Aida (Salzbourg, 2022)

Amenophis-III-Louxor aida verdi classiquenews nouvel empire-2France Musique. Sam 1er oct 2022. 20h. VERDI : Aïda. Salzbourg, 2022. L’opéra égyptien de Verdi, inauguré à l’ouverture du Canal de Suez, est inspiré par l’âge d’or de l’histoire pharaonique, soit le Nouvel Empire. Une somptueuse évocation historique à grand renfort de tableaux et scènes collectives spectaculaire (le défilé du victorieux Radamès, bras armé de Pharaon,…) auxquels participe l’égyptologue français Auguste Mariette : d’où le grand réalisme historique de la partition et la vraisemblance du livret. En dramaturge affûté, admirateur de Shakespeare et Schiller, Verdi n’oublie pas d’approfondir le noeud d’une intrigue essentiellement psychologique…
Le général Radamès (ténor héroïque) glorieux et couvert d’or, est accueilli en héros par la foule et Pharaon : mais il aime la princesse éthiopienne Aida (soprano dramatique d’un angélisme ardent), réduite en esclave, soumise à la fille de Pharaon Amnèris (bel emploi d’alto sombre et passionnée)… C’est compter sans la volonté d’Amnéris et sa jalousie destructrice, pourtant bientôt défaite devant l’horreur du sort que les prêtres réservent à Radamès. N’a-t-il pas finalement trahi la Cour de Pharaon ? Comme Don Carlo, Aida, tout en se prêtant au genre du grand opéra historique avec ballet, reste un huis clos psychologique dont la tension se resserre sur les 3 protagonistes : Aida, Amnèris, Radamès. Verdi qui aime la tessiture de baryton, ajoute un 4è personnage clé, Amonasro, le père d’Aida, lui aussi captif de Pharaon.
Créé en décembre 1871 à l’Opéra du Caire pour célébrer l’inauguration du canal de Suez, Aïda est devenu un pilier du répertoire lyrique, avec La Traviata et Le Trouvère, l’opéra le plus joué de Verdi. Avec Aida et son père, Amonasro, Verdi a brosser le portrait de deux captifs réduits en esclavage. Le dernier tableau, à la fois bouleversant et glaçant… quand les deux amants inflexibles sont condamnés à mourir emmurés vivants, perpétue la tradition et la réussite du grand opéra français, qui réserve toujours un ultime tableau final, spécifiquement tragique voire horrifique.

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Concert donné le 12 août 2022 au Grand Palais des Festivals de Salzbourg dans le cadre du Festival de Salzbourg en Autriche

Giuseppe Verdi : AĂŻda
Opéra en 4 actes sur un livret d’Antonio Ghislanzoni d’après l’intrigue d’Auguste Mariette, créé le 24 décembre 1871 à l’Opéra khédival du Caire

Roberto Tagliavini, basse, Amonasro, roi d’Éthiopie, père d’Aïda
Eve Maud Hubeaux, mezzo-soprano, Amneris, fille du roi d’Égypte
Elena Stikhina, soprano, Aïda, esclave érythréenne au service d’Amneris
Piotr Beczala, ténor, Radamès, capitaine égyptien
Erwin Schrott, basse, Ramfis, grand prĂŞtre Ă©gyptien
Luca Salsi, baryton, Amonasro, roi d’Éthiopie, père d’Aïda
Riccardo Della Sciucca, ténor, un messager
Flore Van Meerssche, soprano, La grande prĂŞtresse
Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor
(Association de concert du Choeur de l’Opéra d’État de Vienne)
dirigé par Huw Rhys James
Angelika Prokopp Summer Academy of the Vienna Philharmonic
Orchestre Philharmonique de Vienne
Direction : Alain Altinoglu / photo : Amenophis II, souverain du Nouvel Empire (DR)

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