Cd, critique. Si j’ai aimé… Sandrine Piau, soprano : Massenet, Vierne, Guilmant, Saint-Saëns (1 cd Alpha classics)

PIAU-classiquenews-cd-critique-piau-si-j-ai-aime-concert-loge-critique-concert-critique-cd-par-classiquenews-mai-2019-critique-opera-classiquenewsCd, critique. Si j’ai aimé… Sandrine Piau, soprano (1 cd Alpha classics / mars 2018). Ce programme rĂ©jouissant exhume plusieurs mĂ©lodies françaises avec orchestre dont celles intactes et graves de Camille Saint-SaĂ«ns, dĂ©cidĂ©ment touchĂ© par la grâce quand il s’agit d’exprimer le sentiment amoureux, porteur lui-mĂŞme de souvenirs et de langueur, entre nostalgie et dĂ©sir. 
On ne peut en dire de mĂŞme des mĂ©lodies de ThĂ©odore Dubois, très datĂ©es et rien qu’acadĂ©miques, c’est Ă  dire dĂ©coratives et sucrĂ©es. Pourtant l’une d’entre elles, a donnĂ© son titre au recueil, lĂ  oĂą une pièce de Saint-SaĂ«ns eut Ă©tĂ© mieux rĂ©habilitĂ©e… (Si j’ai parlé… si j’ai aimé… sonne un rien mièvre : trop frĂŞle offrande pour une rĂ©Ă©valuation de la mĂ©lodie française orchestrĂ©e, fin de siècle). Quelques impressions prĂ©alables, signes d’une apprĂ©ciation en demi teintes quant Ă  la sĂ©lection des pièces retenues ici : « Aux Ă©toiles » de Duparc, instrumental capable de douceur tendre et de gravitĂ© ; Dubois rien que bavard (« Chanson de Marjolie ») ; mais la sensibilitĂ© d’Alexandre Guilmant (« Ce que dit le silence ») et L’empressement et dĂ©sir de « l’Enlèvement » de Saint-SaĂ«ns, très au dessus de ses confrères….

 

Perles oubliées de la mélodie française

 

 

Que n’a-t-on choisi, profitant d’une telle interprète soliste, deux mĂ©lodies parmi les plus bouleversantes du rĂ©pertoire s’agissant de la mĂ©lodie française : L’EnamourĂ©e / Ma colombe de Reynaldo Hahn (superbement rĂ©exhumĂ©e par Anna Netrebko et dont le thème colle pile poil au thème de ce cd ; et La mort d’OphĂ©lie de Berlioz ? Invraisemblable oubli qui se fait avec le recul, faute impardonnable en vĂ©ritĂ© (cf notre playlist en fin d ‘article de l’EnamourĂ©e de HAHN).
Rare coloratoure encore suractive, mais voix mûre, Sandrine Piau affiche crânement l’expérience et les années, étincelant par son style suprême, une distinction du timbre, et un sens de la couleur comme de la ligne qui suscitent l’admiration. Pourtant, la seule ombre à notre avis reste l’articulation et l’intelligibilité : on perd souvent 70% du texte. Dommage qui paraît vétille avec le recul tant la justesse et l’intelligence du chant, ailleurs, se révèle superlatif. C’est que la soprano maîtrise sa voix comme un instrument : usant de toutes les nuances de l’émission comme de l’intonation, avec une subtilité qui avait déjà fait la valeur de ses incarnations baroques, ou romantiques françaises.
Pourtant les poèmes ici de Hugo, Verlaine, Gautier, Banville, régnier, Barthélémy ou Courmont méritent le meilleur soin : on jugera sur pièces ainsi, les deux extraits des Nuits d’été de Berlioz, en comparaison avec ce que réalise sa consœur Véronique Gens… dans Villanelle ou Au cimetière, d’emblée le caractère est là, caractérisé, superbement incarné… aussi profond voire bouleversant que le texte est inintelligible pour partie.
On se dit quand même que le programme eut été idéal si la chanteuse soignait davantage la déclamation et l’articulation dans les aigus. Nonobstant cette mince réserve, le programme est superbe.
Le genre de la mélodie renaît ainsi grâce à un travail de recherche récent sur l’activité de la Société nationale de musique à la fin du XIXè qui favorise les compositeurs hexagonaux évidemment ; d’autant que les teintes et équilibres affinés de l’orchestre sur instruments d’époque, ainsi requis, ajoute à la qualité allusive de l’approche. La mélodie gagne ses lettres de noblesse et de subtilité ainsi défendue ; parmi plusieurs pépites, désormais à écouter et réestimer, citons surtout les œuvres de Camille Saint-Saëns : Extase, Papillons, Aimons-nous, L’enlèvement… Curieux choix d’avoir intercalé un extrait de la Symphonie gothique de Godard, qui tombe un peu comme un chevaux dans la soupe. Mais on s’incline avec bienveillance et gratitude devant Le poète et le fantôme de Massenet comme les subtils Papillons blancs de Louis Vierne (lui aussi bien oublié). Très beau programme.

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200Cd, critique. Si j’ai aimé… Sandrine Piau, soprano (1 cd Alpha classics) – enregistrĂ© en mars 2018 Ă  Metz. MĂ©lodies avec orchestre de Saint-SaĂ«ns, Massenet, Dubois, Vierne… Le Concert de la loge / J. Chauvin, direction.

Approfondir

Le prĂ©sent recueil souffre d’une absence de taille : la mĂ©lodie de Reynaldo HAHN, L’EnamourĂ©e / perle / joyau sur le thème de l’amour / en total connexion avec la thĂ©matique de ce recueil frustrant donc :

VIDEO CLIP audio L’EnamourĂ©e de Reynaldo HAHN par Anna Netrebko :

https://www.youtube.com/watch?v=kUZPljVpWak

 

VIDEO CLIP L’EnamourĂ©e de HAHN par Anna Caterina Antonacci
https://www.youtube.com/watch?v=NAyeGq4qUM0

 

VIDEO CLIP L’EnamourĂ©e de Reynaldo HAHN par l’excellent baryton Bruno Laplante :

https://www.youtube.com/watch?v=vSXhPH_HGtQ 

 

VIDEO CLIP (2014) L’enamourĂ©e de Reynaldo HAHN par Solene Le Van

https://www.youtube.com/watch?v=JiiF6pvYXw4

 

VIDEO : 6 mélodies de Reynaldo HAHN par Solen Le Van, Young Musicians Foundation, Los Angeles 2014

CD Ă©vĂ©nement, annonce. SI J’AI AIMÉ : Sandrine Piau (1 cd Alpha)

PIAU-classiquenews-cd-critique-piau-si-j-ai-aime-concert-loge-critique-concert-critique-cd-par-classiquenews-mai-2019-critique-opera-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, annonce. SI J’AI AIMÉ : Sandrine Piau (1 cd Alpha). Poursuivant sa coopĂ©ration chez Alpha, la soprano, coloratoure et diseuse de première valeur, Sandrine Piau signe un rĂ©cital avec orchestre oĂą brille le diamant allusif et dramatique de la mĂ©lodie française, en particulier Ă  l’époque oĂą elle passe du salon privĂ© Ă  la salle de concert. Le programme Ă©voque l’attente, le dĂ©sir, le plaisir, le souvenir, autant de facettes souvent entremĂŞlĂ©es de l’amour romantique… Les textes des poètes Hugo, Gautier, Verlaine sont ainsi magnifiĂ©s par le timbre subtil et rayonnant, incandescent et instrumental de la soprano Sandrine Piau ; programme d’autant plus mĂ©ritant qu’il dĂ©voile plusieurs mĂ©connus : mĂ©lodies de Saint-SaĂ«ns (Extase, Papillons), Massenet (Le Poète et le FantĂ´me, Aimons-nous…), Vierne, les non moins rares Dubois (un rien acadĂ©mique et minaudant), surtout Bordes… le violoniste et chef Julien Chauvin et son ensemble sur instruments anciens combinent ajoutent des pièces d’orchestre (Symphonie gothique de Godard, Valse très lente de Massenet).
Pour l’année Berlioz 2019, le programme comprend aussi des extraits des Nuits d’Été pour se conclure avec le célèbre Plaisir d’amour de Martini. Prochaine critique sur classiquenews…

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CD Ă©vĂ©nement, annonce. SI J’AI AIMÉ : Sandrine Piau, soprano – Le concert de la Loge – Julien Chauvin, direction (1 cd Alpha).

Compte rendu, récital. Dijon, le 16 sept 2018. Haendel / Sandrine Piau / Stefano Montanari.

piau_sandrineCompte rendu, rĂ©cital. Dijon, OpĂ©ra, Auditorium, le 16 septembre 2018. Haendel : airs d’opera seria, ouvertures et concerti grossi. Sandrine Piau / Stefano Montanari/I Bollenti Spiriti. Je venais de rĂ©Ă©couter (et de revoir) Herbert Blomstedt dirigeant la veille une formation exceptionnelle, imposante, fusion du Gewandhaus de Leipzig et de la Staatskapelle de Dresde, dans un concert destinĂ© Ă  promouvoir un paisible « vivre ensemble » au moment oĂą fermentent le mĂ©pris, le rejet, la haine. L’humilitĂ© du chef, sa gestique diablement efficace bien que rĂ©duite Ă  l’essentiel Ă©taient encore gravĂ©s dans mon esprit lorsque je dĂ©couvrais Stefano  Montanari. Crâne rasĂ©, de noir vĂŞtu, bottines, pantalon ajustĂ© d’agneau noir, seyante tunique de soie, de larges bagues d’argent Ă  chaque doigt, son look surprend, mais encore plus  sa gestique extravertie, plus proche de l’exhibition chorĂ©graphique que de la direction traditionnelle. Avec ou sans violon – dont on apprĂ©cie le timbre et les variations improvisĂ©es – il se meut dans des figures  surprenantes, ravissant parfois la vedette Ă  la cantatrice. Certes son Ă©nergie, sa vigueur sont indĂ©niables, qu’il transmet Ă  ses musiciens. Mais cette dĂ©bauche est-elle vraiment indispensable ? Il dirige ce soir I Bollenti Spririti (les esprits bouillants), le jeune ensemble de musique baroque de l’opĂ©ra de Lyon, fraĂ®chement arrivĂ© dans le paysage baroque, mais dont les qualitĂ©s sont manifestes.

L’émotion, toujours

Malgré les apparences visuelles, c’est Sandrine Piau qui tient le devant de la scène. C’est pour elle que le public  s’est déplacé. Familière du répertoire haendélien, la soprano offre à Dijon la primeur de ce programme, qu’elle reproduira à Lyon dans 48 h, puis à la Maison de la Radio le lendemain.

Les oratorios de HaendelRodelinda sort de l’ombre. Au moment où l’Avant-Scène Opéra y consacre son 306ème numéro, où Emmanuelle Haïm le répète à Lille, alors que cet opera seria est programmé en décembre 2019 à Lyon, le concert commence par son ouverture.  Sandrine Piau, de son côté, chantera « Ombre, piante, urne funeste », où l’héroïne va pleurer sur la tombe de son époux, accompagnée de leur fils. En échange avec la flûte, en écho, la voix, syllabique, dépouillée, porte une émotion poignante. Au répertoire des plus grandes depuis Sutherland, il est ici illustré avec simplicité, fraîcheur, clarté, une conduite admirable de la phrase, ornée avec discrétion dans sa reprise. Si la voix n’a pas le charnu, la sensualité de telle ou telle, son timbre, pur, son expression humble, naturelle conduit droit à l’émotion. Entretemps, elle nous aura donné l’air de Bérénice (de Scipione), dont elle repousse résolument les avances. La Cuzzoni, pour laquelle Haendel avait écrit le rôle devait non seulement avoir une voix prodigieuse pour se jouer des difficultés de l’écriture, mais faire preuve d’un tempérament dramatique hors du commun. Sandrine Piau s’y montre égale à elle –même : d’un engagement physique et mental total, servi par  des moyens superlatifs. On est transporté. Suivront, sans compter les « bis »,  l’air d’Alcina « mi restano le lagrime » où la magicienne va dérouler sa plainte, le feu d’artifice du « Una schiera di pacere » (de Il trionfo del tempo e del disinganno), et le lamento poignant d’Aci, Galatea e Polifemo, « Verso già l’alma col sangue ».  Dans chacun de ces airs, toute la riche palette expressive est déployée, avec humilité et naturel, par une grande tragédienne aux moyens vocaux d’exception.

L’orchestre, fort de sa vingtaine d’instrumentistes, s’y révèle très attentif à la direction extravertie de son chef. Les solistes, particulièrement sollicités dans les deux concerti grossi (le deuxième de l’opus 3 et le célèbre « Alexander’s Feast ») en sont remarquables. Le programme d’ouvertures (Rodelinda, Esther, Ariodante) ponctuant les airs étonne par le parti pris qui adopte et cultive des tempi plutôt rapides. Ainsi, les « graves » dépourvus de la majesté lullyste, altèrent quelque peu les oppositions. La présence d’un guitariste-théorbiste (Nicolas Muzy) au continuo est bienvenue. Le bonheur est le plus souvent au  rendez-vous, particulièrement dans l’accompagnement ciselé, nuancé à l’extrême, réalisant un merveilleux écrin à la voix.

Seul (petit) bémol de cette passionnante soirée : le programme de salle, malgré ses 22 pages, qui ne reproduit pas le texte (pourtant très concis) des œuvres chantées ni leur traduction.  Deux splendides bis, dont l’attendu «Lascia la spina » sont offerts à un public comblé.

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Compte rendu, récital. Dijon, Opéra, Auditorium, le 16 septembre 2018. Haendel : airs d’opera seria , ouvertures et concerti grossi. Sandrine Piau / Stefano Montanari/I Bollenti Spiriti, Crédit photographique © DR

CD, compte rendu critique. Rameau : Zaïs. Rousset, 2014 (3 cd Aparté, 2014)

rameau zais rousset review account of critique cd classiquenewsCD, compte rendu critique. Rameau : ZaĂŻs. Rousset, 2014 (3 cd ApartĂ©). On ne saurait contester Ă  Christophe Rouset son sens du théâtre, dĂ©veloppĂ©, toujours nerveux sur une vaste palette de rĂ©pertoire comme l’attestent ses dernières rĂ©alisations chez ApartĂ© dĂ©jĂ  : Amadis, PhaĂ©ton et BellĂ©rophon, trilogie mĂ©ritante de Lully pour le XVIIè, Hercule Mourant de Dauvergne pour le XVIIIè. Ce Rameau s’inscrit très honorablement parmi les meilleures approches du chef dont une sĂ©cheresse et parfois une direction certes prĂ©cise mais mĂ©canique et un peu courte attĂ©nue l’approfondissement de certaines lectures. D’autant que dans le cas de ZaĂŻs, ouvrage de la pleine maturitĂ© et de l’annĂ©e – 1748 – miraculeuse pour le Dijonais Ă  Versailles, il s’agit d’un double dĂ©fi : orchestral comme l’atteste dès le formidable prologue, son ouverture qui avant Haydn et sa CrĂ©ation de 1800, exprime rien de moins que le nĂ©ant originel et l’organisation du monde (le Chaos et son dĂ©brouillement) ; puis autre dĂ©fi, le profil psychologique de ZĂ©lidie et de ZaĂŻs, cette dernière Ă©tant par sa couleur tragique sentimentale,  prĂ©figuration de la tendre Pamina de La FlĂ»te enchantĂ©e de Mozart.

Un entretien vidĂ©o avec le chef pour classiquenews, lors des reprĂ©sentations de ZaĂŻs Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles (octobre 2014) avait dĂ©montrĂ© l’ampleur visionnaire et le souffle poĂ©tique de l’Ă©criture d’un Rameau, gĂ©nie de la fragmentation, et dans les choix instrumentaux, narrateur hors pair des climats et des situations. HĂ©las, le livret de Cahusac, poète si rĂ©formateur et vrai complice pour Rameau, s’enlise souvent au point de dĂ©velopper dans des longueurs parfois difficiles Ă  tenir, certaines situations et de nombreux affrontements qui se rĂ©pètent.

piau_sandrineL’action met Ă  l’Ă©preuve l’amour de la mortelle ZĂ©lidie pour le gĂ©nie des airs ZaĂŻs. D’une distribution cohĂ©rente, on eut prĂ©fĂ©rĂ© pourtant diseurs plus habitĂ©s et nuancĂ©s que les voix serrĂ©s mais dĂ©jĂ  routinières des chanteurs des seconds rĂ´les. Seuls Zachary Wilder, Sylphe pĂ©tillant et fluide, et Hasnaa Bennani, Amour charmant et gracile caractĂ©risent sans emphase leurs rĂ´les respectifs. Pour le trio principal, BenoĂ®t Arnould fait un Condor un peu contraint et toujours très (trop) poseur dans son costume de faux sĂ©ducteur, Julian PrĂ©gardien dĂ©ploie en ZaĂŻs, une vĂ©ritable dentelle linguistique idĂ©alement tendre et de plus en plus affectueuse, mais affectĂ© par quelques aigus dĂ©jĂ  tendus ; reviennent Ă  Sandrine Piau (notre photo), toutes les palmes du style et de l’articulation inventive et pourtant stylĂ©e, d’une irrĂ©sistible autoritĂ© et vocale et dramatique : sa ZĂ©lidie affirme contre les prĂ©jugĂ©s tenaces sur l’opĂ©ra de Rameau, la profondeur psychologique du personnage fĂ©minin qui aurait dĂ» donner son nom Ă  la partition. Retenons l’Ă©loquence de ses rĂ©citatifs, au relief, Ă  la caractĂ©risation vivante qui suit chaque inflexion du texte : une dĂ©monstration de vitalitĂ© palpitante qui ressuscite chaque inflexion du texte avec une diversitĂ© expressive remarquable. Rien de tel hĂ©las chez ses partenaires cadets.

 

Evidemment, tout ballet hĂ©roĂŻque comprend de nombreuses entrĂ©es, divertissements, sĂ©quences purement chorĂ©graphiques oĂą règnent le chatoiement superlatif du toujours excellent choeur de chambre de Namur, idĂ©alement prĂ©parĂ©, Ă  la diction amoureuse et engagĂ©e, Ă  l’articulation prĂ©cises et suave : un modèle ici, et pour Rameau, l’autre personnage clĂ© de l’opĂ©ra. MalgrĂ© les Ă©pisodes parfois circonstanciels et rĂ©ellement conformistes, – qui finissent par appesantir le dĂ©roulement du drame, Ă©pisodes parfaitement et strictement redevables de l’esthĂ©tique Louis XV, Rousset sait colorer et articuler l’un des orchestres les plus raffinĂ©s de Rameau.

 

 

 

VOIR le reportage vidĂ©o de classiquenews sur ZAIS de Rameau Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles par Sandrine Piau et Christophe Rousset, novembre 2014

 

 

 

 

 

 

 

Cd, compte rendu critique. Rameau : Zaïs. Julian Prégardien, Sandrine Piau, Aimery Lefèvre, Benoît Arnould, Amel B-Djelloul, Hasnaa Bennani, Zachary Wilder. Choeur de chambre de Namur. Les Talens Lyriques. Christophe Rousset, direction. 3 cd Aparte. Enregistrement réalisé à Versailles en novembre 2014.

Reportage vidéo. Rameau : Zaïs (1748), recréation par le CMBV (novembre 2014)

rameau 2014 logo 2014VIDEO. RecrĂ©ation : ZaĂŻs (1748) de Rameau Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles. Temps fort de l’annĂ©e Rameau 2014, le 18 novembre 2014, Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles, le CMBV prĂ©sente la recrĂ©ation de la Pastorale hĂ©roĂŻque ZAĂŻS, ouvrage merveilleux inspirĂ© par les idĂ©es des Lumières. C’est en vĂ©ritĂ© la tĂ©nacitĂ© de ZĂ©lidie, très Ă©prouvĂ©e par son amant ZaĂŻs soupçonneux, qui triomphe ici malgrĂ© les Ă©preuves et les tromperies qu’elle doit subir. Pour la soprano Marie Fel et la haute contre JĂ©lyotte, – deux chanteurs d’exception, Rameau Ă©crit deux rĂ´les d’une grâce et d’un charme irrĂ©sistibles. RecrĂ©ation Ă©vĂ©nement. Reportage vidĂ©o © CLASSIQUENEWS.TV 2015

CD. Desperate heroines. Sandrine Piau chante Mozart (1 cd NaĂŻve)

piau mozart arias desperate heroines 1 cd naiveCD. Desperate heroines. Sandrine Piau chante Mozart (1 cd NaĂŻve). Maniant son timbre cristallin de soprano coloratoure, Sandrine Piau affirme ici ses dons de mozartienne : Ă©lĂ©gantissime, racĂ©e, avec ce fil vocal funambule qui allie fragilit, hypersensibilitĂ©, et toujours rayonnante musicalitĂ©. Son chant Ă©motionnel souligne combien Ă  la suite d’un Rameau dont elle fut une belle TelaĂŻre de concert sous la baguette rĂ©cente de William Christie, entre imploration et sincĂ©ritĂ© incandescente, voici notre soprano suprĂŞmement mozartienne, indiquant combien Wolfgang est le musicien du cĹ“ur, et du cĹ“ur fĂ©minin. Après les vertiges inquiets de Barberine des Noces, sa Donna Anna a toutes les grâce de l’amoureuse blessĂ©e, en extase implorante : tout prĂ©pare ainsi Ă  sa Susanne, ciselĂ©e dans, lĂ  aussi, une incandescence d’un sentiment pur naissant, en son Ă©moi nocturne : l’amour jaillit avec une sincĂ©ritĂ© pudique irrĂ©sistible. Rien que pour ce “Giunse alfin il momento… ” et l’air d’accomplissement ” Deh vieni…no tardar ” d’une jeune Ă©pouse ravie par un trop plein de bonheur, le disque mĂ©rite tous les suffrages. Dommage cependant que l’orchestre et le chef soient souvent si prosaiques.

lumineux désespoirs de Sandrine Piau

CLIC D'OR macaron 200La Finta Giardiniera est un opera moins connu mais d’un rĂ©alisme Ă©motionnel hors normes qui laisse auditeurs comme interprètes dĂ©munis, dĂ©truits, dĂ©concertĂ©s tant dans les deux airs de Sandrine ici sĂ©lectionnĂ©s, dont surtout le second du II ” Crudeli, oh dio! “, Mozart peint avec une tendresse et une violence inĂ©dites, la panique des sens, la dĂ©sespĂ©rance d’une femme amoureuse aux abois… la justesse et la sensibilitĂ© de Sandrine Piau Ă©blouissent. Le chant est Ă©tincelant, lançant des traits prĂ©cis, ardents et eux aussi dĂ©sespĂ©rĂ©s dans le sublime pathĂ©tique : un modèle de chant senti, stylĂ©, d’une simplicitĂ© dĂ©sarmante si proche du cĹ“ur.  L’air dIlia d’Idomeneo, ” Se il padre perdei ” est le vĹ“u loyal d’une fille aimante et tendre : c’est pourtant elle qui sauvera le hĂ©ros d’un destin tragique. Un cĹ“ur pur encore capable d’un dĂ©passement unique : une prĂ©figuration d’Alceste. Mais lĂ  encore quel dĂ©saveu de la part de l’orchestre : terne, Ă©teint quand la cantatrice brille d’un diamant vocal dĂ©cidĂ©ment flamboyant, brĂ»lant par des traits intĂ©rieurs d’une intensitĂ© fulgurante : un vĂ©ritable instrument vocal.
En Ă©pouse fidèle souhaitant mourir lĂ  oĂą son aimĂ© s’est effondrĂ©, “La Piau” n’est pas mal non plus : sa Giunia de Lucio Silla saisit par son expressionnisme lacrymal, pourtant sans aucun effet maniĂ©rĂ©. L’Ă©clat intĂ©rieur du timbre, sa stabilitĂ©, son legato infaillible, le sens de la phrase, l’intonation, … tout est d’une grande diseuse, d’une tragĂ©dienne mesurĂ©e, capable de souplesse et de volubilitĂ© expressive. Mais lĂ  encore, l’Ă©paisseur des cordes, leur sonoritĂ© grasse sont dĂ©finitivement dĂ©menties par tous les orchestres sur instruments d’Ă©poque. On rĂŞve accordĂ© Ă  un tel tempĂ©rament Ă  ce qu’aurait offert comme tapis instrumental palpitant, Nikolaus Harnoncourt.
Belle conclusion que celle d’Il Re pastore dont l’air d’Aminta, le plus beau tissĂ© dans la tendresse la plus exquise celle de l’amant fidèle, que son amour enfin apaisĂ© conduit au bonheur et Ă  la paix tant espĂ©rĂ©s : une bĂ©atitude bienvenue après tant de tourments et de passions magnifiquement exprimĂ©s.

La musicalitĂ© instrumentale de la diva Piau, ici sublime mozartienne, rend ce nouvel album nĂ©cessaire, incontournable : un modèle d’intelligence vocale. Son Ă©quation gagnante : simplicitĂ©, puretĂ©, intensitĂ© et prĂ©cision. Toutes les chanteuses mozartiennes devraient en tirer leçon. D’urgence.

Desperate heroines. Sandrine Piau chante Mozart : Barberine, Anna, Ilia, Suzanne, Giunia…

1 l’ho perduta, me meschina | Le nozze di Figaro
2 non mi dir | Don Giovanni
3 geme la tortorella | La finta giardiniera
4 pallid’ombre | Mitridate, re di Ponto
5 deh vieni non tardar | Le nozze di Figaro
6 crudeli, oh dio! fermate… ah dal pianto | La finta giardiniera
7 se il padre perdei | Idomeneo
8 frĂ  i pensieri | Lucio Silla
9 l’amero | Il re pastore

Sandrine Piau, soprano
Mozarteum orchestra Salzburg
Ivor Bolton, direction

 

 

CD. Desperate heroines. Sandrine Piau chante Mozart (1 cd NaĂŻve)

Sandrine Piau chante Mozart

piau_sandrineTélé, ARTE, le 6 avril, 18h30 : Récital Sandrine Piau chante Mozart. Les grandes pages de la musique de Mozart avec Sandrine Piau et l’Orchestre philharmonique de Radio France dirigé par Bernard Labadie. La soprano Sandrine Piau et le baryton Detlef Roth chantent avec l’Orchestre philharmonique de Radio France, les caprices de l’amour selon Mozart, une promenade musicale à travers les grands airs amoureux mozartiens. Paraissent les amants des Noces de Figaro, de La flûte enchantée, de Don Giovanni. Fusion des cœurs retrouvés, épreuves ou affrontements, amours contrariées ou passionnées, un voyage vibrant dans une œuvre enchantée.

Concert. Avec : Sandrine Piau, Detlef Roth, l’Orchestre philharmonique de Radio France Direction musicale : Bernard Labadie ~ Réalisation : Isabelle Soulard (France, 2011, 43mn)

Compte-rendu, concert. Paris, TCE, William Christie,Rameau, Handel, le 27 septembre 2013

Paris, TCE. Vendredi 27 septembre 2013 : récital Rameau et Haendel. Orchestre of The Age of Enlightenments. William Christie, direction

 

Compte rendu, concert. Pour ce concert au mariage prometteur Rameau/Handel, ” Bill ” (William Christie) retrouve une partenaire familière depuis 1991, soit 20 ans de complicitĂ© : la soprano Sandrine Piau. Non sans une certaine nostalgie chevillĂ©e au corps et qui distille une discrète mais prĂ©sente Ă©motion, tous deux abordent les deux gĂ©nies des annĂ©es 1730 en Europe : frĂ©nĂ©sie rythmique, clartĂ© irrĂ©sistible de Rameau ; sensualitĂ© Ă©lĂ©gante de Handel, avec l’Orchestre of The Age of Enlightenments qui a soufflĂ© ses 27 ans d’activitĂ© en 2013.
Dans la première partie, s’agissant de Rameau, de Castor et Pollux, l’opĂ©ra le plus jouĂ© au XVIIIè dès sa crĂ©ation en 1737, jusqu’aux Paladins, oeuvre de maturitĂ© (1760), l’Ă©ventail est large : voici une annonce de l’annĂ©e Rameau 2014, très gĂ©nĂ©reuse : un avant-goĂ»t qui montre combien jouer Rameau et rĂ©ussir son interprĂ©tation restent des dĂ©fis car il n’est pas donnĂ© Ă  tous les chefs de relever comme ici les multiples obstacles.  William Christie a enregistrĂ© Castor et Pollux en 1993 avec le tempĂ©rament et la grâce qui restent une rĂ©fĂ©rence dans la discographie. Le concert au TCE confirme combien le fondateur des Arts Florissants reste inĂ©galĂ© chez Rameau comme dans Handel. Rappelons que William Christie sort sous son propre label Les Arts Florissants & William Christie Ă©ditions, l’oratorio Belshazzar, le 22 octobre 2013. Concernant Rameau en 2014, Bill dirigera PlatĂ©e Ă  l’OpĂ©ra de Vienne puis Ă  l’OpĂ©ra Comique et Ă  New York, en fĂ©vrier, mars et avril 2014.

 
 

Rameau d’un raffinement ineffable

direction affĂ»tĂ©e et Ă©lĂ©gante d’un Christie poète

 

Christie_William_dirigeant_rameau_faceNervositĂ© et clartĂ©, et mĂŞme hargne guerrière propre aux deux frères hĂ©roĂŻques (Pollux descend aux enfers pour ressusciter Castor qui devait y demeurer Ă©ternellement), dramatisme Ă©ruptif qui foudroie, un sens de la vitalitĂ© rythmique (comme dans Dardanus : Dukas l’avait soulignĂ© en plus de l’audace des couleurs et de l’orchestration admirĂ©es par Berlioz) : sous la direction d’un Bill affĂ»tĂ© et conquĂ©rant, voici pour l’ouverture de Castor et Pollux, un superbe lever de rideau d’un Ă©clat trempĂ© dans une Ă©nergie enivrĂ©e et tragique, aĂ©rienne et Ă©pique irrĂ©sistible.
Ce qui suit ne dĂ©ment notre impression première : le geste est incisif et mordant, d’une griserie lĂ©gère prĂŞte Ă  mordre dans les airs pour les Athlètes (percutante vitalitĂ© du IIIème air qui n’hĂ©site pas Ă  exposer les bois, hautbois et bassons) ; les bruits de guerre (comme dans Dardanus version 1744) sont un Ă©pisode dramatique fracassant avec des cuivres pĂ©taradants, explosifs, gorgĂ©s de fière solennitĂ©, … avant ce ” gravement ” qui s’Ă©mancipe lentement comme une aurore ; en vĂ©ritĂ©, c’est une magnifique entrĂ©e en matière pour l’air ” Tristes apprĂŞts, pâles flambeaux ” : plainte d’une dignitĂ© dĂ©sespĂ©rĂ©e de TĂ©laĂŻre qui se lamente auprès de Pollux … aigus parfois difficiles, ligne incertaine mais quelle exquise fragilitĂ©. Sandrine Piau montre quelle musicienne fine et raffinĂ©e elle demeure.
Le sommeil de Dardanus est baignĂ© de tendre intimitĂ©, un rayon de soleil après Castor et Pollux colorĂ© de funèbres prĂ©monitions ; le menuet qui suit est d’une pudeur et retenue admirables.

L’Ă©clectisme de Rameau est stupĂ©fiant ; la sĂ©lection des morceaux choisis ce soir le prouve encore. Quel rĂ©veil dĂ©licieux avec « Règne avec moi, Bacchus », extrait d’AnacrĂ©on, d’une ivresse toute bachique, d’une sensualitĂ© dyonisiaque libĂ©rĂ©es, elle aussi conquĂ©rantes … les aigus tendus de la soprano empĂŞchent cependant de goĂ»ter la fraĂ®cheur badine de cette hymne d’une suavitĂ© acrobatique … L’Orchestre sous la baguette aĂ©rienne de William Christie exprime la lĂ©gèretĂ© des Ă©lĂ©ments qui semble en effet soulever la soliste.
Autre dĂ©fis pour les musiciens et le chef : les  Tambourins 1 & 2, extraits de Dardanus : notons la gaietĂ© rustique d’une simplicitĂ© qui parle au coeur, sans apprĂŞts, seulement ivres, et naturellement frĂ©nĂ©tiques : quelle maĂ®trise grâce Ă  l’expertise d’un chef conteur.
Nouvelle Ă©lĂ©vation avec « Je vole, Amour », extrait des Paladins (1760) : l’air renoue avec la grâce d’AnacrĂ©on et une couleur instrumentale plus pĂ©tillante encore (flĂ»tes aĂ©riennes comme des chants d’oiseaux quand les cordes expriment la danse des nuages). Je vole nous dit Sandrine Piau, davantage maĂ®tresse de ses aigus et parfaite de ligne comme d’intonation : nous la croyons sans hĂ©siter. L’humour distanciĂ©, l’Ă©clectisme poĂ©tique de Rameau s’y dĂ©versent entre comique et tragique, une source expressive qui fourmille Ă  l’identique de sa prĂ©cĂ©dente comĂ©die lyrique (reprise par GrĂ©try dans La Caravane du Caire : PlatĂ©e l’inclassable). Ici Piau badine, oeillades Ă  l’appui d’autant mieux que l’orchestre s’allège, prĂŞt lui aussi Ă  s’envoler. En coquette d’une sensualitĂ© torride, la soprano excelle littĂ©ralement.
Grand moment de profondeur et de sincĂ©ritĂ© orchestrale, la Chaconne, extraite de Dardanus : formidable hymne nostalgique avec ce lâcher prise, cette pudeur exquise entre gravitĂ© et tendresse d’une Ă©locution (cordes) flexible parfaitement articulĂ©e … Rythmes coulants, passages dynamiques contrastĂ©s et nuancĂ©s, avec cette solennitĂ© pourtant jamais affectĂ©e ni dĂ©monstrative, Bill l’enchanteur nous offre une leçon de grâce ramĂ©lienne irrĂ©sistible. On l’aurait volontiers Ă©coutĂ© pour 2014, les 250 ans de la mort de Rameau, dans une belle et grande tragĂ©die lyrique : Hippolyte, Castor justement ou Dardanus voire Zoroastre. Il faudra ce contenter de PlatĂ©e. Ce qui est dĂ©jĂ  beaucoup sous la baguette d’un tel maestro.

 

Après l’entracte – rituel des 20 minutes de pause -, voici la seconde partie dĂ©diĂ©e au divin Saxon Handel.
Dans le  Concerto Grosso op. 6 n° 6 : chef et instrumentistes nous convainquent par leur Ă©lĂ©gance suggestive magnifiquement dramatique, pleine de rebondissement et de tendre intĂ©rioritĂ©, avec des Ă©carts contrastĂ©s qui tempĂŞtent et restituent un Handel imaginatif et percutant, grâce Ă  l’engagement des seuls instruments (cordes Ă©lectrisĂ©es sous la baguette du chef).
Puis la diva reparaĂ®t :  « Che sento o Dio », « Se pietĂ  », grand air dĂ©ploratif de ClĂ©opâtre extrait de Giulio Cesare. L’air rĂ©vĂ©la Sandrine Piau en 1993 Ă  Beaune : la soprano coloratoure malgrĂ© des aigus tirĂ©s dĂ©veloppe une ligne grave et sombre parfaitement au diapason de l’humeur de ClĂ©opâtre dĂ©faite et dĂ©truite Ă  cet instant de l’opĂ©ra… la justesse et la pudeur Ă©motionnelle de la diva saisissent, très investie et intĂ©rieure. Bill excelle, fluide et profond.

Nouvel sĂ©quence lyrique avec  « Scoglio d’immorta fronte », extrait de Scipione : crânement dĂ©fendu avec des aigus plus faciles mais toujours fragiles qui font l’Ă©motivitĂ© d’une tenue très musicienne, d’autant que l’orchestre et le chef se montrent impeccables.

En conclusion, Bill propose un Handel festif mais raffinĂ© : Musique pour les Feux d’artifices royaux. Pour la fin, vertiges et divertissement. La belle gradation des tutti de cuivres sĂ©duit : splendides gerbes Ă©clatantes dont Bill fait ressortir la puissante Ă©nergie pleinairiste. L’ivresse dansante, la respiration pastorale dans l’esprit du Water music, avec cette mĂŞme piquante et entraĂ®nante euphorie rythmique de Rameau … Bill y ajoute cette dose de suprĂŞme raffinement, de badinerie, d’Ă©lĂ©gance absolument irrĂ©sistible, Ă  la fois opulente et chorĂ©graphique, d’une emphase cuivrĂ©e tout Ă  fait calibrĂ©e et maĂ®trisĂ©e. Un handel idĂ©al.

Trois bis pour dire au revoir … Pas chiches pour un sou pour le ravissement du public dĂ©jĂ  conquis, les interprètes gratifient l’audience de 3 bis : bouquet progressif et gĂ©nĂ©reux avec l’air, au charme absolu, celui de Morgane d’Alcina, d’une facĂ©tie caressante. Lui succède avec une sincĂ©ritĂ© et une musicalitĂ© qui rayonnent : l’irrĂ©sistible Lascia de Rinaldo, puis rĂ©cidive en coquetterie assumĂ©e pour l’air d’AnacrĂ©on de Rameau, en fusion avec l’orchestre d’une fluiditĂ© caressante et sensuelle. Quele soirĂ©e !

 

Paris, TCE. Vendredi 27 septembre 2013 : récital Rameau et Haendel. Orchestre of The Age of Enlightenments. William Christie, direction.

 

détail du programme :

Rameau
Castor et Pollux, ouverture

Deuxième et troisième airs pour les Athlètes, Bruits de Guerre, Gravement
“Tristes apprĂŞts, pâles flambeaux”,
Menuet
”Sommeil”, extrait de Dardanus

« Règne avec moi, Bacchus », extrait d’Anacréon
Tambourins 1 & 2, extraits de Dardanus
« Je vole, Amour », extrait des Paladins
Chaconne, extrait de Dardanus

Haendel
Concerto Grosso op. 6 n° 6

« Che sento o Dio », « Se pietà », extraits de Giulio Cesare

Marche extraite de Scipione
« Scoglio d’immorta fronte », extrait de Scipione
Musique pour les Feux d’artifices royaux