Sergiu Celibidache
Maestro furioso
Centenaire Sergiu Celibidache
Le 28 juin 2012, le chef d’orchestre Sergiu Celibidiche aurait cent ans. ARTE fête cet anniversaire en diffusant un documentaire inédit. Le réalisateur a sillonné la Roumanie, l’Allemagne, la France sur les traces du maître, rencontrant sa sœur, son fils et quelques-uns de ses proches, comme Daniel Barenboïm.
L'anti Karajan
Pour Sergiu Celibidache, la musique était un moyen d’atteindre l’essence de l’être. Toute sa vie, il s’est efforcé de réaliser cette vision, refusant tout compromis, dur parfois envers les autres mais surtout envers lui-même. Il affirmait qu’un enregistrement ne pourrait jamais rendre dans son intégralité l’expérience d’un concert en salle, et jamais il ne se plia aux usages en vigueur. Il n’a laissé derrière lui aucun disque enregistré en studio.
Avare en entretien, le chef aura tisser sa légende en dehors de tout tapage médiatique; une sorte de carrière en forme d'antithese à celle de Karajan.
Il avait à peine 33 ans quand, émigrant roumain dans la capitale du Reich encore en ruine, il est amené à diriger l’Orchestre philharmonique de Berlin, remplaçant Wilhelm Furtwängler interdit pour cause de dénazification.
Écarté de Berlin, il triomphe à Munich
D’un jour à l’autre, cet inconnu qui sort à peine des bancs du conservatoire devient une star dont les concerts émeuvent bientôt le monde entier. Mais la rudesse avec laquelle il impose sa vision musicale lui est fatale : à la mort de Furtwängler, l’orchestre se prononce contre lui et pour Herbert von Karajan qui, lui, maîtrise parfaitement le maniement des médias, et sait se mettre en scène.
À la tête de l’Orchestre philharmonique de Munich dont il deviendra le chef titulaire en 1979, il obtient enfin cette reconnaissance qui lui avait été si durement refusée à Berlin.
Réalisation : Norbert Busè (52 mn). Avec : Serge Celibidache, Irina-Paraschiva Celibidache, Daniel
Barenboïm, Agnès Blanche Marc, Christoph Schlüren, Konrad von Abel,
Patrick Lang, Helmut Nicolai, Ronny Rogoff