ARTE : Camille Saint-Saëns l’insaisissable, documentaire

SAINT-SAENS-portrait-compositeur-bicentenaire-naissance-camille-saint-saens-classiquenews-1821-2021ARTE, CAMILLE SAINT-SAËNS, 5 déc 2021, 5h. Dim 12 déc 2021, 23h55. Trop attendu, trop célèbre, trop exposé, le compositeur français, qui est aussi un pianiste exceptionnel et légitimement adulé, Camille Saint-Saëns (1835-1921) décide de faire retraite : il avait coutume de voyager sous un nom d’emprunt. Le docu diffusé par Arte brosse le portrait d’un homme hors du commun, à la personnalité aussi étonnante que son oeuvre.

Lorsque vous lirez cette lettre, je serai entre le ciel et l’eau, voguant vers une destination que vous connaîtrez plus tard.” Mais où est passé Camille Saint-Saëns ? Au printemps 1890, au faîte de sa renommée, l’illustre compositeur quitte Paris sans un mot, ou presque. Il cherche à “couper tous les câbles” pour “se refaire un autre soi-même”, écrit-il à 55 ans, dans une lettre de rupture à son épouse.

Stupéfaite, l’opinion publique s’émeut, des reporters partent à sa recherche, des rumeurs courent sur un éventuel suicide. Le feuilleton de sa disparition occupe toutes les manchettes. Saint-Saëns a l’habitude de fuir ses obligations mondaines pour trouver refuge, sous un pseudonyme, aux quatre coins du monde : les Canaries, l’Algérie, l’Égypte, Ceylan, l’Indochine… Créateur infatigable, bourreau de travail, il est souvent proche de l’épuisement. Mais là, personne ne sait où il se cache…

Imprévisible et prolixe
Centenaire Camille Saint-Saëns 2021L’Enfant prodige (il donne des récitals dès 10 ans et joue du Beethoven par cœur), organiste et pianiste adulé, polémiste redouté, globe-trotter passionné, mais aussi poète et journaliste, Camille Saint-Saëns qui n’hésite pas à prendre la plume pour faire la synthèse de polémiques parisiennes, a autant fasciné qu’intrigué ses contemporains. Mais ce Parisien mort à Alger il y a tout juste cent ans fut avant tout le compositeur imprévisible de plus de 600 œuvres, s’attaquant à tous les genres non sans génie : musique religieuse, musique de chambre, symphonie, opéra musique de chambre et mélodie… et même la musique pour cinéma. De Samson et Dalila au Carnaval des animaux, de La danse macabre à la Symphonie n°3 avec orgue, Saint-Saëns n’est surprend, déconcerte, subjugue, n’hésitant pas à défier les conventions musicales de son temps. C’est en esprit libre, hors normes qu’il propose une nouvelle figure du romantisme français.
Au-delà de sa fuite en avant, le documentaire lève le voile sur la vie et la personnalité de cet esprit libre et « insaisissable ». Musicologues et musiciens affinent encore le portrait et rappellent les multiples apports de ce novateur complexe que les scènes du monde entier encensèrent de son vivant, et qu’elles continuent aujourd’hui de célébrer.

 

 

 

arte_logo_2013EN REPLAY sur ARTE.TV (53 mn) / jusqu’au 9 fév 2022.
https://www.arte.tv/fr/videos/098144-000-A/camille-saint-saens-l-insaisissable/

 

 

 

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LIRE aussi notre dossier spécial centenaire Camille Saint-Saëns 2021
http://www.classiquenews.com/camille-saint-saens-1921-2021-centenaire-de-la-mort/

Camille-Saint-Saens DRDossier CAMILLE SAINT-SAËNS. 1921 – 2021 : Centenaire de la mort   –   SAINT-SAËNS, CAMILLE (1835-1921)  -  Elevé par sa mère et sa « grand-tante », Le jeune Camille Saint-Saëns joue en public dès ses 11 ans (1846). A 13 ans, il entre au Conservatoire de Paris et suit la classe de composition d’Halévy, ami de  Degas, maître incontesté du grand opéra à la française. Précoce, sensible, doué d’un raffinement musical unique, le jeune Saint-Saëns échoue 2 fois au Concours de Rome dont le jury concentre les tenants du conservatisme le plus obtus. Cela n’empêche pas le compositeur d’affirmer un style inimitable, sorte de Brahms et de Schumann français, qui ose apporter une alternative au wagnérisme européen, réussissant dans tous les domaines : Concertos pour piano, symphonies (avec orgue), opéra (goût pour le drame historique, en particulier après Meyerbeer, pour la Renaissance) et bien sûr musique de chambre : la fameuse Sonate de Vinteuil de Proust serait un condensé subtil entre Franck et Saint-Saëns. Dans le sillon creusé par Liszt, Saint-Saëns renouvelle aussi le genre du poème symphonique (Danse Macabre, 1874). On connaît moins ses oratorios : L’Oratorio de Noël (1858), Le Déluge (1875), et The Promised Land (1912-1913) qui en dépit d’être différents, relève de la même conception dramatique. Saint-Saëns devient immortel en 1881, rejoignant l’Académie des Beaux-Arts.

 

 

 

 

 

 

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