POITIERS : Elias de Mendelssohn par Philippe Herreweghe

mendelssohn elias cd felix-mendelssohn-bartholdy_jpg_240x240_crop_upscale_q95POITIERS, TAP. Le 14 fĂ©v 2091. MENDELSSOHN: ELIAS. Philippe Herrewghe s’intĂ©resse au gĂ©nie oratorien de Mendelssohn, un aspect finalement peu connu de son Ă©criture, du moins en France (en Allemagne il en va tout autrement) ; on connaĂźt davantage ses symphonies, ses concertos, ouvertures et poĂšmes symphoniques, sans omettre Ă©videmment l’inusable musique du Songe d’une nuit d’étĂ© / Midsummer Light’s dream, si respectueuse de la poĂ©sie nocturne et amoureuse de Shakespeare.

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MENDELSSOHN : ELIASboutonreservation
POITIERS, TAP (Auditorium)
Jeudi 14 février 2019, 19h30

Philippe Herreweghe, direction
Christina Landshamer soprano
Gerhild Romberger mezzo-soprano
Werner GĂŒra tĂ©nor
AndrĂš Schuen baryton
Felix Mendelssohn Elias op. 70, oratorio en deux parties

2h30 dont entracte
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/mendelssohn/

 

 

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Présentation
Tizian, Verklaerung Christi - Titian / Transfig.of Christ / c.1560 - Titien / Transfiguration du ChristUN PROPHETE INSPIRÉ PAR DIEU... Cecil B. DeMille avait choisi MoĂŻse pour son chef-d’Ɠuvre, Mendelssohn, Élie pour le sien. Il faut dire que musicalement et dramatiquement, l’histoire du prophĂšte rĂ©serve, elle aussi, quelques moments de bravoure et d’émotion : Élie fait venir la pluie aprĂšs vingt ans de sĂ©cheresse, Élie ressuscite l’enfant de la veuve, Élie confond les faux prophĂštes et les foudroie. Le chƓur participe Ă  l’action mais se met aussi en retrait pour mĂ©diter sur la grandeur de Dieu. Quinze ans avant la crĂ©ation d’Elias, Mendelssohn avait ressorti des cartons et exposĂ© Ă  l’admiration de tous la Passion selon saint Matthieu de Bach, ignorĂ©e pendant un siĂšcle. Pouvait-il trouver meilleure inspiration ? / Illustration : TITIEN : La Transfiguration du Christ (1565), Ă©glise San Salvador. JĂ©sus transfigurĂ© est entourĂ© des prophĂštes (MoĂŻse et ses tables de la loi ; Elie dont les 3 disciples sont allongĂ©s, comme terrifiĂ©s au sol, se protĂ©geant de la lumiĂšre Ă©blouissante et miraculeuse


 

 

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ELIAS : la veine sacrĂ©e, oratorienne de MendelssohnUN ORATORIO POETIQUE ET SPIRITUEL
 AprĂšs le succĂšs remportĂ© par son Paulus, Felix Mendelssohn (1809-1847) compose son dernier grand chef-d’Ɠuvre, l’oratorio Elias, en 1846. Le livret s’appuie sur le portrait que fait le rĂ©cit biblique du prophĂšte Élie, au premier livre des Rois, ainsi que sur d’autres textes bibliques (EsaĂŻe, Psaumes, 
). Personnage d’une vraie dimension Ă©pique, passionnĂ© et volontaire, Élie Ă©volue au fil de l’oratorio gagnant en confiance, se rĂ©vĂ©lant Ă  lui-mĂȘme et prenant conscience de sa foi dans un rapport de plus en plus sobre et intense Ă  Dieu (idĂ©alement exprimĂ© dans les citations Ă  la flĂ»te et surtout et au hautbois : arioso « Ja, es sollen wohl Berge weichen »., dans l’acte II)
 CrĂ©Ă© au festival triennal de musique de Birmingham (avec pas moins de 400 exĂ©cutants), le drame Ă©difiant, est jouĂ© chaque annĂ©e de 1840 Ă  1930 lors du Three Choirs Festival. Il faut une grande expĂ©rience des effectifs importants et aussi un sens de la dentelle instrumentale autant que vocal (chez les choeurs que chez les solistes) pour rĂ©ussir l’interprĂ©tation de ce dĂ©fi dramatique et sacrĂ©. Inscrit dans l’avant derniĂšre annĂ©e de la courte carriĂšre de Mendelssohn, l’ouvrage ainsi conçu dĂ©voile les derniĂšres recherches du gĂ©nial Felix, conteur Ă©pique autant que fin portraitiste : le portrait d’Elie/Elias revĂȘt dans le cours de l’action, une humanisation de plus en plus admirable, vertueuse et lumineuse. La progression en est l’élĂ©ment moteur. L’humain et le divin, l’histoire et la priĂšre individuelle se rĂ©solvent et fusionnent dans cette vaste peinture musicale particuliĂšrement ciselĂ©e.
En témoignent aux cÎtés des airs du héros, les sections dévolues surtout dans la partie 2, à la soprano (« Höre Israel » air inaugural qui est le plus long : plus de 5mn), et au ténor.
AprĂšs l’ouverture fuguĂ©e Ă  la Bach, se succĂšdent en une narration libre et animĂ©e, 42 numĂ©ros qui racontent le dĂ©fi du prophĂšte Elie lancĂ© Ă  la face des prĂȘtres de Baal: le hĂ©ros, en saint miraculeux y guĂ©rit le fils d’une veuve, et critique sans mĂ©nagement le roi d’IsraĂ«l, Ahab, comme il rĂ©primande la reine JĂ©zabel. Mais celle-ci soulĂšve son peuple contre le suractif prophĂšte
 qui dĂ©montre sa filiation divine et misĂ©ricordieuse en obtenant la pluie tant espĂ©rĂ©e (elle n’était pas tombĂ©e depuis 3 annĂ©es), sur le Mont Carmel. Elie, ardent dĂ©fenseur et proclamateur du monothĂ©isme en des temps chaotiques et barbares, incarne aussi la dĂ©termination provocatrice de l’homme dĂ©sireux d’élever ses semblables: le ProphĂšte n’hĂ©site pas Ă  secouer la somnolence du peuple Ă©lu: “JĂ©rusalem, toi qui tues tes prophĂštes!“. En cela, Elie prĂ©figure cet autre prophĂšte, Jochanaan, qui lui aussi chĂątie sans mesure l’impie, la corruption, la paresse, tous les vices de ses semblables
 Ayant achevĂ© son oeuvre, Elie rejoint le ciel sur un char de feu, au moment oĂč le choeur admiratif entonne un hymne en l’honneur de cet homme admirable qui sut leur montrer la voie par ses actions de grĂące.
La ferveur Ă©lectrique, grandiose et sublime sans jamais de solennitĂ© ni de pompe d’un Mendelssohn finalement trĂšs schumannien, se dĂ©ploie ici dans un thĂ©Ăątre sacrĂ© qui exalte la tendresse et comme Schumann, un Ă©lan de l’ñme, viscĂ©ralement ascendant, de plus en plus solarisĂ©. Berlioz lors de la reprise d’Elias en 1847, fut saisi par sa grandeur et son humanitĂ©. La magie se rĂ©alisera-t-elle Ă  Poitiers grĂące Ă  Philippe Herreweghe et entre autres, son fabuleux orchestre des Champs ElysĂ©es, phalange idĂ©ale sur instruments anciens.

 

 

 

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LIRE aussi notre critique du cd ELIAS de MENDELSSOHN par Thomas Hengelbrock, DHM 2016
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-mendelssohn-elias-1846-hengelbrock-2016-dhm/

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POITIERS, TAP. Concert WAGNER et BRUCKNER

Philippe Herreweghe et l'Orchestre des Champs ElysĂ©es Ă  PoitiersPOITIERS, TAP. Mer 14 nov 2018. Wagner, Bruckner. SoirĂ©e symphonique, germanique et romantique au TAP de Poitiers, grĂące Ă  la force de persuasion de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es, phalange en rĂ©sidence au sein du thĂ©Ăątre poitevin, comprenant un auditorium aux qualitĂ©s acoustiques exceptionnels, Ă  notre avis pas assez reconnues. A 20h30, rĂ©cital lyrique et symphonique. Cycle de lieder avec orchestre pour soprano tout d’abord oĂč la cantatrice, experte en mĂ©lodies françaises, VĂ©ronique Gens, chante le cycle des Wesendonck-Lieder que Richard Wagner dĂ©dia Ă  sa passion pour son hĂŽtesse et protectrice en Suisse, Mathilde Wesendock (laquelle a Ă©crit aussi les poĂšmes du cycle). Idylle consommĂ©e ou non, il nous reste plusieurs chants embrasĂ©s, oĂč s’accomplissent l’enchantement et l’extase amoureuse, dont la mĂ©lodie de Tristan (celle de la nuit d’amour de l’acte II). D’une irrĂ©sistible langueur enivrĂ©e.

 

 

concert voix et orchestre au TAP de POITIERS

Romantisme lyrique et symphonique

bruckner1Puis l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es interprĂšte le massif brucknĂ©rien qui doit tant Ă  
 Wagner. Bruckner vouant une admiration sans borne pour le MaĂźtre de Bayreuth. Poitiers affiche la Symphonie n°4 de Bruckner, dite « Romantique » avec ses claires rĂ©fĂ©rences au monde chevaleresque mĂ©diĂ©val, 
( tristanesque ?)   « Ville mĂ©diĂ©vale, chevaliers se lançant au-dehors sur de fiers chevaux, Amour repoussĂ©, et mĂȘme Danse pour le repas de chasse ».
 Philippe Herreweghe aborde la symphonie avec une clartĂ© dĂ©taillĂ©e et un sens de l’analyse qui restitue le relief de l’architecture et l’acuitĂ© des timbres instrumentaux, ce dans un format et des Ă©quilibres sonores affinĂ©s, comme le permet trĂšs justement la spĂ©cificitĂ© des instruments d’époque.

Dite “Romantique”, la QuatriĂšme ouvre le cycle des Symphonies brucknĂ©riennes “en majeur”. Il existe trois versions connues, validĂ©es par l’auteur. Bruckner compose la partition originale de janvier Ă  novembre 1874 et la dĂ©die au Prince Constantin Hohenlohe, espĂ©rant une protection. La pĂ©riode est difficile pour le musicien qui n’a presque plus rien pour vivre. L’oeuvre ne sera rĂ©vĂ©lĂ©e au concert que dans sa version originelle Ă©ditĂ©e par Nowak
 en 1975! En 1878, Bruckner reprenait les deux premiers mouvements, puis en 1880, rĂ©Ă©crivait le finale. C’est cette derniĂšre version, la troisiĂšme, qui fut crĂ©Ă©e Ă  Vienne, le 20 fĂ©vrier 1881 sous la direction de Hans Richter. Le compositeur cite Parsifal de Wagner et l’instrumentation de son cher modĂšle



Gestion des cuivres (souvent colossaux), rondeur chantante des bois, mer et houle des cordes
 comment le chef saura-t-il piloter le langage brucknĂ©rien ? Il est aussi question de souffle majestueux et de grandeur, comme de mysticisme car Bruckner Ă©tait habitĂ© par l’idĂ©al chrĂ©tien, Ă©tant trĂšs croyant. RĂ©ponse ce 14 nov 2018 dans le superbe auditorium du TAP de Poitiers.

 

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Programme

> Richard Wagner : Wesendonck-Lieder
> Anton Bruckner : Symphonie n° 4 en mi bémol majeur « Romantique »

ORCHESTRE DES CHAMPS ELYSEES
Philippe Herreweghe, direction
VĂ©ronique Gens, soprano

 

 

 

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boutonreservationPOITIERS, TAP.
Mercredi 14 novembre 2018, 20h30
RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/bruckner-wagner/

1h40, avec entracte

 

 

CrĂ©ation Ă  Poitiers. Faust’s Box / Faust in the box

TAP-visuel-660-2016-poitiers-tap1Poitiers, TAP. Le 11 fĂ©vrier 2016, 20h30. Faust in the box, crĂ©ation. Nouvel objet sonore en crĂ©ation Ă  Poitiers avec cette production inclassable dans sa forme musicale mais si riche en sens et questionnement que son thĂšme suscite : Faust (dans une boĂźte) interroge la destinĂ©e humaine, le sens d’une vie terrestre. DĂ©sirs comblĂ©s au delĂ  de ses espĂ©rances, le docteur Faust n’espĂšre ni n’aspire Ă  rien. Peut-il encore vivre ? En a t il encore la volontĂ© et le vouloir ? A trop s’ĂȘtre perdu, peut-il se (re)trouver ? C’est tout l’enjeu de la nouvelle production qui met en scĂšne les multiples interrogations de Faust dans sa boĂźte.

Création au TAP de Poitiers

Faust’s Box / Faust in the box

Andrea Liberovici / Ars Nova ensemble instrumental

Faust en création à Poitiers

 

Faust est seul, enfermĂ© dans une boĂźte. Il vient d’ĂȘtre damnĂ© et il est en fuite. Non plus vers un monde extĂ©rieur mais en lui-mĂȘme. Il ne cherche plus rien sinon retrouver sa voix. S’ouvre alors un dialogue entre lui et son ombre. La chanteuse Helga Davis, remarquĂ©e dans la recrĂ©ation de Einstein on the Beach de Philip Glass et Robert Wilson, campe un Faust ni homme ni femme. Un ĂȘtre qui pense et dit Ă  la fois l’horreur et le miracle de la condition humaine. Narrateur, chanteuse et musiciens interprĂštent une partition Ă  la croisĂ©e des esthĂ©tiques, dĂ©multipliant les espaces grĂące Ă  l’électronique et ouvrant la voie Ă  de multiples illusions sonores. Andrea Liberovici signe une Ɠuvre trĂšs originale pour voix, corps, instruments, ombres en mouvement, et crĂ©e un seul et mĂȘme langage, nouveau et profondĂ©ment expressif.

liberovici-andrea-faust-creation-opera-poitiers-presentation-annonce-CLASSIQUENEWS-fevrier-2016FACE AU MIROIRAndrea Liberovici qui a conçu la musique, le texte et la mise en scĂšne du spectacle imagine Faust dans un ultime face Ă  face : lui-mĂȘme et son ombre. C’est face au miroir, le bilan d’une existence en quĂȘte de sens. Le hĂ©ros (la chanteuse Helga Davis) interroge l’enjeu et le but d’une vie terrestre Ă  travers sa propre quĂȘte. C’est un voyage intĂ©rieur et intime qui Ă  travers l’Ă©vocation de son enfance, de l’amour, du pouvoir, de l’argent, rĂ©capitule enjeux et dĂ©sirs, finalitĂ© et moralitĂ© de toute une vie, entre passion, dĂ©sir, ambition. Face au miroir de son Ăąme, que va dĂ©couvrir Faust de lui-mĂȘme ? Le spectacle d’Andrea Liberovici souligne la vacuitĂ© des existences solitaires et dĂ©sespĂ©rĂ©es oĂč le lien humain, la conscience Ă  la Nature font dĂ©faut. La force du spectacle tient Ă  la figure centrale de la chanteuse-Faust, ni homme ni femme ; au concours d’une voix off (celle de Robert Wilson, prĂ©enregistrĂ©e, sorte de “ghost-writer” ou narrateur de l’ombre dont la voix structurante mordante et juste par la pertinence des propos, organise l’action et lui apporte sa continuitĂ© dramaturgique). Avec l’apport de l’Ă©lectronique, la rĂ©alisation visuelle produit de superbes illusions sonores. Les 7 instrumentistes se fondent dans une rĂ©flexion vivante d’une tension irrĂ©sistible. Car le thĂ©Ăątre de Liberovici nous parle Ă  travers Faust du chemin qui s’offre Ă  chacun de nous. Faust, c’est nous.

Le spectacle est repris à Paris, Philharmonie, le 17 septembre 2016 ; puis du 29 nomvebre au 4 décembre 2016, au Teatro Stabile de GÚnes (Italie)

 

 

boutonreservationPoitiers, TAP. Le 11 février 2016, 20h30. Faust in the box, création
Placement libre
Création
Andrea Liberovici, musique, texte et mise en scĂšne
Helga Davis, chant
Philippe Nahon, direction
Ars Nova ensemble instrumental (7 musiciens)
Robert Wilson, narrateur de l’ombre
Controluce – Teatro d’ombre, ombres en vidĂ©o

Autour de Faust au TAP de Poitiers

Dialogue des plateaux : Faust, une légende allemande de Murnau, dim 14 fév 11h

Pourquoi les chefs d’orchestre mĂšnent-ils tout le monde Ă  la baguette ? avec François Martel, jeu 11 fĂ©v 18h30

Une question existentielle Ă  laquelle tentera de rĂ©pondre par trois fois au cours de la saison un comĂ©dien ou metteur en scĂšne avec la complicitĂ© d’un musicien ou chef d’orchestre. Ce duo s’interrogera sur une oeuvre du rĂ©pertoire, un air connu ou un compositeur cĂ©lĂšbre, il nous ouvrira avec humour et espiĂšglerie les portes de la musique classique et contemporaine. Des « non-confĂ©rences », Ă©laborĂ©es avec nos trois orchestres associĂ©s, Ă  dĂ©guster au bar de l’auditorium.
jeudi 11 février 18h30
La rĂ©ponse de François Martel, comĂ©dien, avec la complicitĂ© d’Alain Tresallet, altiste d’Ars Nova ensemble instrumental.
En lien avec Faust in the box

 

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Poitiers. Sibelius, Schumann… Concert Symphonique au TAP

dautricourt-nicolas-violon-582-390-UNE-CLASSIQUENEWSPoitiers, TAP. Jeudi 12 novembre 2015, 20h30. Mendelssohn, Sibelius, Schumann... Superbe concert symphonique Ă  Poitiers au TAP, ce 12 novembre avec plusieurs oeuvres de compositeurs exaltĂ©s par le spectacle de la nature, flamboyante et insaisissable : Mendelssohn et Schumann, deux romantiques allemands (d’autant plus “naturels” dans ce programme puisque la saison 2015 – 2016 du TAP fĂȘte l’Allemagne) ; mais aussi des Ɠuvres rares et concertantes (avec le concours du violoniste français Nicholas Dautricourt) du plus grand compositeur pour l’orchestre en Finlande : Jean Sibelius.

 

 

 


poitiers-TAP-saison-15-16-jaune-bandeau-582-pour-articles-classiquenewsDùs 18h30

A l’occasion de ce grand concert symphonique de la nouvelle saison 2015-2016 du TAP de Poitiers, les spectateurs pourront assister dĂšs 18h30 au Bar de l’Auditorium Ă  une rencontre confĂ©rence (entrĂ©e libre) en prĂ©sence du chef invitĂ© (Jean-François Verdier) oĂč un comĂ©dien (JĂ©rĂŽme Rouger) Ă©lucidera non sans facĂ©tie les enjeux de la question qui fait dĂ©bat : pourquoi les chefs d’orchestre mĂšnent-ils tout le monde Ă  la baguette ? (premiĂšre de trois sessions programmĂ©es au TAP : les 12 novembre donc, puis 11 fĂ©vrier et 17 mars 2016).

 

 

 

 

Mendelssohn, Sibelius, Schumann

3 poĂštes de la Nature

 

 

 

poitiers-TAP-saison-15-16-jaune-bandeau-582-pour-articles-classiquenewsA 20h30
 La Nature, étourdissante, flamboyante, inspirant un lyrisme éperdu, triomphe dans ce programme qui réunit les Romantiques Mendelssohn et Schumann, et aussi le moderne, génie de la musique symphonique en Finlande, Jean Sibelius (dont 2015 célÚbre le 150Úme anniversaire : LIRE notre dossier Sibelius dossier 2015).

Mendelssohn Felix-MendelssohnD’abord, l’ouverture “Les HĂ©brides” du hambourgeois FĂ©lix Mendelssohn traduit le processus crĂ©ateur que cultivent les compositeurs : la nature leur fournit des sensations souvent vĂ©cues sur le motif (c’est le cas de Mendelssohn, spectateur exaltĂ© pendant un voyage en Ecosse en 1829). L’écriture n’est pas descriptive ou strictement narrative mais plutĂŽt subjective et intensĂ©ment Ă©vocatrice, recomposant le sujet observĂ©, traduisant les riches impressions ressenties devant cette Grotte de Fingal, – autre titre de la piĂšce -,  prodige minĂ©ral balayĂ© et fouettĂ© par la mer,  et qui offre Ă  Mendelssohn panthĂ©iste et naturaliste de premier ordre, l’occasion d’exprimer en musique la grandeur et le caractĂšre surnaturel du spectacle ainsi dĂ©couvert pendant son voyage. RĂ©visĂ©e et achevĂ©e en 1830 (Ă  Paris), l’annĂ©e de la Symphonie Fantastique de Berlioz, l’ouverture “Les HĂ©brides” diffuse intactes, la puissance et la magie de l’impĂ©nĂ©trable Nature.

 

 

 

Sibelius 2015Tout aussi sensible Ă  la Nature, Jean Sibelius (mort en 1957) en Finlande incarne le miracle symphonique scandinave qui prend son essor dans la premiĂšre moitiĂ© du XXĂšme (aux cĂŽtĂ©s de Nielsen, son contemporain danois). AprĂšs le premier romantique Mendelssohn, Sibelius approfondit encore l’expression musicale de la Nature dans un style encore plus personnel et surtout synthĂ©tique : Ă©lan printanier, Ă©blouissement solaire ou plĂ©nitude suspendue de l’hiver, l’écriture de Sibelius apporte autant que Mahler, le gĂ©nie d’un imaginaire inĂ©dit pour l’orchestre. OĂč le jeu des timbres associĂ©s, le dialogue entre les pupitres (cordes, cuivres, bois et vents), surtout l’exposition unique des thĂšmes caractĂ©risent un style immĂ©diatement reconnaissable par son irrĂ©pressible ardeur, entre passion, mystĂšre, intĂ©rioritĂ©.

Les Deux SĂ©rĂ©nades pour violon et orchestre opus. 69, crĂ©Ă©es en 1915 colorent la sensibilitĂ© instrumentale du compositeur, son souci de la couleur comme de la construction, par une teinte profondĂ©ment mĂ©lancolique (que l’on retrouve aussi dans son exceptionnel Concerto pour violon composĂ© 10 ans auparavant en 1905).

Cycle d’une rare cohĂ©rence poĂ©tique, les Six Humoresques (1917-1919) consultent les pages d’un livre de paysages d’une Ăąpre et pĂ©nĂ©trante beautĂ© : Sibelius y redouble d’exaltation et d’introspection, sachant varier les climats et soigner l’enchaĂźnement des 6 piĂšces dont la derniĂšre, la plus bouleversante, bascule en un rĂȘve intĂ©rieur.

 

dautricourt-nicolas-violon-582-390-UNE-CLASSIQUENEWS

Nicholas Dautricourt, violon (DR)

 

 

 

La Valse triste de 1904 est contemporaine de la composition de la Symphonie n°3 en ut majeur : elle est emblĂ©matique de la rĂ©ception des oeuvres de Sibelius : au dĂ©part destinĂ©e comme musique de scĂšne Ă  la piĂšce Kuolema d’Arvid Jarnefeld, la force pudique de son irrĂ©pressible Ă©lan l’a immĂ©diatement distinguĂ©e et depuis le chef lĂ©gendaire Karajan, (celui mĂ©ditatif et le plus rentrĂ©, – qui aima l’enregistrer avec le Berliner Philharmoniker-), la piĂšce jouĂ©e dĂ©sormais de façon indĂ©pendante, fait partie des grands tubes des concerts symphoniques : elle touche par sa pudeur mesurĂ©e, et son intensitĂ© quasi spirituelle, construite sur le plan favori du compositeur : une croissance progressive du matĂ©riau sonore qui de fait, en sĂ©quence finale, exulte et s’embrase, pour revenir au murmure du dĂ©but. Un chef d’oeuvre dramatique, qui saisit aussi par sa science de l’instrumentation.

 

 

 

 

schumann robert clara essai Philippe andreAprĂšs l’entracte, la Symphonie n°1 «  Le Printemps » de Robert Schumann regarde du cĂŽtĂ© de l’exaltation juvĂ©nile d’un Mendelssohn. En 1841, Schumann est l’heureux Ă©poux de la pianiste Clara Wieck dont le pĂšre n’avait cessĂ© d’oeuvrer pour reporter la noce. ExaltĂ©e elle aussi, mais aussi d’un tendresse qui sait ĂȘtre recueillie et intensĂ©ment pudique (rĂȘverie du Larghetto), la premiĂšre Symphonie de Schumann est un feu ardent et lumineux, le premier essai – rĂ©ussi- du compositeur dans le format symphonique, lui qui n’avait jusque lĂ  que traiter en maĂźtre, les oeuvres pour piano et le lied (mĂ©lodie germanique). Et signe d’une filiation fraternelle prĂ©sente dans le choix du programme de ce concert, c’est Mendelssohn lui-mĂȘme au Gewandhaus de Leipzig, qui crĂ©e la partition le 31 mars 1841, dĂ©livrant cette joie spontanĂ©e, de fait printaniĂšre qui est la couleur gĂ©nĂ©rale de toute la Symphonie.

 

 

 

 

 

 

 

boutonreservationPoitiers, TAP Théùtre Auditorium
Jeudi 12 novembre 2015, 20h30
Concert Mendelssohn, Sibelius, Schumann

 

 

Felix Mendelssohn : Les HĂ©brides op. 26 (ouverture)

Jean Sibelius :

Sérénade n°2 pour violon et orchestre en sol mineur op. 69,
Humoresques pour violon et orchestre
(Nicholas Dautricourt, violon)

Valse Triste op.44

Robert Schumann : Symphonie n° 1 en si bémol majeur op. 38 Le Printemps 

Orchestre Poitou-Charentes
Jean-François Verdier, direction

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Poitiers, TAP : concert Ravel, Ibert, Offenbach. Orchestre Poitou-Charentes, le 20 mars 2014

TAP opc-20mars81Poitiers, TAP. Concert Offenbach, Ravel, Ibert, Le 20 mars 2014 
 (auditorium, 19h30. Fayçal Karoui, direction). Orchestre Poitou-Charentes.  Pour l’anniversaire du dĂ©but de la grande guerre, l’Orchestre Poitou-Charentes  interprĂšte Le Tombeau de Couperin de Ravel, -introspection historicisante, une Ɠuvre Ă©crite Ă  partir de 1914. Les six piĂšces qui la composent sont un hommage Ă  des amis de Ravel morts au front, dans une forme qui rappelle la musique baroque Grand SiĂšcle, emprunte de nostalgie, d’élĂ©gance et de raffinement (dans les couleurs instrumentales), de poĂ©sie surtout, mĂ©ditative et pudique. Le programme croise ensuite le raffinement du Concerto pour flĂ»te d’Ibert (soliste : Magali Mosnier, flĂ»te) et la fiĂšvre lĂ©gĂšre et Ă©lĂ©gante de Manuel Rosenthal quand il adapte en un florilĂšge irrĂ©sistible, les rythmes trĂ©pidants d’Offenbach. MĂȘme lĂ©gĂšre, la musique française sait sĂ©duire par sa subtilitĂ© toutes en couleurs.

programme :

Ravel : Le Tombeau de Couperin
Ibert : Concerto pour flûte (soliste : Magali Mosnier, flûte)
Offenbach / Manuel Rosenthal : La Gaßté parisienne

Poitiers, TAP. Concert Offenbach, Ravel, Ibert. Orchestre Poitou-Charentes. Le 20 mars 2014  (auditorium, 19h30), (Fayçal Karoui, direction).

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