SALZBOURG 2019. Nouvel Idomeneo par Sellars / Currentzis

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81SALZBOURG, 27 juil – 19 aout 2019. IDOMENEO. Le Festival estival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par Richard Strauss et Hugo Von Hofmannsthal marque les esprits en annonçant entre autres productions Ă©vĂ©nements de son affiche 2019 : Idomeneo de Mozart, opĂ©ra symphonique sur le thème de la barbarie divine, mise en scène par Peter Sellars et surtout dirigĂ© par le bouillonnant mais passionnant Teodor Currentzis. Ce dernier vient de publier chez Sony, une captivante Symphonie n°6 de Mahler, après une 6è de Tchaikovski non moins envoĂ»tante… LIRE ci après nos critiques des 2 cd Mahler et Tchaikovsky par Currentzis et son orchestre sur instruments anciens AnimaAeterna, 2 «  CLICs » de CLASSIQUENEWS.
Le 27 juillet 2019, première soirée lyrique du Festival de Salzbourg, affiche au Felsenreitschule (Manège du rocher) : Idomeneo, une nouvelle production prometteuse après la Clemence de Titus présentée par le même duo en 2017. Idomeneo est aussi un opera seria, conçu par un Mozart de 25 ans. Teodor Currentzis dirige pour se faire le Freiburg Baroque Orchestra et le musicAeterna Choir of Perm Opera (un chœur qu’il connaît plutôt très bien, familier de ses enregistrements et productions habituelles).

Distribution annoncée : Russell Thomas (Idomeneo), Paula Murrihy (Idamante), Ying Fang (Ilia), Nicole Chevalier (Elettra), Jonathan Lemalu (Nettuno / La voce / Voix de l’Oracle) ; chorégrapie de Lemi Ponifasio.

currentzis sellars salzbourg idomeneo mozart 2019 premiere announce annonce concert opera par classiquenewsSellars souligne combien avec Idomeneo, Mozart dispose alors Ă  Munich, dans le contexte de crĂ©ation d’Idomeneo, – en 1780 pour le Carnaval, d’une Ă©quipe artistique prestigieuse (Lorenz Quaglio, rĂ©alisateur des costumes et des dĂ©cors), un orchestre renommĂ© (les instrumentistes de la Cour de Mannheim, les meilleurs d’Europe), une compagnie de danseurs et des chanteurs cĂ©lèbres… Ainsi s’affirme le gĂ©nie du jeune homme, alors en conflit avec son père : un conflit qui se dessine aussi dans l’opĂ©ra qui se passe en CrĂŞte, dans la relation entre Idomeneo et Idamante, le père et le fils, le premier devant après un vĹ“u dĂ©raisonnable, sacrifier Ă  Neptune, le second. Les dieux ont soif et les hĂ©ros doivent se soumettre Ă  leur pouvoir. C’est Ilia, princesse troyenne (fille de Priam) qui sauvera par sa lumineuse loyautĂ©, celui qu’elle aime et qui devait ĂŞtre immolé…
Ce qui saisit dans Idomeneo, ce sont moins les pages dramatiques inspirées de la Guerre de Troie, des Grecs fiers et inflexibles (voire délirants et jaloux : Elettra), confrontés à la douceur crêtoise… que les pages où il est question de l’impétuosité des éléments marins : Idomeneo est un opéra symphonique et océanique d’un souffle saisissant, où percent avec une véhémence expressive jamais écoutée avant lui, l’orchestre et l’ampleur des ballets. Tout ce qu’avait en son temps, dévoilé le chef Nikolaus Harnoncourt dans un enregistrement légendaire qui a marqué l’histoire du cd et celle de l’interprétation mozartienne… La production est l’événement de cet été 2019 au Festival de Salzbourg. Photo Sellars et Currentzis à Salzbourg : SF/Anne Zeuner.

 

________________________________________________________________________________________________

SALZBOURG, Festivalsalzbourg vignette festival
MOZART : Idomeneo
Peter Sellars / Teodor Currentzis
7 représentations
Du 27 juillet 2019 au 19 août 2019

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.salzburgerfestspiele.at/en/p/idomeneo

________________________________________________________________________________________________

SALZBOURG, Festival de PentecĂ´te 2019 : 7-10 juin 2019. Voci celesti

salzburg salzbourg logo 2016 0104_festspiele_023SALZBOURG, Festival de Pentecôte 2019 : 7-10 juin 2019. Voci celesti – heavenly voices / Voix célestes, avec ce titre générique, le Festival de Pentecôte de Salzbourg poursuit sa collaboration avec la mezzo Cecilia Bartoli, une pause de musique baroque dans la cité de Wolfgang et qui occupe l’affiche de Salzbourg le 2ème week end de juin, soit du jeudi 7 au dimanche 10 juin 2019. Dans son album dédié, intitulé Sacrificium (octobre 2009, LIRE ici notre crtiique du cd Sacrificium / http://www.classiquenews.com/cecilia-bartoli-sacrificium2-cd-decca/.

sacrificium cecilia bartoli cd critique annonce classiquenews dossier castrats par cecilia bartoli salzbourg pentecote 2018 withsun 2019Cecilia Bartoli y rendait il y a 10 ans déjà un hommage appuyé aux victimes de la castration, les divos, castrats adulés, fruit de l’école napolitaine au XVIIIè, et dont le chant légendaire, à en croire tous les témoignages et les récits d’époque, était digne de louanges. Leur gloire se poursuit encore aujourd’hui, et nombre de divas féminines donc (mezzo, altos : Cecilia Bartoli, Vivica Genaux, Ann Hallenberg aujourd’hui) ou les contre ténors actuels dont les Fagioli, Cencic, et le plus récemment adulé Jakob Orlinski…) tentent d’égaler l’agilité, la musicalité, la puissance. Ils avaient comme nom à l’époque de Haendel et de Porpora : Giacomelli, Caffarelli, surtout Farinelli, Senesino… mais aussi Porporino, Carestini, Balatri… Leur fabuleuse virtuosité, le trouble de ses voix aigues dans des corps virils, le decorum qui encadre chaque prestation… continuent encore de fasciner et inspirent toujours les chanteurs contemporains.

 

 

 

Salzbourg : Cavalleria Rusticana pour le festival de Pâques

 

 

 

Parmi les temps forts de cette nouvelle Ă©dition Ă  Salzbourg, l’opĂ©ra de Haendel, ALCINA les 7 et 9 juin 2019 (avec Cecilia Bartoli dans le rĂ´le-titre ; Sandrine Piau en Morgana… Les Musiciens du Prince / Gianluca Capuano, direction), suite logique des deux productions lyriques prĂ©cĂ©demment prĂ©sentĂ©es in loco, sorte de fil rouge de la programmation (Giulio Cesare in Egitto et Ariodante) ; Polifemo de Nicolo Porpora (Cencic, Petrou : le 8), La Morte d’Abele du vĂ©nitien Caldara (Julie Fuchs, Christophe Dumaux, Lea Desandre, Nuria Rial, Il canto di Orfeo, Bachchor Salzburg /GL Capuano, direction : le 9), Stabat Mater de Pergolesi avec C Bartoli, Franco Fagioli, le 10 juin, 11h)… etc…

 

 

 

 

________________________________________________________________________________________________

VOIR toute la programmation du Festival de Pentecôte de Salzbourg, sur le site du Festival de Salzbourg / Salzburg Whitsun Festival : 7 – 10 June 2019

https://www.salzburgerfestspiele.at/en/tickets/calendar?season=6

________________________________________________________________________________________________

 

 

sacrificium cecilia bartoli cd critique annonce classiquenews dossier castrats par cecilia bartoli salzbourg pentecote 2018 withsun 2019CD critique. Cecilia Bartoli: Sacrificium (2 cd DECCA, 2009). En un double album particulièrement soigné sur le plan éditorial, les enregistrements réalisés en février et mars 2009 en Espagne à Valladolid éclairent en particulier l’acrobatie vocale coloratura de l’écriture de Nicola Porpora (1686-1768), maître essentiel de la musique pour castrats au XVIIIè siècle. Ambassadrice de choc et de charme pour la cause des castrés devenus chanteurs, Cecilia Bartoli ajoute les manières d’autres compositeurs dont les opéras sérias mettaient en scène les divins “musici” dans des airs de virtuosité dramatique, taillés pour leur divin gosier… ainsi 2 airs de Carl Heinrich Graun (circa 1703-1759), extraits de ses ouvrages Demofoonte et Adriano in Siria (1746) qui touchent par leur tendresse digne et blessée; mais aussi paraissent Leonardo Leo (1694-1744), Leonardo Vinci (circa 1696-1730), Francesco Araia (1709-1770)… soit 11 airs enflammés entre tendresse hallucinée et rage expressionniste, atteignant des cimes vocales vertigineuses. LIRE notre critique complète du cd de Ceclia Bartoli / SACRIFICIUM (Decca, 2009)

 

L’Amour de Danae de R. Strauss Ă  Salzbourg

salzburg salzbourg logo 2016 0104_festspiele_023France Musique. Strauss: L’ Amour de Danae, le 16 août 2016, 20h. C’est l’un des temps forts du Festival de Salzbourg 2016 : L’amour de Danae de Richard Strauss (1940) fait partie des partitions les moins jouées du compositeur bavarois, or il s’agit d’une oeuvre clé de ses recherches sur la notion de théâtre musical où la projection continue du chant, telle une conversation en musique, reste cruciale selon son esthétique lyrique. C’est aussi pour Richard, l’occasion de traiter deux thématiques qui lui sont chères : les resources dramatiques et psychologiques qu’offre la mythologie grecque ; et surtout l’occasion de ciseler un nouveau portait de femme : ainsi après les formidables vertiges portées par ses premières héroïnes, Elektra (1909), Salomé (1905) ; puis Ariane aux Naxos (1912-1916), Hélène d’Egypte (1928), Arabella (1933), Intermezzo (1924 qui relate ses déboires conjugaux avec son épouse la cantatrice Pauline de Ahna, surtout Daphné qui composé en 1938, pendant la barbarie nazie, prélude directement aux enjeux et clés de Danae, composé en 1940 et créé en 1944. Le compositeur devait s’éteindre en 1949, non sans exprimer sa vision crépusculaire sur la fin de la civilisation provoqué par le crime impardonnable de la guerre et de la haine.

 Le choix de Danae…
Midas ou Jupiter ?

 

 

Dossier Richard Strauss 2014Capriccio en 1942 (avec le sublime personnage de la Comtesse Madeleine, arbitre des arts, entre poésie et musique) nuance encore un travail concentré sur le raffinement et la profondeur humaniste de l’art musical. L’Amour de Danae / Die Liebe der Danae illustre comme le tableau de Gustav Klimt dont l’opéra de Strauss approche dans le chant magistral et continu de l’orchestre, le scintillement des couleurs, la légende de la fille du roi ruiné Pollux qui amoureuse de Midas, est courtisé (en vain) par Jupiter.

klimt danae 1907 pluie or de jpuiter ob_e76f47_danae-gustav-klimt-1907

 

La lecture du mythe que dĂ©fend Richard Strauss est celle d’un humaniste : Danae est une âme admirable et juste en ce qu’elle prĂ©fère le mortel Midas, – que Jupiter a brutalement amputĂ© de son pouvoir de tout changer en or, au dieu omnipotent qui promet pourtant merveilles et Ă©ternitĂ©. La jeune femme n’a cure des illusions de l’or, mais s’intĂ©resse plutĂ´t Ă  la bontĂ© d’âme de l’homme qu’elle aime, fĂ»t-il misĂ©rable et dĂ©possĂ©dĂ© de son don de richesse. Dans l’écriture, Strauss soigne les contours et connotations psychologiques du chant de son hĂ©roĂŻne, – orchestre gĂ©nĂ©reux mais clartĂ© du parcours Ă©motionnel qui mène la jeune femme, des illusions troubles, Ă  la lumière de la vĂ©ritĂ©, celle de son coeur amoureux.

 

 

 

Autour du trio héroico-pathétique de Danae / Midas / Jupiter, se presse une pléiade deseconds rôles comiques : Pollux le père ruiné désireux de redorer son blason en mariant sa fille au dieu déguisé en … Midas ; les quatre reines parentes de Danae, qui anciennes amantes de Jupiter, tentent tout pour reconquérir le divin étalon.


La comĂ©die et la profondeur fondent l’intĂ©rĂŞt d’un opĂ©ra injustement Ă©cartĂ© des théâtres et programmations habituels. Pourtant, le leçon morale et la parabole humaniste qu’offrent Strauss et son librettiste Josef Gregor (qui reprend une idĂ©e et un canevas du poète Hugo von Hofmannsthal), dĂ©passent la simple illustration de l’AntiquitĂ©. Il importe aux interprètes de comprendre puis d’exprimer sous la conduite d’un chef articulĂ©, chambriste, la subtilitĂ© d’une Ă©criture qui fait la synthèse entre Wagner et Mozart, qui commente en musique le miracle Ă©ternel de l’amour sincère. Si dans DaphnĂ©, Strauss conclut l’opĂ©ra dans l’apothĂ©ose de son hĂ©roĂŻne pĂ©trifiĂ©e qui refuse l’amour (celui d’Apollon, après que celui ci a tuĂ© son fiancĂ©), ici, Danae, dans la suite de La Femme sans ombre (opĂ©ra initiatique Ă©crit par Hofmannsthal, au moment de la première guerre), dĂ©termine son propre destin, affirme son choix, revendique la vĂ©ritĂ© du seul amour qui l’inspire : celui de Midas. La jeune femme peut donc vivre ce destin qui lui Ă©tait refusĂ© au dĂ©but de l’action. C’est un exemple rare Ă  l’opĂ©ra, d’une relation qui peut ĂŞtre vĂ©cue sur terre, a contrario du poison wagnĂ©rien dont les hĂ©ros, -Tristan, Isolde, Lohengrin, Elsa, … sans omettre Tannhäuser et Elisabeth…, affirment au contraire l’impossibilitĂ© d’un amour Ă©panoui dans le monde des hommes. Richard Strauss, le plus grand gĂ©nie lyrique avec Puccini au dĂ©but du XXème siècle, tĂ©moin des deux guerres mondiales, en tĂ©moigne ainsi, et jusqu’Ă  la fin de sa vie : l’homme peut ĂŞtre sauvĂ© de lui-mĂŞme, s’il Ă©coute la vĂ©ritĂ© de son cĹ“ur et agit par amour, non par calcul. Humaniste, très humaniste, Richard.

 

 

logo_francemusiqueFrance Musique, Mardi 16 aoĂ»t 2016, 20h. EnregistrĂ© au Festival de Salzbourg le 6 aoĂ»t 2016. L’Amour de Danae / Die Liebe der Danae de Richard Strauss et Josef Gregor (sur une idĂ©e de Hugo von Hofmannsthal).

Illustration : Danae par Gustav Klimt, 1905. Jupiter amoureux s’exprime Ă  dans sous la forme d’une pluie / semence d’or, sujet pour le peintre Ă  un sublime miroitement chromatique de sa palette (DR)

 

 

 

 

DANAE STRAUSS Salzbourg festival 2016 web-Die_Liebe_der_Danae_2016_Krassimira_Stoyanova_c_SF_ForsterRichard Strauss : L’Amour de Danae
RICHARD STRAUSS • DIE LIEBE DER DANAE
Heitere Mythologie in drei Akten op. 83 von Richard Strauss (1864–1949)
Libretto von Joseph Gregor (1888–1960) unter Benutzung eines Entwurfes von Hugo von Hofmannsthal (1874–1929) / Opéra mythologique en 3 actes de Richard Strauss / Livret de Joseph Gregor d’après Hugo von Hofmannshtal. Nouvelle production.

Franz Welser-Möst, direction
Alvis Hermanis, mise en scène

Distribution
Krassimira Stoyanova, Danae
Tomasz Konieczny, Jupiter
Norbert Ernst, Merkur
Wolfgang Ablinger-Sperrhacke, Pollux
Regine Hangler, Xanthe
Gerhard Siegel, Midas alias Chrysopher
Pavel Kolgatin, Andi Früh, Ryan Speedo Green, Jongmin Park, Vier Könige
Maria Celeng, Semele
Olga Bezsmertna, Europa
Michaela Selinger, Alkmene
Jennifer Johnston, Leda

Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor
Wiener Philharmoniker

CONSULTER la page Danae sur le site du Festival de Salzbourg 2016 

 

Salzbourg été 2015 : trio lyrique éblouissant (Netrebko, Kaufmann, Bartoli)

salzbourg opera directSalzbourg festival estival 2015.  La magie Salzbourgeoise ne tient pas Ă  un cycle d’Ă©nergie symphonique, ni une thĂ©matique forte clairement proclamĂ©e (mĂŞme si Mozart, Strauss – esprit des fondateurs oblige, restent fĂ©dĂ©rateurs d’Ă©dition en Ă©dition). Son rayonnement est le produit d’un hasard heureux / marketing savant, alliant qualitĂ© musicale Ă©videmment et … glamour. En se choisissant 3 solistes en or, 3 ambassadeurs plĂ©biscitĂ©s et charismatiques, le festival estival autrichien sait cultiver son rayonnement planĂ©taire… Netrebko, Bartoli, Kaufmann,  3 icĂ´nes lyriques ou 3 raisons majeures pour ne rien manquer du Salzbourg 2015… Pourquoi aller Ă  Salzbourg en Autriche en juillet et en aoĂ»t ? Voici notre sĂ©lection des rvs Ă  ne pas manquer. Parlons musique sacrĂ©e d’abord. Le 22 juillet : Missa Solemnis de Beethoven (Grosses Festspielhaus, par Nikolaus Harnoncourt : tout concert de musique sacrĂ©e par Nikolaus Harnoncourt ne se refuse pas : le chef autrichien, adepte de la gravitĂ© voire du lugubre qui saisit, exprime la spiritualitĂ© des partitions comme personne Ă  ce jour, il vient de le dĂ©montrer dans la trilogie des dernières Symphonies de Mozart (39, 40 et 41) en un coffret Ă©blouissant de finesse, de poĂ©sie, de profondeur intitulĂ© un “oratorio instrumental” en trois parties. C’est dire. Alors Beethoven, pensez …un grand rĂ©sultat s’annonce.

Autre événement sacré à Salzbourg cet été, la Messe en fa mineur par Yannick Nézet-Séguin, le 25 juillet, même lieu avec entre autres solistes : Dorotea Röschmann.

Bartoli, Kaufmann, Netrebko… les 3 visages de la magie Salzbourg

 

Cecilia Bartoli chante la vocalitĂ  suave de SteffaniAu registre des opĂ©ras, Mozart a sa suite atitrĂ© Ă  Salzbourg, sa ville natale (qui le lui rendit si mal). Seul opĂ©ra pourtant programmĂ© cet Ă©tĂ©, Les Nozze di Figaro (28 juillet-18 aoĂ»t 2015, Ă©videmment dans la “Maison pour Mozart” / Haus fĂĽr Mozart : par le duo Ettinger et Bechtolf avec KĂĽhmeier, Pisaroni, Murray…) ; l’Ă©vĂ©nement c’est aussi, surtout, la Norma de Bellini par Cecilia Bartoli (tout est complet mais vous pouvez essayer des places Ă  la volĂ©e le soir mĂŞme : les 31 juillet, 3,6, 8 aoĂ»t 2015, Haus fĂĽr Mozart. Giovanni Antonini, direction / Patrice Caurier et Moshe Leiser, mise en scène… si pas de chance, l’ouvrage serait diffusĂ© par Arte … Ă  suivre dans le mag tĂ©lĂ© de classiquenews.
Jonas Kaufmann, le plus grand tĂ©nor du monde !Les mĂŞmes Caurier et Leiser mettent en scène aussi IphigĂ©nie en Tauride de Gluck, les 19,22,24,26,28 aoĂ»t, avec la très en forme Cecilia Bartoli dans le rĂ´le titre lĂ  encore (Haus fĂĽr Mozart). Enfin le grand gagnant (en nombre de reprĂ©sentations, reste cette annĂ©e le chef Franz Welser-Möst qui dirige ainsi deux ouvrages importants : Fidelio de Beethoven (les 4,7,10,13,16, 19 aoĂ»t 2015, dans la mise en scène de Guth avec Pieczonska, Jonas Kaufmann quand mĂŞme en Florestan : d’emblĂ©e une incarnation passionnante) mais aussi Der Rosenkavalier (de Richard Strauss), une production emblĂ©matique du festival autrichien avec Don Giovanni ou Cosi fan tutte de Mozart (Strauss fut le cofondateur en 1922 du festival estival de Salzbourg avec Max Reinhardt et Hugo von Hofmannsthal, poète librettiste du compositeur : les 20,23,26, 28 aoĂ»t 2015 au Grosses Festspielhaus. Harry Kupfer, mise en scène, avec Stoyanova, S. Koch, Groisböck, Schultz…)
Pour finir, le meilleur : la reprise de la production du Trouvère / Il Trovatore de Verdi avec la Leonora de l’icĂ´ne de Salzbourg, Anna Netrebko. SaluĂ©e par nos rĂ©dacteurs sur classiquenews en 2014, la production diffusĂ©e sur Arte avait saisi par sa justesse (Lire notre compte rendu dĂ©veloppĂ© du Trouvère de Verdi Ă  Salzbourg 2014 avec Anna Netrebko).

New-York, Monte Carlo : La nouvelle Iolanta d'Anna NetrebkoLa soprano plus fĂ©minine et pulpeuse que jamais, maniant le risque aussi et les dĂ©fis vocaux (ses Quatre derniers lieder de Strauss, – en novembre 2014 avec Barenboim, et sa Iolanta, indiscutable incarnation, en tĂ©moignent rĂ©cemment) demeure in situ adulĂ©e par son fan club, quand le tĂ©nor Rolando Villazon qui avait dĂ©butĂ© avec elle – dans un Ă©poustouflante Traviata en 2002 dĂ©jĂ , a quittĂ© les scènes internationales depuis plusieurs saisons…
Donc pour le Florestan de Kaufmann, la Leonora de Netrebko, Harnoncourt et la Bartoli dĂ©doublĂ©e en Norma et IphigĂ©nie, cette Ă©dition 2015 de Salzbourg porte fièrement sa couronne de temple lyrique international chaque Ă©tĂ© (ce n’est pas Bayreuth qui peut en dire autant / LIRE notre article : “Bayreuth 2015 : triste routine…”).

Toutes les infos et les modalités de réservations sur le site du festival de Sazlbourg (Autriche) / Salzburger festspiele 2015 , du 18 juillet au 30 août 2015.

Davide Penitente, l’oratorio Ă©questre de Bartabas

Arte, Davide Penitente de Mozart par Bartabas. Le 21 juin 2015, 18h40. C’est assurĂ©ment le point fort de cette programmation spĂ©ciale FĂŞte de la musique, le 21 juin 2015 sur Arte. FilmĂ© Ă  Salzbourg en janvier 2015, le spectacle saisit par son esthĂ©tisme et la prĂ©sence enivrante des chevaux dans le Manège des rochers Ă  Salzbourg, lieu historiquement liĂ© Ă  la prĂ©sence des Ă©quidĂ©s dans la ville festival, berceau de Mozart. Rediffusion le vendredi 31 juillet 2015, 5h10 (certes c’est tĂ´t au matin mais le spectacle vaut largement que vous vous forciez Ă  quitter le lit pour regarder la performances des cavaliers et des chanteurs…).

 

 

arte_logo_2013Arte. SpĂ©cial fĂŞte de la musique, le 21 juin 2015, 18h40 : spectacle Ă©questre saisissant. Arte met les petits plats dans les grands pour la fĂŞte de la musique. Le programme annoncĂ© mĂŞlant tous les genres commence Ă  13h, enchaĂ®ne des genres et formes variĂ©es jusqu’Ă  23h (dĂ©but du dernier programme dĂ©diĂ© Ă  John Williams). LIRE la prĂ©sentation des 7 rvs programmĂ©e sur Arte, exemplaires par leur diversitĂ© bien que le chant et l’opĂ©ra soient majoritaires.

 

 

 

Davide Penitente de Mozart

Opéra équestre de Bartabas

 

mozart_portrait-300Pendant la dernière Semaine Mozart Ă  Salzbourg en janvier 2015, le chorĂ©graphe et Ă©cuyer Bartabas a prĂ©sentĂ© sa nouvelle crĂ©ation sur un oratorio mĂ©connu de Mozart, « Davide Penitente » dans l’ancien manège de Salzbourg, le cĂ©lèbre « Manège des rochers ». Espace clos rythmĂ© par les galeries superposĂ©es en fond de scène sans omettre l’arbre isolĂ© qui tient lieu d’axe structurant. Bartabas conçoit une Ĺ“uvre d’art totale et unique en son genre, qui marie musique et art Ă©questre. Comment l’action sacrĂ©e de David gagne-t-elle un sens particulier grâce au concours des chevaux pendant le spectacle?  RĂ©ponse par l’image sur Arte ce 21 juin 2015, 18h40.

La Cantate oratorio K649 ” Davide Penitente” sur un texte de Saverio Mattei (et non Da Ponte comme on continue depuis trop longtemps de l’écrire) est crĂ©Ă©e le 13 mars 1785 Ă  Vienne (Burgtheater). L’ouvrage est une commande de la TonkĂĽnstler Societät de Vienne. Mozart y recycle de nombreuses sĂ©quences de sa Messe en ut (8 au total issus de la K 427 composĂ©e auparavant en 1782/83, c’est Ă  dire en plein essor des idĂ©es des Lumières).  Souvent mĂ©sestimĂ©, l’oratorio met en lumière la très grande maturitĂ© du Mozart viennois. Ses sĂ©quences inĂ©dites composĂ©es en 1785 en tĂ©moignent : l’air du tĂ©nor « A te fra tanti affanni » (passionnant dialogue avec hautbois), puis « Tra l’oscure ombre funeste » pour soprano, surtout le trio « Tutte le mie speranze » ont la profondeur et l’éclat de Cosi ou des Noces de Figaro, c’est dire.

Bartabas au Manège des rochers : une présence historiquement légitime car c’est là que l’Archevêque de Salzbourg entraînait sa cavalerie (impressionnante). 96 arcades y sont creusées dans la roche de la montagne au moment de sa construction par Johann Bernhard von Erlach en 1693.

Pour Bartabas, premier Ă©cuyer crĂ©ateur de France l’Ă©quitation est d’essence chorĂ©graphique. « Monter Ă  cheval, c’est danser. Le cavalier danse tout en dirigeant son cheval. Il doit gĂ©rer le travail de l’animal, l’intention du mouvement et sa qualitĂ©. Il forme un tout, un couple avec l’animal et devient une sorte de danseur-cheval » dĂ©clare le concepteur du spectacle Davide penitente de Mozart. Bartabas a crĂ©Ă© l’AcadĂ©mie Ă©questre de Versailles en 2003, oĂą les jeunes apprentis Ă©cuyers qui ont pour seuls maĂ®tres les chevaux, font l’expĂ©rience de la vie collevtive elle mĂŞme matrice propice a leur crĂ©ativitĂ©. Le foyer expĂ©rimental a Ă©tĂ© rebaptisĂ© Ă  l’occasion de son dixième anniversaire Centre ChorĂ©graphique Ă©questre, renforce sa propre rĂ©flexion entre Ă©quitation et danse.
La formation des Ă©lèves  est pluridisciplinaire comprenant la danse, l’escrime artistique, du chant, du Kyudo – tir Ă  l’arc traditionnel japonais. Ce sont des sportifs avertis formant Ă  prĂ©sent un vĂ©ritable corps de ballet Ă©questre. L’Ă©lĂ©gance du geste, l’harmonie des positions, l’Ă©quilibre des figures rĂ©alisĂ©s par l’homme – cheval produisent le sens :  « Le rendu final tient surtout pour moi de l’intention du geste », prĂ©cise encore Bartabas.

 

 

bartabas-davide-penitente-mozart-salzbourg-grande-largeur-classiquenews-presentation-critique

 

 

NOTRE AVIS. Très sĂ©duisant, moins musicalement que visuellement, ce David Penitente de Mozart en version “oratorio Ă©questre” est d’une beauté  Ă  couper le souffle. Dans le Manège des rochers Ă  Salzbourg, haut lieu des passions Ă©questres, historiquement dĂ©fendues par les Princes ArchevĂŞques locaux (c’est dans le Manège qu’au XVIIè, le Prince Archevèque avait rĂ©servĂ© un lieu dĂ©signĂ© pour l’entretien de ses montures, très nombreuses), les chevaux aux robes sublimes (qu’aurait peint Ă©videmment un GĂ©ricault) s’Ă©brouent sur la terre du manège salzbourgeois aux sons du David de Mozart. Tous les musiciens, choristes, solistes et instrumentistes sont disposĂ©s sous les arcades creusĂ©es dans la roche sur 3 Ă©tages, face au chef.
Les Musiciens du Louvre rĂ©cemment affaiblis après l’annulation de la subvention de la ville de Grenoble (près de 250000 euros quand mĂŞme) peinent Ă  la tâche, et les solistes n’ont pas la grâce des chevaux eux, impeccables sur la piste. Notons le solo du tĂ©nor français Stanislas de Barbeyrac dont la tension tendre de la voix est la plus intĂ©ressante : fragile mais timbrĂ©).

Sur la terre battue, 6 cavaliers et cavalières composent des figures collectives tandis qu’un magnifique cheval blanc semble caler son pas souverain et altier sur le rythme de la musique. On croit revivre des sensations comparables Ă  celle suscitĂ©es face au Sacre de Stravinsky version Pina Baush : mĂŞme corps sculptĂ©s dans la lumière et comme mis Ă  nu sur la terre, mĂŞme beautĂ© animale, archaĂŻque et raffinĂ©e Ă  la fois… mais ici, l’Ă©lĂ©gance musculaire des montures, la silhouette racĂ©e des Ă©cuyers, centaures ou amazones dansant sur la piste, et chantant mĂŞme (par interaction avec les musiciens situĂ©s au fond), la nervositĂ© prĂ©cise et raffinĂ©e des magnifiques Ă©quidĂ©s font toute la magie de ce spectacle qui dĂ©montre l’excellence de l’Ă©cole Ă©questre fondĂ©e par Bartabas. Dommage qu’il faille dĂ©couvrir l’ivresse et la perfection d’une telle Ă©quation Ă  Salzbourg. A quand Ă  Versailles dans les Grandes Ecuries oĂą Bartabas Ă  ses locaux ? A suivre de près.  Le programme est le point fort de la programmation FĂŞte de la musique sur Arte le 21 juin 2015 (Ă  18h40 donc).

Avec les musiciens du Louvre-Grenoble (M. Minkowski, direction), Chœur Bach de Salzbourg, Académie équestre de Versailles. Enregistré pendant la Semaine de Mozart à Salzbourg en janvier 2015. Rediffusion le vendredi 31 juillet 2015, 5h10.

 

 

 

Salzbourg été 2015 : les temps forts

Salzbourg 2015. Jonas Kaufmann en Fidelio, Bartoli dans Bellini et Gluck, reprise du Trouvère de Verdi avec Netrebko et Domingo, sans omettre Elina Garanca en Charlotte de Werther de Massenet, le duo Kupfer / Welser-Möst pour un nouveau Rosenkavalier… voilĂ  de quoi satisfaire toutes les envies et satisfaire les attentes. Après Pâques et la PentecĂ´te (en avril et mai), Salzbourg affiche aussi depuis 1922, son remarquable Ă©vĂ©nement musical et lyrique pour l’Ă©tĂ© (cette annĂ©e du 18 juillet au 30 aoĂ»t 2015).

salzbourg logoCôté opéra, amateurs et néophytes pourront découvrir Die Eroberung von Mexico de Wolfgang Rihm avec Angela Denoke (Ingo Metzmacher, direction / Peter Konwitschny, mise en scène): les 26,29 juillet, 1er,4 et 10 août 2015.
Piliers du rĂ©pertoire, Mozart et Beethoven, servis par le Philharmonique de Vienne, paraissent aussi avec Les Noces de Figaro (mise en scène : Sven-Eric Bechtolf / Dan Ettinger, direction avec Luca Pisaroni, Genia KĂĽhmeier… 3 dates encore dispos, 3,9, 18 aoĂ»t 2015), et Fidelio (Paul Guth, mise en scène / Franz Welser-Möst, direction avec l’incontounable Jonas Kaufmann (Fidelio) aux cĂ´tĂ©s de Adrianne Pieczonka… du 4 au 19 aoĂ»t : plus de places dispos malheureusement).
Cecilia Bartoli, directrice du festival de Pentecôte chante dans deux productions : Norma de Bellini sous la direction de Giovanni Antonini (mise en scène : Leiser / Caurier : 31 juillet puis 3,6 et 8 août 2015 : plus de places) et Iphigénie en Tauride de Gluck (même équipe de metteurs en scène. Diego Fasolis, direction : 22,24,26 et 28 août 2015, la représentation du 19 août étant complète).

 

 

Salzbourg : Cavalleria Rusticana pour le festival de Pâques

 

 

Salzbourg_KulturGrossesfestspielhausLes attentes se fĂ©dèrent surtout autour de 4 productions : une nouvelle qui met le romantisme français au devant de la scène : Werther de Massenet avec la prise de rĂ´le d’Elina Garanca dans le rĂ´le de Charlotte (aux cĂ´tĂ©s du Werther de Pior Beczala : les 15, 18, 22 juillet 2015. Alejo Perez, direction) ; c’est aussi Ernani de Verdi sous la direction du vĂ©tĂ©ran Muti (Ă  la tĂŞte de son orchestre Luigi Cherubini) avec Francesco Meli les 27 et 29 aoĂ»t ; enfin, la diva de Salzbourg, l’incomparable Anna Netrebko, corps et voix de braise, prĂ©sence hyperfĂ©minine, chant pur et fragile Ă  la fois devrait encore marquer les esprits dans la reprise Ă©vĂ©nement du Trouvère de Verdi (si acclamĂ© l’Ă©tĂ© dernier, aoĂ»t 2014, avec retransmission sur Arte) aux cĂ´tĂ© du Comte de Luna, ardent, agitĂ© du tĂ©nor dĂ©venu baryton, Placido Domingo : les quatre dates affichĂ©es, les 8,11,14,17 sont complètes). Pour finir, les inconditionnels de Salzbourg retrouvent l’Ĺ“uvre phare du festival autrichien (avec les opĂ©ras de Mozart), Le Chevalier Ă  la rose de Strauss (Der Rosenkavalier), les 20,23,26,28 aoĂ»t 2015, nouvelle production clĂ© (mise en scène d’Harry Kupfer. Direction musicale : Franz Welser-Möst) avec Sophie Koch (Quinquin), Krassimira Stoyanova (La MarĂ©chale), GĂĽnther Groissböck (Ochs)… Wiener Philharmonic.

 

 

Toutes les infos, modalitĂ©s de rĂ©servations, l’Ă©tat de la billetterie par spectacles : voir le site du festival de Salbourg / Salzburg en Autriche.

 

 

Cavalleria Rusticana de Mascagni Ă  Salzbourg

salzbourg-evasion-classiquenews-582-570Salzbourg, les 28 mars et 6 avril 2015. Mascagni : Cavalleria Rusticana, 18h. Osterfestspiele Salzburg. Le festival de Pâques de Salzbourg affiche en 2015, mars et avril, l’opéra vériste génial signé Mascagni : Cavalleria Rusticana avec entre autres l’excellent Jonas Kaufmann. L’oeuvre est couplée avec i Pagliacci de Leoncavallo, formant un diptyque familier des amateurs d’opéras. Chaque partition courte, d’un acte, compose ainsi le double portrait d’un drame amoureux passionnel et tragique : chacun s’achève sur la mort de l’un des amants.

 

 

mascagni Pietro Mascagni1La jalousie dévorante et criminelle fait les bons drames passionnels en particulier sur la scène lyrique. En Sicile, le dimanche de Pâques, Santuzza se désespère, démunie et trahie : elle a perdu l’amour de son ancien amant Turiddu qui en aime une autre Lola, l’épouse du charretier Alfio. Santuzza a beau se confier à la propre mère de Turiddu (Mamma Lucia), rien ne peut adoucir le ressentiment et la haine, le désir de vengeance et la tentation du meurtre qui envahissent l’esprit de l’amoureuse humiliée. L’action se déploie comme un relief antique : sans dilution, droit au but, épure, embrasement, catastrophe. Mascagni compose sa partition en 1890 (deux années avant I Pagliacci de Leoncavallo, autre partition courte et fulgurante avec laquelle Cavalleria est souvent couplée dans la même soirée) : c’est le manifeste de toute une esthétique à l’opéra. Franche, immédiate, réaliste : l’opéra vériste ou naturaliste est né sous sa plume car le drame est court, concis, resserré, d’une irrépressible activité et sur une durée très limitée (ici 1h10mn selon les versions). LIRE notre dossier spécial Cavalleria Rusticana de Mascagni

 

 

 

Programmer Cavalleria Rusticana au moment de Pâques est justifiĂ© car c’est le temps rĂ©el de l’action du drame. La distribution affichĂ©e par le festival de Salzbourg promet engagement et caractĂ©risation sous la baguette fine et nerveuse de Christian Thieleman…

Cavalleria Rusticana de Mascagni au festival de Salzbourg 2015

 

festival de paques salzbourg 2015 cavalleria rusticana

 

Christian Thieleman, direction

Philipp Stölzl, mise en scène, régie

Jonas Kaufmann : Turiddu, Canio

Liudmyla Monastyrska:Santuzza

Annalisa Stroppa : Lola

Maria Agresta: Nedda

Dimitri Platanias : Tonio

Tansel Akzeybek: Beppe

Sächsische Staatskapelle Dresden

Choeur d’enfants du Festival de Salzbourg

 

 

Festivals, contrats. Salzbourg, festival de Pentecôte. Cecilia Bartoli directrice artistique jusqu’en 2021

bartoli cecilia salzbourgFestivals, contrats. Salzbourg, festival de Pentecôte. Cecilia Bartoli directrice artistique jusqu’en 2021. La cantatrice romaine, mezzo défricheuse chez Decca, a signé le renouvellement de son contrat comme directrice artistique du festival de Pentecôte de Salzbourg (Salzburg Whitsun Festival) jusqu’en … 2021. Cecilia Bartoli a édité deux récents albums consacrés chacun à des compositeurs oubliés pourtant valeureux  « Mission » malgré son visuel crâne rasé ciblait la résurrection d’Agostino Steffani, un compositeur diplomate égal de Handel ; et le dernier « St-Petersburg » rend service aux auteurs italiens employés par les Tsarines au XVIIIè (Araia, Raupach, Manfredini, aux côtés du plus célèbre Cimarosa). En 2014, elle a chanté Desdemona dans Otello de Rossini avec un feu vocal plutôt convaincant…

otello BartoliCette année du 22 au 25 mai 2015, le festival de Pentecôte à Salzbourg, historiquement orienté vers les répertoire baroques et classiques, affiche Handel en version de concert et Gluck dans une nouvelle production : au programme de mai 2015 : Diego Fasolis et I Barrochisti jouent 2 opéras. Le premier est le temps fort de l’édition de Pentecôte 2015 : Iphigénie en Aulide de Gluck les 22 et 25 mai 2015 (mise en scène : Patrice Caurier et Moshe Leiser, avec Cecilia Bartoli), c’est l’opéra qui impose à Paris le chevalier Gluck à partir d’avril 1774 ; le second opéra, en version de concert, le chef d’oeuvre Semele de Handel (avec Cecilia Bartoli) ; puis récital Handel par Philippe Jaroussky et Nathalie Stutzmann (le 24 mai) ; enfin un gala de clôture comprenant une distribution exceptionnelle dont Anna Netrebko, Juan Diego Florez (Purcell, Gluck, Haydn, Offenbach, le 25 mai, la billetterie est fermée, le concert est déjà complet).

salzbourg logoAvec le recul, rien de neuf à la Pentecôte à Salzbourg : il reste curieux que Cecilia Bartoli toujours innovatrice en matière de programme discographique (et dans les concerts de la tournée qui suivent ou entourent la sortie de ses nouveaux cd) n’ait proposé aucun réel événement d’envergure à Salzbourg en 2015. Pause artistique ou essoufflement précoce ? Outre un manque de souffle et de renouvellement artistique, l’événement risque aussi de devenir élitiste au regard de sa confidentialité et du prix moyen des places. A l’époque du numérique et des medias nouveaux, les festivals qui prendront l’initiative de l’e-diffusion sauront se régénérer. Mais cela ne suffit, il faut encore que leur programmation produise de réels événements musicaux. Dans ce sens, le choix des metteurs en scène, Caurier/Leiser, déjà vus antérieurement pour un Giulio Cesare assez encombré et fourre-tout, pourrait emplomber l’avenir du festival de Pentecôte, sauf si les deux scénographes se renouvellent totalement. A suivre d’ici mai 2015.

 

VISITER le site du festival de Pentecôte de Salzbourg

 

 

 

 

 

Crédit photographique : Markus Hinterhäuser, directeur artistique du festival estival de Salzbourg et Helga Rabl-Stadler, Présidente du festival de Salbourg encadrent Cecilia Bartoli, directrice artistique du festival de Pentecôte de Salzbourg. © SF/J.Stix

En direct de Salzbourg, Anna Netrebko chante Leonora du Trouvère

netrebko trouvere salzbourgARTE. Ce soir, vendredi 15 aoĂ»t 2014, 20h50. Verdi : Le Trouvère. Anna Netrebko.  Salzbourg, aoĂ»t 2014 : voici assurĂ©ment l’un des Ă©vĂ©nements lyriques du festival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par le trio lĂ©gendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux cĂ´tĂ©s des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si frĂ©quents. CrĂ©Ă© Ă  Rome en 1853, d’après El Trovador de GutiĂ©rrez, 1836), Le Trouvère de Verdi saisit par sa fièvre dramatique, une cohĂ©rence et une caractĂ©risation musicale indiscutable malgrĂ© la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se dĂ©roule en Espagne, dans la Saragosse du XVème, oĂą le conte de Luna est Ă©conduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est Ă©perdument amoureux : la jeune femme lui prĂ©fère le troubadour Manrico.  Dans le camp gitan, Azucena, la mère de Manrico, est obsĂ©dĂ©e par l’image de sa mère jetĂ©e dans les flammes d’un bĂ»cher, et de son jeune fils, Ă©galement consommĂ© par le feu. Manrico dĂ©cide de fuir avec Leonora. Mais il revient dĂ©fier Luna car sa mère est condamnĂ©e Ă  pĂ©rir sur le bĂ»cher elle aussi.  EmprisonnĂ© par Luna avec sa mère, Manrico maudit Leonora qui semble s’être finalement donnĂ©e au Conte : elle a feint et s’est versĂ©e le poison pour faire libĂ©rer son aimĂ©. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (Ă  prĂ©sent morte), ordonne l’exĂ©cution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frère : leur mère avait Ă©changer les enfants sur le bĂ»cher. De sorte que l’opĂ©ra s’achève sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengĂ© la trovatore verdi netrebko domingo DVDmort de sa mère par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment dĂ©munie a manipulĂ©e le baryton jaloux, vengeur… aveuglĂ© par sa haine : la production de Salzbourg promet d’ĂŞtre mĂ©morable, grâce en partie Ă  la distribution rĂ©unie pour l’occasion : la divine Anna Netrebko au timbre sensuel (Leonora : la cantatrice a inaugurĂ© le rĂ´le au Berliner Staatsoper Ă  l’hiver 2013), Placido Domingo (Luna), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux (Azucena)… Qu’en sera-t-il de la mise en scène signĂ©e Alvis Hermanis et de la direction musicale assurĂ©e par Daniele Gatti ? RĂ©ponses ce 15 aoĂ»t sur Arte… EN LIRE +



arte_logo_2013
Netrebko Anna NetrebkoARTE, vendredi 15 août 2014, 20h50.
 Giuseppe Verdi : Le Trouvère. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’écoute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opéra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 août 2014, était déjà sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’évolution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rôle qui semble taillé pour elle. Réponse le 31 août sur les ondes de France Musique.

Salzbourg : Charlotte Salomon, opéra de Marc-André Dalbavie (création 2014)

salomon charlotteSalzbourg. Dalbavie: Charlotte Salomon, crĂ©ation. 28 juillet>14 aoĂ»t 2014. EvĂ©nement Ă  Salzbourg 2014 dans la catĂ©gorie crĂ©ation mondiale : Marc-AndrĂ© Dalbavie met en musique un opĂ©ra inspirĂ© de la vie tragique d’une jeune femme artiste juive, artiste martyr, originaire de Berlin et qui dĂ©noncĂ©e, s’éteint pendant la guerre en dĂ©portation. NĂ©e en 1917, Charlotte Salomon est morte Ă  l’âge de 26 ans : victime innocente sacrifiĂ©e sur l’autel de l’horreur absolue, Charlotte reste une figure bouleversante que son Ĺ“uvre picturale et graphique (produite en très peu de temps) fixe dans l’imaginaire. L’art ici, acte de rĂ©sistance et cri tendu contre l’ignorance rĂ©tablit la place et la dignitĂ© qui ont Ă©tĂ© bafouĂ©es. Son style Ă  la fois onirique, naĂŻf, rĂ©aliste et symbolique rĂ©enchante le temps d’une existence Ă©courtĂ©e, dĂ©chirĂ©e, anĂ©antie. Le sujet a lĂ©gitimement inspirĂ© le compositeur français Marc AndrĂ© Dalbavie qui dirige Ă  Salzbourg la crĂ©ation de l’opĂ©ra que le Festival lui a commandĂ©. RĂ©vĂ©lation de la partition ce 28 juillet 2014 au Manège du rocher. Le compositeur a dĂ©jĂ  traitĂ© la forme lyrique Ă  travers un prĂ©cĂ©dent ouvrage qui Ă©claire le dernier Gesualdo, celui qui est le plus sombre et le plus solitaire (Gesualdo, 2010). Le travail de Dalbavie accorde lisibilitĂ© du texte et parure Ă©loquente et transparente d’un orchestre dont le langage demeure accessible, c’est Ă  dire totalement audible. NĂ© en 1961, hĂ©ritier de l’Ă©cole spectrale (Grisey et Murail sont ses principales sources d’inspiration), Marc AndrĂ© Dalbavie rĂ©tablit dans la brume spectrale, la ligne concrète du verbe grâce au chant : une alliance propice Ă  un choc musical Ă  Salzbourg cet Ă©tĂ© ?
salomon charlotte peinture gouacheLa vraie Charlotte Salomon, née berlinoise en 1917, est morte déportée à Auschwitz en 1943. Son père médecin arrêté par les nazis connut le même sort en déportation dès 1936. La jeune étudiante inquiétée à cause de ses origines juives se réfugie dans le Sud de la France, après la nuit de Cristal (9 novembre 1938). Elle y retrouve ses grands parents : en 1940, la jeune femme dont la grand mère s’était suicidée, est internée avec son grand père dans le camps de Gurs, puis libérée. Marquée par ses épreuves et la barbarie ambiante, Charlotte résiste en créant ses propres œuvres comme plasticienne et peintre. de 1940 à 1942, l’artiste questionne le sens de la vie et sa propre expérience à travers un cycle de création intitulé « Leben ? Oder Theater ? » soit une centaine de gouaches conçues à partir des couleurs primaires : rouge, bleu, jaune. Textes autographes, musique, sujets empruntés à sa vie détruite et éprouvante, au souvenir de sa famille assassinée, le corpus est l’un de plus puissant et original suscité par l’horreur nazie. En 1943, Charlotte Salomon qui vient d’épouser Alexander Nagler dont elle était enceinte, est dénoncée et déportée de Bobigny à Auschwitz où elle s’éteint rapidement. La totalité des gouaches autobiographiques de Charlotte Salomon est aujourd’hui conservée au Musée juif d’Amsterdam.

web-Charlotte_Salomon0057_-_Antoun_-_CrebassaSalzbourg, Festival. Manège au rocher
création mondiale
5 dates
28 juillet puis 2, 7, 10, 14 août 2014
Marc-André Dalbavie : Charlotte Salomon
Opéra en 2 actes. Livret de Barbara Honigmann d’après Leben? oder Theater? de Charlotte Salomon

Mise en scène : Luc Bondy (en mémoire de Gérard Mortier)
Marc-André Dalbavie, direction

Johanna Wokalek, Charlotte Salomon
Marianne Crebassa, Charlotte Kann
Jean-SĂ©bastien Bou, Doktor Kann, ein Arzt
GĂ©raldine Chauvet, Franziska Kann / Eine Frau
AnaĂŻk Morel, Paulinka Bimbam
Frédéric Antoun, Amadeus Daberlohn, ein Gesangspädagoge
Vincent Le Texier, Herr Knarre / Lageroberst
Cornelia Kallisch, Frau Knarre
Michal Partyka, Professor Klingklang / Ein Kunststudent / Dritter Nazi / Ein Polizist
Eric Huchet, Der Papst / Der Propagandaminister / Der Kunstprofessor / Erster Nazi / Ein Mann / Zweiter Emigrant
Annika Schlicht*, Eine Kunststudentin aus Tirol
Wolfgang Resch*, Zweiter Nazi
Mozarteumorchester Salzburg

Illustrations : autoportrait de Charlotte Salomon (DR). opéra de Dalbavie créé à Salzbourg le 28 juillet 2014 © R.Walz

Anna Netrebko chante Leonora en direct de Salzbourg

NETREBKO-anna--Anna_Netrebko_-_Romy_2013_bARTE. Vendredi 15 août 2014, 20h50. Verdi : Le Trouvère. Anna Netrebko.  Salzbourg, août 2014 : voici assurément l’un des événements lyriques du festival autrichien créé en 1922 par le trio légendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux côtés des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si fréquents. Créé à Rome en 1853, d’après El Trovador de Gutiérrez, 1836), Le Trouvère de Verdi saisit par sa fièvre dramatique, une cohérence et une caractérisation musicale indiscutable malgré la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se déroule en Espagne, dans la Saragosse du XVème, où le conte de Luna est éconduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est éperdument amoureux : la jeune femme lui préfère le troubadour Manrico.  Dans le camps gitan, Azucena, la mère de Manrico, est obsédée par l’image de sa mère jetée dans les flammes d’un bûcher, et de son jeune frère, également consommé par le feu. Manrico décide de fuir avec Leonora. Mais il revient défier Luna car sa mère est condamnée à périr sur le bûcher elle aussi.  Emprisonné par Luna avec sa mère, Manrico maudit Leonora qui semble s’être finalement donnée au Conte : elle a feint et s’est versée le poison pour faire libérer son aimé. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (à présent morte), ordonne l’exécution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frère : leur mère avait échanger les enfants sur le bûcher. De sorte que l’opéra s’achève sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengé la mort de sa mère par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment démunie a manipulée le baryton jaloux, vengeur… aveuglé par sa haine. EN LIRE +


salzbourg logo
arte_logo_2013ARTE, vendredi 15 août 2014, 20h50.
 Giuseppe Verdi : Le Trouvère. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’écoute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opéra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 août 2014, était déjà sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’évolution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rôle qui semble taillé pour elle. Réponse le 31 août sur les ondes de France Musique.

Programme retransmis ensuite sur France Musique. Verdi : Le Trouvère. Anna Netrebko. Le 31 août 2014, 20h.

Anna Netrebko chante Leonora du Trouvère à Salzbourg

NETREBKO-anna--Anna_Netrebko_-_Romy_2013_bFrance Musique. Verdi : Le Trouvère. Anna Netrebko. Le 31 aoĂ»t 2014, 20h. Salzbourg, aoĂ»t 2014 : France Musique diffuse l’un des Ă©vĂ©nements lyriques du festival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par le trio lĂ©gendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux cĂ´tĂ©s des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si frĂ©quents. CrĂ©Ă© Ă  Rome en 1853, d’après El Trovador de GutiĂ©rrez, 1836), Le Trouvère de Verdi saisit par sa fièvre dramatique, une cohĂ©rence et une caractĂ©risation musicale indiscutable malgrĂ© la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se dĂ©roule en Espagne, dans la Saragosse du XVème, oĂą le conte de Luna est Ă©conduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est Ă©perdument amoureux : la jeune femme lui prĂ©fère le troubadour Manrico.  Dans le camps gitan, Azucena, la mère de Manrico, est obsĂ©dĂ©e par l’image de sa mère jetĂ©e dans les flammes d’un bĂ»cher, et de son jeune frère, Ă©galement consommĂ© par le feu. Manrico dĂ©cide de fuir avec Leonora. Mais il revient dĂ©fier Luna car sa mère est condamnĂ©e Ă  pĂ©rir sur le bĂ»cher elle aussi.  EmprisonnĂ© par Luna avec sa mère, Manrico maudit Leonora qui semble s’ĂŞtre finalement donnĂ©e au Conte : elle a feint et s’est versĂ©e le poison pour faire libĂ©rer son aimĂ©. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (Ă  prĂ©sent morte), ordonne l’exĂ©cution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frère : leur mère avait Ă©changer les enfants sur le bĂ»cher. De sorte que l’opĂ©ra s’achève sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengĂ© la mort de sa mère par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment dĂ©munie a manipulĂ©e le baryton jaloux, vengeur… aveuglĂ© par sa haine.

Drame gothique tragique

verdi_582_face_portrait_boldiniDans la production parisienne de l’ouvrage, Verdi ajoute un ballet selon le goĂ»t français du grand opĂ©ra (3ème partie : la BohĂ©mienne). La violence de l’Ă©criture, l’omniprĂ©sence des flammes dans la rĂ©solution du jeu dramatique, l’exacerbation des passions qui s’opposent (Luna contre Leonora et Manrico, l’apparente impuissance de la sorcière bohĂ©mienne Azucena…)…tout Ĺ“uvre ici pour l’essor d’une tragĂ©die gothique prenante, Ă  l’expressivitĂ© progressive. D’après le roman gothique romantique de GutiĂ©rrez, Verdi offre une remarquable caractĂ©risation des rĂ´les solistes : Manrico (tĂ©nor), Leonora (soprano), Luna (baryton), surtout Azucena (mezzo soprano) dont il fait une sorte d’autoritĂ© fĂ©minine sombre et lugubre (cf. le Miserere, chĹ“ur funèbre de la 4ème partie : intitulĂ©e ” Le Supplice”). Contemporain de La Traviata, Le Trouvère est une partition flamboyante, sur un prĂ©texte empruntĂ© au roman historique dont la vocalitĂ© très investie des 4 solistes frappe immĂ©diatement : Verdi rĂ©ussit un tour de force. Chaque air rĂ©pond Ă  la nĂ©cessitĂ© de l’action.

A 43 ans, Anna Netrebko (nĂ© en 1971) est la tĂŞte d’affiche de cette production produite Ă  Salzbourg en aoĂ»t 2014 ; la diva russe a donnĂ© quelques indices (dĂ©jĂ  très convaincants) de sa prise de rĂ´le de Leonora, dans un disque Verdi, saluĂ© par la RĂ©daction cd de classiquenews (cd Verdi par Anna Netrebko, 1 cd Deutsche Grammophon).

Voici les termes de la critique de notre rédacteur au moment de la sortie du cd Verdi par Anna Netrebko en octobre 2013 :

Anna Netrebko chante Verdi chez Deutsche Grammophon…dans Il Trovatore : sa Leonora palpite et se dĂ©chire littĂ©ralement en une incarnation oĂą son angĂ©lisme blessĂ©, tragique, fait merveille : la diva trouve ici un rĂ´le dont le caractère convient idĂ©alement Ă  ses moyens actuels (s’il n’était ici et lĂ  ses notes vibrĂ©es, pas très prĂ©cises)… mais la ligne, l’élĂ©gance, la subtilitĂ© de l’émission et les aigus superbement colorĂ©s dans ” D’amore sull’ali rosee ” …  (dialoguĂ©s lĂ  encore avec la flĂ»te) sont très convaincants. Elle retrouve l’ivresse vocale qu’elle a su hier affirmer pour Violetta dans La Traviata. Que l’on aime la soprano quand elle s’écarte totalement de tout Ă©panchement vĂ©riste : son legato sans effet manifeste une musicienne nĂ©e. Sa Leonora, hallucinĂ©e, d’une transe fantastique, dans le sillon de Lady Macbeth, torche embrasĂ©e, force l’admiration : toute la personnalitĂ© de Netrebko rejaillit ici en fin de programme, dans le volet le plus saisissant de ce rĂ©cital verdien, hautement recommandable. Concernant Villazon, … le tĂ©nor fait du Villazon … avec des nuances et des moyens très en retrait sur ce qu’il fut, en comparaison moins aboutis que sa divine partenaire. Anna Netrebko pourrait trouver sur la scène un rĂ´le Ă  sa (dĂ©)mesure : quand pourrons nous l’écouter et la voir dans une Leonora rĂ©vĂ©latrice et peut-ĂŞtre subjugante ? Bravissima diva.

Lire la critique du cd complète.

logo_francemusiquesalzbourg logoFrance Musique. Verdi : Le Trouvère. Anna Netrebko. Le 31 aoĂ»t 2014, 20h. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’Ă©coute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opĂ©ra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 aoĂ»t 2014, Ă©tait dĂ©jĂ  sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’Ă©volution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rĂ´le qui semble taillĂ© pour elle. RĂ©ponse le 31 aoĂ»t sur les ondes de France Musique.

Evasion Ă  Salzbourg

Salzbourg_KulturGrossesfestspielhausEvasion Ă  Salzbourg pour l’annĂ©e Richard Strauss 2014. DĂ©couvrez la citĂ© mozartienne traversĂ©e par la Salz Ă  l’occasion de l’annĂ©e Richard Strauss (nĂ© en 1864)… Pour le 150ème anniversaire de la naissance de Richard Strauss, offrez-vous un sĂ©jour dans la ville de naissance de Wolfgang Amadeus Mozart. L’idĂ©e n’est pas si saugrenue si l’on se rappelle que Richard Strauss, – avec le poète et librettiste Hugo von Hofmannsthal et l’homme de théâtre Max Reinhardt ont fondĂ© en 1922, le festival d’Ă©tĂ© de Salbourg : y règnent l’opĂ©ra et le théâtre, surtout Mozart Ă©videmment et les opĂ©ras de Strauss, depuis toujours interprĂ©tĂ©s par l’orchestre idoine, le Wiener Philharmoniker qui fait le dĂ©placement attendu, espĂ©rĂ© chaque Ă©tĂ©, de Vienne Ă  salzbourg : rien n’Ă©gale le raffinement hĂ©doniste de l’orchestre viennois dans Aridane auf Naxos ou justement (programmĂ© cette annĂ©e : lire notre agenda ci après), Le chevalier Ă  la rose (Der rosenkavalier. Cf l’admirable version de Solti chez Decca en 1968, dĂ©jĂ , avec le miracle viennois des Wiener Philharmoniker).
EvĂ©nement majeur de l’agenda musical et lyrique en Europe, le festival de Salzbourg, l’un des plus anciens et des plus prestigieux, offre chaque Ă©tĂ© une programmation Ă©blouissante. L’annĂ©e Strauss peut ĂŞtre un excellent moyen d’en dĂ©couvrir toutes les facettes et les nombreux attraits (certes musical, mais aussi patrimonial et touristique, gastronomique et culturel : les plus enhardis profiteront par exemple de leur escapade Ă  Salzbourg pour aller aussi Ă  Hellbrunn, merveille baroque et son jardin d’eau qui fut l’Ă©crin de l’Orfeo de Monteverdi dès le dĂ©but du XVIIème siècle). L’Autriche est une nation mĂ©lomane : les deux sites de Salzbourg et Hellbrunn, facilement accessible le temps d’un long week end (4 jours par exemple) vous le dĂ©montreront. Pour cĂ©lĂ©brer son co fondateur, le festival estival de Salbzourg 2014 affiche plusieurs Ă©vĂ©nements Richard Strauss que classiquenews rĂ©capitule ici:

 

 

 

5 événements Richard Strauss à Salzbourg

du 1er au 31 août 2014

 

 

Les MĂ©tamorphoses : Metamorphosen
pour sextuor de cordes
Mozarteum, grosser Saal, le 1er août 2014, 19h30
Gringolts Quartett & friends

Der Rosenkavalier
Le chevalier Ă  la rose
Grosses Festpielhauss, les 1,5,8,11,14,17,20 et 23 août 2014
Avec Krassimira Stoyanova, Sophie Koch, Mojca Erdmann, GĂĽnther Groissböck, Wiebke Lehmkuhl… Wiener Philharmoniker. Zubin Mehta, direction. Harry Kupfer, mise en scène

Quatre derniers lieder
Grosses Haus, le 7 août 2014, 20h
Eva Maria Westbroek, soprano. Philharmonia Orchestra. Christoph Eschenbach, direction
Couplés avec la Symphonie n°9 de Bruckner

Concerts Symphoniques

Mort et transfiguration, Also sprach Zarathustra.
Grosses Haus, les 23 et 24 août 2014 à 11h
Wiener Philharmoniker. Gustavo Dudamel, direction

Une vie de héros : ein Heldenleben opus 40
Grosses Haus, le 31 août 2014, 11h
Concertgebouw Amsterdam. Mariss Jansons, direction

les infos et les modalités pratiques, billetterie sur le site du festival de Salzbourg 2014