TĂ©lĂ©. SĂ©lection opĂ©ras, concerts symphoniques, rĂ©citals d’aoĂ»t et septembre Ă  dĂ©cembre 2020

TÉLÉ. Sélection de la rentrée 2020… Classiquenews sélectionne ici les programmes à ne pas manquer sur le petit écran. Opéras, concerts symphoniques, plateaux éclectiques, ou récital. Baroque, Romantique, XXè, contemporain, sans omettre les musiques anciennes… retrouvez ci dessous les programmes incontournables à voir et à écouter dès la rentrée 2020 et bien après…

 

 

DĂ©cembre 2020

 

JEUDI 31 DECEMBRE 2020

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17h30
Concert de la Saint-Sylvestre Ă  Berlin.

 

 

 

DIMANCHE 27 DÉCEMBRE 2020

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17h50
Promenade musicale Ă  Versailles
Quatre concerts exceptionnels ont été enregistrés au château de Versailles, sans public, au printemps dernier, avec Patricia Petibon (à l’Opéra royal) ou Alexandre Tharaud (à la Galerie des Glaces). Ces concerts donnent lieu à ce programme qui ressuscite en musique l’âge d’or du Château de Versailles. Une promenade au rythme des plus beaux airs baroques.
Au programme, les Grands Motet de Lully interprétés par Les Epopées sous la direction de Stéphane Fuget ; Alexandre Tharaud dans la Galerie des glaces jouant au piano plusieurs joyaux du Grand Siècle (originellement pour clavecin) : la Marche des Turcs et la Suite en la de Jean-Baptiste Lully, les Sept pièces pour clavier de François Couperin, L’Aimable de Joseph-Nicolas-Pancrace Royer… puis Patricia Petibon invoque des figures féminines magnifiques et tragiques, avec l’ensemble Amarillis (Héloïse Gaillard, direction): airs de Marc-Antoine Charpentier, Jean-Philippe Rameau, Marin Marais, dans l’écrin fin XVIIIè de l’Opéra royal de Versailles.

 

 

JEUDI 24 DÉCEMBRE 2020

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17h45
Douce nuit – Une chanson pour le monde
Douce nuit » est probablement l’hymne de NoĂ«l le plus cĂ©lèbre de tous les temps. Ce chant de NoĂ«l mis en musique par Franz Xaver Gruber en 1818 fĂŞte cette annĂ©e ses 200 ans. Traduit dans le monde entier en 300 langues et dialectes, l’hymne de la Première Guerre mondiale a poussĂ© les troupes allemandes et britanniques Ă  dĂ©poser les armes pendant une journĂ©e dans les tranchĂ©es. Le rĂ©alisateur Hannes Michael Schalle revient sur l’histoire de cette chanson et donne la parole aux artistes.

 

 

 

 

 

 

DIMANCHE 20 DÉCEMBRE 2020

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17h10
Lucia de Lamermoor à la Scala de Milan, remplacée par une soirée de gala
scala milanC’est avec Lucia di Lammermoor de Donizetti  que la Scala de Milan devait inaugurer cette annĂ©e l’ouverture de sa saison 2020 – 2021, le 7 dĂ©cembre (jour attendu inaugural de la Saint-Ambroise, patron de Milan). Mais l’Ă©pidĂ©mie en a dĂ©cidĂ© autrement : le Teatro Milanais a organisĂ© plutĂ´t une grande soirĂ©e lyrique en forme de rĂ©cital et de cĂ©lĂ©bration chorĂ©graphique. Sont annoncĂ©s, sous rĂ©serve de modifications de dernière minute, les tĂ©nors Jonas Kaufmann et Roberto Alagna, la sublime mezzo Elina Garance… ainsi que les Etoiles et le corps de ballet de la Scala. DurĂ©e annoncĂ©e : 2h30. En replay sur ARTEconcert jusqu’au 20 mars 2021.

 

 

01h25
Daniel Hope, violon
hope daniel for seasons cd deutsche grammophon cd reviex cd critique classiquenewsUn concert Ă  domicile avec Daniel Hope, Max Richter et Joy Denalane. Pendant le confinement du printemps dernier, Daniel Hope invitait des artistes et des amis chez lui pour des concerts spontanĂ©s. Grâce Ă  la musique, il voulait apporter sa propre contribution durant cette pĂ©riode de “crise”. Il y a eu ainsi 34 concerts « Hope@home ». Dans l’ultime programme, Daniel Hope interprète la première mondiale d’une rĂ©duction pour piano de VIVALDI “Recomposed” avec son fidèle pianiste, Christoph IsaraĂ«l, mais aussi avec le compositeur britannique Max Richter, depuis Oxford, une performance Ă  l’origine de cette version “revisitĂ©e” des Quatre saisons de Vivaldi. Avec Joy Denalane, ils interprètent Ă©galement une nouvelle version de la chanson de Richter “This Bitter Earth / On the Nature of Daylight” – chantĂ©e Ă  l’origine par Dinah Washington – tirĂ©e du film “Shutter Island” de Martin Scorsece. La harpiste Jane Berthe complète le parcours musical.

 

 

 

 

 

SAMEDI 19 DÉCEMBRE 2020

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cygnes-lac-noureev-classiquenews-Le-Lac-des-Cygnes_corps-de-ballet13h. TCHAIKOVSKY : Le lac des cygnes (Kiev, juin 2019). Le ballet de l’Opéra national d’Ukraine réalise une version fiévreuse et techniquement maîtrisée du chef d’oeuvre de Piotr Illiytch, conçue en 1986 par Valery Kovtun,inspiré de Marius Petipa. En forêt, le prince Siegfried rencontre la belle Odette qui chaque soir, se transforme en cygne blanc. S’il l’épouse, l’envoûtement dont elle victime, jeté par le sorcier Rothbart, sera rompu, et Odette redeviendra femme. C’est compter sans l’esprit haineux et manipulateur du sorcier qui engendre sa propre créature noire, Odile, le cygne d’ébène, jumeau du cygne blanc, et prêt à prendre sa place pour mieux perdre les deux amants, Siegfried et Odette. Il appartient à la même ballerine d’incarner Odette / Odile, deux faces opposées d’un même idéal féminin. Vers lequel tendra Siegfried ? Saura-t-il démêler les rets toxiques tendus par Rothbart, instance jalouse et maléfique ?

 

 

 

 

 

DIMANCHE 13 DÉCEMBRE 2020

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18h55
Concerto per l’Italia Riccardo Chailly, Maxim Vengerov. Pour son traditionnel concert donnĂ© sur le parvis du DĂ´me de Milan, l’Orchestre de la Scala invite un soliste de renommĂ©e mondiale : le violoniste Maxim Vengerov. Le soliste russe Ă  la virtuositĂ© diabolique interprète le Concerto pour violon de Mendelssohn. Au programme aussi : ouvertures et extraits symphoniques tirĂ©s d’opĂ©ras de Rossini, Bellini, Puccini et Verdi.

 

 

23h
SONYA YONCHEVA et ROBERTO ALAGNA
chantent LOHENGRIN de Wagner
WAGNER : le Ring Jordan sur France MusiqueLohengrin prometteur présenté par le Staatsoper Unter den Linden de Berlin, pour clore une année 2020 plus que difficile pour le monde du spectacle. A l’affiche de l’opéra phare de Wagner, le ténor français Roberto Alagna dans le rôle-titre (prise de rôle wagnérienne) et la soprano au chant velouté et soyeux, Sonya Yoncheva dans celui d’Elsa. Pour sa première à Berlin, le catalan Calixto Bieito signe la mise en scène, dans le décalage et le délire halluciné.

 

 

 

 

 

DIMANCHE 6 DÉCEMBRE 2020

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17h
Giuseppe Verdi : Simon Boccanegra
LIEGE. JĂ©rusalem de Giuseppe Verdi aus der Oper ZĂĽrich – MĂŞlant intrigues politiques et tragĂ©dies familiales dans la GĂŞnes du XIVe siècle, Simon Boccanegra, l’un des opĂ©ras les moins connus de Giuseppe Verdi, connait depuis quelques annĂ©es une petite renaissance. Sur la scène de l’OpĂ©ra de Zurich, Fabio Luisi dirige l’excellent baryton allemand Christian Gerhaher dans le rĂ´le-titre. Pour rĂ©aliser cette production et maintenir un certain lien avec l’audience, les circonstances sanitaires ont imposĂ© une organisation inĂ©dite, en dissociant de plus d’un kilomètre les solistes et le public de l’orchestre et du chĹ“ur.

 

 

00h30
Beethoven intime
Documentaire
BEETHOVEN-portrait-dossier-beethoven-2020-classiquenews-concerts-festivals-2020-Ludwig-Van-Beethoven-1A l’occasion du 250ème anniversaire de la naissance de Beethoven, voici le portrait intime du compositeur réalisé à partir de ses nombreux écrits. Sa correspondance, riche de plus de 2000 lettres, ainsi que ses Carnets intimes et ses Cahiers de conversation (qui lui ont permis de communiquer avec le monde extérieur malgré sa surdité) précisent le profil intime et inattendu du compositeur. Ils témoignent d’une vie de passion où le grandiose côtoie le tragique mais où toujours l’emporte la force créatrice de celui à qui on doit quelques-uns des plus grands chefs-d’œuvre de la musique : 9 symphonies parmi les plus révolutionnaires, l’opéra Fidelio (manifeste libertaire contre toutes les tyrannies), la Missa Solemnis, le Concerto pour piano l’Empereur, le concerto pour violo, le triple Concerto pour violon, violoncelle et piano…

Ainsi sont évoqués, son époque (1770-1827), son histoire familiale, ses amours, sa conception novatrice de l’Art, sa relation avec les autres artistes (Haydn, Bach, Goethe ou Schiller), son humanisme. Mais aussi son combat contre la surdité. Concerts, répétitions live, archives… La musique de Beethoven, très présente, constitue l’autre fil narratif du film. Pour raconter ses symphonies et ses sonates pour piano (qu’il considère comme « le journal intime du compositeur ») le film a comme principal intervenant le pianiste et chef d’orchestre Daniel Barenboim. A ses côtés, le jeune quatuor Ebène, qui a joué l’intégrale des quatuors à cordes de Beethoven à travers le monde, évoque l’homme comme le compositeur et dit la portée universelle d’une œuvre unique. En outre, le graphiste Olivier Patté a imaginé un univers à la fois narratif et poétique, pour illustrer les écrits de Beethoven et en révéler toute la richesse et la sensibilité.
Film documentaire : Beethoven intime. Auteures : Anna Sigalevitch et Priscilla Pizzato RĂ©alisatrice : Priscilla Pizzato – Coproduction : ARTE France et Redstone (2020 – 53’) Avec la participation de Daniel BarenboĂŻm et du Quatuor Ebène

 

 

01h25
Concerto pour violon de Beethoven
Avec F.P. Zimmermann
Présentation et commentaire par Arte : « Dans ce Concerto pour violon en ré majeur de Beethoven, l’orchestre se montre vif et pétillant sous la direction de Daniele Gatti. Sans conteste, le son propre au Concertgebouw, qui s’est façonné auparavant avec Bernard Haitink, Riccardo Chailly et Mariss Jansons, ne s’est pas altéré. C’est dans le dernier mouvement que l’ensemble s’est montré le plus convaincant. L’introduction amène la montée brillante et allègre des cordes qui reprennent le thème ».
RĂ©alisation : Ferenc Soeteman Production : RCO, Avrotros & UNITEL (2017- 43mn) – Royal Concertgebouw Orchestra, Concertgebouw d’Amstermdam.

 

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Dimanche 13 septembre 2020, 17h10 : DEGAS et l’OpĂ©ra
danseuse-degas-opera-degas-al-opera-exposition-annonce-presentation-classiquenews-critique-explications-clesAu théâtre lyrique, le peintre Edgar Degas (1834 – 1917) qui dĂ©testait Wagner, c’est peut-ĂŞtre lĂ  son seul dĂ©faut, anlayse, observe, scrute les corps en mouvement. Non pas ceux des chanteurs acteurs, moins les instrumentistes en fosse (quoiqu’il joue des formes des instruments : crosses, archets, etc…), surtout ce qui passionne le peintre , quand mĂŞme un peu voyeur, ce sont les danseuses. En 1868, il immortalise la danseuse EugĂ©nie Fiocre interprète du ballet la Source, rĂ©cemment remis Ă  l’honneur de l’OpĂ©ra Garnier. Degas frĂ©quente assidument l’OpĂ©ra de Paris, alors rue Le Peletier… Puis il croque au pastel, attitudes, contorsions bridant les corps, mouvements en groupe…, port de tĂŞte, arabesques des bras, des jambes, dĂ©tail des mains. Aucun portrait sauf Fiovre au dĂ©part : que des attitudes… et des ĂŞtres qui souffrent, dans des compositions audacieuses, des cadrages photographiques. LIRE notre prĂ©sentation DEGAS ET L’OPERA

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Dimanche 13 septembre Ă  18h15, Arte
450e anniversaire de la Staatskapelle de Berlin. L’un des plus anciens orchestres du monde, mais aussi l’un des plus renommés souffle ainsi son 450e anniversaire. La Staatskapelle de Berlin et le chef d’orchestre Daniel Barenboim jouent les œuvres de compositeurs ayant marqué l’histoire de l’orchestre, … Richard Strauss ou Ludwig van Beethoven. EN REPLAY sur Arte TV

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Dimanche 20 septembre Ă  18h50, Arte
LES JARVI Concert (Allemagne, 2019, 43mn) – Avec Paavo Järvi, Neeme Järvi, Kristjan Järvi, Maarika Järvi, Truls Mork, et l’Estonian Festival Orchestra – RĂ©alisation: Holger Preusse, Isabel Hahn. La 9ème Ă©dition du « Pärnu Music Festival, » crĂ©Ă© par les trois chefs estoniens : Neeme Järvi et ses 2 fils Kristjan et Paavo, en 2019, investit la ville portuaire estonienne. Partie d’Estonie en 1980 alors que le pays faisait partie de l’Union soviĂ©tique, la famille Järvi s’était rĂ©fugiĂ©e aux États-Unis et s’est depuis Ă©parpillĂ©e dans le monde entier. Le festival, crĂ©Ă© par Neeme Järvi et ses fils, Kristjan et Paavo, tous trois chefs d’orchestre, leur permet de retrouver leur pays d’origine et de partager un moment de complicitĂ© musicale. Maarika, la sĹ“ur de Kristjan et Paavo, est, elle aussi, prĂ©sente comme flĂ»tiste dans l’orchestre. Au programme : Birthday Korale NJ 80. DirigĂ©e par Paavo, l’Ĺ“uvre a Ă©tĂ© composĂ©e par Kristjan pour les 80 ans de leur père. Autre temps fort du festival : le Concerto pour violoncelle de Dvorak interprĂ©tĂ© par le violoncelliste norvĂ©gien Truls Mork.

 

 

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Dimanche 27 septembre Ă  18h35
Les grands rivaux en musique – Callas vs Tebaldi

TEBALDI-carre-portrait-tebaldi-renata-voce-d-angelo-complete-decca-recordingsElles Ă©taient les deux divas les plus cĂ©lèbres de leur Ă©poque, la presse les a dĂ©peintes Ă  tort comme deux rivales impitoyables : Maria Callas, la « tigresse », et Renata Tebaldi, la « voix d’ange ». Distinction rĂ©ductrice qu’affectionnent les mĂ©dias toujours Ă  la pointe de caricatures extrĂŞmistes propres Ă  surprendre et saisir. Dans la rĂ©alitĂ© les deux divas n’eurent jamais Ă  rivaliser car leur rĂ©pertoire Ă©tait diffĂ©rent, incarnant des hĂ©roĂŻnes totalement opposĂ©es, chacune selon le tempĂ©rament et la couleur comme le caractère de leur voix respectives. Pour Callas, les figures tragiques et passionnĂ©es, Ă  l’expressivitĂ© âpre et mordante : Lady Macbeth, Tosca, Norma, Carmen… Pour Tebaldi, la tendresse Ă©thĂ©rĂ©e portĂ©e par un timbre claire et lumineux, « cĂ©leste » (Aida, Elisabeth de Valois, Amelia d’Un Ballo in maschera…ou La Wally). Dans leur vision de l’art lyrique comme dans leur vie privĂ©e, tout opposait les deux sopranos. Si Maria Callas est aujourd’hui considĂ©rĂ©e comme une chanteuse mythique, sa concurrente reste presque inconnue du grand public. Comment expliquer une telle diffĂ©rence ? Cette opposition entre les deux artistes Ă©tait-elle bien rĂ©elle ? Entre Milan, Paris et New York, Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse en images et en musique. Le sujet du docu est-il bien fondĂ© ? LIRE aussi notre prĂ©sentation et critique du coffret cd Renata Tebaldi / Voce d’Angelo / DECCA

 

 

 

 

 

ARTE. Dimanche 4 octobre 2020
18h20, Concert de Prague avec Daniel Hope “Prague Sounds again”, le concert cĂ©lèbre le retour de la musique Ă  Prague dans un cadre magnifique : une scène flottante sur la Moldau, sous le Théâtre national, entre l’Ă®le Slovansky et le pont de la LĂ©gion, avec en toile de fond le château de Prague. Le violoniste britannique qui a Ă©tudiĂ© sous la direction du lĂ©gendaire Yehudi Menuhin, interprète l’Ĺ“uvre emblĂ©matique de Max Richter “Vivaldi Recomposed”, une rĂ©-imagination des Quatre Saisons, avec l’Orchestre de l’Epoque. Au programme aussi la première mondiale de la “Moldau” de Smetana, recomposĂ©e par Floex et Tom Hodge ; “September Song” de Kurt Weill (arrangement de Paul Bateman) ; “Humoresque” d’Anton Dvorak.

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ARTE. Dimanche 11 octobre 2020
18h55, CONCERT MOZART A PARIS, dans les jardins de l’hĂ´tel Sully avec l’Orchestre de chambre de Paris, Lars Vogt, piano et direction  / Magali Mosnier, flĂ»te ; ValĂ©ria Kafelnikov, harpe. EnregistrĂ© le 11 juillet 2020 Ă  Paris. Programme : Concerto pour flĂ»te et harpe, Concerto pour piano N° 9 K 271 (Jeune homme) ; Danse Allemane (12′) (German Dances K 536) de Wolfgang Amadeus MOZART.
Pour son premier concert Ă  la tĂŞte de l’Orchestre de chambre de Paris cet Ă©tĂ© 2020, Lars Vogt dirige “Mozart Ă  Paris” en plein air et en public dans la magnifique cour de l’HĂ´tel de Sully. Après un travail en profondeur menĂ© pendant cinq ans avec Douglas Boyd, l’Orchestre de chambre de Paris accueille son nouveau directeur musical, le chef et pianiste de renommĂ©e internationale Lars Vogt qui vient renforcer une dĂ©marche artistique originale et un positionnement rĂ©solument chambriste. Plus de quarante ans après sa crĂ©ation, l’Orchestre de chambre de Paris est considĂ©rĂ© comme un orchestre de chambre de rĂ©fĂ©rence en Europe. Les instrumentistes qui en composent le noyau incarnent une nouvelle gĂ©nĂ©ration de musiciens français devenant ainsi l’orchestre permanent le plus jeune d’ĂŽle-de-France et le premier orchestre français rĂ©ellement paritaire. Acteur musical engagĂ© dans la citĂ©, il dĂ©veloppe une dĂ©marche citoyenne s’adressant Ă  tous les publics, y compris ceux en situation de prĂ©caritĂ© ou d’exclusion. Les rĂ©centes crĂ©ations musicales conçues avec des bĂ©nĂ©ficiaires de centres d’hĂ©bergement d’urgence ou des rĂ©sidents d’Ehpad de Paris ou des personnes dĂ©tenues du centre pĂ©nitentiaire de Meaux-Chauconin en sont d’éloquentes illustrations.

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01h25
RĂŞve de Hongrie – Barbara Hannigan. Concert enregistrĂ© le 23 et 25 janvier 2019 Ă  l’Auditorium de Radio France. Programme : BĂ©la BartĂłk : Rhapsodie pour violon et orchestre n° 1 ; György Ligeti : Concerto romanesc ; György Kurtág : HĂ©t Dal pour soprano et cymbalum « Zur Erinnerung an einen Winterabend », pour soprano, cymbalum et violon ; enfin, pièce majeure : BĂ©la BartĂłk, Le Mandarin merveilleux, suite.
Barbara Hannigan n’est pas une cheffe d’orchestre comme les autres. Chanteuse, chef d’orchestre, elle offre une autre image de la musique dite « classique ». Artiste polyvalente et talentueuse, elle a choisi de mettre son prestige au service des rĂ©pertoires les plus exigeants. Pour ce nouveau concert avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France, elle met le cap sur la musique hongroise du 20ème siècle, dans un programme en plusieurs parties qui fait se tĂ©lescoper son aura de chanteuse et ses dons de chef d’orchestre. Elle nous propose un voyage par Ă©tapes, dans les partitions de BartĂłk puis de Ligeti , et deux pages pour soprano et cymbalum de György Kurtág qui nous plonge dans la poĂ©sie de l’âme magyare. Il y a un mystère Hannigan – chanteuse reconnue, cheffe d’orchestre recherchĂ©e, elle privilĂ©gie chemins de traverse et prises de risques.

 

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Dim 18 octobre 2020
01h50 Turandot de Giacomo Puccini au Au Teatro del Liceu
OpĂ©ra en 3 actes composĂ© par Giacomo Puccini. Livret : Giuseppe Adami, Renato Simoni, Franco Alfano. Direction musicale : Josep Pons (2020 – 1h58).
Avec Irène Theorin : Turandot
Chris Merritt : Altoum
Alexander Vinogradov : Timur
Jorge de LeĂłn: Calaf
Ermonela Jaho : LiĂą
Toni Marsol : Ping
Francisco Vas : Pang
Mikeldi Atxalandabaso : Pong
Michael Borth : un mandarin
José Luis Casanova Prince de Perse (voix)

Cette nouvelle production de l’opĂ©ra Turandot orchestrĂ©e par le Gran Teatre del Liceu est un clin d’oeil Ă  sa propre histoire et Ă  son renouveau. 20 ans auparavant, c’est avec l’opĂ©ra de Puccini que reprenaient les reprĂ©sentations après le grand incendie qui a ravagĂ© le théâtre en 1994.

La mise en scène et la scĂ©nographie profite de l’imaginaire visuel et poĂ©tique de l’artiste vidĂ©aste espagnol Franc Aleu. Il transpose l’oeuvre dans un futur très personnel oĂą le video mapping et la 3D sont omniprĂ©sents. Tout est lumière, tout est vie dans une Chine oĂą règnent la mort et la vengeance.

 

 

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MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsARTE, dim 2 août 2020, 17h : Cosi fan tutte en direct de Salzbourg. Christof Loy, mise en scène. Joana Mallwitz, direction. Le festival autrichien né en 1922 maintient son édition malgré la crise sanitaire actuelle et affiche le dernier des opéras de la trilogie Mozart / Da Ponte : Cosi fan tutte, chef d’oeuvre révélé à Salzbourg justement dans les années 1920 par l’un des fondateurs du Festival, Richard Strauss. Ce Cosi est l’un des temps forts de Sazlbourg 2020 avec l’ELEKTRA du même Strauss par le provocateur déjanté délirant Warlikowski. Subtilité, nostalgie, cynisme… l’opéra de Mozart est aussi intitulée l’école des amants. Chacun pris dans le labyrinthe des cœurs, éprouve la cruauté des serments trahis, l’insouciance et la légèreté du désir… Au final qui aime qui ? Et pour combien de temps ? Un être semble tirer les ficelles, celui par lequel le pari initial a défier la constance des amants, Don Alfonso… à la fois vieux sage désabusé, et généreux mentor prêt à guider les épris trop naifs. En complicité, la servante avisée des deux jeunes napolitaines, victimes piégées de la farce, Despina assiste Alfonso dans son œuvre éducative. PRODUCTION A SUIVRE ET A VISIONNER sur le site d’ARTE ici :
https://www.arte.tv/fr/videos/098629-001-A/cosi-fan-tutte-de-mozart/

A l’été 2020, Salzbourg présente cette nouvelle production (6 représentations du 2 au 18 août 2020) avec deux chanteuses françaises, les mezzo soprano Lea Desandre (Despina) et Elsa Dreisig (Fiordiligi). Malgré leur jeune âge, auront-elle la fibre mozartienne ? Avec l’Orchestre Philharmonique de Vienne, Bogdan Volkov (Ferrando, ténor), André Schuen (Guglielmo), Johannes Martin Kränzle (Don Alfonso), Marianne Crebassa (Dorabella)… Avant le direct à 16h, documentaire : « le grand théâtre du monde / Salzbourg et son festival ». Toutes les infos sur le site du Festival de Salzbourg / Festpielhaus Sazlburg 2020
https://www.salzburgerfestspiele.at/en/p/cosi-fan-tutte

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APPROFONDIR

LIRE notre compte rendu et notre dossier COSI FAN TUTTE (Ă  l’OpĂ©ra de Tours – octobre 2019) Pour Wolfgang, le propos devient « la scuola degli amanti / l’école des amants, avec pour devise gĂ©nĂ©rique « Cosi fan tutte » : elles font toutes pareil (autrement dit, toutes les femmes sont infidèles)…. COSI FAN TUTTE, Salzbourg 2020 en REPLAY jusqu’au 31 oct 2020

http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-opera-tours-opera-le-4-oct-2019-mozart-cosi-fan-tutte-boudeville-feix-b-pionnier-g-bouillon/

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salzbourg vignette festivalARTE, dim 9 aoĂ»t 2020, 18h55. Karajan Ă  Salzbourg en 1960. Premièrekarajan-box-warner-classics-maestro-chef-1948---1989-coffret-cd-review-cd-cd-critique du Chevalier Ă  la rose / Der RosenKavalier dans une distribution de rĂŞve, dans un Grand Palais des festival alors flambant neuf… Production lĂ©gendaire filmĂ©e en 36 mn, d’une qualitĂ© photographique visionnaire. Avec Elisabeth Schwarzkopf (La MarĂ©chale), Anneliese Rothenberger (Sophie), Otto Efelmann (Ochs). Documentaire 2020, 2h45mn. EN REPLAY jusq’7 sept 2020

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Dimanche 30 août 2020, 17h50
Salzbourg 2020, MAHLER : Symphonie n°6
Andris Nelson dirige ici le Wiener Philharmoniker dans la 6è symphonie « tragique » de Gustav Mahler, notre préférée, la plus personnelle et les plus intimes du compositeur et chef Gustav Mahler, qui fut directeur de l’Opéra de Vienne au début du XXè. En replay sur ARTE.TV jusqu’au 27 nov 2020.
Suite de l'odyssĂ©e MAHLER par l'Orchestre National de LilleCrĂ©Ă©e en 1906 Ă  Essen sous la direction du compositeur, la Symphonie n° 6 en la mineur dite “Tragique” figure parmi ses Ĺ“uvres les plus Ă©mouvantes. Si sa forme semble classique, son spectre expressif, lui, est impressionnant : imitation de sonnailles, cuivres furieux, coups de marteaux fatidiques – symboles d’un destin implacable – rythment une partition fiĂ©vreuse qui raconte le destin du hĂ©ros, Ă©prouvĂ©, saisi par la force du destin. Si les autres symphonies de Mahler nous parlent de RĂ©demption (Symphonie n°2, « RĂ©surrection » ; Symphonie des Mille n°8 exprimant la grâce…) la 6è ne laisse pas de nous laisser dĂ©concertĂ© par l’interrogation profonde qu’y formule le compositeur. L’homme confrontĂ© Ă  sa destinĂ©e (maudite) peut-il ĂŞtre sauvĂ© ?

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Dimanche 6 septembre Ă  18h, Arte
REQUIEM DE VERDI AU DÔME DE MILAN
Vague verdienne en juin 2014À l’occasion de sa réouverture, la Scala de Milan affiche le Requiem de Verdi, partition qui mêle sacré et opéra tant ici la force du choeur et le chant des quatre solistes égalent l’intensité dramatique de l’opéra. Le chef d’orchestre Riccardo Chailly, et les solistes Tamara Wilson, Elina Garanca, Francesco Meli et Ildar Abdrazakov rendent ainsi hommage aux victimes du coronavirus dans une région durement frappé par la pandémie depuis sa diffusion dès février 2020. Enregistré le 4 septembre 2020 à Milan.

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Dimanche 6 septembre Ă  minuit (00h), Arte
Les Indes galantes de Jean-Philippe Rameau – Moments choisis de l’opĂ©ra ballet – RĂ©alisation : François-RenĂ© Martin Mise en scène : ClĂ©ment Cogitore ChorĂ©graphie : Bintou DembĂ©lĂ© Musique : Jean-Philippe Rameau Une coproduction : ARTE France / OpĂ©ra national de Paris / Telmondis / Mezzo (2019 – 1h51) Spectacle enregistrĂ© Ă  L’OpĂ©ra national de Paris – OpĂ©ra Bastille en 2019 – EN REPLAY jusqu’ 31 aoĂ»t 2021

rameau dossier jean philippe dossier classiquenewsL’opĂ©ra-ballet de Jean-Philippe Rameau est revisitĂ© par ClĂ©ment Cogitore, jeune plasticien qui signe lĂ  sa première et souvent maladroite mise en scène lyrique, privilĂ©giant Ă©videmment la danse au dĂ©triment de l’unitĂ© opĂ©ratique, en coopĂ©ration avec la danseuse chorĂ©graphe Bintou DembĂ©lĂ©, danseuse de Hip-hop. Une danse urbaine parfois entraĂ®nante, mais mal fusionnĂ©e avec le chant comme l’action lyrique. Certes il s’agit d’un opĂ©ra ballet mais le traitement hip hop paraĂ®t souvent tĂ©lĂ©guidĂ©, plaquĂ© sans fusion rĂ©elle avec le terreau lyrique. La greffe n’a pas prise. La confusion règne souvent sur les planches. EnregistrĂ©e Ă  l’OpĂ©ra de Paris en 2019, cette production souhaitĂ©e par l’ex directeur S Lissner, est ici proposĂ©e sous forme de « Moments choisis »; rythmĂ©e par les Ĺ“uvres originales de deux street artistes. LIRE aussi notre compte rendu critique des Indes Galantes de Rameau par C Cogitore

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Vendredi 11 Septembre Ă  21h05
Mahler-symphonie-n8-des-mille-orange-choregies-juillet-2019-critique-concert-critique-opera-classiquenewsFRANCE 3 en direct du Théâtre Antique d’Orange. Musiques en fĂŞte – La rentrĂ©e en musique  -  Dans un contexte sanitaire si singulier, France TĂ©lĂ©visions tenait Ă  offrir au public une soirĂ©e musicale inĂ©dite avec des artistes en live, tous au rendez-vous pour cĂ©lĂ©brer la musique et permettre au plus grand nombre de s’Ă©vader le temps d’un concert. PrĂ©sentĂ©e par Cyril FĂ©raud et Judith Chaine, cette 10e Ă©dition rĂ©unit pour une rentrĂ©e musicale vivante, la troupe de chanteurs de Musiques en fĂŞte et les musiciens qui interprĂ©teront les plus grands airs d’opĂ©ra, d’opĂ©rette, de comĂ©dies musicales, ainsi que des musiques traditionnelles et des chansons françaises, dirigĂ©s par Luciano Acocella et Didier Benetti.

Airs d’opĂ©ras de Verdi, Donizetti ou Bellini se mĂŞlent Ă  des airs cultes comme “Oh happy day !”, “Calling you”, “La MĂ©lodie du bonheur”, ces incontournables interprĂ©tĂ©s en direct sur France 3 et en simultanĂ© sur France Musique, au cĹ“ur du cĂ©lèbre théâtre antique d’Orange. Avec Florian Sempey, Thomas Bettinger, Claudio Capeo, Sara Blanch Freixes, JĂ©rĂ´me Boutillier, Alexandre Duhamel, Julien Dran, Julie Fuchs, Thomas Bettinger, MĂ©lodie Louledjian, Patrizia Ciofi, Fabienne Conrad, Marina Viotti, Florian Laconi, AmĂ©lie Robins, BĂ©atrice Uria-Monzon, Marc Laho, Jeanne GĂ©rard, Anandha Seethaneen, Jean Teitgen…

Avec l’Orchestre national de Montpellier Occitanie
Le Chœur de l’Opéra de Monte Carlo, Chef de chœur : Stefano Visconti
La Maîtrise des Bouches-du-Rhône
Les élèves des classes CHAM du collège de Vaison la Romaine
Chorégraphies de Stéphane Jarny

Enfin, après leur prestation remarquĂ©e lors de l’Ă©dition 2019, les jeunes talents de Pop the Opera, rĂ©unissant une centaine de collĂ©giens et de lycĂ©ens issus d’établissements scolaires de la rĂ©gion Provence-Alpes-CĂ´te d’Azur, vont rĂ©interprĂ©ter des extraits de chansons cultes. LIRE aussi notre prĂ©sentation complète avec le programme prĂ©cis dans notre sĂ©lection RADIO de septembre / Programme diffusĂ© en direct sur France Musique

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Dimanche 13 septembre 2020, 17h10 : DEGAS et l’OpĂ©ra
danseuse-degas-opera-degas-al-opera-exposition-annonce-presentation-classiquenews-critique-explications-clesAu théâtre lyrique, le peintre Edgar Degas (1834 – 1917) qui dĂ©testait Wagner, c’est peut-ĂŞtre lĂ  son seul dĂ©faut, anlayse, observe, scrute les corps en mouvement. Non pas ceux des chanteurs acteurs, moins les instrumentistes en fosse (quoiqu’il joue des formes des instruments : crosses, archets, etc…), surtout ce qui passionne le peintre , quand mĂŞme un peu voyeur, ce sont les danseuses. En 1868, il immortalise la danseuse EugĂ©nie Fiocre interprète du ballet la Source, rĂ©cemment remis Ă  l’honneur de l’OpĂ©ra Garnier. Degas frĂ©quente assidument l’OpĂ©ra de Paris, alors rue Le Peletier… Puis il croque au pastel, attitudes, contorsions bridant les corps, mouvements en groupe…, port de tĂŞte, arabesques des bras, des jambes, dĂ©tail des mains. Aucun portrait sauf Fiovre au dĂ©part : que des attitudes… et des ĂŞtres qui souffrent, dans des compositions audacieuses, des cadrages photographiques. LIRE notre prĂ©sentation DEGAS ET L’OPERA

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Dimanche 13 septembre Ă  18h15, Arte
450e anniversaire de la Staatskapelle de Berlin. L’un des plus anciens orchestres du monde, mais aussi l’un des plus renommés souffle ainsi son 450e anniversaire. La Staatskapelle de Berlin et le chef d’orchestre Daniel Barenboim jouent les œuvres de compositeurs ayant marqué l’histoire de l’orchestre, … Richard Strauss ou Ludwig van Beethoven. EN REPLAY sur Arte TV

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Dimanche 20 septembre Ă  18h50, Arte
LES JARVI Concert (Allemagne, 2019, 43mn) – Avec Paavo Järvi, Neeme Järvi, Kristjan Järvi, Maarika Järvi, Truls Mork, et l’Estonian Festival Orchestra – RĂ©alisation: Holger Preusse, Isabel Hahn. La 9ème Ă©dition du « Pärnu Music Festival, » crĂ©Ă© par les trois chefs estoniens : Neeme Järvi et ses 2 fils Kristjan et Paavo, en 2019, investit la ville portuaire estonienne. Partie d’Estonie en 1980 alors que le pays faisait partie de l’Union soviĂ©tique, la famille Järvi s’était rĂ©fugiĂ©e aux États-Unis et s’est depuis Ă©parpillĂ©e dans le monde entier. Le festival, crĂ©Ă© par Neeme Järvi et ses fils, Kristjan et Paavo, tous trois chefs d’orchestre, leur permet de retrouver leur pays d’origine et de partager un moment de complicitĂ© musicale. Maarika, la sĹ“ur de Kristjan et Paavo, est, elle aussi, prĂ©sente comme flĂ»tiste dans l’orchestre. Au programme : Birthday Korale NJ 80. DirigĂ©e par Paavo, l’Ĺ“uvre a Ă©tĂ© composĂ©e par Kristjan pour les 80 ans de leur père. Autre temps fort du festival : le Concerto pour violoncelle de Dvorak interprĂ©tĂ© par le violoncelliste norvĂ©gien Truls Mork.

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Dimanche 27 septembre Ă  18h35
Les grands rivaux en musique – Callas vs Tebaldi

TEBALDI-carre-portrait-tebaldi-renata-voce-d-angelo-complete-decca-recordingsElles Ă©taient les deux divas les plus cĂ©lèbres de leur Ă©poque, la presse les a dĂ©peintes Ă  tort comme deux rivales impitoyables : Maria Callas, la « tigresse », et Renata Tebaldi, la « voix d’ange ». Distinction rĂ©ductrice qu’affectionnent les mĂ©dias toujours Ă  la pointe de caricatures extrĂŞmistes propres Ă  surprendre et saisir. Dans la rĂ©alitĂ© les deux divas n’eurent jamais Ă  rivaliser car leur rĂ©pertoire Ă©tait diffĂ©rent, incarnant des hĂ©roĂŻnes totalement opposĂ©es, chacune selon le tempĂ©rament et la couleur comme le caractère de leur voix respectives. Pour Callas, les figures tragiques et passionnĂ©es, Ă  l’expressivitĂ© âpre et mordante : Lady Macbeth, Tosca, Norma, Carmen… Pour Tebaldi, la tendresse Ă©thĂ©rĂ©e portĂ©e par un timbre claire et lumineux, « cĂ©leste » (Aida, Elisabeth de Valois, Amelia d’Un Ballo in maschera…ou La Wally). Dans leur vision de l’art lyrique comme dans leur vie privĂ©e, tout opposait les deux sopranos. Si Maria Callas est aujourd’hui considĂ©rĂ©e comme une chanteuse mythique, sa concurrente reste presque inconnue du grand public. Comment expliquer une telle diffĂ©rence ? Cette opposition entre les deux artistes Ă©tait-elle bien rĂ©elle ? Entre Milan, Paris et New York, Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse en images et en musique. Le sujet du docu est-il bien fondĂ© ? LIRE aussi notre prĂ©sentation et critique du coffret cd Renata Tebaldi / Voce d’Angelo / DECCA

 

 

 

 

 

 

Anna Netrebko chante Aida dans les salles UGC

Compte rendu critique opéra. Salles UGC, le 2 juillet 2020. VERDI : Aida. Netrebko, Meli, Semenchuk, MUTI (Salzbourg 2017).

 

 

EGYPTE PROCHE ORIENTALE

 

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Pas de statues pharaoniques ni de références visuelles au Nouvel Empire ou à Ramsès : la vision d’Aïda par la plasticienne et photographe iranienne Shirin Neshat écarte toute facilité hollywoodienne ; elle évoque plutôt un âge antique certes mais viscéralement proche oriental où domine dans le jeu des étoffes aériennes (superbe bleu gris pour les éthiopiens) une critique d’un pouvoir tyrannique et guerrier contre un peuple réduit en esclavage… épurée mais forte et claire, la mise en scène sait dévoiler la masse fracassante comme l’intensité des scènes intimistes.

SOLISTES CONVAINCANTS
D’emblée, le niveau du plateau vocal assure à la production salzbourgeoise, sa grande efficacité voire son mordant théâtral : Francesco Meli incarne un Radamès ivre d’amour, vaillant et viril : il est tendu comme un sabre, prêt à renoncer à la gloire et à l’honneur pour suivre dans la mort sa belle Aïda. D’ailleurs celle ci triomphe irrésistiblement grâce au diamant d’Anna Netrebko, féminité léonine jusque dans ses aigus voluptueux : le personnage titre irradie d’une intensité noire, dès son premier air, se vouant à la mort ; indiscutablement une Isolde verdienne aux accents fauves et crépusculaires, une actrice aussi, touchante par sa sincérité, qui demeure mémorable. Aux côtés de ses Lady Macbeth, Giovanna d’Arco ou Leonora (Trouvère), Netrebko affirme la justesse de ses choix verdiens. Ekaterina Semenchuk réalise elle aussi un somptueux parcours, alto rugissante et fauve, aimante jusqu’à la haine ; son Amnéris est finalement détruite par son désir vain pour Radamès : fine actrice, la chanteuse affirme une maîtrise théâtrale en particulier dans son grand duo au II avec Aïda qu’elle torture et manipule psychologiquement ; la cantatrice cisèle son personnage dont le regard devient clé dans les deux dernières scènes (condamnation de Radamès, puis tombeau des amants éperdus). Riccardo Muti en fosse, autre lion inflexible tient les Wiener Philharmoniker en tension et précision. On détecte toujours son goût déclamatoire dans les ensembles, littéralement colossaux aux tempis volontiers ralentis ; voilà une démesure qui colle bien aux monolithes sur scène, ces boîtes minérales gigantesques qui forment décor ; accueille l’assemblée des prêtres (ouvertement critiqués par Verdi; maudits surtout par Amnéris), et aussi le cortège triomphal de Radamès dont les fameuses trompettes offrent un luxe sonore évident (6 trompettistes en 2 petits groupes de part et d’autres de la foule assemblée). L’autorité de Pharaon s’exprime par l’orchestre.

 

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DiffusĂ©e dans l’écrin des salles UGC, ce 2 juillet 2020, l’expĂ©rience mĂŞme s’il s’agissait d’une « ancienne production » de l’étĂ© 2017 Ă  Salzbourg, accrĂ©dite le bien fondĂ© du cycle « Viva l’OpĂ©ra! », excellente initiative qui mène le genre lyrique au cinĂ©ma ; le spectateur plonge au cĹ“ur du drame grâce Ă  l’intelligence des plans rapprochĂ©s : les camĂ©ras mieux que l’oeil humain, focusent sur un regard, un mouvement du corps, rĂ©vĂ©lant autrement l’acuitĂ© d’une situation ; de sorte que l’approche du lyrique ici en ressort rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e. C’est une formule qui d’ordinaire, hors covid, diffuse des directs ; elle sait sĂ©duire manifestement un public très fidĂ©lisĂ©. Ne manquait que la coupe de champagne qui Ă  l’entracte selon l’usage, ajoute Ă  la magie d’une grande soirĂ©e… La prochaine saison promet de nouveaux spectacles forts, Ă  dĂ©couvrir sur le site de Viva l’OpĂ©ra / UGC – saison 2020 – 2021 : https://www.vivalopera.fr/saison/annees/2020-2021. Parmi les temps forts, dĂ©jĂ  incontournables, la Tosca de Netrebko les 17 et 24 sept depuis La Scala (la diva l’a dĂ©jĂ  chantĂ© au Met), puis sa Leonora de La Force du destin les 10 et 17 dĂ©c 2020 depuis la Royal Opera House de Londres / Covent Garden. A suivre.

 

KARAJAN dirige Der Rosenkavalier (Salzbourg 1960)

Karajan200Arte : Dimanche 9 aoĂ»t Ă  18h55. Karajan au Festival de Salzbourg 1960  -  A Salzbourg en 1960, le plus cĂ©lèbre maestro de la planète dirige l’opĂ©ra de Richard Strauss : Le Chevalier Ă  la rose / Der Rosenkavalier. C’est l’un des spectacles mythiques qui ont marquĂ© l’histoire du Festival autrichien. En 1960, quatre ans après sa prise de fonction en tant que directeur musical du Festival le plus ancien d’Europe (fondĂ© en 1922, l’annĂ©e oĂą fut dĂ©couverte la tombe miraculeuse de Toutankhamon), le maestro Herbert von Karajan inaugure le grand palais des festivals avec un Chevalier Ă  la rose mĂ©morable. Le choix de cette oeuvre de Richard Strauss, sur un livret du poète Hugo von Hofmannsthal, tombe Ă  point nommĂ© pour cĂ©lĂ©brer les 40 ans de cette grande institution musicale, dont ces deux artistes furent les cofondateurs (avec le metteur en scène Max Reinhardt). La reprĂ©sentation fut filmĂ©e en 35 mm, pour immortaliser la voix de la soprano Elisabeth Schwarzkopf, qui a marquĂ© le rĂ´le de la MarĂ©chale : une femme d’expĂ©rience qui ressent l’oeuvre du temps, la vanitĂ© des choses, l’obligation irrĂ©pressible de lâcher prise et de renoncer, y compris Ă  son amant du moment, le dĂ©licieux « Quinquin » ou Octavian (rĂ´le majeur pour mezzo)… Quand Karajan dirige, la magie Salzbourg opère ! Document incontournable.  LIRE aussi notre dossier spĂ©cial HERBERT VON KARAJAN : le maestro idĂ©al ?

Arte : Dimanche 9 août à 18h55. Karajan au festival de Salzbourg 1960.

SALZBOURG 2019. Nouvel Idomeneo par Sellars / Currentzis

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81SALZBOURG, 27 juil – 19 aout 2019. IDOMENEO. Le Festival estival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par Richard Strauss et Hugo Von Hofmannsthal marque les esprits en annonçant entre autres productions Ă©vĂ©nements de son affiche 2019 : Idomeneo de Mozart, opĂ©ra symphonique sur le thème de la barbarie divine, mise en scène par Peter Sellars et surtout dirigĂ© par le bouillonnant mais passionnant Teodor Currentzis. Ce dernier vient de publier chez Sony, une captivante Symphonie n°6 de Mahler, après une 6è de Tchaikovski non moins envoĂ»tante… LIRE ci après nos critiques des 2 cd Mahler et Tchaikovsky par Currentzis et son orchestre sur instruments anciens AnimaAeterna, 2 «  CLICs » de CLASSIQUENEWS.
Le 27 juillet 2019, première soirée lyrique du Festival de Salzbourg, affiche au Felsenreitschule (Manège du rocher) : Idomeneo, une nouvelle production prometteuse après la Clemence de Titus présentée par le même duo en 2017. Idomeneo est aussi un opera seria, conçu par un Mozart de 25 ans. Teodor Currentzis dirige pour se faire le Freiburg Baroque Orchestra et le musicAeterna Choir of Perm Opera (un chœur qu’il connaît plutôt très bien, familier de ses enregistrements et productions habituelles).

Distribution annoncée : Russell Thomas (Idomeneo), Paula Murrihy (Idamante), Ying Fang (Ilia), Nicole Chevalier (Elettra), Jonathan Lemalu (Nettuno / La voce / Voix de l’Oracle) ; chorégrapie de Lemi Ponifasio.

currentzis sellars salzbourg idomeneo mozart 2019 premiere announce annonce concert opera par classiquenewsSellars souligne combien avec Idomeneo, Mozart dispose alors Ă  Munich, dans le contexte de crĂ©ation d’Idomeneo, – en 1780 pour le Carnaval, d’une Ă©quipe artistique prestigieuse (Lorenz Quaglio, rĂ©alisateur des costumes et des dĂ©cors), un orchestre renommĂ© (les instrumentistes de la Cour de Mannheim, les meilleurs d’Europe), une compagnie de danseurs et des chanteurs cĂ©lèbres… Ainsi s’affirme le gĂ©nie du jeune homme, alors en conflit avec son père : un conflit qui se dessine aussi dans l’opĂ©ra qui se passe en CrĂŞte, dans la relation entre Idomeneo et Idamante, le père et le fils, le premier devant après un vĹ“u dĂ©raisonnable, sacrifier Ă  Neptune, le second. Les dieux ont soif et les hĂ©ros doivent se soumettre Ă  leur pouvoir. C’est Ilia, princesse troyenne (fille de Priam) qui sauvera par sa lumineuse loyautĂ©, celui qu’elle aime et qui devait ĂŞtre immolé…
Ce qui saisit dans Idomeneo, ce sont moins les pages dramatiques inspirées de la Guerre de Troie, des Grecs fiers et inflexibles (voire délirants et jaloux : Elettra), confrontés à la douceur crêtoise… que les pages où il est question de l’impétuosité des éléments marins : Idomeneo est un opéra symphonique et océanique d’un souffle saisissant, où percent avec une véhémence expressive jamais écoutée avant lui, l’orchestre et l’ampleur des ballets. Tout ce qu’avait en son temps, dévoilé le chef Nikolaus Harnoncourt dans un enregistrement légendaire qui a marqué l’histoire du cd et celle de l’interprétation mozartienne… La production est l’événement de cet été 2019 au Festival de Salzbourg. Photo Sellars et Currentzis à Salzbourg : SF/Anne Zeuner.

 

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SALZBOURG, Festivalsalzbourg vignette festival
MOZART : Idomeneo
Peter Sellars / Teodor Currentzis
7 représentations
Du 27 juillet 2019 au 19 août 2019

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.salzburgerfestspiele.at/en/p/idomeneo

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SALZBOURG, Festival de PentecĂ´te 2019 : 7-10 juin 2019. Voci celesti

salzburg salzbourg logo 2016 0104_festspiele_023SALZBOURG, Festival de Pentecôte 2019 : 7-10 juin 2019. Voci celesti – heavenly voices / Voix célestes, avec ce titre générique, le Festival de Pentecôte de Salzbourg poursuit sa collaboration avec la mezzo Cecilia Bartoli, une pause de musique baroque dans la cité de Wolfgang et qui occupe l’affiche de Salzbourg le 2ème week end de juin, soit du jeudi 7 au dimanche 10 juin 2019. Dans son album dédié, intitulé Sacrificium (octobre 2009, LIRE ici notre crtiique du cd Sacrificium / http://www.classiquenews.com/cecilia-bartoli-sacrificium2-cd-decca/.

sacrificium cecilia bartoli cd critique annonce classiquenews dossier castrats par cecilia bartoli salzbourg pentecote 2018 withsun 2019Cecilia Bartoli y rendait il y a 10 ans déjà un hommage appuyé aux victimes de la castration, les divos, castrats adulés, fruit de l’école napolitaine au XVIIIè, et dont le chant légendaire, à en croire tous les témoignages et les récits d’époque, était digne de louanges. Leur gloire se poursuit encore aujourd’hui, et nombre de divas féminines donc (mezzo, altos : Cecilia Bartoli, Vivica Genaux, Ann Hallenberg aujourd’hui) ou les contre ténors actuels dont les Fagioli, Cencic, et le plus récemment adulé Jakob Orlinski…) tentent d’égaler l’agilité, la musicalité, la puissance. Ils avaient comme nom à l’époque de Haendel et de Porpora : Giacomelli, Caffarelli, surtout Farinelli, Senesino… mais aussi Porporino, Carestini, Balatri… Leur fabuleuse virtuosité, le trouble de ses voix aigues dans des corps virils, le decorum qui encadre chaque prestation… continuent encore de fasciner et inspirent toujours les chanteurs contemporains.

 

 

 

Salzbourg : Cavalleria Rusticana pour le festival de Pâques

 

 

 

Parmi les temps forts de cette nouvelle Ă©dition Ă  Salzbourg, l’opĂ©ra de Haendel, ALCINA les 7 et 9 juin 2019 (avec Cecilia Bartoli dans le rĂ´le-titre ; Sandrine Piau en Morgana… Les Musiciens du Prince / Gianluca Capuano, direction), suite logique des deux productions lyriques prĂ©cĂ©demment prĂ©sentĂ©es in loco, sorte de fil rouge de la programmation (Giulio Cesare in Egitto et Ariodante) ; Polifemo de Nicolo Porpora (Cencic, Petrou : le 8), La Morte d’Abele du vĂ©nitien Caldara (Julie Fuchs, Christophe Dumaux, Lea Desandre, Nuria Rial, Il canto di Orfeo, Bachchor Salzburg /GL Capuano, direction : le 9), Stabat Mater de Pergolesi avec C Bartoli, Franco Fagioli, le 10 juin, 11h)… etc…

 

 

 

 

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VOIR toute la programmation du Festival de Pentecôte de Salzbourg, sur le site du Festival de Salzbourg / Salzburg Whitsun Festival : 7 – 10 June 2019

https://www.salzburgerfestspiele.at/en/tickets/calendar?season=6

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sacrificium cecilia bartoli cd critique annonce classiquenews dossier castrats par cecilia bartoli salzbourg pentecote 2018 withsun 2019CD critique. Cecilia Bartoli: Sacrificium (2 cd DECCA, 2009). En un double album particulièrement soigné sur le plan éditorial, les enregistrements réalisés en février et mars 2009 en Espagne à Valladolid éclairent en particulier l’acrobatie vocale coloratura de l’écriture de Nicola Porpora (1686-1768), maître essentiel de la musique pour castrats au XVIIIè siècle. Ambassadrice de choc et de charme pour la cause des castrés devenus chanteurs, Cecilia Bartoli ajoute les manières d’autres compositeurs dont les opéras sérias mettaient en scène les divins “musici” dans des airs de virtuosité dramatique, taillés pour leur divin gosier… ainsi 2 airs de Carl Heinrich Graun (circa 1703-1759), extraits de ses ouvrages Demofoonte et Adriano in Siria (1746) qui touchent par leur tendresse digne et blessée; mais aussi paraissent Leonardo Leo (1694-1744), Leonardo Vinci (circa 1696-1730), Francesco Araia (1709-1770)… soit 11 airs enflammés entre tendresse hallucinée et rage expressionniste, atteignant des cimes vocales vertigineuses. LIRE notre critique complète du cd de Ceclia Bartoli / SACRIFICIUM (Decca, 2009)

 

L’Amour de Danae de R. Strauss Ă  Salzbourg

salzburg salzbourg logo 2016 0104_festspiele_023France Musique. Strauss: L’ Amour de Danae, le 16 août 2016, 20h. C’est l’un des temps forts du Festival de Salzbourg 2016 : L’amour de Danae de Richard Strauss (1940) fait partie des partitions les moins jouées du compositeur bavarois, or il s’agit d’une oeuvre clé de ses recherches sur la notion de théâtre musical où la projection continue du chant, telle une conversation en musique, reste cruciale selon son esthétique lyrique. C’est aussi pour Richard, l’occasion de traiter deux thématiques qui lui sont chères : les resources dramatiques et psychologiques qu’offre la mythologie grecque ; et surtout l’occasion de ciseler un nouveau portait de femme : ainsi après les formidables vertiges portées par ses premières héroïnes, Elektra (1909), Salomé (1905) ; puis Ariane aux Naxos (1912-1916), Hélène d’Egypte (1928), Arabella (1933), Intermezzo (1924 qui relate ses déboires conjugaux avec son épouse la cantatrice Pauline de Ahna, surtout Daphné qui composé en 1938, pendant la barbarie nazie, prélude directement aux enjeux et clés de Danae, composé en 1940 et créé en 1944. Le compositeur devait s’éteindre en 1949, non sans exprimer sa vision crépusculaire sur la fin de la civilisation provoqué par le crime impardonnable de la guerre et de la haine.

 Le choix de Danae…
Midas ou Jupiter ?

 

 

Dossier Richard Strauss 2014Capriccio en 1942 (avec le sublime personnage de la Comtesse Madeleine, arbitre des arts, entre poésie et musique) nuance encore un travail concentré sur le raffinement et la profondeur humaniste de l’art musical. L’Amour de Danae / Die Liebe der Danae illustre comme le tableau de Gustav Klimt dont l’opéra de Strauss approche dans le chant magistral et continu de l’orchestre, le scintillement des couleurs, la légende de la fille du roi ruiné Pollux qui amoureuse de Midas, est courtisé (en vain) par Jupiter.

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La lecture du mythe que dĂ©fend Richard Strauss est celle d’un humaniste : Danae est une âme admirable et juste en ce qu’elle prĂ©fère le mortel Midas, – que Jupiter a brutalement amputĂ© de son pouvoir de tout changer en or, au dieu omnipotent qui promet pourtant merveilles et Ă©ternitĂ©. La jeune femme n’a cure des illusions de l’or, mais s’intĂ©resse plutĂ´t Ă  la bontĂ© d’âme de l’homme qu’elle aime, fĂ»t-il misĂ©rable et dĂ©possĂ©dĂ© de son don de richesse. Dans l’écriture, Strauss soigne les contours et connotations psychologiques du chant de son hĂ©roĂŻne, – orchestre gĂ©nĂ©reux mais clartĂ© du parcours Ă©motionnel qui mène la jeune femme, des illusions troubles, Ă  la lumière de la vĂ©ritĂ©, celle de son coeur amoureux.

 

 

 

Autour du trio héroico-pathétique de Danae / Midas / Jupiter, se presse une pléiade deseconds rôles comiques : Pollux le père ruiné désireux de redorer son blason en mariant sa fille au dieu déguisé en … Midas ; les quatre reines parentes de Danae, qui anciennes amantes de Jupiter, tentent tout pour reconquérir le divin étalon.


La comĂ©die et la profondeur fondent l’intĂ©rĂŞt d’un opĂ©ra injustement Ă©cartĂ© des théâtres et programmations habituels. Pourtant, le leçon morale et la parabole humaniste qu’offrent Strauss et son librettiste Josef Gregor (qui reprend une idĂ©e et un canevas du poète Hugo von Hofmannsthal), dĂ©passent la simple illustration de l’AntiquitĂ©. Il importe aux interprètes de comprendre puis d’exprimer sous la conduite d’un chef articulĂ©, chambriste, la subtilitĂ© d’une Ă©criture qui fait la synthèse entre Wagner et Mozart, qui commente en musique le miracle Ă©ternel de l’amour sincère. Si dans DaphnĂ©, Strauss conclut l’opĂ©ra dans l’apothĂ©ose de son hĂ©roĂŻne pĂ©trifiĂ©e qui refuse l’amour (celui d’Apollon, après que celui ci a tuĂ© son fiancĂ©), ici, Danae, dans la suite de La Femme sans ombre (opĂ©ra initiatique Ă©crit par Hofmannsthal, au moment de la première guerre), dĂ©termine son propre destin, affirme son choix, revendique la vĂ©ritĂ© du seul amour qui l’inspire : celui de Midas. La jeune femme peut donc vivre ce destin qui lui Ă©tait refusĂ© au dĂ©but de l’action. C’est un exemple rare Ă  l’opĂ©ra, d’une relation qui peut ĂŞtre vĂ©cue sur terre, a contrario du poison wagnĂ©rien dont les hĂ©ros, -Tristan, Isolde, Lohengrin, Elsa, … sans omettre Tannhäuser et Elisabeth…, affirment au contraire l’impossibilitĂ© d’un amour Ă©panoui dans le monde des hommes. Richard Strauss, le plus grand gĂ©nie lyrique avec Puccini au dĂ©but du XXème siècle, tĂ©moin des deux guerres mondiales, en tĂ©moigne ainsi, et jusqu’Ă  la fin de sa vie : l’homme peut ĂŞtre sauvĂ© de lui-mĂŞme, s’il Ă©coute la vĂ©ritĂ© de son cĹ“ur et agit par amour, non par calcul. Humaniste, très humaniste, Richard.

 

 

logo_francemusiqueFrance Musique, Mardi 16 aoĂ»t 2016, 20h. EnregistrĂ© au Festival de Salzbourg le 6 aoĂ»t 2016. L’Amour de Danae / Die Liebe der Danae de Richard Strauss et Josef Gregor (sur une idĂ©e de Hugo von Hofmannsthal).

Illustration : Danae par Gustav Klimt, 1905. Jupiter amoureux s’exprime Ă  dans sous la forme d’une pluie / semence d’or, sujet pour le peintre Ă  un sublime miroitement chromatique de sa palette (DR)

 

 

 

 

DANAE STRAUSS Salzbourg festival 2016 web-Die_Liebe_der_Danae_2016_Krassimira_Stoyanova_c_SF_ForsterRichard Strauss : L’Amour de Danae
RICHARD STRAUSS • DIE LIEBE DER DANAE
Heitere Mythologie in drei Akten op. 83 von Richard Strauss (1864–1949)
Libretto von Joseph Gregor (1888–1960) unter Benutzung eines Entwurfes von Hugo von Hofmannsthal (1874–1929) / Opéra mythologique en 3 actes de Richard Strauss / Livret de Joseph Gregor d’après Hugo von Hofmannshtal. Nouvelle production.

Franz Welser-Möst, direction
Alvis Hermanis, mise en scène

Distribution
Krassimira Stoyanova, Danae
Tomasz Konieczny, Jupiter
Norbert Ernst, Merkur
Wolfgang Ablinger-Sperrhacke, Pollux
Regine Hangler, Xanthe
Gerhard Siegel, Midas alias Chrysopher
Pavel Kolgatin, Andi Früh, Ryan Speedo Green, Jongmin Park, Vier Könige
Maria Celeng, Semele
Olga Bezsmertna, Europa
Michaela Selinger, Alkmene
Jennifer Johnston, Leda

Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor
Wiener Philharmoniker

CONSULTER la page Danae sur le site du Festival de Salzbourg 2016 

 

Salzbourg été 2015 : trio lyrique éblouissant (Netrebko, Kaufmann, Bartoli)

salzbourg opera directSalzbourg festival estival 2015.  La magie Salzbourgeoise ne tient pas Ă  un cycle d’Ă©nergie symphonique, ni une thĂ©matique forte clairement proclamĂ©e (mĂŞme si Mozart, Strauss – esprit des fondateurs oblige, restent fĂ©dĂ©rateurs d’Ă©dition en Ă©dition). Son rayonnement est le produit d’un hasard heureux / marketing savant, alliant qualitĂ© musicale Ă©videmment et … glamour. En se choisissant 3 solistes en or, 3 ambassadeurs plĂ©biscitĂ©s et charismatiques, le festival estival autrichien sait cultiver son rayonnement planĂ©taire… Netrebko, Bartoli, Kaufmann,  3 icĂ´nes lyriques ou 3 raisons majeures pour ne rien manquer du Salzbourg 2015… Pourquoi aller Ă  Salzbourg en Autriche en juillet et en aoĂ»t ? Voici notre sĂ©lection des rvs Ă  ne pas manquer. Parlons musique sacrĂ©e d’abord. Le 22 juillet : Missa Solemnis de Beethoven (Grosses Festspielhaus, par Nikolaus Harnoncourt : tout concert de musique sacrĂ©e par Nikolaus Harnoncourt ne se refuse pas : le chef autrichien, adepte de la gravitĂ© voire du lugubre qui saisit, exprime la spiritualitĂ© des partitions comme personne Ă  ce jour, il vient de le dĂ©montrer dans la trilogie des dernières Symphonies de Mozart (39, 40 et 41) en un coffret Ă©blouissant de finesse, de poĂ©sie, de profondeur intitulĂ© un “oratorio instrumental” en trois parties. C’est dire. Alors Beethoven, pensez …un grand rĂ©sultat s’annonce.

Autre événement sacré à Salzbourg cet été, la Messe en fa mineur par Yannick Nézet-Séguin, le 25 juillet, même lieu avec entre autres solistes : Dorotea Röschmann.

Bartoli, Kaufmann, Netrebko… les 3 visages de la magie Salzbourg

 

Cecilia Bartoli chante la vocalitĂ  suave de SteffaniAu registre des opĂ©ras, Mozart a sa suite atitrĂ© Ă  Salzbourg, sa ville natale (qui le lui rendit si mal). Seul opĂ©ra pourtant programmĂ© cet Ă©tĂ©, Les Nozze di Figaro (28 juillet-18 aoĂ»t 2015, Ă©videmment dans la “Maison pour Mozart” / Haus fĂĽr Mozart : par le duo Ettinger et Bechtolf avec KĂĽhmeier, Pisaroni, Murray…) ; l’Ă©vĂ©nement c’est aussi, surtout, la Norma de Bellini par Cecilia Bartoli (tout est complet mais vous pouvez essayer des places Ă  la volĂ©e le soir mĂŞme : les 31 juillet, 3,6, 8 aoĂ»t 2015, Haus fĂĽr Mozart. Giovanni Antonini, direction / Patrice Caurier et Moshe Leiser, mise en scène… si pas de chance, l’ouvrage serait diffusĂ© par Arte … Ă  suivre dans le mag tĂ©lĂ© de classiquenews.
Jonas Kaufmann, le plus grand tĂ©nor du monde !Les mĂŞmes Caurier et Leiser mettent en scène aussi IphigĂ©nie en Tauride de Gluck, les 19,22,24,26,28 aoĂ»t, avec la très en forme Cecilia Bartoli dans le rĂ´le titre lĂ  encore (Haus fĂĽr Mozart). Enfin le grand gagnant (en nombre de reprĂ©sentations, reste cette annĂ©e le chef Franz Welser-Möst qui dirige ainsi deux ouvrages importants : Fidelio de Beethoven (les 4,7,10,13,16, 19 aoĂ»t 2015, dans la mise en scène de Guth avec Pieczonska, Jonas Kaufmann quand mĂŞme en Florestan : d’emblĂ©e une incarnation passionnante) mais aussi Der Rosenkavalier (de Richard Strauss), une production emblĂ©matique du festival autrichien avec Don Giovanni ou Cosi fan tutte de Mozart (Strauss fut le cofondateur en 1922 du festival estival de Salzbourg avec Max Reinhardt et Hugo von Hofmannsthal, poète librettiste du compositeur : les 20,23,26, 28 aoĂ»t 2015 au Grosses Festspielhaus. Harry Kupfer, mise en scène, avec Stoyanova, S. Koch, Groisböck, Schultz…)
Pour finir, le meilleur : la reprise de la production du Trouvère / Il Trovatore de Verdi avec la Leonora de l’icĂ´ne de Salzbourg, Anna Netrebko. SaluĂ©e par nos rĂ©dacteurs sur classiquenews en 2014, la production diffusĂ©e sur Arte avait saisi par sa justesse (Lire notre compte rendu dĂ©veloppĂ© du Trouvère de Verdi Ă  Salzbourg 2014 avec Anna Netrebko).

New-York, Monte Carlo : La nouvelle Iolanta d'Anna NetrebkoLa soprano plus fĂ©minine et pulpeuse que jamais, maniant le risque aussi et les dĂ©fis vocaux (ses Quatre derniers lieder de Strauss, – en novembre 2014 avec Barenboim, et sa Iolanta, indiscutable incarnation, en tĂ©moignent rĂ©cemment) demeure in situ adulĂ©e par son fan club, quand le tĂ©nor Rolando Villazon qui avait dĂ©butĂ© avec elle – dans un Ă©poustouflante Traviata en 2002 dĂ©jĂ , a quittĂ© les scènes internationales depuis plusieurs saisons…
Donc pour le Florestan de Kaufmann, la Leonora de Netrebko, Harnoncourt et la Bartoli dĂ©doublĂ©e en Norma et IphigĂ©nie, cette Ă©dition 2015 de Salzbourg porte fièrement sa couronne de temple lyrique international chaque Ă©tĂ© (ce n’est pas Bayreuth qui peut en dire autant / LIRE notre article : “Bayreuth 2015 : triste routine…”).

Toutes les infos et les modalités de réservations sur le site du festival de Sazlbourg (Autriche) / Salzburger festspiele 2015 , du 18 juillet au 30 août 2015.

Davide Penitente, l’oratorio Ă©questre de Bartabas

Arte, Davide Penitente de Mozart par Bartabas. Le 21 juin 2015, 18h40. C’est assurĂ©ment le point fort de cette programmation spĂ©ciale FĂŞte de la musique, le 21 juin 2015 sur Arte. FilmĂ© Ă  Salzbourg en janvier 2015, le spectacle saisit par son esthĂ©tisme et la prĂ©sence enivrante des chevaux dans le Manège des rochers Ă  Salzbourg, lieu historiquement liĂ© Ă  la prĂ©sence des Ă©quidĂ©s dans la ville festival, berceau de Mozart. Rediffusion le vendredi 31 juillet 2015, 5h10 (certes c’est tĂ´t au matin mais le spectacle vaut largement que vous vous forciez Ă  quitter le lit pour regarder la performances des cavaliers et des chanteurs…).

 

 

arte_logo_2013Arte. SpĂ©cial fĂŞte de la musique, le 21 juin 2015, 18h40 : spectacle Ă©questre saisissant. Arte met les petits plats dans les grands pour la fĂŞte de la musique. Le programme annoncĂ© mĂŞlant tous les genres commence Ă  13h, enchaĂ®ne des genres et formes variĂ©es jusqu’Ă  23h (dĂ©but du dernier programme dĂ©diĂ© Ă  John Williams). LIRE la prĂ©sentation des 7 rvs programmĂ©e sur Arte, exemplaires par leur diversitĂ© bien que le chant et l’opĂ©ra soient majoritaires.

 

 

 

Davide Penitente de Mozart

Opéra équestre de Bartabas

 

mozart_portrait-300Pendant la dernière Semaine Mozart Ă  Salzbourg en janvier 2015, le chorĂ©graphe et Ă©cuyer Bartabas a prĂ©sentĂ© sa nouvelle crĂ©ation sur un oratorio mĂ©connu de Mozart, « Davide Penitente » dans l’ancien manège de Salzbourg, le cĂ©lèbre « Manège des rochers ». Espace clos rythmĂ© par les galeries superposĂ©es en fond de scène sans omettre l’arbre isolĂ© qui tient lieu d’axe structurant. Bartabas conçoit une Ĺ“uvre d’art totale et unique en son genre, qui marie musique et art Ă©questre. Comment l’action sacrĂ©e de David gagne-t-elle un sens particulier grâce au concours des chevaux pendant le spectacle?  RĂ©ponse par l’image sur Arte ce 21 juin 2015, 18h40.

La Cantate oratorio K649 ” Davide Penitente” sur un texte de Saverio Mattei (et non Da Ponte comme on continue depuis trop longtemps de l’écrire) est crĂ©Ă©e le 13 mars 1785 Ă  Vienne (Burgtheater). L’ouvrage est une commande de la TonkĂĽnstler Societät de Vienne. Mozart y recycle de nombreuses sĂ©quences de sa Messe en ut (8 au total issus de la K 427 composĂ©e auparavant en 1782/83, c’est Ă  dire en plein essor des idĂ©es des Lumières).  Souvent mĂ©sestimĂ©, l’oratorio met en lumière la très grande maturitĂ© du Mozart viennois. Ses sĂ©quences inĂ©dites composĂ©es en 1785 en tĂ©moignent : l’air du tĂ©nor « A te fra tanti affanni » (passionnant dialogue avec hautbois), puis « Tra l’oscure ombre funeste » pour soprano, surtout le trio « Tutte le mie speranze » ont la profondeur et l’éclat de Cosi ou des Noces de Figaro, c’est dire.

Bartabas au Manège des rochers : une présence historiquement légitime car c’est là que l’Archevêque de Salzbourg entraînait sa cavalerie (impressionnante). 96 arcades y sont creusées dans la roche de la montagne au moment de sa construction par Johann Bernhard von Erlach en 1693.

Pour Bartabas, premier Ă©cuyer crĂ©ateur de France l’Ă©quitation est d’essence chorĂ©graphique. « Monter Ă  cheval, c’est danser. Le cavalier danse tout en dirigeant son cheval. Il doit gĂ©rer le travail de l’animal, l’intention du mouvement et sa qualitĂ©. Il forme un tout, un couple avec l’animal et devient une sorte de danseur-cheval » dĂ©clare le concepteur du spectacle Davide penitente de Mozart. Bartabas a crĂ©Ă© l’AcadĂ©mie Ă©questre de Versailles en 2003, oĂą les jeunes apprentis Ă©cuyers qui ont pour seuls maĂ®tres les chevaux, font l’expĂ©rience de la vie collevtive elle mĂŞme matrice propice a leur crĂ©ativitĂ©. Le foyer expĂ©rimental a Ă©tĂ© rebaptisĂ© Ă  l’occasion de son dixième anniversaire Centre ChorĂ©graphique Ă©questre, renforce sa propre rĂ©flexion entre Ă©quitation et danse.
La formation des Ă©lèves  est pluridisciplinaire comprenant la danse, l’escrime artistique, du chant, du Kyudo – tir Ă  l’arc traditionnel japonais. Ce sont des sportifs avertis formant Ă  prĂ©sent un vĂ©ritable corps de ballet Ă©questre. L’Ă©lĂ©gance du geste, l’harmonie des positions, l’Ă©quilibre des figures rĂ©alisĂ©s par l’homme – cheval produisent le sens :  « Le rendu final tient surtout pour moi de l’intention du geste », prĂ©cise encore Bartabas.

 

 

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NOTRE AVIS. Très sĂ©duisant, moins musicalement que visuellement, ce David Penitente de Mozart en version “oratorio Ă©questre” est d’une beauté  Ă  couper le souffle. Dans le Manège des rochers Ă  Salzbourg, haut lieu des passions Ă©questres, historiquement dĂ©fendues par les Princes ArchevĂŞques locaux (c’est dans le Manège qu’au XVIIè, le Prince Archevèque avait rĂ©servĂ© un lieu dĂ©signĂ© pour l’entretien de ses montures, très nombreuses), les chevaux aux robes sublimes (qu’aurait peint Ă©videmment un GĂ©ricault) s’Ă©brouent sur la terre du manège salzbourgeois aux sons du David de Mozart. Tous les musiciens, choristes, solistes et instrumentistes sont disposĂ©s sous les arcades creusĂ©es dans la roche sur 3 Ă©tages, face au chef.
Les Musiciens du Louvre rĂ©cemment affaiblis après l’annulation de la subvention de la ville de Grenoble (près de 250000 euros quand mĂŞme) peinent Ă  la tâche, et les solistes n’ont pas la grâce des chevaux eux, impeccables sur la piste. Notons le solo du tĂ©nor français Stanislas de Barbeyrac dont la tension tendre de la voix est la plus intĂ©ressante : fragile mais timbrĂ©).

Sur la terre battue, 6 cavaliers et cavalières composent des figures collectives tandis qu’un magnifique cheval blanc semble caler son pas souverain et altier sur le rythme de la musique. On croit revivre des sensations comparables Ă  celle suscitĂ©es face au Sacre de Stravinsky version Pina Baush : mĂŞme corps sculptĂ©s dans la lumière et comme mis Ă  nu sur la terre, mĂŞme beautĂ© animale, archaĂŻque et raffinĂ©e Ă  la fois… mais ici, l’Ă©lĂ©gance musculaire des montures, la silhouette racĂ©e des Ă©cuyers, centaures ou amazones dansant sur la piste, et chantant mĂŞme (par interaction avec les musiciens situĂ©s au fond), la nervositĂ© prĂ©cise et raffinĂ©e des magnifiques Ă©quidĂ©s font toute la magie de ce spectacle qui dĂ©montre l’excellence de l’Ă©cole Ă©questre fondĂ©e par Bartabas. Dommage qu’il faille dĂ©couvrir l’ivresse et la perfection d’une telle Ă©quation Ă  Salzbourg. A quand Ă  Versailles dans les Grandes Ecuries oĂą Bartabas Ă  ses locaux ? A suivre de près.  Le programme est le point fort de la programmation FĂŞte de la musique sur Arte le 21 juin 2015 (Ă  18h40 donc).

Avec les musiciens du Louvre-Grenoble (M. Minkowski, direction), Chœur Bach de Salzbourg, Académie équestre de Versailles. Enregistré pendant la Semaine de Mozart à Salzbourg en janvier 2015. Rediffusion le vendredi 31 juillet 2015, 5h10.

 

 

 

Salzbourg été 2015 : les temps forts

Salzbourg 2015. Jonas Kaufmann en Fidelio, Bartoli dans Bellini et Gluck, reprise du Trouvère de Verdi avec Netrebko et Domingo, sans omettre Elina Garanca en Charlotte de Werther de Massenet, le duo Kupfer / Welser-Möst pour un nouveau Rosenkavalier… voilĂ  de quoi satisfaire toutes les envies et satisfaire les attentes. Après Pâques et la PentecĂ´te (en avril et mai), Salzbourg affiche aussi depuis 1922, son remarquable Ă©vĂ©nement musical et lyrique pour l’Ă©tĂ© (cette annĂ©e du 18 juillet au 30 aoĂ»t 2015).

salzbourg logoCôté opéra, amateurs et néophytes pourront découvrir Die Eroberung von Mexico de Wolfgang Rihm avec Angela Denoke (Ingo Metzmacher, direction / Peter Konwitschny, mise en scène): les 26,29 juillet, 1er,4 et 10 août 2015.
Piliers du rĂ©pertoire, Mozart et Beethoven, servis par le Philharmonique de Vienne, paraissent aussi avec Les Noces de Figaro (mise en scène : Sven-Eric Bechtolf / Dan Ettinger, direction avec Luca Pisaroni, Genia KĂĽhmeier… 3 dates encore dispos, 3,9, 18 aoĂ»t 2015), et Fidelio (Paul Guth, mise en scène / Franz Welser-Möst, direction avec l’incontounable Jonas Kaufmann (Fidelio) aux cĂ´tĂ©s de Adrianne Pieczonka… du 4 au 19 aoĂ»t : plus de places dispos malheureusement).
Cecilia Bartoli, directrice du festival de Pentecôte chante dans deux productions : Norma de Bellini sous la direction de Giovanni Antonini (mise en scène : Leiser / Caurier : 31 juillet puis 3,6 et 8 août 2015 : plus de places) et Iphigénie en Tauride de Gluck (même équipe de metteurs en scène. Diego Fasolis, direction : 22,24,26 et 28 août 2015, la représentation du 19 août étant complète).

 

 

Salzbourg : Cavalleria Rusticana pour le festival de Pâques

 

 

Salzbourg_KulturGrossesfestspielhausLes attentes se fĂ©dèrent surtout autour de 4 productions : une nouvelle qui met le romantisme français au devant de la scène : Werther de Massenet avec la prise de rĂ´le d’Elina Garanca dans le rĂ´le de Charlotte (aux cĂ´tĂ©s du Werther de Pior Beczala : les 15, 18, 22 juillet 2015. Alejo Perez, direction) ; c’est aussi Ernani de Verdi sous la direction du vĂ©tĂ©ran Muti (Ă  la tĂŞte de son orchestre Luigi Cherubini) avec Francesco Meli les 27 et 29 aoĂ»t ; enfin, la diva de Salzbourg, l’incomparable Anna Netrebko, corps et voix de braise, prĂ©sence hyperfĂ©minine, chant pur et fragile Ă  la fois devrait encore marquer les esprits dans la reprise Ă©vĂ©nement du Trouvère de Verdi (si acclamĂ© l’Ă©tĂ© dernier, aoĂ»t 2014, avec retransmission sur Arte) aux cĂ´tĂ© du Comte de Luna, ardent, agitĂ© du tĂ©nor dĂ©venu baryton, Placido Domingo : les quatre dates affichĂ©es, les 8,11,14,17 sont complètes). Pour finir, les inconditionnels de Salzbourg retrouvent l’Ĺ“uvre phare du festival autrichien (avec les opĂ©ras de Mozart), Le Chevalier Ă  la rose de Strauss (Der Rosenkavalier), les 20,23,26,28 aoĂ»t 2015, nouvelle production clĂ© (mise en scène d’Harry Kupfer. Direction musicale : Franz Welser-Möst) avec Sophie Koch (Quinquin), Krassimira Stoyanova (La MarĂ©chale), GĂĽnther Groissböck (Ochs)… Wiener Philharmonic.

 

 

Toutes les infos, modalitĂ©s de rĂ©servations, l’Ă©tat de la billetterie par spectacles : voir le site du festival de Salbourg / Salzburg en Autriche.

 

 

Cavalleria Rusticana de Mascagni Ă  Salzbourg

salzbourg-evasion-classiquenews-582-570Salzbourg, les 28 mars et 6 avril 2015. Mascagni : Cavalleria Rusticana, 18h. Osterfestspiele Salzburg. Le festival de Pâques de Salzbourg affiche en 2015, mars et avril, l’opéra vériste génial signé Mascagni : Cavalleria Rusticana avec entre autres l’excellent Jonas Kaufmann. L’oeuvre est couplée avec i Pagliacci de Leoncavallo, formant un diptyque familier des amateurs d’opéras. Chaque partition courte, d’un acte, compose ainsi le double portrait d’un drame amoureux passionnel et tragique : chacun s’achève sur la mort de l’un des amants.

 

 

mascagni Pietro Mascagni1La jalousie dévorante et criminelle fait les bons drames passionnels en particulier sur la scène lyrique. En Sicile, le dimanche de Pâques, Santuzza se désespère, démunie et trahie : elle a perdu l’amour de son ancien amant Turiddu qui en aime une autre Lola, l’épouse du charretier Alfio. Santuzza a beau se confier à la propre mère de Turiddu (Mamma Lucia), rien ne peut adoucir le ressentiment et la haine, le désir de vengeance et la tentation du meurtre qui envahissent l’esprit de l’amoureuse humiliée. L’action se déploie comme un relief antique : sans dilution, droit au but, épure, embrasement, catastrophe. Mascagni compose sa partition en 1890 (deux années avant I Pagliacci de Leoncavallo, autre partition courte et fulgurante avec laquelle Cavalleria est souvent couplée dans la même soirée) : c’est le manifeste de toute une esthétique à l’opéra. Franche, immédiate, réaliste : l’opéra vériste ou naturaliste est né sous sa plume car le drame est court, concis, resserré, d’une irrépressible activité et sur une durée très limitée (ici 1h10mn selon les versions). LIRE notre dossier spécial Cavalleria Rusticana de Mascagni

 

 

 

Programmer Cavalleria Rusticana au moment de Pâques est justifiĂ© car c’est le temps rĂ©el de l’action du drame. La distribution affichĂ©e par le festival de Salzbourg promet engagement et caractĂ©risation sous la baguette fine et nerveuse de Christian Thieleman…

Cavalleria Rusticana de Mascagni au festival de Salzbourg 2015

 

festival de paques salzbourg 2015 cavalleria rusticana

 

Christian Thieleman, direction

Philipp Stölzl, mise en scène, régie

Jonas Kaufmann : Turiddu, Canio

Liudmyla Monastyrska:Santuzza

Annalisa Stroppa : Lola

Maria Agresta: Nedda

Dimitri Platanias : Tonio

Tansel Akzeybek: Beppe

Sächsische Staatskapelle Dresden

Choeur d’enfants du Festival de Salzbourg

 

 

Festivals, contrats. Salzbourg, festival de Pentecôte. Cecilia Bartoli directrice artistique jusqu’en 2021

bartoli cecilia salzbourgFestivals, contrats. Salzbourg, festival de Pentecôte. Cecilia Bartoli directrice artistique jusqu’en 2021. La cantatrice romaine, mezzo défricheuse chez Decca, a signé le renouvellement de son contrat comme directrice artistique du festival de Pentecôte de Salzbourg (Salzburg Whitsun Festival) jusqu’en … 2021. Cecilia Bartoli a édité deux récents albums consacrés chacun à des compositeurs oubliés pourtant valeureux  « Mission » malgré son visuel crâne rasé ciblait la résurrection d’Agostino Steffani, un compositeur diplomate égal de Handel ; et le dernier « St-Petersburg » rend service aux auteurs italiens employés par les Tsarines au XVIIIè (Araia, Raupach, Manfredini, aux côtés du plus célèbre Cimarosa). En 2014, elle a chanté Desdemona dans Otello de Rossini avec un feu vocal plutôt convaincant…

otello BartoliCette année du 22 au 25 mai 2015, le festival de Pentecôte à Salzbourg, historiquement orienté vers les répertoire baroques et classiques, affiche Handel en version de concert et Gluck dans une nouvelle production : au programme de mai 2015 : Diego Fasolis et I Barrochisti jouent 2 opéras. Le premier est le temps fort de l’édition de Pentecôte 2015 : Iphigénie en Aulide de Gluck les 22 et 25 mai 2015 (mise en scène : Patrice Caurier et Moshe Leiser, avec Cecilia Bartoli), c’est l’opéra qui impose à Paris le chevalier Gluck à partir d’avril 1774 ; le second opéra, en version de concert, le chef d’oeuvre Semele de Handel (avec Cecilia Bartoli) ; puis récital Handel par Philippe Jaroussky et Nathalie Stutzmann (le 24 mai) ; enfin un gala de clôture comprenant une distribution exceptionnelle dont Anna Netrebko, Juan Diego Florez (Purcell, Gluck, Haydn, Offenbach, le 25 mai, la billetterie est fermée, le concert est déjà complet).

salzbourg logoAvec le recul, rien de neuf à la Pentecôte à Salzbourg : il reste curieux que Cecilia Bartoli toujours innovatrice en matière de programme discographique (et dans les concerts de la tournée qui suivent ou entourent la sortie de ses nouveaux cd) n’ait proposé aucun réel événement d’envergure à Salzbourg en 2015. Pause artistique ou essoufflement précoce ? Outre un manque de souffle et de renouvellement artistique, l’événement risque aussi de devenir élitiste au regard de sa confidentialité et du prix moyen des places. A l’époque du numérique et des medias nouveaux, les festivals qui prendront l’initiative de l’e-diffusion sauront se régénérer. Mais cela ne suffit, il faut encore que leur programmation produise de réels événements musicaux. Dans ce sens, le choix des metteurs en scène, Caurier/Leiser, déjà vus antérieurement pour un Giulio Cesare assez encombré et fourre-tout, pourrait emplomber l’avenir du festival de Pentecôte, sauf si les deux scénographes se renouvellent totalement. A suivre d’ici mai 2015.

 

VISITER le site du festival de Pentecôte de Salzbourg

 

 

 

 

 

Crédit photographique : Markus Hinterhäuser, directeur artistique du festival estival de Salzbourg et Helga Rabl-Stadler, Présidente du festival de Salbourg encadrent Cecilia Bartoli, directrice artistique du festival de Pentecôte de Salzbourg. © SF/J.Stix

En direct de Salzbourg, Anna Netrebko chante Leonora du Trouvère

netrebko trouvere salzbourgARTE. Ce soir, vendredi 15 aoĂ»t 2014, 20h50. Verdi : Le Trouvère. Anna Netrebko.  Salzbourg, aoĂ»t 2014 : voici assurĂ©ment l’un des Ă©vĂ©nements lyriques du festival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par le trio lĂ©gendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux cĂ´tĂ©s des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si frĂ©quents. CrĂ©Ă© Ă  Rome en 1853, d’après El Trovador de GutiĂ©rrez, 1836), Le Trouvère de Verdi saisit par sa fièvre dramatique, une cohĂ©rence et une caractĂ©risation musicale indiscutable malgrĂ© la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se dĂ©roule en Espagne, dans la Saragosse du XVème, oĂą le conte de Luna est Ă©conduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est Ă©perdument amoureux : la jeune femme lui prĂ©fère le troubadour Manrico.  Dans le camp gitan, Azucena, la mère de Manrico, est obsĂ©dĂ©e par l’image de sa mère jetĂ©e dans les flammes d’un bĂ»cher, et de son jeune fils, Ă©galement consommĂ© par le feu. Manrico dĂ©cide de fuir avec Leonora. Mais il revient dĂ©fier Luna car sa mère est condamnĂ©e Ă  pĂ©rir sur le bĂ»cher elle aussi.  EmprisonnĂ© par Luna avec sa mère, Manrico maudit Leonora qui semble s’être finalement donnĂ©e au Conte : elle a feint et s’est versĂ©e le poison pour faire libĂ©rer son aimĂ©. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (Ă  prĂ©sent morte), ordonne l’exĂ©cution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frère : leur mère avait Ă©changer les enfants sur le bĂ»cher. De sorte que l’opĂ©ra s’achève sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengĂ© la trovatore verdi netrebko domingo DVDmort de sa mère par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment dĂ©munie a manipulĂ©e le baryton jaloux, vengeur… aveuglĂ© par sa haine : la production de Salzbourg promet d’ĂŞtre mĂ©morable, grâce en partie Ă  la distribution rĂ©unie pour l’occasion : la divine Anna Netrebko au timbre sensuel (Leonora : la cantatrice a inaugurĂ© le rĂ´le au Berliner Staatsoper Ă  l’hiver 2013), Placido Domingo (Luna), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux (Azucena)… Qu’en sera-t-il de la mise en scène signĂ©e Alvis Hermanis et de la direction musicale assurĂ©e par Daniele Gatti ? RĂ©ponses ce 15 aoĂ»t sur Arte… EN LIRE +



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Netrebko Anna NetrebkoARTE, vendredi 15 août 2014, 20h50.
 Giuseppe Verdi : Le Trouvère. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’écoute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opéra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 août 2014, était déjà sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’évolution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rôle qui semble taillé pour elle. Réponse le 31 août sur les ondes de France Musique.

Salzbourg : Charlotte Salomon, opéra de Marc-André Dalbavie (création 2014)

salomon charlotteSalzbourg. Dalbavie: Charlotte Salomon, crĂ©ation. 28 juillet>14 aoĂ»t 2014. EvĂ©nement Ă  Salzbourg 2014 dans la catĂ©gorie crĂ©ation mondiale : Marc-AndrĂ© Dalbavie met en musique un opĂ©ra inspirĂ© de la vie tragique d’une jeune femme artiste juive, artiste martyr, originaire de Berlin et qui dĂ©noncĂ©e, s’éteint pendant la guerre en dĂ©portation. NĂ©e en 1917, Charlotte Salomon est morte Ă  l’âge de 26 ans : victime innocente sacrifiĂ©e sur l’autel de l’horreur absolue, Charlotte reste une figure bouleversante que son Ĺ“uvre picturale et graphique (produite en très peu de temps) fixe dans l’imaginaire. L’art ici, acte de rĂ©sistance et cri tendu contre l’ignorance rĂ©tablit la place et la dignitĂ© qui ont Ă©tĂ© bafouĂ©es. Son style Ă  la fois onirique, naĂŻf, rĂ©aliste et symbolique rĂ©enchante le temps d’une existence Ă©courtĂ©e, dĂ©chirĂ©e, anĂ©antie. Le sujet a lĂ©gitimement inspirĂ© le compositeur français Marc AndrĂ© Dalbavie qui dirige Ă  Salzbourg la crĂ©ation de l’opĂ©ra que le Festival lui a commandĂ©. RĂ©vĂ©lation de la partition ce 28 juillet 2014 au Manège du rocher. Le compositeur a dĂ©jĂ  traitĂ© la forme lyrique Ă  travers un prĂ©cĂ©dent ouvrage qui Ă©claire le dernier Gesualdo, celui qui est le plus sombre et le plus solitaire (Gesualdo, 2010). Le travail de Dalbavie accorde lisibilitĂ© du texte et parure Ă©loquente et transparente d’un orchestre dont le langage demeure accessible, c’est Ă  dire totalement audible. NĂ© en 1961, hĂ©ritier de l’Ă©cole spectrale (Grisey et Murail sont ses principales sources d’inspiration), Marc AndrĂ© Dalbavie rĂ©tablit dans la brume spectrale, la ligne concrète du verbe grâce au chant : une alliance propice Ă  un choc musical Ă  Salzbourg cet Ă©tĂ© ?
salomon charlotte peinture gouacheLa vraie Charlotte Salomon, née berlinoise en 1917, est morte déportée à Auschwitz en 1943. Son père médecin arrêté par les nazis connut le même sort en déportation dès 1936. La jeune étudiante inquiétée à cause de ses origines juives se réfugie dans le Sud de la France, après la nuit de Cristal (9 novembre 1938). Elle y retrouve ses grands parents : en 1940, la jeune femme dont la grand mère s’était suicidée, est internée avec son grand père dans le camps de Gurs, puis libérée. Marquée par ses épreuves et la barbarie ambiante, Charlotte résiste en créant ses propres œuvres comme plasticienne et peintre. de 1940 à 1942, l’artiste questionne le sens de la vie et sa propre expérience à travers un cycle de création intitulé « Leben ? Oder Theater ? » soit une centaine de gouaches conçues à partir des couleurs primaires : rouge, bleu, jaune. Textes autographes, musique, sujets empruntés à sa vie détruite et éprouvante, au souvenir de sa famille assassinée, le corpus est l’un de plus puissant et original suscité par l’horreur nazie. En 1943, Charlotte Salomon qui vient d’épouser Alexander Nagler dont elle était enceinte, est dénoncée et déportée de Bobigny à Auschwitz où elle s’éteint rapidement. La totalité des gouaches autobiographiques de Charlotte Salomon est aujourd’hui conservée au Musée juif d’Amsterdam.

web-Charlotte_Salomon0057_-_Antoun_-_CrebassaSalzbourg, Festival. Manège au rocher
création mondiale
5 dates
28 juillet puis 2, 7, 10, 14 août 2014
Marc-André Dalbavie : Charlotte Salomon
Opéra en 2 actes. Livret de Barbara Honigmann d’après Leben? oder Theater? de Charlotte Salomon

Mise en scène : Luc Bondy (en mémoire de Gérard Mortier)
Marc-André Dalbavie, direction

Johanna Wokalek, Charlotte Salomon
Marianne Crebassa, Charlotte Kann
Jean-SĂ©bastien Bou, Doktor Kann, ein Arzt
GĂ©raldine Chauvet, Franziska Kann / Eine Frau
AnaĂŻk Morel, Paulinka Bimbam
Frédéric Antoun, Amadeus Daberlohn, ein Gesangspädagoge
Vincent Le Texier, Herr Knarre / Lageroberst
Cornelia Kallisch, Frau Knarre
Michal Partyka, Professor Klingklang / Ein Kunststudent / Dritter Nazi / Ein Polizist
Eric Huchet, Der Papst / Der Propagandaminister / Der Kunstprofessor / Erster Nazi / Ein Mann / Zweiter Emigrant
Annika Schlicht*, Eine Kunststudentin aus Tirol
Wolfgang Resch*, Zweiter Nazi
Mozarteumorchester Salzburg

Illustrations : autoportrait de Charlotte Salomon (DR). opéra de Dalbavie créé à Salzbourg le 28 juillet 2014 © R.Walz

Anna Netrebko chante Leonora en direct de Salzbourg

NETREBKO-anna--Anna_Netrebko_-_Romy_2013_bARTE. Vendredi 15 août 2014, 20h50. Verdi : Le Trouvère. Anna Netrebko.  Salzbourg, août 2014 : voici assurément l’un des événements lyriques du festival autrichien créé en 1922 par le trio légendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux côtés des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si fréquents. Créé à Rome en 1853, d’après El Trovador de Gutiérrez, 1836), Le Trouvère de Verdi saisit par sa fièvre dramatique, une cohérence et une caractérisation musicale indiscutable malgré la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se déroule en Espagne, dans la Saragosse du XVème, où le conte de Luna est éconduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est éperdument amoureux : la jeune femme lui préfère le troubadour Manrico.  Dans le camps gitan, Azucena, la mère de Manrico, est obsédée par l’image de sa mère jetée dans les flammes d’un bûcher, et de son jeune frère, également consommé par le feu. Manrico décide de fuir avec Leonora. Mais il revient défier Luna car sa mère est condamnée à périr sur le bûcher elle aussi.  Emprisonné par Luna avec sa mère, Manrico maudit Leonora qui semble s’être finalement donnée au Conte : elle a feint et s’est versée le poison pour faire libérer son aimé. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (à présent morte), ordonne l’exécution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frère : leur mère avait échanger les enfants sur le bûcher. De sorte que l’opéra s’achève sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengé la mort de sa mère par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment démunie a manipulée le baryton jaloux, vengeur… aveuglé par sa haine. EN LIRE +


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arte_logo_2013ARTE, vendredi 15 août 2014, 20h50.
 Giuseppe Verdi : Le Trouvère. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’écoute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opéra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 août 2014, était déjà sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’évolution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rôle qui semble taillé pour elle. Réponse le 31 août sur les ondes de France Musique.

Programme retransmis ensuite sur France Musique. Verdi : Le Trouvère. Anna Netrebko. Le 31 août 2014, 20h.

Anna Netrebko chante Leonora du Trouvère à Salzbourg

NETREBKO-anna--Anna_Netrebko_-_Romy_2013_bFrance Musique. Verdi : Le Trouvère. Anna Netrebko. Le 31 aoĂ»t 2014, 20h. Salzbourg, aoĂ»t 2014 : France Musique diffuse l’un des Ă©vĂ©nements lyriques du festival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par le trio lĂ©gendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux cĂ´tĂ©s des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si frĂ©quents. CrĂ©Ă© Ă  Rome en 1853, d’après El Trovador de GutiĂ©rrez, 1836), Le Trouvère de Verdi saisit par sa fièvre dramatique, une cohĂ©rence et une caractĂ©risation musicale indiscutable malgrĂ© la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se dĂ©roule en Espagne, dans la Saragosse du XVème, oĂą le conte de Luna est Ă©conduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est Ă©perdument amoureux : la jeune femme lui prĂ©fère le troubadour Manrico.  Dans le camps gitan, Azucena, la mère de Manrico, est obsĂ©dĂ©e par l’image de sa mère jetĂ©e dans les flammes d’un bĂ»cher, et de son jeune frère, Ă©galement consommĂ© par le feu. Manrico dĂ©cide de fuir avec Leonora. Mais il revient dĂ©fier Luna car sa mère est condamnĂ©e Ă  pĂ©rir sur le bĂ»cher elle aussi.  EmprisonnĂ© par Luna avec sa mère, Manrico maudit Leonora qui semble s’ĂŞtre finalement donnĂ©e au Conte : elle a feint et s’est versĂ©e le poison pour faire libĂ©rer son aimĂ©. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (Ă  prĂ©sent morte), ordonne l’exĂ©cution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frère : leur mère avait Ă©changer les enfants sur le bĂ»cher. De sorte que l’opĂ©ra s’achève sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengĂ© la mort de sa mère par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment dĂ©munie a manipulĂ©e le baryton jaloux, vengeur… aveuglĂ© par sa haine.

Drame gothique tragique

verdi_582_face_portrait_boldiniDans la production parisienne de l’ouvrage, Verdi ajoute un ballet selon le goĂ»t français du grand opĂ©ra (3ème partie : la BohĂ©mienne). La violence de l’Ă©criture, l’omniprĂ©sence des flammes dans la rĂ©solution du jeu dramatique, l’exacerbation des passions qui s’opposent (Luna contre Leonora et Manrico, l’apparente impuissance de la sorcière bohĂ©mienne Azucena…)…tout Ĺ“uvre ici pour l’essor d’une tragĂ©die gothique prenante, Ă  l’expressivitĂ© progressive. D’après le roman gothique romantique de GutiĂ©rrez, Verdi offre une remarquable caractĂ©risation des rĂ´les solistes : Manrico (tĂ©nor), Leonora (soprano), Luna (baryton), surtout Azucena (mezzo soprano) dont il fait une sorte d’autoritĂ© fĂ©minine sombre et lugubre (cf. le Miserere, chĹ“ur funèbre de la 4ème partie : intitulĂ©e ” Le Supplice”). Contemporain de La Traviata, Le Trouvère est une partition flamboyante, sur un prĂ©texte empruntĂ© au roman historique dont la vocalitĂ© très investie des 4 solistes frappe immĂ©diatement : Verdi rĂ©ussit un tour de force. Chaque air rĂ©pond Ă  la nĂ©cessitĂ© de l’action.

A 43 ans, Anna Netrebko (nĂ© en 1971) est la tĂŞte d’affiche de cette production produite Ă  Salzbourg en aoĂ»t 2014 ; la diva russe a donnĂ© quelques indices (dĂ©jĂ  très convaincants) de sa prise de rĂ´le de Leonora, dans un disque Verdi, saluĂ© par la RĂ©daction cd de classiquenews (cd Verdi par Anna Netrebko, 1 cd Deutsche Grammophon).

Voici les termes de la critique de notre rédacteur au moment de la sortie du cd Verdi par Anna Netrebko en octobre 2013 :

Anna Netrebko chante Verdi chez Deutsche Grammophon…dans Il Trovatore : sa Leonora palpite et se dĂ©chire littĂ©ralement en une incarnation oĂą son angĂ©lisme blessĂ©, tragique, fait merveille : la diva trouve ici un rĂ´le dont le caractère convient idĂ©alement Ă  ses moyens actuels (s’il n’était ici et lĂ  ses notes vibrĂ©es, pas très prĂ©cises)… mais la ligne, l’élĂ©gance, la subtilitĂ© de l’émission et les aigus superbement colorĂ©s dans ” D’amore sull’ali rosee ” …  (dialoguĂ©s lĂ  encore avec la flĂ»te) sont très convaincants. Elle retrouve l’ivresse vocale qu’elle a su hier affirmer pour Violetta dans La Traviata. Que l’on aime la soprano quand elle s’écarte totalement de tout Ă©panchement vĂ©riste : son legato sans effet manifeste une musicienne nĂ©e. Sa Leonora, hallucinĂ©e, d’une transe fantastique, dans le sillon de Lady Macbeth, torche embrasĂ©e, force l’admiration : toute la personnalitĂ© de Netrebko rejaillit ici en fin de programme, dans le volet le plus saisissant de ce rĂ©cital verdien, hautement recommandable. Concernant Villazon, … le tĂ©nor fait du Villazon … avec des nuances et des moyens très en retrait sur ce qu’il fut, en comparaison moins aboutis que sa divine partenaire. Anna Netrebko pourrait trouver sur la scène un rĂ´le Ă  sa (dĂ©)mesure : quand pourrons nous l’écouter et la voir dans une Leonora rĂ©vĂ©latrice et peut-ĂŞtre subjugante ? Bravissima diva.

Lire la critique du cd complète.

logo_francemusiquesalzbourg logoFrance Musique. Verdi : Le Trouvère. Anna Netrebko. Le 31 aoĂ»t 2014, 20h. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’Ă©coute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opĂ©ra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 aoĂ»t 2014, Ă©tait dĂ©jĂ  sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’Ă©volution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rĂ´le qui semble taillĂ© pour elle. RĂ©ponse le 31 aoĂ»t sur les ondes de France Musique.

Evasion Ă  Salzbourg

Salzbourg_KulturGrossesfestspielhausEvasion Ă  Salzbourg pour l’annĂ©e Richard Strauss 2014. DĂ©couvrez la citĂ© mozartienne traversĂ©e par la Salz Ă  l’occasion de l’annĂ©e Richard Strauss (nĂ© en 1864)… Pour le 150ème anniversaire de la naissance de Richard Strauss, offrez-vous un sĂ©jour dans la ville de naissance de Wolfgang Amadeus Mozart. L’idĂ©e n’est pas si saugrenue si l’on se rappelle que Richard Strauss, – avec le poète et librettiste Hugo von Hofmannsthal et l’homme de théâtre Max Reinhardt ont fondĂ© en 1922, le festival d’Ă©tĂ© de Salbourg : y règnent l’opĂ©ra et le théâtre, surtout Mozart Ă©videmment et les opĂ©ras de Strauss, depuis toujours interprĂ©tĂ©s par l’orchestre idoine, le Wiener Philharmoniker qui fait le dĂ©placement attendu, espĂ©rĂ© chaque Ă©tĂ©, de Vienne Ă  salzbourg : rien n’Ă©gale le raffinement hĂ©doniste de l’orchestre viennois dans Aridane auf Naxos ou justement (programmĂ© cette annĂ©e : lire notre agenda ci après), Le chevalier Ă  la rose (Der rosenkavalier. Cf l’admirable version de Solti chez Decca en 1968, dĂ©jĂ , avec le miracle viennois des Wiener Philharmoniker).
EvĂ©nement majeur de l’agenda musical et lyrique en Europe, le festival de Salzbourg, l’un des plus anciens et des plus prestigieux, offre chaque Ă©tĂ© une programmation Ă©blouissante. L’annĂ©e Strauss peut ĂŞtre un excellent moyen d’en dĂ©couvrir toutes les facettes et les nombreux attraits (certes musical, mais aussi patrimonial et touristique, gastronomique et culturel : les plus enhardis profiteront par exemple de leur escapade Ă  Salzbourg pour aller aussi Ă  Hellbrunn, merveille baroque et son jardin d’eau qui fut l’Ă©crin de l’Orfeo de Monteverdi dès le dĂ©but du XVIIème siècle). L’Autriche est une nation mĂ©lomane : les deux sites de Salzbourg et Hellbrunn, facilement accessible le temps d’un long week end (4 jours par exemple) vous le dĂ©montreront. Pour cĂ©lĂ©brer son co fondateur, le festival estival de Salbzourg 2014 affiche plusieurs Ă©vĂ©nements Richard Strauss que classiquenews rĂ©capitule ici:

 

 

 

5 événements Richard Strauss à Salzbourg

du 1er au 31 août 2014

 

 

Les MĂ©tamorphoses : Metamorphosen
pour sextuor de cordes
Mozarteum, grosser Saal, le 1er août 2014, 19h30
Gringolts Quartett & friends

Der Rosenkavalier
Le chevalier Ă  la rose
Grosses Festpielhauss, les 1,5,8,11,14,17,20 et 23 août 2014
Avec Krassimira Stoyanova, Sophie Koch, Mojca Erdmann, GĂĽnther Groissböck, Wiebke Lehmkuhl… Wiener Philharmoniker. Zubin Mehta, direction. Harry Kupfer, mise en scène

Quatre derniers lieder
Grosses Haus, le 7 août 2014, 20h
Eva Maria Westbroek, soprano. Philharmonia Orchestra. Christoph Eschenbach, direction
Couplés avec la Symphonie n°9 de Bruckner

Concerts Symphoniques

Mort et transfiguration, Also sprach Zarathustra.
Grosses Haus, les 23 et 24 août 2014 à 11h
Wiener Philharmoniker. Gustavo Dudamel, direction

Une vie de héros : ein Heldenleben opus 40
Grosses Haus, le 31 août 2014, 11h
Concertgebouw Amsterdam. Mariss Jansons, direction

les infos et les modalités pratiques, billetterie sur le site du festival de Salzbourg 2014