SALZBOURG 2019. Nouvel Idomeneo par Sellars / Currentzis

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81SALZBOURG, 27 juil – 19 aout 2019. IDOMENEO. Le Festival estival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par Richard Strauss et Hugo Von Hofmannsthal marque les esprits en annonçant entre autres productions Ă©vĂ©nements de son affiche 2019 : Idomeneo de Mozart, opĂ©ra symphonique sur le thĂšme de la barbarie divine, mise en scĂšne par Peter Sellars et surtout dirigĂ© par le bouillonnant mais passionnant Teodor Currentzis. Ce dernier vient de publier chez Sony, une captivante Symphonie n°6 de Mahler, aprĂšs une 6Ăš de Tchaikovski non moins envoĂ»tante
 LIRE ci aprĂšs nos critiques des 2 cd Mahler et Tchaikovsky par Currentzis et son orchestre sur instruments anciens AnimaAeterna, 2 «  CLICs » de CLASSIQUENEWS.
Le 27 juillet 2019, premiĂšre soirĂ©e lyrique du Festival de Salzbourg, affiche au Felsenreitschule (ManĂšge du rocher) : Idomeneo, une nouvelle production prometteuse aprĂšs la Clemence de Titus prĂ©sentĂ©e par le mĂȘme duo en 2017. Idomeneo est aussi un opera seria, conçu par un Mozart de 25 ans. Teodor Currentzis dirige pour se faire le Freiburg Baroque Orchestra et le musicAeterna Choir of Perm Opera (un chƓur qu’il connaĂźt plutĂŽt trĂšs bien, familier de ses enregistrements et productions habituelles).

Distribution annoncĂ©e : Russell Thomas (Idomeneo), Paula Murrihy (Idamante), Ying Fang (Ilia), Nicole Chevalier (Elettra), Jonathan Lemalu (Nettuno / La voce / Voix de l’Oracle) ; chorĂ©grapie de Lemi Ponifasio.

currentzis sellars salzbourg idomeneo mozart 2019 premiere announce annonce concert opera par classiquenewsSellars souligne combien avec Idomeneo, Mozart dispose alors Ă  Munich, dans le contexte de crĂ©ation d’Idomeneo, – en 1780 pour le Carnaval, d’une Ă©quipe artistique prestigieuse (Lorenz Quaglio, rĂ©alisateur des costumes et des dĂ©cors), un orchestre renommĂ© (les instrumentistes de la Cour de Mannheim, les meilleurs d’Europe), une compagnie de danseurs et des chanteurs cĂ©lĂšbres
 Ainsi s’affirme le gĂ©nie du jeune homme, alors en conflit avec son pĂšre : un conflit qui se dessine aussi dans l’opĂ©ra qui se passe en CrĂȘte, dans la relation entre Idomeneo et Idamante, le pĂšre et le fils, le premier devant aprĂšs un vƓu dĂ©raisonnable, sacrifier Ă  Neptune, le second. Les dieux ont soif et les hĂ©ros doivent se soumettre Ă  leur pouvoir. C’est Ilia, princesse troyenne (fille de Priam) qui sauvera par sa lumineuse loyautĂ©, celui qu’elle aime et qui devait ĂȘtre immolé 
Ce qui saisit dans Idomeneo, ce sont moins les pages dramatiques inspirĂ©es de la Guerre de Troie, des Grecs fiers et inflexibles (voire dĂ©lirants et jaloux : Elettra), confrontĂ©s Ă  la douceur crĂȘtoise
 que les pages oĂč il est question de l’impĂ©tuositĂ© des Ă©lĂ©ments marins : Idomeneo est un opĂ©ra symphonique et ocĂ©anique d’un souffle saisissant, oĂč percent avec une vĂ©hĂ©mence expressive jamais Ă©coutĂ©e avant lui, l’orchestre et l’ampleur des ballets. Tout ce qu’avait en son temps, dĂ©voilĂ© le chef Nikolaus Harnoncourt dans un enregistrement lĂ©gendaire qui a marquĂ© l’histoire du cd et celle de l’interprĂ©tation mozartienne
 La production est l’évĂ©nement de cet Ă©tĂ© 2019 au Festival de Salzbourg. Photo Sellars et Currentzis Ă  Salzbourg : SF/Anne Zeuner.

 

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SALZBOURG, Festivalsalzbourg vignette festival
MOZART : Idomeneo
Peter Sellars / Teodor Currentzis
7 représentations
Du 27 juillet 2019 au 19 août 2019

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.salzburgerfestspiele.at/en/p/idomeneo

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SALZBOURG, Festival de PentecĂŽte 2019 : 7-10 juin 2019. Voci celesti

salzburg salzbourg logo 2016 0104_festspiele_023SALZBOURG, Festival de PentecĂŽte 2019 : 7-10 juin 2019. Voci celesti – heavenly voices / Voix cĂ©lestes, avec ce titre gĂ©nĂ©rique, le Festival de PentecĂŽte de Salzbourg poursuit sa collaboration avec la mezzo Cecilia Bartoli, une pause de musique baroque dans la citĂ© de Wolfgang et qui occupe l’affiche de Salzbourg le 2Ăšme week end de juin, soit du jeudi 7 au dimanche 10 juin 2019. Dans son album dĂ©diĂ©, intitulĂ© Sacrificium (octobre 2009, LIRE ici notre crtiique du cd Sacrificium / http://www.classiquenews.com/cecilia-bartoli-sacrificium2-cd-decca/.

sacrificium cecilia bartoli cd critique annonce classiquenews dossier castrats par cecilia bartoli salzbourg pentecote 2018 withsun 2019Cecilia Bartoli y rendait il y a 10 ans dĂ©jĂ  un hommage appuyĂ© aux victimes de la castration, les divos, castrats adulĂ©s, fruit de l’école napolitaine au XVIIIĂš, et dont le chant lĂ©gendaire, Ă  en croire tous les tĂ©moignages et les rĂ©cits d’époque, Ă©tait digne de louanges. Leur gloire se poursuit encore aujourd’hui, et nombre de divas fĂ©minines donc (mezzo, altos : Cecilia Bartoli, Vivica Genaux, Ann Hallenberg aujourd’hui) ou les contre tĂ©nors actuels dont les Fagioli, Cencic, et le plus rĂ©cemment adulĂ© Jakob Orlinski
) tentent d’égaler l’agilitĂ©, la musicalitĂ©, la puissance. Ils avaient comme nom Ă  l’époque de Haendel et de Porpora : Giacomelli, Caffarelli, surtout Farinelli, Senesino
 mais aussi Porporino, Carestini, Balatri
 Leur fabuleuse virtuositĂ©, le trouble de ses voix aigues dans des corps virils, le decorum qui encadre chaque prestation
 continuent encore de fasciner et inspirent toujours les chanteurs contemporains.

 

 

 

Salzbourg : Cavalleria Rusticana pour le festival de PĂąques

 

 

 

Parmi les temps forts de cette nouvelle Ă©dition Ă  Salzbourg, l’opĂ©ra de Haendel, ALCINA les 7 et 9 juin 2019 (avec Cecilia Bartoli dans le rĂŽle-titre ; Sandrine Piau en Morgana
 Les Musiciens du Prince / Gianluca Capuano, direction), suite logique des deux productions lyriques prĂ©cĂ©demment prĂ©sentĂ©es in loco, sorte de fil rouge de la programmation (Giulio Cesare in Egitto et Ariodante) ; Polifemo de Nicolo Porpora (Cencic, Petrou : le 8), La Morte d’Abele du vĂ©nitien Caldara (Julie Fuchs, Christophe Dumaux, Lea Desandre, Nuria Rial, Il canto di Orfeo, Bachchor Salzburg /GL Capuano, direction : le 9), Stabat Mater de Pergolesi avec C Bartoli, Franco Fagioli, le 10 juin, 11h)
 etc…

 

 

 

 

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VOIR toute la programmation du Festival de Pentecîte de Salzbourg, sur le site du Festival de Salzbourg / Salzburg Whitsun Festival : 7 – 10 June 2019

https://www.salzburgerfestspiele.at/en/tickets/calendar?season=6

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sacrificium cecilia bartoli cd critique annonce classiquenews dossier castrats par cecilia bartoli salzbourg pentecote 2018 withsun 2019CD critique. Cecilia Bartoli: Sacrificium (2 cd DECCA, 2009). En un double album particuliĂšrement soignĂ© sur le plan Ă©ditorial, les enregistrements rĂ©alisĂ©s en fĂ©vrier et mars 2009 en Espagne Ă  Valladolid Ă©clairent en particulier l’acrobatie vocale coloratura de l’écriture de Nicola Porpora (1686-1768), maĂźtre essentiel de la musique pour castrats au XVIIIĂš siĂšcle. Ambassadrice de choc et de charme pour la cause des castrĂ©s devenus chanteurs, Cecilia Bartoli ajoute les maniĂšres d’autres compositeurs dont les opĂ©ras sĂ©rias mettaient en scĂšne les divins “musici” dans des airs de virtuositĂ© dramatique, taillĂ©s pour leur divin gosier
 ainsi 2 airs de Carl Heinrich Graun (circa 1703-1759), extraits de ses ouvrages Demofoonte et Adriano in Siria (1746) qui touchent par leur tendresse digne et blessĂ©e; mais aussi paraissent Leonardo Leo (1694-1744), Leonardo Vinci (circa 1696-1730), Francesco Araia (1709-1770)
 soit 11 airs enflammĂ©s entre tendresse hallucinĂ©e et rage expressionniste, atteignant des cimes vocales vertigineuses. LIRE notre critique complĂšte du cd de Ceclia Bartoli / SACRIFICIUM (Decca, 2009)

 

L’Amour de Danae de R. Strauss Ă  Salzbourg

salzburg salzbourg logo 2016 0104_festspiele_023France Musique. Strauss: L’ Amour de Danae, le 16 aoĂ»t 2016, 20h. C’est l’un des temps forts du Festival de Salzbourg 2016 : L’amour de Danae de Richard Strauss (1940) fait partie des partitions les moins jouĂ©es du compositeur bavarois, or il s’agit d’une oeuvre clĂ© de ses recherches sur la notion de thĂ©Ăątre musical oĂč la projection continue du chant, telle une conversation en musique, reste cruciale selon son esthĂ©tique lyrique. C’est aussi pour Richard, l’occasion de traiter deux thĂ©matiques qui lui sont chĂšres : les resources dramatiques et psychologiques qu’offre la mythologie grecque ; et surtout l’occasion de ciseler un nouveau portait de femme : ainsi aprĂšs les formidables vertiges portĂ©es par ses premiĂšres hĂ©roĂŻnes, Elektra (1909), SalomĂ© (1905) ; puis Ariane aux Naxos (1912-1916), HĂ©lĂšne d’Egypte (1928), Arabella (1933), Intermezzo (1924 qui relate ses dĂ©boires conjugaux avec son Ă©pouse la cantatrice Pauline de Ahna, surtout DaphnĂ© qui composĂ© en 1938, pendant la barbarie nazie, prĂ©lude directement aux enjeux et clĂ©s de Danae, composĂ© en 1940 et crĂ©Ă© en 1944. Le compositeur devait s’éteindre en 1949, non sans exprimer sa vision crĂ©pusculaire sur la fin de la civilisation provoquĂ© par le crime impardonnable de la guerre et de la haine.

 Le choix de Danae

Midas ou Jupiter ?

 

 

Dossier Richard Strauss 2014Capriccio en 1942 (avec le sublime personnage de la Comtesse Madeleine, arbitre des arts, entre poĂ©sie et musique) nuance encore un travail concentrĂ© sur le raffinement et la profondeur humaniste de l’art musical. L’Amour de Danae / Die Liebe der Danae illustre comme le tableau de Gustav Klimt dont l’opĂ©ra de Strauss approche dans le chant magistral et continu de l’orchestre, le scintillement des couleurs, la lĂ©gende de la fille du roi ruinĂ© Pollux qui amoureuse de Midas, est courtisĂ© (en vain) par Jupiter.

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La lecture du mythe que dĂ©fend Richard Strauss est celle d’un humaniste : Danae est une Ăąme admirable et juste en ce qu’elle prĂ©fĂšre le mortel Midas, – que Jupiter a brutalement amputĂ© de son pouvoir de tout changer en or, au dieu omnipotent qui promet pourtant merveilles et Ă©ternitĂ©. La jeune femme n’a cure des illusions de l’or, mais s’intĂ©resse plutĂŽt Ă  la bontĂ© d’ñme de l’homme qu’elle aime, fĂ»t-il misĂ©rable et dĂ©possĂ©dĂ© de son don de richesse. Dans l’écriture, Strauss soigne les contours et connotations psychologiques du chant de son hĂ©roĂŻne, – orchestre gĂ©nĂ©reux mais clartĂ© du parcours Ă©motionnel qui mĂšne la jeune femme, des illusions troubles, Ă  la lumiĂšre de la vĂ©ritĂ©, celle de son coeur amoureux.

 

 

 

Autour du trio héroico-pathétique de Danae / Midas / Jupiter, se presse une pléiade deseconds rÎles comiques : Pollux le pÚre ruiné désireux de redorer son blason en mariant sa fille au dieu déguisé en 
 Midas ; les quatre reines parentes de Danae, qui anciennes amantes de Jupiter, tentent tout pour reconquérir le divin étalon.


La comĂ©die et la profondeur fondent l’intĂ©rĂȘt d’un opĂ©ra injustement Ă©cartĂ© des thĂ©Ăątres et programmations habituels. Pourtant, le leçon morale et la parabole humaniste qu’offrent Strauss et son librettiste Josef Gregor (qui reprend une idĂ©e et un canevas du poĂšte Hugo von Hofmannsthal), dĂ©passent la simple illustration de l’AntiquitĂ©. Il importe aux interprĂštes de comprendre puis d’exprimer sous la conduite d’un chef articulĂ©, chambriste, la subtilitĂ© d’une Ă©criture qui fait la synthĂšse entre Wagner et Mozart, qui commente en musique le miracle Ă©ternel de l’amour sincĂšre. Si dans DaphnĂ©, Strauss conclut l’opĂ©ra dans l’apothĂ©ose de son hĂ©roĂŻne pĂ©trifiĂ©e qui refuse l’amour (celui d’Apollon, aprĂšs que celui ci a tuĂ© son fiancĂ©), ici, Danae, dans la suite de La Femme sans ombre (opĂ©ra initiatique Ă©crit par Hofmannsthal, au moment de la premiĂšre guerre), dĂ©termine son propre destin, affirme son choix, revendique la vĂ©ritĂ© du seul amour qui l’inspire : celui de Midas. La jeune femme peut donc vivre ce destin qui lui Ă©tait refusĂ© au dĂ©but de l’action. C’est un exemple rare Ă  l’opĂ©ra, d’une relation qui peut ĂȘtre vĂ©cue sur terre, a contrario du poison wagnĂ©rien dont les hĂ©ros, -Tristan, Isolde, Lohengrin, Elsa, 
 sans omettre TannhĂ€user et Elisabeth
, affirment au contraire l’impossibilitĂ© d’un amour Ă©panoui dans le monde des hommes. Richard Strauss, le plus grand gĂ©nie lyrique avec Puccini au dĂ©but du XXĂšme siĂšcle, tĂ©moin des deux guerres mondiales, en tĂ©moigne ainsi, et jusqu’Ă  la fin de sa vie : l’homme peut ĂȘtre sauvĂ© de lui-mĂȘme, s’il Ă©coute la vĂ©ritĂ© de son cƓur et agit par amour, non par calcul. Humaniste, trĂšs humaniste, Richard.

 

 

logo_francemusiqueFrance Musique, Mardi 16 aoĂ»t 2016, 20h. EnregistrĂ© au Festival de Salzbourg le 6 aoĂ»t 2016. L’Amour de Danae / Die Liebe der Danae de Richard Strauss et Josef Gregor (sur une idĂ©e de Hugo von Hofmannsthal).

Illustration : Danae par Gustav Klimt, 1905. Jupiter amoureux s’exprime Ă  dans sous la forme d’une pluie / semence d’or, sujet pour le peintre Ă  un sublime miroitement chromatique de sa palette (DR)

 

 

 

 

DANAE STRAUSS Salzbourg festival 2016 web-Die_Liebe_der_Danae_2016_Krassimira_Stoyanova_c_SF_ForsterRichard Strauss : L’Amour de Danae
RICHARD STRAUSS ‱ DIE LIEBE DER DANAE
Heitere Mythologie in drei Akten op. 83 von Richard Strauss (1864–1949)‹Libretto von Joseph Gregor (1888–1960) unter Benutzung eines Entwurfes von Hugo von Hofmannsthal (1874–1929) / OpĂ©ra mythologique en 3 actes de Richard Strauss / Livret de Joseph Gregor d’aprĂšs Hugo von Hofmannshtal. Nouvelle production.

Franz Welser-Möst, direction
Alvis Hermanis, mise en scĂšne

Distribution
Krassimira Stoyanova, Danae
Tomasz Konieczny, Jupiter
Norbert Ernst, Merkur
Wolfgang Ablinger-Sperrhacke, Pollux
Regine Hangler, Xanthe
Gerhard Siegel, Midas alias Chrysopher
Pavel Kolgatin, Andi FrĂŒh, Ryan Speedo Green, Jongmin Park, Vier Könige
Maria Celeng, Semele
Olga Bezsmertna, Europa
Michaela Selinger, Alkmene
Jennifer Johnston, Leda

Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor
Wiener Philharmoniker

CONSULTER la page Danae sur le site du Festival de Salzbourg 2016 

 

Salzbourg été 2015 : trio lyrique éblouissant (Netrebko, Kaufmann, Bartoli)

salzbourg opera directSalzbourg festival estival 2015.  La magie Salzbourgeoise ne tient pas Ă  un cycle d’Ă©nergie symphonique, ni une thĂ©matique forte clairement proclamĂ©e (mĂȘme si Mozart, Strauss – esprit des fondateurs oblige, restent fĂ©dĂ©rateurs d’Ă©dition en Ă©dition). Son rayonnement est le produit d’un hasard heureux / marketing savant, alliant qualitĂ© musicale Ă©videmment et … glamour. En se choisissant 3 solistes en or, 3 ambassadeurs plĂ©biscitĂ©s et charismatiques, le festival estival autrichien sait cultiver son rayonnement planĂ©taire… Netrebko, Bartoli, Kaufmann,  3 icĂŽnes lyriques ou 3 raisons majeures pour ne rien manquer du Salzbourg 2015… Pourquoi aller Ă  Salzbourg en Autriche en juillet et en aoĂ»t ? Voici notre sĂ©lection des rvs Ă  ne pas manquer. Parlons musique sacrĂ©e d’abord. Le 22 juillet : Missa Solemnis de Beethoven (Grosses Festspielhaus, par Nikolaus Harnoncourt : tout concert de musique sacrĂ©e par Nikolaus Harnoncourt ne se refuse pas : le chef autrichien, adepte de la gravitĂ© voire du lugubre qui saisit, exprime la spiritualitĂ© des partitions comme personne Ă  ce jour, il vient de le dĂ©montrer dans la trilogie des derniĂšres Symphonies de Mozart (39, 40 et 41) en un coffret Ă©blouissant de finesse, de poĂ©sie, de profondeur intitulĂ© un “oratorio instrumental” en trois parties. C’est dire. Alors Beethoven, pensez …un grand rĂ©sultat s’annonce.

Autre Ă©vĂ©nement sacrĂ© Ă  Salzbourg cet Ă©tĂ©, la Messe en fa mineur par Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, le 25 juillet, mĂȘme lieu avec entre autres solistes : Dorotea Röschmann.

Bartoli, Kaufmann, Netrebko… les 3 visages de la magie Salzbourg

 

Cecilia Bartoli chante la vocalitĂ  suave de SteffaniAu registre des opĂ©ras, Mozart a sa suite atitrĂ© Ă  Salzbourg, sa ville natale (qui le lui rendit si mal). Seul opĂ©ra pourtant programmĂ© cet Ă©tĂ©, Les Nozze di Figaro (28 juillet-18 aoĂ»t 2015, Ă©videmment dans la “Maison pour Mozart” / Haus fĂŒr Mozart : par le duo Ettinger et Bechtolf avec KĂŒhmeier, Pisaroni, Murray…) ; l’Ă©vĂ©nement c’est aussi, surtout, la Norma de Bellini par Cecilia Bartoli (tout est complet mais vous pouvez essayer des places Ă  la volĂ©e le soir mĂȘme : les 31 juillet, 3,6, 8 aoĂ»t 2015, Haus fĂŒr Mozart. Giovanni Antonini, direction / Patrice Caurier et Moshe Leiser, mise en scĂšne… si pas de chance, l’ouvrage serait diffusĂ© par Arte … Ă  suivre dans le mag tĂ©lĂ© de classiquenews.
Jonas Kaufmann, le plus grand tĂ©nor du monde !Les mĂȘmes Caurier et Leiser mettent en scĂšne aussi IphigĂ©nie en Tauride de Gluck, les 19,22,24,26,28 aoĂ»t, avec la trĂšs en forme Cecilia Bartoli dans le rĂŽle titre lĂ  encore (Haus fĂŒr Mozart). Enfin le grand gagnant (en nombre de reprĂ©sentations, reste cette annĂ©e le chef Franz Welser-Möst qui dirige ainsi deux ouvrages importants : Fidelio de Beethoven (les 4,7,10,13,16, 19 aoĂ»t 2015, dans la mise en scĂšne de Guth avec Pieczonska, Jonas Kaufmann quand mĂȘme en Florestan : d’emblĂ©e une incarnation passionnante) mais aussi Der Rosenkavalier (de Richard Strauss), une production emblĂ©matique du festival autrichien avec Don Giovanni ou Cosi fan tutte de Mozart (Strauss fut le cofondateur en 1922 du festival estival de Salzbourg avec Max Reinhardt et Hugo von Hofmannsthal, poĂšte librettiste du compositeur : les 20,23,26, 28 aoĂ»t 2015 au Grosses Festspielhaus. Harry Kupfer, mise en scĂšne, avec Stoyanova, S. Koch, Groisböck, Schultz…)
Pour finir, le meilleur : la reprise de la production du TrouvĂšre / Il Trovatore de Verdi avec la Leonora de l’icĂŽne de Salzbourg, Anna Netrebko. SaluĂ©e par nos rĂ©dacteurs sur classiquenews en 2014, la production diffusĂ©e sur Arte avait saisi par sa justesse (Lire notre compte rendu dĂ©veloppĂ© du TrouvĂšre de Verdi Ă  Salzbourg 2014 avec Anna Netrebko).

New-York, Monte Carlo : La nouvelle Iolanta d'Anna NetrebkoLa soprano plus fĂ©minine et pulpeuse que jamais, maniant le risque aussi et les dĂ©fis vocaux (ses Quatre derniers lieder de Strauss, – en novembre 2014 avec Barenboim, et sa Iolanta, indiscutable incarnation, en tĂ©moignent rĂ©cemment) demeure in situ adulĂ©e par son fan club, quand le tĂ©nor Rolando Villazon qui avait dĂ©butĂ© avec elle – dans un Ă©poustouflante Traviata en 2002 dĂ©jĂ , a quittĂ© les scĂšnes internationales depuis plusieurs saisons…
Donc pour le Florestan de Kaufmann, la Leonora de Netrebko, Harnoncourt et la Bartoli dĂ©doublĂ©e en Norma et IphigĂ©nie, cette Ă©dition 2015 de Salzbourg porte fiĂšrement sa couronne de temple lyrique international chaque Ă©tĂ© (ce n’est pas Bayreuth qui peut en dire autant / LIRE notre article : “Bayreuth 2015 : triste routine…”).

Toutes les infos et les modalités de réservations sur le site du festival de Sazlbourg (Autriche) / Salzburger festspiele 2015 , du 18 juillet au 30 août 2015.

Davide Penitente, l’oratorio Ă©questre de Bartabas

Arte, Davide Penitente de Mozart par Bartabas. Le 21 juin 2015, 18h40. C’est assurĂ©ment le point fort de cette programmation spĂ©ciale FĂȘte de la musique, le 21 juin 2015 sur Arte. FilmĂ© Ă  Salzbourg en janvier 2015, le spectacle saisit par son esthĂ©tisme et la prĂ©sence enivrante des chevaux dans le ManĂšge des rochers Ă  Salzbourg, lieu historiquement liĂ© Ă  la prĂ©sence des Ă©quidĂ©s dans la ville festival, berceau de Mozart. Rediffusion le vendredi 31 juillet 2015, 5h10 (certes c’est tĂŽt au matin mais le spectacle vaut largement que vous vous forciez Ă  quitter le lit pour regarder la performances des cavaliers et des chanteurs…).

 

 

arte_logo_2013Arte. SpĂ©cial fĂȘte de la musique, le 21 juin 2015, 18h40 : spectacle Ă©questre saisissant. Arte met les petits plats dans les grands pour la fĂȘte de la musique. Le programme annoncĂ© mĂȘlant tous les genres commence Ă  13h, enchaĂźne des genres et formes variĂ©es jusqu’Ă  23h (dĂ©but du dernier programme dĂ©diĂ© Ă  John Williams). LIRE la prĂ©sentation des 7 rvs programmĂ©e sur Arte, exemplaires par leur diversitĂ© bien que le chant et l’opĂ©ra soient majoritaires.

 

 

 

Davide Penitente de Mozart

Opéra équestre de Bartabas

 

mozart_portrait-300Pendant la derniĂšre Semaine Mozart Ă  Salzbourg en janvier 2015, le chorĂ©graphe et Ă©cuyer Bartabas a prĂ©sentĂ© sa nouvelle crĂ©ation sur un oratorio mĂ©connu de Mozart, « Davide Penitente » dans l’ancien manĂšge de Salzbourg, le cĂ©lĂšbre « ManĂšge des rochers ». Espace clos rythmĂ© par les galeries superposĂ©es en fond de scĂšne sans omettre l’arbre isolĂ© qui tient lieu d’axe structurant. Bartabas conçoit une Ɠuvre d’art totale et unique en son genre, qui marie musique et art Ă©questre. Comment l’action sacrĂ©e de David gagne-t-elle un sens particulier grĂące au concours des chevaux pendant le spectacle?  RĂ©ponse par l’image sur Arte ce 21 juin 2015, 18h40.

La Cantate oratorio K649 ” Davide Penitente” sur un texte de Saverio Mattei (et non Da Ponte comme on continue depuis trop longtemps de l’écrire) est crĂ©Ă©e le 13 mars 1785 Ă  Vienne (Burgtheater). L’ouvrage est une commande de la TonkĂŒnstler SocietĂ€t de Vienne. Mozart y recycle de nombreuses sĂ©quences de sa Messe en ut (8 au total issus de la K 427 composĂ©e auparavant en 1782/83, c’est Ă  dire en plein essor des idĂ©es des LumiĂšres).  Souvent mĂ©sestimĂ©, l’oratorio met en lumiĂšre la trĂšs grande maturitĂ© du Mozart viennois. Ses sĂ©quences inĂ©dites composĂ©es en 1785 en tĂ©moignent : l’air du tĂ©nor « A te fra tanti affanni » (passionnant dialogue avec hautbois), puis « Tra l’oscure ombre funeste » pour soprano, surtout le trio « Tutte le mie speranze » ont la profondeur et l’éclat de Cosi ou des Noces de Figaro, c’est dire.

Bartabas au ManĂšge des rochers : une prĂ©sence historiquement lĂ©gitime car c’est lĂ  que l’ArchevĂȘque de Salzbourg entraĂźnait sa cavalerie (impressionnante). 96 arcades y sont creusĂ©es dans la roche de la montagne au moment de sa construction par Johann Bernhard von Erlach en 1693.

Pour Bartabas, premier Ă©cuyer crĂ©ateur de France l’Ă©quitation est d’essence chorĂ©graphique. « Monter Ă  cheval, c’est danser. Le cavalier danse tout en dirigeant son cheval. Il doit gĂ©rer le travail de l’animal, l’intention du mouvement et sa qualitĂ©. Il forme un tout, un couple avec l’animal et devient une sorte de danseur-cheval » dĂ©clare le concepteur du spectacle Davide penitente de Mozart. Bartabas a crĂ©Ă© l’AcadĂ©mie Ă©questre de Versailles en 2003, oĂč les jeunes apprentis Ă©cuyers qui ont pour seuls maĂźtres les chevaux, font l’expĂ©rience de la vie collevtive elle mĂȘme matrice propice a leur crĂ©ativitĂ©. Le foyer expĂ©rimental a Ă©tĂ© rebaptisĂ© Ă  l’occasion de son dixiĂšme anniversaire Centre ChorĂ©graphique Ă©questre, renforce sa propre rĂ©flexion entre Ă©quitation et danse.
La formation des Ă©lĂšves  est pluridisciplinaire comprenant la danse, l’escrime artistique, du chant, du Kyudo – tir Ă  l’arc traditionnel japonais. Ce sont des sportifs avertis formant Ă  prĂ©sent un vĂ©ritable corps de ballet Ă©questre. L’Ă©lĂ©gance du geste, l’harmonie des positions, l’Ă©quilibre des figures rĂ©alisĂ©s par l’homme – cheval produisent le sens :  « Le rendu final tient surtout pour moi de l’intention du geste », prĂ©cise encore Bartabas.

 

 

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NOTRE AVIS. TrĂšs sĂ©duisant, moins musicalement que visuellement, ce David Penitente de Mozart en version “oratorio Ă©questre” est d’une beauté  Ă  couper le souffle. Dans le ManĂšge des rochers Ă  Salzbourg, haut lieu des passions Ă©questres, historiquement dĂ©fendues par les Princes ArchevĂȘques locaux (c’est dans le ManĂšge qu’au XVIIĂš, le Prince ArchevĂšque avait rĂ©servĂ© un lieu dĂ©signĂ© pour l’entretien de ses montures, trĂšs nombreuses), les chevaux aux robes sublimes (qu’aurait peint Ă©videmment un GĂ©ricault) s’Ă©brouent sur la terre du manĂšge salzbourgeois aux sons du David de Mozart. Tous les musiciens, choristes, solistes et instrumentistes sont disposĂ©s sous les arcades creusĂ©es dans la roche sur 3 Ă©tages, face au chef.
Les Musiciens du Louvre rĂ©cemment affaiblis aprĂšs l’annulation de la subvention de la ville de Grenoble (prĂšs de 250000 euros quand mĂȘme) peinent Ă  la tĂąche, et les solistes n’ont pas la grĂące des chevaux eux, impeccables sur la piste. Notons le solo du tĂ©nor français Stanislas de Barbeyrac dont la tension tendre de la voix est la plus intĂ©ressante : fragile mais timbrĂ©).

Sur la terre battue, 6 cavaliers et cavaliĂšres composent des figures collectives tandis qu’un magnifique cheval blanc semble caler son pas souverain et altier sur le rythme de la musique. On croit revivre des sensations comparables Ă  celle suscitĂ©es face au Sacre de Stravinsky version Pina Baush : mĂȘme corps sculptĂ©s dans la lumiĂšre et comme mis Ă  nu sur la terre, mĂȘme beautĂ© animale, archaĂŻque et raffinĂ©e Ă  la fois… mais ici, l’Ă©lĂ©gance musculaire des montures, la silhouette racĂ©e des Ă©cuyers, centaures ou amazones dansant sur la piste, et chantant mĂȘme (par interaction avec les musiciens situĂ©s au fond), la nervositĂ© prĂ©cise et raffinĂ©e des magnifiques Ă©quidĂ©s font toute la magie de ce spectacle qui dĂ©montre l’excellence de l’Ă©cole Ă©questre fondĂ©e par Bartabas. Dommage qu’il faille dĂ©couvrir l’ivresse et la perfection d’une telle Ă©quation Ă  Salzbourg. A quand Ă  Versailles dans les Grandes Ecuries oĂč Bartabas Ă  ses locaux ? A suivre de prĂšs.  Le programme est le point fort de la programmation FĂȘte de la musique sur Arte le 21 juin 2015 (Ă  18h40 donc).

Avec les musiciens du Louvre-Grenoble (M. Minkowski, direction), ChƓur Bach de Salzbourg, AcadĂ©mie Ă©questre de Versailles. EnregistrĂ© pendant la Semaine de Mozart Ă  Salzbourg en janvier 2015. Rediffusion le vendredi 31 juillet 2015, 5h10.

 

 

 

Salzbourg été 2015 : les temps forts

Salzbourg 2015. Jonas Kaufmann en Fidelio, Bartoli dans Bellini et Gluck, reprise du TrouvĂšre de Verdi avec Netrebko et Domingo, sans omettre Elina Garanca en Charlotte de Werther de Massenet, le duo Kupfer / Welser-Möst pour un nouveau Rosenkavalier… voilĂ  de quoi satisfaire toutes les envies et satisfaire les attentes. AprĂšs PĂąques et la PentecĂŽte (en avril et mai), Salzbourg affiche aussi depuis 1922, son remarquable Ă©vĂ©nement musical et lyrique pour l’Ă©tĂ© (cette annĂ©e du 18 juillet au 30 aoĂ»t 2015).

salzbourg logoCÎté opéra, amateurs et néophytes pourront découvrir Die Eroberung von Mexico de Wolfgang Rihm avec Angela Denoke (Ingo Metzmacher, direction / Peter Konwitschny, mise en scÚne): les 26,29 juillet, 1er,4 et 10 août 2015.
Piliers du rĂ©pertoire, Mozart et Beethoven, servis par le Philharmonique de Vienne, paraissent aussi avec Les Noces de Figaro (mise en scĂšne : Sven-Eric Bechtolf / Dan Ettinger, direction avec Luca Pisaroni, Genia KĂŒhmeier… 3 dates encore dispos, 3,9, 18 aoĂ»t 2015), et Fidelio (Paul Guth, mise en scĂšne / Franz Welser-Möst, direction avec l’incontounable Jonas Kaufmann (Fidelio) aux cĂŽtĂ©s de Adrianne Pieczonka… du 4 au 19 aoĂ»t : plus de places dispos malheureusement).
Cecilia Bartoli, directrice du festival de PentecĂŽte chante dans deux productions : Norma de Bellini sous la direction de Giovanni Antonini (mise en scĂšne : Leiser / Caurier : 31 juillet puis 3,6 et 8 aoĂ»t 2015 : plus de places) et IphigĂ©nie en Tauride de Gluck (mĂȘme Ă©quipe de metteurs en scĂšne. Diego Fasolis, direction : 22,24,26 et 28 aoĂ»t 2015, la reprĂ©sentation du 19 aoĂ»t Ă©tant complĂšte).

 

 

Salzbourg : Cavalleria Rusticana pour le festival de PĂąques

 

 

Salzbourg_KulturGrossesfestspielhausLes attentes se fĂ©dĂšrent surtout autour de 4 productions : une nouvelle qui met le romantisme français au devant de la scĂšne : Werther de Massenet avec la prise de rĂŽle d’Elina Garanca dans le rĂŽle de Charlotte (aux cĂŽtĂ©s du Werther de Pior Beczala : les 15, 18, 22 juillet 2015. Alejo Perez, direction) ; c’est aussi Ernani de Verdi sous la direction du vĂ©tĂ©ran Muti (Ă  la tĂȘte de son orchestre Luigi Cherubini) avec Francesco Meli les 27 et 29 aoĂ»t ; enfin, la diva de Salzbourg, l’incomparable Anna Netrebko, corps et voix de braise, prĂ©sence hyperfĂ©minine, chant pur et fragile Ă  la fois devrait encore marquer les esprits dans la reprise Ă©vĂ©nement du TrouvĂšre de Verdi (si acclamĂ© l’Ă©tĂ© dernier, aoĂ»t 2014, avec retransmission sur Arte) aux cĂŽtĂ© du Comte de Luna, ardent, agitĂ© du tĂ©nor dĂ©venu baryton, Placido Domingo : les quatre dates affichĂ©es, les 8,11,14,17 sont complĂštes). Pour finir, les inconditionnels de Salzbourg retrouvent l’Ɠuvre phare du festival autrichien (avec les opĂ©ras de Mozart), Le Chevalier Ă  la rose de Strauss (Der Rosenkavalier), les 20,23,26,28 aoĂ»t 2015, nouvelle production clĂ© (mise en scĂšne d’Harry Kupfer. Direction musicale : Franz Welser-Möst) avec Sophie Koch (Quinquin), Krassimira Stoyanova (La MarĂ©chale), GĂŒnther Groissböck (Ochs)… Wiener Philharmonic.

 

 

Toutes les infos, modalitĂ©s de rĂ©servations, l’Ă©tat de la billetterie par spectacles : voir le site du festival de Salbourg / Salzburg en Autriche.

 

 

Cavalleria Rusticana de Mascagni Ă  Salzbourg

salzbourg-evasion-classiquenews-582-570Salzbourg, les 28 mars et 6 avril 2015. Mascagni : Cavalleria Rusticana, 18h. Osterfestspiele Salzburg. Le festival de PĂąques de Salzbourg affiche en 2015, mars et avril, l’opĂ©ra vĂ©riste gĂ©nial signĂ© Mascagni : Cavalleria Rusticana avec entre autres l’excellent Jonas Kaufmann. L’oeuvre est couplĂ©e avec i Pagliacci de Leoncavallo, formant un diptyque familier des amateurs d’opĂ©ras. Chaque partition courte, d’un acte, compose ainsi le double portrait d’un drame amoureux passionnel et tragique : chacun s’achĂšve sur la mort de l’un des amants.

 

 

mascagni Pietro Mascagni1La jalousie dĂ©vorante et criminelle fait les bons drames passionnels en particulier sur la scĂšne lyrique. En Sicile, le dimanche de PĂąques, Santuzza se dĂ©sespĂšre, dĂ©munie et trahie : elle a perdu l’amour de son ancien amant Turiddu qui en aime une autre Lola, l’épouse du charretier Alfio. Santuzza a beau se confier Ă  la propre mĂšre de Turiddu (Mamma Lucia), rien ne peut adoucir le ressentiment et la haine, le dĂ©sir de vengeance et la tentation du meurtre qui envahissent l’esprit de l’amoureuse humiliĂ©e. L’action se dĂ©ploie comme un relief antique : sans dilution, droit au but, Ă©pure, embrasement, catastrophe. Mascagni compose sa partition en 1890 (deux annĂ©es avant I Pagliacci de Leoncavallo, autre partition courte et fulgurante avec laquelle Cavalleria est souvent couplĂ©e dans la mĂȘme soirĂ©e) : c’est le manifeste de toute une esthĂ©tique Ă  l’opĂ©ra. Franche, immĂ©diate, rĂ©aliste : l’opĂ©ra vĂ©riste ou naturaliste est nĂ© sous sa plume car le drame est court, concis, resserrĂ©, d’une irrĂ©pressible activitĂ© et sur une durĂ©e trĂšs limitĂ©e (ici 1h10mn selon les versions). LIRE notre dossier spĂ©cial Cavalleria Rusticana de Mascagni

 

 

 

Programmer Cavalleria Rusticana au moment de PĂąques est justifiĂ© car c’est le temps rĂ©el de l’action du drame. La distribution affichĂ©e par le festival de Salzbourg promet engagement et caractĂ©risation sous la baguette fine et nerveuse de Christian Thieleman


Cavalleria Rusticana de Mascagni au festival de Salzbourg 2015

 

festival de paques salzbourg 2015 cavalleria rusticana

 

Christian Thieleman, direction

Philipp Stölzl, mise en scÚne, régie

Jonas Kaufmann : Turiddu, Canio

Liudmyla Monastyrska:Santuzza

Annalisa Stroppa : Lola

Maria Agresta: Nedda

Dimitri Platanias : Tonio

Tansel Akzeybek: Beppe

SĂ€chsische Staatskapelle Dresden

Choeur d’enfants du Festival de Salzbourg

 

 

Festivals, contrats. Salzbourg, festival de Pentecîte. Cecilia Bartoli directrice artistique jusqu’en 2021

bartoli cecilia salzbourgFestivals, contrats. Salzbourg, festival de PentecĂŽte. Cecilia Bartoli directrice artistique jusqu’en 2021. La cantatrice romaine, mezzo dĂ©fricheuse chez Decca, a signĂ© le renouvellement de son contrat comme directrice artistique du festival de PentecĂŽte de Salzbourg (Salzburg Whitsun Festival) jusqu’en 
 2021. Cecilia Bartoli a Ă©ditĂ© deux rĂ©cents albums consacrĂ©s chacun Ă  des compositeurs oubliĂ©s pourtant valeureux  « Mission » malgrĂ© son visuel crĂąne rasĂ© ciblait la rĂ©surrection d’Agostino Steffani, un compositeur diplomate Ă©gal de Handel ; et le dernier « St-Petersburg » rend service aux auteurs italiens employĂ©s par les Tsarines au XVIIIĂš (Araia, Raupach, Manfredini, aux cĂŽtĂ©s du plus cĂ©lĂšbre Cimarosa). En 2014, elle a chantĂ© Desdemona dans Otello de Rossini avec un feu vocal plutĂŽt convaincant


otello BartoliCette annĂ©e du 22 au 25 mai 2015, le festival de PentecĂŽte Ă  Salzbourg, historiquement orientĂ© vers les rĂ©pertoire baroques et classiques, affiche Handel en version de concert et Gluck dans une nouvelle production : au programme de mai 2015 : Diego Fasolis et I Barrochisti jouent 2 opĂ©ras. Le premier est le temps fort de l’édition de PentecĂŽte 2015 : IphigĂ©nie en Aulide de Gluck les 22 et 25 mai 2015 (mise en scĂšne : Patrice Caurier et Moshe Leiser, avec Cecilia Bartoli), c’est l’opĂ©ra qui impose Ă  Paris le chevalier Gluck Ă  partir d’avril 1774 ; le second opĂ©ra, en version de concert, le chef d’oeuvre Semele de Handel (avec Cecilia Bartoli) ; puis rĂ©cital Handel par Philippe Jaroussky et Nathalie Stutzmann (le 24 mai) ; enfin un gala de clĂŽture comprenant une distribution exceptionnelle dont Anna Netrebko, Juan Diego Florez (Purcell, Gluck, Haydn, Offenbach, le 25 mai, la billetterie est fermĂ©e, le concert est dĂ©jĂ  complet).

salzbourg logoAvec le recul, rien de neuf Ă  la PentecĂŽte Ă  Salzbourg : il reste curieux que Cecilia Bartoli toujours innovatrice en matiĂšre de programme discographique (et dans les concerts de la tournĂ©e qui suivent ou entourent la sortie de ses nouveaux cd) n’ait proposĂ© aucun rĂ©el Ă©vĂ©nement d’envergure Ă  Salzbourg en 2015. Pause artistique ou essoufflement prĂ©coce ? Outre un manque de souffle et de renouvellement artistique, l’évĂ©nement risque aussi de devenir Ă©litiste au regard de sa confidentialitĂ© et du prix moyen des places. A l’époque du numĂ©rique et des medias nouveaux, les festivals qui prendront l’initiative de l’e-diffusion sauront se rĂ©gĂ©nĂ©rer. Mais cela ne suffit, il faut encore que leur programmation produise de rĂ©els Ă©vĂ©nements musicaux. Dans ce sens, le choix des metteurs en scĂšne, Caurier/Leiser, dĂ©jĂ  vus antĂ©rieurement pour un Giulio Cesare assez encombrĂ© et fourre-tout, pourrait emplomber l’avenir du festival de PentecĂŽte, sauf si les deux scĂ©nographes se renouvellent totalement. A suivre d’ici mai 2015.

 

VISITER le site du festival de PentecÎte de Salzbourg

 

 

 

 

 

Crédit photographique : Markus HinterhÀuser, directeur artistique du festival estival de Salzbourg et Helga Rabl-Stadler, Présidente du festival de Salbourg encadrent Cecilia Bartoli, directrice artistique du festival de PentecÎte de Salzbourg. © SF/J.Stix

En direct de Salzbourg, Anna Netrebko chante Leonora du TrouvĂšre

netrebko trouvere salzbourgARTE. Ce soir, vendredi 15 aoĂ»t 2014, 20h50. Verdi : Le TrouvĂšre. Anna Netrebko.  Salzbourg, aoĂ»t 2014 : voici assurĂ©ment l’un des Ă©vĂ©nements lyriques du festival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par le trio lĂ©gendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux cĂŽtĂ©s des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si frĂ©quents. CrĂ©Ă© Ă  Rome en 1853, d’aprĂšs El Trovador de GutiĂ©rrez, 1836), Le TrouvĂšre de Verdi saisit par sa fiĂšvre dramatique, une cohĂ©rence et une caractĂ©risation musicale indiscutable malgrĂ© la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se dĂ©roule en Espagne, dans la Saragosse du XVĂšme, oĂč le conte de Luna est Ă©conduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est Ă©perdument amoureux : la jeune femme lui prĂ©fĂšre le troubadour Manrico.  Dans le camp gitan, Azucena, la mĂšre de Manrico, est obsĂ©dĂ©e par l’image de sa mĂšre jetĂ©e dans les flammes d’un bĂ»cher, et de son jeune fils, Ă©galement consommĂ© par le feu. Manrico dĂ©cide de fuir avec Leonora. Mais il revient dĂ©fier Luna car sa mĂšre est condamnĂ©e Ă  pĂ©rir sur le bĂ»cher elle aussi.  EmprisonnĂ© par Luna avec sa mĂšre, Manrico maudit Leonora qui semble s’ĂȘtre finalement donnĂ©e au Conte : elle a feint et s’est versĂ©e le poison pour faire libĂ©rer son aimĂ©. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (Ă  prĂ©sent morte), ordonne l’exĂ©cution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frĂšre : leur mĂšre avait Ă©changer les enfants sur le bĂ»cher. De sorte que l’opĂ©ra s’achĂšve sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengĂ© la trovatore verdi netrebko domingo DVDmort de sa mĂšre par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment dĂ©munie a manipulĂ©e le baryton jaloux, vengeur
 aveuglĂ© par sa haine : la production de Salzbourg promet d’ĂȘtre mĂ©morable, grĂące en partie Ă  la distribution rĂ©unie pour l’occasion : la divine Anna Netrebko au timbre sensuel (Leonora : la cantatrice a inaugurĂ© le rĂŽle au Berliner Staatsoper Ă  l’hiver 2013), Placido Domingo (Luna), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux (Azucena)… Qu’en sera-t-il de la mise en scĂšne signĂ©e Alvis Hermanis et de la direction musicale assurĂ©e par Daniele Gatti ? RĂ©ponses ce 15 aoĂ»t sur Arte… EN LIRE +



arte_logo_2013
Netrebko Anna NetrebkoARTE, vendredi 15 août 2014, 20h50.
 Giuseppe Verdi : Le TrouvĂšre. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’écoute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opĂ©ra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 aoĂ»t 2014, Ă©tait dĂ©jĂ  sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’évolution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rĂŽle qui semble taillĂ© pour elle. RĂ©ponse le 31 aoĂ»t sur les ondes de France Musique.

Salzbourg : Charlotte Salomon, opéra de Marc-André Dalbavie (création 2014)

salomon charlotteSalzbourg. Dalbavie: Charlotte Salomon, crĂ©ation. 28 juillet>14 aoĂ»t 2014. EvĂ©nement Ă  Salzbourg 2014 dans la catĂ©gorie crĂ©ation mondiale : Marc-AndrĂ© Dalbavie met en musique un opĂ©ra inspirĂ© de la vie tragique d’une jeune femme artiste juive, artiste martyr, originaire de Berlin et qui dĂ©noncĂ©e, s’éteint pendant la guerre en dĂ©portation. NĂ©e en 1917, Charlotte Salomon est morte Ă  l’ñge de 26 ans : victime innocente sacrifiĂ©e sur l’autel de l’horreur absolue, Charlotte reste une figure bouleversante que son Ɠuvre picturale et graphique (produite en trĂšs peu de temps) fixe dans l’imaginaire. L’art ici, acte de rĂ©sistance et cri tendu contre l’ignorance rĂ©tablit la place et la dignitĂ© qui ont Ă©tĂ© bafouĂ©es. Son style Ă  la fois onirique, naĂŻf, rĂ©aliste et symbolique rĂ©enchante le temps d’une existence Ă©courtĂ©e, dĂ©chirĂ©e, anĂ©antie. Le sujet a lĂ©gitimement inspirĂ© le compositeur français Marc AndrĂ© Dalbavie qui dirige Ă  Salzbourg la crĂ©ation de l’opĂ©ra que le Festival lui a commandĂ©. RĂ©vĂ©lation de la partition ce 28 juillet 2014 au ManĂšge du rocher. Le compositeur a dĂ©jĂ  traitĂ© la forme lyrique Ă  travers un prĂ©cĂ©dent ouvrage qui Ă©claire le dernier Gesualdo, celui qui est le plus sombre et le plus solitaire (Gesualdo, 2010). Le travail de Dalbavie accorde lisibilitĂ© du texte et parure Ă©loquente et transparente d’un orchestre dont le langage demeure accessible, c’est Ă  dire totalement audible. NĂ© en 1961, hĂ©ritier de l’Ă©cole spectrale (Grisey et Murail sont ses principales sources d’inspiration), Marc AndrĂ© Dalbavie rĂ©tablit dans la brume spectrale, la ligne concrĂšte du verbe grĂące au chant : une alliance propice Ă  un choc musical Ă  Salzbourg cet Ă©tĂ© ?
salomon charlotte peinture gouacheLa vraie Charlotte Salomon, nĂ©e berlinoise en 1917, est morte dĂ©portĂ©e Ă  Auschwitz en 1943. Son pĂšre mĂ©decin arrĂȘtĂ© par les nazis connut le mĂȘme sort en dĂ©portation dĂšs 1936. La jeune Ă©tudiante inquiĂ©tĂ©e Ă  cause de ses origines juives se rĂ©fugie dans le Sud de la France, aprĂšs la nuit de Cristal (9 novembre 1938). Elle y retrouve ses grands parents : en 1940, la jeune femme dont la grand mĂšre s’était suicidĂ©e, est internĂ©e avec son grand pĂšre dans le camps de Gurs, puis libĂ©rĂ©e. MarquĂ©e par ses Ă©preuves et la barbarie ambiante, Charlotte rĂ©siste en crĂ©ant ses propres Ɠuvres comme plasticienne et peintre. de 1940 Ă  1942, l’artiste questionne le sens de la vie et sa propre expĂ©rience Ă  travers un cycle de crĂ©ation intitulĂ© « Leben ? Oder Theater ? » soit une centaine de gouaches conçues Ă  partir des couleurs primaires : rouge, bleu, jaune. Textes autographes, musique, sujets empruntĂ©s Ă  sa vie dĂ©truite et Ă©prouvante, au souvenir de sa famille assassinĂ©e, le corpus est l’un de plus puissant et original suscitĂ© par l’horreur nazie. En 1943, Charlotte Salomon qui vient d’épouser Alexander Nagler dont elle Ă©tait enceinte, est dĂ©noncĂ©e et dĂ©portĂ©e de Bobigny Ă  Auschwitz oĂč elle s’éteint rapidement. La totalitĂ© des gouaches autobiographiques de Charlotte Salomon est aujourd’hui conservĂ©e au MusĂ©e juif d’Amsterdam.

web-Charlotte_Salomon0057_-_Antoun_-_CrebassaSalzbourg, Festival. ManĂšge au rocher
création mondiale
5 dates
28 juillet puis 2, 7, 10, 14 août 2014
Marc-André Dalbavie : Charlotte Salomon
OpĂ©ra en 2 actes. Livret de Barbara Honigmann d’aprĂšs Leben? oder Theater? de Charlotte Salomon

Mise en scÚne : Luc Bondy (en mémoire de Gérard Mortier)
Marc-André Dalbavie, direction

Johanna Wokalek, Charlotte Salomon
Marianne Crebassa, Charlotte Kann
Jean-SĂ©bastien Bou, Doktor Kann, ein Arzt
GĂ©raldine Chauvet, Franziska Kann / Eine Frau
AnaĂŻk Morel, Paulinka Bimbam
Frédéric Antoun, Amadeus Daberlohn, ein GesangspÀdagoge
Vincent Le Texier, Herr Knarre / Lageroberst
Cornelia Kallisch, Frau Knarre
Michal Partyka, Professor Klingklang / Ein Kunststudent / Dritter Nazi / Ein Polizist
Eric Huchet, Der Papst / Der Propagandaminister / Der Kunstprofessor / Erster Nazi / Ein Mann / Zweiter Emigrant
Annika Schlicht*, Eine Kunststudentin aus Tirol
Wolfgang Resch*, Zweiter Nazi
Mozarteumorchester Salzburg

Illustrations : autoportrait de Charlotte Salomon (DR). opéra de Dalbavie créé à Salzbourg le 28 juillet 2014 © R.Walz

Anna Netrebko chante Leonora en direct de Salzbourg

NETREBKO-anna--Anna_Netrebko_-_Romy_2013_bARTE. Vendredi 15 aoĂ»t 2014, 20h50. Verdi : Le TrouvĂšre. Anna Netrebko.  Salzbourg, aoĂ»t 2014 : voici assurĂ©ment l’un des Ă©vĂ©nements lyriques du festival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par le trio lĂ©gendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux cĂŽtĂ©s des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si frĂ©quents. CrĂ©Ă© Ă  Rome en 1853, d’aprĂšs El Trovador de GutiĂ©rrez, 1836), Le TrouvĂšre de Verdi saisit par sa fiĂšvre dramatique, une cohĂ©rence et une caractĂ©risation musicale indiscutable malgrĂ© la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se dĂ©roule en Espagne, dans la Saragosse du XVĂšme, oĂč le conte de Luna est Ă©conduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est Ă©perdument amoureux : la jeune femme lui prĂ©fĂšre le troubadour Manrico.  Dans le camps gitan, Azucena, la mĂšre de Manrico, est obsĂ©dĂ©e par l’image de sa mĂšre jetĂ©e dans les flammes d’un bĂ»cher, et de son jeune frĂšre, Ă©galement consommĂ© par le feu. Manrico dĂ©cide de fuir avec Leonora. Mais il revient dĂ©fier Luna car sa mĂšre est condamnĂ©e Ă  pĂ©rir sur le bĂ»cher elle aussi.  EmprisonnĂ© par Luna avec sa mĂšre, Manrico maudit Leonora qui semble s’ĂȘtre finalement donnĂ©e au Conte : elle a feint et s’est versĂ©e le poison pour faire libĂ©rer son aimĂ©. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (Ă  prĂ©sent morte), ordonne l’exĂ©cution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frĂšre : leur mĂšre avait Ă©changer les enfants sur le bĂ»cher. De sorte que l’opĂ©ra s’achĂšve sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengĂ© la mort de sa mĂšre par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment dĂ©munie a manipulĂ©e le baryton jaloux, vengeur
 aveuglĂ© par sa haine. EN LIRE +


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arte_logo_2013ARTE, vendredi 15 août 2014, 20h50.
 Giuseppe Verdi : Le TrouvĂšre. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’écoute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opĂ©ra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 aoĂ»t 2014, Ă©tait dĂ©jĂ  sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’évolution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rĂŽle qui semble taillĂ© pour elle. RĂ©ponse le 31 aoĂ»t sur les ondes de France Musique.

Programme retransmis ensuite sur France Musique. Verdi : Le TrouvÚre. Anna Netrebko. Le 31 août 2014, 20h.

Anna Netrebko chante Leonora du TrouvĂšre Ă  Salzbourg

NETREBKO-anna--Anna_Netrebko_-_Romy_2013_bFrance Musique. Verdi : Le TrouvĂšre. Anna Netrebko. Le 31 aoĂ»t 2014, 20h. Salzbourg, aoĂ»t 2014 : France Musique diffuse l’un des Ă©vĂ©nements lyriques du festival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par le trio lĂ©gendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux cĂŽtĂ©s des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si frĂ©quents. CrĂ©Ă© Ă  Rome en 1853, d’aprĂšs El Trovador de GutiĂ©rrez, 1836), Le TrouvĂšre de Verdi saisit par sa fiĂšvre dramatique, une cohĂ©rence et une caractĂ©risation musicale indiscutable malgrĂ© la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se dĂ©roule en Espagne, dans la Saragosse du XVĂšme, oĂč le conte de Luna est Ă©conduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est Ă©perdument amoureux : la jeune femme lui prĂ©fĂšre le troubadour Manrico.  Dans le camps gitan, Azucena, la mĂšre de Manrico, est obsĂ©dĂ©e par l’image de sa mĂšre jetĂ©e dans les flammes d’un bĂ»cher, et de son jeune frĂšre, Ă©galement consommĂ© par le feu. Manrico dĂ©cide de fuir avec Leonora. Mais il revient dĂ©fier Luna car sa mĂšre est condamnĂ©e Ă  pĂ©rir sur le bĂ»cher elle aussi.  EmprisonnĂ© par Luna avec sa mĂšre, Manrico maudit Leonora qui semble s’ĂȘtre finalement donnĂ©e au Conte : elle a feint et s’est versĂ©e le poison pour faire libĂ©rer son aimĂ©. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (Ă  prĂ©sent morte), ordonne l’exĂ©cution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frĂšre : leur mĂšre avait Ă©changer les enfants sur le bĂ»cher. De sorte que l’opĂ©ra s’achĂšve sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengĂ© la mort de sa mĂšre par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment dĂ©munie a manipulĂ©e le baryton jaloux, vengeur… aveuglĂ© par sa haine.

Drame gothique tragique

verdi_582_face_portrait_boldiniDans la production parisienne de l’ouvrage, Verdi ajoute un ballet selon le goĂ»t français du grand opĂ©ra (3Ăšme partie : la BohĂ©mienne). La violence de l’Ă©criture, l’omniprĂ©sence des flammes dans la rĂ©solution du jeu dramatique, l’exacerbation des passions qui s’opposent (Luna contre Leonora et Manrico, l’apparente impuissance de la sorciĂšre bohĂ©mienne Azucena…)…tout Ɠuvre ici pour l’essor d’une tragĂ©die gothique prenante, Ă  l’expressivitĂ© progressive. D’aprĂšs le roman gothique romantique de GutiĂ©rrez, Verdi offre une remarquable caractĂ©risation des rĂŽles solistes : Manrico (tĂ©nor), Leonora (soprano), Luna (baryton), surtout Azucena (mezzo soprano) dont il fait une sorte d’autoritĂ© fĂ©minine sombre et lugubre (cf. le Miserere, chƓur funĂšbre de la 4Ăšme partie : intitulĂ©e ” Le Supplice”). Contemporain de La Traviata, Le TrouvĂšre est une partition flamboyante, sur un prĂ©texte empruntĂ© au roman historique dont la vocalitĂ© trĂšs investie des 4 solistes frappe immĂ©diatement : Verdi rĂ©ussit un tour de force. Chaque air rĂ©pond Ă  la nĂ©cessitĂ© de l’action.

A 43 ans, Anna Netrebko (nĂ© en 1971) est la tĂȘte d’affiche de cette production produite Ă  Salzbourg en aoĂ»t 2014 ; la diva russe a donnĂ© quelques indices (dĂ©jĂ  trĂšs convaincants) de sa prise de rĂŽle de Leonora, dans un disque Verdi, saluĂ© par la RĂ©daction cd de classiquenews (cd Verdi par Anna Netrebko, 1 cd Deutsche Grammophon).

Voici les termes de la critique de notre rédacteur au moment de la sortie du cd Verdi par Anna Netrebko en octobre 2013 :

Anna Netrebko chante Verdi chez Deutsche Grammophon…dans Il Trovatore : sa Leonora palpite et se dĂ©chire littĂ©ralement en une incarnation oĂč son angĂ©lisme blessĂ©, tragique, fait merveille : la diva trouve ici un rĂŽle dont le caractĂšre convient idĂ©alement Ă  ses moyens actuels (s’il n’était ici et lĂ  ses notes vibrĂ©es, pas trĂšs prĂ©cises)
 mais la ligne, l’élĂ©gance, la subtilitĂ© de l’émission et les aigus superbement colorĂ©s dans ” D’amore sull’ali rosee ” 
  (dialoguĂ©s lĂ  encore avec la flĂ»te) sont trĂšs convaincants. Elle retrouve l’ivresse vocale qu’elle a su hier affirmer pour Violetta dans La Traviata. Que l’on aime la soprano quand elle s’écarte totalement de tout Ă©panchement vĂ©riste : son legato sans effet manifeste une musicienne nĂ©e. Sa Leonora, hallucinĂ©e, d’une transe fantastique, dans le sillon de Lady Macbeth, torche embrasĂ©e, force l’admiration : toute la personnalitĂ© de Netrebko rejaillit ici en fin de programme, dans le volet le plus saisissant de ce rĂ©cital verdien, hautement recommandable. Concernant Villazon, 
 le tĂ©nor fait du Villazon 
 avec des nuances et des moyens trĂšs en retrait sur ce qu’il fut, en comparaison moins aboutis que sa divine partenaire. Anna Netrebko pourrait trouver sur la scĂšne un rĂŽle Ă  sa (dĂ©)mesure : quand pourrons nous l’écouter et la voir dans une Leonora rĂ©vĂ©latrice et peut-ĂȘtre subjugante ? Bravissima diva.

Lire la critique du cd complĂšte.

logo_francemusiquesalzbourg logoFrance Musique. Verdi : Le TrouvĂšre. Anna Netrebko. Le 31 aoĂ»t 2014, 20h. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’Ă©coute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opĂ©ra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 aoĂ»t 2014, Ă©tait dĂ©jĂ  sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’Ă©volution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rĂŽle qui semble taillĂ© pour elle. RĂ©ponse le 31 aoĂ»t sur les ondes de France Musique.

Evasion Ă  Salzbourg

Salzbourg_KulturGrossesfestspielhausEvasion Ă  Salzbourg pour l’annĂ©e Richard Strauss 2014. DĂ©couvrez la citĂ© mozartienne traversĂ©e par la Salz Ă  l’occasion de l’annĂ©e Richard Strauss (nĂ© en 1864)… Pour le 150Ăšme anniversaire de la naissance de Richard Strauss, offrez-vous un sĂ©jour dans la ville de naissance de Wolfgang Amadeus Mozart. L’idĂ©e n’est pas si saugrenue si l’on se rappelle que Richard Strauss, – avec le poĂšte et librettiste Hugo von Hofmannsthal et l’homme de thĂ©Ăątre Max Reinhardt ont fondĂ© en 1922, le festival d’Ă©tĂ© de Salbourg : y rĂšgnent l’opĂ©ra et le thĂ©Ăątre, surtout Mozart Ă©videmment et les opĂ©ras de Strauss, depuis toujours interprĂ©tĂ©s par l’orchestre idoine, le Wiener Philharmoniker qui fait le dĂ©placement attendu, espĂ©rĂ© chaque Ă©tĂ©, de Vienne Ă  salzbourg : rien n’Ă©gale le raffinement hĂ©doniste de l’orchestre viennois dans Aridane auf Naxos ou justement (programmĂ© cette annĂ©e : lire notre agenda ci aprĂšs), Le chevalier Ă  la rose (Der rosenkavalier. Cf l’admirable version de Solti chez Decca en 1968, dĂ©jĂ , avec le miracle viennois des Wiener Philharmoniker).
EvĂ©nement majeur de l’agenda musical et lyrique en Europe, le festival de Salzbourg, l’un des plus anciens et des plus prestigieux, offre chaque Ă©tĂ© une programmation Ă©blouissante. L’annĂ©e Strauss peut ĂȘtre un excellent moyen d’en dĂ©couvrir toutes les facettes et les nombreux attraits (certes musical, mais aussi patrimonial et touristique, gastronomique et culturel : les plus enhardis profiteront par exemple de leur escapade Ă  Salzbourg pour aller aussi Ă  Hellbrunn, merveille baroque et son jardin d’eau qui fut l’Ă©crin de l’Orfeo de Monteverdi dĂšs le dĂ©but du XVIIĂšme siĂšcle). L’Autriche est une nation mĂ©lomane : les deux sites de Salzbourg et Hellbrunn, facilement accessible le temps d’un long week end (4 jours par exemple) vous le dĂ©montreront. Pour cĂ©lĂ©brer son co fondateur, le festival estival de Salbzourg 2014 affiche plusieurs Ă©vĂ©nements Richard Strauss que classiquenews rĂ©capitule ici:

 

 

 

5 événements Richard Strauss à Salzbourg

du 1er au 31 août 2014

 

 

Les MĂ©tamorphoses : Metamorphosen
pour sextuor de cordes
Mozarteum, grosser Saal, le 1er août 2014, 19h30
Gringolts Quartett & friends

Der Rosenkavalier
Le chevalier Ă  la rose
Grosses Festpielhauss, les 1,5,8,11,14,17,20 et 23 août 2014
Avec Krassimira Stoyanova, Sophie Koch, Mojca Erdmann, GĂŒnther Groissböck, Wiebke Lehmkuhl… Wiener Philharmoniker. Zubin Mehta, direction. Harry Kupfer, mise en scĂšne

Quatre derniers lieder
Grosses Haus, le 7 août 2014, 20h
Eva Maria Westbroek, soprano. Philharmonia Orchestra. Christoph Eschenbach, direction
Couplés avec la Symphonie n°9 de Bruckner

Concerts Symphoniques

Mort et transfiguration, Also sprach Zarathustra.
Grosses Haus, les 23 et 24 août 2014 à 11h
Wiener Philharmoniker. Gustavo Dudamel, direction

Une vie de héros : ein Heldenleben opus 40
Grosses Haus, le 31 août 2014, 11h
Concertgebouw Amsterdam. Mariss Jansons, direction

les infos et les modalités pratiques, billetterie sur le site du festival de Salzbourg 2014