Voici de vrais beaux tempéraments dramatiques qui embrasent le trio principal où deux amoureuses se sacrifient à l'aimé: à l'éblouissante Amnéris de Dolora Zajick répond la torche tendre de l'Aïda de miel et de velours de Violeta Urmana, si humaine et soumise. Le Radamès de Johan Botha ne dépare pas loin de là...
Met, le 24 octobre 2009: si les décors cartons pâte style Hollywood un rien suranné marque une conception poussiéreuse de la réalisation visuelle (quoique le tableau où Amnéris assiste impuissante à la condamnation à mort de Radamès par l'inflexible prêtre Ramfis soit très réussi), reconnaissons une vertu première à l'opéra que cette production met en avant: la vertu irrésistible d'un très solide plateau vocal. Voici de vrais beaux tempéraments dramatiques qui embrasent le trio principal où deux amoureuses se sacrifient avec l'aimé: à l'éblouissante Amnéris de Dolora Zajick, - authentique coeur épris, blessé, trahi-, répond la torche tendre de l'Aïda de miel et de velours de Violeta Urmana, si humaine et soumise. Le Radamès de Johan Botha affirme droit dans ses bottes une projection toujours couverte, musicale et claire.
Son père Amonasro faiblit face à un tel trio: moins de musicalité ardente et triomphante: ici, c'est la voix et le chant souverain qui sont mis en avant; d'autant que la direction de Daniele Gatti, visiblement inspirée par une telle équipe d'interprètes, réussit une alliance délectable entre force et finesse.
Voici de loin, l'une des productions d'Aïda les plus cohérentes, les plus touchantes que nous ayons écoutées.
En somme, dans une scénographie des plus conventionnelles, un cru idéal en provenance du Met New Yorkais.
Verdi: Aïda. Avec Roberto Scandiuzzi (Ramfis), Johan Botha (Radamès), Amnéris (Dolora Zajick), Violeta Urmana (Aïda)... Ballet, Choeur et Orchestre du Metropolitan Opera de New York. Daniele Gatti, direction.