ARDECHE : La Ballade des Quatuors, jusqu’au 19 juillet 2020

quatuor-debussy-ardeche-ballade-des-cordes-annonce-concerts-classiquenewsARDECHE, Quatuor Debussy. Les Cordes en ballade propose la Ballade des cordes, jusqu’au 19 juillet 2020. Le Quatuor Debussy rĂ©invente son itinĂ©rance estivale en Ardèche et propose un nouveau cycle de concerts ardĂ©chois jusqu’au 19 juillet 2020. Plusieurs Quatuors Ă  cordes, nouveaux talents du genre musique de chambre, nouvelles « brigades musicales » sont invitĂ©s par les Debussy pour enseigner et transmettre leur passion, rencontrer les publics locaux. Cycle de petites reprĂ©sentations gratuites pour tous les habitants du territoire ardĂ©chois. Ils ont pour nom HĂ©mĂ©ra, Varen, Rosalie, Kalik, Vigrid, Malincolia, et sont issus de l’AcadĂ©mie d’Ă©tĂ© du Quatuor Debussy…

 

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Les DEBUSSY SE RÉINVENTENT… En poursuivant coĂ»te que coĂ»te leur envie de partager leur passion du quatuor Ă  cordes, les Debussy renouvellent leur offre en Ardèche, sous la forme d’un cycle musical incontournable. La formation poursuit ainsi un travail exemplaire menĂ© auprès de tous les publics, innervant le territoire ardĂ©chois d’une passion sensible, indispensable,… : la passion des cordes…  ENTRETIEN avec le Quatuor DEBUSSY Ă  propos de La Ballade des Cordes.

 

 

 

Que vous inspire la situation sanitaire et les conditions de concerts que nous devons surmonter ? Est-ce un frein / une obligation de dépassement ?

La situation actuelle inédite nous force à nous réinventer en profondeur : non pas par contrainte, mais bien par devoir envers le public. Il est nécessaire de se dépasser en réadaptant notre façon de faire et de diffuser la musique, pour qu’elle soit présente partout, au plus vite, pour tous. C’est plus que jamais primordial, autant pour les artistes que pour le public. C’est une occasion d’imaginer de nouvelles formes de concert, de nouvelles façons d’écouter, de nouvelles manières d’appréhender la(les) culture(s) musicale(s).

 

 

 

Que retrouveront de familier les festivaliers cet été, en vous suivant pas à pas dans les lieux investis ?
En premier lieu, les festivaliers – qui seront surtout des habitants des communes visitées et/ou avoisinantes – retrouveront le cœur de notre projet, qui est celui de mettre en lumière l’art du quatuor à cordes. Bien sûr, ce sera aussi l’opportunité d’un véritable « retour aux sources » des débuts du festival : lorsqu’en 1999, et les premières années, nous étions très concentrés sur le quatuor à cordes. Enfin, les festivaliers retrouveront surtout l’esprit de transmission, porté depuis ses origines aux Cordes en ballade, en faisant le choix à la fois de créer un festival, jumelé à une académie de musique de chambre, qui forme les grands quatuors à cordes de demain.

 

 

 

Quel rĂ©pertoire avez-vous souhaitĂ© privilĂ©gier Ă  travers ce cycle “inĂ©dit” ?
cordes-en-ballade-quatuor-debussy-classiquenews-concerts-ete-2020-annone-critiqueCette balade inédite fera un focus tout particulier sur les « bases » du quatuor à cordes : Beethoven, Haydn, Mozart… Autant de compositeurs qui rythment les débuts des jeunes ensembles depuis toujours. Une mise en lumière toute particulière à Beethoven sera faite, à l’occasion de son 250e anniversaire. Surtout, il est important de noter que nous ne partirons pas d’un programme fixé dans le marbre, comme nous le faisions d’habitude pour le festival : le répertoire s’adaptera en lien avec le public rencontré (enfants, personnes âgées, personnes handicapées…), dans une volonté de faire découvrir, de présenter et d’expliquer la musique au plus grand nombre.

Propos recueillis en juillet 2020

 

 

 

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Le QUATUOR DEBUSSY en Ardèche : la Ballade des Quatuors, jusqu’au 19 juillet 2020. Toutes les infos, les lieux et les programmes des concerts sur le site www.cordesenballade.com

contact@cordesenballade.com | 04 72 07 84 53

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Week-end Mozart au Radiant de Caluire (69)

mozart-portrait-xixCaluire, Radiant. Les 10 et 11 janvier 2015. Week-end Mozart avec le Quatuor Debussy, au Radiant de Caluire (69). Une « fin de semaine »,  au Radiant de Caluire, salle à éventail de programmation culture « tous publics ». Le « classique » est cette fois célébré par le Quatuor Debussy, qui choisit un thème Mozart, autour du Requiem et d’airs d’opéra (instrumentalement réduits), mais aussi avec le Quintette pour clarinette et la Sérénade « Petite Musique de Nuit ». Belle occasion d’admiration, et d’interrogations sur le génie mozartien aujourd’hui…

 

 

 

Comment préférez-vous « votre » Mozart ?

mozart_portrait-300Mozart, succès garanti auprès de (presque) tous publics. Et consensus autour de quelques partitions fĂ©tiches ( fĂ©tichisĂ©es, diraient les sceptiques). Au fait, vous le prĂ©fĂ©rez comment, « votre » Mozart ? En sale ado (tendance scato-porno) qui n’en finit pas de faire en riant-hennissant des farces plus ou moins amusantes, comme dans le film de Milos Forman ? En saint de vitrail, ravi-de-la-crèche-salzbourgeoise, gĂ©nial mais irresponsable de son gĂ©nie, composant par inspiration d’En-Haut (« le Ciel, Sganarelle ! ») : un Divin (petit) Mozart, en somme ? Ou si vous avez l’esprit de contradiction sartrienne  qui s’énerve de la solennitĂ© ambiante : « Un homme, fait de tous les hommes, et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui » ? Ou encore un homme des Lumières, auto-libĂ©rĂ© de sa condition « « domestique »,  porteur et proclamateur Ă  peine masquĂ© de ses « machines dĂ©sirantes » en tous genres, et en prime, prĂ©-rĂ©volutionnaire ?…

Trazom et ses  35 ans sur la terre

Deux siècles et demi après un météorique passage sur la terre européenne, on en est encore à découvrir – et discuter, et disputer, c’est bon signe – du côté de chez Wolfgang, Amadeus, Amadeo, Amade, Gottlieb, Wolfie, alias encore par soi-même nommé Trazom,  Hanswurst, Il Duca Basso, Signor d’Alto, Don Cacarella ? Et à imaginer non seulement  ce qu’il fut, mais ce qu’il aurait pu devenir –musicalement et autrement – si  Dieu, les dieux, les virus et les bactéries lui avaient accordé vingt ans de plus que son exigu 35 ans…ertes on a d’abord l’impression que  les 626 n°s du catalogue dressé au XIXe par Ludwig Ritter von Köchel ont « suffi » à révéler le génie protéiforme et multidirectionnel dans l’opéra, la symphonie, les instruments à vent et à cordes, la musique de chambre, l’art vocal, l’art sacré, le concerto, et si on cherche la petite bête exemplaire, l’harmonica de verre. Alors deux jours d’une fin de semaine hivernale, deux concerts, une conférence, un brunch ( c’est là qu’on entend sans broncher un concertino pour fourchettes et quatuor? ), une classe de maître(s), les K.525,581 et 626 en entier, et des extraits  vocaux des K.366, 492, 527, 578, 620 et 621 (une récompense à qui rapporte tous ces n°s K. à leur œuvre) ?

Petit théâtre musical-mozartien

D’autant que c’est « seulement » un Quatuor à cordes, une chanteuse, un chanteur et un clarinettiste qui « font » l’orchestre et le chœur : serait-ce suffisant en panorama, non, 626 fois non ! Mais les proposants ont bien conscience d’une démarche symbolico-minimaliste, et du fait que leur très petit théâtre musical mozartien a, d’emblée, ses limites. Mais on peut dire aussi que les deux concerts puisent à quatre sources : la diversité dramaturgique des airs lyriques, l’unité sacrale du Requiem, l’ensoleillement sans métaphysique de la musique de nuit, la poésie absolue du Quintette.

Un Requiem quatuorisé

Le plus « surprenant » des quatre moments est sans doute celui du Requiem…quatuorisé non par l’auteur de la partition, mais bien  peu de temps après -9 ans, 1802- la mort de Mozart lui-même. Peter Lichtenthal n’était pas n’importe quel scribouilleur de notes, mais un musicien de grande qualité, ami de la famille Mozart sur lequel la notice (Florence Badol-Bertrand) du cd. DECCA(2009) enregistré par les Debussy donne toutes précisions biographiques et esthétiques. Le principe même et les modalités de cette « réduction » ouvrent en tout cas des perspectives sur « la grandeur » d’une œuvre qui a depuis les origines saisi les auditeurs par ses dimensions…psycho-musicales, et la légende non dorée mais noire qui a entouré sa création. En quatuor, la vocation même du laboratoire où Haydn puis Mozart et bientôt Beethoven expérimentent leur pensée la plus novatrice s’affirme, « décantant » les voix humaines et instrumentales en nombre et puissance jusqu’à n’en plus faire surgir que l’essence d’un discours…

Chant de la vie et de la mort

Au fait, discours sur quoi, prioritairement ?  Une fois balayé ce qu’on pourrait nommer le folklore-people de la tradition-qui-a-la-vie-dure (Salieri jouant les Brinvilliers d’Autriche, l’Homme en Noir qui poursuit Wolfgang de ses assiduités mortifères jusqu’à ne  plus le  faire  « penser qu’à ça »…), reste l’interrogation fondamentale : qu’est-ce qu’un chant de (la ?) mort pour Mozart en ses derniers mois ? La dominante demeure-t-elle une peur panique entretenue par la « vision » catholique et autoritaire -Rex tremendae majestatis : Roi (et avatars incarnés de rois, empereurs ou princes qui gouvernent cette terre) d’une majesté qui doit faire      trembler -, correspondant au « vieux monde » que Mozart n’aime pas ? Ou une espérance que donne la lumière d’une fraternité humaine rayonnant dans « la foi » à laquelle Mozart s’est « converti » quelques années plus tôt : la franc-maçonnerie, que les ultimes pensées et actes compositionnels de Wolfgang verront honorés dans l’écriture de deux cantates pour les cérémonies de Loges, et bien sûr la chère Flûte Enchantée, dont le compositeur suivra jusqu’au dernier instant le déroulement des représentations ?

Un double visage de Wolfgang

Ce rapport – fusionnel ? antagoniste ? – serait-il à décrypter entre un Amadeus jusqu’au bout terrifié par une mort catholique, le sommant de « se repentir » en créateur impie de tant de personnages qui vantent à l’opéra la liberté de l’amour terrestre ? Et un Wolfgang cherchant autrement la dualité vie-mort, se fondant sur les actes de libération sociale et de fraternité humaine pour faire advenir un nouveau monde… ?  Les « vieux mozartiens français »ont toujours recours  deux ouvrages fondamentaux parus à la fin des années 1950 et qui présentent ce « double » visage, le «Mozart » plus laïque et dans le siècle, de Jean Brigitte Massin, et « La pensée de Mozart », de J.V.Hocquard, spiritualiste…en diable, tout-âme-contre-dangereux-corps. (On en trouve encore des occasions de réédition, cherchez sous le sapin du 1er janvier !) En tout cas, c’est le musicologue-pianiste Philippe Barraud qui, en conférence, soulignera les nombreuses visions possibles du Requiem…

Magie nocturne d’opéra

Une partition qui semble « sans problèmes », c’est le K.525, alias « petite musique de nuit », mise à toutes  sauces de gastronomie et fêtes en parcs viennois, et devenue symbole des grâces d’Ancien Régime. La nuit en tout cela n’est nullement romantique, bien sûr. Mais composée en plein travail de Mozart sur Don Giovanni, n’est-elle pas « magie nocturne de l’opéra, forme sublimée, intime, suprêmement concentrée » (Harry Halbreich) du climat où vivent les « opéras-Da-Ponte » (Noces, Don Giovanni, Cosi) ? En tout cas, Sérénade écrite pour « l’orchestre de chambre le plus resserré qui soit :quatuor à cordes renforcé d’une contrebasse à l’unisson du violoncelle, et peut-être réponse allègre et délicate à la grande angoisse des Quintettes du printemps 1787 » (J.B.Massin)… C’est plus tard, et en vulgarisation fort vulgairement-comm-et-pub, qu’en ont été offertes au grand public des versions à gros effectifs parfaitement infidèles à l’esprit de la partition…

1789, l’année de la radieuse éclaircie

On peut supposer qu’il n’a pas été agi de semblable façon avec une œuvre aussi tissée de poésie que le quintette avec clarinette K.581 (1789, l’année d’une « radieuse éclaircie », ésotérique (les Massin y entendent, via le clarinettiste Stadler que Mozart fréquente et fait alors travailler, les échos des idées musicales de la Franc-Maçonnerie) et pourtant accessible à « tous les frères humains de toutes les époques ». Dans le larghetto central, J.V.Hocquard y fait écouter « la puissance d’immobilité et de vaste giration sur place, le contact pris avec la réalité musicale à l’état pur : l’oreille intérieure remonte alors à la source du Temps »…

Père terrible et Chérubin d’amour

Et puis ce seront les citations du monde imaginaire auquel Mozart croyait peut-être encore davantage qu’au « réaliste » : celui de l’opéra, là où tous les témoins de sa vie – y compris lui-même, qui le dit dans ses lettres !- ont su qu’il était le plus heureux. Dans Idoménée (K.366), le dernier « grand opera seria », ce sera l’air(Vedrommi intorno) du père accablé par l’idée que pour sauver sa vie il va sacrifier le premier humain paraissant sur le rivage…et bien sûr, il s’agira de son fils Idamante. Cette donnée tragique de la mythologie intéresse les psychanalystes « mozartiens » qui…s’intéressent aux relations complexes de Wolfgang avec son papa terrible, Leopold. Du côté de la folle journée des Noces (K.486), on écoutera le ravissant « Cherubin d’amore » nous dire : « voi che sapete… », vous qui savez ce qu’est l’amour, est-ce bien vrai ? Chez le grand seigneur méchant homme (Don Giovanni, K.527), on rencontrera l’idyllique Don Ottavio s’inquiétant pour son inaccessible Donn’Anna, Dalla sua pace.

Clémence et cadeau de Wolfie

mozart1790On pourra «(re ?) dĂ©couvrir » dans le moins connu ClĂ©mence de Titus (K.621), oĂą l’empereur, alias « les dĂ©lices du genre humain », pardonne au patricien Sextus, (manipulĂ© par Vitellia), qui a son grand air de bravoure (Parto, parto). Et dans la très-aimĂ©e FlĂ»te EnchantĂ©e (K.620), la dĂ©couverte de Pamina par Tamino dans la « photographie » du portrait…En prime de « nouveauté », l’air de concert K.578 Alma Grande : joli cadeau de Wolfie Ă  une jolie interprète Louise Villeneuve(qui sera bientĂ´t la Dorabella de Cosi) : « chaleur tragique Ă  fleur de peau, ironie sous-jacente dans l’accompagnement instrumental »(J.B.Massin). Un septuor lyonnaisIls sont un « septuor » pour faire partager le voyage mozartien. Quatre d’entre eux, les Debussy – travaillant Ă  Lyon – ont une grande habiletĂ© de communicants pĂ©dagogiques-théâtraux, si bien menĂ©s par leur 1er violon, Christophe Collette : Marc Vieillefon, 2nd violon, Vincent Deprecq, alto, Fabrice Bihan, violoncelle. Ils seront rejoints par le clarinettiste Patrick Messina, soliste très international et « 1 » soliste Ă  l’Orchestre National de France. Les « chargĂ©s-du-chant » ont aussi des attaches lyonnaises : Julien Behr est mĂŞme nĂ© dans la citĂ© aux deux fleuves, y a Ă©tudiĂ© (CNSM) et mène sa jeune carrière de tĂ©nor après avoir renoncĂ© Ă  sa vocation d’avocat. StĂ©phanie d’Oustrac a aussi Ă©tudiĂ© aux Conservatoires de Lyon ; « lancĂ©e » avec les louanges de William Christie, elle est maintenant une des chanteuses françaises les mieux reconnues, dans  rĂ©pertoire baroque et l’opĂ©ra plus particulièrement.

 

 

Radiant , Caluire (69). Week end Mozart par le Quator Debussy Samedi 10 et dimanche 11 janvier 2015.  Samedi 10 : 14h30 : Master-class ; 18h30 : conférence de Philippe Barraud ; 20h30 : concert : airs d’opéra, Requiem. Dimanche 11 : dès 10h30 : brunch musical ; 15h : concert : Quintette, Petite Musique de nuit. Renseignements et réservations : T. 04 72 10 2219 ; www.radiant-bellevue.fr

 

 

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Festival Cordes en Ballade (Ardèche) : Viva latina !

cordes en ballade quatuor debussy festival ardeche 2014 cordes en ballade logoArdèche. Cordes en ballade : 3>14 juillet 2014. «  Viva latina ! ». Un grand ado de 15 ans, ce  Cordesenballade, plein d’idées,  une bougeotte pas possible, addicté à son  Facebook bien  international ; cet ado, il fait la joie de ses parents adoptifs, les Debussy, bien fiers de leur grand garçon (difficile de filer la métaphore avec 4 parents, tant pis). Et tout cela va faire début juillet une teufe géante avec les copains latinos, ça s’appelle Viva Latina !

La sortie vers l’Océan ?

Cordes en ballade, 16e Ă©dition. Pour cette Ballade  entre Espagne, Portugal et AmĂ©rique du Sud, c’est par oĂą la sortie vers la MĂ©diterranĂ©e puis l’OcĂ©an ? Pas de souci, si vous ĂŞtes au nord de l’Ardèche du Fleuve, vous faites du stop (auto, bateau, coche d’eau,  diligence), vous  vous arrĂŞtez un moment vers Viviers, et reprenez « le chemin » – mĂŞmes moyens de transports –,après le delta du RhĂ´ne, bifurquez sud-ouest, puis ouest, et puis les Colonnes d’Hercule, et au-delà  une grande aventure commencera vraiment.

Le chemin des Conquistadores

Mais si ça dépasse un peu vos désirs d’autonomie voyageuse, si vous craignez  sans trop oser l’avouer les périls et fatigues (ou si vous avez entendu parler de cela pour la 15eédition qui se nommait «W elcome America » (but North America), prenez seulement en sonore le « chemin des conquistadores « (sans en avoir les mauvaises, voire épouvantables manières : car paix à leurs âmes-s’ils en avaient une – c’étaient souvent de rudes coquins sous le signe de l’Ange…Exterminateur, avec leurs crimes de guerre et contre l’humanité -) Et « en plein cœur de l’Ardèche, ce  sera un mélange  de créations  de musiques traditionnelles, improvisées ou de traditions savantes, des rencontres pluridisciplinaires qui placeront Bach, Debussy ou Ravel aux côtés de Turina, Falla, Villa-Lobos ou Astor Piazzola ».

Natal  rime avec brutal

Histoire aussi de rĂ©flĂ©chir sur une Histoire qui n’est pas que musicale, et oĂą le « mĂ©tissage , l’entrecroisement des cultures »  n’auront   pas  Ă©tĂ© que valeurs positives : n’oublions jamais qu’une fois « rĂ©duites », voire Ă©radiquĂ©es en  leur civilisation antĂ©rieure, les populations  autochtones (les  bien nommĂ©es : celles nĂ©es « sur » leur terre , et qui en AmĂ©rique Latine du nord » y retournèrent – dans les mines-  pour une exploitation  sans pitiĂ©), se virent ensuite « relayĂ©es » par des apports massifs d’autres autochtones  arrachĂ©s Ă  l’Afrique, « vivant », c’est-Ă -dire travaillant, et mourant « à leur Ouest d’Atlantique  » dans d’atroces conditions. J’apprenais Ă  l’école – il y a si longtemps, mais ça m’est restĂ© en mĂ©moire automatique-, les Conquistadors de Heredia, « comme un vol  de gerfauts hors du charnier natal », et comme Heredia avait raison de faire rimer natal avec brutal, pour ces reĂ®tres-convertisseurs !

Viviers et Lagorce

Cordes en ballade, donc, et partant de l’ogival joyau  en bord de fleuve qu’est la cathédrale de Viviers : formule assez classico-romantique, le 1er concerto de Mendelssohn  ralliant depuis toujours les suffrages, et ici confié à une des têtes d’affiche du Festival,  Alexis Cardenas. Ce violoniste du Venezuela – qui jouait à 12 ans le dit concerto !-, qui a suivi des études musicales supérieures aux Etats Unis et en France, a remporté de prestigieux prix,  joue sous la direction de Marek Janowski et de son compatriote Gustavo Dudamel ; il   est super-soliste à l’O.N.Ile de France et  pratique le multiculturalisme : on le retrouve dans le jazz et les musiques populaires. On en verra  la trace dans d’autres partitions du concert-Cathédrale : une fantaisie sur Carmen, de Sarasate, une Suite pour orchestre à cordes d’Aldemaro Romero (fusion de la fugue et d’une danse vénézuélienne, le Pajarillo), un quatuor du Catalan Edouardo Toldra. Sans oublier le coup de chapeau à Piazzolla en son Tango Ballet. Dans le site un peu farouche de Lagorce, tournoiera le Concerto Flamenco, avec son Patron Juan Carmona, s’auto-définissant «  hors époque, lieu, temps et espace », et donnant ici son « autoportrait », où il flirte avec les musiques africaines, cubaines, liturgiques et jazzistiques.

Oscar… Kagel

Re-Viviers, Hôtel-de-Ville cette fois, où le jeune (22 ans) pianiste Guillaume Vincent joue Ravel  et Debussy, faux vrais-Espagnols (Alborada, bien sûr), et Puerta del vino), Turina et Grandos. Rejoint par le violoncelliste Fabrice Bihan et l’accordéoniste Philippe Bourlois, il se lancera dans des Exercices de latinité (cha-cha-cha, tango et tarentelle) qui permettront de rencontre le « en résidence-ardèche-2014 », le compositeur Oscar Strasnoy, une belle prise de guerre-com  dans le Gotha européen de la jeune écriture. Autrement dit, Oscar est le « à-la-mode », Argentin comme le fut naguère Mauricio Kagel, et- vivant comme lui en Allemagne.  Formé à Berlin et à Paris (Levinas, Reibel), honoré par Berio en 2000, multi-primé, pianiste, chef, invité d’Acanthes  et de Présences : l’homme qui monte.

Hommage Ă  Frida Kahlo

Encore Viviers, avec les Trois mêmes (piano, piano à bretelles ; violoncelle) qui posent des questions drôles sur un échange musicologique entre J.S.Bach (« né à Buenos-Aires en 1921 » ?) et Piazzola (« maître de chapelle à Leipzig 1730-40 ? »). Au programme, Graciane Finzi qui fait (Impression)Tango, et re-Strasnoy pour transcrire les contes des Grimm et de Perrault. Dans le cadre –roman- de l’abbatiale de Cruas, retour de Cardenas avec son ensemble Recovevo, pour  faire  « musique au sommet des Andes ». Puis Bourg-Saint Andéol –les «  Deb(ussy) », le comédien Sylvain Stawsky, la chanteuse Sandra Rulino, le guitariste Kevin Sekkidi – pour célébrer via Piazzolla, Kagel, Ponce,  Yupanqui ou Strasnoy la Mexicaine mythique  Frida Kahlo et son Grand Corps Malade mais Victorieux, peinture, musique et vraie vie  qui est aussi ailleurs… Non alignement garanti au Cloître de la Cascade ! Et à Aubenas, le triomphe du légendaire Richard Galliano, multi-interprète et adaptateur,  et aussi compositeur (Opale Concerto), avec le Tangaria Quartet, sans oublier le Last Round d’Osvaldo Golijov.

Parfum des nuits ardéchoises

A Montpezat, une plus classique mais très parfumée « nuit dans les jardins d’Espagne », avec le Breton Quartet…  évidemment espagnol, qui à côté du 8e Quatuor de Beethoven et de la création du 9e Quatuor de J.M.Sanchez-Verdu, inscrit le 2e de J.C. de Arriaga, le génial consumé-par la-flamme-de-la-maladie (la phtisie), et qui s’éteignit à 20 ans -1826 – en ayant volé le temps d’écrire une vingtaine d’œuvres passionnantes. Trois hyper-jeunes Quatuors, couvé   par  les Deb : Shana, Alcea, Arod, vont en divers lieux (Le Teil, Berrias, Saint-Marcel,  faire se rencontrer Haydn, Beethoven, Schubert   ou Ravel et le jeune Américain (philglassien) Nico Mulhy ou encore Oscar Strasnoy. Et rappelons-nous que les Cordes, c’est aussi une Académie d’été, d’autres  jeunes sous l’inspiration des Debussy, qui travaillent, jouent (Aubades, Concert de clôture) et se joignent quand ils peuvent aux autres récréations du  public  incité à l’activité (conférences, lectures, visites). Le tout pour honorer « l’exigence musicale, l’ouverture artistique et une grande simplicité dans l’échange » qui ornent le fronton sud-ardéchois des Cordes Voyageuses  entre Rhône et Garrigues.

 cordes en ballade quatuor debussy festival ardeche 2014 cordes en ballade logo

Festival Les Cordes en Ballade, Viva Latina ! , 07 (Ardèche méridionale : Viviers, Cruas, Bourg-Saint-Andéol, Aubenas, Montpezat, Le Teil, Lagorce, Berrias, St Marcel), du 3 au 14 juillet 2014. Viva Latina ! (Quatuor Debussy) : concerts, Académie, rencontres…16e édition.

Concerts : 3 juillet, 21h ; 4, 21h ; 5, 18h,21h ; 6, 21h ; 7, 18h ;  8, 21h ; 9, 18h ; 10, 21h ;11, 8h ; 2, 18h30.

Information et réservation : T. 04 72 48 04 65 , 06 28 34 72 19 ; www.cordesenballade.com

Käfig, Boxe-Boxe, chorégraphie avec le Quatuor Debussy

Caluire Kafig, debussyCaluire (69), Le Radiant, 19,20,21 mars 2014. Käfig, Boxe-Boxe, chorégraphie, Quatuor Debussy. Boxe + Hip-Hop + un Quatuor classique, qui plus est nommé Debussy : on ne s’attend pas à ces éléments réunis dans un spectacle de type pluri-média… Dans l’agglomération lyonnaise – qui est aussi « le camp de base » du chorégraphe Mourad Merzouki et du Quatuor Debussy -, il s’agit pourtant d’une nouvelle représentation de ce Boxe-Boxe inventé par le chorégraphe et co-piloté par les Debussy, qui en ont choisi les musiques, de Schubert et Verdi à Phil Glass. Boxe-Boxe, donc…

La Forlane par Mistinguett
On sait qu’un des grands quatuors français a pris le nom de Debussy, qu’il siège (et agit avant tout)en Rhône-Alpes, qu’il aime depuis sa fondation (en 1991) les expérimentations-frontières, et qu’il est fidèle en cela au message de son Saint Patron. Jusqu’à s’agréger chorégraphiquement à un groupe de hip-hop ? Alors, là….Claude de France eût-il été transporté d’aise en voyant son nom accolé à un « tortillage moderne », qui plus est venu non d’est russe mais d’ouest américain ? Et Ravel convoqué sur le ring d’un spectacle appelé Boxe Boxe ? Peut-être davantage, lui qui rêvait de faire « danser  la Forlane au Vatican par Mistinguett et Colette Willy en travesti »… Et les autres, inclus en citations-patchwork pour Boxe-Boxe, tels le doux Franz –tolérant, mais pas son genre, le pugilat !-, le (trop ?) distingué Mendelssohn, ou l’ardent Verdi – encore que pour l’Unité Italienne et contre l’occupant autrichien… - ?

Arts martiaux, hip-hop et cirque
D’autant que la « banlieue » ( ?) nord de Lyon où est situé le Radiant-Bellevue ne paraît pas terre d’élection du « hip-hop »et genre Bronx de la Capitale des Gaules… Mais il faut bien une fusion des cultures, ou selon Montaigne, qui fut maire de Bordeaux, « frotter et limer notre cervelle contre celle d’autrui ». Mais écoutons le chorégraphe de Boxe-Boxe, qui lui, est plutôt venu de la banlieue sud-est  : « La boxe, c’est déjà de la danse. Ici je joue sur les contrastes , à chaque élément de la boxe correspond une dimension de l’art chorégraphique

Créations multiples
Récital est « dialogue insolite entre six danseurs, un musicien et l’image du concert de musique classique : une grappe de violons est suspendue au dessus du plateau et fait danser un orchestre inédit d’instrumentistes. » Puis Pas à Pas mélange avec le chorégraphe sud-africain Jay Pather danses traditionnelles zoulous et hip-hop. Dix Versions se tourne vers l’univers New-Yorkais  : « objets géométriques déplacés dans l’espace par les danseurs qui activent un jeu vivant de formes et d’énergies ».En 2004, retour aux origines algériennes avec Mekech-Mouchkin et Corps est Graphique, humour en hip-hop. En 2006, plongée dans l’enfance en un no man’s land fantasmé, Tricôté, et en 2008, à la Biennale de Lyon, création d’ Agwa, « sous le signe de l’eau ».

La Légion d’Honneur, ça ne se refuse pas
Et en 2010, voici Boxe-Boxe, qui lie les arts martiaux et la musique classique avec les Debussy, et qui devient vite … classique du mélange des genres. Entre temps, Mourad Merzouki a été nommé Directeur du Centre Chorégraphique National de Créteil, puis a créé le Festival Kalypso en Ile de France. Travaillant aussi au Musée des Beaux-Arts de Lyon, Käfig se confronte aux arts visuels du numérique (Pixel), et transmettant sa création Récital à des danseurs indiens , engage cette 1ère œuvre hip-hop en système de notation via le système Laban. Metteur en scène de théâtre ( Feydeau, Wesker) et de cinéma, travaillant avec le cirque canadien Eloize, que n’a-t-il fait et ne fera-t-il encore ? Le temps de recevoir …la Légion d’Honneur, qu’il n’a pas refusée (comme le fit Ravel), mais toute sa… chorégraphie mériterait-elle cette distinction, demanderait le perfide Erik Satie ? On pourrait poser la question au million de spectateurs qui en vingt ans ont vu ses 21 créations dans 61 pays…

La rive droite du RhĂ´ne
Et du côté de chez Claude(les Debussy), évidemment aucune réticence à se mêler à boxe et boxe et hip-hop… Depuis la fondation, le Quatuor multiplie les « passerelles avec la danse, le théâtre, les musiques actuelles », et avec un talent pédagogique hors du commun, mène un travail intense en direction des enfants, et aussi « envers les publics qui ont peu d’accès à la culture, de la communauté gitane aux maisons de retraite et au monde de l’entreprise ». Sans oublier le rôle plus traditionnel mais assumé de façon passionnée, de « passeurs » : non d’une rive à l’autre du Rhône, mais sur la rive droite du fleuve-dieu, avec le Festival annuel et ardéchois des Cordes en Ballade, qui se consacre pour une large part à « l’enseignement  supérieur », permettant aussi aux jeunes ensembles de faire leurs gammes en concerts.

Octuorissimo
En tĂ©moigne un rĂ©cent cd. « Octuorissimo », oĂą ils sont en effet Ă  huit, « MaĂ®tre et Ă©lève ». Le MaĂ®tre, les Debussy, bien sĂ»r, et L’Elève, les Arranoa, un jeune quatuor (fondĂ© en 2009) qui se perfectionne au CNLMD de Lyon, s’est produit – entre autres – aux Cordes en Ballade, – travaillent «en paritĂ© totale  dans un sĂ©duisant voyage musical de Moscou Ă  Buenos-Aires et New-York ». On ne sera pas Ă©tonnĂ© d’y Ă©couter Chostakovitch, dont les Debussy ont enregistrĂ© l’intĂ©grale des Quatuors (mais ici ce sont des Pièces moins connues, les unes adaptĂ©es par le compositeur lui-mĂŞme de son opĂ©ra Lady Macbeth of Minsk et du ballet l’Age d’Or,puis en octuor,un op.11), et on y rencontrera Osvaldo Golijov, nĂ© en Argentine (1960) de parents roumain et ukrainien, marquĂ© par la culture klezmer et sud-amĂ©ricaine, qui confie aux musiciens français son Last Round, hommage au MaĂ®tre Astor Piazzolla d’après une nouvelle de Cortazar. Piazzolla qui est Ă©galement prĂ©sent par son Tango Ballet, arrangĂ© par JosĂ© Bragato pour quatuor. Enfin, le rĂ©pĂ©titif amĂ©ricain Marc Mellits (nĂ© en 1966) figure avec son Octet, sous l’influence du minimalisme.
Vous avez dit : minimalisme répétitif américain ? En effet, dans Boxe Boxe, à côté de Schubert, Mendelssohn, Ravel et Verdi, on rencontrera un Dracula de Phil Glass. Et aussi le Polonais Henryk Gorecki (1933-2010), dont la 3e Symphonie fut, il n’y a pas si longtemps, et pour des raisons non encore tout à fait élucidées, un « tube planétaire ». Donc : melting pot ? Et si vous pratiquez un peu « le noble art », n’oubliez pas de venir près du ring-Radiant avec une paire de gros gants pour encourager les Käfig…

Caluire (69),le Radiant. 19, 20, 21 mars 2014 (20h30). Boxe-Boxe, Käfig (Mourad Merzouki) et le Quatuor Debussy. Information et réservation, T. 04 72 10 22 19 ; www.radiant-bellevue.fr