Nouveau Cosi fan Tutte à Nice

NICE, Opéra. Mozart : COSI FAN TUTTE, 17 – 23 janv 2020. Le dernier opéra de Mozart conçu avec Da Ponte est un dramma giocoso en deux actes ; le livret reprend le thème d’un ouvrage précédent composé par un Salieri très en verve et vrai rival de Mozart à Vienne : l’école des jaloux / La Scuola degli Gelosi chez Salieri (Venise, 1779) devient l’école des amants chez Mozart et Da Ponte ; la musique de Wolfgang exprime les vertiges du cÅ“ur humain, la puissance du désir et des attractions dangereuses. Ici le cynisme et la sagesse lucide, celle de Don Alfonso, vieux séducteur qui connaît le cÅ“ur humain, éveille les consciences des trop naifs jeunes amants, Gugielmo le baryton et Ferrando le ténor. Alfonso a t il raison de déclarer les femmes volages et infidèles ? Qui sera fidèle aux serments passés ? Il suffit que passent deux beaux orientaux et tout éclate ; les couples du début ne seront plus ceux de la fin… entre temps, les amants auront appris la leçon sans artifice d’un philosophe amoureux trop conscient des lâchetés du cÅ“ur…
La production niçoise réunit plusieurs jeunes interprètes à suivre. Sous la baguette de Roland Böer, Hélène Carpentier (lauréate du dernier Concours Voix Nouvelles, ici Despina) ; la pulpeuse et pétillante soprano Anna Kasyan (Fiordiligi) et Carine Séchaye (Dorabella), ainsi que de Roberto Lorenzi (Guglielmo) et Pierre Derhet (Ferrando) et Alessandro Abis (Don Alfonso).

salieri scola degli gelosi opera buffa classiquenews cd review critique cd classiquenewsApprofondir : LIRE notre critique CD La Scuola degli Sposi de Salieri, chef d’oeuvre méconnu de l’époque des Lumières…  Sous étiquette DHM, cette « école des jaloux » / Scuola de’Gelosi de Salieri (qui annonce l’école des amants, ou Cosi fan tutte de Mozart plus tardif) mérite assurément le meilleur accueil comme il confirme le talent désormais bien installé d’un chef et de son ensemble parmi les nouveaux défenseurs des répertoires baroques, classiques, préromantiques… Voici sans conteste un nouveau joyau lyrique révélé grâce au chef Werner Ehrhardt et son ensemble L’Arte del Mondo; les musiciens poursuivent ainsi un partenariat discographqiue avec DHM / Sony classical, plutôt bénéfique. CLASSIQUENEWS avait distingué d’un CLIC précédent, la Clemenza di Tito (non de Mozart mais de Gluck, enregistré deux ans auparavant en 2013). On retrouve ici, la même pétillance, la poursuite d’un esprit flexible et enjoué qui s’avère des mieux expressifs sur la scène comique ; à l’acuité expressive de l’orchestre répond la fine caractérisation des solistes, soucieux d’articulation, ambassadeurs d’un réalisme théâtral qui réjouit.

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boutonreservation4 dates à l’Opéra de Nice
17, 19, 21, 23 janvier 2020
RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.opera-nice.org/fr/evenement/489/cosi-fan-tutte

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Fiordiligi : Anna Kasyan
Dorabella : Carine Séchaye
Guglielmo : Roberto Lorenzi
Ferrando : Pierre Derhet
Despina : Hélène Carpentier
Don Alfonso : Alessandro Abis

Orchestre Philharmonique de Nice
Chœur de l’Opéra de Nice
Direction Musicale : Roland Böer

Mise en scène et lumières : Daniel Benoin

 

 

 

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Présentation par l’Opéra de Nice / Côte d’Azur :

Opera buffa en deux actes K 588
Livret de Lorenzo Da Ponte
Création au Burgtheater de Vienne le 26 janvier 1790
Chanté en italien, surtitré en français
Nouvelle production en coproduction avec Anthéa Théâtre d’Antibes

« Così fan tutte », « Elles font toutes ainsi », prétend cyniquement Don Alfonso devant ses jeunes amis. Entendons : « Elles nous seront toutes infidèles ». Bien sûr, Ferrando et Guglielmo protestent de la constance de leurs compagnes.  L’intrigue s’engage, suivant les conventions théâtrales du temps : ils annonceront leur départ à la guerre, puis reviendront sous l’apparence de soldats albanais, chacun essayant de séduire la maîtresse de l’autre.

On raconte que l’Empereur Joseph II lui-même, amusé par l’histoire de deux officiers qui avaient échangé leurs femmes, souffla le thème de Così fan tutte à Mozart et à son librettiste, l’abbé Da Ponte. Mais cet opéra, à la saveur douce-amère, à la fois léger et désespéré, va bien au-delà de l’anecdote qui ne fait guère honneur aux hommes. Les quatre protagonistes passent par l’indignation, la pitié, le libertinage, la résignation, les déchirements du cÅ“ur, la colère, jusqu’à ce que les masques tombent et que les couples se reforment, leurs illusions perdues…
Homme ou femme, qui n’a pas été partagé entre sa fidélité, son sens du devoir et le désir, entre l’amour et les appétits du corps ? C’est le dilemme de cette Scuola degli amanti, cette « école de ceux qui aiment ».

TOURS, Opéra. Nouvelle production de COSI FAN TUTTE de MOZART

MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsTOURS, Opéra. MOZART : Cosi fan tutte. 4, 6, 8 octobre 2019. Nouvelle production événement à l’Opéra de Tours et pilier du répertoire : le dernier ouvrage du mythique duo Da Ponte / Mozart, Cosi fan tutte est le sujet de cette nouvelle lecture d’un chef d’oeuvre lyrique incontestable, créé à Vienne en janvier 1790. Le duo contemporain Benjamin Pionnier / Gilles Bouillon interroge l’étonnante modernité de la partition, l’une des plus sensuelles et nostalgiques jamais écrites par Wolfgang : Cosi fan tutte conclut le triptyque des opéras conçus par les deux génies des Lumières, après Les Noces de Figaro et Don Giovanni. Avant Marivaux et l’échiquier amer, mordant des faux semblants amoureux, Mozart et Da Ponte abordent les intermittences du cœur, la volatilité des serments partagés et l’étonnante inconstance des femmes (« toutes les mêmes ! », s’expriment en morale, le titre de l’ouvrage).

L’école de l’amour : cynique, cruelle, douloureuse…

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Plus cru voire cynique, l’opéra dépeint la cruauté de cœurs inconstants mais les jeunes hommes (Ferrando ténor et Guglielmo baryton) ont fait un pari risqué : parier sur la fidélité de leurs fiancées respectives (Fiordiligi et Dorabella), deux jeunes beautés napolitaines, écervelées et volages qui aux premiers inconnus rencontrés (certes de beaux étrangers orientaux qui sont en réalité leurs fiancés déguisés et interchangés), défaillent et s’alanguissent pour les nouveaux garçons, malgré les serments échangés. En pilotes amusés et parfaitement cyniques, deux endurcis, savourent la naïveté ici épinglée : la servante des deux fiancées, Despina ; Don Alfonso, vieux séducteur philosophe qui n’en est pas à son premier pari ni à sa première épreuve sentimentale ; il apprend à ses cadets, la douloureuse école de l’amour… d’ailleurs, l’opéra s’intitule aussi La Scuola degli amanti / L’école des amants… on ne saurait être plus clair.
Rival de Mozart à Vienne, le compositeur bientôt officiel, au service des Habsbourg, Antonio Salieri compose lui aussi une Ecole des amants : réintitulé précisément « la Scuola degli Gelosi » créé en 1778 / l’école des jaloux (ce qui revient au même) dont la verve et la virtuosité dans le genre buffa napolitain, n’égalent toute fois pas le génie ni la justesse de Mozart. La Scuola degli Gelosi affirme cependant l’intelligence rafraichissante d’un Salieri de 28 ans, doué d’une liberté d’invention proche de Mozart.

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Opéra de Toursboutonreservation
MOZART : Cosi fan tutte, 1790
Nouvelle production

Vendredi 4 octobre 2019 – 20h
Dimanche 6 octobre 2019 – 15h
Mardi 8 octobre 2019 – 20h

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/cosi-fan-tutte

 

 

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Opéra buffa en deux actes
Livret de Lorenzo da Ponte
Créé le 26 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne
Production de l’Opéra de Tours

Durée : environ 3h30 avec entracte

Direction musicale: Benjamin Pionnier
Mise en scène: Gilles Bouillon
Décors: Nathalie Holt
Costumes: Marc Anselmi
Lumières: Marc Delamézière

Fiordiligi : Angélique Boudeville
Dorabella : Alienor Feix
Despina : Dima Bawab
Ferrando : Sébastien Droy
Guglielmo : Marc Scoffoni
Don Alfonso : Leonardo Galeazzi

Choeur de l’Opéra de Tours
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

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Samedi 28 septembre – 14h30
Grand Th̢̩tre РSalle Jean Vilar
Conférence sur l’opéra Cosi fan tutti – Entrée gratuite

Grand Théâtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

02.47.60.20.00
Contactez-nous
Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h30 à 13h00 / 14h00 à 17h45

 

 

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Approfondir

 

 

Salieri, génie du buffaLIRE notre critique du cd SALIERI : La Scuola de’Gelosi, Venise /1778, version viennoise de 1783 (livret de Da Ponte à partir de l’original de Mazzola). Comédie en deux actes – / Werner Ehrhardt (3 cd DHM – 2015) – parution février 2017
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-salieri-la-scuola-degelosi-werner-ehrahardt-3-cd-dhm-2015/

 

 

 

 

TARARE de SALIERI

Le génie de Salieri révélé : La Scuola de'gelosi (1779)VERSAILLES, Opéra royal, le 22 nov 18. SALIERI : TARARE, 1787. Rendons à César…. C’est Jean-Claude Malgoire qui le premier – comme souvent, c’est intéressé à la partition de l’opéra de Salieri Tarare, conte philosophique et ouvrage le plus imprégné de l’idéal des Lumières : le livret il est vrai, est le seul texte pour l’opéra signé de Beaumarchais. Il existe un remarquable DVD de l’interprétation du chef hélas décédé, approche étonnamment réussie réalisé en … 1988 (et dans le cadre du festival de Schwetzinger). Dans la forme, l’objet est inclassable : à la fois tragédie en musique (restituant la tradition antérieurement illustrée par Lully et Rameau) et aussi comédie satirique : les écrivains de la fin des années 1780, maniant avec génie, la double langue, tissée de références en échos aux remous de l’époque pré révolutionnaire. Le spectacle est complet comprenant 5 actes, Prologue et grand divertissement dansé. En 2018 c’est l’excellent ténor français Cyrille Dubois qui suit le sillon de l’éloquence élégantissime et surtout intelligible d’Howard Crook chez Malgoire, qui incarne les aspirations à la lumière du prince Tarare.

 

 

 

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Antonio Salieri (1750-1825) : Tarare
Opéra en cinq actes sur un livret de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, créé en 1787 à Paris.

Versailles, jeudi 22 nov 2018
Opéra royal à 20h
3h30 mn, 1 entracte inclus
RÉSERVER
https://www.chateauversailles-spectacles.fr/programmation/salieri-tarare_e1993

 

 

 

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Cyrille Dubois, Tarare
Karine Deshayes, Astasie
Jean-Sébastien Bou, Atar
Judith van Wanroij, La Nature/Spinette
Enguerrand de Hys, Calpigi
Tassis Christoyannis, Arthénée/Le Génie du Feu
Jérôme Boutillier, Urson/Un Esclave/Un Prêtre
Philippe-Nicolas, Martin Altamort/Un Paysan/Un Eunuque
Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles (Direction : Olivier Schneebeli)

Les Talens lyriques (Ch Rousset, dir)

 

 

 

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PARIS, PASSION SALIERI (1787)… Quoiqu’on en dise, mai quand même d’un génie moindre que celui de son « rival » Mozart », Salieri eut cependant son heure de gloire et un statut plus qu’enviable… Il devient compositeur officiel à Vienne,  car il est italien et plutôt doué, « dauphin » de Gluck, joué et estimé partout en Europe, … c’est peut-être moins par ses opéras récemment remontés (Les Danaïdes, d’abord commandé à Gluck puis confié à son meilleur élève), que ses buffas délicieux (le récent par DHM), que le tempérament de Salieri pour le théâtre s’affirme le mieux. Or, inclassable, fruit de la maturité, TARARE fait partie de ses joyaux méconnus qui pourraient inscrire l’auteur au nombre des meilleurs dramaturges de son temps.
Les Danaïdes (1784) ont révélé aux parisiens l’écriture de Salieri, qui devient du jour au lendemain, un compositeur à la mode, adulé (et récompensé) par Marie-Antoinette, heureuse de célébré après son cher Gluck (qui fut son maître de musique à Vienne) un nouveau compositeur « viennois ».
Le cas de TARARE est significatif, de la passion des parisiens pour l’opéra ; de l’engouement récent pour Salieri. Beaumarchais, auteur du livret, sut orchestrer une campagne de publicité admirable, suscitant l’intérêt quasi hystérique pour le nouvel ouvrage de Salieri qu’il commença de composer en 1787. Résultat : 400 gardes furent nécessaires pour maîtriser l’affluence de la première en 1787 ! A la fois turquerie orientaliste et satire en règle contre le pouvoir despotique (très habilement déguisé selon l’intelligence de Beaumarchais), TARARE resta à l’affiche durablement, assurant à l’Opéra de belles recettes. Sur le plan littéraire et philosophique comme musical et dramatique, l’ouvrage est une pièce maîtresse de l’époque des Lumières.
Salieri et Da Ponte refondirent l’Å“uvre pour une version italienne, Axur, Re d’Ormuz créée à Vienne pour l’empereur en 1788, et qui fit le tour du monde, de la Russie au Brésil…
Un général martyrisé par le Sultan se voit défendu par le peuple puis choisi par lui pour être roi : les germes de la Révolution à venir, infiltrent toute l’édifice lyrique conçu par les visionnaires Beaumarchais et Salieri : ainsi y sont prophétisées la fin et la chute de Louis XVI et Bonaparte ! En phase avec son époque et les aspirations démocratiques de la nation, Beaumarchais reprit son Tarare, devenu emblème de la liberté contre l’oppression, et à l’occasion des événements commandés pour la Fête de la Fédération, en 1790 à Paris, il élabora un acte final complémentaire créant ainsi « Le Couronnement de Tarare », promis à un nouveau succès populaire.

 

 

 

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CD, critique. SALIERI : Les Horaces (Les Talens Lyriques, 2 cd Apart̩ Р2016)

salieri les horaces talens lyriques rousset critique opera critique cd cd review par classiquenews CLIC de classiquenews AP185-2-3000-1024x1024CD, critique. SALIERI : Les Horaces (Les Talens Lyriques, 2 cd Aparté – 2016). Versailles, 1780… Un certain engouement défendu par le milieu parisien et versaillais, s’est récemment porté (avec plus ou moins de réussites) sur les opéras créés à Versailles sous le règne si court de Louis XVI et Marie-Antoinette ; soit pendant les années 1780 (décennie faste il est vrai, pour les arts du spectacle / comme si avant la révolution à venir, au bord du gouffre, les patriciens et les nantis de l’ancien régime, s’en donnaient à cÅ“ur joie dans une ivresse aussi intense qu’insouciante). L’époque est au grand spectacle, avec tableaux spectaculaires voire terrifiants, ballet développé et aussi intrigue sentimentale qui « humanise » tout cela.
Nous avions déjà pu mesurer dans le cadre du même courant de résurrections, les fameuses Danaïdes, opéra antérieur du même Salieri, créé en 1784 à Versailles également mais sur un sujet tiré de l’Antiquité (certes la plus sanglante et tragique : car il y est question d’un massacre en bonne et due forme… LIRE ici notre critique des Danaïdes de Salieri, également restitué par Les Talens lyriques en 2013 et une partie de la distribution des Horaces…).
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-salieri-les-danaides-christoyannis-van-wanroij-rousset-2013/

 

 

 

Versailles, 1786
Les Horaces… la tragédie cornélienne selon Salieri

 

 

 

salieri-portrait-classiquenews-les-danaides-1784-antonio-salieriAvant le « grand opéra romantique » (fixé au siècle suivant par Spontini et Meyerbeer, dans la suite de Rossini (on le voit : que des étrangers), le XVIIIè français, sait lui aussi s’ouvrir à la diversité et aux talents extérieurs, puisque après Rameau (le dernier grand génie lyrique hexagonal, après Lully), c’est le Chevalier Gluck qui opère la réforme de l’opéra français au début des années 1770 : pour revitaliser un genre qui se sclérosait, – la tragédie en musique (hérité de Lully), Rameau d’abord, puis Gluck, puis à partir des années 1780, une colonie de compositeurs étrangers paraissent à la Cour et présentent leur conception du drame lyrique. Gossec, Vogel, Johann Christian Bach, mais aussi les Napolitains (Sachini, Piccinni), puis Salieri, autorité européenne, surtout viennoise, apportent chacun leur éclairage à l’édifice lyrique français.
Avant la Révolution et comme les prémices du chaos à venir, la nervosité, une certaine frénésie (gluckiste) se mêlent alors à la ciselure nouvelle des affects, au moment où la notion de sentimentalité s’impose et avec elle, les germes du romantisme.
Après donc Les Danaïdes, opéra sanglant dont le tableau du massacre perpétré par les vierges Danaïdes état un prétexte spectaculaire, voici (avant Tarare, perle lyrique des Lumières, bientôt abordé dans la suite du visionnaire en la matière, Jean-Claude Malgoire), Les Horaces, créé en 1786, au moment où David fixe pour Louis XVI, les règles nouvelles de l’art pictural, ce néoclassicisme à la clarté expressionniste, elle aussi nerveuse et immédiatement intelligible (Le Serment des Horaces, présenté au Salon de 1784). 

 

 

NEOCLASSICISME TRAGIQUE… C’est la période où il n’est pas d’acte héroïque s’il ne produit pas de sacrifice. Du peintre au compositeur, circule une évidente célébration du radicalisme héroïque, à peine tempéré ou adouci par la tendresse de quelque personnage isolé (ainsi sœur d’Horace, Camille dont l’amour sincère infléchit réellement le cœur du Curiace… mais en vain). Ici, la destinée individuelle est broyée par la machine de l’implacable Histoire : les pères (le vieil Horace, obstiné, suicidaire) transmettent aux fils, l’esprit de haine et de vengeance, faisant peser la menace de l’extinction de la race. Meurtre, tuerie, vengeance et jalouse haine, hargne, possession, déraison… sont les ferments des livrets d’alors, prétextes évidemment à de passionnantes mises en musique.
Avec Salieri (sur les traces de Corneille), qu’en est-il ?

On ne saurait trop louer l’effort qui produit cette résurrection salutaire, indice d’une époque lyrique qui pourrait pas sa diversité et les profils invités, être présenté comme un véritable âge d’or du spectacle lyrique en France. 10 ans avant la Révolution, la Cour de France produit quantité d’ouvrages les uns plus passionnants et saisissants que les autres. Ce n’est pas ces Horaces qui contredisent la tendance. La grandeur morale de chaque figure, et dans chaque clan opposé, incarne un idéal louable.
A l’heure où l’opéra français tente de se réinventer, en particulier comme dans le cas des Horaces, en revisitant les textes classiques du siècle précédent, ici, celui de Corneille, Salieri s’attèle à une tragédie romaine au français le plus noble, porteur de sentiments exacerbés.
Las, la tension essentielle et sa forme expressive première : la langue est malheureusement bien mal défendue dans cette interprétation qui recherche surtout la nervosité et l’expressivité : rares sont les chanteurs, malgré la qualité de leur timbre et une certaine élégance de style, à savoir maitriser totalement la courbe tendue du verbe cornélien : une seule chanteuse suffit à démontrer ce qui fait les limites et une certaine séduction : Judith van Wanroij, qui a fait des héroïnes altières ou princières, sa spécialité, mais si discutable quand on l’écoute yeux fermés, tentant – vainement de deviner ce qu’elle dit : c’est tout le relief sémantique d’un Corneille plutôt inspiré alors (Les Horaces, 1640) qui disparaît de façon dommageable. Clarté, déclamation tendue et naturelle, ferme et tendre, héroïque et tragique doivent évidemment inféodé tout l’édifice à l’orchestre comme de la part de chaque soliste. Quel plaisir alors d’écouter la fine fleur des ténors français actuels : Cyrille Dubois (Curiace), Julien Dran (Horace) : leur intelligibilité rend encore plus exaltant le relief d’un texte nerveux, musclé qui les affronte sans ménagement, jusqu’à la mort. Pour les deux voix masculines, le présent album mérite tous les suffrages. Quel nerf et quel style ! D’autant que l’orchestre sert cette frénésie postgluckistes avec une tension permanente. Même engagé articulé et bien déclamé de la part de Jean-Sébastien Bou qui fait un vieil Horace, animé par la vengeance.
C’est du David sur scène, une peinture vivante et palpitante du mot déclamé, la claire et noble expression des passions les plus rivales et les plus extrémistes.
Salieri a le sens du rythme : scènes de foule et bataille, attendrissement tendre (duo Camille / Curiace), cas de conscience de Curiace, entre loi et devoir, sentiment et désir, le théâtre lyrique s’exalte, s’embrase même. Il reste incompréhensible qu’au moment de la création, une partie du public ait ri plutôt qu’il ait été touché par cette lyre abrupte et acerbe où coule un sang facile, et se dressent des orgueils pourtant sincères et chacun légitime… les interprètes à la création furent-ils en dessous des défis conçus par Salieri ?Après 3 représentations en décembre 1786, le second opéra de Salieri en France disparut totalement. Belle recréation.

 

 

 

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Antonio Salieri (1750-1825) : Les Horaces

Judith Van Wanroij, Camille
Cyrille Dubois, Curiace
Julien Dran, le jeune Horace
Jean-Sébastien Bou, le vieil Horace
Philippe-Nicolas Martin, L’Oracle, un Albain, Valère, un Romain
Andrew Foster-Williams, Le Grand-Prêtre, le Grand-Sacrificateur
Eugénie Lefebvre, Une suivante de Camille
Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles
Olivier Schneebeli, direction
Les Talens Lyriques / Christophe Rousset, direction

2 cd APARTE AP185 – enregistrement réalisé en 2016. CD1 : 55’33
/ CD2 : 30’10

 

 

 

Partitions, découverte : Mozart et Salieri auraient travaillé ensemble

partition Per la ricuperata di Ophelia mozart salieri nancy storace manuscrit decouvert prague classiquenews janvier 2016Partitions, découverte : Mozart et Salieri auraient travaillé ensemble à la composition d’une cantate inédite. Découvert dans une Bibliothèque à Prague, un manuscrit inconnu jusqu’alors aurait été formellement identifié : il s’agit d’une cantate composée à quatre mains par Mozart et Salieri, deux compositeurs de deux générations différentes (et de deux styles distincts) que l’Histoire et la légende (entretenu par le mythe de l’assassinat du premier par le second, par la nouvelle de Pouchkine de 1830, traité au cinéma par Forman) ont aimé opposer.

Amoureux voire rivaux, Mozart et Salieri composent de concert pour Nancy Storace….

nancy-storace-1345730156-article-0Rivaux les deux musiciens par si sûr… Le musicologue Timo Jouko Hermann vient d’annoncer sa brillante découverte d’autant que le texte de la cantate, écrite en hommage au talent de la jeune et belle soprano Nancy Storace (la créatrice du rôle de Susanna dans les Noces de Figaro de Mozart en 1786, née à Londres en 1765), serait de Da Ponte. La cantate évoque la convalescence de la cantatrice qui s’est sortie alors d’une maladie… Nancy Storace serait l’une des divas les plus captivantes de l’époque : jeune, belle, superbe actrice et chanteuse de premier plan… Elle fut l’élève du castrat Venanzio Rauzzini (pour lequel Mozart avait écrit son célèbre motet virtuose Exsultate Jubilate). La soprano employée dans la troupe impériale à Vienne fut une artiste adorée, célébrée, et donc convoitée par les deux compositeurs en vue sous Joseph II, Salieri et Mozart (dont on ne compte plus les aventures extra-conjugales). Nancy Storace fit ses débuts à Vienne dans L’école des Jaloux (La Scuola De’Gelosi) ; c’est à ce moment que Mozart la découvre et tombe amoureux d’elle… Avec son frère aîné, Stephen, Nancy est une habitué du couple Mozart à Vienne. C’est pour elle encore que Mozart écrit le fameux air de concert, joyau néoclassique : “Ch’io mi scordi di te ?”. Nancy Storace meurt en 1817 à 51 ans.
Mentionnée dans le catalogue des Å“uvres de Mozart (KÅ“chel : K477a : “Per la ricuperata di Ophelia”), la cantate que l’on croyait perdue, serait donc composée pour la guérison définitive de Nancy Storace qui devait chanter le rôle de… Ophelia dans l’opéra buffa de Salieri, La grotta di trofonio (dont il existe une bonen version par Les Talens Lyriques, Ch. Rousset).
Même incomplet, le manuscrit devrait prochainement être recréé par une équipe du Mozarteum de Salzbourg.
A suivre.

CD, compte rendu critique. Salieri : Les Danaïdes (Christoyannis, van Wanroij, Rousset, 2013)

salieri danaides rousset christoyannis van wanroij critique compte rendu classiquenews CLIC de juin 2015CD, compte rendu critique. Salieri : Les Danaïdes (Christoyannis, van Wanroij, Rousset, 2013). Cela cravache sec et tendu dès l’ouverture où le chef C. Rousset plus incisif que jamais emporte tout abandon galant, tout italianisme sensuel, au profit d’un expressionnisme tendu et électrique, soulignant combien ce Salieri de 1784 doit au style franc et frénétique de Gluck, répond aussi au goût pour la grandeur tendue, la froideur terrifiante et spectaculaire des passions … raciniennes. L’époque est à l’éclectisme européen, le goût savant des Lumières qui après le départ du Chevalier Gluck (1779), grand réformateur de l’opéra français dans les années 1770, entend renouveler son apport. Dans le sillon du néoclassicisme gluckiste, les étrangers à Paris, germaniques (Jean Chrétien Bach, Vogel…), italiens surtout (Piccinni et Sacchini), nordiques (Grétry,Gossec), avant Cherubini et Spontini, régénèrent ainsi d’un sang neuf, entre suavité et ardeur martiale (déjà prérévolutionnaire) la langue lyrique parisienne, en particulier dans le genre de la tragédie lyrique. Salieri participe à la fertilisation du terreau français des Lumières à quelques années de la Révolution : son style est lui aussi européen, constamment élégant, poli, d’un raffinement alliant la rythmique bondissante des symphonistes germaniques, la délicatesse et le raffinement français, la virtuosité italienne. Salieri d’un souci mozartien sait servir chacune des sensiblités avec un art consumé de l’équilibre esthétique. Avec d’autant plus de mesure et de raffinement que son sujet est sanglant et particulièrement effrayant, renouvelant la lyre tragique sacrificielle, atroce, sanguinaire, terrifiante, celle des meurtres en nombre dans le sillon de ce fantastique conçu par les Antiques, Euripide, Eschylle, Sophocle et dont Racine avait sur la scène du théâtre classique (parlé) préservé la tension sublime. De toute évidence, le public des Lumières aimait se faire peur à l’opéra. Et la partition des Danaïdes satisfait idéalement ce désir et cette attente.

Familiers de la collection discographique (Opéra Français / French Opera), dédiée à l’opéra français des Lumières,  les chanteurs ici réunis composent un collectif particulièrement scrupuleux de la langue et de cette expressivité émotionnelle. L’articulation et l’intelligibilité sont leurs qualités communes, exceptionnellement délectables, apport méritant de cette production, partagées aussi par un choeur riche en finesse et subtilité (les excellents Chantres du CMBV Centre de musique baroque de Versailles qui avaient déjà participé avec la même qualité, à l’opéra Renaud de Sacchini, immédiatement antérieur en 1783 des Danaïdes de Salieri).

 

 

 

Après Renaud de Sacchini de 1783, voici en 1784, la suite plus frénétique encore de l’opéra des Lumières, parfaitement gluckiste…

Salieri frénétique et sanguinaire

 

 

Le Danaüs du baryton Tassis Christoyannis est d’une impeccable précision, naturelle et timbrée, subtile et même crédible : il excelle à exprimer l’autorité du père, faussement bon et pacificateur au début, puis véritable instigateur de l’horreur croissante qui s’empare de la scène. Judith van Wanroij et Philippe Talbot incarnent la lyre amoureuse, plus tendre qui contraste avec la terreur environnante. Ils accordent leurs timbres complémentaires, clairs et cristallins, en un duo constamment enivré, élégant, éperdu (I, IV). Et comme nous l’avons dit avant, fort d’une intelligibilité qui sert l’impact du texte.

salieri-portrait-classiquenews-les-danaides-1784-antonio-salieriEn architecte affûté, Antonio Salieri compose un opéra dont le rythme reste trépidant : où a t on vu des actes aussi courts, comme expéditifs ? Les divertissements et ballets de l’époque de Rameau, alanguissements hors de l’action proprement dite sont écartés. Pourtant tout s’il n’était le sujet, tend à s’alanguir ici vers l’élégiaque et le délicat mais acclimaté au cadre européen des bienséances : Salieri semble infléchir sa nature, et faire la synthèse d’un Gluck enclin pourtant à la sensualité (le rôle d’Hypermnestre, déloyale aux ordres de son père, y pourvoit). Le compositeur se montre aussi voisin aussi des compositeurs tendus et frénétiques du Sturm und Drang.
Très vite, le lugubre sanguinaire du II -quand Danaüs relativise le climat pacificateur des mariages en nombre, et vise la duplicité de son frère Egyptus, fait sombrer l’opéra dans l’horreur et la transe sanguinaire collective partagée par toutes ses filles bien conditionnées : une préfiguration des débordements de la Révolution et de la terreur (!). Tant d’atrocités, de panique cannibale ont marqué voire scandalisé l’audience quoique saisit les plus réservés.

Une seule ose défier l’ordre du père et son appel au massacre, Hypermnestre inspirée par l’amour (pour Lyncée), elle préfère fuir le lieu du futur massacre des époux (festin fatal de la fin du IV où percent les cris d’agonie des jeunes hommes massacrés par leurs promises) quitte à troubler son fiancé (III). Et au soir de la mise à mort par les Danaïdes de leurs époux, elle s’évanouit de douleur coupable (IV).  Tout le V trempe et plonge dans le frénétique le plus terrifiant : tableau infernal des supplices des Danaïdes et de leur père Danaus à l’agonie – attaché à son rocher où un vautour lui dévore les viscères(!), expiant leurs terribles forfaits. Salieri ne nous épargne rien : musicalement, chaque tableau exprime la vive horreur du sujet.
Branchu-Vestale-caroline-branchu-soprano-hypermnestre-des-danaides-de-salieri-en-1784-classiquenewsLe rôle d’Hypermnestre offre un superbe rôle à la soprano requise, exigeant des qualités tragiques amples, entre héroïque digne et pathétique tendre. L’individualité d’Hypermnestre jaillit dès le III.  Les airs s’enchaînent de scène en scène : Le Barbare ! il me fuit ! au III : marque la résistance de la fille face à la cruauté et la folie de son père qui a motivé à la haine toutes ses autres filles. Puis c’est son errance horrifiée “Où suis-je” qui ouvre le IV… Elle est tiraillée entre l’horreur que lui inspire son père et sa tendresse pour Lyncée. C’est bien le rôle le plus passionnant avec l’Armide de Sacchini l’année précédente et bientôt, Médée de Cherubini (ou celle précédente de Vogel dans La Toison d’or). Sur une articulation affûtée, s’exhale l’humeur vaine des passions exacerbée dont les accents ont la grandeur et le mordant des bas reliefs antiques : l’époque est bien à ce néo classicisme où la droiture de certaines héroïnes, leur tendresse naturelle (voyez Alceste et Iphigénie chez Gluck) se dressent contre le folie collective. Judith Van Wanroij reste ferme et précise dans airs et récitatifs (III, IV), digne et ardente sur les traces des grandes cantatrices (dessus) de l’époque, d’abord Sainte-Huberty puis Caroline Branchu (qui impressionne tant Berlioz dans les années 1820). De notre point de vue, ce sont essentiellement les deux rôles antagonistes du père (Danaus) et de la fille qui sont les plus saisissants : le Danaüs de Tassis Christoyannis apporte un relief saisissant dans leur duo, vrai moteur du drame.

La mécanique presque trop sèche de l’orchestre tire la performance vers une agitation désincarnée et rien que frénétique qui évidemment électrise constamment la grandeur terrifiante des tableaux, surtout dans l’enchaînement des deux derniers actes : IV (le festin massacre) et le V (la victoire de Lyncée / Pelagus et la chute des Danaïdes, promis aux flammes de l’enfer : comme Don Giovanni de Mozart). Le spectaculaire des “décorations” (selon la terminologie de l’époque) jointe à l’exacerbation des passions font un spectacle total qui on le comprend allait marquer le jeune Berlioz, futur auteur des Troyens : de Salieri à Berlioz, la lyre de Gluck avait trouvé ses plus ardents disciples dans l’admiration des grands mythes antiques.
Le nerf, la hargne défendus par Les Talens Lyriques sont d’une indéniables efficacité, servie de surcroît par deux interprètes convaincants (Lyncée ou Plancipe sont des ajouts sans plus de profondeur). Salieri, piloté depuis Vienne par Gluck lui-même, avait tout pour réussir son coup : ses Danaïdes semblent assurer à la fois la suprématie expressive comme la revanche du Chevalier évincé voire humilié par un départ précipité de France en 1779. Les coupes des actes de plus en plus courts, le principe même d’une surenchère dramatique subtilement canalisée illustrent mieux que les deux Iphigénies, la maîtrise néoantique de Gluck, tout en étant fidèle à l’esthétique de son théâtre.

CLIC D'OR macaron 200C’est donc un CLIC de classiquenews, véritable révélation par le disque de ce sommet lyrique des Lumières. Pour autant, le geste du chef pour affûté qu’il soit, réduit d’autant l’idée et les effets globaux que l’ouvrage pourrait aussi produire avec plus de rondeur comme de profondeur. La pointe sèche et tranchante de la lame (qui s’expose en couverture et que brandissent toutes les jeunes épouses prêtes à massacrer leurs maris) supplante tout autre registre expressif. Une autre direction toute aussi tendue sans pourtant être aussi carnassière et parfois hystérique pourrait y réussir tout autant. Mais alors il faudrait compter sur un talent aussi fin et troublant que celui de l’excellent Tassis Christoyannis, Danaüs, plein de fougue et de profondeur. Ne serait-il pas le véritable héros de cette production ? De toute évidence, nous avons une relation père / fille aussi passionnante que plus tard celle exprimée par Verdi (Boccanegra/Amalia, Gilda/Rigoletto…) ou Wagner (Wotan / Brunnhilde). Le germe romantique couve chez ce Salieri fortement gluckiste.

 

 

 

CD. Compte rendu critique. Antonio Salieri (1750-1825) : Les Danaïdes, 1784. Tragédie lyrique en cinq actes, livret de François Bailli du Roullet et Louis-Théodore de Tschudi. Créée à l’Académie royale de musique, le 26 avril 1784. Hypermnestre : Judith van Wanroij, Lyncée : Philippe Talbot, Danaüs : Tassis Christoyannis, Plancippe : Katia Velletaz, Pélagus / Officier : Thomas Dolié. Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles. Les Talens Lyriques. Christophe Rousset, direction.  Enregistré à l’Arsenal de Metz, les 29 et 30 novembre 2013. 2 CD Palazzeto Bru Zane ES1019 – Durée : cd1, 72’28 + CD2, 35’58.

 

 

 

LIRE, APPROFONDIR : Renaud de Sacchini par Les Talens Lyriques : critique du cd et reportage répétitions vidéo ; reportage vidéo de l’opéra RENAUD de Sacchini (grand reportage de 12 mn © CLASSIQUENEWS.TV : entretien avec Benoît Dratwicki, directeur artistique du Centre de musique de Versailles, la place des Italiens en France, le bel canto dans Renaud, l’héritage de Gluck dans Renaud…)... L’opéra français à l’époque des Lumières, évolution de la tragédie lyrique sous l’influence de Gluck…

 

 

Illustrations : Antonio Salieri, Caroline Branchu dans le rôle de La Vestale de Spontini (DR)