Passion selon Saint-Jean

BACH mc leod concert critique annonce opera classiquenews Gli-Angeli-Geneve© FoppeSchutPOITIERS, TAP. 1er avril 2019 : BACH, Passion selon St Jean. Parmi les grandes œuvres religieuses de Johann Sebastian Bach, la Passion selon Saint Jean reste la plus introspective, celle qui parle et s’adresse directement à l’auditeur, croyant ou non. L’Évangile selon Saint Jean évoque les mortels impuissants démunis que des événements extraordinaires et troublants dépassent. Bach compose un tableau dramatique très humain aux figures marquantes dont Jésus le sacrifié et le Sauveur, Pierre le traître qui se repend, Pilate et, omniprésentes, les foules versatiles et hostiles (turba), en quête de salut, en rpoie au désespoir… En Suisse, Stephan MacLeod et l’ensemble Gli Angeli Genève (fondé en 2005) interprètent au concert l’intégrale des cantates de Bach ; un projet et une expérience musicale qui facilitent leur compréhension de cette Passion.
Les chanteurs, solistes ou chœurs, placés devant l’orchestre, font face au public ; ils projettent directement le sens du txte et le message spirituel de la Passion vers l’assemblée des auditeurs, comme les croyants à l’église.

Comparé à la Saint-Mathieu, plus humaine et fraternelle, la Saint-Jean est cet opéra sacré de Bach, plus âpre, mordant, resserré qui se concentre sur le sacrifice et la tragédie de la mort. Hautement dramatique, la partition est un sommet parfois terrifiant qui questionne le sens de la mort et des souffrances éprouvées. Comme pour la Messe en si, ou la Saint-Mathieu, le chef doit maîtriser le sens du détail comme la clarté de l’architecture contrapuntique, sans omettre le relief et surtout le sens du texte… lequel donne le tempo exact. C’est aussi une question de couleurs vocales et instrumentales… Le TAP à Poitiers accueille l’une des formations, avec Vox Luminis / Lionel Meunier, les plus convaincantes actuellement chez Bach.

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https://www.tap-poitiers.com/spectacle/bach/

Poitiers, TAP
JS BACH : Passion selon Saint-Jean
Lundi 1er avril 2019, 20h30
Gli Angeli
Stephan MacLeod, direction

Compte rendu, concert. Saint-Céré, le 8 août 2015. JS Bach : Passion selon Saint Jean. Anass Ismat, direction.

bach_js jean sebastianEn ce troisième jour de notre parcours Ă  Saint-CĂ©rĂ©, la pluie s’est invitĂ©e Ă  la fĂŞte, obligeant ainsi les responsables du festival Ă  replier vers la Halle des sports le concert prĂ©vu au château de Castelnau Bretenoux. Au programme de ce samedi soir, la Passion selon Saint Jean de Johann Sebastian Bach (1685-1750); l’oeuvre baroque marque le retour au festival de Saint CĂ©rĂ© du grand oratorio. CrĂ©Ă©e en 1724, la Passion selon Saint-Jean est une oeuvre maintes fois reprise et adaptĂ©e par Bach. Pour “compenser” certaines faiblesses du texte de l’Ă©vangile selon St Jean, peu dĂ©veloppĂ© sur quelques points, notamment sur les pleurs de Pierre après qu’il ait par trois fois reniĂ© le Christ (“lorsque le coq chantera par trois fois, tu m’auras reniĂ©”) et la description du tremblement de terre, Bach a puisĂ© selon ses besoins dramatiques dans l’Evangile selon Saint-Mathieu. Pour marquer l’occasion le chef Anass Ismat s’est adressĂ© Ă  l’Ă©vangĂ©liste par excellence : Christophe Einhorn. Le tĂ©nor alsacien, bien qu’il ait un rĂ©pertoire assez large, est un grand spĂ©cialiste de l’oeuvre de Bach et il l’a dĂ©montrĂ© une nouvelle fois ce samedi soir.

Amateurs encadrés et solistes défendent le drame sacré de Bach

La Passion selon Saint Jean : le retour du grand oratorio à Saint Céré

Anass Ismat maestro chef orchestre saint cere saint jean js bach compte rendu critique classiquenewsDepuis de longues annĂ©es, le festival de Saint-CĂ©rĂ© permet Ă  des amateurs chevronnĂ©s de venir se perfectionner lors de sessions intensives de stage. En 2014, ils avaient chantĂ© le Requiem de Mozart avec un certain bonheur ; pour l’Ă©dition 2015, ils ont abordĂ© l’un des monuments de la musique baroque, cette Passion selon Saint-Jean de Bach, avec un certain panache. Le dĂ©but de soirĂ©e est d’abord compliquĂ© du cĂ´tĂ© des sopranos très tendues et parfois Ă  peine audibles, surtout dans les aigus, mais en cours de performance, il nous faut bien admettre qu’ils ont donnĂ© de très belles choses Ă  entendre. La diction est excellente, les voix bien prĂ©parĂ©es et globalement le travail avec le chef Anass Ismat et Jean-Blaise Roch, leur chef de choeur et professeur de chant, a donnĂ© un rĂ©sultat remarquable. CĂ´tĂ© solistes, grandes satisfactions et impressions plus mitigĂ©es se prĂ©cisent. Ainsi le jeune tĂ©nor Laurent Galabru, que nous avions apprĂ©ciĂ© en 2014 dans Le voyage sur la lune, déçoit quelque peu; la diction est excellente, mais musicalement sa prestation est trop tendue et il est Ă  la peine dans les aigus dans ses deux arias ayant mĂŞme parfois du mal Ă  aller au bout de ses phrases. De mĂŞme la mezzo soprano, Eva Gruber a bien du mal Ă  convaincre; ses deux arias sont assez monocordes et plutĂ´t lisses. En revanche, les voix graves sĂ©duisent au delĂ  de toute attente; Marc Labonette (JĂ©sus) et Paul Henri Vila (Ponce Pilate) affirment une belle assurance; les voix sont rondes, chaleureuses, larges; elles couvrent sans peine la tessiture des arias qui leur sont dĂ©volus (mĂŞme si, malheureusement Vila n’en n’a eu qu’un seul Ă  chanter). La soprano AnaĂŻs Constans sĂ©duit Ă©galement; sa diction est claire nette, prĂ©cise et ses deux interventions sont sobres. Quant Ă  Christophe Einhorn, il campe un Ă©vangĂ©liste remarquable. Le charismatique tĂ©nor strasbourgeois impose un rythme dynamique, vif qui ne relâche jamais la tension. Il passe d’un moment de violence intense Ă  un moment de tendresse (de JĂ©sus mourant envers sa mère par exemple) ou de douleur sans que quiconque s’aperçoive de quoi que ce soit tant il y met de subtilitĂ©. Samedi soir, c’est le chef d’origine marocaine Anass Ismat qui dirige l’orchestre OpĂ©ra ÉclatĂ©. Les musiciens qui ont trois chefs diffĂ©rents (Dominique Trottein pour Falstaff et JĂ©rĂ´me Pillement pour La PĂ©richole, complètent le “trio”) s’adaptent avec un professionnalisme rare Ă  la battue du jeune maestro. Anass Ismat dirige d’une main ferme un orchestre curieux et disponible intĂ©grant aussi l’organiste Marcello Gianini.

Le choeur des stagiaires du festival de Saint-CĂ©rĂ© ont affrontĂ© crânement une partition particulièrement difficile. Dommage qu’aux cĂ´tĂ©s d’un telle investissement dĂ©fendu par les « amateurs », certes encadrĂ©s, le quintette de solistes ne soit pas aussi cohĂ©rent que nous l’attendions, l’Ă©vangĂ©liste Ă©tant un rĂ´le Ă  part. MalgrĂ© tout son talent, Laurent Galabru nous a semblĂ© vraiment trop jeune pour chanter cette Passion vocalement redoutable; et une mezzo plus charismatique aurait Ă©galement Ă©tĂ© bienvenue. NĂ©anmoins le travail d’ensemble, artistique et pĂ©dagogique, est, globalement, très satisfaisant.

Compte rendu, concert. Saint-CĂ©rĂ©. La Halle des sports, le 8 aoĂ»t 2015. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Passion selon Saint Jean. Christophe Einhorn, l’Ă©vangĂ©liste; Marc Labonette, JĂ©sus; Paul Henri Vila, Ponce Pilate; Benjamin Villain, Pierre; AnaĂŻs Constans, soprano, Eva Gruber, mezzo soprano; Laurent Galabru, tĂ©nor; Marcello Gianini, orgue; Orchestre OpĂ©ra ÉclatĂ©; choeur du stage de chant choral; Anass Ismat, direction.