E-CONCERT, STREAMING, critique. LILLE, Nouveau Siècle, le 3 avril 2021. « Enchantements », Wagner, Sibelius / I. Brimberg / Orchestre National de Lille, D. Stasevska

E-CONCERT, STREAMING, critique. LILLE, Nouveau Siècle, le 3 avril 2021. « Enchantements », Wagner, Sibelius / I. Brimberg / Orchestre National de Lille, D. Stasevska, direction. Après le nerf impétueux, vif argent du chef néerlandais Jan Willem De Vriend (concert Beethoven du 13 mars dernier), voici un nouveau volet de l’offre digitale du National de Lille ; ce programme diffusé sur internet du 3 avril 2021, dévoile la sensibilité de la chef invitée Dalia Stasevska, tempérament intérieur en communion avec les instrumentistes lillois ; d’abord précise aux éclats intérieurs mi enivrés mi tragiques de la (lente) Valse triste de Sibelius ; c’est un préambule tout en finesse suspendue pour le Prélude de Tristan : en kimono, la maestra ukrainienne recherche le sens derrière le son ; la résonance intime qui étire chaque accord, en sa tension irrésolue ; l’incandescence du sentiment amoureux, celui des amants maudits Tristan et Yseult se consume ainsi dans la clarté et la transparence ; une urgence intérieure qui creuse l’exaspération de désirs insatisfaits. La cheffe déploie des sortilèges de langueur sensuelle, toujours très soucieuse du son comme de la balance sonore.

 

 

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A 24’50 : seconde partie du concert avec la Symphonie n°3 de Jean Sibelius (1907). Les instrumentistes plongent, cœurs ardents et volontaires dans la suractivité de l’ample portique trépidant dès le début porté par les cordes auquel répond la danse des bois ; transe collective initiale que les cuivres portent vers une plénitude sonore elle aussi à bien des égards… enivrée. L’opus exprime ce sentiment d’appartenance cher au compositeur, appartenance au motif naturel, au moindre de ses élans, proche dans l’âme à chaque sursaut de vitalité. Tous les pupitres s’exaltent et se répondent dans un dialogue contrasté, parfois âpre mais superbement fluide dans lequel Sibelius exprime la sauvagerie des forces naturelles comme saisi sur le vif ; ainsi témoigne-t-il de la de la découverte et de la proximité immédiate avec le lieu de sa nouvelle résidence, un havre de paix bucolique, à la fois sauvage et rassurant près d’un lac (Tuusulanjärvi) : Ainola, en hommage au prénom de sa femme, Aino. Le cycle des variations populaire et naïves (d’une franchise primitive qui rappelle tout l’esprit du premier mouvement) caractérisent le Scherzo ; tandis que l’Andante déploie son lied sobre et ciselé formant intermezzo. Dans cette texture dense, souvent exacerbée et trépidante, la cheffe soigne toujours la direction du flux, l’éloquence de cette construction ambitieuse, impérieuse, incandescente (dont l’unité découle d’une grande continuité organique). Toute la difficulté de l’écriture tient à la réalisation d’un souci de structure (car Sibelius n’aime pas développer pour rien, quitte à s’économiser vers épure « classique ») tout en ciselant le raffinement de l’orchestration particulièrement scintillante.
Malgré la densité sonore, la baguette sait soigner la clarté et la transparence ; comme le chant sourd d’une vérité plus insaisissable et mystérieuse ; tout rugit, s’exaspère et s’organise peu à peu vers la noblesse sereine et lumineuse du finale : grandiose et raffinée. Noces de l’intime et du flamboiement, de la tendresse sobre et de la grandeur mystérieuse du motif naturel, le seul sujet qui inspira Sibelius. En cela Dalia Stasevska se révèle à la fois engagée, mieux habitée. Baguette à suivre. REVOIR le concert sur la chaîne YOUTUBE de l’ON LILLE / Orchestre National de Lille ICI :
https://www.youtube.com/watch?v=PEZ7NpHt71E

 

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LIRE aussi notre critique du concert « L’Héroïque » / Orchestre National de Lille / Jan Willem De Vrirend, direction (Cherubini / Beethoven). ICI :

http://www.classiquenews.com/compte-rendu-streaming-concert-on-lille-le-13-mars-2021-orch-national-de-lille-jan-willem-de-vriend-direction-beethoven-symphonie-n3-heroique/

 

 

 

 

Pâques 2021 : Oratorio de Pâques et de l’Ascension par Le Banquet CĂ©leste

Christ est ressuscité !STREAMING, Pâques 2021. JS BACH : Oratorio de Pâques / Ascension, D Guillon et le Banquet Céleste nous porte haut, très haut dans un concert filmé à Rennes dont l’affiche est plus que séduisante en ces temps d’incertitude : alors que la nouvelle de la réouverture des salles de spectacles nous parvient en provenance de New York, voici un programme joué sans masques (instrumentistes) et de façon distanciée.
La veine dramatique habite et inspire Bach quoique l’on dise : outre ses Passions, son Oratorio de Noël, ceux comme ici de Pâques et de l’Ascension, enchaînés avec conviction et pertinence, soulignent le sens du verbe comme du geste : Bach sait exprimer et théâtraliser les textes liturgiques et sacrés, associant avec une sensibilité unique les instruments solistes et le chant.

L’Oratorio de Pâques célèbre dans la joie et l’espérance la Résurrection du Christ victorieux. C’est la lumière d’un destin soulagé et enfin serein qui peu à peu s’affirme à mesure que la partition se réalise. 4 personnages animent et donnent vie au drame sacré, après la Passion et la Crucifxion : Simon Pierre, Jean, Marie-Madeleine et Marie de Jacques, rejoints le Chœur (tutti collectif).
A la joie de Pâques répond la mystique plus énigmatique de l’oratorio de l’Ascension, voyage du Christ ressuscité vers les cieux. Atouts majeurs de cette lecture, la présence claire, parfois irradiante des chanteurs Céline Scheen (soprano), Zachary Wilder (ténor) ; le geste précis, scrupuleux du chef (chanteur lui aussi) Damien Guillon, soucieux du texte (direction, sens, nuances de chaque mot). Incontournable pour le temps pascal 2021.

 

 

bach jean sebastian sebastien portrait vignette par classiquenews bach_js-jean-sebastianLIRE aussi notre dossier spécial Oratorio de Pâques de Jean-Sébastien Bach : CHRIST est ressuscité ! Jean-Sébastien Bach : Oratorio de Pâques BWV 249. Comme à l’accoutumée, s’agissant de Jean-Sébastien Bach, l’Oratorio de Pâques tel que nous le connaissons actuellement, et tel qu’il est joué par les ensembles les plus informés, regroupe plusieurs partitions sur le thème pascal qui remonte à plusieurs époques, certains opus étant réécrits, modifiés selon l’idéal esthétique du compositeur, selon aussi les effectifs à sa disposition au moment de la commande puis de la réalisation. La première version remonte à 1725 pour les célébrations pascales, en particulier pour le Dimanche de Pâques. Bach recycle une cantate de voeux (donc originellement profane) de février 1725 dédié à l’anniversaire de son patron, le Duc Christian de Saxe-Weissenfels

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VOIR ici les oratorios de Pâques et de l’Ascension
enregistrĂ©s mardi 30 mars 2021 Ă  l’Ă©glise Saint-Germain Ă  Rennes :
https://opera-rennes.fr/fr/evenement/oratorios-paques-et-ascension-le-banquet-celeste

Le Banquet CĂ©leste,
Chœur de chambre Mélisme(s)
Damien Guillon, direction

Solistes : Céline Scheen (soprano), Paul-Antoine Bénos-Djian (alto), Zachary Wilder (ténor), Benoît Arnould (basse).

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EN REPLAY sur culturebox jusq’ 31 mars 2022.
https://www.france.tv/spectacles-et-culture/opera-et-musique-classique/2383589-oratorios-de-paques-et-de-l-ascension-de-bach-par-le-banquet-celeste.html

 

 

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Oratorio en 10 numéros

Plan en 10 numéros/épisodes

VÉRITABLE OPÉRA SACRÉ, l’Oratorio de Pâques de JS Bach saisit par la maîtrise des contrastes, l’absolu génie des réemplois et aussi, le raffinement d’une grande culture musicale qui utilise selon un plan dramaturgique éblouissant, les styles italiens et français.

N°1 à 3. Au début, les 3 premiers numéros (Sinfonia avec flûtes et hautbois d’amour, Adagio, Chorus) composent un triptyque d’ouverture selon le schéma d’un concerto italien (vif, lent, vif), avec une même tonalité de ré majeur) pour unifier le cycle pour les volets 1 et 3. Dans ce dernier épisode, le texte convoque les fidèles qui pressent le pas vers la sépulture de Jésus.
Le n°4 fait paraître les 4 solistes, sombres et graves, qui se retrouvent près du tombeau : Maria Jacobi (soprano), Maria Magdalena (alto), Petrus (ténor), Johannes (basse). Se détache surtout l’aria adagio en si mineur (avec traverso) de Maria Magdalena dans laquelle la chanteuse invite à renoncer aux parfums et onguents de l’embaumement pour choisir les lauriers, annonciateurs de la victoire du Christ ressuscité (n°5).

CHRIST-endormi-programmes-brava-hd-noel-2015-582-390N°6-7 : surviennent Petrus et Johannes qui découvrent la tombe vide et la pierre déplacée. Maria Magdalena précise alors qu’un ange est venu annoncer la Résurrection du Sauveur. Ainsi Petrus (ténor, en sol majeur) adopte le calme serein d’une bourrée pour exprimer avec les flûtes à bec, la profonde certitude de la paix intérieure, après la proclamation du Miracle christique. N°8 à 10 : les airs des deux Marie basculent dans l’arioso, portés par l’impatience de revoir Jésus : tendre et compatissante, Maria Magadalena se demande où le Christ lui apparaîtra (air en la majeur, avec hautbois d’amour sur rythme de gavotte). Tandis que Johannes invite chacun à se réjouir. Jean-Sébastien Bach conclut par un chœur de réjouissance (n°11) où l’éclat des trompettes dit la réalisation de la transfiguration finale. Le dernier épisode suit un plan en deux parties : format et esprit français et d’une élégance haendélienne tout d’abord ; puis gigue fuguée d’une ivresse collective irrésistible.

 

 

 

 

 

COMPTE-RENDU, streaming concert. ON LILLE, le 13 mars 2021. Orch National de Lille / Jan Willem De Vriend, direction. Beethoven : Symphonie n°3 « héroïque »

ORCHESTRE-NATIONAL-DE-LILLE-maestro-alexandre-Bloch-concert-classiquenews-critique-annonceCOMPTE-RENDU, streaming concert. ON LILLE, le 13 mars 2021. Orch National de Lille / Jan Willem De Vriend, direction. Beethoven : Symphonie n°3 « héroïque ». A la fois exaltée, ivre de sa propre énergie, la direction précise, claire du néerlandais Jan Willem De Vriend sait être équilibrée en ce qu’elle favorise le détail et porte la tension. Dans l’Eroica de Beethoven pourtant surjouée ici et là, en particulier depuis les célébrations Beethoven 2020 (certes avortées covid oblige),le premier mouvement, regorge de vitalité et de puissance sans jamais sacrifier la précision des ornements ni la balance entre soliste et orchestre, pour chaque intervention caractérisée. Le souffle du destin rayonne ; s’appuyant sur une vision ciselée de l’écriture instrumentale : en clair, le geste du chef flamand, habitué des répertoires préromantiques et romantiques, de surcroît selon ce relief et cette intensité sculpturale propre aux instruments d’époque, nourrit ici une vision qui est fluide, caractérisée, parfaitement architecturée. Comme partition du destin et conduite par une irrépressible énergie, la volonté de Ludwig s’accomplit avec une délicatesse continument exaltante.

Le second mouvement plus grave et sombre ne perd pas la souplesse ni ce mordant parfois glaçant dans la caractérisation instrumentale.

Ample et lugubre, le geste du chef recherchant des sonorités profondes et claires avait ouvert le programme avec caractère et gravitas pour Cherubini dont la Marche funèbre saisissante par ses semonces déchirants (gong souterrain, crépusculaire ; bassons insidieux…), entre désespoir tragique et esprit de grandeur, éclaire la connaissance de Gluck, celui ardent, gémissant voire mystérieux d’Orphée.

Chez Beethoven, c’est encore un très beau travail opéré sur les sonorités et l’intériorité poétique des nuances de timbres. De Vriend sait exprimer la langueur élégiaque du morceau que berce des cordes toujours suaves et rondes. L’héroïsme qu’ouvrage le chef est d’une souveraine tragédie qui ici se déploie sans réserve, exprimant tous les sacrifices et la peine ressentis, vécus dans sa chair par un Beethoven qui d’exalté fut trahi (par Bonaparte devenu Napoléon) et qui aussi ressent les premiers effets de sa surdité. La lisibilité des violoncelles et des contrebasses produit une profondeur au chant inexorable, celui d’une blessure profonde mais toujours noble et digne. Une séquence qui tisse un écho pertinent à la Marche funèbre de Cherubini qui a ouvert le programme, dans un même souci d’intériorité recueillie. La violence dont est capable Beethoven n’écarte jamais une sourde déchirure qui en a permis l’éclosion.

 

 

JW De Vriend et le National de Lille

Un Beethoven éruptif, élégant, subtil…

 

 

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Le Scherzo est pur jaillissement d’une énergie recouvrée qui s’électrise et trépigne, mais en une mise en place parfaitement détaillée, à la métrique précise et claire (rayonne en particulier le chant mordoré, rauque et pourtant rond des cors parfaitement dialogués avec les cordes).

Dans ce sens le dernier Allegro (molto) a la vivacité et même l’élégance (équilibre et clarté des pupitres) d’un souffle printanier, d’une danse de joie autour du feu de l’esprit et de l’espoir. Le héros de cette odyssée orchestrale reste Beethoven lui-même, nouveau héros musicien, alchimiste de nouveaux sons, architecte d’un monde nouveau dont il a seul la conscience ; aux auditeurs d’en saisir les prémonitions salvatrices, la possibilité de le réaliser à partir de prières fraternelles et humanistes dont Ludwig s’est fait le prophète et le chantre.

De Vriend recueille ce formidable élan fraternel et solidaire en un bain orchestral (récapitulatif) dont chaque séquence magnifiquement timbrée et phrasée (cors, flûte, clarinette…) est subtilement caractérisée. C’est un travail d’orfèvre d’un rare fini et qui assoit aux côtés du Beethoven violent, éruptif voire furieux, la noblesse et le raffinement de son écriture, le jaillissement primitif de son inspiration. Ivresse et subtilité. Le cocktail est irrésistible. Les instrumentistes du National de Lille répondent au doigt et à l’œil du chef des plus expressifs. Ce travail de la nuance est passionnant.

 

 

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LIRE aussi notre présentation du concert ORCHESTRE NATIONLA DE LILLE / Cherubini, Beethoven / Jan Willem De Vriend, direction

http://www.classiquenews.com/live-streaming-concert-lon-lille-joue-cherubini-et-beethoven/

VOIR le concert

sur la chaine Youtube de l’ON LILLE Orchestre National de Lille ici :

https://www.youtube.com/watch?v=hW1o2yXeeRc

 

 

VOIR TOUS LES CONCERTS de l’ON LILLE ici :

https://www.youtube.com/channel/UCDXlku0a3rJm7SV9WuQtAdw

 

 
 

 

LIVE STREAMING, concert. L’ON LILLE joue Cherubini et Beethoven

ORCHESTRE-NATIONAL-DE-LILLE-maestro-alexandre-Bloch-concert-classiquenews-critique-annonceLIVE STREAMING, concert. ON LILLE, sam 13 mars 21, 20h. L’Orch National de Lille offre à nouveau un superbe concert, nouveau jalon de son offre digitale à suivre sur la toile (intitulée depuis début 2021 « Audito 2.0 »). Depuis l’Auditorium du Nouveau siècle à Lille, chaque concert lillois confirme la poursuite de l’activité musicale des instrumentistes soucieux à Lille de prolonger leur activité coûte que coûte, tout en diffusant les fruits de leur travail grâce aux concerts numériques. Ce samedi 13 mars 2021 à 20h, l’Orchestre retrouve son premier chef invité, le néerlandais Jan Willem De Vriend dans un programme « héroïque » autour des compositeurs Cherubini (qui fut directeur du Conservatoire) et Beethoven, mais aussi ceux qui les ont inspirés : Louis XVIII et Napoléon (fêté cette année pour son bicentenaire). Le programme solennel et spectaculaire évoque le dernier Cherubini et le tempérament de feu, éruptif et poétique du jeune Beethoven, spectateur passionné des événements français au début du nouveau siècle…
LIRE ici notre dossier spécial Napoléon et l’opéra :
http://www.classiquenews.com/napoleon-1er-et-lopera-1804-1814/

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ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Samedi 13 mars 2021, 20h

Cherubini : Marche funèbredevriend_orchestre national de lille concert annonce présentation critique par classiquenews 328px_18-19
Beethoven : Symphonie n°3 « héroïque »
Jan Willem de Vriend, direction

VOIR le concert de l’ON LILLE / J W de Vriend
https://www.youtube.com/channel/UCDXlku0a3rJm7SV9WuQtAdw

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CHERUBINI ingres alf6_ingres_001fNé à Florence, Cherubini s’installe à Paris à l’âge de vingt-sept ans en 1787. Il fonde l’année de la Prise de la Bastille une compagnie d’opéra parrainée par le futur Louis XVIII. Ses relations royales et l’apparition d’un nouvel opéra italien à l’époque napoléonienne entraîne sa chute. Très déprimé, le musicien songe même à abandonner la composition pour se consacrer à la peinture et à la botanique!
Mais le phénix Cherubini renoue avec l’écriture dès 1809 grâce à une œuvre d’église. Il délaisse l’opéra qui a fait sa gloire pour composer plus de 5 messes et de nombreux motets en latin. Le succès revient et aussi la faveur des nouveaux puissants : Louis XVIII le nomme au prestigieux poste de surintendant de la musique du Roi. En 1817,Cherubini signe son plus grand succès, un Requiem (admiré par Brahms, Schumann et Berlioz qui reste pourtant son détracteur jaloux). Beethoven admirait l’oeuvre au point qu’on la joua à ses propres obsèques en 1827.
D’une puissance spectaculaire, la courte Marche Funèbre (composée en 1820 pour les funérailles du Duc de Berry, l’héritier du trône) annonce déjà l’ampleur grave et recueillie des fresque.. berlioziennes.

Ludwig-Van-BeethovenLa Symphonie n°3 de Beethoven fixe les avancĂ©es inĂ©dites du dernier Mozart symphoniste. La durĂ©e de son premier mouvement (plus de 15 mn) indique une vigueur ambitieuse rĂ©volutionnaire (qui annonce le dĂ©veloppement du futur Hymne Ă  la Joie de la Symphonie n°9, le plus long parmi les mouvements de Beethoven). La n°3 dite “HĂ©roique” confirme le tempĂ©rament fougueux et grave d’un Beethoven visionnaire voire messianique en ce qu’il ressent et exprime les mouvements profonds de son Ă©poque. Autour de 1800, Ludwig gagnĂ© voire passionnĂ© par les idĂ©es de la RĂ©volution Française cĂ©lèbre alors la figure de Bonaparte comme le hĂ©ros moderne, acteur d’une ère europĂ©enne nouvelle. La n°3 porte les espoirs et la vitalitĂ© Ă©lectrisĂ©e du compositeur romantique, spectateur admiratif des Ă©vĂ©nements politiques en France. Mais quand Bonaparte devient NapolĂ©on, cĂ©dant Ă  la tentation du pouvoir impĂ©rial absolu (auto proclamĂ© empereur en 1804), Beethoven trahi, colĂ©rique, rĂ©vise la dĂ©dicace de son manuscrit et inscrit « Sinfonica Eroica, composta per festeggiare il sovvenire di un grand uomo – Symphonie hĂ©roĂŻque, composĂ©e pour cĂ©lĂ©brer le souvenir d’un grand homme ». Ainsi la partition porte le destin foudroyĂ© d’un jeune politicien devenu l’emblème de la tyrannie europĂ©enne : Ă  l’énergie irrĂ©pressible du premier mouvement rĂ©pond l’esprit de dĂ©faite, d’anĂ©antissement funèbre du second. Mais le hĂ©ros de cette odyssĂ©e orchestrale reste Beethoven lui-mĂŞme, nouveau hĂ©ros musicien, alchimiste de nouveaux sons, architecte d’un monde nouveau dont il a seul la conscience ; aux auditeurs d’en saisir les prĂ©monitions salvatrices, la possibilitĂ© de le rĂ©aliser Ă  partir de prières fraternelles et humanistes dont le compositeur s’est fait le prophète. Au cĹ“ur de sa propre tragĂ©die, – sa surditĂ© croissante, inĂ©luctable comme en tĂ©moigne sa confession saisissante (le Testament d’Heiligenstadt Ă©crit en 1802), Beethoven ressent les gouffres vertigienux de la dĂ©sespĂ©rance et de l’impuissance humaine, contre lesquelles la musique est un rempart, une forme de rĂ©sistance Ă  partager…

VOIR tous les concerts de l’Orchestre National de Lille sur la chaîne YouTube de l’Orchestre ON LILLE (plus d’1 million de vues depuis sa création en 2009) : https://bit.ly/3ortO8b

Notes de programme Ă  retrouver sur : www.onlille.com/saison_20-21/concert/l-heroique/

Retrouvez en streaming gratuit les concerts de l’Orchestre dans L’Audito 2.0 : https://bit.ly/2INlAIg