ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE : Lambert Wilson chante Kurt WEILL

lambert-wilson_slide_328px_19-20LILLE, ONL. WEILL par LANBERT WILSON, 4, 5 mars 2020. Lambert Wilson chante Kurt Weill, en 3 concerts : les 4 et 5 mars 2020 au Nouveau Siècle à Lille, résidence de l’Orchestre National de Lille; puis le 6 au Théâtre de Bèthune. L’Orchestre National de Lille aime diversifier son répertoire, en témoigne ce programme prometteur, hors des sentiers battus, où le génie mélodique de Kurt Weill est incarné par le comédien et chanteur Lambert Wilson ; l’Orchestre National de Lille sous la direction de Bruno Fontaine saura défendre quant à lui l’une des écritures les plus raffinées au début du XXè siècle, réalisant ce souffle symphonique incomparable, entre opéra et cabaret, qui assure la puissance et la séduction des airs et chansons conçus par Kurt Weill (1900 – 1950). Le programme présenté au Nouveau Siècle de Lille propose un voyage entre les 3 périodes créatrices de Kurt Weill : de Berlin, Paris, New-York. Car le compositeur après avoir ébloui le Berlin des années 1930, fuit l’Allemagne devenue nazi, et se fixe un temps à Paris, avant de rejoindre New York.

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Mercredi 4 mars 2020, 20hboutonreservation
Jeudi 5 mars 2020, 20h
LILLE, Auditorium du Nouveau Siècle

 

 

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Direction et piano : Bruno Fontaine
Chant : Lambert Wilson

RÉSERVEZ VOS PLACES
directement sur le site de l’ON LILLE
ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE

https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/lambert-wilson-chante-kurt-weill/

 

 

Tarifs: 5 à 55€ – Réservations sur www.onlille.com
et à la Boutique de l’Orchestre,
3 place Mendès France – LILLE –
Renseignements 03 20 12 82 40
(du lundi au vendredi 10h-18h)

Egalement en région Hauts-de-France :
Vendredi 6 mars au Théâtre de BÈTHUNE à 20h30

 

  

 

Prophète et visionnaire,
Weill réinvente l’opéra populaire et réaliste

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WEILL kurt opera concert festival concerts annonces critique classiquenews musique classique newsA partir de 1927, quand il collabore étroitement avec l’homme de théâtre Bertold Brecht, Kurt Weill réalise enfin ce théâtre musical, loin des codes artificiels de l’opéra, un nouveau type de drame en musique, plus proche de la rue et plus réaliste. Le duo incarne un âge d’or de la vie berlinoise après au moment de la dépression de 1929 et jusqu’au début des années 1930. Leur coopération durera 6 années d’une complicité féconde et miraculeuse. Période bénie et fragile, liée à la fugace République de Weimar, auquel Weill et Brecht offrent un miroir artistique particulièrement captivant.

Au programme du concert de Lambert Wilson et de l’Orchestre National de Lille, le songspiel, commande du Festival de Baden-Baden, Mahagonny (1927) ; puis L’Opéra de quatre sous, d’après la pièce de John Gay The Beggar’s Opera écrite en 1728 dont les deux compères, alors en villégiature sur la Côte d’Azur, (10 août 1928) font un miroir de la société décadente de la République de Weimar où règnent cynisme et barbarie à tous les étages, surtout dans les bas fonds ( triomphe est réservé à la « Complainte de Mackie » écrite à la fin…
Puis c’est « Grandeur et Décadence de la Ville de Mahagonny », dernière version du premier songspiel de 1927 ; le nouveau drame, apologie d’une société pourrie par la corruption et la manipulation, est créé en 1930 à Leipzig et immédiatement porté à l’index comme vivement critiqué par les nazis émergeants, d’autant que le compositeur, juif et iconoclaste, devient une cible désignée. Weill y déploie une très virulente diatribe contre le conformisme petit bourgeois. En fuite, il se fixe un temps à Paris, le temps d’yn présenter entre autres, un chef d’oeuvre inclassable, entre poésie et désespoir Les 7 péchés capitaux (mars 1933), récemment présenté à l’Opéra de Tours (LIRE notre compte rendu des 7 péchés capitaux de Kurt Weill, avril 2019 : https://www.classiquenews.com/opera-de-tours-les-7-peches-capitaux-de-kurt-weill/ )

Lambert Wilson évoque aussi le travail de Weill avec Cocteau, qui écrit Es regnet, un texte fantaisiste, emblématique de la verve poétique et de l’imaginaire de l’écrivain français. A Paris, Weill compose aussi sur des textes français comme en témoigne le standard absolu « Marie-Galante », inspiré du roman de Jacques Déval : une amoureuse y exprime sa nostalgie de la terre natale après son exil forcé au Panama. Complètent l’évocation du séjour parisien de Weill, deux autres chansons irrésistibles : « Je ne t’aime pas » , plein d’ironie, de détachement, de poésie et de tendresse dont la trame est liée à sa courte séparation avec son épouse Lotte Lenya… ; et surtout « Youkali », habanera voluptueuse qui convoque la terre promise, ce paradis inaccessible. Un démenti à la réalité de l’Allemagne hitlérienne.
Ayant rejoint les Etats-Unis en 1935, Kurt Weill compose des musiques pour le cinéma (comme Korngold) ; parmi ses plus succès dans le nouveau monde … Lady in the Dark (1941), sur les textes d’Ira Gershwin : portrait décapant d’une rédactrice de mode. Virtuose de la mélodie, génie de l’orchestration aussi, Weill en Amérique absorbe les caractères de la Comédie musicale américaine et les fusionne avec l’opéra et ce théâtre réaliste dont il a le secret depuis sa collaboration avec Bertold Brecht.

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AU PROGRAMME

Kurt Weill 

OPERA DE QUAT’ SOUS
Ouverture orchestrale / Die Moritat von Mackie Messer / Die   Zühalter   Ballade   /   Kanonensong   /   Zweites Dreigroschenfinale / « Wo von lebt der Mensch? »

GRANDEUR  ET  DECADENCE  DE  LA  VILLE  DE MAHAGONNY
Prélude / Alabama song / Comme on fait son lit, on se couche

CHANSONS ALLEMANDES
Es regnet / Das Lied von den Braunen
MARIE-GALANTE
Ouverture orchestrale / « scène du dancing » / Le Grand Lustucru

CHANSONS FRANCAISES
Je ne t’aime pas / Youkali

STREET SCENE
Ouverture orchestrale / Love life – This is the life

LADY IN THE DARK
Ouverture / This is new / My ship / Girl of the moment / •Dialogue en musique…. / Girl of the moment #2 …

Voir le programme complet sur le site de
l’Orchestre National de Lille
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/lambert-wilson-chante-kurt-weill/

 

 

 

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Autour du concert à LILLE
Prélude « Brecht / Weill »
Par les étudiants des départements
jazz et art dramatique du Conservatoire de Tourcoing
Mercredi 4 mars 2020, 18h45
(Entrée libre dans la limite des places disponibles pour les personnes munies d’un billet du concert)

En bord de scène Rencontres  avec Lambert Wilson et Bruno Fontaine à l’issue des concerts lillois

 

  

 

Compte-rendu : Bordeaux. Opéra National de Bordeaux, le 9 juin 2013. Mozart : La Flûte Enchantée. Julien Behr, Olga Pudova… Orch. National Bordeaux Aquitaine. Jurjen Hempel, direction. Laura Scozzi, mise en scène.

mozart_1L’Opéra National de Bordeaux clôt sa saison lyrique 2012-2013 avec la reprise de La Flûte Enchantée de 2010, signée Laura Scozzi. La transposition insolente, interventionniste voire irrévérencieuse est pourtant une réussite incontestable. D’un point de vue purement théâtral, voici une comédie convaincante : d’une fraîcheur, d’un piquant, d’une actualité indéniables.

 

 

Flûte pleine d’humour …

 

Les superbes décors de Natacha Le Guen de Kerneizon n’y sont pour rien. L’action se déroule dans les vallées et montagnes des Alpes autrichiennes, dirait-on. La réalisation est cohénte et bien pensée, et le sens de la comédie est surtout magnifié. Ainsi nous avons droit à trois dames en chaleur, une Reine de la Nuit ivrogne, un Sarastro joueur de golf, une piscine, un hélicoptère… le tout composant une certaine fantaisie mozartienne plutôt décalée, vécue autrement. La mise en scène glaciale se chauffe grâce aux rires et sourires des spectateurs. La divertissante bataille des sexes au ski décontractée et bebette se déroule sur les planches.
Si les yeux et l’intellect sont stimulés par la mise en scène, l’oreille l’est de même par la belle implication des chanteurs. Lors de notre visite (la reprise a deux distributions en alternance), Tamino est interprété par Julien Behr. Le jeune ténor chante son lied du 1er acte avec une certaine qualité nostalgique d’une tendre beauté. Très vite, il rayonne grâce à son enthousiasme et les modulations sensibles de sa voix. Olga Pudova dans le rôle de la Reine de la Nuit fait preuve également d’une étonnante sensibilité. À cela s’ajoutent une coloratura impressionnante, une facilité dans le suraigu irréprochable, un timbre vocal d’une beauté et d’une chaleur particulières.

Melody Moore en Pamina a le chant solide. Sa voix est d’une richesse qui a tendance à aller vers le grave. Dans ce sens, elle paraît avoir plus de caractère que de souplesse, ce qui contraste un peu avec le personnage et la mise en scène, très comique. Le Papageno de Florian Sempey a également une tendance vers le grave. Sa voix est sombre comme elle est puissante, mais réussit à alléger sa prestation avec un excellent jeu d’acteur. Wenwei Zhang fait, quant à lui, un Sarastro avec un registre grave puissant et d’une noble beauté. Il se projette et s’impose sans effort apparent et touche par les nuances chaleureuses de son chant.

Les rôles secondaires se distinguent de la même façon. En particulier les trois dames d’Eve Christophe-Fontana, Caroline Fèvre et Gaëlle Mallada, coquettes et désinvoltes, ainsi que le Monostatos de Cyril Auvity, d’un chant presque trop beau pour son personnage méchant. Mention spéciale pour les 3 garçons interprétés par trois sopranos (Morgane Collomb, Laura Jarrell et Bridget Bevan) au bel investissement.

L’Orchestre National Bordeaux Aquitaine dirigé par Jurjen Hempel est d’une réactivité trépidante. Si les tempis sont parfois arbitraires et l’équilibre pas toujours évident, la prestation est dans les lignes générales, d’une grande beauté, notamment la prestation des vents très élégante. Une Flûte hivernale au printemps bordelais qui fait tant rigoler, et qui inspire autant de sourires que d’applaudissements. À l’affiche jusqu’au 10 juin 2013 à l’Opéra National de Bordeaux.

Bordeaux. Opéra National de Bordeaux, le 9 juin 2013. Mozart : La Flûte Enchantée. Julien Behr, Olga Pudova, Wenwei Zhang… Orchestre National Bordeaux Aquitaine. Jurjen Hempel, direction. Laura Scozzi, mise en scène.