COMPTE-RENDU, concert. SCEAUX, HDV, le 30 mars 2019. La Schubertiade de Sceaux. SCHUBERT : Quatuor Elmire

schubertiade-sceaux-leaderboard-18-19-190-800-VIGNETTE-classiquenewsCOMPTE-RENDU, concert. SCEAUX, HDV, le 30 mars 2019. La Schubertiade de Sceaux. SCHUBERT : Quatuor Elmire (dernier concert de la saison 2018 – 2019). Voilà assurĂ©ment un programme modèle pour la nouvelle et fabuleuse Schubertiade de Sceaux dans les Hauts de Seine. « Modèle » car l’œuvre la plus bouleversante et profonde de Franz Schubert est ici servie par une jeune phalange d’une maturitĂ© dĂ©jĂ  prometteuse (ils n’ont que 3 ans, regroupĂ©s en quatuor depuis 2016) : les quatre instrumentistes du Quatuor Elmire (pour comprendre le choix de leur nom, voyez du cĂ´tĂ© de Molière et de son Tartuffe)…
D’abord « chauffĂ©s » par l’équilibre et l’élĂ©gance en rien artificiels du Quatuor de Beethoven (Quatuor op. 18 n°3, très proche de la finesse d’un Haydn), les quatre musiciens abordent le dernier Quatuor de Schubert, avec un 2è violoncelle (Quintette), en intensitĂ© et intĂ©rioritĂ©. Ils (et elle : car le 2è violoncelle est assumĂ©e par Sarah Sultan, transfuge pour l’occasion du Trio Atanassov) dessinent les paysages crĂ©pusculaires suspendus du Wanderer Franz en longues phrases profondes, dĂ©veloppant articulation flexible (violon 1 et violoncelle 1), Ă©coute continue, surtout sonoritĂ© d’un souffle et d’une justesse nuancĂ©e … proprement saisissante.

L’œuvre jamais éditée du vivant de l’auteur, est intense et tragique, c’est un « testament musical » composé pendant l’été 1828, deux mois avant la mort de Schubert.

 

 

 

sceaux la schubertiade de sceaux hotel de ville saison sur classiquenewsDans la salle de rĂ©union de l’Hotel de Ville de Sceaux, les musiciens sculptent la matière ardente, crĂ©pitante et mordante aussi du premier mouvement (Allegro ma non troppo) : entrĂ©e en matière fortement charpentĂ©e dont les jeunes instrumentistes excellent Ă  exprimer la carrure, le relief parfois âpre et mĂŞme vĂ©hĂ©ment, comme les derniers assauts d’une conscience Ă  la fois dĂ©cuplĂ©e et …foudroyĂ©e. Puis vient l’admirable Adagio, nocturne Ă©perdu, suspendu, dont il font en une plongĂ©e progressive et calibrĂ©e, rythmĂ©e selon les pizz enchanteurs du 2è violoncelle, une rĂ©flexion ample, dĂ©finitive, lugubre sur la mort, la finalitĂ© de toute chose… C’est comme si Schubert nous faisaient plonger au delĂ  de l’expĂ©rience sensible, au delĂ  de la conscience, dans des eaux inconnues qui toujours questionnent le sens d’une vie terrestre, et jusqu’oĂą pouvons-nous aller ? Jusqu’oĂą pouvons-nous nous perdre dans cette quĂŞte infinie, qui est dĂ©couverte, exploration mais aussi chute et ensevelissement ? Nous Ă©garer hors de l’espace et au delĂ  du temps mesurable, voilĂ  l’une des Ă©preuves que nous rĂ©serve Schubert et que permet la musique. Singulièrement.
Dans ce parcours introspectif d’une exceptionnelle acuité, les Elmire sont des guides d’une prodigieuse activité, faisant briller et rougir ce chant de l’au-delà, d’une sincérité et d’un dénuement ultime. La clarté du contrepoint, la lisibilité des réponses, l’activité filigranée et parfaitement articulée de tous les contrechants, comme la ligne mélodique à la fois sobre et flexible du violon I (Scherzo, puis Allegretto final) n’en finissent pas d’enchanter, d’enivrer, de nous hypnotiser.

 

 

 

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A la sûreté de leur geste, les jeunes instrumentistes produisent aussi une sonorité délectable, à la fois claire et puissante, jamais forcée ni épaisse et qui grâce à un réglage de l’acoustique de la salle, se réalise idéalement. Ajoutons que le premier violon et le violoncelle sont d’une facture historique contemporaine, assurant à l’ensemble cette étonnante ossature, ferme, solide, carrée, continûment équilibrée.

Il fallait donc attendre le dernier concert de la première saison de la Schubertiade de Sceaux pour atteindre aux Ă©thers mĂ©taphysiques et spirituels d’un Schubert touchĂ© par la grâce, voyageur, questionneur, explorateur de l’âme humaine. Ce programme est d’autant plus mĂ©morable qu’il assure un tremplin Ă  une jeune formation parmi les plus douĂ©es de la nouvelle gĂ©nĂ©ration de chambristes français. Aucun disque encore, car ils attendent de progresser. Mais Ă  Sceaux (oĂą ils jouaient ensemble pour la première fois l’odyssĂ©e spirituelle de Schubert), la rĂ©vĂ©lation et la confirmation d’une intelligence collective qu’il faut dĂ©sormais suivre.

 

 

 

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Saluons le discernement et l’appui du Maire de Sceaux, Philippe Laurent, impliqué depuis son début pour la réussite de la nouvelle saison de concerts. Il ne s’agit pas seulement d’un appui logistique (la salle de réunion de l’Hôtel de ville devient salle de concert en un transfert pour nous exemplaire : ainsi le lieu des délibérations publiques et citoyennes se fait aussi comme naturellement écrin de culture proposé à tous).
Il s’agit aussi de poursuivre dans la durée ce que la musique classique et l’expérience de la musique de chambre peut apporter dans la vie de la cité : un temps de réflexion dans un planning quotidien qui en manque considérablement ; une pause qui devient comme ce soir, baume pour l’âme et pour l’esprit. Mais le lien entre la Municipalité et la pratique de la musique de chambre ne date pas d’aujourd’hui ; la conversation en musique qui est le point le plus abouti de la pratique chambriste remonte au temps où les Lowenguth (Alfred puis Jacqueline) défendaient à Sceaux déjà une saison de musique de chambre. L’acte est emblématique et presque militant en soi : comment ne pas établir un parallèle alors entre l’exercice de la musique de chambre, et le défi du dialogue et de la conversation sur la place publique, d’autant plus actuellement où le « grand débat » a suscité une vaste adhésion des français ? L’écoute et le goût de la combinaison, la réussite d’une expérience collective sont à n’en pas douter des défis permanents, jamais acquis… mais dans leur accomplissement, porteurs de progrès sociétal et civique. Voilà une rencontre du politique et de la culture, résolue, heureuse, durable.

 

 

 

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Souhaitons que le dialogue établi entre le Maire de Sceaux et Elisabeth Atanassov, directrice générale des La Schubertiade de Sceaux ne s’interrompe jamais : la place de la culture et de la musique classique cultivent des valeurs fondamentales pour notre cadre de vie et la réalisation du vivre ensemble : partage, ouverture, curiosité, compréhension, réflexion… un modèle de société en sorte. Ce soir, annoncée dans le programme de salle, les très nombreux festivaliers de la Schubertiade de Sceaux ont pu découvrir un avant-goût de la saison prochaine. L’aventure continue donc. A suivre sur classiquenews.com. Illustrations : les musiciens du concert du 30 mars / Philippe Laurent, Maire de Sceaux et Elisabeth Atanassov (DR / Mairie de Sceaux)

 

 

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. SCEAUX, La Schubertiade, le 30 mars 2019. Haydn, Schubert (Quintette pour deux violoncelles). Quatuor Elmire. Dernier concert de la saison 2018 – 2019.

 

 

 

LIRE aussi notre annonce présentation du concert du Quatuor ELMIRE, sam 30 mars 2019 à Sceaux, La Schubertiade de Sceaux
http://www.classiquenews.com/le-quatuor-elmire-a-la-schubertiade-de-sceaux-2/

LIRE aussi notre prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale de la saison 1 de La Schubertiade de Sceaux 2018 – 2019 :
http://www.classiquenews.com/sceaux-la-schubertiade-nouvelle-saison-de-musique-de-chambre-des-le-13-octobre-2018/

LIRE aussi notre entretien avec Elisabeth Aranassov, directrice générale des La Schubertiade de Sceaux :
http://www.classiquenews.com/sceaux-la-schubertiade-nouvelle-saison-de-musique-de-chambre-des-le-13-octobre-2018/

COMPTE-RENDU, concert. SCEAUX, La Schubertiade, le 10 nov 2018. « Un fil, la vie, un simple fil » Trio Atanassov / Alain Carré

Schubertiade de Sceaux Logo copiable logo 2018COMPTE-RENDU, concert. SCEAUX, La Schubertiade, le 10 nov 2018. « Un fil, la vie, un simple fil » Trio Atanassov (Perceval Gilles, Sarah Sultan et Pierre-Kaloyann Atanassov) / Alain CarrĂ©, rĂ©citant. Hommage aux soldats de la Première Guerre. Le sujet du programme Ă©tait opportun en ce week end du 11 novembre 2018, centenaire de l’Armistice. Elisabeth Atanassov, directrice de la Schubertiade de Sceaux ajoute Ă  cette cĂ©lĂ©bration bienvenue, plusieurs pièces d’un violoniste virtuose, soldat enrĂ´lĂ© sur le front de la barbarie (1914-1918), devenu compositeur : Lucien Durosoir. En prĂ©sence des descendants du musicien, le concert est surtout un spectacle percutant oĂą le verbe est Ă©noncĂ©, projetĂ©, incarnĂ© par le diseur acteur Alain CarrĂ©. La vie dans les tranchĂ©es – humide, alcoolisĂ©e, nausĂ©abonde… pour le dire d’un mot, inhumaine est ainsi Ă©voquĂ©e par le dĂ©tail et l’anecdote, Ă  travers des citations de la correspondance du soldat Durosoir Ă  sa mère ; Ă  travers le tĂ©moignage complĂ©mentaire contenu dans les Carnets de guerre de Maurice MarĂ©chal.
Ponctuant le texte, plusieurs fragments musicaux sont joués par le Trio Atanassov (Perceval Gilles, violon / Sarah Sultan, violoncelle / Pierre-Kaloyann Atanassov, piano) : on y détecte l’intensité suggestive et qui semble recueillir les cris et l’impuissance dans la bataille, des œuvres choisies signées Ravel (l’extraordinaire poétique de Pantoum, qui est le second mouvement de son sublime Trio de 1914), Beethoven, Schumann… De cette mise en dialogue du texte et de la musique, ce sont certainement les partitions de Durosoir qui se détachent par leur acuité émotionnelle, à la fois enivrante et recueillie (Prière à Marie de 1949, pour violon et piano : la pièce conclut avec beaucoup de sensibilité le programme). Comme on reste saisi par cette modernité palpitante qui porte et embrase le premier mouvement de son Trio en si mineur de 1927. Comme de nombreux auteurs marqués par la guerre, et davantage : qui ont affronté l’ignominie la plus terrifiante, Lucien Durosoir semble retisser un fil salvateur dans l’acte même de composer ; toute son œuvre qui suit ses années de traumatisme, exprime et transcende cette épreuve inimaginable.

durosoir lucien violon portrait annocne concert par classiquenewsComme le dit Debussy, la musique commence où s’arrêtent les mots : la formule est idéale dans le cas de Lucien Durosoir dont l’intensité et la pudeur de l’écriture musicale, en disent infiniment plus que bien des discours. La réussite de ce « spectacle », à la fois concert, à la fois témoignage récité (et excellemment par l’incantatoire Alain Carré) vient de cet équilibre ténu et ici idéal entre la véhémence du mot cru, et la parure musicale qui semble l’enrober, dans les fragments de musique qui ponctuent les récits. On ne pouvait imaginer meilleure proposition, en hommage aux soldats massacrés, éprouvés sur le champs de bataille entre 1914 et 1918.
A l’issue de ce deuxième rv, il apparaît comme une évidence que par la qualité de l’offre musicale et la diversité des concerts dans leur forme et leur déroulement, La Schubertiade de Sceaux a désormais trouvé son rythme de croisière (dans l’Hôtel de Ville même) et surtout son public. L’idée de proposer aux résidents citoyens, un concert de musique de chambre dans les espaces municipaux, est exemplaire.
Prochain rv, samedi 8 décembre 2018 : Quatuor Modigliani (au programme : Mozart, Schubert et surtout Debussy, pour fêter le centenaire de la mort en 2018).

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COMPTE-RENDU, concert. SCEAUX, La Schubertiade, le 10 nov 2018. « Un fil, la vie, un simple fil »  / Trio Atanassov (Perceval Gilles, Sarah Sultan et Pierre-Kaloyann Atanassov / Alain Carré, récitant.

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LIRE notre compte-rendu du concert du 13 octobre 2018 : Programme Schubert par le Trio Atanassov / La Schubertiade de Sceaux
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-sceaux-92-le-13-octobre-2018-la-schubertiade-de-sceaux-recital-schubert-trio-atanassov/

VISITEZ le site du Trio Atanassov : www.trioatanassov.com

LIRE aussi notre prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale de la saison musicale La Schubertiade de Sceaux 2018 – 2019 et ses 6 concerts Ă©vĂ©nements.  
 
 

SCEAUX, La Schubertiade : Superbe concert Durosoir, Ravel, Schumann.. Trio Atanassov

schubertiade-sceaux-leaderboard-18-19-190-800-VIGNETTE-classiquenewsSCEAUX (92), sam 10 nov 2018. TRIO ATANASSOV : Durosoir, Ravel, Bridge… Voici dĂ©jĂ  la 2è session de la Schubertiade de Sceaux, cycle Ă©vĂ©nement de musique de chambre autour de Schubert, proposĂ©, dĂ©fendu par le Trio Atanassov. Après une première inaugurale, 100% Schubert qui a eu lieu le 13 octobre dernier, – bain enivrant dans l’imaginaire si trouble et tendre de Franz Schubert, les interprètes de ce 2è rv Ă  Sceaux, rendent hommage Ă  la musique du compositeur Lucien Durosoir, violoniste et compositeur, qui fut soldat sur le front de la première guerre, dont le tempĂ©rament marque les esprits ; une Ĺ“uvre idĂ©ale qui permet Ă  la Schubertiade de Sceaux de fĂŞter aussi le centenaire de l’Armistice 1918, … un certain 11 novembre.

  

 

La Ville de Sceaux lance sa nouvelle saison musicale : "la Schubertiade"

 

 

 

Le spectacle « Un fil, la vie, un simple fil » réunit les 3 instrumentistes du Trio Atanassov (Perceval Gilles, Sarah Sultan et Pierre-Kaloyann Atanassov, respectivement violon, violoncelle, piano / cf notre photo), et aussi le comédien et metteur en scène Alain Carré pour évoquer l’expérience de la guerre et des tranchées vécue par Lucien Durosoir, à travers sa musique et ses mots (lettres envoyées du front à sa mère). Des extraits des Carnets de guerre de Maurice Maréchal seront également lus en alternance avec les compositions de Lucien Durosoir, mais aussi de Ravel, Schumann, Bridge, Beethoven et Ysaÿe.

sceaux la schubertiade de sceaux hotel de ville saison sur classiquenewsUne exposition et une courte conférence de Luc Durosoir, fils du musicien, qui a retrouvé les œuvres de son père (que lui-même refusait de publier) au début du XXIème siècle, enrichissent l’apport du concert. Pluridisplinaire et généreuse, l’offre de La Schubertiade de Sceaux croise musique, histoire, littérature afin d’honorer l’œuvre d’un virtuose marqué par la monstruosité de la guerre, qui, après sa démobilisation, décida de se retirer du monde pour composer. Tout un symbole.

 
 

 
 

Sur le front, le matricule 4857
durosoir lucien violon portrait annocne concert par classiquenewsEau chaude en guise de cafĂ©, pain sec, lever matinal Ă  4h et demi… Rester immobile, quel que soit le temps. Attendre. Observer, se cacher… « Il ne faut pas ĂŞtre maniaque, devenir très dur, simple et endurant, telle est la devise Ă  laquelle il faut s’efforcer. Par endurant, je ne dis pas seulement lutter contre la fatigue, mais aussi le climat froid et la pluie « . Le soldat sur le front Ă©crit couchĂ© car pas de table ni de chaise… sa vie est dure, terne ; c’est Ă  Caen en 1914, au moment oĂą il apprend entre autres la mort du compositeur AlbĂ©ric Magnard, tuĂ© par les allemands… « Il a Ă©tĂ© fusillĂ© dans sa maison de Baron parce qu’il avait tirĂ© deux Uhlans qui enfonçaient sa grille. C’est sĂ»rement une grande perte pour nous », Ă©crit Lucien Durosoir – matricule 4857, dans son « cher carnet »…
Peu à peu, après avoir été un temps (premier) impressionné, le soldat s’habitue à la proximité avec les cadavres : «  je veillerai dans la nuit au milieu des cadavres comme cela arrive souvent, sans même y songer ».
Et comme pour se donner du courage : ”Certainement la guerre est le plus Ă©pouvantable des flĂ©aux, mais il faut la subir et nous n’y pouvons rien, et dans le cas prĂ©sent nous dĂ©fendons notre pays, nos libertĂ©s et l’amour de notre race”.  Le quotidien est terrible ; le goĂ»t de la guerre, Ă  vomir. Insupportable mais inĂ©vitable. Tel est la vie du soldat Durosoir, en un temps foudroyĂ© et glaçant, que les extraits musicaux enrichissent et colorent tout au long de la reprĂ©sentation. Dans la dĂ©termination et dans l’espoir. C’est un humanisme admirable : « Certes, je ne puis savoir ce que le sort me rĂ©serve, mais si je venais Ă  disparaĂ®tre, ce Ă  quoi il ne faut pas penser, songe que ce sacrifice, que bien d’autres que moi ont consenti, a Ă©tĂ© fait pour sauver notre pays et les enfants, c’est-Ă -dire l’avenir, c’est pour eux que nous avons supportĂ© tant de souffrances. Il faudrait donc t’intĂ©resser Ă  des enfants, Ă  des musiciens, occupe-toi et soutiens des jeunes violonistes, cela occupera ta vie et sera une façon de me prolonger… «  Ă©crit-il Ă  sa mère.

  

  

 

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SCEAUX (92), HĂ´tel de ville
Samedi 10 novembre 2018, 17h30
RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.schubertiadesceaux.fr/un-fil-la-vie-un-simple-fil-10-novembre-2018/

 

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  Liste des oeuvres musicales jouées pendant le spectacle :

Eugène Ysaÿe : “Obsession” (1923), extrait de la Sonate pour violon seul N°2
Maurice Ravel : “Pantoum” , 2ème mouvement du Trio en la (1914)
Lucien Durosoir : 1er mouvement du Trio en si mineur (1926-27)
Frank Bridge : 2ème et 3ème mouvements du Trio n°2 (1929)
Robert Schumann :  ”l’oiseau prophète” extrait des “Scènes de la forêt”
Ludwig van Beethoven : 4ème mouvement de la Sonate op.30 n°2 pour violon et piano
Robert Schumann : 2ème et 3ème mouvement du trio N° 1 en ré mineur
Lucien Durosoir : 2ème et 3ème mouvements du Trio en si mineur
Lucien Durosoir : “prière à Marie” (1949) pour violon et piano

 

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LIRE notre compte-rendu du concert du 13 octobre 2018 : Programme Schubert par le Trio Atanassov / La Schubertiade de Sceaux
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-sceaux-92-le-13-octobre-2018-la-schubertiade-de-sceaux-recital-schubert-trio-atanassov/

 

 

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VISITEZ le site du Trio Atanassov : www.trioatanassov.com

https://www.trioatanassov.com

LIRE aussi notre prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale de la saison musicale La Schubertiade de Sceaux 2018 – 2019 et ses 6 concerts Ă©vĂ©nements.

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Superbe concert Durosoir, Ravel, Schumann… Ă  Sceaux

schubertiade-sceaux-leaderboard-18-19-190-800-VIGNETTE-classiquenewsSCEAUX (92), sam 10 nov 2018. TRIO ATANASSOV : Durosoir, Ravel, Bridge… Voici dĂ©jĂ  la 2è session de la Schubertiade de Sceaux, cycle Ă©vĂ©nement de musique de chambre autour de Schubert, proposĂ©, dĂ©fendu par le Trio Atanassov. Après une première inaugurale, 100% Schubert qui a eu lieu le 13 octobre dernier, – bain enivrant dans l’imaginaire si trouble et tendre de Franz Schubert, les interprètes de ce 2è rv Ă  Sceaux, rendent hommage Ă  la musique du compositeur Lucien Durosoir, violoniste et compositeur, qui fut soldat sur le front de la première guerre, dont le tempĂ©rament marque les esprits ; une Ĺ“uvre idĂ©ale qui permet Ă  la Schubertiade de Sceaux de fĂŞter aussi le centenaire de l’Armistice 1918, … un certain 11 novembre.

 

La Ville de Sceaux lance sa nouvelle saison musicale : "la Schubertiade"

 

 

 

Le spectacle « Un fil, la vie, un simple fil » réunit les 3 instrumentistes du Trio Atanassov (Perceval Gilles, Sarah Sultan et Pierre-Kaloyann Atanassov, respectivement violon, violoncelle, piano / cf notre photo), et aussi le comédien et metteur en scène Alain Carré pour évoquer l’expérience de la guerre et des tranchées vécue par Lucien Durosoir, à travers sa musique et ses mots (lettres envoyées du front à sa mère). Des extraits des Carnets de guerre de Maurice Maréchal seront également lus en alternance avec les compositions de Lucien Durosoir, mais aussi de Ravel, Schumann, Bridge, Beethoven et Ysaÿe.

sceaux la schubertiade de sceaux hotel de ville saison sur classiquenewsUne exposition et une courte conférence de Luc Durosoir, fils du musicien, qui a retrouvé les œuvres de son père (que lui-même refusait de publier) au début du XXIème siècle, enrichissent l’apport du concert. Pluridisplinaire et généreuse, l’offre de La Schubertiade de Sceaux croise musique, histoire, littérature afin d’honorer l’œuvre d’un virtuose marqué par la monstruosité de la guerre, qui, après sa démobilisation, décida de se retirer du monde pour composer. Tout un symbole.

 

 

Sur le front, le matricule 4857
durosoir lucien violon portrait annocne concert par classiquenewsEau chaude en guise de cafĂ©, pain sec, lever matinal Ă  4h et demi… Rester immobile, quel que soit le temps. Attendre. Observer, se cacher… « Il ne faut pas ĂŞtre maniaque, devenir très dur, simple et endurant, telle est la devise Ă  laquelle il faut s’efforcer. Par endurant, je ne dis pas seulement lutter contre la fatigue, mais aussi le climat froid et la pluie « . Le soldat sur le front Ă©crit couchĂ© car pas de table ni de chaise… sa vie est dure, terne ; c’est Ă  Caen en 1914, au moment oĂą il apprend entre autres la mort du compositeur AlbĂ©ric Magnard, tuĂ© par les allemands… « Il a Ă©tĂ© fusillĂ© dans sa maison de Baron parce qu’il avait tirĂ© deux Uhlans qui enfonçaient sa grille. C’est sĂ»rement une grande perte pour nous », Ă©crit Lucien Durosoir – matricule 4857, dans son « cher carnet »…
Peu à peu, après avoir été un temps (premier) impressionné, le soldat s’habitue à la proximité avec les cadavres : «  je veillerai dans la nuit au milieu des cadavres comme cela arrive souvent, sans même y songer ».
Et comme pour se donner du courage : ”Certainement la guerre est le plus Ă©pouvantable des flĂ©aux, mais il faut la subir et nous n’y pouvons rien, et dans le cas prĂ©sent nous dĂ©fendons notre pays, nos libertĂ©s et l’amour de notre race”.  Le quotidien est terrible ; le goĂ»t de la guerre, Ă  vomir. Insupportable mais inĂ©vitable. Tel est la vie du soldat Durosoir, en un temps foudroyĂ© et glaçant, que les extraits musicaux enrichissent et colorent tout au long de la reprĂ©sentation. Dans la dĂ©termination et dans l’espoir. C’est un humanisme admirable : « Certes, je ne puis savoir ce que le sort me rĂ©serve, mais si je venais Ă  disparaĂ®tre, ce Ă  quoi il ne faut pas penser, songe que ce sacrifice, que bien d’autres que moi ont consenti, a Ă©tĂ© fait pour sauver notre pays et les enfants, c’est-Ă -dire l’avenir, c’est pour eux que nous avons supportĂ© tant de souffrances. Il faudrait donc t’intĂ©resser Ă  des enfants, Ă  des musiciens, occupe-toi et soutiens des jeunes violonistes, cela occupera ta vie et sera une façon de me prolonger… «  Ă©crit-il Ă  sa mère.

 

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SCEAUX (92), HĂ´tel de ville
Samedi 10 novembre 2018, 17h30
RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.schubertiadesceaux.fr/un-fil-la-vie-un-simple-fil-10-novembre-2018/

 

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  Liste des oeuvres musicales jouées pendant le spectacle :

Eugène Ysaÿe : “Obsession” (1923), extrait de la Sonate pour violon seul N°2
Maurice Ravel : “Pantoum” , 2ème mouvement du Trio en la (1914)
Lucien Durosoir : 1er mouvement du Trio en si mineur (1926-27)
Frank Bridge : 2ème et 3ème mouvements du Trio n°2 (1929)
Robert Schumann :  ”l’oiseau prophète” extrait des “Scènes de la forêt”
Ludwig van Beethoven : 4ème mouvement de la Sonate op.30 n°2 pour violon et piano
Robert Schumann : 2ème et 3ème mouvement du trio N° 1 en ré mineur
Lucien Durosoir : 2ème et 3ème mouvements du Trio en si mineur
Lucien Durosoir : “prière à Marie” (1949) pour violon et piano

 

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LIRE notre compte-rendu du concert du 13 octobre 2018 : Programme Schubert par le Trio Atanassov / La Schubertiade de Sceaux
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-sceaux-92-le-13-octobre-2018-la-schubertiade-de-sceaux-recital-schubert-trio-atanassov/

 

 

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VISITEZ le site du Trio Atanassov : www.trioatanassov.com

https://www.trioatanassov.com

LIRE aussi notre prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale de la saison musicale La Schubertiade de Sceaux 2018 – 2019 et ses 6 concerts Ă©vĂ©nements.

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SCEAUX (92), sam 10 nov 2018. TRIO ATANASSOV : Durosoir, Ravel, Bridge…

schubertiade-sceaux-leaderboard-18-19-190-800-VIGNETTE-classiquenewsSCEAUX (92), sam 10 nov 2018. TRIO ATANASSOV : Durosoir, Ravel, Bridge… Voici dĂ©jĂ  la 2è session de la Schubertiade de Sceaux, cycle Ă©vĂ©nement de musique de chambre autour de Schubert, proposĂ©, dĂ©fendu par le Trio Atanassov. Après une première inaugurale, 100% Schubert qui a eu lieu le 13 octobre dernier, – bain enivrant dans l’imaginaire si trouble et tendre de Franz Schubert, les interprètes de ce 2è rv Ă  Sceaux, rendent hommage Ă  la musique du compositeur Lucien Durosoir, violoniste et compositeur, qui fut soldat sur le front de la première guerre, dont le tempĂ©rament marque les esprits ; une Ĺ“uvre idĂ©ale qui permet Ă  la Schubertiade de Sceaux de fĂŞter aussi le centenaire de l’Armistice 1918, … un certain 11 novembre.

 

La Ville de Sceaux lance sa nouvelle saison musicale : "la Schubertiade"

 

 

 

Le spectacle « Un fil, la vie, un simple fil » réunit les 3 instrumentistes du Trio Atanassov (Perceval Gilles, Sarah Sultan et Pierre-Kaloyann Atanassov, respectivement violon, violoncelle, piano / cf notre photo), et aussi le comédien et metteur en scène Alain Carré pour évoquer l’expérience de la guerre et des tranchées vécue par Lucien Durosoir, à travers sa musique et ses mots (lettres envoyées du front à sa mère). Des extraits des Carnets de guerre de Maurice Maréchal seront également lus en alternance avec les compositions de Lucien Durosoir, mais aussi de Ravel, Schumann, Bridge, Beethoven et Ysaÿe.

sceaux la schubertiade de sceaux hotel de ville saison sur classiquenewsUne exposition et une courte conférence de Luc Durosoir, fils du musicien, qui a retrouvé les œuvres de son père (que lui-même refusait de publier) au début du XXIème siècle, enrichissent l’apport du concert. Pluridisplinaire et généreuse, l’offre de La Schubertiade de Sceaux croise musique, histoire, littérature afin d’honorer l’œuvre d’un virtuose marqué par la monstruosité de la guerre, qui, après sa démobilisation, décida de se retirer du monde pour composer. Tout un symbole.

 

 

Sur le front, le matricule 4857
durosoir lucien violon portrait annocne concert par classiquenewsEau chaude en guise de cafĂ©, pain sec, lever matinal Ă  4h et demi… Rester immobile, quel que soit le temps. Attendre. Observer, se cacher… « Il ne faut pas ĂŞtre maniaque, devenir très dur, simple et endurant, telle est la devise Ă  laquelle il faut s’efforcer. Par endurant, je ne dis pas seulement lutter contre la fatigue, mais aussi le climat froid et la pluie « . Le soldat sur le front Ă©crit couchĂ© car pas de table ni de chaise… sa vie est dure, terne ; c’est Ă  Caen en 1914, au moment oĂą il apprend entre autres la mort du compositeur AlbĂ©ric Magnard, tuĂ© par les allemands… « Il a Ă©tĂ© fusillĂ© dans sa maison de Baron parce qu’il avait tirĂ© deux Uhlans qui enfonçaient sa grille. C’est sĂ»rement une grande perte pour nous », Ă©crit Lucien Durosoir – matricule 4857, dans son « cher carnet »…
Peu à peu, après avoir été un temps (premier) impressionné, le soldat s’habitue à la proximité avec les cadavres : «  je veillerai dans la nuit au milieu des cadavres comme cela arrive souvent, sans même y songer ».
Et comme pour se donner du courage : ”Certainement la guerre est le plus Ă©pouvantable des flĂ©aux, mais il faut la subir et nous n’y pouvons rien, et dans le cas prĂ©sent nous dĂ©fendons notre pays, nos libertĂ©s et l’amour de notre race”.  Le quotidien est terrible ; le goĂ»t de la guerre, Ă  vomir. Insupportable mais inĂ©vitable. Tel est la vie du soldat Durosoir, en un temps foudroyĂ© et glaçant, que les extraits musicaux enrichissent et colorent tout au long de la reprĂ©sentation. Dans la dĂ©termination et dans l’espoir. C’est un humanisme admirable : « Certes, je ne puis savoir ce que le sort me rĂ©serve, mais si je venais Ă  disparaĂ®tre, ce Ă  quoi il ne faut pas penser, songe que ce sacrifice, que bien d’autres que moi ont consenti, a Ă©tĂ© fait pour sauver notre pays et les enfants, c’est-Ă -dire l’avenir, c’est pour eux que nous avons supportĂ© tant de souffrances. Il faudrait donc t’intĂ©resser Ă  des enfants, Ă  des musiciens, occupe-toi et soutiens des jeunes violonistes, cela occupera ta vie et sera une façon de me prolonger… «  Ă©crit-il Ă  sa mère.

  

 

SCEAUX (92), HĂ´tel de ville
Samedi 10 novembre 2018, 17h30
RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.schubertiadesceaux.fr/un-fil-la-vie-un-simple-fil-10-novembre-2018/

 
 

 

  Liste des oeuvres musicales jouées pendant le spectacle :

Eugène Ysaÿe : “Obsession” (1923), extrait de la Sonate pour violon seul N°2
Maurice Ravel : “Pantoum” , 2ème mouvement du Trio en la (1914)
Lucien Durosoir : 1er mouvement du Trio en si mineur (1926-27)
Frank Bridge : 2ème et 3ème mouvements du Trio n°2 (1929)
Robert Schumann :  ”l’oiseau prophète” extrait des “Scènes de la forêt”
Ludwig van Beethoven : 4ème mouvement de la Sonate op.30 n°2 pour violon et piano
Robert Schumann : 2ème et 3ème mouvement du trio N° 1 en ré mineur
Lucien Durosoir : 2ème et 3ème mouvements du Trio en si mineur
Lucien Durosoir : “prière à Marie” (1949) pour violon et piano
 

 
 

 
 

 

 

LIRE notre compte-rendu du concert du 13 octobre 2018 : Programme Schubert par le Trio Atanassov / La Schubertiade de Sceaux
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-sceaux-92-le-13-octobre-2018-la-schubertiade-de-sceaux-recital-schubert-trio-atanassov/

VISITEZ le site du Trio Atanassov : www.trioatanassov.com

https://www.trioatanassov.com

LIRE aussi notre prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale de la saison musicale La Schubertiade de Sceaux 2018 – 2019 et ses 6 concerts Ă©vĂ©nements. 

 
 

 
 

 

COMPTE-RENDU, concert. SCEAUX (92), le 13 octobre 2018. La Schubertiade de Sceaux. RĂ©cital SCHUBERT. Trio Atanassov.

schubertiadeCOMPTE-RENDU, concert. SCEAUX (92), le 13 octobre 2018. La Schubertiade de Sceaux. RĂ©cital SCHUBERT. Trio Atanassov. En dialogue et en complicitĂ©, les trois instrumentistes du TRIO ATANASSOV ont inaugurĂ© ce 13 octobre 2018, le nouveau cycle Ă©vĂ©nement Ă  Sceaux, La Schubertiade de … Sceaux. Une initiative qui renoue avec le riche passĂ© musical de la citĂ© scĂ©enne oĂą la musique de chambre a son public. En jouant Ă  chaque concert une Ĺ“uvre de Franz Schubert, les musiciens cĂ©lèbrent surtout l’esprit de partage et cette fraternitĂ© heureuse et discrète qui renforce ce qui fonde la paix et l’harmonie : le respect et l’estime de soi et des autres. Pour preuve, ce concert 100% Schubert, – une monographie musicale bienvenue pour lancer la nouvelle saison Ă  Sceaux, dont le prĂ©sentateur, cultivĂ© et enjouĂ©, n’est autre que FrĂ©dĂ©ric LodĂ©on, voix radiophonique qui rĂ©tablit les enjeux de chaque pièce, non sans humour.

En présence de l’Ambassadeur d’Autriche à Paris, les musiciens enchaînent les pièces, toutes invitation à l’introspection et au repli intime, Schubert étant passé maître dans l’expression de la Sensucht, cette pensée vagabonde, humeur de l’errance et d’une indicible mélancolie ; pas suspension dépressive, mais hypersensibilité pour le songe, l’inouï, le surgissement de la poésie pure.
trio-atanassov-schuebrtiade-de-sceaux-concert-critique-par-classiquenews-la-schubertiade-de-sceauxDe style comme de nuances, les 3 instrumentistes (Perceval Gilles, Sarah Sultan et Pierre-Kaloyann Atanassov, respectivement violon, violoncelle, piano) ne manquent pas; sachant négocier très intelligemment avec une salle qui n’est pas de concert et une acoustique plutôt sèche, ils sont capable de convoquer et diffuser l’atmosphère amicale des Schubertiades viennoises, quand Franz, entouré de ses proches, cultivait l’entente musicale, et suscitait l’écoute croisée, jouant lui-même au piano, accompagnant les chanteurs ou ses amis instrumentistes…

L’esprit de famille règne aussi sur ce cycle de séquences enivrées qui bercent par leur richesse allusive : la mère du pianiste, Pierre-Kaloyann Atanassov (fondateur du Trio en 2007), Elisabeth Atanassov, tourne les pages, complicité suprême d’une génération à l’autre, qui cultive ce goût de la profondeur et de la finesse offertes en partage. Le tableau est admirable comme le programme du concert.

Ils ont déjà à leur actif, un premier cd de musique de chambre (Smetana, Dvorak). On retrouve ce soir les qualités qui distingue le Trio : clarté des intentions, sens des nuances, lisibilité du cadre, écoute supérieure entre eux.
ATANASSOV-trio-pierre-kaloyann-atanassov-entretien-par-classiquenews-la-schubertiade-de-sceaux-par-classiquenewsToutes les facettes de Schubert sont exprimĂ©es, de la Sonatensatz D 28, sa première partition cordes / piano, – dĂ©jĂ  fĂ©brile, contrastĂ©e (Ă©crite en 1812, Ă  15 ans) ; au sublime Trio opus 100 de 1827 (un an avant sa mort), – immortalisĂ© par Stanley Kubrick dans le film Barry Lindon (suivant en cela l’usage de Fritz Lang dans Docteur Mabuse (1922), en particulier son Andante con moto, d’une vivacitĂ© rythmique, Ă  la fois percussive et hallucinĂ©e… sereine et intense (Ă  partir de la chanson suĂ©doise « le soleil se couche », conscience chez Schubert de sa fin prochaine ?…). La mĂ©lodie Ă©noncĂ©e sonne comme un dĂ©tachement tranquille et comme la prĂ©science de la fin, une marche funèbre qui n’a de triste et sombre que son nom ; … Ă©quation indicible entre la tendresse et la mort. Sans omettre le Notturno D 897, de la mĂŞme pĂ©riode, immersion et plongĂ©e dans l’autre monde, tel un voyage sans retour… dont le caractère suspendu annonce directement l’Andante de son ultime Quintette pour violoncelle (conçu Ă  l’Automne 1828, quelques semaines avant de mourir). S’y dĂ©ploie cette nuance inexprimable, jeu d’un oxymore Ă  dĂ©chiffrer par tous les interprètes : adagio apassionnato. Ici la traversĂ©e est d’un autre monde, vers l’autre rive, en modulations et passages aussi divers que tĂ©nus, cheminement de l’ombre et du murmure, en clair-obscur.

Chez Schubert règne une évidence qui semble simple, mais affirme très vite une saisissante profondeur ; ce jeu entre l’insouciance feinte et le sentiment plus grave qui étreint, se déploie ici sans entrave, avec la liberté de l’entente, dans le geste complice des 3 musiciens.
Une certaine éloquence facétieuse dans les reprises nous a beaucoup amusé, en particulier dans le dernier mouvement du Trio opus 100, œuvre majeure qui a figuré au programme du seul concert public comprenant à Vienne (Musikverein) des pièces de Schubert (de surcroît jouées par des interprètes familiers de Beethoven). On ne pouvait rêver meilleur programme et interprètes plus engagés pour inaugurer ce nouveau festival de musique de chambre à Sceaux.

schubertiade-sceaux-leaderboard-18-19-190-800-VIGNETTE-classiquenewsRendez-vous est pris pour la prochaine session de la Schubertiade de Sceaux, samedi 10 novembre (17h30) : ici mĂŞme, Ă  l’HĂ´tel de Ville de Sceaux : concert « un fil, la vie, un simple fil », oeuvres de Lucien Durosoir, concert spectacle par le Trio Atanassov et le comĂ©dien et metteur en scène, Alain CarrĂ©, en rĂ©citant, Ă  partir des lettres du soldat, adressĂ©es Ă  sa mère depuis le front… Les pièces de Durosoir ainsi rĂ©vĂ©lĂ©es sont associĂ©es aux composition de Beethoven, Schumann, Ravel, …

LIRE notre prĂ©sentation complète de la saison La SCHUBERTIADE DE SCEAUX 2018 – 2019 :
http://www.classiquenews.com/sceaux-la-schubertiade-saison-2018-2019-du-13-octobre-2018-au-30-mars-2019/

Programme du concert du samedi 10 novembre 2018, 17h30 :

Eugène YsaĂże : “Obsession” (1923), extrait de la Sonate pour violon seul N°2
Maurice Ravel : “Pantoum” , 2ème mouvement du Trio en la (1914)
Lucien Durosoir : 1er mouvement du Trio en si mineur (1926-27)
Frank Bridge : 2ème et 3ème mouvements du Trio n°2 (1929)
Robert Schumann :  ”l’oiseau prophète” extrait des “Scènes de la forĂŞt”
Ludwig van Beethoven : 4ème mouvement de la Sonate op.30 n°2 pour violon et piano
Robert Schumann : 2ème et 3ème mouvement du trio N° 1 en ré mineur
Lucien Durosoir : 2ème et 3ème mouvements du Trio en si mineur
Lucien Durosoir : “prière Ă  Marie” (1949) pour violon et piano

Le Trio Atanassov joue Schubert Ă  Sceaux

schubertiade-sceaux-leaderboard-18-19-190-800-VIGNETTE-classiquenewsSCEAUX (92). Sam 13 oct 2018. TRIO ATANASSOV : SCHUBERT. Sceaux inaugure ce 13 octobre, sa nouvelle saison de musique de chambre : la Schubertiade de Sceaux, cĂ©lĂ©bration dans l’esprit de Schubert et de ses amis, d’une fraternitĂ© heureuse, artistique, complice… Le cycle inĂ©dit ressuscite une tradition musicale bien ancrĂ©e dans la ville Ă©lĂ©gante du 92. On se souvient des fĂŞtes lĂ©gendaires qu’a donnĂ© la Duchesse du Maine, patronne des arts et passionnĂ©e par la musique, insomniaque, offrant des concerts et spectacles dans son vaste domaine en son château de Sceaux…

Le premier concert de la (nouvelle) et très lĂ©gitime SCHUBERTIADE de SCEAUX a lieu ce samedi 13 octobre 2018, Ă 17h30, Ă  l’HĂ´tel de Ville de Sceaux (salle Erwin GĂĽldner). A l’affiche l’excellent Trio Atanassov dans un programme qui cĂ©lèbre un compositeur prĂ©sent dans chaque session de la saison musicale de la Schubertiade, Franz SCHUBERT. Lire notre prĂ©sentation complète de la nouvelle saison de musique de chambre Ă  Sceaux, la bien nommĂ©e Schubertiade de Sceaux 2018 – 2019

atanassov-trio-musique-de-chambre-concert-schubert-sceaux-concert-annonce-par-classiquenews

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Programme

Concert inaugural de La Schubertiade, présenté par Frédéric Lodéon.
Entièrement consacré à Franz Schubert, l’un des maitres de la musique de chambre et qui allie intimité, intensité, spontanéité.

Le Trio Atanassov joue

La Sonatensatz, D. 28
œuvre inachevée de jeunesse (Schubert l’écrit alors qu’il n’a que quinze ans !) : c’est sa première partition pour cordes et piano ;

puis, deux de ses dernières pièces :
Le fameux Trio op. 100 et
Le Notturno D.897
composés en 1827 à l’aube de sa disparition à trente-et-un ans le 19 novembre 1828. Des œuvres «  bouleversantes, nées du sentiment tragique de l’existence qui habite au plus au point le compositeur… expression d’une mélancolie indicible mais aussi voyage intérieur qui est aussi songe et rêve suspendu d’une indicible et très juste sincérité.
Dialogue, complicité, écoute, virtuosité mais intérieure, souffle et respiration filigranée, précision apportée dans le dessin de l’architecture comme dans l’ossature et le relief de chaque nuance… il ne manque rien à l’approche des trois instrumentistes du Trio Atanassov. Un trio intensément sensible qui accorde intensité et grande finesse. Concert incontournable.

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RESERVEZ VOTRE PLACE
Trio ATANASSOV
Samedi 13 octobre 2018, 17h30
HĂ´tel de Ville de Sceaux
http://www.schubertiadesceaux.fr/la-programmation/edition-2018-2019/

Plus d’informations sur le Trio Atanassov : www.trioatanassov.com
https://www.trioatanassov.com

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SCEAUX : SCHUBERT par le TRIO ATANASSOV

schubertiade-sceaux-leaderboard-18-19-190-800-VIGNETTE-classiquenewsSCEAUX (92). Sam 13 oct 2018. TRIO ATANASSOV : SCHUBERT. Sceaux inaugure ce 13 octobre, sa nouvelle saison de musique de chambre : la Schubertiade de Sceaux, cĂ©lĂ©bration dans l’esprit de Schubert et de ses amis, d’une fraternitĂ© heureuse, artistique, complice… Le cycle inĂ©dit ressuscite une tradition musicale bien ancrĂ©e dans la ville Ă©lĂ©gante du 92. On se souvient des fĂŞtes lĂ©gendaires qu’a donnĂ© la Duchesse du Maine, patronne des arts et passionnĂ©e par la musique, insomniaque, offrant des concerts et spectacles dans son vaste domaine en son château de Sceaux…

Le premier concert de la (nouvelle) et très lĂ©gitime SCHUBERTIADE de SCEAUX a lieu ce samedi 13 octobre 2018, Ă 17h30, Ă  l’HĂ´tel de Ville de Sceaux (salle Erwin GĂĽldner). A l’affiche l’excellent Trio Atanassov dans un programme qui cĂ©lèbre un compositeur prĂ©sent dans chaque session de la saison musicale de la Schubertiade, Franz SCHUBERT. Lire notre prĂ©sentation complète de la nouvelle saison de musique de chambre Ă  Sceaux, la bien nommĂ©e Schubertiade de Sceaux 2018 – 2019

atanassov-trio-musique-de-chambre-concert-schubert-sceaux-concert-annonce-par-classiquenews

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Programme

Concert inaugural de La Schubertiade, présenté par Frédéric Lodéon.
Entièrement consacré à Franz Schubert, l’un des maitres de la musique de chambre et qui allie intimité, intensité, spontanéité.

Le Trio Atanassov joue

La Sonatensatz, D. 28
œuvre inachevée de jeunesse (Schubert l’écrit alors qu’il n’a que quinze ans !) : c’est sa première partition pour cordes et piano ;

puis, deux de ses dernières pièces :
Le fameux Trio op. 100 et
Le Notturno D.897
composés en 1827 à l’aube de sa disparition à trente-et-un ans le 19 novembre 1828. Des œuvres «  bouleversantes, nées du sentiment tragique de l’existence qui habite au plus au point le compositeur… expression d’une mélancolie indicible mais aussi voyage intérieur qui est aussi songe et rêve suspendu d’une indicible et très juste sincérité.
Dialogue, complicité, écoute, virtuosité mais intérieure, souffle et respiration filigranée, précision apportée dans le dessin de l’architecture comme dans l’ossature et le relief de chaque nuance… il ne manque rien à l’approche des trois instrumentistes du Trio Atanassov. Un trio intensément sensible qui accorde intensité et grande finesse. Concert incontournable.

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RESERVEZ VOTRE PLACE
Trio ATANASSOV
Samedi 13 octobre 2018, 17h30
HĂ´tel de Ville de Sceaux
http://www.schubertiadesceaux.fr/la-programmation/edition-2018-2019/

Plus d’informations sur le Trio Atanassov : www.trioatanassov.com
https://www.trioatanassov.com

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