CD, critique. REBEL, TELEMANN : TERPSICHORE (Jordi Savall, juil 2017, 1 cd)

Terpsichore danses louis xv telemann rebel jordi savall cd critique review cd classiquenewsCD, critique. REBEL, TELEMANN : TERPSICHORE (Jordi Savall, juil 2017, 1 cd). Saluons d’abord, la sonoritĂ© très chaleureuse, opulente mĂŞme du chef catalan qui dessine et rappelle s’agissant de Rebel, le raffinement et la franchise directe d’une Ă©criture très poĂ©tique presque diaphane, Ă©vanescente comme un glacis des paysages recomposĂ©s de Watteau… La caractĂ©risation des danses, au caractère quasi pastorale – et l’on sait que ce vocable est essentiel dans l’esprit du temps, ce dĂ©but XVIIIè encore très nostalgique-, est idĂ©ale, dans l’articulation, la dĂ©termination expressive, le dĂ©tail du discours et des effets rhĂ©toriques, ne serait ce que dans un seul Ă©pisode emblĂ©matique : Gigue, rigaudon, passepied, gavotte… rĂ©sumĂ© et synthèse de l’inclination de Rebel pour les univers poĂ©tiques et tendres, propre Ă  sa suite Terpsichore de 1721.

rebel_watteau_gravure_musiqueLes Plaisirs champêtre de 1724 indiquent une autre sensibilité : plus élégiaque et d’un abandon sensuel qui convoque l’extase des bergers. Tout un monde rêvé par Boucher et bientôt mis en oeuvre par Marie-Antoinette dans son écrin illusoire de Trianon. L’évocation fourmille d’idées et de motifs caressants surtout portés par les hautbois. L’ivresse et ce désir d’oubli comme de réenchantement (sublime Chaconne, plage 33) dans l’esprit de Lully mais plus onctueuse encore et nerveuse aussi ; revivifiée même, comme une surenchère dans les autres Chaconnes, plage 39 et surtout 44 de la Fantaisie de 1729) se réalise grâce au geste souple et très caractérisé de Savall et des instrumentistes réunis autour de lui (les musiciens du Concert des Nations / Manfredo Kraemer, violon solo et leader). L’éloquence et la compréhension qu’apporte Savall, sa curiosité et sa restitution gourmande, gorgée de si délectables couleurs, composent ici le plus bel hommage à l’orchestre de Louis XV, un thème qu’il avait déjà traité dans un cycle tout aussi convaincant.

telemann-vignette-ovale-portrait-telemann-2017L’élégance et la virtuosité nerveuse voire la frénésie graduelle de Teleman s’exprime outrageusement dans la Suite La Bizarre, en particulier dans l’urgence trépidante du Rossignol. Puis la Partie III de Tafelmusik (1733) rappelle combien à l’époque du premier opéra visionnaire et scandaleux de Rameau (Hippolyte et Aricie), l’éclectique Telemann savait aussi, comme Rebel offrir une relecture personnelle et puissante du style versaillais lullyste (ouverture, plage 45). Cette séquence est la plus audacieuse de notre point de vue, fruit d’une pensée musicale qui interroge le sens même d’un cycle musical, à la pulsion débordante, voire frénétique, construite comme un vaste crescendo : de l’ouverture noble, au badinage fugace, contrastant avec des postillons enjoués et délurés; surtout vers la conclusion notée « furioso », comme une apothéose de la danse.
Les phrasés de cette séquence première, entre noblesse, élégance, abandon, détente, tension et réexposition sont tout simplement jubilatoires. Tout l’esprit de Terpsichore, de la danse souveraine, de la musique pure, de sa surenchère et parfois de son exaspération critique, se déploie en liberté. Quel génie, contemporain du déterminant Rameau. Il faut toute l’intelligence de Savall pour nous en révéler les subtilités chorégraphiques, sublimement musicale. Pas un Français dans l’Hexagone, ne serait capable d’une telle finesse d’intonation : là om les chefs gaulois actuels s’entêtent dans la dureté, la sécheresse souvent mécanique du geste, le catalan nous réapprend, à présent que Harnoncourt nous a quitté, toute la caresse d’un galbe interprétatif, entre abandon nostalgique, et vivacité poétique (« bergerie », plage 46). Le maestro sait faire chanter, nuances, accents, phrasés à l’envi, son cher orchestre. Superlatif. CLCI de CLASSIQUENEWS de novembre 2018

 
   
 
 
 

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CLIC D'OR macaron 200Cd événement, critique. TERPSICHORE : ballets de Telemann, Rebel, Apothéose de la Danse Baroque. Le Concert des Nations. Jordi Savall (Graz, juil 2017, 1 cd Alia Vox). CLIC de CLASSIQUENEWS de novembre et décembre 2018).

 
 
 

ALIA VOX
https://www.alia-vox.com/fr/catalogue/terpsichore/

 
 
 

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Terpsichore danses louis xv telemann rebel jordi savall cd critique review cd classiquenews

 
 
 

NOĂ‹L symphonique Ă  ORLEANS

ORLÉANS. CONCERTS de NOEL 2018. Les 15 et 16 déc 2018. Pour célébrer le temps de Noël, l’Orchestre Symphonique d’Orléans et le Chœur Symphonique du Conservatoire d’Orléans fusionnent leurs forces vives à l’église Saint-Pierre du Martroi et offrent un somptueux Concert de Noël, une tradition à présent pour les Orléanais soucieux de vivre une grande expérience pour les fêtes de fin d’année.

ORLEANS-concert-de-NOEL-2018-marius-Stieghorst-concerts-annonce-sur-classiquenews

 

 

orchestre-orleans-maestro-chaf-concert-portrait-par-classiquenewsMarius Stieghorst, le chef et directeur artistique de l’Orchestre Symphonique d’Orléans, a conçu un programme particulièrement original et éclectique, généreux en styles et accents contrastés, où perce le timbre éclatant des trompettes (Concerto pour 3 trompettes, timbales et continuo de Telemann), aux côtés de l’exaltation des voix (Messe Nelson de Haydn, Alma Dei creatoris de Mozart…). Pour ce concert de Noël, Marius Stieghorst confie la baguette à Gildas Harnois, qui a déjà dirigé l’Orchestre Symphonique d’Orléans à maintes reprises. Organiste titulaire de la Cathédrale Sainte-Croix d’Orléans depuis 1997, il est bien connu des Orléanais. Il est par ailleurs Chef de la Musique des Gardiens de la Paix depuis juillet 2014, formation qu’il dirige à Paris et à l’étranger.

 

 

SAMEDI 15 DÉCEMBRE 2018 à 20h30boutonreservation
DIMANCHE 16 DÉCEMBRE 2018 à 16h00
ORLEANS, Église Saint-Pierre du Martroi

 

 

GEORG PHILIPP TELEMANN
Concerto pour 3 trompettes, timbales et continuo, TWV54 : D3

WOLFGANG AMADEUS MOZART
Alma Dei creatoris en fa majeur KV 277

JOSEPH HAYDN
Nelson Mass en ré mineur, Hob. XXII : 11

Isabelle PHILIPPE, soprano
Laure DUGUÉ, alto
Matthieu JUSTINE, ténor
Marc LABONNETTE, basse
Vincent MITTERAND – Guy-Claude CHARCELLAY- Thibault COLLONGE, trompettes
ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS
Chœur Symphonique du Conservatoire d’Orléans / Elisabeth RENAULT, chef de chœur
Gildas HARNOIS, direction

 

 

 

 

Présentation des oeuvres

 

 

GEORG PHILIPP TELEMANN
Concerto pour 3 trompettes, timbales et continuo, TWV54 : D3
Georg Philipp TELEMANN compte parmi les compositeurs les plus prolifiques et les plus novateurs de l’âge baroque, en ce XVIIIè Ă©clatant, qui n’est pas encore celui des Lumières, mais Ă©blouit nĂ©anmoins par la prĂ©Ă©minence dĂ©volue Ă  la musique : Telemann dirigea la musique Ă  Hambourg, maĂ®tre incontestĂ© du prestige musical et culturel de la ville Ă  l’époque oĂą JS Bach son contemporain « vĂ©gĂ©tait » Ă  Leipzig, en prise avec ses employeurs indignes de son talent… MĂŞlant spectaculaire et intime, le Concerto pour 3 trompettes, timbales et continuo affirme le gĂ©nie de Telemann, Ă  l’écriture raffinĂ©e et dramatiquement efficace ; la partition rĂ©serve de bien belles surprises, Ă  l’image des magnifiques solos de hautbois qui apportent une touche subtile de sĂ©rĂ©nitĂ© Ă  la tonalitĂ© solennelle et majestueuse de l’œuvre. Grandiose et pourtant recueillie, l’œuvre s’inscrit idĂ©alement pour le temps de NoĂ«l.

 

 

WOLFGANG AMADEUS MOZART
Alma Dei creatoris en fa majeur KV 277
Mozart a composé cet offertoire peu de temps après avoir démissionné de la Cour de Salzbourg : il ne pouvait supporter les humiliations répétées à son encontre, perpétrées par son employeur Coloredo. Écrite pour soprano, alto, ténor, chœur, violons et basse continue, la partition mariale alterne avec douceur et sérénité les interventions des solistes et celles du chœur.

 

 

JOSEPH HAYDN
Nelson Mass en ré mineur, Hob. XXII : 11
Cette messe est sans doute la plus dramatique, la plus puissante et la plus populaire des quatorze messes écrites par Joseph Haydn. Écrite avec raffinement dans une tonalité sombre (ré mineur), elle génère et entretient au fil de chacune de ses parties une véritable tension lyrique. Le chef-d’œuvre de Haydn est l’un des sommets de la composition liturgique à l’époque des Lumières. Haydn y déploie son génie du raffinement viennois et son goût de l’opéra.

 

 

 

 

INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu : Église Saint-Pierre du Martroi
Tarifs : de 25/22/12€
Horaires des Concerts : samedi 15 dĂ©cembre Ă  20h30 – dimanche 16 dĂ©cembre Ă  16h00
RĂ©servations : Bureau d’OrlĂ©ans Concerts 6 rue Pothier – 45000 OrlĂ©ans (Ouvert au public de 13h Ă  18h, du lundi au samedi) TĂ©l : 02 38 53 27 13

Site Web : www.orchestre-orleans.com

 

 

 

Reportage. L’ensemble NEVERMIND en résidence à Saintes (février 2016)

logoSaintes_A3_noirReportage. L’ensemble NEVERMIND en rĂ©sidence Ă  Saintes (fĂ©vrier 2016) — Le quatuor de solistes sur instruments d’Ă©poque  (formation originale Ă  quatre voix Ă©gales : traverso, violo,, viole de gamme et clavecin) NEVERMIND est en rĂ©sidence Ă  l’Abbaye aux Dames, la citĂ© musicale, Ă  Saintes. Approche intensive du rĂ©pertoire baroque, en particulier les Quatuors parisiens de Telemann, cycle emblĂ©matique dans la constitution du groupe, travail collectif Ă  Saintes, relation aux publics, projets futurs et programmes pour le festival estival de Saintes… — rĂ©alisation : Philippe-Alexandre PHAM — © studio CLASSIQUENEWS.COM 2016

Damon de Telemann Ă  Magdebourg

Chine. David Stern dirige le Festival Baroque de ShanghaiMagdeburg, Théâtre. 12-19 mars 2016. Telemann : Damon. Opera Fuoco, David Stern. Après une Alcina saisissante Ă  Shanghai (dĂ©cembre 2015, dans le cadre du festival Baroque de Shanghai, Chine), voici Damon Ă  Magdebourg. La Compagnie lyrique Opera Fuoco forte de ses jeunes talents vocaux, ciselĂ©s, engagĂ©s sous la direction de David Stern, Ă©claire avant l’annĂ©e 2017, grande annĂ©e Telemann, le gĂ©nie dramatique et poĂ©tique de l’auteur des Quatuors parisiens. C’est l’occasion pour l’Ă©quipe de David Stern, vraie troupe dans l’esprit de complicitĂ© et de famille, d’aborder toute la subtilitĂ© d’un auteur cosmopolite mais profond et Ă©tonnament juste (comme Haendel et Rameau ses contemporains). La partition de 1724 (intitulĂ©e Der neumodische Liebhaber Damon) a pour sujet la vengeance de Damon qui s’imposant en Arcadie au risque de troubler l’harmonie habituelle, entend se venger de Tyrsis. Querelles et intrigues de bergers arcadiens qui engagent pourtant le cĹ“ur et les vĹ“ux de chaque amoureux Ă©conduit : comme souvent, sous le masque d’un divertissement comique, se  prĂ©cisent des failles Ă©motionnelles d’une finesse imprĂ©vues. Dans sa première mouture (Les satyre en Arcadie, Ă©laborĂ© Ă  Francfort)), l’opĂ©ra fut crĂ©Ă© prĂ©cĂ©demment Ă  l’OpĂ©ra de Leipzig en 1719, soit deux annĂ©es avant que Telemann de devienne directeur de la musique Ă  Hambourg en 1721.

Passions et complots en Arcadie

 

Opéra baroque. Opera Fuoco ressuscite Damon de Telemann

 

Le berger Damon, figure de la bacchanale donc d’essence dyonisiaque et sensuel, affirme son pouvoir rĂ©cent en Arcadie, terre de l’Ă©quilibre des hommes et de la nature, en un pacte olympien/apollonien. Damon souhaite la chute de son ennemi Tyrsis, qui avait entraĂ®nĂ© sa disgrâce passĂ©e. Pourtant Damon est nĂ© en Arcadie et avait toute lĂ©gitimitĂ© pour y vivre. Heureusement depuis la mort de Tyrsis, Damon peut enfin s’battre librement en terres arcadiennes… Avant le songe d’une nuit d’Ă©tĂ© et son labyrinthe amoureux (Shakespeare/Mendelssohn), Damon de Telemann met en scène les personnages de l’Arcadie idyllique, celle dĂ©peinte par Virgile dans ses Ă©glogues (ou Buccoliques) : toujours il y est question d’injustice de l’amour et de passion amoureuse ; langueur, extase, espoir, mais aussi manipulation et tromperie jalonnent pour chaque cĹ“ur Ă©prouvĂ©, un parcours Ă©motionnel qui emporte parfois la raison jusqu’au bord de la folie : les bergers poètes, les naĂŻades et les satyres composent le peuple de l’Arcadie buccolique et Virgile lui-mĂŞme inspirĂ© de ThĂ©ocrite, met en scène le berger Damon, âme Ă©plorĂ©e après Nysa l’ait quittĂ© (Eglogue VIII) ; la partition cultive les tableaux multiples, le jeu dĂ©routant des apparences, le charme troublant des illusions (scènes d’ivresse, de sommeil et de nuit, de songe et d’extase, travestissements et quiproquos Ă  la clĂ©, comme dans l’opĂ©ra vĂ©nitien du siècle antĂ©rieur). Dans sa mixitĂ© poĂ©tique, mĂŞlant sĂ©rieux hĂ©roique et tragique, comme comique, sentimentale et pathĂ©tique, voire satirique, l’ouvrage annonce dĂ©jĂ  ce que fera Mozart dans le genre dramma giocoso : une synthèse diverse oĂą règne avant tout, la magie, fĂ©erie et miroir rĂ©aliste, du théâtre. En Damon, il faut reconnaĂ®tre la volontĂ© de dignitĂ© d’un ĂŞtre hybride Ă©cartĂ© du fait de sa naissance (satyre et non homme), auquel statut et estime ont Ă©tĂ© refusĂ©s.
Telemann, gĂ©nie du Baroque germaniqueMais la culture de Telemann, Ă©rudit et habile facĂ©tieux, aime aussi se jouer de sa propre forme ; et l’auteur combine en un jeu de distanciation propice Ă  la profondeur du genre, grands airs italiens da capo, ariosos, pastiches d’airs français et divertissements chorĂ©graphiques Ă  la française, sertis et reliĂ©s par des rĂ©citatifs savoureux, assemblĂ©s dans un continuum souple et expressif. Tout le gĂ©nie de Telemann est concentrĂ© dans Damon et promet une superbe (re)dĂ©couverte. L’Ĺ“uvre est bien connue du public de Magdebourg car on se souvient que Michael Schneider l’avait dĂ©jĂ  “ressuscitĂ©” sur la mĂŞme scène en 1996, soit il y a 20 ans (enregistrement cd chez CPO).

 

 

 

 

header_damonDamon de Telemann au Théâtre de Magdebourg (Allemagne)
4 représentations événements
Samedi 12 mars 2016 Ă  19h30
Dimanche 13 mars 2016 Ă  16h
Vendredi 18 mars 2016 Ă  19h30
Samedi 19 mars 2016 Ă  19h30

avec

Laurindo – Alexandre Artemenko
Tyrsis – Martin Candela
Elpina – Jennifer Courcier
Ergasto – Thomas Florio
Damon – Martin-Jan Nijhof
Mirtilla – Natalie Perez
Nigella – Sylvia Ziegler

Orchestre – Opera Fuoco
David Stern, direction
Mise-en-scène – Aron Stiehl

PRÉSENTATION

GĂ©nie protĂ©iforme, Telemann illumine le XVIIIè, contemporain de Rameau et plus cĂ©lèbre de son vivant que Jean-SĂ©bastien Bach. NĂ© en 1681 et mort en 1767, il a Ă©crit dans toutes les formes, rĂ©ussit une synthèse Ă©blouissante entre les styles français, italien, germanique. Compositeur douĂ© d’un sens dramatique naturel,- comme Rameau, son Ă©gal en France, Telemann laisse de nombreux opĂ©ras qui reste Ă  redĂ©couvrir et Ă  juger Ă  leur juste valeur. Damon en fait Ă©videmment partie. L’intrigue en est majoritairement comique mais l’Ă©criture ose de nombreux registres poĂ©tiques mĂŞlĂ©s avec un sens expressif et une intelligence dramatique de premier plan. LIRE notre dossier portrait de Telemann

POUSSIN-INSPIRATION-POESIE-CARRE-VIGNETTE-Poussin_Inspiration_of_the_poet_LouvreSynopsis de Damon… Damon et sa troupe de satyres surgissent en pleine Arcadie. Depuis la mort de Tyrsis, Damon est devenu tout puissant et nul ne peut Ă©chapper Ă  ses assiduitĂ©s, pas mĂŞme la jeune Mirtilla qui se rĂ©fugie dans une folie feinte, ni Elpina qui en tombe amoureuse. Mais ce que Damon ne peut soupçonner c’est que derrière la belle nymphe Caliste se cache Tyrsis qui a feint la mort pour lui Ă©chapper.

 

 

Illustration : La Grande Bacchanale, avec la joueuse de luth de Nicolas Poussin (DR)

 

 

LIRE aussi ALCINA de Haendel par David Stern et OPERA FUOCO à Shanghai, décembre 2015 / Festival international de musique baroque de Shanghai

 

 

Biographie. Telemann (1681-1767)

Biographie. Telemann (1681-1767). NĂ© en 1681 et mort en 1767, Teleman vivra en 2017, son 250ème anniversaire : une opportunitĂ© pour cĂ©lĂ©brer le gĂ©nie de ce compositeur qui certes en Allemagne du nord est bien connu, Ă©toile musicale Ă  Hambourg, vĂ©ritable esprit synthĂ©tique Ă  l’Ă©poque de Jean-SĂ©bastien Bach et comme ce dernier particulièrement admirĂ©, et davantage encore que le director musices de Leipzig car Telemann fut vĂ©nĂ©rĂ© tel un dieu vivant, affirmant l’intelligence d’une pensĂ©e musicale, celle du plein baroque, avant les prĂ©mices du classicisme et du romantisme, en somme l’exact contemporain du français Rameau et comme lui, le dernier jalon marquant du baroque impĂ©tueux, expressif, universel.

 

 

Telemann, génie du Baroque germanique

 

 

TempĂ©rament puissamment original, Telemann impose sa grande culture musicale et sa pensĂ©e Ă©clectique dans l’Allemagne du nord. Il sert comme Kapellmeister dans diverses cours saxonnes puis devient surtout l’Ă©minence incontournable de la citĂ© de Hambourg, comme Kantor du Johanneum, Ă  partir de 1721, soit Ă  40 ans. En auteur avisĂ© et organisĂ©, il coordonne immĂ©diatement la parution de ses oeuvres, destinĂ©es aux amateurs et cĂ©nacles lettrĂ©s d’oĂą sa renommĂ©e europĂ©enne prĂ©coce : en homme des Lumières et personnalitĂ© musicale, Telemann correspond sa vie durant avec les grands penseurs et thĂ©oriciens de son temps : Haendel, et les Bach, père et fils, Jean-SĂ©bastien et CPE (son filleul). AutoritĂ© incontestable, Telemann incarne une manière de modèle europĂ©en, bien au dessus de JS Bach Ă  son Ă©poque, influençant toute la nouvelle gĂ©nĂ©ration qui suit : Pisendel, Fasch, Heinichen, Graupner… Ses Ă©crits thĂ©oriques marquent profondĂ©ment la recherche de Mattheson, Quantz, Agricola, entre autres.

LEIPZIG : première consĂ©cration. A 10 ans, Telemann maĂ®trise le violon, la flĂ»te, le clavier ; c’est un jeune prodige qui Ă  12 ans compose son premier opĂ©ra : Sigismundus. MalgrĂ© la profonde et tenace rĂ©ticence de sa mère, Telemann s’obstine avec raison dans la musique dont il fait sa vocation. Ses premières Ĺ“uvres dĂ©voilent une connaissance approfondie de Agostino Stefani (rĂ©cemment ressuscitĂ© par Cecilia Bartoli), comme celle de gĂ©nies du XVIIè,  RosenmĂĽller, Corelli et Caldara. Inscrit en droit Ă  Leipzig en 1701, pour plaire Ă  sa mère, Telemann n’en oublie par pour autant de recontrer le jeune Haendel Ă  Halle.
Le maire de Leipzig saisi par son Psaume chantĂ© Ă  l’Ă©glise Saint-Thomas, lui commande immĂ©diatement un cycle de cantates, au grand dam du directeur musical de la ville, Kuhnau, rĂ©cemment nommĂ©. Telemann audacieux et entrepreneur, organise une sĂ©rie de concerts publiques oĂą joue un ensemble de musiciens Ă©tudiants prĂŞts Ă  le suivre (Collegium Musicum) ; très vite, son exceptionnel talent de compositeur lui rĂ©serve offres et propositions : il devient directeur de l’OpĂ©ra de Leipzig, compose plusieurs ouvrages lyriques, embauche les Ă©tudiants hambourgeois, chante lui-mĂŞme. En 1704, Telemann abandonne son poste Ă  l’OpĂ©ra pour devenir organiste Ă  la Neukirche.

IndisposĂ© par les remontrances du jaloux Kuhnau, Telemann quitte Leipzig en 1705 pour… la Cour italianisante du Comte Erdmann II de Promnitz (Ă  Sorau, actuelle Zary) oĂą la prĂ©dominance simultanĂ©e du style français stimule le compositeur. Il se perfectionne alors dans l’ouverture Ă  la française dont il passe pour le maĂ®tre absolu. La proximitĂ© des Ă©lites et intellectuels de Berlin, le marque alors mais son sĂ©jour est interrompu lorsque sous la menace d’une invasion suĂ©doise, le Cour du Prince Promnitz est dissoute.

Bach Ă  Eisenach, 1706. Telemann rejoint alors la Cour d’Eisenach oĂą il dirige les chanteurs comme Konzertmeister. C’est lĂ , entre 1706 et 1708 qu’il rencontre Jean-SĂ©bastien Bachn bientĂ´t sur le dĂ©part pour Weimar (1708). Telemann livre alors tout un nouveau cycle de cantates et pièces de musique de chambre. Pour Eisenach, Telemann livra jusqu’en 1729, nombre de compositions, prolongeant encore sa riche participation Ă  l’activitĂ© de la ville.
A Francfort sur le Main, le compositeur dĂ©veloppe davantage son activitĂ© urbaine et mondaine comme directeur de la musique, composant nombre de musiques de circonstance, entre autres pour les concerts hebdomadaires du Collegium Musicum local. FĂ©cond, le musicien Ă©crit musiques de mariage et de cĂ©lĂ©brations diverses, oratorios et cantates; tout en poursuivant son activitĂ© de compositeurs d’opĂ©ras pour… Leipzig.
En 1717, le duc Ernst de Gotha lui offre le poste de Kapellmeister de toutes ses cours : Telemann assoit encore son statut et sa renommĂ©e. A Dresde en 1719, pour le mariage d’Auguste II et Maria Josepha d’Autriche, il retrouve Haendel et Ă©crit pour le violoniste Pisendel.

 

 

HAMBOURG, 1721. ConsĂ©cration, reconnaissance, transmission… NommĂ© directeur musical de la ville d’Hambourg, Telemann atteint une position particulièrement exposĂ©e et enviable, lui assurant prestige et confort matĂ©riel. Pour autant, ses nouvelles fonctions ne sont pas de tout repos car il doit fournir l’ordinaire musical des 5 Ă©glises de la ville (soit comme JS Bach Ă  Leipzig : 2 cantates hebdomadaires inĂ©dites, 1 Passion par an… !, assurer un service d’enseignement.
Telemann insista aussi pour Ă©crire des opĂ©ras pour le Théâtre Lyrique de la ville : son ouvrage Der Geduldige Socrates / La Patience de Socrate, pourtant admirablement construit, ne suscita pas un enthousiasme dĂ©bordant de la part des autoritĂ©s. Un violent diffĂ©rent survint et Telemann menaçant de dĂ©missionner, se prĂ©senta au concours pour le poste de directeur musical Ă  l’Ă©glise Saint-Thomas de Leipzig en 1722. Il remporta naturellement la compĂ©tition oĂą se prĂ©sentait aussi JS Bach et Graupner, finalement dĂ©boutĂ©s. Inquiète et dĂ©stabilisĂ©e, la municipalitĂ© de Hambourg sut rĂ©agir pour garder son compositeur officiel : traitement augmentĂ©, participation aux opĂ©ras : Telemann qui laissa ainsi Leipzig Ă  JS Bach, avait gagnĂ© la partie.
ConfirmĂ© et renforcĂ©, Telemann Ă  Hambourg favorise l’essor de l’activitĂ© musicale dans la citĂ© : livrant les partitions obligĂ©es par son office, mais aussi donnant un cycle multipliĂ© de concerts dans la taverne “Lower Tree-House” oĂą il prĂ©sente ses dernières crĂ©ations avec une libertĂ© crĂ©ative en liaison avec sa certitude comme artiste reconnu. Telemann prend aussi la direction de l’OpĂ©ra de Hambourg, jusqu’Ă  la fermeture de l’Ă©tablissement en 1738.  Il programme ses ouvrages mais aussi ceux de Keiser et de Haendel (un ami estimĂ© auquel il adresse des bulbes de tulipes). Eclectique et prolixe dans diverses formes, Telemann compose aussi des opĂ©ras comiques (Pimpinone de 1725).
Telemann georg philipp telemannEditeur de ses propres oeuvres, Telemann organise et coordonne la publication de ses partitions, jusqu’en 1740, participant Ă  la diffusion de son style et donc Ă  sa renommĂ©e europĂ©enne (dont en 1728, un recueil de 72 cantates…, ou un recueil imprimĂ© Ă  Paris en 1738, les Nouveaux Quatuors). Le rayonnement de son Ĺ“uvre Ă©ditĂ©e impose l’Ă©clat et le succès populaire d’une Ă©criture accessible, pourtant virtuose, aux difficultĂ©s mesurĂ©es, au caractère galant de l’inspiration… très soucieux de la dĂ©fense de ses droits (en cela prĂ©curseur de Richard Strauss), il rejoint Paris en 1737 pour y piloter directement la publication de sa musique de chambre. Les Ă©diteurs parisiens Boivin et Le Clerc furent rappelĂ©s Ă  l’ordre par le compositeur qui n’avait pas donnĂ© autorisation Ă  l’Ă©dition de ses Sonates en trio et d’autres recueils. AvisĂ©, interventionniste, Telemann publia directement ses oeuvres, unanimement apprĂ©ciĂ©es par les français, et applaudies au Concert Spirituel.
A partir de 1740, le pĂ©dagogue et thĂ©oricien supplantent l’activitĂ© du compositeur, lequel honore cependant Ă  Hambourg, les obligations de sa charge (Passions et cantates de circonstance…). Telemann s’interroge sur le moyen de la transmission (indication des ornements, interprĂ©tation des recitatifs…) autant de sujets dĂ©veloppĂ©s dans ses recueils thĂ©oriques qui offrent un Ă©clairage dĂ©cisif pour l’interprète moderne et sur la façon de jouer sa propre musique. PensĂ©e conceptuelle autant que pragmatique, Telemann Ă©crit dans la dernière dĂ©cennie de sa longue et prodigieuse carrière, plusieurs drames lyriques inspirĂ©s des oratorios de Haendel.  Nouveaux dĂ©fis qu’aima cultiver l’infatigable auteur jusqu’Ă  son dernier souffle.

 

 

 

AGENDA TELEMANN 2016
Avant l’annĂ©e commĂ©morative (2017, soit les 250 ans de la disparition du compositeur gĂ©nial), Opera Fuoco, la compagnie lyrique crĂ©Ă©e et dirigĂ©e par l’excellent David Stern prĂ©sente l’opĂ©ra mĂ©connu mais splendide Damon au Théâtre de Magdeburg (Allemagne) en version scĂ©nique (Aron stiehl, metteur en scène), les 12, 13 18 et 19 mars 2016.

DISCOGRAPHIE

telemann theatre musical les masques olivier fortin ouverture don quixoote burlesque review cd critique cd classiquenews CLIC de novembre 2016 AJ0256CD remarquable. Les Masques emportĂ©s par Olivier Fortin subliment le gĂ©nie dramatique et poĂ©tique de Telemann : cd exceptionnel intitulĂ© “Théâtre musical de Telemann”, CLIC de CLASSIQUENEWS, Ă©ditĂ© en novembre 2016. LIRE notre critique complète du cd le Théâtre musical de Telemann par Olivier Fortin et Les Masques (1 cd Alpha)

 

telemann giovanni antonini cd alpha concerto suite chalumeau review critique cd classiquenews 3760014192456_600CD, compte rendu, critique. TELEMANN : oeuvres concertantes pour flĂ»te, deux chalumeaux… Il Giardino Armonico. Giovanni Antonini (1 cd Alpha). Voici en cette fin d’annĂ©e 2016 et prĂ©ludant Ă  l’annĂ©e Telemann 2017 (250ème anniversaire de la mort : LIRE notre dossier spĂ©cial Telemann 2017), un disque miraculeux, dĂ©diĂ© aux talents multiples du compositeur de Hambourg, lequel dans sa biographie paru dans la ville hansĂ©atique en 1740, alors qu’il en est le directeur de la musique, c’est l’un des postes les plus enviables en Europe-, prĂ©cise qu’il a « appris avec enthousiasme Ă  jouer des instruments Ă  clavier, du violon, de la flĂ»te. Et Ă  prĂ©sent, je me consacre Ă  l’apprentissage du hautbois, de la flĂ»te traversière, du chalumeau, de la viole de gambe et mĂŞme de la contrebasse et du trombone ». Rien de moins. Telemann douĂ© en tout, accomplit des trĂ©sors d’inspiration et de raffinement, … En LIRE +

 

CD. Telemann: Orpheus (Mields, Gaigg, 2010, DHM)

CD. Telemann: Orpheus (Gaigg, 2010, 2 cd DHM)

SubtilitĂ© d’un gĂ©nie europĂ©en

Après une ouverture finement ciselĂ©e, resplendissant grâce Ă  l’engagement des interprètes en ces teintes haendĂ©liennes, puis un premier air avec basse continue d’Orasia (palpitante et brillante Dorothee Mields), d’un pur climat pastoral Ă  la fois tendre et plaintif, l’approche dès son dĂ©part convainc par sa grande finesse et son Ă©locution naturelle. Du reste, le dĂ©but de l’oeuvre s’ouvre comme une cantate mettant en lumière les talents de la prima donna de la production mais aussi cet Ă©clectisme virtuose d’un compositeur europĂ©en capable d’alterner les styles italiens, français et germaniques.

telemann_orpheus_Gaigg_cd_deutsche_harmonia_mundiEnregistrĂ© en Autriche en aoĂ»t 2010, la rĂ©alisation de L’Orfeo Barockorchester dirigĂ© par Michi Gaigg captive littĂ©ralement par sa justesse Ă©motionnelle, la diversitĂ© des nuances, l’absence de tout systĂ©matisme rĂ©ducteur, si frĂ©quent chez maints “baroqueux” de l’heure.

Ici le mythe d’OrphĂ©e resplendit sous la plume d’un Telemann, enivrĂ© et très inspirĂ© par la lyre du poète de Thrace. Entre l’opĂ©ra premier de Monteverdi et celui aussi rĂ©formateur de Gluck, l’Orpheus de Telemann sait prolonger la leçon de Haendel dans l’opĂ©ra seria et l’oratorio, mais aussi s’inscrit par sa sensibilitĂ© suave et souple dans l’esthĂ©tique fine et subtile de l’Emfpindseimkeit: nommĂ© directeur de la musique de Hambourg en 1722, Telemann livre ainsi de splendides opĂ©ras pour l’OpĂ©ra Gänsemarkt. En fait partie son OrphĂ©e, vraie rĂ©ussite lyrique.

Somptueuse Orasia de Dorothee Mields

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Le tĂ©nor Markus Volpert (Orpheus) est parfois dĂ©passĂ© par l’Ă©criture vocalisante du personnage (manque de souffle, ligne rompue, justesse incertaine) et son italien manque de fermetĂ© comme de stabilitĂ©; le chanteur sauve les meubles dans les airs mĂ©dians qui n’exigent aucun aigu ni tenue de voix (Tra Speranza du II est de ce fait plus rĂ©ussi mais sans guère de conviction). L’Eurydice d’Ulrike Hofbauer reste juste et très musicale. Le Pluton engagĂ© et percutant de Reinhard Mayr, souple et naturel se distingue aussi… mais la vedette de cette rĂ©alisation très attachante par sa finesse d’intonation demeure l’excellente Dorothee Mields qui campe une Orasia attachante, la reine de Thrace, amoureuse impuissante d’OrphĂ©e: elle est ardente, trouble, en rien convenue ni lisse comme peuvent l’ĂŞtre les personnages titres (OrphĂ©e et Eurydice): Ă  l’Ă©coute de son air dĂ©veloppĂ© au dĂ©but du III qu’elle introduit Ă  son dĂ©but comme c’est le cas du I: “Furt und Hoffnung ” est Ă©poustouflant, Ă  la fois virtuose et acrobatique, haletant et captivant, dĂ©clamĂ© sans affèterie, sur le souffle, mĂŞme justesse expressive dans le court air introspectif chantĂ© en français et qui a la tendre Ă©loquence d’un Lambert ou d’un Lully : ” HĂ©las quels soupirs “… . On comprend dès lors qu’elle se taille la part du lion avec des airs parmi les plus longs de l’oeuvre avec ceux de Pluton… Aucun doute la diva de la crĂ©ation pour laquelle a composĂ© Telemann, fut en son temps une diva talentueuse et dramatiquement accomplie. Qui fut-elle en rĂ©alitĂ© ?

Il revient aux instrumentistes de l’Orfeo Barockorchester sous la direction vive et affĂ»tĂ©e, colorĂ©e et agile de Michi Gaigg, de souligner les milles caractères d’une partition versatile et très diversifiĂ©e. C’est une sĂ©rie de tableaux, de miniatures mĂŞme qui Ă©clairent chacun dans leur sĂ©quence, le climat sentimental requis et situation.

Jacobs Ă  son Ă©poque avait dĂ©voilĂ© la partition du Germanique, souligner son gĂ©nie polymorphe, accuser souvent dans l’incisive sĂ©cheresse son tempĂ©rament caractĂ©risĂ©; Michi Gaigg prolonge l’ardente vitalitĂ© de la lecture première mais en demeurant d’une justesse Ă©motionnelle parfois plus fluide et vivante grâce Ă  un relief pleinement assumĂ© c’est Ă  dire parfois âpre et mordant de l’orchestre. Grâce Ă  la suretĂ© de la distribution surtout fĂ©minine dont pur joyau vocal, le soprano ardent et clair de Dorothee Mields, vĂ©ritable rĂ©vĂ©lation du disque. RĂ©alisation très convaincante.

telemann_orpheus_Gaigg_cd_deutsche_harmonia_mundiGeorg PhilippTelemann (1681-1767): Orpheus. Dorothee Mields, Markus Volpert, Ulrike Hofbauer… L’Orfeo Barockorchester. Michi Gaigg, direction. 2 cd Deuteche Harmonia Mundi 886978 05972 7. 2h10mn. EnregistrĂ© en aoĂ»t 2010.

Illustration: Dorothee Mields incarne une somptueuse Orasia (DR)