ă©pisode 3
Jeudi 9 avril, Ă©pisode 4
Vendredi 10 avril, Ă©pisode 5

www.musetmemoire.com

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LIRE notre présentation du Festival Musique & Mémoire 2020 :
https://www.classiquenews.com/festivals-2020-27e-festival-musique-memoire-vosges-du-sud-entretien-avec-fabrice-creux/

 

QUÉBEC : annulation de l’édition 2020 du Festival Classica

classica-2020-bandeau-beethoven-annonce-festival-critique-classiquenews-582QUÉBEC : annulation de l’édition 2020 du Festival Classica. Dans un communiquĂ© paru ce jour (9 avril 2020) c’est avec tristesse que nous apprenons l’annulation du festival CLASSICA 2020, comprenant entre autres le RĂ©cital-Concours international de MĂ©lodies françaises. Premier Ă©vĂ©nement musical d’importance chaque printemps, CLASSICA ouvre la saison des festivals estivaux. Son annulation, mĂȘme si l’espoir et la combattivitĂ© se tournent dĂšs lors vers l’édition 2021, prĂ©sage des temps sombres pour le monde de la culture et du spectacle vivant pour l’étĂ© 2020. Un format inĂ©dit comprenant certains spectacles programmĂ©s au printemps 2020, pourrait avoir lieu Ă  l’automne


Nous publions ci aprÚs le communiqué dans son intégralité:

classica-festival-canada-logo-vignette-classiquenews-annonce-concerts-festivals-opera« L’Ă©dition 2020 du Festival Classica ne sera pas prĂ©sentĂ©e Saint-Lambert, le 9 avril 2020 - En raison de la situation actuelle liĂ©e au coronavirus (COVID-19), le Festival Classica ne pourra pas prĂ©senter son Ă©dition 2020 prĂ©vue du 29 mai au 21 juin sous le thĂšme De Beethoven Ă  Bowie.
« Depuis le 12 mars dernier, nous avons suivi de trĂšs prĂšs l’évolution de la situation. À moins de deux mois du Festival, nous Ă©tions prĂȘts Ă  rĂ©aliser notre 10e Ă©dition dans son entiĂšretĂ©, laquelle se serait avĂ©rĂ©e spectaculaire. Nous y avons cru jusqu’à la fin. Cependant, les risques pour la santĂ© publique Ă©tant trop importants, il Ă©tait inĂ©vitable d’en arriver Ă  cette dĂ©cision », a dĂ©clarĂ© le directeur gĂ©nĂ©ral et artistique du Festival Classica, Marc Boucher.

DĂ©tenteurs de passeports de l’Ă©dition 2020
Des informations spĂ©cifiques seront communiquĂ©es Ă  toutes les personnes s’étant dĂ©jĂ  procurĂ© des passeports.

Soirée concert-bénéfice du Festival Classica
Le Festival doit Ă©galement annuler sa soirĂ©e concert-bĂ©nĂ©fice CirkopĂ©ra Musica Femina initialement prĂ©vue le 2 avril, puis reportĂ©e au 21 mai. Des informations seront Ă©galement transmises aux personnes ayant dĂ©jĂ  rĂ©servĂ© leurs billets pour cet Ă©vĂ©nement, lequel revĂȘt une importance capitale dans le financement des activitĂ©s du Festival.

« Depuis plus d’un an, la prĂ©paration de l’édition 2020 a nĂ©cessitĂ© des efforts considĂ©rables de la part de l’équipe du Festival, de ses partenaires et bien sĂ»r des nombreux artistes de talent prĂ©vus Ă  l’affiche, en plus d’engendrer des dĂ©penses importantes. Afin de poursuivre notre mission d’assurer la promotion d’un espace public qui provoque la rencontre entre la musique classique au sens large, les artistes, la relĂšve musicale et la population, il faudra redoubler d’efforts et d’imagination. Plus que jamais, les appuis sur lesquels le Festival a pu compter jusqu’ici seront dĂ©terminants afin d’assurer sa pĂ©rennitĂ© », a ajoutĂ© Marc Boucher.

Remerciements
Le conseil d’administration et la direction du Festival Classica tiennent Ă  remercier les gouvernements du QuĂ©bec et du Canada, particuliĂšrement le Conseil des arts et des lettres du QuĂ©bec, le SecrĂ©tariat Ă  la rĂ©gion mĂ©tropolitaine du ministĂšre des Affaires municipales et de l’Habitation et Patrimoine canadien, ainsi que la Ville de Saint-Lambert. Nous remercions Ă©galement nos collaborateurs : Hydro-QuĂ©bec, Loto-QuĂ©bec, Desjardins et IGA Louise MĂ©nard.

TournĂ© vers l’avenir
MalgrĂ© l’incertitude ambiante, le Festival rĂ©flĂ©chit dĂ©jĂ  Ă  la possibilitĂ© de prĂ©senter cet automne, dans une Ă©dition hors-sĂ©rie, quelques-uns des concerts initialement prĂ©vus pour son Ă©dition 2020 et envisage plusieurs scĂ©narios Ă  cet effet.
Nous souhaitons à toutes et à tous bon courage dans cette crise qui nous affecte », a conclu M. Boucher.

À propos du Festival
FondĂ© en 2011, le Festival Classica, organisme Ă  but non lucratif, assure la promotion d’un espace public qui provoque la rencontre entre la musique classique au sens large, les artistes, la relĂšve musicale et la population. À cette fin, le Festival offre un programme exceptionnel dans un environnement familial et chaleureux. Le Festival offre Ă©galement par sa mission Ă©ducative la possibilitĂ© aux jeunes musiciens en formation de se produire sur la ScĂšne Desjardins de la relĂšve, qui leur est entiĂšrement dĂ©diĂ©e. »

Parsifal par Graham Vick et Omer Meir Wellber (Palerme, janvier 2020)

hunold-kundry-parsifal-582-vick-palermo-classiquenewsL’OPERA chez vous. PARSIFAL par Graham Vick, Ven 10 avril 2020, 15h. Dans la mise en scĂšne du mordant Graham Vick, Omer Meir Wellber dirige le dernier opĂ©ra de Wagner au Teatro Massimo di Palermo : une reprĂ©sentation filmĂ©e en janvier 2020, rendue accessible ce vendredi 10 avril 2020 et jusqu’au 9 juillet 2020. Une production prometteuse, poĂ©tique et virulente avec la Kundry de notre mezzo française Catherine Hunold, vrai format wagnĂ©rien d’une prĂ©sence irrĂ©sistible
 Ă  voir Ă©videmment.

 

 

 

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VISIONNER PARSIFAL par Graham Vick / Omer Meir Wellber :
https://www.arte.tv/fr/videos/094805-000-A/richard-wagner-parsifal/

 

 

Distribution
Richard Wagner : Parsifal, 1882

Music Director / direction musicale : Omer Meir Wellber
Director / mise en scĂšne : Graham Vick
Avec Julian Hubbard, TĂłmas TĂłmasson, John Relvea, Alexej Tanovitski, Thomas Gazheli, Catherine Hunold
Choreography: Ron Howell
Italy 2020, 3h45 min – prochaine critique sur classiquenews.com

 

 

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LIRE aussi notre critique complĂšte de Lohengrin de Wagner avec l’Ortrud onctueuse, sirĂšne incandescente de… Catherine Hunold (Nantes, sept 2016)

HUNOLD catherine-hunold1Vocalement, c’est l’Ortrud magnĂ©tique de Catherine Hunold qui vole la vedette : l’acte II – acte oĂč la sirĂšne manipulatrice sĂšme dans l’esprit d’Elsa le poison du doute, est son acte;  port de magicienne implacable et majestueuse dans la lignĂ©e des MĂ©dĂ©e et des Armide, des opĂ©ras baroques et prĂ©classiques, la mezzo voluptueuse sait injecter sa suffisance impĂ©riale quitte dans un rapport sadique Ă  dominer voire humilier ses proies trop complaisantes : Ă©videmment Telramund le prince accusateur d’Elsa dont elle fait le bras armĂ© de sa vengeance  (trĂšs convaincant Robert Hayward qui façonne et nuance lui aussi son personnage : sa grande aisance scĂ©nique ajoute Ă  sa crĂ©dibilitĂ©); et quand la sorciĂšre noire invoque l’esprit de Wotan et de Freia – claire prĂ©figuration du Ring Ă  venir,  Catherine Hunold fait valoir la souplesse jamais forcĂ©e de ses graves vĂ©nĂ©neux en somptueuse dĂ©itĂ© wagnĂ©rienne…

 

 

 

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LIRE ici notre présentation des

OPERAS CHEZ SOI pendant le confinement

 

 

 

 

OpĂ©ras et ballets de l’OpĂ©ra national de Paris de mai 2020

 Opéras accessibles depuis le site du Metropolitan Opera de New York

 

 

 

 

et aussi

 

Musées et expositions en ligne

 

 

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Les 30 ans de Doulce MĂ©moire Ă  l’OpĂ©ra de TOURS

DOULCE MEMOIRE 30 ANS JUIN 2019 classiquenews concert evenement visuel-anniversaire-500x500REPORTAGE. DOULCE MĂ©moire fĂȘte ses 30 ans. Artiste en rĂ©sidence, l’ensemble Doulce MĂ©moire fondĂ© par Denis Raisin-Dadre fĂȘtait mercredi 19 juin 2019 sur la scĂšne de l’OpĂ©ra de Tours, ses 30 ans d’activitĂ© artistique et musicale. Plateau exceptionnel avec la participation de Jean-François Zygel, le choeur de l’OpĂ©ra de Tours et tous les musiciens et chanteurs, complices familiers de l’ensemble qui a su rendre vivant et accessible l’immense livre des merveilles que composent les musiques de la Renaissance. Le propre de l’ensemble fondĂ© par Denis Raisin Dadre est d’approcher un trĂšs large rĂ©pertoire musical en impliquant toutes les disciplines, la musique Ă©videmment et la pratique instrumentale propre aux XVĂš, XVIĂš siĂšcles principalement ; mais aussi, la peinture et la littĂ©rature. Le geste dĂ©fendu par Denis Raisin Dadre s’enrichit d’une culture Ă©largie qui interroge Ă  partie de la musique, tous les arts, si fĂ©conds Ă  cette pĂ©riode.

LIRE aussi notre prĂ©sentation complĂšte du gala exceptionnel des 30 ans de DOULCE MEMOIRE Ă  l’OpĂ©ra de Tours

REPLAY, DANSE pendant le confinement : les perles de classiquenews

REPLAY DANSE pendant le confinement. CLASSIQUENEWS sélectionne ici les meilleurs ballets actuellement accessible sur la toile, avec mention de la date ultime pour les voir et les revoir. Profitez du confinement pour réviser vos classiques et (re)découvrir les productions les plus passionnantes de la décade


 

 

 

 spécial CONFINEMENT 2020

SĂ©lection DANSE de classiquenews

Tous les ballets les plus enchanteurs Ă  voir chez soi

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MERCE CUNNINGHAM, hommage par l’OpĂ©ra de Lyon
Jusqu’au 10 octobre 2020
https://www.france.tv/spectacles-et-culture/theatre-et-danse/1081207-l-hommage-a-merce-cunningham-par-le-ballet-de-l-opera-de-lyon.html
Durée : 1h06mn

 

 

exchange-cunningham-opera-de-lyon-danse-replay-danse-chez-soi-critique-annonce-ballet-classiquenewsHASARD CRÉATIF
 Pour les 10 ans de la mort de Merce Cunningham (2009), le Ballet de l’OpĂ©ra de Lyon rend hommage en 2019 au chorĂ©graphe amĂ©ricain, qui a rĂ©inventĂ© dans les annĂ©es 1940, le langage chorĂ©graphique (postmodern-dance) dans un esprit libre et fantaisiste comme marquĂ© par les impulsions nĂ©es du hasard dont aujourd’hui, la vitalitĂ© et la sincĂ©ritĂ© se distinguent. Ont collaborĂ© avec le chorĂ©graphe, le compositeur John Cage, les peintres nĂ©o-dadaĂŻstes prĂ©curseurs du Pop art Robert Rauschenberg et Jasper Johns, les musiciens Morton Feldman et David Tudor, au gĂ©nĂ©rique de cet anniversaire lyonnais. Au programme, deux piĂšces majeures Summerspace (1958) et Exchange (New York, 1978 ; notre photo ci dessus).
Sur un fond de scĂšne colorĂ© en touches pointillistes reprises sur le collant des solistes (signĂ© Robert Rauschenberg, pour Summerspace, jouĂ©e Ă  deux pianos), l’écriture des 6 danseurs est aĂ©rienne, flexible, en suspension, trĂšs contrĂŽlĂ©e, agissant par sĂ©quences plutĂŽt que par numĂ©ros amples et continus, en une sĂ©rie de figures individualisĂ©es. En cela au diapason d’une musique, elle aussi jaillissante, syncopĂ©e, fragmentĂ©e, expĂ©rimentale comme improvisĂ©e et sĂ©quentielle (Feldman). Exchange plus rĂ©cent, reprend le principe alĂ©atoire de John Cage dans sa musique : comme dans l’atelier, ou la coulisse oĂč s’affine le travail soliste et collectif, la moitiĂ© des danseurs exĂ©cute une sĂ©rie de gestes repris ensuite par l’autre moitiĂ© puis par l’ensemble, selon un ordre et des configurations nĂ©es du hasard. L’impression de work in progress est davantage rehaussĂ© par la musique, une bande sonore agglomĂ©rant des sons bruts, ceux d’une matrice instinctive, comme inaboutie


Chorégraphie : Merce Cunningham
Musique : Morton Feldman, Ixion
Ballet de l’OpĂ©ra de Lyon
filmé en nov 2018

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PROJET BEETHOVEN par John Neumeier
jusqu’au 12 mai 2020

https://www.arte.tv/fr/videos/095221-000-A/ballet-de-john-neumeier-le-projet-beethoven/

VOD-BALLET-ARTE-critique-danse-classiquenews-confinement-restez-chez-vous-VOD-danse-ballets-critiquesFilmĂ© depuis Baden Baden. Dans son “Projet Beethoven”, le chorĂ©graphe Ă  Hambourg John Neumeier mĂȘle les codes du ballet d’action (voire de la pantomime) au souffle grandiose du ballet symphonique. La premiĂšre partie, « Beethoven Fragments », sollicite d’abord le piano (Variation Diabelli par l’excellent pianiste MichaƂ BiaƂk) et un grand solo de danseur dans le style d’un pantin qui exalte le sentiment d’énergie et de facĂ©tie
 autour et sur le piano
 illustrant les Ă©pisodes de la vie du compositeur ; la seconde partie revendique et assume le souffle symphonique en s’appuyant sur l’architecture irrĂ©sistible de la Symphonie n°5, « Eroica ».
Au Festspielhaus de Baden-Baden, le danseur Aleix MartĂ­nez se glisse dans la peau du musicien de gĂ©nie. Sur scĂšne, il est accompagnĂ© d’Edvin Revazov (l’idĂ©al de Beethoven), d’Ann a Laudere (la « bien-aimĂ©e lointaine » de Beethoven), de Patricia Friza (la mĂšre de Beethoven) et de Borja Bermudez (le neveu de Beethoven) pour les autres rĂŽles principaux. John Neumeier parle d’un poĂšme chorĂ©graphique inspirĂ© de la musique de Beethoven »  Par la troupe de danseurs Hamburg Ballett John Neumeier accompagnĂ© par Deutsche Radio Philharmonie.

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BEETHOVEN : La Pastorale par Thierry Malandain
6Ăš symphonie de Beethoven
Jusqu’au 17 juin 2020

https://www.arte.tv/fr/videos/094382-000-A/la-pastorale-de-thierry-malandain-au-theatre-de-chaillot/

mallandrin-pastorale-beethoven“La Pastorale » synthĂ©tise ce qu’est la Symphonie n°6 dite Pastorale de Beethoven, selon la conception du chorĂ©graphe Thierry Malandain, directeur du Centre chorĂ©graphique national de Biarritz. La crĂ©ation commande du ThĂ©Ăątre national de la Danse Ă  Chaillot, cĂ©lĂšbre le 250Ăšme anniversaire du cĂ©lĂšbre compositeur allemand. Cela commence dans l’agitation voire la transe collective d’un corps de ballet tout de noir vĂȘtu, comme contraint dans un labyrinthe fait des barres des danseurs ; puis quand les premiĂšres mesures de la 6Ăš symphonie de Beethoven, miracle pastoral s’énonce, le corps de ballet paraĂźt en blanc, comme en un nouveau rituel paĂŻen et primitif

Thierry Malandain n’en est pas Ă  son premier Beethoven : aprĂšs Les CrĂ©atures (d’aprĂšs Les CrĂ©atures de PromĂ©thĂ©e) et Silhouette (d’aprĂšs le troisiĂšme mouvement de la Sonate n°30, opus 109), voici la troisiĂšme approche beethovĂ©nienne de Malandain. La SixiĂšme Symphonie de Beethoven est une cĂ©lĂ©bration de la nature. Sereine, exprimant le sentiment panthĂ©iste de la Beethoven, le ballet qu’en dĂ©duit Malandain ressuscite la pastorale antique, primitive, fleurie et candide. Beethoven pour sa part semble reprendre le chaemin dupeintre baroque Poussin, et revisiter ainsi l’Arcadie de l’ñge d’or : « terre de bergers oĂč l’on vivait heureux d’amour ». En plus de la symphonie Pastorale, Malandain ajoute des extraits d’une autre Ɠuvre de Beethoven : la Cantate opus 112 (Les Ruines d’AthĂšnes). Les 22 danseurs semblent y parcourir une nouvelle Ă©popĂ©e en GrĂȘce antique. Performance captĂ©e le 17 dĂ©cembre 2019 Ă  Chaillot – ThĂ©Ăątre national de la Danse, Paris.

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giselle-adam-opera-bastille-garnier-critique-danse-opera-classiquenews-ballet-classiquenews-critique-ballet-danseOpĂ©ra de Paris, GISELLE jusqu’au 5 aoĂ»t 2020. L’OpĂ©ra de Paris prĂ©sente cette lecture idĂ©ale de Giselle, ballet en deux actes crĂ©Ă© en 1841, sommet romantique par excellence, alliant passion tragique et surnaturel spectral en particulier grĂące Ă  son acte blanc, oĂč les jeunes filles mortes suicidĂ©es par dĂ©pit (les Wilis) ressuscitent pour envoĂ»ter et tuer les jeunes hommes perdus – avatar romantique français proposĂ© par ThĂ©ophile Gautier, auteur du livret – alternative aux sirĂšnes elles aussi sĂ©ductrices et fatales dans l’OdyssĂ©e d’HomĂšre, pour Ulysse et ses compagnons marins
 Excellente version avec les fleurons du corps de Ballet parisien et les nouvelles “Ă©toiles”: DorothĂ©e Gilbert (Giselle), Mathieu Ganio (Albrecht), Valentine Colasante (la reine Myrtha)…  portĂ©s par la baguette fluide, expressive, efficace de Koen Kessels (production filmĂ©e en 2019)

 

 

 

 

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BODY AND SOUL de Crystal PITE  jusqu’au 24 oct 2020

BODY-AND-SOUL-cristal-pyte-danse-ballet-opera-de-paris-ballet-chez-soi-opera-de-paris-critique-classiquenewsAprĂšs la crĂ©ation de The Seasons’ Canon en 2016, Crystal Pite retrouve les danseurs du Ballet de l’OpĂ©ra le temps d’un spectacle. Soixante minutes dĂ©coupĂ©es en autant de sĂ©quences dansĂ©es. NĂ©e au Canada, formĂ©e au Ballet de Francfort, la chorĂ©graphe assimile Forsythe, KyliĂĄn, Mats Ek pour inventer sa propre langue chorĂ©graphique. Elle insuffle au spectacle une Ă©nergie, un dĂ©fi Ă©motionnel qui pousse les danseurs au delĂ  de leur zone de confort
 pour un spectacle total. Ou la performance extrĂȘmiste croise l’équilibre rayonnant de corps maitrisĂ©s.


VISIONNER Body and Soul de Cristal Pyte Ă  l’OpĂ©ra de Paris
https://www.operadeparis.fr/magazine/body-and-soul-replay#slideshow_634/1
Mise en scÚne, chorégraphie : Crystal Pite
Musique Originale : Owen Belton
Musique additionnelle : FrĂ©dĂ©ric Chopin (24 PrĂ©ludes) / Teddy Geiger Body and Soul   -   durĂ©e : 1h20mn. Avec les Étoiles : LĂ©onore Baulac, Ludmila Pagliero, Hugo Marchand. Les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet de l’OpĂ©ra de Paris. Jusqu’au 24 oct 2020

PARTIE UNE… D’abord, une courte sĂ©quence thĂ©Ăątrale oĂč paraissent deux figures que commente une voix off (Marina Hands) qui dĂ©crit et prĂ©cise l’action comme un storyboard (« figure 1, Figure 2. pause. Aucune des deux ne bouge »)
 Confrontation, opposition, combat, violence
 le mĂȘme scĂ©nario est incarnĂ© par un collectif qui rĂ©alise alors une variation Ă  grande Ă©chelle et fragmentation orchestrĂ©e. Crystal Pite nous offre un regard flamboyant sur l’écriture chorĂ©graphique entre thĂ©Ăątre et danse. Le corps de ballet n’est pas synchronisĂ© mais dĂ©calĂ©, offrant une implosion millimĂ©trĂ©e d’un schĂ©ma prĂ©Ă©tabli
 L’écriture interroge les corps en action : rĂ©pĂ©tĂ©s, affrontĂ©s, ralentis. Couple (d’hommes, de femmes) en huis clos figĂ© en un rite sombre, Ă©touffant, sans issue, sinon leur mort. De l’un par l’autre. Ce que nous dit le corps. Ce que nous disent les gestes, d’une vertigineuse prĂ©cision, investis par l’ñme
 l’onirisme naĂźt au delĂ  de la rĂ©pĂ©tition mĂ©canisĂ©e et finalement sublimĂ©e des corps dans un espace noir. Et lorsque s’égrĂšne, trĂšs lente, la torpeur des prĂ©ludes de Chopin, l’écriture des deux corps (un couple homme femme) semble rĂ©pĂ©ter toujours inlassablement le mĂȘme rituel amoureux
 rite d’extĂ©nuation, de vertige, de mort. Il faut une houle ocĂ©ane dont le mouvement des vagues est Ă©voquĂ© par le corps de ballet en entier pour prendre un peu de hauteur ; enfin
 respirer. Puis rĂ©sister Ă  travers une foule de corps combattant.

 

 

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Voici Chrystal Pite au travail, geste intime et collectif, organique, analytique. Elle intĂšgre aussi un somptueux tableau (partie 3 Ă  59mn) oĂč la gestuelle des insectes est dĂ©cortiquĂ©e et lĂ  encore transcendĂ©e par la chorĂ©graphie des corps associĂ©s
  La canadienne qui est nĂ©e Ă  Vancouver, a travaillĂ© Ă  Francfort au sein de la compagnie de William Forsythe, maĂźtrise le langage du corps de ballet, danse en nombre Ă  laquelle rĂ©pond de superbes duos Ă  la grĂące intime, plastique, Ă©lastique
 Avant un final dĂ©tonant qui reprend les paroles du titre dont il est question : corps et Ăąme / Body and soul.  Sublime, puissant, poĂ©tique. Body and soul rĂ©cidive la rĂ©ussite du ballet prĂ©cĂ©demment crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra de Paris en 2016 : Season’s canon : mille pattes Ă  54 danseurs qui dit le mĂȘme cri dans la nuit d’une humanitĂ© maudite. Mais qui danse.

 

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ROBERTO BOLLE 2017 / 2018 Ă  la RAI1
Danseur Ă©toile de la Scala di Milano
Star d’un soir dans une soirĂ©e dĂ©diĂ©e Ă  son art et ses goĂ»ts sur RAI 1 HD (NoĂ«l 2017 et 1er janvier 2018), Roberto Bolle prĂ©sente sa discipline et sa passion pour la danse
 L’élĂ©gance Ă  la tĂ©lĂ©vision italienne (invitĂ©s entre autres son ami le danseur syrien Ahmad, Sting, etc
)
https://www.raiplay.it/video/2017/12/Roberto-Bolle-Danza-con-me-0cdfaee2-8e3a-4df7-b9fc-a56c6e3ced66.html

 roberto-bolle-scala-milano-rai-critique-danse-classiquenews-danseur-etoile

 

 

 

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LE SONGE D’UNE NUIT D’ETE / Balanchine / Mendelsohn (filmĂ© en 2017)
Corps de Ballet de l’OpĂ©ra de Paris – en replay jusqu’au 10 mai 2020

 

songe-d-une-nuit-d-ete-balanchine-mendelssohn-danse-ballet-critique-classiquenewsNOTRE AVIS : Le Songe d’une nuit d’étĂ©. Dans cette version trĂšs limpide et efficace du Corps de Ballet de l’OpĂ©ra de Paris (filmĂ©e en 2017), rayonne l’élĂ©gance native des danseurs. Ainsi Ă©blouit la grĂące du couple royal d’abord en froid de Tatiana (Eleonora Abbagnato) et d’ObĂ©ron (Hugo Marchand) dont le fidĂšle serviteur Puck (Emmanuel Thibault) s’amuse Ă  croiser les 2 couples perdus, Ă©garĂ©s, paniquĂ©s dans le labyrinthe de la forĂȘt magique
 MĂȘme Tatiana s’éprend, sous le charme d’une fleur enchanteresse de l’ñne Bottom
 Sensible Ă  la poĂ©sie du sujet, Balanchine dĂ©ploie une Ă©criture chorĂ©graphique prĂ©cise, graphique, ouvertement nĂ©oclassique, trĂšs en phase avec la tendresse elle aussi lumineuse de la partition de Mendelssohn. Un classique du Corps de ballet de l’OpĂ©ra de Paris. Au diapason du compositeur, l’ouvrage convainc par juvĂ©nile candeur Ă  laquelle Balanchine apporte une rĂ©vĂ©rence stylĂ©e purement nĂ©oclassique (dont le sommet serait ici le tableau final nuptial et ses trompettes victorieuses en ouverture / dĂ©but Ă  1h10’52 / un final en argent et blanc, auquel rĂ©pondent les Ă©pisodes qui suivent oĂč triomphent l’ordre et la mesure, vrai rĂ©pertoire de gestes et profils purement classiques d’un Balanchine Ă©pris d’équilibre et qui semble mĂ©diter alors la candeur du Songe lĂ©guĂ© par Shakespeare et Mendelssohn / superbe duo Ă©thĂ©rĂ© Karl Paquette / Sae Eun Park)
 A voir indiscutablement.

VISIONNER le spectacle ici : https://www.operadeparis.fr/en/magazine/le-songe-dune-nuit-dete

LIRE aussi notre compte rendu critique du Songe d’une nuit d’Ă©tĂ© Mendelssohn / Balanchine ici : https://www.classiquenews.com/compte-rendu-danse-paris-opera-bastille-le-14-mars-2017-balanchine-le-songe-dune-nuit-dete-simon-hewett-direction-musicale/ 

 

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Roméo et Juliette de Kenneth MacMillan (chorégraphie)arte-concert-arts-de-la-scene-ballets-vod-critiques-classiquenews
par le Royal Ballet / Prokofiev – Koen Kessels
Jusqu’au 8 mai 2020

https://www.arte.tv/fr/videos/088015-000-A/romeo-et-juliette/

ROMEO-JULIETTE-PROKOFIEV-MCMILLAN-Royal-ballet-BalletBoyz-critique-danse-ballet-classiquenewsDirigĂ© par le duo fondateur des BalletBoyz, le Royal Ballet de Londres revisite le “RomĂ©o et Juliette” du chorĂ©graphe Kenneth MacMillan sur la partition coupĂ©e de SergueĂŻ Prokofiev. Le film au rendu cinĂ©matographique sublime la tendresse et la tragĂ©die du drame shakespearien. C’est l’histoire d’amour la plus connue au monde. ÉlevĂ©e au rang de mythe romantique, la piĂšce RomĂ©o et Juliette de Shakespeare inspire vorie Ă©lectrise compositeurs et chorĂ©graphes et devient comme ici un classique de la scĂšne du ballet. La musique de Prokofiev Ăąpre et mordante sait aussi ĂȘtre lyrique et Ă©perdue, mais elle ne gomme pas le cynisme barbare des guerres familiales que le couple amoureux subit au premier chef. Pour ce film de danse, Michael Nunn et William Trevitt (BalletBoyz), anciens danseurs du Royal Ballet de Londres, revisitent le RomĂ©o et Juliette du chorĂ©graphe Kenneth MacMillan (1929-1992), joyau du rĂ©pertoire de la compagnie britannique depuis sa premiĂšre reprĂ©sentation en 1965.
TournĂ© Ă  Budapest (dans les studios de la sĂ©rie The Borgias), le film dĂ©laisse la traditionnelle scĂšne de l’opĂ©ra pour le rĂ©alisme de la rue. De la cour du marchĂ© Ă  la salle de bal en passant par la chambre de Juliette, les dĂ©cors restituent l’atmosphĂšre de VĂ©rone Ă  la Renaissance. Autour des danseurs du Royal Ballet richement costumĂ©s, l’étoile Francesca Hayward (Juliette) et le premier soliste William Bracewell (RomĂ©o) expriment la candeur tragique du couple shakespearien, adolescents innocents, sacrifiĂ©s sur l’autel des haines dynastiques. RĂ©duite Ă  90 minutes, la partition de Prokofiev atteint une profondeur poĂ©tique saisissante dans ce ballet qui plonge au cƓur du mystĂšre shakespearien. Quand le couple RomĂ©o et Juliette meurt, c’est toute l’humanitĂ© et le sentiment Amour qui meurent. La lecture est aussi efficace que classique et sobre.

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HOMMAGE A JEROME ROBBINS jusqu’au 19 avril 2020

faune-debussy-jerome-robbins-hommage-danse-critique-classiquenews-uNE-582Jerome Robbins considĂ©rait le Ballet de l’OpĂ©ra de Paris comme sa seconde famille aprĂšs le New York City Ballet. Le spectacle diffusĂ© Ă  partir de ce soir depuis le site de l’OpĂ©ra de paris, est conçu en son honneur et rĂ©unit des Ɠuvres qui tĂ©moignent de l’infinie diversitĂ© de ses sources d’inspiration et de son gĂ©nie scĂ©nique. Energie de Glass Pieces, piĂšce de grand format ; douceur intĂ©rieure d’Afternoon of a Faun et de A Suite of Dances, 
 ainsi se dessine un goĂ»t dĂ©lectable, accessible, esthĂšte pour faire vibrer les corps. Avec l’entrĂ©e au rĂ©pertoire du cĂ©lĂšbre Fancy Free, portrait thĂ©Ăątral d’une Ă©poque, Robbins Ă©largit encore la palette impressionnante de ses talents. Le ballet permet de revoir l’excellent Karl Paquette, ex Ă©toile parisienne (Fancy Free) qui a dĂ©sormais pris sa retraite
  comme de rĂ©Ă©couter la poĂ©tique arachnĂ©enne de PrĂ©lude Ă  l’AprĂšs midi d’un Faune, (Ă  51’09), oĂč la musique est poĂ©sie pure
 et dans la danse de Robbins,  enivrement incertain des sens dans une salle de danse, au cours d’une rencontre qui ne dit rien de ses vraies intentions (Le Faune : Hugo Marchand, Ă  la silhouette gracile et animale, celle d’une Ăąme qui s’éveille seul au dĂ©part Ă  la voluptĂ© du sommeil). Et l’indicible retourne au mystĂšre
 Inoubliable performance d’autant que l’orchestre de l’OpĂ©ra de Paris s’y montre des plus allusifs.  FilmĂ© en 2018.

 

CE QUE NOUS EN PENSONS
 
Le ballet de Debussy (PrĂ©lude Ă  l’AprĂšs midi d’un Faune) est conçu comme un hymne Ă  l’art du danseur, Ă  sa voluptĂ© suspendue qui dans le cadre d’une salle de rĂ©pĂ©tition avec barres d’appui et miroirs, laisse s’exprimer la grĂące poĂ©tique des deux corps Ă©lastiques dans un style d’une Ă©lĂ©gance toute
 parisienne (Ă©coute intĂ©rieure, Ă©conomie des gestes, vocabulaire et figures classiques
).
robbins-opera-de-paris-replay-danse-a-la-maison-classiquenewsBeau contraste avec Glass Pieces (1981, 1983) destinĂ© au corps de ballet en nombre, fresques collectives d’une joie brute, scintillante qui mĂȘle 6 danseurs classiques (3 couples) au corps de ballet plus chamarrĂ© et urbain. Puis le tableau s’assombrit, atteint une grandeur poĂ©tique inquiĂšte oĂč se dessinent les arĂȘtes vives d’un seul couple de danseurs aux tracĂ©s ralentis, suspendus dans la lumiĂšre latĂ©rale, quand en fond de scĂšne, toutes les danseuses forment un mur vivant dans l’ombre
 Le dernier volet de ce triptyque rĂ©jouissant permet aux jeunes danseurs du Ballet d’exprimer leur Ă©nergie dans une chorĂ©graphie joyeuse mais prĂ©cise et synchronisĂ©e. Les garçons et les filles se confrontent, exultent, se croisent et se mĂȘlent enfin pour un feu d’artifice final Ă©clatant, dans la lumiĂšre. La musique de Philip Glass porte Ă©videmment jusqu’à la transe cette danse du collectif et de l’énergie millimĂ©trĂ©e. Stimulante alchimie : tout l’art de Robbins est lĂ .

 

 

 

 

 

 

VERTIGES SYMPHONIQUES CHEZ VOUS / L’orchestre chez vous

BLOCH-alexandre-orchestre-national-de-lille-maestro-classiquenews-MAHLER-symphonie-8-des-mille-reportage-video-classiquenewsSYMPHONIQUE CHEZ VOUS
 Le confinement apporte son lot d’avantages non nĂ©gligeables. alors que le PrĂ©sident Macron a dĂ©but mai 2020 prĂ©cisĂ© qu’il fallait dĂ©sormais rĂ©inventer les formes d’accĂšs Ă  l’art et Ă  la culture, tout au moins pour les 5 Ă  6 mois qui viennent, force est de constater que naturellement les Ă©lĂ©ments de cette Ă©volution se sont mis en place. La toile est dĂ©sormais la vitrine la plus riche actuellement en terme de concerts et opĂ©ras. Chaque institution, orchestres ou salles et thĂ©Ăątres ayant soin d’offrir pour chacun, dĂ©sormais Ă  domicile, un vaste choix d’oeuvres et de partitions accessibles gratuitement. CLASSIQUENEWS sĂ©lectionne les meilleures propositions actuelles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Symphonies de GUSTAV MAHLER
par l’ON LILLE et Alexandre Bloch

 

 

bloch-alexandre-maestro-mahler-gustav-symphonie-n6-concert-critique-classiquenews-lille-nouveau-siecle-concertLES SYMPHONIES de GUSTAV MAHLER par L’Orchestre National de Lille. Ce fut l’Ă©vĂ©nement symphonique de l’annĂ©e 2019 : les Symphonies de Gustav Mahler interprĂ©tĂ© en un cycle continu par les instrumentistes lillois et leur directeur musical Alexandre Bloch. Classiquenews a relayĂ© et critiquĂ© la plupart des sessions de cette quasi intĂ©grale Ă©vĂ©nement dans la vie et l’histoire de l’Orchestre fondĂ© par Jean-Claude Casadesus. En voici les jalons marquants, qui permettent de suivre au sein dy cycle mahlĂ©rien, les avancĂ©es d’un collectif dĂ©sormais soudĂ© autour du charisme Ă©nergique de son chef…

 

 

Toutes les symphonies de Mahler par l’ON LILLE Orchestre National de LILLE / Alexandre Bloch, accessibles sur la chaĂźne youtube de l’ONLILLE ici : https://www.youtube.com/watch?v=ydAPBd2lC60&list=PLjt12Zt-aSM0swrZbY682lAH9fdCN8L1y (captations de chaque symphonie et aussi courts reportage sur chaque partition, prĂ©sentation par Alexandre Bloch)…

 

 

Commencer par exemple par la symphonie n°1 TITAN :

 

 

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REPORTAGE vidĂ©o : La 8Ăšme Symphonie des “Mille” de Gustav Mahler par L’ONL LILLE et Alexandre Bloch / nov 2019 / ultime Ă©pisode et assurĂ©ment le plus Ă©blouissant du cycle Gustav Mahler par l’Orchestre National de Lille en 2019 :

 

mahler-mille-ONL-LILLE-alexandre-Bloch-vignette-classiquenews

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 BEETHOVEN sur instruments d’Ă©poque

 

Vertiges symphoniquesBEETHOVEN : Symphonie n°7, Les SiĂšcles, FX Roth (janvier 2020). Jusqu’au 14 mars 2021. Voici une version hautement recommandable qui classe l’orchestre sur instruments d’époque parmi les meilleures phalanges actuelles : son fondateur et directeur musical François-Xavier Roth explore en orfĂšvre chaque mouvement, avec ce souci de l’architecture et de la profondeur qui s’avĂšrent passionnant. Entre intellectualisme et Ă©lĂ©gance, relief des timbres, gradation millimĂ©trĂ©e et clartĂ© architecturale, la lecture des SiĂšcles et de leur chef et fondateur François-Xavier Roth poursuivent un parcours d’excellence. La 7Ăš (Vienne, 1813) gagne une nervositĂ© Ă©loquente, une rondeur expressive
 nouvelles et comme rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©es. Beethoven leur va comme un gant : d’une rare prĂ©cision rythmique, d’une exceptionnelle vitalitĂ© dans la caractĂ©risation de chaque pupitre ; des cordes vives, affĂ»tĂ©es ; des percussions persiflantes et des basses roboratives, des respirations qui ponctuent et galbent le discours et le dĂ©roulement symphonique.

 

 

 

 

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BEETHOVEN : Symphonie n°7, « Apothéose de la danse »
Jusqu’au 14 mars 2021

 

 

 

 

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FilmĂ© Ă  Versailles mars 2020 / 250Ăš anniversaire de Beethoven – 46 mn  - VISIONNEZ le CONCERT 7Ăš SYMPHONIE de BEETHOVEN par Les SiĂšcles / François-Xavier Roth, direction :
https://www.france.tv/france-2/integrale-des-symphonies-de-beethoven/1315743-symphonies-n-5-et-7-de-beethoven-par-les-siecles-a-l-opera-royal-de-versailles.html

 

 

 

 

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François Xavier Roth produit un Beethoven racĂ©, trĂ©pidant ElĂ©gance et nervositĂ© des instruments d’époque. ‹Peut-ĂȘtre malgrĂ© la suavitĂ© heureuse hautbois / flĂ»te accentuant l’énergique Vivace du premier mouvement, on eut souhaiter davantage de furie viscĂ©rale en fin d’épisode, vrai appel Ă  la transe ultime du dernier mouvement
 mais cette Ă©lĂ©gance racĂ©e, ce souci du dĂ©tail qui fait sens, rappellent Ă  un Beethoven cĂ©rĂ©bral (et pas que sauvagement impĂ©tueux) ; Roth souligne derriĂšre le gĂ©nie furieux du geste, l’élĂ©gance viennoise de la sonoritĂ© d’un maĂźtre qui doit beaucoup Ă  Haydn.
L’Allegretto (2Ăš mouvement) est idĂ©alement respectĂ© : pas mortuaire ni pesant mais lui aussi d’une Ă©locution Ă  la fois simple, sobre, d’une clartĂ© absolue. Cette simplicitĂ© formelle renvoie Ă  leur Ă©paisseur emplombĂ©e (et donc surannĂ©e) bien des versions sur instruments modernes : il coule ici une lueur intĂ©rieure, Ă  la fois recueillie et tendre absente des lectures prĂ©cĂ©dentes. Ce caractĂšre intimiste restitue au mouvement ailleurs apothĂ©ose de grandeur funĂšbre, sa vitalitĂ© heureuse, son indicible pastoralisme (clarinettes, flĂ»te, cor
) chantant qui renvoie pour le coup Ă  la symphonie prĂ©cĂ©dente (la 6Ăš « Pastorale)
 La filiation inĂ©dite jamais Ă©coutĂ©e Ă  ce point de dĂ©licatesse, Ă©clairant aussi diffĂ©remment la tension du contrepoint fuguĂ©e, renforce la valeur de cette lecture.
L’apothĂ©ose de la danse, de la trĂ©pidation rythmique se dĂ©ploie plus encore dans le Scherzo qui est un presto (3Ăš mouvement), subtilement Ă©noncĂ©, avec une grĂące ineffable dans la caractĂ©risation de chaque timbre : vents, bois, cordes, percussions. Le nerf sculpte une fresque dansante aux scintillements ciselĂ©s, oĂč gonfle et enfle la caresse en second champs des bois et des vents. Cela relĂšve d’une comprĂ©hension profonde de l’espace chez Beethoven, gĂ©nie de l’orchestration et des plans Ă©tagĂ©s. FX Roth sait nuancer ; surtout trouver les pauses et les respirations justes qui creusent davantage la profondeur de Ludwig dont la forme semble penser. Remarquable sens du tempo et de la « dramaturgie sonore ».

Avons nous pour autant la transe impĂ©rieuse qui doit conduire toute l’énergie du dernier mouvement notĂ© « Allegro con brio »? le galop final est trempĂ© dans l’ardeur et la vaillance, l’esprit de combat, avec des cuivres pĂ©taradants, que l’élĂ©gance des cordes adoucit ; d’une rare prĂ©cision rythmique, le chef insuffle cette vie gorgĂ©e d’espoir, de frĂ©nĂ©sie convulsive, d’esprit de conquĂȘte. Eperdu, gĂ©nial, Beethoven se rĂ©vĂšle ici dans un bain de jouvence dyonisiaque. En plus de l’énergie, Roth nous abreuve de sonoritĂ©s dĂ©licates dont chaque accent fait gravir l’architecture lumineuse. Un rĂ©gal.
VoilĂ  qui confirme l’étonnant et nĂ©cessaire apport des instruments d’époque chez Beethoven, d’autant qu’ils sont conduits ici avec une rare intelligence expressive, une claire maĂźtrise des nuances. Magistral.

JAMES TISSOT : la femme, la mode, le spirituel

tissot-une-a-l-affiche-orsay-expo-critique-classiquenewsARTE, dim 5 avril 2020, 17h45. JAMES TISSOT L’étoffe d’un peintre – Portraitiste de la haute sociĂ©tĂ© britannique et parisienne, le nantais James Tissot (1836-1902) portraiture les mondanitĂ©s et les rituels sociaux comme les mutations de son temps, en particulier celui de l’Angleterre Ă  l’ñge industriel quand il se fixe Ă  Londres (1871) aprĂšs la guerre de 1870.
S’il a reniĂ© son prĂ©nom (Jacques-Joseph) fleurant bon la bourgeoisie provinciale (nantaise) du XIXe siĂšcle succombant Ă  l’anglomanie ambiante (l’Angleterre victorienne, celle du musicien Elgar, est la premiĂšre puissance europĂ©enne), « James » Tissot, nĂ© Ă  Nantes en 1836, a conservĂ© le goĂ»t de la religion, les ambiances portuaires; les tissus – son pĂšre est marchand de soie, sa mĂšre, modiste. FormĂ© aux Beaux-Arts de Paris – expert praticien en costumes mĂ©diĂ©vaux et kimonos japonais –, il devient le peintre fĂ©tiche de l’élite du Second Empire suite Ă  son Portrait de Mlle L.L. (1864), Ă  la silhouette furieusement Ă  la mode.

 

 

Mondain, modiste, mystique : l’Ă©clectisme exigeant de James Tissot

 

tissot-james-expo-peinture-classiquenews-critique-expo-concert-opera-classiquenews-par-edgar-degas-1866Eclectique, trĂšs en phase avec l’hyperculturisme de la fin du siĂšcle, Tissot revient Ă  Paris dĂšs 1882, peint la femme comme un naturaliste inspirĂ© – comme Massenet ou Puccini Ă  l’opĂ©ra. FrappĂ© par une vision mystique en 1888, il se dĂ©die alors Ă  un art essentiellement religieux, oĂč il recycle les souvenirs de ses voyages en Palestine et Ă  Jerusalem, renouvelant le tĂ©moignage fervent d’un Chateaubriant, au dĂ©but du siĂšcle. Tissot synthĂ©tise impressionnisme, Ingres, un rĂ©alisme qui rĂ©vĂšle un sens de la construction sans possĂ©der et maĂźtriser le cadrage photographique voire cinĂ©matographique de son ami, l’immense Edgar Degas (sujet de la rĂ©trospective prĂ©cĂ©dente au MusĂ©e d’Orsay). Tissot Ă  Londres cisĂšle un regard prĂ©cis, nerveux voire parodique et critique du genre humain et surtout urbain : comme il avait croquer les combats pour le Morning Post, pendant le front franco-prussien. A Londres, il portraiture les bonnes gens et les aristos britanniques, capturant des scĂšnes plus triviales pĂȘchĂ©es dans le port de Londres. Sa muse Kathleen Newton, divorcĂ©e irlandaise et mĂšre de deux enfants, s’impose. AprĂšs la disparition de celle qui Ă©tait devenue sa compagne, en 1882, le peintre regagne la France. ÉpinglĂ© peintre de la mode, Tissot dĂ©voile une acuitĂ© rĂ©aliste plus profonde qu’il n’y paraĂźt. Ce docu assez diluĂ© et pas toujours prĂ©cis tente d’en dĂ©voiler les qualitĂ©s.

 

 

 

 

arte_logo_2013ARTE, dim 5 avril 2020, 17h45. Documentaire de Pascale BouhĂ©nic (France, 2020, 52mn) – Coproduction : ARTE France, CinĂ©tĂ©vĂ©, MusĂ©es d’Orsay et de l’Orangerie – Rappel : Exposition “James Tissot, l’ambigu moderne”, prĂ©sentĂ©e du 24 mars au 19 juillet au musĂ©e d’Orsay.
Illustration : femmes regardant des objets jamponais, vers 1869 / James Tissot peint par Degas (DR)

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Giselle d’Adolphe Adam Ă  l’OpĂ©ra de Paris

giselle-adam-opera-bastille-garnier-critique-danse-opera-classiquenewsBALLET en replay, GISELLE jusqu’au 5 aoĂ»t 2020. L’OpĂ©ra de Paris prĂ©sente cette lecture idĂ©ale de Giselle, ballet en deux actes crĂ©Ă© en 1841, sommet romantique par excellence, alliant passion tragique et surnaturel spectral en particulier grĂące Ă  son acte blanc, oĂč les jeunes filles mortes suicidĂ©es par dĂ©pit (les Wilis) ressuscitent pour envoĂ»ter et tuer les jeunes hommes perdus – avatar romantique français proposĂ© par ThĂ©ophile Gautier, auteur du livret – alternative aux sirĂšnes elles aussi sĂ©ductrices et fatales dans l’OdyssĂ©e d’HomĂšre, pour Ulysse et ses compagnons marins


VOIR le ballet GISELLE par l’OpĂ©ra de PARIS, Palais Garnier (2019) :
https://www.france.tv/spectacles-et-culture/opera-et-musique-classique/1252285-giselle-de-theophile-gautier-au-palais-garnier.html
Somptueuse version de Giselle qui place le Corps de Ballet de l’OpĂ©ra de Paris au sommet des meilleures phalanges pour ce rĂ©pertoire ; d’autant que les solistes sont tous fins et caractĂ©risĂ©s ; que l’orchestre en fosse, sait dĂ©tailler la partition, subtile orchestration en clartĂ© et profondeur suggestive, grĂące Ă  l’excellent Koen Kessels. Ici contrastent parfaitement, l’esprit d’insouciance pastorale et rustique du premier acte et le surnaturel fantastique, tragique voire lugubre du deuxiĂšme, acte blanc, celui des Wilis et de leur reine Myrtha, avide du sang des fiancĂ©s dĂ©loyaux


ACTE I : La mort de Giselle. Giselle, jeune paysanne, adorĂ©e vainement par Hilarion, aime le prince Albrecht ; mais quand celui ci accueille une autre femme, elle comprend qu’elle a Ă©tĂ© trahie ; de dĂ©pit, Giselle meurt folle et dĂ©truite (Ă  49’). ACTE II (Ă  53’41) : Albrecht est sauvĂ© de la haine des Wilis par le fantĂŽme compatissant de Giselle
 Sur la tombe de Giselle, le chasseur Hilarion perdu est la victime des Wilis qui envahissent le site, dirigĂ©es par leur reine vengeresse, Myrtha. Survient le coupable Albrecht, prĂȘt Ă  mourir pourvu qu’il voit sa fiancĂ©e morte. Celle-ci lui apparaĂźt et dĂ©cide de le sauver des Wilis
 La France romantique depuis les tableaux gothiques dans La Dame Blanche de Boieldieu puis Robert le Diable de Meyerbeer (acte des Nonnes ressuscitĂ©es, peint par Degas) se passionne pour le surnaturel gothique
 Adam fixe dĂ©sormais la figure de la ballerine en tutu blanc dĂ©voilant un mollet Ă©rotique, sirĂšne irrĂ©elle au grand pouvoir de sĂ©duction (incarnĂ©e par la terrible et fascinante Myrtha, dans son solo spectral avec harpe et cor, sublime chorĂ©graphie au dĂ©but du II).

Musique : Adolphe ADAM
ChorĂ©graphie de Jules Perrot, d’aprĂšs Marius Petipa, adaptĂ©e par Patrice Bart pour l’OpĂ©ra de Paris

Dorothée Gilbert, étoile, Giselle
Mathieu Ganio, Ă©toile, Albrecht
Valentine Colasante, Ă©toile, Myrtha
Audric Bezard, premier danseur, Hilarion
Orch Pasdeloup – Ken Koessels
Durée : 1h48 mn

LIRE aussi notre compte rendu critique de GISELLE d’ADAM, dĂ©but fĂ©vrier 2020 Ă  l’OpĂ©ra de Paris, avec une autre distribution : LĂ©onore Baulac (Giselle), Germain Louvet (Albrecht)
 François Alu (Hilarion)
https://www.classiquenews.com/compte-rendu-ballet-paris-onp-le-5-fev-2020-adam-giselle-corelli-perrot-petitpa-bart-polyakov-baulac/