LILLE. Orchestre National de Lille joue Brahms et Beethoven

LILLE, mer 13, jeu 14 OCT 2021. BEETHOVEN : « Pastorale »… L’Orchestre National de Lille invite pour la première fois la cheffe estonienne Kristiina Poska. Au programme, le Concerto de Brahms, pilier du répertoire romantique pour violon, occasion de retrouver Sergey Khachatryan qui jouait déjà en septembre 2019 lors du prestigieux Festival Enescu de Bucarest la même partition avec les instrumentistes lillois. Puis, l’Orchestre joue la « Pastorale », 6ème symphonie de Beethoven, – pièce maîtresse des 3 concerts en métropole lilloise (les 13, 14 et 15 octobre 2021), qui insuffle au cycle orchestral, une noblesse qui résonne comme une ode aux forces de la Nature.

brahms 280Été 1877, Brahms découvre la station balnéaire de Pörtschach, (Alpes Autrichiennes). Le cadre favorise l’émergence de mélodies en une inspiration facilitée dont le climat lumineux et bienheureux lui inspire in fine sa Symphonie n°2. Une même félicité et communion avec la Nature se réalise en 1878 dans l’écriture du Concerto pour violon.  Pourtant dès sa création le 1er janvier 1879, les détracteurs ne tardent pas à fustiger une partition jugée injouable, manifestement conçue « contre le violon » (dixit le chef Hans von Bulow). La force intérieure de l’œuvre revêt un caractère irrésistible comme l’a bien compris le cinéaste américain Paul Thomas Anderson qui utilise quant à lui, le dernier mouvement (Finale) dans le générique de son film épique et cynique « There will be blood” (2007).

beethoven-ludwig-concertos-piano-symphonies-dossier-beethoven-2020-classiquenewsConcernant La Pastorale de Beethoven, il reste inouï que lors du 22 déc 1808 à Vienne, les auditeurs aient découvert lors d’une même soirée, les Symphonies n°5 et n°6 de Beethoven. Incroyable enchaînement de deux univers orchestraux si différents et entiers, pourtant composés simultanément ou presque. Si la 5è, martiale voire guerrière, convoque le destin et l’Histoire grâce à la volonté d’un Beethoven dont le génie veut en découdre contre toute fatalité, la 6è professe un tout autre message, plus harmonieux voire pacificateur, celui rayonnant qui célèbre le miracle des éléments et d’une nature aussi généreuse et terrifiante qu’enchanteresse et maternelle. Sa couleur printanière et lumineuse (fa majeur) berce une évocation plutôt qu’une description du motif naturel. Beethoven se montre paysagiste et observateur sensible, incroyablement inspiré par les éléments (comme le fut Vivaldi dans ses Quatre Saisons). Pour initier l’auditeur au miracle de ce cycle symphonique inédit, Beethoven dans l’édition de 1826, précise pour chacun des 5 mouvements, son enjeu poétique, l’impression et le sentiments intimes qui en sont la source… :
1- Eveil d’impressions joyeuses en arrivant à la campagne »,
2- Scène au bord du ruisseau »,
3- Réunion joyeuse de paysans »,
4- Tonnerre, orage »,
5- Chant pastoral. Sentiments de contentement et de reconnaissance après l’orage ».

Bien avant les Impressionnistes français, Beethoven inaugure une ère nouvelle pour la création, celle où il ne s’agit plus de copier la Nature mais d’en exprimer le mystère et le miracle profond. Une telle réussite allait grandir encore sous le feu de Richard Strauss et sa fabuleuse Symphonie Alpestre et aussi le cycle pictural déjà abstrait et musical, des Nymphéas de Monet (au Musée de l’Orangerie).

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BRAHMS
Concerto pour violon

BEETHOVEN
Symphonie n°6, dite « Pastorale »

Kristiina Poska, direction
Sergey Khachatryan, violon
Orchestre National de Lille

Mercredi 13 & Jeudi 14 octobre, 20hboutonreservation
LILLE, Auditorium du Nouveau Siècle

ACHETEZ VOS PLACES ici
https://www.onlille.com/saison_21-22/concert/la-symphonie-pastorale/

Programme repris le 15 oct 2021
également en région Hauts-de-France: Vendredi 15 octobre — 20h
Seclin РColl̩giale Saint-Piat

Diffusion le vendredi 15 octobre à 20h30 sur RADIO CLASSIQUE

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VOIR
Concerto pour violon de Johannes Brahms
par Sergey Khachatryan, violin

Johannes Brahms:
Violinkonzert D-Dur op. 77 ∙

I. Allegro non troppo ∙
II. Adagio ∙
III. Allegro giocoso, ma non troppo vivace ∙

hr-Sinfonieorchester – Frankfurt Radio Symphony ∙
Sergey Khachatryan, Violine ∙
Andrés Orozco-Estrada, Dirigent ∙

Sendesaal Frankfurt, 12 mars 2020 ∙