Verdi: La Traviata, nouvelle production. Emmanuelle BastetAngers Nantes Opéra, du 26 mai au 16 juin 2013


Verdi

La Traviata

Angers Nantes Opéra

Nantes, Théâtre Graslin

Du 26 mai au 5 juin 2013

Angers, Le Quai

les 16 et 18 juin 2013


Pour clôturer sa saison 12-13 en beauté, ANO Anges Nantes Opéra met comme toujours l’accent sur la réalisation et l’approfondissement théâtral des productions présentées : fidèle à un travail déjà développé avec la metteure en scène Emmanuelle Bastet dont on se souvient à Nantes et à Angers d’un regard à la fois tendre, sensuel, esthétique opéré sur Lucio Silla de Mozart puis surtout Orphée et Eurydice de Gluck, voici une nouvelle production de La Traviata, bicentenaire 2013 oblige mais avec le regard neuf et sensible, celui d’une femme scénographe dont le justesse et la vérité, ont le plus souvent séduit hors des poncifs scéniques.
De ce fait, rares les mises en scène de La Traviata, sommet de la carrière lyrique de Verdi et nouveau jalon du romantisme lyrique italien, défendues par des femmes : le principe est prometteur et devrait éclairer des facettes oubliées ou atténuées de la courtisane parisienne dont le mythe est d’abord littéraire, écrit par un témoin inconsolable, Alexandre Dumas fils (La Dame aux camélias) qui laisse le portrait réel et fantasmé d’Alphonsine Plessis dite Marie Duplessis, morte détruite et ruinée à l’âge canonique de… 23 ans. Il y a assurément du Manon chez Marie : une fragilité féminine qui enchante et bouleverse. Historiquement la Duplessis comme les grande courtisane du XVIIIè, envoûta les sens de Dumas II puis ceux de Liszt. Mais il se dessine chez Verdi, un réalisme sentimental qui éprouve la scène romantique édulquorée et annonce déjà le naturalisme de Zola (Nana), voire le vérisme d’un Puccini (quand il se passionne lui aussi pour une autre courtisane Manon Lescaut justement). Ne s’agirait-il pas chez Verdi de dénoncer les critiques voilées, les attaques toujours indirectes éprouvées quand au moment de la composition de La Traviata, il entretient déjà une relation avec la chanteuse Giuseppina Strepponi ?

Mélo tragique

La Traviata (la dévoyée) brosse le portrait d’une courtisane, Violetta Valéry, à Paris sous le Second Empire qui ne croyant plus à l’amour, découvre contre toute attente, la passion grâce à sa rencontre avec Alfredo Germont, jeune homme ardent et passionné. Mais “la dévoyée”, pêcheresse méprisable ne peut vivre impunément un bonheur qu’elle ne mérite pas. Surtout si cette liaison entâche la respectabilité du jeune homme et de sa famille… La vision reste morale, respectueuse des convenances sociales et bourgeoises, propres au XIXème siècle. Comme le ballet du torrero précédé par le fameux choeur des gitanes, La Traviata décrit aussi une mise à mort et Verdi met en branle une machine infernale qui aboutit à l’agonie de Violetta. La courtisane doit se sacrifier, apprendre le renoncement… et par ce geste ultime, pourra gagner son salut. L’oeuvre est créée à Venise, en 1853.

Outre le sacrifice obligée de l’héroïne, victime sur l’autel de la morale bourgeoise qu’incarne le redresseur de torts Germont père dans sa confrontation à la fois violente et inflexible au II, Verdi développe aussi en un contraste saisissant l’opposition des situations quand Violetta usée par sa vie dissolue, passant de riches protecteurs en mondains ostentatoires, découvre le pur amour, innocent, désintéressé, véritable … : Alfredo. Suprême rencontre pour une femme qui a passé sa (courte) vie à monnayer ses charmes et vendre son corps… Malade, affaiblie et déjà condamnée physiquement, Violetta subit encore une condamnation morale et psychique sans issue : si elle aime vraiment le jeune Alfredo, elle doit renoncer à lui car il n’y a aucun avenir (social) pour les deux amants … Nouvelle production événement présentée par Angers Nantes Opéra, à partir du 26 mai 2013 à Nantes. Puis les 16 et 18 juin 2013 au Quai à Angers.

La Traviata à Nantes et à Angers

Direction musicale : Roberto Rizzi Brignoli
mise en scène : Emmanuelle Bastet

décors : Barbara de Limburg

costumes : Véronique Seymat

lumières : François Thouret

Avec

Mirella Bunoaica, Violetta Valéry

Edgaras Montvidas, Alfredo Germont

Tassis Christoyannis, Giorgio Germont

Leah-Marian Jones, Flora Bervoix

Cécile Galois, Annina

Frédéric Caton, Docteur Grenvil

Christophe Berry, Gastone, vicomte de Letorières

Laurent Alvaro, Baron Douphol

Pierre Doyen, Marquis d’Obigny
Choeur d’Angers Nantes Opéra (Sandrine Abello, direction)
Orchestre National des Pays de la Loire
Nouvelle production Angers Nantes Opéra.

One thought on “Verdi: La Traviata, nouvelle production. Emmanuelle BastetAngers Nantes Opéra, du 26 mai au 16 juin 2013

  1. Pingback: Juin 2014. La Traviata de Verdi à Montpellier, Marseille, Masada | Classique News