Nikolaus Harnoncourt s’est Ă©teint samedi 5 mars 2016

harnoncourt nikolausDECES. Le chef d’orchestre autrichien Nikolaus Harnoncourt, au moment de ses 86 ans, avait mis fin Ă  sa carriĂšre en dĂ©cembre dernier. Le maestro dĂ©fricheur, pilier de la rĂ©volution baroqueuse apportant un regard neuf sur les Ɠuvres et la façon de les interprĂ©ter nous a quittĂ© samedi 5 mars 2016. Dans un prochain article, CLASSIQUENEWS retracera l’itinĂ©raire et surtout l’apport d’une direction affĂ»tĂ©e, critique, et pourtant gourmande et d’une exceptionnelle activitĂ© expressive : chez Monteverdi, surtout Mozart et rĂ©cemment Beethoven… (qu’il devait dirigĂ© Ă  Salzbourg cet Ă©tĂ©, pour la 9Ăšme Symphonie aprĂšs avoir publiĂ© en janvier les Symphonies 4 et 5 :”CLIC de CLASSIQUENEWS” de fĂ©vrier 2016).  Voici notre communiquĂ© au moment de l’annonce de sa retraite en dĂ©cembre 2015. Le chef inoubliable se sera Ă©teint trois mois plus tard.

Dans un communiquĂ© diffusĂ© par le bureau du festival Styriate qu’il a crĂ©Ă© Ă  Graz (Autriche), le pionnier de la rĂ©volution baroque et l’interprĂšte le plus inspirĂ© et le plus audacieux des rĂ©pertoires des XVIIĂš et XVIIIĂš (avec William Christie), Nikolaus Harnoncourt (nĂ© Comte Ă  Berlin en dĂ©cembre 1929), confirme sa dĂ©cision de se retirer des salles de concerts et des studios d’enregistrement.  AffĂ»tĂ©, sans a priori, en quĂȘte de nouveaux mondes musicaux, rĂ©vĂ©lant la puissante magie des timbres sur instruments d’époque, Nikolaus Harnoncourt a rĂ©volutionnĂ© l’interprĂ©tation des rĂ©pertoires (pilotant entre autres, son ensemble spĂ©cialisĂ© Concentus Musicus de Vienne) avec une acuitĂ© expĂ©rimentale et dĂ©fricheuse qui va du XVIĂš aux romantiques et aux modernes du XXĂšme siĂšcle.

DĂ©fricheur et pionnier, Harnoncourt met fin Ă  sa carriĂšreSes rĂ©cents enregistrements parus chez Sony classical dont un inoubliable geste intĂ©rieur, spirituel dĂ©diĂ© aux 3 derniĂšres Symphonies de Mozart (triptyque conçu comme un “oratorio instrumental”),  confirment une vision unique et personnelle dont les qualitĂ©s sont toujours restĂ©es sobriĂ©tĂ©, vĂ©ritĂ©, analyse, profondeur. Son Mozart, Ă©clairĂ© aussi Ă  Salzbourg – Les Noces, Don Giovanni, Cosi, Ă©blouissants par leur noirceur et leur sincĂ©ritĂ© humaine-, est son offrande la plus bouleversante. Bonne retraite maestro.

 

 

 

 

Les derniers cd Mozart de Nikolaus Harnoncourt

harnoncourt mozart symphonies last symphonies 39, 40, 41 instrumental oratorium concentus musicus wien cd sony classicalCD. Mozart : 3 derniĂšres Symphonies n°39,40, 41. Nikolaus Harnoncourt, Concentus Musicus Wien, dĂ©cembre 2012, 2 cd Sony classical. Parues le 25 aoĂ»t 2014, les 3 derniĂšres Symphonies de Mozart (n°39,40, 41) synthĂ©tisent ici, pour Nikolaus Harnoncourt et dans cet enregistrement rĂ©alisĂ© avec ses chers instrumentistes du Concentus Musicus Wien, l’expĂ©rience de toute une vie (60 annĂ©es) passĂ©e au service du grand Wolfgang : sa connaissance intime et profonde des opĂ©ras, les plus importants dirigĂ©s Ă  Salzbourg entre autres (la trilogie Da Ponte, La ClĂ©mence de Titus, La FlĂ»te enchantĂ©e
), suffit Ă  enrichir et nourrir une vision personnelle et originale sur l’écriture mozartienne ; s’appuyant sur le mordant expressif si finement colorĂ© et intensĂ©ment caractĂ©risĂ© des instruments anciens, le chef autrichien rĂ©alise un accomplissement dont l’absolue rĂ©ussite Ă©tait dĂ©jĂ  prĂ©figurĂ©e dans son cd antĂ©rieur dĂ©diĂ© au Mozart Symphoniste (Symphonie n°35 Haffner, Ă©ditĂ© en janvier 2014, « CLIC » de classiquenews)  ou encore aux Concertos pour piano n°25 et 23. Dans cette rĂ©alisation particuliĂšrement attendue, Harnoncourt envisage les 3 Symphonies non plus comme une trilogie orchestrale – ce qui est aujourd’hui dĂ©fendu par de nombreux musicologues et chefs- mais comme un « oratorio instrumental en 12 mouvements », subtilement enchaĂźnĂ©s, en un tout inĂ©luctablement organique. Par oratorio, Harnoncourt voudrait-il jusqu’à Ă©voquer une partition touchĂ©e par la grĂące divine, dont la ferveur sincĂšre nous touche Ă©videmment par sa justesse poĂ©tique et les moyens mis en Ɠuvre pour en exprimer le sens ?

 

 

mais aussi….

CD. Nikolaus Harnoncourt. Johann Strauss II (7 cd Warner classics)

Johann-Strauss-II-par-Nikolaus-Harnoncourt_Nikolaus Harnoncourt. Johann Strauss II (7 cd Warner classics) coffret boxCD. Nikolaus Harnoncourt. Johann Strauss II (7 cd Warner classics). Harnoncourt s’est expliquĂ© longuement sur le sujet : nĂ© allemand mais viennois jusqu’au bout de la baguette, le chef berlinois, 85 ans en 2015, porte en lui cette Ă©lĂ©gance autrichienne, fine combinaison entre Ă©lĂ©gance et danses populaires, raffinement et 
 rusticitĂ©. InspirĂ© par les mĂ©lodies de la rue comme les danses traditionnelles, Johann II Strauss (1825-1899), roi de la valse, s’inscrit dans la tradition d’un Schubert, et avant lui de Haydn et de Mozart. Le maestro si convaincant chez Monteverdi et nombre de compositeurs baroques dont il aura renouvelĂ© l’approche avec ses musiciens du Concentus Musicus,- mais aussi Mozart ou Beethoven : Harnoncourt depuis toujours dĂ©fend un Strauss concrĂštement
 rustique et Ă©lĂ©gantissime.

 

 

Livres. Nikolaus Harnoncourt : La Parole musicale (Actes Sud)

actes Sud harnoncourt la parole musicale propos sur la musique romantique actes sud livres clic de classiquenews octobre 2014Livres. Nikolaus Harnoncourt : La Parole musicale (Actes Sud). Coquille sur la couverture : contrairement Ă  ce qui est indiquĂ©, les propos recueillis ici ne concernent pas uniquement les compositeurs romantiques
 A moins que Mozart (et ses ultimes Symphonies dont la centrale K550 en sol mineur) soit lui aussi romantique
 ce qui nous comblerait de joie (!), car sa modernitĂ© et sa sensibilitĂ© visionnaire ne peuvent selon nous ĂȘtre rangĂ©es dans aucune case
 trĂȘve d’observations de dĂ©tail : car c’est bien de plusieurs textes dĂ©cisifs et lumineux dont il est question dans ce nouvel opus Ă  propos de Beethoven, Schubert, Schumann, Brahms, Bruckner et mĂȘme Bizet et Verdi (mais pas de Strauss ni de Mahler : Harnoncourt n’a jamais cachĂ© qu’il les jugeait l’un et l’autre « trop bavards »). Comme directeur musical de son festival Styriarte en Autriche, Nikolaus Harnoncourt a pu aborder nombre de compositeurs, lyriques et symphoniques auxquels il a consacrĂ© des discours et prĂ©sentations trĂšs dĂ©taillĂ©s, surtout trĂšs militants. Le texte liminaire le plus pertinents demeure celui sur Mozart et le sens profond de sa Symphonie axiale / centrale au sein de la trilogie des trois derniĂšres : 39, 40 et 41 « Jupiter ». La K 550 en sol mineur rĂ©sonne comme une dĂ©flagration, par sa sonoritĂ© inĂ©dite et inclassable qui fait imploser la forme elle-mĂȘme et le tissu mĂ©lodique comme harmonique. Sa signification profonde s’entend avec les deux autres qui l’encadrent. Jamais Harnoncourt, exceptionnel mozartien (il a dirigĂ© les opĂ©ras majeurs Ă  Salzbourg) n’a Ă©tĂ© ici plus argumentĂ©, mieux inspirĂ©, dans un texte rĂ©digĂ© pour les 250 ans de Mozart au Mozarteum de Salzbourg (2006). Pour passer des intentions Ă  la pratique le lecteur se reportera Ă  l’excellent double cd Ă©ditĂ© simultanĂ©ment chez Sony classical, dĂ©diĂ© justement au 3 derniĂšres Symphonies conçu comme «  un oratorio instrumental », CLIC de classiquenews du mois de septembre 2014.

 

 

Festival CLASSICAVAL au Val d’IsĂšre

val isere logo noirVal d’IsĂšre, festival Classicaval, 8, 9, 10 mars 2016… En mars 2016, Val d’IsĂšre fait son festival du 8 au 10 mars. “Classicaval” est le nouvel Ă©vĂ©nement musical, un rendez-vous trĂšs estimable, soucieux d’accorder montagne et musique classique dans l’un des sites les plus enchanteurs de la rĂ©gion. 2Ăšme Ă©dition en 2016 d’un cycle de concerts hors normes qui investit l’Ă©glise baroque de Val d’IsĂšre ; c’est une occasion unique d’Ă©couter au cƓur des massifs spectaculaires, des instrumentistes inspirĂ©s qui excellent en un chambrisme affĂ»tĂ©, ciselĂ©, oĂč l’Ă©coute collective et la complicitĂ© offrent de superbes instants musicaux. Svetlin Roussev, Elena Rozanova et François Salque, trio singuliĂšrement complice (violon, piano, violoncelle) renouvelle le genre de la musique de chambre : inspirĂ©s par les lieux, nos trois guides proposent du 8 au 10 mars, une sĂ©rie de concerts au pays enneigĂ©. Ici l’Ă©coute enchantĂ©e se savoure aprĂšs le ski. L’acoustique de l’Ă©glise magnifie un trio Ă©lĂ©giaque qui publie aussi un nouveau disque annoncĂ© fins mars 2016, soit au terme de cette seconde Ă©dition musicale. La pianiste Elena Rozanova, directrice du festival Classicaval, s’associe la connivence fraternelle et artistique du violoniste Svetlin Roussev (violon solo de Philharmonique de Radio France et aussi du Seoul Philharmonic), mais aussi du violoncelliste François Salque dont l’intĂ©rioritĂ© et le souci d’une sonoritĂ© troublante par sa justesse, captive de concerts en programmes inĂ©dits. Les 3 instrumentistes composent une maniĂšre de trio enchanteur, comme les 3 bons garçons de La FlĂ»te EnchantĂ©e de Mozart. En une façon diffĂ©rente de vivre la montagne enneigĂ©e. En mars 2016, nos trois guides experts invitent aussi une seconde pianiste Valentina Igoshina et le guitariste Samuel Strouk… pour 3 programmes de pur enchantement intimiste, Ă  la couleur russe. FidĂšle Ă  ses racines slaves, Elena Rozanova a Ă©laborĂ© plusieurs concerts oĂč la sensibilitĂ© russe promet de nouveaux accomplissements musicaux.

Val-d-isere-festival-classicaval festival musique classique au val d isere presentation annonce classiquenews edition 2016 concerts

 

Le OFF du festival classicaval

 

cp_classicaval_opus21.005ConvivialitĂ©, proximitĂ©. Le Festival Classicaval joue aussi la carte de la proximitĂ©, permettant au festivaliers skieurs et mĂ©lomanes, de rencontrer les artistes. Ainsi lundi 7 mars, Ă  19h, ils pourront dĂ©jĂ  rencontrer autour d’un verre Ă  l’hĂŽtel Avenue Lodge, François Salque et Samuel Strouk, Ă©voquant le programme qui associe les deux musiciens (invitation Ă  retirer Ă  l’office de tourisme). De mĂȘme, Ă  l’issue du concert d’ouverture le 8 mars, les artistes vous accueillent Ă  la Maison Marcel Charvin. Autre moment exceptionnel sur le front de neige du Val d’IsĂšre: le piano sur la neige dont les notes glissent littĂ©ralement, mercredi 9 mars. Enfin soucieuse de transmission comme de sensibilisation auprĂšs des plus jeunes, Elena Rozanova rencontre les Ă©lĂšves de l’Ă©cole de Val d’IsĂšre.

Programme du festival Classicaval
3 concerts exceptionnels Ă  l’Ă©glise de Val d’IsĂšre, dĂ©but des concerts Ă  18h30

Mardi 8 mars 2016
“Souvenirs de Russie”

SergueĂŻ Rachmaninov
PiĂšces opus 11
pour piano Ă  quatre mains

Piotr Illitch Tchaikosky
Valses de fleurs
Extrait de Casse-Noisette
pour piano Ă  quatre mains

Piotr Illitch Tchaikosky
Trio opus 50
pour piano, violon et violoncelle

Svetlin Roussev, violon
François Salque, violoncelle
Elena Rozanova, piano
Valentina Igoshina, piano
avec la participation d’Anastasia Dewynter, piano

Mercredi 9 mars 2016
“Classique et au-delĂ ”

Ludwig van Beethoven
Sonates opus 27 n°2 “Au clair de lune”
(piano solo)

Franz Liszt
MĂ©phisto Valse
RĂȘve d’amour
(piano solo)

Astor Piazzola
Café
pour violon et guitare

Jocelyn Mienniel / Astor Piazzola
Seul tout seul / Armagedon
pour violon, violoncelle et guitare

Stéphane Grapelli
Medley pour violoncelle et guitare

Valentina Igoshina, piano
François Salque, violoncelle
Samuel Strouk, guitare
Svetlin Roussev, violon

Jeudi 10 mars 2016
“Couleurs de l’Est”

Anton Dvorak
PiĂšces romantiques pour violon et piano

Ernest Bloch
PriĂšre pour violoncelle et guitare

Krystof Maratka
Casardas pour violoncelle et guitare

David Popper
Rhapsodie hongroise pour violoncelle et piano

Anton Dvorak
Trio Dumki pour violon, violoncelle et piano

Svetlin Roussev, violon
François Salque, violoncelle
Samuel Strouk, guitare
Elena Rozanova, piano

val isere logo noirToutes les infos, le dĂ©tail des programmes, les modalitĂ©s de rĂ©servation, pour prĂ©parer aussi votre sĂ©jour en Val d’IsĂšre, sur le site du festival Classicaval :http://www.festival-classsicaval.com

 

 

 

CD coffret, annonce. THE MONO ERA (51 cd édition limitée Deutsche Grammophon)

deutsche grammophon mono era coffret box announce compte rendu critique review classiquenews the mono era 1948 - 1957CD coffret, annonce. THE MONO ERA (51 cd Ă©dition limitĂ©e Deutsche Grammophon). MONO LEGENDAIRE. Il fut un temps (premier, pionnier) oĂč l’illustre label jaune enregistrait alors en… mono. Mais ce que l’on perd en prouesse technologique et sonore est compensĂ© ici en justesse et raffinement de l’interprĂ©tation car nous voici propulsĂ©s dans les annĂ©es d’aprĂšs guerre (dĂšs 1948) et jusqu’en 1957, soit les annĂ©es fastes artistiquement oĂč Deutsche Grammophon (alors DGG pour Deutsche Grammophon Gesellschaft) construit alors son catalogue avec le concours de tempĂ©raments dont les noms aujourd’hui citĂ©s, donnent le vertige. Une Ă©poque oĂč l’esthĂ©tique exigeante de la rĂ©alisation discographique signifiait d’abord, un aboutissement ou un accomplissement, le fruit de travail et de rĂ©flexion patiemment mĂ»ri (Ă  mille lieues des coups marketing actuels oĂč martelant un jeunisme aigu, on souhaite toujours nous imposer un talent inĂ©dit, nouveau, ignorĂ©, sorti d’on ne sait oĂč !!!, effet d’annonce qui retombe bien souvent comme un mauvais soufflĂ©). Le coffret qui n’aurait pu ĂȘtre qu’une compilation de dĂ©jĂ  Ă©coutĂ©/publiĂ©, rassemble ici prĂšs de 17 enregistrements inĂ©dits exhumĂ©s pour la premiĂšre fois (insondable richesse des archives Deutsche Grammophon).

Magie intemporelle des premiers microsillons

deutsche grammophon coffret box the mono era 51 cd review announce compte rendu critique classiquenewsQuand les disques vinyles DGG (Deutsche Grammophon Gesellschaft) Ă©taient mono… Tous les programmes sont Ă©ditĂ©s avec leur pochette d’origine (visuel de couverture uniquement ; le dos souvent gĂ©nĂ©reusement documentĂ©/renseignĂ© mais illisible, n’est pas concernĂ©). C’est l’Ă©poque primitive des premiers microsillons 33 tours classiques, contraints Ă  la durĂ©e rĂ©glementaire par face concernĂ©e. Le livret richement illustrĂ© sur papier de qualitĂ©, prĂ©cise le contexte historique, esthĂ©tique, technologique d’alors, grĂące Ă  la publication d’un texte Ă©ditĂ© par DG, pour sa communication interne, juste aprĂšs la Foire de DĂŒsseldorf en septembre 1951.

CLIC_macaron_2014Parmi les musiciens, chanteurs, instrumentistes et chefs prĂ©sents dans le coffret : Ferenc Fricsay, Wilhelm FurtwĂ€ngler, Wilhelm Kempff, David Oistrakh, Sviatoslav Richter, Cherkassky, Karel Ancerl, Fricsay, FurtwĂ€ngler, Kempff, Oistrakh, Richter, Cherkassky, Ancerl, Fischer-Dieskau (his debut recording), Haskil, Hindemith, Jochum, van Kempen, Markevitch, Martzy, Wolfgang Windgassen and Astrid Varnay, Clara Haskil, Paul Hindemith, Eugen Jochum, van Kempen, Ferdinand Leitner (intĂ©gral de l’opĂ©ra Le Tsar et le charpentier de Lortzing de 1952),  Lorin Maazel, Igor Markevitch, Martzy, Hans Rosbaud, les chanteurs Maria Stader,  Wolfgang Windgassen, Astrid Varnay, Dietrich Fischer-Dieskau (ses premiers enregistrements : lieder de Brahms, WOlf, Schumann)…  Tous les programmes et enregistrements sont prĂ©sentĂ©s de façon alphabĂ©tique au nom des interprĂštes dont ils tĂ©moignent de la sensibilitĂ© comme de l’engagement artistique… Prochaine critique, compte rendu complet et dĂ©veloppĂ© du coffret THE MONO ERA, 51 cd Deutsche Grammophon / 1948 – 1957, dans la mag CD DVD LIVRES de classiquenews.com

CD coffret, annonce. THE MONO ERA (51 cd édition limitée Deutsche Grammophon). CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016. Parution annoncée : le 19 février 2016. En lire + sur le site du Club Deutsche Grammophon / page dédiée : The Mono Era by Deutsche Grammophon

Val d’IsĂšre, festival Classicaval, 8,9,10 mars 2016

val isere logo noirVal d’IsĂšre, festival Classicaval, 8, 9, 10 mars 2016… En mars 2016, Val d’IsĂšre fait son festival du 8 au 10 mars. “Classicaval” est le nouvel Ă©vĂ©nement musical, un rendez-vous trĂšs estimable, soucieux d’accorder montagne et musique classique dans l’un des sites les plus enchanteurs de la rĂ©gion. 2Ăšme Ă©dition en 2016 d’un cycle de concerts hors normes qui investit l’Ă©glise baroque de Val d’IsĂšre ; c’est une occasion unique d’Ă©couter au cƓur des massifs spectaculaires, des instrumentistes inspirĂ©s qui excellent en un chambrisme affĂ»tĂ©, ciselĂ©, oĂč l’Ă©coute collective et la complicitĂ© offrent de superbes instants musicaux. Svetlin Roussev, Elena Rozanova et François Salque, trio singuliĂšrement complice (violon, piano, violoncelle) renouvelle le genre de la musique de chambre : inspirĂ©s par les lieux, nos trois guides proposent du 8 au 10 mars, une sĂ©rie de concerts au pays enneigĂ©. Ici l’Ă©coute enchantĂ©e se savoure aprĂšs le ski. L’acoustique de l’Ă©glise magnifie un trio Ă©lĂ©giaque qui publie aussi un nouveau disque annoncĂ© fins mars 2016, soit au terme de cette seconde Ă©dition musicale. La pianiste Elena Rozanova, directrice du festival Classicaval, s’associe la connivence fraternelle et artistique du violoniste Svetlin Roussev (violon solo de Philharmonique de Radio France et aussi du Seoul Philharmonic), mais aussi du violoncelliste François Salque dont l’intĂ©rioritĂ© et le souci d’une sonoritĂ© troublante par sa justesse, captive de concerts en programmes inĂ©dits. Les 3 instrumentistes composent une maniĂšre de trio enchanteur, comme les 3 bons garçons de La FlĂ»te EnchantĂ©e de Mozart. En une façon diffĂ©rente de vivre la montagne enneigĂ©e. En mars 2016, nos trois guides experts invitent aussi une seconde pianiste Valentina Igoshina et le guitariste Samuel Strouk… pour 3 programmes de pur enchantement intimiste, Ă  la couleur russe. FidĂšle Ă  ses racines slaves, Elena Rozanova a Ă©laborĂ© plusieurs concerts oĂč la sensibilitĂ© russe promet de nouveaux accomplissements musicaux.

Val-d-isere-festival-classicaval festival musique classique au val d isere presentation annonce classiquenews edition 2016 concerts

 

Le OFF du festival classicaval

 

cp_classicaval_opus21.005ConvivialitĂ©, proximitĂ©. Le Festival Classicaval joue aussi la carte de la proximitĂ©, permettant au festivaliers skieurs et mĂ©lomanes, de rencontrer les artistes. Ainsi lundi 7 mars, Ă  19h, ils pourront dĂ©jĂ  rencontrer autour d’un verre Ă  l’hĂŽtel Avenue Lodge, François Salque et Samuel Strouk, Ă©voquant le programme qui associe les deux musiciens (invitation Ă  retirer Ă  l’office de tourisme). De mĂȘme, Ă  l’issue du concert d’ouverture le 8 mars, les artistes vous accueillent Ă  la Maison Marcel Charvin. Autre moment exceptionnel sur le front de neige du Val d’IsĂšre: le piano sur la neige dont les notes glissent littĂ©ralement, mercredi 9 mars. Enfin soucieuse de transmission comme de sensibilisation auprĂšs des plus jeunes, Elena Rozanova rencontre les Ă©lĂšves de l’Ă©cole de Val d’IsĂšre.

Programme du festival Classicaval
3 concerts exceptionnels Ă  l’Ă©glise de Val d’IsĂšre, dĂ©but des concerts Ă  18h30

Mardi 8 mars 2016
“Souvenirs de Russie”

SergueĂŻ Rachmaninov
PiĂšces opus 11
pour piano Ă  quatre mains

Piotr Illitch Tchaikosky
Valses de fleurs
Extrait de Casse-Noisette
pour piano Ă  quatre mains

Piotr Illitch Tchaikosky
Trio opus 50
pour piano, violon et violoncelle

Svetlin Roussev, violon
François Salque, violoncelle
Elena Rozanova, piano
Valentina Igoshina, piano
avec la participation d’Anastasia Dewynter, piano

Mercredi 9 mars 2016
“Classique et au-delĂ ”

Ludwig van Beethoven
Sonates opus 27 n°2 “Au clair de lune”
(piano solo)

Franz Liszt
MĂ©phisto Valse
RĂȘve d’amour
(piano solo)

Astor Piazzola
Café
pour violon et guitare

Jocelyn Mienniel / Astor Piazzola
Seul tout seul / Armagedon
pour violon, violoncelle et guitare

Stéphane Grapelli
Medley pour violoncelle et guitare

Valentina Igoshina, piano
François Salque, violoncelle
Samuel Strouk, guitare
Svetlin Roussev, violon

Jeudi 10 mars 2016
“Couleurs de l’Est”

Anton Dvorak
PiĂšces romantiques pour violon et piano

Ernest Bloch
PriĂšre pour violoncelle et guitare

Krystof Maratka
Casardas pour violoncelle et guitare

David Popper
Rhapsodie hongroise pour violoncelle et piano

Anton Dvorak
Trio Dumki pour violon, violoncelle et piano

Svetlin Roussev, violon
François Salque, violoncelle
Samuel Strouk, guitare
Elena Rozanova, piano

val isere logo noirToutes les infos, le dĂ©tail des programmes, les modalitĂ©s de rĂ©servation, pour prĂ©parer aussi votre sĂ©jour en Val d’IsĂšre, sur le site du festival Classicaval : www.festival-classicaval.com

 

 

 

Festival CLASSICAVAL au Val d'IsĂšre : 8, 9 et 10 mars 2016

 

 

Collection de contes musicaux légendaires : Raconte-moi en musique

Raconte-moi_rectoCD, coffret Ă©vĂ©nement. Raconte moi en musique. Deutsche Grammophon imagine un coffret de 4 cd regroupant les plus belles histoires en musique qui raconte surtout l’aventure des instruments de l’orchestre. Le cycle de rĂ©Ă©dition comprend contes musicaux, Ballet pour enfants, opĂ©ra contĂ©… une immersion opportune dans l’univers irrĂ©sistible des histoires en musique pour petits et grands. C’est un coffret idĂ©al pour les parents soucieux d’initier leurs chĂšres tĂȘtes blondes Ă  l’univers de la musique classique, des instruments, de l’orchestre (tout en s’initiant eux-mĂȘmes). Y paraissent des contes musicaux oĂč la musique accompagne l’action (L’Histoire de Babar de Poulenc, dite par Jeanne Moreau ; ou La BoĂźte Ă  joujoux de Debussy, version pour piano) ; il y a en particulier les textes spĂ©cialement Ă©crits pour prĂ©senter les instruments de l’orchestre oĂč chaque instrument est le personnage de l’histoire : l’extraordinaire “Piccolo, saxo et compagnie” (ou la petite histoire d’un grand orchestre… lequel comprend la famille des saxophones, protagonistes d’une odyssĂ©e dĂ©jantĂ©e poĂ©tique), et aussi Variations et Fugue sur un thĂšme de Purcell de Britten, partition dirigĂ©e, rĂ©citĂ©e par le chef Lorin Maazel. Il y a enfin un opĂ©ra contĂ© (La FlĂ»te enchantĂ©e de Mozart prĂ©sentĂ©e et jouĂ©e par de nombreux comĂ©diens dont Claude Riche en narrateur).

Contes enchantés

Notre prĂ©fĂ©rence va au Carnaval des animaux dit par la subtile et enchantĂ©e Mireille, et au Pierre et le loup, inusable fĂ©erie Ă  la fois terrifiante et drĂŽle signĂ©e de Prokofiev, racontĂ© par un Charles Aznavour d’une rare finesse ; c’est un incroyable comĂ©dien, comme Peter Ustinov pour Piccolo, saxo et compagnie… Mireille, Aznavour, Ustinov… 3 magiciens pour des histoires irrĂ©sistibles au charme lĂ©gendaire. Deutsche Grammophon a eu le nez fin de regrouper ces 7 histoires en musique en un coffret incontournable. Les plus jeunes dĂ©couvriront la magie des instruments, et leurs parents comme les mĂ©lomanes avertis redĂ©couvriront la sĂ©duction de comĂ©diens qu’inspirent des textes et des musiques qui rĂ©ussissent la fusion du texte et de la musique. Ce coffret est un must absolu ; la mine contenant pĂ©pites et joyaux dont a rĂȘvĂ© tout parent pour son enfant, tout mĂ©lomane exigeant, nostalgique de son Ăąme d’enfant. D’autant que les versions regroupent aussi des chefs trĂšs affĂ»tĂ©s : Claudio Abbado, Ferenc Fricsay, Semyon Bychkov, Lorin Maazel, et les pianistes Jean-Marc Luisade et Alberto Neuman… Opportune rĂ©Ă©dition.

CLIC_macaron_2014RACONTE-MOI en MUSIQUE. Coffret de 4 cd Deutsche Grammophon, coup de cƓur de la RĂ©daction de classiquenews, CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2016. LIRE notre grande critique dans le mag cd, dvd, livres de classiquenews. Parution : le 12 fĂ©vrier 2016.

raconte moi en musique critique review compte rendu classiquenews CLIC de CLASSIQUENEWS fevrier 2016 Classique_Enfants_présentation-1024x644

Paris, festival Présences. 3 créations mondiales signées Rivas, Cresta, Fedele

oggi l italia presences 2016 festival musique contemporaine VIGNETTEParis, Festival PrĂ©sences. Ce soir, vendredi 12 fĂ©vrier 2016, 20h. L’Auditorium de la Maison de la Radio affiche 3 nouvelles crĂ©ations mondiales (commandes de Radio France). C’est un nouveau temps fort de la programmation du festival PrĂ©sences 2016, qui prĂ©sente un focus inĂ©dit sur la diversitĂ© de la crĂ©ation contemporaine italienne. Au programme, Esodo infinito de Sebastian Rivas, Hinneni – Alle madri rifugiate de Gianvincenzo Cresta, enfin Lexikon II d’Ivan Fedele. L’Orchestre Phiharmonique de Radio France (Pascal RophĂ©, direction) relĂšve ce nouveau dĂ©fi en trois volets, avec le concours du rĂ©citant Nicolas Vaude et du flĂ»tiste Mario Caroli.

 

CrestaPOUR LA DIGNITE HUMAINE…. Comme Luca Francesconi qui souhaite rĂ©tablir l’Ă©criture musicale avec le corps, lui confĂ©rant une prĂ©sence incarnĂ©e nouvelle – ce qui fut saisissant en particulier lors de la crĂ©ation de Bread, Salt and Water (d’aprĂšs les premiers discours de Nelson Mandela, crĂ©Ă© en France pour le concert inaugural du 5 fĂ©vrier dernier),  Gianvincenzo Cresta dĂ©fend ce soir une mĂȘme posture engagĂ©e, aux cĂŽtĂ©s des femmes migrantes, oĂč dans Henneni, le compositeur rĂ©tablit la dignitĂ© humaine aux femmes rĂ©fugiĂ©es, jeunes filles et mĂšres dont le souffle dit la vie, le dĂ©sir, l’espoir. Dans la mĂȘme veine fraternelle, sebastian-rivasSebastian Rivas (Esodo infinito) semble recueillir lui aussi comme en rĂ©sonance, l’actualitĂ© humaine la plus bouleversante : ambassadeur d’une humanitĂ© expatriĂ©e, en exode, Rivas mĂȘle chants siciliens et maghrĂ©bins prĂ©enregistrĂ©s aux textes de Pasolini et Didi-Huberman. Enfin, Ă©loignĂ© des diktats anciens si soucieux de concepts comme d’intellect, Ruah (crĂ©ation française) d’Ivan Fedele affirme le souffle comme Ă©lĂ©ment fondateur de l’acte de crĂ©ation. Ce soir, l’Ă©criture contemporaine s’incarne et s’humanise. Programme passionnant Ă  l’Auditorium de Radio France.

 

 

 

Festival PrĂ©sences 2016 Ă  ParisProchains concerts du festival PrĂ©sences 2016 (“Oggi l’Italia” / Aujourd’hui l’Italie, jusqu’au 14 fĂ©vrier 2016) : samedi 13 fĂ©vrier 2016,  (Studio 104) : Ă  17h, le Quatuor Prometeo (Fedele, Corrado) ; Ă  20h, l’Orchestre Philharmonique de Radio France (Tito Ceccherini, direction), interprĂšte de Sciarrino, Stroppa, Jacques Lenot (crĂ©ation mondiale de “Ce sont les cygnes, lĂ -bas?” , et Fedele.

Le pass Présences 2016 (15 euros) donne accÚs à tous les concerts. Réservations au 01 56 40 15 16.

 

 

INFOS. Toutes les informations, les programmes détaillés, les modalités de réservation sur le site du Festival Présences 2016 / Maison de la Radio

 

 

VOIR notre reportage vidĂ©o / prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale festival PrĂ©sences 2016 de Radio France, Oggi l’Italia, du 5 au 14 fĂ©vrier 2016

 

 

 

Présences 2016, concert n°5 : créations de Cattaneo et Movio. Francesconi, Grisey et Romitelli.

MDI ensemble (c)Mario TedeschiPARIS, Festival PrĂ©sences 2016. Ce soir, Studio 105, 20h : crĂ©ations Cattaneo, Movio. Grisey et Romitelli. 5Ăšme volet de l’exploration par le public parisien des Ă©critures contemporaines italiennes… Ce soir pour le concert n°5 du Festival PrĂ©sences 2016 de Radio France, le Studio 105 de la Maison de la Radio Ă  Paris accueille plusieurs crĂ©ations attendues signĂ©es Cattaneo et Movio, mais aussi plusieurs autres oeuvres de Luca Francesconi (compositeur mis Ă  l’honneur en 2016 : ainsi ses 2 partitions sont jouĂ©es, “Charlie Chan” pour alto et “Animus II”) et aussi Romitelli (“Domeniche alla periferia dell’imperio”, hommage Ă  GĂ©rad Grisey )et Grisey (“Vortex Temporum I,II,III”). On connaĂźt Ă  prĂ©sent le souci de Luca Francesconi pour revenir Ă  une Ă©criture “corporelle”, c’est Ă  dire plus incarnĂ©e, humaine comme organique, faisant le bilan critique – comme un archĂ©ologue- des annĂ©es de “diktact” dogmatique oĂč le concept et un trop plein de cĂ©rĂ©bralisme Ă©taient de mise. A l’intellect, il prĂ©fĂšre no sans raison, la musique du corps. Ses Ɠuvres signeraient-elle (enfin) le grand retour d’une musique contemporaine plus accessible pour le grand public ?
La premiĂšre soirĂ©e inaugurale qui prĂ©sentait la crĂ©ation française de “Bread, Water and Salt” d’aprĂšs les premiers discours de Mandela (avec la soprano sud africaine Pumeza qui l’avait crĂ©Ă©e prĂ©cĂ©demment en octobre 2015 Ă  Rome) fut un grand moment de musique contemporaine, oĂč la conscience d’un destin hors normes et exemplaire, exprimĂ© par la voix de la soliste et du chƓur, restituait la prĂ©sence physique du combat menĂ©, entre souffrance, tĂ©nacitĂ© et espĂ©rance. Un hymne “pour la fraternitĂ©” selon l’auteur.

Festival PrĂ©sences 2016 Ă  ParisCe soir, lundi 8 fĂ©vrier au Studio 105 (20h), autre temps fort, place aux deux crĂ©ations des Italiens Aureliano Cattaneo (nĂ© en 1974) et de Simone Movio qui a suivi le cursus de l’Ircam (composition et informatique musicale en 2010-2011). PrĂ©sences 2016 programme aussi Fausto Romitelli, disparu trop tĂŽt (2004) et qui a travaillĂ© Ă  partir de l’Ă©criture spectrale transmise par Grisey (Ă©galement reprĂ©sentĂ© ce soir avec Vortex Temporum I,II,III). La partition de Romitelli est d’ailleurs un hommage Ă  Grisey. Il s’agit donc aussi d’une histoire de filiation, d’hommage, de fraternitĂ©s artistiques… Fabuleux programme, ouvert, gĂ©nĂ©reux, inĂ©dit que cette soirĂ©e dont l’Ă©criture des 5 compositeurs affichĂ©s est dĂ©fendue par l’ensemble invitĂ©, MDI, soit 6 instrumentistes qui cultivent la prĂ©cision, l’intensitĂ©, l’Ă©coute collective Ă  un trĂšs haut degrĂ© d’accomplissement.

Les rĂ©fĂ©rences Ă  l’essence de la musique de chambre sont multiples dans ce programme des six musiciens de l’ensemble MDI. A-t-on besoin d’un titre emblĂ©matique pour s’en convaincre ? Aureliano Cattaneao choisit Insieme (ensemble).

Aureliano Cattaneo : ‹Insieme (CF – CRF/Milano Musica)
Luca Francesconi :‹Charlie Chan pour alto
Simone Movio‹: Logos II (CM-CRF/Milano Musica)
Luca Francesconi: ‹Animus II
Fausto Romitelli: ‹Domeniche alla periferia dell’Impero (Hommage Ă  GĂ©rard Grisey)
GĂ©rard Grisey: ‹Vortex Temporum I, II, III

Ensemble MDI
Sonia Formenti, flûte
Paolo Casiraghi, clarinette
Lorenzo Gentili-Tedeschi, violon
Paolo Fumagalli, alto
Giorgio Casati, violoncelle
Luca Leracitano, piano
Benjamin Miller, réalisation informatique musicale GRM

 

 

 

 

boutonreservationRAPPEL : LE PASS PRESENCES 2016. L’achat du Pass PrĂ©sences au tarif unique de 15 € vous donne accĂšs Ă  tous les concerts du festival, dans la limite d’une place par concert et par pass et dans la limite des places disponibles.
Infos et réservation sur le site du Festival Présences 2016, Maison de la Radio à Paris

 

Toutes les modalitĂ©s de rĂ©servations sur le site de la Maison de la Radio / Festival PrĂ©sences 2016, “Oggi l’Italia”, du 5 au 14 fĂ©vrier 2016

 

 

VOIR aussi notre reportage vidĂ©o exclusif PrĂ©sences 2016, Oggi l’Italia, du 5 au 14 fĂ©vrier 2016 (PrĂ©sentation du festival PrĂ©sence 2016 par Jean-Pierre Derrien, conseiller artistique, entretiens exclusifs avec les compositeurs Luca Francesconi et Lara Morciano Ă  propos d’une Ă©cole italienne de musique contemporaine…© studio CLASSIQUENEWS.COM

 

 

 

Opéra de Paris, Direction de la Danse : démission de Benjamin Millepied.

millepied benjamin opera paris danse cocteau balanchine daphnis chloeOpĂ©ra de Paris, Direction de la Danse : dĂ©mission de Benjamin Millepied. Dans un communiquĂ© qu’il a signĂ© lui-mĂȘme en date du 4 fĂ©vrier 2016, le directeur de la Danse de l’OpĂ©ra national de Paris, confirme avoir pris la dĂ©cision de cesser ses fonctions. NommĂ© en novembre 2014 par le directeur de la Maison parisienne, StĂ©phane Lissner, Benjamin Millepied avait remplacĂ© Brigitte LefĂšvre ; Fils spirituel de Balanchine, grand admirateur de l’avant garde newyorkaise (de Robins en particulier), il sera restĂ© en poste un peu plus d’une annĂ©e. Sa motivation fut depuis le dĂ©but : « l’innovation » pour le rayonnement de l’Institution et pour l’épanouissement des danseurs.

Une programmation nouvelle et ambitieuse, la crĂ©ation de l’AcadĂ©mie chorĂ©graphique et de la 3Ăšme ScĂšne, l’essor du mĂ©cĂ©nat mais aussi une nouvelle offre de soins pour le bĂ©nĂ©fice des danseurs de la troupe
 sont quelques uns des apports rĂ©alisĂ©s au sein de l’Institution par le directeur sortant. Benjamin Millepied motive sa dĂ©cision en mettant en avant la charge trop absorbante liĂ©e Ă  la gestion administrative, au dĂ©pend de son Ɠuvre de chorĂ©graphe. Diriger ou crĂ©er
 l’intĂ©ressĂ© a finalement tranchĂ©.

D’autres motifs sont Ă©galement avancĂ©s par certains commentateurs : complexitĂ© bureaucratique du processus de dĂ©cision, racisme insidieux, conservatisme ambiant, manque de soutien de sa hiĂ©rarchie…

 

Pour sa part, le chorĂ©graphe conclut sa dĂ©claration en prĂ©cisant : « L’OpĂ©ra de Paris pourra toujours compter sur moi ». Le mari de Nathalie Portmann rejoindrait Los Angeles oĂč rĂ©side sa propre Compagnie de danse, le “LA  Danse Project”. La saison en cours Ă  l’OpĂ©ra de Paris comprend deux crĂ©ations… ImmĂ©diatement et pour assurer la continuitĂ© de la fonction, AurĂ©lie Dupont a pris la succession de Benjamin Millepied. A suivre.

 

LIRE aussi notre critique complĂšte du premier spectacle, Clear, loud, bright… crĂ©ation prĂ©sentĂ©e par Benjamin Millepied Ă  l’OpĂ©ra de Paris, septembre / octobre 2015 :

Conférence sur Schubert

schubert portrait 2Paris, confĂ©rence gratuite sur Schubert, le 27 janvier 2016, 19h30. Schubertiens parisiens rĂ©pondez Ă  l’appel du Palais littĂ©raire et musical, Ă  l’auditorium de la Maison du Barreau oĂč les avocats qui sont de grands mĂ©lomanes comme chacun sait, aiment partager leur passion des grands compositeurs dont en mercredi 27 janvier 2016, Franz Schubert. L’association fondĂ©e en 1913 (sous le haut patronage de Raymond PoincarĂ©, PrĂ©sident de la RĂ©publique), Le Palais LittĂ©raire et Musical, rattachĂ© au Barreau de Paris, a pour vocation de valoriser, Ă  travers un cycle annuel de confĂ©rences, les arts, en gĂ©nĂ©ral et plus prĂ©cisĂ©ment la littĂ©rature et la musique. Chaque sĂ©ance cultive en particulier l’échange et le partage d’idĂ©es, le dĂ©bat art noble par excellence et qui se perd de plus en plus, est un hĂ©ritage des LumiĂšres que les citoyens se doivent de prĂ©server. Le Palais LittĂ©raire et Musical Ă  Paris, fait sa part : tout le mĂ©rite revient donc Ă  ce cycle de confĂ©rences ouvertes, et gratuites.

La confĂ©rence autour de l’oeuvre de Franz Schubert est proposĂ©e et tenues par MaĂźtre AgnĂšs Viottolo, avocate au Barreau de Paris et Docteur en droit. PassionnĂ©e de musique classique, pianiste amateur Ă©mĂ©rite, AgnĂšs Viottolo a fait ses Ă©tudes de piano au Conservatoire National de RĂ©gion de Marseille.
AprĂšs le succĂšs de la confĂ©rence sur « La rĂ©volution Beethoven » animĂ©e par MaĂźtre Daniel Paquet en 2015, MaĂźtre AgnĂšs Viottolo propose une confĂ©rence-Ă©change sur l’ƒuvre du compositeur autrichien Franz Schubert. De sa genĂšse Ă  sa maturitĂ©, AgnĂšs Viottolo Ă©voquent les Ă©lĂ©ments qui caractĂ©risent et dĂ©finissent l’ƒuvre de Schubert : du lied, au piano seul en passant par la musique de chambre et la musique sacrĂ©e, sans oublier la figure du Voyageur qui parcourt l’Ɠuvre du compositeur…

Mercredi 27 janvier 2016 Ă  19h30
PALAIS LITTÉRAIRE & MUSICAL
Auditorium de la Maison du Barreau
2, rue de Harlay 75001 Paris
Entrée libre

Infos, réservations sur le site du Palais Littéraire et musical

Livres, CLIC de CLASSIQUENEWS de janvier 2016. Nature et Musique. Emmanuel Reibel (Editions Fayard)

CLIC_macaron_2014Livres, CLIC de CLASSIQUENEWS de janvier 2016. Nature et Musique. Emmanuel Reibel (Editions Fayard). En liaison avec la thĂ©matique de La Folle JournĂ©e 2016 Ă  Nantes, Emmanuel Reibel s’intĂ©resse Ă  l’Ă©quation “Nature et musique” : une mise en perspective passionnante dont les 8 chapitres de ce livre synthĂ©tique et bien documentĂ©, (Arcadie, Jardins, Orages, Paysages, Intermez’zoo, ElĂ©ments, Environnements, Univers…)Ă©voquent maints angles d’approche, attestant d’une passion musicale pour la source matricielle, premiĂšre, hautement inspiratrice : la nature prise dans son acceptation large, englobant la faune, la flore, l’environnement, les Ă©pisodes climatiques, effets spectaculaires (tempĂȘtes et orages) mais aussi saisons et paysages, jusqu’au soleil et jusqu’Ă  la lune, au cosmos et aux vibrations ocĂ©anes…

 

 

 

Et vous, Chantez vous nature ?

 

fayard nature et musique emmanuel reibel fayard mirare la folle journee nantes 9782213700458-001-XRien ou si peu n’est omis dans ce petit prĂ©cis, vĂ©ritable catalogue des piĂšces maĂźtresses inspirĂ©es par la divine et mystĂ©rieuses Nature. D’abord, c’est, figure allĂ©gorique primitive et fondatrice, le voile d’Isis, la divinitĂ© rĂ©gĂ©nĂ©ratrice, qu’il faut lever… grĂące au chant volontaire et lui aussi rĂ©surrectionnel du premier chanteur victorieux, maĂźtre des Ă©lĂ©ments et du Destin, OrphĂ©e. Puis le lecteur parcourt comme une gĂ©ographie imaginaire d’un continent musical qui nous parle d’un paradis oubliĂ© et pourtant musicalement tangible : des Quatre Saisons de Vivaldi Ă  la Pastorale enchanteresse ; des parterres ordonnĂ©s de Rameau l’universaliste au temps des LumiĂšres Ă  la sensation nouvelle, prĂ©Ă©cologique de son grand contradicteur… Rousseau. RĂ©vĂ©lation : la Symphonie Pastorale de Beethoven n’est qu’un Ă©lĂ©ment esthĂ©tique d’un plus vaste courant sensible au sentiment panthĂ©iste. Avec les Romantiques, place dĂ©sormais au paysage, miroir de l’Ăąme (et des ses vertiges silencieux), ou le tumulte des Ă©clairs dit les vertiges intĂ©rieurs (Sturm und Drang). L’auteur n’oublie pas un fabuleux bestiaire, sorte de Carnaval des animaux oĂč les timbres des instruments de l’orchestre sont Ă©troitement et spĂ©cifiquement assimilĂ©s Ă  un animal particulier… Le chapĂźtre “Environnements” (notez le “s”), nous parle du plein air (Debussy l’adopte contre la stĂ©rilitĂ© de l’atelier acadĂ©mique) et aussi de l’Ă©cologie sonore… Enfin le dernier volet de ce texte synthĂšse, – plus voie de dĂ©frichements Ă  approfondir que dictionnaire Ă  dĂ©finitions fermĂ©es-, Ă©voque la fabuleuse aventure sidĂ©rale chez les compositeurs les plus rĂ©cents : le tumulte des constellations, le choc des planĂštes engendrent un nouvel ordre, Ă  la fois cataclysme fĂ©condant et apocalypse fertilisateur. Passionnant. Aucun doute, cet opuscule sera votre bible.

BONUS. De nombreux “encadrĂ©s” Ă©tayent les exposĂ©s et prĂ©cisent certains aspects de la passion musicale pour les Ă©lĂ©ments naturels : “la nature dans les piĂšces françaises de clavecin au XVIIIĂš… – non, il n’y a pas que La Poule de Rameau-, les animaux de l’orchestre, quelques musiques aquatiques des XIXĂš et XXĂš, le soleil et la lune, l’imaginaire musical des fleurs….

 

Livres, CLIC de CLASSIQUENEWS de janvier 2016. Nature et Musique. Emmanuel Reibel. Editions Fayard – EAN : 9782213700458. EAN numĂ©rique : 9782213702407- Code article :  3891692, collection Musique. Parution : 20 janvier 2016, 192 pages. Format : 120 x 180 mm- Prix imprimĂ© : 15 € ou Prix numĂ©rique : 10.99 €.

 

 

 

Concert du lancement de l’annĂ©e Dutilleux

henri-dutilleux1-362x439Paris, Philharmonie. Concert Dutilleux, le 22 janvier 2016, 20h. Lancement officiel de l’annĂ©e du Centenaire Dutilleux, ce 22 janvier 2016 Ă  la Philharmonie de Paris. Le 22 janvier est le jour anniversaire de l’annĂ©e Dutilleux 2016 : Henri Dutilleux est en effet nĂ© le 22 janvier 1916 : c’est donc le jour de son centenaire. A cette occasion la Philharmonie de Paris propose (Ă  20h30) un concert exceptionnel : Quatuor Ă  cordes “Ainsi la nuit” et “Trois strophes sur le nom de Paul Sacher” couplĂ©s avec le Trio pour piano et cordes de Ravel, et la Sonate pour violon et piano de Debussy.

Henri Dutilleux : Trois strophes sur le nom de Sacher, Préludes
Maurice Ravel : Trio pour piano et cordes
Claude Debussy : Sonate pour violon et piano
Henri Dutilleux : Quatuor Ă  cordes “Ainsi la nuit”

Avec :
Lisa Batiashvili, violon
Valeriy Sokolov, violon
Gérad Caussé, alto
Gauthier Capuçon, violoncelle
Frank Braley, piano

RĂ©server vos places pour le concert de la Philharmonie, ce 22 janvier 2016, 20h

Centenaire Dutilleux : 1916 - 2016Ainsi la Nuit… Propre aux annĂ©es 1970, le seul Quatuor Ă  cordes de Dutilleux est “une sorte de vision nocturne” (d’aprĂšs les propres paroles du compositeur), fidĂšle Ă  la sensibilitĂ© abstraite et poĂ©tique, sensuelle et suggestive de son auteur, un cycle d’Ă©tats intĂ©rieurs qui renouvelle considĂ©rablement le genre quatuor. La partition est composĂ©e entre 1971 et 1977 (commande de la Fondation Koussevitsky destinĂ©e au Quatuor Juilliard). La crĂ©ation française (parisienne) remonte au 6 janvier 20177 par le Quatuor Parrenin. Les Juilliard le crĂ©eront de leur cĂŽtĂ© Ă  Washington en avril 1978. DĂ©diĂ© au mĂ©lomane et ami du compositeur, Ernest Sussman, le Quatuor porte un hommage Ă  Olga Koussevitsky. A partir d’Etudes prĂ©alables que Dutilleux adresse aux Juilliard pour qu’ils s’exercent Ă  son Ă©criture, Dutilleux Ă©labore un cycle continu, organiquement reliĂ© par des “parenthĂšses” souvent brĂȘves mais fĂ©dĂ©ratrices et porteuses de liant/lien entre les 7 sections du Quatuor. Seuls les parties V Ă  VII sont enchaĂźnĂ©es sans parenthĂšses. Comme une transe rĂȘveuse, nostalgique, d’un caractĂšre nocturne (d’oĂč le titre aux rĂ©fĂ©rences poĂ©tiques manifestes), le cycle cultive l’atmosphĂšre d’une traversĂ©e mĂ©ditative et active, dans des teintes impressionnistes, – le terme est utilisĂ© par Dutilleux lui-mĂȘme. Le parcours va de “Nocturne” (I) Ă  “Constellations” (VI) et “Temps suspendu” (VII). Le principe de mĂ©moire et de rĂ©itĂ©ration, selon le pendule proustien, agrĂšge ici variations et prĂ©figurations dont les Ă©chos manifestes tissent comme un morceau vivant de la pensĂ©e Ă  la fois, rĂ©troactive et prĂ©sente. Dutilleux, fusionne aussi Beethoven et l’Ecole de Vienne, pour refondre la notion mĂȘme de temps musical. la durĂ©e en est emblĂ©matique du dĂ©veloppement toujours condensĂ©, unique, resserrĂ© chez Dutilleux qui cultive surtout la puissance suggestive de son Ă©criture.

dutilleux-henri-biographie-pierre-gervasoni-actes-sud-critique-livres-classiquenews-review-bookMĂȘme univers enracinĂ© dans la poĂ©sie et pĂ©nĂ©trĂ© de rĂ©fĂ©rences littĂ©raires Ă  peine voilĂ©es pour les Strophes sur le nom de Paul Sacher, rĂ©alisĂ©es pour le 70 Ăšme anniversaire du chef d’orchestre Paul Sacher en 1976. Avec les hommages de Boulez (Messagesquisse) et de Lutoslawski (Sacher Variations), commandĂ©es simultanĂ©ment pour la mĂȘme occurrence, les piĂšces de Dutilleux se sont naturellement imposĂ©es par leur grande cohĂ©rence et originalitĂ©, leur caractĂšre poĂ©tique, leur climat suspendu, comme doucement hallucinĂ©. C’est Paul Sacher qui crĂ©Ă©e les Strophes de Dutilleux Ă  BĂąle en 1982 : par “Strophes”, Dutilleux fait rĂ©fĂ©rence et emprunte un mot spĂ©cifique Ă  l’Ă©criture poĂ©tique car le nom de Sacher revient dans chacun des trois volets, comme autant de rimes ou de retours. Aimant les filiations, les rĂ©miniscences lĂ  encore “proustiennes”, Dutilleux cite Bartok dont Musique pour cordes, percussion et cĂ©lesta fut justement crĂ©Ă© par Sacher en 1937… Le triptyque qui en dĂ©coule parle Ă  l’imaginaire, Ă  cet ailleurs invisible mais soudainement palpable grĂące au tissu sonore Ă©laborĂ© par  Dutilleux illuminĂ©, enchantĂ©, enivrĂ©, vrai magicien de la mĂ©moire.

approfondir

LIRE aussi notre grand dossier centenaire de Dutilleux 2016

LIRE notre annonce et présentation du prochain livre biographique dédié à Henri Dutilleux par Pierre Gervasoni chez Actes Sud

RADIO. France Musique consacre sa tribune des critiques Ă  la Symphonie n°2 “Le Double” de Dutilleux, dimanche 24 janvier 2016, 14h

CONCERT. En ouverture du prochain Festival PrĂ©sences de Radio France, le 5 fĂ©vrier 2016, le Philharmonique de Radio France et Mikko Franck jouent de Dutilleux : vendredi 5 fĂ©vrier 2016, 20h, Auditorium de la Maison de la Radio – Radio France : concert Francesconi, Dutilleux (La Nuit Ă©toilĂ©e) - concert diffusĂ© en direct sur France Musique.

Centenaire Dutilleux 2016

henri-dutilleux1-362x439Paris, Philharmonie. Concert Dutilleux, le 22 janvier 2016, 20h. Lancement officiel de l’annĂ©e du Centenaire Dutilleux, ce 22 janvier 2016 Ă  la Philharmonie de Paris. Le 22 janvier est le jour anniversaire de l’annĂ©e Dutilleux 2016 : Henri Dutilleux est en effet nĂ© le 22 janvier 1916 : c’est donc le jour de son centenaire. A cette occasion la Philharmonie de Paris propose (Ă  20h30) un concert exceptionnel : Quatuor Ă  cordes “Ainsi la nuit” et “Trois strophes sur le nom de Paul Sacher” couplĂ©s avec le Trio pour piano et cordes de Ravel, et la Sonate pour violon et piano de Debussy.

Henri Dutilleux : Trois strophes sur le nom de Sacher, Préludes
Maurice Ravel : Trio pour piano et cordes
Claude Debussy : Sonate pour violon et piano
Henri Dutilleux : Quatuor Ă  cordes “Ainsi la nuit”

Avec :
Lisa Batiashvili, violon
Valeriy Sokolov, violon
Gérad Caussé, alto
Gauthier Capuçon, violoncelle
Frank Braley, piano

RĂ©server vos places pour le concert de la Philharmonie, ce 22 janvier 2016, 20h

Centenaire Dutilleux : 1916 - 2016Ainsi la Nuit… Propre aux annĂ©es 1970, le seul Quatuor Ă  cordes de Dutilleux est “une sorte de vision nocturne” (d’aprĂšs les propres paroles du compositeur), fidĂšle Ă  la sensibilitĂ© abstraite et poĂ©tique, sensuelle et suggestive de son auteur, un cycle d’Ă©tats intĂ©rieurs qui renouvelle considĂ©rablement le genre quatuor. La partition est composĂ©e entre 1971 et 1977 (commande de la Fondation Koussevitsky destinĂ©e au Quatuor Juilliard). La crĂ©ation française (parisienne) remonte au 6 janvier 20177 par le Quatuor Parrenin. Les Juilliard le crĂ©eront de leur cĂŽtĂ© Ă  Washington en avril 1978. DĂ©diĂ© au mĂ©lomane et ami du compositeur, Ernest Sussman, le Quatuor porte un hommage Ă  Olga Koussevitsky. A partir d’Etudes prĂ©alables que Dutilleux adresse aux Juilliard pour qu’ils s’exercent Ă  son Ă©criture, Dutilleux Ă©labore un cycle continu, organiquement reliĂ© par des “parenthĂšses” souvent brĂȘves mais fĂ©dĂ©ratrices et porteuses de liant/lien entre les 7 sections du Quatuor. Seuls les parties V Ă  VII sont enchaĂźnĂ©es sans parenthĂšses. Comme une transe rĂȘveuse, nostalgique, d’un caractĂšre nocturne (d’oĂč le titre aux rĂ©fĂ©rences poĂ©tiques manifestes), le cycle cultive l’atmosphĂšre d’une traversĂ©e mĂ©ditative et active, dans des teintes impressionnistes, – le terme est utilisĂ© par Dutilleux lui-mĂȘme. Le parcours va de “Nocturne” (I) Ă  “Constellations” (VI) et “Temps suspendu” (VII). Le principe de mĂ©moire et de rĂ©itĂ©ration, selon le pendule proustien, agrĂšge ici variations et prĂ©figurations dont les Ă©chos manifestes tissent comme un morceau vivant de la pensĂ©e Ă  la fois, rĂ©troactive et prĂ©sente. Dutilleux, fusionne aussi Beethoven et l’Ecole de Vienne, pour refondre la notion mĂȘme de temps musical. la durĂ©e en est emblĂ©matique du dĂ©veloppement toujours condensĂ©, unique, resserrĂ© chez Dutilleux qui cultive surtout la puissance suggestive de son Ă©criture.

dutilleux-henri-biographie-pierre-gervasoni-actes-sud-critique-livres-classiquenews-review-bookMĂȘme univers enracinĂ© dans la poĂ©sie et pĂ©nĂ©trĂ© de rĂ©fĂ©rences littĂ©raires Ă  peine voilĂ©es pour les Strophes sur le nom de Paul Sacher, rĂ©alisĂ©es pour le 70 Ăšme anniversaire du chef d’orchestre Paul Sacher en 1976. Avec les hommages de Boulez (Messagesquisse) et de Lutoslawski (Sacher Variations), commandĂ©es simultanĂ©ment pour la mĂȘme occurrence, les piĂšces de Dutilleux se sont naturellement imposĂ©es par leur grande cohĂ©rence et originalitĂ©, leur caractĂšre poĂ©tique, leur climat suspendu, comme doucement hallucinĂ©. C’est Paul Sacher qui crĂ©Ă©e les Strophes de Dutilleux Ă  BĂąle en 1982 : par “Strophes”, Dutilleux fait rĂ©fĂ©rence et emprunte un mot spĂ©cifique Ă  l’Ă©criture poĂ©tique car le nom de Sacher revient dans chacun des trois volets, comme autant de rimes ou de retours. Aimant les filiations, les rĂ©miniscences lĂ  encore “proustiennes”, Dutilleux cite Bartok dont Musique pour cordes, percussion et cĂ©lesta fut justement crĂ©Ă© par Sacher en 1937… Le triptyque qui en dĂ©coule parle Ă  l’imaginaire, Ă  cet ailleurs invisible mais soudainement palpable grĂące au tissu sonore Ă©laborĂ© par  Dutilleux illuminĂ©, enchantĂ©, enivrĂ©, vrai magicien de la mĂ©moire.

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LIRE aussi notre grand dossier centenaire de Dutilleux 2016

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RADIO. France Musique consacre sa tribune des critiques Ă  la Symphonie n°2 “Le Double” de Dutilleux, dimanche 24 janvier 2016, 14h

CONCERT. En ouverture du prochain Festival PrĂ©sences de Radio France, le 5 fĂ©vrier 2016, le Philharmonique de Radio France et Mikko Franck jouent de Dutilleux : vendredi 5 fĂ©vrier 2016, 20h, Auditorium de la Maison de la Radio – Radio France : concert Francesconi, Dutilleux (La Nuit Ă©toilĂ©e) - concert diffusĂ© en direct sur France Musique.

Gyorgy Vashegyi dirige Purcell en direct sur internet

koncert-20150115-13633-vashegyi-gyorgy-es-az-orfeo-zenekar-btf-original-61372En direct sur internet. Fairy Queen en direct sur internet, ce jour 19h30 sur le www.mupa.hu. C’est le chef dont on parle en Hongrie : Gyorgy Vashegyi, qui a dirigĂ© de mains de maĂźtre Les FĂȘtes de Polymnie de Rameau en 2015 (l’un des meilleurs apports de l’annĂ©e Rameau Ă  ce jour, avec le programme Rameau par le jeune ensemble ZaĂŻs de BenoĂźt Babel : 2 disques ” CLIC” de CLASSIQUENEWS en 2014 et 2015), rĂ©alise en direct sur internet ce soir, 19h30 sur le site du Palais des Arts De Budapest (www. mupa.hu), la fantaisie lyrique Fairy Queen d’Henry Purcell. MĂ©ticuleux et dramatique, le maestro sait rĂ©vĂ©lĂ© trĂšs convaincant dans Rameau mais aussi dans plusieurs programmes de musique baroque dont le style lui convient indiscutablement. Direction structurĂ©e et finement caractĂ©risĂ©e, souci de l’articulation, intelligence dramatique, Gyorgy Vashegyi devrait particuliĂšrement rĂ©ussir cette nouvelle production de Fairy Queen. Avec son ensemble instrumental Orfeo Orchestra (sur instruments d’Ă©poque), mais aussi une plĂ©ĂŻade de jeunes solistes particuliĂšrement impliquĂ©s dans l’art du chant ardent et articulĂ©, Gyorgy Vashegyi devrait dĂ©fendre la lyre purcellienne avec la finesse stylistique et les vertiges expressifs requis. Ce Purcell accessible sur internet devrait compter dans la maturitĂ© et l’enrichissement interprĂ©tatif de l’Ă©quipe rĂ©unie pour Fairy Queen. Gyorgy Vashegyi se passionne actuellement pour les oratorios de Michael Haydn, un compositeur dramatique injustement mĂ©sestimĂ©.

VOIR le direct Fairy Queen sur www.mupa.hu

Adriåna Kalafszky, Ágnes Kovåcs, Ágnes Pintér (sopranos)
Péter Båråny, Zoltån Gavodi (contre-ténors)
Mårton Komåromi, Zoltån Megyesi (ténors)
Ákos Borka, Dåvid Csizmår (basses)

Purcell Chorus,
Orfeo Orchestra (sur instruments d’Ă©poque)

Simon Standage, premier violon

György Vashegyi, direction musicale

Purcell-portraitFAIRY QUEEN de PURCELL. Le Songe d’une nuit d’étĂ© du grand William (Shakespeare), devient The Fairy Queen, une fĂ©erie musicale et thĂ©Ăątrale, semi-opĂ©ra (genre emblĂ©matique de l’art musical britannique des derniers Stuart dont Purcell est le meilleur ambassadeur.) L’ouvrage du musicien britannique mort en 1696, Ă  seulement 36 ans, a Ă©tĂ© crĂ©Ă© le 2 mai 1692 au thĂ©Ăątre de la Reine Ă  Londres. Le sujet a sĂ©duit aprĂšs Purcell, Mendelssohn et aussi Britten. Les souverains Oberon et Titiana, roi et reine des elfes, se disputent un jeune page. La forĂȘt qu’ils habitent devient lieu des enchantements et des envoĂ»tements oĂč chacun fait l’expĂ©rience de la soumission et de la perte de son identitĂ© profonde. En un parcours initiatique et mĂ©taphorique, chacun revient Ă  la rĂ©alitĂ©, comme purifiĂ© aprĂšs un rite poĂ©tique dĂ©cisif. Il s’agit moins d’une action cohĂ©rente que d’une succession de tableaux oniriques qui inscrit la partition dans une recherche d’atmosphĂšres, celles de la nuit propice aux rĂ©vĂ©lations et aux mĂ©tamorphoses
 Propre Ă  l’esthĂ©tique Baroque, de vertiges en songes, d’illusions en vertiges, toujours se perdre pour mieux se retrouver et se connaĂźtre.

CD

LIRE notre critique complĂšte des FĂȘtes de Polymnie par Gyorgy Vasheguy

LIRE notre critique complĂšte du disque RAMEAU / HANDEL par ZaĂŻs, Paul Goussot et BenoĂźt Babel

South Pole, création lyrique sur Arte

arte_logo_2013Arte. en direct de Munich: South Pole, crĂ©ation, le 31 janvier 2016,23h15. L’OpĂ©ra d’Ă©tat de BaviĂšre Ă  Munich (Bayerische Staatoper) accueille une crĂ©ation : South Pole qui Ă©voque la rivalitĂ© de deux explorateurs au long cours, animĂ©s par le mĂȘme objectif : Robert Scott et Roald Amundsen engagĂ©s sĂ©parĂ©ment et simultanĂ©ment Ă  dĂ©couvrir le pĂŽle sud, (d’oĂč le titre du nouvel opĂ©ra). Ce que chacun rĂ©alisera avec les moyens de l’Ă©poque 1911, soit Ă  pieds, par voie terrestre. Au total, du 31 janvier au 11 fĂ©vrier 2016, 5 reprĂ©sentations. Arte diffuse la premiĂšre date, soit la crĂ©ation mondiale de l’ouvrage composĂ© par le tchĂšque Miroslav Srnka.

 

 

 

South pole : création lyrique sur Arte

 

T.-Holloway_M.Srnka-c-W.-Hösl--600x411Courageuse, dĂ©fricheuse, lyricophile, la chaĂźne franco-allemande Arte dĂ©fend la crĂ©ation prĂ©sentĂ©e fin janvier 2016 par l’OpĂ©ra bavarois Ă  Munich : la partition illustre cette lutte acharnĂ©e entre deux Ă©quipes scientifiques rivales menĂ©es par l’officier de la oyal navy, le britannique Robert Scott et le norvĂ©gien Roald Amundsen pour conquĂ©rir et dĂ©couvrir le pĂŽle sud. DiffusĂ© en lĂ©ger diffĂ©rĂ©, South pole est un ouvrage commandĂ© par l’OpĂ©ra de Munich au compositeur tchĂšque Miroslav Srnka et Ă  l’Ă©crivain australien Tom Holloway (voir notre photo ci dessus). Outre le dĂ©fi exceptionnel que se sont imposĂ©s les deux hommes et leur Ă©quipage (en dĂ©cembre 1911), l’opĂ©ra crĂ©Ă© en janvier 2016 souligne aussi les conditions de l’extrĂȘme auxquelles les deux explorateurs sont confrontĂ©s au coeur d’un continent blanc, aux tempĂ©ratures rĂ©frigĂ©rantes : l’Antarctique. RĂ©ussir ou mourir.

 

 
south pole opera munich creation mondialeEn dĂ©finitive, c’est Roald Amundsen qui atteint le premier la point convoitĂ©, le 14 dĂ©cembre 1911, quand les britanniques le rejoignent seulement un mois plus tard, le 12 janvier 1912. Malheureusement, sur le chemin du retour, tous les membres de l’expĂ©dition anglaise Terra Nova meurent de froid et de faim. Dans la fosse, arbitre et garant de la bonne tenue artistique de cet opĂ©ra en premiĂšre mondiale, le chef Kirill Petrenko. Le baryton amĂ©ricain, grand diseur chez Mahler ou Strauss, Thomas Hampson incarne l’explorateur victorieux de cette course vers l’impossible et l’inatteignable, Roald Amundsen. Et c’est le tĂ©nor français Rolando Villazon qui chante la partie de son rival malheureux, l’officier britannique Robert Scott.

 

 

 

TĂ©lĂ©, le 31 janvier 2016. CrĂ©ation de l’opĂ©ra South Pole, le 31 janvier 2016, sur ARTE
Durée : 2h30
Hans Neuenfels, mise en scĂšne
Kirill Petrenko, direction musicale
Orchestre du Bayerirches Staatsorchester
Le dvd de l’opĂ©ra South Pole devrait sortir courant 2017, chez l’Ă©diteur BelAir classiques
En LIRE + sur le site de l’opĂ©ra d’Ă©tat de BaviĂšre, OpĂ©ra de Munich

 

 

 

RenĂ© Jacobs reprend L’Opera seria de Gassmann

opera seria gassmann, renĂ© jacobsBruxelles, La Monnaie. Gassmann : Opera seria (1769). 9-16 fĂ©vrier 2016. Parodie de l’opĂ©ra seria napolitain, Opera seria de Gassmann et Calzabigi fait la satire du milieu lyrique en Ă©pinglant sans mĂ©nagement aucun, tous ses acteurs : des chanteurs, divos dĂ©concertants (tĂ©nors et castrats tel il primo uomo, Ritornello) ou divas capricieuses et dĂ©lirantes (piquante Porporina en prima donna, rivale de la grande la grande Stonatrilla ; ou seconda donna, Smorfiosa, c’est Ă  dire mijaurĂ©e), impresarios foireux ou arrogants tel Faillito (Faillite : cela ne s’invente pas !), directeurs de thĂ©Ăątre tyraniques ou fantasques… jusqu’au librettiste (Delirio) et Ă©videmment au compositeur (Sospiro lequel manque d’inspiration). Chacun y est copieusement caricaturĂ© avec milles dĂ©tails de la rĂ©alitĂ©.. y compris public et… chorĂ©graphe (le maĂźtre Ă  danser Pasagello). C’est un grand moment de cynisme et d’ironie mordante jusqu’au final spectaculaire qui dĂ©crit l’Ă©croulement du thĂ©Ăątre lui-mĂȘme. Gassmann et Calzabigi, conscients de la folie violente dans la place, annonçaient dĂ©jĂ  la mort du seria par ceux qui en l’incarnant, lui assuraient une fin irrĂ©pressible ; tout cela dĂ©voile une trĂšs fine connaissance du travail en coulisses, des rĂ©pĂ©titions surprenantes, de l’ego du chef, du metteur en scĂšne…, de toutes les surprises (malheureuses) qui peuvent surgir dans un troupe chargĂ©e de crĂ©er un nouvel ouvrage. Gassmann et Calzabigi connaissent tous les opras prĂ©cĂ©dents : en Ă©rudits provocateurs, ils citent aussi l’opĂ©ra vĂ©nitien (lĂ©guĂ© par Monteverdi, Cesti, Cavalli) dans le trio des mĂšres lĂ©gĂšres dĂ©lirantes :  la Befana furieuse, la Bragherona, la Caverna. Autant de personnages et tempĂ©raments bien trempĂ©s pour des situations piquantes, faisant la satire des travers de l’opĂ©ra dans tous les genres.
Florian_GassmannIci, en imaginant une troupe brillante invitĂ©e Ă  produire un spectacle lyrique en une journĂ©e, les auteurs dĂ©crivent minutieusement la vanitĂ© sauvage et hystĂ©rique de chaque individu Ă  Ă©craser l’autre plutĂŽt que de servir le projet collectif. Chacun y croyant vivre son heure de gloire, s’oppose Ă  l’autre. D’autant que le compositeur et le librettiste se dĂ©testent, et que l’impresario est parti avec la caisse ! RenĂ© Jacobs qui a exhumĂ© cette partition pertinente et l’a dĂ©jĂ  produite entre autres Ă  Paris (TCEn avec Jean-Louis Martinoty), revient sur un ouvrage dĂ©lectable, sachant combiner parodie dĂ©jantĂ©e et poĂ©sie dramatique. Un rĂ©gal.

boutonreservationFlorian Leopold Gassmann (1729-1774) : L’Opera Seria (1769)
Livret de Rainiero di Calzabigi
Bruxelles, La Monnaie : 9, 10, 11, 12, 14 février 2016
Le 16 février au Cirque royal
René Jacobs, direction
Kinmonth,  mise en scÚne

Illustration : Florian Leopold Gassmann (1729-1774) portrait gravĂ© par Heinrich Eduard von Wintter (1788-1825) d’aprĂšs Anton Hickel (1745-1798).

Symphonie n°2 “Le Double” de Dutilleux

Centenaire Dutilleux : 1916 - 2016France Musique. Dimanche 24 janvier 2016, 14h. Symphonie Le Double de Dutilleux. Souhaitons que 2016 soit enfin l’annĂ©e de la reconnaissance du gĂ©nie de Dutilleux, immense compositeur français du plein XXĂš (c’est Ă  dire de la seconde moitiĂ©, aprĂšs la seconde guerre mondiale), esprit juste et militant humaniste auquel la Mairie de paris entre autres, doit un hommage en forme de rĂ©habilitation aprĂšs le procĂšs honteux qui lui fut fait en 2015… France Musqiue a bien raison, centenaire oblige, de dĂ©dier un numĂ©ro de sa Tribune des critiques Ă  l’Ă©blouissante 2Ăš Symphonie dite ” Le Double”. Le titre inscrit comme c’est souvent le cas chez Dutilleux, l’acte musical en Ă©troite correspondance avec la poĂ©sie.

 

 

 

Analyse de la Symphonie n°2 “Le Double” d’Henri Dutilleux (1959)

Ombre, mystĂšre, mĂ©tamorphose….

 

 

Pour les 75 ans de l’Orchestre de Boston, la fondation Serge Koussevitzky commande au compositeur français, une partition ample et profonde Ă  l’architecture ciselĂ©e. Dutilleux s’attĂšle Ă  sa composition en 1957, et livre le manuscrit finalisĂ© pour la crĂ©ation, par l’Orchestre de Boston dirigĂ© par Charles MĂŒnch le 11 dĂ©cembre 1959 Ă  Boston. Utilisant le principe baroque du Concerto Grosso (deux ensembles instrumentaux au format diffĂ©rent, un grand et un petit selon la formule fixĂ©e par Corelli et reprises par Haendel entre autres), Dutilleux Ă©crit pour un orchestre divisĂ©e par deux groupes, exploitant toutes les ressources possibles en vu d’un enrichissement polyrythmique et polyphonique. C’est une construction en miroir, l’un Ă©tant toujours doublĂ© par son pendant, son double… d’oĂč le titre de la piĂšce symphonique : 1 personnage en deux profils complĂ©mentaires. Rompant avec l’usage baroque, Dutilleux s’est expliquĂ© dans la volontĂ© de s’affranchir de toute rĂ©fĂ©rence nĂ©oclassique (mĂȘme si parmi le petit cercle instrumental paraĂźt un clavecin). Il s’agit bien de repenser la forme d’un orchestre dĂ©doublĂ©, aux deux groupes actifs, dialoguant, s’opposant, jouant simultanĂ©ment par fusion, par diffĂ©renciation… En un jeu trouble, Dutilleux exploite le principe de la variation Ă  l’extrĂȘme. La fragmentation, les retours en arriĂšres et donc rĂ©itĂ©rations semblent diluer le plan et le dĂ©veloppement de la symphonie… Il n’en est rien car la construction thĂ©matique et harmonique  s’affirme peu Ă  peu d’une façon trĂšs subtile suivant un schĂ©ma prĂ©cis : tonique si (1er mouvement) ; oscillation entre ut diĂšse, mi bĂ©mol majeur et mineur dans le 2 ; ut diĂšse mineur pour la conclusion. D’une sensibilitĂ© superlative souvent jubilatoire, l’Ă©criture de Dutilleux confirme ici ses qualitĂ©s emblĂ©matiques : le goĂ»t pour l’ombre, le mystĂšre ; les clairs obscurs Ă  la Caravage ; l’ambivalence et l’allusion. Le thĂšme de la mĂ©tamorphose traverse en particulier toute la symphonie n°2 de 1959 : la partition Le Double annonce Ă©videmment Les MĂ©taboles par son fini hallucinĂ© et Ă©merveillĂ©. Que Dutilleux ait ou non recycler ici et le sĂ©rialisme de Schönberg (mais en plus dĂ©tendu et comme rassĂ©rĂ©nĂ©) et aussi Stravinsky (par sa saisissante maĂźtrise polyrythmique), la Symphonie le Double affirme alors en 1959, sa pensĂ©e, son geste, comme crĂ©ateur original et puissant, qui a 43 ans (soit prĂšs de 20 ans aprĂšs son Prix de Rome en 1938) confirme qu’il est dĂ©finitivement mĂ»r.

Un premier ensemble de 12 instrumentistes se place en demi cercle autour du chef ; le reste de l’effectif orchestral les entoure. D’une durĂ©e indicative moyenne de moins de 30 minutes, la Symphonie le Double est en 3 mouvements.

Animato ma misterioso ; Andantino sostenuto ; Allegro fuocoso – calmato. Le rapport des deux derniers mouvements ouvrent une sĂ©rie de questionnements insolubles qui dĂ©terminent en vĂ©ritĂ© la portĂ©e poĂ©tique de la Symphonie et sa conception comme son architecture Ă©nigmatique. L’Andantino cultive un climat d’introspection mystĂ©rieuse pourtant suractive (mĂ©tamorphose rythmique pendant son Ă©coulement) qui a tendance Ă  brouiller les pistes ; dans l’Ă©pisode final (Allegro), le plan s’Ă©claircit, le mouvement se prĂ©cise : aprĂšs la reprise du thĂšme incantatoire (fuocoso), Dutilleux affirme la rĂ©solution se rĂ©alise aprĂšs une strette animĂ©e sur un calmato salvateur, en renoncement, pacifiĂ©.

logo_france_musique_DETOUREFrance Musique. Dimanche 24 janvier 2016, 14h. Symphonie Le Double de Dutilleux. La Tribune des critiques de disques. Quelle version la plus convaincante du chef d’oeuvre symphonique de Dutilleux de 1959 ? Il semble que l’enregistrement par Charles Munch, crĂ©ateur Ă  Boston en 1959 reste inĂ©galable… L’enregistrement fait partie du coffret DUTILLEUX 2016 : The Centenary Edition, Ă©ditĂ© par Erato / Warner classics (7 cd).

Henri Dutilleux : Symphonie n°2 Le double. Voir aussi la fiche de l’Ă©mission sur le site de France Musique.

http://www.francemusique.fr/emission/la-tribune-des-critiques-de-disques/2015-2016/symphonie-ndeg2-le-double-d-henri-dutilleux-01-24-2016-14-00

 

 

La Saint-Sylvestre avec le Berliner Philharmoniker

ARTE. Saint-Sylvestre avec le Berliner Philh. Simon Rattle, le 31 dĂ©cembre 2015, 17h20. En direct de la Philharmonie de Berlin. Avant que n’éclatent les bouchons de champagne, quoi de plus excitant que de se laisser entraĂźner dans un tourbillon musical dans la prestigieuse salle de la Philharmonie de Berlin. Le programme est plutĂŽt français cette annĂ©e pour dĂ©cembre 2015, avec des oeuvres de Maurice Ravel (La Valse), Francis Poulenc, Emmanuel Chabrier et Jules Massenet. La trĂšs charismatique soliste Anne-Sophie Mutter mettra elle aussi du rythme avec des piĂšces fort enlevĂ©es de Saint-Saens (Introduction et Rondo capriccioso) et Tzigane, rhapsodie de Ravel qui requiert une virtuositĂ© si extrĂȘme que le compositeur doutait lui-mĂȘme qu’elle puisse ĂȘtre jouĂ©e !

ARTE. Jeudi 31 décembre 2015.17h20 Soirée de Saint-Sylvestre avec les instrumentistes du Berliner Philharmoniker. Direction musicale : Sir Simon Rattle.

LIRE le programme du concert de réveillon de la Philharmonie de Berlin sur le site du Berliner Philharmoniker

 

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Centenaire Dutilleux : Livres et cd

dutilleux-henri-biographie-pierre-gervasoni-actes-sud-critique-livres-classiquenews-review-bookLivres & cd, annonce. Centenaire Dutilleux. Henri Dutilleux par Pierre Gervasoni. C’est l’évĂ©nement annoncĂ© chez Actes Sud au dĂ©but de l’annĂ©e 2016 (parution : le 22 janvier 2016). De 13 Ă  93 ans, Henri Dutilleux (1916-2013) fut un compositeur engagĂ©, passionnĂ©, actif, un visionnaire voire un prophĂšte, traducteur de l’invisible, inspirĂ© par la poĂ©sie et la littĂ©rature. Ainsi la nuit, Tout un monde lointain, Le temps l’horloge… tĂ©moignent d’une sensibilitĂ© singuliĂšre, aux Ă©quilibres et tonalitĂ©s tĂ©nues. Plus qu’un tĂ©moignage sur la personnalitĂ© qu’il a approchĂ©, l’auteur livre dans un texte biographique Ă  paraĂźtre chez Actes Sud en janvier 2016, l’aboutissement d’un travail de collecte documentaire rĂ©alisĂ© pendant 7 annĂ©es : tĂ©moignages d’époque, coupures de journaux, lettres
 En rĂ©ussissant Ă  recomposer le contexte, les enjeux artistiques et humains de chaque sĂ©quence de la vie et de la carriĂšre du musicien, Pierre Gervasoni restitue le portrait de Dutilleux comme un roman Ă  plusieurs personnages, mais une fiction minutieusement recomposĂ©e oĂč chaque fait et rebondissement dramatique, repose sur un Ă©pisode avĂ©rĂ© et scrupuleusement vĂ©rifiĂ©. Travail d’enquĂȘteur, justesse de la plume, acuitĂ© et exigence du tĂ©moignage… Pour le centenaire Dutilleux en 2016, voici l’ouvrage de rĂ©fĂ©rence que nous attendions, entre essai et biographie. Prochaine critique dans le mag cd, dvd, livres de classiquenews.com.

 

 

 

DUTILLEUX - The Centenary Edition 7CD

 

Erato publie aussi un coffret remarquable offrant l’intĂ©grale des oeuvres de Dutilleux (The Centenary Edition, 7 cd) : ouvres orchestrales, vocales (Sonnets de Jean Cassou, San Francisco Night, Le temps l’horloge
), pour piano ; pour violoncelle et violon (Tout un monde lointain
) ; musique de chambre (Ainsi la nuit, Sarabande, Les Citations
), Le loup (d’aprĂšs Jean Anouilh), MĂ©taboles, MystĂšre de l’instant
 autant de joyaux musicaux, souvent dans des versions plus que convaincantes… PrĂ©sentation et critique complĂšte du coffret The Centenary Edition sur classiquenews en janvier 2016.

 

Biographie, prĂ©sentation de l’oeuvre… Dossier spĂ©cial Centenaire Henri Dutilleux 2016. Disparu en mai 2013, Henri Dutilleux nĂ© Ă  Angers en 1916 affirme la plĂ©nitude de son propre langage Ă  32 ans, grĂące Ă  sa Sonate pour piano de 1948. DĂ©diĂ©e Ă  son Ă©pouse pianiste, GeneviĂšve Joy, sa muse, son pilier (qu’il perd cependant non sans douleur en 2009), la partition souligne l’architecte de la forme tendue et resserrĂ©e, essentielle et suggestive avec pour compenser l’effort de la concentration rationnelle voire conceptuelle, le tissu hĂ©doniste voire sensuel qui cultive un goĂ»t personnel pour le timbre, sa rĂ©sonance, sa couleur spĂ©cifique. Mort Ă  97 ans, Dutilleux fut jusqu’à sa mort vĂ©nĂ©rĂ© tel le plus grand compositeur français immĂ©diatement accessible, dont l’accessibilitĂ© fraternelle et intensĂ©ment humble comme viscĂ©ralement humaniste contrepointait l’abstraction dogmatique un rien trop cĂ©rĂ©brale voire arrogante d’un Boulez. LIRE notre dossier Dutilleux, centenaire 2016

 

 

Yes ! d’Yvain par Les FrivolitĂ©s parisiennes

yes-yvain-les-frivolites-parisiennes-janvier-2015Paris. Yes ! Les FrivolitĂ©s parisiennes, les 7,8 et 9 janvier 2015. Au CafĂ© de la Danse, l’excellent ensemble instrumental qui est aussi compagnie lyrique, les FrivolitĂ©s parisiennes (fondĂ©es par Mathieu Franot et Benjamin El Arbi), impose une nouvelle sonoritĂ© et un sens dramatique affĂ»tĂ© dans Yes ! la comĂ©die musicale de Maurice Yvain (1928), avec les lyrics d’Albert Willemetz.  Fils fortunĂ©, Maxime Gavard est l’amant de madame de Saint-Eglefin, mais il propose Ă  sa manucure Totte un mariage blanc ; elle accepte : ils partiront Ă  Londres (dire « Yes! ») car la capitale anglaise acceptent de cĂ©lĂ©brer les mariages Ă  la chaĂźne, sans les tracasseries administratives habituelles
 Pour autant les choses ne vont pas en rester. Car Totte entre temps est tombĂ©e sous le charme de son rĂ©cent Ă©poux
.

LFP-frivolites-parisiennes-vignette-700Le nouveau collectif fondĂ© en 2012, s’intĂ©resse Ă  la comĂ©die musicale de 1928, Yes ! avec un sens de la facĂ©tie et du plaisir musical Ă©vident; l’ouvrage emprunte au genre de l’opĂ©rette d’actualitĂ©, Ă©grenant sa galerie de portraits particuliĂšrement contrastĂ©s et caractĂ©risĂ©s : cocu pathĂ©tique, vieux domestique familier, maĂźtresse mariĂ©e, vamp exotique, secrĂ©taire timide et fils fĂȘtard
 attention cependant de ne pas tomber dans la surcharge et la caricature, car tout l’esprit d’Yvain tient Ă  la finesse et la subtilitĂ© du ton.  A la saveur musicale, l’une des meilleures partitions d’Yvain rĂ©pond la qualitĂ© des textes de Willemetz, jamais en reste d’une pointe grivoise, mais habilement nuancĂ©e. Le sens des enchaĂźnements, la pertinence des textes agencĂ©s aux bonnes sĂ©quences dramatiques, relancent constamment l’acuitĂ© des situations et le relief des profils. EmblĂ©matique de ce thĂ©Ăątre lĂ©ger, et aussi cynique propre aux AnnĂ©es Folles, Yes ! entre Music Hall et opĂ©rette doit sa sĂ©duction Ă  la culture musicale d’Yvain qui aime et collectionne les rĂ©fĂ©rences Ă  peine masquĂ©es : la chanson de Roger renvoie aux mĂ©lodies salonardes du XIXĂš ; le trio patriotique Il faut chercher qui cite Lecoq ou Offenabch ; les airs de Totte (La vie n’est faite que d’illusion, et aussi Yes! qui donne son titre Ă  la piĂšce), le duo A Londres (avec Maxime) qui campe le caractĂšre des deux futurs Ă©poux
 tout cela tĂ©moigne d’une sensibilitĂ© psychologique hors normes, un sens du thĂ©Ăątre mesurĂ© allusif, Ă©lĂ©gantissime.

yes-yvain-les-frivolites-parisiennes-janvier-2015RESERVATIONS. Paris. Yes ! Les Frivolités parisiennes, les 7,8 et 9 janvier 2015. Café de la Danse, les 7, 8 et 9 janvier 2015, à 20h. 5 passage Louis-Philippe 75011 Paris. Version originale pour deux pianos, inspiré du jeu du pianiste virtuose Léon Kartun (mort en 1982) avec lequel Yvain a travaillé.

Nikolaus Harnoncourt s’est Ă©teint samedi 5 mars 2016

harnoncourt nikolausDECES. Le chef d’orchestre autrichien Nikolaus Harnoncourt, au moment de ses 86 ans, avait mis fin Ă  sa carriĂšre en dĂ©cembre dernier. Le maestro dĂ©fricheur, pilier de la rĂ©volution baroqueuse apportant un regard neuf sur les Ɠuvres et la façon de les interprĂ©ter nous a quittĂ© samedi 5 mars 2016. Dans un prochain article, CLASSIQUENEWS retracera l’itinĂ©raire et surtout l’apport d’une direction affĂ»tĂ©e, critique, et pourtant gourmande et d’une exceptionnelle activitĂ© : chez Monteverdi, surtout Mozart et rĂ©cemment Beethoven… Voici notre communiquĂ© au moment de l’annonce de sa retraite en dĂ©cembre 2015. Le chef inoubliable se sera Ă©teint trois mois plus tard.

Dans un communiquĂ© diffusĂ© par le bureau du festival Styriate qu’il a crĂ©Ă© Ă  Graz (Autriche), le pionnier de la rĂ©volution baroque et l’interprĂšte le plus inspirĂ© et le plus audacieux des rĂ©pertoires des XVIIĂš et XVIIIĂš (avec William Christie), Nikolaus Harnoncourt (nĂ© Comte Ă  Berlin en dĂ©cembre 1929), confirme sa dĂ©cision de se retirer des salles de concerts et des studios d’enregistrement.  AffĂ»tĂ©, sans a priori, en quĂȘte de nouveaux mondes musicaux, rĂ©vĂ©lant la puissante magie des timbres sur instruments d’époque, Nikolaus Harnoncourt a rĂ©volutionnĂ© l’interprĂ©tation des rĂ©pertoires (pilotant entre autres, son ensemble spĂ©cialisĂ© Concentus Musicus de Vienne) avec une acuitĂ© expĂ©rimentale et dĂ©fricheuse qui va du XVIĂš aux romantiques et aux modernes du XXĂšme siĂšcle.

DĂ©fricheur et pionnier, Harnoncourt met fin Ă  sa carriĂšreSes rĂ©cents enregistrements parus chez Sony classical dont un inoubliable geste intĂ©rieur, spirituel dĂ©diĂ© aux 3 derniĂšres Symphonies de Mozart (triptyque conçu comme un “oratorio instrumental”),  confirment une vision unique et personnelle dont les qualitĂ©s sont toujours restĂ©es sobriĂ©tĂ©, vĂ©ritĂ©, analyse, profondeur. Son Mozart, Ă©clairĂ© aussi Ă  Salzbourg – Les Noces, Don Giovanni, Cosi, Ă©blouissants par leur noirceur et leur sincĂ©ritĂ© humaine-, est son offrande la plus bouleversante. Bonne retraite maestro.

 

 

 

 

Les derniers cd Mozart de Nikolaus Harnoncourt

harnoncourt mozart symphonies last symphonies 39, 40, 41 instrumental oratorium concentus musicus wien cd sony classicalCD. Mozart : 3 derniĂšres Symphonies n°39,40, 41. Nikolaus Harnoncourt, Concentus Musicus Wien, dĂ©cembre 2012, 2 cd Sony classical. Parues le 25 aoĂ»t 2014, les 3 derniĂšres Symphonies de Mozart (n°39,40, 41) synthĂ©tisent ici, pour Nikolaus Harnoncourt et dans cet enregistrement rĂ©alisĂ© avec ses chers instrumentistes du Concentus Musicus Wien, l’expĂ©rience de toute une vie (60 annĂ©es) passĂ©e au service du grand Wolfgang : sa connaissance intime et profonde des opĂ©ras, les plus importants dirigĂ©s Ă  Salzbourg entre autres (la trilogie Da Ponte, La ClĂ©mence de Titus, La FlĂ»te enchantĂ©e
), suffit Ă  enrichir et nourrir une vision personnelle et originale sur l’écriture mozartienne ; s’appuyant sur le mordant expressif si finement colorĂ© et intensĂ©ment caractĂ©risĂ© des instruments anciens, le chef autrichien rĂ©alise un accomplissement dont l’absolue rĂ©ussite Ă©tait dĂ©jĂ  prĂ©figurĂ©e dans son cd antĂ©rieur dĂ©diĂ© au Mozart Symphoniste (Symphonie n°35 Haffner, Ă©ditĂ© en janvier 2014, « CLIC » de classiquenews)  ou encore aux Concertos pour piano n°25 et 23. Dans cette rĂ©alisation particuliĂšrement attendue, Harnoncourt envisage les 3 Symphonies non plus comme une trilogie orchestrale – ce qui est aujourd’hui dĂ©fendu par de nombreux musicologues et chefs- mais comme un « oratorio instrumental en 12 mouvements », subtilement enchaĂźnĂ©s, en un tout inĂ©luctablement organique. Par oratorio, Harnoncourt voudrait-il jusqu’à Ă©voquer une partition touchĂ©e par la grĂące divine, dont la ferveur sincĂšre nous touche Ă©videmment par sa justesse poĂ©tique et les moyens mis en Ɠuvre pour en exprimer le sens ?

 

 

mais aussi….

CD. Nikolaus Harnoncourt. Johann Strauss II (7 cd Warner classics)

Johann-Strauss-II-par-Nikolaus-Harnoncourt_Nikolaus Harnoncourt. Johann Strauss II (7 cd Warner classics) coffret boxCD. Nikolaus Harnoncourt. Johann Strauss II (7 cd Warner classics). Harnoncourt s’est expliquĂ© longuement sur le sujet : nĂ© allemand mais viennois jusqu’au bout de la baguette, le chef berlinois, 85 ans en 2015, porte en lui cette Ă©lĂ©gance autrichienne, fine combinaison entre Ă©lĂ©gance et danses populaires, raffinement et 
 rusticitĂ©. InspirĂ© par les mĂ©lodies de la rue comme les danses traditionnelles, Johann II Strauss (1825-1899), roi de la valse, s’inscrit dans la tradition d’un Schubert, et avant lui de Haydn et de Mozart. Le maestro si convaincant chez Monteverdi et nombre de compositeurs baroques dont il aura renouvelĂ© l’approche avec ses musiciens du Concentus Musicus,- mais aussi Mozart ou Beethoven : Harnoncourt depuis toujours dĂ©fend un Strauss concrĂštement
 rustique et Ă©lĂ©gantissime.

 

 

Livres. Nikolaus Harnoncourt : La Parole musicale (Actes Sud)

actes Sud harnoncourt la parole musicale propos sur la musique romantique actes sud livres clic de classiquenews octobre 2014Livres. Nikolaus Harnoncourt : La Parole musicale (Actes Sud). Coquille sur la couverture : contrairement Ă  ce qui est indiquĂ©, les propos recueillis ici ne concernent pas uniquement les compositeurs romantiques
 A moins que Mozart (et ses ultimes Symphonies dont la centrale K550 en sol mineur) soit lui aussi romantique
 ce qui nous comblerait de joie (!), car sa modernitĂ© et sa sensibilitĂ© visionnaire ne peuvent selon nous ĂȘtre rangĂ©es dans aucune case
 trĂȘve d’observations de dĂ©tail : car c’est bien de plusieurs textes dĂ©cisifs et lumineux dont il est question dans ce nouvel opus Ă  propos de Beethoven, Schubert, Schumann, Brahms, Bruckner et mĂȘme Bizet et Verdi (mais pas de Strauss ni de Mahler : Harnoncourt n’a jamais cachĂ© qu’il les jugeait l’un et l’autre « trop bavards »). Comme directeur musical de son festival Styriarte en Autriche, Nikolaus Harnoncourt a pu aborder nombre de compositeurs, lyriques et symphoniques auxquels il a consacrĂ© des discours et prĂ©sentations trĂšs dĂ©taillĂ©s, surtout trĂšs militants. Le texte liminaire le plus pertinents demeure celui sur Mozart et le sens profond de sa Symphonie axiale / centrale au sein de la trilogie des trois derniĂšres : 39, 40 et 41 « Jupiter ». La K 550 en sol mineur rĂ©sonne comme une dĂ©flagration, par sa sonoritĂ© inĂ©dite et inclassable qui fait imploser la forme elle-mĂȘme et le tissu mĂ©lodique comme harmonique. Sa signification profonde s’entend avec les deux autres qui l’encadrent. Jamais Harnoncourt, exceptionnel mozartien (il a dirigĂ© les opĂ©ras majeurs Ă  Salzbourg) n’a Ă©tĂ© ici plus argumentĂ©, mieux inspirĂ©, dans un texte rĂ©digĂ© pour les 250 ans de Mozart au Mozarteum de Salzbourg (2006). Pour passer des intentions Ă  la pratique le lecteur se reportera Ă  l’excellent double cd Ă©ditĂ© simultanĂ©ment chez Sony classical, dĂ©diĂ© justement au 3 derniĂšres Symphonies conçu comme «  un oratorio instrumental », CLIC de classiquenews du mois de septembre 2014.

 

 

Tours, Opéra. Adam Laloum joue Brahms

Adam-Laloum-2-–-Photo-Carole-Bellaiche-©-Mirare-250x250Tours, OpĂ©ra. Adam Laloum joue Brahms, les 5 et 6 dĂ©cembre 2015. C’est l’un des plus captivants concerts symphoniques offerts par Jean-Yves Ossonce pour sa derniĂšre saison musicale Ă  Tours : Brahms, Strauss, Ravel; un dĂ©fi Ă  multiples facettes pour l’orchestre, le chef et ici, le soliste, l’excellent pianiste, prince des poĂštes du clavier, d’une intĂ©rioritĂ© magicienne, Adam Laloum, nĂ© en 1987 (ainsi de retour au Grand-ThĂ©Ăątre de Tours). Quel sommet musical que ce 2Ăšme Concerto pour piano de Johannes Brahms (1881) qui atteste des ressources artistiques prodigieuses d’un Brahms Ă  la fois classique et moderne (directeur de la SociĂ©tĂ© de musique de Vienne de 1872 Ă  1875), alors – au dĂ©but des annĂ©es 1880, personnalitĂ© cĂ©lĂ©brĂ©e Ă  juste titre Ă  Vienne : sa 2Ăšme Symphonie puis son Concerto pour violon de 1877 l’ont hissĂ© Ă  la cĂ©lĂ©britĂ© europĂ©enne. Le Concerto pour piano n°2 rĂ©active le grand sujet brahmsien, la construction et l’architecture contenant des forces antagonistes, les rĂ©vĂ©lant et les rĂ©solvant Ă  la fois, dans l’esprit universel, trĂšs structurĂ© et toujours Ă©loquent de Beethoven. La passion de nature schumanienne souvent lyrique et Ă©chevelĂ©e, mais d’une finesse inouĂŻe grĂące Ă  sa maĂźtrise de l’orchestration (bois et cuivres ciselĂ©s), la prĂ©sence toujours importante des thĂšmes du folklore populaire (Ă  l’instar d’un Schubert), le sens de l’Ă©quilibre et de l’architecte fondent la trĂšs haute valeur du romantisme brahmsien. La partition est crĂ©Ă©e en Hongrie Ă  Budapest par l’auteur avec succĂšs, le duo piano violoncelle qui crĂ©e le scintillement miraculeux, nostalgique et tendre d’une ineffable douceur dans l’Andante (3Ăšme mouvement), le rondo sonate qui compose l’ultime Ă©pisode (Allegretto Scherzo) marquĂ© par le swing du motif tzigane trĂšs emblĂ©matique sont des trouvailles gĂ©niales auxquelles il reste bien difficile de demeurer insensible. D’autant plus si les interprĂštes soliste, chef et instrumentistes de l’orchestre jouent la carte du chambrisme transparent plutĂŽt que de la puissance.

ossonce-jean-yves-sara-nemtanu-concerto-violon-orchestre-tchaikovski-concert-opera-de-tours-7-novembre-2015-review-crtique-compte-rendu-classiquenewsAprĂšs Brahms, le programme affiche l’opus 24 de Richard Strauss, Mort et transfiguration, vision sur la mort et expĂ©rience spirituelle d’une ineffable profondeur. La Valse de Ravel (1919) conclut le concert : un hymne Ă  la vie tourbillonnante et aussi un dĂ©lire terrifiant sur la folie jamais Ă©loignĂ©e des pulsions de vie. Ravel semble y dĂ©cortiquer la subtile mĂ©canique chorĂ©graphique capable d’imploser, de se recomposer en une extase vĂ©nĂ©neuse, d’aune sauvagerie barbare dont l’esprit chaotique est Ă  rapprocher du premier conflit mondial juste achevĂ©. EngagĂ©, lucide sur notre derniĂšre actualitĂ©, la prĂ©sentation de l’OpĂ©ra de Tours des deux concerts des 5 et 6 dĂ©cembre 2015 est on ne peut plus claire : “De Vienne en 1881 Ă  l’Europe en lambeaux de 1920, quarante annĂ©es de mutation, ou comment la barbarie peut dĂ©truire le monde“.

Johannes Brahms
Concerto pour piano et orchestre n°2 en si bémol majeur, op. 83

Richard Strauss
Mort et transfiguration, op. 24

Maurice Ravel
La Valse

Adam Laloum, piano
Jean-Yves Ossonce, direction
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours

Samedi 5 dĂ©cembre 2015 – 20h
Dimanche 6 dĂ©cembre 2015 – 17h

RĂ©servez votre place sur la page billetterie du site de l’OpĂ©ra de Tours

 

Illustrations : Adam Laloum, Jean-Yves Ossonce (DR)

Brahms sublimĂ©. Adam Laloum Ă  L’OpĂ©ra de Tours

Adam-Laloum-2-–-Photo-Carole-Bellaiche-©-Mirare-250x250Tours, OpĂ©ra. Adam Laloum joue Brahms, les 5 et 6 dĂ©cembre 2015. C’est l’un des plus captivants concerts symphoniques offerts par Jean-Yves Ossonce pour sa derniĂšre saison musicale Ă  Tours : Brahms, Strauss, Ravel; un dĂ©fi Ă  multiples facettes pour l’orchestre, le chef et ici, le soliste, l’excellent pianiste, prince des poĂštes du clavier, d’une intĂ©rioritĂ© magicienne, Adam Laloum, nĂ© en 1987 (ainsi de retour au Grand-ThĂ©Ăątre de Tours). Quel sommet musical que ce 2Ăšme Concerto pour piano de Johannes Brahms (1881) qui atteste des ressources artistiques prodigieuses d’un Brahms Ă  la fois classique et moderne (directeur de la SociĂ©tĂ© de musique de Vienne de 1872 Ă  1875), alors – au dĂ©but des annĂ©es 1880, personnalitĂ© cĂ©lĂ©brĂ©e Ă  juste titre Ă  Vienne : sa 2Ăšme Symphonie puis son Concerto pour violon de 1877 l’ont hissĂ© Ă  la cĂ©lĂ©britĂ© europĂ©enne. Le Concerto pour piano n°2 rĂ©active le grand sujet brahmsien, la construction et l’architecture contenant des forces antagonistes, les rĂ©vĂ©lant et les rĂ©solvant Ă  la fois, dans l’esprit universel, trĂšs structurĂ© et toujours Ă©loquent de Beethoven. La passion de nature schumanienne souvent lyrique et Ă©chevelĂ©e, mais d’une finesse inouĂŻe grĂące Ă  sa maĂźtrise de l’orchestration (bois et cuivres ciselĂ©s), la prĂ©sence toujours importante des thĂšmes du folklore populaire (Ă  l’instar d’un Schubert), le sens de l’Ă©quilibre et de l’architecte fondent la trĂšs haute valeur du romantisme brahmsien. La partition est crĂ©Ă©e en Hongrie Ă  Budapest par l’auteur avec succĂšs, le duo piano violoncelle qui crĂ©e le scintillement miraculeux, nostalgique et tendre d’une ineffable douceur dans l’Andante (3Ăšme mouvement), le rondo sonate qui compose l’ultime Ă©pisode (Allegretto Scherzo) marquĂ© par le swing du motif tzigane trĂšs emblĂ©matique sont des trouvailles gĂ©niales auxquelles il reste bien difficile de demeurer insensible. D’autant plus si les interprĂštes soliste, chef et instrumentistes de l’orchestre jouent la carte du chambrisme transparent plutĂŽt que de la puissance.

ossonce-jean-yves-sara-nemtanu-concerto-violon-orchestre-tchaikovski-concert-opera-de-tours-7-novembre-2015-review-crtique-compte-rendu-classiquenewsAprĂšs Brahms, le programme affiche l’opus 24 de Richard Strauss, Mort et transfiguration, vision sur la mort et expĂ©rience spirituelle d’une ineffable profondeur. La Valse de Ravel (1919) conclut le concert : un hymne Ă  la vie tourbillonnante et aussi un dĂ©lire terrifiant sur la folie jamais Ă©loignĂ©e des pulsions de vie. Ravel semble y dĂ©cortiquer la subtile mĂ©canique chorĂ©graphique capable d’imploser, de se recomposer en une extase vĂ©nĂ©neuse, d’aune sauvagerie barbare dont l’esprit chaotique est Ă  rapprocher du premier conflit mondial juste achevĂ©. EngagĂ©, lucide sur notre derniĂšre actualitĂ©, la prĂ©sentation de l’OpĂ©ra de Tours des deux concerts des 5 et 6 dĂ©cembre 2015 est on ne peut plus claire : “De Vienne en 1881 Ă  l’Europe en lambeaux de 1920, quarante annĂ©es de mutation, ou comment la barbarie peut dĂ©truire le monde“.

Johannes Brahms
Concerto pour piano et orchestre n°2 en si bémol majeur, op. 83

Richard Strauss
Mort et transfiguration, op. 24

Maurice Ravel
La Valse

Adam Laloum, piano
Jean-Yves Ossonce, direction
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours

Samedi 5 dĂ©cembre 2015 – 20h
Dimanche 6 dĂ©cembre 2015 – 17h

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Illustrations : Adam Laloum, Jean-Yves Ossonce (DR)

Distinctions, jeune talent lyrique. Elsa Dresig, mezzo, jeune soliste des radios francophones publiques 2016

dresig-elsa-mezzo-soprano-rossini-bellini-jeune-talent-CLIC-de-classiquenews-Distinctions, jeune talent lyrique. Elsa Dresig, mezzo, jeune soliste des radios francophones publiques 2016. Le prix « Jeune Soliste » 2016 des Radios Francophones Publiques a Ă©tĂ© dĂ©cernĂ©, Ă  Lausanne ce mercredi 25 novembre, Ă  la jeune mezzo-soprano franco-danoise Elsa Dreisig. Elsa Dreisig est la 3Ăšme laurĂ©ate prĂ©sentĂ©e par France Musique, aprĂšs les prĂ©cĂ©dents candidats Edgar Moreau et Jean Rondeau (primĂ©s en 2013 et 2014). L’agilitĂ© et la sensibilitĂ©, la sobriĂ©tĂ© du style et pourtant un vrai tempĂ©rament dramatique caractĂ©risent dĂ©jĂ  le chant de la jeune mezzo soprano Elsa Dresig, qui avant d’avoir reportĂ© le Prix Jeune soliste des Radios Francophones Publiques 2016, – rĂ©unissant Radio France (France Musique), la Radio TĂ©lĂ©vision Suisse (Espace 2), la RTBF (Musiq’3) et Radio-Canada (ICI musique)-, avait particuliĂšrement convaincu le Jury du Concours de chant lyrique de Clermont-Ferrand 2015. Elsa Dresig avait nettement Ă©bloui dans le rĂŽle Ă  distribuer : Rosina du Barbier de SĂ©ville (la production est Ă  l’affiche les 15 et 16 janvier 2015 Ă  l’OpĂ©ra de Clermont-Ferrand, lire ci aprĂšs). Piquante, vive, et dĂ©jĂ  malicieuse, la jeune cantatrice s’affirmait sans conteste grĂące Ă  sa maĂźtrise du bel canto.

 

 

Le prix Jeune Soliste 2016 permet Ă  la jeune mezzo-soprano Elsa Dresig de recevoir une bourse de 4000€ des Radios Francophones Publiques. Chacune des antennes membres s’engage aussi Ă  soutenir les dĂ©buts de sa carriĂšre en faisant rayonner son talent dans diffĂ©rentes Ă©missions et concerts retransmis
 La distinction des Radios francophones confirment ainsi le jugement du Concours de chant de Clermont-Ferrand 2015.

Elsa Dresig Ă  l’affiche de l’OpĂ©ra de Clermont Ferrand

Les vendredi et samedi 15 et 16 janvier 2016
Nouvelle production du Barbier de SĂ©ville /«  Il barbiere di Siviglia” de Rossini
Opéra-Théùtre de Clermont-Ferrand.

Orchestre Philharmonique d’Etat de Timisoara
Amaury du Closel, direction musicale
Pierre Thirion-Vallet, mise en scĂšne

Guillaume François, Le Comte Almaviva
Viktor Korotich, Figaro
Elsa Dreisig, Rosina
Leonardo Galeazzi, Bartolo
Federico Benetti, Basilio
Anne DĂ©rouard, Berta
Jean-Baptiste Mouret, Fiorillo et un Officier

 

 

Elsa Dresig et Viktor Korotich ont été sélectionné lors du dernier Concours de chant de Clermont-Ferrand 2015.

VOIR notre reportage vidĂ©o exclusif 24Ăšme Concours de chant de Clermont-Ferrand 2015 – laurĂ©ats : Elsa Dresig, Viktor Korotich, Edward Grint, HĂ©lĂšne Walter
 (2 parties)

 

 

 

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TOURS : Adam Laloum joue le 2Ăš Concerto pour piano de Brahms

Adam-Laloum-2-–-Photo-Carole-Bellaiche-©-Mirare-250x250Tours, OpĂ©ra. Adam Laloum joue Brahms, les 5 et 6 dĂ©cembre 2015. C’est l’un des plus captivants concerts symphoniques offerts par Jean-Yves Ossonce pour sa derniĂšre saison musicale Ă  Tours : Brahms, Strauss, Ravel; un dĂ©fi Ă  multiples facettes pour l’orchestre, le chef et ici, le soliste, l’excellent pianiste, prince des poĂštes du clavier, d’une intĂ©rioritĂ© magicienne, Adam Laloum, nĂ© en 1987 (ainsi de retour au Grand-ThĂ©Ăątre de Tours). Quel sommet musical que ce 2Ăšme Concerto pour piano de Johannes Brahms (1881) qui atteste des ressources artistiques prodigieuses d’un Brahms Ă  la fois classique et moderne (directeur de la SociĂ©tĂ© de musique de Vienne de 1872 Ă  1875), alors – au dĂ©but des annĂ©es 1880, personnalitĂ© cĂ©lĂ©brĂ©e Ă  juste titre Ă  Vienne : sa 2Ăšme Symphonie puis son Concerto pour violon de 1877 l’ont hissĂ© Ă  la cĂ©lĂ©britĂ© europĂ©enne. Le Concerto pour piano n°2 rĂ©active le grand sujet brahmsien, la construction et l’architecture contenant des forces antagonistes, les rĂ©vĂ©lant et les rĂ©solvant Ă  la fois, dans l’esprit universel, trĂšs structurĂ© et toujours Ă©loquent de Beethoven. La passion de nature schumanienne souvent lyrique et Ă©chevelĂ©e, mais d’une finesse inouĂŻe grĂące Ă  sa maĂźtrise de l’orchestration (bois et cuivres ciselĂ©s), la prĂ©sence toujours importante des thĂšmes du folklore populaire (Ă  l’instar d’un Schubert), le sens de l’Ă©quilibre et de l’architecte fondent la trĂšs haute valeur du romantisme brahmsien. La partition est crĂ©Ă©e en Hongrie Ă  Budapest par l’auteur avec succĂšs, le duo piano violoncelle qui crĂ©e le scintillement miraculeux, nostalgique et tendre d’une ineffable douceur dans l’Andante (3Ăšme mouvement), le rondo sonate qui compose l’ultime Ă©pisode (Allegretto Scherzo) marquĂ© par le swing du motif tzigane trĂšs emblĂ©matique sont des trouvailles gĂ©niales auxquelles il reste bien difficile de demeurer insensible. D’autant plus si les interprĂštes soliste, chef et instrumentistes de l’orchestre jouent la carte du chambrisme transparent plutĂŽt que de la puissance.

ossonce-jean-yves-sara-nemtanu-concerto-violon-orchestre-tchaikovski-concert-opera-de-tours-7-novembre-2015-review-crtique-compte-rendu-classiquenewsAprĂšs Brahms, le programme affiche l’opus 24 de Richard Strauss, Mort et transfiguration, vision sur la mort et expĂ©rience spirituelle d’une ineffable profondeur. La Valse de Ravel (1919) conclut le concert : un hymne Ă  la vie tourbillonnante et aussi un dĂ©lire terrifiant sur la folie jamais Ă©loignĂ©e des pulsions de vie. Ravel semble y dĂ©cortiquer la subtile mĂ©canique chorĂ©graphique capable d’imploser, de se recomposer en une extase vĂ©nĂ©neuse, d’aune sauvagerie barbare dont l’esprit chaotique est Ă  rapprocher du premier conflit mondial juste achevĂ©. EngagĂ©, lucide sur notre derniĂšre actualitĂ©, la prĂ©sentation de l’OpĂ©ra de Tours des deux concerts des 5 et 6 dĂ©cembre 2015 est on ne peut plus claire : “De Vienne en 1881 Ă  l’Europe en lambeaux de 1920, quarante annĂ©es de mutation, ou comment la barbarie peut dĂ©truire le monde“.

Johannes Brahms
Concerto pour piano et orchestre n°2 en si bémol majeur, op. 83

Richard Strauss
Mort et transfiguration, op. 24

Maurice Ravel
La Valse

Adam Laloum, piano
Jean-Yves Ossonce, direction
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours

Samedi 5 dĂ©cembre 2015 – 20h
Dimanche 6 dĂ©cembre 2015 – 17h

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Illustrations : Adam Laloum, Jean-Yves Ossonce (DR)

Les 10 ans de Pulcinella Ă  la Salle Gaveau

Gaillard ophelie violoncelle -Gaillard

Paris, Gaveau : les 10 ans de Pulcinella, le 27 novembre 2015.  PULCINELLA a 10 ans ! OphĂ©lie Gaillard revient Ă  la Salle Gaveau, pour un concert exceptionnel et plein de surprises. Un retour emblĂ©matique Ă  Gaveau oĂč l’aventure de Pulcinella avait commencĂ© en 2005. FĂȘter les 10 ans d’un ensemble, dans le contexte actuel, est un accomplissement notoire. Comme ensemble instrumental crĂ©Ă© par la violonceliste OphĂ©lie Gaillard, Pulcinella s’est consacrĂ© avant tout Ă  ĂȘtre une force collective et Ă  s’approcher des publics les plus divers. En touchant tant Ă  Bach qu’Ă  Schubert ou Ă  Carl Philip Emanuel Bach, OphĂ©lie Gaillard et ses musiciens ont explorĂ© des pans entiers du rĂ©pertoire concertant et sacrĂ©. L’ensemble a multiplié  les rencontres Ă  travers le disque ou le concert ; il s’impose comme un collectif en mouvement, Ă  fort caractĂšre et tempĂ©rament explorateur, une force vive dont le style se dĂ©marque. Pulcinella est aussi un ensemble engagĂ© dans le partage auprĂšs des publics empĂȘchĂ©s, par ses actions Ă  l’Ă©cole, en prison, Ă  l’hĂŽpital. Pour que la voix de la musique s’exprime librement, partout, aprĂšs du plus grand nombre.

boutonreservationOphĂ©lie Gaillard et son ensemble Pulcinella vous invitent Ă  dĂ©couvrir ou Ă  redĂ©couvrir son action musicale ce vendredi 27 novembre 2015 Ă  20h30 Ă  la Salle Gaveau. Venez fĂȘter la 10Ăšme annĂ©e et un nouveau dĂ©part pour 10 annĂ©es supplĂ©mentaires! Toutes les infos et les modalitĂ©s de rĂ©servation sur le site de la Salle Gaveau Ă  Paris.

 

 

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Poitiers TAP. Temps forts de la saison 2015 – 2016

TAP poitiers theatre auditorium poitiersPoitiers TAP. Temps forts de la saison 2015 – 2016. Elle est pas jaune la vie ? le TAP Poitiers, ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers promet pour la saison musicale 2015 – 2016, le grand frisson et se pare d’une belle et lumineuse robe jaune (la couleur de ses façades qui surplombe la ville) pour porter sa nouvelle saison, une saison qui au moment oĂč nous bouclons cet article, est marquĂ©e comme c’est le cas de tout le milieu culturel en France par les attentats survenus Ă  Paris le 13 novembre 2015. L’attaque a ciblĂ© des lieux de vie, de culture, l’art de vivre Ă  la française. “Pour notre part prĂ©cise le TAP dans un encadrĂ© spĂ©cial depuis sa homepage, “nous continuerons avec vous Ă  favoriser l’intelligence, le partage, la pensĂ©e, l’art et la culture”. RĂ©sister en allant au spectacle… la culture, arme de rĂ©sistance contre la barbarie ? L’idĂ©e nous plaĂźt. A Poitiers, la culture vivante, diffĂ©rente, stimulante Ă  partager tout au long des mois Ă  venir, c’est au TAP. En voici les temps forts :

 

 

Saison 2015 – 2016 au TAP de Poitiers

La vie en jaune

 

 

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La nouvelle programmation privilĂ©gie l’Allemagne comme une destination rĂ©guliĂšre Ă  laquelle rĂ©pondent prĂ©sents Ă©videmment les orchestres associĂ©s du TAP : Orchestre Poitou-Charentes, Orchestre des Champs-ElysĂ©es, Ars Nova ensemble instrumental. C’est Ă  nouveau une fĂȘte orchestrale grĂące Ă  l’engagement et la passion des chefs qui dirigent chaque phalange respectivement Jean-François Heisser, Philippe Herrewghe, Philippe Nahon. Orchestre sur instruments modernes, sur instruments anciens et ensemble dĂ©diĂ© Ă  la crĂ©ation et Ă  la musique contemporaine : le TAP propose une offre particuliĂšrement complĂšte, intĂ©grant toutes les esthĂ©tiques et les types d’interprĂ©tation actuels. Le TAP joue aussi la diversitĂ© des formes (complĂ©mentaires : chorales, musique de chambre, symphonique, opĂ©ra, danse…). Dans son exceptionnel auditorium Ă  l’acoustique somptueuse, les ensembles virtuoses tels Vox Luminis, le Quatuor Artemis, la pianiste Anne QueffĂ©lec entre autres sauront illuminer une saison Ă  la fois exigeante et festive. NouveautĂ© cette annĂ©e, l’Ă©vĂ©nement hors normes annoncĂ© le 19 mai 2016 (“concept vitaminĂ© et original”) : un cycle festif d’un nouveau genre associant les orchestres associĂ©s en rĂ©sidence au TAP dans plusieurs performances simultanĂ©es Ă  21h. Cerise attendue, liĂ©e Ă  un beau souvenir produit de la saison derniĂšre, l’opĂ©ra Macbeth : oĂč le metteur en scĂšne sud-africain Brett Bailey entourĂ© de toute son Ă©quipe, instrumentistes, chanteurs-, revisite la partition shakespearienne de Verdi. Au total 14 dates Ă  ne pas manquer pour une saison diversifiĂ©e, audacieuse, surprenante.

 

 

 

 

Jeudi 12 novembre 2015, 20h
Orchestre Poitou Charentes, Nicolas Dautricourt (violon)
Mendelssohn, Sibelius, Schumann

 

 

Lundi 7 décembre 2015, 20h
Orchestre des ChampPhilippe Herreweghe et l'Orchestre des Champs Elysées à Poitierss-Elysées, Isabelle Faust (violon)
Philippe Herrewghe
Beethoven : Symphonies et Concerto pour violon. Superbe concert symphonique au ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers, ce 7 dĂ©cembre 2015 oĂč la fine caractĂ©risation des instruments d’époque renouvelle notre perception des deux premiĂšres Symphonies et du Concerto en rĂ© de Ludwig van Beethoven. Philippe Herreweghe s’intĂ©resse au Beethoven le plus fougueux, le plus libĂ©rateur celui qui des cendres encore
chaudes de la Révolution, bùtit un nouvel ordre musical, poétique et esthétique offrant
Faust-Isabelle-violon-582enfin au siĂšcle romantique, un langage digne de ses ambitions et de ses dĂ©fis. Partenaire de l’orchestre dans le Concerto pour violon, l’éblouissante violoniste Isabelle Faust, alliant finesse, pudeur, intĂ©rioritĂ© restitue au Concerto en rĂ© majeur, son Ă©toffe Ă©motionnelle tissĂ©e d’élan et de promesse amoureuse car Beethoven est alors le fiancĂ© secret de ThĂ©rĂšse de Brunswick. PrĂ©sentation du concert, informations, rĂ©servations

 

 

Dimanche 20 décembre 2015, 15h
Concert de NoĂ«l – Orchestre Poitou Charentes
Adrien Perruchon, direction
L’opĂ©rette fait la fĂȘte : air des clochettes de LakmĂ©, La Traviata, le Chanteur de Mexico avec Isabelle Philippe (soprano) entre autres…

 

 

Vendredi 8 janvier 2015, 20h30
Théùtre Blossac
rondeau-jean-clavecin-poitiers-tap-classiquenewsNeevermind. Couperin versus Bach : le clavecin dĂ©lirant, insolent, percutant. Avec ses airs d’ado Ă©chevelĂ©, le claveciniste français Jean Rondeau s’entoure de quelques amis instrumentistes pour jouer François Couperin (extraits des Nations) et Jean-SĂ©bastien Bach (Sonate BWV 1039, extrait de L’Offrande musicale). Couperin, musicien proche de la Cour de Louis XIV et Bach, directeur de la musique de Leipzig (Cantor Ă  Saint-Thomas) sont Ă  la fois proches car contemporains mais aussi trĂšs diffĂ©rents…

 

 

Mercredi 20 janvier 2016, 20h30
Quatuor Artemis
Schubert, Chostakovitch, Brahms
Le TAP poursuit ses invitations aux grandes formations dédiées à la musique de chambre. AprÚs les Modigliani, Diotima, Jerusalem, voici les Artemis : ils décochent leurs flÚches /archets avec une maßtrise exceptionnelle de la sonorité chaude et intérieure et de la vivacité. Les quatre instrumentistes du Quatuor berlinois traversent en la ciselant la mélancolie chaleureuse et envoûtante de Schubert et Brahms (les grands romantiques allemands), mis en dialogue avec Chostakovitch.

 

 

Jeudi 4 février 2016, 19h30
Orchestre des Champs Elysées
Debussy, Magnard, Chausson
Louis Langrée, direction
SoirĂ©e de musique symphonique romantique et française avec l’Orchestre des Champs ElysĂ©es sous la direction de son premier chef invitĂ©, Louis LangrĂ©e. Au programme, scintillement liquide et impressionniste (sur instruments d’Ă©poque donc) : avec La Mer de Claude Debussy ; le PoĂšme de l’amour et de la mer de Chausson dont la force poĂ©tique captive comme un parfum vĂ©nĂ©neux ; mais aussi le rare Hymne Ă  la justice de Magnard. Avec GaĂ«lle Arquez, mezzo-soprano (que l’on retrouve dans Les Nuits d’Ă©tĂ© de Berlioz, le 8 mars 2015).

 

 

Jeudi 11 février 2016, 20h30
Théùtre musical. Faust in the box
Ars Nova ensemble instrumental, le collectif crĂ©Ă© et dirigĂ© par Philippe Nahon porte l’intensitĂ© fantastique, dramatique d’un spectacle inĂ©dit (crĂ©ation) qui revisite le mythe de Faust ; qui est Faust? C’est un professeur dĂ©senchantĂ© qui accepte de servir le Diable pour obtenir tout ce qu’il veut : vendre son Ăąme au diable n’est pas un geste insignifiant et le spectacle conçu et mis en scĂšne par Andrea Liberovici s’intĂ©resse Ă  la quĂȘte du philosophe, sa course Ă  l’abĂźme qui est en fait sa quĂȘte de lui-mĂȘme. La chanteuse Helga Davis (qui a participĂ© Ă  la rĂ©cente recrĂ©ation d’Einstein on the beach de Glass / Wilson) incarne Ă  Poitiers un Faust, hĂ©ros universel, mi homme mi femme qui traversant plusieurs scĂšnes comme autant d’illusions troublantes (thĂ©Ăątre d’ombres en vidĂ©o), indique ici la voie/voix intĂ©rieure profonde, dĂ©chirante et impuissante d’un solitaire dĂ©sƓuvrĂ© en recherche de sa propre identitĂ©.

 

 

Mercredi 17 et jeudi 18 février 2016
20h30, 19h30
OpĂ©ra. Macbeth de Brett Bailey d’aprĂšs Verdi
macbeth-verdo-opera-tap-poitiersAprĂšs son Ă©tonnant et mĂ©morable Exhibit B prĂ©sentĂ© la saison passĂ©e au TAP, voici l’opĂ©ra Macbeth du metteur en scĂšne sud-africain Brett Bailey. Le drame shakespearien, portrait bouleversant de deux bourreaux sanguinaires, se passe ici au Congo. L’ascension au pouvoir du couple Macbeth, ivre de pouvoir, dresse la satire du nĂ©o-colonialisme. SociĂ©tĂ©s d’exploitation miniĂšres et seigneurs de guerre s’entendent pour confisquer et exploiter les ressources naturelles au mĂ©pris de la justice et de la loyautĂ©. A partir de l’opĂ©ra de Verdi, composĂ© au XIXĂš et source d’un rĂ©alisme dramatique violent et sauvage, Brett Bailey concocte un rĂ©sumĂ© flamboyant et lyrique des pulsions les plus terrifiantes de l’Ăąme humaine. Atroce et grandiose Ă  la fois. La production rĂ©unit 24 chanteurs et musiciens (No Borders Orchestra).

 

 

Mardi 8 mars 2016, 20h30
Orchestre Poitou-Charentes
Haendel, Berlioz, Schoeller, Haydn
Le chef nĂ©erlandais Arie Van Beek, grand virtuose des relectures sur instruments anciens, nous offre un programme Ă©clectique, baroque (Water music de Haendel), romantique (Les Nuits d’Ă©tĂ© avec Gaelle Arquez, mezzo soprano), contemporain (2Ăšme mouvement de Tiger, “concerto animal”), sans omettre pilier du rĂ©pertoire des orchestres classiques en formation Mannheim propre Ă  la fin du XVIIIĂš : la Symphonie n°73 La Chasse de Joseph Haydn, le pĂšre de la Symphonie viennoise y combine avec une science inĂ©galĂ©e (sauf Mozart), Ă©lĂ©gance, raffinement et humour.

Jeudi 17 mars 2016, 20h30

Joseph Haydn : Les 7 derniĂšres paroles du Christ en croix
Orchestre des Champs Elysées / Collegium Vocale Gent
Philippe Herrewghe choisit une piĂšce plus connue dans sa version pour quatuor Ă  cordes. Ici, l’orchestre et le chƓur expriment chacune des stations de la Passion du Christ : musique ardente et dramatique, intĂ©rieure et spirituelle, ciselĂ©e avec une finesse pudique et une subtilitĂ© d’intonation inouĂŻes. Haydn y affirme sa maĂźtrise de la mesure, de l’Ă©quilibre, de la profondeur. Avec point spectaculaire et final : le tremblement de terre qui conclue le cycle christique, quand expire et meurt JĂ©sus crucifiĂ©.

 

 

Lundi 4 avril 2016, 20h30
Dans le cadre du Festival de danse Á corps
Bach / Passion / Johannes
Laurent Chétouane / Solistenensemble Kaleidoskop
5 danseurs et 7 instrumentistes expriment librement la force dramatique et mystique de la Passion de Jean-SĂ©bastien Bach, la plus dramatique et la plus noire aussi, la Saint-Jean. Autant la Saint-Matthieu est humaine et tendre, fraternelle et portĂ©e par un sentiment de compassion, autant la Saint-Jean, plus resserrĂ©e, saisit par sa violence, ses Ă©clairs intĂ©rieurs, l’ĂąpretĂ© du drame qui se joue. Les interprĂštes proposent une lecture libre de la partition de Bach : non pas lecture traditionnelle mais rĂ©appropriation originale pour “y rechercher le renouveau par un ascĂ©tisme profond”. AprĂšs une vision du Sacre du Printemps marquante en 2014, le nouveau spectacle de Laurent ChĂ©touane, entre magie et libertĂ©, poĂ©sie et fausse impro, s’annonce prometteur.

 

 

Vendredi 8 avril 2016, 20h30
Danse. Tragédie par Olivier Dubois.
CrĂ©Ă© au Festival d’Avignon en 2012, la chorĂ©graphie d’Olivier Dubois emmĂšne spectateurs et danseurs entre transe et danse tribale. Au total 9 hommes et 9 femmes totalement nus, exposent leur nuditĂ© engagĂ©e dans une ronde universelle, dans une marche sublimĂ©e oĂč le corps exposĂ© affiche une humanitĂ© fiĂšre, militante, magnĂ©tique… oĂč le mouvement collectif se fait hymne et rĂ©volution. Le corps dĂ©nudĂ© veut dire la libertĂ© et la fraternitĂ©, le miracle d’ĂȘtre et d’agir ensemble…

 

 

Mardi 26 avril 2016, 20h30
Vox Luminis. Lionel Meunier
SchĂŒtz et ancĂȘtres de Bach
vox-luminis-lionel-meunier-classiquenews-582L’ensemble Vox Luminis portĂ© par l’engagement et l’Ă©nergie de son crĂ©ateur le baryton basse Lionel Meunier aborde les compositeurs qui ont fait son succĂšs et nourri sa rĂ©putation : les auteurs baroques d’un mysticisme accessible, franc et direct. Ancien Ă©lĂšve du flĂ»tiste Hugo Reyne, venu par passion et rĂ©vĂ©lation au chant en Ă©coutant / dĂ©couvrant Peter Kooy dirigĂ© par Philippe Herreweghe dans Bach justement, Lionel Meunier joue Ă  Poitiers le programme de son rĂ©cent album dĂ©diĂ© aux prĂ©-baroques germaniques, aux ancĂȘtres de Jean-SĂ©bastien : non pas ses fils de mieux en mieux connus tels Carl Philipp Emanuel, mais ses aĂźnĂ©s virtuoses dans le genre du motet. Au programme Ă©galement, la Bible musical sacrĂ©e de tout amateur du Baroque allemand : Musikalische Exequien de SchĂŒtz, cathĂ©drale chorale d’une absolue poĂ©sie, entre ferveur et mĂ©ditation collective.

 

 

Jeudi 19 mai 2016
COKTAIL avec l’Orchestre Poitou Charentes
L’enjeu est passionnant : le TAP propose au public de renverser les codes et les traditions habituelles du concert classique. Plusieurs espaces (surprenants, donc engageant un rapport public / musiciens, diffĂ©rent ; une rĂ©alitĂ© sonore inhabituelle aussi) sont investis par les orchestres et ensembles associĂ©s au TAP, en rĂ©sidence in situ, dans plusieurs performances gratuites et payantes. Pour ce rendez-vous hors normes promis Ă  ce renouveler chaque annĂ©e (pour chaque fin de saison), un orchestre en particulier est mis Ă  l’honneur : en mai 2015, il s’agit de l’Orchestre Poitou-Charentes dont les musiciens s’ils font tomber la cravate, n’oublient pas leurs instruments, invitants des solistes extĂ©rieurs pour des joutes nouvelles et stimulantes (accordĂ©on, piano, violoncelle…). Un cocktail spĂ©cialement conçu et servi pour l’occasion sera proposĂ© aux spectateurs, d’oĂč le nom de l’Ă©vĂ©nement. C’est une forme de spectacle conviviale et dĂ©complexĂ©e oĂč les musiciens entendent renouveler la relation au public. Le chef Jean-François Heisser pourrait bien jouer le maĂźtre de cĂ©rĂ©monie et Ă©grener au piano, les airs enivrants que l’on joue au bar d’un grand hĂŽtel…

 

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déroulé indicatif de la soirée COCKTAIL au TAP Poitiers :

19h15 : Concerto pour piano n°2 de Camille Saint-Saëns
TAP Auditorium
Bertrand Chamayou joue l’un des Concertos les plus passionnĂ©s de la musique romantique française (composĂ© par Saint-SaĂ«ns en 1868), vrai dĂ©fi pour le soliste, le chef et les instrumentistes de l’orchestre. Un rĂ©cent enregistrement du Concerto par le pianiste virtuose sinosuisse Louis Schwizgebel (1 cd ApartĂ©) avait particuliĂšrement convaincu rĂ©vĂ©lant la ferveur virtuose et fantaisiste, parfois dĂ©lirante de l’inspiration d’un saint-SaĂ«ns lui-mĂȘme prodige pour le clavier… Le dĂ©but du Concerto plagie Bach en une sublime phrase introductive puis sa savante et libre architecture s’inspire aussi des grands romantiques allemands (Chopin, Schumann, Liszt), Jean-François Heisser et son orchestre Poitou Charentes devraient dĂ©fendre avec autoritĂ© et expressivitĂ© ce sommet du Concerto romantique français, si rarement jouĂ©, justement en raison de ses difficultĂ©s.

21h : Quintette pour piano et vents de Mozart
TAP Auditorium

21h : Solo Vincent Peirani, accordéon
TAP Quai de livraison

21h : Duo Bertrand Chamayou, piano et François Salque, violoncelle
TAP Plateau B

21h45 : Samuel Strouk, grand invitĂ© de l’Orchestre Poitou Charentes
TAP ThĂ©Ăątre. Samuel Strouk entre jazz et World music compose spĂ©cialement une piĂšce pour l’Orchestre Poitou Charentes, sachant exploiter au mieux toutes les nuances expressives, les couleurs, les timbres des instruments. François Salque au violoncelle et Vincent Peirani Ă  l’accordĂ©on participent activement Ă  ce bain bouillonnant d’accents et de nuances, Ă©lĂ©ments d’une World Music symphonique d’un nouveau genre dont la rĂ©sonance inĂ©dite sera inaugurĂ©e au TAP pour l’Ă©vĂ©nement COCKTAIL 2016. En prĂ©lude Ă  cette crĂ©ation orchestrale, la CrĂ©ation du Monde, trĂšs jazzy de Darius Milhaud.

 

La saison musicale au TAP de Poitiers 2015 – 2016
découvrez ici tous les événements musique classique et musique contemporaine 

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EDITO (2). De la musique avant toute chose…

peace and paris jean JullienEDITO (2). DE LA MUSIQUE AVANT TOUTE CHOSE : UNE GUERRE IDEOLOGIQUE. Partout se lĂšvent des appels Ă  la rĂ©sistance. “Nous Ă©radiquerons le terrorisme” a proclamĂ© le PrĂ©sident de la RĂ©publique lundi 16 novembre devant les deux assemblĂ©es regroupĂ©e en congrĂšs Ă  Versailles. Pour nous, ce sont les appels et les rĂ©actions provenant du milieu culturel qui nous intĂ©ressent. DĂšs dimanche, la Ministre de la culture, Fleur Pellerin prĂ©cise la nature des cibles : «lieux de spectacle, de convivialitĂ© et de loisirs». Aujourd’hui, la Ministre qui avait rĂ©uni les professionnels de la Culture, confirme : « Tout sera fait pour que la musique continue de vivre dans notre pays ». TrĂšs rapidement, il sera question de rĂ©ouvrir tous les lieux de culture.

 

 

La musique contre la barbarie terroriste


Fleur Pellerin, Ă  Paris le 30 octobre 2011Souhaitons qu’avec le choc et le traumatisme qu’ont produit les attentats du 13 novembre 2015 Ă  Paris, la question de la culture et de l’éducation qui lui est indissolublement liĂ©e, soit enfin Ă©lucidĂ©e, reconnue, expliquĂ©es, mesurĂ©e, favorisĂ©es pour ce qu’elles sont. Non la culture n’est pas un divertissement superflu. Oui la culture est essentielle, oui la culture est primordiale, vitale, indispensable pour le vivre-ensemble. En s’attaquant au Bataclan, Ă  la jeunesse qui danse et qui chante, en exĂ©cutant les spectateurs d’une salle de concert, les terroristes ont souhaitĂ© tuer la culture. Or « La culture est plus que jamais ce lieu symbolique de dĂ©couverte de soi et des autres, de rassemblement, d’échange
 (
) Ensemble, au nom des valeurs d’ouverture et de libertĂ© que portent la Culture et notre ministĂšre, nous rĂ©sisterons », souligne Fleur Pellerin.

de-villepin dominique de villepinLa pensĂ©e et la culture aussi puissants que l’arme militaire. Dans une analyse lucide sur le traitement militaire contre le terrorisme, Dominique de Villepin sur France 2 en septembre 2014 nuançait l’efficacitĂ© des frappes militaires et la guerre contre les terroristes sur le long terme : “ la guerre contre le terrorisme ne peut pas ĂȘtre gagnĂ©e : c’est mĂȘme un Ă©chec annoncĂ© “. La guerre est idĂ©ologique et la pensĂ©e, la force de l’esprit et la culture portant une vision politique qui va au-delĂ  de l’arme militaire sont les armes les plus efficaces. La rĂ©ponse militaire apporte le chaos : Daech a Ă©tĂ© enfantĂ© par les guerres contre les terroristes. ” Nous alimentons un processus de destruction et de haine “. C’est un cercle vicieux (VOIR l’analyse de Dominique de Villepin sur les dangers de la surenchĂšre militaire contre les terroristes sur Dailymotion - vue par plus de 1 300 000 de personnes). “La haine entraĂźne la haine, la guerre entraĂźne la guerre” conclue l’homme politique. Mais alors oĂč trouver les voies d’une solution ? La culture et la pensĂ©e critique et bien sĂ»r l’Ă©ducation que la culture suscite, peuvent apporter leurs bĂ©nĂ©fices dans ce sens : le vivre ensemble, le goĂ»t des autres, l’esprit de fraternitĂ© s’apprennent par l’Ă©ducation dĂšs l’enfance. Pourquoi certains jeunes se radicalisent ? Pourquoi ne croient-ils pas dans le modĂšle rĂ©publicain et dĂ©mocratique ?

TĂ©moignage de L’ARPEGGIATA / Christina Pluhar. Un autre tĂ©moignage nous touche
 infiniment. D’autant plus que l’équipe du studio CLASSIQUENEWS devait filmer l’évĂ©nement ces 14 et 15 novembre derniers Ă  Paris. L’ensemble de musique ancienne L’ARPEGGIATA crĂ©Ă© par Christina Pluhar en 2000 devait fĂȘter ses 15 ans lors d’un festival exceptionnel salle Gaveau Ă  Paris. Jouer le programme de son dernier disque dĂ©diĂ© aux opĂ©ras du VĂ©nitien Francesco Cavalli (L’Amor innamorato, CLIC de classiquenews d’octobre 2015), trois autres concerts devaient suivre dont un programme Purcell, un concert surprise avec tous les partenaires familiers de L’ARPEGGIATA, puis un programme libre associant musique baroque et jazz
 selon la subtile combinaison dont L’ARPEGGIATA a le secret.

ARPEGGIATA christina Pluhar musique arme contre le terrorismeRĂ©pondant Ă  l’ordre de la PrĂ©fecture de Police de Paris et dans le cadre de l’état d’urgence dĂ©crĂ©tĂ© par le PrĂ©sident de la RĂ©publique dĂšs vendredi soir, les deux journĂ©es de cĂ©lĂ©bration ont Ă©tĂ© annulĂ©es pour la sĂ©curitĂ© des personnes. Souhaitons que le report des 4 concerts initialement programmĂ©s se rĂ©alise bientĂŽt. Evidemment classiquenews sera aux cĂŽtĂ©s des artistes pour en immortaliser le geste artistique, comme c’était prĂ©vu.  Christina Pluhar prĂ©cise dans un communiquĂ© publiĂ© par son label de disque Erato : “Music is our weapon to combat the terror which overwhelms us » /  « La musique est notre arme pour combattre la terreur qui nous Ă©crase ».

Souhaitons que les salles de spectacle puissent bientÎt réouvrir et que la culture vivante reprenne sa vocation : favoriser le vivre ensemble, cultiver la sensibilité, favoriser la pensée, célébrer le partage et la fraternité. Résistons tous et chacun. La Culture et la musique contre la barbarie du terrorisme.

 

Illustrations : Fleur Pellerin, Christina Pluhar (DR)

EDITO (1). La culture française debout contre le terrorisme

PARIS prayer for PAris PEACE FOR PARIS france paris attaques terroristes 13 novembreEDITO (1). Le jour d’aprĂšs. La sociĂ©tĂ© française et ses valeurs de solidaritĂ© et de fraternitĂ© ne seront plus jamais les mĂȘmes aprĂšs les attentats de Paris survenus ce 13 novembre 2015. Notre « 11 septembre » Ă  nous. DĂ©jĂ  plusieurs directeurs de salles de concerts parisiennes se sont exprimĂ©s, (StĂ©phane Lissner, Laurent Bayle, Jean-Luc Choplin, respectivement directeurs de l’OpĂ©ra national de Paris, de la Philharmonie, du ChĂątelet) dans un article paru dans le Figaro le 14 novembre 2015 (« le monde du classique rĂ©agit aux attentats »). RĂ©tablir la sĂ©curitĂ© dans les thĂ©Ăątres, sanctuariser les lieux de culture pour que le public y vienne et y revienne en toute confiance, c’est Ă  dire cultiver et maintenir la vigilance, rĂ©organiser l’accĂšs aux salles
 sont leurs prioritĂ©s. Il est fondamental que la culture sous toute ses formes et la libertĂ© de la vivre et de la partager puissent s’exercer encore et toujours, librement. AprĂšs le temps du deuil et en conformitĂ© avec l’état d’urgence dĂ©crĂ©tĂ©, nous devons reprendre rapidement le chemin des thĂ©Ăątres et des salles de spectacle. C’est un acte de rĂ©sistance contre l’obscurantisme et le fanatisme.

ConcrÚtement, au regard des cibles précises visées par les terroristes vendredi 13 novembre, ce sont plusieurs éléments qui ont été ciblés avec la ferme intention de les anéantir :

1) aller au spectacle
2) rompre le lien entre les artistes et le public 
3) ĂȘtre tout simplement ensemble et partager nos goĂ»ts, notre joie, notre libertĂ©, notre tolĂ©rance, notre art de vivre Ă  la française

 

Des actions pĂ©dagogiques pour le vivre-ensemble. Le vivre ensemble est notre bien le plus prĂ©cieux, mais il s’apprend dĂšs le plus jeune Ăąge : il faut renforcer les programmes Ă©ducatifs Ă  l’attention des plus jeunes afin de diffuser les valeurs morales, philosophiques, sociĂ©tales transmises depuis la RĂ©volution et vĂ©hiculĂ©s par l’Esprit des LumiĂšres : libertĂ©, Ă©galitĂ©, fraternitĂ© ;  jamais les mots de la RĂ©publique n’ont autant comptĂ©. Cette Ă©quation tripartite dĂ©tient le secret de notre dĂ©mocratie : relisons-la, faisons-la notre. Ces mots sont notre trĂ©sor pour citoyens français. A nous, Ă  chacun de se les rĂ©approprier. De les appliquer et de les vivre au quotidien.



RESISTONS !

peace and paris jean JullienC’est la culture et le formidable vivier d’idĂ©es et d’enseignements qui ont Ă©tĂ© visĂ©s. DĂ©jĂ  par les attentats de janvier 2015, en souhaitant tuer l’esprit de Charlie, les terroristes avaient visĂ© la libertĂ© d’expression, l’insolence du crayon, la force critique, la verve parodique de la caricature. Aujourd’hui, c’est la culture et le spectacle vivant qui sont menacĂ©s directement. Aller au spectacle, c’est redĂ©couvrir le monde, mieux le comprendre ; le vivre et le revivre ensemble, -de façon festive ou critique-, dans une salle de spectacle, aux cĂŽtĂ©s de gens diffĂ©rents, libres, curieux.

La vitalitĂ© et la diversitĂ© de la sociĂ©tĂ© civile s’exprime sur la scĂšne et dans la salle de nos thĂ©Ăątres, dans les concerts, les festivals, Ă  l’opĂ©ra… La voix des artistes, le chant des musiciens, l’écriture des compositeurs disent l’élan, l’éveil, la conscience, la libertĂ©, la richesse vitale et salvatrice de notre sociĂ©tĂ©. Vouloir les museler, nous empĂȘcher de les retrouver, c’est vouloir nous tuer. Sachons dĂšs aujourd’hui rĂ©sister.

Souhaitons que bientÎt nos salles de spectacles réouvrent en sécurité.

 

 

La culture doit rester debout.
Affirmons-la, pratiquons-la, haut et fort,
contre le terrorisme et la barbarie

.

 

Nos pensées vont à toutes les victimes des attentats du 13 novembre dernier, à celles et ceux qui luttent encore entre la vie et la mort.

La RĂ©daction de CLASSIQUENEWS

 

Le monde d'aprĂšs... Debout, la culture contre la barbarie

 

 

 

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Le logo PEACE for PARIS est une création du designer français Jean Jullien

 

 

 

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PEOPLE, MONACO. Nathalie Stutzmann reçoit la mĂ©daille de l’ordre du mĂ©rite culturel.

PEOPLE, MONACO. Nathalie Stutzmann reçoit la mĂ©daille de l’ordre du mĂ©rite culturel. Monaco. Mercredi 11 novembre 2015, S.A.R. la Princesse Caroline de Hanovre a remis la mĂ©daille de l’Ordre du MĂ©rite Culturel Ă  la contre-alto et Chef d’orchestre française Nathalie Stutzmann dans la loge PrinciĂšre de la Salle Garnier Ă  l’issue de la prĂ©sentation du programme de son enregistrement “Heroes from the Shadows” soutenu par l’OpĂ©ra de Monte-Carlo. Diseuse engagĂ©e (lieder de Schubert), cantatrice marquante chez Bach ou Haendel, Nathalie Stutzmann a rĂ©cemment fondĂ© son propre ensemble sur instruments d’époque (ORFEO 55) se consacrant Ă  Vivaldi et les Baroques italiens comme chanteuse soliste et comme chef d’orchestre. RĂ©cemment, Nathalie Stutzmann a dirigĂ© l’Orchestre de chambre de Paris qu’elle a pilotĂ© dans un programme Mozart (Concerto pour clarinette, Symphonie Haffner et Jupiter, mai 2015)
 VOIR notre entretien vidĂ©o avec Nathalie Stutzmann © studio CLASSIQUENEWS.TV)

 

 

 

nathalie-stutzmann-medaille-monte-carlo-princesse-caroline-de-monaco-novembre-2015-Photo-S.A.R.-la-Princesse-de-Hanovre-et-Nathalie-Stutzmann-et--- copyright G.Luci--Palais-princier-de-Monaco

 

 

 

ORDRE du MERITE CULTUREL : instituĂ© par S.A.S. le Prince Rainier III par Ordonnance Souveraine n° 689 bis du 31 dĂ©cembre 1952.  Cet Ordre est destinĂ© Ă  distinguer et rĂ©compenser les personnes qui ont participĂ©, par leurs Ɠuvres ou leur enseignement, au dĂ©veloppement des arts, lettres et sciences Ă  Monaco ou qui ont contribuĂ© au rayonnement culturel de la PrincipautĂ©.

 
 

 
 

stutzmann nathalie schubert lieder IMG_0389-Nathalie-RT-Warmer_(c)_Simon_Fowler-480VOIR notre entretien vidĂ©o avec Nathalie Stitzmann, chef d’orchestre : jouer Mozart. La contralto Nathalie Stutzmann ne chante pas mais dirige son premier concert Ă  la tĂȘte de l’Orchestre de chambre de Paris. Artiste invitĂ©e de la phalange parisienne, la cantatrice chef s’engage pour Mozart et offre une soirĂ©e “Promenades Ă  Salzbourg“. En 1782, le compositeur qui a quittĂ© Salzbourg pour Vienne reçoit la commande d’une nouvelle symphonie,…

 
 

 

CD. VIVALDI : PRIMA DONNA. On s’incline face Ă  une telle rĂ©ussite, vocale et musicale. Pour ceux qui comme nous, avaient assistĂ© au concert inaugural d’Orfeo 55 et de Nathalie Stutzmann (festival de SablĂ© 2010), le disque confirme l’intelligence et le brio de l’approche de la contralto et chef, double casquette, double rĂ©ussite! Ce nouveau disque vivaldien n’est pas sans nous rappeler un certain opus cĂ©lĂ©brĂ© en son temps et tout aussi cohĂ©rent, signĂ© par Cecilia Bartoli. Et si Vivaldi inspirait les interprĂštes les plus exigeantes? LIRE notre critique complĂšte du cd de Nathalie Stutzmann avec ORFEO 55 : Vivaldi / Prima Donna (1 cd deutsche Grammophon), avril 2011.

 

 

Paris, salle Cortot. Annulation du Concert Frédéric Chopin par Elizabeth Sombart

resonnance elizabeth sombart concert frederic Chopin novembre 2015Paris, Salle Cortot. Ce jour, dimanche 15 novembre, annulation du programme initialement prévu à 17h de la pianiste Elizabeth Sombart qui devait jouer  les deux Concertos pour piano de Frédéric Chopin avec les instrumentistes du Quatuor Résonnance. Dans un communiqué diffusé par la Fondation Résonnance, un prochain concert sera programmé au printemps 2016 en hommage aux victimes des attentats survenus à Paris vendredi 13 novembre dernier.

Nos pensées vont aux victimes des attentats, à leurs familles, à tous ceux qui souffrent et luttent encore entre la vie et la mort. La Rédaction de CLASSIQUENEWS.

 

LIRE notre présentation complÚte du concert Chopin par Elizabeth Sombart, salle Cortot

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Les concerts du Festival des 15 ans de L’Arpeggiata sont reportĂ©s

pluhar PLUHAR CHRISTINA arpeggiata festival 2015 CLASSIQUENEWSPARIS, salle Gaveau, Festival les 15 ans de L’ARPEGGIATA / Christina Pluhar. Comme le prĂ©cise le site de la salle Gaveau, en raison des attentats survenus Ă  Paris hier soir, le Festival L’Arpeggiata, programmé les samedi 14 et dimanche 15 novembre 2015, est reportĂ©. Nos pensĂ©es vont aux victimes des attentats.

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LIRE notre prĂ©sentation complĂšte du festival L’ARPEGGIATA des 14 et 15 novembre 2015 

Le pianiste Seong-Jin Cho au micro du club Deutsche Grammophon

cho piano concours chopin varsovie 2015 premier prix classiquenewsclub-deutsche-grammophon-club-logoPODCAST. LaurĂ©at du 17Ăšme Concours Chopin de Varsovie, Seong-Jin Cho s’exprime au micro du Club Deutsche Grammophon. RĂ©sident Ă  Paris depuis 2013, le jeune pianiste corĂ©en Seong-Jin Cho (21 ans) se dĂ©voile au micro du Club Deutsche Grammophon (Edouard Brane, intervieweur). Dans un français plus que correct, Seong-Jin Cho Ă©voque les instants vĂ©cus lors de sa victoire Ă  Varsovie pour le Concours Chopin, son stress pendant les Ă©preuves, son soulagement lorsqu’elles se sont achevĂ©es, sa surprise quand il a reçu le premier prix.

seong_jin_cho_chopin_17_concours_piano_varsovie_meaRĂ©servĂ©, pudique, le jeune corĂ©en prĂ©cise ses interprĂštes de prĂ©dilection dont Radu Lupu, Chrisztian Zimmerman, Martha Argerich (prĂ©sente au Jury du Concours Chopin 2015). L’interprĂšte avoue ses affinitĂ©s avec Mozart, les Français dont Ravel mais aussi Prokofiev
 prochains sujets de ses disques Ă  venir ? Le premier album dĂ©diĂ© Ă  FrĂ©dĂ©ric Chopin (dans le prolongement de son prix obtenu Ă  Varsovie) paraĂźtra chez Deutsche Grammophon en dĂ©cembre 2015.

ECOUTER le PODCAST avec Seong-Jin CHO (durée : 7mn52)

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LIRE aussi notre prĂ©cĂ©dente dĂ©pĂȘche publiĂ©e lors de la Remise du Premier Prix du Concours FrĂ©dĂ©ric Chopin de Varsovie 2015 Ă  Seong-Jin Cho.

Berg : Lulu en direct du Metropolitan Opera.

Berg-Alban-06Berg : Lulu en direct du Metropolitan Opera. Nouvelle Lullu du Met, samedi 21 octobre 2016, 18h30. Nouvel Ă©vĂ©nement lyrique planĂ©taire, la nouvelle Lulu new yorkaise s’annonce prometteuse… en grand Ă©cran, dans les salles de cinĂ©ma et en direct. Le Metropolitan Opera de New York diffuse en direct dans le cinĂ©ma sa nouvelle production de l’opĂ©ra Lulu d’Alban Berg. Le sud-africain  William Kentridge en signe la mise en scĂšne. Le spectacle est retransmis  en direct au cinĂ©ma par satellite, en HD et son 5.1, le  samedi 21 novembre 2015 Ă  18h30 dans les salles de cinĂ©mas partenaires de la diffusion en France : les cinĂ©mas Gaumont PathĂ©, Kinepolis, CinĂ©ville, Cap CinĂ©ma, Cinemovida, CinĂ© Alpes et des dizaines de cinĂ©mas indĂ©pendants (Liste des cinĂ©mas participants sur www.pathelive.com).

lulu-metropolitan-opera-direct-cinemaUltime incarnation pour une Lulu anthologique
 La  soprano allemande presque quinqua Marlis Petersen (nĂ©e en 1968) qui chante le personnage et en exprime toutes les facettes dĂ©concertantes depuis 18 annĂ©es, incarne le rĂŽle-titre. Celle qui a participĂ© depuis sa prise de rĂŽle, Ă  plus de dix productions diffĂ©rentes de Lulu, devrait caractĂ©riser avec prĂ©cision et subtilitĂ© chaque sĂ©quence de la vie de Lulu, femme fatale, fille immature, monstre inconscient, ingĂ©nue sublime et terrifiante, entre haine et fascination, l’image de la femme provocante innocente reste un dĂ©fi vertigineux pour toute interprĂšte et dans la carriĂšre d’une soprano, surtout de langue allemande, un accomplissement dĂ©cisif. Face Ă  la camĂ©ra, et en plans serrĂ©s, la soprano incarnera sa derniĂšre Lulu. William Kentridge applique son systĂšme graphique en noir et blanc sur la scĂšne, les dĂ©cors, jusqu’aux costumes des chanteurs. Le noir de l’encre qu’il utilise et compose le centre de son travail, rappelle Ă©videmment le sang des sacrifiĂ©s qui jalonnent la vie de Lulu. Kentridge annonce un esthĂ©tisme glaçant Ă  la Hitchcock, rĂ©fĂ©rence claire aux films noirs amĂ©ricains. Ici l’homme (la femme en particulier) est une saloperie dĂ©licieuse
 qui exploite et consomme sans scrupule ni morale jusqu’à la mort. Lulu, une bĂȘte humaine dĂ©shumanisĂ©e ? Le comble de l’horreur ? La musique elle, atonale, exprime cette dĂ©sintĂ©gration profonde, fait entendre le bruit interne d’une implosion intĂ©rieure…

 

Approfondir Alban Berg et Lulu

Livres. Alban Berg et Hanna Fuchs : Suite lyrique pour deux amants. Par Constantin Floros (Actes Sud).

DVD. Berg : Lulu. Barbara Hannigan (La Monnaie, Bruxelles, 2012). On attendait encore une mise en scÚne décalée, déjantée du perturbateur et souvent rien que provocateur Krzysztof Warlikowski : de facto sa Lulu dont il fait une frustrée de la danse classique, est prévisible et guÚre réellement mordante : certes noire et sombre mais pas fulgurante.

DVD, critique. Alban Berg : Lulu. Mojca Erdmann (Barenboim, 2012, 1 dvd Deutsche Grammophon). Berlin, avril 2012 : au thĂ©Ăątre Unter den Linden, Barenboim dirige Wozzek puis Lulu, ici dans la version non de Friedrich Cerha, mais celle, s’agissant du III, de D R Coleman. A partir des fragments laissĂ©s par Berg en 1935, le musicologue a reconcentrĂ© les sections parvenues, dĂ©cousu l’ordre de Cerha (plus de prologue ni de scĂšne parisienne habituelles dans le III) mais une formule resserrĂ©e, dense, prĂ©cipitant la mort de Lulu (en coulisses), afin de « prĂ©server l’effet de symĂ©trie » souhaitĂ© par Berg dans l’architecture globale de son second opĂ©ra. Andrea Breth peine Ă  rĂ©vĂ©ler une vision cohĂ©rente et prĂ©cise d’un drame scĂ©nique qui Ă©blouit par son Ă©trangetĂ© pourtant. Il y a de la confusion dans ce dispositif quoique la tension reste palpable.

 

 

 

 

 

Lulu de Berg au Metropolitan Opera de New York
Samedi 21 novembre 2015 Ă  18h30

Opéra en un prologue 3 actes.
Durée : 4h16

Compositeur : Alban Berg
Mise en scĂšne : Willam Kentridge

Direction musicale : Lothar Koenigs
En allemand sous-titré français

Avec Marlis Petersen (Lulu), Susan Graham (Geschwitz), Daniel Alwa (Alwa), Johan Reuter (Dr. Schön/Jack l’Eventreur).

Dans un Paris art dĂ©co, Lulu est une femme fatale Ă  qui personne ne rĂ©siste. Admirateurs, maris ou amants, ses charmes inĂ©luctables mĂšnent ses conquĂȘtes sur un chemin oĂč l’amour, l’obsession et la mort fusionnent
 PhĂ©nix terrifiant qui renaĂźt aprĂšs chaque catastrophe, Lulu rencontre finalement en un face Ă  face ultime – comme Carmen face Ă  JosĂ© lors de leurs retrouvailles fatales-, son bourreau : Jack l’éventreur.

 

 

 

INFORMATIONS PRATIQUES

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6 prochains rvs lyriques en direct du Metropolitan Opera :

 

 

Samedi 16 janvier 2016, 18h55
nouvelle production
BIZET : LES PÊCHEURS DE PERLES
Gianandrea Noseda, direction
Penny Woolcock, mise en scĂšne
Avec Diana Damrau, Matthew Polenzani, Mariusz Kwiecien

 

 

 

 

Nina Stemme chante deux personnages Ă©blouissants :

TURANDOT de Puccini : samedi 30 janvier 2016, 18h55

ELEKTRA de Richard Strauss (nouvelle production) : samedi 30 avril 2016, 18h55 avec à ses cÎtés : Adrianne Pieczonka (Chrysotemis), Waltraud Meier (Clytemnestre)

 

 

 

 

Puis, Kristine Opolais incarne deux héroïnes de Puccini :

Manon Lescaut : samedi 5 mars 2016, 18h55, avec le Des Grieux de Joans Kaufmann

Madame Butterfly : samedi 2 avril 2016, 18h55, avec le Pimkerton de Roberto Alagna

 

 

 

 

Ne manquez pas non plus :

Sondra Radvanovsky, Elina Garanca chantent la nouvelle production lyrique de l’opĂ©ra Roberto Devereux de Donizetti : samedi 16 avril 2016, 18h55 (nouvelle production).

 

 

GenĂšve, ONU. Daniel Barenboim, un chef pour la paix entre les peuples

Daniel Barenboim et le WEDO Ă  GenĂšve. Le classique pour la paix entre les peuples et l’accueil mondial des migrants syriens. Ambassadeur engagĂ© pour la paix entre les peuples, le chef Ă  la triple nationalitĂ© – argentine – israĂ©lienne – palestinienne (ce qui lui a valu rĂ©cemment d’ĂȘtre persona non grata en Iran, lire dĂ©pĂȘche de cet Ă©tĂ© 2015), DANIEL BARENBOIM, fondateur de l’orchestre composĂ© de jeunes musiciens israĂ©liens et palestiniens West eatern Diwan Orchestra (WEDEO), a dĂ©clarĂ© solennellement samedi 31 octobre 2015, qu’il fallait accueillir les rĂ©fugiĂ©s syriens, partout dans le monde.

 

 

 

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Fondateur du WEDO, Daniel Barenboim milite pour la pacification par la culture

Un chef, un orchestre pour la paix des peuples

Lors d’une confĂ©rence de presse, avant de donner un concert pour l’entente des civilisations et des droits de l’homme Ă  L’oNU Ă  GenĂšve en prĂ©sence de Ban Ki-Moon, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies , Daniel Barenboim a prĂ©cisĂ© que l’Europe ne pouvait pas accueillir tous les rĂ©fugiĂ©s syriens :  ” le reste du monde doit participer, notamment le monde arabe ». Le maestro lui-mĂȘme a rappelĂ© l’histoire de sa famille venue de Russie Ă  la fin du XIXĂš, s’installant en Argentine pour fuir les progroms.  “Dans mon pays, l’Argentine, il y a 3 communautĂ©s de Syriens, une musulmane, une chrĂ©tienne et une juive, chacune d’elle serait heureuse d’accueillir des rĂ©fugiĂ©s“, a-t-il ajoutĂ©.

A propos des conflits civils en Israel, Daniel Barenboim confirme ses propos prĂ©cĂ©dents : il n’y a pas de solution militaire aux conflits. Tant que Palestiniens et IsraĂ©liens ne se reconnaitront pas ensemble (reconnaĂźtre et connaĂźtre l’autre, telle est la clĂ© de tout processus d’apaisement et de paix), il n’y aura pas de rĂ©solution paisible : leur destin est liĂ© indissolublement. Pas de paix sans l’apaisement des deux cĂŽtĂ©s; depuis la crĂ©ation de son orchestre West-Eastern Diwan Orchestra en 1999, Daniel Barenboim ne cesse de montrer la nĂ©cessitĂ© de travailler et ici de crĂ©er et de jouer ensemble. Le chef milite activement et rĂ©guliĂšrement pour la pacification du conflit israĂ©lo palestinien.
L’escalade actuelle fait craindre le pire : «  le conflit n’a que trop durĂ©, et il est temps que l’ONU fasse pression pour rĂ©soudre le conflit ».

Samedi 31 octobre Ă  GenĂšve, Daniel Barenboim a jouĂ© Mozart avec son orchestre : le West-Eastern Diwan Orchestra WEDO : au programme, trois symphonies composĂ©es par le gĂ©nie viennois KV 543, KV 550 et la fameuse et ultime partition symphonique de Mozart, la fameuse n°41 dite « Jupiter », manifeste lumineux portant l’espĂ©rance fruit de l’esprit des LumiĂšres.

 

 

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Le concert sera diffusĂ© le 10 dĂ©cembre 2015 en EUROVISION, Ă  l’occasion de la JournĂ©e internationale des droits de l’homme.

Daniel BarenboĂŻm et son orchestre WEDO  participeront au Concert pour la paix et les droits de l’homme des Nations unies Ă  GenĂšveen 2016, 2017, 2018 et 2019. Le concert a lieu dans la salle des droits de l’homme de l’ONU dont la coupole est une crĂ©ation poĂ©tique de l’espagnole Miquel Barcelo. Depuis 2014, la coupole aux reflets bleutĂ©s cĂ©lĂšbre chaque annĂ©e la JournĂ©e internationale des droits de l’homme.
Visitez le site de L’ONU à Genùve

Vistez le site de l’orchestre WEDO crĂ©Ă© par Daniel Barenboim

 

 

 

fayard daniel barenboim la musique est un toutLivres. Daniel Barenboim : La musique est un tout
 VoilĂ  un opuscule que beaucoup d’artistes devraient mĂ©diter, assimiler, rĂ©guliĂšrement consulter et interroger : leur place dans la sociĂ©tĂ©, la relation salvatrice de l’art et de l’engagement philosophique, sociĂ©tal Ă  dĂ©faut d’ĂȘtre politique, y gagnent un manifeste qui vaut tĂ©moignage exemplaire. Il n’est pas d’équivalent en France Ă  la personnalitĂ© transnationale du chef charismatique Daniel Barenboim aujourd’hui : une telle hauteur de vue, une telle pensĂ©e musicale et artistique se font rare et qui dans sa suite dĂ©fendront les mĂȘmes valeurs ? Humaniste engagĂ©, en particulier au service de la rĂ©conciliation des peuples au Moyen Orient, Daniel Barenboim qui a la double nationalitĂ© (palestinienne et israĂ©lienne) s’exprime ici en textes choisis, dĂ©jĂ  connus et publiĂ©s, mais rassemblĂ©s avec quelques autres plus rĂ©cents (premier chapitre ” Ă©thique et esthĂ©tique ” oĂč l’acte musical est dĂ©sormais investi d’une exigence morale). Le chef argumente sa vision de la musique, une chance pour l’humanitĂ© de sauver son destin trop marquĂ© par la guerre, la destruction, l’incommunicabilitĂ©. En homme de paix qui a cĂŽtoyĂ© les plus grands politiques, Daniel Barenboim prĂ©cise aussi ici une maniĂšre d’idĂ©al de vie, une formule personnelle qui s’appuyant sur l’expĂ©rience et les rencontres, brosse le  (l’auto)portait d’un homme de bonne volontĂ©, prĂ©occupĂ© par le sens de l’histoire et de la sociĂ©tĂ©, l’avenir des peuples pour lesquels l’offrande musicale pourrait s’avĂ©rer salutaire. Une forme de vivre ensemble, de penser autrement le monde qui suscite Ă©videmment l’admiration. LIRE notre critique complĂšte de La musique est un tout par Daniel Barenboim (Fayard)

 

 

Entretien avec le chef Benjamin Lévy, fondateur de Pelléas

benjamin levy orchestre pelles concert 582Entretien avec Benjamin LĂ©vy, Ă  propos de la tournĂ©e du programme Beethoven qui cĂ©lĂšbre aussi les 10 ans de l’orchestre PellĂ©as,
 Heureux et dynamique fondateur de l’Orchestre sur instruments modernes, PellĂ©as (en 2004), le jeune maestro Benjamin LĂ©vy s’intĂ©resse aux Ɠuvres romantiques et modernes avec un rare souci du dĂ©tail et de l’architecture poĂ©tique des partitions. Le geste est prĂ©cis, l’intention expressive trĂšs investie. A l’occasion de sa prochaine tournĂ©e, dĂ©diĂ©e Ă  Beethoven, qui reprend partie de leur dernier disque PromethĂ©e et Concerto pour violon, le chef qui fĂȘte aussi les 10 ans de son ensemble, rĂ©pond aux 3 questions de CLASSIQUENEWS.

Qu’apporte pour vous l’orchestre PellĂ©as dans l’interprĂ©tation des oeuvres choisies ?

Cet orchestre est un vĂ©ritable « jardin d’éden » !  La confiance, l’estime et l’amitiĂ© que se portent les musiciens entre eux, en plus de crĂ©er une atmosphĂšre de travail unique, permettent d’aller chercher ensemble l’essence des oeuvres. Nul besoin de convaincre, de se sĂ©duire, de flatter : nous parlons dĂ©jĂ , les musiciens, le soliste Lorenzo Gatto et moi-mĂȘme, la mĂȘme langue. DĂšs lors, nous pouvons explorer des modes de jeu propres aux instruments d’époque, tenter de retrouver la fougue, la mĂ©lancolie, l’énergie de ces partitions en sachant que les musiciens feront don de leurs qualitĂ©s individuelles au service du compositeur et de ces oeuvres incroyables.

Pourquoi avoir choisi Prométhée de Beethoven ?

C’est une oeuvre que l’on entend pas assez Ă  mon goĂ»t. C’est vrai qu’elle est difficile Ă  reprĂ©senter : l’adĂ©quation de la musique Ă  la danse (c’est le seul ballet de Beethoven) a dĂ» ĂȘtre problĂ©matique (on n’a jamais commandĂ© Ă  nouveau de ballet Ă  Beethoven !). Cependant, quand (et c’est ce que je fais) on explique au public ce dont parle cette oeuvre extrĂȘmement narrative, le plaisir de l’écoute est trĂšs grand. C’est un vĂ©ritable petit opĂ©ra, d’une grande force dramatique.

On sent, en outre, dans cette piĂšce composĂ©e juste aprĂšs la 1Ăšre symphonie, en germe, beaucoup d’élĂ©ments du langage de Beethoven que l’on retrouvera plus tard. Le mouvement intitulĂ© « Pastorale » annonce la Symphonie n°6 du mĂȘme nom, le thĂšme du « Final » est celui-lĂ  mĂȘme qui figure dans sa 3Ăšme Symphonie


Si Beethoven n’était sans doute pas un compositeur « conventionnel » de ballet, ces « CrĂ©atures de PromĂ©thĂ©e » n’en sont pas moins une oeuvre trĂšs attachante, trĂšs agrĂ©able Ă  jouer et Ă  entendre, livrant des couleurs trĂšs contrastĂ©es : les mouvements joyeux voire nerveux, alternent avec une grande sĂ©rĂ©nitĂ© et avec la plus triste des tendresses.

En quoi cette oeuvre met-elle en avant les qualitĂ©s de l’Orchestre PellĂ©as ? En quoi vous permet-elle de vous perfectionner ?

C’est une piĂšce qui est construite autour de solos pour des danseurs, elle demande donc d’ĂȘtre convaincante dans « l’incarnation » des personnages que la musique est censĂ©e dĂ©peindre. Comme cet Orchestre est une vĂ©ritable « Porsche », nous pouvons exprimer les diffĂ©rents caractĂšres des numĂ©ros dansĂ©s avec beaucoup de contrastes. C’est vraiment rĂ©jouissant pour un chef d’orchestre de pouvoir faire de la musique avec un ensemble oĂč il n’y a qu’à tourner la clĂ© de contact !

Propos recueillis par CLASSIQUENEWS, en octobre 2015.

Tombooks : chanter chez soi Carmen avec le chƓur et l’orchestre

carmen-tombooks-partition-interactive-pour-chant-carmen-bizet-partition-pour-chantL’Ă©diteur Tombooks invente la partition interactive pour la voix. Chantez chez vous, La Habanera de Carmen avec l’orchestre et le choeur. Sing Bizet – Habanera, Carmen (partition interactive de chant). L’éditeur Tombooks inaugure sa collection de partitions interactives pour chant en Ă©ditant la cĂ©lĂšbre Habanera de l’opĂ©ra de Georges Bizet (1875) : Carmen. Chantez ainsi dans votre salon l’air le plus fameux de l’ouvrage de Bizert, avec l’orchestre et le choeur.

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Chantez la Habanera de Carmen avec l'orchestre et le chƓur !

Chantez la Habanera de Carmen avec l’orchestre et le chƓur !

Compte rendu, oratorio. Paris, TCE, le 10 octobre 2015. Haendel : Theodora. Katherine Watson, D’Oustrac, Thorpe… William Christie, direction

Compte rendu, oratorio. Paris, TCE, le 10 octobre 2015. Haendel : Theodora. Katherine Watson, D’Oustrac, Thorpe… William Christie, direction. Grand retour de Theodora, l’oratorio du silence et de la lenteur, au TCE Ă  Paris, sublimĂ© par le geste concentrĂ©, noble et introspectif de William Christie Ă  la tĂȘte de ses troupes des Arts Florissants. C’est un comble mĂ©ritant en effet que l’oratorio, forme abstraite et spirituelle, de surcroĂźt celui qui est le plus allĂ©gorique, ne nĂ©cessitant doncpas de mise en scĂšne, soit ici scĂ©nographie : pas facile de rendre dramatique, une partition qui l’est dĂ©jĂ  par la seule musique, ses contrastes et Ă©pisodes enchaĂźnĂ©s. Hymne fraternel pour la tolĂ©rance, contre l’oppression sous toute ses formes, Theodora malgrĂ© son sujet chrĂ©tien est une fresque saisissante qui dĂ©passe l’anecdote pour atteindre Ă  l’universel. C’est toute la comprĂ©hension profonde et subtilement intĂ©rieure qu’apporte William Christie dont on ne cessera jamais de remarquer cet Ă©quilibre souverainentre l’élĂ©gance de la forme et la profondeur de chaque inflexion. Ce poli formel, cette perfection de l’intonation dont de ses Haendel, des rĂ©fĂ©rences absolues (ses rĂ©cents enregistrements d’un autre oratorio Belshaazar, qui inaugurait son propre label, puis Musiques pour les FunĂ©railles de la Reine Caroline ont confirmĂ© une affinitĂ© viscĂ©rale entre le chef et le compositeur saxon. Les 2 cd ont Ă©tĂ© Ă©lus CLIC de classiquenews Ă  juste titre.

 

 

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AprĂšs Glyndebourne en 1996, William Christie reprend Theodora Ă  Paris

Magie haendélienne au TCE

 

 

Le metteur en scĂšne Stephen Langridge a le mĂ©rite de travailler la clartĂ© de l’action ; des soldats d’une Ă©poque et d’un lieu indĂ©fini oppriment un peuple de croyants (qui peuvent ĂȘtre aussi de toute Ă©poque et de tout continent) : ce n’est donc pas un narration restituĂ©e dans son milieu et dans son histoire qui importe ici mais la violence et la barbarie de la situation qui prime sur le reste (les spectateurs sont confrontĂ©s Ă  des scĂšnes allusives cependant trĂšs fortes : exĂ©cution, prostitution obligĂ©e dont celle de la chrĂ©tienne Theodora
 emblĂšmes ordinaires d’un pouvoir totalitaire qui exerce la terreur).
Ainsi l’oratorio de 1749 gagne une grandeur symbolique Ă©vidente ; et dans une scĂšne Ă©purĂ©e, la force psychologique des protagoniste est particuliĂšrement mise en avant, d’autant que William Christie a le secret de leur caractĂ©risation. Le chef s’entend Ă  merveille Ă  exprimer la gravitĂ© digne du dernier Haendel, celui qui aux portes de la mort et de la nuit (Ă  cause de sa cĂ©citĂ© grandissante) s’économise et cible l’essentiel.
Si l’on attendait le sopraniste Philippe Jaroussky en Didyme (honnĂȘte il est vrai mais pas mĂ©morable : trop lisse, trop plastiquement poseur), c’est surtout Katherine Watson, partenaire familiĂšre de Wiliam Christie (elle a dĂ©jĂ  chantĂ© Ă  son festival vendĂ©en de ThirĂ© : Dans les Jardins de William Christie), qui captive par sa trĂšs fine prĂ©sence, offrant au caractĂšre de Theodora, la puissance calme et serine des Ă©lus : certitude intĂ©rieure, d’une inaltĂ©rable conviction servie par un tempĂ©rament extĂ©rieur entre maĂźtrise et sensibilitĂ© (les dĂ©tracteurs diront froideur et rigiditĂ© anglosaxonne). Le style est parfait et la langue, idĂ©alement articulĂ©e. Les voix graves, StĂ©phanie d’Oustrac en IrĂšne (embrasĂ©e) et Callum Thorpe (hier laurĂ©at d’un prĂ©cĂ©dent Jardin des voix) en Valens (gouverneur dictateur juvĂ©nil, un parfait « effeminato », pervers/autoritaire Ă  la façon du Nerone de Monteverdi et Busenello), tempĂšrent cette fresque angĂ©lique et profonde, de teintes plus Ăąpres et dĂ©chirantes ; inquiet et tiraillĂ©, le compagnon de Didymus, et comme lui soldat romain, trouve en Kresimir Spicer, un ĂȘtre palpitant Ă  l’ñme ardente et en dĂ©sĂ©quilibre (quoique parfois une rien retenu, presque naĂźt et trop candide). Remarquables figures.

 

 

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A la ligne noble et mordante des solistes rĂ©pond la masse ciselĂ©e du choeur, l’un des plus mĂ©ditatifs et spirituels de Haendel (chrĂ©tiens inspirĂ©s, hallucinĂ©s ; romains quoiqu’ils en disent, admirateurs d’une telle passion), grĂące Ă  la direction ample, mesurĂ©e, structurelle d’un Christie, expert en la matiĂšre. Souvent le chef peste contre la rĂ©action bruyante du public, mais il est soucieux de la tension continue et de la fluiditĂ© de son incroyable mĂ©canique musicale. Les spectateurs oublieraient-ils qu’ils assistent Ă  un oratorio, et non un opĂ©ra ? On se souvient d’une Susanna inoubliable Ă  Ambronay et d’une Theodora dĂ©jĂ  lĂ©gendaire il y a 20 ans Ă  Glyndebourne (1996, scĂ©nographiĂ©e alors par Peter Sellars avec les torches incandescentes Lorraine Hunt et Richard Croft) : cette Theodora parisienne, grĂące Ă  la magie envoĂ»tante d’un Christie plus handĂ©lien que jamais, – et inĂ©galĂ© dans ce rĂ©pertoire : entre finesse et spiritualitĂ©-, est en passe de renouveler le prodige, tout au moins sur le plan instrumental et choral.

 

 

 

Theodora de Haendel par William Christie, à l’affiche du TCE à Paris, les 16, 18 et 20 octobre 2015.

 

 

Musiques et tabous par Daniel Barenboim

barenboim maestro dirige scala de milan le-maestro-israelo-argentin-daniel-barenboim-dirige-l-orchestre-philharmonique-de-vienne-le-1er-janvier-2014-a-vienne_4925007arte_logo_2013ARTE. Dimanche 11 octobre, 23h15. Daniel Barenboim: Musique et tabous.   SoirĂ©e exceptionnelle avec le chef qui a la triple nationalitĂ© : argentine, israĂ©lienne et palestinienne. Il a toujours tentĂ© une conciliation entre les frĂšres ennemis : palestiniens et israĂ©liens. Mais au-delĂ  de cela, le chef Daniel Barenboim croit surtout Ă  la rĂ©solution pacifique des conflits au Proche Orient. Rien ne pourra s’apaiser sans dialogue et sans volontĂ© de pacification : la solution entre IsraĂ©liens et Palestiniens ne peut passer par les armes. Dans Les voies de la musique avec Daniel Barenboim (partie 1 & 2), le maestro, acteur principal de la vie lyrique et orchestrale de Berlin Ă  Milan,  milite viscĂ©ralement, indĂ©fectiblement pour l’amitiĂ© entre les peuples car c’est le seul moyen pour chacun de s’en sortir. Arte diffuse une sĂ©rie d’entretiens oĂč le chef et ses proches expliquent les enjeux qui se jouent ici, plaçant la musique au cƓur des rivalitĂ©s et des oppositions fratricides. L’épisode le plus saisissant demeure certainement le volet dĂ©diĂ© Ă  la musique de Wagner en IsraĂ«l. ConnotĂ©e hitlĂ©rienne, et clairement nazie en raison des opinions antisĂ©mites exprimĂ©es par l’intĂ©ressĂ© lui-mĂȘme, en raison de l’idĂŽlatrie radicale entretenue par Hitler pour Wagner,  la musique de Wagner n’a toujours pas sa place en IsraĂ«l, et le film dĂ©voile entre autres combien elle reste un sujet tabou, fortement clivant entre les gens, mĂ©lomanes ou non. Le tĂ©moignage des jeunes instrumentistes du West-Eastern Diwan orchestra, fondĂ© par Barenboim et composĂ© dans un esprit de construction et de dialogue fraternel de jeunes musiciens juifs et arabes, est particuliĂšrement poignant : dĂ©voilant l’envie d’avancer mais aussi la forte charge Ă©motionnelle qui naĂźt du fait de jouer Tristan und Isolde par exemple Ă  la fin d’un concert Ă  JĂ©rusalem… Au-delĂ  des thĂšmes abordĂ©s dans deux documentaires de la soirĂ©e, c’est tout le sens de la musique classique et de la culture en gĂ©nĂ©ral qui est ainsi analysĂ© et mis en question : doit-on se satisfaire d’une culture divertissante ou bien devons-nous prĂ©fĂ©rer malgrĂ© nos ancrages historiques et nos identitĂ©s, dĂ©fendre une culture engagĂ©e rĂ©solument fraternelle et pacifiste ? SoirĂ©e avec Daniel Barenboim en deux temps :

1. Musique et politique (52 mn)
Pour Daniel Barenboim, la musique, langue universelle, se joue des frontiĂšres. Avec elle pour seule arme, l’artiste cosmopolite tente de dĂ©passer tensions et conflits. Au sein de son jeune orchestre, le West-Eastern Divan Orchestra, il est ainsi parvenu Ă  faire jouer ensemble de jeunes musiciens venus d’IsraĂ«l et de pays arabes voisins. Un inlassable engagement dont sa visite dans la bande de Gaza l’an passĂ© a constituĂ© un point d’orgue au puissant retentissement.

2. Musique et tabous : jouer Richard Wagner en Israël (26 mn)
En IsraĂ«l, la musique de Richard Wagner est indissociablement liĂ©e au rĂ©gime nazi. En 2001, Daniel Barenboim essuie la fureur du public et de la classe politique israĂ©lienne, aprĂšs avoir dirigĂ© Ă  JĂ©rusalem le prĂ©lude et la mort d’Isolde de Tristan et Isolde. Comment dissocier la musique du gĂ©nial Wagner, du compositeur antisĂ©mite prĂ©fĂ©rĂ© d’Hitler ? Convaincu qu’il le faut, Daniel Barenboim tente de lever un tabou. Des rĂ©pĂ©titions du West-Eastern Divan Orchestra Ă  la rencontre avec des amis du chef d’orchestre, parmi lesquels Pierre Boulez et Joschka Fischer, le film offre un Ă©clairage sur le parcours engagĂ© du maestro et le sens qu’il rĂ©serve Ă  l’acte musical : un geste rĂ©solument engagĂ© en faveur de la rĂ©conciliation des peuples.

arte_logo_2013ARTE, dimanche 11 octobre 2015. 23h. Les voies de la musique avec Daniel Barenboim. Une rĂ©flexion sur la musique et son pouvoir en compagnie du chef d’orchestre, Daniel Barenboim. Documentaire de Paul Smaczny (Allemagne, 2012, 57mn et 26mn) . Production : Accentus music UG

Opera de poche : la nouvelle Playlist de Decca et Deutsche Grammophon

opera-de-poche-decca-deutsche-grammophon-playlist-cdINTERNET. Decca / DG lance la Playlist OpĂ©ra de poche. A l’occasion de l’actualitĂ© lyrique en France, Universal music lance une nouvelle offre numĂ©rique. En complĂ©ment Ă  l’opĂ©ra de Puccini, Madama Butterfly, actuellement Ă  l’affiche de l’OpĂ©ra Bastile Ă  Paris, (jusqu’au 13 octobre 2015), composez votre propre playlist, constituĂ© d’extraits, les sĂ©quences les plus fortes de l’ouvrage, Ă  partir des meilleures interprĂ©tations enregistrĂ©es chez Decca, Deustche Grammophon
  le principe est simple : (re)dĂ©couvrir un opĂ©ra Ă  travers ses tubes dans des versions de rĂ©fĂ©rence en un peu plus d’1h. Avant Madama Butterfly, dĂ©couvrez les ressources de ce projet avec Don Giovanni, l’opĂ©ra des opĂ©ras signĂ©s Mozart et son librettiste, Da Ponte. DĂ©couvrez parmi les trĂšs nombreuses versions disponibles, les extraits et les temps forts de celles qui sont les plus convaincantes


DĂ©couvrez la playlist OPERA DE POCHE #1 DON GIOVANNI : une histoire entre comĂ©die et tragĂ©die oĂč le cĂ©lĂšbre sĂ©ducteur Don Juan (accompagnĂ© de son fidĂšle servant Leporello) court les femmes avant d’ĂȘtre rattrapĂ©e par ses pires dĂ©mons.

En savoir plus sur http://www.clubdeutschegrammophon.com/playlists/opera-poche-1-don-giovanni/#dsUoOq7WhCbAYc0D.99

Opera de poche : la nouvelle Playlist de Decca et Deutsche Grammophon : (re)dĂ©couvrir un opĂ©ra Ă  partir des versions lĂ©gendaires de Decca et Deutsche GrammophonDisponible en streaming sur toutes les plateformes, connectez-vous oĂč que vous soyez et dĂ©veloppez votre culture musicale en un seul clic. Appuyez sur Play et laissez-vous emporter comme par magie. Libre Ă  vous par la suite de continuer en profondeur la dĂ©couverte de l’opĂ©ra en cliquant sur les versions de rĂ©fĂ©rences choisies sur notre playlist.

En Ă©coute sur DEEZER et sur SPOTIFY.

APPROFONDIR : LIRE notre dossier spécial DON Giovanni de Mozart