POITIERS : Elias de Mendelssohn par Philippe Herreweghe

mendelssohn elias cd felix-mendelssohn-bartholdy_jpg_240x240_crop_upscale_q95POITIERS, TAP. Le 14 fév 2091. MENDELSSOHN: ELIAS. Philippe Herrewghe s’intéresse au génie oratorien de Mendelssohn, un aspect finalement peu connu de son écriture, du moins en France (en Allemagne il en va tout autrement) ; on connaît davantage ses symphonies, ses concertos, ouvertures et poèmes symphoniques, sans omettre évidemment l’inusable musique du Songe d’une nuit d’été / Midsummer Light’s dream, si respectueuse de la poésie nocturne et amoureuse de Shakespeare.

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MENDELSSOHN : ELIASboutonreservation
POITIERS, TAP (Auditorium)
Jeudi 14 février 2019, 19h30

Philippe Herreweghe, direction
Christina Landshamer soprano
Gerhild Romberger mezzo-soprano
Werner Güra ténor
Andrè Schuen baryton
Felix Mendelssohn Elias op. 70, oratorio en deux parties

2h30 dont entracte
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/mendelssohn/

 

 

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Présentation
Tizian, Verklaerung Christi - Titian / Transfig.of Christ / c.1560 - Titien / Transfiguration du ChristUN PROPHETE INSPIRÉ PAR DIEU... Cecil B. DeMille avait choisi Moïse pour son chef-d’œuvre, Mendelssohn, Élie pour le sien. Il faut dire que musicalement et dramatiquement, l’histoire du prophète réserve, elle aussi, quelques moments de bravoure et d’émotion : Élie fait venir la pluie après vingt ans de sécheresse, Élie ressuscite l’enfant de la veuve, Élie confond les faux prophètes et les foudroie. Le chœur participe à l’action mais se met aussi en retrait pour méditer sur la grandeur de Dieu. Quinze ans avant la création d’Elias, Mendelssohn avait ressorti des cartons et exposé à l’admiration de tous la Passion selon saint Matthieu de Bach, ignorée pendant un siècle. Pouvait-il trouver meilleure inspiration ? / Illustration : TITIEN : La Transfiguration du Christ (1565), église San Salvador. Jésus transfiguré est entouré des prophètes (Moïse et ses tables de la loi ; Elie dont les 3 disciples sont allongés, comme terrifiés au sol, se protégeant de la lumière éblouissante et miraculeuse…

 

 

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ELIAS : la veine sacrée, oratorienne de MendelssohnUN ORATORIO POETIQUE ET SPIRITUEL… Après le succès remporté par son Paulus, Felix Mendelssohn (1809-1847) compose son dernier grand chef-d’œuvre, l’oratorio Elias, en 1846. Le livret s’appuie sur le portrait que fait le récit biblique du prophète Élie, au premier livre des Rois, ainsi que sur d’autres textes bibliques (Esaïe, Psaumes, …). Personnage d’une vraie dimension épique, passionné et volontaire, Élie évolue au fil de l’oratorio gagnant en confiance, se révélant à lui-même et prenant conscience de sa foi dans un rapport de plus en plus sobre et intense à Dieu (idéalement exprimé dans les citations à la flûte et surtout et au hautbois : arioso « Ja, es sollen wohl Berge weichen »., dans l’acte II)… Créé au festival triennal de musique de Birmingham (avec pas moins de 400 exécutants), le drame édifiant, est joué chaque année de 1840 à 1930 lors du Three Choirs Festival. Il faut une grande expérience des effectifs importants et aussi un sens de la dentelle instrumentale autant que vocal (chez les choeurs que chez les solistes) pour réussir l’interprétation de ce défi dramatique et sacré. Inscrit dans l’avant dernière année de la courte carrière de Mendelssohn, l’ouvrage ainsi conçu dévoile les dernières recherches du génial Felix, conteur épique autant que fin portraitiste : le portrait d’Elie/Elias revêt dans le cours de l’action, une humanisation de plus en plus admirable, vertueuse et lumineuse. La progression en est l’élément moteur. L’humain et le divin, l’histoire et la prière individuelle se résolvent et fusionnent dans cette vaste peinture musicale particulièrement ciselée.
En témoignent aux côtés des airs du héros, les sections dévolues surtout dans la partie 2, à la soprano (« Höre Israel » air inaugural qui est le plus long : plus de 5mn), et au ténor.
Après l’ouverture fuguée à la Bach, se succèdent en une narration libre et animée, 42 numéros qui racontent le défi du prophète Elie lancé à la face des prêtres de Baal: le héros, en saint miraculeux y guérit le fils d’une veuve, et critique sans ménagement le roi d’Israël, Ahab, comme il réprimande la reine Jézabel. Mais celle-ci soulève son peuple contre le suractif prophète… qui démontre sa filiation divine et miséricordieuse en obtenant la pluie tant espérée (elle n’était pas tombée depuis 3 années), sur le Mont Carmel. Elie, ardent défenseur et proclamateur du monothéisme en des temps chaotiques et barbares, incarne aussi la détermination provocatrice de l’homme désireux d’élever ses semblables: le Prophète n’hésite pas à secouer la somnolence du peuple élu: “Jérusalem, toi qui tues tes prophètes!“. En cela, Elie préfigure cet autre prophète, Jochanaan, qui lui aussi châtie sans mesure l’impie, la corruption, la paresse, tous les vices de ses semblables… Ayant achevé son oeuvre, Elie rejoint le ciel sur un char de feu, au moment où le choeur admiratif entonne un hymne en l’honneur de cet homme admirable qui sut leur montrer la voie par ses actions de grâce.
La ferveur électrique, grandiose et sublime sans jamais de solennité ni de pompe d’un Mendelssohn finalement très schumannien, se déploie ici dans un théâtre sacré qui exalte la tendresse et comme Schumann, un élan de l’âme, viscéralement ascendant, de plus en plus solarisé. Berlioz lors de la reprise d’Elias en 1847, fut saisi par sa grandeur et son humanité. La magie se réalisera-t-elle à Poitiers grâce à Philippe Herreweghe et entre autres, son fabuleux orchestre des Champs Elysées, phalange idéale sur instruments anciens.

 

 

 

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LIRE aussi notre critique du cd ELIAS de MENDELSSOHN par Thomas Hengelbrock, DHM 2016
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-mendelssohn-elias-1846-hengelbrock-2016-dhm/

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POITIERS, TAP. Concert WAGNER et BRUCKNER

Philippe Herreweghe et l'Orchestre des Champs Elysées à PoitiersPOITIERS, TAP. Mer 14 nov 2018. Wagner, Bruckner. Soirée symphonique, germanique et romantique au TAP de Poitiers, grâce à la force de persuasion de l’Orchestre des Champs Elysées, phalange en résidence au sein du théâtre poitevin, comprenant un auditorium aux qualités acoustiques exceptionnels, à notre avis pas assez reconnues. A 20h30, récital lyrique et symphonique. Cycle de lieder avec orchestre pour soprano tout d’abord où la cantatrice, experte en mélodies françaises, Véronique Gens, chante le cycle des Wesendonck-Lieder que Richard Wagner dédia à sa passion pour son hôtesse et protectrice en Suisse, Mathilde Wesendock (laquelle a écrit aussi les poèmes du cycle). Idylle consommée ou non, il nous reste plusieurs chants embrasés, où s’accomplissent l’enchantement et l’extase amoureuse, dont la mélodie de Tristan (celle de la nuit d’amour de l’acte II). D’une irrésistible langueur enivrée.

 

 

concert voix et orchestre au TAP de POITIERS

Romantisme lyrique et symphonique

bruckner1Puis l’Orchestre des Champs-Elysées interprète le massif brucknérien qui doit tant à … Wagner. Bruckner vouant une admiration sans borne pour le Maître de Bayreuth. Poitiers affiche la Symphonie n°4 de Bruckner, dite « Romantique » avec ses claires références au monde chevaleresque médiéval, …( tristanesque ?) … « Ville médiévale, chevaliers se lançant au-dehors sur de fiers chevaux, Amour repoussé, et même Danse pour le repas de chasse ».… Philippe Herreweghe aborde la symphonie avec une clarté détaillée et un sens de l’analyse qui restitue le relief de l’architecture et l’acuité des timbres instrumentaux, ce dans un format et des équilibres sonores affinés, comme le permet très justement la spécificité des instruments d’époque.

Dite “Romantique”, la Quatrième ouvre le cycle des Symphonies brucknériennes “en majeur”. Il existe trois versions connues, validées par l’auteur. Bruckner compose la partition originale de janvier à novembre 1874 et la dédie au Prince Constantin Hohenlohe, espérant une protection. La période est difficile pour le musicien qui n’a presque plus rien pour vivre. L’oeuvre ne sera révélée au concert que dans sa version originelle éditée par Nowak… en 1975! En 1878, Bruckner reprenait les deux premiers mouvements, puis en 1880, réécrivait le finale. C’est cette dernière version, la troisième, qui fut créée à Vienne, le 20 février 1881 sous la direction de Hans Richter. Le compositeur cite Parsifal de Wagner et l’instrumentation de son cher modèle…
…
Gestion des cuivres (souvent colossaux), rondeur chantante des bois, mer et houle des cordes… comment le chef saura-t-il piloter le langage brucknérien ? Il est aussi question de souffle majestueux et de grandeur, comme de mysticisme car Bruckner était habité par l’idéal chrétien, étant très croyant. Réponse ce 14 nov 2018 dans le superbe auditorium du TAP de Poitiers.

 

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Programme

> Richard Wagner : Wesendonck-Lieder
> Anton Bruckner : Symphonie n° 4 en mi bémol majeur « Romantique »

ORCHESTRE DES CHAMPS ELYSEES
Philippe Herreweghe, direction
VĂ©ronique Gens, soprano

 

 

 

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boutonreservationPOITIERS, TAP.
Mercredi 14 novembre 2018, 20h30
RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/bruckner-wagner/

1h40, avec entracte

 

 

CrĂ©ation Ă  Poitiers. Faust’s Box / Faust in the box

TAP-visuel-660-2016-poitiers-tap1Poitiers, TAP. Le 11 fĂ©vrier 2016, 20h30. Faust in the box, crĂ©ation. Nouvel objet sonore en crĂ©ation Ă  Poitiers avec cette production inclassable dans sa forme musicale mais si riche en sens et questionnement que son thème suscite : Faust (dans une boĂ®te) interroge la destinĂ©e humaine, le sens d’une vie terrestre. DĂ©sirs comblĂ©s au delĂ  de ses espĂ©rances, le docteur Faust n’espère ni n’aspire Ă  rien. Peut-il encore vivre ? En a t il encore la volontĂ© et le vouloir ? A trop s’ĂŞtre perdu, peut-il se (re)trouver ? C’est tout l’enjeu de la nouvelle production qui met en scène les multiples interrogations de Faust dans sa boĂ®te.

Création au TAP de Poitiers

Faust’s Box / Faust in the box

Andrea Liberovici / Ars Nova ensemble instrumental

Faust en création à Poitiers

 

Faust est seul, enfermĂ© dans une boĂ®te. Il vient d’être damnĂ© et il est en fuite. Non plus vers un monde extĂ©rieur mais en lui-mĂŞme. Il ne cherche plus rien sinon retrouver sa voix. S’ouvre alors un dialogue entre lui et son ombre. La chanteuse Helga Davis, remarquĂ©e dans la recrĂ©ation de Einstein on the Beach de Philip Glass et Robert Wilson, campe un Faust ni homme ni femme. Un ĂŞtre qui pense et dit Ă  la fois l’horreur et le miracle de la condition humaine. Narrateur, chanteuse et musiciens interprètent une partition Ă  la croisĂ©e des esthĂ©tiques, dĂ©multipliant les espaces grâce Ă  l’électronique et ouvrant la voie Ă  de multiples illusions sonores. Andrea Liberovici signe une Ĺ“uvre très originale pour voix, corps, instruments, ombres en mouvement, et crĂ©e un seul et mĂŞme langage, nouveau et profondĂ©ment expressif.

liberovici-andrea-faust-creation-opera-poitiers-presentation-annonce-CLASSIQUENEWS-fevrier-2016FACE AU MIROIRAndrea Liberovici qui a conçu la musique, le texte et la mise en scène du spectacle imagine Faust dans un ultime face Ă  face : lui-mĂŞme et son ombre. C’est face au miroir, le bilan d’une existence en quĂŞte de sens. Le hĂ©ros (la chanteuse Helga Davis) interroge l’enjeu et le but d’une vie terrestre Ă  travers sa propre quĂŞte. C’est un voyage intĂ©rieur et intime qui Ă  travers l’Ă©vocation de son enfance, de l’amour, du pouvoir, de l’argent, rĂ©capitule enjeux et dĂ©sirs, finalitĂ© et moralitĂ© de toute une vie, entre passion, dĂ©sir, ambition. Face au miroir de son âme, que va dĂ©couvrir Faust de lui-mĂŞme ? Le spectacle d’Andrea Liberovici souligne la vacuitĂ© des existences solitaires et dĂ©sespĂ©rĂ©es oĂą le lien humain, la conscience Ă  la Nature font dĂ©faut. La force du spectacle tient Ă  la figure centrale de la chanteuse-Faust, ni homme ni femme ; au concours d’une voix off (celle de Robert Wilson, prĂ©enregistrĂ©e, sorte de “ghost-writer” ou narrateur de l’ombre dont la voix structurante mordante et juste par la pertinence des propos, organise l’action et lui apporte sa continuitĂ© dramaturgique). Avec l’apport de l’Ă©lectronique, la rĂ©alisation visuelle produit de superbes illusions sonores. Les 7 instrumentistes se fondent dans une rĂ©flexion vivante d’une tension irrĂ©sistible. Car le théâtre de Liberovici nous parle Ă  travers Faust du chemin qui s’offre Ă  chacun de nous. Faust, c’est nous.

Le spectacle est repris à Paris, Philharmonie, le 17 septembre 2016 ; puis du 29 nomvebre au 4 décembre 2016, au Teatro Stabile de Gènes (Italie)

 

 

boutonreservationPoitiers, TAP. Le 11 février 2016, 20h30. Faust in the box, création
Placement libre
Création
Andrea Liberovici, musique, texte et mise en scène
Helga Davis, chant
Philippe Nahon, direction
Ars Nova ensemble instrumental (7 musiciens)
Robert Wilson, narrateur de l’ombre
Controluce – Teatro d’ombre, ombres en vidĂ©o

Autour de Faust au TAP de Poitiers

Dialogue des plateaux : Faust, une légende allemande de Murnau, dim 14 fév 11h

Pourquoi les chefs d’orchestre mènent-ils tout le monde à la baguette ? avec François Martel, jeu 11 fév 18h30

Une question existentielle à laquelle tentera de répondre par trois fois au cours de la saison un comédien ou metteur en scène avec la complicité d’un musicien ou chef d’orchestre. Ce duo s’interrogera sur une oeuvre du répertoire, un air connu ou un compositeur célèbre, il nous ouvrira avec humour et espièglerie les portes de la musique classique et contemporaine. Des « non-conférences », élaborées avec nos trois orchestres associés, à déguster au bar de l’auditorium.
jeudi 11 février 18h30
La réponse de François Martel, comédien, avec la complicité d’Alain Tresallet, altiste d’Ars Nova ensemble instrumental.
En lien avec Faust in the box

 

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Poitiers. Sibelius, Schumann… Concert Symphonique au TAP

dautricourt-nicolas-violon-582-390-UNE-CLASSIQUENEWSPoitiers, TAP. Jeudi 12 novembre 2015, 20h30. Mendelssohn, Sibelius, Schumann... Superbe concert symphonique Ă  Poitiers au TAP, ce 12 novembre avec plusieurs oeuvres de compositeurs exaltĂ©s par le spectacle de la nature, flamboyante et insaisissable : Mendelssohn et Schumann, deux romantiques allemands (d’autant plus “naturels” dans ce programme puisque la saison 2015 – 2016 du TAP fĂŞte l’Allemagne) ; mais aussi des Ĺ“uvres rares et concertantes (avec le concours du violoniste français Nicholas Dautricourt) du plus grand compositeur pour l’orchestre en Finlande : Jean Sibelius.

 

 

 


poitiers-TAP-saison-15-16-jaune-bandeau-582-pour-articles-classiquenewsDès 18h30…
A l’occasion de ce grand concert symphonique de la nouvelle saison 2015-2016 du TAP de Poitiers, les spectateurs pourront assister dès 18h30 au Bar de l’Auditorium Ă  une rencontre confĂ©rence (entrĂ©e libre) en prĂ©sence du chef invitĂ© (Jean-François Verdier) oĂą un comĂ©dien (JĂ©rĂ´me Rouger) Ă©lucidera non sans facĂ©tie les enjeux de la question qui fait dĂ©bat : pourquoi les chefs d’orchestre mènent-ils tout le monde Ă  la baguette ? (première de trois sessions programmĂ©es au TAP : les 12 novembre donc, puis 11 fĂ©vrier et 17 mars 2016).

 

 

 

 

Mendelssohn, Sibelius, Schumann

3 poètes de la Nature

 

 

 

poitiers-TAP-saison-15-16-jaune-bandeau-582-pour-articles-classiquenewsA 20h30… La Nature, étourdissante, flamboyante, inspirant un lyrisme éperdu, triomphe dans ce programme qui réunit les Romantiques Mendelssohn et Schumann, et aussi le moderne, génie de la musique symphonique en Finlande, Jean Sibelius (dont 2015 célèbre le 150ème anniversaire : LIRE notre dossier Sibelius dossier 2015).

Mendelssohn Felix-MendelssohnD’abord, l’ouverture “Les HĂ©brides” du hambourgeois FĂ©lix Mendelssohn traduit le processus crĂ©ateur que cultivent les compositeurs : la nature leur fournit des sensations souvent vĂ©cues sur le motif (c’est le cas de Mendelssohn, spectateur exaltĂ© pendant un voyage en Ecosse en 1829). L’écriture n’est pas descriptive ou strictement narrative mais plutĂ´t subjective et intensĂ©ment Ă©vocatrice, recomposant le sujet observĂ©, traduisant les riches impressions ressenties devant cette Grotte de Fingal, – autre titre de la pièce -,  prodige minĂ©ral balayĂ© et fouettĂ© par la mer,  et qui offre Ă  Mendelssohn panthĂ©iste et naturaliste de premier ordre, l’occasion d’exprimer en musique la grandeur et le caractère surnaturel du spectacle ainsi dĂ©couvert pendant son voyage. RĂ©visĂ©e et achevĂ©e en 1830 (Ă  Paris), l’annĂ©e de la Symphonie Fantastique de Berlioz, l’ouverture “Les HĂ©brides” diffuse intactes, la puissance et la magie de l’impĂ©nĂ©trable Nature.

 

 

 

Sibelius 2015Tout aussi sensible à la Nature, Jean Sibelius (mort en 1957) en Finlande incarne le miracle symphonique scandinave qui prend son essor dans la première moitié du XXème (aux côtés de Nielsen, son contemporain danois). Après le premier romantique Mendelssohn, Sibelius approfondit encore l’expression musicale de la Nature dans un style encore plus personnel et surtout synthétique : élan printanier, éblouissement solaire ou plénitude suspendue de l’hiver, l’écriture de Sibelius apporte autant que Mahler, le génie d’un imaginaire inédit pour l’orchestre. Où le jeu des timbres associés, le dialogue entre les pupitres (cordes, cuivres, bois et vents), surtout l’exposition unique des thèmes caractérisent un style immédiatement reconnaissable par son irrépressible ardeur, entre passion, mystère, intériorité.

Les Deux Sérénades pour violon et orchestre opus. 69, créées en 1915 colorent la sensibilité instrumentale du compositeur, son souci de la couleur comme de la construction, par une teinte profondément mélancolique (que l’on retrouve aussi dans son exceptionnel Concerto pour violon composé 10 ans auparavant en 1905).

Cycle d’une rare cohérence poétique, les Six Humoresques (1917-1919) consultent les pages d’un livre de paysages d’une âpre et pénétrante beauté : Sibelius y redouble d’exaltation et d’introspection, sachant varier les climats et soigner l’enchaînement des 6 pièces dont la dernière, la plus bouleversante, bascule en un rêve intérieur.

 

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Nicholas Dautricourt, violon (DR)

 

 

 

La Valse triste de 1904 est contemporaine de la composition de la Symphonie n°3 en ut majeur : elle est emblĂ©matique de la rĂ©ception des oeuvres de Sibelius : au dĂ©part destinĂ©e comme musique de scène Ă  la pièce Kuolema d’Arvid Jarnefeld, la force pudique de son irrĂ©pressible Ă©lan l’a immĂ©diatement distinguĂ©e et depuis le chef lĂ©gendaire Karajan, (celui mĂ©ditatif et le plus rentrĂ©, – qui aima l’enregistrer avec le Berliner Philharmoniker-), la pièce jouĂ©e dĂ©sormais de façon indĂ©pendante, fait partie des grands tubes des concerts symphoniques : elle touche par sa pudeur mesurĂ©e, et son intensitĂ© quasi spirituelle, construite sur le plan favori du compositeur : une croissance progressive du matĂ©riau sonore qui de fait, en sĂ©quence finale, exulte et s’embrase, pour revenir au murmure du dĂ©but. Un chef d’oeuvre dramatique, qui saisit aussi par sa science de l’instrumentation.

 

 

 

 

schumann robert clara essai Philippe andreAprès l’entracte, la Symphonie n°1 «  Le Printemps » de Robert Schumann regarde du cĂ´tĂ© de l’exaltation juvĂ©nile d’un Mendelssohn. En 1841, Schumann est l’heureux Ă©poux de la pianiste Clara Wieck dont le père n’avait cessĂ© d’oeuvrer pour reporter la noce. ExaltĂ©e elle aussi, mais aussi d’un tendresse qui sait ĂŞtre recueillie et intensĂ©ment pudique (rĂŞverie du Larghetto), la première Symphonie de Schumann est un feu ardent et lumineux, le premier essai – rĂ©ussi- du compositeur dans le format symphonique, lui qui n’avait jusque lĂ  que traiter en maĂ®tre, les oeuvres pour piano et le lied (mĂ©lodie germanique). Et signe d’une filiation fraternelle prĂ©sente dans le choix du programme de ce concert, c’est Mendelssohn lui-mĂŞme au Gewandhaus de Leipzig, qui crĂ©e la partition le 31 mars 1841, dĂ©livrant cette joie spontanĂ©e, de fait printanière qui est la couleur gĂ©nĂ©rale de toute la Symphonie.

 

 

 

 

 

 

 

boutonreservationPoitiers, TAP Théâtre Auditorium
Jeudi 12 novembre 2015, 20h30
Concert Mendelssohn, Sibelius, Schumann

 

 

Felix Mendelssohn : Les HĂ©brides op. 26 (ouverture)

Jean Sibelius :

Sérénade n°2 pour violon et orchestre en sol mineur op. 69,
Humoresques pour violon et orchestre
(Nicholas Dautricourt, violon)

Valse Triste op.44

Robert Schumann : Symphonie n° 1 en si bémol majeur op. 38 Le Printemps 

Orchestre Poitou-Charentes
Jean-François Verdier, direction

poitiers-TAP-saison-15-16-jaune-bandeau-582-pour-articles-classiquenews

 

Poitiers, TAP : concert Ravel, Ibert, Offenbach. Orchestre Poitou-Charentes, le 20 mars 2014

TAP opc-20mars81Poitiers, TAP. Concert Offenbach, Ravel, Ibert, Le 20 mars 2014 … (auditorium, 19h30. Fayçal Karoui, direction). Orchestre Poitou-Charentes.  Pour l’anniversaire du début de la grande guerre, l’Orchestre Poitou-Charentes  interprète Le Tombeau de Couperin de Ravel, -introspection historicisante, une œuvre écrite à partir de 1914. Les six pièces qui la composent sont un hommage à des amis de Ravel morts au front, dans une forme qui rappelle la musique baroque Grand Siècle, emprunte de nostalgie, d’élégance et de raffinement (dans les couleurs instrumentales), de poésie surtout, méditative et pudique. Le programme croise ensuite le raffinement du Concerto pour flûte d’Ibert (soliste : Magali Mosnier, flûte) et la fièvre légère et élégante de Manuel Rosenthal quand il adapte en un florilège irrésistible, les rythmes trépidants d’Offenbach. Même légère, la musique française sait séduire par sa subtilité toutes en couleurs.

programme :

Ravel : Le Tombeau de Couperin
Ibert : Concerto pour flûte (soliste : Magali Mosnier, flûte)
Offenbach / Manuel Rosenthal : La Gaîté parisienne

Poitiers, TAP. Concert Offenbach, Ravel, Ibert. Orchestre Poitou-Charentes. Le 20 mars 2014  (auditorium, 19h30), (Fayçal Karoui, direction).

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