TĂ©lĂ©, Brava HD: les mĂ©chants Ă  l’opĂ©ra. Les 13,14, 15 janvier 2013

TĂ©lĂ©, Brava HD: les mĂ©chants Ă  l’opĂ©ra. Les 13,14, 15 janvier 2013 … Vous connaissiez Arte parfois, surtout Mezzo. Comptez dĂ©sormais avec BRAVA HD (Jur Bron, directeur) : lancĂ©e en 2007,  la chaĂźne tĂ©lĂ©visuelle est 100% classique diffusĂ©e en HD, prĂ©servant une qualitĂ© d’images absolument sans Ă©quivalent au petit Ă©cran (1920 x 1080i). En qualitĂ© blu ray (et en Dolby Digital Audio), la majoritĂ© des programmes diffusĂ©s par BravaHD Ă©tonne par le relief et la dĂ©finition de l’image. Concerts, opĂ©ras, festivals (pas encore de docus mais cela ne saurait tarder…), Brava HD offre sur le canal 156 via Orange (par exemple), une nouvelle fenĂȘtre de contenus vidĂ©os de musique classique qui renouvelle grandement le catalogue disponible Ă  la tĂ©lĂ©. La conception est grand public et s’adresse plus aux mĂ©lomanes nĂ©ophytes qu’aux amateurs mordus spĂ©cialistes (d’oĂč une information accompagnant les programmes, encore trop superficielle et embryonnaire : souvent les modules diffusĂ©s oublient de prĂ©ciser le nom des interprĂštes).
Le plus : aucune coupure publicitaire et un contenu qui respecte totalement les oeuvres diffusĂ©es. Depuis 2008, BRAVA HD est accessible dans plusieurs pays d’Europe et dans le monde : en France, aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne, en Turquie, au Portugal, en Slovaquie, dans la RĂ©publique tchĂšque, Ă  Monaco et en Afrique lusophone.

Brava HD
la nouvelle image du classique

Don Giovanni, Scarpia, MĂ©dĂ©e : les mĂ©chants Ă  l’opĂ©ra

brava_hd_2014_logoEn janvier 2014, brava HD s’intĂ©resse aux bad boys, ces ” mĂ©chants ” ignobles, masculins tels Don Giovanni de Mozart (son esprit libertaire, choquant et provocateur : une dynamite contre l’ordre social), Scarpia dans Tosca de Puccini (il est prĂ©fet de Rome et antibonapartiste, plutĂŽt conservateur, tyranise le couple d’artistes composĂ©s dans l’opĂ©ra par la cantatrice Floria Tosca dont il est amoureux, et le peintre Caravadosi), c’est aussi au fĂ©minin, l’ignoble MĂ©dĂ©e, enchanteresse haineuse et jalouse que son amour (maudit et impuissant) pour Jason, conduira aux pires exactions (comme trahir son pĂšre et tuer ses propres enfants)…  voici en trois  volets, le portrait de ces mĂ©chants par lesquels passe le grand frisson lyrique. brava HD, les 13, 14 et 15 janvier 2014.

En janvier 2014, les méchants sont sur brava HD :

Lundi 13 janvier,  21h03
Mozart : Don Giovanni

brava_hd_2014_logo« Don Giovanni » de Mozart est un opĂ©ra captivant ; son hĂ©ros est l’un des coureurs de jupons les plus notoires de la musique classique. Le charme de Don Giovanni, est irrĂ©sistible pour toutes les femmes, riches (Donna Anna, Donna elvira…) ou pauvres (Zerlina), mariĂ©es ou cĂ©libataires. Il se soucient peu des normes et des valeurs et se lasse rapidement des femmes qu’il a conquises. Finalement, tout le monde se rend compte que sous son apparence charmante et ses beaux mots se cache un mauvais homme (a bad boy), si peu fiable, trop sĂ©ducteur. Si on le confronte, il refuse d’amĂ©liorer sa vie, ce qui mĂšne Ă  son dĂ©clin. Le chef d’orchestre Ingo Metzmacher, l’Orchestre de chambre nĂ©erlandais et le ChƓur de l’OpĂ©ra nĂ©erlandais accompagnent des stars internationales dans une production plus qu’honorable.

Ingo Metzmacher, Orchestre de chambre nĂ©erlandais, ChƓur de l’OpĂ©ra nĂ©erlandais, Pietro Spagnoli (Don Giovanni), Mario Luperi (Il Commendatore), MyrtĂČ Papatanasiu (Donna Anna), Marcel Reijans (Don Ottavio), Charlotte Margiono (Donna Elvira), JosĂ© Fardilha (Leporello), Roberto Accurso (Masetto), Cora Burggraaf (Zerlina).

Mardi 14 janvier, 18h56
Puccini  : Tosca

brava_hd_2014_logoPortrait d’un cynique tortionnaire : le baron Scarpia. Daniela DessĂŹ joue le rĂŽle principal dans ce mĂ©lodrame ardent de Puccini sur le dĂ©sir, la vengeance : surtout le cynisme barbare, celui du baron Scarpia. Cette production intense a Ă©tĂ© filmĂ©e au Teatro Real en 2004. Il s’agit d’une nouvelle production de la metteuse en scĂšne Nuria Espert pour le Teatro Real Ă  Madrid, au dramatisme vif, classique et dramatique. L’éclairage de Vinicio Cheli intensifie l’atmosphĂšre d’une performance qui deviendra une rĂ©fĂ©rence pour les productions du XXIe siĂšcle. InspirĂ© sur la piĂšce de thĂ©Ăątre « La Tosca » de Victorien Sardou, jouĂ©e pour la premiĂšre fois au Teatro Costanzi de Rome le 14 janvier 1900, l’opĂ©ra de Puccini reste un succĂšs planĂ©taire par son Ă©criture resserrĂ©e, sa concision proche du thĂ©Ăątre. Le livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa respecte le profil psychologique des 3 protagonistes : l’amour absolu radical et dĂ©terminĂ© de Tosca ; l’esprit retors et manipulateur du baron Scarpia, prĂ©fet de Rome et donc Ă  ce titre, chef de la police plutĂŽt cruel ; enfin, la juvĂ©nilitĂ© ardente et libertaire voire sĂ©ditieuse du bonapatiste Cavaradossi… C’est huit clos d’une rĂ©solution prenante dĂšs son dĂ©but… jusqu’Ă  son tableau final, d’un tragique bouleversant qui dĂ©voile l’abnĂ©gation extrĂ©miste de Floria Tosca, actrice chanteuse croyante mais capable de la plus belle preuve d’amour.

Maurizio Benini, ChƓur et Orchestre du Teatro Real, Daniela Dessì (Floria Tosca), Fabio Armiliato (Mario Cavaradossi), Ruggero Raimondi (Le baron Scarpia), Marco Spotti (Cesare Angelotti), Miguel Sola (Le sacristain), Emilio Sánchez (Spoletta), Josep Miquel Ribot (Sciarrone), Francisco Santiago (Un geîlier), Eliana Bayon (Un berger).

Mercredi 15 janvier 21h01
Cherubini : Médée

brava_hd_2014_logoMĂ©dĂ©e en majestĂ© : le pouvoir de la haine. La magicienne MĂ©dĂ©e a connu une vie mouvementĂ©e : elle a aidĂ© son amant Jason (Ă  la tĂȘte des Argonautes) Ă  obtenir – contre le grĂ© de son pĂšre – la Toison d’or, afin qu’il puisse remonter sur le trĂŽne. Cela ne plait guĂšre Ă  son pĂšre et elle s’enfuit, accompagnĂ©e de Jason. Finalement, MĂ©dĂ©e arrive Ă  Corinthe avec Jason, mais seulement aprĂšs avoir tuĂ© son propre frĂšre et l’oncle de Jason, et aprĂšs avoir elle-mĂȘme donnĂ© vie Ă  deux enfants engendrĂ©s avec Jason. Mais Ă  Corinthe, ils ne sont pas non plus Ă©pargnĂ©s par le destin : le Roi CrĂ©on croit voir en Jason son beau-fils idĂ©al et Jason quitte MĂ©dĂ©e pour Glauce. La magicienne ne se laisse pas faire sans coup fĂ©rir et sa vengeance est terrifiante : tout le monde doit payer, elle tue mĂȘme ses propres enfants. Seul Jason est Ă©pargnĂ© mais il doit vivre le poids de cet infanticide plus terrifiant que toute autre mĂ©fait… En 1797, Cherubini prologne une passionnante tradition lyrique de mĂ©chante Ă  l’opĂ©ra : sorciĂšre, enchanteresse, abonnĂ©e au tragique et pathĂ©tique, toute amoureuse malheureuse qui par haine et amertume se venge de façon inĂ©luctable. La MĂ©dĂ©e de Cherubini profite de rĂ©alisations prĂ©alables, en particulier sous le rĂšgne de Marie-Antoinette Ă  Versailles, pĂ©riode bĂ©nie d’un essor des arts du spectacles souvent Ă©blouissant : MĂ©dĂ©e de La Toison d’or de Vogel (1786), Armide de Renaud de Sacchini, MĂ©dĂ©e de ThĂ©sĂ©e de Gossec (1782)… sans omettre l’Arcabonne dans Amadis de Jean ChrĂ©tien Bach, qui elle aussi fait la synthĂšse de toutes les mĂ©chantes haineuses et vengeresses produites par l’opĂ©ra baroque… En 1797, comme en Ă©cho aux secousses rĂ©volutionnaires, Cherubini offre l’aboutissement d’une longue Ă©volution lyrique : sa MĂ©dĂ©e est toute frĂ©nĂ©tique et convulsive, en proie Ă  la dĂ©tresse de l’amoureuse, Ă  la haine de la femme trahie. Portrait de femme passionnant auquel Anna Caterina Antonacci apporte une interprĂ©tation ciselĂ©e et forte.

Evelino PidĂł, ChƓur et Orchestre du Teatro Regio di Torino, Anna Caterina Antonacci (MĂ©dĂ©e), Giuseppe Filianoti (Jason), Cinzia Forte (Glauce), Sara Mingardo (Neris), Giovanni Battista Parodi (Creonte)