TARARE de SALIERI

Le gĂ©nie de Salieri rĂ©vĂ©lĂ© : La Scuola de'gelosi (1779)VERSAILLES, OpĂ©ra royal, le 22 nov 18. SALIERI : TARARE, 1787. Rendons Ă  CĂ©sar
. C’est Jean-Claude Malgoire qui le premier – comme souvent, c’est intĂ©ressĂ© Ă  la partition de l’opĂ©ra de Salieri Tarare, conte philosophique et ouvrage le plus imprĂ©gnĂ© de l’idĂ©al des LumiĂšres : le livret il est vrai, est le seul texte pour l’opĂ©ra signĂ© de Beaumarchais. Il existe un remarquable DVD de l’interprĂ©tation du chef hĂ©las dĂ©cĂ©dĂ©, approche Ă©tonnamment rĂ©ussie rĂ©alisĂ© en 
 1988 (et dans le cadre du festival de Schwetzinger). Dans la forme, l’objet est inclassable : Ă  la fois tragĂ©die en musique (restituant la tradition antĂ©rieurement illustrĂ©e par Lully et Rameau) et aussi comĂ©die satirique : les Ă©crivains de la fin des annĂ©es 1780, maniant avec gĂ©nie, la double langue, tissĂ©e de rĂ©fĂ©rences en Ă©chos aux remous de l’époque prĂ© rĂ©volutionnaire. Le spectacle est complet comprenant 5 actes, Prologue et grand divertissement dansĂ©. En 2018 c’est l’excellent tĂ©nor français Cyrille Dubois qui suit le sillon de l’éloquence Ă©lĂ©gantissime et surtout intelligible d’Howard Crook chez Malgoire, qui incarne les aspirations Ă  la lumiĂšre du prince Tarare.

 

 

 

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Antonio Salieri (1750-1825) : Tarare
Opéra en cinq actes sur un livret de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, créé en 1787 à Paris.

Versailles, jeudi 22 nov 2018
Opéra royal à 20h
3h30 mn, 1 entracte inclus
RÉSERVER
https://www.chateauversailles-spectacles.fr/programmation/salieri-tarare_e1993

 

 

 

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Cyrille Dubois, Tarare
Karine Deshayes, Astasie
Jean-Sébastien Bou, Atar
Judith van Wanroij, La Nature/Spinette
Enguerrand de Hys, Calpigi
Tassis Christoyannis, Arthénée/Le Génie du Feu
JĂ©rĂŽme Boutillier, Urson/Un Esclave/Un PrĂȘtre
Philippe-Nicolas, Martin Altamort/Un Paysan/Un Eunuque
Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles (Direction : Olivier Schneebeli)

Les Talens lyriques (Ch Rousset, dir)

 

 

 

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PARIS, PASSION SALIERI (1787)
 Quoiqu’on en dise, mai quand mĂȘme d’un gĂ©nie moindre que celui de son « rival » Mozart », Salieri eut cependant son heure de gloire et un statut plus qu’enviable
 Il devient compositeur officiel Ă  Vienne,  car il est italien et plutĂŽt douĂ©, « dauphin » de Gluck, jouĂ© et estimĂ© partout en Europe, 
 c’est peut-ĂȘtre moins par ses opĂ©ras rĂ©cemment remontĂ©s (Les DanaĂŻdes, d’abord commandĂ© Ă  Gluck puis confiĂ© Ă  son meilleur Ă©lĂšve), que ses buffas dĂ©licieux (le rĂ©cent par DHM), que le tempĂ©rament de Salieri pour le thĂ©Ăątre s’affirme le mieux. Or, inclassable, fruit de la maturitĂ©, TARARE fait partie de ses joyaux mĂ©connus qui pourraient inscrire l’auteur au nombre des meilleurs dramaturges de son temps.
Les DanaĂŻdes (1784) ont rĂ©vĂ©lĂ© aux parisiens l’écriture de Salieri, qui devient du jour au lendemain, un compositeur Ă  la mode, adulĂ© (et rĂ©compensĂ©) par Marie-Antoinette, heureuse de cĂ©lĂ©brĂ© aprĂšs son cher Gluck (qui fut son maĂźtre de musique Ă  Vienne) un nouveau compositeur « viennois ».
Le cas de TARARE est significatif, de la passion des parisiens pour l’opĂ©ra ; de l’engouement rĂ©cent pour Salieri. Beaumarchais, auteur du livret, sut orchestrer une campagne de publicitĂ© admirable, suscitant l’intĂ©rĂȘt quasi hystĂ©rique pour le nouvel ouvrage de Salieri qu’il commença de composer en 1787. RĂ©sultat : 400 gardes furent nĂ©cessaires pour maĂźtriser l’affluence de la premiĂšre en 1787 ! A la fois turquerie orientaliste et satire en rĂšgle contre le pouvoir despotique (trĂšs habilement dĂ©guisĂ© selon l’intelligence de Beaumarchais), TARARE resta Ă  l’affiche durablement, assurant Ă  l’OpĂ©ra de belles recettes. Sur le plan littĂ©raire et philosophique comme musical et dramatique, l’ouvrage est une piĂšce maĂźtresse de l’époque des LumiĂšres.
Salieri et Da Ponte refondirent l’Ɠuvre pour une version italienne, Axur, Re d’Ormuz crĂ©Ă©e Ă  Vienne pour l’empereur en 1788, et qui fit le tour du monde, de la Russie au BrĂ©sil

Un gĂ©nĂ©ral martyrisĂ© par le Sultan se voit dĂ©fendu par le peuple puis choisi par lui pour ĂȘtre roi : les germes de la RĂ©volution Ă  venir, infiltrent toute l’édifice lyrique conçu par les visionnaires Beaumarchais et Salieri : ainsi y sont prophĂ©tisĂ©es la fin et la chute de Louis XVI et Bonaparte ! En phase avec son Ă©poque et les aspirations dĂ©mocratiques de la nation, Beaumarchais reprit son Tarare, devenu emblĂšme de la libertĂ© contre l’oppression, et Ă  l’occasion des Ă©vĂ©nements commandĂ©s pour la FĂȘte de la FĂ©dĂ©ration, en 1790 Ă  Paris, il Ă©labora un acte final complĂ©mentaire crĂ©ant ainsi « Le Couronnement de Tarare », promis Ă  un nouveau succĂšs populaire.

 

 

 

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