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Entrée thématique: créations


Chroniques trouvées: 23

Berg: Wozzeck (Currentzis, 2010)
Création réussie de Wozzeck de Berg à Moscou (novembre 2010) sous la baguette de Currentzis. Pas de temps morts, ni de dilution dans cette arène inhumaine: tout ici s'accomplit, se délite, se précipite et s'effondre de l'intérieur pour s'anéantir dans le silence...

Gounod: Mireille (Minkowski, 2009)
En septembre 2009, le nouveau directeur de l'Opéra national de Paris, Nicolas Joel, marque son entrée dans la maison avec cette autre entrée au répertoire: Mireille de Charles Gounod. Inva Mula y incarne l'héroïne, amoureuse et mystique, dans une mise en scène conçue par le directeur récent...

Clairvaux: Or, les murs (2009)
A Clairvaux, le compositeur Thierry Machuel recueille la parole et les poèmes de prisonniers... Difficile de rester de marbre à l'écoute des textes; l'écoute en est grandie car au-delà des crimes commis, l'écoute du compositeur veut croire en l'homme, capte et souligne cette part d'humanité qui heureusement ne s'est pas, jamais, dissipée... la pudeur et l'ouverture accueillent ses paroles de détenus qui, s'ils sont privés de liberté, n'en ont pas moins gardé l'esprit, coûte que coûte.

Jonathan Dove: Pinocchio (Parry, 2007)
Réalisé par le North Opera, créé au Leeds Grand Theatre, le 21 décembre 2007, l'ouvrage sert incontestablement le mythe de Collodi: acteurs fins et vivants, orchestre précis, mordant, lyrique, mise en scène et décors très efficaces. Destiné d'abord aux enfants, le spectacle ne laisse rien dans l'ombre: il est fidèle à l'âpreté parfois terrifiante (et magique) du conte originel

Einojuhani Rautavaara : Rasputin (Frank, 2003)
A l'Opéra d'Helsinki, Rautavaara met en scène Raspoutine dans une fresque noire et grinçante, véritable brûlot contre le pouvoir et la corruption, créé en 2003 sur la scène finnoise. Fosse étincelante, plateau vocal de premier ordre. Superbe spectacle

Tan Dun: The First Emperor (Dun, 2007)
Réalisation soignée, spectacle visuel à la fois flamboyant et psychologique, l'opéra de Tan Dun, créé au Met à New York en décembre 2006 (ici filmé en janvier 2007), réussit sa perspective esthétique: unir l'occidental et l'oriental

Harrison Birtwistle: The Minotaur (Pappano, 2008)
Harrison Birtwistle signe un huitème opéra à la fois terrifiant et fascinant. La figure du Minotaure est moins effrayante que pathétique, emblème écartelé d'une société barbare. Violence du chant, flux âpre de la musique, interprètes portés par la puissance du sujet, chef précis et dramatique, l'oeuvre contemporaine est une révélation

Lorin Maazel: 1984 (Maazel, 2005)
Création exemplaire. 1984 de Lorin Maazel dépasse nos attentes. Plateau halluciné, hallucinant, mise en scène efficace, le compositeur qui dirige son oeuvre de 2005 ne pouvait rêver meilleure création d'un ouvrage d'aujourd'hui réellement captivant...

Stefano Landi: Il Sant'Alessio, 1632 (Christie, 2007)
L'équipe Lazar, Christie rééclaire l'opéra sacré de Landi avec justesse. La production captive par sa cohérence, théâtre fervent et passionnant, embrasée comme une épure spirituelle, grâce à l'intensité du chant de Max Emmanuel Cencic et, à un degré moindre, de Philippe Jaroussky...

Fazil Say, alla turca (Courkamp, 2005)
C'est un espiègle engagé, à l'âme brûlante, au jeu déterminé et chantant. Fazil Say, pianiste et compositeur, conserve enfouie et tenace, cette vocation à la réflexion et à la compréhension intime et profonde des choses. Autant de couleurs personnelles qui éclairent son jeu et sa façon de vivre la musique. Portrait captivant

Marcel L'Herbier: L'Argent (Zygel, 2007)
La musique composée par Jean-François Zygel renforce la fascination plurielle des images conçues par L'Herbier. Proche du style cru et réaliste de Zola qui peint un milieu certes argenté mais dépossédé de tout sens moral et humaniste, le pianiste compositeur souligne l'expressionnisme intense des images de L'Argent, tout en renforçant l'universalisme du sujet

Frank Scheffer: "Tan Dun, Tea". Broken silence
Pour recevoir le thé, il faut être comme le bol qui le recueille: vide. Qui peut s'avouer qu'il a fait le vide en lui-même pour recevoir l'univers et le monde? L'enseignement du thé nous renvoie à l'essence de notre vie: humilité, connaissance de soi, sérénité. Tan Dun ajoute, ce qui est complémentaire, l'harmonie avec ce qui nous environne.

Preljocaj: Le songe de Médée (2004)
Cathartique et brillamment formel, le modelage auquel se livre Preljocaj à l'endroit de ses danseurs, s'avère passionnant. Sublime.

Debussy: La chute de la maison Usher (Foster, 2006)
La beauté des décors, et plus encore leur expression énigmatique autant que suffocante, ajoute à la réussite globale. Dans un vaste écrin fermé, dont les parois vitrées qui reçoivent la pluie, Roderick ne paraît en effet avoir aucune issue. Violence, asphyxie, sacrifice, anéantissement... Spectacle mémorable.

Philippe Boesmans: Julie (Ono, 2005)
La partition dans cette captation de juillet 2005 confirme le talent de Boesmans en soulignant combien le déploiement lyrique peut transfigurer la profondeur d'une pièce de théâtre. C'est franc, implacable, terrifiant et mystérieux, comme un drame de Britten. Tout ce que l'on aime au théâtre. Magistral.

Krzysztof Penderecki: Les Diables de Loudun (Janowski, 1969)
Le 20 juin 1969, a lieu la création mondiale des Diables de Loudun de Penderecki. La représentation à l'Opéra de Hambourg ouvre le 43 ème Festival de musique contemporaine. Elle découle d'une commande passée au compositeur polonais par le directeur de l'établissement, Rolf Liebermann.

Martin Fraudreau: "Les enfants de Molière & de Lully" (2005)
La turquerie ridicule souhaitée par Louis XIV, et représentée devant la Cour de France, le 14 octobre 1670 à Chambord marque l'apogée d'un genre qui prélude et prépare directement à l'opéra français à venir, la tragédie lyrique. C'est aussi l'aboutissement de la collaboration entre Lully et Molière, dont la maîtrise respective, ici magistralement associée, réalise une première fusion de la comédie théâtrale et du divertissement dansé et chanté.

Dmitri Chostakovitch: Le boulon (Ratmansky/Sorokin, 2006)
Bel Air classiques publie une oeuvre interdite par la censure stalinienne, et qui écartée dès sa répétition générale, n'avait jamais été intégralement restituée. Cette représentation filmée en septembre 2006, année du centenaire de la naissance du compositeur, fait figure de réhabilitation et de redécouverte légitime.

Sting: John Dowland: "The Journey and the labyrinth"(2006)
La qualité de la réalisation, l'esthétisme des clips alternant avec les témoignages, l'intérêt des extraits du concert live filmé à St Luke (Londres) sont de premier intérêt. Sting aborde aujourd'hui Dowland. Une figure de la pop anglaise passionnée par le baroque, quel meilleur symbole pour l'actualité et l'universalisme de la musique ancienne?

Pascal Dusapin: Faustus (Stockhammer, 2006)
Pertinente idée que d'avoir transférer en dvd, le cinquième opéra de Dusapin, au moment de sa création lyonnaise, en mars 2006, après la première mondiale, à Berlin, en 2004. Non que sa dramaturgie soit captivante, encore que les chanteurs sont invités à se dépasser autant vocalement que physiquement...

Fabrizio Carlone: "Bonjour M. Gauguin" (création, 2005)
Le compositeur romain Fabriozio Carlone s'intéresse à l'origine de la création au travers d'une partition chambriste qui évoque la vie et l'oeuvre du peintre Paul Gauguin.

La petite musique de Marie-Antoinette : Grétry et Gossec
Marie-Antoinette, adolescente rêveuse et insouciante, devenue Reine de France malgré elle, fut une protectrice des arts remarquable, qu'historiens et musicologues continuent de minimiser. L'histoire de l'art parle encore de style Louis XVI quant il faudrait plus à propos décrire le style Marie-Antoinette. Un style serti d'élégance, de pastoralisme, d'évocation fantasmatique d'un monde enchanté de bergers et d'oiseaux complices...

Jean-Sébastien Bach: "Cello suites, In den Winden im nichts" (Heinz Spoerli)
Limpides, les propos du chorégraphe allemand Heinz Spoerli s’affirment dans ce nouveau spectacle, qui lui permet de retrouver le sens de l’épure, de la ligne, de l’arabesque, déjà abordée dans les versions Goldberg de Bach. Ici, Spoerli a chorégraphié les suites pour violoncelle. Une musique dépouillée mais pas inerte, dont les ressorts profitent précisément à l’éloquence du geste et du mouvement.

 

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