COMPTE-RENDU, concert sacré. Paris, le 29 janv 2020. MOZART : Requiem. Barath, Wilder. Orfeo Orch, Purcell Choir. Gyorgy Vashegyi

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dépêches

  • behle-daniel-concert-live-gstaad-menuhin-festival-2020-critique-annonce-classiquenews

    EN DIRECT sur internet : ven 14 août 2020, 19h : en direct de Saanen / GSTAAD : Récital BEETHOVEN. DANIEL BEHLE & JAN SCHULTSZ… Contrairement à Schubert ou à Schumann, le nom de Beethoven n’est pas immédiatement associé au lied. Ludwig a pourtant laissé plus de 100 opus du genre à la postérité. En compagnie de Jan Schultsz (pianoforte), le ténor Daniel Behle propose une sélection de mélodies : «Ich liebe dich so wie du mich», «der Kuss» ou «Adelaide»… Jan Schultsz agrémente la soirée de nombreuses anecdotes, ressucitant Beethoven au travail. Le concert du 14 août commence dès…

  • concert-hostel-dieu-danseur-fugacites-festival-1001-notes-critique-classiquenews-jerome-oudou-critique-danse-classiquenews

    COMPTE RENDU, Festival 1001 NOTES 2020 (Haute-Vienne, Limousin), les 4 et 5 août 2020. Déconfinement, solidarité, ouverture… Face à la crise et la mise sous cloche de la culture, en particulier du spectacle vivant, les Festivals n’ont pas tardé à réagir et produire de premières alternatives bénéfiques. Le Festival 1001 Notes porté par son directeur artistique Albin de la Tour n’est pas en reste ; il a même été le premier à proposer sur la toile plusieurs courtes sessions musicales ; permettant aux artistes et au public de renouer un fil qui s’était coupé brutalement mi mars dernier ; à…

  • pontoise festival baroque logo visuel 2020 critique annonce classiquenews 2020

    35ème FESTIVAL BAROQUE DE PONTOISE : 25 sept 2020 – 21 juin 2021. Pour sa nouvelle édition, le premier festival de musique Baroque en ÃŽle de France, célèbre les Italiens hors d’Italie, soulignant les bénéfices de cette « migrazione » active, culturelle, humaine, musicale… La thématique n’hésite pas à relayer l’actualité géopolitique actuelle, en soulignant les apports et bénéfices des échanges migratoires, sources d’enrichissement et de fraternité.
     
     
     
    « MIGRAZIONE ». DES ITALIENS HORS D’ITALIE
    Le Festival Baroque de Pontoise 2020
    DU 25 SEPTEMBRE 2020 AU 21 JUIN 2021
     
     
     
     
    MIGRATIONS MUSICALES… « Concerts, artistes,…

  • WIEN-VIENNE-GSTAAD-2020-festival-classiquenews-critique-concert-opera-gstaad-menuhin-festival

    EN DIRECT depuis GSTAAD : Le GSTAAD MENUHIN FESTIVAL crée l’événement en proposant en août 4 CONCERTS événements : les 4, 9, 14 et 15 août 2020, tous dédiés à Beethoven, 250 ans de sa naissance oblige. Le cycle s’intitule «Kosmos Beethoven». Depuis sa plateforme digitale dédiée, le GSTAAD MENUHIN FESTIVAL met à l’honneur 4 tempéraments d’exception, aptes à relever les défis du génie beethovénien. Malgré l’annulation de son édition 2020, le Gstaad Menuhin Festival & Academy occupe ainsi l’affiche estivale en août. Les 4 concerts BEETHOVEN depuis la plateforme digitale du festival, sont à suivre en livestream les 4,…

  • classica-le-concert-bleu-quebec-classiquenews-presentation-annonce-concerts-critique

    QUÉBEC : Le Concert Bleu, la réponse numérique exemplaire du Festival CLASSICA à la crise sanitaire. leconcertbleu.com est une nouvelle plateforme numérique immersive destinée au milieu de la musique classique du Québec, pour maintenir le lien entre les musiciens et leurs public. C’est une réponse à la crise sanitaire et aux contraintes du confinement général imposé qui a mis sous cloche tous les programmes artistiques destinés au public. Visionnaires et réactifs, les artistes québécois à travers l’initiative du Festival CLASSICA, premier festival de musique classique au Québec (direction : Marc Boucher) peuvent désormais poursuivent leur travail, et le public, suivre…

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    radio

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  • FRANCE MUSIQUE, en direct, 14 juillet 2020, 19h30 : gala spécial. DUKAS, FAURE, SAINT-SAENS, R STRAUSS, MOZART. En hommage au dévouement et au courage du personnel soignant et de tous ceux qui ont Å“uvré en faveur de la collectivité au cours des derniers mois, l’Opéra national de Paris organise deux concerts exceptionnels au Palais Garnier, les 13 et 14 juillet 2020. France Musique diffuse en direct le programme du 14 juillet, fête nationale. Fanfares préliminaires, séquence chorale, enfin scène d’opéra (Mozart), puis conclusion symphonique (la Jupiter et sa rayonnante vitalité)… En direct les 13 et 14 juillet sur la page…

  • FRANCE MUSIQUE, 12 août 2020, 20h. STRAUSS : ELEKTRA. Pour son édition des 100 ans, le Festival de Salzbourg maintient ses productions cet été malgré la pandémie de la civid 19. Le Festival autrichien affiche l’un des sommets lyriques du début du siècle, porté par le génie orchestral de Richard Strauss. Elektra (1909) incarne la manière expressionniste néoclassique d’un Strauss maître de l’écriture lyrique et orchestrale. Rôle incandescent, voix hurlante embrasée proche de la rupture et du cri primal, Electre est animée par une fureur vengeresse … la fille ne peut accepter que sa mère ait assassiner le géniteur pour…


    télé

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  • ARTE, dim 2 août 2020, 17h : Cosi fan tutte en direct de Salzbourg. Christof Loy, mise en scène. Joana Mallwitz, direction. Le festival autrichien né en 1922 maintient son édition malgré la crise sanitaire actuelle et affiche le dernier des opéras de la trilogie Mozart / Da Ponte : Cosi fan tutte, chef d’oeuvre révélé à Salzbourg justement dans les années 1920 par l’un des fondateurs du Festival, Richard Strauss. Ce Cosi est l’un des temps forts de Sazlbourg 2020 avec l’ELEKTRA du même Strauss par le provocateur déjanté délirant Warlikowski. Subtilité, nostalgie, cynisme… l’opéra de Mozart est aussi…

  • Arte : Dimanche 9 août à 18h55. Karajan au Festival de Salzbourg 1960  -  A Salzbourg en 1960, le plus célèbre maestro de la planète dirige l’opéra de Richard Strauss : Le Chevalier à la rose / Der Rosenkavalier. C’est l’un des spectacles mythiques qui ont marqué l’histoire du Festival autrichien. En 1960, quatre ans après sa prise de fonction en tant que directeur musical du Festival le plus ancien d’Europe (fondé en 1922, l’année où fut découverte la tombe miraculeuse de Toutankhamon), le maestro Herbert von Karajan inaugure le grand palais des festivals avec un Chevalier à la rose…


    concerts et opéras

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  • PARIS TCE : 16,19 sept 2020. Le Messie, version Mozart, 1788. Der Messias : l’original de Haendel était en anglais : destinéà l’origine pour le public britannique. Mais Wolfgang se passionne pour les oratorios du Saxon et décide sur une demande particulière d’adapter le livret en allemand et de réécrire à sa façon certaines parties de la partition originelle. Créée pour la Semaine Mozart (Mozart Woche) à Salzbourg en 2019, la production mise en scène par Bob Wilson recyle les vieilles ficelles de son écriture visuelle, figée entre épure néofuturiste et référence au Kabuki nippon. Ses tableaux visuels fusionnent ils…

  • 35ème FESTIVAL BAROQUE DE PONTOISE : 25 sept 2020 – 21 juin 2021. Pour sa nouvelle édition, le premier festival de musique Baroque en ÃŽle de France, célèbre les Italiens hors d’Italie, soulignant les bénéfices de cette « migrazione » active, culturelle, humaine, musicale… La thématique n’hésite pas à relayer l’actualité géopolitique actuelle, en soulignant les apports et bénéfices des échanges migratoires, sources d’enrichissement et de fraternité.
     
     
     
     « MIGRAZIONE ». DES ITALIENS HORS D’ITALIE
    Le Festival Baroque de Pontoise 2020
    DU 25 SEPTEMBRE 2020 AU 21 JUIN 2021
     
     
     
     
    « Concerts, artistes, divas, ténors…

  • PARIS, BASTILLE. WAGNER : DER RING. Le 23 nov 2020. L’événement lyrique de la rentrée 2020 demeure à Bastille, le nouveau Ring de Wagner, toujours dirigé par l’excellent Philippe Jordan - le spectacle attendu est devenu une production “fantôme”, objet d’une profonde déception pour l’actuel directeur de l’Opéra, Stéphane Lissner qui a annoncé son départ anticipé (au 30 déc 2020) ; pour Philippe Jordan aussi qui quitte ainsi après 12 années d’activité la maison parisienne, pour l’Opéra de Vienne. En outre, la covid19 étant passé par là, la nouvelle conception théâtrale de Calisto Bieito ne sera pas réalisée sur la…

  • PARIS, Gala du Corps de Ballet, 22 sept > 17 oct 2020. Chaque année, c’est la soirée que tout le monde attend dans l’écrin du Palais Garnier (22 sept 2020) dont le programme tripartite (Hofesh Shechter, Jerome Robbins, Crystal Pite) offre 3 visages de l’écriture chorégraphique contemporaine, repris jusqu’au 17 octobre 2020. Hofesh Shechter, Jerome Robbins, Crystal Pite : trois visages de la danse réunis en un programme qui interroge la mémoire, l’amour et l’identité. Dans The Art of Not Looking Back, Shechter ouvre la boîte de Pandore de son enfance où paraissent 9 femmes, autant d’images de la mère…

  • SARTROUVILLE, 78. PENTHÉSILÉE, 11 – 27 mars 2020. Kleist fixe au XIXè avant Schiller et Goethe, le souffle romantique et tragique inspiré des héros de l’Antiquité. En s’emparant de la figure de Penthésilée, reine des Amazones, Sylvain Maurice revient aux fondamentaux du théâtre : la performance d’acteur au service d’un texte radical et poétique, à la mesure d’un être hors normes, terrassé et détruit, violent et définitif. Pour compenser ce trop plein de sentiments, le directeur du CND Sartrouville réserve une place enveloppante à la musique, contemporaine aux aspérités rock et pop, chanté et magistralement composé / joué par Dayan…

  • TOURCOING, le 3 avril 2020. Passion et Résurrection du Christ. Dominique Visse, chanteur irrésistible dans les emplois souvent travestis (de Nourrice tendre et prosaïque de l’opéra baroque, entre autres), dirige ici la veine mystique de Marc-Antoine Charpentier. Le contre-ténor a sélectionné plusieurs partitions de baroque français qui s’il n’a jamais occupé de poste à Versailles, n’en était pas moins très apprécié de Louis XIV. Le compositeur a le génie des harmonies raffinées, un sens aigu du drame et une écriture sobre, serrée, particulièrement efficace. Il a su nuancer l’influence des Italiens, en particulier de Carissimi, rencontré à Rome lors d’un…

  • TOURCOING, ROSSINI : La Cambiale di Matrimonio, 20 – 24 mars 2020. Fidèle à LA COMMEDIA DELL’ARTE, l’opera buffa de Rossini met en musique le fameux trio loufoque, tragicomique du barbon épais, rustre auquel sont opposés un couple de jeunes amoureux…
    De fait, l’histoire met en scène un riche négociant anglais qui vend par correspondance sa fille unique (amoureuse d’un pauvre) à un riche propriétaire canadien… ce dernier au début de l’opéra, débarque du nouveau monde, dans l’ancien pour prendre possession de son « bien ». D’une situation assez choquante, surgissent maints effets de théâtre, ceux que Rossini adore :…

  • LILLE. PUCCINI : TURANDOT. 7, 8, 9 juillet 2020. Lille grâce à l’ONLILLE, Orchestre National de Lille poursuit en été son offre lyrique. Dans le cadre de son nouveau festival intitulé « Les Nuits d’été » (2è édition en juillet 2020), l’ONLILLE aborde TURANDOT de Puccini, les 7, 8 et 9 juillet 2020 (20h) dans son superbe auditorium du Nouveau Siècle. La partition est la dernière transmise par Puccini, qui hélas meurt avant d’avoir achever la totalité du IIIè acte : de fait si l’on respecte le manuscrit originel, Puccini a interrompu la composition après le suicide de Liu et…

  • LILLE, ONL, le 11 mars 2020, 20h. DESTIN RUSSE. Tchaikovski, Prokofiev. A partir de la musique de Bach (choral « Es ist genug » extrait de la cantate « O Ewigkeit du Donnerwort » BWV 20), le compositeur finlandais en résidence à l’ON LILLE Orchestre National de Lille, Magnus Lindberg, suit le traces d’Alban Berg qui a parodié le même choral pour son Concerto pour violon. Le Finlandais en déduit une partition flamboyante, intitulée simplement et logiquement “Chorale”, pleine d’espérance et aussi de vertiges sombres et de tensions inquiétantes.
    Prokofiev compose en France son Concerto pour piano n°3 pendant l’été…

  • PARIS, Bastille. WAGNER : Le RING. 10 oct > 21 nov 2020. Après le cycle événement conçu par Günther Krämer (déjà dirigé par Philippe Jordan, Bastille 2013), l’Opéra de Paris présente sa nouvelle production de la Tétralogie wagnérienne, mise en scène cette fois par le catalan volontiers provocateur Calisto Bieito dont la vision reste souvent laide voire prosaïque, soulignant dans l’action tout ce qui relève de notre époque postmoderniste, cynique, barbare, désenchantée. Ce n’est pas ce nouveau cycle qui contredira sa réputation et force est de présumer que ce Ring s’affirmera par son réalisme désabusé et froid (comme sa Carmen,…

  • LILLE, ONL. WEILL par LANBERT WILSON, 4, 5 mars 2020. Lambert Wilson chante Kurt Weill, en 3 concerts : les 4 et 5 mars 2020 au Nouveau Siècle à Lille, résidence de l’Orchestre National de Lille; puis le 6 au Théâtre de Bèthune. L’Orchestre National de Lille aime diversifier son répertoire, en témoigne ce programme prometteur, hors des sentiers battus, où le génie mélodique de Kurt Weill est incarné par le comédien et chanteur Lambert Wilson ; l’Orchestre National de Lille sous la direction de Bruno Fontaine saura défendre quant à lui l’une des écritures les plus raffinées au début…

  • POITIERS, TAP. Jeudi 26 mars 2020. SPECTRE(S) : Grisey, Michaud, Ledoux. Immersions modernes, contemporaines pilotées par le collectif en résidence au TAP de Poitiers : Ars Nova. Gérard Grisey (1946-1998), compositeur majeur du 20ème siècle interroge le spectre du son, le grain du timbre… longueur, hauteur, profondeur, horizon spectrale inédit. L’approche fut inédite et vraie porte au pur onirisme. Périodes (1974) et Partiels (1975) sont deux chefs-d’œuvre du répertoire contemporain instrumental. En leur donnant un nouveau début, …niente… de Pierre Michaud, et une nouvelle suite, Le vide parfait de Gabriel Ledoux, deux commandes de l’Ensemble Ars Nova, Jean-Michaël Lavoie et…

temps forts

    en direct sur internet

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  • EN DIRECT sur internet : ven 14 août 2020, 19h : en direct de Saanen / GSTAAD : Récital BEETHOVEN. DANIEL BEHLE & JAN SCHULTSZ… Contrairement à Schubert ou à Schumann, le nom de Beethoven n’est pas immédiatement associé au lied. Ludwig a pourtant laissé plus de 100 opus du genre à la postérité. En compagnie de Jan Schultsz (pianoforte), le ténor Daniel Behle propose une sélection de mélodies : «Ich liebe dich so wie du mich», «der Kuss» ou «Adelaide»… Jan Schultsz agrémente la soirée de nombreuses anecdotes, ressucitant Beethoven au travail. Le concert du 14 août commence dès…

  • EN DIRECT depuis GSTAAD : Le GSTAAD MENUHIN FESTIVAL crée l’événement en proposant en août 4 CONCERTS événements : les 4, 9, 14 et 15 août 2020, tous dédiés à Beethoven, 250 ans de sa naissance oblige. Le cycle s’intitule «Kosmos Beethoven». Depuis sa plateforme digitale dédiée, le GSTAAD MENUHIN FESTIVAL met à l’honneur 4 tempéraments d’exception, aptes à relever les défis du génie beethovénien. Malgré l’annulation de son édition 2020, le Gstaad Menuhin Festival & Academy occupe ainsi l’affiche estivale en août. Les 4 concerts BEETHOVEN depuis la plateforme digitale du festival, sont à suivre en livestream les 4,…

  • FESTIVAL 1001 (LIMOUSIN), 1er – 8 août 2020. La musique classique se réinvente en Limousin, toujours plus proche, davantage accessible, pour tous les spectateurs. Covid oblige, le festival estival 1001 NOTES a complètement modifié son déroulement et son offre pour cet été. Annoncé la première semaine d’août, le premier festival dans le Limousin entend défendre sa riche singularité; il s’annonce repensé, plus ouvert, dans le cadre d’une édition « déconfinée », du 1er au 8 août 2020. Pour ses 15 ans, 1001 NOTES ne pouvait mieux souligner combien la musique est libératrice, apaisante, idéale pour retrouver confiance, cultiver le goût…

  • CHORÉGIES D’ORANGE 2020. A l’heure de la covid19, la circulation internationale des artistes étant réduite (probablement jusqu’à la fin de l’année 2020), les Chorégies d’Orange se mettent au diapason de la mémoire et propose une manière de rétrospective, avec focus sur quelques unes des plus belles réalisations passées. Un retour sur… en quelque sorte. Histoire des Chorégies sur le site et la page facebook (exposition photographique jusqu’au 23 juillet 2020 / 1979 – 2009 : 40 ans de photos réalisées par Philippe Gromelle : Quarante ans de photos aux Chorégies d’Orange retracés grâce à huit courtes vidéos d’environ 5 minutes.…

  • LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020 : 100% digital, les 12, 13 et 14 juin 2020 – Crise sanitaire oblige, le LILLE PIANO(S) FESTIVAL est en 2020, 100% DIGITAL. Le Festival propose tout un cycle de concerts gratuits en direct et en rediffusion sur la chaîne youtube et la page facebook de l’Orchestre National de Lille (ON LILLE). Au total sur 3 jours, 30 artistes invités dans plusieurs programmes entièrement numérique. Ce sont 19 concerts en direct ou en différé qui porteront la flamme d’un festival parmi les plus importants de la capitale lilloise. Les performances sont assurées depuis l’auditorium du Nouveau…


    cinéma

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  • CINEMA, Anna Netrebko chante AIDA de Verdi, les 25 juin et 2 juillet 2020. Retour de l’opéra dans les salles obscures. Dans le cadre de l’opération Viva l’opéra !, à 19h30 pour les deux dates, revivez la magie d’une production convaincante grâce au nerf expressif du chef Riccardo Muti, au timbre charnel blessé de la soprano Anna Netrebko dans le rôle d’Aida, esclave à la cour de Pharaon et dont est épris le général victorieux Radamès… Pour autant, la fille de Pharaon, Amneris (ample contralto sombre) jalouse Aida car elle aime aussi Radamès. Anna Netrebko était alors diva verdienne, ayant…

  • CINÉMA, Fidelio le 17 mars 2020, 18h. Jonas Kaufmann chante Florestan dans les salles obscures… Célébrez le 250ème anniversaire de Mudwig Beethoven, grâce à la diffusion en live de la nouvelle production du Royal Opera Fidelio, avec dans le rôel de Florestan, le prisonnier, victime de l’arbitraire tyranique, JONAS KAUFMANN dont le timbre rauque, de félin blessé, la puissance et la finesse devraient renouveler l’interprétation du personnage, dans le sillon d’un John Vickers avant lui.
    Fidelio narre le parcours de Léonore, qui sous les traits d’un homme (Fidelio), entend sauver son mari Florestan, prisonnier politique détenu par le tyran Don…

  • CINEMA, en direct du MET : HAENDEL, AGRIPPINA. Le 29 fév 2020. Joyce DiDonato, impératrice haendélienne chante la mère de Néron, prête à tout pour que l’empereur Claude son époux, nomme comme son successeur le fils qu’elle a eu en premières noces. Néron ne pouvait trouver mère plus ambitieuse et travailleuse, et manipulatrice, d’une obsession quasi maladive… au bord de la folie. ERATO vient de publier l’intégrale d’AGRIPPINA avec le très fougueux Maxym Emelyanychev pilotant la nervosité expressive de son ensemble Il Pomo d’Oro. A New York, dans la nouvelle production événement à New york (déjà vue à Bruxelles), David…

  • Cinéma, ballet. Coppélia, mardi 10 décembre 2019 en direct du ROH, Londres. Coppélia, grand classique du Royal Ballet à Covent Garden (londres), est ainsi projeté en direct dans les cinémas partout en France, ce 10 décembre 2019 (20h15). Fantastique et poétique, le ballet Coppélia bénéficie d’une musique raffinée, conçue par Léo Delibes. A Londres, la partition est devenue un pilier du répertoire de la troupe de danseurs britanniques depuis qu’elle a été chorégraphiée par la fondatrice du Royal Ballet, Dame Ninette de Valois. Inspiré des Contes d’Hoffmann, l’action fait paraître une poupée mécanique plus vraie que la vie, charmant jusqu’à…

  • LILLE, ONL. STAR WARS, 14 et 15 fév 2019. Ciné-concert de rêve à Lille… La saga Star Wars de George Lucas n’aurait jamais eu son retentissement ni sa puissance dramatique sans le chant de l’orchestre qui sert de résonateur, d’amplificateur à sa formidable action interstellaire. John Wiliams a composé l’une des musiques de films les plus envoûtantes, inscrites dans le mystère voire la terreur (quand l’infâme Dark Vador paraît), mais aussi dans le drame et l’onirisme des étoiles… L’Orchestre National de Lille joue la carte du grand écran et de la magie orchestrale en proposant pendant deux soirs, les 14…


    expos

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  • CONFINEMENT. EXPOS et musées virtuels à visiter.
    Et si le confinement était tout simplement le temps des musées et des expos ? Comme pour l’opéra, les ballets et les concerts en ligne désormais, l’offre culturelle muséale comme les expositions enrichissent considérablement leurs contenus. Les parcours et programmes virtuels sont en plein essor. CLASSIQUENEWS vous propose sa sélection des sites les plus captivants. Le monde de demain a déjà commencé : ce ne sont pas les programmes culturels ci après sélectionnés qui infirmeront cette évolution sociétale et culturelle. Il faut à présent envisager de nouvelles manières d’accéder aux Å“uvres, de vivre…

  • ARTE, dim 5 avril 2020, 17h45. JAMES TISSOT L’étoffe d’un peintre – Portraitiste de la haute société britannique et parisienne, le nantais James Tissot (1836-1902) portraiture les mondanités et les rituels sociaux comme les mutations de son temps, en particulier celui de l’Angleterre à l’âge industriel quand il se fixe à Londres (1871) après la guerre de 1870.
    S’il a renié son prénom (Jacques-Joseph) fleurant bon la bourgeoisie provinciale (nantaise) du XIXe siècle succombant à l’anglomanie ambiante (l’Angleterre victorienne, celle du musicien Elgar, est la première puissance européenne), « James » Tissot, né à Nantes en 1836, a conservé le…

  • PARIS, Palais Garnier, EXPO « L’aventure du Ring en France », 5 mai – 13 sept 2020. Bibliothèque-musée de l’Opéra / BNF – Opéra national de Paris. Histoire de la mise en scène de la Tétralogie en France, de la fin du 19e siècle à aujourd’hui. Au début des années 1890, Charles Lamoureux s’investit plus que tout autre pour faire écouter les opéras de Wagner dont Lohengrin et Tristan und Isolde. Mais le Ring wagnérien créé à Bayreuth en août 1876 s’imposera plus tard encore sur la scène de l’Opéra national. Il est vrai que le contexte de la première…

  • PARIS, Louvre. EXPOSITION : LEONARDO DA VINCI et la musique
    Focus spécial CLASSIQUENEWS
    LEONARDO LUTHISTE… Homme de science, Leonard n’a cessé de rechercher les preuves tangibles et visibles de l’harmonie et des rapports harmoniques dans la nature. Ses travaux témoignent d’une curiosité toujours insatisfaite. Constante, critique et analytique. Des mathématiques, sa quête le conduit à l’architecture, à l’anatomie et de fait à la musique. Le rapport des nombres révèlent des constructions secrètes qui produisent le son de l’équilibre et de l’harmonie. La peinture dont il a toujours expérimenté la technique, jusqu’à redéfinir un style spécifique – suggestif, comme voilé, onirique,…

  • EXPO. PARIS, Palais Garnier, Le grand opéra 1828-1867 : Le spectacle de l’Histoire, jusqu’au 2 février 2020. A partir du 24 octobre 2019, le Palais Garnier à Paris (Bibliothèque musée de l’opéra), accueille sa nouvelle exposition intitulée « Le grand opéra, 1828-1867, le spectacle de l’Histoire ». L’exposition célèbre les 350 ans de la naissance de l’Institution de l’Opéra, ex Académie de musique, royale ou impériale… selon les régimes. C’est une nouvelle initiative de célébration à laquelle participe aussi l’exposition du Musée d’Orsay : Degas à l’Opéra. Le Palais Garnier expose tableaux, maquettes de décors, manuscrits musicaux qui composent une…


COMPTE-RENDU, concert sacré. Paris, le 29 janv 2020. MOZART : Requiem. Barath, Wilder. Orfeo Orch, Purcell Choir. Gyorgy Vashegyi

 György Vashegyi : le Baroque Français au sommetCOMPTE-RENDU, concert sacré. Paris, TCE, le 29 janv 2020. MOZART : Requiem. Emoke Barath, Anthea Pichanick, Zachary Wilder, Istvan Kovacs. Orfeo Orchestra, Purcell Choir. Gyorgy Vashegyi, direction. Programme latin et sacré au Théâtre des Champs Elysées avec cette production des Grandes Voix autour du chef d’œuvre liturgique de Mozart, son dernier opus, le Requiem en ré mineur. L’orchestre hongrois Orfeo Orchestra avec le Purcell Choir sont par leur fondateur, figure importante du renouveau de la musique baroque en Hongrie, Gyorgy Vashegyi. Le maestro a été distingué à plusieurs reprises sur classiquenews pour ses excellentes lectures des opéras baroques français de Rameau (  Naïs, 2017  /  les Indes Galantes, 2018) à Mondonville (Grands Motets, 2015). La distribution des solistes est rayonnante de talent, composée de la soprano Emoke Barath, la contralto Anthea Pichanick, le ténor Zachary Wilder et le baryton Istvan Kovacs.

Le Requiem de Mozart par Gyorgy Vashegyi

Une ferveur paisible…

La première partie de la soirée révèle trois œuvres méconnues dont les interprétations ont été tout à fait à la hauteur de l’heureuse découverte. D’abord le motet de Mozart, Sancta Maria, mater Dei K.273, d’une gaîté à la fois simple et profonde. Le Domine, secundum actum meum (1799) du viennois Albrechtsberger (contemporain de Haydn, maître de Beethoven), est si rare qu’il n’existe pas encore d’enregistrement de l’œuvre. Répons de la Semaine Sainte, l’opus sollicite beaucoup les cuivres et les bois, pour notre plus grand bonheur. Les cordes sont pleines de caractère et le chœur a des passages tout à fait ravissants ! La première partie culmine avec le Requiem en do mineur de Gregor Joseph Werner (1763), connu surtout en tant que prédécesseur de Haydn comme maître de chapelle de la famille Esterhazy. L’œuvre est riche et très souvent exubérante, avec un Kyrie pompeux, et un dialogue fulgurant, pyrotechnique même, entre les cuivres et la soprano. Les parties vocales solo et la performances des vents sont tout particulièrement délectables.

MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsAprès un tel début de soirée les attentes sont grandes pour la suite. Avant l’oeuvre phare l’ensemble interprète l’avant-dernière œuvre religieuse de Mozart, le très célèbre Ave verum k.618 pour choeur et cordes. Synthèse sublime de l’art mozartien, avec sa polyphonie discrète et le traitement exquis des voix, c’est beau, tout simplement.
Le monument-testament inachevé de Mozart, le Requiem en ré mineur (dans sa version traditionnelle terminée par Süssmayr) commence avec un peu de tumulte au niveau des vents, un fait dissonant par rapport aux performances précédentes, peut-être dû à la facture baroque des instruments. Si nous sommes loin de la ferveur habituelle pendant le Kyrie, les cordes sont tout à fait assaillantes lors du Dies Irae, étrangement plus puissantes que les voix masculines du chœur, qui déçoivent. Lors du Tuba Mirum s’enchaînent de magnifiques solos vocaux, saisissants, qui compensent la soudaine timidité des chœurs. Au Rex Tremendae nous avons enfin l’impression que toutes les parties inégales s’harmonisent enfin dans la prestation chorale. Les cordes et les solistes surtout nous enivrent lors du Recordare, impressionnant. Puis le Confutatis est dramatique mais pas trop, et le sublime Lacrymosa poignant, ma non tanto. La dynamique s’améliore par la suite et nous retenons surtout les performances des solistes, irréprochable ; véritables protagonistes, ils sont les piliers salvateurs de la prestation. L’orchestre se rattrape dans le Benedictus malgré tout et les artistes ont l’amabilité d’offrir l’Ave Verum en bis.

Une soirée riche en découvertes du répertoire latin du 18e siècle ; elle nous permet de comprendre la difficulté et l’exigence requises dans l’interprétation du chef d’œuvre liturgique de Mozart, qui donne le titre à l’événement et dont les bijoux sont, comme d’habitude, les voix.

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COMPTE-RENDU, concert sacré. Paris, TCE, le 29 janv 2020. MOZART : Requiem. Emoke Barath, Anthea Pichanick, Zachary Wilder, Istvan Kovacs. Orfeo Orchestra, Purcell Choir. Gyorgy Vashegyi, direction.

COMPTE-RENDU, critique CONCERT. PARIS. Eglise St-Sulpice, le 13 nov 2019. VERDI: REQUIEM. Euromusic Symph Orch. H. Reiner

Vague verdienne en juin 2014COMPTE-RENDU, CONCERT. PARIS. Eglise Saint Sulpice, le 13 Novembre 2019. G.VERDI. REQUIEM. Euromusic Symphonic Orchestra. Choeur International Hugues Reiner. H.REINER. Il est moments musicaux qui sont inclassables et ce Requiem de Verdi, donné à Saint-Sulpice le 13 novembre 2019, est l’un de ceux qui resteront dans les mémoires. Ainsi le très long silence qui a terminé le Requiem représente le plus bel hommage et les plus belles minutes de silence possibles. Et le public incrédule d’abord, puis silencieux, a finalement applaudi généreusement un tel moment de grâce. Car comment parler d’un concert si porteur d’émotions sans le dénaturer ? Hugues Reiner a porté ce projet avec toute sa générosité, invitant l’association Live for Paris à l’événement commémoratif des tueries du 13 novembre 2015. Il y a eu beaucoup d’émotions dans la vaste église malgré le froid et l’acoustique difficile. Il faut dire que dès le concerto de trompette de Marcello qui ouvrait le concert, Guy Touvron après son vibrant hommage à son collègue et ami avait donné le ton : la musique vivante console de la mort comme rien d’autre. Le vaste Requiem de Verdi est composé à l’envers.

Un Requiem pour ne pas oublier
et pour que vive la liberté !

Car la fin : le Libera Me de la soprano, est la pièce composée en premier pour un Requiem d’hommage à Rossini qui n’a jamais vu le jour. Verdi chantre de l’opéra ne pouvait décevoir et a composé avec ce Requiem une grande fresque opératique donnant un relief particulier à la Doxa chrétienne ; car s’il suit le texte latin il est peu de dire qu’il lui donne une vigueur incroyable avec des accents terribles ou touchants et de vastes phrases en gestes vocaux quasi surnaturels.
Le quatuor de solistes est utilisé comme dans un opéra. C’est la soprano qui est la plus exposée mais personne n’est secondaire. La soprano Blerta Zhegu est remarquable de sureté d’émission et de beauté de ligne vocale. L’homogénéité de la voix lui donne de l’autorité comme une grande tendresse. Elle a remplacé au pied levé Isabelle Ange malade et a appris sa partie en moins de six jours ! Guillemette Laurens faisait là une prise de rôle attendue. En effet la diva sombre du baroque pour fêter ses 47 ans de carrière osait une entrée dans le répertoire romantique qu’elle affectionne tant. Son timbre prenant, sa diction faite drame et ses phrases ciselées, avec de grands contrastes, ont fait merveille. Dans toute sa partie, que se soit en solo, en duo, trio ou quatuor, elle apporte une diction vivifiante et un sens de la fusion des timbres dignes de l’extraordinaire madrigaliste qu’elle est. Le ténor Joachim Bresson avec un engagement très émouvant a chanté sa partie avec une grande musicalité ; quand d’aucuns ne sont que voix large, lui nuance et phrase délicatement sa partie. La voix au grain noble permet de porter loin une émotion non feinte. Il est bien rare de voir un artiste vivre si intensément ce qu’il chante. La basse Robert Jezierski apporte beaucoup de force et de stabilité avec un art du chant verdien bien maîtrisé. L’accord entre les voix des quatre chanteurs a été remarquable avec la constante recherche d’un bel équilibre. Il faut dire que le travail sur les parties solistes avec Hugues Reiner, semble particulièrement abouti.
Bien souvent des choses très fines ont été perceptibles qui sont souvent noyées dans les décibels et qui ce soir ont livré la quintessence de l’art vocal de Giuseppe Verdi. L’orchestre et le chœur, tous très engagés, ont parfaitement été à la hauteur de l’événement. Et la direction souple et digne d’Hugues Reiner a magistralement fait avancer le drame sans jamais rien lâcher. Tempi élégants, articulations fines des choeurs, belles couleurs orchestrales, excellent dosage des nuances entre tous, son Requiem de Verdi est un grand opéra construit dans une dramaturgie assumée. Le début pianissimo fantomatique, les fresques chorales, les trompettes spacialisées de la terreur du Dies Irae, comme le tendresse du duo de l’Agnus Dei ont emporté le public dans les émotions contrastées attendues.
Et ces minutes finales de silence, en hommages au morts de novembre 2015 resteront comme un moment de magie de la vie. Voila un magnifique Requiem porté par des musiciens, engagés totalement dans la dramaturgie sublime de Verdi. Cela méritait bien le voyage à Paris !

Compte-rendu Concert. Paris. Eglise Saint-Sulpice, le 13 Novembre 2019. Benedetto Giacomo Marcello ( 1686-1739) : concerto pour trompette en ré mineur ; Giuseppe Verdi (1813-1901) : Requiem. Blerta Zhegu, soprano ; Guillemette Laurens, mezzo-soprano ; Joachim Bresson, ténor ; Robert Jezierski, basse ; Guy Touvron, trompette ; Euromusic Symphonic Orchestra. Choeur International Hugues Reiner. Hugues Reiner, direction.

CD, critique. BERLIOZ : Requiem (Philharmonia, Nelson, 1 cd, 1 dvd Erato, Londres, mars 2019)

berlioz-requiem-nelson-hon-londres-saint-paul-philharmonia-orchestra-michael-spyres-requiem-critique-cd-review-cd-classiquenewsCD, critique. BERLIOZ : Requiem (Philharmonia, Nelson, 1 cd, 1 dvd Erato, Londres, mars 2019). Oeuvre fétiche pour Berlioz, le Requiem explore mieux qu’aucune autre de ses œuvres la puissance de la spatialisation adaptée pour un très grand effectif voix / instruments. Ici dans la démesure du chœur et dans l’orchestre monstrueux, se dresse le peuple des hommes désemparés par l’inéluctable mort. Réalisé pour les funérailles du général Damrémont, mort au combat pendant la prise de Constantine, épisode majeur de la conqête de l’Algérie par la France, la partition monumentale est créée aux Invalides le 5 déc 1837, sous la direction du chef beethovénien et berliozien, François-Antoine Habeneck, avec le ténor Gilbert Duprez (qui créera ensuite le rôle de Benvenuti Cellini).
Enregistré à la Cathédrale Saint-Paul de Londres le 8 mars 2019 par plus de 300 musiciens et choristes et le ténor Michael Spyres, la fresque berliozienne si elle tutoie le colossale, comme le Jugement Dernier à saint-Pierre par Michel Ange, n’écarte pas surtout la déchirante plainte humaine. John Nelson signe ici une lecture nimbée de spiritualité dans une sonorité ample et pourtant claire, qui fouille jusqu’aux limites, la sensation spatiale à laquelle tenait tant le bouillonnant auteur de la Fantastique.

L’excellente prise de son restitue l’ampleur sous la voûte londonienne, avec des effets de réverbérations qui obligent les interprètes et le chef à négocier avec le retour et le son tournoyant, afin de régler la précision des attaques et des tutti (ce qui n’écarte pas certains décalages). De ce point de vue, le spectre sonore ajoute évidemment à la noblesse grave, cette langueur d’abandon qui marque le premier mouvement (Introït), dans lequel on regrette cependant la dilution des voix chorales (les femmes et les ténors principalement). Malgré ces infimes réserves, le grand œuvre berliozien s’extirpe ici de sa gangue obscure pour atteindre dans des tutti sidérants, la lumière d’une prière sincère. D’un coup s’élève et se dresse l’humanité atteinte, désireuse de dépasser sa condition mortelle grâce à la seule miséricorde. Le relief de l’orchestre, la présence des instruments par pupitres, l’accord des timbres composent un mélange harmonique, des couleurs irréelles, où la spiritualité le dispute au pur fantastique, selon l’esthétique du grand Hector.

 

 

 

Ampleur et solennité,
drame et fantastique,
John Nelson inscrit le Requiem de Berlioz
dans un nimbe spirituel

 

 

 

Humanité et fraternité, élan imploratif et éclairs surréels voire surnaturels, inscrits dans les vastes lignes instrumentales, forment peu à peu dans ce fabuleux concert londonien, la grande mystique de Berlioz. On passe d’une séquence à l’autre, saisis par l’audace des couleurs, les vertiges nés de cette spatialisation – l’expression et les visions cosmiques, d’un Berlioz visionnaire et prophète. Il n’y a pas dans toute la littérature musicale au XIXè, de Requiem plus éthéré, plus suspendu, aérien, prophétisant la promesse de Paradis que dans celui de Berlioz. John Nelson l’a bien compris qui dessine et brosse la pâte de Berlioz avec des accents justes en souplesse et profondeur.

Jusqu’à l’Offertoire  (chœur des âmes au Purgatoire), tout s’énonce comme un appel, une prière, une requête (depuis le Kyrie) ; soit la grande question de la mort, interrogeant le pourquoi et le sens de la faucheuse (marche douloureuse du Dies Irae, jusqu’à l’effroi saisissant du Tuba mirum et du Rex Tremendae…). Toujours la question du salut s’impose (« Qui sum », 3 : adressé directement au « doux Jésus / Pie Jesu »…).
Le chœur murmuré au début, se lève, puis martial, exhorte, bataille ; mène un front certes dérisoire, mais où toute les forces mortelles sont engagées.
Une humanité bientôt submergée par la vision du Trône au moment du jugement dernier : cuivres majestueuses aux effets spectaculaires (« le trompette au son prodigieux… ») : tout l’imaginaire spectral et cosmique de Berlioz prend forme dans cette séquence à couper le souffle, idéalement amplifiée et dramatisée par le lieu qui rassemble les interprètes, et qui dans le vacarme et la souple déflagration exprime le miracle (espéré, attendu) de la Résurrection. L’intelligence du chef, architecte de cette démesure dont il assure la clarté et l’équilibre en gardien, s’affirme dans cet échelle du colossal et du fantastique.

IMMENSITÉ ET CHAMPS SONORES… Le Domine Jesu (VII) en serait le sommet où perce la plainte collective d’une humanité en transit, au salut suspendu, qui espère et est perdue à la fois. Nelson joue sur l’immensité sonore, l’ample réverbération là encore de la cathédrale Saint-Paul ; ciselant les ondes d’un vortex proche et lointain, inscrit dans une mémoire ancestrale ; il en sculpte les vagues distanciées, éloignées, étagées, dans un infini spatial dont Berlioz a le secret (et le génie : sur les mots « et sanctus Michael signifer »… ).
Cristallisation de l’imploration, et accomplissement d’un spectaculaire sonore qui signifie le désincarné ultime de la mort.
On reste saisi par le réalisme sépulcral de l’Hostias (morsure presque grimaçante des cuivres), chœur d’hommes implorants là encore, d’une sincérité bouleversante, auquel répond l’ironie cynique des trombones et des tubas.

Puis c’est l’élévation du Sanctus, pour ténor solo dont la tendresse du timbre exprime un instant de grâce et l’humilité du pêcheur, en son sort désespéré ; vaillant, presque héroïque mais sans orgueil aucun, et d’une humanité fraternel qui appelle la 9è de Beethoven, le très berliozien Michael Spyres rétablit cette échelle individuelle dans la fresque qui le dépasse.

 

 

   

 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD, critique. BERLIOZ : Requiem (Philharmonia, John Nelson, 1 cd, 1 dvd Erato, Londres, mars 2019). La version deluxe (double coffret) comprend en bonus, 1 dvd proposant l’intégralité du concert filmé en la cathédrale Saint-Paul de Londres.

 

 

 

Michael Spyres, ténor
Philharmonia Orchestra
Philharmonia Chorus
London Philharmonic Choir
John Nelson, direction

Grande Messe des morts, Op. 5, H. 75 / 1837 :

I. Requiem – Kyrie (Introït) (Live)
II. Dies irae – Tuba mirum
III. Quid sum miser
IV. Rex tremendae
V. Quaerens me
VI. Lacrymosa

VII. Offertoire – Domine
VIII. Offertoire – Hostias

IX. Sanctus
X. Agnus Dei

Requiem de Verdi à l’Arsenal de METZ

metz-cite-musicale-6-oct-2019-requeim-de-verdi-annonce-concert-critique-classiquenews-orch-national-de-metzMETZ, Arsenal. VERDI : REQUIEM, dim 6 oct 2019. Messe funèbre dramatique, opéra sacré, cantate de célébration, de mémoire et de compassion…Le Requiem de Giuseppe Verdi est tout cela à la fois, donné ici à l’Arsenal de METZ. Distribution, entièrement française, pour ce Requiem de Verdi avec le Chœur de l’Orchestre de Paris. À sa création, l’aspect théâtral et trop opératique de l’ouvrage avait suscité incompréhension voire agacement : qu’à faire ce style lyrique dans une messe funèbre qui doit accompagner les jusqu’au repos éternel ? Ému par la disparition du poète Manzoni, Verdi tint à lui rendre hommage, en composant ainsi un sommet de la déploration symphonique, chorale, lyrique. Toute la science dramatique du compositeur se met au service d’une ferveur directe et sincère qui réussit à peindre l’effroi et les promesses du grand théâtre de la mort.

 

 

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METZ, ARSENALboutonreservation
cité musicale metz, saison 2019 2020
ARSENAL, Grande Salle
Dimanche 6 octobre 2019, 16h

VERDI : REQUIEM
Orchestre national de Metz
Chœur de l’Orch de Paris

soprano : Teodora Gheorghiu
mezzo-soprano : Valentine Lemercier
ténor : Florian Laconi
basse : Jérôme Varnier
Scott Yoo, direction

INFOS, RESERVATIONS ici :

https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/requiem-de-verdi

 

 

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Déroulé du Requiem : 7 parties

1. Requiem
2. Dies irae
3. Offertorio
4. Sanctus
5. Agnus Dei
6. Lux aeterna
7. Libera me

 

 

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Pour les parents et familles : possibilité d’une garderie musicale à 16h
de 4 à 8 ans. Pendant que les parents assistent au concert, les enfants participent à un atelier musical en lien avec le concert des plus grands, qu’ils rejoignent à la fin du concert. À cette occasion, un musicien intervenant propose des écoutes d’extraits musicaux, des comptines, des jeux d’éveil musical…

Et un bon goûter !

Tarif 6 € / enfant
(offre soumise à l’achat d’une place de spectacle pour l’adulte accompagnant)

 

 

 

L’œuvre : REQUIEM OPERATIQUE ET HUMANISTE

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VERDI_402_Giuseppe-Verdi-9517249-1-402A l’origine, Verdi compose son Requiem pour la mort du poète italien Alessandro Manzoni (l’auteur adulé, admiré d’ i Promessi sposi) en 1873. La partition est plus qu’un opéra sacré : c’est l’acte d’humilité d’une humanité atteinte et saisie face à l’effrayante mort ; l’idée du salut n’y est pas tant centrale que le sentiment d’épreuve à la fois collective (avec le formidable chœur de fervents / croyants), et individuelle, comme l’énonce le quatuor des solistes (prière du Domine Jesu Christe). Le Sanctus semble affirmer à grand fracas la certitude face à la mort et à l’irrépressible anéantissement (fanfare et choeurs) : mais la proclamation n’écarte pas le sentiment d’angoisse face au gouffre immense.

D’abord entonné en duo (soprano et alto), l’Agnus dei témoigne du sacrifice de Jésus, prière à deux vois que reprend comme l’équivalent profane/collectif du choral luthérien, toute la foule rassemblée, saisie par le sentiment de compassion. Enfin en un drame opératique contrasté, Verdi enchaîne la lumière du Lux Aeterna, et la passion d’abord tonitruante du Libera me (vagues colossales des croyants rassemblés en armée), qui s’achève en un murmure pour soprano (solo jaillissant du choeur rasséréné : Requiem aeternam dona eis, Domine, et lux perpetua lucaet eis / Donne-leur, Seigneur, le repos éternel, et que la lumière brille à jamais sur eux) : ainsi humble et implorant, l’homme se prépare à la mort, frère pour les autres, égaux et mortels, à la fois vaincus et victorieux de l’expérience de tous les mourants qui ont précédés en d’identiques souffrances.

Il faut absolument écouter la version de Karajan (Vienne, 1984) avec la soprano Anna Tomowa Sintow et le contralto d’Agnès Baltsa pour mesurer ce réalisme individuel, – emblème de l’expérience plutôt que du rituel, pour comprendre la puissance et la justesse de Verdi. Acte de contrition (Tremens factus sum ego -1-) chanté par la contralto d’une déchirante intensité, prière en humilité, le chant ainsi conçu frappe immédiatement l’esprit de tous ceux qui l’écoute ; au soprano revient le dernier chant, celui d’une exhortation qui n’écarte pas l’amertume ni la profonde peine ; entonnant avec le chœur rassemblé, concentré, ému, les dernières paroles du Libera me, la soprano exprime le témoignage de la souffrance qui nous rend égaux et frères ; en elle, retentit l’expérience ultime ; son air s’accompagne d’une espérance plus tendre, emblème de la compassion pour les défunts, tous les défunts.
Croyant ou non, l’auditeur ne peut être que frappé par la haute spiritualité de ce Requiem élaboré à l’échelle du colossal et de l’intime, où les gouffres et les blessures nés du deuil et de la perte expriment de furieuses plaintes contre l’injustice criante, puis s’apaise dans l’acceptation, conquise non sans un combat primitif et viscéral. Dans le format réussi de cette fresque qui unit le collectif et l’intime, Verdi nous parle d’humanisme ; l’homme qui doute et désespère parfois, n’oublie jamais la mort, notre destin à tous : cette conscience en humilité façonne les meilleurs d’entre nous.

 

 

CRITIQUE, CONCERT. GRANDVILLARS, église Saint Martin, le 20 juillet 2019. Tomás Luis de VICTORIA (1548-1611) : Requiem, officium defunctorum. Vox Luminis

musique-et-memoire-festival-2019-annonce-programmation-concert-opera-festival-concerts-annonce-critiques-classiquenewsCRITIQUE, CONCERT. GRANDVILLARS, église Saint Martin, le 20 juillet 2019. Tomás Luis de VICTORIA (1548-1611) : Requiem, officium defunctorum. Vox Luminis. À la source d’un genre riche en représentants à chaque siècle, et bien avant ceux de Mozart (désarmant, sincère … autobiographique ?), Berlioz (spectaculaire et spatial), Verdi (opératique mais si fraternel)… éblouit, tel un gemme tombé du ciel, celui lumineux et solaire de l’espagnol Tomás Luis de Victoria (1548 – 1611), maître de la polyphonie Renaissance. Autant ses successeurs, exprimeront les souffrances des pêcheurs, l’incertitude du croyant, la figure effrayante de la mort inflexible, autant Victoria illuminé lui-même par la grâce de la révélation, peint au cours de ce sommet de la ferveur daté de 1603 (pour les funérailles de l’impératrice douairière Marie de Habsbourg), les champs célestes du Paradis… ceux promis pour les justes, mais aussi l’extase des élus, la béatitude bienheureuse qu’offrent et diffusent les sphères divines. L’auditeur est comme aspiré vers des hauteurs de plus en plus vertigineuses à peine concevables.

 

 
 

 

VERTIGES ET SENSATION DES HAUTEURS RÉVÉLÉES

 

 

Mais c’est davantage qu’une représentation abstraite et plus qu’une opération de lévitation, car Vox Luminis par la rondeur de la sonorité collective, la maîtrise des nuances, expriment aussi la tendresse d’un état de bien-être inouï. L’ensemble à l’articulation enveloppante et pourtant aussi détaillée, plus intelligible que certains anglais, révèlent la force poétique des textes, entre imploration et tendresse, comme l’impressionnante architecture de la partition, de l’ombre et son mystère, à la lumière des hauteurs révélées.

victoria tomas luis polyphonie 1603 Officium defunctorum critique dossier concert classiquenewsDu chÅ“ur de l’église Saint-Martin encore ancrés au sol et résolus en une disposition en miroir, jusqu’à la tribune au dessus du porche occidental : voix des anges plutôt que chÅ“ur implorant, les chanteurs de Vox Luminis expriment l’essence même de cette écriture faite splendeur et lumière. Comme le Livre des morts de l’Egypte ancienne (et clé de voûte de toute la croyance populaire dans l’Antiquité égyptienne), c’est une traversée d’abord inquiète et intranquille puis immédiatement resplendissante qui nous est réservée. Vox Luminis réalise finalement une promesse exaucée, celle du dernier voyage dont il font une fabuleuse expérience : de la nuit à l’aube des bienheureux. Les fabuleux passeurs sont nos guides pour une musique divine (au sens propre du terme). Ils achèvent le voyage dans les hauteurs, sur la tribune du porche, enveloppés dans les ondes célestes qui offrent confort et félicité.

Au final, Vox Luminis nous fait entendre la richesse d’une partition parfaitement construite, synthèse et grand œuvre personnelle, comme le sera la Messe en si de Bach (que l’ensemble a interprété l’année dernière pour Musique & Mémoire : voir notre reportage vidéo Vox Luminis chante JS BACH au 25è festival Musique et Mémoire). En un contrepoint sensible, apportant dans cette fresque inspirée qui tend à l’éther, Jean-Charles Ablitzer fait sonner le somptueux orgue ibérique de l’église de Grandvillars, ajoutant à la réalisation, une caractérisation elle aussi bienheureuse. Mais aussi « efficace » car il faut bien accompagner les chanteurs pendant leur pérégrination, du chœur terrestre à la tribune occidentale, céleste. Du grand art, en complicité.

Debout le public sidéré applaudit chaleureusement les chanteurs et leur chef (Lionel Meunier) en un nouvel accomplissement qui est aussi une première absolue pour les interprètes. Création et commande du festival Musique et Mémoire, ce concert demeurera mémorable pour les festivaliers. Il est vrai que le directeur Fabrice Creux a ce don rare de choisir les interprètes, les oeuvres et les lieux, au bon moment. Voilà qui fait de Musique et Mémoire l’écrin d’expériences musicales aussi décisives, autant pour le public que pour les artistes. En 2019, le festival dans les Vosges du Sud nous promet bien d’autres (re) decouvertes prometteuses… A suivre.

 

 
 

 

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CRITIQUE, CONCERT. GRANDVILLARS, église Saint Martin, le 20 juillet 2019. Tomás Luis de VICTORIA (1548-1611) : Requiem, officium defunctorum. Vox Luminis. Prochains concerts Musique & Mémoire 2019 : WEEK END II ou “Acte II” : ALIA MENS joue JS BACH, du vendredi 25 juillet au dimanche 28 juillet 2019. Nouveau cycle de concerts incontournables dans les Vosges du sud, cet été.

 

 
 

 

REPORTAGE VIDEO. JS BACH : Messe en si par VOX LUMINIS / Festival Musique et Mémoire 2018 (25è édition)

musique-et-memoire-2018-vignette-carre-classiquenews-coup-de-coeur-festival-evenementVIDEO, reportage. MUSIQUE & MÉMOIRE, 25è édition : 13-29 juillet 2018. LABORATOIRE BAROQUE VISIONNAIRE… Peu à peu, le Festival Musique & Mémoire (Vosges du Sud) a révélé des conditions exceptionnelles pour favoriser l’émergence et l’approfondissement de gestes artistiques défricheurs, exigeants. C’est le bénéfice d’une ligne artistique qui fonde son action auprès des artistes dans le sens d’un compagnonnage inédit… des résidences qui se déclinent pour chaque ensemble invité et donc associé, à 3 années de recherche, d’expérimentation, de consolidation. L’écriture suprême de Jean-Sébastien Bach y tient une place en or – phénomène singulier en France : rares les festivals qui poursuivent sur le long terme, un questionnement continu sur l’œuvre de Jean-Sébastien. VOIR notre reportage vidéo JS BACH : Messe en si par VOX LUMINIS / Festival Musique et Mémoire 2018 (25è édition)

 

 

 

 
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LIRE aussi nos autres critiques comptes rendus des concerts FESTIVAL MUSIQUE & MEMOIRE 2019 :

 

COMPTE-RENDU, concert. LURE, église Saint-Martin, le 19 juillet 2019 (ouverture du 26è Festival Musique et Mémoire) : Giovanni GABRIELLI : Incoronazione a Venetia (Venise 1615). La Fenice, Jean Tubéry. LABORATOIRE VÉNITIEN…

 

 

COMPTE-RENDU, concert. GRANDVILLARS, église Saint-Martin, le 20 juillet 2019. Francisco CORREA de ARAUXO (1584 – 1654). Tientos. Victoria, Morales… Jean-Charles Ablitzer, orgue ibérique de Grandvillars, Vox Luminis.

 

 
 

 

Requiem de Fauré à Poitiers

sargent-faure-gabriel-portrait-1280px-John_Singer_Sargent_-_Gabriel_Faure-livres-homepage-magazine-livres-classiquenews-582POITIERS, TAP. Le 20 mars 2019. FAURE : Requiem, Pelléas. C’est la concrétisation attendue d’un projet réalisé entre l’Orchestre des Champs Elysées et le TAP. Depuis sa création en 2014, Chœur et orchestre des jeunes implique des jeunes du territoire poitevin, issus de divers horizons. Cette année les lycéens d’établissement d’enseignements général, technologique, professionnel et agricole, et les élèves des conservatoires sont rejoints par des jeunes en situation de handicap sans pratique musicale régulière. Une expérience de rencontre et de partage, de sensibilisation et de transmission, autour d’une ambition commune. Au programme de cette 6ème édition, le Requiem de Fauré, œuvre majeure du compositeur qui frappe par sa paradoxale douceur et son appel à l’espérance, et la création d’un jeune compositeur, auquel l’Orchestre des Champs-Elysées a passé commande.

Au cÅ“ur de l’expérience, associant jeunes chanteurs et musiciens sur instruments d’époque de l’Orchestre des Champs Elysées, l’œuvre raffinée, profonde mais si mesurée voire pudique de Gabriel Fauré, qu’il faut jouer avec clarté, transparence et un art des nuances, consommé. Le Requiem version pour grand orchestre de 1900, est couplé avec la suite Pelléas, véritable manifeste de musique française propre à l’extrême fin du XIXè (1898) : Fauré écrivant cette musique de scène après que Debussy eut décliné la commande énoncée par l’actrice Mrs Patrick Campbell. Dans sa version pour orchestre, – sans mise en scène, Fauré a lui-même orchestré (la partition pour le théâtre ayant été réalisée par son élève Charles Koechlin) ; la délicatesse de l’orchestration n’empêche pas une certaine ampleur proche des climats souterrains, marins du poème initial de Maeterlinck.

 

 

 

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POITIERS, TAPboutonreservation
Mercredi 20 mars 2019, 19h30
Gabriel Fauré  : Requiem op. 48 (version pour grand orchestre de 1900), Pélléas et Mélisande
Louis Daval Frerot : The unquestioned answer
Chœur et orchestre des jeunes
Orchestre des Champs-Elysées
Mathieu Romano, direction

 

 

 

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/choeur-et-orchestre-des-jeunes-4/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Compte-rendu, concert. Blagnac. Odyssud, le 13 nov 2018. Weill. Mozart. Les Passions, Les Eléments. Suhubiette.

MOZART-portrait-romantique-mozart-genie-xviii-siecle-portrait-opera-compte-rendu-par-classiquenews-critique-comptes-rendus-concerts-par-classiquenews-mozart-et-salieriCompte rendu concert. Blagnac. Odyssud Grande salle, le 13 novembre 2018. Weill. Mozart.Les Passions. Les Eléments. Joel Suhubiette. Il est toujours intéressant d’aller écouter le Requiem de Mozart, tant cette œuvre est à part. La beauté intrinsèque de la partition, comme son incomplétude et sa synthèse de toute la musique occidentale, entre hommage et inventions géniales, ne lassent pas un public toujours renouvelé. L’autre intérêt réside dans le choix artistique d’accompagnement de ce chef d’œuvre. Sachant le succès attendu ce concert a été donné deux fois dans la grande salle d’Odyssud et inclus dans la programmation entourant les cérémonies du centenaire de la si triste Armistice de « la Grande Guerre ». Aussi le choix du Berliner Requiem de Weill était très juste.

 
 
 

Triste humanité en son aveuglement durable

 
 
 
Le contraste entre la partition de Weill et celle de Mozart est immense. Weill en véritable apôtre de la paix et comprenant toute la soumission à la pulsion de mort que représente la guerre, a écrit une partition visionnaire dont le message semble toujours aussi opaque aux hommes. Les textes de Brecht sont d’une intelligence et d’une puissance quasi insoutenables. Ils sont : ode à la nuit qui seule permet d’oublier les abominations dont les humains sont capables … qui savent si bien tout détruire en se donnant de bonnes raisons, l’évocation du viol et de la destruction du corps, et peut être de l’âme et de la pureté des idéaux, en la personne de Rosa de Luxembourg, comme de la défiguration du soldat inconnu, et le triomphe ignoble des survivants. Tout cela est terrible. Ce miroir sans pitié tendu à l’Homme n’a pas été efficace et ne semble pas l’être d’avantage aujourd’hui. Onze ans après ce Requiem commandé pour commémorer les dix ans de l’armistice, l’Europe remettait en marche sa soumission totale à la Mort. Et en dépassant de beaucoup le nombre de morts de «La Grande Guerre» faisant figure d’enfançon avec ses 18 millions de mort, alors que la deuxième guerre mondiale atteint les 70 millions ! Ce concert aurait pu être nommé : Guerre et paix mais finalement je préfère triste humanité…

La première partie du concert comprenait donc cet éblouissant Berliner Requiem de Kurt Weill en sa noirceur et sa méchanceté rares. Car la lumière noire qu’il recèle est terrifiante. Le chœur uniquement masculin doit être invincible de puissance et l’orchestre très particulier, féroce et implacable. J’ai déjà dit l’audace des mots de Brecht. Les interprètes de ce soir, dirigés par Joël Suhubiette ont semblé trop sages et appliqués. Certes le texte a été parfaitement déclamé et compréhensible, avec une traduction simultanée efficace, mais sans vie et sans … méchanceté. L’orchestre des Passion a su trouver les couleurs exactes au delà de leur répertoire habituel. Le Chœur de Chambre Les Eléments qui sait tout chanter n’a pas osé aller vers l’émotion voir l’expressionnisme possible, ni la recherche de couleurs noires ni atteindre jusqu’à l’outre-noir. Dommage car les possibilités étaient là, encore que le chœur ne semble pas comporter de vraies basses abyssales.

En deuxième partie de concert le chœur mixte et les instrumentistes baroques des Passions sont rentrés sur scène pour le Requiem de Mozart. L’orchestre avec deux chalumeaux et cordes baroques a trouvé des couleurs particulières et très belles. Il a tout du long été exemplaire de présence. Les quatre solistes ont été excellents et le fait de les voir regagner le chœur rajoutait un sentiment de fraternité bienvenu. L’alto, Corinne Bahuaud, dans la partie soliste pourtant la plus modeste a été remarquable de présence vocale et de lisibilité du texte.
Le Chœur de Chambre Les Eléments en petit nombre a été parfait de précision et de tenue. Mais la direction organique et précise de Joël Suhubiette n’a rien cherché qu’à respecter la partition, avec des tempi sages, des nuances justes esquissées et des phrasés naturels sans véritables élans. Ce sont les fugues qui ont été les moments les plus réussis, mais sans théâtre et sans drame ce Requiem ne développe pas toutes les émotions qu’il contient, ne serait ce que dans l’Introit ou le Lacrymosa par exemple.
Le contraste attendu entre les deux œuvres a donc été évité. Dommage car avec plus d’engagement et d‘audace ce programme aurait pu faire trembler et pleurer le public, alors qu’il a poliment applaudi un concert très (trop ?) sage. Finalement ce concert est au diapason des commémorations plutôt fades du sinistre Armistice de 1918 dont le message, dans un déni très inquiétant, n’est toujours pas vraiment compris.

 
 
 

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Compte rendu concert. Blagnac. Odyssud Grande salle, le 13 novembre 2018. Kurt Weil (1900-1950) : Berliner Requiem (1928) ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Requiem, K.626 ; Julia Wischniewski, soprano ; Corinne Bahuaud, alto ; Nicholas Scott, ténor ; Geoffroy Buffière, basse ; Les Passions-Orchestre Baroque de Montauban (Direction Jean-Marc Andrieu) ; Chœur de Chambre Les Eléments ; Joël Suhubiette, direction. Photos : Kurt Weill and Bertolt Brecht / Crédit : Alamy/Getty

 
 
 

MESSE pour les soldats morts à VERDUN

MOZART-portrait-romantique-mozart-genie-xviii-siecle-portrait-opera-compte-rendu-par-classiquenews-critique-comptes-rendus-concerts-par-classiquenews-mozart-et-salieriARTE, dim 11 nov 2018, 17h10. 2 REQUIEMS POUR LES SOLDATS MORTS. Pour honorer la mémoire et surtout le sacrifice de près de 700 000 soldats morts sur le front de Verdun, et dans le cadre du centenaire de l’Armistice du 11 novembre 1918, ARTE diffuse « VERDUN REQUIEMS », deux messe des morts, deux sépultures musicales pour les défunts tombés pendant la guerre. En direct de la Cathédrale de Verdun, avec au programme les Requiem de Mozart et de Saint-Saëns.
Interprètes : Vladimir Spivakov, Orch nat philh de Russie. A notre époque où les ensembles sur instruments d’époque, baroques ou romantiques ont largement démontrer leurs apports et bénéfices musicaux,… pas sûr que l’effectif choisi pour cette célébration pourtant légitime n’échappe pas à une certaine solennité, épaisse voire démonstrative (surtout chez Mozart).

CD événement. Kerll / Fux : Requiems. Vox Luminis, Lionel Meunier (1 cd Ricercar).

lionel-meunier_lrCD événement, compte rendu critique. Kerll / Fux : Requiems. Vox Luminis, Lionel Meunier (1 cd Ricercar).D’emblée voici l’un de meilleurs disques de Vox Luminis, un ensemble désormais emblématique de l’excellence vocale collective, mené par le baryton-basse Lionel Meunier, directeur inspiré qui a trouvé récemment à Saintes, – lieu emblématique des dernières recherches de Philippe Herreweghe (et son orchestre des Champs Elysées), son modèle absolu-, un lieu d’approfondissement et même de défi (en juillet dernier, Vox Luminis ouvrait le festival estival de Saintes avec King Arthur de Purcell : vraie nouveauté lyrique pour l’ensemble, et certainement une étape décisive pour la maturité dramatique du collectif belge).

 

CLIC_macaron_2014De Kerl à Fux : joyaux de la tradition sacrée viennoise. D’abord, louons ici le focus ainsi opéré sur l’écriture de Johann Caspar Kerl (1627-1693), compositeur raffiné qui doit sa formation à Rome auprès des meilleurs, soit Carissimi et Frescobaldi (excusez du peu!). Figure tutélaire de l’essor de la musique à Munich puis à Vienne (où il est organiste à Saint-Etienne), Kerl laisse une somme incontournable à la fin du XVIIè : recueil de Messes intitulé « Missae sex, sum instrumentis concertantibus » de 1689, dédié à l’empereur très mélomane et compositeur lui même, Leopold Ier, – c’est à dire à l’époque de la peste à Vienne (1679-1682) et aussi du siège de la cité impériale par les turcs (1683). Soit l’une des écritures les plus inspirées en une époque particulièrement dure et barbare pour la chrétienté en l’Europe de l’est. D’un bout à l’autre, – et même si l’on pense aujourd’hui que la « Séquence / Sequenza » (écrite à quatre voix soliste) serait d’une période autre que le reste de la partition (conçu à 5 parties), on reste convaincu par la profonde unité du cycle et par l’intensité de sa lecture. C’est essentiellement la plénitude recueillie et exceptionnellement opulente des chanteurs qui souligne sans défaut ce sentiment de sérénité angélique, offrant dans cette Missa pro defunctis, une approche apaisée et sublimée de la mort. Même le Dies ire Dies illa est d’une noble prestance (une section que Kerl – d’après ses propres écrits-, destinait pour son office funèbre semble-t-il) et les dramatiques Quantus tremor pour basse, Tuba mireur (pour ténor), Mors stupebit pour alto (ici masculin) demeurent d’une articulation mesurée, d’une impériale tenue, d’une constante élégance (Vienne dès avant Haydn et Mozart est capitale de l’élégance). La plainte plus individualisée et presque en style direct, – implorante, incarnée du Quid sum miser pour soprano (cantus) complète intelligemment une succession de vagues collectives d’une formidable épure, d’une permanente pudeur. Même implication plus personnelle dans le Lacrimosa dies illa, également pour soprano (cantus) d’une claire et là aussi, constante sensibilité pudique. Orfèvre et très investi dans l’intonation pieuse et pourtant active, Vox Luminis affirme enfin une pleine maîtrise dans l’apaisement total et cette fusion des timbres vocaux magnifiquement canalisée jusqu’à la paix ineffable du dernier Lux aeternam.

Dans la succession de la Missa de Kerl, les premières notes du Requiem pour l’Empereur / Kaiserrequiem de Fux semblent approfondir et comme accomplir l’expérience précédemment éprouvée : la continuité, le sens de la progression dramatique de Vox Luminis est d’une remarquable intelligence sonore. Exprimer la parenté évidente des deux oeuvres renforce la pertinence du programme d’en composer comme les deux volets distincts mais complémentaires d’un même retable.

 

vox luminis requiem fux kerl cd ricercar clic de classiquenews ete 2016 RIC368Plus tardif que Kerl, Johann Joseph Fux (1660-1741), légende vivante à son époque à Vienne, incarne la noblesse et l’opulence au coeur du XVIIè, car il est né en 1660, soit plus de 30 ans après Kerl. Immédiatement c’est la profonde cohésion du son d’ensemble qui frappe et saisit à nouveau, porté davantage encore par la ductilité plastique et caressante des instruments de l’excellent ensemble concertant Scorpio collectief (fusion parfaite entre timbres instrumentaux et vocaux) : Vox Luminis comprend et exprime de l’intérieur tous les enjeux tragiques et même angoissés d’une célébration de la mort, et bien sûr, fort heureusement, de la résurrection. La clarté et la transparence inonde d’une lumière continue, intense, vibrante, la claire articulation du texte, mais aussi la succession très diversifiée (quant aux effectifs choisis) des séquences (en particulier du Dies Irae… au Pie Jesu… de la Sequenza fervente, soit le centre même de cette fresque palpitante de près de 15 mn d’une action collective et individuelle vivante et flamboyante. Surprenante révélation, le Dies ire, Dies illa : ferme et expressif semble annoncer directement Mozart. Même constat pour le dernier épisode : Lux aeterna, dont la première mesure se révèle très proche du Requiem de Mozart là aussi, à tel point que l’on se pose la question : Wolfgang a-t-il pu connaître précisément les partitions de son prédécesseur alors qu’il menait des recherches à la Cathédrale Saint-Etienne de Vienne ? La justesse du sentiment recueilli, la profonde tendresse qui s’en dégage aussi, le climat de certitude arienne et angélique … sont en partage chez l’un et l’autre compositeur. Le présent enregistrement, d’une idéale réalisation, pose cette question de la filiation directe qui détermine aussi une certaine tradition viennoise dans le domaine sacré, du XVIIè au XVIIIè. De Kerl à Fux circule une élégance sacrée fraternelle qui annonce – en connaissance intime de la musique, Mozart lequel serait comme la conclusion d’une boucle marquée par le sublime. Superbe réalisation. Donc CLIC de CLASSIQUENEWS de l’été 2016.

 

 

CD, compte rendu critique. KERL, FUX : Requiem. Vox Luminis. Lionel Meunier 1 cd Ricercar. Enregistré en novembre 2015. CLIC de CLASSIQUENEWS – à paraître en septembre 2016.

vox luminis lionel meunier festival musique et memoire juillet 2015Approfondir : VOIR notre reportage vidéo exclusif réalisé à Saintes pendant le festival estival 2015, où Vox Luminis présentait le Requiem impérial de Fux : Lionel Meunier explique son attachement à l’Abbaye aux Dames de Saintes et présente la ligne artistique de son ensemble Vox Luminis

 

 

 

Vox Luminis / Requiems de Kerl et de Fux
Septembre 2016 – 1 cd Ricercar – RIC 368

 

 

Fux
Vox Luminis
Zsuzsi Tóth, Kristen Wittmer, Sara Jäggi, Stefanie True – sopranos
Barnabás Hegyi, Jan Kullmann – countertenors
Olivier Berten, Robert Buckland – tenors
Lionel Meunier, Matthias Lutze – basses
Scorpio Collectief
Jacek Kurzydło, Jivka Kaltcheva – violin
Manuela Bucher – viola
Matthias Müller – violone
Kris Verhelst – organ
Jeremie Papasergio – dulciane
Simen van Mechelen, Adam Woolf – trombone
Frithjof Smith, Josué Meléndez, Lambert Colson – cornet

 

 

 

Kerll
Vox Luminis
Zsuzsi Tóth, Sara Jäggi – sopranos
Barnabás Hegyi, Jan Kullmann – countertenors
Dávid Szigetvári, Philippe Froeliger, Olivier Berten, Robert Buckland – tenors
Lionel Meunier, Matthias Lutze – basses
Bart Jacobs – organ
L’Achéron
François Joubert-Caillet
Marie-Suzanne de Loye
Andreas Linos
Lucile Boulanger

 

 

Requiem de Verdi dirigé par Tugan Sokhiev

logo_france_3_114142_wideFrance 3. Requiem de Verdi, mercredi 27 juillet, 20h50. Focus festif sur les Chorégies d’Orange, avec un regard rétrospectif sur les grandes heures d’Orange suivi par France Télévision depuis 6 années déjà : extraits des récitals et performances in loco des plus grands solistes lyriques, c’est à dire Joseph Calleja, Ermonela Jaho, Vittorio Grigolo, Christophe Willem, Salvatore Adamo, Julie Fuchs, Alexandre Duhamel, Armando Noguera, Nathalie Manfrino, Florian Sempey,… airs d’opéras, grands choeurs, danse, un choix équilibré de spectacles déjà donnés illustre ce best of made in Orange.

VERDI_402_Giuseppe-Verdi-9517249-1-402A 22h45, Requiem de Verdi, dans l’interprétation donnée en juillet 2016 par l’Orchestre du Capitole de Toulouse et son chef attiré, Tugan Sokhiev. Le Requiem de Verdi à Orange est mis en images par le dessinateur Philippe Druillet, comme Carmina Burana il y a 2 ans, pour un spectacle total qui embrase le Théâtre Antique. Philippe Druillet crée pour cet événement une quinzaine de peintures originales, travaillées en infographies et projetées par mapping vidéo sur le mur monumental. Les créations ainsi projetées accompagne l’oeuvre magistrale de Verdi, un Requiem spectaculaire, au dramatisme, digne d’un opéra. Là s’élève la voix humaine contre la tragédie de la mort : Verdi y concentre tout son talent de génial auteur pour le théâtre lyrique. La dernière plainte, à la fois prière et renoncement de la soprano et du choeur, à l’énoncé des paroles ultimes, Requiem aeternam, donne la chair de poule par sa déchirante vérité.

Avec l’Orchestre National du Capitole de Toulouse et le Chœur de l’Orfeón Donostiarra, sous la direction de Tugan Sokhiev.

Solistes : Krassimira Stoyanova, soprano ;  Ekaterina Gubanova, mezzo-soprano ; Joseph Calleja, ténor et Vitalij Kowaljow, basse.

Spectacle enregistré les 15 et 16 juillet 2016 au Théâtre Antique d’Orange.

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CD. Compte rendu critique. Verdi : Requiem (Lorin Maazel,février 2014, 1 cd Sony classical)

Maazel verdi messa da requiem 1 cd classical sonyCLIC D'OR macaron 200CD. Compte rendu critique. Verdi : Requiem (Lorin Maazel,février 2014, 1 cd Sony classical). L’adage veut que parvenus au soir de leur carrière, les artistes offrent le meilleur d’eux-mêmes, faisant surgir un je ne sais quoi de sublime et de supérieur sans forcer leur nature. Ce disque comme le dernier Abbado (9ème Symphonie de Bruckner, DG) ne déroge pas à la règle. Le Maazel de Munich vaut bien l’Ababdo de Lucerne… des prophètes qui semblent nous parler depuis l’autre monde. Heureuse fin, bouleversante et d’une gravité qui suscite l’admiration. Enregistré en février 2014 soit quelques mois avant sa disparition (juillet 2014 à 84 ans), ce Requiem verdien peut être vécu comme le chant du cygne du chef Lorin Maazel. De fait à Munich, le maestro exprime avec les qualités que nous lui connaissons l’ample ferveur incarnée si dramatique de la Messe des morts de Giuseppe Verdi. Nous sommes bel et bien à l’opéra ici, tant la violence juste des chÅ“urs (superbes vagues chorales des basses surtout), l’engagement des solistes, l’orchestre très expressif et souple à la fois (cuivres flamboyantes et mordantes) tissent une lecture vive, parfois attendrie donc intérieure, à mille lieues de bien des approches plus péremptoires et purement démonstratives. Le chef n’oublie pas le sens du recueillement, le souffle des témoignages en particulier dans le Recordare, suite d’interventions pour les quatre solistes : le ténor coréen seul montre d’abord d’évidentes faiblesses dans la tenue de la ligne, avec une propension malgré la beauté du timbre à surjouer et en faire trop. Heureusement, il se reprend en cours de flux, s’accordant progressivement à la ligne d’humilité de ses partenaires. L’unité de ton entre les solistes est donc à souligner grâce à la baguette scrupuleuse du chef.

 

 

 

En février 2014, Lorin Maazel enregistre à Munich le Requiem de Verdi, avant de décéder 5 mois plus tard…

Testament spirituel de Maazel

 

 

maazel-lorin-582-594-maestro-verdi-messa-da-requiem-sony-classical-clic-de-classiquenews-avril-2015L’Offertoire qui ouvre le cd 2 saisit par son introspection tendre, presque innocente : Hostias remarquablement tenu et d’une douceur surprenante. La basse (Georg Zeppenfeld) comme l’alto (Daniela Barcellona) sont irréprochables : exaltés, vivants, humains avec humilité. Idem pour Le lux aeternam : autre moment d’effusion dans la communion. Le ton est constamment justes. Le soprano parfois vibré et instable d’Anja Harteros, malgré elle aussi la distinction du timbre, faiblit en cours de cycle mais dans le cd 2 révèle ses qualités expressives en particulier dans le Libera me final, vraie confession panique d’une âme pêcheresse en quête de salut comme de paix : comment ne pas penser ici à la Desdemona d’Otello, et aussi dans sa prière exacerbée enivrée à la Tosca de Puccini. De toute évidence, avec son nez légendaire, au départ, Maazel réunit de très solides solistes. L’ultime section à l’énoncé du Requiem par la soprano atteint une pureté d’intention réellement jubilatoire, d’autant que les chÅ“urs sont présents, murmurés, palpitants eux aussi (superbe prise de son spacialisée).
En maître lyrique incontesté, Maazel mène ses troupes avec une tension somptueuse, soulignant les arêtes vives d’essence opératiques de la partition. Les passages et les transitions sont ciselées dans le sens de l’intériorité suave. Cet hédonisme qui puise ses racines dans l’opéra ravira les amateurs du Verdi opératique, de fait si présent dans son Requiem : les puristes pour des voix plus angéliques moins épaisses maintiendront d’évidentes réserves. Pourtant la cohérence du style, l’équilibre de l’intention sans débordement composent une lecture prenante, développe un juste accord entre expressivité et ferveur. Voilà qui laisse un témoignage plutôt convaincant s’agissant du dernier Maazel. Par sa sincérité rayonnante qui s’affirme peu à peu la Missa da Requiem du dernier Maazel mérite le meilleur accueil, c’est donc un CLIC de classiquenews d’avril 2015. In memoriam maestro.

 

 

Maazel verdi messa da requiem 1 cd classical sonyVerdi : Messa da Requiem. Anja Harteros, Daniela Barcellona, Wookyung Kim, Georg Zeppenfeld. Münchner Philharmoniker. Philharmonischer Chor München. Lorin Maazel, direction. Enregsitrement réalisé à Munich en février 2014. 1 cd Sony classical

 

 

Compte rendu, concert. Toulouse. Halle-aux-Grains, le 5 février 2015 ; Hector Berlioz (1801-1869): Grande Messe des Morts (Requiem), OP.5 ; Bryan Hymel, ténor ; Orfeon Nodostiarra, chef de choeur : José Antonio Sainz Alfaro ; Orchestre National du Capitole de Toulouse ; Direction : Tugan Sokhiev.

BerliozOeuvre immense et fondamentale, le Requiem de Berlioz provoque toujours une grande attente chez le public tant l’œuvre est ambitieuse. Héritage de la longue danse, pleine de méfiance, entre l’état et la religion catholique, cette Grande Messe des Morts a été une commande officielle. Certes au plus grand compositeur français du moment, mais athée affiché. Toutefois en homme plein de spiritualité, Hector Berlioz était sensible à l’histoire de
la musique religieuse dont il a souvent utilisé des thèmes comme le Dies Irae dans la Symphonie Fantastique, ou la marche des pèlerins dans Harold en Italie. L’ambiguïté baigne donc cette commande, comme notre histoire de France elle même avec, des liens entre le pouvoir et la religion qui ont pourtant toujours trouvé un parfait accord pour envoyer la chair à canon du champ de bataille au paradis sans état d‘âmes. Commande pour célébrer la révolution de 1830, la Grande Messe des Morts,  a ensuite été récupérée pour les soldats morts. La création a eu lieu en décembre 1837 aux Invalides. Hector Berlioz lui même a entretenu des légendes autours de la création déplaçant vers le spectaculaire tout ce que cette oeuvre contient en fait d’intime et de personnel. Jusque dans le choix du texte latin, sans Libera me, ni Pie Jesu, Hector Berlioz a choisi le sombre et le manque d‘espoir que la mort lui évoque. L’oeuvre, est parfois prise dans cet éclairage spectaculaire quand une partie du public et de la critique veulent avant tout du bruit et de la fureur dans l’interprétation en comptant le nombre de timbales ou mesurant les décibels du Dies Irae.

L’interprétation de ce soir a été avant tout d’intelligence, de finesse et de musicalité. Le théâtre de la mort y est plein de silence et de nuances pianissimo comme Berlioz l’exigea. La beauté de la partition, ses audaces d’orchestration, sa magie des nuances développées de l’infime au terrible, la rutilance et le mordoré des couleurs instrumentales, la sublime capacité du choeur à offrir toutes sortes de nuances et de couleurs ont fait de ce concert un très bel instant de musique. Les intentions de Berlioz sont respectées par Tugan Sokhiev qui semble avoir compris le compositeur sans se laisser séduire par le bruit et la fureur. Loin de ce chef intègre la recherche d‘effets pour l’effet ! Mais au contraire une mise au service de la partition de tout son talent.

Il semble à ce stade de sa carrière que Tugan Sokhiev n’a plus à démontrer sa science de la direction. Il a posé sa baguette au bout de quelques minutes, semblant totalement confiant dans les forces dirigées. Malgré une spatialisation complexe des orchestres de cuivres comme souhaitée par Berlioz aux quatre points cardinaux de la salle, aucun décalage n’est venu gâcher l‘harmonie obtenue par cette direction souple et précise à la fois. Un regard dans le dos, un petit geste de la main ont permis aux cuivres de s’insérer dans le tutti avec la nuance exacte quand le début était trop fort. L‘hommage à rendre a ces musiciens des cuivres est ému tant leur concentration et leur engagement ont permis des moments de grâce infinie. L’association des flutes et des trombones a été magique. Direction subtile, permettant à la musique si riche et savante de Berlioz de libérer une charge émotionnelle faite d’introspection et de retenue, autant que de fureur et de colère, de peur et de terrassement.

Tout l’orchestre a été d’une concentration totale et d’une perfection instrumentale qui laisse sans voix. L’Orfeon Nodostiarra, chœur transpyrénéen fidèle aux Toulousains depuis l‘ère Michel Plasson, a été merveilleusement préparé par José Antonio Sainz Alfaro. Les beaux gestes de Tugan Sokhiev à mains nues, ont sculpté un son d’une beauté confondante. Le pupitre des ténors souvent mis a l‘épreuve a été bouleversant de lumière et de fines nuances piano comme de force et de brillance dans des fortissimi jamais brutaux. Les soprani ont su garder chaire et âme dans des pianissimi de rêve. Le dialogue avec le ténor solo a été un moment de grâce. Ce choeur riche a été à la hauteur de cette partition si exigeante avec un moment a capella de pur enchantement. Le ténor solo a une intervention à froid tardive et d’une difficulté de tessiture non négligeable.   Bryan Hymel est non seulement une voix vaillante à la beauté de timbre rare mais c’est surtout un musicien délicat aux phrasés de rêve. Il a su nuancer sa partie sans la moindre dureté, gardant une aisance souriante jusque dans les aigus meurtriers. Un  grand moment de chant mais surtout de musique pure.

La Halle-aux Grains a été un écrin parfait pour cette version si musicale de la vaste Messe des Morts d‘Hector Berlioz. Tugan Sokhiev particulièrement inspiré et heureux a obtenu des forces rassemblées toute la musicalité dont ils sont capables, orchestre, soliste et chœurs. La subtilité de la partition a été magnifiée par des geste sculptants et orants. Biens des mouvements ont été enchainés sans relâcher la tension.
Tugan Sokhiev a permis de rendre limpide la construction parfaite de cette oeuvre immense. Et c’est dans cette construction d‘ensemble  parfaitement comprise que les moments de fureur ont pris leur place sans exagération mais sans faiblesse.
Un grand art musical a plané très haut ce soir à Toulouse. Le lendemain les forces Toulousaines se sont confrontées à l’acoustique encore inconnue de la Philharmonie de Paris. C’est très audacieux mais le succès sur place à Toulouse est de bon augure. Le public a chaviré pour cette oeuvre comme rarement tant toutes ses beautés ont été offertes ce soir.

Versailles. Chapelle royale, samedi 11 octobre 2014, 20h : Requiem Aeternam d’après Rameau

Rameau-jean-philippe-portrait-600Versailles. Chapelle royale, samedi 11 octobre 2014, 20h : Requiem Aeternam d’après Rameau. Et si Castor et Pollux, opéra funèbre et même ample et spectaculaire réflexion sur la mort, avait outrepasser son cadre lyrique stricte, jusqu’à inspirer par ses thèmes et sa couleur particulière tout un Requiem inédit ? C’est le constat qu’illustre le Requiem Aeternam, abordé par Olivier Schneebeli et ses effectifs choraux ce 11 octobre en un passionnant programme qui s’annonce prometteur : l’ensemble de la matière musicale que l’on écoute, s’inspire ouvertement de mélodies et compositions réalisés par Rameau pour son opéra Castor et Pollux dont la dernière et sublime version date de 1754. En brossant le portrait des frères spartiates Dioscures, Castor mort, Pollux prêt à le remplacer aux Enfers, Rameau a écrit l’une de ses partitions les plus poignantes, véritable succès inégalé pendant tout le XVIIIème siècle. La Messe de Requiem ressuscitée ainsi affirme la notoriété et l’impact des œuvres de Rameau de son vivant.

Thomas Leconte, chercheur et musicologue du CMBV Centre de musique baroque de Versailles explique l’intérêt de cette résurrection, d’autant plus opportune pour l’année Rameau (250 ans de sa disparition en 1764)…

chapelle-concert-gauche« La messe est écrite pour cinq voix récitantes (2 dessus, haute-contre, basse-taille, basse), un chœur à quatre voix (dessus, haute-contre, taille, basse-taille/basse), tous soutenus par trois dessus de violon (et flûtes pour les deux premiers), effectif instrumental assez fréquent dans les répertoires pratiqués dans les cathédrales de province, les maîtres de musique devant souvent se contenter, pour soutenir les voix d’ enfants et des chantres, de quelques instruments, à l’ordinaire comme à l’extraordinaire. Cette Messe de Requiem nous est parvenue sous forme de parties séparées (4 parties vocales : dessus, haute-contre, taille, basse-taille ; 3 parties de violon : 1er violon et flûtes, 2ème violon et flûtes, 3ème violon ; une partie de basse continue ; une partie de basson, pour le premier chœur seulement), complétées par deux fragments de partition: l’un, probablement de la main du compositeur, comporte quelques mesures de l’Introït et du Kyrie, avec des variantes plus ou moins importantes par rapport aux parties séparées ; l’autre, de la même main que les parties, donne une version remaniée pour la Post-communion (non retenue pour ce concert). Très fautives – on peut douter qu’elles aient pu servir en l’état à une exécution –, les parties séparées sont également incomplètes. La mise en partition et la comparaison avec les fragments de partitions ont en effet révélé qu’il manquait au moins deux parties séparées dans l’ensemble qui nous est parvenu : une partie de 2ème dessus et une partie de basse ou de 2ème basse-taille, que l’on peut partiellement restituer grâce au fragment autographe de l’Introït (2 dessus dans le duo « Te decet hymnus ») et du Kyrie (basse récitante). En revanche, aucun fragment ne permet de restituer la ligne vocale du Sanctus, très probablement confiée à l’une de ces deux voix. Enfin, pour le duo « Lux æterna » de la version originale de la Post-communion, pour lequel il ne subsiste que le dessus vocal, il est possible de déduire une ligne de basse vocale de la partie de basse continue «  précise encore Thomas Leconte dans la passionnante notice qui prépare au concert de Versailles.

Requiem inédit d’après Castor et Pollux de Rameau

Soit plus de 15 emprunts à l’opéra Castor et Pollux dans sa version 1754.  « Excepté pour « Et lux perpetua » du Graduel et « Sed signifer sanctus Michael » de l’Offertoire, conçus par combinaison de deux thèmes distincts, un mouvement de la Messe de Requiem se base généralement sur un seul emprunt musical. Il en résulte donc une grande variété d’emprunts, dans des sections généralement assez courtes et assez peu développées, ce probablement pour des nécessités liturgiques. Les citations sont de longueurs variables mais le plus souvent assez courtes, le compositeur ne reprenant parfois même qu’une idée, plus ou moins modifiée, qu’il adapte aux impératifs prosodiques du nouveau texte latin. Les emprunts se font sur plusieurs niveaux. Le plus simple est l’emprunt fidèle à Rameau, avec des aménagements relativement minimes (outre les adaptations prosodiques) portant essentiellement sur l’instrumentation, simplifiée ».

RAMEAU portrait 1761L’emprunt le plus marquant concerne le récit initial du Graduel (Requiem Aeternam…) qui reprend la déploration funèbre, célébrissime (même Sofia Coppola en fait une scène fameuse où Marie-Antoinette assiste à l’opéra dans son film pop psychédélique) celui quand Télaïre chante en regrettant la mort de son bien aimé Castor : « Tristes apprêts, pâles flambeaux… », l’un des airs les plus sublimes de la littérature ramélienne pour soprano et orchestre.  L’emprunt le plus fidèlement retranscrit a été réservé à l’Offertoire (Hostias et perces »), transposition littérale de l’air pour baryton de Pollux (« Séjour de l’éternelle paix », IV, scène 4). N’omettons pas non plus l’entrée solennelle et majestueuse dès l’ouverture du Requiem, si touchante grâce à la reprise du choeur des Spartiates pleurant la mort du même Castor (Que tout gémisse)… De l’opéra à l’église, la sensibilité et la qualité du recueillement reste intact. Le transfert d’un mode à l’autre, – du lyrique profane au sacré déploratif-, est tout fait légitime. Combien de compositeurs depuis les premiers temps baroques, ont écrit et ébloui indistinctement comme auteurs d’opéras ou d’église, Monteverdi le premier. Rameau ne déroge pas à la règle : il a même imposé son tempérament unique en son siècle, d’abord dans la forme du grand motet, avant de traiter les possibilités illimitées de la scène lyrique. Du vivant même de Rameau, ses opéras ont livré une formidable matière aux Messes données dans les cathédrales de province, messes ainsi élaborées par Louis Grénon (ca 1734-1769) ou aussi  Denoyé (mort en 1759). Dans le cas du Requiem de ce soir, les emprunts sont réalisés avec une intelligence et une pertinence rares propres à construire une arche fervente qui touche et convainc par la cohérence de son architecture global. Le résultat est loin de n’être qu’un composite d’airs recyclés sans unité ni gradation.

CMBV Schneebeli cmbv_web« On ne doit sans doute pas voir dans ses emprunts une facilité de composition, tant ce type de rhabillage musical est un exercice complexe, mais bien plutôt un hommage à la musique d’un compositeur reconnu de son vivant même comme l’un des plus grands maîtres français. À sa mort, survenue le 12 septembre 1764, tout le royaume célébra unanimement sa mémoire par de nombreux hommages musicaux. À Paris, le principal service, organisé par François Rebel et François FrancÅ“ur, fut donné en l’Oratoire du Louvre le 27 septembre 1764 et réunit les musiciens de l’Opéra et de la Musique de la cour. On y donna la célèbre Messe des morts de Jean Gilles, retouchée et agrémentée pour la circonstance d’extraits d’œuvres lyriques de Rameau, notamment le chÅ“ur « Que tout gémisse » de Castor & Pollux, adapté en Kyrie, ou l’air de Pollux « Séjour de l’éternelle paix », arrangé pour le Graduel. De nombreuses cérémonies furent organisées en province, notamment à Avignon, Orléans, Marseille, Dijon, Rouen… Peut-être la Messe de Requiem anonyme du fonds Raugel constitue-t-elle un témoin musical de ces très nombreux hommages rendus par tous les musiciens du royaume, qui reconnaissaient en Rameau l’un de leurs plus grands maîtres », conclue Thomas Leconte.

 

 

 

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Requiem Aeternam, d’après Castor et Pollux de Rameau, 1754

Versailles, Chapelle royale
Samedi 11 octobre 2014, 20h
Olivier Schneebeli, direction
Les Pages et les Chantres du CMBV
Les Folies Françoises

Céline Scheen, dessus
Robert Getchell, haute contre
Arnaud Richard, basse taille

 

 

 

compte rendu, concert. Lyon, Auditorium. Festival d’Ambronay, le 2 octobre 2014. Mozart : Requiem, Concerto pour clarinette. Leonardo Garcia Alarcon, direction. Benjamin Dieltjens, clarinette

Alarcon_portrait_oblique_250Ambronay sur Rhône ? Le festival baroque s’est décentralisé en sa 4e semaine pour un concert Mozart -1791 à l’Auditorium Ravel. Le chef Argentin Leonardo Garcia Alarcon fait rayonner son New Century Baroque et le ChÅ“ur de Namur dans une version épurée du Requiem, et le clarinettiste B.Dieltjens poétise avec lui le concerto K.622 Bien sûr c’est l’Auditorium en  sa logique de réfraction sonore – fût-elle brevetée AGDG d’Ingénierie Acoustique – , un cadre où  baroque et post-baroque ne sont guère idéalement placés, et  où de toute façon le mystère tend à s’absenter. Et l’architecture – finalement banale en sa modernité… d’il y a 40 ans –n’évoque en rien la fine complexité de l’abbatiale d’Ambronay (elle-même en  lumière ogivale, à l’inverse antérieur  du baroque dont les musiques la parent au temps de chaque Festival).Mais avec le double concert qu’Ambronay a ici « transféré » au milieu de sa 4e et dernière semaine, on a le mérite d’une fusion de publics – Lyon, et un « ailleurs », fût-il distant de 60 kilomètres -, réunis pour célébrer l’une des partitions les plus « mythologisées » de la culture européenne, ce  Requiem où Mozart  consigna une part – mais une part seulement – de ses pensées sur la vie et son issue.

Homme en noir et légende de l’empoisonneur

Et pour explorer une fois encore cette Å“uvre aussi fréquentée que demeurant énigmatique, un jeune  chef à la renommée grandissante,  Leonardo Garcia Alarcon. Cet Argentin est grand redécouvreur de partitions – son Diluvio, de Falvetti, superbe  exemple -, et l’énergie réinventive dont il fait  preuve n‘est pas la seule marque d’un tempérament à la fois savant et intuitif. Il y a un son d’orchestre Alarcon, et surtout une  tonalité, passionnelle, rigoureuse, et plus discrètement, poétique : le croisement en concert de deux partitions ultimes de Mozart met en valeur – dans le concerto pour clarinette K.622,d’octobre 1791 – cette dernière vertu, en face du Requiem si universellement connu que certains croient en avoir sondé tous les secrets. Oui, le Requiem K.626 est-il  « comme d’autres » ? Génial(e), à l’évidence, et comme tant d’œuvres de Mozart. Mais Symphonie( funèbre) Inachevée, entourée d’une aura étrange – celle de la « chronique d’une  mort annoncée » – , avec son commanditaire-comte Walsegg, l’homme en noir qui poursuit l’auteur et l’enjoint d’en terminer  au plus vite, en une atmosphère de thriller implicite  donnant même lieu post mortem à du délire sur ce pauvre Salieri – les réseaux  tweeter d’époque « inspirant » Pouchkine, Rimsky,Shaffer et Forman – qui eût empoisonné Wolfie…

Un franc-maçon militant 

Mais relisons une  vérité plus  historique : Mozart mourut de maladie (« une épidémie virale qui courait à Vienne  » ?), et son « état d’épuisement profond  à l’automne 91 »)(C.Delamarche) était plutôt dû à la surcharge de commandes (La Clémence de Titus, La Flûte Enchantée),accablant un Mozart qui n’était pas « criblé de dettes et dans le plus grand dénuement ». Ce (trompeur) « tableau tragique pour poète maudit », on comprend aussi que la veuve, Constance, ait voulu le renforcer post mortem, non seulement pour renflouer ses finances, mais surtout parce que son génie de mari avait été franc-maçon militant, et  dans l’Autriche repassée sous la férule contre-révolutionnaire des successeurs du libéral éclairé Joseph II, c’était marque d’infamie posthume.

Autriche-d’en-bas et d’en-haut

 On notera encore que la dernière partition complète et signée par Mozart était une cantate maçonnique (K.623, Eloge de l’amitié, octobre), et que, selon les témoins des  derniers moments,  le compositeur  songeait surtout aux représentations de sa Flûte  qui…enchantait non la prétendue élite bien-pensante des Viennois mais les spectateurs du faubourg, l’Autriche-d’en-bas contre l’Autriche-d’en-haut.  Bref, l’ultime Mozart  ne devait pas penser qu’ « une méchante vie amène une méchante mort », et que selon Sganarelle dans Molière, « par conséquent vous serez damné à tous les diables ». Mais qu’à l’inverse une spiritualité fraternelle, tant soit  peu égalitaire et donc devenue subversive, eût contribué à « changer le monde ». Idées insupportables aux dévots de l’après-1790,qui « reprennent le pouvoir » après la mort de Joseph II,   adeptes d’union définitive du sceptre et du goupillon…

La fièvre du récit en continuo

Certes le travail de Garcia Alarcon est surtout d’ordre musicologique, et on dira qu’ « il en vaut un autre », s’appuyant sur la suppression de trop évidents süssmayerismes ( le disciple qui continua et termina le Requiem : donc s’en vont Sanctus, Benedictus, Agnus Dei…) et y faisant entrer le jeu compliqué des ajouts d’autres musicologues actuels. Il va même jusqu’à copier-coller un Amen conclusif du Lacrymosa, tracé ailleurs par Mozart et ressemblant  plus à du fugué de Haendel que de J.S.Bach. Mais nous importe surtout l’esprit qui guide en ce labyrinthe d’inspiration sacrée l’écriture de Mozart et son interprétation par un chef d’aujourd’hui. Et il y a une fièvre étonnante – non symptôme  d’une « maladie de la mort » – dans « son » Requiem, devenu kaléidoscope, récit en continuo et pourtant très heurté. Avec Garcia Alarcon, ce n’est plus « baguette-tradition », en quelque sorte rassurante dans sa mise en perspective des numéros successifs d’un opéra du sacré catholique, mais sorte d’ « œuvre en progrès », qui contient aussi bien la réminiscence dans le terrible (la Damnation de Don Giovanni) que la menace sournoise (début de l’œuvre), une agogique de course à l’abîme, une pulsation visible ou souterraine,  des moments suspendus qui appellent de futures mélodies de timbres (Recordare) et une conception étale du temps… Tout  est lié par une direction d’énergie inlassable, souvent d’un tempo spectaculairement accéléré, et malgré la rigueur absolue de la mise en place, analogue à une improvisation en recherche d’elle-même,  des buts techniques et philosophiques poursuivis.

D’autres liens de conscience

A l’auditeur galvanisé d’établir  d’autres liens de conscience, de croiser lignes, courbes et arrière-plans, en songeant à ce que pourrait être une Messe des Morts sans terreur (ah ! l’encombrant Dies Irae dont plus tard Fauré fit l’économie en inscrivant son Requiem en douceur et consolation…), ou, pourquoi pas, mélangée  par Mozart à ses Å“uvres maçonniques (les cantates, et l’Ode Funèbre K.477) pour s’épargner, en toutes Lumières, les tribunaux  de la pénitence et la peur de l’enfer, dans une interrogation lucide sur le mystère.

 Pour cela, le très subtil orchestre réuni par le chef (New Century Baroque) et le Chœur de chambre Namurois, homogène, inventif et ample, font bien saisir un nouveau regard. Les quatre solistes vocaux ne sont plus des « chargés d’air de concert », mais les protagonistes sans auto-valorisation d’une œuvre en recherche : l’alto Sophia Patsi, le ténor Valerio Contaldo, la basse Josef Wagner, et la soprano Joëlle Harvey, si délicieusement humble et intimiste.

Tiepolo et Watteau 

En cette lumière si contrastée, parfois violente, du Requiem, on saisit mieux la précieuse éclaircie du début de concert, le concerto pour clarinette K.622, lui aussi écrit en octobre 1791, pour l’instrumentiste Anton Stadler – un bon compagnon de fêtes comme les aimait Mozart, et qui rappelle aussi les relations moqueuses de Wolfgang avec le corniste (et marchand de fromages)  Leitgeb – , mélangeant l’ardeur constructrice ( allegro), le jeu (rondo-finale) et en son centre un adagio qui idéalise l’inspiration, la reliant au maçonnisme (le cor de basset cher au compositeur) et à ce que murmure le sublime. Un clarinettiste d’exception – tête de Baudelaire, mais convivial ! -, Benjamin Dietljens, fait constamment se demander s’il « chante » ainsi la beauté du monde, l’espace de l’intime, les couleurs en bleu et or de Tiepolo ou Watteau, s’estompant jusqu’à l’imperceptible de ses fins de phrase… Et aussi parfois cite les femmes tant aimées de Mozart, Aloysia Weber et Nancy Storace, ses cantatrices si désirées mais absentées, la Comtesse, Pamina ou Fiordiligi, les créations de son rêve plus réelles encore d’être passées dans l’écriture.

Van Eyck, aussi

En ouvrant le concert, L. Garcia Alarcon rend hommage à deux grands pionniers récemment disparus, Christopher Hogwood, et l’admirable Frans Brüggen,  chef si poétique dans le territoire mozartien… Et la véritable, la plus sincère dédicace qu’on eût pu souhaiter  vient « en bis », avec un Ave Verum (juin 1791), complètement et merveilleusement apaisé, bercement idéal, tendresse et pureté flamandes comme un Agneau Mystique de Van Eyck,  à bouches murmurantes et couleurs extasiées.

Auditorium Ravel de Lyon (pour le festival d’Ambronay), jeudi 2 octobre 2014. W.A. Mozart (1756-1791), Requiem, Concerto pour clarinette. New Century Baroque , Chœur de chambre de Namur, J.Harvey (soprano), Sophia Patsi (alto), Valerio Contaldo (ténor),Josef Wagner (basse), Benjamin Dieltjens (clarinette), direction Leonardo Garcia Alarcon.

Compte rendu. Saint Céré. Château de Castelnau Bretenoux, le 9 août 2014. Requiem de Mozart; Saint Georges. Julie Mathevet , soprano ;Hermine Huguenel, mezzo soprano; Éric Vignau, ténor; Jean Claude Saragosse, basse; choeur et orchestre Opéra Éclaté; Anass Ismat, direction.

mozart_portraitPoursuivant notre ballade Saint Céréenne, et le temps étant enfin favorable, nous retrouvons le château de Castelnau Bretenoux situé à quelques encablures de la petite ville lotoise. Pour ce concert, le plus court du festival ce sont deux compositeurs contemporains, l’un de l’autre qui sont à l’honneur : Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) et Georges Boulogne, chevalier de Saint Georges (vers 1747-1799). Si chacun connaissait les oeuvres de l’autre, ils ne se sont jamais rencontrés ; Mozart qui se trouvait à Paris en même temps que St Georges, ayant absolument refusé, au grand dam de son père qui a pourtant tout tenté, d’aller jouer une oeuvre de son confrère qu’il appelait le “nègre des lumières”.

Mozart et St-Georges, réunis par delà la mort

Le Laudate Dominum de Saint Georges ouvre le concert. Composé pour choeur et orchestre à cordes, le Laudate Dominum est une oeuvre charmante parfaitement introductive pour un tel concert. Nous apprécions d’ailleurs la volonté de sortir ce compositeur de l’oubli tant il a été éclipsé par son génial contemporain malgré une oeuvre attachante et personnelle qui mérite qu’on s’y arrête. Le Mozart noir du XVIIIe siècle est actuellement plus connu pour son oeuvre instrumentale, notamment son oeuvre pour violon (il était lui-même violoniste), et c’est bien dommage car son oeuvre vocale ne manque pas d’intérêt  : le Laudate Dominum est un bel exemple même s’il est un peu court. Le choeur, composé de stagiaires et de professionnels lui rend justice et fait honneur à Saint Georges, lui redonnant, le temps d’une soirée, la place majeure qu’il mérite. Le chef Anass Ismat invité pour diriger le stage et les deux soirées réalise un parcours quasi parfait.

figaro-julieAprès une courte pause, Anass Ismat revient avec le quatuor de solistes invités pour le Requiem de Mozart; l’ultime chef-d’oeuvre du jeune compositeur salzbourgeois était inachevé à son décès et a été complété entre autre par son disciple, Franz Süssmayer. Nous retrouvons sur la scène du château de Castelnau, la mezzo soprano Hermine Huguenel et le ténor Éric Vignau, deux des comprimari de Lucia di Lammermoor auxquels se joignent la jeune soprano Julie Mathevet et la basse Jean Claude Saragosse, un habitué du festival de St Céré (tout comme Éric Vignau d’ailleurs qui chante dans trois des oeuvres de l’édition 2014). Dès les premières notes, le jeune chef marocain annonce la couleur : le tempo ne sera ni trop rapide ni trop lent. Attentive au choeurcomme aux solistes, sa direction scrupuleuse est à la fois ferme et souple sans jamais couvrir ni les uns ni les autres. La révélation de cette seconde soirée St Céréenne reste Julie Mathevet dont la voix large, souple, puissante, résonne entre les murs du château avec une étonnante clarté. Hermine Huguenel donne la pleine mesure de son talent. Il en va de même pour le ténor Éric Vignau (qui dans Lucia est éliminé, alors qu’il vient de paraître sur scène). Ces deux chanteurs ont deux très belles voix, une ligne de chant impeccable, une technique irréprochable. Quand à Jean Claude Saragosse il ne démérite pas et assume la partition avec panache complétant parfaitement un quatuor de très haute volée.

Le cadre majestueux du château de Castelnau Bretenoux a accueilli un très beau concert, certes un peu court mais qui a permis d’assister à l’éclosion d’un jeune talent, Julie Mathevet, auquel répondent trois voix solides. Quant au jeune chef marocain Anass Ismat, il dirige parfaitement : et le Laudate Dominum de St Georges et le Requiem de Mozart. Souhaitons-lui une belle et grande carrière à venir. L’ensemble des artistes, qu’ils soient amateurs ou professionnels ont réalisé une soirée parfaite et nous aurions d’ailleurs apprécié d’écouter un peu plus d’oeuvres de ces deux compositeurs réunis par dela la mort en une même soirée sous les étoiles estivales.

Saint Céré. Château de Castelnau Bretenoux, le 9 août 2014. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : requiem; Georges Boulogne, chevalier de Saint Georges (vers 1747-1799) : Laudate Dominum. Julie Mathevet , soprano ;Hermine Huguenel, mezzo soprano; Éric Vignau, ténor; Jean Claude Saragosse, basse; choeur et orchestre Opéra Éclaté; Anass Ismat, direction.

CD. Rameau’s funeral. Paris : 27.IX.1764 (Skip Sempé, mai 2014)

rameau-jean-gilles-skip-sempe-Rameau's-funeral--1-cd-ParadizoCD. Rameau’s funeral. Paris : 27.IX.1764 (Skip Sempé, mai 2014). D’emblée, le programme nous convainc totalement. Par sa solennité tendre, grave, étonnement transparente, Skip Sempé inscrit idéalement le Requiem de Gilles dans le contexte liturgique XVIIIème qu’il s’est fixé: celui propre au service funèbre de Rameau le magnifique, tel qu’il aurait pu se réaliser lors des funérailles historiques du Dijonais à sa mort, ce 27 septembre 1764. Jouer Gilles pour honorer la mémoire et saluer le génie du plus audacieux des compositeurs français du XVIIIème, rien de surprenant quand on sait que des sources d’époque confirment que le Requiem ou Messe des morts de Gilles fut régulièrement apprécié et joué dans des versions renouvelées tout au long du XVIIIème…. pour les propres funérailles de Gilles, pour celles des compositeur Royer et  donc effectivement, Rameau… même pour celles de Louis XV. C’est dire le renom et la faveur d’une Messe à la fois majestueuse et humaine où la pompe ne s’embarrasse jamais d’un dramatisme noir et inquiétant comme cela peut être le cas du Requiem de Du Caurroy lequel hérité de la Renaissance tout en offrant le spectaculaire et l’effrayant  de la faucheuse, reste aussi l’ordinaire liturgique des déplorations royales à partir des funérailles d’Henri IV. Comparé à Du Caurroy, Gilles frappe par sa lumineuse espérance.

S’appuyant sur un usage avéré qui se montre d’une rare pertinence musicologique et esthétique, Skip Sempé nous offre ici l’un des programmes raméliens les plus convaincants et opportuns pour l’année des 250 ans de la mort de Jean-Philippe Rameau.

Dès le début, timbales roulantes et majestueuses,  cordes recueillies dans une résonance réverbérante – qui souligne et renforce l’écho de la déploration tragique-, indiquent le plus grandiose des portiques : soulignons les superbes couleurs des bassons et du cor auxquelles les cordes des 24 violons rétablissant les teintes frottées intermédiaires qui ont fait la réputation de l’orchestre lullyste versaillais – que l’on ne présente plus-, répondent avec panache et flexibilité.

Le chef sait jouer avec l’écho et la longueur du son, inscrivant le geste musical dans une brume affligée du plus bel effet. Insistant aussi sur le silence prolongeant la note et creusant la résonance. C’est une vraie théâtralité sonore qui sied à l’essence même de ce Requiem, jamais tout à fait étranger au sens du théâtre et de l’opéra (comme le sont les Grands Motets de Rameau).

Lumière de Gilles, profondeur et dramatisme de Rameau…

Les contemporains de Rameau ont vu dans ce Requiem provençal et lumineux un rituel rassurant et serein dont la fraîcheur et la simplicité pastorale revivifient ce « primitivisme » Grand Siècle si vénéré par Louis XV et Voltaire. Une sorte de retour aux sources du premier baroque français. Écoutez ici le recueillement tout en nuances et mesure de l’Offertoire : la mise en musique du texte contredit la déploration du texte en une prière sereine et apaisée presque tendre.

Le choeur y semble sourire d’une grâce sûre et conquérante qui annihile toute ombre, jusqu’à la moindre tension. Ici le grandiose funèbre ne présente aucune inquiétude ni aucune angoisse mais une infaillible certitude d’un passage en sublimation, la célébration d’une métamorphose inéluctable en forme d’apothéose.

Le jeu tout en finesse et précision de Skip Sempé et de son collectif réalise de façon très cohérente et investie (reprise du Kyrie eleison marqué par le sentiment du déchirement le plus sombre, seul court passage en creux du cycle) ce rituel acclimaté aux funérailles de Monsieur Rameau.

Enchâssés tels des gemmes lyriques d’une exquise profondeur, dans cette tapisserie tragique et sombre, quelques extraits des opéras de Rameau (et avec quel à propos), se révèlent des plus bénéfiques et des plus poétiques…. la désolation de l’air de Dardanus (originellement d’Anténor que l’amateur gagnera à écouter dans son intégralité dans le récent album des Arts Florissants  : « Le jardin de Monsieur Rameau » ou la prière sombre et lugubre y est magistralement chantée par le jeune lauréat du dernier jardin des voix, le baryton français Victor Sicard) s’intègre idéalement à ce déchirement déclaré. Le passage de l’opéra à l’église est d’autant plus légitime et pertinent que Rameau avant Hippolyte, s’affirme par ses Grands Motets très probablement lyonnais, comme un laboratoire de toutes ses possibilités expressives musicales, chorales, orchestrales et lyriques…. tant chez lui, le génie opératique prolonge directement l’inspiration sacrée d’abord développée sous la voûte.

Le choeur Collegium Vocale Gent apporte sa brillante et expressive verve apportant entre autres un éloquent mordant au verbe dramatique (Graduel II).

L’enchaînement du Sanctus puis du motif extrait de Castor et Pollux (déploration de Telaïre songeant à son aimé Castor aux Enfers) est tout autant naturel : même couleurs affûtées, même caractère affligé et sobre d’une simplicité qui dévoile dans son dénuement le plus bouleversant et le plus sincère, l’humaine fragilité humaine. Enchâssées dans le cycle funèbre, les lueurs crépusculaires de Castor y deviennent un jalon de cet accomplissement lacrymal.

Semblable réussite pour la lumière conclusive de la Communion (Lux æterna….) dont l’élan et le rebond des apaisement déclarés, aériens, se déploient davantage grâce aux deux extraits d’opéras qui lui sont enchaînés : rondeau tendre de Dardanus qui évoque très justement par sa sereine et noble intimité, le « sommeil éternel de Rameau »; enfin, accomplissement spectaculaire, l’air des esprits infernaux, extraits de Zoroastre pour … « l’Apothéose de Rameau ». Inscrit dans ce cycle liturgique funèbre, chaque fragment d’opéra y gagne un éclat renouvelé tout en affirmant l’essence du baroque selon Rameau: sa verve dramatique, sa liberté inventive. La conception est juste, sa réalisation fine et argumentée. Superbe hommage pour le plus grand compositeur français du XVIIIème.

Jean Gilles : Messe des morts, Service funèbre de Rameau. Capriccio Stravagante. Skip Sempe, direction.  1 cd Paradizo. Enregsitrement réalisé à Brugges en mai 2014.

A Notre-Dame, Dudamel dirige le Requiem de Berlioz

Février 2014 à Caracas, Vénézuela : les 39 ans du SistemaArte. Berlioz: Requiem. Gustavo Dudamel. 15 juin 2014, 17h35. Messe solennelle et funèbre… Le Requiem porte la mémoire des célébrations collectives de l’époque révolutionnaire et napoléonienne, ces grandes messes populaires où le symbole côtoie la dévotion, réalisées par exemple par Lesueur. D’ailleurs, l’orchestre de Berlioz n’est pas différent par son ampleur ni par le choix des intruments de celui de son prédécesseur. Berlioz citait aussi pour indication de l’exécution de son Å“uvre, le decorum des funérailles du Maréchal Lannes sous l’Empire.
Lorsqu’il entend le Requiem de Cherubini pour les funérailles du Général Mortier, en 1835, il songe à ce qu’il pourrait écrire sur le même thème… Sa partition ira « frapper à toutes les tombres illustres ». La commande officielle qu’il reçoit le plonge dans un état d’excitation intense : « cette poésie de la Prose des morts m’avait enivré et exalté à tel point que rien de lucide ne se présentait à mon esprit, ma tête bouillait, j’avais des vertiges », écrit-il encore.
Convoqué en images terrifiantes des croyants confrontés au spectacle de la faucheuse, le thème stimule la pensée des compositeurs au  tempérament dramatique, tel Berlioz, comme Verdi plus tard. Aux murmures apeurés des hommes, correspond l’appel terrifiant des cuivres et des percussions dont le fracas, donne la mesure de ce qui est en jeu : le salut des âmes, la gloire des élus, le Paradis promis aux êtres méritants, la possibilité échue à quelques uns de se hisser au dessus de la fatalité terrestre, rejoindre les champs de paix éternelle… Fidèle à la tradition musicale
sur un tel sujet, Berlioz insiste sur l’omnipotence d’un Dieu juste et la misère des hommes qui implore sa miséricorde.
Or ici les flots apocalyptiques se déversent pour mieux poser l’ample déploration finale, qui fait du Requiem, un Å“uvre poignante par son appel au pardon, à la sérénité, à la résolution ultime de tout conflit.
Héritier des compositeurs qui l’ont précédé, Gossec, Méhul,  , Berlioz sait cependant se distinguer par « l’élévation constante et inouïe du style » selon le commentaire de Saint-Saëns. Composée entre mars et juin 1837, le Requiem est joué aux Invalides le  décembre 1837 en l’église Saint-Louis des Invalides.

BerliozLe Requiem, une célébration mondaine… 
Sur le simple plan visuel, la Grande messe des morts est un spectacle impressionnant. Les effectifs de la création sont vertigineux et donneront matière à l’image déformée d’un Berlioz tonitruant, préférant le bruit au murmure, la déflagration tapageuse à l’expression des passions ténues de l’âme humaine. Pas moins de trois cents exécutants, choristes et instrumentistes, avec à chaque extrémité de l’espace où campent les exécutants, un groupe de cuivres. Si l’on reconstitue aux côtés du massif des musiciens, les cierges placés par centaines autour du catafalque, la fumée des encensoirs, la présence des gardes nationaux scrupuleusement alignés, l’oeuvre était surtout l’objet d’un spectacle grandiloquent et d’un ample déploiement tragique, un théâtre du sublime lugubre. Car il s’agisait en définitive, moins d’une commémoration que d’obsèques.
La renommée de Berlioz gagna beaucoup grâce à cet étalage visuel et humain qui était aussi un événement mondain : « Le Paris de l’Opéra, des Italiens, des premières représentations, des courses de chevaux, des bals de M. Dupin, des raouts de M. de Rothschild » s’était pressé là, comme le précise les rapporteurs de l’événement… pour voir et être vu, peut-être moins pour écouter.
Quoiqu’il en soit les mélomanes touchés par la grandeur de la musique sont nombreux, de l’abbé Ancelin, curé des Invalides, au Duc d’Orléans, déjà mécène du compositeur et qui le sera davantage. Berlioz put avoir la fierté d’écrire à son père l’importance du succès remporté, « le plus grand et le plus difficile que j’ai encore jamais obtenu ».
Et l’on sait que Paris, son public gavé de spectacles et de concerts, fut à l’endroit de Berlioz, d’une persistante dureté (que l’on pense justement à l’accueil glacial et déconcerté réservé à la Damnation de Faust ou encore à Benvenuto Cellini).

Pour exprimer le souffle d’une partition dont l’ampleur et la profondeur atteignent les plus belles fresques jamais conçues, le jeune chef vénézuélien Gustavo Dudamel dirige outre ses musiciens de l’Orchestre des Jeunes Simon Bolivar, plusieurs phalanges françaises dont la Maîtrise de Notre-Dame, les instrumentistes du Philharmonique de Radio France, le ChÅ“ur de Radio France… Pas sûr que Berlioz de son vivant eût réussi à relever un tel défi musical et acoustique sous la voûte impressionnante de Notre-Dame de Paris…

arte_logo_2013Berlioz: Requiem. Gustavo Dudamel. Arte, dimanche 15 juin 2014, 17h35 (Maestro). Le Requiem de Berlioz à Notre-Dame de Paris. Concert enregistré le 22 janvier 2014. Orchestre Philharmonique de Radio France, Orchestre Symphonique Simon Bolivar du Venezuela, Chœur de Radio France, Maîtrise de Notre-Dame. Gustavo Dudamel, direction.

 

 

Compte-rendu : Paris. Théâtre des Champs-Elysées, le 16 juin 2013. Giuseppe Verdi : Messa da Requiem. Julianna Di Giacomo, Sonia Ganassi, Fabio Sartori, Matti Salminen. Daniele Gatti, direction musicale.

Giuseppe VerdiAprès l’Orchestre de l’Opéra de Paris, c’est au tour du National de France d’offrir au public son Requiem de Verdi.  Daniele Gatti aime cette musique et le fait sentir, embrasant la partition par sa fougue latine et suivi en cela par des musiciens tout entiers avec leur chef dans cette conception sonore flamboyante.
Le Dies Irae tonne comme rarement, magnifié par un chœur de Radio-France impeccable de précision et de présence vocale.
A leurs côtés, un superbe plateau de solistes a été réuni. Sonia Ganassi, un rien légère pour cette écriture dramatique, se lance dans la bataille avec conviction, sans forcer ses moyens, et se révèle convaincante dans ses interventions. Fabio Sartori fait admirer ses beaux moyens de véritable ténor verdien, parfaitement à l’aise dans cette écriture requérant un médium large et un aigu percutant, ainsi qu’un vrai sens du legato. Son Ingemisco reste l’un des plus beaux moments de la soirée, et on a hâte de le réentendre dans d’autres rôles du cygne de Busseto.

 

 

Un flamboyant Requiem verdien

 

Matti Salminen, quant à lui, ne peut lutter contre les années qui rendent son souffle plus court et son legato moins absolu que par le passé, mais les moyens vocaux demeurent impressionnants, de ceux qui ont fait de lui l’une des grandes basses de ces trois dernières décennies.
Remplaçant Barbaro Frittoli au pied levé, Julianna Di Giacomo, déjà entendue voilà quelques mois dans le Roi d’Ys à l’Opéra Comique, démontre son aisance tant dans l’écriture de Verdi que dans celle de Lalo. Elle demeure l’exemple de la technique vocale américaine, souple et détendue, permettant aussi bien un ample rayonnement vocal que d’aériens piani, sans effort visible ni audible.
Elle ouvre le concert avec un « Ave Maria » d’Otello de la plus belle eau, en hommage à Henri Dutilleux, prélude à une Messa da Requiem tout aussi réussie. En somme, une superbe soirée.

Paris. Théâtre des Champs-Elysées, 16 juin 2013. Giuseppe Verdi : Messa da Requiem. Avec Julianna Di Giacomo, soprano ; Sonia Ganassi, mezzo-soprano ; Fabio Sartori, ténor ; Matti Salminen, basse. Chœur de Radio-France ; Direction : Piero Monti. Orchestre National de France. Daniele Gatti, direction  musicale.

CD, critique. DVORAK : Requiem, Chants Bibliques, Te Deum (Hrusa, Belohlavek, 1 cd DECCA 2017)

dvorak-requiem-biblical-songs-belohlavek-hrusa-martinik-prague-choir-cd-review-classiquenews-critique-classiquenews-deccaCD, critique. DVORAK : Requiem, Chants Bibliques, Te Deum (Hrusa, Belohlavek, 1 cd DECCA 2017) – Le coffret édité par Decca, rassemble les Å“uvres sacrées du compositeur tchèque Dvorak, qui restent liées à son aventure inouïe auprès des audiences anglo saxonnes : Requiem (Londres), Te Deum (New York). Après le triomphe du Stabat Mater (1876), particulièrement applaudi par le public londonien à partir de 1883 (Royal Albert Hall), Dvorak répond à la demande de son éditeur anglais, Alfred Littleton, et compose une Å“uvre plus ambitieuse encore, un Requiem (très parsifalien en son ouverture chorale et symphonique)… mais avec une ampleur brucknérienne et une âpreté sincère qui relève de la culture folklorique et populaire de Dvorak. Ainsi avec force publicité, Dvorak présente au festival de Birmingham le 9 oct 1891 son Requiem : l’alliance des parties intimes (solistes) et graves (collectives et chorales) scelle la réussite de la partition et son excellente réception par le public. Y rayonne en particulier la voix de la soprano qui entonne avec ferveur et sobriété la prière « Requiem Aeternam »… L’ambition orchestrale du compositeur se dévoile dans le saisissant Dies Irae : riche en déflagrations mesurées, d’une puissance originale indiscutable, très dramatique et tout autant recueillis, tendus mais jamais secs. Toujours y perce la douleur directe, franche des fervents qui implorent le salut pour ceux qui sont partis…
Le Requiem est écrit alors que depuis juin 1891, Dvorak a reçu la proposition de diriger le Conservatoire de New York : ce qu’il accepte à partir d’oct 1892 et pendant deux années scolaires.

Le Te Deum est créé au Carnegie Hall de New York (21 oct 1891), un mois après son arrivée aux States : on y sent l’ambition de régénérer localement l’essor de la musique indigène, « américaine », entre autres parce que le concert devait célébrer le 400è anniversaire de la découverte de l’Amérique par Colomb. Une entente conjointe entre Dvorak et les Américains allait se concrétiser idéalement lors de la création triomphale elle aussi de sa Symphonie du Nouveau Monde (même lieu, déc 1893).
L’aventure américaine de Dvorak devait être fauchée par la crise économique et la ruine du Conservatoire désormais dans l’impossibilité d’honorer le moindre paiement dès déc 1893.
De Bohème, Dvorak apprend alors la mort de son père : il compose les fameux Chants bibliques pour basse et piano. A Prague, en 1896, Dvorak crée dans le premier concert de la Philharmonie Tchèque récemment constituée, les 5 premiers Chants orchestrés. Ici, le chef Jiri Belohlavek joue les 10 Chants, – aux 5 autographes de Dvorak, se joignent les 5 derniers dans l’orchestration tardive de Burghauser et Hanus (1960).

Mort récemment en 2017, Jiri Belohlavek nous laisse ici son dernier enregistrement : le cycle intégral orchestral des 10 Chants Bibliques gagnent une profondeur à la fois sombre voire lugubre, d’une justesse de ton et dans un équilibre voix / parure orchestrale, très séduisants. Jiri Belohlavek traite la texture symphonique telle une scintillante tapisserie orchestrale qui accordée à la tendresse de la basse Jan Martiník opère et réalise la douceur sousjacente à chacune des 10 séquences.
En « complément », l’opus 89 – le Requiem destiné au public britannique du festival de Birmingham est idéalement réalisé par le chef Jakub Hrusa, qui souligne la sincérité de la ferveur du Dvorak quinquagénaire, très inspiré par l’ombre de la mort, lui-même frappé en de multiples occurrences par le deuil.
Le Requiem a la force et la franchise en effet de celui de Verdi dont il se rapproche par son caractère direct, profondément humain ; la version qu’en donne Jakub Hrusa séduit immédiatement par son implication totale, la cohérence du plateau de soliste (dont les excellents Ailyn Pérez et Michael Spyres), le feu du chœur qui font jaillir la profonde et viscérale prière, voire exhortation au repos.

CLIC_macaron_20dec13Même alliance résolue entre les vagues spectaculaires et l’intimité de prières très individualisées dans le Te Deum opus 103, toutes les œuvres étant jouées par le Czech Philharmonic, phalange des plus légitimes et dont l’histoire est intimement liée à celle de Dvorak. Le Te Deum est vraie célébration collective, telle une chevauchée chevaleresque gorgée de saine énergie qui ne manque pas non plus de noblesse fervente (Rex Tremendae porté par la vaillance du baryton Svatopluk Sem) ni de gaieté pastorale et rustique, grâce à l’engagement du chœur qui sonne idiomatique dans le répertoire. CLIC de CLASSIQUENEWS du printemps 2020.

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CD, critique. DVORAK : Chants Bibliques (opus 99, f̩v 2017 РJiri Belohlavek) / Requiem opus 89 (sept 2017), Te Deum opus 103 (d̩c 2018) Jakub Hrusa / Czech Philharmonic / Prague Philharmonic Choir Р2 cd DECCA РCLIC de CLASSIQUENEWS de mars et avril 2020.

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dvorak stabat mater jiri belohlavek decca cd spyres kulman park cd review critique cd classiquenews CLIC de classiquenews decca cd review Titelive_0028948315109_D_0028948315109CD, compte rendu critique. DVORAK : STABAT MATER (Belohlavek, Prague mars 2016, 1 cd Decca). Etrangement la Philharmonie Tchèque / Czech Philharmonic sonne démesurée dans une prise de son à la réverbération couvrante qui tant à diluer et à noyer le détail des timbres, comme le relief des parties : orchestre, solistes, choeur (Prague Philharmonic Choir). Heureusement, la direction tendre du chef Jiri Belohlavek (récemment décédé : il s’est éteint le 31 mai 2017) évite d’écraser et d’épaissir, malgré l’importance des effectifs et le traitement sonore plutôt rond et indistinct. C’est presque un contresens pour une partition qui plonge dans l’affliction la plus déchirante, celle d’un père (Dvorak) encore saisi par la perte de ses enfants Josefa en septembre 1875, puis ses ainées : Ruzenka et Ottokar. En LIRE plus