Depuis sa
Traviata qui fut le grand et véritable événement du festival de Salzbourg 2005 (sous la direction de l'excellent Carlo Rizzi, également édité au dvd par deutsche Grammophon),
Anna Netrebko s'impose à la scène, non seulement par son filet vocal de plus en plus maîtrisé, son timbre très caractérisé (idéal pour les héroïnes à la fois angéliques et blessées), mais aussi grâce à un physique "de rêve"... qui en fait aussi la diva la plus glamour de l'heure.
Portée par la direction toute en nuances et en précision du chef
Marco Armiliato, la diva russe et autrichienne captive de bout en bout. La jeune maman qui reprend du service sur la scène métropolitaine à New York, dans une mise en scène deplus classiques, étonne par sa santé vocale et son sens de la scène.
Son type incarne à la perfection l'idéal romantique des héroïnes de Bellini ou comme ici de Donizetti. Anna est une Lucia, ivre, tendre, fragile mais dans sa folie (délirante scène crépusculaire, restituée dans l'acte III avec l'harmonica de verre et ses résonances irréelles et fantastiques), d'une ardente détermination.
Sacrifiée par son frère, l'infâme et manipulateur Enrico pour sauver les finances de la famille, la pure Lucia, femme vendue et sacrifiée, devient folle et meurtrière, mais d'une sincérité renversante.
A ses côtés, aucun des chanteurs ne déméritent, l'Edgardo de
Piotr Beczala se montre même d'une belle activité amoureuse et funèbre (son air qui suit la scène de la folie de Lucia: "
Tombe degli avi miei" s'avère même intense et désespéré... mais la vraie star de la soirée, en ce mois de février 2009, c'est bien elle, rayonnante, tragique, sensible:
Anna Netrebko, l'hyperdiva, à la réputation ô combien légitime.
Gaetano Donizetti (1797-1848): Lucia di Lammermoor.
Avec Anna Netrebko (Lucia), Piotr Beczala (Edgardo), Marius Kwiecien (Enrico), Colin Lee (Arturo)... The Metropolitan Opera ballet, chorus and orchestra. Marco Armiliato, direction. Mary Zimmerman, mise en scène.